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MessageSujet: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Dim 4 Nov - 16:31



Mission Intrigue n°1



Préambule


« Dix jours. Cela fait dix jours que les bombes sont tombées et que Louisville s’est retrouvée coupée du monde. Dix jours où tous vivent un enfer perpétuel. Dix jours qui amènent de plus en plus de conflits, de plus en plus dangereux. Hier, un homme a été roué de coups après avoir essayé de voler un morceau de pain à une passante. Les gens ont de plus en plus faim et seulement une poignée de personnes possède les moyens suffisants pour se nourrir convenablement. Cela doit cesser et c’est dans cette optique que la mairie à décider de rassembler tous les citoyens de Louisville et les étrangers arrivés depuis peu dans la ville. Il faut s’organiser et cela au plus vite…. »

Ordre de passage


L'ordre de passage durera deux semaines à partir de la date de postage de Martin. Vous ne pouvez donc pas poster avant lui. S'il poste mercredi, vous avez jusqu'au mercredi suivant pour répondre dans ce sujet et arriver à la mairie. Nous rappellerons plusieurs choses : vous devez lire tous les rps des joueurs ainsi que les messages de la Chute. N'oubliez pas que vous vous êtes engagé à le faire.


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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Lun 5 Nov - 19:38

Aujourd'hui est un jour important. Crucial, devrais-je dire, depuis le début de cette guerre inconnue. Je nouai ma cravate noire autour de mon col. Je m'étais habillé de mon plus beau costume. Je devais me sentir avenant, rassurant, dans mon habit de maire. Je devais leur montrer que tout en restant proche d'eux, je maîtrisais la situation. Mais pas n'importe laquelle. *Non, je ne suis pas un devin ; je ne sais pas ce qu'il va se passer. Je n'ai pas non plus tous les pouvoirs : je ne peux pas empêcher une bombe de tomber sur la ville. Pourront-ils le comprendre tout en continuant à me respecter ? Je peux faire d'autres choses : notamment, les rassembler, les fédérer autour d'un projet commun. Je dois me battre contre les courants contraires qui démoralisent et détruiront mon combat.* pensais-je.

Je consultai ma montre. Je leur avais donné rendez-vous ce matin à 11 heures. Hier, l'annonce s'était répandue via des messages dans les boîtes aux lettres et via le bouche à oreille, je l'espérais aussi. Tous mes collègues étaient trop occupés pour trouver le temps de faire du porte à porte. Je m'en désolais : tous étaient concernés par ce que j'avais à leur transmettre. Même les nouveaux arrivants. J'avais bien demandé qu'on porte dans chaque camp, chaque abri, chaque hébergement, le même message :

Le Maire Martin Huygues vous convie demain à 11 heures sur la place de l'hôtel de Ville pour une réunion extraordinaire. Vous êtes tous les bienvenus. Cette réunion a une importance capitale pour votre futur à Louisville.

Les soldats aussi étaient invités. Je m'attendais à une confrontation venue de Raulne d'abord, puis de Mathilda ensuite. Bien sûr je ne pouvais prévoir les réactions des autres habitants. J'ignorais les pensées des réfugiés et aussi celles de la plupart des concitoyens. Il y aurait des surprises ; des gens se retournant brutalement contre moi et d'autres me soutenant... enfin, je l'espérais !

C'est avec une posture grave que je sortis enfin du bureau pour affronter la foule. Ils étaient globalement tous là. Il était 11 heures dix. J'avais attendu les retardataires, je pouvais commencer. Je vérifiai d'un mouvement de tête rapide que mon assistant avait bien branché le micro. Je le testai prestement, m'éclaircit la voix et me lança. Je m'exprimais d'une voix qui, j'espérais, était calme, chaude, apaisante. Mon regard se posait sur les différentes personnes sans les voir. Je tâchai de les englober tous, mais en même temps de cibler chaque individu. Rude tâche qu'on apprend au fil du temps.

"Mes chers concitoyens, femmes et hommes de Louisville, les évènements récents ont bouleversé nos vies. Je ne nierai ni la gravité des faits, ni l'urgence de survivre ensemble face à ces enjeux qui nous dépassent. Nous sommes arrivés au point de non-retour. Ceux qui voulaient partir l'ont fait. Si vous êtes près de moi ce matin, c'est que vous croyez qu'il existe un chemin à suivre après ce déchaînement de violence.

Nous devons réapprendre - devrais-je dire apprendre ? - à vivre en communauté. Vous savez tous ce qui s'est passé hier. Un homme a été battu par d'autres car la faim l'a poussé à bout. Nous oublions notre humanité pour retomber dans la violence. Et ce n'est pas la première fois que cela arrive. Si nous ne faisons rien, cela se reproduira.

Nous devons réapprendre à partager.
Je vous ai réunis ici pour vous parler d'un bien indivisible mais périssable, indispensable mais en quantité limitée : la nourriture.

Citoyens de Louisville, nous allons devoir faire des efforts. Tous. Personne n'aura droit à un traitement de faveur. Je m'adresse aussi aux nouveaux arrivants, civils et militaires, que nous accueillons avec bienveillance. J'insiste, personne n'aura droit à un traitement spécial. Nous allons devoir rationner la nourriture disponible et diriger toute notre énergie vers la production, la conservation et le stockage de la nourriture. Nos vies en dépendent."


J'avais dit tout cela d'une traite, en prenant bien sûr des pauses, pour ne pas perdre mes auditeurs et pour assurer leur attention sur chaque mot. Chacune de mes paroles comptait. Ils devaient bien tous comprendre que j'avais besoin de leur soutien, de leur aide, de leur volonté pour survivre.

Je posais mon regard sur chacun d'entre eux mais deux jeunes gens attirèrent mon attention : Mickaël Blanchet et sa soeur Rose. J'éprouvais pour eux un mélange de sentiments confus. Ils étaient les fils de l'ancienne Maire, Mme Blanchet. J'avais brigué son poste, et m'était battu comme un lion contre elle, profitant de rumeurs de corruption envers des médecins qui soignaient son mari. Sur ce coup-là, j'avais mal agi. J'aurais pu comprendre l'amour qu'elle éprouvait pour son époux et ne pas porter cette affaire sous les feux des projecteurs. J'en concevais du remords et voyaient ses enfants comme les juges de mon méfait : allaient-ils me pardonner ou au contraire me dévoiler au grand jour ?


LIVRE II **Chapitre 1**
Topo sur Martin

Passée la folie des grandeurs
L'envie de jouer les grands seigneurs
Passée l'ivresse, passée l'ardeur
Dont les fruits n'ont plus de saveur
Revenu de sept ans de malheur
D'un accouchement dans la douleur
Lassé de mentir, de faire l'acteur
Quand on n'est plus à la hauteur
Restent les murs porteurs
Pour s'abriter du froid
Pour conjurer le malheur
Et retrouver sa voie
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Lun 5 Nov - 20:50

    J'avais lu l'annonce publique ; j'avais senti de toute manière qu'il ne resterait bientôt plus d'autre choix pour Huygues que de faire celui ci. Une déclaration devant tout le monde, jouer des coudes pour repousser les fortes personnalités que j'incarnais ainsi que l'opposition à son conseil municipal pouvait le faire. Il fallait le reconnaître, le maire avait des couilles. Et il devait prendre les décisions qui s'imposaient. J'étais donc venu dès que j'avais su, dans la gendarmerie. J'avais eu un entretien avec les derniers fonctionnaires en poste, de sorte à me rendre disponible pour assurer la sécurité de pareil discours. Je ne savais pas concrètement ce que le Maire comptait sortir à ses ouailles, mais je savais cependant qu'il n'avait aucune intention de lâcher ni son poste, ni toutes les mesures qu'il avait commencé à prendre. Je devais me faire ma place en fonction de ce qu'il aurait à dire à ses concitoyens. Je devais me positionner par rapport à lui et non m'imposer... Les gendarmes n'avaient pas eu d'autres choix que celui d'accepter l'aide que je leur proposais pour canaliser les citoyens et assurer leur protection de sorte à parer à tout débordement. Très tôt ce matin là, j'avais décidé aussi de réunir mon équipe, en leur faisant quitter leurs tours de garde et en les réveillant plus tôt pour les rassembler dans l'ancien bar en face de la mairie. Bertin avait été chargé de passer le mot. Tout le monde arrive en avance avec tout son équipement de combat, mais aussi tout le reste de son barda. Au cas où les choses tournaient vraiment mal, sait on jamais, on devrait être en mesure de foutre le camp avec nos vivres, de l'eau, et l'ensemble de nos affaires. Quand l'ensemble du peloton ad hoc était arrivé, nous emplissions la salle. Tous venus. Tous en tenue de combat. Tous décidés, j'étais fier de commander ces hommes, et cela me permit d'évacuer toute tension. J'avais beau être ce connard intraitable qui n'hésitait pas à leur en coller une quand ils sortaient du rang, je ferais tout pour ces hommes... Et ces femmes, alors que mon visage se posait sur celui de Bandat. Je détournais le regard aussi vite pour éviter qu'elle ne me lance cet habituel regard qu'elle me réservait. Moi aussi, j'étais en tenue, et j'avais déjà chaud sous le pare balles et sous le reste de mon uniforme et toutes les protections qu'on portait.


    | Bienvenue au strip-club le plus branché de cette ville miracle. |


    Je plaisantais bien entendu. L'endroit n'avait rien d'un palace, que l'on parle de la ville ou du club en question.


    | Je vous ai rassemblé parce que comme vous le savez peut être, la maire va faire un discours public. S'il veut l'appui de la foule, il ne pourrait s'y prendre autrement. Je le sens bien ce maire, il n'est pas contre nous. On est là pour deux choses. La première, on fait le service d'ordre. Bertin, Reh, vous vous posterez à l'entrée de la place, à sa jonction avec la rue principale. Vous canaliserez la foule. Ouvrez l'oeil. Autorisation de tirer si quelqu'un est armé, mais après sommation. Je veux pas d'embrouilles avec les autorités du coin, on a encore besoin d'eux. Talbert, Castel. Vous vous mettez au centre de la place, vous vous tenez prêt à nous filer un coup de main sur l'estrade ou à l'entrée de la place en cas de pépin. Ouvrez l'oeil, même consignes qu'à Bertin et Reh. Azarov, Bandat, vous m'encadrez et vous me suivez. Si jamais les choses dégénèrent, je tirerais un coup de feu. Si je le fais, vous tirez sur tout ce qui vous semble hostile. Si je tire une fusée éclairante avec le lanceur, on se retrouve tous au centre de la place, on se regroupe et on se tire avec armes et bagages vitesse grand V. Tout le monde a compris ? Bon. Les ordres peuvent paraître extrêmes, mais on a tous vécu l'enfer sur la route. Si on doit assurer en priorité la sécurité de la population, on n'oublie pas qu'on a encore un job à faire, et que rallier Cherbourg reste notre objectif principal. |


    Je laissais un petit temps aux hommes pour digérer les implications de mes directives. Quand je me fus assuré du regard qu'ils avaient tous compris leur rôle, je me détournais et passais mon fusil en bandoulière en le calant derrière mon épaule.


    | En scène, messieurs dames. |


    Les hommes suivirent ; j'avais confiance en eux pour effectuer les tâches qui leur avaient été assignées. Je marchais avec mon « escorte » sur les talons, et me plaçais jsute à côté de ce qui servirait de scène au discours du maire. Nous n'eumes pas à attendre longtemps que la place se remplissait de gens ayant tous l'air désespérés et prêts à tout. J'ôtais la sécurité de mon arme par pur réflexe, et en toute discrétion. Depuis la route... Je me sentais prêt à tout, même si ça me rendait malade. J'attendis que Huygues termine son discours, qui me satisfaisait sur le fond. On ne pouvait pas rester ici à jouer les nourrices, ces hommes devaient survivre par eux mêmes. Quand la pause de Huygues s'éternisa, je fis un pas en avant. Et m'approchais de la scène. Moi aussi j'avais mon message à délivrer.


    | Si vous permettez, monsieur le maire... | Je lui serrais la main dans le même mouvement, ne lui laissant trop le choix, empoignant déjà sa main dans la mienne.


    | Votre maire a vos intérêts à cœur, il fait ce qu'il doit faire dans l'intérêt de tous les habitants. Il a cette responsabilité qu'il assume pleinement, et avec brio. A moi aussi de faire face aux miennes. Comme vous le savez peut être, je suis le lieutenant Philippe Raulne, du 3ème escadron du premier régiment de hussards parachutistes. Nous sommes en guerre, victimes d'une agression étrangère sans précédent. On se connaît rien de la situation de reste du pays ; nous savions seulement que Cherbourg était attaquée il y a quelques jours, et il semble qu'elle le soit toujours. Le Président de la République a décrété la mobilisation générale. Je ne suis pas recruteur, mais je demanderais à ceux qui sont volontaires de se porter à notre connaissance. La patrie est en danger, en danger de mort. Qui sera assez courageux pour nous rejoindre ? |



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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Lun 5 Nov - 21:59

Ce jour qui semblait en apparence banal ne l'était pas du tout. En effet si le temps semblait maussade, l'ambiance ne risquerait pas d'être morose bien au contraire. Si l'on pouvait définir un élément déclencheur quand à la journée qui se préparait, il faudrait remonter à la veille au petit matin. Le postier faisant son travail comme les jours déposa dans la boîte aux lettres des Blanchet, une lettre qui ressemblait d'avantage à un faire-part. Se demandant de qui il pouvait bien s'agir, elle retourna la carte et constata qu'il s'agissait d'une invitation de Martin Huygues exprimant clairement son désir de voir tout les habitants de la ville à l'hôtel de ville le lendemain à 11 heures. L'intitulé exacte de ce bout de papier était le suivant :

Le Maire Martin Huygues vous convie demain à 11 heures sur la place de l'hôtel de Ville pour une réunion extraordinaire. Vous êtes tous les bienvenus. Cette réunion a une importance capitale pour votre futur à Louisville.

Décidant tant bien que mal d'y aller malgré ce que Rose ressentait pour le maire, elle lança la lettre à Mr Drake qui s'empressa de l'arracher. Pour une raison que la jolie blonde ignore, il semblerait que le chat de la demeure semble pris de dégoût par tout ce qui est fait de papiers et de cartons, si bien qu'il déchire tout ce qu'il voit. Lâchant un sourire au passage, elle était décidé à aller écouter les propos du chef de la ville, car après tout il s'agissait d'un devoir civique et que ne pas respecter ce devoir était pire que la pendaison par les couilles pour la jeune femme, même si elle n'a pas de bijoux de famille à proprement parlé. La journée et la nuit passèrent pour faire place au jour fatidique dans la petite bourgade de Louisville. Une journée qui marquerait à jamais l'esprit des habitants pour ce qui pourrait bien se passer, car après tout Rose était sur d'une chose, que rien n'allait se passer comme il le fallait. Dans la tête de la cadette Blanchet venait tout un tas d’hypothèse mais cependant une resta ancrée dans son esprit. Pour la jolie blonde il était évident que si tout le monde écouterait attentivement le maire, tout le monde ne serait pas d'accord avec ses propos. Il suffit de voir les différentes personnalités de la ville pour s'en rendre compte. La caissière savait notamment que son ancienne amie était une forte tête et qu'elle s'opposerait sans doute à la décision de l'élu local. Bien que dans le fond elle n'ait pas tord, dans les pratiques Rose n'était pas d'accord avec Mathilda, car elle sait très bien que personne n'aurait pu gérer comme lui. Pensant ensuite à son frère, la demoiselle se disait qu'il ne tiendrait pas en place si un mouvement de foule se crée et que ce dernier touche malencontreusement sa petite sœur. De nombreuses personnes étaient évoquées dans ses pensées mais ce fût l'armée qui trotta l'esprit de la jeune femme. En effet même si elle n'aimait pas les réfugiés, eux au moins n'étaient pas des étrangers armés jusqu'aux dents. Perdu dans ses pensées elle en oublia presque la porte qui frappait depuis maintenant plusieurs secondes. Ouvrant directement, elle vit son frère ce qui lui a plu au plus grand point, si bien que Rose lui sauta dessus pour lui faire un câlin. Lâchant ensuite son aîné, elle referma sa porte à clé tout en ayant pris le soin de prendre une veste, et elle commença à marcher vers l'hôtel de ville. Par chance il ne situait guère qu'à une dizaine de minutes à pied. Sortant tout juste de la propriété, la cadette Blanchet regarda le garagiste tout en lui disant

Tu te sens prêt à écouter Martin malgré nos différents ?

Dit-elle de façon neutre, car même si Rose n'a pas aimé ce que le maire a fait à leur famille et plus particulièrement à leur mère, elle comprenait cependant que pour un poste pareil il fallait être clean à cent pour cent. Cependant la jeune femme ne comprit jamais pourquoi l'élu local ne s'était pas arrangé à l'amiable avec leur famille, car après tout il semblerait que les deux partis s'entendaient plutôt bien avant, en tout cas aucun problème ne s'était posé. Bref ils avancèrent et arrivèrent au point de rendez-vous. Pour se frayer un chemin dans la populace qui semblait s'être déjà formé, ils poussèrent les gens sur leur passage sans vraiment faire attention. Arrivant devant l'estrade, ils étaient aux premières loges pour voir le discours du maire en bonne qualité. Regardant sa montre qui annonçait tout pile 11 heures, Rose regarda son frère et lui dit

La ponctualité légendaire des Blanchet me surprendra toujours !

Elle lâcha un sourire et rigola légèrement intérieurement, mais à présent la cadette se tus lorsque Martin Huygues prit la parole. Se lançant dans un discours simple d’accès même pour un novice, elle en perdit pas une miette. Elle agissait ainsi pour voir les projets du maire, car elle voulait le voir plonger, mais si pour l’intérêt du groupe il devait rester à son poste alors il le ferait. Alors que le maire ne semblait pas avoir fini son discours un homme qui semblait être militaire s'interposa et commença à balancer un discours hors sujet à son sens. Celui-ci était pour la jeune femme principalement un moyen de recruter plus de personnes dans leur groupe d'étrangers squattant la ville. Se refusant à ça, elle lâcha naturellement

Carabistouilles !

Rose ne l'avait pas dit vraiment fort, c'était juste une haute pensée, mais elle voulait le balancer. Ce qui surprit la demoiselle c'était ce regard que lui balançait Huygues, à elle et son frère. Ne sachant pas trop comment réagir, elle le dévisagea du regard puis elle se contenta de baisser les yeux en attendant la suite des évènements.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mar 6 Nov - 23:39

Les deux mains posées à plat sur cette commode, en appui et le regard rivé sur cette fichue invitation, Mickaël réfléchissait sur la suite des événements. Franchement, qui s’amuserait encore à gaspiller du papier pour ça alors qu’on manquait déjà de tout ? C’était une façon civilisée de les convier à une belle mascarade, voilà tout. Sauvez les apparences et les meubles avec. Trop facile. Son jugement était peut-être altéré par le différend qui l’opposait au maire de cette ville. Un thème qui était cependant indirect et hors sujet. Ce mec avait trouvé la faille pour piquer la place de sa mère. Si encore, il s’était accordé à l’amiable avec elle afin de ne pas étaler le scandale… Ce type connaissait ses raisons qui plus est. Illégale ou non, l’humanité de ce gars restait moindre comparé à l’appât du gain. Donc oui, il ne partait pas gagnant pour le mécanicien. Mais qui en avait quelque chose à fair,e hein ? Il se doutait que cette petite réunion extraordinaire entre les habitants de la ville et leur représentant serait sûrement perturbée par les indésirables, les derniers arrivants. Son dilemme provenait de cette présence, très précisément. Quelles idées farfelues Huygues allaient sortir pour ce futur de Louisville ? Et la réaction qui allait en découler ? Il réajusta sa position afin de se servir de son bras droit pour ouvrir son tiroir. Une pile d’objets en tout genre se disputait le terrain dans cet espace confiné, après une fouille méthodique, il trouva un petit coffret qui avait autrefois appartenu à Rose. Il l’ouvrir soigneusement et en sortit quelque chose d’enveloppé dans un tissu sombre. Il plaça la chose au creux de sa main et retira le textile. Ses prunelles détaillèrent silencieusement ce qu’il avait posé au centre de sa paume. Était-ce une bonne idée de l’emporter avec lui ? Sa maîtrise des armes était disons plutôt ridicule. Son expérience dans le domaine se résumait principalement à des jeux vidéo abrutissants. Est-ce que cela le rassurerait honnêtement de l’emporter avec lui ? Allez savoir ce qu’il allait se passer. Une émeute, un débordement de la part des militaires. Sa sœur allait être là et il devait bien posséder un moyen de la défendre si le besoin s’en faisait sentir, non ? Il ne s’en servirait quand recours ultime, menace imminente. Le risque qu’on découvre ce flingue devait être alors minime et pour ça, il avait la solution. Toujours en tenant le pistolet, il s’empara de son blouson jeté négligemment sur son lit et ouvrit la poche intérieure. Avant d’y placer l’arme, il prit soin de vérifier que le cran d’arrêt n’avait pas bougé. Grâce à sa doublure, cette veste camouflait plutôt bien les poches et leur contenant. Aussi sec, il fila rejoindre la demeure familiale où sa cadette l’attendait. Il lui avait promis de passer la prendre pour qu’ils aillent ensemble à cette petite sauterie. Youpie.

Le renégat se sentait drôlement nerveux et ça n’était même pas lié à ce qu’il transportait, non. Il avait envie de connaître les mesures prises par Martin, il était impatient. Il frappa plusieurs fois contre la porte obligeant la jeune propriétaire à presser le pas. La blondinette ouvrit la porte et bondit sur lui. Elle ne sembla pas réaliser ce qu’il portait malgré l’étreinte qu’elle lui offrit ce qui le soulagea un peu. Il ne voulait pas qu’elle s’inquiète outre mesure. Il la laissa attraper un manteau avant de se mettre définitivement en route. Ses songes s’étaient éparpillés et il eut un mal de chien à mettre un sens sur les paroles de Rose tant il était distrait. Il mit quelques minutes avant de lui répondre.

« Plus que prêt. Je me demande bien ce qu’il va nous pondre ce coup-ci. »

Le trentenaire ne fût pas mécontent d’être enfin parvenu sur le lieu du rassemblement. Sans en prendre conscience, ils firent en sorte de se trouver aux premières loges pour admirer le spectacle. Il acquiesça à la remarque de sa frangine sans grande conviction. Elle avait peut-être repris le flambeau maternelle de la ponctualité, lui ne pouvait pas toujours en dire autant mais passons. Un détail insignifiant qui ne méritait même pas une réponse articulée. Il préférait se concentrer sur ce qui se passait et ce qui allait se passer plus concrètement. Il ne chercha même pas Mathilda du regard bien qu’il y eut pensé. Non, il préférait se focaliser sur l’action à savoir le maire qui faisait sa grande entrée. Par pure réflexe, il croisa les bras sur la poitrine et resta plus que perplexe le temps de ce monologue. Chaque mot lui arrachait un ricanement intérieur et il était extrêmement dur de se taire, de se contenter d’admirer la déchéance verbale de cet individu inapte à diriger les foules. Il suffisait d’ailleurs de voir comment le mariole de l’armée l’avait interrompu. Aucune autorité. Une marionnette aux mains de ces militaires. Si cela avait déjà été une épreuve de l’entendre débiter ses âneries, ce fut plus difficile encore quand cette espèce de lieutenant prit la parole.

La bonne blague ! Il n’était pas recruteur mais il ne se gênait pas quand même. Mais allons-y, soyons fous. Prenons vos vivres, investissons votre ville, piquons tous les objets nécessaires et puis maintenant, volons carrément des humains pour les entraîner droit vers une mort certaine. Ils ne savaient rien du tout mais ils voulaient quand même embarquer des innocents, des civils dans cette folie. Ça prouvait bien leur incompétence, s’ils se sentaient obligés de piocher ici des non formés. Le garagiste espérait juste que personne ne les suivrait dans cette entreprise. Il connaissait une bonne partie de la population, autant dire qu’il ne voulait pas les voir partir en guerre. Mais quel toupet tout de même ! Il suffirait donc d’agiter l’uniforme, les armes sous les yeux des gens en prônant des valeurs héroïques pour obtenir tout ce qu’ils souhaitaient ? Guerre ou pas, rien ne semblait justifier ça. Il allait attirer des êtres crédules dans cette démence, qui ne méritaient pas ça du tout.

Mickaël se détendit légèrement quand il entendit sa sœur marmonner dans ses dents, il ne put retenir son sourire. Pour une fois que c’était elle qui exprimait d’une façon ou d’une autre ce qu’elle pensait. On aurait décidément tout vu. Jusque-là, il avait fixé Raulne - ne prenant même pas la peine d'observer ceux qui l'entouraient, mais en sentant qu’on l’observait, il cessa ce contact visuel. L’attention du rebelle se replaça alors sur leur maire et il ne le lâcha pas du regard. Il le blâmait pour ça. Oui, il avait laissé ce soldat pourrir l’esprit des habitants et certains risquaient d’y laisser leur peau pour défendre ce pays alors qu’ils n’en avaient pas la qualification ou l’entrainement. Tout était de sa faute.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mer 7 Nov - 9:50

      | Bienvenue au strip-club le plus branché de cette ville miracle. |


    Je remis en place mon uniforme du mieux que je pouvais, la béquille me servant de renfort pour rester stable. J’en avais laissé une dans la chambre, avec la permission du médecin, et j’avais été tout fier d’ailleurs d’en parler à Ben dès que je l’avais croisé. Enfin… en parler, tout était relatif. J’étais arrivé le dernier, bien à la bourre comme il le fallait mais pas volontairement cette fois. J’avais mis des heures et des heures (34 min très précisément), pour convaincre le médecin qui s’était chargé de mon cas de me laisser partir. Mais bon, au final tout était pour le mieux, je n’avais rien manqué du spectacle puisque je venais de débarquer dans un sourire essoufflé lorsque le lieutenant Raulnes avait dit cette phrase somme toute… tout à fait réaliste. En fait… j’avais l’impression que je me leurrais depuis mon réveil à Louisville… En fait, c’était simple, et ce devait être l’influence des anti-douleurs et autres saloperies que l’on m’avait refilé, mais je n’avais pas imaginé une seule seconde que la situation puisse dégénérer au point qu’un homme soit tué pour un peu de nourriture. J’avais été très c#n dans ma jeunesse (ouais, je sui un petit vieux de vingt quatre ans mouahahaha) mais je n’étais jamais allé jusqu’à tabasser quelqu’un pour de la bouffe. Okay, j’en avais tabassé parce qu’ils m’avaient bousculé un peu trop durement, mais ce n’était pas de ma faute, ils m’avaient provoqué. Okay, à quatre ans j’avais mordu Matthias jusqu’au sang, mais là aussi, ce n’était pas ma faute : ‘fin bon sang j’avais quatre ans quoi… Là, nous étions presque tous des adultes responsables et sincèrement, même si j’avais faim parce que je n’avais pas eu de repas la veille (je m’étais endormi avant, j’suis un boulet quoi), enfin voilà quoi… En même temps, je n’avais pas à me plaindre. Clairement ! J’avais, et je n’avais plus, youhou !, le statut de blessé, et ça ne se faisait pas de limiter la bouffe aux blessés. Ce devait être le seul avantage que je voyais au fait de s’être foutu la jambe en l’air par un dfoiefrg d’obus. Mais bon bref, Raulnes, il fallait sérieusement que j’arrive à lui parler d’ailleurs, histoire qu’il soit informé de ma présence, à moins qu’il ne le soit déjà, bref Raulnes avait repris :

      | Je vous ai rassemblé parce que comme vous le savez peut être, la maire va faire un discours public. Non, sans blague, sérieux ? S'il veut l'appui de la foule, il ne pourrait s'y prendre autrement. Je le sens bien ce maire, il n'est pas contre nous. Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous ! Le contraire marche aussi ? On est là pour deux choses. La première, on fait le service d'ordre. Bertin, Reh, Ah cool ! On parle de moi ! vous vous posterez à l'entrée de la place, à sa jonction avec la rue principale. Vous canaliserez la foule. Ouvrez l'œil. Autorisation de tirer si quelqu'un est armé, mais après sommation. Je veux pas d'embrouilles avec les autorités du coin, on a encore besoin d'eux. En fait, le lieutenant doit savoir que j’existe pour me mettre genre avec la personne que j’apprécie le plus dans l’équipe des survivors. Talbert, Castel. Vous vous mettez au centre de la place, vous vous tenez prêt à nous filer un coup de main sur l'estrade ou à l'entrée de la place en cas de pépin. Ouvrez l'œil, même consignes qu'à Bertin et Reh. Azarov, Bandat, vous m'encadrez et vous me suivez. Si jamais les choses dégénèrent, je tirerais un coup de feu. Si je le fais, vous tirez sur tout ce qui vous semble hostile. Je commençai à froncer les sourcils. Ce n’était absolument pas dans ma nature de contredire un ordre, absolument pas !, mais pour le coup, là, je n’étais pas très chaud à l’idée de tirer dans le tas… On n’était pas sensé représenter l’ordre, la stabilité et un point de repérage dans un monde qui part en fumée et qui voit tous ses repères s’évaporer, pfuit, comme une goutte d’eau tombée sur une plaque électrique allumée ? Si je tire une fusée éclairante avec le lanceur, on se retrouve tous au centre de la place, on se regroupe et on se tire avec armes et bagages vitesse grand V. Tout le monde a compris ? Bon. Les ordres peuvent paraître extrêmes, mais on a tous vécu l'enfer sur la route. Si on doit assurer en priorité la sécurité de la population, on n'oublie pas qu'on a encore un job à faire, et que rallier Cherbourg reste notre objectif principal. |


    On avait tous vécu l’enfer sur la route… c’était bien vrai ça. Si vrai même que je n’avais plus eu envie de commenter à voix basse ce que disait Raulnes sur la fin de son mini discours, genre échauffement pour rester éveillé pendant celui qui allait sûrement être interminable du maire. Cette manie de commenter, je ne l’avais pas perdu pendant mes trois ans à Autun, pour la simple raison que j’étais somme toute assez discret et qu’au moins, ça prouvait aux gens que j’écoutais et que je ne roupillais pas. Bon, ça donnait aussi un prétexte aux profs de me sortir, mais bon, ce n’était qu’un dommage collatéral. Je vérifiai rapidement mon barda, considérant avec hésitation la béquille qui m’aidait à marcher. Ca n’était pas très classe quand même. Mais bon, je pris la décision de la mettre de côté une fois sur place, histoire de l’avoir quand même à portée de main si nous devions déguerpir au plus vite.

      | En scène, messieurs dames. |

      « En marche mauvaise troupe !


    Dis-je en échos à la déclaration de notre bien aimé lieutenant. Ou pas. Je n’y avais pas encore réfléchi. Je suivis Bertin d’une démarche qui me semblait avoir autant d’élégance qu’un canard s’étant brisé la patte, tout en faisant la discussion tout seul, histoire de faire du bruit. Il n’y avait pas encore grand monde d’ailleurs, puisqu’on nous avait convoqué un peu en avance. Un peu beaucoup en avance même. Un peu trop d’ailleurs. Enfin bref, l’idée était là, pour le moment on s’en fichait non ? Enfin, ce que je voulais dire, c’était qu’il n’y avait que trois clampins à surveiller et pas de buldozers suivis d’une foule de pécores avec des bannières « on veut du pain, on veut du pain ! ». Ahem.

      « Il a l’air sympa le lieut’nant n’empêche, pour qu’il nous ait foutu tous les deux là où il risque d’y avoir le moins d’action. Tu as trouvé les machins métalliques que tu cherchais la dernière fois ? Un peu bourrin quand même. Le lieutenant, pas les trucs métalliques. Tu penses que ça pourrait réellement dégénérer au point qu’on doive se barrer avec nos fusils ? »


    J’étais un peu étonné du pessimisme de tout le monde à dire vrai. Surtout que ça n’avait semblé étonner personne que Raulnes soit aussi… catégorique. Franchement « au moindre signe suspect, vous dites rapidement « lâchez tout et faites vous des free hugs » et vous tirez dans le tas avant qu’on se casse »… ça me semblait assez extrême, et ce n’était pas pour me plaire. Mais comme ce n’était pas mon genre de discuter les ordres, j’allais devoir faire avec. Ou pas. Finalement, l’heure donnée par le maire approchant, les gens se firent de plus en plus nombreux. Ma béquille était posée dans un coin, attendant son heure avec courage et honneur, (mais qu’est ce que je raconte moi ?) et Bertin et moi guettions le moindre signe de violence, le fusil passé en bandoulière, la sécurité enlevée au-cas-où, mais ce fait tenu secret par la position de mon bras. Les gens affluaient, de plus en plus nombreux. Mes sourcils froncés se muèrent dans une subtile moue étonnée.

      « ‘tard, mais c’est grand en fait comme bled ! »


    Inconsciemment, je cherchais des visages connus, même celui de mon garagiste. Mon regard accrocha une jolie chevelure blonde, mais le sourire qui faillit éclore mourut dans l’œuf lorsque je vis qui accompagnait la jolie blonde. Le garagiste, comme par hasard. Ils avaient un air de famille mais je ne pus pas le considérer plus longtemps, reportant mes yeux marron sur les autres arrivants. La place était remplie à présent et avec dix minutes de retard, ma montre était formelle, le maire prit la parole. Puis Raulnes. Je n’écoutai absolument pas ce qu’il racontait, trop occupé à raconter ma vie et à faire une analogie entre ce que le lieutenant allait dire, et la réaction des gens qui n’allait pas tarder à être visible :

      « J’comprends quand même pas comment les gens puissent être aussi bêtes parfois. Tiens, ça me fait penser, Ben, je t’ai déjà raconté la fois où je me suis fait coller parce que j’avais rendu une carte que j’avais déchirée dans un bouquin ? Sincèrement, la prof voulait une carte de l’Europe de 1942, je lui en fournis une ! C’est quoi le problème ! Ben là, j’ai l’impression qu’on se trouve dans la même situation. Les gens, on leur offre une solution déjà toute faite pour éviter de se torturer les méninges et tout, en eux, j’suis sûr qu’ils vont l’envoyer balader et nous foutre une heure de colle. Nan mais sérieux, et… »


    Mon débit de parole s’acheva lorsque je m’aperçus que les derniers gens de la foule, en gros les plus proches de nous, s’étaient retournés pour me fixer du regard. Je m’aperçus soudain que je ne faisais pas vraiment ce que j’étais sensé faire, genre donner une bonne image de nous quoi. Je fis une moue de gamin vexé, je la maîtrisais plutôt bien celle là, et je me retins de justesse de leur balancer un « mais de quoi elle se mêle, la grosse, elle écoute pas le lieutenant ?? ». Il fallait que je me taise. Mais je n’aimais pas me taire. Enfin si, mais là je n’en avais pas envie. Et pourtant, ce serait le plus intelligent, parce que ce que je racontais, ça allait plus aider les opposants aux militaires, si tant était qu’ils existaient, que les militaires, autrement dit nous, autrement dit bibi, alors que j’avais tout intérêt à soutenir notre cause. Notre cause… la blague. Notre intelligence quoi ! Et c’était dingue, même en pensée j’arrivais pas à me la boucler. Raulnes avait d’ailleurs fini son discours, et je m’attendais à des réactions dans la foule. Il y eut un moment de flottements, ou du moins je le perçus comme ça... Je murmurai à Ben :

      « c’est trop calme… j’préfère quand c’est un peu plus moins calme… »

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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mer 7 Nov - 15:07

    Je n’avais encore pas bien dormi, subissant les tortures de mes cauchemars perpétuels. On ne pouvait pas dire qu’avec le temps on s’y habituait, c’était faux ; rien ne me ferait enlever cette terreur à chaque fois que mes yeux se ferment. Ça commençait à être réellement difficile de vivre de jour quand on avait autant d’heures de sommeil à rattraper. Enfin, peut-être dormirais-je mieux chez Elena une fois que j’emménagerais chez elle. Ce que je ne souhaitais pas, c’était l’embêter si jamais mes insomnies et mes cauchemars se continuaient, ce que je ne doutais pas.
    Avant même de pouvoir prendre une douche après cette nuit agité, quelqu’un vint frapper à la porte de ma chambre d’hôtel. Intriguée, me demandant qui cela pouvait-il bien être étant donné que je n’avais parlé de mon logement provisoire à Elena, je me dirigeais vers la porte. C’était un simple messager venant m’offrir un petit bout de papier… une invitation ? Je le remerciai, après qu’il me dise que c’était aujourd’hui, et referma la porte avec mon regard fixé sur la petite invitation. J’étais conviée à… 11 heures ? Mon regard fit un rapide coup d’œil vers une pendule qui m’indiqua 10h30. C’était fou comme les informations passaient sans problème dans cette petite ville. Nous n’étions pourtant pas beaucoup. Enfin… j’aurai le temps de prendre une douche. Je continuai de lire l’invitation et des mots m’interpelaient comme le fait que ce soit une réunion extraordinaire ou encore qu’il parle de notre futur… Je ne savais quoi penser sur le moment, mais comme je n’avais rien à faire et qu’il fallait que je me tienne au courant de ce qui pouvait se tramer en ville, j’avais décidé d’y aller. Ca me changera peut-être les idées, qui sait…

    J’étais fin prête, propre et habillé. J’enfilais un manteau en cuir que j’avais pu récupérer, histoire de ne pas avoir trop froid. Une fois dehors, je repensais à cette invitation du maire. Le maire… Monsieur Huygues. Notre première et dernière rencontre s’était passé dans son bureau, où je lui avais demandé une faveur alors qu’il ne me connaissait absolument pas. Je me demandais s’il allait me reconnaître parmi ces gens. Je me demandais d’ailleurs combien de personnes il y aurait. Je n’avais pas encore croisés tout le monde et à vrai dire j’évitais un peu les gens, me faisant invisible et rare… ou du moins la plus discrète possible. C’était ma souffrance qui m’obligeait à me renfermer et à me reposer que sur moi-même, mais surtout le fait que je ne connaisse finalement pas grand monde et que j’étais arrivé il y a peu de temps. Je n’avais en tête que les souvenirs heureux de mon ancienne vie, et surtout le souvenir du sourire de mon fiancé à la gare… là où je l’avais quitté… je n’aurai jamais dû partir finalement…
    J’arrivais devant la Mairie et mes pensées disparurent presque aussitôt. Je découvris une petite foule qui me surprit bizarrement. Trop de monde pour moi, je pourrais écouter à l’écart. J’arpentais de mes yeux la petite place et me plaça sur le côté, en retrait, mais assez proche pour tout entendre. Alors je n’attendis pas longtemps avant que le discours du Maire démarre. Je l’écoutais attentivement. Je n’étais pas idiote pour comprendre ce qu’il pourrait se passer s’il y avait un mouvement de panique. Et je fus surprise d’apprendre l’attaque d’un citoyen. J’étais la seule à être au courant de cette information primordiale ? J’étais vraiment paumée et je vivais dans un autre monde depuis mon arrivée ici. Je m’efforçais d’être la plus normale possible extérieurement, mais intérieurement c’était l’anarchie totale. Je ne savais pas si je devais laisser cette hystérie et cette folie m’emporter ou lutter encore et faire comme si de rien était. Pour le moment, je me contentais de survivre…

    Un rationnement de vivre ? Cela ne me paraissait pas absurde. Autant dire qu’avec le peu de nourriture que j’ingérais ces temps-ci, je n’aurais pas de problème avec ça. Ou du moins je ne tuerais pas pour ça, car je me demandais souvent si je n’allais pas me trouver un endroit et me laisser emporter par les bras de la mort doucement. C’était une éventualité que je n’avais pas écarté. Mes pensées furent interrompues au moment où une voix familière m’interpela. Philippe avait pris la parole, presque en la coupant au Maire. Toujours aussi… lui. Ce côté autoritaire, l’armée l’avait bien forgé il fallait bien l’avouer. J’écoutais ses paroles et je me demandais s’il avait peur que tout dérape pour oser prendre la parole et demander aux personnes présentes de devenir des soldats. Je me demandais aussi si moi je ne pouvais pas me présenter. J’aurai pu comme ça partir à la recherche de mon fiancé… J’aurai peut-être apprit à me servir d’une arme, quelques gestes d’auto-défense… puis partir seule à la recherche de mon fiancé, mort ou vivant soit-il. Cette pensée je ne pouvais pas l’écarter de ma tête, mais je savais pertinemment que Philippe ne me l’autoriserait pas. Ça me donnait une idée d’ailleurs… je me demandais si l’un de ses soldats pourrait m’apprendre quelques trucs. Quitte à survivre, autant essayer le tout pour le tout, car je n’arrivais pas un instant à oublier le visage de Mickael. Je gardais cette pensée de côté et mon regard se posa sur la foule, observant les personnes, leur réaction, leur geste… Puis je me demandais comment le Maire allait revenir sur le problème de nourriture, en me demandant quel système il allait mettre en place.


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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 8 Nov - 21:31

    Cela faisait à présent dix jours que nous étions bloqués dans cette ville. Je comptais les jours, car ce n'est pas que la ville n'est pas accueillante, quoique, ça peut se discuter, mais notre mission était de sauver la nation et ce n'était pas en restant plantés là que nous le pourrions et ça commençait à me courir sur le haricot. Mais bon, je continuais à faire mon job comme il le fallait en attendant de nouvelles instructions. La situation commençait à être tendue quand même alors le maire avait décidé de faire une petite sauterie à la mairie avec tout plein de chose à manger. A non, en fait, il n'y avait rien, mais il y avait quand même une petite réunion pour tout le monde. Je me devais d'être présente. Il fallait s'organiser pour que tout se passe le mieux possible, mais je sentais déjà un carnage arriver. Les français sont cons, il faut bien le dire, mais ils sont surtout râleurs et égoïstes, un très mauvais mélange en temps de crise.

    Mais avant cela, Raulne nous avait convié pour parler de l'organisation de la petite sauterie du maire. Nous allions sans doute devoir jouer les gardes du corps. Bertin avait fait passé le mot, alors j'étais venue en tenue, j'avais déjà chaud la dessous, et j'avais même amené des munitions supplémentaires. Bref, j'attendais que le lieutenant parle. Je l'avais vu me regarder mais cela avait été si furtif que je n'avais pas pu lui faire ce petit regard dont j'ai le secret rien que pour lui. Il commença son discours par un peu d'humour mais je sentais bien que la situation n'était pas aussi joviale qu'elle en avait l'air. Bref, il nous expliqua la situation, et ces ordres étaient très clairs. Nous arrivions ensuite sur place, j'étais avec Raulne et Azarov, les autres étaient disposés autour de la foule à leurs places respectives. Puis le lieutenant attendant la fin du discours du maire, pris la parole. Je l'écoutais, je me doutais de ce qu'il allait dire, mais je doutais du succès qu'il aurait cependant. Qui serait assez fou pour nous suivre contre un adversaire inconnu ? S'ils ne s'étaient pas engagés dans l'armée, je les vois mal nous rejoindre mais sait-on jamais. Je regardais la foule, pour le moment, personne ne semblait être hostile aux propos du maire, mais la pilule allait être difficile à digérer. Partager les ressources n'est plus dans les habitudes, surtout pour le français où le "moi d'abord", prime sur tout le reste malheureusement. Qui hausserait le ton en premier ?
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 8 Nov - 21:55

A l'heure d'aujourd'hui, je me sentais comme une étrangère. J'étais de ce que l'on pouvait considérer comme inconnu, comme profiteurs. Je ne connaissais personne. Etienne n'était pas spécialement bavard, mais il se montrait généreux, me laissait vivre chez lui et profiter de sa table. Ma vie à Louisville au final, ne se montrait pas si ennuyeuse que cela. J'apprenais un nouveau métier, j'apprenais comment vivre de manière différente. J'avais toujours eu une vie facile, du moins une fois que je fus confiée à mes grands parents. Je me réveille, la pensée de ma famille parisienne décimée par les bombes ne me donne pas du tout envie de me lever, ne me donnait pas du tout envie d'aller à la mairie. Je n'étais pas ici depuis très longtemps mais j'essayais de me rendre utile au maximum, j'avais même postuler pour un poste dans l'horticulture, un domaine qui ne me disait rien il y a encore quelques semaines. Pourtant, aujourd'hui, je prenais plaisir à apprendre, à comprendre la terre et ce qu'elle pouvait apporter, c'était à l'opposé même de ce que j'avais fait tout au long de ma courte vie. Je me levais toujours un peu plus tôt pour ne jamais oublier ce qui me passionnait. Ma passion peut vous sembler futile, mais elle m'apporte une consolation dont j'ai grand besoin ces derniers temps.

Je m'étirais. Etienne m'avait installé dans la chambre du grenier qu'il avait aménagé, c'était un espace qui m'appartenait maintenant c'est ce qu'il disait. Il m'avait dit que je pouvais m'habiller avec les vêtements de son ex-femme si la taille était bonne. Je quittais le lit, il fallait être à la mairie pour onze heures. Un homme avait été tabassé pour avoir volé de la nourriture, la situation semblait critique, la peur engendre la panique et j'avais vu ce qu'était la panique à Rennes. J'avais ressentit cette peur. Je ne voulais pas revivre quelques choses comme cela ici, dans cette petite ville. Je me glissais sous la douche rapidement, j'enfilais un jean, une chemise qu'Etienne m'avait prêté et la paire de chaussure qui avait fait la route jusqu'à Louisville, un gilet, j'attachais mes cheveux et je me mettais en route. J'avais pu recharger mon portable, mais il ne sonnait jamais plus. Je respirais et continuais mon chemin. J'arrivais sur la grande place, un peu en avance, mais je n'étais pas la seule. Il y avait des militaires, beaucoup de militaires, j'avais toujours cette gêne face au corps militaire, une forme de crainte, un embarras, je ne savais jamais comment me comporter avec cette partie de la population.

Le discours commença, le maire semblait croire en ce qu'il disait, ce qui était plutôt rassurant, j'eus un léger sourire, conforter dans l'idée que les choses pouvaient s'arranger. Puis il fut interrompu, par celui qui semblait être le chef de la brigade qui se trouvait à Louisville, Phillipe Raulne semblait-il. Je n'arrivais pas à mettre de mot sur l'impression qu'il me donnait. Ce que je savais, c'est qu'il me faisait peur, un petit peu. Il appelait les volontaires, personnellement j'étais pas prête à m'engager dans l'armée, je ne me voyais pas passer de ballerine à soldat volontaire dans l'armée et je ne serais d'aucune utilité, ici à Louisville, je pouvais apporter mon aide. Du moins, du mieux que je pouvais. Je trouvais cette intervention étrange, presque mal venue. Je trouvais qu'elle illustrait une incompréhension entre ces deux figures d'autorités. Quand l'un cherchait à rassurer, l'autre explique que Cherbourg a été attaqué. Avouez que ce n'est pas la meilleure nouvelle pour rassurer une population. super plan les copains.

Que pouvais-je dire d'où je me trouvais ? Mon statut ne me permettais pas de prendre la parole. Je pouvais toujours exécuter les consignes, mais le débat était-il ouvert à tout le monde, j'avais des doutes là-dessus. Beaucoup même. Je suppose que soit le lieutenant Phillipe, soit le maire, allait chercher à donner de la voix, pour imposer une idée. La priorité était-elle vraiment dans le volontariat pour l'armée ? Chacun faisait ce qu'il voulait, mais c'était vraiment pas quelque chose qui m'attirait, l'armée, selon moi ça devait être une vocation. N'est pas militaire qui veut, si vous voulez mon humble avis.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 8 Nov - 23:59

Je travaillais à l'hôpital quand j'appris la nouvelle : le maire organisait un rassemblement de tous les habitants et différents squatteurs de Louisville pour parler de notre "futur" en cette ville. Je dois avouer que je ne m'y attendais pas. Même si il était évident que certaines décisions devaient être prises, je n'aurais pas pensé que le maire prenne le risque de rassembler tout le monde, et de proposer ce qu'il avait a dire. Nous étions certes toujours jusqu'à preuve du contraire dans une démocratie, mais en me mettant à sa place, s'exposer à la vindicte de l'opposition et de la population rassemblée. En même temps, si il réussissait son coup, sa position en serait grandement renforcée, mais c'était quitte ou double. Mais peut-être qu'après tout le jeu en valait la chandelle. Allez savoir ce qui se passait dans la tête des politiques...!

Je ne fus pas surpris d'apprendre par la suite à mon retour au camp que le lieutenant Raulne nous convoquait tous un peu plus tôt le jour du grand meeting pour un briefing. La question restait de savoir si nous serions là pour assurer le bon déroulement de la réunion, ou si c'était l'occasion idéale pour un renversement du pouvoir. Et si nos barda complets serviraient à impressionner la population ou à être prêt à la fuite en cas d'émeute. Quoi qu'il en soit, je préparais mes affaires la veille, rassemblant tout ce que je possédais. Si jamais nous devions effectivement nous carapater, nous aurions besoin d'avoir le maximum de fournitures médicales possibles, alors je ne laissais rien aux civils. Pas comme si j'avais le choix. Les ordres sont les ordres comme on dit.

Le lendemain, je suivis donc le groupe fier des militaires en tenue complète, comme lors du jour où nous étions arrivés, et je m'installais dans la salle du bar avec soulagement. Il commençait déjà à faire chaud, et les tenues n'arrangeaient rien. Ce qui était sûr en tout cas, c'est que nous ferions notre petit effet dans l'assemblée !

Le lieutenant s'avança et commença à nous indiquer ses instructions, et j'étais en train de me demander pourquoi cela ne me faisait pas d'avantage d'effet qu'on nous donne l'ordre de tirer sur des civils après une sommation, lorsque je relevais la visière de mon casque à l'appel de mon nom, écoutant attentivement mes ordres sans plus me préoccuper de questionnements intérieurs qui ne feraient que me ralentir au moment de l'action.

Après un bref instant de réflexion où je m'interrogeais sur ce que devait être la situation de Cherbourg en ce moment, nous sortîmes du bar pour prendre position sur la place. La foule commença bientôt à affluer, et je serrais un peu plus fort la prise sur mon fusil, nerveusement. On se serait cru en patrouille dans un souk d'une ville anonyme du Moyen Orient, avec la possibilité que parmi tout ces soi-disant civils se cache un poseur de bombe. Instinct de danger ou paranoïa ? Dans le doute, la sécurité de mon arme était enlevée.

Le maire commença son discours quelques minutes après l'heure dite, et il portait sur un sujet effectivement d'importance : la nourriture. Ce qu'il disait était somme toute très juste, j'avais juste tiqué lorsqu'il avait dit nous accueillir avec "bienveillance" comme si nous représentions un fardeau, alors que nous étions les garants de la sécurité de la ville. Une fois qu'il eut fini de parler, ce fut au tour de notre lieutenant de prendre la parole, serrant d'autorité la main du maire dans la sienne. Les propos qu'il tint me surprirent par contre. Je m'attendais à de nombreux sujets, mais pas celui du recrutement. Sous réserve de me tromper, je pouvais y voir après réflexion l'avantage que cela nous offrirait : plus que de gonfler nos rangs, cela permettrait d'avoir un certain contrôle ou tout du moins une influence sur la population civile. Si nous restions un groupe en marge de la petite société de Louisville, c'était courir le risque de se la mettre à dos.

Les réactions au sein de la population semblaient mitigées pour dire ça de façon diplomate. Si la plupart avaient juste l'air perdu, certains n'avaient clairement pas l'air d'apprécier la petite intervention du lieutenant. Tournant mon visage vers le soldat m'accompagnant, Castel si j'avais bien entendu, je cherchais à voir ce qu'il en pensait, du moins brièvement. Je savais qu'on pouvait lire sur mon visage une sorte de surprise mêlée à une petite pointe de stress alors que nous étions entourés d'inconnus aux intentions tout aussi obscures.

Essayant de chasser de mon visage toute émotion pour garder un masque neutre de professionnalisme, je reportais mon attention sur la foule pour me conformer à mes ordres, c'est a dire, guetter le moindre signe hostile. Ça au moins je savais faire. On non avait entraîné à ça. Pas à poser des questions. Tellement plus facile de se reporter à des choses connues. Laisser la politique au lieutenant, et exécuter les ordres. On ne nous demandait pas notre avis. Comme le disait le dicton, nous étions la pour préserver la démocratie, pas pour l'appliquer.

Jusqu'ici, ça m'allait. Rester attentif. Surveiller les mouvements du lieutenant du coin de l'œil en observant la foule. Quand à ce qui allait se passer sur l'estrade, ça n'était pas de mon ressort. Là où j'interviendrais; ce serait le moment où les choses déraperaient. Et, par pitié, qu'on en arrive pas là. J'avais déjà suffisamment de sang sur les mains. Mais au moins j'avais le soulagement de le partager avec mes frères d'armes.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Ven 9 Nov - 11:27

Ce qui ne tarda pas car ils reçurent une invitation à une assemblée extraordinaire. Raulne les réunit avant ça pour donner quelques directives. Talbert, Castel. Vous vous mettez au centre de la place, vous vous tenez prêt à nous filer un coup de main sur l'estrade ou à l'entrée de la place en cas de pépin. Timothée acquiesça d'un hochement de tête. La suite était claire : ne pas perdre de vue leur objectif premier et être prêts à maitriser les rebelles tout comme battre en retraite. L'idée d'abandonner les civils dans leur merde ne lui plaisait pas trop mais il de toute façon, ils ne sauveraient jamais tout le monde...

Ils partirent donc au rendez vous arme au poing. Timothée avait son fusil en bandoulière mais il le tenait bien. Il n'avait plus qu'à ôter la sécurité et charger si ça tournait mal. Chose qui prenait quelques secondes. Zen, parce qu'il avait quand même vécu pire que ça avec la légion, il se plaça comme prévi au centre de la place où le monde affluait, l'air de rien. Il devait sûrement ressembler à ces militaires qu'on croisait sur les quais de rer et métro à Paris depuis que le plan vigipirate avait été lancé.

A l'affut du moindre geste suspect il écouta le discours du maire dans le regarder. Ce qu'il disait était censé, clair et net. Calant un cure dent dans sa bouche à défaut d'une cigarette (il gardait précieusement les dernières), il approuva ses mots d'un signe de tête. Puis il entendit Raulne prendre la parole. Il l'écouta avec un sourire en coin : il avait raison de montrer qu'ils étaient là et qu'il fallait d'autres soldats. Oui ce n'était pas une poignée qui allait sauver ce qu'il restait de la France ! Mais en parler maintenant...

Il sentit le regard de Talbert sur lui et se tourna pour lui murmurer : « Là je crois qu'il vient de lâcher une bombe... je suis pas certain que les civils soient prêts à entendre ça, ni que c'était le bon moment... trop pressé, le boss ! » Il était prêt à retirer la sécurité de son arme, persuadé que l'intervention du lieutenant déplairait à bon nombre. Il avait déjà repéré, sans les connaitre, quelques personnes qui avaient tout l'air de comploter, comme si l'ennemi était les militaires français et non ceux du pays qui leur mettait la misère. Les gens sont vraiment très cons quand ils s'y mettent. Mais qu'un pseudo héros se la ramène, Castel lui montrerait comment finissent les idiots. Tuer des innocents n'était pas son truc du tout, mais tirer sur un homme ou une femme armée et menaçante ne le gênerait plus. La folie des civils avait coûté la vie à trop d'hommes dernièrement.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Ven 9 Nov - 22:58

Bertin avait fait passer le mot, et il n'avait pas du prendre longtemps à faire le tour du régiment qu'on formait désormais, vu le nombre auquel on pouvait compter les militaires dans cette ville. L'ordre de mission, quel était-il ? Dans un premier temps, on devait rejoindre le lieutenant dans un club, pas bien loin pour discuter la suite. Enfin, discuter... Recevoir ses ordres plutôt. C'était pas vraiment le temps de contester les ordres, alors qu'on était au commencement de ce qu'on aurait pu qualifier comme la troisième guerre mondiale. Plaçant correctement les protections, vérifiant une dernière fois que tout était bien en place, c'était en tenue complète que je rejoignais le bar. Quoi de mieux qu'un peu d'humour pour commencer, pas vrai ? Un sourire, un simple sourire de ma part. De toute façon, c'était la seule chose qui nous restait ici. Paisible, tenant mon arme comme le plus précieux des jouets dans ce monde, j'écoutais les ordres. C'était clair, s'il y a avait quoique ce soit, on devait tirer. Et tirer, sur des civils, à nouveau... Bien sûr, que j'avais plus ou moins tourné la page de l'épisode qui avait précédé notre arrivée ici. Bien sûr que j'avais estompé ce souvenir, ce massacre. Mais on avait déjà bien trop de sang sur les mains pour recommencer de sitôt. Malheureusement, les ordres étaient là, on ne pouvait pas aller contre ces derniers, au risque de passer pour un traître. Traître à son régiment, traître à ses supérieurs et à ses frères d'arme, traître à sa nation. Elle était belle, la nation. En cendre, en fumée.

Le sujet du jour donc. Le discours du maire, Huygues, aux habitants de Louisville. Quoi de plus classique dans une telle situation, de toute façon. S'il ne s'agissait là que de surveillance, ça ne devrait pas poser trop de problèmes. Ces citoyens n'étaient quand même pas idiots au point de se rebeller, arme au poing, face au maigre régiment que nous formions. Des fourches contre des fusils d'assaut. La bonne blague. Écoutant chacun des mots de Raulne comme s'ils étaient tous essentiels, mon nom fini par être cité. Avec Bandat à la garde rapprochée. On servirait donc sur cette mission d'escorte. Ça me convenait, après tout, si cette assemblée se déroulait comme je l'imaginais, on allait se retrouver un plan plus haut que la foule, permettant ainsi une vue globale de la place. L'idéal pour agir. On avait donc le plan de base et les ordres qui allaient avec : tirer sur tout ce qui pouvait nous paraître menaçant. Hochant légèrement la tête, je gardais l'oreille attentive pour le plan de secours. Fuir. C'était l'instinct de survie, après tout. C'était sans aucun doute pour cela, qu'on nous avait dit de tout récupérer, et autant dire que je n'avais rien oublié. Si cette ville faisait une escale plutôt sympathique, il ne fallait pas oublier – comme le rappela bien rapidement le lieutenant – que Cherbourg était l'objectif principal. Quelque part, j'avais hâte de me carapater de cette ville. Car elle n'était pas là, Élisabeth n'était pas là.

En scène, messieurs dames. C'était donc parti, pour cette nouvelle mission. J'étais tendu, et je pense que nous l'étions tous. Ma prise se resserrant nerveusement sur le fusil que je gardais entre mes mains, j'emboîtais le pas à Raulne, avec Bandat et tous les autres. Nous n'étions pas loin de la place où allait se tenir cette grande réunion, j'en profitais pour retirer la sécurité de mon arme. Nerveux, j'étais tout simplement nerveux. On n'était pas à l'abri d'un soulèvement, bien au contraire. Dans la masse, une partie, si ce n'était une majorité, ne pouvait pas nous encadrer à mon avis. Et encore, ils n'étaient pas au courant de ce qui s'était passé, juste avant que l'on arrive ici... Affichant un masque plutôt professionnel, un masque de glace, je vérifiais par automatisme mon arme, discrètement. Ce n'était pas nécessaire. C'était juste comme un réflexe, une sale manie dont je n'arrivais pas à me séparer. On ne tarda plus à arriver sur la place, jusqu'à rejoindre le maire sur l'estrade. Silencieux. C'était bien trop silencieux. Attentif, j'écoutais le discours du maître de ville. Ré-apprendre à partager. Apprendre pour certains serait pas mal, déjà. Oublier son humanité pour retomber dans la violence ? Aurait-il donc oublié que l'homme est un animal ? Un animal qui n'écoute que son instinct de survie. Tuer, ou être tuer. La seule règle dans un tel monde. C'était peut-être bien cruel de ma part de penser ainsi, mais je ne pouvais pas me résoudre à penser comme eux. C'était mentir, et j'étais bien loin d'être un menteur.

Comme prévu, moi, Jenna et Raulne, on était sur l'estrade et ainsi, je pouvais scruter les moindres faits et gestes de citoyens de Louisville. À nouveau, je me faisais la réflexion que tout était trop calme. Personne n'avait encore haussé le ton, mais quelque chose me disait que ça n'allait plus tarder. Finalement, ce fut au tour du Lieutenant, de prendre la parole. L'écoutant, je ne pouvais réprimander plus longtemps un fin sourire que je m'efforçais pourtant de cacher. Des volontaires ? Franchement. C'était comme leur demander de se jeter dans la gueule du loup. N'est pas militaire qui veut, et si certains voulaient rejoindre pour se donner une image de héros, la désillusion serait bien sévère. Moi, nous, nous savions ce que c'était, que l'armée. Nous, nous avions déjà tué. Et eux ? Gavés de reportages, de belles images, très peu d'entre eux devaient savoir la vérité. Très peu d'entre eux, devaient avoir vu, une fois dans leur vie, des hommes s'écrouler suite à une vague de balles. Je ne pouvais pas blâmer Raulne dans sa démarche, même si quelque part, celle-ci ne me plaisait pas vraiment. Pour moi, rejoindre l'armée n'était pas qu'une question de courage. C'était aussi une question de volonté.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Sam 10 Nov - 0:54


Cela ne faisait que six jours que j’avais atterri dans cette ville, et je commençais déjà à pressentir que les choses allaient tourner au vinaigre. La réunion extraordinaire annoncé par le maire, presque en catastrophe, en était la preuve même. Qu’est-ce qui avait bien pu le pousser à organiser un évènement aussi « majeur » que celui de réunir tous les habitants, militaires, réfugiés et animaux présent ? Comme ça, du jour au lendemain. A mon souvenir, les maires annonçaient ce genre de chose au moins une semaine à l’avance ! Certes, nous n’étions plus en « temps normal » depuis plus d’une semaine, mais tout de même. Ma hache s’abattit dans un geste un peu nerveux. Malgré le détachement que j’essayais de garder, quelque chose me disais que je devais me rendre à cette réunion, et plutôt deux fois qu’une. Cette réunion ne m’annonçait rien de bon. Et puis, ce serait l’occasion de rencontrer un peu les autres personnalités du village, un médecin par exemple, et aussi d’entreprendre plus sérieusement de faire parti du décor de Louisville.
Le soleil commençait doucement à monter. 11h ne devaient plus être bien loin maintenant. J’entrepris de remplir la brouette qui avait été si gentillement mise à ma disposition pour transporter le bois coupé jusqu’à la mairie. N’ayant pas vraiment de « patron » je n’avais de compte à rendre à personne et pouvais bien m’accorder une dérogation de quelques heures pour aller assister à cette réunion si importante ! La hache planté dans une bûche, j’entrepris de retrouver ma route vers la ville. En une petite semaine j’avais fini par me faire au chemin en ne plus me perdre entre les arbres hostiles, mais je ne pouvais garantir une arrivée dans les meilleurs délais possible, surtout avec une brouette de plusieurs kilos. La nature avait repris ses droits ici et ce n’ était pas qu’une légende urbaine. La route tenait plus de la tranchée terreuse que de la belle route goudronnée avec de jolis panneaux et de belles balises réfléchissantes. Quoi qu’il en soit, il me fallut plus de vingt minutes pour arriver jusqu’aux première maisons et dépasser le « cercle » qui représentait les limites de la ville. Heureusement pour moi, je n’avais pas ensuite toute la ville à traverser et il me fallut tout au plus dix bonnes minutes pour atteindre la mairie. Mon ancienne montre, vendue contre trois tranches de jambon et un petit morceau de fromage ne marchait plus de toute façon, et je n’avais aucun moyen de savoir l’heure, mis à part la hauteur du soleil dans le ciel, et l’horloge de la mairie. Il fallait que je songe sérieusement à me trouver une montre digne de ce nom. Peut-être que ma « nouvelle maison » cachait un bijou du genre dans ses recoins… !

La place de l’hôtel de ville était déjà pleine de monde lorsque je m’arrêtais, ma brouette laissée dans le halle de la mairie. J’arrivais sur les derniers mots du maire, qu’un militaire, que je reconnu immédiatement comme le lieutenant Raulne, s’empressait de couper. Ma hache sur l’épaule, je l’écoutais d’un air distrait mais non moins intéressé. Je ne savais pas ce dont le maire venait de parler, mais j’entendis parfaitement que le militaire ne faisait non moins que rien que de proposer aux personnes présentent de s’engager auprès de lui. Je failli laisser échapper un rire narquois, mais je m’en abstint et mon contentait d’un léger haussement d’épaule. Sérieusement, qu’espérait-il des habitants de Louisville ? Une adhésion massive à leur cause alors qu’ils ne toléraient même pas la présence des étrangers, quels qu’ils soient. Il suffisait de voir la réaction de mes voisins. Bien qu’au bout de la foule, je remarquais tout de suite les remarques hostiles qui répondirent à sa proposition.
Et pourtant, elle demandait réflexion. Bien que n’ayant jamais eu le profil du militaire, dans les perspectives actuelles…Avoir le blason de l’armée pouvait être un atout, surtout pour un réfugié comme moi qui ne possède aucun droit, aucune parole. Qui revient de loin mais dont le discours ne possède aucun poids, et n’en possèdera aucun. La hache toujours sur l’épaule, je restais indécis quelque seconde avant d’oser élever la voix, la hache en l’air pour signifier ma présence à la tribune.

-Excusez-moi Lieutenant, mais que nous apporterait cet engagement ? Je suppose que vous n’avez pas d’autres armes que vous portes fièrement à vos côtés ! Vos hommes non plus ne possèdent pas de stocks cachés…Alors dites-moi, concrètement, à quoi cela nous avancerait de vous suivre sinon pour faire de nous autres pauvres innocents, de la chair à canon ? Je du m’arrêter, pris par une soudaine quinte de toux, parler à haute voix j’en étais capable oui, mais à un prix assez amer.
Sans compter que rien ne nous dit non plus que s’engager nous assure une survie plus certaine ! Au contraire ! Et cela ne fera pas diminuer le nombre de personnes ici ! Les questions resterons les mêmes ! Surtout que certains risques de prendre la grosse tête et réclamer plus que les autres sous prétextes qu’ils font désormais partis de l’armée et répondent, comme vous le dites si bien, aux ordres du Président, s’il est encore en vie, soi-dit en passant. Ne craignez-vous pas que cela ne fasse que précipitez la ville dans la guerre civile ?


Avait-il tout entendu de mes questions, je n’aurais su dire, mais voilà, il fallait que je les pose car, mine de rien, elles n’étaient pas si dénuées de sens. L’avarice des hommes et sans limites. Donnez-leur un titre de plus que les autres, et c’est suffisant pour les rendre plus bestiaux que des loups.


-Au fait, il a dit quoi le maire ? Demandais-je doucement à ma voisine.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 15 Nov - 18:31



La première victime d'une guerre, c'est la vérité

Je n’étais pas pour ce rassemblement. Encore une idée de ce militaire à la noix. Et bien entendu le « Mouton » avait suivi. C’était à croire que je m’étais trompée sur toute la ligne au sujet de notre cher Maire. J’avais vu en lui un grand potentiel, un meneur, mais je m’étais trompée. Il n’était pas capable de tenir la distance dès qu’un problème se présentait à lui et il se laissait complètement influencé par une personne qui n’était même pas un de nos concitoyens. Dire que je n’avais pas peur pour l’avenir de Louisville serait une erreur. J’étais plus qu’incertaine et je détestais cela. Ce n’était pas pour rien que j’avais créé mon petit groupe armé. D’ailleurs, il ne faisait pas de doute qu’après cette journée, une réunion s’imposerait. En attendant, je me rendais à la mairie seule. J’avais forcé Lyra à rester chez Isabella et à garder les enfants de cette dernière. Il n’était pas question qu’elle se rende avec moi aujourd’hui à l’hôtel de ville. Elle avait fait des pieds et des mains, elle m’avait fait THE scène d’ado pas contente et « toujours brimée » d’après ses dires, cependant je n’avais pas cédé. Elle était têtue oui, mais je l’étais beaucoup plus. De toute manière j’étais l’adulte donc elle n’avait pas son mot à dire. Elle était fâchée contre moi, mais peu importe. Sa sécurité passait avant tout.

J’arrivais un peu avant la foule, restant en retrait par rapport à notre maire, pendant que ce dernier se préparait. Je ne voulais pas être associée à son discours. J’aurais pu ne pas venir certes, cependant cela ne m’aurait pas ressemblé. J’avais besoin de toutes les informations que je pouvais récolter et surtout de voir l’ampleur de l’influence des militaires sur celui qui représentait l’autorité politique de Louisville. Je dois dire que je n’avais pas fait le chemin pour rien. Dès que ce cher Martin eut ouvert la bouche, je me contenais pour ne pas le traiter d’imbécile. L’apothéose fut quand le chef militaire vint prendre la parole, comme ça, pour balancer son discours de propagande. Pour qui se prenaient-ils tous les deux ? Nous n’étions pas de la chair à canon. Nous n’étions pas des « humains sacrifiables ». Au nom de quoi se permettraient-ils de réquisitionner NOS biens et NOS proches ? Je me forçais à garder à mon calme même si l’envie de balancer mon poing dans la figure de Raulne me démangeait. Ne pouvant pas rester là cependant à ne rien faire, je finis par m’avancer jusqu’à la hauteur des deux hommes, sans qu’ils ne m’y aient invités. Lucas prit la parole, et pour un réfugié, je devais bien admettre qu’il n’avait pas tords. Des discussions s’enflammèrent dans la foule. Chacun voulait débattre, prendre la parole, si bien que l’on ne pouvait plus entendre la moindre question claire. Je levais les mains devant moi pour demander le calme et sans me préoccuper des hommes je dis haut et fort

Calmez vous s’il vous plait. Personne ne sera forcé à faire quoi que ce soit, ni à prendre les armes. Nous sommes des citoyens libres jusqu’à la dernière nouvelle, et ce n’est pas aujourd’hui que nous entrerons dans une dictature ou un régime militaire. Si certains s’entre vous souhaitent rejoindre les forces armés, Monsieur Raulne se fera un plaisir de vous accueillir dans ses rangs, je n’en doute pas. Cependant nous avons besoin de mains d’œuvres, ici, à Louisville. L’automne approche et nous aurons besoin de provisions pour cet hiver. Il est important que nous y mettions tous du notre, et que tout le monde, réfugiés, louisvillois et militaires travaillent ensemble dans ce….

Je ne finissais pas ma phrase, interrompu par l’arrivée d’un louisvillois… Armé. Je fis un pas en arrière par réflexe. Mais ce n’était pas moi qui était visée, c’était Raulne. L’habitant tremblait, et cela se voyait qu’il était complètement chamboulé. Il commençait à avoir les cheveux grisonnant, -sans doute avait-il la cinquantaine - et au vu de ces vêtements, c’était un agriculteur. Je ne savais pas ce qu’avait encore foutu le militaire et la réponse arriva très vite

Vous… Vous êtes tous des fils de chien… L’un de vous a violé ma fille… Elle n’a que QUINZE ANS ! Comment… Comment avez-vous osé…

Il cracha par terre de dégout et balancé un écusson militaire par terre, ensanglanté, comme signe de preuve. Je restais bouche bée face à lui. Je comprenais sa souffrance et son geste. Si cela était arrivé à Lyra… Mais ce n’était pas la solution. Rendre justice soit-même n’était pas la solution. Je fis un pas en avant, et m’arrêtais lorsqu’il pointa son arme vers moi. Je levais les mains, lui montrant que je ne lui voulais pas de mal. Il cracha de nouveau

Vous êtes tous complices. Vous les avez laissé s’installer ici. C’est à cause de vous que tout ça est arrivé !









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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 15 Nov - 18:44



Mission Intrigue n°1



Préambule


« Dix jours. Cela fait dix jours que les bombes sont tombées et que Louisville s’est retrouvée coupée du monde. Dix jours où tous vivent un enfer perpétuel. Dix jours qui amènent de plus en plus de conflits, de plus en plus dangereux. Hier, un homme a été roué de coups après avoir essayé de voler un morceau de pain à une passante. Les gens ont de plus en plus faim et seulement une poignée de personnes possède les moyens suffisants pour se nourrir convenablement. Cela doit cesser et c’est dans cette optique que la mairie à décider de rassembler tous les citoyens de Louisville et les étrangers arrivés depuis peu dans la ville. Il faut s’organiser et cela au plus vite… »

Alors que Monsieur le maire demande à tous les habitants de se montrer solidaire et de mettre en commun toutes leurs possessions alimentaires afin de les redistribuer de manière équitable, Raulne en profite pour essayer d’enrôler des habitants dans ses forces armés. Ils ont besoin de bras pour combattre et il le fait savoir. Des voix s’élèvent dans la foule, dont celle de Lucas qui pointe du doigt l’aspect négatif et les dangers qu’ils encourraient à accepter l’offre de l’officier. Mathilda essaye de calmer la foule, en se faisant rassurante, mais elle est interrompue par l’arrivée d’un fermier. Ce dernier est en état de choc et armé d’un fusil. Il pointe, à tour de rôle, avec son arme monsieur le maire, le militaire et la conseillère municipale. Il les accuse d’être tous liés à la tragédie qui vient de toucher sa fille. Pour preuve, il balance un écusson militaire ensanglanté.

Ordre de passage


L'ordre de passage durera deux semaines. Nous rappellerons plusieurs choses : vous devez lire tous les rps des joueurs ainsi que les messages de la Chute. N'oubliez pas que vous vous êtes engagé à le faire. Egalement et surtoutSuperman n’est pas louisvillois ! . Et oui, nous avons eu des bombes qui sont tombées non loin, et non pas des météorites dans lesquelles était caché un vaisseau spatiale Razz Non je ne vous dis pas cela au hasard et juste pour le fun. Ici, il n’y a aucun super-héros, ni aucun voyant. Ainsi, vous pouvez agir MAIS en aucun cas vous ne pouvez désarmer l’homme, ni lui faire du mal. Aussi vous commencez à manquer pour certains d’entre vous de nourriture, et de sommeil. Egalement pour d’autre, c’est la première fois que vous voyez une arme et que vous voyez quelqu’un agir de la sorte. Nous sommes humains n’oubliez pas, traversé de sentiments, et de peur. En cas de doute, envoyez un mp à Philippe


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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Ven 16 Nov - 21:00

Ca y est, j'avais fini mon discours préparé la veille. J'espérais que mes mots porteraient leurs fruits. Bien sûr qu'il ne fallait pas en rester là et proposer des solutions, mais au risque de passer pour un homme de paroles et non d'actions, je me tus, pour leur laisser le temps de digérer cette nouvelle. Je balayai la foule du regard, cherchant des signes de soutien ou bien de mécontentement, attendant d'éventuelles questions. Le silence fut brisé non pas par un citoyen avide de réponses, mais par Raulne. Je l'avais vu arriver avec sa troupe et les placer de manière précise. Il suivait sa stratégie propre, mais je n'avais pas eu le temps de l'analyser car mon esprit était tout entier concentré sur ma prise de parole prochaine. Raulne s'avança vers moi, et me tendit la main tout en parlant :
Si vous permettez, monsieur le maire...

En fait, je ne pus rien lui permettre de particulier. Il enchaîna, sans que nous ne nous soyons concertés avant, sur son dada de la "Mobilisation Générale" ! La moutarde me monta au nez mais je restai impassible. Au fond de moi, je bouillonnais. Que faisait-il ? Nous n'avions pas prévu d'en parler maintenant, à moins que... Le souvenir de notre dernière conversation revint à la surface. Je l'avais autorisé à parler de ce recrutement lors d'une annonce officielle, certes, mais... il n'aurait pas été assez... quel est le mot ? Culotté ? Oui, culotté, pour en parler à une heure aussi grave. Il s'agissait bien d'un sujet important, mais aujourd'hui, je les avais réunis pour parler du rationnement. Ce n'était pas le même sujet. *Merde, il est en train de tout foutre en l'air !*. Les pensées d'un maire peuvent être violentes, vous m'en excuserez. Raulne prenait des gants, il me flattait pour mieux m'enfoncer ; sa manœuvre était vicieuse. Je me rappelai maintenant pourquoi je ne faisais pas totalement confiance à ce gars.

Déjà, je les voyais s'agiter, les citoyens et citoyennes ; ils ne comprenaient pas ce que leur voulait le soldat. Tout allait m'échapper. Rose Blanchet laissa échapper un "Carabistouilles !" ironique, qui m'aurait fait rire en d'autres circonstances. Elle laissait exprimer ce que la plupart pensaient : quel rapport entre la mobilisation et le rationnement ? AUCUN !!

Je m'éclaircis la gorge pour couvrir les murmures de mécontentement qui se développaient peu à peu. Peine perdue. Il me fallait retenir l'attention et il n'y avait pas trente six manières de le faire :

"Merci pour votre intervention, Lieutenant, mais ce n'est pas le débat aujourd'hui. Nous reparlerons de cette mobilisation une autre fois."
Mon ton était sans appel. Je n'allais pas le laisser détruire ma position comme ça.

Apparemment, tous ne m'avaient pas entendu. Un homme, que je reconnus comme réfugié, s'adressa soudain de manière très directe à Raulne. Il l'harangua, soulevant des vagues de hochements de têtes et d’acquiescements. Il venait de formuler toutes les peurs des habitants : rejoindre les soldats signifierait mourir sans avoir pu bien se défendre, fautes d'armes nombreuses et en bon état, et signifierait - ça j'en étais moins sûr, j'y mettrais bon ordre - que certains revendiqueraient un statut privilégié. Or, j'avais bien spécifié que personne ne recevrait de traitement spécial. Je pensais qu'ils avaient compris que les militaires faisaient partie du "personne". Je m'apprêtai à reprendre les craintes de Lucas - oui c'est le prénom du réfugié - et revenir sur mon sujet d'origine, quand Mathilda prit aussi la parole. Inquiet, je prêtai une oreille à ses paroles mais "heureusement", elle aussi rejetait la proposition de Raulne. De sa manière virulente, comme d'habitude, mais en parlant, elle me rejetait aussi. Il fallait que je désamorce ces tensions.

Mais je fus interrompu par l'arrivée d'un homme, un agriculteur au vu de ses vêtements, qui tenait dans ses mains... un fusil ! Je restai abasourdi mais me reprit bien vite. S'il y avait quelqu'un qui ne devait pas rester les bras ballants, c'était bien moi. Je m'approchai du bord de l'estrade doucement, tout en ne le quittant pas des yeux. Je fus arrêté dans mon élan quand il pointa son arme sur moi. Non, erreur. Ses mots, désespérés, amers, concernaient le soldat auprès de moi. Sa rancoeur me toucha de plein fouet. Je jetai un oeil discret au visage du lieutenant, mais je ne pus m'y attarder. Mathilda se trouvait toute proche de l'homme armé. Il jeta à terre un écusson ensanglanté, preuve de ses dires. Mathilda leva les mains en signe d'apaisement. Je jugeai le moment opportun pour tenter une approche. Me reprenant soudain, je l'appelai :

"Monsieur ! Je comprends votre douleur. Laissez-moi venir à vous et nous verrons..."
J'avais sauté à bas de l'estrade, mais mon geste le fit paniquer. Pourtant nous étions à une dizaine de mètres l'un de l'autre. Il prit peur et pointa son arme sur moi. L'homme paraissait fou. Je maudis ma précipitation. Coupé dans mon élan, incapable d'articuler un son. C'était la première fois qu'on me visait en voulant me tuer. Je n'étais pas celui que cet homme haïssait, mais il m'assimilait à un complice des soldats. Je levai moi aussi les bras, dans un geste réfléxe. Je ne faisais plus attention aux gens autour de moi, ni leurs réactions. Je regardai le canon de l'arme. Perdu dans sa contemplation. Apeuré...

Spoiler:
 


LIVRE II **Chapitre 1**
Topo sur Martin

Passée la folie des grandeurs
L'envie de jouer les grands seigneurs
Passée l'ivresse, passée l'ardeur
Dont les fruits n'ont plus de saveur
Revenu de sept ans de malheur
D'un accouchement dans la douleur
Lassé de mentir, de faire l'acteur
Quand on n'est plus à la hauteur
Restent les murs porteurs
Pour s'abriter du froid
Pour conjurer le malheur
Et retrouver sa voie
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Dim 18 Nov - 12:35

    Au fur et à mesure que mon regard vagabondait sur la foule, je reconnu quelques personnes que j’avais déjà rencontré. Hormis Philippe que je connaissais d’avant, tous les autres je les avais rencontrés ici, dans cette ville. Je reconnu d’abord cet inconnu que j’avais croisé dans une ruelle alors que j’essayais de prendre du bon temps avec une bouteille alcoolisé ; au final ça s’était mal terminé. Je m’arrêtais sur des autres visages encore : le médecin militaire qui m’avait sauvé la vie, ma collègue de travail : Valentine ou encore Czeslaw, un homme que j’appréciais énormément. Bien sûr il y avait le Maire aussi, qui m’avait promis de m’aider et que j’avais trouvé vraiment compréhensif. Je le voyais désormais faisant bonne figure devant cette foule et avec cette nouvelle qu’il avait soulevée concernant la nourriture, il pourrait s’attirer bien des problèmes. Je restais donc spectatrice à l’écart de tous, me demandant comment cela allait-il se passer désormais. Et lorsqu’une voix s’éleva parmi la foule, je reconnus immédiatement Lucas. Je laissais échapper un fin sourire. Il avait fait part de ses questionnements et j’étais sûr que tout le monde s’étaient posé ces mêmes questions. Avant même que le maire puisse répondre, j’entendis une voix féminine qui m’étais inconnu. Elle était cachée par la foule, je m’approchai donc doucement en me mêlant à cette foule pour apercevoir finalement cette femme à quelques mètres plus loin. Je ne la connaissais pas, mais j’avais la très nette impression de sentir un brin de tension. Je n’eus pas plus le plaisir de réfléchir là-dessus car un homme interrompu complètement le débat. Mes yeux se porta sur lui d’abord, mais ensuite sur son arme pointé vers une personne de l’estrade… Raulne ? Mon cœur s’arrêta une seconde tout comme ma respiration. Je savais ce que pouvait faire un citoyen lambda affolé et terrifié avec une arme, j’en avais déjà vu dans mon périple avant d’arriver ici. Et j’étais sûr qu’il allait tirer, pourtant je ne pouvais rien faire. Je repris ma respiration et je sentis ma toux venir ; alors je retins tant bien que mal celle-ci, surtout pour éviter que cet homme ne presse la détente par un simple bruit qu’il n’avait pas prévu, si innocente soit cette toux.

    Ainsi sa fille avait été violée. Je pouvais comprendre sa souffrance, même si je n’avais pas d’enfants. La souffrance qu’il éprouvait, tout comme celle de sa fille, était tout à fait compréhensible ; mais je me demandais toujours comment avait-il pu avoir cette arme et surtout, question essentielle et très intrigante : pourquoi accusait-il Philippe ? Si les militaires commençaient à faire n’importe quoi, cette ville serait bientôt plus du tout sûr. J’avais déjà en tête l’anarchie totale et en tant que femme je pouvais bien comprendre la situation de sa fille. Je ne me voyais pas du tout affronter ça en plus de la situation de Cherbourg que j’avais subit et qui restait gravé en moi.
    D’après ces mots, nous étions tous complices… Les secondes me paraissaient des heures et j’avais de plus en plus de questions dans la tête. Mon regard se leva sur le Maire lorsqu’il décida d’intervenir. Savait-il seulement ce qu’il faisait ? Et si l’homme tirait malencontreusement sur lui alors que Martin s’avançait ? J’étais terrifiée et paralysée à la vue de cette arme à feu, sûrement me rappelait-elle les coups de feu de Cherbourg et je détestais ça. Si seulement quelqu’un pouvait le désarmer, pour que cette situation n’empire pas. Et lorsque cette pensée traversa mon esprit, je vis que l’approche du Maire envers ce citoyen n’avait eu bon que de l’effrayer. J’eu comme un léger sursaut, en m’attendant au pire. C’était certain que je ne souhaitais en aucun cas revoir quelqu’un mourir alors que j’étais présente, je ne voulais pas revivre ça. Je me sentais capable de faire n’importe quoi, mais je restais cependant figé, dans l’attente d’une quelconque réaction.


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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mar 20 Nov - 21:40

    Je me rendais bien compte que je jetais un sacré pavé dans la mare, et que ça allait éclabousser tout le monde. J'espérais juste que la dite mare n'en soit pas une de sang ; j'avais l'impression funeste de celui qui en a déjà bien trop sur les mains pour le supporter in aeternam. Je regardais la foule un bon moment, alors que ma diatribe des plus patriotiques semblait faire long feu, aussi sûrement qu'un vieux pet foireux. Et merde. J'aurais pensé quand même que dans le lot, j'aurais su intéresser quelques jeunes, quelques personnes plus âgées aussi. Les gens qui voulaient se battre pour leurs libertés, pour la sauvegarde de leurs concitoyens et pour tous ces idéaux, étaient ils entièrement disparus ? Je réfrénais un long soupir de lassitude. Putain, ça prenait la tête. J'allais vraiment devoir toquer aux portes de Cherbourg avec deux pelés et trois tondus, alors que pour ce que j'en savais il y avait peut être tout l'enfer qui se pressait au portail ? Merde alors, là j'étais en rogne. Pas contre moi, contre mes hommes, mais contre tous ces gens. Quel troupeau, tous des bovins crétins qui attendent de passer bien gentiment sur le tapis roulant qui les mènera à l'abattoir ! Bordel, la pression faisait son grand retour et je sentais chaque muscle de mon corps se crisper de manière assez violente. Et quand finalement, un type chelou se mit à parler, je crus que j'allais exploser tant je ne m'y attendais plus. Je reportais un regard dur sur ce mec. Grand, les membres plutôt lâches, il émanait pourtant une sorte de force tranquille. Et ce barbare s'était pointé avec une hache. Bordel de merde, c'était quoi ça ? Et les mecs à l'entrée, ils avaient pas vu ce grand con de civil se balader avec une arme blanche ? Ca, c'était le pompom. Y'en avait qui allaient se faire remonter les bretelles et se prendre quelques coups de pied au cul. Et d'un coup, le grand gaillard m'assaillit de questions. J'avais déjà mal au crâne, mais je prenais sur moi pour lui répondre d'une voix forte, d'une voix confiante.


    | Les gendarmes ont comme dans tous les postes une petite réserve d'armes et de munitions. Je suis leur supérieur hiérarchique puisqu'ils sont eux aussi des soldats. Je leur laisserais de quoi assurer la sécurité et la protection immédiate des citoyens. Mais le danger plus grand est à Cherbourg. Si on n'y va pas pour empêcher ce qui est en train de se produire, ça ne servira à rien de se terrer ici. Et ça ne destabilisera quedal ; moins il y aura de gens ici et plus il sera facile d'y survivre, que ce soit pour des raisons d'auto suffisance alimentaire ou énergétique. Ca ne peut qu'aider le rationnement en ville, et les habitants de la région dans sa globalité, de rentrer sous les drapeaux. Et si vous vous inquietez de notre nombre, ou de notre soit disant recours à de la chair à canon ; ce n'est pas comme ça que la guerre fonctionne. Le pays est désorganisé est attaqué ; on ne peut se permettre de gâcher le moindre citoyen en le jetant sous les balles. La guerre telle qu'elle se pratique depuis des décennies prouve qu'un groupe bien équipé et motivé peut tenir tête à des forces bien plus conséquentes. Et tout autant que se battre est une nécessité pour survivre dans nos conditions, c'est aussi le devoir de chaque citoyen. |


    Putain, mais la constitution, ça disait rien à ces gens ? Le dernier gros conflit était trop lointain, les gens ne savaient plus ce que c'était de survivre à ce qui ressemblait le plus jusqu'ici à une guerre totale. Et là, on venait de monter encore d'un cran dans l'oreille. Soixante dix ans de paix presque, en tous cas pour le territoire national, et plus personne ne se souciait de la survie de qui que ce soit. J'étais sûr que dans les régions frontalières, on aurait eu plus de volontaires. Y subsistait toujours la peur teintée d'esprit de revanche chez nombre d'habitants, qui entendaient les récits de ceux qui avaient directement vécu les combats. La Normandie avait pourtant été durement malmenée la dernière fois... Le Nord et l'Est aussi. Est ce que les gens nourrissaient plus de désir de se battre là bas ? Je n'en savais rien. Je l'espérais. C'est alors que l'autre garce prit la parole. Je sais pas pourquoi, j'avais senti le coup venir. Je n'allais certainement pas baisser mon froc pour me faire baiser alors qu'elle ne faisait que jeter de l'huile sur le feu que j'avais certes déclenché, mais à raison. Je devais retourner la situation à mon avantage.


    | Merci de rassurer vos voisins, Mademoiselle Fontaine. Je n'ai en effet rien d'un dictateur. Si le Président en personne a signé le décret de mobilisation générale, je ne veux pas d'enrôlés forcés. Je suis là pour faire un travail vital à la survie de notre nation ; je n'entends pas forcer ceux qui ne veulent pas y prendre part et tenter de survivre seuls dans leur coin, à faire des choses qu'ils n'ont pas envie de faire. |


    Au moins comme ça, les choses sont claires. D'ailleurs, je vis la jeune pouffiasse reculer, l'air contrit et vaincu. Aha, je lui avais rabattu son putain de claque-merde à cette pauvre fille ! C'est pas parce qu'elle était bien roulée qu'elle pouvait tout se permettrer, nom de nom ! Je me figeais. Je me rendais compte pourquoi elle venait de reculer alors qu'elle semblait avoir peur. Un type faisait irruption, un cul-terreux du coin, armé d'un fusil. Je ne savais pas si je devais péter un câble tout de suite ou plus tard ; le planton n'avait pas empêché ce type de se ramener, mais bordel ce dispositif était une vraie passoire ma parole ! Cela dit, je me taisais alors que je fis en même temps un pas en avant, la main sur le holster de mon flingue à la hanche. Le type me braquait, et je levais les mains à mi hauteur en signe d'apaisement. Le type hurla que l'un des nôtres avait violé sa ville de quinze ans. Putain mais c'est quoi ça encore ? Je restais sur le cul, ne sachant quoi dire pendant une poignée de secondes. J'étais partagé une fois de plus entre l'envie de dégainer et de régler la question, et l'envie de régler le tout pacifiquement. Ma première pensée était qu'aucun de mes hommes n'aurait pu faire une chose pareille. Mais le fait était que nous avions vécu une période de stress intense. Le massacre de notre colonne ; des centaines de corps brisés, et ceux que nous avions nous mêmes provoqués en massacrant ces réfugiés qui voulaient notre peau dans la panique générale. Et aussi, je ne connaissais pas tous mes hommes. Certains n'étaient pas de mon unité... Huygues prit la situation en main et se retrouva braqué. Levant doucement ma main droite, j'activais mon oreillette en mode émission.


    | Tout le monde se ramène à l'estrade, on un gros problème. Ne braquez personne, mais tenez vous plus que jamais sur vos gardes. Verrouillez et armez vos flingues. |


    j'avais murmuré ces quelques mots, mon professionnalisme reprenant froidement le dessus sur la peur et l'excitation face au danger que je pouvais ressentir. Huygues faisait l'appât ? La moindre de mes interventions risquait de le faire descendre, et je mettais donc cette légère diversion offerte par la providence des gens courageux pour tout réorganiser. Me tournant vers Banda, je lui fis signe de braquer le type. Plus tôt, elle m'avait dit qu'elle me suivrait jusqu'en enfer. J'espérais que ce n'était pas des paroles en l'air, parce que je comptais sur elle pour abattre le type s'il appuyait sur la gâchette. Je fis un pas en avant pour ramasser l'écusson. Le portant à mes yeux, je lus qu'il s'agissait d'une identification, que je lus à mi-voix. « Cpl C. Azarov »[i]


    | Oh putain.... |


    [i]Et maintenant, quoi faire ? Comment réagir ? Je devais prendre sur moi et éclaircir l'affaire. Si on découvrait l'identité du violeur présumé, on allait tous nous tailler en pièces. Levant mes mains, je fis encore un pas en avant, m'adressant directement au fou furieux. Faites qu'il ne tire pas, bordel de merde!



    | Ecoutez mon vieux, si vous posiez votre arme et que vous me racontiez ce qu'il s'est passé, hein ? Je suis peut être leur chef, mais je vous jure que s'il y a une brebis galeuse dans nos rangs, je la fais fusiller. Mais on est encore un pays civilisé, pas vrai ? On doit faire ça dans les règles. On doit enquêter, recueillir des témoignages, et faire un procès. Vous ne pouvez pas venir ici avec votre fusil et descendre celui que vous pensez être coupable, pas vrai ? Et si le type est innocent... On doit trouver qui a vraiment fait ça. Vous ne voudriez pas vous tromper de coupable, pas vrai? Votre fille a droit à la justice, et la justice c'est pas de venir ici menacer votre maire et vos concitoyens. Personne n'a été blessé, si vous posez votre arme maintenant, personne ne vous tiendra rigueur de ce qui vient de se passer. |


    Azarov et Bandat pouvaient voir mes doigts croisés en signe de chance dans mon dos de ma main libre. Bien sûr, le type reportait son attention sur moi. La haine et la colère intense qu'il ressentait, cette véritable haine, je pouvais la comprendre. J'espérais d'abord que je saurais déceler dans son regard tout risque qu'il presse effectivement la détente... Et J'espérais qu'il y avait un bon dieu pour les pères en détresse, parce que sinon j'allais redevenir très vite une enflure, et si c'était pas moi qui le descendait, ce serait l'un de mes hommes. Hors de question que d'autres gens meurent sous ma responsabilité.



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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mar 20 Nov - 23:24

Fixant toujours son frère pour ne pas perdre sa trace, Rose vit son attention se retourner non loin d'elle lorsqu'elle entendit un homme se manifester. Plutôt bel homme, celui-ci semblait pourtant bien rustre en brandissant sa hache tel un barbare. N'avait-il pas peur que ses fous furieux de militaires lui assènent une balle entre les deux yeux. Quoi qu'il en soit il avait du courage car il disait tout ce que tout le monde pensait tout bas. Sa tête ne disait rien à la jeune Blanchet qui se douta rapidement qu'il s'agissait d'un réfugié. Pensant que les réfugiés étaient semblables à l'armée qui avait envahit sa ville, elle devait manifestement remettre en cause sa théorie. C'est vrai qu'en y réfléchissant deux fois, cet individu n'était pas le premier réfugié que la demoiselle rencontra depuis l'incident, puisque le premier d'entre eux était tout simplement Matthieu, le jeune homme qui s'excusa sans raison apparentes des méfaits de son comparse Benjamin. La jeune femme se mit à applaudir légèrement le mystérieux homme comme pour lui dire qu'elle était contente que ce dernier est pu déposer les plaintes des différentes personnes présente sur la table. C'est donc après un monologue basé sur les inquiétudes de tout les citoyens qu'une autre personne fît son apparition sur l'estrade et il s'agissait nul autre que de Mathilda. La cadette pensait au fond d'elle que son ancienne amie ne se gênerait pas pour ouvrir son clapet, quitte à se mettre une partie de la population à dos, même le maire. Leur relation n'était d'ailleurs pas au beau fixe vu qu'ils n'étaient jamais d'accord sur quoi que se soit depuis la chute des bombes. Regardant aussi bien Mathilda que le garagiste, Rose vérifiait que les deux tourtereaux ne se croisaient pas du regard, mais apparemment ce n'était sans doute pas le lieu et le moment pour des échanges romantiques. L'homme qui venait de faire un discours de recrutement répondit à la question de l'homme à la hache, mais cependant son discours entra d'une oreille et sortit de l'autre. Mais alors que le débat suivait son cours un individu armé arriva sur l'estrade et commença à viser le militaire en disant que sa fille fût violé par l'un des siens. Ressentant de la peine pour l'individu, la jeune Blanchet lâcha doucement comme tout à l'heure

Appuie sur la détente...

S'il y a bien une chose qu'elle détestait, c'était sans conteste les militaires. Une occasion de tuer leur chef est si belle, mais ses hommes armés ne feront qu'une bouchée de la populace. Suite à son murmure la blondinette se retourna vers son aîné afin de voir si celui-ci avait entendu sa déclaration et apparemment ce ne fût pas le cas. Soulagement pour la jeune femme qui avait peur qu'une oreille indiscrète l'entende et n'aille tout balancer au chef de l'armée de Louisville. Écoutant attentivement le vieil homme, la demoiselle était obligé d'avouer qu'il avait raison sur un point : Martin et tout les autres ont laissé les militaires nous dicter notre façon de conduire. C'est le comble pour elle de se faire diriger par des squatteurs, alors que la ville appartient officiellement à Huygues, aux Blanchets, aux Fontaines ainsi qu'aux autres familles de la bourgade. Rose commençait à comprendre au fond d'elle les motivations de sa collègue. Alors que les choses étaient tendues, le maire fît un effort de raisonnement et tenta de calmer « la bête », mais sans succès vu que cette dernière se mit à le viser, alors que dans l'histoire il avait rien à faire là. Autant la caissière comprenait son dégoût pour les militaires, mais attaquer un de ses concitoyens c'était tout simplement inconcevable pour elle. Même si Martin n'a pas toujours été tendre avec sa famille il reste tout de même un citoyen modèle de Louisville qui malgré tout est resté à son statut pendant la Grande Panique. S'il y a bien une chose que la jeune Blanchet lui reconnaissait, c'était son courage. D'ailleurs, tout en fixant le médiateur qui s’avère être Martin, elle murmura quelque chose comme

Tenez bon Mr le Maire...

Rose constata ensuite un simple échange de paroles entre les différents partis et un canon de fusil qui pointait tantôt le maire, tantôt le chef de l'armée. D'ailleurs ce dernier fît un geste bizarre tout en parlant avec l'homme en question. Elle se demandait bien de quoi il s'agissait, mais tout ce qu'elle espérait c'est que l'affaire soit réglée à l'amiable, hors il semblerait que ce ne soit pas du tout le cas bien au contraire.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mer 21 Nov - 15:42

      Et donc tu vois, la vieille peau de vache, elle m’a fait recopier mon cours de géo en entier, en entier tu crois ça ? juste parce qu’elle ne savait pas lire couramment le morse. Non mais je te jure. Ecrire son cours en morse, je suis désolé, c’est juste beaucoup plus rapide. Trente six pages que je me suis tapé d’écrire à la main. Trente six. Et le pire, c’est que j’avais juste les meilleures notes de la classe ! Mais non, Madame ne pouvait pas croire que je connaissais mon cours par cœur. Et donc là, je lui ramène le cours écrit à la main, et…

      | Tout le monde se ramène à l'estrade, on un gros problème. Ne braquez personne, mais tenez vous plus que jamais sur vos gardes. Verrouillez et armez vos flingues. |


    Je m’interrompis dans mon histoire, au demeurant palpitante, portant une main à mon oreille pour entendre mieux ce que j’entendais grésiller à travers l’oreillette. Le discours de Raulnes avait été suivi d’un flottement, certes, mais comme je l’avais prévu, ce beaucoup trop calme s’était mué en « et si on faisait les crétins et on intervenait à tout bout de champ pour montrer qu’on est plus intelligent que les miloufs et qu’ils sont les gros méchants de l’histoire avec leurs flingues et tout ? » de la part des gros glandus du coin. C’était pour ça, d’ailleurs, que j’avais pris sur moi de dire des choses un peu plus intelligente pour remonter le niveau, et aussi distraire Bertin qui devait s’ennuyer autant que moi. Enfin, c’était ce que j’avais suspecté jusqu’à ce qu’il me propose de m’étrangler pour me faire taire. Je crois que c’était à la fin de l’intervention d’un gars, intervention que je n’avais absolument pas écoutée, cela allait sans dire. Lorsque la jeune femme avait renchéri, interrompue par le lieutenant et tout, j’étais en train de parler à une minette qui semblait aussi intéressée que mon cher camarade amoureux des caisses métalliques. Sauf qu’elle ne pouvait pas me menacer de m’étrangler sans paraître ridicule, heureusement pour moi. Et donc, voilà qui nous menait à l’intervention de Raulnes dans le creux de mon oreille, intervention qui m’arracha automatiquement et très poliment :

      « Ca sent la m#rde, ça sent la m#rde cette histoire… »


    Tandis que réagissant au quart de tour, nous commençâmes à contourner la foule pour arriver le plus discrètement au niveau du lieutenant. Je sifflai Baxter qui se leva instantanément. Il sentait que j’étais tendu et stressé. En même temps, si le lieutenant nous demandait de verrouiller et d’armer nos flingues, c’était que j’avais encore loupé quelque chose pendant que je parlais. Et que je n’étais qu’un gros blaireau qui ne savait pas se la fermer. Et que j’étais un cas désespéré. D’après Bertin, un civil avait sorti une arme et lorsque nous arrivâmes en courant au niveau de l’estrade, l’impératif de la situation me faisant oublier la douleur de ma jambe, nous attirâmes l’attention des civils qui étaient en bordure, puis de ceux un peu moins en bordure lorsque nous fendîmes très, très discrètement la foule. Comment ça, un berger allemand sans laisse ni muselière n’était pas très discret ? Je fis signe à Bertin de continuer tandis que je faisais demi tour pour rejoindre Raulnes, Godzillette et Azarov par derrière. J’étais au bas de l’estrade, et comme je venais de m’arrêter de marcher, ma jambe recommençait à se rappeler à mon bon (plutôt mauvais d’ailleurs) souvenir. Baxter était tendu et j’entrepris de le caresser pour qu’il destresse un peu, tout en essayant de voir ce que je devais faire. J’entendis clairement les derniers mots de Raulnes lorsque, me décalant pour rejoindre celui que je savais être le maire grâce à son gentil discours vieux de quoi… cinq, dix minutes ?, je m’aperçus que c’était mon lieutenant qui était visé.

      | … Votre fille a droit à la justice, et la justice c'est pas de venir ici menacer votre maire et vos concitoyens. Personne n'a été blessé, si vous posez votre arme maintenant, personne ne vous tiendra rigueur de ce qui vient de se passer. |


    Mais qu’est ce qu’elle avait encore, la fille du vieux chnock ? Elle n’avait pas assez à bouffer ? Je me retins de lâcher ça d’une voix bougonne, parce que visiblement, ce n’était pas le moment de plaisanter ou de faire des suppositions vaseuses. Raulnes parlait de justice. Je me frappai mentalement de ne pas avoir écouté davantage, et de mettre séparé de Bertin qui aurait pu m’expliquer un peu plus. Godzillette et Muet étaient encore sur l’estrade à ce que je pouvais voir. Le maire, était juste devant moi et Baxter se tenait à mes pieds, prêt à m’obéir. Je ne savais pas si je devais demander à mon chien d’immobiliser le gars armé. Ce n’était pas le plus malin à faire puisqu’il suffisait d’un moment de tension et de surprise pour que l’autre fasse la c#nnerie d’appuyer sur la détente et de flinguer mon lieutenant. Ou le maire. Ou le lieutenant. Bon sang, c’était quoi cette m#rde ? Pourquoi tout le monde ne pouvait pas s’offrir des fleurs et se lancer des boulettes de papier s’il y avait une dispute, hein ? Tout de suite les grands moyens. Et que je te sors un flingue, et que je menace de zigouiller tout le monde… Le vieux ne pouvait pas me voir, Raulnes non plus. En fait, le maire était un gentil paratonnerre. Ou pas. Je chuchotai à Baxter :

      « Baxt’, calme. C’est pas l’moment de faire le c#n comme tonton Alexandre., puis en appuyant sur l’oreillette, Lieut’, c’est Reh à l’appareil. Baxter et moi, ‘fin mon chien et moi sommes derrière le maire. Bertin arrive de l’autre côté. »


    Pour un peu, j’applaudirai mon professionnalisme à faire pleurer de jalousie le plus pointilleux des profs d’Autun. Non, je blaguais. J’étais incapable d’être sérieux, ou plutôt comme tel, et lorsque je savais que la vie de quelqu’un était en jeu, je balançai étrangement entre le sérieux et la déconne, comme à cet instant. Le pire, c’était que ce n’était fichtrement pas volontaire. Autant d’habitude j’étais totalement désinvolte par choix, et je pouvais être très sérieux, comme j’avais tenté de l’être avec Valentine, par choix aussi, autant maintenant… j’étais pleinement moi-même. Je ne voulais pas qu’il y ait plus de mort, mais je savais aussi que j’étais maudit jusqu’à la moelle et que quoique je fasse et veuille bien faire, ça allait merder à un moment ou à un autre. Regardez, je n’avais pas été capable de remarquer qu’un crétin se balader avec un truc de ce calibre. J’étais vraiment un c#n parfois. Et pas que parfois. Et… bon sang, ça avait commencé avec Mathias à la maternelle, et ça continuait maintenant. Je faisais couler du sang. Je croisai les doigts pour que Raulnes ou que quelqu’un me dise « vas-y, casse toi Reh, et laisse les grands faire leur boulot comme ça tu ne vas pas tout faire foirer. », mais d’un autre côté, je voulais faire quelque chose de bien pour une fois. Mes yeux foncés se posèrent sur le dos du maire qui était plus grand que moi. On s’en fichait de sa taille, mais je n’avais pas manqué de le remarquer. L’idée, dans ma tête, c’était qu’il fallait protéger les civils, puis immobiliser le vieux, et enfin aller se boire une bonne bière en riant de la frayeur qu’on avait eu. Une sacrément bonne idée, surtout la troisième partie. Mais bon. Je restai dans l’ombre, attendant une réaction de Raulnes dans le meilleur des cas, et du vieux dans le pire. Une réaction du maire se mettant à couvert serait bien aussi. Comment Baxt’ faisait il pour être calmement assis à mes pieds ? Il gérait le stress bien mieux que moi, le bougre. Et il n’avait que quatre ans en plus ! Bref. Je murmurai entre mes dents :

      « Allez Lieut’, prends les choses en main et grouille, Allez vieux crétin, lâche ce p#tain de truc et va buter tes salades… »


    Avant de me demander si j’avais bien coupé l’oreillette ou pas. Histoire que Raulnes ne pense pas que c’était lui que j’avais si joliment traité de vieux crétin.

    Spoiler:
     
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 22 Nov - 19:09

Les choses prenaient une ampleur dingue pour une petite ville. Imaginez l'ampleur dans une plus grande ville, il y aurait déjà eu des morts. J'étais perdue dans la masse, je restais un peu en arrière, évitant de me faire remarquer ou de m'en prendre une. Je regardais autour de moi, les gens étaient sous tension, et tout le monde semblait avoir perdu de vue le problème qui devait être à l'origine des discussions. Mais chacun prenait des chemins différents, et ce militaire, qui me semblait bien pédant et méprisant à l'égard des gens, avait lancé un pavé dans un petite marre, mettant les pieds dans le plat comme c'était pas permis. Beaucoup de personne prirent la parole, certains réagissaient aux déclarations de Raulne et d'autre arrivait fusil à l'épaule, près à rendre justice soit même, des accusations graves, des accusations de viol, comme quoi les monstres peuvent se trouver dans les rangs de ce qui sont censé protéger. Je ne pouvais comprendre que la réaction de ce citoyen qui n'avait rien demandé à personne, ni même la présence des militaires, et les voilà à violenter sa fille de quinze ans. Je n'avais aucune envie de faire partie des histoires, je comprenais, j'approuvais même ce fusil à l'épaule. Mais je n'avais aucune envie de me prendre une balle perdue, ni même un coup ou de me retrouver au mauvais moment, au mauvais endroit, j'étais déjà dans la mauvaise période, mauvaise année, mauvais tout court.

Tout allait trop vite, je perdais complètement le fil. Quand je regardais autour de moi, les gens paniquaient, les esprits s'échauffaient, les gens ne semblaient plus tenir en place.Je ne savais vraiment pas ce que je faisais là, j'étais simplement venue pour connaître les avis des gens sur certaines pénuries alimentaires, le rationnement, et rien, rien n'était en rapport avec tout ce qui se passait. Ils crevaient l'abcès, la situation avec les militaires devaient être tendue à la manière dont parlait Raulne à une fille qu'il appela "Mademoiselle Fontaine". Une politesse qui sonnait fausse, pleine de mépris, de dédain. Il sembla fier de sa petite intervention que je jugeais moi même puéril. Je restais silencieuse, pas très bien dans mes bottes, hésitant entre partir et rester, mais avec cette foule qui s'amassait autour de moi, je ne pouvais plus bouger. L'hésitation se transforma en obligation, j'étais obligée de rester, je n'avais pas le choix, exercice imposée, je ne me sentais pas vraiment à ma place, et pour la première fois de ma vie, je serais bien aller m'occuper des plantes, des arbres et de tout ce qui était sous ma responsabilité désormais, je n'y connaissais pas grand chose, mais j'appréciais ce travail. Je me sentais moins inutile qu'à mon arrivée. Mais ici, j'étais personne parmi la foule, et je n'aimais pas ça. Tout le monde voulait intervenir, tout le monde avait son mot à dire, personnellement, je n'avais pas envie de me faire remarquer, et je regrettais de plus en plus d'être là, mais je faisais avec, je ne me sentais pas en sécurité, et tout ceci me ramenait à mon voyage de Rennes jusqu'ici, où le sentiment d'insécurité ne m'avait jamais quitté, pas une minute, pas une seconde, à chaque pas, revivre cela n'était pas une partie de plaisir.

J'aurais bien levé la main pour parler, imposer mes idées, mais je n'étais pas de ceux qui dégoulinait de charisme, je parlais peu, et puis vous m'imaginez prendre la parole, moi réfugiée, qui essaye de se rendre utile ? J'estimais ne pas avoir mon mot à dire, j'avais certainement tort, mais je ne me voyais pas porte parole des réfugiés, surtout que nombreux sont ceux qui ne nous apprécient pas, nous pouvions être vu comme de vulgaires profiteurs et qui les en blâmerait. J'entendais des murmures, on marmonnait, on se demandait, je montais sur la pointe des pieds, pour voir comment aller se terminer cette histoire. Mais je me disais que le moindre coup de feu serait mauvais signe. Pour l'instant pas de coup de feu. Mais le moindre dérapage aurait de bien néfastes conséquences. Si on y réfléchit, l'homme au fusil pouvait se faire descendre car il menaçait tour à tour le maire, puis d'autre, il se ferait descendre pour avoir voulu venger sa fille, imaginez le scandale, on criera à l'injustice, insurrection de la population en colère contre le corps militaire. Toute cette agitation me donnait mal au crâne. Sans oublié, que je ne faisais... rien.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 22 Nov - 22:34

Quand le bûcheron était arrivé, j'avais eu le réflexe de lever mon arme dans sa direction, mais je m'étais retenu juste avant que le canon ne se dresse en direction d'un civil. Certes, sa hache était impressionnante, mais il ne représentait pas une menace immédiate : une hache c'est bon pour le corps-à-corps, et le temps qu'il arrive jusqu'au lieutenant où mes compères soldats, on aurait le temps de le fumer plusieurs fois.

Tant qu'à faire, je l'écoutais, et ses questions montraient bien que sa véritable arme présentement était ses mots. Dans l'optique civile, il venait de résumer ce que devait penser pas mal des concitoyens de Louisville ici présents. Au moins, il avait le cran de les dire... Le lieutenant répondit avec assurance et calme, et je n'aurais voulu pour rien au monde être à sa place. Vu comment on essayait de nous reléguer à la place de simples squatteurs, j'aurais sûrement explosé depuis belle lurette. Ça devait être pour ça qu'il était lieutenant.

Reportant mon attention sur la foule pendant qu'une voix de femme prenait la parole, j'observais les visages des personnes m'entourant. Vu comment la conversation tournait, ça allait certainement partir en débat où chacun essaierait de placer son point de vue sans écouter celui des autres, bref, un gros bon bordel diplomatique. Rien d'intéressant.

Jusqu'à ce que mon oreillette grésille et que la voix du lieutenant nous ordonne de nous ramener à l'estrade. Tournant la tête dans la direction de celle-ci, toute couleur désertant mon visage, je vis les personnes présentes les mains légèrement relevées, et le maire sauter à bas de l'estrade en articulant quelque chose.

Je jetais un bref regard à Castel et fonçais. Bousculant les gens, mon fusil bien calé contre mon torse, j'avançais en direction de l'estrade en ne m'arrêtant pas. Je n'eus d'ailleurs pas trop de problème à passer, puisque les gens préfèrent généralement s'éloigner d'un type louche portant une arme.

En arrivant près de l'estrade, je pilais net en me retenant une nouvelle fois de lever mon arme. Les consignes étaient claires : ne pas le brusquer en le braquant. Il visait alternativement les personnes devant lui, le maire, la femme que je ne pris pas le temps de dévisager, et notre lieutenant. Je ne comprenais pas tout, mais il avait l'air sacrément en rogne.

Raulne me donna quelques bribes d'informations dans sa réponse à l'homme, et apparemment cela nous concernait. Quelque chose en rapport avec la fille de cette homme ? Était-elle morte ? Ou avait-elle disparue ? Trop d'éléments qui me faisaient défaut et m'empêchait de comprendre les motivations de cet agriculteur en colère.

Au fond, ses motivations importaient peu. Nous n'avions pas besoin de les connaître. Nous avions nos ordres, et charge a nous de les appliquer. Se poser des questions reviendrait à se remémorer cette fameuse nuit. Suivre les ordres était bien plus simple... Dangereux, très dangereux, mais incroyablement simple. Et puis, ce type menaçait des personnalités de la ville, il ne s'agissait pas d'un innocent. Un innocent ne braqué pas les autres pour faire justice soi-même.

Nous étions désormais presque tous arrivés autour de lui, tous prêts à l'abattre au moindre signe qu'il allait tirer. Une goutte de transpiration coula le long de ma joue, la chaleur et le stress l'aidant pas à se concentrer. Mon arrivée avait eu l'air de le surprendre, comme si il ne s'attendait pas à ce que Raulne ait des renforts.

Il pouvait tous nous voir, nous observer. Et de là, il nous était impossible de tirer les premiers. Si nous levions nos armes, il serait sûrement assez rapide pour tirer au moins une fois, au pire deux. Il nous privait de l'initiative. Or on nous assénait depuis l'école militaire de l'avoir toujours avec nous. Garder un atout dans la poche... Je me penchais vers Castel pendant qu'il ne me regardait pas pour lui chuchoter très doucement mon idée :


- Glisse toi derrière lui, te fais pas voir... Je vais l'ocuuper. Fait qu'on puisse le tenir en joue sans qu'il ne s'en rende compte.... Tiens toi prêt.


Je repris la même expression figée quand je me fis de nouveau dévisager, et pris une inspiration en rehaussant mon brassard portant la croix rouge sur mon bras gauche en baissant mon arme, la pointant vers le sol. Tout en prenant la parole, je fis un bref signe de la main derrière mon dos à Castel pour qu'il puisse prendre sa position.


- Monsieur ? Je suis médecin, et si il y a la moindre chose que je puisse faire pour vous aider, je le ferais, avec d'autant plus d'ardeur si il s'agit d'une réparation pour ce qu'à fait un des nôtres... Écoutez monsieur, pensez à votre fille et baisser votre arme. Je doute que vous souhaitiez mourir en sachant qu'elle ne sera pas vengée.. Il fait trouver le vrai coupable, pas n'importe quel militaire ! Baissez votre arme avant que cette guerre ne fasse davantage de morts, hein ?


Je m'arrêtais là en voyant du coin de l'œil Castel en position. Reculant d'un pas en essayant de garder mon arme dirigée vers le sol, j'informais le lieutenant de notre idée par oreillette. Restait plus qu'à croiser les doigts....


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Sam 24 Nov - 21:02

Je les regardais tous, cherchant plus ou moins inconsciemment des visages familiers. Et ce, même si je savais parfaitement que bon nombre de mes connaissances avaient une arme entre les mains, prêtes à défendre Raulne. Toutefois, j' aperçu Eléanore. Cette chère Eléanore. Certainement le seul être humain avec qui je me comportais normalement. C'est qu'elle était si différente des autres, si gentille, si attachante. En temps de guerre, il n'était bon de s'attacher à quelqu'un. Et faire un tel choix, c'était accepter de perdre le peu d'humanité qu'il nous restait. Je voulais rester moi, à tout prix ; cet affront m'avait déjà bien trop pris, en quelques jours de temps. Le garagiste était là lui aussi, je ne tardais pas à le repérer. Espérer que l'assemblée se contienne, c'était un rêve : il y allait forcément y avoir des vagues entre les différents groupes. Nous, on était justement là au cas ou. On était là pour défendre, pour surveiller. Toujours aussi tendu, mâchoire serrée, j'écoutais inlassablement - comme si j'avais le choix - les répliques acérées qui fusaient de chaque côté. Chacun voulait avoir raison, chacun voulait trouver la faille qui ferait tomber l'autre de son piédestal. Ce débat - si on pouvait parler de débat - ne servait d'ailleurs à rien, il était évident que chacun resterait campé sur sa position initiale.

Puis, entre deux tirades bien placées, un homme arriva. Il semblait paniqué, hors de lui, dégoûté. On aurait pu le comparer à un chien enragé, prêt à bouffer Raulne. Plus que jamais à cran, prêt à tirer si l'ordre était donné, je patientais. Je le fixais, dans le plus grand des silences, essayant de déterminer la moindre de ses réactions futures. Rien, on ne pouvait rien deviner. Le vieux protesta, criant à qui voulait bien l'entendre, qu'on avait violé sa fillette de quinze ans. Fronçant les sourcils, je tentais de me concentrer sur ses mots, pour essayer d'en comprendre plus. Il balança quelque chose à terre, certainement un indice ou une connerie dans le genre. Ainsi donc, il accusait les militaires ? Soit, on pouvait comprendre sa douleur. Tout le monde souffrait, en cette période de guerre. Était-ce là une raison suffisante pour faire un tel fiasco ? Tout était relatif, et ce, même si c'était triste à dire. Alerte, je regardais le maire descendre de son estrade. Qu'est-ce qu'il avait en tête, hein ? J'en avais strictement aucune idée. Tout ce que je savais, c'est que je n'hésiterai pas à descendre ce putain de cul-terreux s'il se décidait à lancer l'offensive. Je n'osais pas m'imaginer l'anarchie si on perdait le maire. Et puis, il n'y avait déjà plus beaucoup de militaires comme ça, alors si en plus, on perdait un homme de tête comme le lieutenant, on était vraiment dans la merde.

Tout le monde se ramène à l'estrade, on a un gros problème. Ne braquez personne, mais tenez vous plus que jamais sur vos gardes. Verrouillez et armez vos flingues. L'ordre était clair, et pourtant, il était dur de s'y tenir. Un homme armé, qui tenait en joue et le maire, et Raulne. Un homme armé qui semblait prêt à tout pour obtenir justice sur son affaire. À l'affût, je regardais mon supérieur s'avancer, certainement pour ramasser ce que le fermier avait balancé au sol. J'étais curieux, je ne pouvais le démentir, mais ce n'était certainement pas le moment d'enquêter. Regardant furtivement les alentours, je remarquais que les renforts arrivaient, au fur et à mesure, discrètement. Écoutant ce qui se disait quelques mètres devant moi, je m'inquiétais de plus en plus de cette situation. Tout ça, c'était vraiment pas bon. Au moins, le militaire avait le mérite d'être clair. Justice serait rendue, le violeur exécuté, et on en parlerait plus. Est-ce qu'on pouvait le prendre au sérieux ? Aucune idée. J'avais jamais fait confiance à cet homme, et ce n'était pas près de changer. Le lieutenant croisait ses doigts dans son dos, qu'est-ce qu'on devait comprendre par là ? Qu'il maîtrisait la situation ? Certainement. Je restais juste sur mes gardes, prêt à exécuter le moindre des ordres qui me serait donné.

Lentement, la défense se mettait en place ; les hommes se disposaient de manière à garder le paysan en joue, de manière à pouvoir agir, quoi qu'il arrive. Ce qui semblait être un médecin militaire, vu le brassard qu'il arborait, tenta de calmer le civil. Je priais intérieurement pour que cela marche, même si je ne me faisais pas trop d'illusions. J'étais on ne peut plus prêt à tirer. On ne peut plus prêt à tuer, à nouveau.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Lun 26 Nov - 16:04

Tout s’enchaînait finalement bien vite. Que le réfugié prenne part à la comédie comme ça le fit bien ricaner. C’était marrant que l’une des premières réactions à ce discours provienne d’un type pareil. Enfin, il avait la langue bien pendu à ne pas en douter. Mickaël ne pouvait pas totalement réfuter ses paroles pour autant et ça l’énervait très sincèrement. Ci et là les conversations fusaient, les gens commençaient à paniquer, à s’insurger, à s’enliser dans l’incompréhension, la contradiction. Ils étaient tous paumés, en colère contre les événements et le garagiste partageait le sentiment général. Le lieutenant venait de balancer un peu plus de poudre au sein de la population et les flammes ne tarderaient pas à jaillir. Il suffirait d’une étincelle. Mathilda s’imposa alors au milieu du brouhaha mais avant qu’il ait pu méditer sur ses propos, une personne se détacha de la mêlée. Armé et de toute évidence, désespéré. Un mauvais cocktail. Et voici donc l’étincelle. Qu’il vise Raulne n’inquiétait pas spécialement le mécanicien, son premier réflexe avait été de se mettre devant Rose afin de la préserver. Sa seule appréhension se situait à ce niveau pour l’instant, il ne réfléchissait pas plus loin se focalisant sur ce fait simple. Le renégat essaya en vain d’identifier l’habitant. De mémoire, il ne le connaissait pas – en même temps, il ne pouvait pas connaître tout le monde non plus et il doutait que ça ait changé quelque chose de toute façon. Son amie fit un pas dans sa direction, l’agriculteur la visa alors. Mickaël amorça un geste vers la scène mais se stoppa net quand il se rappela avoir sa sœur derrière lui. Il resta immobile à mi-chemin entre sa volonté d’empêcher ce mec de nuire à la chef du groupe armé et celle de veiller sur sa frangine. L’homme s’exprima ensuite et son histoire arracha un juron au trentenaire. Saletés de militaire – ça n’avait rien d’étonnant tiens. Il avait rendu justice lui-même et même si c’était extrême comme réaction, le rebelle ne pouvait pas le juger ou le blâmer pour ça. Si l’une de ses pourritures avait touché à sa cadette, il aurait sûrement réagi d’une façon violente. Quinze ans… Il refixa son attention sur le flingue braqué sur la brunette et serra ses poings, complètement impuissant.

Le Maire intervint à la suite détournant la menace de la caissière. Cela détendit provisoirement le garagiste qui prit alors Rose par les épaules et recula un peu plus de cette agitation. Sa priorité actuelle, la protéger. Il ne disait pas un mot, préférant se concentrer sur la suite de cette histoire. L’armée allait intervenir, c’était prévisible. Ils étaient supposés être formés pour faire face à ce type de crise. Il n’espérait que ça soit Huygues qui les sorte de ce pétrin – ce gars avait autant de charisme qu’un panneau routier, il ne le convaincrait pas. En tout cas, lui ne serait pas convaincu. Au moins, on ne pouvait pas lui reprocher d’essayer. Tout s’emboîtait plutôt rapidement autour d’eux et dans l’incohérence générale, il préféra garder la Blanchet sous le coud, le plus loin possible de la racine du problème. Un médecin en uniforme fit son entrée en scène. Lui, il le connaissait. Il avait de vagues souvenirs de cette nuit arrosée dans laquelle il avait fini aux urgences avec une nana inconsciente et un toubib armé. Aussi détestables fussent-ils, ce docteur ne lui avait pas pour autant laissé une empreinte très marquée. Il avait été compétent – du moins, il avait semblé et il ne l’avait pas trop ennuyé. Peut-être qu’il était à même de calmer le jeu. Ouais, ça restait un soldat après donc il ne misait pas tout sur lui non plus. Mais sait-on jamais. Mickaël restait sur ses gardes et prêt à se jeter à terre en emportant le dernier membre de sa famille dans cette entreprise si ça dégénérait. Il ne pouvait rien faire d’autre pour le moment.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Lun 26 Nov - 22:24

    Je le sentais très mal. Je me doutais de ce que Raulne allait dire, mais ça ne sentais pas bon, pas bon du tout. Je pouvais voir déjà toutes les contestations qui se tramait au loin. Un homme avec une hache ose hausser le ton. Son instrument de torture entre ces doigts ne me laissait pas indifférente, j'étais prête à lui clouer la main pour qu'il la lâche, mais il ne semblait pas être si hostile que ça. Il soulevait simplement les bonnes questions, celles que je me serais posées si j'avais été à sa place sans pour autant les dire tout haut. La foule qui avait tout entendu commença à parler chacun dans son coin. Raulne essaya de leur expliquer que les armes ne poussaient pas sur les arbres, mais qu'il y en aurait pour les civils nous rejoignant. C'est alors qu'une brunette s'invita à la petite sauterie sur l'estrade. Qu'est ce qu'elle voulait ? Impossible à savoir pour le moment et puis la foule parlait tellement fort, qu'il n'était plus possible de distinguer clairement ce que chacun disait. Je l'écoutais donc et je devinais très rapidement qu'elle ne nous appréciait pas vraiment. J'aurais bien eu envie de lui coller ma main sur la tronche mais cela n'aurait fait que lui donner raison. Nous n'étions pas ici pour rester encore longtemps ma chère, il fallait rejoindre Cherbourg, telle était notre mission alors nous allions essayé de nous en acquitter le plus rapidement possible avec ou sans bras supplémentaire. Raulne essaya d'expliquer que tout se passerait bien et que personne ne serait forcé à nous rejoindre. Mais si elle n'avait pas fini sa tirade de propagande pour la ville, c'est parce qu'un habitant dans la soixantaine arriva avec une arme chargée, pointée sur nous. Nous avions soit disant violée sa fille. Je me suis alors demandé s'il ne voulait pas simplement nous accusé de cela pour nous faire perdre le peu de crédits que nous avions. L'idée que Bertin n'ai pas pu s’empêcher de fourrer son dard quelques parts m'effleura cependant l'esprit. Que faire ? Allait-il vraiment tirer sur nous ? En avait-il le cran ? Il en avait le savoir, c'était assez clair, il en avait la volonté, mais étais-ce suffisant ?

    Je détestais cette situation en tout cas. J'étais prête à lui tirer dessus, mais notre image serait définitivement ternie pour les louisvillois. Je m'abstenais pour le moment. Le maire décida alors de s'approcher de l'homme en lui disant qu'il comprenait sa situation mais j'en doutais, à moins que se fille n'est été violé un jour. Raulne se tourna alors vers moi, mais j'étais déjà en position pour abattre le type si jamais il se décidait à appuyer sur la gâchette. Ce n'était pas pour rien que l'autre jour, je lui ai fais la promesse de le suivre n'importe où, même sous la couette pour coucher avec lui si c'était ce qu'il voulait. Il s'était approché et avait pris l'écusson où il y avait le nom du soit disant violeur. Il prit la parole pour essayer de calmer le vieux bouc. Un procès s'ouvrirait pour connaître l'identité du violeur, c'était un bon moyen de lui faire poser son arme en tout cas. J'étais toujours au niveau de l'estrade, je ne quittais pas le fermier de l'oeil. Talbert arriva alors sur place pour essayer à son tour de rassurer l'homme. Je me demandais s'il accéderait à leur demande respective. Les militaires semblaient être convaincants dans leur blabla, mais l'homme serait-il de son avis ? Il faudrait qu'un habitant de la ville vienne lui dire la même chose que les militaires, et il baisserait sûrement son arme. Sans cela, nous ne pouvions être sûrs de rien.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 6:04



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