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MessageSujet: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Lun 10 Mar - 11:17

    Mes yeux sont grands ouverts. Je ne sens même plus la fatigue qui m’envahie, je ne sens que la douleur qui ne disparait pas. Depuis combien de temps déjà ? Je ne savais guère, j’avais perdu la notion du temps. Je ne me regardais plus dans le miroir pour éviter d’avoir cette vision d’horreur de mon visage déformé par les hématomes. Ils avaient diminués, mais toujours restait les couleurs encore d’un noir, surtout sur mon œil. Je n’étais pas partie tout de suite pour aller me faire soigner, j’avais attendu quelques heures, le temps de me changer et de faire comme si je n’avais subit que des coups. J’avais gardé pour moi le viol, faisant comme si on m’avait pris en grippe par des hommes qui s’étaient fait un plaisir de me lancer leur point. J’avais bien menti devant l’homme qui m’avait ausculté. Je ne savais guère s’il avait le moindre soupçon, mais avec toute la foule qui attendait leur tour, j’imaginais qu’il passerait à côté, pour mon plus grand bien. Ce fut avec deux sacs spécialement conçu pour se refroidir une fois clipé que je reparti. Les ecchymoses sur mon corps endolorissaient mes membres et j’avais dû mal à marcher rapidement. Je me faisais invisible, recouvrant alors la ‘sécurité’ de la maison d’Elena. Je m’étais tout de suite allongée dans le canapé, engloutit dans une couverture. Je ne pouvais qu’être bien sur le dos, la position qui me faisait le moins mal. Ma tête me lançait atrocement depuis plusieurs heures déjà et je me demandais si je ne devais pas retourner à la caserne, le bâtiment le plus proche de la maison. Evitons de faire des longs trajets, encore plus lorsque la peur me terrassait. J’allais avoir du mal à m’en sortir, mais je me disais que j’avais réussi depuis le début à avancer, pourquoi pas maintenant ? Mais pour l’heure, je voulais que toutes traces de mon visage disparaisse, au moins pour que je puisse sortir de nouveau sans cette capuche sur ma tête et le regard toujours dirigé vers le bas.

    Je roulais sur le côté, non sans grimace avant de tendre pour attraper la gourde d’eau qui était posé sur la table basse. Je me redressais alors et bu quelques gorgées. Je me massais ensuite les tempes, vile tentative pour faire baisser ces maux de tête terribles. Je regarde autour de moi, la télé cassée d’abord, puis les alentours alors que je constate que je peux voir des deux yeux désormais. Il y a quelques jours de cela, je ne pouvais voir que de mon œil qui n’était pas touché. La glace avait fait son effet, même si je n’en avais plus en ma possession. Si j’avais pu avoir du fond de teint pour cacher tout ça, ça aurait été fantastique. Je cachais en moi cette souffrance et ce vide profond. Mes yeux n’avaient plus de larmes, je m’étais tellement renfermée pour essayer de contrôler tout ce qui m’échappait depuis. Ce n’était pas de petits sanglots, ça me prenait de l’intérieur, me serrant la poitrine alors que j’étouffais, comme si les doigts de cette main féroce me prenait encore la gorge. Ça aussi je le cachais, de toute façon par le temps qu’il faisait dehors, j’étais obligé de me couvrir. Je le faisais à outrance désormais.

    Je me redressais et attendit un moment avant que ma tête ne tourne plus. J’enfilais la doudoune que j’avais pu récupérer et une grosse écharpe en laine que j’enroulais plusieurs fois autour de mon cou. J’enfilais également ma capuche et je pris une profonde inspiration avant d’ouvrir la porte et de sortir. Je ne pouvais pas rester comme ça, pas avec ce mal de crâne qui n’en finissait plus. Il était très tôt, le jour se levait à peine et j’avais espoir qu’il n’y aurait pas trop de monde à la caserne. C’était peut-être mon jour de chance, car quand je pénétrais dans le hall, je ne vis qu’une quinzaine de personne. Je n’attendis pas trop longtemps, et je revis le même homme qui m’avait déjà vu il y a quelques jours déjà. Il m’ausculta une seconde fois, trouva une tension plus que basse mais je m’en doutais quelque peu. Je ne bougeais pas et je me sentais horriblement fatiguée. Une fois fini, il m’indiqua qu’il allait regarder s’il n’avait pas quelque chose pour me soulager et qu’il me retrouverait dans le hall. Je me rhabillais alors, prenant toujours soin de me cacher autant que possible et alors que mon regard se leva quelques secondes, je me stoppais net. Mon cœur s’emballa et ma respiration fut coupée. Avant même que je ne fasse quoi que ce soit, mon nom fut prononcé derrière moi et je me retournais immédiatement. L’homme que j’avais vu plus tôt arrivait avec quelques cachets qu’il avait pu trouver pour me soulager. Je les pris en le remerciant rapidement et avant même qu’il finisse ses paroles je me dirigeais déjà vers la porte des toilettes d’un pas plus que pressant. Je refermais derrière moi et colla mon dos sur la porte alors que j’étais en train de me demander comment j’allais faire pour l’affronter si jamais il m’avait déjà aperçu et reconnu. En même temps comment ne le pourrait-il pas ? Mon nom avait été prononcé assez distinctement, et à moins qu’il ne connaisse plus mon nom, Philippe avait au moins pu tourner la tête dans ma direction. Je mis ma main devant ma bouche alors que je priais pour ne pas le rencontrer. Je ne voulais pas qu’il me voit dans cet état…


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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Mar 11 Mar - 20:43

Je saisissais la moindre occasion qui m'était donnée de tirer profit du temps de préparation qui nous était imparti. Avec Beaumarchais et d'autres soldats, j'avais fait le tour des environs tout en réquisitionnant tout ce qui pouvait encore l'être. Fontaine m'avait fait profité de vivres entassés par elle et pas son groupe. Du diable si je savais d'où la jeune femme avait réussi à stocker autant de vivres, dont les emballages standards me faisaient penser à des rations militaires. Mais peu importait. Avec la fille, on avait enterré la hache de guerre et fait en sorte que les choses s'améliorent, préférant travailler main dans la main qu'en se défiant mutuellement, ce qui serait très largement contre productif. Pour autant, ces maigres réserves ne nous feraient pas tenir longtemps, et je n'avais pas su « mettre de côté » plus de quelques jours de rations pour l'ensemble de mes hommes, sans que cela ne manque d'être rendu public car trop peu discret et que cela ne nous amène à une nouvelle émeute en ville. Également, j'avais fait faire un contrôle complet de ce qu'il nous restait en armes et en munitions. Pas de quoi fanfaronner. Ce serait largement assez pour maintenir la paix et pour opérer quelques temps mais pas de quoi remporter des batailles. De plus, l'attaque sur la ville nous avait coûté nos dernières armes d'appuis, toutes sauf une mitrailleuse légère dont les munitions seraient désormais épuisées au bout de quelques minutes seulement de fusillades soutenues. Il allait falloir très vite que je prenne une décision. Ou bien je m'arroge les biens de la milice louisvilloise, ou bien nous partons, ou bien quelqu'un trouve une putain de solution miracle. Nous n'allions pas pouvoir rester ici très longtemps sans risquer de tout faire capoter par un excès de danger ; des militaires sans munitions et sans rations ne sont guère plus que des civils. Et je voulais éviter ce stade ultime de régression qui nous pendait au nez.


Et plus encore, je savais que je ne pouvais plus partir maintenant que j'avais envoyé un coup de pied dans la fourmilière.


Avec Bandat, nous étions partis en mission de reconnaissance, suffisamment loin et suffisamment longtemps pour finalement trouver le camp de base des types qui terrorisaient la ville depuis des semaines en kidnappant des gens et en les faisant réapparaître des jours et des jours plus tard, massacrés, sans la moindre trace de ceux qui avaient accompli le forfait. Il avait fallu du temps pour se rendre compte que ces types étaient nombreux et bien organisés. J'imaginais sans mal qu'il s'agissait de réfugiés rendus fous par la guerre et par les privations de trois mois de pillages et de disette, qui les faisait se sentir très fort une fois l'obscurité voilant leurs déprédations... Bandat et moi avions tué plusieurs membres de leurs groupes pour leur faire passer un message : barrez vous, ou je jure que je vous nique tous la prochaine fois. J'avais la désagréable sensation qu'ils n'en resteraient pas là, et c'était ce qui me gênait le plus dans le fait de m'en aller. Mais il y avait aussi autre chose. Je n'aimais pas laisser des choses en suspend et je n'avais toujours pas avoué ma faute à Eléanore, cette nuit là passée avec Bandat sur le bord de la route. Je devais la trouver...


Et continuer nos préparatifs.


Visitant la caserne de pompier pour faire le point sur leurs fournitures, j'apercevais sa crinière blonde qui se réfugiait dans une pièce. D'un pas vif, fruit d'une soudaine impulsion, j'essaie d'ouvrir la porte en la rattrapant, ce qui ne fonctionne pas. Quelque chose coince dérrière. Je me fige. Est elle déjà au courant ? Je tape à la porte.



| Laisses moi t'expliquer Lén, laisses moi te dire ce qu'il s'est vraiment passé! |



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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Mer 12 Mar - 14:43

    Mon cœur s’emballe, ma respiration se bloque alors que je ne sens plus rien devant ma bouche entre-ouverte devant ma main. Si j’avais encore des larmes pour pleurer j’en aurais eu quelques-unes glissant sur mes joues. Mais pour l’heure, j’étais juste en plein attente, me demandant s’il m’avait vu ou non. Quoi qu’il en soit, je restais devant la porte, mon dos accolé à celle-ci pour éviter qu’une quelconque personne ne puisse rentrer, combien même ce n’était pas Philippe. J’étais certaine qu’il devait m’avoir vue, ou au moins entendre mon nom de l’homme qui m’avait héler. Alors que ma tête me tournait, je réalisais enfin que je n’avais pas repris ma respiration et laissais ma main tomber le long de mon corps alors que je reprenais de l’oxygène. J’avais été focalisé sur mon ouïe pour percevoir le moindre bruit qui s’échapperait, le moindre pas que j’entendrais en direction de cette porte. Le temps me paraissait interminable et je me demandais comment je ferais pour sortir de cette pièce qui n’avait aucune issue. Il ne resterait pas longtemps. Il était là pour vérifier des réserves ou prendre quelque chose. Je pouvais rester là quelques heures s’il fallait, mais je ne pouvais pas le voir et je ne voulais pas qu’il me voit dans cet état. Non, c’était impossible. Je m’écroulerais complètement car je n’étais pas encore capable d’en parler sans que cela me fasse remonter tout un tas de souvenirs. Je ne voulais pas qu’il s’inquiète, et pourtant, au fond de moi je ne voulais que le réconfort de ses bras, me sentir en sécurité à ses côtés comme je me sentais à chaque fois en sa présence. Sauf que voilà, je ne pouvais pas me permettre d’arriver quand je le souhaitais à son bureau, de le trouver et de pleurer dans ses bras. Impossible. Notre relation n’était qu’officieuse.

    Je me perdis dans mes pensées et commençais seulement à me détendre avant de sentir quelqu’un pousser sur la porte. Je ne dis rien dans un premier temps, mais tous mes sens étaient de nouveau en éveil et mon cœur s’emballait une seconde fois. Je plaquais mes mains sur la porte, poussais sur mes jambes pour éviter la personne de rentrer. J’entends taper à la porte et je sais tout de suite que c’est lui. Je reste sans voix, puis j’écoute ses mots qui me firent m’interroger un instant. Puis j’ouvre la bouche une fois, aucun son ne sort. Je me racle la gorge alors que je la sens serrer puis essaie de parler aussi naturellement que possible.

    « Ce n’est pas le moment, je suis… occupée. »

    Mensonge, mensonge. Mais comment faire autrement ? J’étais aussi loin de me douter qu’il souhaitait m’expliquer pour un sujet des plus graves, quelque chose qui allait certainement me briser un peu plus. Pour autant, je restais sur ma position, n’ayant même pas pensé à fermer à clef et ne réfléchissant même plus à ce qu’il avait essayé de m’expliquer.

    « Nous nous verrons… plus tard. » Terminais-je alors que ma voix s'éteignit peu à peu, histoire de le faire fuir un peu plus, même si je doutais que ça marche réellement. Il avait un certain caractère.


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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Ven 14 Mar - 21:09

Mon cœur s'emballe, je ne sais toujours pas quoi lui dire, et encore moins comment le faire. Je sais que si je suis mon instinct je suis foutu. Pourtant, c'est bien la seule chose qu'il y a à faire. Une mauvaise idée. Très mauvaise. Absurde, même. Cela ne va que m'attirer de nouveaux problèmes mais je n'ai pas le choix. Il est de ces moments où l'on se doit d'agir en homme. Pas forcément avec courage et encore moins avec honnêteté, mais tout simplement par respect de ses propres principes. Je dois assumer ce que j'ai fait. Je l'assume déjà, même si ça doit me remuer les méninges sans arrêt, même si ça doit me démolir. Je m'en fiche. Je suis un homme, j'ai un sens de l'honneur bien à moi et si celui ci ne comporte que bien peu de principes, celui de la vérité et d'assumer ce que je suis est en tête de liste. Je suis ce que je suis, et je fais ce pourquoi je suis fait. Règle invariable qui m'a permis de passer par dessus toutes ces boucheries innommables que j'avais pu connaître dans mon existence de guerrier. Je ne me rappelle presque plus avoir jamais vécu une autre existence que celle ci. Et je sais que si mon histoire avec Eléanore n'est finalement qu'une parenthèse, peut être la dernière, dans une existence qui risque fort de se terminer prématurément, ça ne doit pas se terminer comme ça, ça ne doit pas se terminer sur des non dits, sur un manque total de courage. Je me fichais de passer pour un salaud ou que l'on me reproche mon manque de finesse. Tout ce qui comptait c'était que je sois en paix avec moi même. Il y avait du boulot, mais je ne renoncerais jamais.


Ce qui était sûr, c'est que je ne me satisferais pas d'un refus. La porte est bloquée, et la jeune femme met du temps à me répondre. Là je suis sûr que quelque chose cloche, que son refus de me voir est bien volontaire. Comment a t'elle fait pour savoir ? Je n'en aiparlé à personne, et j'imagine mal cette allumeuse de Bandat manquer autant de clairvoyance ! Je restais estomaqué de sa réponse. Je suis occupée. Donc ce n'est pas la vérité qu'elle a eue, sinon elle m'aurait hurlé dessus, ou aurait essayé de me blesser. Après tout, elle m'avait déjà tiré dessus. Que se passait il alors ? Je fronças les sourcils. Elle me dit qu'on se verrait plus tard.



| Non, on va se voir maintenant. |


Je tambourinais un peu plus la porte me retournant alors que j'inquiétais visiblement tout le monde.


| Regardez ailleurs, bande de couillons, vous voyez pas qu'on a besoin d'intimité là ?! |


L'invective les avait tous fait détourner les yeux, et beaucoup s'en furent. Je reportais mon attention sur cette putain de porte. J'essayais de maîtriser la colère dans ma voix. Pourquoi étais je en colère, d'ailleurs ? Ce serait plutôt à elle de l'être!


| Putain, Lén, tu ouvres cette force où je l'enfonce à coups de pompes. T'as dix secondes. Choisis. |



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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Sam 15 Mar - 11:50

    Ma voix avait tremblée, je l’avais sentie, combien même j’essayais de paraître normal. Je m’étais précipité dans les toilettes parce que je n’avais pas d’autres moyens et que c’était le seul échappatoire que j’avais réussi à trouver sur le moment de panique qui m’avait envahie. Pourquoi avais-je eu aussi peur ? Peut-être parce que je n’étais pas encore très rétablie et que mes émotions primaient sur tout. Je ne voulais pas que mon manque de contrôle me fasse dire des choses que je gardais pour moi. Je ne savais toujours pas comment il se positionnait vraiment par rapport à nous deux, mais le fait que ce soit officieux n’arrangeait pas les choses. Je le fuyais depuis l’incident, évitant soigneusement les lieux où il serait susceptible d’aller, sauf que là je n’avais guère eu le choix pour la caserne. Mes maux de tête commençaient à être interminables, combien même je résistais assez bien à la douleur physique désormais. Rien n’empêchait la saturation totale d’aujourd’hui. Qui plus est, je ne voulais pas qu’il me voit dans cet état, mon visage n’était pas rétabli et cela se verrait obligatoirement. Comment il réagirait ? Je ne voulais pas le savoir, même si je savais que je mourrais d’envie de l’avoir à mes côtés. Au lieu de ça, je m’étais renfermée sur moi-même, combattant seule cette douleur qui était insupportable. Comment le lui dire en face ? C’était impossible. Je n’étais pas prête à le lui divulguer, et j’avais essayé tant bien que mal de le dissuader de s’acharner. C’était bien mal le connaître.

    Je savais qu’il était entêté, mais j’aurais au moins essayé. Le ton qu’il prit me fit soupirer alors que je savais pertinemment que dès à présent il ne reculerait pas. J’étais piégée, et cette situation me faisait d’autant plus paniquer. J’essayais de me calmer mais mes mains ne faisaient que trembler davantage. Je les serrais l’une sur l’autre, fermais les yeux alors que je sentais sur mon dos les tambourinements. Il n’allait pas céder et apparemment il ne passait pas inaperçu. Je ne voulais pas non plus qu’il se créé des problèmes à cause de moi. Je le sentais s’énerver alors que je sentais en moi la peur grandir petit à petit. Je sentis de nouveau mon cœur faire un bon dans ma poitrine. Il ne me donnait pas le choix. Aucun. Une larme coula sur ma joue, puis une autre, avant que je n’inspire profondément, essuie mes larmes rapidement du revers de ma manche. Mon dos se décolle de la porte, je me retourne en face de cette porte close. J’essaie de respirer mais je ne me sens que plus oppressée. Je remets mes cheveux vers l’avant, cachant autant que possible mon visage, puis ma main se dirigea, tremblante, vers la poignée de porte. Je ne l’entrouvris qu’à peine, avant de faire volte-face et de me diriger vers un des lavabo un peu plus loin, prenant soin de me montrer à lui que par mon profil, mes cheveux cachant presque l’intégralité de mon visage. Mes deux mains empoignèrent le rebord du lavabo, comme pour me donner une quelconque force et m’apaiser. Rien n’y fit.

    « Ne t’approche pas, j’ai seulement ouvert parce que je savais que tu ne cèderais pas. »

    Oui c’était vrai, autant lui avouer, d'autant plus que je n'avais pas d'issu présentement. Je ne voulais pas qu’il fasse un pas de plus vers moi. Je me sentais déjà submerger et je luttais contre tout ce qui m’envahissait en cet instant. Mes jambes étaient faibles et j’avais l’impression que si mes mains quittaient ce lavabo j’allais seulement m’effondrer. Mais je tenais bon, malgré le fait que mes paroles le rejette, mon corps n’avait envie que de ses bras.


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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Jeu 20 Mar - 12:32

J'étais sérieux. Il y avait quelque chose de louche. Quelque chose qui clochait. Cette drôle de sensation m'imprégnait totalement. Ce pressentiment m'interpellait ; je ne savais tout simplement pas ce qu'il se passait mais mes sens étaient en alerte. La réaction d'Eléanore ne pouvait pas être dûe à mon comportement ; je la connaissais suffisamment pour savoir que cette réaction ne serait pas celle qu'elle aurait dû avoir dans cette situation. C'était clair pour moi ; cela n'avait rien à voir avec l'Eléanore que je connaissais depuis des années. Elle aurait dû être furieuse, haineuse, colérique. Elle aurait probablement été plus loin que ça, donnant dans la violence même. Elle m'aurait frappé, elle m'aurait injurié, elle aurait hurlé de toute la puissance de sa voix aux accents frénétiques lorsqu'elle se mettait dans des états pareils. Mais là, rien. Silence le plus complet. Enfin non, pas silence. Voix chevrotante. Voix fragile, presque cassée en cours de phrase. Elle résiste ; il faut que je persévère.


Quand je lui dis que je peux enfoncer la porte et que je vais le faire, c'est que c'est le cas. Je ne bluffe pas. Il lui reste cinq secondes, quatre, trois. Elle ouvre. Ou plutôt elle se prépare à ouvrir la porte. J'entends du bruit, je crois. Elle bouge de l'autre côté de la porte. Est ce que c'est pour bien m'ouvrir, ou finalement pour me bloquer plus encore ? Maligne comme elle était, c'était probablement une manière de bloquer la porte avec un objet qui m'empêche de tourner la clinche et d'enfoncer d'un seul coup la porte pour la sortir de ses gonds. J'étais à deux doigts de réitérer ma menace avant de la lâcher pour de bon quand j'entendis à nouveau du bruit, comme si elle bougeait contre la porte. Elle finit par entrouvrir la porte, et j'attends mais rien ne se passe. Je pousse la porte du bout des doigts, la dévoilant plus loin dans la pièce près des lavabos. Je la vois de profil, mais cela n'empêche pas que je remarque que quelque chose cloche. Je ne savais pas ce qu'elle avait, était elle blessée ? J'ouvris la bouche et la refermais, avant de finalement me remettre à parler. J'allais lui dire la vérité, mais je me rendais compte que cette chose qui clochait passerait avant le reste...



| Qu'est ce qu'il se passe, Lén? |


Je m'approche d'elle et la prend doucement dans mes bras, l'attirant contre moi. C'est là que je vis les ecchymoses marquant son visage. Mon cœur se figea et mon visage se ferma totalement, comme une huïtre.


| Ah putain, qu'est ce qu'il t'est arrivé |



[HJ désolé c'est court mais je voulais pas anticiper]



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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Jeu 20 Mar - 13:21

    Hj:
     

    Mes doigts se pressent un peu plus sur l’émail froid du lavabo. Je tente de ne pas m’écrouler, je sais ô combien j’étais faible devant Philippe pour contenir tout ce que je ressentais. Je l’avais déjà prouvé et c’était pourquoi j’avais voulu le fuir après ma sortie d’hôpital. Finalement nous nous étions retrouvés, et j’étais encore à me mettre des barrières avec lui. Je n’avais eu de cesse que de me terrer chez Elena, ne croiser personne et me remettre tout simplement. Je m’étais énormément renfermée et je savais que même si j’avais besoin de Philippe et que j’aurais pu aller le voir immédiatement après, je n’aurais pas pu. Trop peur de sa réaction, qu’il me rejette sûrement alors que je le faisais pour lui. J’avais peur de lui dire car peut-être qu’il me dirait que je n’avais pas fait attention, que j’avais été délibérément idiote sur ce coup. Je m’étais déjà tout dit, tout analyser sauf que voilà, ce qui était fait était fait. Je ne pouvais revenir en arrière, mais je comprenais désormais pourquoi je ne voulais le voir. J’étais prête à m’écrouler alors que je pensais que j’allais mieux, ou au moins que ça n’empirait pas. Au final tout ce que j’avais refoulé revenait à la surface. Je déglutissais alors que je n’avais plus de salive et que ma gorge me serrait de plus en plus. Mes yeux me piquaient mais je n’avais encore pas de larme qui sortaient. Trop irrité des derniers jours sûrement. Cela n’empêchait pas que je puisse exploser en sanglot.

    Je le voyais du coin de l’œil, pourtant je ne bougeais pas la tête qui était un peu penchée. J’étais terrorisée et pourtant mon corps ne demandait qu’à être entouré du sien. Je voulais me sentir en sécurité, et pourtant mes paroles étaient claires. Je ne voulais pas qu’il approche. J’aurais été trop naïve pour avoir l’espoir qu’il puisse rester en plan à quelques mètres de moi alors qu’il devait comprendre que quelque chose clochait. Je savais qu’il n’était pas le cliché parfait du militaire sans émotions, même s’il l’était un peu quand même. Ce fut sa phrase qui faillit me faire vaciller, mes jambes étaient prêtes à me lâcher et j’étais tellement concentrer pour tenir debout que je ne le vis pas s’avancer vers moi. Ses bras m’enlacèrent et je me laissais faire, remarquant trop tard qu’il avait tout le loisir d’apercevoir mon visage. Mon regard croisa le sien un instant avant que je ne baisse la tête, prenant mon visage dans mes deux mains.

    « Mon dieu je ne voulais pas que tu me vois comme ça… »

    Ma voix était tremblante, mes mains tremblaient également alors que je ressentais de nouveau cette souffrance interne m’envahir et toutes les émotions refoulées refaire surface. Je me sentais terriblement faible et honteuse, malgré le fait que je me sente bien avec lui, en sécurité dans ses bras qui me réconfortait quelque peu. Ma souffrance était seulement trop intense et encore bien trop présente en moi.

    « Je me suis fait violentée, mais je ne voulais pas… je ne pouvais pas… »

    Finalement ma voix s’éteignit alors que je pensais que je n’aurais pas pu aller le voir directement par la suite. Mes vêtements avaient été déchirés et il n’aurait pas fallu que je lui fasse un dessin pour qu’il comprenne parfaitement ce qu’il m’était arrivée. Je ne voulais pas lui dire, je voulais faire passer cela pour de la simple violence physique. J’avais subi les coups des trois hommes, et je priais pour que Philippe ne me demande pas de détailler les faits.


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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Jeu 27 Mar - 20:46

Cinq cent mille pensées se bousculent dans mon esprit. La colère, ardente qui me brûle d'un coup, enflammant mon esprit et ravageant toute trace de rationalité de mon esprit. Je ne pense qu'à frapper, à cogner dans quelque chose. A retrouver le ou les responsables, à les attacher sur une chaise et à les briser, à les détruire. Coup après coup et morceau après morceau. Je sais que j'en suis capable, en un éclair j'ai revu mes plus bas instincts revenir à la surface. Tuer. Faire mal. A un point inouï, difficile à imaginer pour qui que ce soit d'extérieur à cette situation. Je sais que je ne peux pas risquer de porter préjudice à toute cette situation que j'ai peiné à construire ; cette fragile collaboration avec Fontaine et sa milice, nos défenses en partie terminées, notre stockage qui nous a fait sans doute gagner quelques semaines... Je pense pourtant à la seule chose que j'ai jamais fait dans ce genre de situation. Frapper encore plus fort, et plus vite, et plus longtemps que les responsables de tout ceci. Ils pensaient que j'étais un militaire intraitable et psychopathe ? Ils avaient raison de le penser. Je pouvais lacérer, découper, briser, déchiqueté, pendant des heures sans que cela n'éveille chez moi le moindre sentiment de culpabilité. Je me suis découvert en opérations extérieures l'instinct de mort, qui ne m'a plus jamais vraiment quitté depuis. Quelqu'un a fait du mal à Eléanore, et je n'étais pas là pour la protéger. C'est cette considération qui me fait venir à un autre sentiment, une émotion toute aussi violente. La culpabilité, le remord. Je n'ai pas été là pour la protéger, et mes propres défaillances ont provoqué en partie cette situation. Mais très vite, ce sentiment de culpabilité est remplacé par mon carburant depuis si longtemps, cette bonne vieille haine qui me réchauffe et me donne le courage de continuer.


Eléanore me souffle qu'elle aurait préféré que je ne la voie pas dans cet état là. Moi, j'aurais préféré que cela ne lui arrive pas, et que je ne couche avec Bandat dans son dos. J'aurais préféré tellement d'autres choses... J'aurais difficilement pu imaginer pire situation pour moi. Pour elle aussi, bien entendu, victime directe des évènements. Je savais que je ne devais pas me sentir aussi touché mais je n'avais pas le choix, la prise de distance nécessaire à l'accomplissement de mon devoir n'avait mené à rien et il semblait que j'étais voué à continuer de m'enfoncer plus encore dans les affres de la violence. Ma compagne tremblait entre mes bras qui la serraient fort contre moi, alors qu'elle me dit qu'elle s'était fait violenter. Violenter ? Elle n'avait pas parlé de coups ou d'agression. Elle avait dit « violenter ». Pas violée, non. Mais violentée. Etait ce sa manière à elle d'édulcorer ce qu'elle avait vécu, ou de passer outre le reste ? Je la saisissais par les bras, l'éloignant doucement de moi mais avec fermeté, la forçant à me regarder alors que je lui posais distinctement la question



| Qui t'as fait quoi? |


Ma voix était terrible, et dégoulinante de haine. Ceux qui avaient fait ça allaient le payer cher.



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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Dim 30 Mar - 20:14

    Je m’écroulais petit à petit, me sentant de plus en plus faible alors qu’il fallait que je sois de plus en plus forte devant lui. Il avait toujours été la personne avec qui je ne savais me contrôler, dominer mes émotions pour éviter d’éclater en sanglots ou bien d’hurler sur lui. Ça avait toujours été le cas depuis le début et je n’avais fait que le repousser jusqu’au jour où j’ai lâché prise. Le fait que Mickaël soit mort y est pour quelque chose aussi je pense. Car je serais restée accroché à lui autant de temps qu’il le faudrait. Désormais, j’avais l’impression que si je m’accrochais trop à Philippe, je tomberais bientôt d’une falaise. Notre relation n’était-elle pas officieuse ? Je ne voulais pas briser le peu de chose que nous avions entre nous. C’est bien pour cela que je n’avais pas été le voir. La honte aussi qui m’en avait empêché. Je ne savais quel aurait été sa réaction. Et là il était à présent devant moi, et même si mes ecchymoses étaient bien moindres sur mon visage, je ressentais par le ton de sa voix qu’il était en colère. J’appréciais cela d’un côté, mais je me demandais si finalement il saurait le fin mot de l’histoire. Pour le moment, je ne voulais pas le lui dire. Il fallait que je lutte pour cela.

    Et c’était d’ailleurs ce que j’étais en train de faire et bien malgré moi mon corps tremblait par tous mes membres. J’avais tantôt froid, puis une bouffée de chaleur m’envahissait avant de me retrouver gelée de nouveau. Je m’accrochais à la veste de Philippe aussi fermement que possible alors que j’avais quitté mon visage, comme pour me donner la force de lutter contre tout ce tas d’émotion qui me submergeait. Je pouvais y arriver, je le devais. Pourquoi ? Parce que je n’avais pas envie de tester sa réaction. J’avais peur qu’il me rejette tout simplement. Egoïsme ? Peut-être un peu, mais pour le moment j’étais bien dans ses bras. Jusqu’à temps qu’il parle de nouveau…
    J’aurais dû prévoir qu’il ne lâcherait pas l’affaire. Le mot violenté n’était peut-être pas le bon mot finalement. Je restais muette un moment, fuyant son regard alors qu’il m’avait décollé de lui pour que je puisse le regarder. J’avais l’impression que s’il me lâchait, je m’écroulerais au sol. Un tas de pensées s’entrechoquaient dans ma tête. Je revoyais la scène et mon regard était pendant un moment figé.

    « J’ai… été pris pour cible. » Je relevais la tête légèrement, jetais un coup d’œil vers son visage alors que je le sentais colérique. Et s’il savait que c’était beaucoup plus que ses coups ? « Mauvais endroit mauvais moment… Mais ça va… ça va mieux alors, ne t’inquiètes pas. »

    Mon ton était faible et j’avais un mal fou à lui mentir. Je fuyais son regard, me focalisant sur les lavabos à ma droite et croisant mon propre regard parfois. Je me taisais de nouveau alors que je priais pour qu’il ne me redemande pas d’autres choses. Qu’il ne me questionne pas, sinon j’allais finir par craquer à coup sûr. Je commençais à ressasser dans ma tête, mon regard croisa le sien, les larmes aux yeux.

    « N’insiste pas s’il te plait. » ajoutai-je d'une voix étranglée.

    Finalement je savais comment il était, aussi têtu que moi et dans la même situation si elle avait été inversée, je n’aurais pas lâché jusqu’à temps de savoir. J’aurais eu la même réaction. La seule chose que je ne savais pas c’était comment il réagirait à mon autre souffrance. Celle qui était à l’intérieure et que je ressentais encore bien malgré moi. Il avait le don de briser toutes mes barrières. J’avais eu l’impression pendant un court instant que ça allait mieux. Doux rêve illusoire…
    J’essayais de me défaire de sa prise pour de nouveau aller vers lui, comme ça je n’aurais pas besoin qu’il voit mon visage et qu’il déchiffre ce que j’essayais de lui cacher.


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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Mar 1 Avr - 12:38

Tant de choses se bousculaient dans ma tête ; ce raz de marée d'émotions qui me bouleversaient ne s'arrêtait pas et c'était quelque chose d'assez terrible. Je ne parvenais plus à raisonner clairement, et c'était foutrement dérangeant. Il fallait bien sûr, que je me montre à l'écoute, plein de compassion... C'était ce que l'on attendait de son copain dans des moments comme celui là, vous ne pensez pas ? Pourtant, j'en étais incapable. Je pensais à tout sauf à réconforter Eléanore par des mots calmes, attentionnés, amoureux. Je ne pouvais pas me résoudre à abandonner toute cette haine et toute cette rancoeur que je nourrissais contre ses agresseurs, à cet instant précis. Je ne voulais pas que les choses ne se reproduisent, et pourtant le drame de notre jeunesse continuait, encore et encore. Moi, incapable de la protéger. Et elle qui souffrait des mains des hommes. Elle avait été jadis exposée à des produits chimiques qui avaient endommagé ses poumons et qui aujourd'hui la menaçaient dans sa capacité à survivre. Attachée sur une chaise pendant des heures et des heures, jusqu'à ce que je ne vienne la sortir du guêpier dans lequel elle avait été plongée par ma faute. Et voilà que ça recommençait... Pourtant, cette fois ci, elle ne semblait pas vouloir s'enfuir. Blottie dans mes bras... Cela me rendit malade, de penser en même temps à ce que je faisais avec Bandat au même moment où elle même subissait les pires sévices qui soient, les plus graves atteintes à sa dignité. J'étais vraiment le dernier des salauds. Mais devais je lui dire ? Je ne pourrais plus jamais me regarder en face si elle en venait à commettre une erreur par ma faute. Je ne savais pas quoi faire... Je savais pourtant, ou plutôt je sentais, que la jeune femme était en train de craquer. Lentement mais sûrement, elle s'abandonnait à cette étreinte qui l'amenait à se lâcher pour de bon.


La jeune femme me dit u'elle avait été prise pour cible. Mais par qui ? Où ? Quand ? Comment ? Toutes ces questions se bousculaient dans ma tête. La mort dans l'âme je me rendais effectivement compte que toutes nos patrouilles ne pouvaient effectivement pas prétendre à préserver la paix... Juste un semblant de statu quo, difficile à poursuivre et ardu à conserver. Ne pas m'inquiéter? Je grondais de colère, tremblant de partout.



| Arrêtes de te ficher de moi. Tu vas tout me dire. Ici, c'est moi le chef, Lén. Pas Fontaine, pas Huygues. C'est moi qui ai les armes. Alors tu vas tout de me dire. |


Et ces fameuses armes, je comptais bien m'en servir... je la maintenais toujours, la regardant les yeux dans les yeux.


| Dis moi, putain dis moi ! Comment tu veux que j'arrange les choses ? Qui t'as attaquée ? Et qu'est ce qu'ils t'ont fait ? |


Au fond de moi, je connaissais déjà une partie des réponses, mais je ne pouvais pas m'y résoudre...



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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Mar 1 Avr - 20:33

    Je commençais désormais à me demander s’il n’aurait pas mieux valu que la porte reste fermée. J’aurais pu réussir à m’échapper par les fenêtres, aussi petites soient-elles. Je n’avais pas un poil de graisse, j’aurais pu m’y glisser facilement. Seulement je n’avais fait que supposer à cette échappade, jamais je ne l’aurais mis en action. Il fallait dire aussi que Philippe était persévérant, et que sa présence me réconfortait dans un sens. Je ne savais pas si j’aurais été aussi persévérante, je savais comment il était. Ce pourquoi j’avais céder et l’avait laissé entrer. J’avais eu tellement peur en le voyant dans le hall, tellement peur de ce qu’il pouvait dire ou comment il pourrait réagir. Je ne me sentais pas prête tout simplement, pas prête à lui avouer tout ce qu’il s’était passé. Cela ne faisait que quelques jours, mais je ressentais encore sur chaque parcelle de mon corps le touché des mains si salissantes de mes agresseurs. C’était comme si elles étaient pourvu d’épine qui me piquait et grattaient en glissant sur ma peau. J’avais tout fait, tout fait pour éviter que cela arrive mais rien n’y avait fait. J’aurais dû l’écouter, j’aurais dû écouter Philippe alors qu’il m’avait dit de faire attention. Alors il me dirait que c’était ma faute, non ?

    Mes pensées s’embrouillaient de plus en plus et ses paroles me firent sursauter. Comme si je ressentais de nouveau une agression. Je comprenais qu’il puisse être en colère, ou non finalement. Je ne savais pas trop l’origine de cette émotion en lui. Etait-ce parce qu’il m’aimait ? Ou tout simplement parce que je n’étais qu’une victime de plus à interroger ? Je tournais en rond dans ma tête, alors que ses paroles me martelaient psychologiquement à chaque mot prononcé. Les larmes dans mes yeux ne faisaient que s’amplifier et je me demandais quand est-ce qu’elles allaient sortir pour rouler le long de mes joues. Sa prise me gêna soudainement, me faisait mal même alors que j’avais des hématomes un peu partout, pareillement sur les bras. Je ne faisais qu’accuser le ton qu’il prenait, les mots qu’il sortait alors que son regard ne me quittait pas. J’étais restée muette depuis le début, mais d’un coup, tout explosa.

    « Arrête ! Stop ! » hurlais-je alors que je me dégageais violemment de ses bras et me reculais. Les larmes coulaient à présent. « Les armes ne servent à rien ! Je suis quoi pour toi ? Une victime de plus à interroger pour savoir qui est derrière tout ça ?! J’en n’ai rien à faire que tu sois chef ! Tu n’étais pas là ! Je n’étais qu’une brindille dans leur main ! »

    Les sanglots me prennent et je ne peux rien ajouter de plus. Lui en voulais-je parce qu'il n'avait pas été là ? Je ne savais pas. Je me recule encore et l’aurais fait jusqu’à épuisement si mon dos n’avait pas heurté le mur. Je me laissais tomber, mes jambes ne me portant plus, tremblantes, comme la plupart de mon corps. Je joignais mes mains pour cesser ses tremblements qui n’étaient autre que la terreur qui m’emparait. J’avais essayé de contenir ce sentiment, mais rien ‘y avait fait. J’avais eu l’impression pendant un court instant que tout s’arrangeait. Pourquoi diable avait-il fallu que Philippe ait l’idée d’aller à la caserne en même temps que moi ? Ce n’était pas le destin, c’était un coup du diable. Je me recroquevillais sur moi-même, mes cheveux cachant mon visage sur les côtés, pensant pouvoir apaiser la douleur qui grondait en moi. En vain…

    « Tu ne comprends pas ! J’ai été… » Voix brisée. Je n’y parvenais pas. Ma main se posa sur ma poitrine alors que je suffoquais, mes poumons me brûlaient et ma poitrine se serrait de plus en plus. « Tu ne peux rien arranger… va-t’en ! »

    J’avais mis toute ma volonté dans ses paroles, même si rester seule ne m’enchantait pas. Je me renfermais de plus en plus et j’aurais été capable de rester dans ses toilettes pendant des heures. J’en étais capable. Tout ce que j’avais effectué auparavant, refoulé mes émotions, tout se cassait la figure. Savait-il au moins ce qui était réellement arrivé ? En avait-il seulement une idée ? Je le pensais assez intelligent pour, mais comment il me verrait désormais ? Comme quelque chose de souillé, de remplaçable. Je ne pouvais pas supporter cela, c’était pour ça que je l’avais fui depuis tout ce temps, et que je l’aurais fait présentement s’il n’était pas un véritable obstacle vers le chemin de la sortie. La seule sortie. Mais en vérité, il était peut-être le seul capable de me calmer… tenait-il vraiment à moi ?


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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Mer 2 Avr - 9:21

Je n'arrivais pas à obtenir de réponse à mes questions, et c'était quelque chose de carrément frustrant. Ce que je ne voulais en aucune manière, c'était rester dans le flou, dans un certain déni de la vérité. Je ne voulais pas m'enfermer dans des mensonges, pas plus que je ne désirais me retrouver ensuite dépouillé de dignité et d'espoir quand je saurais enfin ce qui était arrivé. Paradoxal au possible, mais j'assumais totalement cette position. Tout ce qui comptait, c'était de pouvoir évacuer toute cette pression qui d'un coup m'avait empoisonné le cœur et l'esprit. De fait, je me connaissais très bien ; je me savais incapable d'avancer sur quoi que ce soit d'autre tant que je n'aurais pas réglé cette histoire de vi... d’agression. Il fallait d'abord que je laisse sortir et s'exprimer tout ce qui m'empoisonnait l'esprit, que je laisse éclater toute cette violence, toute cette passion destructrice. Sinon, je risquais de commettre une erreur plus grave encore en n'agissant pas. Je risquais de faire tellement de choses négatives... J'étais comme ça. La colère et la haine, ensemble ou séparées, m'avaient toujours servi, très bien servi même. J'avais toujours pu faire en sorte de … Eléanore éclata d'un seul coup et craqua complètement, me demandant d'arrêter. En hurlant. Les gens dans le bâtiment allaient finir par se demander ce que nous étions en train de faire. Je me fichais bien de leur avis. Que quelqu'un arrive ici pour me casser les couilles, et il allait se manger mon poing. Et tant pis pour le bordel que ça occasionnera aussi bien à la structure qu'à ma propre figure. Là, j'étais juste pas d'humeur à être interrompu. Qu'une brindille dans leur main...


| Mais putain, c'est toi qui comprend pas ! Tu te caches de moi, tu ne me dis même pas que tu as été attaquée, et quand je le découvre je dois le prendre avec le sourire ? Putain mais merde, je peux pas laisser ça impuni. Tu crois quoi ? Que je vais te faire un câlin et que ça ira mieux après ça ? |


Haletant d'avoir lâché toute ma colère d'un coup, je reprenais un instant ma respiration avant de parler à nouveau. Maintenant, Eléanore pleure. Elle est brisée, je le vois bien. Elle était par terre, détruite. Elle avait toujours été fragile, sous ses dehors.


| Ca n'ira jamais mieux, Lén. Parce que c'est la guerre. Parce que c'est la merde. |


D'un seul coup, le poids hallucinant de tous ces mois, de ces blessures, de ces angoisses, remontait d'un coup. Etouffé, je détournais le regard.


| Rien ne pourra jamais aller, parce que toute cette merde nous transforme en bêtes. |


Une lueur désespérée pointait dans mon regard, alors que je reportais mes yeux sur la jeune femme, en larmes sur le sol.


| J'ai baisé Bandat, notre sniper. Tu as déjà dû la voir. Et j'ai aimé ça, Lén. Rien n'ira jamais mieux. Je suis désolé. |



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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Mer 2 Avr - 18:46

    Je commençais à divaguer. A croire que je n’étais bonne que pour ça. Sombrer dans la folie peu à peu ? Cela me permettrait peut-être de ne plus souffrir, mais dans un monde déjà transformé c’était impossible. J’avais l’impression d’être toujours la proie facile, la victime continuellement touchée. Et ça ne s’arrêtait pas à moi, combien de personnes dans mon entourage étaient mort ? J’avais réussi à avancer, j’avais réussi à mettre tout cela derrière moi, mais ça me rattrapait bien trop vite à présent. Il suffisait que la souffrance soit présente et surtout puissante pour que tout s’écroule. Tout ce que j’avais bien pu faire avant, le fait d’être plus forte, d’essayer d’avancer et de se rendre utile. Au final je n’étais rien. Rien de plus que ce que je lui avais hurlé au visage. Une brindille… une toute petite brindille qui était déjà brisée par deux fois. Comment me relever dans ce cas ? Mes jambes m’avaient lâchées, je n’avais pas dormi depuis des jours, de peur qu’ils reviennent pour me posséder une nouvelle fois aussi sauvagement que la première. J’en avais tellement marre. Marre que Philippe me voit toujours dans ses états là. Il était comme mon point faible, en plus d’être mon point d’ancrage à la réalité. Bon nombre de fois il me remettait sur terre, peut-être brusquement, mais s’il ne l’avait pas fait que serais-je devenue ? Parfois il faut bien y aller un peu plus fort qu’habituellement. Sauf que là… là tout était différent. Ce n’était pas un incident comme les autres, j’avais été profondément meurtrie, et je me rendais compte de la gravité de la chose seulement en sa présence. Pourquoi ?

    Recroquevillée comme je l’étais, me refermant de plus en plus alors que je lui avais presque tout avoué. J’étais fragile, horriblement fragile. J’avais cru être forte, mais à chaque fois que je me faisais de nouveau confiance, il y avait un événement pour me briser de nouveau, briser mes convictions, mon âme tout entière. Là le destin avait bien frappé, que pouvais-je subir d’autre de pire après cela ?
    Ses mots me heurtèrent une nouvelle fois, sauf que pour le coup, je ne pensais pas qu’il aurait autant de répondant. Je ne pensais même pas qu’on pouvait rendre inquiet les gens au dehors, je m’en fichais éperdument, ou plutôt n’y pensait pas. J’étais rentré dans ma torpeur et je ne savais pour combien de temps j’en aurais. Je luttais contre ça, contre tout ce ras de marrée d’émotion qui allait sans nul doute me démolir comme il l’avait déjà fait au début. Je parvenais, difficilement mais arrivait quand même à redresser la tête pour l’observer se mettre en colère. Les larmes coulaient d’elle-même à présent, et au moins sa colère avait eu le mérite d’arrêter pour un temps mes vagues de sanglots.

    « Tu voulais que je fasse quoi ? Tu ne peux rien faire car ils sont déjà loin… et je ne pouvais pas aller te voir… comment tu aurais réagi ? Je n’avais pas envie de te perd… » Je m’arrêtais immédiatement, avant que ça n’aille trop loin dans mes paroles, trop loin dans mes sentiments. Je ne pouvais pas. Toujours cette peur en moi. Je serrais mes propres doigts ensemble, autant pour arrêter mes tremblements incessants que pour me permettre d’avoir un semblant de réflexion. Je voyais sa colère, je pouvais parfaitement la ressentir, autant dans ses paroles que par ses gestes et son attitude. Il était déjà haletant, alors que moi j’haletais pour tout autre chose. Comme si je manquais d’air. Il me plaqua la vérité en face, chose cruelle mais bien réelle. Je savais qu’il avait raison et je ne su quoi répondre. J’étais en train de me demander s’il ne me disait pas que j’avais mérité ce qui m’était arrivé. Transcription incorrecte sur le moment, mais c’était commença que je le voyais. J’avais tellement peur de son attitude que la compréhension de ses mots m’était incorrecte. Puis il détourna le regard, mes mains se serraient de plus en plus alors que j’avais une très mauvaise impression soudainement. Au moins ça avait le mérite de me mettre en stand-by un moment, même si mes larmes ne cessaient de couler régulièrement et que mes tremblements ne me quittaient plus. Je ne compris pas ses mots sur le moment, puis son regard croisa le mien et tout à coup, ce fut comme si j’avais reçu tout le poids d’un camion sur ma poitrine. Ma respiration s’arrêta, mes yeux restaient fixés sur lui alors que je ne le voyais plus. Pendant un moment, je me demandais si l’information était bonne, si ma conscience ne me jouait pas de tour. Comment cela se pouvait-il ? Il m’avait reproché de ne pas être allé le voir, et au-delà de ça il m’annonçait quoi ? QUOI ? Finalement ils étaient comme les autres… comme eux !

    Le regard dans mes yeux se transforma en rage. Une rage qui grondait en moi et qui s’était réveillée en une fraction de seconde, arrêtant mes larmes sur le coup. Je venais de me prendre un autre coup, un autre choc. Pour quand serait la chute ? Peut-être pour maintenant. Avec une vitesse presque déconcertante, je poussais sur mes jambes, oubliant mes faiblesses, oubliant que je n’avais qu’un petit corps mais mon sang n’avait fait qu’un tour. Je le haïssais. Je m’élançais et sautais sur lui ce qui nous fit tomber ensemble. J’étais sur lui et je me redressais pour lui assener tout un tas de coup de poings où je le pouvais, déferlant toute la colère qui émanait de moi.

    « T’es qu’un connard ! Tu n’es pas mieux qu’eux ! Pendant que je me faisais violer tu t’envoyais en l’air !!! » Je n’arrêtais pas, visant sa tête, son torse, me débattant comme une folle, ne me rendant plus compte de la porter de mes mots et du fait que je venais de lui avouer ce qu'il m'était arrivée. « Tu as pensé à moi ?! » Et là les larmes reviennent de nouveau. « Tu t’en fiche, comme toujours ! Ta personne t’importe toujours plus ! Mais moi… moi… » Je déployais toute la force que j’avais, ne réfléchissant plus à ce que je pouvais bien être amené à regretter… « Je t’aime putain ! » d'une voix meurtrie.


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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Jeu 3 Avr - 8:49

Ca y est. Je venais de lâcher ma bombe. Sans même vraiment le vouloir. Se rendre compte à quel point tout ce qu'avait subi Eléanore pouvait l'atteindre, la toucher, avait provoqué un déclic chez moi. Ce monde froid et cruel dans lequel nous vivions désormais ne tolérait pas le mensonge. Ou en fait si, il le tolérait parfaitement. Le mensonge servait à la survie, pour beaucoup de gens et dans nombre de cas. Pour autant, il y avait de ces mensonges ou de ces omissions qui risquaient d'être bien trop dévastateurs. J'aurais pu mentir ou en tous cas ne pas raconter cette histoire à la jeune femme, j'aurais pu tout garder pour moi, compter sur la discrétion de Jenna, en espérant que jamais ma compagne officieuse -mais pourtant officielle, n'étant pas adepte d'ordinaire des couples libérés ou pire, de la mode grotesque pré-guerre des « sex friends » et autres conneries adolescentes-, ne découvrirait la vérité sur ce qu'il s'était réellement passé ce jour là, dans ce fossé en lisière de fossé. Ce n'était déjà pas mon genre de ne pas assumer ce que j'avais pu faire. J'avais fait une connerie ? Très bien, j'affrontais la vérité en face. C'était quelque chose de terriblement difficile, tout de même, surtout quand on savait que cette vérité allait blesser gravement des gens à qui on tenait énormément. Mais cela n'empêchait rien. J'étais un homme, un grand garçon.


Je ne devais pas me cacher. Et surtout, apprendre la vérité plus tard n'atténuerait en rien l'impact sur Lén. Cela pourrait certes passer mieux, peut être, si elle aurait alors porté à mon crédit mon désir de l'épargner dans un moment aussi difficile pour elle. Mais cet espoir aurait été je pense plutôt illusoire. Il n'y avait pas à tortiller du cul pour marcher droit, la douleur n'en serait d'ailleurs que probablement plus forte, parce que d'ici là nous aurions eu quelques jours, quelques semaines, voire quelques mois de plus pour nous rapprocher avant que la vérité ne vienne tout engloutir sous un véritable raz de marée. Le dire maintenant n'était pas qu'une façon d'être relativement en paix avec moi même, c'était aussi une façon, à terme de la préserver. De lui permettre de se rendre compte à quel point le monde était sombre. Qu'il fallait survivre, bien sûr, mais que cela impliquait de se méfier de tout, et de tout le monde, tout le temps. Même de ceux qu'on aimait, qui étaient capable de nous faire le plus mal. Eléanore commença, sans se rendre compte, par me dire que je ne pouvais plus rien pour elle, et surtout qu'elle ne voulait pas... Me perdre ? Mais c'était moi qui l'avait perdue. Et elle était en train de se rendre compte, ce qui me laboura l'âme en profondeur, douloureusement, alors que je voyais son visage frappé de stupeur


La belle se redresse à toute vitesse et se jette sur moi. De surprise, je tombe en arrière, chutant lourdement sur le sol. L'arrière de ma tête tape contre le sol, ce qui me fait voir des fleurs de sang éclater dans mon champ de vision, m'aveuglant un moment. Pire encore, je n'entendais pas grand chose, ne sentais plus rien. Je savais que ce malaise ne durerait que quelques secondes, mais que ça allait se passer ; choc des plus rudes mais je n'avais pas subi de blessure grave, ce qui aurait pu arriver. J'entendais vaguement Eléanore m'insulter, m'injurier, conclure à la situation. Je prenais des coups de poings au visage, sur le torse. Je ne sentais rien au travers de l'uniforme, mais mon visage morflait dur et cela me prit de longues secondes pour émerger à nouveau, plus ou moins conscient de ce qu'il se passe autour de nous. Elle ne pouvait pas comprendre que je tenais pourtant à elle ; mes actions ne le prouvaient pas vraiment de la manière les plus évidente qui soit... Elle me sortie qu'elle m'aimait. Je la laissais faire encore un instant, avant de saisir ses poignets avec mes mains, les écartant de moi. Je n'avais pas la force ni l'envie de renverser la position, je la laissais au dessus de moi, me dominer comme une furie vengeresse.


Elle m'aimait... je déglutissais. Tout ce que j'avais jamais espéré, la plus ancienne et la plus profonde blessure de mon existence se refermait, mais restait malgré tout plus douloureuse que jamais. Elle m'aimait. Après tout ce temps. Après tout ce qu'elle avait subi. Et encore, ça...



| Je.. Lén, moi aussi je... Putain. |


Je devais faire un choix. L'endurcir pour qu'elle survive, même en devenant aussi cynique que je l'étais, ou me rapprocher d'elle plus que jamais. Survivre à deux, tant bien que mal, vivre la fin du monde à deux, donner du sens à tout ce que nous vivions. Le choix était facile, entre ces deux options...


| Moi non. Tu m'as démoli quand on était gosses. Etre avec toi ces derniers temps, c'était confortable. C'était bien. Je t'aime bien, toujours. Mais tomber amoureux de quelqu'un par les temps qui courent, c'est mourir bêtement à court terme. Je t'ai déjà dit que tu devais être forte, que tu ne devais faire confiance à personne. Tu dois survivre. Mais c'est certainement pas en tombant amoureuse de moi que t'y arriveras. |


Dégoupiller une de mes grenades, la serrer contre moi avant qu'elle ne pète, aurait sûrement était moins douloureux. Ce que j'avais fait, c'était nécessaire. Eléanore allait être en colère, elle allait me haïr. Mais elle était intelligente ; elle comprendrait la leçon. Elle s'endurcirait, et elle survivrait quand moi je serais tenu de mourir . Plus elle restera loin de moi, et meilleures seront ses chances. Pourtant, moi aussi je t'aime, Lén.



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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Jeu 3 Avr - 13:20

    Avec ma carrure, on pouvait croire que je n’étais rien, qu’une gentille femme qui ne savait pas se défendre. En ce moment même, je dépassais tout, j’allais au-delà de ma capacité. La rage et la colère s’était emparé de moi, laissant la peur et la terreur de côté pour un temps. Autant dire que cette nouvelle m’avait tellement déchiré de l’intérieur que je n’avais eu le choix de déverser tout ce que j’avais accumulé depuis le début sur lui. Je n’avais pas réalisé que la chute l’avait bien cogné à la tête. Je ne réalisais pas non plus que mes poings atteignaient son visage de plein fouet. Il ne se débattait pas, et pourtant, je ne me posais aucunes questions. Je me déchainais comme jamais. La chute était proche, si je m’arrêtais, je serais confrontée au vide entier qui m’envahirait. Il m’avait déjà manger à petit feu lorsque j’avais perdu Mickaël, ne comprenait-il pas ? Ne comprenait-il pas que je ne tenais pas à grand-chose finalement ? Il m’avait permis de me raccrocher à la vie. Il m’avait bercé d’illusion. Alors quoi ? Qu’était-ce pour lui tous nos rendez-vous ? Qu’étais-je pour lui ? Une sale putain qu’il pouvait comme bon lui semblait prendre et jeter ? Je le haïssais. Pas parce qu’il avait été honnête, parce qu’au pire moment de ma vie, lui profitait de son bon plaisir avec une autre. Cette… Jenna que je n’avais vu que rarement mais qui m’apercevait bien en tête. La pire des choses que je redoutais tant arrivait finalement. Alors que je lui disais que j’avais peur de le perdre, que je le fuyais pour ne pas entendre ses paroles s’échapper de sa bouche. Finalement, j’avais raison. J’avais eu raison de me méfier même si au final j’avais profité de chaque moment avec lui. J’avais eu raison de ne pas tout lui dévoiler. Et pourtant…

    Mes yeux sont aveuglés par la rage, je me déchaine de plus en plus alors que soudain je me sens arrêter dans mon élan. J’avais l’impression qu’une éternité était passée alors que j’haletais complètement. Les larmes coulaient sur mes joues, les trempant totalement alors que quelques mèches s’étaient collées sur mon visage. Je ne pleurais plus de terreur, ses larmes venaient de toute la colère que j’éprouvais, en plus de tout un tas de sentiment. J’étais honteuse, je m’en voulais à moi-même d’avoir cru un seul instant à un avenir ensemble. C’était la guerre, et alors ? Ne pouvions-nous pas avoir un peu de gaité dans ce monde qui sombrait peu à peu ? Etions-nous destiné à rester de notre côté, à ne pas s’attacher les uns aux autres ? Je ne fonctionnais pas comme ça. Quand j’étais entourée, ça me permettaient d’être plus forte. Plus forte pour les gens que j’aimais. Sinon je n’existais plus. A quoi bon ?
    Petit à petit, alors que je ne le frappais plus car il m’en empêchait, je réalisais la portée de mes mots. Les douleurs à différents endroits de mon corps également qui me tiraillait. Mais ce n’était rien comparé à ce que je ressentais. J’allais mourir sous le poids cruel de mes émotions. J’étais presque choquée de ce que j’avais pu dire, et là mes yeux observèrent enfin son visage que j’avais massacré puis ses yeux. Un instant, j’ai cru que tout allait s’arranger. Quelques mots prononcés, puis la vérité finirait de m’achever…

    Les deux premiers mots résonnaient dans ma tête et finissait de me détruire. Je m’étais préservée jusqu’au bout avec lui, ne voulant pas que ce que nous vivions s’arrête soudainement. Et voilà que désormais, tout m’échappait. Tout me paraissait clair, mais aussi très flou. J’étais complètement paumée. J’étais partagée par le fait qu’il m’avait utilisée mais aussi l’incompréhension de ses gestes, de ses paroles lorsque nous étions tous les deux. Etait-ce un jeu pour lui ? Avait-il changé à ce point depuis nos tous débuts ? Ses autres paroles finirent par m’arracher le cœur. Je ne comprenais plus rien et il mettait toute la faute sur la guerre, sur notre première aventure. N’était-il pas un homme désormais bordel de merde ? C’était quoi son petit discours ? J’étais dégoutée. Dégoutée de son touché et je retirais avec force mes mains de sa prise avant de me décaler sur le côté.

    « Ne remet pas ça sur le tapis ! On aurait pu partir ensemble mais tu ne voyais pas plus loin que le bout de ton nez. J’y ai laissé mes poumons tu te rappelles ?... J’ai dû faire un choix, sinon j’aurais péri dans cette ville. Il n’y avait que toi qui me retenais à ce moment-là, ne me fait pas croire que tu ne le savais pas ! » Etait-ce utile de ressurgir le passé ? Inutile en fait. Un sanglot me prit soudainement et j’attendis un peu avant de pouvoir parler. « Je ne suis rien… tu m’as utilisés comme l’ont fait ses hommes. J… » Autre sanglot alors que je reculais encore jusqu’au lavabo. « Tu aurais dû me laisser seule ici, pourquoi tu as insisté ? Pourquoi tu… ce n’était qu’un jeu pour toi ?... Tu comprends pas ? Si je suis seule je n’avance pas, je ne meurs qu’à petit feu ! J’avais trouvé en toi le désir de rester en vie ! Tu crois que c’est quoi ça ? » J’enlève brusquement et mal habilement mon manteau avant de relever mes manches et m’arrêter soudainement dans mon geste. Mon regard tombe sur la baïonnette. Je me ruais dessus l’empoigna avant de me reculer, à genoux. Je lui montrais mon avant-bras, les marques pas si évidentes que cela à voir. Je m’étais déjà scarifier juste avant de vouloir attenter à ma vie, tout simplement parce que je ne savais pas vivre avec une telle souffrance. S’il n’y avait eu personne pour me rattraper, je l’aurais fait et je serais déjà morte à l’heure qu’il est. Etait-ce ce qu’il voulait ? Si je n’étais pas importante à ses yeux… Je ne réfléchissais pas, serrant fortement la baïonnette de ma main droite, je la dirigeais vers mon avant-bras et la lame s’enfonça dans ma peau doucement…


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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Mar 8 Avr - 13:55

Eléanore réagir vivement, s'écarte avec précipitation. Me toucher la dégoûte, la révulse tellement qu'elle se soustrait à ma prise. Je ne peux que la comprendre ; je me dégoûte un peu moi même d'en arriver là, maintenant. Je sais que je ne peux malheureusement plus grand faire de plus, ce qui est fait est fait. Je ne suis même pas vraiment énervé, malgré tous les coups que j'ai pris dans la gueule. Non, j'encaissais sans broncher, ne pouvant quitter mon regard du sien. Tant de non-dits, tant de protection... je ne savais pas si j'avais fait le bon choix, mais on ne pouvait pas dire pour autant que c'était quelque chose de facile à assumer. C'était même tout l'inverse... Mais comment ne pas aller jusqu'au bout ? Je ne pouvais plus revenir en arrière. Je n'en aurais plus l'occasion. Et la voilà qui, furieuse et emplie de haine, m'envoie dans la tronche en retour de bâton ce que je viens de lui reprocher assez injustement. Notre passé, complexe, dont j'étais pourtant l'un des principaux coupables. Mais je n'avais pas le choix que de serrer les dents, de persister et signer. Oui, je me rappelais de tout ce qu'elle avait subi, et ce qui la mettait encore en danger aujourd'hui rien qu'en respirant. Je n'ai plus le choix.


Je dois être dur et fort. Autant pour elle que pour moi.



| Fermes là. Tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu ne sais pas tout ce que ça a été, pour moi. Tu ne le comprendras jamais non plus alors putain arrêtes de me reprocher ça. T'as fait ton choix, j'ai fait les miens. |


Si seulement les choses pouvaient être aussi simples. Paradoxalement, même si j'en souffrais beaucoup, ce n'était pas très dur pour moi d'endosser le rôle du méchant. Je ne pouvais pas lui dire que si j'avais fait tout ça, c'était pour elle, et que si j'avais forcé le passae, c'était parce que je m'inquiétais.


| C'était plaisant le temps que ça a duré. Ne vas pas t'inventer quoi que ce soit à propos de cette relation. On avait tous les deux besoin de décompresser un coup. C'est tout. |


Je reste finalement bouche bée quand elle recule, de quoi parle t'elle ? Elle semble remonter sa manche, avant de bondir vers moi et de me désarmer, alors que j'avais levé mes mains pour me défendre de nouveaux coups. Elle prend mon crève-coeur et commença à enfoncer la lame dans sa peau. Je restais coi, stupéfait. Pour moi, ce genre de pratique imbécile n'avait rien à voir avec les personnes adultes, et uniquement avec les ados boutonneux qui veulent se donner un genre et plutôt que de parler aux autres, se faire plaindre, se poser en victime. Mais putain, elle peut pas juste rabaisser ses manches, se sortir les doigts du cul et survivre ? Mon visage cuit sous l'effort de la violente colère qui me fait rougir. Je me précipite vers Eléanore, la pousse sans ménagement contre le mur. Je lui arrache la lame que je jette au sol, derrière nous. De ma main gauche je la saisis par le col et de la droite, je la gifle en plein visage.


| Mais putain de bordel de merde ! T'as pas bientôt fini tes conneries ? T'es une putain d'adulte ! Tu crois quoi ? C'est quoi que tu veux ? Foutre en l'air ta vie ? Mais tu crois que ça changera quoi ? Putain de putain! |


Je la lâche, tire sur son haut pour le défroisser et frotte son vêtement des saletés que j'ai posé dessus en la malmenant.


| Tu crois que ton fiancé il aurait voulu quoi, hein ? Tu crois qu'il a donné sa vie pour revenir ici pour quoi ? Pour que tu vives ! Alors t'arrêtes un peu de te comporter comme une tarée et tu survis, nom de dieu ! Tu veux vraiment laisser passer cette chance ? Cette guerre ne durera pas éternellement, Lén, il va bien falloir tenir pour tout reconstruire. On a besoin de toi, tu m'entends ? |


Je me détourne d'elle, en soupirant bruyamment, à fleur de peau. Je récupère mon couteau, que je glisse dans son fourreau que je reboutonne. Mon regard se retourne vers elle.


| Trouves toi une autre raison de vivre, si c'est vraiment ça le problème. Je ne suis indispensable à personne. Et personne ne l'est pour moi. |


Voilà, c'est fait.



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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Lun 14 Avr - 17:19

    Hj:
     

    Et voilà que nous parlions de nouveau de cette première vie, ma première vie pour être exact. Toujours à en revenir au passé. Ce n’était pas moi ce coup-ci, mis c’était plutôt lui qui avait mis cela sur le tapis. Je ne pouvais plus le supporter, son toucher m’était plus qu’insupportable désormais, je ne voulais plus qu’il s’approche de moi, essaie de me toucher ou tout autre chose. Je ne voulais plus rien avoir à faire avec lui. Et je me demandais si tout ceci n’était pas qu’un jeu pour lui finalement, une sorte de vengeance de ce que je lui avais fait auparavant en partant sans rien lui dire. Mais mon départ était bien minime comparé à ce que je supportais actuellement. Je regrettais d’être sortie, je regrettais de l’avoir croisé tout comme je regrettais qu’il ait insisté sur la porte. Je n’aurais pas dû céder, autant maintenant que la fois dans l’usine où j’avais baissé mes barrières. Je m’étais sentie en sécurité avec lui, il me faisait penser à autre chose et je m’étais beaucoup attaché. Trop même au vu des circonstances présentes. J’aurais dû continuer à le contrer. Sauf qu’il m’avait permis de me remettre sur la bonne voie. Désormais, il me serait encore plus difficile pour moi de seulement penser à un futur, à penser seulement au lendemain. Ne baisserais-je pas les bras lorsque je serais de nouveau victime ? Juste pour que tout s’arrête, pour que cette douleur si présente et intense dans ma poitrine ne s’arrête. Bien sûr, tout ça il n’en avait pas conscience. C’était ma douleur, ma souffrance, et il m’en avait rajouté une autre alors que j’avais déjà failli succomber à la précédente, toujours présente en moi.

    Mes oreilles sifflaient, je ne l’écoutais plus. Sous le choc de nouveau alors qu’il avait tellement changé. Je n’en revenais toujours pas. Son attitude m’enlevait tous les bons souvenirs que j’avais eus avec lui depuis le début. Plus rien ne comptait, j’avais été une bonne poire, une cible encore une fois bien trop facile. Je n’avais plus de voix, je ne cessais de le fixer alors que de nouveau il reprenait la parole. Il me brisait peu à peu et j’étais certaine qu’il le savait. Alors que je pensais qu’il ne pourrait pas me blesser plus profondément encore, je repris de nouveaux ses mots en plein cœur. Décompresser un coup ? Seulement pour la baise ? Je suffoque de nouveau, je sens mes poumons me brûler et je me retiens de tousser à plusieurs reprises. Je tente ensuite de lui faire comprendre ce que j’ai déjà vécu, mais il ne comprend pas. Je lui importe peu en vérité et son action par la suite ne fait que conclure et certifier ce que je pensais déjà.
    Mon dos heurte violemment le mur et j’étouffe un gémissement dans ma bouche alors que mes côtes me font un mal de chien. La douleur remonte dans ma poitrine et me fait savoir à quel point je n’ai pas encore guéri de mes blessures. Je n’ai pas pu me faire autant de mal que cela, je m’étais coupée superficiellement et seul un filet de sang s’écoulait de la plaie. Il me gifle après m’avoir immobilisé par le col et un gémissement sort instantanément alors que ma main vint se poser sur ma joue. Je ne le regardais plus, ma tête restait tournée alors que j’étais surprise de son geste. Je ne le devais plus. Combien de fois m’avait-il frappé ? Trop souvent en vérité. Sauf qu’il me réveilla de nouveau une autre douleur au visage. J’avais déjà des ecchymoses, voulait-il participer et être l’auteur d’autre tâche sur mon visage ?

    « Ça changera pas ta vie. C’est la mienne et t’en a rien à foutre. »

    Mon ton était bas et monotone et heureusement pour lui qu’il me lâcha et se décala, sinon j’allais le faire à sa place. Lorsqu’il parla de Mickaël, mon regard se fixe de nouveau sur lui, dur et menaçant alors que quelques larmes coulaient toujours sur mon visage trempé.

    « Tu n’as pas le droit de parler de lui ! Comparé à Mickaël, tu n’es rien, rien du tout ! Tu ne lui arrive pas à la cheville et lui au moins avait le cran d’être honnête envers moi ! » Je m’arrête, j’halète complètement, mais ne m’arrête pas pour autant. La peur et la souffrance laisse place à la rage et la colère. Même si elles étaient toujours présentes, mais pas au premier plan. « Tarée ? Je n’arrête pas de survivre vois-tu ! Indispensable ? Arrête un peu, je ne suis indispensable à personne, à rien du tout. Je ne sers à rien et je ne sais rien faire. Je ne suis toujours qu’une victime, on m’a… » Je m’arrêtais, car il s’en fichait finalement que j’ai pu être brutalisée. C’était quoi tout son comportement d’avant ? Sa colère dans ses yeux alors qu’il avait vu mon visage. Quoiqu’il en soit, le dégoût que j’avais pour lui était bien trop grand désormais. Je ne pouvais plus le voir. Jamais.
    Mon visage se fermait, mon regard se faisait plus dur que jamais. Je me relevais non sans mal à cause de mes côtes qui me tiraillaient, avant de plonger mon regard dans le sien. Je réfléchissais, j’avançais vers lui mais gardait une distance de sécurité. J’avais l’impression que les mots qui sortaient de ma bouche n’étaient pas les miens.

    « Dans ce cas, je ne veux plus entendre mon surnom de ta bouche. Je ne veux plus te croiser dans la rue. Je veux seulement te voir périr et souffrir. » Je m’avançais vers lui, la colère parlait, j’avais encore les yeux rouge et mouillés. « Je veux te voir mort, tu comprends ? Alors seulement j’aurais une raison de ne pas mourir… »

    Je ne savais comment j’avais pu lui sortir tout ça, mais ma voix c’était presque cassée à la fin. Je me retourne pour aller chercher mon manteau que je remis avec difficulté et en grimaçant. J’étais pour le moment emplit de rage, mais je savais au fond qu’il m’avait juste tuée intérieurement. Je ne saurais comment je ferais à l’avenir… peut-être n’y avait-il pas de place pour moi finalement. Je me dirigeais vers la porte pour m’isoler de nouveau sur le canapé de mon hôte. Je n’avais plus rien, le vide ne faisait que s’agrandir et mes maux de tête étaient plus qu’insoutenable. Ma main heurta le mur à côté de moi alors que je me rattrapais et je chutais brutalement tandis que des gens s’attroupaient autour de moi.


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MessageSujet: Re: Fuir l'homme que l'on aime, n'est-ce pas invraisemblable ? [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 16:32



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