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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mar 15 Jan - 15:38

    La situation était quand même assez critique, je n'aimais pas cela du tout mais qu'est ce que je pouvais vraiment faire. Raulne avait agit, et dans l'oreillette, il me disait d'aller avec Reh et Talbert et de désarmé tout le monde possédant une arme. Je n'aimais pas cela du tout. Cela me rappelait ce que nous avions pu vivre sur la route pour arriver jusqu'ici. J'avais du tirer pour qu'on ne me lynche pas comme si on marchait sur un vulgaire tapis. J'espérais que la foule comprendrais et que tout le monde rentrerait chez soi, c'était mieux ainsi. Je rejoignais donc Reh qui était encore avec le maire. Il s'était énervé contre lui. Il faut dire que le maire avait agit un peu n'importe comment pour le coup, mais Alex' n'aurait pas dû s'énerver comme ça contre lui, ça ne se fait pas du tout, un militaire doit garder son calme en toutes circonstances. Bref, il fallait évacuer la place sans créer plus d'émeute que ce que nous avions déjà pu voir. Je n'allais pas dégainer mon arme comme l'avait fait le lieutenant. Pourquoi avait-il fait ça ? Pour se faire entendre d'un maximum de personne sans doute, mais bon, cela avait du faire peur. Un militaire qui n'a pas peur de tirer pour se faire entendre peu paraître comme étant instable et capable du pire, du moins c'est comme ça que je le ressentais en l'instant. Mais bon, pour le moment ce n'était pas le plus grave, il nous fallait donc faire le tour afin de nous assurer que chacun était rentrer chez soi. Je faisais signe à Reh de lâcher la grappe au maire, que celui-ci devait se rendre à la mairie avec Raulne et l'autre folle qui s'était pris une balle à sa place. Après avoir fait cela nous nous rendrions chez le fermier, sans doute pour qu'il puisse assister au procès que le lieutenant avait promis, je n'en savais pas plus mais nous allions obéir aux ordres, à n'en pas douter
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mer 16 Jan - 21:44

Après m'avoir de nouveau rabroué, elle tenta de se lever, avec difficulté. Résistant à l'impulsion de l'aider, je la regardais avec un air mi-ahuri mi-agacé sur le visage. On ne pouvait décidément pas faire confiance aux civils. Trop imbéciles, trop sûrs d'être dans leur bon droit, alors qu'ils ne comprenaient pas la situation comme nous. Nous étions formés pour savoir comment réagir, et eux pensaient que du haut de leur qualité de citoyen de la République, juste parce qu'ils n'avaient pas de sang sur les mains, ils pouvaient savoir mieux que tout le monde ce qui était bon ou pas de faire dans des situations extrêmes.

Alors qu'elle était parvenue à se mettre debout, je détournais le visage pour écouter l'appel du lieutenant, me concentrant sur cette voix que j'avais peine à distinguer à-travers le vacarme ambiant. Sauver des gens… Ça impliquait aussi la sauver, elle ? pensais-je en lui jetant un oeil.

Juste à temps pour la voir s'effondrer. Lâchant un juron, je me précipitais vers elle pour prendre son pouls. Vivante. Mal en point, certes, mais elle était toujours en vie. Me relevant pour écouter de nouveau à mon oreillette, j'appris la seconde partie de mes ordres, et entendis également que le lieutenant envoyait quelqu'un me "relever" auprès de la civile.

Je restais indécis plusieurs instants, à moitié levé près d'elle, ne sachant si je voulais la soigner ou pas. Vu tout le venin qu'elle m'avait craché dessus, j'avais une furieuse envie de la laisser en plan ! Mais en même temps, j'avais reçu les ordres de prendre soin d'elle… Je jurais plusieurs fois à voix basse en la plaçant sur le dos.

Je fus interrompu par Azarov venu s'occuper d'elle. Voilà qui coupait court à mes hésitations, et, après avoir rapidement hoché la tête et un dernier coup d'oeil en arrière, je filais à travers la foule pour tenter de retrouver Reh et Bandat. J'avais beau chercher du regard les deux soldats, rien à faire, je ne voyais que des civils qui s'égayaient dans tous les sens.

Le mieux était encore de retourner auprès du lieutenant, là où j'avais pour la dernière fois vu Bandat. Je dois rapidement admettre que je ne sais plus par où aller, et je commence à pousser de plus en plus de monde pour me frayer un chemin, prêt à céder à la panique d'avoir perdu les autres. Des flashs de l'Afghanistan me reviennent, alors que je commence à piquer un sprint, en criant le nom de mon sergent.

Où sont-ils bon sang ?! J'ouvre des yeux écarquillés en braquant de mon arme chaque individu ne portant pas l'uniforme et étant toujours debout. Je continue de courir en jetant de brefs regards derrière moi. Si bien que je manque de rentrer dans une personne, mais cela me permet d'apercevoir un bras en uniforme non loin.

Je me précipite vers le groupe des militaires, et retrouve rapidement des visages connus. Je m'arrêtais pour reprendre mon souffle, et j'aperçus en levant la tête un visage familier, qui, lui, n'était pas casqué.

La civile que j'avais par deux fois soignée se trouvait à quelques pas, l'air un peu désorientée, et elle devait avoir pris un sale coup. Je me dirigeais vers elle à grands pas en relevant mon casque.


- Mademoiselle ! Je suis médecin, dis-je en montrant mon brassard, m'apercevant soudainement que je ne connaissais pas son nom. Laissez moi voir ça… Elle n'avait rien de grave, et c'était tant mieux. Nous n'avions pas énormément de temps, et j'avais encore tout un tas de "patients" à aller voir. Ce n'est qu'une concussion mineure, rien de grave. Mettez un peu de glace dessus et tout se passera bien. Vous pensez pouvoir rentrer chez vous toute seule ? Sinon, suivez nous, on vous ouvrira le chemin, mais je ne peux pas rester plus longtemps, il faut que j'aide... Je fis un geste évasif en direction des assommés. tout ceux là.


Je ne pouvais en faire davantage, et je me retournais pour rejoindre Reh et Bandat pour que nous puissions aller vérifier les blessés et faire le tour des maisons. La plupart des blessés n'étaient qu'assommés, et je n'en trouvais pas qui nécessitaient des soins intensifs. Fort heureusement d'ailleurs, parce que ma trousse de soin désemplissait à vue d'oeil, et arriverait forcément le jour où je n'aurais plus de fournitures médicales.

Ceux qui ne se réveillaient pas étaient confiés à des volontaires chargés de les amener à l'hôpital. Si nous ne trouvions pas de volontaires, je fus forcé de faire plusieurs allers-retours à l'hôpital moi-même, pendant que les deux autres soldats continuaient de rassembler les blessés, ou de chercher des individus armés. Je demandais aussi souvent à Reh ou à Bandat, en fonction de celui que je trouvais le premier, de porter les blessés. Leur donner quelque chose à faire les empêcherait de trop réfléchir, au moins.

Ce fut un travail long et fastidieux, et j'hésitais plusieurs fois à me faire une injection de stimulants. Je rejetais à chaque fois cette pensée, sachant à l'avance que je ne serais plus en mesure de faire la différence entre mes hallucinations sporadiques et la réalité. Le dernier blessé grave porté à l'infirmerie, je manquais de m'écrouler à terre pour m'y rouler en boule et dormir, mais me rattrapais à temps au mur, respirant profondément.

La seule pensée qui m'empêcha de poursuivre consciemment ma chute fut d'exécuter le dernier ordre : celui d'aller à la ferme y trouver la fillette. Les ordres sont les ordres ! m'envoya un coin reculé de mon cerveau. C'est donc la tête un peu basse que je suivis mes deux camarades à la maison du fermier.

Courir partout pour y chercher des blessés, passe encore. Mais avec tout notre équipement sur le dos, à travers la cohue des civils -parfois même ingrats!- c'en était trop. Je n'avais qu'une envie maintenant que la population s'était quelque peu dispersée, c'était de trouver un coin où dormir, et d'y rester.

Je secouais la tête en clignant rapidement des yeux pour m'éclaircir les idées à l'approche de la ferme. J'enlevais mon casque, aussi, et remis la sûreté sur mon arme. Je n'étais pas en état de tirer, et je n'en avais pas non plus l'envie.

J'entrais le premier dans la masure, et demandais si il y avait quelqu'un pour me faire connaître. Qu'il y ait en plus de la fille des individus armés, je n'en avais plus rien à faire, et j'avançais aveuglément, n'obtenant aucune réponse. Ce fut dans sa chambre que je la trouvais : assise au rebord, le regard vide, les mains posées sur ses genoux. En passant rapidement, on l'aurait prise pour une poupée de cire. Et toute l'horreur de la chose était là : si l'on ne voyait ses respirations régulières, on n'aurait su affirmer si elle était en vie…


- Petite ? je demandais d'un ton hésitant. Je suis médecin, dis-je en pointant mon brassard. Je suis là pour t'aider, d'accord ? Je vais approcher de toi maintenant.


Pas de réponse, à peine si son regard avait tremblé. On se serait cru dans un film d'horreur, et qu'elle allait me sauter à la gorge d'un instant à l'autre. Je déposais mon barda à terre, ainsi que fusil et casque, et continuais d'avancer d'un pas lent vers elle.


- On va s'occuper de toi, mais d'abord, je vais essayer de savoir si tu vas bien, d'accord ? Je vais te toucher… Maintenant.


Je lui touchais le front, puis pris son pouls. Régulier, et lent. Elle ne bougeait toujours pas, alors que je m'attendais à une réaction, même minime, lorsque je l'aurais touché. Je pris ma petite lampe et examinais ses yeux. Les pupilles ne réagissaient pas, elle était en état de choc.


- Tu peux bouger ? Si je t'aide à te lever, tu peux le faire ?


Toujours aucune réaction, mais elle ne bougea pas d'un pouce. J'avais peur de la brusquer, elle n'avait apparemment vraiment pas besoin de ça, et je battis prudemment en retraite. Appuyant sur mon oreillette, j'essayais de contacter le lieutenant.


- Mon lieutenant, ici Talbert. On est chez le fermier. La petite est en état de choc. Pas de réaction, aucun réflexe. Elle ne parle pas non plus. Instructions ?


Nous ne pouvions rien faire de plus. Quoi qu'elle ait pu subir, cela la marquerait longtemps. Je ne pouvais l'affirmer avec certitude sans examen supplémentaire, mais elle n'avait pas l'air de souffrir de son corps. Mais quelque chose dans son esprit était brisé, et j'étais presque certain qu'elle n'avait même pas conscience de notre présence. Ça me foutait les jetons, et j'avais aucun psychiatre chez qui l'envoyer à l'heure actuelle. Foutue situation.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 17 Jan - 16:54

Même hors de la scène principale qui se jouait un peu plus loin, l’agitation était perceptible. Le flot de personnes se répandait dans les rues adjacentes et tout le monde semblait obéir aux ordres du lieutenant sans rechigner ou presque. Mickaël resta un long moment figé au milieu de la cohue pesant les pour et les contre indéfiniment - ce qui n’était franchement pas son fort. Il compta jusqu’à vingt dans sa tête et comme rien ne pouvait l’aider à identifier la position de Mathilda ou d’autres personnes connues, il se retourna pour poursuivre sa route. Il poussa un juron face à cette fatalité – laisser la renégate entre des mains inconnues, dans un endroit inconnu. Il irait à sa recherche une fois que tout ce grabuge serait calmé. Il continua donc sa route en priant intérieurement pour que sa petite sœur soit en sécurité et l’attende sagement dans la demeure des Blanchet. Maintenant qu’il était sûr de son choix, le mécanicien accéléra la cadence pour parvenir le plus rapidement à l’entrée de la maison. Son cœur faisait des embardées à l’idée que sa frangine ne soit pas là. Il avait déjà assez de soucis à gérer avec la jolie brune sans ajouter la blondinette à la liste des disparues. Il ferait un piètre grand frère si elle avait été blessée alors qu’il l’avait planté là au milieu du chaos. Son angoisse tordait son estomac. Il poussa quelques habitants pour atteindre son objectif se souciant peu de ceux qui l’entouraient. Il se focalisait juste sur son but. A tel point, qu’il en oubliait sa blessure et la douleur lancinante. Son arme ? Il l’avait complètement oubliée pourtant son poids n’avait pas disparu. Il bondit à l’intérieur de la bâtisse une fois qu’elle fut en vue. Il fonça à l’intérieur hurlant déjà le nom de la jeune femme. Quand il aperçut la silhouette familière de sa cadette, il sauta directement sur elle afin de la serrer dans ses bras et d’évaluer les éventuels dégâts qu’elle aurait encaissé. Puis il s’écroula sur la première chaise à proximité, soulagé déjà par cette découverte. Bon. Maintenant. Il fallait qu’il retrouve Mathilda. Mais avant, il devait se rabibocher un minimum.
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Jeu 17 Jan - 21:16

    Je ne pouvais pas prendre tout le temps que je souhaitais, ni attendre que la foule ne se dissipe jusqu’à temps qu’il n’y ait plus personne. Non. Surtout que les militaires s’afféraient à leur tâche qu’était de faire rentrer tout le monde chez eux. C’était tout à fait compréhensible, mais moi mes jambes m’interdisaient de faire un quelconque pas. Je voulais seulement être sûr de pouvoir rentrer chez moi sans me retrouver à nouveau par terre ; même s’il y avait moins de monde désormais. Quoiqu’il en soit, je restais sur ma position, comme si j’étais bien à côté du maire et devant ce militaire que je n’avais vu qu’une seul fois et son chien qui avait l’air de bien m’aimer, et c’était réciproque. Cependant son maître ne l’entendait pas de cette manière, et je l’avais vu lorsque ce chien s’était présenté à moi lorsque j’avais fait tomber Monsieur le Maire. Bizarrement, je l’aimais vraiment beaucoup. Je me demandais même si ça ne pouvait pas me faire du bien d’avoir un chien… pensée aussitôt arrêtée ; c’était impossible par ces temps.
    Alors que j’observais encore une fois la foule qui se dissipait, mon regard s’arrêta sur un homme que je reconnu tout de suite et qui illumina presque aussitôt mon regard. Enfin quelqu’un que je connaissais et que j’affectionnais vraiment beaucoup ! Il se dirigeait rapidement vers moi, je me demandais pourquoi, et lorsque je l’entendis parler, ma douleur à ma joue se réveilla brusquement. Effectivement je ne pouvais pas cacher ce coup que j’avais pris au visage. Impossible. Il était inquiet pour moi et je ne souhaitais pas qu’il le soit car il n’y avait rien à craindre… ou du moins je le croyais vraiment.

    « Ne t’en fais pas pour moi ce n’est rien, fais plutôt attention à toi ! »

    J’avais haussé le ton pour qu’il puisse m’entendre par-delà le brouhaha de tout ce bazar. Et puis avant même que je ne puisse lui dire autre chose il était déjà reparti, après une intervention du militaire devant nous qui commençait à me taper sur le système. Il avait sûrement des ordres à tenir et à cette pensée mes yeux cherchèrent ce lieutenant de mes yeux, comme pour m’assurer que tout allait bien… étrangement. Et soudainement, le militaire qui se trouvait devant nous se mit à lancer des coups de poings aux civils qui l’embêtaient un peu trop. Je trouvais cela un peu trop brutal. N’était-il pas censé garder son sang-froid dans ces situations-ci ? N’étaient-ils pas formés pour parer à toute éventualité ? Il commençait vraiment à baisser dans mon estime, et cela ne s’arrangea pas lorsqu’il répondit très agressivement au Maire. Il fallait dire aussi que donner un ordre à un militaire n’était pas une très bonne idée, mais je ne pouvais rien dire, je l’aurais peut-être fait aussi dans une autre situation. Ce n’était pas parce qu’il portait l’uniforme qu’il se pensait être maître et au-dessus de tous. C’était un trait qui m’exaspérait au plus haut point !
    Il dégagea le Maire bien vite en l’attrapant, me laissant pour le coup seule. Toutes mes émotions avaient été mises de côté – refoulées peut-être ? – devant une telle situation. J’avais moins peur car je n’étais plus sous la foule, comme totalement coincée. Et puis désormais les gens s’éparpillaient, laissant voir d’autres corps par terre, des gens assommés très certainement. J’avais eu de la chance de tomber sur le Maire en somme. J’étais enfin décidé de partir pour rejoindre ma chambre d’hôtel lorsqu’un militaire s’approcha de moi en m’interpellant. J’avais la très nette impression de l’avoir déjà vu, mais je n’arrivais pas à me souvenir où. En me montrant son brassard, je compris qu’il était médecin. A première vue, il n’était pas agressif, donc je le laissai continuer sur sa lancée. Il était sans doute chargé de tous les blessés qu’il pouvait y avoir, mais comme il me le confirmait, ce n’était pas grave, j’allais sans doute trainer ça quelques jours avant que ça ne disparaisse. Je restais bizarrement sans voix, et lorsqu’il me posa une question, je ne réussis qu’à souffler un oui et un merci au final. Il reparti aider d’autres personnes et ne le retint pas. De toute façon, j’étais de nouveau seule et il fallait que je quitte les lieux au plus vite maintenant que les personnes s’étaient enfin dissipées. Je ne souhaitais pas rester plus longtemps dans ce carnage. Je passais donc sur le côté, évitant le plus possible les gens, ne souhaitant croiser personne sur le chemin du retour.


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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Sam 19 Jan - 11:10

      « Ok, j'y file. J'vous laisse le choix, soit vous m'attendez là, j'en ai pas pour longtemps. Soit vous allez de vous même à la mairie. À vous de voir, mais me faites pas courir toute la ville pour vous trouver, c'est déjà assez la merde comme ça. »


    C’était ça, qu’il me répondait ? Mais il était stupide ou tout simplement sous-doué cet ahuri profond ? Je venais de lui dire de s’occuper de la piqueuse de chien pendant que j’emmenais le maire à la Mairie, maire qui d’ailleurs avait bien compris le message, lui. Je lâchai mon protégé et le suivis du regard pour m’assurer qu’il rentrait bien à la maison comme promis. Un mammouth qui pesait sur mes épaules s’envola à tire d’aile, et je me trouvais d’un coup d’un seul, un peu désœuvré. J’avais totalement pété un câble, et Baxter l’avait senti, puisqu’il était à mes côtés, calme comme un agneau, ce qui n’était pas si courant que ça. Je fermai les yeux en m’appuyant sur un des poteaux de l’estrade et rangeai mon arme en voyant que la foule se disperser peu à peu. Tant mieux. Le pire était passé. J’entendis un grésillement, comme si une communication se coupait, et je m’aperçus que je n’avais pas remis mon oreillette après l’avoir arrachée, et que j’avais sûrement du louper des ordres de la part du lieutenant ou quelque chose dans le genre. Et m#rde… c’était donc ça ce qu’avait dit Azarov. Raulnes lui avait certainement dit de rappliquer, et lui avait obtempéré comme un bon toutou, alors que moi, le bâtard du coin, je montrais les crocs tout en restant campé sur mes positions sans vouloir écouter un traitre mot de ce que racontait le maître chien. Petite comparaison peu subtile, mais bon. Le fait était que je ne savais absolument pas ce que j’étais sensé faire. Je me massai les temps, en profitant pour fermer les yeux et écouter avec une attention accrue ce qu’il se passait autour de moi. Qu’est ce qui était le plus logique. Maintenant que le maire était à l’intérieur plus ou moins en dehors d’un champ de tir potentiel, vers qui allaient nos priorités ? Il y avait eu des coups de feu, il y avait eu des bousculades. Il devait y avoir des blessés. Et il devait y avoir des civils qui nous prenaient pour des envahisseurs dangereux. Donc, le plus logique, c’était que j’étais sensé aller voir les blessés ou les civils, pour ramener le calme ou quelque chose dans le genre. Sauf que je n’étais pas médecin, et que c’était Talbert le toubib du groupe. Donc. Vu que j’avais totalement craqué et perdu tout contrôle sur moi-même, laissant au passage s’exprimer mon envie de foutre des gnons à tous ceux qui me cherchaient noise, Raulnes n’allait pas me laisser seul. Si tant est qu’il avait remarqué que j’avais totalement pété un câble. Dans tous les cas mes antécédents et ma propension à la violence était marqué dans mon dossier. J’avais un peu côtoyé son unité pendant les manœuvres ou j’étais sensé assurer la sécurité. Donc. Si on reliait tout ça : Raulnes n’allait pas me laisser patrouiller seul après ce qui s’était passé, d’autant plus que ma jambe ne portait pas franchement mon poids et que je ne me sentais pas capable de courir de partout comme le chevreuil qui était mon totem. Donc. Je devais trouver Talbert qui allait s’occuper de tous les blessés, choqués de Louisville, et j’allais lui servir d’aide. Et il allait me surveiller pour que je ne fasse pas de connerie.

    Ce que je devais faire était beaucoup plus clair dans ma petite tête, et je me détachai de l’estrade pour chercher le toubib. J’aperçus Raulnes se dirigeant vers la mairie ; il devait aller voir le Maire et donc il allait avoir de mes nouvelles. Je haussai les épaules. J’étais ce que j’étais et malgré mes efforts, je ne changeai pas. Me faire engueuler une fois de plus n’allait pas changer grand-chose à la donne, et sincèrement, je m’en fichai un peu. Si encore Bertin, que je n’avais pas croisé depuis qu’on s’était séparé, m’engueulait, ça pouvait me faire quelque chose, mais le lieutenant n’avait encore rien fait qui méritasse mon estime alors il pouvait toujours se gratter pour que je sois vexé par ce qu’il allait me dire. Comme le maire d’ailleurs. Et puis, ça n’allait que se rajouter à la longue liste des choses qu’on pouvait le reprocher, le gnon que j’avais gracieusement offert au médecin hier ou avant-hier étant en première position. Je soupirai. Je m’aperçus que Godzillette était là et quelle devait attendre un mouvement de ma part. Avant qu’elle dise quoi que ce soit, je pris les devants sans la regarder tandis que le toubib nous rejoignait, pensant sûrement qu’on était en train de se faire une p’tite bouffe, ou un colloque, ou un truc dans le genre.

      « Bandat, ta g#eule okay ? »


    Ce devait être les seuls mots que je sortis pendant toutes les longues et fastidieuses minutes qui défilèrent ensuite. Baxter tournait autour de moi, inquiet. C’était rare que je me taise autant et aussi longtemps. Les rares fois où ça m’était arrivé, ce n’était pas joyeux. En fait, c’étaient les moments où je me remettais en question, où je me la bouclais pour mieux crier en mon for intérieur. Ce n’était pas un bon signe, mais ça, seul Bertin pouvait le savoir ici. Et encore… Talbert nous demandait de porter les blessés et je serrai les dents à chaque fois, parce que ma jambe peinait tout juste à supporter mon poids. Il m’avait retiré l’éclat d’obus, il ne pouvait pas se souvenir que j’étais blessé ? Dans tous les cas, la douleur, et le travail long et chiant à en mourir me permettait de réfléchir et ce n’était pas plus mal. Au dernier blessé emmené à l’infirmerie, je crus que nous en avions finis. Enfin. Echec, méga échec. Baxter se frotta à mes jambes et je laissais ma main courir dans ses poils courts et rêches. Je papillonnai des yeux en comprenant que nous n’en avions pas terminé, lorsque Talbert ne fit pas signe de s’arrêter. Je grommelai, agacé :

      « P’tain mais qu’est ce qu’on fait ici ? On n’est pas la croix rouge m#rde… »


    Nous quittâmes la place et je récupérai la béquille que j’avais laissé au tout début du début de la fin du discours, et je compris réellement les aboutissant de tout ce qui avait été dit lorsque nous pénétrâmes dans une masure où se trouvait une fillette terrifiée. Je fermai les yeux et assemblai en quelques secondes les pièces du puzzle qui m’échappaient depuis le début. Voilà pourquoi le fermier avait gueulé. Voilà pourquoi Raulnes semblait sur les nerfs. Voilà pourquoi tout avait dérapé. Talbert parlait à la gamine sans aucun résultat. C’était pour ça que j’étais sensé l’avoir suivi ? Parce que mon toutou était apprécié en général et parce que Baxter, s’il pouvait être très intimidant, n’était pour la plupart des enfants qu’une grosse peluche ? Peut être. Mais je répugnais à le laisser aller vers la fillette. Mon chien était aux aguets, les oreilles attentives, attendant un ordre. Tandis que Talbert donnait un compte rendu de la situation au lieutenant, je m’agenouillai, en partie pour soulager ma jambe, et je lui donnais un petit coup sur le flan tout en lui murmurant d’être gentil. A pas de loup, Baxter s’approcha de la gamine pour lui donner un coup de langue sur le bras, sans violence. J’étais fan, définitivement fan, de mon chien. C’était un dieu parmi les canins.

    Spoiler:
     
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Mar 22 Jan - 12:27

mission terminée, merci à tous de votre participation :p
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MessageSujet: Re: ⇉ La première victime d'une guerre, c'est la vérité [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 6:02



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