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MessageSujet: En territoire inconnu, on adopte profil bas ♠ [Livre I - Terminé]   Lun 27 Jan - 16:42

Je m’habituais encore à mon environnement... Passer des semaines à faire attention à sa propre sécurité engendre quelques problèmes secondaires par la suite. Une sorte d’effet indésirable tel que le sommeil superficiel et une vigilance exagérée. Je savais par avance que j’aurais bien du mal à me faire à la vie dans cette ville mais tout valait mieux que dehors. Ce bled était pourri mais il était plus sûr que l’extérieur. J’arpentais les rues, observais les gens. Je mémorisais les trajets, c’était plus fort que moi. Rester en terrain inconnu, je l’avais fait par nécessité, maintenant, j’avais l’occasion de le découvrir et de l’analyser. Je n’étais et ne serais jamais une foutue réfugiée et j’me voyais mal faire autre chose de mon temps pour l’instant.
Au bout d’un moment, l’inactivité me rendrait dingue mais pour le moment, j’arrivais à meubler mon temps. J’avais l’impression d’être dans un putain de rêve éveillé, tout était trop calme, mon cerveau avait du mal à s’y faire. C’était toujours comme ça, même après un contrat, je mettais du temps à ne plus me retourner pour vérifier derrière moi, l’apocalypse n’y était pour rien. Le pire, c’était d’être désarmée. Ça me rendait dingue. De ça, j’aurais dû me douter. Raulne ne m’aurait jamais laissé me balader armée et je devais lui reconnaître cette prudence. Ne pas avoir confiance en moi, c’était une question de bon sens même s’il était hors de question que je le reconnaisse. Tout ce que je voulais, c’est qu’on me refile un flingue et quelque chose à faire. J’aurais bien été fichue d’asticoter n’importe lequel de ses militaires juste pour m’amuser mais j’avais plutôt intérêt à me tenir tranquille. Monde de merde...

Désormais assis dos contre un muret, j’regardais le ciel gris, encombrés faire sa route. L’espace d’un instant, je fermais les yeux tentant de me souvenir de la sensation du soleil sur ma peau. J’avais oublié. C’était dingue la vitesse à laquelle la merde remplaçait le bon. Je tassais la terre sous mes pieds à l’aide de mes talons. Au moins avais-je bouffé et avais-je pu me décrasser. J’me sentais un peu plus être humain qu’animal. Tu m’étonnes que les gens normaux étaient devenus fous et que les gens d’ici voyaient chaque nouvelle arrivée comme une putain de mauvaise nouvelle.
C’est pendant cet instant d’inattention que j’entendis des pas se rapprocher de moi, par réflexe, je cherchais mon arme puis mon couteau, je jurais. J’me sentais plus à poil sans arme que sans fringue. Je me relevais, toujours un réflexe, quelqu’un a terre est plus facilement naturalisable. Je relevais les yeux, perplexe sur la silhouette qui se dessinait devant moi. Il me fallut quelques secondes avant de me rendre compte que la politesse était de mise. « Salut. » Simple, clair, concis. J’avais des progrès à faire en relation humaine.
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MessageSujet: Re: En territoire inconnu, on adopte profil bas ♠ [Livre I - Terminé]   Dim 23 Fév - 20:43

Foutu bras ! Les jurons résonnaient dans la tête de Marielle, et l’envie de se couper ce bras qui de toute ne lui servait clairement à rien, depuis qu’elle avait été blessé. Elle se serait bien défoulée en tapant sur quelque chose – heureusement pour elle, c’était pas son bras fort, son bras d’usage, qui était blessé. Si ça avait le cas… Elle aurait surement pas su se contrôler, et ne pas frapper tout ce qui bougeait et l’exaspérait. Et des choses qui l’exaspéraient, y’en avait beaucoup. Et si une militaire censée faire respecter l’ordre se mettait à causer des dégâts parce qu’elle était incapable de vivre avec un bras amoché, ça aurait fait désordre. Et nul doute que Raulne n’aurait pas apprécié.

Alors elle partait marcher. De préférence là où il n’y avait personne. Pour maintenir sa forme physique. Pour s’éviter de tourner en rond. Pour dépenser un trop plein d’énergie. Pour ne pas péter un câble à cause du manque d’adrénaline, de l’ennui de ses fonctions actuelles. Sérieusement, superviser des rationnements ? Protéger des gens, surveiller le périmètre de la ville, oui… Être la nounou de la personne en charge de distribuer les rations pour pas qu’elle se fasse agresser, pas vraiment sa tasse de thé. Alors elle courrait, même. Elle leurrait personne, mais elle courrait. Pour pas devenir molle, pour pas se relâcher, pour rester en forme. Pour évacuer. Son bras la gênait franchement, ce foutu bras qui fonctionnait pas bien, qui empêchait le balancier de se faire normalement. « Putain ! »

En même temps, personne la connaissait ou presque… Tout le monde s’en foutait, qu’elle courre, qu’elle vole, qu’elle s’entraine à frapper sur un mur, qu’elle joue à la corde à sauter, qu’elle fasse de la balançoire… Enfin, pas que ça soit le cas, elle avait de toute façon mieux à foutre, et elle avait plus quatre ans. Elle aurait bien voulu, y’aurait pas eu toute cette merde, au moins. Et sa grande sœur serait pas partie. Et elle se serait pas tapé ses quatre écervelées de petites sœurs, non plus. Mais elle n’avait plus quatre ans, et elle n’était même pas sûre qu’elle serait réellement revenue en arrière, si elle l’avait pu.

Oh, bien sûr, elle était triste de ne pas avoir sa famille avec elle, de ne pas savoir ce qu’elle était devenue. En quelque sorte… En vrai, elle était tellement habituée à ne pas leur parler, à ne pas faire partie de leur vie, qu’elle essayait inconsciemment de ressentir ce que tout personne normale aurait ressenti, sans vraiment que ça soit le cas. Mais pourquoi elle pensait à ça maintenant ? C’était fait, et ça allait pas changer. Alors à part se démoraliser, y’avait pas d’intérêt. La pierre sur son chemin, dans laquelle elle se prit le pied, le lui fit bien remarquer. « Enculé de cailloux ! »

C’est en s’arrêtant pour pester sur son pied qui au final n’avait rien, qu’elle vit la personne se relever. Elle était arrivée il y a peu. Comment elle s’appelle, déjà ? Marielle l’avait-elle déjà su, au moins ? Peu importe. Pas très communicante, en tout cas. « Salut. Tu faisais une promenade digestive ? » Bravo, Marielle, belle marque d’humour. Plaisanter sur la bouffe, alors qu’on a vraiment pas de quoi se mettre sous la dent au point d’avoir besoin de faire tant d’effort pour digérer…


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MessageSujet: Re: En territoire inconnu, on adopte profil bas ♠ [Livre I - Terminé]   Lun 24 Fév - 20:04

Ruminer la merde, c’était un coup à se coller une bastos dans le crâne et c’était pas dans mes projets. Croyez le ou non, avec un sans flingue, on trouve toujours un moyen de se buter. Avec de la bonne volonté, on arrive à tout même à se suicider dans une chambre capitonné et attaché. Suffit de se donner du mal. Voyez ? J’ruminais la merde et pourtant, broyer du noir, c’était pas mon sport favori. J’trouvais même ça relativement chiant, on tourne vite en rond.
Ou alors... c’était l’absence de couteau dans ma botte et d’armes à ma ceinture. Être désarmée, ça me mettait de mauvaise humeur. Au moins, quand j’avais haché du bois menu, ça m’avait défoulé, là, être assise à rien foutre, ça me faisait royalement chier. Encore une fois, c’était clair et net qu’on me ferait de toute façon pas confiance et qu’il fallait être bien con pour me l’octroyer mais quand même. Bordel de merde, j’avais besoin de bouger.

Quand quelqu’un arriva dans mon coin, j’me relevais en vitesse avec une flopée de jurons à cause de cette même absence d’arme. Et que voyais-je, une militaire. Décidément, j’avais du pot... Trois en quatre jours. Joie. « Ouais, j’me suis bouffée un super gigot moutarde. C’était d’enfer. » Quoi ? j’étais loin de la réalité, ok mais quand même. « Non, en fait, je m’emmerde comme un putain de rat mort. Y a même pas une putain de tranchée à creuser ou un arbre pour faire des cures dents. L’inactivité va me flinguer avant qu’un taré me taille une boutonnière. » Franchise trop franche, bravo. Je changeais de sujet. « J’t’ai entendu injurier la caillasse, elle répond pas. J’ai essayé pendant des semaines. Même les radiations ont pas réussi à leur filer la parole. Dommage note. »
Si ça avait été le cas, j’me serais inquiétée malgré toute la compagnie relative que ça m’aurait filé. N’empêche que je me serais demandée si j’avais pas choper une merde au cerveau. Si Raulne avait été là, il m’aurait bien balancé que c’était déjà fait. Il aurait peut-être pas eu tout à fait tort.

J’avisais son bras mais je ne dis rien. J’aurais pas apprécié qu’on me regarde de travers avec une blessure quelconque et je ne comptais plus le nombre de fois où c’était arrivé. Ça m’avait jamais empêché de latter la gueule à qui que ce soit, j’avais toujours la rage au ventre, en toutes circonstances. Je n’avais jamais rien pardonné, jamais et ça m’avait permis de tenir. La haine, c’est un sacré bon moteur. En me retapant, les gens qui m’avaient trouvé en train de caner avaient bien bossé. J’étais devenue sacrément bonne dans mon job, peut-être même un peu trop si on considérait ma position actuelle. J’me plaignais pas d’être en vie, ni même d’être considérée comme une foutue civile... en revanche, j’me plaignais bien d’être inutile. Fallait qu’on me trouve quelque chose à faire et vite parce que j’allais finir par m’occuper toute seule et j’avais pas vraiment ce qu’on pouvait appeler des occupations lambdas.
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MessageSujet: Re: En territoire inconnu, on adopte profil bas ♠ [Livre I - Terminé]   Dim 2 Mar - 23:37

La flopée de jurons arracha un sourire à la militaire. Elle pouvait très certainement la concurrencer sur ce point là. Au moins, c’était pas une foutue bien pensante qui s’offusquerait qu’une femme soit militaire ou vulgaire ou n’en ait rien à foutre des convenances. Pas que ça aurait changé grand chose, mais si ça pouvait éviter à Marielle de s’énerver parce qu’une connasse lui disait qu’elle avait une vie scandaleuse, à se battre, au milieu des hommes, au lieu de faire un métier plus sage et moins dangereux… Comme Thomas. Ce con de Thomas, qui lui manquait plus qu’elle ne l’aurait jamais reconnu, et qui l’emmerdait de manière égale avec ses idées selon lesquelles une femme ne devait pas risquer sa vie et n’aurait jamais du être militaire, et aurait du faire un métier de merde et chiant… Elle était à moitié soulagée pourtant de son absence. Quelque chose tournait définitivement pas rond avec elle… En même temps, est-ce que quelque chose tournait encore rond ? Ca n’devait pas être le cas pour la terre elle-même – ça s’trouve, elle tournait carré, ou hexagone.

Marielle leva les yeux au ciel – elle se mettait à faire de l’humour pourri, en plus… Enfin, tant qu’elle le gardait pour elle, ça irait. Elle sourit légèrement, en entendant son vis-à-vis répliquer. Au moins, elle était pas terre-à-terre et chiante. « J’me disais aussi, t’avais l’air du bienheureux repus après un repas riche et à même de caler le plus gros des morphales. Ouais non, fallait pas déconner en fait. Non bon en vrai, t’as l’air de te faire chier autant que moi. Désolée si j’suis censée le connaître, mais c’est quoi ton nom ? Tu t’es retrouvée comment ici ? Personne a cherché à t’utiliser pour toutes les tâches à faire ? Enfin j’te rassure, j’obéis aux ordres de Raulne parce que sinon ça serait la merde, mais c’est pas le pied ce qu’on a à faire. »

Est-ce qu’elle apprendrait à se la fermer, en fait, un jour ? Raulne était pas son supérieur, même si elle s’était rangée à ses côtés et lui obéissait – d’une certaine manière – par un soucis de maintenir l’ordre dans la ville, mais ça se ferait pas si elle contredisait ses décisions n’importe quand et devant n’importe. Enfin en soit, elle approuvait ce qu’il faisait, même si ça la faisait chier et qu’elle aurait voulu reprendre son rôle d’égale par moment – mais ça n’aurait rien changé : le sale boulot, tout le monde s’y collait. Alors elle obéissait. Sa curiosité à l’égard de l’étrangère, car c’en était de toute évidence une vu son accent, grandit alors qu’elle lui affirma avoir essayé de parler aux cailloux. Décidément, c’était quelqu’un de bien singulier – c’était pas pour lui déplaire, notez. Les gens semblaient bien fades, mais elle pas tant que ça. « Tu veux que je fasse les réponses pendant que tu converses avec eux ? Marielle laissa le silence s’installer un peu. Ok oublie, c’est une idée à la con. A part signifier qu’on connecte nos neurones à l’envers, ou nous faire devenir réellement folles dans la folie ambiante, ça aurait pas un grand effet… »

Perspicace, Marielle… En même temps, ces foutues emmerdes, c’était à déglinguer le plus sain et le plus solide mentalement des gars. Elle avisa son regard sur son bras, sans rien dire. C’est pas comme si il passait inaperçu. Pas inutilisable à vie, mais un putain de poids mort pour le moment. Enfin bon, son interlocutrice en disait rien, et elle comptait pas la lancer sur le sujet. Et ça l’avait pas empêchée de proposer à Reh de se battre comme des hommes, c’est que ça allait pas si mal que ça.


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MessageSujet: Re: En territoire inconnu, on adopte profil bas ♠ [Livre I - Terminé]   Jeu 6 Mar - 15:31

À la base, je pensais pas vraiment tomber sur quelqu’un. Je m’étais volontairement isolée pour éviter de péter joyeusement une durite sur quelqu’un. C’est que c’était mauvais pour l’image de disjoncter quand on vient d’arriver et qu’on est en prime, pas du coin du tout.
Franchement, j’étais pas particulièrement de bonne compagnie, je devais le reconnaître. D’autant moins quand on m’emmerdait. Fort heureusement, la femme devant moi, même si elle était militaire -j’avais un abonnement- semblait bien moins broute chou. Déjà, elle me regardait pas de travers parce que j’avais eu le malheur de naître avec un vagin. Forcément, entre meuf, on se comprend un minimum, quoi que y avait de sacrées connes.

Je ricanais à la mention du repas. Tu parles. J’savais même plus ce que j’avais bouffé pour tout dire. C’était le genre de truc sur lesquels je m’arrêtais plus vraiment. La pensée, ça peut tuer e je savais de quoi je parlais. Suffisait de penser aux mauvais trucs au mauvais moment et PAF ! le rideau était tiré pour de bon et on était bon pour nourrir les vers. Très peu pour moi. J’comptais bien choisir ma façon de crever et mon combat. Même pas en rêve je crèverai sans combattre. Tout ça pour dire... J’pensais pas trop à mon estomac. « T’imagines même pas ce que j’ai pu me bâfrer ! » Grosse blague.
Je levais les yeux, elle avait pas idée à quel point j’me faisais chier sévère. « T’as pas idée, t’as vraiment pas idée. Et tu peux pas le connaître à moins d’avoir croisé le Raulne susnommé dans les tous derniers jours. Moi c’est Alix Edgecombe et avant hier je coupais du bois. Aujourd’hui, y avait rien. Cela dit, que tu suives ses ordres à lui, j’suis pas sûre que ce soit censé me rassurer. » Lui et moi, on était pas vraiment copain comme cochon. Dans le meilleur des cas, on était mûr pour se mettre sur la gueule. Passé ou pas, on partageait clairement une antipathie assez phénoménale l’un envers l’autre. Mais Nom de Dieu, cet enfoiré me sortait franchement par le cul.
Cela dit... tant qu’il me faisait pas chier et me laisser bosser tranquille sans me casser les pieds, ça se passerait bien. J’avais rien contre l’abattage ou même creuser des trous mais fallait qu’on me foute la paix le cas échéant. J’supportais pas qu’on me pète les couilles quand je bossais.

Je haussais les épaules avec un sourire en coin pour cette histoire de caillasse. L’humour de merde, ça devait être inhérent à la profession. « J’suis déjà considérée comme dérangée alors très franchement, qu’on me prenne pour telle, j’m’en bats royalement ma race. On me regarde déjà bien assez de travers comme ça parce que j’ai survécu jusqu’à maintenant dans le merdier ambiant sans avoir pu dormi pépère sur mes deux oreilles avec une sécurité relative. Les gens manquent d’imagination par moment. » En même temps, j’leur demandais pas de comprendre ni de compatir. J’en avais rien à foutre, je m’asseyais sur la pitié aussi sûrement qu’ils étaient en train de s’asseoir sur leurs espoirs. « Et toi, tes connexions de neurones, ça gère ou t’es aussi saccagée de ce côté ? » Tant qu’à converser, autant le faire bien.
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MessageSujet: Re: En territoire inconnu, on adopte profil bas ♠ [Livre I - Terminé]   Lun 10 Mar - 22:46

Elle était pas imperméable à mon humour, bon point pour moi. C’était pas l’humour le plus perspicace, le plus fin, le plus intelligent, mais je passais pas pour une conne à tenter de rire sur l’ironie de cette foutue presqu’apocalypse, face à quelqu’un incapable d’y être sensible ou d’embrayer sur le sujet. Peut-être qu’on pourrait bien s’entendre. Ca ferait au moins quelqu’un autre qu’un militaire, qui me prenait pas pour une moins que rien. Ou une connasse. Voire les deux. Mais peu importait. J’avais appris avec le temps à m’endurcir, à surpasser les opinions qu’on avait de moi. En même temps, si je pouvais supporter que mes parents pensent que j’allais finir à la rue à faire le tapin, l’avis des clampins inconnus sur celle que j’étais… je m’en contrefoutais.

« Moi c’est Marielle Beaumarchais. Et j’ai bien peur que ça soit notre lot à tous avant longtemps, s’emmerder royalement… A moins qu’on finisse par s’entretuer pour se bouffer – les plus faibles vivront pas l’ennui bien longtemps. »

Cynique ? Si peu. Et je ferai pas partie des plus faibles. Personne boufferait mon corps. Pas dit que je boufferai celui des autres, mais le premier qui tentera de s’approcher de se prendrait un coup bien senti dans les parties, avant de voir la lumière blanche plus tôt que prévu – ou la première, hein, pas de discrimination, un bon coup bien placé faisait mal aussi, je ne pouvais que l’affirmer.

« Ouais non j’ai pas croisé Raulne récemment. Enfin, pas suffisamment récemment, je pense. Enfin on s’en fout de toute façon. Je tenais pas spécialement à le croiser. Je lui obéis parce qu’il dit pas que des choses connes. Pas à moi en tout cas. Ou pas pour l’instant. Et puis… j’imagine que ça la foutrait mal, que les deux lieutenants se mettent sur la gueule. On a déjà assez de Reh pour gueuler sur tout ce qui bouge, et des autres pour faire peur à tout le monde… Bon enfin, ça c’est notre lot à tous, le cadeau du port de l’uniforme. »

Mais encore une fois, je m’en contrefoutais. Je me serai pointée en civile, mon uniforme planqué dans un sac avec mon arme, si j’avais pas voulu susciter l’inimitié des gens. J’avais depuis longtemps fait la paix avec le fait d’être militaire, et bien souvent m’étais pris le bec avec des gens qui jugeaient que c’était pas fait pour moi. Je les emmerdais tous, voilà. Et je leur avais bien fait comprendre. Même à ces crétins de militaires avec qui je travaillais. Enfin bon, et si j’écoutais ce que m’on disait ? Je souris aussi, en l’entendant. « Franchement scandaleux, quoi, t’as survécu comme tout le monde ici, je suis outrée, franchement. Tu faisais quoi avant tout ça ? »

Mon sourire s’élargit encore, quand elle me demanda si mes neurones tenaient la distance ou pas. Ca dépendait de beaucoup de choses, ça. « Alors attends, ça dépend ça. Si j’en crois mes parents, je suis qu’une petite conne écervelée destinée à faire le tapin parce que j’me suis tirée de la maison sans faire d’études, donc j’imagine que s’ils apprenaient que je suis, j’étais, pilote de chasse, ils tenteraient de prouver que je suis pas saine d’esprit et que je devrais être internée. Mon… Le mec avec qui je vivais, pareil – je devais être une folle furieuse psychopathe qui prenait son pied à aller dans des pays dangereux dans ma carcasse volante. Mais bon, hein, ce que les gens disent… Si je les écoutais, je serai aussi une faible petite femelle qui peut pas faire un pas sans son gros nounours militaire protecteur – pourtant j’en ai pété des dents pour le démentir. » Ouais bon, ça faisait un peu j’me la raconte mais en même temps, c’était vraiment, et j’étais prête à recommencer si on m’emmerdait encore.


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MessageSujet: Re: En territoire inconnu, on adopte profil bas ♠ [Livre I - Terminé]   Mar 25 Mar - 15:46

J’m’attendais pas vraiment à tomber sur quelqu’un comme ça. À dire vrai, j’m’attendais à rien ces temps-ci. Cela dit, pour me surprendre, il en fallait plus. J’en avais vu des vertes et des pas mûres, c’était pas un humour bien placé qui allait me prendre au dépourvu. J’vais pas dire que c’était reposant mais presque. J’me passais bien des vannes vaseuses des un et de la présence des autres. Alors oui, autant profiter de ce moment de calme et de discussion pour le moins particulier.

Je souris quand elle me balança de but en blanc que seuls les plus forts survivraient et que d’autres perdraient sûrement la boule pour se bouffer. « Le cycle de la vie. Bouffer ou être bouffé. De toute façon, on est en plein dedans. Dehors, ça bouffe déjà de la chair humaine. » Vu la taille du truc que j’avais vu un jour en train de cuire, il me semblait évident que ça n’avait rien d’un cuissot de vache. Pourvu que j’sois pas obligée d’en arriver là.
Enchaîner sur Raulne me semblait on ne peut plus approprier. J’peux pas dire que j’aurais pas apprécier danser sur ses cadavres et refaire la déco avec ses trippes. Mais c’était légèrement disproportionnelle comme idée, je le reconnais. Je ricanais. « Raulne a toujours tapé sur les nerfs, ça changera jamais, même mort, il trouverait le moyen d’emmerder le monde. Quand à Reh, j’l’ai croisé et c’est un foutu chieur de première. Même Raulne, j’ai pas envie de le cogner aussi fort que l’autre. » Ce qui était une pure vérité et pour me faire vouloir cogner plus fort que sur ce cher Lieutenant, fallait vraiment me taper sur les nerfs et pas qu’un peu. « Enfin. J’en ai fini avec ces conneries de « Chef ! Oui chef ! » c’était vraiment une putain de couillonnade. » J’dis pas que la bande de trouffions qui m’étaient passées dessus en me massacrant la gueule avait eu du bon mais j’m’étais affranchie de ces conneries pseudo respectueuses.

« Ce qui les emmerde, c’est pas que j’ai survécu. C’est que j’ai survécu quasiment seule, dehors, pendant plus d’un mois. J’suis un danger, qui sait ce que je peux faire. Entre nous soit dit. J’en ai rien à foutre, j’ai fait ce qu’il fallait et je le referai s’il le fallait. Et comme t’as peut-être dû le comprendre plus tôt... j’étais militaire. » Et j’étais mercenaire mais ça, personne d’autre que ce trou du cul de Raulne avait à le savoir.

Concernant les neurones, c’était une autre histoire. Franchement, j’me savais pas très nette et j’en avais rien à secouer. Ça pouvait et ça m’avait sauvé la vie. J’avais la pensée divergente depuis qu’on s’était payé ma gueule et qu’on m’avait prise pour cible.
J’éclatais de rire. « Le foutu bien pensant de service, ce fléau. Mais j’vois ce que tu veux dire. Je le vois même très bien. » Et ce, même si durant ma belle carrière, j’avais été une sacrée connasse.
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MessageSujet: Re: En territoire inconnu, on adopte profil bas ♠ [Livre I - Terminé]   Ven 28 Mar - 21:16

Ca m’surprenait absolument pas, que des gens bouffent déjà de l’humain. Ils étaient bien trop cons – une putain d’apocalypse leur tombait sur la gueule, et au lieu de penser rationalité, économie, survie, ils avaient du dépenser sans compter, flamber tout ce qu’ils possédaient, en se disant que de toute façon, ils mourraient bientôt. Conneries monumentales ! Si l’on pouvait prédire des choses comme ça, on aurait pas eu à subir une putain de fin du monde comme ça. Enfin, s’ils en étaient au point de se manger entre eux, la loi du plus fort prévaudrait bientôt, et ils finiraient par s’entretuer pour se nourrir, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, qui mourrait de faim pour finir. Bref, des imbéciles. A se serrer les coudes et à tenter de cultiver des choses ou quoi, ils s’en sortiraient bien mieux… Mais ça, c’était pas le plus aisé. Y’avait qu’à voir la merde ici, même si on tentait des choses dans ce sens – rien ne prouvait qu’on réussirait, avant qu’on ne crève tous de famine. Ou de froid, on était même pas encore en hiver qu’on se gelait.

« M’étonne pas. Pas forcément le plus sensé, s’ils tentent rien à côté pour se nourrir, mais rien d’vraiment déroutant. » Si je m’étais laissée faire, j’aurai continué en disant qu’ils étaient assez cons et cédaient à la solution de facilité, mais on s’en foutait, au fond. Et surtout, si on continuait dans un tel climat, je ne pouvais pas garantir que l’on ne fasse pas de même. Qui serais-je pour prétendre que, cédant à la folie ou au désespoir, je ne tenterai pas de manger un de mes congénères ? Personne. Je haussais les épaules, plus pour moi que pour Alix, et reprenais le fil de la conversation.

« Tu ne crois pas si bien dire. J’le connaissais d’avant, Reh j’veux dire, pas Raulne, et tout ce qu’il mérite quand il est au pire de sa forme, c’est des baffes. J’pense pas avoir besoin de te le dire, mais lui en mettre un dans la gueule, même si ça lui fera pas rentrer du plomb dans la cervelle, ça lui fera pas de mal. Enfin, ça reste un bon gars… parfois. Et puis, il est doué avec ses chiens. Je l’ai entrainé à sauter avec eux, j’ai bien vu comment il les gérait. Enfin bref, on s’en fout. »

Je la regardais, surprise : elle avait été militaire ? Elle répondait à Raulne, ou rien à voir ? Si oui, cela explique qu’il la connaisse. Mais peut-être qu’ils étaient ennemis, ou ciblaient le même ennemi ? Enfin, ça, j’le saurai pas, à moins de demander. « Ca les impressionne, et ils se pissent dessus à l’idée que tu leur butes la gueule s’ils s’approchent trop de toi, non ? Et puis, en plus, t’es une femme, alors le déshonneur si tu te révèles plus forte qu’eux… » Je connaissais pas ses aptitudes, et les connaîtrais probablement pas, mais elle devait être sacrément douée pour avoir réussi à survivre seule. Et donc un danger, comme elle le disait. Mais ne l’étions nous pas tous ? N’importe lequel d’entre nous, dans un élan de démence, pouvait s’en prendre à l’autre, pour une raison parfaitement tangible, ou une bien plus nébuleuse.

« Oui j’avais percuté. C’est comme ça que t’as rencontré Raulne ? Dans le cadre d’une de vos missions, à l’un ou l’autre ? J’imagine que vous n’étiez pas dans la même unité… » Déduction de par son accent, peut-être éronnée, mais auquel cas elle me le dirait. Ou me dirait de fermer ma gueule, si elle voulait pas en parler. C’était de la curiosité pure et dure, et pas une information très nécessaire pour moi.

Je sentais la tension se relâcher un peu, alors qu’elle riait et que je la suivais – contagieux, son rire. Ou alors j’en avais plus besoin que je ne le pensais. Peut-être les deux. Mais je m’en foutais, je me laissais aller à rire – on était à perpet’, seules, et personne ne verrait ça. Et quand bien même quelqu’un le verrait et y trouverai à redire, j’en avais rien à foutre. « Tu m’étonnes. Je suppose que tu n’as pas un parcours atypique ou rangé toi non plus. Et je suppose aussi que tu les emmerdes, tout comme je le fais. » La pure vérité, ça. Qu’est-ce qu’on pouvait bien en avoir à foutre, des pensées rétrogrades ou sexistes ou misogynes ou juste casse-couilles ?


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MessageSujet: Re: En territoire inconnu, on adopte profil bas ♠ [Livre I - Terminé]   Jeu 3 Avr - 18:02

Je dois dire que c’était le visage le moins antipathique que j’avais vu depuis mon arrivée. J’lui aurais pas donné ma confiance, fallait pas déconner mais ça n’en restait pas moins une rencontre nettement plus agréable que les autres, y avait pas photo.
Alors ouais, on parlait de chair humaine et de cannibalisme mais c’était l’époque qui voulait ça. Discussion moitié censée moitié déconne, de quoi faire passer la pilule. En toute franchise, j’étais plutôt d’accord. Rien tenter à côté et se contenter de bouffer les gens, à long terme, c’était pas un plan fabuleux mais ces gars-là avaient dû perdre la boule depuis un sacré bail. J’étais pas certaine qu’ils pensaient encore comme des êtres humains. De toute façon, pour moi, ces gens au dehors était une saloperie de sous race animal à abattre, ni plus ni moins. C’était rendre service que de les descendre. Mais ça, j’le gardais pour moi. Ma façon de voir les choses aurait pu déplaire. « Ouais... comme tu dis, rien de bien étrange là-dedans. »

« Chacun son boulet. J’sais pas trop si j’aurais préféré rencontrer Reh avant de tomber sur Raulne. Ca revient un peu à se demander qui de l’œuf ou de la poule s’et pointé le premier. » Cela dit, j’pouvais pas juger si Reh était un bon gars. À mes yeux, c’était rien de moins qu’un connard de plus avec un flingue et affublé d’un clébard par dessus le marché. Pauvre bête, j’avais de la sympathie pour elle. Le chien, pas Reh évidement. « Hum. J’peux pas dire, j’le connais pas contrairement à Raulne. »
Bon, ok. Raulne, j’le connaissais que charnellement parlant et je savais que c’était un enculé de première sur le terrain. Mais bon, c’était un enculé efficace, ça, c’était bien un truc qu’on pouvait pas lui reprocher même si j’me serais fait une joie de lui faire bouffer ses dents une à une.

[color:6851=#chocolate]« La plupart des mecs ont leur orgueil et leur ego situés dans les couilles, rien de nouveau. Ça se jouera toujours à qui a la plus grosse que ce soit avec leur queue, un flingue ou le commandement. Plus ils sont gradés et pire c’est. Quant aux nanas... on passe pour une sous race de gonzesses incapables/baisables à loisirs et à disposition. Et celles qui ont le malheur d’assumer le commandement et le fait d’être une bonne femme. Paix à leur carrière. » Généralité ? Oui, j’en faisais, mon cas m’avait suffi, les plaintes que j’avais reçues, celles que j’avais lues, celles que j’avais réglées à l’amiable... quand c’était possible. Bref.
Je souris, vaguement. « Même mission. Unités différentes. Armée différente. Mais tout ça appartient au passé. À un autre monde. » Et c’était peu de le dire.

Je me relevais et m’étirais, faisant craquer une vertèbre ou deux. Mon corps en avait vu d’autres. Bien d’autres. « Oh oui, je les emmerde et pas qu’un peu. Je suis qui je suis. Tant pis si ça déplaît. » Quoi que ça n’était pas exact. Mieux valait qu’on ne sache pas ce que j’étais à proprement parler. « Paraît que j’ai droit à un peu de bouffe comme tout le monde, tu me montres où c’est ? J’ai pas encore eu le temps d’y foutre un pied. » J’avais eu ma part par intermédiaire depuis mon arrivée. Il était tant que je sache où j’allais aller chercher ma bouffe.
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MessageSujet: Re: En territoire inconnu, on adopte profil bas ♠ [Livre I - Terminé]   Dim 13 Avr - 20:51

Dans l’optique, Marielle était partie pour être seule, pour évacuer le trop plein de pression, le trop plein de ras-le-bol, et si on lui avait dit qu’elle allait croiser quelqu’un sans avoir envie de lui refaire le visage avec son poing, elle l’aurait pas cru. Et pourtant, c’était bien le cas. Elle connaissait pas Alix, mais en même temps, elle connaissait pas un dixième des gens de la ville – et elle faisait aucun effort pour, c’était certain. Mais elle apprendrait peut-être à la connaître. Sans se confier ou quoi, les soirées où on se raconte les derniers flirts devant un film à l’eau de rose, avec du popcorn, des marshmallows et des bonbons divers et variés, très peu pour elle. Elle était plus combat de catch, une bonne bière et un paquet de chips à la main. Enfin bref, elle divaguait. Mais ouais, Alix était peut-être bizarre et cynique, mais elle avait l’air cool et Marielle n’aurait pas été contre trainer avec elle dans le futur. Si elle était encore vivante. Enfin bon, ça… Seul l’avenir le dirait.

« Ouais j’sais pas… J’sais que Reh est impulsif et foutrement borné, et pas très doué pour obéir aux ordres s’il a décidé que la personne en face était pas habilité à lui en donner… Un vrai casse-couilles, quand il s’y met, et difficile de le faire changer d’avis. Enfin, c’est pas mon meilleur pote, j’ai du le croiser une ou deux semaines à tout casser, ça s’trouve c’était un genre qu’il se donnait, ou alors il a changé depuis, mais j’y crois pas trop… »

De toute façon ; pour ce qu’il en était, Marielle s’en foutait. S’il se bornait à l’éviter, ou à être mi figue mi raisin, à voir un jour le beau temps, un jour la pluie, eh bien… Il irait en enfer tout seul, et elle s’occuperait de sa propre survie. Chacun pour sa gueule, et puis voilà. Dans un tel bordel ambiant, en même temps, si on en attendait plus d’elle, c’était bien se leurrer. Aider oui, aux dépends de sa propre vie, carrément pas. Elle était pas une bonne samaritaine, fallait pas croire.

« L’un comme l’autre revient au fait qu’ils pensent avec leurs couilles, non ? Que leur égo de mâle doive écraser celui des autres, et qu’ils peuvent nous prendre à tout va quand bon leur semble… Au final, c’est eux qui se font baiser parce qu’ils nous sous-estiment, pas l’inverse. Enfin, après, à eux de voir s’ils veulent se frotter à nous ou pas. Des mâchoires déboitées parce que des connards ont voulu toucher avec un peu trop d’insistance, y’en a eu plusieurs. Des blâmes aussi, pour eux comme pour moi. Mais bon, ça a jamais été trop loin, vu les torts partagés… » Oui parce qu’elle savait être une emmerdeuse aussi quand il fallait, et qu’ils allaient trop loin. Tant pis pour eux, tant pis pour les conséquences, ça valait le coup de pas s’en soucier parfois.

Marielle haussa les épaules, alors qu’Alix évoquait le passé. Clairement, rien de tout ça n’avait lieu d’être ici. Plus tard, peut-être, si le monde retrouvait un certain ordre… Et encore. Ils le faisaient, là, maintenant, cet ordre. Ils le recréaient, et ils s’adaptaient selon les circonstances. Rien n’avait plus lieu d’être, si ce n’était de limiter le chaos qui menaçait. La militaire sourit, alors qu’Alix affirmait être celle qu’elle était, peu importait si quelqu’un y trouvait à redire. Oui, décidemment, elle pourrait l’apprécier. Elle se tourna vers la ville, alors que la femme lui demandait où elle cherchait ses rations. « Ca marche, suis moi, je t’y amène. » Elles firent le trajet en silence, et se séparèrent une fois arrivées à bon port. « A une prochaine ! »


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MessageSujet: Re: En territoire inconnu, on adopte profil bas ♠ [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 12:48



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