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Emploi : Je suis hotesse de caisse dans un supermarché. Je suis aussi conseillère municipale de la mairie de Louisville, et "parent" d'élèves au Lycée de Lyra
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MessageSujet: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Mar 13 Aoû - 18:54



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris une journée. J’enchainais tellement de casquette que j’en oubliais la principale. J’avais encore fini tard à la clinique. Enfin, j’avais enchainé un long service à la clinique plutôt, car j’y étais sortie « qu’à 19h », après y avoir passé vingt-quatre heure. Si j’aurais du reprendre dans l’après-midi, je m’étais arrangée pour décaler mes horaires avec une de mes collègues. J’avais besoin de souffler un peu, de me recentrer surtout en fait. Ce matin, j’avais pu prendre un peu soin de Lyra, lui préparer un sommaire petit-déjeuner avant qu’elle ne parte au lycée. Ce fait était, depuis la tombée des bombes, très rare. Je n’étais soit pas là, soit en train de récupérer de mes gardes et de mes tournées. Je savais qu’elle ne m’en voulait pas, mais moi, je m’en voulais d’être beaucoup moins présente pour elle. C’était en partie pour cela que j’avais pris ma journée. En partie. Lorsqu’elle avait quitté la maison, j’avais tout de suite filé dans ma chambre pour revêtir une tenue de sport. J’avais besoin de courir, musique dans les oreilles à fond. Je me payais pour une fois le luxe d’user « inutilement » des piles. Je me chaussais, fermais ma porte à clef, et m’élança sans attendre. Je n’avais pas pris la peine de prévoir un itinéraire fixe. Non, je verrais au feeling en fait.

Mon vieil MP3 diffusa tout de suite la musique très rythmé, playlist que j’avais fait justement pour m’adonner à ce sport. J’étais fatiguée physiquement, et mentalement, pour autant il fallait que je cours. C’était le meilleur moyen que je me connaissais pour m’aérer la tête. Et vu tous les problèmes personnels qui m’étaient tombés dessus ces derniers temps, avec qui je n’avais personne pour en parler, c’était une nécessité. J’allais devenir complètement folle et pétais un câble si je ne me défoulais pas. Si j’avais ma petite sœur, et si j’étais très proche d’elle, je ne pouvais pas pour autant lui parler de tout. C’était aussi la même chose avec Isabella ou mes autres amis. Je n’étais pas assez proche d’eux pour me confier ouvertement à eux, sans avoir peur d’être jugée. J’aurais pu, mais je ne me voyais pas le faire. Pudique sentimentalement, je l’avais toujours été. Sauf avec Micka. Cependant vu comment était en train de tourner notre relation, je ne savais pas combien de temps encore nous aurions justement une relation. Nous n’étions plus des amis l’un pour l’autre. C’était ce que je lui avais dis la dernière fois qu’on s’était vu et qu’on s’était encore pris la tête. Il m’avait tenu loin de sa vie, et j’en avais fait de même. Si nous avions été très proches, ce n’était plus le cas. En tout cas c’était l’impression que tout cela me donnait. Il me manquait. Clairement. Je lui avais d’ailleurs écris cela lorsque je lui avais tenu au courant de… du problème qui n’en était plus un. Heureusement d’ailleurs, car sinon je m’imagine pas la galère que cela aurait pu être. Et puis, je n’aurais pas pu assumer en plus une image de monstre et de personne sans cœur. Et puis il aurait fallu en parler à Lyra, lui dire quel piètre modèle et tutrice j’étais. Ce que j’avais fait à Emy était impardonnable et je n’étais pas prête à ne plus culpabiliser, pas prête à me pardonner cet écart. Je le savais, j’avais commis une erreur envers elle.

Je m’arrêtais un instant aux abords de la plage pour souffler un peu. Je m’hydratais légèrement, juste ce qu’il fallait, avant de repartir de plus belle. Je courrais toujours droit devant moi, et ne rebroussais chemin que lorsque des cendres se mirent de nouveau à tomber du ciel couvert. Cela devait faire déjà deux bonnes heures que j’étais partie de chez moi. Allez savoir. Je n’avais pas de montre sur moi, et puis, je n’avais pas regardé à quelle heure j’étais partie en plus. Aux abords des habitations, je rangeais mon MP3. C’était important que je sauve les apparences et cela ne le ferais pas que l’on me voit dépenser de l’énergie pour si peu, alors que nous étions tous rationné. Je finis mon parcours plus en trottinant qu’en courant, bien épuisée par ma course. Je rêvais à présent de pouvoir faire un brin de toilette pour me laver et ensuite de retourner dormir quelques heures. Je n’étais arrivée à trouver le sommeil que très tard dans la nuit, trop habituer à être encore à la clinique, et trop préoccupée aussi. En arrivant chez moi, je ne remarquais même pas la voiture garée non loin de la mienne dont je ne me servais plus. L’essence coutait trop cher, et je préférais économiser ce que je possédais pour acheter de la nourriture. J’avais ressortie mon vieux vélo pour me déplacer, ce qui me permettait quand même, à défaut de courir tous les jours, de pouvoir maintenir des exercices physiques. Je me devais de garder la forme, surtout vu ce qui nous tombait dessus ces derniers temps. Sortant mes clefs, je les insérais dans ma serrure et passa le pas de ma porte. Enfin, je voulus passer le pas de ma porte, car on m’en empêcha. Un instant j’eus très peur et m’insultais mentalement. Peur pour ma vie, m’insultant pour ma non vigilance. Et puis, passez la surprise, sans me retourner tout de suite, je reconnus la personne qui venait de m’arrêter dans mon mouvement. Il n’y avait, dans mon esprit, aucun doute possible.







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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Mar 13 Aoû - 23:09



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

C’était le sixième jour où j’ouvrais les yeux sur un décor drôlement familier qui me laissait pourtant terriblement perplexe. Hum. Quelle heure ? Quel jour ? Et j’irais même jusqu’à me demander, quelle année ? Je fixais mon vieux papier peint avec la désagréable impression d’avoir fait un bond dans le temps. Réintégrer ma vieille chambre avait été particulier mais quelque part retrouver mes repères ici m’aidait à mieux faire le point qu’on aurait pu le croire. J’essayais de me faire le plus discret possible pour ne pas perturber le quotidien de ma cadette cependant. C’était peut-être notre demeure familiale mais c’était avant tout sa maison à elle maintenant. Elle n’avait pas hésité à m’héberger quand je lui avais expliqué ma séparation avec Emy, mon besoin d’être avec quelqu’un et de fuir mon appartement où je me sentais officiellement trop à l’étroit. Bon, ma cadette avait bien essayé pendant deux jours de me convaincre de retourner vers la blonde mais elle avait fini par comprendre qu’il fallait vraiment me foutre la paix en ce moment sous peine de crise de nerfs de ma part. Nous vivions bien notre colocation temporaire jusqu’ici cela dit, elle supportait mieux ma mauvaise humeur que n’importe qui d’autre – elle avait pris l’habitude. J’en avais profité pour prendre quelques jours de congés et remplissais mon temps libre à des activités liées à la milice crée par Mathilda ou bien à retaper par ci, par là le toit qui nous avait vu grandir. Ma sœur essayait de l’entretenir mais l’usure avait eu raison de certaines choses. J’avais veillé à réparer tout ce qui touchait à l’isolation en vue de l’hiver, histoire qu’elle soit le plus à l’abri possible. Du matin au soir, je me vidais la tête même si je n’étais pas au garage et j’avais toutes les raisons de le faire. Ma dispute avec la brune et ensuite Emy m’avait pas mal remis en cause. Je tentais de prendre le plus possible de la distance entre moi et mes soucis afin de les aborder d’une autre manière, de réfléchir sur ce que je devais faire maintenant. Ce n’était pas vraiment une fuite de venir me réfugier chez ma cadette mais davantage un retour aux ressources afin de prendre le contrepied de tout ce qui m’était tombé dessus en si peu de temps.

Ce qui me préoccupait le plus et me maintenait souvent éveillé, c’était bien entendu la renégate et son silence concernant sa potentielle grossesse. J’avais beau savoir qu’elle ne voulait plus me voir, qu’elle comptait même avorter, ça ne m’empêchait pas de me faire un sang d’encre pour elle et de me poser dix milles questions sur le comment du pourquoi nous en étions arrivés là. J’en étais parvenu à la simple conclusion que tout était de ma faute. J’aurais dû être soit plus franc avec elle après le baiser, soit ne jamais le provoquer. Je m’étais laissé emporter par ses doutes, ses incertitudes et j’avais gardé un pied sur sa limite et l’autre en dehors. Ma position mitigée nous avait menées au néant. Non, c’était pire que le néant, c’était le chaos. J’avais tout gâché et la seule idée qu’elle se débarrasse de notre enfant me rendait malade. Ca me rendait complétement dingue de ne rien pouvoir faire contre ça, pour elle aussi. Je me torturais des heures durant avant de trouver le sommeil. Parfois, je me levais avec la conviction de devoir arranger tout ça et d’aller la voir mais ma conscience me rattrapait. Je ne pouvais pas la brusquer. Arthur avait d’ailleurs eu raison sur ce point. Je devais la laisser m’informer et revenir me parler quand elle en aurait peut-être l’envie. Mais si ça n’arrivait jamais ? Je ne préférais même plus y penser alors à la place je bougeais beaucoup.

Aujourd’hui, j’avais décidé de passer par mon appartement exceptionnellement afin de récupérer quelques affaires en vitesse. C’était donc dans ce but que je quittais mon cocon. Je pris de façon inaccoutumée par rapport à ces derniers jours ma voiture afin d’aller le plus vite possible. Mon premier réflexe en arrivant devant mon immeuble fut d’ouvrir la boite aux lettres – même en tant de guerre, les vieux réflexes ont la vie dure. Je me sentis stupide durant quelques secondes avant de voir que j’avais effectivement reçu quelque chose. Mon cœur se contracta douloureusement quand je reconnus la destinataire. J’abandonnais l’idée de remonter les marches et l’ouvris dans ma voiture très vite. Je survolais très vite le début mais mes yeux s’agrippèrent à la suite dès que le mot échographie apparut. Merde. Elle était bien en enceinte. Merde, c’était vrai, réel. Ecrit noir sur blanc. Et elle l’avait perdu, on l’avait perdu. Une boule se logea dans ma poitrine et amplifia à mesure que je lisais et relisais cette fichue lettre. Je passais du profond chagrin à l’angoisse et à l’espoir. Chagrin parce que je réalisais que nous avions vraiment perdu un début de vie. Angoisse parce que Mathilda avait dû affronter toute cette épreuve seule, sans moi et que j’ignorais comment elle allait. Et espoir parce que je lui manquais et qu’elle mentionna « se voir un de ces quatre. » C’était mieux comme ça ? Peut-être bien mais là à l’instant, ça m’oppressait, ça m’attristait. Je m’en fichais de savoir quand elle l’avait postée, si je ne devais pas attendre un peu plus ou si je devais prendre le temps de réfléchir à mes actes. Je pris la route illico. Il fallait que je la vois. Même si elle m’envoyait paître, même si elle m’obligeait à partir, elle pouvait me gifler, me blesser, tout ce qu’elle voulait, je devais la voir maintenant. J’étais tellement troublé que plus rien n’atteignait mon cerveau.

Je roulais trop vite, beaucoup trop vite jusque chez elle et j’arrivais devant sa maison en un temps record. Je tenais encore la lettre dans ma main quand je me dirigeais sur le seuil. Je sonnais plusieurs fois, frappais aux carreaux mais rien, quedal. Personne en vue. J’aurais pu rentrer mais… J’aurais l’impression de violer son espace et son intimité depuis notre violent affrontement dans le bureau de mon cousin. Alors résigné, je revins me planter dans l’habitacle de mon véhicule et relus en boucle ses mots. Bordel, il fallait que je sache comment elle allait. Il le fallait. J’allais perdre définitivement la tête si je ne pouvais pas la voir et m’assurer de son état. Elle avait beau ne pas vouloir de ce môme, ça restait quelque chose d’horrible à vivre. Si moi, je le prenais aussi mal, elle qui avait dû subir l’intervention…  Les ratures étaient tellement parlantes. Quand je relevais les yeux pour la centième fois, je discernais sa silhouette approcher de son entrée. Mon rythme cardiaque fit une embardée et je sortis aussi sec pour la retrouver. Elle ne m’avait apparemment pas vu – ou bien avait-elle fait semblant ? Je ne savais pas et pour tout dire, je m’en foutais. Je ne la laissais pas passer le seuil, je l’entourais de mes bras et l’étreignis simplement, complétement ébranlé par les diverses émotions que ses nouvelles et sa présence suscitaient. Elle m’avait tellement, tellement manqué. Je tenais encore son mot entre mes doigts, j’avais été incapable de le lâcher. Je la serrais toujours plus fort contre moi alors que plusieurs minutes s’effilochèrent sans qu’aucun de nous ne prenne la parole. Elle ne me repoussait pas et je ne cherchais pas plus loin que ça pour le moment. Au bout d’une éternité, je retrouvais enfin l’usage de la parole et lui demandais très doucement. « Ça va, toi ? » C’était tout ce que je voulais savoir.
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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Mer 14 Aoû - 18:00



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Mickaël bien entendu. Je pourrais reconnaitre ses étreintes entre mille autres. Ce n’était pas la première fois qu’il me prenait dans ses bras. Si au tout début ce simple geste, cette simple accolade m’avait beaucoup gêné, j’avais finis par l’apprécier pour ce qu’elle était : du réconfort. Au contact du garagiste, j’avais appris à apprécier la proximité des autres, et pourtant cela n’était pas gagné au début. J’étais du genre à tenir les autres à distance physiquement parlant de moi, comme affectueusement aussi. J’avais beaucoup appris et changé au contact du renégat, c’était indéniable. De nous deux, il avait été celui qui avait le plus apporté à l’autre, même si je me plaisais à penser que la réciproque était vraie. C’était ce qui nous avait rendu si proche, et ce qui nous rendait à présent si éloigné loin de l’autre. Ces derniers temps, nous n’avions fait qu’avancer à reculons, jusqu’à revenir au point de départ, malgré toutes ses années passées ensembles, à être amis. Nous nous cachions des choses, nous forcions l’autre, essayant de le pousser vers quelque chose qu’il ne voulait pas, sans prendre en compte ses envies, et ses attentes. Je ne savais pas comment nous en étions arrivés là, et j’avais beaucoup de mal à faire avec cette nouvelle situation. Je m’étais sentie plus seule que jamais. Car contrairement à lui qui avait de la famille envers qui il pouvait complètement se confier, moi j’étais toute seule, vraiment toute seule. Une part de moi lui en voulait extrêmement pour cela. Mais plus tard.

En cet instant, ce qui m’importait, c’était le réconfort et la sécurité qu’il m’apportait. Je ne bougeais pas, restais le dos plaqué contre lui, et ses bras m’entourant. J’appuyais ma tête contre son épaule, ne disant pas un mot, ne le repoussant pas. Peut-être étions-nous en train de retarder une nouvelle confrontation ? Peut-être que oui, plus assurément non. Je ne comptais plus essayer de l’exclure de ma vie, parce qu’il fallait se rendre à l’évidence : j’avais besoin qu’il en fasse partie. Sans doute pas de la manière qu’il le désirait, mais cela était un problème à régler à deux.

De la même manière que je ne saurais estimer le temps que j’avais couru, je ne pouvais estimer le nombre de minutes qui s’étaient écoulées avant qu’il ne rompe ce moment. Il me demanda, de manière très douce, presque semblable à un chuchotement, si j’allais bien. Repoussant légèrement son étreinte pour pouvoir me mouvoir – sans pour autant quitter ses bras - , je me retournais vers lui, et lui dis simplement Je suis juste fatiguée. Fatiguée physiquement, mais fatiguée aussi de me battre contre lui. Je lui suis un sourire rassurant, puis remarqua la lettre qu’il avait dans une de ses mains. Ainsi ajoutais-je Tu es venue par rapport à ça pas vrai ? . J’aurais dû m’en douter. Mais sur le coup, je n’y avais pas vraiment pensé. J’avais juste été heureuse de le retrouver en fait. Je comprenais mieux pourquoi il m’avait demandé si j’allais bien en fait. Sans doute pensait-il qu’il me trouverait abattue ? Encore une fois, il allait me trouver sans cœur, comme dans le bureau de son cousin. Cette nouvelle, je ne l’avais pas vraiment vécue comme un drame ni une tragédie. C’était quelque part un soulagement, m’épargnant plus de souci. Parce que si je m’étais montrée très catégorique chez mon notaire, intérieurement je l’étais clairement beaucoup moins. Nous parlions quand même de l'éventualité que Micka et moi ayons un enfant ensemble. S’il cela avait été un autre homme, cela n’aurait soulevé aucune hésitation.

Me dégageant finalement totalement de son étreinte, je lui dis Nous ferions mieux d’entrer, puis finit par passer le pas de ma porte, pour me diriger vers ma cuisine. Je remplissais une petite casserole d’eau, que je posais sur mon petit réchaud que je vins allumer. Je sortais deux tasses, du sucre, un sachet de thé à la menthe, et une dosette de café soluble. Je laissais le tout sur la table de la pièce, puis me rendis dans le salon, m’installant sur le canapé et faisant signe au renégat d’en faire de même. Tu n’aurais pas dû louper une journée de travail pour moi. Tu as l’air… Ereinté. Ca va toi ? J’étais soucieuse le concernant. Ce n’était pas de la politesse juste pour combler la conversation, c’était réellement de l’inquiétude. Nous étions tous fatiguée d’une manière ou d’une autre, mais voir le renégat comme ça, c’était… Étrange. Lui qui était si souvent en pleine forme, et en bonne santé. Le voir ainsi m’inquiétait grandement.







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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Mer 14 Aoû - 19:03



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Elle se retourna, je pus alors mieux jauger ses traits et y lus la fatigue qu’elle clama à la suite. Je tentais vainement de ravaler mes inquiétudes. Ça me rendait fou de ne pas avoir pu être là quand elle en avait eu besoin. Si je n’avais pas été aussi con, j’aurais pu au moins l’épauler un minimum. Son sourire me réconforta partiellement mais ne parvins pas tout à fait à décrisper mes traits. Quand son regard suivit la trajectoire menant à la lettre toujours calée dans ma main, je sus que ça ne lui plaisait pas. La manière dont elle accentua le « ça » semblait limpide. Ça avait été la cause certes mais ce n’était pas tout à fait ça. « Notamment… En partie mais pas que… » J’attendais surtout son feu vert pour pouvoir venir la voir et elle l’avait fait via ces nouvelles. Après le côté dramatique de mon entrée provenait vraiment de ce qu’elle m’avait annoncé, c’était vrai. J’étais incroyablement calme, les chocs avaient souvent cet effet sur moi. Surtout lorsqu’ils me touchaient vraiment de très près comme c’était le cas en ce moment même. Mathilda se détacha de mon étreinte et je la laissais faire bien entendu. J’acquiesçais à ses mots et la suivis alors à l’intérieur vu qu’elle m’y avait convié. Je me plantais dans la cuisine à sa suite et l’observa préparer les breuvages chauds sans rien dire. Je me sentais en décalage avec cette réalité après six jours de torture mentale concernant notre amitié et cette histoire de grossesse, je ne m’attendais plus à remettre de sitôt le pied chez elle. Je ne savais pas trop si c’était ou non une bonne réaction de venir directement chez elle, sans prendre le temps de digérer la nouvelle mais c’était ma réaction. J’étais comme ça. Je ne savais pas m’asseoir, me poser et repartir après une longue réflexion. J’agissais à l’impulsion, à l’instinct. Et l’urgence avait été de la voir, de la toucher, de m’assurer que ça allait. Je ne pensais même pas qu’elle me ferait rentrer. Je ne savais tellement plus où on en était et je commençais à craindre une nouvelle crise. Serais-je en état de la supporter ? J’étais trop épuisé pour me battre contre elle, trop résigné aussi à mettre de l’ordre dans ma vie pour aller à l’encontre de ses désirs.

Je n’étais pas venu pour qu’on reprenne le débat ou que sais-je et elle ne me semblait pas en état non plus de pouvoir mener notre récente petite guerre. C’était déjà un bon point. Je gagnais le salon vu qu’elle m’intima l’ordre de la rejoindre d’un signe de tête. Je m’installais donc dans un des fauteuils. J’eus un rictus triste face à sa réplique. Si elle savait tout le sang d’encre que notre dispute m’avait causé… Oh, ça la ferait sûrement flipper. Alors, je comptais rester évasif. Plusieurs choses avaient entrainées cet épuisement mental et physique, elle n’avait été qu’une partie de l’équation – une bonne partie certes. Je ne me ménageais pas non plus dans les corvées que je m’étais données, y déversant toute ma rage et mon énergie. Mais ça avait fait ses preuves, je commençais à y voir plus clair. Heureusement vu ma situation actuelle, ici, avec elle – à l’improviste. « J’avais pris une semaine de congés, je ne reprends le boulot que demain, ne t’en fais pas. » D’ailleurs j’allais devoir commencer à réfléchir à la logistique vu que je vivais chez Rose pour le moment et donc plus loin de mon lieu de travail. Je me grattais distraitement le menton en songeant à ça. « Ca peut aller. Je pense que la fatigue n’épargne personne en ce moment de toute façon. » Expliquais-je en haussant nonchalamment des épaules. Ce qui était vrai, il suffisait de voir Arthur pour le comprendre. Mon pauvre cousin qui croulait sous tout le boulot que cette fichue guerre lui offrait. Je pliais son mot tout en parlant puis le brandis une dernière fois devant moi en déclarant « Concernant ça » avant de me relever pour le glisser dans la poche arrière de mon jean afin de le faire disparaître tout en continuant sur ma lancée « …je ne savais pas si tu avais envie de me revoir alors... J’attendais simplement de tes nouvelles. » Vu que je n’avais pas prévu de la revoir, que je n’avais pas prévu non plus cette situation, j’avais peur de commettre un nouvel impair avec elle. Finalement, je ne fis que lui dire ce que j’avais sur le cœur sans trop m’attarder sur le pourquoi du comment – de toute manière, ça n’était pas mon fort ça. « Je suis désolé pour tout ce qui s’est passé et pour mon comportement de façon générale ces derniers temps. Je me suis comporté comme un abruti de première. Et tu m’as vraiment manqué, tu sais. Je ne supporte pas qu’on soit en froid tous les deux. » J’avais posé mon regard dans le sien et espérais qu’elle y lise toute ma sincérité.

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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Ven 16 Aoû - 15:21

[HJ = Je suis désolée c'est nul de chez nul, un truc de fou >< J'espère que tu arriveras quand même à faire quelque chose avec cette réponse... ]



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Je l’avoue, j’aurais voulu que Micka ne vienne pas me voir que par rapport  à ce que lui avait dit dans ma lettre que j’avais laissé dans sa boite. C’est sûr, j’aurais préféré qu’il vienne parce qu’il avait envie de me voir, parce que je lui manquais autant qu’il me manquait. Je ne pouvais sans doute pas lui en demander trop non plus, ni en attendre plus. Surtout après notre dernière conversation. Enfin nos dernières disputes pour être plus précise. Ainsi me détachais-je de lui, ne voulant pas non plus être trop intrusive, et l’invita à entrer. Je passais d’abord par la cuisine, avant de que nous ne nous installions dans le salon. Je fus confortée dans mes pensées un peu noires lorsqu’il préféra prendre place en face de moi, plutôt qu’à proximité de moi. Sans doute était-ce le mieux. Allez savoir ce que pensait le renégat. Depuis son anniversaire, je n’arrivais plus à deviner ses pensées, ni même ce qui lui passait par la tête. C’était un constat qui m’était un peu douloureux, mais je n’y pouvais rien. A chaque fois que je pensais le comprendre, je me trompais. Ainsi avais-je décidé de ne plus essayer. C’était le mieux, et plutôt que de lui prêter des attitudes, je préférais lui demander. Cela nous éviterait bien des quiproquos. Je le reconnaissais, j’étais aussi fautive que lui lors de nos dernières prises de bec. Mais j’étais fatiguée de me battre contre lui. Il comptait pour moi. J’avais besoin de lui. Si nous ne pouvions plus être aussi proches qu’avant, se comprendre en un regard, au moins fera-t-il toujours partie de mon existence. Je préférais cela plutôt que de ne plus pouvoir le voir du tout. J’étais vraiment contente qu’il soit là, même si c’était pour une « mauvaise raison ». Je m’inquiétais tout de même pour son travail. Il n’était pas question que je lui cause plus de problèmes que je n’en avais faits. Et sa réponse ne me rassura pas, clairement pas.

Je mordais la lèvre comprenant que j’étais plus ou moins la cause de son congé. C’était un bosseur, et je ne l’avais jamais vu prendre de congés en dehors que pour régler des soucis. Je me sentais tout un coup assez mal. Moi je n’avais pris qu’une journée de repos, et encore, c’était parce que je courrais partout. Je l’atteignais plus qu’il ne pouvait m’atteindre en fait, et je n’aimais pas ce fait. Je savais très bien ce qu’il impliquait, et que, de mon côté je ne pourrais jamais me permettre cela. La suite ne m’aida pas vraiment à me rassurer. Micka, c’est un roc. Qu’il soit atteint par la situation dehors, par la fatigue était signe que quelque chose n’allait vraiment pas bien. Je lui fis un maigre sourire, incapable de répondre quoi que ce soit. Je ne pouvais rien faire pour le soulager. Ou si, lui causer moins de soucis, ne pas le pousser dans ses retranchements, ne pas chercher plus loin. S’il ne voulait me dire que ça, et bien je l’accepterais. Nous avions bien vu où cela nous menait d’essayer de nous tirer les vers du nez…

Se levant pour ranger la lettre que j’avais écrite la veille dans sa poche arrière, il finit par me dire que s’il n’était pas venu avant, c’était de peur que je ne le veuille pas. Je crois que ses paroles finirent par m’achever. Je serrais mes bras contre moi, gardant le silence pour le laisser finir. Cependant j’avais compris : s’il n’allait pas bien, j’en étais la fautive, et je me sentais extrêmement mal. C’était fous, ces derniers temps, je passais clairement plus de temps à culpabiliser qu’autre chose. J’allais m’excuser pour les soucis que je lui causais, mais il prit la parole avant, en en faisant de même. Je lui fis un sourire sincère quand il reconnut qu’il n’avait pas non plus agit de manière très calme et patiente. Il m’avait souvent poussé dans mes retranchements en faisant cela, et j’avais fuis. Oui, je le reconnaissais. Pour autant c’était mon seul moyen de défense. Lorsqu’il ajouta qu’il n’aimait que nous soyons en froid, je me levais pour aller jusqu’à lui. Je lui offrais une courte étreinte, en lui disant tout simplement Merci Micka. Et moi aussi je suis désolée

Je le laissais pour aller récupérer ce que je faisais chauffer dans la cuisine. J’ouvrais la dose de café, la versais dans la tâche et ajouta de l’eau bouillonnante par-dessus. Je finis par faire glisser deux sucre, puis fis la même chose avec la seconde tasse, à la différence près que ce n’était pas du café que j’y mettais, mais un thé. Rapportant le tout dans le salon, je poussais la tasse remplie de liquide noir devant Micka et la seconde devant moi. Je sortais deux cuillères, et les posa sur la table. Ne t’en fais donc pas pour moi d’accord? Je vais bien, ne t’inquiète pas. Je suis plus forte qu’il n’y parait. Je peux prendre soin de moi, et tu as des choses plus importantes à gérer que mon bien être. Ta vie est déjà bien assez compliquée pour que ne la complique encore plus. Je lui fis un maigre sourire puis pris ma tasse entre mes mains et bus une gorgée. J’ajoutais, serrant l’objet entre mes paumes pour les réchauffer, une mine plus sombre Juste… Promets moi de ne plus disparaitre d’accord ?  






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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Sam 17 Aoû - 13:46

HJ: CA SUFFIT LES BETISES ICI ! C'était pas nul  



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

La propriétaire des lieux se leva à mes mots et me prit dans ses bras. J’enroulais alors un bras autour d’elle et souris à ses mots. Cela me faisait vraiment du bien de la retrouver après tout ce bordel.  Elle me laissa aussi vite qu’elle était venu me trouver et partit réceptionner les boissons qu’elle amena finalement dans le salon. La conversation reprit ensuite et je lui offris un sourire triste quand elle parla de devoir « gérer » son bien-être. Elle n’avait jamais été un problème à gérer… Je réalisais à quel point j’étais épuisé de me battre contre elle constamment, épuisé à force de vouloir lui expliquer à quel point je tenais à elle. Elle refusait de voir les évidences et trouvait toutes les parades possibles pour se voiler la face. Je pris ma tasse en la remerciant puis embraya. « Ton bien-être n’est pas quelque chose que je dois gérer, c’est naturel que je m’inquiète pour toi et que je veux que tu ailles bien, non ? Tu comptes pour moi et puis… Il me semble que c’est ce que les amis font non ? Ils s’inquiètent les uns pour les autres… Et au-delà de ça, tu as beau être forte, tu as pas à gérer toute cette situation seule. »  Mais nous en revenions toujours au même problème, pas vrai ? Elle ne savait pas se reposer sur quelqu’un – même pas sur moi. Je n’osais pas mentionner clairement cette histoire de grossesse parce que je sentais que ça restait du domaine tabou ou bien un sujet de dispute entre nous. Je ne voulais pas non plus savoir à quel point, elle était peut-être soulagée quand moi, je ne l’étais absolument pas. De plus, même si elle avait dû accuser le choc, elle ne voudrait pas l’admettre ou m’en parler. Donc, je ne le mentionnerais pas le premier. Je bus une gorgée de mon breuvage avant d’enchaîner. « Je n’ai jamais vraiment disparu, Mathie. Tu le sais bien. Peu importe tout ce qu’il se passe autour de nous ou même entre nous. Tu pourras toujours compter sur moi, ça ne changera pas ça, aucune dispute, aucun événement ne pourrait changer ça. » Je gardais mes yeux rivés dans les siens en lui expliquant les fondements même de mon attachement pour elle. Moi, je me connaissais suffisamment pour savoir que je ne disparaitrais jamais de son champ de vision. Elle par contre… était plus douée pour fuir le mien. De la rancœur ? Pas vraiment, plus de la tristesse mais je commençais à accepter les choses petit à petit. Il n’y avait plus d’histoire de bébé apparemment entre nous, peut-être que c’était mieux comme ça ? Je n’arrivais pas encore à m’en convaincre parce que la nouvelle était trop fraîche et j’étais encore trop bouleversé par ça mais ça viendrait… Sûrement…

A cette pensée, je repris la parole toujours très calmement. Je ne pouvais pas réintégrer son environnement sans au moins mettre une seule fois les choses à plat. « Les choses ont été plutôt folles ces derniers temps, pas vrai ? Finalement, tu avais raison. J’ai besoin de recul, j’ai besoin de remettre de l’ordre dans ma tête et dans ma vie. » Ou plutôt ce qu’il en restait avec cette fichue guerre. « J’ai beaucoup réfléchi ces derniers jours. Et j’ai réalisé que j’avais attendu de toi plus que ce que tu ne pouvais m’offrir. C’était très égoïste de ma part. Je pense que… personnellement, j’ai besoin de prendre un peu de distance pour le moment. Et je pense que toi aussi, tu en as besoin. Je ne veux plus que nous en arrivions là, Mathilda. Je ne veux plus risquer de te perdre, d’avoir peur de venir te voir, de recevoir de tes nouvelles par courrier. Ça n’a jamais été nous, ça. Et c’est en grande partie ma faute. Je pense qu’on doit se laisser le temps de surmonter ça et de laisser les choses revenir à la normale, comme avant, naturellement.» Avant me plaisait ? Tout était mieux qu’après en tout cas pour le moment. Était-ce seulement possible en sachant maintenant que je l’aimais ? Je le pensais, oui. Tout ça m’avait suffisamment secoué et réveillé pour réaliser qu’elle n’était vraiment pas prête à ce que je voulais moi lui offrir et lui apporter. J’allais devoir attendre et apprendre à laisser couler. Nous étions toujours amis, pas vrai ? Enfin… Je l’espérais. Les mots qu’elle avait prononcés, raisonnaient toujours dans mon crâne. A ce stade, nous ne sommes plus rien. Cette seule et simple phrase m’avait vraiment fait réaliser que je préférais encore notre ancienne situation à celle-ci. Je devais rester seul pour l’instant et faire le point, me recentrer sur moi et sur ma sœur – seule membre certainement en vie qu’il me reste et sur qui je devais veiller de surcroît. Il fallait juste me laisser le temps d’accepter cette réalité pour mieux repartir après. Je dressais alors un rapide état des lieux à celle qui était encore pour moi ma meilleure amie afin de lui montrer que j’étais plutôt déterminé à reprendre tout ça en main. « Je vis chez Rose en ce moment... Et j’ai ... officiellement quitté Emy. » J’avais l’impression de lâcher une bombe en divulguant cette information. Je connaissais assez la jolie brune pour savoir qu’elle culpabiliserait de cette décision. Avant de lui expliquer que non, je la laissais encaisser tout mon flot de paroles.  
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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Mer 28 Aoû - 20:58



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Le liquide chaud s’écoulant dans ma gorge me fit du bien. Je me réchauffais un peu, ce qui n’était pas un mal. Ma maison était de plus en plus fraiche. Je ne pouvais pas m’offrir le luxe de la chauffer entièrement. J’allumais une heure tous les soirs le poêle à pétrole dans la chambre de Lyra pour qu’elle n’attrape pas trop froid, et c’était tout. C’était la seule pièce qui était chauffé de toute la maison. Le reste n’était pas essentiel. Pour ma chambre, j’avais sorti une couverture supplémentaire et je ne m’attardais jamais dans les autres lieux de la demeure. Je passais la plupart de mon temps dehors d’ailleurs, alternant entre mes obligations à la mairie, mon travail à la clinique et mes rondes en tant que bénévole et responsable du groupe de soutien. Je dormais plus souvent sur un des lits de fortune de mon lieu de travail que dans mon propre lit. Quelque part… J’adorais ça. Car j’exerçais quelque chose qui me passionnait vraiment, et ça me faisait un bien fou. Cela n’était que temporaire, j’en avais conscience, mais pour une fois, j’avais décidé de faire quelque chose pour moi, dans laquelle je me sentais on ne peut plus utile, et où j’étais douée. J’avais eu besoin de ça ces dernières semaines. Avec le silence de Micka et tous ce qui s’était passé… C’était mon moyen de m’évader quelque part. Ce n’est peut-être pas facile ni beau tous les jours, mais le plaisir d’exercer était plus important. Je ne comprenais que trop bien à présent que le renégat s’accroche autant au garage. Il aimait son travail, et je partageais à présent cela maintenant que je pouvais être ce que j’avais toujours voulu devenir. J’étais toujours douée pour soigner les gens et si mes automatismes ne sont pas tous revenus tout de suite, et qu’il m’avait fallut quelques jours pour me remettre dans le bain, à présent, j’étais comme un poisson dans l’eau. Si j’étais arrivée à trouver mon chemin de ce côté-là, pourquoi ne serais-je pas capable d’y arriver avec Micka ? Je me rendais bien compte que beaucoup de frustrations concernant ma vie, m’avait éloigné de lui. Mais à présent que, dans ma tête, les choses allaient mieux, j’espérais que notre amitié pourrait se porter mieux. Je voulais y croire, continuer encore. Parce que j’avais besoin de lui. Et même si je ne pouvais pas approuver tout ce qu’il faisait envers moi, je ne pouvais pas lui en vouloir. Je lui demandais de faire des choses que moi-même je n’appliquais pas. Je m’en rendais bien compte. Ainsi lui fis-je un signe de la tête, et un sourire avant de lui répondre Tu as raison… C’est stupide de te demander de ne pas te soucier de moi alors que moi-même je me soucie de toi. C’est ce que font les amis. J’ai été à côté de la plaque avec toi ces derniers mois. Ce que je voulais dire en fait, c’est de ne pas trop t’en faire pour moi d’accord ? Si je n’y arrive pas, si je ne vais pas bien, je te fais la promesse de venir te voir. En échange, tu en fais de même. Comme avant. Oui comme avant. Sans pudeur, sans distance entre nous, sans tout ce qui s’était insinué ces derniers temps dans notre amitié. J’étais toujours un peu dans le brouillard d’ailleurs concernant les pourquoi du comment. Si j’avais cherché un temps à les comprendre, j’avais décidé de laisser tomber. Car cela ne faisait qu’empirer les choses. Un jour sans doute le saurais-je, mais allez savoir quand. Il se passait quelque chose dans la tête de Micka que je n’arrivais pas à saisir.

Je me pinçais la lèvre d’ailleurs quand il me dit qu’il n’avait pas disparu. Je sais que je peux compter sur toi, et c’est pour cela que tu es la seule personne en qui j’aurais assez confiance pour s’occuper de Lyra. Mais si, tu as disparu Micka. Ou du moins, tu m’as écarté de ta vie. Sinon tu serais venue me voir plus tôt. Tu serais venue me parler. J’aurais pu aussi le faire, mais ta vie a été chamboulée avant la mienne... Mais peu importe. Remuer le passé ne sert à rien. Je préférais écourter ce sujet. J’avais vraiment pris comme un rejet le fait d’avoir appris par quelqu’un d’autre qu’Emy était revenue et qu’elle logeait chez le renégat. Avant, il serait venu me trouver tout de suite. Encore plus lorsqu’on repense à ce qui s’était passé entre nous. Il ne l’avait pourtant pas fait, restant dans un mutisme, comme si finalement je ne comptais plus. Dire que je n’avais pas été vexée et blessée serait un mensonge. C’était aussi pour ça que je ne lui avais pas dit pour ma potentielle grossesse. Il avait autre chose en tête que moi, avait retrouvé sa petite-amie et avait moins de place pour moi. Ainsi je n’étais pas allée le trouver. C’était normale après tout qu’il se consacre plus à elle qu’à moi. J’étais contente de le retrouver tout de même, d’avoir de nouveau, en face de moi mon meilleur ami. Il m’avait tant manqué, et la réciproque semblait vraie d’ailleurs. Je ne m’attendais pas par contre à la suite de ses paroles. J’avalais de travers mon thé, posée précipitamment ma tasse en renversant du liquide sur la table et par terre, tout en toussant fortement. Entre deux, j’articulais avec un peu de mal Que…oi ? Je toussais encore un peu avant de finir par reprendre le contrôle de ma gorge. Je le regardais, ne pouvant m’empêcher de faire les yeux ronds. Attends, tu viens de me dire quoi là ? Pt’ain Micka mais non quoi ! Je me levais sur la défensif. Je ne comprenais vraiment plus ce qui était en train de se passer dans sa tête. Mais cette fois, c’était trop important pour que je laisse passer. Bon sang, mais j’tai jamais demandé ça ! J’ai jamais exigé ça de toi ! Ca ne changeait rien pour toi et Emy ! Tu vois, c’est pour ça que j’hésitais à t’en parler. Je savais que tu risquais de faire ce que tu devais faire. Toi et ton foutu sens du devoir ! On est plus à l’époque de nos parents Micka ! Même si j’avais vraiment pu aller au bout de cette grossesse, cela ne changeait rien. C’est pas comme si tu étais obligé de m’épouser ! Et plus, c’est même pas le cas ! Olala mais dans quelle situation tu t’es mis à cause de moi. Tu vois, c’est ça que je supporte pas, que tu te mettes encore et toujours entre parenthèse pour t’adapter à moi. Mais c’est pas ce que je te demande Micka ! Tu fais partie de ces hommes qui se plient à tout et c’est en partie pour ça que je t’aime ! C’est parce que tu es aussi indépendant que je peux l’être ! Tu n’as pas pris de recul là, pas du tout même. D’ailleurs qu’est-ce que tu fais là encore ? Tu devrais plutôt être avec Emy, t’excuser et essayer de sauver votre couple. Ne brises pas tout à cause de moi ou pour moi. Tu ne vas pas me perdre parce que tu es heureux avec elle. Je n’avais jamais été jalouse de ses petites amies, et même si avec la « revenante » c’était un peu le cas, je ne voulais pas qu’il la quitte à cause de l’erreur que nous avions commise. Enfin à cause de l’acte que nous n’aurions jamais du faire. Je culpabilisais déjà assez pour ne pas rajouter la rupture de Micka et d’Emy en plus. Je n’étais plus enceinte, il n’avait plus aucune obligation envers moi. D’ailleurs, il n’en avait jamais eu. C’était ce que je me tuais à lui dire, glissant sans même m’en apercevoir que je l’aimais. Je m’étais laissée emportée, en colère vis  à vis de ce qu’il avait fait et que je considérais comme irréfléchie. Il n’avait pas à faire ça pour moi, pas alors qu’il avait quelqu’un avec qui il pouvait partager tout ce qu’il voulait, une personne qui penserait à lui autant que lui penserait à elle, qui prendrait soin de lui, et ferait en somme tout ce que jamais je ne pourrais faire. C’est pour ça que jamais je ne sortirais avec lui. Il serait lésé dans une relation avec moi. Il ne serait jamais le premier à passer, ne serait jamais ma priorité. Au delà du fait que ça me foutait les jetons, je pensais à lui, à son bien être. Je ne pouvais pas être le bourreaux de son bonheur ni même sa source. C’était Emy qui pouvait le rendre heureux, et c’était finalement une bonne chose que le « tas de cellule » n’est pas été viable. C’était la meilleure des choses finalement…






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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Mer 28 Aoû - 22:25



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Si je m’y attendais à cette colère ? Bien évidemment. Je me doutais que si je n’enchainais pas dans la seconde, elle allait partir sur ses grands chevaux. Je la laissais donc s’énerver toute seule, ne participant à sa grande démonstration de rage. Moi, j’étais trop crevé pour m’y joindre, trop las de mener ces combats que je n’avais jamais choisi. De toute façon, j’y voyais plus clair et je savais qu’il n’y avait pas matière à prendre la mouche. Elle voulait que je sois heureux, elle s’y prenait juste de la pire façon qu’il soit. C’est comme qu’elle m’aimait ? C’est la première fois qu’elle employait ce terme devant moi, pour moi. Mais ça avait une connotation affectueuse, amicale, je le savais. La jolie brune ne me voyait jamais autrement que comme son ami. Pourquoi aurait-elle couché avec moi alors ? L’attraction physique, le désir, ça pouvait parfois appartenir à une autre catégorie, être scindé avec l’amour. Nous étions si proches que la limite restait tentante, floue, indéfinie. Je ne savais pas ce qu’elle éprouvait pour moi. Je savais ce que j’éprouvais pour elle par contre et ce qu’elle n’était pas prête à mener. Une vraie relation avec moi. Arthur avait raison, je voulais aller trop vite. J’étais tellement serein, je me sentais tellement lucide depuis que tout avait volé en éclats. J’avais eu besoin d’une douleur pour comprendre ce qui ne fonctionnait pas. Maintenant, je pouvais identifier tout ce qui n’allait pas. A défaut de réussir à le réparer, je pouvais au moins chercher à l’approcher. Elle s’était étranglée, avait renversé sa tasse et moi, je l’observais très, trop calmement. Ça ne me ressemblait tellement pas.  Je m’étais mangé un sacré coup il fallait dire entre la lettre et le foetus. J’en subissais encore les conséquences. Peut-être pas que négatives. Je me levais très doucement et vins poser ma main sur l’épaule de mon amie. « Mathilda, s’il te plait. Calme-toi. » Depuis quand je restais calme moi d’ailleurs ? « Laisse-moi… t’expliquer les choses telles qu’elles sont. Pas telles que tu crois qu’elles sont… » Je retirais ma pression de son bras et m’assis en gardant en tête que sa façon de me voir serait sûrement différente après ça mais tant pis. Tant pis. J’avais pris mes résolutions et je les jugeais bonnes.

« Je ne suis pas sorti avec Emy pour les bonnes raisons. Je suis sorti avec elle parce que j’avais peur pour nous, pour notre amitié. J’ai cru que ça simplifierait cette histoire de baiser  à mon anniversaire. Oui, je suis un salaud, Oui, j’ai foiré… sur tous les plans et je m’en mords les doigts. Mais je ne pouvais abuser de ses sentiments plus longtemps. Mathie, je n’ai jamais aimé Emy. Et puis, on est sorti qu’un mois. UN mois, c’est pas une année ou dix ans. Je ne suis pas marié à elle. » Je me justifiais ?  Peut-être. Je vivais très mal ma culpabilité par moment. « Tout ça pour dire que non, ce n’est pas pour toi que j’ai quitté Emy mais pour moi. Crois-moi, je sais ce que je fais en ce moment. J’ai assez merdé avec toi et elle. » Je n’étais pas prêt à me remettre en couple avec qui que ce soit. Je devais rester seul, penser à moi, me recentrer, me remettre en question. J’enchaînais rapidement. « C’est pour ça que je vis chez Rose notamment. Je lui ai laissé mon appart – cela dit je crois qu’elle n’y loge pas, le temps de récupérer sa maison. » J’essayais inconsciemment d’arranger mon image auprès d’elle. Je ne savais plus. « Regarde toi, regarde nous. Depuis quand on doit crier pour se faire entendre ? Pour s'écouter? Mathilda, je… » Je passais mes mains sur mon visage pour tenter de trouver mes mots. « … Je pense qu’on a besoin de faire le point tous les deux et c’est un bon moment pour qu’on discute toi et moi.  Enfin, si tu le souhaites. Tu sais… Je réalise bien tout ce que tu me dis sur ma façon de vouloir être trop… prévenant ou je ne sais pas trop avec toi.  Mais ta façon de traiter ce qu’il s’était passé entre nous m’a vraiment fait flipper. Je savais que nous en arrivions un moment ou l’autre au stade où tu me fuirais pour de bon alors j’ai tout fait pour nous sauvegarder, c’était ce que je croyais. Mais apparemment, je me suis trompé. J’ai agi comme ça parce que … Parce que j’en voulais plus Mathilda. Je t’en ai demandé de trop, j’ai attendu plus que ce que tu ne pouvais m’offrir. » Et voulait aussi, sûrement mais ça, je le gardais pour moi. « Il faut vraiment que j’arrive à prendre du recul par rapport à tout ce qu’il s’est passé. Je veux pas et je peux pas continuer comme ça. Je ne veux plus qu’on se déchire comme ça. Je veux qu’on reparte sur une base saine mais pour ça, il faut que tu me fasses confiance et que tu acceptes que... Tu as de l’importance pour moi. Et que je ne peux pas toujours ne pas dépendre de toi du tout, de ne jamais te faire entrer en jeu. C’est impossible. » Je déglutis et ajoutais. « A ton tour. Dis-moi tout ce que tu veux, tout ce que tu as me reprocher. » C’était en exprimant tout ça que nous parviendrions, j’espérais à aller de l’avant. Je pensais avoir la bonne attitude. Si je voyais qu’elle n’était pas réceptive, j’abandonnerais pour aujourd’hui. Mais je reviendrais. Je reviendrais toujours pour elle. Ça ne faisait pas l’ombre d’un doute.
 
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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Dim 8 Sep - 15:04



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Je ne comprenais pas tout ce qui se passait dans la tête de Mickaël. J’avais l’impression que ce qu’il était en train de me dire était les conséquences désastreuses de mes actes. Je devais bien l’avouer, j’avais beaucoup de mal à assumer ce qui s’était passé entre nous depuis le retour de Emy. J’avais l’impression d’être une de ses mauvaises personnes que je ne voulais pas devenir. J’avais, quelque part, commis une erreur, erreur que je n’arrivais pas à regretter malgré tout. Nous n’avions pas été  prudents, pas du tout même. Nous… non j’avais lâché prise et je devais en payer le prix fort. Il y avait eu cette grossesse non viable et maintenant, la rupture du garagiste avec sa copine. J’étais un peu angoissée, complètement même. Je faisais les cent pas, comme dans le bureau d’Arthur. J’avais l’impression d’avoir fait un retour dans le passé. J’étais de nouveau perdue et ma sérénité s’était complètement envolée, aussi vite qu’elle était apparue finalement. Je détestais ça. Je détestais cette situation. Je me détestais pour ça. A chaque fois que les choses allaient mieux, il fallait que je les gâches. J’avais finalement juste envie de disparaitre dans un trou de souris et de ressortir que lorsque tout serait réglé, lorsque tout serait arrangé. Mais je ne le pouvais pas. Je devais encaisser les dommages collatéraux, essayer de les réduire un maximum. Oui essayer car je n’en étais pas capable finalement. La preuve en étant que mon ami avait quitté la nouvelle revenue par ma faute. Oui, j’étais certaine que c’était à cause de moi, et rien de ce qu’il pouvait dire, ne pourrait me faire changer d’avis. Ou du moins c’était ce que je pensais. Le contenu de ses propos, je ne les avais pas vus arriver Je ne les aurais même pas imaginé.

En fait, c’était encore pire que tout ce que j’avais pu penser. Je ne pouvais pas me calmer comme il me l’avait demandé, en posant sa main sur mon épaule. C’était impossible. Pas après la tempête qu’il venait de déclencher. Si j’avais cherché à comprendre le pourquoi du comment dans son comportement, je ne m’attendais pas à obtenir ça comme réponse. Je m'étais trompée sur toute la ligne. S’il avait voulu que je m’en veuille moins vis-à-vis de son ex, c’était complètement râpé. Je me sentais encore plus coupable, et l’image que j’avais de moi-même devint encore plus négative. Indéniablement l’image que j’avais de Micka en pris aussi un coup. Je ne l’aurais jamais imaginé agir ainsi, sortir avec une fille et se jouer d’elle, juste pour se sauver la face. Plutôt que de m’en parler, il avait été lâche.   Et après ça, tu as osé dire et penser que je fuyais alors que tu n’as fait que ça depuis le début ? Mon ton était amer et ironique. A la suite de ses reproches, je m’étais remise en question, énormément, pour lui. Alors qu’en fait, il était encore plus mal placé pour parler.  Tu ne l’as jamais aimé, et pourtant tu l’as quand même fait venir chez toi. Tu as vécu plusieurs semaines sous le même toit qu’elle, à partager ton lit avec elle… Mais tu as raison, cela ne faisait qu’un mois, de la même manière qu’il ne s’agissait juste que coucher une fois avec moi Je souriais ironiquement. Donc en gros tu n’es sorti avec elle que pour ça ?  Tu n’avais pas besoin d’en faire autant et de la faire souffrir pour ça. Il t’aurait juste suffit de me dire que t’avais envie de t’amuser avec moi dans un lit. Ce n’est pas comme si tu aurais été le seul avec qui je faisais ça. Tout ça pour si peu Je poussais un soupir Et dire que je m’étais imaginée autre chose, que je m’étais imaginée que tu n’étais pas ce genre d’homme, à considérer une femme que comme un moyen de passer ton temps. Je pensais qu’Emy comptait plus que ça pour toi. Je pensais aussi que je comptais plus que ça à tes yeux. Parce que tu vois bêtement, j’ai cru que tu pouvais nourrir à mon égard les mêmes sentiments que je pouvais avoir pour Toi. Et ça me faisait peur car je ne voulais pas te léser d’une manière ou d’une autre à cause de la vie que je mène et de la minuscule place que j’aurais pu t’accorder. Alors plutôt que de te faire souffrir, je préférais qu’on s’éloigne, pour ne pas que tu souffres à cause de moi. Mais je m’étais trompée sur toute la ligne. Il ne s’agissait pas ici de sentiments mais d’amusement, chose qui finalement ne m'aurait pas posé de problème, vu qu'elle entrait dans quelques unes de mes vieilles habitudes... Je suis stupide en fait. Si j'avais su, nous n'en serions pas arrivé là. Il faut vraiment que j'arrête de me faire des films te concernant. Regardes, cela m'a mené chez sa soeur, alors que t'aurait pu crécher Emy autre part, ou même venir chez moi !. Je laissais échapper un rire, qui se voulait joyeux, mais qui était finalement plus triste qu’autre chose. Si mes paroles semblaient détachées et soulagées, le ton que j’employais, ma posture et les traits de mon visage laissaient penser tout le contraire. Parce que, jamais je ne pourrais "que" seulement m’amuser avec Micka. Parce qu’envers lui, je ne pouvais pas ne ressentir "que" de la passion. Parce qu’il y avait plus. Je sentais mes yeux se gorger d’eau. J’étais stupide, oui vraiment stupide. Je me forçais à sourire, à chasser cette peine qui m’envahissait alors que Mickaël était en train de me briser le cœur. Et dire que je m’étais promis que cela n’arriverait jamais, que je ne laisserais jamais plus personne me faire du mal. C’était franchement louper et sans que je puisse m’en empêcher, j’éclatais en sanglots, comme une ado qui venait de se faire larguer… J’étais pathétique, oui, complètement pathétique….






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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Dim 8 Sep - 15:48



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

J’attendais son tour de reproches, comme on attend sa mort. On espère que ça viendra vite et qu’on ne sentira rien, chaque seconde étant synonyme d’agonie lente et pénible. Mathilda ne se fit néanmoins pas prier. Elle partit complétement en diagonale et je m’en pris plein la tronche. Parfois à raison, parfois à tort. Je me sentais aussi minable que vexé, blessé. Putain mais qu’est-ce qu’elles attendaient toutes de moi, je n’étais qu’un homme. Qu’un putain d’homme. J’avais le droit de faire des erreurs, de me tromper. J’étais loin d’être parfait. Je ne m’étais jamais revendiqué comme tel d’ailleurs. J’étais un emmerdeur fini et trop souvent peu réfléchi. Ce qui nous avait amené à cette fichue situation. J’avais merdé avec Emy, on était tous d’accord là-dessus mais de là à me faire passer pour le diable… Je ne pouvais pas endurer la critique aujourd’hui, surtout pas de sa bouche. J’étais nerveusement à bout, j’avais l’impression que je pouvais hurler de rire la seconde d’après ou bien à l’opposé craquer complétement. J’avais atteint toutes les limites comme la jolie brune d’ailleurs. Le portrait qu’elle dressait de moi était tellement injuste pour plusieurs points. Qu’elle juge que je ne fais que jouer avec les femmes, juste pour une seule erreur de ma part me rendait malade. Elle m’estimait désormais si peu qu’elle me prenait pour un sale con. Ce qui fit déborder le vase, c’est quand elle osa comparer l’incomparable. Elle et Emy. Elle n’avait encore rien compris. J’ignorais si elle se refusait de comprendre ou si tout simplement elle ne me connaissait pas, plus. Je me demandais sérieusement comment elle pouvait tirer de telles conclusions avec mon discours. Je m’étais montré, je le croyais, clair. Je n’en pouvais plus. Je n’en pouvais vraiment plus. Il n’y avait plus rien à sauver, c’est ça ? Maintenant, elle me voyait comme le pire salaud de la Terre. J’avais finalement tout perdu. Ça m’énervait. Ça m’énervait tellement. Je m’étais laissé être abattu par ses mots alors qu’elle m’avait acculé dans un coin. Mais c’était toujours comme ça avec moi quand j’étais complétement à plat, ma seule façon de remonter c’était la colère. Ma hargne était mon seul moteur pour ne pas complétement toucher le fond.

C’était mon mode de fonctionnement. J’avais peu d’énergie jusque-là mais d’un seul coup, j’eus une sacrée dose d’adrénaline. Surtout quand sa langue délia le « j’ai cru que tu pouvais nourrir à mon égard les mêmes sentiments que je pouvais avoir pour Toi. Et ça me faisait peur car je ne voulais pas te léser d’une manière ou d’une autre à cause de la vie que je mène et de la minuscule place que j’aurais pu t’accorder. » Non. NON. C’était trop facile de me balancer ça après tout ce que j’avais pu faire, dire. Elle ne m’avait jamais laissé prendre la moindre place. C’était faux. Et je ne la laisserais pas me culpabiliser pour ça. Je refusais. Elle me parlait de sentiments après tout ça ? Parce qu’elle savait qu’on était plus rien. Elle pleurait. Ça m’énervait encore plus. Je n’arrivais pas à rester docile, à tenter de l’approcher. Je ne voulais pas lui simplifier la vie alors qu’elle compliquait la mienne. Je me levais brutalement pour lui faire face. Ma voix était empressée malgré que je veillais à contenir un maximum ma rage. « Ah ouais ? Sérieusement, c’est comme ça que tu me vois maintenant ? Comme un sale con ? Parce que tu crois que je me sens pas minable. Je n’ai pas voulu blesser Emy, je n’ai pas réalisé ce que je faisais. Et quand elle est revenue… Quand elle est revenue… Enfin tu t’imagines quoi ? Tu crois que j’aurais pu la toucher après ce qu’on avait vécu toi et moi. J’ai pas arrêté de penser à ça, à nous, à toi. J’ai toujours voulu que toi. Et putain, je suis humain et je suis pas parfait. Je savais plus quoi faire, c’est toi qui me mets dans cet état. Je pensais pouvoir t’oublier. A quel point moment tu m’as déjà parlé de sentiments avant, hein Mathilda ? Mais bordel je dois faire quoi pour que tu réalises. Je suis fou amoureux de toi, je m’arracherais un bras, une jambe n’importe quoi pour toi. Je suis prêt à tous les sacrifices, à ce que tu me fasses passer en dernier, pourvu que tu restes près de moi. Mais tout ce que je veux… Ce n’est pas tout ce que j’ai ou aurais. J’ai eu beau tenter de te dire ça, ça n’a jamais rien changé et ça ne changera plus rien. Tu as décidé que je prenais trop de place, que je devais plus faire partie de ta vie. Et que cette erreur de discernement faisait de moi le plus abruti des hommes. Je suis bon qu’à te faire pleurer de toute évidence. Mais sache au moins ça… Parce que je refuse de quitter cette pièce sans que tu te le mettes dans le crâne… »

Je me rapprochais d’elle en quelques enjambées et incrustai mon regard dans le sien. Mes intonations dures laissèrent place à une détermination certaine mais également à une sincérité terrifiante et une douceur qui tranchait complétement avec le reste. « Tu n’es pas n’importe quelle femme. Et tu n’as jamais été un amusement. Je t’interdis de penser le contraire. Mathilda, j’ai toujours voulu être avec toi parce que je t’aime et pour rien d’autres. » Je reculais ensuite et retrouvais ma colère. « Je voulais qu’on prenne du temps pour faire le point et arranger tout ça. Qu’on éclaircisse la situation. Je ne voulais pas te dire ça comme ça, ici maintenant mais vu que tout est bousillé... J’ai vraiment fait tout ce que j’ai pu pour préserver ce qu’on avait. Ne plus t’avoir du tout dans ma vie est pire que de t’avoir comme amie même si … même si j’éprouve ces sentiments pour toi. Je regrette que ça finisse comme ça. Et j’en suis malade. » Mes mains tremblaient. Je n’arrivais plus à me calmer alors je fis quelques pas sur le côté et sortis de sa demeure pour me retrouver sur son perron où je finis par m’asseoir. L’air frais allait m’apaiser. Je ne pouvais plus soutenir son regard et rentrer pas plus que je n’étais en état de reprendre le volant. Alors j’allais me calmer ici. Je respirais de grandes bouffées d’air iodé en réalisant à peine que je venais de tout lui déballer. C’était la pire confession du Monde et je ne l’avais prévue. Mathilda me rendait fou. Complétement fou.



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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Dim 8 Sep - 17:07



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Tout partait à volo, encore plus que les dernière fois où nous étions vus. C’était du n’importe quoi, à la limite de l’impossible. Si Arthur avait été là, il nous aurait mis une paire de claque. Mais il n’était pas là, et nous devions nous débrouiller seuls. Si nous étions en train d’exploser chacun à sa manière, c’était nécessaire. Une tempête était en train de ravager ma demeure, mais elle permettrait de tout remettre en place… Enfin, on peut l’espérer.

Mickaël avait tourné les talons et j’étais restée pétrifiée dans mon salon, des larmes coulant toujours sur mes joues. J’étais stupéfaite, en colère, heureuse, triste, rancunière, reconnaissante. En fait, je n’arrivais pas à déterminer dans quel état d’esprit j’étais tant tout était en train de se mélanger en moi, tant mes humeurs changeaient toutes les secondes. Je déglutissais avec difficulté, beaucoup de difficulté. Je fis quelques pas, pour venir m’asseoir sur mon canapé et prendre ma tête entre mes mains. J’avais besoin de temps pour digérer tout ce qui s’était passé en l’espace d’une demi-dizaine de seconde. La voix de Mickaël résonnait dans ma tête inlassablement. Tout ce qu’il m’avait dit me frappait de nouveau de plein fouet, me faisant trembler à présent. Si j’étais restée sans réagir, sans bouger, mon corps encaissait à présent, et je n’arrivais pas à le contrôler. Dans un élan de rage, je balançais contre le mur ma tasse, qui se brisa, en renversant du liquide partout sur sa trajectoire et sur le papier peint. De toute manière, je n’avais jamais aimé ce dernier… Je me forçais à faire des exercices de respiration pour me calmer, pour calmer les battements affolés de mon cœur, mes tremblements, et quelque part, l’état de crise dans lequel m’avait laissé le garagiste. Il m’avait obligé à encaisser des choses que finalement je n’aurais peut-être pas voulu assumer. Enfin si… Mais pas de cette manière-là. Pas dites comme ça. Il n’avait pas le droit de faire ça, non, il n’en avait pas le droit. Aussitôt de la colère me reprit, me faisant serrer les poings et me levait furieusement. Je traversais le salon, puis le couloir et ouvrait la porte de manière plus énergique que je ne l’aurais cru. Je fus étonnée de le trouver là, sur mon perron. Je m’étais imaginée qu’il serait dans sa voiture, en route pour rentrer chez lui… En train de fuir comme je l’aurais sans doute fait moi. Si j’étais en colère en passant ma porte, à présent… Je me sentais tout à coup très nerveuse et gênée, me demandant pourquoi est-ce que j’étais partie à sa suite. Ce n’était pas à moi de lui courir après. Pas après ce qu’il était venu me balancer à la tronche. De nouveau, je repassais en mode colère. Et qu’il reste assis comme s’il ne m’avait pas vu arrivé ne me rendait pas plus calme.

Et puis mon regard croisa le sien, et j’en oubliais ma colère, repassant dans un état de grande nervosité. Je ne sais pas vraiment combien de temps je suis restée plantée là, à ne pas savoir quoi faire, quoi dire, passant d’une émotion à une autre. Je crois que c’est la mine de Mickaël qui finit par me décider à me rejoindre. Je ne pouvais pas supporter le voir souffrir. Cela m’était impossible. De la même manière que je ne supportais pas voir ma sœur être mal. Sans m’en apercevoir, sans que lui-même ne s’en aperçoive, il avait pris énormément de place dans ma vie, au point où, m’imaginer sans lui m’était douloureux. Au point où, m’imaginer qu’il ne puise rien ressentir pour moi me briser le cœur. Tout ça pour ça… t’as pas le droit Micka… T’as pas le droit de me balancer ça à la tronche et te tirait ensuite Je me forçais à souffler un bon coup avant de continuer. Assez de cris. Ca ne servait à rien. Te rends-tu compte de ce que tu viens de me dire au moins ? . Je ne le regardais pas. Si j’avais pris place à côté de lui je regardais droit devant moi, au loin. Prenant une grande inspiration, me donnant du courage, je continuais J’ai peur d’accord ? Non, je suis terrifiée même. Et je foire tout dans ces cas là. Je posais ma tête sur son épaule, tremblant légèrement. Je repris une autre bouffé, essayant encore une fois de me donner du courage, chose que j’avais cruellement manqué avec le garagiste J…J’ai besoin de toi Micka. Je sais que j’agis de manière contraire… Que je te laisse penser que tu n’as aucune importance… C’est parce que j’ai peur… Que tu me brises le coeur… Que tu me laisses tomber comme tous les autres… Que tu finisses par te rendre compte que tu t’es trompé sur moi et que tu mérites quelqu’un de mieux… J’ai peur Micka que tu me laisses toute seule parce que je ne le supporterais pas…T’as pas idée de l’importance que t’as à mes yeux et combien tu es précieux à mon cœur… Et ça me terrifie de laisser quelqu’un avoir une telle emprise sur moi… S’il t’arrivait quelque chose. Si… tu partais je m’en remettrais pas… L’idée que tu puisses… Avec Emy, ou même quelqu’un d’autre… C’est insupportable… Je suis constamment tiraillée entre ce que je voudrais moi, et ce qu’il faudrait que je fasse… Je ne pouvais pas m’empêcher de me remettre à pleurer. C’était plus fort que moi. Je me livrée complètement au renégat, lui disant tout ce que j’avais sur le cœur, me l’avouant à moi-même et c’était douloureux… Tu ne t’en rends pas compte, ou tu ne veux pas t’en rendre compte, mais tu serais tellement plus heureux avec une femme sans problème, qui pourrait t’aimer sans concession, et pour qui tu serais toujours la priorité… Pourquoi faut-il que tu t’acharnes à… m’aimer moi ? Qui suis si compliqué, et qui doit penser avant tout à sa sœur, avant même ton bonheur, avant même son propre bonheur parce que c’est quelque part sa punition… Son fardeau… Pour tous les erreurs et les conneries qu’elle a commises… Parce que si j’avais été là… Elle ne serait pas morte et Lyra ne serait pas orpheline… Si j’avais mis ma fierté de côté, si j’avais réalisé plus tôt… . Je redevenais une véritable fontaine, plongeant mon visage dans mes mains. Jamais encore je ne lui avais dit que je me reprochais la mort de la mère et que c’était pour ça que je me donnais sans concession à ma sœur. Cela ferait bientôt huit ans qu’elle avait disparu, et pour autant je me sentais coupable, à tel point que je pensais de plus avoir le droit au bonheur, et de ne devoir vivre que pour en apporter à Lyra. Et c’était pour cela que je me sentais coupable aussi envers Micka. Parce que je lui imposais mes problèmes et le faisait souffrir. Je n’arrivais plus à me supporter c’était indéniable…







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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Dim 8 Sep - 21:44



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Combien de minutes s'écoulèrent comme ça ? J'avais fermé les yeux et essayais sincèrement de me calmer. Tout ça m'épuisait tellement et en même temps, je ne me sentais jamais plus vivant que dans ce genre de moments. Avec Mathilda, c'était comme ça. Dans les mauvais comme dans les bons instants, toute cette énergie négative ou pas entre nous était tellement stimulante. Je m'en fichais au fond de moi que ça soit si dur et si crevant. Parce que ça en valait la peine. Mais maintenant, la question n'était plus là. Je pouvais encaisser les émotions fortes, pas l'ancienne caissière. Dire qu'elle m'avait parlé de sentiments, dire que ... tout semblait tellement à portée de mains et pourtant à la fois, tellement hors d'atteinte. C'était frustrant. J'étais frustré, vexé, énervé, triste. Bref, il fallait que je me reprenne en mains. J'entendis la porte s'ouvrir – je ne m'y attendais pas. Je n'arrivais même pas à me retourner vers elle. Je n'avais pas envie de me faire rejeter une centième fois. Elle m'avait assez brisé le cœur pour ça. Elle s'installa à côté de moi ce qui me surpris, je relevais instinctivement mes yeux vers elle. Sa mine déconfite... Je n'aurais pas voulu que tout ça se déroule de cette façon. Je voulais lui dire que je l'aimais à un moment où nous serions plus stables, où elle serait plus à même de réaliser. L'effet de cette confession était tellement terrifiant. Je me sentais con devant elle. Je n'avais pas honte de ce que je lui avais avoué, pas du tout honte de ça même. J'avais juste beaucoup d'appréhensions quant à la suite de cette histoire. Nous partions dans tous les sens et ça, sans plus aucunes limites. C'était du beau n'importe quoi. Un magnifique désastre. Je me sentais relativement coupable devant ses larmes et même si sa première phrase lançait les premiers reproches, toute ma hargne était retombée. Je la laissais parler bien qu'elle m'ait posée une question. Non, je ne réalisais pas tout à fait et en même temps, oui, j'avais conscience de la bombe que j'avais lâché. Je m'étais presque battu plusieurs fois pour ne pas lui avouer. Je savais ce que ça donnerait. Je fixais le résultat anticipé d'ailleurs. Si elle ne me regardait pas, moi je ne pouvais plus m'empêcher de l'observer. Sa tête toucha mon épaule, je ne respirais plus durant les minutes qui suivirent.

Tout ce qui se passait dans sa tête, ce qui me frustrait de deviner sans en être tout à fait certain, elle me dévoilait tout. Besoin, peur, importance, précieux, tant de mots qui trouvèrent une place privilégiée dans mon crâne. Ils me consolèrent et me redonnèrent relativement pas mal d'espoirs finalement alors que j'avais tout abandonné pour le coup sur une grande et terrible scène. Je croyais avoir jouer le dernier acte de notre amitié mais peut-être n'était-ce que le préambule d'autre chose ? J'allais trop vite encore une fois. Je le conscientisais cette fois. Mon amie me remit les pieds sur terre quand elle m'expliqua ce qu'elle ne m'avait jamais divulgué en plus de sept ans de relation amicale. Sa peine était tellement écrasante qu'elle m'oppressa moi aussi. Quand elle souffrait, je souffrais tout autant. J'étais tellement relié à elle. Si on la touchait, on me touchait aussi irrévocablement. Je voulais lui prendre cette douleur, l'endurer à sa place. J'aurais fait, donné n'importe quoi pour qu'elle aille mieux, pour qu'elle soit heureuse, pour lui ôter le poids de son passé. J'entourais d'un bras ses épaules alors qu'elle sanglotait entre ses mains et la serra contre moi. Elle ne m'avait jamais paru si frêle et si fragile. Mon autre main vint se poser contre ses cheveux alors que je calais ma bouche sur son cuir chevelu avant de relever le menton sans la lâcher. Quand je pris la parole, j'étais extrêmement posé, calme et doux. Le changement était fulgurant et sans appel. « Mathie, ce n'est pas ta faute. Tout ça. C'est la vie. Tu ne peux pas prévoir les accidents ou le reste. Si ça n'avait pas été ça, ça aurait pu être autre chose. Tu ne peux pas savoir. La mort, c'est tellement rapide, tellement imprévisible. Ce n'est la faute de personne, c'est un concours de circonstances. Tu n'as pas à prendre sur toi pour ça, tu n'es pas la fautive. Tu es revenue pour Lyra qui plus est. Tu ne l'as pas abandonnée malgré tout ce qui te tenait éloigné d'elle, de ce qu'elle représentait. Tu as tout fait pour elle, cette gamine le sait. C'est normal d'avoir des regrets mais ne les laisse pas diriger ton existence, c'est stupide. Les morts ne souhaitent jamais ça pour les vivants. »

Je savais de quoi je parlais. J'avais du traverser un deuil. Bien sûr moins violent vu que ce n'était pas mes deux parents que j'avais perdu, ni dans un tel contexte. Je connaissais le poids d'une culpabilité injustifiée, j'étais passé par là pour mon géniteur même si c'était une maladie. Et si on avait été plus vigilant, si on l'avait aidé plus et si... Je ne sais pas. L'impuissance, il n'y avait rien de pire. Mais on s'éloignait de tout ce qu'il venait de se passer malgré nous alors je nous recentrais très prudemment. Je ne voulais pas qu'elle croit que je m'enfuyais ou que je n'assumais pas ce que je lui avais avoué parce que ça n'était pas le cas. « Ce n'est pas que je m'acharne à t'aimer... Mathie, j'ai cherché à lutter contre tout ça pendant un certain temps parce que je te connaissais bien, je savais que tu n'allais jamais accepter ça. Mais... Je veux dire comment on est censé se battre contre des sentiments ? Plus j'ai cherché à les combattre, pire c'était. C'est quelque chose qu'on ne peut pas contrôler et tout ça, c'est naturel, ça ne nécessite pas d'efforts. C'est facile de t'aimer. Mais ce n'est pas facile de te comprendre parfois, de savoir ce que tu veux et de pouvoir préserver ce qu'on a. J'ai essayé de te protéger de moi parce que je savais que ça te ferait peur. Mais je n'ai pas réussi. Moi aussi, j'ai tellement peur de te perdre. Tu es tellement importante pour moi. Et je sais que tu me crois malheureux à tes côtés mais tu n'as pas encore compris ce que ça représentait d'aimer quelqu'un je crois. »

Je glissais ma paume de ses cheveux à sa joue, j'ôtais sa main pour y passer la mienne. « Je ne serais pas heureux loin de toi. Je ne suis pas heureux loin de toi - regarde ma tête ça en dit long là. Et je ne serais heureux avec personne d'autre. C'est toi ou personne. Et ne me parle pas encore que je mérite mieux. Tu ne peux pas décider de ça toute seule. Je te connais Mathie, je me connais aussi. Je te l'ai déjà dit. C'est toi que je veux, c'est toi qui me conviens et tu ne pourras jamais me faire changer d'avis. Je ne veux pas t'imposer ce que je ressens pour autant. Je ne veux pas... » Mes doigts effaçaient les larmes sur ses pommettes avant de venir prendre sa main. « ... Je ne veux pas te rendre triste ou te faire souffrir. Je veux pouvoir être là quand tu as besoin de moi, être là quand tu pleures, quand tu vas bien ou quand tu vas mal d'ailleurs.Je sais que tout ça est terrifiant. Je suis dépassé par ce qu'il se passe entre nous depuis un moment. J'ai tout fait de travers avec toi. Si tu sais ce que je peux faire maintenant, je t'en prie lâche-toi. Parce que là, je ne sais plus où on en est, ni ce qu'il faut qu'on fasse. » Je lui demandais de s'exprimer pour la suite. Un peu trop rapide peut-être ? « Enfin, on peut réfléchir, prendre du recul. Je sais que je brûle trop d'étapes, je veux toujours trouver des solutions rapidement tout le temps mais il ne faut pas m'écouter. Je ne sais vivre qu'à 200 à l'heure. » Je posais très tendrement mes lèvres sur son front. Je ne savais plus ce qu'on allait faire, ce qu'elle allait vouloir dans deux secondes, deux minutes, deux heures, deux semaines. Je ne la suivais pas. Tout ça était tellement imprévisible, incompréhensible. J'allais apprendre à accepter que toute situation n'a pas forcément une issue concrète et simple. Avec Mathie, j'étais prêt à tous les détours, pourvu qu'ils m’amènent à elle.


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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Lun 9 Sep - 18:30



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Je me trouvais pitoyable. Moi qui m’étais toujours refusée de me plaindre, de me montrer faible, de pleurer… Je devais me montrer forte, et j’en étais incapable. Quelque part, je me détestais alors que j’éclatais en sanglot. Je baissais les armes, laissant s’envoler toutes mes protections, me rendant vulnérable. Comment ne pouvais-je pas me trouver pitoyable ? Oui, je l’admets. J’étais en compagnie de Micka, et cela changeait tout. Ou du moins une partie. Je n’étais pas totalement capable de ne pas m’en vouloir pour ses larmes qui représentaient pour moi des marques de faiblesses. Je ne voulais pas qu’il puisse me considérer comme une femme ne pouvant pas se débrouiller seule, qui passe son temps à pleurer, et à envier une vie qu’elle n’aura jamais. Je ne voulais pas non plus qu’il puisse s’attacher à moi parce qu’il voyait en moi une petite chose fragile qu’il fallait protéger du monde extérieur. Je voulais qu’il me voit comme une personne forte, une de celle qui un jour pourrait changer le monde. Je ne voulais pas de sa pitié, mais quelque part son admiration, être digne de lui, même si sur ce point, à mes yeux, je ne le serais jamais. J’avais besoin de faire partie de sa vie, et qu’il fasse partie de la mienne. J’avais conscience qu’il était le seule sur qui je pouvais me reposer, à qui je confiais mes doutes, mes peurs, et toutes ses choses que je cachais à tous. Il était en cela le seul qui arrivait à me rassurer, me rendre optimiste, me redonnait vraiment le sourire, et pas seulement en apparence. Je venais de lui dire, j’avais besoin de lui. J’avais besoin de son affection, de faire partie de sa vie, de compter aux yeux de quelqu’un, de compter à ses yeux à lui. J’avais un grand manque affectif, creusé en partie par l’abandon de ma mère, puis par sa mort. Et ça me terrifiait, parce qu’il avait ainsi un grand pouvoir sur monde, un pouvoir que j’aurais voulu garder pour moi. Parce que si ma propre mère, si celle que j’avais toujours aimée sans condition m’avait tourné le dos, m’avait rayé de sa vie jusqu’à renier mon existence en jetant toutes les photos sur lesquelles j’apparaissais ; en oubliant ne m’appelant jamais pour mes anniversaires, ou pour noël ; en ne parlant jamais de moi à Lyra ; en léguant tout à ma petite sœur ; quelle certitude avais-je que Mickaël ne le fasse pas un jour ? Et puis, il y avait aussi Lyra… mon dernier point d’attache, ma rédemption, mon moyen de racheter toutes les erreurs que j’avais commises. Je m’étais attâchée à elle plus que je ne l’aurais pensé en acceptant de m’occuper d’elle. Elle était ma raison de vivre, ma raison d’avancer… Et à présent, il y avait aussi Micka. Je n’avais que trop longtemps nier ce fait. J’avais besoin de lui dans ma vie, autant que j’avais besoin de ma petite sœur.

Je le laissais me bercer, me consoler, me réconforter. Il était à l’évidence le seul à en être capable. Comme il était le seul à arriver à me pousser autant dans mes retranchements, le seul à y aller aussi violemment aussi. Quelque part, je lui en voulais pour ça. Il voulait toujours tout précipiter, changer les choses qui allaient jusque-là très bien. Il m’obligeait à faire face à des choses que je n’avais pas encore envie d’affronter, et pour lesquelles j’avais besoin de temps. Sur ce point, il ne pensait qu’à lui, et à personne d’autre. Il avait conscience en essayant d’en attendre plus de moi que j’allais ou bien m’énerver en me cachant derrière des murs infranchissables même pour lui, ou bien m’éloigner… Ou bien arriver à m’atteindre de plein fouet, et me chambouler du tout au tout comme cela était le cas à instant. Je lui en voulais d’agir ainsi avec moi, pour obtenir ce qu’il voulait, pour obtenir que les choses changent entre nous. Comme je lui avais dit, il n’avait pas le droit de me balancer à la tronche, entre deux cris qu’il m’aimait puis de me planter sans autre forme de procès. Sa « confession » - appelons cela comme ça – avait été brutale, quelque part une bombe lançait contre moi, dans le but de me toucher, quelque part de manière malsaine. Je n’étais pas insensible à ce qu’il déclare m’aimer… J’étais flattée, et heureuse que ce soit le cas. Pour autant j’aurais voulu qu’il s’y prenne autrement, à un autre moment, à un moment justement comme il le disait, ou j’aurais été plus prête à l’entendre qu’aujourd’hui. Tu n’en fais toujours qu’à ta tête Micka. De nous deux, c’est toi le plus tétu au final C’était un constat et il ne pouvait pas le nier. Même si mon ton était légèrement tinté de reproche, je restais contre lui, savourant ses marques de tendresse et de réconfort.

Me blottissant complètement dans ses bras, je fermais les yeux, essayant de finir par chasser toutes ses larmes. Je n’étais pas prête à parler de ma mère, et je doutais l’être un jour, ainsi ne dis-je rien de plus sur le sujet. C’était trop douloureux, beaucoup plus douloureux. Et puis… Une chose à la fois. Si je devais affronter Micka, je ne pouvais pas affronter les démons de mon passé. Je n’avais pas vraiment les idées claires le concernant mais il fallait quand même que je lui réponde. Ou du moins que je lui donne un début de réponse faute de mieux. Il faut que tu arrêtes de me forcer quand mes appuis ne sont pas stables. Je ne peux pas me permettre de tout plaquer, de changer toute ma vie du tout au tout pour toi. Aussi insatisfaisant que cela puisse être pour toi, c’est nécessaire pour moi. Un jour après l’autre… Je m’écartais légèrement pour pouvoir le regarder, et lui faire un léger sourire, toujours légèrement emplie de tristesse. Inutile de faire semblant d’aller bien en face de Micka, alors que ce n’était pas le cas. Clairement pas le cas Et tu as tord, je sais ce que sait d’aimer quelqu’un… Je t’interdis de penser ça, que je sois aussi insensible que ça. Ce n’est pas parce que je ne laisse personne s’approcher autant de moi que je suis un cœur de pierre. N’en es-tu pas la preuve vivante ? . Je chassais mes dernière larmes de mes yeux, souffla un coup, puis me releva. Je lui tendis ma main l’invitant à la prendre Rentrons, nous allons être malade à rester dehors par une température pareille… Et Micka, ne me cache plus jamais rien d’accord ? Même si c’est pour me ménager. Essaye juste d’y mettre les formes la prochaine fois. Sinon ça ne pourra jamais marcher ok ? Allez viens Je le tirais vers moi, le forçant à se relever et à me faire face. Et puis, sans réfléchir vraiment, ou plutôt en arrêtant de me poser trente-six mille questions qui ne servaient à rien, je l’embrassais, le plus tendrement du monde. Parce que je l’aimais, même si je n’étais pas capable de lui dire aussi franchement que lui me l’avait dit







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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Lun 9 Sep - 19:56



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

J'étais donc le plus têtu des deux ? Je n'en étais pas si sûr mais bon. Ce n'était pas une compétition et elle savait être très buttée dans son genre aussi. Tout ça n'avait plus d'importance et même si j'avais compris le reproche derrière cette réplique, je ne m'en formalisais pas du tout. Je savais que j'exagérais pas mal et que je m'obstinais d'une façon extrême. Ma mère adorait me le rappeler d'ailleurs tout autant que Rose. Je sentis Mathilda se calmer progressivement ce qui me consolai partiellement. Elle reprit la parole, je la fermais cette fois-ci pour l'écouter. Je la forçais dans ses appuis ? Probable. Mais je ne lui avais jamais demander de tout plaquer et de changer sa vie du tout au tout. Là, elle était en pleine hallucination. Ok, je voulais brûler des étapes mais c'était pas comme si je lui disais de déménager, de laisser Lyra dans son coin. Enfin, j'avais fait quoi ? A part vouloir être avec elle, je ne voyais pas. Je n'avais pas envie d'ouvrir le débat et je ne voulais pas qu'on se dispute encore une fois alors je ne répliquai pas. Elle se détacha de moi, je la laissais faire. J'y avais été un peu fort avec «  tu ne sais pas ce que c'est d'aimer quelqu'un. » Encore une fois, je ne savais pas réfléchir avant de m'exprimer. C'était un de mes gros, gros, très gros problèmes. Je ne la pensais pas insensible, bien entendu. Ce qu'elle laissait sous-entendre me laissait perplexe mais à nouveau, je ne relevais pas. Nous n'étions pas en état de continuer cette conversation au fond. Elle avait raison, je devais arrêter de la pousser quand elle se trouvait déjà au bord du précipice. C'était juste que... Elle savait être tellement frustrante. Elle, non plus, n'était pas facile à gérer. Je ne savais pas toujours encaisser. Surtout que si je le faisais et ne m'exprimais pas, elle me le reprochait. Donc en gros, sois toi même et parle mais ferme-la et subis. Cette contradiction me donna envie de sourire mais je n'y parvins pas. Tout ça m'avait relativement éreinté. Pour quelqu'un qui avait décidé de prendre du recul et de laisser les choses s’aplatir, j'avais encore fait fort. Je m'énervais tiens. Je n'arrivais même pas à tenir mes bonnes résolutions. Mon impulsivité me poursuivait toujours. Et quand il s'agissait de situations aussi personnelles, autant dire que je pétais carrément les plombs en moins de deux secondes. Je soupirais face à cette conclusion. J'étais vraiment un cas... Mais bon. On pouvait pas se plaindre que je n'étais pas quelqu'un d'entier, hé. Toujours voir le bon côté des choses. Toujours.

Je fixais ma grande pessimiste se relever après m'avoir conseillé de rentrer. Bon, elle voulait bien que je reste. Oui, j'en étais arrivé à un stade où j'ignorais complètement ce qu'elle allait dire ou faire. Depuis que nous nous étions embrassés – ok que je l'avais embrassé, je ne savais plus du tout prévoir mes réactions et les siennes encore moins. Je me faisais rejeter avant d'être repris et ainsi de suite jusqu'à ce que je devienne fou puis que je me mette à lui crier dessus. C'était honnêtement à perdre la tête. Mais ça me plaisait. Maso ? Non, j'estimais que ce que nous ressentions l'un pour l'autre était unique et que ça n'arrivait pas souvent dans une vie. En tout cas, moi personnellement, je n'avais jamais vécu ça. Alors je faisais tout pour m'y accrocher. C'était sûrement égoïste. J'étais prêt à souffrir mais pas elle. J'étais décidé à ne plus attendre quoique ce soit. J'avais lâché la bombe, oui. Maintenant, la balle était dans son camp. Moi, je ne pouvais pas faire plus. Être là quand elle en avait besoin et puis attendre. Oui, j'allais faire ça. Mettre les formes ? Je n'étais pas sûr d'en être capable mais je pouvais toujours veiller à faire des efforts. Pour elle au moins... Enfin cela dit plus j'essaie d'en mettre, pire je fais mais enfin l'espoir fait vivre. Décidément avec Mathilda, c'était vraiment les montagnes russes. Quand je croyais être dans la phase la plus creuse possible, elle me faisait remonter. Elle me tendit sa main, je l'acceptais. J’atterris face à elle une fois debout et la détaillais alors silencieusement. Je ne m'attendais pas à la suite. De toute manière avec elle comment je pourrais me douter de quoique ce soit ? Elle m'embrassa alors soudainement. Qu'est-ce que ça signifiait ? Si j'en avais la moindre idée. Je répondis à son baiser avec la même tendresse, entourant sa taille d'un bras, une main sur sa nuque. Au bout de je ne sais pas combien de temps, nous nous détachions l'un de l'autre et je posais mes yeux dans les siens très doucement. Je ne savais pas où on allait là tous les deux mais on y allait sûrement à notre façon. En fait, ce qui me dérangeait – en dehors de ces incertitudes que je ne parvenais pas à briser, c'était que toute cette situation était loin d'être claire. J'avais du mal avec ça. J'aimais quand tout était défini, direct, compréhensible. Mais j'allais apprendre à me contenter de brouillons incohérents. Elle ne pouvait rien faire de plus pour moi alors bon...

« D'accord, je te dirais tout et j'essayerais d'être plus... subtil ? Voir délicat ? A condition, que tu m'aides à y voir plus clair parfois et à me dire plus clairement ce que toi, tu veux, a besoin, ne supporte pas, ne peux pas... Bref, dis toi que je suis débile et qu'il faut tout m'expliquer. C'est un peu le cas de toute manière... Sérieusement, on va essayer de mieux communiquer. Et je vais apprendre... le mot self-control. » Je fronçais les sourcils à cette remarque. « Je sens que ça va pas être une partie de plaisir mais... » Je lui souris affectueusement. « ...ça doit pouvoir se faire... » J'avais posé mon front sur le sien durant cette petite conclusion. Mes doigts s'emparèrent des siens et je ne pus m'empêcher de déclarer.  « T'as les mains glacées, on rentre. » Je passais un bras autour de ses épaules et nous rentrions. D'un extrême à un autre, sans arrêt. J'en avais presque le tournis. En tournant pour gagner le salon, je ne pus manquer la tasse explosée à terre. Je m'arrêtais à mi-chemin de notre course pour planter mon regard dans le sien. Les débris me faisaient tellement réaliser tout ce que j'avais provoqué en venant ici comme ça. « Je suis... désolé. Tu sais, je voulais vraiment... Enfin, je suis venu pour essayer d'arranger les choses. Je ne voulais pas... que ça prenne autant d'ampleur. » Ma paume vint cueillir sa joue. « Je peux être un vrai con parfois. Bon ok, souvent. » Je haussais des épaules avant d'être à nouveau frappé par les ravages que ses larmes avaient orchestrées sur son visage. Je glissais machinalement mon pouce sur ses lèvres tout en murmurant très calmement. « Mathie... Je déteste te faire pleurer. Si tu savais comme je me déteste quand je te fais souffrir. » Je me penchais ensuite sans réfléchir, pour poser ma bouche sur la sienne cherchant à effacer de la sorte tout le tort que je lui avais causé et en ayant bien conscience que ça ne serait jamais assez.




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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Mer 11 Sep - 18:20



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

En me relevant, j’avais pris la main de Mickaël, le forçant à suivre le mouvement. Je ne voulais pas que l’on reste « simplement » à là. Nous avions encore des choses à nous dire, mais je préférais que nous le fassions au chaud, et à l’abri des regards et des oreilles indiscrets. Non pas que j’avais honte ou peur que l’on me voit avec lui, pas du tout même. J’avais surtout peur pour notre santé. Je ne pouvais pas tomber malade maintenant et lui c’était la même chose, d’autant plus que si cela arrivait, ce serait entièrement de ma faute, chose que je refusais. Il me laissa prendre d’ailleurs sa main sans protester. Et alors qu’il me détaillait silencieusement, attendant sans doute que je parle, je vins poser mes lèvres sur les siennes. Je me doutais bien d’ailleurs que cela ne le dérangerait pas, confirmation que j’eu sans attendre. Il répondit tout de suite à mon étreinte, me rapprochant de lui légèrement en prenant ma taille, et en posant sa main sur ma nuque. Sans nous poser des questions inutiles, nous restions là, l’un contre l’autre, sereinement. Quelque part, je voulais lui montrer par cette initiative qu’il ne me rendait pas indifférente et que j’avais réellement des sentiments pour lui. Je n’étais pas femme à embrasser le premier venu, ni à m’adonner à ce genre de choses. Je suivais le crédo de « Pretty Woman ». Si coucher avec un homme que je n’ai connu qu’autour plusieurs verres ne me posait pas vraiment de problème, je ne l’embrassais jamais pour autant. C’est étrange, je sais, mais c’était comme ça.

Ainsi, depuis que j’étais à Louisville, je n’avais embrassé que le garagiste et j’étais d’ailleurs contente de ne pas être trop rouillée de ce côté-là. En même temps mon partenaire était pas mal dans son genre, donc cela aidait. Le contraire aurait été étonnant vu l’expérience qu’il avait. Je ne l’ai jamais vu être célibataire plus de deux mois… Ni dépasser les trois mois avec une femme. Il avait enchainé pas mal de conquêtes depuis que je l’avais rencontré. Si cela me pose un problème ? Pas le moindre. Pourquoi cela devrait-il me déplaire ? Tant qu’il était heureux et qu’il s’éclatait, ça ne me dérangeait pas. Alors oui, quand il était sorti avec Emy, je l’avais pris mal. En même temps, il venait tout juste de m’embrasser devant toute une assemblée, me faisant comprendre par la même occasion que ce baiser, j’en avais eu envie autant qu’à lui. C’est d’ailleurs à partir de ce moment là que tout a déraillé entre nous. Si nous venions de nous engager dans autre chose qu’une simple amitié, je ne pouvais pas quand même pas mettre quelque chose sur ce qui se passait entre nous. Idem pour sur ce qui allait se passer entre nous. Je tenais quoi qu’il puisse arriver, à préserver notre amitié. Pour le reste, et bien… Nous verrions bien. Je n’aimais pas entrer dans des petites cases de toute manière. Je ne voulais pas me poser des questions auxquelles je n’avais pas réponse. Lui non plus d’ailleurs, vu qu’il ne vient pas me demander le pourquoi du comment, répondant tout simplement à mes paroles.

Peut-être ne s’en rendait-il pas compte, mais il était vraiment le plus borne de nous deux. Ou du moins, autant que je pouvais l’être. Il ne lâchait rien, comme moi. A la différence prêt que lui pouvait prendre des chemins indirects, différents, pour atteindre son objectif ; contrairement à moi qui fonçait tête baissé et défoncait les portes en grande fanfare. Pour autant, même si les moyens étaient différents, lui comme moi arrivions à nos fins lorsque cette dernière était ancrée dans notre esprit. Ca il ne pouvait pas le nier, même si je décidais de ne pas en remettre une couche. Ce n’était pas franchement pertinent en cet instant et j’avais surtout d’autres préoccupations. Le renégat me demandait de lui dire ce que j’avais sur le cœur, ce que je fis grossomodo. Je n’avais pas vraiment grand-chose à lui reprocher, quelques « bricoles » rien de plus. J’étais soulagée quand même qu’il le prenne plutôt bien. Je n’avais pas envie… Non je n’avais PLUS envie de me fâcher avec lui et qu’on soit constamment en train de se prendre la tête pour un rien. Ce n’était ni plaisant pour lui, ni plaisant pour moi et nous dépensions une énergie folle pour rien finalement. Nos moments à deux, à refaire le monde, à rire de tout et de rien me manquait atrocement et j’avais envie de retrouver cette amitié que nous avions. Je venais de lui dire, j’avais besoin de lui, de l’avoir dans ma vie, de pouvoir le trouver quand ça allait bien, comme quand cela allait mal. Et lui aussi d’ailleurs le voulait. Il n’y avait aucune raison que nous ne n’y arrivions pas alors que pendant 6 ans, c’était le cas. Nous n’avions que trop longtemps laissé des non-dits, des quiproquos nous séparer peu à peu. C’était d’ailleurs pour cela que je lui demandais, à la fois d’être une délicat lorsqu’il avait quelque chose à me dire, et surtout, de me le dire clairement, ce qu’il fit et qui provoqua en moi un regard remerciant. Je te promets aussi d’essayer d’être plus claire. Et quand je ne le suis pas, dit-le moi d’accord ? Ce sera tellement plus simple que si tu essayes de comprendre par toi-même et que finalement tu interprètes de travers. Et j’en ferais de même aussi. On l’a bien fait pendant près de 6-7ans, donc il n’y a pas de raison qu’on en soit plus capable…

Sur ces mots, il s’empara de ma main, et nous entraina à l’intérieur de ma demeure –enfin celle de Lyra plus exactement mais peu importe -, bras dessus-bras dessous, ce qui ne me déplaisait pas. J’aimais être proche de lui physiquement. Et si vous trouvez cela étonnant c’est que clairement, vous n’avez jamais été dans ses bras. Je le suivais, et m’arrêtais quand il se stoppa au milieu du couloir. Le ton qu’il employa me fit un peu mal au cœur. S’il m’aimait pas que je sois triste, qu’il puisse être à l’origine de mes larmes, cela en était de même pour moi. Je passais mes mains autour de son cou alors qu’il m’embrassait, me berçant une nouvelle fois dans son étreinte. J’y mettais plus rapidement un terme, posant mon front contre le sien, fermant les yeux Je vais bien d’accord. Tant que tu seras avec moi, j’irais bien Micka. Je ne peux pas te promettre que je ne serais plus malheureuse à cause de toi, car c’est impossible. Tout ce qui te touche de près ou de loin me touche également. Tu n’y peux rien, et j’y peux rien. C’est comme ça. Tout ce que l’on peut faire, c’est se montrer prudent. Et une nouvelle fois, je gagnais ses lèvres, scellant d’une certaine manière ce que je venais de dire. Je voulais le préserver. Je voulais le rendre heureux, même si cela impliquait que j’aye contre les plans que j’avais faits par le passé. Tant pis. Comparé au renégat, il n’était clairement pas aussi important.








Si simple et si sérieuse, si belle et si rêveuse, quand je l'embrasse et l'écoute. Je te rejoins sur la route. Si grande et si fragile la force mais pas tranquille. L'orage est passé les gouttes coulent le long de ma route. Du haut de là haut de l'au-delà. Si courte et si sensible la loi la plus terrible. Et si quelques fois je doute je te regarde sur la route
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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Jeu 12 Sep - 0:29



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Nous nous promettions une nouvelle fois de faire des efforts de compréhension. Je savais que c’était la vingtième fois au moins sur ces derniers mois que nous nous jurions d’être plus vigilant et attentif dans ce domaine. De belles paroles que nous respections très peu. Mais bon, au moins, nous étions toujours décidés à persévérer pour conserver… notre amitié ?  Je n’embrassais pas vraiment mes amies, moi. Elle était quelque part entre ce concept et un autre. Peut-être que je parviendrais à lui faire les derniers pas dans la direction que je souhaitais ? Je recommençais déjà à faire des plans sur la comète et à vouloir brûler toutes les étapes. Comment rester placidement rationnel quand ses lèvres capturaient les miens ? Je n’y arrivais pas, moi. Je n’avais jamais été dévoré par une telle passion, un tel empressement. C’était difficile de la maîtriser de ce fait, surtout que je n’étais pas vraiment le type qui savait rester calme en toute circonstance. J’étais sanguin et je le savais. Pour Mathie, j’allais doucement m’enfoncer dans le crâne que tout ne pouvait pas toujours être tracé en ligne droite et que pour arriver à un certain point, il fallait parfois appréhender des virages. Heureusement pour moi, je n’étais pas hermétique à toute forme d’apprentissage alors, j’allais vraiment veiller à freiner mes ardeurs des deux pieds. Pas d’appellation, pas de définition, pas d’étiquette ou de titre. Nous allions juste vivre pour le moment. Je savais qu’elle ne jouerait pas avec moi. Je la connaissais bien, elle passait  déjà suffisamment sa vie à culpabiliser dans son coin toute seule pour amplifier ce fait en m’embrassant – juste comme ça. Ça devait forcément signifier quelque chose. Je ne savais pas exactement quoi mais j’avais le temps de le découvrir. Nous avions le temps de découvrir où toute notre folie nous mènerait. J’étais quand même passé de l’avoir perdu à me retrouver à l’embrasser. Ce n’était pas une ascension négligeable.

Nous étions donc rentrés, je lui avais exposé mes pensées face à la violence de notre dispute auquel elle avait répondu avec sagesse mais également mystère. Prudent ? Comment étions-nous censé rester prudent alors que nous ne maîtrisions pas nos sentiments ? Mathie et sa manie de vouloir tout contrôler. Elle n’avait définitivement pas encore compris ce qu’il se passait entre nous. Pas grave, je parviendrais à la détromper – c’était un challenge que je me lançais officiellement. Par contre, quand il était question de prudence, j’envisageais plus ce qui nous avait pendu au nez. Sa grossesse. Sa bouche vint me distraire partiellement de ce songe, je la cueillis avec tendresse avant que de me détacher très calmement d’elle pour l’entrainer vers le divan où nous nous asseyons. Il y avait encore tellement de sujets qui méritaient d’être débattus pour que nous puissions aller complétement de l’avant. A commencer par cette histoire d’embryon – le gros thème tabou. J’osai néanmoins l’effleurer. Je la calai sous mon bras et lui déclarai très posément. «  Tu sais ce qui s’est passé chez Arthur, tout ce que j’ai dit… J’ai été très extrême et j’en suis vraiment désolé. J’ai vraiment pété les plombs. Tu sais… Cette histoire de grossesse, enfin j’avais voulu te faire comprendre que … J’avais envie que tu aies besoin de moi. Ce n’était pas une question de devoir et bien entendu, s’il avait fallu prendre une décision et que tu comptais ne pas le garder, je l’aurais respecté. C’est juste que… Je sais que cette conversation n’a plus lieu d’être mais… Quitte à tout éclaircir, je pense qu’on pourrait commencer par là. Je veux en venir au fait que je sais que je ne suis pas particulièrement délicat. Voir pas du tout selon les situations.  » Je me hasardai à poser le dos de ma main sur sa joue afin de garder la conversation sur un terrain serein et complice. Tout pouvait trop vite repartir en troisiéme guerre mondiale - vu ce qu'on vivait, je devrais revoir mes expressions. « Je me suis souvent senti rejeter en tant qu’homme à tes côtés. Parfois à raison, je suppose. Mais à la longue… J’ai eu du mal d’encaisser ça. Quand tu m’as dit que tu voulais que je sois heureux avec Emy et que tu as eu l’air de t’en foutre complétement de me savoir avec elle ou non… »  Je déglutis douloureusement. « Ça m’a vraiment blessé… Voir vexé. Oui, je sais, moi et ma fierté… Tout un chapitre. » Je plantai mes yeux dans les siens après avoir haussé des épaules, et m’y immergeai complétement. Je perdus le fil que j’avais tissé mentalement. Elle me troublait trop pour que je puisse garder le nord. Elle m’avait trop manqué pour que je puisse faire abstraction du grand délire que nous venions de vivre.  « J’ai voulu regretter ce qu’il s’est passé plus récemment entre nous. J’ai vraiment voulu. Mais je n’ai pas réussi. Même si les conséquences étaient assez lourdes à assumer, je n’aurais pas réussi à regretter. » Je glissai mes doigts dans ses cheveux très délicatement et ajoutai d’une voix basse, encore plus douce.  « Tu es une épopée à toi toute seule. Pour moi, en tout cas. J’aurai jamais voulu rater ça, rater l’occasion d’être encore plus proche de toi. Tu n’en as pas conscience Mathilda, je le sais mais tu vaux tellement toutes les batailles. Tu te dévalorises trop souvent à tort. Je rêverais que tu te vois à travers mes yeux, tu comprendrais vraiment qui tu es. Il y a tellement de choses qui font que tu mérites d’être heureuse, aimée et entourée. Tu ne réalises juste pas à quel point… » J’avais beau avoir enchaîné pas mal de relations par ci par là, c’était la première fois que je voulais m’investir, voir tracer un avenir.  « Peut-être que j’arriverais à te faire rentrer ça dans le crâne un jour… Qui sait ? Il paraît que je suis buté. » Je lui souris avant de la serrer un peu plus contre moi. Chaque geste de sa part, chaque contact, nous rapprochait et me donnait bon espoir que tout s'arrange, qu'elle était revenue, qu'elle était là. Que nous n'en avions pas fini l'un avec l'autre, qu'il y avait bien plus que des cris et des malentendus. Que quand je me réveillerais le lendemain matin, elle serait toujours là dans ma vie, à sa place, proche et importante.


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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Dim 22 Sep - 18:05



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Je ne savais pas où j’en étais avec le renégat. J’étais perdue et il n’aurait pas été étonnant que ce soit également le cas de l’homme. Si pour autant lui savait ce qui se passait dans sa tête, dans son cœur, ce n’était pas mon cas, et je ne pouvais lui donner aucune réponse à l’heure qui l’est. J’avais besoin de temps, même si c’était la chose dont on semblait tous manquer depuis que les bombes étaient tombées. Même s’il m’avait embrassé une première fois avant que toute cette folie ne démarre, je restais persuadée qu’elle était liée à son attitude si pressante. Il avait tout voulu changer, charbouillait tout ce qui nous lié depuis ses dernières semaines alors qu’il avait été patient et prévenant pendant près de sept ans. Je n’avais pas l’habitude ni le désir de voir ma vie changer aussi vite, et d’être bousculée. J’avais besoin de savoir où je mettais les pieds, avant d’avancer sur un chemin. Ce luxe, Mickaël ne me l’offrait plus. Ou du moins, il ne voulait plus me l’offrir, pour penser à ses propres envies. Je ne pouvais pas lui en vouloir pour ça, même si quelque part, je le regrettais. Et puis, tout n’était pas mauvais à prendre, loin de là. J’y voyais un peu plus clair, et je comprenais un peu mieux l’attitude du garagiste. Si nous voulions de nouveau avancer l’un avec l’autre, c’était essentiel. Et puis, j’avais moi aussi pu mettre des choses à plat et au claire. Tout n’était pas à jeter loin de là, et si on m’en avait donné l’opportunité, je ne pense pas que je serais revenue en arrière. Pouvoir penser à moi, à ce que j’avais envie, me lâcher un peu n’était pas un mal. Surtout lorsqu’il y avait Micka dans l’équation et que je pouvais l’avoir juste pour moi, rien que pour moi. Possessive, je l’étais envers lui, même si jamais je l’avais montré. Je m’étais toujours refusée à cela, à l’empêcher de vivre sa vie, de faire ce qu’il désirait avec d’autres femmes. Après tout nous ne sortions pas ensemble et il ne me devait rien. Et si, pour le moment je ne savais pas vraiment si nous étions en couple, ou des amis « améliorés » ou je ne sais pas quoi d’autre, je savais tout de même que son cœur était mien, autant que mon cœur était sien. Et cette pensée était plus que réconfortante…

S’il ne faisait pas vraiment chaud chez moi, il faisait tout de même meilleur que dehors. Et surtout, nous étions à l’abri de la retombée des cendres, et en sécurité. C’était étrange cette sensation de réconfort que l’on ressent dans certains lieux, et avec certaines personnes. Dans la demeure qui appartenait sur le papier à ma petite sœur, et en présence de Mickaël, j’avais l’impression que rien de foncièrement mauvais ne pouvait m’arriver. S’il lui arrivait de me blesser, - tout comme moi je devais sans doute le blesser », il n’en restait pas moins un être important pour moi. Si je n’avais pas de remède miracle pour que jamais plus nous nous prenions la tête, nous devions tout de même nous montrer prudent, et penser avant d’agir. C’était ce que je lui répondais, alors qu’il m’affirmait ne plus jamais vouloir me faire pleurer. Je ne pouvais pas lui promettre de ne plus laisser de larmes couler sur mes joues à cause de lui. Je ne connaissais pas l’avenir, et je ne pouvais pas faire une promesse que je ne pourrais pas tenir. Ce qui venait de lui, ce qui le touchait auraient un impact sur moi, direct ou indirect. Ni lui ni moi n’y pouvions quelque chose. C’était ainsi, et il nous fallait l’accepter et avancer avec ce fait. Nous faisions partie de la vie de l’autre, et nous ne pouvions pas faire sans l’autre. C’était trop dur, trop épuisant. Lutter contre nos sentiments, nier l’évidence n’avaient fait que nous menait contre le mur après tout.  Si dans l’immédiat je n’étais pas certaine que tout serait tout beau tout rose, je restais persuadée qu’entre nous, un jour ça ira. Il fallait juste qu’on apprenne à se laisser aller, à lâcher prise. Et ce serait beaucoup plus dur pour moi que pour lui, ça j’en avais conscience.

D’ailleurs, après nous avoir entrainé sur le canapé, et m’avoir callé contre lui –dieu sait que j’adore être dans ses bras et qu’il m’étreigne – il évoqua un autre sujet plus ou moins épineux. Je savais qu’il en parlerait, pour autant, je m’étais faite à cette idée depuis notre dernière dispute au cabinet de son cousin. Pourtant, je n’étais pas certaine de vouloir le faire. Fuir aurait tellement été plus simple… Mais ce n’était plus une option que j’avais avec l’homme. Je ne pouvais plus me montrer aussi égoïste avec lui. Si mon cœur battait extrêmement fort de par ma proximité avec le renégat et l’anxiété que le sujet m’inspirait, je gardais un visage plutôt calme et neutre. Je devais garder mon calme, et répondre avec autant de délicatesse dont lui avait fait preuve dans sa manière d’amener ce sujet sur la table. Il en avais besoin, je pouvais le sentir au ton de sa voix. Je le laissais parler, l’écouter me dire des mots si vrais et si douloureux à la fois. Je me rendais compte des retours de mes attitudes, de mes mots et du mal que j’avais fait. Ce n’était pas facile à accepter, et si je ne pus m’empêcher de me sentir triste c’était vis-à-vis de lui. Sans vraiment m’en rendre compte, je finis par me réfugier dans son cou, le serrant contre moi plus fortement que je ne l’avais fait. Je refoulais les larmes qui étaient montées peu à peu à mes yeux, me clamais en l’étreignant à mon tour.  Je laissais passer quelques minutes, avant de m’écarter légèrement et de le regarder. Je pris alors une grande bouffé d’air, me donnant du courage, et lui répondit Je suis désolée Micka… Je ne me rendais pas compte que… Je n’ai jamais voulu te blesser d’accord ?   Je sais que je suis parfois trop indépendante et que j’accepte mal l’aide des autres. J’ai jamais pu compter sur personne d’autre que sur moi-même, et c’est dur, très dur de s’appuyer sur quelqu’un, de faire confiance à quelqu’un, totalement, et sans réserve. Pour ça aussi, je vais avoir besoin de temps, même si cela fait déjà 7ans que je te connais, que j’ai la chance de te compter dans ma vie.  Je repris ma respiration, laissa passer une minute avant de continuer sur ma lancée. Je posais mon front contre le sien, fermant les yeux Je n’ai jamais voulu que ton bonheur Micka, et je pensais vraiment, je pense toujours d’ailleurs, qu’une femme telle qu’Emy serait plus à même à t’aimer de la manière dont tu le mérites. Et cette pensée est tout aussi douloureuse à mon cœur que réaliste. Je ne pourrais jamais me donner à toi sans condition, sans contrainte, sans réfléchir. J’aimerais, mais je ne peux pas. .

Je déposais un baiser sur son front, et planta mes yeux dans les siens Concernant cet…Cette histoire de grossesse, j’ai pris peur Micka et j’étais perdue, entre ma raison et mon cœur. Le fait qu’il puisse s’agir de ton enfant changeait tout. Toutes mes certitudes se sont encore une fois écroulées. Je pense que si ça ne se serait pas produit, je n’aurais pas pu avorter… Parce qu’il est question de toi Micka. Ca fait de nombreuses années qu’il n’est question que de toi et de personne d’autre, plus longtemps que tu ne peux te l’imaginer. Et si j’ai agis avec autant de stupidité avec toi, c’est parce que je me devais de garder à une certaine distance de toi, ne pas te laisser conquérir plus mon cœur que tu ne l’avais déjà fait. Ne pas te laisser les armes pour me faire retomber plus bas que terre. Tout aurait tellement plus simple si tu ne nourrissais pas les mêmes sentiments à mon égard que ceux que je nourris pour toi. T’as pas idée dans quel foutoir tu mets les pieds et dans quoi tu t’embarques. Parce que tu as tords. Je ne mérite pas tout ce que tu dis. C’est toi qui le mérite, et ce des choses qui me semblent impossibles à t’offrir. Et je me déteste pour ça. Parce que je sais qu’au bout de compte, je vais finir par de faire énormément de mal. Parce qu’un jour, tu te rendras compte que je ne suis pas celle que tu penses, et que tu finiras peut-être par partir. Aimer ne fait pas tout Micka. Pas pour nous. Pas avec une femme comme moi. Et j’en suis la première désolée. Si tu savais à quel point je suis désolée…. Je plongeais de nouveau dans ses bras. Non pas parce que j’adorais cela – ce qui est le cas -, mais pour qu’il ne voit pas mes larmes de nouveau couler sur mes joues. Qu’il ne voit pas combien j’étais malheureuse, combien quelque part je me détestais pour tout cela. Je l’embarquais avec moi au bord du précipice, parce que je ne m’étais pas montrée assez vigilante. A présent, il était trop tard, beaucoup trop tard pour faire marche arrière.







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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Lun 23 Sep - 11:16



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Je le savais ça qu’elle n’avait jamais cherché à me blesser. Tout comme moi, je n’avais jamais voulu la faire souffrir avec mon caractère de merde. Nous étions doués pour nous heurter mais ce n’était pas intentionnel. Quelque part, j’avais toujours voulu la faire réagir parce qu’elle semblait tellement résignée sur son chemin pavés de ses regrets et de son passé que je ne savais plus parfois comment l’atteindre et la détourner de sa route figée. Elle acceptait mal l’aide des autres ? Si peu, si peu. Je ne pus m’empêcher de sourire à cette remarque. Ça me semblait plus qu’évident, si je ne m’en étais pas aperçu, c’était que j’étais vraiment con ou aveugle. Elle m’expliqua à la suite sa lutte interne et ça me peina autant que ça me fit plaisir. Parce qu’elle voulait aussi ça mais elle se butait à tous les aspects extérieures. Elle partait toujours perdante. Elle ne comprenait pas que j’étais moi-même indépendant et que je m’en fichais des contraintes. Je ne voulais pas non plus devenir la seule chose de sa vie. Je voulais juste  qu’on avance l’un avec l’autre. Ça nous renforcerait et pour elle, ça serait d’autant plus facile. Ce que nous pourrions diviser par deux allégerait son quotidien mais elle ne voulait pas m’inclure dans son existence pas au point où elle devrait trop compter sur moi. Elle n’avait finalement pas confiance aux autres autant qu’en elle. Elle avait peur qu’on la lâche. Je le savais ça aussi et j’arrivais désormais à l’accepter, à le comprendre. Moi, je ne craignais rien mais ce n’était pas son cas à elle. Ses lèvres se posèrent sur mon front me détournant de ces conclusions sommairement.

Nous abordions alors la partie la plus délicate – celle de la grossesse. Je retins presque ma respiration quand elle m’avoua à demi-mot ses sentiments. Elle ne devait pas réaliser ce qu’elle me disait – ça lui aurait sûrement fichu la trouille. Mon cœur se gonfla de tendresse pour elle, ses mots réparaient tous les dégâts des derniers mois, des dernières semaines. Elle me donnait des raisons d’y croire, d’espérer et de rêver même. Elle n’en avait pas conscience, c’était pour cette raison que je ne devais pas insister et la reprendre. Elle devait comprendre par elle-même ce qu’elle ressentait et l’accepter. C’était une démarche personnelle. Je devais et pouvais me contenter de tout ça. Je savais qu’elle m’aimait, je le sentais vraiment. Je ne doutais plus de ça. Elle me donnait plus de force pour continuer à m’accrocher à tout ça. Mais nous allions devoir y aller calmement. J’allais apprendre à suivre son rythme. Elle m’avait donné assez d’éléments pour que j’y arrive. J’allais être patient pour elle parce que je voyais la finalité. Elle disait un tas de connerie pour me convaincre que je faisais le mauvais choix, qu’elle ne méritait rien mais je m’en fichais de ce qu’elle pouvait croire. J’allais briser toutes ses certitudes erronées. Ça ne m’effrayait pas. Elle se colla à moi en s’excusant. Je perçus les larmes dans sa voix et je la laissai un peu se cacher contre moi – si elle en avait besoin pour le moment, ce n’était pas grave. Mes doigts roulèrent dans ses cheveux très sereinement. Je retrouvai l’usage de la parole très vite heureusement. « Ce n’est pas à toi de décider ce qui est bon pour moi ou non Mathie. Je te connais ou du moins, je me plais à le croire après sept ans à te côtoyer.  Tu n’as pas une vision très juste de la situation. Et ne sois pas désolée. Je sais que tu crois que ça devrait d’office finir mal mais si tu pars perdante, oui d’office, ça finira par mal se passer.  Si tu ne te laisses aucune chance, comment peux-tu savoir que ça terminera d’une façon négative ? Ne laisse pas tes angoisses diriger ton existence. » Je déposai ma bouche au milieu de sa crinière. «  Dans aucune relation, le simple fait d’aimer permet de tout accomplir, ça c’est utopique et je suis réaliste. Mais on est deux dans tous les cas. »

Je relevai son menton avec ma main, la forçant un peu à se décoller de moi pour qu’elle affronte la sincérité de mon regard avant d’embrasser ses larmes sur ses pommettes. « Ça ne me fait pas peur moi. Les contraintes, les conditions, je m’en fiche. Je ne veux pas de quelqu’un qui n’a aucune vie entre dehors de moi. Tu le sais ça. Je suis aussi indépendant que toi. Je ne te demanderai jamais de me faire passer avant tout le reste. Jamais. Je sais que ça risque de ne pas être évident mais tu sais que les difficultés ne m’ont jamais fait reculer. Je ne suis pas un cadeau. Dans ta bouche, on dirait que je débarque du ciel comme un saint. Je suis infernal Mathie, tu le sais bien ça. » Je lui souris avant de déposer mes lèvres furtivement sur les siennes. « Personne n’est parfait, personne n’est prêt à se lancer cœur et corps perdus dans une histoire. Chaque histoire est compliquée à sa façon. Mais nous, on a quelque chose en plus. Enfin du moins, moi, ce que je vis avec toi, ce que je ressens pour toi… »  Je me refis très sérieux en la jaugeant. « C’est unique et je crois que ça n’arrive qu’une fois dans une vie. Des gens passent leur existence à chercher ça. Je ne veux pas de quelque de simple, d’acquis. Je veux me sentir en vie. Et avec toi, c’est le cas. Je ne me sens jamais aussi vivant que quand tu es là. Même quand on se dispute… C’est… stimulant d’une certaine façon. Tu m’obliges à me remettre en question, à m’améliorer, à me pousser au bout de mes limites. J’aime ça. Ce n’est pas une question de challenge. Comment t’expliquer ça… » Je finis par lui prendre ses mains, nouer ses doigts aux miens. « Tu me rends meilleur Mathilda. Même si j’agis parfois comme un con, tu me permets de réaliser mes erreurs. Tu me fais avancer. Tu penses que tu ne peux rien m’apporter de bon mais tu m’as déjà tellement apporté sans que tu ne le veuilles ou t’en rendes compte. »  

Je posai ma paume sur son bras ensuite, j’avais conscience que tout ce que je venais de lui dire risquait de l’effrayer à nouveau alors je posai les termes logiques à la suite. Je ne pouvais pas m’investir seul dans quoique ce soit si elle n’en voulait pas. Je voulais lui faire comprendre que je ne comptais pas la piéger dans quelque chose qu’elle ne voulait pas ou ne pouvait pas supporter. Elle avait assez pleuré comme ça avec moi alors bon. J’articulai très posément. « Je ne veux pas te bousculer, ni chambouler ton quotidien. Je n’attends rien de toi. Ce que je ressens ne concerne que moi. Si tu veux qu’on en reste là pour le moment, on en restera là. J’arrête d’enfoncer des portes fermées et de te blesser si tu ne peux pas le supporter. Tout ce que je ne peux pas faire c’est arrêter d’éprouver ça pour toi. »  Je me penchai pour revendiquer sa bouche et l’embrassai le plus tendrement possible en la rapprochant de moi. Mon pouce veillait à supprimer les traces de son chagrin sur ses joues. Si je pouvais lui faire voir le monde à travers mes yeux, je le ferais sur le champ. Malheureusement, j’allais devoir compiler entre ses doutes et mes convictions avec délicatesse. J’étais prêt à apprendre pour elle. A tout apprendre pourvu qu’elle ne s’éloigne plus.



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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Ven 27 Sep - 16:48



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Mickaël n’avait pas tort. Pour autant cela ne voulait pas dire que la situation était plus facile. Bien au contraire. S’il n’était pas aussi têtue… S’il n’était pas aussi buté, tout serait beaucoup plus simple, tellement plus simple. A croire qu’il cherchait la complexité à tout prix. Car c’était clairement le cas. A s’accrocher autant à moi, à ne vouloir partager des choses qu’avec moi et non pas une autre, il s’engageait dans un gouffre sans fond. J’avais beau le mettre en garde, encore et encore, il n’en faisait qu’à sa tête, fonçant encore et toujours. Je le connaissais assez pour savoir qu’il avait besoin de passion pour avancer. C’est sur, nous n’en manquions pas. Pour autant, cela ne signifiait pas que c’était bien, ou sage, que c’était la meilleure solution. Car ce n’était pas le cas. Je venais de lui dire ce qui était le mieux, objectivement parlant. Pourtant, il balayait tout, encore une fois. Le bonheur que je voulais pour lui, n’était pas celui qu’il voulait pour lui-même. Il avançait sur un chemin dangereux qui finirait par lui faire énormément de mal, par nous faire énormément de mal, et il le voulait. Je n’arrivais pas à le comprendre et pour cause. Je recherchais toujours la sécurité et je voulais toujours savoir où je mettais les pieds. C’était là, la plus grande différence entre nous deux. Ou du moins quand j’étais dans l’équation. Lui qui était pourtant si calme, si… posé. C’était comme si, avec moi, il était tout autre, comme si plus rien ne comptait mise à part les sentiments qu’il me portait. Si cela me faisait peur ? Vous n’avez pas idées. Je ne savais pas quoi faire, quoi dire de plus. Tiraillée entre mon cœur et ma raison, je n’arrivais pas à y voir claire. Tout ce que je savais c’est que je ne pouvais pas me passer de lui, et qu’il ne pouvait pas se contenter d’être juste mon meilleur ami. Je ne lui reprochais pas cela, car c’était tout aussi difficile pour moi de faire comme si de rien n’était, de sourire lorsque je le voyais aux bras d’une autre. Mais c’était une habitude que j’avais prise pendant plusieurs années, une routine quelque part. Cela faisait longtemps que je m’étais fait une raison. Et encore une fois, il venait de tout balayer d’un revers de moi.

Des certitudes, je ne pouvais pas en avoir avec et envers Mickaël. C’était impossible. Entre nous tout était imprévisible. On se renvoyait à chaque fois la bombe que l’on avait dans les mains, cherchant pour autant encore et toujours après l’autre. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser que cette relation finirait mal, et serait destructrice pour nous, avis qu’il ne partageait pas. Ce n’était pas que je partais perdante… En fait si, parce que je ne voyais que trop bien ce qui pourrait se passer. J’avais peur, vraiment peur, autant pour lui que pour moi-même. Je lui avais dit, aimer ne suffisait pas. Il avait beau se montrer rassurant, dans ses gestes, dans ses paroles, je n’arrivais pas à me sortir ça de la tête, si bien que je lui dis Je ne suis pas défaitiste, mais réaliste Micka. Tu n’as pas les yeux grands ouverts, tu ne vois qu’une infime partie des choses… Si malgré tout, je respecte ce que tu veux, les choix que tu fais, je ne peux pas les approuve pour autant. Je ne peux pas me réjouir te voir foncer dans un mur, peu importe que tu le veuilles aussi férocement. Je serais une bien piètre amie, une bien piètre personne si c’était le cas. Tu vas te brûler les ailes. Non, tu vas nous brûler les ailes. J’espère sincèrement que tu es sûre de toi, que tu es certain de vouloir nous embarquer la dedans. Car tu ne pourras plus faire marche arrière sans nous blesser tous les deux.. Je ne l’avais pas lâché du regard en lui disant cela. J’en avais moi aussi assez de lutter contre ce que je ressentais pour lui. Pour autant, je n’étais pas du tout sereine et il me faudrait sans aucun doute beaucoup de temps pour qu’il me prouve que j’ai tort, et que je suis dans l’erreur concernant cela.

Je savais très bien qu’il était patient et que la persévérance ne lui manquerait pas. Malgré tout, j’avais peur pour lui. Si lui se fichait des contraintes, moi non. Je savais très bien qu’il ne m’étoufferait jamais, qu’il n’essayerait pas de m’enfermer dans une case qui serait trop petit pour moi. Je le connaissais assez pour ça. Je l’appréciais pour son indépendance et je savais la réciproque vraie. Je ne le voyais pas comme quelqu’un de parfait, même s’il l’était clairement plus que moi. J’avais pourtant tout aussi peur des dégâts que nous allions causer, même si, à mesure qu’il me parlait, j’avais envie de tenter le coup. Je vois ce que tu veux dire lui répondis-je dans un murmure, après qu’il est déclaré que ce qui se passait entre nous était stimulant. Je ressentais la même chose, et j’avais vraiment l’impression qu’il me permettait d’avancer, d’être plus forte aussi. C’était bête à dire, mais il renvoyait une telle image de moi que ça me faisait repousser encore et encore mes limites. Je me laissais aller de nouveau dans ses bras, trouvant du réconfort dans ses paroles, et dans ses gestes. Au fond de moi, j’avais toujours espérer qu’une femme comme moi puisse l’intéresser lui, Micka, aussi imparfait puisse-t-il l’être. Il ne se rendait pas compte combien il était génial avec moi, combien il assurait plus qu’il ne déconnait. Oui, il me faisait souffrir quelques fois, et souvent pleurer. Mais les bons moments passés avec lui étaient plus importants, émotionnellement parlant, comme physiquement d’ailleurs.

Je ne voulais que lui, finalement. J’accueillais ses lèvres avec douceur, puis avec passion. Je le laissais coller nos deux corps, m’accaparant toute la chaleur qu’il pouvait dégager. Je passais mes mains derrière sa nuque, pour finir par les noyer dans ses cheveux. Je l’embrassais encore et encore, reprenant mon souffle entre deux baisers. J’aurais pu passer toute ma vie à faire ça, si seulement j’en avais l’occasion. Il me faisait ressentir tant de choses, contradictoires et complémentaires. Il arrivait à me mettre dans tous mes états à la moindre parole, au moindre geste. J’étais clairement folle de lui, ça ne faisait aucun doute. Je me consumais entièrement à son contact. Et c’était d’ailleurs pour cela que c’était aussi dur à vivre. Tu es sûr de toi pas vrai ? Tu es aussi sûr que cela peut marcher que je le suis que tout finira mal ? Mes lèvres avaient quitté les siennes pour que mon regard puisse s’emparer du sien. J’étais très sérieuse, et mon ton avait même quelque chose de grave. Prouves-moi alors le contraire… Prouves moi que j’ai tort et que c’est toi qui a raison. Prouves-moi que jamais tu ne me briseras le cœur et que jamais tu ne me laisseras briser le tiens. Prouves-moi que ça vaut le coup, et qu’on ne le regrettera pas. Prouves le moi Micka… Ou va-t’en avant qu’il ne soit trop tard. Parce que tu viens de le dire, il n’est pas seulement question de moi, mais de nous deux… Je lui laissais une dernière fois le choix de faire marche arrière, de ne pas se brûler les ailes comme j’étais persuadée que cela arriver. Et que s’il était sûr de lui, aussi sur qu’il me le laissait sous-entendre, j’étais prête à essayer, à essayer de le suivre et de voir où cela pourrait nous mener. Cela ne sera pas facile, ni pour lui, ni pour moi. Mais s’il avait assez de volonté, assez de volonté pour nous deux, alors tout était sans doute possible.







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MessageSujet: Re: Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire [Livre I - Terminé]   Jeu 17 Oct - 10:18



Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire

Dix pas en avant, quarante en arrière, tout à fait éprouvant cet exercice de style avec elle. J’ai beau lui expliquer par A + B ce qu’il se trame dans mon crâne, ce qu’il en est de notre situation, elle se butte sur tu vas nous tuer. Comme si ce n’est pas déjà trop tard. On souffre déjà, qu’y a-t-il encore à perdre là ? Honnêtement, rien. Mais elle ne le voit pas. Ou bien elle pense que ça peut être pire. C’est vrai, on peut aller plus loin et vraiment se faire plus de mal que ça mais si je claque cette porte, ça sera également. Personnellement, ça serait pire de tourner le dos à ce qui peut potentiellement se passer entre nous mais pour elle ? J’ai l’impression qu’elle veut que j’assume l’entière responsabilité des conséquences de ce qu’il pourrait se passer. C’est étrange. Comment peut-elle raisonner comme ça ? Je ne la comprends vraiment pas. Elle a été aussi déçue que ça auparavant par les gens ? Qu’est-ce qu’elle a vécu sentimentalement parlant avant moi, avant maintenant ? Est-ce que c’est lié à son histoire familiale ? Je la fixe avec beaucoup de tendresse. Ca me brise le cœur qu’elle place si peu de confiance en nous et en ce que j’avance. Je ne sais plus où je vais finalement avec mes discours à répétition. Pourquoi dois-je autant la convaincre  alors que ça me semble si évident ? Elle dit qu’elle croit comprendre et j’en doute malgré moi. J’ai du temps devant moi pour la détromper, ça oui. Je la serre toujours contre moi quand elle reprend à nouveau la parole. Encore cette foutue question. J’ai l’impression qu’elle casse tous les murs que je bâtis autour de nous mais ça serait pire si elle reprenait ces briques pour les assembler entre nous. Je ne dis rien le temps qu’elle finisse le fond de sa pensée. Ses prunelles s’accrochent aux miennes férocement. Je ne sourcille pas parce mes convictions ne s’ébranlent pas malgré tout ce qu’elle est en train de penser.

Elle m’en demande beaucoup. Elle veut garantir sa sécurité et je conscientise bien qu’en gardant autant ses peurs et en me forçant presque à mentir pour lui octroyer ce qu’elle désire, on ira nulle part. Je suis coincé entre mes envies et sa détermination, son état psychologique. Je ne vais pas lui dire ce qu’elle veut entendre mais bien ce qu’on vit ou vivra, la réalité. Je ne relâche pas son regard, je lie juste ses mains aux miens. « Je vais te le prouver, je veux te le prouver mais Mathilda, il faut que tu me laisses la place pour tenter ça. Et ça prendra du temps, tu le sais aussi bien que moi. J’ai confiance en moi sur ce coup. Je sais exactement  ce que je ressens pour toi et je n’ai pas peur. » Elle, par contre… Tant qu’elle se retranchait dans ses failles… Je déglutis avant d’ajouter.  « C’est facile de faire des promesses mais je ne suis pas de ce genre-là. Est-ce qu’on va se briser le cœur ? J’en sais rien Mathie. Est-ce que ça vaut le coup ? Oui, ça j’en ai pas l’ombre d’un doute. Est-ce que je vais le regretter ? Non. Mais oui, il s’agit de nous deux. » Je glisse mes doigts dans ses cheveux très doucement avant de laisser le dos de ma main chuter sur sa joue.  « Ne me demande pas d’assumer tout ça, tout seul. Même si je le veux et le peux, c’est malsain pour toi, pour nous. Tu ne dois pas me demander de tout faire tout seul de mon côté. Je veux me battre pour nous mais si toi tu gardes les bras baissés… On ne peut pas avancer ensemble. Je ne te demande pas de vivre ce que tu n’es pas prête à vivre. Je pense qu’on est secoué et fatigué. Il faut que tu réfléchisses à tout ce que je t’ai dit aujourd’hui, tout ça c’est trop bousculé. Je sais que ça te réussit rarement de trop cogiter mais … Je ne veux pas faire un pas pour qu’on recule encore. On doit prendre le temps de se poser. »

Je me surprends et pourtant, ceci n’est que la conséquence logique d’une grosse prise de recul entre Emy et Mathie. Je glisse mes lèvres sur son front.  « Moi, ce que je veux, c’est être avec toi et pas que comme ton ami. Mais toi, tu dois savoir si t’es prête à risquer ça. Je ne peux pas prendre le risque pour toi  si c’est que tu me demandes. J’ai parcouru une partie du chemin, à toi de suivre ou non. J’attendrais ta réponse. » Je me sens tellement lucide et tellement sûr de moi que ça en frôle le ridicule. Je prends son visage entre mes mains et la détaille l’espace de quelques instants.  « Prends le temps, prends soin de toi, prends du recul. Pense à moi, à ce que je t’ai dit et puis si tu te sens prête… » Je glisse mes lèvres sur les siennes très tendrement avant de me redresser.  « Quoique tu décides, quoiqu’il advienne, je serais toujours là pour toi. » Je sais que si je reste ici, je ne vais pas tenir ma propre résolution – attendre alors je me lève en l’emportant avec moi. Je la serre encore une fois contre moi.  « Je vais y aller. Je pense qu’on s’est assez chamboulé l’un et l’autre pour aujourd’hui. D’accord ? Tu dois te reposer en plus avec… tout ça. » Je me décolle légèrement pour la regarder. « J’aurai préféré que tu saches ce que je ressentais pour toi différemment. » Je lui souris avant de l’embrasser une dernière fois longuement. Puis front contre front, je lui murmure.  « Prends soin de toi, s’il te plait. Si tu as un souci, viens me trouver n’hésite pas. » Je me détache finalement avec beaucoup de difficultés. « N’oublie pas. Je suis toujours là et moi, j’y crois. » Je ne peux plus rien dire sans radoter maintenant. « A bientôt Mathie. » Sur ces mots, je quitte sa demeure pour retrouver ma voiture avant de mettre le contact, je m’accorde quelques instants pour juste respirer. J’ai le rythme cardiaque en vrac, l’esprit soudainement confus et la trouille au ventre. Elle m’a laissé un choix, je lui en ai offert un autre. Je me suis promis de plus enfoncer les portes fermées. Je tiens juste mon engagement.


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