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MessageSujet: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Sam 7 Sep - 20:39

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !


 J’étais totalement déphasé. Vraiment. Déphasé dans le vrai sens, profond, du terme. La raison était simple : je ne dormais plus la nuit. Aussi étonnait que cela pouvait paraître, d’ailleurs, puisque je n’étais pas sujet au stress et à l’insomnie. Mais ça, c’était avant. Je pouvais dormir n’importe ou, que ce fusse sur un matelas cinq étoiles ou une couverture, à la belle étoile ou dans une chambre. Dans une baignoire, dans une cuisine, dans une grange, dans une chaise longue sur une terrasse. J’avais même dormi sur un toit, une fois, voulant à tout prix regarder les étoiles filantes. Mais ça, c’était avant. Maintenant, lorsque je fermais les yeux, j’entendais, je voyais des explosions. Je sentais le souffle de l’obus me faire reculer, et je voyais Muet partir en morceaux. Je ne supportais plus la nuit, je ne supportais plus le jour non plus, mais je prenais sur moi. Sans Valentine, il était certain que je n’aurais pas pu, mais pour le moment j’encaissais le tout. J’avais été réaccepté tacitement dans l’armée par les autres de la troupe, et Raulne ne m’avait pas éjecté. Bon, il avait été clair : je marchais sur des œufs et au moindre écart, le sol allait se dérober sous mes pieds. Mais bon. Au moins, je marchais.

Il ne fallait pas croire que j’étais devenu un Manu sur patte – que Dieu m’en préserve – mais au moins, j’évitais de sauter à la gorge du premier clampin qui me donnait des ordres. J’essayai de faire ce qu’on me demandait de faire, et pire : de m’appliquer. Je n’étais pas stupide, à mon grand désarroi, j’étais juste une plaie ouverte qui s’amusait à s’auto verser du sel pour que ça embête encore plus son porteur. Pour pallier mon problème d’insomnie, d’ailleurs, j’avais choisi de me porter souvent volontaire pour les rondes que l’on effectuait dans Louisville, la nuit, après le couvre feu. C’était le meilleur moyen pour moi de passer les longues heures noires sans m’ennuyer. Les premières nuits, le temps que je comprenne qu’il ne fallait pas s’acharner : le sommeil me fuirait quoi que je fasse, j’avais pris le parti d’aller courir dans la ville pour en connaître les moindres recoins et me maintenir en forme.

J’étais déphasé. J’avais envie de dormir le jour, quand ce n’était plus le moment, et j’étais incapable de fermer l’œil de la nuit. Et là, le problème, c’était que nous étions le jour. Je me tournais et me retournais dans les couvertures prêtées sans parvenir ni à éclaircir mes pensées pour me réveiller tout à fait, ni à les faire disparaître pour m’endormir. Je pris le parti, cette fois, de me lever. Et osef du sommeil. Je pouvais encore tirer sur la corde, demandant à mon organisme cette énergie inépuisable qui avait épuisé, justement, la plupart des adultes chargés de me canaliser. J’étais en train de faire une grosse bêtise : j’étais exténué – mais pas question de me reposer dans la journée –, et de ce fait j’avais du mal à être patient. Déjà que je ne l’étais pas vraiment de base, c’était pour dire… D’une main fatiguée je me coiffais, la passant dans mes cheveux pour les emmêler consciemment. Je me frottai les yeux, jetant un regard hagard sur la pièce, attrapant dans mes affaires un tee-shirt plus ou moins propres, et m’habillant rapidement à la mode militaire, collection apocalypse 2012. Je m’étirai soigneusement avant de me diriger vers le hall de l’hôtel de ville, histoire de me mêler à la populace. En théorie, vu que je venais de l’avant dernière équipe de nuit, j’étais sensé pouvoir me reposer un peu plus. Fallait nous ménager, nous n’étions plus si nombreux qu’à la base. Mais là, ça ne servait strictement à rien de se forcer. Je fis jouer mes épaules, me donnai quelques claques pour ouvrir les yeux définitivement. Lorsque le bruit la ville parvint à mes oreilles, j’avais déjà Baxter à côté de moi, et j’étais pleinement opérationnel. La fatigue, je n’en avais pas besoin : je l’avais donc reléguée au placard, c’était bien mieux pour elle et pour sa santé. Il fallait que je sois réveillé. C’était le mot d’ordre : réveillé, au taquet, opérationnel et si possible de bonne humeur. Il y avait déjà du monde, certains venants consulter les listes de noms des réfugiés, des morts identifiés, d’autres pour se faire connaître.

« Baxter, tu restes à côté de moi et tu joues au cactus, compris ? »

Jouer au cactus, pour Baxter, c’était sensé vouloir dire de faire le pot de fleur décoratif qui mordait si on s’approchait trop de lui et surtout si on me menaçait. Je le tenais en laisse, près à le libérer au moindre problème. Je bousculai des gens : ça, c’était normal. Normalement, j’étais sensé pouvoir me faire discret, mais ce n’était présentement pas mon domaine d’expertise. Ce qui fut plus inhabituel, ce fut lorsqu’un glandu de première m’interpella avec un « Alors, on ne dit pas bonjour » alors qu’accroupi dans un coin de la pièce, je vérifiais l’harnachement de Baxter, pour qu’il n’ait pas mal, et ses poils, histoire qu’il ne trimballe pas trop de saleté. J’arquai un sourcil, sans quitter mon chien du regard. De quoi ? Il me prenait pour qui, celui là ? Pour mon cousin ? Je ne daignai même pas lever la tête en répondant d’une voix légèrement méprisante, avec cette once d’insolence et de mépris qui en agaçait plus d’un, mais qui entraînait bien souvent une retraite de la part de celui qui venait de me parler.

« Alors, on ne sait pas fermer sa g#eule ? Tu peux dégager ? Merci. »

Si avec ça il n’avait pas compris, je ne savais pas ce que je pouvais faire pour lui, mais alors pas-du-tout.

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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Dim 8 Sep - 9:31

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !


 Voilà des semaines que je tournais en rond comme un fauve en cage ! Mon arrivée à Louisville me donnait l'impression d'avoir été jeté en prison pour plusieurs raisons. La première était que les habitants de la ville avaient tendances à avoir des préjugés à mon sujet à cause de mon statut de réfugié ! Ce mot me faisait bien rire... « Réfugié » Avant la guerre, les Louisvillois  m'auraient considéré comme un voisin puisque je vivais à Bricquebec, petite ville se situant à moins de trente kilomètre de la leur. Mais maintenant j'ai un vulgaire réfugié et je voyais bien les regards que certains natifs n'hésitaient pas à me jeter. Cependant, je ne répliquais pas car j'étais bel et bien un étranger ici. La deuxième chose qui me rendait fou c'était de ne pas travailler ! J'avais donner quelques coups de main au personnes soignantes mais pour le moment j'étais toujours un exilé sans boulot. Du coup, je me rendais utile auprès des autres réfugiés. J'avais fait de belles rencontres au sein de ce groupe et je pensais notamment à Eléanore ! Je trouvais cette fille adorable, une vraie battante malgré ce qu'elle avait dû traverser. Car j'étais persuadé que comme la plupart des réfugiés, sa vie depuis le début de la guerre n'avait pas dû être rose ! Enfin, le dernier point qui me faisait enrager était celui qui occupait le plus mon esprit. Mon frère ! Alex était dans cette fichue ville et je n'avais même pas encore eu l'occasion de le croiser !
J'avais obtenue cette information avec beaucoup de chance. En effet, dans un premier temps j'avais bien cru que Louise ne m'aiderait jamais. Mais cette brune au regard triste avait finalement changé d'avis et accepter de me renseigner... Juste avant que Louisville se fasse attaquée j'avais donc eu la confirmation de la présence de mon cadet ! J'avais ensuite craint qu'il n'ait été tué mais des rumeurs d'un militaire « ingérable » étaient venues à moi ! Cela ne faisait nul doute qu'il s'agissait du fils terrible de la famille Reh. Il fallait donc que je le trouve ! Au début, je ne sus pas vraiment comment m'y prendre. Un réfugié qui pose des questions sur un militaire paraissait louche et je décidais alors de me débrouiller par moi-même.

Voilà ce qui m'avait conduit aux pieds de l'hôtel de ville aujourd'hui. Je fus surpris de voir autant de monde mais je compris vite le but de leur présence... Tous ces gens étaient là pour s'informer. Ils consultaient la liste des noms de réfugiés sur laquelle je m'étais inscrit ; plus sinistrement, ils vérifiaient qu'ils ne connaissaient pas les morts identifiés et les nouveaux arrivants venaient tout simplement se faire connaître. En voyant ces longs répertoires, j'en voulu à mon frère ! J'étais certain que ce petit c#n n'avait même pas pris la peine de jeter un coup d'œil aux listes car il était évident que dans le cas contraire il aurait vu que j'étais en ville ! Comme d'habitude, il devait encore être trop occupé à faire n'importe nawak de sa vie... Je bouillonnais mais c'est alors que cette « rage » se tut soudainement ! Là, juste là, à quelques pas, était mon cadet. Je ne fus pas surpris de le voir en compagnie de son chien mais le fait qu'il bouscule des pauvres gens me dérangea ! Bah oui quoi, il n'était pas Dieu... Un
« pardon, je dois passer » ne l'aurais pas tué !
Le pire, c'est qu'Alexandre passa près de moi sans même me voir et il failli même me bousculer comme les autres personnes qu'il avait précédemment croisé.  Je n'eus pas besoin de le poursuivre car il s'arrêta à quelques pas pour vérifier l'hanarchement de son chien. Je fis un pas en sa direction, sans trop m'approcher à cause de la présence de l'animal. Je n'avais pas peur des chiens, au contraire, mais je ne savais pas comment pouvait réagir l'animal militarisé. A l'attention de mon frère, je lançais un simple...



- Alors, on ne dit pas bonjour !


La réponse de mon cadet ne se fit pas attendre mais ne ressemblait en rien à ce que j'avais imaginé pour nos retrouvailles. Pour commencer, Alex ne prit même pas la peine de lever la tête pour voir qui lui parlait ! On aurait donc pu en déduire qu'il avait tout simplement reconnu ma voix mais pas du tout... Ces paroles grossières me prouvèrent le contraire. Surpris, je ne parvins pas à répliquer de suite !


- Qu... quoi ?


Puis, je pris conscience que mon cadet était peut-être devenu militaire mais que cela n'avait rien changé à son caractère de m#rde. Il m'avait parlé comme ça car il n'avait pas du me reconnaître ! Cela était sûr et certain. Mais quand même...  C'était de cette façon qu'il parlait aux gens qui s'adressaient à lui ? C'était une honte. Beaucoup des personnes nous entourant avaient besoin d'aide et non pas d'être traités comme des moins que rien. J'enrageais après mon cadet et lui fit savoir sans plus attendre...


- P'tain mais c'est pas vrai ça ! T'es toujours aussi c#n ma parole, lui balançais-je. Tu pense que c'est une façon de répondre aux personnes qui s'adressent à toi ? J'crois pas non ! J'sais pas ce qui me retient de te mettre une raclée ! ajoutais-je comme un vrai grand frère.


Le fait que c'étaient nos retrouvailles peut-être ! La présence du chien aussi ! Mais une chose était sûre, mes paroles avaient attirées l'attention. Faut dire que voir un réfugié qui s'adressait de cette façon à un militaire ne devait pas être une chose courante. Mais que voulez-vous ? Le terrible gamin qu'était Alex avait réussi en quelques mots à me mettre les nerfs alors que ce jour était celui de nos retrouvailles.




    « Survivre c'est mourir. Il faut patiemment et sans relâche construire, organiser, ordonner. »
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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Dim 8 Sep - 12:58

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !


- Qu... quoi ?

Quoi quoi ? Parce qu’en plus, ce clampin ne parlait pas français ? Oh, hé ! Sois gentil avec le clampin, petit crétin ! Qu’est ce qu’il avait à parler dans ma tête, l’autre crétin qui me servait de fantôme de frère ? Je me relevai après avoir donné une petite tape sur le museau de Baxter, avec un sourire et une caresse en prime, pour faire face à celui qui se tenait devant moi. Il était vraiment que la dernière fois que je m’étais adressé à quelqu’un à l’aveugle, je lui avais proposé mon poing dans la gueule, et j’en avais reçu un en cadeau. Et une expulsion de l’armée, en prime. Si j’étais un peu malin, j’allais éviter de refaire le coup une nouvelle fois. Un peu d’innovation, bon sang ! Je fis donc une moue impatiente, en fixant la personne qui se tenait devant moi. En levant légèrement la tête, puisque mon frère m’avait toujours surplombé, ma petite taille ne m’aidant pas sur ce coup là. Attendez… mon frère ? C’était quoi ce bord#l ?

- P'tain mais c'est pas vrai ça ! T'es toujours aussi c#n ma parole, tu penses que c'est une façon de répondre aux personnes qui s'adressent à toi ? J'crois pas non ! J'sais pas ce qui me retient de te mettre une raclée !

« Manu ? »

J’étais pour le moins surpris. Je fis un pas en arrière, heurtant pour le coup Baxter auprès duquel je m’excusai d’un vague « Désolé Baxt’ » plus grommelé qu’autre chose. Je détaillai le mec face à moi. Rien à faire : c’était mon frère. Genre LE mec que je ne m’attendais pas à croiser ici. Genre… Dudus avait du mal à faire face, ça faisait beaucoup trop pour lui d’un coup : mon unique neurone n’avait pas l’habitude d’être sollicité aussi brutalement, ce que je pouvais comprendre. Emmanuel Constantin Reh. Il était là. Je ne l’avais pas vu depuis au moins deux ans, même si je l’avais parfois au téléphone. Et encore, c’était lui qui m’appelait. Je plissai les yeux, comme si ça allait éclaircir ma vision et me permettre de voir que je m’adressais à un palmier, ce qui aurait été nettement plus logique vu les circonstances.

« Ma… Manu ? Mais qu’est ce que tu fous là ? T’es pas sensé être mort ? »

J’étais incapable de faire le moindre mouvement, sidéré. J’avais tracé un trait bien épais sur les moindres pensées que j’aurai pu avoir concernant ma famille. J’étais pas franchement du genre agréable à vivre, et si je voyais Blandine, son p’tit bout, mon beau frère, mes parents et Manu une fois tous les deux ans, c’était déjà pas mal. Avec la m#rde qui nous était tombée dessus mi-septembre, je n’avais pas considéré comme plausible le fait de les recroiser. Mais visiblement, plausible ne faisait pas partie du vocabulaire des Reh. Emmanuel… Bon sang. B#rdel. M#rde. P#tain. Qu’est ce qu’il foutait là ? Mieux encore, comment il m’avait trouvé ? Et est ce qu’il était au courant de toutes mes m#rdes ? Voilà, ça commençait déjà. J’étais déjà en train de me comporter comme le petit frère inquiet de ce que son grand frère avait pu apprendre sur lui… Youhou. Pas question de le laisser paraître en tout cas. Je repensai à ses paroles, histoire de rebondir et de reprendre contenance :

« Bien sûr que je suis toujours aussi c#n, tu crois quoi ? C’est un art d’être c#n, et j’suis pas prêt d’arrêter de le pratiquer. Remarque, puisque t’es là, j’ose croire que c’est un art dont tu es adepte toi aussi… P#tain, mais… mais… »

C’était une claque terrible pour le coup. Plus que terrible en fait. J’essayai de rassembler tout ce que j’avais fait depuis que j’avais vu Emmanuel pour la dernière fois, j’essayai aussi de savoir ce que je savais sur lui, et sur ce qu’il pouvait savoir sur moi. Il ne devait pas connaître Baxter. ‘Fin il savait que j’étais maître chien, non ? Bon okay, c’était pas forcément très vieux, mais j’étais diplomé, ‘fin qualifié depuis au moins quatre ans. Non, il ne devait pas connaître Baxter. Tusto, peut être. De toute manière, pour un novice tous les chiens devaient se ressembler. Je sifflai mon chien et je lui fis signe de s’asseoir. Qu’est ce que tu fous, là, Alex ? Tu essayes de m’impressionner ? Non, du tout. Comme si j’avais que ça à faire. Je ne voulais pas impressionner mon frère, de toute manière j’en avais rien à carrer de lui, mais je voulais juste faire en sorte que Baxter s’assoit à mes pieds, voilà tout.

« … mais qu’est ce que tu fous dans ce bled de m#rde ? »

Des réfugiés se tournèrent vers moi à ces quelques mots adorables envers leur bled-de-m#rde et j’haussai les épaules, m’en fichant. De toute manière, je ne faisais que dire la vérité, voilà tout. Ca ne servait à rien de décrire Louisville comme l’El Dorado non plus. Je jetai un coup d’œil aux listes de noms. Depuis quand Manu était il en ville ? Tu te sens coupable de ne pas m’avoir guetté ? Oooh, non. Bien sûr que non. Il me pourrissait suffisamment la vie en pensée, je n’étais pas suffisamment maso pour espérer qu’il me la pourrisse en vrai. Non ? Tu n’es pas crédible, et tu le sais bien… Ta g#eule. C’est tout : ta gue#le Manu, même si tu n’es qu’un fantôme dans ma tête. Même s’il se tenait devant moi. Bord#l. C’était pas croyable. J’étais incapable de dire si j’étais heureux ou pas de le voir.


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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Dim 8 Sep - 17:42

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !


 C'est bizarre de voir comme la réalité peut être différente de ce que l'on a pu imaginer. Je parlais bien entendu de mes retrouvailles avec mon cadet ! Quand j'avais su qu'il était en vie, j'avais tout fait pour le retrouver mais un tel comportement était normal non ? Pour moi ça l'était ! D'accord, cela faisait au moins deux ans que je n'avais pas vu Alexandre mais nous nous étions souvent appelés ! Enfin, je lui téléphonais plusieurs fois par mois pour prendre de ses nouvelles, savoir comment sa formation militaire se passait et tout et tout ! J'avais toujours agit comme un grand frère concerné et cette fichue guerre n'avait rien changé à ça ! Au contraire, elle m'avait donné l'envie de le retrouver, de voir qu'il était bel et bien vivant. J'avais toujours imaginé des retrouvailles entre frangin chaleureuses. Le hic, c'est que mon frère c'était Alex ! Et avec lui, il valait mieux éviter de s'attendre à quoique ce soit de normal !
D'ailleurs, il n'avait même pas remarqué ma présence alors qu'il m'avait presque bousculer. Le pire, c'est que même ma voix ne le fit pas tilter ! Énervant non ? Bien sûr... Mais que penser de ses paroles hargneuses ? L'agacement pris le pas sur le plaisir de le voir vivant et je passais mes nerfs sur mon cadet en oubliant les réfugiés et le fait que mes mots étaient les premiers que j'adressais à mon frère. Lorsqu'il se redressa enfin pour lever son visage en direction de ma personne, je vis la surprise sur son visage. S'il n'avait pas réussi à me mettre les nerfs dès les premières secondes, j'aurais rigolé !



- Non ! Le bon dieu... Bien sûr que c'est moi !


Je remarquais que mon cadet reculait et ce geste m'agaça davantage. D'ailleurs, il en bouscula même son chien qui, lui, eut le droit à des excuses... Chanceux l'animal ! Mais qui étais-je moi ? Juste son frère... Pas grave s'il s'était adressé à moi comme à une m#rde. Bon, c'est vrai qu'il ne m'avait pas reconnu ; mais quand même !
Après ma réplique ironique, Alex avait continuer à s'adresser à moi mais toujours pas de la bonne manière. Alors comme ça il m'avait déjà enterré ? Super le p'tit frère, j'étais déjà mort à ses yeux... Je ne savais même pas s'il avait tenté de savoir si j'avais survécu ou s'il avait fait son deuil dès le lendemain de cette fichue guerre. Mentalement, je tentais de me calmer avant de reprendre la parole. Mais l'ironie fut la plus forte !



- Roooh ! Bien sûr que j'étais mort... Mais t'es tellement ingérable qu'on m'a ramené à la vie pour que je puisse te remettre en place tiens, déclarais-je en levant les yeux au ciel. Non mais sérieusement ? C'est quoi ces questions m#rdiques ! Je te cherchais... Depuis que j'ai su que t'avais survécu, j'ai pas arrêté ! Je marquais une pause. Par contre, toi, t'as choisi la facilité comme toujours ! Tu m'as enterré et basta.


Je ne savais pas comment je devais prendre cette idée ! C'était pas facile d'encaisser le fait que votre petit protégé avait fait le choix de vous considérer comme mort plutôt que de chercher à vous retrouver. Mais, là, tout de suite, ce qui m'insupportais le plus était le manque de réaction d'Alex. J'avais envie de le secouer comme un prunier, de lui dire « Hé ho ! Réveille-toi. Ton frère vient de débarqué ! Montre un brin d'émotion, de joie peut-être ». Parce que c'est ce que j'avais ressenti en l'apercevant ! J'avais été sincèrement heureux de le voir là, debout et en vie.
Comme toujours concernant mon frangin, je regrettais mes souhaits à son sujet. Je voulais qu'il réagisse et lorsqu'il ouvrir la bouche, je voulais au contraire qu'il la ferme. Sa façon de s'adresser à moi ne me plaisait pas du tout. La connerie était un art selon lui et là, il me prouvait qu'il était un expert en ce domaine. Mon cadet était vraiment le roi des c#ns ! Inconsciemment, mon poing droit se referma. Mais comment pouvait-il agir de cette façon ? Là, je le suivais vraiment pas. A croire qu'il ne se rendait pas compte de la chance qu'on avait d'être réunis de nouveau. Cette p#tain de guerre avait briser des familles entières et Alex, lui, avait l'air de se foutre que je sois toujours en vie !



- J'hallucine là... Alex ! T'es en train de me traiter de c#n ? T'es vraiment à l'ouest pour...


Pour... Rien ! Je ne finissais pas ma phrase. Alex n'avait vraiment pas changé ! Mais là, c'était différent. Il ne pouvait pas me traiter de la sorte alors qu'on était en train de se revoir pour la première fois depuis le début de cette satané guerre. Cependant, le poing toujours serré, je constatais que mon cadet préférait s'intéresser à son chien. Un simple sifflement suivi d'un geste firent s'asseoir l'animal. J'aurais presque pu être impressionner par cette symbiose si le gamin terrible ne m'avait pas mit les nerfs d'entrée de jeu. Le pire c'est qu'il continuait à se montrer désagréable dans ses propos ! Qu'est-ce que je foutais dans ce bled de m#rde ? Les paroles ne semblèrent pas déplaire qu'à moi. Les personnes se trouvant autour de nous, nous observaient par intermittences.
Je soupirais ! Mon frère avait-il oublié que je bossais comme pédiatre à Cherbourg ? Se souvenait-il que j'avais fait acquisition d'une maison à Bricquebec ? Mais avait-il jamais fait attention à ce que je lui disais au téléphone. J'en doutais sérieusement. Ma main droite se détendit... J'étais blasé. Mon cadet ne me donnait même pas l'impression d'être soulagé de me revoir. Surpris, oui ! Mais rien de plus.



- Quand je vois ta p#tain de réaction en apprenant que j'ai survécu je me demande ce que je fous là ! Alex... Tu te rends compte que j'ai déjà l'impression de te faire ch#er alors que ça fait quoi ? Même pas cinq minutes qu'on se trouve ensemble dans la même pièce ! Je marquais une pause. Franchement, pourquoi je me suis casser la tête comme ça moi ?


Bah oui quoi ? J'avais soûlé mon monde, dont cette fameuse Louise, pour savoir si mon frère était bel et bien dans cette ville. J'avais parfois erré par ci par là dans le but de le croiser et là, j'étais devant lui. Moi, j'étais heureux ! Sérieusement. J'avais été agressif mais comment aurais-je pu réagir face à un tel comportement ? Mais lui... J'arrivais même pas à savoir ce que mon retour inspirait à Alexandre.



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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Dim 8 Sep - 21:32

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !


 

- Roooh ! Bien sûr que j'étais mort... Mais t'es tellement ingérable qu'on m'a ramené à la vie pour que je puisse te remettre en place tiens. Non mais sérieusement ? C'est quoi ces questions m#rdiques ! Je te cherchais... Depuis que j'ai su que t'avais survécu, j'ai pas arrêté ! Par contre, toi, t'as choisi la facilité comme toujours ! Tu m'as enterré et basta.

Emmanuel était d’un susceptible franchement… c’était assez étonnant. Non mais sérieux, c’était pas évident qu’il était mort ? Pour moi, ça l’était. Et clairement.  Parce que bon voilà. Il était vraiment c#n ce mec. Ce mec, c’est ton frère.. Ouais, ce qui le rendait encore plus c#n. Pourquoi ? Pourquoi il m’avait cherché, pourquoi il avait cherché à savoir si j’étais encore en vie ? Si j’avais été lui – et fichtre que ma vie aurait été emm#rdante au possible – je ne me serais pas cherché, sérieux. Déjà m’avoir pour frère, c’était la m#rde, mais si en plus, alors que j’avais l’opportunité d’être définitivement débarrassé de moi, et avec une raison valable en plus, et bien je ne chercherais pas à savoir si j’étais en vie. C’était aussi simple que ça. Vraiment. Donc oui, Manu était stupide. Et s’il disait la vérité en arguant qu’il m’avait cherché, et bien il était bien plus que stupide. Donc j’avais raison : il était c#n.

- J'hallucine là... Alex ! T'es en train de me traiter de c#n ? T'es vraiment à l'ouest pour...

« Bien sûr que je te traite de c#n ! Je vais quand même pas te traiter de langouste ! C’est toi qui es à l’ouest, vieux ! T’es vraiment c#n si tu m’as cherché, faut pas croire… »

Franchement. Qu’est ce qu’on pouvait pas dire. Sérieux, quoi. Et qu’est ce qu’il venait faire dans ce bled paumé, ça aussi c’était une question, une excellente question même ! Qui ne sembla pas lui convenir, vu sa réponse.

- Quand je vois ta p#tain de réaction en apprenant que j'ai survécu je me demande ce que je fous là ! Alex... Tu te rends compte que j'ai déjà l'impression de te faire ch#er alors que ça fait quoi ? Même pas cinq minutes qu'on se trouve ensemble dans la même pièce ! Franchement, pourquoi je me suis casser la tête comme ça moi ?

Ah ben bien ! Il comprenait enfin qu’il avait fait une c#nnerie lui ! Mais Alex… il, enfin je… enfin… voilà, je ne dis quand même pas la vérité dis ?! Je… tu es quand même heureux de me voir ? Enfin de voir le vrai Manu ?!. Je n’en savais rien tout en sachant pertinemment la réponse. J’avais fait mon deuil, peut être trop rapidement, pour ne pas me heurter à des « et si… » qui allaient me pourrir la vie. J’avais déjà suffisamment de mal à dormir, j’avais pas envie de me rajouter des problèmes supplémentaires. D’autant plus que c’était Manu qui était devant moi. Emmanuel. Mon grand frère. J’avais ce p#tain de sentiments d’être qu’une m#rde à côté de lui. Lorsque je parlais, mes mots le méprisaient, mais au fond de moi c’était la personne que je respectais le plus au monde. Mais je ne voulais pas qu’il le sache. Il avait eu la malchance d’être mon frère, et sans que je sache pourquoi, il faisait tout pour qu’on le reste. Je ne le méritais pas, et cette simple pensée montrait à quel point je le respectais. En général, c’était plutôt les autres qui ne me méritaient pas. J’étais qu’un gosse, face à Emmanuel, il ne le comprenait donc pas ? J’étais qu’un petit gosse intimidé par son grand frère, qui jouait au dur pour ne pas montrer à quel point il se sentait… à quel point il se sentait faible. J’avais besoin de repères, et Emmanuel en était un. Et j’avais aussi besoin d’être totalement indépendant, et Emmanuel m’en empêchait, parce qu’il me montrait à quel point j’avais besoin de lui. Ma p#tain de non-réaction ? C’était juste un surplus de réactions, il ne le voyait pas ? Je ne savais pas comment réagir, alors je me calfeutrais derrière des murailles d’insolence et de mépris. Je me cachais derrière une armure d’indifférence, parce que si jamais je commençais à comprendre que j’étais heureux de retrouver le frère qui ne me laissait pas faire les c#nneries que je voulais faire, j’allais pas pouvoir passer outre sa mort réelle qui allait arriver. Parce qu’on était dans une p#tain de guerre. J’avais déjà du mal à supporter le fait que Valentine comptait pour moi… si en plus Manu venait rajouter son grain de sel, ça n’allait plus aller. J’avais causé la mort de Muet, je ne voulais pas avoir celle d’Emmanuel ou de Valentine sur la conscience. Je ne pourrais pas le supporter, c’était une certitude.

« Normal que tu te demandes ce que tu fous là ! Tout le monde se demande ce qu’il fout là ! Moi aussi je me demande ce que je fous là, et pas dans mon p#tain de canapé à siroter une p#tain de bière devant un p#tain de match de foot ! »

Et m#rde. Je commençais à perdre le contrôle. Les têtes commençaient à se tourner vers nous, mais je m’en contrebalançais, tant que Raulne n’était pas dans les parages. Emmanuel, par sa simple présence, avait ouvert les vannes. Qu’est ce qu’il foutait là ? Il me faisait ch#er ? Bien sûr, qu’est ce qu’il croyait ? C’était mon frère, m#rde. C’était mon frère, que je ne voulais pas adorer, mais que j’adorais quand même parce que je le savais un soutien éternel. C’était mon frère dont je ne voulais pas avoir besoin, mais dont j’avais tout de même besoin car je ne pouvais pas faire autrement. C’était celui qui me faisait sortir la tête de l’eau lorsque je me noyais dans ma bêtise. Il me tirait violemment loin de l’eau, m’obligeant à redevenir sérieux, alors que j’aurai pu me laisser aller à la facilité et perdre totalement pied dans ma c#nnerie. Il m’obligeait à prendre conscience de ce que je faisais, et je détestais ça. Mais c’était grâce à ça que je n’étais pas en prison. C’était grâce à Manu, qui m’enfonçait la tête dans la m#rde que je provoquais histoire que je comprenne bien ce que j’avais fait. C’était celui dont j’en venais à détester l’ombre quand je faisais une c#nnerie parce qu’il n’allait pas faire comme les autres, m’ignorer, et qu’il allait me foutre une claque pour que je cesse. Qu’est ce qu’il voulait que je dise ? « Oh, Manu, que je suis heureux de te voir. J’espère que tes vacances ce sont bien passées ! » ? Mais m#rde ! Non, non, je n’étais pas heureux, parce que être heureux de le voir, ça voulait dire être malheureux de le voir mourir, et que je ne voulais pas le voir mourir. C’était égoïste, mais je m’en foutais. De toute manière, j’étais égoïste, on me l’avait suffisamment dit pour que je l’intègre.

« Pourquoi tu t’es cassé la tête ? Laisse moi rire… J’suis pas dans ta tête, Manu, même si tu es dans la mienne, Brother… Mais tu as fait une grosse c#nnerie, ça je peux te le dire. Tu t’attendais à quoi ? A un petit frère trop mignon ? T’en as jamais eu, rentre toi ça dans le crâne. J’suis toujours le même, j’suis toujours Alexandre, j’ai pas changé. C’est pas que tu me fais ch#er, c’est que tu m’emm#rdes. Parce qu’en pensant que t’étais mort, j’avais pas à avoir peur pour ta vie ! Oui, c’est la solution de facilité, et alors ? J’ai pas le droit de la choisir ? C’est ça ? »

Je criais sur la fin. Je criais, parce que si je ne criais pas, ma voix allait se casser. Et il n’en était pas question. Parce que si ma voix se cassait, elle n’allait pas le faire seule... mes murailles aussi allaient le faire. Et ça aussi, il n’en était pas question.

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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Lun 9 Sep - 0:39

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !


 Je ne comprenais vraiment pas ! Non, j'étais complètement largué quant à la réaction d'Alex à mon égard. Pourquoi agissait-il comme si le fait que je l'ai cherché n'était pas normal ? Il était mon frère b#rdel, mon protégé ! Rien de ce qu'il avait pu faire auparavant n'avait changé ça. Là, on parlait d'une guerre ! Mais aussi terrible soit -elle, elle ne pourrait changer mon comportement à l'égard d'Alexandre. Il était peut-être militaire mais le grand frère c'était moi, mon rôle c'était de le protéger, de l'empêcher de replonger dans ses anciens travers, de le remettre sur les rails lorsqu'il déconnait. Pourquoi il ne voulait pas comprendre ça ? Pourquoi il me traitait de c#n ?
C'est alors que mon cadet reprit la parole, j'espérais obtenir ce coup-ci une explication claire, sans grossièretés ; en bref, avoir une conversation normale avec mon frère que je venais enfin de retrouver sain et sauf pour mon plus grand soulagement. Cependant, je connaissais Alexandre et ce que je voulais, ce que j'attendais de sa part, c'était trop lui en demander. Un effort peut-être ? Non, même pas ! Il réitérait son insulte... J'étais un c#n et c'est moi qui étais à l'ouest selon lui. Je rêvais là, enfin, je cauchemardais ! Mon frère m'en balançait plein la g#eule parce que je l'avais cherché, parce que j'avais refusé de penser qu'il n'ait pas survécu, parce que je voulais de nouveau me trouver en présence du gamin terrible de la famille. Une colère sourde monta en moi sans que je ne puisse rien y changer !



- Franchement Alex, arrête ! J'te jure que ça va pas le faire... dis-je en tentant d'oublier les propos de mon cadet et de retrouver mon calme. Me traiter de c#n parce que j'ai tout fait pour te retrouver est loin d'être une bonne idée. Tu sais très bien ce que ça donne lorsque tu me pousse à bout ! Je pense pas que t'aies pu oublier et sérieusement, j'ai pas envie d'en arriver là. J'ai pas envie de devoir te remettre face à la c#nnerie dont tu fais souvent preuve, pas aujourd'hui en tout cas, pas ici. Je marquais une pause. Alors s'il te plait ! Agis comme un adulte pour une fois !


Pour une fois ! J'exagérais... Mais la colère nous fait parfois dire des choses que l'on ne pense pas comme elle nous fait dissimuler le fond de notre pensée. B#rdel ! Je n'aurais peut-être pas dû démarrer au quart de tour. Après tout, c'était Alex qui me faisait face ! Alex, le gamin instable et insolent de la famille Reh ; celui qui avait causé plus d'ennuis à mes parents que ma sœur et moi-même réunis. Le même Alex que j'avais constamment couvert, protégé et parfois, souvent même, remis plus ou moins brutalement dans le droit chemin. Bref, j'aurais peut-être dû passer au-dessus de son caractère de m#rde, ne pas m'emporter et lui dire combien le fait de le voir en vie me rassurait. Ou j'aurais pu simplement faire en sorte qu'il s'en rende compte ! Mais buté comme il est, la deuxième idée était vaine et pour la première, je n'en savais rien. Il aurait sûrement trouver le moyen de remettre en doute mes dires ou de tout simplement les critiquer comme il le faisait maintenant. Toute ces pensées n'atténuèrent pas ma colère, non, bien au contraire, elles l'alimentèrent davantage.
Mon cadet eu la mauvaise idée d'en rajouter sur le ton de l'ironie ! Il se foutait ouvertement de ma g#eule. Ma question n'était pas destinée à avoir de réponse lorsque j'avais répliquer que je me demandais ce que je foutais là. Non ! Je voulais qu'il comprenne que son manque de réaction me mettait les nerfs, voir même me blessait. Je n'étais pas susceptible mais quand même ! Le m'en-foutisme d'Alex ne pouvait pas me laisser de marbre. Surtout qu'il s'évertuait apparemment à vouloir me faire sortir de mes gongs ! Le fait qu'il raconte qu'il aurait préféré être dans son canapé, une bière à la main devant un match de foot me le prouva. Ma mâchoire se contracta sous l'effet de la colère ! Il n'avait aucun respect pour le coup, ni pour moi, ni même pour les gens nous entourant et que j'avais également légèrement oublié.



- Alex ! Là, va vraiment falloir que tu te rende compte que tes c#nneries de réponses vaseuses ne font rire personne... Je vais pas te prévenir de nouveau ! Tu te donne en spectacle, comme toujours et j'ai du mal à saisir pourquoi, déclarais-je. Et si pour que tu te calme, je dois foutre le camp pour revenir plus tard, dis-le ! Car, que tu le veuille ou non, je suis dans le coin maintenant et je reviendrais forcément.


Au moins, ça avait le mérite d'être clair ! Alexandre savait que je ne le laisserais pas tomber... Quoiqu'il dise, quoiqu'il fasse ! Mon protégé allait de nouveau devoir supporter ma présence, mes remarques et pire s'il déraillait vraiment. Je n'aimais pas cette dernière pensée, je n'avais jamais apprécié d'avoir recours à la force pour lui faire entendre raison. Mais si je devais en repasser par là, je le ferais... Alex avait beau être égoïste, insupportable et parfois même complètement taré ; je savais que c'était quelqu'un de bien qui pouvait tout réussir s'il parvenait à canaliser cette énergie dont il était doté. Il avait voulu être maitre-chien et c'est ce qu'il était à présent... Je l'avais soutenu lors de ce choix surprenant et j'étais fier qu'il ait réussi. Oui, voir que mon frère était parvenu à trouver une voie qui semblait lui convenir m'avait fait plaisir. Je ne lui avais jamais clairement dit, je le reconnais ! Mais mes coup fil avait dû le lui montrer non ? Je l'espérais tout du moins.
Mes pensées auraient pu me calmer... J'ai bien dit auraient car Alexandre se décida à s'adresser de nouveau à moi ! Et là, je fus la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Ses paroles engendrèrent une explosion de colère en moi ! Non, cet espèce de c#n n'était pas dans ma tête car il ne m'aurait pas de nouveau balancer à la g#eule que le chercher avait été une c#nnerie de ma part. Un petit frère mignon ? Évidemment que je n'en avais jamais eu ! J'avais Alex et aussi débile qu'il pouvait parfois l'être je ne n'aurais échangé ce frère là pour rien au monde. Oui, j'étais heureux qu'il tienne cette place dans ma vie. Même si je l'emmerdais comme il le disait si bien et ce qui fit s'accroitre ma colère à un point que la suite de ses paroles, même si elles me touchèrent, ne parvinrent pas à m'apaiser. Il préférait me croire mort pour ne pas avoir à craindre pour ma vie... Grand bien lui fasse ! Mais là, je venais de lui prouver que j'étais bel et bien vivant... et présent ! La droite qu'il venait de se prendre et qui l'avait légèrement déséquilibré en étant la preuve non ?

Les gens autour de nous s'écartèrent de nous sans que je ne m'en rende compte. C'est mon frère que je fixais et à qui je m'adressais avec colère !



- TA G#EULE ALEX ! Ta g#eule ! Je sais que j'ai jamais eu un frère mignon mais ce n'est pas un type de ce genre que je cherchais ! Non ! Celui que je veux retrouver depuis le début c'est mon frère, le vrai... Celui qui ouvre sa grande g#eule pour rien dire ou pour déblatérer les pires c#nneries sans ce soucier de l'impact qu'elles pourraient avoir sur les personnes qui les entendent. Et ce frère Alex, c'est toi et personne d'autre. Tu imprime ce que je te dis là ? Tu vas arriver à te mettre dans le crâne que tu peux me reprocher de te compliquer la vie mais que ça ne changera rien. Rien de ce que tu pourras dire, rien de ce que tu ne pourras faire ne me fera te tourner le dos ! Je suis, et je resterais ton frère jusqu'à ce que je crève. Et je continuerais encore et encore à te faire chier juste pour être sûr que tu ne sombre pas dans tes p#tains de travers m#rdiques !


Je me taisais enfin... J'avais presque failli manquer d'air mais ça je ne m'en étais pas rendu compte ! Même les murmures s'élevant autour de nous ne semblaient pas m'attendre. Je ne savais pas comment Alex allait réagir face à ce que je venais de faire, face à ce que je venais de dire ! Il avait toujours été imprévisible dans ce genre de situation... Quant à moi, déjà, je regrettais le coup porté... J'étais parti en vrille mais le fait que mon cadet puisse penser que j'avais voulu trouvé un Alex différent de celui qu'il était m'avait mis hors de moi ! J'aurais juste voulu un peu plus de chaleur humaine, c'était tout ce que j'avais souhaité de sa part. C'était trop ?



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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Lun 9 Sep - 17:49

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !


 Emmanuel n’appréciait pas être mis au pied du mur, de toute évidence. Et moi non plus. Je ne comprenais pas mon frère, et ça me faisait foutrement ch#er. Car si je détestais ne pas me comprendre, c’était pire lorsque je n’arrivais pas à percer mon propre frère à jour. Bon sang. Et lui aussi ne me comprenait pas ! C’était sûrement ça le plus exaspérant ! Vraiment ! Oui, je le traitais de c#n, et alors ? Ce n’était pas le premier, ca n’allait pas être le dernier à coup sûr. Franchement, il pensait quoi ? Agir comme un adulte, la blague. Ca ne menait à rien d’agir comme un adulte, ça ne menait à rien & c’était stupide. Nos retrouvailles n’étaient visiblement pas celles qu’il imaginait. Moi, je n’y avais même pas songé, et je n’arrivais pas à m’en vouloir. Elles n’étaient pas conformes à l’image qu’il s’en était fait, et pour ça non plus je n’arrivais pas à m’en vouloir. Il croyait quoi, que j’allais l’accueillir en hurlant de joie, lui sourire et lui dire que j’étais heureux de le revoir, mais il me prenait pour qui ce crétin ? Pour son frère, peut être ? Sérieux ? Comme si les frères se retrouvaient comme ça ? Mais c’était stupide, c’était débile, c’était… Des gens normaux, je suppose…. Ouais, ben voilà : je n’étais pas le clampin de base, et je n’allais pas faire toute une comédie pour dire que j’étais heureux de voir mon frère. Parce que je ne l’étais pas, voilà. Qu’est ce qu’il foutait là, bon sang ! Mais qu’est ce qu’il pouvait bien foutre ici ? Je me donnais spectacle ? Oh, bien sûr, forcément ! Parce que je haussai un peu la voix, directement, je me donnais en spectacle. Pathétique. J’essayai juste un peu de lui faire rentrer dans le crâne qu’il aurait mieux fallu pour lui qu’il soit mort sur le bord d’un fossé. Voilà. Et je ne visais pas à faire rire, bon sang, j’étais sérieux ! Je voulais cent fois plus être affalé dans mon canapé, avec Baxt’, Tusto et Diego à côté de moi, qu’être dans ce trou paumé ! Bon d’accord, c’était faux, parce que Valentine changeait absolument tout. Parce que Valentine… P#tain. – Non, le terme ne s’appliquait pas à Valentine, retirez tout de suite vos pensées sinon je vous massacre soigneusement avec une tronçonneuse ! –. Je repris mes dires, je voulais vraiment lui faire comprendre qu’il valait mieux pour lui qu’il soit mort, qu’il soit déjà mort. Pour lui, et pour moi, d’accord. Mais bon. Osef. J’étais égoïste, tout le monde le savait, surtout Manu. Non ? La droite qu’il m’envoya et que je ne pus esquiver répondit à ma question. Visiblement, non. Il ne comprenait pas, et il ne savait pas. J’étais désarçonné. J’avais pris l’habitude, ces derniers temps, à me prendre des coups de poing, et je commençais à me souvenir de comment les encaisser. Et je commençais aussi, accessoirement, à apprendre à ne pas les rendre. Je serrai le poing, alors que mon « P#tain mais qu’est ce qu’il te prend ?! » se faisait bouffer par un ta g#eule tonitruant.

- TA G#EULE ALEX ! Ta g#eule ! Je sais que j'ai jamais eu un frère mignon mais ce n'est pas un type de ce genre que je cherchais ! Non ! Celui que je veux retrouver depuis le début c'est mon frère, le vrai... Celui qui ouvre sa grande g#eule pour rien dire ou pour déblatérer les pires c#nneries sans ce soucier de l'impact qu'elles pourraient avoir sur les personnes qui les entendent. Et ce frère Alex, c'est toi et personne d'autre. Tu imprime ce que je te dis là ? Tu vas arriver à te mettre dans le crâne que tu peux me reprocher de te compliquer la vie mais que ça ne changera rien. Rien de ce que tu pourras dire, rien de ce que tu ne pourras faire ne me fera te tourner le dos ! Je suis, et je resterais ton frère jusqu'à ce que je crève. Et je continuerais encore et encore à te faire chier juste pour être sûr que tu ne sombre pas dans tes p#tains de travers m#rdiques !

Ma voix, cassante, fut la première chose que j’entendis alors qu’il reprenait son souffle. Je croisai les bras.

« C’est bon, tu as fini ton petit spectacle ? »

Je secouai la tête. Sa droite m’avait pas remis les idées en place, loin de là. Mais elle avait fait chuter ma colère aussi violemment qu’elle était venue, ça c’était certain. Comme s’il avait remis les compteurs à zéro avant la prochaine explosion alexandrienne. Intéressant comme concept, j’allais devoir y réfléchir. Mais pas pour le moment. Parce que je ne comprenais pas la p#tain de logique de mon frère. Il me disait de me la fermer, il me foutait un pain et en même temps il faisait genre qu’il m’aimait comme j’étais ? Non mais il se foutait de ma g#eule, c’était pas possible autrement.

« P#tain mais t’es vraiment trop c#n Manu. Joue pas à ça avec moi. P#tain. Non mais… »

Ca me dépassait. Qu’est ce qu’il avait dit ? Je resterai ton frère jusqu’à ce que je crève ? Non mais non quoi ! Je ne voulais pas qu’il crève moi ! Si quelqu’un devait crever, ça devait être moi et puis basta ! Je détournai le regard, m’éloignant de lui. M#rde. M#rde. Pourquoi est ce que je ne respirais plus calmement, là, d’abord ?

« P#tain non mais… deux secondes quoi. M#rde. M#rde quoi. Pourquoi est ce que tu ne peux PAS t’empêcher de venir me faire CH#ER où que je sois? Comment tu m’as trouvé d’abord ? »

Je recommençais à m’agiter. J’avais vraiment recommencé au début de la montée en pression, mais là elle était très rapide. Qu’est ce que Manu faisait dans ce trou paumé, sérieux ? Il ne m’avait toujours pas répondu ! C’est pas comme s’il habitait l’autre trou paumé d’à côté non ? Non ? Et m#rde. En fait, c’était plus logique que ce soit lui qui soit là que moi. Et m#rde. J’inspirai profondément. J’expirai rapidement. Je fermai les yeux.

« T’façon, maintenant, t’es là, et j’imagine que tu vas pas te casser ou te flinguer juste pour le faire plaisir. Alors qu’est ce qu’on fait, maintenant ? »


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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Lun 9 Sep - 22:18

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !


Les retrouvailles fraternelles comme dans les films étaient belles et bien imaginaires ! Surtout quand le frangin retrouvé n'était autre qu'Alexandre Maxime Reh. J'aurais du le savoir ! Je connaissais mon frère et son caractère hors-norme, incompréhensible. Pourtant, lorsque j'avais appris qu'il était en vie je n'avais pu m'empêcher d'imaginer des retrouvailles plus chaleureuses. Je ne faisais pas forcément référence à de longues accolades, des larmes et tout le b#ordel, non ! Mais à un minimum de joie apparaissant sur le visage de mon protégé lorsqu'il me verrait. P'tain ! Je m'étais vraiment fait des films quand je voyais à quoi ressemblait la réalité, quand je voyais l'accueil qu'Alex me faisait en me reconnaissant. J'avais rêvé mais qu'est-ce que j'y pouvais... aussi c#n qu'il pouvait l'être, il m'arrivait encore, souvent même, de le revoir gamin... Je le revoyais quand il débarquait fièrement dans ma chambre pour me montrer un « zoli dessin » comme il le disait si bien. Je me souvenais aussi, alors qu'il avait grandit, la manière qu'il avait de me détailler avec satisfaction sa dernière c#nnerie du moment. Des bêtises qui pouvaient être considérées comme gentilles par rapport à ce dont il avait été capable par la suite. Car mettre un chewing-gum dans une serrure pour retarder un cours n'avait rien de bien méchant. Non, ce n'était rien à bien réfléchir.
Mais bon, ne nous égarons pas ! Ce n'était pas le moment de tomber dans la nostalgie. C'est ce que je pensais ! Mais peut-être aurait-elle été préférable à la colère sourde qui m'avait envie et que je n'avais pu contrôler. Pourtant j'avais bien essayé mais la déception mêlée à la rage d'entendre les paroles de mon cadet avaient été les plus fortes. Voilà pourquoi je lui avais décoché une droite sans réellement m'en rendre compte. Ma réaction m'avait déconcertée tout autant qu'elle avait dû surprendre Alex. Cependant, je remarquais que mon geste ne l'avait pas laissé indifférent... La contraction de son point me l'indiqua !

Mais, au même moment, j'étais parti dans une longue tirade ! Je ne compris même pas ce qu'il avait tenté de me marmonné et je m'en fichais comme de l'an quarante. Oui ! J'étais énervé. J'enrageais qu'Alex n'arrive pas à comprendre que j'étais fier qu'il soit mon frère... que j'étais heureux qu'il soit en vie même si cela voulait dire que tout allait recommencer ! De quoi je parlais ? Mais de nos prises de tronches qui avaient toujours pour origine une quelconque c#nnerie d'Alexandre. Oui, je préférais être là, à lui g#euler dessus plutôt que d'être planter devant une pierre tombale gravée à son nom. Pourquoi il comprenait pas ça ? Et pire, pourquoi il disait qu'il aurait préféré que je sois mort ? Pour lui faciliter la vie ! Il se rendait compte de ce que je pouvais ressentir en entendant ça ? Non, je ne pense pas car il l'aurait fermé s'il avait su. Lui mort ! Cela voudrait dire que j'aurais échoué, que je n'aurais pas été le grand frère qu'il méritait. C'était hors de question. Et moi aussi j'avais peur pour sa vie mais je n'étais pas égoïste comme il l'était, je ne préférais pas faire taire cette peur en l'imaginant mort.
Lorsque je me tus, je repris ma respiration et j'aurais pu en rajouter si mon cadet n'avait pas repris la parole d'une voix cassante. Je regardais la pièce vite fait pour constater que l'on avait attiré l'attention sur nous. Cela me déplut fortement car je n'avais jamais aimé être le centre d'intérêt ! Je reportais donc mon attention sur Alex et fis abstraction des autres personnes présentes.



- Mon petit spectacle ?! J'inspirais profondément. Ouais, apparemment fini ! Fallait bien que je me remette dans le bain !


De l'ironie ? Oui, ça devait être ça. Mais le ton que j'avais utilisé était plus calme, plus posé... en bref, plus discret. Avec un peu de chance, les curieux allaient retournés vaquer à leurs occupations. Je fermais les yeux pour canaliser ma colère face à un nouveau « t'es vraiment trop con Manu ». Je ne saurais dire combien de fois je l'avais entendu de la bouche de mon frère ces dernières minutes. Mais je n'eus pas le temps de faire le compte car je n'avais pas compris ce qu'avait dit Alex à l'instant. D'ailleurs, mon étonnement du apparaître dans ma question...


- Joue pas à ça...? répétais-je. M... mais de quoi tu parle là ?


Je ne comprenais vraiment pas pourquoi il m'avait dit ça... Je l'observais tandis qu'il détournait le regard et s'éloignait légèrement. Il valait mieux pour lui qu'il n'essaie pas de se tirer parce que là, ça ne le ferait absolument pas ! Mais non... Je soupirais encore et c'est là qu'il reprit de nouveau la parole. Ces mots avaient souvent eu le même effet sur moi ! Ils me blessaient mais j'encaissais... encore et toujours ! C'était mon rôle et je ne m'en étais jamais plaint.
J'eus un sourire exaspéré en entendant les questions du gamin turbulent. Pourquoi est-ce que je venais toujours le faire ch#er ? Comment est-ce que je l'avais retrouvé ? Il était devenu amnésique ou quoi ?



- Y'a des habitudes que même cette fichue guerre n'ont pas réussir à détruire apparemment, déclarais-je en fixant un Alex qui semblait de nouveau s'agiter. Tenter de limiter tes c#nneries est une de mes habitudes ! Et j'en ai rien à foutre que ça te fasse ch#er que je me démène à faire en sorte que tu garde la tête hors de l'eau. Je marquais une pause. Comment je t'ai retrouvé ? En faisant simplement preuve de logique... bien que je ne sois pas certain que tu connaisse la définition de ce mot. Ton dernier sms disait que tu étais envoyé à Cherbourg en soutien ! Notre hôpital à été évacué avec pour destination Louisville... J'en ai déduis que toi aussi t'avais du te rendre ici et je me suis pas trompé !


Je commençais à me calmer alors que j'expliquais à mon cadet la façon dont je l'avais retrouvé. C'est lui qui m'avait aidé à ce que cela soit possible. Sans son sms, je n'aurais jamais pu deviner qu'il était à Cherbourg et donc déduire qu'il avait dû venir ici. Mes recherches auraient été moins précises. Est-ce qu'il se rendait compte que c'était lui qui avait fait en sorte que nos retrouvailles soient possibles ? Je n'en savais rien. Je l'observais inspirer, expirer en espérant qu'il n'explose pas une nouvelle fois. Il me porta verbalement de nouveau coup ! Me casser ? ME FLINGUER ? Il recommençait là ! Mais je ne devais pas entrer dans son jeu... Non, il fallait que je passe au dessus de ses propos blessants. Je levais les yeux au plafond en soupirant...


- Alex, Alex, Alex ! Je passais ma main sur mon menton. Alors, non... Je ne compte pas me casser ! Pour être plus précis, je ne compte pas te lâcher. Je dis ça au cas où l'idée d'aller voir ailleurs si je n'y suis pas t'avais traverser l'esprit ! Et pour ce qui est de me flinguer, là encore je répondrais non. … Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? J'sais pas moi ! Tu me présente ton nouveau pote, dis-je en indiquant le chien qui l'accompagnait. On va boire un verre ? On arrête de se prendre la tronche pour aujourd'hui ?



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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Mar 10 Sep - 12:13

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !




- Joue pas à ça...? M... mais de quoi tu parles là ?

Joue pas à ça ? JOUE PAS A CA ? Mais il ne voyait pas de quoi j’étais en train de parler, sérieux ? C’était pourtant clair, foutrement clair, odieusement clair. Emmanuel, ne joue pas au frère qui aime son petit frère. Personne ne pouvait décemment m’apprécier, surtout quelqu’un qui me connaissait depuis aussi longtemps. Surtout pas mon propre frère, bon sang ! Le nombre de mes défauts avoisinait celui des décimales de pi, tandis que celui de mes qualités était inversement proportionnel. Il jouait avec moi, il se moquait de moi, il raillait mes propos et me faisait croire qu’il m’appréciait tel que j’étais avant de me foutre une droite parce que j’avais été sincère. Parce que tu étais vraiment sincère ?. Oui. J’étais foutrement sincère, suivant une logique qui m’était propre, certes, tirant des conclusions que personne ne comprenait, re-certes, mais j’étais sincère. Tout en me mentant à moi-même. C’était bien trop compliqué d’être moi, parfois, je m’en faisais souvent la remarque. Pourquoi la vie ne se limitait elle pas à faire des c#nneries à l’école ? Ou était-il passé, cet Alexandre malicieux qui racontait à son frère ses dernières bêtises, et qui lançait des paris – rarement suivi – sur le nombre de mois qu’il allait tenir dans une école ? Il était où, l’Alexandre qui manipulait ses profs avec de grands sourires, qui lisait en cachette des livres de maths de niveau supérieur pour le plaisir ? Il était où, celui qui tentait de faire des zolis dessins qui ne ressemblaient, au final, qu’à des tâches de couleurs éparpillées sur des feuilles blanches – mes dons artistiques avaient toujours été phénoménaux, et j’avais vite abandonné lorsque la boxe avait pris mon temps libre – ? J’avais viré, mal viré, au niveau du collège, et j’étais devenu un Alexandre violent de ne pas être compris, insolent pour être remarqué, jouant avec les nerfs des autres pour qu’on le perce à jour. C’était usant de se jouer des autres lorsque personne ne savait qu’on se jouait d’eux. Bref. Je me jouais des autres, mais je n’aimais pas qu’on se joue de moi, qu’on me prenne à mon propre jeu. Je refusais qu’Emmanuel me mente, qu’il me fasse espérer l’inespérable, et qu’il me blesse profondément juste après. Je refusais tout ça, et je ne voulais pas qu’il joue à ça avec moi. Maintenant qu’il avait franchi mes barrières, maintenant qu’il m’avait frappé – vive l’embrassade des retrouvailles, façon Reh – maintenant qu’il m’avait retrouvé, qu’est ce qu’il voulait qu’on fasse, hein ?! Il en avait rien à foutre que ça me fasse ch#er qu’il soit là ? Voilà qui me rassurait, je retrouvais mon frère. Il m’avait trouvé via le sms que je lui avais envoyé ? Je n’avais même pas souvenir de l’avoir fait. menteur…. Son hôpital avait été évacué vers Louisville ? Grand bien lui en face. Moi je n’en avais rien à carrer. Tout ce qui m’importait, c’était moi, moi et moi, il fallait que je me le répète. Et Valentine dans tout ça ? . Valentine était ma faiblesse, et elle était tout. Lorsque je pensais qu’il n’y avait que moi qui comptait pour moi, c’était parce que je ne voulais pas qu’Emmanuel voie autre chose. Parce que tu as honte d’être avec Valentine, et de ne rien avoir foutu en l’air pour le moment ? Non, certainement pas, non ! Je n’avais pas honte, je… je tenais beaucoup à elle, c’était une certitude. Elle me donnait l’espoir qu’Emmanuel cherchait à me donner, et j’étais incapable de le refuser, contrairement à mon habitude. Lorsque j’étais avec Valentine, ce qu’il y avait de meilleur en moi ressortait, j’en avais bien l’impression. J’esquissai un sourire en pensant à Valentine et à son sourire à elle, alors qu’Emmanuel réagissait à mes derniers mots dans un soupire et un levage-des-yeux-au-ciel.

- Alex, Alex, Alex ! « Oui, c’est mon nom. » Alors, non... Je ne compte pas me casser ! Pour être plus précis, je ne compte pas te lâcher. Je dis ça au cas où l'idée d'aller voir ailleurs si je n'y suis pas t'avais traversé l'esprit ! « Je n’y avais pas pensé, mais maintenant que tu le dis… » Et pour ce qui est de me flinguer, là encore je répondrais non. « C’est bien dommage. » Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? J'sais pas moi ! « Parce que tu crois que je sais ? Tu me présentes ton nouveau pote, on va boire un verre ? On arrête de se prendre la tronche pour aujourd'hui ?

J’arrêtai de l’interrompre dès qu’il aborda le sujet de Baxter. Il ne le connaissait donc vraiment pas ? Mieux encore, il ne le confondait pas avec Tusto et Diego ? Je pensais être l’un des seuls à savoir différencier mes chiens, mais visiblement ce n’était pas le cas. Encore, Diego était facile à différencier des autres, vu que ce n’était pas un berger allemand, mais un berger hollandais avec son caractère malinois qui ressortait largement. Mais Tusto était lui aussi un berger allemand. Plus râblé que Baxter, plus trapu, et bien plus puissant. C’était le premier chien que j’avais dressé, avec l’aide de mon instructeur, mais c’était un vrai chien-loup, avec un tempérament aussi m#rdique que le mien. Vu la réaction de Manu face à Baxt’, il devait avoir de mauvais souvenirs de Tusto, ce que je pouvais totalement comprendre. Lorsque Tusto me mordait le bras, je devais faire confiance en mon dressage pour le lui faire relâcher, sinon c’était certain que je perdais ma main, et c’était un peu stressant. Au moins, j’avais appris à avoir un total contrôle sur les animaux que je dressais. Baxter, je l’avais dressé seul, tout comme Diego dont le dressage était encore en cours lorsque j’avais du le laisser au chenil pour aller faire la sécurité en Normandie. On arrête de se prendre la tronche pour aujourd’hui ? Emmanuel, contrairement à tout ce que j’avais pu penser auparavant, me connaissait bien en fait. Il me proposait de parler de mon chien, ce qui était le moyen le plus sûr de me calmer, pour le coup. Parce que Baxter était ma passion, au même titre que la boxe, les maths, la physique ou la balistique, aussi étonnant que cela pouvait paraître aux yeux du monde et de Manu.

J’haussai les épaules avant de me masser la machoire, comme pour totalement clore cet épisode, et je fis un signe en direction de la sortie de l’hôtel de ville. Enterrer la hache de guerre, oublier que Manu risquait de mourir, voilà le programme. Je regardai derrière moi, pour voir s’il y avaient d’autres militaires qui auraient pu me trouver quelque chose à faire, et je profitais de leur absence pour pousser un peu plus Manu vers la sortie. J’étais sensé dormir et récupérer, et j’en étais incapable, certes, mais j’avais encore quelques heures devant moi. Et je comptais bien daigner les octroyer à mon frère.

« D’ac, on arrête de se prendre le chou. En revanche, pour aller boire un verre, ce sera sans moi. On est en rationnement. Sauf si tu as chipé de l’alcool à 90° à l’hôpital, y’a rien à boire si c’est juste pour boire, ahuri. Oui, oui, Manu, tu ne rêves pas. Alex est sérieux. Etonnant, non ? Tu connais pas Baxter ?, je lui fis un petit sourire moqueur, Tu as la mémoire courte, vieux. Baxter est un berger allemand de 6 ans, c’est le premier que j’ai dressé tout seul, et c’est mon chien en opération. T’inquiète pas, il a un caractère moins pourrave que Tusto, et il est pas du genre à mordre. En fait, c’est plutôt un grand gamin., je m’arrêtai une seconde, fronçant légèrement les sourcils. Attends, si tu connais pas Baxt, alors tu connais pas Diego ?! C’est mon petit dernier, c’est un berger hollandais, mais on le prend souvent pour un berger malinois. Il est vraiment adorable, c’est bête que j’aie jamais pu te le présenter. Pour le coup, il est presque pas assez agressif, comme chien, c’est pour dire ! C’est plus un traqueur qu’autre chose. Enfin… c’était. »

Je m’interrompis une nouvelle fois, plus longuement, alors qu’on sortait enfin du bâtiment. D’une voix nonchalante, comme si ça ne m’intéressait pas, je finis par demander :

« Tu es en ville depuis longtemps ? »


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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Mar 10 Sep - 16:58

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !


Mon cerveau avait du mal avec ces retrouvailles qu'il avait imaginé si différentes et c'est sûrement ce qui faisait que tout était parti en vrille dès les premières minutes. « B#ordel Manu ! C'était ton petit frère qui te faisait fasse, pas n'importe qui ! » J'aurais me rappeler à quel point Alexandre pouvait aller loin dans la c#nnerie. Cela m'aurait éviter de péter un câble au milieu d'une pièce bondée de personnes qui n'avaient pas forcément envie de partager les clashs de la famille Reh ! Parce que c'est bien ce qui c'était passé. Je m'étais laissé submergé par la colère et j'avais vrillé au point de décoché une droite à mon cadet que je venais tout juste de retrouver. Je m'en voulais d'avoir été si... si peu apte à me remémorer qu'Alex aimait provoquer et qu'il pouvait parfois aller dans l'extrême ! Car, selon mon point de vue, c'était bel et bien pousser la provocation à l'excès que de dire à une personne de votre famille que vous préféreriez la savoir morte. Entendre mon cadet me dire ça m'avait justement tué et fait ressentir divers sentiments ; le seul que j'avais laissé s'exprimer étant la colère. Elle me fit déverser un flot de paroles sur Alex qui ne cessait de répliquer.
Je ne m'étais pas arrêté pour autant mais avait entendu ce qu'il me disait. Son ironie concernant le fait que je venais de lui donner l'idée de se tirer car il n'y avait pas pensé avant ça ; sa méchanceté quand il déclara qu'il était dommage que je ne veuille pas me flinguer ! J'aurais eu envie de lui éclater la tr#nche ou de lui dire d'aller chercher son arme et de me descendre lui même s'il voulait vraiment me voir disparaître. Au moins il saurait quoi faire puisqu'il n'avait apparemment aucune idée à ce sujet. Mais je gardais ça pour moi et faisait taire cette nouvelle colère quand je remarquais que mon frère s'était calmé. Hein ? Comment j'avais fait ? C'était déjà sûr que ce n'était pas la droite qu'il avait reçu qui lui avait remis les idées en place... Et puis, tout s'éclaira. Parmi les questions que j'avais posée, une n'avais pas reçu de réplique ironique. Celle qui concernait son chien ! Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt ? Alexandre adorait ses chiens, autant qu'il était c#n, c'est pour dire ! Et je me disais même que cette passion l'emportait davantage sur son instabilité légendaire. Pourquoi je n'avais pas commencé par là sérieux. J'observais l'animal un instant. J'en avais récupérer un errant en emménageant dans ma maison à Bricquebec. Un bâtard qui ne ressemblait à rien mais qui était adorablement affectueux. J'avais donc accepté sa présence dans mon jardin et lui avait même construis une niche. Je ne savais pas ce qu'il était devenu. J'espérais qu'il avait été recueilli par un quelconque réfugié aimant les animaux. Je me souvenais que j'avais parlé de l'animal que j'avais recueilli à Alex mais il ne devait peut-être plus s'en souvenir.

D'ailleurs, ce dernier eut un haussement d'épaules tout en se massant la mâchoire ! Je souris... J'avais beau être pédiatre, je n'avais pas perdu la main pour ce qui était de la baston. Parce que j'avais beau avoir été un étudiant consciencieux, cela ne voulait pas dire que j'avais toujours été exemplaire ! J'acquiesçais d'un signe de tête lorsque mon frangin m'indiqua la porte de sortie de l'Hôtel de ville. Vus les regards des gens, il était évident que je n'avais pas envie de rester ici. Et hop, sans une parole de plus nous étions dehors. Je constatais que très peu de monde se baladait mais quoi de plus normal avec ces saletés de nuages chargés de cendre ! Je quittais le ciel du regard lorsque mon frère reprit la parole... J'eus un sourire en l'écoutant parler du rationnement... Non, je n'avais pas oublié ! Mais j'avais une bonne raison de lui dire ça...




- Sans rire Alex ? Tu ne bois pas de l'alcool à 90° ?! Kamikaze comme tu es je pensais que c'est ce que tu devais prendre au p'tit déj, répliquais-je avec un sourire narquois. Et puis tu sais ce qu'il te dit l'ahuri...? Je regardais autour de nous pour voir qu'il n'y avait personne d'assez près pour m'entendre. Et ben il te dit qu'il ne parle pas dans le vent !


J'eus un sourire... Je me doutais qu'Alexandre voudrait en savoir plus ! Il n'avait jamais aimé que je sache un truc que lui-même ignorait. Mais pour le moment, je remarquais à quel point j'avais eu raison de le soutenir dans son choix de devenir maitre-chien même si je ne comprenais pas le pourquoi du comment. Je l'écoutais alors me parler de son chien mais des autres aussi ! Il était indiscutable que c'était une passion chez mon frère. Son attitude avait changé du tout au tout lorsqu'il s'était mis à me parler de ses animaux. En cet instant, il n'aurait jamais pu deviner à quel point j'étais fier de lui... et moi je me taisais, je ne lui disais rien, je gardais ça pour moi. J'avançais la main vers la tête de Baxter et lui offrait une caresse. Il y avait bien longtemps que je n'avais pas touché un animal. J'avais vu que certaines personnes avaient des chiens en ville mais toujours de loin !
Je relevais la tête en direction de mon cadet lorsqu'il ajoutait « c'était » en parlant de son plus jeune chien, Diego. Je délaissais Baxter et dis avec sincérité.



- Oh m#rde ! J'suis désolé Alex.


Je lui aurais bien dit que son chien s'en était peut-être sorti mais cela l'aurait énervé de nouveau. J'avais bien compris qu'il préférait choisir les pires des hypothèses plutôt que l'espoir. Espoir qui pouvait être réduit à néant en une fraction de seconde ! Cela étant dit, je ne regrettais pas d'avoir garder espoir de revoir mon frère car ça avait payé.
Alors que nous commencions à nous éloigner de bâtiment, Alex me demandant avec un m'en-foutisme flagrant la date de mon arrivée. J'en vins à penser que cette question n'était pas anodine et que la réponse l'intéressait vraiment. Pourquoi aurait-elle pu l'intéresser ? Et bien juste pour apprendre ce que j'avais pu entendre à son sujet peut-être. J'aurais bien voulu le faire languir un peu mais je m'abstins vu les précédentes minutes que nous avions vécues.


- Bah je suis là depuis le début... ou presque ! J'suis arrivé avec la vague des premiers réfugiés de Cherbourg ! répondis-je. J'me suis pas mal balader dans la ville quand je pouvais et que j'aie eu la confirmation de l'Hôtel de ville que t'étais là aussi...


Je me taisais sans rien ajouter d'autre. Je n'avais pas envie de rappeler à mon cadet que je l'avais chercher si c'était pour qu'il me traite encore de c#n !



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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Mar 10 Sep - 21:12

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !




Tusto, Diego, Baxter. J’entendais presque leurs aboiements. Ce n’était pas pour ça que j’allais me mettre à chialer sur la place publique, non, certainement pas, mais voilà. Ca me faisait quelque chose de penser à mes chiens. Et tout ça à cause d’Emmanuel qui apportait avec lui quelque chose d’assez inhumain tout en l’étant profondément et indubitablement : l’espoir. Mon c’était était relativement clair d’ailleurs. Pour arrêter de penser à ce qui pouvait être, je me repenchais sur ce qui était. Et sur ce que Manu avait dit avant que je m’empresse de répondre à sa question concernant mon Baxter d’amour et que je digresse très légèrement sur Tusto et Diego. Ainsi il avait de l’alcool sur lui ? Sincèrement ? Mon sourire malicieux s’épanouit sur mes lèvres. Emmanuel avait beau fait son petit monsieur parfait, il était un Reh, et il était mon frère : une vraie crapule. Je ne connaissais pas vraiment bien cette facette de sa personnalité, mais je l’adorais déjà, et en plus j’avais le droit de le montrer. Mais dans un même sens… ça me décevait un peu de lui. Je l’avais toujours considéré comme le mec parfait, et là, son image sans tâche prenait un coup. Ce n’était pas la première fois, ma mémoire presque sans faille – quand je prenais la peine de la solliciter – ne pouvait pas me faire dire ça, mais c’était quand même rare qu’il me fasse un coup pareil. Je n’arrivais vraiment pas à savoir si c’était pour me réjouir ou non. J’adorais cette facette de la personnalité de mon frère, je me répétais mais osef, mais en même temps… je ne le pensais pas aussi… crapuleux que moi.

- Bah je suis là depuis le début... ou presque ! J'suis arrivé avec la vague des premiers réfugiés de Cherbourg ! J'me suis pas mal baladé dans la ville quand je pouvais et que j'aie eu la confirmation de l'Hôtel de ville que t'étais là aussi...

Depuis le début. M#rde. Il était là depuis… le… début. Ou peu s’en fallait. Ca voulait dire que… il était médecin. Nous aurions pu nous croiser à l’hôpital. Et ce crétin m’avait cherché. Okay. Cool. Classe. Génial. Vraiment. J’explosai de rire.

« P#tain de m#rde. Manu… »

Je ne savais pas si j’étais en train de rire parce que je trouvais ça drôle, ou si c’étaient mes nerfs qui venaient de craquer. La fatigue, surement, devait aider pour le coup. Mon rire sonnait faux lorsqu’il raisonna à nouveau dans la rue. J’essayai de reprendre mon souffle à l’aide de « Manu » mais c’était peine perdue. M#rde alors. Emmanuel était dans la même ville que moi depuis… quoi… un mois ? Un mois et demi ? Il était tout à côté de moi et je ne le savais pas. Je refusais de penser à lui, j’étais torturé par son fantôme semi-matériel créé de toute pièce par mon si brillant esprit, j’avais besoin de lui, et lui il revenait tout mignon, tout tranquille, comme une fleur alors que je me débattais pour arranger toutes les c#nneries que j’avais pu faire. J’explosai de rire de plus belle, je n’arrivais plus à m’arrêter. La, c’était certain, c’était la fatigue qui parlait. Ma fatigue, cumulée à la pression, au stress, à la tension, à l’atmosphère pesante, et au fait que je ne savais pas gérer le tout, me faisait rire à n’en plus finir. Je hoquetai :

« P#tain t’es en train de me dire, que tu aurais pu être le doc qui s’est occupé de moi à l’hospice ? ‘fin l’hôpital ? C’est énorme…. Et c’est ridicule. »

Je cessai brutalement de rire. Ca aussi, c’était la fatigue. J’avais toujours mal géré le stress, la pression, l’énervement et tout ce qui s’en suivait. Je les avais toujours mal gérés, et je réagissais par la violence, par l’insolence, par tout ce que j’étais en fait. J’avais donc cessé de rire brusquement. J’avais dit que j’avais fini à l’hôpital. Donc que j’avais eu un souci. Donc que j’avais échoué à faire quelque chose. Donc que j’avais été faillible. Echec, échec, et encore une fois échec, triple buse ! Pourquoi est ce que ça m’avait échappé, hein ? Pourquoi ? J’étais sensé être un mec génial, alors pourquoi est ce que je ne m’étais pas retenu de laisser échapper ça ? J’essayai de rebondir sur autre chose, croisant les doigts pour que mon frère n’ait rien capté.

« Et sinon, du coup, tu fais quoi ? Tu bosses où ? Tu as vraiment réussi à choper de l’alcool ? Tu partagerais avec ton petit frère assoiffé ? »

Objectif : étourdir Manu avec des questions à la c#n, histoire qu’il soit tellement préoccupé par leurs réponses qu’il ne s’attarde pas sur ce que j’avais pu laisser sous entendre. Fallait que je fasse attention à ce que j’allais dire. Etrangement je ne voulais pas lui parler de Valentine. Enfin, étrangement… le terme était inexact. Je n’avais jamais parlé à Manu de mes copines. Sophie… même pas la peine d’aborder le sujet, quant à Madeleine… il avait du vaguement le savoir, mais je ne lui avais jamais vraiment dit. Valentine prouvait que j’étais quelqu’un de normal, prouvait que je pouvais être bon, que je pouvais être… voilà. Emmanuel n’avait jamais cessé de me montrer à quel point j’étais un petit c#n. Je ne voulais pas lui prouver le contraire, ça l’aurait trop déçu. Tu es stupide, tu le sais ? Oui, et alors ? J’étais stupide de raisonner ainsi, tout comme j’étais stupide de croire que j’étais un méchant jusqu’au bout des ongles. Et pourtant, je le croyais fermement. Je le croyais si profondément qu’il me fallait toute ma concentration et ma confiance en elle pour refouler cette conviction. Emmanuel n’avait pas cette emprise sur moi. J’étais mauvais. Et seul Emmanuel le savait. Il ne fallait pas qu’il sache que j’allais encore, peut être, faire du mal à une autre personne. Il allait vouloir m’en empêcher et me séparer d’elle. Et je ne le voulais pas.

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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Mer 11 Sep - 19:28

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !



Alexandre ! Alex ! C'est alors que les retrouvailles fraternelles mouvementées commençaient à se calmer que je prenais petit à petit conscience d'un fait important à mes yeux. C'est une fois que nous étions sortis dans la rue et que je m'étais retrouver face à lui, sans autres personnes autour, que je m'étais rendu compte que je l'avais vraiment retrouvé. Celui que je m'étais jurer de protéger il y a des années était là et parfaitement en vie qui plus est ! Oui, il avait l'air en forme malgré le fait qu'il avait l'air fatigué et qu'il affichait une tête de zombie. D'ailleurs je gardais ce compliment pour plus tard car la conversation eut soudain plusieurs sujets. C'est avec un sourire que j'avais informé mon frère que j'étais au courant du rationnement mais que voilà quoi ! Je n'avais rien ajouté à cela car je savais que mon cadet m'avait compris. Son sourire... Hein ? Son quoi ? Oui, oui ! Son sourire ! J'avais réussi à faire sourire mon frère alors que ce n'était pas arriver depuis combien...? Quinze ans au moins ! J'en fus tellement abasourdi que je failli même en perdre le fil de la conversation.
Mais de nouveau mon frère fit en sorte que je sois fier de lui sans même qu'il ne s'en rende compte ! Il me prouva en me parlant de ses chiens qu'il pouvait s'intéresser à autre chose que sa petite personne. La façon dont il évoquait ses compagnons canins prouvait qu'il était capable de faire taire son égoïsme. Cela ne m'étonna pas car j'avais toujours été persuadé, et je l'étais encore, que ce qu'il fallait à Alex c'était une... une... Je sais pas comment expliquer ça et c'est d'ailleurs pour cela que je n'avais jamais pu lui en parler. Bref, on se concentre ! Ce qu'il fallait à Alex c'était une chose qui soit si importante pour lui qu'elle prenne le pas sur sa personne et diminue son égoïsme. Voilà ! C'était ça. Sa passion avait ce léger effet ou du moins en parler le calmait. C'était un bon début... mais un début seulement ! De toute façon, il était impossible qu'il puisse éternellement continuer sur cette voie ! Il finirait par sombrer et dans ce cas, il m’entraînerais avec lui car il avait été prévenu, je ne le lâcherais jamais. Mais  serait-il capable d’entraîner quelqu'un d'autre que moi dans sa chute ? Cette question ne m'était jamais venue auparavant et j'osais croire que la réponse était non. Une petite amie pourrait-elle le changer alors qu'il préférait rejeter le monde entier ? Peut-être que oui, je n'en savais rien à vrai dire car je ne l'avais jamais vu en couple. J'aurais presque pu le penser gay si je n'avais pas eu échos de quelques uns de ses flirts...
Bref, j'aurais le temps et le loisir de trouver un moyen de ramener mon frère sur les rails plus tard. Je devais à présent réfléchir à sa question concernant mon arrivée à Louisville ! Ma réponse semblant le surprendre et l'amuser... Hein ? Il tenta de me parler mais ce fut en vain ! Même son chien l'observait pour le coup. Il devait sûrement penser que son maître était en train de perdre la tête.



- Euh... T'es sûr que ça va toi ?


J'allais ajouté qu'il était pénible de voir à quel point il était toujours aussi incompréhensible mais tout comme Baxter, je gardais le silence. Oui, oui ! Je prenais exemple sur un animal car je venais de me rendre compte que mon frangin pétait littéralement un câble là ! Je ne voulais pas en ajouter une couche et me contentait d'attendre. Son comportement me fit penser à celui que je pouvais avoir après une garde de 72h, mais en plus virulent. Je ne disais donc plus un mot, attendant qu'Alexandre se calme de lui-même. Il lui fallut quelques bonnes minutes pour à peu près se reprendre et me faire flipper dans le même temps !
Il n'arrivait pas à croire que j'étais à Louisville depuis le presque début et que nous nous soyons jamais croisé, même pas à l'hôpital lorsqu'il y était. Hein ? Quoi ? Il avait été blessé ?
« Euh... ça arrive quand on est militaire ! » Mon frère avait fini à l'hôpital alors que je me trouvais dans la même ville que lui ?! P'tain, on avait connu mieux comme protection. J'étais lamentable comme grand frère. Mon cadet avait brutalement cessé de rire mais je n'y avais pas fait attention, trop concentré à jurer mentalement contre moi-même. Je fixais pourtant Alex et reprenais la parole pour savoir.


- Qu'est-ce qu...


Je n'eus pas le loisir de terminer ma question et de commencer l'interrogatoire à sujet de son séjour à l'hosto car mon frère tentait de m'endormir sous un tas de questions. Pour le coup, ce fut moi qui me mit à rire ! Il pensait vraiment que ses interrogations sur mon boulot et sur l'alcool allaient me faire zapper le fait qu'il avait été blessé à un moment où un autre ? Si c'était le cas, il se fourrait le doigt dans l'œil. J'aurais pu m'énerver en le voyant penser ça mais non. Je cessais de rire et reprit de façon banale, comme si on parlait de la pluie et du beau temps.


- Tu passe du m'en foutisme à l'interrogation à la vitesse de la lumière ma parole ! T'inquiète, je vais te répondre... Je marquais une pause et le fixais. Mais bon... J'suis peut-être un c#n ahuri pour toi mais cela n'empêche pas que je reste un frère que l'on ne peut pas endormir avec quelques questions. Qu'est-ce qui a fait que tu as terminé à l'hosto ? Réponds pas rien ! Ce serait débile. Et pis avec la tronche de zombie que tu affiche, j'suis en droit de savoir si t'as été soigné correctement !


Je m'étais toujours inquiété, c'était pas nouveau ! Mais jamais je ne lui avais clairement dit ou fait comprendre. Aujourd'hui, c'était différent, les soins prodigués aux blessés n'étaient plus les mêmes et j'étais bien placés pour le savoir. J'espérais seulement que mon frère se rendrait compte que ma question n'avait pas pour but de le faire chier. Absolument pas ! Je m'inquiétais surtout que je me rendais compte qu'il avait vraiment l'air fatigué.
Je le regardais alors avec plus d'attention que depuis le début de nos retrouvailles... Je ne m'en étais pas rendu compte avant à cause de la multitude de sentiments ressentis mais en réalité il n'avait pas l'air fatigué, non ! Alex semblait épuisé, exténué ! Je reprenais alors la parole mais cette fois ce fut bel et bien le grand frère inquiet qui parla.



- Alex ! Y'a combien de temps que t'as pas dormi ?



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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Jeu 12 Sep - 14:43

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !




Tu passes du m’en-foutisme à l’interrogatoire à la vitesse de la lumière ma parole ! T’inquiète, je vais te répondre… Mais bon… j’suis peut être un c#n ahuri pour toi mais cela n’empêche pas que je reste un frère que l’on ne peut pas endormir avec quelques questions. Qu’est ce qui a fait que tu as terminé à l’hosto ? Réponds pas rien ! Ce serait débile. Et pis, avec la tronche de zombie que tu affiches, j’suis en droit de savoir si t’as été soigné correctement !

Echec. Sbam, échec Alex. J’avais espéré, vraiment, le duper avec mes questions. L’étourdir, l’assommer, le mener sur une fausse piste, l’écarter de ce que je considérais comme une bourde affreuse… je l’avais espéré, mais visiblement comme d’habitude, l’espoir était vain. Mon frère, même s’il pouvait faire preuve d’une stupidité sans borne – comme le prouvaient ses questions qui me faisaient penser à quelqu’un qui s’inquièterait pour moi… stupide, vraiment – était tout de même mon frère, et il avait malheureusement du récupérer d’auprès de moi quelques soupçons d’intelligence, comme de la poussière d’étoile. Après tout, on ne pouvait pas vivre treize ans au contact d’un génie sans en subir des conséquences non ? Parfois, ta prétention sans limite et ton narcissisme égal me laissent sans voix, Alex. Merci, je prends ça pour un compliment. Dans tous les cas… voilà. Ce n’était pas beaucoup plus compliqué que ça : Emmanuel n’était malheureusement pas si facile à tromper que d’autres personnes, et il avait foncé dans le panneau même que j’essayai de masquer, en déchirant avec dédain les voiles que j’avais jeté par-dessus. Qu’est ce qui m’avait fait terminer à l’hosto ? Tronche de zombie ? Pour peu, voilà qu’il me posait les mêmes questions que moi, des semaines plus tôt, j’avais posées à Valentine, dans cet hôpital où nous nous étions croisés pour la première fois. En songeant, encore !, à Valentine et à notre première rencontre, un sourire débile s’étira sur mes lèvres, et mes yeux fixèrent dans le vide le souffle invisible du souvenir, avant que je ne me reprenne. Emmanuel m’observait attentivement, et j’hésitai le temps d’un soupir entre un malaise face à une telle inspection, et le sourire insolent que j’offrais à tous ceux qui posaient le regard sur moi. L’interrogation de mon frère mit un terme à cette si brève hésitation :

Alex ! Y’a combien de temps que t’as pas dormi ?

« De quoi ? »

Bon okay, le fait que je vienne d’avoir le regard dans le vague, les quelques cernes, mes cheveux en foutoir et tout devaient l’aider à déduire le tout, mais je ne pensais pas avoir autant une tête de déterré. Après, s’il orientait de lui-même la discussion sur ma fatigue, toute justifiée, j’allais pouvoir esquiver vraiment la question de l’hôpital, ce qui n’était pas pour me déplaire. Emmanuel m’avait déjà vu claqué, crevé, à jouer avec les limites de mon organisme – peut être pas à ce point là, mais osef, il n’avait aucune raison de le savoir – surtout en quatrième, troisième et mon début de seconde, que l’on pouvait appeler mes années noires. Je pris le parti de tenter de jouer la carte du crétin de frère, ce qui me réussissait plutôt bien en général.

« Bah écoute, maintenant ça doit faire une heure, ou deux. Pourquoi cette question ? Tu fais une étude sur le sommeil ?, cette fois je fis une pause, un sourire goguenard plaqué au visage J’suis sûr que tu te demandes si… »

Je fus interrompu par un bâillement inopiné. Un regard en direction de mon frère me suffit à comprendre que ça n’allait pas lui suffire comme explication. Déjà parce que c’était mon frère, ensuite parce que même moi ça n’arrivait pas à me convaincre ce qui était assez fort comme concept. J’avais dit la vérité, pourtant ! Ca, on ne pouvait pas me l’ôter, j’avais fait l’effort de ne pas mentir. Parce que j’avais réellement dormi, seulement, je n’avais pas assez dormi, ce qui devait être évident. Ce n’était pas que je ne dormais pas du tout, c’était que je ne dormais pas assez. Rarement plus d’une heure ou deux d’affilées. J’haussai mentalement les épaules, et sans faire exprès je le fis aussi réellement. Je ne devais pas être le seul dans ce cas, la troupe des militaires avait été pas mal réduites aux dernières nouvelles, et ne se reremplissait pas non plus très vite. Sur un ton guilleret, je rajoutai, pas convaincu pour de sous mais histoire de conserver les apparences :

« De toute manière, on s’en fiche ! Dormir, c’est surfait, et puis ce n’est plus très à la mode, tu n’es pas d’accord ? D’ailleurs tu crèches où toi ? »

Encore des questions, toujours des questions. Poser des questions l’air de rien, pour faire semblant de m’y intéresser histoire d’endormir les questions qu’il aurait pu avoir, cachait mon réel intérêt pour les réponses qu’il allait pouvoir donner. C’était un concept étonnant que je maîtrisais sans difficulté. Pour faire passer quelque chose discrètement, il suffisait de l’étaler sous les yeux de celui qui allait chercher la petite bête. Quand je demandais à Manu où il habitait, il prenait ça comme une tentative de noyer le poisson, ce qui n’était pas tout à fait faux. Il allait finir par répondre à ma question sans savoir que sa réponse m’intéressait réellement. C’était encore plus vicieux que la technique « je te demande ça l’air de rien, faisant comme si je m’en tamponne l’oreille avec une babouche alors que ça m’intéresse », et surtout ça permettait de diversifier un peu le tout. Ciel, que je m’adorais. C’était comme en cours, lorsque j’inondais le professeur sous des questions sans rapport avec le cours. S’il me connaissait un peu, il se doutait que ça avait pour but de gêner le déroulement du cours, mais il pensait aussi que ça n’avait que ce but. Il ne suspectait pas que les réponses qu’il allait me fournir – juste au début de la série de questions, puisqu’à la fin il m’intimait de me taire, puis voyant que ça ne fonctionnait pas me disait de sortir, puis voyant que ça ne fonctionnait pas, criait et me virer de cours – l’intéressaient réellement. De toute ma scolarité, seul mon professeur de maths d’Autun, toujours le même, m’avait tenu tête et avait patiemment répondu à toutes mes questions, pendant plus de deux heures, alors que je fouillais de plus en plus loin dans ma mémoire pour lui répondre et en trouver de nouvelles. La sonnerie avait sonné quand j’en étais à lui poser des questions sur la Médaille Fields et ses applications actuelles. Il avait perdu deux heures de cours, mais il avait gagné mon respect et mon attention pour les trois années que j’avais passé au lycée militaire.


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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Jeu 12 Sep - 21:20

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !



Je détestais les personnes qui répondaient aux questions en interrogeant elles-mêmes leur interlocuteur. Mais j'abhorrais davantage les individus qui posaient des questions pour éviter de répondre à ce qui leur avait été demandé ! Malheureusement pour moi, Alex entrait dans la deuxième catégorie et il était expert en ce domaine. Je faisais mon possible pour me rien laisser paraître de mon agacement à l'égard de mon cadet. Je savais très bien que s'il venait à se rendre compte que cela me faisait ch#er, il en rajouterait une couche. Ma patience était reconnue des personnes qui me connaissaient mais aujourd'hui, elle était très limitée. La droite que j'avais balancé en pleine figure de mon insupportable frangin après seulement quelques minutes d'échanges houleux me le prouvait. Et je ne voulais pas que cela puisse recommencer tout suite... Je précise tout de suite car il n'avait jamais été rare que nos prises de têtes vrillent de la mauvaise façon. Et je savais qu'il était impossible que cela ne se reproduise jamais ! Cependant, pour le moment, j'étais inquiet et je m'en carrais complètement que le merdeux que j'avais en face de moi puisse s'en rendre compte.
Je gardais mon calme même lorsque son regard se perdit dans le vague et qu'il afficha un léger sourire niais. B#rdel ! Si je ne le connaissais pas, j'aurais pu croire qu'il pensait à une charmante demoiselle car il me faisait penser à ces ados amoureux mais paumés. Mais bon, là, c'était Alexandre ! Monsieur-Égoïste qui n'aime personne à part lui... Après, vous pouvez très bien me dire que ce sourire était dû à une quelconque pensée le concernant et cela ne m'aurait pas étonné le moins du monde ! Je perdais patience... Il rêvait tandis que j'attendais une explication concernant sa p#tain d'hospitalisation ! Voilà pourquoi, histoire de combler le blanc, je posais une autre question de moindre importance.
« Mauvaise technique Manu ! » Je m'en rendis très vite compte car mon cadet émergea pour un simple « De quoi ? »

Je levais les yeux aux ciel et me mis à prier n'importe quel fichu Dieu de m'aider à trouver la patience. J'allais réitérer ma question ! Je parlais bien évidement de celle du séjour d'Alexandre à l'hôpital mais ce dernier se décida à ouvrir la bouche pour reprendre la parole... Mais qu'est-ce qu'il pouvait m'énerver lorsqu'il agissait comme un crétin ! Il avait parfaitement compris ce que j'avais voulu dire et il s'obstinait à me donner des réponses m#rdiques ! Une étude sur le sommeil ? Je retenais difficilement un soupir d'exaspération et ma patience commençait à faillir. Il se dit ensuite certain de... de je ne sais pas car un bâillement l'empêcha de continuer.
Cette interruption involontaire de sa part allait me permettre de pouvoir reprendre la parole pour lui demander... lui demander quoi déjà ? Ce petit c#n allait vraiment finir par me faire perdre le fil de mes pensées ! Je fis rapidement le point.



- Une étude sur le sommeil ? Et ta c#nnerie, elle étudie quoi ? répliquais-je le temps de mes rappeler mes vraies questions. Et pis arrête d'essayer de m'endormir... D'ailleurs, t'es tellement fort à ce jeu que je me demande comment tu fais pour pas t'endormir toi-même ! Parce que j'ai déjà eu une réponse. Tu manque carrément de sommeil. Et n'élude pas ma question principale S'IL TE PLAIT ! Comment t'as atterri à l'hôpital ? Tu devrais arriver à me répondre puisque t'es le principal concerné ! Mais si tu t'obstines à passer ton séjour là-bas sous silence, je pourrais toujours aller me renseigner à l'hôpital !


De une, j'avais été clair quant au fait que je voulais une réponse et c'est pourquoi j'avais insister sur le « s'il te plait ». Et de deux, l'histoire de me rendre à l'hôpital pour obtenir des informations n'était pas des paroles en l'air ! Si mon cadet me connaissait un temps soit peu, il saurait que je ne bluffais pas. Cela étant dit, il avait commencer à jouer au crétin et visiblement, il n'était pas prêt d'arrêter. Dormir n'était plus à la mode ! Non mais il y avait vraiment de quoi halluciner en l'entendant débiter de telles absurdités. Je n'ignorais pas que dormir une nuit complète était du luxe et que cela devait l'être d'autant plus avec un statut de militaire. Mais j'avais croisé d'autres personnes portant l'uniforme et ils n'avaient pas la mine de mon cadet ! Voilà pourquoi je m'inquiétais. Peut-être avait-il été mal soigner durant son séjour à l'hosto et avec les conditions de vie de maintenant, une infection pourrait se révéler mortelle. Je voulais donc absolument savoir quels soins lui avaient été prodigués et pourquoi.
Hein ? Quoi ? Où est-ce que je créchais ? Mais... Mais c'était quoi le rapport avec mes questions ?
« Allez, allez Manu ! Inspire... Expire... Inspire... » Il essayait encore de noyer le poisson là !


- Tu vas me rendre fou, j'te jure ! déclarais-je en me passant la main sur le visage. Oui, dormir est devenu un luxe mais cela étant dit tes collègues, bien qu'ils ne semblent pas frais non plus, n'ont pas ta tronche ! Je vais donc me répéter et attendre tes réponses à mes questions ! Je marquais une pose. Je te répondrais pour l'alcool et pour le lieu où je crèche quand tu m'auras dit... Attention concentre-toi bien ! Comment tu as fini à l'hosto ? Et quand est-ce que tu as dormi plus de quatre heures d'affilées ?


Et bah voilà ! Ça avait le mérite d'être clair c'coup-ci... Alexandre ne pourrait pas de nouveau essayer de m'endormir ! Car je dois le reconnaître, ce dialogue de sourd commençait à me fatiguer. J'arrivais à lui tenir tête et à ne pas m'embrouiller mais je ne savais pas combien de temps je pourrais à suivre le comportement illogique de mon protégé !



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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Jeu 12 Sep - 22:37

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !



- Une étude sur le sommeil ? Et ta c#nnerie, elle étudie quoi ? Et pis arrête d'essayer de m'endormir... D'ailleurs, t'es tellement fort à ce jeu que je me demande comment tu fais pour pas t'endormir toi-même ! Parce que j'ai déjà eu une réponse. Tu manques carrément de sommeil. Et n'élude pas ma question principale S'IL TE PLAIT ! Comment t'as atterri à l'hôpital ? Tu devrais arriver à me répondre puisque t'es le principal concerné ! Mais si tu t'obstines à passer ton séjour là-bas sous silence, je pourrais toujours aller me renseigner à l'hôpital !

J’arquai un sourcil. S’il te plait ? Et bien moi, ça ne me plaisait pas, tout simplement. Déjà parce que pour le coup, ça sonnait comme un ordre, et on savait parfaitement ce que l’autorité avait comme effet sur ma petite personne. Ensuite parce que je n’avais pas envie de répondre avant ça. Alors pour le coup, là, voilà. Prout. Qu’est ce qu’il avait à insister sur l’hôpital d’abord ? C’était moche, ça puait, c’était rempli de crétins congénitaux – en dehors de Valentine bien sûr – et les gens ne m’aimaient pas là bas, grand bien leur en fasse. Sa question principale, il pouvait la mettre là où je pensais, puisque moi, je m’en contrefichais et je m’en tamponnais l’oreille avec une babouche, parce que oui, moi, j’aimais bien cette expression fleurie et poétique. Voilà. Et il n’avait qu’à arrêter d’insister avec ses s’il te plait qui n’aidaient pas, et qui, bien au contraire, me braquaient plus qu’autre chose.  Sur un petit ton rieur qui détonnait avec mon faux non-intérêt pour les questions que je pouvais bien poser, je cherchai nouveau à l’étourdir de questions, d’interrogations, de remarques à la c#n pour dévier son esprit du principal. Et qu’il réponde enfin aux questions que je lui posais tout de même pour la troisième fois. Sa réaction me fit soupirer. Mettez deux ânes l’un face à l’autre, et observez ce que ça donne… et bien là, ce devait être la même chose. Dialogue de sourds de m#rde, il refusait de lâcher, et moi aussi. Je ne savais pas lequel de nous deux était le plus têtu, tout ce que je savais, c’était que moi je n’étais pas patient, et qu’en plus je commençais à en avoir mal à la tête, et que ce n’était pas le moment pour que j’aie mal à la tête. Nan mais oh.

- Tu vas me rendre fou, j'te jure ! Oui, dormir est devenu un luxe mais cela étant dit tes collègues, bien qu'ils ne semblent pas frais non plus, n'ont pas ta tronche ! Je vais donc me répéter et attendre tes réponses à mes questions ! Je te répondrais pour l'alcool et pour le lieu où je crèche quand tu m'auras dit... Attention concentre-toi bien ! Comment tu as fini à l'hosto ? Et quand est-ce que tu as dormi plus de quatre heures d'affilées ?

Je le regardai d’un air désespéré. Parce qu’il pensait m’avoir avec ce chantage à la c#n là ? Vraiment ? Sérieux ? Genre « tu me dis, et je te dis ! »… Non mais c’était digne d’un gosse de maternelle, là, sérieux ! Il croyait vraiment que… Digne d’un gosse de maternelle, ça devrait te plaire comme concept, ça, non ? Et le pire, c’était que là pour le coup… Et m#rde. Et m#rde. Manu faisait trop ch#er là, sérieux. Quelle maturité, c’est affolant. . Je grommelai rapidement un « C’toi qui vas me rendre fou, mec. » dont j’avalais la moitié des syllabes. Mais dans un sens, je savais que c’était mort pour moi, là. Parce que si déjà j’avais souvent du mal à gagner contre Manu, et que ça me faisait vraiment beaucoup, mais alors beaucoup ch#er, là j’étais pas en état de combattre. Et c’était foutrement ch#ant d’être obligé de le reconnaître. Bon, le tout, remarquez, c’était que je l’avais compris avant l’autre idiot qui allait faire le fier. Fallait juste maintenant que je fasse genre que j’avais quand même gagné la bataille, comme si j’avais voulu depuis le début en arriver là, et que tout avait été calculé. C’était chiant tout ça. Parce que j’étais crevé, et que j’étais en train d’épuiser le max de patience que je pouvais déployer dans la journée ce qui n’allait pas être bon pour le rester. Bon. Bon. Bon. Je croisai les bras, avec cet air narquois de celui qui est tout contente d’avoir tout planifié à l’avance.

« Okay. Je réponds à une question, tu réponds aux miennes, et je réponds à l’autre question, ça te va ? T’façon, si ça te va pas, je t’emm#rde. D’ac ? Depuis quand j’ai pas dormi plus de quatre heures d’aff ? »

Je n’avais pas choisi la question au hasard : c’était celle à laquelle il m’était le plus facile de répondre. Je fis mine de réfléchir, alors que c’était déjà tout réfléchi. Je n’avais pas fait de nuit vraiment reposante depuis l’attaque, donc ça devait faire bien trois semaines. Non deux. Bref deux ou trois semaines. Une sensation glacée me parcourut : depuis quand avais-je du mal avec les chiffres ? M#rde, ce n’était pas normal, ça, ce n’était PAS normal. Les chiffres, les nombres, les formules mathématiques avaient toujours été mes amis, ils n’avaient pas intérêt à me lâcher maintenant ! Surtout pas maintenant pouvais-je même dire ! Non, non, non et non. Je me forçai à compter mentalement les jours, mais immanquablement je m’embrouillais. C’était un coup dur pour moi de me rendre compte que ma fatigue avait atteint ce stade. Ca me perturbait. Ca m’affolait presque. J’essayai de répondre à Manu, mais les mots s’étranglèrent eux même dans ma gorge. « Je… de… ça… » Je n’arriverai pas à répondre, même par un mensonge, tant que je n’aurai pas le nombre exact de jours en tête, je le savais. Deux, Trois, Cinq, Sept, Neuf, Onze, Treize, Dix Sept, Dix Neuf, Vingt Trois… Je fis rapidement défiler toute la liste des nombres premiers que j’avais apprise en quatrième pour faire passer le temps dans les cours dont je n’avais rien à faire. Cent Un, Cent Trois… Les nombres n’avaient pas le droit de m’abandonner. Pas le droit. Pas le droit du tout, je le leur interdisais formellement. Deux Cent Onze. Deux Cent Vingt Trois. Seize. Non, seize n’était pas un nombre premier, bien évidemment, c’était le nombre exact de nuit que je n’arrivais plus à finir. L’étau qui me serrait la poitrine se relâcha, et je répondis finalement, après un temps dont je ne savais pas l’étendue, mais qui avait du excéder la minute. Le temps de reprendre pied avec les mathématiques, j’avais été totalement déconnecté du monde, les yeux regardants dans le vide et se fermant alternativement.

Seize jours il me semble., il ne me faisait pas sembler, mais Emmanuel n’était pas sensé le savoir, ça. Seize jours que j’arrive pas à dormir longtemps, ça t’épate hein ! J’pense que j’ai battu ton record, bien ! »

Ce n’était même pas drôle. J’avais vraiment eu peur. J’avais vraiment flippé, pour le coup, de perdre le soutien des chiffres qui ne m’avaient jamais lâché depuis que je les connaissais, et pour tout vous dire, ça faisait un max de temps. J’haussai les épaules, l’air de rien, avant de lâcher, toujours l’air de rien.

« Bon, alors, tu crèches où ? Et t’as chopé où ton foutu alcool ? C'est pas un secret d'état j'espère, vu comme tu traînes à répondre. »

J’en avais marre de devoir poser les questions, là, il avait intérêt à répondre. Et vite parce que sinon j’allais gueuler, et il allait se rendre compte que ça m’intéressait vraiment, si ce n’était pas déjà le cas.

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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Ven 13 Sep - 10:33

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !



Quand je vis la tête de mon frère face à mon « s'il te plait » je me mis à penser que j'allais enfin obtenir une réponse ! Bien entendu je me trompais, c'était Alexandre en face de moi. Celui-là même qui préférait s'arracher un bras plutôt que de répondre à une question... surtout si la personne qui l'interrogeait était son frère inquiet apparemment. Mais cette fois-ci je n'allais pas réagir comme j'avais parfois pu le faire par le passé ! C'est à dire laisser tomber avant d'avoir obtenu le moindre début de réponse. Non, aujourd'hui j'allais me montrer aussi têtu que mon cadet, voir même plus s'il le fallait ! Je soupirais discrètement en pensant au dialogue de sourd qui m'attendait mais ce soupire ce tût lorsque je constatais que mon frère faisait de même. Était-il déjà fatigué par ce bras de fer mental ? Peut-être bien que oui. Je compris de suite qu'il fallait donc bel et bien que je tienne tête à ce gamin... Si j'avais été dupe j'aurais pu croire qu'il avait changé et que son caractère de m#rde s'était légèrement effacé. Mais non, j'étais lucide, Alexandre était le même p'tit c#n ! Il ne baissait pas les armes, il avait juste du mal à tenir la distance aujourd'hui...
Me rendre compte de ça ne m'aida pas à être moins inquiet ! Je voulais bien croire que les militaires étaient sur le qui-vive depuis l'attaque de Louisville et avec les autres événements qui s'étaient produit autour mais quand même. B#rdel ! Où est-ce qu'on allait si ceux qui étaient censés protéger la ville étaient dans cet état en période calme.
« Comme si ça t'intéressait vraiment tiens ! » Je fixais mon petit frère et l'inquiétude que je ressentais se fit plus envahissante. Mais je ne devais pas le montrer... non ! J'étais l'aîné et je devais savoir gérer ce genre de soucis. Cependant, je n'arrivais toujours pas à comprendre comment les supérieurs de mon frère pouvaient être aveugle sur l'état de fatigue de ce dernier.

Mentalement je faisais mon possible pour ne rien laisser paraître mais cela devenait de plus en plus difficile. Heureusement pour moi, le regard que me lança mon frère m'aida à reprendre le dessus. J'étais persuadé qu'il allait enfin se décider à faire preuve d'un peu de maturité et me répondre. Après, il pourrait recommencer à jouer au c#n s'il ça lui chantait. J'eus un sourire en entendant mon cadet marmonner un truc qui, si j'avais bien compris, disait que je le rendais fou. A ce moment là, j'avais eu l'impression d'avoir fait un saut dans le passé et de m'être retrouver face au petit Alex de cinq ou six ans qui avait fait une bêtise. Ahlàlà ! Qu'il était loin ce temps et surtout qu'il était révolu. Où était passé le petit frère qui venait se confier à moi ? Où est-ce que j'avais m#rdé et surtout quand est-ce que j'avais perdu la confiance d'Alexandre ? En quittant la maison pour la fac de médecine ? Peut-être ! Non, à vrai dire je n'en savais absolument rien... Soudainement ! J'eus envie de lui poser la question et j'allais le faire.
« Alex ? … » C'est tout ce que je prononçais. Le militaire venait de se décider à me répondre. Il me donnerait  une réponse si je répondais à ses questions ! J'eus un léger rire. Une réponse de sa part lui vaudrait une réponse de la mienne, pas plusieurs comme il semblait le sous-entendre. J'étais en train d'entrer dans son jeu et cela m'amusa car j'évitais ainsi de réfléchir aux pensées qui venaient de me tourmenter. Je patientais en laissant paraître un calme olympien tandis que l'autre pénible faisait durer le temps de réponse. Pensant, qu'il me laissait le moyen d'en placer une, je repris la parole...


- On doit vraiment baisser le niveau de maturité très bas pour obtenir des réponses de ta part ma parole ! Mais ça me va... Tu me donne une réponse et je fais pareil.


Bon. On allait enfin en terminer avec cette fichue question d'hospitalisation... ou pas ! J'observais mon frère et me rendis compte qu'il avait de nouveau le regard dans le vague... Et voilà que je m'inquiétais de nouveau en le voyant agir comme ça. Il s'était de nouveau perdu dans ses pensées, sans aucun sourire cette fois-ci et le pire c'est qu'il semblait soucieux. Quelque chose lui posait problème et j'ignorais absolument ce que cela pouvait être ! Le pire c'est qu'Alexandre sembla refaire surface pour baragouiner du grand n'importe quoi avant de se perdre de nouveaux dans ses pensées. P#tain ! Mais pourquoi il refusait de me parler, de répondre, d'agir comme un frère normal ? Ça ne lui était jamais venue à l'idée que j'avais peut-être besoin de ça de temps en temps ? Non, il était trop égoïste pour s'en rendre compte.
Je jetais un coup d'œil à Baxter qui ne bronchait pas mais qui observait maintenant son maître. Me baser aux agissements d'un chien pour voir mon frère allait bien ! J'étais tombé bien bas mais je faisais avec les moyens du bord. Aussi surprenant soient-ils ! Ce qui me surprit le plus, ce fut la réponse d'Alexandre. Déjà, par le simple fait qu'elle arriva au bout d'un temps horriblement long et surtout  parce qu'elle me déplut. J'ouvris la bouche en entendant le nombre de jours absolument et dangereusement trop élevé... surtout quant on était militaire comme Alex ! Et là, je réponds quoi moi ? Je ne savais pas quoi dire ! L'inquiétude m'avait couper le sifflet... pourtant il fallait vraiment que je réponde un truc ! N'importe quoi.



- Tu te rends compte à quel point ça peut être dangereux ? Et pas uniquement pour toi... précisais-je. T'es censé assurer la sécurité de la ville mais tu t'embrouille en répondant à une question toute simple. Qu'est-ce qui se passera pour toi en cas d'attaque ? Je sentais qu'il allait me répondre qu'il se fichait de crever et je me mis à bluffer. J'sais que t'aurais préféré que je sois mort, donc ça marcherait pas me concernant... mais me dis pas que dans toute cette fichue ville y'a pas au moins une personne que t'apprécie vraiment et que t'aie envie de protéger !


Mais qu'est-ce que je racontais ? Enfin, y'avait son chien ! Il n'avait sûrement pas envie de voir mourir son animal et encore moins par sa faute. Bon ! C'était à mon tour de répondre et j'allais le faire quand mon esprit s'éclaira... Il m'avait bien eu ce p'tit c#n ! Je me rendais compte seulement maintenant qu'il avait choisir de répondre à la question la moins importante des deux. Il voulait vraiment jouer ! Et bien j'allais faire pareil...


- C'est pas un secret d'Etat... C'est juste que ! Enfin, tu dois être au courant que tous les vivres et alcools sont censés avoir été saisis par l'armée, dis-je en étant sûr que personne n'écoutait. S'ils savent pas faire leur boulot correctement, tant pis pour eux ! Et pour te répondre, j'ai trouvé ma source là où je crèche, ajoutais-je en souriant. A ton tour frangin ! Qu'est-ce qui t'a conduit à l'hosto ?


Ma réponse n'était pas claire ? Bien sûr que si qu'elle l'était... Le rhum se trouvait dans la maison où je logeais pour le moment. Mais étant donné qu'Alexandre voulait jouer et que j'avais décidé de faire de même, ma formulation était donc logiquement moins claire que mes pensées. Pour ce qui était du fait que j'étais en possession de choses que je n'aurais pas du avoir, j'avais été clair aussi. Je n'avais rien à me reprocher... Je n'avais pas volé les quelques bouteilles dissimulées dans la cave ainsi que le médocs, je les avais trouvé après le passage des militaires. D'ailleurs, je pensais que ce cocktail détonnant serait un bon moyen de faire dormir mon frère. « Bah voilà que je m'imagine en train de le droguer ! Bien Manu... très bien ! ».



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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Dim 15 Sep - 8:22

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !




Fatigué, j’étais fatigué. C’était une certitude que Manu m’obligeait à considérer, c’était quelque chose que le simple fait de parler avec Manu mettait en avant. Et c’était vraiment très navrant. J’étais crevé, et déjà que je n’étais pas d’un caractère facile habituellement, ça risquait très sérieusement d’empirer. Si j’avais eu la tête à ça, je me serais fait la réflexion que ce devait être à cause de ça qu’avec Manu, ça avait dégénéré en quelques minutes après nos retrouvailles. Devais-je aussi attribuer à ma fatigue les s#loperies que j’avais pu lui balancer ? Non, très certainement que non. Ce que je devais à ma fatigue, c’était justement ces p#tains de réflexion de remise en cause que j’étais en train de me taper mentalement.

- Tu te rends compte à quel point ça peut être dangereux ? Et pas uniquement pour toi... T'es censé assurer la sécurité de la ville mais tu t'embrouille en répondant à une question toute simple. Qu'est-ce qui se passera pour toi en cas d'attaque ? J'sais que t'aurais préféré que je sois mort, donc ça marcherait pas me concernant... mais me dis pas que dans toute cette fichue ville y'a pas au moins une personne que t'apprécie vraiment et que t'aie envie de protéger !

Bien sûr que si, il y avait une personne que je voulais protéger plus que tout. Je lui avais même promis de ne pas la lâcher, et j’allais louper l’heure d’aller la chercher. Il ne fallait pas que je l’abandonne, il ne le fallait pas ! Un sourire niais s’étira sur mes lèvres, se mua en rictus inquiet, pour redevenir un petit sourire. Avant de redevenir sérieux lorsque je repensai que Manu était là. Et il n’était pas très content de ma réponse concernant sa question sur mes heures de sommeil. Qu’est ce qu’il aurait voulu que je dises ? Que je mente ? Peut être. J’haussai les épaules. « En cas d’attaque, j’attaquerai j’te f’rais dire. J’étais déjà été plus crevé la veille d’un match, alors… » Je changeai de sujet pour partir sur les questions dont je guettai les réponses depuis longtemps maintenant.

- C'est pas un secret d'Etat... C'est juste que ! Enfin, tu dois être au courant que tous les vivres et alcools sont censés avoir été saisis par l'armée. S'ils savent pas faire leur boulot correctement, tant pis pour eux ! Et pour te répondre, j'ai trouvé ma source là où je crèche, ajoutais-je en souriant. A ton tour frangin ! Qu'est-ce qui t'a conduit à l'hosto ?

J’écarquillai les yeux, stupéfait. L’incompréhension laissait très vite place à la déception avant qu’elle-même cède le pas devant… la colère. Je m’emportai presque automatiquement, ne cherchant pas à me contenir, à réfléchir, à faire quelque chose de sensé. En fait, je foutais une droite à Manu, mais pas aussi light que celle qu’il m’avait foutu un peu plus tôt. Non, c’était une beigne d’un boxeur qui savait où frapper, comment frapper, et surtout comment frapper fort.

« P#TAIN MAIS TU TE FOUS DE MA G#EULE ?, je n’en revenais pas. Je dois être au courant ? Mais petit c#n ! Je suis dans l’armée, crétin. Je fais partie de ceux qui ont saisi vivres et alcools ! Qu’est que… P#tain mais… c’est pas croyable ça ! S’ils savent pas faire leur boulot… Vas-y insulte moi tant que tu y es ! Mais tu es totalement… Non mais sérieux, tu te fous de ma g#eule. Ca se voit peut être pas, Manu, mais Alexandre, ton petit frère, est un militaire depuis six ans maintenant. On dirait pas, okay, mais… mais M#rde quoi ! C’est la p#tain de guerre, à l’extérieur. Déjà qu’on a du mal avec tous les petits c#ns de civils qui pensent que tout va continuer comme avant et qui sont des p#tains d’égoïste, mais si mon propre frère, monsieur parfait, commence à lui-même gruger sur le rationnement et tout… non mais c’est pas croyable ! Tu aurais pas pu me dire que… j’en sais rien, que tu l’avais trouvé sur un cadavre ou… j’sais pas moi ! Pourquoi tu m’as dit ça ? Hein ! non mais sérieux ! »

Qu’est ce qui m’énervait le plus ? Le fait de savoir que Manu avait fait ça, le fait qu’il ait eu le culot de critiquer l’armée devant moi, et plus encore les militaires – dont je faisais partie aux dernières nouvelles – en critiquant nos petites erreurs, ou le fait que l’image sans tâche du grand frère venait de tomber ? Une chose était sûre : le coup de poing que je lui avais envoyé était dû à la fatigue, mais je n’arrivais pas à le regretter. Je n’en revenais pas. Je sifflai Baxter qui se cala juste à côté de moi, tous les sens aux aguets. D’un ton sec, je rajoutai :

« Tu es un gros c#n, Manu. Maintenant, ton alcool, tu peux te le foutre là où je pense, j’ai à faire, moi. Et des trucs utiles. comme aller voir Valentine. Tu me dégoûtes. Je mentais. Et c’était ça qui me tuait. Un conseil, va vite filer tout ce que tu as à la mairie, sinon c’est moi qui passe, et tu vas pas aimer. »

Je fis un pas en arrière. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine. Ne pas se sentir coupable d’avoir frappé mon frère, ça j’en étais capable. Ne pas lui en vouloir de ne pas être le Manu, ou de ne plus l’être, qui respectait la loi, qui ne squattait pas, ça, c’était plus difficile. Il n’en avait certainement pas conscience, mais c’était la personne que je respectais – avant ? – le plus au monde, c’était le mec que j’admirais. Et là, il venait de faire une chute dans mon estime. Oh, pas grand-chose, quelques millimètres, mais bon, c’était du violent. Je le foudroyai du regard, avec cet air buté qui me caractérisait aussi bien que mon sourire insolent. Il m’avait déçu. Et ça me faisait mal, plus que je ne l’admettrai jamais. J’avais besoin de mon frère. J’avais besoin du frère qui me remettait dans le droit chemin quand je faisais quelque chose d’illégal, pas d’un frère que je devais remettre à sa place. Ce n’était pas normal, et j’avais besoin de normalité à Louisville. J’avais besoin de ma routine avec Valentine, j’avais besoin de ma routine avec Baxter. Déjà, Manu n’était pas prévu dans ma routine, mais inconsciemment il y avait trouvé sa place ces vingt dernières minutes. Et là… J’aurai eu quinze ans de moins, je savais que j’aurai eu envie de fondre en larmes. Mais je n’avais plus neuf ans, et je ne devais pas avoir l’air d’avoir besoin du soutien d’Emmanuel. Pourtant, je n’étais pas dupe : mon regard était éloquent.

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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Dim 15 Sep - 21:41

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !



Le face à face avec mon cadet était épuisant... ça avait toujours été comme ça ! Mais là, c'était différent et il ne voulait pas le comprendre apparemment. Le manque de sommeil était bel et bien devenu dangereux depuis cette fichue guerre. Il l'était encore davantage pour Alexandre qui était militaire. Et lui, il me parlait de match ! Mais qu'est-ce que j'en avais à f#utre d'avant ? Avant c'était différent ! Avant le monde était insouciant et beau ; maintenant il était calculateur et mortel. Plus les jours passaient et plus il devenait dangereux. Je le regardais incrédule, incapable de savoir s'il faisait ça pour me pousser à bout où s'il était vraiment déconnecté avec la réalité.
En fait je perdais un peu pied sans m'en rendre compte. Je n'arrivais pas à savoir ce que je ressentais et le comportement de mon frère ne m'aidait pas mais alors pas du tout. La preuve était que je passais de la colère à l'incompréhension puis par l'inquiétude en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire.  Je soupirais et lâchais un simple...



- Franchement, ça n'a rien à voir Alex ! Tes matchs c'est le passé...


J'avais ensuite perdu le fil et je pensais l'avoir repris tandis que je répondais à mon frère. Mais je faisais complètement fausse route ! Mon erreur était venue du fait que je n'arrivais pas à me rentrer dans le crâne qu'Alexandre n'était plus le petit gamin qu'il avait été. Pour moi, il avait encore besoin de protection ! Oui, selon mon point de vue, il avait besoin d'être défendu du monde qui nous entourait mais de lui-même aussi. Mais dans le même temps, je me rendais de ce qu'il était à présent... Un p'tit c#n insolent qui ne respectait personne, pas même son propre frère ! Avec un comportement pareil, il était certain qu'il allait s'attirer des ennuis. Et ça je ne le voulais absolument pas ! J'étais là maintenant et je devais faire en sorte de limiter la casse. Pfff ! Et après je me demandais comment j'en arrivais encore à voir mon frère comme le petit gamin qu'il avait été. Son comportement me poussait à penser de la sorte ! Mais je devais aussi reconnaître que mon frère m'impressionnait dans son rôle de militaire. Il avait l'air d'aimer ce qu'il faisait et de le faire bien... Tellement bien, qu'il tombait de fatigue ! Fixant mon cadet, je remarquais qu'il avait changé d'attitude. Mais pourquoi ? Et là... Lumière... Il était quoi ? « P#tain de m#rde ! Je viens de me planter en beauté là... » A peine cette pensée m'avait traversé l'esprit qu'une droite monumentale me fit reculer. Sous le choc, je me mordis la lèvre inférieure qui commença à saigner. Je plaquais ma main contre ma bouche en étouffant un râle. Râle que mon frère n'entendit pas car il avait commencé à hurler avant d'attaquer un monologue.
Je tentais de reprendre mes esprits tandis qu'Alexandre me rappelait qu'il était militaire et qu'en critiquant le travail de ses camarades, je l'insultais. Je levais les yeux au ciel. Ce geste n'avait rien à voir avec une quelconque lassitude, c'était juste que je cherchais comment j'avais pu arriver à me planter de cette façon. Mon regard se posa de nouveau sur mon cadet lorsqu'il évoqua ces c#ns de civils, il me disait que j'étais comme eux ! Non, je n'avais gruger personne... D'ailleurs, je n'avais même pas toucher à ce que j'avais trouvé... Je les avais mis de côté car les jours devenaient de plus en plus sombres. J'ouvris la bouche lorsque mon frère me demanda pourquoi je n'avais pas menti mais je ne répondis pas. Je ne savais pas quoi lui répondre... Je passais mes doigts sur la coupure pour constater que le saignement avait quasiment cessé. Je fixais mon protégé et je regrettais d'avoir été aussi largué...



- C'est pas c'que j'voulais dire... J...


Je n'en rajoutais pas plus. Je ne voyais pas ce que j'aurais pu dire à Alexandre ! A la base, si j'avais gardé ce que j'avais trouvé c'était dans un but bien précis. Je ne parlais pas forcément de l'alcool mais du peu de médicaments qui s'était trouvé dans la maison. Si je m'étais amusé à ramener l'alcool, j'étais certain que les militaires seraient revenus dans la demeure afin faire des fouilles plus approfondies. Et les médocs, je préférais mes les garder ! D'ailleurs, je n'en avais même pas fais allusion durant ma conversation avec Alex.
Ce dernier reprit alors la parole avant que j'ai trouvé les mots, les bons cette fois-ci. De nouveau, il m'insulta mais avait-il tort de le faire ? Non, absolument pas. Je l'observais sans broncher même lorsqu'il me conseilla d'aller rapporter ce que j'avais trouvé ou bien il se déplacerait lui-même. J'ouvris la bouche étonné... Mon frère agissait comme un adulte responsable là ? Je rêvais ! Il fallait que moi je fasse le c#n pour qu'il réfléchisse. Je réagis de nouveau quand je constatais qu'Alexandre foutait le camp. J'accélérais le pas pour le dépasser et me planter devant lui.



- Attends ! Alex p#tain ! J'suis sûr que tu sais que c'était pas contre toi... Et si tu le sais pas, j'te le dis maintenant ! C'est même pas contre les militaires. J'ai merdé, j'suis d'accord avec toi... J'aurais du ramener ce que j'aie trouvé. Mais quand je vois ce qui se passe, comment les gens se comportent. Sérieux... ça craint ! Je marquais une pause, ce que je racontais était loin d'être clair et je m'en rendais compte. Alex ! J'suis pas comme toi. J'ai pas un statut de militaire moi. Non, pour les citoyens de cette ville je ne suis qu'un réfugié parmi tant d'autres qui squattent leur maison, grappille leur bouffe... Ouais, j'suis un p#tain parasite à leurs yeux et certains natifs de la ville nous le font bien comprendre ! Le jour où les vivres commenceront à manquer et ce jour arrivera, les premiers à qui ont jettera la pierre ce seront les réfugiés et les étrangers... Je me taisais une nouvelle fois, je me réalisais que mon comportement n'aurait pas du être. Mais c'est sûrement pas une bonne raison à bien réfléchir.


Je n'avais jamais été ce genre de personne. Celle qui pense à sa g#eule avec les autres ! Ce n'était toujours pas le cas... J'avais envisagé de faire profiter de mes trouvailles aux réfugiés s'il me semblait que ces derniers étaient lésés ! Le truc, c'est que je ne voulais pas que mes agissements m'éloignent de mon cadet.


- La maison de mademoiselle Renault ! ajoutais-je ensuite. C'est là-bas que je suis logé, c'est dans le fond de la ville... Pour ce que j'ai trouvé là-bas, j'irais les amener à la mairie. Je me tus quelques secondes et fronçais les sourcils. C'est bizarre de te voir réagir en adulte qui remet les autres dans le droit... C'est flippant même ! J'aie l'impression qu'on a inversé nos rôles. Et sinon, qu'est-ce que tu compte faire maintenant ?


Me répondre pour l'hôpital ? Me dénoncer pour l'alcool ? Me demander de foutre le camp ? Non, je ne savais absolument ce qu'allait faire mon frère. Parce qu'il mentait lorsqu'il disait qu'il avait des trucs utiles à faire non ? Je n'en savais rien ! Et s'il avait une visite de contrôle à l'hôpital ? C'était plausible mais inquiétant...



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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Lun 16 Sep - 15:12

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !




- C'est pas c'que j'voulais dire... J... C’était pas ce qu’il avait voulu dire ? Et bien, il n’avait qu’à apprendre à parler, voilà tout. Parce que moi, c'était ce que j'avais compris. Non mais… qu’est ce qu’il me racontait là ? J’étais écoeuré, dégoûté par mon frère. La fatigue n’aidait pas puisqu’elle amplifiait démesurément le sentiment de trahison que je ressentais. Voilà, mon frère m’avait trahi. D’un ton sec, j’insultai une dernière fois et fis volte face, Baxter sur mes talons. J’enrageai. Je ne regrettai pas une seule seconde le coup que je lui avais donné, je ne regrettai absolument pas même si visiblement je lui avais fait exploser la lèvre – ou la pommette – vu le sang qui en avait coulé. Tant pis pour lui. Je n’avais rien à faire à discuter avec lui en plus ! J’avais du boulot, moi, je ne m’amusais pas à critiquer celui des autres. J’avais des choses à faire, moi, j’avais des gens à voir, moi. Et m#rde quoi. Je ne savais toujours pas ce qui m’énervait le plus, et ça contribuait à me rendre encore plus en colère. Un bruit de pas, de course plutôt, et Emmanuel se retrouva une nouvelle fois sur mon chemin. Je tendis le bras pour l’écarter violemment dans un soupir, mais sa voix ralentit mon mouvement jusqu’à le rendre totalement inefficace. Mon bras retomba mollement, je le croisai avec l’autre sur mon torse. Mes yeux levés pour croiser ceux de Manu, le visage totalement fermé, pour ne pas dire buté, je considérai mon frère d’un regard assassin alors qu’il tentait maladroitement de… de quoi en fait ? De se rattraper ? Laissez moi rire… Ah. Ah. Ah. Voilà, c’était tout ce que je pouvais faire, pour le coup. J'ai merdé, j'suis d'accord avec toi... En même temps, j’avais toujours raison, donc c’était facile d’être d’accord avec moi. Oui, il avait m#rdé, ça non plus ce n’était pas une nouveauté. Mais quand je vois ce qui se passe, comment les gens se comportent. Sérieux... ça craint !. Non, Manu, c’est toi qui crains. C’est toi qui es sensé tout respecter, m’engueuler parce que je suis hors la loi. C’est toi qui dois me dire « fais, ça, Alex, ne fais pas ça ! » C’est pas toi qui dois enfreindre la loi, m#rde ! Je serrais les dents pour me taire, je serrais les poings pour ne pas de nouveau le frapper. J’attendais patiemment – ou pas – qu’il termine son mea culpa qui me passait à des kilomètres au dessus de la tête.

« […]… Mais c'est sûrement pas une bonne raison à bien réfléchir. »

« C’est ça, soulage ta conscience, on sera bien barré dans ce cas là. »

Maugréai-je dans ma barbe naissante. Bien sûr que non ce n’était pas une bonne raison, il avait un cerveau fallait bien qu’il s’en serve non ? C’est toi qui dis ça ? Justement, moi, je m’en servais. Je m’en servais même trop, ou alors pas assez sur les choses qui en valaient la peine, mais au moins je m’en servais. Je n’avais plus rien envie de dire, et il dut sauter sur l’occasion puisqu’il reprit ses débilités aigues :

- La maison de mademoiselle Renault ! C'est là-bas que je suis logé, c'est dans le fond de la ville... Pour ce que j'ai trouvé là-bas, j'irais les amener à la mairie. C'est bizarre de te voir réagir en adulte qui remet les autres dans le droit... C'est flippant même ! J'aie l'impression qu'on a inversé nos rôles. Et sinon, qu'est-ce que tu compte faire maintenant ?

J’arquai un sourcil. Non mais oh. Il me prenait pour qui, là ? J’ai l’impression qu’on a inversé les rôles Non mais je n’étais pas non plus devenu lui, là ! Ce n’est pas ce que tu disais tout à l’heure ?. Il y avait une nette différence entre ce que je pensais, et ce que je disais. Ce que je pensais, ça ne regardait que moi, ce que je disais, ou plutôt ce que Manu disait… ça regardait tout le monde. Et c’était très chiant. Je jetai à Emmanuel un regard désintéressé, sans permettre au moindre sourire de franchir mes lèvres.

« Renault ? Okay. Je note. Tu squattes alors ? Ou tu as demandé au proprio ? »

Manu devait savoir que malgré mon air totalement désintéressé, j’enregistrais tout ce qu’il me disait. Manu savait ça, contrairement à tant d’autres personnes. Contrairement à ce que je voulais. J’avais toujours été très doué pour cacher ce que je savais, ce que je concluais, ce qui pouvait se passer dans ma tête. Si Emmanuel avait été dupe, comme toute ma famille excepté Blandine, pendant quatorze ans, et s’il n’avait pas suspecté ce qui pouvait se penser dans ma tête, il ne m’avait pas pardonné mes cachotteries. J’en avais du moins l’impression. Je ne comprenais pas vraiment mon frère, mais ça je l’avais compris. Emmanuel n’aimait pas lorsque je faisais semblant de ne pas réussir, de ne pas comprendre quelque chose. Il savait que je moulinais vite, il savait que ma mémoire était aussi efficace que mon habileté avec les chiffres. Et pourtant, je n’abattais que très rarement mon masque devant lui. Je fermai les yeux une fraction de seconde, le temps d’inspirer et d’expirer.

« Tu peux dégager maintenant. J’ai à faire, vraiment. Moi. J’espère au moins que tu sais te rendre utile. »

Moi, rancunier ? Si peu. J’étais un gamin insupportable, susceptible et rancunier. Comme disaient certains, les deux défauts pris séparément étaient gérables, lorsqu’ils étaient cumulés, ça donnait une plaie tout à fait insupportable, ce que j’étais. Je voulus pousser Emmanuel de mon chemin. J’avais à faire : dormir. Et comme je n’y arrivais pas, j’allais m’occuper en allant m’armer et patrouiller dans la ville pour remplacer un des militaires. Et j’allais voir Valentine, avant, quand même. Oui, j’avais à faire, mais il n’était pas question de préciser le tout à Manu. De toute manière, ce n’était pas comme s’il ne pouvait pas le déduire tout seul, du moins ce qui ne concernait pas Valentine.

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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Lun 16 Sep - 19:21

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !



On en avait eu des disputes, voir pire, avec Alex quand on n'était pas d'accord mais la plupart du temps, ça finissait toujours par s'arranger ! Cette fois-ci, tout était différent. Le clash avait eu lieu dès le début de nos retrouvailles et la situation avait ensuite commencée à s'arranger. Mais la remontée s'était peut-être fait trop rapidement et m'avait déboussolé. Entre ce que me disait mon frère, ce que j'entendais et ce que je pensais, je m'étais embrouillé et avais perdu pied. Je n'avais pas été assez vigilant dans mes paroles et m'étais planté en beauté ! J'avais m#rdé au point de me ramasser une belle droite et de faire fuir mon frère. Pour le coup, j'arrivais plus trop à réfléchir mais il était impossible que je laisse mon cadet partir comme ça. Non ! Je venais de le retrouver et je préférais m'excuser, avouer ma faute ou je ne sais quoi d'autre que de le voir me tourner le dos et partir sans ajouter un mot de plus.
Ni une, ni deux, j'avais donc rattrapé mon frère et m'étais excuser sans pour autant utiliser ce mot. Il avait essayé de m'écarter de son chemin mais j'avais tenu bon et Alexandre avait donc fini par m'écouter. Je détestais le regard qu'il me lançais mais je ne lui en faisais pas part. Je me rendais compte qu'il y avait maintenant des années que je n'avais plus parlé à cœur ouvert avec mon petit frère et je remarquais à quel point ça me manquait. Je me rendais compte de ça maintenant et ça me tuait. Notre relation d'antan me manquait et je n'avais personne à qui en parler puisque le principal intéressé me rirai au nez s'il le savait. D'ailleurs ma simple présence le foutait hors de lui, sa mâchoire crispée, son point fermé me le prouvaient ! Le seul membre de ma famille que j'avais retrouvé me haïssait... me rendre compte de ça me blessait et commençait à me faire croire, qu'au final, il aurait été préférable que je sois mort !



- Je dis pas ça pour soulager ma conscience ! Je...


Je soupirais ! Je ne savais pas ce que j'étais en train de faire à vrai dire... J'avais été celui qui menait la conversation à un moment. Puis j'avais perdu pied ! Mais cela avait été si soudain que je ne m'en étais même pas rendu compte. Maintenant, je ne savais plus ce que je devais dire ou faire. Je choisissais donc de répondre à la question concernant mon logement que mon frère m'avait posé un peu plus tôt. J'espérais que cela calmerai un peu les tensions mais c'était sans tenir compte du fait que mon frère était insolent et n'avait aussi aucune diplomatie. J'ouvris la bouche de surprise lorsqu'il me demanda si je squattais ou si j'avais pris la peine de demander l'autorisation à la propriétaire de la maison.
Mais cette Mademoiselle Renault... elle était morte non ? C'est ce qu'on m'avait dit lorsque l'on m'avait placé là-bas. Enfin, décédée ou pas, mon frère venait de me rappeler que je n'étais pas chez moi sous ce toit ! Je n'étais qu'un intrus. Je soupirais et fixais mon frère en mettant mes mains dans les poches de ma veste...



- On m'a dit que la propriétaire avait été déclarée morte. J'ai pas plus d'information... donc je squatte le bien d'une personne décédée si c'est ce que tu veux savoir !


Pour le moment, j'étais le seul à loger là-bas et j'avais été soigneux. Je ne dis pas que je n'avais pas fouiné mais je n'avais pas déplacé grand chose et je n'avais pris que très peu de place pour moi. Il faut aussi dire que je n'avais pas trop d'affaires avec moi non plus. Enfin ! Ça ne changeait pas que depuis que j'avais entendu les paroles de mon frère, je me sentais mal. J'étais de trop sous ce toit...
P#tain ! J'aurais voulu aller m'enfermer je ne sais où et oublier toute cette journée... Pas les retrouvailles mais juste ce qui allait avec. En plus, si je pensais avoir entendu le pire et bien je me trompais ! Mon frère n'en avait pas fini avec moi... Du moins si ! D'ailleurs il voulait que je dégage... Je fronçais légèrement les sourcils.
« Sérieux ? Non ! On peut pas terminer ces p#tains de retrouvailles comme ça. » J'ouvris la bouche pour lui demander s'il était sûr mais Alex me frappa de nouveau. Pas physiquement mais verbalement, ce qui était pire ! Est-ce que je me rendais utile ? J'eus presque le souffle coupé à ses sous-entendus ! J'étais médecin et j'aimais ce que je faisais... Alors bien sûr que j'essayais de me rendre utile et on avait accepté mon aide que lors de l'attaque de Louisville. Mais c'était tout ! Pour le moment je n'avais aucun rôle officiel dans cette ville. En bref, en plus d'être un squatteur, j'étais inutile. Un vrai parasite !  Cherchant une réponse autre que celle qui m'était venue à l'esprit, je sortis les mains de ma poche sans m'apercevoir que la photo menaçait de se faire la malle.


- Je fais en sorte de me rendre utile oui... ne serait-ce qu'auprès des réfugiés pour le moment ! répondis-je la voix vide. Je regardais les alentours avant de fixer mon frère et de reprendre. Bon... je pense que t'as été clair me concernant ! Tu veux que je dégage, je l'ai bien compris et c'est ce que je vais faire. Je m'écartais du chemin de mon cadet. Mais tu sais où me trouver si t'as besoin... A plus Alex et... et essaie de te prendre quelques heures pour dormir. Sur ce, je retourne squatter !


Avant de le dépasser, je posais le temps d'une seconde ma main sur son épaule comme pour être sûr qu'il était bien réel ce p'tit c#n et prenais la direction que nous avions emprunté en sens inverse quelques minutes plus tôt. Je ne me rendis pas compte que la photo n'était plus dans ma poche. D'ailleurs, je ne savais même pas à quel moment elle était tombée.



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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Mer 25 Sep - 20:45

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !




- Je dis pas ça pour soulager ma conscience ! Je...

Alex, tu lui as fait mal, ça se voit. Regarde le soupirer, regarde le perdre pied. Je savais que je l’avais blessé. Je ne le savais que trop bien. Mais dans l’histoire, il n’était pas le seul à avoir eu mal. Toi, tu as mal à cause de ta bêtise. Lui, il a mal à cause de ta c#nnerie, c’est différent. Je m’en fichais que ce fusse différent. Dans tous les cas… j’avais tout fait foirer, encore une fois. Mais c’était trop tard pour faire marche arrière. J’avais l’habitude de me retrouver dans une telle situation : je me rendais compte avec une acuité aigue que j’avais fait une bêtise, je ne savais pas encore comment arranger le coup lors j’ignorai totalement les signaux d’alerte que m’envoyait mon cerveau et je me calfeutrai dans un univers où c’était Emmanuel le coupable. Qu’avait-il fait ? Il s’était foutu ouvertement de la g#eule des militaires, parce qu’il savait que j’en étais un, voilà ce que je voulais tenir pour réel et oublier que c’était faux. C’était bien plus simple que de se sentir coupable. D’un ton sérieux, je lui demandai s’il squattait chez quelqu’un, s’il avait été invité, s’il connaissait Valentine. Non, bien sûr, je ne lui avais pas posé la question telle quelle. Mais je brûlai d’envie de la lui poser, même si… j’en avais peur, aussi. - On m'a dit que la propriétaire avait été déclarée morte. J'ai pas plus d'information... donc je squatte le bien d'une personne décédée si c'est ce que tu veux savoir ! J’arquai un sourcil, avant d’attaquer derechef en lui disant de se barrer. C’était une solution que je choisissais souvent : attaquer, agresser l’autre pour ne pas me sentir coupable de quoi que ce soit.

- Je fais en sorte de me rendre utile oui... ne serait-ce qu'auprès des réfugiés pour le moment ! Bon... je pense que t'as été clair me concernant ! Tu veux que je dégage, je l'ai bien compris et c'est ce que je vais faire. Mais tu sais où me trouver si t'as besoin... A plus Alex et... et essaie de te prendre quelques heures pour dormir. Sur ce, je retourne squatter !

Il avait mal pris mes mots. Ce n’était pas si étonnant, certes, mais moi ça m’énervait. Pourquoi est ce qu’il devait se vexer aussi rapidement, hein ! Pourquoi était-il aussi susceptible, ce n’était quand même pas comme si je l’avais insulté non ? Alex… combien de fois l’as-tu insulté depuis qu’il t’a dit bonjour ? Oui, mais non. Ce n’étaient pas des vraies insultes, c’étaient des… marques d’affection désabusées. Non. Je me mentais. Je ne savais même plus ce que je ressentais. Dans tous les cas, lorsqu’il posa sa main sur mon épaule, je me raidis, mais il la dégagea avant que je ne puisse de moi-même la virer méchamment. Pourquoi ? Pourquoi la seule réaction que je pouvais avoir été elle la violence et la méchanceté. Pourquoi est ce que j’avais toujours besoin de me défendre en envoyant balader les gens qui, visiblement, s’inquiétaient pour moi, ne m’avaient rien demandé… Ou plutôt m’en avaient trop demandé. J’avais peur de décevoir, alors je me débrouillai pour décevoir tout le monde par défaut, et là j’avais mal d’avoir fait mal à mon frère, mais j’étais trop fier pour le lui dire et le rattraper pour m’excuser. Alexandre qui s’excuse, voilà quelque chose que mon frère n’avait pas du voir depuis au moins dix ans. J’essayai de respirer calmement, de m’en foutre royalement, mais je n’arrivais pas à me décrisper. Mon regard voulut dériver vers mon frère qui s’éloignait, mais j’étais trop raide pour bouger, et je me forçai à fermer les yeux, fermant les poings de concert. Je me mordillai la lèvre, pris mon inspiration et…

Lorsque je me tournai finalement, tendant une main vers le fantôme de mon frère qui avait déjà tourné au coin d’une rue – très certainement – je ne pus que faire face, une nouvelle fois, à ma connerie. J’avais blessé Emmanuel. J’avais blessé mon frère. Ce n’était pas inhabituel. Mais… Qu’est ce que Valentine allait penser de ça ?. « Manu… » Ma main retomba mollement et mon regard dériva sur la rue. Il n’était pas là. Il était parti. Je lui avais dit de partir. Mes yeux châtain accrochèrent un petit papier blanc, et je me penchai pour le ramasser. Une photo. Je reconnus instantanément l’année où elle avait été prise. Je devais avoir huit ans, Manu treize et Blandine venait de fêter ses quinze ans. Nous étions partis en Bretagne pour les vacances, nous étions sur une jetée, au pied d’un phare. Je me souvenais encore des embruns frappants les roches et nous aspergeant. L’odeur de l’écume et de l’Atlantique. Le froid, le vent. Sur les photos, j’avais encore ce sourire malicieux de celui qui venait de faire une bêtise et qui le savait – d’ailleurs, ça devait être le cas vu le sourire crispé de Manu et le regard sévère que me lançait notre père. A l’époque, je n’avais pas encore commencé à vouloir être renvoyé de partout. A l’époque, Maman allait encore bien, Blandine me couvait, Manu jouait avec moi. A l’époque, je n’avais pas encore commencé à tout foutre en l’air, j’étais juste un petit garçon turbulent, qui ne pouvait pas rester sur place plus d’une minute. A l’époque, j’allais encore voir Emmanuel en hurlant des cris de guerre indiens et en sautant de partout autour de lui jusqu’à ce qu’il accepte de se laisser dessiner sur les joues des peintures de guerre. J’aimais bien cet Alexandre. Emmanuel devait le regretter… Moi, en tout cas, je ne savais pas ce que j’en pensais. J’étais convaincu que tout retour en arrière était impossible et pourtant je m’étais retrouvé il y avait de cela quelques temps, lorsque j’étais viré de l’armée, à jouer au foot avec des gosses – et Sam – et j’avais encore cet esprit gamin qui ne m’avait jamais quitté. Mais il était teinté à présent de méchanceté.

Est-ce que Valentine allait pouvoir m’aider à redevenir l’Alexandre qui ne blessait pas volontairement son grand frère ?

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MessageSujet: Re: Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?! [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 12:44



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