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MessageSujet: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Sam 15 Fév - 22:52

C’est toi qui m’embrasses, là, tu me cherches, Val Je le regardais, ah ? C’était .. moi ? Le rouge me montait au joue en un rien de temps, et un sourireun peu gêné de dessiner sur mes lèvres.Un frisson parcourut tout son dos, et j’avais donc bien eu raison en essayant de le presser pour rentrer. Il serra ma main, et se fendit d’un « rentrons vite ». Et nous reprenons le chemin vers la maison d’Etienne. J’aimais la maison d’Etienne, elle ne ressemblait quasiment pas à l’endroit où je vivais à Paris, mais malgré le fait que la maison ne soit plus aussi bien chauffée qu’avant, voire pas du tout chauffée, la maison restait chaleureuse, elle ressemblait un peu à une maison de vacances, en plus sobre et plus fonctionnelle. Le chien d’Alexandre semblait aussi à son tour vouloir de l’attention. Cette ambiance était si … détendue, si simple, si douce. Moi, Alexandre, main dans la main avec le chien. Franchement, on en viendrait peut être à se demander à quel moment la guerre était tombée sur nos têtes. Avions nous seulement le droit d’être aussi.. naïfs, et … heureux ? Je n’avais pas vraiment de réponse à cette question. Je ne voulais pas culpabiliser, pourtant, malgré tout, le bonheur a parfois un gout un peu … âcre. Mais ici, et maintenant, il ne me semblait pas… injuste, pour moi, ou même pour lui.

En arrivant devant chez Etienne, Alexandre espérait, à haute voix, qu’Etienne ne serait pas là. Il ne l’avait pas appelé Etienne, mais plus … « l’autre crétin ». Vraiment, ils s’aimaient pas, ni l’un ni l’autre. Ce qui me désolait, ils étaient tous les deux, les personnes les plus importantes de mon existence à cet instant précis. Je soupirais, ne voulant pas m’engager dans cette conversation. Je sortais les clefs de la poche de ma parka, après m’être, pendant quelques secondes, débattue avec la veste d’Alexandre, j’ouvrais la porte, et malgré le concept de « non-chauffage » installé, il faisait définitivement plus chaud. Je retirais la veste, ma parka, mon gilet, les posant sur le porte manteau dans l’entrée.

Non, Etienne est débordé à la clinique. répondis-je, peut être un peu nerveuse.

Nerveuse ? Parce que nous ne le seriez pas ? J’étais nerveuse, impatiente, profondément heureuse, c’était … terrifiant. J’étais terrifiée par tout ce que je recevais à cet instant, en cette période. Je pris une longue respiration. Il continua, me faisant remarqué que c’était la seconde fois qu’il venait. Mais qu’il était un peu plus lui même. Je m’approchais de lui, doucement, déroulant l’écharpe autour de mon cou, pour la poser à son tour. J’ai le droit de t’embraser maintenant ? Je me positionnais devant lui. Qu’avait-il dit ? Un large sourire se dessina sur mes lèvres. Embraser ? Je ne savais pas bien ce qu’il voulait dire par là. vraiment ? Je regardais Alexandre, non, je savais parfaitement ce que tout ceci voulait dire. On devait rentrer pour voir plus chaud ? Pour se tenir plus chaud ? Je pris sa main, glissant mes doigts le long de son avant bras, pour glisser mes doigts entre les siens.

Tu as le droit. répondis-je à sa question avec un large sourire.

Je continuais de m’approcher. De me rapprocher d’Alexandre. Je voulais retrouver cette même sensation, cette chaleur, ce confort. Tout, je voulais tout. C’était terrible, je n’avais jamais été aussi égoïste, je n’avais pas jamais autant voulu de quelqu’un, autant attendu d’une personne. Je n’avais jamais été aussi … exigeante d’une certaine manière. Je voulais tout, tout, tout de suite avec Alexandre. C’est presque épuisant d’aimer à ce point. Ca me demandait pas tant d’effort que cela, mais c’était la force qui me poussait vers lui qui m’épuisait. C’était la manière dont il m’attirait à lui aussi, avec ses sourires, ces bêtises, ses rires, ses mains, ses joues, sa bouche. Tout, tout m’appartenait. Il ne se rendait pas compte à quel point il était important pour moi, c’était impossible qu’il se rende compte à quelle point sa présence me redonnait envie de sourire, rire, vivre, c’était terrible d’être dépendant d’une personne à ce point. Je m’approchais à tel point, que je pouvais sentir son souffle sur ma pommette. Je lui embrassais la joue, puis l’autre.

Et si tu perdais Alexandre ? Qu'est ce qu'il te resterait ? À part le vide et le silence ? La solitude et le désespoir ? Je regardais Alexandre, il n'y avait plus de retour en arrière possible. C'était couru d'avance, s'il tombait je tomberais avec lui. C'est pour cela que c'était terrifiant. C'est pour ça que,peut être je ne voulais pas lui dire que je l'aimais. Pourtant. Je lui souriais. J'aurais pu avoir peur, mais quand il souriait ça s'évaporait, la peur n'existait plus. Quand je revoyais notre relation encore très jeune, certes, il avait été la à des moments ou j'avais le plus besoin de quelqu'un. Lors de notre première rencontre à l'hôpital après ma longue route vers Louisville, il m'avait remontée le moral alors qu'on ne se connaissait pas. Quand il m'avait sourire à l'hôpital, alors que je ne voyais plus pour quelle raison je pouvais sourire. Je pense beaucoup me direz vous, mais en cet instant précis j'avais besoin de savoir pour quoi, et pour quelles raisons j'allais me battre.

Je suis ... Je suis terriblement, horriblement, affreusement, amoureuse de toi.

Ma main glissa vers sa joue, lentement, sans hésitation aucune. Après lui avoir embrassé les joues, je lui embrassais le nez, puis mes lèvres de posèrent sur les siennes. La main qui ne tenait pas la sienne, glissa le long de son torse, et mon bras s’enroula autour de son cou.

Peut être que c’est moi… qui va « t’embraser » … déclarais-je en souriant entre ses lèvres.


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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Dim 16 Fév - 17:50

« Les gens qui aiment dutent de tout, ou ne doutent de rien. »




Embrasser, Embraser, pour le coup, j’avais l’impression que les deux verbes revenaient au même. Vraiment. Parce que je l’observais enlever les multiples habits qui la maintenait au chaud à l’extérieur avec un sourire aux lèvres, alors qu’elle m’en donnait l’autorisation d’un Tu as le droit. tout sourire, et que son contact s’affirmait sur mon bras. Mȝrde, si j’avais eu la moindre réserve à l’idée de la laisse devenir proche de moi, tout avait disparu maintenant. Depuis quand ? Aucune idée. Enfin, je n’avais pas envie d’y réfléchir, là, maintenant, tout de suite. Qu’avait-elle dit tout à l’heure. Que Crétin n’était pas là. Mieux : qu’il était débordé. Pas de visite surprise. Il devait même, peut être, faire ami-ami avec mon grand frère, ô joie ! Mais l’important, c’était qu’il ne pouvait que me laisser tranquille avec Valentine, là. Elle était tout proche de moi, m’embrassait un peu partout, alors que je contemplais son assurance sans cesser de sourire. Pourquoi cesser, après tout ? Nous étions tranquilles, là. Seuls. Ne fais pas de cȝnneries, Alexandre, je t’en supplie. Ses yeux se posèrent dans les siens, et je compris pleinement ce à quoi elle pensait. La même chose que moi, très certainement. Tu vas la perdre, Alexandre. Non, je n’allais pas la perdre, parce que je ne voulais pas la perdre. Elle va finir par mourir, comme tout le monde. La Terre, la France est en guerre, Alexandre ! Elle va mourir ! Non, ce n’était pas l’important. Moi aussi, j’allais finir par mourir. Mais si elle meurt avant toi ? Et bien… Ce n’était pas le moment d’y penser. Sa main glissa sur ma joue comme une cascade de gouttelettes, je tressaillis davantage, laissant mes mains se faufiler dans son dos. Tu vas la perdre Oui, je le savais. J’allais forcément finir par la perdre. Mais pour le moment, elle était toujours là, à m’embraser et m’embrasser. Son bras s’enroulant autour de mon cou, alors que je la prenais dans mes bras. Peut être que c’est moi… qui va « t’embraser » … Son sourire était communicatif. Le plus sincèrement du monde, je ne pus qu’acquiescer dans un petit rire qui se perdit dans sa nuque : « Crois moi, c’est déjà le cas. » D’ailleurs, elle m’embrasait tellement que je me détachai un instant d’elle pour enlever mon pull en laissant apparaître le tee-shirt que je portais dessous. Tee-shirt. Spirou. Toujours le même. Coïncidence ? Ca m’aurait étonné. Dans tous les cas, ce n’était pas important. Seul son sourire l’était. Je soulève Valentine pour nous faire tourner sans hésitation en direction des escaliers. Et de l’étage. « Ta chambre est toujours à l’étage j’imagine ? » Tu ne doutes vraiment de rien ? Les gens qui aiment doutent de tout ou ne doutent de rien, a dit Balzac. Et cette phrase prend tout son sens, là : parce que je n’ai aucun doute. Strictement aucun. Moi qui remets toujours en cause à peu près tout, moi qui ne fais confiance à personne et même pas à moi-même derrière tous mes faux semblants, moi qui déteste me mettre en danger, je ne doute pas. Pas le moins du monde. Ma voix est rauque lorsque je rajoute : « On monte ? » avant de l’empêcher de répondre en l’embrassant et en l’attirant contre moi.

Tu vas la perdre, Alexandre.

Comment pourrais-je la perdre, alors qu’elle est tout contre moi. Toute à moi. Et moi je suis tout à elle. Mes doigts s’emmêlent dans ses cheveux, mes yeux marron se plongent dans les siens. Tu vas la perdre, et ça te fera mal. Ou tu vas lui faire du mal. Rien d’autre ne peut se produire : tu le sais. N’ai-je donc pas le droit de me penser potentiellement… bien ? Bon ? Que crois tu, Alexandre ? Tu n’es qu’un c#nnard, qu’un s#laud, tout le monde le dit, même toi. Alors qu’est ce que tu veux savoir ? Tu vas faire souffrir Valentine, et plus tu continues à l’aimer, plus tu vas de l’avant avec elle, plus facilement tu la détruiras. Tu le sais, mais ton égocentrisme te fait l’oublier. Je déglutis lentement, en déposant mes lèvres sur son épaules. Ca fait mal de le penser. Vraiment mal, parce que si je l’entends dans mes pensées, puisqu’aux dernières nouvelles la télépathie n’est pas encore d’actualité, c’est que je le pense. Et si je le pense, je me connais, c’est que je le crois. Et si je le crois… Il faut que j’arrête d’y penser. Non ! N’arrête pas d’y penser ! Tu dois arrêter de la voir. Maintenant. Non. D’accord ? Sophie, Madeleine, Emmanuel, ou quelle que soit la conscience qui revit dans les méandres de mon cerveau, elle a intérêt à se la boucler, maintenant. Parce que je n’arrêterai pas de voir Valentine. Mais tu vas la détruire… Non. On va dire que cette fois, je ne vais pas la détruire. On va dire ? Sérieusement, on va dire ? Ta g#eule. Maintenant, tu te la fermes. Tu te parles à toi-même…

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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Mar 18 Fév - 23:47

J'étais ... happée dans le moment. Il n'y avait que nous, rien que nous. Je connaissais les risques, je n'avais pas besoin de les entendre se répéter dans ma tête. Je savais. Pourtant j'allais prendre le risque. Qu'est ce que je pouvais dire ? Rien. Et je n'avais rien à justifier non plus. Je n'ai pas essayer de combattre ces sentiments, pas seulement parce qu'ils étaient trop forts, mais aussi parce que j'en avais besoin. Pourquoi combattre ce qui nous rends heureux ? Je n'avais jamais essayé de rendre les choses compliquées, ou plus dure. Le contexte, la guerre rendait déjà les choses bien assez compliquées. Pourquoi se mettre un poids en plus sur le épaules ? Je ne voulais plus m’arrêter de vivre. C’était trop triste.

Ici, et maintenant il y avait de la chaleur. C’était peut être quelques instants, quelques moments, quelques heures, quelques minutes. Il se détacha, retirant son pull. Je connaissais ce tee-shirt. Ca me faisait sourire. Les circonstances n’étaient définitivement pas les même et pourtant ce tee shirt réapparaissait. « Crois moi c’est déjà le cas ». Mon sourire s’étira encore quelque peu, au point que la douleur sur ma joue à cause de l’hématome se fit ressentir. Je fronçais un peu du nez, mais la douleur disparu. A ce fameux tee shirt… Quand on y pense, je l’aime pas vraiment. Mais je sais pas… ça importait peu, ce tee shirt était juste drôle et représentait assez étrangement son porteur. D’un coup je quittais les sol, il m’attrapait, et me portait comme si je ne pesais rien. Ce qui était le cas déjà à la base, mais avec les restrictions alimentaires, j’avais perdu pas mal de poids. Mes bras se posèrent sur ses épaules, mes mains se posèrent sur nuque. Le bout de mes doigts prenant le soin de glisser sur sa peau. Il demandait si ma chambre était toujours à l’étage. Oui. Oui, parfaitement, toujours au même endroit. J’aimais à quoi il pensait, j’aimais ce qui était en train de se passer, parce qu’on se rendait tous les deux compte à quel point c’était surréaliste, mais tant pis. « On montre ? » me demandait-il, sans attendre de réponse, il m’embrassa, m’embrasa une nouvelle fois. Mes mains glissèrent naturellement dans son dos, sous son tee shirt.

On monte.

Ses doigts glissèrent dans mes cheveux, il plongeait ses yeux dans les miens. Mes joues avaient rougis, par la situation, par la situation. Je resserrais mes bras autour de lui. J’avais envie de le sentir contre moi, je voulais entendre son coeur. Le mien battait à tout rompre, que j’étais quasiment sure qu’il allait exploser, ou s’arrêter. Tu es la cause de ça. Il pourrait s’arrêter à cause de toi aussi. Mais tant pis. Ses lèvres se posèrent sur mon épaule. Je lâchais prise, comptant sur lui pour me tenir quelques secondes. Je retirais mon pull, me retournant en tee shirt. Le vêtements pris la direction du solTu sais qu’il y a beaucoup de couches de vêtements ? Mes bras nus l’enlacèrent une nouvelle fois, quelques mèches de cheveux me tombèrent sur les yeux. C’était surréaliste. Je souriais, je ne pouvais plus m’arrêter de sourire. Je me sentais tellement bien. Encore une fois. Ce sentiment d’être … entière. Mes mains se posèrent sur ses joues, et mes yeux se plantèrent dans les siens. Ne pars jamais. Reste ici. Puis-je seulement te demander cela ? C’était bien égoïste. C’était certainement trop égoïste même. Ne quitte pas Louisville. Reste avec moi. Je l’embrassais, glissant mes mains, et tirait sur le col de son tee shirt. Il montait les marches et moi, je continuais à jouer avec le col d’Alexandre. Au final, on savait pas trop dans quel direction on allait. Mais on y allait. Et assez allègrement, il faut quand même l’avouer. Je ne pouvais pas penser aux questions aux doutes aux risques, comment tout ceci pouvait être mauvais, alors que ça semblait… si juste. Et normal. On allait peut être mourir demain. Mais dans ce cas, pourquoi s’arrêter ? Au contraire. L’instant présent est bien rare, l’instant sans responsabilités, sans poids sur les épaules l’était encore plus rare. Je le passais avec toi, parce que je ne vois pas avec qui d’autre le passer. Le meilleur moyen pour moi de te montrer à quel point tu me rends vivantes, c’est de montrer à quel point je peux l’être physiquement en ta présence.

Dans ma chambre, il n’y avait pas grand chose. Au final, mais avais-je vraiment besoin de beaucoup de choses ? Je penchais la tête, embrassait Alexandre le cou, mes lèvres se rapprochant de son oreille.

Je suis sure que tu n’as pas besoin de ça. soufflais-je dans on oreille.

Je posais ma main sur son torse, puis attrapait son tee shirt. Je me redressais en lui souriant.
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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Mer 19 Fév - 15:44

« Les gens qui aiment dutent de tout, ou ne doutent de rien. »




Ses joues rougies m'hypnotisent alors qu'elle ressort ses bras autour de moi comme pour m'interdir de m'enfuir. Je ne compte pas m'éclipser, loin de là. Je suis trop bien ici, avec elle au creux de mes bras, pour envisager de disparaître... Je la tiens dans mes bras, sans aucune difficulté, et je tressaille lorsqu'elle lâche prise, dans une confiance qui me déroute. Tu vas la perdre Non, je refuse d'y songer alors que son pull rejoint le reste de ses habits. Juste en tee-shirt tous les deux, dans une maison sans chauffage ? La pensée que nous n'avons pas intérêt à nous séparer tous les deux, maintenant, pour ne pas attraper froid, traverse mes pensées alors que nous montons à l'étage, alors qu'elle joue avec mon col, me chatouillant légèrement. Moi ? Chatouilleux ? Lorsqu'on sait bien s'y prendre... Dans la chambre, je la dépose en essayant d'être bien moins bourrin qu'à mon habitude. Tu vas la perdre Non, je refuse. Je ne veux pas la perdre. Elle m'embrasse à nouveau, et je m'embrase derechef. Que puis-je faire contre ça ? Je craque totalement devant elle, son sourire, ses yeux, son regard, ses courbes qui s'adaptent totalement à mes mains lorsque je l'enlace. Son souffle dans mon oreille me faire frissonner, Je suis sure que tu n’as pas besoin de ça. Besoin de quoi ? « De qu.. » sa main sur mon torse me donne la réponse à la question qui meurt sur mes lèvres, et elle attrape mon tee-shirt. « Hé ! L'abîme pas ! » Je suis un crétin, mais c'est sorti tout seul alors que je m'en débarrasse rapidement. Mon tee-shirt noir va s'écraser plus loin, et je me fais la remarque qu'il ne va pas se sentir abandonné très longtemps. Parce que j'ai parfaitement confiance en moi, je ne doute de rien et je suis convaincu que Valentine non plus n'a aucun doute. Pourtant, je prends la peine de lui glisser à l'oreille un « Tu es sûre de toi ? » sur un ton légèrement soucieux qui ne me ressemble pas. J'entends toujours un craintif Tu vas la perdre, Alexandre qui se répète dans mes pensées, mais j'essaye d'en faire abstraction. Parce qu'au diable tout cela, au diable la raison que je ne suis que très rarement, au diable les avertissements de mes démons intérieurs, je sais ce que je veux à cet instant et j'oublie qu'il y aura un futur. Tu vas la détruire. Pas aujourd'hui, peut être pas demain, mais tu vas la détruire. C'est inévitable Je l'embrasse pour faire taire mes craintes. J'étrangle ces voix qui me supplient d'arrêter et de ne pas ruiner sa vie. Comment la ruinerais-je à cet instant, alors que pour une fois je ne me sens pas mauvais ? Alors qu'il y a une étincelle de vie dans un monde qui s'autodétruit. Nous sommes en guerre, et je suis d'avis qu'il faut savoir être heureux lorsqu'on peut. Et oublier ce qu'il va se passer plus tard.

« Valentine, je crois que je t'aime. »

Comme je l'ai prédit, mon tee-shirt n'est pas resté seul bien longtemps.Et ça me fait sourire comme un crétin, alors que mes doigts glissent sur le ventre de Valentine pour venir se perdre sur son menton que je tourne dans ma direction pour pouvoir capturer ses lèvres. Il n'y a plus seulement ses joues à elle qui sont rougies, maintenant. J'ai un petit sourire qui s'accentue à chaque seconde, alors que mon torse se soulève à rythme régulier. « Tu sais pourquoi je t'aime, Val' ? » C'est rare que je sois aussi sincère, et que j'aie autant envie de parler de moi, alors je n'essaye pas de retenir mes mots alors que je la fixe très calmement, laissant mes doigts glisser d'eux même sur son épaule, sur ses courbes. « Je crois que c'est parce que tu réveilles ce qu'il y a de bon en moi. Et que j'avais oublié posséder. » Confidences sur l'oreiller... je ne pensais pas comprendre un jour pleinement l'expression. Je me sens étrangement fort et vulnérable, alors que je suis plus proche de Valentine qu'à aucun autre moment depuis que l'on s'est rencontré à l'hôpital. Je compte rapidement de tête. Plus de deux mois. Deux mois et demi, environ. Si longtemps et si peu ? Je crois que je n'ai jamais été en couple avec un fille pendant aussi longtemps. Ni attendu aussi longtemps pour finir dans le lit de ladite fille. Etrange, peut être. Même si Madeleine et Sophie sont les deux noms qui me restent en mémoire, j'ai enchaîné beaucoup de pseudo amourettes avec des filles attirées par mon côté mauvais garçon, alors que je faisais tout pour qu'elles ne s'attachent pas à moi et se barrent rapidement. Je ne suis pas un ange, loin, très loin de là. Entre nous deux, c'est Valentine l'ange, j'en suis conscient. Mais comme je viens de lui dire, sans me leurrer, sans m'aveugler, sans me fourvoyer volontairement comme je suis si doué pour le faire, elle a le don de réveiller en moi ce qu'il y a de meilleur. Et j'ignorais que cet Alexandre existait vraiment et n'était pas seulement un mythe raconté aux enfants, le soir, avant qu'ils dorment. Mais malgré cela, je ne peux pas oublier que Tu vas la perdre, Alexandre. A un moment ou à un autre, Tu vas la détruire, Alexandre. Il ne peut pas en être autrement. Quoi que je fasse, quoi que je veuille, tout ne tend que vers un seul point : l'infinité de la noirceur qui me représente. Et plus on attend, plus ce sera violent. Plus j'attends, plus il ne restera que des ruines de Valentine lorsque j'aurai chuté. L'idée, c'est que tu ne chutes pas, Alexandre. Oui. Evidemment. Si tu tiens vraiment à elle, tu ne chuteras pas. Une mise à l'épreuve ? « Qu'est ce que tu aimes, chez moi ? » En dehors de mon égocentrisme qui me conduit à toujours tout ramener à moi, comme à cet instant, comme le montrent ces questions ?

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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Jeu 20 Fév - 22:45

Dans ma tête tout s’accélère. Mes gestes se sont plus pressants, mes mains sont plus présentes. C’était comme une bataille à celui qui gagnerait le plus de peau, ou le plus de frissons. Il s’exclama qu’il ne fallait pas que j’abîme son tee-shirt. Sa remarque me fit sourire, une nouvelle fois. Mon court chemin vers ma chambre s’acheva quand j’atterrissais sur le lit, rebondissant presque sur les couches de couvertures et de plaids que j’avais à ma disposition. J’en souriais, gardant toujours un contact avec Alexandre, je voulais que ça dure tout le temps. J’aime comment tu me regardes, c’est flatteur, c’est magnifique. Malgré mes kilos en moins, mes joues creuses, ma blessure à la pommette, ma cicatrice suite à la balle sur la plage, j’avais l’impression… l’impression de ne pas être si terrible que cela après tout. Je plantais mes yeux dans les siens. Je sentais sa peau contre ma peau, ma bouche contre ses lèvres. Il me demande si je suis sure de moi.

Je crois que je n’avais jamais été aussi sure de moi depuis très longtemps. J’étais sure. Il n’y avait rien qui pourrait, qui pouvait m’en empêcher. Je regardais Alexandre dans les yeux, il voulait que je parle ? Que je confirme quoi à haute voix ? Moi et mes joues rougies, ma respirations irrégulière et haletante, il voulait que je dise quoi ? S’il te plaît, tais toi et allonges toi ? Ca aurait pu être tout à fait possible après tout. Mais non. Je l’attirais à moi, ne répondant rien, des gestes valaient bien mieux que des mots. Je retirais mon tee-shirt à mon tour.

« Valentine, je crois que je t'aime. »

J’étais allongée, sur le ventre, reprenant ma respiration. Quand il me sortit ça, comme ça. Comme une bombe. L’effet, était, au contraire, d’une bombe, bien plus … beaucoup plus positif. Ses doigts glissèrent le long de mon ventre, continuant sa course vers mon menton, tournant mon visage en sa direction, le laissant m’embrasser. Ma main se leva, glissant de sa joue, doucement, vers le coin de sa mâchoire, continuait vers son cou. Je n’avais jamais eu de problème avec la nudité, ma nudité. Ce n’était pas de l’absence de pudeur. C’était plus de la conscience de soi-même. Il me demanda ensuite si je savais ce qu’il aimait chez moi. Je hochais la tête négativement, voulant savoir ce qu’il aimait chez moi. soufflant ensuite sur une mèche de cheveux qui me barrait le visage. Ses doigts glissèrent le long de ma peau, chaque pore, chaque parcelle de ma peau semblait vouloir demander son du. Je frissonnais. La question qu’il me posait, je me la posait alors à mon tour. J’aimais comment il me regardait, j’aimais comment il me touchait, j’aimais comment il me faisait rire et sourire. J’aimais son accent provincial qui parfois refaisait surface. J’aimais son côté enfantin, j’aimais son côté manichéen, mais étrangement, je sentais qu’Alexandre était compliqué, et plein de conflits intérieur. Il répondit lui même à sa question, en déclarant que je faisais ressortir une personne qu’il avait lui même oublié.

Ma main remonta vers sa joue, en lui souriant. Je lui caressais la joue, le regardant, j’étais dans un état de joie intense. De profonde et égoïste joie. Ca remplissait mes poumons quand je respirais, c’état presque douloureux d’être heureuse à ce point. Je me glissais sur le ventre, prenant appui sur mes coudes, tout en continuant de regarder Alexandre. Ce que j’aimais chez lui. Je restais à le regarder.

Mh… J’aime… J’aime ton sourire, tes expressions du Sud, ton rire. J’aime quand tu me fais rire, quand tu me fais sourire. J’aime comment tu me regardes. Je me sens vivante avec toi… je souriais à cette dernière phrase, je crois que pour cette dernière il en avait eu la preuve.

J’aime la manière dont tu me prends dans tes bras. La liste est longue. Trop longue même. Parce que je crois que même ce que je ne connais pas, je l’aime aussi. C’était stupide à dire, parce qui pouvait dire qu’il aimait l’inconnu, surtout chez une personne. Mais je ne savais pas pourquoi, mais c’était plus fort que moi. Parce que je savais que chacun avait des démons, mais Alexandre, je le sentais essayé de me protéger d’eux. Peut être me trompais-je. Mais même ma tête pouvait parfois s’embrouiller de questions à son sujet, je savais, je savais pertinemment, qu’il ne me ferait jamais de mal volontairement.

C’est pas seulement ce que j’aime chez toi... commençais-je, en le regardant droit dans les yeux. Je t'aime. C'est tout.

Voilà. C’était dit. Maintenant, on ne pouvait rien regretté, je ne pouvais rien regretté, on pouvait mourir demain, dans la seconde, tout avait été dit, et c’était beau, parce que c’était simple.

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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Sam 22 Fév - 14:42

« Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien. »




Je la contemple dans un sourire qui me semble éternel. Ineffaçable. Je me sens vivant comme jamais alors que je la regarde, allongée comme elle peut l’être. Elle est parfaite, et même si je le savais déjà, je m’en enorgueillis à chaque clignement de paupière. Je l’embrasse, et laisse ses doigts glisser dans mon cou, alors qu’un frisson parcourt mon épiderme chatouilleux. Tu sais ce que j’aime le plus chez toi ? Confidence sur l’oreiller. L’expression prend tout son sens, alors que ma réserve habituelle lorsque je dois parler de moi s’évapore au rythme de ma respiration. Je poursuis, lui avouant qu’elle me fait me sentir… différent. Sans pour autant me trahir. Elle réussit à chacun de ses regards, à chacun de ses mots, à changer quelque chose en moi sans que je ne m’y oppose. Je me souviens du soir juste après notre rencontre. J’ai frappé Etienne, je suis parti de l’hôpital pour prendre l’air. Parce que je me sentais mal de la mettre en danger. Et j’avais balancé cette fille, là, la réfugiée, à l’eau parce que j’avais besoin d’extérioriser cette violence qui habitait en moi devant la douleur que je ressentais à ne pas vouloir l’éloigner de moi, et à savoir que j’allais la détruire. Deux mois, un peu plus, plus tard… et nous voilà. Encore ensemble. Vraiment ensemble. Mais qu’apprécie-t-elle en toi, Alexandre ? Qu’est ce qu’il y a en moi qui lui donne cette confiance, qui fait naître ce sourire qui me fait craquer et espérer ? Elle me regarde, et je ne peux pas m’empêcher de lui faire des petites grimaces en attendant qu’elle se décide. Si je stresse ? Non. Si peu. Je stresse surtout à propos de ma réaction si… Si elle ne t’aime pas ? Parce que tu crois encore maintenant que, peut être, ton sentiment pour elle n’est pas réciproque ? Maintenant ? Ici ? Je suis stupide, parfois. Vraiment stupide. Mh… J’aime… J’aime ton sourire, tes expressions du Sud, ton rire. J’aime quand tu me fais rire, quand tu me fais sourire. J’aime comment tu me regardes. Je me sens vivante avec toi… Elle sourit, et je trouve facilement le fil de sa pensée. Pour être vivants, nous le sommes tous les deux bels et bien. Ouais, parce que la nécrophilie, ce serait très… Ta g#eule. Je ne sais pas comment je fais pour penser des c#nneries comme celle là toute la journée. Un don, c’est certain. Je ne peux que sourire devant cette description de ce qu’elle aime en moi. Je ne peux que la croire, aussi. Pour une fois, elle n’essaye pas de me faire croire que je suis génial. Que c’est mon intelligence qu’elle aime – elle n’en a sûrement pas conscience en même temps – que c’est mon humour, que c’est mes rapports avec les autres – d’ailleurs ce serait inquiétant si c’était le cas – mais c’est ce qu’elle ressent face à moi. Et j’aime ça. C’est pas seulement ce que j’aime chez toi... Je t'aime. C'est tout. Et voilà. C’est dit. Et moi, je rougis comme une pivoine. C’est mignon Je l’embrasse avant de lui murmurer un « Merci » maladroit, puis je me laisse glisser sur le ventre, tête posée sur mes bras croisés. Une poignée de secondes nous échappe, et lorsque je m’apprête à dire quelque chose pour arranger tout ça, un grognement de la part de mon estomac me rappelle à l’ordre. J’éclate de rire. « T’as faim ? » Non, Alexandre, de toute évidence, c’est toi qui as faim. Toi qui oublies de manger parce que tu t’évertues à mettre des rations de côté pour les donner à Valentine sans trop savoir pourquoi. Enfin si, je sais très bien pourquoi mais… J’essaye de bien faire, c’est tout. Dès que ça touche à Valentine, j’essaye de bien faire. Et quoi que tu fasses, tu vas la perdre. Non. Non, on s’est mis d’accord, toi et moi, que non, je ne vais pas la perdre, alors cesse de me le faire penser. J’embrasse une nouvelle fois Valentine. « J’dois avoir du café dans ma parka, tu en veux ? » Parce que, oui, j’ai des sachets de café dans mes affaires. Le café, c’est bon, le café c’est bien, et surtout ça ne prend pas de place. Et ça se vole facilement aussi. Et en prime, il faut juste de l’eau. Merveilleux. Parce que faire chauffer de l’eau, c’est un peu le maximum de mes capacités en cuisine, sans qu’il y ait risque d’explosion. J’enfile mon pantalon abandonné un peu plus tôt, et alors que j’essaye de fermer les boutons dudit pantalon – qui a dit que j’étais doué ? – une question m’échappe, et je me tourne à moitié vers Valentine. « Ca va mieux au fait ? »

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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Sam 22 Fév - 18:58

Un frisson me parcourait la colonne. Il continue de m’embrasser, c’est fou comme jamais il se lasse, ou jamais je m’en lasse. Dehors, il pouvait faire froid, il pouvait pleuvoir, je m’en fichais. On pouvait nous dire qu’on faisait des erreurs, qu’on se trompait sur toute la ligne, que demain nous allions payer notre insouciance, notre manque de recul, notre incapacité à voir plus loin que le moment présent. On pouvait nous traiter d’imbéciles, de naïfs, je m’en fichais. Qu’est ce que je m’en fichais… Demain pour les rations alimentaires, demain pour la soif, demain pour la faim, demain pour le froid. Demain, demain. Alexandre était comme une un moment hors de l’eau, ou on pouvait respirer sans avoir d’être noyée dans la seconde. Parce que c’était comme ça que je me voyais, comme une chose cassée, mais quand Alexandre était là à me tenir la main, m’embrasser, me sourire, j’avais plus l’impression d’être brisée, j’avais plus l’impression d’être une chose fragile, ce que j’étais profondément, et j’étais certaine qu’il le pensait aussi, mais au moins, il ne me traitait pas comme telle.

Je lui souriais, alors qu’il m’écoutait énumérer certaine des choses que j’aimais chez lui. Alors, je les vois déjà arriver les septiques, à me poser les questions que je me posais aussi. Mais au final, tu ne le connais pas tant que ça. Le connais-tu vraiment ? Lui te connait-il ? Penses tu pouvoir aimer ses défauts ? Pense tu un jour pouvoir tout traverser sans ou avec lui ? Que se passera t-il si Raulne décide de faire bouger les troupes, comme si l’avait plus ou moins fait attendre lors de notre première rencontre ? Et si les militaires s’en allaient ? Et si Alexandre partait aussi ? Je ne pouvais pas lui demander de choisir entre moi et les militaires, ce serait trop égoïste. Que faire ? Je fermais les yeux, essayant de ne pas penser à tout ça, mais le mal était fait au final, j’allais y penser. J’allais forcément y penser. Quand je lui disais que je l’aimais, il me gratifia d’un … merci, qui me fit sourire. De quoi me remerciait-il ? Aucune idée. Il glissa sur le ventre, puis se redressa d’un coup, en me demandant si j’avais faim. Je levais la tête doucement. Il était extrêmement actif, il se leva. Et je le suivais du regard, en souriant. Il enfila son pantalon, et je tirais les deux premières épaisseurs de couette sur moi, pour m’enrouler dedans et le regarder s’activer. Il disait qu’il avait du café. Du vrai ? Au final, peu m’importait si c’était du soluble. Tant que ça avait le gout de café, ça m’importait peu. Voilà des jours, et des jours que je n’ai pas bu de café. Pourquoi en avait-il ? Comment en avait-il surtout.

Du café, tu as du café ? demandais-je

Je le regardais. Voilà une activité que je faisais extrêmement régulièrement, le regarder. Il me demandait ensuite si j’allais mieux. Je rougissais. Je crois lui lui avoir montrer que j’allais vraiment beaucoup mieux. Au moins pendant la dernière heure. Je détournais le regard un peu gênée, si j’avais su qu’après les bombes, après la mort de mes proches, j’allais me retrouver dans cette situation, je me serais préparée plus sérieusement psychologiquement. Je me redressais, me mettant en tailleur sous la couette.

ça ira encore mieux, quand on aura du café. répondis-je en lui souriant.

J’allais pas rester là à attendre qu’il m’apporte du café, je ovulais l’aider, je voulais passer le plus de temps avec lui même si ça voulait dire faire des trucs débiles comme faire du café, parce qu’au final, on ne savait pas de quoi demain allait être fait. Je tendais la main pour récupérer mon débardeur, que j’enfilais, puis mon tee-shirt, parce que j’avais plusieurs couche, et la maison n’était pas chauffée comme elle pouvait l’être l’hiver normalement. J’enfilais le leggings qui traînait par terre. Je me redressais, sentant le parquet froid sous mes pieds, ce qui me fit frissonner. Je me penchais en avant pour récupérer une des deux chaussettes que j’avais semée en me déshabillant. Je souriais, décidément…

Je m’emmitouflais ensuite dans un gros plaid, récupérais le tee shirt d’Alexandre qui traînait par terre, et m’approchais d’Alexandre, pour le prendre aussi sous le plaid. Entourant mes bras couverts autour de son cou, déposant mes lèvres brièvement sur les siennes.

Tiens… ton tee shirt.

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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Dim 23 Fév - 19:22

« Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien. »




T’as faim, lui ai-je demandé. Question stupide, puisque tout Louisvilles doit avoir faire, mais bon. On ne me changera pas de sitôt, ou du moins pas… trop. Oui, oui, j’y crois. Je l’embrasse avant d’enfiler mon pantalon, histoire de descendre en bas préparer quelque chose à boire, de comestible et en plus sans faire exploser la cuisine, ni la maison. Du café, tu as du café ? J’acquiesce dans un petit sourire amusé. Elle rougit en se pelotonnant dans les couvertures. Pour le froid, j’espère, parce qu’elle n’a plus rien à vouloir me cacher. D’ailleurs, elle rougit, et ça me fait rire, alors que je lui demande très sérieusement si elle va mieux. Question stupide, j’ai la réponse : elle ne peut aller que mieux, non ? Enfin j’espère, sinon je vais commencer à douter de moi dans ce domaine là, et ça, ce ne serait pas franchement une bonne chose. Parce que si je doute, je vais avoir besoin de me rassurer, et bon… voilà. ça ira encore mieux, quand on aura du café. J’éclate de rire. « Ah ben zut alors, il va devoir être comestible du coup, c’était pas prévu ça ! » Je pose ma main sur la poignée de la porte mais aussitôt, j’arrête mon mouvement lorsque je la vois sortir du lit et attraper son débardeur. Je suis presque étonné lorsque je lui demande « Tu viens ? » Non, sans blague, Alexandre. Je m’adosse à la porte en l’attendant, la détaillant sans gêne, juste l’admiration, en fait, le temps qu’elle se rhabille. Arrête ça tout de suite, Alex. Je lève les yeux devant mes bêtises intérieures. Et je loupe donc lorsque Valentine ramasse mon tee-shirt, mais je ne loupe pas grand-chose lorsqu’elle revient se coller à moi, un peu trop vêtue à mon goût, passer le plaid autour de mes épaules et m’embrasser à nouveau. On ne s’en laisse pas. Tiens… ton tee shirt. Je lui fais un petit clin d’œil : « Pas besoin, tu me réchauffes » tout en enfilant le tee-shirt, me perdant dedans en croisant les bras, me démenant pour le passer et enfin y arriver en me contorsionnant. C’est toujours du sport, dans ce genre de situation, de s’habiller. Je prends la main de Valentine avant de courir pied nu dans les escaliers gelés – pied nu, oui, une habitude provençale que voulez vous – et de débouler au rez-de-chaussée avec la délicatesse d’un éléphant dansant dans une plate bande de violettes. Baxter, sentant ma bonne humeur, est en bas des escaliers en train d’agiter la queue et de tirer la langue, comme un gentil chien chien. Ce qu’il est, d’ailleurs. « Calme toi, Baxt’, j’ai rien fait de mal, j’te jure ! » Je regarde l’animal avec un sourire paternel, en m’en désintéressant pour aller chercher ma veste abandonnée un peu plus tôt dans le salon. Lorsque mes yeux se posent sur le désordre, ou plutôt sur la masse informe de la première couche de vêtements enlevés, je me refais mentalement le fil des minutes écoulées dernièrement. Le monde a beau être en guerre, j’ai juste vingt quatre ans. Et j’ai failli oublier que la vie n’est qu’un jeu, et qu’il faut profiter de chaque instant que l’on nous offre. J’ai beau n’être qu’un c#nnard, la vie n’est qu’un jeu. Et je dois en profiter. Et le b#rdel monstre dans lequel on a plongé a failli me faire oublier tout ça. Mes doigts fouillent dans les poches de ma veste et trouvent rapidement mon larcin qui est passé inaperçu, pour le moment. Lorsque je me retourne avec un « TADAAAA ! » vainqueur et en montrant ma trouvaille, je m’aperçois que Baxter suit Valentine pour renifler ses mollets. Je comprends assez rapidement la réaction de mon chien, que je connais quand même assez bien maintenant. « Oh énooorme ! Il sent mon odeur sur toi. C’est trop fuun ! » Alexandre… Tu vas faire fuir Valentine, en étant aussi… naturel, avec elle. Essaye au moins d’avoir l’air… sérieux. Une heure ? Une minute ? Même une seconde, en fait. Oh, la barbe d’être sérieux. Je suis heureux, c’est pas déjà bien suffisant. Je sautille jusqu’à la cuisine en faisant comme chez moi, ouvrant les placards à la recherche de tasses et de bouilloire. « Ca te dérange pas si je fouille, hein ! » fais-je sans la regarder pour autant. C’est juste pour la forme – ce qui est déjà un progrès par rapport à d’habitude. Je suis vraiment si différent d’Emmanuel dans mon comportement qu’il est étonnant que ce soit les mêmes parents qui nous aient élevés. Il a toujours été le mec bien sage, et moi le turbulent. Le nombre de c#nnerie que je fais, c’est à peu de choses prêts le nombre de satisfaction qu’il a apporté à nos parents. Un genre d’accord implicite entre lui et moi, au final, sachant qu’il ne doit pas être au courant. On se répartit les tâches, c’est magnifique. Et moi, je viens de dégoter deux tasses. Sans savoir pourquoi, alors que je les pose sur le plan de travail, je me retourne pour m’y appuyer et m’y asseoir, avant de demander à Valentine : « Viens on se pose des questions. Parce qu’on se connait beaucoup maintenant, petit sourire coquin mais en fait, pas trop des masses. » Tu t’exprimes à merveille, Alex. Au moins la même élocution qu’un gamin de cinq ans. « Commençons par la base : tu l’aimes comment ton café ? » Raté, pas raté, avec du sucre, sans sucre, avec moi qui essaye de t’embrasser en même temps, ou pas, avec du lait, ou pas ? On peut dire beaucoup de chose sur le café. Et j’ai envie de t’entendre parler, parce que moi je parle beaucoup. De base. Pas forcément des masses de moi, mais je parle pour combler le silence que j’aime pas trop.

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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Mer 26 Fév - 21:23

On s’habituait à la constante faim. Parfois on l’oubliait, et on avait faim plus tard, encore. Toujours. Elle tenait l’estomac, ne le lâchant que pour de très courts instants. Une soupe, un bout de pain, les quelques provisions que nous gardions avec Etienne. Il insistait pour en consommer plus souvent. Mais il fallait se dire que l’hiver ne faisait que commencer, et que les temps les plus durs était encore devant nous. Maintenant qu’il le disait..; en effet, j’avais faim. Mais on ne pouvait plus se permettre de grignoter à tout va.

Il enfila son tee shirt, en disant qu’il n’en avait pas besoin, que je le réchauffais. Je rougissais une nouvelle fois. Il semblait lutter avec son tee shirt. Un vêtement très compliqué à enfiler, c’était certain. Je le regardais amusée par cette scène. Il emboîta le pas, pied nus. Je voulais bien croire qu’il était provincial, mais avec cette température, ça semblai pour moi complètement inhumain. Je ne savais pas comment il faisait. J’avais presque déjà envie d’enfiler une troisième paire de chaussette. Ce froid, on s’habitue à la faim, mais on s’habitue jamais au froid. Pas ce type de froid. Jamais. Parce que parfois, je me disais que les cendres qui tombaient parfois, qui encombraient le ciel, c’était les cendres des Parisiens. Aussi horrible que ça paraît, j’avais l’impression de ne pas être loin du vrai. C’était une vraie torture de penser de cette manière. Alexandre s’affaira, cherchant dans sa veste quelque chose, et sortit du café de sa poche, agrémentant la trouvaille par un triomphale : Tadaaa! Je me remettais à sourire, moi qui m’était éteinte quelques secondes en pensant aux cendres de Paris, de parisien. Je sentis alors la présence animale de Baxter plus proche qu’habituellement. Alexandre s’exclama enthousiaste, oui, enthousiaste c’était exactement le mot. Il sentait l’odeur d’Alexandre sur moi. Je changeais de couleur, ce n’était plus mes joues qui prenaient de la couleur mais bien tout mon visage, pas une parcelle de mon visage n’avait pas pris une couleur rosée. Je restais muette, un peu gênée de la situation. Il disait ça avec une telle … simplicité, c’était déstabilisant. Il semblait si à l’aise, alors que si je refaisais le film des dernières heures, je me transformais en pivoine. Il me demandait si ça me dérangeait s’il cherchait dans la cuisine, je hochais la tête, lui signifiant qu’il pouvait bien ce qu’il voulait. Elle ne servait pas tant que cela au final. Il n’y avait plus d’odeur de cuisine, ou de moment chaleureux autour de la table. C’était manger pour survivre et plus pour le plaisir. Je haussais les épaules, et m’appuyait sur un des comptoirs de la cuisine, en observant Alexandre s’activer dans la cuisine. L’idée de boire une tasse de café me mettait en joie. Franchement, je me sentais bien chanceuse de pouvoir profiter de ça avec le froid qui s’était installé.

J’étais chanceuse. Je m’estimais chanceuse, sur beaucoup de point. Je n’étais pas à l’église comme les trois quarts des réfugiés, j’avais un toit, j’avais Alexandre, j’avais Etienne, j’allais pouvoir boire du café. Un privilège. J’étais chanceuse. Je ne m’étais pas plaint, peut être à la clinique, mais après, j’avais su me taire, m’estimant mieux lotie que beaucoup. Je souriais. Il reprit, parlant encore, demandant si on pouvait se poser des questions. Je le regardais un peu surprise, des questions ? Je ne redoutais pas ce moment… Je n’avais rien à gâcher, je ne voulais pas que … si Alexandre me pose une question sur moi, ou ma famille, il me juge comme un objet cassé. Parce que je ne l’étais pas.. du moins pas complètement. C’était compliqué. Au final, peu de gens connaissent la vérité. Je lui sourit, quand il dit pas trop de questions, avec un sous entendu à peine caché.

Il me demande comment j’aime mon café, en cherchant à m’embrasser, je tends la main pour l’attirer vers lui et poser mes lèvres sur les siennes.

Ca dépend de mes humeurs, mais toujours, toujours sucré. Je ne suis pas une puriste du café noir. commençais-je

Je glissais ma main sur la sienne inconsciemment, toujours avoir sa main quand je pouvais l’avoir. C’était inconscient, je ne le contrôlais même plus. C’était comme un besoin. J’ai toujours peur de me retrouver toute seule. Je fuis la solitude par tous les moyens. Avant, avant tout ça, j’aimais me retrouver seule, flâner dans mon appartement, boire du thé ou du café, écouter de la musique, danser. Mais maintenant, la solitude n’est plus un refuge, c’était un cauchemar. Je ne l’ai pas dit à Etienne, ou a Alexandre, pour ne pas les inquiéter. Je ne veux inquiéter personne, je préfère regarder Alexandre me sourire, ça me remonte plus le moral, que s’il me essayait de me consoler et de me plaindre. Une chose qu’il n’a jamais vraiment fait, mais je ne voulais pas qu’il s’inquiète plus que de raison. Ma main quitta la sienne, et je me levais pour mettre de l’eau à chauffer. Je restais avec mon plaid sur les épaules. Attraper une pulmonie ? Non, merci. Je posais une casserole sur un des réchaud avant de me retourner vers Alexandre pour le regarder. Parfois, quand il n’était pas là, quand personne n’était là, j’avais l’impression de mourir petit à petit. La danse me manque. Tout me manque. Pourquoi ? Pourquoi ne pouvais-je donc pas me contenter de ce que j’avais ? … Parce que j’avais toujours tout eu au final. Je me demandais à quoi ressemblait la vie d’Alexandre dans le sud ? On dit souvent que le sud était différent de Paris. Tout était toujours différent de Paris, pas en mal, bien entendu, mais j’avais toujours pensé que Paris était une ville un peu à part.


Des questions… Mh… commençais-je pas certaine de savoir quoi demander. A quoi ressemblait ta vie dans le Sud ? Avant… Avant … Tout ça.

C’était une question assez banale, mais je m’y intéressais. Nous avions tous changé depuis les bombardent nucléaire, j’aurais aimé savoir comment Alexandre avait changé, s’il avait changé ? J’avais envie de connaître un peu son passé, pas forcément entrer dans les détails qu’il ne voudraient pas me donner, mais juste pour le comprendre euh peu plus, je suppose. Oui, certainement. L’eau était chaude, c’était agréable comme chaleur. Je posais la casserole sur un dessus de plat, avant de récupérer le sucre et deux cuillères. Je ne pouvais rien proposé pour aller avec. Quand j’y pense… je ne pouvais pas donner grand chose.
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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Ven 28 Fév - 21:02

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Alors que je m’active dans la cuisine, la voilà qui s’assoit pour me regarder faire. Je me demande à quoi elle pense, en fait, là, maintenant, tout de suite. Est elle déçue par mon comportement, alors que je fouille sans aucune gêne dans tous les placards pour chercher ce que je veux ? Non, il ne faut pas que j’aie ce genre de pensée, ça va me névroser et envoyer une balle de baseball dans la fragile vitre de notre sérénité si particulière. Finalement, alors qu’elle met intelligemment l’eau à chauffer sur un réchaud – j’avais un peu oublié qu’on n’avait plus vraiment autant d’électricité qu’avant – je lui propose un petit jeu pour apprendre à se connaître… différemment. Parce que bon, oui, là, pour le coup, je sais que je la connais comme pas deux. Mais je ne sais même pas quel est son disney préféré, et ça, ça craint sévère. Mais il faut commencer par le commencement, histoire de tout faire dans l’ordre et de… euh… ne rien louper. Ne pas sauter les étapes. Ne pas sauter les étapes ? Tu te fous de la gueule du monde là ? Absolument pas. Vu mes habitudes, là, j’ai même traîné, alors voilà. Mais les circonstances font que tout s’expliquer. Et qu’elle m’embrasse avec de me répondre sur sa préférence en terme de café. Question de la plus haute importance. Tout à fait. Ca dépend de mes humeurs, mais toujours, toujours sucré. Je ne suis pas une puriste du café noir. Je lui fais une petite grimace. « Pour le sucre, ça va être râpé, j’en ai pas vu des masses. Mais on va faire c’qu’on va pouvoir faire ! » En lui tirant la langue. Très mature, comme réaction Et alors ? J’ai jamais prétendu être mature. Sa main glisse sur la mienne, et je me demande pourquoi elle tient tant à me tenir la main. La peur que je l’abandonne à nouveau ? Peut être… Mais ça me vexerait presque qu’elle tienne tant à s’assurer que je ne m’en aille pas comme un vil voleur. Ce que tu risques de faire d’un instant à l’autre. Ou pas. Cette fois sera différente, j’ai dis. Si tu le dis… Des questions… Mh… A quoi ressemblait ta vie dans le Sud ? Avant… Avant … Tout ça. Euh. Avant. Euh. J’ai un moment de doute et d’interrogation profonde. Avant. La Provence. Le Sud. Perplexe. Ma petite Provence à moi. La Camargue, la garrigue, les abeilles et le miel de lavande. Les Alpilles. Les Opies. Le thym, le romarin, l’odeur de la lavande bleue ♫ Je me gratte le sommet d’un crâne. « Le Sud ? C’était… euh… chaud. » Je pars dans un petit éclat de rire avant de me reprendre. « Nan, sérieux… le Sud c’était… en fait, grosso merdo, ça va faire genre huit ans que j’vis plus 24h sur 24 dans la garrigue, vu que j’suis monté en Bourgogne en internat pour mon lycée. » C’est ça, raconte ta vie, Alex. Non mais bon, c’est intéressant non ? Faut il vraiment donner une réponse ? « J’sais pas si la vie dans le Sud est vraiment différente de la vie autre part. J’veux dire… en dehors des cigalous, de l’accent chelou des gens, de mes grands parents qui baragouinent vaguement en provençal… C’est sûr que les gens sont vachement… moins froid que les gens d’ici. Quand tu es un vrai provençal dans ta petite ville et tout, tu t’promènes dans la rue, c’est sûr que tu vas t’arrêter pour papoter avec le mec que tu croises, ils sont vachement ouverts avec les autres provençaux, mais après, avec les gens du Nord, c’beaucoup moins chaleureux, mais j’sais pas, c’normal. » Le Sud. Facilement quinze ans de ma vie à plein temps, puis encore trois voire quatre années à mi-temps. Ca laisse des marques, forcément, comme mon accent que rien n’efface, et mon provençal qui, lui s’efface petit à petit, vu que je vois plus trop li grand, mes grands parents, depuis que je suis devenu militaire. De toute manière, voilà. « C’est sûr que le mode de vie est totalement différent. A Paris vous êtes juste tellement speed, en Provence, on preeend sooon teeeemps, histoire que l’apéro s’enchaîne direct avec le pastis, et le repas, et la sieste et enfin la pétanque et ensuite, l’apéro… » Je lui souris en prenant conscience qu’en fait, je parle encore trop. Est-ce un tort ? Aucune idée. Elle m’a posé une question alors… Tu n’es pas non plus obligé d’en faire une dissertation, tu sais ? Oui, certes. Mais bon, voilà, faut bien, parfois. J’hausse les épaules. « T’as toujours vécu à Paris, toi ? D’ailleurs, tu m’apprendras à danser ? Et j’imagine que tu… J’parle trop non ? Peut être. Dans tous les cas, l’eau frémit à peine dans la casserole sous mon regard inquisiteur. « Bref, ça comptait pas comme question, ça. Hum… » Je fais semblant de réfléchir pendant une moitié de seconde. « Hum… c’est quoi ton film préféré ? » Question tout à fait pertinente, encore une fois. Mais bon, faut bien poser les questions existentielles en premier, sinon je risque de les oublier. Et ce serait pas cool, parce que bon, voilà, je veux gagner le prochain Les Zamours qui sera tourné, même si ça doit être dans quinze ans vu la tronche que doivent avoir les studios de France 2.

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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Dim 2 Mar - 17:00

Je n’avais jamais été très bavarde. Ce n’est pas que je n’aimais pas parler. Non, c’était mon caractère, je parlais quand j’avais quelque chose à dire, et je me taisais quand je n’avais rien à dire. Ca m’avait évité de me retrouver dans situation gênante ou embarrassante, et je n’avais jamais aimé ce genre de situations. Je restais emmitouflée dans mon plaid, en prenant une longue respiration, qui découlait alors sur un bâillement, je me couvrais la bouche. Je souriais. Un peu fatiguée, je devais bien l’avouer. Je n’étais pas souvent du genre active, et bavarde après avoir coucher avec quelqu’un, parce qu’au final, c’est vraiment de ça dont il s’agit non ? Mais Alexandre, était plus vif que moi, avait beaucoup d’énergie, personnellement, l’énergie dépensée plus tôt, je rougissais à cette pensée, me servait normalement pour une journée complète, ou au moins une matinée bien chargée. Je reportais mon attention sur Alexandre, qui semblait toujours très en forme. Je me demandais comment il faisait, peut être dormait il mieux, en tout cas mieux que moi. Je n’en savais rien après tout.

Il reprit, en parlant du sud, en disant que c’était.. chaud. J’imagine, déjà beaucoup plus chaud qu’ici. Les souvenirs d’Alexandre me ramenait à mes vacances plus jeune dans le Sud, nous voulions quitter Paris et la grisaille, on voulait être sur d’avoir du soleil, et pouvoir se baigner tous les jours. On n’était pas allée à Nice, ou à Cannes, on fuyait pas la folie des grandes villes, pour en chercher une autre dans une autre partie de la France. Il disait aussi qu’il n’y était plus autant qu’avant puisqu’il était partit en Bourgogne, pour le lycée. Et là il commençait son récit, je le regardais, l’écoutait. Pendant quelques secondes, je pouvais oublier le froid, les accidents, les agressions, les restrictions. Je fermais les yeux, et l’écoutait parler, parce que ça me faisait du bien d’entendre autre chose que des choses sur les bombes, la guerre et l’hôpital. C’était chaleureux tout ce qu’il racontait, j’aimais bien, je trouvais ça bien. Il avait du avoir une super enfance dans les paysages ensoleillés du Sud. J’ouvris les yeux, en lui souriant. Je récupérais l’eau de la casserole pour la mettre dans les tasses.

Il me demandait alors si j’avais toujours vécu à Paris. Je crois qu’inconsciemment j’avais retourné la question vers lui, pour éviter d’avoir à faire face à ses questions. Car s’il semblait pouvoir parler de son passé avec autant d’aisance, pour moi les choses étaient plus compliquées. Les choses avaient toujours été un peu compliquées. Je lui souriais, je suppose que je ne pouvais pas y couper, ce n’est pas que je ne voulais pas en parler, c’est que je commençais à me rendre compte, petit à petit, comme lors de ma conversation avec Raulne, que je devais parler de tout, au passé. Je pris une longue respiration. J’ouvris le sachet de café, et versait le contenu dans ma tasse, avant d’attraper une cuillère, l’odeur du café, déjà, me soulageait un peu. C’était dingue, le pouvoir qu’avait le café, sur moi du moins. Il était temps de parler, et d’accepter la vérité, Paris n’était plus qu’une ruine. Et ma vie, était du passé.

Oui. Toujours.. commençais-je. Je n’ai jamais vécu autre part. Je voyageais pour des représentations, mais je rentrais toujours à Paris. commençais-je, en sentant ma voix s’étrangler.

Je bus une gorgée de café, ça me réchauffait et me calmait. Je crois qu’avant je ne m’en rendais pas compte. Je crois qu’avant, quand je racontais à Alexandre ce que j’aimais… je ne me rendais pas compte qu’en faîte, toutes ces choses que j’aimais n’existaient plus, et n’existeraient plus jamais. je devais réapprendre à aimer les choses. Tout reconstruire, comme si c’était facile. Exorciser les choses. Pourquoi je tenais la main à Alexandre, pourquoi je tenais toujours la main des gens, surtout les gens que j’aime, c’était pas compliqué pourtant, il fallait seulement savoir, c’est tout. Je soupirais. il parlait trop ? Je fronçais les sourcils ne comprenant pas ce qu’il racontait.

Non, non j’aime bien quand tu parles. Il faut bien que l’un parle pour nous deux non ? lui répondis-je en souriant. Mon film préféré ? Mh… commençais-je en réfléchissant. Nausicää, de Miyazaki. J’aime tous les films de Miyazaki. C’est poétique, c’est humble. terminais-je en souriant, encore.

Un dessin animé ? C’était souvent ce qu’on me disait. Et bien souvent, je n’essayais pas de répondre, surtout quand le ton était condescendant. Je bus une nouvelle gorgée de café, c’était agréable, c’était amer, mais ça me remontait tellement le moral. C’était des petites choses que je n’avais pas perdu, le café avec quelqu’un. J’avais toujours adoré prendre des café avec mes proches, même si c’était pour ne parler de rien, ou parler de tout, mais c’était toujours convivial, simple, dans un petit café de Montmarttre, à apprécier la terrasse en été, et l’intérieur chaleureux en hiver.

La vie à Paris est différente. Était … différente.

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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Dim 16 Mar - 21:47

« Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien. »




Bon, voilà, à présent, Valentine ne doit plus avoir le moindre doute sur mon caractère d'incorrigible bavard. Déjà que je ne suis pas du genre timide, à ramener ma fraise, interrompre les gens, m'incruster dans les fêtes où je ne suis surtout pas susceptible d'être invité, mais en plus, j'ai toujours quelque chose à raconter. Et plus c'est c#n, plus je vais me débrouiller pour le dire rapidement et surtout fort. Histoire que le plus de personne en profite, bien évidemment. Pauvre Valentine. Oh oui, pauvre d'elle. Je ne comprends pas comment une personne comme elle peut aimer quelqu'un d'aussi détestable que moi. Ca me dépasse et j'ai l'impression que ça me dépassera longtemps encore. Déjà, que mon frère et ma sœur me supportent, c'est un fait totalement incompréhensible à mes yeux, alors là, Valentine les supplante tous les deux dans la catégorie OVNI. Parce qu'il faut bien que je l'avoue : c'est elle qui a choisi de m'aimer, elle n'y a pas, aux dernières nouvelles, été contrainte. Flippant. Et c'est pour ça, bien évidemment, que j'essaye de mieux la connaître par ce jeu de question-réponse. Elle n'a jamais vécu autre part qu'à Paris. La Ville Lumière, la Ville pollution,... je peux comprendre qu'on puisse l'apprécier au point de ne pas la quitter, même si j'ai choisi une profession qui, si le monde n'avait pas aussi mal tourné, m'aurait amené à voyager un peu partout sur la Terre, et surtout, ailleurs, en Afrique où commençaient à se positionner des conflits en devenir. Comme une cocotte minute que l'ONU surveillait avec une attention palpable et un poil dans la main qui aurait pu rivaliser avec celui du yéti. Et qu'on ne s'étonne pas si le Conseil de Sécurité n'a pas vu venir ce merveilleux feu d'artifice automnal. Mais bon. C'est un sujet bien trop sérieux à mon avis pour qu'on l'aborde dans une cuisine, alors qu'une Valentine est en train de répondre à ma nouvelle question bien plus importante que le pourquoi de la guerre nucléaire qui a ravagé nos vies. C'est quoi ton film préféré? Personnellement, si elle me renvoie la question, je me doute que je ne vais pas savoir quoi répondre. Si je lui sors un nanar du style du Cinquième Element, elle va se moquer de moi. Mais si je commence à partir dans mes délires du style The Big Bang Theory, elle va me prendre pour un geek et crétin. D'autant plus que mon film préféré est sans conteste le Prestige, si je ne réfléchis pas avant de répondre. Elle boit une gorgée de café, je considère l'eau bouillante et la vapeur qui s'en échappe. « Non, non, j'aime bien quand tu parles. Il faut bine que l'un parle pour nous deux, non? » J'éclate de rire – oui, il m'en faut peu pour que je ris. « Mon film préféré... Mh... Nausicää de Miyazaki. J'aime tous les films de Miyazaki. C'est poétique, c'est humble. » Je cesse de rire en écoutant ça. Nausicää de Miyazaki ? Pas vu. J'hausse les épaules dans une petite moue qui se passe de commentaire. « Connais pas du tout. » Elle prend une nouvelle gorgée de café, et je la suis cette fois, histoire que la chaleur et l'amertume du tout me réveille. Alexandre, c'est quoi ce sourire? « La vie à Paris est différente. Etait... différente. » Mes yeux se plissent légèrement. Qu'est ce que j'entends, là, dans sa voix ? Je me rapproche d'elle pour la forcer à poser la tasse, et la prendre dans mes bras sans aucune gêne – pourquoi serai-je gêné d'ailleurs ? J'ai de drôles de pensées, moi. Mes mains glissent dans son dos sous son tee-shirt, remontent dans sa nuque avant de l'embrasser. Encore. « La vie à Paris était différente, j'en suis sûr, et elle l'est toujours. Mais l'important, là, Valentine, c'est que ta vie, maintenant, elle est ici. Et que ta vie, c'est moi. Et que toi, tu es ma vie, et que grâce à tout ça, et bien on est là, tous les deux, dans cette maison pas chauffée qu'on devrait réchauffer un peu plus. » Nouvelle invitation ? Si peu. Je l'aime, mais plus que tout, je veux la rassurer. Et comment mieux la rassurer que lui prouver que je suis là, actuellement ? Ton mode de pensée est primaire, Alexandre. Tu ancres à chaque fois que tu la touches un peu plus ton poison en elle. Et alors ? De toute manière, un peu plus, un peu moins, là où l'on est rendu maintenant c'est trop tard. Tout est trop tard. Si je dois partir demain, si elle est chassée après demain, ce sera encore plus trop tard. Alors autant en profiter aujourd'hui. « Tu vas voir, la vie à Louisville va être tellement canon qu'elle vaudra bientôt toutes les cigales de Provence et tous les Pendules de Foucault de Paris. » Oui, j'aime le Pendule de Foucault, je pourrais – pouvais – le regard des heures, bêtement hypnotisé par ce balancier infini qui prouvait à la Terre entière qu'elle tournait encore. Ce serait rassurant, d'ailleurs d'en reconstruire un. De se prouver que même si le monde essaye de s'autodétruire, il ne bouge pas pour autant de son axe, il ne cesse pas pour autant de tourner autour de lui même, autour du soleil. Mais bon. Valentine n'est pas un pendule, et il convient de ne pas la traiter comme tel. Mes main s'échappent de sa nuque pour redescendre au niveau de ses hanches et du bas de son dos. Un débardeur, un tee-shirt. Je sais qu'il fait froid, mais c'est trop à mon goût.

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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Jeu 20 Mar - 22:06

En arrivant à Louisville, je n’avais jamais pensé me retrouver dans une relation. Je ne l’aurais même pas espéré je pense. Impossible, j’avais tout perdu, famille, parents et amis, comment penser trouver quelqu’un à qui … tout donner ? Qu’arrive t-il aux sentiments que l’on porte aux gens qui disparaissent ? Est ce que c’est sentiments s’effacent ? … Ce sont des souvenirs ? Je soupirais, je crois qu’au final, je n’étais jamais vraiment passé à autre chose, sans corps, sans rien, j’avais simplement mis ça dans un côté de ma tête, mais maintenant que les cendres tombaient sur Louisville, c’était comme si … c’était comme s’il neigeait les ruines de Paris, les ruines de ces habitants. Un noeud de forma dans mon estomac.

Je n’ai jamais vraiment pris le temps de pleurer les miens. Alors peut être que beaucoup de gens ne comprennent pas ce deuil à retardement, mais les choses se sont accélérées plutôt rapidement. Jules m’avait ordonné de faire preuve de force, et m’avait envoyé à Louisville, où Etienne m’avait acceuillie comme une vieille connaissance. Je n’avais pas eu le temps de me poser et de dire au revoir je suppose. Je sentais rapidement que ma voix serrée avait fait tiller Alexandre, qui s’approcha de moi, il me fait poser la tasse de café que j’avais dans la main, je le regardais, le sourire faible, presque désolée de lui infliger mes états d’âme. Il me prend dans ses bras, j’avais chaud à nouveau, je me sentais enveloppé dans un sentiments de …. tendresse, et d’une forme de … confort. Il disait que la vie à Paris était différente, qu’elle l’est toujours. Il disait que ma vie était ici. Que … j’étais sa vie, et qu’on était là. Et que c’était peut être le plus important. Je redressais la tête, le regardant dans les yeux, ne comprenant pas bien ce que les gens pouvaient détester chez lui. Du moins, Raulne le méprisait au plus haut point et ne s’en était jamais caché. Alexandre … était … tout ce que j’avais au final. Je laissais ses doigts parcourir mon dos, envahir ma nuque, et ses lèvres embrasser ma bouche.

La réchauffer ? Je baissais les yeux, me sentant rougir à nouveau, mais je lui souriais. Comment faisait-il pour me redonner le sourire, je n’en avais pas la moindre idée. J’étais toujours en période de reconstruction au final , pourquoi vouloir tenir dans ces bras quelques choses qui peut partir en miette à tout moment ? Je glissais mes bras autour de son cou, le regardant, l’écoutant encore m’expliquer que la vie à Louisville allait être canon, et qu’elle n’aurait rien à envier à mon ancienne vie à Paris. Avait-il raison ? retrouvais-je la même joie de vie ? Je regardais Alexandre, il avait peut être raison, le temps aurait certainement la réponse à mes questions. Ses mains glissèrent vers mes hanches. Je rapprochais un peu plus mon corps du sien, resserrant un peu mon étreinte autour de son cou. Je le regardais, comment lui expliquer que… c’était pas Paris qui me manquait, je m’en fichais presque de Paris, c’était eux, c’était Jules, c’était mes grands parents, c’était … c’était si difficile de se dire qu’ils ne feraient plus jamais parti de ma vie. Qu’aucun d’entre eux, ne passerait la porte avec un large sourire.

Nous sommes chanceux. Nous sommes chanceux… Mais ils me manquent tous tellement…

J’aimerais rester aussi souriante et … entreprenante, comme avant qu’il ne sorte son café, comme avant que je ne me rhabille. A quel moment, mes pensées avaient basculés dans quelque chose d’aussi déprimant ? Je glissais une de mes mains vers sa joue.

Ils m’ont sauvé, comme tu m’as sauvé, tu sais.

Il sait ? Bien sur que non, il ne sait pas que je souffre de la peur de l’abandon encore aujourd’hui. Il ne sait pas que toute une partie de mon arbre généalogique est au abonné absent, il ne sait pas que ma mère était une traînée finie, qui m’avait abandonnée à mes parents après un an à essayé de tenir un rôle qui n’était pas créer pour elle. Je fermais les yeux, reprenant mes esprits.

Excuse moi… Parfois, les souvenirs me rattrapent, et je ne suis encore prête à mes dire que ma famille, et ma vie sont des souvenirs.

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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Mar 25 Mar - 22:50

« Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien. »




Valentine tout contre moi, voilà tout ce qu’il me faut pour que je sois heureux et détendu. Premier constat. Valentine souriante, voilà tout ce qu’il me faut pour que je me dise que, peut être, je ne suis effectivement pas un cas désespéré. Il ne faut pas grand-chose au final, pour changer un état d’esprit, non ? J’ai tout à portée de main, là. Ses bras autour de mon cou sont posés comme une présence rassurante, mes mains qui se faufilent vers ses hanches lui interdisent de se dérober. Ou semblent le lui interdire, même si en réalité, j’ignore totalement quelle serait ma réaction si elle me repoussait. Elle rougit, c’est touchant. Mignon. Adorable. Valentine. Des mots m’échappent comme pour essayer de la rassurer en lui assurant que pour le moment présent, je ne compte pas la laisser tomber. Moment présent ? Parce que tu penses qu’un jour prochain tu… Je ne pense rien du tout, et ne veux surtout rien penser. L’important, là, c’est que… Nous sommes chanceux. Nous sommes chanceux… Mais ils me manquent tous tellement… L’une de ses mains glissent vers ma joue, et je l’emprisonne en me concentrant pour ne pas lui faire mal, avant de l’embrasser doucement juste avant qu’elle ne rajoute : Ils m’ont sauvé, comme tu m’as sauvé, tu sais. Je fronce les sourcils. « Tout comme tu me sauves aujourd’hui. » Elle ferme les yeux, et je me contrains au silence pour la laisser parler. Excuse-moi… Parfois, les souvenirs me rattrapent, et je ne suis encore prête à me dire que ma famille, et ma vie sont des souvenirs. Je ne sais pas quoi lui répondre. J’ai mon frère avec moi, et j’ai cette capacité étrange à ne pas songer à mes parents, ou à accepter tout simplement qu’ils sont morts et paradoxalement en sécurité. L’important, dans ma tête, c’est que je n’aie pas à voir leur corps. Rien qu’à ne me l’imaginer, voilà que je me crispe. « Tu n’as pas à t’excuser, Valentine. C’est normal. » Mes mains retrouvent leur place juste au dessus de ses hanches. Un peu de sensibilité, Alexandre, elle te parle d’elle, là, écoute là ! Sauf que je ne suis pas doué pour écouter. Mais ça s’apprend : force toi à apprendre Je ne sais pas quoi dire. Autant pour Valentine que pour moi. Elle réfléchit trop. Parce que toi tu ne réfléchis pas trop peut être ? Je réfléchis pour certaines choses, mais pour celles pour lesquelles je ne peux rien, j’évite de trop y penser, voilà tout. Dans tous les cas… j’inspire. Ne sachant trop où me mettre. Je sais ce que je veux, là, tout de suite, mais je sais aussi que peut être, elle veut simplement parler. Deux choses très différentes, et je dois faire un choix. Le problème, le gros problème, c’est qu’en général… tu privilégies ce que tu veux Oui, voilà.
Je m’écarte de Valentine.
Bravo. C’est la seule réaction que tu as trouvé, ça ? Je me passe une main nerveuse dans les cheveux, avant de terminer le café que j’ai commencé. Et de dire entre deux gorgées qui tendent à être sacrément tiédasses : « Tu veux… qu’on… en parle ? » Ca me tue de lui demander ça, et ça me tue de voir que ça me tue. Beaucoup de morts, au final, et j’espère que ça en vaut la peine. Va te pendre Alexandre Je suis nerveux lorsque je pose mes mains sur la surface glacée du plan de travail derrière moi, et mon regard sur Valentine. Est-ce que j’y peux quelque chose si elle doit pouvoir lire en moi comme dans un livre ouvert à cet instant ? Un livre écrit en gaëlique oriental, certes, mais au moins, il est ouvert. Et quoique je fasse, mon regard est explicite. J’aurai presque envie de m’en excuser. Presque Au moins, j’ouvre le dialogue, non ? C’est déjà pas mal venant de moi. Alexandre… Valentine est en train de te parler d’elle, de te dire qu’elle n’a pas encore fait son deuil. Arrête un peu de penser à toi, pense à elle ! Oui, oui, je pense à elle. Je ne fais que penser à elle, là. Alex… Que puis-je dire de plus ? Que je m’en fiche si mon père et ma mère sont morts ? Que penser à ma sœur et son petit bonhomme, mon neveu, comme à des cadavres ne me fait ni chaud ni froid ? Ce n’est pas vrai, je ne suis pas horrible à ce point – et si je l’étais ? – c’est juste que je n’y pense pas. Mais je ne me vois pas lui donner ça comme conseil. Ca ? J’hausse les épaules, en évitant de laisser mes yeux dériver sur son corps qui est devant moi et dont je devine un peu trop bien ce qui est caché par ses habits. Crétin. Ce n’est pas de ma faute, non ? Dans tous les cas, il faut que je me concentre. Pour éviter de penser à ce que je veux moi. Pas facile… Absolument pas.

« J’imagine qu’on a tous… différents… moyens de gérer ça. Plus ou moins bons pour nous, plus ou moins efficaces. Perso… » Re-haussement d’épaule dans un mouvement voulu dégagé. « Je préfère ne pas y penser. Je fuis, quoi. Mais une seule chose est sûre, je crois, c’est qu’il faut pas trop… s’arrêter. Nous, on fait partie des chanceux. Il faut continuer à se battre et à vivre pour ceux qui sont… potentiellement… hors jeu. Ejecté de la partie. Out. Momentanément… indisponible. » Les euphémismes ou médiocres métaphores geek ne manquent pas pour faire comprendre ce que je veux dire. « Le meilleur moyen de faire le deuil, c’est de vivre, tu ne penses pas ? De vivre intensément tout ce qu’on a, Se battre et provoquer tous les gens que tu croises, c’est vivre intensément, pour toi, alors ? Oui, plus ou moins. C’est surtout stupide, je suis bien d’accord, mais bon. et tout ce qu’on a la chance d’avoir. De rester en vie et d’aller de l’avant. »

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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Sam 29 Mar - 20:56

J’aurais, très franchement, préféré, ne pas imposé cela à Alexandre, mes états d’âme. Parce que ce n’était pas, selon moi, quelque chose de charmant, ou de très plaisant. Mais je savais que tout cela m’était nécessaire, pour passer à autre chose, avancer, entrevoir une autre version de mon futur. J’étais coincée entre le présent et le passé, d’une manière peu agréable. J’aurais aimé avoir la chance d’Alexandre, et retrouver mon frère comme lui l’avait fait. Etait-ce égoïste de ma pat de faire preuve de … jalousie ? D’envie ? J’étais heureuse pour lui, comme je l’enviais. Je sentais ses muscles se crisper, j’étais contre lui, c’était quelque chose qui n’allait pas m’échapper. Il disait que je n’avais pas à m’excuser, et que c’était normal, mais dans ce cas là pourquoi, te crispes tu à la seconde où…

Quelque chose ne va p… commençais-je

Il s’écarte. Je le regarde. Non, je le fixe. Coupée dans ma phrase, coupée dans mon élan. Il s’écartait, comme il avait lâché ma main, comme … qu’est ce que je loupais chez Alexandre, pour qu’il me … surprenne de la sorte. J’avais besoin de lui parler, j’avais besoin qu’il me comprenne, je ne voulais pas qu’il est de questions sans réponse, je n’avais pas envie de lui cacher les choses. Ne voulait-il savoir que les petites choses ? Mon film préféré ? Ma saison préférée ? Ma couleur préférée ? Ca n’avait pas d’importance. Il reprit sa tasse, et moi je restais en suspend à attendre une justification à cette prise de distance. Depuis quand prenait-il ses distances avec moi ? Pour quelles raisons ? Tu veux qu’on parle, me demande t-il. Ce n’est pas ce que nous sommes en train de faire.. Ou tu voulais simplement… simplement m’attirer dans un lit. Je restais impassible, et pourtant, pourtant, dans mon esprit ça se bousculait. Il reprit la parole, et pour la première fois, je crois que j’avais envie qu’il se taise. Non vraiment. Il disait qu’on avait tous des moyens différents face à la perte d’êtres chers. Et il s’engageait en disant que lui personnellement il préférait ne pas y penser, il fuit, on fait partie des chanceux et … qu’il fallait se battre pour… les éjectés de la part, out, momentanément indisponible. Le meilleur moyen de faire le deuil, c’est de vivre ? J’eus du mal à avaler ma salive, tant ce qu’il venait de me dire, ne me consolait absolument pas, il me sortait un tissu de … banalité, impersonnel et froid.

Momentanément… indisponible ? repris-je en tournant la tête vers lui, le fixant avec un air d’incompréhension.

J’avais perdu, tout ce pourquoi je m’étais battue. Et j’avais perdu, tout ce qui s’était battu pour moi. Momentanément… indisponible… C’était … si … insensible, cela ne lui faisait rien de n’avoir aucune nouvelles de ses parents ? De sa famille ? Etais-je aussi étrange d’avoir besoin de comprendre qu’ils étaient tous morts ? Ils n’étaient pas simplement morts, c’était de l’annihilation, pure et dure. J’avais besoin de me souvenir, car sinon, qui le ferais.

Si je veux qu’on parle.. Je… Enfin… Tu me demandes, de te parler de mes … films préférés, de ma vie à Paris, sans t’attendre à ce que cela me ramène … à mes proches ? Des proches que j’ai perdu quand des bombes sont tombées sur ma ville balayant, mes espoirs, mes rêves, mon futur ? Alexandre… Ces gens… ma famille… Ils ne sont pas momentanément indisponibles, ou… « éjectés de la partie », ils sont morts. Je ne peux PAS, oublier. Ou ne pas y penser. Je ne peux PAS. déclarais-je sur un ton qui tendait légèrement vers la colère

Je me recouvrais avec le plaid. Je ne savais si j’étais énervée, ou si je ne savais pas comment réagir à Alexandre. Je me rendais compte, que je ne connaissais que les petites choses à propos d’Alexandre. Je savais … Je savais, je le regardais. Qu’est ce que je savais … Je me rendais compte qu’au final, je n’avais peut être jamais vraiment chercher à le connaître, j’attendais … qu’il s’ouvre à moi, comme je comptais tout lui raconter, mais étrangement, je sentais qu’il n’avait peut être… jamais eu l’intention de le faire. Il s’était écarté au final, instaurant une distance, une limite … une limite à quoi ? A ce que je pouvais lui dire ? Ou une limite dans notre relation. Ca ne faisait que quelque mois, mais la normalité au final, était relative compte tenu du contexte et des évènements.

Je ne suis pas capable de passer à autre chose, d’avancer, j’en suis incapable… Car… Je m’interrompais.

Car, rien ne m’en donne envie. Tu m’en donnais envie. Mais maintenant, je n’en suis plus si sure.



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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Lun 7 Avr - 20:21

« Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien. »




Je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas quoi dire. Je n’ai jamais eu des cours sur ce qu’il faut dire dans ces cas là, ni faire. Je n’en sais rien, et ça me déroute, parce que je sens pertinement que je suis à côté de la plaque. Qu’est ce que Valentine veut entendre ? Qu’a-t-elle besoin d’entendre, tout simplement ? J’essaye de dire des choses intelligentes, mais peine perdue : je me rabats sur ce don je suis sûr : ma manière à moi de gérer tout ça. Mes mains se perdent sur le plan de travail où je m’appuie. L’une d’elle remonte dans ma nuque pour se faufiler dans mes cheveux qu’elle emmêle de perplexité. Momentanément… indisponible ? Oui, momentanément indisponible. Tout simplement. Que veut-elle ? Je ne suis pas le mec parfait, loin de là. Je ne suis qu’un pauvre crétin, je n’ai pas de solution miracle. Elle semble déçue, et ça me déçoit. En tout cas, c’est ainsi ce que je le comprends. Tu veux qu’on parle, lui demande-je. Je ferme les yeux devant sa réponse réelle, pour ignorer celle que j’aurai préféré entendre. Si je veux qu’on parle.. Je… Enfin… Tu me demandes, de te parler de mes … films préférés, de ma vie à Paris, sans t’attendre à ce que cela me ramène … à mes proches ? Des proches que j’ai perdus quand des bombes sont tombées sur ma ville balayant, mes espoirs, mes rêves, mon futur ? Alexandre… Ces gens… ma famille… Ils ne sont pas momentanément indisponibles, ou… « éjectés de la partie », ils sont morts. Je ne peux PAS, oublier. Ou ne pas y penser. Je ne peux PAS. Son ton… je n’aime pas son ton. Je me crispe, alors qu’elle se couvre du plaid. Quoi, elle ne peut pas oublier. Parce qu’elle croit que je peux oublier les civils qu’on a abattu, que je peux oublier que j’ai possiblement perdu moi aussi presque toute ma famille ? Que je peux oublier que j’aurai mille fois plus préféré qu’un membre de sa famille à elle survive plutôt que moi, et que je me supporte de moins en moins ? Moi aussi, je peux m’énerver. Je suis égoïste de demander à simplement la connaître elle, à connaître la Valentine danseuse étoile, et pas orpheline ? Elle m’a appelé Alexandre. Ce simple fait évoque en moi les remontrances et l’approche d’une discussion sérieuse. Presque personne ne m’appelle Alexandre, tout le monde est flemmard et me surnomme Alex. C’est normal, mais ça donne maintenant une autre nuance au prénom complet. Alexandre. J’ai toujours adoré mon prénom. Celui du génial Alexandre le Grand, roi de Macédoine. Alexandre. Défense de l’Humanité en grec. Lol. J’ai toujours adoré mon prénom, et son ironie grotesque, mais là, j’ai l’impression que c’est un reproche qu’elle m’assène. Je reste muet, cependant, buté. De toute manière, si je parle, là, je vais foncer dans le mur, le briser, foncer dans le suivant, le briser aussi, et faire s’écrouler la maison. Métaphoriquement, bien sûr, mais l’idée est assez juste si on considère que ladite maison représente notre relation naissante. Je me tais donc, la laissant poursuivre, me prenant chacune de ses inflexions de voix comme une claque ou une critique, et supportant le tout tant bien que mal, histoire de ne rien regretter. Parce qu’elle ne m’aime pas, c’est sûr. Comment pourrait-elle m’aimer, d’ailleurs ? Je préfère m’imaginer être dans un jeu vidéo que d’affronter la réalité en face, je préfère me comporter comme un gamin pour ne pas être un adulte dont pourrait dépendre la vie de plusieurs personnes. Je préfère dire à mon frère que je le voudrais mort plutôt que de grandir et le remercier d’être en vie, pour moi. Et savoir tout cela ne change rien à ce que je suis : un cas désespéré. Pas besoin de faire des efforts, ils seront voués à l’échec. J’ai cru pendant un soupir, qu’avec Valentine… Je ne suis pas capable de passer à autre chose, d’avancer, j’en suis incapable… Car… Car quoi ? Termine ta phrase, bon sang. Ma respiration s’approfondit, s’accélère, se coupe et devient irrégulière. « Car ? » Je regarde le plafond, je regarde le mur, et je la regarde. Ne comprend elle pas que j’ai besoin d’elle ? Plus qu’elle ne pourrait avoir besoin de moi. Je suis peut être un peu brusque lorsque je reprends et termine sa phrase à sa place : « car tu es quelqu’un de bien. Moi, je ne suis qu’un s#laud. Qui essaye de changer, mais qui y arrive aussi bien qu’un âne auquel on voudrait faire faire du vélo. » Paye ta comparaison, Alex. « Je sais que tu ne peux pas passer à autre chose, ou du moins maintenant je le sais. Mais je pensais que je… nous… on… et puis m#rde quoi ! » Ne crie pas, Alex, ne crie pas. « Qu’est ce que tu attends de moi ? Je ne suis pas un p#tain de psy… Je ne sais pas gérer tout ça moi non plus. Je suis pas celui qu’il te faudrait, et ça me tue de le savoir. Ca te semble peut être pourri ce que je te raconte, mais voilà, c’est ma manière à moi de gérer l’ingérable. Je fuis la réalité, et alors ? Je me concentre sur la seule personne qui me permet de ne pas devenir totalement taré et devine qui c’est. » J’en ai marre. J’en ai marre de ne jamais être là où je devrais être. J’ai un QI élevé, mais une sensibilité de poulet. Et qu’est ce que je peux y faire ? Rien. Ou presque rien. « J’essaye de… » Je me tais avant de m’énerver. Pour le moment, je suis juste… blasé. Déçu. Nul, même si ça, ce n’est pas une surprise. « Tu vois, c’est marrant, ça doit faire dix huit ans que je préfère passer pour un crétin que réfléchir, mais là, l’une des rares fois où ma douance pourrait servir, je trouve rien à dire. Ironique, non ? » A croire que j’en arrive au point de rupture. Mes yeux marron supplient Valentine de me rattraper avant la chute. Histoire que je ne m’énerve pas totalement, et qu’on ne le regrette pas. Rassure moi, Val. Il n’y a pas que toi qui as besoin d’être soutenue ou rassurée : rassure moi ! Viens à moi, dis moi que je ne suis peut être qu’un pauvre c#nnard, mais que je ne suis pas un cas désespéré.
Aime moi.

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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Mer 16 Avr - 18:21

Je n’avais pas forcément cherché à me montrer blessante, ou même froide. Mais… il m’avait fermé le dialogue, il avait pas voulu qu’on parle. Il m’avait presque repoussée, il s’était éloigné d’un coup, mettant une distance entre nous. Je n’ai jamais été très douée pour ce genre de réaction, ma peur de l’abandon certainement. Inconsciemment, quoique je fasse, ça revenait toujours. Je sens que l’ambiance se tend… En était-je la seule cause ? Mon ton avait il été aussi tranchant ? Je n’avais simplement pas aimé qu’il dénigre mon chagrin comme si c’était une chose sans importance. Le présent avait de l’importance, ce qui était important c’était maintenant, je le savais pertinemment, mais j’étais coincée.

Il commence à terminer sa phrase pour moi, en disant que MOI j’étais quelqu’un de bien que LUI était un salaud, qu’il cherchait à changer, illustrant son propos avec une comparaison que j’estimais un peur douteuse. Il dit qu’il sait que je peux pas passer à autre chose. Il a raison en disant qu’il pensait qu’il m’aidait à le faire, mais il fallait comprendre que ce genre de douleur ne disparaît pas parce qu’on rencontre le premier inconnu avec un tee-shirt Spirou. Je n’allais pas m’excuser, mais peut être fallait il mieux que je lui explique. Et là il crie, je sursaute. Il demande ce que j’attend de lui, il s’emporte, il continue, il parle trop, il dit qu’il est pas un putain de psychologue, je le regarde presque outre par cette remarque, je le regardais ne comprenant même où il venait en venir. Il parle dans ces déclarations, en disant encore et toujours que j’étais « trop bien pour lui ». Ce qui au fond m’énervait, comme si je n’étais pas capable de prendre mes propres décisions. Il fuit la réalité, et il … J’ai du mal à avaler, tellement je me sens mal d’avoir été aussi égoïste. J’estimais souffrir peut êtres plus que lui sous prétexte qu’il avait retrouvée son frère. Je pris une longue respiration soupirant presque, cette espèce de dispute ne menait à rien, pourtant, j’avais l’impression que c’était quelque chose qui devait sortir. Au final, je crois que j’avais trop besoin de lui pour lui dire de partir de me laisser seule, parce que c’était pas ce que je voulais. Tout ce que j’avais voulu c’est qu’il arrête de se dire qu’il était pas ce dont j’avais besoin, qu’il arrête de se dire qu’il ne méritait rien de bien. Je voulais juste… J’en sais rien, parler d’eux au passé me faisait du bien, je prenais conscience, je voulais juste que malgré les bombes quelqu’un d’autre les connaissent. Aucune idée…

J’ai jamais pensé que t’étais un crétin.

Calme toi, Alexandre… commençais-je, à voix-basse

Je le regardais dans les yeux, baissant les yeux, et faisait un pas vers lui pour voir si encore une fois il allait reculer. Me regarde pas avec ces yeux là, Alexandre. Tu me condamnes, c’est pas juste. Je le prenais dans mes bras.

J’ai, maladroitement, estimé que tu ne ressentais pas de peine, ou de douleur parce que tu as ton frère maintenant, et que le Sud… enfin … j’ai été égoïste. Je n’attends pas que tu deviennes mon psy, je veux juste .. Je voulais juste que tu me connaisses mieux… Je voulais aussi que tu me parles de toi. Tu … restes toujours évasif… Et … C’est frustrant… Mais calme toi, calme toi Alexandre. continuais-je Je veux que tu arrêtes de dire que tu n’es pas ce dont j’ai besoin. Tu es tout ce qu’il me faut pour avancer. J’ai pas besoin d’autre chose… je m’arrêtais. Peut être un peu plus de café.

Je lui souriais légèrement.

Tu n’es pas un crétin Alexandre. Et tu n’es pas un salaud, non plus.


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MessageSujet: Re: Les gens qui aiment doutent de tout, ou ne doutent de rien.    Jeu 24 Avr - 19:20

« Les gens qui aiment dutent de tout, ou ne doutent de rien. »




Je m’énerve, je perds patience, le ton monte et je sais que je vais bientôt le regretter, si ce n’est pas déjà le cas. Calme toi me chuchote ma petite voix intérieure, alors que je tente de ne pas crier et de ne pas perdre totalement contrôle de mes pensées et que j’essaye de lui faire comprendre le fouillis d’informations qui se bat en duel dans ma petite tête. Fouillis, c’est le mot. Je suis désordonné de base, mais dans ma tête, ça relève du drame apocalyptique. Calme toi, Alexandre… me fait elle. Non, je ne peux pas me calmer. Parce que voilà, j’en ai marre de ne pas être celui que je voudrais être et d’être condamné à être celui que je suis. Calme me toi, me fait-elle et je me calme, aussi étrange que cela puisse paraître. En même temps, elle s’est approchée de moi, alors que je viens de lui dire clairement que je ne suis qu’un c#nnard qui va la briser à un moment ou à un autre. Si j’avais voulu reculer, de toute manière, je n’aurai pas pu, aussi je reste immobile quand elle me prend dans ses bras. Je l’enlace avec maladresse, sans savoir à quoi m’attendre. J’ai, maladroitement, estimé que tu ne ressentais pas de peine, ou de douleur parce que tu as ton frère maintenant, et que le Sud… enfin … j’ai été égoïste. Je n’attends pas que tu deviennes mon psy, je veux juste... Je voulais juste que tu me connaisses mieux… Je voulais aussi que tu me parles de toi. Tu … restes toujours évasif… Et … C’est frustrant… Mais calme toi, calme toi Alexandre. Je veux que tu arrêtes de dire que tu n’es pas ce dont j’ai besoin. Tu es tout ce qu’il me faut pour avancer. J’ai pas besoin d’autre chose… Elle s’arrête, sûrement le temps que je digère ça. Peut être un peu plus de café. En fait, non, elle voulait peut être juste se laisser le temps de digérer ce café. Elle me sourit, et je tente de lui répondre de la même manière, avant d’enfoncer ma tête dans ses cheveux, la serrant contre moi. J’entends à demi mot ce qu’elle rajoute, Tu n’es pas un crétin Alexandre. Et tu n’es pas un salaud, non plus. en essayant de me convaincre qu’elle n’a peut être pas tort, mais inutile de dire à quel point cette tentative se solde par un échec. Je serre un peu plus mon emprise autour d’elle pour me rassurer, aussi étrange que cela puisse paraître. Je reste silencieux, pendant de trop longues minutes, finissant par me glisser sous le plaid que j’enveloppe autour de nous pour me rapprocher un peu plus d’elle. Je me ressource à son contact, et je me calme. Ma respiration ralentit, s’approfondit, s’affirme et se plie à mon désir en la sentant toute proche de moi. Finalement, au bout de longue minute, je me sens capable de parler. Ou plutôt de ne pas dire de bêtise. De ne pas crier. De ne pas craquer ou faire de faux pas. « J’ai besoin de toi, moi aussi. Je n’aime pas parler de moi, parce qu’il n’y a rien à dire à ce sujet. Peut être que… » Je me mordille la lèvre, en déposant un baiser sur ses lèvres, puis sur le haut de sa tête. Je maugrée: « Ca m’étonnerait qu’on soit allé trop vite pourtant. » J’esquisse un sourire léger. A croire que même dans ce genre de situation je suis incapable de rester sérieux, grave, ou quoi que ce soit de cet acabit. Le rire, l’humour, la bêtise et les propos hors sujets sont ma meilleure défense et ma première réaction lorsqu’on me touche profondément, après la colère et la violence bien évidemment. Ce n’est pas compliqué : je m’échauffe, j’hurle, je frappe, je reste hébété puis, systématiquement, j’explose de rire. Et je ris, sarcastique, goguenard. C’est ce qu’il s’est passé avec Thomas, celui qui avait dragué Madeleine. Mais bon… j’inspire, pour ne pas y penser. Mes doigts échappent à mon contrôle pour se faufiler sous les multiples couches qui la protègent du froid. Et caresser sa peau. J’y laisse une main, tandis que l’autre se pose sur la joue de Valentine. « Personne ne m’a jamais fait autant confiance que toi, tu sais ? » Je me décolle du plan de travail contre lequel je m’étais appuyé. J’en profite pour repositionner une mèche derrière l’oreille de Valentine, avec toute la délicatesse que je peux rassembler. Tu lui fous une baffe, en gros. Non, pas du tout. Je suis juste conscient de ne pas être le plus doux des petits copains dans la vie de tous les jours, mais ça, je n’y peux rien. « Tu veux vraiment terminer ton café ? » lui chuchote-je à l’oreille. « On est bien là. » Et je n’ai pas envie que l’on se sépare. Le froid ambiant me donne une excuse pour que l’on reste enlacés, il n’est pas question de ne pas saisir cette opportunité. « Parle moi de ta famille. »Si tu veux. Je fais mine d’être réellement intéressé par la réponse qu’elle va pouvoir me donner, l’étant même un peu, en réalité. Même s’il faut bien l’avouer, j’ai d’autres idées en tête. Je m’aperçois soudain à quelle vitesse je suis passé du calme à la colère, puis au calme à nouveau. Valentine doit me prendre pour un fou, mais je me connais juste : c’est toujours ainsi avec moi. Mes piques de colère sont brèves, intenses, et fulgurantes. Je ne suis pas vraiment le plus stable des hommes. Et c’est sûrement à cause, en conséquence de ce simple fait, que je craque finalement. « Ou remontons à l’étage. »

Spoiler:
 

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