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MessageSujet: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Ven 17 Jan - 14:23

J'avais reçu un mot dans la boite aux lettres de la part de Benjamin. Retrouve moi à l'arrêt de bus, BL.. Enfin, j'allais pouvoir voir quelqu'un de mon âge, il était quatorze heures quand je pris la route en prévenant ma soeur que j'allais en ville. J'étais à dix minutes approximativement en vélo. Il faisait nuageux cette après midi, et nous en étions toujours aux mêmes conclusions. Le temps était vraiment pourrave en Normandie au mois de novembre. Je détestais ce mois là, n'étant pas une sudiste, je survivais très bien au fait qu'il pleuve souvent bien sur. Mais je n'étais pas non plus fan de la grisaille répétitive du mois de novembre, alors avec ces airs de fin du monde. J'avais revêtue une jupe de couleur prune, avec un pull noir. Mon manteau gris descendait jusqu'au niveau de mes genoux, comme disait ma soeur, quand elle me l'avait acheté, de toute manière, tu n'es pas très grande, donc même si ce n'est pas le but qu'il descende aussi bas, je ne pouvais rien y faire. Un bonnet et une écharpe, des converses noires et j'étais fin prête. Ne serait-ce que voir quelqu'un me rendait heureuse, ce n'était pas grand chose. Je sortais assez souvent pour ne pas rester à tourner en rond dans ma chambre, on était lundi après-midi, je savais parfaitement que tout l'endroit serait désert, malgré le fait qu'il y avait souvent les jeunes (qui avaient encore le droit de sortir) qui fumaient une cigarette à cet endroit. Se retrouver était un des buts je pense dans ces moments là. Et quand j'eus posé le pied à terre, je n'avais pas faux, l'endroit était complètement désert, j'attachais mon vélo contre un poteau pas très loin et je vins m'asseoir près de l'arrêt de bus. J'osais espérer que je n'aurai pas un lapin comme les trois dernières fois où nous étions censés se retrouver. Je m'installais sur le banc, de mon sac je sortis un livre, je savais qu'il ne serait pas à l'heure, je le connaissais. Pourquoi ? Peut être parce que j'étais déjà sortie avec une fois, puis deux, et que même dans des rendez-vous amicaux, il était le dernier ponctuel.

Cinq minutes.

Dix minutes.

Je commençais à m'impatienter, et pourtant j'attendais comme je le faisais à chaque fois.


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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Mer 22 Jan - 10:19

« I'm expecting after the world. »




Les jours passent, et se ressemblent. J’ai l’impression que nous sommes tombés dans une routine reposante et apaisante, et ça me calme. Même s’il y a de moins en moins de choses à manger, même si le temps se refroidit à chaque aube un peu plus, même si les gens ne s’ouvrent pas davantage à la diversité des étrangers et des réfugiés : une routine s’est installée. Et ça me plait. Je ne suis pas quelqu’un de très compliqué, je le conçois aisément. Donnez moi une couverture, un petit feu de bois et une voûte étoilée, et je vous laisse tranquille pour la dizaine d’heures qui vient, voire plus. Je ne suis pas quelqu’un de compliqué et la plupart du temps, ça dérange. Les hommes aiment faire des montagnes d’innocentes taupinières ; ils aiment croire qu’il n’y a aucune solution – ou aucun problème. Ils aiment se leurrer, se voiler la face, dramatiser le moindre fait pour s’emmêler dans des situations inextricables qu’ils ont eux-mêmes créées. Ce n’est pas de leur faute : ils sont ainsi. Et je pense que c’est pour cela que la plupart des gens me taquinent, me bousculent, se moquent de moi lorsqu’ils commencent à me connaître : ils ne peuvent pas concevoir qu’une personne soit aussi simple dans sa manière d’être et de penser. Il fait froid ? Bien, je l’accepte, puisque je ne peux rien y changer actuellement. Le monde est en guerre, tous nos points de repère sociaux sont partis en fumée lorsque des inconnus ont fait disparaître nos villes et nos cultures ? C’est trop tard pour revenir en arrière, il faut aller de l’avant. Rester humain, rester ouvert, rester réceptif plus que tout à la beauté qu’il y a en chaque chose. Même la cendre que crachent les nuages sans discontinuer est belle, il suffit d’aller au-delà de sa signification profonde. C’est à cela que je pense, alors que j’erre sans réel but dans la ville, en attendant de trouver quelque chose à faire. En attendant que l’on me confie quelque chose à faire, très exactement. Je n’ai pas vraiment un esprit d’initiative, parce que je préfère qu’on me donne explicitement un ordre plutôt que de prendre moi-même les devants. Ma vie, je sais ce que je peux en faire, mais je ne vais pas m’amuser à jouer avec celles des autres. Mes pas me mènent dans le quartier hibiscus que je commence à connaître. Voilà aussi une marque de la routine qui s’est créée autour de moi : je me repère dans la ville sans problème à présent, ou presque. Je suis toujours autant mal à l’aise lorsque mes pieds foulent du goudron. Je préfère de loin les sentiers battus à la route usée par les voitures, je respire bien mieux une atmosphère sylvestre que celle de la ville. Mes yeux glissent sur les mains et les jardins à l’abandon, et ils se posent, attristés, sur toute la végétation en manque de soleil, qui dépérit sans que l’on ne puisse rien y faire. Il n’y a pas grand monde dans la rue, mais ce n’est pas étonnant. Ils doivent être chez eux à protéger leurs biens, ou à se noyer dans les regrets des souvenirs. Une silhouette se dessine sous un abribus, pour me faire mentir. La rue n’est pas déserte, donc. Elle n’est pas bien âgée, et elle a l’air de s’ennuyer. Se serait-elle perdue ? J’hésite à l’aborder, mais mes pas attirent son attention avant que je n’y prenne garde. Je ne trouve alors qu’une seule phrase à dire, dans mon français si particulièrement teinté par mon accent britannique : « Si tu attends un bus, j’ai bien peur qu’il n’en passe plus par ici. » Je lui fais un petit sourire. Au moins, elle est plus jeune que moi : je suis plus à l’aise en sa présence qu’avec les personnes de mon âge ou plus âgés. Et je n’ai pas bégayé lamentablement, contrairement à mon habitude lorsque je parle à des personnes que je ne connais pas. Je désigne la place à côté d’elle : « Je peux m’asseoir ? »

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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Lun 27 Jan - 10:42

J'attendais, quinze minutes. Pendant cinq minutes je fermais les yeux, je supposais que s'il avait demandé à me voir c'était qu'il avait quelque à me dire. Enfin j'osais espérer que c'était ça. Puis j'ouvrais les yeux voyant quelqu'un venir en ma direction. Ce n'était pas Benjamin. C'était un homme, un peu plus vieux que moi à son air. Je restais silencieuse sur le banc, ne sachant pas tellement à qui j'allais donc m'adresser. Comme à chaque fois qu'il y avait des étrangers, on ne sait jamais vraiment à quoi s'attendre au final. On reste bien perplexes quand on voit autant de personnes débarquaient comme ça d'un coup. Sa petite phrase eut pour don de me faire sourire quand même tout comme son accent anglais. Je me doutais pertinemment qu'il ne venait pas de Louisville bien avant qu'il ne parle, mais au vue de son accent, à mon avis il venait même d'Outre-Manche. J'étais plutôt douée dans le genre reconnaissance des accents, ça ne m'aidait pas dans la compréhension mais au moins je savais d'où ça venait. Et ça pouvait aider parfois à la compréhension en cours, par contre je me débrouillais très bien pour me faire comprendre même avec mon accent partiellement dégueulasse. A croire qu'on était vraiment pas fait pour parler une langue étrangère quelque soit la langue d'une certaine manière, on ne pouvait pas rendre un français bilingue même avec tous les efforts qui étaient proposés dans les écoles. En tout cas pas moi, du moment qu'on me laissait parler tranquillement avec mon accent dégueulasse et mes fautes de grammaire tous les trois mots ça m'allait parfaitement "Je me doute ça fait bien longtemps que les bus ne circulent plus sur Louisville." dis-je pour l'assurer dans sa pensée "Oui, personne n'arrivera maintenant. Cela fait longtemps que j'attends quelqu'un il a du oublier. Vous êtes arrivés il y a longtemps à Louisville ?"


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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Jeu 30 Jan - 8:53

« I'm expecting after the world. »




Je peux m’asseoir ? Je m’impressionne moi-même. Je lui ai posé une question, naturellement, sans passer une demi-heure à la tourner dans ma tête pour en déceler les faiblesses. J’ai laissé parlé mes pensées sans les ausculter, et c’est très rassurant. Parce que c’est agréable pour quelqu’un comme moi qui vis dans une simplicité rare de retrouver cette simplicité justement. "Je me doute ça fait bien longtemps que les bus ne circulent plus sur Louisville." J’ai un doute quant au message qu’elle essaye de me transmettre, d’un coup. A-t-elle pris ma question remarque pour une vraie remarque, ou a-t-elle bien compris que je disais ça pour rire ? Peut être que l’humour anglais n’est pas vraiment le même que l’humour français ? Non. Antonin : tu as vécu plus de cinq ans en France, tu sais qu’elle ne te reproche rien, zut ! Oui, zut. Comme tu dis. Ou comme je dis. Je ne sais pas trop. "Oui, personne n'arrivera maintenant. Cela fait longtemps que j'attends quelqu'un, il a du oublier. Vous êtes arrivés il y a longtemps à Louisville ?" Je m’installe tranquillement à côté d’elle, un peu de côté pour l’avoir tout de même en visuel. Si je suis là depuis longtemps ? Je calcule dans ma tête, les yeux regardant légèrement dans le vide. Je me perds bien vite dans mes interrogations, dans les mois et les semaines qui défilent dans ma mémoire lacunaire. Je finis par rendre les armes au bout d’une poignée de secondes, en essayant de donner un simple ordre d’idée à la jeune fille. « Et bien… ca va commencer à faire un bout de temps, oui. Je suis arrivé peu après le début des conflits. Aux alentours de début octobre, je crois. Je ne sais plus vraiment. » Je me mordille la lèvre, pas très à l’aise, il faut se le dire. En même temps, je ne suis jamais à l’aise. C’est déjà pas mal que je prononce plus d’une dizaine de mots, et c’est assez exceptionnel, je m’en rends compte, que je continue de parler. « Je suis certain qu’il va arriver. Les garçons sont parfois tête en l’air, il ne faut pas lui en vouloir. Tu t’appelles comment ? Moi, c’est Antonin. » Tête en l’air ? Je parle légèrement en connaissance de cause. Les autres me trouvent souvent bizarre parce que je ne réfléchis pas comme eux, que je ne fais pas tout le temps les mêmes déductions et que je suis d’une naïveté et d’un optimisme qui n’ont d’égal que dans ma simplicité. Je lui fais à nouveau un petit sourire : « Et puis, il ne faut pas dire que personne n’arrivera ! Regarde, je suis bien arrivé. » Remarque sans trop d’intérêt : je sens mes joues rosir de manière assez gênante, et je perds toute ma confiance en moi, en évitant de la regarder. On doit avoir une petite dizaine d’années d’écart, je me demande qui est le plus adulte entre nous deux. « Tu es de Louisville j’imagine ? » Autre remarque sans intérêt, juste pour parler. Moi, parler juste pour faire la conversation ? C’est un concept étrange que je laisse habituellement aux autres, ne me plongeant dans un silence tranquille.

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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Lun 3 Fév - 14:15

Avant j'étais quelqu'un qui était réceptive à l'humour d'où qu'il venait de quand il était prononcé, je n'étais pas partisante du "Rire de tout mais pas avec tous" même si je comprenais que l'on ne pouvait pas rire de tout avec tous. Bien évidemment je n'étais pas non plus naïve. Ce qui s'était passé le 12 Septembre dernier m'avait fait prendre la vie avec un peu moins de légèreté, j'avais toujours été mature, mais toujours les mêmes répliques commençaient à me lasser. Je n'en tenais pas rigueur aux personnes concernées mais ce n'était pas une période facile pour personne présent ici et même si on était peut-être mieux lotis que d'autres ce que me disait encore il y a quelques jours Mickaël. Je ne pouvais pas nier le fait que c’était oui, une solution à l’amiable, nous étions plus en sécurité à Louisville que n’importe où ailleurs. Existait-il des autres lieux avec plus de sécurité ? Je n’en savais rien, chose de sure c’était que ça me permettait de garder l’espoir. Tout cela c’était peut être psychologique mais ça faisait du bien dans tous les cas de penser ainsi. Et puis j’étais beaucoup mieux en pensant ainsi qu’à commencer à voir le mal partout, ce n’était pas la solution, je voulais juste m’occuper l’esprit pensait à autre chose. C’était dans ses pensées que l’homme en face de moi était quand même venu m’interrompre et dans cette idée je me disais que c’était peut être mieux même si j’étais de mauvaise humeur à cause de Benjamin.

« C’était bien plus sympathique avant. Il y avait des bus tout le temps, mais bon, ça a changé ça. Comme dirait mes amis, c’était mieux avant mais on finit par s’habituer. » dis-je en souriant essayant de mettre un peu dialogue entre nous. Ce qui n’était pas très simple, enfin, je lui laissais quand même une chance que l’on puisse se connaitre peut-être. Oh et puis ce con de Benjamin n’avait qu’à être là. « Lyra. Enchanté Antonin. Non, lui il est pas tête en l’air, il me rend juste barje avec ses rendez-vous ratés. Mais je lui pardonne. C’est un bon ami » dis-je en souriant une nouvelle fois. J’essayais de me faire une raison, ce n’était pas parce qu’on était dans cette situation que notre relation allait changer ce n’était pas au programme. Et puis est ce que je le voulais vraiment ? Je ne pense pas, c’était juste que c’était une solution de facilité et de satisfaction, c’était beaucoup plus compliqué maintenant. « Au final, je gagne peut-être au change, je rencontre une nouvelle personne. Je suis là depuis un moment pratiquement toute ma vie, et toi tu viens d’où ? »


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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Dim 16 Fév - 16:57

« I'm expecting after the world. »




« C’était bien plus sympathique avant. Il y avait des bus tout le temps, mais bon, ça a changé ça. Comme dirait mes amis, c’était mieux avant mais on finit par s’habituer. » C’était mieux avant ? Oui, c’est sûr. Tout était toujours mieux, avant. Les gens ne savent plus se contenter du présent : ils se perdent dans l’observation du passé et de ce qu’ils ont perdu, en oubliant qu’en réalité, c’est vers le présent et l’avenir qu’il faut se tourner. Son sourire trouve son reflet dans celui qui se dessine lentement sur mes lèvres, mais sans plus. Je ne comprends pas pourquoi les gens se rendent volontairement malheureuse, ou plutôt pourquoi ils essayent de sortir d’une tristesse qu’ils ont eux même provoquée. Je sais que les remords, les regrets, je les connais aussi. Mais j’ai le plus souvent une vision si simpliste de la vie qu’ils sont rares. Je me présente en quelques mots, les plus évident, et sa réponse ne se fait pas attendre. « Lyra. Enchanté Antonin. Non, lui il est pas tête en l’air, il me rend juste barje avec ses rendez-vous ratés. Mais je lui pardonne. C’est un bon ami » Je fronce légèrement les sourcils. Pas tête en l’air ? Mais dans ce cas… il le fait exprès ? Ce n’est pas très sympa de sa part, ça… Ce n’est même pas… respectueux. Ce n’est pas correct. Il doit avoir ses raisons, mais ce n’est pas suffisant à mon goût. Mais ça ne me regarde pas, alors j’écoute ce qu’elle continue de me répondre. « Au final, je gagne peut-être au change, je rencontre une nouvelle personne. Je suis là depuis un moment pratiquement toute ma vie, et toi tu viens d’où ? » Toute sa vie ? « Toute ta vie ? Mais alors, ça veut dire que tu es née ici ? » Question stupide, peut être. Mais rester toute sa vie dans la même ville… Ce concept me semble étrange. Surréaliste, même. Inconcevable ? On s’en approche. Dès que j’ai eu mon diplôme, j’ai décidé de me poser dans une ville et d’y rester, mais je n’ai pas tenu trois ans. J’ai trop besoin de changer de paysage, de voir du nouveau, de… bouger tout simplement. Ce qui m’amène à considérer sa question tout à fait légitime. D’où je viens. « Je viens d’un peu partout. Enfin… » Je me mordille la lèvre en regardant le ciel encombré de nuages. « A la base, j’suis anglais. Mais vu le job de mes parents, j’ai bougé un peu partout dans le monde. Et je suis né en territoire français. » Je conclus sur un sourire un peu gêné, sans savoir pourquoi. « C’est un peu compliqué. » Avant de me rendre compte que, peut être, elle me demande simplement d’où je viens, avant d’arriver à Louisville. Où j’étais avant. Je fronce un peu les sourcils, encore, avant d’essayer de me décrisper et me frotter le menton où un léger duvet commence à apparaître. « Mais sinon, avant d’arriver, j’étais en vacances dans le coin. » Avec mon dernier mot, j’ai l’impression que le silence nous attend en embuscade. Et avec lui, moi qui pars dans mes pensées. Rêveur. Lunatique. Dans la Lune. Moi, en fait. Aussi, j’embraye immédiatement, comme pour changer de sujet, sur le garçon qui n’est pas venu. « Et sinon, ce… ton ami, il te lève souvent comme ça ? » J’ai une hésitation concernant la traduction de l’expression que j’ai employée, aussi je préfère la reprendre en anglais, au cas où… « Eh… He often stand you up ? It’s… ce n’est pas très… gentil de sa part. »

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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Jeu 20 Fév - 10:33

Si j'étais née ici ? Quelle drôle d'idée, je n'étais même pas sure qu'un hôpital était présent quand je suis née à Louisville. Après tout c'était une petite ville, comme il ne serait même pas impossible qu'il n'y ait qu'un hôpital beaucoup plus loin. Je n'étais pas née à Louisville, j'y avais déménagé à mes 5 ou 6 ans, ou peut être un peu plus tard, je ne savais plus. Ca me semblait tellement loin, je préférai dire que je vivais ici depuis toujours après tout, ça facilitait le délire. Dans l'idée, je me sentais bien mieux qu'autre chose. Que de devoir expliquer, que non en fait j'avais déménagé il y a plusieurs années pour venir m'installer à Louisville. Mais apparemment pour l'homme face à moi, ça semblait lui poser quelques question. Après tout je pouvais comprendre, comment pouvait-on passer sa vie ici à Louisville. Il n'y avait rien à faire selon ceux qui arrivaient mais au moins, on vivait à la campagne, je n'échangerai jamais cette idée pour aller vivre à Paris par exemple, quelle idée. Pour aller me polluer les poumons. Jamais ! Je vous le dis. Ce serait du délire, autant aller à Caen et rentrer à la maison le weekend pour les études. Mais de toute manière j'étais bloquée ici jusqu'à nouvel ordre. Disons qu'avec ce que l'on venait de se prendre, forcément ça ne se passerait pas comme tout était voulu "Non, j'habitais à Caen, il y a très longtemps et du coup je suis née là bas. Mais après je n'ai plus jamais bougé d'ici. Mais c'est trop cool quand même de voir pleins de choses, j'ai un peu voyagé avec l'école c'était cool. En 3ème je crois ou 4ème peut être on est allé en Angleterre, c'était trop sumpa, mais après c'est tellement différent de la France j'ai l'impression, les gens se prennent moins la tête aussi je crois." Je parlais trop une nouvelle fois. "Vous êtes né où ?" dis-je pour quand même recentré le sujet. Il me fit rire "Non, il ne me laisse pas souvent tomber, enfin en plan. Comme on dirait en France. It's just.. an ex-boyfriend. But we are just friends now, and this is... enough complicated, I guess." dis-je en anglais pour qu'il comprenne parfaitement ce que je voulais dire, même si je n'étais pas sure de la totalité de ma capacité à m'exprimer dans une langue étrangère.


HJ : tu m'as tué, "lever" dans mon école, veut dire embrasser, donc du coup ça m'a bien fait penser à ça ^^


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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Lun 24 Fév - 14:25

« I'm expecting after the world. »




Au total, j'ai du visiter près d'une vingtaine de pays, en en ayant habité une douzaine. J'ai parcouru tous les continents, j'ai cotoyé des gens de toutes les régions du monde, ou peu s'en faut, et je n'ai jamais habité plus de trois ans d'affilé au même endroit. Je suis même né sur une île qui n'a pas de maternité et où la natalité devait être nulle depuis... toujours. Ou presque. Alors j'ai du mal à m'imaginer des personnes qui ont toujours habité au même endroit, dans la même ville. Sans déménagement. Mon étonnement est clairement visible, d'ailleurs, puisqu'elle semble vouloir me rassurer. "Non, j'habitais à Caen, il y a très longtemps et du coup je suis née là bas. Mais après je n'ai plus jamais bougé d'ici. Mais c'est trop cool quand même de voir pleins de choses, j'ai un peu voyagé avec l'école c'était cool. En 3ème je crois ou 4ème peut être on est allé en Angleterre, c'était trop sumpa, mais après c'est tellement différent de la France j'ai l'impression, les gens se prennent moins la tête aussi je crois." J'esquisse un vrai sourire, tout en haussant les épaules. « Crois moi, les gens se... se prennent la tête, quel que soit le pays. Il ne doit y avoir que de petits peuples comme les inuits qui n'ont pas ce souci, et encore. Je crois que vous avez une expression à ce sujet, d'ailleurs... » Les expressions n'ont jamais été mon fort, je cherche rapidement dans ma mémoire celle que je veux trouver. « L'herbe est toujours plus verte chez le voisin, je crois. C'est exactement ça. » Je m'aperçois que je parle beaucoup plus que d'habitude, et j'évite de rougir en détournant le regard, alors qu'elle me demande où je suis né. « Je suis né à Port-aux-Français. » Je me demande un instant si elle sait où ça se situe, avant de préciser. « Aux îles Kerguelen. Mais mes parents sont anglais, et je n'y suis pas resté longtemps, puisqu'il n'y avait pas de maternité ou de locaux pour recevoir un bébé, là bas. » J'étais tout de même resté en couveuse pendant plusieurs jours, en tant que grand prématuré, avant d'être rapatrié en Afrique du Sud. Je change de sujet cependant, en lui demandant s'il arrive souvent à son ami de la laisser ainsi en plan. Et vu son rire, je dois avoir prouvé que moi et les expressions françaises, nous ne faisons pas bon ménage. Et la traduction mot à mot de l'expression anglais n'est pas non plus l'idéal. "Non, il ne me laisse pas souvent tomber, enfin en plan. Comme on dirait en France. It's just.. an ex-boyfriend. But we are just friends now, and this is... enough complicated, I guess." Ca me fait étrange d'entendre de l'anglais. « Oh, okay, sorry, I... » Je plisse les yeux en me forçant à repasser au français. Par égard pour elle, et aussi parce que je risque de manger des mots et de cesser d'articuler dans des expressions et contractions du langage parlé qu'elle pourrait ne pas comprendre. « Je me doutais bien qu'il y avait une petite erreur. Vous avez une expression en français, pour ça, non ? Je sais qu'en espagnol, c'est dar calabazas a alguien mais... » Je suis un peu penaud de maltraiter ainsi sa langue maternelle. D'ailleurs, peut être ne parle t elle pas non plus espagnol, aussi je m'empresse de traduire en mot à mot. « Ca veut dire littéralement... Donner des courges à quelqu'un mais je crois pas que ce soit ça en français » Je rougis derechef. En m'excusant. « Désolé, mon français n'est pas très bon dans ce domaine. Et j'oublie vite. »

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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Mar 4 Mar - 20:07

Je ne savais pas trop pourquoi mais l'homme en face de moi, Antonin de son petit nom, me donnait envie de lui confier mes doutes et ce qui se tracassait. Il semblait avoir à peu près le même âge que nous. Enfin... Tout était relatif, il avait une vingtaine d'année, mais ce n'était pas si loin que ça de mon âge. J'avais dix-sept ans, j'étais jeune encore l'âge de l'innocence de l'adolescence. Mais qui grandit tellement vite, en quelques minutes j'avais révélé à cet homme d'où j'étais originaire, et pourquoi j'étais en train d'attendre (en peine et en vain surtout !) ce garçon qui me rendait complètement barge. Malheureusement je ne savais pas quoi voir d'autres. En attendant, Antonin semblait tellement peu sur de lui quand il évoquait les expressions françaises que ça me donnait envie d'en apprendre beaucoup plus sur ses origines et d'où il venait. "Oui, l'herbe est plus verte ailleurs, mais ce que j'ai appris aussi c'est que le linge sale ne se lave qu'en famille." dis-je avec un sourire. Il était vrai, nos soucis familiaux ne devaient pas s'étendre dans toute la ville, bien au contraire, ils y étaient beaucoup plus en sécurité chez nous heureusement encore. En plus, les autres n'avaient pas besoin de savoir nos soucis, nous étions bien mieux dans l'innocence en pensant que la vie était peut-être mieux ailleurs. Même si nous étions bien conscient que ce n'était pas le cas. Beaucoup de mes amis, en pleine crise d'adolescence m'enviait parfois de vivre qu'avec ma soeur, avant de revenir sur leur parole et qu'ils s'excusaient sur la mort tragique de mes parents. J'avais envie de leur faire bouffer leur chemisier dans ces moments-là, parce que ça pouvait être cool certes de vivre avec sa grande soeur, mais ça n'avait rien de paradisiaque bien au contraire. Elle jouait très bien le rôle de tutrice légale. A croire qu'elle était faite pour ce rôle. "Vous avez un lieu original enfin façon de parler, de naissance en tout cas, disons que l'on ne s'y attend pas, je suis certes nulle en géographie mais je ne connais absolument pas cet endroit."

Il s'excusa sur le fait de mon ami qui devait me rejoindre, avec un sourire je lui fis comprendre que ce n'était pas très grave, j'étais habituée au bout d'un moment. "Envoyer promener ? Oui c'est un peu ça au final. Je finirai par me faire une raison... Enfin j'espère mais je me raccroche à un peu d'espoir dans cette situation après tout. Et vous êtes seul ici ? A Louisville ? Ca doit vous paraitre long ?" Je changeai de sujet question de le découvrir un peu.


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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Mar 18 Mar - 10:00

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J’ai beau être parfaitement trilingue, pouvoir tenir des conversations dans quatre ou cinq langues si on ajoute le russe et le portugais aux langues que je connais un peu, mon plus grand problème linguistique est sans nul doute les expressions idiomatiques. Jongler entre les expressions des différentes langues, qui n’ont que peu en commun, qui changent selon les régions au sein même du pays d’où elles proviennent… c’est trop pour moi. C’est pour ça, d’ailleurs, que je prends le temps de trouver la bonne dans ma mémoire. Une histoire de comparaison, d’herbe… Je la retrouve finalement, et Lyra me conforte avec gentillesse. "Oui, l'herbe est plus verte ailleurs, mais ce que j'ai appris aussi c'est que le linge sale ne se lave qu'en famille." Elle sourit et je lui réponds dans un sourire, sans être certain d’avoir bien compris la deuxième expression qu’elle vient d’employer. Heureusement dans un sens, que notre conversation s’oriente vite sur un autre sujet, et sur mes origines. Port-aux-français. Je doute rencontrer un jour une personne née au même endroit que moi, aussi je prends le temps de préciser où cette ville se situe sur le planisphère. Ou plutôt, sur quelle île elle se situe. "Vous avez un lieu original enfin façon de parler, de naissance en tout cas, disons que l'on ne s'y attend pas, je suis certes nulle en géographie mais je ne connais absolument pas cet endroit." Je rougis un peu en partant dans un petit rire. « C’est situé en bas, je mime même le en bas d’un signe de la même. dans l’hémisphère sud… au niveau du pôle. Enfin, un peu plus haut, mais… hum… par là bas. Dans l’Océan Indien. Il y fait froid, quoi… » Petit rire nerveux. Encore une fois la discussion dévie et par dans un autre domaine. Et nous revenons à parler de celui qui l’a laissée en plan. Et encore une fois, les expressions françaises me perdent. Pourquoi est ce que je m’obstine à les employer, aussi ? Je ne sais pas vraiment. "Envoyer promener ? Oui c'est un peu ça au final. Je finirai par me faire une raison... Enfin j'espère mais je me raccroche à un peu d'espoir dans cette situation après tout. Et vous êtes seul ici ? A Louisville ? Ca doit vous paraitre long ?" Envoyer promener, non ce n’est pas l’expression que je cherche. J’abandonne pour le moment, puisque de toute manière, elle semble avoir compris ce que je voulais dire – ou du moins l’idée – et qu’elle oriente à nouveau la discussion vers moi. Pourtant, contrairement à ma conversation avec le militaire, je ne suis pas mal à l’aise face à ses questions. Elle ne veut pas des réponses précises, j’imagine, et j’ai bien moins l’impression d’avoir fait quelque chose de mal. « Je suis venu seul oui, mais… hum… je connais déjà quelqu’un. » Mes joues rougissent un peu lorsque je pense à Louise. Une amie d’enfance, celle qui me permet de survivre dans ce monde que je ne comprends pas. Celle qui est un rempart, une armure, une protectrice. Je rougis donc. Parce que j’ai eu de la chance de la retrouver. Mais il faut peut être que j’explique un peu le tout à Lyra. « J’ai habité ici il y a quelques années, c’est une amie d’enfance. J’ai eu de la chance de me perdre jusqu’ici, en fait. Même si les gens voient plus en moi l’anglais que le français. » Je fais un petit sourire qu’accompagne immédiatement un haussement d’épaule. On ne peut rien y faire semble t il vouloir dire. « Tu as de la chance d’être dans ta ville natale et avec ta famille, dans de telles circonstances, non ? Même si ça doit être… oppressant de rester dans la même ville. » Oppressant… peut être que le terme est un peu trop fort, mais je ne trouve pas le pendant français de celui que j’ai en tête dans ma langue natale. « Quand je suis entré au collège, j’en avais assez de bouger sans cesse tous les deux ans. Mais quand j’ai essayé de rester au même endroit, dès que j’ai terminé mes études… je n’y suis resté que trois ans. J’ai trop besoin de voir des nouveaux paysages. Je pense que je vais commencer à ressentir le besoin de bouger d’ici deux trois mois. Tu n’as jamais eu envie d’aller voir… ailleurs ? Mes parents avaient la bougeote, j’en ai hérité moi aussi.

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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Mer 19 Mar - 10:06

Les voyages forment la jeunesse et surtout la connaissance. C'était ce qui nous permettait de nous faire grandir intérieurement, le fait de découvrir de nouveaux paysages. Je n'avais pas énormément voyagé. Enfin en dehors de la France, j'étais allée en Angleterre avec ma classe en échange il y a un moment et en Espagne pareil pour un échange. C'était sympathique mais voilà. J'avais hâte de partir dans les études supérieures pour justement avoir une chance de partir plus loin que l'Europe, avec une bourse c'était faisable je le savais. Mais bon apparemment ce n'était pas demain la veille que je partirai pour le moment j'allais passer mon bac éternellement. Si proche du but et pourtant tout s'effondrait donc forcément je détestais un peu tout ceux qui débarquaient dans Louisville ces derniers temps. Je me disais qu'ils avaient du voir pleins de choses, aussi avant d'arriver là. Bon d'accord ce n'était peut-être pas de tout repos non plus d'être arrivé ici. Je le reconnaissais. Enfin bon, je voyais le jeune homme en face de moi qui avait eu des parents qui bougeaient tout le temps. Bon après j'avais eu une stabilité ici aussi, j'avais eu tout ce que je pouvais, des amis, enfin je n'avais pas à me plaindre non plus. Et quand il me posait la question sur mon envie de bouger, je baissais la tête. Etrangement je n'avais pas peur de me confier à cet homme en face de moi. C'est génial de déménager. J'étais petite quand j'ai débarqué à Louisville, du coup c'est un peu comme si j'avais vécu depuis toujours ici. Mais si j'ai envie de bouger, j'ai déjà un peu voyagé en France avec ma grande soeur, et avec l'école. Mais mes parents sont morts quand j'avais 9 ans du coup c'est ma soeur qui m'a élevé. Je voulais prendre l'occasion des études pour changer de mode de vie en quelque sorte, mais vu comme c'est parti. Je resterai une terminale éternellement. finis-je avec un sourire. Ce petit sourire qui lui incitait à ne pas avoir de pitié pour l'orpheline que j'étais. J'étais heureuse quoiqu'il en était depuis tout était passé, bien évidemment ma vie était un peu différente, mais elle n'était pas nulle pour autant.


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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Mer 26 Mar - 9:00

« I'm expecting after the world. »




Ce besoin de bouger, de se déplacer sans cesse vers de nouveaux pays, nouvelles contrées, nouvelles culture, ce sont mes parents qui me l’ont transmis. Je ne sais pas s’ils me l’ont offert comme un cadeau, ou imposé comme une fatalité, mais dans tous les cas, le résultat est le même : je suis autant globe trotteur qu’eux, si ce n’est plus. Je trouve étrange de parler autant, et surtout autant de moi, à une inconnue. Même si elle est plus jeune que moi, ça reste quelque chose de plutôt inattendu de ma part : en général, je préfère écouter plutôt que parler. Laisser l’autre me dire ce qu’il veut et ce qu’il pense sans nécessairement donner mon avis ou sortir de mon mutisme. L’écouter, c’est déjà me concentrer pour ne pas mécomprendre ce qu’il me dit. L’écouter, c’est essayer de masquer mon oreille déficiente dont je n’ai parfois que trop conscience, pour assimiler ce qu’il me dit, m’en imprégner, et tenter d’y répondre le plus pertinemment possible si jamais… si jamais il me demande une réaction. Aussi… m’entendre parler de mes parents, de mes voyages, de mes années de collèges lorsque j’étais arrivé à Louisville, que j’avais rencontré Louise et que pour la première fois de ma vie, j’avais demandé à mes parents de rester un peu plus longtemps en France… c’est exceptionnel. Je ne sais pas ce qui me pousse à parler, ni ce qui me met autant en confiance avec elle. Les gens changent assurément. L’ère du temps, le climat, les circonstances… voilà ce qui me pousse et ce qui modifie le comportement qui m’était habituel. Du moins… c’est une première idée. Et voilà que Lyra rebondit sur mes propos. C'est génial de déménager. J'étais petite quand j'ai débarqué à Louisville, du coup c'est un peu comme si j'avais vécu depuis toujours ici. Mais si j'ai envie de bouger, j'ai déjà un peu voyagé en France avec ma grande sœur, et avec l'école. Mais mes parents sont morts quand j'avais 9 ans du coup c'est ma sœur qui m'a élevée. Je voulais prendre l'occasion des études pour changer de mode de vie en quelque sorte, mais vu comme c'est parti. Je resterai une terminale éternellement. Je ne sais pas où me mettre. Je parle de mes parents, je fais des sous entendus sur les siens depuis voilà bien… quoi… dix minutes ? Et elle les a perdus bien plus tôt que moi. Bien plus tôt que nous tous. D’une voix douce, dans un souffle délicat et faiblard, je laisse échapper un unique « Je suis désolé de mon indiscrétion, à propos de tes parents, Lyra » qui me semble rester un instant en suspens. Qu’est ce que je peux lui dire de plus ? Pas grand-chose je présume, ou du moins, pas à ce propos. Mal à l’aise, finalement, je prononce les premiers mots qui me viennent à l’esprit.

« Malgré tout ce qui est arrivé, je doute que tu restes à jamais en Terminale. Tu peux voyager et tu peux apprendre au contact des gens. Avant, il n’y avait pas nécessairement d’université. Il n’y en a même pas dans tous les pays du monde. Ce qui est arrivé il y a quelques mois… est horrible. Mais la bonne chose, c’est que toutes les frontières implicites que les gens avaient posées au fil des ans entre eux et les autres ont volé en éclat. Toute la générosité humaine est là, à fleur de peau. On ne cesse jamais de voyager, lorsqu’on… rencontre. Et on ne cesse jamais d’apprendre lorsqu’on écoute. Non ? »

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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Jeu 27 Mar - 23:30

Je ressentais le malaise une nouvelle fois dans sa voix, comme à chaque fois que j’évoque le décès de mes parents. A chaque fois on ne me voyait pas comme la joyeuse petite Lyra qui avait réussi à s’en sortir mais plutôt comme la petite orpheline. Les « pauvre enfant » ou les « Ah que c’est malheureux de tout perdre si jeune » que j’avais entendu depuis bientôt dix ans, j’avais envie de leur dire que ce n’était pas trop grave. On s’habitue à l’absence, les gens nous manquent bien sur, je ne prononce plus Je t’aime maman à la fête des mère ou de même pour mon père, je vais leur poser des fleurs sur leur tombe. Mais dans chaque malheur il y a un peu de bonheur. J’avais appris à connaitre ma sœur et même plus que ça, j’avais appris à connaitre une personne que j’avais appris à détester pendant toute mon enfance. Alors forcément ça change la face du monde. Jusqu’au 22 septembre dernier, je vous jure que tout allait bien pour être honnête, et puis il y a cette folie apocalypse, franchement qui n’arrange pas mes affaires dans l’histoire. Je reprenais mon attention sur Antonin qui était en face de moi encore, je reprenais surtout mes esprits, écartant de mes pensées les plus funestes et les moins heureuses. Il fallait garder de l’espoir c’était ce que la petite vieille me disait quand je passais devant chez elle, il fallait toujours garder de l’espoir pour continuer à vivre. Sans espoir on ne pouvait plus vivre, alors si s’accrocher à l’espoir c’était s’accrocher à des rêves de voyage pourquoi pas je me disais, c’était peut être ce qu’il y avait de mieux à faire. Et c’était ce que me redonnait un peu Antonin là tout de suite maintenant de l’espoir, l’envie de continuer, de se dire que tout irait bien au bout de compte. « Les rencontres que je fais finalement ici même à Louisville, c’est ce que je me dis j’en apprends tous les jours en allant à la rencontre des étrangers et des réfugiés à ne pas prendre mal bien sur. C’est juste que j’ai du mal à me dire qu’il va falloir tout réinventer d’une certaine manière, la vie dans laquelle nous avons évolué n’existe plus. Il va falloir pour nous tout réapprendre, je pense que ça va être le plus dur pour notre génération où pratiquement tout était déjà donné. »


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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Dim 13 Avr - 13:56

« I'm expecting after the world. »




Je ne sais pas quoi dire à Lyra à propos de ses parents. J’ai été remarquablement indiscret, et ça ne me ressemble pas. Je ne suis pas particulièrement curieux en général, ou plutôt je le suis lorsque ma timidité m’empêche de demander directement une information, et que je dois la trouver par moi-même. Mais là… dans un sens, je n’avais aucun moyen de le savoir, puisque ça remonte à bien plus loin que l’apocalypse qui s’est abattu sur nous, mais le fait est que j’ai du remuer l’eau et faire remonter la vase à la surface, ce qui n’est jamais le plus agréable. Elle ne s’attarde pas sur le sujet, moi non plus puisque j’essaye de lui remonter le moral, et pour cela, je ne réfléchis pas à l’avance à ce que je peux dire. Ce doit être pour cela que je me surprends jamais. Certes, je suis d’accord avec moi, ce qui est déjà un bon point, mais je ne me pensais pas si… fin parfois. La bonne chose, lui dis-je, c’est que la guerre a permis de faire ressortir le meilleur chez les gens, et briser les frontières implicites. Oui, peut être que sur certains points, c’est le pire qui est ressorti, mais si on veut survivre, sur du long terme, je suis convaincu que seule la solidarité pourra être le moteur de notre survie. Il ne peut en être autrement, puisque nous sommes sociaux par nature – même si je ne suis pas l’exemple type pour le coup – mais surtout, l’Humanité est chargée d’une bonté qu’elle tend bien trop souvent à confondre avec de la faiblesse et de la vulnérabilité. Je ne me suis jamais senti particulièrement vulnérable, pourtant, et e m’efforce de ne pas laisser trop de pensées négatives obscurcir mon jugement. « Les rencontres que je fais finalement ici même à Louisville, c’est ce que je me dis j’en apprends tous les jours en allant à la rencontre des étrangers et des réfugiés à ne pas prendre mal bien sur. C’est juste que j’ai du mal à me dire qu’il va falloir tout réinventer d’une certaine manière, la vie dans laquelle nous avons évolué n’existe plus. Il va falloir pour nous tout réapprendre, je pense que ça va être le plus dur pour notre génération où pratiquement tout était déjà donné. » Elle n’a pas tort, mais il ne faut pas qu’elle s’arrête à cela, sinon elle ne pourra pas aller de l’avant, j’en suis convaincu. J’hausse les épaules, jouant avec les manches de mon sweat, avant de lui répondre : « C’est bien si tu vas vers les gens. Les gens restent si fermés dans leur monde qu’ils loupent le plus souvent les trésors que tout le monde possède en lui-même. Mais surtout, concernant ta génération, la mienne aussi, et… la reconstruction… il ne faut pas s’en faire. Bien sûr que ça va être difficile. » Je lui fais un petit sourire confiant en poursuivant : « Mais si ça ne l’était pas, ce ne serait pas une reconstruction. Nous avons l’opportunité de repartir sur de bonnes bases. Et l’on ne peut pas remonter dans le temps : alors autant saisir la chance que l’on a en oubliant ce qui aurait pu être. » J’hausse à nouveau les épaules, comme si ce simple mouvement a une signification entière dans la phrase, un mot, une remarque silencieuse. « On a de la chance, parce que nous avons des connaissances, et l’expérience de nos parents. Et l’opportunité de tout reconstruire comme nous le voulions sans pouvoir le faire. C’est que je n’aurai jamais pu souhaiter que tout cela arrive, mais… c’est arrivé. Alors autant faire avec. » Je laisse le silence reprendre ses droits, en respirant posément. Je ne sais pas pourquoi je parle autant : je ne suis pas un grand bavard en général. Ce doit être son âge, proche du mien mais plus jeune, qui me met à l’aise. Pas spécialement en confiance : je suis du genre à accorder ma confiance à tout être qui se trouve en ma présence, mais à l’aise, oui, ce qui est plus rare en général. « Qu’est ce que tu vas faire, Lyra ? Qu’est ce que tu vas faire de cette chance, tu y as déjà réfléchi ? »

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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Mar 22 Avr - 9:46

J’avais repris place sur le banc, en recroquevillant mes genoux contre moi comme si ça m’aidait à réfléchir tout en écoutant Antonin. J’avais l’impression que l’on me parlait chinois, qu’on voulait essayer de me faire grandir, ce que j’avais toujours voulu faire. Mais maintenant que j’étais confrontée j’avais aussi peur, j’avais besoin de quelqu’un pour me rassurer. J’avais Mathilda pour ça nous allons dire que c’était la personne la plus adéquate pour m’aider à comprendre. Mais en aucun cas, nous étions préparés à avoir une telle catastrophe. Pour autant Antonin me donnait une autre vision des choses. Il voyait cette catastrophe comme un nouveau départ, nous permette d’aller de l’avant, de se reconstruire doucement. C’était une solution. Oui ce n’était pas faux, nous avions l’occasion de redevenir quelqu’un. C’était l’occasion ou jamais. Je ne pouvais pas nier cette possibilité. C’était pas faux, mais en même temps c’était dur. Je ne pourrais jamais tout quitter d’un coup. La proximité avec l’âge d’Antonin, me permettait peut être de mieux me confier à celui-ci même si ce n’était pas si simple que ça non plus. C’était plutôt quelque chose de compliqué dans ma tête qui était en train de fonctionner, comme si je ne pouvais pas réfléchir à toutes ses possibilités, comme si mes neurones étaient complètement foutus. De ne plus étudier autant que nous étions habitués avant, c’était faux, il fallait que je fasse travailler mon cerveau, je n’avais pas le droit de me renfermer, sinon j’allais définitivement devenir folle.

« Se reconstruire à Louisville ça parait étrange comme idée. Ce qui me fait peur ce n’est pas moi qui me laisserais aller. Je suis plutôt dans l’idée d’avancer, de devenir quelqu’un de bien si on peut être comme ça, je veux continuer à apprendre, j’aurai aimé voyager. Mais ce sera plus compliqué. Non ce qui me fait peur c’est les autres, quand je vois certaines personnes qui arrivent et qui nous racontent ce qui se passent ailleurs. C’est la fin du monde et à la fois, la naissance d’un nouveau monde certes. Mais je suis un peu perdue. Ce que je veux faire ? La saisir, trouver une opportunité dans cette nouvelle vie si c’est possible. La vie ne sera plus jamais la même comme dit ma sœur Mathilda, la vie ne sera plus la même mais est-ce une raison pour s’arrêter là où nous sommes ? Non certainement pas. » J’avais enfin mis des mots sur mes sentiments qui m’habitaient et autant dire que ce n’était pas facile, je laissais tomber mes jambes qui s’agitaient d’avant en arrière comme sur une balançoire. Il fallait savoir saisir les opportunités qui nous étaient désormais offertes même si ce n’était pas facile. Même si c’était un travail de tous les jours, mais ça serait ceux là qui vivront, les autres ? Je ne voulais pas savoir. « Et toi que comptes-tu faire ? Devenir ? Rester ici ? Ou essayer de partir ? » Je laissais quelques secondes encore entre nous avant qu'il ne me réponde. Le silence était d'or quand la parole était d'argent.


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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Dim 27 Avr - 12:57

« I'm expecting after the world. »




Selon moi, on peut passer sa vie à vouloir faire le bien autour de soi, sans comprendre que le simple fait d’écouter et d’observer permet déjà d’agir. Je ne pense pas me tromper, parce qu’il est toujours plus facile de penser qu’il faut aller loin, dans les pays défavorisés, dans les régions même, où la ville n'est pas la plus évidente, pour rendre service. Et pourtant, là, j’ai l’impression d’être utile, à discuter avec une adolescente. Je suis immanquablement sincère, lorsque je lui réponds. Sincère, optimiste, peut être naïf de voir en l’homme ce qu’il y a de meilleur alors qu’il vient de s’appliquer à nous montrer à quel point il peut être violent, je ne modifie pas mes propos, préférant me contenir à la véracité de mes pensées. « Se reconstruire à Louisville ça parait étrange comme idée. Ce qui me fait peur ce n’est pas moi qui me laisserais aller. Je suis plutôt dans l’idée d’avancer, de devenir quelqu’un de bien si on peut être comme ça, je veux continuer à apprendre, j’aurai aimé voyager. Mais ce sera plus compliqué. Non ce qui me fait peur c’est les autres, quand je vois certaines personnes qui arrivent et qui nous racontent ce qui se passent ailleurs. C’est la fin du monde et à la fois, la naissance d’un nouveau monde certes. Mais je suis un peu perdue. Ce que je veux faire ? La saisir, trouver une opportunité dans cette nouvelle vie si c’est possible. La vie ne sera plus jamais la même comme dit ma sœur Mathilda, la vie ne sera plus la même mais est-ce une raison pour s’arrêter là où nous sommes ? Non certainement pas. » J’esquisse un sourire. L’écouter ne me pose pas de problème, il suffit juste que je me concentre sur ses lèvres lorsque certains de ses mots m’échappent. « Ta sœur a tout à fait raison, vous avez un sacré caractère dans la famille à ce que je vois et je ne me fais aucun souci sur toi. » Il est totalement normal qu’elle soit perdue, mais si elle a une sœur, il n’y a pas de souci à se faire selon moi. Elle a un guide à suivre. Je l’observe modifier sa position et laisser ses jambes se balancer au rythme d’un tempo que je n’entends pas mais que je devine. Je reste silencieux, en attendant de voir si elle veut continuer à parler. Je n’aime pas vraiment prendre les devants dans ce genre de situation. Les secondes s’égrènent, mes yeux clairs se promènent sur les maisons face à nous, l’asphalte abîmé, les murs crêpis et décrépis. Sa voix manque de me faire sursauter lorsque je ne l’attendais plus. « Et toi que comptes-tu faire ? Devenir ? Rester ici ? Ou essayer de partir ? » Je ne m’attendais pas à ces questions, et j’ouvre la bouche sans savoir ce que je m’apprête à répondre. J’inspire, j’expire et je réfléchis à ce que je vais faire. J’hausse les épaules. « Je ne sais pas vraiment. Je n’ai pas l’habitude de rester très longtemps dans un pays ou dans une ville, mais généralement mes contrats durent deux ou trois ans quand même. » Je fais une moue hésitante, et dans ma gêne, un accent espagnol ressort. « Tout dépendra de Lou, j’imagine. C’est… une… » Qui est Lou pour moi ? Louise, ma Louise, mon amie. Ma seule amie. Mon seul repère, aussi, à Louisville. « C’est ma meilleure amie. Et mon port d’attache à Louisville actuellement. J’imagine que si elle reste, je vais rester. Et que si elle part, je la suivrai. » Je souris maladroitement à ces mots, en me rendant compte que c’est assez particulier. « En attendant, j’essaye de me rendre utile, mais les gens n’aiment pas trop les étrangers et ils se méfient de moi. » Je me mordille la lèvre. « J’imagine que tu vas suivre ta sœur, toi. En attendant, comme tu occupes ton temps libre ? » Ce n’est pas agressif comme question, même si les mots peuvent en donner l’air. Je suis juste curieux, et je veux aussi un peu alimenter la conversation.

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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Dim 27 Avr - 18:26

Nous étions deux dans la même situation et je ne fis que l’approuver, en effet nous étions plutôt forte niveau caractère. Je savais bien que Mathie et moi nous étions faites pour nous débrouiller quoiqu’il nous arrive, nous avions la force de se battre. J’avais déjà montré à plusieurs reprises que je vivais cette situation avec une force d’esprit. Je me disais aussi que sans cette force d’esprit, la vie pourrait être très dure. J’avais voulu juste voir la vie du bon côté, ce n’était jamais vraiment simple de voir les choses comme ça à l’âge de dix-sept ans. Il fallait prendre les choses comme elles venaient me disait-on, c’était ce que je faisais depuis ce vingt-deux septembre deux mille douze. Il y avait un peu plus de 3 mois, ou un peu moins, je ne savais pas trop. J’avançais dans le doute mais toujours en gardant l’espoir c’était ce qui était le plus important à mes yeux. J’écoutais toujours Antonin, sur mon banc, je m’appuyais contre ce qui restait de l’abri bus. Les choses n’étaient plus en très bon état désormais. Quand je regardais autour de moi, certaines maisons étaient abandonnées, les routes aussi tant qu’à faire, on sentait bien qu’il n’y avait plus grand-chose à faire à ce niveau là. Mais on continuait à avancer. « Nous resterons ici, le temps qu’il nous ait encore permis. Mais oui je la suivrais si elle part » Ce qui m’étonnerait certainement de sa part, Mathie ne partirait pas aussi facilement de Louisville que ça, nous partirons que si nous n’avions pas le choix. « Oh, je lis mes livres d’économie, j’ai déjà fini tous les livres que j’avais. Sinon je sors, j’essaye de me rendre utile, je vais parfois rendre visite à mes parents me demandant comment ils vivraient la situation s’ils étaient encore là, je vais à l’Eglise, j’essaye de me rendre utile. Mais une gamine de dix-sept ça ne se prend pas au sérieux, enfin on est aussi sur avec moi qu’avec les Etrangers ça me rend un peu la tâche difficile mais je suis tenace. » dis-je avec un sourire. Je lâchais rarement les gens quand j’avais envie de faire quelque chose. Je zyeutais le soleil qui était en train de disparaitre timidement à l’horizon et je souris toujours « Il ne faudrait pas que je tarde de trop non plus, à défaut d’errer, j’ai un ordre rentrer avant qu’il ne fasse trop noir quand même »


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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Mar 29 Avr - 15:08

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Je m’écoute un instant parler, et je ne reconnais pas, ou alors que très peu, l’Antonin habituel qui bafouille, bredouille, s’excuse et se tait. Je m’entends lui parler de moi, lui parler de gentillesse, d’espoir, de futur et de Lou, aussi facilement que si je la connaissais depuis toujours. Dans un sens, c’est un peu le cas, puisqu’on peut puiser dans une vingtaine de minutes de discussion une éternité d’empathie. Je m’entends lui dire que je vais rester si Lou reste. Et que si elle part, alors je la suivrai. D’où tiens-je cette certitude ? Dans la conviction que je dois veiller sur elle et que, surtout, elle seule peut me protéger et me permettre de conserver mon innocence et ma naïveté enfantine que la folie douce de mes parents et mes années de vadrouille ont préservé, comme une goutte de rosée pourrait préserver la candeur d’un bouton de fleur tout juste éclos. Parfois voilà ce dont je me fais l’effet d’être. Un enfant, qui ouvre et écarquille les yeux face à un monde qu’il ne connait pas mais qu’il aime déjà. Face à un monde dont il ne peut voir que la diversité, la pluralité et les rencontres qui le parsèment, face à un monde dont il ignore la brutalité. Je ne veux pas croire que la violence et les conflits soient une fin en soi, Tout cela ne peut gagner, puisqu’il y a des jeunes comme Lyra, prêt à se battre pour aller de l’avant et ne pas reproduire les mêmes erreurs. Mon optimisme me semble par moment totalement loufoque, ou du moins le semble t il à d’autres qui en rient. Mais c’est ainsi que je raisonne, et je doute que ce soit en raisonnant autrement que l’on pourra aller vraiment de l’avant face à la destruction du monde qui nous avait vu naître. « Nous resterons ici, le temps qu’il nous ait encore permis. Mais oui je la suivrais si elle part » Me dit elle en réponse à ma question. Cela paraît logique, on ne sépare pas des familles dans ce genre de situation. A sa deuxième question, concernant mon occupation en ville, je souris et me mordille la lèvre. C’est un peu compliqué, puisque la méfiance envers les étrangers est et reste bien présente, même s’il y a besoin de main d’œuvre. J’ai aidé à rebâtir des maisons après la tempête qui a tout balayé, je vais dans la forêt marquer les arbres à abattre… je me rends utile où l’on veut de moi. Mais je me fais aussi la remarque que s’il est difficile pour un étranger dans la force de l’âge d’être accepté, se rendre utile pour une jeune fille encore mineure ne doit pas être évident, et la voilà qui me le confirme. « Oh, je lis mes livres d’économie, j’ai déjà fini tous les livres que j’avais. Sinon je sors, j’essaye de me rendre utile, je vais parfois rendre visite à mes parents me demandant comment ils vivraient la situation s’ils étaient encore là, je vais à l’Eglise, j’essaye de me rendre utile. Mais une gamine de dix-sept ça ne se prend pas au sérieux, enfin on est aussi sur avec moi qu’avec les Etrangers ça me rend un peu la tâche difficile mais je suis tenace. » Elle me sourit en disant cela, et je ne peux m’empêcher de faire de même. « Têtue ? Je ne sais pas pourquoi, mais je l’aurais deviné » fais-je remarquer dans un petit rire qui n’a rien de méchant. Elle a un franc parler et semble à l’aise, assurée, adulte. Plus que moi d’une certaine manière. Je suis son regard lorsqu’elle avise le soleil qui se couche à l’horizon. Le spectacle m’hypnotise instantanément, et je manque de louper ses quelques mots : « Il ne faudrait pas que je tarde de trop non plus, à défaut d’errer, j’ai un ordre rentrer avant qu’il ne fasse trop noir quand même » Je me recroqueville sur le banc de l’abribus, reposant mes yeux clairs sur elle. « Tu as bien raison. Tu veux que je te raccompagne ? Je… tu habites loin ? » Avec les bruits qui courent, un violeur, des agressions, j’ai beau voir en premier lieu la bonté des gens, je ne veux pas la laisser errer seule dans les rues de Louisville. Je ne suis peut être pas violent, il faut des muscles pour manier une hache ou une tronçonneuse, et pour faire des treks de deux à trois semaines dans des contrées plus sauvages les unes que les autres.

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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Jeu 1 Mai - 17:00

Pour une génération comme la mienne, les occupations devenaient vite limitées. Pour être honnête je commençais même à m’ennuyer, heureusement d’un côté que mes parents un peu vieux jeu ne m’avait pas permis d’avoir donné plus des jeux de bois que des jeux de console. Même si j’avais un peu d’électronique, j’avais eu aussi les jouets de ma sœur qui de pratiquement dix ans de plus que moi n’avait pas eu les mêmes loisirs que moi. Mais bon se retrouver sans Internet du jour au lendemain avait été aussi très dur, nous avions revenir aux bases comme on disait entre nous. Moi la lecture était devenue un plaisir, les théories économiques je les connaissais par cœur bien sur désormais. Mais j’avais aussi pu profiter de toutes les lectures que j’avais en retard. Bon aujourd’hui ça commençait à devenir juste et je me doutais que cette situation ne serait peut-être pas éternelle, mais en même temps je ne pouvais pas en vouloir. La vie était comme ça. Je souris quand il confirmait mon état de caractère. Têtue était un trait de caractère qui me permettait parfois de m’en sortir royalement mais aussi de me prendre la tête très facilement. Je n’arrivais pas à admettre que j’avais tord la plupart du temps ce qui posait quelques problèmes de compréhension entre nous. Le soleil était en train de se coucher sur Louisville ce que l’on pouvait encore appeler un coucher de soleil. Disons qu’il n’allait pas tarder à faire nuit, surtout en plein hiver comme nous étions. « Ca me pose quelques soucis parfois vu que je n’aime pas avoir tord » dis-je en souriant. Comme si la confidence et la confiance avec cet homme en face de moi était plus simple qu’avec n’importe qui. Je ne savais pas trop en quoi, ni pourquoi, il instaurait un peu plus de confiance que n’importe qui d’autres. Peut-être parce qu’il ne me prenait pas pour la gamine que j’étais, ou pour qui on me prenait.

Je me relevais du banc pour aller reprendre mon vélo, tout en lui adressant un sourire, après tout j’étais venue en vélo ici, mais il n’avait pas tord sur le fait qu’il serait peut-être plus raisonnable qu’il me raccompagne « Je n’habite pas très loin, enfin 10 minutes, 15 peut être en marchant » dis-je en souriant. Je détachais mon vélo de son poteau et me rapprochais d’Antonin. « J’habite pas loin de la Côte, mais c’est pour toi, ça risque de te faire un détour… » dis-je un peu inquiète, même si je savais que les alentours étaient peu surs, on ne pouvait pas non plus lui imposer de mettre sa vie en danger pour moi.


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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Lun 5 Mai - 15:50

« I'm expecting after the world. »




Il commence à se faire tard, et il est temps pour elle de rentrer. Sa sœur risque de s’inquiéter après tout, en ne la voyant pas. Mais avec la nuit tombante, les échos des agressions et des meurtres dans la petite ville me reviennent en mémoire. Je suis quelqu’un d’innocent, naïf, candide et crédule, je le sais et l’assume – de toute manière ce ne serait pas mon genre de m’en faire pour cela – mais je ne peux m’empêcher de lui proposer de la raccompagner. Je ne suis peut être pas du genre à être violent – ce serait même le contraire – mais si je peux dissuader, ce ne serait déjà pas si mal. Je me mordille la lèvre en le lui proposant, lui demandant au passage si elle habite loin d’ici. Elle me sourit en allant récupérer son vélo, que je considère d’un œil étonné. Elle était venue avec ? Malgré mes quelques dizaines de mois aux Pays Bas, je n’ai pas été converti à ce moyen de locomotion. Vu mon sens aigu de l’équilibre, hormis lorsque je suis dans un arbre, il vaut mieux après tout que je n’essaye pas. Je ne sais pas faire de vélo, et je sais qu’il me serait très difficile d’apprendre à en faire. J’ai toujours été plus à mon aise à pieds, un sac à dos sur les épaules, de solides chaussures de randonnée au pied et un bâton en main pour soutenir et rythmer ma marche que dans une voiture ou sur un quelconque autre moyen de locomotion. Elle est presque au niveau de son vélo lorsqu’elle répond à mon offre. « Je n’habite pas très loin, enfin 10 minutes, 15 peut être en marchant J’habite pas loin de la Côte, mais c’est pour toi, ça risque de te faire un détour… » Elle semble inquiète pour moi et ça me fait sourire. Je me lève prudemment du banc de l’abribus, manquant malgré ça de trébucher et je descends du trottoir, le temps qu’elle détache son vélo. « Ca ne me dérange pas, te dis-je. Même si ce n’est pas très loin, je préfète te raccompagner, ce sera mieux. » Sitôt dit, sitôt fait, je la laisse me guider, et nous rejoignons rapidement une allée et sa maison sur la Côte. Je ne sais pas trop quoi dire. « J’espère qu’on va pouvoir se recroiser. Dans tous les cas, le meilleur est toujours à venir, garde ça en tête. Et puis… j’ai bien aimé discuter avec toi Lyra, j’espère que ça t’aurait fait passer la déception que ton ami a pu te causer. » Je lui souris sans savoir quoi d’autre rajouter, et préfère lui faire un signe de la main avant de faire demi tour et essayer de me repérer pour rentrer chez Lou. Malgré mes vagabondages dans la ville, je peine toujours à ne pas confondre les rues, les quartiers. Tout semble être semblable autour de moi, de l’asphalte usé aux crépis défraichis des maisons.

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MessageSujet: Re: i'm expecting after the world || antonin called, toto !    Aujourd'hui à 15:40



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