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MessageSujet: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Jeu 12 Déc - 23:25

Petite visite matinale




J’étirais le bras et cherchais à tâtons le vieux réveil au mécanisme ancien. Cette petite chose que j’aurais pu trouver ridicule avant la guerre me paraissait génial maintenant que les piles étaient une denrée rare ! Bref, je le cherchais car sa sonnerie me vrillait les oreilles. Avec un soupir, je me redressais et me penchais pour attraper la source sonore… Exercice dangereux au réveil puisque je manquais de me casser la figure du canapé déglingué se trouvant dans ce qui faisait office de salle de repos pour le personnel. Car oui ! J’étais à la clinique et j’avais trouvé qu’il était inutile que je rentrer dormir à l’hôtel à 4h du mat’. Mais quoi de plus normal quand on voyait la chambre que je louais… Et de plus, le couvre-feu était toujours d’actualité alors je n’avais pas envie de prendre le risque de me faire descendre.
Bref, je me rattrapais de justesse et m’asseyais pour observer les fines aiguilles dorées m’indiquer qu’il était six heures. Je m’étirais ensuite longuement en baillant, me levais et rangeais cette petite antiquité merveilleuse dans mon casier que je refermais. Je me passais un peu d’eau sur le visage et observais mon reflet… J’avais bonne mine pour quelqu’un qui n’avait dormi que deux heures mais je devais reconnaître que la journée de la veille n’avait pas été épuisante. Sachant que les premiers patients n’arriveraient pas avant une bonne demi-heure je me décidais à me faire un café soluble. Je fis chauffer l’eau et la versais frémissante sur la poudre noire lorsque l’infirmière entra dans la petite salle pour me dire qu’un militaire était là. De suite je pensais à mon frère et mon cœur s’emballa. Heureusement, elle rajouta qu’il s’agissait d’un simple suivi et cela me rassura. Cependant, cela ne voulait pas dire que si c’était mon cadet ou non et la femme n’avait pas pris le dossier avec elle. Je hochais la tête en lui disant simplement
« Merci de m’avoir prévenu… J’arrive ! »

J’enfilais donc une blouse blanche sur laquelle j’épinglais mon badge nominatif et sortais de la pièce en délaissant, malheureusement, mon semblant de café ! Dès que j’arrivais dans la salle d’attente je constatais qu’il ne s’agissait pas de mon frère et je pensais de manière non-professionnelle que j’aurais pu boire mon café au final. Cependant, je me saisissais du dossier et regardais le nom… Cela me disait quelque chose mais je ne savais pas où est-ce que j’avais pu l’entendre. Sûrement mon frère avait-il évoqué le patronyme de Raulne à un moment ou un autre. Aussi, je m’approchais du militaire en uniforme tout en lisant son dossier. Il s’agissait d’un suivi post opératoire après avoir reçu deux balles… Une fois assez près, je remarquais que je l’avais déjà aperçu à plusieurs reprises et qu’il s’agissait, si je ne me trompais pas, d’un gradé.
Je refermais le dossier et observais brièvement le grade sur l’uniforme avant de prendre la parole…



- Bonjour Lieutenant Raulne ! Je suis le docteur Reh, je vais me charger de votre suivi post opératoire. En prononçant ces paroles je lui tendu la main avant d’ajouter. Je vous laisse me suivre !


J’avais été très professionnel et avait dissimulé mon léger mal être à la perfection. Pourquoi étais-je dans cet état intérieurement ? Parce que je ne savais quel était le point de vu général des militaires à l’égard des réfugiés. Et encore, je n’étais pas le plus à plaindre vis-à-vis de ce statut puisque mes compétences apportaient une aide indéniable à la communauté.






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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Sam 14 Déc - 12:40

    Je m'étais levé tôt. Cela faisait quelques jours maintenant que la terreur de la tempête s'était retirée de Louisville, et que le cauchemar qui était inextricablement lié à cette situation s'était dissipé. Enfin dissipé... C'était un bien grand mot, parce que tout ce qui s'était su à la fin de cette désastreuse journée avait jeté un froid terrible sur la ville et sur ses habitants. Ses survivants devrais je dire plutôt. Survivants, parce que ces gens avaient réchappé pour quelques mois d'un grave incident nucléaire, qui avait tourné en conflit mondial et généralisé. Il fallait bien préciser que les choses n'avaient fait que se déconstruire au fur et à mesure, que les difficultés n'avaient eu de cesse de se renforcer. A ce propos, il fallait préciser que les louisvillois s'en sortaient bien mieux que je ne l'avais escompté de prime abord ; il y en avait eu beaucoup parmi eux qui avaient réussi à ne pas se laisser succomber à des tendances xénophobes, et la pacification des relations avec les réfugiés s'était peu à peu instaurée dans tous les esprits. Peut être parce qu'avec tout ce qu'il nous était tombé dessus ; bombardements, assauts, fusillades, émeutes, pénuries, nous avions finalement saisi que nous ne pourrions nous en sortir qu'en conservant une certaine unité, qu'en restant ensemble face à l'adversité. Si le nombre de personnes en ville induisait une diminution rapide des ressources à notre disposition, ce n'était pas forcément un mal dans le sens où cela posait moins de problèmes de partages ; il n'y avait tout simplement plus grand chose qui ai de la valeur à échanger, et la discorde diminuait donc en ville. Je m'tais réveillé ce matin avec des douleurs un peu partout dans le haut du dos et la clavicule qu'un chirurgien m'avait presque entièrement reconstruite. Suite à la dernière attaque subie par la ville, il avait fallu faire un choix, et javais fait celui de la défendre plutôt que de préserver mon effectif. Cela m'avait coûté des soldats de valeur, et j'avais moi même été durement touché par les cruels projectiles de l'ennemi. Une jambe lacérée par un obus de mortier, mon dos écorché en partie, ma clavicule détruite. Sale affaire, qui m'avait mis out pendant plusieurs semaines. Mais là, j'avais mal. Je me rendais donc au point du jour à la clinique pour obtenir quelque soin qui soit susceptible de me soulager.


    Lorsque j'arrivais, on me fit attendre, ce qui me fit grogner dans ma barbe naissante. Un grand type inconnu vint me voir, et je crus que j'allais halluciner. Putain de merde. Docteur Reh. C'était pas possible, ce cancrelat avait donc un frère ? Impossible à imaginer ! C'était quoi ce bordel, merde ! Je le suivais, suspicieux. Allait il me faire mal exprès ? Ce serait bien le genre de son taré de frangin, après tout!



    | je ne vous connais pas Docteur. Où est passé l'ancien ? Et vous mêmes, vous avez quelque chose à voir avec Alexandre Reh ? Ne me dites pas que c'est une coïncidence..; |



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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Sam 18 Jan - 0:38

Petite visite matinale




La nuit avait été courte… aussi voilà pourquoi j’aurais apprécié boire mon café, enfin ce qui semblait en être un, avant d’ausculter mon premier patient. Cependant, le fait que l’infirmière ait précisé qu’il s’agissait d’un militaire, je n’avais pu m’empêcher de quasiment me précipiter en salle d’attente. Non pas que je souhaitais faire passer les militaire en priorité mais il pouvait s’agir de mon frère ! Cela ne m’aurait pas étonné puisque je ne connaissais que trop bien son talent à s’attirer des ennuis. Par le passé, se faire des ennemis pouvait parfois être dangereux, mais de nos jours ce risque était plus qu’augmenter… Voilà pourquoi je fus soulagé de constater que mon patient n’était pas mon cadet mais un autre gars en uniforme ! Ses nom et prénom me dire immédiatement quelque chose sans que je n’arrive à savoir pourquoi. J’avais rarement parlé à des militaires et l’homme qui patientait ne me disait absolument rien. Il était donc évident que mon frangin avait du me parler de ce type… Mais concernant quel sujet ? Impossible de m’en souvenir. Je ne cherchais pas à trouver une réponse et me décidais à jeter un coup d’œil au dossier…
Il s’agissait d’un suivi postopératoire mais ce dernier ne concernait pas une blessure mais deux… enfin trois si on incluait le dos qui avait été écorché d’après ce qui avait été écrit noir sur blanc. Je vérifierais donc comment se déroulait la cicatrisation de tout ça mais en attendant je m’étais approcher du patient pour me présenter et le saluer. Le militaire ne serra pas la main que je lui avais tendue et prit la parole sur un ton qui me sembla suspicieux, ce que je ne compris pas. Il me demanda ce qu’était devenu l’ancien médecin et ce qu’il ajouta ensuite eu le don de me stresser. Est-ce que j’avais quelque chose à voir avec Alexandre Reh ?
« Euh… Oui, oui c’est une coïncidence ! … … … Non ! J’peux pas dire ça. C’est mon frère ! Quoiqu’il ait encore pu faire ! ». Cette pensée m’apporta un indice qui me confirma que ce type ne devait pas être du même avis que Sam concernant mon petit frère. Mon cadet m’avait avoué avoir désobéi à un de ses supérieurs, en avoir frappé un… et ce type était lieutenant ! Je retins un soupir en imaginant déjà la suite qui n’était sûrement pas pour me plaire et répondit de manière professionnelle et chaleureuse comme si de rien n’était.


- J’ai commencé il y a peu, même si j’ai déjà aidé à plusieurs reprises avant ça, expliquais-je. Concernant l’autre médecin, je ne suis absolument pas au courant. Je marquais une pause, hésitant quelque peu à répondre à la deuxième question qui m’avait été posée par mon patient. Alexandre est mon frère cadet, avouais-je, c’est justement en tentant de le retrouver que j’ai atterri ici. Il a la fâcheuse tendance à s’attirer des ennuis et je tente souvent de rattraper ses c#nneries.


« Quand c’est possible ! » J’avais tut la fin de mes pensées car l’une des dernières c#nneries de mon frère avait couté la vie d’un gars. Et la mort était irréversible !
Je faisais donc en sorte de ne pas m’attarder sur mon cadet et reprenais la parole en indiquant la salle de consultation sur ma droite. La porte de cette dernière était déjà ouverte…
« Je vous laisse entrer dans cette pièce ». Une fois mon patient et moi-même à l’intérieur, je fermais la porte avant de pouvoir parler à l’abri des oreilles indiscrètes.


- Je vais d’abord vous laissez m’expliquer comment se passe votre rétablissement, en me précisant si vous vous êtes senti fiévreux, l’intensité des douleurs et leurs fréquences… expliquais-je. Ensuite, je vérifierais la cicatrisation.






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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Jeu 23 Jan - 19:45

    Je le voyais partout. J'avais de plus en plus l'impression d'être la victime inconsciente d'une espèce de complot, comme dans les vieux films flippants ou certains dessins animés, ou le type est obsédé par un autre qui lui rend la vie impossible. Bien sûr, je force le trait. Reh est loin de me rendre la vie impossible. J'ai encore quelques dizaines d'hommes sous mes ordres. Bien trop peu pour faire quelque action offensive, mais bien assez pour ne pas avoir à tous les avoir sur le râble pendant la majorité des journées. Cela ne signifiait pas, bien sûr, que sa présence ne m'emmerdait pas ; c'était même plutôt tout le contraire. Mais sans que je traîne dans ses pattes il semblait en mesure de faire son boulot. Je n'allais donc pas nous pourrir mutuellement l'existence par une présence et une surveillance de tous les instants, et certainement pas non plus par plaisir sadique. Pas le genre de la maison, désolé ! Le type que je voyais aujourd'hui semblait un petit peu hésitant, comme s'il me reconnaissait à moitié mais sans savoir retrouver où dans ses souvenirs il avait pu me croiser. Bienvenue au club, mec, j'espère vraiment que t'as rien à voir avec ton frangin ! Le type lisait mon dossier en approchant. Encore un docteur mamour de mes deux, un bellâtre qui a fait médecine pour troncher de la nénétte bien fraîche. Je n'étais pour lui que le dossier suivant. Et non, je ne me rendais absolument pas à quel point toutes ces pensées que j'avais en tête pouvaient être malsaines, nauséabondes même. J'étais fatigué et sans solution, et cela suffisait à faire de moi un gars vaguement irritable. Le type semblait surpris que je refuse la main tendue. Peu à peu, il semblait comprendre quelque chose, mais quoi ? Il reprit son attitude chaleureuse et avenante du bon médecin gentil. Ce qu'il n'était pas, j'en étais sûr maintenant. Le type me dit qu'il a commencé récemment, et qu'il ne savait expliquer le remplacement. Il poursuivit en m'affirmant que le Reh que je connaissais était son petit frère. Super, john, prends tes tickets on va aux maldives ! Bordel... J'eus un petit rire jaune quand il m'expliqua devoir réparer les conneries du frère.


    | Ah ouais, je vois. Alors lui me cogne dessus et vous vous me réparez mes bobos ? Sens de la division du travail sympathique dans la famille. |


    Ok, j'agressais à moitié ce type qui par ailleurs semblait plutôt cool, et disposant d'un certan recul sur les agissements de son frangin. Tant mieux. Celui là n'était peut être pas totalement à jeter. Bref, je suivais la direction proposée par le gentil docteur pour aller dans une pièce d'auscultation. Je soupirais en m'asseyant, tandis que le gars me demande de détailler ma vie.


    | Fièvreux, sans doute, mais je dors et mange peu. Et pour des raisons évidentes, je suis stressé. Je me fais pas trop de souci pour ça... |


    Ouais, je suis docteur maintenant.


    | Pour les douleurs, la dernière fois que ça m'a pris... |


    ... Je tronchais une beauté blonde sur mon bureau.


    | C'était plutôt intense. |


    Comme cette putain de partie de jambes en l'air.


    | Ca me tire constamment et ça me bloque pour certains mouvements. J'ai du mal à me relever rapidement ou à ramper. |



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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Lun 3 Fév - 0:15

Petite visite matinale




Il était complètement faux de dire que les gens n'avaient jamais de préjugés et même cette fichue guerre n'avait pas changé ça. J'avais toujours eu du mal à obtenir une opinion positive de la part des personnes qui avaient en premier lieu eu le "privilège" de rencontrer mon frère ! Il faut dire qu'il parvenait tellement facilement à se faire détester que cela n'avait rien d'étonnant que des préjugés naissent quand j'annonçais qu'il était mon frère. C'est d'ailleurs pour cela que je précisais que j'étais souvent amené à réparer ses conneries. C'était rarement possible mais je ne le précisais pas !
Je ne fus donc pas surpris d'apprendre que le militaire connaissait mon cadet qui l'était aussi. Je constatais aussi que mon patient devait être un de ses supérieurs aux vues de son grade et je craignais donc le pire. Mon frère pouvait avoir un caractère insupportable et j'espérais, tout en sachant que je rêvais, qu'il parvenait à obéir aux ordres de ses supérieurs sans se faire remarquer. Le rire teinté d'ironie de mon patient ne présageait rien de bon et ses paroles me le confirmèrent. Voilà pourquoi le nom de mon patient me disait quelque chose ! Il était celui dont mon frangin m'avait parlé en me disant qu'il l'avait frappé. Je poussais un léger soupir blasé... Il n'y avait plus qu'à espérer que mon frère ne se soit pas mis à dos toute la ville ou sinon, dans le cas où il l'aurait fait, j'espérais qu'il n'aurait pas mentionné son patronyme. Je refermais donc le dossier...



– Je comprends mieux pourquoi votre nom me disait quelque chose alors ! Mon frère m'a parlé de ce... problème, dis-je en observant le militaire. Je marquais une pause ne me rendant que je n'avais pas plus d'information. J'aurais aimé en apprendre plus mais interroger mon patient n'était pas une bonne idée. J'imagine qu'il n'avait aucune raison de faire ça ! Il est tellement impulsif... Enfin, je ne suis pas ici pour parler de mon frère mais pour m'occuper de mes patients, ajoutais-je simplement.


Afin que la conversation ne s'attarde pas trop sur mon frangin je demandais à mon patient de me donner des informations sur son rétablissement. Non pas que j'avais honte de mon cadet mais je n'étais pas certain d'avoir envie d'entendre tous mes patients me dire qu'Alexandre était un c#nnard instable.
Le militaire m'expliqua donc qu'il se sentait fiévreux et stressé mais que cela était normal... Il n'était pas médecin mais il avait raison sur ce point. La situation dans laquelle nous nous trouvions n'était pas faite pour aider. Je notais cependant ses propos dans son dossier et l'examinais quand il me parla de la douleur intense. J'inscrivais tout ça en prenant soin de le rendre immédiatement visible. Je quittais ensuite le dossier des yeux !



– Vous faisiez quelque chose en particulier lorsque la douleur vous a pris, demandais-je en l'observant. Je marquais une pause. Après, je dois dire que je serais censé vous recommander du repos et le moins d'effort possible... Mais j'imagine qu'en tant que militaire vous allez me dire que c'est impossible !


Mon frère m'avait bien balancé qu'il n'avait pas le luxe de dormir comme il l’entendait à cause des rondes et tout ça... J'imaginais qu'un de ses supérieurs me sortirait également un truc du genre ! Cependant, il fallait que je trouve une solution pour que ce patient se remette de la meilleure façon et le plus rapidement possible.






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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Mar 4 Fév - 20:45

    J'avais horreur des hôpitaux. En fait, ils me rappelaient constamment la vulnérabilité humaine et la seule constante qui nous affectait tous. La mort, sous ses innombrables formes. Je n'aimais pas cette vision misérabiliste de notre destinée à tous, et j'aimais encore moins que cela me renvoie à ma propre vulnérabilité. J'avais eu de la chance que la blessure qui m'avait été infligée n'avait pas été mortelle et qu'on avait encore un peu de fournitures médicales ; l'endroit était nationalement reconnu pour opérer et accompagner au mieux les traumatismes physiques, après de multiples fractures osseuses ou des drames physiologiques bien plus graves et bien plus profonds. Un toubib du coin m'avait reconstruit la clavicule avec des techniques que le butor moyen comme moi trouverait quasi-divines, tandis que la chose était parfaitement fonctionnelle même si elle me faisait parfois un mal de chien. Dans tous les cas, je ne m'inquiétais pas outre mesure. Je préférais encore souffrir et être en vie qu'être resté dans cette pâture pourrie, couvert de terre et de sang à sentir que la vie peu à peu m'échappait. Quoiqu'il en soit, mon côté toujours chieur me permettait d'affronter la situation avec classe. Plutôt que de m'en vouloir pour m'être mal mis à couvert, je préférais en vouloir au médecin. Ouais, il m'avait reconstruit le truc et je pouvais encore être bon pour le service actif. Mais j'avais mal. D'une manière ou d'une autre, il avait mal fait son boulot et il n'avait donc pas, comme tous les médecins, à souffrir du syndrome de Dieu. Je souris pour moi même quand je me rendais compte que la direction que prenait la conversation ne semblait pas super plaire à ce toubib là, ce docteur Reh. Raie. Raie du cul. J'avais toujours trouvé un surnom à chacun de mes toubibs dans le plus pur esprit de défiance du sale gosse qui considère qu'il n'est jamais malade et ne mérite jamais sa visite chez le médecin. Le toubib soupira de lassitude quand je lui dis mon nom. Ah, tiens, il avait bel et bien entendu parler de moi. Est ce que son taré de frangin considérait qu'il était trop tard pour redresser la situation ?


    Je souris d'un air mauvais quand le type me dit que son frère avait effectivement mentionné un « problème » bien particulier avec moi. Ah, a priori, il s'est même vanté de m'avoir cogné. Sale con. Tu perds rien pour attendre. Cela dit, heureusement que t'es là. Je me fais moins chier. Même si je cracherais pas sur des vacances. Saloperie de temps perdu.



    | Oh si, dans son esprit de taré il avait toutes les bonnes raisons. Je vais vous dire, Docteur, que votre frère est un original. Il est le seul militaire qui a dépassé les classes qui refuse encore d'obéir à des ordres. En fait, je crois que vous devriez le suivre, sérieusement. Non mais c'est vrai. Je pense qu'en temps normal c'est déjà un connard arrogant, mais là, tout ce qu'on a dû faire... Il a pas dû supporter et est devenu encore plus con. Si j'avais le choix, je le changerais d'unité, mais je peux pas. Alors vous allez devoir jouer de votre influence de toubib et de frère pour jouer au psy et remettre les choses en place. Au moins un minimum. Sinon il va faire tuer quelqu'un. Ou lui même, ce qui ne me gênerait pas outre mesure mais le type qu'il est sensé couvrir mourra pas longtemps après. Je vous demande pas un miracle, juste au coup de pouce. |


    J'étais particulièrement fier de mon idée, de si bon matin!


    | On dirait que cette journée va pas être si pourrie finalement! |


    Je me demandais ce que je pouvais bien dire au médecin. Par réflexe, je mentais. Très mal, car pris au dépourvu.


    | Euh ouais je... je réparais ma chaise de bureau. Une saloperie de vis s'était barrée. Et vous savez, en ce moment, je fais plutôt pas mal d'effort physique mais bon.... |


    Ne penses pas aux seins d'Eléanore, ne penses pas aux seins d'Eléanore, ne penses pas aux seins d'Eléan....






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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Mer 12 Fév - 16:14

Petite visite matinale




J'espère que je n'aurais pas la malchance d'avoir trop souvent des supérieurs ou collègues de mon frère comme patients mais je ne faisais que rêver éveillé. Les militaires étaient inéluctablement les premiers blessés et il ne me restait plus qu'à espérer qu'Alexandre ne se soit pas fait que des ennemis parmi ses alliés. Cette pensée me fit soupirer ! Il fallait qu'il arrive à se faire apprécier... sinon, comment pourrait-il faire sur le terrain s'il venait à avoir besoin d'aide ! En temps de guerre on préfère aider les personnes que l'on apprécie avant les autres. Et moi, je n'étais pas militaire...
*Non, tu n'es absolument pas militaire mon pauv' Manu !* C'est à cette pensée qu'une idée plus ou moins débile me vint à l'esprit. En temps normal il y avait des médecins militaires qui se déplaçaient avec les troupes lors de leurs missions mais y'en avait-il ici ? J'en doutais car c'est pour cela que j'avais été appelé à la clinique ! A moins que le ou les médecins militaires aient été trop occupés avec les troupes. Sans trop réfléchir, ce qui était assez rare de ma part concernant un tel sujet, j'allais interroger mon patient. Mais ce dernier fut plus prompt à reprendre la parole et cela me fit garder le silence.

D'ailleurs, je l'écoutais attentivement me parler de mon frère d'une manière assez désagréable à entendre mais tellement vraie quand on le connaissait ! Cependant, je notais que tout n'était pas mauvais dans ce que disait le lieutenant au sujet de mon frère. Je fixais mon patient lorsqu'il me disait qu'il faudrait que je fasse de mon mieux pour éviter qu'un drame n'arrive par la faute à mon cadet ou pire que lui-même soit touché.
Je détournais le regard quelques secondes...
*Facile à dire... Mais on parle d'Alex là ! Un petit c#n buté trop sûr de lui...* Mes pensées restèrent silencieuses tandis que je reportais mon attention sur l'homme qui venait de demander un coup de pouce.


- C'est pour ça que je suis ici à vrai dire... J'ai tout fait pour retrouver Alex avant qu'il ne fasse trop de conneries et se mette trop de personnes à dos, avouais-je. Enfin, c'est pas une réussite vu les échos que j'ai entendu à son sujet ! Je repensais aux paroles de la sublime Eléanore et soupirais. Mais je ferais de mon mieux pour contenir sa... sa c#nnerie ! Désolé, je vois pas de mot plus approprié.


Je ne compris pas de suite ce que déclara ensuite le lieutenant au sujet de cette journée qui s'annonçait... Puis je saisis légèrement et c'est alors que mon idée me revint à l'esprit. Est-ce qu'ils avaient besoin de médecin sur le terrain ?


- Les journées de ce genre sont rares, autant en profiter ! répondis-je. Je me posais une question concernant les militaires et leurs missions. Je ne sais même pas si vous pouvez y répondre mais autant demander... Lors de vos missions est-ce que vous avez du personnel médical accompagnant ?


Est-ce que je m'inquiétais pour les militaires qui protégeais la ville ? Pas vraiment... mais pour mon frangin oui ! Si j'arrivais à le surveiller de plus près cela ne serait-il pas mieux ? De mon point de vue la réponse était oui alors que je savais d'ores et déjà qu'Alexandre s'arracherait les cheveux s'il avait connaissance de l'idée qui venait de germer dans mon cerveau.

La conversation se porta ensuite sur la santé et le rétablissement de mon patient. J'arquais un sourcil lorsqu'il répondit à ma question d'une manière assez étrange. Il avait parler d'une douleur intense et ce qu'il faisait lorsqu'elle était arrivée me parut absurde. Je ne pus dissimuler un léger sourire ! Soit il avait oublié, soit il mentait et mon choix se portait sur la deuxième option.
Cependant, je ne cherchais pas à en apprendre plus mais je connaissais déjà le genre de situation que l'on ne voulait pas forcément aborder avec son médecin, encore plus si ce dernier était un total inconnu. Je notais que la douleur intense était survenue à un moment que le patient n'arrivait plus à se remémorer dans le dossier et reprit la parole.



- En réparant une chaise de bureau ! répétais-je avec l'esquisse d'un sourire. Ce devait être une sacrée chaise puisque vous avez parlé d'une douleur intense. Je marquais ensuite une pause. Bref, je me doutais que vous alliez me répondre que vous n'être pas du genre inactif. Ce qu'il va falloir faire c'est vous ménager dès que vous le pouvez et surtout faire en sorte que la cicatrisation se fasse le plus rapidement possible. Est-ce que vous pourriez me montrer vos cicatrices que je me fasse une idée de l'avancement de votre rétablissement.


Tout en parlant, je réfléchissais au stock que nous avions à la clinique. Il fallait que je trouve de quoi permettre à mon patient d'exercer son métier ''ou de réparer des chaises'' sans que des douleurs viennent le déranger.






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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Jeu 13 Fév - 20:05

    Malgré l'heure précoce, je suis désormais parfaitement prêt, parfaitement réveillé. Un peu de colère, d'anxiété et aussi de... Besoin de discrétion, m'avaient finalement permis de me concentrer pleinement à ce que j'étais sensé faire. La perspective aussi d'emmerder un peu Reh, pas lui, l'autre, me plaisait aussi énormément et je me sentais bien plus frais et immensément plus gaillard qu'au réveil. Cette journée allait peut être, contre toute attente, s'avérer positive ou en tous cas pleine de surprise. J'avais tout de suite beaucoup moins envie de frapper sur quelqu'un, d'insulter des gens ou de renverser un ersatz de café brûlant sur un malade. Et quand je deviens moins violent dans ma tête, tout vas bien. Je sentais que le docteur était blasé et je ne pouvais clairement pas lui jeter la pierre pour ça puisqu'il devait remettre sur pied, au sens figuré, un type avec qui son frère s'était fighté. Connaissant le loustic, ça devait pas être la première fois que ce frangin là devait payer les pots que l'autre avait cassé. J'en serais pas du tout étonné, pour ma part. Je me demandais, tiens, si Reh avait essayé de prendre le choux à Comet ou à Bertin. Dans le premier cas, il avait dû se faire maraver la tronche. Personne pouvait battre le sergent dans l'unité. C'était un vrai tueur, un type qui était né fantôme et dont la nature le poussait à prendre des vies. Un miracle que le type ai un code de conduite et d'honneur plutôt rigide, sinon il aurait pu faire de gros dégâts. Et Bertin... Même si c'était un petit rigolo, valait mieux pas le faire chier ou il devenait teigneux. Et à force de s'entourer de cracks, de vrais tueurs, il y avait du mieux. Lui aussi pourrait marave sa tronche à Reh. Je me demandais maintenant comment se passerait une rencontre avec Bandat... la fille essaierait peut être de s'envoyer en l'air, le manque sans doute, tandis que lui réagirait du tac au tac. Bref. Le toubib semblait vouloir me demander quelque chose mais j'avais été beaucoup plus rapide que lui sur ce coup là. Il ne cillait pas quand j'évoquais son frangin. Le type réfléchit, et je ne retiens pas le rire qui s'échappe de ma bouche. Même lui hésite à assurer le soutien psy de son taré de frangin!


    | Eh ben, vous au moins, votre serment d'hypotruc, vous le prenez au sérieux. C'est bien, j'aime ça. En tous cas, je vous remercie. Même si vous ne pouvez qu'essayer, j'imagine que ça rendra quand même service à tout le monde |


    A ce moment là, Reh frère me dit qu'en parlant de militaires, il pensait au personnel médical. Je souris.


    | On en avait, un chirurgien de bataillon et son équipe d'infirmiers de terrain. Mais le toubib en chef et ses acolytes se sont presque tous fait tuer quand notre colonne a été bombardée. Un avait survécu, mais il a été tué pendant l'attaque sur Louisville, un tir de mortier. Pourquoi ? J'ai pas les moyens de vous payer, mon vieux, mais si vous voulez que je vous engage y'a qu'à demander. Mais avant, faut que je sache si vous avez des tripes. Les blessures quand on est soldat sont pas du même genre que chez les civils. Les traumatismes non plus, même si ça vous êtes rodé avec votre frère. |


    J'avais réprimé le cynisme qui me venait naturellement à l'esprit quand j'avais pensé simplement dire que le type était parti en confettis. Ca la foutait mal. Le type n'est pas dupe du faux arguments que je lui donnais, mais bon. Secret médical, tout ça... Il ne pouvait pas savoir, et encore moins balancer ce qu'il ne savait pas. Une sacrée chaise... Tu parles Charles. Une beauté terrible, une amante insatiable, une fille passionnée.E t épuisante. J'étais convaincu qu'elle finirait par me tuer. C'était là tout le problème, d'ailleurs. Me ménager ? Je grognais, alors que je retirais mes vêtements de sur le dos pour lui montrer mes cicatrices. Exit le casque, le kevlar, la veste camouflée, le cachez nez khaki, le t shirt noir. On voyait une masse de tissus cicatriciels sur ma clavicule, et des tas de traces d'anciennes blessures par balle, par déchirure, lacérations, shrapnels et autres joyeusetés.


    | Vous savez, le mobilier du coin est plutôt costaud... Ahem. Vous avez pas un peu de gnôle ? Il est tôt, mais il fait soif. Et je sais que vous en avez ici. Pour les malades. Je suis malade. Non? |



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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Ven 14 Fév - 22:26

Petite visite matinale




De nouveau, et d'assez bonne heure je constatais que mon frère était loin de faire l'unanimité... même auprès de ses collègues et supérieurs ! On aurait pu croire qu'il se serait calmer en faisant ce qu'il aimait mais non. Il était toujours aussi... comment dire !? Toujours aussi égal à lui même. Cependant, j'avais appris, depuis quelques années maintenant, à rester de marbre face aux critiques et insultes qui pouvaient être faites à l'attention de mon frère. Pourtant, ça n'avait pas toujours été le cas ! Combien de fois m'étais-je battu pour défendre mon cadet et ce, sans qu'il le sache ? Beaucoup de fois... Beaucoup trop d'ailleurs ! Le pire c'est que j'avais agit de la sorte uniquement parce que cela concernait mon frangin. Il avait toujours ou souvent été le fautif mais je m'en fichais... Le protéger était mon principal objectif !
Cependant, je m'étais rendu compte qu'en agissant de la sorte je ne l'aidais absolument pas et j'avais changé. C'est lui que j'avais remis en place lorsqu'il faisait n'importe quoi ! Il détestait ça mais c'était pour son bien. Si tout devait recommencer maintenant, je le ferais. La situation était devenue trop instable, trop dangereuse pour qu'Alexandre continue à se mettre tout le monde à dos. Après, cela ne voulait pas dire que j'allais faire des miracles, loin de là ! Il y avait longtemps que mon cadet ne m'écoutait plus ou alors à moitié.
C'est alors que je me remémorais ma dernière conversation avec mon frère que son lieutenant reprit la parole pour me complimenter en quelques sortes ! Oui, je respectais à la lettre le serment d'Hippocrate et même si cela voulait dire que je devais prendre en charge un patient que je n'appréciais pas. Enfin, le cas présent n'avait rien à voir car je ne pouvais pas dire que la présence du lieutenant me dérangeait ! Il avait eu des problèmes avec mon frère et non avec moi. Et je savais au fond de moi que le fautif ne devait pas être l'homme présent.



– Oui, disons que j'essaie de faire en sorte de suivre au mieux le serment d'Hippocrate mais avec un frangin pareil c'est pas de la tarte alors l'avoir comme patient je n'ose même pas imaginer ce que cela pourrait donner. Il ne suit pas toujours mes conseils et juste nos retrouvailles me l'ont prouvées, avouais-je en me demandant si le militaire avait été au courant du clash près de la mairie. Enfin, je ferais de mon mieux quand même !


J'obtins ensuite la réponse à ma question concernant le personnel médical accompagnant... Je ne compris pas vraiment le sourire du lieutenant surtout quand on apprenait que les médecins et infirmiers étaient pour la plupart décédés. A moins que ce sourire signifiait qu'il avait parfaitement compris où je voulais en venir avec ma question. Et c'était le cas ! Je souris en entendant ses paroles suivantes... L'argent ne servait plus vraiment à grand chose par les temps qui courraient ! Enfin, c'était mon avis...


– Je pense que les blessures des militaires sont semblables à celles de civils ayant vécus un bombardement, répondis-je en observant le militaires. J'ai du prendre en charge des personnes blessées durant l'attaque de Cherbourg et ensuite sur la route pour venir ici, expliquais-je. J'avoue que les blessures que j'ai pu voir n'étaient pas belles du tout... et je pense qu'il en sera de même si vous acceptez mon aide ! expliquais-je. Après, concernant le fait que vous ne pouvez pas me payer, c'est pas un problème. Par contre, un toit serait le bienvenu parce que l'hôtel n'est pas ce qu'il y a de mieux. Enfin, ce serait un plus car mon aide est proposée sans contre-partie !


Enfin si, il y en avait une mais elle était personnelle et j'étais sûr que le militaire devait s'en douter. Je voulais être le plus proche possible de mon cadet pour pouvoir le surveiller et pourquoi pas le protéger. J'espérais que la réponse serait positive et je cherchais déjà une façon d'annoncer ça à Alexandre ! Il allait m'arracher la tête cela ne faisait aucun doute.

Arriva ensuite le sujet principal de cette visite c'est à dire l'état de santé du lieutenant. Je cherchais à en apprendre plus puisque c'était la première fois que je voyais le militaire. Visiblement, ce n'était pas sa première blessure et je savais qu'elle ne serait pas la dernière. Je me retins de sourire franchement en entendant le mensonge du militaire concernant ce qui avait provoqué la douleur dont il parlait... A coup sûr il faisait quelque chose de bien plus intéressant que réparer une chaise mais je ne mettais pas sa parole en doute.
J'observais ses blessures et constatais que la cicatrisation n'était pas trop mauvaise pour quelqu'un qui ne pouvait pas se reposer. Des anti-douleurs feraient l'affaire, une crème cicatrisante serait la bienvenue également. Je notais ça dans le dossier tandis que mon patient reprenait la parole. Je souris en l'entendant parler de la solidité du mobilier puis je le fixais lorsqu'il parla de la gnôle.



– Vous pouvez vous rhabiller. Et je veux bien vous croire, je n'ai pas eu à réparer beaucoup de chaises ces derniers temps, répondis-je simplement avec un sourire. Ensuite, il est vrai que vous êtes un patient et qu'il se peut que vous ayez raison. Je m'étais éloigné et avais ouvert une armoire fermée à clés. J'en sortis quelques médicaments ainsi qu'un échantillon de crème cicatrisante oxygénante Chiroxy mais aussi une bouteille. Je pense que vous faisiez allusion à ça ? demandais-je en revenant près de mon patient.


Je déposais la bouteille l'alcool ainsi que le reste sur la tablette près de la table d'auscultation en observant les alentours à la recherche de quoi verser la boisson.







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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Sam 15 Fév - 10:54

    Il fallait quand même que je fasse attention, ce n'était pas possible autrement pour moi de conserver ma place et le respect durement acquis si tout le monde savait que je m'envoyais une civil dans le bureau que j'avais réquisitionné à la mairie. Forcément, ça ferait tâche. Tout le monde me voyait juste là comme une brute insensible alors une telle image, sordide, sèmerait le doute dans tous les esprits et nuirait à la peur que j'inspirais à la population, à une certaine frange de mes hommes et aussi je l'espérais, à ces foutus écorchards du dehors. Donc je devais faire gaffe. Ce toubib semblait sympa et prêt à m'aider à recouvrer la santé, en faisant son sympa. Mais pour ce que j'en savais, c'était peut être le dernier des connards ! Après tout, c'était un Reh. Je ne devais pas laisser l'embryon de sympathie que je ressentais pour ce quasi inconnu obscurcir mon jugement et me mettre en défaut. Il était le frère du plus absurde des militaires français. Peut être que lui aussi était rentré àà l'hopital pour traiter un peu son syndrome de Dieu, comme tous les médecins. Et peut être même que lui aussi avait un pète au casque. N'empêche qu'à y repenser pour la cent cinquantième fois, l'armée avait fait une grosse connerie de faire dans le social. Franchement, on n'avait aucun besoin d'un autiste qui mettait sa vie en danger et qui menaçait celle des autres. C'était même étonnant que son contrait ait été reconduit par son chef d'unité, vu le peu de cas qu'il faisait du respect et de la discipline... On n'allait quand même pas se plaindre. On avait besoin de son cabot, maintenant que la ville était menacée par des connards qui se fondaient dans les ténèbres aussi bien que mes propres fantômes. Ce qui, quand on y pense, est carrément flippant. Je n'aurais jamais pensé voir ça de toute mon existence, mes hommes, l'élite du régiment, mis à mal par des péquenauds assassins et sordides. Mais la chance allait tourner, Comet allait trouver des solutions, et moi je mènerais en personne tout ce petit monde massacrer ces types. Une tâche à laquelle nous nous attachions tous avec ferveur...


    | Et pourtant, vous allez bien devoir vous le coltiner. Et je suis désolé de le dire, mais c'est un putain de pas cadeau. Vous parlez de retrouvailles ; qu'est ce qu'il s'est passé? |


    Non mais cet Alexandre était vraiment le dernier des teubés, il était vraiment sérieux, ses retrouvailles avec son frère malgré toute cette merde depuis des semaines, et il trouvait moyen de faire capoter ça aussi ? Je ne voulais pas tirer de conclusions hâtives, mais je le faisais quand même. Le mec était vraiment intenable, quoi. Même avec sa famille il trouvait le moyen de se friter. Incroyable. Si je retrouvais les miens aujourd'hui, j'en serais vraiment putain de bienheureux. Même si on n'avait jamais été très proches. Le type me sourit. Je réfléchis un instant à ce qu'il me dit, et je tombe sur le cul. Encore un rescapé de Cherbourg qui a échappé à mes questions. Reh frère va m'entendre. Il sait combien chaque rescapé peut être important du fait de son témoignage.


    | Pas exactement. Un bombardement brise, écrase, ouvre. Les blessures de soldat sont plus complexes du fait des calibres utilisés. Une balle va vous laminer les chairs et massacrer les organes, alors que des éclats se « contenteront » de meurtrir. Mais vous pouvez rencontrer aussi des blessures plus faciles. Enfin, vous verrez. Je n'ai par contre aucune place pour vous loger. Et aucune contrepartie d'aucune sorte, effectivement. |


    Le type semblait peu impressionné des nombreuses cicatrices que j'arborais, signes d'autant de blessures extrêmement douloureuses et parfois perturbantes. C'était un bon point pour lui, qu'il ne s'en émeuve pas. Il n'est peut être pas prêt à endurer la vie du front, rien ne peut préparer à ça. Les blessures, les horreurs, les crimes, les cauchemars. Mais au moins il ne part pas avec un désavantage trop important a priori, ce qui était bien évidemment très bon à prendre. Il continue de me regarder mais ne me touche pas, ce que je préfère. Je lui souris en me rhabillant.


    | Eh ben, on s'emmerde pas à ce que je vois... En quel honneur ? Votre mobilisation dans l'effort de guerre national? |




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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Sam 15 Fév - 23:29

Petite visite matinale




Je savais que cela serait incompréhensible pour la plupart des personnes qui connaissaient Alexandre mais je n’avais jamais trouvé que sa présence soit un désagrément. Malgré tout ce qu’il pouvait dire où faire, je ne m’étais jamais plaint de sa présence ! Cependant, l’inverse n’était pas réciproque… Alexandre était souvent insupporté par ma présence et l’était davantage lorsque je lui donnais des conseils ou le remettais à sa place. Enfin, il y avait tout de même eu une fois où être en la présence de mon frère m’avait énervé, tellement que je lui avais décoché une droite magistrale ! Ce fait ne remontait pas à loin puisqu’il s’agissait de nos retrouvailles. J’en fis d’ailleurs allusion au supérieur de mon cadet en pensant que ce dernier en avait peut-être entendu parler.
Je regardais ensuite le lieutenant avec un léger haussement d’épaules lorsqu’il m’annonça que je serais obligé de me coltiner mon frère. L’inverse était plus réaliste car mon cadet prenait un grand soin à éviter ma compagnie même si la situation s’était améliorée entre nous depuis le gros clash. Je fus ensuite surpris par la question de mon patient. Quand j’avais fait allusion à mes retrouvailles avec mon frangin je pensais qu’il en aurait entendu parler et dans le cas contraire qu’il ne chercherait pas à savoir.



- Alexandre doit sûrement penser que c’est lui qui se coltine ma présence puisqu’il prend un soin tout particulier à m’éviter, déclarais-je en toute franchise. Je marquais une légère pause en levant les yeux au plafond avant d’observer mon patient. Ça n’a pas été ce à quoi je m’attendais à vrai dire ! Un peu violent comme retrouvailles aussi bien verbalement que physiquement… En bref, Alexandre m’a clairement dit que j’étais un con d’avoir cherché à le retrouver et que pour sa part, il m’avait déjà enterré, continuais-je avec un sourire mi-amusé, mi-blasé. Un truc digne de mon frère quoi !


Oui, parmi les nombreuses personnes que j’avais pu connaître, il n’y avait qu’Alexandre qui aurait pu agir de cette manière et il l’avait fait ! Il était tellement rare de pouvoir retrouver des proches en vie après ce genre de drame qu’il était logique d’en profiter… Mais Alex n’était pas tout le monde ! J’eus un léger soupir en repensant à ça… J’aurais vraiment aimé que ces retrouvailles aient été différentes mais le passé ne pouvait pas être changé !
J’avais ensuite abordé un sujet tout autre pour ne pas ressassé ce qui avait pu se passer mais aussi pour orienter mon futur d’une certaine manière si cela était possible. Les médecins se faisaient rares mais cela ne voulait pas dire que le lieutenant accepterait d’avoir recours à mes services. D’ailleurs, me parler des blessures que pouvaient subir les soldats n’était-ce pas une manière de me faire changer d’avis ? Peut-être mais je continuais de répondre en toute franchise…



- Quoiqu’il en soit, je suis médecin, répondis-je. Je sais que ma présence est bénéfique ici mais les infirmières pourraient très bien faire la plupart des consultations que je fais. Nos patients souffrent principalement de maladies chroniques qui demandent du repos et de rester au chaud. Aussi, si je peux me rendre utile ailleurs, alors pourquoi pas ! Peu importe les blessures, je saurais faire ce qu’il faut, continuais-je assez motivé. Et pour le logement, tant pis. Comme je l’ai dit, je suis à l’hôtel et c’est mieux que rien…


Enfin, vu l’état de la chambre c’était presque rien mais je ne mourrais pas de froid et avais un toit sur la tête… J’avais ensuite ausculté le lieutenant et avais pu constater sans avoir à le toucher que la cicatrisation semblait se faire de manière plus que satisfaisante. Il m’avait ensuite parlé de l’alcool qui se trouvait dans l’armoire fermée à clés… Dans un sens il était vrai qu’il pouvait avoir droit à un verre puisqu’il était malade mais ce n’était pas réservé à ce genre de cas me semblait-il ! Enfin, je n’en étais pas vraiment sûr non plus puisque la bouteille était déjà là avant mon arrivée.
Je souris à la remarque du lieutenant concernant la boisson. En quel honneur ? Ma mobilisation ? Donc, c’était un oui ? Je le fixais après avoir trouvé deux gobelets qui servaient normalement à contenir de l’eau pour la prise des médicaments.



- Ma mobilisation ? Donc c’est un oui si je ne m’abuse ? Je marquais une pause et indiquais la bouteille. C’était à l’ancien médecin apparemment ! J’ai trouvé pas mal de truc dans l’armoire qui avait été la sienne. Et c’est vrai qu’il ne s’emmerdait pas, ajoutais-je en remplissant les deux gobelets.







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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Mer 26 Fév - 19:48

    La discussion s'avérait véritablement de plus en plus intéressante. Je n'étais toujours pas de bonne humeur, pas réellement ; je sentais en fait que j'étais capable de péter un câble en un instant, à la moindre contrariété ou à la plus petite mauvaise nouvelle. J'étais ainsi. On ne se refait pas... Mais cela ne m'empêchait pas de profiter, en tous cas dans une certaine mesure, de la situation présente. Rencontrer le frère Reh était presque un plaisir, si je n'avais pas autant détesté les gens en règle générale (et je ne suis pas si loin que ça de la réalité), je l'aurais peut être même déjà apprécié. Ce type s'avérait être une véritable ressource potentielle pour moi, ce que j'acceptais sans aucun problème. Les bonnes surprises de ce genre sont suffisamment rares pour ne pas les remarquer. Ce type était presque un cadeau du ciel, en fait. Il était du genre plutôt pragmatique, plein de ressources en matière médicale, et en plus il était peut être, je dis bien peut être, capable de canaliser son frère. Autant dire que même s'il ne faisait que le quart de ce que j'espérais de lui, on aurait enfin touché un vrai bon là. Enfin. Après en avoir perdu tellement. Quand je pensais aux pertes subies, je me remémorais toujours le caporal de la légion, ce jeune mec. Azarov. Un type qui avait été accusé de viol par le père d'une mineure de la ville. J'étais parti du principe qu'il était innocent après son témoignage, et avait forcé les notables de la ville a accepter sa libération sous ma surveillance. Alors que j'étais blessé sur la départementale en pleine attaque ennemie, j'avais vu la casemate cracher ses rafales sur la route et sur tous ces mecs qui progressaient en nous tirant dessus. Il avait tenu jusque la fin, arrosant l'ennemi sans relâche. Et alors qu'un barrage d'artillerie venu de nulle part avait matraqué nos positions, la casemate avait subi une touche directe. On n'avait plus retrouvé grand chose à enterrer, d'après ceux qui s'en étaient chargés. Il était mort pour que beaucoup vivent. J'espérais tout de même que l'on pourrait bientôt passer au recrutement de personnels supplétifs. Bref. Peu importait pour le moment. On n'avait pas d'uniforme.


    Je souris doucement au jeune homme, alors que celui ci me dit qu'Alexandre semblait se comportait avec lui comme avec le commun des mortels, c'est à dire qu'il avait vraiment un comportement de chiottes. Et il enfonce le clou en me disant que revoir son frère n'avait pas été de tout repos et qu'il avait dû se fritter avec lui. Ce qui dans le fond ne m'étonnait pas tant que ça, mais cela contribuait à me blaser un peu plus du mâitre chien. Le mec avait quand même la foi pour supporter pareil cancrelat. Je soupirais, compatissant un minimum à cela.



    | Passez le langage, mais c'est quand même un connard. Moi, je ne me souviens plus vraiment ce qu'il a dit. Son agression physique et ma riposte ont un peu démoli le reste de mes souvenirs de l'entrevue, je dois l'avouer. Je me souviens juste qu'il m'a dit de but en blanc que je ne lui donnerais plus d'ordres. C'était avant que je le cogne et que je le vire. Honnêtement, je pensais à le faire fusiller. Je préfère que vous soyez au courant. Je ne pouvais pas m'embarasser de lui. Mais mes subordonnés l'ont réintégré après l'assaut subi par la ville. On avait besoin de bras, et j'ai besoin de lui, même si ça m'arracherait trois mètres d'entrailles que de lui avouer un truc pareil. |


    Je n'avais pas peur de ce que pourrait dire le toubib. Qu'il était pas d'accord ? Je m'en branlais la nouille des deux mains. Je suis responsable d'une unité militaire en temps de guerre. Les guerres, ça se gagne à la discipline. J'étais en droit de faire passer par les âmes un mutin. Je ne l'avais pas fait pour ne pas braquer les civils et paraître plus brutal encore que je ne le paraissais déjà. Le type me dit qu'il aura les épaules et qu'il acceptait mes conditions. J'hochais la tête.


    | Bien. Considérez vous comme personnel civil de l'armée de terre. Faisons les choses convenablement. Vous vouvoyez les soldats, vous n'êtes pas obligé de saluer quiconque. On vous trouvera un bandeau ou quelque chose qui montre votre nouvelle appartenance, que les civils aient également conscience que désormais vous appartenez au corps militaire. Si jamais nous en avons l'occasion un jour, je vous ferais signer les papiers de recrutement et vous toucherez vos indemnités, mais en attendant je ne peux rien vous promettre. Là où on ira, il va y avoir du sang. |


    Evidence même, il était plus que temps de reprendre le combat. Le toubib prend l'alcool pour nous servir. Je lui tendais la main.


    | Oui, plutôt deux fois qu'une. SI un jour je retrouve mon chef de compagnie ou mon chef de bataillon, je vous trouverais un uniforme. Flippez pas. Vous êtes un para, désormais. Même pas besoin de s'entrainer au saut en parachute, c'est pas la classe ? Vous verrez aussi qu'auprès des femmes, l'uniforme a du bon. Je vous autorise à fraterniser autant qu'il le faudra, tant que vous le pourrez. Parce qu'après, ce sera l'enfer. |




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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Ven 28 Fév - 22:04

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Certaine journée… voir plus d’affilées sont quasiment inutiles ! Du moins, elles n’apportent rien de nouveau et sont considérées comme banales. C’étaient ce genre de tristes journées que j’avais connu depuis mon arrivée à Louisville. Les seules qui se démarquaient étaient mes retrouvailles avec Alexandre, l’offre de mon poste à la clinique et quelques autres moins importantes mais que j’avais considéré comme assez bonnes ! Le réveil que j’avais eu ce matin m’avait fait pensé que cette journée ne serait pas dans mes bons souvenirs. Cependant, je constatais au fur et à mesure de la conversation que je m’étais trompé. Même le fait d’entendre de nombreuses et véridiques critiques au sujet de mon frère ne me fit pas revenir en arrière ! Cette visite matinale allait faire prendre un sacré virage à ma vie de réfugié médecin. Si le lieutenant acceptait ma proposition j’allais vraiment pouvoir me rendre utile, aider, en bref faire quelque chose qui aurait de l’importance à notre survie. Je ne brasserais plus de l’air pour rien ! Bien que la donne avait déjà changé avec mon intégration à la clinique St-Marcellin. Prise de poste qui m’avait fait connaître ce militaire Raulne. Apparemment, la roue tournait pour moi et rien ne pourrait gâcher la satisfaction de me rendre compte de ça.
Même les paroles de mon patient à l’égard de mon frère ne me firent pas changer de point de vue. Et puis ce n’était un secret pour personne que mon cadet était parfois, souvent même, un c#n ! Cependant, je fus étonné d’apprendre que mon frère avait été viré par le lieutenant ! Il ne s’était pas vanté de ça bien entendu… Je fixais ensuite mon patient sans rien dire lorsqu’il parla du fait qu’il aurait volontiers fait fusiller Alex’.
*Hé ! Faut pas abuser non plus* Cette pensée fut supplantée par une autre… *C’est pour ça qu’il faut que je passe au-dessus des critiques que je fasse en sorte que ce soit oui. Plus près je pourrais avoir l’œil sur lui !* Puis la dernière remarque du lieutenant eu le don de presque me faire rire mais je me contentais de sourire.


- Alexandre provoque souvent des envies de meurtres… J’ai l’habitude d’entendre ce genre de chose ! Enfin, ce n’était jamais formulé de manière aussi directe, déclarais-je. Et ce qui est du fait que vous ayez besoin de lui, je peux vous garantir qu’il ne faudra jamais lui dire ! Déjà qu’il a la fâcheuse tendance à se prendre pour Dieu, je n’ose pas imaginer le résultat que cela pourrait donner. ... Par contre je ne savais pas qu'il avait été viré ! avouais-je en toute franchise.


Je plaignais sincèrement le lieutenant d’avoir dans ses rangs à gars comme mon frère ! Mais l’inverse était aussi de mise. J’étais certain que mon frère pouvait être un bon militaire. Et ça, je pourrais m’en rendre compte si je parvenais à intégrer le corps médical de l’armée. Je répondais donc de manière motivée et franche. Visiblement cela était la meilleure solution…
La réponse fut positive et j’eus même droit à quelques informations concernant ce que je devais faire. Vouvoyer les soldats et pas les saluer ! J’intégrais mais une question me vint de suite à l’esprit. Elle concernait la façon dont je devais parler aux militaires. J’attendais que le lieutenant finisse avant de poser ma question.



- Par contre… Le vouvoiement c’est pour tous les militaires sans exception ? demandais-je sans détour. Je marquais ensuite une pause avant d’ajouter… Je me doute qu’il y aura du sang et je ferais mon possible pour qu’il coule le moins longtemps possible. Par contre les stocks font un peu peur à voir, avouais-je. Surtout concernant les produits de désinfection.


La suite de la visite sortit de son cours normal… En effet, il est rare de voir un médecin boire avec un patient ! Pourtant c’est ce qui arrivait en ce moment même. Je donnais son verre à Raulne tandis qu’il parlait de me trouver un jour un uniforme. Cette information me fit sourire… Mon cadet ferait un arrêt cardiaque en me voyant dans ce genre de tenue !


- J’aurais aimé pouvoir le faire… sauter en parachute, j’veux dire ! Ça doit être quelque chose, avouais-je. Concernant l’uniforme et les femmes, j’en avais déjà entendu parler… Ce n’est donc pas une légende ! Après, je ne suis pas sûre que cela fonctionne sur toutes les dames ! déclarais-je en pensant à ma patiente Eléanore. Je levais ensuite mon verre. A la nôtre !







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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Mar 4 Mar - 13:58

Oui, je venais de donner l'autorisation expresse à une recrue de tirer un coup si cela lui permettait de faire descendre la pression avant de connaître une forte augmentation de celle ci. Autant dire que cela ne se refusait pas, et cela pouvait même sembler étrange dit comme ça. Ce qui n'était évidemment pas le cas au fond, puisque les militaires sont après tout de gros consommateurs de compagnie féminine, et plus encore en opération. Ce n'est pas pour rien que la guerre et la prostitution sont intimement liés depuis des lustres et qu'ils sont concomitant de l'élévation de l'homme au rang d'espèce intelligente. Oui, drôle de raisonnement. Mais quand on est soldat depuis longtemps, on a largement tendance à opérer ce genre de rapprochement. Bref. Je ne savais pas si ce Reh là comptait tirer un coup. D'ailleurs, je ne le savais pas non plus pour son autiste de frangin. En fait, j'aurais pu parier que l'autre n'avait jamais baisé de toute sa vie tant il était malade dans sa tête, mais vu qu'il côtoyait une civile, une certaine Valentine, tous les doutes étaient permis. Qu'il en profite. L'avenir était incertain et nous ne pouvions pas vraiment deviner ce qui allait nous arriver même d'ici demain... Je ne lui tiendrais pas rigueur de ce genre de récréation. Cela dit, j'espérais que lui même ne me tiendrait pas rigueur de mes commentaires sur son frangin, parce qu'il fallait quand même dire que j'allais plutôt loin ! J'espérais que cela n'allait pas me desservir. Et d'ailleurs en parlant de doute, je me demandais si ce mec était vraiment sincère dans sa motivation. Bah... S'il joue au con il sera toujours temps de le foutre dehors plus tard ! Je devrais juste veiller au grain,c omme toujours, en espérant qu'il ait la bonne influence escomptée sur l'autre... Finalement, mes paroles le font sourire, et il me fait remarquer que je suis direct mais que tout ceci ne l'étonne pas.


| Je suis plutôt direct comme officier, donc ne vous en faites pas pour ça. Quand ça merde je le dis haut et fort. Oui, je l'ai foutu dehors. C'est ce qui l'a calmé d'ailleurs, on dirait. Je ne saurais dire s'il s'est réellement assagit, mais je sais en tous cas qu'il ne tient plus de propos irrespectueux ou séditieux envers l'autorité militaire. De toute manière, s'il recommence, il n'aurait pas droit à une troisième chance. C'est pour ça que nous avons besoin de vous. |


Le type semblait satisfait sinon heureux que j'accède à sa demande. Finalement, je lui donnais sans doute l'impression qu'il me devait une fière chandelle pour cet acquiescement, mais ce qui était certain c'était que ma propre unité lui serait redevable de cet engagement. Le type écoute et digère les informations, il en semble même plutôt avide. Il me demanda d'ailleurs s'il devait vouvoyer l'ensemble des militaires, et je comprenais immédiatement qu'il faisait référence à son frère. Ou peut être aux femmes, allez savoir. Je n'en savais pas plus puisque nous ne nous connaissions tout simplement pas encore assez. Je note ce qu'il me dit. Malheureusement, je ne peux pas y faire grand chose.


| Oui, tout le monde, y compris votre frère. Et les femmes, aussi. Je sais qu'on aimerait bien copinouter avec elle ; les quelques filles de l'unité ad hoc sont plutôt avenantes si vous voyez ce que je veux dire. Mais c'est le vouvoiement, ou je me retrouverais encore avec une foutue révolution de gonzesses sur les bras. Pour le reste, je ne peux rien pour vous. Nous aurions suffisamment de nourriture, j'aurais pu essayer de faire fermenter grains et tubercules dans un des alambics des alentours, pour faire de l'alcool pur. Mais c'est pas le cas. Vous allez devoir vous débrouiller avec ce que vous avez. |


Ce qui veut dire pas grand chose, j'en ai bien conscience. Le mec trinque et je bois.


| Entre l'uniforme et les accents de fin du monde de la situation, les occasions se ménagent, croyez moi. Pourquoi vous avez dit ça, vous visez déjà quelqu'un dans le coin? |






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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Jeu 6 Mar - 16:41

Petite visite matinale




Je n'étais qu'à moitié surpris en entendant le lieutenant parlé de la sorte... Les militaires n'avaient-ils pas la réputation d'être des coureurs de jupons ? Si... Et les paroles de Raulne me confirmèrent que cette rumeur n'était pas une légende. Pour ma part, je n'allais pas refuser ce genre d'autorisation. Il fallait dire que ma vie de ce côté là était morte depuis le début de cette fichue guerre ! Avant ça et juste après Claire j'avais bien eu quelques flirts sans lendemain mais rien de bien glorieux... Le genre de soirées et nanas que je préférais oublier ! J'aurais pu faire d'agréables rencontres lorsque j'étais arrivé ici mais j'avais préféré me faire discret car je savais que les Louisvillois, pas tous mais beaucoup, n'étaient pas favorables à la venue des gens de l'extérieur. Cela m'avait cependant permis de faire connaissance d'autres réfugiés et le courant était plutôt bien passé avec l'une d'entre elle... Une jolie blonde horticultrice ! Cette pensée me fit sourire.
Même les propos qui avaient suivi de la part du lieutenant ne m'avait pas ôté cette belle jeune femme que j'avais en tête. Par contre, je devais reconnaître qu'entendre mon cadet être dénigrer par le militaire était plus pénible à supporter que de la bouche d'Eléanore. Mais je ne disais rien ! Pourquoi ? Tout simplement parce que dans un sens c'était la vérité et aussi parce que je ne voulais pas me mettre Raulne à dos. J'avais besoin qu'il accepte ma proposition et je choisissais donc de dire ce que je pensais, en partie, car pour le reste il était assez intelligent pour comprendre de lui même. Oui ! Il était logique que je ne voulais pas aller sur le terrain avec les militaires que dans un unique but. Mais cela faisait-il une différence ? Non, ce n'était qu'une motivation de plus..
.


- L'avantage avec les personnes directes dans leurs propos c'est que les choses sont claires ! J'ai du mal avec les gens qui ne disent pas ce qu'elles pensent ou seulement à moitié... Il est plus difficile de les cerner ! Je marquais une pause et repensais à mon frère et son comportement illogique. Mon frère a rarement eu des période de calme... C'est peut-être un bon signe ! Enfin, maintenant que je suis là je ferais mon possible pour qu'il ne dérape pas... surtout que ce n'est absolument pas le moment.


Et je serais d'autant plus efficace pour cette mission maintenant que le lieutenant venait d'accepter ma demande en me nommant parmi le personnel civil de l'armée. Cette nouvelle comptait parmi les meilleures que j'avais eu depuis mon arrivée dans cette ville. Non ! Je n'étais pas fou mais je me rendais compte qu'avec cette opportunité je pourrais davantage surveiller mon petit frère et le protéger des autres comme de lui-même.
Cependant, cette nouvelle fut assombrit légèrement par les premières indications que me donna le lieutenant. Je devais vouvoyer tout le monde y compris les femmes ce qui me semblait logique... mais aussi mon frère ! Je tiquais légèrement en entendant la nouvelle. Mon frangin n'allait pas apprécié ou n'allait plus se sentir ! Je ne savais pas trop... La réponse suivante aussi n'était pas très bonne mais je m'y attendais. Les réserves, toutes sans exceptions, s’amenuisaient à vitesse grand V. Comme il l'avait si bien dit, je devrais me débrouiller et dans ce domaine, surtout en médecine, je me démerdais bien.



- Logique ! déclarais-je concernant le vouvoiement. Mais je ne sais pas comment ça va se passer pour être honnête... Je ne dis pas que je ne pourrais pas vouvoyer mon petit frère bien que ça va royalement me gonfler mais c'est sa réaction que j'ai du mal à imaginer, annonçais-je en toute franchise. Enfin, on verra ça le moment venu ! Et puis c'est vrai qu'il a l'air de s'être calmé ces derniers temps.


J'en avais eu la preuve lorsqu'il avait débarqué en pleine nuit dans la demeure où je logeais à ce moment là. Il n'avait pas été parfait mais on était arrivé à avoir une vraie discussion et ça c'était un p#tain de miracle ! Je n'avais ensuite rien répondu concernant le matériel médical puisqu'il était logique que je ferais le mieux que je pourrais avec ce que j'avais... même si je devais innover pour soigner les patients et blessés !
Réfléchissant à tout ce qui pouvait servir à un médecin et qui paraissait anodin aux yeux du monde je fus surpris par la question que le lieutenant me posa. Et si je savais mentir, ce n'était pas vraiment le cas quand j'avais l'esprit ailleurs... Je commençais par lâcher un



- Non ! *T'es un mec... cette réponse va pas et c'est flagrant que tu mens* … Enfin, disons que j'apprécie une des réfugiées que j'ai eu l'occasion de croiser à plusieurs reprises à mon arrivée et qui est patiente ici ! avouais-je.


D'ailleurs, quelle chance j'avais eu ! J'avais pensé à cette jeune femme avant de la recroiser en me demandant où elle avait disparue. J'avais été ravi d'apprendre qu'elle avait un logement décent et qu'elle n'y vivait pas seule. Pensif, je bus une gorgée en me demandant comment Eléanore réagirait si elle me voyait débarquer là où elle vivait...






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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Lun 10 Mar - 21:22

Il est de notoriété publique que les militaires sont de gros consommateurs de distractions. Cela avait donné lieu à de véritables industries par le passé. L'armée allemande de la seconde guerre mondiale avait eu en dotation dès 1942 des poupées gonflables comme celles que l'on avait aujourd'hui. Archaïque, certes, mais cela faisait son travail quand les bordels de campagne n'étaient pas disponibles. L'armée française avait entretenu jusqu'à il y a une quinzaine d'années ses propres bordels qui servaient aussi bien comme débits de boissons, places de jeux ou encore comme expédient pour les plaisirs masculins. Mais le véritable exemple de cet état de fait était l'armée américaine, qui avait depuis toujours développé l'entertainment en faveur du soldat. Show de stars hollywoodiennes, lettres de marraines de guerre, prostituées financées par le corps d'armée, réserves d'alcools et projections cinématographiques en passant par l'implantation dans les bases en Irak de pizzas hut et autres mc donald's. Un homme en opération militaire brûle deux à trois fois plus de calories, ce qui est provoque chez lui un stress supplémentaire à la tension qu'il supporte déjà car son organisme s'accoutume à de telles dépenses dénergie. Il faut donc l'occuper dès que le premier stress retombe pour éviter que son corps ne continue lui même de travailler comme en période d'action. Sexe pour le stimuler, alcool pour l'endormir ou activités diverses pour l'occuper, tout était bon pour éviter les débordements, dûs à ce besoin d'énergie et d'adrénaline que beaucoup avaient dû mal à sustenter, et qui pouvaient provoquer des drames quand le militaire au repos se laissait dominer par tout ça. Bref. Revenons à de plus saines considérations. Ou pas. A voir. Le mec ne se laisse pas limiter dans son enthousiasme par la véritable douche froide que je lui ai réservé à propos de son malade de frangin. Il en vient même à louer mon aspect direct bien qu'un peu rude. Je lui souris. On va bien s'entendre, s'il dit amen à tout ce que je dis. Après tout, sur ma chère unité, c'est moi dieu le père et les autres ne sont que des tas de punaises. Comme pendant nos classes. D'un mot, je peux tous les faire se tuer. Parce qu'ils m'écoutent. Ce qui fait que l'on peut accomplir toutes ces choses en opérations...


| Ouais. Ou alors, il fait ses conneries loin de mon champ de vision. Ce qui me va tout aussi bien, notez. Tout ce que je souhaite, c'est d'éviter de l'avoir dans mes pattes. Au moins, j'avoue que je suis satisfait de notre compréhension mutuelle. |


Voilà qui était dit et qui était fait. Maintenant, il était temps d'avancer. Le type semble se crisper à mes paroles, mais je ne vais pas revenir là dessus. S'il s'imaginait que cela lui donnerait une position facile, alors il se fourrait le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. L'armée c'était la merde. Toujours. Et pire encore en temps de guerre. Alors qu'il ne vienne pas se plaindre, ou alors cela commencerait mal pour de bon et cela allait me gâter ma si bonne humeur de ce matin... Finalement, il acquiesce, et me fait part de ses réserves. Quoi ? Il allait remettre en question la discipline la plus élémentaire pour simplement ménager l'égo de son frangin ? Je lui répondais d'un ton catégorique.


| Pourtant, ça lui fera du bien. Ca leur fera à tous du bien. Qu'on leur rappelle qu'au delà de l'unité il y a des gens sérieux avec qui nous devons entrer en relation pour faire notre travail. Maintenant c'est à vous de voir. Ou vous paraissez professionnel ou ils vous prennent pour un copain. Et s'ils vous prennent pour un copain, sans avoir eu à vous respecter comme leur médecin, ça va très vite foutre la merde, croyez moi. Les gars ont besoin d'un médecin qui soit là pour eux. Mais pas d'un père ou d'un grand frère sur qui on peut pleurer tout son soûl. Pour ça, ils ont leurs camarades. Vous me comprenez ? Tout est affaire de l'image que vous allez renvoyer. |


Il me répond ensuite un peu vivement qu'il n'est pas intéressé par une gonzesse, avant de finalement se reprendre. Je souris à ses paroles. Une réfugiée, patiente ici ? Un peu comme Eléanore, en fait, la belle avec qui j'avais couché toute la nuit... Je lui tapais sur l'épaule à mille lieues d'imaginer qu'il pouvait être intéressé par MA réfugiée.


| Alors il faut en profiter. Le reste de la guerre risque d'être plus difficile que maintenant et on ne sait jamais quand une occasion se représentera. Bon. Pour le reste, vous avez fini, je peux y aller? |



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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Ven 14 Mar - 21:47

Petite visite matinale




J'avais souvent entendu des rumeurs concernant l'armée et ses liens très étroits avec les plaisirs de la chair, du jeu et de l'alcool. Ce n'était pas récent comme ragot, loin de là ! J'aurais même dit que cela existait depuis des siècles mais de là à savoir si cela était une vérité absolue il y avait un monde. Enfin, c'était le cas jusqu'à ce que le lieutenant Raulne ne m'annonce que tout cela était un fait établi. J'eus un léger sourire en pensant aux opportunités que le fait d'intégrer l'armée en tant que civil pourrait m'amener mais je me souvins d'une chose beaucoup moins amusante ! Eléanore... Elle ne portait pas les militaires dans son cœur ! Je l'avais compris dès nos premières conversations. *Et m#rde ! C'est pas tout à fait un avantage pour le coup...* Je me mis alors à réfléchir sur ce que je devrais faire la prochaine fois que je croiserais la belle blonde ! Elle me plaisait vraiment mais si j'accumulais les ''défauts'' avant qu'elle ne le sache je n'aurais absolument aucune chance. Je tiquais légèrement en constatant que je considérais le fait qu'Alexandre soit mon frère comme un défaut ! Je n'avais jamais eu ce genre de pensée auparavant... et surtout pas à cause d'une femme ! Perdu dans mes pensées, je soupirais sans même m'en rendre compte.
Ce fut mon patient qui me ramena à la réalité pour me parler de mon frère justement ! Il m'expliqua que mon cadet pouvait bien faire des conneries tant que c'était hors de son champ de vision. *Et tant que ça ne vous revient pas aux oreilles...* Cette pensée me fit sourire. Il déclara ensuite qu'il ne voulait pas avoir Alexandre dans les pattes alors que je préférais, pour ma part, avoir l'œil sur lui. Il termina sur le fait qu'il était satisfait de notre compréhension mutuelle. Je savais à quel point mon frère agaçait le monde y compris moi parfois, souvent... Je n'allais donc pas le nier !



- A partir du moment qu'il fait ses conneries loin de votre champ de vision et que cela ne vous revienne pas aux oreilles je suppose ! repris-je pour être sûr d'avoir compris ce qu'il attendait. Et concernant notre compréhension mutuelle je crois qu'elle vient du fait qu'on attend la même chose de mon frangin. Bien que je préférais qu'il arrête purement et simplement ses c#nneries !


J'avais ensuite avouer à mon supérieur... Car oui, le lieutenant était en passe de devenir mon supérieur ! Je lui avouais que j'aurais peut-être du mal à vouvoyer mon cadet. Je n'avais pas dit ça pour lui faire chier mais uniquement pour être franc ! Il me donna alors une bonne raison de le faire, de passer outre qu'il s'agissait de mon petit frère. Je comprenais alors parfaitement où il voulait en venir et il avait entièrement raison... Je n'allais pas être sur le terrain pour copiner avec eux ! Je serais leur médecin. Je hochais la tête.


- Je comprends parfaitement ! Vous avez entièrement raison... Je pense qu'avec cet optique en tête il me sera plus facile d'agir comme vous le souhaitez, y compris avec Alex, répondis-je simplement.


Le lieutenant m'avait ensuite pris au dépourvu en me demandant si j'étais intéressé par quelqu'un et ma réponse négative avait totalement sonné faux... J'avais donc choisi d'être franc en avouant qu'une charmante demoiselle m'intéressait. C'est alors que le lieutenant me tapa sur l'épaule en me conseillant de foncer et je commençais à me dire que je devrais suivre cette recommandation. Cette pensée me fit sourire. Je finissais ensuite mon verre tandis que le militaire me demandait si tout avait été dit.


- Je pense que je vais suivre votre conseil dans ce cas, déclarais-je en pensant de nouveau à la blonde. Et oui, je pense que nous pouvons conclure cette visite, ajoutais-je.


Je raccompagnais ensuite le patient vers la sortie pour ausculter un autre malade ou blessé mais lui posais une dernière question.


- Il faudra que je passe au baraquement militaire quand pour savoir les sorties sur le terrain ? Tous les matins ? Dès demain ?


Oui, j'étais motivé et j'avais déjà hâte de commencer.





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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Jeu 20 Mar - 11:19

Oui parce que bon, il arrive quand même un moment où il faut que l'on se concentre un peu sur ce qu'il se passe dehors et un peu moins dedans. Un plus, je suis plutôt quelqu'un qui n'aime pas rester assis pendant qu'on prend soin de lui, à se toucher la nouille pendant que les autres agissent. Non, vraiment. Il était temps pour moi de bouger ou j'allais finir par me retrouver dans ces habituelles situations où, impatient, je passais mon temps à renâcler en attendant l'action, en attendant de pouvoir bouger. Parfois, j'avais l'impression d'avoir toujours eu cet aspect hyperactif, d'avoir toujours eue cette bougeotte. Ce n'était pas tellement vrai ; cela fonctionnait par périodes. Je ne restais jamais inactif pour autant, même durant les périodes où les évènements s'enchainaient moins rapidement. Quand on vivait en caserne entre deux opérations extérieures, je reprenais mes menus trafics, et je sortais plus souvent aussi pour me tenir occupé. En fait, je crois que l'immobilisme m'oppresse. Rester assis n'est pas pour moi. L'avantage de notre situation présente, c'est que je n'ai pas spécialement à m'en faire pour le futur, la vieillesse et la maladie. Vu comment tournent les choses, il y a d'assez fortes chances pour que je meure rapidement ou en tous cas sans avoir à connaître la terreur de l'impuissance physique et mentale. Restaient bien sûr toujours les blessures incapacitantes, mais quand on constate les ressources sanitaires de la ville on conçoit assez aisément qu'une blessure handicapante risque d'entraîner la mort à court terme, faute de soins. Je préférerais malgré tout une mort proprette. Balle dans la tête, c'était quand même le mieux. Bref ! L'homme en face de moi semble certainement à son aise, ce qui était un bon point pour quelqu'un qui voulait oeuvrer au sein de mon groupe. Je suis assez d'accord avec lui, somme toute.


| Tant que, bien sûr, la connerie ne porte préjudice à personne. Oh, un jour, il arrêtera. Quand ce sera suffisamment la merde et qu'il aura beaucoup de sang sur les mains... |


J'hochais la tête, satisfait de sa réponse suivante lorsque nous parlions du vouvoiement. Je ne voyais pas l'utilité de revenir là dessus alors que nous étions tombés d'accord de toute évidence. Pour le reste, j'estimais qu'un militaire en opérations avait besoin bien sûr de distractions, tant que cela restait sous contrôle des officiers. Le mec sourit et finit son verre. En me raccompagnant, le toubib me posa une question d'organisation.


| Il faut que vous veniez tous les matins à la Mairie, on y tient notre QG. Donc vous venez sur les coups de sept heures. Là, pour aujourd'hui vous y passez quand vous pouvez pour dire au sous off' de garde où vous créchez, qu'on sache où vous trouver en cas d'urgence. Bon et bien, je vous laisse. Merci toubib. On se revoit bientôt. |



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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   Lun 31 Mar - 21:55

Petite visite matinale




La tournure que pouvait prendre une journée était devenue plus que surprenante depuis que le chaos avait commencé ! Rien ne pouvait nous indiquer comment allait ou non se passer un jour. Une attaque ? Une tempête ? La mort ? Et dans mon cas aujourd’hui, un nouveau rôle à jouer. En me levant ce matin jamais je ne me serais douté que je ferais parti du personnel civil de l’armée en allant me coucher le soir même ! Pourtant c’était bel et bien le cas et cette idée avait été la mienne. Elle avait jailli de mon esprit telle une illumination… une solution pour surveiller mais aussi protéger mon frère cadet. Lorsque j’en avais parlé au lieutenant j’avais pensé recevoir de sa part un non direct ou une réponse plus évasive du genre « Je vais y réfléchir… ». Mais cela aurait été illogique en y repensant bien ! La dernière attaque avait fait beaucoup de dégâts et il y avait eu des pertes… Le personnel médical était donc une ressource rare à présent. Si le lieutenant voulait garder ses hommes en vie il avait plutôt intérêt d’avoir un médecin à porter de main. Et ce doc serait moi !
Et puis ce nouveau rôle m’arrangeait puisque j’aurais une bonne raison de garder un œil sur Alexandre ! Après tout c’était ce que venait de me demander mon futur chef. D’ailleurs la tâche ne serait pas aisée car mon frangin avait toujours fait des c#nneries ! Cela faisait partie intégrante de sa personnalité et je ne pourrais donc pas le faire changer. Mais il suffirait que ces dérapages soient sans conséquences et que le lieutenant Raulne n’en entende pas parler. *Mouais ! Juste ça c’est déjà mission impossible… Enfin, qui ne tente rien n’a rien.*



- Un jour il arrêtera… répétais-je pensivement. Ça va faire une dizaine d’année que je me dis la même chose ! Mais c’est vrai que la situation a bien changé…


Oui, chaque jour pouvait être celui de notre mort ! C’était le cas aussi avant que ce chaos ne commence mais maintenant les risques étaient beaucoup plus élevés. La maladie, le manque de nourriture, le mauvais temps s’étaient alliés pour nous pousser lentement mais sûrement vers les abysses de l’Enfer ! Bref… Je verrais ce que je pourrais faire concernant le comportement de mon cadet une fois le moment venu et en attendant je devais libérer mon patient. Je lui posais une dernière question à laquelle il répondit sans attendre. De nouveau j’écoutais attentivement ses consignes et hochais la tête en guise d’accord.


- Très bien. Tous les matins à sept heures à la Mairie et je passerais pendant ma pause durant la journée pour leur signaler que je squatte l’une des chambres de l’hôtel, répondis-je en me dirigeant vers la porte que j’ouvrais. Oui, on se revoit bientôt.


Je regardais ensuite mon patient partir tout en réfléchissant à ce qui venait de se dérouler… *Alex va me piquer une crise en apprenant ça !* Cette pensée me fit sourire mais je ne traînais pas et j’allais récupérer le dossier du patient suivant car d’autres étaient arrivés entre temps… Le froid et les tombées de suie ne risquaient pas de me mettre au chômage !






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MessageSujet: Re: Petite visite matinale [Livre I - Terminé]   



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