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Nous sommes actuellement, en jeu, pendant la DEUXIEME QUINZAINE de FEVRIER 2013.
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MessageSujet: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Mer 4 Sep - 18:21

    Cela faisait trois jours, tout au plus, que j’étais sortie. En vérité, je ne calculais pas, je préférais me dire que cela faisait des mois même si la douleur à mon flanc me rappelait fort bien que c’était bien trop proche finalement. Ça me tiraillait, doucement mais j’avais des piques parfois où je devais m’arrêter et m’assoir pour me recroqueviller un peu et sentir le soulagement que quelques minutes plus tard. On m’avait dit d’y aller doucement, pas d’autre chose et à mon avis ils ne souhaitaient que me voir partir. Tant mieux, moi aussi j’étouffais dans cette chambre vide. Je ne pouvais pas rester deux semaines de plus à ne rien faire, ce n’était pas possible pour moi. Il fallait que je m’occupe au plus vite, que j’évacue tout ce que j’avais en moi en travail forcé et intensif. J’avais donc imaginé trouver du travail à droite à gauche mais cela ne suffisait point, cela ne couvrait pas assez mes journées. J’étais sûre et certaine de pouvoir enchainer toute la journée jusqu’au soir. J’en avais besoin, n’est-ce pas évident ?

    Je sortais de la piscine alors que je m’étais rafraichie après avoir attendu mon tour un certain moment. J’avais dans l’idée d’aller voir le maire mais je me demandais si ce n’était pas un peu trop tard. En fin de journée, proche du début de soirée, je m’imaginais mal le déranger. Et puis, était-il encore à la Mairie ? Je pouvais toujours vérifier, et puis ça fera sécher mes cheveux mouillés que je venais de laver. Si au moins je ne gelais pas de froid avant ça. Je me dirigeais donc vers l’hôtel de ville et entra à l’intérieur pour parler à la femme qui était en bas. Mes intuitions étaient bonnes, il n’était pas là. Je ne souhaitais guère le déranger ailleurs, chez lui peut-être. En tous les cas, je repartis donc pour la maison d’Elena et entreprit de prendre des petits chemins qui raccourcissaient un peu la balade. Ce fut alors à un croisement, au moment de tourné – et je n’étais pas bien concentré sur la route non plus et l’environnement autour de moi – que je butais sur quelque chose… ou quelqu’un pour être exact. Cela me ramena immédiatement à la réalité et mon réflexe de me reculer me valut de tomber en arrière et me rattraper sur mon coude. Inutile de vous dire que je ne pu empêcher un gémissement de douleur sortir entre mes dents. Je regardais  alors vers le haut et aperçu le Maire en face de moi.

    « Oh, vraiment navré ! Je ne regardais pas où j’allais ! » ajoutai-je un peu honteuse de l’avoir percuté de la sorte. Je me relevais avec difficulté, toujours à protéger mon côté gauche qui n’était pas encore bien remis et ajoutais

    « Tiens c’est étonnant, je reviens de l’hôtel de ville où vous n’y étiez pas. Mais je ne préfère pas vous déranger le soir… »

    Un fin sourire s’étira sur mes lèvres. Je constatais que lui aussi commençait à pâtir du manque de sommeil et des événements qui nous tombait dessus. Il devait avoir beaucoup de responsabilité sur les épaules.


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Dim 29 Sep - 15:41

hrp:
 


Le bois de chauffage. Les bouteilles d'eau. Le lait. Le pain. Les boîtes de conserve. Les pots de pâté. Les couvertures. Les ampoules. Les lampes de poche. Je notai la quantité et cochai ma liste. Les sacs poubelle. Les oreillers. Où étais-je ? Dans le sous-sol de la rue Jacques Prévert, une des caves que j'avais réaménagé en entrepôt privé. Dans le cas très probable où ça merde, je m'étais constitué un endroit sûr - une grille en fer forgé barrait l'entrée - pour survivre quelques semaines en se rationnant. Si tout explosait dans les rues de Louisville, je pourrais m'y réfugier. Je pensais y emmener aussi Benjamin, Elena aussi peut être. *Enfin si elle accepte de se retrouver seule en la présence de deux hommes.* J'étais devenu bien pessimiste mais vu comment tournaient les choses, je devais me montrer prudent et penser aussi à moi. Je ne faisais confiance à personne, à part Benjamin qui était pour moi comme un fils et Elena que je devais protéger, contre son gré !*Est-ce qu'on arriverait à bien s'entendre dans une cave pendant quinze jours ?* Mieux valait ne pas essayer de répondre à cette question.

J'avais fini mon inventaire ; je n'avais plus qu'à remonter. Tout ce que j'avais recensé venait de ma maison, mon garde-manger personnel, le reste de mon stère de bois... Je fermais le cadenas et installais la chaîne.
Le froid me saisit au dehors et j'enroulais mon écharpe. L'hiver arrivait. Personne n'aime cette période de l'année : mais cette année-ci, nous allions casquer. Il me semblait qu'il neigeait déjà. Non, me rendis-je compte en levant la main pour les toucher, de la cendre tombait du ciel. Je n'aimais pas ça. Oui, fini le maire super optimiste qui lançait à Benjamin des phrases enjouées pour lui remonter le moral. Je n'avais plus envie de rire. Enfin je pense que si je me retrouvais en face de lui, je feindrais la joie de vivre mais y croira-il ?

Je marchais le plus vite possible dans les rues pour rentrer chez moi. Aucune envie de rester dehors. Damien m'avait proposé de venir boire un verre avec lui mais j'avais décliné. Je ne voulais pas parler de tout ça avec lui, ni même avec personne. Personne n'arrivait à me parler comme à un ami, un oncle, un père ou un pilier de bar. Autrement que comme le maire, l'homme de la situation, ou pour certains le clown de service. Je n'arrivais à dérider personne. Je n'arrivais pas à parler d'autre chose. Je me considérais déjà comme trop sérieux, j'étais devenu inintéressant, morbide.

La ruelle tourna subitement à droite et je voulus la prendre au plus pressé. Mal m'en prit puisque je heurtais une femme et lui faisait perdre l'équilibre. Je ne réussis pas à la rattraper et une grimace peignit un visage que je reconnus immédiatement - un visage que j'appréhendais et appréciais tout à la fois.

*Idiot ! Maladroit !*
"Non c'est moi, je suis désolé, vraiment désolé !"
Je voulus aider Eléanore à se relever tout en continuant à m'excuser vainement, notant qu'elle semblait blessée au flanc et au bras, mais elle se débrouilla très bien toute seule :

"Vous me cherchiez donc ?" demandais-je, sincèrement étonné et immédiatement flatté. "Vous ne me dérangez jamais, Mme Valiosky" assurais-je même s'il était vrai que j'étais fatigué et pressé de me mettre à l'abri. "Je connais un endroit sympa pour prendre un café et discuter ; il leur reste de l'arabica bio, enfin si vous voulez bien me laisser vous inviter ?" lui proposais-je en souriant. Je la draguais ? Peut-être que oui, peut-être que non. Rester poli et courtois, cela faisait bien partie de mes attributions, non ?


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Dim 29 Sep - 18:46


    Hj:
     

    Il ne devait pas savoir pour mon long séjour à l’hôpital, tout comme moi je ne savais pas s’il avait été touché ce fameux jour. J’évitais d’en parler, tout simplement parce que j’étais encore trop fragile et si les gens en parlaient ouvertement, je me sentirais beaucoup plus mal de ne pas pouvoir faire la même chose. C’était encore trop difficile, trop présent dans ma chair alors que je me remettais peu à peu. J’essayais d’écarter tout problème, toutes pensées négatives, tout ce qui pouvait être néfaste pour moi. Autant dire que j’avais énormément de mal. Psychologiquement j’étais instable et je ne savais guère si je pouvais me considéré comme entièrement guéri de la perte. La douleur à mon coude me fit sortir de mes méandres interminables et j’observais le maire en me frottant mon avant-bras pour arrêter aussitôt, constatant que je m’étais égratignée très fortement. Je passais outre et lui répondit.

    « Oui oui, je voulais vous parler de quelque chose en particulier. »

    Je repensais à la dernière fois que je l’avais vu, notre dernière rencontre où je l’avais littéralement sauté dessus sur un moment de folie. J’en avais beaucoup – même trop – eut pendant un temps, me demandant si je ne m’étais pas perdue entre temps. C’était certain, je m’étais écartée grandement du chemin que je devais suivre, si seulement j’arrivais à le voir, et j’avais juste dérivé… car je préférais me laisser faire pour choisir la meilleure solution, celle de baisser les bras, plutôt que de me prendre de nouveau des murs en pleine figure. Quoiqu’il en soit, cela faisait un petit moment que je ne l’avais pas vu, et je me demandais s’il était informé de tout ce qu’il s’était passé. Sûrement oui, il devait être informé de tout ici, non ? Comment passer à côté d’une fusillade d’un homme étrange courant, armé d’un gros fusil d’assaut ? Il devait être au courant, et rien que cette pensée me dérangeait grandement. J’étais presque mal à l’aise à présent, la peur se réveillait.

    « Appelez-moi par mon prénom, je pense que les convenances sont mises de côté dans ce chaos… » lui répondis-je alors que j’avais l’impression qu’il était le seul à garder les gestes et les formes d’antan. J’avais l’impression que tout cela était très lointain.

    Il me proposa par la suite d’aller boire un verre et c’était une excellente idée. Je ne pouvais refuser de m’assoir au chaud que de rester ici au froid à sentir mon flanc me lancer au fur et à mesure que j’allais greloter. J’essayais de lui rendre son sourire. C’était quand même un homme des plus courtois.

    « Oui c’est une très bonne idée. »

    Je le suivis donc à ses côtés alors que nous nous dirigions vers ce fameux endroit. Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas posée pour prendre un café. Depuis que j’étais là, je ne m’étais jamais mise en tête à tête sur une table, comme c’était si fréquent, si habituel. J’avais perdu les petites choses de la vie et je ne pensais pas les retrouver pour le moment. Je restais silencieuse à ses côtés, très pensive alors que je ne me rendais pas compte que ça pouvait mettre un froid entre nous.


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Lun 30 Sep - 20:36

hrp:
 

La fatigue et l'envie de rentrer chez moi n'avaient pas disparu pour autant. Seulement voilà, je n'avais pas revu Eléanore depuis les fâcheux événements de novembre et la liste des personnes pour lesquelles je me faisais du souci venait de perdre l'un de ses membres. L'une, pour être plus précis. Soulagement de la voir vivante, une blessure encore présente mais en voie de guérison, soulagement de la voir sourire, de la voir se battre au lieu d'abandonner tout espoir et de se laisser aller comme tant d'autres ! Elle avait pourtant toutes les raisons de se replier sur elle-même et de cesser le combat. Elle avait perdu son fiancé - jamais je n'ai pu faire part à Azarov de mon projet de retrouver le promis d'Eléanore, manque de temps, cruelle agonie de mon dynamisme et de mes succès ! Il me semblait que jamais je ne réussirais à retrouver mon efficacité d'antan. Je peinais à tout gérer mais je faisais face, je n'avais pas le choix. Eléanore faisait de même et je l'admirais d'autant plus pour cela. Cela se voyait-il sur nos visages ? Sur le sien, il y avait de la douleur physique, sûrement psychologique, mais pour qui ne la connaissait pas, on ne devinait que la rage de vivre.

"D'accord, Eléanore" répondis-je un peu hésitant. La rime était presque ridicule ; c'était venu spontanément. Je n'avais pas osé l'appeler par son prénom avant qu'elle ne m'y autorise. Je prenais des gants envers elle alors que je traitais sans ménagements d'autres femmes qu'elle. *Pas aussi incompréhensible que ça en a l'air.*

Je reculais pour qu'elle passe devant et expliquais où nous allions :
"Très bien, venez. Ce n'est pas très loin, le bar s'appelle "Ma belle Normandie"."
Après avoir marché quelques instants, durant lesquels je me taisais pour apprécier ce moment, où je profitais pour la regarder de dos, avancer sur les pavés d'une démarche irrégulière, où je devinais encore son mal, son mal-être inavoué, je lui tenais la porte pour qu'elle passe et je la laissais choisir une table tout en saluant le propriétaire, une connaissance de longue date qui votait pour moi :

"Salut Francis ! Ca va ? Un café long pour moi et pour la demoiselle qui m'accompagne ... ?"
Je laissais un blanc pour qu'Eléanore puisse commander. Je faisais sûrement vieux jeu pour les jeunes présents dans la salle, mais je ne connaissais que la galanterie et la courtoisie envers les femmes.

Je me rassis près d'elle une fois que la commande fut passée. Elle était restée aussi silencieuse que moi durant tout le chemin, et je décidais de m'enquérir doucement de ce qui l'avait conduite vers moi :
"Alors, Eléanore, dites-moi : que puis-je faire pour vous aider ?"


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Sam 5 Oct - 9:52


    Hj:
     

    Pour moi, mon prénom ne sonnait étrange dans la bouche des gens. On ne m’avait jamais appelé par mon nom tout simplement parce que j’essayais de me fondre dans la masse et mes origines Russes n’étaient guère acceptable pour certains. Ça ne m’aidait donc pas, alors je me présentais souvent avec mon seul prénom, bien français. Mais il était vrai que de l’entendre de la bouche du maire m’était étrange finalement. C’était le seul à avoir gardé une certaine distance, et je la brisais tout simplement parce que pour moi cela ne servait plus à rien entre nous. Nous ne nous connaissions que très peu et je l’avais moi aussi toujours appelé par son statut. Je le voyais homme courageux parmi ces citoyens qui étaient terrifié. Lui aussi devait l’être, et j’avais aussi appris qu’il attendait des personnes lui aussi. Je ne savais pas qui, s’il avait eu des réponses, mais j’espérais que ce n’était pas aussi brutale que la mienne. Je ne voulais plus y penser, je fermais les yeux alors que nous marchions et les rouvrais après avoir pris le temps de faire le vide dans ma tête. C’était encore difficile pour moi, trop même. Je me demandais quand est-ce que j’irais mieux, quand est-ce que tout changera…

    Je n’avais jamais été à ce fameux bar. J’étais passé devant à plusieurs reprises, mais je n’avais plus l’habitude de m’arrêter pour prendre juste un peu de café. Ce n’était plus une habitude alors que c’était ces petites choses de la vie quotidienne qui nous permettait de seulement survivre. Il fallait d’abord que je me retrouve moi-même, et j’espérais que ça ne s’éternise. Tout était silencieux, et ni l’un ni l’autre ne brisèrent ce silence. Il m’ouvrit la porte une fois arrivée à bon port et pénétrait à l’intérieur en découvrant enfin ces lieux au-dedans. Je ne trouvais pas que c’était chaleureux, mais peut-être parce que mon cœur était encore en souffrance au fond et que je n’arrivais guère à voir quelque chose de bien. Quoiqu’il en soit, je me dirigeais vers l’homme qui s’occupait de ce lieu et le saluais d’un signe de tête alors que je comprenais qu’ils se connaissaient déjà.

    « Un court pour moi s’il vous plait. » ajoutai-je alors que le Maire attendait ma commande. Je voulais juste quelque chose de fort pour m’aider. Cela n’allait pas m’empêcher de dormir puisque mes nuits étaient irrégulières. C’était quotidien et je m’y habituais.

    Je choisis une table et il m’y accompagna. Alors que mes yeux s’égarèrent au travers de la vitre, j’entendis sa question me venir quelques minutes après. Je tournais brusquement la tête et m’excusais de mon étourdissement perpétuel.

    « Oh oui pardon. Je suis un peu… pensive. Beaucoup même. »

    Trop si je pouvais le lui dire. J’étais venue pour quelque chose de particulier, et je devais ne pas me détourner. Il fallait que j’occupe mon esprit et mon corps, même si physiquement j’étais faible et devais me ménager. Je ne voulais pas qu’on me ménage tout simplement. J’espère que lui le comprendrait.

    « Vous savez, je m’occupe déjà des plantes… mais l’hiver approchant c’est très… »

    Je me coupais alors moi-même, préférant ne pas m’étaler sur le sujet.

    « Je veux pouvoir m’être utile, je veux m’occuper et je m’adresse à vous pour savoir ce que je pourrais faire. Ne me mettez pas de limites, je n’en veux pas. Je veux juste… m’occuper durant ces longues journées. »

    Je lui étirais un fin sourire juste pour cacher ce que je ressentais à l’intérieur. Je ne savais pas ce qu’il me proposerait, si c’était la bonne personne aussi pour me dire ce qu’il y avait à faire. Mais j’étais certaine qu’il y avait beaucoup de travail, beaucoup trop de choses à faire et que ça allait très bien m’aller quoi que ce soit.


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Jeu 10 Oct - 19:36

Ce ne fut qu'une fois dans le café que je sentis que j'avais besoin d'un remontant. Je ne m'étais pas accordé de pause depuis ... Non, il ne valait mieux pas y songer. Quand je rentrais chez moi, il n'était pas rare que je me jette sur mon lit pour y dormir. Souvent le sommeil ne venait pas. Les journées s'enchaînaient, la plupart insatisfaisantes et éprouvantes. Je restais les yeux ouverts à contempler le plafond, repensant à ce que j'avais réussi, là où j'avais échoué, les dangers innombrables qui nous attendaient, la mort qui frappait au hasard dans les bois et pour des raisons inexpliquées, le froid qui attendait son heure, la famine qui rôdait ... Je ne serais pas étonné de voir surgir dans les rues des loups ou des ours, survivants de cette guerre sans nom, faméliques et affamés. Je feignais la bonne humeur, l'homme faisant face, gardant espoir et courage, mais personne ne voyait mon front ravagé de larmes le soir dans ma chambre ... Tant d'incertitudes, tant de peurs réprimées et de soucis ... *Cela ne se voit pas ?* J'étais persuadé que si. Je ne pouvais pas cacher éternellement mes propres angoisses à la face des autres.

Alors que j'avais besoin de me laisser aller, la présence d'Eléanore m'en empêchait. J'avais tellement à coeur de lui faire bonne impression ; je me mettais une pression impossible ; j'avais envie de lui plaire. Comme si c'était le moment pour aimer ! Cette pensée amère fut chassée quand le serveur apporta nos boissons. Je payais d'office car je connaissais les nouvelles règles : il fallait régler sa consommation dès qu'on la servait. Les habitants étaient encore plus près de leurs sous qu'auparavant, alors que bientôt l'argent ne servirait plus à rien. Mais ils craignaient les mauvais payeurs, les dettes, bref les ennuis. Les disputes survenaient plus fréquemment et Damien avait fort à faire pour calmer les ardeurs et apaiser les tensions, m'avait-il raconté il y a quelques jours.

Je souris simplement quand Eléanore s'excusa de trop penser. Comme je la comprenais ! J'étais dans le même cas qu'elle. J'essayais de m'abrutir par le travail mais dès que je fermais les yeux, les pensées négatives m'assaillaient. Rien ne pouvait me tirer de ce marasme.

Soudain je compris ce qui l'amenait vers moi. Et je pris peur. Car cette fois-ci je ne pourrais pas la protéger. Elle comptait sur moi pour l'aider, pour lui trouver une voie, pour qu'elle travaille pour oublier, tout comme je tentais vainement de le faire. Et tristement, je compris aussi qu'il fallait que je l'aide. Que je ne pourrais pas la protéger éternellement. Même si elle se remettait d'une blessure physique, Eléanore avait besoin de se rendre utile pour oublier ses blessures morales.

"Je... Je comprends," admis-je difficilement. Je bus de mon café pour me laisser le temps de réfléchir. Je venais déjà de faire un grand pas dans cette acceptation du rôle futur d'Eléanore.

"Il existe un groupe de volontaires, des réfugiés, qui passent chez les habitants effectuer des petits boulots pour les aider, et s'intégrer. Ça vous intéresserait ?"
Les mots passaient difficilement dans ma bouche. Mon ton n'était plus enjoué, il était froid, il énonçait une réalité, un but, une possibilité qui me rebutait. Peut-être le sentait-elle ; je ne voulais pas lui proposer ça, mais il fallait rester objectif envers elle. Elle me proposait son aide ; je ne devais pas refuser sous prétexte que je tenais à sa santé !

Pouvais-je lui parler des stocks de denrées à surveiller ? En avait-elle la carrure ? Je décidais que non. Il fallait de la force et de la prestance ; il fallait en imposer et même si elle était motivée, elle ne pouvait pas m'aider.

Il y avait aussi un secret : la serre à légumes et fruits de Monsieur Fleuriot que ce dernier développait en cachette pour éviter les mouvements de foule et les razzias. Je ne pouvais pas lui parler de ça. Il ne restait que mon groupe de réfugiés : c'était une maigre piste et c'était la plus mauvaise. Une phrase d'Eléanore me revint : quand elle parlait de son métier actuel. Elle savait cultiver les fleurs ! Savait-elle aussi cultiver les légumes ? Je ne risquais pas grand chose en lui parlant de son métier :

"Pour trouver une occupation, il faut aussi se concentrer sur ce qu'on fait le mieux. Vous dites savoir vous occuper des plantes, mais si vous savez aussi cultiver les légumes ou les fruits, vous pourriez ..."
Il n'y avait pas grnad monde mais je ne parlais pas fort quand même.
"... Faire votre récolte personnelle. Je pourrais vous trouver un coin tranquille pour y travailler. Et si ça marche bien, vous-même et d'autres pourraient avoir de quoi manger."
Au final, je ne lui parlais de cette serre. Je n'y pensais même pas. Je pensais à d'autres terrains inoccupés vers la campagne. Je pensais à elle, à sa propre survie et celles des personnes qu'elle aimait. Que penserait-elle de mes idées ?


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Dim 13 Oct - 16:06


    Je n’avais pas fait attention, mais depuis que j’étais rentré mes joues me brûlaient tout comme mes doigts. Avais-je donc si froid que cela ? Je devrais me trouver des vêtements plus chauds à l’avenir. Le maire avait trouvé là une idée des plus fabuleuses en m’invitant à boire un café. Je me réchaufferais de ce fait plus vite et je ne pouvais refuser un café. Les petites choses quotidiennes de la vie allaient être de plus en plus rares, et je ne parlais pas que du café, mais bien d’autres choses. Le chocolat par exemple, ou encore toutes les sucreries. Je m’imaginais en cet instant avoir un buffet de desserts, aussi varié que possible, ne m’arrêtant pas de faire des allers-retours pour gouter à tout. Je me l’imaginais très bien et je ne me doutais pas un seul instant que cela se lisait très nettement sur mon visage qui était rayonnant et un sourire plus que joyeux. Je restais un moment dans mes pensées, avant de redescendre sur terre alors qu’il m’apportait mon café. Je lui fis un léger sourire en guise de remerciement et pris la tasse entre mes deux mains pour les réchauffer. Mon regard se perdit un instant au travers de la vitre avant que la voix de Martin ne m’interpelle et que je me reconcentre sur ce que je lui avais demandé. Déjà, il avait l’air de comprendre même si j’avais l’impression que quelque chose le dérangeait. Peut-être était-il troublé par d’autres choses. Il avait tellement de choses à faire dans cette ville. Je n’imaginais pas le travail qu’il avait sur les épaules. Le poids aussi qu’il devait avoir. Et il était toujours seul ? Je ne l’avais jamais vu se confier. En même temps je n’étais pas assez proche pour me permettre de lui demander si tout allait bien. J’avais toujours l’impression de ne pas être la bienvenue, de le déranger alors qu’il devait avoir beaucoup plus importants à faire. Pourtant il avait toujours pris le temps pour moi. C’était ce que j’appréciais un peu chez lui, tout comme ses convenances. Qui les avait gardés ? Pour le moment je ne voyais que lui.

    « Oh oui, ça me convient parfaitement. Comme je vous ai dit je suis prête à tout faire. Si vous me donnez vingt tâches dans la journée, je ne serais que plus heureuse. »

    Je me coupais rapidement, avant de m’étaler sur le sujet et de m’effondrer alors que ce n’était guère le moment. Mon regard le fuyait, alors que je resserrais mon emprise sur ma tasse me brûlant les mains sans y prêté attention. Je restais étourdie durant un moment avant de boire une gorgée de café et qu’il se mette ensuite à parler. Dans un sens, il n’avait pas tord. Mon métier était ce qu’il me restait et que j’aimais faire. Sauf que je n’avais plus de semis, plus de graine, plus rien pour faire quoi que ce soit. Je soufflais et me laissa tomber sur le dossier.

    « C’est mon métier oui. Enfin c’était. L’horticulture regroupe les plantes ornementales, les légumes et les fruits. En ce qui nous concerne ce serait plus les légumes et fruits. Sauf que plus rien ne pousse, je pense avoir perdu la main verte. »

    Je fis une pause en repensant à ce qu’il avait dit en dernier. Je réfléchissais un moment avant de me m’avancer vers lui, quittant le dossier alors que mes mains retrouvaient la tasse chaude.

    « Je ne peux rien faire si je n’ai pas un minimum de graines et une terre fertile. Êtes-vous en train de me dire que vous avez tout ça ? »

    J’étais curieuse en effet, si je pouvais de nouveau donner la vie végétale, ça me ferait le plus grand bien en effet. C’était un peu comme retrouver une part de moi. Je me perdais dans cette ville peu à peu, et il me fallait quelque chose à quoi me raccrocher.


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Ven 8 Nov - 20:50

Je voulais proposer à Eléanore une occupation, une porte de sortie en quelque sorte, qui lui permettrait plusieurs choses : se rendre et se sentir utile, pouvoir exercer son métier, pouvoir se nourrir et nourrir ses proches. Même si elle était réfugiée, elle devait sûrement avoir noué des contacts et rencontré des habitants ou d’autres réfugiés sympathiques. Je l’espérais en tout cas. Elle me paraissait suffisamment ouverte et prête à s’adapter pour se faire de nouveaux amis rapidement. La solution que je lui suggérais me semblait la seule envisageable et réalisable pour elle. Même si elle était risquée. Dans les fermes, restaient des hangars peu contaminés que j’avais tenus fermés pour empêcher une intoxication future et probable. A l’intérieur de ces hangars, on pouvait installer des serres et y faire pousser, en pots, des légumes et des fruits. Il y avait une dizaine de sacs remplis de terre « bonne », sauvée aux moments opportuns par quelques fermiers prévoyants. Quand j’avais entamé ma grande « réquisition des biens pour la communauté », au moment du rationnement, Damien et quelques policiers m’avaient aidé à les déplacer discrètement. Depuis, ils dormaient chez moi, en attente d’une main secourable pourrait-on dire. Est-ce que les mains, la volonté, la discrétion d’Eléanore feront l’affaire ? Conscient que nous étions en territoire ennemi – les piliers de bar et autres habitués ne sont pas très doués pour comprendre les mots « rationnement » ou « intérêt général », je me rapprochais aussi d’elle et confirmais à voix basse :

« Si vous êtes motivée et prête à m’aider, oui. Mais finissons d’abord notre café. »

Je me redressais et changeais abruptement de sujet. Je ne souhaitais pas attirer davantage l’attention sur nous ; espérons qu’elle comprendrait !

« Avez-vous déjà noué des liens avec les habitants ? Je veux dire, enfin… Je souhaite que vous vous intégriez alors cela me… rassurerait de vous savoir entourée. »

*Ouh là !* J’avais lutté pour sortir ces quelques phrases. J’avais l’impression que ça se lisait sur mon visage, que mes questions n’étaient pas désintéressées, que ce n’étaient pas des questions normales d’un maire voulant seulement s’assurer du bien-être des nouveaux arrivants. Mon regard s’était posé sur elle au début, puis l’avait évitée pour tomber dans mon café, et ensuite remonté. Bref, j’avais fait un zigzag pas très discret ! Je serrais mes mains autour de mon café, moins pour me réchauffer que pour assurer une prise ferme qui les empêcherait de trembler.


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Lun 11 Nov - 12:11

    Vingt tâches au final me paraissaient bien peu pour recouvrir tout ce que je ressentais. S’occuper l’esprit n’était qu’un prétexte, mais c’était ce que j’avais trouvé de mieux. Martin restait discret sur ce qu’il m’était arrivée, il ne m’avait d’ailleurs posé aucune question, mais je n’aurai su y répondre. Je ne voulais avoir qu’une conversation banale. Pas si banale que cela étant donné que je lui demandais quelque chose de précis. A chaque fois j’avais l’impression de lui sauter dessus et lui était toujours disponible pour moi. C’était la troisième fois que je lui demandais quelque chose, en retour il ne m’avait jamais rien demandé. J’aimais bien sa personne au fond.
    J’étais restée sur ce qu’il m’avait à moitié dit. Je voulais avoir une confirmation de ce qu’il m’avançait, si du moins mes idées qui me traversaient la tête étaient bonnes et assez proche de la réalité. C’était bien finalement, il me faisait penser à autre chose. Si j’étais motivée ? Je ne saurais dire si je l’étais véritablement, pour de bonnes raisons du moins. Je ne pouvais pas lui répondre négativement, c’était tout ce que je savais.

    « Vous vous adressez à la bonne personne, je le suis. »

    Je n’ajoutais rien de plus, voyant qu’il souhaitait qu’on parle d’autre chose pour éviter d’attirer l’attention sur nous. Je n’imaginais pas qu’on puisse attirer qui que ce soit, mais j’attendrais qu’on puisse parler de tout cela en privé s’il le désirait tant. J’espérais que l’attente ne soit pas trop longue pour m’éviter une éventuelle rechute. Il était trop poli pour me demander comment je gérais les événements récents, mais j’étais persuadée qu’il comprenait. Je serrais ma tasse entre mes mains lorsqu’il partit sur un tout autre sujet. Il me demandait si j’avais noué des liens et indirectement j’avais l’impression qu’il s’inquiétait à mon sujet. Son attitude me le prouvait un peu, mais j’essayais de passer outre, essayant de réfléchir comment je pouvais bien lui répondre. J’avais perdu Cze, un ami qui m’était cher bien trop vite, avais-je retrouvé des gens ? Personne. Personne n’était venu me voir à l’hôpital excepté Philippe mais ça n’avait rien d’une visite de courtoisie ni même voulu. J’avais qui ? C’était la bonne question...

    « Oui ça va. J’ai… euh… Elena qui m’a recueilli chez elle et… »

    Actuellement, je ne trouvais personne d’autre. J’avais un grand vide en moi qui n’arrêtait pas de grandir en cet instant. Et pour éviter qu’il ne m’écrase et m’étouffe entièrement j’essayais de partir sur un tout autre sujet.

    « Et ton poste ? Tu arrives à gérer toute cette ville ? »


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Mar 12 Nov - 12:49

Nous allions devoir nous déplacer et quitter le café à un moment ou à un autre. Si elle acceptait cette tâche, bien sûr. J'étais resté volontairement évasif ; et malheureusement, comment convaincre ou motiver une personne quand celle-ci ne saisit pas bien de quoi on parle ? Mais je devais me montrer prudent ; les bas instincts se réveillaient de plus en plus, phénomène tristement banal par temps de guerre. Je ne pouvais pas évidemment lui parler ici de la terre sauvegardée, des serres, des graines que je prendrais chez Monsieur Fleuriot. Malgré mes précautions, j'avais peur qu'on nous ait écoutés et que des oreilles malhonnêtes aient trop traîné autour de notre table. *Tu n'aurais pas dû l'inviter ici, mais plutôt chez toi.* Dès que cette réflexion me traversa l'esprit, j'en mesurais toute la stupidité : *Sauf qu'elle aurait refusé. Nous ne sommes pas assez proches pour qu'elle accepte.*

Eléanore comprit tout de suite mon souci de discrétion et me fournit une réponse claire et positive, que j'appréciais à sa juste valeur. Je lui offris simplement un sourire en retour, sans ajouter un mot de plus. Soucieux de ne pas s'attarder sur cette conversation, je tâchais de changer de sujet et bifurquais bien maladroitement sur un autre thème, celui de l'intégration de la réfugiée au sein de Louisville. Si elle remarqua mon embarras, elle n'en laissa rien paraître. Elle aussi sembla chercher ses mots, réfléchir un peu avant de me répondre. Elle ne me laissa pas le temps de réagir au prénom d'Elena car elle me posa une question directe, sur un tout autre sujet, me rendant momentanément stupéfait.

Elle m'avait tutoyé. Bizarrement, cela ne m'offusquait pas autant qu'avant. Avant, mon côté "vieux-jeu" aurait sursauté mais maintenant, je me rendais compte que les convenances devaient bien finir par s'effacer un jour. Et quoi de mieux qu'au lendemain de bombardements, d'attaques, de pré-fin du monde ? Non sans hésitation, je répliquais en la tutoyant aussi :

"Ca va, merci de ton intérêt. Ce n'est pas évident tous les jours mais l'équipe municipale et moi-même faisons notre possible pour assurer la survie de tous."
J'avais ensuite élevé la voix pour que tous ceux qui nous écoutaient en cachette ou ouvertement m'entendent. Si j'avais été seul et proche d'Eléanore, peut-être lui aurais-je dit la vérité, mais dans ce café, je n'avais pas le droit de me confier. Mes paroles sonnaient bien sûr comme un discours politique démagogique. Je devinais qu'elle serait déçue par ma réponse, mais si elle voulait vraiment me connaître, *et si je voulais vraiment qu'elle me connaisse*, nous allions devoir aller chez moi. Ou chez elle. *Chez Elena comment ? S'il vous plaît, pas chez Elena Beaumort !*

Son café était bientôt terminé, tout comme le mien. Il était possible que nous changions d'endroit. Tout dépendait d'elle et de sa confiance en moi.
"Peut-être que nous pourrions aller dans un endroit plus tranquille. Chez cette Elena ou... chez moi. Comme tu veux. Je ne t'oblige en rien."


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Sam 16 Nov - 10:41

    Je me demandais s’il n’avait pas des petits trafics lui aussi, comme beaucoup d’autres très certainement. J’avais cette impression d’être l’écart de tout. Le fait qu’il me parle de quelque chose, qu’apparemment d’autres personnes ne pouvaient pas savoir, me donnait l’impression d’un un minimum importante dans cette ville. Je n’étais pas une femme parmi tant d’autres, peut-être étais-je autre chose. Je ne savais pas. En tout cas, je me sentais un peu mieux en cet instant. Je ne pensais pas aux derniers événements, à mon séjour à l’hôpital, à ma seule visite, à ma blessure même. J’étais assise donc je n’avais pas trop mal. Je devais m’y habituer, m’y accommoder et je trouvais que j’y arrivais fort bien. Même si elle me tiraillait bien trop souvent. Je me demandais si j’allais toujours la sentir dorénavant. C’était certain, une blessure d’une telle taille… je me demandais encore pourquoi j’étais là, encore vivante, alors que tout le monde autour de moi mourrait les uns après les autres. Qui allait être le prochain ? Je n’espérais pas perdre une autre personne qui m’était cher. En même temps… qui avais-je désormais ?

    Je sombrais dans de sombres pensées et Martin me les fit oublier, me reconcentrant sur la situation, sur mon café devant moi que je tenais toujours et sur lui. J’avais fort bien apprécié qu’il ne relève pas concernant mon entourage. Je n’avais personne finalement, j’étais seule et il fallait que j’avance et me renforce. Ce nétait pas plus mal pour éclaircir ses idées, si du moins la plupart étaient bien sombre et obscur. Je m’étais dit qu’il fallait que j’avance, mon séjour à l’hôpital m’avait bien aidé. J’étais passé à côté de la mort, alors j’allais un peu plus apprécier la vie même si c’était extrêmement difficile.
    Je n’avais pas fait attention que nous nous étions mis à nous tutoyer, mais c’était venu tout seul et je n’y faisais guère attention.

    « C’est bien, il faut des hommes comme toi par ses temps plus qu’incertains. Je me demande quand est-ce que le presque calme de la ville sera mis à rude épreuve. »

    Quand est-ce que les gens allaient complètement perdre la raison ? Quand est-ce que nous nous entretuerons ? C’était la bonne question, car même si nous avions des militaires et pour le moment des rations convenables, bientôt les choses changeront. Mon regard s’éternisa au dehors. L’hiver arrivait, il faisait déjà bien froid et nous ne pouvons rien faire contre les saisons et le climat. D’habitude j’étais heureuse de voir le premier flocon de neige. Désormais c’était presque quelque chose que je redoutais. Je détournais les yeux de la fenêtre et posais mon regard sur mon café avant de le finir en quelques gorgées. C’est là qu’il me proposa de sortir d’ici, d’aller autre part, et lorsqu’il suggéra d’aller chez Elena, j’eu un air négatif.

    « Non, à cette heure-là, je ne veux pas la déranger. Le mieux serait d’aller chez toi. »

    Pourquoi pas, je ne voulais pas rentrer tout de suite car j’étais certaine de ne pas pouvoir dormir et de ressasser encore beaucoup de chose. Non, Martin m’était une distraction et je souhaitais la garder pour un petit moment encore. Cela me faisait penser à autre chose et c’était plus qu’appréciable. Je ne savais pas s’il allait être surpris, mais il ne fallait pas qu’il le soit. Ce n’était pas comme s’il m’invitait chez lui tel un rencard. Et puis, il avait aussi un peu piqué ma curiosité concernant cette chose qu’il m’avait dite. Peut-être pourrions-nous plus en parler en privé. J’étais toute ouïe pour me préoccuper l’esprit par bien d’autres choses.


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Mar 26 Nov - 21:19

« C’est bien, il faut des hommes comme toi par ses temps plus qu’incertains. Je me demande quand est-ce que le presque calme de la ville sera mis à rude épreuve. »
Sa première phrase, que j'espérais sincère, me remonta le moral. Un franc sourire, enfin, apparut sur mon visage. Même la suite de ses paroles, que je savais bien réelle et plus que probable, ne me dérida pas. Je me sentais accompagné, presque soutenu dans mes déboires et mes problèmes. Le fait qu'elle accepte de découvrir ce projet, alors que j'étais resté très vague dans sa description, me remotivait car cela montrait qu'elle avait d'une certaine manière confiance en moi.

« Non, à cette heure-là, je ne veux pas la déranger. Le mieux serait d’aller chez toi. »
Encore mieux, elle acceptait de venir chez moi ! J'avais presque envie de la faire répéter tellement je n'en revenais pas, mais je ne voulais pas passer pour un idiot.
"Ok, alors allons-y, si tu as terminé ton café."
Je restais poli et courtois alors que j'avais envie de sauter ou de crier comme un gamin.

Tandis qu'elle se levait lentement, j'en profitais pour aller payer les consommations, ne faisant aucun commentaire sur le prix du café, soudain onéreux. *Les prix ont triplé !* pensais-je effaré, mais quand je me tournais vers Eléanore, mon visage restait impassible. Je la croyais tout proche de moi alors qu'en fait, elle enfilait péniblement son manteau. Péniblement ? La réalité me frappa d'un seul coup et au lieu d'aller l'aider, je restais les bras ballants à réaliser qu'elle avait été blessée. Et depuis tout ce temps, je n'avais rien vu. *Aveugle ? Egoiste ? Centré sur tes propres problèmes ?* Un peu de tout cela à la fois. Au final, mieux valait-il que je ne bouge point. Si je venais vers elle pour l'aider, j'allais me comporter gauchement et accentuer le côté pathétique de mon attitude ou de mon absence de réaction. Et puis, peut-être qu'elle me repousserait, ou qu'une gêne s'installerait, et enfin, je ne voulais pas alimenter les rumeurs. Avant la guerre, nombreux étaient ceux qui ricanaient sur le départ d'Eloise. Malgré notre état précaire et cette lutte pour survivre, les mauvais esprits ne trouveraient-ils pas du grain à moudre sur mes manières apprêtées avec elle ?

Elle n'eut pas l'air de remarquer mon silence soudain et dut le prendre pour un silence de circonstance. Mon geste pour lui ouvrir la porte me sembla tout sauf naturel ; quand enfin nous sortîmes du café, l'atmosphère me parut presque légère !

Maintenant que j'avais constaté sa blessure, tout changeait. J'habitais en bordure de la ville, dans la maison de mes parents, mais c'était trop loin pour elle et il convenait d'économiser l'essence. Le seul endroit proche de nous était mon bureau, chauffé par un poêle à bois et à charbon.
"Euh... changement de programme ! Je pense que nous serons mieux à la mairie. Parce que ..."
*Vous allez rencontrer mes parents. Vous êtes faible et blessée. Je ne peux pas perdre de l'essence pour vous, même si vous en valez la peine.* Tant de raisons qu'il était difficile de lui dire sans révéler trop de choses sur mon état d'esprit actuel.

"Parce que ... j'ai vu votre blessure. Et oui je n'ai rien dit, je m'en excuse, j'aurais dû vous demander, mais finalement j'ai bien fait de ne rien dire, vous ne vouliez pas en parler n'est ce pas ? Parce que vous voulez aller de l'avant, c'est ça ?" *Où vas-tu là ?* "Donc, chez moi, je voulais qu'on y aille à pied, mais c'est trop loin. Mon bureau, c'est une bonne idée, non ?"

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Sam 30 Nov - 17:03


    Martin. Monsieur Huygues, le maire. Un homme que je trouvais assez vrai, je pouvais lui faire confiance comme je l’avais donné à d’autres personnes. A cze notamment qui me manquait horriblement. Je ne l’avais encore pas pleuré. En même temps je n’avais toujours pas accusé le coup et l’information m’avait été donnée avec aucune finesse. Je repensais à Philippe où j’avais essayé de rester calme en sa présence, mais ça avait fini plus que rapidement en l’expédiant littéralement. J’avais été heureuse de le voir mais finalement je voulais me détacher. Je ne savais pas du tout si j’y arriverais, mais j’étais trop faible pour lui faire face de nouveau. Il fallait que je remonte la pente et c’était pour cela que j’avais été voir Martin. M’occuper jusqu’à épuisement total physiquement mais cela me permettait de penser à autre chose et de pouvoir tout simplement évoluer doucement vers ce que je voulais devenir. Un peu plus forte dans ce monde chaotique. J’avais des faiblesses, trop même je trouvais. Je ne savais pas me défendre, j’étais totalement impuissante face à quelqu’un qui me maîtriserait sans difficulté. Et il y en avait beaucoup ici. J’étais aussi très émotive et je n’avais aucun sang-froid, paniquée à la moindre occasion, au moindre problème. C’était très difficile pour moi en l’instant.

    Je lui souris et finis mon café en lui répondant indirectement. Je n’avais pas conscience de ce que ça représentait pour lui, j’étais loin de m’imaginer que je pouvais lui plaire. Je ne me voyais plus trop comme une véritable femme, je survivais un point c’est tout. Je ne me regardais d’ailleurs plus dans le miroir, j’avais une tête affreuse à chaque fois que j’apercevais mon reflet et je n’accordais plus de temps à de si infime détail du quotidien d’avant. Se laver pour sentir bon, sentir le frais, être belle, se maquiller et rester des heures dans la salle de bain avant de ressortir impeccable. Désormais c’était se laver pour éviter de trop sentir mauvais et pour essayer de garder une certaine hygiène. Il me restait du dentifrice, une brosse à cheveux mais cela faisait longtemps que cette dernière n’avait pas été utilisée. J’avouais que ma blessure m’avait plus préoccupé, elle me faisait encore horriblement mal et je me demandais si j’allais garder cette douleur à vie. Quel  handicap cela pourrait-il faire. A chaque pas je sentais ce tiraillement, à chaque mouvement de bras également tout comme ma respiration. C’était encore pire lorsque j’étais prise de toux à cause de mes poumons. Décidemment… j’avais l’impression de tout accumulé et il fallait que je stock tout ça pour ensuite rebondir et parvenir à remonter la pente.

    J’enfilais mon manteau assez difficilement en essayant de ne pas trop lever le bras gauche pour éviter de tirer encore plus. Une légère grimace puis la dernière manche passa et je me dirigeais vers Martin, n’ayant pas vu son air, pour moi il devait le savoir depuis le début. Et puis comme je ne souhaitais pas particulièrement en parler, c’était parfait pour moi.  Je le suivis alors que nous nous dirigions vers la sortie, sortant la première, toujours ce tact certain et qui était presque illusoire en ces temps. C’était appréciable même si je ne faisais pas trop attention. J’étais dans un état presque second, j’avais du mal à rester dans la réalité mais y parvenait tout de même. Le fait de pouvoir avoir une conversation m’aidait aussi quelques peu. C’est là qu’il brisa le silence qui ne m’avait pas paru aussi long. Je fus étonnée de sa réponse, mais la mairie ne m’embêtait pas le moins du monde.

    « Ne t’en fais pas, la Mairie c’est tout aussi bien. »

    Avant que je ne repense que Philippe avait son bureau là-bas. J’espérais ne pas le croiser auquel cas je pense bien que je l’ignorerais jusqu’au bout. Non, il ne fallait pas que la soirée se finisse comme cela. Je voulais parler de ce que m’avait proposé Martin, pouvoir rentrer après chez Elena en me disant que je devais faire quelque chose du lendemain. Avoir les idées pleines par la suite pour éviter tout écart à mes pensées plus qu’instables. Puis Martin s’expliqua et je compris tout le sens de son changement brusque d’attitude. Il me vouvoyait de ce fait et je me demandais pourquoi ça le mettait autant mal à l’aise.

    « Ne t’excusez pas, tu as bien fait, je ne souhaite pas me remémorer ce passage. Ça a été très difficile et ça l’est encore. Vous avez tout compris finalement. »

    Je marquais une pause en lui affichant un fin sourire. Oui il avait tout compris. J’étais mal mais je voulais aller de l’avant. Il était aussi intelligent pour savoir que je n’en parlerais pas. Je repris donc.

    « Ton bureau est donc très bien. Allons-y. » terminais-je en reprenant la marche.


    Hj:
     


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Mer 18 Déc - 21:13

Sa réponse me fit prendre conscience que je l'avais vouvoyée. *Aïe !* Si je n'y prêtais attention, mes "bonnes" manières finissaient par revenir et perturber notre conversation. C'était une pratique d'un autre temps, vestiges de mon éducation et du milieu aisé dont je suis issu. Avec certaines personnes du même niveau de vie - les anciens riches snobs ou au contraire modestes - cela renforçait la relation, la rendant plus ... Je cherchais le mot, plus respectueuse. Mais ici, dans ce contexte si particulier, cela desservait la situation. *Tutoie-là, tutoie-là* me martelai-je en boucle. Pour beaucoup, cela faisait très "vieille France", "bourge". Peut-être Eléanore se sentait-elle mal à l'aise, croyant que je voyais en elle une veuve, une reine, une femme lointaine et froide qu'il faudrait vouvoyer pour rester polis ? C'était tout le contraire ! Elle était veuve certes, mais en elle l'envie de vivre et d'agir renaissait et c'était vers moi qu'elle s'était tournée quand elle avait senti cette énergie poindre le bout de son nez. Je m'en sentais flatté et mes explications maladroites me parurent moins vaines.

Je restais silencieux et me contentais de lui sourire en encouragement, un peu ému d'avoir réussi à la comprendre, et qu'elle me l'avoue sans aucune hésitation ou pudeur. Rassuré sur son opinion rejoignant la mienne, je marchais à côté d'elle jusqu'à la mairie, située heureusement non loin du café. Je saluais les uns et les autres, certains me sautant quasiment à la gorge pour me parler ou me confier leurs rapports. Ralenti, je m'adressai à Eléanore, tout en sortant mon trousseau de clefs :

"Mon bureau est au fond du couloir, utilisez la clef avec le manche rouge. J'arrive tout de suite." Une chance que la mairie soit petite ! Je ne comptais pas m'éterniser très longtemps ; je ne souhaitais pas la laisser seule, pour une raison évidente de sécurité des dossiers et aussi parce que elle et moi avions un entretien de la plus haute importance !

"Je regarderai tout ça plus tard : vous avez bien travaillé, merci," distribuais-je à tout va à mes employés, en essayant d'avoir un mot gentil pour eux, alors que bien souvent je ne les remerciais pas. Mais Eléanore était encore dans les parages et je voulais faire bonne impression. *Et même une voix de réfugiée compte*, dit le politicien dans ma tête.

M'extirpant aussi vite que possible, les bras chargés de notes, de plans, de rapports, j'avançais à grandes enjambées jusqu'au bureau où j'entrais sans frapper. Il devait s'être écoulé à peine cinq minutes. Un coup d'oeil à la pendule murale me le confirma. Mon lieu de travail était sobre, simpliste : un bureau, des armoires, une table basse sur le côté gauche. Même si le siège de l'autre côté du bureau était de la meilleure qualité pour supporter de longues heures d'études ou de débats. Je regrettais aussitôt que la chaise en face soit moins confortable mais je n'allais pas pousser la bizarrerie jusqu'à proposer à Eléanore de s'asseoir dans mon fauteuil ! *Mais elle est blessée. Mais elle ne veut pas qu'on en parle. Aïe.* Il me semblait plus dur de manœuvrer en sa présence qu'avec un élu des environs ou un chef d'entreprise.

Avant de prendre une décision, je posai tout le fatras sur le meuble. Mon regard croisa alors la photo de mes parents et moi, quand j'avais quinze ans et que mon équipe avait gagné le tournoi de rugby contre Caen. Bien que mon visage et mes habits soient recouverts de terre, on ne pouvait pas douter qu'il s'agissait de moi. Il y avait d'autres portraits sur le mur blanc, pour égayer cette ambiance morose, sous la lumière artificielle. Je disposais d'une fenêtre avant la guerre mais elle avait été colmatée ensuite, pour assurer ma sécurité, je crois.

"Que préfères-tu ? Je peux disposer les sièges près de cette table basse. Nous serons mieux pour discuter." J'essayais d'avoir l'air ouvert, disposé, via un tutoiement et une proposition qu'elle pouvait tout à fait décliner.

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Sam 21 Déc - 18:39

    Je continuais de marcher à ses côtés après lui avoir dit que son bureau était tout aussi bien. Il avait effectivement pensé à ma blessure encore récente et qui me faisait encore souffrir. Le fait de marcher ne faisait que réveiller un peu plus ma douleur et j’appréciais son tact et sa bienveillance également. Il était toujours comme ça, même quand j’avais été le voir la première fois concernant mon fiancé disparu. Il était toujours gentil et je me demandais si c’était avec tout le monde. C’était vrai, je ne voulais guère avoir une place privilégier alors que peut-être d’autres souhaiteraient tout autant l’aide dont Martin me donnait. J’appréciais cela, sans nul doute, car son aide m’était précieuse, tout comme son soutien et le fait qu’il se préoccupe de moi. J’avais besoin d’affection et d’attention en ce moment, et il me donnait tout ce dont j’avais besoin sans trop s’étaler sur les sujets que je ne souhaitais aborder. Il m’avait compris dès le départ.

    Nous arrivions enfin à la Mairie, marche silencieuse mais elle n’avait pas été bien longue. J’étalais un fin sourire à chaque personne que Martin saluait, avant que certains ne lui sautent littéralement dessus. J’eu une expression de surprise couplé à quelque chose proche de l’incompréhension. Etait-il souvent harcelé de la sorte ? Il était vrai que la première fois je lui avais aussi sauté dessus, mais je m’étais excusé par la suite et avait été un peu plus posée. Non, les gens étaient d’une impolitesse démesurée et cela me choquais un peu. Je regardais Martin alors qu’il sortit son trousseau de clef et que je tendais la main pour qu’il le dépose dans ma paume.

    « Euh, d’accord je vous attendrais. »

    Je fermais la main sur les clefs qu’il m’avait confiées et le laissais avec ces personnes en me demandant s’il allait vraiment s’en débarrasser rapidement. Je me dirigeais alors vers son bureau d’un pas tranquille et le déverrouillais avec la clef pourvu d’un manche rouge comme il me l’avait stipulé. J’entrais à l’intérieur et me dirigeais vers le bureau où je posais son trousseau de clef, avant que mon regard ne se pose sur les différents objets qu’il pouvait y avoir. J’entrevu des photos sur le mur après avoir fait le tour de la pièce, je voulu me diriger vers celle-ci mais la porte s’ouvrit et j’eus un petit sursaut. Je me replaçais derrière le bureau, comme s’il y avait une limite pour les invités tels que moi. C’était un des réflexes, ce n’était pas mon bureau après tout. Je lui souris alors que je le vis assez surchargés par différentes paperasses qu’il posa sur son bureau directement.

    « Vous êtes souvent assailli de la sorte ? »

    Une question qui me trottait dans la tête depuis tout à l’heure à dire vrai. Je ne m’imaginais pas à sa place tout simplement, surtout si un tas de gens lui sautaient dessus à la moindre occasion. J’espérais ne pas faire partie de ses personnes.

    « Oh ne t’en fait pas, c’est très bien comme ça. » lui répondis-je alors que je m’asseyais sur le siège qui était en face du bureau, étant manifestement mieux assise que debout. Il était vrai que je n’utilisais pas mes muscles abdominaux si je laissais mon dos sur le dossier de la chaise. Une fois bien installé, je le questionnais sur ce qui m’avait attiré jusqu’ici.

    « Alors, cette proposition qui paraît bien mystérieuse ? »

    Oui j’essayais d’être un peu plus cordiale, et puis je me demandais ce que nécessitait une conversation privée. Etait-ce une information qu’il n’avait pas droit de divulguer ? Dans ce cas, pourquoi m’en ferait-il part ? J’étais tout de même un peu curieuse, il fallait bien l’avouer. Et puis ça écartait tout un tas de pensées qui attendrait que je sois de nouveau seule pour m’assaillir de nouveau.


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Dim 12 Jan - 21:36

Je n'avais pas songé au fait que nous ne serions guère tranquilles - et guère discrets - si nous nous rendions à la mairie pour discuter. Tout le monde m'avait vu en compagnie d'une réfugiée, l'escortant jusqu'à mon bureau. Tout le monde avait compris à la manière dont j'avais expédié les demandes à mon arrivée que mon invitée primait sur le reste. Eléanore m'avait obéi et avait saisi le trousseau de clés. Je ne tournai pas la tête pour vérifier qu'elle prenait bien la bonne direction, trop occupé à montrer que je gérais la situation, que j'étais un homme d'action, de décisions fermes ... *bref, tu t'égares là*

D'un autre côté, personne ne pouvait deviner ce que je m'apprêtais à annoncer à Eléanore. On pouvait penser simplement que j'allais lui confier une tâche lambda, qu'elle allait même rejoindre l'équipe ou que ... Mon deuxième cerveau se mit en marche sans que je puisse l'arrêter sur cette pente glissante : *que j'allais fermer les stores pour la basculer sur la table basse et que ... Ah !* Je repassais en mode "off" en me demandant si, un, cela se voyait sur mon visage qu'une pensée vicieuse s'y baladait, et de deux, si tout le monde imaginerait que le maire d'une ville bombardée plongée dans un hiver nucléaire et dans le chaos le plus total en profitait pour amadouer les filles en leur promettant une protection contre les radiations ? *On nage en plein délire là ! C'est ainsi que doit me voir Mathilda : pas seulement imbécile mais aussi impuissant. Dans son trip sur moi, elle doit me représenter tellement frustré que je harcèle les femmes pour me sentir dominant. Non là c'est moi qui délire là."

Ne pas perdre de vue mon objectif : placer ma confiance en la personne d'Eléanore pour qu'elle survive et fasse partie de mes alliés. Je ne voulais pas la voir partir et en parler à Mathilda. Il allait falloir que je l'interroge sur ses fréquentations. Si elle connaissait les Fontaine, j'allais devoir être prudent.

Quand j'entrais sans frapper - c'était bien mon bureau non ? - elle sursauta légèrement et avança vers moi. Les souvenirs de ma jeunesse et mes études étaient étalés un peu partout : avant la guerre, je ne voyais pas d'inconvénient à montrer au grand jour des aspects de ma vie. Aujourd'hui, les extérieurs à Louisville étaient de plus en plus nombreux : nous n'étions plus une bourgade modeste et familiale et je me sentais plus gêné à l'idée qu'elle puisse émettre des jugements intérieurs sur ma vie.

Un sourire s'échappa de mes lèvres quand elle me demanda si les gens m'assaillaient ainsi à chaque fois. On aurait dit qu'elle était étonnée, voire impressionnée. Tous n'imaginaient peut-être pas à quoi ressemblait ma vie depuis que la guerre avait éclaté. Avant, j'avais une secrétaire qui filtrait mes appels et triait les dossiers à traiter, les personnes à recevoir. Elle était partie de la ville et je devais me débrouiller tout seul. Pas le temps d'en nommer une autre.

"La plupart travaille ici et me rend des rapports quotidiens sur la situation de la ville et de ses habitants. Il faut bien en passer par là si je veux maîtriser l'évolution du chaos, enfin, je veux dire, surveiller nos efforts pour gérer l'après-guerre !" me rattrapai-je tant bien que mal. Mon dernier souhait était de la faire paniquer et fuir. Les habitants avaient plus de chances de survivre en ville, me disais-je pour me rassurer, qu'au-dehors, dans le no man's land barbare.

Eléanore choisit de s'asseoir devant le bureau. Je fis de même en face d'elle. C'était le moment de rentrer dans le vif du sujet et je n'allais pas la décevoir. le temps m'était compté : j'avais déjà sacrifié une demi-heure pour elle et c'était beaucoup trop.

"Dans le café tout à l'heure, je t'avais demandé si tu souhaitais travailler en lien avec la terre. Vu ton métier d'avant, je m'étais dit que ça te plairait peut être et te permettrait... et bien de trouver un sens à ta vie ?" *Et un sens à ta survie ?* Sans lui laisser le temps de répondre, j'enchaînais :

"Ce que je vais te dire doit rester secret, entre nous deux : pour le moment, je ne souhaite pas ébruiter cette idée : je souhaite te transmettre cette possibilité pour que tu l'utilises à bon escient sans en parler à personne. Est-ce que tu comprends ? J'ai décidé de te faire confiance ; j'attends que tu me promettes de n'en parler à personne. Même à tes amis les plus proches."

Je m'étais penché en avant et je la regardais dans les yeux, gravement. Je voulais mettre toute l'importance de ce moment dans mes paroles, qu'elle comprenne et obéisse.

Pour la suite, je restais volontairement vague pour le moment :
"Dans une grange près des champs, nous avons trouvé et entreposé de la terre. Cette terre n'est pas contaminée : des études ont été menées et la déclarent propre à l'utilisation. Dans la grange se trouve une serre hermétique. Dans cette serre, la terre est entreposée dans des sacs de protection. Face à la pénurie croissante de nourriture, j'ai pensé à toi, Eléanore, pour utiliser cette terre, pour planter des fruits et légumes, grâce à des graines sauvées au tout début de la guerre. Je dois t'avouer que ces graines ne sont pas sûres à 100%, il reste un risque mais des études sont en cours. Je pense constituer des stocks de nourriture pour le futur."

Je me redressais, cette posture penchée m'avait donné des douleurs dans le dos.
"J'imagine que tu as des questions. Je suis à ta disposition pour t'apporter des éclaircissements."

J'avais parlé d'une voix la plus neutre possible. Je me rendis compte que je ne lui avais pas demandé à propos de Mathilda, mais il était trop tard maintenant.


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Sam 18 Jan - 22:11

    Mes pensées fusaient comme jamais. Je me demandais toujours ce dont il voulait me parler, la chose qui était bien mystérieuse l’était autant ? En tout cas il rendait tout pour que le mystère opère. J’avais déjà imaginé d’innombrable chose, et je ne m’attendais pas à ce qu’il me révèlerait. Je n’étais pas du tout partie sur la bonne voie à dire vrai. Mais peu importait. Je lui souris alors qu’il répondit à ma question sur les gens qui le harcelaient presque. Ça m’avait un peu choquée, même si j’avais conscience que certaines personnes ne voyaient pas les mêmes choses comme moi. Nous n’avion spas la même vision, ni le même opinion. Déjà parce que j’étais une réfugiée, je m’étais attiré pas mal de mauvaise voix pourront nous dire. Je fronçais les sourcils alors que j’entendais la fin de sa phrase, ou il se reprit. J’étais peut-être inquiète pour rien, mais j’étais obligée de lui poser la question.

    « L’évolution du chaos ? Tu as des informations sur l’évolution de la guerre ? »

    Je m’étais un peu précipité sur lui, l’assaillant comme peut-être l’avait fait les autres personnes. Je m’en rendis compte et je restais silencieuse, observant soudainement les livres qui m’étaient bien plus intéressants. Je le tutoyais désormais, sans même m’en rendre compte, mais il n’avait pas l’air de s’en brusquer. J’avais brisé ses barrières de la politesse en un soir. En même temps, je ne me voyais pas faire autrement, il fallait qu’il fasse de même, même si j’appréciais ce côté-ci de sa personnalité. Je m’assis devant le bureau, sur la chaise qu’il y avait tandis qu’il s’asseyait sur son fauteuil. J’étais mieux ainsi, le bureau entre nous deux car je n’aimerais pas avoir de la proximité avec lui, avec un quelconque homme d’ailleurs. Car au vu de ma capacité à flancher si on insistait trop ou si on pointait sur un sujet des plus sensibles. J’avais perdu Cze, notamment. J’avais l’impression que je perdais tout le monde à qui je m’attachais, c’était insupportable, alors je m’étais dit que le principal était de suivre mon chemin, seule. Pas si évident que cela.
    J’hochais la tête positivement lorsqu’il me parlait de travailler avec la terre. C’était ce que je faisais, mon métier depuis longtemps déjà, ou presque. Mais c’était le métier de ma seconde vie, celui qui m’avait fait m’épanouir. J’aimais travailler la terre tout simplement. Alors je me demandais ce qui allait suivre, l’écoutant attentivement en m’avançant un peu. Je souris un peu plus alors qu’il avait l’air d’avoir compris mon ressenti. Même si on ne pouvait appeler ça donné un sens à ma vie… Ca m’occuperait l’esprit tout au plus, après je verrais. Je ne savais même pas encore ce qu’il allait me dire. Je me contentais de l’écouter et pour ce qui est gardé quelque chose pour moi, il s’adressait à la bonne personne.

    « Je pense que tu sais que je peux garder quelque chose pour moi, sinon tu ne me parlerais pas avec autant de confiance… »

    Ben oui, pourquoi moi après tout ? Il aurait pu se diriger vers une autre personne. Mais pour le moment, mes yeux ne quittaient pas les siens alors qu’il avait l’air des plus sérieux. Tant mieux, je l’étais également même si pour le moment il ne m’avait rien divulgué. J’écoutais donc la suite, très attentive. Une grange ? De la terre propre ? Pas comme celle que j’avais, presque infertile. Je n’avais réussi à rien depuis peu de temps. Je m’étais dit qu’il fallait que j’en parle à Valentine mais je ne l’avais pas encore croisé, ni pris le temps de la voir à dire vrai. Nous étions tous occupés en quelque sorte. Je le vis se lever alors que je vagabondais dans mes pensées. Je pris un peu de temps avant de lui répondre.

    « C’est vraiment… » J’aurais pu exploser de joie si je n’avais pas le moral aussi atteint. « … irréel. » Je fis une pause avant de regarder Martin et de m'apercevoir que non, je ne rêvais pas. « Pardon. Depuis le début je m’acharne à faire pousser ne serait-ce qu’un arbre pour qu’il donne des fruits, ou alors des légumes, mais très peu de bouture persiste à l’âge adulte. J’ai l’impression d’avoir perdu ce don que j’avais pour la terre, la fertilité, le végétal, les éléments de la terre. J’imagine que les événements ne facilitent pas non plus… » Je m’arrêtais en voyant bien que j’étais en train de me plaindre. Je me repris aussitôt. « Ah, je suis désolée, tu veux une réponse. Je pense qu’il serait utile de profiter de cette terre et de ses graines, mais pourquoi ne pas vouloir ébruiter cette information ? Pourquoi moi ? Valentine serait tout aussi capable que moi. » Je ne savais pas pourquoi je lui posais la question en vérité. « Je ne veux pas dire que ça ne m’enchante pas, c’est une superbe nouvelle car nous nous dirigeons tout droit vers la pénurie. Tôt ou tard, la nourriture nous manquera. » Je n’étais pas pessimiste, juste réaliste. Et Martin avait l’air de le savoir également puisqu’il essayait de trouver des solution.


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Lun 27 Jan - 21:24

« L’évolution du chaos ? Tu as des informations sur l’évolution de la guerre ? »
Aie. Même si je m'étais repris, Eléanore avait profité de mon hésitation passagère pour creuser le sujet. Mais il n'y avait rien à creuser ! Je notais bien que sa promptitude à poser la question démontrait un réel souci de l'extérieur, ce qui était bien normal en sa qualité d'ex-réfugiée. Encore une fois, j'allais la décevoir en lui avouant que les nouvelles étaient bien minces : pire, que je n'avais aucune information et qu'il était probable que nous devions prochainement nous défendre une nouvelle fois contre des ennemis inconnus, aux comportements imprévisibles et aux capacités bien supérieures à nos pauvres défenses !

"Non, je me suis mal exprimé. Je voulais parler de l'évolution de la situation en ville, des réactions violentes des habitants ..." Il me semblait que je m'enfonçais. Oui mais voilà ça m'avait échappé ! J'avais fait un rapprochement malheureux entre "chaos" et "situation de la ville". La fatigue n'était pas une excuse pour ce mic-mac. A croire que j'étais si stressé par la révélation que j'allais devoir faire à la jeune femme que j'en perdais la tête !

Heureusement, je réussis à reprendre la discussion vers le sujet le plus important, celui qui nous avait fait nous réunir d'abord dans un café, puis dans mon bureau. On avait failli passer chez moi et rien que d'y penser, j'en avais des sueurs... chaudes !

Et j'avais donc déballé mon jeu, presque toutes mes cartes devant Eléanore. Un instant, je me demandais ce que j'étais en train de faire. *Tu n'as même pas vérifié si elle connaissait Mathilda ou les militaires oui quiconque qui puisse nous arrêter dans ... Attends. N'importe qui, même bien intentionné, peut l'apprendre maintenant. Et faire n'importe quoi. Mais elle m'a dit qu'elle savait garder un secret.* Donc je me sentis rassuré. Seulement à 50%. *Elle me dit que je peux lui faire confiance parce qu'elle sent que je lui fais confiance. Euh ?* Dans quoi m'étais-je embarqué ? Je ne pouvais pas faire machine arrière. Il fallait bien que quelqu'un qui sache travailler la terre soit mis au courant un jour ! Je n'avais ni les compétences pour ce genre de métier ni le temps à y consacrer ! Tant pis. Ce qui est fait est fait.

J'appréciais d'ailleurs qu'elle m'écoute sans m'interrompre, preuve qu'elle accordait de l'importance et de la valeur à mon discours. Ce qui était rare par les temps qui courent.
Je comprenais aussi qu'elle ne s'extasie pas sur mon histoire. Je m'attendais à ce qu'elle ait du mal à y croire mais avant de lui livrer plus d'informations, il fallait que je m'assure encore plus sa confiance. Comment ?

Ce qu'elle me révélait d'elle-même me touchait : en plus de ces malheurs, elle croyait qu'elle avait perdu le don. Voir la terre mourir à petit feu à cause d'une guerre stupide avait de quoi ébranler et ce que je lui proposais était donc un bon moyen de lui redonner l'envie de se battre, de lui donner des couleurs à ses joues, qu'elles avait jolies d'ailleurs.

"Tu n'as pas à t'excuser. Tu m'as écouté attentivement et ça me conforte dans mon choix ! Et je comprends tout à fait que cela te paraisse fou." lui assurai-je.
Quand Eléanore mentionna Valentine, je fronçais les sourcils. Non, je ne voulais mettre personne d'autre dans la confiance. *Pourquoi les femmes n'ont-elles pas plus confiance en elles ?*

"Non, j'ai décidé de te confier ce secret à toi seul et je ne veux mettre personne d'autre dans la confidence ! Tu me parais être digne de confiance et prête à tout pour survivre, trouver un sens à ta vie et aider les autres !" Je m'étais emporté, ma voix était montée mais vraiment je voulais qu'elle comprenne ce que je n'arrivais pas à lui dire en face. En parlant ainsi, je lui avais sûrement fait peur : tant pis ! J'assumais. D'une voix radoucie, j'ajoutai :

"Si tu en parles à quelqu'un, qui que ce soit, nous ne pouvons pas être sûrs que les autres seront au courant. Vois l'état dans lesquels ils sont : imagine un peu leur réaction s'ils apprennent qu'on pourra bientôt cultiver et peut-être manger de vrais légumes et plus des conserves !" Aussitôt une nouvelle idée me traversa et je lui en fis part :

"Il faudra d'ailleurs placer le résultat de tes récoltes dans des conserves et les faire passer pour des produits des super-marchés, des réserves des habitants enfuis. Comme ça nous éviterons un mouvement de foule incontrôlable."

J'étais resté debout depuis tout à l'heure, et je faisais de nombreux gestes avec les bras, comme j'en avais l'habitude, pour m'exprimer et convaincre.

Je me rassis face à elle :
"Comprends-tu ? Peux-tu me jurer que tu n'en parleras à personne, tant que je ne t'aurais pas autorisée à le faire ? Même si cette personne est ton ami(e) et compte beaucoup pour toi. Promets-le-moi Eléanore." dis-je plus bas.


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Sam 1 Fév - 20:50

    Il se reprit sur sa phrase alors que j’avais presque sauté dessus, me demandant de quoi il voulait parler alors que la curiosité avait fait le reste. Oui, s’il avait des informations je voulais les savoir, sauf qu’à priori, ce n’était pas spécifiquement à la guerre, mais plutôt à la ville. C’était de la ville dont il voulait parler, et d’un coup, j’avais l’impression d’être totalement idiote en cet instant. Un Maire s’inquiétait de sa ville, c’était normal, qui plus est si c’est Martin. Je me demandais ce qu’il se passait, outre la nourriture bien évidemment et quelques problèmes internes. Je ne voyais pas personnellement tous les conflits qu’il pouvait y avoir, déjà parce que j’étais sortie de l’hôpital il n’y a pas si longtemps que cela, et que l’attaque que nous avions subi laisser toujours une marque, comme une cicatrice dans cette ville.

    « Oh… Je vois. » Je fis une pause avant de reprendre. « Des réactions violentes ? J’espère que ce n’est pas vis-à-vis de ta personne. »

    Ben oui, si en plus on avait des menaces vis-à-vis de certaines personnes où allions-nous ? Mais encore, peut-être que je me trompais. Je n’avais pas tout à fait les idées claires, cherchant un peu le chemin que je devais prendre même si j’avais conscience de lequel choisir. Martin m’en offrait un d’ailleurs, même si je n’étais pas capable encore de savoir réellement vers quoi il allait me tourner, me diriger. Je serais ravie en effet de m’occuper d’une terre et de graines qui pouvaient me donner quelque chose. Je me sentirais moins inutile à la ville car pour le moment j’avais l’impression de mourir à petit feu. Combien même je m’étais fixé pour objectif d’avancer. Avancer seule était toujours difficile, et je savais qui je devais éviter surtout. Martin ne faisait pas partie de ceux à éviter, heureusement d’ailleurs, car c’était plaisant et presque gratifiant qu’il me fasse autant confiance alors que nous ne nous connaissions pas.

    Ce n’était pas le fait que je ne me faisais pas confiance, mais surtout parce que j’étais dans une passade assez sombre de ma vie, accumulant les choses horribles depuis que je suis dans cette ville. Des obstacles toujours plus difficile, et là… c’était juste quelque chose de bien. Très dur pour moi d’y croire en vérité. N’était-ce pas un rêve finalement ? Je me repris alors que ses mots parvinrent jusqu’à mes tympans. Je l’écoute alors qu’il répond à ma question première, apparemment il ne voulait que ce soit que moi qui sois au courant. Et bien soit, de toute façon j’étais capable de garder un secret. Je ris nerveusement intérieurement alors que j’entendais de sa bouche que j’étais prête à survivre. Après tout ce qui m’était arrivée, j’étais un peu cassée de partout, brisé en mille morceaux. Sauf que voilà, j’avais repris goût à ma vie, ou tout du moins, je ne voulais pas mourir. Il s’emportait un peu, même si c’était peut-être plus pour me faire comprendre son point de vue, ce qu’il voulait que j’en retire également. Je souris à ses autres mots.

    « Je suis digne de confiance. Je me demande seulement combien de temps on pourra faire tout ça dans le secret le plus total. C’est une petite ville, si je fais des trajets régulier vers une grange, je pourrais éveiller les soupçons, être suivie. » Je m’arrêtais avant de reprendre. « Je suis peut-être un peu parano. » finissais-je en affichant un léger sourire nerveux. Mais ce n’était pas complètement idiot, j’en faisais part à Martin pour qu’il comprenne que je doutais que l’information reste pour longtemps entre nous, ne serait-ce que parce que je connaissais quelqu’un qui serait capable de le découvrir. Oui, c’était bien Philippe dont je voulais parler. En tout cas, je ne voulais pas qu’il doute de moi. « Je ne veux pas dire que je divulguerais l’information, juste que j’émet des doutes seulement. Comme tu as pu le dire, les gens changent, deviennent un peu fou quand il s’agit de nourriture. Je m’étonne encore qu’il n’y ait pas de pillage, sûrement grâce aux militaires. » Je l’observais se rassoir tandis qu’il était resté debout depuis tout ce temps. J’affirmais d’un signe de tête positif alors qu’il me demandait si j’avais compris. « Si c’est une promesse que tu veux, je te l’accorde. Je ne dirais rien. » lui affirmais-je alors que mon regard ne quittait pas le sien. Il fallait qu’il soit conscient de ma sincérité. Il m’offrait quand même quelque chose d’extraordinaire. Qui pourrait me faire un peu avancer et me concentrer sur ce ‘projet’. « Où se situe tout ça ? La grange, où est-elle ? J’imagine un peu loin du centre. »


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Jeu 13 Fév - 18:54

La sollicitude d'Eléanore me fit chaud au cœur : je n'avais aucune raison de penser qu’elle n’était pas sincère à mon égard. Si j’avais été face à une autre personne, j’aurais tenté de rester modeste et de minimiser la réalité en restant évasif. Non, je ne voulais pas continuer sur cette voie et changer de sujet mais Eléanore s’y accrochait, sa curiosité prenant le dessus. Je n’étais pas forcé de lui répondre mais si je restais muet, elle risquait d’imaginer des choses qui n’avaient pas lieu d’être et prendre peur, ou chercher par elle-même les réponses.

« Non » la rassurai-je d’une voix ferme, « je garde le contrôle de la situation » lui assurai-je. Ce n’était pas vraiment le cas mais mon désir de l’impressionner m’empêchait d’être modeste. Mon affirmation était paradoxale puisque j’affirmais plutôt que c’était le chaos qui régnait à Louisville. *Heureusement qu’on ne m’enregistre pas en cachette, sinon je serais vite démasqué pour mon incohérence !*

Je ne comprenais pas la réticence d’Eléanore face à mon projet et cela m’énervait. D’une part, je lui démontrais que j’avais une totale confiance – aveugle ? – envers elle et je me dévoilais donc d’une manière qui me déplaisait beaucoup. D’autre part, j’avais l’habitude de rester calme face aux réactions négatives d’autrui et voilà que je ne pouvais cacher que j’étais blessé par sa réserve. Non pas qu’elle refusait de se joindre à moi, mais je la sentais hésitante et craintive. Heureusement, peu à peu sa réticence fit place à de réelles questions sur mon projet, montrant qu’elle voulait se l’approprier et qu’elle y songeait sérieusement.

D’ailleurs elle soulevait des points que je n’avais pas étudiés auparavant, comme ses allées et venues soudaines qui risqueraient de faire se poser des questions aux habitants de la ville.
« Non, c’est une bonne objection, » relevais-je pour montrer que je considérais ses idées comme valables et dignes d’être étudiées. « Si nous aménagions un logement près de cette grange, peut-être que cela réduirait les questionnements ? Tu pourrais dire à tes amis que tu as trouvé un métier en rapport avec la campagne, sans bien sûr parler de notre projet … ou on pourrait installer une fausse serre bien évidence que tu pourrais leur montrer s’ils veulent voir où es situé ton nouveau travail ? »

Je sortais les idées telles qu’elles m’arrivaient dans la tête et je le signifiais tout de suite à Eléanore :

« Ce sont des hypothèses, à toi de me dire ce que tu en penses. Tu vois, là je te sors un peu ce qui me passe par la tête face à ton objection »

Eléanore finit par me confirmer qu’elle ne dirait rien. Je me sentais quelque peu soulagé même si je me rendis compte que mon idée était toujours aussi folle et qu’il nous fallait la travailler pour qu’elle repose sur des bases stables.

« Oui, dans la campagne. » répondis-je évasivement. Au final, tant que le projet ne se stabilisait pas, je ne voyais pas de raison de lui indiquer clairement sur la carte où se trouvait la grange.

Je restais à fixer un point dans le vague, songeant aux problèmes que tout cela soulevait. Finalement, obtenir le silence et la coopération d’Eléanore n’était que la partie visible de l’iceberg. Tant de soucis nous cernaient … mais il ne fallait pas baisser les bras pour autant. Je la regardais à nouveau dans les yeux :

« Si tu as d’autres objections, vas-y, je suis toute ouie. Avoir un point de vue extérieur sur ce projet est très utile ! »


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Lun 17 Fév - 14:28

    Un fin sourire étira mes lèvres alors qu’il me certifiait avoir le contrôle de la situation. Cela me rappelait vaguement quelqu’un. Un homme dont il fallait que je me décroche, m’éloigne avant qu’il ne fasse plus de ravages sur ma personne et sur mon mental. Je n’étais que très peu remise, et j’arborais un tout autre masque devant les autres, devant Martin qui plus est. Ce n’était pas aussi évident, car je n’étais pas douée pour mentir ou pour effacer la transparence de mes émotions via les expressions de mon visage. Je n’étais pas faite pour cela, et peut-être développerais-je ces capacités prochainement. Car oui, au point où j’en étais, il fallait que j’avance et pour cela il fallait que je me détache de certaines choses, de certaines personnes aussi. D’une seule en vérité.

    « Parfait, c’est bien pour toi. » répondais-je simplement alors que j’étais en train de me demander si je n’étais pas resté trop longtemps évasive, songeuse. Mais de toute manière, je pouvais faire confiance à Martin concernant son tact. Il n’était pas du genre rentre dedans, c’était ce que j’appréciais aussi, car je ne pouvais m’ouvrir sans me faire autant de ravage à l’intérieur de moi. Tel un ouragan. Oui, belle métaphore, mais c’était la meilleure façon d’expliquer tout ce qui me submergeait. Finalement la conversation se tourna vers le projet que souhaitait mettre à jour Martin, ou du moins le mettre en place dans le secret le plus total. C’était ce qui me dérangeait dans un sens. Non pas que je ne pouvais garder un secret, mais disons que dans cette ville tout se savait un jour ou l’autre non ? Ce n’était pas comme si nous étions des milliers, je ne savais même pas si nous atteignons la centaine. Quoiqu’il en soit, j’avais peur que cela soit mal perçu. Dans tous les cas, je soulevais mes questions ouvertement, aussi pour que Martin comprenne mes réserves s’ils ne les avaient pas déjà comprises.

    Je lui avais déjà avouer ma loyauté, si on pouvait appelé cela ainsi, par contre, j’étais d’autant moins charmé par sa nouvelle proposition qu’il me faisait concernant le logement.

    « Oh… je n’aimerais pas… » J’hésitais, non pas que je ne savais pas comment lui répondre, disons plutôt que je n’arrivais pas à bien formuler pour lui dire ma réponse… négative qui plus est. « … quitter la maison d’Elena. Nous sommes très bien ensemble et je l’aide aussi autant que je le peux et je n’aimerais pas la laisser seule. Je l’apprécie vraiment beaucoup et… » Je m’arrêtais, pour éviter de lui dire qu’elle était aveugle et que c’était aussi en partie pour ça que je ne voulais pas la laisser. Ce n’était pas de la pitié mais de l’affection, et puis Martin la connaissait déjà.

    « Par contre, c’est une bonne idée concernant la fausse serre. »

    Je ne m’en rendais pas compte, mais Marti m’offrait là un peu de liberté, de sérénité car il accaparait mon esprit pour autre chose, pour son projet et je ne pensais du coup à rien d’autre. Pour le moment du moins. Mais même si cela serait temporaire, au moins je m’intéressais à cette discussion, très intéressante qui plus est. Il m’indiqua où était la grange en question et j’hochais la tête positivement alors que je semblais réfléchir à tout ça… difficilement car je sentais mes yeux me piquer progressivement et la fatigue venir également.

    « Et bien… non je n’en ai pas d’autres à part mes questionnement de tout à l’heure. » Je fis une pause avant de me lever. « Je pense qu’il faudrait éventuellement que tu me montres tout ça, que j’évalue un peu par moi-même les lieux, la terre et les graines. Cela serait-il possible ? » Ma main s’appuyait sur le dossier de la chaise. « Car je pense être incapable de faire plus ce soir, je me sens pas très… en forme. » terminais-je alors que j’avais bien l’intention de rentrer pour m’allonger sur le canapé. J’espérais qu’il ne m’en tienne pas rigueur ou qu’il ne pense que j’écourtais notre discussion volontairement. J’aurais voulu rester plus longtemps si mon état me le permettait. Sauf que voilà, on ne pouvait fermer les yeux indéfiniment.


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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   Ven 21 Fév - 0:15

J’avais envie de creuser le sujet avec Eléanore pour ne rien oublier. Depuis que je l’avais en tête, je n’avais pas trouvé le temps d’y penser vraiment, finalement. En parler avec elle permettait de mettre le doigt sur les failles et les faiblesses de ce projet. Enfin, je la sentais réceptive et prête à argumenter. *C’est pas trop tôt* pensais-je. Sa réticence m’avait énervé et j’avais failli le lui montrer ouvertement. Si je cherchais à m’en faire une alliée, mieux valait garder mon calme.

Pour éviter d’attirer les regards suspicieux sur ces allées et venues soudaines, je lui proposais de déménager près de la grange mais elle n’adhéra pas à ma suggestion. Elle ne voulait pas quitter la maison d’Elena, par amitié envers elle apparemment. Eléanore ne termina pas sa phrase, comme soudainement gênée de me confier qu’elle appréciait Elena. Il est vrai qu’elle ignorait la teneur de ma « relation » avec la femme aveugle et je comprenais qu’elle veuille me cacher certaines informations la concernant. Mais j’étais peiné qu’elle ne souhaite pas s’installer ailleurs ; ce serait tellement plus simple ! Mais en tant que maire, j’avais l’habitude des obstacles et des procédures longues à mettre en œuvre. Le fait que nous étions en guerre et dans une situation critique ne changeait rien aux choses, finalement.

J’exagérais un peu puisqu’elle acceptait l’idée de la fausse serre. Elle se leva et je fis de même, étonné de son geste. Elle me demanda si je pouvais lui montrer l’endroit et les graines. J’acquiesçais et je m’apprêtais à fixer un prochain rendez-vous quand elle ajouta qu’elle se sentait fatiguée et faible. En tout cas, c’est ainsi que j’interprétais sa réponse. C’était une manière très polie et indirecte de signifier la fin de notre entretien. Tout à mon projet, je n’avais pas pensé à lui offrir un verre d’eau ni songé à sa souffrance certaine. Mais je me rappelais qu’elle avait tenu à ne pas parler de ses soucis personnels et qu’elle avait choisi la chaise au lieu du fauteuil. Eléanore tenait à rester digne dans sa douleur et je n’avais plus qu’à l’accepter ainsi.

« Bien sûr ! Je te recontacterais plus tard, quand tu seras reposée. Merci d’être venue, d’avoir accepté de me parler et d’écouter mon projet. Tu veux que je te raccompagne ? »
*Sans sous-entendu derrière, évidemment.* me jurai-je.

Eléanore accepta et je lui ouvris la porte, tout en verrouillant bien derrière nous. La laissant passer devant, un sourire aux lèvres, oui j'étais heureux, pas seulement de ne porter ce secret tout seul, mais surtout qu'elle ait accepté. Si on nous regarda quand nous sortîmes dehors, je n'y prêtai pas attention. Si on vit mon sourire, on ne nous interpella pas. Cette entrevue se terminait très bien au final ; j'avais eu peur, j'avais douté, j'avais failli m'énerver mais j'avais su surmonter mes émotions pour oeuvrer dans un but commun. Oui j'étais fier de moi et ça faisait du bien !



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MessageSujet: Re: Une rencontre percutante [Livre I - Terminé]   



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