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MessageSujet: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Sam 7 Sep - 20:56

« The words you left ringing in my head, when you broke my chest»

Les vagues grimpent, elles redescendent aussi vite. Elles chassent, elles se brisent, elles se contemplent dans leur lent ballet. C’est un combat sans cesse, une lutte entre la terre et la mer. Elles ont beau être malmenées en chutant sur le sable, elles reviennent toujours. C’est surréaliste. Le ressac ne m’apaise pas tout à fait, pas aussi bien qu’autrefois. Je suis à l’abri, à l’écart, sur un petit bout de plage peu connu des Louisvillois pour la simple et bonne raison qu’il est hors des sentiers tracés et conventionnels. Nous l’avions trouvé à l’époque où je traînais avec les frères Asling. C’est devenu un de nos endroits favoris, le mien surtout. Je n’y suis plus revenu depuis une éternité pourtant mais aujourd’hui, j’ai besoin de cueillir la plénitude que j’éprouvais avant en m’installant ici, seule. Il est partout depuis que j’ai vu la date sur le calendrier. 08 novembre. Joyeux anniversaire Hugo. Je veux lui souhaiter la mort, la désolation mais dès que je cherche à le maudire, mes sentiments reviennent me grignoter. Je pense à ses lèvres, ses mains, sa voix. Je me suis refusé jusqu’alors à me rappeler de toutes ces sensations mais à cet instant précis, je suis incapable de les refouler et je m’y abandonne. Lucas a réveillé quelque chose en moi, c’est pour ça que c’est aussi dur à supporter et à effacer. Il me manque. Hugo me manque. Je me sens tellement minable depuis qu’il m’a laissé. Je me trouve tellement de défauts, tellement de raisons d’avoir été abandonnée. Il est sûrement mort à l’heure actuelle. C’est mieux comme ça. Toute façon, nous allons tous y passer. Je roule dans le sable où je suis allongée afin de mieux observer l’écume qui commence à atteindre mes pieds nus. Peu importe où il est, c’est terminé de toute manière. Il en aime une autre, il ne m’aime plus. Il ne m’a peut-être jamais aimé. Je ne sais pas, plus. Je ferme les yeux et déglutis douloureusement. Je resserre mon blouson noir autour de moi et accuse une nouvelle montée d’angoisse. Elle me tétanise, m’oppresse la poitrine et me tire bas, tellement bas.

Les souvenirs affluent alors en masse, comme des flashs lancinants. Je me rappelle, deux ans auparavant, lui devant son gâteau, sa famille nous entourant et moi certaine, si certaine sur la suite. Une nouvelle maison, un bébé peut-être ? Pas Louisville, pas ici, pas comme ça. J’ai perdu le fil de mon existence. Je l’ai même coupé. Je suis un morceau de laine qui se laisse balloter. Je m’épuise alors je me relève. Des grains de sable s’amassent sur mon jean, je ne les retire pas pour autant alors que je me hisse sur mes jambes pour affronter l’horizon. Il n’y a rien quand on regarde d’ici. Rien du tout devant moi, juste une infinité d’eau sombre et un morceau de ciel gris, nuageux. Ca ressemble à une fin. Ma fin peut-être. Je balance un pied dans la mer glacée, l’autre suit. Il suffirait d’avancer encore, je pourrais me laisser porter par le courant et paisiblement couler au fond. J’errerais ainsi indéfiniment. Je mouille le bas de mon pantalon en continuant quelques enjambées courtes. Dans ma tête, leurs visages dansent. Ma mère, Antonin et Lucas. Je sais que je ne vais pas aller plus loin. Je ne peux pas leur faire vivre ça. Je recule d’un bon mètre avant de m’écrouler sur le dos sur la plage, un bras au-dessus de mes yeux. J’ai envie d’hurler. J’ai envie de vraiment hurler mais ça ne changera rien. Je ne sais pas quelle heure il est, encore moins depuis combien de temps, je me bats contre mon envie de crever. Le temps n’a plus sa place dans mon Univers depuis plus de trois mois. Lucas a dû passer à la maison. Il me traque. Il me tue. Il cherche à me provoquer. Il fait tout de travers. Ca ne plaît pas à ma mère. J’ai l’impression d’être redevenue adolescente. Il ne me court pas vraiment après. Je sais qu’il n’est pas sincère avec moi. Il veut juste se racheter. Et il s’y prend mal parce que c’est Lucas Asling – celui qui agit avant de réfléchir. Tête de mule. Penser à lui me détourne au moins d’Hugo l’espace de plusieurs minutes. Et il est tellement plus facile de détester Lucas qui est réapparu que l’Hugo absent, terriblement absent. Je ne sais plus ce que je compte faire aujourd’hui. J’aurais dû bosser mais j’ai atterri ici parce que je ne pouvais plus supporter la date et son souvenir. Je ne sais pas si je vais rentrer. Je ne sais pas si je vais partir. Je ne sais pas si je vais mourir ou vivre.
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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Jeu 12 Sep - 20:52

Ou est-elle ? Je n’en revenais pas de retourner à cette question. 10 jours plus tôt elle m’avait fait courir éperdument à sa recherche dans toute la ville et aujourd’hui, elle me faisait la même frayeur. J’avais envie de lui hurler dessus mais pour cela aurait-il fallu qu’elle se trouve à son emploi. Je vis rouge, vert, bleu, toutes les couleurs de l’arc-en-ciel mais je vis surtout mon inquiétude s’épaissir comme toujours à son propos depuis qu’elle est réapparue dans ma vie. Quelle idée. Pourquoi me l’avoir mis sur ma route ? Pour me montrer mon incompétence doubler de ma stupidité et lâcheté ? Pour me prouver que mes choix n’étaient pas toujours les meilleurs et m’appeler à la tolérance ? Autant dire que c’était mission impossible. Il n’y avait que pour elle que je doutais. Le reste ? Rien ne pouvait changer. Mes idées restaient mes idées bonnes ou mauvaises, j’étais têtu. Comme pour cette habitude que j’avais prise et effectuée chaque jour durant pour mon plus grand plaisir. Tout ça à cause de cette attaque. Tout ça à cause de cette guerre. Tout ça à cause de sa mort. Tout ça et surtout elle. Pour elle et son souffle. Elle et son rire disparu. Elle et ses baisers. Elle et son regard. Elle et ses larmes. Elle et sa force. Elle et sa vie. Sa vie. Elle aurait du vivre une vie merveilleuse et non en finir ainsi. Je me souviens de ma peur. Cette peur atroce que j’éprouvai encore pour mon frère. Perdre un être cher. C’était connu. Je devais m’y être habitué mais ce n’était pas encore le cas. Pas pour lui et encore moins pour elle. Elle était de nouveau là et prenait la même place qu’avant dans mon être. J’avais eu raison à l’époque de penser qu’elle me ferait mal en voyant toute cette merde familiale. La revoir m’était si douloureusement agréable.

Je ne la trouvai pas aussi facilement que je l’aurai esperé et à mesure que mes pas foulaient le sol dans la vie, mon inquiétude grandissait. J’avais peur de son visage éteint. Son visage si beau même triste. Je m’étais habitué à celui qu’elle m’offrait. Je m’étais habitué à ses piques. A son dégout de me voir. Malgré elle, je retrouvai une partie de la Louise que j’avais connue et deviné celle qu’elle était devenue par la suite. Je ne voulais pas que tout cela s’arrête en cette journée. Je ne voulais pas la perdre et contrairement à ce qu’elle m’avait hurlé cette nuit là, c’était TOUT sauf par égoïsme.

Lorsque je croisai le regard réprobateur de la mère de Louise, je sus qu’elle n’était pas chez elle et ne pouvait croire en sa mort. Je me battais pour éviter cette pensée néfaste et avançais vers une destination connue que de rare personne. Je ne savais pas pourquoi je m’y dirigeai. Cela faisait bien longtemps que je n’y avais pas mi les pieds. C’était encore un de ces lieux qui me rappelait à mes souvenirs heureux en leur présence et en sa présence. Surtout en sa présence d’ailleurs. C’était notre lieu de repos lorsque rien n’allait. Une autre forteresse peu connue. Je marchais vite accompagné de ma chienne qui trottinait non loin, ne semblant pas mesurer l’importance de cette disparition. J’aimais son insouciance et l’enviais. Mes pas ralentirent à mesure que j’approchais de notre coin. Un coin qu’elle appréciait particulièrement et que j’avais aimé en sa compagnie. Elle était là, près de l’eau, imobile, les bras contre elle. L’image m’est encore gravé. Je souriais, bien content de la savoir en vie et amusé de notre futur échange qui se promettait d’être savoureux de piques. J’aimais la sentir bouillir en elle. Elle vivait et ça la rendait malade alors que moi, ça me guérissait.

Puis Louise s’avança vers l’océan et je bloquai sur la butée derrière elle. Je n’en croyais pas mes yeux. Allait-elle vraiment se jeter dedans et s’y laisser mourir ? Non. Elle ne pouvait pas. Elle ne devait pas. Elle ne pouvait plus. Mes espoirs étaient voués à l’échec. Peut être bien. Qui étais-je pour l’aider ? Personne. Je n’étais que l’ombre de son passé qu’elle repoussait inlassablement. Je n’étais qu’un monstre pour elle qui s’amusait à la briser plus encore qu’auparavant. J’étais l’idiot de l’histoire qui s’accrochait à vouloir la sauver et à l’apprendre. Je voulais apprendre à la connaitre. La redécouvrir. L’embrasser de nouveau.

Je restai là à l’observer prêt à aller la repêcher si besoin mais au final, elle se laissa tomber en arrière et tout mon être se détendit. Elle ne pouvait plus. Je souriais et parcouru les derniers mètres qui me séparaient d’elle. Le sable s’engouffra dans mes chaussures en même temps que la brise dans mes vêtements. Il ne faisait pas si chaud que ça. Mes pieds s’immobilisèrent non loin d’elle, sur sa droite au niveau de sa tête. Les mains dans les poches, je ne faisais plus attention à mon apparence depuis un moment. Mon holster accompagné de mon arme me rassurait et le confort des vêtements de mon père, m’empêchaient de penser au regard des autres. Le temps n’était pas au rendez-vous mais la vie avait tout de même gagné. C’était en soi un grand pas dans l’espoir d’un avenir.

L’eau n’est pas bonne ou c'est que la vie est tenace ?

Je laisse mon regard vagabonder sur les vagues fracassantes et ajoute:

Il parait qu’on peut se perdre avec des sirènes en cette période…. Je te verrai bien avec une queue de poisson….
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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Sam 14 Sep - 21:34

« The words you left ringing in my head, when you broke my chest»

Le sable crisse. Quelqu'un, peut-être un fantôme venu me chercher pour me tirer vers cette mer que j'ai fui. Je reconnais les pas finalement. Je sais à qui les associer. Qui d'autre aurait pu me trouver ici de toute manière si ce n'est lui ? Je ne bouge pas mon bras alors qu'il s'arrête près de moi. C'est assurément un spectre de mon passé et c'est tout aussi sûrement mon bourreau actuel. Il est partout, pas un jour il ne me lâche les baskets. Aujourd'hui, j'ai besoin d'être seule pourtant - plus que tous les autres jours. Il parle. J'étouffe un soupire en me mordant la lèvre. Lucas est franc. Il n'a pas peur des mots. Ça m'a toujours plu. Là, ça m'irrite. Il se moque de moi. Il se moque de ma peine. Abruti. Le cynisme est toujours plus tranchant quand il sort de sa bouche. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce qu'il m'a déjà brisée lui aussi. Il n'a pas ce droit sur moi. Il reprend désormais avec une réplique complètement bancale. Il est toujours aussi peu habile qu'avant celui-là. C'est à pleurer. Les vagues suscitent toujours plus de fracas inconsidérés pas loin de nous. Je les écoute et englobe les petits froissements qui accompagnent l'improviste ici. Je n'aime pas qu'il soit là. Tout ici me rappelle ce que nous avions partagé. J'ai du mal d'être morte vivante le jour où celui que j'ai aimé a commencé à exister. Pour moi, c'est un peu comme le commencement de mon chaos. J'ai toujours la vue voilée par mon coud quand je me mets à parler finalement. L'ignorer ne solutionne jamais rien. Il est salement obstiné Asling. Ma voix m'apparaît comme trop faible alors que j'ai envie de lui crier dessus. « Je vois que tu n'as toujours pas pris la peine d'affûter tes techniques de drague. T'es ridicule Asling. » Je retire progressivement mon membre de mon visage et fixe un instant les nuages oppressants au-dessus de moi. Il est presque à leur image aujourd'hui. Ce que je dis est toujours âpre mais les intonations ne sont pas là. Je suis grignotée de l'intérieur, le chagrin s'attaque à mes cordes vocales. « Qu'est-ce que tu fous là ? Sérieusement. Arrête d'essayer de te racheter une conscience en inventant n'importe quoi et en me surveillant. T'es un vrai harceleur. »

Je me redresse toujours sans le regarder et attire mes jambes contre ma poitrine. Mes doigts jouent avec les grains de sable. Je devrais peut-être l'enterrer tant que j'y suis cet ... Ce... Mes mains se perdent dans mes cheveux et je grimace. Je sais que je ne suis en paix nulle part. Pourquoi pourtant je me sens aussi vexée qu'on ait pu me retrouver ? Est-ce que je suis mieux quand il est loin ? Je ferme les yeux. Hugo. Est-ce que tu as vieilli d'une année ou est-ce ta tombe qui a accueilli des fleurs aujourd'hui ? Je suis incohérente alors je me relève. Lucas est plus proche que je ne le pense. Mon regard est agrippé malgré moi par sa silhouette alors je trouve ses yeux, parce que c'est un chemin instinctif, naturel. Mes réflexes se souviennent de lui mieux que ma cervelle qui elle cherche à oublier. Je le fixe alors quelques instants. « Lucas, ce n'est vraiment pas le jour. Je n'ai vraiment pas envie de parler ou de m'énerver contre toi. Alors s'il te plaît. Fiche moi la paix. » J'accompagne ma parole par des gestes et pose ma main sur son bras. Je n'ai pas été virulente dans le ton – j'ai peut-être été même suppliante. Je l'observe dans le décor. Toujours plus de souvenirs, toujours plus d'émotions enfouies. Je ne peux pas gérer mes trois existences à la fois. Celle d'avec lui, celle d'avec Hugo et celle d'aujourd'hui. Alors je repousse soudainement Lucas en plaquant mes paumes contre sa poitrine brusquement. Je m'énerve maintenant pour de bon. Je m'éloigne, je me mets face à l'étendue salée. J'ai envie de m'y noyer. Mais je ne peux pas. Je ne peux juste pas faire plusieurs pas et m'y engouffrer. J'en suis physiquement incapable même si psychologiquement, ma conscience me pousse vers les vagues. Ce conflit s'abat sur mon restant d'équilibre psychique. C'est Hugo qui devrait me regarder vouloir crever, pas Lucas. Même si il m'a abandonné, il ne m'a pas trahi. Pas de cette façon odieuse et dire que... Hugo. Regarde-moi hésiter, regarde-moi respirer. Ce n'est plus pour toi que je le fais. Cette évidence me déchire tant elle est empreinte d'une vérité trop imposante pour ma carrure si frêle. Je pose mes pieds dans l'eau rageusement mais je ne sais pas aller plus loin. J'appuie mes bras sur ma tête, m'accroupis et me met à hurler comme une démente alors. Je pète les plombs. Complètement. Le ressac me trempe le jean, le bas du dos. J'ai envie de me laisser tomber et d'attendre que la marée monte. Fermer les yeux et attendre avec la certitude que ça ne serait plus très long. Que tout ça a bien une fin. La mienne.[/color][/b]
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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Ven 20 Sep - 21:02





The words you left ringing in my head, when you broke my chest
Louise & Lucas
« Aimer la vie peut s’avérer parfois bien compliqué… »





Est-ce que la vie est en toi ? Est-ce que tu veux te battre ou est-ce que tu te bats pour nous? Est-ce nous qui te poussons à rester dans ce monde? Est-ce qu'une part de toi même veut rester près de nous tous? près de moi. Reponds-moi. S'il te plait. Dis moi. J'aimerai lire la réponse dans ses yeux comme je le faisais si bien par le passé. J’aimerai tellement être le jeune garçon qui savait comme réagir à ses sautes d’humeur. J’aimerai être aussi sûr de moi vis-à-vis d’elle que je ne le laisse paraitre. Seulement je suis loin d’être confiant. Je fais ce que je peux. Ce qui me semble le mieux c’est-à-dire, ce qui me vient en premier. C’est ce qui marchait dans le temps et ce qui a continué de marché par la suite. Je n’ai jamais trop réfléchis à mes actes et paroles dans ce genre de situation. Si sur le terrain je me concentrais et analysais un minimum, dans la vraie vie, c’était tout sauf le cas. Mon enfance, mon adolescence, ma carrière…. Autant de passage de ma vie qui peut le prouver. Pourtant, la situation de Louise m’obligeait à me dire « et si » après chaque mot. Chaque geste. Chaque regard. Je ne sais plus décrire ses yeux ni traduire leur langage. Le jeune homme essaye de capter la jeune femme, celle que nous avons tous deux abandonner et s’il y parvint ce n’est que très rapidement. Trop.

Alors est-ce que la vie se bat en toi ? Dis-moi Oui que je me sente mieux. Il est plus facile d’aimer le souffle qui me parcourt en sachant que nous soufflons le même avec le même désir de vivre. Il est meilleur de vivre en sachant que tu vis. Je ne pensais pas, à vrai dire, la revoir ainsi. La vie aurait dû la rendre encore plus belle que dans mon souvenir. Le résultat de ces années d’abandon est bien plus que morbide. Le chemin était pourtant tracé pour elle. C’est ce que j’avais cru mais je ne devais pas regretter. Je savais pertinemment que j’aurai refait la même chose qu’importe le nombre de fois que j’aurai du recommencer pour me retrouver ici, sur notre plage privée aux bords de nos souvenirs. Les vagues sont hautes. Elles se fracassent sur les rochers. Elles nous ressemblent. On glisse l’un vers l’autre. On s’écrase. On se percute. On se brise dans un bruit sourd. On ne s’accorde pas alors que nous sommes faits de la même énergie. Nous glissons et nous fracassons sans trop savoir comment aborder le rivage avec douceur.

Je vois que tu n'as toujours pas pris la peine d'affûter tes techniques de drague. T'es ridicule Asling.

Oh … il me semble que ceux sont ces mêmes techniques qui t’ont attirés pendant plusieurs années et puis… avoir une queue de poisson, c’est aps ce qu’il y a de plus sexy… puer le thon….

Mon sourire s’élargie alors que je me concentre pour ne pas rire sentant son regard sur moi. Puis je ne résiste plus et me tourne vers elle avec ce regard couplé avec ce sourire qu’elle détestait tant pour trop l’avoir aimé. Cette expression qui était réapparu aussi facilement qu’une brise de printemps entre nous. L’expression d’un passé qui nous a marqué. D’un passé présent qui tente de façonner un petit bout d’avenir, juste un lendemain. Elle s’emporte alors. Je fronce les sourcils effaçant mon large sourire pour un fil. Je devrais avoir l’habitude mais son ton n’est pas tout à fait le même. Ca, je sais encore le comprendre. Je n’ai pas perdu le mode d’emploi de ma Lou, c’est juste que je ne connais pas encore celui de Louise. C’est juste différent mais j’apprécie découvrir de nouvelles pages. Elle n’est pas comme les autres jours. Elle m’accuse de la harceler. Je plaide coupable et m’en fiche royalement, elle le sait depuis le premier jour de ce petit jeu. Depuis ce soir-là. Son bras touche le mien et ce contact m’affecte plus que je ne l’aurai cru. Louise me touche de sa main pourtant c’est ses lèvres que je sens contre les miennes. Je secoue la tête et sourit. Au moins, en sa présence, je ne ressens aucun flash. Pas ceux de ma mémoire perdue durant 17 jours. C’est assez reposant mais éprouvant d’une autre manière. Pourquoi est-ce si compliqué ?

Lucas, ce n'est vraiment pas le jour. Je n'ai vraiment pas envie de parler ou de m'énerver contre toi. Alors s'il te plaît. Fiche moi la paix.

La paix est un luxe de nos jours tu sais…

Je bascule la tête sur le côté en captant son regard. J’aime ses yeux même si ce qu’elle veut me renvoyer n’est pas ce que j’espère d’elle. Je ne cesse de la chercher et je la trouve de temps en temps. C’est ça qui l’énerve en général. Là, je ne comprends pas ce qui la perturbe. Je suis inquiet mais m’interdit de l’exprimer. Son comportement change une nouvelle fois. Du calme a la furie. De la furie au calme. La furie. Elle me pousse. Je manque de tomber en me prenant les pieds dans les pattes de ma chienne qui grogne. Je lui tape sur le museau sans grande force. Je veux juste qu’elle reste calme. Frustrée ou choquée, elle s’éloigne de moi comme Louise qui va dans l’eau. S’arrête. Puis avance de nouveau pour mieux s’effondrer. Elle hurle. J’en reste pétrifier. Je vois le désespoir, la peine, la souffrance, la douleur, la colère, et la mort dans tout son corps alors qu’elle tombe à genou dans l’eau. Je me sens minuscule sur cette plage où je me sentais pourtant si fort dix ans plus tôt. J’étais le roi du monde. J’étais un dieu avec elle, juste pour elle. Ce qu’elle ne savait pas c’est qu’elle était bien davantage pour moi à cette époque. Là, je suis encore plus lamentable que je ne l’étais sans elle. Sa souffrance me transperce et je me sens incapable de rivaliser contre celle-ci. Qui suis-je pour l’aider ? Encore cette question qui me revient. Je suis tellement déstabilisé par sa haine et sa peine de vivre que je me demande, une seconde, si la mort ne lui ferait pas plus de bien. Cette pensée me stupéfie et m’horrifie. Rien que l’idée m’achève. Je sens une main s’emparer de mes organes et les tirer vers l’extérieur. C’est comme si sa mort finirait de me mettre sous terre. Comment cela pouvait être possible alors que je l’avais moi-même abandonné ? Je n’avais pas de réponse à cette question. Je ne connaissais que l’effet de cette pensée abominable. Sa voix raisonnait en moi avec autant d’aiguille qu’il fallait pour percer la moindre parcelle de mon corps. Je me devais d’essayer. Elle se devait de vivre. La vie était mieux. N’est-ce pas ? Vivre, essayer du moins, était mieux que l’abandon. Pour mon père, pour mon oncle, pour ma mère, pour mon frère…. Pour tous mes frères d’armes, pour eux tous, la vie était meilleure que les vers. Mes pieds avancèrent malgré moi. Mes pensées voguèrent vers ce que nous avions vécu ici et tout ce que nous avons vécu pour en arriver ici. Nous étions des enfants. Depuis, ils étaient tous tombés. Leur visage. Je n’apposai alors aucune barrière à leur vision. Je voulais ce sentiment. J’en avais besoin là, juste une seconde. Une petite seconde. Juste assez. Mon hurlement se répercuta sur les vagues face à nous. Mes genoux touchèrent le sol avant que tout mon corps ne suive. L’eau me glaça le sang mais le cri me détendit. C’était expirer tous ce qui nous bouffait de l’intérieur, ce n’était pas plus mal en fin de compte. Je restai un instant la tête dans mes avants bras touchant l’eau glacée qui allait et venait. Mon souffle était court et j’attendis de le reprendre avant de me redresser et de me tourner vers elle. Elle n’était pas la seule à pouvoir hurler. Nous pouvions tous hurler pour des raisons bien différentes. Cependant, elle était la seule à me pétrifier ainsi en un cri. Elle était la seule à me pousser à hurler. Elle était la seule. Je me rapprochais alors, je n’étais qu’à quelque centimètre d’elle et cherchai son regard.

C’est un jour parfait pour être simplement présent… et pour hurler…

Je m’étale alors sur le dos. J’ai froid mais je n’ai pas la force de bouger. Mon bras gauche se place derrière Louise. Ma main se pose instinctivement sur son dos et le parcours doucement. C’est tellement emprunt à une habitude que je ne m’en rendis même pas compte.




Fiche par (c) Miss Amazing
Crédit image : tumblr
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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Ven 20 Sep - 23:20

« The words you left ringing in my head, when you broke my chest»

La fin ne s’enchaîne pas à ma perdition. Par contre, c’est un début qui m’oppresse bien vite. Le début de ses cris, ceux de Lucas. Ils se joignent aux miens, s’entremêlent. Il veut peut-être chasser les démons que j’appelle, il veut peut-être attraper les siens ou bien simplement, il tente de m’atteindre dans la forteresse que j’ai érigée. Il me pourchasse sans arrêt, même aux détours de mes cauchemars. Est-il là pour me préserver ou m’enfoncer ? Je ne sais toujours pas le déterminer. Mais il est là. Sa présence me heurte à l’instar de ses hurlements. Il est tellement partout dans l’air que ma voix finit par s’éteindre pour lui laisser la place. Je n’ai plus de souffle et il est à genoux à mes côtés. Je trouve l’image tellement horrible et tellement forte que j’en reste interdite. Il sombre presque avec moi dans cette démence alors que je lui ai demandé de me lâcher la main pour pouvoir avancer. Asling est buté. Buté et stupide. Il s’arrête avant de me parler. Encore une morale difforme et puis, il s’allonge. J’ai envie de lui enfoncer le visage dans le sable afin qu’il cesse de rouvrir chaque plaie et de me forcer toujours plus à vivre. Sa main trouve mon dos en un geste familier. Il est rassurant, réconfortant parce qu’il est connu et mémorisé par mon corps. Je ne peux pas le repousser, cet invocateur. C’est comme rentrer à la maison, trouver la chaleur du foyer qu’on aurait délaissé, se retrouver. Les bras de Lucas sont une belle promesse. Celle d’un refuge, celle d’un abri contre l’anxiété parce que je sais exactement ce qu’ils évoquent même si le temps a passé. Surtout parce que le temps a passé finalement. Les choses les précieuses révèlent leur valeur dans les pires douleurs et leur perte déchirante. Je pose ma tête contre mes genoux en la penchant et ferme les paupières. C’est un jour parfait pour disparaître, pas pour exister. Je ne veux pas exister le jour où l’homme qui m’a brisé a vu le jour. Je ne veux pas lui rendre le moindre hommage. Nous sommes échoués sur un rivage, rejetés par la mer après plusieurs tempêtes. Et je sais que je tangue toujours plus alors que ses doigts ondulent contre moi. J’ai envie de céder. Parce que j’ai besoin que quelqu’un pense à moi aujourd’hui, parce que j’ai terriblement besoin qu’on ne me prenne pas pour acquis et qu’on m’oublie. J’ai juste envie qu’on considère mon peu d’existence. Malgré tous les travers que je trouve à ses propos, il a raison. Même si je suis absente, je suis aussi présente parce que mon enveloppe réside sur cette plage et que ma cage thoracique subit toujours des assauts de désespoir.

Je me retourne lentement vers lui et le détaille très calmement avant de glisser vers lui. Je m’impose contre lui avant de prendre son coude pour que son bras se referme sur moi. J’enfouis ma tête dans son cou et je m’agrippe à ses vêtements de ma main. « Serre-moi. Serre-moi fort. » Juste une fois. Une unique fois. Pour que les traces laissées par Hugo s’éteignent, pour que j’oublie son étreinte à lui. C’est égoïste, c’est lâche mais je ne suis plus rien d’autre depuis le commencement de cette descente aux enfers. Quelques larmes roulent, elles atteignent mes lèvres. Il faut aussi les supprimer alors je pose ma bouche sur sa nuque afin que leur goût salé me délaisse pour celui de sa peau à lui. Tout a une saveur à la fois nouvelle et habituelle. C’est déroutant. Mes intonations grésillent dans l’atmosphère alors qu’une énième vague nous éclabousse. «  La dernière fois qu’on s’est allongé ici, je t’ai dit que je voulais que tu m’emmènes loin. » Je ne supportais plus Louisville. Je ne l’avais jamais supportée. Et quand les étés s’achevaient, je me sentais encore plus délaissée. Quand il n’était plus là, je ne trouvais aucun sens à rester là. Aujourd’hui, il n’y a plus aucun sens nulle part. Ici, ailleurs mais pourtant, je réitère. « Fais-moi partir d’ici. » Ici, ce n’est plus la ville. Ici, c’est ma tête, c’est le Monde dans lequel je me suis enfermée. Mes demandes sont loufoques, grotesques et irréalisables. Je ne peux pas exiger ça de mon ancien amant. « Non. » Je me serre un peu plus contre son torse et passe une jambe au-dessus de la sienne. « Laisse-moi juste… croire quelques secondes que je suis rentrée à la maison. Que tu n’es jamais parti. Et que je ne l’ai pas rencontré. Que je n’ai pas vécu cette vie-là. Loin de toi, après toi. » Mon discours est décousu, dénudé d’explications, de logique. Je me parle toujours plus à moi-même qu’à lui finalement. Je continue à l’enlacer maladroitement toujours avec plus de hargne. Il peut devenir une drogue. Je me connais. Je le connais. Je nous connais. C’est facile de sombrer quand on pense ne plus rien avoir à perdre. Mais lui, il a encore un cœur. C’est un faux pari. Je me détache progressivement de lui pour m’asseoir à nouveau, trempée quasiment de la tête aux pieds.

Je pose un doigt sur ses lèvres pour l’empêcher de dire quoique ce soit alors que j’articule prise par un élan de sincérité vorace. « Je ne peux pas avoir besoin de toi. C’est pour ça qu’il faut que tu arrêtes. Tu as besoin de quelqu’un. Tu as toujours eu besoin qu’on soit avec toi. Moi, je ne suis pas capable d’être comme avant. Tu n’es pas assez fort pour supporter le poids de mon être et du tien. Me mettre face aux cadavres n’a rien changé à ça. Je n’ai jamais souhaité ta mort. Tu as été abimé par le passé. Et je sais que parmi tous ceux que je côtoie tu dois être celui qui est le plus en mesure de me comprendre. Mais je ne veux plus être comprise maintenant. Tu es celui qui sait me désarmer. Il faut qu’on arrête là. Tu as assez joué avec ta vie. » Je sais qu’il s’obstine parce qu’il croit devoir se racheter de son histoire alors je continue toujours plus convaincue. « Tu n’es pas coupable de ce qu’il est arrivé à ta famille. Lucas, tu es la preuve de leur passage. Tu es une belle preuve de leur existence, ne gâche pas ça. » Je me relève en chancelant et fixe l’horizon. Je suis frigorifiée alors je m’entoure de mes propres bras à défaut de me replonger dans les siens. Il n’y a rien de cohérent entre mes propos qui ne se relient pas entre eux, mon attitude et tout ce que je pense être. Je suis perdue. J’ai écarté toutes les paumes qui voulaient me montrer le chemin. Alors maintenant qu’il n’y a plus personne pour m’entendre, je m’enroule dans le silence et y entrevois une éternité.
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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Sam 21 Sep - 20:18





The words you left ringing in my head, when you broke my chest
Louise & Lucas
« Aimer la vie peut s’avérer parfois bien compliqué… »





Une habitude. Qu’est-ce qu’une habitude ? Un geste répété durant une période donnée ? Est-ce que cela implique une durée fixe, ou même une absence de durée ? Peut-on cesser de vivre une habitude pendant des années pour la reprendre par la suite sans que cela n’éveille en nous la moindre question ? Je ne sais pas. Je ne sais plus trop. C’est tellement facile de vivre près d’elle que ça en devient compliqué. Paradoxale ? Complétement. Je ne peux pas me permettre de céder à la faciliter de nos actes passés. Ce n’est ni bon pour elle ni bon pour moi. A quoi cela servirait d’être ce que nous étions dans une parfaite petite copie ? Nous détendre ? La sortir un temps de ses démons personnels pour qu’elle puisse y courir plus vite après ? Ce n’était pas bon. Pourtant mes gestes étaient des automatismes bien rodés et tellement évident que je ne pouvais apposer beaucoup d’objection. Ils faisaient autant parti de mois que je ne désirai les effectuer. L’ancien et le Lucas présent étaient tous deux d’accord pour tout ça. L’un avait l’habitude. L’autre se souvenait de l’habitude et voulait, dans le présent chaotique qui était le nôtre, la vivre. C’était évident par le passé et par le présent. C’était troublant. Trop troublant. Les enjeux étaient plus gros que mes désirs, je n’avais pas le droit à l’erreur et pourtant j’avais l’impression de les enchainer, les erreurs. Et pourtant, je continuais dans la même voie. Pourquoi m’arrêter si ce n’est la peur de la pousser à la mort ? Je dessine un rond. De ce rond apparait un animal. De cet animal un arbre. De cet arbre la liberté. De cette liberté, la vie. De la vie j’écris Louise. Elle ne s’en rend pas forcement compte mais elle s’en souvient peut être. Son dos, ma planche à dessin personnel. J’ai toujours apprécié parcourir ses courbes, l’ensemble de ses courbes, de mes doigts dessinant tout et n’importe quoi. Il lui arrivait de s’amuser à chercher ce que c’était sans trouver ou que rarement. Je souris à ce léger souvenir. Je ne veux plus nous vivre dans le passé mais dans le présent alors je branche mes yeux sur son canal et l’observe. Rien ne va plus en elle depuis plusieurs mois et je ne sais toujours pas pourquoi. Une histoire avec un « lui ». Une autre personne l’ayant blessé comme je l’avais fait avant. J’imagine un ex mais n’en suis pas sûr. Je ne suis pas encore grand-chose, tout juste un souvenir un peu trop réel, pour le moment.

Louise se tourne et s’allonge contre moi. Son corps contre le mien me brûle. Je me crispe comme si une anguille s’enroulait autour de ma jambe. Une anguille que j’aime, là est le pire de la métaphore. Elle attrape mon bras pour le mettre autour d’elle. Je reconnais sa méthode. Je reconnais un moment de peine. Je reconnais son besoin de soutien. Je suis heureux qu’elle veuille le chercher contre moi et en même temps très perturbé. J’ai la sensation qu’un arbre aurait su faire l’affaire. Je n’étais pas très sur d’avoir une importance physique et morale pour elle. J’étais là et en même temps je n’étais pas là. Un genre de fantôme qui la bouscule. Je pourrais tout aussi bien n'être que la marque de sa conscience qui lutte. Elle ne me demandait pas mon soutien mais celui de mon image. Cependant, je ne me retirai pas. Si elle est venue contre moi c’est qu’elle en a besoin et puis quelque part, après mes doutes et mes craintes, mon corps se laissait apaiser par ce contact. Elle me sert alors plus fort et je me relâche entrainant le reste de mon corps dans ce même mouvement. Je suis là. Je n’irai nulle part qu’importe la personne que je suis pour elle à ce moment-là. Ma tête se pose contre la sienne et je ferme les yeux alors que le froid nous gagne. Ce n’est pourtant pas vraiment le moment d’avoir la crève…


Ses paroles font écho à un souvenir. Nous sommes tous deux rappelés à cette demande alors qu’elle la réitère. Je la serre plus fort en sentant ses lèvres toucher ma nuque. La marque de ce baiser me brule. Je suis pris par l’envie de la faire rouler sur le côté et de l’embrasser. Je ne sais pas exactement ce qui me retient. Peut-être le « non » qu’elle me lance tout en passant sa jambe par-dessus la mienne. J’ai envie de prendre cela pour une invitation à laisser faire mon imagination. Son odeur n’a pas vraiment changé, elle reste Louise. Je veux l’aimer. Je caresse sa joue que je sens humide puis joue avec ses cheveux alors qu’elle me demande une faveur que je peux accepter. Je me demande ce qui est sage de faire en cet instant. La laisser rêver en un espace-temps meilleur une fraction de seconde pour mieux se casser la gueule ou l’obliger à voir une énième fois la réalité du monde dans lequel elle s’est enfermée ? Je ne sais pas ce qui est le plus cruel. Je ne veux pas être son bourreau. Je veux être celui qui la fait vivre. Non, ce n’est pas ça. Je veux l’aimer pour la vie qu’elle détient encore en elle. Je veux n’être personne d’autre que le crétin qui l’a abandonné. C’est con ? Peut-être bien mais pourquoi refuser un présent qui, de toute façon, ne changera jamais ? Et puis il y a cette phrase qui me perturbe. Je la rapproche des autres informations que j’ai taché de ne pas oublier. Il y a bien un autre dans l’histoire. Pourquoi parle-t-elle, à demi-mot, de lui aujourd’hui ?

J’aimerai lui accorder le monde. Le temps de souffler et d’être en paix mais est-ce seulement possible ? Son doigt sur ma bouche, j’écoute attentivement ce qu’elle me rabâche à chaque fois que nous sommes dans ce genre de situation. C’est à peu de chose près le même discours. Nous nous lançons les mêmes remarques, inlassablement. Nous attendons que l’autre pli sous des couches de mots qui se ressemblent, s’assemblent et se heurtent. Nous jouons une partie de Poker où le butin est la vie ou la mort. Seulement, elle n’a pas l’air de comprendre. Nous jouons pour la même cagnotte : la vie. Elle ne le comprend pas alors qu'elle parle de compréhension. Je ne cherche pas à la comprendre, je cherche à ce qu’elle se comprenne. La différence est bien là. Elle cherche du mauvais côté et grimpe la mauvaise falaise. Ses dernières paroles me touchent plus que je ne l’aurai cru alors qu’elle se détache de moi laissant un énorme vide. Je suis parcouru d’un frisson incontrôlable et jure dans ma barbe. Je me redresse et recule pour éviter d’être touché par l’eau glaciale bien que le mal fut déjà fait. Elle ne comprend pas. Et je ne comprends pas tout moi-même. Mon corps se relève tout seul et s’approche d’elle. Mes bras passent de chaque coté de son corps. Mes mains attrapent les siennes, repliées sur elle-même puis les serrent. Mon torse se colle a son dos alors que mon visage touche le sien. Mes yeux se ferment un instant. Une image du passé me vient mais je ne lui laisse pas le temps de germer dans mon esprit. Je veux ce moment pour présent pas pour une résurgence de nos actes passés. J’ai 27 ans et je veux vivre ce qu’il nous reste à vivre en étant le connard fini et le démon de la demoiselle que je serre dans mes bras.

Tu es la preuve de mon existence, tu ne peux pas t’en aller et je ne peux plus disparaitre. Si tu décides de te jeter la dedans, je te retrouverai et même si tu pus le thon, je resterai présent. Ce qui est sympa dans la carrière militaire c’est que jouer avec la vie est justement mon métier… Je n’ai pas peur de toi et tu sais que rien ne changera à cela alors s’il te plait arrêtons de tourner autour du pot. Arrêtes de vouloir me faire fuir car à moins que tu ne prennes l’arme qu’il y a dans mon holster et me tire dessus, je ne partirai pas. Au lieu de me repousser, accepte-moi. Pas le garçon que t’a aimé mais le connard que tu as détesté et qui t’entoure. Accepte-moi avec le statut que tu veux pour la personne que je suis et que je t’inspire à présent. Accepte-moi et dis-moi ce qui te bouffe.







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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Lun 23 Sep - 19:20

« The words you left ringing in my head, when you broke my chest»

Ses bras se superposent abruptement aux miens. Je peux le repousser si ça me chante, il suffit que j’envoie mes coudes dans ses côtes mais je n’en fais rien. Sa chaleur m’entoure, son odeur me maintient captive de cette nouvelle étreinte. Il se permet de plus en plus de liberté et je commence à ne plus avoir l’énergie nécessaire pour le repousser. C’est un vrai buté, il est comme cette plage, il est comme ces vagues. Il est passé, il est présent. Il repart, il revient. L’écume cueille mes pieds. Un frisson ondule sur ma peau. Cette sensation est réelle et je n’aime pas ça. Tout est trop fort, je ne suis plus habituée. Depuis qu’il a réveillé le vieil écho de ma mécanique aortique, je perçois par intermittence ce Monde laid, les horreurs et les émotions. Je suis persécutée par un amalgame de choses que je renie toujours aussi effrontément toute cette existence qui ne me concerne plus.  Il parle. Il défait mes propos, il a sa logique tordue. Il me donne littéralement les armes pour l’abattre. Il n’a pas peur de moi. Il n’a pas peur de souffrir par ma faute. Il fonce. Il fonce toujours bien trop. Il accorde si peu d’importance à sa santé. Il me sidère. Et moi ? Moi, c’est différent. J’ai accepté ma mort. Lui, je ne pense pas qu’il a conscience de ce que ça signifie. Il me noie de mots et émet deux requêtes terrifiantes. L’accepter et une justification de mon état. A quoi s’attend-il ? Je baisse la tête vers la vague qui grignote mes orteils. Il me tend tout ce qu’il peut pour que je m’agrippe alors que je veux garder la tête sous l’eau et dériver jusqu’à toucher le fond. Je déglutis et reviens retrouver l’horizon. « Si je t’accepte. Je vais devenir dépendante. Je vais t’attendre. C’est insupportable. Je ne veux plus dépendre de personne. Je ne veux plus… avoir besoin de quelqu’un. » Il ne comprend pas. Il n’a pas été abandonné de la même façon que moi. Je ne sais pas ce qu’il a connu entre moi et maintenant. Je ne veux pas le savoir. L’imaginer avec d’autres femmes me fusille sur place. Je suis celle qui a été larguée. C’est toujours pire pour ce parti-là. Et je peux doublement l’affirmer. J’abolis sa prise sur moi en écartant ses bras des miens puis j’avance vers la mer.

Je me retourne vers lui ensuite. Je le jauge avec un air crispé. Je suis énervée. Il m’énerve avec ses soi-disant bonnes intentions. Ils viennent tous avec ça, la bouche en cœur et puis, ils vous plantent un couteau aux premières difficultés rencontrées. Tous des lâches, des fuyards. Je ne veux plus laisser un homme guider et régir mon Destin. J’ai décidé d’être cadavre. Lucas doit se faire à cette raison. Je ne sais pas pourquoi j’entre pourtant dans son jeu en lui répondant. Je relève la manche de mon blouson et étale devant lui ma cicatrice au poignet. « C’est parce que j’ai tout donné et tout misé sur quelqu’un que c’est arrivé. Après que tu m’aies laissé tomber, j’ai juré de ne plus jamais retomber dans le piège. Je ne voulais plus aimer personne. Mais il m’a trouvé. Et je suis retombée amoureuse. Il a réparé ce que tu avais brisé. J’ai cru en lui. J’ai cru que cette fois-ci, ça serait différent. Mais il a fait pire que toi, bien pire. » Hugo est invoqué pour de bon. J’ai la nausée. Je pose mes mains sur la veste de Lucas et me met à le secouer. Tout est de sa faute. Il m'a forcé à le ramener, à le mentionner. « Tu comprends enfin ? Je ne peux pas t’accepter. Tu vas encore me lâcher. Vous me lâchez tous.  Je ne sais retenir personne et je ne veux plus retenir personne. Alors ne viens pas ici pour me dire que tu ne vas plus disparaître. Tu le feras. Tu le feras et je ne veux plus tomber. Laisse-moi à terre. J’ai l’habitude du sol. Les hauteurs me terrifient. Tu me terrifies. » Je le relâche et me mets à m’éloigner de lui. Je marche un mètre, peut-être deux. Je ne sais plus. Je ne sais plus ce que je vais faire. Je crève de trop de mémoire, je crève de solitude, je crève de mal être. Je me retourne un instant. Je capte son regard. Ce regard qui englobe tout ce que je suis.

L’espace d’un instant, il me semble inaccessible et pourtant la seconde d’après, je me mets à refaire le chemin inverse, à défaire la distance qui me sépare de lui. Il ne me reste rien. Je n’ai plus de barrières à construire. Là, je suis à nue devant lui. Je prends son flingue dans son holster comme il me l’a conseillé, je le pose dans sa paume à la suite très vite et colle le canon sur mon front. Le métal est glacé contre mon épiderme. Ma voix est dure, sèche et ferme. Elle est presque méconnaissable. « Si tu veux m’aider. Vas-y. » Je le fixe avec détermination. « Appuie sur la détente. Et sauve-moi. Sauve-moi de ce que je suis devenue. Je ne crois plus en rien Lucas. Les gens finissent toujours par partir. » Mes doigts s’enfoncent dans sa main, mes ongles creusent sa peau. Je ne sourcille pas. Je plante toujours mon regard dans les sien, je l’empêche d’y échapper. « C’est moins douloureux de mourir que de te voir, toi, à nouveau partir. » Il ne reste rien et je reste là. Je meurs encore là autant que je vis dans ses yeux pour le moment.
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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Mar 24 Sep - 1:27

J’ai 27 ans et je veux vivre ce qu’il nous reste à vivre en étant le connard fini et le démon de la demoiselle que je serre dans mes bras. Je ne veux plus voir le passé dans ses yeux mais l’avenir qu’elle ne veut plus entrevoir. Je veux sentir la paix dans ses prunelles et retrouver un petit peu de cette quiétude de passé dans ce présent tourmenté où même l’encre de mon ancien bonheur a sombré. Je veux savoir ce qui l’a achevé alors que tout devait lui sourire. Ses désirs d’avenir, son ambition passant uniquement par celle des autres, son amour pour la vie malgré l’absence de son père, son rire autant d’éléments qui la rendaient plus forte que toutes ces vagues déstabilisantes. Autant d’éléments qui masquaient sa fragilité que je savais caresser du bout des doigts. Autant d’éléments qui se rappelaient à moi alors que je tentai de comprendre désespérément ce qui avait bien pu la bouffer à ce point. Je n’aimais pas l’enveloppe que je tenais dans mes bras. Elle était un souvenir bien heureux et une souffrance bien présente. Son contact apaisait l’homme que j’étais devenu avec une facilité qui se voulait ressurgir de notre passé. Pourquoi refuser cet état de fait ? Il semblait que rien ne puisse nous effacer l’un de l’autre. J’avais cru l’oublier. L’éradiquer mais elle ne m’avait jamais quitté. Elle était ma marque. Celle de mes erreurs et de mes bonheurs. Ses paroles percutèrent mes pensées les rendant plus farfelues, plus difficile à étayer. Comment lui assurer mes motivations ? Je n’en avais pas la moindre idée. Elle était un mur que je tentai de briser à coup de chaussette. Pourtant je le sentais vaciller sous chaque contact et chaque mot. Je n’étais pas qu’un inconnu mais bien l’objet d’une certaine réaction que Louise ne voulait pas ressentir. J’étais content de toutes ces avancés. Content et terriblement inquiet pour la suite. Qui sait ce qui pouvait arriver ? Qui sait ce qu’elle pouvait arriver à faire pour se prouver la bonne raison de la construction de son fort ? Je la savais extrême depuis toujours mais bien plus en ce jour. Je ne voulais pas la perdre pour l’avoir poussé hors de ses retranchements. Je voulais la faire vivre. Je voulais qu’elle vive pour son propre souffle et son propre destin. Certes, le monde dans lequel je souhaitais l’éveiller était un monde bien pire que celui qu’elle avait abandonné quelque mois plus tôt, mais cela justifiait-il une mort pour autant ? Une mort ? Pourquoi parlais-je de mort ? Ses paroles me heurtaient bien plus que je ne voulais l’admettre. Elle n’était pas morte et ne pouvait pas se donner la mort, pas pour le moment. La vie battait en elle. A chaque pique. A chaque touché. A Chaque parole. A chaque rencontre. A chaque pas. A chaque pas la vie coulait dans ses veines. Elle l’avait oublié mais la vie résidait en ça, en chaque pas. En chaque petit souffle qui parcourait ses poumons. Elle se laissait mourir dans son désespoir qu’elle avait peint d’or sans réussir à rejoindre ma famille.

Une nouvelle salve de paroles. Mon corps est troué de balles. Ses yeux deviennent mon enfer et ses paroles les mains des démons qui m’entrainent dans cet abysse de remord. Je ne veux pas me sentir coupable de notre passé. Je ne veux plus partir dans des suppositions qui m’ont déjà bien entamé. Je veux accepter la douleur que je lui ai causée. Ceci est plus facile à dire qu’à faire. Ses paroles sont si meurtrières. Je ne suis même pas sûr qu’elle s’en rende compte. Je ne suis pas sûr qu’elle se rende compte de grand-chose dans son état. Elle veut se défendre. Défendre ce qu’elle a construit depuis plusieurs mois. Confirmer ses actes et ses pensées. L’élire comme meilleure solution. Elle sait pourtant que ce n’est pas la meilleure. Elle sait qu’il n’y en a pas. Qu’il n’y en a jamais eu. Je ne veux pas perdre cette partie de Poker. Nous sommes proches de faire « tapis ». Je le sens. Je veux connaitre son point de flexion. Je veux la découvrir. Je veux continuer nos parties. Je veux connaitre ses petits trucs. Je veux l’entendre rire. Son rire. Il m’appelle dans un passé que j’ai brisé. Je m’en veux mais je ne peux plus rien y faire. Elle ne peut pas me battre sur ce coup-là. Elle n’en a pas le droit. Et puis ce poignet. Je recule. J’ai l’impression d’avoir plus peur de ce trait que de la mort elle-même. Elle veut m’achever mais je suis plus buté quel. Si elle veut me briser ce sera pas avant d’avoir lâcher un rire. Mon visage s’endurcit pendant que je me contrôle pour ne pas exploser. Je vais la jeter dans l’océan dans l’espoir que les idées lui seraient plus claires. J’ai envie, mais je ne fis rien. J’écoutais ses nouveaux tirs et mis du temps à tout mettre bout à bout. J’ai le souffle court. Louise m’agrippe avec la force de la hargne. Ses derniers mots ont pour effet de me faire souffler. Nous jouons aux cartes. Cette partie interminable que nous disputons depuis l’attaque, depuis nos retrouvailles et peut être bien depuis que j’ai pris pour moi la décision de la fuir. Etions-nous disposés depuis le début à ne retrouver sur cette plage qui nous avait scellé l’un à l’autre par le passé ? Je veux l’emporter ailleurs, là où elle ouvrira les yeux sur un monde plus proche de l’idéal qu’elle en avait enfant. Je veux tellement la protéger que je bouillonne contre cet inconnu. C’est stupide. Je l’ai abandonné le premier mais je ne supporte l’idée que quelqu’un ait pu mettre la main sur elle. Ait pu la blesser. J’imagine le pire alors qu’elle s’éloigne. Ses paroles s’entrechoquent. Je suis pris par le poids de ma responsabilité et de la haine pour cet enfoir*. Je lui souhaite la mort avant de le regretter puis de regretter de le regretter. Tout est confus. Je ne veux pas la terrifier. Je veux l’aider. Je veux l’aimer. Elle ne comprend rien et je ne suis pas sûr de tout comprendre à mes tourments. Elle a raison. Elle a tellement raison. Je vais la lâcher. Je lui ai déjà dit, elle ne comprend pas. Elle n’écoute pas. Elle occulte. Nous recassons les mêmes arguments. La mort dont elle rêve temps n’est pas que la porte de son paradis stupide mais la crainte d’une population entière. Elle veut ce que tout le monde craint. Elle a voulu mourir. Elle a presque réussi mais cela ne veut pas dire qu’elle est prête pour découvrir que son paradis n’est qu’une image créée par son âme dévastée. Je ne veux pas qu’elle s’accroche à moi mais plus à la vie. Elle a raison, je ne suis pas éternel. Je ne veux pas prendre cette importance. Je ne veux pas être à nouveau la cause de sa peine.

Le temps s’arrête. Je suis projeté dans un autre univers là où elle ne prend pas mon arme pour me la foutre dans la main afin de lui tirer dessus. Non, je suis dans un univers où elle me sourit doucement avec hésitation. Dans ce monde de splendeur, elle réapprend à voir le monde comme il est : mauvais. Il n’est ni pure ni détestable. Il n’est ni bon ni mauvais à vrai dire. Il est juste là suspendu entre plusieurs temps, le passé, le présent et l’avenir. Il tourne. Il complète les séquences de vies en devenir ou achevées. Il est imparfait et c’est ce qui le rend beau. C’est ce qui pousse à vivre. Et elle le comprend. Ses yeux me l’expliquent pendant que je lui rends son sourire. Je suis dans un autre univers où elle ne veut pas que je la tue. Pourtant ses paroles me jettent dans ce corps qui ne comprend plus abasourdi par cet extrémisme. J’avais fini par arriver à ça. A cette réaction dévastatrice. Je l’avais trop poussé. Je n’étais qu’un con. Sa voix sonnait avec détermination dans mes tympans faisant vibrer la moindre parcelle de mon corps. Jusqu’à cette main qui tenait l’arme contre son front, bras tendu. Jusqu’à cet index habitué à ce geste simple, celui de donner la mort. Un geste si simple, une pression du doigt, légère après entrainement. Une toute petite et micro pression pour éradiquer de mon univers bien réel un individu x ou y. J’avais ôté la vie bon nombre de fois. La première était toujours la plus déroutante en particulier lorsque le tir était visé, c’était mon cas. Tirer dans le tas avec une mitraillette n’est pas pareil que d’ajuster un tir pour viser en pleine tête une unique cible : on sait qu’on l’a abattu. Je peux presser la détente, je pourrai dans la confusion de mon être, l’ajouter à mes victimes. Je pourrai. Une simple pression. Mon index avait cette habitude et mon cœur était devenu pierre. L’oublie était tellement simple depuis elle. Je pourrai. Je pourrai si ce n’était pas elle. Pourquoi me faisait-elle ça ? N’avait-elle pas compris que je ne pouvais plus respirer dans son enfer ? Je voulais trouver ma résidence secondaire. La chaleur de ce foyer. Je voulais qu’elle le retrouve aussi. Je ne peux pas l’abattre par égoïsme. Cette idée me pétrifie. A-t-elle raison ? Serait-elle plus en paix morte qu’ici ? La vie dans ce monde en guerre valait-elle le coup ? Je ne savais plus. J’étais perdu. Mes yeux cherchaient des réponses là où il n’y en avait pas pendant ce qui me parut une éternité. Je ne peux plus me passer de son souffle heureux ou malheureux. Dois-je l’obliger à poursuivre sa vie dans une perpétuelle souffrance ? J’en oublie les signes de survie. J’en oublie les signes de son désir de vivre, à elle, celle qui vivait encore emprisonné sous un tas fumant de désespoir et de raté sentimental. Un instant je la sentis gagner, elle, l’être informe de malice. J’étais le seul ici à pouvoir la libérer. C’était si simple d’appuyer sur la détente. Si simple. Et si compliqué. Si monstrueux. Si abominable. Si impensable. Si insurmontable. Son souffle devait parcourir le monde. Son souffle devait se loger dans mon cou. Son souffle devait perdurer sur tous ces enfoirés. Je me fous de savoir si c’est égoïste ou pas. Je me fous de connaitre les raisons. Je me fous de juger si elles sont bonnes ou mauvaises et pour qui. Je veux me souvenir de chaque minute, de chaque seconde de sa vie à elle. De notre passé. De notre avenir. De son avenir. Je veux qu’elle essaye car je n’oublie pas. Je n’oublie pas et n’oublierais plus sa force et son désir de vivre. Elle a fait tapis sur ce geste et je fais tapis avec elle. Je ne me laisserai pas avoir pas mes craintes et mes erreurs. Si je dois en faire, j’en ferai. Elle est bien assez grande pour me les lancer en pleine gueule de toute façon. Elle a toujours su le faire et elle est passée reine en la matière. Qu’elle me déteste pour mieux me détruire, j’accepte cet état de fait. Jamais. Jamais elle ne mourra de son bon vouloir ou pire, de mes doigts. Je trouve insupportable sa demande. La colère monte contre moi contre elle, contre ce que nous sommes devenus. Contre cette arme qui nous sépare et marque, pourtant, notre lien. Elle ne connait pas la mort. Elle ne l’a pas vu. Elle ne sait pas ce que fait une balle au milieu d’une cervelle. Elle ne sait pas ce qu’il y a après. Elle ne sait même pas ce qu’il y a pendant et se contrefout des conséquences. Elle est aussi égoïste que moi.

D’un geste vif je baisse mon 9 mm, l’arme, enlève la sureté et la repositionne sur son front. Mon regard est sans appel. Je veux la détester. Je veux l’aimer. Elle me détruit de l’intérieur. Je pense à mes hommes. Je pense à ma famille. Je pense à ces familles détruites. Je pense à ces visages mortifiés dans une douleur qu’elle n’imagine même pas et que pourtant, elle veut me faire vivre. Je veux la détester. Je m’avance et enfonce l’arme sur son front. Mon visage est prêt. Je suis fou et je m’en fiche. J’en ai marre de ce jeu de carte inutile. Elle ne comprend rien. Je veux l’aimer. J’hurle.

Tu veux que j’te tire dessus ? Tu veux un trou dans la tête ? Tu veux que des bouts de cervelle s’étalent derrière toi sur la plage de nos amours emportés par l’océan de nos rêves d’évasion ? Tu veux avoir comme dernière image celle d’un des connards de ta vie te retirer justement celle-ci ? Tu veux qu’un connard de la pire espèce gagne une dernière fois !? Tu veux abandonner ? Tu veux faire ce que tu t’es toujours refusée à faire ? Tu veux que ton sang coule sur mon visage ? DIS MOI ! Dis-moi si tu veux rejoindre mes hommes ? Dis-moi que tu veux retrouver ces personnes que je n’ai pas pu sauver ! Dis-moi que tu veux que je te note sur la liste de cadavre que je trimballe ! DIS MOI DIS LE MOI ! Dis moi que tu ne veux PLUS RIEN ressentir ! Ose me dire ça !

D’un mouvement vif, je vise sur le côté et tire avant de revenir sur elle.

Oses Lou…. !

Ma voix se veut plus calme.

Oses me faire croire que tu souhaites tout ça…. Tu n’as pas compris ? Je ne veux pas que tu sois dépendante de moi, je veux que tu sois dépendante de TA VIE. Regarde-moi bien, je ne te lacherai pas. Louise…. Disparais je te suis. Je suis incapable de te faire le moindre mal, plutôt crevé…

Je retourne alors l’arme contre moi.

C’est tellement facile de tirer sur un être détestable… c’est beaucoup plus dur de fusiller la personne qu’on aime, de la voir se détruire pour ses conneries, pour celles d’un autre.
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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Mar 24 Sep - 13:28

« The words you left ringing in my head, when you broke my chest»

Il y a quelques instants de battement. Je vois la surprise, la confusion, la détermination se déchirer aux creux de ses yeux. Je sais que je le pousse à bout. Je sais qu’il me déteste. Je sais que je détruis de plus en plus ce qui le rattache encore un peu à moi. Je suis en train de l’obliger à devenir le bourreau, le tueur. Il l’a été en partie à une époque. Mais là, il doit être le sauveur. Je pourrai appuyer moi sur la détente. Je le pourrai mais j’ai envie d’être comprise avant de crever. J’ai envie d’être libérée par lui. Lui qui signifie le passé inatteignable, lui qui représente les beaux jours et l’amour naïf. Lui qui est tout en cet instant pour ce corps qui attend sa délivrance. Nous ne bougeons pas durant un sérieux moment, je suis toujours figée sur cette volonté, sûre de ce choix, de cet acte. Puis, il remue enfin. Il éloigne l’arme alors que je relâche sa paume, retire le cran d’arrêt et revient le poser sur mon crâne. Je n’ai pas peur. Je crois que je n’ai pas peur. Mes bras pantelant se serrent autour de ma cage thoracique, je ne sourcille pas. Mes prunelles demeurent crispées dans les siennes. Il parle. Ses intonations sont aussi âpres que les miennes, il est en colère. Je sens sa haine empoisonner ses veines. Il a enfin compris ce que je suis devenue. Mais il ne parvient pas à m’atteindre. Je l’observe toujours avec ce même air de défi. J’ai envie de crier qu’il n’y a plus de vie à sauver mais ma bouche refuse de s’ouvrir. Il ne me laisse pas la place pour répondre de toute manière. Tout son discours décousu trouve à peine sens tant je me suis emmurée dans ma fatalité et dans la cage que j’ai forgé autour de mon cœur. Il ne palpite plus d’ailleurs, il s’est résolu à vivre son heure. Lucas est lent. Lucas est indécis. Lucas est fou.

Il tire, je ne sursaute pas malgré le vacarme et la menace sordide. Il a bluffé. Pourtant quand je redresse ma nuque pour me réapproprier son regard ce que j’y lis, me terrorise. Il tente encore une fois de me raisonner. Je veux décrocher la mâchoire quand la tension atteint son paroxysme alors qu’il pointe l’arme sur sa tempe à lui. Je retiens mon souffle plusieurs secondes. Mon masque d’indifférence s’effrite et la bile grimpe mon œsophage. Non, il plaisante. Il se fout de moi. Il veut aller encore plus loin. Il veut me choquer. Il ne peut pas… vouloir. Ou le faire. « Lucas. Arrête ça tout de suite. » Ma voix est encore dur et inflexible. Elle monte d’un cran très rapidement et perd en sang froid quand je réalise qu'il se trompe encore de cible. « Lâche ce flingue. » Je sais qu’il ne va pas m’écouter. Je sais qu’il est prêt à tout, je le vois, je le sens. Non. S’il se tue ici par ma faute... « Lucas. ARRÊTE. » Non. NON. « PUTAIN MAIS LÂCHE CA ! » Je me jette sur lui de toutes mes forces en agrippant son poignet et tente de dévier la trajectoire. Un coup part, je me sens tomber vers l’avant mais tout est noir. Dans ma tête, devant mes yeux, à l’intérieur de mon organisme. Tout est opaque, évanescent, disparu. Le vide m’enserre. Et quand il me libère, je suis allongée dans le sable sur Lucas. Lucas. Non. Lucas. Je suis terrifiée, tellement terrifiée que je fais à moitié des appels d’air en tâtonnant à l’aveugle le corps du réfugié. Non. Pas lui. Pas lui, je vous en prie. Abattez-moi. Torturez-moi. Mais pas lui. Pas Lucas. Tout mon être est animé de convulsions violentes alors que j’inspecte tout son être sans oser voir visuellement si le carnage a eu lieu ou non. J’atteins sa tête, je presse mes paumes sur tous les côtés de son crâne. Mon oreille se colle à sa poitrine. Son pouls. Il est vivant. Il n’a rien. Lucas n’a rien.

Je me mets à relâcher toute la pression, à relâcher tout ce que je tente de m’imposer depuis plusieurs mois et je m’effondre dans une crise de larmes encore plus impressionnante que toutes les autres. Qu’est-ce que j’ai fait ? Il a failli crever par ma faute. Qu’est-ce que je fous ? Lui foutre une arme et lui demander de m’achever. A quoi on joue ? Comment j’ai pu lui faire faire ça ? Comment ai-je pu envisager de le rendre coupable de ça ? Comment est-ce que je parviens encore à respirer au milieu de mes sanglots ? Ils sont désarticulés, saccadés, bruyants. Je n’ai plus d’alibi. J’ai failli emporter Lucas dans ma démence, j’ai failli le tuer. Je l’ai poussé dans mon précipice. Entre une centaine de cris, je peine à murmurer. « Je suis… désolée. Pardon… Désolée… Je suis désolée… Désolée… » Je le répète inlassablement comme une litanie. J’ai failli être étalée sur son cadavre. J’ai failli baigner dans son sang. Mes mains le cherchent, ma bouche aussi. Je pose mes lèvres sur tous les pans accessibles de son épiderme. « S’il te plait… S’il te plait… Ne... S’il te plait… Je t’en supplie… » J’approche sa bouche au milieu de ma confusion. J’ai besoin de le savoir en vie. J’ai besoin d’être sûre qu’il est là. Que je n’ai pas encore tout détruit chez lui. Je l’embrasse et recule de quelques millimètres. « Je ne… ferai plus ça… Mais toi non plus… Ne … Pas toi... » Ma voix hachée accuse un nouveau sanglot et je me presse contre lui. Je nous ai fait devenir des meurtriers. J’ai tout tué, tout sali, tout dévasté. Nos souvenirs, cette plage, son cœur, son esprit. J’ai tout démantelé. Et je suis à nouveau à vif, écorchée. A quoi est-ce que je pensais ? Lucas a toujours une place à l’intérieur de moi. J’aurai beau l’écarter, le repousser. Il est là. Même quand il était loin, il était encore là. Et Hugo ? Hugo. J’oublie son prénom pour l’instant. Celui de Lucas raisonne encore trop dans ma tête. Et bientôt dans ma gorge. Je l’appelle, il faut qu’il parle, qu’il m’atteste de sa présence ici. Je redis son prénom encore et encore et encore jusqu’à ne plus avoir de souffle du tout.
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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Mar 24 Sep - 20:27

Il est si simple de tuer. Il est plus compliqué de se tuer pourtant ma détermination est sans faille. Il est plus simple de tuer en connaissant les raisons et en les assumant. Il est tellement plus simple de tuer ce qu’on déteste, ce qui nous donne envie de vomir. Il n’est pas dur de voir que ce qu’on souhaite pour faciliter cette détente. On enlève ensuite la vie par un petit geste précis. Le mal est parti. On s’en convainc avec férocité pour ne pas voir qu’il n’y a pas que le mal dans la vie d’un individu. Il a tout un tas de facteur qui font qu’à un certain moment de sa vie, l’homme a fait quelque chose de bien pour les autres. Pour sa famille. Pour ce en quoi il croyait. Peut-on absolument et précisément juger correctement les actes d’autrui et décider de notre propre chef qu’il est bon à éliminer ? Je ne sais pas. A cet instant, je ne suis sur de rien car elle me fait douter. Il s’empare de moi avec une facilité déconcertante remettant en cause toutes mes croyances. Cela ne dure qu’une fraction de seconde. Une fraction de seconde où je vois la peur dans ses yeux alors que le canon glaciale forme une trace sur ma tempe. Ce n’est pas la première fois que je sens ce froid. Celui de la mort à notre porte. Je le connais. Il me terrifie. Je ne suis pas prêt à mourir. J’ai toujours été combatif et trop tétu pour me laisser surprendre par la faucheuse. Pourtant… pourtant mon doigt se crispe autour de la détente. Le cran de sureté est enlevé, une micro pression et plus de Lucas. Celui se retrouverait projeté ailleurs. Où ? Je n’en ai pas la moindre idée. J’ai toujours voulu croire en un après meilleur mais si j’acceptai de céder à cette croyance, je devais accepter de me voir aller ailleurs qu’avec ma famille. Tuer n’ouvre pas les portes au bonheur. Il est tellement plus simple de tuer un être qui le mérite. Je vois ces visages défiler. Si certains m’inspirent encore de la haine, d’autres, anonyme, ne m’inspirent que mon propre dégout. Des erreurs nous en faisons tous mais rare entraine la mort. Rares sont les personnes qui tirent volontairement sous ordre. Je n’ai pas fait que des choses jolies dans ma petite carrière. Le peu que j’ai passé dans l’unité spéciale du GIGN externe m’a valu autant de satisfaction que de sang dans ma bouche. Il était tellement plus simple de tirer sur ma tempe qu’au-dessus de ses yeux.

Elle hurle. Elle m’ordonne. Mais que fais-je avec ses ordres ? Je n’ai jamais écouté ses paroles, si ? Si, avant. Depuis, non. Comment écouter les paroles d’une autre démente ? Comment juger ce qui est bon ou non dans ses paroles ? Et ses actes… vaut mieux pas en parler. Je ne sais pas quoi penser de tout ça. Je me ressasse nos retrouvailles puis je pars plus loin, aux appels laissés sans réponse, aux photos jetées dans un tiroir alors que ma mère se tue. Je ne veux pas songer à tout ça mais pour tirer, il faut bien un minimum de souffrance. L’être noir qui séjourne en moi se relève. Elle n’est pas la seule à nourrir un démon. Ses paroles ne m’atteignent plus. Je vais tirer. Elle ne veut pas comprendre. Elle va comprendre. Mes paroles ont un sens. Je sais pourtant l’erreur que je m’aprette à commettre. Ne lui ai-je pas promis de ne plus jamais l’abandonner ? Est-ce l’abandonner que de m’ôter la vie ? Est-ce me venger que de lui faire ça alors qu’elle m’avait demandé de l’achever de la même manière ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je ne veux pas l’abandonner. Non, Je ne veux pas. C’est stupide. Je ne veux pas l’abandonner. Je ne veux pas lui mentir. Je ne veux pas lui donner raison. J’en suis convaincu mais c’est trop tard. Mon doigt a exercé la pression. La balle est partie dans un bruit sourd que je connais parfaitement. Je me sens tomber en arrière. Je ne la sens pourtant pas tomber avec moi. Je n’étais plus là à ce moment-là. Un instant je crois avoir réussi mon compte alors que je ne voulais pas ça. J’aime trop la vie pour crever de mes propres mains. Je me suis toujours dit que la mort me prendrait au beau milieu d’une guerre pas au beau milieu de nous deux. Pas de cette guerre ci. Je ne suis pourtant pas mort. Pas encore. Je vois le ciel de cette couleur étrange aspirant douceur et crainte. Mes yeux se ferment. Je ne suis plus là. Je ressens la vie mais ne suis pas prêt à revenir. Je suis démuni face à ce geste que j’ai failli effectuer contre ma personne. Contre elle. Je suis sidéré par tant de violence entre nous. Elle me détruit. Elle avait peut-être raison. Non, elle avait raison. Elle me détruit. Elle m’entraine dans sa chute et fait surgir des démons presque oublié. Je ne veux pas de ça pour moi. Mon cœur accélère. J’ai l’impression qu’il fait une course. Il veut disparaitre de ma cage thoracique alors que je comprends que j’ai failli crever pour rien. Pour des pensées néfastes. Pour des influences. Je ne suis pas si fort que ça. Je suis loin d’être aussi fort. Suis-je devenu fou ? Ça doit être ça. Abandonner la vie pour lui prouver. Le tapis n’était pas à sa demande mais bien à mon tir. Allais-je tirer pour lui prouver … pour lui prouver quoi ? Je n’en avais pas la moindre idée. Que je pouvais être aussi extrême qu’elle ? Elle le savait déjà. Nous avions toujours été les extrêmes. On s’était toujours cherché avec un amour si grand qu’il dévastait tout autour de nous. A l’époque on s’en fichait. A l’époque c’était plus simple. Le tout avait évolué devenant un monstre de douleur. Un démon interne. Nos atomes s’étaient retrouvés pour mieux se détruire. On vivait pour l’autre sans même le savoir. Je ne voulais pas mourir pour elle mais vivre pour elle. Elle me détruisait mais je ne pensais pas à la quitter. Je voulais tellement la protéger. Tellement lui montrer ce que la mort était. J’étais prêt à crever. J’étais tellement buté. Ça devait trop dangereux. Mais je ne pouvais faire autrement. Je ne voulais qu’elle. Que sa vie. Revenir à Louisville pour y retrouver mon frère… c’était l’erreur de ma croyance, j’étais peut être là plus pour elle que pour moi ou pour lui.

Le coup de feu retenti de nouveau dans mon crane alors qu’il était déjà passé depuis longtemps. Je mets un moment pour comprendre que ce n’est qu’un tir ressurgissant d’un autre lieu et d’un autre temps. Je suis pourtant bien vite pris au milieu des tirs. C’est dur de voir à travers la brume. Je suis sal. Le sang coule de mon épaule et je pus. Je ne suis pas seul. Des hommes et des femmes marchent derrière moi complétement apeuré par les échanges à quelque pas de nous. Il fait nuit. On ne veut pas se faire repérer et se faire trouer comme des lapins. On reste alors caché pendant ce qui ressemble à des heures. Le soleil pointe le bout de son nez. Je ne suis pas sûr d’avoir dormi mais je présume que oui. J’ai perdu des fuyards. Ils sont au milieu du champ, tous morts. On sort de notre cachette et on découvre avec stupeur la teneur des affrontements. Des militaires français contre des citoyens. Je ne comprends plus. Je suis pétrifié par la découverte comme mes compagnons de fortune. Leur regard change alors. Je ne suis plus un miracle, une protection, mais la cause de leur mort à venir. Je suis projeté plus loin dans le temps. Je remarque avoir perdu encore des compagnons. Nous ne sommes plus du tout nombreux. Dans le ciel, un flash suivi d’un bruit sourd. On se jette sur le sol par reflexe pourtant, ce n’est pas un missile. C’est tout autre chose, un hélicoptère qui s’écrase à plusieurs km. Nous décidons de faire ce détour. Quelle erreur. Pas de survivant ou du moins, pas qui soit resté sur place. Une radio, je vais pour l’utiliser des fois que j’ai plus de change qu’avec la mienne. Nouvelle erreur. Fabien, un policier, perd de sa cervelle sur le tableau de bord. Je me jette sur le côté en hurlant. Je le sens, c’est la fin. Dernier survivant. Ils sont tous morts à quelque jour de marche de l’arrivée. Ils avaient tous eu raison. J’étais une cause de leur mort.
J’ouvre les yeux. Louise. Elle est sur moi. Elle pleure. Elle crie. Elle supplie. Un coup de feu. Je la projette sur le côté et l’enjambe pour l’enrouler sous moi. Je reste un instant comme ça. Je ne comprends pas tout de suite que je venais de prendre les aboiements d’Hadiya pour des tirs. Je ne comprends pas tout de suite que je venais de superposer de moment. Que je venais de me réveiller dans une réalité qui était peut être pire que celle que je venais de quitter. L’adrénaline était en moi avec cette peur aigue de crever. Ce n’était pourtant pas la même dans ces situations. On voulait ma mort puis je me la suis voulu. Comment ai-je pu. Ma joue est contre la sienne. Je sens ses larmes sur ma peau. Je sens son souffle dans ma nuque. Elle vit. Elle vit et je vis. J’ai failli la tuer. Puis j’ai failli me tuer. Mais quelle connerie. Elle voulait me tuer. Mes mains s’approchent de son visage. Mes doigts s’enfouissent dans ses cheveux. Mes yeux plongent dans les siens. Mon nez touche presque le sien. Mon front se pose sur le sien doucement. Je ferme les yeux. Je respire a fond. Mon cœur bat trop vite. Je sens la vie en nous. Je veux la voir partir. Je veux plus de ça. C’est fini. Je veux que cela cesse. Je veux l’aimer ou la détester ou peut être bien les deux mais je ne veux plus de cette mort autour de nous. Je ne veux plus de cet extrémisme.

Plus jamais… plus jamais Lou. S’il te plait. Je ne veux plus te perdre. Plus jamais, je n’y survivrai pas… laisse ma mort à ces fils de…. Laisse la à mes tourments et ma vie laisse là à la tienne. S’il te plait. Plus jamais.
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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Mar 24 Sep - 22:14

« The words you left ringing in my head, when you broke my chest»

Une éternité s’écoule. Il est là, il respire mais il est absent. Ma panique s’accélère et grimpe dans ma gorge alors que mes murmures deviennent mots, syllabes et puis simplement sons. Je suis affolée. Il ne bouge pas. Il est ailleurs. Dans quelle dimension ma folie l’a-t-elle plongé ? Je ne sais pas. Mais c’est effrayant. Les aboiements de sa chienne expriment ma propre peur, celle que je ne parviens même plus à matérialiser avec ma voix. Je suis aphone à cause de la terreur qui continue toujours plus d’affluer. Qu’est-ce que je dois faire ? C’est moi qui suis perdue. Comment suis-je censée faire pour le ramener alors que je ne sais pas où je me trouve ? Les vagues. La mer. L’eau. Je veux me lever pour le traîner jusque-là. Mais je n’ai pas d’énergie. Je suis figée contre lui. Figée d’effroi. La violence de cette scène lui a fait perdre notre réalité et m’a arraché à mon apathie chronique. J’ai mal quand je respire et je me sens trop vivante. Trop vivante pour pouvoir être malhonnête. C’est douloureux de le constater. Douloureux d’être là avec autant de battements, de ratés et d’être coupable. Coupable de ce chaos. Son animal continue toujours plus à susciter des bruits susceptibles de réveiller son maître. Elle est plus acharnée que ma carcasse grelottante. Sa loyauté me rend encore plus fautive. Toutes mes perceptions sont heurtées. Je reviens en arrière, je suis pourtant à l’avant. Par-dessus l‘épaule, une foule de démons. Je ne sais pas être un barrage pour les autres, je ne sais pas les contenir. Je les distribue. Et voilà. Voilà où tout ça nous mène sur ce corps qui m’a tant serré par le passé et qui est désormais si vide de chaleur. Il a failli mourir. De sa main mais surtout de la mienne. Nous sommes des enfants. Des enfants trop grands et trop ancrés dans un monde d’adulte. Toute notre naïveté est bien dissoute. J’ai veillé à la tuer et à la souiller. Il reste Lucas et son esprit absent. Il reste moi et mon néant. Et puis, il y a les pleurs de la bête, le ressac, les nuages. Nous sommes une scène. Nous sommes un tout. Nous sommes un rien. Je veux être rien et que lui soit tout. Je le pense très fort. Et il me revient enfin.

Je sursaute quand il émerge et dans sa réaction, je perçois un danger imminent combiné à l’agitation de sa chienne, je suis enfouie sous un tas d’angoisses irrationnelles. Et je suis enfouie sous lui. Tout se passe trop vite. Il me fait basculer, tout son être devient un rempart entre moi et le ciel. Il l’empêche de peser sur mon cœur. Il devient mon ciel. Je ferme les yeux et les rouvre aussi vite. Je pleure encore quand je le contemple. Il est là. Il est revenu. Je l’ai brisé. Mais il est là. Mes larmes repartent de plus belle alors que sa joue interrompt leur longue descente. Il est si proche. Je me sens pourtant lointaine. Moi, la chose difforme qui ait poussé cet homme au presque-suicide par pure provocation, par pure dédain pour mon humanité. Je suis monstrueuse. Ses mains trouvent mon visage, ce toucher est la chose la plus rassurante que j’ai ressentie depuis un millénaire. Il bouge, il va bien. Il va bien physiquement. Ses doigts escaladent mes cheveux, ses yeux s’emparent des miens. Son front conquit le mien. Ses paupières me dissimulent alors soudainement son regard. Je n’aime pas ça mais c’est bien. Bien, il ne peut pas voir le secret que je porte là. Il m’a ramené en partie de la tombe que je m'étais construite. Sa respiration est une mélodie qui fait vibrer encore plus mon cœur. Le temps s’estompe, il n’y a plus de secondes, ni de minutes. Tout est heure, jours, peut-être semaines. Je veux que ça continue de défiler. Parce que j’ai mal et parce qu’il me protège. Parce que c’est insensé. Il devrait me gifler, me haïr, me fuir. Mais il reste. Il parle après que j’ai passé plusieurs mois à bénéficier de sa chaleur. Je m’enroule dans ses intonations. Je réussis à lui répondre en levant un bras tremblant vers lui, ma paume se pose sur sa gorge. « Mon dieu. Lucas, qu’est-ce que j’ai fait ? Qu'est-ce que je suis devenue? »

Mon autre main s’agrippe à sa veste. « J’ai peur de ce que je suis. De ce que je te fais. Qu’est-ce que … Qu'est-ce qu'il m'est arrivé? » Je remonte mes doigts jusqu’à sa joue, je la caresse doucement. Je ne réalise pas la brutalité de ce que nous avons vécu, j’ai besoin d’y mettre des termes. J’ai besoin de comprendre pourquoi. Pourquoi je suis un peu de retour. « Je suis une bombe. Et j’ai failli te tuer. Lucas, tu as failli mourir par ma faute. » J’étouffe un nouveau sanglot en serrant la mâchoire. « Je suis désolée… Je suis tellement désolée d’avoir tout souillé… » Quelque chose heurte mon dos, s’enfonce dans ma chair. Je souffre depuis plusieurs minutes mais je ne perçois cette douleur-là que maintenant. Je sais ce qu’il y a contre moi. Je suis entre l’arme et lui. Je me redresse et entoure sa taille de mes bras en le forçant à s’asseoir. Je me serre encore un peu contre lui avant de me tourner vers le flingue échoué. Je le prends dans ma paume. Il me semble peser une tonne et il est pourtant si insignifiant. C’est à mon image. Je suis petite, frêle mais je suis douée pour abattre ceux qui me sont proches. Je remets calmement la sécurité avant de le tendre à son propriétaire après une seconde d’hésitation. « Je ne ferai plus ça si toi… Toi aussi, tu ne fais plus ça. » Je lui rends à cette condition et garde ma main contre la sienne alors que je leur rends la cause de notre chute actuelle. Je fuis son regard juste après et essuie mes joues en frissonnant.

Et maintenant ? Je ne sais pas. J’ai encore l’écho du coup de feu dans le crâne. Je ne comprends pas comment nous avons réussi à éviter le pire. Dans un spasme, je reviens poser mes paumes sur son crâne, quelque part entre ses cheveux. « Tu n’es pas blessé ? »  Ma main descend jusqu’à sa poitrine, là où sa mécanique aortique joue sa plus grande composition. « Il faut que je m’éloigne de toi. Il faut que tu me lâches. Si je te tue… »   Je tremble encore, toujours plus. « … C’est pire que la mort, pire que mon agonie actuelle. Si tu meurs par ma faute. Si tu meurs tout court... » Je baisse la nuque et pleure un peu avant de me redresser pour le fixer à nouveau. « Ce monde est laid. Je n’arrive plus à lui accorder le moindre crédit. Et si tu n’en fais plus parti, explique-moi… Explique-moi comment je pourrais être indépendante si je m’accroche à cette vie ? Lucas, je ne peux plus avoir besoin de toi et si je… me permets de chercher l’espoir. C’est chez toi que je vais le puiser. Regarde un peu où ça nous mène. »  Je laisse ma paume retomber contre moi et efface encore de mon autre poignet les traces de mon chagrin. « Je ne sais plus. Je ne sais plus ce que je dois faire. »  Mes prunelles cherchent et trouvent ma cicatrice. Je la contemple. Et je cherche un sens. Depuis le début de ma dépression, c’est la première fois que ça m’arrive. Je cherche un sens à quelque chose. Mais si je ne trouve rien, est-ce que tout ça n’aurait pas été finalement vain ?
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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Mer 25 Sep - 21:54





The words you left ringing in my head, when you broke my chest
Louise & Lucas
« Aimer la vie peut s’avérer parfois bien compliqué… »




Je veux plus de cet extrémisme. Plus jamais. Il n’y a que la mort et nos larmes dans cette direction. Ce n’est pas la bonne solution et même si je ne suis pas sûr qu’il y en ait une bonne, je préfère me dériver de celle-ci qu’importent les difficultés. Mais plus de ça. Plus de cette guerre en nous. Je ne veux pas la craindre et pourtant, un instant, alors que mon regard est rivé sur le sien, c’est ce que je ressens. La crainte. J’ai tellement été sur de moi depuis mon départ. Je m’y étais si bien résolu. Je ne voulais pas douter. Je ne voulais pas craindre. Je voulais être le Lucas assuré de ces dernières années. Je voulais oublier de nouveau. Elle me faisait craindre pour l’avenir. Pour nous. Pour elle. Pour moi. Pour la vie que j’aimais tant et que je venais de bafouer dans le simple désir de lui prouver ce que la mort pouvait prendre. De ce qu’une balle pouvait causer comme dommage. Oui j’étais un salaud. Oui j’avais tué. Oui je n’étais pas fière mais jamais, jamais je n’avais voulu ma propre mort. Sauf, ici, avec elle. Pour elle. Elle me rendait complètement cinglé et je n’en revenais pas de cette emprise qu’elle avait sur tout mon être. Elle était mon encre et ma faucheuse. Elle me faisait espérer et désespérer. Elle était une lumière et l’ombre de celle-ci. Elle était tellement instable et tellement désirable. J’aimais ses regards obliques. J’aimais ce petit rien qui naissait dans ses yeux qu’elle me voyait arriver. J’aimais ses piques et son ton sec quand elle se sentait obligé de me répondre. J’aimais la voir évoluer. La voir venir vers moi. Vers celui que je suis et non que j’étais. J’aimais l’ancienne et j’appréciais la nouvelle. Je voulais tellement la voir sourire. Je voulais tellement entendre son rire avant de me faire plomber. Elle était devenue un besoin dont je n’aurai pas dû avoir nécessité. Elle pouvait me détruire autant que je pouvais la détruire. C’était si monstrueux. Si paradoxale. Pourquoi nous entrainer ici ? Pourquoi nous mettre sur le même chemin ? Pour qu’on meurt à deux ? Pour que l’un apprenne à l’autre à vivre et la laisse crever par la suite de son absence ? La mort ne prend pas en même temps, ce serait bien trop beau. Une mort qui prend quand on veut et comme on veut. Je ne veux pas mourir de toute façon et elle doit vivre. Sa main. Sa main touche ma gorge, j’ai l’impression d’avoir une lame sur celle-ci. J’ai peur de cette impression alors que je vois bien que c’est sa main à elle. Je ne sais pas si qui elle est. Je ne sais pas si je rêve de celle que je vois ou si elle est réellement là quelque part dans ce corps j’ai aimé parcourir et que je veux parcourir de nouveau. J’ai peur de l’illusion. J’ai peur qu’elle me tue pendant que je crois la protéger et l’aider. Elle serre ma veste. Son regard attaque le mien. Je ne comprends pas tout de suite. J’ai un train de retard ou des milliers. J’ai l’impression que la terre a tourné sur elle-même au moins mille fois avant que je ne m’éveille. Ce n’est plus la même que celle que j’ai laissé. Je crois halluciner mais en même temps ses mots se rapportent à notre scène. Celle présente. On aurait pu mourir à deux. On aurait pu arrêter cette comédie ici et partir ensemble. On aurait pu mourir l’un après l’autre et souffrir d’être de nouveau séparé. A moins que je ne me trompe et que nous souffrions d’être de nouveau ensemble ? Je ne savais plus quoi penser. Je n’étais pas bien sûr d’être là où je devrais être. Un couteau parcourt ma joue. Je frissonne et je vois parler sa détentrice. Je ne comprends toujours pas ce qu’elle prononce. Elle est apeurée, je le vois dans ses yeux. C’est la seule que je semble comprendre de toute façon. Je ne veux plus de ça. Je ne veux plus de cette extrémisme. J’aime la vie. Même dans ce monde si laid. Il faut vivre. Il le faut tellement. Il le faut tellement parce la mort est inconnue. Il faut vivre pour ce que l’on connait. La mort est un mystère. Je n’aime pas les mystères. J’ai peur de ce qu’elle cache dans les plis de sa cape noire. Je n’ai pourtant jamais eu peur de mourir, pas jusque-là. Pas avec mes hommes. Pas avec une arme dans ma main. Pas contre mes ennemis du moment. Mais là, là avec elle. La mort m’avait parue si glaciale et si attirante. J’entrevoyais ce qu’elle avait vu durant des mois. Le doux confort d’un repos. Je me crispe. Je ne veux pas voir ça. Je ne veux pas donner raison aux démons qui la parcourent et que je nourris. Je veux la rassurer. Je veux me rassurer. Je veux nous rassurer mais je ne sais pas comment m’y prendre. Je veux la fuir. Elle et ses couteaux puis je veux l’étreindre. C’est n’importe quoi. Tout ça ne peut être issu que d’un cauchemar, celui de notre vie. Je ne suis plus sur mes convictions. De mes désirs. Ses paroles ne m’aident pas. Je les comprends en différés. Trop tard. Trop tôt. Je ne sais pas. De toute façon je ne sais plus grand-chose dans mon état. Ses yeux m’appellent. Ses mains aussi. Elles renferment l’objet du mal. Je sens la crosse dans ma main. Je suis assis, ou presque, et je ne me souviens pas m’être redressé. Depuis combien de temps suis-je là ? Depuis combien de temps me regarde-t-elle ? Depuis combien de temps cette arme est dans mes mains ? Cette arme. Ma défense. Ma meilleure amie. Mon salut. Elle était à présent l’objet du mal. Du sien. Du mien. C’était notre décadence et notre amour. Un amour tellement tordu. J’étais prêt à tout pour elle. Pour ses yeux. Pour l’illusion que je percevais en elle. Illusion ? Non, c’était bien là. Ses paroles. Toujours différées, je pouvais enfin comprendre leur sens. Celle d’une prise de conscience ? L’espoir était tellement enivrant. Je voulais croire en elle. Croire en sa vie. Croire en ses yeux. Puis… puis la chute de ses derniers mots. Pourquoi revenait-elle encore à ça ? Pourquoi voulait-elle a tout pris s’éloigner de moi ? J’étais tellement frustré qu’elle me rejette encore. Je bondis. Tourne sur la plage, l’arme est logée dans ma main. Mes pensées me brisent. Je m’approche d’elle puis recule. Je suis partagé entre mon désir de la protéger et celui ce me protéger. Je suis touché par ses paroles qui peuvent s’apparenter à de la sagesse ou à de la malveillance. Comment démêler le vrai du faux ? Le bon du mauvais ? Elle ne sait plus quoi faire ? On est deux. Ca tombe bien, on l’a toujours été. On l’a toujours été. Ou presque. Ce qui nous lie me bouffe. Je m’écroule au bord de l’eau en plongeant dans ses yeux. C’est le seul portail de la vérité. La seule chose que j’arrive à lire sans crainte de faux. Ses yeux ont toujours su me rassurer ou me faire comprendre ce qui n’allait pas. Mon arme quitte ma main, je n’en ai plus besoin aujourd’hui. J’agis et parle dans le même temps sans me mettre de barrière. Je me redresse et l’accuse du doigt tout en m’approchant d’elle. Mon ton est sans appel.

Tu te fous de moi ?! Tu oses me demander si je suis blessé ? Tu… tu … non mais tu te fous de ma gueule ! ? Tu m’as demandé de te tirer une BALLE dans la TETE ! Mais t’es complétement siffoné ma pauvre ! Et puis j’ai…. Et…. TU ME DEMANDES SI JE SUIS BLESSE !? Tu me… Tu es DESOLEE !? Tu t’excuses !? Tu .. tu … NON MAIS C EST PAS VRAI ! ARRETE DE ME BOUFFER LE CRANE !! J’arrive meme plus à articuler deux mots en te regardant ! Bordel de merde ! Tu.. tu te décides a avoir des remords, A COMPRENDRE que tu n’étais plus TOI-MEME ! Tu REVIENS et tu…. Non mais t’es pas sérieuse ! TU OSES APRES ME DIRE QUE TU DOIS TE BARRER !? Que la vie AVEC moi est compliquée ? Que JE risque de t’achever si je CREVE ? Au cas où t’aurai pas remarqué j’ai FAILLI CREVER POUR TOI ! On arrête pas de se bouffer ! Et puis Merde ! Le monde est à chié ! Il a l’a TOUJOURS été ! Alors c’est pas parce que tu descends de ton petit nuage avec l’autre connard qui mérite d’être mort pour ce qu’il t’a fait QUOIQU IL EST FAIT, que ça veut dire qu’avant lui, que pendant ton histoire avec lui, qu’après ton histoire avec lui le monde n’était pas à CHIE ! Il l’est avec et sans moi. Il l’est tu comprends ça ?!

Je m’adoucie presque, je parle plus calmement et je suis agenouillé devant elle.

Ce n’est pas l’espoir que tu veux porter en moi qui est néfaste c’est l’espoir que tu portes en la mort qui l’est. C’est la mort qui nous lie qui l’est. Je me fous de tes peurs. Je vais mourir et tu vas mourir. Tu veux y faire quoi ? Tu veux t’empêcher de vivre ce qui te reste de beau à vivre ? Et puis… si tu t’ouvrais à la vie, tu verrais que je ne devrais pas être l’espoir, je ne suis qu’une personne parmi tant d’autre. L’espoir tu le puiserais dans le regard des autres, dans la vie de toute la ville parce que c’est comme ça que tu l’as toujours puisé. Pas dans le mien. Alors arrêtes de dire n’importe quoi. Je ne peux pas te lâcher. Tu es ma perte, c’est vrai mais….

Mes yeux se détournent avant de revenir.

Je peux rien y faire et ne veux rien y faire.

Que la mort m’emporte pour m’accrocher à notre désespoir mutuel car la vie nous gardera le peu de temps qu’elle le voudra et ce sera très bien. Ses lèvres ont un si bon gout, les miennes adorent ça. Je l’embrasse, mon frère aurait dit, CARPE DIEM.




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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Mar 1 Oct - 12:11

« The words you left ringing in my head, when you broke my chest»

Lucas est ailleurs, il oscille entre notre réalité et je ne sais pas quelle dimension. Il pense ou il oublie. Je ne sais pas. Il n’est pas là avec moi. Je mène la danse en attendant et quand je baisse les bras pour comprendre ma, notre situation, il prend la relève enfin. L’écume est proche de nous mais c’est dans ses prunelles que je la cueille. Dans cette amertume qui me cloue au sol alors qu’il se redresse pour m’affronter. Il lâche son flingue alors que je suis désarmée à ses pieds. Son doigt remplace néanmoins le canon sur ma tempe alors qu’il le positionne dans ma direction. Je suis accusée. Et je suis coupable mais je ne plaide rien. Rien d’autre que le décès et la folie du désespoir. Est-ce suffisant pour justifier mon attitude ? Il est le seul juge même si il n’est pas impartial. Je lui laisse assez de place dans ma cage thoracique pour entendre son discours et le laisser s’infiltrer dans mes veines. Je me recroqueville à chaque syllabe. Je me sens monstrueuse et difforme. Les deux parts de moi se sont retrouvées et c’est plus pénible qu’avant. Il y a la douleur, le souvenir, l’absence de courage et l’incompréhension. Il y a tous ces sentiments pour l’homme qui entame mon procès qui se confondent aussi, la déception que je lui occasionne, la désillusion, mon envie de ne pas lui faire de mal et celle qu’il ne m’en fasse plus. C’est trop pour une seule personne. Je sais pourquoi je me coupe sans arrêt de ça. Je n’y survis pas. Il me torture toujours plus avec ses mots. J’ai envie qu’il arrête mais les mots ne s’échappent pas de ma gorge. Je me contente de me mettre en boule et d’attendre que le cataclysme passe. Finalement, je me sens rejetée à nouveau par lui. Et il a raison. Mais je ne veux plus le voir partir, je ne veux plus me rappeler de cette douleur-là. Savoir qu’il me lâche alors que moi, je suis attachée à lui. Je le voudrais toujours, si je me mets à croire que ça vaut la peine. Je le voudrais. Et je ne peux pas. De toute façon, il rend les choses assez claires. Il ne veut plus de moi. Pourquoi continuons-nous alors à parler, à nous heurter et à nous détruire ? Je m’apprête à poser mes bras contre mes oreilles alors qu’il est agenouillé mais sa dernière phrase me fait relever la nuque vers lui.

En l’espace d’une seconde, d’un battement de cil, ses lèvres se posent sur les miennes. Je ne suis pas préparée à ce revirement et je reste hébétée, les yeux ouverts. Je suis entière maintenant et ce baiser amplifie ce fait. Je ne parviens pas du tout à retenir les battements de mon cœur et finalement, je ne cherche pas à lutter. Je ferme mes paupières en me redressant un peu pour poser un genou à terre et me rapprocher de lui. Mes bras entourent sa taille alors que je prolonge notre étreinte. Ma bouche se détache de lui pour mieux lui revenir. Tout ceci est complétement irrationnel. Nous allons nous tuer et je me sabote en laissant autant la vie me revenir. Nous nous embrassons durant je ne sais pas combien de temps et cette fois-ci, je ne prends pas peur. Je me sens à ma place dans ses bras et même si chaque battement est un coup de poignard pour mon être écorché, ses lèvres réparent ce tort. Je ne veux pas les quitter. A la seconde où nous cesserons de nous retrouver, je vais à nouveau mourir et il va à nouveau s’éloigner. Nous sommes en train d’amplifier les ravages et de nous enfouir sous les débris de nos fondations. C’est une démolition. Il n’y a plus de murs pour nous empêcher de nous abîmer. Il n’y a que lui et moi. Et nous nous sommes accidentellement percutés. Cette collision serait fatale. Elle l’est. Le Destin a une drôle façon de nous tourmenter. Un son me force à émerger. Une voix. Quelqu’un ? Je recule légèrement de Lucas pour fouiller les environs. Un homme – un militaire peut-être, ma vue est embrumé de mes larmes, alerté par les coups de feu nous fait des signes et je crois comprendre qu’il nous demande si tout va bien. Non. Rien ne va. On se déchire et on s’embrasse. Rien de tout ça est sain ou logique. Finalement, il nous délaisse quand il réalise qu’il dérange. Je me sens alors bête à fixer Lucas après tout ça. Je ne sais pas où on en est – sûrement nulle part. J’ai trop de choses dans la poitrine et j’ai envie de dormir pour ne plus devoir les ressentir.

Je suis gênée, embarrassée et j’aimerais disparaître. Parce que j’ai voulu de ce baiser, parce que j’y ai participé et parce que je suis sûre que même-lui sait que nous ne devons pas finir sur ce chemin. Je retire progressivement mes bras de lui pour étreindre le vide alors et détourne le regard du sien pour chuchoter du bout des lèvres. « On ferait mieux de rentrer. » Je me relève incertaine et légèrement vacillante. Je grelotte un peu mais ce n’est pas l’essentiel. Je n’ose plus le toucher. Je sais que j’en voudrais plus, toujours plus. Sa chaleur est une véritable addiction. C’est terrifiant. Il ne me reste que des cendres et elles pèsent sur mes épaules. Je finis par marcher en direction de la route la plus proche dans le silence le plus absolu. J’ai l’esprit encore plus embrouillé. Je suis toujours une esquisse, un fantôme mais quelques traits de couleurs sont venus chamboulés ce brouillon. Qu’est-ce que je vais faire de ça moi maintenant ? L’intersection arrive et je me retourne vers lui toujours aussi perdue entre nos dialogues décousus, nos agissements extrêmes et ce qu’il a réveillé au fond de moi. Je pose ma main sur son bras en guise d’au revoir parce que je ne sais pas quoi lui dire et puis je file sans ajouter quoique ce soit. Je fuis, oui. Je le fuis, lui, ses belles promesses et ses horribles vérités. Il ne doit pas porter mon cadavre et je ne dois pas créer le sien. Je suis sa perte, il le sait. Il est la mienne. Où allons-nous ? Si ce n’est dans un nouveau mur ?
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MessageSujet: Re: The words you left ringing in my head, when you broke my chest [Livre I - Terminé]   Mer 2 Oct - 15:49

C’est tellement enivrant. Ses lèvres contre les miennes. Je ne sais pas tout à fait ce qui me prend et je ne suis pas sûr de vouloir savoir avec exactitude. Je prends juste le temps d’apprécier cette étreinte qu’elle me rend en se pressant contre moi. Je l’enserre. Je veux l’isoler de toute la misère du monde. Je veux qu’elle survive. Je veux qu’elle vive. Je veux lire dans ses yeux ce qui me manque tant. Je veux parcourir ses lèvres avec autant de fougue que d’espoir dont comporte la vie. Je veux la protéger mais je veux qu’elle ouvre les yeux sur le monde. Je ne veux pas la perdre une autre fois. Je ne veux pas qu’elle se perde. Je ne veux pas mourir. Qu’est-ce que je fais ? N’est-ce pas complétement stupide ? Elle est ma perte. Ma plus grande perte. Je m’en étais séparé une fois pour cette même raison et me voilà plongeant à corps perdu dans ce tourment. Ce jeu est tellement dangereux mais ses lèvres me rappellent toute la magie de la vie. Toute sa surprise. Elle était là. Ses lèvres me rendant ce baiser au gout de survie. Son corps un peu plus proche du mien. Ses mains m’attrapant dans ce besoin presque vital qui nous tient sur un fil. Et puis j’étais là. Je suis là. Près d’elle. Je ne peux que me sentir bien. Son corps m’apaise. Le désir qu’elle met dans tous ces gestes. Le besoin que je ressens. La vie que j’aperçois. J’ai peur de ce qui nous lie. J’ai peur de ma perte. J’ai peur d’elle, quelque part, elle est mon démon pourtant mes mains prennent possession de tout son être. Elles la happent dans le désir enivrant presque destructeur que nous partageons en cet instant. L’échange dure une éternité qui me parait bien meilleur que notre simple vie. Une éternité qui aurait pu duré bien plus longtemps et nous faire aller dans d’autres contrées si une voix n’avait pas tout arrêté. La séparation brisa mon corps. Celui-ci semblait survivre par cette étreinte. Lui comme toute mon âme. Je vivais pour ce baiser. Je vivais pour ce corps. Je vivais pour son regard. Pour ses mains, pour ses lèvres, pour son sourire. Je voulais tellement le revoir au lieu de ce visage gêné qui ne voulait que fuir. Mon corps se mit en mouvement alors que ma tête était complétement ailleurs. Etait-ce une erreur ? Etait-ce pour elle un baiser de secours ? Etait-ce pour moi un baiser de survie ? Je n’étais plus très sûr de moi et de mes motivations. Je doutais du bien fondé de mes actes et des siens. Je n’avais pas besoin de ça pour compliquer davantage la vie qui était devenu la nôtre. Mon regard était rivé vers elle s’éloignant un peu plus de moi à chaque pas. Je n’étais plus très sûr. Mes doigts escaladèrent mon visage doucement. Ses lèvres. Son souffle. Je ne pouvais fermer mes yeux bien longtemps. J’étais attaqué par la violence de nos échanges. On s’offrait toute notre haine, toute notre colère, toute nos craintes, toutes nos faiblesses et tous notre amour passé et présent. C’était un mélange d’eau vive et de piranhas. C’était dangereux. Elle l’était pour moi et je l’étais pour elle. C’était comme si nous étions prédestiné à nous écorcher, à nous faire souffrir tout en ne pouvant vivre bien longtemps sans l’autre non loin. Elle était mon aimant et mon démon. Je ne voulais pas la voir comme ça mais j’y étais bien obligé. Elle était le canon de ma mort. C’était insupportable. Tout aussi insupportable que le désir qui me brulait alors que sa main touchait mon épaule. Pire encore fut de la voir s’éloigner rapidement. Non. Je ne voulais pas de ça. Je ne voulais pas ma mort. Je ne voulais pas de sa mort. Je ne voulais pas de tout cet extrémisme. Je voulais briser cette souffrance pour l’embrasser de nouveau. Je ne voulais plus craindre et pourtant, je restai là à ne rien faire alors qu’elle s’éloignait. Je n’étais plus très sûr de ce que je devais faire. J’espérai tellement être là pour elle. J’espérai tellement être un autre que l’atome qui la brise.
Je cours alors et lui attrape le bras. Je la retourne et avant qu’elle ne dise quoique ce soit l’enlace simplement. Ma tête s’enfonce dans son cou. Mon nez s’engouffre dans ses cheveux m’apportant tout le parfum revigorant. Au final je ne sais pas du tout ce que je veux ni ce que j’espère de notre guerre personnel. Au final je ne sais absolument rien de ce que nous pourrions devenir demain. Au final, je ne pouvais pas m’imaginer ce qui allait advenir de nos corps.

Mes mains parcourent son dos pour la serrer davantage comme si ma vie en dépendait, comme si j’avais besoin de m’assurer de sa présence. C’était troublant mais tellement naturel. Notre passé s’attardait alors que notre présent voulait prendre sa place. Je ne savais pas dans quel camp je devais me ranger mais l’étreinte semblait si douce dans les deux cas. J’avais peur qu’elle me fuit pour toujours. Je ne voulais pas connaitre que son dos. Je me desserre. Mes mains trouvent son visage et mes yeux les siens.

Dis moi la vérité Louise…

Est-ce que tu veux de moi ? Qui aimes-tu ? L’ancien ? Le nouveau ? l’autre connard ?Est-ce le présent que tu veux ou le passé ? Est-ce que tu veux vivre ? Je voulais tellement comprendre. Je voulais qu’elle réponde pour moi à toutes ces questions. A la signification de son baiser comme du mien. Je voulais la vérité dans ses yeux mais il m’était impossible d’y lire correctement et impossible de lui poser toutes ces questions. Je ne pouvais pas la faire souffrir avec ces demandes. Je ne pouvais pas être le faible de cette histoire. Je me devais d’affronter la réalité aussi terrible soit elle pour nous deux alors je posai mes doigts sur sa bouche comme une caresse puis mes lèvres sur son front.

Non...Excuse moi... ce n'est qu'une question de temps depuis le début... on se déchire mais on.... en fin... je t'attends Lou..je ne t'abandonnerai pas.

Je t’attends et je m’éloigne. Nos peaux se séparent et j’ai l’impression que je viens de vivre notre dernier contact. Le monde me semble plus terne et pourtant plus claire. Elle est plus vive. L’idée ne peut encore émerger à travers la dureté de notre échange mais elle est là…. Elle est en vie.
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