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MessageSujet: Ash to ashes, dust to dust   Dim 20 Avr - 15:20

Il neige toujours. Il y a toujours autant de cendres. Les jours s'enfilent comme des perles sur un collier, sauf que celui là est sans fin. Tout se ressemble, tout n'est que désolation. Et moi je m'efforce chaque jour de déterrer un peu d'espoir, pour moi, pour eux. Ils ont changé depuis notre arrivée au camp D57. Ce que je redoutais est arrivé, surtout pour Camélia. En quelques mois, elle a pris des années. Elle n'est plus la jolie petite fille innocente qui embêtait son frère à longueur de journée. Désormais elle a ouvert les yeux sur le monde et la cruauté de la nature humaine. L'espoir n'est plus une évidance à ses yeux. Elle doit le chercher. Comme moi. Edward lui conserve encore un petit peu son innocence. Il voit bien ce qui se passe autour de lui, nous avons détruit la facade de notre ancienne vie. Vivre au camp est dur, très dur pour lui, mais moi je suis plutôt soulagée. Bien sûr, je n'ai aucune confiance en la sécurité et en Raulne, mais au moins avons nous quitté Louisville, devenu repaire de mort. Ici peut être auront nous plus de chance de survivre. Ici l'organisation me semble plus efficace. Ici nous ne sommes plus seuls. J'avais mal, chaque fois que je regardais autour de moi et que je voyais cette si belle ville, ma ville, en cendres. Au moins la page est tournée. Au moins nous pouvons avancer. J'espère.

Tout mon corps me fait mal en permanence. J'ai froid, j'ai faim, je suis maigre et pâle. Mais ce n'est pas grave. Ca m'importe peu. Je me sacrifie pour eux tout le temps, cela ne me dérange pas, c'est un devoir vital duquel je ne me détournerais jamais. Si ce monde doit avoir un lendemain, ce sera eux. Pas moi.

C'est une des raisons pour lesquelles je me suis mise à donner quelques cours. Laisser ces enfants dans l'ignorance, sans savoir à transmettre à leur prochain m'insupporte. Au départ je ne m'occupais que d'Edward et Camélia, puis d'autres enfants des tentes alentours se sont greffés. Cela ne me dérangeait pas vraiment. Je ne voulais pas m'impliquer dans la vie publique du camp mais je pouvais au moins faire cela. Bien sûr tous les enfants n'avaient pas le même âge, certains avait eu le temps d'aller au collège, voir au lycée, mais dans la situation où l'on est on ne fait pas les difficiles. Je ne suis pas prof mais je leur apprends ce que je sais. Les bases, ce qui pourra toujours leur servir. Environ tous les deux jours je prenais donc un petit groupe d'enfants dans ma tente ou dans une tente voisine.

Aujourd'hui je leur apprenais quelques notions d'histoire. J'avais remarqué qu'un jeune paraissait très connaisseur de ce que je racontais. D'ailleurs, quand il fut l'heure pour tout le monde de repartir dans son coin, lui resta. Je le connaissais de nom, Matthieu Leunay, fils d'un réfugié de Louisville. Il me posa quelques questions, m'informa qu'il était étudiant en histoire avant la guerre. Nous restâmes discuter histoire pendant environ un quart d'heure, et c'est certainement ce retard qui poussa le père à venir à l'entrée de la tente alors que Matthieu et moi finissions de discuter tout en sortant.

« Bonjour... Vous devez être Monsieur Leunay, désolé, j'ai quelque peu retenu votre fils. »
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MessageSujet: Re: Ash to ashes, dust to dust   Sam 26 Avr - 14:25

Je tousse assez bruyamment. Cela fait deux jours que j'ai du mal à bouger, que j'ai des raideurs musculaires et que de manière générale je me sens plutôt faible. En fait, je serais un peu hypocrite en disant ça. Je me sens faible depuis les blessures que j'ai reçues à Louisville, pendant l'assaut des écorchards. Je me souviens de tout. De la chaleur des flammes qui se répandent dans la nuit, des flocons de neige qui fondent sur mon visage en picotant mes chairs meurtries et déchirées par les coups de mon adversaire. Je me rappelle l'éclat furieux de son visage tandis que nous nous agrippons sauvagement, je me rappelle aussi de la moindre expression sur ce visage que je meurtris de mes points. Je me souviens beaucoup de douleur. Il était question de souffrance. Ca, je le sais. Je me vois encore marteler son visage à coups de poing, mes jointures rencontrant pommettes et arcades, ouvrant chairs et meutrissant ses dents, ses paupières. Le sang, du sang partout. Autour de moi les coups de feu qui claquent. Et une pensée. Une seule. Obsédante et entêtante. Matthieu. Où donc se trouve mon fils. Je le retrouve non loin de là alors que mon visage et mon corps tout entier est contusionné, marqué par les coups et par les chocs reçus contre le sol. Je suis la souffrance, à cet instant précis.


Et je sors d'un sommeil agité. Je suis gelé mais j'ai chaud à la tête ; je me sens en sueur. Autour de moi, il n'y a que l'environnement calme et désormais quasiment familier de ma tête avec mon fils. Celui n'est pas présent. Je repousse la couverture en laine miteuse qui recouvre mon corps nu au dessus. Je grelotte mais je transpire. Je sais que je souffre de fortes fièvres intermittentes depuis que j'ai été blessé en défendant ma vie quelques semaines plus tôt. Rien de grave, mais j'ai probablement quelque chose à l'intérieur qui ne fonctionne pas ou qui ne se remet pas en place correctement. Peut être une de mes côtes, que je sais fragilisées depuis les nombreux chocs reçus à coups de poing et de pied, alors que j'étais à même le sol. J'ai même l'impression qu'une de mes côtes se ressoude très mal, et ne s'est jamais vraiment remise en place. Aucune importance dans le fond ; je ne peux pas aller voir le médecin de toute manière vu que les rares qui sont disponibles au camp doivent s'occuper en priorité des cas les plus graves. Ma fièvre passera. Je frissonne pendant un bon moment avant de trouver le courage de me débarbouiller dans un bac de neige fondue et de m'habiller. Le temps que je le fasse, je me sens un peu mieux même si la migraine pointe aux limites de ma conscience. Je finis par m'intéresser à ma montre, et me rends compte que Matthieu aurait depuis longtemps dû rentrer. Je ne plaisante pas avec ça, parce que je sais qu'il peut arriver n'importe quoi en plein milieu d'un camp de réfugiés.


Je me presse en tremblotant pour amener jusqu'à mes lèvres ma cigarette Q, ainsi nommée par son vendeur pour son quart de tabac contenu dans le mince cylindre de papier. Je tire comme un forcené sur le petit baton fumant avant de le jeter à l'entrée de la tente de la femme qui donne des cours à mon fils. Je les interrompt visiblement, et celui ci sort, d'un air faussement indifférent. Il ne m'a toujours pas pardonné le sang sur mes mains. Ca viendra un jour. Ou bien tant pis. Je reporte mon regard fiévreux vers la jeune femme. Petite, l'air hispanique, très séduisante mais à l'air relativement peu avenant.



| Aucun souci s'il a appris quelque chose... Avec lui, comment ça se passe, madame... Bellange ? |



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MessageSujet: Re: Ash to ashes, dust to dust   Jeu 1 Mai - 15:31

Tellement de choses ont changé, et vont encore continuer à changer. J'ai peur de l'avenir, de ce qu'il peut nous réserver, tout comme j'ai hâte d'être demain, un demain qui nous donnera peut être plus de chances à saisir. Je me rappelle encore de nos derniers jours à Louisville. Etions-nous mieux ? En apparence, oui, mais en vérité je sais bien que nous. Lyra et moi parlions d'opportunités la veille de Noël, sur un banc face au port en déroute. La destruction de notre ville en est-elle une ? Il est peut être trop tôt pour l'assurer avec certitude, mais je pense que l'on peut répondre oui. L'avenir nous le confirmera, je l'espère, comme j'espère qu'il nous donnera encore d'autres opportunités à saisir vers un monde meilleur. Bien sûr, beaucoup sont morts, les cadavres hantent encore mes pensées, mes nuits. Des renégats. Pas des gens dont j'étais particulièrement proche, à part Benjamin. Mais tout de même, des gens que je connaissais, que j'appréciais. Et quand j'y pense, j'ai mal. Peut être me faudra t-il me détacher de trop de sentiments si je veux continuer à avancer avec mes enfants, peut être que ce sont les souvenirs qui me rongeront, mais peut être aussi s'agira t'il de cela qui me redonnera espoir que je n'aurais plus la force pour avancer. Encore tant de choses incertaines et il nous faut continuer à vivre avec ces incertitudes.

Donner des cours aux enfants me permettait de m'occuper, d'arrêter de me tirailler l'esprit d'angoisses diverses et variés à longueur de journée. Ce n'était pas facile, les écarts d'âges et de niveaux étaient impressionants, et pour l'instant je n'avais pas réussi à faire des groupes de niveau, mais j'étais en train de penser à quelque chose de plus organisé, qui serait plus concret et mieux pour les gamins. Les plus petits ne tenaient pas en place plus d'une demi-heure, c'était normal, je le savais mieux que personne. Alors quand un de vos élèves vient vous voir à la fin du cours pour vous manifester son intérêt, vous ne pouvez qu'être ravie. Si bien que, non, je ne vis pas le temps passer, et lui non plus. Le père, je l'avais vu une ou deux fois à Louisville, mais je ne m'étais pas attardée sur lui, je ne savais rien de lui et sa vie ne m'intéressait pas, pour tout vous dire. Mais puisqu'il était là... Dès qu'il arriva, je vis l'expression de Matthieu changer. Impassible, tout à coup. Et il sort rapidement, sans un mot. J'avoue être quelque peu... déconcentrée par son attitude. Mais après tout, je ne sais rien des rapports entre le père et le fils. Il n'a pas l'air de bonne humeur, mais c'est compréhensible, avec ce que nous venions tous de vivre, chacun était tendu et clairement sur la défensive. En plus, il sentait la cigarette. La cigarette ? Le monde part en lambeaux, et tout ce qu'il trouve à faire, c'est fumer ? Si moi même je fumais, j'aurai arrété, ou du moins essayé depuis longtemps. Quand son stock s'écoulera, comment fera t-il ? Il ira mendier aux autres fumeurs du camp ? Comme si mendier de la nourriture ne suffisait pas. Je lui offrais un petit sourire, assez franc.

« Bellanger. Isabella Bellanger. Je ne sais pas s'il a vraiment appris quelque chose. Je leur ai donné quelques notions d'histoire, et votre fils paraissait très connaisseur. »

Je marquais une pause, histoire de le laisser me répondre s'il le jugeait nécessaire.

« Vous savez, ce n'est pas facile de donner des cours dans un camp de réfugiés. Pas de moyens, on fait avec le peu qu'on a, et les gens sont pas vraiment portés sur l'éducation en ce moment, ce qui est normal. Mais ça se passe bien, oui. »
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MessageSujet: Re: Ash to ashes, dust to dust   Lun 5 Mai - 19:20

La migraine menace et me tiraille aux limites de mon esprit, et je me sens quelque peu nauséeux. Peut être n'aurais je pas dû sortir, mais mon inquiétude pour mon fils est la plus forte et il faut bien préciser que je déplacerai des montagnes pour lui depuis que toute cette histoire de guerre nucléaire a commencé. Cela ne m'empêche pas intérieurement de le maudire pour avoir inquiété son père tandis que je me maudis doublement pour en avoir accordé une fois encore un peu trop d'importance. Les choses auraient pu être plus faciles s'il rentrait à l'heure convenue et si je n'étais pas moi même malade, mais j'imagine qu'on ne peut pas tout avoir... La vie est déjà une bonne chose, et les occasions de la perdre en route n'ont pas manqué, ça non ! Arriver jusque là, si ce n'est pas un exploit, est pourtant une excellente chose, une chose dont on peut être fier. Quoiqu'on ai été amené à faire pour survivre. Même les choses les plus horribles trouvent leur sens quand la nécéssité fait loi. Et la nécessité est la plus efficace des motivations... J'avais mis beaucoup de temps pour le comprendre, mais c'était finalement arrivé. Se battre pour survivre contre la faim, le froid, la maladie et les autres vous ouvre les yeux sur ce qu'il se passe vraiment dans ce monde. Sur ce qu'il se passe autour de nous, et en nous. Je ne me suis jamais aussi bien compris et accepté qu'aujourd'hui. Même si les sacrifices ne sont clairement pas finis...


L'éducation était un luxe dont on pouvait se dispenser, mais qui était bon à prendre quand l'opportunité se présentait. En plus, ça occupait les pensées en plus du reste de l'esprit et ce n'était pas plus mal pour quelqu'un comme mon fils qui n'avait de cesse de cogiter à propos de tout et de n'importe quoi. Il s'en voulait pour tant de choses ; c'était ce qu'on appelait communément la culpabilité du survivant Je n'étais pas certain qu'il puisse un jour s'en défaire mais je ferais tout pour. Il arrive un moment dans la vie d'un homme où il faut passer outre les tiraillements du passé pour être en mesure d'avancer un peu plus sereinement. Si Matthieu ne serait peut être jamais serein, je pouvais quand même faire en sorte de l'occuper suffisamment pour qu'il puisse entrevoir la paix qu'il pourrait un jour obtenir. La femme que j'ai en face de moi a des enfants et elle donne des cours aux jeunes du camp. Je ne sais pas comment elle s'organise mais je m'en moque. Seuls comptent les résultats. Elle me sourit en m'accueillant, et en me précisant son nom. Ce qui au fond de moi m'indiffère, mais je feins d'être encore attaché aux banalités. De l'histoire...



| Ah oui pardon, autant pour moi. Madame Bellanger donc. De l'histoire ? Je sais qu'il a conscience qu'on arrive peut être à la fin de quelque chose, et qu'elle se déroule devant nos yeux... |


Elle me parle des conditions de travail qui sont les siennes.


| Tant mieux tant mieux... Matt m'a parlé aussi... De vos enfants ? Vous en avez, c'est ça ? Où sont ils pendant que vous faites la classe? |



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MessageSujet: Re: Ash to ashes, dust to dust   Sam 17 Mai - 16:20

[HJ] Désolé, c'est pas terrible :/

Je détaille l'homme qui me fait face. Il doit être un peu plus âgé que moi, à peine, de quelques années seulement, ce qui au fond m'importe peu. Pourquoi est-ce que je m'attarde avec lui ? Bonne question. J'ai bien d'autres chats à fouetter. Mes enfants à surveiller, même si pour le moment ils se sont repliés dans un coin de la tente, tranquilles. Je sais qu'Edward ne peut tenir en place bien longtemps, mais heureusement ma fille le canalise. Elle a compris que je ne pouvais les laisser sans surveillance mais également que je ne pouvais pas être constament près d'eux, quand bien même je fais tout pour. Au moins je peux compter sur elle, même si je ne peux la laisser seule surveiller son frère, désormais elle me comprend un peu mieux, moi et tous les efforts que je fais pour eux. Il y aura bien un moment où j'étoufferais, où j'aurais besoin de m'évader ne serait-ce qu'une heure. Je les laisserais à Mathie, ou plus vraissemblablement à Lyra. Ca ne me posait plus de problème de confier mes protégés à la jeune femme, j'avais bien été obligée de me rendre compte qu'elle avait grandi et qu'elle n'était plus une enfant. Peut être était-ce rassurant de la savoir grande, dans le sens où Mathie avait des obligations et ne serait pas toujours là. Enfin, le problème ne se pose pas encore.

Je me surprends à comparer ma situation à celle de Michel. Nous avons tous deux des enfants, mais ce n'est clairement pas pareil. Matthieu est deux fois plus grand que les miens, il est quasiment majeur. Puis... Ed et Cam n'auraient pas réagi comme Matthieu l'avait fait quand son père était entré. Je ne savais rien de leurs rapports, mais je les soupçonnais de ne pas être au beau fixe. Ou alors, ce n'était qu'une idée que je me faisais. Possible aussi. Il n'est pas aisé d'élever des gamins alors que vous avez tout perdu, alors que les bombes tombent autour de vous et que l'odeur de la mort se mèle à celle que vous respirez chaque jour. Ils regardent avec incompréhension le monde tomber en lambeaux autour d'eux... Et la question entêtante revient encore : quelle vie vont-ils avoir ? Ils sont si jeunes, ils n'ont même pas eu le temps de connaître le monde qui les entoure que déjà il s'écroule. Le bas âge est un fardeau que Matthieu ne porte pas, pourtant je le sens perturbé quand je prends le temps de l'observer. Pourquoi ? Ce ne sont pas mes affaires, oui je sais, mais que voulez-vous, quand on pique ma curiosité ou ma fibre maternelle... En réponse à ses premières paroles, j'énonce mes réflexions à haute voix.

« La fin de quelque chose, oui c'est sûr. Espérons que ce que nous vivons n'est qu'une transition vers un monde... meilleur. Ce n'est pas facile, pour eux, de grandir au milieu des bombes. »

Un monde meilleur, des fois j'avais du mal à y croire. Enfin, j'entendais surtout par là un monde meilleur que l'actuel. De toute manière, la nature humaine ne changerait jamais. Comme si l'homme avait besoin de faire la guerre. C'est ainsi depuis la nuit des temps. Et oui, tout revient toujours à l'histoire. L'homme évoqua ensuite mes enfants. Son fils lui en avait parlé, on dirait.

« Oui, j'ai deux enfants, la plus grande n'a que douze ans. Quand je fais les cours... Soit ils restent avec les autres enfants et ils se tiennent sages, soit je les confie à une amie de Louisville en qui j'ai confiance. Mais je me sépare d'eux le moins possible, on ne sait jamais ce qui peut encore nous arriver. »
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MessageSujet: Re: Ash to ashes, dust to dust   Sam 17 Mai - 21:00

En fait, si la femme semble à peu près avenante, je ne me prends pas trop la tête à imaginer qu'elle puisse être quelqu'un d'appréciable et d'intéressant. J'essaie de voir au delà des basses affinités humaines pour me consacrer à mon seul but. Mon fils, et sa survie. Tout ce qui peut l'aider. Et bien entendu, ce n'est pas gagné. Parce qu'il y a tant de choses qui nous menacent... C'est assez terrible comme truc, quand on y pense. La faim, le froid et la maladie, les pillards et l'ennemi, peu importe ce qu'il peut être après tout. La femme en face de moi, cette Isabella, semble à même de fournir des informations, des connaissances à Matthieu. Je ne peux pas dire que l'histoire est la meilleure chose à apprendre par les temps qui courent, il ferait mieux d'apprendre avec tous ces militaires et ces gens expérimentés qui chassent, pêchent ou montent des dispositifs pour nous aider à survivre. Mais son cerveau doit être comme une éponge ; prêt à se saisir de la moindre petite chose. Parce que tout peut l'aider à survivre à un moment ou à un autre. Parce que tout est susceptible de pouvoir un jour ou l'autre lui servir. Parce que plus il apprendra plus il diversifiera ses compétences et prouvera qu'il est capable de connaître des tas de choses. Se tailler une place dans ce monde nouveau.


Je note que l'enseignante me dévisage, comme pour savoir qui je suis. Elle n'a pas dû spécialement entendre parler de moi, j'imagine très bien que mon fils doit garder un silence de tombe à mon sujet. Il est comme ça depuis la route qui nous a menés à Louisville. Il faut dire que je lui ai peut être fait la plus terrible des impressions. Mais tant pis. C'est pour son bien, le mien, le nôtre. Pour qu'il puisse vivre un jour de plus. Comme tout ce que j'ai fait ensuite d'ailleurs. Un seul impératif. Survivre. Un jour ce sera à son tour de se salir les mains, et si pour l'instant je lui ai épargné ce genre de sombre destin ce ne sera pas toujours le cas, et il faut dire que pour son propre avenir il va bientôt devoir se traîner dans le sang, dans la boue et dans les larmes. Isabella coupe court à mes digressions. Je ne peux m'empêcher d'avoir un sourire ironique à ses paroles.



| Un monde meilleur, vous y croyez vous ? Ce n'est pas facile pour eux pour le moment. Mais eux ont leur vie devant eux pour apprendre comment s'en sortir. M'est avis que d'ici quelques années, tous ces jeunes nous auront remplacé à la tête du monde et ça ne serait pas plus mal quand on voit ce qu'on en a fait, non? |


Point de vue pessimiste sur ma propre survie, je m'en fiche carrément. Ce qui importe je le dis et le répète, c'est que Matthieu passe cet hiver et fasse quelque chose de son existence, quelque chose de plus utile et plus important que de vendre des voitures. Isabella me confirme avoir deux enfants plus jeunes. Je me fis pensif.


| Vous avez déjà de la chance, continuez comme ça. Ce n'est pas tout le monde qui a la chance de se tirer d'une guerre mondiale avec deux gosses en bas âge. C'est quoi pour vous le plan ? Survivre ici ou essayer de partir vous installer ailleurs? |





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MessageSujet: Re: Ash to ashes, dust to dust   Sam 24 Mai - 15:39

Des rares conversation que j'ai eu avec Matthieu, il ne m'a jamais vraiment parlé de son père. Je ne le connais vraiment que depuis que nous sommes arrivés au camp, je savais qu'il était à Louisville, mais tout de même, cela me semblait étrange qu'il n'ai jamais voulu évoquer son paternel. Pourtant, il devait lui devoir beaucoup. Il n'était pas seul, au moins. Même s'il était plus grand que mes enfants, il restait un ado et un ado en temps de guerre a besoin d'une figure évoquant les parents. D'habitude, je ne suis pas une voyeuse, je ne cherche pas à fouiller dans la vie des gens, surtout quand on pense à la situation dans laquelle nous nous trouvons. Tous dans des tentes, il n'y a plus d'intimité, mais il faut quand même bien que nous tentions de la préserver. Je ne veux pas violer la vie privée de Michel et Matthieu, mais leur relation m'intrigue. Je ne dis pas que je veux me lier à eux, que je veux les aider. J'ai déjà assez de boulot à essayer de construire un avenir à mes enfants. Mais de voir à quel point le jeune ignore son père, fait abstraction de lui... Ca me désole. Tout se passe si bien avec mes enfants à moi... Certes il reste les petites querelles entre frère et sœur, totalement normales, mais nous sommes une famille soudée. Ils savent que jamais je ne les abandonnerais. Jamais. Parce qu'ils sont ma raison de vivre. Je voulais croire qu'il en était ainsi pour toutes les familles. J'avais tord, et c'était tellement dommage... Mais au fond je ne pouvais rien y faire. Peut être le passé des deux hommes creusait-il un fossé, un gouffre entre eux deux, un gouffre que personne ne pourrait combler sauf eux deux. Et encore.

Pour autant, je ne doute pas que le père aime son fils, et veuille le meilleur pour lui. Il me l'a dit, d'une certaine manière. Et de toute façon, cela me semble logique malgré le froid apparent entre eux. Ca n'excuse pas qu'un père -ou une mère- vit en premier lieu pour la chair de sa chair, le sang de son sang. Leur donner tout ce que nous pouvons car ils sont l'avenir du monde, guerre ou pas guerre. Je les protège de mon mieux contre les démons humains, ces militaires, ce Raulne dont Edward a si peur... Ils ont des armes, donc ils sont dangereux. J'ai une arme, mais je sais que je ne serais pas de taille à me battre contre eux. Ce qui n'arrivera jamais, bien sûr, normalement, vu qu'ils sont là pour nous protéger. N'empêche qu'on n'est jamais mieux servie que par soi-même. Mouais... Vous me direz, dans le cas présent je ne sais pas trop m'en servir, de cette arme. Mais les choses ne vont pas rester comme cela indéfiniment ; je comptais bien demander quelques leçons de tir à Mathie quand elle en aurait le temps, ou même à Mickael qui me semblait tout aussi doué.

« Bien sûr. De toute façon, ce sont eux, l'avenir, pas nous. Il faut qu'ils se sortent de cet enfer et qu'ils aient toutes les clés pour reconstruire le monde. Quand je disais un monde meilleur... C'est dur à croire. Mais ayant vécu cette guerre, espérons qu'ils se souviendront des erreurs à ne pas commettre. »

Un monde où les hommes ne se soient pas obligés de se faire la guerre tous les cinq ans. Mais on dirait que c'est ancré dans la nature humaine, et la nature humaine est impossible à changer. Alors... Alors je veux juste que mes enfants sachent que nous serons toujours ensemble, et qu'ils survivront à cette guerre, comme on survit à un mauvais hiver. Avec ou sans moi, ça n'a pas d'importance. Je veux juste les savoir capables de se débrouiller quand je devrais mourir. D'ailleurs, la conversation dériva ensuite sur ma progéniture.

« Se tirer d'une guerre mondiale... Attendez, on n'en n'est pas sortis, et sans vouloir être défaitiste, on ne sait pas encore combien de mois, voire d'années nous devrons passer ici. Le plan... »

J'eus un petit rire

« Je ne vais pas me risquer dans la nature avec eux. On est déjà peut être plus en sécurité ici qu'à Louisville, alors non, je ne compte pas partir. Pas pour le moment, en tout cas. Tant que le camp tient debout, on reste là. Et vous ? Votre fils est plus grand, il doit être débrouillard, j'imagine. »
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MessageSujet: Re: Ash to ashes, dust to dust   Dim 1 Juin - 17:58

Oui j'étais curieux, assurément. Il ne fallait pas beaucoup aujourd'hui pour m'intéresser, c'était certain, mais il fallait dire aussi que j'avais quand même pas mal de raisons de poser des questions quand on voyait notre situation à tous. Et nos perspectives d'avenir aussi. C'était quand même pas top méga folichon toute cette affaire, et le futur semblait incertain et douloureux quoi que l'on fasse. Peu importe quelle direction nous choisirons de prendre, la suite s'annonçait plutôt pénible. Dangereuse, c'était la seule certitude que je conservais. Je glanais donc des informations auprès des gens qui m'entouraient, pour savoir ce qu'ils comptaient faire. Je n'avais pas encore vraiment trop réfléchi à la suite. Enfin si, beaucoup, mais le souci était que pour le moment je n'arrivais à trancher sur rien du tout ; il fallait surtout que je prenne la pleine mesure des possibilités qu'offrait le camp et je me doutais qu'il ne pourrait jamais tenir sur le long terme. Nos tentes étaient déjà à moitié ensevelies, des gens étaient déjà morts de froid. C'était dangereux, et cela allait empirer. Je me souviens de documentaires que j'avais vu des lustres plus tôt, sur la possibilité d'une éventuelle guerre mondiale à grands coups d'armes nucléaires. Ca avait été terrible, dévastateur, et surtout ça n'annonçait rien de bon pour les équilibres écologiques. Encore qu'assez cyniquement, on pourrait facilement penser que la décimation de la population humaine n'était pas une mauvaise chose à bien des aspects, pour cette bonne vieille planète que la nôtre.


Bellanger me dit qu'elle est d'accord avec moi sur le fait que nous avons eu notre chance et que nous l'avons laissée passer, et que maintenant c'était au tour des fils de l'Homme de prendre la relève pour essayer de faire quelque chose de mieux avec ce qu'il restait après toutes nos conneries. Ce n'était ps forcément une perspective réjouissante mais au moins y avait il un certain espoir. J'haussais les épaules aux paroles de « l'instit » à propos de ne pas reproduire les erreurs du passé.



| On sait tous depuis le début que le nucléaire est une mauvaise idée et ça ne nous a pas empêché d'y avoir recours tant pour le militaire que le civil... Je pense que connaître une menace ne veut pas pour autant dire qu'on la comprend ou qu'on sait l'anticiper. J'ai parfois l'impression que l'inertie de l'histoire nous condamne sans cesse à répéter le passé. |


Je ne savais pas si la femme avait vraiment ce genre d'espoir, si elle était sérieuse en l'ayant. C'était pour moi quelque chose d'assez étrange, mais qui étais je pour dire aux gens quoi penser ? Il fallait une bonne dose d'optimisme pour survivre dans ce monde là, mais je m'en fichais bien au final. Si on abandonnait tout espoir, pourquoi ne pas en finir plus rapidement, de manière moins douloureuse ? L'instit me dit qu'on est pas encore sortis de l'auberge. Je souris de manière ténue. Elle a douloureusement raison. On sait pas quand cette merde va se terminer, et je ne suis pas naïf au point de croire que cela ne changera rien et que tout pourra redevenir comme avant, qu'on pourra reprendre notre petite vie bien tranquille. La femme me dit qu'elle restera là. Je soupire doucement.


| Honnêtement, j'en sais rien du tout. Je ne pense pas que ce camp tiendra bien longtemps. La raréfaction des vivres prendra peut être du temps ou peut être pas et il ne faut pas oublier qu'une guerre se joue, dehors. Je préfère ne pas voir ce camp comme une solution permanente. Peut être que demain on devra le fuir en catastrophe. Quoiqu'il en soit, pour le moment, je ne me voie pas risquer ma vie. Au printemps ou à l'été, peut être, quand il y aura moins de neige et de tempête... Je verrais bien. Mais ce camp est une cible facile, et on sait depuis Louisville que des gens dehors feront tout pour avoir ce qu'on a. |



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MessageSujet: Re: Ash to ashes, dust to dust   Lun 16 Juin - 18:13

[HJ]Désolé pour le retard, j'espère que ça te va :p

Oublions un instant la curiosité, je pouvais trouver mon compte dans cette conversation d'une autre manière, même si jusque là je me disais que je n'en n'avais pas besoin. L'avis des autres. En quoi ça m'intéressait, moi qui de toute manière n'écoutais jamais personne et voulait avoir le dernier mot quoi qu'il arrive ? A croire que je changeais. Quoi, les méfaits de l'énergie nucléaire m'atteignaient et changeait ma personnalité ? Non, bien sûr. Ce n'était qu'une petite plaisanterie que je me faisais à moi même. Alors, quoi ? Je perdais confiance en moi ? Il y avait quand même quelque chose de paradoxal, c'était que je me remettais toujours en question mais que face aux autres, je pensais toujours avoir raison. Mais au fond de moi, je sais comment expliquer cela. C'est encore et toujours la même chose. Je ne suis pas très compliquée à comprendre, au final. Tout revient toujours à mes enfants. C'était pour eux que je me remettais en question, pour eux que je vivais, tout simplement. Quand j'y pense... Il n'y avait jamais rien eu d'autre qu'eux dans ma vie, depuis qu'Arthur était partit. Ce que j'avais toujours voulu, c'était des attaches, des amis, des proches. En somme, ce que je n'avais jamais pu avoir pendant mon enfance. Alors forcément... Quand j'avais trouvé cet endroit, ce foyer, je ne l'avais plus quitté. Et j'avais toujours vécu dans l'objectif de l'entretenir, d'apporter de l'affection à ma progéniture. Leur donner ce que l'on ne m'avait pas donné. Plus que jamais aujourd'hui, je continuais. Faire cela était plus que normal pour moi, c'était vital. Comme si j'étais née au monde dans le seul but d'être mère, comme une louve avec ses petits. C'était ça, on ne pouvait difficilement trouver comparaison plus ressemblante. Alors en quoi, moi la femme la plus entêtée du monde, je trouvais mon compte en écoutant les idées de quelqu'un d'autre ? Parce que je voulais me montrer plus intelligente que mon caractère, pour une fois. Je savais que je ne maitrisais pas la situation et ça m'énervait. Je ne voulais compter sur personne d'autre que moi même pour la survie de mes petits, mais je savais bien que c'était impossible. Trop risqué. Il y avait toujours Mathie, et Lyra. Je savais pouvoir compter sur elles, au moins. Mais je voulais désormais savoir le plus de choses possibles sur les autres, ce qu'ils pensaient et ce qu'ils comptaient faire. Qui était qui, qui pouvait nous faire faux bond. Qui pensait quoi, et si ce quelqu'un pouvait avoir de bonnes idées, même si je n'écoutais que ma petite personne. La tourmente m'avait déjà emportée et cela ne devait pas se reproduire. Je ne suis pas en train de dire que je veux accorder ma confiance au plus de civils possibles, c'est tout le contraire, mais je veux être comme un poisson dans l'eau. Il connait ce qui l'entoure.

Bien sûr que l'homme répète sans cesse ses erreurs. Bien sûr qu'il ne s'en rend compte que lorsqu'il est trop tard. Ca me révoltait mais on ne peut changer la nature humaine. C'était une incertitude, pourtant... je m'obstinais. Je m'obstinais à penser que partager nos savoirs avec nos contemporains pourrait faire évoluer les choses. C'est utopique, certainement. Mais si je ne garde pas un minimum d'espoir, je vais me perdre. Et peut être que vivre une catastrophe rendra les jeunes plus conscients. Peut être que le monde qu'ils construiront après celui-ci sera t'il tellement marqué par les erreurs du passé qu'il en sera lavé. Vas-y Isa, lance toi là dedans et gonfle-le avec tes belles idées vaines. Je haussais les épaules.

« Que voulez-vous. Peut être mon espoir est-il utopique, mais je préfère le garder. Il faut bien garder foi en quelque chose si l'on ne veut pas perdre la tête dans cet enfer, vous ne croyez pas ? »

Mais on peut avoir foi en autre chose, Isa. Bref. Ce que je compte faire ? Rien. Survivre. Ca me semble déjà un objectif assez honorable, et pour l'accomplir je ne compte pas me lancer sur les routes avec mes gamins. Moi, une pauvre femme maigre et pale, avec deux minots, subsister dans la nature à la merci des pillards et autres ? Une vraie folie. Je veux croire qu'on est plus en sécurité ici qu'à Louisville. Peut être aussi une idée que je me fais juste pour me rassurer mais j'en ai besoin. Vu que je suis bloquée ici...

« Le camp est peut être mieux préparé à des attaques que notre petite bourgade. Il a bien tenu jusqu'à maintenant, on peut espérer qu'il tiendra encore. De toute manière, les conditions de vie restent meilleures ici que dans la nature, fuir pour me jetter en plein milieu de cette guerre avec deux enfants relèverait de la pure folie. Mais pour vous, c'est peut être jouable. Et j'ose me dire qu'être nombreux et ensemble nous apporte un avantage. Franchement, vous pensez qu'on est autant en sécurité dehors qu'ici ? »
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MessageSujet: Re: Ash to ashes, dust to dust   Sam 21 Juin - 15:27

Ca me semblait parfaitement logique que le monde continue finalement à tourner sur ses bases anciennes et éprouvées, propres à l'humanité et à son fonctionnement intrinsèque. Il y avait toujours des envieux, et le désespoir infligeait à toute créature vivante un abandon de tout sens social. Les chiens affamés se dévoraient entre eux, les loups s'attaquaient à beaucoup plus gros qu'eux et les hommes ne faisaient pas exception. Nous étions toujours des bêtes au fond de nous, et la guerre, la maladie et la pauvreté nous poussaient toujours dans nos plus grands retranchements, ce qui pouvait avoir des conséquences désastreuses. Les gens pillaient et violaient, tuaient et incendiaient. Ils détruisaient en temps de guerre tout ce qu'ils s'échinaient péniblement à construire en temps de paix. Autant dire que le monde connaissait aujourd'hui un terrible et formidable retour en arrière, et qu'il faudrait des siècles sinon des millénaires pour que l'être humain retrouve sa place et sa domination d'antan sur ce monde, qui profitait du déclin de l'humanité, pour reprendre une partie de ses droits sur son destin intemporel. Quoiqu'il en soit, je n'avais pas encore moi même sombré dans pareil fatalisme bestial et j'espérais toujours pouvoir mener une existence en paix avec mon fils, le sécuriser suffisamment pour qu'il puisse connaître un jour les joies de la parenté, de la satisfaction du travail accompli, de l'honneur à mener une existence pacifique et honorable. L'espoir fait vivre, comme on dit souvent. Mais je ne savais pas quelle voie emprunter, quels efforts faire pour pouvoir me libérer de tout ce qui pouvait entraver la bonne marche de ce destin que j'espérais pourtant grandiose, pour celui que j'avais entouré d'amour depuis sa naissance. Je ne pouvais donc finalement qu'acquiescer aux paroles de la jeune femme à propos de l'espoir.


| Oui, c'est sûr. Sans espoir, il ne reste rien. Je ne suis pas de ceux qui renoncent. J'ai encore mon fils. Et je ne compte pas m'arrêter là. Il nous reste des choses à vivre. Et je ferais tout pour qu'il ne s'agisse pas que de choses malheureuses, et de désastres. Je veux entendre mon fils rire à nouveau. J'espère seulement que c'est encore possible... |


mon fils avait pourtant été un joyeux drille, à courir la grisette, à se marrer avec ses potes et à se passionner pour le sport. Je l'avais encouragé de manière naïve dans cette insouciance propre à la jeunesse, mais c'était aujourd'hui terminé. Je ne ferais plus la même erreur. Maintenant, j'avais une conscience aiguë du fait que Matt ne pouvait que grandir ou mourir. Et je ferais tout pour que le deuxième cas de figure ne se présente jamais... Je me battrais bec et ongles et me sacrifierais volontiers pour que les choses aillent toujours en ce sens. L'institutrice improvisée me dit que le camp était peut être bien défendu, mais je pense qu'imaginer cet endroit comme autrement qu'éphémère serait une grave erreur de jugement que je ne voulais absolument pas faire. Je concevais cependant qu'avoir des enfants en bas âge ne simplifiait absolument pas sa tâche...


| Je ne sais pas... Peut être. En étant moins nombreux on passe plus inaperçus. On a besoin d'armes, de munitions et de matériel. Mais le camp en a, non ? Ce sont des biens publics, après tout! |



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MessageSujet: Re: Ash to ashes, dust to dust   Dim 29 Juin - 7:36

Ce n'est pas parce que le monde est en ruine qu'il est détruit. Il reste encore un peu d'espoir et il en restera toujours. En tout cas, tant que je vivrai c'est que tout ne sera pas perdu. Nous sommes là après tout, nous tenons encore à peu près debout dans l'enfer. Moi, mes enfants et tous les autres autour de nous dans ce camp. Si mes petits ont pu arriver jusque là, ils peuvent encore avancer, non ? Ils vont grandir, et ils seront forts, j'en fait le serment. La vie continue, et elle doit continuer même ici. La guerre ne ruinera pas leur enfance et ne leur enlèvera pas leur vie. J'ai besoin de me dire cela, de me dire que oui, si nous avons survécu jusque là nous survivrons jusqu'au bout et nous saurons trouver un peu de bonheur. Aujourd'hui, ce sont des choses simples qui m'emplissent de bonheur. Un rire, un sourire, un regard innocent d'enfant. Me dire que j'ai réussi à sauver une parcelle de leur jeunesse. Des fois je me dis que ce n'est pas bien de chercher cela, je me dis que je dois les rendre forts dès maintenant mais je ne peux m'y résoudre. Camélia... Elle a tellement changé en quelques mois. Ca me désole, vraiment. Mais maintenant qu'elle a grandit, même si prématurément, elle doit apprendre à se battre et à sauver sa peau quoi qu'il arrive. Edward n'a que neuf ans lui, je ,e veux pas qu'il lui arrive la même chose. Je veux qu'il vive encore son enfance, même ici. Et au fond, tous les parents sont dans le même bordel. Combien reste t'il seulement de jeunes ? Combien ? Des tout petits comme mon fils, ils ne sont pas inexistant, mais très peu. Et combien seront ils encore, à la fin de cette guerre ? Le trois quart aura sûrement disparu. Mais mon fils fera partie du quart survivant. Et moi aussi, j'espère. Ils sont ma raison de vivre...

« On se pose tous cette question, vous savez. Je préfère penser que oui. Mon fils n'a que neuf ans et il s'éloigne de plus en plus du petit fanfaron qu'il a été. Il faut les rendre forts, pour qu'ils puissent survivre, même sans nous. »

La différence entre mes enfants était frappante, avant. Camélia avait toujours été plus discrète, dans la retenue, mais cela ne voulait pas dire qu'elle n'aimait pas rire ou s'amuser. Mais Edward lui, ne cessait jamais de parler ou de rire, il ne pouvait pas tenir une seconde en place, ce qui exaspérait souvent l'aînée. Enfin tout cela... C'était du passé. Ils s'étaient drôlement soudés, et je voyais peu à peu Edward moins joyeux, comme si ce qu'il vivait l'atteignait peu à peu au plus profond de lui même. Et tout mes efforts ne pourraient l'empêcher de grandir. Gâcher la plus merveilleuse période de sa vie.

Je m'étais étrangement tout de suite sentie plus en sécurité au camp qu'à Louisville. Naïve ? Peut être, oui. Peut être que ça causera ma perte, de me croire en sécurité aussi. Oh bien sûr, tout est relatif, on est en sécurité vraiment nulle part, une bombe peut toujours nous tomber dessus ou on peut encore être attaqués par je-ne-sais-trop-qui, D'ailleurs si on ne courrait aucun danger, je ne serai pas constamment à surveiller mes gosses et à être derrière eux. J'avais fait cette erreur à Louisville, même si rien n'était arrivé. Je pensais que quatre murs et un toit suffiraient à assurer leur protection, mais il aurait pu leur arriver n'importe quoi ! Ici, c'était pareil. Mais le camp était armé, mieux organisé, les forces de défense beaucoup plus nombreuses. Et notre bourgade commençait vraiment à devenir... macabre. Je n'arrivais plus à me promener dans les rues sans penser à ce qu'elles avaient été avant. Alors oui, j'étais contente d'être ici. Il y avait un monde à reconstruire.

« Mais moins nombreux avec des enfants, c'est plus dangereux. Les armes... Des fois j'aimerais bien savoir m'en servir moi même. »

Je n'allais pas non plus lui dire que j'en avais une à quelques mètres de moi, dans cette tente même...
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MessageSujet: Re: Ash to ashes, dust to dust   Lun 30 Juin - 18:11

Je ne sais pas si la direction vers laquelle je me tourne est vraiment une option envisageable. Armes et matériels, équipements publics ? Donc partageables. Mais sur quelle base ? Tout le monde s'arracherait la tronche s'il fallait qu'il y ai un partage, car tout le monde tirerait pour lui la répartition et adieu la justice dans tout ça. Et en plus... Il y avait un problème, et celui là était de taille. Comment convaincre les militaires de ce genre de considération ? Il n'avait échappé à personne que l'armée avait fait main basse sur les rares possessions collectives et les distribuait au compte goutte. Ca suffisait peut être pour certain, je ne savais pas. Pour moi ce n'était pas le cas. Mais je n'étais pas un imbécile pour autant. Je savais très bien qu'ils rationnaient autant que possible. Je les suspectais simplement de ne pas se tailler la plus mince part dans cette affaire, tout comme j'avais bien conscience, forcément, que certains devaient garder les vivres ou les affaires les plus intéressantes pour eux tout seul. D'un autre côté, je me demandais quelle était la logique qui guidait l'alimentation de vieillards, de malades et d'irradiés, dans la partie médicale du camp. Il ne s'agissait que de morts en sursis. Plutôt que de prolonger leur agonie, pourquoi ne pas simplement leur offrir une solution plus humaine et surtout, moins gourmande en ressources ? Encore cette hypocrisie sociale qui vise à dire que chaque vie est précieuse, aussi inutile soit elle pour la communauté. J'étais pour aider les gens, les assister autant que possible. Mais encore fallait il que cela renforce le groupe, le collectif dans lequel nous évoluions. Bref, ce genre de pensées était dangereux je le savais bien ; il fallait que j'essaie de penser plus positivement. Quoiqu'il en soit, la jeune femme en face de moi semble considérer les choses du même point de vue. Je lâche un sourire ironique.


| Survivre même sans nous. Beau credo. S'y tenir n'a rien de facile. Mais que peut on faire d'autre quand on est parent, comme nous ? L'autre jour un médecin du camp m'a dit de prendre un peu de temps pour moi, de faire des choses pour moi même. Comment faire quoi que ce soit pour sa propre personne quand on ne vit plus autrement que par procuration? |


Nos expériences réciproques me font me sentir proche de la jeune femme en face de moi, de cette instit' improvisée. Je ne sais pas exactement par quoi elle est passée pour arriver jusqu'ici, mais elle a forcément du mérite. Et ce mérite, j'espère le partager d'une certaine manière. Moi aussi, j'ai beaucoup traversé avec mon fils. J'ai tué, même. Est ce que la femme en face de moi a tué aussi ? Peut être. Je ne suis même pas sûr qu'elle l'avouerait de toute manière. Les choses se passent d'une manière ou d'une autre, mais elles se passent quand même.


| Moi aussi... |


Et qu'en ferais je ? Je me retourne vers la jeune prof' improvisée, lui sourit doucement.


| J'ai assez abusé de votre temps Madame, je pense que je devrais vous laisser. Si vous avez le moindre problème avec mon fils n'hésitez pas. |


Mieux valait partir que devenir trop personnel, non?



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MessageSujet: Re: Ash to ashes, dust to dust   Aujourd'hui à 15:35



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