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MessageSujet: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Dim 16 Fév - 21:29

Je vais vous en dire une bonne... j’ai dormi comme un loir. Ne pas avoir à ouvrir l’œil, regarder derrière mon épaule, relever chaque bruit m’avait permis de dormir d’un sommeil de plomb. Je n’avais pas eu un tel sommeil depuis des jours et des jours, et c’était franchement reposant. Même le fait de devoir aller bosser en compagnie d’un mec que Raulne ne pouvait sans doute pas saquer ne faisait pas baisser mon moral. Même mes habituels cauchemars s’étaient tenus à distance.
J’me souvenais parfaitement de la gueule du lieutenant quand il m’avait filer cette tâche et ça ne me disait rien de bon. J’étais une emmerdeuse, une foutue connasse et je n’étais pas le genre à qui il fallait donner sa confiance mais j’étais pas conne ni naïve. S’il avait voulu me faire chier, il s’y serait pas pris autrement, j’en étais certaine.

J’avais parcouru un moment la ville au petit matin histoire de trouver cette putain de mairie devant laquelle j’étais censé me pointer et heureusement que la plupart des villes étaient toutes bâties sur le même modèle sinon, j’en aurais chié. J’avais au moins eu de la chance en croisant deux ou trois personnes pour me remettre sur mon chemin. J’avais tout intérêt à très vite réussir à me repérer sinon, je serai mal dans un futur proche. Les excuses, je laissais ça au autre, elle n’était pas valable pour moi. Les excuses tuent.
J’avais donc fini par me pointer devant la mairie, en temps et en heure et j’attendais. Ça me donnait l’opportunité de voir un peu comment se comportait les gens et le moins que l’on puisse dire, c’était que c’était diversifié. De ceux qui me voyaient d’un mauvais œil à ceux qui se montraient affables, j’avais un sacré panel de comportements. Je ne détestais pas les gens mais à mes yeux, la plupart d’entre eux étaient des imbéciles utiles. C’était fort de café de la part d’une pique assiette et même si je ne sous-estimais jamais les gens, mon opinion volait rarement haut. D’ailleurs, à voir la gueule du mec qui me regardait depuis cinq bonnes minutes, j’en étais convaincue.
Si j’étais pas le genre à me faire des idées sur le vif... lui, il m’avait l’air d’un sacré peigne cul avec une estime de lui qui menait sans se faire chier à la lune. Le genre de mec à qui j’avais envie de retailler le portrait tranquillou au coin d’une rue avec un couteau papillon, voire même de lui faire bouffer les couilles sans les sacs. Ouais, c’était frais mais j’en pensais pas moins. Quand quelqu’un l’appela pas son nom, je ne montrais rien. Raulne était vraiment un enfoiré de première de me coller avec ce genre de mec. Bon Dieu de merde, il voulait que j’m’accroche d’entrée avec un de ses hommes et m’était d’avis qu’il pouvait pas le blairer plus qu’il me blairait. Ça en disait long sur le personnage.

Je finis par m’avancer pour me présenter. Fallait bien commencer quelque part. « Bonjour. Alix Edgcombe. Raulne m’a envoyé ici pour filer un coup de main avec le bois. » Politesse minimum et de rigueur. Pourvu que cette tête de nœud tente pas de se payer ma tête. Bien dormi ou pas, il aurait droit au même traitement que son chef adoré, si c’était bien son chef.
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MessageSujet: Re: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Dim 16 Fév - 22:15

«Ca flaire bon les emmerdes au petit matin »




« Va te faire foutre c#nnard »

Comment ça, je m’étais du mauvais esprit, là ? On venait de me déranger alors que je m’échauffais tranquillement depuis un peu plus d’une demi-heure sur la fin de mon temps de sommeil. De toute manière, mon organisme commençait à sérieusement s’habituer à n’avoir que peu de répit, puisqu’il refusait que je m’endorme tranquillement. Lorsque je passais mes nuits à l’hôtel de ville, du moins. Avec Valentine… je dormais. Plus ou moins. Mais ce n’était pas que l’insomnie qui me maintenait éveillé dans ces cas là. Et c’était une autre histoire. Dans tous les cas, je n’avais pas dormi chez Valentine, et j’étais donc d’une humeur de chien. Désolé Baxter. « C’est toi qui va te faire foutre, Reh, parce que la civile t’attend, et les autres aussi. » Civile ? Comment ? Ah oui. M#rde. « F#ck. » Je l’avais oublié, cette m#rde. Un joli cadeau de Raulnichou. Une emm#rde de plus, ou continuer à me pourrir la journée. Je déroulai les bandes passées autour de mes mains et poignets pour les ménager en continuant de râler, jurer, pester dans toutes les langues que je connaissais y compris, voire surtout, en Provençal. Pourquoi est ce que je m’exécutais ? Parce que j’avais mûri, et parce qu’en huit ans de rigueur militaire, j’avais un petit peu compris qu’il fallait parfois, souvent même, obtempérer. Même si je n’en faisais qu’à ma tête à côté. Et là, Raulnichou avait donné un ordre direct me concernant, et par égard pour Valentine, Emmanuel et accessoirement tous les mecs qui avaient voulu que j’arrête de faire le c#n, je m’exécutais. Les cheveux en pétard, l’air ahuri, comme à mon habitude, j’arrivai à la bourre sur la place devant la Mairie, terminant de mettre en place ma veste d’uniforme et toutes les c#nneries qui allaient avec, accessoirement le flingue et tout le reste. Même si je n’avais pas la totale sur moi, assez exceptionnellement. « P#tain, Reh, c’est pas trop tôt, b#rdel. » Je le foudroyai du regard. Aujourd’hui, on allait jouer à Charles Ingalls, à aller couper du bois et cueillir des champignons et des fleurs. C’était trop la joie et hyper enthousiasmant. D’ailleurs, en parlant de fleurs, une assez vénéneuse se présenta à un mec de mon unité. « Bonjour. Alix Edgcombe. Raulne m’a envoyé ici pour filer un coup de main avec le bois. » J’arquai un sourcil en l’interpellant. « Hey, Marietta, c’est à moi que tu parles ? » Oui, j’avais une culture particulièrement fournie, et je tirai Marietta d’un bouquin jeunesse où l’un des personnages s’appelait Marietta Edgecombe. Je trouvais ça amusant, surtout que le personnage en question était assez c#nne et pathétique. Ca collait bien avec l’idée que je me faisais de la civile. Et oui, mauvaise nuit pour moi, malheureusement pour elle. D’ailleurs, elle avait du croire qu’on interpellait l’autre crétin lorsqu’on m’avait si gentiment accueilli, et j’avais pas spécialement envie de laisser la méprise se répandre. D’abord, parce que on n’usurpait pas mon identité sans conséquence, ensuite parce que j’avais pas envie de jouer. Voilà. J'inspirai profondément avant de lâcher un culturel « Hum... J'aime l'odeur des emmȝrdes au petit matin » et de lui tendre une main cordiale. « Moi c'est Alexandre. c’est toi la civile envoyée par Raulne ? Tu vas nous faire de jolis bouquets de pâquerette pendant qu’on construira la maison des castors, c’est ça ? » Du sérieux ? Moi ? Tout à fait… contraire à mes principes. Même si, dans un sens, là, j’étais sérieux. Je la considérai du regard, avec une moue amusée. Je me tournai vers le reste de la petite équipe dont j’étais à moitié responsable pour la journée. Moi qui avais toujours exécré le concept d’ordre et d’autorité, moi qui avais à peu près tout fait pour ne jamais être responsable de qui que ce soit, je me retrouvais en couple, et à la tête d’une équipe. Youhou, la grande joie. Et la petite part de raison qui restait vivante dans ma tête de mule m’interdisait de tout foutre en l’air. Parfait. « Bon allez les gonzesses, vu que tout le monde est là, l’un des avantages d’arriver à la bourre c’était qu’on avait personne à attendre après, « on commence à se bouger le fion pour aller jouer les castors. » Baxter fut le premier à comprendre ce que je voulais dire puisqu’il partit en éclaireur, trottant autour de nous, tout heureux de se dégourdir les pattes. Je m’adressai à la civile, faisant confiance aux autres militaires pour faire moins les c#ns que moi – ce qui n’était pas compliqué – et nous mener vers le bois – puisque j’avais pas envie de réfléchir. « Alors, Alix, tu fais quoi dans la vie en dehors d’être une squatteuse ? » Jolie entrée en matière. « Et t’as fait quoi à Raulne pour qu’il te colle avec moi ? » Tiens, une question intelligente ! On arrête les sarcasmes tout de suite. Sinon, ça n’allait pas aller. J’avais conscience de ne pas être aimé, de toute manière je l’avais cherché et en plus ça ne me dérangeait pas, et surtout, j’avais conscience que Raulne n’approuvait pas du tout ma manière d’être quand bien même j’avais fait des efforts. Bah oui, j’estimais qu’à partir du moment où j’arrêtais de brider ma puissance de calcul, je faisais des efforts. Comme à mon habitude, mon cerveau carburait à toute allure, mais là plus encore. Parce que je ne le masquais plus autant.


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MessageSujet: Re: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Mer 19 Fév - 12:51

J’étais ravie. À un point monumental. J’adorais jouer au troufion de base. J’étais prise d’une joie sans borne, j’aurais pu en jouir sur place... Putain. L’adaptation, ça allait pas être simple, loin de là. J’avais plutôt intérêt à carburer pour savoir ce qui se passait dans le coin. Je détestais par dessus tout manquer d’info et le patelin en avait vu des vertes et des pas mûrs, j’en étais quasi certaine. Le tout, c’était d’en apprendre plus sans en dire trop. Valait mieux pas qu’on connaisse mon véritable job vu les circonstances. J’allais pas gueuler sur tous les toits que j’avais la morale négociable, c’était un coup à ce que la moindre merde dans le coin me retombe sur la gueule. Un civil, c’est relativement con, ça s’effraie vite et pour pas grand chose. Du moins en général.
Cela dit, passer pour une civile quand on avait mon passé, c’était une bonne chose. Pour les raisons sus-citées, pour commencer mais aussi parce qu’avoir un minimum de paix, ça pouvait aider. J’avais cavalé dans une merde tenace avant d’atterrir ici, j’étais pas contre un peu de calme. Même si entendre les réfugiés et autres extérieurs arrêtaient pas de se plaindre du froid et des conditions. Fallait que j’me fasse violence pour pas leur rétorquer méchamment que c’était la fin du monde et qu’ils étaient pas en foutu voyage touristique. Mais bon... déraper, c’était pas conseiller.
C’était à ça que je pensais en attendant devant la mairie avec un tas de troufions à qui j’avais pas jeter un regard. J’avais aucune envie de faire ami-ami pour l’instant. J’avais pas les préoccupations du « citoyen » standard. Ce connard de Raulne aurait au moins pu me rendre un de canifs. Je détestais être désarmée, ça me rendait parano et ça me mettait sur les nerfs. Ok, j’aurais pu être tentée de m’en servir, j’devais bien le reconnaître.

Quand le fameux Reh avait finalement décidé d’arriver, je relevais les yeux et j’me présentais. Pas que j’avais envie de faire connaissance mais j’y mettais du mien, au moins un peu et putain, j’aurais pas dû. Raulne avait vraiment décidé de me chier dans les bottes. Je regrettais soudain de pas lui avoir péter quelques dents. « Tu vois une autre gueule que la tienne en face de moi peut-être ? » On commençait bien. Nan vraiment, j’allais adorer la journée. C’était quand même dingue ce que les mecs pouvaient prendre toutes les meufs pour des cruches. J’faisais une généralité mais franchement, y a pas de quoi être fier quand la majorité des représentants du chromosome XY frôle un degré de connerie aussi élevé que l’Everest. « Et moi donc ! » Je levais les yeux au ciel en soupirant. « J’ai une gueule de fleuriste ? T’as d’autres stéréotypes en stock ou t’as fait le tour ? » Connard. Encore un que j’allais avoir envie de buter. J’avais pas croisé grand monde mais ça commençait très fort, j’devais bien le reconnaître. Au moins, ça me changeait pas de d’habitude. J’trouvais la plupart des gens antipathiques. Pas de changement en vue. J’avais au moins un repère fixe. Les gens étaient restés cons et les militaires, une bande de troufion avec un cou et des chevilles trop larges.

Je suivis le mouvement quand on se mit en marche mais ce brave Reh avait décidé de faire un brin de causette. « J’suis fleuriste, t’as oublié Ingals ? Sans déc. J’suis multifonction et ex-militaire. Aujourd’hui, j’coupe du bois, demain, je jouerai peut-être les tractopelles. Va savoir avec cet enculé de Raulne. Quant à ce que je lui ai fait, on dira juste qu’il est pas trop fan de mon parcours de vie. Au moins, y a une constante, c’est resté une raclure de fond de chiotte depuis l’Afghanistan. Pas de surprises de ce côté-là. J’aurais dû me douter que ce serait la fête. Il pouvait m’envoyer que dans les pattes de quelqu’un qu’il peut pas saquer. » J’allais peut-être pas m’en faire un pote comme ça, mais j’allais pas non plus brider mon amour naturel du genre humain. Il avait pas non plus fait une folle entrée en matière et j’comptais pas lui balancer que j’avais été mercenaire. Il finirait bien par l’apprendre, ça m’aurait franchement étonné que Raulne garde cette info pour lui très longtemps. Mais en attendant, l’info, j’allais pas la filer sur un plateau. J’allais même pas la filer du tout. Déjà rien qu’à l’accent, on pouvait deviner que j’étais anglaise, ça allait de toute façon pas m’aider à me faire des potes.
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MessageSujet: Re: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Jeu 20 Fév - 14:37

«Ca flaire bon les emmerdes au petit matin »




Et bien de toute évidence elle était d'aussi bonne humeur que moi, puisque qu'elle me balançait à la figure des joyeusetés dans la lignée de celles que je lui avais offerte en cadeau de bienvenue, cadeau made by Alexandre, in Louisville, for c#nnards agréés par le conseil général de la bêtise et de la c#nnerie présidé par Raulnichou et une petite dizaine de civils, à n'en pas douter. Bien, bien, bien. Je classai dans ma tête les différentes infos que j'avais donc sur elle, alors qu'elle me prouvait en deux mots qu'elle avait la même bêtise et culture des vannes pourries que moi. Et une humeur de chien à égaler la mienne, aussi. « J’suis fleuriste, t’as oublié Ingalls ? Sans déc. J’suis multifonction et ex-militaire. Aujourd’hui, j’coupe du bois, demain, je jouerai peut-être les tractopelles. Va savoir avec cet enculé de Raulne. Quant à ce que je lui ai fait, on dira juste qu’il est pas trop fan de mon parcours de vie. Au moins, y a une constante, c’est resté une raclure de fond de chiotte depuis l’Afghanistan. Pas de surprises de ce côté-là. J’aurais dû me douter que ce serait la fête. Il pouvait m’envoyer que dans les pattes de quelqu’un qu’il peut pas saquer. » J'arquai un sourcil devant cette présentation plus que sommaire. Et complète. Et haute en couleur et en soupirs exaspérés que j'allais étouffé pour lui foutre dans la g#eule par le biais de mon poing agacé. Charmant, Alexandre, tu iras loin dans la vie. Ouais, très loin, la preuve, j'étais actuellement à quelques 820 kilomètres et des poussières de ma ville natale, à vol d'oiseau. 820 kilomètres...? Bah ouais, j'avais un compas dans la tête et accessoirement une carte de France et son échelle écrite tout en bas et déchiffrable à la loupe. Il suffisait d'estimer ça à la louche, de saupoudrer de conviction et hop, au four dans mon cerveau deux minutes et c'était une certitude. Et le pire, c'est que les chances pour que ce soit la distance exacte à 10% près sont très élevées... Donc voilà, j'étais déjà allé loin dans ma vie, et son accent de m#rde me laissait penser qu'elle était allée encore plus loin au pays des Grands Bretons voire des Ricains expatriés dans leur petite île de l'autre côté de la grosse mer. En bref, son accent anglais teintait ses propos et j'aimais pas ça. Parce que même si j'étais un surdoué, les langues et moi ça avait toujours fait une petite dizaine d'armées constamment en guerre, et mon esprit purement scientifique additionné à ma mémoire en forme d'éponge n'avaient pas suffit pour me faire aimer les langues étrangères. Dommage pour elle. La forêt se dessina rapidement devant nous, mais nous n'y étions pas encore. Cool. Parfait. Ca allait être drôle. « Si t'es multifonction, tu peux aussi faire du café ? C'est un super pouvoir de c#nnasse ou juste le tien ? Dans tous les cas, au moins, j'suis sûr qu'on a des points communs. Un caractère de m#rde et le fait que Raulne ne puisse pas nous blairer, t'as bien deviné. Mais faut croire qu'on a aussi le même humour pourri. » La petite troupe s'arrêta, et je fis le tour des arbres marqués d'une croix, indiquant nos cibles à abattre. Je délaissai la civile – parce que oui, c'était toujours une civile dans la tête et c'était pas près de changer – le temps d'indiquer rapidement qui faisait quoi. Je jetai un coup d'oeil à ma montre et au pseudo soleil qui daignait encore un peu nous éclairer, le temps d'évaluer le temps qu'on avait devant nous. Finalement, j'attrapai une scie de bûcheron avant d'apostropher la civile. « Marietta, tu viens avec moi et tu me prouves que comme tout le monde t'as tout dans les muscles, rien dans le crane et une grâce qui ne vexerait pas un ours alcoolique. » Je lui sortis mes bandes de boxe, considérant ses mains vides, avant de lui lancer mes gants et d'enrouler lesdites bandes d'un mouvement rapide d'habitué. Pas intérêt à se prendre des échardes ou des m#rdes dans le genre vu les réserves crésusiennes que nous avions en désinfectant et m#rdes dans le genre. « Les abîment pas, ils appartenaient à la belle sœur de mon grand oncle par alliance au quinzième degré. » Etait-il nécessaire de préciser que je ne racontais que des c#nneries depuis le début ? Si elle en doutait encore, ça ne devait plus vraiment être le cas à présent. J'allais poursuivre sur ma lancée lorsque j'aperçus du coin de l'oeil les mecs qui allaient faire n'importe quoi. Je ne pris que quelques secondes de réflexion, le temps de lâcher la scie et d'attraper une hache en gueulant sur un ton autoritaire que je n'aurais jamais penser employer de toute ma vie : « B#rdel les mecs, arrêtez tout ! Vous savez pas descendre un arbre ou quoi ? » Comment ça, vu notre société de surprotégés ce n'était pas franchement quelque chose qu'on apprenait à l'école entre le chapitre « fabriquer une bombe à eau » et « détecter les cumulo nimbus » ? Je m'approchai d'un arbre marqué, en tapant sur l'écorce et en considérant les alentours. « Déjà, vu l'ambiance du truc, faut que l'arbre tombe par là-bas » fis-je en indiquant une direction, soit celle où étaient massés les autres. Je voyais assez clairement la courbe qu'allait parcourir l'arbre et où il fallait effectuer la sole de l'entaille d'abattage. Je levai la hache et l'abattis par deux fois sur le tronc, faisant voler quelques éclats d'écorce et marquant deux longues lignes brunes dans des angles différents. « Si on prend en compte le diamètre du tronc, faut faire le p#tain de truc d'abattage par ici, et faut pas dépasser ce point de rupture. Après, vous faites pas les cons, et vous passez derrière pour atteindre le point de rupture par l'autre côté histoire de contrôler la chute du mastodonte, et éviter que faire des crêpes de vos petits camarades ni même de la civile, compris ? » J'étais un p#tain de matheux passionné de balistique et de physique et surdoué, et du coup les distances et les calculs coulaient de source dans mon cerveau alors que je calculais de tête les paramètres dont je parlais. Et comme lorsque ça m'arrivait de réfléchir en public et à haute voix, je me rendis compte lorsque je me la fermai qu'ils s'attendaient pas à ça de ma part. J'haussai les épaules, masquant mon malaise dans un « Arrêtez de me regarder comme des langoustes, sinon je demande à Baxter de vous expliquer. » A l'entente de son nom, mon chien aboya un coup avant de retourner chercher des champignons – très certainement – restant à portée de voix. Je revins vers la civile. Tout mon alibi « crois que je ne suis qu'un gros crétin à la c#n » venait d'exploser. Fais chier.  « On attend qu'ils aient abattu le truc avant de le débiter. Tu viens d'où ? » Lien entre les deux parties de ma phrase ? Aucun, et alors ? C'était grave, passible de peine de mort ou d'amende ? J'en avais rien à foutre. Parce que là, j'avais plus ou moins fait ce qu'on attendait de moi et ça me faisait profondément ch#er. Parce que bien évidemment, j'avais plus ou moins pris mon pied à calculer aussi rapidement des trucs qui m'éclataient, et ça me faisait suer.

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MessageSujet: Re: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Sam 22 Fév - 19:33

Pas que filer des infos sur mon compte, j’adorais ça. On en était même loin, très loin. Je détestais ça au plus au moins mais j’avais intérêt à m’intégrer pour par rester sur le carreau et ça, même si ma nature profonde me disait d’envoyer chier toute cette bande de joyeux drilles avec leurs scies et leurs haches. Les habitudes ont la vie dures et ça faisait des plombes que j’avais pas eu à faire ami-ami avec des gens. J’étais passablement rouillée. Heureusement pour moi, j’avais affaire à un autre trou du cul de première classe, de quoi me garder dans mon environnement habituel. C’était confortablement réconfortant d’avoir un tel con en face de moi. Le monde avait pas tellement changé, il était juste plus... taré et en bonne voie pour s’effondrer.
Il me regardait avec la gueule du type qui en revient pas de se manger ses propres réflexions dans la face. Bon dieu de merde, j’allais encore tomber souvent sur ce genre d’énergumènes ? Y a que ça qui avait survécu ? Et dire qu’on se demandait pourquoi je préférais l’argent aux gens... Sans blague. Et si c’était mon accent qui lui revenait pas, il poserait gentiment son cul sur sa hache, avec de la chance, ça lui filerait le sourire. Quand à son multifonction, il pouvait se l’enfoncer. « J’fais mieux que ça. Après mon passage, plus besoin de dentiste. L’intégrale pour pas un rond, c’est une affaire. Faute de faire le social, j’fais dans le médical et l’humanitaire. Mon super pouvoir de connasse, tu l’as pas encore vu et ça vaut mieux. » Borde de merde, il allait pas commencer à me faire chier façon Raulne où vraiment, j’allais lui coller mon poing dans la gueule, risque ou pas risque. J’étais quasi certaine qu’on m’en tiendrait pas rigueur vu la tronche que les autres tiraient. « L’humour, c’est pas vraiment une priorité dans mon secteur mais ça peut toujours servir. Une grande gueule vaut mieux que de se faire lessiver la couenne par n’importe quel troufion. » Lui compris donc.

Je le regardais finalement faire son taf avant de revenir me faire chier. « Génial, j’vais pouvoir tailler des cure-dents. Ô joie ! » J’attrapais ce qu’il me jeta et protégeais mes mains. Elles en avaient vu d’autres ces temps-ci mais soit. Tant qu’à faire, autant les protéger. « On jurerait pas comme ça que t’es un foutu comique. T’en as pas marre de t’entendre jacasser des fois ? Tu ventiles franchement pour pas grand chose. »
Je levais les yeux au ciel avant de croiser les bras sur ma poitrine pour l’écouter apostropher cette bande de tarés qui aurait été foutu capable d’abattre l’arbre sur leurs propres pieds. Il était en train de m’enlever un bon divertissement, c’était con. J’étais pas experte mais parfois, couper un arbre ou deux, c’était notre meilleure défense. Fallait savoir où et comment les faire tomber sans avoir à se faire chier par après. Par contre, c’était plutôt chiant, ce mec là avait l’air d’avoir une calculette dans le crâne. Putain... me dites pas que c’était un génie...
Je me pinçais l’arrête du nez en m’exhortant à un calme futur. Y a pas plus chier qu’un mec qui est persuadé de tout savoir et qui prend ses contemporains pur de la merde. À voir s’il rentrait dans cette catégorie. Ne pas juger trop vite. « Comme ça te chante tant que j’reste pas à me faire chier avec une arme tranchante dans les pattes. J’ai tendance à vouloir m’en servir. » Ah ben il voulait faire la causette... pourquoi pas après tout. « Sheffield. Mais bon, j’suis pas du genre à regretter la ville natale, les racines, tout ça. C’est plus chiant et encombrant qu’autre chose. Perso, j’suis bien là où j’ai décidé de poser mon cul. » J’avais du mal à concevoir qu’on puisse tant aimer ses racines, ça m’dépassait totalement. « Et toi le compas humain, tu viens d’où ? Et qu’est-ce que t’as bien pu faire à Raulne pour qu’il puisse pas te blairer à ce point ? » Oui, parce que là, c’était clair, Raulne m’avait sûrement mise dans les pattes de celui qu’il devait le moins sentir.
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MessageSujet: Re: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Lun 24 Fév - 15:22

«Ca flaire bon les emmerdes au petit matin »




[b]« J’fais mieux que ça. Après mon passage, plus besoin de dentiste. L’intégrale pour pas un rond, c’est une affaire. Faute de faire le social, j’fais dans le médical et l’humanitaire. Mon super pouvoir de connasse, tu l’as pas encore vu et ça vaut mieux. L’humour, c’est pas vraiment une priorité dans mon secteur mais ça peut toujours servir. Une grande gueule vaut mieux que de se faire lessiver la couenne par n’importe quel troufion. » Ouais, donc en fait, je m'étais joyeusement trompé, parce que niveau humour, elle en a autant qu'il y a de gras sur les haricots de ma grand mère. Autrement dit pas grand chose, parce que même si elle était une pure provençale, à tout cuisiner à l'huile d'olive, elle avait cette règle stupide de faire cuire les haricots verts à la vapeur, et sans rien d'autre, et malheur à Blandine, Manu et moi si nous voulions y rajouter du beurre, du sel ou un truc pour les rendre moins dégueulasses. Bref. Je m'écartais du principal, et dans tous les cas, elle n'avait pas d'humour, et c'était bien relou. Le temps de m'occuper des autres militaires, en répétant ce qu'ils savaient devoir faire, je l'abandonnais, avant de revenir la voir pour lui filer des gants et la scie que nous allions utiliser pour débiter les bûches en faisant la conversation. « On jurerait pas comme ça que t’es un foutu comique. T’en as pas marre de t’entendre jacasser des fois ? Tu ventiles franchement pour pas grand chose. » Alors qu'elle levait les yeux au ciel, je rétorquai tout sourire « Bah en fait, j'suis sourd, du coup, je me dérange pas, ça doit être ça mon secret. Mais au moins,j'ventile pour quelque chose, pas juste pour avoir l'humour d'une langouste avariée. » Oui, tout à fait, langouste avariée. Ce qui était le comble de la décadence, bien évidemment. J'aurai bien voulu poursuivre, mais je venais de m'apercevoir du coin de l'oeil que je devais être le seul à réfléchir dans le coin. Bon, d'accord, ça me changeait pas de d'habitude, mais là, c'était vraiment craignos. Parce que bon, abattre un arbre, c'était peut être pas au programme du Bac, mais fallait avoir un peu deux sous de jugeote non ? Je calculai rapidement l'angle de chute, avant de leur indiquer où exactement frapper, pour éviter de faire des catastrophes et ne pas massacrer le bout de bois qui allait nous réchauffer sous peu. Je revins près de la civile, histoire continuer à faire la conversation en surveillant ce qu'ils faisaient. J'étais bavard, j'y pouvais rien. Et plus encore lorsque j'étais nerveux, comme là. Pourquoi être nerveux ? Je n'aimais pas les responsabilités, et là je m'en prenais plein la gueule, et ça me gonflait. Et le pire, c'était que je ne pouvais pas me barrer en les laissant en plan, parce que avec la même détermination que pour intégrer Autun, je combattais mes instincts naturels de c#nnard pour limiter la casse. Et avec la civile que je me tapais, là, c'était pas gagné. « Comme ça te chante tant que j’reste pas à me faire chier avec une arme tranchante dans les pattes. J’ai tendance à vouloir m’en servir. Sheffield. Mais bon, j’suis pas du genre à regretter la ville natale, les racines, tout ça. C’est plus chiant et encombrant qu’autre chose. Perso, j’suis bien là où j’ai décidé de poser mon cul. » Sheffield ? Ca ne m'inspirait pas grand chose d'autre que ce que mon atlas appris par cœur en cinquième me disait. Je préférai switcher ce nom avec Springfield, histoire que ce soit plus marrant, avant de ricaner un petit « Ben voilà, j'étais sûr que tu avais un humour de dingue. » satisfait. Et immature. Mais on ne pouvait pas m'en empêcher, vu que c'était dans mes pensées. Fichtre, j'étais génial. Et stupide. « Et toi le compas humain, tu viens d’où ? Et qu’est-ce que t’as bien pu faire à Raulne pour qu’il puisse pas te blairer à ce point ? » Le quoi ? Mon regard s'obscurcit. P#tain, qu'elle fasse une allusion à ça une deuxième fois, et elle se prenait mon poing dans la figure, avec mon enchaînement de la mort qui tue et qui avait mis à terre plus d'un de mes adversaires. « C'est bien ce que je disais, une sacrée petite rigolote... J'viens de Provence, et Raulni... »chou » n'aime pas trop les indépendantistes Corse. Tu comprends, son sang breton, ce genre de truc à la c#n... » Comment ça, je brodais des mensonges plus gros que moi et tout à fait... pas plausible ? C'était ma spécialité, fallait bien que je m'en enorgueillisse, non ? « Plus sérieusement, il a pas apprécié que je lui foute un gnon. C'est tout. Et j'ai des soucis avec l'autorité, mais ça, c'est pas un secret, loin de là. » Achevai-je dans un éclat de rire. Des soucis ? C'était le moins que l'on pouvait dire en me voyant. Je sifflai Baxter qui accourut pour se jeter dans mes bras comme le bon chien qu'il était. Pour une fois que j'avais le temps de glander, en dehors de mes heures d'insomnie, autant en profiter. « T'as du que t'étais ex milouf, tu étais dans quel domaine ? » Contrairement à ce que les gens pensaient en général, même si je posais une foule de questions, je retenais toutes les réponses – ou du moins celles qui m'intéressaient. Comme la recette des tourtes au poulet, ou le binôme de Newton. Ce genre de truc, en gros.

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MessageSujet: Re: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Lun 24 Fév - 22:25

S’il pensait que j’allais l’amuser encore longtemps, il allait sévèrement être déçu. J’étais pas là pour son divertissement. C’était pas parce que Raulne pouvait pas le saquer qu’on serait de grand pote, j’étais ce que j’étais, les efforts, j’étais pas payée pour en faire. Ok, j’étais pas payée du tout et je mettais mes talents à profit gratis contre un coin où pioncer et de la bouffe. Comparé à dehors, j’étais dans un foutu paradis mais un paradis où j’avais pas d’armes et ça, ça craignait un poil.

Je haussais un sourcil quand il mentionna de l’humour et une langouste. Ce type devait avoir un problème avec le crustacé en question puisqu’il venait de le rementionner. Pas mon problème, je choisis d’ignorer sa remarque, j’avais pas des masses de patience, fallait pas non plus me demander la lune. J’attendais sagement dans mon coin histoire d’éviter de vouloir cogner sur quelqu’un. Ça allait devenir une sale habitude de vouloir frapper les gens. J’avais plus qu’intérêt à contrôler mes nerfs.
Patientant, je craquais mes doigts un à un tout en vérifiant qu’ils étaient bien protégés pour la tâche à venir. Au final, valait mieux que j’reste en forme et en relativement bonne condition pour être utile. Ça m’aurait fait chier de perdre un doigt bêtement. Vérification qui ne m’empêcher pas de répondre à Reh que j’étais foutue capable de me servir de ma hache sur la tête de quelqu’un si on me filait pas du taf. Ça, c’était le sous-entendu, reste qu’il l’ait pigé.
Je relevais la tête pour finir la causette. « J’suis un vrai bout en train. T’as pas idée ! » Et j’pouvais même obliger n’importe qui à danser mais pour ça, j’avais besoin d’un semi automatique avec un chargeur plein. Je m’abstenais cependant d’en faire mention. Fallait pas gâcher la bonne ambiance mais ça m’empêchait pas d’y arriver quand même. Monsieur était susceptible à propos de sa capacité de manifeste de calcul. Y avait qu’un couillon de militaire pour se sentir handicapé par sa supériorité mais passons. Sujet tabou, j’avais pigé.

Je ricanais suite à son explication vaseuse. Et mon cul, c’était du poulet. C’était clair comme de l’eau de roche qu’il se foutait de ma gueule mais j’admirais la blaguounette. Fallait reconnaître que ça aurait pu se tenir si j’connaissais quand même pas un minimum ce connarde de Raulne et que ce mec-ci n’était pas un petit comique. La France avait le chic pour les petites guéguerres historiques. Entre le normand, le breton, le corse, le basque, le strasbourgeois et j’en oubliais, y avait de quoi se marrer un moment. J’le savais parce que je passais mon temps libre dans les parages, un des rares pays où on m’emmerdait pas vu le pognon que j’y dépensais.
« Merde alors, j’vais devoir faire la file pour lui péter une dent ou deux. Y a beaucoup de gens comme ça qui veulent lui refaire le portrait ou c’est son charme naturel ? Cela dit, aussi loin que j’me souvienne, y a toujours eut au moins une personne pour vouloir le cogner. Ça me surprend pas plus que ça. » Je haussais les épaules, même ses supérieurs devaient avoir eu envie de le cogner fort et bien. « Planification et extraction. Ironique quand on voit le merdier actuel. Enfin... ça m’manque pas. Le balais dans le cul et tout le baise fesses, ça lasse. La plupart des hauts placés étaient une bande de troufion assis le cul sur une chaise toute la sainte journée à compter leur mort et à parier sur le nombre de cadavres en face. Une sacrée bande de connards avec le courage et le culot d’un lapin pris par un collet. Et encore, c’est insultant pour le lapin. » Quoi ? J’aimais pas la hiérarchie ? On avait ça en commun. En même temps, c’était cette putain de hiérarchie qui avait pas eu les couilles de me juger correctement et qui avait décidé de rendre justice à leur façon et c’était toujours ces même connards qui avaient voulu me larguer en plein désert pour qu’on puisse rien prouver. Au cas où. Manque de pot, on m’avait ramasser avant.
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MessageSujet: Re: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Jeu 27 Fév - 10:22

«Ca flaire bon les emmerdes au petit matin »




J’aimais bien passer des accords implicites avec les gens parce qu’en général, lesdits gens n’étaient pas au courant desdits accords, mais ils les signaient quand même et j’avais dans un sens le droit, voire le devoir !, de leur foutre sur la tronche s’ils ne les respectaient pas, et ça c’était juste trop génial, de l’extase en conserve, des papillons en hiver… bref. Dans tous les cas, là, je venais de passer un p#tain d’accord implicite avec la trouffionne concernant ses pseudos allusions à mes capacités de calcul qui dépassaient la normalité. Le compas humain l’emm#rde, en gros. Charmant Ouais, j’avais vraiment tout du Shrek lorsqu’on commençait à y faire allusion, exactement. Dans tous les cas, je nous écartai du sujet en répondant à sa question concernant Raulnichou avec une brillante histoire pouvant expliquer mon léger désaccord avec mon supérieur. Léger désaccord ? Tu te fous de qui, là ? D’à peu près tout le monde, en fait. « Merde alors, j’vais devoir faire la file pour lui péter une dent ou deux. Y a beaucoup de gens comme ça qui veulent lui refaire le portrait ou c’est son charme naturel ? Cela dit, aussi loin que j’me souvienne, y a toujours eu au moins une personne pour vouloir le cogner. Ça me surprend pas plus que ça. » Y’a toujours eu, il n’a pas changé… Raulne par ci, Raulne par là… C’était clair comme de l’eau de source du bois aux licornes. Et visiblement elle l’aimait pas beaucoup, beaucoup. Ex ? Solution fort probable si on oubliait qu’elle était aussi attirante qu’un troll des montagnes qui n’aurait eu que trois pauvres humains à se mettre sous la dent pour son petit déjeuner. Mais ce n’était pas forcément un reproche, hein !, ni une critique quelconque, juste une observation et euuh… Enfin, c’est pas non plus la gentillesse ultime, là… J’haussai les épaules mentalement alors qu’elle répondait à ma question concernant son précédent boulot. C’était pas de sa faute si elle avait l’âge d’être ma mère, à quelques années près. Un truc facile, dans plus de douze ans d’écart, une connerie dans le genre. Ouais, vraiment pas mon genre, en gros. « Planification et extraction. Ironique quand on voit le merdier actuel. Enfin... ça m’manque pas. Le balai dans le cul et tout le baise fesses, ça lasse. La plupart des hauts placés étaient une bande de troufion assis le cul sur une chaise toute la sainte journée à compter leur mort et à parier sur le nombre de cadavres en face. Une sacrée bande de connards avec le courage et le culot d’un lapin pris par un collet. Et encore, c’est insultant pour le lapin. » Bah visiblement, on avait le même amour de la hiérarchie, elle et moi. Trop cool. Oh, des points communs, c’est mignon Vas te faire… J’arquai un sourcil, sans me départir dans mon sourire narquois, en observant le premier arbre chanceler devant nous. Cool, on allait avoir du boulot d’ici dix minutes. « Planification et extraction ? Genre services secrets et c#nneries du style ? » Je commençai à tu-tu-er la musique de mission impossible. « Dans tous les cas, j’vois c’que tu veux dire niveau trouffion hauts-placés. Et dire qu’y’a des crétins qui voulaient que j’sois gradé, ils pouvaient toujours courir. » Planification et extraction. Anglaise. Et ce n’était pas la seule anglaise du coin, vu les mecs qui avaient manqué de flinguer Valentine sur la plage. Intérieurement, je fronçais les sourcils. P#tain de b#rdel de m#rde à la c#n. Elle se foutait de ma tronche ou je réfléchissais trop et faisais des rapprochements trop tordus pour qu’ils soient vrais ? C’était pas parce que j’étais le plus jeune des militaires de Louisville – ou à peu de chose près le plus jeune – du haut de mes vingt quatre ans, qu’il fallait me sous-estimer. Sachant que c’est toi qui veux être sous estimé, imbécile. Ouais, mais ça, ça ne regardait que moi. Je ne laissais rien paraître de mes interrogations, - outre mon sourire qui s’accentua encore – avant de reprendre sur le ton de la rigolade, pour changer. Ironie quand tu nous tiens…. « Et ça fait combien de temps que tu traines ta carcasse ici ? J’imagine qu’on t’a demandé de faire la popotte à la mairie, vu que j’suppose que t’es réfugiée et qu’ils essayent de donner du boulot à tous les glandus qui en demandent. » Sympa pour Valentine. Je ne visais pas Val’, loin, très loin de là, bien au contraire. C’était juste que je pouvais pas lui demander cash « Qu’est ce qu’une ancienne milouf anglaise fout dans un bled paumé ? » sans qu’elle comprenne ce qu’il me passait dans mon crâne de poireau. De… poireau ? Ouais, carrément. De poireau. En voyant l’arbre osciller, je pris le parti de gueuler un charmant « Vous dégagez fissa de la zone, les mecs. Je veux dégun derrière. » à ceux qui avaient commencé à faire voler pas mal d’éclat, en fonçant à la base de l’arbre histoire de contrôler un peu plus la chute de l’arbre. Dans un craquement sonore qui sonna à mes oreilles comme une douzième symphonie inachevée en si bémol mineur d’écorce brisée, l’arbre tomba, se cassant quelques branches au passage, manqua de rebondir sous mes yeux calculateurs et s’immobilisa finalement dans un nuage de cendre qui manqua de me cracher mes poumons. Et pas qu’à moi. Je sortis un mouchoir de ma poche histoire de filtrer ce que j’allais respirer dans les heures à venir. « Bon alors, j’sais pas à quel niveau du parfait petit bucheron vous vous êtes arrêtés, mais on débite pas un arbre en cube aussi facilement que dans Minecraft, alors j’vous explique : Arrête de les prendre pour des demeurés, Alexandre… « On commence par l’ébranchage. Et on fait pas ça bêtement, les mecs, j'ai pas envie que vos pieds se transforment en passoire parce que vous avez voulu commencer à enlever les branches du dessous. Du coup, vous faites gaffe aux autres et euh… voilà quoi. » Quelle élocution… quel art du discours… j’en ai les larmes aux yeux. P#tain… j’avais l’impression de faire mon intello, pour le coup. Comment j’en savais autant sur l’abattage d’un arbre ? J’avais du lire ça. Ou faire un exposé dessus. Ou alors j’inventais tout, tout en sachant parfaitement que les trois quart découlaient simplement d’une observation logique. Dans tous les cas : j’avais raison, un point, c’est tout. Et tu te la pètes. Nan. Je voulais pas que… bref voilà. « Trouffionne, ramène ton derrière, on commence par les branches basses, et on remonte vers la cime en évitant de décapiter quelqu’un. » Pas encore question d’utiliser la scie, de toute évidence, je lui passai ma hache, sachant que vu que j’étais visiblement le seul à bien connaître mon sujet, j’allais devoir garder les mains dans les poches et reprendre les mecs qui allaient juste taper comme des bourrins pour leur expliquer le concept d’angle d’impact et d’éclats en bois qui risquaient de se planter dans les yeux. Je fis rapidement un tour du truc, pour revenir vers la civile. « Alors, t’as déjà extradé des bambous ? Tu sais manier ce truc ou tu vas te couper un doigt ? » Oui, j’étais ouvertement en train de se foutre de sa tronche, en sachant parfaitement qu’elle allait s’en sortir. Enfin… en sous entendant que Raulne ne m’avait pas refilé de boulet.

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MessageSujet: Re: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Jeu 27 Fév - 14:08

Avec les années, c’était dingue le nombre de gens sur qui j’étais tombées et qui avait un putain de problème de complexes. Qu’il soit de supériorités ou d’infériorités... pire encore quand il se tapait un complexe sur leur supériorité qui devenait une infériorité. C’était d’une connerie sans non. On était ce qu’on était bon dieu de merde. J’étais pas honteuse d’être ce que j’étais, la nuance était qu’en faire part me causerait un sacré paquet d’emmerdes. Lui, qu’il joue au con ou au petit génie n’y changerait rien. Il continuerait sans doute à passer pour un casse-couilles auprès de ses potes, qui n’en étaient sans doute pas.
Ce qu’il pensait de moi m’indifférait fortement. Qu’il m’apprécie ou non n’aurait aucun impact sur mon existence dans ce bled. On était pas forcé de connaître les gens pour bosser avec eux, j’en étais la preuve vivante. Pour le reste, parler la même langue, ça aidait. Heureusement que je connaissais plus que bien le français. Le russe m’aurait pas été bien utile dans le coin et en plus, mon russe était sacrément dégueulasse, un peu comme mon tchèque à ceci près qu’il était encore plus dégueulasse et inutile dans les environs.

Je contournais la question tout en y répondant. Tant qu’on arrivait pas sur mon dernier job, ça m’allait. Je trouverais de toute façon bien une connerie à dire sur le sujet pour éviter de balancer que j’étais merco. Un seul connard le savait et ça restait amplement suffisant. « Pas vraiment. Mon taf, c’était de gérer la balade du point A au point B avec le minimum de risques et en cas de merdes, d’être capable d’aller récupérer les grosses têtes et les utiles. En gros, l’avant et l’après. » Jusqu’au jour où... mais ça, ça ne regardait que moi et les concernés que j’avais personnellement plombés. « Va pas te méprendre, j’faisais partie des trouffions et j’étais une sacrée conasse avec ça. » Manquait plus qu’il se fasse des idées. J’avais appris à haïr la hiérarchie de la pire des façons mais là encore, ça me regardait moi et moi seule.

Son sourire commençait à me courir mais j’dis rien, qu’il papote seulement, ça tuait le temps. « Combien de temps ? Depuis hier dans la soirée. Et c’est ici qu’on m’a envoyé, pas à la mairie. » Moi faire la popote, valait mieux crever de faim que de bouffer ce que je bouffais sauf quand j’étais en vacances et là, c’était plus le cas. J’étais restée longtemps en survie et j’avais graillé froid plus d’une fois et même avarié. « Pour le taf, j’suis pas passée par là mais par ce cher Lieutenant R. » Le privilège d’être une merco ancienne militaire sans doute même si ça n’avait rien d’un privilège. J’préférais cent fois débiter des arbres et creuser des trous plutôt que sillonné un putain de champ ou que sais-je encore.
Je regardais l’arbre, impatiente qu’il s’étale enfin et que j’puisse me dérouiller en relevant mon écharpe qui en avait déjà vu d’autres. Léger, de quoi respirer sans m’étouffer connement. Je le nouais pour qu’il ne bouge pas. Je ne regardais pas mon voisin s’étrangler à moitié. Intelligent mais long à la détente pour certaines choses ou trop pris par son cerveau de génie, allez savoir.
Je l’écoutais que d’une oreille. J’pensais pas que le silence de mort qui régnait dehors aller me manquer à ce point... Je me bougeais enfin en attrapant la hache sans répondre. « Surveille plutôt les bleus, tu vas perdre ton temps à me reluquer en train d’élaguer. » J’attaquais ma part de boulot sans rien ajouter sous le regard effaré des autres militaires que j’avais osé qualifié de bleus avec mon accent british à peine dissimulé. Mais ça devait aussi être en rapport avec mon coup de hache. Des arbres, j’en avais fait tombé, élaguer et débiter un paquet. J’avais autre chose à foutre que d’attendre qu’ils se remettent du choc.
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MessageSujet: Re: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Lun 10 Mar - 15:05

«Ca flaire bon les emmerdes au petit matin »




« Pas vraiment. Mon taf, c’était de gérer la balade du point A au point B avec le minimum de risques et en cas de merdes, d’être capable d’aller récupérer les grosses têtes et les utiles. En gros, l’avant et l’après. Va pas te méprendre, j’faisais partie des trouffions et j’étais une sacrée conasse avec ça. » Ouais, c'est ça, essaye de te rattraper aux branches de l'arbre avec tes pinces de langouste firent mes sourcils en se haussant, s'abaissant et s'arquant dans une moue moqueuse et absolument pas convaincue. Vu ce qu'elle me disait, son job devait être un foutu boulot de planqué, comme tous les boulots où tu devais réfléchir et être responsable de la vie d'autres mecs. Affligeant, sérieux. Au moins, maître chien – ou maître chiant, puisque j'étais les deux – tu avais juste à savoir gérer ton chien de A à Z en passant par Perthro. Et c'était tout. Sérieux: la suite, tu suivais les ordres lorsqu'ils étaient pas trop chiants, et tu prenais toutes les libertés que tu voulais en ce qui concernait l'éducation de tes bêbêtes. Je continuai de papoter en pensant, toutefois, parce qu'il valait mieux ne pas négliger la présence d'une civile ex-milouf dans ma situation. Crétin, surdoué, mais pas stupide, le Alexandre ! Tout le monde essaye de te croire, je t'assure ! J'écoutai d'une oreille ce qu'elle racontait, concernant la popote, son aller-retour rapide avec Raulnichou, et tout, et tout, observant maintenant l'arbre qui tombait. Combien allait-il y avoir de blessés à la fin de la journée, seule la suite de l'épisode “Alexandre se voit confier des responsabilités” nous le dira, et j'avais pas vraiment hâte de savoir la fin de l'épisode, sérieux. Voilà que j'étais à nouveau debout, en train de m'adresser sur un ton autoritaire aux autres mecs de l'unité qui étaient bien sûr tous plus grands que moi. Trop sérieux, quoi. J'étais pas un grand gabarit. Trapu et costaud, carrément, mais pas grand. Et pour le coup, je le sentais. En toussant face à la poussière que j'avais considérée comme un détail négligeable au départ – échec critique, 0 au D12, vous vous étouffez dans votre vomi après avoir avalé de la cendre brûlante – je nouai mon foulard pour filtrer l'atmosphère non approprié à la vie dans laquelle j'étais brutalement plongé. Ayant fait un tour rapide des autres, je revins vers la civile, lui foutant une hache dans les maisn histoire qu'elle se rende utile. Baxter dans les pattes, comme toujours – ou plutôt souvent. En quelques mots, je me foutus de sa tronche et lui fis comprendre qu'elle avait pas intérêt à perdre une main dans l'opération. « Surveille plutôt les bleus, tu vas perdre ton temps à me reluquer en train d’élaguer. » J'explosai de rire avant d'hausser les épaules. Les bleus, ils étaient pour la plupart plus expérimentés qu'elle, alors... voilà. Parce que les glandus qui savaient pas manier une hache, ils étaient en train de ramasser le bois déjà mort qui traînait un peu partout. Pas besoin de leur dire quoi faire, à eux, c'était cool. Pour le reste... je me méfiais des haches et des blessures. Mais bon, au moins, une fois l'arbre à terre, ils se géraient comme des grands. Et moi je me faisais p#tain de chier. « Oh et puis, osef. » J'attrapai une hache et me mis face à la civile histoire de la garder en visuel. Si Raulnichou ne lui faisait pas confiance, j'avais beau avoir envie de foutre des gnons à ce lieutenant, j'avais pas mal confiance en son jugement. Après tout, il m'avait foutu dehors, et ça voulait dire qu'il avait une conscience aigüe de ma c#nnerie intrinsèque, plus que la plupart des gens. Mes doigts glissèrent tout seul sur la hache, et je m'imaginai tout naturellement être en train de m'en foutre sur la tronche. Oui. J'étais en train de me taillader moi même, une technique de tonnerre pour élaguer en trente minutes montre en main. Les minutes s'égrenèrent, et j'étais maintenant simplement en tee-shirt et gilet pare balle. Les minutes... on approchait plutôt de l'heure à ce rythme là, et je nous imposai une pause, histoire de ne pas avoir trop besoin de vider des litres d'eau plus tard. Fallait se ménager, histoire de pas s'assoiffer inutilement. « Hé, la civile, tu pauses et tu poses, d'ac, on va faire un roulement, le temps que les mecs fassent les branches sous l'arbre. Nous, on va faire le stock de brindilles et bûches déjà sèches, histoire de. » Je la regardai d'un air inquisiteur, histoire de savoir, moi, si elle était un peu futée ou pas. Bon allez, on allait dire qu'elle n'avait pas besoin que je m'étende sur le fait qu'on mettait les troncs élagués à sécher avant de les redébiter. Histoire que le bois soit utile. « J'ose espérer que tu sais reconnaître le bois mort du bois pourri du bois vert, hein ! Et sinon, en parlant de bois vert, pourquoi t'as quitté Springfield au fait ? » Histoire de taper la causette, hein, juste ça.

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MessageSujet: Re: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Mar 25 Mar - 15:46

Il pouvait bien penser ce qu’il voulait de moi, à vrai dire, j’en avais carrément rien à secouer. Ce mec se prenait pour un troufion et il avait beau mépriser les hiérarchies, il valait visiblement pas mieux. Mon pauvre gars, tout intelligent qu’il était, n’avait pas compris la règle de base. Faut parfois s’asseoir sur son orgueil pour avoir la paix. Être sous-estimé, ça a vraiment du bon parce que quand ça tombe... ça fait sacrément mal et je savais de quoi je parlais.
Alors vas-y mon gars, prends-moi pour une débile, pour une putain de boniche mais n’oublie pas de profiter. Si monsieur se croyait meilleur que tout le monde, j’étais au moins fixée, celui-là était dangereux, oui, mais sa tête lui jouait des tours. La preuve en était qu’il me prenait vraiment pour la dernière des quiches. Connard. S’il réfléchissait un tant soit peu autrement qu’avec son orgueil de surdoué, il se demanderait comment une nana seule a pu survivre dehors mais visiblement. Ça lui avait échappé qu’à cela ne tienne, j’allais pas débattre de mes capacités avec un trou du cul de base dans le plus pur style militaire. La joute était plus amusante avec Raulne. C’est que j’aurai presque préféré l’avoir sur le dos. Presque parce qu’avoir personne pour m’emmerder, c’était carrément mieux.

Perso, une fois la hache en main et le boulot entamé, y avait plus rien qui m’importait, pas même le maître à son chien-chien. J’étais là pour un job, pas pour taper la discut’ et mon job, j’le faisais bien. Je ne relevais même pas la stupidité de se dévêtir par un temps pareil, absorbée par mon taf tout en faisant gaffe qu’un de ces gars me plante pas avec ou sans intentions de me blesser. J’avais dû abattre plus d’arbres qu’eux mais à penser comme ça, j’risquais pas d’avancer. Ne pas sous-estimer, ni mésestimer. Jamais.
Quand il ouvrit encore le bec pur me prendre de haut, je ne répondis rien. Pas la peine de parler pour ne rien dire. Je balançais la hache là où personne risquait de se prendre les pieds dedans et gardais malgré tout mon écharpe sur le nez. La sciure de bois, ça irrite méchamment les sinus. Toujours sans rien dire, j’me dirigeais vers les morceaux les plus aptes à soutenir le tas à venir. Je soupirais silencieusement avec des envies de meurtres mais je restais zen. « Qu’est-ce que ça peut foutre vu le merdier aujourd’hui ? J’ai jamais été attachée au sol, j’suis pas une sentimentale. » Quant à mes raisons, il pouvait s’asseoir dessus. S’il était curieux à ce point, il avait qu’à aller demander des infos à son lieutenant mais j’doutais franchement qu’il les lui donne. Et quand bien même il le ferait, j’en avais rien à cirer. On verrait jamais bien une mercenaire et j’avais fait la paix avec cette idée depuis que j’avais terminé mon premier contrat et que j’avais empoché le pognon.
J’ai les scrupules d’une hyène et j’suis du genre vautour. La confiance, ça tue. Pour le pouvoir, l’argent ou la survie, on fait ce qu’il faut faire. Point. J’avais pigé ça bien avant que l’apocalypse nous tombe sur le coin de la gueule.
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MessageSujet: Re: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Ven 11 Avr - 19:41

«Ca flaire bon les emmerdes au petit matin »




Sincèrement, même si je ne la connaissais pas, même si je savais rien d’elle ou de ce qu’elle avait pu vivre – et d’ailleurs, je m’en foutais pas mal – mais elle commençait sérieusement à me faire royalement chier. A me taper sur les nerfs et à me donner envie de l’étrangler histoire de lui arracher un sourire ou une c#nnerie dans le genre. Parce que lorsqu’on t’étrangle, ça te fait sourire toi ? Oui, tout à fait. Ca me faisait pas mal marrer. Mais ce n’était pas le sujet de la conversation, parce que je venais d’annoncer l’heure de la pause, histoire que l’on se ménage. J’avais la légère impression de me répéter, mais bon… dans un sens, voilà : il n’y avait pas grand-chose à penser, et c’était pour ça qu’en général j’aimais tout ce qui était physique. Tu te concentrais sur ce que tu faisais à un tel point que plus rien n’existait autour de toi. Certes, il m’arrivait la même chose devant un livre sur la balistique ou les problèmes NP-complets, ces magnifiques problèmes d’algorithmique qui se révélaient insolvables au final, après des heures de réflexion ; certes donc, mais l’effort physique… avec moi c’était instantané à condition que ce soit un réel effort. C’était pour ça que j’aimais courir, et qu’il m’arrivait souvent de rester à la caserne juste histoire d’avoir accès à tout le matériel de musculation. Histoire de me crever, histoire de ne plus penser. Mais bon, penser, elle ne devait pas connaître, la Civile, et j’essayai encore une fois de faire la conversation. « Qu’est-ce que ça peut foutre vu le merdier aujourd’hui ? J’ai jamais été attachée au sol, j’suis pas une sentimentale. » Trop bien. Vraiment, trop bien. Mais qu’elle était chiante, je comprenais mieux pourquoi Raulnichou me l’avait foutu dans les pattes, c’était quasi certain maintenant qu’il voulait qu’on s’entretue et qu’à la fin, il n’en reste plus que zéro. Je ne comptais pas lui donner entière satisfaction, actuellement, même si du 50% ça commençait à me tenter pas mal. « Okay, cool. » C’était marrant, je n’avais pas l’impression que ces deux mots et l’enthousiasme qui les portait étaient réellement attendus, comme réactions. Je pouvais parfois simuler, en fait je le faisais souvent, sinon je risquerai de lui dire avec un grand sourire : « En fait, c’est génial, tu fais vraiment rien pour être agréable. J’pensais pas qu’on pouvait être aussi stupide lorsqu’on est dans une position précaire, un pays en guerre et accessoirement pas tout à fait là où on devrait être. Mais bon, hein, c’est ton choix. J’voulais juste faire connaissance hein ! » Et va te faire foutre, grognasse. Oh, et bien finalement, je l’avais dit. Avec un grand sourire. Sauf la dernière phrase, bien sûr, parce que bon, je n’allais pas dire ce qu’elle avait du parfaitement comprendre. J’étais peut être doué pour sourire en n’importe quelle circonstance et ravaler mon envie furieuse de lui foutre mon poing dans la g#eule, mais ça se sentait que je ne pensais pas un mot de ce que je racontais. C’était comme ça, d’ailleurs, que je commençais chaque année à agacer mes enseignants, au collège. Un sourire insolent, des petites remarques à double sens. Puis je montais en puissance, frôlais les limites, les franchissais avec arrogance pour me rétracter derrière mon petit sourire, sûr de moi. Fier de moi aussi. Etais-je particulièrement odieux ? Oui, et je le savais parfaitement, même maintenant. Surtout maintenant d’ailleurs. Lorsque je me penchais sur mes années qui m’avaient mené jusqu’ici, je m’effrayai. Etait-ce possible qu’un gamin puisse être aussi méchant avec des gosses de son âge ? J’avais été un délinquant, un fauteur de trouble, mais pire que tout, mon arrogance actuelle faisait pâle figure face à celle qui avait émané de moi jusqu’en seconde. Arrogant, prétentieux, sûr de lui et confiant. Et intelligent. Voilà qui faisait de moi l’individu le plus stupide et dangereux dans un sens, que l’on pouvait croiser dans les établissements scolaires. Et le pire, le pire du pire, c’était que je ne m’étais pas encore sorti de ce filet, et que je ne changeais pas d’un pouce. Et pourquoi avais-je commencé à penser à ça ? Je ne m’en souvenais plus. Dans tous les cas, j’avais un gros travail à faire sur moi. Et ça commençait par me la boucler et m’éloigner de cette trouffione. Cette fois, je laissai les hommes ramasser tout seul, comme des grands garçons, le bois, et j’appelai Baxter pour faire ce qu’on savait faire le mieux tous les deux : assurer la sécurité d’un lieu. Gardant la Civile en ligne de mire, je commençai donc à siffloter en regardant les alentours, et le soleil qui déclinait posément, derrière la masse de nuages de cendres qui ne s’amoindrissait pas, loin de là.

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MessageSujet: Re: Ça flaire bon les emmerdes au petit matin ♠ [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 16:34



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