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MessageSujet: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Ven 14 Sep - 22:20

Cela faisait déjà plusieurs jours que nous étions coupés du monde, que des gens débarquaient jour après jour dans notre petite ville qu'était Louisville. Franchement comme si on avait besoin de ça. Les militaires aussi débarquaient chez nous, comme ça. Nous qui avions une petite ville bien tranquille. Non pas que je n'aime pas les militaires bien au contraire, contrairement à ma sœur j'ai un grand respect pour eux, je me souviens de mon père qui l'eut été il y a longtemps avant ma naissance. Mais voilà, je sais que quand ils sont comme ça à roder on ne peut guère attendre de bonnes nouvelles. Et on avait bien eu raison de se méfier. Rodant autour du lycée, je me demandais presque quand celui-ci pourrait rouvrir, certainement pas avant plusieurs semaines, ce n'était pas encore le temps où l'on retournerait étudier. Ca ne me manquait pas, non du tout, c'était pas comme si ça faisait à peine trois semaines que nous avions repris les cours. En plus j'étais en terminale, l'année des décisions importantes, encore un peu et à moi Caen et la faculté. Mais non, il fallait que l'Inde décide d'envoyer des missiles nucléaires sur ses voisins. Non, mais franchement c'est de l'acharnement n'est ce pas ? C'est l'air de dire, et bah non, on va vous pourrir la vie maintenant aujourd'hui en 2012. Pas de bol, ça tombait l'année où j'avais l'occasion de m'évader un peu de Louisville. Mais ça aurait été moins drôle si j'avais été loin, j'aurai pas été avec ma sœur non plus. Enfin, tout ça pour dire, que je m'ennuyais ferme depuis une semaine.

Trois semaines que l'on avait repris, et voilà qu'on se retrouvait à nouveau à rien faire, alors qu'on avait déjà passé l'été à faire ça, rester à ne rien faire comme si c'était une partie de plaisir de glander toute la journée. Non vraiment pas. Cet été, j'avais fait des soirées, règle numéro 1 de l'été, j'avais travaillé aussi à l'école primaire de Louisville. Bref, j'avais aussi un peu voyagé, Caen en aller-retour dans une journée, c'est COOL. Et puis j'avais passé des soirées avec ma sœur. Grande, très grande sœur... En fait, nous avions treize ans de différence et jusque mes dix ans, sincèrement je la croyais morte ou disparue, enfin en tout cas, chose de sure c'est qu'elle ne voulait plus nous voir, ni moi ni mes parents. Sauf que quand j'eus dix ans, il se trouvait qu'elle était ma seule parente vivante, et qu'il fallait bien qu'elle s'occupe de moi. Oh elle aurait pu dire non, mais non, elle m'a assumée et aujourd'hui encore, peut être même un peu trop. Elle m'assume, elle me protège, et elle me surprotègerait presque. Mais qu'est ce que vous voulez qu'on dise à une grande sœur comme ça qui a du engendrer le rôle de mère et de sœur, en l'espace de cinq minutes quand elle a découvert que sa sœur avait 6 ans de plus et qu'elle avait un bras dans le plâtre. Pas facile, facile je le reconnais.

Je rodais donc autour des établissements scolaires, l'école primaire où j'étais allée, le collège aussi et le lycée pour terminer. Cela faisait depuis que j'avais 4 ans que je vivais ici, donc autant vous dire que je connaissais juste ces bâtiments par cœur, tout comme la ville. Tout comme tout ce qui m'entourait ici. J'étais perdue dans mes pensées, jusqu'à ce que je vois arrivée un homme avec un chien. Un chien ? J'en avais toujours rêvé, mais je n'avais eu que des chats depuis que j'étais petite. Bref, mes animaux de compagnie n'ont guère grande importance, je ne fis qu'un signe de tête à l'homme tout en me concentrant sur le chien qui semblait étrangement calme. Tous les animaux semblaient devenir fous mais pas lui. Non il était même bien trop calme. « Bonjour. » finis-je par dire à l'homme en face de moi, de manière très polie comme j'avais été apprise. A voir si cela pouvait engager sur une conversation.


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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Sam 15 Sep - 10:18

    Personne à gauche ? Personne à droite ? Je repoussai violemment mes couvertures et considérai ma jambe bandée. Hier, elle avait perdu la sale tronche qu’elle avait lorsqu’on m’avait amené ici, à Louisville. A dire vrai, j’ignorais depuis combien de temps nous nous trouvions dans cette ville. Bien moins d'une semaine, si je me basais sur le temps depuis lequel j’étais éveillé et lucide. Je me souvenais de l’attaque, vaguement. De l’affolement de Baxter qui m’avait montré à quel point je pouvais être fier de lui – il était resté à mes côtés tout du long –, les obus qui explosaient. Celui qui m’a projeté hors du véhicule qui nous transportait. La douleur, la panique. Les ordres, et les aboiements de mon berger allemand qui me tirait par la manche. Le sang, la douleur encore, puis la vision de l’éclat profondément enfoncé dans ma cuisse. La lumière qui devient trop lumineuse. Des petits points qui dansaient… les épaules des autres militaires en point d’appui… La marche. Les civils. Le passage en force. Puis l’arrivée à Louisville, la prise en charge et l’inconscience. En vérité, j’étais étonné de me souvenir de tant de détails. A mon réveil, on m’avait annoncé qu’on avait retiré l’éclat, et que je devais me reposer pour me rétablir au plus vite. La blague. Ca faisait dix huit heures que je me « reposais ». La blague. J’étais déjà sorti me promener deux trois fois, et j’avais fait un peu connaissance avec cette sympathique bourgade de plusieurs milliers d’habitants. Suffisamment pour me faire un ennemi, l’autre garagiste qui s’était pris mon poing et ma béquille dans la figure après avoir touché à Baxter ; Dans un sens, heureusement qu’il y avait des gens comme Mathilda Fontaine qui avait entamé la discussion. Bref.

    Je regardai de nouveau ma jambe, et considérai son état. Il était suffisamment bon pour que je puisse me lever. Enfin, c’était ce que je supposais, puisque l’imposant bandage me cachait la plaie. J’attrapai les béquilles qu’on avait sûrement eu tort de me mettre à disposition, et j’enfilai rapidement un tee-shirt, pantalon, treillis dans les tons camouflages puisque je n’avais que ça à me mettre. Je sifflai mon chien qui vint sauter à mes pieds. Il n’avait que cinq ans, et même si c’était déjà un bon âge pour un chien, je le considérai comme un tout petit foufou qui fallait garder en main.

      « Coucou mon grand bonhomme ! On va aller se promener aujourd’hui, oui… allez on se calme. Laisse moi prendre ses béquilles en main et ne me cours pas dans les pattes. »


    Aurais-je oublié de vous signaler que j’avais la fâcheuse manie de parler à Baxter comme s’il pouvait me répondre ? Et bien voilà qui était fait. D’ailleurs, il semblait me comprendre puisqu’il arrêta de sauter de partout et me regarda, la tête penchée, finir de lacer la seule chaussure que j’enfilai. Une paire de lunette de soleil sur le nez plus tard, nous sortions de l’hôpital en saluant les infirmières. Elles savaient qu’il était inutile de m’interdire de bouger, puisqu’elles avaient toutes subi au moins une fois l’un de mes colères. Je les avais bien entendu se murmurer que j’étais peut être beau gosse, j’étais bien plus agréable inconscient ou sous anesthésie. L’une d’elle se contenta de me dire de ne pas trop me fatiguer, et j’acquiesçai d’un vague signe de tête qui laissait sous entendre que j’allais de toute manière faire comme bon me semblait.

    Dehors, j’observai la ville qui s’activait, sûrement pour faire comme si de rien n’était. Il n’y avait pas le grondement incessant des voitures qui roulaient, mais les gens se déplaçaient à pied, comme pour simuler une activité urbaine. Mais je n’étais pas dupe : l’essence allait se faire rare, l’argent liquide aussi, et l’absence de communication via les ordinateurs, téléphones, était la cause de ce désœuvrement. Je commençai à avoir hâte d’être suffisamment en forme pour aller prendre mes ordres auprès du Lieutenant Raulnes qui, si j’avais bien tout compris, le contrôle des forces militaires encore en vie. Après la migration vers Cherbourg qui avait mal tourné, j’avais perdu les supérieurs de mon unité mobile, et il me semblait logique de me référer à ce lieutenant. De toute manière, il n’était pas encore temps d’y songer, car malgré ma forme physique, je commençais déjà à fatiguer. Baxter semblait l’avoir compris lui aussi, puisqu’il marchait au pas à mes côtés, à mon rythme, comme pour me surveiller. Je regardais d’imposants bâtiments que je suspectais être des écoles fantômes lorsqu’une voix me tira de ma rêverie :

      « Bonjour. »


    Je regardai autour de moi en sursautant, manquant accessoirement de perdre l’équilibre. Et je remarquai la jeune fille. Avec un petit sourire, comme on m’avait conseillé de le faire avec les civils pour les mettre en confiance, je m’entendis lui répondre, d’une voix que j’avais voulue douce, mais qui était toujours la mienne, autrement dire grave et pas forcément des plus mélodieuses :

      « Salut. C’est ton lycée ? »


    Vu sa carrure, elle n’était certainement pas à l’université du coin, ni au collège. Et puis, ça me semblait l’une des meilleures manières de lancer la discussion. Elle devait être ravie de ne pas avoir cours, en tout moi je l’aurai été. J’avais encore beaucoup d’antipathie pour les établissements scolaires, ne leur ayant jamais trouvé d’intérêt. Après ma mention au BAC, mes professeurs me voyaient faire de longues études brillantes. Si je voulais rester dans le cadre militaire, c’était presque s’ils me voyaient déjà tenter Navale, ou polytechnique. Et moi, j’étais bel et bien resté dans l’armée, mais en passant par la petite porte, sans aucun grade, la base des bases. Ca les avait bien laissés sur le c*l, et moi, fidèle à mon caractère de cochon, j’avais fait le contraire de ce qu’on attendait de moi. Baxter était assis, comme je lui avais appris à l’être lorsque j’étais arrêté. Je m’aperçus en le regardant qu’un berger allemand, sans muselière, de la carrure de Baxter, et sans laisse, ça pouvait intimider. Je me sentis donc obligé de rajouter en désignant mon chien du mieux que je le pouvais tout en tenant mes béquilles :

      « Il peut faire féroce, mais t’inquiète pas, il ne mord que lorsque je lui en donne l’ordre. Il est très doux sinon. Il s’appelle Baxter. » Je fis une petite pause. « Et moi c’est Alexandre. Fais pas gaffe à mon accent, je suis provençal. »


    J’ai oublié de vous dire ça aussi ? J’ai peut être quitté la Provence à mes seize ans, j’en garde un franc accent, qui, attention, n’est pas celui de Marseilles. Il y a une légère nuance, mais je la sens. Ouais, j’ai un accent du Sud, hérité de mes parents, qui l’avaient hérité de leurs parents… bref, du pur de pur, que des années hors de ma région natale ne m’ont pas enlevé.
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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Sam 15 Sep - 21:03

On disait du chien que c'était le meilleur ami de l'homme, je ne savais pas si c'était vrai, mais en tout cas, c'était le seul d'après ma meilleure amie qui avait elle un chien qui pleurait quand elle partait loin de chez elle. Pour vous dire, elle était interne au lycée à Caen, donc forcément elle partait tous les weekends et le chien, était devant sa valise à pleurer comme si elle partait pour toujours. Un chien est fidèle à son maitre, mais le maitre l'est beaucoup moins étrangement, enfin beaucoup moins tout est relatif. Judith était fidèle à son chien, mais quand je pensais à ces maitres qui abandonnaient leur chien au bord de la route, comme ça au début des vacances estivales. Rien à redire, si ce n'est le manque d'éthique dont il faisait preuve, il y avait je pense suffisamment de refuges pour éviter ces abandons, mais voilà. Non, les gens préféraient les abandonner sur les bords de l'autoroute parfois, à un endroit inconnu. Bref, des horreurs à mes yeux. Mais en y pensant ce n'était pas grand chose quand on voyait ce qu'il était en train de se passer sur la Planète depuis le début de la semaine. C'est ton lycée?, ce fut un homme avec des béquilles qui me posait cette question, je remarquais son accent du Sud pratiquement aussi ce n'était pas très compliqué en même temps, moi une Normande terminée jusqu'aux ongles des doigts de pieds. J'avais passé je crois un été dans le Sud quand j'étais plus petite, bien petite avec mes parents on était parti ainsi pendant deux semaines, mais plutôt dans le Sud Ouest, sur les bords de Perpignan. C'était l'époque où j'étais une toute petite fille, ma sœur avait déjà quitté la maison aussi. Oui... Enfin, ça l'était, disons que jusqu'à sa fermeture. La moitié du lycée devait être heureux de ne pas avoir cours en fait. Moi, ça ne me dérangeait pas plus que ça, en fait quand on fait parti du groupe des populaires comme on dit, on aime venir au lycée parce qu'on est aimé tout simple. Je pense que pour les marginaux ce n'était pas la même chose bien au contraire.

Je relevais ma tête vers l'homme en me rendant compte qu'il portait des béquilles, comme s'il lui était arrivé un accident récemment, il avait même quelques difficultés à se débrouiller avec son chien. En même temps, il y avait de quoi comprendre qu'il ait manqué de perdre l'équilibre, j'avais du lui faire peur avec mon bonjour, un peu incongru. Je fis ce sourire rassurant que j'avais, qu'il soit un militaire ou un réfugié j'en avais aucune idée, je penchais cependant vers la première solution avec ses habits camouflages. Rares étaient les civils qui portaient ce genre d'habits, mais en tout cas, il semblait sympathique lui. Enfin je ne sais pas vraiment, je l'écoutais parler de son chien en me suggérant qu'il était gentil. Il peut faire féroce, mais t’inquiète pas, il ne mord que lorsque je lui en donne l’ordre. Il est très doux sinon. Il s’appelle Baxter. Je souris donc à cette nouvelle. Je me doute, j'aurai bien aimé avoir un chien, mais mes parents ne voulaient pas, et ma sœur n'était pas très pour non plus. Enfin, je ne sais pas, mais je pense qu'elle a déjà suffisamment à faire avec moi, sans que je lui demande un chien en plus non plus quand même. S'il est gentil je peux le caresser alors ? Je préférais poser la question avant de me faire bouffer la main par un chien surtout en ce moment ce n'était pas le lieu, ni le moment. Non non, il valait mieux pour nous tous attendre un petit peu. Disons au moins que tout cela se calme, et que je ne risque pas la rage en me faisant mordre par un chien. Réjouissant n'est-ce pas ? Et je me remettais à devenir bavarde. Je ris un peu nerveusement quand il me dit qu'il avait l'accent provençal, pour moi, c'était également celui de Marseille mais je n'allais quand même pas le charrier sur ce point, je ne le connaissais pas encore assez pour ça. Lyra, je suis de Louisville, enfin... Disons que j'y ai passé le plus clair de mon temps depuis que je suis née. Vous êtes arrivé ici avec des réfugiés ou vous êtes militaire ? » Moi ? Bavarde ? Si peu... Mais autant que je sache immédiatement à qui j'avais à faire pour ne plus avoir de mauvaises surprises.


HJ : je suis désolée c'est plus court que toi:(


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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Dim 16 Sep - 17:17

      « Lyra, je suis de Louisville, enfin... Disons que j'y ai passé le plus clair de mon temps depuis que je suis née. Vous êtes arrivé ici avec des réfugiés ou vous êtes militaire ? »


    Il n’y avait pas à dire, pour être directe, elle l’était la Lyra. J’étais d’ailleurs amusé par ce fait, surtout qu’elle n’y allait pas par quatre chemins. Je pris le temps de trier ce que je savais d’elle avant de lui répondre, histoire d’avoir toujours toutes les infos actualisées sous la main. Et aussi, histoire de ne pas faire d’impair et accessoirement de ne pas céder sous mon impulsivité que je savais mauvaise. C’était une habitude que mon psychologue m’avait conseillé de prendre, lorsque je le voyais entre mes 17 et 19 ans. Une bonne habitude vu les effets et résultats qu’elle avait eu. Ainsi donc, elle était au lycée, comme je le suspectais. Elle s’appelait Lyra et habitait Louisville depuis très longtemps mais n’y était pas né. Et elle aurait aimé avoir un chien, et sa grande sœur s’occupait d’elle. Où étaient ses parents ? J’avais noté l’emploi du passé mais je n’étais pas allé plus loin dans ma réflexion. Dans tous les cas, ce n’était pas un sujet à aborder directement, tant que je n’étais pas fixé. Et puis, il était tant de répondre.

      « Je suis un militaire, même si ça ne doit pas trop se voir. Enfin… vu mes habits… »


    Un petit sourire m’échappa. Nouer le contact avec les civils, inspirer la confiance, apaiser la population… C’était bien mignon, mais moi, inspirer la confiance ? Avec ma manie de jurer et mon instabilité mentale ? Bon, j’y allais un peu fort mentalement, parce que instabilité… c’était quand même abusé, je m’en rendais compte. Mais j’avais peur de mal réagir. De lui faire peur. De répondre quelque chose qui pouvait la faire paniquer. Et si elle me posait une question sur ma jambe ? Je me voyais mal lui répondre sur un ton badin « Oh, ça c’est quand on s’est fait bombardé, pas grand-chose ? Juste avant qu’on tue des civils pour passer et arriver à Louisville. Ah ? tu n’étais pas au courant ? »… Vous voyiez le topo. Je regardai Baxter, pour me refixer à la réalité et je repensais à l’une de ses questions. J’avais oublié d’y répondre d’ailleurs.

      « Oui, bien sûr que tu peux le caresser. Il aime bien quand on le gratte derrière les oreilles. Mais n’essaye pas de l’approcher si je ne suis pas dans les parages okay ? »


    Il me sembla alors qu’il était temps d’entrer dans le vif du sujet, histoire de tâter un peu le terrain, prendre la température de la ville, jauger l’état d’esprit… J’assurai ma prise sur les béquilles qui m’abîmaient un peu les mains et je regardai autour de nous s’il y avait un banc pour m’asseoir. Si je m’étais arrêté, ce n’était pas pour observer le paysage. Ou plus exactement, pas que pour observer le paysage, non. C’était plutôt pour reposer mes muscles un peu engourdis. Ne voyant pas de banc, ou autre, je demandais à la jeune fille.

      « Tu connais bien la ville j’imagine ? Tu saurais me trouver un banc histoire que je me pose un peu ? J’ai pas trop envie de retourner à l’hôpital pour le moment… les murs et tout, c’est pas trop mon trip. »


    C’était pitoyable. Je donnais l’impression de parler à un enfant de dix ans, et le pire c’était que j’en étais plus que parfaitement conscient. Je soupirais, en secouant la tête, et mon sourire fut plus désespéré et convainquant quand je repris :

      « j’suis désolé, j’suis pas très doué pour… parler. Fin l’histoire du banc et tout, c’est vrai, hein ! Mais bon… t’es plus une gamine, t’as presque mon âge. »


    Baxter en avait marre de rester immobile, je le voyais. Pourtant, il reste à mes côtés, comme je le lui avais demandé, je me baissais pour lui donner une petite tape sur la tête, et il comprit que je lui laissais champ libre pour se dégourdir les pattes. Aussitôt il allait vers Lyra pour renifler ses chaussures. Bon… j’avais encore deux trois points de dressage à voir avec lui.

    Spoiler:
     
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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Lun 10 Déc - 22:52

Je ne savais pas vraiment si la fin du monde venait de nous tomber dessus ou non, pour être tout à fait honnête, j'étais encore en train de me dire que j'allais me réveiller un matin et que tout irait nettement mieux. Qu'un matin, j'irais à nouveau au lycée sans se soucier de réfugiés, de militaire, de manque, de je ne sais pas quoi. C'est pour ça que je venais une nouvelle fois trainée autour de mon lycée, c'était dans mes habitudes. Je n'avais pas non plus pour habitude d'aimer les cours à fond. Bien au contraire, j'aimais beaucoup sortir et m'amuser. Et pour être tout à fait honnête, on pouvait s'amuser et quand même être bonne à l'école. D'ailleurs si ça n'avait pas été le cas, ma soeur m'aurait rapidement enfermée chez moi pour que je travaille tellement que je n'en veuille plus et que je travaille peut-être de moi même ? Aucune idée, ça restait la tyran qu'était Mathilda. Mais en même temps, un tyran qui avait du bon dans mon éducation, je n'avais rien à me reproché. Enfin, une ou deux clopes de temps en temps, bon OK une ou deux par jour, peut-être, boire en soirée, modérément et compagnie, ça par contre je connaissais. Je ne pouvais pas dire que j'étais rentrée souvent bourrée chez moi, au contraire. Mais revenons à nos moutons surtout ! L'homme en face de moi était donc un militaire comme j'avais supposé. Je n'avais que rarement tord, et plutôt une bonne intuition depuis quelques temps. Mais il semblait assez maladroit avec les plus jeunes ne sachant pas trop comment s'y prendre. Comme s'il voulait en savoir plus sur moi, mais sans vraiment savoir comment s'y prendre. Et mes doutes se confirmèrent très rapidement dès lors qu'il me présenta son chien que je commençais à caresser avec un sourire sous le regard attentif d'Alex toujours.

Il me posait quelques questions à propos de la ville, auxquelles d'ailleurs je pouvais parfaitement y répondre. "Je ne dirais pas que j'y vis depuis que je suis née, mais presque. On peut toujours aller se poser quelque part, pour votre jambe ce sera mieux à mon avis." Je dis ça en souriant, et me doutant bien évidemment que c'était plutôt une excuse. Je n'étais pas débile, mais il était quand même non négligeable que son état de santé nécessitait un certain soin, et surtout un repos. "Non je ne suis plus une gamine, bien au contraire. Mais que voulez-vous savoir sur Louisville ? Vous savez, il n'y a rien de très palpitant... On se connait presque tous, enfin bon, je suggère que l'on aille s'asseoir et je suis prête à vous entendre et à répondre à vos questions dans la mesure du possible."

HJ : c'est pas ce que j'ai fait de mieux, mais avec le coup "j'ai effacé mon rp", je t'avoue que je l'ai encore dans le mal--'


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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Lun 17 Déc - 19:27

    La jeune femme caressait Baxter comme je le lui avais indiqué et je veillais à ce qu’elle le fasse bien. Nouer le contact, nouer le contact… quels sacrifices ne faisais-je point pour nouer le contact ? J’acceptais qu’elle s’approchât de mon chien adoré, tout ça pour nouer le contact. Je me mentais en moi-même, parce que je le faisais de mon plein gré, mais comme j’aimais bien me plaindre et râler, et bien… voilà qui tombait bien !

      «Je ne dirais pas que j'y vis depuis que je suis née, mais presque. On peut toujours aller se poser quelque part, pour votre jambe ce sera mieux à mon avis. Non je ne suis plus une gamine, bien au contraire. Mais que voulez-vous savoir sur Louisville ? Vous savez, il n'y a rien de très palpitant... On se connait presque tous, enfin bon, je suggère que l'on aille s'asseoir et je suis prête à vous entendre et à répondre à vos questions dans la mesure du possible. »


    Pourquoi les gens étaient ils si sérieux ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas esquiver les questions trop sensées qu’on était obligé de poser pour la forme, histoire qu’on arrive au point plus intéressant de notre discussion qu’était le débat sur la différence fondamentale d’intérêts qu’il pouvait y avoir pour le football et le football américain entre notre continent et celui outre atlantique. Un vaste sujet bien moins barbant si vous vouliez mon avis (d’ailleurs, même si vous ne le vouliez pas, cadeau ! c’est gratuit, c’est gentil, c’est mignon, c’est bibi !). Mais si peu apprécié des gens normaux. Oh, on pouvait bien sûr partir sur des sujets plus communs, comme pourquoi les canards étaient ils obligés de cancaner ou peut on trouver de la peinture écossaise dans les magasins lambdas. Dans tous les cas, le « faites moi un rapport sur la situation des civils dans la bourgade de Louisville » n’était pas dans la liste… Enfin, pas dans la mienne, puisque théoriquement, ce devait être dans celle de mes supérieurs. Nous marchâmes en direction d’un banc que j’avais vu en me dressant sur la pointe du pied et des béquilles, à défaut de pouvoir me mettre sur la pointe des pieds, et en quelques pas / sauts nous y arrivâmes. Je poussai un soupir de soulagement en m’écrasant comme une fiente sur l’épaule d’un malchanceux, sur le premier banc que nous trouvâmes. Je laissais tomber mes béquilles, avant de regarder le ciel tout en soupirant ostensiblement :

      « Pfiou… c’que c’est nul, les béquilles ! Et tu peux me tutoyer, j’vais avoir l’impression d’avoir quarante ans sinon ! »


    Je m’avachis avec la minutie que requérait la tache, en me massant la nuque. Je songeai aux événements qui se succédaient à une vitesse folle. Je n’étais pas non plus réveillé depuis très longtemps. En fait, j’avais les bras qui flageolaient quelque peu, et je savais que je n’étais pas au mieux de ma forme. J’avais été bête de sortir. Mais la liberté de mouvement et le fait qu’on me dise « restez allongé »… les deux choses m’avaient poussé à mettre les pieds à l’extérieur. La découverte d’une nouvelle ville, aussi. En bref, j’étais bête, mais ce n’était pas une surprise. Je me voyais mal dire à la jeune fille « au fait, si je m’évanouis, t’inquiète pas, c’est juste que je me suis réveillé il y a vingt et une heure et que je suis censé être en train de me reposer, là… ». Vachement responsable le militaire quand même ! et bel exemple aussi ! Bel exemple de bêtise que j’étais… mais bon. Il fallait bien l’assumer, parfois. Je finis mon massage par un beau décoiffage de cheveux, sachant que comme ils n’étaient pas non plus aussi longs que Gandalf dans le film, et bien, ça ne rendait pas aussi bien. Ce devait être fun d’avoir des cheveux aussi longs, surtout si on faisait en sorte qu’il y ait de l’électricité statique et tout ! Mais bon.

      « C’est quand même dingue qu’on soit au vingt et unième siècle et qu’on se retrouve à l’âge de pierre ! Euh, savoir sur Louisville… y’a un club de boxe quelque part ? Enfin… je veux dire… euh… »


    J’étais en train de me demander ce que je pouvais bien devoir lui poser comme question. Comme question intéressante pour un adulte mature, responsable, et avec un peu de jugeote et de vision d’ensemble sur ce qu’il fallait savoir sur une ville dans laquelle on venait d’atterrir et qui était susceptible de perdre totalement les pédales parce que tout le monde était coupé de tout le monde et que les denrées allaient se raréfier et qu’il n’y avait plus internet. Et je venais de pondre une phrase mentale de trois kilomètres de long. Mais bon. Réfléchissons… Sérieux, Alexandre, sois sérieux, trente secondes. Quarante. Deux minutes… au moins deux minutes… Deux petites minutes dans ta journée, comporte toi comme un adulte responsable. En prenant compte que même en Normandie, responsable ne veut pas dire enfoiré.

      « Plus sérieusement… hum… vous ne vous ennuyez pas trop ? »


    Et Alexandre s’est élancé du plongeoir… Superbe triple salto arrière quadriloofté et… splash. Vas y mon gros, rattrape toi aux branches, dis quelque chose je t’en supplie, parce qu’il n’y a pas d’eau dans la piscine et que tu viens de te viander lamentablement dans ta tentative… Je me baffais mentalement, ne trouvant rien à dire de plus… intelligent.

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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Lun 24 Déc - 12:57

Ca me faisait plutôt plaisir que de voir des personnes étrangères même si ce n'était pas de l'avis de ma sœur bien au contraire. Pour elle, elle voyait plutôt d'un mauvais œil l'arrivée de militaires au sein de notre petite ville. Pour moi, c'était une autre histoire, je n'avais en rien la même histoire que ma sœur, je n'avais rien contre les militaires et puis s'il venait c'est qu'il y avait une raison. Après la chute du monde, ou un truc du genre, on ne comprenait pas trop comment c'était possible, mais en tout cas, le seul endroit qui semblait continuer à vivre c'était Louisville, genre cette petite bourgade en Normandie. Et dans ce cas là, sinon les grandes villes aussi étaient dans le même état que nous ? Nous avions peu d'informations de l'extérieur, et de cette manière, j'étais quand même curieuse de savoir tout ce qui était en train de se passer. J'étais loin d'être timide et comme je l'avais montré auparavant, je disais directement ce que je pensais, parfois à mes risques et périls. Oui, il n'était pas rare non plus qu'au lycée, je me sois faite remarquer, parce que j'avais tendance à dire un peu trop rapidement ce que je pensais. Forcément, ça ne plait pas à tout le monde, mais bon en même temps, qu'est ce que vous voulez que ça me fasse ? C'était mon caractère forgé ainsi, je n'allais pas commencer à changer maintenant de caractère on m'appellerait lunatique. Ca va bien oui ?

J'amenais donc le militaire jusqu'au banc le plus proche, souriant quand il me dit que les béquilles c'était nul. Je n'avais eu des béquilles que pendant 4 mois quand je m'étais cassé la jambe en glissant sur une plaque de verglas devant l'école. Il ne neige jamais en Normandie, non mais ce jour là, il avait fallu qu'il neige et qu'en plus il verglace. Et comme ma sœur s'était mise en tête que j'irai tant bien que mal à l'école même si les bus ne passaient pas, elle m'avait emmené à pied. En arrivant devant l'école, je me retourne pour lui dire au revoir, et là un vol plané magnifique, une chute rocabolesque sur les 4 marches et un cri. Bon bah non, je n'allais pas à l'école ce jour-là, ma sœur m'avait emmené immédiatement à l'hôpital, jambe cassé. Et pas de classe de neige la semaine d'après. Autant vous dire que je déteste la neige désormais.

« Oui, je te tutoie donc maintenant si tu veux. » Dis-je avec un sourire. Il me fit rire en me demandant s'il y avait un club de boxe. « Un club de boxe ? Je ne sais pas, franchement, je m'intéresse beaucoup plus à mon école de danse qu'à un club de boxe, mais je pourrais toujours demander à un bon ami à moi, il saura me renseigner à ce propos. Je ne suis pas sure qu'ils acceptent les gens en béquille par contre. » Finis-je avec un sourire. J'avais pas envie de pleurer ce n'était pas mon genre, et c'était beaucoup plus simple pour moi de voir la vie du bon côté, après tout, si on ne la voyait pas du bon côté en ce moment autant aller s'enfermer dans sa maison, et attendre la vraie fin du monde débarquer. Ce sera beaucoup plus simple. « C'est pas que je m'ennuie, enfin, c'est bien d'avoir des vacances à rallonge, mais j'aimerai beaucoup retrouver ma vie d'avant. A votre avis ça va s'arranger cette situation ? Qu'est ce qui se passe concrètement ? » J'étais curieuse, et j'avais l'occasion d'en savoir plus et je n'allais pas laisser passer cette occasion passée. Je vous l'avais dit au préalable, je disais toujours ce que je pensais, j'étais peut-être directe, mais j'étais une Fontaine, et puis élevée par Mathilda, ça n'aidait pas. Ca vous forge un certain caractère donc il est très, TRES difficile de se défaire.


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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Dim 6 Jan - 22:34

      « Oui, je te tutoie donc maintenant si tu veux. Un club de boxe ? Je ne sais pas, franchement, je m'intéresse beaucoup plus à mon école de danse qu'à un club de boxe, mais je pourrais toujours demander à un bon ami à moi, il saura me renseigner à ce propos. Je ne suis pas sure qu'ils acceptent les gens en béquille par contre. »


    Je manquai d’exploser de rire devant la remarque de Lyra. Oui, pour sûr, la boxe en béquille, je n’en avais jamais fait en club, mais mon altercation avec le garagiste, la Blanquette comme je l’appelait, montrait que je pouvais toujours maintenir mon rythme de frappe et ma précision. Bon, d’accord, il ne fallait pas se le cacher, j’avais juste demandé ça pour que la discussion soit plus intéressante, et qu’on sorte du concept « bonjour, nom, prénom, classe, carte d’identité, vos papiers et hop, et que ça saute, sinon je vous embarque » qui collait à la peau de tous les responsables de l’ordre que je connaissais. Enfin… d’après moi. Je m’installai confortablement sur le banc, tout en regardant Baxter faire l’imbécile comme il savait si bien le faire. Avec un bon livre entre les mains, ça aurait été parfait. Un de ces livres géniaux comme Zola, ou Proust, alors encore Oui-oui. Ces livres dont on pouvait se lasser et qui toujours nous portaient à l’émerveillement. Lyra répondit à ma question, me coupant dans ma réflexion, et s’attirant l’espace d’un dixième de secondes un regard noir de ma part :

      « C'est pas que je m'ennuie, enfin, c'est bien d'avoir des vacances à rallonge, mais j'aimerai beaucoup retrouver ma vie d'avant. A votre avis ça va s'arranger cette situation ? Qu'est ce qui se passe concrètement ? »


    Je soupirai, sans le masquer totalement. C’était pas possible d’avoir autant de jugeote. Pourquoi cette Lyra n’était elle pas une petite dévergondée qui songeait plus à se maquiller qu’à la troisième guerre mondiale, hein ? Ca aurait été bien moins prise de tête pour moi. Bon, okay, bien sûr, c’était plutôt rassurant de voir qu’elle le prenait comme ça, comme quelque chose de sérieux, et qu’au moins elle était consciente de la gravite de notre situation sans pour autant sembler totalement paniquer et perdre la tête en voulait m’extirper l’argent que je n’avais pas pour ne pas négocier des denrées que les commerçants n’allaient bientôt plus avoir de toute manière. Oula… ça devenait bien compliqué dans ma tête. Dans tous les cas, fallait que je la rassure et que je dise quelque chose de sensé. Sauf que j’étais tous, sauf responsable. Sauf si en Normandie, responsable, ça voulait dire enfoiré, mais ça, c’était une autre question, dont il me fallait, soit dit en passant, trouver incessamment sous peu la réponse. Et donc, je n’étais ni responsable, ni adulte, ni mature, ni sensé, et ça m’allait très bien, sauf quand une Lyra de dix sept ans environ me demandait des nouvelles d’un monde, d’un pays, d’une région, d’un univers en pleine guerre. Je me demandai brièvement ce qu’elle attendait comme réponse. Une réponse sincère ? Une réponse réconfortante ? Une vérité qui fait mal ? Une demi vérité qui ne rassure, justement qu’à moitié ? Ou un demi-mensonge, un mensonge entier, juste pour lui dire de ne pas se faire du souci… Je me doutais bien que la plupart des gens courraient droit vers la boutique « mensonge qui rassure » et esquiveraient consciencieusement celle « vérité qui dérange », si on leur en laissait le choix. En soi, généralement, mentir ne me posait strictement aucun problème, ou presque. L’insolence, le mensonge, la provocation, je connaissais. Mais envers des adultes. Les ados, je connaissais moins, étant donné que j’en avais été un très difficile. Extrêmement difficile. Pour mes parents, mes profs, mon entourage en général. Qu’est ce que j’aurai voulu entendre à son âge ? Aucune idée. Dans un sens, je me doutais bien que je n’aurai pas posé la question, je me serais contenté de me moquer de la personne en l’ignorant superbement. Vachement classe. Mais là, c’était différent. Je pris mon inspiration.

      « Je ne sais pas ce que tu veux entendre, Lyra… On est dans la m#rde jusqu’au cou, et ça sent pas bon. Ca, c’est certain. Après… ça ne peut que s’arranger, si votre maire gère bien les choses et travaille main dans la main avec le lieutenant. Et je t’ai dis de me tutoyer. Ce qu’il se passe, c’est que là, un troupeau de mouton vient d’être attaqué par les loups, et que les chiens de berger et les bergers sont soit hors jeu, soit se sont totalement paumés. Du coup, les moutons sont dispersés et pour la première fois depuis longtemps livrés à eux même. Du coup, ils peuvent soit tenter de faire comme si rien ne s’était passé, ce que je leur déconseille, soit s’organiser, soit s’allier avec les chiens de berger blessés qu’il reste et qui ont rejoint le groupe, leur faire confiance, et se réorganiser en un petit troupeau plus autonome, mais toujours conscient que l’ordre et les lois sont indispensables pour sa survie. »


    Je me tus. Estomaqué parce que j’avais dit. Ca m’arrivait rarement, mais ça m’arrivait. Parfois, j’avais l’impression d’être totalement stupide, mais parfois… rarement, immensément rarement, j’avais l’impression… d’être sensé. Sans le vouloir. Comme si quelqu’un, comme Emmanuel, mon grand frère, déboulait dans ma tête, me chassait comme il me chassait lorsque j’étais petit, et me disait « bon allez, dégage Alex, et laisse le boss gérer avant que tu fasses une grosse bêtise. Alors tu te la boucles, et tu nous laisses causer entre adulte, okay ? ». Sans que je ne puisse rien n’y faire. Et je n’aimais pas ça. Pas du tout. C’était parce que je n’aimais pas ça, je ne retins pas la bêtise que me vint à l’esprit :

      « Après, faut pas confondre les calamars et les chiens de berger, ou les goélands et les loups non plus. C’est sacrément différent. Surtout au niveau du cri et de l’aspect. Et moi, je serai le tigre aux dents de sabre. Groaaaaaaaar »


    Et là, Emmanuel qui squattait encore ma tête, ne peut s’empêcher de dire « Ta g#eule Alexandre. Juste, ta g#eule… ».

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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Jeu 28 Fév - 13:03

Je n’étais pas du genre à me laisser aller bien au contraire, et j’étais surtout curieuse de savoir l’évolution de cette situation. J’avais grandi avec ma sœur depuis le décès de mes parents, je n’avais eu la même attention que la majorité des enfants qui étaient avec moi. Non j’avais été d’autant plus couvée par ma sœur protectrice, mais j’avais également grandi rapidement. Il y avait un moment où j’avais compris que la petite dévergondée ce n’était pas pour moi. Ma sœur ne m’aurait très certainement jamais laissé faire. Mais aussi le fiat d’être couvée comme jamais par ma sœur, aujourd’hui cela me donnait envie d’agir, je voyais ma sœur agir plus ou moins de façon concrète, j’avais envie de faire de même. Mais voilà encore une fois je n’étais qu’une gamine de dix-sept ans, allez faire comprendre cela à n’importe qui. Une gamine de dix-sept ans qui voulait aider alors que je ne savais même pas comment faire. Comment me rendre utile ? A quoi je pouvais bien servir dans cette situation ? C’était bien facile à dire, mais bon il était vrai que la question de mon utilité au sein de la communauté était débile. Pour ma sœur de toute manière, ce n’était pas ma place et ça s’arrangerait, j’espérais en tout cas.

Je l’écoutais attentivement, c’était comme si pour la première fois on me parlait vraiment sincèrement du problème sans pour autant prendre les pincettes. Ce que je voulais entendre ? Ce qui se passait, sincèrement. Des choses claires, des choses nettes. Des choses sincères, on ne pouvait pas continuer à se mentir, à essayer de cacher les choses. Mais d’une certaine manière, je comprenais aussi beaucoup étaient dans le doute finalement ne savant pas vraiment ce qui se passait. Hors de Louisville, ça restait le mystère, pour moi il y avait Louisville puis le reste de la France voir du monde. On se retrouvait finalement comme un retour dans le passé. Il pensait qu’une alliance était encore ce qu’il y avait de mieux. En effet, si tout ce qu'on nous décrivait était la vérité alors dans ce cas là, il fallait s’organiser arrêter de se voilà la face. Avancer sincèrement. On ne pouvait pas faire autrement. C’était la meilleure façon, la meilleure solution pour agir dans ce cas là, comment se voilà la face, comment ne pas croire en ses capacités.

« C’est ce que je pense. Ce que je veux entendre la vérité ! C’est pas parce que j’ai 17 ans qu’il faut essayer d’arrondir les coins. Je suis jeune, mais pas conne ni naive. C’est la seule chose que je veux qui soit claire dans tous les cas. Je me doute qu’il faut s’organiser, finalement c’est ce que je m’imaginais… Enfin plus ou moins dirons nous. »

Je riais quand il me fit sa remarque sur les cris des animaux, il arrivait à me décrocher un sourire, cela faisait un petit moment que je n’avais pas fait ce sourire.

« C’est sur que c’est bien différent ! »


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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Dim 17 Mar - 22:01

      « C’est ce que je pense. Ce que je veux entendre la vérité ! C’est pas parce que j’ai 17 ans qu’il faut essayer d’arrondir les coins. Je suis jeune, mais pas conne ni naïve. C’est la seule chose que je veux qui soit claire dans tous les cas. Je me doute qu’il faut s’organiser, finalement c’est ce que je m’imaginais… Enfin plus ou moins dirons-nous. C’est sur que c’est bien différent ! »


    Elle commença à rire à ma remarque, et comme toujours j’explosai de rire de concert, des fossettes se creusant sur mes joues et un sourire malicieux naissant sur mes lèvres. J’aurais du me reconvertir clown en fait, parce que j’aimais bien faire rire les gens. Mais bon, même si les Louisvilliens allaient avoir besoin de rire, j’avais la mauvaise impression que ça n’allait pas vraiment être mon job, et que moi j’allais plutôt devoir maintenir l’ordre pendant que le chanceux en salopette et nez rouge allait pouvoir s’éclater à faire le pitre. C’était trop injuste. Vraiment trop injuste. Parce que je me doutais bien que les jeunes de l’âge de Lyra, et les vieux c#ns, et les adultes idiots, et en fait tout le monde en dehors des gamins trop jeunes pour tout comprendre, n’allaient pas apprécier les restrictions et la perte d’un certain confort au profil de rondes et autres trucs chiants que Raulne allait nous imposer. Parce qu’il allait forcément nous imposer ça, et imposer aux Louisvilliens des trucs chiants, parce que lorsqu’on était le grand chef, on aimait bien imposer des trucs aux gens, et que forcément, on n’allait pas non plus imposer des trucs sympas comme par exemple manger des barbapapas ou aller jouer au rugby dans la boue, non non ! Fallait que ce soit des couvre-feux, des restrictions, des interdictions, des perquisitions, des émotions… Ah non, ça on ne nous les imposait pas, elles s’imposaient d’elles-mêmes. J’avais totalement perdu le fil de la conversation. Qu’est ce qu’elle avait dit déjà ? Qu’elle préférait courir vers le stand « vérité qui dérange » et éviter celui de « mensonge qui rassure » ? Ah oui…

    Je repris sur ma lancée animalistique en la complétant un peu :

      « N’empêche, je trouve que pour un mouton, tu ressembles plus à une chèvre, Lyra ! Pas dans le sens ou tu serais chèvre, hein !, attention à ce que je ne dis pas même si on dirait vachement que je le dis quand même, mais dans le sens où tu n’es pas qu’un bête mouton en train de mâcher son herbe, genre « keskispasse ? elle est où mon avoine ? », mais plutôt en mode au taquet « oh, des nouveaux chiens de bergers, va falloir réquisitionner l’herbe et chasser des mouflons si on veut survivre en attendant Monsieur Seguin »… Tu vois le genre ? »


    Je me passai une main dans les cheveux, avant de la laisser descendre dans ma nuque pour masser mon cou un peu raide, comme toujours lorsque j’étais un peu… dubitatif voire anxieux par rapport à ce que je pouvais bien dire. Je réfléchissais à ce dont on parlait depuis le début. Visiblement… même si je la faisais rire, même si je m’efforçais de changer de sujet ou de partir sur des métaphores douteuses, elle ramenait toujours le sujet de notre conversation sur le présent et l’avenir post-apocalyptique, et même si j’avais une nette idée de ce qui allait nous attendre, et quand bien même je m’y refusais d’y penser concrètement, dans un moment d’égoïsme, et de gaminerie « je me cache les yeux avec les doigts alors tu me vois pas », je ne pouvais nier qu’elle cherchait à savoir ce qui allait se passer pour dissiper la peur de l’inconnu et des doutes. La peur de l’inconnu… moi, je n’en avais pas peur. Je craignais juste ce que j’étais capable de faire, de ne pas faire, d’infliger aux autres. Je savais que je pouvais péter un câble en un clin d’œil, frapper ceux qui m’agaçaient, menacer voire blesser gravement ceux qui me mettaient en colère, sans le regretter plus qu’en me détestant davantage. C’était de ça dont j’avais peur, mais je n’avais pas peur de l’inconnu. Il me tentait presque, m’attirant dans ses tentacules nappées de curiosité, m’aspirant, m’enjôlant comme les sirènes de Méditerranée séduisaient les marins dans l’Odyssée que j’avais lue en sixième. L’Inconnu… c’était un défi à part entière à mes yeux, un nouveau challenge à relever, un petit sourire à la commissure des lèvres, une promesse de renouveau et de changement, un nouveau terrain de jeu dans lequel je pourrai évoluer et mettre au défi mon intelligence et ma bêtise naturelle. Un avenir dans lequel je cesserai de faire souffrir les autres… peut être… Bref… l’inconnu me faisait envie, et pourtant je comprenais aussi qu’il puisse effrayer. Je me sentis étrangement… loin du ton humoristique, de mon sourire insolent, de mon optimisme débordant en apparence, lorsque je repris, interrogatif, pas franchement méchant, mais diablement sérieux :

      « Tu as peur ? De ce qu’il va se passer, de ne pas tout maîtriser, d’avoir définitivement tout perdu de ta vie… d’avant ? Notre vie d’avant… plutôt…N’aie surtout pas honte de dire oui, hein ! Ce serait bien plus normal que tu acquiesces que tu dises « non, c’est trop chouette ! »… »


    Sérieux ? Je m’étais décris comme sérieux quelques secondes plus tôt en pensées ? Bien mal m’en avait pris… j’étais incapable de ne pas dévier vers une bêtise, vers une boutade, une phrase pour faire rire…

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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Jeu 21 Mar - 16:51

Le mensonge qui rassure n’avait jamais été la solution. A la mort de mes parents, les gens avaient essayé de me faire croire des choses pour que je me sente moins triste, que je sois moins traumatisée par ce qui s’était passé ce soir-là dans la voiture. Mais derrière j’entendais bien leur parole « pauvre gamine, si jeune déjà orpheline ». Ouais enfin bon y avait aussi ma sœur qui était là pour m’aider, je n’étais pas sourde, les gens qui pensaient que j’étais fragile ou quoi. Ce n’était pas eux qui avaient du mal à dormir qui avaient tout vu dans la voiture quand elle s’était retournée, les cris, ce qui s’était passé. Et par devant on essayait de me faire croire que tout irait bien, BAH BIEN SUR même moi à dix ans je me doutais bien que ce n’était pas possible. J’étais peut-être jeune, mais loin d’être imbécile, je me doutais que ma vie ne serait pas facile avec seulement ma sœur sur qui m’appuyait, les mots papa et maman ne raisonneraient peut-être plus si souvent que ça. Et puis ça ne serait jamais pareil après tout.
Quand il me compara à une chèvre je ne pus m’empêcher de sourire sérieusement. J’étais définitivement en mode « tu me fais bien rire quand même ». Au-delà de ma curiosité maladive, il était vrai que je m’intéressais plus à ce qui se passait autour de moi, je ne pouvais pas laisser l’inconnu, j’étais bien trop concentrée et en mode à l’affût de toutes les choses étranges qui pourraient nous atteindre. Je voyais bien qu’aujourd’hui, il y avait quelque chose qui clochait sévèrement.

    « Je suis une chèvre sacrément têtue, tu ne peux pas imaginer. Je n’aime pas ne pas savoir. Je sens qu’il y a quelque chose qui se passe, mais je sens aussi qu’on cherche une nouvelle fois à me protéger de ce qui va se passer. Ca me tue, je veux savoir, c’est pire que la curiosité maladive, c’est quelque chose du genre, je ne sais pas, oui une chèvre peut-être mais une chèvre sacrément chiante pour terminer. »


J’écoutais la fin de sa métaphore animalistique, qui était pour le moment très intéressant. Ca me plaisait bien de l’entendre comme ça. En effet j’avais peur de ce qu’il allait se passer bien évidemment comment ne pas avoir peur, de ne pas craindre de tout perdre d’un coup comme ça ? Comment passer d’une civilisation où l’on pouvait communiquer avec n’importe qui en France ou dans le monde, à un monde qui était complètement coupé de toute communication en dehors de nos voisins de palier. Et puis le confort acquis depuis plusieurs siècles aujourd’hui. Tant de choses comme ça qu’on ne pense pas comme avantages au final mais comme juste des acquis, on l’a, point barre. Et quand tout disparait qu’est ce que ça fait ? Que devenons-nous ? Rien on est perdu ! On est totalement perdu parce que l’on ne sait plus comment retrouver nos acquis et ce qu’on a eu avant. On ne sait plus comment faire au final.

    « Oui j’ai peur, je suis terrifiée de me dire que le confort et ce que j’avais avant, tout est en train de disparaitre, et on le retrouvera très certainement jamais. J’ai tort ? »


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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Mer 10 Avr - 11:32

      « Oui j’ai peur, je suis terrifiée de me dire que le confort et ce que j’avais avant, tout est en train de disparaitre, et on le retrouvera très certainement jamais. J’ai tort ? »

      « Si tu as tort ? mais bien sûr que tu as… raison. Nan sérieux, tu pensais vraiment avoir tort ? Si tous les gens de ta ville sont aussi au taquet que toi, sérieux, on va trop gérer, et on va réinventer le fil à couper le beurre avant qu’arrivent les vacances la Toussaint tu vas voir. Et crois-en un expert, une fois la technique du fil à couper le beurre redécouverte, rien ne pourra arrêter l’avancée de la technologie et sbam ! Dans quelques mois tout redeviendra normal, mais en mieux, parce qu’on sera tous potes ! »


    Je parlais, je parlais, mais en fait, tout ce que je disais n’avait aucun sens. En même temps, voilà quoi. Ce n’était pas comme si je ne me complaisais pas dans ce rôle que je jouais, et encore ne le jouais-je qu’à moitié. J’aimais être un moulin à paroles qui racontait tellement de bêtises que même lorsqu’il disait des choses intéressantes on ne pouvait pas le croire sans se sentir ridicule. C’était marrant d’ailleurs. Surtout lorsque c’étaient les profs qui m’interrogeaient, et que je répondais juste malgré la forme peu… conventionnelle de mes réponses. Ils ne pouvaient pas décemment me mettre une mauvaise note, et ne pouvaient pas, non plus, généralement, laisser passer ça, surtout lorsqu’ils avaient eu le malheur de m’interroger à l’oral. En songeant à mes années de scolarité, qui n’étaient pas si éloignées que ça, j’esquissai un petit sourire. J’aurai bien aimé pouvoir retourner au collège, voire au lycée même si mes pitreries avaient changé de domaines à Autun, puisque je ne pouvais pas me permettre d’être totalement basique dans ce que j’inventais. J’avais du jouer la finesse. C’était encore plus amusant de parvenir aux limites, ou ce qui me semblait l’être, de mon imagination. J’observai Baxter qui jouait avec un bout de bois qu’il avait du trouver par terre puis je reportai mon regard sur ma jambe bandée. Le soleil me sembla brièvement un peu trop fort et je plissai les yeux puis les frottai pensivement. Ce n’était pas bien compliqué. J’avais perdu pas mal de sang, je ne m’étais réveillé… ce ne devait pas faire plus de quarante huit heures… en gros, j’étais physiquement faible, et même si mon cerveau était prêt à toutes les acrobaties, mon corps menaçait de me lâcher.

      « Oh p#tain… je crois que il vaudrait mieux que je t’abandonne, là parce… les médecins ne sont peut être pas tous des incompétents… »


    Je me levai en chancelant très légèrement, le temps de reprendre mon équilibre. Si je voulais faire une nouvelle sortie cet aprèm, il allait falloir que je me repose un peu. Et que je mange. Pourquoi avais-je cette fâcheuse manie de n’écouter personne ? parce que je m’appelais Alexandre Maxime Reh, assurément. Rien de plus. C’était une habitude de me croire plus malin, plus futé, plus… Bon, okay, j’étais réellement plus futé, seulement, je faisais taire mes instincts et mes déductions pour n’en faire qu’à ma tête. Et lorsque je voulais n’en faire qu’à ma tête, ça voulait généralement dire, faire la chose la plus stupide que je pouvais imaginer. Comme parcourir toute la ville en béquilles en sachant très bien que je n’étais pas en forme pour courir un marathon. Baxter jappa à mes chevilles, me faisant signe de partir.

      « Je pense qu’il faut mieux que je rentre… à l’hôpital. C’est pas comme si je suis sensé y rester à me légumer, mais bon… Tu veux faire un bout de chemin avec moi ? Ou juste me montrer vers où c’est, j’suis pas sûr de moi… »


    Mon œil, Alex, mon œil ! Bon, pas tout à fait. Mon sens de l’orientation laissait généralement à désirer, mais je n’étais pas encore suffisamment out pour me perdre dans un kilomètre carré, et surtout dans un bled comme Louisville. J’étais ingrat et méchant par rapport à la petite bourgade (quelle mignonne petite, toute petite, minuscule ville d’ailleurs !), mais il était vrai qu’avec des béquilles je n’avais pas beaucoup bougé, même si j’étais sportif, et donc… bref. Je m’embrouillais dans mon cerveau, c’était fichtrement inquiétant.

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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Sam 11 Mai - 22:33

Perdre tout d’un coup comme ça sans même comprendre pourquoi, juste parce qu’on était arrivé dans une nouvelle ère, je ne savais pas trop comment appeler cela pour être honnête. Revenons à la base, nous avions 17 ans, peut-être 18 au maximum dans ma classe, très sincèrement, on avait bien d’autres projet dans nos têtes respectifs, on voulait aller à Caen étudier ! Certains avaient même postulé dans de très bonnes écoles parisiennes, on avait pour la plupart des projets d’avenir, et là on ne savait même pas pour la plupart s’ils aboutiront. En ce qui me concernait, il valait mieux qu’une fac ouvre à Louisville parce qu’avec Mathilda que ça s’arrange ou non, à mon avis j’étais condamnée à vie de vivre dans la même maison de mes parents en sa compagnie. Un peu protecteur ? Si peu... Si peu, si vous saviez réellement. Je l’aime ma sœur, mais c’est vrai qu’avec ce qui venait de se passer et l’évolution de cela on ne savait pas forcément où ça allait nous mener, et bah… On en restait toujours au même point, on n’avançait clairement pas. On se retrouvait bloqué avec des militaires, et des autres, et les habitants et les arrivants. Bref, ça se transformer en joyeux bordel pour être tout à fait honnête.
Il me faisait rire quand il parlait avant les vacances de la Toussaint, des choses banales, on était coupé totalement du reste de la France. Mon portable m’avait officiellement abandonné au niveau de la batterie (et déjà avec un record de temps) 5 jours après la catastrophe, alors qu’il tenait à peine une journée avant. Enfin même 5 jours il m’avait été clairement très inutile pendant 5 jours, si ce n’est que j’avais un peu de distraction et encore… Je le savais qu’il cherchait à me faire rire un peu, penser à autre chose, mais sans savoir qu’au fond, je ne savais pas moi-même si j’avais envie de rire ou de pleurer. Je riais innocemment, parce que je voulais garder cette faible innocence qui me restait encore. Après la mort de mes parents, Mathilda s’était efforcé que je garde une vie approximativement normale. Et c’était pour ça que je la remerciais d’une certaine manière, d’un moment à l’autre je perdais mes deux parents sans comprendre dans un accident de voiture, et je retrouvais une sœur disparue depuis assez longtemps… C’était beaucoup pour une gamine de 9-10 ans maximum je ne pouvais pas dire exactement l’âge que j’avais à cette époque mais j’étais encore très jeune, trop jeune, pour comprendre certaines choses, et pour d’autres j’étais déjà suffisamment grande pour comprendre par exemple que ma vie ne serait plus jamais là même après toutes ces épreuves. Je n’étais pas non plus stupide, juste une enfant. Et aujourd’hui j’avais l’impression que certaines choses recommençaient j’avais grandi je comprenais encore plus de choses, mais encore jeune pour ne pas vouloir connaitre d’autres choses… Ce n’était pas une situation très facile à gérer pour mes deux pauvres neurones qui se battaient en duel.
Je le vis chanceler en voulant se lever par instant je me précipitais à l’aider, une personne handicapée c’était une personne plus faible mais pas incompétente m’avait-on souvent répété, bien sûr… Mais en attendant ce n’était pas non plus une raison pour le laisser sur le bord de la route n’est-il pas ? Enfin bon bref, il me demanda quand même de l’aide pour le raccompagner jusqu’à l’hôpital. Pourquoi pas après tout, je n’étais pas vraiment à ça près, nous étions à 5-10 minutes à pied maximum de l’hôpital au final… « Si tu souhaites que je te raccompagne, ça ne me dérange pas. D’ailleurs nouvelles questions, vu que je n’ai pas fini au lieu de parler des déboires… D’où viens-tu avant d’atterrir à Louisville ? Non parce que sérieusement ce n’est pas la ville des rêves non plus ? »

HJ : un mois je suis dans ma moyenne
HJ² : SORRY Sad


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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Ven 24 Mai - 16:19

    Lorsque je chancelai la première fois, je vis, dans un froncement de sourire, la gamine se précipiter pour m’aider. J’avais vraiment l’air d’un invalide genre j’ai besoin de dix personnes pour faire un pas, là ? Nan mais oh, c’était quoi ce bazar ? Je raffermis ma prise sur mes béquilles, pour faire genre que tout allait bien, que tout était totalement sous mon contrôle absolu et total, et que même le mouvement de mes cheveux était tout à fait contrôlé par mes petits neurones. En faisais-je un peu trop ? Euuh… possible. Probable. Dans tous les cas, voilà. J’étais peut être ridicule, mais je ne supportais pas qu’on veuille m’aider, parce que ma volonté d’autonomie et d’indépendance rivalisait dans les hauteurs avec mon incapacité à accepter toutes les formes d’autorité. Parfois, je me faisais la remarque que ça frisait le ridicule, mais, je n’y pouvais rien. Il suffisait d’un ordre pour qu’il me soit inconcevable d’y obéir, une phrase plus haute que l’autre pour que je me braque sans possible retour en arrière. Même si je faisais tous les efforts du monde pour me retenir, je n’y arrivais pas. Et bien, c’était la même chose, lorsqu’il s’agissait de dépendre de quelqu’un. Ca m’était insupportable. J’avais besoin de tout faire moi-même, parce que sinon j’avais l’impression de m’écraser, ce qui était, en soi, un sentiment assez détestable. Qui donc pouvait accepter ça ? Les personnes ayant un soupçon de ce qu’on appelle humilité peut être ?. Humiliquoi ? Laisse tomber, Alex, tu ne comprendrais même pas le concept…. Dans tous les cas, ceux qui acceptaient de s’écraser sans rien dire étaient pour moi comme des aliens qui ne méritaient pas mon intérêt. Et ceux qui refusaient de me laisser faire ce que je voulais, en étaient aussi. Mais seulement ceux qui étaient plus âgés que moi, parce que j’estimais qu’ils étaient sensés être plus matures que moi, donc du coup, moins portés sur le comportement puéril que je pouvais afficher, et donc, du coup, ils devaient savoir que ça ne servait à rien de s’acharner avec moi en face. Je soupirai en faisant un ‘pas’ en avant. Lorsqu’on avançait avec trois ‘pieds’ pouvait-on appeler ça un pas ? Enfin, trois… on pouvait presque dire trois et demi, parce que je posais légèrement ma jambe blessée lorsque j’avançais. C’était plus marrant, et ça m’aidait pour mon sens de l’équilibre.


    « Si tu souhaites que je te raccompagne, ça ne me dérange pas. D’ailleurs nouvelles questions, vu que je n’ai pas fini au lieu de parler des déboires… D’où viens-tu avant d’atterrir à Louisville ? Non parce que sérieusement ce n’est pas la ville des rêves non plus ? »

    J’étais d’un caractère facilement rancunier, mais pour le coup, j’oubliais qu’elle avait voulu me traiter comme un handicapé incapable en souriant à moitié. J’haussai les épaules, faisant joujou avec les béquilles, en me balançant. D’où je venais ? Euh… excellente question. Vu mon accent prononçait, je pensais bien qu’elle savait que j’étais un petit provençal. Du coup, elle devait me demander d’où venait la troupe de clowns militaires dont je faisais partie.

    « Ouaip, j’veux bien que tu me raccompagnes, histoire que je me retrouve pas à Brest sans savoir par où je suis passé ! D’où j’viens avant Louisville, euuh… c’est une excellente question ! »

    Je fis mine de réfléchir quelques secondes, avant de lancer, comme un vieux sage aurait pu dire un proverbe particulièrement recherché et profond, avec un sens prophétique que des dizaines et des dizaines d’autres vieux singes sages auraient pu chercher à comprendre pendant des décennies, avant de s’apercevoir que le premier vieux sage en question avait juste un peu trop fumé avant de demander qu’on lui passe le sel :

    « Je viens d’un pays où l’on voit plus de vaches que d’hommes, et où les nuages ne nous quittent jamais ! Bref, à la base, on était à Deauville, mais on nous a demandé de monter touuuuut là haut, là où le soleil ne se lève jamais et où il pleut 365 jours par ans. Tu vois le genre ! Bon après, c’est sûr qu’ici, c’est pas non plus la folie, mais c’est pas non plus trop le trou du c#l du monde, non ? »

    Comment ça, je racontais n’importe quoi ? Mais c’était habituel, ça, il fallait s’y habituer lorsqu’on me côtoyait. Bon d’accord, la plupart des gens qui me côtoyaient, qui te subissaient, plutôt, soyons précis,, subissaient, si tu veux Manu, ne le faisaient pas de gaité de cœur à la base, et même pas qu’à la base…. Bon, ça va, on avait compris que j’étais insupportable lorsqu’on creusait un peu sous la surface. Oh, tu sais, y’a pas forcément besoin de creuser !. Oh, mais ta g#eule Manu !

    Baxter me suivait, attentif, alors que nous marchions dans les rues en direction de l’hôpital dont je vis bientôt la silhouette se détacher, s’approcher, et se trouver face à nous. C’était vraiment pas loin, en fait. Sur une jambe, je m’arrêtai pour m’étirer longuement et je sifflai Baxter qui revint s’asseoir à mes pieds, me léchant la main.

    « Pfiou, heureusement qu’on est pas dans les Alpes, quand même, et que c’est tout plat ici !! En tout cas, c’était sympa d’te parler. Et t’en fais pas trop, si les moutons et les chèvres bouffent pas les chiens d’berger, le grand ours des montagnes pourra rien faire au troupeau ! »

    Tu racontes vraiment n’importe quoi Alex… plus encore que d’habitude…
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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Sam 8 Juin - 13:43

Il était dans l’ordre naturel des choses que je veuille aider Alexandre, le militaire présent devant moi, en béquille, il ne pouvait guère avoir beaucoup de facilité à se déplacer. Et je savais de quoi je parlais, après une magnifique chute (poussée par un imbécile de seconde qui courrait d’ailleurs dans ces mêmes escaliers) j’avais obtenu quatre mois d’immobilisation de ma jambe dans un plâtre, parce que mes deux os n’avaient rien trouvé de mieux que se casser… Forcément j’en étais encore une fois passée à faire la gueule pendant une semaine allongée dans mon lit, parce que je ne pouvais rien faire, et pour compléter mon désarroi le plus total. C’était arrivé à quelques jours de la fin des cours. Donc j’avais passé mon bac de français en béquille, sans compter mon été… Autant vous dire que tous les livres de ma bibliothèque sont lus et relus pour le coup, ne pouvant pas trop sortir, j’avais trouvé d’autres occupations. Enfin, quoiqu’il en soit, je comprenais que ça pouvait énerver les gens que d’être pris pour des assistés dès lors que l’on avait une infirmité, comme une jambe cassée ou quelque chose dans le genre. Du moins, je pouvais très bien le comprendre, mais intérieurement on aimait bien sur faire aider aussi.

Une nouvelle fois je souris quand il fit sa petite réplique rigolote sur Brest. On était en Normandie pas en Bretagne et c’était très important de séparer les deux.

« Au pire tu pourrais aller jusque Caen, mais sincèrement il te faudrait un moment. »

Tout là-haut où il pleut 365 jours par an ? Ah c’est le Nord… Bon en même temps la Normandie n’était pas non plus réputée pour son soleil certes, mais bon, quand il faisait beau on aimait bien aller faire trempette. Après d’accord c’était peut-être pas le trou du cul du monde, mais ce n’était pas non, la grande marrade que de vivre dans le coin. En dehors des vaches et des prés que l’on avait à perte de vue dès lors que l’on sortait de la ville, bon d’accord, la moyenne d’âge était de 40 ans peut être plutôt que de 70 quand on déplaçait dans le village où vivait mes grands-parents il y a bien longtemps. Là-bas c’était simple, il y avait plus de gens dans le cimetière qu’en dehors, et ce n’était vraiment pas une blague…

« C’est pas non plus la ville la plus animée de Normandie si tu veux mon avis. » dis-je le plus sérieusement possible

Nous arrivions non loin de l’hôpital dont je voyais le haut se dégager. Je savais parfaitement où il était après tout. J’avais pour habitude de passer devant chaque matin que ce soit à pied, à vélo ou en voiture quand il pleuvait avec ma sœur, vu que c’était très souvent elle qui me déposait à l’école. Dans tous les cas, parler au militaire m’avait fait le plus grand bien, ça me faisait d’accord étrange que de parler comme ça naturellement à une personne qui était d’abord inconnu et qui pouvait devenir rapidement une connaissance dès lors qu’on se donnait la peine de découvrir qui il était. Même si je n’avais pas forcément appris toute sa vie, je savais qu’il était quelqu’un en qui on pouvait avoir confiance et contrairement à ce que pouvait penser Mathieu, tous les militaires n’étaient pas des salauds non plus… Bien au contraire, en tout cas celui-là m’avait bien plus.

« Si tu le dis, en tout cas ce fut vraiment un plaisir que de parler avec toi, ça m’a fait du bien de parler à une autre personne, qu’à ma sœur et les gens que je connais déjà sur Louisville. Si jamais tu t’ennuies trop à l’hôpital hésite pas à me faire signe n’est-ce pas ? »

Dis-je avec un sourire. Non contrairement à ce que vous pensez ce n’était pas de la drague, juste l’occasion de sortir un peu de mon train-train quotidien. Il était bien trop vieux pour moi de toute manière.


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MessageSujet: Re: 'till the world ends. [Livre I - Terminé]   Jeu 20 Juin - 9:51


    « C’est pas non plus la ville la plus animée de Normandie si tu veux mon avis. »

    Je levai les yeux au ciel. Elle n’avait vraiment aucun sens de l’humour ou quoi ? Enfin, c’était quoi ce ton sérieux. Ce n’était pas drôle, et ça détonnait par rapport à mes blagues, mes métaphores, mes bêtises et mes traits d’esprit, qui brillaient, quant à eux, par leur absence … Au moins, ils sont parfois là, Manu, alors que chez toi… très mature, vraiment…. Si je commençais à me disputer avec ma représentation mentale de l’intellect, limité, et oh ! je ne te permets pas !, très limité donc de mon frère, je n’étais pas sorti de l’auberge. Et ça voulait aussi dire que tu as un intellect assez limité toi aussi contrairement aux idées reçues ?, non, ça voulait dire que j’étais simplement fatigué. Et j’aimais pas être fatigué. D’habitude, je pensais et disais des c#nneries que je contrôlais plus ou moins, mais la fatigue avait un effet… étrange sur moi, et je commençais à vraiment déblatérer sans savoir où ça allait me mener.

    « Si tu le dis, en tout cas ce fut vraiment un plaisir que de parler avec toi, ça m’a fait du bien de parler à une autre personne, qu’à ma sœur et les gens que je connais déjà sur Louisville. Si jamais tu t’ennuies trop à l’hôpital hésite pas à me faire signe n’est-ce pas ? »

    « Et comment que je te le dis !! Faut pas s’en faire, te dis-je, enfin… pour le moment. Tant qu’on reste soudé, tout ira bien en théorie. Après… voilà. Et pas de souci, je t’enverrai quérir si jamais je m’ennuie, ce qui, faut quand même être franc, risque d’arriver sous peu ! »

    Au moins, on était d’accord sur une chose : Louisville n’était franchement animée, même si je lui trouvais un petit côté pittoresque attachant. Ou pas. Comme je l’avais dit, il y avait certainement pire ailleurs, Velaux était quand même pas Rio de Janeiro, fallait pas se leurrer, et que ce fut une petite ville avait ses avantages. Plus facile à gérer, plus facile à connaître, pour nous qui venions d’arriver. Qu’est ce que tu viens de penser, là, Alex ? Quelque chose d’intelligent ?. Je poussai Manu loin dans mon esprit, en caressant et grattant Baxter qui attendait à côté de moi. Je n’avais pas envie de rentrer dans le bâtiment, parce que j’assimilais ça à un genre de sadomasochisme et de d’auto-enfermement, mais je ne pouvais pas ignorer trop longtemps les signaux d’alerte que m’envoyaient mes nerfs et mon corps. Tu es au courant que les nerfs et le corps, c’est légèrement similaire pour le coup ?. Tais toi. Merci.

    « Tu vas faire quoi du coup, toi ? Glandouiller ? C’ta sœur qui s’occupe de… »

    « REH ! Mais qu’est ce que vous faites dehors, vous êtes sensé vous ménager ! »

    Ouch. Ca, ça faisait mal aux tympans. Mon nom de famille avait du être l’un des plus vite intégrés par le personnel soignant, sûrement parce que ce genre d’exclamation, j’en avais entendu pas mal ces derniers jours. Le summum, ça avait été lorsque Muet m’avait ramené après mon début de bagarre avec le garagiste. Mon sourire insolent et moqueur n’avait rien arrangé, puisque, apparemment, ils auraient souhaité avoir au moins le plaisir de voir un air contrit apparaître sur mon visage. Echec. D’ailleurs, à cet instant, mon sourire était loin de se faire la malle, teinté même d’amusement malgré la fatigue qui me rendait moins alerte. Je répondis le plus naturellement du monde :

    « Vous n’allez pas me croire, mais il semblerait que j’ai fait une crise de somnambulisme et que je me suis retrouvé dehors, et heureusement que Lyra m’a ramené ici, sinon j’étais perdu pour l’humanité à errer dans ville sans trouver mon chemin. Vous voyez, ce n’est pas de ma faute ! »

    Bon sang, Alex, tu as vingt-quatre ans. Vingt-quatre ans m#rde ! Tu ne peux pas te comporter en… adulte, au moins une fois dans ta vie ? Vingt-quatre ans de c#nnerie, j’ai l’impression….Je n’aimais pas l’idée ennuyeuse de faire ce qu’on attendait de moi, tout simplement. Dans un sourire désolé à Lyra, toutefois, je clopinai en direction de l’infirmière qui semblait à bout de patience. Elle m’avait vraiment cherché ? C’était tout à fait charmant comme concept. Et ça me faisait rire intérieurement tout en m’énervant. Comme si je n’étais pas capable de m’occuper de moi-même comme un grand. Je n’étais pas un gamin mince, qu’est ce qu’ils avaient tous à croire que j’avais besoin d’aide, hein ? Si tu n’es pas un gamin, arrête de te comporter comme tel, alors… Mais si j’arrêtais de me comporter comme un gamin, je n’avais pas d’autre choix que d’être ce qu’on attendait de moi, et ça, il n’en était pas question. Je souris à Lyra en entrant dans l’hôpital.

    « Bye la miss ! »
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