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MessageSujet: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Mar 17 Déc - 17:07

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




Il fait froid. Voilà une certitude que je ne peux ignorer. Il fait froid et la veste que j’ai entassée par-dessus mon pull ne me réchauffe qu’un peu. Tant pis : je ferai avec. Je fais toujours avec ce qu’il se passe. Une casquette, ma casquette, mon éternelle casquette même, vissée sur le crâne, voilà que je fais le tour des maisons pour voir s’il y a des réparations à faire. Ce doit être mon visage enfantin, ou mon petit sourire gêné, qui ont poussé mes collègues à me désigner pour ce travail. Anyway, ce n’est pas grave, parce que j’apprends à me départir un peu de ma timidité. Je commence à comprendre qu’il faut que je grandisse, et que le monde ou ce qui en reste ne m’autorise pas, ou plus, à vivre dans mon monde à moi.  Il faut que j’apprenne à communiquer avec les autres. Et ce n’est pas facile. Ca fait cinq minutes que je suis devant la porte, à prendre sur moi pour frapper. Je sais qu’il y a quelqu’un, j’ai entendu bouger. Le seul problème ? C’est moi. Moi et ma timidité maladive. Tu dois passer au dessus de ça, Antonin, tu le dois ! J’inspire, je lève le poing serré et… j’expire en l’abaissant. Allez, Antonin, allez vas-y ! Je peux le faire j’en suis certain. Ce n’est qu’une maison de plus. J’en ai déjà fait six, et j’ai noté avec minutie que un petit cahier l’ensemble des réparations à faire. Et j’ai aussi pris note du bois à couper pour effectuer lesdites réparations. Je ne suis ni menuisier, ni charpentier, ni ingénieur du bâtiment, juste élagueur. J’inspire, et cette fois trois coups timides résonnent. Une porte s’ouvre, on me regarde, on s’apprête à me dire d’aller voir ailleurs, mais je me mordille la lèvre. Avant de tenter un maladroit « Bonjour Madame. » qui repousse instantanément toutes les méchancetés qu’elle voulait me dire. J’enchaîne, en triturant le stylo et le cahier que mes mains moites peinent à tenir. « Je… je suis égal… élagueur grimpeur, et la mairie a demandé aux volontaires de faire le tour des habitations pour savoir quelles réparations il va falloir faire pour… euh… in… imperméabiliser… isoler… les maisons. Après la tempête, et euuh… » La femme me regarde, suspicieuse. Que doit-elle penser de moi ? Que je suis un voleur, un menteur, un profiteur ? Je me mordille la lèvre, et baisse les yeux en direction de mon cahier. « Je… je peux entrer ? » Non, bien sûr que non. Je le sentais, mais je continuais d’espérer, avec mon optimisme aussi maladif que ma timidité, qu’elle allait me dire oui. Je l’ai senti dans son regard. Ecouter, oui, accepter, non. Elle m’a vaguement dit que sa maison n’avait rien. Je la remercie tout de même, et redescends les marches. Maison suivante, alors. Mes yeux bleu-vert glissent sur le cadran de ma montre, avant de se reposer sur le soleil à l’horizon. Je sais d’expérience qu’il me reste une bonne heure de luminosité avant de ne plus rien voir. Avant de risquer de me perdre en tentant de retrouver le chemin qui me mène chez moi, ou plutôt chez Louise.

La maison qui se dresse devant moi à un jardin, où quelques fleurs peinent à survivre au milieu des cadavres de leurs congénères. Je prends le temps de m’accroupir, pour caresser une survivante et lui murmurer un air que me chantait ma mère. Si jamais ça peut l’aider… Oui, je parle aux fleurs, et alors ? Je parle aux arbres, je parle à la nature en général. Dans les steppes mongoles que nous avions foulées une fois, des années auparavant, j’avais hurlé ma joie de voir le monde. Etrange, moi ? Oui, peut être. Mais je m’accepte, et c’est déjà bien. Je me relève lentement, après un ultime toucher délicat sur les pétales de la fleur qui se faneront malgré tout, je m’en doute. Arrivé devant la porte, le même manège qu’un peu plus tôt menace de recommencer. Encore. Encore et encore. J’inspire, je ferme les yeux pour écouter s’il y a quelqu’un. Ma voix déraille alors que je murmure un « Quelqu’un ? » qui aurait dû être bien plus fort s’il avait eu pour but d’obtenir une réponse affirmative. Je reprends. « Excusez moi… » Mon poing frappe par trois fois à la porte, et je recule précipitamment d’un pas, de peur d’avoir dérangé la personne à l’intérieur de la maison. C’était le but de la manœuvre, Antonin. Souviens toi : tu dois les déranger, pour les aider après ! En reculant précipitamment, j’ai manqué la petite marche. Voilà que mes bras font des moulinets pour me stabiliser. Je n’ai pas un grand sens de l’équilibre lorsque je suis au sol, et non dans les arbres ou accroché à une paroi montagneuse. Un seul résultat est à attendre, et il ne tarde pas : je tombe par terre, et la douleur brute qui monte de mon coccyx me fait avoir les larmes aux yeux.  

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MessageSujet: Re: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Mar 21 Jan - 23:52

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




Ce jour-là, je n'avais pas la tête à me lever. La légère lueur venant titiller mes yeux m’obligea à me dissimuler sous ma couette. La fainéantise avait pris le dessus sur ma volonté de me lever tôt. Finalement, j’allais peut-être profiter de mon jour de congé pour paresser longuement et profiter de ma demeure que je venais de retrouver… Après plusieurs longues minutes je regardais, en ouvrant un peu la couverture, l'heure sur mon réveil. Dix heure pile... Je ne voulais pas me lever mais je m’y obligeais ! « Je ne vais pas rester au lit toute la journée non plus… »
Je me redressais les yeux à moitié fermés, l'air somnolent. Puis je m'étirais en poussant un léger gémissement et me décidais à me lever pour aller ouvrir le volet. Je ne m’attardais pas sur la vue comme je ne faisais avant. Le jardin si fleuri d’autrefois n’était plus… Seule la désolation régnait en contrebas et je ne voulais pas me morfondre toute la journée ! Un vent froid entra en contact avec ma peau ce qui me fis frissonner et me motiva davantage à refermer la fenêtre… Je me dirigeais ensuite dans la salle de bains pour me rafraichir ! Je brossais mes cheveux en chantonnant le premier air qui m’était venu à l’esprit et troquait mon pyjama pour un vêtement d’intérieur confortable mais assez habillé en cas de visite surprise. Bien entendu, je me doutais que cela n’arriverait sûrement pas mais on ne savait jamais…

Ce fut avec cette idée en tête que je descendis au rez-de-chaussée afin de me faire un café et grignoter un petit quelque chose. Je me voyais déjà confortablement installée dans mon fauteuil fétiche avec un bon livre à la main pendant que je petit-déjeunais ! Cependant, une légère grimace s’afficha sur mon visage lorsque mon regard se posa sur la petite boite de café soluble… Pour moi, ce n’était pas du vrai café ! Cependant, je devrais m'en contenter et je devrais faire de même avec les biscuits secs énergétiques que j’avais dans mon placard… Malgré mon manque d’entrain, je préparais soigneusement mon plateau pendant que l’eau frémissait. Petit à petit, je reprenais mes habitudes dans cette demeure qui était la mienne et cela me rendit légèrement mon sourire. Lorsque tout fut près, je me rendis dans le salon et déposais mon petit déjeuner sur la table basse… Je me dirigeais ensuite vers la bibliothèque et laissais mon regard vagabonder sur les livres tandis que ma main effleurait doucement les couvertures de ces derniers. Avec un sourire je fermais les yeux tout en laissant ma main s’égarer sur les ouvrages. Après quelques secondes, je saisissais le livre et posais mon regard sur le titre de ce dernier…



- Douce nuit de Mary Higgins Clark, dis-je pour moi-même. Je n’ai pas encore eu le plaisir de te lire.


J’allais donc m’asseoir confortablement dans mon fauteuil et ouvrais le livre après avoir bu une gorgée de mon café ou ce qui s’en rapprochait… Après quelques minutes de lecture je crus entendre un bruit à l’extérieur ! Je tendais l’oreille mais n’entendis rien. Me replongeant dans mon livre j’allais saisir un biscuit à tâtons lorsque trois coup furent frappés à la porte d’entrée… Surprise, je fis tomber le biscuit ce qui me fis maugréer doucement ! Je n’attendais aucune visite et j’étais étonnée que l’on vienne frapper à ma porte. Je glissais donc mon marque-page dans le livre et me dirigeais vers la porte en resserrant mon gilet autour de moi. En passant devant le miroir de l’entrée j’eus ce vieux réflexe d’arranger mes cheveux pour être présentable. J’entrouvris alors la porte sans pour autant enlever la chaînette de sécurité et jetais un coup d’œil dehors.
Je ne remarquais pas tout de suite le jeune homme assis par terre et qui, visiblement, était tombé ! Je refermais la porte en le voyant… J’ôtais la sécurité de la porte que j’ouvrais. Je fis un pas dehors et frissonnais immédiatement. Mon gilet n’était pas vraiment fait pour protéger du froid extérieur. La voix légèrement tremblante et avec un léger sourire courtois je m’adressais au jeune homme.



- Bonjour, je peux vous aider ? Vous vous êtes fait mal ? demandais-je en lui tendant la main pour l’aider à se relever.


Je n’avais pas ce réflexe que pouvaient avoir certaines personnes à l’égard d’autrui… Je voulais encore croire que cette guerre, que cette menace, n’avait pas rendu l’homme bestial au point de le faire devenir fou. Mais n’était-ce pas moi qui faisais preuve d’une douce folie en voulant penser de la sorte ? En voulant aider ce jeune homme venu frapper à ma porte sans que je ne le connaisse ? Peut-être… Mais je n’avais rien à perdre et tout à gagner en agissant ainsi ! Car faire une nouvelle connaissance en ces temps sombres était bel et bien un cadeau du ciel de mon point de vue.





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MessageSujet: Re: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Mer 22 Jan - 10:57

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




Il est amusant de voir à quel point je suis différent lorsque je suis en ville et lorsque je suis en campagne. Vraiment différent. J’ai le pied sûr, les sens alertes, un équilibre étonnant lorsqu’il s’agit d’escalader des falaises, de monter en haut d’un arbre, ou tout simplement de dévaler en courant une pente abrupte et rocailleuse comme on en rencontre souvent en montagne. Et en contre partie, voilà que je viens de tomber lamentablement parce que j’avais reculé sans penser à la petite marche. Mon équilibre ? Envolé. Mon adresse ? Abonnée absent. Voilà qui est amusant, mais qui pourrait aussi facilement m’attrister. Heureusement que mon caractère ne me porte pas vers l’autodestruction en général, mais plutôt vers une simplicité mêlée d’optimisme qui n’est nuancée que par ma timidité maladive. Parce que tout est lié à cela : en montagne, dans les sentiers de terre battue qui parcourent la nature, je suis seul et je n’ai à me soucier que de moi et de ma relation avec les plantes et les roches qui m’entourent. Alors qu’en ville, tout devient bien plus complexe. Il faut faire attention à ne pas heurter, blesser, déranger tout simplement les autres humains, et tout se déroule dans un schéma dont l’ensemble échappe à mon regard naïf.

Me voilà donc à terre, un peu sonné, comme étonné de me retrouver dans cette position. J’imagine la réaction de Lou, et j’esquisse un sourire qui disparaît lorsque la porte s’ouvre une première fois. Il y a donc bien quelqu’un dans la maison, et ce quelqu’un m’a bien entendu. Reste à savoir si elle, puisque c’est une femme, a entendu mes coups sur la porte ou simplement le bruit de ma chute ridicule qui les a suivis. La porte se referme. Et bien voilà, au moins, pour cette maison ce sera allé vite. Je n’ai même pas eu besoin de parler pour qu’on referme la porte, je fais de mieux en mieux. Ma légère déception supplante la douleur de mon coccyx qui a été malmené. Et voilà que la porte s’ouvre à nouveau. Et en grand. Je comprends lentement qu’en réalité, la femme qui en passe le pas a simplement enlevé une sécurité, comme une chaîne ou quelque chose dans le genre, et j’esquisse un sourire. Elle ne doit pas avoir très chaud avec son gilet léger, voilà la première réflexion que je me fais. J’esquisse un faible « Bonjour » auquel elle répond d’une voix tremblante mais souriante, pour être polie je présume. - Bonjour, je peux vous aider ? Vous vous êtes fait mal ? M’aider ? Je me concentre pour parler français. « Oui, je veux bien. » Elle me tend une main pour m’aider à me relever, et je la saisis sans a priori, m’aidant de cela pour me redresser mais veillant à ne pas la faire chuter à son tour, comme j’ai pu si bien le faire lorsque j’avais revu Louise. Je laisse échapper un « Thanks. » mal à l’aise alors que je secoue mes habits pour faire tomber la poussière et la cendre qui s’est collée à eux dans ma chute. Je repositionne ma casquette sur ma tête, aplatissant au passage mes cheveux châtains qui commencent à se faire longs. J’inspire lentement, reformulant mes pensées et les réajustant dans ma tête, avant de me lancer. Après tout, il faut bien qu’elle sache pourquoi un étranger, anglais, vient de frapper à sa porte avant d’embrasser le sol. « Excusez moi de vous avoir dérangé, je venais de la part de la Mairie, pour les réparations... » Bon, voilà, c’est dit. Maintenant il faut que j’explique vraiment le tout, parce qu’elle n’a pas du comprendre mes mots inarticulés et lancés pêle-mêle. Je prends mon inspiration avant de continuer, et ce faisant j’avale le peu de cendres qui s’est déposé sur mes cheveux lorsque je suis tombé. Les particules se collent à ma gorge, et je pars aussitôt dans une quinte de toux en me maudissant et en maudissant au passage ma bêtise. Pourquoi suis-je aussi maladroit, et distrait, et… « Uh… Do you have some water, please ? » hoquetai-je entre deux étranglements. Crétin. Bien sûr qu’elle en a, mais rien ne dit qu’elle va accepter. Surtout qu’elle doit avoir froid. Et qu’elle doit aussi se méfier. Et que… Calme toi, Antonin.

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MessageSujet: Re: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Ven 31 Jan - 23:44

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




Ma vie était devenue assez monotone depuis mon retour chaotique à Louisville et elle l’était encore davantage depuis que j’avais recommencé à travailler. Les rares jours où je restais à la maison je ne voyais pas grand monde et c’est pour cela que j’avais été surprise que l’on vienne frapper à ma porte ! A l’époque avant guerre, j’aurais pu penser qu’il s’agissait d’une personne du voisinage, d’un ami ou même d’un démarcheur mais là, je ne voyais absolument pas. La surprise avait été telle que j’en avais fait tombé mes biscuits au sol. Cependant, je n’avais pas pris le temps de les ramasser… ma curiosité m’ayant conduite à ma porte d’entrée. Je ne m’en rendais pas compte mais j’aurais pu faire preuve de plus de prudence en observant l’homme au sol ! Mais non, je m’étais contentée d’être moi-même et j’avais ouvert la porte en grand pour être sûre qu’il ne s’était pas blessé.
Mon comportement sembla surprendre le jeune homme dans un premier temps mais il accepta finalement la main que je lui tendais pour l’aider à se relever. Le remerciement en anglais qu’il laissa échapper me fit penser qu’il n’était pas français. Le laissant secouer ses vêtements et reprendre contenance, je l’observais. Je me rendis compte que je ne l’avais jamais croisé auparavant… Du moins, si c’était le cas, j’avais oublié. C’est à ce moment qu’il reprit la parole ! Je remarquais que je ne m’étais pas trompée en pensant qu’il n’était pas natif de la France et je l’écoutais attentivement. Je glissais un rapide
« Ce n’est pas grave ! » lorsqu’il s’excusa pour le dérangement. Puis, je fronçais les sourcils quand il parla de la mairie et de réparations ! Je n’étais pas sûre d’avoir saisi…


- Pour les réparations ? répétais-je sans obtenir de réponse.


En effet, mon interlocuteur venait de se mettre à tousser visiblement à cause de ces saletés de cendres. Il me demanda en anglais si j’avais de l’eau et je remerciais le ciel d’être assez douée pour parler cette langue ! Car entendre et comprendre quelqu’un qui parle anglais en s’étranglant à moitié n’est pas donné à tout le monde… Sans prendre le temps de réfléchir à ce que je faisais, je fis signe que oui de la tête et l’invitais à entrer d’un signe de la main…


- Oui, oui ! Entrez, je vais vous chercher ça, dis-je en allant dans la cuisine toute proche.


Je laissais le jeune homme le temps de récupérer un verre et de verser de l’eau dans celui-ci ! Je me rendais compte que j’aurais pu refuser avec le rationnement et tout ça mais je n’aurais pas voulu que l’on me fasse ce genre de coup. Finalement, mon manque de joie de vivre et de combativité s’effaçait jour après jour et cela n’était pas pour me déplaire.
Je revenais vers le jeune homme d’un pas moins rapide qu’à l’aller pour ne pas renverser la moindre goutte d’eau contenue dans le verre et tendais ce dernier à mon ‘‘invité’’. Lorsque je fus sûre qu’il l’avait bien en main, je reprenais la parole…



- Tenez ! Buvez… Vous m’expliquerez ce qui vous amène quand vous vous serez repris, dis-je aimablement.


Tout en disant cela, j’avais légèrement fermé la porte car l’air froid venant de l’extérieur n’avait rien d’agréable et me faisait frissonner. Et puis je n’avais pas envie que cet air glacial refroidisse toute ma demeure ! J’attendais ensuite que le jeune homme m’explique pourquoi il était venu frapper à ma porte.


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MessageSujet: Re: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Mar 4 Fév - 15:15

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




Je tousse, je m’étouffe, je suffoque mais plus que tout : je me ridiculise. Je ne panique pas, pas encore. Parce que voilà : je lui ai demandé de l’eau et tout ne dépend que d’elle maintenant. Si elle refuse, je m’écarte et me rétracte, si elle accepte, je pourrais me dégager la gorge et respirer convenablement à nouveau. Dans tous les cas, je ne vais pas la forcer à faire son choix, je me connais. Heureusement, je suis tombé sur l’une des preuves que je ne suis pas fou lorsque j’ai une confiance absolument en la bonté humaine. - Oui, oui ! Entrez, je vais vous chercher ça. Elle me fait signe pour que j’entre dans la maison, ce que je fais à sa suite. Mes pieds raclent sur le paillasson, j’enlève ma casquette par automatisme, avant d’esquisser quelques pas maladroits et peu discrets dans la demeure. Elle m’abandonne, j’hésite à explorer les lieux pour m’asseoir quelque part. Finalement, elle revient avant que je ne me sois décidé, et je me concentre pour bien saisir le verre et ne rien en renverser. « Gracias … hum… thanks, merci. » Et voilà, trois remerciements pour le prix d’un, elle vient d’avoir le combo des trois langues que je maîtrise – et que je mélange sans cesse cela va sans dire. - Tenez ! Buvez… Vous m’expliquerez ce qui vous amène quand vous vous serez repris, Le temps qu’elle referme la porte, j’avale deux gorgées, tousse un bon coup et avale encore une gorgée, en rougissant de gêne. En effet, je ne dois surtout pas la déranger davantage, surtout que bon, voilà, je ne suis pas des plus doués. Et des plus intéressants. Je jette un coup d’œil au couloir où nous nous trouvons, sans savoir où poser mon verre que je cale finalement dans la paume de ma main. Là où il sera le mieux, à n’en pas douter. Avant de commencer à expliquer du mieux que je peux ce que j’explique aux habitants du quartier depuis le début de la journée. « Merci beaucoup. Hum… il y a eu une tempête il n’y a pas longtemps, et… hum… la Maire m’a demandé de… hum… faire le tour des réparations pour voir les maisons nécessaires, vu que l’hiver est froid. » Ma diction est à revoir, je le sais bien, mais ma surdité légère me fait articuler davantage et ôte un peu de prosodie et de liaison à mes mots et mes phrases. Je m’aperçois soudain qu’elle peut avoir l’impression que j’ai rencontré personnellement le maire, et je ressens le besoin de rajouter, même si ça n’a strictement aucun rapport : « Enfin, je veux dire que… je… je suis un étranger, mais j’essaye d’aider, et on m’a dit de faire ça, et du coup, je note ce que je peux, pour aider… » Pourquoi préciser que je suis un étranger, comme si c’est une maladie incurable voire contagieuse ? Parce que j’ai l’impression que ça l’est et que les gens se sentiraient floués si je ne jouais pas franc jeu avec eux dès le début. Comme si mon français parfait et ma double nationalité n’étaient là que pour les duper. Je ne comprends pas pourquoi, mais bon, ce n’est qu’une constatation. Ce militaire, Raulne, m’a semblé si… énervé que je sois anglais et que je ne l’ais pas dit plus tôt… Je fais bien attention, à présent, à ne pas me faire passer pour un français même si techniquement je le suis. J’ai l’impression que ma nationalité est une tare qu’il ne faut pas que je cherche à masquer sous peine de subir le mécontentement des Louisvilliens. Dure chose à réaliser lorsqu’on est un citoyen du monde entier comme je peux l’être… « Du coup… si vous avez des… rapports à transmettre… » L’expression n’est pas la bonne, je m’en rends bien compte, mais je n’en trouve pas une mieux pour le moment.

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MessageSujet: Re: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Jeu 13 Fév - 23:50

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




Mon comportement était redevenu à la normal au moment même où j’avais récupéré la demeure qui était la mienne et j’acceptais donc volontiers d’aider le jeune homme que les cendres avaient fait s’étouffer. Bien sûr, même avec mon comportement on ne peut plus négatif des dernières semaines je l’aurais aidé quand même ! Peut-être aurais-je été plus suspicieuse… Mais en attendant, je ne pensais pas à ça ! Je me contentais de rapidement servir un verre au jeune homme et de lui rapporter en prenant soin de ne pas en renverser une goutte. Je gardais le silence tandis qu’il me remerciait de trois langues différentes. Cela me fit légèrement sourire. Le courant d’air froidement désagréable ne me plut guère et je choisis de fermer la porte pendant que l’inconnu buvait.
C’est à ce moment là que j’entendis sans aucun son de toux la voix du jeune homme. Il commença par me parler de la tempête qui avait eu lieu et qui ne m’avait pas échappé. Je l’avais vécue de manière assez désastreuse ! Il continua en disant que le Maire de la ville l’avait envoyé faire le tour des habitations pour voir s’il y avait des réparations à faire. Je tiquais en entendant cela et ne pus m’empêcher de croiser les bras sur ma poitrine en lâchant un léger juron.



- Ce c#n ! Parce qu’il s’intéresse aux habitants de cette ville lui maintenant ?


Oui, j’étais rancunière et je n’avais toujours pas oublié le comportement exécrable de celui qui était censé représenter notre ville ! Peu m’importait que les faits dataient d’avant le début de la guère. Je ne l’aimais pas et je n’allais pas changer d’avis parce qu’il envoyait un de ses sous-fifres faire d’éventuelles réparations. C’est alors que de mauvais souvenirs me revenaient à l’esprit que je remarquais que j’avais peut-être mis mal à l’aise le jeune homme.
En effet, celui-ci reprit la parole pour rajouter qu’il était un étranger et qu’il tenait à aider… On avait donc du lui donner des instructions à la mairie. Je lui offrais un sourire désolé ! Le pauvre… Je m’étais énervée, légèrement, mais énervée quand même alors qu’il n’avait rien à voir dans mes mauvais rapports avec le Maire. Tandis qu’il parlait je crus noter qu’il avait une manière de parler quelque peu étrange mais qui n’était pas dû à son accent. Je tendais l’oreille par curiosité mais cela ne donna rien. Je me décidais à reprendre la parole…



- Désolée, ce n’était pas contre vous ce que j’ai pu dire, annonçais-je. J’ai eu quelques désaccords avec le maire par le passé et l’histoire ne c’est pas très bien terminée. Je marquais une pause et ajoutais en souriant. C’est gentil de vouloir aider ! Votre situation ne doit pas être facile car je sais que certaines personnes d’ici n’aiment pas trop les étrangers.


Je ne faisais pas partie de ces personnes là et mes propos ne laissaient aucune place au doute ! L’inconnu reprit alors la parole pour me demander d’une façon légèrement fausse niveau grammatical si j’avais des travaux. Levant les yeux au plafond, je réfléchis rapidement. La réponse était oui mais avant toute chose, je devais faire preuve de politesse.


- Etranger ou pas, je pense que vous avez un prénom, déclarais-je en souriant et en lui tendant ma main. Je suis Emy, et vous êtes ? J’avais trouvé agaçant de penser constamment à lui avec pour nom ‘‘l’inconnu’’. Pour ce qui est des réparations… Oui, j’en ai à faire ! Je dois vous montrer les dégâts ? demandais-je hésitante.


J’avais réparé le plus gros mais une vérification serait la bienvenue. Il me semblait que les réparations que j’avais réalisées dans le salon étaient bien faites mais je n’avais pas forcément utilisé le matériel adéquat.


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MessageSujet: Re: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Lun 17 Fév - 22:09

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




Son juron lorsque je lui parle du Maire me fait perdre le peu d’assurance que j’ai pu rassembler grâce à son accueil. Je ne sais pas du tout sur quel pied danser. Il parait que puisque je suis un étranger, je suis plutôt mal vu. Mais voilà qu’à présent, même le fait que le Maire de la ville ait pu, d’une manière ou d’une autre – et surtout très indirectement, me proposer de faire ce boulot, va me porter préjudice. C’est à ne rien comprendre de la psychologie des gens de cette ville qui m’a pourtant hébergé près de vingt quatre mois, il y a des années de cela. Elle a du se rendre compte de mon malaise puisqu’elle s’excuse, toutefois. Heureusement. Pour moi. Désolée, ce n’était pas contre vous ce que j’ai pu dire. J’ai eu quelques désaccords avec le maire par le passé et l’histoire ne s’est pas très bien terminée. C’est gentil de vouloir aider ! Votre situation ne doit pas être facile car je sais que certaines personnes d’ici n’aiment pas trop les étrangers. « C’est comme partout, les gens n’aiment pas trop ceux qu’ils ne connaissent pas, et vu l’ambiance, on ne peut pas le leur reprocher. » Elle ne pense pas si bien dire, très certainement, mais je suis certain qu’il ne faut pas en vouloir aux Louisvillois. Ils sont dans une situation pas facile, avec des arrivées inopinées, et devoir héberger des réfugiés, partager leurs ressources… Je ne peux pas leur en vouloir et surtout, je ne peux que les comprendre. Sans pour autant partager leur opinion, ça non ! Dans tous les cas, Il fallait peut être que je lui réponde. Et c’est ce que je fais. Des rapports à transmettre. Cette phrase sonne faux à mes oreilles, mais je n’arrive pas à mettre la main sur l’expression adéquate. Et ce n’est pas faute d’essayer. L’important, c’est qu’elle ne s’en offusque pas, et qu’elle comprenne ce que je veux lui dire. Etranger ou pas, je pense que vous avez un prénom. Je suis Emy, et vous êtes ? Pour ce qui est des réparations… Oui, j’en ai à faire ! Je dois vous montrer les dégâts ? Elle hésite à me faire rentrer plus loin dans sa demeure, ce que je peux comprendre. Mais je doute qu’elle soit une grande bricoleuse, et si elle pouvait me montrer les réparations à faire… et bien ça m’arrangerait. Un peu. Parce que ce n’est pas que je pense déjà remettre en doute ses explications, mais je préfère voir par moi-même. Mais avant ça, il ne faut pas que j’oublie de répondre à sa question concernant son prénom. D’un ton rêveur, sans que j’y fasse attention, je commence à regarder le plafond à la recherche de marques d’infiltration, tout en lui répondant. « Je m’appelle Toto. Euh. Antonin. Antonin Calum Joyer. Et je veux bien que vous me montriez les dégâts. » Je rougis. « Enfin.. euh.. si ça ne vous dérange pas. » J’ai l’impression d’avoir cinq ans, malgré la vingtaine d’années qui s’ajoutent à cet âge sans se voir. J’ai peut être trop voyagé, pas assez mûri, j’ai une confiance en moi si faible et si petite que je ne suis sûr de moi que lorsque je suis seul et loin de toute civilisation. Mon seul don à mes yeux ? Ma capacité à vivre seul. Remarquable pour un être humain qui est supposé vivre avec ses pairs. Mais bon. Au moins je suis serein et tranquille. Je fais un petit pas maladroit, cherchant où poser le verre vide à présent, puisque je sais qu’il risque sa vie s’il reste dans mes mains. Le pauvre. Il est comme les habitants de ce quartier qui m’ont fermé la porte au nez. Seul, aride et desséché, pensant que seule la solitude et laisser loin d’eux les inconnus lui permettra de rester en vie. Ils n’ont peut être pas tort, mais j’ai un trop grand optimisme en l’espèce humaine et en mes pairs pour être d’accord avec eux. Et pour voir les choses aussi négativement. Dans un soupir, sans y penser, je laisse échapper à voix haute. « J’espère que les gens vont comprendre qu’il ne faut pas avoir peur de nous juste parce qu’on est en guerre. » Je bafouille. « Enfin, je veux dire que… je suis mi anglais, mi français, mais ça ne veut pas dire que je suis méchant. Non ? »

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MessageSujet: Re: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Mer 19 Fév - 0:37

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




C’est vrai que l’inconnu faisait peur… Cela était le cas depuis la nuit des temps ! Mais fallait-il obligatoirement se méfier de tous les réfugiés et étrangers ? Je ne savais pas, je ne pensais pas de cette manière. Cependant, il est vrai que petit à petit je comprenais les gens qui devenaient méfiants… surtout après les récents événements. Mais après ça, pourquoi se méfier uniquement des personnes qui étaient arrivées à Louisville après le début de la guerre ? Qu’est-ce qui pouvait nous faire croire que les citoyens eux-mêmes n’étaient pas des gens dangereux ? Rien… rien ne pouvait nous aider à connaître la vraie nature des gens ! Voilà pourquoi beaucoup devenaient méfiants, voir paranoïaques ! Je n’étais pas de ceux-là même si je savais au fond de moi qu’un tel comportement pouvait être dangereux pour ma propre sécurité. Mais je ne pouvais pas laisser quelqu’un qui avait besoin d’aide… Le simple fait que j’ai invité à entrer et servi un verre d’eau à un total inconnu le prouvait.
J’eus un léger sourire à l’attention du jeune homme lorsqu’il déclara que de tels comportements étaient normaux. Il ne semblait pas rancunier malgré l’attitude que pouvaient avoir certaines personnes à l’égard des gens qui avaient son statut.



- C’est vrai ! Mais la guerre change les gens et même les personnes que l’on a bien connues peuvent être différentes maintenant. Le tout est de savoir faire la part des choses ! Et puis à quoi bon en vouloir aux étrangers ? demandais-je. C’est hypocrite car je suis persuadée que toutes les personnes qui vous jugent auraient aimé être recueillies sans être jugées si c'étaient elles qui avaient été en exil !


Le jeune homme m’avait ensuite demandé si j’avais des travaux à faire suite à la tempête ! La réponse était oui mais je ne savais pas si je devais lui signaler ou lui montrer. Le problème dans le salon était réglé ! Je n’étais pas une experte dans le bâtiment mais je me débrouillais… J’avais donc condamné la petite lucarne qui avait été cassée et refait l’isolation avec de la laine de verre ! Pour le reste, ça concernait le garage mais ce dernier ne me servait plus vraiment… Cependant, il ne faudrait pas que des intrus fassent irruption par là car une porte donnait directement dans la maison ! Bien sûr cette dernière était toujours verrouillée depuis la tempête.
Je demandais donc au jeune homme s’il voulait jeter un coup d’œil aux dégâts mais prenais le soin de me présenter avant. Il fit de même en me donnant d’abord son surnom ce qui eut le don de m’amuser et me faire sourire. Je secouais la tête à ses paroles suivantes !



- Non, ça ne me dérange pas ! Et je suis enchantée Antonin, ajoutais-je.


J’allais ensuite lui demander de me suivre dans le salon pour lui montrer mes réparations. Peut-être pourrait-il ajouter un joint autour de la planche que j’avais placé devant la laine de verre ou un truc similaire. Je pourrais ensuite lui montrer les dégâts du garage qui étaient plus conséquents. Cependant, avant de lui demander de me suivre j’avais remarqué qu’il ne semblait pas savoir quoi faire du verre vide. Avec un sourire, je lui dis simplement « Laissez-moi vous débarrasser ! » et je récupérais le verre.
Antonin reprit alors la parole et je le regardais dans les yeux tandis qu’il m’expliquait qu’il espérait que les gens comprendraient qu’ils n’avaient rien à craindre des étrangers. Je souris…



- Oui, j’espère aussi qu’ils comprendront très vite… Il nous faut être solidaires par les temps qui courent ! Du moins, c’est mon avis, ajoutais-je en toute franchise. En tout cas, je ne pense pas que vous soyez méchant… au contraire ! Je marquais une pause. Je vous laisse me suivre dans le salon. J’y ai condamné une lucarne qui a été cassée par une branche. J’ai refait l’isolation avec de la laine de verre et une planche mais je pense qu’un joint ou un truc dans le genre serait le bienvenu.


Tout en disant cela j’avais pris la direction du salon et avais déposé le verre sur un petit guéridon à l’entrée de la pièce.


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MessageSujet: Re: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Sam 22 Fév - 11:26

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




Mon malaise s’évapore légèrement. De toutes les personnes que j’ai pu rencontrer, elle est celle qui a la vision de l’humanité qui se rapproche le plus de la mienne, de toute apparence. « Laissez-moi vous débarrasser ! » Elle a du voir que je ne sais pas quoi faire de mon verre, et je lui tends pour m’en débarrasser, comme elle l’a si bien dit. Mes mains libérées de cet objet fragile, et cette inquiétude en moins, je me surprends à réfléchir à voix haute à propos des hommes et de leur comportement alors même que leur monde donne l’impression de partir en morceaux. Je ne comprends pas ce qui attachent soudainement une importance sans nom et infinie au pays d’où ils viennent et surtout d’où viennent ceux qu’ils rencontrent. Notre monde n’est plus ancré dans un seul pays, il a viré internationalité et j’en suis le parfait rejeton, grâce à – ou à cause de – mes parents. Oui, j’espère aussi qu’ils comprendront très vite… Il nous faut être solidaires par les temps qui courent ! Du moins, c’est mon avis. En tout cas, je ne pense pas que vous soyez méchant… au contraire ! Je vous laisse me suivre dans le salon. J’y ai condamné une lucarne qui a été cassée par une branche. J’ai refait l’isolation avec de la laine de verre et une planche mais je pense qu’un joint ou un truc dans le genre serait le bienvenu. Je plisse un instant les sourcils, sans trop savoir comment réagir à ses mots. J’ai toujours été très expressif au niveau du visage, je n’ai jamais pu émettre le moindre mensonge. Ni eu l’envie d’ailleurs. Dans tous les cas, mon incompréhension et mon indécision se dessinent sur mon visage. Elle est d’accord avec moi, mais elle fait preuve d’un égoïsme étonnant en habitant seule une maison immense, et en prenant dans ses propres réserves pour réparer des fuites qui auraient pu ne pas nécessiter tant de ressources pour être comblées. Je la suis dans le salon, en essayant de savoir ce qu’il y a de mieux à dire. Plus encore qu’auparavant, il faut mettre en commun ce que l’on a, confier le peu de ressources qu’il nous reste à des professionnels qui pourront en tirer le meilleur sans gâchis. Et j’ai beau ne pas être bricoleur, je travaille depuis plusieurs années au contact d’ouvriers du bâtiment, et je comprends que le gâchis, il y en a devant moi. J’ai de la peine. Parce qu’elle a voulu faire au mieux. Mais que l’humanité a beau avoir cette force immense de volonté et d’humanité – justement – le chemin risque d’être long vers le retour au principal. A croire que le grand mal de l’Humanité, c’est qu’elle ne se rend pas souvent compte lorsqu’elle tombe, c’est qu’elle pense avoir du mérite, c’est qu’elle pense faire au mieux, alors qu’elle n’a pas conscience de cette immense réserve de bonté qu’elle a au fond d’elle-même, cachée derrière son égoïsme et cette fausse réalité qu’elle a en tête. Cette femme, Emy, je sais qu’elle est exceptionnelle. Ca se voit. Et pourtant, elle pose elle-même des limites à sa bonté, en pensant avoir atteint son maximum. J’ai cette capacité de voir le meilleur en l’homme, ce meilleur même qu’il ignore lui-même posséder. Optimiste, rêveur, utopiste ? Peut être. Je rougis facilement, je ne conçois pas la méchanceté comme une finalité mais comme un drame dont la première victime est la personne qui en est le pantin. Mais je vois la bonté en l’être humain, je vois l’espoir dans chacune de ses actions qui pourraient l’éloigner des autres. Je prends soudainement conscience que j’ai oublié que j’étais avec Emy, et qu’elle attend peut être une réaction de ma part. Je bégaye : « C’est… c’est euh… c’est bien. Vous avez réparé ça toute seule ? Je… je veux dire… » Je lutte contre l’anglais qui me vient naturellement. « Vous êtes très débrouillarde. » Je rougis et je détourne le regard, gêné de ne pas dire exactement le fond de ma pensée. De mes doutes. De mon désarroi qui s’accentue alors que je ne peux pas lui faire de reproche ni lui dire que c’est bien ce qu’elle a fait. Il aurait mieux fallu que les travaux soient faits par un professionnel, à mon avis. Pour que seule la quantité nécessaire de ressources soit utilisée. « Vous avez encore de… un… stock de… glass wool ? Pour le transmettre à la Mairie, ils risquent d’en avoir besoin. » Je me mordille la lèvre, incertain quant à sa réaction.

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MessageSujet: Re: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Dim 23 Fév - 16:21

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




Antonin était donc là pour faire des réparations et avait été envoyé par la mairie. Je lui aurais volontiers demandé quels étaient ses rapports avec le maire mais je m'abstenais et préférais garder pour moi les propos peu élogieux que j'aurais pu faire du dirigeant de notre ville. S'il dirigeait encore quelque chose maintenant que l'armée était là ! Je gardais donc le silence avant de le débarrasser de son verre et de le conduire dans le salon... C'était le seul endroit où j'avais fait des réparations ! Je n'étais pas une professionnelle et le matériel nécessaire ne se trouvait pas facilement. Voilà pourquoi j'avais préféré condamner le garage dont la toiture avait été abîmée. Des travaux y auraient été futiles et une perte de temps.
J'expliquais donc au jeune homme que je m'étais contentée de réparer la lucarne et comment je m'y étais pris pour le faire. Très vite, en observant Antonin, je remarquais qu'il ne semblait pas comprendre ou qu'il hésitait. Je me tus, ne sachant pas trop ce que je devais faire... Je lui indiquais alors la lucarne condamnée. Je profitais du temps qu'il observe mes réparations pour ramasser l'assiette brisée de biscuits que j'avais fait tomber. Un des morceaux me coupa légèrement le doigt !
*Bravo espèce de maladroite !* Je ne savais même pas s'il me restait des pansements et je prenais un petit mouchoir en papier car Antonin reprenait la parole à mon attention. Je déposais les biscuits et les morceaux de porcelaine sur la table basse. Le jeune homme me dit en hésitant que les réparations étaient bien et me demanda si j'avais fait ça toute seule. Il rajouta ensuite que j'étais débrouillarde. J'eus un léger sourire... Je n'avais pas vraiment le choix !


- Oui, j'ai fait ces réparations toute seule ! confirmais-je. Je suis venue vivre avec ma tante qui habitait seule ici. Elle m'a légué la maison ensuite. J'ai dû apprendre à me débrouiller pour les petits travaux puisqu'il n'y avait que moi ici. Comme maintenant, rajoutais-je avec ironie. Je marquais une pause. Il y avait un réfugié qui habitait là avant qu'on me rende ma maison... Mais il est parti avant que je ne revienne ! Je ne sais pas pourquoi. La maison est assez grande pour plusieurs personnes... Surtout que ce n'est pas rassurant de vivre toute seule ! J'arrêtais de parler avec un sourire. Désolée, je parle trop !


Oui, beaucoup trop ! Cela devait sûrement venir du fait que je ne voyais personne les jours où je ne travaillais pas. Et même dans le cas contraire, les gens qui venaient récupérer leurs vivres ne restaient jamais très longtemps au restaurant. Tout en parlant, je réagissais que j'avais peut-être mal fait quelque chose car Antonin avait rougi et semblait gêné. Je m'apprêtais à lui demander mais il reprit la parole pour me poser une question qui m'agaça et je ne le cachais pas en poussant un léger soupir. Je le fixais quelques secondes avant de répondre...


- La mairie et l'armée se sont déjà servis ici quand ils m'ont déclaré morte, dis-je d'un ton brusque. Oui, comme je n'étais plus en ville, j'étais morte pour eux, ajoutais-je en levant les yeux au ciel. Je marquais une légère pause. Je n'aie donc aucun matériel ici. Mais il y a un abri de jardin derrière la maison qui a été pillé... Je me suis servie de la laine de verre de l'isolation de ce dernier en fait. Pareil pour la planche...


J'allais ensuite lui demander s'il avait un moyen de condamner la porte d'accès au garage mais je faisais marche arrière en me rendant compte que cela avait dû se remarquer. Mais il posait des questions digne d'un employé de la mairie !





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MessageSujet: Re: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Dim 9 Mar - 21:12

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




Je ne sais pas quel comportement adopter, et il est clair que ça s’en ressent dans mon attitude. Elle ne voulait pas mal faire, je le sais. Je le vois. Mais… je ne sais pas quoi lui dire. Je ne peux pas lui mentir. Déjà, parce que je ne sais pas mentir, enfin parce qu’elle ne mérite pas que je lui mente. Personne ne mérite le mensonge, parce que seule la vérité à lieu d’être. Tout comme la méchanceté ne doit pas être une fin en soi, et de toute manière ne l’est jamais. Je suis persuadé que toute personne agit par gentillesse, même si sans la savoir elle peut faire du mal aux autres. Il s’agit alors d’apprendre ce qui fait le bien. Voilà tout. Et d’écouter les autres. Ecouter… - Oui, j'ai fait ces réparations toute seule ! Je suis venue vivre avec ma tante qui habitait seule ici. Elle m'a légué la maison ensuite. J'ai dû apprendre à me débrouiller pour les petits travaux puisqu'il n'y avait que moi ici. Comme maintenant. Il y avait un réfugié qui habitait là avant qu'on me rende ma maison... Mais il est parti avant que je ne revienne ! Je ne sais pas pourquoi. La maison est assez grande pour plusieurs personnes... Surtout que ce n'est pas rassurant de vivre toute seule ! Désolée, je parle trop ! « Et bien pourquoi ne pas aller leur proposer, à l’hôtel de ville, ils sont plein. Et à l’hôpital. Et… » Je me tais. Je rougis, encore. Ainsi donc, elle est partie. Et revenue. Et quelqu’un a habité ici entre temps. Et… et… ce n’est pas qu’elle parle trop. C’est qu’elle parle vite, et moi pas assez. Pas assez pour dire que ses mots se mélangent dans ma tête, cafouillent à mon oreille qui peine à les dissocier les uns des autres. Pas assez pour m’excuser, pas assez pour m’enterrer. Pas assez, pas assez, pas assez… Je suis mal à l’aise, je tremble légèrement aussi. Comme toujours dans de telles situations, il n’y a rien d’étonnant à tout cela. Mais ça ne change rien au fait que je lui ai plus ou moins menti, par omission. Et que j’en suis malade et mal à l’aise. Et calme toi, Antonin. J’entends la voix de Louise qui m’impose le calme. Oui, il faut que je me calme. Parce que je n’apporte rien de bon à vouloir ainsi disparaître. J’essaye d’être franc avec Emy. La mairie et l'armée se sont déjà servies ici quand elles m'ont déclarée morte. Oui, comme je n'étais plus en ville, j'étais morte pour eux. Je n'ai donc aucun matériel ici. Mais il y a un abri de jardin derrière la maison qui a été pillé... Je me suis servie de la laine de verre de l'isolation de ce dernier en fait. Pareil pour la planche... Oh. « Je vous ai vexée. » Je fais un petit pas en arrière, manque de me prendre une table basse et de tomber. « I’m really sorry… I didn’t want to be rude… I… I… C’est que… on… » Calme toi, Antonin, calme toi. « C’est que tu es égoïste et tu ne le sais pas. I’m sorry but… I can’t say that differently and I can’t keep that to myself » Je suis paniqué de devoir lui dire cela, mais je sais aussi que j’ai raison. « Nous… we… » Je n’arrive pas à choisir entre l’anglais et le français et mon fort accent britannique hérité de mes parents n’en est que plus visible. Elle ne doit rien comprendre à ce que je veux dire. « Tu as une grande maison, tu as du bois, tu n’étais pas là lorsque tout a commencé. Pourquoi ne comprends tu pas que… it’s quite normal if they came requisition all food and materials. We needs all of that for… the all Louisville. Tu penses trop… comme… comme les autres. Ne leur en veux pas, ils ne font que ce qu’ils pensent être le mieux pour nous tous. » Je ne veux pas être méchant, vraiment. Je ne veux pas la blesser, je veux juste être franc et qu’elle comprenne. Elle veut bien faire, elle peut comprendre, non ? « Ils font au mieux. Tout comme toi, sauf que tu as mal fait. » J’angoisse. Horriblement. J’ai envie de pleurer de lui avoir dit ça. J’ai mal au cœur, j’ai mal au ventre. Je sais que je dois être en train de pâlir mais… je ne pouvais pas ne pas lui dire. Je me devais de lui dire, tout comme elle le méritait. Vraiment. Personne ne mérite le mensonge, tout le monde a le droit à la vérité. Surtout les gens bons, les gens bien, les gens qui veulent agir correctement. Surtout tout le monde, en réalité.

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MessageSujet: Re: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Ven 14 Mar - 21:59

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




Plus la discussion avec Antonin avançait et plus j'avais l'impression qu'il me prenait pour une blonde ! Ok... C'était ce que j'étais mais je n'étais pas stupide. Dès que j'avais récupéré ma demeure j'avais compris à quel point elle était devenue trop grande pour une seule personne ! Surtout par les temps qui courraient... La garder uniquement pour moi aurait été égoïste et dangereux. J'avais donc fait en sorte de récupérer mon ancien travail même si je me doutais qu'il ne serait pas éternel puisque les vivres se faisaient de plus en plus rares ! J'avais ensuite fait les réparations nécessaires dans ma demeure et maintenant que tous les problèmes avaient été réglé je pouvais accueillir des personnes ne sachant pas où vivre. J'avais poser des annonces à la clinique, au restaurant et à la mairie pour dire que je pouvais héberger des gens. Ces derniers n'avaient qu'à demander Emy au restaurant Le Garde Côte !
Je levais donc les yeux au plafond en entendant sa réponse... Que croyait-il ? Que j'étais ravie d'habiter seule dans cette immense baraque alors que les pillages n'avaient de cesse ! La réponse était non. Je remarquais aussi qu'Antonin semblait avoir du mal à comprendre tout ce que je disais et j'en vins à penser que je parlais peut-être trop vite. Voilà pourquoi je repris la parole avec un débit de parole beaucoup plus lent.



- Je suis déjà allée à la mairie, à la clinique et au restaurant pour mettre des annonces... pour expliquer qu'il y a de la place chez moi. Mais c'est gentil de me proposer de le faire, ajoutais-je avec une pointe d'ironie.


La suite de la conversation eut le don de me rendre beaucoup moins chaleureuse puisque le jeune homme qui me faisait face semblait m'accuser de garder des denrées et autres choses utiles à la survie pour moi ! Je m'étais simplement contenter de me servir de ce que j'avais à ma disposition. L'abri de jardin était inutile et je l'avais donc sacrifié. J'avais fait fonctionner mon cerveau contrairement à certaines personnes qui avaient la main mise sur la ville. Je déclarais donc sans gêne « Oui ! Vous êtes vexant... » Franche et directe ! Voilà ce que j'avais été mais il fallait dire qu'Antonin ne mâchait pas ses mots... J'aimais ce genre de personne habituellement mais cette fois-ci c'était différent ! Le jeune homme parlait sans savoir...
Je fronçais d'ailleurs les sourcils en entendant le mot ''égoïste'' et heureusement pour moi que je comprenais l'anglais car Antonin se mélangeait carrément les pinceaux linguistiques là ! Je n'étais pas là quand tout avait commencé et alors ? Cherbourg avait carrément été bombardée. Et le pire c'est qu'il se permettait de dire que j'avais du bois et que je devrais le partager... La mairie et l'armée n'avait pas réfléchi ! Était-ce ma faute ? Non ! Était-ce à moi d'aller leur dire qu'ils pourraient démonter l'abri pour en faire du bois de chauffage ? Et puis quoi encore ? Je fusillais le jeune homme du regard lorsqu'il déclara que la ville faisait ce qu'elle pouvait pour nous alors que j'avais mal fait. Puis, soudainement, j'éclatais de rire... Une rire glacial avant de reprendre lentement et froidement.



- Non, je n'étais pas là quand tout à commencé ! J'étais partie deux jours à Cherbourg et tout a été détruit là-bas... C'était pire qu'ici. Tu dis que la ville fait ce qui lui semble bon mais ils ont dit que j'étais morte, c'était faux. Ils ne voulaient pas me rendre ma maison et ils ont jeté un réfugié dehors alors que ça ne m'aurait pas dérangé qu'il reste. C'est bien ça !? Non. Je marquais une pause en ayant l'impression de parler à un enfant. Tu dis que j'ai du bois ? C'est faux. J'ai juste cassé l'abri du jardin pour en trouver. Ils auraient pu y penser mais ils réfléchissent mal ! Et toi... Tu dis que je suis égoïste ! Pourtant je t'ai fait rentrer chez moi... Je t'ai donné de l'eau. Je ne suis pas égoïste et la ville ne pense pas à nous mais à elle...


Non ! Jamais il n'aurait dû dire que j'étais égoïste alors que je faisais mon possible pour aider depuis mon retour... Enfin, depuis que je m'étais remise ! Pour le coup, j'étais déçue... J'étais la première à dire qu'il était normal que nous accueillions les exilés et voilà que l'un d'eux me dénigrait...



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MessageSujet: Re: « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »[Livre I - Terminé]   Dim 23 Mar - 11:06

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre. »




Je ne sais plus où me mettre. Je tremble, je panique… L’angoisse me sert l’estomac, me contracte tous les muscles, et j’ai envie de pleurer. Génial. J’ai vingt cinq ans, et je vais me mettre à pleurer simplement parce que j’ai cru faire quelque chose de bien, et qu’en réalité, j’ai blessé la personne face à moi qui a pourtant été adorable avec le boulet que je suis. Suis-je aussi méchant que je la juge égoïste ? J’ai du mal à respirer. « Oui ! Vous êtes vexant... » a-t-elle dit. Et moi, j’ai continué de parler. Je suis méchant. Et j’ai envie de pleurer. Je ne comprends pas, je ne sais pas ce que je dois faire. J’essaye de m’excuser, j’essaye d’expliquer, j’essaye de me dépêtrer du marécage de honte et de gêne dans lequel chacun de mes mots m’enfoncent. Non, je n'étais pas là quand tout à commencé ! J'étais partie deux jours à Cherbourg et tout a été détruit là-bas... C'était pire qu'ici. Tu dis que la ville fait ce qui lui semble bon mais ils ont dit que j'étais morte, c'était faux. Ils ne voulaient pas me rendre ma maison et ils ont jeté un réfugié dehors alors que ça ne m'aurait pas dérangé qu'il reste. C'est bien ça !? Non. Tu dis que j'ai du bois ? C'est faux. J'ai juste cassé l'abri du jardin pour en trouver. Ils auraient pu y penser mais ils réfléchissent mal ! Et toi... Tu dis que je suis égoïste ! Pourtant je t'ai fait rentrer chez moi... Je t'ai donné de l'eau. Je ne suis pas égoïste et la ville ne pense pas à nous mais à elle... Sur son visage est marqué la déception, aussi cruellement que mon malaise. Je suis mal, très mal. Parce que je n’arrive pas à voir où je me trompe. Parce que même lorsqu’elle s’énerve, je ne vois que son erreur et sa bonté dans ses mots. Erreur : parce qu’elle continue à se juger meilleure que la ville qui n’a réagi que comme elle le pouvait face à une apocalypse bien trop prématurée pour l’Humanité que nous sommes. Les hommes ont certes des travers, mais je reste convaincu que leur instinct les mène toujours vers ce qu’ils conçoivent comme étant le mieux pour eux et pour tous. Et je ne peux pas croire que ce simple fait ne fasse pas converger notre Humanité vers un mieux. Je bégaye, je balbutie, je souffle et je soupire des mots qui ne veulent pas prendre forme. Je tremble. Je panique. Encore. Plus. « Je… je crois que je ferais mieux de vous laisser. Je suis maladroit, et visiblement je vous blesse. » Mais je ne veux pas non plus lui mentir. « Mais vous méritez que je vous dise ce que je pense. La franchise est un cadeau que je vous offre, je ne pensais pas qu’il allait vous faire du mal… » Je fais quelques pas en direction de la sortie. « On me dit souvent que je suis trop naïf, mais… je vois toujours ce qu’il y a de bon dans l’action d’une personne avant de voir ce qui peut paraître mauvais. Vous devriez en faire de même. Vous êtes une gentille personne mais vous refusez de voir que les autres aussi peuvent être gentil ou vouloir l’être. La frontière est mince entre ces deux choses et… » J’hausse les épaules en essayant de contrôler mes larmes qui menacent de se pointer et de briser ma voix déjà attristée, avant de m’enfuir totalement de la maison. Dehors, je m’appuie contre le mur, et me laisse glisser le long du mur, pour enfouir ma tête entre mes bras repliés, genoux contre la poitrine. Il faut que je m’isole du monde pour comprendre et voir ce que j’ai pu faire ou dire de mal en pensant bien agir.

Spoiler:
 

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