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MessageSujet: Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles [Livre I - Terminé]   Mar 17 Sep - 19:26

A force de repousser la confrontation, on finit par la craindre stupidement. Au moins, maintenant, je ne peux plus reculer. Mathilda me contemple avec une expression indéchiffrable peinte sur son visage déterminé. L'homme à qui elle rend visite ne sait pas bien où se mettre. Après m'avoir salué et échangé les formules de politesse d'usage, il propose de nous faire du café et s'éclipse dans la cuisine.

Je me tiens donc seul face à elle et repense à ce concours de circonstances, de hasard, de destin ? qui fait que nous nous retrouvons dans cette maisonnette du quartier La Haye, une partie de la ville située au nord. Alors que je descendais de mon vélo, près de la bâtisse aux briques rouges et aux petits rideaux malingres habillant les fenêtres, je réalisais à quel point elle était encore plus désaffectée qu'à l'ordinaire, plus meurtrie par la guerre que les autres quartiers. La "ségrégation" y était encore plus marquée qu'à l'ordinaire et je n'aimais pas mettre les pieds ici. Il rassemblait les usines et était autrefois un bassin d'emplois du secteur secondaire vital pour la ville, il fallait le reconnaître. Aujourd'hui, il n'y a plus d'animation et les gens sont cloîtrés chez eux. *C'est pareil partout mais ici on sent particulièrement une atmosphère pesante. Aggravée par le ciel plombé qui semblait vouloir me tomber sur la tête.* pensais-je sans enthousiasme.

C'est pourtant dans ce quartier que se concentrent le plus de bonnes volontés. Étrange comme la société est faite. C'est ici que se trouvent la plupart des membres du groupe de solidarité que j'ai créé après les terribles événements de début novembre. Pour contrer les tensions, la peur, les mauvais sentiments sous-jacents qui menaçaient de faire exploser la ville. Je vais rendre visite à certains membres pour entendre leurs comptes rendus et écouter leurs avancées comme leurs reculs.

"Bonjour Mathilda", lui dis-je simplement, surmontant mon étonnement. Si j'avais été plus correct envers elle et moi-même, je n'aurais même pas connu de surprise. Elle faisait aussi partie du groupe et travaillait en plus à l'hôpital, se déplaçant chez les habitants pour les soigner. Je devais reconnaître son engagement pour Louisville. Mais en même temps, je la supportais de moins en moins. Il devenait clair qu'elle agissait ainsi, non seulement par bonté de coeur, don de soi ou désir de survivre, mais parce qu'elle convoitait ma place de maire. Je voyais les regards que certains lui jetaient, emplis de reconnaissance et d'approbation.
"Tu es là pour le groupe ou pour l'hôpital ?" lui demandais-je. J'entendais aussitôt ma voix légèrement hargneuse résonner dans le salon que j'avais rejoint après y avoir été invité. *Tu essaies de le recruter dans ton hobby, dis-moi ? Reste calme !*


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MessageSujet: Re: Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles [Livre I - Terminé]   Mer 27 Nov - 14:07

Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles.


Je ne faisais pas de visite à domicile. Enfin, les médecins de la clinique avait pour consigne d’éviter un maximum de le faire. Nous étions trop peu nombreux et nous ne pouvions pas savoir ce qui pouvait nous arriver. Surtout avec ce tueur qui rodait. C’était dangereux et nous devions penser à notre santé, pour le bien de la communauté. Je ne m’étais jamais sentie aussi « observée » et « protégée » d’ailleurs. A croire que tout le monde s’était passé le mot. Il était vraiment rare que je sois seule. On me rejoignait pour discuter, et marcher avec moi. A moins que ce ne soit pour qu’eux ne soient pas seuls et qu’eux ne prennent pas de risque. Allez savoir ! Malgré tout, j’avais pris la liberté d’enfourcher mon vélo et de me rendre dans une des fermes un peu reculées de la ville. Un agriculteur que je connaissais un peu était venu me voir et m’avais demandé de venir ausculter son épouse. Cette dernière ne pouvait pas se déplacer et il était vraiment inquiet. Il n’avait plus qu’elle et sa santé déclinait de plus en plus. Il avait peur aussi qu’elle ne soit trop faible pour tenir le coup. J’avais accepté rapidement, à son plus grand plaisir. D’une part, je ne pouvais pas laisser quelqu’un souffrir et sans soin si je pouvais l’en empêcher. D’autre part, plus égoïstement, c’était important pour mes projets que l’on me voit comme une personne volontaire, se souciant des siens et faisant le maximum pour eux. Je comptais bien évincer Huygues et toute voix était bonne à prendre, aussi minime soit-elle.

Je m’étais donc arrangée pour finir un peu plus tôt prétextant devoir m’occuper de ma sœur. Cette dernière était délaissée ces derniers temps, j’en avais conscience. Mais j’étais tellement prise que je n’avais plus de temps à lui consacrer. Ce mensonge n’en était pas un finalement vu que cela me ferait quand même rentrer plus tôt et la voir. Je ne voulais pas qu’elle se sente seule ou abandonnée, même si c’était dur pour moi de tout combiner. D’ailleurs il y avait une autre personne que je ne devais pas non plus oublier : Micka. J’avais l’impression que ça faisait des années que nous ne nous étions pas vraiment vu. On se croisait de temps à autre, mais c’était juste pour nous saluer de loin, entre deux rendez-vous ou deux impératifs. Je n’avais même pas eu le temps de repasser voir Arthur et finir de mettre mes papiers à jour. Il fallait vraiment que je le fasse avant qu’il ne soit trop tard…

Mais pour l’heure, j’avais autre chose à faire. Je venais d’arriver à la ferme, et très vite, je fus accueilli par l’homme. Nous entrèrent très vite dans le vif du sujet, et je montais dans sa chambre à coucher, armée de ma mallette de médecine que j’avais complété en sortant de la clinique. J’y trouvais une femme d’un âge très mur, allongée et en sueur. Pas vraiment besoin de faire trente-six mille examens pour se rendre compte qu’elle souffrait d’une pneumonie. Elle avait dû inhaler une trop grande quantité des cendres, et compte tenu de son âge et de son asthme, son état s’était aggravé. Elle ne s’en sortirait pas, c’était certain. Mais comment annoncer cela à son époux qui voyait en moi un espoir. Je ne pouvais même pas soulager réellement son mal. Ce n’était qu’une question de jours et nous ne pouvions pas « gâcher » des médicaments pour une mourante. J’avais pris une grande inspiration, avant de lui annoncer mon verdict et lui conseiller, pour la soulager un peu de lui passer un baume à base de menthe que je lui donnerais le lendemain. Je m’attendais à des larmes, des cris, des poings, mais rien de tout cela n’arriva. La porte sonna et il descendit ouvrir. Je le suivais, un peu inquiète face à sa non réaction. Je le vis accueillir le maire chaleureusement avant de se retourner vers moi et de se sentir gêné. Personne n’ignorait qu’entre Martin et moi ce n’était pas l’amour fou. Il nous proposa d’aller dans son salon le temps qu’il prépare une boisson chaude. Je restais un peu sur le cul, mais décidais de faire ce qu’il voulait. Chacun réagissait aux mauvaises nouvelles comme il le pouvait. Je fis un signe de tête pour saluer le visiteur, avant de m’installer autour de la grande table qui trônait dans le salon. Alors que je regardais la décoration il commença la discussion, sur une pente glissante. Je le fixais froidement face à sa remarque et lui dit les lèvres crispées Quelle perspicacité, vraiment ! Tu ne serais pas devin par hasard ? Non vraiment tu m’avais caché cet aspect-là de ta personne. Je serrais les poings, et le fussillais du regard. Alors oui il n’avait pas vraiment tort, mais ça, je n’allais pas lui dire. Non je décidais de le faire un peu culpabiliser. Enfin s’il en était capable… Je viens d’annoncer à Henry que sa femme ne passera pas la semaine et que je ne pouvais pas soigner sa pneumonie. Mais ça, ça vous a échappé à toi, ton égo et tes théories du complot. Vois-tu j’ai franchement autre chose à penser qu’à ta petite personne. Tu n’es pas le nombril du monde.


HS : désolée je n’avais pas vu ton rp plus tôt :o






Si simple et si sérieuse, si belle et si rêveuse, quand je l'embrasse et l'écoute. Je te rejoins sur la route. Si grande et si fragile la force mais pas tranquille. L'orage est passé les gouttes coulent le long de ma route. Du haut de là haut de l'au-delà. Si courte et si sensible la loi la plus terrible. Et si quelques fois je doute je te regarde sur la route
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MessageSujet: Re: Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles [Livre I - Terminé]   Ven 29 Nov - 19:20

Je n'aurais pas dû attendre aussi longtemps. Pas pour rendre visite aux membres du groupe mais bien pour rencontrer mon ex-conseillère municipale. J'aurais dû chercher une excuse quelconque, venir carrément chez elle, bref, trouver un moyen de la voir et lui parler tranquillement, pour déballer mes questions et écouter sa rancœur, enfin, tâcher de la faire parler ou se dévoiler. Ce n'était ni l'endroit ni le moment pour tenter une approche, évidemment, mais tel un bélier, sa présence insolente m'avait poussé hors de mes gonds.

Mathilda me détestait viscéralement. En me voyant, son visage s'était crispé ; elle n'avait même pas ouvert la bouche pour me saluer. Elle s'était contentée d'un simple hochement de tête. Pour s'éloigner encore plus de moi, elle s'assit à la table du salon. Je restais debout, ainsi j'avais l'impression de la dominer, d'être plus fort qu'elle. Rêve illusoire ? Le meuble nous séparait mais la tension restait palpable. L'homme s'était éclipsé en prétextant nous servir du café. Reviendrait-il ? Aurais-je l'occasion de lui parler aujourd'hui ? *Mm du café, parfait ! Histoire de nous énerver encore plus !* De sa part, c'était sûrement un moyen de rester en dehors de nos différends et d'aller se cacher à la cuisine. Ma fois, je le comprenais !

D'où venait un tel dégoût ? Avais-je le faciès du diable ? Une pensée parallèle mais contradictoire me traversa alors : pouvais-je y changer quelque chose ? Toute tentative pour me justifier ne rencontrerait que du mépris. Face à un ennemi, il faut essayer de se montrer imprévisible, d'aller là où il ne l'attend pas. En avais-je envie ? Je décidais que non. Je n'avais pas envie de plier la nuque, de me laisser faire.

Quelle perspicacité, vraiment ! Tu ne serais pas devin par hasard ? Non vraiment tu m’avais caché cet aspect-là de ta personne.
"Toujours aussi élégante dans tes propos, Mathilda. Il est agréable d'être en ta compagnie, ça m'avait manqué," ironisais-je. Remarque inutile certes puisque c'était moi qui avait dégainé le premier mais j'avais envie de la titiller. Je la dominais toujours géographiquement mais ce qu'elle m'annonça ensuite me fit perdre mon sourire moqueur. Par réflexe, j'écartais toute tristesse devant un phénomène qui prendrait de l'ampleur et deviendrait affreusement banal. *La mort peut toucher n'importe qui, même toi et peut-être moi.* C'était pour cette raison que je continuais à me battre, contre elle, mais aussi pour la survie du plus grand nombre. Je réalisais soudain que si l'homme tardait à revenir, c'était sûrement parce qu'il pleurait sans bruit dans sa cuisine.

Sans relever ses accusations sur mon narcissisme, j'appuyais sur les émotions qui devaient habiter en elle, depuis la découverte de la maladie incurable de cette femme :
"Ca fait mal, hein ? De s'engager pour une cause et de ne pouvoir rien faire pour aider les autres ? De seulement réussir à leur faire de la peine en disant la vérité ?"
Mathilda devait se demander où je voulais en venir. Moi je savais très bien de quoi je parlais. Je jetais un oeil vers la cuisine, tout en me tournant à demi et le silence voulait tout dire.

"Mais tu as fait ton devoir, tout comme je fais mon possible pour que le plus grand nombre survive. Même si ça inclut les militaires, les réfugiés et même les étrangers," ajoutais-je. En annonçant cela, nous partions pour une guerre d'arguments inéluctable. Mais il fallait bien en passer par là si je voulais comprendre cette femme.

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MessageSujet: Re: Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles [Livre I - Terminé]   Sam 21 Déc - 18:28

Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles.


Martin n’était qu’un imbécile, qui n’avait rien à faire là. Sans doute essayait-il de gagner des voix, de rallier des gens à sa cause ? Pensait-il vraiment que les agriculteurs, saignée à blanc par les réquisitions et les rationnements, ne pouvant pas jouir de leur propres biens allaient le supporter et le soutenir ? Si c’était le cas, c’était qu’il était vraiment devenu bête et que l’homme politique avec qui j’avais mené campagne n’était plus qu’un lointain souvenir, qu’un masque qu’il avait porté, qu’une vision qui n’était là que pour nous duper. S’il se sentait trahi, c’était également mon cas. Il m’avait menti, il nous avait tous bernés, et continuait de le faire. Je ne pouvais plus vraiment le supporter. Peu importe qu’il soit maire, il ne l’était plus à mes yeux. Il n’était qu’un simple usurpateur opportuniste, rien de plus. Il n’était pas digne de confiance, ni même un bon leader, ou un bon chef. Il était seulement faible et naïf. Je lâchais un ricanement alors qu’il me disait que je lui manquais. Je me retenais d’être grossière avec lui et lui dire le fond de ma pensée Par contre la réciproque n’est pas vraie. Que viens donc tu faire ici ? Contempler les dégâts que tu as causés ? Ne te gêne pas, elle est à l’étage, dans la chambre à droit au bout du couloir. Va donc admirer ton oeuvre Je serrais les dents lorsqu’il me demanda si cela faisait mal. Quel conn#rd. Oui voilà, ce qu’il était. Je me levais de ma chaise et lui lançais mon verre d’eau au visage. Il avait besoin qu’on lui remette les idées en place ce gus, cet imbécile, ce lâche, ce faible. Tout votre possible? Je ne suis pas une vulgaire électrice naïve. Vous êtes incompétents. Vous laissez vos voisins mourir souffrir, et tout ça pour quoi ? Pour passer pour le gentil auprès d’inconnu ? Parce que vous avez perdu vos c#uilles le jour où les bombes sont tombées ? Oh mais bien sur, vous vous n’avez rien à perdre si ce n’est votre petite place douillette. Vous vous fichez bien de ce qui peut arriver aux autres, tant que vous, vous pouvez dormir au chaud et manger. Avez-vous seulement pris la peine de voir ce qui se passe ailleurs que dans votre bureau ? Nous croulons sous les malades, et nous ne pouvons pas les soulager. Des mères arrivent de plus en plus nombreuses, souffrant de malnutrition parce qu’elles donnent les maigres provisions qu’elles possèdent à leur enfant. Et vous que faites vous ? Vous restez assis bien sagement dans votre fauteuil. Alors ne venez pas me dire à moi, que vous faites tout votre possible. Racontez vos mensonges à d’autres









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MessageSujet: Re: Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles [Livre I - Terminé]   Sam 11 Jan - 13:55

Nous étions à couteaux tirés. Agressifs et prêts à en découdre. Ce n'était pas l'endroit ni même le bon moment sûrement, mais maintenant que nous avions commencé, je n'avais aucune envie de reculer ou de calmer les choses. Mathilda voulait savoir ce que je faisais ici, sans y mettre aucune forme : ses intentions étaient claires : me faire le plus de mal possible, me montrer sans ambiguïté que je n'étais pas le bienvenu ici, que je ne gagnerais jamais contre elle. Je n'avais pas l'intention de lui mentir car je n'avais rien à cacher. Je me contenais sous le poids de ses paroles méprisantes à mon égard.

"Je suis venu m'entretenir avec Monsieur Durand sur ses avancements au sein du groupe de solidarité. Merci pour ton conseil ; dès que nous en aurons fini, j'irais les voir, lui et sa femme,". Mon ton était d'abord neutre, presque poli, mais je terminais sur une note ferme.

J'avais envie ensuite de la titiller tout comme elle le faisait sans remords, en lui rappelant que nos rôles, à elle et à moi, consistaient à se battre sans repos et sans reconnaissance pour aider les gens, et qu'en retour, la victoire était mince et infime. Je dus bien appuyer où cela faisait mal car elle réagit au quart de tour en me lançant son verre d'eau à la figure. Une exclamation de surprise m'échappa et je fermais instinctivement les yeux. Je m'épongeais le visage, perturbé par son geste, me retenant de pousser encore un cri de surprise qui me ferait passer pour... une poule mouillée ?

Je n'avais pas le droit de lui rendre la pareille. De me montrer violent, de porter la main sur elle. Ce qu'elle avait fait n'était pas si grave que cela. Je n'étais pas un prince qui ordonnerait à ses officiers de traduire la femme fautive en justice et la punir de cent coups de fouet. J'étais atteignable : je tentais de me faire passer pour un citoyen comme les autres. Mathilda ne le pensait évidemment pas puisqu'elle assortit son geste de colère d'un discours où elle m'accusa de ne rien faire, de ne rien comprendre, de ne pas me bouger le cul - oui c'était ainsi qu'elle le pensait - d'être incompétent doublé d'un lâche.

Je devais rester calme, ne pas rentrer dans son jeu. C'était un exercice de force mais je commençais à avoir l'habitude qu'on m'insulte et me prenne pour un idiot. Je m'essuyai le front : les gouttelettes coulaient jusque sous ma chemise : c'était froid et désagréable. Tout comme les paroles et l'attitude de Mathilda.

"Tu te trompes : je ne reste pas les bras croisés à regarder les autres crever, comme tu sembles si bien le penser. Si tu travaillais encore à mes côtés, tu constaterais que je fais du mieux que je peux." affirmais-je en plantant mon regard déterminé dans le sien.

Des mères affamées. Des malades. Des gens désemparés. Croyait-elle que j'ignorais la souffrance des Louisvillois ? Ou que je m'en fichais ?

"Tu as l'air prête à vouloir me donner une leçon, me démontrer que toi tu agis, contrairement à moi. Alors, raconte-moi ce que tu fais, dis-moi comment tu t'en sors ! Je ne suis pas aussi bête que tu le crois : je suis prêt à t'écouter."
Ses rancoeurs, ses attentes, les raisons de cette haine de ma personne. Ce serait doublement intéressant : d'un, je devais reconnaître que malgré un caractère de cochon, Mathilda était une bosseuse et une courageuse et de deux, je cernerais un peu mieux le personnage. Cependant, je m'attendais à une rebuffade. Avec elle, c'était tout à fait possible !


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MessageSujet: Re: Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles [Livre I - Terminé]   Dim 2 Fév - 16:53

Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles.


Je ne croyais plus en Martin depuis un long moment maintenant. Il m’avait déçu, et ne cessait de le faire encore et encore. Et dire que je l’avais soutenu lors de sa campagne, le faisant avec plaisir et détermination. La pomme était tombée très loin de l’arbre. Je n’étais plus sa conseillère municipale avec il lui plaisait de parler depuis bien longtemps à présent. Ou du moins c’était l’impression que cela me donnait. Il était devenu un homme faible et très imbécile et je ne pouvais pas faire comme si ce n’était pas le cas. A sa place, je ne pourrais dormir sur mes deux oreilles. Heureusement que je n’étais pas lui, et d’ailleurs je faisais tout pour ne jamais le devenir. Ce que moi je faisais, je le faisais bien et pour le bien des louisvillois qui savait m’en remercier en retour. J’étais investie et je gagnais peu à peu du terrain. Mon groupe de « solidarité », constituait principalement de mes renégats augmentait petit à petit et me redonnait espoir. Nous, nous allions arriver là ou l’homme en face de moi à qui je venais de lancer un verre d’eau dans le visage – de colère – avait lamentablement échoué. Sans doute se prenait-il pour un empereur, bien tranquille dans son bureau, sans rien craindre ? Et bien, je comptais bien le déloger un jour ou l’autre, foi de Fontaine. Je lâchais un rire méprisant quand il me dit que je me trompais. Ah bon ? Mais allez-y, dites moi donc ce que vous faites ! Je serais curieuse de savoir ce que c’est de faire quelque chose dans votre langage Je me foutais ouvertement de lui, en effet. Il ne faisait rien. Il se contentait de dire oui à tous ce que les militaires voulaient faire et basta. Alors qu’il ne vienne pas me dire qu’il faisait autre chose que de rester bien sagement dans son bureau, à laisser les autres mourir tout autour de lui. Une leçon ? Non. Loin de moi l’idée d’instruire une cause perdue qui se fichera bien de mon enseignement. De toute manière je ne suis plus conseillère à la Mairie, je ne vous dois plus rien, ni n’a d’obligation envers vous. Vous voulez des conseils ? Tournez-vous donc vers vos amis les plus proches. Non mais pour qui me prenait-il ? S’attendait-il vraiment à ce que je lui réponde ? Si c’est le cas et bien, c’était vraiment la preuve qu’il était un homme naïf et des plus candide…









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MessageSujet: Re: Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles [Livre I - Terminé]   Lun 24 Fév - 20:36

Les gouttelettes me démangeaient en glissant le long de mon dos, me chatouillant presque et dans d'autres circonstances, cela m'aurait fait sourire. Dans le cas présent, cela renforçait - si du moins c'était possible - mon ressentiment à l'égard de Mle Fontaine. Si Monsieur Durand ne nous avait pas déjà entendus, c'est qu'il devait être sourd ! Je m'attendais d'ailleurs à le voir débarquer pour nous demander sèchement de partir et de laisser sa maison en paix. Un malheureux concours de circonstances nous avait réunis ici et nous en profitions pour nous engueuler. Enfin... les insultes n'étaient pas encore sorties mais cela ne saurait tarder. Je l'imaginais formant en silence des mots tels que "gros con" ou "incapable".

Qu'imaginais-je ? Qu'elle serait disposée à m'écouter ? Elle me provoquait et n'écouterait même pas ce que j'aurais à lui proposer. C'était pire que de parler à un mur, au moins le mur lui se taisait et restait impassible.

Je commentais d'un murmure, en lisant machinalement ma chemise gorgée d'eau. J'utilisais toute la rancoeur logée en moi :
"Tu es devenue comme eux, sauvage. Tu sors de tes gonds et tu me manques de respect ! A cause de la guerre, de l'incertitude et la lutte pour la survie .. Je te croyais moins esclave de tes émotions : tu as bien fait de quitter le conseil municipal," lâchais-je enfin d'ne voix assassine. Un sourire méchant se dessinait sur mon visage. Elle me voyait tel un sans-coeur, un incompétent, un peureux ? Je ne savais pas ce que je faisais, pourquoi je perdais mes moyens comme ça, mais j'en avais assez de tout supporter sans broncher.

"J'ai comme l'impression que tu ne m'écouteras pas, que tout ce que je te diras entreras d'une oreille et ressortiras par l'autre ! N'ai-je pas raison ?"
*A quoi bon essayer de la convaincre ?* Mais une part de moi, qui avait encore de l'espoir en elle, enchaîna sans lui laisser le temps de répliquer :
"Le rationnement, la préservation de nos ressources en nourriture, en eau, en essence, en fournitures diverses, ça te parait peu mais ce n'est qu'un infime exemple parmi tout ce que je fais !"
La part méchante et ironique reprit le dessus, pour ajouter :
"Tu es persuadée que je reste cloîtré dans mon bureau : comment peux-tu le penser ? Tu as installé des caméras peut-être ?"

Mathilda refusa de me répondre par contre. Elle évita le sujet en arguant qu'elle ne me donnerait pas de leçons, que j'étais une cause perdue. Elle se défilait ! Bon, ses paroles étaient destinées à me montrer tout le dédain qu'elle avait pour moi, alors je répondis juste :

"Tu vois ? Ne perds pas ton temps à parler avec moi, Mathilda. Tu es une femme extrêmement occupée, entièrement dévouée à tes ouailles, alors je vais aller dire bonjour à Henry et sa femme, et repartir. Ne crois pas que je fuis : mais si je reste, c'est autre chose que tu vas me lancer à la figure et je m'en voudrais de t'avoir donné une leçon de calme."

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LIVRE II **Chapitre 1**
Topo sur Martin

Passée la folie des grandeurs
L'envie de jouer les grands seigneurs
Passée l'ivresse, passée l'ardeur
Dont les fruits n'ont plus de saveur
Revenu de sept ans de malheur
D'un accouchement dans la douleur
Lassé de mentir, de faire l'acteur
Quand on n'est plus à la hauteur
Restent les murs porteurs
Pour s'abriter du froid
Pour conjurer le malheur
Et retrouver sa voie
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MessageSujet: Re: Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles [Livre I - Terminé]   Mer 5 Mar - 17:23

Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles.


J’écoutais ce que le soit-disant maire avait à me dire et me répondre. Je le regardais de haut, non sans me dire que nous n’avions vraiment plus aucun point commun. La guerre m’avait fait ouvrir les yeux sur lui. Si je devais voir un bon point, un bon côté pour la retombée des bombes, cela en ferait partie. Tout comme ma relation avec Mickaël d’ailleurs. C’était un des points positifs de toute cette histoire, que je ne regrettais pas. Dommage qu’il ait fallu que la fin du monde commence à venir se planter sur Terre pour que les choses avancent et changent. Comme quoi, nous avions tous une vie faites d’habitudes et de routines. Nous les avions ancré dans notre existence, sans nous en aperçoive vraiment d’ailleurs. Si ma vie calme et paisible me manquait quand même, j’étais quand même contente finalement d’avoir connu quelques changements. Nous avions tous ouverts les yeux sur les problèmes de nos vies, ou du moins, les plus flagrants. Au fond nous avions de la chance dans notre situation. Nous étions toujours avec nos proches, et si nous n’étions plus dicté par des téléphones, des ordinateurs et une tv orientée au possible, nous avions pu prendre conscience de ce qui était le plus important. Et mon poste de conseillère municipale n’était plus pertinent.
Je ne me laissais pas décomposer devant Martin, et lui non plus ne se laissait pas marcher sur les pieds. C’était… stimulant comme conversation. Au moins avais-je devant moi un homme méprisable certes, mais un homme qui avait de la répartie. On devait bien lui reconnaitre ça, et je le faisais sans problème. Il faut avoir conscience des atouts et des défauts de nos ennemis. N’oubliez pas le dicton concernant les amis et ces derniers… Pour ma part, je l’avais très bien intériorisé. Je notais tout ce qu’il me disait, sans pour autant répondre à tout Et bien, voilà que notre petit maire se réveille enfin, même si j’ai bien peur que cela ne soit trop tard. . Je me levais et récupérais mon manteau et mon écharpe. Je remontais dans la chambre de la défunte pour saluer une dernier fois l’époux, et lui donner quelques consignes la concernant et le concernant également. Puis je redescendais et fit un geste de la tête au maire avant de m’en aller et rentrer chez moi









Si simple et si sérieuse, si belle et si rêveuse, quand je l'embrasse et l'écoute. Je te rejoins sur la route. Si grande et si fragile la force mais pas tranquille. L'orage est passé les gouttes coulent le long de ma route. Du haut de là haut de l'au-delà. Si courte et si sensible la loi la plus terrible. Et si quelques fois je doute je te regarde sur la route
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MessageSujet: Re: Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles [Livre I - Terminé]   Dim 30 Mar - 17:14

Apparemment, l'orage était passé et elle en avait terminé avec moi. Étonnement, je ressentis comme un léger manque, un vide, quand elle me considéra en silence durant mes explications vaines, et m’asséna seulement un "notre petit maire se réveille enfin" en guise d'au-revoir, enfin plutôt d'adieu, devrais-je dire.

*Si nous devions nous recroiser, je choisirais sûrement la fuite* pensais-je en la voyant grimper l'escalier pour prendre congé de Monsieur Durand et de sa femme malade. Mais ce n'était pas sûr. J'étais presque frustré que notre joute verbale se termine ainsi : j'avais avancé certains doutes, mis en avant certains points et j'aurais aimé entendre sa défense, rien que pour essayer de la comprendre et lui faire cracher tout ce qu'elle voulait me dire.

C'était bien ça : j'avais aimé rencontrer de la résistance ? Etait-ce normal, étais-je le seul à avoir un esprit tordu à ce point ? Mathilda me rappelait que rien n'était acquis et qu'il y en aurait toujours pour me détester sans raison valable, et fermer leurs oreilles hermétiquement à mes paroles sans essayer un seul instant de m'accorder du crédit. Elle n'était pas la seule à me dévisager sans aucune amitié ou du moins l'hypocrisie habituelle que je recevais de la plupart des habitants. J'allais devoir y faire attention, les identifier et les compter.

Mathilda redescendit et me salua d'un signe de tête avant de sortir définitivement de la maison. Je relâchai alors mon souffle, sans avoir réalisé que je l'avais fait. D'un seul coup, la tension disparut en moi. Ce n'était guère étonnant ! Que voulait-elle dire par "se réveille enfin" et "il est trop tard" ? J'avais un mauvais pressentiment envers elle : me détestait-elle assez pour vouloir me faire tomber ? C'était bien possible.

Des craquements sur les marches de l'escalier m'apprirent qu'une autre personne s'approchait de moi : sans surprise, je reconnus Monsieur Durand à qui je devais dire ... quoi ? Je me sentais vidé, je n'avais apparemment plus l'habitude de devoir me défendre oralement et ce n'était pas bon pour moi ! Si comme je le pressentais, on voulait me remplacer par quelqu'un de plus apte, compétent et pleinement réveillé, pour reprendre les termes de Mathilda, j'allais devoir ré-apprendre à manier les mots ! Je repris mes esprits et voulus lui parler de la raison de ma visite mais il m'en empêcha :

"Vous avez fait assez de mal à ma femme et moi, Msieur le Maire, sans vouloir vous offenser, alors si vous vouliez bien vous en aller maintenant..."

Offensé moi ? Estomaqué plutôt ! *Rectification : Mathilda et moi, nous vous avons fait du mal !*

"Je vous prie de m'excuser d'avoir troublé votre journée et celle de votre femme Monsieur Durand. J'étais venu prendre de vos nouvelles sur vos actions au sein du groupe de solidarité ; je vous laisse donc mais je tiens avant à vous remercier pour votre travail de soutien."

Je lui tendis une main qu'il accepta quand même puis je sortis. Cet air affirmé et sûr de moi que j'affichais était une façade. Cette entrevue inattendue m'avait perturbé, c'était le moins qu'on puisse dire !

Terminé.


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MessageSujet: Re: Au fil des illusions perdues, je n'ai pas su voiler mes failles [Livre I - Terminé]   



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