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MessageSujet: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Jeu 3 Oct - 9:54

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !



La journée m’avait semblée interminable alors que je n’avais pas arrêté une minute… J’étais allé à la mairie après avoir entendu dire que la propriétaire de la maison dans laquelle j’étais logé était vivante. Mais là bas, personne n’avait pu me renseigner et il faut dire qu’aucun employé de l’hôtel de ville n’avait vraiment cherché à le faire. Apparemment, ils étaient tous trop occupés et je n’avais donc pas insisté à cause de mon fichu statut de réfugié… Car oui, je n’avais carrément pas le bon rôle et même si j’étais venu pour éventuellement rendre la demeure à sa propriétaire j’avais l’impression de ne pas être le bienvenu ! C’était un comble quand même ces foutus préjugés… et les membres de la mairie auraient pu s’abstenir de penser de la même manière que la plupart des citoyens de cette foutue ville !
J’étais ensuite allé me balader l’air de rien du côté des groupements militaires. Bien sûr j’avais un but bien précis en errant de ce côté de la ville et qui était celui de voir mon frère ou ne serait-ce que l’apercevoir ! Mais cela avait été vain. J’avais cependant croisé plusieurs autres militaires et j’avais eu envie de leur demander s’ils connaissaient mon frère, s’ils savaient comment il allait. Mais je n’avais rien fait ! Alexandre avait plutôt tendance à se faire des ennemis et je ne voulais pas que cela joue en ma défaveur, surtout dans une ville où je n’avais pas la cote. Après une bonne demi-heure à tourner en rond, j’avais donc décidé de me rendre à la clinique Marcellin…
Ce n’était pas la première fois que je me rendais là-bas et j’avais déjà eu l’occasion de filer un coup de main ! Cette fois-ci, ma visite fut plus que positive car la motivation ne me faisant pas défaut j’avais fini par convaincre le médecin en chef que je méritais de bosser. J’avais donc obtenu un boulot et cela allait tout changer. Je ne passerais plus mes journées à ne rien faire et j’arriverais peut-être à anesthésier mon cerveau qui ne cessait de s’inquiéter pour mon cadet. Cela faisait une semaine que nos tristes retrouvailles avaient eu lieu et depuis, je n’avais plus eu aucune nouvelle. Et le pire c’est que je n’avais personne auprès de qui me renseigner ! Je poussais un soupir… Bref, cette journée avait un impact mitigé sur ma personne malgré le fait que j’avais un job maintenant. Mais le silence radio de mon frangin me gâchait ce plaisir…

De nouveau, je me retournais dans le lit. Je n’arrivais pas à trouver le sommeil alors que j’étais fatigué et je décidais donc de me lever pour me rendre dans la cuisine ! Je me servais le reste d’eau qu’il me restait dans la bouteille et constatais qu’il était déjà presque deux heures du matin. Je baillais bruyamment et jetais un coup d’œil dans la cour avant de me faire surprendre par de grands coups frappés à la porte d’entrée. J’en avais presque lâché mon verre que je posais dans l’évier ! Silencieusement, je me dirigeais vers la porte d’entrée lorsque des coups violents furent frappés à la porte une nouvelle fois. Instinctivement, je saisissais une batte de base-ball que j’avais entreposée près de la porte.
Je tentais de regarder par le judas de la porte mais ne voyais absolument rien ! Je commençais à me dire que je ferais mieux d’attendre pour voir ce qui allait se passer car la personne se trouvant derrière la porte n’avait rien à faire ici. Le couvre-feu avait commencé depuis plusieurs heures et personne n’était autorisé à être dehors… personne excepté les militaires. Les militaires ! Ce pouvait-il que ce soit lui ? Oui ! Je voulais que ce soit mon frère et j’ouvris la porte. J’ouvris la bouche de stupeur ! Alexandre était bel et bien là mais il avait l’air complètement hagard. Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre qu’il n’avait pas du régler son soucis de manque de sommeil. Il me fallut, par contre, plusieurs longues secondes avant de parler.



- Alexandre ? dis-je surpris. P’tain, j’ai failli t’exploser la tête… Je posais la batte et ouvrais la porte en grand. Vas-y entre.


Je ne savais pas pourquoi il était là mais je n’allais pas le laisser devant la porte. Déjà je pouvais rayé l’idée d’avoir des excuses ou un truc dans le genre car cela faisait au moins dix ans que mon cadet n’avait pas eu ce genre d’attention à mon égard. Mais alors pourquoi était-il là ? Est-ce qu’il avait des ennuis ?




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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Mar 8 Oct - 9:44

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !




Un peu d’eau sur le visage. Quelques dizaines de pompes. Des abdos. Un footing autour de l’hôtel de ville. Rien n’y faisait : les sifflements des obus raisonnaient encore à mes oreilles, le visage de Muet que j’assaillais de prononciation pires les unes que les autres de son nom de famille pour le faire sortir de son mutisme m’obsédait toujours autant. Dès que je fermais les yeux, les siens m’observaient avec des teintes de reproche. Je ne pouvais pas dormir. Mais le problème, c’était aussi qu’aux dernières nouvelles, j’étais encore un être humain, et qu’un être humain ne pouvait pas tenir rapidement avec moins de six heures de sommeil par nuit depuis trois semaines, sachant que je ne me ménageai pas spécialement. Ce nuit ne changeait pas grand-chose par rapport aux autres : je n’arrivais pas à fermer l’œil. J’exagérai : il y avait un endroit dans lequel j’avais réussi à faire une nuit presque complet, peinant à atteindre les huit heures de vrai sommeil. Cet endroit, c’étaient les bras de Valentine. Mais je ne pouvais pas vraiment m’y réfugier tous les soirs, même si j’en mourrais d’envie. C’était étrange, avec Valentine… nous apprenions à nous… faire confiance, à nous connaître après s’être mis ensemble. Ce n’était pas un tort, en soi, le tort c’était d’être ensemble je n’avais aucun doute à ce sujet, mais c’était étrange… Dans un sens, je ne m’habituais toujours pas à ce qu’on m’apprécie pour ce que j’étais. Je m’arrêtai pour reprendre mon souffle, m’appuyant à un petit muret. Depuis quand étais-je devenu aussi peu endurant ? Ca me faisait peur… Vraiment très peur pour le coup. J’avais peur de dormir, j’avais peur de ne pas dormir, j’avais peur de perdre mes facultés intellectuelles si exceptionnelles, j’avais peur d’échouer… Mon souffle s’accéléra. Je paniquais rien que de penser aux conséquences que pouvait avoir un manque de sommeil sur du long terme. Je ne voulais pas devenir stupide moi ! Je ne voulais pas ne plus arriver à me concentrer, ne plus arriver à réfléchir, ne plus arriver à enchaîner les calculs complexes de tête sans sourciller ! Je me forçai à recommencer à courir, déroulant bien mes foulées, en répétant de tête toutes les formules mathématiques et les démonstrations que j’apprenais pour le plaisir pendant mes temps libres. Concentre toi Alexandre : oublie la mort d’Azarov, passe au dessus comme tu sais si bien le faire avec d’autres contrariétés. Ne laisse pas un mort te pourrir la vie, déjà qu’il te pourrit tes nuits. Ne laisse pas un mort te faire devenir stupide, plus que tu ne l’es déjà du moins.

Le souffle à nouveau court – mais régulier – je ralentis une nouvelle fois, après avoir effectué deux nouveaux tours de l’hôtel de ville. Je marchai lentement, m’éloignant de l’endroit où j’étais sensé dormir. C’était illogique ce que je faisais : j’étais crevé parce que je n’arrivais pas à dormir, et de ce fait je ne récupérais pas quand j’étais sensé le faire. Lorsque j’arrivai à somnoler, je faisais des cauchemars, comme un gamin de dix ans, et ça me terrifiait presque de fermer les yeux. Et quelle solution trouvais-je ? Courir, pour m’épuiser encore plus physiquement. Paye ta logique, Alex. Il fallait que je réagisse. Il fallait que je trouve quelque chose contre tout ça. Ca ne pouvait plus durer… me connaissant, je commençais presque à être aimable avec certains, ça n’allait plus du tout.

L’évidence s’imposa d’elle-même : Emmanuel. Je ne l’avais croisé depuis nos retrouvailles… étonnant. J’avais d’ailleurs préféré ne pas y réfléchir parce que je ne savais pas quoi penser du retour de mon frère dans ma vie. Notre relation de frères n’avait pas toujours été houleuse, parce que quand j’étais gamin j’étais relativement potable. Ca avait commencé à totalement dégénéré au collège, lorsque j’avais totalement déconné. Avant ça, c’était mon grand frère : je faisais semblant d’être jaloux, de vouloir toujours me battre avec lui, de lui chercher les poux,pour ça, tu ne faisais pas que semblant, je te ferais remarquer, mais en réalité je cherchai son approbation. Au collège, il avait commencé à faire son relou, à m’accuser d’être la cause de la fatigue de notre mère, à toujours être sur mon dos pour me donner une claque lorsque je déconnais un peu trop, sans effet. En fait, je ne m’en étais aperçu qu’après, mais il avait fait en sorte que je ne déconne pas trop, sans quoi j’étais certain que j’aurai fini en taule avant mes seize ans. Emmanuel. Je lui avais balancé toutes sortes de s#loperies. Je les pensais, pour certaines, je le voulais les penser, pour d’autre. Les dernières, c’était juste pour garder les apparences.

Il m’avait dit qu’il avait des médocs, qu’il avait trouvé des médocs plutôt dans le maison qu’il squattait. En soi, j’avais rien contre le squattage, j’avais rien contre le vol, j’avais rien contre toutes ces sortes de choses parce que de tout manière, osef. Le monde partait en c#uilles, on n’allait pas chipoter sur le faire qu’un glandu se servait dans les placards d’un cadavre, non ? Ce qui m’avait fait sortir de mes gonds, c’était sa légèreté quant aux militaires et à ce qu’on avait fait. Genre on n’était des gros nuls. Déjà que sa présence m’avait ébranlé, sa critique de nos actions m’avait fait voir rouge. Et un Alexandre énervé, et fatigué, ça ne disait jamais de choses sensées, c’était une constante dans mes actions.

Je levai la tête. Mes yeux fatigués se posèrent sur la bâtisse imposante. Un petit rictus se dessina sur mes lèvres : mon frère était bien mon frère, il n’avait pas choisi le débarras du coin pour squatter. Si je n’avais pas voulu repenser à Emmanuel pendant la semaine, ce n’était pas pour autant que je ne m’étais pas renseigné en laissant traîner mes oreilles et mes yeux. Je préférai être au courant de là où il créchait, histoire qu’il ne se retrouve pas dans la rue sans que je puisse me foutre de sa g#eule. Et pour tout dire, mon frère était mon frère quoique je puisse faire, et pour le coup, même si je détestais ça, je voulais garder un œil sur lui. Histoire qu’il ne m’emm#rde pas trop hein ! Ce n’était pas parce que je me sentais responsable, rien que ce mot me fait vomir, de lui ou autre, il ne fallait pas croire !

Je frappai à la porte, me frottant les yeux. Un remue ménage de ouf me fit arquer un sourcil, et ce fut un Emmanuel avec une tronche à faire peur – et accessoirement une batte de baseball dans la main – qui m’ouvrit la porte.

- Alexandre ? P’tain, j’ai failli t’exploser la tête. Vas-y entre.

Je me passai une main nerveuse dans les cheveux, considérant un instant ma tenue et tentant d’imaginer la tronche que je devais avoir. Qu’il la fracasse ou pas, j’avais un peu l’impression que je ressemblais à un zombie malade, ce qui n’était pas vraiment glamour il fallait se le dire. J’haussai les épaules, avant d’entrer dans la maison.

« T’aurais p’têtre mieux fait. J’te dérange j’espère ! »

Euh… généralement, on dit « je te dérange pas, j’espère », Alex. Ben ouais, mais généralement, je n’étais pas on, j’étais plutôt con. Comme quoi, une lettre pouvait vraiment faire la différence entre la normalité et le génie. Et la taille des chevilles. C’était perturbant d’entendre Manu dans ma tête, et de le voir devant moi, j’avais l’impression de devenir schizophrène. Dans tous les cas, je regardai le salon, et m’avachis sans cérémonie dans le fauteuil le plus proche, pour prendre ma tête entre les mains et me masser les tempes. Pas de bonjour, pas de salut, pas de ‘comment ça va ?’. Ca ne servait à rien de faire croire que j’étais poli de toute manière, et j’allais vite savoir si Manu allait bien ou non. J’étais trop égoïste pour me soucier de lui à cet instant, en fait.

« T’as pas des somnifères, Manu ? Ca va commencer à urger, là. J’arrive pas à dormir, et quand je dors, j’ai qu’une envie, me réveiller. »

Je relevai la tête pour regarder mon frère dans les yeux. Mes mots m’écorchèrent les lèvres lorsque je les prononçais :

« Faut que tu m’aides, Bro. »

Ce devait être la première fois que j’étais obligé de demander vraiment de l’aide à Manu. Généralement, il me la donnait sans me demander mon avis. Généralement aussi, j’étais suffisamment futé pour m’aider comme un grand.

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Jeu 10 Oct - 14:09

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !



Ce n'est pas parce que je n'avais pas donné de nouvelles à mon frère que cela voulait dire que je ne m'étais pas inquiété pour lui ! Bien au contraire, je m'étais fait un sang d'encre et en avais même perdu le sommeil... A plusieurs reprises j'avais voulu retourner le voir mais pour lui dire quoi ? Que j'étais désolé ! Mais de quoi ? Désolé d'être revenu, désolé d'être en vie et que ce simple fait lui pourrisse l'existence ? Non, j'avais préféré garder mes distances avec mon cadet car les retrouvailles que nous avions eu m'avaient quelque peu fragilisé moralement ! Mais il y avait de quoi non ? A chaque fois que je repensais à ce qu'il m'avait dit, j'avais l'impression de recevoir un coup de poing dans l'estomac. J'aurais pu faire comme s'il avait parlé sous le coup de la colère ou de la fatigue mais je savais que ce serait me leurrer. Alexandre devait vraiment penser ce qu'il avait dit et même si ce n'était pas le cas, je suis certain qu'il aurait voulu pouvoir le penser sincèrement. Mon cadet n'avait pas envie de s'attacher aux autres et il mettait tout en œuvre pour que les gens ne l'apprécient pas ! Bref, je ne m'étais pas encore senti assez fort mentalement pour l'affronter de nouveau...
Mais bientôt, j'irais de nouveau à la charge et puis il fallait que j'arrive à savoir s'il avait suivi mon conseil et avait pris le temps de dormir. Avec un vrai boulot, mon moral allait forcément repartir à la hausse et je pourrais peut-être arriver à m'endormir plus de quelques heures. Plus reposé, je pourrais de nouveau reprendre mon rôle de grand frère relou qui pourri la vie de son cadet ! C'est donc avec toutes ces pensées en tête que je m'étais allongé mais qui ne m'avaient nullement aidé à trouver le sommeil. Et c'est alors qu'une fois mon verre d'eau fini que j'avais été surpris par des coups violents frappés à la porte d'entrée ! Je m'étais donc muni d'une batte de base-ball mais j'avais ensuite eu une idée sur qui était le perturbateur. En ouvrant la porte je m'étais alors trouvé devant mon cadet en mode zombie !

J'avais alors posé mon arme et fait entrer l'invité surprise en lui précisant que j'avais failli lui exploser la tête... C'était ma manière de lui dire qu'il était complètement taré d'avoir débarquer et tambouriner à la porte de la sorte, surtout quand on savait l'heure qu'il était. J'allais d'ailleurs lui demander, après l'avoir fait rentrer, ce qu'il foutait dehors à cette heure de la nuit mais il fut plus rapide que moi. J'étais fatigué et je levais les yeux au plafond dès qu'il ouvrit la bouche... « Et c'est reparti ! Comme s'il pouvait pas être aimable un jour, une heure, ou même une toute petite minute ! Enfin, en même temps Alexandre restera Alexandre... ». En effet, Alex commença par me dire que j'aurais peut-être bien fait de lui exploser la tête avant d'espérer apprendre qu'il me dérangerait.
Je décidais de ne pas réagir de façon négative à ses piques car je devais avouer que son état semblait terrifiant. Pour éviter les clashs j'allais agir comme je le faisais autrefois... C'est à dire en étant un grand frère patient qui encaisse les coups sans broncher. J'allais donc rejoindre mon cadet qui s'était affalé dans un fauteuil sans avoir pris la peine de me demander des nouvelles. Mais je faisais abstraction de cette triste réalité et reprenais les propos de mon frère.



- Non, j'aurais pas dû et puis t'as déjà une tête à faire peur ! dis-je simplement. Et pour le dérangement, disons que je suis surpris de te voir ici !


J'avais été on ne peut plus sincère concernant ma dernière phrase. J'avais vraiment été surpris de voir mon frère débarqué surtout quand on savait comment s'étaient terminées nos retrouvailles ! Cependant, je préférais ne pas me faire de faux espoirs quant aux raisons de sa visite. Après tout, ne m'avait-il pas menacé de venir lui-même récupérer ce que j'avais trouver dans la demeure et que je n'avais pas restitué ? Si, c'est ce qu'il avait fait... Et cela expliquait peut-être aussi l'heure tardive à laquelle il venait frapper ! Il venait récupérer ce que j'aurais dû rendre mais n'avait peut-être pas forcément envie de me dénoncer... Euh ! Je devais penser quoi de ça si c'était vrai ? Je chassais ces réflexions déplaisantes de mon esprit tandis que mon cadet reprenait la parole.
J'eus le souffle couper en l'entendant, comme s'il m'avait foutu un coup. Il venait de me demander si j'avais des somnifères ! Cela voulait donc dire que j'avais vu juste quant aux raisons de sa venue ? Il n'était pas venu voir son ainé mais il était là parce qu'il faisait son boulot ? Cependant, je compris vite que je faisais fausse route quand il ajouta qu'il n'arrivait pas à dormir ! Il voulait donc des médocs pour lui... Sa venue n'était donc toujours pas liée à l'envie de me voir mais cela me rassura. Enfin, j'espérais qu'il n'avait pas l'esprit assez tordu pour me tendre un piège ! Tout en restant méfiant, je lui répondais d'une voix banale...



- J'allais ramené ce que j'aie trouvé mais je n'aie pas eu le temps comme je...


Je vais de perdre l'usage du langage et observais Alexandre en silence ! En une phrase, il venait d'arriver à me faire paniquer. Pourquoi ? Parce qu'il venait de me demander clairement et de façon non détournée mon aide ! Quand est-ce qu'il m'avait fat une telle demande pour la dernière fois ? Je me mis à réfléchir très rapidement et la réponse qui me vint fût ''Jamais'' ! Non, mon cadet c'était toujours débrouillé tout seul ou avait toujours fait en sorte pour que ce soit moi qui lui propose mon aide.
Déboussolé, je fis en sorte de réagir et de me bouger. Je m'assis dans le canapé et passais ma main sur mon visage le temps de me ressaisir ce qui pourrait laisser croire que je réfléchissais. Je fixais ensuite mon cadet et plongeais mon regard dans le sien...



- Ok ! Alors je ne suis pas certain d'avoir vu des somnifères mais il y a de l'alcool et d'autres genre de médocs, me remémorais-je à voix haute. J'pourrais tenter de te faire un cocktail maison sans problème ! Et crois-moi, tu dormiras à coup sûr avec ça...


Si c'était un piège, j'étais tombé dedans ! Mais j'avais toujours été là pour Alex et ça n'allait pas changer malgré son accueil de la dernière fois. Non ! Je me devais de le protéger et même si pour ça je devais jouer au chimiste pour lui faire un somnifère maison. Je voulais juste voir mon cadet en forme !




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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Sam 12 Oct - 18:28

Parce que la nuit porte conseil et qu'un frère est un soutien !




J’ai besoin d’aide. Je l’avais dit, je l’avais dit à Emmanuel ! Bon sang je lui avais dit, ce n’était pas normal, ce n’était pas comme ça que ça devait se passer. Je n’avais pas le droit de lui dire que j’avais besoin de son aide, à lui ! Il n’avait pas le droit de comprendre à quel point il pouvait m’avoir aidé jusqu’à présent, à quel point il était important pour moi, à quel point je l’admirai, je le respectai. Il n’avait pas le droit de savoir quelle emprise il pouvait avoir sur moi, je ne le méritai pas. Et si jamais il s’en apercevait… Je frissonnai en plongeant mon visage entre mes mains, entendant plus que voyant mon frère s’asseoir en face de moi. Lorsque je relevai la tête, je fus happé par son regard :

- Ok ! Alors je ne suis pas certain d'avoir vu des somnifères mais il y a de l'alcool et d'autres genre de médocs. J'pourrais tenter de te faire un cocktail maison sans problème ! Et crois-moi, tu dormiras à coup sûr avec ça...

J’esquissai un sourcil fatigué, ne pouvant m’empêcher de ricaner un « En fait, le concept, c’est aussi que je me réveille, derrière ça, Manu. » par principe. Mais pas que. La médecine était bien l’un des rares domaines dans lequel j’étais aussi novice que le glandu de base. Autant j’avais un excellent niveau dans tout ce qui était maths, physique, informatique, balistique, histoire, géographie, autant lorsqu’on abordait la chimie et la biologie j’étais totalement hors jeu. Oh, bien sûr, j’avais appris pour m’amuser des listes entières de noms scientifiques d’animaux communs, mon grand jeu à une époque, je devais être en quatrième, était d’insulter de Meles Meles les trois quart des personnes. Bien évidemment, il n’y avait guère que moi pour savoir que Meles Meles était le nom scientifique du blaireau. Ainsi, lorsqu’on sortait du purement intellectuel et de la mémorisation pour entrer dans le côté humain j’étais totalement largué. Out. Pour la chimie, j’avais un bon niveau, ou du moins je pouvais avoir un bon niveau si je prenais la peine d’apprendre, mais comme Emmanuel était parti en Médecine, il n’avait pas été question pour moi de suivre ses pas. Maître Chien dans un commando parachutiste, c’était bien plus calé, d’autant plus qu’à première vue ça ne demandait pas de compétences intellectuelles exceptionnelles ce qui me convenait à merveille. Je me frottai les yeux qui me piquaient de fatigue et étouffai un bâillement.

« Passe déjà l’alcool, alors, ça sera déjà bien. »

Non, je n’étais pas alcoolique. J’avais juste besoin de… de quoi ? J’étais claqué, j’étais largué. La seule chose dont j’avais besoin, là, c’était de dormir. Non, c’était faux : j’avais besoin de… de quoi ? De paix. La paix de la conscience. Je culpabilisais d’avoir tué indirectement Azarov. Il ne fallait pas que je me leurre davantage : si je n’avais pas laissé la mitrailleuse sans approvisionnement, si je n’avais pas voulu faire cavalier seul à me barrer dans mon coin, Azarov ne serait pas mort. Et le pire, c’était que je m’étais réjoui une fraction de seconde à l’idée que personne n’allait pouvoir rapporter à Raulne que j’avais, de manière très originale, désobéi à un ordre. J’avais été réintégré à la troupe, implicitement, par le reste des hommes de l’équipe. Alors que j’avais causé indirectement la mort d’Azarov.
La culpabilité n’était pas spécialement quelque chose qui m’était familière, pour la simple raison que je jugeai ça le plus souvent improductif et que j’étais très doué pour me convaincre moi-même que je n’y étais pour rien. Après tout, c’était Sophie qui m’avait insulté le premier non ? Mon coup de poing était donc parfaitement justifié. Et le mec n’avait qu’à ne pas draguer Madeleine. Et le petit commerce avait refusé de me vendre de l’alcool… je ne voyais pas en quoi vouloir lui prendre de force aurait été un tort ! Et puis… j’avais une bonne réserve d’excuse dans mes valises pour la moindre des choses que je pouvais être amené à faire. La jeune femme était tombée seule dans l’Atlantique, après tout ! Je ne la touchai pas lorsqu’elle avait fini à l’eau, je l’avais juste touchée un peu avant, simple coïncidence. Certes, ça ne me convainquait personnellement pas, mais au moins j’essayais. Et j’y parvenais. Je rejetais la culpabilité, comme on rejette quelque chose de nuisible. Je l’écartais, je me mettais des œillères, non je ne te vois pas, tu es loin de moi, je ne suis en rien responsable de tout cela. Je fuyais mes responsabilités avec soin, je le savais. Je les fuyais depuis que j’avais compris que j’étais trop intelligent et qu’on risquait de m’en demander beaucoup. Mais parfois, toute la culpabilité revenait lorsque je baissai ma garde. Lorsque je commençais à me dire que je n’étais peut être pas si méchant. SBAM, prends-toi ça dans la figure, Alexandre : tu n’es pas si méchant ? Laisse moi rire, regarde donc tout ce dont tu es responsable. Et le visage fatigué d’Emmanuel devant moi était assez éloquent. Qu’avais-je donc fait ? Je ne pouvais plus supporter son regard, je détournais le mien pour le poser sur le mur à ma droite, et j’appuyai ma tête sur la paume de ma main gauche. J’avais besoin d’aide, certes, mais j’avais aussi besoin de retrouver mon frère. J’avais besoin du soutien de mon frère. J’avais besoin de redevenir le petit garçon de cinq ans qui l’appelait encore Ennaümel, le petit gamin qui se faisait gronder par sa mère, le gosse qui voulait se venger en dessinant sur les murs et que la venue de son grand frère calmait tout aussi rapidement. « Manu écoute, pour la semaine dernière, je… je suis… ‘tain… je… je suis dé… » J’avais essayé. J’avais vraiment essayé de m’excuser, mais ça ne voulait pas sortir. Je ne pouvais quand même pas dire ça. D’un mouvement, j’enlevais mes chaussures, et je me recroquevillai sur le canapé sans considération pour sa propriétaire légitime. De toute manière, elle n’était pas là. Je serrai mes genoux contre ma poitrine, posai la tête dessus pour regarder dans le vide un coussin à gauche d’Emmanuel. Je ne pouvais pas le regarder. « J’crois qu’en fait, j’accumule toujours les c#nneries, que tu sois là ou pas. » Allez, file moi un cocktail de folie, et fais en sorte que je ne me réveille pas. Non, je ne pouvais pas dire ça, il y avait Valentine. Il y avait Valentine, que je voyais tous les jours dès que je le pouvais. Il y avait Valentine qui m’accueillait au sein de ses bras, que j’enlaçai pour pouvoir dormir. Valentine qui me faisait oublier la méchanceté dont je faisais preuve si souvent. Non, Manu, ne me laisse jamais faire de c#nneries supplémentaires. J’avais laissé quelqu’un tenir à moi, et ça me bridait tout en me rendant libre comme jamais auparavant de pouvoir être quelqu’un que je voulais être. « Parle moi de toi. Si ça se trouve, ça sera tellement chiant que je vais réussir à dormir. »

Youhou.
Bravo.

Bon sang que j’étais stupide. Je ne pouvais pas m’en empêcher. Ca avait été plus fort que moi. Initialement, je voulais simplement dire « Parle moi de toi ». Je voulais savoir ce que mon frère faisait depuis qu’on s’était quitté la dernière fois, avant la fin du monde. Depuis que je l’avais eu au téléphone. Je voulais qu’il me parle de lui, de sa vie professionnelle, de sa vie sentimentale, je voulais qu’il me dise s’il avait vu Enzo, je voulais qu’on parle de nous, de Blandine, de nos parents. Mais je n’avais pas pu m’arrêter à ces quatre mots, ils étaient bien trop… et bien, bien trop révélateurs de ce que je pensais vraiment. Protège toi, protège les, écarte Emmanuel de toi, éloigne le autant que possible, Alex, ne le blesse pas !. Trop tard. J’essayais, vraiment. Mais pas assez, vu que j’étais venu ici, le déranger en plein milieu de la nuit, juste pour réclamer de quoi dormir, de quoi arrêter de penser. Parle, parle Emmanuel, ne me laisse pas seul avec mes pensées, ne me laisse pas seul avec cette culpabilité que je ne peux pas porter seul et qui va me bouffer petit à petit. Parle, occupe mon ouïe, frappe moi pour occuper mon toucher, donne moi de l’alcool pour occuper mon goût. Trouve quelque chose pour occuper ma vue, un film, un dessin, un jeu. Aide moi…

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Dim 13 Oct - 14:24

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !



Le défi qui s'offrait à moi était de taille... Car oui, le fait que mon cadet me demande de l'aide était pour moi un chalenge à relever ! Je ne voulais pas foiré car c'était bel et bien la première fois qu'Alexandre me demandait de l'aide de manière si directe. Cela ne voulait-il pas dire que je comptais un tant soit peu à ses yeux et qu'il pouvait vraiment avoir besoin de moi ? J'espérais et je voulais croire que la réponse était oui... Il voulais donc que je l'aide à dormir mais j'étais presque persuadé que je n'avais trouvé aucun somnifère dans la demeure que je squattais. Il fallait donc que je trouve une solution tout en occupant mon frère histoire qu'il ne s'impatiente pas !
J'étais donc en train de me remémorer la liste des médocs que j'avais à disposition ainsi que l'alcool. J'étais sûr de pouvoir préparer un cocktail qui ferait dormir mon cadet mais encore fallait-il que je sache combien de temps il voulait rester dans les bras de Morphée et aussi est-ce qu'il bossait demain matin ! C'est alors que j'allais lui poser ces deux questions que mon cadet reprit la parole avec un sourire que je trouvais fatigué pour me dire qu'il fallait tout de même qu'il se réveille après avoir pris mon mélange. J'eus un léger rire...



- T'en fais pas ! Je sais ce que je fais à ce niveau là et je ne compte pas te tuer frangin ! déclarais-je en le fixant.


Non ! Je voulais le remettre sur pieds car même si je ne le laissais pas paraître, j'étais vraiment inquiet ! Il avait la tronche d'un mort vivant et encore... J'étais persuadé qu'un zombie aurait eu une meilleure mine que lui ! Mon inquiétude s'accentua même lorsque se frotta les yeux en baillant. Il fallait vraiment que je trouve une solution à son problème d'insomnie et ça devenait plus qu'urgent... D'ailleurs le simple fait qu'Alexandre soit venu de lui-même me demander de l'aide prouvait l'urgence de la situation ! Je réfléchissais à toute vitesse lorsque mon frangin me demanda de l'alcool pour commencer... Bonne idée ! Ça l'occuperait le temps que je sache quoi faire. Je marmonnais un « - Ok ! J't'amène ça... » avant de me lever et filer dans la cave ! La descente fut périlleuse puisque je n'y avais mis que très rarement les pieds et qu'il n'y avait aucun éclairage... Je me repérais donc de mémoire et trouvais deux bouteilles sans savoir le liquide qu'elles contenaient. Et au passage je m'entaillais la main contre je ne savais quoi en saisissant la deuxième boisson. Je retenais un juron et remontais. De retour au rez-de-chaussée je filais dans la cuisine et ne pris pas la peine d'observer ma coupure avec intérêt. Je déchirais un torchon propre, me l'entourais autour de la blessure et me disais que je verrais ça plus tard. Je prenais ensuite deux verres et retournais au salon...
Je posais les gobelets et ce qui s'avéraient être une bouteille de whisky et une autre de vodka sur la table basse. Je m'asseyais ensuite à la même place pour constater que mon cadet semblait perdu dans ses pensées. Je m'apprêtais à lui servir un verre lorsqu'il s'adressa à moi pour me parler de la semaine dernière ! Je n'aurais jamais pensée qu'il remettrait ça sur le tapis et j'eus un léger sourire en le voyant me faire des excuses ou du moins en le voyant essayer. Ça aussi c'était une première ! Mais bon, en tant que médecin je savais que le manque de sommeil changeait les gens... Bien que je ne doutais pas de la sincérité des propos de mon cadet, je savais qu'en temps normal il n'aurait jamais tenté de les formuler à voix haute...



- C'est oublié, n'en parlons plus ! Une préférence concernant ce que tu veux boire ? Whisky ? Vodka ?


Tandis que je l'interrogeais, Alexandre prit ses aises sur le fauteuil ce qui me fit lui offrir un regard réprobateur ! D'accord, il manquait de sommeil mais il n'était pas chez mémé là ! Bref, je passais la-dessus car il reprit la parole sans me regarder. Ainsi donc il pensait qu'il faisait autant de connerie que je sois là ou non ! J'eus un léger rire tandis que je réajustais mon bandage de fortune. Sur ce point là, il se trompait !


- Alors là... tu te trompes mon petit, dis-je en le fixant avec un sourire. S'il est vrai que tu as fait beaucoup de conneries, le nombre serait amplement supérieur si on ajoutait à ça celles que je t'ai empêché de faire ! J'en ai une liste interminable en tête !


Tout en parlant, j'avais fait le service et fais glisser son verre en direction de mon frère. Je n'avais toujours pas trouvé de remède miracle pour le faire dormir et je n'eus pas le loisir d'y réfléchir puisqu'Alexandre me surprit en me demandant de parler de moi... Il prit la peine d'ajouter qu'entendre ma vie arriverait peut-être à l'endormir ! J'esquissais un sourire... Toujours égal à lui-même !
Après, pour lui répondre, je ne savais pas trop quoi dire. Et puis que voulait-il savoir ? Je ne savais même pas s'il avait fait allusion à ma vie de maintenant ou d'avant... Je bus une gorgée de whisky et appréciais le goût !



- Ma vie de maintenant se résume à attendre que je commence à bosser à la clinique, dis-je pour l'informer que j'avais trouvé un boulot. Pour ce qui est d'avant, je pense que la dernière fois qu'on s'est vu j'étais encore interne à Neker. Donc, depuis j'ai obtenu mon diplôme de pédiatre... J'suis monté bosser à Cherbourg quand je me suis rendu compte que la pression à Neker était trop insupportable ! Pas dans le sens où le boulot était difficile mais les gamins là-bas... y'a beaucoup de cas incurables ! Je marquais une pause. Puis ajoute à ça ma rupture avec Claire et je peux te dire qu'il y avait de quoi en perdre le somm... Quel con !


Soudain, je m'étais levé ! Il y avait de quoi en perdre le sommeil.... Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt ? A l'époque j'avais eu un traitement contre mes insomnies et même si j'avais récupérer la Mélatonine, je n'en avais jamais pris. J'étais sûr qu'elle se trouvait dans le peu d'affaire que j'avais ramené avec moi. J'allais donc chercher une petite valise que je n'avais pas encore ouverte et qui contenait principalement des souvenirs. Je m'asseyais de nouveau le canapé et ouvrais le bagage. Très vite, je trouvais le flacon de gélule et le posais sur la table...
Je regardais ensuite mon frère de façon très sérieuse. C'était le genre de médoc à ne pas prendre à la légère et surtout pas avec de l'alcool, en temps normal. Les gélules étaient des 3mg ce qui était déjà une dose plus que parfaite pour retrouver le sommeil !



- Avec ça tu vas pioncer coup sûr ! Tu prends une gélule le soir et pas plus... et tu vas dormir comme un bébé, lui expliquais-je en poussant le remède miracle vers lui.


J'avais encore deux autres flacons de ce genre mais je ne les sortais pas... et puis mon attention avec été attirée par autre chose. Je souris en voyant la pochette et je la sortis. Elle contenait des papiers qui n'avaient qu'une valeur sentimentale... cartes d'anniversaire, lettres de félicitation, articles en tout genre, dessin d'Enzo et... d'Alexandre !


- Hé l'artiste ! Tu te souviens de ça ? dis-je en sortant un dessin de la pochette et en le lui montrant avec un sourire.


Ce dessin représentait un tipi, un indien, des dinosaures, des Sctroumpfs, etc. ! Je me rappelais du jour où Alex l'avais fait comme si c'était hier. Pourquoi avais-je toujours ce dessin ? Je n'en savais rien... Peut-être, sûrement même, parce que j'aimais le souvenir qui allait avec ! C'était l'époque où Alexandre accordait de l'importance à mon avis et où il n'hésitait pas à me demander conseil.




    « Survivre c'est mourir. Il faut patiemment et sans relâche construire, organiser, ordonner. »
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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Lun 14 Oct - 11:04

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !




Il était parti, il était revenu, je ne m’en étais aperçu qu’à la fine coupure et au gros torchon qui lui servait de bandage autour de sa main. Il était parti, sûrement plusieurs minutes, et je ne m’en apercevais que parce qu’il venait de poser sur la table basse deux bouteilles aux contenus ambrés. Avais-je dormi ? Perdu connaissance ? M’étais-je un peu trop perdu dans mes pensées pour ne pas avoir capté un tel déplacement, une absence que je présumais longue ? La question d’Emmanuel glissa sur moi sans que je ne parvienne à l’attraper avec mes doigts maladroits. J’étais trop perdu dans mes pensées, trop tourné vers moi pour m’intéresser aux mots qui sortaient de sa bouche. - C'est oublié, n'en parlons plus ! Une préférence concernant ce que tu veux boire ? Whisky ? Vodka ? Qu’est ce qui était oublié ? Ah oui, j’avais essayé de m’excuser, encore une fois. J’avais voulu, j’avais tenté, mais je n’y arrivais pas, c’était plus fort que moi. J’étais trop faible pour parvenir à formuler des excuses à voix haute devant mon frère, j’étais trop faible pour parvenir à dire des mots pourtant simples. J’étais trop… trop. Je pris mes aises sur le fauteuil et à nouveau le regard réprobateur de mon frère glissa sur moi sans me toucher. J’avais bien le droit de m’installer, au moins j’avais pris la peine d’enlever mes chaussures ce qui n’était pas un réflexe chez moi. J’avais besoin de m’installer, j’étais trop perdu en moi pour me soucier des autres. Son rire lorsque je lui demandais pourquoi est ce que sa présence influençait si peu sur le nombre de conneries que je pouvais faire coula lui aussi sur moi. Mais cette fois, alors que j’espérais de tout cœur qu’il ne me touche pas plus que sa question, à laquelle j’avais maugréé un vodka peu intéressé en réponse, son rire se planta comme des petites épines sur toute la surface de mon corps pour se tracer un chemin brûlant jusqu’à mon cœur. C’était étonnant comme j’étais encore plus sensible aux critiques lorsque j’étais épuisé. Moins sur la défensive, beaucoup moins. Mes armures et mes mâchicoulis étaient réduits à zéro, on enfonçait mes défenses comme on pouvait écraser du beurre laissé au soleil. Tais toi, Emmanuel, arrête de rire, tu me fais mal. Tu ne vois pas que c’était une vraie question, une vraie question que je posais pour avoir une vraie réponse. Pas un rire, pas…

- Alors là... tu te trompes mon petit. S'il est vrai que tu as fait beaucoup de conneries, le nombre serait amplement supérieur si on ajoutait à ça celles que je t'ai empêché de faire ! J'en ai une liste interminable en tête !

Je ne réagissais pas plus que ça. De toute manière, qu’il eut tort ou raison ça m’importait peu. J’étais déjà passé à autre chose, mes pensées encore plus volatiles qu’à leur habitude s’étaient attaquées à une autre faiblesse de mon esprit et je venais de demander à Emmanuel de me parler de lui. Pour que mes pensées arrêtent de me harceler, pour que j’arrête de réfléchir, pour que j’arrête. Tout simplement. Parle moi, occupe moi, distrais moi Emmanuel. Parle moi de toi, que j’apprenne à te connaître, alors que je suis fatigué au point que seul moi m’intéresse. Je considérai le verre qu’il avait fait glisser dans ma direction, l’attrapant à deux mains pour ne pas le laisser tomber. Plus les minutes s’égrenaient dans cette atmosphère plus proche de l’atmosphère familiale que tout ce que j’avais pu connaître depuis des années, plus j’avais l’impression de redevenir Alexandre d’avant. Incapable de se mesurer, incapable de se protéger. Et de protéger Emmanuel. Un Alexandre de sept ans qui buvait de l’alcool, en somme. J’avalais une gorgée brûlante de vodka en écoutant Emmanuel avec cette concentration qui me caractérisait mais que je ne montrais que peu souvent. J’enregistrais tout, j’observais tout alors que je fixai un point juste un peu à gauche d’Emmanuel.

- Ma vie de maintenant se résume à attendre que je commence à bosser à la clinique. Pour ce qui est d'avant, je pense que la dernière fois qu'on s'est vu j'étais encore interne à Neker. J’acquiesçai lentement. Neker. Okay. Je ne savais même plus qu’il y avait été. Donc, depuis j'ai obtenu mon diplôme de pédiatre... J'suis monté bosser à Cherbourg quand je me suis rendu compte que la pression à Neker était trop insupportable ! Pas dans le sens où le boulot était difficile mais les gamins là-bas... y'a beaucoup de cas incurables ! Puis ajoute à ça ma rupture avec Claire et je peux te dire qu'il y avait de quoi en perdre le somm... Quel con !

Son mouvement me surprit et je reculais dans le canapé, renversant un peu d’alcool sur ma main, le tissu du fauteuil et mon pantalon. Pourquoi un mouvement si rapide ? Pourquoi cette précipitation alors qu’il quittait, une nouvelle fois visiblement, le salon ? Claire. Qui était Claire ? Qui était elle ? Mon frère… mon frère était sorti avec une fille ? Okay. Bien. C’était beau de se rendre compte à quel point on pouvait être narcissique, et le pire c’était que je n’en concevais pas le moindre remord. J’avais fini par apprendre qu’il avait connu une Claire, mieux valait le savoir tard que jamais non ? Il revint avec un flacon, mais je ne me concentrais que sur mon frère et son regard sérieux. « J’aime pas ce regard, Manu. ». De toute manière, je n’aimais pas de façon général lorsqu’il me regardait comme ça. D’habitude, ça précédait quelque chose que je n’allais pas aimer, un sermon, une mise en garde.

- Avec ça tu vas pioncer coup sûr ! Tu prends une gélule le soir et pas plus... et tu vas dormir comme un bébé « Oh ? C’est à toi ? » Je considérai le verre que je tenais dans ma main, le flacon sur la table, et à nouveau le verre. Lentement, l’air hagard, entendant vaguement mon frère bouger, sortir des papiers, je dépliai mes genoux pour m’asseoir en tailleur. Je finis mon verre d’une traite, grimaçant sous la brûlure de l’alcool dans ma gorge, et attrapa le flacon, pour observer les gélules à l’intérieur. La voix d’Emmanuel me sortit de ma contemplation. - Hé l'artiste ! Tu te souviens de ça ? Si je me souvenais de quoi ?

Ce dessin. Des dessins, j’avais tenté d’en faire des dizaines et des dizaines entre mes cinq et huit ans. Parce que j’étais aussi persuadé qu’à force, j’allais plus ou moins apprendre à dessiner, et que mes lignes difformes allaient prendre des significations et s’assouplir pour ressembler à quelque chose. Le dessin… l’un des rares domaines dans lesquels mon intelligence ne m’aidait en rien. J’étais lamentable en dessin – et en art en général – et j’étais voué à le rester jusqu’à la fin des temps et même au-delà. Je souris péniblement en le considérant, et en songeant que j’étais en couple avec une danseuse étoile. Comme si je n’avais pu aimer qu’une personne qui me dépassait dans son domaine. Dans un sens, ce n’était pas faux : je trouvais tout le monde stupide. Valentine, elle, était capable de prouesses qui m’étaient inaccessibles, et c’était génial. Avec elle, je me sentais normal. Je dus encore faire un choix, entre le dessin que me tendait mon frère et le flacon de gélule, et sans trop savoir pourquoi, je lâchai le flacon sur la table pour attraper la feuille.

« Bon sang, mais j’ai pas progressé depuis. J’arrive même pas à deviner ce que ça représente… pourquoi tu l’as gardé, ce dessin est une horreur, j’espère que tu en es conscient ! »

Je me mordis les lèvres, repliant une jambe pour appuyer mon menton sur mon genou.

« J’arrive pas à te cerner, Manu. Une nouvelle pause. Avant de reprendre. Tu sais que j’ai frappé Raulne ? Il a pas aimé. Encore une pause. Mais c’était y’a longtemps maintenant. Un mois, je crois. Mes propos étaient décousus. Je ne cherchai pas à les retenir. Quand on a été attaqué, j’ai été blessé, et on m’a envoyé à l’hôpital. J’ai frappé un médecin, là bas. Il a pas aimé non plus. Je fixai mes yeux marron dans ceux de Manu. J'suis plus le Alexandre qui t'a fait ce dessin. Tu n'as pas à me protéger, Emmanuel. Je le mérite pas, je l'ai jamais mérité. »

P#tain, flingue toi, Alexandre, flingue toi vite avant qu'on puisse voir ces larmes de fatigue qui pointent le bout de leur nez au coin de tes petits yeux épuisés.

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Lun 14 Oct - 20:54

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !



Mon frère restait trop silencieux et trop calme ! Je n’aimais absolument pas ça car ce n’était pas lui… J’étais trop habitué à le voir en mode « hyperactif » pour ne pas m’inquiéter alors qu’il restait calé dans le fauteuil, le regard perdu dans le vide. Je ne savais pas quoi faire car je m’étais rarement retrouver à faire face à un Alexandre zombie. J’avais donc quitté la pièce pour aller chercher de l’alcool tout en essayant de trouver une solution pour sortir mon frangin de son état végétatif ! Mais était-ce une bonne idée de vouloir faire ça alors qu’il était venu pour que je l’aide à dormir ? Je ne savais plus… Pour le coup, j’étais largué ! J’assurais vraiment de moins en moins en temps que grand frère et cela me faisait culpabiliser un max ces derniers temps… Je commençais même à connaître le même souci que mon cadet concernant le manque de sommeil ! Je dormais de moins en moins et de plus en plus mal. Je cherchais à savoir où est-ce que j’avais merdé et je ne trouvais pas ! Avant, tout était si simple. J’arrivais à temporiser et à avoir l’attention de mon petit frère sans avoir à me casser la tête pour ça. Mais maintenant, dès que j’ouvrais la bouche en présence d’Alexandre j’avais l’impression de lui être insupportable et ce, même pour n’importe quel sujet banal ! Pourtant, je n’avais jamais lâché l’affaire et j’avais toujours pris le temps de venir aux nouvelles au travers de coups de fil. Avec le temps j’avais juste appris à les rendre plus bref car je me rendais compte que mon frangin ne m’écoutait jamais vraiment à 100%. C’est sûrement à cause de toutes ces pensées que je n’avais pas fait attention à ce qui m’entourait en saisissant la deuxième bouteille ! Je m’étais blessé mais je m’en fichais car j’avais de suite réfléchi à un moyen d’aider mon cadet.
J’avais fait ce qu’il fallait pour que la coupure ne saigne pas trop et étais revenu dans le salon où je constatais que mon frère n’avait pas bougé. Je me demandais même s’il avait remarqué ma présence ! A le voir émergé, j’aurais dit non… et cela ne fit que rajouter du stress à ma personne. Mon frère était carrément déconnecté du monde qui était le nôtre et c’était plus que dangereux pour le militaire qu’il était. Mentalement, je me mis à m’insulter et à me trouver des plus nuls. Alexandre avait besoin d’aide et c’est moi qu’il était venu voir ! Il me prouvait qu’il avait confiance en moi et j’étais incapable de lui rendre ce simple service. Je me détestais ! Je n’avais rien à lui proposr que de l’alcool et un cocktail maison pour dormir… Pitoyable ! Mon auto-flagellation mentale fut interrompue par mon frère et ce qu’il déclara concernant ses conneries. Je ris et je lui dis ma façon de penser mais cela ne sembla pas le faire réagir… J’ajoutais alors de manière plus sérieuse ce que je pensais vraiment !



- Alex, t’as toujours fait des c#nneries mais même si tu ne veux pas le reconnaître t’en faisais quand même moins quand j’étais là, expliquais-je. Après, je ne sais pas si c’est encore d’actualité, avouais-je. Mais je suis de nouveau là maintenant.


Est-ce que ce que je lui disais l’intéressait ? Je n’en savais absolument rien mais au moins j’étais sincère… A vrai dire, c’est ce qui avait le mieux marché avec Alex et ce, depuis toujours ! Le reste de notre famille avait souvent tenté à « le caresser dans le sens du poil » comme qui dirait l’expression mais ça ne donnait pas forcément de bons résultats. Moi, je m’étais toujours comporter différemment avec mon cadet. Il était intelligent, je le savais et c’est pour ça que j’avais toujours été franc et direct avec lui… peu m’importais sa susceptibilité ! Il était assez intelligent pour prendre conscience qu’on ne pouvait pas toujours lui dire oui, même lorsqu’il était enfant. A cette époque il m’accordait un tant soit peu d’importance mais ce temps était révolu !
Et là, il me prouva que je me trompais en me demandant de lui parler de moi ! J’aurais presque été surpris s’il ne m’avait pas cassé en quelques mots la phrase suivante… Mais je ne me vexais pas ! Alexandre resterait toujours Alexandre ! Je lui expliquais donc ma vie ce qui m’amena à trouver la solution que je cherchais depuis que mon cadet m’avait avoué qu’il avait besoin de mon aide ! Brusquement, je m’étais relevé du canapé pour aller chercher la solution miracle… C’était à peine si j’avais remarqué la surprise sur le visage de mon frère quant à ma réaction plus que vive ! Lorsque j’étais revenu avec la petite valise, j’avais trouvé un des flacons et l’avais fait glisser sur la table en direction de mon frère que je regardais avec sérieux. Il n’aimait pas ça et me le fit savoir mais ça je m’en fichais ! Ces cachets n’étaient pas de simples dolipranes… Alex me demanda s’ils étaient à moi. Je me raclais la gorge, bu une gorgée de vodka et restais sérieux… Mon cadet ne s’était jamais vraiment intéressé à ma vie, il ne pouvait donc pas savoir et je ne lui dirais sûrement jamais !



- Pas grave si t’aime pas ce regard Alex parce que je suis très sérieux. Ces trucs là sont loin d’être anodins et demandent l’expertise d’un médecin du sommeil normalement, expliquais-je en me doutant qu’il s’en fichait. Et oui, on me les a prescrit quand je me suis rendu compte que… enfin bref ! On s’en fout… Ils étaient à moi.


J’avais insisté sur le « étaient » et je m’étais mis à fouiller dans les souvenirs que j’avais protégés dans cette valise histoire d’éviter d’autres questions sur les médocs bien que je ne pensais pas vraiment que je serais soumis à d’autres interrogations à ce sujet. Et c’est là que j’avais remis la main sur un souvenir que j’aimais me remémorer et qui était supporté sur un dessin qu’Alex avait fait. Je le lui montrais et j’arrivais à cet instant à vraiment capter son attention. Il sembla hésité entre les gélules ou le souvenir que je lui montrais et il fini par saisir son dessin. Je savais qu’il n’allait pas s’extasié en le regardant et je ne fis que lever les yeux au plafond devant ses critiques et sa première question. J’aurais pu lui répondre alors qu’il cherchait une nouvelle position mais je n’en fis rien… Je voulais qu’il réagisse, qu’il me parle et j’espérais que parlé du passé l’agacerait assez pour qu’il évoque le présent.
Je constatais que cela fonctionnait… Je l’écoutais me dire qu’il n’arrivait pas à me cerner ce qui me fit pousser un léger soupir. J’étais dans le même cas que lui à son sujet ! Il me fit ensuite la liste de ces dernières conneries, du fait qu’il avait été blessé et tout ça pour me dire qu’il avait changé. Je n’avais pas à le protéger parce qu’il ne le méritait pas. Je le fixais davantage et me redressais en entendant ça !



- Que tu le veuille ou non, je suis ton aîné et tu ne peux pas me dire comment je dois prendre ce rôle, dis-je calmement et posément. Moi, j’ai toujours pensé que tu le méritais… Pour ce qui est du reste, tu as changé sans vraiment changer Alexandre ! Tu as toujours fait des conneries et tu continue encore… Tout en sachant que ça va t’attirer des problèmes et que tu ne vas pas aimer mes remarques qui vont ressortir de tout ça. La seule différence c’est qu’avant j’arrivais à te faire entendre raison… J’arrivais à t’empêcher d’écrire sur un mur juste en entrant dans ta chambre pour discuter. Je marquais une pause. C’est sûrement pour ça que je garde cette horreur comme tu l’as appelé. Parce qu’elle me rappelle que je n’ai pas toujours été aussi à côté de la plaque avec toi… Parce que j’ai beau cherché, je n’arrive pas à savoir quand est-ce que j’ai m#rdé avec toi au point de perdre ta confiance. Je me taisais et avec un léger sourire j’ajoutais quand même. Enfin, tout ça pour dire que quoi qu’il arrive tu sais que tu as quelqu’un sur qui compter et qui est là pour te remonter les bretelles s’il faut. Je buvais une nouvelle gorgée de mon verre. Dis-moi ! Si je te demande pourquoi t’as frappé ces gars tu vas dire qu’ils le méritaient non ?


Je lui avais demandé ça très sérieusement comme je l’avais souvent fait lorsqu’il faisait une connerie ! Est-ce qu’il allait me répondre, c’était une autre histoire.




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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Mar 15 Oct - 9:23

Parce que la nuit porte conseil et qu'un frère est un soutien !




- Pas grave si t’aimes pas ce regard Alex parce que je suis très sérieux. Ces trucs là sont loin d’être anodins et demandent l’expertise d’un médecin du sommeil normalement. Et oui, on me les a prescrit quand je me suis rendu compte que… enfin bref ! On s’en fout… Ils étaient à moi.

Lui sérieux ? Forcément, il était toujours sérieux, il n’y avait que moi qui déconnais tout le temps. Ô triste vérité pour nos parents, ô triste fait pour les Reh. Ils avaient eu droit au gamin surdoué, ils avaient cru pouvait s’en vanter, ils n’avaient eu en réalité qu’un gamin raté. Surdoué, certes, mais raté. Sérieux. Toujours ce regard sérieux quand je menaçais de faire une c#nnerie. Je le détestais, mais j’adorais le détester, aussi. Un regard sérieux. Moi qui étais si habitué à tout prendre à la légère, en apparence du moins, un tel regard me faisait monter aux créneaux. Arrête, arrête de me regarder comme ça, Emmanuel. Tu t’entends parler ? très sérieux, expertise… j’avais l’impression qu’il me prenait pour un crétin, et même si j’en étais un, j’étais parfaitement conscient que ce genre de médocs, si j’en prenais trop j’allais dormir comme un bébé pendant un certain nombre d’année. Et ne pas me réveiller, accessoirement. C’était une bonne solution à tous mes problèmes, ça, mais j’aimais trop la vie, [s]et Valentine[/s] pour ça. J’attrapai le flacon après avoir fini mon verre d’une traite – mauvaise idée, ça, la vodka ce n’était pas du pastis – et en observai le contenu avant de le reposer lentement sur la table pour faire l’échange avec le dessin que mon frère me tendait. Oula… trop de mouvements. Mon bras se traînait, j’avais l’impression d’être totalement défoncé.
Quelle horreur, ce dessin. Mes dons artistiques n’avaient jamais dépassé convenablement le stade bonhomme bâton. Visiblement, à l’époque je ne l’avais pas encore compris. Mon autocritique de mon dessin fut rapidement noyé par mes réflexions personnelles. Je m’étais posément résintallé sur le canapé, perdu dans mes pensées. Obsédé par un pourquoi. Pourquoi était-je comme ça, pourquoi avais-je autant changé, comment en étais-je venu à… ça. Je commençai à parler en me concentrant non pas sur ce que je disais, mais sur le son de mes mots afin de, justement, ne pas comprendre ce que je pouvais bien raconter comme bêtise. Si je m’arrêtais sur un mot que je prononçais, si je faisais mine de me dire que, peut être, ce que je racontais en valait la peine, j’allais m’écouter et me braquer. Les rares moments où il m’arrivait d’être franc autant avec moi-même qu’avec les autres, c’était lorsque mes défenses étaient à zéro. Je repensais à Valentine. Je n’étais pas en meilleur état lorsque mes pas m’avaient mené chez elle après que je m’étais fait virer de l’armée. J’avais frappé des personnes, j’en avais frappé des dizaines. J’avais insulté le maire, mon supérieur direct, mes collègues, j’avais passé mes nerfs sur le premier venu, j’avais… Tu n'as pas à me protéger, Emmanuel. Je le mérite pas, je l'ai jamais mérité.

- Que tu le veuille ou non, je suis ton aîné et tu ne peux pas me dire comment je dois prendre ce rôle. Moi, j’ai toujours pensé que tu le méritais… Pour ce qui est du reste, tu as changé sans vraiment changer Alexandre ! Tu as toujours fait des conneries et tu continue encore… Tout en sachant que ça va t’attirer des problèmes et que tu ne vas pas aimer mes remarques qui vont ressortir de tout ça. La seule différence c’est qu’avant j’arrivais à te faire entendre raison… J’arrivais à t’empêcher d’écrire sur un mur juste en entrant dans ta chambre pour discuter. C’est sûrement pour ça que je garde cette horreur comme tu l’as appelé. Parce qu’elle me rappelle que je n’ai pas toujours été aussi à côté de la plaque avec toi… Parce que j’ai beau cherché, je n’arrive pas à savoir quand est-ce que j’ai m#rdé avec toi au point de perdre ta confiance. Enfin, tout ça pour dire que quoi qu’il arrive tu sais que tu as quelqu’un sur qui compter et qui est là pour te remonter les bretelles s’il faut. Dis-moi ! Si je te demande pourquoi t’as frappé ces gars tu vas dire qu’ils le méritaient non ?

J’avais des larmes de fatigue au coin de mes yeux, j’étais profondément encrassé dans mon dégoût de moi-même, mais je ne pus m’empêcher d’exploser de rire à la dernière phrase d’Emmanuel.

C’était suffisamment rare pour être remarquer : Emmanuel avait presque totalement raison. Oui, même en pensée je n’arrivais pas à ne pas teinter mes remarques de méchancetés, j’étais comme ça. Il avait raison. Il n’avait pas toujours été à côté de la plaque avec moi, parce qu’avant le collège, avant que tout commence à réellement dégénérer, je l’admirai. Il avait perdu ma confiance lorsque, stressé par ses examens, il m’avait jeté la vérité dans la figure : j’étais responsable de la maladie de notre mère. C’était à cause de moi qu’elle était malade, c’était parce que j’étais un méchant garçon qu’elle était à l’hôpital, c’était à cause de moi qu’on avait failli devenir orphelin. En cinquième, tout avait commencé à dégénérer parce que j’avais définitivement eu la preuve que j’étais mauvais. Jusque là, Emmanuel me grondait, me frappait lorsque je déconnais un peu trop, me remonter le moral lorsque je me faisais gronder, mais il ne m’avait jamais dit que j’étais méchant. En cinquième, si. C’est là qu’il avait réellement m#rdé avec moi. Si même Emmanuel disait que j’étais méchant, c’était qu’il n’y avait plus le moindre espoir pour moi.

J’avais donc explosé de rire à sa dernière question. Un rire nerveux, un rire jaune, un rire triste qui mourut rapidement.

« Parce que tu crois toujours qu’il me faut une bonne raison pour frapper les gens ? T’as pas compris que si je me bats, c’est juste pour le fin ? »

Bon, d’accord, je mentais. Juste un peu. Parce qu’en effet, j’avais de bonnes raisons de les frapper.

« Il a voulu que je lui obéisse. Il a voulu que je lui dise que j’allais m’aplatir devant lui et lui dire ‘oui mon Lieut’nant’. Mais c’est lui qui avait commencé, aussi. Et moi j’ai répondu, et je lui ai bien marravé la tronche. »

Je m’en étais bien pris dans la figure, aussi.

« Et pour le médecin, il se trouvait sur mon chemin et il voulait pas que je sorte de l’hôpital. Genre comme si qu’une jambe défoncée ça empêche de se promener en ville. »

Wesh Alexandre, parle surtout bien la France. Comme si qu’une… je l’avais fait exprès, je reprenais du poil de la bête à justifier le pourquoi de mes bagarres incessantes. C’était normal dans un sens : la culpabilité me rongeait, Emmanuel me donnait un prétexte pour l’évacuer, la reléguer au fin fond de mon petit cerveau, et faire en sorte que tout redevienne normal.

« Il y a toujours une raison, faut juste la dégotter. Le seul problème c’est qu’elle n’est jamais valable, tu me connais. Ou alors, elle est valable dans mon consortium espace-temps, mais il ne concorde pas trop avec celui des clampins de base. »

Je n’arrivais pas à me calmer. Je venais de passer de l’état catatonique à celui du gosse hyperactif à qui on vient de donner un nouveau jeu pour l’occuper. Mentalement, je remerciai Emmanuel et me recalant correctement sur le canapé. Comme d’habitude, il avait fait ce qu’il savait faire de mieux : m’aider. Pour le moment, du moins, il m’empêchait de trop penser. Curieux, je ne pus m’empêcher de sauter du coq à l’âne, comme toujours d’ailleurs :

« Si tu gardes mes horreurs, tu dois forcément avoir les dessins d’Enzo. Des photos. »

Je n’avais pas vraiment vu mon neveu ces derniers mois, et pour tout dire, je n’étais pas à l’aise avec les tout-petits, persuadé que j’allais leur faire du mal. Je ne commençais à être à l’aise avec les gosses que lorsqu’ils cessaient d’être vraiment fragiles et lorsqu’ils commençaient aussi à être intéressant, soit aux alentours des six ans. Mais ça ne voulait pas dire que je n’aimais pas Enzo, hein ! C’était juste que… voilà. J’étais plus intéressant que lui. Tu es odieux. Pourquoi tu ne veux même pas t’avouer que tu adores ce gosse mais tu as la trouille que ta méchanceté lui pourrisse la vie ?.

« Je peux les voir ? »

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Mar 15 Oct - 21:42

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !



Discuter avec Alexandre avait beau être un exercice de force c’était beaucoup plus facile que le faire avec Blandine ! Pourquoi ? Tout simplement parce Alexandre ne s’intéressait pas à ma vie ; seule la sienne l’importait… Voilà pourquoi il n’avait pas relevé le fait que j’avais fait allusion à ma rupture avec Claire. Pourtant je lui en avais parlé plusieurs fois au téléphone ! Mais m’avait-il seulement écouté ? Je pense que non… Ma sœur, elle, m’aurait harcelé de questions pour savoir ce qui n’avait pas marché avec la rouquine. Blandine avait eu l’occasion de rencontrer Claire et l’avait apprécié ! Aussi, lorsque mon histoire avait pris fin, j’avais choisi de ne pas en informer mon aînée de suite et puis était arrivé ce fameux 22 septembre ! Soudainement, j’en vain alors à penser à la jolie rouquine qui avait partagé ma vie pendant presque 3 ans… Est-ce qu’elle s’en était sortie ? Je l’espérais car malgré la rupture qu’elle m’avait imposée, je n’avais jamais pu lui en vouloir ! Car n’était pas le fautif ? C’est ce qu’elle m’avait dit non ? Que je ne faisais pas assez attention à elle et que j’étais trop impliqué dans mon boulot ! C’était en partie vrai et même si je lui avais promis de changer, elle n’avait pas voulu me laisser de seconde chance ! Cependant, le moment était mal choisi pour penser à ça car le plus important c’était mon frère.
D’ailleurs c’était même à cause de lui que je m’étais replongé dans le passé ! J’étais devenu nostalgique de ma vie d’avant en constatant que j’étais le seul que ça intéressait. Mais dans un sens, c’était tant mieux ! Mon frère se fichait tellement de ceux qui l’entourait qu’il n’avait même pas pris la peine de m’interroger sur le pourquoi du comment on m’avait prescrit de tels médocs à un moment de ma vie. Je n’aurais pas aimé à avoir à mentir car je n’avais jamais été très bon à ce jeu là ! Et puis, je n’avais jamais été du genre à parler de mes problèmes… Souci qui était pour le moment réglé mais qui avait failli tourner très mal et me rendre fou ! Sans m’en rendre compte je poussais un soupir et me passais la main devant le visage comme pour oublier tout ça… Je finissais également mon verre après avoir fait un léger monologue à mon cadet.

Ce dernier eut alors le don de me faire oublier toutes mes pensées négatives juste en éclatant de rire…
« Hein ? De quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit moi ? Une c#nnerie peut-être ». Je me demandais ça car le rire de mon frangin n’était pas un des ces rires joyeux… non c’était autre chose ! Nerveux peut-être… Je le fixais sans rien dire et sans être sûr de comprendre ! Et là, il m’expliqua lorsqu’il eut cessé de rire… Est-ce qu’il fallait une bonne raison pour frapper quelqu’un ? Je poussais un soupir bref qui prouvait mon agacement face à cette question. Mais cela n’empêcha pas mon frère de poursuivre en me donnant comme raison qu’il avait frappé son gradé car ce dernier attendant de lui qu’il obéisse. Je levais les yeux au plafond et murmurais un « - Mais bordel Alex… » ! Non mais sérieux, l’armée était connue pour sa discipline de fer non ? La raison concernant le coup porté au médecin était on ne peut plus pitoyable… Alexandre fini ensuite par ajouter des propos tout à fait vrais ! Les raisons n’étaient jamais valables… sauf dans son monde à lui qui n’avait rien à voir avec celui des clampins de base ! Je le fixais avec un sourire blasé… Comment j’étais censé prendre ça moi ? Comme si de rien n’était et je lui répondais alors de manière simple…


- Effectivement… tes raisons ne sont pas valables pour le clampin que je suis. Mais c’est bizarre ! J’avais toujours cru que l’armée était connue pour sa discipline de fer et que les militaires devaient se plier aux ordres de leurs supérieurs sans les discuter.


J’avais ensuite choisi de ne rien ajouter et de ne pas lui faire des reproches car ils avaient bien évidemment été sous-entendus dans mes propos. Je m’étais également abstenu de dire à Alexandre qu’il était en train de trop se réveiller pour quelqu’un qui voulait dormir ! Par contre, j’allais lui demander s’il comptait pieuter ici mais il me posa une question complètement hors-sujet et qui me ramena de nouveau dans le passé. Est-ce que j’avais des dessins d’Enzo ? Des photos aussi ?
Bien sûr que j’en avais mais je ne répondis pas de suite. Non ! Mon esprit venait de se fixer sur une pensée précise. Mon filleul ! Il me manquait tellement… J’adorais passé du temps avec ce petit bout chou ! D’ailleurs, Blandine, son mari et mon neveu adoré étaient venus à la maison deux semaines avant que cette fichue guerre ne débute. C’étaient la dernière fois que je les avais vus ! Par contre, j’avais pu parler à ma sœur avant que le réseau ne soit réduit à néant… Je lui avais dit où je me rendais et avais espérer qu’on puisse s’y rejoindre ! Mais ce rêve n’était-il pas une folle illusion ? Allais-je revoir un jour ce petit bonhomme que j’aimais tant ? Ma sœur ? Mon beau-frère ? Mes pensées s’égarèrent et mon regard se voila face à cette dure réalité ! Réalité qui me disait, ou plutôt qui me criait que j’ignorais complètement ce qu’était devenu ma sœur et sa petite famille ! Ce genre de pensées n’était pas celles qui m’empêchaient de dormir, elles étaient celles qui me faisaient me réveiller en sueur parce que j’avais fait un cauchemar représentant Blandine, son mari et Enzo morts ! D’ailleurs, la mélatonine m’aiderait à ce sujet mais je rayais cette idée de ma tête de suite…

Je fus ramené à la réalité par Alexandre de façon brutale ! J’en aurais presque oublié sa présence… Il voulait voir quoi ? Ah oui… Les fameuses photos !  Je ne répondis rien et fouillais dans la valise à côté de moi. J’en sorti un album qui ne contenait que des photos de mon neveu de sa naissance à sa dernière visite et je me saisis également d’une pile de photographies non classées. Ces dernières étaient variées et de dates plus ou moins récentes. Je posais le tout devant mon frère après mettre décalé sur le canapé pour me rapprocher légèrement de mon cadet.
Je me raclais légèrement la gorge avant de donner quelques explications à Alexandre sans savoir si cela allait vraiment l’intéresser.



- Dans l’album y’a de des photos d’Enzo… Et les photos en vrac c’est un peu de tout ! Y’a des anciennes, des récentes… certaines faites au boulot, chez Blandine, etc. enfin, tu verras bien.


Pour ma part je ne regardais pas vraiment les clichés. Pour commencer, je les connaissais par cœur et ensuite cela me déprimait ces derniers temps ! Je me servais alors un autre verre et secouais légèrement la bouteille en fixant mon frère.


- Enfin… Si tu compte prendre un des cachetons que je t’ai filé après et bien c’est mort pour le deuxième verre, déclarais-je. A toi de voir !




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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Ven 18 Oct - 12:09

Parce que la nuit porte conseil et qu'un frère est un soutien !




J’avais pris le temps d’expliquer posément à Emmanuel le pourquoi de mes bagarres, ou plutôt son absence de pourquoi. Je n’étais pas vraiment un enfant gâté, ou alors seul mon QI de base était responsable de cet état, mais je me comportais comme tel en général. Je voulais, alors je me débrouillais pour avoir, et dans les plus brefs délais si c’était possible, rien de plus mais rien de moins non plus. Pourquoi fallait-il toujours de bonnes raisons pour frapper quelqu’un ? C’était tout de même aberrant comme concept, et pourtant, je le mettais toujours en pratique, pour la simple raison justement que je ne voulais pas culpabiliser. En soi, c’était juste des tentatives de me convaincre que j’étais mauvais sans vraiment l’être qui s’imbriquer les unes dans les autres, avec une complexité croissante. Je frappais une personne, je savais, en soi, que c’était sans raison mais je m’évertuais à m’auto-convaincre que j’avais raison, et une fois cela fait je tâchais de convaincre les gens pour achever de me convaincre moi-même, sachant que toute l’opération m’assurait qu’avec autant de tentative de me convaincre je ne pouvais que me certifier à moi-même que je n’étais pas dans mon bon droit, et que j’étais seulement qu’un beau crétin hyperactif et violent qui ne savait pas contrôler son envie de se battre. Joie. C’était vraiment compliqué, et je me perdais tout seul, comme un grand.

- Effectivement… tes raisons ne sont pas valables pour le clampin que je suis. Mais c’est bizarre ! J’avais toujours cru que l’armée était connue pour sa discipline de fer et que les militaires devaient se plier aux ordres de leurs supérieurs sans les discuter.

Lol. Emmanuel avait vraiment un don certain pour mettre les pieds dans le plat. Il avait aussi un don certain pour la vexation, que nous partagions en bons frères que nous étions. Oh, mais je n’avais pas spécialement voulu le viser lui quand je parlais de clampin, ce qu’il pouvait être susceptible ! Okay, je l’avais compris dans le groupe des crétins, mais c’était presque affectueux, comme remarque, rien de plus. Et rien de moins. Il était plus bête que moi, c’était donc un clampin, et un crétin. Même si chez moi les deux termes se rejoignaient. J’enterrai brièvement la hache de guerre, pleinement réveillé à présent et avec beaucoup moins envie de dormir (c’était bien comme combo, même si je gardais dans un coin de ma tête le fait que ce n’était pas non plus vraiment l’idéal pour moi étant donné que j’avais besoin de sommeil). J’enterrai la hache de guerre, donc, en lui demandant des photos d’Enzo, que je n’allais très probablement plus jamais revoir de tout le reste de ma vie, reste qui risquait de s’avérer légèrement beaucoup très court. « Youhou, tu dors ? » En parlant de dormir, mon frère s’était plongé dans ses pensées (sûrement ch#antes au possible et donc endormantes), et je venais de l’en faire sortir par mon injonction. Il fouilla en silence dans la petite valise-malle-au-trésor, pour en sortir un bloc de papiers brillants que j’identifiai comme des photos. Et bien, il ne connaissait pas le concept de rangement ? Aurions-nous donc plus d’un point commun ? J’attrapai la pile, et m’aperçus au passage que mon frère s’était décalé sur le canapé pour se rapprocher de moi. Je commençai à les feuilleter alors que mon frère se raclait la gorge et jouait à la voix OFF. Ou presque. Je l’écoutais d’une oreille distraite en apparence, mais j’étais bien plus à l’écoute de ce que pouvait raconter Manu que ce qu’il pouvait croire :

- Dans l’album y’a de des photos d’Enzo… Et les photos en vrac c’est un peu de tout ! Y’a des anciennes, des récentes… certaines faites au boulot, chez Blandine, etc. enfin, tu verras bien.

J’haussai les épaules en regardant mon neveu empiler consciencieusement des cubes de couleur les uns sur les autres. Mon frère me resservit un verre, et je tendis la main pour le boire. Mon mouvement fut stoppé par la voir de Manu, rendant visiblement le fait qu’en fait, et bien…, je ne l’ignorais pas autant que je voulais le faire croire :

- Enfin… Si tu compte prendre un des cachetons que je t’ai filé après et bien c’est mort pour le deuxième verre. A toi de voir !

Je tournai la tête vers mon frère, saisissant insolemment le verre, avec un sourire aux lèvres :

« Sérieux ? Et je risque quoi si je fais le combo ? Je vois des éléphants roses dans mes rêves ? »

J’étais loin d’être quelqu’un de mature, j’étais loin, très loin, d’être quelqu’un de sensé. Alors il ne fallait pas qu’Emmanuel compte sur moi pour lui obéir au doigt et à l’œil, surtout s’il me demandait de faire un choix entre boire et dormir. Je ne pouvais pas choisir entre les deux, puisque là, tout de suite, je voulais boire, et que dans une heure, j’allais vouloir dormir. Je trempai mes lèvres dans le verre, continuant à une main de tourner les photos posées sur mon genou. Enzo, Enzo, Blandine, son mari, Enzo, encore. Tiens, il y avait une photo de toute la petite famille. Et une autre avec Emmanuel qui jouait avec Enzo. Comment faisait-il pour être aussi… naturel avec les mioches ? Certes, c’était son boulot mais quand même, il ne fallait pas exagérer ! J’étais terrifié à l’idée de casser le petit truc si je le serrais trop fort, et puis… je tournai la photo et l’apparition d’une rousse, d’une rousse dans les bras de Manu, me tira un froncement de sourcil. Qui était-ce ? Qui était cette fille ? Qu’est ce qu’elle faisait là ? Mon froncement de sourcil s’évapora rapidement pour se transformer en rire, et je montrai la photo à Manu :

« Soit Blandine s’est teint les cheveux, soit Enzo ne ressemble pas du tout à mes souvenirs, soit tu as mal trié tes photos ! C’est qui ? »

J’avais besoin de mettre un nom. Il avait parlé d’une Claire, c’était elle ? Ou était-elle maintenant, avais-je dis une bêtise ? Ma première réaction avait été la jalousie – j’étais assez possessif et protecteur aussi étonnant que cela pouvait paraître (appuyons toutefois sur le possessif : on m’avait piqué mon frère.), ma deuxième réaction en revanche était le déni total de ce que sous entendait ma première réaction, et donc le masquage de cette réaction : je simulais à moitié l’Alexandre rieur, qui venait de découvrir un secret de son grand frère, secret qui n’en était pas vraiment hein. Je rajoutais un petit commentaire, avec un regard malicieux – et semi-éloquent – à Emmanuel :

« C’est Claire ? »

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Sam 19 Oct - 15:17

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !



Je ne savais pas si c'était une idée mais plus les minutes passaient et plus il me semblait que mon frangin oubliait qu'il était venu ici pour trouver une solution pour dormir ! En effet, une discussion avait commencé pour déterminer le pourquoi du comment il frappait constamment des gens... Toutes les raisons qu'Alexandre avait évoquée ne m'avaient, comme toujours, absolument pas convaincues ! Non mais franchement... Frapper un médecin qui s'inquiétait pour sa santé ! Il n'y avait bien que mon frère pour agir de la sorte. Et c'était pareil concernant le fait qu'il avait cogné sur un gradé... c'était tout simplement stupide ! Tout ceci, je le pensais mais le gardais pour moi... Je ne voulais pas d'une nouvelle embrouille puisque que celle de la semaine dernière avait été si « violente » qu'elle était encore bien gravée dans ma mémoire. Je m'étais donc contenté de sous-entendre mes pensées mais j'étais certain que mon cadet les aurait compris.
Il prit la décision de ne rien répondre et cela ne fut pas plus mal ! Je n'étais pas encore assez réveillé pour tenir tête à mon frère... ou plutôt devrais-je dire que j'étais légèrement endormi puisque que je n'avais pas fermé l'œil de la nuit et que la visite impromptue de mon frère m'avait empêcher de me remettre au lit. Bien sûr je ne m'en plaignais pas car j'étais ravi que mon frère décide de m'accorder une bride de confiance assez grande pour le faire venir jusqu'à moi me demander de l'aide. D'ailleurs, même si j'avais ramé à trouver une solution, j'étais parvenu à trouver un moyen qui permettrait à mon frère de dormir !

Alexandre avait ensuite décidé de s'intéresser à notre famille puisqu'il m'avait demandé des photos... A ce moment là, la fatigue mêlée aux souvenirs d'avant guerre m'avait fait m'égarer dans mes pensées ! Je m'étais souvenu à quel point je craignais de ne plus revoir ma sœur et son adorable petite famille... en particulier mon filleul Enzo. J'avais été ramené à la réalité par mon frère qui s'impatienta en me demandant si je dormais ! J'aurais eu envie de l'envoyer bouler mais je n'en fis rien... Il n'était pas dans ma tête et ne pouvait donc pas savoir quelles lugubres pensées me traversaient l'esprit. Je lui avais donc donné l'album et les photos en vrac avant de me resservir un verre et de lui secouer la bouteille devant le nez. Comme il ne me répondait pas de suite, je choisis de lui en servir un autre en me disant qu'il ne prendrait pas un cachet cette nuit. C'était trop risqué et puis, l'alcool lui-même le ferait peut-être s'endormir.
C'est alors que mon frère décida de sortir une énième c#nnerie ! Il me demanda si j'étais sérieux quant au fait qu'il ne fallait absolument pas mélanger ces cachets avec de l'alcool... et il plaisanta même en me demandant s'il allait voir des éléphants roses ! J'eus une envie soudaine de lui en coller une mais je me contentais de le regarder en secouant la tête avec un air las.



- Alexandre ! Si tu fais ce genre de mélange, tu ne risqueras plus de voir grand chose, déclarais-je en le regardant avec sérieux. Sinon, ce que tu verras ce sera du Paradis... ou, vu les conneries que tu t'obstines à faire, des Enfers ! dis-je en affichant un sourire ironique. Enfin, plus sérieusement, tu t'amuse pas à mélanger ces médocs avec de l'alcool ! J'ai pas envie d'être accusé d'homicide involontaire moi...


Sûr qu'il ne fallait pas qu'il arrive quelque chose à mon cadet à cause des médocs que je venais de lui filer car je ne pourrais jamais m'en remettre. Je l'observais ensuite regarder les photos et lui donnais quelques informations... Pas trop non plus car je savais que cela aurait le don de vite agacer mon frère ! Je bus donc une gorgée de mon verre tout en tentant de chasser les pensées qui étaient en train de m'embrouiller l'esprit. Du coup, je ne faisais plus vraiment un cas de mon frère mais ce dernier était occupé à regarder les clichés alors il devait bien s'en ficher que ne fasse plus attention à lui...
Cependant, ce dernier se remit à parler et je ne compris absolument rien à ce qu'il disait... Je relevais alors la tête et bloquais sur la photo qu'il me montrait. J'étais en compagnie de Claire et nous étions tous les deux heureux... Après un rapide coup d'œil discret dans la valise, je me rendais compte que deux piles de photos s'étaient mélangées.
« Et m#rde ! Fallait que le frangin tombe là-dessus » J'observais alors la photo en silence tout en me demandant combien de clichés de Claire se trouvait dans le tas qu'Alexandre tenait dans ses mains. A vrai dire, c'était peut-être c#n de penser ça mais mon frère se fichait de ma vie et je ne voulais pas qu'il en prenne connaissance au travers de tous les clichés quotidiens, de vacances, etc. que j'avais fait avec Claire. Mon cadet me demanda alors si la rouquine était Claire. Je hochais la tête et buvais une autre gorgée de vodka...


- Oui, c'est bien Claire ! C'est vrai que tu ne l'as jamais rencontrer toi, répondis-je en reprenant le cliché. Enfin, je pense pas que ça t'intéresse... Je vais te filer les photos de la famille !


Je tendais donc la main pour que mon frère me file le tas de clichés afin que je puisse le trier... Cela m'éviterait de parler de Claire même si le simple fait de voir son visage sur papier glacé n'allait pas être simple. J'avais même déjà posé la première photo de la rouquine dans la valise et j'attendais de pouvoir faire de même avec les autres.




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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Lun 21 Oct - 13:09

Parce que la nuit porte conseil et qu'un frère est un soutien !




Emmanuel n’était pas très malin par moment. Franchement. Me resservir un verre, me proposer des somnifères, puis me dire que je n’allais pas pouvoir cumuler les deux, c’était sadique. Et surtout c’était idyllique de croire que j’allais l’écouter, quand bien même j’étais parfaitement conscient qu’il ne fallait pas rire avec tout ce qui était médocs et contre-indications. Mais il avait une nette différence, chez moi, entre avoir conscience de (ce qui était très fréquente) et être raisonnable (ce qui l’était beaucoup moins, étrangement). Emmanuel, donc, ne goûta que très peu à la plaisanterie, puisqu’il ne put s’empêcher de faire son gros relou de grand frère :

- Alexandre ! Si tu fais ce genre de mélange, tu ne risqueras plus de voir grand-chose. Sinon, ce que tu verras ce sera du Paradis... ou, vu les conneries que tu t'obstines à faire, des Enfers ! Enfin, plus sérieusement, tu t'amuses pas à mélanger ces médocs avec de l'alcool ! J'ai pas envie d'être accusé d'homicide involontaire moi... « Homicide involontaire, carrément ? C’est trop énorme ! Faut que je tente le coup attends ! »

Mon petit sourire gamin était censé rassurer Emmanuel : si j’avais eu par moment l’idée que le suicide pouvait être la solution de facilité, j’aimais bien trop les défis pour m’abaisser à un tel… hum… à une telle solution simplette. Je faisais dans le haut de gamme de connerie, moi. Vraiment. Je ne voulais pas m’abaisser à adopter des méthodes de gamin, ou autre. Je feuilletai les photos à nouveau, me reconcentrant sur les clichés et les scènes de vie qui y étaient plus ou moins immortalisées. Sauvegardées pour un temps incertain, pouvions nous dire pour être plus précis. Parce que sincèrement, on ne pouvait pas dire que imprimer une fraction de la réalité et de ce qui avait été sur du papier était conserver la mémoire d’un instant pour toute l’éternité. Un jour, apparemment assez proche, nous allions tous crever, et cette photo allait cramer avec nous dans un grand feu de joie. Alors pour l’immortalité, on pouvait repasser…

Je m’arrêtai sur une photo qui ne représentait ni mon neveu, ni pas sœur, ni mon beau frère, mais bel et bien une rousse qui était totalement inconnu à mon bataillon de neurones et qui, visiblement, était assez proche de Manu. Est. Etait. Quel était le temps à employer déjà ? Mais surtout : qui était cette fille ? J’interrogeai, rieur, Manu, en hasardant un prénom qu’il avait prononcé un peu plus tôt lorsqu’il parlait de ses médocs.


- Oui, c'est bien Claire ! C'est vrai que tu ne l'as jamais rencontrer toi. Enfin, je pense pas que ça t'intéresse... Je vais te filer les photos de la famille !

« Comment ça, tu penses que ça ne m’intéresse pas ? Et comment que ça m’intéresse ? Tu es mon frère tout de même ! »

Ca m’avait échappé. C’était parti tout seul, vraiment, sans que je ne puisse y faire quoique ce soit pour contrôler le tout. C’était venu tout seul, c’était sorti tout seul, et je le regrettais sans le regretter. Parce que bon, revendiquer Emmanuel comme mon frère, ce n’était pas quelque chose qui me prenait tous les jours, et encore moi de manière si affirmée. Et si… personnelle ? D’habitude, c’était du genre « tu es bien mon frère, toi », quand il faisait une connerie facilement qualifiable de alexandrisme. La, je m’étais exclamé qu’Emmanuel était mon frère dans le sens où sa vie m’intéressait. Une grande première. Parce que le pire, c’était que contrairement à ce que je pouvais l’amener à croire en temps normal, ça m’intéressait vraiment. Je fis fonctionner un peu mes neurones.

« Vous êtes plus ensemble, c’est ça ? Elle s’est barrée, tu as eu du mal à le supporter, et on t’a filé des médocs parce que tu t’investissais trop dans ton job »

Dans ton job à la c#n. Je m’étais retenu de justesse. Parce que bon, voilà, Alexandre, tu étais doué pour mettre les pieds dans le plat. D’une voix étonnement… hum… l’adjectif était tellement rarement employé pour qualifier quelque chose provenant de moi que j’avais du mal à le trouver, d’une voix étonnement fraternelle, je rajoutai, en le regardant dans les yeux, sans mon masque habituel de dédain. A croire que ça jouait :ma voix devint légèrement plus grave, quittant cet enrobage immature qui l’accompagnait habituellement pour ma plus grande joie (et ce n’était pas ironique !) :

« Ca va ? »

Question sincère, question inquiète, question pour la première fois pleinement adressée à mon frère. Moi je supportais bien le climat actuel, ou du moins je m’évertuais à bien le supporter avec mon système psychologique assez particulier, mais mon frère… mon frère avait toute l’empathie pour les autres que je n’avais pas eue. Je ne me souciais que de moi, j’avais souvent l’impression qu’il se souciait de tout le monde sauf de lui. J’écartai la pile de clichés de sa main, la posant à côté de moi, mais pas à côté de lui, hors de son atteinte. Bon au moins c’était clair, maintenant, et même doublement clair vu qu’on allait aussi parler de Claire – à cet instant, je l’avoue, je me sens très drôle – et la question du « boire ou dormir » ne se posait plus : il n’était pas question que je décroche avant qu’il ne me réponde. Et je pouvais être très, très, très patient dans ces cas là, si on ne me décrivait pas comme insupportablement têtu.


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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Mar 22 Oct - 15:03

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !



Connaissant mon frère j'aurais me douter qu'il prendrait mes propos à la la rigolade ! J'aurais mieux fait de m'abstenir de lui filer le flacon de médocs de suite puisqu'il avait déjà bu un verre. Oui ! J'aurais du faire preuve de jugeote et réfléchir ce qui m'aurait permis d'en conclure qu'il aurait mieux valu que je lui donne l'un ou l'autre et pas les deux ! Mais c'était trop tard maintenant... Je ne pouvais pas revenir en arrière !
Une nouvelle fois je levais les yeux au plafond lorsqu'il trouva mes propos amusants et tentants ! Mais oui bien sûr... Faire accusé son frère d'homicide involontaire c'était l'éclate. Il y avait vraiment des moments où je me disais que mon cadet devait avoir un cerveau qui fonctionnait à l'envers ! Enfin... Il voulait se marrer et bien rigolons... Après tout, son sourire avait été là pour me rassurer non ? Parce que je n'avais pas envie d'apprendre que mon frère avait des envies de suicide ! Le fait qu'il était taré me suffisait amplement...



- J'suis pas certain que les prisons de maintenant soient aussi confortables que durant l'avant guerre... Donc, si tu pouvais t'abstenir, ce serait sympa ! La compagnie des rats dans un cachot n'est pas ce que j'envisage...


Non, vraiment je n'avais pas envie d'avoir à faire à la justice maintenant que la guerre était présente ! Pourquoi ? Tout simplement parce que ce ne savais pas ce que pourrait donner un jugement pour homicide involontaire s'il avait lieu. Et puis qui jugerait ? Les militaires ? Peut-être puisqu'ils avaient quasiment la main mise sur la ville... Bref, je ne cherchais pas plus longtemps car j'osais croire que mon frangin ne jouerait pas au c#n ! Mais pour le moment je n'aurais pas de réelles réponses sur ce point car Alexandre voulait voire des photos de famille.
Je lui en avais filé sans faire attention au fait que deux piles de clichés s'étaient mélangées et qu'il avait ainsi entre les mains des souvenirs de famille mais aussi d'autres plus personnels ! Oui, certaines photos prouvant ma relation avec Claire avaient finies entre les mains de mon cadet. Cela sembla l'amuser mais ce n'était pas mon cas ! Je ne laissais cependant rien paraître et disais alors à mon frère que j'allais faire le tri pour lui donner ce qu'il m'avait demandé... Bah oui ! Le connaissant, il devait se f#utre royalement de ce que j'avais pu vivre avec ma jolie rouquine.


« Hein ? » Voilà la pensée qui m'avait traversé l'esprit et que j'avais prononcé à voix haute sans m'en rendre compte lorsque mon cadet m'avait répondu. Je le regardais surpris car je l'étais et pas qu'un peu... Oui, j'étais son frère ! De mon côté je l'avais toujours su et je ne l'avais jamais nié... Mais qu'Alexandre me sorte que ma vie l'intéressait parce que j'étais son frère me laissa sans voix ! C'était la première fois que je l'entendais me dire ça.


- Bah tu voulais voir des photos d'Enzo, parvins-je à articuler. Et comme tu n'as pas connue Claire...


« … Et que je n'ai pas envie d'en parler ! » Oui, c'était pour ça que je voulais qu'il me rende mes clichés pour que je les tries... Je n'avais pas envie de mettre mon histoire avec Claire sur le tapis ! J'avais été tellement bien avec elle que j'avais eu du mal à accepter la rupture qu'elle m'avait imposé... D'ailleurs, j'avais tout simplement cessé de penser à la jeune femme pour ne pas me torturer l'esprit ! C'était mieux ainsi... Et puis penser à elle me ramenais à penser au problème que j'avais eu et dont elle s'était rendue compte.
C'est alors qu'Alexandre me sortit de mes pensées pour se lancer dans une hypothèse qui s'avéra quasiment juste. Mais avec quelques erreurs ! J'avais tellement voulu assurer auprès des gamins et faire le plus de gardes possible
que j'en étais venu à prendre des médocs auxquels je n'aurais même pas du avoir accès. Ils m'empêchaient de dormir et j'arrivais à assurer un max en les prenant... Le problème était qu'ils avaient tellement déréglé mon horloge interne que j'avais du mentir et me faire prescrire des somnifères car je n'arrivais plus à fermer l'œil. Voilà quelle était la vérité ! J'avais jouer au con juste parce que je ne supportais plus de voir des enfants souffrir... alors que je savais que je ne pouvais pas tous les sauver ! Claire me l'avait répété mainte et mainte fois mais ça n'avait rien changé. Était-ce cela qui l'avait fait partir ? Peut-être ! J'étais trop accaparé par mon boulot selon elle...

Repassant vite fait tout ça dans ma tête, je vins à me dire que je devrais faire croire à mon frère qu'il avait vu juste ! Au moins, il ne me poserait plus d'autre question... Aussi, je marmonnais un
« Ouais, c'est à peu près ce qui c'est passé » et n'ajoutais rien de plus ! Je n'étais pas aussi doué que lui pour le mensonge et je craignais qu'Alexandre s'aperçoive que j'essayais de le berner... Dans un tel cas, il me harcèlerait de questions pour connaître toute l'histoire et il n'avait pas besoin d'être au courant des problèmes que j'avais pu avoir et qui étaient réglés non ? Oui. Enfin peut-être !
Mais l'attitude de mon cadet changea et il me demanda d'un ton sérieux, sans aucune trace d'ironie, si ça allait !
« Mais qu'est-ce que tu m'fais Alex ?! Non, non, tu dois te foutre de moi et c'est mon rôle de me soucier de toi... Pas l'inverse ! » J'ouvris la bouche étonné et ne dis rien... Qu'est-ce que je pouvais lui répondre ? Il avait lu dans mes pensées ou quoi ?! Je bus une gorgée de mon verre et regardais la pile de photos qu'il avait posé hors de ma portée. Je le regardais alors dans les yeux...


- Bah vu le contexte, je vais pas me plaindre, répondis-je sans vraiment répondre. J'ai un toit au-dessus de la tête et je vais bientôt commencer à bosser. En plus c'est toi qui n'arrive pas à dormir !


« Et moi aussi ! » Mais ça il ne le savais pas ! J'avais choisi de parler de lui car mon frère aimait bien être le centre d'intérêt non ? Et j'avais aussi fait allusion au présent pour ne pas avoir à évoquer le passé...




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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Mer 23 Oct - 11:33

Parce que la nuit porte conseil et qu'un frère est un soutien !




« On dit comment ? ou plaît-il ? quand on est poli, d’après mon frère, tu sais ? » maugréai-je devant son « Hein ? » interloqué. Qu’y a-t-il de si étonnant ? Que je te demande de m’en raconter plus ? Que je proclame au monde – et aux meubles de la pièce – que tu es mon frère ? J’étais non pas perdu, mais intrigué quant aux réponses qu’il aurait pu donner à ces questions si je les lui avais posées. - Bah tu voulais voir des photos d'Enzo, et comme tu n'as pas connu Claire... Et alors ? Quel était le rapport ? « Et alors ? C’est quoi le rapport ? » Je lui lançai un regard éloquent quant à la débilité de ses propos. J’avais envie d’en savoir plus, j’avais envie d’en savoir plus, point final. Et s’il refusait de me donner plus de données, j’allais devoir faire des hypothèses. Des hypothèses que je partageai aussitôt avec lui.

]« Ouais, c'est à peu près ce qu'il s'est passé »

Je considérai son attitude, sa voix, sa posture, le marmonnement qu’il m’avait servi, et j’eus la certitude qu’il se foutait de ma g#eule et qu’ainsi, il me mentait. Le fourbe. L’idiot : surtout. Il se foutait ouvertement de moi, n’avait pas envie de s’étendre sur le sujet, et surtout, aussi, il avait oublié que j’étais loin, très loin, trop loin, ça va les chevilles ? d’être stupide. Je lui demandai très sérieusement comment il allait, pour obtenir une réponse aussi sincère qu’immédiate et complète. Les phrases les plus simples étaient toujours les plus véridiques. Lorsqu’on commençait à produire de longues phrases, avec des inclusions, des parenthèses, des points virgules, et a parte, on était bien souvent dans l’enfumage et le mensonge le plus évident. Emmanuel prit son temps pour me répondre. Et me sortit une phrase complexe. En gros, il mentait, ou ne donnait qu’une partie de la vérité.

- Bah vu le contexte, je vais pas me plaindre. J'ai un toit au-dessus de la tête et je vais bientôt commencer à bosser. En plus c'est toi qui n'arrives pas à dormir !

Je me laissai aller contre le fauteuil dans un soupir.

« Bon, okay. Je ne sais pas où tu es allé paumer tes trois neurones, mais je vais te rappeler des règles simples : tu ne sais pas mentir, tu ne peux pas embrouiller quelqu’un qui passe sa vie à embrouiller les autres y compris lui-même, et tu vas me dire fissa la vérité. Parce que tu ne peux pas bien aller : tu m’as retrouvé moi, et pas Blandine ou Enzo ou… Claire. D’ailleurs en parlant d’elle, qu’est-ce que j’ai pas dit ? Et où est ce que j’avais faux ? » Je le fixai droit dans les yeux avant de reprendre : « Tu sais que j’aime pas les devinettes »

Oh, ça, pour ne pas les aimer, je ne les aimais pas, les devinettes. Pas le moins du monde : lorsqu’elles me résistaient plus de dix minutes. Je n’étais pas quelqu’un de particulièrement patient lorsque quelque chose me résistait – même si parfois mon obstination pouvait avoir la tête d’une patience à toute épreuve – et je m’acharnai lorsque ça arrivait pour résoudre l’énigme qui osait me tenir tête. Lorsque j’étais dans de bons jours. Lorsque j’étais dans mes mauvais jours, j’envoyais tout valser pour aller faire autre chose de constructif – comme taper dans un sac de sable – et je m’occupais ainsi physiquement pour ne me concentrer mentalement qu’au problème insoluble. En gros, si Manu ne me donnait pas une réponse satisfaisante, il devait savoir très bien que j’allais me prendre la tête jusqu’à avoir le fin mot de l’histoire. Je devais avoir douze ans lorsque j’avais passé deux mois bloqué sur un bête problème mathématique sur lequel j’étais tombé en feuilletant un livre de Blandine, et ces deux mois avaient été particulièrement violent de mon côté, ma frustration face à l’échec se ressentant dans mon comportement devenu plus qu’ingérable. J’avais expliqué le pourquoi de ces deux mois particulièrement horribles - ponctués bien évidement de renvois temporaires puis du tant attendu renvoi définitif – à mon frère qu’il y avait de cela quelques mois et il devait encore l’avoir en tête. Pour finir la petite histoire, j’avais en fait trouvé dès le premier jour la bonne solution mais, l’ayant faite de tête, j’avais fait simplement une toute petite erreur de calcul… C’était d’ailleurs pour ça que j’avais poussé au maximum mon calcul mental après ça, pour ne plus jamais connaître la frustration immense de savoir que j’avais raison sans que mon résultat ne puisse le prouver.
Petite erreur de calcul.
Petite erreur de calcul
[right]Petite erreur de calcul[right]

« Tu es parti de Paris à cause de Claire, de ton boulot, des enfants, ou du cumul des trois qui t’ont fait exploser mentalement, Manu ? »

Que m’avait-il dit sur Neker déjà ? Et sur Claire ? J’avais l’impression de jouer au cluedo. Je feuilletai les photos rapidement, les enregistrant dès que mes yeux se posaient dessus, pour chercher un indice. Malheureusement, il y avait quand même nettement plus de photos d’Enzo et Blandine que de Rouquine première. Je m’arrêtai rapidement sur une photo représentant mon frère et Claire en train de s’embrasser et mes yeux leur substituèrent Valentine et moi. J’étais injuste d’enquêter ainsi sur mon frère et son ancien couple, alors que je ne lui avais rien dit sur Valentine. Je fis un lien étrange entre les somnifères, qui avaient été prescrits pour lui m’avait-il dit, et le fait que seuls les bras de Valentine me permettait d’embrasser un sommeil reposant, le sommeil du juste ?

« Toi aussi, c’est dans les bras de ta copine que tu dors tranquille, et c’est pour ça que tu as eu besoin de somnifère ? En partie ? »

Toi aussi. Tu es stupide, Alexandre : espère à présent que Manu ne va pas le relever, ce qui serait idyllique. Et ce qui est utopique.

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Mer 23 Oct - 22:31

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !



Voilà que mon frère me donnait des leçons de politesse... Si je n'avais pas été assis, j'en serais tombé le cul par terre ! L'espace d'un instant, j'en oubliais même le sujet de notre conversation et souriais. Il m'arrivait parfois, souvent même, de me demander combien de personnalités habitaient le corps de mon cadet. Car j'avais du mal à croire qu'il puisse être tout seul dans sa tête ! Bref, je le fixais et enchaînais quant à ce qu'il venait de me dire.


- Mille excuses Alex, c'est sorti tout seul... A vrai dire, je ne voulais que le penser, déclarais en toute sincérité.


Cependant, même après m'être excuser je trouvais tout de même surprenant que mon cadet ait clamer haut et fort que j'étais son frère ! Il ne l'avait jamais fait et cela me toucha... Non, je n'étais pas émotif mais ces dernières années j'avais commencé à avoir des doutes quant aux liens qui m'unissaient à Alex. Le souci n'était pas venu de moi mais de lui... J'avais parfois eu l'impression d'être un étranger à ses yeux ! Visiblement, je m'étais trompé mais il était indéniable qu'il s'était toujours fichu de ma vie...
Je sortis de mes pensées lorsqu'il m'interrogea sur ce que je venais de lui dire ! Le rapport ? Bah il était simple à trouver non ? Alexandre n'avait jamais vraiment prêté attention à ce que je lui disais quand je l'avais au téléphone et que je voulais lui parler. Maintenant que je ne voulais pas remettre mon passé sur le tapis, voilà que ça l'intéressait... Pour le coup, j'aurais voulu qu'il me demande tout sauf ça.



- Bah le rapport Alex, et sans vouloir te vexer, c'est que tu es un tantinet égoïste ! déclarais-je en le fixant. Tu devrais être au courant de quasiment toute l'histoire que j'ai vécue avec Claire puisque je t'en parlais au tél... Je marquais une pause. Pourtant j'suis sûr que tu es incapable de me dire ce qu'elle faisait comme job où depuis combien de temps nous étions ensemble ! J'me trompe ?


Oui ! C'était bel et bien un test que je faisais passer à mon cadet... J'espérais qu'il parvienne à le réussir mais j'étais, dans le même temps, réaliste ! Jamais il n'arriverait à répondre à ces deux simples questions alors que Blandine m'aurait donné la date exact de mon premier rencart avec Claire !
Mon frangin me posa ensuite une question que je trouvais louche... Comment est-ce que j'allais ? Enfin... ça c'était une question plutôt banale mais c'était le ton qu'Alex avait employé et le visage qu'il arborait qui me semblaient étranges... Tellement pas Alexandre quoi !!! J'avais donc choisi de lui répondre sans lui donner vraiment une réponse en oubliant une chose primordiale ! J'étais un piètre menteur et mon cadet avait toujours repéré mes mensonges au moment même où je les prononçais. Cette fois-ci ne fut pas une exception ! Il me demanda alors clairement de lui dire la vérité et tint ensuite des propos qui me déplurent. Je ne pouvais pas aller bien car je l'avais retrouver lui et pas les autres ? C'était con de dire ça... Cependant, en répétant ses mots dans ma tête, je remarquais que c'était vrai. Je pris une inspiration profonde avant de pousser un soupir. Et à cet instant, Alex me regarda dans les yeux en me rappelant qu'il n'aimait pas les devinettes. Je soutins son regard sans sourciller...



- Oui, je m'en souviens. Et moi, ce sont les interrogatoires que je n'aime pas trop, répliquais-je. Mais tu vois, je fais avec ! Je marquais une pause. Mon ton avait été légèrement agressif à cause du simple fait que je ne savais pas quoi dire. Je tentais alors la vérité tout en décidant d'en cacher une partie. Oui, ça me tue de ne pas savoir où sont Blandine, Fabien et Enzo... et Claire ! rajoutais-je plus calmement en essayant de ne pas pensé à elle. Mais je perds pas espoir et puis je t'ai retrouvé toi et c'est déjà très bien je trouve, expliquais-je sincèrement toujours en fixant mon frère dans les yeux. Après, concernant Claire, je t'ai dit que tu avais vu juste, dis-je en observant mes mains. Elle a rompu un mois avant que je ne quitte Neker !


« Parce que je me défonçais aux médocs soit pour rester éveillé, soit pour dormir et que je l'avais légèrement zappé ! » D'ailleurs, j'en vins même à penser que si elle était morte, ce serait ma faute ! J'avais eu pour projet d'acheter ma maison pour elle... pour nous, pour que l'on  fonde une famille alors que dans le même temps je détruisais mon couple. Le pire c'est que je n'avais même pas essayé de la retenir alors que je mettais de l'ordre dans ma vie. J'avais été c#n... très c#n ! J'aurais dû la retenir, la ramener avec moi aux abords de Cherbourg... Donc, si elle était morte... ce serait ma faute ! Cette pensée, cette réalité me coupa presque la respiration mais heureusement, Alex était là ! Enfin, les paroles qu'il prononça ne furent peut-être pas les bonnes...
Je relevais la tête pour l'observer. Je ne voyais pas quoi lui répondre... Fallait-il que je tente le mensonge en risquant de me planter ? Ou devais-je dire une infime partie de la vérité... Je secouais la tête en signe de négation, plus pour moi que pour Alex.



- Oui, c'est ça... T'es content ? J'suis parti à cause du cumul des trois, lui balançais-je sans crier gare. Je marquais une pause en me rendant compte qu'il n'y était pour rien et apportais même une précision. Mais le vrai déclencheur de toute cette m#rde a été un cas particulièrement difficile que j'ai eu à suivre !


« Un cas ? C'est comme ça que je parle de la p'tite Alycia maintenant... Pff ! J'me dégoute ! Quoique mon frère ne la connaissait pas... Et alors ? Des excuses ! Voilà ce que c'est ! » Je n'avais pas remarqué que mon cadet avait recommencé à regarder les photos... Je le voyais sans le voir et j'émergeais lorsqu'il s'adressa de nouveau à moi pour me dire quelque chose au sujet de Claire et des médocs qui m'avaient été prescrits. Oui, dans les bras de la belle rouquine j'avais toujours bien dormi et tout aurait été parfait si je n'avais pas accumulé les gardes et que nos jours de repos avaient été les mêmes.
J'hésitais à lui répondre ça lorsque je percutais un truc... Le ''toi aussi'' !
«  Toi aussi, c’est dans les bras de ta copine que tu dors tranquille... » Je me répétais la phrase d'Alexandre dans la tête plusieurs fois. Elle était au présent en plus... Je le fixais avec curiosité et lui balançais mes questions de manière directe.


- Tu as une copine depuis quand ? C'est qui ?


Alexandre venait de m'offrir une sublime issue de secours ! Plus besoin de parler de mon passé puisque son présent semblait si intéressant...




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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Ven 25 Oct - 7:27

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- Bah le rapport Alex, et sans vouloir te vexer, c'est que tu es un tantinet égoïste ! Tu devrais être au courant de quasiment toute l'histoire que j'ai vécue avec Claire puisque je t'en parlais au tél… Pourtant j'suis sûr que tu es incapable de me dire ce qu'elle faisait comme job où depuis combien de temps nous étions ensemble ! J'me trompe ?

Okay, d’accord, pour le coup, il marquait une bonne tripotée de points en quelques phrases. Je savais qu’en cherchant bien dans ma mémoire, j’allais être capable de lui donner même la date de naissance de sa Claire adorée, mais pour le moment, j’étais bien incapable de lui donner la sienne. J’hésitais entre lui répondre avec insolence, ignorer sa question et lui laisser marquer le point, et chercher réellement la réponse qu’il me demandait. Qu’il attendait. Il avait le ton de quelqu’un qui me mettait au défi, et je ne voulais pas le laisser gagner cette manche. Je choisis la solution de sortie : lui poser une question telle qu’il allait oublier la sienne. Lui poser une question plus sérieusement que je ne l’avais jamais fait – si tant était que je la lui avais déjà posé un jour. Sa réponse, loin de me satisfaire, manqua de m’énerver. Je n’aimais pas quand Manu me prenait pour un idiot dans certains domaines en particulier la sincérité. Il croyait quoi ? Qu’il allait pouvoir me mentir tranquille sans que je ne m’en aperçoive ? Fou. Je lui fis remarquer que je n’aimais pas les devinettes, et sa réplique me fit clairement percevoir la tension qui habitait la pièce, et qui n’allait pas en s’amoindrissant. Chouette.  
- Oui, je m'en souviens. Et moi, ce sont les interrogatoires que je n'aime pas trop.  Mais tu vois, je fais avec ! C’était quoi, ça ? Un reproche ? Seul un haussement de sourcil pas le moins du monde désolé lui répondit : moi j’attendais la vérité. Qui arriva. Oui, ça me tue de ne pas savoir où sont Blandine, Fabien et Enzo... et Claire ! Au moins, je n’avais pas tort. Pas tort du tout. Il était heureux de m’avoir retrouvé, mais c’était simplement par défaut. Ce n’était pas de la vraie joie et je pouvais bien le comprendre. J’étais d’ailleurs le premier à le dire : ce n’était jamais une bonne nouvelle lorsqu’on devait se taper ma présence, non ? Mais je perds pas espoir et puis je t'ai retrouvé toi et c'est déjà très bien je trouve, Ca ne sert à rien de me regarder comme ça, Emmanuel : je n’ai pas besoin d’être rassuré, je sais très bien que tu ne le penses pas même si je n’entends que de la sincérité dans ta voix. Pour le coup, tu aurais pu apprendre en une fraction de secondes à me duper. Je ne te crois pas quand tu dis que c’est déjà bien. Après, concernant Claire, je t'ai dit que tu avais vu juste. Elle a rompu un mois avant que je ne quitte Neker !

Oui, mais ça ne me suffisait pas. Je ne voulais pas savoir que ça. Au moins, j’avais deviné : elle s’était barrée, pas lui. Et du coup, lui c’était barré. Sans nul doute que leur rupture avait entraîné d’une façon ou d’une autre son départ de Paris – d’ailleurs elle devait donc encore y être lorsque les bombes avaient rasé la ville lumière, note bien ça dans ta tête Alexandre – et sans nul doute que tout était lié. Je lui fis pas des hypothèses qui se chevauchaient dans ma tête, conservant sans sourciller mon ton inquisiteur.  
- Oui, c'est ça... T'es content ? J'suis parti à cause du cumul des trois. Mais le vrai déclencheur de toute cette m#rde a été un cas particulièrement difficile que j'ai eu à suivre !

Si j’étais content ? Comme jamais. Mon frère se confiait sans difficulté à moi, et j’étais pleinement attentif à ce qu’il pouvait me dire. Il devait savoir que lorsque j’avais ce regard, j’étais vraiment intéressé. Il devait savoir aussi que je n’allais pas lâcher l’affaire, il devait savoir que j’étais têtu, obstiné, et certainement le pire de nous deux – voire de la famille – dans ce domaine. Mais il ne devait pas connaître cette petite ride que mes sourcils plissés creusaient sur mon front : parce que je réfléchissais comme je ne me le permettais que rarement en présence d’un autre. Je réfléchissais comme devant un problème mathématique ardu. Je regardai les photos, lâchai sans y penser une remarque – que je regrettai aussitôt – sans quitter ma réflexion. Ce qu’il m’avait dit était décortiqué par mon esprit d’analyse, condensé en proposition logique avec des 0 et 1. Des vrais et des faux. Des et et des ou. Des opérateurs de démonstrations mathématiques.

- Tu as une copine depuis quand ? C'est qui ?

Sa question me frappa de plein fouet et me fit lâcher le fil de mes pensées une fraction de secondes. Mon visage froncé par la réflexion se détendit subitement par la surprise. Quoi ? Pardon ? Depuis quand mon frère faisait il des conclusions aussi justes sans s’embarrasser de… de… sans s’embarrasser de questions inutiles et futiles qui m’offraient des portes de sortie ? Réfléchi, Alex, réfléchi encore un peu. Mon visage s’illumina dans un sourire gêné, et mon regard se défila.

« Nan, pas une copine. Ca doit faire un mois. »

Ou pas. Je pris mon air le plus convaincant, le plus insolent, le plus joueur –un peu – avant de rajouter d’un ton moqueur, avant de me lever.

« C’est le garagiste du coin. On s’adore, je ne sais pas si tu l’as déjà rencontré. »

Je pris le parti de légèrement rougir, de me mordiller nerveusement la lèvre, avant de buter sur quelques mots pour raffermir ma position.

« Si tu pouvais éviter de trop le dire, j’suis pas du genre à m’exposer en public et Mickael non plus… »

Tu le mènes en bateau ? Et Valentine dans tout ça ? Il n’était pas question de parler de Valentine à Emmanuel. Je pouvais lâcher un bobard sans sourciller, mais pas question de lui dire la vérité. Ce n’était clairement pas ses oignons, ce n’était clairement pas ses affaires, et on s’en fichait que je vienne de passer les dix dernières minutes à forcer ses réserves pour qu’il me parle de sa vie privée. Il n’avait pas été suffisamment malin pour me mentir, et bien tant pis pour lui. Je raflai le flacon de médocs, l’agitant rapidement pour en tirer une gélule. Mon deuxième verre de vodka gisait, sur la table, presque entièrement rempli. Bon. Mensonge : fait. Simulacre de gêne : fait. Esquive finale pour le laisser réfléchir et extrapoler comme un grand : prochain objectif. Je fis un tour sur moi-même, manquant de me viander d’ailleurs, pour chercher une porte ou un lit.

« Bon, c’est pas tout, mais faudrait que je dorme. Pas fini mon deuxième verre, t’en fais pas Bro’. Je peux squatter une chambre de la baraque ? »

Fui, fui, cours, loin. Esquive et échappe-toi. Vu ma nervosité – pas tout à fait feinte il fallait se le dire – je croisais les doigts pour qu’il morde à l’hameçon. Et qu’il me laisse tranquille sur ce sujet. Parce que j’avais fait une bourde, et que je ne voulais pas lui parler de Valentine. Par principe. Je ne voulais pas que Valentine et Manu se croisent. Je ne voulais pas que deux facettes de ma vie s’entrechoquent, parce que j’avais la trouille de la casse qui s’en suivrait.

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Sam 26 Oct - 15:39

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !



Si j'avais souvent du mal à cerner mon frère il semblait que ce n'était pas son cas me concernant... Je n'avais pas envie de parler de cette fichue période avant-guerre mais par je ne savais quel miracle Alexandre avait réussi à obtenir un certains nombres d'informations me concernant. A vrai dire, il avait utilisé la bonne méthode... Celle qui consiste à deviner ! Il avait en quelque sorte prêché le faux pour savoir le vrai. Finalement, il me connaissait bien ! Il savait parfaitement que je n'aimais pas que l'on croit savoir des choses à mon sujet... Non, je préférais que l'on sache la vérité ! Dans la limite du convenable bien entendu. Et il était inconvenable, voir même inconcevable, que j'avoue à mon cadet les problèmes que j'avais eu et que ces derniers avaient été réglé sans l'être véritablement.
Pourquoi ne l'étaient-ils pas ? Tout simplement parce que je ne m'étais pas débarrassé des médocs que je prenais à Neker pour rester éveillé. Ils étaient soigneusement rangés dans mon sac et je ne pouvais me résoudre à les jeter malgré tout ce qu'ils avaient engendré. Cette pensée me fit soupirer sans que je ne m'en rende compte ! Il fallait vraiment que je cesse de penser à ça ou mes anciennes et mauvaises habitudes allaient me reprendre. Et maintenant que j'allais recommencer à bosser, il fallait que je zappe ça encore plus vite. « J'pourrais les ramener à la mairie... » Cette pensée était très bonne mais j'étais loin de vouloir l'appliquer !

Bref ! Tout ça pour dire que j'avais parlé sans en avoir réellement envie... J'avais même abordé un sujet dont je n'avais jamais parlé avec personne ! Cependant, il était impossible qu'Alexandre veuille en apprendre plus. J'avais déjà été étonné qu'il s'intéresse à moi mais de là à ce qu'il le fasse aussi avec une de mes petites patientes il y avait deux mondes ! Cette pensée me fit sourire... A vrai dire, c'était mieux pour lui de ne pas savoir ! Il était militaire et devait déjà voir assez d'horreurs. Je n'allais pas en plus lui raconter les ravages de la faute à pas de chance sur certains petits bouts qui gagnaient des victoires mais perdaient souvent la guerre ! Personne ne pourrait rester de marbre en entendant ce que j'aurais pu dire !
De nouveau, mon regard se voila... Trop de fantômes me suivaient comme des ombres ! J'avais trouvé le moyens de les faire disparaître... Et voilà que j'en revenais à ça ! Je passais ma main sur mon visage... Il fallait vraiment que je pense à autre chose et que j'échappe à ça ! C'est alors que mon frère me sauva sans même sans rendre compte. Volontairement, ou le connaissant, involontairement, il venait de m'annoncer qu'il avait quelqu'un dans sa vie. Je fus tellement ravi de trouver une porte de secours à mes pensées fantomatiques que je l'interrogeais de façon très directe. Sans aucune fioriture je lui demandais depuis combien de temps il était en couple et avec qui...

Apparemment, mon cadet fut surpris en m'entendant poser des questions aussi directes... Je le vis sur son visage et cela me fit sourire ! Et bien, je ne pensais pas que des questions simples et directes auraient cet impact sur lui... Alexandre sourit également mais d'une façon presque gênée et détourna le regard. Il déclara alors qu'il n'avait pas de copine mais rajouta que cela faisait un mois... Je m'attendais déjà à ce qu'il me dise qu'il avait une nana avec qui il s'envoyait juste en l'air ; un plan cul quoi ! Mais c'est à ce moment qu'il m'annonça avec un air on ne peut plus convaincant qu'il s'agissait du garagiste du coin, qu'ils s'adoraient, etc. Pour le coup c'est moi qui le regardais surpris...
Je n'entendis même pas ce qu'il me dit par la suite et je levais la tête pour le regarder alors qu'il s'était levé. C'était comme si j'attendais qu'il m'annonce que c'était une blague. Cependant, il n'ajouta rien de tel et c'est pourquoi je lui balançais un
« QUOI ? » retentissant... Étais-je choqué ? Bah oui... Mon frère était en train de me dire qu'il était homo ! Mais il était impossible que je réagisse comme ça si c'était vrai... Le truc, c'était s'il me mentait... Je choisissais alors de répondre d'une manière à laquelle il ne s'attendait sûrement pas ! Je faisais en sorte de continuer ma phrase mais sans relever son aveu...


- … Mais c'est un c#n ce type ! A se croire supérieur aux autres parce qu'ils sont de simples réfugiés...


Et voilà ! J'avais plus qu'à attendre de voir ce qu'il allait répondre à ça... Mais je continuais de ne pas croire en cette révélation plus qu'inattendue ! Cela venait-il plutôt du fait que je ne voulais pas y croire ? Je n'en savais rien mais je tentais un coup de bluff ! La façon dont il m'avait parlé m'avait laissé croire qu'il avait une copine. Peut-être était-ce bien le cas et que c'était par la suite qu'il avait décider de se ficher de moi...
Je repris alors de suite la parole de façon mi-sérieuse, mi-amusée.



- Dans ce cas, ça me fait un concurrent de moins, déclarais-je. Et puis il y a certaines demoiselles pas mal dans le coin. J'ai croisé une jolie blonde super sympa parmi les réfugiés... Je marquais une légère pause pour me souvenir d'une autre demoiselle que j'aurais pu croiser et m'en remémorais une. Et puis il y a cette charmante jeune femme qui vit chez le médecin... D'ailleurs, maintenant que j'y pense il faudrait que j'y retourne pour parler au doc, dis-je de manière très sérieuse.


Oui, il faudrait que je retourne voir le médecin pour obtenir plus d'informations quant à mon futur poste. Je ne savais pas exactement ce que j'allais faire et j'aimais me préparer à l'avance !
Alexandre me sortit de mes pensées lorsqu'il se saisit du flacon de médicaments que je lui avais donné un peu plus tôt. Immédiatement, je regardais son verre qu'il n'avait quasiment pas touché... Au même instant il reprit la parole pour me dire qu'il fallait qu'il dorme et me rassurer quant au fait qu'il n'avait pas bu son verre. Il fuyait la discussion ou quoi ? C'est l'impression que ça donnait... Une chambre ? Oui, mais il allait pas se tirer comme ça... Si ?



- Une chambre ? Oui, à l'étage... Mais t'as rien d'autre à ajouter ?


Bah oui quoi ! S'il avait dit la vérité, le ''J'suis homo puis je vais me coucher'' le faisait pas vraiment... Il était logique que j'en attende plus non ? Sinon comment pourrais-je  savoir ce qui était vrai ou pas dans ses propos ! Était-il en vraiment couple ? Si oui... avec une nana ou un mec comme il le prétendait ?




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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Dim 3 Nov - 12:57

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« QUOI ? » Son quoi retentissant faillit m’arracher un sourire, mais toute mon experience de bobards me servit enfin pour garder le visage sérieux, gêné, un peu rouge. Contre toute attente. - … Mais c'est un c#n ce type ! A se croire supérieur aux autres parce qu'ils sont de simples réfugiés... Ouais, zy’va ! Qu’est ce qu’il vient de faire, là, Manu ? Il vient de… Bon okay, en théorie, il venait de dire à haute voix ce que je pensais de Blanquette, mais si je commençais à hurler un « Oh yeah, les deux brother sont sur la même longueur d’onde ! » ça n’allait pas le faire sur le plan de la crédibilité. Réfléchis, Alex, réfléchis. Il te teste, il attend une réaction particulière. Il attend une confirmation. Vas-y réfléchis, tu es champion à ce jeu là. Réaction spontanée… Je réagis au quart de tour, serrai les poings pour fixer d’un regard noir mon frère. Il fallait juste que je me dise qu’il était en train de critiquer Valentine. « Ne parle pas d’e… lui comme ça ! » Sa voix mi-sérieuse, mi-amusée acheva de m’énerver, finalement. - Dans ce cas, ça me fait un concurrent de moins. Et puis il y a certaines demoiselles pas mal dans le coin. J'ai croisé une jolie blonde super sympa parmi les réfugiés... Et puis il y a cette charmante jeune femme qui vit chez le médecin... D'ailleurs, maintenant que j'y pense il faudrait que j'y retourne pour parler au doc, PARDON ? Il parlait de quel doc, là ? D’un clampin du coin ? Il parlait de qui, il parlait de qui bon sang, là ? Je serrai les poings et tournai le dos pour éviter de tout casser après avoir attrapé le flacon. « Tu fais ce que tu veux avec qui tu veux tant que tu touches pas à ce qui est mien, Manu. » Au moins, ma réponse avait le mérite d’être neutre. J’attrapai le flacon en arguant que je n’avais même pas terminé mon verre, et que je pouvais ainsi me permettre d’aller pioncer à l’aide de ses somnifères. - Une chambre ? Oui, à l'étage... Mais t'as rien d'autre à ajouter ? J’arquai un sourcil. « Bah quoi, à la base, j’te rappelle, j’étais pas venu ici pour que tu enquêtes sur ma vie, mais bien pour que tu m’aides à pioncer tranquille, parce que j’dois pas dépasser les quinze heures de sommeil sur toute la semaine, et que ça commence à faire lourd. Ou léger selon là où tu te places. » Au moins, la fuite était réelle. Dans tous les cas, dès qu’on me posait des questions trop personnelles, j’avais toujours eu comme principe la fuite, quelles que fussent les questions que l’on me posait. Je détestais parler de moi, dans le sens ou je détestais livrer quelque chose sur moi. Manu devait être le premier à le savoir. Quand j’étais gosse – enfin, plus gosse que maintenant – mes parents devaient m’engueuler et plus encore pour savoir si j’étais malade, lorsque j’étais réellement malade – ou pour savoir la raison de ma tristesse – lorsque je laissais paraître que j’étais triste. Je n’étais pas du genre expansif, pour me préserver tout autant que pour préserver mes proches de mes excès de colère ou autre. Moins t’en sais sur ce que je pense et ce que je ressens vraiment, mieux tu te portes. C’était mon dicton, et ma devise, et ma ligne de conduite parmi tant d’autres lignes de conduite. Je repris : « Qu’est ce que tu attends que je te dise, Emmanuel Méfie toi, Manu, quand je commence à t’appeler par ton prénom complet, ça veut dire que je ne mens pas. je vais pas te déballer ma vie amoureuse comme ça. J’ai pas envie d’en parler, j’ai pas envie que tu me juges, alors s’teu plait, bonne nuit, et lâche moi. Merci pour les médocs. »

Lorsqu’on m’appelait par mon prénom complet, Alexandre, généralement ça voulait dire qu’on était sérieux et qu’il fallait que je sois particulièrement attentif à ce que la personne allait dire. Et bien, la réciproque était vraie elle aussi. Pour le coup, ma vie amoureuse ne concernait pas mon orientation, mais plutôt le fait que moi, Alexandre, était en couple avec quelqu’un et le ne me juge pas ne concernait toujours pas mon orientation, mais toujours le fait que j’étais en couple avec quelqu’un alors que mes précédentes histoires amoureuses s’étaient soldées par des massacres en règle et que j’avais une fâcheuse tendance à frapper lorsqu’on m’énervait – et que frapper une fille était en général assez mal vu. Dans tous les cas, je fuyais. Ses questions, sa curiosité, ma culpabilité, ma gêne, ma fatigue, ma lâcheté dans cette situation. Je fuyais, et je n’en avais pas honte parce que c’était la solution la plus intelligente. J’entrai dans la première pièce, une chambre !, trouvée, et avalai sans eau une gélule prise au hasard. Pas envie de faire dans la dentelle et encore moins dans l’intelligent.

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Mer 6 Nov - 22:58

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !



Mon frère m’avait toujours habitué à des surprises de taille mais celle-là me laissait sur le cul et je ne parvenais pas à l’intégrer. Alexandre… homo ! Non ! Décidément ces deux mots ne pouvaient pas s’associer dans mon esprit. C’est pourquoi je l’avais interpellé d’un « quoi ». J’avais ensuite fait en sorte de me laisser du temps pour réfléchir car même si je ne voulais pas y croire, mon cadet semblait sérieux ! Le meilleur moyen que j’avais trouvé c’était de lui dire ce que pensais du garagiste. Mon idée était-elle bonne ? Je n’en savais rien et la première réponse qui me vint à l’esprit fut non !
En effet, Alexandre réagit immédiatement à ce que je venais de dire mais pas de façon positive. J’étais vraiment largué quant au comportement de mon cadet là ! J’aurais parié tout ce que j’avais que le garagiste était du genre de ceux qui insupportaient mon frangin. Mais le fait qu’il m’ordonne de ne pas mal parler de son ‘‘flirt’’ me prouva que je faisais fausse route !



- Désolé mais je n’ai jamais joué aux faux-culs avec toi, répliquais-je, et je ne vais pas commencer maintenant ! Au moins tu connais mon opinion sur cette espèce de br#nleur…


Oui, je n’aimais vraiment pas les personnes qui avaient des préjugés sur les réfugiés ! Et je ne voyais pas pourquoi j’aurais caché ça à mon petit frère… Il n’allait pas me dénoncer auprès du citoyen ? Du moins c’est ce que je pensais et je ne doutais pas.  J’avais ensuite tenté de le faire réagir en parlant de filles que j’avais remarquées ! Ce n’était pas tout à fait vrai mais je me disais que je tomberais peut-être juste… Je ne doutais pas que mon frère était en couple, c’est juste son partenaire qui ne collait pas !
Mais mes propos ne changèrent rien ! Mon frère ne réagit pas à l’évocation des ces deux demoiselles. Mais de mon point de vue ça ne voulait toujours pas dire que mon frère était en couple avec le garagiste ! Je n’avais sûrement pas mentionné la bonne jeune fille. Je haussais les épaules à ses propos et reprenais la parole pour répondre à ce qu’il venait de me dire…



- T’en fais pas pour ça… Je n’aie aucune envie de m’approcher de ce co… garagiste !


Alexandre avait ensuite tenté de prendre la fuite en me demandant où il allait dormir. Il voulait que je lui indique une chambre mais je m’attendais à avoir plus d’informations moi ! Bah oui… On n’annonce pas à son frangin que l’on est homosexuel pour ensuite se tirer dormir. Si ? Et bien du point de vue d’Alexandre c’était comme cela que ça se passait. J’allais insister mais il eut les mots justes pour que je n’en fasse rien ! Il me rappela qu’il était venu ici pour que je l’aide à dormir. Je le regardais alors plus attentivement et constatais qu’il avait, effectivement, toujours l’air d’un cadavre ambulant.
Je toussotais légèrement et me penchais pour récupérer les photos et les remettre dans la petite valise. Je reportais ensuite mon attention sur mon frangin et choisissais de lui répondre avec franchise.



- Oui, oui, je n’aie pas oublié que tu es venu ici pour que je te file de quoi dormir, déclarais-je. Mais sérieux… C’est logique que je te questionne après ce que tu viens de m’annoncer. Je ne sais pas moi ! Ce n’est pas tous les jours que son frangin vous déclare qu… ça !


Et non ! Je n’avais pas réussi à le dire puisque je n’arrivais pas à le penser… Enfin ! Je savais qu’obtenir des réponses de la part d’Alexandre était une cause perdue. Du moins pour ce soir ! Il avait toujours fallu l’engueuler pour le faire parler… peut-être y arriverais-je demain matin. Car oui, j’avais prévu de me lever en même temps que mon cadet pour pouvoir voir son état dans un premier temps et aussi pour pouvoir le questionner.
Alexandre reprit alors la parole de manière très sérieuse, je le sus à sa façon de prononcer mon prénom en entier ! Je haussais les épaules dans un premier temps en murmurant un
« Je ne sais pas » concernant ses premiers propos. Je le fixais ensuite lorsqu’il continua de parler… J’intégrais le fait qu’il ne voulait pas en parler mais qu’il aille jusqu’à dire que j’allais le juger eut le don de m’énerver. J’entendis à peine ses remerciements et je me levais alors qu’il fuyait…


- Je t’ai jamais jugé aux dernières nouvelles, lui rappelais-je alors devait avoir atteint l’étage.


Je soupirais et me décidais à débarrasser vite fait ce qui traînait dans le salon. Je regagnais ensuite la chambre du rez-de-chaussée et prenais grand soin de laisser la porte entrouverte…



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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Jeu 7 Nov - 23:57

Parce que la nuit porte conseil et qu'un frère est un soutien !




J’avalai le somnifère et j’eus juste le temps de me mettre en tee-shirt et d’enlever mes godasses que je m’écrasai comme un troll sur le lit, endormi. (moi, endormi, pas le lit ni le troll même si on pouvait m’assimiler à un troll à cet instant. Voilà voilà.) Ou presque. L’avantage de tels médocs, c’était qu’on dormait. Qu’on dormait profondément, même. Le désavantage, c’était que tout avait une fin, même les bonnes choses (surtout d’ailleurs) et que les somnifères cessaient d’offrir un sommeil réparateur si on n’en prenait pas une overdose.

J’ouvris les yeux sur une chambre inconnue. Il n’y avait pas mon gros nounours en peluche – Patapon – et qu’il n’y avait pas non plus tous mes posters de foot, jeux vidéo, et d’autres de films que j’adorais tout particulièrement. Il n’y avait pas non plus la respiration haletante de Baxter et ses gémissements lorsqu’il dormait. J’avais du le laisser à la caserne. Il n’y avait rien d’autre que ma respiration tranquille – mais qui commençait à l’être un peu moins. J’étais seul. Charmant. Je me levai prudemment, passant une main dans mes cheveux pour les décoiffer proprement, avant d’aller ouvrir les rideaux. Le soleil haut dans le ciel, et éblouissant, me fit plisser les yeux et je titubai en arrière le temps de m’adapter à la luminosité. Un soleil éclatant… depuis quand n’en avais-je pas vu ? Au moins depuis… hum… au moins… au moins plusieurs mois en fait. Oui. Voilà, plusieurs mois. Sans tenir compte de ma tenue légère – tee-shirt rouge, short à motif hawaïen noir et blanc – je montai sur le rebord de la fenêtre préalablement ouverte, et passai à l’extérieur, me laissant tomber au sol, en regardant la rue qui m’entourait. Il y avait un de ces mondes, j’avais l’impression d’être un après midi de solde au milieu de Paris. Pourtant, c’était clair, net et précis que nous étions au milieu de ma ville natale. Je ne m’interrogeai pas plus que cela sur la maison – la chambre d’ailleurs – d’où je venais de sortir et où je m’étais éveillé et préférai aller vers la périphérie de la ville, sans savoir pourquoi. Des baskets d’un blanc éclatant remplacèrent mes tongues, un polo tout aussi immaculé, mon tee-shirt et un short tout sobrement noir, mon bas hawaïen. Et tout cela me sembla normal. Je chaussai des lunettes de soleil présentent dans ma poche de poitrine, tout en me déplaçant naturellement dans les ruelles du vieux Velaux, et un sourire se dessina sur mes lèvres lorsque la silhouette de Valentine apparut devant moi. Le soleil la transfigurait, encore plus que la robe blanche qui lui allait à merveille sous le soleil de Provence. Je pressais le pas pour la prendre dans mes bras lorsque notre environnement se flouta et devint un champ de bataille. Une route encombrée de voiture, et de badauds. Un terrain miné de tranchées et de soldats prêts à faire feu. Et des blindés, en colonne, qui arrivaient vers nous. La panique m’envahit, et je me mis à courir vers Valentine pour la mettre à l’abri. Les tirs dans notre direction sifflaient à mes oreilles en m’évitant d’une manière insolente. J’avais l’impression que plus je courrais, moins la distance entre Valentine et moi se réduisait. Un point rouge apparut soudain sur la robe blanche de Valentine, au niveau de son cœur. Comme une fleur pouvait éclore dans un champ, la tâche s’étira sur le tissu, alors que mon cœur battait de plus en plus vite. Un sifflement plus aigu que les autres et l’onde de choc me projeta en arrière. Avant que mon cri ne résonne parmi les gens, les voitures, les balles, et dans la pièce. « Noooooooooon ! » Ma voix rauque me réveilla plus que le froid et l’ambiance de la pièce. J’étais où, là ? Je mis plusieurs minutes à comprendre où j’étais, ce qu’il s’était passé et surtout que je venais de rêver. De dormir. Cool. Je ne savais pas quelle heure il était – un coup d’œil à la montre me fit comprendre que ça faisait longtemps que je n’avais pas autant dormi – ni ce que je faisais là. Bon sang de bois. Je m’assis sur le rebord du lit, en me massant les tempes pour comprendre ce qu’il s’était passé. Insomnie, fatiguée, exaspération… ça m’avait mené à aller voir Manu. Bien. On avait parlé, la fatigue m’avait fait faire – et dire – beaucoup de conneries. Pas bien. Et puis… et puis quoi ? Blanquette, Valentine, Claire, Manu… Oula. Il fallait en général pas mal de pintes de bières pour me bourrer – je les avais comptées d’ailleurs – mais là, j’avais l’impression d’avoir une gueule de bois de malade, et j’avais l’impression d’avoir été salement drogué. Première expérience des somnifères. Je me frottais les yeux d’un air pas du tout réveillé. Tout à fait réveillé, en fait, parce que des images de mon cauchemar me revenait en mémoire. Valentine. Muet. Tués. Non, non, non ! Ma respiration s’accéléra. Je glissai le long du lit, et m’enveloppai dans la couverture du lit, en tremblant. Pourquoi j’avais pensé à ça en fait, moi ? Pourquoi ? Pourquoi est ce que j’avais pas pris une double ration de somnifère, pour ne pas me réveiller, pour ne plus me réveiller, hein ? Pourquoi ? Mon regard dériva sur le flacon de somnifères ouvert par terre. Sur les gélules. Je ne voulais plus faire de cauchemar, en fait. Je ne voulais plus rêver de la mort de Muet, de l’éventuelle mort de Valentine. Je ne voulais plus rêver de tout cela. Je serrai mes bras autour de ma poitrine, dans l’espoir de serrer tellement fort que j’allais disparaître totalement. Je repensai à mon cri. Est-ce qu’il avait réveillé Emmanuel ? Le flacon tourna entre mes doigts, mes yeux châtain suivaient le mouvement des médocs qui se vidèrent dans le creux de ma paume. Mauvaise idée, Alex, très mauvaise idée….

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Sam 9 Nov - 22:12

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Je me retrouvais pour ainsi dire comme un con ! Mon frère s’était tiré pour aller dormir en me laissant avec un tas de questions. En temps normal je l’aurais sûrement suivi pour l’interroger davantage mais il avait trouvé la bonne raison pour que je n’en fasse rien. Il devait absolument dormir et j’étais d’accord avec lui… Alexandre avait besoin de reprendre des forces ! Mais moi… Qu’est-ce que j’allais faire maintenant que j’avais rangé ce que j’avais sorti ? Dormir ? J’étais parfaitement réveillé ! Cependant, rester à ne rien faire dans le salon ne m’intéressait pas non plus et j’avais fini par regagner la chambre du rez-de-chaussée en laissant la porte entrouverte. Avec un peu de chance j’entendrais mon frangin se lever et je pourrais l’interroger de nouveau !
Comme prévu, une demi-heure après que je me sois couché, je ne dormais toujours pas ! Je me tournais et retournais en pensant à tout un tas de choses en rapport avec les souvenirs qui avaient été ramenés à la surface lors de ma discussion avec mon cadet. Je pensais à Blandine et mon filleul… A Claire aussi ! Allaient-ils bien ? J’espérais que oui mais une crainte sourde ne cessait de me tenailler, m’empêchant presque de reprendre mon souffle par moment.  Je ne voulais même pas imaginer qu’il est pu leur arriver quelque chose alors que c’était une éventualité plus que plausible. Et cette pensée engendrait chez moi un sentiment de culpabilité… surtout vis-à-vis de Claire !


« Si je n’avais pas joué au con, elle aurait été avec moi quand toute cette m#rde nous est tombé dessus ! » Je soupirais bruyamment tout en sachant que mon frère n’entendrait rien puisqu’il avait du prendre un somnifère. Je savais qu’avec des ‘‘si’’ on pourrait refaire le monde mais ce n’était pas mon but ! J’aurais juste aimé pouvoir changé certaines choses que j’avais faites ou le contraire dans ce cas précis. J’aurais du retenir Claire… L’empêcher de me quitter en lui disant ce que je ressentais réellement pour elle, en acceptant son aide, en étant tout simplement ouvert à elle ! J’avais vraiment tout foiré et je ne savais même pas si je la reverrais un jour… « Tu peux toujours rêver pour que ça arrive ! » Je secouais la tête pour chasser cette petite voix sadique de mon esprit.
Je me redressais sur les coudes en pensant que je pourrais tenter de prendre moi aussi un somnifère ! J’hésitais et me laissais retomber lourdement dans le lit. Ce n’était absolument pas une bonne idée aux vues de mes antécédents. Cependant, cette envie soudaine me fit m’asseoir sur le bord du lit. Un seul cachet n’allait pas me tuer ! Et de nouveau je repensais à la rouquine et je l’entendais me dire « C’est de la m#rde… Il faut que tu arrête de prendre ça en pensant que tu en as besoin ! ». Je me pris la tête entre les mains et retins de justesse un cri. Cri qui n’aurait sûrement pas réveillé mon cadet mais qui m’aurait rappelé à quel point j’avais pu être c#n de croire qu’elle se trompait. Au contraire, elle avait vu juste ! Ce n’était pas de ces médocs dont j’avais besoin… C’était d’elle et uniquement elle mais je m’en étais aperçu trop tard.

C’est en pensant à ça que je décidais de me rallonger… Il me fallut encore de longues minutes pour m’endormir ! Secondes de tortures mentales qui finirent par anesthésier mon cerveau et le mettre ko. C’est sûrement pour cela que mon sommeil fut si mouvementé. Je voyais des bombes tombées… Blandine, son mari, Enzo et Claire… tous morts ! Je voyais ensuite Alex debout, face à moi, me disant que tout ça était de ma faute, que je n’avais pas su les protéger puis il disparaissait à son tour.
Puis soudain, un cri me réveilla en sursaut…
« Alex ! » dis-je en étant parfaitement réveillé mais pas assez fort pour que ce dernier ne m’entendant. Je regardais l’heure pour apercevoir rapidement qu’il était neuf heures passé. Mais c’était un détail ! Déjà je montais l’escalier pour voir ce qui se passait. J’ouvris la porte de la première chambre et trouvais mon cadet assis au bord du lit.


- Qu’est-ce qui se passe Al…


J’allais simplement prendre de ses nouvelles mais je venais de voir ce que contenait sa main ! Il s’était vidé le flacon de somnifères dans cette dernière… Sur le coup, je bloquais puis je rentrais carrément dans la chambre pour venir me planter en face de mon cadet. Je m’agenouillais ensuite pour être à peu près à sa hauteur.


- Je peux savoir ce que tu fais avec ces médocs ? demandais-je simplement en le fixant. Et ne me dis pas rien !


Je bouillonnais à l’intérieur. Du coup, il me fallait des réponses parce que les pensées qui me venaient à l’esprit me rappelaient trop le cauchemar que j’avais fait un peu plus tôt. Mon frangin n’avait pas pensé à faire une c#nnerie ! Non, il ne pouvait pas faire ça. S’il avait des problèmes j’étais là ! Il fallait juste qu’il m’en parle.




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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Mar 12 Nov - 16:36

Parce que la nuit porte conseil et qu'un frère est un soutien !




Mon cri m’avait échappé, et m’avait réveillé aussi. Il m’avait tiré de mon cauchemar, il m’avait tiré de ma terreur, il m’avait tiré de mon angoisse affreuse et de ma peur viscérale. De ma panique aussi. Mon cri donc, avait résonné dans ma pièce, s’effaçant cependant bien plus rapidement que mon rythme cardiaque accéléré. J’étais maintenant effondré au sol, enveloppé dans une couverture tirée du lit sur lequel je m’étais retrouvé, tremblant et observant dans le creux de ma main une dizaine de médocs. Mauvaise idée, Alex, mauvaise idée. Oui, j’étais d’accord avec Madeleine, pour le coup. Madeleine dont la voix sarcastique venait de résonner dans ma tête, extirpée de ma mémoire. C’était une foutue solution de facilité, bien sûr. C’était la solution qui coupait tous les fils et c’était aussi la solution la plus stupide qui m’était venue à l’idée depuis des années, et vues toutes les bêtises que je pouvais sortir en une journée, ce n’était pas peu dire. Des pas précipités dans ce que je compris être un escalier – je devais vraiment être out la veille, puisque je ne me souvenais même pas en avoir monté un – résonnèrent et mon frère débarqua dans la chambre. Il devait avoir entendu mon cri, ça ne devait pas faire plus de deux minutes que j’étais réveillé et que j’avais hurlé sûrement très audiblement. Et ça, je le savais parce que mon cœur battait encore la chamade dans ma poitrine. - Qu’est-ce qui se passe Al… Son regard dériva sur ma main grande ouverte, que je refermai par réflexe. Trop tard. Le voilà qui était déjà à ma hauteur, à me demander comme si j’étais un petit garçon, ce que je comptais faire avec ce que j’avais dans la main. - Je peux savoir ce que tu fais avec ces médocs ? « Ri… » Et ne me dis pas rien !

Je fixai mon frère, sans prononcer un mot de plus. Pardon, de quoi ? J’avais l’impression d’avoir huit ans, à cet instant. Je ne devais pas être très réveillé, dans un sens. Ni réveillé, ni au taquet : j’étais encore à moitié endormi, à moitié perdu, et un trop gros apport de sommeil d’un coup avait réduit mes défenses à néant. Ou presque. J’avais le regard perdu. « Toutes les personnes auxquelles je tiens vont mourir, Manu. Et ce sera à cause de moi. J’en suis certain. » J’étais sérieux, vraiment. De toute manière, ce n’était pas pour rien que j’avais beaucoup de mal à digérer la mort de Muet. J’étais persuadé que mon histoire avec Valentine allait mal finir, aussi. Ca ne pouvait être en être autrement : j’avais toujours tout fait foirer, j’avais toujours tout gâché et il n’y avait aucune raison pour que cette fois, ce soit différent. « Alors parfois, je me dis que faudrait que j’arrête d’emm#rder tout le monde. » Je fis une pause, pour jouer avec le bord de la couvertur. « Mais comme je sais pas faire, bah je me dis qu’il faudrait que je force la chose. » J’ouvris ma paume et d’un bout des doigts, je touchai les médocs. « Mais généralement, tu me dis que c’est une mauvaise idée. Tu penses vraiment que ce serait une mauvaise idée ? Je ne suis pas sûr que ce soit une si mauvaise idée. Après tout, ça arrangerait tout le monde. » Ma question n’en était pas une. Après tout, je savais tout comme Emmanuel que je n’allais pas passer à l’action. Que dans quelques heures, j’allais de nouveau être l’Alexandre habituel, à embêter mon monde avec fierté et à repousser tout ça loin, très loin au fin fond de ma mémoire, de mes pensées. Pour redevenir l’insupportable et incorrigible pile électrique qui agaçait tout le monde. J’avais du mal à savoir comment faire pour faire des choses bien. En général, j’étais doué pour foutre la m#rde, un peu moins pour réparer mes bourdes. Je savais naturellement où frapper pour faire mal, mais consoler quelqu’un c’était d’une difficulté surhumaine à mes yeux. Je savais d’instincts ce qui allait blesser la personne en face – j’avais à cet instant parfaitement conscience des mots qu’il me fallait prononcer pour blesser mortellement Emmanuel – mais lorsqu’il s’agissait de réconforter et de rassurer une personne, j’étais aux abonnés absent. Alors à mes yeux, la solution la plus simple pour faire le bien, c’était que personne ne s’approche de moi, ou, quand le mal était fait, de disparaître totalement. Partir de Provence, couper presque totalement les ponts avec mes parents et avec ma sœur – Emmanuel m’avait forcé à garder le contact avec lui - … C’était évident pour moi. Evident, et stupide, et facile, et radical. Mais c’est aussi une mauvaise idée. Oui, mais bon.


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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Sam 16 Nov - 23:57

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !




Ma nuit avait été retardée par l’arrivée de mon frère, s’était ensuite montrée chaotique et s’était terminée de façon très brutale ! Etait-ce à cause d’Alexandre ? Non… enfin, pas directement ! Cependant, il avait utilisé sa méthode habituelle pour ne pas répondre à mes questions en m’interrogeant. Mais cette fois avait été différente car les questions de mon cadet avaient fait remonter de vieux souvenirs qui étaient loin d’être agréables. J’avais tout fait pout enfouir au plus profond de ma mémoire mon addiction aux médocs, ma rupture avec Claire mais aussi le manque de nouvelle du reste de notre famille. En quelques mots, Alexandre m’avait mis devant tout ça mais aussi devant son homosexualité ! Oui, il m’avait avoué qu’il sortait avec l’autre c#n de garagiste… Voilà pourquoi je n’avais pas réussi à trouver le sommeil de suite ! Parce que tout ça… c’était trop ! Même pour moi qui avais l’habitude d’encaisser les nouvelles en tout genre.
Mon réveil lui avait été brutal uniquement à cause de mon frère. Oui ! Son hurlement m’avait quasiment fait frôler la crise cardiaque sans pour autant m’empêcher de me précipiter à l’étage pour voir ce qui se passait. Ce que j’avais vu en arrivant dans la chambre m’avait fait froid dans le dos mais m’avait aussi énervé. Pourquoi mon cadet était-il ainsi avachi ? Et que faisait-il avec tous les médocs que je lui avais filés dans le creux de la main ? Je lui posais la question de façon très directe après être allé près de lui. J’avais même eu l’intelligence de préciser que je ne voulais pas entendre « Rien » alors que c’est ce qu’il allait me dire me semblait il. Je le fixais ! Attendant une réponse tout en sachant qu’il allait sûrement m’envoyer bouler comme il le faisait toujours dans ce genre cas.

Au départ, il ne prononça pas le moindre mot et je m’attendais de plus à le voir éclater et me dire que ce n’était pas mes affaires ce qu’il faisait avec ça ! Cependant, je faisais fausse route et sa réponse sincère me surpris réellement même si je faisais mon possible pour ne rien laisser paraître. Toutes les personnes auxquelles il tenait allaient mourir et ce serait à cause de lui ? Si je ne le voyais pas aussi sérieux je lui aurais dit qu’il ne craignait rien puisqu’il ne tenait à personne à part lui mais je n’en fis rien. Je lâchais seulement dans un murmure un « Quoi ? » d’incompréhension. Je ne rajoutais rien car Alexandre n’avait pas fini et ce qu’il m’avoua m’angoissa comme jamais il n’aurait pu se l’imaginer. Je le regardais jouer avec le bord de la couverture puis avec les médocs sans savoir si je devais prendre la parole ou attendre…
La deuxième solution fut la bonne puisque mon frangin déclara que j’allais lui dire que c’était une mauvaise idée et c’était tout à fait vrai. Cependant, il m’avoua douter de ce fait et me demanda même si j’étais sûr que cela soit vraiment une mauvaise idée. Sur le coup, je le regardais surpris ! Je n’arrivais pas à reprendre la parole de suite tandis qu’il finissait par dire que sa disparition serait une bonne chose pour tout le monde. Je regardais alors mon frère dans les yeux… je voulais qu’il voit à quel point j’étais sincère !



- Tu me demandes si je suis certain ? La réponse est oui… Absolument sûr même ! Je ne veux pas que tu fasses ce genre de c#nnerie parce que ce n’est tellement pas toi… parce que j’ai… besoin de mon frère ! Mais je ne le disais pas et enchainais sur autre chose. Et puis tu n’emmerde pas tout le monde… disons que tu as juste à comportement difficile à comprendre et à suivre mais c’est ce qui fait que tu es toi et uniquement toi. Et pour rien au monde je ne voudrais d’un autre frangin. Moins instable peut-être, ajoutais-je sincèrement mais pour pimenter mes aveux d’une pointe d’humour. Je marquais ensuite une pause et revenais sur les premières paroles d’Alexandre. Et il faut que je t’avoue que je ne comprends pas pourquoi tu dis que les personnes auxquelles tu tiens vont finir par mourir et par ta faute Alex. Tu ne te rends même pas compte que certaines personnes qui te sont proches sont en vie uniquement grâce à toi ! Et crois-moi… Je ne divague absolument pas quand je dis ça.


Je voulais lui dire que j’étais une de ces personnes mais j’évitais de me lancer dans un monologue. Cependant, je m’étais battu pour arriver jusqu’à Louisville et j’avais résisté à cette attaque de m#rde sur la ville dans le seul et unique but de retrouver le militaire qui faisait des vagues dans le coin. J’étais persuadé qu’il s’agissait de mon petit frère et mon but avait toujours été le même le concernant… Le protéger ! Cette mission que je m’étais fixée n’avait pas changée et savoir qu’Alexandre pouvait avoir de telles pensées me faisait mal ! J’avais l’impression qu’on me broyait le cœur et je priais alors pour que ses sombres pensées soient éphémères. Car pouvais-je protéger Alexandre contre lui-même ? Je n’en savais rien mais je ferais mon possible pour y arriver si cela devait s’avérer nécessaire…




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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Mer 20 Nov - 22:39

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Pourquoi est ce que je racontais tout ça à mon frère ? Pour qu'il comprenne qu'il n'avait rien à craindre de moi, pour qu'il sache ce que j'étais en train de penser, pour qu'il me comprenne, tout simplement ? Ma question, concernant le fait que ce à quoi je pensais fusse une mauvaise idée n'en était pas vraiment une, mais visiblement, Emmanuel me prit au pied de la lettre. Lorsqu'il commença à ouvrir la bouche pour me répondre, j'hésitais à lui dire de se la fermer, mais j'étais trop curieux de savoir ce qu'il allait bien pouvoir me dire pour m'exécuter. « Tu me demandes si je suis certain ? La réponse est oui... Absolument sûr, même ! Je le fixais sans ciller. Je n'étais pas d'accord avec Emmanuel, parce que je n'étais absolument [b]pas[/p] sûr que ce fusse réellement une mauvaise idée. La question changeait de réponse tous les deux jours, avec moi. Parce que ce n'était pas du tout la première fois que je me la posais, bien sûr. Je ne veux pas que tu fasses ce genre de c#nnerie, parce que ce n'est tellement pas toi... parce que j'ai... au contraire, les c#nneries, c'était tout moi. Je faisais toujours des c#nneries, je faisais des c#nneries avec le même naturel qui me poussait à respirer. J'envisageais des que je les voyais les c#nneries qu'ils m'étaient possible de faire. J'avais un radar à c#nneries, je les détectais des kilomètres à la ronde, les terrains pour les faire scintillaient à mes yeux. Alors oui, c'était moi de faire ce genre de c#nnerie. Emmanuel se trompait. Parce que j'ai... parce qu'il avait quoi ? Une conscience aiguë de ce dont j'étais capable ? Parce qu'il avait la malchance de me connaître suffisamment pour savoir que ce n'était « pas » moi ? Foutaises. Et puis, tu n'emmerdes pas tout le monde... disons que tu as juste un comportement difficile à comprendre et à suivre mais c'est ce qui fait que tu es toi et uniquement toi. Et pour rien au monde je ne voudrais d'un autre frangin. Moins instable, peut être. Et il faut que je t'avoue que je ne comprends pas pourquoi tu dis que les personnes auxquelles tu tiens vont finir par mourir et que par ta faute Alex. Tu ne te rends même pas compte que certaines personnes qui te sont proches sont en vie uniquement grâce à toi ! Et crois-moi... Je ne divague pas absolument pas quand je dis ça. »
Il avait tort. C'était une évidence. On m'avait toujours dit que j'emmerdais mon monde. On avait commencé à me le dire quand j'avais quatre ans, et plus je collais à cette image, plus on me le disait ; plus on me le disait, plus je voulais correspondre à ce que les gens pensaient de moi. Un cercle vicieux dont j'avais cru plusieurs fois atteindre le terme. Emmanuel avait tort lorsqu'il affirmait que j'avais juste un comportement difficile à cerner. A comprendre. « Si tu ne divagues pas, alors tu es complètement crétin. Et tu dois être le seul en dehors de Valentine... et encore, à affirmer cette c#nnerie. J'emmerde le monde, j'emmerde les gens, et ils me le disent suffisamment souvent pour que je sache que c'est vrai. » Je me levai en lui balançant les médocs à la figure, et en dégageant la couverture que je remis sur le lit. Ca m'énervait qu'il dise l'absolu contraire de ce que j'entendais depuis longtemps et de ce que j'étais convaincu d'être. Pourquoi était il aussi... aussi... naïf ? Depuis quand ? Il n'avait pas autant de scrupules pour me dire que c'était de ma faute si notre mère était fatiguée, et si elle peinait à se remettre de son cancer, il y avait de cela plusieurs années ! « Je suis un c#nnard, Manu ! N'essaye pas de me faire croire le contraire ! Je suis un p#tain de c#nnard de m#rde, et je peux pas changer ! J'ai essayé, je te jure, b#rdel, que j'ai essayé, mais je suis qu'un p#tain de c#nnard qui emm#rde son monde. » Oui, j'étais en train de crier. Et alors ? Il fallait bien que ça sorte. Je pointai Manu d'un doigt accusateur en total désaccord avec mes propos, alors que je reprennais :  « Et le pire dans tout ça, c'est que je passe les trois quart de mon temps à adorer ce concept ! Parce que quand on me déteste, on s'éloigne de moi. Et quand on s'éloigne de moi, on ne peut plus être déçu. » Gamin immature, petit gosse capricieux qui s'énerve pour un rien... c'était tout moi, ça. J'étais passé de l'état de larve à l'énervement total en quelques fractions de seconde, juste parce qu'Emmanuel avait eu l'impudence de dire que je n'étais pas un emmerdeur de première catégorie. Preuve que j'étais c#n. Je ne savais pas si j'avais envie d'emm#rder le monde, si tout était vraiment calculé pour que je ne déçoive pas les gens ou si je ne pouvais vraiment pas m'en empêcher. Et c'était le fait de ne pas savoir ce simple fait qui me faisait le plus flipper, ou presque. Je ne me connaissais pas aussi bien que je le voulais. Emmanuel me foutait la preuve en plein visage. Je me pris la tête entre les mains en m'approchant de la fenêtre. « Arrêtes de croire en moi, b#rdel de m#rde ! Arrête de croire que je suis gentil, que je suis un petit frère adorable, je suis un c#nnard. Point. Et j'ai été incapable de tenir mon poste comme Raulne me l'avait demandé, j'ai pas pu m'empêcher de jouer aux héros, et voilà ! Azarov est mort. MORT tu m'entends ! Il a explosé ! Pfouit !  je m'étais tourné vers Manu, avec une voix tendue, tendant vers le calme hystérique de celui qui n'en peut plus. J'avais mimé tout en parlant l'explosion. J'ai voulu jouer au héros, j'ai voulu aller aider et même en le voulant, j'ai foutu la m#rde ! » Même quand je voulais bien faire, j'échouais. J'avais promis à Valentine d'essayer de ne plus me battre, j'avais échoué. J'avais tenté d'aider des gens, j'avais échoué. Fail, fail, fail, epic fail. Echec, échec, échec et mat. J'en avais marre d'échouer les rares fois ou je voulais bien faire. J'avais trop d'amour propre pour ça. Bien trop. De l'amour propre, de l'orgueil, du narcissisme, de la prétention, de l'égocentrisme... A chaque fois que je devais prendre un peu plus sur moi pour essayer de faire quelque chose de bien. J'en avais marre. Valentine et Emmanuel étaient maintenant les deux seuls qui semblaient encore croire que je pouvais changer, ils ne comprenaient pas que ma patience avait atteint ses limites.

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MessageSujet: Re: Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien ! [Livre I - Terminé]   Jeu 21 Nov - 1:14

Parce que la nuit porte conseille et qu'un frère est un soutien !




J’avais débarqué dans la chambre où avait dormi mon frère encore légèrement endormi. Mais je m’étais rapidement réveillé complètement lorsque j’avais vu mon frère au sol avec les médocs en main. Très vite, je m’étais posté face à lui pour obtenir des réponses que je pensais ne jamais avoir de sa part… Mais je m’étais trompé ! Alexandre avait pris la parole d’une façon si sincère que j’en serais presque tombé le cul par terre. Je l’avais écouté avec attention et lui avait alors dit ce que je pensais de ce qu’il venait de me dire. J’avais été franc avec lui car je voulais qu’il arrive à se mettre en tête qu’il n’emm#rdait pas tout le monde… Du moins, je le supportais très bien moi ! C’est ce qu’il devait comprendre. Qu’est-ce que l’avis des autres personnes pouvait lui faire ? Il devait s’en foutre non ? Mais moi, j’étais son frère. Et je l’acceptais comme il était… Est-ce que ça ne comptait pas à ses yeux ? Visiblement non et je constatais même que mes propos l’avaient énervé. Je soupirais car ce n’était pas mon but.
Cela faisait longtemps qu’il ne m’avait pas balancé une insulte ou une critique à la gueule et il se rattrapait en me disant que j’étais un crétin. Je le fixais sans rien dire tandis qu’il me confirmait de nouveau qu’il emm#rdait tout le monde. Il n’avait pas compris que je n’étais pas concerné par ça ! Je supportais très bien sa présence même lorsqu’il était chiant ou pire, méchant. Le simple fait d’être en présence de mon cadet me faisait du bien ! Mais ça, il ne voulait pas s’en rendre compte. Du coup, sa présence devenait aussi bénéfique que douloureuse. Ce fut lorsque cette pensée me traversa l’esprit que je me ramassais une poignée de médocs en pleine figure. Je jetais un coup d’œil légèrement interloqué à mon frangin tandis qu’il remettait la couverture sur le lit…



- T’aurais pu t’abstenir de faire ça tu sais, dis-je simplement au sujet de son geste à mon égard. Légèrement vexé, je baissais la tête et ramassais les cachets. Et ok, je suis un crétin car je répète que tu n’emm#rde pas tout le monde… Tu ne m’emm#rde pas moi ! Mais est-ce important pour toi ? Après tout, je ne suis que ton frangin ! déclarais-je calmement en le fixant à présent.


Et c’est alors qu’Alexandre agit de la manière que j’avais tenté d’éviter en étant franc. Il se mit à crier… A hurler qu’il était un c#nnard, qu’il avait essayé de changer mais que ça n’avait pas marché. Je continuais de le fixer d’un air désemparé tandis qu’il me pointait d’un doigt accusateur… Oui, désemparé ! Voilà ce que j’étais… J’aurais pu reprendre la parole tandis que mon frère marquait une légère pause mais je n’en fis rien et je l’écoutais me dire qu’il adorait agir de cette façon… de faire en sorte que les gens le déteste au point qu’ils s’éloignent de lui. C’était une façon comme une autre de ne décevoir personne selon lui…
Mais cette méthode ne marchait pas avec tout le monde et j’allais une nouvelle fois tenter de lui faire comprendre. Je continuais de le fixer et repris d’une manière calme et sincère.



- Ok Alexandre… C’est vrai ! T’es un p#tain de c#nnard qui emm#rde le monde. T’es le roi des c#nnards emm#rdeurs… Je te le confirme haut et fort, commençais-je à dire avant de marquer une pause en soupirant. Mais je ne suis pas tout le monde moi ! Je suis ton frère. Et la seule chose que tu arrive à faire ce n’est pas m’éloigner mais me décevoir justement. Ouais, je suis déçu que tu pense que tu vas arriver à m’éloigner ou à me faire te détester.


Je regardais ensuite, peiné, mon frère s’éloigné en direction de la fenêtre tout en se tenant la tête entre les mains. C’est alors qu’il s’énerva de nouveau et cette colère m’était directement destinée cette fois-ci. Il m’ordonnait d’arrêter de croire en lui, de croire qu’il était gentil, qu’il était un petit frère adorable… J’aurais presque eu envie de rire en lui répondant que ce n’était pas comme ça que je le voyais ! Enfin, pas depuis de nombreuses années ! Mais il continua de parler et je compris enfin un de ses problèmes…
Il se tenait pour responsable de la mort d’un mec parce qu’il n’avait pas suivi les ordres ! C’était le genre de chose qu’il ne fallait pas faire… Je le savais pertinemment. Je fronçais les sourcils lorsqu’il mima l’explosion mais cessait très vite lorsque mon cadet me fit de nouveau face. Son comportement m’inquiéta à vrai dire ! Tandis qu’il s’adossait au mur je me redressais et allait vers lui tout en reprenant la parole…



- C’est vrai que tu as m#rdé mais comme tu l’as dit, tu as voulu aidé Alex ! Rien ne dit que… qu’Azarov ne serait pas mort si tu avais obéi, dis-je en m’approchant. Pire, tu serais peut-être mort toi aussi ! Tu vas devenir dingue si tu ne t’enlève pas ça de la tête. C’est dangereux de se reprocher la mort… ou la maladie de quelqu’un. Je marquais une pause et eus du mal à respirer. J’étais à présent juste en face d’Alexandre et j’avais presque du mal à respirer à cause de cette culpabilité. Il fallait que je lui dise… Je le fixais d’un regard presque désespéré… Je suis désolé Alex ! Vraiment désolé… T’étais un gosse et moi je cherchais un coupable alors que tu n’y étais pour rien… En fait, le c#nnard c’est moi !


Je me pris la tête entre les mains… Alexandre ne devait même pas savoir de quoi je parlais car je changeais carrément de sujet ou peut-être avait-il une légère idée ! Mais moi, je savais pertinemment à quoi je faisais allusion… ça me rongeait depuis des années et j’avais enfoui ça dans un coin de ma mémoire. Cependant, je n’en pouvais plus ! Il fallait que je lui dise ce que j’avais réellement pensé. Mais il fallait que je sois clair.
Je me lâchais la tête et plongeais mon regard dans celui de mon cadet. J’étais persuadé que je devais avoir l’air exténué et désemparé mais je m’en fichais. Je ne savais pas non plus l’impact que mes paroles, ravivant d’anciens souvenirs, auraient sur mon frère. Mais cette fois, je ne faisais pas marche arrière. Je pris une grande inspiration.



- Je suis désolé de t’avoir accusé à tort Alex… T’as jamais été le fautif ! Ce n’était absolument pas de ta faute si maman était si affaiblie. C’était juste son cancer et uniquement lui le coupable ! T’étais qu’un gosse et je n’avais pas le droit de te balancer ce genre de c#nnerie à la gu#ule ! Je marquais une pause très brève. T’étais si insouciant et moi j’étais si flippé… J’étais jaloux de toi p#tain. Je t’ai raconté ça uniquement parce que j’étais jaloux de toi…


En me rendant compte de l’absurdité dont j’avais fait preuve à l’époque je reculais et m’asseyais sur le lit. Je jouais au mec bien alors que je ne l’étais pas… mais absolument pas ! J’étais un lâche égoïste. Je me reprenais la tête entre les mains et continuais…


- J’ai toujours regretté ce que je t’avais puisque c’était complètement faux. T’aurais pu être un ange que ça n’aurait rien changé à son état. Mais je n’ai pas voulu revenir dessus parce que j’étais trop fier ! Je regardais de nouveau mon petit frère. Alors tu vois… Il vaut peut-être mieux être un c#nnard qu’un lâche égoïste qui voit en son cadet une raison de rester en vie ! Parce que c’est ça la vérité… Si j’avais appris que tu n’étais plus de ce monde, je…


« n’aurais pas continué à me battre pour survivre ! » Quelle triste vérité n’est-ce pas ? Mais c’était ça. J’avais tout perdu et il ne me restait plus que lui, mon petit frère. Celui que j’avais toujours juré de protéger ! Sans lui qu’est-ce que je pourrais devenir ?




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