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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Jeu 28 Nov - 21:32

Parce que la nuit porte conseil et qu'un frère est un soutien !




- T’aurais pu t’abstenir de faire ça tu sais. Et ok, je suis un crétin car je répète que tu n’emm#rde pas tout le monde… Tu ne m’emm#rde pas moi ! Mais est-ce important pour toi ? Après tout, je ne suis que ton frangin ! Il m’énervait. Il m’énervait vraiment. Parce qu’il n’avait pas à tenir à moi, m#rde ! Il n’avait pas le droit. Pas le droit, du tout. Il était un crétin, il avait raison. Il avait plus que le droit, il avait bien plus que le droit, m#rde ! Il avait le droit d’être un crétin, il… je lui hurlai ce que je pensais, et même plus que ce que j’aurai voulu dire, en vérité. Les cris, la rage, la violence, c’était le moyen le plus simple que j’avais de m’exprimer dans ces cas là. Ce n’était pas de ma faute, bon sang. C’était juste mon moyen d’expression. Voilà. Je hurlais, j’agitais les bras, les mains, et lui, ce grand crétin, il restait calme. Et ça m’énervait encore plus. Pourquoi est ce qu’il ne pouvait pas s’énerver, hein ? Pourquoi était il si… parfait ? Ce n’était pas juste. J’étais impulsif, il était posé. J’étais un cancre et un gros flemmard, il était studieux et attentif. Il était sociable, j’étais asocial. Il était gentil, j’étais un gros c#nnard. Pourquoi est ce qu’il restait calme, cet imbécile ! Ca m’énervait, ça m’agaçait, je lui hurlais à la figure et il restait calme. J’étais essoufflé d’avoir crié. J’étais essoufflé de m’être énervé. J’étais essoufflé de m’être totalement lâché, et je maintenais loin de moi en contractant mes muscles toute envie de continuer à hurler, tout en fixant Emmanuel du regard. Il allait dire quelque chose de posé, de sensé, comme d’habitude. Et moi j’étais c#n. Et moi je m’étais énervé, encore. Vas-y, Manu, parle. Parle, et donne moi encore une fausse raison de m’énerver. De passer mes nerfs sur toi, espèce de malchanceux. C’était toujours sur toi que ça tombait. C’était toujours toi qui t’en prenais plein la g#eule dans ces cas là. Depuis toujours. C’était toujours toi qui… - Ok Alexandre… C’est vrai ! T’es un p#tain de c#nnard qui emm#rde le monde. T’es le roi des c#nnards emm#rdeurs… Je te le confirme haut et fort. Mais je ne suis pas tout le monde moi ! Je suis ton frère. Et la seule chose que tu arrives à faire ce n’est pas m’éloigner mais me décevoir justement. Ouais, je suis déçu que tu penses que tu vas arriver à m’éloigner ou à me faire te détester. Pardon ? PARDON ? Mais… mais… PARDON ? Je m’éloignais en direction de la fenêtre, pour m ‘énerver davantage. Il fallait qu’il arrête de croire en moi, bon sang. Il fallait qu’il m’oublie, qu’il oublie qu’il avait un frère. Blandine était la sœur presque parfaite. Moi, j’étais le vilain petit canard. Voilà. Nah. M#rde. Mon agitation et mes cris se muèrent en calme hystérique. Le genre de calme factice que l’on pouvait avoir lorsqu’on passait au-delà du seuil de la colère. Je le connaissais pas mal, ce calme. C’était celui qui me poussait à faire les pires c#nneries, pires que mes c#nneries habituelles en fait. Mon calme était explosif. C’était tout un concept. Un calme qui me plaçait sur une corde raide. Et je n’étais pas doué en équilibre. - C’est vrai que tu as m#rdé mais comme tu l’as dit, tu as voulu aidé Alex ! Rien ne dit que… qu’Azarov ne serait pas mort si tu avais obéi. Pire, tu serais peut-être mort toi aussi ! Tu vas devenir dingue si tu ne t’enlève pas ça de la tête. C’est dangereux de se reprocher la mort… ou la maladie de quelqu’un. Je suis désolé Alex ! Vraiment désolé… T’étais un gosse et moi je cherchais un coupable alors que tu n’y étais pour rien… En fait, le c#nnard c’est moi ! Comment ? De quoi ? Je fis instantanément entre ce que Manu venait de dire et ce qui avait fait disparaître la confiance que j’avais en lui près de seize ans plus tôt. Mon calme hystérique s’évapora, mais étrangement ce ne fut pas pour laisser place à la colère, mais plutôt pour permettre à un vrai calme d’être là. « Ma…Manu… » C’était pas moi qui venais de dire ça, rassurez moi ?! Je ne venais pas de supplier mon frère. Non, certainement pas. Il prit une inspiration, je voulus le couper mais ma bouche s’ouvrit sans qu’aucun son n’en sorte. - Je suis désolé de t’avoir accusé à tort Alex… T’as jamais été le fautif ! Ce n’était absolument pas de ta faute si maman était si affaiblie. C’était juste son cancer et uniquement lui le coupable ! T’étais qu’un gosse et je n’avais pas le droit de te balancer ce genre de c#nnerie à la gu#ule ! T’étais si insouciant et moi j’étais si flippé… J’étais jaloux de toi p#tain. Je t’ai raconté ça uniquement parce que j’étais jaloux de toi… J’ai toujours regretté ce que je t’avais puisque c’était complètement faux. T’aurais pu être un ange que ça n’aurait rien changé à son état. Mais je n’ai pas voulu revenir dessus parce que j’étais trop fier ! Alors tu vois… Il vaut peut-être mieux être un c#nnard qu’un lâche égoïste qui voit en son cadet une raison de rester en vie ! Parce que c’est ça la vérité… Si j’avais appris que tu n’étais plus de ce monde, je… Je voulus faire un pas en arrière, la fenêtre m’arrêta. Je voulus m’échapper, les murs stoppèrent mon essai. Je voulus disparaître, les mots d’Emmanuel me retinrent. Plus fermement que des liens. Plus solidement que quoi que ce soit. Jaloux. Jaloux de moi ? Jaloux de quoi ? De mon insouciance, de ma c#nnerie ? Jaloux de quoi ? De mon intelligence ? Il ne la suspectait pas à l’époque. De mon talent aux jeux vidéo ? Certainement. Non, il fallait que j’arrête de penser des c#nneries. Je ne savais pas trop quoi dire. Il fallait que je dise quelque chose à Manu. Il fallait que je lui dise un truc. Pour la simple raison que j’avais juste envie de me taire et de me muer dans un silence déterminé. « Ecoute, Emmanuel, écoute… Ca remonte à longtemps, c’est rien. Je ne t’ai pas cru de toute façon. Tu me croyais si crédule ? » Je mentais, et je ne le masquais même pas. Parce que voilà. Ce n’était pas l’important. « Oublie ça, j’étais moins c#n que maintenant, mais j’étais tout de même pas très futé. Et tu n’avais pas tout à fait tort non plus. » J’étais mal à l’aise. Etrange. Je ne me comprenais pas, là. Je passais par tous les stades Alexandriens possibles. Colère, calme, malaise, il ne manquait plus que l’intelligence, puisque la c#nnerie était omniprésente dans toutes mes actions. « Je… » Mes bras m’enlacèrent et je me laissai glisser le long du mur qui m’avait empêché de partir. « J’ai toujours fait le c#n. Toujours. Lorsque j’ai jeté de la caillasse sur les voitures, lorsque j’ai braqué un magasin, lorsque j’ai envoyé des mecs à l’hôpital, lorsque… j’en sais rien moi. J’ai toujours fait le c#n, Manu. Mais j’avais jamais tué personne avant ça. J’ai flingué des mecs, j’ai flingué un pote, depuis. Tu sais, quand j’suis parti à Autun, y’a personne qui a compris. Moi je voulais juste rentrer dans le rang. J’voulais juste essayer de devenir quelqu’un de bien. Mon prof de maths m’a fait passer des tests de maths, qui me plaçaient parmi les meilleurs de France. J’aurai pu faire une prépa, faire l’X ou une c#nnerie de ce genre. Mais j’ai tout envoyé baladé pour devenir milouf, et simple péquenot de maître chien. Pour rien risquer de foutre en l’air. Et là, j’ai flingué Azarov. » Je parlais à qui, là ? Manu, ou à moi-même ? La question avait des raisons d’être posée. Parce que je n’avais pas de réponse. « Je t’assure, Emmanuel. Ca fait onze ans que j’essaye de me cadrer. Ca ne se voit visiblement pas, je ne le vois moi-même pas des masses, mais j’essaye. Plus ou moins. Ca fait onze ans que j’essaye d’obéir, de ne pas en faire qu’à ma tête. Et là, bam, tension et je fous n’importe quoi. Et Azarov explose, et moi pas. Toi, au moins, quand tes gosses ils meurent, tu as fait tout ce que tu as pu pour les sauver, parce que tu es un mec bien. Même s’ils crèvent, tu as tenté de faire un truc. Et tu en sauves. Moi, je flingue tous les gens qui essayent d’être sympa avec moi. C’est juste un constat. » Je me parlais à moi-même. Vraiment. La, j’en étais certain. Parce que sinon… sinon ça voudrait dire que j’étais en train de dire tout ça à Emmanuel. « Manu… j’en ai marre d’essayer d’être un type bien. Parfois, j’en ai vraiment marre. Parce que personne ne s’en aperçoit, moi compris. J’ai l’impression que ça sert à rien. Dans tous les cas, je fonce dans le mur. Dans tous les cas, c’est inévitable, je finis par foirer violemment. » Mes yeux marron se posèrent dans ceux de mon grand frère. Parce que là, il était vraiment mon grand frère. Ou du moins, je lui parlais vraiment comme un petit frère pouvait parler à son grand frère.

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Ven 29 Nov - 20:54

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !




Il était loin le temps où j'arrivais à calmer mon cadet avec quelques mots ! Maintenant, quoique je pouvais faire le résultat ne le satisfaisait jamais... voir même, le mettait hors de lui ! Lorsque moi aussi je lui avais hurlé dessus, il s'était énervé et maintenant que je restais calme, il s'emportait encore. Je ne savais plus comment me comporter face à lui et je savais que j'aurais depuis longtemps baissé les bras si je ne m’étais pas jurer de le faire rester dans le droit chemin et surtout, s'il n'était pas mon frère. Ce qui me tuait à ce sujet c'est qu'il l'était de mon point de vue mais à le voir agir avec moi j'avais plutôt l'impression qu'il me considérait avec autant de m'en-foutisme que n'importe quel type de cette fichue ville. Je savais que j'avais perdu sa confiance à un moment ou un autre mais le problème c'est que j'ignorais ce que j'avais fait ou dit pour que cela arrive. Alors comment était-il possible de corriger une erreur que l'on ignorait ? Voilà ce qui me trottait dans la tête depuis plusieurs jours... Je ne doutais pas que ça allait finir par me rendre dingue mais mon principal souci était de m'assurer que mon frangin ne fasse aucune connerie qui pourrait lui couter la vie. En même tant que je parlais, j’essaie de trouver une solution et de lui faire entendre raison. Je compris alors qu’il se fichait de mon avis sur lui ! En fait, il voulait juste me prouver qu’il avait raison…
Je changeais alors de tactique et lui disait ce qu’il voulait entendre. D’ailleurs, c’était la pure et simple vérité ! Beaucoup de personne le dénigraient, le détestaient et sûrement, rêvaient de le voir partir ailleurs ou pire. C’est ce que je lui confirmais tout en lui rappelant un détail important. Je n’étais pas ces gens, j’étais son grand frère ! Même si je ne l’avais pas toujours été… Et c’est là que le déclic ce fit enfin. Je n’avais pas toujours été aussi parfait dans mon rôle de l’ainé… Non ! Je ne l’avais pas été et c’est alors que je ne tins plus. Il fallait qu’il sache pourquoi j’avais agi de cette façon ! J’avais agit de la sorte non pas contre lui mais pour moi… Oui ! J’avais fait preuve d’égoïsme quand je lui avais fait croire que c’était lui qui rendait notre mère encore plus malade. C’était totalement faux ! J’étais juste jaloux de son insouciance alors que de mon côté j’avais l’impression de tout perdre. En temps normal, en l’entendant prononcer mon prénom, enfin surnom, de cette façon je me serais tus ! Mais il fallait qu’il sache que s’il se considérait comme un c#nnard, il en avait aussi un en face de lui ! Lorsque je me taisais enfin après mes aveux, je fixais le sol ! Je m’attendais déjà à me faire traiter de crétin, à entendre mon frère maugréer et je ne voulais pas le regarder déballer ce genre de trucs après mes confidences. Mais un silence étrange s’installa. Si bizarre que j’en vins à relever la tête pour observer mon cadet au moment même ou il s’adressait à moi.


« J’ai l’impression que c’était hier moi ! » Et de toute façon, je voyais qu’il mentait. Il n’avait pas essayé de le cacher et je savais alors qu’il m’avait cru à l’époque. Cela me fit me détester un peu plus alors que je ne pensais pas ça possible il y avait quelques minutes. C’est sûrement à cause de cet autodénigrement que je ne remarquais pas qu’Alexandre ne se comportait pas comme d’habitude. Je pris conscience de cette différence au moment même où mon cadet se lançait dans un monologue auquel je n’étais absolument pas préparé ! Qu’est-ce que j’aurais pu répondre à mon frangin, au militaire qui se reprochait d’avoir flingué des gens ? Que c’était son métier ! Il en était tout à fait conscient car mon frère n’était pas n’importe quel bidasse. Il était au-dessus de la moyenne ! Puis je préférais ne pas l’interrompre car en quelques minutes j’étais en train d’en apprendre plus sur lui que durant toutes ces dernières années passées à le harceler. Je ne fus pas surpris de l’entendre dire qu’il aurait pu faire une prépa mais le fait qu’il dénigre son boulot m’étonna ! J’en vins alors à penser que mon cadet réagissait peut-être ainsi concernant son métier car il avait échoué et qu’un de ses collègues en avait payé le prix fort en passant l’arme à gauche. Combien de fois avais-je réagi de la sorte lorsque je perdais un des mes petits patients. ? De nombreuses fois, très nombreuses… A un tel point que j’avais eu recours à des médocs pour tenir le coup. Mais ça, mon frère l’ignorait. J’aurais voulu lui dire mais je ne voulais pas lui parler de mes problèmes ! Il en avait déjà bien assez de son côté. Je réagis seulement lorsqu’il parla de lui comme ce qu’il n’était pas… un tueur !


- Tu n’as pas flingué cet Azarov, dis-je sûr de moi. T’as une part de responsabilité peut-être mais tu n’es pas un tueur.


Non, mon frère avait un bon fond ! J’en étais persuadé et je ferais tout pour le convaincre. Mais pour le moment je ne disais rien de plus car mon cadet continuait de m’expliquer pourquoi il était un c#nnard et je n’étais même pas sûr qu’il ait écouté ce que je venais de lui dire. Il se trompait, je savais qu’il voulait changer… Du moins c’est ce que j’avais cru comprendre quand il était entré à l’armée. Il prenait des engagements dans quelque chose qui semblait lui tenir à cœur. Il avait l’air vraiment déterminé à devenir militaire et c’est sûrement ce qui m’avait poussé à le soutenir. J’aurais presque détourné les yeux si mon frère n’avait pas été si différent. Oui, je n’aimais pas que l’on évoque mon travail quand il s’agissait de parler des échecs. Cela faisait remonter trop de mauvais souvenirs en plus des pertes d’enfants innocents. Je baissais la tête lorsqu’il me disait que je sauvais les gens alors que lui les flinguait. Je le regardais de nouveau ! J’allais lui dire que j’avais peut-être sauvé des enfants mais pour en abandonnés combien en fuyant Neker ? Car c’est ce que j’avais fait. J’avais fuit… C’était un comportement de lâche que mon cadet, lui, n’avait jamais eu.
Mais je n’eus pas le temps de lui expliquer tout ça car il m’avoua en avoir marre d’essayer de changer car personne ne s’en apercevait, même pas lui ! Je secouais la tête lorsqu’il déclara que ses efforts ne servaient à rien. Il se trompait et il était impossible qu’il foire tout comme il le disait ! En fait, de mon point de vue, le premier problème qu’il devait régler c’était son comportement vis-à-vis des personnes qui l’appréciaient, qui tenaient à lui. Je le fixais et me lançais…



- Alexandre ! Tu ne peux pas dire que tu foire tout ce que tu fais, dis-je simplement. Tu voulais être maître-chien et tu l’es aux dernières nouvelles ! Je marquais une pause et lui posais la question. Ce qu’il faudrait c'est que tu te demande pourquoi est-ce que tu rejette toutes les personnes qui tiennent à toi ? En changeant à ce sujet, je t’assure que tu blesserais moins de monde. Je me taisais quelques secondes. Et tu peux dire ce que tu veux. Mais s’il est vrai que tu es souvent c#n je sais que tu as un bon fond. Tu n’es pas comme tu te décris ! Tu n’as rien à voir avec un tueur. Tes erreurs ont peut-être coûté la vie à quelqu’un mais je sais que tu n’as jamais voulu ça. Surtout si ce type était du même côté que toi ! Car s’il y a une chose que j’ai pu remarquer toutes ces années, c’est qu’il t’arrive d’être très blessant avec ceux qui te sont proches mais tu n’as jamais rien fait de façon calculée quelque chose qui aurait pu mettre ces personnes en danger. Je soupirais ! Alors oui, tu n’es pas parfait… loin de là mais je sais ce que tu vaux ! Tu n’es pas tout à fait le c#nnard que tu veux laisser paraître. Je crois plutôt que c’est une armure qui te permet de refouler les personnes qui pourraient vouloir t’approcher d’un peu trop près avec de bonnes intentions… Tu fais tout pour ne pas t’attacher aux personnes qui tiennent à toi ! Mais pourquoi ? Tu pense vraiment qu’en agissant ainsi tu ne ressentiras rien si ces personnes venaient à mourir ? Et tu crois que de leur côté, elles se ficheront de toi si tu venais à être tué ? T’as peut-être une intelligence hors du commun mais laisse-moi te dire que si j’ai vu juste en te disant ça… et bien t’es le pire des imbéciles !


Je venais clairement de lui dire le fond de ma pensée ! Cela faisait un bout de temps que j’avais l’impression, ou l’espoir, que mon frère se comportait comme ça pour ne pas s’attacher à des personnes qu’il risquerait de perdre par la suite. Mais il ne faisait que gâcher sa vie et celle des autres en agissant comme ça ! Pourquoi est-ce qu’il ne s’en rendait pas compte ?




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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Ven 13 Déc - 9:58

Parce que la nuit porte conseil et qu'un frère est un soutien !




Mes mots étaient sortis sans que je les contrôle. J’avais tout déballé, autant à mon frère qu’à moi-même. Pas de faux semblants, plus plutôt. J’avais cessé de me mentir pour tout raconter. Et Emmanuel avait été là, en dommage collatéral de mon pétage de câble. Chouette. Parfait. Cool. Bravo Alexandre, tu viens de gagner le premier prix de c#nnerie appliqué, catégorie Gamin-censé-être-un-adulte. On applaudit bien fort… J’inspirai. Il était sûr de lui en m’arguant que je n’avais pas tué Azarov, et j’avais conscience qu’il n’avait pas tout à fait tort. Pour la première fois depuis longtemps, depuis la veille peut être, depuis… depuis un temps, j’avais l’impression de parler à mon frère en arrêtant de trafiquer la réalité des choses. Et plus que ça, j’écoutais ce qu’il avait à me dire, en supposant qu’il n’avait peut être pas tout à fait tort. Je lui fis par de mes réflexions quant à mes efforts qui s’avéraient inutiles. Je n’étais pas souvent quelqu’un de patient : j’étais nerveux, impulsif, spontané, et je n’arrivais pas à rester plus de dix secondes sur place. Alors lorsque je me forçais à faire quelque chose, il y avait intérêt à ce que les résultats soient ceux que j’espérais, sinon ça m’énervait. Et là… il n’y avait pas de résultats. S’il y en avait, ce n’étaient pas ceux que je visais, ou alors ils étaient trop faibles pour que je les aperçoive. - Alexandre ! Tu ne peux pas dire que tu foires tout ce que tu fais, « Et bien je le dis quand même. » Tu voulais être maître-chien et tu l’es aux dernières nouvelles ! Encore heureux ! j’étais fait pour faire ce que je voulais de ma vie, alors j’avais quand même intérêt à devenir ce que je voulais être, niveau métier, niveau formation, niveau c#nnerie de ce genre. C’était dans ma tête que ça n’allait pas. Clairement. Mais Manu n’en avait pas fini avec moi. Ce qu’il faudrait c'est que tu te demandes pourquoi est-ce que tu rejettes toutes les personnes qui tiennent à toi ? En changeant à ce sujet, je t’assure que tu blesserais moins de monde. Mais le problème, c’est que je savais parfaitement pourquoi je les rejetais, ces c#nnards qui pensaient m’apprécier ! C’était tout simplement parce que je ne voulais pas qu’ils se fassent du mal, en restant trop près de moi. Point. Aussi simple que ça. Et tu peux dire ce que tu veux. Mais s’il est vrai que tu es souvent c#n je sais que tu as un bon fond. J’aurai bien voulu le croire.  A cet instant, j’avais vraiment, mais alors vraiment envie de croire que Manu ne disait pas de c#nnerie. J’avais envie de le croire, j’avais envie de l’admettre, mais j’avais aussi la trouille de… de quoi ? de perdre la face devant Emmanuel. Je tremblais. P#tain. J’étais en train de trembler, là. Tu n’es pas tout à fait le c#nnard que tu veux laisser paraître. Je crois plutôt que c’est une armure qui te permet de refouler les personnes qui pourraient vouloir t’approcher d’un peu trop près avec de bonnes intentions… Tu fais tout pour ne pas t’attacher aux personnes qui tiennent à toi ! Mais pourquoi ? Tu penses vraiment qu’en agissant ainsi tu ne ressentiras rien si ces personnes venaient à mourir ? Et tu crois que de leur côté, elles se ficheront de toi si tu venais à être tué ? T’as peut-être une intelligence hors du commun mais laisse-moi te dire que si j’ai vu juste en te disant ça… et bien t’es le pire des imbéciles ! Bonjour Alexandre, qu’est ce que tu réponds à ça ? Je regardai mon frère sans le voir. Ou plutôt en ne voyant que lui. Depuis quand me connaissait-il si bien ? Je me sentais vulnérable. Très vulnérable. Mon intelligence hors du commun, c’était lui qui le disait, et toi qui t’en ventes n’était qu’une illusion : lui avait compris pourquoi j’étais comme ça. Ma voix ne fut qu’un petit filet d’air lorsqu’elle se trouva un chemin jusqu’à mon frère : « Alors ça veut dire que je suis un imbécile, Manu… » J’haussai les épaules faiblement, en m’enserrant de mes bras pour me protéger. Etrangement, malgré ma voix tremblante et dépouillée de la moquerie et de l’arrogance qui la teintaient habituellement, je me sentis adulte. « Qu’est ce que tu veux que je te dise, Manu. Je ne fais confiance à personne, et surtout pas à moi-même pour beaucoup de choses. Tu dois être le premier à le savoir. La solution la plus simple c’est d’être seul, lorsqu’on ne veut pas dépendre des autres et que les autres dépendent de nous. L’armure, c’est la meilleure solution. Après… pourquoi était-elle là… c’est la question de l’œuf et de la poule. Est-ce que j’ai bâti mes défenses pour refouler les personnes, ou n’existe-t-elle que parce que je les repousse ? Je ne sais pas. » Ca, non, je ne le savais pas. Si je passais une journée à y réfléchir, je savais que je pourrais trouver la solution, ou juste une réponse acceptable, mais… je n'en avais pas le temps, et pas la patience. Encore cette histoire de patience, oui. Mes bras se desserrèrent, je me relevai pour m'appuyer sur le côté et regarder par la fenêtre dont je n'avais pas eu le temps de fermer les volets la veille. Mes yeux bruns se promenèrent sur la rue à l'extérieur, qui commençait à être éclairée par un soleil faiblard. « Tu penses que j'aurai du faire une prépa, être major aux concours et intégrer Polytechnique ? » On aurait pu s'attendre à ce que ma voix soit ironique en prononçant cette phrase. On aurait pu s'attendre à ce que je me marre à moitié en disant ça d'un ton convaincu. Mais non : j'étais sérieux. Je posais vraiment la question à Emmanuel. Etrangement, je rattrapai des années de silence. « Mon instructeur, il me disait que si je parlais à des hommes comme à mes chiens, que si je me retrouvais à la tête d'une unité et que je la gérai correctement, je pourrais être un chouette leader. Mais en fait, j'pense qu'il a tort : j'suis incapable de considérer les autres comme mes égaux. Soit je les méprise, soit je les dédaigne. Je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'ils ne sont que de la m#rde par rapport à moi. Et que du coup, je sais mieux qu'eux ce que je dois faire. » Vas-y, plains toi, Alex, plains toi d'être l'un des mecs les plus brillants de France. Je suis certain qu'Emmanuel sera ravi de te prendre dans ses bras pour te consoler, gamin geignard Ta g#eule Madeleine. Il fallait que tu la fermes, là, sérieux, ce n'était pas le moment de jouer avec moi. Ce n'était clairement pas le moment de profiter de ma vulnérabilité pour m'enfoncer un couteau dans le dos, même s'il n'était que mental. Surtout, en fait, s'il était psychologique. « Bref, ton frère est un imbécile, Emmanuel. » Mon regard dériva vers les médocs. « Et il te le prouve tous les jours, j'imagine. » Tu me pardonnes ? « Je devrais peut être te laisser tranquille. » C'est ça : courage, fuyons ! Je me détachai du mur et de la fenêtre pour remettre la couverture en place sur le lit, m'y asseoir et remettre mes chaussures. Manu devait se douter que je n'allais pas rester dans cet état de normalité longtemps. Je me demandai s'il allait en profiter. Dans tous les cas, Sophie, Madeleine et certainement Valentine bientôt, étaient en train de l'applaudir : il m'avait fait parler en adulte. Et c'était déroutant. Je me demandai si ça allait avoir un impact sur mon attitude, avant de me dire que non. Dans tous les cas, j'allais avoir le réflexe de me défendre en me comportant comme un s#laud ou un gamin, d'autant plus que je savais que ça me plaisait. L'important, c'est que pendant cinq minutes, tu auras été plus ou moins intelligent, mec. Peut être.

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Dim 26 Jan - 23:48

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !




J’étais parfaitement réveillé à présent et je me rendais compte qu’une véritable discussion était en train de s’imposer entre mon frère cadet et moi. Cela m’aurait presque laissé perplexe ! Depuis combien de temps n’avions-nous pas vraiment parlé ? Depuis un bail… La dernière fois, tout était si vite parti en vrille ! Aujourd’hui et cette nuit, les événements auraient pu tourner de la même façon si je n’avais pas décidé d’agir comme je le faisais avant. En effet, la situation avait dégénérée lorsque j’avais retrouvé mon frère car j’avais répondu à ses provocations ce que je ne faisais pas en temps normal, sauf lors de rares exceptions. Cette nuit, je ne l’avais donc pas forcé à me parler et je ne lui avais pas imposé mes recommandations concernant les médocs. Je l’avais conseillé, juste ça !
Il y avait quelques minutes aussi je n’avais pas répondu à son geste lorsqu’il m’avait balancé des cachets en plein visage. Non ! Je m’étais contenter de lui dire que je n’avais pas apprécié sans rien de plus alors que je l’aurais volontiers secoué en lui hurlant d’arrêter de se comporter comme un gamin. Tout en agissant ainsi je cherchais une solution, un moyen de faire parler mon frère mais je ne trouvais pas. Cela était on ne peut plus stressant lorsque l’on savait à quel point Alex était doué pour fuir quand la situation tournait de façon qu’il n’appréciait pas ! Et là, je ne pouvais pas le voir partir… J’avais besoin de savoir ce qui se tramait dans sa tête, surtout après ce que je croyais qu’il s’apprêtait à faire. Je jetais d’ailleurs un nouveau coup d’œil aux médocs que j’avais dans la main après les avoir ramassés… A ce moment la conversation tournait un peu, beaucoup en rond ! Alexandre maintenait qu’il était un c#nnard qui se fichait du monde et qu’il fallait éviter alors que ce n’était absolument pas ce que je voulais. Je voulais qu’il le comprenne mais il était buté ! C’est sûrement cela qui me poussa à m’excuser et à lui parler de ce que j’avais gardé en moi pendant des années…

Dès que les mots avaient franchi mes lèvres, je m’étais attendu à m’en prendre plein la gueule par mon cadet ! Il adorait dénigrer les gens qui avaient des regrets et les formulaient à haute voix. Mais je me trompais car ce que je venais de dire avait semble-t-il débloqué la conversation… Je me trouvais dans une situation quasi inconnue ! Mon cadet, se comportait en adulte et parlait de manière posée contrairement à ses habitudes. Je le fixais intensément lorsqu’il disait dans un haussement d’épaules qu’il était un imbécile.
« Bien sûr que tu es un imbécile quand tu dis que tu en es un ! ». Cette réplique me brûla les lèvres car avoir un tel comportement était logique face à mon cadet dans son état ‘‘normal’’ mais là, c’était différent. Je gardais donc le silence tout en écoutant attentivement Alex !
Sa question fit naître une interrogation soudaine dans mon esprit et cela était rare lorsque je discutais avec mon cadet. Je réfléchissais pour être sûr de ne pas l’énerver ! Pour le coup, je n’attendais pas pour reprendre la parole d’une voix calme et posée.



- Je ne suis pas certain de l’intérêt de répondre à ses questions, déclarais-je. Je pense que tu devrais surtout te demander si repousser les gens est la meilleure solution qui soit.


J’observais ensuite mon frère qui s’était mis a regardé par la fenêtre… Je ne savais pas ce qu’il avait en tête et c’était souvent le cas ! Il pouvait aussi bien être perdu dans ses pensées, ou en train de réfléchir à ma question, ou encore en train de préparer le retour de l’Alex intenable et incontrôlable. Voilà ce que j’avais à l’esprit lorsque mon cadet me surprit en me posant une question très sérieuse. La réponse me venait pourtant à l’esprit avec une facilité déconcertante mais je ne pouvais pas la formuler car le militaire reprit la parole pour m’apporter plus de précisions… Il m’expliqua même sa façon de se placer par rapport aux autres. Mais c’étaient qui les autres pour lui ? Ses collègues militaires et les personnes qu’il ne connaissait pas ? Ou est-ce que je faisais parti de ce lot ?


- Je pense que tu aurais pu intégrer Polytechnique et je t’aurais félicité si ça avait été le cas, répondis-je sérieusement. Cependant, tu n’as pas fait ce que tu pouvais mais ce que tu voulais… Et je suis fier d’avoir un frère qui s’est donné les moyens d’obtenir ce qu’il voulait, ajoutais-je sincèrement. Je marquais ensuite une pause. Mais Alex, quand tu parle des autres… c’est qui exactement ? Tes collègues et des inconnus ? Ou toutes les personnes que tu croise et connais ?


Oui, ma question était intéressée ! Je voulais savoir ce que mon frère pensait de moi ou ne serait-ce qu’avoir une vague idée. Je profitais du fait qu’il ne se comportait pas comme d’habitude car en temps normal j’avais cette douloureuse impression qu’Alex se fichait complètement du fait que je sois là, en vie ! Après, allait-il comprendre le sous-entendu ? Oui, il était intelligent. Est-ce qu’il allait m’apporter une réponse ? Je l’ignorais totalement…
Mon frangin répéta ensuite qu’il était un imbécile et précisa qu’il le prouvait tous les jours. Je suivis son regard pour tomber sur quelques cachets que je n’avais pas ramassé. Je haussais les épaules au moment même où il disait qu’il devrait peut-être me laisser tranquille. Je lâchais les médocs du regard pour le porter sur Alexandre. Une citation de Lénine me vint alors à l’esprit et je reprenais la parole.



- Quelqu’un a dit « Un imbécile peut poser à lui seul dix fois plus de questions que dix sages ensemble ne pourraient en résoudre. » ! Tu maintiens que tu en es un… alors c’est peut-être ça ! Peut-être que tu te pose trop de questions. Je marquais une pause. Et tu peux partir quand tu veux mais ne dis pas que tu vas me laisser tranquille puisque tu ne me dérange pas. Tu peux toujours venir me parler, te défouler, ou ce que tu veux… Je reste dans le coin !



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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Jeu 30 Jan - 10:07

Parce que la nuit porte conseil et qu'un frère est un soutien !




Je m’étais calmé. Etrange comme concept. A croire que j’avais un problème, parce que je passais de la colère au calme plat en quelques secondes. Sans que ce ne soit stable, bien sûr. L’instabilité était l’une des choses qui me caractérisait le mieux, au final, c’était une certitude. Emmanuel me fixait avec une intensité que je lui rendais sans hésitation. Nous avions une discussion d’adulte à adulte, assurément. Assis sur le lit, je laçais mes chaussures en laissant mon frère me répondre, comme à son habitude, aux questions que je n’avais pas posées et qu’il avait très certainement du entendre dans mes propos. - Je pense que tu aurais pu intégrer Polytechnique et je t’aurais félicité si ça avait été le cas. Cependant, tu n’as pas fait ce que tu pouvais mais ce que tu voulais… Et je suis fier d’avoir un frère qui s’est donné les moyens d’obtenir ce qu’il voulait. Mais Alex, quand tu parles des autres… c’est qui exactement ? Tes collègues et des inconnus ? Ou toutes les personnes que tu croise et connais ? Je relevai la tête devant sa question. Pardon ? Il était sérieux là ? J’hésitai quelques secondes entre afficher un visage affligé ou juste rire. Juste rire, parce que l’inquiétude que je devinais chez lui d’être inclus dans les autres était touchante… et risible. « Mais Manu… tu comprends pas le concept ? Bon okay, j’exagère… mais… je vis dans un monde poissons rouges ! T’imagines pas comme c’est pesant d’entendre les gens expliquer quinze mille fois un concept que tu as pigé depuis des lustres. Les gens sont des… des… » Je ne trouve pas mes mots. C’est la première fois que je parle de ça à quelqu’un, je pense. Mon psychologue avait déjà du essayer de m’en faire parler, mais j’avais esquivé la question avec brio en lui répondant une c#nnerie qui l’avait naturellement conduit à me poser une nouvelle question… avant qu’il ne comprenne que j’étais en train de me foutre de sa tronche, bien sûr. « Tu sais ce qu’on a conclu, lorsqu’on m’a fait passer ces p#tain de test, quand j’étais en seconde ? Que j’étais plus futé que plus de 98% de la population. Tu retiens ce chiffre ? 98%. Essaye un peu d’imaginer niveau réflexion ce que ça donne ? » Je me doutais bien qu’il allait s’en foutre. Un peu. Mais bon, ce chiffre, comme de nombreux chiffres que mon cerveau avait ingurgités sans me demander mon avis, m’était resté personnellement en travers de la gorge. Je ne riais pas lorsque je disais que je vivais dans un monde de poissons rouges. Ca ne se sentait pas vraiment maintenant que j’étais sorti du milieu scolaire, et encore, mais ca avait été flagrant pendant beaucoup trop d’années pour que je veuille continuer à le sentir. Je fis remarquer à Manu qu’en résumé : j’étais un imbécile, parce que je n’arrivais pas à passer au-delà des poissons rouges qui m’entouraient. - Quelqu’un a dit « Un imbécile peut poser à lui seul dix fois plus de questions que dix sages ensemble ne pourraient en résoudre. » ! Tu maintiens que tu en es un… alors c’est peut-être ça ! Peut-être que tu te poses trop de questions. Et tu peux partir quand tu veux mais ne dis pas que tu vas me laisser tranquille puisque tu ne me déranges pas. Tu peux toujours venir me parler, te défouler, ou ce que tu veux… Je reste dans le coin ! Peut être était-ce ça, oui. Peut être que je me posais trop de questions. Sans que ce ne soit du à de l’imbécilité, en l’occurrence, mais à mon darkside. Je me levai, ayant fini de lacer mes rangers, et commencé à me préparer pour ressortir à l’extérieur. En même temps, j’étais parti en pleine nuit, en pleine insomnie, j’avais pas non plus emporté mon doudou et mon oreiller. J’écoutai Manu me rappeler que dans tous les cas, fallait pas que j’hésite à le déranger. Parce qu’il pensait sincèrement que j’allais hésiter ? B#rdel, je l’avais réveillé sans aucun scrupule à deux heures du mat’, ou quelque chose s’en approchant, alors qu’il arrête de croire que j’avais un semblant de savoir vivre ou même la volonté d’en avoir ! J’allais pas changer d’attitude, ça non. Et s’il le croyait encore, il pouvait s’enfoncer le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate. Voilà. Nah. Je lui tendis une main fraternelle pour lui dire au revoir, un progrès net, d’ailleurs, de ma part, avant de lui dire d’une voix encore un peu sérieuse : « Compris Manu, la prochaine fois, je me débrouille pour vraiment te déranger. » Encore un peu sérieuse ? Vous y avez cru, vraiment ? « Et tu sais, c’pas que je veux partir, c’est juste qu’à la base, comme je dors pas, les autres ont l’habitude de me voir debout avant eux, du coup, là j’suis sûr qu’ils pieutent encore tranquillou dans leur coin, comme si c’étaient les vacances. » Je commençai à descendre les escaliers avec ma démarche gracieuse digne d’un éléphant alcoolique, avant de me tourner pour sauter, en arrière, les dernières marches : « Prends soin de toi, gros, évite quand même de crever sans me prévenir. »

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Lun 10 Fév - 0:34

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !




Plus cette discussion matinale avançait et plus j’avais l’impression positive qu’elle ne se finirait pas comme la dernière ! Cependant, je ne pouvais pas nier que j’avais un léger doute… Je ne savais que trop bien qu’un seul petit mot de travers pouvait faire péter un câble à mon frère. C’est sûrement ce qui m’avait poussé à agir comme je le faisais ou plutôt devrais-je dire comme je le faisais autrefois. Lorsque nous étions enfants, jamais une dispute ne s’était terminée comme notre dernière rencontre et j’en avais trouvé la raison après avoir ressassé encore et encore nos retrouvailles ainsi que le passé. Adolescent, je ne répliquais pas avec la manière forte aux attaques de mon cadet. Non, j’encaissais et je le conseillais… Alex n’aimait pas les ordres et ça, depuis toujours. Et c’était donc en gardant tout ça à l’esprit que j’étais monté le voir après qu’il m’ait réveillé en sursaut sûrement à cause d’un cauchemar. A plusieurs reprises j’aurais voulu le remettre à sa place mais je n’en avais rien fait, je gardais mon self-control tout en répondant sincèrement sans aucune pointe d’ironie ou pique… du moins presque sans !
Je lui demandais par exemple de façon indirecte si j’étais inclus dans ce lot de personnes qu’il appelait les autres ? Je souris. Posée de façon directe cette question aurait presque pu être celle d’un enfant en mal d’attention. Etait-ce mon cas ? Non, ou peut-être. Je n’en savais rien. Je voulais juste savoir si mon frangin me dénigrait de la même manière que n’importe lequel des ces pélots de cette fichue ville. Mon interrogation attira toute l’attention d’Alex sur moi et je devinais qu’il hésitait entre plusieurs réactions qu’il pourrait avoir. Je ne voulais même pas imaginer ses pensées car je savais qu’elles ne me plairaient sûrement pas.
*Soit il n’a pas envie de répondre, soit il se fout mentalement de ma gu#ule !*

C’est alors que cette idée me traversa l’esprit que mon cadet choisi de me répondre. Je ne compris pas vraiment où il voulait en venir au départ et je compris avec un sourire. C’est vrai que cela pouvait être lassant d’entendre quinze mille fois les mêmes explications parce qu’untel ou truc n’arrivaient pas à saisir. Je n’étais pas un génie mais j’avais connu ça en médecine ! En y repensant, ça ne m’avait jamais vraiment gêné… Mais j’étais Emmanuel et non pas Alexandre ! En bref, j’étais plus, beaucoup plus patient que lui. Puis il buta sur la fin de sa phrase ce qui me permit de la finir avec mon point de vue. « Je pense que tu voulais dire : les gens sont des cons ! Moi je dirais qu’ils sont juste moins rapides à la compréhension que toi. »
Et c’est alors que mon cadet continua en me parlant pour la première des résultats de ses tests. *98% ! B#rdel, ce n’est pas rien ! Enfin… à 98% plus futé et plus apte à faire des c#nneries aussi…* Cette pensée me fit sourire une nouvelle fois et si mon frère me connaissait un tant soit peu il saurait à quoi je venais de penser avant même que je ne le lui dise. Je repris alors sereinement la parole…


- J’ai bien entendu et en effet ce n’est pas rien Alex ! Après, je ne sais pas ce que cela représente de ton point de vue de… oui, je peux le dire, de surdoué. Je marquais une pause et ajoutais avec un sourire malicieux. T’es plus futé que 98% de la population selon tes tests. OK ! Mais y’a pas que ça je pense… T’es aussi à 98% plus apte à faire des c#nneries ou à te mettre dans la m#rde. C’est sûrement ce qui fait de toi cet être unique !


Oui, c’était en quelque sorte en compliment caché ! Je tenais à mon frère pour ses qualités car oui, il en avait et pour ses défauts. Le tout faisait qu’il était cette personne qui me faisait face et que j’avais tout fait pour retrouver depuis le début de cette fichue guerre.
Je lui avais ensuite répondu quand il déclara être un imbécile et ma réponse avait de nouveau été très sincère. Il se posait vraiment trop de questions et devrait prendre le temps de vivre, tout simple. Ou de venir discuter car je lui rappelais qu’il était et serait toujours le bienvenu. Je levais les yeux au plafond en entendant la première réplique de mon cadet sans que cela ne signifie que j’étais agacé. Les propos qu’il prononça ensuite me plurent davantage et me firent même sourire.



- Dans ce cas, je te laisse aller servir de réveil à ces vacanciers, déclarais-je en le regardant sortir de la chambre et en faisant de même.


Je me stoppais quelques secondes pour regarder mon cadet qui descendait les marches avec la grâce d’un pachyderme obèse. Oui, oui ! Rien que ça… Puis je reprenais la direction du rez-de-chaussée alors qu’Alex s’adressait une nouvelle fois à moi pour me dire, à sa façon, de prendre soin de ma personne.


- De même pour toi frangin ! Fais attention à toi… et limite tes c#nneries, ajoutais-je avec l’esquisse d’un sourire.





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