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MessageSujet: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Jeu 26 Déc - 17:55

Quand une mission dérape


Il était loin le temps béni de l'innocence et des bonheurs simples. Après que le monde eut été ravagé par la guerre, la reconstruction n'était pas encore à l'ordre du jour. Une éternité semblait s'être déroulée depuis que la fameuse nouvelle était tombée. Mais en réalité, cela ne faisait qu'un peu plus de deux mois. Tout avait changé et rien ne serait plus comme avant. Comment rester sain d'esprit dans ces conditions ? On se fixait des buts, des objectifs personnels à atteindre. Cela pouvait être aussi basique que de réussir à trouver quelques herbes pour manger le soir. Ou réussir à atteindre le prochain patelin perdu. On survivait comme on pouvait. En ces temps difficiles, on ne pouvait faire confiance à personne. Les hommes étaient des loups. Et seuls les plus forts survivaient. Jenna avait toujours été forte, même avant la guerre. Elle admettait ce nouvel ordre même si cela ne lui plaisait pas spécialement. Mais il fallait faire des sacrifices à la guerre. Jenna avait toujours aidé les plus faibles, les avait protégé. Et si elle était prête à tuer pour survivre, elle ne reniait pas complètement ses principes. Elle était une patriote dans l'âme, une femme capable de se sacrifier pour les autres, elle l'avait déjà montré.

La vie dans la communauté était tout sauf simple. Les habitants n'appréciaient pas trop la présence des militaires et même si certains les considéraient comme une éventuelle protection en cas d'attaque, ils étaient plus perçu comme un mal nécessaire. Jenna ne se souvenait que trop bien de l'échauffourée qu'il y avait eu il y a peu de temps avec les habitants. L'attaque n'avait rien arrangée. Ils ignoraient d'ailleurs l'identité de l'ennemi. Ils n'avaient dû leur salut qu'à la prévoyance de Raulne qui leur avait ordonné de creuser des tranchées dans le sol. Ils avaient ainsi pu se mettre à couvert assez facilement tout en infligeant un maximum de dégâts aux assaillants. Assaillants qui n'avaient aucun signe distinctif particulier. Ils n'eurent guère le temps de se remettre de leurs émotions qu'un avion s'écrasa non loin de là, la colonne de fumée parfaitement visible de loin.

Jenna savait qu'une expédition serait organisée incessamment sous peu. Mais l'urgence était également d'enquêter sur les ennemis qui les avait attaqués. La journée commençait juste et la jeune femme se préparait dans la chambrée qu'elle partageait avec ses collègues. Jenna avait depuis très longtemps rangé la pudeur au placard pendant les bivouacs. Ses collègues masculins avaient depuis longtemps rangé leurs hormones au placard aussi, de gré ou de force. Cela n'empêchait guère les coups d'oeil et regards en coin mais ils ne faisaient plus mine de l'approcher. Jenna remonta son AK47 qu'elle venait de finir de nettoyer avant de le porter en bandoulière. Elle vérifia qu'elle avait tout le nécessaire dans son sac avant de sortir de la maison.

Ils allaient partir en exploration le long de la route départementale et elle devrait normalement faire équipe avec Raulne. Elle jeta un coup d'oeil au loin. Les cadavres de voitures étaient innombrables le long de la route, donnant un air fantasmagorique au paysage. Une vision d'apocalypse qui rappelait, s'il en était besoin, que l'homme avait perdu son contrôle sur le monde qui l'entourait. Jenna entendit les pas de son supérieur et se mit immédiatement au garde à vous, saluant Phillippe Raulne.

Bonjour, mon lieutenant.





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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Ven 27 Déc - 22:18

    Je regardais la carte dans mon bureau, à la lumière du lever du jour. Eléanore n'était pas là, cette nuit. Elle dormait régulièrement avec moi depuis quelques jours, mais pas ce soir. Ou plutôt, pas la nuit dernière. Comme tous les réfugiés, elle avait un certain nombre de tâches à accomplir et je savais que si la jeune femme était sur ses gardes elle n'en était pas moins volontaire pour faire beaucoup de choses dans notre communauté de survivants. Je savais que la jeune femme était quelqu'un d'intelligent ; elle savait que l'intégration d'étrangers à cette ville n'était pas légitimée comme celle des militaires puisqu'ils représentaient pour beaucoup un simple surcroît de bouches à nourrir. Les habitants du crû avaient parfois du mal à trouver ce genre d'attitude légitime, mais ce n'était pas un mal pour autant. Cela permettait de créer un climat certes conflictuel, mais au moins tout le monde prenait conscience qu'il fallait se retrousser les manches dans un effort collectif inédit pour se faire une place, ou en tous cas éviter que les autres nous fouttent dehors. L'avantage quand on est militaire, c'est qu'on est armés jusqu'aux dents et qu'on a une légitimité accrue au recours à la violence. Tout le monde s'attend à ce qu'on tape avant de poser les questions, n'est ce pas ? Cela nous servait et nous desservait en même temps. Bon. Je m'égarais encore. Voilà ce que c'était de nouer une relation avec une civile quand on est un militaire en opération, on finit forcément par se perdre un peu et s'emmêler les pinceaux. Une chose de plus qui me tendait à penser que je faisais peut être une connerie, mais par fierté autant que par nécessité je ne me voyais pas faire autrement. J'avais besoin d'Eléanore, c'était aussi simple que cela.


    Je me reconcentrais sur la carte dont je disposais. Un habitant du coin avait pris une carte Michelin dans la station service, Comet l'avait récupérée et maintenant il l'avait annotée avec tout ce qu'il avait découvert sur les environs, à l'aide d'un code standard de l'armée française hérité de l'armée de libération. Le réflexe aurait été d'utiliser un code OTAN, mais comme il semblait que nos alliés d'autrefois étaient devenus nos ennemis d'aujourd'hui... Autant coder un maximum avec des choses qui nous soient propres. Ici, il notait un chemin d'accès discret au quartier hibiscus. Là, ce chemin se prolongeait dans de hautes herbes, un vieux terrain abandonné avec une masure en ruines. Derrière, du bocage, très dense, et une autre remise plus loin qui avait longtemps servi de local à la gendarmerie pour entreposer du matériel pour opérer sur les routes de campagne. Peut être était ce un point d'entrée ? Le coin était mal surveillé. Patrouille de routine. On serait deux. Depuis la fin de l'attaque en ville, il y avait un mois environ, on avait dû laisser du monde pour protéger l'endroit en cas de nouvel assaut. Cela voulait dire avec les pertes subies que nos effectifs étaient trop étirés pour permettre une reconnaissance en force. Je laissais Comet en voltigeur ; il partirait loin devant moi et mon collègue. Et le collègue serait une femme. Je ne comptais pas engager le combat si on trouvait l'ennemi ; c'était une mission d'évaluation et d'observation. Mais si une opportunité se présentait... Je voulais pouvoir compter sur une bonne force de frappe. Arrivé devant une maison réquisitionnée qui servait à accueillir ma propre section, jy vis Bandat. Belle mais amaigrie comme jamais par les privations. Elle se présentait au garde à vous, en tenue camouflée et pare-balles complètes. Comme moi. Je lui fis signe d'enfiler son casque en lui rendant un salut fatigué. Mon regard s'attarda sur son arme peu réglementaire. Je haussais un sourcil.



    | Mon sniper, avec un vieux AK pourri ? Il est passé où ton F2 ? |


    J'étais un peu agacé. Un sniper d'une section qui n'a pas son fusil de précision, c'est comme une pute sans capote. Autant utiliser un substitut.


    | Me dit pas qu'il a été foutu pendant l'attaque... |



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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Ven 27 Déc - 23:17

Quand une mission dérape


Raulne était un chef exigeant et dur. Mais Jenna en avait vu d'autres. Elle le respectait pour ses qualités de leader. Et en tant qu'homme, elle n'était pas insensible à son charme. Elle n'aimait pas du tout son avis tranché sur les femmes et elle se faisait un malin plaisir de le provoquer dès que possible. La proximité obligée qu'ils avaient partagé en mission les avait amené à se connaître plutôt bien et Jenna connaissait les limites à ne pas dépasser. Elle adorait flirter avec la ligne rouge, l'effleurer du bout du pied sans jamais la franchir, ce qui était encore plus amusant dans leur jeu partagé. Jenna était une femme séduisante et elle n'avait eu aucun mal à trouver des amants durant sa vie. Mais l'heure n'était pas à la légèreté. Avec tous les événements qui s'étaient déroulés ces derniers temps, elle n'avait pas vraiment la tête à penser à la gaudriole. Pourtant, c'était peut-être la chose la plus sensée à faire. Un moyen de conserver sa raison et son bon sens. De ne pas sombrer dans la folie. Les militaires étaient dangereux pour cela. Le citoyen lambda qui pétait un plomb pouvait causer du tort autour de lui. Mais les militaires, armés jusqu'aux dents, pouvaient représenter un véritable danger pour leurs semblables. A l'image de leur collègue qui avait été accusé de viol. Jenna ne savait quoi en penser. Etait-il coupable ou innocent ? Ce n'était pas à elle de trancher et même si elle se sentait solidaire de ses collègues de chambrée, s'ils avaient merdé, ils devaient en subir les conséquences.

Jenna avait méticuleusement nettoyé ses armes. Sa seule ligne de vie ici-bas. Si elle n'avait plus d'armes, Dieu seul sait ce qu'il adviendrait d'elle. Bertin avait encore trouvé le moyen de lui donner des conseils et Jenna ne s'était pas gênée pour le rembarrer. Depuis qu'ils étaient dans la même équipe, il n'arrêtait pas de lui faire du gringue. Jenna lui avait clairement fait comprendre que cela ne l'intéressait pas mais il persistait et signait. Peut-être pensait-il qu'avec le temps, elle finirait par céder. C'était bien mal la connaître. Heureusement qu'il y avait Marielle. La seule autre femme de l'équipe et sa confidente. Deux femmes dans un monde d'hommes, il valait mieux se serrer les coudes et c'est ce que les deux femmes avaient fait dès leur arrivée dans l'équipe. Et puis, même si Jenna avait quelque chose de masculin, cela faisait parfois du bien de parler chiffon et mecs avec quelqu'un qui vous comprend. Comme si la guerre n'avait pas eu lieu.

La jeune femme était très amaigrie par le rationnement mais elle se contraignait à entretenir sa forme. Une trentaine de pompe par jour, une cinquantaine d'abdominaux et des tractions, le régime militaire ne s'oubliait pas comme ça. C'était une question de survie. Face à un ennemi, seul le plus fort et le plus entraîné survit. Elle avait salué son supérieur qui lui avait rendu son salut. Il avait la mine épuisée et Jenna se demanda s'il tiendrait le coup au long terme. Elle enfila son casque rapidement avant de dévisager son supérieur, surpris par son arme, il est vrai, peu réglementaire. Jenna rétorqua :

Mon F2 est dans mon barda. C'est un fusil longue portée alors j'ai jugé préférable de m'équiper au cas où on tomberait nez à nez avec des éventuels ennemis.

Le fait que Raulne n'y ait pas pensé montrait à quel point il pouvait être crevé. Jenna sourit.

Tu devrais savoir que je sors toujours couverte, voyons.

Un sourire provoquant jouait sur ses lèvres tandis qu'elle fixait son supérieur droit dans les yeux. Une mission en tête à tête avec lui était loin de lui déplaire.

HJ : mes excuses pour ce post pas top, me rattrape au prochain :S





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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Dim 29 Déc - 18:21

[HJ sorry pour moi aussi je me rattrape au prochain!]


    Même amaigrie, Bandat restait désirable. De mon humble avis d'un machisme affirmé, cette godiche était une vraie chienne mais elle tirait plutôt bien, et je savais qu'elle préférerait se couper elle même un bras plutôt que d'avouer ou d'afficher une quelconque faiblesse sous le regard de ses petites camarades ou pire encore, sous le mien. Elle était une chienne dans tous les sens du terme, en fait. Caresses là un petit coup et elle te léchera dans la main. Frappes là et elle se rebiffera et se dépassera pour que tu lui accordes à nouveau de l'intérêt. Elle ne lâchait rien parce qu'elle n'était pas dans un univers à son avantage. De tous les hommes de troupe dont je disposais, Bandat était probablement l'une des plus compétentes et des plus solides, même si je préférerais vomir et manger ce que j'avais dégobillé plutôt que de l'avouer. Elle n'avait pas le choix, parce que les risques pour elle étaient énormes. Une soldate avec sa famille qui tombe aux mains de l'ennemi a de fortes chances de voir les siens misérablement traités sous la haine que peut inspirer une femme sous l'uniforme. Plus encore, le risque était double pour elle. Un collègue qui perd les pédales pouvait essayer de se l'envoyer un de ces coups. Pas un de ces crétins de civils qui essaierait sans doute de l'isoler et de la brusquer physiquement pour se la cogner. Non, un vrai mec, un soldat jusqu'aux orteils qui, s'il se transformait en maniaque en craquant sous la pression, s'assurerait plutôt d'un bon coup de crosse dans la gueule que la belle ne puisse répliquer, ni se défendre, ni appeler au secours, avant de lui briser toute dignité une bonne fois pour toutes. A ce risque interne se cumulait forcément des risques externes. La torture est bien plus vicieuse quand une femme soldat est faite prisonnier, et on peut là encore imaginer de sacrées tournantes et de terribles raclées en perspective. Ouaip. Bandat avait des couilles de pas avoir encore déserté. Surtout que vue sa belle gueule et son joli petit cul, si la ville était prise elle se ferait probablement passer dessus par tout un régiment. Elegant...


    La fille met son casque sur la tête, ce qui la masculinise plus mais fait étrangement ressortir la féminité élégante et séduisante de son visage. Elle me dit qu'elle a préféré s'équiper en cas de rencontre impromptue, avec une arme probablement ramassée après l'assaut mené contre la ville voici quelques semaines. La fille me sourit quand elle me répond, en me disant qu'elle sort toujours couverte. Je grogne dans ma barbe. Voilà que ça recommence ! Quand elle a une idée quelque part, elle l'a pas ailleurs celle là ! Je grogne un truc informe qui signifie en gros « bon, ok, on n'a qu'à y aller maintenant », mâchant les mots comme la brute irascible que je suis. Je lui tournais le dos et me mis à marcher. Au loin, le soleil éclairait des nuages bas de couleur gris foncé. Plusieurs minutes s'écoulèrent alors que nous nous éloignions lentement des alentours de la ville pour nous enfoncer dans de vieilles pâtures.



    | Tu vois quelque chose, sniper? |


    Je regarde partout autour de nous, analysant le paysage et le moindre fourré.


    | Putain, qu'est ce que c'est calme... |


    Pas un oiseau, pas une bestiole, rien que le froid mordant de l'hiver, le vent charriant son content de cendres et de flocons de neiges épars.




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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Lun 30 Déc - 0:35

Quand une mission dérape


Raulne était loin de la laisser indifférente. Jenna aurait depuis longtemps tenté de le mettre dans son lit s'il n'avait été son supérieur. Elle n'avait pas hésité à prendre quelques amants, après tout, les femmes avaient les mêmes besoins que les hommes, surtout en temps de guerre. Mais elle s'était toujours refusé de coucher avec ses chefs. Peut-être un reste de valeurs. On ne fricote pas avec le pouvoir, ça finit toujours mal. C'était bien dommage car s'il y avait un homme qui l'intéressait, c'était bien Raulne. Il avait du charisme, n'était pas bête contrairement à bon nombre de ses camarades et avait un physique plus qu'avantageux. La jeune femme avait conscience d'être un élément important du groupe. Philippe Raulne ne lui lançait pas des fleurs, loin de là. Mais elle avait déjà l'estime des siens, ça lui suffisait. Et puis, le lieutenant était un macho fini, ce qui n'était pas pour plaire à Jenna. Il avait parfois de ces idées qui la mettaient vraiment en rogne. Il s'imaginait peut-être que la place d'une femme était à la cuisine mais il avait vite eu l'intelligence de comprendre que Jenna ne faisait pas partie de ces femmes-là. Oh, bien sûr, elle n'était pas totalement idiote, elle savait qu'elle risquait plus gros que ces collègues. Cela avait toujours été le lot des femmes soldats. Elle ne serait pas uniquement torturée en cas de défaite, elle serait sans aucun doute violentée et subirait les pires sévices qu'une femme puisse endurer. Et pourtant, Jenna n'a jamais reculé devant le danger. Elle ne se sent en vie qu'ainsi. Elle ne se sent en vie que lorsqu'elle se sait défendant les autres, se battant également pour sa propre survie. Elle n'était pas si brute qu'elle pouvait le montrer parfois. C'était un cœur généreux dans le fond, comme Raulne. Jamais une seule seconde elle n'a pensé à quitter l'armée, à déserter. L'escouade est sa famille, avec ses défauts, mais elle leur est fidèle à tous. Et elle donnerait sa vie pour ses compagnons. S'il n'y a plus de loyauté, que reste-t-il?Jenna est une femme de parole. Elle a signé pour en chier. Elle ne fera pas volte-face.

Raulne fait signe à Jenna et la jeune femme cesse de le saluer pour immédiatement mettre son casque et se tenir prête au départ. Une mission de reconnaissance, rien de plus, mais tout peut très vite dégénérer alors il vaut mieux rester sur ses gardes. Jenna n'a pas hésité à adresser un sourire au lieutenant ainsi qu'une remarque aguicheuse. Et la réaction de Raulne est à la hauteur de ses espérances. Se refermant comme une huître, il prend cet air de vieux militaire ronchon qui amuse tant la sniper. Il est si mignon quand il fait sa tête de cochon. Ca lui va plutôt bien. En tout cas, elle ne s'en lasse pas. Il lui tourna rapidement le dos et Jenna en profita pour laisser glisser son regard sur la silhouette du lieutenant. Détournant vivement les yeux, elle lui emboîte le pas d'un air décidé. Le soleil était dissimulé par un dais de nuages sombres. Leur marche les amena rapidement dans des vieux prés à l'abandon. Tout le paysage donnait un air d'apocalypse à leur escapade. Les clôtures étaient défoncés, les prés en jachère. Jenna, comme son rôle le lui incombe, observe tout autour d'elle, à l'affût de la moindre silhouette, du moindre son trahissant une présence humaine éventuellement hostile mais rien. Le silence total. Rompu bientôt par une question de son supérieur.

Pour le moment, absolument rien.

Elle s'arrête, tendant l'oreille et observant au loin.

Ouaip, trop calme même. Il y a un bois à trois kilomètres au nord.

Ils continuèrent leur marche en silence, Jenna ne cessant d'observer les alentours. Le silence était tout bonnement insupportable et, si elle n'était pas assez idiote pour parler à haute voix, elle murmura quand même :

Quelles nouvelles du Maire depuis l'attaque du village ? Et comment va ta blessure?

C'était elle qui l'avait rapatrié d'urgence dans la ville et qui l'avait veillé durant sa convalescence.





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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Lun 30 Déc - 16:48

    Je sentais le pesant regard de la jeune femme dans mon dos, comme si cela lui plaisait de m'analyser. Je savais depuis longtemps ce à quoi elle jouait, c'était l'évidence même. On ne fait pas du rentre dedans sans raison, ou alors il n'y a que de vraies salopes qui le font pour l'amusement sans donner suite. Je détectais chez Jenna une femme de conviction, qui faisait en sorte d'obtenir ce qu'elle désirait. Si elle m'allumais, c'était parce qu'elle voulait qu'on baise. Ou en tous cas, elle ne dirait pas non si je lui proposais. D'ordinaire, jamais je n'aurais pu succomber à ce genre de tentation. Si je voulais sauter quelqu'un quand on était en France en redéploiement, je me payais une pute ou j'allais m'envoyer une petite jeune au sortir d'un bar. Si j'étais à l'étranger et bien... J'allais me payer une pute aussi. Coucher avec des filles dans le peloton ne serait qu'une source d'emmerdes. Ca détruirait mon image de chef autoritaire auprès des hommes et ne ferait que séparer hommes et femmes sous le coup de la suspicion. Non. Sauter Bandat n'était pas une option, quand bien même la petite était en demande. En plus, déjà qu'elle se sentait plus péter alors si elle se jetait le taulier... Bref. Je pensais à autre chose. Et puis, j'étais sensé être avec Eléanore de toute façon. Je grommelais de nouveau dans ma barbe en marchant, pestant contre les femmes et leur foutu con qui rendait fou tout individu masculin à la ronde. Voilà pourquoi fallait pas de gonzesse à l'armée. Pas qu'elles sont inutiles, mais leur côté très décoratif fout invariablement la merde c'était d'une logique imparable et dérangeante. La marche reprend, et je tiens mon fusil d'assaut en position d'attente, le maintenant à proximité de mon torse, usant parfois de sa lunette grossissante fois quatre pour détailler ce que je pouvais apercevoir dans telle ou telle direction. Nous ne faisons aucun bruit en marchant ; ni branches cassées ni clapotis quand on traverse une zone humide. Deux vrais fantômes, formés à la reconnaissance par Comet. Notre utilisation des couverts est parfaite pour nous fondre dans le paysage, et je me surprends plusieurs fois quand la belle me passe devant à m'attarder sur son postérieur avant de me gifler mentalement. La peste soit de ces maudites godiches.


    Jenna me confirme qu'il n'y a rien. Moi non plus, je n'ai rien vu. Je m'attarde plus sûrement sur d'éventuelles traces, mais celles que je décèle sont anciennes et déjà comblées d'eau ou de cendre, impossible de savoir qui est passé par ici ni quand. On ne peut même pas deviner comment ils sont chaussés, si ce n'était à un endroit où l'empreinte semblait suggérer que quelqu'un était venu ici pieds nus. Ca et là, nous tombions sur des sacs plastiques, des vêtements. Des choses abandonnées probablement par des réfugiés qui, fuyant le nord, s'étaient jetés vers le sud en coupant à travers champs. Pour probablement trouver la mort. Trouver une poupée abandonnée dans la terre au milieu de reliefs de repas laissait présager du pire, mais nous ne tombions sur âme qui vive. La fille confirma mes soupçons.



    | Allons voir ; on aura peut être plus de chances qu'ici. |


    Bandat brisa de nouveau le silence pour me demander comment allait le maire et comment allait ma blessure. On faisait quoi là, ami ami ? La première partie de sa question m'étonnait cependant.


    | Ma blessure est douloureuse en permanence mais j'ai retrouvé presque toute ma liberté de mouvement. Et pour le Maire... Pourquoi me demander ? Me dis pas que tu l'as baisé, celui là ! |





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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Ven 3 Jan - 13:03

Quand une mission dérape


Jenna n'hésitait pas à jeter un coup d'oeil à son supérieur quand elle pensait pouvoir le faire sans se faire griller. Oh, bien sûr, elle connaissait les talents de Raulne, il était fin observateur et ne manquerait pas de remarquer ces regards. Mais elle n'en avait rien à foutre. Jenna s'était toujours fixé comme règle de ne pas coucher avec ses supérieurs. Ouais. Ca c'était avant cette fichue guerre. Maintenant, seuls, abandonnés par tous, y compris leur commandement, qu'est-ce que ça pouvait bien changer ? Philippe était un beau mec et c'est tout ce qui comptait, non ? Les occasions de se faire plaisir dans ce merdier étaient tellement rares. Jenna s'amusait avec le lieutenant, jouant avec ses nerfs. Bien sûr, il avait des principes. Evidemment, il devait juger que coucher avec un membre de son groupe ne serait pas spécialement bon pour son autorité. Il avait tort de penser cela. Les autres membres de la troupe interpréterait certainement un coup entre eux comme la volonté de mettre au pas Bandat de la part du chef. Elle n'aimait pas trop cette image d'ailleurs. Jenna avait lutté pour obtenir le respect qui lui était dû au sein de la troupe et elle entendait bien le conserver. Les hommes, en particulier les militaires, étaient des lourdauds tiraillés par leurs hormones, c'était un fait. Ils ne comprenaient que les rapports de force. Jenna s'était simplement placé dans un rapport de force avec eux. Et ses compagnons avaient perdu. La loi du plus fort. Pourtant, la jeune femme n'était pas une personne avide de pouvoir et d'écraser les plus faibles qu'elle. Bien au contraire. Elle avait toujours eu tendance à tendre la main, à aider son prochain. Elle ne changerait pas, même après les horreurs qu'elle avait vu. Elle nourrissait une culpabilité sans nom depuis l'attaque du convoi par des réfugiés. Ils les avaient tous tué. Et c'était elle qui avait appuyé la première sur la gâchette. Elle ne pouvait se pardonner pareil geste, même si c'était pour survivre. Les hommes étaient devenus des bêtes, encore plus qu'auparavant et Jenna se surprenait parfois à regretter la douceur de l'ancien monde. La marche continuait, Jenna tenant son fusil près de son corps, prête à se mettre en position de combat à la moindre alerte. Mais tout était mortellement calme. Des milliers de questions trottaient dans la tête de Bandat. Qui étaient leurs agresseurs ? Que cherchaient-ils ? Simplement les exterminer ? La jeune femme rompt le silence qui s'est établi entre eux.

Tu as une idée sur l'identité de nos attaquants ? Russes ? Américains?

En tout cas, il est évident qu'ils sont repassés par ce chemin en quittant la ville. Ils finiraient bien par retrouver leur trace ou un indice quelconque. Jenna observait attentivement le chemin, cherchant un signe. Mais rien. Le chemin était tellement rempli d'eau qu'il ne fallait pas espérer trouver une empreinte de bottes là-dedans. La poisse. Mais la sniper signifia à son supérieur la présence d'une forêt non loin. Ils auraient peut-être plus de chance, d'autant que les arbres constitueraient un point de mire bienvenue. Continuant leur chemin, Jenna posa quelques questions à Raulne. Etait-ce une méthode pour s'approcher de lui ? Elle ne cherchait pas plus loin que de briser ce silence étouffant qui les entourait. Philippe évoqua la douleur permanente de sa blessure. Le reste de sa réponse fit sourire Jenna.

Je ne baise qu'avec les hommes qui sont au minimum aussi sexy que mon lieutenant. Et le Maire en est très loin.

Amusée, elle lui adressa un sourire moqueur avant de passer devant à l'orée de la forêt. Le silence était rompu par le gazouillis d'oiseaux. Ils avaient survécu, eux. Jenna observa les traces au sol, s'arrêtant net devant une parfaite empreinte de pas.

Mon lieutenant, une empreinte ! Relativement fraîche, direction nord-est. Un pas d'homme vraisemblablement.





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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Sam 4 Jan - 19:35

    On continuait d'avancer de concert, prêt à progresser en ordre beaucoup plus serré et en plus grande discrétion si le besoin s'en faisait sentir. Il semblerait pour l'instant que cette mission de reconnaissance ne porte pas ses fruits, ou le fasse mais par opposé. C'est à dire que si on ne trouvait rien durant notre patrouille, au moins pourrait on dire qu'on connaissait un peu mieux cet axe d'entrée dans la ville et qu'il ne semblait pas particulièrement utilisé vue l'absence de traces. Bref. Pour le moment j'étais en train de discuter avec ma camarade, ou plutôt ma subalterne. N'oublions pas le grade qui figurait sur nos épaulettes respectives... Sinon il risquerait d'arriver des bricoles. C'était marrant quand même. De tous les rescapés du convoi pour Cherbourg, ils n'étaient pas très nombreux ceux qui m'en voulaient pas ou plus pour le carnage sur la route pour arriver jusqu'ici en un seul morceau. Maintenant que j'y pensais, il n'y avait eu que des soldats extérieurs à mon unité pour se plaindre ou pour se remettre en question. Ce con de Reh, bien sûr, qui n'avait pas digéré déjà parce qu'il était pas stable. Azarov aussi, de la légion, qui n'avait pas particulièrement apprécié. Mon unité, sans dire qu'il s'agissait de tueurs en puissance, était bien plus aguerrie. Ce peloton de reconnaissance parachutiste était soudé depuis des années et même les nouveaux arrivants qui n'avaient qu'une ou deux opérations avec nous au compteur étaient vite rentrés dans le rang. Je savais bien sûr que le massacre avait beaucoup touché Comet, qui était plus taciturne que jamais. Bertin aussi, qui rigolait encore beaucoup mais il y avait un certain désespoir silencieux derrière ses plaisanteries. Et Bandat, qui continuait de me draguer alors que je savais très bien la connaissant qu'elle était tout aussi endommagée que les autres, meurtrie en son for intérieur. Je n'étais pas du genre à faire des câlins ni à déconner avec la troupe. Pourtant, sous mes airs de supérieur faux jeton agressif et machiste je connaissais les hommes qui oeuvraient sous mes ordres. Et les femmes, aussi. J'avais passé énormément de temps en leur compagnie, à affronter des situations de crise, pour savoir à peu près comment chacun les gérait. La fille rompit à nouveau le silence environnant pour me demander ce que je savais de nos agresseurs.


    | Je ne sais pas. Ils sont équipés avec du matériel international, et personne a su dire quelle langue ils parlaient. Pas de marquage, pas de drapeau, aucune marque distinctive. Moi, ça m'évoque une société privée. Mais qui et pourquoi ? Jamais une société de sécurité n'aurait pu lancer une attaque d'une ampleur pareille sur toute la Normandie. Ils travaillent pour quelqu'un, mais qui? J'en sais rien. De toute façon je m'en tape. Si on trouve ces connards, on ne fait pas de quartier. Vu? |


    Bien sûr que c'était vu, quand bien même devrais je abattre en personne chaque adversaire qu'on ferait prisonnier, quitte à m'aliéner encore des gens. Je n'avais pas peur qu'on me considère comme le dernier des connards. Quelque part, cela facilitait bien notre travail... On continait de chercher, encore et encore. Un chemin transformé en bourbier dont on ne saurait tirer la moindre trace. Pourtant, une forêt. Oui, je la voyais sur le plan. Mais cela commençait à faire loin, non ? Je n'en savais rien. De toute façon je n'avais rien d'autre à faire. A force de trimbaler mon équipement je commençais à avoir mal à la clavicule qui me tirait d'une douleur sourde. Je la fixais quand elle me refit un compliment grivois. Je grommelais à nouveau. Elle voulait pas arrêter non ?


    | Humpf. Tu dois avoir la tirelire qui colle alors, soldat. |


    Elégant, distingué, que tout le monde m'applaudisse le lieutenant Raulne vient d'adresser ce qu'il considère comme sa répartie la plus cinglante qui soit... Ou pas. Putain mais c'était pas vrai. Quand Bandat me dit qu'elle avait trouvé une empreinte, je déliais l'arme que je tenais en bandoulière, brandissant mon FAMAS droit devant sans pour autant l'épauler. Je m'accroupis près d'elle, touchant l'empreinte.


    | Du 44. A priori c'est bien un homme. Chargé vu la profondeur. On le suit. Sans un bruit. |


    On continuait sur plusieurs dizaines de mètres, entrant sous les frondaisons. Ni l'un ni l'autre ne fîmes craquer de branches au sol ou ne fit le moindre bruit, Comet serait fier de nous. C'est alors que je vis le corps, entre deux buissons décharnés. Le type avait visiblement couru et s'était affalé de tout son long. Une plaie béante sur la tête, et le reste du corps lacéré. Comme beaucoup d'autres. Je soupirais, en restant au dessus.


    | Ces putains de fantôme commencent grave à me faire chier. C'est encore un réfugié qui s'est fait attirer dehors et massacrer. Putain de putain ! |


    Je fis basculer mon fusil à mi hauteur, braquant les fourrés.


    | Vous m'entendez, tas d'enculés ? J'aurais votre peau ! |


    j'écoutais le bruit du vent... Rien. Bandat semblait aussi tendue que moi.




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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Dim 5 Jan - 1:58

Quand une mission dérape


La marche continuait, dans ce paysage désert et lugubre. Jenna avait fait de nombreuses guerres, avait été dans bon nombre de pays. Mais on ne l'avait jamais préparé à ça. Ce silence. Cette terreur sourde de ne pas savoir qui était votre ennemi. Cette paranoïa ambiante. Pour le moment, la mission n'apportait strictement rien. Mais il n'était nullement exclus que les choses se gâtent au cours de l'exploration. Ou alors, ils rentreraient au bercail en ayant fait chou blanc. Ils étaient parfaitement silencieux et suivait l'axe de la route qui les mènerait vers la forêt. Le sol du sous-bois serait peut-être plus propice aux traces qu'ici. Durant le trajet, Jenna discutait avec son supérieur. Cela l'amusait il faut dire et le côté bourrin et faussement brute de Raulne l'avait toujours attiré. Elle savait qu'au fond, il n'était pas un mauvais bougre, même s'il roulait des mécaniques et faisait son macho patenté. Il devait tenir ses hommes, c'était aussi simple que cela. Elle le respectait énormément et reconnaissait ses talents de chef et son charisme, plus que nécessaire en ces temps troublés. Elle l'aurait suivi n'importe où, lui faisant confiance, ce qui était rare chez la jeune femme. Elle savait qu'il était juste et surtout qu'il avait une conscience aigu du devoir. Des qualités que la sniper partageait elle aussi et appréciait beaucoup chez les autres. Le combat qu'ils avaient dû engager contre les civils lui avait beaucoup coûté et l'avait marqué au fer rouge. La culpabilité l'avait gangrené depuis et, même si elle se disait régulièrement qu'elle n'avait pas le choix, elle ne parvenait pas à s'en convaincre totalement. Naturellement, elle tentait de dissimuler soigneusement ses états d'âmes. La faiblesse était mortelle dans l'armée. Surtout dans les circonstances actuelles. Elle avait fait preuve de sa bonne humeur habituelle et de son rentre-dedans coutumier. Mais le cœur n'y était pas à certains moments. Jenna n'était pas le genre à baisser les bras et à se laisser abattre. Ca non. Elle tentait de donner le change, du mieux qu'elle pouvait. Elle posa quelques questions sur la nature de leurs agresseurs à Raulne. Elle sourit à sa dernière remarque.

Vu, chef. On leur éclate la cervelle sans sommation. Une société privée aurait dû avoir un sacré capital pour soulever une telle armée. Et vous croyez que les cadavres bizarres qu'on a retrouvé dans le coin ont un lien avec ça ? Une arme biologique quelconque?

Les questions ne manquaient pas, ce qui n'était pas le cas des réponses. Jenna n'avait jamais été aussi embrouillée de toute sa vie. Avant la catastrophe, c'était simple. On t'envoyait dans un pays, tu étais le gentil, en face il y avait les méchants. Point barre. A présent, tout était englué dans un brouillard aussi épais que de la purée de pois. Impossible d'y voir clair. Ils devaient faire avec. Le chemin qu'ils empruntaient actuellement était un vrai bourbier et Jenna s'enfonçait jusqu'aux chevilles. Bah, elle avait connu pire comme excursion. Elle continuait sa discussion et n'hésite pas à laisser planer des sous-entendus avec le lieutenant. Ce dernier devint bougon et grommela une remarque d'une classe internationale. Jenna étouffa un début de rire. Elle le connaissait bien pour savoir qu'il jouait son vieil ours mal léché et plaçait son éternelle barrière de « m'approche pas, je mords ».

J'ai surtout la tirelire vide depuis trop longtemps, mon lieutenant.

Ses yeux malicieux ne montraient aucune trace de gêne. Elle avait toujours espéré vaguement que Raulne cède et lui saute dessus. Non pas qu'elle en faisait un objectif ou un trophée, non. Elle le trouvait juste à son goût, voilà tout. Et elle se demandait combien de temps il résisterait. Sous la frondaison, elle venait de tomber sur une empreinte, et lorsqu'elle la signala, Philippe s'arrêta devant et s'accroupit, confirmant qu'il s'agissait bien d'une trace d'homme.

A vos ordres.

Elle se contenta de lui emboîter le pas, l'arme au poing, prête à réagir à la moindre alerte. Ils étaient silencieux, Bandat faisant attention à ne pas faire craquer la moindre brindille sur son trajet. Elle stoppa net lorsqu'elle aperçut un corps entre les deux buissons devant eux. Raulne l'avait vu en premier et il se tint juste au dessus, énonçant avec une pointe d'agacement ce que Jenna avait déjà deviné. La sniper se pencha sur le cadavre, le retournant. Ses yeux étaient encore ouverts, exorbités. Cela arracha un frisson dans le dos à Jenna. Elle était tendue, sentant que quelque chose allait leur tomber sur la tronche. Raulne péta un câble tout seul, se mettant à insulter des ennemis invisibles. Elle se permit de se rapprocher et posa doucement sa main sur son épaule. Elle resta quelques secondes comme ça avant de déclarer :

Je monte voir.

Elle tourna le dos à son supérieur et agrippa la branche la plus proche. Elle se hissa à la force des bras et amorça sa montée le long de l'arbre. Arrivée au sommet, elle observa les alentours. Il y avait une clairière à quelques kilomètres à l'ouest. Elle remarqua de la fumée qui s'élevait. Redescendant de l'arbre, elle s'adressa immédiatement à Raulne.

Mon lieutenant, il y a une clairière à un kilomètre plein ouest. Une fumée qui me fait penser à un camp s'élève de là-bas...

Raulne comme elle savaient qu'ils n'étaient pas seuls visiblement...





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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Dim 5 Jan - 18:12

    Les choses allaient de mal en pis. Comme d'ordinaire, dans cette putain de région. Il semblait qu'on ne serait jamais capable d'avancer qu'on nous tirait déjà en arrière. Bandat me confirme qu'elle était d'accord pour la question de l'absence de quartiers que nous offrirons à nos ennemis. Tout bien considéré, j'avais peut être à mes côtés l'un de mes soutiens les plus loyaux dont je pouvais rêver. Bien sûr, tout n'était pas inconditionnel, et je savais que le soutien de Bandat ne pouvait continuer qu'en fonction des décisions que je prendrais. Elle avait une limite qu'elle ne franchirait pas, comme tout le monde, et c'était là que résidait le plus grand danger. Comment saurais je quelle limite était la sienne ? La belle m'avait déjà prouvé qu'elle irait assez loin. Suffisamment pour tuer des civils, flinguer des femmes et des enfants. Je ne savais pas ce qui la ferait flancher mais pour cela il faudrait sans doute aller foutrement loin. Je n'étais d'ailleurs pas vraiment certain de vouloir savoir à quel point elle serait capable d'arriver. Leur éclater la cervelle, en tous cas, ça c'était quelque chose que je savais finement appréhender, et qui ne me causait aucun souci. Ce qu'elle me dit ensuite me fit réfléchir. Une arme biologique par contre, là j'étais plus dubitatif. Inutile de trop en faire. Les corps retrouvés étaient victimes de la sauvagerie des hommes, un point c'est tout.


    | Te mets pas bille en tête soldat. C'est simplement des connards avec des lames bien affûtées, rien de biologique. Ne vas pas t'inventer de nouveaux ennemis, sinon tu vas devenir folle. |


    La belle semblait s'amuser en tous cas de m'amener à nouveau sur la pente glissante de délires sexuels. C'était quoi son but à elle, me rendre mal à l'aise ? Sans doute. Elle y arrive bien. Bandat me dit que le problème vient du fait qu'elle ne s'est pas fait foutre depuis longtemps. De mon point de vue, c'était assez dommage qu'un aussi joli lot n'ai pas trouvé de quoi se faire marteler les tripes, mais quand même. Ca restait Bandat. Pour ce que j'en savais, longtemps pour elle ça voulait peut être dire trois jours. Voilà un exemple de ma sempiternelle insatisfaction quant à sa présence dans l'unité. Elle vous met le cerveau en vrac, et elle fait son bonhomme de chemin. J'avais clairement compris le sous entendu. Sa tirelire est vide depuis trop longtemps vient donc me titiller le bocal une fois ou deux qu'on s'amuse. Niet camarade. Je savais me tenir, moi. Je n'étais pas comme ces connards de détraqués qui tiraient tout ce qui bougeait y compris en temps de guerre. Je grommelais à nouveau.


    | Ben si ça te dérange tant que ça, t'as qu'à t'envoyer Bertin. Il en crève d'envie et il te fera aussi les fesses si t'es gentille. |


    Jen avais assez de parler de cul, vu ? Je n'arrivais pas à me concentrer, et je ne faisais qu'imaginer mon sniper tout nu en train de me faire des choses. Super, quoi. Si je prenais une balle à cause de cette godiche je jure que je la tarte. La fille se calme et se range devant la discipline quand je lui indique une empreinte et le silence de rigueur. Aaah, elle a compris, gloria alleluia ! Bon. C'était pas qu'elle soit coconne, hein, elle est même plus intelligente pour les standards féminins. Mais voilà qu'un peu de concentration professionnelle ne pouvait que me faire le plus grand bien. Elle brandit sa kalach devant elle tandis que je progresse au FAMAS. Niveau puissance de feu je suis trois crans au dessus. Meilleur optique, meilleure tenue en rafale, meilleure cadence de feu. Mais un trou de 7,62 de son arme fait de sacrés trous quand même. Je me demandais si elle serait digne de sa précision coutumière avec pareille arme entre les mains. La tension retombe alors que je termine de hurler. Je me sens épié, mais je n'entends rien. Putain, ne me dites pas qu'un fantôme chasse les fantômes, ou je pète un câble ! La belle me dit qu'elle monte voir. Mon regard s'attarde sans le vouloir sur son postérieur en action. Ah putain mais c'est pas vrai ! Je détournais le regard, pointant mon arme devant moi, observant la forêt à l'aide de ma lunette grossissante. En haut, la belle me dit qu'elle voyait de la fumée dans une clairière. Est ce que c'était ceux qu'on avait tant cherché ? J'inspirais profondément.


    | Redescends, tu t'enverras en l'air en tuant ces types si c'est des méchants. Gardes le fusil d'assaut en main. Je passe devant, t'es en appui. Je compte sur tes yeux. On progresse et si on a une cible, tu remontes ton F2. Ok? |


    Je ne l'attendais pas pour progresser. Toujours silencieusement, sans passer dans les zones les plus à découvert. Il nous fallut un bon moment pour avancer. Je m'arrêtais finalement, lui indiquant de venir me rejoindre accroupie.


    | Si on intervient maintenant, on sera jamais rentré avant la tombée de la nuit. On n'est pas en démocratie mais je veux pas d'une gonzesse qui flanche. Tu te sens capable de chasser nos écorchards de nuit, si le camp est un leurre? |




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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Lun 6 Jan - 0:22

Quand une mission dérape


La perspective de trouver les responsables de l'attaque et de régler leurs comptes avait tout pour plaire à Jenna. Naturellement, elle n'était pas folle et elle avait conscience qu'à deux, ils devaient se montrer prudents et ne pas foncer tête baissée dans un piège qui leur coûterait cher. Le groupe ne pouvait se permettre de perdre son leader. Jenna avait une conscience aigu de la hiérarchie, même si elle s'amusait parfois avec. Et si elle devait choisir entre sa vie et celle de Raulne, elle privilégierait sans l'ombre d'une hésitation son supérieur. Jenna respectait le lieutenant de part ses capacités. Bien sûr, elle n'était pas prête à toutes les extrémités pour ses beaux yeux mais elle était tout à fait capable d'aller loin. Très loin. Elle avait bien massacré des civils, femmes et enfants compris, pour que le groupe s'en sorte. Jamais elle n'avait formulé le moindre reproche envers son supérieur. En même, elle aurait été bien hypocrite de le faire, elle avait tiré la première. Si elle avait du mal à vivre avec ce qu'elle avait fait, elle n'estimait pas nécessaire d'impliquer Raulne là-dedans. Il n'avait fait que son job, rien d'autre. Jenna, malgré son sale caractère, avait toujours été attachée aux notions de patriotisme et le fait de respecter son supérieur faisait partie de ses valeurs. A la réponse de Raulne, elle haussa les épaules.

Si tu le dis. Je me considère comme assez tarée comme ça pour pas en rajouter.

Elle n'avait pas lâché le morceau concernant les sous-entendus sexuels et cela l'amusait d'autant plus que cela semblait agacé fermement le lieutenant. Elle le connaissait bien et se rendait compte que cela le gênait également. Pour quelle raison ? Raulne était très loin de minauder. Si une nana ne lui plaisait pas, il l'envoyait promener et sans ménagement. Alors, s'il était gêné, c'est qu'il la considérait plutôt à son goût, non?Elle n'aurait pas dit non à un peu de détente mais elle savait pertinemment que ce n'était pas le moment. Effectivement, cela faisait pas mal de temps qu'elle ne s'était pas envoyée en l'air avec quelqu'un. Mais après les événements à Louisville, elle avait eu franchement autre chose dans la tête. Mais, même si le lieutenant était un macho de première, il avait quand même des restes de bonne conduite. Jamais elle ne l'avait vu serrer de près une nana dans des pays ennemis pour se la faire. Si son affection se portait naturellement sur les prostituées, il restait un homme qui avait quand même une certaine forme de respect pour les femmes. Bien enfoui, certes. Son ton bougon continuait de la faire sourire.

Bertin ? Mouais. C'est pas mon genre. Je préfère les bruns ténébreux aux blondinets. Plutôt ton genre, tu vois?

Evidemment qu'il voyait. Il n'était pas totalement stupide, loin de là même. Et on pouvait difficilement faire plus claire sans mettre carrément la main au panier. Ce que Jenna n'était quand même pas assez folle pour tenter. Ses paroles avaient le don en tout cas de le perturber et ça valait tout l'or du monde. Jenna a tout de même l'âme d'une professionnelle. Quand ils repèrent une empreinte, elle retrouve son sérieux et examine la trace avec Philippe. Le boulot d'abord, le plaisir après. Ils se redressent, Jenna serrant son AK47 contre elle. Elle se sent observée, épiée et elle n'aime pas ça. Jenna sait parfaitement maîtriser son arme et sa précision est sans égale. Mais si cela empire, elle remontera en deux secondes son F2. Raulne se met à beugler à la face du monde, chose parfaitement inutile et qui risque même de les faire repérer plus qu'autre chose, si ce n'est déjà fait. Jenna se garde bien de faire la moindre remarque. Péter une durite, ça fait du bien et permet de relâcher la pression. Vaut mieux ça que de tirer sur tout ce qui bouge. Pas mal de soldats sont devenus de vrais dangers pour leurs collègues. Jenna se rapproche et informe simplement Raulne qu'elle monte voir. Pour une sniper, elle préfère de loin les points de mire en hauteur. En montant, elle jette un rapide coup d'oeil. Et en manque pas de surprendre le regard de son supérieur sur son arrière-train. Elle reporte son regard sur les sommets mais un sourire malicieux joue à présent sur ses lèvres. Elle ne prend guère de temps avant de repérer une fumée qui s'élève d'une clairière à une faible distance de leur position. La remarque de Raulne finit de l'amuser alors qu'elle remet pied à terre. Maintenant c'est à lui de faire des sous-entendus foireux !

Bien compris, mon lieutenant.

Elle ne juge pas nécessaire de relever le fait de s'envoyer en l'air. Quelques mètres plus loin, Raulne lui fait signe et elle s'accroupit à ses côtés. Sa remarque la pique au vif. Pour qui il la prend exactement ?!

Qu'est-ce que tu crois ? Que je suis habituée aux promenades de santé ? La Côte d'Ivoire, c'était pas DisneyLand à ce que sache !

Posant son barda, elle en sort son F2 qu'elle remonte en quelques secondes. L'armant, elle adresse un sourire moqueur à Raulne.

Flinguer de l'écrocheur au clair de lune, tellement romantique. J'adore.

Quoi ? Si on peut même plus déconner !





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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Mar 7 Jan - 10:57

    L'expédition continue. Je souris à ses paroles, même si ce n'est que l'ombre d'un sourire que je réprime aussitôt. Elle n'a pu me voir, vu que nous ne nous faisions pas face. Mais c'était vrai, elle était givrée. On l'était tous à notre manière, tous à notre niveau. Il faut quand même se rendre compte qu'on était en plein enfer et qu'on souhaitait apparemment pas le quitter. On ne voulait pas non plus arrêter quoi que ce soit à notre travail, à notre vocation. On était là pour vaincre, c'était un fait que personne ne saurait nier. On aimait ça, dans le fond. Même si la guerre c'était la merde la plupart du temps, beaucoup d'entre nous ne s'imaginait pas arrêter du jour au lendemain. Bon, si, ceux qui avaient un peu plus le vague à l'âme que les autres à cause de ce que nous avions dû faire dès le premier jour. Mais pas nous. Pas les Fantômes. Nous étions un bloc uni et soudé, tous dans la même merde jusqu'à en sortir ensemble ou pas du tout. Cela ne voulait pas dire que nous nous aimions au sens romantique de la guerre. La fraternité était pourtant présente. Je donnerais ma vie pour Bandat, même si je la considérais comme une foutue allumeuse. Et pareil pour Bertin, ce petit con qui faisait ce qu'il pouvait. Et pour Comet... La question ne se posait même pas, même si nous n'avions jamais été amis. Tous loyaux les uns envers les autres, et c'était tout ce qui comptait. Je savais que Bandat rêvait sans doute d'un autre genre de loyauté entre nous. Ce n'était pas possible, pas souhaitable, je ne voulais pas me compromettre de cette façon. Même si la tentation était bien évidemment assez forte. La belle alla plus loin encore en me disant que Bertin était moins son genre que moi même. Je m'arrêtais, me tournant vers elle pour la regarder.


    | Alors quoi ? Pour répondre au petit caprice de madame on s'arrête dans un coin, j'te baisse ton fute et ton slip et je te baise une fois ou deux et après on repart ? On est en OP, soldat, alors maintenant tu te calmes avec tes hormones ou je te botte le cul. |


    Ca, c'est direct. Ca ne voulait pas dire que la proposition ne m'intéressait pas. C'était même plutôt l'inverse. Et ça me vexait qu'elle m'intéresse autant. Je partageais un truc avec Eléanore. Un truc assez fort, bien qu'on doive se cacher. Alors pourquoi je devais m'intéresser à d'autres femmes, bordel de merde ? Peut être que la monogamie n'était pas pour moi, ou que j'avais perdu depuis tellement l'habitude des relations exclusives que je me comportais comme je le faisais auparavant, allant rendre visite à deux trois prostituées différentes de manière régulière en dehors de notre cantonnement. Cette réaction de défiance que j'avais était autant vis à vis de la jeune femme que de moi même. Quelque chose ne tournait pas rond là haut et je ne pouvais pas baiser toutes les femmes du secteur. Même moi je ne m'abaisserais pas à ça, surtout pour provoquer ce lot d'emmerdes qui irait forcément de pair. La vie était vraiment compliquée. J'aurais rencontré Bandat dans le civil, je me la serais farcie volontiers plutôt deux fois qu'une. Mais là on était sur le terrain, j'avais presque dit à une autre fille que je l'aimais et elle me faisait me sentir comme le dernier des connards et le dernier des chiens en chaleur. Autant dire que j'étais donc assez mal disposé pour faire quoi que ce soit tant que ce genre de dilemme n'était pas résolu.


    Lorsque nous sommes accroupis, la beauté se rebiffe. Elle me fait sourire, même s'il ne s'agit que d'un fantôme de sourire.



    | Non, c'est vrai. L'Afghanistan était pire, et tu n'es pas assez ancienne pour avoir fait le Tchad mais c'était pas rigolo non plus. Mais ici c'est différent, alors je te demande quand même. |


    Ouais, pas la démocratie mon unité, mais tout plutôt qu'une gonzesse qui a les pétoches et qui se loupe. Je l'observe une minute tandis qu'elle remonte son F2 d'une main précise et experte. Ca m'a toujours flingué chez les sniper, cette minutie dans le geste, cette économie de mouvements et cette précision dans le regard. Je dois même avouer que c'est plutôt érotique. Je l'imaginerais bien me tripoter bébère avec la même précision... Non, putain Philippe tu te CONCENTRES. Merde alors. Foutue pouliche.


    | Si tu trouves ça romantique, je t'assure que tu vas kiffer cette soirée, sniper. |


    On progresse à nouveau. Moi devant, vu que mon arme se prête cent fois plus au combat rapproché. On ne fait toujours craquer aucun branche, bruisser aucun taillis. Nous progressons ainsi pendant une heure de plus. Quand nous approchons du camp, nous devons nous faufiler à plat ventre sur le sol, ce qui est problématique puisque cela fait un peu crisser la fine épaisseur de neige qui a accroché dans ce sous bois. On y parvient pourtant sans trop de problèmes. Lors qu'on avance de part et d'autres d'une énorme souche, je remarque la lueur du feu trente mètres plus loin. Et là, d'un coup, mon cœur s'arrête et je cesse de respirer. Je tends la main derrière moi et bats de la main doucement. A terre. Une ombre se découpe dans l'obscurité grandissante de cette fin d'après midi couverte. Un type se pointe. M4 américain. Vêtements en lambeaux. Pas un soldat, ni même un des mercenaires qui nous a attaqués. Un écorcheur ? Je ne peux pas prendre le risque de lui demander mais s'il s'agit finalement d'un groupe de résistants français devant la poussée des envahisseurs... Je me tourne vers Bandat, et en langage des signes je lui dis de rester et de se défendre, mais de rester à couvert je pars reconnaître seul. J'attends que le type soit parti, et je bondis en avant, utilisant chaque couvert, chaque buisson, chaque fougère, chaque tronc d'arbre. Je m'approche du camp, et il ne me faut que quelques instants pour comprendre que ces types ne sont pas des résistants. Deux filles sont attachées à des mâts, meurtries et sanguinolentes. Un des types finit son affaire dans la première. L'autre ne bouge plus. Les autres rient et mangent ce que j'espère être du gibier. L'estomac révulsé, je me détourne aussitôt et m'enfonce à nouveau dans les ténèbres. Lorsque j'arrive près de la position de Bandat, je vois qu'il y a deux types entre nous. Je lui fais signe. Elle prend le premier, je prend le second. Je tire ma baïonnette, et la serre dans mon poing. A pas de loups, je m'approche par derrière. Arrivé au but, je tire en arrière le menton du mec et contrairement à l'image d'épinal je ne tranche pas, méthode peu efficace. Je plante la lame en plein milieu du cou par le travers, et lame vers l'extérieur, j'arrache l'artère en la sectionnant par l'intérieur. Le type tombe sans un bruit, tandis que la fille s'occupe du second.


    | On a trouvé ce qu'on cherchait. On pourra pas tous se les faire, ils sont trop nombreux, mais je veux qu'on leur flanque la frousse et qu'on réplique. Ces connards sont des bêtes, on peut pas les laisser s'en tirer. On s'approche et t'aligne leurs victimes, tu comprendras. Et moi je les arrose. Quand ça devient chaud, on décroche. Des questions ? Il faut qu'on fasse vite avant qu'ils ne recherchent ces connards. | dis je en pointant du doigt les deux cadavres pouilleux





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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Lun 13 Jan - 0:24

Quand une mission dérape


Oui, elle avait un pète au casque, c'était certain. En même temps, vous en connaissez beaucoup, vous, des militaires sains d'esprit ? Faut être sacrément frappé pour s'engager, avec de fortes chances d'y rester, un salaire de misère et une absence complète de vie de famille vu que vous êtes en permanence en vadrouille. L'armée, c'était tout sauf une partie de plaisir. Vous signiez pour en chier. Un point c'est tout. Et mieux valait en avoir conscience dès le début. On ne faisait pas dans la dentelle. Dans l'équipe de Raulne encore moins qu'ailleurs. Mais Jenna ressentait une grande loyauté envers ses coéquipiers. Elle ne les laisserait jamais tomber, ça non. Dans ce monde merdique, c'était au moins la seule chose à laquelle se raccrocher, le seul élément sûr de votre existence. Si on faisait ce boulot, c'était que l'adrénaline était notre drogue. Ce moment où vous êtes sous le feu de l'ennemi, où votre cœur bat à cent à l'heure, chaque soldat l'a ressenti. Ce moment où vous vous rendez compte de façon aigu que vous êtes vivant, que chacun de vos muscles est tendu, que votre sang coule dans vos veines. Que seuls vos réflexes et votre cerveau peuvent vous sauver, sauver ce paquet de chair fraîche que vous représentez. Oui, Jenna aimait ces moments, aussi paradoxal que cela puisse être. Et elle était restée. Car il y avait eu des déserteurs, bien sûr. Il y en avait eu des tas même. Mais pas Bandat. Elle voulait se battre, maintenant plus que jamais. Si eux, les militaires, déposaient les armes, qui resterait-il pour défendre la population ? Jenna n'avait pas hésité une seule seconde à mettre les pieds dans le plat en aguichant une fois de plus le lieutenant. Sa réaction de vieux bougon continuait de l'amuser. Et sa réponse fut à la hauteur de ses espérances. Elle répondit à la première partie de sa réplique avec un sourire amusé :

C'est une proposition ? Ou un ordre ?, puis elle se mit un bref instant au garde à vous, A vos ordres, mon lieutenant, mais vous ne savez pas ce que vous perdez.

Ben quoi ? On peut même plus déconner maintenant ? Il était vraiment tendu, le chef. Finalement, s'envoyer en l'air lui ferait peut-être plus de bien qu'il n'imagine. Ca le détendrait au moins et il aurait l'esprit à ce qu'il fait. Mais Jenna n'était pas suicidaire et garda ce petit argumentaire pour elle-même. Après tout, il n'était peut-être pas intéressé. Mais elle avait la nette impression que ce n'était pas le cas. Connaissant Raulne et sa conscience professionnelle, c'était plus l'éventualité de devoir gérer les problèmes liés au groupe qui devait le bloquer. Bah, dommage. Jenna ne s'avouait pas vaincue mais elle n'allait pas non plus se mettre martel en tête si Raulne restait hermétique à son petit jeu. Jenna avait d'autres cibles éventuels mais il est vrai que le lieutenant était plus qu'à son goût. Elle jouait avec lui, se disant clairement que ce n'était qu'une tension entre eux, rien de plus. Mais n'était-ce que cela ? Elle préférait ne pas mettre de mot sur ce qu'elle ressentait. De l'attirance, c'était déjà bien, non ? Ce petit jeu durerait-il longtemps ? Elle n'en savait rien mais elle prenait déjà son pied en le taquinant.

Ils s'accroupirent dans les buissons tandis que Raulne lui posait une question qui laissa Jenna furieuse. Pour qui la prenait-il ? Une pauvre petite fille fluette qu'il faut protéger ? Jenna n'avait jamais laissé personne la prendre pour une faiblarde. Et ce n'était pas maintenant que ça allait commencer. Furieuse et vexée, elle répondit d'un ton boudeur :

Je vois pas en quoi la situation est différente. Alors, me pose pas ce genre de questions à la con.

Oui, quand elle était en boule, elle se permettait ce genre de remarques, y compris avec ses supérieurs. Elle se concentra plutôt sur son F2 qu'elle remonta en quelques gestes précis et rapides. Elle faisait ça avec amour, et oui son arme c'était son bébé et elle n'aurait pas supporter l'enrailler ou la perdre. Une fois qu'elle eut fini, elle reporta son attention sur Raulne. Elle surprit alors son regard et elle ne put s'empêcher de lui adresser un sourire goguenard. Le regard du lieutenant était... quoi ? Libidineux ? C'était le remontage de l'arme qui le rendait fébrile ? Elle trouvait ça fendard. Fallait être tordu pour fantasmer sur un F2 mais bon, chacun son truc.

Tu m'offres le dîner aux chandelles après, j'espère.

La marche reprend, toujours dans un silence complet. Jenna ferme la marche, son arme étant bien plus utile à distance. Elle tend l'oreille mais aucun son ne lui parvient pour le moment. Elle se tient prête, les sens aux aguets, prêt à viser et tirer au premier signe de danger. Raulne devant elle, elle se permet de détourner son attention quelques secondes, laissant son regard courir sur le dos et s'arrêtant sur les fesses du lieutenant. Hum, pas mal du tout. Bref, concentre-toi, concentre-toi ! Son regard remonte en direction du chemin qu'ils prennent. Une heure passe et finalement, nous nous rapprochons enfin du campement. Jenna se met à ramper, Raulne toujours devant elle. Ne surtout pas se faire repérer, après tout, on ignore qui vit dans ce camp. Alors qu'ils ont reprit leur marche pour se rapprocher de l'orée de la clairière et du camp, Jenna s'arrête soudainement. Raulne vient de lui faire signe et elle se jette silencieusement sur le sol. Qu'est-ce qu'il a vu ? Du bruit attire son attention mais rapidement, le bruit s'éteint tandis que les étrangers s'éloignent. Raulne fait signe qu'il part en observation. Jenna reste derrière un buisson, se redressant et pointant son F2 en direction du camp, histoire de couvrir son lieutenant en cas de problème. Regardant dans son viseur, Jenna sent son cœur s'enflammer. Elle voit parfaitement les deux femmes attachées aux mats et un homme qui abuse de l'une d'entre elle. La tentation est très forte de lui loger un balle dans la tête. A cette distance, elle ne peut pas le louper. Mais elle entend soudain du bruit non loin. Deux hommes. Et ils sont entre Raulne et elle. Elle parcoure les buissons du regard et aperçoit soudain son supérieur qui lui adresse un signe parfaitement clair. Jenna doit prendre le premier, il s'occupe du second. Bien reçu. Adaptant rapidement un silencieux sur son arme, elle se redresse, toujours cachée par un buisson et vise soigneusement. La tête du premier homme explose et il s'effondre comme un pantin désarticulé. Raulne revient vers la jeune femme et lui donne ses ordres. Le cœur encore furieux de ce qu'elle a vu, Jenna se contente de hocher la tête avant de demander :

Aligner les victimes ? Ok.

Oui, elle se doute bien qu'on ne peut pas les sauver, surtout si on a la meute à nos trousses après. Et les achever est plus humain que de les laisser entre les griffes de ces barbares. Jenna suit alors Raulne, se faufilant entre les buissons et se rapprochant dangereusement du camp. Arrivés suffisamment près, la sniper trouve une position appropriée et pointe le canon de son arme sur la tête des victimes. A cette distance, la mort sera immédiate. Un premier tir attire l'attention des hommes du camp. Jenna reste concentrée et shoote la deuxième victime. Elle sait qu'à présent, il faut faire le plus de dégâts possibles parmi les salauds en face d'eux. Et ce sera avec une grande joie. Jenna vise et dégomme trois hommes en quelques secondes. Mais ils vont finir par se faire repérer...





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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Lun 13 Jan - 20:16

    Je secoue la tête aux paroles de la jeune femme. Je ne sais pas ce que je perds. Ben si justement, je le sais, et ça me frustre terriblement. Mais je n'ai pas le choix. Je ne peux pas juste m'arrêter dans un coin tranquille de cette foutue forêt normande pour y tirer le coup du siècle ; ce n'est pas possible pour tout un ensemble de raisons que je ressassais depuis le début de cette expédition. Je continue de grommeler dans ma barbe en avançant. Elle continue de me tenter, la foutue mégère. Mais il faut que je puisse rester concentré, et je ne peux décemment pas l'être si je pense toutes les trente secondes à ce que je pourrais faire à ce joli petit lot... Une proposition ou un ordre, je t'en foutrais moi. Ma parole il allait falloir que je la flingue où on se retrouverait bien assez vite avec un incident compromettant dans cette foutue forêt de cette putain de région à cet instant pourrave. Ouais, humeur de chiottes, et la frustration n'arrangeait rien, ce qui faisait forcément tâche vu de la rigueur que l'on se devait d'adopter quand on était en opérations. J'en avais assez, parfois, de ces responsabilités, de cette rigueur militaire. Pour autant, aussi paradoxal que cela puisse avoir l'air, je n'imaginais pas un seul instant pouvoir vivre autrement que comme ça. J'avais besoin de ce shoot permanent à l'adrénaline pour ne pas m'ennuyer, même si les envies de meurtre ne manquaient forcément pas. J'en avais en fait assez d'être officier. Il me semblait loin, ce temps où simple soldat je me faisais botter le cul à la moindre connerie par mon sergent qui s'égosillait. Bien sûr, j'avais toujours dirigé de l'avant. Pas parce que je suis courageux, mais parce que je ne fais pas beaucoup confiance à la division des tâches. Et puis je suis à la lettre la leçon numéro un d'un bon commandement d'infanterie. Ne jamais demander à ses hommes de faire quelque chose qu'on ne serait pas prêt à faire soi même. Ce qui m'amenait ici, avec Bandat, à me demander si je devais poursuivre la mission, baiser la sniper, ou retourner en ville et retrouver Eléanore. Chienne de vie. Je suis pas homme à beaucoup réfléchir, d'ordinaire. Toutes ces pensées me filent une putain de migraine.


    La fille restait insensible à ma posture défensive. Ou elle m'allumait pour le simple plaisir de se rendre désirable, comme une vraie salope, ou bien elle voulait vraiment tirer son coup, comme une vraie chienne, et elle n'abandonnerait pas de sitôt. Je ne savais pas s'il y avait vraiment une solution qui m'irait plus que les autres... La fille se rebiffe, quand je dis lui demander son avis. Certains officiers seraient ravis d'avoir une fille comme elle sous leurs ordres. Je ne suis pas certains officiers. Je lui jette un regard noir, avant de reporter mon regard vers l'avant.



    | Ta gueule alors. |


    Voilà, c'est fait. Un civil serait profondément offusqué mais les militaires ont un langage cru et fleuri. Ce n'est pas une phrase à but vexatoire, je lui dis juste de but en blanc que la discussion s'arrête ici un point c'est tout. Elle me suit, tant mieux. Mais elle fait selon mes règles, parce que c'est moi le chef. Je secoue la tête alors qu'elle me demande un dîner aux chandelles quand on reviendra de la mission. Si on revient, ce que je compte bien faire, je ne lui offrirais pas un dîner ni rien d'autre. Pas de favoritisme, pas d'exceptions. Elle me connait, et elle s'y est déjà faite. Le temps passe, fébrile et anxiogène. On repère l'ennemi et on élimine deux factionnaires. Les corps retombent l'un d'eutre eux à la tête en morceaux, l'autre inonde de son sang les alentours de sa gorge déchiquetée. Quand je recroise son regard, Jenna a les yeux durs, déterminés. Elle a changé de posture ; elle ne pense plus au cul, seulement à la violence. Peut être qu'elle arrêtera de se comporter en chienne en chaleur et plus en fantôme, désormais. Nous progressons en silence jusqu'à nous mettre en position. Son fusil s'aligne sur les filles, dévastées par leurs bourreaux. Je pose mon FAMAS sur un tronc abattu et aligne une cible ; un groupe d'hommes en train de manger au coin de leur feu de camp. Quand les « plop » de l'arme de précision se font entendre malgré le silencieux, j'ouvre le feu sur le groupe en panique. Mon fusil crache du plomb et j'affirme ma visée en serrant la poignée avant de l'arme en même temps que je pressais la détente de l'autre. Les douilles s'éjectent, brûlantes, alors que je vide mon arme. Un type est touché à la gorge, et s'effondre en arrière. Son compère de droite est touché en plein diaphragme et deux fois à l'abdomen. Les autres se saisissent de leur arme et se mettent à couvert pour répliquer. Les balles sifflent dans les deux sens. Bandat tue trois hommes, et je dégoupille une grenade. Je la lance en plein milieu du camp. Le but n'est pas de tuer ou de blesser nos adversaires, désormais retranchés un peu partout. Ils ont vu le projectile et se mettent tous à couvert ; les tirs cessent. Je tape l'épaule à Bandat.[/b][/color] |


    | Cours putain cours! |


    [i]On se détourne et une seconde après, la grenade explose en une gerbe de terre, de débris et d'étincelles. On se carapate sous le couvert des arbres alors que la nuit est vraiment tombée, maintenant. On n'y voit goutte, mais Comet nous a correctement formés à la reconnaissance et à la discrétion. Bandat et moi nous fondons rapidement dans le décor, mais nous entendons les bruits de nos poursuivants. Au bout d'un bon quart d'heures, les voix s'éloignent dans une autre direction, et nous nous trouvons dans un fossé, l'un contre l'autre, haletant et en sueur. Je retire mon casque dont le filet de camouflage est déchiré sur le côté ; une balle m'a frôlé de près. Je me retourne vers ma camarade, en reprenant tant bien que mal ma respiration Je chuchotte, bien sûr, nous ne sommes pas encore tirés d'affaire.



    | Putain de merde, c'était moins une. T'as su les compter ? J'en ai vu au minimum une bonne quinzaine malgré ceux qu'ont a buté. On est tombé sur un gros morceau, cette fois ci. Il faut qu'on retourne en ville et qu'on donne l'alerte. Toi, ça va ? Pas de casse? |




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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Dim 19 Jan - 1:13

Quand une mission dérape


Raulne secoue la tête aux paroles de Jenna et cette dernière connaît suffisamment bien son lieutenant pour savoir qu'en cet instant, il est frustré. Frustré, mais de quoi ? Qu'elle lui fasse des sous-entendus foireux ? Ou que ces sous-entendus ne se concrétisent pas ? Elle donnerait cher pour le savoir. Après tout, il y a la mission à terminer et même si Raulne est parfaitement à son goût, Jenna n'aime pas bâcler le job et abandonner une mission en cours. Pas son genre, ça. Mais torturer son lieutenant avec des allusions sexuelles, ça c'est son genre ! Et il marche à fond, il court même. Le voir bougonner dans sa barbe, ça vaut tous les coups du monde. Jenna ne peut s'empêcher d'afficher un sourire amusé et moqueur. Elle joue toujours avec ses nerfs mais sans jamais dépasser la limite de l'acceptable et du sous-entendu. Jamais elle n'a manqué de respect à Raulne et ce dernier sait bien qu'il peut compter sur elle quoi qu'il arrive. En cas de coup dur, elle a toujours été là et elle dégaine plus vite que son ombre. Eleée dans un monde d'hommes, elle n'a rien de la petite donzelle efféminée qui minaude. Loin de là. C'était elle qui avait rejoint l'armée. Elle avait toujours rêvé de faire ce boulot. Bizarre non ? Normalement, les gamines ont toujours comme rêve de finir chanteuse ou mannequin, ce genre de conneries. Jenna, elle, avait toujours eu ce côté garçon manqué qui lui avait attiré pas mal d'ennuis. Elle avait accepté la hiérarchie, l'autorité sans trop de mal mais avait toujours mis un point d'honneur à ce qu'on ne la juge pas sur son sexe. Et ça, c'était pas gagné dans un métier purement masculin, qui venait tout juste de s'ouvrir aux femmes. Enfin, s'ouvrir... Dans l'escouade de John, elles n'étaient que deux après tout. Pas de quoi casser trois pattes à un canard. Et pourtant, les hommes semblaient émoustiller de leur présence. C'était flatteur, certes. Mais au long terme, ça devenait franchement chiant. Surtout que la proximité les contraignait à partager une intimité parfois un peu trop importante. Quand on devait se laver dans un ruisseau en pleine mission après avoir campé dans la nuit en terrain découvert, on ne s'embarrassait pas de pudeur, les femmes en même temps que les hommes.


Raulne se rebiffait et la renvoyait dans les cordes à chaque tentative de sous-entendus sexuels mais cela n'avait jamais rebuté Jenna, au contraire. Plus il ronchonnait, plus elle en rajoutait. A quoi rimait ce petit jeu ? Jenna elle-même ne le savait pas trop. A bien y réfléchir, la perspective de se faire Raulne lui plaisait bien. Si une occasion se présentait, nulle doute qu'elle ne cracherait pas dessus. Mais en attendant, elle s'amusait, tout simplement avec les nerfs du lieutenant. Raulne lui demanda si elle tiendrait le coup et elle le foudroya du regard en lui balançant une remarque bien sentie. Ce dernier lui ordonna alors de la fermer.

Jenna n'a pas pour habitude de s'offusquer du langage ordurier de ses supérieurs et collègues. Elle-même n'aurait jamais obtenu un prix de bonne conduite et de politesse. Si on s'engage dans l'armée, ce n'est pas pour faire des ronds de jambe, loin de là. Alors, le « ta gueule » de Raulne n'a rien de choquant. Simplement une fin de discussion, point barre. Ok, c'est noté. Elle suit le lieutenant et l'attente reprend, insoutenable. L'adrénaline courre dans ses veines lorsque Raulne lui indique ses cibles en lui demandant de les aligner. Elle hoche simplement la tête. Le regard de la sniper est déterminée, froid. Elle irradie, en ces moments-là. On sent que c'est son truc. Elle se place alors en position, quasiment en face des victimes. Soudain, au signal de Raulne, elle tire une balle en plein tête de la première victime puis de la deuxième. Le bruit de l'arme, même avec le silencieux, alerte l'ennemi et Raulne en profite pour les canarder. Jenna n'est pas en reste, elle vise le groupe d'hommes en panique qui s'égaillent comme des moineaux. Un sourire carnassier joue sur les lèvres de la belle. Elle en aligne trois avant d'en viser d'autres. Elle parvient à en aligner quatre avant que la grenade de Raulne ne soit lancé et que ce dernier ne lui tape sur l'épaule avant de lui lancer de courir. Elle ne se le fait pas dire deux fois et se lance dans une course effrénée à travers les sous-bois.

La grenade explose quelques secondes après leur départ. Elle ne s'arrête pas, suivant son supérieur à toute allure. Les poursuivants ne sont pas loin, il faut absolument les semer. Jenna aperçoit vaguement la silhouette de Raulne à quelques mètres devant elle, la nuit vient de tomber, on y voit goutte. Soudain, Raulne saute dans un fossé et Jenna le suit. S'écroulant l'un contre l'autre, le souffle court, elle tente de reprendre sa respiration. Elle retire son casque tandis que Raulne fait de même. La voix murmurée de Raulne lui parvient, à quelques millimètres d'elle. Jenna se sent vivante, pleinement en possession de ses moyens. Plusieurs mèches lui tombent devant les yeux, à moitié collées par la sueur. C'est meilleur qu'un shoot, qu'une partie de jambe en l'air ou de tout ce qu'on peut imaginer. Elle hoche la tête et répond en murmurant :

Pas de casse apparemment. J'en ai buté 7 au total. Mais j'ai estimé leur nombre à une quinzaine environ après qu'on en ait liquidé plusieurs. Les salauds, au moins on a diminué leur nombre. Oui, il faut qu'on retourne en ville mais pour le moment, on ferait mieux d'attendre que ça se soit tassé, ils sont dans le coin et doivent nous chercher. Attendons que les recherches s'arrêtent. Ils penseront qu'on s'est barré et on pourra rentré tranquillement.

Raulne savait que c'était le plus sage mais, l'accepterait-il ? Jenna écarta les mèches qui masquaient ses yeux. Elle sentait le corps du lieutenant collé au sien mais hors de question de bouger. De toute manière, le fossé était étroit et n'autorisait pas un tel mouvement d'éloignement. Bah, ils n'étaient pas si mal finalement, l'un contre l'autre. Le visage de Raulne n'était qu'à quelques millimètres du sien. Si on exceptait un meute de tueurs acharnés dehors, on pouvait penser qu'ils étaient pas si mal. Jenna sentait son cœur reprendre un rythme normal tandis que sa respiration se calmait. Elle tendait l'oreille, on entendait des bruits étouffés de battues, des cris. Ils devaient continuer à les chercher en vain. Elle reporta son attention sur Raulne. Elle lui sourit et murmura :

Moi qui parlais d'intimité tout à l'heure. On dirait qu'on est servi, mon lieutenant, non ? Toujours pas d'envie qui te travaille, tant qu'à passer le temps. Faut juste éviter de faire du bruit si je peux me permettre.

Et le sourire moqueur de Jenna s'afficha une fois de plus sur son visage. Ce visage qui était près, si près de celui de Raulne...





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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Lun 20 Jan - 21:21

    Je n'aime pas des masses voir la fille avec un sourire discret ou non. J'aime pas qu'on se paie ma tête. Cela m'engageait à des réparties assassines la plupart du temps, mais pas quand on parlait de cul. Les choses étaient différentes. Mais cela importait peu, au final. Seule comptait la mission. Bandat pouvait bien faire la mariole si c'était sa manière de gérer le stress, je m'en fichais. Par contre si elle cessait d'être le sniper le plus doué de tout le régiment, ou la seconde après Larquin, là on serait plus copain et je lui botterais le cul au sens littéral, même si pour le coup elle n'y prendrait pas le moindre plaisir, j'en faisais la promesse solennelle ! Bon. C'était pas tout ça mais il fallait encore survivre à cette nuit, alors franchement le feu au cul de mon tireur, je m'en fichais bien c'était pas trop le problème le plus important de l'unité, là. Perdre le chef et le sniper, ça ça l'était. Alors il fallait faire gaffe. C'était pourquoi je la rembarrais durement, maisje savais qu'une dure comme elle allait pas se vexer. Déjà parce qu'on parlait tous comme ça, en tous cas à la troupe, et ensuite parce que je lui casserais probablement la gueule si elle se rebiffait un peu plus. Je suis le chef, je commande. Et en plus, c'est une foutue gonzesse. Alors, si elle sait se vexer à la moindre parole peu engageante... Elle redeviendra ce que tout le monde a pensé d'elle au début. Une foutue pimbêche, une conne capricieuse, bref, une simple pouliche qui est là juste pour la décoration. Pas de respect du aux femmes dans ma chère unité, sinon ça vire au baisodrome, et des mecs se feraient tuer. Alors elle assume, elle est un soldat et pire, l'un des miens. Et elle ferme sa gueule ou je la savate, promis.


    La fusillade de nuit me laissa des persistances rétiniennes, en fleur de sang devant mes yeux. Elles éclosaient à chaque fois que je cillais, et c'était le défaut des balles traçantes, des explosions, des flashs à chaque tir. Heureusement qu'il n'y avait pas eu d'arme d'appuis... Les mitrailleuses nous auraient sans doute couturé le champ de vision de tels phénomènes d'optique et nous auraient ébloui pour de bon. Heureusement il n'en était rien, et nous avions de toute façon l'habitude des arbres et le pied sûr. En quelques minutes, nous distancions l'ennemi. Bandat ne fit pas le moindre faux pas, et il ne manquait plus que je sois en plus impressionné par le fait que cette donzelle sache un peu comment s'y prendre. Elle aussi a bien écouté Comet, qui nous a appris la discrétion. Le principal enseignement quand on œuvre dans une unité de reconnaissance parachutiste... Ca barde souvent, mais dans pas mal d'autres moments faut savoir s'approcher doucement de l'ennemi ou s'en éloigner dans le couvert relatif d'une absence de bruit et d'une bonne utilisation du terrain. Maintenant, on marchait à l'instinct avec Bandat, il faisait trop sombre pour qu'on y voie quoi que ce soit. Une fois à couvert pour de bon dans un espèce de fossé, peut être une vieille rigole d'irrigation ou le lit d'un ruisseau à sec, j'entends la respiration de la fille et la voit enlever son casque. Je ne la réprimande pas ; nous ne sommes plus sous le feu de l'ennemi. Je me rends compte que je tremble, puis frissonne. L'action m'a dérouillé et je me sens vivant, plein de force et de vigueur. Je me sens puissant ; j'ai probablement encore dispensé la mort, et on est tout simplement trop bon pour qu'ils nous retrouvent.


    Nous sommes les fantômes. La fille me dit qu'elle en a buté 7, et qu'ils étaient encore un paquet. Son plan a l'air correct. J'obtempère.



    | On fait ça, mais prends pas trop tes aises. On se barre bientôt. Ces connards ont peut être d'autres copains ou d'autres camps, ils sont peut être beaucoup plus nombreux dans les parages. Alors tu reprends ton souffle de fillette, et si on n'entend plus rien dans dix minutes on lève le camp, ok? |


    Et bien sûr, la fille ne sut pas se retenir et lâcha à nouveau un sous entendu de cul. Pourtant, les choses étaient différentes. Je ne sentais pas ses formes, sa poitrine ou quoi que ce soit d'autre, à cause de sa veste camouflée et de son pare balles, mais je savais ce qu'il y avait là dessous. Je l'avais déjà aperçue. Mais jamais touchée, et jamais vue de près. Une douce chaleur se répandit dans le moindre de mes membres et s'accumula dans mon entrejambe, qui me fit bouger d'inconfort. Saleté. Je la regardais, l'air noir mais pas indifférent.


    | Alors oublies, si un jour je dois te baisser ton froc pour te troncher, crois moi quand je te dis qu'on t'entendra crier mon nom comme une chienne en chaleur. |


    C'est en calmant ma respiration qu'une forte douleur pulse dans ma cuisse. Je baisse la main, la colle contre mon pantalon camouflé reprisé, et retire ma main, gluante de sang. Je jure à voix basse, remets ma main... Estafilade sur le côté. Ca saigne pas beaucoup, mais quand même. Ca risque de laisser des traces et une odeur. Pitié, faites qu'ils n'aient pas de chien. Je relève mon regard dans celui de la fille, goguenard.


    | Putain, je suis un vrai vernis. Mets ta tenue d'infirmière et bandes moi ça, mais n'en profites pas trop, hein. Je sais que je suis putain de bien foutu et tout ce que tu veux mais je morfle, là. |


    tout plutôt que me noyer dans ce regard plein de promesses, blessure superficielle qui me donne une bonne excuse pour ne pas laisser libre cours à mes pulsions.



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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Lun 27 Jan - 0:07

Quand une mission dérape


Naturellement, Jenna se faisait rembarrer. Mais il en fallait plus pour la vexer. Si elle avait dû prendre mal toutes les remarques qu'on lui avait envoyé dans la gueule, elle aurait rendu son treillis depuis longtemps déjà. Jenna n'acceptait aucun manque de respect de ses confrères et elle n'avait pas sa langue dans sa poche, loin de là. Raulne non plus savait qu'elle n'acceptait ses remarques que parce qu'il était un supérieur et qu'elle le cherchait. Mais dans sa carrière, elle n'avait pas hésité à remettre des supérieurs en place. Les femmes n'avaient pas la meilleure place dans l'armée. Soit elles étaient considérées comme des bonnes à rien, des poids morts pour l'équipe. Soit elles étaient prises pour des salopes et harcelées par leur collègues. Mouais, sort peu enviable on vous dit. Mais Jenna avait taillé sa route, à la force du poignet et avait sorti les griffes à la moindre incartade. Elle était connue pour ça. Ouais, elle était une chieuse et fière de l'être. Il y a que comme ça qu'on se fait respecter dans ce milieu. Jenna n'était pas une femme très féminine, l'armée vous empêche définitivement de mettre cette qualité en avant. C'était plutôt une faiblesse. Alors Jenna avait fait une croix sur tout ce qui pouvait rappeler qu'elle était une femme. Mis à part ses cheveux, tout de même. Une fois sniper, elle avait eu la possibilité de les garder longs, quoique obligée de les attacher pour éviter les problèmes sur le terrain. C'était mieux que la coupe en brosse quand on y réfléchissait bien. Mais elle ne pouvait nier non plus ses pulsions. Elle était une femme décomplexée, loin d'être une chaudasse. Oui, elle aimait le sexe et oui elle avait eu pas mal d'amants. Mais elle était plus maligne que cela.

Ils étaient intervenus, sur l'ordre de Raulne et avait causé du dégât parmi leurs ennemis, avant de prendre sagement la fuite. Jenna entendait encore le bruit assourdissant des tirs mais plus que l'audition, c'était la vue qui en avait pris un coup. Enfin, elle avait connu pire. Des traits lumineux s'étaient imprimés sur sa rétine. Ils partiraient avec le temps. Pour le moment, l'urgence était de rester en vie et pour ce faire, de ne pas se faire repérer par l'ennemi. Jenna courrait à vive allure mais parfaitement silencieuse. Elle avait été entraînée par Comet et suivait ses conseils comme la Bible. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le petit plus d'un militaire en terme de survie n'était pas forcément d'avoir une arme sous la main ou de savoir faire du feu. Etre discret, ça vous permettait de survivre dans n'importe quelle condition. Et Jenna était loin d'être une amateur en la matière. Ils distancèrent donc rapidement leurs poursuivants. Courant à perdre haleine, on n'y voyait goutte. Les deux fantômes tombèrent sur une sorte de fossé dans lequel ils glissèrent. Cela arrangeait bien leurs affaires, ils seraient dissimulés à la vue de leurs poursuivants, le temps que ces derniers lâchent l'affaire et estiment qu'ils avaient dû les perdre. Jenna se permit alors d'enlever son casque, puisqu'ils étaient à couvert, ils ne risquaient rien à priori. La sueur perlait sur son front, collant ses mèches de cheveux sur son front. Mais elle se sentait tellement bien. Le sang battait dans ses tempes, sa respiration saccadée soulevait sa poitrine, elle se sentait vivante, fébrile. Elle adorait ce job, vraiment.

Le souffle court, Bandat annonce qu'elle en a tué sept mais elle sait qu'il en reste pas mal, aussi propose-t-elle à son lieutenant de rester planqué, le temps qu'ils se dispersent. Le plan semble convenir à Raulne qui hoche la tête avant de lui répondre par l'affirmative.

A vos ordres, chef. Dix minutes puis on décroche. C'est noté.

Elle ne relève pas le « souffle de fillette », bien consciente qu'il ne s'agit nullement d'une critique. Sans attendre, Jenna reprend le sujet qu'ils ont abandonné plus tôt. Bah, tant qu'à tuer le temps, autant continuer à asticoter Raulne. Ca l'amuse et qui sait, peut-être auront-ils la possibilité de partager un peu de bon temps en attendant de décamper. On peut en faire des choses en dix minutes... Elle plongea son regard dans celui de son supérieur. Elle a parfaitement remarqué que ce dernier se dandine, comme gêné ou mal installé. Est-ce que les paroles de Jenna le mettent mal à l'aise ? Ou est-ce autre chose ? Est-ce une pointe de désir qu'elle perçoit dans ses yeux ? La réponse ne tarde pas, amusant la sniper. Elle ne s'éloigne pas de Philippe, le contemplant de son petit air mutin.

Crier ? Tss, tss, tss. Prétendre ça est bien prétentieux. J'ignorai que tu étais si bon amant. Et je ne suis absolument pas convaincu, sauf ton respect, hein. Je demande à voir.

Son sourire continuait de jouer sur ses lèvres. Lui montrerait-il ? Céderait-il ? Jenna tend l'oreille. On entend toujours les cris et les bruis de la battue qui s'organise. Visiblement, ils vont être bloqués pour un peu plus que dix minutes. Lorsqu'elle reporte son attention sur Raulne, elle aperçoit les doigts du lieutenant teintés de sang. Son regard glisse le long de son corps. Sa cuisse. Une simple estafilade. Mais à bander quand même s'ils ne veulent laisser une piste trop facile à suivre. Raulne lui demande de jouer l'infirmière ? A ses risques et périls. Elle hoche la tête avant de prendre dans son paquetage le nécessaire pour faire un bandage bien propre. Se tournant vers Raulne, elle lance :

Va falloir baisser ton fute. Je te laisse le faire ou tu veux de l'aide?

La question n'en est pas vraiment une et les mains de Jenna dénouent la ceinture de Raulne avant d'abaisser juste ce qu'il faut le pantalon, dévoilant une blessure sur le côté de sa cuisse. Côté interne d'ailleurs. Jenna a vu des choses bien pires, c'est vraiment trois fois rien. Mais il devra certainement être recousu. Coupant des compresses, la jeune femme asperge de sérum phy la plaie et tamponne lentement la compresse le long de la cuisse, se rapprochant dangereusement de l'entrejambe du lieutenant. En même temps, pour une fois, ce n'est vraiment pas de sa faute. Elle ne peut pas faire autrement. Et si ça ne lui plaît pas, il a qu'à se faire son putain de pansement tout seul. Ou à pisser le sang. Au choix. Une fois la plaie bien propre, Jenna pose une compresse sur la blessure et la maintient en place pendant qu'elle bande le haut de la cuisse. A chaque passage de la bande, sa main effleure l'aine du jeune homme. Bon, elle doit bien l'admettre, elle a le cœur qui bat un peut trop vite pour un simple bandage. Et... Elle sent quoi là ???! Un sourire amusé joue sur ses lèvres lorsqu'elle redresse la tête et demande innocemment à Raulne :

Je peux savoir ce que c'est, ça?, déclare-t-elle en désignant la virilité du lieutenant qui semble manifestement se réveiller.





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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Lun 27 Jan - 19:59

    J'écoutais de toutes mes oreilles, aux aguets. Savoir se montrer discret est bien évidemment une qualité à tous points de vue, et plus encore pour des trouves de reconnaissance. Mais cela ne suffisait pas toujours. Parfois, il fallait aussi se motiver à avancer, à rendre les choses plus faciles, et compter sur la chance. Se ranger du côté des probabilités ne suffisait pas ; il fallait en plus savoir accepter et saisir n'importe quelle opportunité au vol. C'était une véritable obligation pour qui voulait rester en vie. Pour le moment, je n'entendais que des bruits diffus. Aucun de ces connards ne s'était approché suffisamment, même si mon instinct me soufflait qu'ils étaient tout autour de nous. Voilà qui ne pouvait aucunement me ravir, mais je faisais bien évidemment avec, comme toujours. Je ne voulais pas perdre l'initiative. Des craquements plus loin sur la gauche, un de ces types oublie sa discrétion en cours de route. A droite, des murmures. Ils sont donc plusieurs en formation regroupée, sinon ils communiqueraient autrement. Quoiqu'il en soit, je ne quittais pas mes chers ennemis de ma concentration, je m'attachais purement et simplement à essayer de dénombrer et d'identifier les emplacements de ceux que je pensais avoir trouvé. Ils étaient au moins quatre à une courte distance, ce qui signifiait la mort assurée s'ils me débusquaient de ce trou à rats. Je ne me laisserais pas faire, bien entendu, et Bandat non plus. Mais quatre de front à courte portée, même pour des mecs qualifiés et compétents comme nous, c'était beaucoup. Et sans compter que tous leurs copains s'étaient probablement dispersés tous azimuts partout autour de notre position, nous compliquant dramatiquement la tâche en cas de lutte ou de fuite. On n'avait pas le choix, il allait falloir attendre et tenir la position. Du coin de l'oeil, je vis Bandat retirer son casque, dévoilant sa tête nue, et je remarquais combien elle était séduisante, là, en tenue de combat mais avec cette féminité à toute épreuve. La fille acquiesce à l'ordre que je lui donne. Dix minutes. Dix putains de longues minutes. L'ennemi pouvait avancer sur une distance importante en aussi peu de temps.


    Son air rebelle accroît la chaleur qui se répand déjà dans mon bas ventre alors qu'elle me met presque au défi de la prendre pour de bon. Sacré nom de nom, elle est sérieuse en plus ! On était avec tout plein d'ennemis autour, et elle pensait encore à s'envoyer son chef d'unité ? Pourtant, avec toutes ces décharges d'adrénaline ressenties depuis que nous avions approché le camp et qui n'avaient fait ensuite que se succéder, je remarquais que mon corps, lui, répondrait bien à l'idée. J'avais besoin d'évacuer toute cette tension, de laisser passer toute cette excitation. Ou je tuais quelqu'un, ou je baisais. A voir. Le premier cas était le plus probable, je ne me voyais pas réaliser le second. C'est bien malgré moi que je ne retiens pas ma pique suivante.



    | Parce que tu penses qu'en la voyant ça pourrait suffire à te faire crier ? Je suis parfaitement équipé, mais quand même! |


    Je souffle ces mots, ne pouvant me permettre maintenant moins que jamais le moindre écart de langage qui me serait vraiment trop préjudiciable. Qui nous serait vraiment trop préjudiciable. On pouvait claquer à tout moment avec autant de méchants dans les alentours. Inutile d'en rajouter, en fait. Tout autour de nous en plus, les gars crient, s'interpellent, avancent. Je surprends ce que je prends pour de l'écho. Mais non. Ces connards sont intelligents, ils font une double ligne. La première avance pour pousser les fuyards à reprendre leur course. La seconde ligne est là pour débusquer. Je ne sais pas qui les commande et qui leur a apprit tout cela, mais le type est doué, méchamment doué même. Bandat hoche silencieusement la tête à mon ordre de me soigner ; elle tire son sac à dos et en retire un kit de soins. La fille me nargue encore mais prends les choses en main. Je me crispe quand elle pose ses mains sur mon ceinturon pour le délier avant d'abaisser mon pantalon. Je note, rassuré, qu'elle ne l'a pas trop baissé, juste assez pour me soigner en fait. Par réflexe, je regarde la longue estafilade dans laquelle on aperçoit mes chairs malmenées. Mon corps se tend à nouveau sous le coup de la gêne pour cette pulsion que je ressens et cette gêne que l'on me touche comme ça, et je regarde ailleurs, pour ne pas qu'elle voie ma gêne. Ses mains sur ma cuisse, qui frolent mon...


    Elle se stoppe et me questionne. Je repose un regard noir sur elle alors qu'elle joue encore à la plus maligne.



    | Je suis en train de me faire tripoter par une belle gonzesse à un endroit un peu sensible, et tu t'étonnes que j'ai une réaction ? Arrêtes ton char, soldat, même si c'était une moche qui me tripoterait ça n'y changerait rien! |


    Erreur. « Même si une moche.... » Ca veut dire que je la considère comme potable, sinon plus. Seigneur, quelle conclusion va-t-elle en tirer? Je soupire. Putain. Maintenant je suis obsédé par ces putains d'idées qui me viennent en tête. Je la regarde et aussi proche, j'ai envie de l'embrasser. J'ai envie de la prendre là, malgré le danger, malgré l'endroit. Je veux l'entendre hurler mon nom, je veux prendre mon pied. Mais un craquement plus proche se fait entendre. Je me crispe à nouveau, posant brutalement ma main sur la bouche de Jenna pour qu'elle ne souffle mot et lui saisis sa main sur ma cuisse. L'homme attend, guette, il ne voit pas notre trou dans le noir, caché par la végétation. Inconsciemment d'abord, je succombe, et remonte la main de Bandat vers mon entrejambe. Fou. Je suis fou. C'est vraiment n'importe quoi cette putain de survie à la con!



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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Sam 1 Fév - 19:56

Quand une mission dérape


Si une fusillade s'engageait, ils n'étaient pas dans la meilleure position. Mais ils étaient les fantômes, des hommes et des femmes surentraînés, qui ne laissaient rien au hasard et qui possédaient une parfaite maîtrise des techniques de survie. Ils savaient comment se rendre invisible. Comment détourner l'attention. On pouvait les prendre pour des magiciens. Leurs talents n'étaient pas usurpé et Raulne ne prenait que les meilleurs dans son équipe. Un gland ne restait pas longtemps de toute manière. Jenna n'avait eu aucun mal à rejoindre le groupe. Elle était une bûcheuse, une nana qui aimait le travail bien fait. Aussi n'avait-elle eu aucun soucis à se plier aux ordres de Raulne. Elle tendait l'oreille à présent, tentant de repérer les salauds qui faisaient leur ronde dehors et qui tentaient de localiser leur position. Elle leur souhaitait bien du plaisir. Jenna avait parfaitement confiance en la capacité de jugement de son supérieur. Il savait pertinemment qu'il ne fallait pas bouger. Jenna respirait doucement, faisant attention à ne pas faire de bruit excessif. Son arme dans son dos, elle n'avait de toute manière pas assez de recul pour la sortir. Et l'idée n'était pas de se faire repérer. La jeune femme était tendue. Elle sentait son cœur battre à tout allure et elle adorait ça. Elle se sentait si vivante... Elle avait retiré son casque. Elle tourna la tête, son attention concentrée sur leurs poursuivants. Il y avait trois ennemis dans le coin sud-est. Quatre autre dans le coin opposé. Ouais, ils étaient mal barrés. Mais ça aurait pu être pire. Au moins, leur planque n'avait pas encore été trouvée. Et Jenna vendrait chèrement sa peau, ça c'était sûr. Elle observa un moment Raulne qui semblait lui avoir jeter un coup d'oeil lorsqu'elle avait retiré son casque. Il avait accepté sa proposition. Et du coup, ils allaient devoir rester ainsi, collés l'un à l'autre, pendant dix longues minutes.

Jenna souriait et elle ne tarda pas à continuer ses provocations. Après tout, ils ne pouvaient pas sortir, son cœur battait encore rapidement dans sa poitrine. Alors, pourquoi pas ? Elle n'aurait pas dit non. Et Raulne non plus semble-t-il. Amusant. Serait-il sur le point de craquer ? Le sourire de Jenna s'accentua. La tension qui été née en eux ne demandait qu'à sortir, à s'exprimer. Elle avait conscience que l'adrénaline était le meilleur des aphrodisiaques. Elle plongea son regard dans celui de Raulne. Ce dernier lui lança une remarque qui la fit sourire. Trop bien équipé ? Elle ne se rapprocha pas plus mais se contenta de répondre en un murmure :

Je ne crois que ce que je vois. C'est mon petit côté scientifique.

Sa voix n'a été qu'un sifflement, évidemment. Ne pas se faire repérer, même en badinant, Jenna est une femme qui a la tête sur les épaules. Mine de rien, un sacré bordel s'est installé dans la forêt. Ils pourraient parler à voix haute que personne ne détecterait le son de leur voix. Mais mieux vaut ne pas tenter le coup. Jenna entend des voix qui se répondent et elle comprend rapidement que les poursuivants ont formé deux lignes. Salauds mais pas débiles, les gars. Bah, ils n'ont aucune chance de les trouver mais cela va durer plus que dix minutes vraisemblablement. Jenna reporte son attention sur Raulne. Ce dernier lui ordonne de le soigner. Jenna ne se fait pas prier -après tout, c'est un ordre, non?- et s'exécute. Elle est d'une grande douceur. Elle n'est pas médecin mais elle a reçu une formation de base en premiers secours. Indispensable à tout militaire lâché dans la cambrousse sans repère ni toubib. Ou quand le toubib se fait flinguer. Ses mains frôlent l'intimité du lieutenant mais Jenna ne frémit pas. Elle garde cependant le regard fixé sur les plaies de Raulne. Finalement, elle ne se retient plus et lâche une remarque coquine et maligne, pleine d'ironie sur l'état du lieutenant. La réponse a le don de l'enchanter. « Une belle gonzesse », hein ? Le sourire malicieux de Jenna s'accentue encore. Il semble furieux de s'être fait prendre et de lui avoir fait un compliment. Elle sourit et lui répond :

Je vois. Réponse purement réflexe. Dommage.

Jenna savait que jamais il ne céderait et en cet instant, elle le regrettait réellement. Ils allaient peut-être se faire tué et elle n'aurait jamais eu l'occasion de sentir la peau de Raulne, de goûter à son corps. Un bruit la fit frémir. Quelqu'un. Qui s'approchait. Jenna sentit soudainement la main de Philippe s'abattre sur sa bouche tandis que son autre main s'emparait de la sienne. Elle resta parfaitement immobile tandis qu'ils tendaient tous deux l'oreille. Ouf, l'homme était reparti et ne les avait pas vu. Ce fut lorsqu'elle reporta son attention sur son supérieur qu'elle se rendit compte que Raulne avait remonté sa main près de son entrejambe. L'inconscient semblait partant. Elle ne dit rien -pour une fois- et plongea son regard dans celui de Raulne. Et soudain... Elle plaqua ses lèvres sur celles de Philippe, avec passion. Ca y est, elle avait clairement pété une durite. Mais elle ne comptait pas s'arrêter. Sa main était toujours près de l'intimité de Raulne et la caressait doucement. Sa langue chercha sa consoeur et commença un ballet endiablé. Tout cela en silence bien sûr...





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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Dim 2 Fév - 17:48

    La jeune femme sourit, satisfaite de ce que je lui dis. De toute évidence, elle est ravie de mon compliment bien involontaire, et pire encore elle le prenait comme un réflexe de ma part. Je me fustigeais mentalement, ça devenait vraiment n'importe quoi tout ça. La belle plonge son regard dans le mien et le temps semble s'arrêter, alors que nous sommes collés l'un à l'autre malgré tout l'équipement que nous trimballons. C'est dangereux. C'est brutal, presque, et elle confirme l'avancée qu'elle opère en venant plaquer ses lèvres contre les miennes, possédant mes lèvres et créant une brèche pour sa langue qui vient chercher la mienne. Sa main se met à caresser mon intimité, visible malgré mon caleçons. Je me crispe, alors que j'entends toujours le souffle du mec au dessus, mais répond aux baisers de la jeune femme avant même de m'en rendre compte. Je mêle ma langue à la sienne, la caressant, tandis que nos baisers s'espacent ; je ne veux pas tomber à bout de souffle alors que j'entends toujours celui du connard au dessus de nous. D'ailleurs, celui ci s'éloigne. Je me stoppe, me rendant compte de ce que je suis en train de faire. Je la repousse doucement, pris d'un tenace sentiment de dégoût envers moi même. Eléanore était en ville, en train de m'attendre. Et moi, ici dans un trou, je suis en train d'embrasser Jenna. Mon regard s'attarde sur ma subordonnée. Elle est belle, elle a un regard de braises. Le type s'éloigne encore. La battue continue. Je sens qu'elle va dire quelque chose, alors je pose ma main sur sa bouche.








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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Jeu 6 Fév - 23:07

Quand une mission dérape


C'est ce qu'on aurait pu appeler un dérapage. Et il n'avait absolument rien de contrôlé, loin s'en faut. Le jeu approchait de son paroxysme et ne demandait qu'à dégénérer. Le compliment de Raulne avait fait sourire Jenna tandis que ce dernier s'était d'autant plus renfrogné. Leurs regards se perdaient l'un dans l'autre, s'appelaient et se cherchaient. Le désir était là, palpable. Leurs deux corps proches, si proches, malgré leur barda. Ce fut Jenna qui rompit l'infime distance qui séparaient encore leurs lèvres. Le baiser était passionné mais d'une relative douceur. Elle craquait, mais grave. Raulne aurait pu réagir violemment, la virer et lui promettre un bon coup de pied au cul pour un tel outrage mais il n'en fit rien. Au contraire, ses lèvres répondaient aux siennes tandis que sa langue entamait un ballet sensuel avec celle de la jeune femme. Une douce chaleur montait dans le corps de Jenna. Bien sûr, la sniper reste parfaitement consciente de l'endroit où elle est. Un ennemi en haut du talus, qui ne les a pas repéré pour le moment. Et elle ne compte pas oublier que, même si elle pense à autre chose, ils sont en mission, que le danger est là et qu'il ne s'agit pas de faire du bruit. Mais soudain, tout s'arrête. Raulne la repousse un bref instant, après avoir rompu le baiser. Jenna rouvre les yeux, cherchant légèrement son souffle. C'est terminé. Elle a joué, elle a perdu. Raulne n'est pas intéressé et a clairement posé les limites à ne pas dépasser. Mouais. Clairement posé pour mieux les enfreindre. Un instant plus tard, sûrement alerté par un bruit, il plaque sa main sur la bouche de Jenna.








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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Dim 9 Fév - 19:21




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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Dim 9 Fév - 23:32

Quand une mission dérape









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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Lun 10 Fév - 20:37






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MessageSujet: Re: Quand une mission dérape [Livre I - Terminé]   Sam 8 Mar - 15:20

Quand une mission dérape





Si elle voulait être réellement honnête, cette partie de jambe en l’air était tout ce qu’il y avait de réussi. Oh, bien sûr, pour le romantisme et la douceur, on repassait. Mais ce n’était pas un problème en soi. Elle remit son casque sur sa tête. Raulne lui donna ses instructions pour le reste du parcours. Et le reste de ses paroles eut le don d’exaspérer Jenna. Ok, il était son supérieur. Mais sa façon de la traiter ne lui plaisait pas. Elle ne s’attendait absolument pas à ce qu’ils roucoulent par la suite. Mais sa façon de répéter qu’elle ne devait en parler à personne l’exaspérait. Il la prenait pour qui ?! Une pimbèche qui allait raconter à sa meilleure copine qu’elle s’était envoyée le lieutenant ? Soit il ne la connaissait pas, soit il voulait lui faire mal. Mais elle était plus forte qu’il ne croyait. Elle le toisa de bas en haut, avec un sourire ironique.

Bien noté pour le couteau, lieutenant. Quant au reste, aucune inquiétude à avoir, pour que j’en parle, il aurait fallu que ça vaille le coup.

Ouh, la vilaine menteuse ! Evidemment que ça valait le coup, et de loin. Mais jamais elle ne l’aurait admis. Pas après ce qu’il venait de lui faire. Ceci dit, elle détourna le regard de Raulne et s’apprêta à faire mouvement hors du fossé pour rejoindre au plus vite et silencieusement la ville.





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