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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Lun 1 Avr - 14:20

    Je constatais que j'étonnais Eléanore. De toute évidence, elle ne s'attendait pas à tous ces revirements d'humeur. Peu importait. Le plus important, c'était que je faisais ce qui me semblait juste, et c'était bien là le principal. Je devais faire en sorte de toujours être en paix avec moi même, car si je m'éloignais de cette ligne de conduite, s'en serait fait de moi. Il n'y avait pas beaucoup d'espoir, pour mon salut ou pour ma santé mentale, mais je devais de continuer à agir comme il me semblait. Je ne devais plus me retrouver prisonnier de situations inextricables. Je souris doucement aux paroles d'Eléanore. Elle persistait à voir autre chose en me regardant moi, et elle n'avait jamais été aussi éloignée de la réalité. Me cacher derrière mon grade ? Se doutait elle seulement de l'homme qu'elle avait en face d'elle?


    | Je suis différent, mais je ne me cache pas derrière l'uniforme ou le grade. Je suis eux. Tu comprends ? Je n'ai plus rien du mec insouciant que j'étais. Je t'ai raconté mes derniers crimes en date. Et il y en a bien d'autres, peut être pires encore à tes yeux. Je ne serais plus jamais le même gosse. Et tant mieux, sinon je ne pourrais rien pour cette ville et pour ces gens. |


    J'en étais persuadé, toutes les horreurs que j'avais dites ou faites m'avaient protégé, et m'avaient permis de prendre suffisamment sur moi même pour être capable de donner les ordres qui répugneraient vraiment à l'immense majorité d'entre nous. J'avais été endurci par le meurtre et par le crime, suffisamment pour être le seul capable de mener ce bateau en perdition qu'était Louisville. Huygues était gentil, mais ce n'était pas un guerrier, et un berger trop laxiste avec son troupeau. Quelqu'un de bien, mais qui n'avait pas la force de punir les récalcitrants et de forcer l'intérêt général avant les intérêts particuliers, ce qui semblait éminemment difficile à concevoir du point de vue des gens du crû. Cela ne m'empêchait pas de sourire doucement à Eléanore. Putain, je ne devrais pas. Je devrais me barrer en courant, aller inspecter les postes avancés, vérifier que tout le monde était bien opérationnel. Je devrais soigner mon homme, faire en sorte qu'on soit tous prêts à la tempête qui ne manquerait pas de s'abatte sur nous. Et pourtant je restais là. Eléanore était une faiblesse. Seigneur, que je pouvais la haïr et la désirer à la fois ! Je soupirais à ses paroles. Foutue curieuse.Elle se laissa aller à notre nouveau baiser, et m'expliqua enfin le fin mot de cette histoire. Je lui jetais un regard du plomb.


    | Tu ne saurais quitter la ville. Les défenses que nous sommes en train d'installer sont là aussi bien pour contrer l'ennemi que pour empêcher des réfugiés de se retrouver sur la route, parlant de Louisville et de ses défenseurs. Je t'ai dit que j'étais le Lieutenant, et plus ce petit con que j'étais quand nous nous étions connus. Je ne te laisserais pas mettre en danger mes hommes. J'en ai trop perdu. Et ils ont eux même commis trop d'horreurs pour que je les laisse mourir sans espoir. |


    Je l'empoignais par la nuque, la forçant à me regarder dans les yeux.


    | Je ne te laisserais pas partir. |


    Je l'embrassais à nouveau, glissant ma main de sa nuque à sa joue, tandis que l'autre venait se poser sur son bassin pour l'attirer contre moi. J'approfondis le baiser bien plus que précédemment, tandis que ma main sur son bassin commença à fourrager ses vêtements pour se glisser au dessous.



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Lun 1 Avr - 15:32

    Ces derniers crimes… ces mots résonnaient dans ma tête et me faisait repenser à ce qu’il m’avait avoué plus tôt dans la pièce d’armes. C’était là aussi qu’il m’avait agressé et perdu totalement le contrôle de soi. Je m’en souvenais très bien et il me le rappelait, pourquoi ? Pour que je lui dise que c’était un assassin ? Que voulait-il que je lui réponde ? C’était un soldat, il avait été entrainé pour ça. Bien sûr que nous n’étions plus du même monde et que je n’avais tué personne. Je ne m’en sentais pas capable, mais lui devait avoir un nombre de victime important. Et quoi ? Il avait choisi cette voie-là, je pense qu’il était parfaitement au courant dans quoi il s’engageait. Il ne se cachait pas derrière son uniforme ? Soit. J’avais l’impression que quoi que je dise, il allait toujours riposter et me dire le contraire. Mais alors pourquoi mes émotions seraient si bouleversées s’il n’y avait rien en lui qui me plaisait et me rappelait les merveilleux moments que l’on a passé ensemble ? J’étais perdue, et la seule chose que je savais, c’était que je ne recherchais pas son profil d’adolescent. J’étais une femme désormais, j’avais compris que lui aussi avait changé, mais je restais persuadé qu’il arborait un masque comme celui que j’arborais pour lutter contre lui plus tôt. J’étais déçue. Déçue par sa réponse car ce n’était pas celle que j’attendais. Mais je n’étais même pas sûr de comprendre ce que je voulais moi-même ce soir.


    « Je ne saurais quitter la ville ? Comme je ne saurais non plus voler une arme. »

    C’était sorti tout seul, presque aussitôt qu’il avait fini son petit discours comme quoi rien ne pouvait rentrer et rien ne pouvait sortir. Ca me faisait bien rire quand même, c’était pour rassurer la plupart des citoyens qu’ils mettaient ça en place ? Car moi je n’y croyais pas. Ça pouvait repousser les ennemis, mais pas assez longtemps. La ville serait forcément assaillie tôt ou tard et nous serions tous morts. Notre destin est déjà tout tracé. Je gardais mes idées noires pour moi-même, car il était militaire, qui plus est Lieutenant, alors il fallait qu’il garde la face devant ces soldats.
    Je ne m’attendis pas à la suite, je sentis sa main sur ma nuque et me força à le regarder. Geste qui me déplaisait énormément. Je mis d’ailleurs ma main sur son poignet qui maintenait ma nuque, voulant qu’il lâche prise. Mais au même instant il m’embrassa de nouveau après m’avoir dit qu’il ne me laisserait pas partir. Il n’hésita pas à me rapprocher de lui et j’avais l’impression d’être un pantin dans ses mains. Le baiser se voulait… différent, car je ne savais pas trop si je devais lui rendre et l’accompagné. J’avais l’impression que c’était une envie passagère, une pulsion soudaine ; et lorsque sa main s’aventura en dessous de mes vêtements, je me décollais de lui aussitôt et plaqua ma main contre la sienne pour la stopper dans son élan.

    « Arrêtes. Tu ne vas pas aimer si tu continues sur cette voie et rien n’enlève ce que j’ai dit plus tôt. Tu cherches quoi exactement ? »

    Voilà c’était dit. Il n’y a même pas de ça quinze minutes, il m’embrassait et je lui avais avoué que je pensais encore à Mickaël. Soit indirectement, mais il avait compris. Alors que faisait-il ? Et que cherchait-il surtout, car si ce n’était qu’une pulsion soudaine provoquée par les circonstances, autant qu’il se la ravale, je n’avais pas besoin de ça. Surtout que je savais pertinemment que je m’en voudrais énormément si Mickaël était toujours vivant. Je lui dirais quoi alors ? Que j’étais désolé, qu’il n’était pas là, que c’était mon amour d’enfance et… ah oui, mon fiancé ne savait rien de mon ancienne vie. Alors oui, peut-être que c’est complètement illusoire que de penser qu’il est encore vivant, mais était-ce si incompréhensible pour lui ? Je ne me voyais pas faire l’amour avec un autre alors que mon cœur était lié à Mickaël. Tant que je ne le verrais pas mort, ce lien ne serait pas brisé ; l’avait-il compris ?


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Lun 1 Avr - 16:32

    Je me doutais bien que les choses allaient mieux que précédemment, pourtant je sentis le cœur d'Eléanore se tendre contre moi, comme si elle était gênée par quelque chose, comme si j'avais encore fait quelque chose de travers, ou qu'elle était dérangée. Je ne savais même pas comment réagir à ses paroles, quand elle me lança une pointe de défi à propos de l'arme. Je finissais par découvrir un sourire plein de sarcasmes. Bien sûr qu'elle en était capable, sans entraînement elle avait bien réussit à neutraliser le garde de ce que nous avions de plus précieux et de plus dangereux dans toute la ville. Elle n'était pas manchotte. Peut être Eléanore avait elle conservé une partie de la roublardise que je lui avais inculquée quand elle était jeune et innocente ? Il avait fallu ruser de nombreuses fois quand j'étais gosse et que je me faisais de l'argent facile. Enfin facile... Dangereux, comme la suite des évènements me l'avait prouvée. Il semblait évident qu'il y avait toujours eu une espèce de sous estimation des capacités de mes adversaires, ou plutôt de leur désespoir. Chasser des proies était sans danger, jusqu'à ce que celles ci, acculées, se révèlent être les pires des bêtes sauvages. Je restais néanmoins convaincu du fait qu'il y avait des choses à faire et à obtenir de toute situation. Cependant, je restais bloqué par la réaction d'Eléanore, et je ne savais trop quoi lui répondre sans que la colère, affleurant toujours la conscience, ne fasse son grand retour parmi nous.


    | Tu ne sortiras pas. C'est la réalité. Mes hommes ont ordre de tirer sur tout mouvement suspect aux entrées de la ville. Tu crois vraiment que ton mec voudrait te voir mourir pour le retrouver? |


    Et paf ! Si là je ne touchais pas un point sensible, je n'avais probablement plus qu'à l'attacher et à l'enfermer pour l'empêcher de faire une connerie, ce qui n'aurait rien d'agréable pour personne certes, mais ce qui aurait pourtant le mérite de la faire revenir à une certaine dose de raison. Mon impression initiale fut renforcée par le fait qu'Eléanore me bloqua la main et me repoussa. Elle me demanda les yeux dans les yeux ce que je cherchais, et que si je continuais sa réaction ne me plairait pas du tout. Cela me serra douloureusement le cœur, et c'était tant mieux. La douleur me rappelait à ma concentration, à mes bonnes résolutions, à ce que j'étais et ce que je devais continuer à être. Il n'y avait pas photo, je devais faire en sorte que les choses se passent bien. Je devais me contenir, réfréner ces pulsions. Je devais faire en sorte de sauver mes hommes de ce guëpier, et pas succomber aux tentations sur mon chemin. J'étais plus fort que ça. Pendant des années, je m'étais dominé ; je ne soulageais mes pulsions que quand je le décidais. Alors pourquoi perdais je ici le contrôle? Je continuais de regarder fixement, sombrement, la jeune femme toute proche de moi. Ce que je cherchais ? A ne pas avoir à mourir seul. A réchauffer ce cœur vide et froid qui était le mien. Mais c'était un objectif incompatible avec le reste de mes prérogatives. J'étais le Lieutenant Raulne, un soldat pur et dur, et je n 'avais pas à mentir, je n'étais plus un gamin.


    | Je cherche à tirer mes hommes de ce putain de guêpier. Je suis dur avec eux, mais ils sont tout ce que j'ai. Je ferais tout pour les sortir de ce bordel, même si je dois tuer pour ça. Ce ne serait pas la première fois. Ces hommes et même ces femmes, ont prouvé cent fois leur valeur. Ils méritent mieux que mourir seuls et oubliés, dénigrés par ceux qu'ils sont venus protéger. Et là, à l'instant précis, je te veux toi. Je te veux, parce que tu es la première femme à m'avoir rendu fou, parce que je suis seul contre tous, et probablement parce que c'est sans doute ma dernière opportunité avec une femme. Mais si tu n'as pas envie, je ne te forcerai pas. Saches juste que si tu me refuses, tu ne me verras plus jamais avoir un geste déplacé à ton encontre. Je suis un tueur, mais pas un violeur. |



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Lun 1 Avr - 18:14

    Et c’était reparti pour un tour… il avait heurté un point sensible et il le savait très bien ! Pourquoi remuez le couteau dans la plaie ? Il voulait que je cède, que j’ai peur de ses soldats. Mais si la folie me reprend comme elle s’était éprise de moi ce soir, rien ne m’arrêterait, pas même des armes à feu et ses soldats postés prêt à tirer. Je savais déjà que Czeslaw ne me tirerait pas dessus, alors il me suffisait soit de lui demander, soit de me permettre de sortir lorsqu’il serait posté. D’un autre côté, Philippe n’aurait pas tort, si j’étais morte avant de le retrouver et surtout qu’il était vivant, ça ne servirait à rien. Mais n’était-ce pas lui qui me disait qu’il était déjà mort ? Il changeait d’opinion pour me blesser ou c’était dans sa nature ? Je commençais en avoir marre de parler de mon fiancé avec Philippe, car tout ce qu’il voyait et tout ce qu’il me disait, je ne voulais pas l’entendre ni le voir. J’espérais le retrouver pour me permettre de me retrouver. C’était comme ma moitié, j’avais l’impression d’avoir un demi cœur, de n’être pas totalement fini. Mais lui, avait-il au moins ressenti ce genre de sentiment pour une autre personne ? Ma colère qui s’était apaisée revenue brutalement.

    « Effectivement, tu as raison. Mais je ne peux plus rester là à rien faire, c’est si difficile à comprendre ? »

    Il me sous-estimait, comme ces soldats le feraient, alors j’étais sûre que si un jour je souhaitais partir, je partirais, point. Peut-être me ferais-je tirer dessus, mais sur le feu de l’action, on ne voit qu’une seule chose : son objectif. C’était ce qui m’avait poussé à voler l’arme, ce qui m’avait poussé aussi à cogner le garde – qui se retrouvait d’ailleurs tout seul, l’ayant presque oublié – et ce qui m’avait poussé à aller à l’encontre de Philippe. Du moins… un petit peu. C’était toujours lui qui me faisait chier avec ses paroles et ses gestes. Chié dans le sens où il me pourrissait mon objectif et me bouleversait tous mes sentiments, comme la première rencontre, et toutes celles qui s’en suivait jusqu’à celle-ci. Je ne savais pas ce que je devais faire alors mon mécanisme de défense était de remettre mon fiancé sur le plateau. Soit, je l’aimais, c’était irrémédiable ; mais j’étais en train de m’efforcer à intérioriser ce même sentiment pour Philippe. Je le savais, j’en avais peur et je me bloquais. Il arrêta son élan lorsque je le lui demandai et fut à moitié soulagée. Son regard était fixe et il répondit à ma question plus précisément que je ne l’aurais pensée. Au début je ne comprenais pas là où il voulait aller, ce qu’il voulait me dire ; mais lorsque la réponse arriva, elle me frappa de plein fouet. J’en venais à me dire pourquoi je n’étais pas partie, pourquoi je lui avais tenu tête et pourquoi je lui avais posé cette stupide question. Je ne voulais pas entendre ces paroles, même si je sentais une passion profonde m’envahir soudainement. Je la gardais pourtant, ne voulant pas la laisser sortir, et pourquoi ? Tout était si confus, et je ne pensais pas que tout paraîtrait clair en paroles.

    « Tu n’as pas le droit de me dire ça. Pourquoi ? Mais pourquoi tu te dévoiles ? Pourquoi tu ne me repousses pas ? »

    Je tremblais, mes mains tremblaient et je les joignis pour calmer leur tremblement. Je m’écartais de Philippe car j’avais l’impression que je perdais tout contrôle. Ce n’était pas ça que je voulais entendre de sa part, pourquoi nous n’en étions pas rester au sentiment de haine ? Tout aurait été plus facile, moins douloureux… pour moi. Je continuais mon discours, n’espérant pas qu’il me comprenne le moins du monde.

    « Tu ne comprends pas ? Je t’ai renvoyé ton premier baiser, ça veut dire quoi pour toi ? Ce n’est pas que je n’en ai pas envie. Je te repousse parce que j’ai peur, j’ai peut-être déjà perdu mon fiancé et je ne peux pas te dire que je ne l’aime plus, je ne peux pas, car il restera toujours gravé en moi. Mais toi tu es là… je ne sais pas comment te dire… »

    Je n’arrivais pas à m’exprimer, car je n’arrivais pas à lui exprimer mes sentiments. J’étais en train de perdre tout contrôle et pourtant je continuais mon récit, comme si je me parlais à moi-même, préférant regarder le sol plutôt que lui sinon je me serais arrêté depuis bien longtemps.

    « C’est trop récent, il y a deux semaines j’étais encore avec Mickaël ! Tout a changé si vite, et toi… je ne pensais pas te revoir, ici. Tu ne peux pas savoir à quel point tout est ressorti, tu ne peux savoir à quel point je m’en suis voulu de te laisser. Pourquoi crois-tu que je suis partie sans rien te dire, ni même un au revoir ? Parce que je serais restée ! Toi seul aurait pu me faire rester, même si mon traumatisme de l’enlèvement resterait gravé. »

    J’avais les larmes aux yeux, je serrais désespérément mes deux mains de toute la force possible, comme pour me pousser à continuer mon récit. Et mon regard resta fixé au sol, je fuyais celui de Philippe en vérité, je ne savais pas ce qu’il penserait de tout ça.

    « Combien de fois j’ai voulu faire demi-tour, t’appeler… je t’aimais ! Et si tu avais pu seulement contrer l’enlèvement… je le fuyais lui, pas toi ! Et là, maintenant, je bloque ce sentiment, je le bloque parce que j’ai peur de ce qu’il pourrait nous arriver et je suis terrorisée à l’idée de perdre quelqu’un d’autre ! »

    Je m’arrêtai, haletait comme si je n’avais pas repris ma respiration depuis le début. Incroyable… stupide ! Complètement inutile que de tout déballé. Je ne me sentais pas mieux, pire ! Je me sentais d’une incroyable faiblesse et pitoyable. Je voulais garder tout ça en moi, je ne voulais pas lui dire à quel point je ressentais de la passion pour lui, malgré le fait que je porte toujours cette bague et ce pendentif qui représentait l’amour que nous avions l’un pour l’autre, Mickaël et moi. Je m’attendais au pire désormais et je n’arrivais toujours pas à souffler, j’étais dans un espèce de choc d’émotion. Trop de chose avait été enterré en moi, et jamais je n’avais pu parler de tout ça à quelqu’un, pas même à Mickaël. J’avais peur de sa réaction devant mes révélations qui avaient été très clair dans ma tête mais me paraissait tellement incompréhensible par ma voix.


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Lun 1 Avr - 21:55

    Bien entendu qu'Eléanore ne pouvait pas rester de marbre face à mes paroles, ce n'était tout simplement pas dans sa nature. Elle n'était pas une combattante, ça c'était certain. Elle ne manquait pas pour autant de fierté ni de volonté, elle faisait ce qui était nécessaire, et elle le faisait jusqu'au bout. Je l'avais toujours connue têtue et obstinée, mais je ne m'étais jamais vraiment douté à quel point elle pouvait l'être. J'aurais pourtant dû m'y attendre de sa part, alors qu'elle m'avait quitté pour ne plus revenir. Quand je repensais à ce foutu destin qui s'acharnait à nous unir et à nous désunir aussi rapidement, comme d'un simple claquement de doigts. Et à chaque fois, ça se passait de façon différente. La première fois sans heurt, sans dispute, sans rien du tout même. Pas même un simple au revoir, rien du tout. Et la seconde fois... Tant de virulence, de passion, de haine... C'était plus que troublant. Je savais quoi faire quoi penser, mais mon corps semblait s'obstiner à tout faire de travers. Et là, ça devenait franchement inquiétant. Je n'étais plus du tout capable de me contrôler, plus du tout capable de rien. Ne pas rester là à rien faire. Elle aussi, elle faisait ce qu'elle devait, et je savais bien qu'elle ne pouvait tout simplement pas se retenir, c'était plus fort qu'elle. Je n'avais pas le droit d'en vouloir à Eléanore. Pourtant, je le faisais quand même. Parce que c'était dans mon caractère. Je ne lâchais jamais rien à quiconque. Qu'une partie de moi l'aime encore et que tout mon être brûle à cet instant précis de désir pour elle, ça ne comptait pas. La colère remontait, ainsi que cette bonne vieille haine. Foutue vie.


    | Non. Ca l'est moins que tu l'imagines. Ca ne change rien à ma réponse.|


    Dur, inflexible. Comme toujours. On m'avait longtemps reproché être trop rigide, et que je finirais par rompre plutôt que de plier. Ce qui m'avait coûté mon avancement au grade de capitaine. Ca, et toutes les casseroles que je me trimbalais. Le chef de bataillon avait toujours besoin d'un officier supérieur pour se farcir la merde à sa place, et j'étais le candidat idéal, puisque je n'avais peur de me salir les mains. Pour autant, j'écoutais tout ce qu'elle avait à me dire. Eléanore parla, rejeta la faute sur moi, me reprocher de rendre les choses si difficiles. Je ne savais trop quoi lui répondre. Peu importait de toute manière. Elle parlait, et je l'écoutais. La jeune femme s'éloigna sans chercher autre chose qu'à réprimer les tremblements qui agitaient ses mains. Elle fuyait mon regard, et continua de se confier à moi. Elle pleurait. J'inspirais profondément avant de lui répondre. Ca y est, j'avais finalement réussit à me dominer, à faire ce que je pouvais pour tenir bon, à rester fidèle à ma propre ligne de conduite. J'étais le Lieutenant Raulne, et je n'avais aucun talent pour la paix. Je n'avais pas à chercher l'amour des autres, ni leur approbation. J'étais un tueur, et j'avais un boulot à faire. Je me sentais froid, je me sentais seul. Ce cœur qui battait dans ma poitrine était parfaitement calme, comme en plein milieu d'un combat, quand je réfugiais ma conscience quelque part, n'importe où sauf ici, ce qui me permettait d'analyser toutes les informations qui parvenaient jusqu'à mon esprit.


    | Nous nous sommes déjà perdus Eléanore. Je ne saurais te mentir en te prenant contre moi et en te tapotant le dos, en te disant que tout ira bien. Non, tout ira pas bien. Qu'on survive ou qu'on meure, ça sera sale. Ca nous marquera tous autant que nous sommes. Et les erreurs du passé ne compteront plus. Tu es partie, mais le hasard a fait qu'on se recroise à nouveau. Je n'ai qu'une chose à dire. |


    Je m'avançais de nouveau, posant mes mains de chaque côté de sa taille, enfouissant ma tête dans son cou.


    | Dis moi que tu ne veux pas de ça, et je te laisse tranquille. Dis le, Eléanore. J'ai besoin de l'entendre. |



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mar 2 Avr - 13:22

    Je ne contrôlais plus rien et j’en avais marre de ressentir cette sensation à chaque rencontre avec Philippe. Quand je reprenais nos discussions, ou altercation plutôt, à chaque fois j’avais déraillé. Il m’avait soit mise en colère, soit poussé le bouchon trop loin ; dans tous les cas ça revenant au même, je le haïssais un peu plus à chaque fois. Mais j’avais bien compris que cette haine me servait à cacher tout autre sentiment à son égard. Je ne voulais pas céder, alors je m’accrochais à l’espoir que Mickaël soit encore vivant. Pour quoi au final ? Si je n’avais pas eu cette soudaine envie de partir et d’aller le retrouver, jamais je ne serais là avec lui. Jamais il ne m’aurait embrassé et jamais je ne lui aurais laissé croire que j’avais aimé. Je n’arrêtais pas de le repousser et j’avais l’impression qu’il était encore plus attiré à moi. Putain mais c’était trop difficile pour lui que de tout ravaler comme je le faisais si bien ? Tout aurait été plus facile pour moi… je le croyais sincèrement. Mais en entendant encore les bruits de guerre qui n’avait pas cessé depuis quelques jours, je me disais que nous serions bientôt morts et je m’imaginais sans aucun mal être une des premières victimes dans cette ville. Qui serait à mes côtés pour me protéger ? Personne. Les ennemis auraient porte ouverte et je ne serais rien de plus qu’une poupée dans leur main. Ça me faisait affreusement peur, je n’avais pas envie de ça, je n’avais pas envie de cette vie. Je m’étais souvent demandé s’il ne fallait pas que j’en finisse, et j’avais résisté juste pour Mickaël… mais je n’avais pas compris encore mes sentiments aussi fort soit-il pour Philippe ; je ne les avais pas compris et n’avais pas souhaité les comprendre d’ailleurs, me voilant de plus en plus la face. Mais jusque-là, tout allait bien, j’arrivais à tout retenir car il ne m’avait rien fait encore. Mais après ce soir, ça m’était difficile de refuser ses avances. Et puis je savais surtout que j’affectionnais tout particulièrement le fait qu’il prenne soin de moi. Soit, c’était assez violent et il était froid et brusque, mais s’il ne m’avait pas arrêté ce soir, où je serais maintenant ? Sûrement à la frontière de la ville, en train de m’échapper pour retrouver une personne qui n’était peut-être plus là.

    Mais voilà, j’étais coincé devant lui et j’avais déballé tout ce que j’avais sur le cœur et que je gardais depuis trop longtemps. J’avais réussi quand même à garder quelques parties, mais il y avait tellement à dire sur nous qu’une soirée ne serait pas suffisante. Je m’attendais à ce qu’il me fasse la morale, qu’il me crie dessus ou redevienne froid et irritant. J’aurais juste souhaité qu’il fasse quelque chose de mal de nouveau, pour que la colère puisse me relever et que j’achève cette putain de fausse quête ! Mais j’étais figée, impossible de bouger, réalisant petit à petit le poids des paroles que je lui avais révéler et surtout leur sens. Pour moi tout était clair, je lui avais envoyé des signaux, indirectement soit, mais quand même. Lorsqu’il prit la parole, je me crispais un peu plus. Il était agaçant de toujours me confirmer la dure réalité des choses, même si je savais tout ce qu’il me disait. J’aurai souhaité oui, qu’il me dise que ça allait aller, rien que pour une fois que l’on me dise que cette guerre allait bien se finir. J’étais d’accord, ça allait tous nous marquer, ça m’avait déjà bien marqué car je n’en dormais plus la nuit. J’avais subi les attaques de Cherbourg en première loge, je me demandais toujours pourquoi je n’étais pas morte alors que tant d’autres personnes le méritait peut-être plus que moi. J’étais toujours restée à ce stade de la culpabilité et de l’incompréhension totale. J’avais du sang sur mes mains, du sang de deux innocents qui avaient cru bon de me sauver alors qu’il aurait mieux fait de me laisser dans ce carnage pour se sauver eux-mêmes ! Moi aussi j’étais une meurtrière, il n’y avait pas que lui…

    Il s’avança de nouveau vers moi, je bloquais ma respiration et me crispait un peu plus. Je n’arrêtais pas de penser à plein de chose en même temps, puis le blanc totale lorsque j’entendis ces derniers mots et sentis la chaleur de sa peau contre mon cou. Je ne souhaitais que ça, qu’une personne ne me fasse penser à rien d’autre. J’oubliais la guerre, je ne pensais qu’à lui et à la réponse que j’allais lui donner.

    « Je ne peux pas… »

    Ses mots s’engouffraient dans ma gorge, je ne savais même pas s’il les avait entendus. Je ne pouvais pas lui dire que je n’en avais pas envie, car mon corps me dictait le contraire. Je n’avais plus qu’à céder, me décrisper… je cédais puis pris l’initiative de goûter de nouveau à ses lèvres dans un baiser passionné. Je ne réfléchissais plus, il ne fallait pas…


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mar 2 Avr - 13:48




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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mar 2 Avr - 18:58

    Je me rappelais les moments de plaisirs partagés avec mélancolie. Ça n’avait été que lui, le seul et l’unique. Du moment où je l’avais croisé dans cette soirée et que j’avais compris ses regards plein d’envie et de passion, j’avais succombé à son charme. De plus, il était plus vieux, plus indépendant et il n’avait rien à voir avec les mecs que j’avais pu croiser. J’avais redécouvert l’amour avec lui, un amour fort et tellement passionnel. Je m’étais déjà imaginé toute ma vie avec lui. Il me faisait oublier la misère dans laquelle j’étais née, la culpabilité que j’avais pour ma mère et la grande haine que j’éprouvais pour mon père. J’avais eu une enfance de merde, un manque d’affection évident et Philippe avait tout comblé d’un seul regard. Je l’aurai voulu pour moi toute ma vie – il était à moi – et jamais je ne l’aurai laissé à quelqu’un d’autre. Jamais je ne me serais vu partir la première.
    C’était incroyable de ressentir ça à nouveau, j’avais l’impression de rajeunir de plusieurs année, redevenir adolescente. Il m’appartenait et j’aimais croire qu’il n’avait d’yeux que pour moi, qu’il me désirait autant que je le désirais en cet instant. Il me faisait tout oublier : la guerre, la culpabilité, la misère, le chagrin, la peur… tout. Je ne ressentais que le désir intense du plaisir charnel.




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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mar 2 Avr - 19:53




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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mar 2 Avr - 20:48




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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mer 3 Avr - 12:01




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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Mer 3 Avr - 18:57



    J’appréciais enfin la fraicheur de la nuit, redécouvrait les bruits de fond et mes émotions qui petit à petit refaisaient surface. J’étais trempée de la sueur de notre union et essoufflée tout comme Philippe qui s’était laissé tomber à côté de moi. Mon regard transperçais le ciel… je me demandais si je n’étais pas devenue une trainée. Dieu que ça me faisait mal de penser ainsi ! Je me sentais mal, et mon corps me le faisait découvrir petit à petit et sur chacun de mes membres, et surtout mon cœur et mes poumons. J’haletais et n’arrivait pas à reprendre de bonne inspiration car je bloquais cet afflux de culpabilité qui remontait en moi. Mon cœur était brisé en mille morceaux, mais j’avais aimé cette union ! J’avais aimé lorsqu’il était entré en moi, ses baisers, ses caresses… tout ! Comment est-ce que l’amour pouvait se confondre avec la culpabilité ? Ça ne m’était jamais arrivé et je n’arrivais pas à contrôler ce nouveau sentiment si puissant soit-il. Et lui ? Qu’en pensait-il ? Avait-il aimé, ou n’était-ce qu’un coup d’un soir ? En y réfléchissant bien, je ne voulais pas le savoir…

    Il me coupait de mes pensées par un baiser que je lui rendis timidement. Je ne savais pas quoi faire, et lorsqu’il brisa le silence de ses mots, ça ne me ramena que plus à la dure réalité. Je ne pouvais rien nié, pas même le fait que j’avais aimé, je ne savais pas simuler de toute façon. Ma voix était bloquée par l’immense douleur dans ma poitrine qui s’intensifiait de plus en plus. C’était bien… il me l’avoua et ça ne me fit qu’une sensation de coup de poignard s’associant déjà à la douleur que j’avais dans ma poitrine. Mes pensées s’entrechoquaient et j’avais l’impression que mon cerveau allait exploser. Finalement, je me redressais brusquement, sentant encore plus le froid sur ma peau.

    « C’était bien mais ça n’arriva plus. »

    Des mots froids, secs et sans aucuns sentiments, hormis le fait que j’avais l’impression d’être brisée de toute part, de n’être qu’un pantin, quelque chose d’éphémère qui allait bientôt s’évaporer. Je me relevais et rassemblais mes affaires. Je commençai par mes sous-vêtements, mon tee-shirt… j’avais envie juste d’exploser, de disparaître, de ne jamais revoir Philippe car il me rappellerait ce moment et le fait que je ne pouvais pas lui céder finalement. Je fuyais son regard, me concentrais à remettre mon pantalon. J’étais énervée contre moi-même en même temps qu’un grand chagrin m’envahissait. Je retenais tous ses ressentiments en moi qui m’oppressaient énormément. Je ne respirais plus, je ne voulais plus. J’avais juste envie de mourir… oui mourir. Ne plus à avoir à me supporter et ne plus faire des choix, aussi plaisant avait-il pu l’être il y a quelque minute. Je ne voulais pas le croire… croire au sentiment d’amour pour lui. Alors je le repoussais, avant même que lui n’ait une chance de faire quoi que ce soit.


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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Jeu 4 Avr - 20:22

    C'était terminé. L'ardeur de la passion avait desséré son emprise sur mon esprit, et mon cœur battait la chamade sous le coup de l'effort intense et rapide que j'avais réclamé à mon corps. J'avais l'impression, en plein milieu de cet ébat complétement fou et improvisé, d'avoir perdu la raison, mais d'avoir retrouvé un peu de vie. C'était bête à dire, mais mon corps me paraissait tout de suite moins tendu, plus vigoureux, plus jeune. J'avais redécouvert des choses que j'avais volontairement ignoré des années durant, me satisfaisant de quelques coups d'un soir ou de rendez vous avec des demoiselles à l'affection payante. Je n'avais plus jamais eu de vraie relation, j'étais totalement novice en la matière. Une partie de jambes en l'air à l'impromptu dans les taillis derrière une mairie ? Ca ne m'était jamais arrivé. Encore moins en mission, en plein milieu d'une guerre qui allait avoir notre peau à tous. Et moins encore du fait que j'avais un blessé sur les bras dont je devais m'occuper. Revêtir le masque du parfait connard imbu de sa propre personne et extrêmement dur avec tout le monde ne voulait pas dire que je ne tenais pas à ceux qui se trouvaient sous mes ordres. Ceux ci suaient sang et eau sous mon commandement, pour voler de victoire en victoire malgré les larmes acides que nous soutirait parfois le danger et la peur de la mort, quand ce n'était pas la mort elle même pour certains de nos camarades. Le corps dénudé à la va vite d'Eléanore était contre moi, chaud et haletant lui aussi. Je prenais conscience que je ne nous avais pas protégé. J'escomptais qu'elle ne trimbale aucune saloperie, mais on n'était pas à l'abris de tout un tas de désagréments. Il fallait bien avouer que les choses auraient difficilement pu être pires à nombre de points de vue. Je venais de coucher sur un coup de tête avec une fille qui m'avait jadis brisé le cœur, sans protection d'aucune sorte, potentiellement visible par n'importe quelle personne assez déterminée ou désespérée pour vagabonder de nuit dans ce nouveau monde en ruines qui était le nôtre.


    Non, décidément. Cela avait été une erreur. Pourtant, il s'agissait de ces erreurs insidieuses qui nous donnaient envie de recommencer aussitôt. Comment réagirait Eléanore si je la réchauffais à nouveau de mes baisers et de mes caresses, avant de la prendre à nouveau ? Je n'eus pas à me poser la question. Ses mots froids comme la glace se fracassèrent contre ma peau encore tiède de son contact. Encore une fois, un voile de colère descendit devant mes yeux. Elle se releva, rassembla ses affaires et se rhabilla à la va-vite. Je me rhabillais aussi, avec une vitesse brutale, dénuée de toute quiétude. Je serrais ma ceinture, laçais mes botillons, refermais ma veste, et vissais mon képi sur mon crâne, reprenant l'attitude toute militaire qui était sensée être la mienne. Nous en avions visiblement terminé. L'accablant d'un dernier regard de plomb, ma mâchoire se contracta alors que je réprimais l'envie de hurler à nouveau de rage, ou à l'insulter carrément. Non. J'accrochais son regard, froidement, sans la moindre émotion. Je ravalais ma rancoeur.



    | La prochaine fois, trouves toi donc une autre poire pour te sauter. Pries pour ne plus avoir à me croiser. |


    Le fiel dégoulinait de mes paroles, immonde rancoeur qui ne me laissait pas en paix. Je me détournais d'elle sans me retourner, et claquait violemment la porte de derrière du débarras derrière moi, la cadenassant. Ensuite, me fallut appeler Talbert et les autres, s'occuper du blessé, dresser un faux inventaire de notre matériel pour vérifier si quelque chose manquait... Mes hommes ne devaient pas savoir, et ne le sauraient jamais, que j'avais compromis notre sécurité à tous pour l'entrejambe d'une femme. Toutes des putains.



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MessageSujet: Re: Prise de folie ? Non, juste déterminée. [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 15:37



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