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MessageSujet: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mar 19 Mar - 16:13

    Deux semaines. Cela faisait deux semaines que nous étions ici et pour moi cela me paraissait bien plus. L’ignorance quant à l’extérieur m’était insoutenable, d’autant plus que je n’avais aucune nouvelle de mon fiancé et que ça me rendait malade. Comment pouvait faire les autres ? Avaient-ils déjà tourné la page ou était-ce moi qui en faisait trop ? Je ne savais pas, je ne savais plus… J’avais l’impression de vivre dans un cauchemar où toutes mes émotions étaient amplifiées et ma malchance multiplié. Il était vrai que depuis que j’avais survécu aux bombardements de Cherbourg, je n’avais cessé d’avoir des incidents. Je les avais obligatoirement relié au fait que je n’avais rien pu faire pour les deux personnes qui étaient mortes dans mes bras. C’était une punition ou quelque chose du genre ? Je n’en savais point, mais maintenant que ma coupure avait cicatrisé et que mon bleu sur ma joue était passé par toutes les couleurs avant de presque disparaître, je me sentais d’aplomb pour enfin me décider. J’avais eu une conversation avec le Maire, et au vu des réponses qu’il ne m’avait pas apportées, je songeais sérieusement à faire moi-même une expédition. Je n’en avais parlé à personne d’autre d’ailleurs, car je savais que je ne pouvais compter que sur moi-même. Car qui m’aurait autorisé à partir ? Qui m’aurait soutenu dans cette idée ? Absolument personne, et j’étais bien décidée. D’ailleurs cette simple idée me faisait recouvrer une force que j’avais cru perdre pour toujours. Les pensées de suicide étaient loin derrière moi, car j’étais certaine de pouvoir faire les choses par moi-même, même si je savais ce que je pouvais retrouver.

    Il y avait plein de changement ces derniers jours. Il y a avait eu un camion qui avait été pris pour cible ; situation qui nous rappelait un peu plus que nous étions très vulnérable et que j’avais eu toujours raison sur ce point. On entendait encore plus les bombardements et le soir lorsque j’étais seule, cela me terrifiait. J’avais toujours cette faiblesse en moi, c’est pourquoi je m’étais donné un but, quelque chose à chercher. Cela me permettait de remplir ma tête et d’éviter de laisser place à la peur ; même si je ne pouvais pas contrôler mes perpétuels sursauts lorsque j’arrivais à m’assoupir quelques instants et que les bruits de combats me réveillaient brusquement. J’avais toujours peur de me retrouver en face d’un militaire ennemi, et ne pas savoir comment faire pour m’en sortir. Tout ça, plus le fait que je voulais partir de la ville pour retrouver mon fiancé, il me fallait absolument quelque chose pour me défendre. Et là, j’eu comme une illumination. Il me fallait une arme. Je réfléchissais. Quel meilleur endroit pour cacher des armes ? Où les militaires faisaient leur réunion… La Mairie.
    A l’instant même où j’avais possiblement compris, je me retrouvais devant le bâtiment. Je me dirigeais à l’intérieur pour m’arrêter en plein milieu du hall. Je savais où était le bureau du Maire, à quel endroit il était et quel chemin prendre. En revanche, je n’avais jamais été de l’autre côté, peut-être était-ce par-là ? J’arrêtais mes pensées et me décida à y aller par moi-même. Je pressais le pas alors qu’une personne me hélait, me précisant que je n’avais pas le droit de prendre cette direction. Je l’ignorais. Je me mis à marcher plus vite et lorsque je bifurquais, je me heurtai à un homme, me faisant basculer vers l’arrière. Je me réceptionnais sur mes deux mains et mes fesses, mon regard se leva vers le soldat et je m’excusais après qu’il m’ait dit que l’accès était interdit. Je me relevais et aperçu une porte verrouillé avec un cadenas. J’imaginais que le soldat la gardait en permanence. Je devais revenir ce soir tard, il n’y aurait personne pour m’interrompre. Je me fis donc éjecter par le soldat mais aussi par la femme qui m’avait hélé au loin et qui prit soin de me raccompagner jusqu’à la porte de sortie, quand bien même je lui disais que je m’étais trompé. Je pris donc mon mal en patience pendant que l’après-midi défilait devant mes yeux, je me faisais discrète, invisible. Je ne voulais rencontrer personne pour que mon attention ne soit pas détournée. Je voulais ouvrir cette porte, j’étais certaine que les armes étaient à l’intérieur, et je savais pertinemment que je ne pouvais pas faire mon excursion sans elle. Du moins je le pensais.

    Le soleil laissa place à la lune, on voyait désormais un peu plus les flashs à l’horizon, en plus d’entendre les éternels bruit de combat. Ce n’était pas régulier, fort heureusement d’ailleurs, mais ça ne me laissait pas de répit. J’étais encore en train de me demander comment j’allais faire avec ce soldat. C’était un couloir, il me verrait forcément et je n’étais pas assez forte pour le mettre à terre ou bien l’assommer. Quoique… Je me mis à chercher quelque chose de solide mais de pas trop lourd pour mes petits bras. Je parcourais la ville en évitant soigneusement d’attirer l’attention ou de me faire repérer auquel cas ça retarderait mon excursion nocturne. Je finis par trouver une barre de métal au sol, que je pris sans réfléchir. Je me dirigeai ensuite vers l’hôtel de ville, il n’y avait vraiment personne en plein milieu de la nuit, je me demandais comment certain pouvait dormir, mais peut-être me trompais-je. Quoiqu’il en soit, je pénétrais sans trop de problème jusqu’au hall et avant de continuer à avancer, mon regard chercha quelque chose qui pouvait éventuellement faire bouger ce garde. Car même si j’arrivais à faire diversion, il me faudrait toujours l’assommer ; chose dont je n’étais peut-être pas capable, mais ma détermination me dicta le contraire. Je vis un vase sur le comptoir de l’accueil et trouva ma solution. Je le basculai d’un geste brusque pour qu’il s’écrase au sol et me plaqua sur le mur adjacent au couloir, mon barre de métal bien serrées entre mes deux mains.

    Je me focalisai sur ses pas, les comptants, peut-être pour essayer de redescendre tout le stress qui était en train de monter dans ma poitrine. J’avais le cœur qui battait à tout rompre et je failli faire une crise cardiaque quand je vis le soldat sur ma gauche continuer sa route et se retourner soudainement lorsque je m’avançai vers lui pour le frapper. J’avais balancé toute ma force dans ce coup et avait en même temps fermé les yeux et retenue ma respiration. J’avais fermé ma bouche pour éteindre le cri qui était sortie tout seul. J’entendis un gros bruit, j’ouvris les yeux et aperçu le garde écroulé devant mes pieds. Certes, il saignait à la tête, mais il respirait encore. Je pu de nouveau respirer. Et bizarrement, je me demandais ce que je ferais si jamais quelqu’un rentrait par pur hasard ou si je croisais un autre garde devant la porte. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, je pensais à Philippe, comment réagirait-il s’il me voyait faire tout ça ? Il me prendrait pour une folle, m’enfermerait dans une cellule, pour sûr !
    Je pris rapidement le trousseau de clef après l’avoir fouillé et me dirigeai vers ce fameux couloir, en ayant pris soin d’observer d’un œil si la voie était libre. J’ouvris le cadenas puis tira la porte pour découvrir avec joie que mon objectif allait être atteint. J’entrai à l’intérieur et posa ma barre de métal sur une table où il y avait déjà des armes. J’avais le choix, mais je me dirigeais vers un pistolet tout simple, petit, qui tiendrait dans un sac. Mon sac en l’occurrence. Je le pris en main et fut à la fois soulagée et terrifiée. Alors que j’observais minutieusement cette arme, j’entendis un bruit qui me fit faire volte-face et pointer l’arme d’une habileté impromptue.


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mer 20 Mar - 11:34

    Je fumais clopes sur clopes, pour la simple et bonne raison que j'avais trouvé un paquet par terre dans la rue. Le fou qui avait dû le laisser tomber devait s'en mordre les doigts désormais, ça au moins ça me semblait certain. Encore une journée à passer mon temps à trouver la meilleure solution pour défendre cette ville qui n'en valait probablement pas la peine. Je faisais mon devoir, et celui ci se faisait pesant. On avait pu creuser deux petits réseaux de tranchées, comme nos ancêtres, en surplomb de la départementale filant au nord, tandis que nous avions préparé le terrain pour établir une casemate en bois dont le FM fixe prendrait en enfilade la route qui filait au sud. Tout ce dispositif était fragile ; pas de plaques pare-éclats, pas non plus de protections lourdes. Que des remblais de terre devant nos trous de souris, et des caillebotis en bois pour étançonner nos réseaux de tranchées de communications et nos casemates, pour éviter que d'éventuelles tempêtes ou simples coulées de boue n'envahissent nos précaires retranchements. Cela dit, l'avantage de notre réseau défensif était la surprise. Plus aucune armée moderne n'utilisait les pelles bêches autrement que pour des trous individuels en cas de sortie de nuit en rase campagne. Plus personne n'utilisait les tranchées à l'ère du missile guidé, des chars au blindage réactif, et des gilets par balles et autres casques en kevlar. Pourtant, nos défenses pourvues qu'elles soient bien garnies, étaient capables de nous permettre de nous camoufler et de nous abriter efficacement contre les tirs d'armes légères. Qu'une unité de fantassins, meme soutenue, essaie de franchir notre périmètre, et les pertes s'accumuleraient. Pourtant, la vie était loin d'être parfaite. J'essayais de recruter une compagnie de supplétifs civils pour nos travaux de retranchements, mais peu semblaient volontaires. Pourtant, le bruit du canon au loin ne pouvait laisser présager que du pire, et je sentais déjà venir le siège. J'abandonnais la section chargée du premier quart de surveillance de nuit des abords de la ville, et marchais seul en direction de la Mairie. J'y ferais un dernier petit tour pour voir si tout allait bien, puis j'essaierais d'aller voler quelques heures de sommeil entre les bras de Morphée.


    Tout était calme. Le vent soufflait assez fort et malgré le peu de clarté qu'il restait, on observait distinctement les gros nuages noirs qui s'amoncelaient dans le ciel autour de la lune. Autant de funestes présages à l'annonce de ce qui devrait être l'hiver le plus rude de mémoire d'homme, maintenant que les détonations nucléaires et tous les incidents biologiques qui en découlaient avaient fait leur petit effet sur notre Terre. Je frissonnais en resserant autour de mon cou le col de ma veste camouflée. Je surprenais deux civils en pleine violation de couvre feu, on uniforme aux tâches kaki, vert sombre et noires me masquant presque intégralement de nuit. Je les renvoyais chez eux, non sans les menacer d'abord de leur faire passer la nuit au poste de gendarmerie la prochaine fois qu'ils recommençaient. Je manquais d'hommes ; je ne pouvais pas à la fois faire la police et mon travail de soldat. L'anarchie gagnait peu à peu la petite bourgade, sans que je puisse faire grand chose à part l'abandonner ou mener une politique encore plus dure au niveau de la sécurité des biens et des personnes. Mais le message que j'avais reçu, s'il était correct, était sans appel. Je ne pouvais pas abandonner ces pauvres gens... Sans parler que nous étions l'unité la plus à l'ouest de la défense en Normandie, semblait il, et qu'il nous fallait tenir la position à tous prix. Plus pour nous que pour les civils... Nous disposions ici d'une position assez forte, militairement parlant. Je ne comptais donc pas évacuer la place.


    C'était perdu dans toutes ces considérations stratégiques que j'arrivais finalement à la mairie. La contournant par le côté, je traversais l'une de ses annexes où nous entreposions nos armes supplémentaires, nos munitions, nos vivres, bref, tout ce qui nous appartenait en propre. Au détour d'un couloir, je manquais de tomber en me prenant les pieds dans un tapis. Jurant bruyamment, je me retournais. Ce n'était pas un tapis, mais un corps. Et cette obscurité, ici ? Anormale. Immédiatement sur mes gardes, je m'abaissais en tirant ma lampe de poche que j'allumais. Le type était un légionnaire, l'homme de faction. Le crâne entaillé sur la tempe, probablement par un objet contondant. Il n'était pas mort, mais il s'en tirerait avec une sacrée commotion. Je me redressais, le regard implacable, fixant ma lampe de poche en baïonnette au bout du canon de mon fusil. Le traître à l'origine de tout ce bordel allait salement morfler. M'avançant avec précaution, j'éclairais les bouts de couloirs avant de masquer la lumière pour rejoindre l'endroit vérifié en toute discrétion. Arrivant dans l'encadrement de la porte, je bloquais de ma main le faisceau lumineux, me mettant en position. Je fis deux pas discrets, puis relâchais la lumière en plein centre de la pièce, le fusil braqué droit devant moi. Par pur réflexe, ma mire s'aligna sur une cible ; femme blonde qui tendait une arme vers moi. Je pressais la détente et me retint finalement, éberlué. Eléanore ? Ici ? Mon visage se ferma presque immédiatement et ma voix gronda.



    | Putain de merde, t'as intérêt à avoir une bonne excuse pour tout ça. Baisses cette arme avant de te blesser toute seule, ou je devrais devenir méchant. Maintenant, tu le fais. |


    Je ne baissais pas immédiatement mon arme. On ne savait jamais à quoi on avait affaire... Eléanore avait blessé un de mes hommes et s'emparait d'une arme. Je ne pouvais pas avoir la moindre once de confiance en elle.



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mer 20 Mar - 13:53

    Sur le moment, je n’avais absolument pas réfléchi à mes actes. Bon peut-être un petit peu, mais sans plus, me fixant pour seul objectif le fait de faire mon expédition seule, car je ne pouvais compter sur personne pour me donner des nouvelles de l’extérieure. J’allais donc chercher mes informations par moi-même. Il était facile de rassemblé des vivres, quelques affaires, mais pas de trouver une arme. J’avais été loin de m’imaginer qu’un jour je pourrais frapper un homme, un soldat qui plus est, pour voler une arme. Mais c’était un temps différent. Peut-être me donnais-je de fausses excuses pour essayer de me voiler la face sur ce que j’avais pu faire, mais désormais, c’était trop tard. J’avais cette arme entre les mains et je la passais d’une main à l’autre, le sous-pesant, même si je n’en avais rien à faire. Je l’observais de tous les côtés, me demandant si j’oserais la pointer sur une personne. En tout cas, la réponse à ma question allait tomber dans quelques instants. A la minute où j’avais entendu un bruit – je ne sais lequel car je n’avais pas pu l’identifier – je pris l’arme de ma main droite et fit volte-face pour la pointer vers la silhouette qui était derrière moi. J’avais eu un léger sursaut en m’apercevant qu’il y avait quelqu’un ici, dans cette pièce avec moi. Et lorsque j’observais plus attentivement son visage et non la pointe de l’arme, je cru me décomposer en voyant Philippe. Mais pourquoi diable était-ce lui ? Pourquoi n’était-ce pas quelqu’un d’autre ? Et pourquoi mon plan se détruisait totalement. J’avais un véritable obstacle devant moi, et comment pouvais-je lui expliquer ? Si je lui disais tout, il m’empêcherait de partir et ça ce n’était pas acceptable pour moi. Rien ni personne ne pouvait me faire changer d’avis. Je le croyais…

    Je ne baissai pas mon arme lorsqu’il me le demanda ; j’avais l’impression que si je la baissai, tout s’écroulerait et je redeviendrais une minuscule femme pathétique. Impossible. Je ne pouvais pas retourner en arrière, je ne voulais pas. Mais je me demandais quand même ce qu’il allait faire lui, car il pointait lui aussi son arme sur moi ; et même si je sentais la peur s’intensifier en moi de plus en plus en m’imaginant même crever dans cette pièce. Je me faisais certainement des idées, mais j’étais sûr que Philippe n’allait pas laisser passer ça, c’était le lieutenant après tout. Et si ça avait été quelqu’un d’autre, il l’aurait très certainement enfermé. Je laissai donc un temps de réflexion, tout se chamboulait dans ma tête, mais une seule pensée revenait : Mickaël. Je me devais de partir pour pouvoir avoir la chance de le retrouver. Et là, Philippe apparaissait ; c’était presque amusant, non ?

    « Quoi ? Tu vas me tirer dessus ? »

    Vaine provocation, ses mots sortirent de ma bouche sans que je ne me reconnaisse dans ce ton. Je respirais profondément et continuait mon discours toujours l’arme pointée sur Philippe.

    « Et si je le fais, que feras-tu ? Tu m’enfermeras et m’interrogeras sur le pourquoi de cet acte ? Tu ne comprendrais pas de tout façon, car tu te caches depuis toujours derrière une arme et tu ne sais pas du tout ce que ça fait d’être démunie. »

    « J’en ai juste… besoin. »

    Ma voix trahissait le peu de confiance que j’avais en moi. Un rien pouvait me faire flancher, et jamais je n’aurai pu tirer sur lui, même si elle restait pointer sur son torse. Mais cette arme m’était nécessaire pour pouvoir partir, c’était comme une sorte d’assurance. Même si je n’avais encore jamais utilisé d’arme à feu auparavant ni même tuer quelqu’un intentionnellement. Mais c’était une sorte de sécurité et se cacher derrière était très rassurante, même si c’était aussi terrifiant. Et là désormais, je me sentais plus sur le point de m’écrouler que de faire quoique ce soit d’autre. Face à Philippe, c’était difficile. Il était vrai que si je l’avais vu ici ou si c’était lui qui gardait la porte, je n’aurai sans doute pas osé le frapper comme je l’avais fait sur le soldat qui allait d’ailleurs bien dérouiller en se réveillant. Mais désormais, c’était fait, et je me retrouvais devant Philippe ne sachant quoi faire. Il fallait qu’il s’écarte et je savais pertinemment qu’il ne le ferait pas.

    « Laisse-moi juste partir… »

    C’était une dernière tentative. J’essayais de cacher mes émotions mais ma voix tremblait légèrement, j’espérais seulement que Philippe n’allait pas le ressentir. Je n’avais pas un mauvais fond, mais j’étais sûr que désormais il allait me prendre pour une folle.


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mer 20 Mar - 14:37

    Mon corps entier était totalement raidi par la tension qui m'habitait. Je n'avais jamais été du genre à faire deux poids deux mesures dans ma vie, et moins encore quand je me retrouvais armé comme je l'étais actuellement. Quand j'avais mon fusil entre les mains, ne comptait plus grand chose à part ma survie et ma mission. Je n'avais plus d'ennemis ni d'amis, seulement des alliés et des adversaires. Je me battais avec toute la rage dont j'étais capable, le tout dominé par une concentration d'acier ; je parvenais toujours en plein combat à jauger clairement, distinctement la situation, en me débarassant de tout affect qui pourrait nuire à l'efficacité de ma mission. A l'heure actuelle, Eléanore n'était plus la fille dont j'avais été fou amoureux, elle n'était pas la femme pour qui je nourrissais du désir mêlé à de la haine. Elle n'était jamais qu'une femme qui braquait une arme sur moi. Elle était venue se servir dans nos réserves, en mettant d'abord à bas l'un de mes hommes qui avait pris cher et qui serait inapte au service pour probablement plusieurs semaines à ce train là. Elle était dangereuse pour plusieurs raisons. La première, parce que c'était sans doute la première fois qu'elle tenait une arme à constater la tremblotte qui animait son bras. La seconde, parce que je ne savais rien de ses intentions. Etait elle venu tout saboter en pensant à la guerre qui n'allait pas tarder à nous tomber dessus ? La dernière fois que je l'avais vue, elle était des plus instables, et je ne pouvais jurer de rien concernant sa solidité mentale. Je ne pouvais pas dire qu'elle m'apparaissait solide et sûre d'elle, c'était même plutôt tout l'inverse. Nous restâmes immobiles, ne sachant trop quoi faire, sans bouger, sans nous parler. Jusqu'à ce qu'elle me demande non sans défi si j'allais lui tirer dessus. Je la fusillais du regard, ma colère s'embrasant littéralement sous l'effet de la provocation.


    | Je devrais peut être le faire, tu brandis une arme vers moi et tu as envoyé ad patres un de mes gars qui, je pense, ne t'avais rien fait. |


    Je fis deux pas en avant, sans cesser de la maintenir en joue avec mon fusil. Armé et prêt à tirer, première leçon de mon mentor à l'école de guerre. Ne jamais dégainer sans être prêt à tuer. Aussi effrayant que cela puisse paraître, j'étais prêt à presser la gâchette. Parce qu'à choisir entre elle et moi, ma décision se porterait sur le second choix. Elle n'était plus rien pour moi, et plus personne ne comptait vraiment dans ma vie. La jeune femme reprit de plus belle, me faisant comprendre qu'elle n'était pas très disposée à baisser son arme, pas plus qu'elle ne l'était de m'expliquer. Ou plutôt si, elle essaya bien de me dire. Pourtant, il y avait bien un début de piste. Besoin ? Besoin de son arme pourquoi ? Je fronçais les sourcils.


    | Je ne me cache pas. Je fais ce pourquoi je suis fait, c'est tout. Et t'en as besoin pourquoi, hein ? Quelqu'un t'as fait du mal ? J'ai dit que je te protégerais, mais je peux pas te protéger de toi même. Tu t'es mise dans la merde en faisant ça ce soir. Arranges ton cas tout de suite et baisses ton arme. Tu ferais quoi hein, si le coup partait tout seul en te crispant sur le neuf millimètres ? Qu'est ce que tu ferais quand je serais en train de me noyer dans mon propre sang, le regard rivé sur toi pendant que je serais en train de crever ? Poses ça. |


    ELéanore n'avait rien d'une tueuse. Une petite voix me souffla que je connaissais la gamine d'autrefois mais que je ne savais pas qui était la survivante que j'avais sous les yeux aujourd'hui. Elle me suppliait maintenant de la laisser partir. D'une façon ou d'une autre, les choses se termineraient très vite. Je baissais mon fusil le premier, le lachant alors qu'il retombait contre moi attaché par la bandoulière passé autour de mon épaule. Je levais les mains en signe d'apaisement, et fis un pas de plus vers elle.


    | Tout peut encore s'arranger. Tu laisses tomber ce flingue, et j'aurais pas à te faire de mal. |



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mer 20 Mar - 15:33

    Je n’avais pas pu faire autrement que de l’affronter. Je savais bien sur que je ne pourrais rien faire face lui, et c’était ce qui me bloquait et me terrifiait en même temps. Car je repensais à ce militaire qui ne faisait que m’agresser à chaque fois, il m’avait d’ailleurs fait peur, car face à lui je ne pourrais rien faire, du moins pas physiquement. Je n’étais qu’une femme parmi tant d’autres, effrayé par l’idée d’un jour être violenté. Je n’avais pas compris encore pourquoi cette peur était née en moi, mais j’avais compris le point de départ. Depuis ce fameux événement devant l’hôtel de ville, avec cette fillette qui avait été violé, comment pouvais-je être sûr d’être en sécurité dans cette ville ? Il était vrai que ce n’était pas la première intention du pourquoi j’avais volé cet arme, mais elle en faisait aussi partie. Rien ne me retenait ici et vu à quel point se dégradait mon espoir, je m’étais décidée à agir. J’étais en train de me découvrir plus battante que jamais, et je ne savais pas encore si cela me terrifiait plus que cela m’apaisait. Peut-être les deux, mais je ne voulais pas rester à ne rien faire, ça m’était tout bonnement insupportable. J’étais sûr que les gens ne comprendrait pas, ce pourquoi j’avais tout gardé pour moi, ou presque car j’avais fait l’erreur de balancer une phrase devant le maire. Mais ce n’était pas lui qui allait m’empêcher de faire quoique ce soit, contrairement à l’homme qui se trouvait devant moi. Il pouvait m’arrêter quand il voulait, j’en étais certaine.

    « Je suis désolé pour lui. »

    C’était sincère, j’avais eu du mal à le frapper avec cette barre de métal qui se trouvait d’ailleurs encore sur la table. Je n’avais pas pu faire autrement car je n’étais pas capable de l’assommer sans lui faire de mal. Et il me fallait le surprendre sinon j’aurai été arrêté tout de suite. Je ne faisais pas le poids et j’en étais conscience, alors j’utilisais d’autre capacité, et la seule était surprendre pour pouvoir gagner. Là… je ne pouvais rien faire du tout, et si je tentais quelque chose je ne savais même pas si je parviendrais à le finaliser avant qu’il ne m’arrête dans ma course. J’étais en pleine réflexion, et je ne parvenais pas à me trouver d’échappatoire. Il s’avança vers moi, et pourtant mon bras ne flanchait pas… pas encore.

    « J’en ai besoin c’est tout, pourquoi ça t’intéresse soudainement ? Tu ne peux pas me protéger perpétuellement ; mais tu pourrais effectivement mieux suivre tes soldats. »

    Cette phrase était sorti sans même que je ne puisse la penser avant. Je faisais référence à ce qu’il s’était passé avec la fillette du fermier, mais aussi à ce soldat qui, à chaque fois que je le croisais, ne cessait de m’agresser. C’était insupportable et terrifiant. Je me disais que s’il était aussi instable, pourquoi ne pourrait-il pas aller plus loin ? Qu’est-ce qui l’en empêchait ? J’avais juste peur de me retrouver à nouveau seule avec lui et je l’éviterais du mieux que je pouvais en tout cas.

    « Je n’ai pas envie d’appuyer sur la détente, mais ça, tu le savais déjà j’imagine. »

    Je m’imaginais effectivement mal presser la détente et qu’il meure sous mes yeux. Non, pas un de plus sur ma conscience, je crois que je n’y survivrais pas tout simplement. A ma grande surprise, il baissa son fusil et je cru respirer à nouveau. Je pensais qu’il allait me laisser partir. Espoir illusoire. Il s’approcha encore de moi, l’arme touchant presque son uniforme, et il me redemanda de baisser mon arme. Je laissai quelques secondes avant de baisser mon bras, vaincue.

    « C’est pas grave, je ferais sans. »

    Avec un excès de rage, je plaquais le pistolet sur la table déclenchant par erreur la détente et le coup parti aussitôt. Je sursautais et laissais échapper un cri de surprise. Mon réflexe fut de me décaler brusquement, butant sur la table à côté de moi et m’arrêtant dans mon geste.


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mer 20 Mar - 16:14

    Mes yeux lançaient des éclairs à Eléanore, je la foudroyais d'un regard sombre, sans vie, seulement emprunt de haine et de colère. Alors comme ça, elle était désolée pour mon homme ? Je savais qu'elle ne le serait jamais assez. Et si la force de son coup lui avait fracassé le crâne plutôt que « simplement » le blesser ? Elle ne se rendait compte de rien, ni de la gravité de son acte en lui même, ni de ses conséquences. Je n'avais pas le droit de la laisser impunie, je n'avais pas le droit de laisser l'injustice régner dans le peu d'ordre qu'il restait à ce trou perdu. Ce dont j'étais certain, c'était que je pouvais tout aussi bien renoncer à tous mes principes si je le faisais. Mauvais acte entraîne châtiment, ou bien l'homme perd toute discipline, tout sens de l'honneur, et enfin toute dignité. Et alors ne restaient plus que des loups. Eléanore en elle même n'était pas dangereuse. Pas vraiment en tous cas. Je ne pus me retenir de cracher les mots suivants.


    | Désolée ? Mais tu te rends compte de la position dans laquelle tu me mets ? Tu fous par terre le peu d'ordre qu'il reste à ce trou paumé! |


    Je ne lui disais pas qu'elle était au bord de l'abîme, et que je devrais la punir. Je ne savais même pas à ce stade de la discussion si nous allions sortir vivant de cet épisode incroyable. Il suffisait d'un rien de tension en plus pour que son doigt n'appuie définitivement sur la gâchette, que je me prenne une balle et que mon corps en se crispant, déchaîne les tirs à son tour. Et je n'avais pas qu'un pistolet entre les mains. Mon fusil d'assaut allait tirer une trentaine de balles en l'espace de quelques secondes, saturant l'espace de projectiles acérés qui ne manqueraient pas de trucider tout un chacun. Et toute l'honnêteté dont pouvait faire preuve Eléanore n'y changerait rien. Nous étions tous les deux sur la corde raide, et il ne manquerait d'un rien pour que nous soyons précipités en contrebas. Finir ici et ensemble ne manquerait pas d'ironie, après tout ce que nous avions chacun vécu... Mais je ne me laissais pas abattre. J'étais capable de désamorcer la situation, et de filer à ma vis à vis la trempe qu'elle méritait. Et voilà qu'elle s'en reprenait à moi d'un ton acide. Elle ne m'aimait pas, ni ne m'appréciait, et elle ne faisait visiblement bien peu de cas de ce que j'avais à lui dire. Je devais très vite trouver un échappatoire, pour sauver ce qui pouvait encore l'être de cette situation pourrie.


    | Ca c'est clair. Eux au moins, se tiennent à carreau et ne mettent pas en danger la vie des autres par des actions inconsidérées. Et stupides. Ce flingue, j'aurais pu te le donner si tu me l'avais demandé. |


    Ce qui n'était pas vraiment vrai mais pas tout à fait faux non plus. Je ne savais pas comment j'aurais réagit si elle m'avait demandé une arme, mais tout ce que je savais, c'était que j'aurais été plus à même de gérer cette situation que maintenant. Là, nous frôlions un danger manifeste, qui aurait largement pu être évité avec un peu de bon sens. Je ne lui souris pas quand elle me dit qu'elle ne souhaitait pas me tirer dessus. Elle finit d'ailleurs par baisser son arme, et je ne pus retenir un soupir de soulagement. C'est alors qu'elle plaqua son arme sur la table la plus proche et que le coup partit. Je me sentais chanceler l'espace d'un instant, et me repris tout aussi vite. La balle m'avait frôlé l'avant bas et y avait laissé une traînée sanglante, peu profonde mais plutôt large, et ça pissait dru le sang. De colère, je me jetais sur Eléanore, lui enserrant le cou et rapprochant son visage du miens.


    | C'était quoi ça, putain de merde ! Si tu veux me tuer, fais le franchement ! |


    Je la giflais, autant de colère que pour lui faire reprendre ses esprits.


    | Et si tu aurais tiré dans ta poche sans faire exprès ? Et si ça aurait été un gosse, hein ? |


    Je me sentais au bord de l'apoplexie, le visage écarlate de fureur... Puis je me mis à trembler. Perdant le contrôle de mes mains, je lâchais tout aussi brutalement Eléanore et me reculais le plus loin possible, incapable de me contenir.


    | Putain, plus d'enfant... |


    Le regard perdu dans le vague et assailli de souvenirs, je serrais ma main gauche avec la droite pour réprimer mes tremblements.



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mer 20 Mar - 17:16

    Je n’avais pas arrêté de soutenir le regard de Philippe alors que je ressentais une forte colère à travers son regard. Je savais qu’il ressentait un grande haine contre moi, encore plus désormais. Jamais je ne me serrais imaginer voler quoi que ce soit. Mais les temps avaient bien changé. Nous étions en guerre, et je voulais seulement pouvoir me protéger lors de mon périple pour retrouver mon fiancé. Comment Philippe pouvait le comprendre ? Ce pourquoi je ne voulais pas lui parler, et au vu de sa colère, je doutais qu’il puisse m’écouter. Ses paroles me confirmèrent sa position, j’avais l’impression qu’il me sermonnait, non, m’engueulait royalement. Mais pensait-il que j’avais fait ça sur un coup de tête ? J’y avais longuement réfléchi, peut-être pas autant que j’aurai dû, mais j’avais fait un choix. Certainement, il y avait des conséquences et je les assumerais si c’était ce qu’il voulait. Qu’il m’enferme !

    « De l’ordre ? S’il y a encore un peu d’ordre, c’est seulement vrai car vous avez les flingues. »

    Mon opinion n’était pas totalement fausse, car ils nous intimidaient avec leur arme portée constamment. J’avais aussi envie de lui dire que personne ne m’avait vu et que du coup tout ça resterait entre nous, mais je ne pensais pas que c’était une bonne idée. De toute façon, quoi que je fasse, il me réserverait sans doute une bonne cellule. J’aurai bien voulu être capable de l’assommer pour pouvoir m’enfuir, partir de cette maudite ville avec ce lieutenant qui commençait à m’agacer de me trouver partout. J’avais l’impression qu’il me suivait. Folle pensée.
    Il m’étonna lorsqu’il me dit qu’il aurait pu me donner un flingue. Alors là, c’était d’un mensonge ! Rien ne pouvait me faire penser autrement. Et puis, je serais passé par la case « explication » que je ne souhaitais guère divulguer. Je ne pensais pas à lui pour régler mes problèmes, qui plus est si je lui avais avoué que je partais en expédition. Il m’aurait tout bonnement prit pour une folle – si ce n’était déjà le cas – et m’aurait interdit de partir. Alors j’avais décidé de m’arranger seule. Ça aurait tout à fait bien marché s’il ne s’était pas pointé.


    Autant dire que le coup me fit une peur effroyable. Je n’avais pas pensé qu’il partirait aussi vite et je ne pensais pas non plus qu’une balle serait tirée ce soir. Mais mon doigt avait pressé la détente au moment où j’avais plaqué l’arme sur la table, ne pouvant plus rien contrôler, la balle était parti. Au moment où je me redressais, mon regard se posa sur Philippe et plus particulièrement à son bras qui saignait. Avant même que je ne puisse dire quoique ce soit, il se jeta brutalement sur moi et me prit à la gorge. Mon cri s’étouffa dans ma gorge et mes mains se ruèrent sur les bras de Philippe pour lui faire lâcher prise. Je ne comprenais pas la situation, et c’était de ça que je voulais me protéger. D’un militaire qui perdait les pédales. Et là, qu’est-ce que je pouvais faire ? Rien du tout, je n’étais pas capable physiquement de le repousser ou de me défendre. Il n’avait pas compris ce que je lui avais dit plus tôt ? Je n’aurai pas pu lui tirer dessus, cela incluait que je ne voulais pas le tuer. Mais en cet instant, j’eu presque un doute de ne pas avoir pressé la détente avant…
    Je ressenti la douleur sur ma joue bien après le coup ; je n’arrivais pas à imaginer qu’il ait pu lever la main sur moi. Je ne comprenais rien à ses propos tellement j’étais choqué de son geste. Je restais en suspens, même lorsqu’il me lâcha. Ou presque car son lâché prise me fit faire quelque pas en arrière en même temps que ma main se plaça sur ma gorge, comme pour constater les faits. Je longeais alors la table pour essayer de me rapprocher de la sortie, sans dévier mon regard de cet homme. Je ne savais pas trop ce que je devais faire. Je savais en revanche ce que je ne devais pas faire : aller vers lui. Je le voyais trembler. Jamais je ne l’avais vu comme ça. Mes sens en alerte, je cherchais derrière moi quelque chose pour me défendre s’il recommençait à perdre la raison. Ma main heurta la barre de métal que j’avais laissé plus tôt et je la pris en la serrant fermement, la laissant encore derrière mon dos. Et alors, je balbutiais quelques mots.

    « Je crois que tu as besoin de… je devrais te... laisser. »

    Je n’étais pas sur de savoir exactement ce que je voulais faire – et mes mots me trahissaient d’ailleurs – mais pour le moment, j’étais totalement figée sur la scène qu’il se passait devant moi. Et beaucoup de questions s’entrechoquaient dans ma tête. Pourquoi diable avait-il disjoncté ? Et pourquoi parler d’enfants alors que nous étions dans une salle isolée ? Je ne comprenais pas, et bien que ma conscience m’indiquait de fuir le plus vite possible, physiquement, j’en étais encore incapable. La peur me paralysait. En tout cas, il était sûr que s’il s’avançait ne serait-ce que d’un pas vers moi, je lui balancerais cette barre en plein visage ! Mais si jamais il pointait son arme vers moi...


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Jeu 21 Mar - 8:55

    Putain de merde, pas maintenant ! Je constatais que ma main tremblait de plus en plus fort, je la maintenais fermement. D'un seul coup, toute la tension qui pesait sur mes épaules se relâchait en une brusque ruade qui avait emporté tout mon pragmatisme, toute ma concentration. Je n'étais parvenu à rien pour bloquer cet espèce d'éveil. Mais la colère mêlée à la fatigue m'avait poussé à une folie incroyable, me dévoiler. J'avais masqué mon ressentiment et mon dégoût si longtemps que je m'en étais presque fait une armure, qui aujourd'hui m'oppressait. Je revoyais les images défiler devant mes yeux. Un village paumé quelque part à la frontière pakistanaise. Je n'avais pas donné l'ordre, mais mon chef de corps, oui. On observait le village avec précaution après que Bertin crû voir un mec armé d'une kalach. Et d'un seul coup, un sifflement. Et l'instant d'après, tout explosait et s'embrasait. L'obus de 155mm avait détruit les quelques masures et pulvérisé les habitants. Venue l'heure de fouiller les corps... Ce que Bertin et le capitaine avaient pris pour une arme et donc pour un refuge à insurgés n'était qu'un baton entre les mains déchiquetés d'un gamin qui avait joué à la guerre. Cette fois là et tant d'autres, tous ces « accidents », ces « bavures ». Pire encore, les missions de vengeance avec les américains et les anglais, parfois même. Les fameuses Killing Zone, où on vengeait nos morts sur les civils qui avaient permis aux insurgés de nous tendre des pièges. Je faisais mon devoir et je n'hésitais jamais. Combien de gens avais je massacré dans ma carrière ? Beaucoup. Je ne rêvais jamais d'eux, ou très rarement. Le visage de mes hommes tués, par contre, me hantait plus régulièrement, et m'empêchait parfois totalement de dormir. Mais la conduite irresponsable d'Eléanore m'avait poussé dans mes retranchements et m'avait mis en face de ce que j'étais vraiment. J'étais prêt à la tuer pour le danger qu'elle représentait. J'étais prêt à la tuer pour sauver ma peau et celle des autres. Alors que pourtant, au fond de moi, je l'aimais toujours quelque part. Elle me perturbait toujours autant, et je la désirais plus ardemment qu'autrefois. Comment dans ces conditions, étais je capable d'évincer totalement ces sentiments, pour ne plus en avoir conscience au quotidien ?


    Je craquais, j'étais à bout. Eléanore avait voulu se défendre. Elle avait peur. Je n'avais jamais su la rassurer, et je comprenais avec le recul qu'elle n'avait pas plus confiance en moi que moi en elle, puisque je n'avais jamais su non plus la protéger. Que ce soit autrefois ou aujourd'hui, je n'avais aucune garantie de sécurité à lui donner, et c'était quelque chose qu'au final je ne pouvais pas lui reprocher. Mais le symbole de son acte lui, je ne pouvais pas le nier, ni le laisser passer. Je ne devais pas la tuer, mais je devais la punir, la sanctionner. Pourtant, là, maintenant, avec toutes les horreurs que j'avais faites en tête, je ne ressentais plus de colère, seulement la profonde lassitude d'une vie solitaire peuplée de cauchemars éveillés. Je ne relevais pas le regard vers Eléanore. Je la vis du coin de l'oeil s'emparer de sa barre de fer, toute apeurée qu'elle était. Je ne fis rien contre ça. Plus étonnant encore, je ne savais même pas pourquoi. Pas plus que je ne savais ce qui me poussait à parler à nouveau, toujours sans la regarder.



    | On a été bombardés sur la nationale, alors qu'on forçait les gens à se mettre sur le bas côté pour nous laisser passer. On était des centaines, avec tous nos véhicules de transport, de combat, et de soutien. Même quelques chars. On avançait sur l'ennemi, Cherbourg était attaquée, on nous avait dit. On n'a rien vu venir. Le véhicule devant le mien a explosé ainsi qu'une série d'autre. On est descendus des véhicules, et on s'est pris bombes, missiles et mitraillages au sol pendant une bonne heure. J'étais couvert de sang, mais en vie. J'ai reformé les survivants, étant le seul gradé a avoir survécu. Plus loin sur la route, on a été pris à partie par la foule. Ils étaient tous là, à marcher sans savoir où aller. Ils portaient leurs gosses, leurs affaires. Beaucoup de choses inutiles. Un de mes hommes s'est fait insulter, on nous a hués, en nous disant qu'on était responsables de ce qui leur arrivait. On a marché encore un moment, puis on s'est pris des projectiles. Pierres, bouteilles. Même un pneu. Quand un de mes types s'est pris un coup de couteau par une bande de types qui voulaient son arme, j'ai donné l'ordre et on a tiré. Encore et encore, on s'est plus arrêté de tirer. |


    Voix rocailleuse, ton monocorde. Je soupirais, profondément las. Il fallait que je dorme. Après avoir bu un verre. Ou deux.


    | Prends cette arme et vas t'en. |



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Jeu 21 Mar - 18:47

    Ma main s’engourdissait tellement je comprimais cette barre de métal qui ne cédait pas sous ma force. Ca m’était utile d’ailleurs, car je pouvais laisser cette énergie qui nourrissait ma peur s’échapper par cette prise. En vain très certainement. Je n’avais pas compris un seul instant ce qu’il s’était passé, et je ne l’avais d’ailleurs même jamais envisagé. Philippe, je le voyais comme quelqu’un qui ne laissait paraître aucune émotion, de très froid et très autoritaire, mais jamais je ne l’aurai cru capable de disjoncter aussi soudainement. Peut-être était-il humain après tout. Mais je gardais toujours cette réserve, car s’il se projetait sur moi une deuxième fois encore pour m’agripper comme il l’avait fait précédemment, je pense que la peur plus l’adrénaline me permettrait de bien l’assommer. J’étais effectivement terrifié à l’idée qu’il puisse recommencer, et à dire vrai, je n’avais pas du tout envisagé qu’il puisse un jour m’agresser physiquement. Seulement à cause d’un petit coup de feu… et tout avait dérapé. Et si le coup n’étais pas parti ? Je cherchais peut-être des réponses où il n’y en avait pas. Et alors que je souhaitais le laisser définitivement, jetant un coup d’œil à la porte entrouverte. Je glissais alors sur la table, la longeant le plus possible et évitant tout geste brusque pour éviter encore une catastrophe. Et alors que j’allais vraiment franchir cette porte et fuir aussi loin que possible, j’entendis sa voix qui m’arrêta aussi étrange que cela puisse paraître. Mon regard se posa sur lui et je le voyais totalement incontrôlable. Les mots sortaient et j’avais l’impression de vivre la scène tellement il le vivait. Il était vrai que je n’avais jamais pu penser que lui aussi en avait bavé. C’était comme une sorte de confession ? Mais pourquoi maintenant ? Je n’avais pas pensé qu’un jour il se révélerait, surtout à moi d’ailleurs. Je pensais tout simplement qu’il habitait une grande haine pour moi. Et tout ça à cause de ma colère, de mon envie de revoir Mickaël. C’était un acte peut-être irréfléchie pour lui ce que j’avais fait, mais pour moi il était tellement calculé. J’y avais réfléchi pendant longtemps, et ce fut lorsque mes réponses avaient été inabouties que j’avais envisagé sérieusement de partir seule à la recherche de mon bien aimé. Mais si ça avait été au prix d’une vie, je ne l’aurai jamais fait. Ce pourquoi j’avais baissé cette arme, et surtout car j’étais dans l’incapacité de me défendre face à Philippe. Preuve qui c’était vérifié lorsqu’il m’avait agrippé le cou et giflé.

    Il finit son récit et je restais presque bouche bée. Il avait donc la mort de civils sur la conscience et apparemment s’en voulait terriblement pour que ça le hante au point de dérailler. Les mots sortirent de ma bouche sans que je ne réfléchisse vraiment.

    « Ce... n’était pas ta faute… tu t’es défendu. »

    Très peu sur de moi, je me demandais comment il réagirait face à cette conclusion que je m’étais faite. J’avais peur d’aller vers lui car j’avais peur de ce qu’il pouvait encore me faire. Même si j’avais encore cette barre dans ma main. Mon regard se porta à son épaule où la balle l’avait effleuré… beaucoup d’ailleurs pour qu’il saigne à ce point. J’aurai voulu panser sa blessure juste pour m’excuser de mon geste inconsidéré, mais je n’avais pas fait attention à mon doigt sur la détente. Jamais je n’aurai pensé qu’un jour je me servirai d’une arme, même si c’était involontaire. Et il a fallu qu’elle frôle Philippe d’assez près pour lui créer une blessure. La chance me souriait en tout point apparemment. Sauf qu’avant ça tombait pour ma pomme, et qu’aujourd’hui ça avait changé.
    Je m’obligeais à respirer calmement car j’avais mal à mes poumons. Ce coup de stress et de peur m’avait presque déclenché une crise de toux. Je l’avais retenue tant bien que mal pour m’éviter une douleur trop importante. Chaque inspiration et expiration me provoquait des brûlures, je sentais parfaitement l’air rentrer et ressortir. C’était insupportable, mais pour le moment ma concentration restait sur Philippe. J’étais un peu sur le qui-vive, prête à m’échapper ou à attaquer s’il se passait quelque chose qui me ferait peur, quoi que cela puisse être.

    Il m’indiqua de prendre l’arme et de partir. J’eu une seconde de réflexion. Maintenant que j’avais fait le tour et était plus proche de la porte, l’arme en question se trouvait à côté de lui. Inutile de plus réfléchir à la question.

    « N..non, je me débrouillerai sans. »

    Chose qui n’était pas vrai en soi, car j’aurai bien voulu récupérer cette arme pour ma propre sécurité ; même si je ne savais pas trop comment m’en servir. Mais psychologiquement, rien que de l’avoir dans mon sac quand je partirais, je serai plus apaiser. Chose totalement absurde, mais j’essayais de ne pas trop réfléchir, sinon je savais que mon côté battante s’éteindrait aussitôt que je pensais à mon idée folle soit-elle ou à ce que j’avais vécu à Cherbourg. J’avais été terrifié lors des premiers bombardements, alors j’étais sûr d’être terrifiée aussi lorsque je partirais, mais je n’y pensais pas tout simplement. Je me voilais la face pour éviter de pourrir dans mon coin et de mourir à petit feu.
    Je ne bougeai bizarrement pas. J’en avais envie, mais inconsciemment mon corps me disait le contraire. On verra bien si mon pressentiment s’avérerait vrai, car j’aurai pu le laisser tout seul, mais j’avais l’impression que rester lui ferait peut-être du bien. Pourtant, aucuns autres mots sortirent de ma bouche, bien que mes yeux restaient fixés sur lui.


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Sam 23 Mar - 14:44

    Je n'avais plus envie de voir Eléanore. Pour être honnête avec moi même, je n'avais plus envie de voir qui que ce soit. Je n'avais plus envie que d'une chose simple, le repos. Je voulais pouvoir me coucher dans un coin chaud, sans probleme de quelque nature que ce soit. Seul, sans personne pour se reposer sur moi, me menacer d'une quelconque façon, et surtout sans responsabilités. Je ne voulais plus me sentir écraser de quelque manière que ce soit, je voulais juste être allongé, le corps et l'esprit totalement au repos, et dormir tout mon soûl. Ce que j'aurais voulu, c'était ne pas être lieutenant, ne pas avoir la moindre once de responsabilité. Marcher et combattre, comme j'aurais dû toujours le faire sans m'arrêter pour penser. Il fallait après tout être complétement fou pour vouloir être en charge de ce genre de situations, et cela n'avait apporté que mort et souffrance à tous ceux qui avaient été sous le coup des charges pesant sur moi, qu'il s'agisse d'amis ou d'ennemis. Peu à peu, j'en étais venu à détester le monde et tous les gens qui l'arpentaient. Je pouvais me sentir proche de certains camarades, avoir envie d'évoluer avec certaines femmes... mais en apparence comme à l'intérieur, je rejetais toujours assez brutalement la moindre sympathie que je pouvais créer à mon endroit ou adresser aux autres. Les autres étaient faibles, insouciants, égoïstes, et surtout c'était leur mort sur la conscience que je finissais souvent par avoir. Je n'appréciais plus les autres, et ils me le rendaient bien. Cela me permettait aussi, seul contre tous, de vivre en paix avec moi même. Pourquoi me remettre moi même en question, alors que les autres semblaient passer leur temps à ce genre d'activité ? Je ne pouvais pas me permettre d'avoir leurs faiblesses. Cet ensemble de constatations avait fait de moi un homme dur à la peine et plein de volonté. Mais cela avait fait aussi de moi un homme extrêmement seul. Le problème de cette solitude, c'était qu'elle était compensée par le poids de toutes les vies que j'avais entre les mains, et ce n'était pas quelque chose que j'en étais venu à apprécier tout particulièrement. Je sentais bien qu'Eléanore était sous le choc de l'agression physique dont elle avait été à l'origine, puis l'objet quand je l'avais prise sur le vif. Elle était choquée, elle avait peur, mais je la sentais prête à se défendre. Même sa présence en venait quelque part, à m'indifférer. A ce stade où j'avais envie de tout balancer, la rejeter elle, malgré tout ce que je ressentais, en était arrivé à ne pas être plus difficile que si elle n'était qu'une inconnue. Je ne réagis autrement aux paroles d'Eléanore pour arborer un sourire plein de sarcasmes tout juste contenus.


    | Tu te ferais vraiment l'avocat du diable, pas vrai? |


    Je sentais la beauté sur le qui vive. Elle ne semblait pas savoir comment se comporter avec moi à proximité, alors qu'elle tenait toujours sa barre de fer et ne se déplaçait qu'avec précaution, comme face à un animal particulièrement rebutant qu'on ne saurait comment gérer. Ce que je devais être à ses yeux. Un animal dangereux, même. Cette simple constatation ajouta à mon sourire. Voilà que je faisais plus peur à ceux que j'étais sensé protéger qu'à mes ennemis déclarés. Je me levais, pris le pistolet encore fumant, et lui tendais, accrochant son regard.


    | Tu es venue le prendre, tu as frappé un de mes hommes à tel point qu'il va rester des heures dans les vappes, et tu m'as tiré dessus par accident. Tout ça pour ça, vraiment ? Aies au moins le courage de terminer ce que tu as commencé. Qu'est ce que tu feras hein, quand je serais mort avec mes hommes, et que l'ennemi viendra jusqu'ici ? T'avais raison. Tu m'as prouvé ce soir que c'était foutu. Je vais pas renoncer comme ça, ça non. Je me battrais jusqu'au bout. Mais même si les gens en qui nous avions confiance nous trahissent et nous frappent par derrière... Ca n'irait jamais assez bien. Prends cette arme, et tires toi. |



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Dim 24 Mar - 17:51

    Il était vrai que mes paroles pour essayer de le réconforter n’avaient pas été très réfléchies. Mais de là à ce qu’il me réponde comme il l’avait fait. J’étais presque frustrée, même si j’avais eu l’air hésitant, mes paroles avaient été honnêtes. Tout le monde s’était défendu et dans la panique beaucoup de personnes faisaient n’importe quoi. Avec l’adrénaline et la peur, cela faisait un bien mauvais mélange parfois. Je n’avais soit encore jamais tué personne, même si je me sentais coupable pour deux personnes en particulier que j’avais vu mourir sous mes yeux ; mais si c’était pour me défendre, je pense que je n’aurai pas de mal de presser sur la détente moi aussi. Preuve était aujourd’hui où j’avais pointé une arme vers un militaire et ne l’avait pas baissé tout de suite d’ailleurs, même si j’avais été sur au moment de voir le visage de Philippe que je n’allais pas tirer. Je souhaitais juste qu’il me laisse partir avec cette arme, qu’il s’écarte de mon chemin pour une fois. Mais non, il avait préféré rester en travers de mon chemin et ma conviction que je croyais infaillible avait faibli devant lui. J’en avais juste marre qu’il me voit comme une femme désespérée, faible et apeurée. Il devait croire que je m’étais injecté quelque chose ou que j’avais bu, ou tout simplement que j’étais devenue folle. Mais il ne comprendrait pas si je lui expliquais, j’en étais persuadé.
    Je ne relevais donc pas, préférant un petit roulement des yeux et un léger soupire. J’avais l’impression qu’il ne me resauterait plus, mais la sensation de ses doigts sur mon cou m’était encore bien présente et c’est pour ça que je ne lâchais pas prise sur la barre de métal. D’ailleurs je failli la brandir lorsqu’il se releva et qu’il prit le pistolet que j’avais posé sur la table plus tôt. Au final il me le tendit. J’étais presque… bouche-bée. Une minute il voulait que je renonce à le prendre, et là il me le tendait tout simplement ! Mais qu’est-ce qui tournait pas rond dans sa tête ? Alors que j’étais sur le point de répondre, il s’adressa à moi. Aussitôt qu’il eut fini, mon irritation se fit brusquement sentir et mes mots m’échappèrent.

    « Mais tu crois quoi ? Que j’ai fais ça sur un coup de tête ? Ca fait tellement longtemps que je pense à ma propre sécurité car je ne sais pas me défendre physiquement. La preuve en est, tu m’as agressé et je ne pouvais rien faire ! Comment veux-tu que je me sente, ça fait trois fois que je me fais agresser dans cette putain de ville ! »

    Je ne voulais pas en dire autant, mais en y réfléchissant bien, je m’étais fait agresser trois fois. Une fois dans la ruelle, une sur le quai et aujourd’hui avec lui. J’avais l’impression d’être la seule à être visé. J’étais peut-être devenu paranoïaque, mais les faits étaient là. J’en n’avais jamais parlé à personne car j’essayais de tout oublier. Et c’était d’ailleurs peut-être une excuse que de vouloir faire à tout prix cette excursion.

    « Mais ne t’en fais pas, tu n’auras bientôt plus le loisir de me croiser. »

    Sarcasme. Ce n’était pas mon habitude, mais j’avais envie d’expédier cette conversation et m’éloigner le plus possible de cet homme qui avait réveillé en moi une terreur profonde. Il m’avait presque attendri avec ces révélations, mais à en juger par sa réponse, il doutait de mon honnêteté. Tant mieux, ça nourrissait encore plus ma haine envers lui que tout autre sentiment qui me rendait plus que mal à l’aise en sa présence. Je n’avais finalement pas pris l’arme car je ne souhaitais plus m’approcher de lui. Cette arme, c’était un objectif que je m’étais fait car j’étais sûre qu’elle me serait utile une fois à l’extérieur. Et là, même si j’avais envie de la prendre, j’avais envie de croire que j’en trouverais une sur la route tout simplement. Je n’avais pas réalisé que je lui avais ouvert une grande porte avec mes paroles, mais j’étais sûre qu’il s’en fichait éperdument. Je lâchai donc la barre de métal, me disant que finalement s’il voulait faire quoi que ce soit, il y arriverait. Je lui tournais le dos bien décidé à aller prendre mon sac qui m’attendait depuis bien trop longtemps et partir. Plus rien ne me retenait dans cette ville, j’en étais persuadé.


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mer 27 Mar - 17:43

    Que cette foutue pouffiasse de Fontaine nous trahisse et fasse signer des pétitions pour nous foutre dehors, ça ne m'étonnerait pas. Que tous les papys du coin se ramènent pour nous virer à coup de chevrotines, ça ne me ferait même pas sourciller. Mais que ce soit Eléanore que je retrouve dans les réserves du bataillon, ça me dépassait. Ca ne me foutait pas vraiment de coup au moral ; je ne pouvais pas dire que je fasse grand cas d'espoirs de survie, d'espoirs d'une vie meilleure, ou de quoi que ce soit d'autre. L'expérience que j'avais de la vie m'avait depuis longtemps appris que nous étions tous condamnés à mourir à des moments différents, où on s'y attendrait le moins, et tout ce qu'on pouvait souhaiter, c'était que cette mort ne serait ni trop longue, ni trop douloureuse. Ceux qui avaient pas de chances enduraient un sacré putain de calvaire avant de clamser. Non, je n'étais pas triste, ni déprimé. Ca m'avait foutu un coup de voir quelqu'un comme Eléanore avec une arme, je m'étais revu en Afghanistan, et l'évocation d'accidents avec des gamins avait soulevé toute une série de souvenirs avec lesquels j'avais du mal à vivre. Et pourtant, je n'étais pas en pleine détresse. Non, ce qui me dominait en fait...


    C'était la rage.


    Une haine formidable, un vrai problème que je n'arrivais plus à gérer. En temps normal, je haïssais déjà la moitié de la terre et n'avait que dédain pour l'autre moitié, les considérant tous comme trop vains ou trop faibles pour survivre quand le crépuscule du monde nous tomberait dessus, ce qui était justement en train d'arriver. Me rendre compte que même le peu de personnes que quelque part, j'estimais toujours, était capable tout autant que le reste de toutes les bassesses, me foutait dans une colère noire. Cela me faisait reprendre les tremblements dans ma main, ceux dont j'étais revenu de la Killing Zone 18 en Afghanistan, après avoir vengé mes camarades tombés quelques jours plus tôt. Un voile noir descendait devant mes yeux, et je me sentais difficilement capable de me raisonner, de me calmer, ou d'agir avec clairvoyance. Fini, le Raulne pragmatique jusqu'aux extrêmes. J'étais redevenu plus que jamais Raulne le salopard. Eléanore aussi avait perdu son calme. Je me tournais vers elle, l'air mauvais et assassin.



    | Et putain de merde, tu crois que je fais quoi là ? Que je m'amuse, peut être ? J'aurais dû te la filer, cette putain de trempe. Peut être que t'aurais trouvé les couilles d'agir, de ne plus être une putain de victime ! T'as été forte dans le passé, et tu ne l'es plus à cause de moi. Je peux pas réparer ce qui a été fait y'a douze ans. Je peux pas. Je peux juste m'assurer que cette fois ci, quand les méchants viendront te chercher, tu sois capable de les envoyer six pieds sous terre. |


    j'éclatais d'un rire presque hystérique alors qu'elle me disait que bientôt, je ne la croiserais plus. Je la rattrapais, ne supportant pas de la voir me tourner le dos.


    | Tu vas arrêter de t'enfuir. Ou je jure que je t'en recolle une ! L'ennemi arrive. Tu comprends, ça ? Il vient. On en a eu l'info par radio. Tu crois qu'elle servent à faire joli, les défenses que j'établis ? On va se battre jusqu'au dernier pour les tenir, parce que c'est notre putain de boulot. Et toi tu trouves rien de mieux à faire que me niquer un mec avec une barre en fer et voler une arme. Tu veux un flingue ? Mais bordel, je t'avais proposé de t'en donner un la dernière fois, de te fournir de quoi te défendre. Pourquoi il a fallu que tu viennes me chier dans les pompes, hein ? Pourquoi? Pourquoi tu étais partie, y'a douze ans? Pourquoi il a fallu que tu partes! |


    je l'avais agrippée par le col, et la maintenais juste en face de moi.



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mer 27 Mar - 19:49

    Je me voyais déjà quitter cette ville, prendre la direction de Saint Malo, éviter le plus possible d’attirer l’attention et d’aller vers les bruits d’attaque au nord qui correspondait à coup sûr à Cherbourg. Je me voyais marcher pendant des jours avant d’arriver dans la ville, j’étais sûr aussi de la visiter comme je l’avais connu avant. Reconnaître les rues et ruelles ainsi que chaque bâtiment pour arriver à l’immeuble de mon appartement. Là j’aurai retrouvé quelque chose de familier, un chez soi même s’il ne devait plus être comme avant. Je me voyais déjà ouvrir la porte et apercevoir à côté de la fenêtre mon bien aimé. Je sens déjà en moi la joie intense de le retrouver sain et sauf, accourir vers lui et l’embrasser passionnément. Mais d’un autre côté, je me voyais aussi échouer… le voir mort, inerte, glacial, en un seul ou plusieurs morceaux. J’avais déjà l’image horrible qui s’inventait dans ma tête. Je me voyais aussi prise par des assaillants, torturer, violer. C’était affreux comme tout mon être était pris d’effroi rien qu’à cette pensée. Et dire que tant de femmes avaient déjà subi ce genre de sévices…
    Je n’avais pas contrôlé ma colère en lui ayant répondu, mais apparemment lui non plus. Mais ce qui me choqua le plus, c’était qu’il soit aussi blessant dans ces mots. L’avais-je été aussi ? Ce qui m’irrita le plus au point, c’était qu’il me reparle de ce jour. Et alors que je n’étais pas très ouverte, je me fermais encore plus et devient soudainement froide.

    « Tu n’as pas le droit de me juger. Tu ne me connais absolument pas et tu ne sais rien de ce que j’ai dû endurer pendant des années après ta putain de connerie ! »

    J’avais essayé de ne pas m’emporter, mais tous les jours je portais la douleur de cet incident. Ma toux qui s’éveilla me parut être une belle preuve. Et depuis les bombardements, j’avais l’impression que mes poumons me faisaient de plus en plus mal, l’air me brûlait parfois, j’avais l’impression de suffoquer et c’était horrible. Jamais je ne pourrais oublier cet incident et il me l’avait encore une fois révélé en me parlant soudainement de ce moment.

    « Je ne suis pas capable de me défendre, voilà la vérité. » ajoutai-je dans un souffle, plus pour moi-même que pour lui d’ailleurs.

    Cela s’était avéré encore plus réaliste lorsqu’il m’avait pris par la gorge et m’avait maîtrisé sans aucun problème majeur. Je n’avais jamais eu besoin de me protéger ni de me défendre car Mickaël avait toujours été là pour moi. Soit j’étais restée seule un moment, mais j’avais réussi à m’en sortir pour une fois sans obstacles ou péripéties trop importante pour que je ne les surmonte. J’avais souvent douté, surtout quand j’avais pris ce train pour quitter cette vie…


    J’avais tourné une deuxième fois le dos à Philippe, mais jamais je n’aurai pensé qu’il me retiendrait une seconde fois. Je pensais partir définitivement, et lui rallongeait encore cet événement proche. Peut-être n’aurai-je pas dû lui dire ces quelques mots qui étaient assez clair. Mais lorsqu’il s’approcha une seconde fois de moi et me prit par le col, j’eu peur qu’il me reprenne à la gorge et j’eu un mouvement de recul où mon dos heurta rapidement le mur pour me dire que j’étais bloqué entre lui et Philippe. Plus de barre à ma portée et rien pour me défendre si ce n’est mes petits bras inefficaces. Mais je ne pu faire aucun autre mouvement, car j’étais stupéfaite par ces mots. Et avant même que je n’en comprenne tous le sens, je lui répondais aussitôt.

    « Et tu penses que je ne sais pas déjà tout ça ? Je suis peut-être la seule à réagie dans ce patelin et à ne pas me voiler la face ! Chaque soir j’entends les bruits de la guerre qui sévit et se rapproche de minute en minute, et je suis horriblement seule face à ça. Je ne veux pas rester seule, la solitude m’est insupportable. J’ai l’impression de ne pouvoir compter que sur moi-même, alors oui j’ai cogné ce soldat mais tu peux pas savoir à quel point j’ai eu du mal à le faire ! Tu crois que ça m’amuse de faire tout ça ? Je veux juste me savoir en sécurité, mais plus ça va et plus les idées noires m’obsèdent. La seule raison qui me maintien en vie est qu’il faut que je retrouve… »

    … Mickaël

    Je m’arrêtais soudainement, réalisant trop tard les derniers mots qu’il avait prononcés. Je m’étais emporté et j’en avais trop emmagasiné jusque-là pour pouvoir tout retenir. Mais ce qui m’embêtait le plus, c’était qu’avec Philippe, j’avais l’impression de me dévoiler de plus en plus. Et lorsque j’entendis ces derniers mots… je restais comme bouche bée. Il est vrai que je ne lui avais pas encore dit combien ça m’avait été difficile aussi pour moi, mais l’entendre de sa propre bouche c’était… déroutant. Moi qui le pensais totalement changé à cause de cet uniforme qu’il portait. Restait-il un peu de sentiment en lui ? Je l’avais maintenant juste en face de moi, je ne savais pas quoi répondre, comme si rien ne me venait. J’essayai de trouver les mots, en vain.

    « Tu… je ne pensais pas…que… »

    J’aurai voulu tout lui avouer. Combien de lettre je lui avais fait et non envoyée, pendant combien de temps j’avais pensé à lui et oh combien je culpabilisais de l’avoir laissé. Et surtout le pourquoi du comment j’étais partie sans rien dire. Je n’aurai tout simplement pas pu partir si je lui avais dit, car à par lui plus rien ne pouvait me retenir dans cette ville. Mais est-ce que ça l’aurait soulagé ? Est-ce que ça m’aurait soulagé ? …


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mer 27 Mar - 20:37

    Bourré de cynisme, je me surpris à penser qu'Eléanore et moi étions sur la même longueur d'ondes. En effet, nous arrivions si bien à communiquer ! J'en venais à me demander ce qu'étaient en train de foutre tous ces connards de militaires, ils avaient déjà loupé l'altercation entre Eléanore et le garde de fonction, puis ils avaient raté le coup de feu, certes dans une pièce fermée à l'intérieur d'un bâtiment, mais quand même ! Nous étions en train de nous hurler dessus, sans plus aucune conception de la bonne tenue, ou de n'importe quoi d'autre qui freine normalement les rapports envenimés entre deux êtres humains. Ni morale, ni politesse, ni rien. Ne restait que la colèr. Pire que ça, une certaine dose de haine, que je ne savais dès lors plus refouler. Eléanore me hurla dessus, que je n'avais pas le droit de la juger, que je ne la connaissais pas, et que tout ça au final, c'était ma faute. Elle n'avait pas tord sur tous les points, cela dit, même si j'aurais pu lui opposer les mêmes arguments, si seulement j'avais disposé d'un esprit rationnel à ce stade ci de la « discussion », ou plutôt de ce qui était devenu une empoignade, une épreuve de force aussi bien verbale qu'une lutte de volonté. Et dans ce cas là, je pouvais très bien me montrer le plus con et le plus obtus des deux, je partais même avec une sacrée longueur d'avance.


    | J'ai pas le droit ? T'as pas encore compris ? J'ai tous les putains de droits ici ! Qu'est ce que tu veux qu'on me dise ? Si mes gars et moi on se tire, la ville brûlera d'elle même en même pas deux jours ! Ma putain de connerie ? Ouais, la vraie connerie, c'est d'avoir fait tout ça pour toi, pour nous, si seulement ça a déjà eu un sens pour toi! |


    Eléanore toussa, et j'eus brutalement envie de la frapper. Parce que ça me rappelait ma faute, mais pas seulement. Au stade de colère auquel j'étais parvenu, je trouvais aussi que c'était trop facile pour elle de toujours se cacher derrière sa blessure comme ça, comme si c'était la réponse à tout, le bouclier contre n'importe quoi. Comme si elle le faisait exprès pour remuer le couteau dans ma plaie. Foutue bonne femme, aucune fille avant ne m'avais jamais autant éveillé à la passion ni à la haine, et le mélange des deux était plus qu'explosif. Elle dit qu'elle était incapable de se défendre, ce que j'avais d'ailleurs déjà constaté. Mais son problème ne venait pas tant d'une absence de toute propension à la violence ou d'une incapacité physique, elle venait principalement du fait qu'elle faiait encore trop confiance à la société pour réguler la violence à sa place. Or, la société en cas de guerre se morcellait, et on devait bien prendre les choses en main pour se protéger soi même. Elle ne voyait en moi qu'un ancien petit ami, un amour de jeunesse. Mon coup l'avait prise par surprise, parce qu'elle m'avait plus fait confiance pour assurer sa sécurité qu'elle n'avait anticipé le fait que sa confiance pouvait être mal placée. Ce qui était justement le cœur du problème pour beaucoup de choses à l'heure actuelle... Frappée par mes paroles, elle me soutenait pourtant qu'elle n'était pas comme les autres, elle savait ce qui n'allait pas tarder à tous nous tomber dessus. C'est alors que perdue, elle ne sut plus quoi répondre. Je laissais la colère redescendre de plusieurs crans, et soutenais son regard, mes yeux la toisaient, inflexibles, mais je ne hurlais plus quand je reprenais la parole.


    | Tu ne pensais pas que tu aurais pu me blesser, autant que moi je t'avais blessée? |


    Je posais ma main sur sa joue. Le geste se voulait tendre, mais je n'y parvenais pas. Ma main était encore toute raidie de la colère que je ressentais, et j'étais plus à même de la frapper que de la caresser. Qui plus est, ma main tremblait. Je me rapprochais encore. Nous étions tout proches, désormais.


    | Tu sais, je ne crois pas que tu le retrouveras. Je ne suis même pas sûr que j'ai envie que tu le fasses. |


    Raulne le salopard était de retour. Et j'enfonçais le clou en réduisant le peu de centimètres qui nous séparaient encore avec hésitation, comme le gosse que j'avais été avant de devenir un meurtrier. Et l'embrassais.



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Jeu 28 Mar - 21:04

    C’était une nuit totalement surprenante. Déjà je ne pensais pas me faire attraper en plein vol d’arme, et surtout pas par Philippe d’ailleurs, mais en plus j’avais l’impression qu’il y avait beaucoup de révélation que l’on n’aurait pas eu en temps normal, dans une discussion banale dans la rue. Je m’envenimais et lui suivait sans interruption. Pendant combien de temps allions-nous tourner en rond ? En tout cas, c’était certain, je voulais avoir le dernier mot et me défendre par tous les moyens. Je me révélais peut-être par la colère qui s’échappait via mes paroles, mais je ne pouvais pas les retenir. Je ne voulais pas qu’il me voit comme la dernière fois à la caserne de pompier, même si j’avais été considérablement affaiblie par ma blessure. On avait eu une conversation tout à fait posée, pas comme celle qui se déroulait en ce moment. J’avais l’impression que ni lui ni moi n’allait céder, alors nous tournions autour d’un cercle qui s’avérait vicieux et qui tournait en boucle. Qu’est-ce qui allait faire arrêter l’autre ? J’avais essayé de m’enfuir plus tôt, prendre la sortie pour m’échapper et pouvoir partir de cette ville sans regarder derrière moi. Philippe ne me l’aurait pas empêché, car j’avais encore cette image où il me sautait dessus dans ma tête. Je ne souhaitais pas que ça recommence, alors j’aurai pu partir sans regarder derrière moi ; aucun regret…

    J’avais été plus que froide avec lui, car il n’avait tout simplement pas le droit de me juger, et qu’est-ce qu’il me sortait ? Il avait tous les droits ? Mais d’où lui vient cette putain de connerie ? Je failli laisser échapper un petit rire nerveux, mais réussi à le retenir. Je ne l’écoutais tout simplement pas, car il me disait des choses que je savais déjà bien malheureusement. C’était peut-être pour ça que je souhaitais partir, car ici, dans cette ville, j’avais l’impression d’attendre la mort, d’attendre l’ennemi arriver sans rien pouvoir y faire. Je voulais participer à cette guerre bizarrement, faire quelque chose ; et comme je n’avais rien trouvé, je m’étais tourné vers mon fiancé que je devais retrouver. Soudainement, comme ça, presque sur un coup de tête. Mais il me fallait autre chose en tête que la peur, la culpabilité et le désarroi. Je voulais rien que pour une fois me sentir forte, puissante et maîtriser la situation, me maîtriser. Ca n’avait duré que quelques minutes malheureusement, juste quand j’avais observé le flingue et l’avait pris dans mes mains. Car à la minute où j’avais pointé l’arme, je savais que je ne pourrais pas tirer ni même l’emmener avec moi. Pire était lorsque j’avais reconnu Philippe. Tout avait été fichu à cet instant. Oui j’aurai très bien pu tirer, mais c’était un militaire qui protégeait cette ville. C’était donc impossible.
    Je le laissai finir son discours et ne répondit pas aussi surprenant que cela puisse me paraître. Car quoique je dise, je parlerais à un mur, comme lui pouvait le ressentir d’ailleurs. Je ne voulais pas me justifier sur des sentiments que j’avais eu pour lui durant mon adolescence, car il avait été pure et puissant. S’il pensait que je l’avais baladé pour le quitter sans aucun remord, il se trompait. Devais-je lui ôter ces doutes ? C’était toute la question, mais je me refusais à le faire. Pourquoi ? C’était bien difficile à expliquer.

    Alors que j’avais balbutié quelques mots, ne sachant que dire face aux derniers mots qu’il avait prononcés, il m’arracha encore les mots de ma bouche. Effectivement, je n’avais pas pensé l’avoir blessé à ce point. Je savais les sentiments que j’éprouvais pour lui, et il avait été très fort ; mais jamais je n’aurai pensé qu’ils étaient réciproques finalement. J’eu alors comme un gros doute, ne sachant quoi répondre, il m’avait cloué le bec. J’avais l’impression de revivre le moment où je l’avais quitté sans rien dire, et qu’il me retrouvait dans cette ville une semaine après. J’avais la sensation de redevenir une adolescente, ne sachant pas quoi faire de tant d’émotions qui me chamboulaient complètement. Il leva sa main vers moi, et j’eu un réflexe de recul avant de comprendre qu’il ne me voulait aucun mal en la portant sur ma joue. Je ne savais pas comment traduire ce geste. Une minute plus tôt il me sautait à la gorge, et puis là quoi ? C’était oublié ? Je ressentais les tremblements de sa main et j’avais peur qu’il fasse un geste inconsidéré.
    Ces dernières phrases me frappèrent comme un coup de poignard en pleine poitrine. C’était quand même l’homme à qui j’avais partagé ma vie pendant un bon bout de temps. C’était mon fiancé et qui sait si on n’allait pas se marier bientôt et construire une famille ? Pourquoi me sortait-il cela en plein visage ? Pire ! Il s’ouvrait à moi et avant même que j’eu le temps de réagir, ses lèvres touchèrent les miennes. J’eu une seconde d’hésitation, avant de me laisser corrompre par ce baiser. Jamais je n’aurai pu croire qu’un seul baisé de sa part pourrait me faire ressortir l’amour que j’avais eu pour lui. Je redevenais cette adolescente paumé, et lorsque je me décalais enfin de lui après un baiser passionné, je sentis mes larmes tremper mes joues. Je pleurais.

    « Philippe je… »

    D’un geste je mis ma main devant ma bouche, comme si j’avais fait un crime impardonnable, et les mots sortirent très bizarrement entre mes lèvres.

    « Je lui suis infidèle... »

    Je ne savais pas comment il allait réagir face à ces mots qui étaient sorti avant même que je ne puisse réfléchir ; mais je me sentais affreusement coupable de lui avoir rendu ce baiser, honteuse même. Et si Mickaël revenait ? Et si je le trouvais lors de cette excursion ? Ce qui était sûr, c’était que je n’avais pensé à rien d’autre lorsqu’il m’avait embrassé, pas même à Mickaël. C’était ça qui me faisait peur. Je baissai la tête et observai la bague de fiançailles que je portais toujours à ma main gauche. Je n’arrivais qu’à me dire que c’était mal ce que j’avais fait, quand bien même j’avais étrangement aimé ce baisé et que j’avais envie d’être prise dans ces bras.


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Dim 31 Mar - 17:20

    Le contact était doux, mais il y avait un relent de fièvre dedans. Il suffisait d'un rien pour que je perde le contrôle de moi même, alors que je goûtais pour la première fois depuis une douzaine d'années aux lèvres de l'amour de jeunesse que j'avais tant chérit et tellement haït. C'était... Etrange. Bon, indubitablement, revigorant aussi. Un peu effrayant. Dangereux. Et inutile. J'avais un homme à soigner et une ville à défendre, je n'avais ni le temps ni le loisir pour aller... merde. Elle répondait. Ses lèvres vinrent chercher les miennes, et notre baiser se prolongea un court instant de plus, avant que je ne sente qu'il ne devienne... Mouillé. Elle se décolla de moi. Immédiatement, je me sentis assaillit par un nombre d'émotions incroyable. Pis encore, l'intensité de celles ci était étouffante, j'en parvenais à peine à respirer. Colère et frustration d'avoir été repoussé, fierté d'avoir senti qu'elle n'était pas insensible à mes attentions, surpris par ma propre hardiesse en la matière, alors que je croyais avoir depuis longtemps contrôlé mes appétits sexuels pour ne plus avoir à les satisfaire que très épisodiquement. Je me rendais compte qu'Eléanore pleurait, et pas qu'un peu. Son regard déjà trouble depuis un moment dans la conversation était devenu plus qu'opaque et des larmes coulaient sur ses joues, sur son menton, et sur ses vêtements en dessous. C'est alors qu'elle m'appela par mon prénom, avant de s'empêcher de parler en mettant sa main devant sa bouche. Alors, elle me dit qu'elle lui avait été infidèle. Hein ? Ca voulait dire quoi ? Ce baiser ou... Ou autre chose ? Parce qu'elle pensait à quelque chose en particulier, ou parce qu'elle le trahissait déjà, mais avec quelqu'un d'autre ? La fatigue, la colère, le désir brûlant que je ressentais désormais, m'empêchait de comprendre clairement ce qu'elle venait de dire. Je restais coi. Douche froide. Elle l'aimait vraiment, cet abruti. Mon visage se ferma, mon regard se refit des plus sombres. Elle m'avait déjà blessé à mort en partant sans rien dire. Voilà qu'elle m'en remettait une couche en me rejettant pour un mec qui était de toute façon déjà mort ou qui ne tarderait pas à l'être.


    | Tu lui es infidèle ? Mais putain, quelle importance ça peut avoir ? Ce mec est mort, ou alors il est en train de faire des horreurs pour se tirer de cette merde. Tu crois vraiment que tout ce qui faisait notre vie avant a survécu aux bombes ? |


    je ne savais pas quoi faire. Je m'étais trop dévoilé en l'embrassant, en lui disant toutes ces choses. Ce n'était pas moi. Ca ne pouvait pas l'être. J'étais le lieutenant Raulne, une brute, un sacrément bon parachutiste, et j'étais pas là pour flâner. Je me fis de marbre, tout colère contenue et froideur externe, la jaugeant du regard. Je ne savais plus quoi faire ni quoi dire, hormis que je ne voulais plus etre pris pour un con. Je prenais une grande inspiration. Plus jamais on ne me reprendrait à faire ce genre de choses. Plus jamais je ne me prendrais de claques pareilles en pleine poire.


    | Désolé. T'as raison j'aurais pas dû. C'était une putain d'erreur. Encore ! Il faut qu'on bouge. |


    Pas de seconde chance, rien. Je pris Eléanore par le bras sans ménagement pour l'attirer vers la sortie à ma suite. Je me tournais vers elle quand nous arrivions vers le légionnaire encore dans les vapes.


    | Tu vas rentrer chez toi. Chez la personne où tu loges. Je m'occupe de ce type. Si je te reprends encore à venir voler dans nos réserves, tu seras punie. Maintenant, tires toi, avant que je ne change d'avis. |



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Dim 31 Mar - 18:30

    Ces mots qui étaient sorti de ma bouche devaient être incompréhensibles pour Raulne, mais avaient tellement de sens pour moi. J’avais ressenti une émotion qui m’avait bouleversé, sinon pourquoi je lui aurais renvoyé son baiser ? Comme ça, par pure bonté d’âme ? Absolument pas. Et c’était ce qui me faisait peur, je l’avais fait avec une certaine passion qui avait soudainement ressurgit. J’avais tout de suite pensé à Mickaël une fois décollé mes lèvres des siennes. Je n’avais d’ailleurs jamais imaginé pouvoir embrasser un autre homme que Mickaël, mais les retrouvailles avec Philippe m’avait… changé. Je me sentais incontrôlable avec lui, prête à tout je dirais. Mais après ce soir, il me faisait aussi très peur et me confirmait que j’étais faible et sans pouvoir. Une simple réfugiée débile qui se morfondait sur soi-même espérant toujours que son fiancé puisse être encore vivant. Pourquoi j’y croyais toujours ? Car c’était la seule chose qui me raccrochait à la vie. Sinon pourquoi je serais encore là ? J’étais totalement inutile dans cette guerre, je n’avais aucune capacité physique, ni pour le maniement d’une arme, surtout après ce soir. Je savais pointer, il n’y avait pas de soucis, je l’avais fait sur Philippe, mais pointer et presser la détente était une chose totalement différente. Je ne me sentais pas capable de tuer, du moins pas dans ses conditions. Peut-être si ma vie était en jeu, mais je ne savais même pas si je pourrais, du moins pas sans être ravagé après. La fuite était la seule possibilité que j’avais, alors je la mettais en place presque aussitôt dès que je sentais que la situation me dépassait. Chose qui arrivait trop souvent. J’avais l’impression que la malchance me pourchassait, pire, la mort.

    Je n’arrivais pas à arrêter mes larmes, alors que je les essuyais désespérément. J’avais cessé de regarder ma bague mais je restais la tête baissée. Jusqu’à ce que Philippe ouvre la bouche. J’étais déçue, mais soulager en même temps. Pourquoi ? Peut-être parce qu’il redevenait le lieutenant exécrable et sans cœur, un bon vieux con en somme. Il me facilitait la tâche, parfait ! Et à l’instant même où il finit son discours à la con, ma main vola vers sa joue. Je le giflais. J’étais sûr que ça n’allait pas lui faire grand mal, mais au moins il savait qu’il aurait dû se taire. J’avais relevé la tête et mes larmes ne coulaient plus. La colère s’empara de moi à nouveau. C’était finalement plus facile de le haïr, et je le remerciais intérieurement pour ça d’ailleurs, car tout autre sentiment s’était soudainement éteint. Merci pour ce revirement de situation.

    « Tu n’es qu’un bel enfoiré. »

    Un ton glacial et emplit de haine. Croit-il que j’avais besoin de ses paroles ? Mon espoir ne tenait qu’à un fil, et je savais qu’il pouvait être mort plus qu’être encore vivant. Mais c’était surtout l’ignorance qui m’était insupportable, mais comment il le comprendrait lui qui n’avait pas de femme apparemment ? Il ne savait rien, rien du tout, alors qu’il arrête de prendre ses airs supérieurs et de penser tout savoir de l’extérieur ! J’avais encore l’espoir de retrouver notre ville si pleine de vie et où j’avais tous mes joyeux souvenirs. Ici je n’avais rien, ni souvenirs ni passé ni futur.
    Ses excuses glissaient sur moi comme de l’eau. J’avais envie de le prendre comme punching ball, et je ne savais pas si ça me ferait plus de mal que de bien. Mais ça me soulagerait un cours instant. Et je me surpris en regardant son bras ensanglanté que c’était bien fait pour lui. J’aurai dû prendre cette arme et le laisser seule dans cette pièce, l’enfermer même ! J’aurai peut-être eu la paix jusqu’à tant de quitter la ville. En le regardant dans le blanc des yeux, je repensais à ce baiser, et il me paraissait désormais bien amer…
    Avant même que je ne puisse m’enfuir de cette situation – ou qui sait le refrapper ? – il me prit par le bras et m’entraina immédiatement. J’avais beau mettre de la résistance rien n’y fit. On ne fit pas beaucoup de trajet, et alors que je pensais qu’il allait m’enfermer, il s’arrêta devant l’homme qui était encore écroulé à terre. Je ressentais de la culpabilité, même si je l’avais fait volontairement. Je pensais qu’il allait me demander de l’aider, mais non, au lieu de ça il me renvoya.

    « Oh tu vas me faire croire que tu me fais une faveur ? J’ai pas besoin de ça. »

    La colère parlait, je n’avais pas envie qu’un autre sentiment jaillisse à nouveau autre qu’elle. J’avais tout intériorisé au moment même où Philippe avait ouvert la bouche après ce baiser. Il avait tout foutu en l’air, mais c’était parfait, car j’avais douté de mon expédition une fraction de seconde, avant qu’il ne me pousse inconsciemment à partir. Plus rien ne pourrait me retenir. Mais à l’heure qu’il est, j’essayais de ravaler ma colère et regarda l’homme à terre. Je soufflais un coup, m’avança et m’accroupi à côté de lui en observant sa tête.

    « Tu vas pas m’interdire de l’aider. »

    C’était pour le pauvre homme étalé au sol que je disais ça. J’essayerais de réparer les dégâts, au moins pour cet homme que j’avais abattu par derrière. J’avais tout ravalé, même si cette boule dans ma gorge retenait encore de la haine et de la colère. J’avais arboré le masque de la femme battante et déterminée. Je ne pensais plus à Philippe, et je ne restais pas pour lui. Je souhaitais juste réparer le mal que j’avais fais à cet homme avant de partir définitivement.


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Dim 31 Mar - 19:38

    Un bel enfoiré. Le mot sonnait à mes oreilles. Encore et encore. Un bel enfoiré. Un bel enfoiré... La petite phrase, si courte et pourtant si pleine de sens, avec laquelle on m'avait dit adieu un certain nombre de fois ces dix dernières années. J'avais eu quelques copines. J'avais vu des filles aussi. Danseuses, ou prostituées. Rien de jamais long, avec aucune d'entre elles. Et à chaque fois la même rengaine, tu es un bel enfoiré. J'en étais un, assurémment. Le problème semblait être que je ne semblais pas capable de vivre quoi que c e soit avec qui que ce soit. Je n'en étais pas capable. Trop versé dans la mort et dans ma propre solitude pour faire des compromis, pour m'amender. Trop fier pour attendre que les efforts viennent de moi même plutôt que des autres. Un bel enfoiré. J'attendais toujours la perle rare, qui se trouvait là bas, quelque part. Cette femme qui m'aimerait sans retenue, et devant qui je ne serais pas forcé de jouer mon propre rôle. Je souris intérieurement de ces attentes pathétiques. N'importe quoi. Jamais personne ne me trouverait pour m'embrasser, ne me rendrait mes attentions au centuple. Jamais je ne trouverais cette personne, parce que cette personne n'existait tout simplement pas. Et puis, à quoi bon s'attacher à qui que ce soit dans les circonstances ? Il y avait toujours eu quelque chose. Auparavant, mon cœur brisé, incapable d'apprécier quiconque. Ensuite, l'Afghanistan et les autres Opex. Enfin, toutes ces horreurs faites ou subies qui m'occupaient perpétuellement l'esprit, me poussaient à me méfier et à haïr n'importe qui m'approcherait d'un peu trop près. J'en attendais trop des autres. Mais ça ne comptait pas. De toute manière, nous serons bientôt tous morts. Je n'allais pas m'encombrer d'états d'âmes maintenant. Je suis ce que je suis, et je fais ce pourquoi je suis fait. Elle m'avait giflé. Un bel enfoiré.


    | Non. Tu as raison. Personne ici n'a besoin de moi. C'est évident. |


    Qu'ils aillent tous se faire foutre. Pourquoi je me mêlais à tous ces connards ingrats, alors que mes hommes allaient bientôt avoir froid et faim, avant de crever sans soutien de qui que ce soit dans ces saletés de fortifications de campagne que je leur avais fait creuser ? Ils y mourraient, dès que l'ennemi viendra. Je ne pouvais m'empêcher de penser cet état de fait comme inéluctable, désormais. Si on ne mourrait pas face à l'ennemi de toutes façons, on finirait massacrés par la foule. Et ces tranchées creusées dans le sol nous servirons de tombes quoiqu'il arrive. Je la poussais sur le côté sans ménagement, le regard lourd de menaces.


    | Tu en as assez fait pour aujourd'hui. Je t'interdis ce que je veux. J'en ai ma claque que des civils me foutent en l'air mes hommes. |


    Là, je tremblais de fureur, conscient que le coup allait partir si elle me poussait un peu plus à bout. Je m'agenouillais à côté du légionnaire. Il respirait, mais il avait un sacrée entaille sur le coin de la gueule.


    | Vas me chercher Talbert, le toubib. Et ensuite, tires toi hors de ma vue, comme tu sais si bien le faire. |



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Dim 31 Mar - 20:37

    Je n’avais même pas réagi à sa réaction. Ou si, je me disais que si lui se sentait inutile ici, comment pouvais-je me sentir moi ? Lui il avait un protocole à suivre, militaire soit, mais quelque chose à faire pour protéger la ville. Il savait quoi faire, tandis que moi je n’avais aucun entrainement. Rien. Je n’avais de pensée que pour Mickaël, et mon objectif c’était renforcé depuis peu. J’avais eu peur que Philippe me retienne, car je ne savais pas si j’aurai pu lui résister, lui faire face. Alors ça m’avait vraiment fait chié qu’il me surprenne en train de voler une arme. Que ce serait-il passé si j’étais repartie avec mon arme ? Si rien ne m’avait interrompu, je serais déjà sûrement rentré et j’aurai déjà fourré l’arme dans mon sac. Je serais même repartie aussitôt pour quitter cette ville sans même me retourner. Ce qui d’ailleurs allait peut-être être le cas ce soir, si la nuit ne s’écoulait pas trop vite. Il m’avait juste prouvé que c’était un vrai con, et je n’avais pas envie de penser autre chose de lui, car tout me paraissait plus facile, tellement plus facile…

    Je n’aurai pas pensé qu’il m’interdirait d’aider cet homme. Quoique ça ne me surprenais pas finalement, il essayait de me refaire peur ? Qu’allait-il faire, me ressauter à la gorge ? Il allait sûrement réussir à me faire fuir et à me terroriser s’il recommençait à me maîtriser, pour sûr. Mais j’essayais de faire face, même si je pouvais le provoquer de nouveau, je m’en fichais. Je me redressais et le regarda

    « Et moi j’en ai ma claque de toi ! Tes airs supérieurs comme si tu ne dérapais jamais ou comme si on te devait tout, que les militaires sont ici par pure bonté d’âme. T’avais pas un objectif à faire ? Tu devais pas aller à Cherbourg avec ta troupe ? »

    Et voilà, ma p’tite boule que j’avais en travers de la gorge avait déversé toute sa colère et sa haine. Ça m’était presque agréable cette sensation, une voix bien facile à prendre. Ce n’était pas moi, ce n’était plus moi, mais ça je le savais et j’espérais qu’en retrouvant Mickaël je retrouve toute mes capacités et toute ma tête surtout. Je commençais à me demander si je ne déraillais pas, mais à cette pensée, je l’excluais bien vite pour m’éviter de reperdre le contrôle. Je voulais me laisser croire que je contrôlais tout, c’était mieux comme ça et j’avais retrouvé une certaine assurance au lieu de me morfondre de jour en jour pour ne plus avoir la notion du temps et de la survie. Ca faisait combien de temps que je n’avais pas pris un bon repas ? Combien de temps n’avais-je pas dormi une nuit entière sans avoir ses perpétuels cauchemars qui me hantaient. En plus se surajoutait ces derniers jours les bruits de combat qui me terrifiait. Au moins avec cette espèce de fausse assurance et cet objectif que je m’étais fait, j’avais l’impression de tout maîtriser.
    Il m’envoya encore un ordre. Même s’il avait peut-être raison d’aller chercher le médecin, je ne supportais pas qu’il me l’ordonne. Alors, comme si ma folie était revenue, mon idée de reprendre l’arme remonta soudainement. Je m’enfermais de plus en plus dans cet objectif à atteindre pour ne pas avoir à penser à autre chose et que ça puisse encore interférer dans ma ‘quête’ ; comme l’avait si bien fait Philippe, déjà en me surprenant, mais en plus en m’embrassant. J’en venais à me demander s’il avait au moins pensé les mots qu’il avait dit et son baiser sincère. J’écartais encore ce parasitage de ma tête et me dirigea de nouveau vers le couloir menant aux armes.

    « Tu sais quoi ? J’ai un truc à faire avant de suivre ton ordre, Lieutenant. »

    Ce n’était pas de la pure provocation, c’était juste pour lui signaler que ces ordres m’insupportaient. Je ne voulais surtout pas qu’il interfère encore, et je ne le lui permettrais pas d’ailleurs. Alors je marchai aussi vite que possible, prit l’arme qui était toujours à la même place et revint sur mes pas, l’arme à la main.


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Dim 31 Mar - 21:03

    Je vis Eléanore rassembler tout ce qu'elle avait de courage, de force et de volonté, pour me faire face et soutenir mon regard. Il était beaucoup plus facile pour elle de me détester que de m'aimer, n'est ce pas ? Je n'allais pas lui faciliter la vie plus encore. Déjà que j'en faisais beaucoup... Avec mon geste, celui de prendre mal ses peurs et ses doutes, j'avais brutalement claqué la porte devant ce qu'il restait de nous... Et lui permettait donc de vivre comme s'il ne s'était rien passé, comme si je l'avais forcée même, dans la surprise du moment. Je savais qu'elle finirait par penser ces choses, par en venir à me haïr pour de bon et à prendre mes paroles comme mon baiser comme des choses aussi viles et fausses les unes que les autres. Eléanore me cracha au visage qu'elle en avait ma claque de moi. Qu'elle n'en pouvait tout simplement plus, de mes airs supérieurs et de ma présence. Je la regardais, froid et immobile, alors qu'elle me déversait toute sa sainte colère dans la tronche. Je savais bien que les choses étaient compliquées, en grande partie de ma propre faute ; Cela dit, je rejetais tout à fait ses accusations. Je ne me sentais pas supérieur. Ou en fait si, et cette constatation renforça encore un peu plus le feu froid de la haine que je ressentais dans mon cœur.


    | J'avais un objectif avant qu'on se fasse exploser sur la route. Mais ne t'en fais pas va ! La mort nous aura très bientôt. Tu n'auras qu'à enjamber nos corps pour aller te rendre. |


    Plus de tempête hargneuse. Des mots froids, dégoulinant d'une haine insondable. Je ne la considérais plus à cet instant comme la fille que j'avais aimée et que j'aimais toujours, comme la femme que je désirais. J'oubliais tout, sauf le fait que plus que jamais, j'étais seul au monde. Et au final, ça me convenait très bien comme ça. Mon travail n'était pas de m'encombrer de sentiments... Et j'avais failli à ma mission si je m'abandonnais à toute forme d'affectif dans mon travail. Je n'avais pas le droit de me laisser corrompre le cœur et l'esprit par l'attirance que je pouvais avoir pour Eléanore. Je n'en avais pas le droit. Ou bien, d'autres hommes mourraient par négligence. Et ça, je ne le permettrais jamais. Je voyais bien que mes ordres lui sortaient par dessus la tête, mais je ne pouvais pas me permettre de jouer au joli cœur. Je n'étais pas un de ces connards à tchatche qui espérait bien grimper au plafond avec une gonzesse à tous prix. J'étais un soldat. Mon boulot, c'était de sauver des gens en en tuant d'autres. Eléanore s'enfuit de nouveau vers la pièce des fournitures en me balançant une énième réplique acide. Je la laissais un instants, redressant la tête du légionnaire, avant de pousser un juron et de me relever pour aller la retrouver. Quelle connerie était elle encore en train de faire. Je la croisais quand elle faisait machine arrière, le pistolet dans les mains.


    | Tu vas partir à sa recherche, pas vrai ? Je ne te laisserais pas faire. |


    [i]Parce que si elle était capturée en rase campagne et questionnée par l'ennemi et ses éclaireurs, elle se mettrait à table. Elle saurait leur dire notre force, notre désunion, notre nombre, notre stock d'armes, de munitions, de vivres. Elle nous mettrait tous en danger en s'éloignant. Je m'approchais doucement d'elle. Jusqu'à l'attraper par le bras, et lui plaquer la main contre le mur le plus proche pour éviter qu'elle ne se serve du flingue. Mes réflexes m'aidaient... M'efforçant de la maîtriser du mieux que je pouvais, je tenais ses bras fermement de chaque côté de son corps, collant le mien contre le sien pour m'aider à la contrôler. Nous étions de nouveau tout proches. Et encore, je ressentais la même fièvre qu'auparavant. Je ne le laisserais pas sortir. Parce qu'en plus du reste, une partie de moi même ne le désirait pas non plus pour des raisons plus personnelles...[/b][/color]


    | Tu ne vas pas y aller, ou alors faudra que tu me buttes. C'est ça que tu veux, hein? |



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Dim 31 Mar - 21:56

    Je ne pensais peut-être pas ce que j’avais dit en lui lançant en pleine figure de retrouver son objectif de base, mais j’évitais d’y réfléchir trop, plus par peur de redescendre sur terre et de me trouver complètement débile. C’était étonnant comme l’amour pouvait nous faire faire n’importe quoi, mais que parallèlement la haine était encore plus forte et plus terrifiante encore. J’avais l’impression de renaître, de faire des actes que je pensais totalement compréhensible, mais vu de l’extérieur on pouvait me prendre pour une folle. D’ailleurs la folie s’était emparée de moi alors que j’étais reparti chercher l’arme que j’avais abandonné encore cause de ce foutu Lieutenant. Je finirais par croire qu’il me suivait, j’avais l’impression de ne croiser que lui. J’avais envie d’avoir un peu de chance, était-ce trop en demander ? Ou n’y avait-il plus d’espoir en ce monde ?
    Il me répondit aussi froidement que je l’avais fait. Je faisais en sorte de ne pas lâcher mon contrôle, de lui faire comprendre que rien ni personne ne pourrait m’empêcher d’atteindre mon objectif comme lui aurait dû le faire pour Cherbourg. N’était-ce pas là sa priorité ? J’avais bien envie qu’il s’en aille tien, j’aurai peut-être pu faire tout ce que j’avais envie de faire sans le croiser constamment et qu’il se mette à chaque fois en travers de mon chemin.

    « Tu ne m’apprends rien tu sais, je sais qu’on ne fera pas long feu. Et je sais que les civils seront morts bien avant vous. »

    Il me répétait les mêmes choses, comme si c’était pour me faire redescendre dans la réalité, sauf que je la savais. Je n’avais pas de voile sur les yeux, je percevais très nettement ma mort dans un futur proche. Alors à quoi bon se laisser dépérir, se cantonner à avoir peur à chaque instant si la hargne ainsi que la colère pouvait nous pousser à faire tant de choses ? Je ne me serais pas senti l’âme d’une battante, mais j’essayais de faire tout pour que ce soit en moi. Tout pour arriver finalement à retrouver mon fiancé. Personne ne comprenait mes gestes, et si Philippe ne les comprenait pas, qui d’autre aurait pu ? Je ne connaissais personne dans cette ville, ou du moins je n’avais pas de personne qui me connaissait d’avant, sauf peut-être Philippe mais pas en tant que femme. Je n’avais plus de racines, alors je faisais des choses que je considérerais comme inconsidérées et que je ne me verrais pas faire si tout cela n’était pas arrivé, si nous n’étions pas en guerre. Mais nous l’étions… je n’avais plus de pilier, quelque chose à quoi me raccrocher pour me dire que je prenais la mauvaise direction. Tout me paraissait clair et précis, avec un seul chemin. Lorsque je revins avec le pistolet, je me surpris à m’arrêter. Philippe était encore dans mon chemin, mais pourquoi ne me laissait-il pas partir définitivement ? N’était-ce pas ce qu’il souhaitait ? Il ouvrit la bouche, et je su tout de suite que je ne pourrais peut-être pas passer, mais rien ne me fit perdre espoir.

    « Qu’est-ce que ça peut bien te foutre ? Je suis ton ordre, je m’en vais. C’était pas ce que tu voulais ? Ben c’est trop tard, c’est décidé et tu ne m’en empêcheras pas. »

    J’essayais d’être la plus clair et la plus sûre possible. J’avais toujours cet air confiant que j’arborais et ce ton décidé. Sauf que je n’avais pas prévu qu’il me prenne et me bloque contre le mur…
    Ça avait été trop vite, je l’avais vu s’approcher doucement et m’était méfié trop tard. Il m’avait déjà plaqué le bras contre le mur et j’étouffai un gémissement dans ma gorge lorsque mon dos heurta le mur. C’était comme tout à l’heure, et ça m’était insupportable qu’on me maîtrise comme ça… depuis l’enlèvement. Rien ne m’avait fait perdre cette sensation de ne pas pouvoir se défendre, de se sentir faible et d’être emmené de force. J’avais déjà perdu la tête lorsqu’un homme m’avait maîtrisé comme ça en pleine rue ici-même ; et ça m’avait valu la cicatrice que j’avais au bras. J’avais beau essayer de contrôler ma respiration et cette peur grandissante d’être maintenu, mais rien ne marchait. Je commençais à sérieusement m’agiter, essayant de m’échapper de ses prises, en vain, comme autrefois. Et au fur et à mesure, j’avais l’impression que je ne respirais plus, l’oppression était trop intense et l’association à l’enlèvement trop grande.

    « Lâche-moi, mais lâche moi !! »

    Je mettais toute la force possible, me tortillais même ; je me crispais sur l’arme et un deuxième coup parti vers le sol. Cela a eu pour conséquence de me figer totalement, lâchant l’arme qui percuta le sol. Je le regardais dans les yeux alors qu’il était tout proche. Mon regard trahissait la grande peur que j’avais, c’était devenu une phobie que j’avais découverte ici-même d’ailleurs. J’haletais complètement, j’avais donné toutes mes forces pour qu’il me laisse. J’ouvris la bouche pour lui dire une nouvelle fois de me lâcher auquel cas je ne resterais pas longtemps calme, mais ma toux prit le dessus.


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Dim 31 Mar - 22:27

    Nous étions en train de lutter. Eléanore était en train de se débattre, et je la forçais à se calmer. Je vis dans son regard la terreur que lui inspirait pareille empoignade, je savais que cela ne lui plaisait pas, et cela me fit douter. Mais le doute, c'est le propre d'un soldat d'y couper. J'avais déjà connu ce genre de situation. En d'autres lieux, en d'autres époques. J'avais déjà tué des femmes, des enfants. Ce ne serait pas la première fois. Cette pensée me stoppa net, alors qu'Eléanore me criait de la lacher. Elle tira un coup de feu, ce qui me fit sursauter. Et je la lâchais. Je la lâchais et je reculais. Je ne savais pas ce qui m'arrivait. Comme un ivrogne, un mal de crâne abominable m'étreignit, et je me sentais à moitié ailleurs. Mon regard tomba sur mes mains qui brutalisaient Eléanore quelques instants encore auparavant. Mes mains tremblaient. Celle de droite plus fort que l'autre encore. Cela venait de m'arriver deux fois dans la même soirée. Ce n'était pas normal. Eléanore toussait, suffoquait. Je restais interdit devant mon corps qui peu à peu me lâchait sur les injonctions d'un esprit dérangé par toutes les horreurs vues ou faites au fil des ans. J'ouvris la bouche pour parler, mais je ne sus quoi dire. Je restais connement planté là. Réfrénant comme je le pouvais les tremblements de mes mains. Ma colère redescendit à nouveau d'un cran ; je me sentais épuisé par les fux et reflux de la pression que je ressentais depuis que j'avais réussit à tomber sur le râble de la jeune femme. Je me sentais épuisé, las, meurtri. Pourtant, elle était en train de suffoquer sous mes yeux. Je lâchais mon fusil par sa bandoulière, il s'écrasa au sol. Je me jetais sur elle, la prenant délicatement dans mes bras pour la porter. J'avançais dans l'obscurité des couloirs déserts. Arrivé près de la porte de derrière, je pressais la barre de torsion permettant d'ouvrir la porte. J'arrivais dehors, dans le jardin municipal sis derrière le bâtiment de la mairie. Je faisais encore quelques pas. Dehors, c'était la nuit. On voyait les étoiles, pour la première fois depuis longtemps. Et on entendait toujours le roulement semblable au tonnerre de l'artillerie au loin.


    Je déposais Eléanore près du bassin d'eau. Je lui déboutonnais le col, et mis mon oreille près de sa bouche. Elle respirait faiblement, et ça sifflait à chaque inspiration d'air. Elle me toussa dessus. Qu'elle l'ai voulu ou non, d'ailleurs. Sa toux me fit penser à celle des mecs gravement atteints aux poumons par des armes chimiques, comme j'en avais vu une fois à la frontière du Pakistan.



    | Ca va aller, ne t'en fais pas. Tout va bien aller. Je te le promets. |


    Je te le promets... comme la fois où je lui avais promis que tout irait bien et qu'elle avait finie intoxiquée et brûlée, maltraitée. Cela m'amena au bord des larmes. Je les ravalais amèrement avant qu'une seule aie pu couler. Le Lieutenant Raulne ne pleure jamais. Je me frottais le visage et le nez d'un revers de la manche. J'avais envie de crier à l'aide, mais qui m'entendrait ici ? La ville était de l'autre côté. Non. Je ne pouvais pas. Je pris Eléanore dans mes bras, amenant sa tête contre mon torse, ou plutôt, contre mon pare balles et ma veste camouflée, ce qui faisait de sacrées épaisseurs.


    | Vas y, calmes ta respiration. Doucement. Emplis toi les poumons, et relâches. Attends qu'ils soient pleins ! Doucement... |



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Lun 1 Avr - 9:40

    Deux fois. En même pas deux semaines j’avais eu cette de crise de panique à plusieurs reprise, et deux fois sur une si courte durée était très angoissant. Comment j’avais pu si bien oublier pendant une dizaine d’année et que tout ressorte aussi facilement ? Pire était que j’avais l’impression de revivre complètement la scène. J’étais vraiment en train de me demander si quelque chose ne tournait pas rond chez moi, s’il n’y avait pas un dysfonctionnement quelconque et que j’étais en train de m’enfoncer encore plus de jour en jour. Il m’avait peut-être compris, ou était-ce à cause de la balle tirée, mais lorsqu’il lâcha prise mes jambes me lâchèrent et je tombais en glissant le long du mur. J’avais l’impression qu’il m’avait tenu pendant des heures et rien qu’à cette pensée je ne pouvais me calmer. J’étais en train de suffoquer, cherchant de l’air à tout prix mais n’y parvenait pas. J’étais angoissée et terrifiée, c’était encore pire que la première fois. Mes mains tremblaient, ma respiration sifflait et mon regard se porta sur Philippe, en détresse. Il me fallait juste de l’air, qu’on sorte d’ici. Et comme s’il avait lu dans mes pensées, il me prit en m’emmena dehors. L’air frais qui frappa mon visage me fit du bien, mais mon angoisse de ne plus contrôler ma respiration ne me permettait pas de reprendre un rythme normal. J’aurai voulu parler pour lui exprimer ma grande peur mais ça m’était impossible. Il s’arrêta et me déposa à côté d’un bassin, et même si ces mots se voulaient rassurant, je sentais que ça n’allait pas. Ma toux qui se réveillait de plus en plus m’empêchait de reprendre mon inspiration, si infime soit-elle. Si je continuais comme ça, j’allais m’évanouir.
    Il me prit dans ses bras, et là ça me rappelait fort bien l’hôpital. Après qu’il m’ait retrouvé dans l’entrepôt, après qu’il m’ait dit aussi que tout irait bien. Je me souvenais aussi de la nouvelle que j’avais eu par le médecin concernant mes poumons. Comment j’avais été abattue par cette nouvelle. Je m’étais dit que j’étais trop jeune pour subir tout ça, en plus de ce que j’avais déjà subit depuis mon enfance. Trop de chose à encaisser d’un coup, et ça m’avait forcée à partir loin. J’aurai souhaité que l’intoxication reste aussi dans ma ville natale, mais ce n’était qu’un doux rêve illusoire, car elle n’avait pas cessé d’être là.

    J’avais commencé à avoir un teint un peu pâle, et lorsqu’il me prit contre lui, je m’agrippais à sa veste de mes deux mains, comme si ça pouvait me donner la force de me calmer. J’avais tellement mal à la poitrine et je paniquais totalement. C’était comme un étouffement, un étranglement… comme tout à l’heure lorsqu’il m’avait pris par la gorge et que ça m’avait momentanément coupé la respiration. J’avais les larmes aux yeux et elles ne tarderaient pas à tremper de nouveau mon visage. Elles reflétaient toute l’angoisse et la détresse que je ressentais en l’instant. J’avais l’impression de mourir à petit feu, ma trachée me brûlant à chaque inspiration et expiration. Et j’entendis la voix de Philippe. Inconsciemment, je suivais ses conseils, essayais de prendre le temps pour inspirer. Aussi étrange que cela puisse paraître, j’étais en train de me calmer. La douleur était toujours présente mais amoindrie, et j’avais l’impression que ma trachée se rouvrait petit à petit, doucement mais sûrement. Ca prenait le bon chemin. Je décrispais mes doigts doucement de sa veste et quelques larmes cédèrent, comme pour exprimer mon soulagement. Je balbutiai alors quelques mots entre deux inspirations, d’une voix faible.

    « Merci... et… désolé… »


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Lun 1 Avr - 12:39

    Peu à peu, Eléanore semblait se calmer, sa respiration se fit moins pressante et moins sifflante aussi. Au mouvement de sa poitrine qui se soulevait, je pouvais comprendre qu'elle parvenait de nouveau à obtenir assez d'air, et qu'elle ne respirait plus par à coups comme précédemment. De mon côté, je me calmais peu à peu aussi. L'air frais me faisait du bien. Cela m'apaisait. Et retrouver le bruit familier de la guerre au loin m'aidait à clarifier mes pensées, à éviter que celles ci ne se perdent dans les méandres de l'horreur des souvenirs. Il restait encore un homme inconscient, mais dont les jours n'étaient pas en danger. Tout pouvait rentrer dans l'ordre, j'en étais sûr désormais. Elle n'avait rien volé, il n'y avait pas eu de mort. L'homme ne saurait pas qui l'avait frappé, et serait exempté de corvées le temps de récupéré du vilain coup qu'il avait pourtant pris en pleine figure. Elle me remercia et s'excusa d'une voix faible. Je ne lui souris pas, profondément vanné par toute la colère, la haine, et la honte que j'avais ressenti depuis que je l'avais piquée en train de piller notre matériel. Je ne savais pas ce qui nous attendait par delà ces collines, là où le ciel rencontrait la terre en explosions de fer et de feu. Je savais cependant que je risquais fort de trouver enfin la paix recherchée, lorsque la mort viendrait toquer à notre porte. Je séchais les larmes d'Eléanore d'un revers de pouce. Je la tenais toujours contre moi, elle à moitié allongée par terre, et ma à genoux, la maintenant contre mon torse. Elle me regardait avec un certain soulagement. Je la regardais aussi. Comme si cet interlude assez effrayant avait en quelque sorte comblé le fossé qui nous séparait. C'était quelque chose d'agréable, de rassurant. Je me sentais un peu plus apaisé, maintenant que tout le fiel qu'elle me faisait ressentir avait reflué.


    | Excuses acceptées. Quand tu auras repris ton souffle, tu rentreras, et je m'occuperais de mon homme. N'essaies plus de nous voler. Je ne voudrais pas qu'un factionnaire un peu trop tendu ne te tire dessus par accident. |


    Je replaçais les cheveux qui tombaient sur son visage derrière son oreille, et lui caressait négligemment la joue du revers du pouce.


    | Et moi, je suis désolé. Désolé de ne plus être ce jeune homme plein d'entrain, rusé et jovial que j'ai été autrefois. Si je l'avais encore été, peut être que... peut être que les choses auraient pu se passer autrement. |


    Je la contemplais fixement, d'un air un peu triste. Je savais maintenant qu'il était trop tard pour changer.


    | Mais s'il te plait, je ne veux plus que tu partes. Tu nous mettrais tous en danger. Et je … Ne pars plus. |


    Je l'embrassais encore. Un peu plus vivement, plus passionnément, mais m'arrêtais presque aussitôt, laissant mon front contre le sien.


    | Je ne veux pas être responsable de ta mort. |



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Lun 1 Avr - 13:49

    Ma respiration était meilleure, plus ample et la sensation de brûlure s’atténuait petit à petit. Ma toux aussi s’était calmée et je m’efforçais d’ailleurs à la retenir pour éviter de réveiller une douleur dans ma poitrine, comme à chaque fois. Tous mes autres sens commençaient à revenir à la normal et j’entendais très nettement la guerre en arrière fond. Elle était loin, mais j’avais l’impression qu’elle était à nos portes et que bientôt, tout serait fini pour de bon. Je ne sais d’ailleurs pas si j’étais prête à accepter la mort. Et c’était paradoxal car j’avais souvent pensé au suicide. Mais le désespoir nous pousse à faire des actes brusques et soudains, qu’on ne peut réparer. C’était le cas de ce soir, et je n’avais finalement pas réussi à prendre l’arme. Etait-ce finalement que de provocation ? Peut-être… mais la colère me faisait faire n’importe quoi. Je n’avais juste pas pensé que ça se finirait de cette manière.
    J’avais l’impression que l’air frais nous avait fait du bien à tous les deux, car il accepta mes excuses. J’en fus surprise. Cette soirée avait été riche en événements et je me surprenais à être dans ses bras alors que plus tôt je n’avais plus envie de le revoir. Comme quoi, un changement brusque de situation pouvait être positif pour apaiser la colère de chacun. J’étais encore plus perturbée par ma crise que par les souvenirs des trente dernières minutes. Et à dire vrai, je préférais voir Philippe dans cet état qu’en Lieutenant impassible. Et nous revenions à la même situation que plus tôt. Tout le travail effectué sur moi-même pour le haïr et non l’aimer était totalement brisé. Mais comment arrivait-il à contrôler mon cœur comme ça ? Etait-ce son attention à des petits détails comme une simple mèche de cheveux, une caresse sur la joue ? Juste peut-être rien que le fait qu’il s’occupe de moi, me sentant si seul dans cette ville. Je repensais encore à Mickaël, et associais les paroles que Philippe m’avait balancées au visage. Et s’il était vraiment mort ? S’il n’y avait plus d’espoir ? Que deviendrais-je si ce n’est une épave avec un cœur brisé en mille morceaux. Mon cœur balançait entre deux hommes, mis comment rester fidèle à un homme absent ? Ça m’était énormément difficile, surtout qu’à présent, Philippe ne m’aidait pas. Mais je n’avais pas l’impression qu’il souhaite que je le haïsse non plus…

    Je détournais les yeux. Ne plus voler ? Je ne savais pas si je pouvais lui affirmer. Avant je lui aurai bien fait une promesse sans hésiter, mais désormais, rien n’était plus comme avant. Je m’accrochais à l’idée de pouvoir retrouver une vie normale, un quotidien presque lassant mais juste merveilleux à espérer en pleine guerre.
    Il s’excusa à son tour et me surpris une deuxième fois. Pourquoi s’excusait-il de ce qu’il était devenu ? En tout cas, j’étais d’accord sur un point : le fait que tout aurait pu être différent.

    « Tu es différent, mais tu te caches seulement sous ton grade. »

    Premier sourire que je lui faisais qui était réellement sincère. J’avais juste l’impression qu’il s’était refermé et que personne n’avait encore réussi à ce qu’il baisse sa garde. C’était aussi pareil pour moi, et si je n’avais pas connu Mickaël, peut-être aurais-je été comme lui, ou peut-être serais-je déjà morte depuis longtemps. Quand j’y repensais, j’avais eu de la chance de ne pas finir prostituée. Je me demandais encore comment j’avais pu réussir ma vie après être partie. J’avais eu du mal à me faire une nouvelle vie, et lorsque tout allait pour le mieux, me revoilà dans un enfer qui n’est pas prêt d’être terminé. J’avais l’impression que la chance c’était jouée de moi, et m’avait tout repris. Que je redevenais l’adolescente paumée qui découvrait pour une deuxième fois Philippe. Etait-ce pure coïncidence ?

    « Mais j’ai besoin de savoir et de voir de mes propres yeux. »

    Il ne fallait pas qu’il me le dise de cette façon, car j’étais sûre que j’allais céder. Je savais pertinament que c’était le seul de cette ville à pouvoir me faire changer d’avis. Ce pourquoi je n’avais pas cessé de pointer l’arme sur lui quand il m’a surpris, et pourquoi j’ai été cherché l’arme une nouvelle fois. Je voulais le contrer, l’écarter de mon chemin. Mais à chaque fois il revenait et j’avais l’impression qu’il savait que je n’arrivais que très peu à lui tenir tête. Pourquoi d’ailleurs ? Je ne voulais pas répondre à cette question dans ma tête, même si mon cœur me l’avait déjà fait sentir.
    Il m’embrassa une deuxième fois, et ses lèvres me firent le même effet que plus tôt, j’en avais envie tout simplement. Même si je pensais fort au sentiment d’amertume que je m’étais construite dans ma tête, ça ne marchait pas. Et je le remerciai lorsqu’il écarta ses lèvres presque aussi vite qu’il ne les avait mises. Et là, impossible de ne pas céder.

    « Tu ne le seras pas. »

    Je me relevais pour m’assoir, éviter d’avoir son regard qui me transperçait. J’avais l’impression qui lisait en moi et ça m’était difficilement supportable. Il savait que je n’avais pas renoncé, et il essayait de me faire changer d’avis. Je soupirais, je ne voulais pas tourner la tête car j’étais encore proche de lui, trop.

    « D’accord… tu as peut-être raison sur un point. Je risque de mourir ou d’être enlevée, c’est ça qui te tracasse le plus ? Que je révèle l’emplacement de la ville et que vous mette tous en danger, même si on sait très bien que nous ne ferons pas long feu. Tu sais pourquoi je voulais une arme ? C’était pas vraiment pour me défendre, c’était surtout pour l’orienter vers moi si… »

    Je m’arrêtais. Je venais moi-même de découvrir le fin mot de l’histoire. Je voulais cette arme non pas pour m’en servir contre d’autre car je savais que je ne serais pas capable de tuer quelqu’un, mais pour me tuer tout simplement. M’éviter des tortures ou si j’avais découvert le corps de mon fiancé. Je voulais partir seule et quitter cette ville car je savais que personne ne m’empêcherait de faire ce choix.


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 15:39



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