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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mer 28 Nov - 20:07

Les secondes s'écoulaient au goutte à goutte. Je n'avais pas encore conscience que mon geste n'était pas le plus adéquat compte tenu de la situation. Je pensais sincèrement qu'un habitant des environs ne lèverait pas son arme sur son élu.

"Les gens qui ne m'aiment pas n'iront quand même pas jusqu'à me tuer, si ?" Ah, souvenir de mes débuts en politique ! Cette pensée ne m'avait jamais effleurée jusqu'à ce qu'un jeune prétentieux - et lâche - ne me la pose. L'envie de lui répondre que oui, c'était très probable, m'avait titillé, irrésistible provocation, mais je m'étais contenté de soupirer en levant les yeux au ciel. Non. Les gens qui ne t'aiment pas ne te serrent pas la main en public, t'insultent et font leur possible pour t'empêcher de gouverner en paix et en bonne intelligence avec les différentes parties. Et aux prochaines élections, ils se déplacent en masse pour t'éjecter !! Cette réponse avait été fournie par un conseiller plus âgé. Je l'avais écouté, un peu désarçonné. Je ne pensais pas qu'on pouvait ne pas m'aimer. Pas que je sois aveugle et sourd, incapable de comprendre qu'on puisse être en désaccord, mais j'ai toujours cru qu'avec de la volonté, un dialogue peut s'ouvrir et on peut trouver des compromis.

Mais je ne m'étais jamais trouvé dans une situation pareille. L'homme ne me visait pas pour me tuer, mais parce qu'il était à bout. Sa première cible était Philippe Raulne. Je devais garder cette idée en tête, ne pas perdre des yeux le père, lui rappeler par mon regard que nous étions dans le même camp. Enfin... presque.

⇉ Vous êtes tous complices. Vous les avez laissé s’installer ici. C’est à cause de vous que tout ça est arrivé !

J'avais bien conscience qu'il m'accusait de coopérer avec les militaires. La plupart des habitants ne comprenaient pas que je n'avais pas le choix. Que dans ces temps troublés de guerre, nous devions soutenir les soldats. Leur mission est de sauver le pays, ou du moins ce qu'il en reste. Personne n'avait l'air de comprendre cela. Le discours de Raulne, en réponse à celui de Lucas, avait remis les idées des gens en place. Malheureusement, la situation chaotique dans laquelle nous étions plongés avait fait oublier à chacun notre débat de naguère. Chacun oubliait la prudence et s'agitait inconsidérément au lieu de conserver une attitude calme. *C'est toi qui dis ça ?*
Alors que Raulne prenait la situation en main en s'adressant à l'homme, je compris que j'avais encore des choses à apprendre en matière de diplomatie. *Bon je n'ai pas en charge une troupe et je n'ai pas l'habitude des conflits armés. Est-ce une raison pour les laisser gérer la situation entre militaires ?*
L'homme me visait toujours, mais ne regardait plus dans ma direction. Mon expiration brutale me fit réaliser que j'avais retenu ma respiration. Je changeai de position. Je me rappelai soudain la présence des derniers gendarmes parmi la foule. Je cherchai du regard Damien Bellanger. Avant de me rappeler qu'il était parti tôt ce matin en reconnaissance dans la campagne environnante. Si seulement il avait croisé ce gars sur son chemin, il aurait peut être su le raisonner et nous n'en serions pas là !

Un autre homme prit la parole. Je distinguai son brassard rouge et ses paroles me firent comprendre qu'il était médecin. Ses mots emplis de sens parurent atteindre le père en colère. Raulne et lui maîtrisaient la situation tandis que moi je m'étais laissé prendre au piège, tel un lapin aveuglé par la lumière des phares en pleine nuit ! J'avais la très nette impression de ne servir à rien. Je n'avais pas le loisir de peser mes mots, je voulais éviter que le gars se re-braque, mais j'espérais vivement que cela ne soit pas le cas cette fois. Je repensais à ces dernières paroles, sur le fait que j'étais complice de cet acte. Non. Ce n'était pas ma volonté. Il fallait que je trouve des mots simples, pas de grandes phrases. Un déblocage se fit dans ma tête, je me rappelai le nom de l'homme :

"Monsieur Charles ? Vous et moi, nous allons trouver les vrais coupables. Je vous le promets. Nous allons tout faire pour vous aider. "
Des paroles d’apaisement. Monsieur Charles avait tourné sa tête vers moi à l'appel de son nom. Il baissa légèrement son fusil. Il parut hésiter.
"Donnez-moi votre arme, Monsieur Charles. Nous allons la venger, mais pas comme ça. Je vous promets de vous aider."


LIVRE II **Chapitre 1**
Topo sur Martin

Passée la folie des grandeurs
L'envie de jouer les grands seigneurs
Passée l'ivresse, passée l'ardeur
Dont les fruits n'ont plus de saveur
Revenu de sept ans de malheur
D'un accouchement dans la douleur
Lassé de mentir, de faire l'acteur
Quand on n'est plus à la hauteur
Restent les murs porteurs
Pour s'abriter du froid
Pour conjurer le malheur
Et retrouver sa voie
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Dim 2 Déc - 22:24



La première victime d'une guerre, c'est la vérité

L’homme était menaçant et en colère. Je n’en menais franchement pas large et l’avouer était très difficile pour une femme telle que moi. Je ne savais pas quoi faire pour le calmer, quoi faire pour que cette situation s’arrange au mieux. Au fond, je ne lui en voulais pas, et je le comprenais même. Si on avait touché à ma Lyra, je ne l’aurais pas supporté… Le problème était que la forme n’était pas bonne. Accuser tout le monde et braquer des représentants n’était pas la bonne chose à faire. Il allait s’attirer des ennuis et non pas régler les choses. Si seulement il était venu de voir ! J’aurai tout fait pour que justice soit faite. Là… J’étais démunie et j’avais peur pour ma vie aussi. Le moindre de nos gestes étaient interprétés comme une menace. Je m’étais arrêtée dans mon mouvement alors que je n’avais essayé que de lui faire comprendre que je ne lui voulais aucun mal. Comme le lâche qu’il était, Monsieur le Maire essaya de se faire la malle mais ne fit que paniquer un peu plus l’agriculture. A croire vraiment que je m’étais trompée sur toute la ligne sur cet homme. Et dire que je l’avais soutenu dans sa campagne… J’aurais dû me fier à l’instinct de Micka. Il était complètement dépassé par la situation et cela depuis les bombes avaient pété. Il aurait mieux fallu pour les Louisvillois qu’il soit parti en vacance à l’autre bout de la France et que quelqu’un d’autre ait prit sa place. De toute manière la situation n’aurait pas eu être pire qu’elle l’était. Et en bon soldat qu’il était, Philippe intervenu. Au moins il faisait quelque chose, il fallait bien lui reconnaitre ça. Il ramassa l’écusson, et à son regard, je compris qu’il connaissait l’homme à qui appartenait ce dernier. Je maudis ce dernier intérieurement alors que le militaire parlait. Un autre intervenu se disant médecin et affirmant pouvoir l’aider. Je ne pus m’empêcher de le dévisager de haut en bas, de manière pas vraiment très sympathique. Pensait-il vraiment qu’il pouvait arranger les choses maintenant ? La gosse ne s’en remettrait jamais et tous ce qu’il pourrait faire médicalement ne changerait rien. Elle sera marquée à jamais et cela toute sa vie, tout ça à cause d’un militaire qui n’avait pas su garder sa braguette ouverte. D’ailleurs, je sentais que cette situation allait dégénérer bientôt. La foule commençait déjà à entrer en conflit. Ils se bousculaient, et des échos montaient. Leurs échanges verbaux se faisaient de plus en plus violent et deux types de personnalités étaient en train de ressortir : ceux qui était pour l’homme armé et ceux qui étaient contre ce dernier et son attitude. Deux hommes en vinrent aux poings suivis de plusieurs autres. C’était un vrai carnage. Et puis un coup de feu retenti.

NON !

Tout fut très rapide. Mon regard se porte sur la personne visée et sans hésiter un instant je la fait basculer et me fait toucher à sa place à l’épaule. Mon corps s’écoule par terre un peu plus loin, entrainé par l’élan que j’avais pris. Une vive douleur se fait sentir, et du sang coule. Mais ce n’est pas pour ça que je m’en fais. Aucune artère n’est touchée et mon passif d’étudiante en médecin m’est d’un grand secours dans ce diagnostic. Ce qui m’inquiète le plus c’est la suite des évènements. Ce n’était pas moi la cible, mais le chef du groupe des militaire. Si je m’étais interposée, ce n’était que pour empêcher une plus grande catastrophe et non par gentillesse. Si vous tuais le berger, le troupeau devient incontrôlable et les représailles auraient été terribles pour les Louisvillois. Déjà que nos citoyens se déchiraient en cet instant, ce n’était pas la peine d’en rajouter une couche. D’ailleurs le coup de feu ne fit que paniquer un peu plus la population. Je ne voyais pas vraiment ce qui se passait mais j’espérais vraiment qu’il n’était rien arrivé à l’agriculteur. Dieu faites que Raulne est l’intelligence de le désarmer et non pas de le tuer. Dieu faites que cette foule arrête de se déchirer… Et malheureusement pour moi je n’étais absolument pas croyante et j’étais consciente, alors que j’appuyais sur ma plaie pour limiter les dégâts que ce n’était qu’un début…









Si simple et si sérieuse, si belle et si rêveuse, quand je l'embrasse et l'écoute. Je te rejoins sur la route. Si grande et si fragile la force mais pas tranquille. L'orage est passé les gouttes coulent le long de ma route. Du haut de là haut de l'au-delà. Si courte et si sensible la loi la plus terrible. Et si quelques fois je doute je te regarde sur la route
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Dim 2 Déc - 22:33



Mission Intrigue n°1



Préambule


« Dix jours. Cela fait dix jours que les bombes sont tombées et que Louisville s’est retrouvée coupée du monde. Dix jours où tous vivent un enfer perpétuel. Dix jours qui amènent de plus en plus de conflits, de plus en plus dangereux. Hier, un homme a été roué de coups après avoir essayé de voler un morceau de pain à une passante. Les gens ont de plus en plus faim et seulement une poignée de personnes possède les moyens suffisants pour se nourrir convenablement. Cela doit cesser et c’est dans cette optique que la mairie à décider de rassembler tous les citoyens de Louisville et les étrangers arrivés depuis peu dans la ville. Il faut s’organiser et cela au plus vite… »

Alors que Monsieur le maire demande à tous les habitants de se montrer solidaire et de mettre en commun toutes leurs possessions alimentaires afin de les redistribuer de manière équitable, Raulne en profite pour essayer d’enrôler des habitants dans ses forces armés. Ils ont besoin de bras pour combattre et il le fait savoir. Des voix s’élèvent dans la foule, dont celle de Lucas qui pointe du doigt l’aspect négatif et les dangers qu’ils encourraient à accepter l’offre de l’officier. Mathilda essaye de calmer la foule, en se faisant rassurante, mais elle est interrompue par l’arrivée d’un fermier. Ce dernier est en état de choc et armé d’un fusil. Il pointe, à tour de rôle, avec son arme monsieur le maire, le militaire et la conseillère municipale. Il les accuse d’être tous liés à la tragédie qui vient de toucher sa fille. Pour preuve, il balance un écusson militaire ensanglanté. Ce dernier est ramassé par Raulne après que le maire se soit fait la malle en descendant de l'estrade et en laissant Mathilda et le militaire seuls. Alors que les hommes de Philippe se resserrent de plus de plus autour de l'agriculteur armé, la foule se déchire et en vient aux mains. Cet état fait paniquer un peu plus le vieil homme, qui, désespéré et voyant la situation lui échapper, se met à tirer sur le plus "grand coupable", à savoir le lieutenant. Ce dernier échappe de justesse à une balle en pleine poitrine par l'intervention de l'ainé Fontaine, qui a bien compris que si l'homme se faisait tuer, ses hommes armés ne feraient qu'une bouchée des habitants. Ce coup de feu ne fit que provoquer un peu plus de désordre, et cela ne fait plus aucun doute que les choses vont vraiment très mal se finir...

Ordre de passage


L'ordre de passage durera dix jours. Nous rappellerons plusieurs choses : vous devez lire tous les rps des joueurs ainsi que les messages de la Chute. N'oubliez pas que vous vous êtes engagé à le faire. Egalement et surtoutSuperman n’est pas louisvillois ! . Et oui, nous avons eu des bombes qui sont tombées non loin, et non pas des météorites dans lesquelles était caché un vaisseau spatiale Razz Non je ne vous dis pas cela au hasard et juste pour le fun. Ici, il n’y a aucun super-héros, ni aucun voyant. Ainsi, vous pouvez agir MAIS avant d'intervenir sur la personne de l'agriculteur, vous devez au préalable obtenir par MP l'accord de Phillipe. Ainsi on vous demandera de lui envoyer un mp avec l'action que vous voulez faire et il la validera ou non. De plus, n'oubliez pas le mouvement de la foule. Tout le monde bouscule tout le monde, sans compter les échanges de poings. Aussi vous commencez à manquer pour certains d’entre vous de nourriture, et de sommeil. Egalement pour d’autre, c’est la première fois que vous voyez une arme et que vous voyez quelqu’un agir de la sorte. Nous sommes humains n’oubliez pas, traversé de sentiments, et de peur. En cas de doute, envoyez un mp à Philippe

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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 6 Déc - 12:06

    J'en avais ma claque de tous ces paysans du coin, ils étaient bêtes à bouffer du foin ou quoi ? Il se passait énormément de choses, comme s'ils avaient tous leur rôle à jouer dans cette putain d'embrouille telle qu'elle était en train de se dérouler sous nos propres yeux. Je ne savais pas où donner de la tête ; je n'étais tout simplement pas formé pour opérer dans ce genre de situation. Si j'étais bien entendu toujours guidé par mon libre arbitre, mes façons d'agir, de penser, de sentir, avaient été conditionnées par l'armée. Et pas par n'importe quelle branche de celle ci. L'unité à laquelle j'appartenais faisait partie des forces projetables, ceux envoyés en zones de guerre. La gestion du terrorisme, on laissait ça aux forces métropolitaines ou aux organisations gouvernementales, souvent de gendarmerie. Moi, quand un civil me braquait avec une arme, je n'avais pas appris à réagir autrement qu'en répondant de manière simple, directe et définitive au problème, en lui mettant une balle dans la poitrine et une autre dans la tête, juste pour être sûr. J'avais l'impression qu'une partie de la foule aurait bien aimé que l'homme appuie sur la détente, et cette simple constatation m'arracha un rictus de haine pure pour ces ingrats. J'eus droit à un gentil compte rendu de situation de la part de Reh dans mon oreillette. Vive les transmissions qui nous avaient doté d'un bon matos pour une fois, que les perturbations atmosphèriques ne semblaient pas troubler ! Ca changeait tellement des radios foireuses auxquelles on avait pourtant l'habitude... Je ne pouvais pas répondre à Reh sous peine de prendre un risque supplémentaire d'attirer l'attention du péteur de plombs, mais j'étais confiant en mon équipe. Même si elle ne se composait pas que des hommes de mon peloton d'origine, je savais déjà que je pouvais compter sur les éléments rajoutés par les évènements. En tous cas, tant que le plus gros de la crise ne nous tomberait pas sur la gueule ; on n'est jamais sûr des gens qui nous entourent jusqu'à ce que la situation nous pète à la gueule. Bandat alignait-elle le type ? J'entendais même Reh continuait de s'accaparer le canal... J'aurais gueulé si j'avais pu, mais je pouvais comprendre son appréhension, même si mon rôle était justement de limiter celles ci au strict minimum, de faire garder la tête froide à mes gars. Et c'est là bien sûr, qu'un de mes types se mit en tête de jouer les héros.


    C'était un nouveau celui là ; ça ne m'aurait pas étonné. Il n'avait pas notre façon de faire ; tirer d'abord et poser des questions ensuite. Cela dit, j'avais pas trop mal réussit jusque là à discuter le bout de gras avec ce type en mode pétage de plombs, une grande première, vive moi ! Cela dit, la technique de Talbert n'était pas mauvaise, il montrait qu'il était médecin, ou en tous cas infirmier militaire, ça se voyait à son brassard. Si personnellement je ne faisais jamais confiance aux toubibs, je devais bien avouer que la majorité des gens les préféraient aux soldats, comme si le fait qu'ils aient les connaissances pour soigner en faisait normalement des good guys. Ils n'avaient jamais rencontré de médecins qui aime s'amuser un peu avec sa patientèle, ou ces tarés en zone de guerre qui profitent des conflits pour se livrer aux trafics d'organes. Foutus naïfs. Je ne me plaindrais pas si ça marchait, mais ce serait vraiment le pompom. Quand j'entendis l'idée du toubib par oreillette, je manquais de siffler. Couillu, le mec. Et je savais pas si Castel oserait se salir les mains si on devait en arriver là. Pourtant, un vague sentiment de colère m'étreignit ; personne ne savait donc obéir aux ordres, bordel de merde ? Qu'ils me fassent pas croire qu'ils voulaient sortir leur brave lieutenant chéri de la merde dans laquelle je m'étais fourré. Quelque chose d'autre m'interpella. Comment réagissait Azarov ? La culpabilité se lisait elle sur son visage ? J'étais malheureusement dos à lui, mais il allait me devoir quelques explications sur toute cette histoire... Je me tournais vers Bandat, et lui sourit quand je remarquais qu'elle pointait déjà le type. Qu'il tire, et elle l'enverrait ad patres ! Bien sûr, Huygues reprit la parole et joua son rôle de bon samaritain. Pas étonnant qu'ils l'aient laissé aux commandes. Il avait des couilles, mais je le savais suffisamment idéaliste pour se planter tout seul. Je risquais un coup d'oeil vers la foule.


    C'était le chaos, certains criaient aux militaires de dénoncer le coupable et de le punir, d'autres appelaient le fou furieux pour le ramener à la raison, et certains se tapaient même dessus. Je me rendais compte alors que nous n'étions pas fort différents de tous ces gens que j'avais vu s'entre-déchirer dans certaines parties du monde, les parties les plus instables. Des cris, des hurlements, un coup de feu, un cri tout proche, le sifflement d'une balle, un choc. Je reprends mes esprits à même le sol, un corps de femme assez menu contre le mien. Je ne peux pas m'empêcher de retourner la gêne que je ressens d'avoir été sauvé par une civile que j'exècre, une femme qui plus est, contre ma sauveuse.



    | Je savais que vous préfériez vous mettre au dessus. |


    Oui, graveleux, macho, tout ce que vous voulez. C'est là que je vois qu'elle est blessée. Je ne me soucie plus de l'ordre que j'ai donné à Bandat de le flinguer s'il tirait sur qui que ce soit, je ne m'inquiète pas de l'hystérie collective et des hurlements de panique, je pousse Fontaine sur le côté, me rendant compte que mes mains tremblent. Je me stoppe un moment, identifiant toutes les sensations que je ressens. Pas de peur, même si mon cœur bat plus vite depuis le coup de feu. Pas de panique. Pas d'inquiétude. Pas de vide non plus. Je ressens de la haine. Cette salope m'a tiré de là et maintenant je lui en dois une. Putain, mais quel con ! Je me haïssais pour l'ascendant que je lui avais donné sur moi, et je la détestais, la rendant responsable de ce sentiment de redevabilité comme si elle m'avait personnellement insulté. Je ne supportais pas l'idée de devoir quelque chose à ce qui ressemblait à ma pire ennemie dans le secteur. Je tapais du poing sur le sol pour me libérer des tremblements, et déchirais la pochette de poudre désinfectante et coagulante, pour la verser sur la plaie que je sentais peu profonde.


    | Médecin ! Talbert! |


    Je ne pus retenir la colère dans ma voix quand j'arrêtais de crier.


    | N'attendez pas un putain de remerciement de ma part, j'aurai très bien pu m'en tirer tout seul, et j'espère qu'on va pas avoir à payer le prix de votre putain d'inconscience. |



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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 6 Déc - 13:10

    J’étais toujours en train de caresser Baxter, autant pour me déstresser que pour lui communiquer mon semblant de calme. Baxter était extrêmement sensible à mon état, je le savais. J’hésitais à lui mettre sa laisse, si jamais je perdais les pédales, histoire qu’il n’attaque pas tout le monde. Je le connaissais ce vieux lascar. Il était sage, comme ça, il m’obéissait bien et il y avait une réelle complicité entre nous, mais si j’étais en danger, je plaignais les gens qui pourraient avoir la bêtise de m’approcher. En même temps, lui mettre sa laisse n’allait pas non plus totalement le rendre incapacitant, je n’étais pas dupe. Mais psychologiquement, ça devait le brider ou un truc dans le genre. Je n’étais pas très doué en psychologie, moi. Vous vous en doutiez ? Sans blague. Dans tous les cas, j’attendais patiemment, sans aucune appréhension concernant la suite des événements, faisant pleinement confiance en mes camarades militaires et la sagesse des citoyens de cette charmante petite bourgade. Bon, si vous y avez cru plus de deux secondes, je vous applaudis, parce que sérieux, vous prenez le contraire total de la phrase et vous vous rapprochez de la vérité. Oh p#tain c’était quoi cette m#rde ! Bordel de chiotte de… Talbert intervint. Brillamment. Ou pas ; Sérieux, y’a un gars qui me dit ça, je lui en fous une dans la gueule parce que s’il pense que je vais le croire, il se fout le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate. Il était bien mignon, et il savait rafistoler les jambes dans l’urgence, mais là sérieux, la seule chose que je voyais à faire, c’était d’assommer le vieux, lui prendre son flingue et fouiller toutes les baraques histoire de voir si on allait pas avoir d’autres bonnes surprises de ce genre. J’observai du coin de l’œil Godzillette et Muet qui semblaient prêts à faire feu. On était sérieux là ? Bon, on va lever le suspens : ce devait être la première fois que j’étais dans une telle situation. Sérieux, ça ne faisait pas longtemps que j’étais un maître chien à temps plein et formé quoi. On me demandait à la rigueur de patrouiller et tout, mais en dehors de l’exode jusqu’ici, je n’avais jamais du faire face à une telle situation. Le Maire tenta de discuter encore une fois. J’étais en train de comprendre que la fille du vieux n’avait pas juste fait un caprice. C’était quelque chose de plus grave, et si je n’étais pas trop con, ca impliquait les militaires.

      « Oh fang de chichoune, c’est quoi ce bazar à la c#n ? Talbert, ferme ta gueule. Assommez le qu’on en finisse quoi… J’ai faim. Et Baxter aussi. Et… Oh p#tain ! »


    La foule me donna l’impression d’avoir explosé tout à coup. Des cris, du mouvement. Je ne comprenais plus rien, mais j’essayai de garder un œil sur l’homme armé lorsqu’un coup de feu me glaça le sang. Je m’impressionnai d’un coup d’un seul en bondissant devant le maire, Baxter à mes pieds, braquant mon fusil sur les cons qui pouvaient s’approcher de nous. Je n’étais pas stupide au point de comprendre que si le maire était touché, liquidé ou quoique ce soit, on était dans la chcoumoune jusqu’au menton voire au dessus. Mais pas suffisamment au dessus quand même, pour qu’on disparaisse de la circulation, fallait pas trop demander non plus. Je ne regardai pas le maire lorsque je lui dis d’une voix un peu tremblante sous le coup du stress. Fallait que quelqu’un se switche avec moi pour le coup. J’étais pas très sûr de moi. J’étais juste un clampin avec un flingue, un chien et de l’humour à deux balles. J’étais pas un garde du corps hein, fallait pas abuser.

      « Z’êtes le maire non ? Alors vous restez derrière moi. Pas bouger. ‘fin je veux dire, vous bougez juste pour reculer à l’abri et on laisse cette m#rde, ‘fin les gens, ‘fin vous avez compris l’idée b#rdel quoi. »


    J’étais perdu. Il fallait que je me calme. Baxter montrait des signes de nervosités lui aussi. Trop de mouvements, pas assez de marge de manœuvre. J’avais envie de me téléporter au milieu d’une île déserte avec un punching ball, l’intégrale des Rougon Macquard, le petit Prince et un paquet de chips. Oh ouais, le rêve. Je songeai d’un coup, à vérifier s’il y avait des blessés. Mieux vaut tard que jamais non ? J’entendis le Lieut’, ou du moins c’était ce que je subodorai assez brillamment, appeler Talbert. Oh fang de p#te. Oui, je passais à l’échelon au dessus aux niveaux des expressions imagées, mais la situation s’y prêtait assez bien. Je jetai un rapide coup d’œil au dessus de mon épaule :

      « Vous n’avez rien j’espère. En dehors d’un peu de jugeote. Ne vous inquiétez pas, je défonce du zombie depuis que j’ai six ans, j’ai même battu le boss, alors voilà. Et euuh… p#tain de m#rde.
    »

    Je fis quelques pas en arrière, ne sachant pas vraiment ce que j’étais en train de faire. Bon, récapitulons Alex : tu t’es mis devant le maire pour le protéger. Bien. Tu pointes les gens avec ton flingue au cas ou. Encore mieux. Baxter grogne et gère pas trop bien la tension. On a le must là. Et maintenant tu fais quoi ? Tu attends qu’il pleuve des libellules qui viendront déposer des petites jonquilles sur les cheveux des gens en répandant de la poussière dorée qui nous fera tous aller dans le pays des jouets avec Oui-Oui ? J’étais en train de péter totalement un câble là. Mais valait mieux faire semblant d’être totalement confiant. Ca je savais faire. J'eus soudain un instant de lucidité. Ou presque. Sérieux, le vieux venait du tirer sur quelqu'un. Il fallait l'immobiliser. Et moi, le seul qui pouvait gérer Baxter lorsqu'il immobilisait quelqu'un, je m'enchaînai à un gars. J'étais vraiment, mais vraiment, mais vraiment crétin. Stupide. Fadas. Non, pas fadas. Enfin si. Mais bref.

      « Baxt', calme. Tiens toi prêt quand même.
    »
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 6 Déc - 20:15

Je jouais avec le feu, et je le savais. Cependant, ça avait l'air de marcher, Castel avait pu se glisser derrière l'individu armé, et on ne m'avait pas tiré dessus, ce qui était toujours une bonne chose. 'Faut toujours relativiser. Le maire intervint à son tour, et je reculais d'un pas dans le rang. Ma petite élocution terminée, je me recentrais sur mon rôle de soldat. Si j'avais pu permettre de le faire lâcher son arme, ç'aurait été bien évidemment tant mieux, mais je n'étais pas là, ni très doué par ailleurs, pour résoudre ce genre de situations.

J'en étais là de mes réflexions quand le coup de feu retentit, et mon index droit se crispa en une réaction automatique, mais il était posé sur la crosse de mon arme, et ne pressa que le vide. Ce bref moment d'hésitation où mon arme pointait toujours le sol me permit de prendre conscience du principal problème : le lieutenant ! Je tournais vivement la tête, et me dirigeais à grands pas vers sa position. Je n'entendis que la fin de sa réplique, alors qu'une femme était allongée sur lui, l'épaule ensanglantée.

Si ce que je voyais étais juste, elle avait été touchée à la place du lieutenant, et je réprimais un soupir de soulagement. Au moins notre hiérarchie avait encore quelques temps devant elle avant de s'effondrer. Restait à savoir si je devais intervenir pour sauver la civile ou pas. Après tout, elle avait sauvé le lieutenant, mais si nous devions décamper, je ne pourrais certainement pas rester à essayer de la sauver, alors même que la foule commençait à s'étriper derrière nous.

La situation était complètement hors de contrôle, et nous assistions à un début d'émeute sans que nous puissions savoir quoi faire. Posant un genou au sol en levant mon arme en balayant la foule et le reste, dos au lieutenant et la blessée, comme pour fuir mes responsabilités, je jetais rapidement un regard derrière moi dans la direction d'où je venais d'entendre le fatidique "Médecin !", et me relevais pour rejoindre en deux pas le lieutenant, qui saupoudrais déjà la plaie.

Déposant mon arme après avoir mis le cran de sûreté à terre, je ne regarde pas le lieutenant directement, peur qu'il me reproche de n'être intervenu dès que j'ai vu la blessure. Au moins je sais quoi faire désormais. J'allonge correctement la jeune femme, et sors d'une poche une petite lampe torche que j'utilise pour observer attentivement la blessure.

Dieu merci elle ne semble pas profonde. Si j'avais correctement identifié l'arme à feu du paysan, il s'agissait d'un fusil de chasse, armé de plombs. Auquel cas je devrais les traquer. Et si il avait utilisé des munitions classiques, avec de la chance je devrais la retrouver sans trop de mal, ni de dégâts à la blessée. Sortant un bandage propre, je l'appliquais sur la blessure en reportant la lumière de la petite lampe dans les yeux de la civile.


- Est-ce que vous m'entendez ? Tout va bien se passer, d'accord ? Je sais que c'est difficile, mais essayez de ne pas bouger, dis-je de la voix la plus aimable possible.


Les pupilles réagissaient, elle n'était pas en état de choc. Déplaçant le bandage, je sortis une petite paire de pince, la lampe entre les dents, et observais davantage la plaie. Aucune artère touchée, elle pouvait se vanter d'avoir eu de la chance ! Cependant, alors que je tâchais de me concentrer, la voilà qui s'agitait en essayant de se soustraire à mes soins. Ben v'là autre chose.


- Hé ! Calmez vous d'accord ? Je suis médecin, je suis là pour vous aider ! criais-je pour me faire entendre, ma voix ayant perdu toute trace de gentillesse.


Cependant, elle continuait toujours à se débattre comme une furie, son comportement me rappelant le caractère toujours imprévisible des civils que j'avais parfois eu à soigner en Afghanistan. C'était comme si nous représentions le Mal Absolu, et que par conséquent, rien de bon ne pouvait venir de l'uniforme. Jetant un regard désespéré autour de moi, tous les autres ayant l'air occupés, je finis par l'immobiliser, plaquant ses bras au sol, l'envie de lui en mettre une pour qu'elle se tienne tranquille se faisant très vite ressentir.

Le seul inconvénient à ce qu'elle soit immobilisée, sans compter ses tentatives toujours plus violentes pour se soustraire à ma prise ainsi que ces cris, était que je ne pouvais plus non plus intervenir. Activant mon oreillette du mieux que je le pus, surtout grâce à mon bras qui immobilisait son épaule blessée, chose plus évidente de ce côté, vu qu'elle devait avoir le soupçon d'intelligence nécessaire pour ne pas trop bouger avec ce bras.


- Chef ? hurlais-je par radio pour me faire entendre. Je ne savais pas où était Raulne, peut-être toujours à côté de nous d'ailleurs, mais pour l'instant, j'avais d'autres chats à fouetter pour avoir le luxe de regarder autour de moi. Chef, j'ai besoin d'aide, elle ne cesse pas faire, et... Hé, arrêtez ça bon Dieu ! ... Si vous voulez toujours que je la soigne chef, va falloir que quelqu'un m'aide à l'empêcher de... bouger ! Ou que vous m'autorisiez à lui en coller une !


Bon sang de... Ne se rendait-elle pas compte elle-même qu'elle aggravait son cas ? La tenir devenait plus difficile à chaque instant, et j'eus soudain un doute d'avoir vraiment réussi à activer mon micro. Mais j'avais entendu le grésillements, ils devaient m'avoir entendu ! Pourvu qu'ils ne tardent pas, parce que j'avais bien envie de lui planter une seringue de morphine pour qu'elle se tienne tranquille !

Et si jamais le lieutenant décidais de filer, ça ne me gênerais pas plus que ça de la laisser se vider de son sang. Après tout, elle voulait se débrouiller seule ? Qu'elle se fasse plaisir ! Et puis, qui sait, c'était peut-être même plus humain que de la laisser à la violence de la foule... Enfin, j'étais pas là pour méditer à tout ça. Mon boulot, c'était de la soigner, ou de la laisser disposer de sa vie comme elle l'entendait. En un sens, qu'elle se débrouille m'allait plutôt bien aussi : ça ferait toujours plus de matériel médical pour mes frères d'armes, qui, eux, ne rechigneraient pas pour être soignés ! Non mais !
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Ven 7 Déc - 14:06

Le maire intervint à nouveau – ce mec était irrécupérable, sérieusement. Il n’avait pas encore compris qu’il ne servait strictement à rien. Enfin, il représentait une cible de choix et peut-être que ça pourrait s’avérer positif. Oui, il était en train de suggérer que la mort de leur « chef » serait presque bénéfique. Bien qu’il ne la désirait pas spécialement non plus, il préférait que ça soit lui plutôt qu’un autre habitant. Il était responsable de ce merdier après tout. Le mécanicien tourna ses yeux vers la renégate avant de les replacer sur l’agriculteur. Le lieutenant était à nouveau visé – qu’il tire et qu’on en soit quitte avec cette histoire. Même si il avait pensé ça avec férocité, il ne s’attendait pas à ce que l’homme le fasse réellement. Il avait trop hésité jusqu’ici, peut-être n’aurait-il pas le cran d’appuyer sur la gâchette. Mais il ne fallait jamais sous-estimer le désespoir d’un être ayant tout perdu ou presque. De ça, il aurait dû en être convaincu. Le renégat tenait toujours sa sœur par les épaules quand le coup de feu partit. Il la força à s’accroupir en appuyant férocement sur sa carrure quand le bruit retentit, la suivant dans ce mouvement. La vitesse de l’action ne lui avait pas fait réaliser directement ce qu’il venait réellement de se produire. Qui avait tiré finalement ? Le mec ? Les militaires ? Et contre qui ? Raulne ? Quand il releva les yeux, il comprit. Un nuage opaque s’étalait déjà dans son esprit, couvrant toute sa raison, ses réflexions tandis que son cœur s’emballait déjà, horrifié. Il ne percevait plus que ses battements cardiaques désormais, plus rien d’autres. Si Rose parlait, il n’en entendit pas un mot. S’il parlait ? Il n’en savait même rien. Mathilda. Mathilda avait été touchée. Plus rien ne comptait à part cette angoisse rien sauf peut-être la blondinette. Entre deux blancs, il releva sa cadette et la poussa dans le sens contraire de la scène. Il se mit à hurler à moitié fou et pointa du doigt la rue la plus proche avec agitation.

« Rentre à la maison. »

Il la fixa encore quelques instants et ne tenant plus en place, il répéta son ordre en y mettant encore plus de hargne, il ne lui laissait pas le choix.

« Rentre à la maison MAINTENANT et enferme-toi ! »

La jeune Blanchet semblait avoir compris le message, Mickaël lui tourna alors le dos et tenta de s’enfoncer dans la foule. Il ne savait plus ce qu’il faisait exactement, il jouait de ses couds et de ses poings pour avancer mais sa progression était hasardeuse. Il se mangeait des coups dans les côtes, dans le dos mais l’adrénaline l’aidait à ne pas trop s’en soucier. La panique régnait en maître et se frayer un chemin devenait de plus en plus incertain. Néanmoins, il devait s’assurer que son amie allait s’en sortir. Il devait la voir, l’aider, faire quelque chose pour elle. Nom d’un chien pourquoi elle ? Pourquoi s’était-elle interposée ? Ce militaire méritait de crever, pas elle. Avait-elle seulement pensé à Lyra ? Il était en rage contre elle, qu’elle ait pris ce risque et ça, sans l’ombre d’un doute. Ce n’était pas le moment de jouer la sauveuse surtout pas pour une pourriture comme le soldat. Il ne comprenait rien à ses motivations. Qu’est ce qu’il l’avait poussée à cette extrémité ? Si elle s’en sortait- non elle DEVAIT s’en sortir, elle lui devrait des explications. Alors qu’il cherchait à gagner l’endroit où elle avait échouée, il fût proche de son agresseur. Le garagiste sentit sa fureur redoublée, ses mains tremblaient, il ne parvenait plus à retenir ces convulsions. Un filtre noir s’apposa sur son début de cohérence, la scène se rejoua dans sa tête, il revit le corps de son amie tombé au sol et il se jeta à corps perdu sur l’agriculteur. Lui non plus n’avait pas réfléchi mais à la différence de la jolie brune, il se mettait en danger pour une raison valable. Sa meilleure amie perdait son sang à cause de cet homme, il méritait de mourir.

La violence de ce qu’il ressentait le fit bondir sur l’homme, les paumes en avant, il chercha à l’étrangler mais son opposant remua trop vite. Le trentenaire parvint à le déséquilibrer un peu en s’accrochant à ses fringues. Le type se débattu, fila quelques coups au Louisvillois. Ce dernier chercha à lui rendre la pareille. Mais alors qu’il tenait enfin d’une main une partie de sa nuque, quelque chose siffla sur sa gauche et effleura son bras. Une balle. Une balle perdue ? Aucune douleur dans l’immédiat. Il n’avait donc pas été touché mais ce fait mit un terme à la lutte. Son assaillant mit à profit cet instant de distraction pour le repousser plus fortement, envoyant son poing dans sa figure. A moitié assommé, le jeune homme tituba vers l’arrière et fut emmené par le mouvement de foule, séparé provisoirement du meurtrier- car oui c’était tout ce qu’il était. L’esprit de Mickaël était chamboulé et il se laissa porter par les gens sans comprendre ce qu’il lui arrivait et encore moins ce qu’il allait faire maintenant. Il se retourna alors, balaya comme il put les environs. Où se trouvait Mathilda ? Et Rose ? Il ne parvenait plus à les distinguer au milieu de cette cohue.

Il répéta leur prénom dans l’espoir d’entendre une voix ou l’autre lui répliquer mais il fallait être réaliste. Au milieu de l’agitation ses intonations même hurlées ne perçaient rien du tout. Qui plus est, la jeune femme avait peut-être perdu connaissance et puis, si sa frangine avait suivi ses instructions, elle ne risquait pas de pouvoir lui répondre. Quelqu’un le bouscula avec plus de vivacité et il réalisa que la balle qui l’avait frôlé avait entaillé sa peau et sa veste. Rien de grave. Rien comparé à ce que devait subir la chef du groupe armé. Sa lèvre avait été entaillée aussi durant la bataille qui l’avait opposé au tireur. Il avait dû se l’ouvrir lui-même en recevant son crochet. Une jolie ecchymose allait sûrement faire son apparition aussi mais ça n’était pas le moment de recensé les dégâts. Toujours balloté entre les carcasses des habitants et réfugiés révoltés, effrayés, il ne cherchait que deux choses pour l’instant, ne pas se faire piétiner et retrouver les deux jeunes femmes. Il n’était plus question de se venger, ils devaient se mettre en sécurité. Mathilda…Il n'arrêtait pas de la revoir s’effondrer. Son estomac se contracta, il avait peur pour elle. Il crevait de trouille à l'idée qu'elle souffre à cet instant et il ne parvenait même pas à gagner sa position. Il avait échoué et ça, sur toute la ligne.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Dim 9 Déc - 20:21

Comme s'il n'y avait pas eu assez de ... panique, de souffrance, d'autant de chose. C'était la première fois que je voyais ce lieutenant, mais au fond de moi je sentais le profond mépris qu'il avait pour les Louisvillois. C'était sur son visage, il avait un visage dur, une espèce de volonté qu'on ne savait ni bonne ni mauvaise. Je restais là, à me demander comment un tel homme avait pu gravir les échelons, ou peut être n'avait il pas toujours été ainsi. Mais il ne semblait pas réagir le moins du monde aux accusations et aux preuves, pas la moindre réaction, peut être était-ce mieux ainsi. Je n'aime pas vraiment juger les gens sur une première impression, mais avouez que celle là est quand même très mauvaise. Extrêmement, et peut être même définitivement mauvaise. Ne pensez pas que je vais me retrouver parmi ce groupuscule armé parce que je ne porte pas la lieutenant dans mon coeur. Je veux une nouvelle vie paisible, tranquille, ou je ne demanderais rien à personne, je ne compte pas forcer le destin et me transformer en héros... vous m'avez vu ? Moi et ma carrure, jouer les héros, je vous vois rire, et vous avez bien raison.

Et puis je restais en haleine, cet homme, son fusil, le lieutenant, et puis le coup partit, pas sur le lieutenant mais sur... une fille qui se mit entre les deux. Je trouvais cet acte complètement... idiot. Encore si elle portait un uniforme, l'idée qu'elle protège son chef était plutôt noble mais là... là, très franchement je ne comprenais pas l'intention dans le geste surtout lorsque l'on voyait la réaction du militaire, comme le nez au milieu de la figure, il était dégoûtée. Reconnaissant n'était définitivement pas le mot, j'étais assez proche pour le voir se retourner et puis quand il se pencha, je ne pus voir la scène, mais j'étais sure que l'aider avait du relever d'un effort surhumain, ça avait un côté extrêmement drôle. Même si ça ne devait pas vraiment l'être. Et puis un mouvement de panique, tu m'étonnes. Un coup de feu et c'était comme si on avait mis un coup de pied dans une fourmilière que tout s'effondrait et que les fondations de cette nouvelle société provisoire n'était pas très... solide. Il avait des cris, des .. insultes, et de très vive réactions, on entendait des gens ordonner aux autres de rentrer et de ne pas bouger, de s'enfermer chez eux. Je me demandais ou était Etienne, je le soupçonnais absent il n'était pas le type très sociable et qui se fout bien des... autres,il avait décidé qu'il n'avait de compte à rendre à personne. Je mis Etienne dans un coin de ma tête et je cherchais à échapper à ce mouvement de foule, qui commençait à m'oppresser.

Je me glissais entre les uns, poussait délicatement mais fermement les autres pour me frayer un chemin parmi les gens, parmi la foule qui s'agite et la cohue qui s'enflamme, valait mieux prendre ses distances, j'aimerais sortir de cette cohue en un seul morceau et sans blessure si possible. Et puis là, quelle fut ma stupeur, que dis-je ma surprise quand je tombais sur un type en uniforme que je connaissais. Dans ma tête la connexion fut rapide, mais ma prise de conscience mit beaucoup de temps, je ne savais pas bien ce que je devais faire tant ma surprise était grande. Je cherchais à être sure de moins, il dut bien y avoir deux minutes où je le détaillais pour me dire, oui c'est bien le même Alexandre que j'ai vu boiter dans les couloirs. Je me souvenais alors qu'au final, il ne m'avait pas dit grand chose de sa profession voire rien du tout. Je ne savais pas bien quoi penser, quoi dire quoi faire, je me sentais tout a coup mal à l'aise, alors qu'au final, je ne l'avais pas du tout été quand on avait fait causette dans le couloir de l'hôpital face à une machine à café vide. Je fronçais les sourcils, je ne savais pas si j'étais déçue... Si je m'étais fait une idée complètement différente de lui et que j'avais eu tort, et je n'aime pas vraiment avoir tort, une autre partie de moi se sentait un peu trahie... Et je ne savais même pas pourquoi. Voir Alexandre dans un uniforme militaire m'avait fait louper une respiration et un battement de coeur. Je sais pas, j'avais l'impression d'avoir été victime d'une énorme plaisanterie un peu hypocrite. J'étais complètement déstabilisée. Tout s'agitait dans ma tête au point d'avoir mal, j'eus un mouvement de recul, je vis le chien, l'attirail, tout, et puis tout ce qu'il venait de se passer ne me mettait pas vraiment en confiance.

« Je... Je.. Euh... Woaw...Je vais y aller, tu .. euh.. ouais... » Je tournais le dos, au lieu de m'éloigner, un peu choquée par cette ... découverte, je m'engouffrais dans la foule. J'étais vexée. Voilà. J'étais vexée. Je sais que ma première impression était la bonne pour Alexandre, mais là vraiment... j'avais eu ma dose de militaire.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mar 11 Déc - 20:48

    J’étais là à attendre, figé, un miracle. Qu’il s’effondre peut-être ? Ou décide soudainement de lâcher l’arme et que tout se finisse bien. Je ne souhaitais en aucun cas revoir des blessés et surtout des morts. Je comprenais sa douleur, la douleur profonde que sa fille pourrait avoir, mais rien n’était comparable à ce qu’il allait faire, c’était un crime ! Même si l’homme souhaitait faire payer au lieutenant ce que possiblement un des siens avait fait, je ne m’imaginais pas qu’il puisse d’un coup faire feu et que quelqu’un tombe à terre. Je n’arrivais pas à imaginer non plus qu’un des militaires puissent violenter une jeune fille, c’était encore une enfant, comment pouvait-on faire ça à une enfant ?
    Alors que mes pensées vagabondaient, mes yeux arpentaient la foule s’arrêtant sur les gens qui intervenaient. Mon regard se posa sur Philippe qui intervint le premier. Long discours qui me surpris dans un premier temps, pour ensuite admirer son sang-froid sans faille. Je ne sais pas si j’aurai été capable d’aussi bien parlé si j’avais une arme braqué sur moi. C’était plutôt la panique qui l’emportait généralement, mais je ne saurai dire exactement ce que j’aurai pu faire, qui sait peut-être aurai-je bien gérer la situation grâce à la montée d’adrénaline et la peur de mourir ? Mes yeux se baladèrent encore une fois et remarqua quelques mouvements de militaires qui se mettaient en place. Sûrement pour tuer cet homme s’il faisait quoique ce soit d’absurde. J’aurai voulu tourner les talons et partir d’ici. Pourquoi diable m’étais-je avancée dans la foule ? J’aurai dû rester à l’écart, dans mon petit coin, j’aurai pu bien aisément partir sans avoir peur de faire un mouvement qui brusquerait cet homme qui appuierait sur la détente. Alors je restai toujours figé, en apnée, regardant la scène défilée devant mes yeux. C’est là qu’un médecin fit son entrée, le même qui m’avait soigné et m’avait sauvé la vie. C’était la première fois que je le revoyais depuis l’incident et je n’avais pas pu le remercier pour ce qu’il avait fait pour moi. J’espérais que sa tentative ne serait pas vouée à l’échec et qu’il ne se prendrait pas une balle. Dans un sens, je me demandais comment pouvais faire un médecin pour prouver qu’il était homme de confiance. Il était militaire, et toutes initiatives des militaires seraient vaines, c’en était certain. Cet homme les accusait, pourquoi diable n’y avait-il qu’eux qui répondaient ? Mon regard arpenta encore une fois ces gens qui se tenaient autour de moi, tout aussi figé les uns que les autres ; on aurait dit que le temps s’était arrêté. Etrange sensation. Je cherchais donc des yeux quelqu’un qui pourrait le rassurer, vaine tentative désespérée pour que cette situation finisse au plus vite. Et là, une voix s’éleva, indiquant le nom de cet homme. Le maire le connaissait donc ? Mes yeux se rivèrent sur lui puis sur ce prénommé Charles qui parut soudainement hésité. Je vis le canon de son fusil s’abaisser et une vague de soulagement me submergea presque aussitôt, me disant que tout était fini, enfin.

    Mon soulagement dura quoi… un millième de seconde ? Avant que mes oreilles ne sifflent soudainement au son du coup de fusil. Un réflexe brusque pour me protéger la tête rapidement avec mes deux bras. Je n’avais pas bien compris, mon cœur battait à tout rompre et alors que je ne sentais aucune douleur, je me surpris à me dire que je n’avais rien, ce n’était pas moi qui était touchée et j’en fus heureuse étrangement. Mais peut-être quelqu’un d’autre ? Je ne pouvais pas bien percevoir qui était touché étant donné la panique qu’avait provoquée ce coup de fusil. Rien qu’un tout petit coup de feu... un mouvement de foule. *Mon dieu tout mais pas ça !* J’avais déjà eu à faire à une foule en panique et terrorisée par des bombardements et des coups de feu, je ne souhaitais pas revivre ça. Je me redemandais encore une fois pourquoi m’étais-je infiltré dans cette foule pour aller seulement voir la femme qui parlait plus tôt. Superbe idée ; désormais j’étais bousculer de toute part. Cela avait provoqué une émeute et des bagarres. Pourquoi les gens ne pouvaient-ils pas seulement fuir ?
    La peur me terrassait alors que j’essayais de me défendre contre cette foule affolée. Je me prenais de sacré coup dans les bras et dans le dos, m’arrachant des grimaces lorsque les coups portés tombaient sur ma coupure encore non cicatrisée. Je ne percevais que des cris et des bagarres. J’essayais du mieux que je pouvais de sortir de cette folie, bousculant moi-même les personnes sur mon chemin avec toute la force que j’avais pour m’éviter de tomber, comme cette fois-là. Je ne voulais pas revivre ce moment, voir les gens vous piétiner et savoir que si on ne se relève pas, la mort nous guette ; ça me paralysait. J’avais l’impression que mes efforts étaient vains, car j’étais toujours au milieu de cette foule. J’arrêtais donc cette course entre les gens et je me retrouvai au milieu de coup de poing porté avec force de deux hommes. Je n’eus le temps que de me retourner avant de sentir la douleur du poing sur ma joue qui me fit virevolter et me déséquilibra instantanément. Mes mains avaient beau chercher à s’agripper quelque part, je ne parvenais pas à saisir quelque chose de stable. Je me voyais tomber lentement alors que la chute fut brève et douloureuse lorsque ma tête percuta le sol. Je fus étourdie un moment avant de réaliser que j’étais véritablement par terre. J’en oubliais presque ma douleur à la tête et les maux que cela pouvait me créer et le seul réflexe que j’eu parmi toutes ses jambes que je voyais autour de moi fut celui de la fuite. Je me hissais et rampais parmi ces gens et à chaque fois que je voulu me relever je n’y parvenais pas. Alors que j’avais toujours l’espoir de me relever malgré le fait que la peur s’emparait de tous mes membres, j’heurtais quelque chose qui me fit arrêter ma fuite effrénée au sol. Je n’en voyais pas le bout et je me disais que jamais je ne pourrais sortir de cette fichue foule en panique. Je ne savais plus quoi faire, c’était comme un mur, aucune issue, aucun espoir ; et ça me terrorisait encore une fois.


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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mer 12 Déc - 21:29

*M*rde. M*rde. M*rde.*

Je n'avais plus assez de conscience de moi-même pour surveiller mon langage. En moins de deux, je m'étais retrouvé spectateur impuissant d'une tragi-comédie. Et en même temps, clown pathétique et gesticulant. J'avais essayé vainement de faire revenir Monsieur Charles à la raison, espérant que quelque chose en lui se réveille, que cette chose le pousse à se rappeler qui il était, notre lien ténu, sa conscience citoyenne et humaine... enfin bref, qu'il abaisse son arme et reconnaisse que nous pouvions l'aider. J'avais cru pouvoir infléchir sa tristesse, assisté par le soldat-médecin de l'équipe militaire ; j'avais mis toute ma foi dans mes mots, mais visiblement, les paroles ne pesaient rien face à la folie du désespoir.

La foule face à moi, qui me séparait par intermittences de Monsieur Charles, de Mathilda trop proche et de Raulne, mouvait comme des vagues agitées, préparatrices d'une tempête sans précédent. Je sentais leur anxiété, comme une odeur âcre et rance de sueur. Je voyais leurs expressions crispées, leur recul ; ils ouvraient devant moi un passage incertain, comme la mer rouge devant Moïse. Réussirais-je à me rapprocher suffisamment pour être enfin au coeur de l'action, bien que ce ne soit pas mon rôle et que cela soit trop dangereux pour un élu ? J'avais soif de contacts et cette fièvre qui me saisissait me surprenait. En me rapprochant pas à pas de cette masse grondante, j'arrivais auprès d'un militaire accompagné de son chien. Je ne lâchai pas le paysan du regard.

Je vis très bien sa main trembler et osciller sur Raulne. J'entendis quelqu'un crier "NON !" et je crus pendant une seconde que cette voix était la mienne, tellement j'avais pensé fort mon refus de voir le lieutenant tomber. Un éclair brun, un coup de feu, et Raulne disparut de mon champ de vision.

La foule implosa littéralement mais je n'en reçus pas les débris brûlants. Le militaire et son chien s'était interposé devant moi et me repoussait vaillamment loin de la cohue hurlante et paniquée. Je ne compris pas grand chose de ce qu'il me racontait ; il avait un langage spécial, mais je saisis qu'il voulait que je parte loin de cette folie. Je n'en avais pas spécialement envie mais un oeil sur son molosse me dissuada de lutter contre lui. Je reculai donc prudemment tout en écoutant le soldat marmonner. Qui donc avait été touché ? Raulne ? Ma supposition s'annula automatiquement quand j'entendis dans le casque du soldat la voix du lieutenant s'égosiller pour faire venir un certain Talbert. *Il m'a l'air en forme !* pensais-je cyniquement.

Et où était Monsieur Charles ? Touché lui aussi ? Mort ? Le soldat m'empêchait de bouger, c'était terrible, car je luttai entre l'envie de prendre mes jambes à mon cou - je suis humain quand même ! - et celle de tenter de calmer la foule. Soudain, je vis une jeune femme blonde s'éloigner de la foule, tout en jetant des regards fréquents en arrière. Rose Blanchet, la soeur de Mickaël. Où était-il passé celui-là ? Je suivis la direction du regard de Rose pour aboutir sur son frère qui tentait de franchir la foule. Fou !

Malheureusement je perdis sa trace quand quelque chose me percuta de plein fouet. Le soldat près de moi s'exclama dans sa langue inconnue tandis que je tombais à terre. *Il n'est pas censé me protéger lui ?* pensais-je en sentant le sol dur sous mon dos. Un peu sonné, je me redressai et trouvais une jeune femme meurtrie dans mes bras.

"Mme Valiosky !"
Avec horreur, je vis le chien s'approcher d'elle. Elle était blessée ; elle venait de traverser la foule pour s'enfuir, et je n'allais pas laisser le soldat la toucher ! Je me relevais en soutenant la femme tant bien que mal.
"Laissez-là, elle n'est pas un danger. Elle est blessée ! Mme Valiosky, vous m'entendez ?"
Elle tardait à reprendre conscience. Je relevai la tête et croisa le regard du soldat. Une idée franchit ma bouche, une idée peut-être folle, mais comme je vous l'avais déjà dit, je n'avais plus toute ma conscience :

"Ordonnez à votre chien d'immobiliser Monsieur Charles. Le paysan. Si cette femme a réussi à traverser la foule, votre chien aussi peut le faire."
Donner un ordre à un soldat, n'était-ce pas folie de ma part ? J'avais tellement envie de faire cesser le chaos.

Spoiler:
 


LIVRE II **Chapitre 1**
Topo sur Martin

Passée la folie des grandeurs
L'envie de jouer les grands seigneurs
Passée l'ivresse, passée l'ardeur
Dont les fruits n'ont plus de saveur
Revenu de sept ans de malheur
D'un accouchement dans la douleur
Lassé de mentir, de faire l'acteur
Quand on n'est plus à la hauteur
Restent les murs porteurs
Pour s'abriter du froid
Pour conjurer le malheur
Et retrouver sa voie
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mer 12 Déc - 22:41



La première victime d'une guerre, c'est la vérité

J’étais un peu… Comment dire… C’est pas vraiment sonnée car je n’avais pas vraiment pris de coup sur la tête… Mais j’étais un peu dans le même état, à ne pas comprendre l’espace de quelques secondes ce qui se déroulaient autour de moi. Raulne me parlait, mais je ne percutais pas vraiment ses paroles. Et heureusement pour lui d’ailleurs. Il toucha ma blessure et cela fut comme une sorte d’électrochoc, me sortant de ma sorte de torpeur. Il s’énerva sur moi alors que j’essayais de rassembler mes forces pour me faire la belle d’ici. Hors de question que je reste une minute de plus ici, en compagnie de cet homme abjecte. Genre, j’avais fait ça pour qu’il ait une dette envers moi ? Il ne comprenait vraiment rien de chez rien. Je n’avais pas fait ça pour lui, mais pour les Louisvillois, pour que notre ville ne devienne pas la proie de ses hommes. Je ne suis pas une héroïne et je ne veux pas sauver le monde, juste les miens. J’allais le pousser mais il partit et fut remplacé par un autre militaire qui se donna pour mission de m’aider. J’en voulais pas de son aide, et je n’avais aucune confiance en lui. Je pouvais me débrouiller toute seule. Je me débattais doucement au début, puis de plus en plus fort quand il se fit insistant. J’avais de plus en plus mal, mais à mesure que ma douleur augmentait, ma colère se transformait en une sorte de rage. C’était comme si elle fonctionnait comme un carburant, un carburant dangereux oui, mais un carburant quand même. Lorsqu’il demanda à Raulne s’il pouvait « m’en coller une », je n’hésitais plus une seule seconde. Je puisais dans mes forces pour remonter mon genou et lui donner un coup bien placer, dans cette partie si sensible de l’être humain. Sa prise se relâcha et je roulais sur le côté ce qui eut comme conséquence de me tirer un cri de douleur. Je posais ma main sur mon épaule, et me relevant difficilement, manquant au début de me casser la tronche par terre, j’essayais de me diriger tant bien que mal vers l’entrée de la mairie. Pourquoi ? Parce que dans mon bureau, entre plusieurs dossiers que j’avais mis sous clefs, j’avais une arme. Et je comptais bien m’en servir.

Je titubais, m’obligeant de m’arrêter. On me bouscula et je retombais à terre. Mes membres tremblaient et mon épaule laissait s’écouler pas mal de sang, malgré la compression que j’exerçais dessus. Il fallait que je fasse quelque chose pour stopper l’écoulement, sinon j’avais bientôt tombé dans les vapes par manque de force. Et vu la situation, je ne pouvais pas me le permettre. J’essayais une première fois de me relever, mais je glissais dans le liquide que je perdais. Une deuxième fois… Une troisième fois, une quatrième, et enfin un cinquième fois pour arriver enfin à tenir sur mes jambes tremblantes. Je sentais de la sueur perlait sur le haut de mon front, et ma tête semblait jouer à la toupie. Le monde semblait tanguer autour de moi, les bruits lointains, les visages flous. Je me forçais à garder consistance mais c’était très dur, j’avançais de plus en plus difficilement, me faisant bousculer de plus en plus par la foule. J’essayais de m’écarter, mais ce n’était pas possible. C’était complètement la panique, alors je finis par m’adosser contre le mur de la mairie, incapable de faire un pas de plus. Avec difficulté je fis glisser ma veste sur mon bras pour regarder la plaie qui me faisait mal. Je me concentrais sur ma tâche, essayant d’oublier que c’était mon épaule et pas celle d’un des nombreux patients que j’avais pu ausculter à l’hôpital de Caen pendant mon internat. La blessure n’était pas très profonde, et aucune artère n’avait été touchée. La balle n’était pas ressortie et c’était elle qui me faisait aussi mal, mon corps essayant en vain de rejeter ce corps inconnu. Il fallait que je l’enlève, mais je n’avais rien pour ça sur moi. Je ne pouvais rien faire ici, il fallait que je rentre.

Oui rentrer c’était ce que je devais faire. Je me remis à appuyer sur la blessure et laissa échapper un cri de douleur. Je me mordais la lèvre alors que je compressais un peu plus fort pour contenir le plus possible l’écoulement. J’avais forcé dessus et j’en payais le prix. Je me sentais de plus en plus sonnée, comme si ma tête avait décidé de jouer à la toupie et de faire tourner tout autour. Je croisais plusieurs visages familiers, mais eux ne faisant pas attention à moi, en panique, trop occupés à fuir. J’essayais de les interpeller, de leur demander de m’aider à rentrer chez moi mais aucun n’écoutait, aucun de me voyait. Peut-être était-ce un tour de mon cerveau, mais j’aperçu Mickaël. Je l’appelais et me rendant compte que ma voix ne portait pas, haussa le ton pour l’interpeller. Mais il ne se retourna pas, et s’évapora à travers la foule. Je lâchais un rictus en prenant conscience de ce que je venais de m’être imaginé. Bien sûr que ce n’était pas lui. Parce qu’il devait être avec Rose, en train de prendre soin d’elle et pas à arpenter cette foule. Mon Dieu… Lyra… Lyra m’attendait à la maison. Je n’avais pas le droit de me laisser aller. Il ne fallait pas que je fasse n’importe quoi, que je continue à forcer. Je me laisser glisser contre le mur, jusqu’à ce que mes fesses se retrouvent posées sur le sol. Il fallait que je récupère, et attendre surtout que la situation se calme. Car dans l’état actuel des choses, je ne faisais que m’épuiser pour rien.









Si simple et si sérieuse, si belle et si rêveuse, quand je l'embrasse et l'écoute. Je te rejoins sur la route. Si grande et si fragile la force mais pas tranquille. L'orage est passé les gouttes coulent le long de ma route. Du haut de là haut de l'au-delà. Si courte et si sensible la loi la plus terrible. Et si quelques fois je doute je te regarde sur la route
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 13 Déc - 13:55

    Putain, mais merde quoi, c'était le bordel là. Je détestais ces situations là, mais alors à 100%. Il y avait tellement de civils, de cibles mouvantes, comme faire pour tirer de façon à ce que cela se fasse sans dommages collatéraux ? Impossible, pourtant, je ne pouvais pas, ne pas tirer. Nous étions en France, mais c'était pire qu'un casse tête chinois cette affaire là, pourtant, je savais pertinemment que je tirerais à un moment ou un autre. La foule était de plus en plus excitée, cela devenait véritablement compliqué d'agir sans faire trop de dégâts. Le maire essayait désespérément de jouer au héros, ce type n'avait décidément rien compris à la situation qu'il avait devant lui. Je lui aurais bien mis une balle dans l'entrejambe pour le faire dégager qu'il aille faire sa paperasse plutôt que de foutre le bordel ici. Mais ce serait mal vu, et puis, il faudrait sans doute après cela subir les foudres de Raulne, quoique ... Bref, viser le maire n'était pas la solution, il avait agit, avait fait paniquer l'agriculteur et ... celui-ci avait tirer sur Raulne. Non, mais c'est pas possible. Je regardais la foule, je devais calmer tout ce monde, rapidement puisque le lieutenant était au sol. C'était la brune qui s'était pris la balle à sa place. Intérieurement, j'étais fière de son geste, même si je ne doute pas que le lieutenant aurait pu agir seul. Mais là, "sauver" par une femme, ça ferrait assurément mal à son ego. La situation était pourtant bien plus grave que ça. Talbert arriva rapidement au niveau de celle-ci pour l'aider, mais je ne crois pas qu'elle ait besoin de son aide. La foule était en ébullition, mais pas une bonne ébullition, c'était très mauvais. Il ne se passa que quelques secondes, je devais me décider à faire quelques choses. Putain, Bandat fait quelques choses plutôt que de regarder tout ce qui se passe. Un homme essaya alors d'étrangler l'agriculteur. Tout les voyants étaient de couleur cramoisie, je décidais de tirer sur l'homme qui bougeait, un peu trop.

    Le coup partie mais je ne touchais que son bras, enfin, je l'effleurais à peine. Il se prit alors un direct de l'agriculteur qui avait de la ressource. Mais la foule ne semblait pas se soucier de cet autre coup de feu. La balle n'avait touché apparemment personne d'autres, du moins j'en avais perdu sa trace après qu'elle ait effleuré le bras de l'autre fou parmi ces fous. Les français sont bien comme les autres, nous avons beau être chauvin, mais ils sont égoïstes et débiles, voilà tout. J'avais d'autres balles dans mon chargeur, mais je n'allais pas user d'autres munitions, je ne n'en avais pas un stock illimité. J'essayais d'observer la situation de là où je me tenais depuis le début. Je jetais un oeil aux autres militaires mais personne ne regardait dans ma direction, j'étais donc seule, plus ou moins pour agir. Mais que faire ? Si j'avais été sur un toit d'un des bâtiments de la ville, j'aurais été bien plus utile, j'aurais pu désarmée l'agriculteur en tirant sur son arme ou sur sa main du haut d'un bâtiment, et il aurait été désarmé, le maire n'aurait pas agit bêtement, il n'y aurait eu qu'une seule balle de tirée, la mienne. Et elle n'aurait pas raté sa cible qui n'aurait pas été en mouvement à ce moment là. Mais je ne pouvais pas remonter le temps. La brune qui s'était pris une balle par l'agriculteur se faisait soigner par Talbert, mais elle lui donna une bon coup dans l'entrejambe et elle s'en alla. Je n'étais pas loin de la scène. Je m'approchais et disais à Talbert quelques mots.

    " Vu la bestiole, je crois qu'elle est partie pour mieux revenir. Elle ne semble pas être une femme faible. Mais je crois qu'il faudrait quand même l'aider, elle est mal en point. "

    Je ne sais pas si Talbert suivrai mon conseil de la suivre pour l'aider, car je ne la voyais plus mal elle s'était bien fait bousculer par la foule en délire, entre ceux qui se battaient, ceux qui fuyaient loin, je ne savais pas trop comment agir là. Donner des coups pour donner des coups ne serviraient à rien. J'aurais bien tirer en l'air pour essayer de calme la foule mais ça ne semblait pas le faire ...

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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Lun 17 Déc - 13:58



Mission Intrigue n°1



Préambule


« Dix jours. Cela fait dix jours que les bombes sont tombées et que Louisville s’est retrouvée coupée du monde. Dix jours où tous vivent un enfer perpétuel. Dix jours qui amènent de plus en plus de conflits, de plus en plus dangereux. Hier, un homme a été roué de coups après avoir essayé de voler un morceau de pain à une passante. Les gens ont de plus en plus faim et seulement une poignée de personnes possède les moyens suffisants pour se nourrir convenablement. Cela doit cesser et c’est dans cette optique que la mairie à décider de rassembler tous les citoyens de Louisville et les étrangers arrivés depuis peu dans la ville. Il faut s’organiser et cela au plus vite… »

Le coup de feu tiré par l'homme désespéré provoque immédiatement une intense panique; tout semble partir dans tous les sens et il n'y a plus aucune coordination que ce soit chez les militaires ou les civils. Prenant le tir à la place de Raulne, Mathilda est blessée. Venu l'assister, le médecin Talbert se fait sévèrement repousser, alors que la civile se croit agressée. Partout ailleurs, c'est la panique. Bandat et . De son côté, Reh est dans l'expectative, braque des civils et se fait menaçant, ne sachant trop quoi faire. Repoussé avec violence et blessé, Mickael est balloté en tous sens par la foule qui déguerpit. Valentine et Eléanore sont bousculées, voire meurtries... le maire, lucide, tente de prendre les choses en main. Bandat n'abat pas le fou furieux, mais c'est elle qui blesse Mickael ! Les choses semblent aller de mal en pis au sein de la petite communauté...

Ordre de passage


L'ordre de passage durera dix jours. Nous rappellerons plusieurs choses : vous devez lire tous les rps des joueurs ainsi que les messages de la Chute. N'oubliez pas que vous vous êtes engagé à le faire. Egalement et surtoutSuperman n’est pas louisvillois ! . Et oui, nous avons eu des bombes qui sont tombées non loin, et non pas des météorites dans lesquelles était caché un vaisseau spatiale Razz Non je ne vous dis pas cela au hasard et juste pour le fun. Ici, il n’y a aucun super-héros, ni aucun voyant. Ainsi, vous pouvez agir MAIS avant d'intervenir sur la personne de l'agriculteur, vous devez au préalable obtenir par MP l'accord de Phillipe. Ainsi on vous demandera de lui envoyer un mp avec l'action que vous voulez faire et il la validera ou non. De plus, n'oubliez pas le mouvement de la foule. Tout le monde bouscule tout le monde, sans compter les échanges de poings. Aussi vous commencez à manquer pour certains d’entre vous de nourriture, et de sommeil. Egalement pour d’autre, c’est la première fois que vous voyez une arme et que vous voyez quelqu’un agir de la sorte. Nous sommes humains n’oubliez pas, traversé de sentiments, et de peur. En cas de doute, envoyez un mp à Philippe

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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Lun 17 Déc - 21:50

    J'étais perdu, sous le choc du tir que je venais de prendre mais qui m'avait manqué. Je me redressais, abandonnant Talbert à la civile qui avait sauvé ma peau. Putain, ça me donnait envie de gerber. Pourquoi devrais je me sentir redevable de cette débile qui avait probablement fait ça exprès pour que je lui en doive une ? Bordel de merde, c'était une véritable coalition ! Non seulement j'apprenais que l'un de mes gars était peut être un violeur mais en plus de ça ma sniper n'avait pas buté le connard qui avait essayé de me plomber, et tout partait en cacahuète. Je me redressais complètement face à la foule. Un claquement sonore retentit alors qu'une balle sifflait pour blesser un connard de civil qui essayait de s'en prendre à mon agresseur. Putain de bordel de merde, j'avais reconnu la détonation d'un fusil de précision, si différente de celle de nos fusils d'assaut. Mais que foutait Bandat ? Je croyais pouvoir compter sur elle, et la voilà qui changeait complètement de mission et de cible ! Je trépignais, et j'avais l'envie presque irrépressible de cogner dans quelque chose. Il fallait vraiment que j'extériorise tout ça. La cohue m'était insupportable, j'avais juste envie de hurler. C'est alors que Talbert me demanda ce qu'il devait faire avec la civile. Je me retournais vers lui, l'air furax. Ce n'était pas dirigé contre lui, mais il fallait bien reconnaître que ce genre de question me gonflait. J'avais l'air de vouloir m'embarasser des états d'âme de ces connards de civils ? Je lui parlais via notre oreillette pour qu'il perçoive ma voix par dessus les hurlements de panique.


    | Mais oui putain, tu la cognes s'il le faut je m'en tape! Tu fais en sorte qu'elle nous claque pas entre les doigts, c'est tout. Et prends Bandat avec toi s'il le faut. Peut être qu'une autre pouliche l'aidera à mieux se sentir, et comme Bandat semble plus douée pour aider que pour descendre des enfoirés, elle servira à quelque chose. |


    Bien entendu, l'idée ne me venait même pas à l'esprit que moi, je ne servais pas à grand chose en envenimant les évènements au fur et à mesure qu'ils se produisaient. Je perdais patience. J'étais un militaire, pas un diplomate et encore moins un civil. Je finissais par dégainer à nouveau mon flingue. Sans même me demander si ça ne ferait qu'embrouiller encore plus la situation, je tirais trois fois en l'air, et hurlais pour me faire entendre.


    | L'armée française prend le contrôle de la situation. Rentrez tous chez vous ou je vous fais vous disperser. Un tribunal militaire se réunira en fin d'après midi pour déterminer ce qu'il s'est vraiment passé. Rentrez chez vous pour votre propre bien. Nous sommes des soldats français, nous ne sommes pas des troupes d'occupation. Nous sommes là pour vous protéger. Rentrez chez vous, maintenant! |


    Le discours se voulait ferme, mais axé sur la compréhension des civils. Je voulais qu'ils sentent que nous nétions par leurs ennemis, ce qui était vrai et ce que je pensais. Mais parce que je suis Raulne et parce que je dois faire mon travail, j'activais mon oreillette d'une nouvelle pression.


    | Raulne à tout le monde. Vous me foutez tout le monde hors de la place. Si vous voyez d'autres types armés, vous les descendez sans sommation. J'instaure le couvre feu. Vous repoussez tout le monde. C'est compris ? Il faut qu'on fasse toute la lumière sur la situation, et si en faisant copain copain ça marche pas, on va se montrer plus durs. On peut les sauver d'eux mêmes s'il le faut. |



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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Dim 23 Déc - 22:35

Alors que je regardais avec impatience le lieutenant, ma vision devint noire, puis floue, avant que je roule sur le côté en lâchant une série de jurons soufflés entre mes dents serrées. Je n'arrivais même pas à penser à me venger, tant la douleur sourde qui pulsait dans mon bas-ventre m'empêchait de me concentrer. J'entendis de façon déformée les propos de la tireuse d'élite, alors que j'essayais de souffler régulièrement pour chasser la sensation de douleur.

Ma première pensée qui réussit à se former dans ma tête fut que j'allais la faire payer pour ça. Peut-être en lui coupant l'artère que j'avais vue intacte… Foutus civils. Pourquoi le lieutenant avait voulu faire confiance à cette fille ? C'était pas parce qu'elle l'avait sauvé d'une balle qu'elle était digne de confiance pour autant, apparemment.

Je me relevais difficilement en m'aidant de mon arme, posant un regard hagard autour de moi. C'était un foutoir pas possible. Je ne pensais que c'était possible, mais c'était pire que lorsque j'avais regardé la dernière fois, soit avant ma tentative avortée de soigner la civile.

Où était-elle d'ailleurs celle-là ? Je grognais en me relevant sur un genou, mon arme dressée devant moi, l'index posé sur la détente, alors que j'écoutais les nouvelles instructions du lieutenant. En dépit des paroles de la sniper, je n'avais pas véritablement envie de me lancer à la poursuite de la blessée. J'étais certes tiraillé entre l'envie de finir le boulot et de ne pas la laisser crever, et de l'autre côté un instinct de conservation déjà meurtri.

En même temps… J'avais reçu l'ordre explicite de la soigner, et j'en avais en quelques sortes une confirmation dans les nouvelles instructions : non seulement il fallait l'évacuer de la place, à supposer qu'elle y soit toujours évidemment, mais aussi nous devions "faire la lumière", et nul doute que sa personne serait déterminante dans l'enquête.


- Je vais le regretter… murmurais-je à voix basse avant de m'élancer en boitillant en direction de la foule.


Forçant les civils en fuite à s'écarter, je me frayais un passage parmi eux, observant le sol dans l'espoir de la trouver. Je crus plusieurs fois la tenir, mais il s'agissait seulement de personnes assommées durant la cohue. Ce ne fut que lorsque je heurtais un civil de plein fouet que le choc me tournât dans la direction d'un bâtiment, où j'aperçus une forme assise au sol.

Je courrais dans la direction à grands coups d'épaules, et trouvais finalement ma patiente. Dès que je fus à sa hauteur, cependant, j'hésitais. Elle allait forcément essayer de me repousser de nouveau, et je n'étais pas sûr d'avoir la patience nécessaire à encaisser un nouveau coup sans riposter. Je décidais d'essayer de l'approcher, et si elle était toujours aussi hostile, alors qu'elle aille au diable. J'avançais à petits pas prudents, mon arme ostensiblement pointée vers le sol. Je l'interpellais avec des gestes de la main gauche pour me faire connaître.


- Écoutez, je crois qu'on est parti du mauvais pied. Je m'appelle Jean-Baptiste, et je ne vous veux aucun mal. Je veux juste vous aider d'accord ? Vous pensez que vous pouvez vous débrouiller, mais vous allez vous vider de votre sang toute seule, parce que je suis le seul médecin militaire sur place, et que tous les autres citoyens vont devoir rentrer chez eux. Alors, laissez moi faire mon boulot, et vous ramener chez vous. Je vous jure que je ne vous ferais pas de mal.

Si vous ne voulez pas de mon aide, je partirais, mais je peux au moins vous amener à l'hôpital ou chez qui vous voudrez, mais si vous restez ici, vous aller aggraver les choses. Ne soyez pas idiote madame. Vous savez que vous ne vous en tirerez pas seule.



Même si j'essayais d'être le plus conciliant possible avec tous ce qui se passait autour, je restais un minimum sur mes gardes. Elle avait pas l'air en état de quoi que ce soit, mais si jamais elle décidait de me remettre par terre, je n'allais pas me laisser faire. Enfin, avec de la chance, elle verrait d'elle-même la situation telle qu'elle était…
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mar 1 Jan - 21:46

Toujours balloté au milieu de l’agitation, Mickaël ne cherchait plus trop à lutter contre le va et vient. Trois coups partirent et le garagiste ne savait même pas dire exactement d'où le son partait. D'autres personnes avaient-elles été blessées ? Son estomac se contracta plus douloureusement encore tandis qu'il continuait à se laisser emporter par la folie environnante. La voix de Raulne s'éleva alors et instinctivement, il tendit l'oreille. Même ahuri et un peu sonné, Mickaël ne put s'empêcher de ricaner intérieurement au discours improbable du militaire. Tout se passait finalement comme il l'avait craint. Toute cette bande en uniforme se prenait pour Dieu ou quelque chose comme ça et pensait donc avoir autorité sur tout le monde. Bande de... « L'armée française prend le contrôle. Nous sommes là pour vous protéger.» Mais quelle blague. Il prouvait seulement son incapacité à gérer les foules, c'est tout. Le renégat poussa plusieurs jurons pour décharger cet agacement. Finalement, il décida de rallier – comme il pouvait, l’endroit où il avait laissé sa cadette. Il devait s’assurer qu’elle ait bien réussi à rejoindre la demeure familiale, il retracerait son itinéraire de là et s’il parvenait à savoir ou à voir Mathilda, ça serait doublement bénéfique. Sans se poser davantage de questions, il tenta donc de se relancer un peu plus vigoureusement dans la mêlée et à contre sens. Il se heurta plusieurs fois à de véritables barrages humains et sa course était improbable. A mi-chemin de cette avancée, il réalisa qu’il ne parviendrait jamais à retourner d’où il venait avec toute cette folie. Le lieutenant était tellement stupide, son avertissement n’avait amené qu’un peu plus de démence. Le Louisvillois butta contre quelqu’un qui semblait s’être écroulé au sol. Il chercha à aider la personne mais ne put mener à bien ce plan car on l’emportait déjà. Et si ça avait été la jeune Blanchet ? Pourquoi l’avait-il abandonné comme ça ? A quoi pensait-il ? Il se sentait incroyablement idiot. Il comprenait mieux ce que Mathilda avait cherché à lui faire comprendre quelques jours plus tôt. Il ne pouvait pas sauver les deux jeunes femmes. En voulant les préserver toutes les deux, il n’en avait aidé aucune finalement. Commençait-il à délirer ? Il ne savait même plus ce qui se passait dans son crâne, tous ces cris, cette nervosité et son impatience qui redoublait chaque minute passant. Cette fois-ci, c’était sûr. S’il parvenait à sortir de là, il irait tout droit vers la maison. Il crut apercevoir le sale type au clébard et malgré son besoin oppressant de frapper quelqu’un, il fit tout pour ne pas le croiser véritablement. Ca n’était pas le moment. De plus, le maire était à proximité. Trop de crétins réunis au même endroit, ça finirait par le rendre malade.

Il fut emporté par la force des choses hors de la place. Il finit par atterrir dans une rue perpendiculaire et il profita du peu d'espace qu'il bénéficiait désormais pour balayer un peu mieux la cohue. Il ne parvenait toujours pas à identifier Rose ou Mathilda, ni qui que ce soit d'ailleurs. La blessure à son bras commençait à lancer désagréablement et il s'autorisa un regard en biais. Un peu de sang imbibait sa veste déchirée. Il avait déjà connu bien pire, ça finirait sûrement par cicatriser tout seul. Ça ne le préoccupait pas vraiment. Il ignorait complètement quoi faire car il ne savait toujours pas où trouver les deux jeunes femmes. Retourner au milieu de l'agitation n'était pas une solution et vu comment ce crétin de soldat les avait renvoyé. S’il y retournait, ça finirait en bain de sang. Avec un peu de chance son amie était parvenue à se faire aider... Il n'avait pas l'esprit tranquille de laisser tout en plan comme ça mais où elle était passée et ce qui s'était déroulé entre le moment de la fusillade et le moment où il avait atterri là lui avait échappé. Il ne pouvait rien faire. Cette impuissance lui fit serrer les poings alors qu'il commençait doucement à reculer. Il devait s'assurer que Rose était bien rentrée. Oui, il devait faire ça en priorité. Mais Mathilda... Il hurla une dernière fois son prénom en vain. Si au moins, il parvenait à trouver quelqu'un qui sache...
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mer 2 Jan - 22:12

    C’était une sensation de déjà vu affreuse. J’avais l’impression que quoi que je fasse, les situations comme celle-là ne me quittaient pas. J’étais comme la femme niaise qui se prenait tout dans la tête, et que les mauvaises choses. J’étais presque lassé, mais en ce moment même – parmi les multitudes de jambes et de pieds qui se percutaient sur mes propres jambes – j’étais plutôt terrifié, ne sachant quoi faire pour me sortir de cette situation. Je voulais pousser sur mes bras ou que mes jambes m’aident, mais je n’y parvenais pas. Mes membres étaient paralysés, je n’arrivais pas à les contrôler, même avec une volonté d’acier. Je pensais que j’allais rester là à subir tous ces coups sur le sol, sans rien pouvoir y faire, en attente que la foule ne se soit dissipée. Et lorsque je percutais brusquement quelque chose, je me retrouvais sur une personne que j’avais fait tomber. Lorsqu’une voix masculine m’interpela en prononçant mon nom, je m’y bien quelques longues secondes en me demandant si je ne rêvais pas. J’observais cet homme que j’avais fait tomber et bien que ça me parut pour moi quelques fractions de secondes, je lui répondis bien plus tard.

    « Monsieur… Le maire ? »

    Je n’étais pas sur de moi du tout, peut-être était-ce cette douleur à la tête et à ma joue qui me faisait perdre ma vivacité d’esprit. Tout me paraissait flou, très peu clair, confus dans ma tête ; en plus de cette douleur qui m’était soudainement insupportable. Alors que j’étais encore confuse ne sachant ni si c’était réel, ni si j’étais inconsciente, je me sentis soulever. J’observais parallèlement un chien qui m’étais familier, je pensais être dans un rêve, vraiment ; mais lorsque j’entendis de nouveau cette voix masculine m’interpeler, le temps de tourner ma tête et je compris bien vite que tout ça était bien réel. Mon ouïe se fit plus fine, avec moins de bourdonnement et j’entendis encore la foule s’agiter. Je contrôlais de nouveau mes jambes et je pus alors me soutenir toute seule, m’écartant un peu du Maire en m’apercevant que j’étais bien trop proche. S’en était même gênant.

    « Je suis désolée. On m’a frappé, je suis tombée et je n’arrivais plus à sortir de cette foule… »

    Ma main droite toucha ma joue rouge et œdémateuse pour savoir un peu de quoi j’avais l’air. La douleur me fit prendre conscience de la brutalité du coup et surtout que je n’y toucherais plus. Puis je constatai aussi ma bosse à l’arrière de ma tête, qui ne saignait pas tellement, mais qui faisait aussi un mal de chien accompagné de ces maux de tête infernaux. Comme si ma coupure au bras n’avait pas suffi, il fallait que je me fasse d’autres bosses ou coups quelconques pour agrémenter le tout. Je ne laissais rien paraître de mes émotions, j’essayais du moins d’intérioriser le plus possible cette terreur qui ne s’était qu’un tout petit peu estompé depuis que j’étais à présent debout et à l’écart surtout du mouvement de foule ; ou moins dirons-nous.
    Mes yeux arpentèrent les gens qui couraient, puis ils s’arrêtèrent sur le Lieutenant Raulne. Au moment où je me demandais s’il avait été touché, je le vis levé une arme et tirer trois coups. Parallèlement, je m’étais déjà protégé les oreilles et m’était rapprocher brusquement du Maire comme pour recevoir une protection. Un réflexe inutile mais je n’aimais plus entendre de coups de feu, cela me rappelait bien trop ceux de Cherbourg et que j’avais subis presque tout du long avant d’enfin m’en réchapper. Je restais un moment dans cette position – même après les trois coups de feu – et doucement retirait mes mains et me décalais du Maire en m’efforçant de ne pas croiser son regard pour ne pas expliquer mon geste ; j’étais honteuse oui, mais un réflexe ne se maîtrise pas malheureusement.
    Avant même que je me redresse, j’entendis et reconnu très bien la voix de Philippe, et je ne pus retenir mes pensées… * Mais quel abruti celui-là ! Les coups de feu ne résoudront rien ! * Bien sûr c’était la peur qui parlait, mais je n’avais pas aimé ce geste, son geste. Je l’écoutais et l’observais. C’était très bien de réunir un tribunal militaire pour qu’enfin la vérité soit découverte, mais qu’allait en penser cet homme dont la fille avait été violée ? Je jetais un coup d’œil vers lui, le cherchant mais ne le trouvant pas. J’avais peur de ce qui pouvait se passer d’autre, je ne pouvais cependant qu’espérer que tout redevienne calme et qu’enfin cet homme trouve la paix dans la justice, même si cela n’était pas facile.
    Bien qu’il nous demande de rentrer chez nous, je ne me décidais pas à prendre le pas et rentrer chez moi. Je voulais être certaine de pouvoir marcher sans m’écrouler de nouveau dans cette foule, et quel que soit le temps que ça prendrait.


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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mer 2 Jan - 23:47



La première victime d'une guerre, c'est la vérité

Contre le mur, au sol, je laissais mon esprit divaguer. Je préférais attendre et garder les forces qui me restaient. Au cas où ? De toute façon je ne comptais pas rester indéfiniment ici dans un état pareil. Il fallait que je regagne mon bureau, ma maison, ou, à défaut l’appartement de Micka. Je lui avais donné une trousse de premier secours qui contenait tout ce dont j’avais besoin, la même que celle que j’avais dans mon bureau : une pince à épiler pour enlever les fragments de balles, une aiguille et du fil pour recoudre la plaie, quelques antibiotiques pour éviter une infection, et du désinfectant, bien entendu. Pas une seule minute j’envisageais d’aller à l’hopital. Je n’avais aucunement confiance en eux, et surtout je savais qu’ils seraient d’une part en sous-effectifs, et que d’autre part, pour palier à leur manque de médicaments, je n’aurais pas accès à tout ce dont j’aurais vraiment besoin. Il fallait donc que je me sorte d’ici toute seule et au plus vite… Mais dans une dizaine de minutes. J’avais besoin de souffler avant, et de baisser un peu les bras pour mieux m’en sortir après. En tout cas c’était ce que je me répétais.

Je ne sais pas combien de temps je restais là à attendre. Tout ce que je sais, c’est que je dus me forcer à me reprendre quand l’autre se repointa. J’essayais de me lever et à défaut d’y arriver, à reculer mais en vain. Je ne pouvais pas traverser les murs, je n’avais pas ce talent. Cependant ce n’était pas pour autant que je le laisserais s’approcher un peu plus de moi. D’ailleurs, si cela était nécessaire, je me rappelais tout juste que j’avais planqué une petite lame crantée dans ma botte, échangée contre quelques conserves à un chasseur du coup. C’était au début inconfortable, mais j’avais fini, au fil des jours à m’y habituer. Je discernais avec un peu de difficulté ses paroles, comprenant par cela que je commençais à avoir une légère fièvre, sans aucun doute lié à ma perte de sang de plus en plus importante. Malgré tout il n’était pas question qu’il touche, ne serait-ce qu’à un de mes cheveux. Je laissais échapper un ricanement à ses paroles. Il croyait vraiment que j’allais gober ses propos ?

Parti du mauvais pied, vous avez tout compris. Vous n’avez rien à faire ici et tout ça c’est à cause de vous. M’aider ? Commencez par arrêter de vous en prendre aux citoyens de cette ville. Vous vous pensez sans aucun doute indispensable, mais vous vous trompez. J’ai pas besoin de vous. Personne n’a besoin de gens comme vous, opportuniste et violent. Vous ne pensez qu’à violer les femmes ou à vouloir les brutaliser. Je serais idiote au contraire de vous faire confiance. Et heureusement pour moi, je suis loin de l’…

Je m’arrêtais dans ma phrase. Il m’avait semblé entendre à travers les cris de la foule la voix de Mickaël m’appelant. J’aurais voulu lui répondre mais ma voix ne porta pas assez, et son prénom se perdit dans ma gorge. J’avalais difficilement. Parler à l’autre imbécile ne m’avait pas vraiment aidé. Quoi que si, au moins avais-je pu déverser ma colère sur lui. Après tout, n’avait-il pas dit qu’il voulait me cogner alors que je venais tout juste de me faire tirer dessus ? Sa sollicitude était arrivée trop tard. Peut-être aurait-il été polie avant, j’aurais accepté son aide. Mais là, hors de question. Je ne lui faisais absolument pas confiance, qu’il soit médecin ou non. Je m’appuyais contre le mur pour me lever, en éprouvant de nombreuses difficultés. J’étais vidée de toute force. Mon premier pas fut tremblant et au deuxième je manquais de tomber. J’en fis un troisième en direction de ce qu’il me semblait être la voix de Mickaël. Et au quatrième, je tombais dans les vapes avant même de toucher le sol.










Si simple et si sérieuse, si belle et si rêveuse, quand je l'embrasse et l'écoute. Je te rejoins sur la route. Si grande et si fragile la force mais pas tranquille. L'orage est passé les gouttes coulent le long de ma route. Du haut de là haut de l'au-delà. Si courte et si sensible la loi la plus terrible. Et si quelques fois je doute je te regarde sur la route
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Ven 4 Jan - 13:17

Tout avait dérapé, en bien peu de temps. Comme quoi, un rien suffit pour que tout parte en live. Aux premières loges, sur l'estrade, j'avais écouté d'une oreille les discours de Raulne et du Maire, puis l'autre vieux paysan s'était ramené, et là, tout avait basculé. Des menaces, des paroles en l'air, des insultes, et bam, la première détonation se faisait entendre. Au début, je pensais que c'était le lieutenant, qui s'était pris la balle, mais non, c'était une civile. La brunette, celle qu'avait pas pu se retenir de gueuler dès le début de l'assemblée. Comme quoi, tout se paye. Ce simple coup de feu avait suffit à tous les rendre dingues, les civils. Comme des moutons, ils s'étaient tous mis à crier, à paniquer, comme si le boucher les menaçait de son couteau. On faisait pas si peur que cela, si ? Peut-être. Mais là n'était pas la question, non. Il fallait absolument maîtriser la masse avant qu'il n'y ait plus de blessés. La sécurité était depuis un sacré bout de temps enlevée, sur mon fusil d'assaut, mais tant que je n'avais pas d'ordre, je ne pouvais tirer. Quel foutoir, franchement. Un genou à terre, toujours non loin de Bandat, je la regardais du coin de l'oeil, à l'ouvrage. Moi qui voulais pas revivre ce qu'on avait vécu en butant tous ces civils pour passer, je crois que pour le coup, appuyer sur la gâchette me démangeait atrocement.

Un nouveau coup de feu, c'était la sniper cette fois. Mauvaise cible visiblement, puisque c'est un civil qui se retrouva troué. Bah, rien ne se passait jamais comme prévu, de toute façon. Je commençais à avoir l'habitude, des plans foireux, des balles perdues et des coups de poignard dans le dos. Qui est-ce qui avait été touché ? Le garagiste, celui avec lequel Reh s'était battu. Hé bah, autant dire que c'était l'hécatombe, tout le monde fuyait tant bien que mal, certain chutaient et se retrouvaient écrasés par les autres. Moi, j'étais bien sur mon estrade. Et malgré le gros bordel, je gardais mon calme, car c'était pas en m'énervant que les choses iraient mieux. Bien au contraire... Mais cette manière limite froide d'être calme, n'était-ce pas tout simplement un moyen d'estomper toute trace d'inquiétude ? Très certainement. Raulne tira en l'air, trois fois. Est-ce que ça avait calmé les foules ? J'en savais strictement rien. J'étais trop occupé à les détailler tous, voir si l'un d'entre eux portait pas une arme, ou tout autre objet dissimulé qui pouvait se montrer dangereux pour mes camarades et moi. L'armée française prend le contrôle de la situation ? Ouais, enfin, on allait essayer, car pour l'instant c'était la panique. Un nouvel ordre, à tous les militaires cette fois, était transmis à travers l'oreillette. Évacuer la place avec permis de tirer sur les pauvres bougres armés de Louisville. C'était pas une si mauvaise idée, quand on y réfléchissait... Mais bon, tirer risquait d'aggraver encore plus les choses...

Après quelques courtes minutes de réflexions, je descendais de mon estrade pour rejoindre la terre ferme, m'apprêtant alors à obéir aux ordres donnés par le lieutenant. Virer tout le monde de là. Voilà qui ne serait pas tâche facile, pensais-je à répétition, alors que la masse de civils courait dans tous les sens. Bon sang. C'est alors que, avançant avec précautions, j'aperçu mademoiselle Valiosky, une réfugiée que j'avais rencontrée dès notre arrivée ici. Sans plus attendre, je les rejoignais au pas de course, elle, et ce qui semblait être le maire. À première vue, elle avait reçu un sacré coup ; sa joue était bien rouge. J'étais loin d'être médecin, mais, si je pouvais lui donner un conseil, c'était bien de partir avant que cette assemblée ne s'achève en un affront entre militaires et civils, soit, un bain de sang. Je savais parfaitement que c'était loin d'être l'intention de Raulne, bien au contraire, mais on était à l'abri de rien ici, comme l'avait montré le vieux paysan, venu menacer les autorités de son fusil. Me rapprochant donc des deux, et plus particulièrement d'elle, je reprenais la parole, d'une voix relativement forte pour m'assurer qu'elle m'entende. « Eléanore ! Tu vas bien ? Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Hein ? » Des interrogations, pour commencer. Car, quoique j'en dise, je m'inquiétais pour la blonde ; elle était une amie chère à mes yeux, il était hors de question que je la perde elle aussi. « Eléanore, tu devrais partir, on a ordre d'évacuer la place, et s'il y a des complications, ça pourrait devenir vraiment dangereux par ici, tu devrais rentrer chez toi, je t'assure... » Elle faisait ce qu'elle voulait, je n'allais pas la forcer à rentrer chez elle, même si ce n'était pas l'envie me manquait. Je voulais juste qu'elle soit saine et sauve. Portant un regard au maire, silencieux, j'espérais qu'il allait faire de même. Et en attendant, j'étais là, sur mes gardes, le fusil chargé, à attendre qu'un pauvre fou n'ose s'approcher.

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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Ven 4 Jan - 14:09

    La situation était critique, je ne savais pas tellement quoi faire à vrai dire. Tout était en train de nous échapper, Raulne allait sans doute donner des ordres qui pourraient être difficiles à suivre en cas de pépins, mais bon, je les suivrais. Je sentais que cela allait faire comme sur la route pour arriver ici et je n'aimais pas cela, pas du tout. Raulne parla dans son oreillette une première fois mais cela ne semblait pas m'être destiné, alors je n'écoutais pas, il parlait à Talbert, sans doute pour lui dire d'aller chercher l'autre folle qui s'était pris une balle. Je savais que le lieutenant ne serait pas content de cette journée, d'une j'avais raté mon coup, chose plutôt rare, mais en plus la situation était partie en complète cacahuète. Ce ne serait que moi, je prendrais un porte voix et je leur dirais de rentrer chez eux; mais je n'avais pas vraiment cela sous la main et puis qui m'écouterait vraiment ? J'étais une femme, quoique, l'autre semblait quand même avoir une certaine autorité, je devrais pouvoir un jour m'en sortir, ou pas. Je n'avais pas d'états d'âmes dans l'instant, je laissais Talbert partir à la poursuite de sa bien aimée, je ne savais même pas s'il m'avait entendu lui parler tellement le coup qu'elle lui avait mis, lui avait fait mal. Bref, il partie dans la foule, j'étais là, j'observais. J'essayais de voir précisément où ma balle était partie, mais je ne la voyais pas, je ne savais donc pas si elle avait touché quelqu'un en particulier.

    Mon regard restait pointé sur Raulne après un rapide balayage de la foule, il était très énervé, je pouvais le sentir. Il tira ainsi 3 fois en l'air comme pour se faire entendre. Comme si d'autres coups de feu allaient arranger la situation mais passons. Il haussa le ton, il disait que l'armée française prenait le contrôle de la situation que tout le monde devait rentrer chez soi. Je ne voyais pas d'autres solution de toute façon, il n'y avait pas moyen de discuter apparemment, donc autant mettre un terme à la discussion. Puis il nous parla dans l'oreillette, un ton sec, cassant et violent, comme lorsqu'il était excédé. Je descendais donc dans la foule leur indiquant qu'il fallait qu'ils rentrent chez eux. J'essayais de ne pas paraître trop violente dans mes gestes. Je ne pointais pas mon arme sur quelqu'un ce serait bête de les forcer complètement à rentrer chez eux par la force. J'observais cependant s'ils n'avaient pas d'armes car ils pourraient être tentés de les utiliser contre nous. La foule semblait relativement obéissante, elle se dispersait petit à petit ...
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Sam 5 Jan - 8:40

    J’essayais de me contrôler pour ne pas sombrer dans la panique la plus totale. J’imaginais des litres et des litres d’eau glacée tombant sur ma tête en faisant spalsh, spalsh et encore splash, juste histoire de me rendre plus… alerte. Lucide. Intelligent. Non, ça, j’étais sensé déjà l’être un minimum. C’était d’ailleurs mon principal problème. Mais bon, là n’était pas la question. J’entendis des coups de feu, sûrement provenant de Godzillette-je-te-perfore-une-allumette-à-trente-kilomètres-de-distance, et sans vouloir vraiment tirer sur les civils, je me retrouvais, avec mon colis paquet cadeau, aux abords de la cohue, qui me forcèrent à un peu jouer des coudes pour rester en place. Je jetai un coup d’œil derrière moi, pour m’assurer qu’il était toujours là, alors que je le forçai à reculer vers l’extérieur. Il n’y avait personne.

      « Oh p#tain de b#rdel de m#rde de fang de p#te de… Il est passé où ce c#n ? Il est passé où ? »


    J’étais totalement dépassé, et je tournais rapidement sur moi-même, lançant mon poing dans la figure du premier qui tenta d’en profiter pour me pousser. Je n’avais pas près de quinze ans de boxe derrière moi, et je le vis chanceler et ne plus s’approcher de moi. Je décochai encore quelques crochets et autres uppercuts pour faire le vide et chercher mon maire qui ne devait pas s’être téléporté sur la planète Zurg bon sang ! Je m’aperçus soudain qu’il était derrière moi, et qu’il était tombé. Enfin… était, hein ! il n’était plus de tout son long par terre, en train d’agoniser dans d’atroces souffrances sous les masses d’êtres humains en panique, comme un essaim d’abeilles que l’on aurait réveillé en fanfare un matin d’hiver dans la plaine verglacée et… je déraillai totalement. Il fallait que je me reprenne. Je jetai un coup d’œil au maire qui faisait copain-copain avec la voleuse de chien.

      "Mme Valiosky ! Laissez-là, elle n'est pas un danger. Elle est blessée ! Mme Valiosky, vous m'entendez ?"


    Bon sang de bon soir… elle était réellement une ensorceleuse de chien, celle là ! Baxter venait de quitter sa position, autrement dit à ma droite, pour aller lui renifler sa joue qui semblait tuméfiée. Elle s’était pris un sacré mauvais coup, celle là. Et le maire qui pensait que Baxt’ voulait l’attaquer… J’aurai bien aimé qu’il le fasse, au lieu de se comporter comme un petit chiot indiscipliné. Je sifflai entre mes dents pour attirer son attention, et mon berger allemand se tendit pour revenir à mes côtés. Un inconscient s'approcha un peu trop de notre microcosmos, et je l’envoyai paître d’un nouveau crochet, esquivant de justesse celui qu’il m’envoya. Je l’interpellai en crachant :

      « Tu veux que je te poutre totalement où tu dégaaahaahaages comme un grand ? »


    Une bousculade un peu trop violente m’avait fait chanceler, et faire un petit trémolo sur le « a » de dégage, dont je me serais bien passé. Je poussai un peu brutalement le maire pour le forcer à reculer, et sans le faire tomber. Je perçus un petit moment d’accalmie, et me rendant compte que ça ne pouvait pas durer, je choisis de prendre le temps de répondre au maire qui dut de son côté prendre la même décision. Et la femme aussi.

      "Ordonnez à votre chien d'immobiliser Monsieur Charles. Le paysan. Si cette femme a réussi à traverser la foule, votre chien aussi peut le faire."

      « Je suis désolée. On m’a frappé, je suis tombée et je n’arrivais plus à sortir de cette foule… »


    Je me tendis instantanément. C’était quoi ça ? Un ordre ? Lui, il me donnait un ordre ? En quoi sa position de maire lui permettait elle de faire ça, hein ? Ce n’était pas parce que j’étais un militaire, un clampin de base, un sous fifre sans grade, qu’un bouseux d’un trou du c#l de Normandie allait me donner un ordre, et, en plus, attendre que j’y obéisse ! Ma réponse jaillit de mes lèvres sans que je ne prenne le temps de la retenir, juste après les coups de feu de Raulnes qui ne me firent même pas sursauter. J’arrachai l’oreillette de mon oreille, et je me retournai aussi vite que possible en direction du maire, me moquant éperdument des pécores qui se lattaient la gueule derrière moi. Je pointai un doigt accusateur sur le visage du main, doigt qui tenait mon flingue, mais ça, je ne m’en aperçus que le geste fait. Je changeai l’arme de main et je sifflai :

      « Je vous emmerde. Un, je n’ai pas à recevoir d’ordre d’un crétin qui ne sait pas tenir sur ses jambes, deux, vous n’avez pas à m’ordonner quoi que ce soit, sachant que dans les circonstances actuelles, envoyer Baxter immobiliser l’homme le mettrait dans une situation à risque dont le rapport risque / conséquence est très mauvais, trois, vous avez me faire le plaisir de reculer pour sortir de cette foule maintenant, ou alors je vous assomme et je vous traîne moi-même à l’extérieur, compris ? »


    J’avais totalement craqué. Totalement. Mon attitude était inacceptable par quiconque qui n’était pas moi et qui ne me comprenait pas. J’avais totalement craqué, et j’en étais fichtrement conscient. Mais j’en avais marre. Marre parce que j’avais mal à la jambe, parce que j’en avais ras le bol d’obéir à des ordres sans queue ni tête, parce que si des emm#rdes comme ça pouvait se régler avec les poings, sur un ring, ou dans une ruelle, ce serait beaucoup mieux, et parce que je sentais que Baxter était nerveux, et que je n’aimais pas ça. Je m’apprêtai à m’adresser à la jeune femme quand j’entendis une voix inquiète l’interpeller avant moi :

      « Eléanore ! Tu vas bien ? Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Hein ? Eléanore, tu devrais partir, on a ordre d'évacuer la place, et s'il y a des complications, ça pourrait devenir vraiment dangereux par ici, tu devrais rentrer chez toi, je t'assure... »


    Je ne reconnus pas la voix, mais le visage de Muet (qui n’était donc pas si muet que ça… il m’avait bien pris pour un blaireau celui là), qui semblait réellement inquiet pour celle qui s’appelait apparemment Eleanore Valiosky mais dont le réel prénom était emmerdeuse, et le nom de famille, de première catégorie. Sur un ordre de ma part, Baxter se mit à grogner et je crachai de nouveau, mon ton montrant clairement que j’en avais ras le bol, et que j’étais énervé, crevé, agacé, etc.

      « Tiens, Muet, t’arrives au bon moment. Tu me fais dégager celle là, pendant que j’essaye de faire sortir le maire de cette m#rde là. Toi , je m’adressai au maire, tu m’indiques l’entrée de l’hôtel de ville, okay ?»


    Je poussai une énième fois le maire du plat de la main et je m’aperçus que ces bourrades répétées nous avaient belles et bien un peu éloigné du gros de la masse mouvante des Louisvilliens. Je me retournai vers la foule, d’ailleurs, me plaçant en boitant à côté du maire pour l’avoir à l’œil. J’avais toujours mon flingue d’opérationnel dans la main, et je n’envisageai même pas de le ranger, alors que les autres militaires s’occupaient de gérer la foule. Je me mordillai la lèvre, un peu angoissé. Ca avait vraiment, mais vraiment de chez vraiment, légèrement dérapé, là… Beaucoup dérapé. Je haussai les épaules. Ce n’était pas de ma faute… J’espérai juste que Valentine soit restée en sécurité à l’hôpital, mais il valait mieux que je n’y pense pas. Voilà, j’y avais pensé. Je la cherchai dans la foule, en gardant une main sur le bras du maire pour l’empêcher de bouger si jamais une bêtise lui venait à l’esprit.



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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mar 8 Jan - 20:39



Mission Intrigue n°1



Préambule


« Dix jours. Cela fait dix jours que les bombes sont tombées et que Louisville s’est retrouvée coupée du monde. Dix jours où tous vivent un enfer perpétuel. Dix jours qui amènent de plus en plus de conflits, de plus en plus dangereux. Hier, un homme a été roué de coups après avoir essayé de voler un morceau de pain à une passante. Les gens ont de plus en plus faim et seulement une poignée de personnes possède les moyens suffisants pour se nourrir convenablement. Cela doit cesser et c’est dans cette optique que la mairie à décider de rassembler tous les citoyens de Louisville et les étrangers arrivés depuis peu dans la ville. Il faut s’organiser et cela au plus vite… »

Nous y sommes. Autoritaire et déterminé, le lieutenant Raulne ordonne de mettre tout le monde hors la place, prétextant la sécurité de tous et la reprise en main de la justice par un tribunal militaire dont l'élaboration reste indéterminée. Chacun fait son devoir, Talbert essaie tant bien que mal de soigner Fontaine toujours récalcitrante, mais celle ci l'envoie se faire voir avant de s'écrouler de douleur. Les autres civils, résignés, terrifiés et perdus, commencent à se laisser entraîner dans les rues de la ville et à se disperser, à l'instar de Mickael qui aura besoin de soin, ainsi que d'Eléanore, elle aussi mal en point. Azarov, toujours pas au courant des accusations pesant sur lui, s'inquiète du sort des civils tout en voulant obéir à ses ordres, aidé par Bandat. Quant à Reh, il pète un boulon et commence à vilipender tous ceux qui se trouvent autour de lui, dont le maire, sincérement inquiet pour ses concitoyens. Pas sûr que cela sauve les relations entre pouvoirs publics et militaires...

Ordre de passage


L'ordre de passage durera dix jours. Attention, il s'agira ici a priori du DERNIER ordre de passage!. Nous rappellerons plusieurs choses : vous devez lire tous les rps des joueurs ainsi que les messages de la Chute. N'oubliez pas que vous vous êtes engagé à le faire. Egalement et surtoutSuperman n’est pas louisvillois ! . Et oui, nous avons eu des bombes qui sont tombées non loin, et non pas des météorites dans lesquelles était caché un vaisseau spatiale Razz Non je ne vous dis pas cela au hasard et juste pour le fun. Ici, il n’y a aucun super-héros, ni aucun voyant. Ainsi, vous pouvez agir MAIS avant d'intervenir sur la personne de l'agriculteur, vous devez au préalable obtenir par MP l'accord de Phillipe. Ainsi on vous demandera de lui envoyer un mp avec l'action que vous voulez faire et il la validera ou non. De plus, n'oubliez pas le mouvement de la foule. Tout le monde bouscule tout le monde, sans compter les échanges de poings. Aussi vous commencez à manquer pour certains d’entre vous de nourriture, et de sommeil. Egalement pour d’autre, c’est la première fois que vous voyez une arme et que vous voyez quelqu’un agir de la sorte. Nous sommes humains n’oubliez pas, traversé de sentiments, et de peur. En cas de doute, envoyez un mp à Philippe




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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mar 8 Jan - 21:08

    Putain de merde. La situation était passée d'inconfortable à carrément merdique en une poignée de minutes. Et où est ce que le pecno responsable de tout ce toutim était passé ? Ne me dites pas qu'il avait réussit à se barrer ! C'était juste impensable ! J'espérais qu'il n'en était rien et que je m'étais juste trompé. L'important maintenant, c'était de pouvoir faire retomber rapidement la pression. Il fallait que j'affirme la position militaire avec toute la force dont j'étais capable, et il fallait en même temps que je me montre conciliant voire paternaliste avec les civils, qu'on puisse se poser sereinement et réfléchir à tout ce qu'il venait de se passer. Je venais peut etre d'enfoncer le clou pour rendre les choses irréparables, mais je n'y pouvais rien. L'important, c'était que je prenne les bonnes décisions. Toisant la foule, j'observais mes hommes en train de les repousser tantôt durement, tantôt de manière plus douce, et s'occuper des blessés et des choqués dans la masse, ceux qui n'en revenaient toujours pas leurs mirettes de ce qu'il venait de se passer. Hé ho, faudrait se réveiller, c'est la guerre nom de dieu ! Et je venais peut être de placer Louisville sur la ligne de front sans même m'en rendre compte. Pourquoi avais je tiré ? Il fallait que je me reprenne. Le regard un instant perdu dans le vague, je réfléchissais pour pouvoir identifier les meilleures lignes de conduite à adopter. Je fermais les yeux pour chasser tout ce que j'avais dans mon champ de vision de mes préoccupations immédiates. J'identifiais les priorités, je les triais mentalement, puis dressais froidement, mathématiquement, le déroulé des évènements tel que je voulais le concevoir. Il fallait que je garde la main que je venais de prendre en m'avançant ainsi face à la population, je n'avais pas le choix. J'appuyais sur mon oreillette pour la déclencher à nouveau, de sorte à parler à mon groupe de combat malgré les bruits, les hurlements, et tout ce qui pouvait gêner la communication.


    | Vous continuez de me foutre tout le monde dehors. Talbert, tu fais le tour des maisons avec Reh. Reh, tu protèges le toubib, et toi Talb', tu va essayer de voir qui est blessé ou choqué, et tu feras de ton mieux pour faire remarquer ton boulot. Histoire de rassurer tout le monde... Bandat, tu vas avec eux. Confisquez les armes si vous en trouvez. |


    Je rouvrais les yeux. J'espérais que tout allait marcher. Déjà, je voulais que Talbert puisse calmer Reh et Bandat si jamais ceux ci vivaient mal qu'on refoule les civils après ce qu'il s'était déjà passé quelques jours plus tôt sur la route. Bien sûr, je repensais aussi à un « détail ».


    | Une fois tout le monde partit, allez chez le fermier, et Talbert, occupes toi bien de la fille. Allez y en douceur, je veux pas me retrouver avec une émeute sur les bras. |


    Ensuite, la seconde partie logique. Je me dirigeais vers la mairie.


    | Azarov, tu ramènes ton cul de légionnaire, tu prends le maire avec toi, et vas me chercher la chef de file de l'opposition qui a pris une balle à ma place. Elle a envoyé chier Talbert, mais expliques lui que j'ai besoin d'elle pour faire justice. Venez à trois et retrouvez moi dans le bureau du maire, il faut qu'on parle. |



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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mer 9 Jan - 21:13

Des hommes continuaient de s'empoigner ; la guerre prélevait son lot amer sur les Louisvillois, les réfugiés, les militaires. Pour l’instant, je ne voyais rien de tout cela.
Allongé sur le sol, j'avais un corps meurtri sur moi.

Mme Valiosky. Je n'étais pas encore assez intime avec elle pour connaître son prénom. Elle faisait partie des réfugiés et était venue me voir car elle recherchait ardemment son fiancé ou son mari. Elle voulait même partir le chercher elle-même en éclaireur mais j'avais refusé. Trop dangereux. Je ne désirais pas qu'il arrive quelque chose à cette si belle femme. Elle finit par me reconnaître ; sa joue était tuméfiée, elle paraissait hagarde, perdue. Je mettais littéralement mon corps entre elle et le chien, entre elle et ce soldat gesticulant et brutal. Trois coups de feu résonnèrent soudain, et elle se pressa vers moi, les mains plaquées sur ses oreilles. J'avais fait de même, geste réflexe. Je ratai le début de l'annonce de Raulne mais je pus entendre nettement la fin :

Nous sommes des soldats français, nous ne sommes pas des troupes d'occupation. Nous sommes là pour vous protéger. Rentrez chez vous, maintenant!
J'espérais que les habitants se conduiraient enfin comme des gens censés et regagneraient leur maison pour s'y boucler à double tour en attendant que la lumière soit faite sur cette affaire. Moi je n'y avais pas encore droit.

Inquiet pour la jeune femme, désirant agir définitivement pour régler la situation, j'avais eu une idée. Folle, géniale ou dramatique. Et sans m'en rendre compte, j'avais donné un ordre à CE soldat.

En le disant, je n'avais pas réalisé que je pouvais l'offusquer ou l'énerver. Je croyais que les militaires étaient formés pour maîtriser leur sang-froid, analyser la situation, prendre des décisions stratégiques... S'il y en avait un aujourd'hui, dans cette mêlée chaotique, c'était bien Raulne. Manque de bol, ce n'était pas lui qui avait décidé de me "protéger".

L'excuse maladroite de Mme Valiosky vola en éclats quand le soldat se tourna vers moi, le visage congestionné, sa voix éclatante de fureur :

« Je vous emmerde. Un, je n’ai pas à recevoir d’ordre d’un crétin qui ne sait pas tenir sur ses jambes, deux, vous n’avez pas à m’ordonner quoi que ce soit, sachant que dans les circonstances actuelles, envoyer Baxter immobiliser l’homme le mettrait dans une situation à risque dont le rapport risque / conséquence est très mauvais, trois, vous avez me faire le plaisir de reculer pour sortir de cette foule maintenant, ou alors je vous assomme et je vous traîne moi-même à l’extérieur, compris ? »

Je restais sans voix. Incapable de répliquer. Conscient que si je m'énervais moi aussi, j'allais perdre. J'avais Mme Valiosky près de moi, je ne pouvais pas risquer nos deux vies. Tant pis pour mon orgueil, mon amour-propre. Je n'avais pas d'autre arme que mes mots et ce soldat semblait dépourvu de bon sens, voire de sang froid.
J'attrapai la main de Mme Valiosky en hochant la tête, toujours sans prononcer un mot, en voulant entraîner la femme vers la mairie.

Un deuxième soldat nous rejoignit et il s'adressa d'une voix inquiète à Mme Valiosky. Ce fut ainsi que j'appris son prénom et que je ressentis une pointe de jalousie en découvrant qu'il la connaissait mieux que moi. Futilités dans un moment pareil, n'est ce pas ? Lui aussi voulait que nous allions nous mettre à l'abri, enfin qu'elle aille se mettre à l'abri, parce que moi je pouvais bien aller me pendre ! *Ne perds pas les pédales Martin, tu en as très envie mais ce n'est pas le moment*

Le soldat brutal s'adressa à son confrère puis à moi, toujours de manière très élégante. Il me poussait vers la sortie et mon envie de lui en coller une s'accroissait à chaque bourrade. Je rongeai mon frein en pensant que quand tout serait fini, je pourrais me venger de lui à ma manière. Que dirait Raulne de son comportement ?
Alors que nous nous approchions, le soldat inquiet, le soldat brutal, Eléanore et moi, tant bien que mal de la "sortie", le soldat brutal m'attrapa le bras.
*Quoi encore ?* Je lui obéissais comme un mouton mais là ça suffisait !

"Monsieur, veuillez s'il vous plaît me lâcher. J'ai l'intention de regagner la mairie et de m'y boucler, je suis vos ordres" dis-je d'une voix calme mais forte.

edit suite au message de Mathilda du 16/1/13:

Je me dégageai de son emprise et me dirigeai vers la Mairie. Le soldat brutal me suivit du regard mais me laissa faire. Eléanore restait saine et sauve avec le soldat inquiet. J'avais donc la conscience tranquille et pouvait me concentrer sur ma propre sauvegarde. Quelle serait la suite des opérations ? Si on avait besoin de moi, on viendrait me chercher directement sur mon lieu de travail.

FIN POUR MARTIN.


LIVRE II **Chapitre 1**
Topo sur Martin

Passée la folie des grandeurs
L'envie de jouer les grands seigneurs
Passée l'ivresse, passée l'ardeur
Dont les fruits n'ont plus de saveur
Revenu de sept ans de malheur
D'un accouchement dans la douleur
Lassé de mentir, de faire l'acteur
Quand on n'est plus à la hauteur
Restent les murs porteurs
Pour s'abriter du froid
Pour conjurer le malheur
Et retrouver sa voie
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Dim 13 Jan - 19:53

Reh s'énervait, encore. Non, cette fois, c'était pire, il avait carrément pété les plombs, vu comme il envoyait balader le maire. Ma foi, quelque part, je le comprenais. Mais, je ne m'étais pas rapproché d'eux pour les entendre se bouffer, non. Je m'étais rapproché pour voir ce qu'il en était d'elle, d'Éléanore. Elle avait reçu un sacré coup, rien qu'à en juger de l'état de sa joue. En temps normal, je me serai acharné sur le pauvre bougre qui aurait fait ça, mais comment le retrouver, dans la masse mouvante qui tentait de fuir la place, hein ? C'était le bordel, et c'était mission impossible. Chercher une aiguille dans une botte de foin ouais. Et puis, on avait reçu des ordres, via l'oreillette. Raulne voulait qu'on passe à la vitesse, supérieur, c'est ce qu'on faisait tous, avec plus ou moins de facilité. J'étais pas contre décrocher la mâchoire de ceux qui s'approchaient d'un peu trop près, mais d'après moi, ce n'était pas la meilleure solution : c'était déjà la panique, ça servait à rien d'en rajouter une couche. Respect de l'uniforme, fierté de la patrie. La belle connerie, quand on autorise les bergers à frapper leurs bêtes pour 'régler les problèmes'. J'appelais pas ça régler l'affaire moi, de frapper les pauvres moutons de Louisville. Enfin, chacun ses méthodes ; les miennes étaient visiblement trop pacifistes en temps de guerre.

« Tiens, Muet, t'arrives au bon moment. Tu me fais dégager celle là, pendant que j'essaye de faire sortir le maire de cette m#rde là. » Je me retournai immédiatement vers lui, vers celui qui venait de m'interpeller. Reh. Il semblait hors de lui, et même si c'était pas tellement le moment, je me retenais de sourire. C'est dingue comme il perdait les pédales, et autant dire que j'avais trouvé plutôt drôle la manière dont-il avait envoyé ch*er le maire. Hochant légèrement la tête - bah oui, quitte à économiser les mots, de toute façon, il avait l'habitude Alexandre avec moi - je reportai mon attention sur mademoiselle Valiosky. Je pouvais attendre avec elle, qu'elle reprenne ses esprits, qu'elle soit prête à partir, mais un nouvel ordre de se fit entendre. « Azarov, tu ramènes ton cul de légionnaire, tu prends le maire avec toi, et vas me chercher la chef de file de l'opposition qui a pris une balle à ma place. Elle a envoyé chier Talbert, mais expliques lui que j'ai besoin d'elle pour faire justice. Venez à trois et retrouvez moi dans le bureau du maire, il faut qu'on parle. » Hé bien, il était encore de bonne humeur, le lieutenant. Je savais qu'entre nous, c'était pas les feux de l'amour, mais bon. Pas le temps de me demander pourquoi moi, pas le temps de réfléchir, je faisais ce qu'on m'avait si bien appris à faire ; obéir aux ordres. Le 'venez à trois' m'avait quand même interpellé. J'étais certainement une des dernières personnes à qui il faisait confiance, alors, pourquoi me demander de venir participer à leur petit débat, hein ? Aucune idée. « Ok, j'y file. »

Ouais, c'est ça, j'y courrai même, mais avant, je devais avertir le maire. « J'vous laisse le choix, soit vous m'attendez là, j'en ai pas pour longtemps. Soit vous allez de vous même à la mairie. À vous de voir, mais me faites pas courir toute la ville pour vous trouver, c'est déjà assez la merde comme ça. » Maintenant, c'était parti pour aller trouver la brune. Bon sang, je sentais que ça n'allait pas être une partie de plaisir. Vu comme elle avait envoyé ch*er Talbert, je pensais que je pouvais m'attendre au même tarif. Enfin, de toute façon, elle aurait pas le choix ; s'il fallait que me montre ferme, j'allais rapidement lui faire comprendre qu'elle n'était pas en mesure de s'opposer à moi, loin de là. Surtout qu'elle s'était prise une balle, alors... contournant tant bien que mal la masse mouvante, je la cherchai du regard. Bon sang, où était-elle, hein ? De toute façon, elle devait être avec Talbert, me manquait juste de le trouver lui. Repérant rapidement le brassard d'infirmier, je ne tardais pas à la voir, étendue au sol. Comme quoi, les choses ne se passent pas toujours comme on l'espère. Jetant un coup d'oeil au médecin de guerre, je reprenais la parole. « Tu peux y aller, je m'occupe d'elle, Raulne veut la voir. » Décidément, je parlais beaucoup aujourd'hui. Est-ce que j'avais eu le déclic ? Aucune idée, mais là n'était pas la question. Non, ce qui m'importait, c'était l'état de la brunette, de laquelle je m'approchais rapidement. Elle était dans les vapes, le sang imbibait lentement ses fringues. Bon courage pour la ramener jusque là-bas. Enfin, tant qu'elle était inconsciente, le problème ne se posait pas ; je ne risquais pas tellement de me prendre un coup, vu l'état dans lequel elle était.

Réfléchissant un instant, je regardais sa blessure. Difficile d'y voir clair, mais de toute façon, je ne pouvais pas l'aider là-dessus, je n'étais pas médecin, loin de là. Mais, je pouvais toujours essayer d'arrêter le sang de couler, histoire qu'elle ne me claque pas dans les doigts. À demi-sûr de ne pas me prendre un coup, je retirai mon cheche, l'enroulant maladroitement autour de la plaie. Ouais, c'était un bandage de fortune, mais j'avais jamais prétendu être infirmier ou quoique ce soit dans le genre, alors, elle allait devoir s'en contenter. Et puis, elle dormait profondément, alors, elle allait pas me prendre la tête. Ceci fait - mal fait, faut le reconnaître, si si - je l'attrapais contre moi, dans mes bras. Ça va, elle ne gigotait pas comme avec Talbert, chien, j'étais chanceux. Enfin, pas le temps de m'attarder sur quelques pensées débiles, on m'attendait à la mairie. Alors, faisant le chemin inverse, la belle au bois dormant dans les bras, je rejoignais le bâtiment en question. Je ne savais même pas si le maire y était déjà, ou pas. Au pire des cas, il m'avait certainement vu revenir, il m'avait certainement suivi. Sinon bah, je retournerais le chercher ; j'étais plus à un aller-retour près. Raulne était là, mais je restais concentré sur le colis. C'était comme transporter un carton d'explosifs ou une bombe ; j'avais aucune idée de quand est-ce qu'elle allait se réveiller, de si elle allait se réveiller, mais surtout, si elle allait essayer de me péter le nez ou la mâchoire en premier.

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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 15:34



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