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Nous sommes actuellement, en jeu, pendant la DEUXIEME QUINZAINE de FEVRIER 2013.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mer 10 Juil - 12:57



A la guerre, comme à la guerre


Préambule



« Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres à Louisville. Alors que le soleil décline et que la soirée commence tout juste, des tirs se font entendre, venant de la nationale qui relie Cherbourg à la petite ville. Il ne faut pas beaucoup de temps aux habitants pour courir dans tous les sens. Des hurlements envahissent les rues, et une panique générale éclate. Certains rentrent chez eux, ferment volets, fenêtres et portes. D’autres se ruent vers la provenance des tirs, où se trouvent déjà les militaires sous le commandement de Raulne. Qui attaque et pourquoi ? Aucune idée. La bataille semble durer un moment, plus d'une demie heure. On entend distinctement le bruit de détonations importantes qui font trembler le sol, et des colonnes de fumée sont visibles par delà la colline. Puis, brutalement, tout bruit cesse.

Jusqu'à ce qu'on entende le vrombissement de moteurs, et qu'une colonne de véhicules blindés fait son apparition sur la route. Celle ci est bordée de fossés et de haies basses, ce qui masque l'identité des arrivants. Bien à l'abri dans les tranchées et dans le poste d'observation creusé à même le sol et camouflé par un toit de bois recouvert de terre et d'herbe fauchée, les militaires attendent et retiennent leur souffle. C'est à ce moment là que les civils arrivent, croyant sans doute que les secours arrivent enfin!

A mesure que ces inconnus avancent et voient une foule devant eux, leurs attitudes se font de plus en plus menaçantes. Ils adoptent des positions de combats et se mettent finalement à tirer sur toutes personnes en joue, sans même chercher le dialogue avant... Les balles fusent, la bataille s'engage. Déjà, les premiers corps tombent... Au centre, sur la route, l'ennemi est stoppé net par les tirs efficaces d'Azarov, mais les flancs sont vulnérables, et le lieutenant est sévèrement touché, tout comme plusieurs civils...»

Inscrits à cette mission


Sont attendus et autorisés à poster les personnes suivantes

  1. Philippe (responsable de la mission) 1/1/1
  2. Micka 1/1/1
  3. Léonie 0/1/0
  4. Lénor 1/1/2
  5. Lucas 1/0/2
  6. Alex 1/1/1
  7. Natalya 0/0/1
  8. Czesl' 1/0/1


Ordre de passage


L'ordre de passage durera une semaine. Vous pouvez poster au maximum deux fois. Dans votre rp, vous devez absolument expliquer comment vous êtes arrivés ici et décrire la situation de votre point de vu. N'oubliez pas de prendre en compte les rps des autres joueurs :Militaire:En cas de questions, envoyez un mp au responsable de la mission

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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mer 10 Juil - 14:42

    La chance tournait. Sur ma gauche, l'ennemi progressait. Je ne pris pas le temps de viser trop soigneusement, lâchant plusieurs tirs au jugé. Un des types s'écroula après que j'aperçus au moins deux impacts dans ses jambes. Les autres, d'instinct, le saisirent par son havresac et le tirèrent en arrière, à l'abris derrière une rangée de haies. Je continuais de les arroser pendant qu'ils bougeaient, mais ne parvins pas à en toucher plus. Tant pis. Mon arme finit par cliqueter, le détendeur ne pouvant plus remonter de cartouches alors que le percuteur tapait dans le vide. J'abaissais mon arme, toujours à genoux, et ouvrais une de mes poches de veste pour en tirer un chargeur. Je l'emboitais dans le port de mon arme, l'armais en tirant la culasse, puis la rebasculais vers l'ennemi. Des balles sifflèrent et frappèrent le sol devant moi, puis un bourdon virulent me frappa la cuisse et piaula dans une autre direction. Mais presque instantanément, une balle me percuta en plein torse et me coupa la respiration en m'assommant à moitié, tandis qu'une troisième balle m'explosait la clavicule dans un « CLAC » écoeurant. Je sentais mon sang m'éclabousser le côté du visage ainsi que les environs, et je m'écroulais dans un gargouillis en arrière. Sonné, je restais là pendant ce qui me semblait une éternité. Puis, je reprenais connaissance. Je savais que dans ce genre de cas, un troupier pouvait être resté évanoui quelques secondes, mais rarement plus de quelques minutes. Je me redressais avec un cri de douleur., tournant la tête vers ma blessure pour constater les dégâts.


    La zone entre mon cou et mon épaule n'était plus que chair sanguinolente et dévastée. Je grognais, autant de douleur que de frustration. Le sang maculait ma tenue déchirée à cet endroit, et je voyais assez clairement l'os brisé entre les morceaux de chairs déchiquetés. Je me sentis instantanément moins bien, même si ce n'était pas la vue du sang qui m'impactait, mais la révélation qu'ainsi blessé, j'allais sûrement être tué. Je n'avais pas peur de la mort en soi, mais j'avais peur d'être abattu comme un chien, sans rien pouvoir faire. Je me mis sur le ventre, ce qui me fit crier de douleur. Il fallait que je sois plus discret. Tenant la bandoulière de mon arme par la main du côté où ma clavicule était brisée, j'avançais en rampant, en me tirant avec mon autre mains et en bougeant mes jambes. Mes ongles de cette main là furent bientôt inscrustés de terre, mes jambes douloureuses et ma blessure menaçait de me faire tourner de l'oeil, mais je continuais de ramper vers un abri.


    Jamais je n'abandonnerais.


    A bout de souffle, je me mis de côté, activant de ma main totalement valide ma radio personnelle.



    | Est ce que quelqu'un m'entend ? Allô ? Ici unité TFC-1.1. Est ce que quelqu'un m'entend ? Nous sommes attaqués, troupes et VBCI. Je répète... |



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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mer 10 Juil - 14:55


    Il y avait quelque chose de pas mal comique, dans la situation actuelle, quand même. Parce qu’avec Pot d’Fleur, le nouveau surnom de mon Crétin préféré, on n’en manquait pas une pour se maraver amicalement la figure, ou les tibias puisqu’ils étaient eu aussi visés. Et en plus, y’avait Muet qui voulait changer de surnom, parce qu’il venait de me dire une phrase complète, sujet-berbe-complément, qui avait un sens et que j’avais comprise. Genre la grande rigolade. Mon « Mais tu parles en fait ? Geeeenre » fut interrompu par Blanchet-le-retour, pour me jouer un mauvais tour, et son« Putain mais vous servez à quelque chose là ? » retentissant, et la réaction immédiate de mon Muet-plus-si-muet préféré : « Super, on avait besoin de ça. ».  Bien bien bien, c’était la joie, on s’aimait tous, et j’avais franchement envie de rire, et de me foutre de leur gueule. C’était sacrément chouette. Le seul hic, c’étaient les c#nnards qui voulaient nous transformer en confettis, à défaut de pouvoir nous en lancer pour compléter l’ambiance festive, et l’autre hic, c’était accessoirement Raulne qui voulait lui aussi participer à la fête et contribuait à me pourrir la vie. Parce qu’il était en train de se faire flinguer. Et m#rde. Dans ma tête, c’était assez easy à comprendre : si Raulne bouffait les pissenlits par la racine, moi j’avais plus qu’à goûter aussi le mélange, parce que pas sûr que le prochain sur la liste de succession soit suffisamment c#n pour me réintégrer. Flûte, zut, crotte. P#tain de b#rdel de m#rde, aussi. Ouais, aussi. Scrogneugneu accessoirement. Jarnicoton. Ventrebleu. Montjoie ! Saint Denis ! Que je trépasse si je faiblis. Mais là, j’étais parti dans un autre registre, qui annonçait un peu ce que j’avais envie de faire. Mais il fallait que je me retienne, que j’ai un peu de jugeote, que je fasse ce qu’on m’avait demandé, ou pas, et que j’attende de voir le bon moment pour bouger. Il ne fallait pas que j’oublie, accessoirement, que je n’avais ni gilet, ni casque, ni porte bonheur, et que le mieux protégé entre Baxter et moi, c’était quand même mon chien. Donc sauf si je trouvais une armure à la Iron man dans une pochette surprise, il valait mieux pour moi que je reste bien planqué dans mon trou. Je m’aperçus soudain que Pot d’Fleur avait gagné un flingue au Lotto, mais avant que mon « P#tain, j’veux l’même, tu l’as trouvé où ? » parvienne à ses oreilles, un ovni débarqua dans la tranchée, pour récupérer l’arme en un clin d’œil. Tout en continuant d’approvisionner la mitrailleuse de Muet qui, mine de rien, avait plus ou moins stoppé la progression des c#nnards débutants, je plaçais Raulne comme étant le chef c#nnard, mais ces gros loulous avaient un bon potentiel de c#nnard-ttitude, tout en continuant de l’approvisionner donc, je cherchais comment venir au secours du Con-fetti qui agonisait assez loin de la tranchée. Faire diversion ? C’était une idée. Stupide, certes, mais c’était une idée. J’essayai de réfléchir, mais mes neurones étaient un peu trop rouillés, et je mis quelques secondes à avoir une idée de la situation. C’était trop méga nul, parce que je n’étais pas un super héros, plutôt un super zéro à ce niveau là, et j’étais coincé dans la tranchée, comme un crétin, en plus. Je pris Crétin par l’épaule, pour attirer son attention :

    « Pot’d’Fleur, tu approvisionnes le machin, c’est pas compliqué, tu devrais y arriver malgré tes capacités intellectuelles douteuses. Ovni, ca ne se fait pas de prendre les jouer des gens, mais vu qu’apparemment tu sais à peu près dans quel sens faut le pointer, essaye de viser les p’tits c#ns qui nous vise. Muet, tu essayes de faire un truc pas c#n, et d’immobiliser les TB-TT. Moi, j’vais voir si j’peux pas trouver un pistolet à bille pour les louloups de gauche. »

    J’avisai le mec à qui Blanchet avait du piquer le flingue, avant de se le faire prendre, et le gilet qu’il portait. Accessoirement, je pris le temps de me contenir pour ne pas vomir, et une fois cela fait, je récupérais le gilet pare-balle, qui était un peu grand pour moi. Bon, on faisait ce qu’on pouvait, avec ce qu’on pouvait. D’ailleurs, maintenant, j’avais du sang de son précédent propriétaire sur les mains, c’était totalement dégueulasse. « Baxt’, tu dors. » Mon chien me regarda et resta couché, la tête entre les deux pattes antérieures, attendant d’autres ordres que celui que je venais de lui donner, et qui signifiait qu’il devait rester coucher. Je fis quelques pas dans la tranchée, à la recherche d’une arme, ou d’une autre mitrailleuse, et je tombais rapidement sur un mec du groupe qui était salement amoché. Cette fois, je n’eus pas le temps de me contenir, et je crachai de la bile sur le bas côté, juste avant de récupérer l’arme du mec. Je ne me souvenais même plus de son nom. En fait, dans un sens, c’était normal, c’était pas mon unité à la base, mais… je me sentais mal de ne pas le savoir. Je me mordillai la lèvre dans un « Tiens bon, mec. ». Je m’éloignais encore plus du groupe de la mitrailleuse, et je sifflai Baxt qui arriva rapidement à mes côtés où il se recoucha. Bon. Et maintenant ? Maintenant, il s’agissait d’inspirer, de tirer, de dégager le terrain et d’attirer les louloups qui canardaient Raulne. J’inspirai un bon coup avant d’appuyer sur la gâchette et d'aligner les c#nnards qui visaient le seul c#nnard autorisé en ville.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Sam 13 Juil - 19:21





A la guerre comme à la guerre
Mission intrigue
« Chaque guerre est la dernière. Tachons de survivre à celle-là pour voir la suivante… »



Les tirs ne s’arrêtaient pas. Le soleil commençait à se coucher à l’horizon mais j’avais déjà l’impression que nous ne le reverrions plus avant un long moment. Je toussai et gardai le visage fermé dans une expression de pure concentration. Les explosions créaient un nuage de poussière si épais qu’on voyait au travers uniquement grâce aux éclairs produits par les tirs de ci de là. En ayant l’habitude de cette atmosphère j’avais tout de même du mal à distinguer ce qui se tramaient huit mètres devant moi. Je me concentrai donc sur le lointain pour essayer de distinguer Raulne qui ne nous avait pas suivis, apparemment. Je distinguai plusieurs personnes courir dans la zone de tirs. Deux d’entre eux tombèrent en avant alors qu’ils courraient se replier. Leur manière de tomber m’indiqua le pire et je détournai le regard. Ils étaient surement morts, je l’espérai presque leur souhaitant une mort rapide plutôt qu’une longue agonie avec plusieurs balles dans le dos dans l’incapacité de bouger. Je touchai mon torse du bout des doigts et imaginai la sensation de ma blessure sous mes doigts. J’avais vécu cette attente comme beaucoup d’autres soldats mais à la différence, on avait fini par me retrouver et par me sauver la vie, surtout.

Je ne vois plus… plus rien du tout… !

Je baissai les yeux vers la jeune femme, toujours sur moi. Ses larmes nettoyaient doucement le sang d’un malchanceux qui se trouvait sur son visage. Les larmes, l’air de rien, avaient bien des utilités. Elle ne voyait plus c’est bien ce que j’avais craint en voyant sa réaction qu’elle n’est momentanément perdu la vue. Momentanément ou définitivement. Elle me chercha avec ses mains sans trop se redresser. Son dos était sur mon ventre depuis que je m’étais retourné quelque instant plus tôt. Je n'arrivai à voir sur son visage. Elle m’attrapa alors le bras et me le broya. Sa poigne était féroce et j’espérai qu’elle mettrait autant de hargne à survivre quel que soit les embuches pour y parvenir. Je posai mon autre main sur la sienne et la serra fort également. Lui montrant ma présence et mon soutien même si je ne savais pas ce qu’il allait vraiment advenir de nous. Plusieurs tirs éblouirent la zone et touchèrent le sol à quelque pas de nous. Raulne. Bon sang.

Ou est-ce con de Raulne !?
Philippe.. est là ?

Je baissai à nouveau les yeux vers la jeune femme que je gardai sur moi, ne pouvant bouger plus que ça le temps qu’elle se sente prête à se redresser. J’étais redressé de quelque centimètre avec mon coude ce qui me permettait tout de même de voir dans la limite possible. Bref. Philippe. Elle le connaissait donc et sa voix me confirma mon étonnante pensée : elle était sa donzelle. Il était parti dans la zone pour elle, pour une femme. Qui l’aurait cru ? Qui l’aurait cru venant de lui. Je secouai la tête ce n’était pas le moment de divaguer cela faisait bien trop longtemps qu’ils étaient au même endroit. Les tirs, plus éparses que les précédents, semblaient les avoir repéré et je ne jurai pas de la solidité du bâtiment qui nous couvrait ni des deux véhicules en face de nous. Il fallait bouger.

Phi..Philippe a voulu vous sauver la vie ! Il est reparti aider ses hommes quand je vous ai amené ici… ne vous inquiétez pas… maintenant, il faut bouger…

Je lui mentais. Oui. Mais je doutais qu’elle ait besoin de savoir que Raulne aurait dû nous suivre et que celui-ci n’était pourtant pas avec nous. Je ne savais pas s’il était effectivement retourné voir ses hommes, s’il était resté faire des tirs de couvertures, s’il avait trouvé une meilleure position pour dégommer ces fils de p**** ou s’il s’était fait trouer par ces derniers. Bref. Je ne savais pas. La seule chose que je savais c’était qu’il fallait que je cache cette jeune femme dans un endroit assez sûr pour la rassurer. Elle qui ne pouvait rien voir. Pas pour le moment du moins.

Ne vous inquiétez pas. Ca arrive. Votre vue va vous revenir. Soyez… soyez forte ! On va s’en sortir, on va tous s’en sortir !

Je lui lâchais alors la main et me décalait sur le côté sans trop la ménager. C’est là qu’elle poussa un cri. Un cri de douleur. Mes tympans en prirent un coup et je m’arrêtai de bouger. Qu’est-ce que j’avais fait encore ? Je fronçai les sourcils et tournai le regard vers la jeune femme qui avait les yeux fermés. Mon mouvement, en plus de lui avoir fait mal, me permettait de voir davantage son corps et ce que j’en vis me coupa le sifflé. S’il y avait bien une chose qui ne m’avait pas manqué depuis ma mise à pied c’était bien la gueule des blessures qu’on pouvait avoir et voir en allant en mission à l’étranger et que celle-ci tournait mal. Sur son abdomen, empiétant légèrement sur le flan droit, un éclat d’Obus, gros, très gros. Je m’appuyai de nouveau sur un coude et approchai ma main vers l’objet afin de le mesurer avec ma main. A peu près deux mains ouvertes, un peu plus de 20 cm de long et la largeur me paraissait bien… large justement. Il fallait que je l’aide. Comment ? Je n’en avais pas la moindre idée, ce n’était pas moi le doc dans la famille. Je n’avais jamais été attiré par ce côté-là n’aimant pas particulièrement la vue du sang. Je fronçai le nez sentant l’odeur du sang qui me révulsait. Je préférai mes blessures à celles des autres ce qui dans tous les cas n’était pas vraiment une bonne chose sur le terrain. Toutefois j’avais toujours fait mon possible pour aider. Les gestes de premiers secours je maitrisais mais face à une blessure comme ça… non, je ne maitrisais rien du tout.

Calmez-vous ! CALMEZ-VOUS ! Je… JE VAIS VOUS SORTIR DE LA MAIS…..Putain ! Mais AVANT IL FAUT QUE JE ME DÉGAGE… JE VAIS BOUGER…ME GLISSER…

Je bougeai alors tentant d’aller le plus vite possible tout en la faisant bouger le moins. Je libérai tout mon torse avec difficulté sous ses plaintes puis je m’arrêtai.

Je suis désolé… Putain ! Quelle merde ! JE VAIS LES FUMER ! JE VAIS LES ERADIQUER CES FILS DE CHIE**** !!  

Plus que mes jambes. C’est alors que je vis cette silhouette tel mon messie personnel.

DELACROIX !!!! DELACROIX BORDEL DOC PAR ICI !!!! VITE !!! DELACROIX !!!!!! DOOOOOOOC !!!

J’agitai mes bras en l’air espérant qu’elle se retourne et rapplique très vite. Voyant qu'elle m'avait vu, je m'agitai dans un ultime effort. Je tenais la tête de la jeune femme dans une main et la posai sur le sol une fois mon corps dégagé. J'étais en fin libre de mes mouvements ...




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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Dim 14 Juil - 1:30

Je n'étais pas quelqu'un qui était sujette à ce genre de pressentiment. Celui qui indiquait que la journée allait être pourrie. J'étais médecin donc quelqu'un d'extrêmement rationnelle. Et puis dans mon métier, il n'y avait pas de journées apaisantes. Soigner les autres était une course de chaque instant. Encore plus quand on était urgentiste. Mais ce matin là, il y avait une atmosphère emplie de malaise. Comme ces journées où on sait que l'affluence à l'hôpital ne laissera aucun répit. Et que l'on espère justement y échapper. Dans ces jours là, je me renfrognais davantage. Je n'étais déjà pas d'un naturel festif mais ces jours-là, je passais en mode -cloisonnage professionnel absolu- et on me fuyait encore plus.
La journée avait été calme. J'en venais presque à croire que ce malaise avait été une simple invention de ma part. Pourtant mon père m'avait pourtant appris que si les signes étaient toujours trompeurs, l'instinct lui ne mentait jamais et que bien souvent, il était la dernière option fiable d'un soldat piégé en plein combat.
Mais ce n'était qu'un répit. Le retour me confirma ce que mon instinct me disait. Le danger. La population affluait terrifiée, j'entendais au loin les cris des militaires qui se transmettaient des informations à travers le brouhaha. Je reconnaissais des têtes familières comme Raulne, Reh et Lucas. Il fallait que j'y aille. Si il y allait y avoir des blessés avec toute cette panique et ses armes. J'espérais que non, que ça n'allait pas aller jusque là. Mais je me devais d'être prête, de me parer pour agir face au pire si il arrivait. Et je devais rester calme. La panique ne m'avait pas gagnée mais le pic d'adrénaline en moi était à son maximum. Tout irait vite et je devais m'y préparer. Je cherchais du regard d'éventuels collègues mais je n'en voyais pas. Il n'y avait que moi.  Je ne cherchais même pas à savoir ce qui se passait autour de moi. A savoir ce qui avait engendré cette situation et je m'en moquais. Je ne réagissais plus en civile, je ne pensais qu'en médecin, à repérer les urgences et là où on avait besoin de moi. Et tout s'accéléra. Mon champ de vision repérait des blessés un peu partout. Je n'étais pas du genre à me sentir dépassée mais je me sentais quand même seule sur ce coup. Je voulais bien accepter que j'étais relativement un bon médecin, d'après mon patron et ça lui avait arraché la tronche de le dire, mais je n'étais ni dieu ni invincible. Je courrais donc vers les blessés tout en prenant soin de ne pas me faire tirer dessus. Avouez que ça aurait été franchement stupide que l'une des premières touchées soit la seule toubib aux alentours.
Mais je reconnus une voix qui m'interpellais. Celle de Lucas. Je le connais bien, j'avais été son médecin durant son coma et surtout à sa sortie. Je courrais donc pour arriver à son niveau et voir la raison de son appel. Il était avec une femme dont le visage me disait vaguement quelque chose. Mais à ce moment-là, ce qui me préoccupait ce n'était pas tant sa tronche et de savoir comment elle s'appelait, mais plutôt la sale blessure qu'elle avait. Elle était touchée et pas qu'un peu.

" Pousse toi, Lucas tu gènes l'accès. Je vais gérer."

Enfin tenter parce que j'avais beau être médecin, sans être pessimiste je faisais pas de miracles et par conséquent jamais de fausses promesses. Oui j'allais gérer. Parce que sa blessure avait beau être sacrément mauvaise, j'en avais vu des pires. Je faisais un sourire qui se voulais rassurant à la blessée. Enfin je crois parce je n'étais pas du genre à être souriante pour rien et encore moins à tenter de rassurer. Mais je n'avais pas le choix. Si elle paniquait, elle risquait d'aggraver les choses et ça ne risquerait pas de m'aider. Tout en m'occupant de la blessée, je m'adressais à Lucas.

" Tu n'as rien? Rien dont je doive m'occuper ensuite? "

Je ne tournais pas le regard vers lui pour vérifier. J'avais déjà fort à faire avec la blessée mais je devais malgré tout lui poser la question. Conscience professionnelle oblige mais aussi parce que l'éliminer de la liste d'urgence, ça m'aurait bien arrangée pour le coup.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Dim 14 Juil - 17:16


    Avec la peur qui me guidait et la monté d’adrénaline qui allait avec, je ne faisais pas attention à la force que je pouvais avoir même si je paraissais très menue au premier coup d’œil. Ce qui était le cas, étant donné que je ne mangeais pas grand-chose depuis mon arrivée ici, mais surtout que j’avais fait la diet, ou presque, depuis la mort de mon fiancé. J’étais donc affaiblie voire même carencé depuis un petit moment. Je me demandais parfois comment je faisais pour tenir encore debout après cela. Comme réponse à ma prise si féroce et tenace, je sentis une main serrer la mienne. Je ne savais pas encore qui était cet homme, mais il avait l’air de comprendre ma grande détresse et ma peur panique de perdre la vue. C’était horrible en de telle circonstance de ne plus rien voir, je ne pouvais pas voir l’avancée des ennemis, voir où ils étaient, s’il fallait que je fuis ou non… J’aurai presque eu envie de prendre un flingue pour tirer dans le tas, juste pour déclarer ma colère intérieure. Je ne desserrais pas ma prise car cela me permettait aussi de ne pas perdre la réalité qui m’entourait. De toute façon, je ne lui laissais pas le choix, il devait rester.

    Je ne savais guère pourquoi j’avais demandé si Philippe était là. Je n’en revenais pas moi-même, mais s’il avait été à mes côtés, je me serais juste sentie un peu plus en sécurité. Va savoir… je ne comprenais moi-même plus mes sentiments et les fracas des balles sur le sol m’arrêtèrent dans mes pensées. J’étais encore un peu sonné, et alors qu’il me rassurait sur ma vue qui était partie, j’essayais de le chercher des yeux même si cela restait impossible. Je voyais blanc, flou, c’était un aspect très étrange et j’aurais aimé qu’il ne dure que quelques instants. Au lieu de ça, j’étais une épine dans la main, un fardeau à porter, et je mettais en danger l’homme qui était avec moi. Je me voyais déjà faire partie des cadavres environnants. Alors que cette pensée me traversa l’esprit, je ressentis des picotements légers sur mon flanc droit, et avant même que mes doigts ne purent constater les dégâts, ou bien même que je demande à l’homme sur qui j’étais, je poussais un cri strident. Il avait voulu se dégager de moi, sans vraiment me ménager, mais voilà qu’une douleur exquise l’avait interrompu, me faisant hurler de douleur. Si tout le monde n’avait pas entendu ce cri, c’était bien à cause des bombardements que l’on subissait. Par réflexe, ma main vint à la rencontre de l’éclat qui s’était logé en moi, et je ne pus qu’échapper un autre gémissement. Je sentais à présent un liquide chaud sur mes doigts, mon cœur s’emballa aussi rapidement qu’il ne l’avait encore jamais fait, frôlant la crise cardiaque. Je suffoquais presque, ma respiration était anarchique et lorsque j’entendis sa voix paniquée, rien ne m’affola encore plus. De toute façon, c’était trop tard, je savais ce que j’avais même si je n’avais pas les yeux pour confirmer. Ma prise se fit encore plus intense et je me demandais si je n’allais pas broyer le bras du soldat. Je lui faisais comprendre que le moindre petit geste, même aussi subtil soit-il, me faisait atrocement souffrir. Je cru tourné de l’œil, l’évanouissement étant proche, mais je me mordis la lèvre pour compenser, au point de me l’entailler. Je bougeais le moins possible, me laissant totalement décontracter car le moindre mouvement de ma part, même ma respiration, me faisait un mal fou. Alors je faisais des apnées, même si la douleur restait présente et profonde. Je l’entendis appeler quelqu’un, et lorsqu’une deuxième voix se mêla au bruit autour de moi, je ne pu la reconnaître. Je pensais déjà que j’allais mourir. Ma main ensanglantée par mon sang vint trouver le médaillon que j’avais à mon cou, je pensais que tout allait être fini sous peu. J’avais peur, j’étais terrifiée, et je transmettait cela par ma prise qui ne lâchait guère le bras de Lucas.


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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Lun 15 Juil - 16:11

A dire vrai, j'ignorais si ce que je faisais était courageux ou purement inconscient. Je ne m'étais pas encore pissée dessus et je crois que c'était cela qui parvenait à me motiver totalement : je ne tremblais pas, mais mon corps, déjà épuisé, était secoué de spasmes d'adrénaline que je parvenais tant bien que mal à dissimuler et à contrôler. Les balles sifflantes et bourdonnantes à mes oreilles n'arrangeaient, pour ainsi dire, rien. La sensation d'être prise au piège, au cœur d'un nid de frelons, se faisait à chaque seconde plus importante, plus terrifiante, mais encore une fois, je ne tremblais pas. La crainte de mourir n'existait plus, il n'y avait plus que l'envie de vivre, de se battre jusqu'au bout. C'est pour cela que je continuais, inlassablement, à porter secours aux soldats que je voyais tomber. Arrivait pourtant des moments où, malgré toute la bonne volonté du monde, je savais que l'homme, à qui je serrais la main, était foutu. Ces courts instants semblaient à chaque fois durer une éternité, tout en étant de plus en plus éprouvants. J'espérais qu'à force de voir l'horreur d'un champ de bataille, je serais vaccinée contre le dégoût à la vue des plaies ou contre la peine sans nom de voir un homme, qui hier encore me parlais de son enfance, crever comme un animal abattu en pleine course. J'avais tort, encore une fois. De toute évidence cependant -et là était la seule pensée qui me réconfortait-, Jean-Baptiste n'était pas là, auquel cas je l'aurais vu s'affairer autour des corps tout comme je le faisais. Quand à l'idée qu'il ait été touché dès le début de la fusillade, ce qui aurait expliqué son absence, je la rejetais purement et simplement. Ce n'était pas imaginable.

C'est là que je vis, à proximité du lieu où je me trouvais, une silhouette passer au pas de course. Instinctivement, je dégainais mon arme et braquais en sa direction, avant de me raviser, reconnaissant nettement, malgré la poussière et les mottes de terre projetées tout autour de moi, le visage du lieutenant Raulne. Pourtant, je gardais le doigt sur la gâchette. J'aurais pu appuyer. J'aurais dû le faire, parce que cet homme n'était qu'un monstre. Le diable en personne. Je le tenais pour responsable de ce qui était arrivé chez moi et de ce qui arriverait sans doute ici, si personne ne parvenait à arrêter ces hommes. Il n'était rien à mes yeux, mais qui sait ce que nous aurions été sans lui ? Je serrais les dents et baissais mon arme en le voyant protéger une civile, aidé d'un autre homme. Il les couvrait. Il ne remonterait, certes, jamais dans mon estime, mais le fait est qu'il les couvrait. Mieux et plus héroïquement, j'en vins même à penser qu'il leur « sauvait la vie ». D'un geste devenu presque professionnel, j'achevais le bandage de l'homme au-dessus duquel je me trouvais, avant de lui ordonner d'un geste brusque d'aller se mettre à couvert. Adressant un dernier regard à Raulne, je m'apprêtais à repartir en quête de vies à préserver quand je le vis chuter.

Mon cœur loupa un battement, peut-être même deux, à la vue du sang giclant, sans que je parvienne exactement à savoir s'il venait de l'impact reçu au torse ou du second. Quelques secondes durant lesquelles je révélais être une cible facile, accroupie et immobile, complètement à découvert. Je sentis d'ailleurs que j'étais repérée quand une balle vint heurter le sol, à quelques millimètres seulement de mon pied. Sans attendre davantage, je plongeais derrière un des seuls abri de fortune de ce no man's land qui commençait sérieusement à m’écœurer. Que m'importait les tirs ennemis et les éclats d'obus, maintenant que je venais de voir mourir le seul homme qui parvenait à maintenir un semblant d'ordre dans cette satanée ville. Je plaquais les paumes de mes mains sur mes oreilles et fermait les yeux, alors que les explosions se faisaient de plus en plus violente. Je voulais du calme, je voulais la paix, je voulais que tout ça cesse, que les choses changent. Je voulais pleurer, aussi, mais les larmes refusaient de glisser le long de mes joues. Pour cause, quelque chose semblait me hurler que tout finirait par s'arranger. Je sortais discrètement la tête de l'abri et jetais un coup d’œil en direction du corps de Raulne, que je m'apprêtais à trouver inanimé. J'ignore encore aujourd'hui si ce fut un soulagement ou une déception de voir qu'il était toujours en vie, bien que méchamment amoché.

J'inspirais profondément, serrant le FAMAS récupéré sur l'un des corps entre mes doigts avant de me décider. Je mettais l'arme dans mon dos et sortait de l'abri pour courir vers le militaire agonisant. Je le trouvais en train d'essayer d'utiliser sa radio. Je ne parvenais toujours pas à comprendre pourquoi j'agissais ainsi, alors que je souhaitais, plus que tout, la mort de cet homme en uniforme. Lieutenant ! Ignorant si ma voix portait suffisamment pour se faire entendre, je me jetais à plat ventre à quelques centimètres de lui et attirait une nouvelle fois son attention. Lieutenant, je vais vous bouger de là, mais va falloir m'aider un peu ! Je ne lui demandais pas grand-chose, seulement un peu d'impulsion venant de ses jambes pour le déplacer le plus rapidement possible. Je découvrais alors la blessure sanguinolente de Raulne et me forçais à soutenir son regard pour ne pas avoir de nausée. Je ne pouvais me permettre de lui procurer les premiers soins ici, il fallait d'abord que je l'emmène en « sécurité », mais au vu de sa blessure, je savais d'emblée que cela serait compliqué, étant donné que son bras serait inutilisable, du moins, s'il voulait avoir la chance de s'en resservir un jour. Aussi, je glissais mes épaules sous son bras valide et le tirais de toutes mes forces en direction de l'abri que je venais de quitter. Il n'étais plus très loin, mais j'ignorais si, sous les tirs, je parviendrais à le ramener en vie. C'est à ce moment-là que de nouveaux tirs se firent entendre, visiblement destinés à détourner l'attention. Une diversion ? Excellente idée, qui que soit celui qui venait de l'avoir : c'était un génie ! C'est ainsi que, malgré les gémissements de douleur du lieutenant, je parvins à le placer derrière l'amas de tôle qui servait d'abri. Je l'y adossais sans douceur et me plaçais devant lui.

Bougez pas. Oh yeah, un ordre au supérieur hiérarchique. Dans cette situation, tout cela me paraissait fort légitime. Si je n'avais pas réellement sa vie entre mes mains, j'étais du moins ici la seule personne apte à l'empêcher de se vider totalement de son sang. Ne venais-je pas déjà de lui sauver la vie ? J'écartais l'uniforme déchiqueté du militaire pour observer plus nettement la plaie. Si la situation n'avait pas été si critique, j'aurais souri à l'idée que déshabiller Raulne ne me faisait absolument pas fantasmer. Je sortais une compresse et la passait doucement en surface de la blessure pour en retirer le trop plein de sang. Je parvins alors à mieux détailler la blessure. Si l'os semblait cassé, la perte de sang elle, était stable, ce qui était déjà une bonne nouvelle. Par ailleurs, située sur le tiers moyen et non sur le quart interne, externe ou aux extrémités, cette blessure ne nécessitait pas d'intervention chirurgicale immédiate, bien au-delà de mes compétences. Les os n'étaient pas trop déplacés et c'est avec soulagement que je constatais que la peau ne risquait pas d'être transpercée, à condition qu'il ne bouge pas. Bien sûr, l'IRM pour les tendons attendrait qu'on s'en sorte. Ou pas. OK, je vais désinfecter. Autrement dit : vous allez souffrir, serrez les dents. Je versais le désinfectant sur la compresse et l'appliquait sur sa clavicule. Je laissais tomber mon paquetage à côté de moi et sortais du fond de ce dernier la petite gourde d'alcool que j'avais récupéré à ma dernière visite à l'hôpital en tant que « bénévole ». Je récupérais en même temps le bandage et le couteau qui était dissimulé le long de ma jambe, vers ma ranger et aspergeait le tout d'alcool. L'odeur âcre du sang se mêla à celle, amer, de l'alcool et me donna un mal de crâne assez insupportable.

Je levais le regard vers le lieutenant. La balle est logée à côté de l'os. Je vais la retirer pour éviter qu'elle ne fasse plus de dégâts. Je faisais une pause et repris en élevant la voix, pour couvrir le bruit alors qu'un nouvel obus venait d'éclater plus loin. Vous risquez de tourner de l’œil, mais quoi que vous ressentiez, vous ne devez pas bouger ! J'avais la sensation que mon cœur allait bondir hors de ma poitrine, mais ce n'était rien à côté de ce qu'allait endurer le lieutenant. Pour le maintenir le plus immobile possible, j'appuyais mon genou sur son torse malgré le choc qu'il y avait reçu précédemment et lui maintenais la tête tournée dans la direction opposée de sa blessure à l'aide de mon avant bras. Je glissais du mieux que je pu la lame du couteau dans la plaie et parvins à en extraire rapidement la balle, non sans une pointe de fierté. J’enchaînais rapidement et appliquais une compresse imbibée d'alcool sur la blessure, que je maintenais à l'aide d'un pansement le moins serré possible, pour ne pas appuyer sur la blessure déjà douloureuse. Malheureusement, je n'étais pas médecin militaire et la suite, cela serait à Talbert de la faire. Concentrée sur mon travail presque achevé, je repris enfin. Je... Je vais faire une attelle. Même si cela s'avérait plus que contraignant pour lui, je savais qu'il s'agissait là de la meilleure solution pour limiter la gravité de la situation. Il allait devoir guérir le plus rapidement possible et, pour cela, son bras devait rester au maximum immobile. De plus, je n'avais pas d'anneaux de contention sous la main, donc je devais me satisfaire de ce plan, ne lui en déplaise. Il pourrait toujours vivre avec la clavicule dans cet état, certes, mais il serait handicapé à vie.

L'état de l'os ne reviendra jamais à celui d'avant, lieutenant. J'ignorais pourquoi je lui disais cela tout en exécutant l'attelle avec les bandes, la faisant reposer sur son épaule valide. Vous aurez sans doute des séquelles, plus ou moins importantes. Il devait savoir qu'il risquait fortement de ne plus jamais avoir la même forme qu’autrefois. Il avait le droit de savoir, même s'il était la plus grande pourriture que la terre ait connu. Je me reculais enfin et rangeais tout mon matériel d'un geste rapide et précis. Je sortais enfin le FAMAS ramassé précédemment et le serrais dans mes mains, alors qu'un violent tir arriva juste à côté de nous, nous arrosant abondamment de terre. Après un instant d'hésitation, je sortais de l'abri à plat ventre et dirigeais mes tirs saccadés en direction de nos ennemis, pour voir où le combat en était. Pas de rafales, j'essayais de viser juste. Voyant que la situation n'avait que peu évoluée, je me redressais légèrement et me tournais vers le militaire. Vous devez rejoindre la tranchée ! Je peux vous couvrir, mais il va falloir faire vite ! Étant légèrement à découvert, je souhaitais de tout cœur qu'il fasse rapidement un choix, bien que consciente que si son ordre ne me plaisait pas, je le déplacerais de force dans une tranchée. J'ajoutais plus bas, la voix couverte par de nouveaux tirs. Les gars ont besoin de vous m'sieur, alors faut pas crever bordel ! Je gardais le regard fixé sur lui et l'arme braquée vers les lignes ennemies, espérant qu'il prenne la « bonne » décision.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Lun 15 Juil - 19:56

J'étais en fin libre de mes mouvements. C’était vrai. Pourtant j’avais l’étrange sensation d’être enchaîné à la terre sans pouvoir rien faire. Mes gestes semblaient inutiles. Inutiles pour moi. Inutile pour cette femme. Inutile pour la vingtaine de personne qui m’avait accompagné à la sortie de Cherbourg. Inutiles pour Lou. Inutiles pour Annabelle et Valentine. Inutiles. Je n’étais pas mon frère et on pourrait voir un complexe d’infériorité, ce qui était peut-être le cas après tout, mais dans le fond je jugeai seulement que celui-ci, de nous deux, auraient dû être là. Il était un excellent soldat, un très bon stratège et un dieu du trauma. La blessure de la jeune femme aurait été du caca de doigt pour lui tel une écorchure un peu plus grosse. Beaucoup plus grosse. Il était pragmatique et n’avait pas ce souci du sang que je me coltinais malgré toutes les épreuves que j’avais vécu. Le sang. Avant je l’appréciai en fin, je ne le détestai pas. Ce n’est qu’après la tentative de suicide de ma mère par les lames que sa vue me révulsa. J’avais toujours l’impression de voir la même flaque de sang de sentir cette même odeur. Je fronçais le nez me forçant à détourner le regard. J’observai alors le spectacle derrière le mur voyant très bien les impacts de balles dans le sens qui semblaient se rapprochaient dangereusement de nous. Il était évident qu’on était foutu si on restait trop longtemps ici. Je vrillai mon regard vers Delacroix puis vers la jeune femme allongée. Celle-ci me rappela à l’ordre en me broyant le bras. Décidément, la douleur décuplait nos forces et surtout les siennes. Un étau lui servait de bras et j’étais la barre de fer qu’elle tentait de plier.

Pousse toi, Lucas tu gènes l'accès. Je vais gérer

Oui ben t’es marrante toi ! Va dégager mon bras de l’emprise de Wonderwoman !

Lui hurlais-je déçu. Je ne voulais pas abandonner cette pauvre femme mais je ne voulais pas non plus plus que ça rester trop près de sa blessure. Trop de sang tue. Surtout moi. Je me concentrai alors sur le brouillard de poussière essayant de capter ce qu’il y avait à capter. Un signe de perte ou d’avancé. J’espérai percevoir un mouvement m’affirmant le recul des troupes ennemies mais je ne vis rien mis à part un nouveau civile tomber devant notre ruelle. Sortir de là ne serait pas évident. Le doc me demanda alors si je n’avais rien et je fis un rapide état des lieux pour lui signaler que non, je n’avais rien de bien grave. Je changeai de position afin d’être face à l’artère principale ayant remarqué qu’un éclat dans le mur me permettait d’avoir une vue sur tout ce qui pouvait arriver jusqu’à nous et le dégommer si besoin était. De ma main libre je callais mon arme sur mon genou qui me servait de stabilisateur et j’attendis. Cela me permettait de me concentrer sur autre chose. Pas penser à Raulne. Pas penser à cette femme. Pas penser à Lou. Lou. Je n’étais même pas allé vérifier qu’elle était en sécurité ! Avec tout ce chaos, on ne pouvait même pas entendre les tirs d’un éventuel combat dans le centre de la ville. Nous étions peut être pris en tenaille et nous ne le savions même pas. Quelle connerie. Et j’étais bloquée avec cette jeune femme que j’avais blessée. Oui, je n’étais pas con ni dupe. Cet éclat je me le serai pris de plein fouet si je ne l’avais pas porté sur mon dos. Elle m’avait sauvé bien involontairement. Elle allait crever parce que j’avais voulu l’aidé si ça ne prouvait pas que j’étais un assassin malgré moi…. Je secouai la tête. Il n’était pas temps de penser à ça mais de lâcher ma haine contre eux tous. Je venais peut être de tuer la seule personne qui fait de Raulne un humain alors il valait peut être mieux pour moi de crever en ce jour. J’affichai un léger sourire trouvant amusant cette pensée et toutes les précédentes. Je n’étais pas dans mon assiette. Les flash ne m’avaient pas laissé indemne ni la présence de Lou, je pensai trop. Trop et mal. Ce n’était pas la bonne solution. Je me tournai vers le doc qui afférait depuis quelque minute provoquant des spasmes de douleurs chez la jeune femme qui se faisaient une joie de les transmettre à mon bras. Pour sûr, j’allais le perdre.

Dis moi qu’elle va survivre qu’on pourra vite la bouger de là parce que dans 10 minutes on sera atomisé… ou alors on pourra nous bouffer par la racine…

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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mer 17 Juil - 15:47

Et sinon on pouvait avoir plus de malchance que ça ? Je venais à peine, A PEINE, de saisir une arme qu’une gonzesse masquée débarqua de nulle part pour me la piquer. Je n’avais rien compris au milieu des tirs, des cris et l’agitation, cette nana était juste venu m’emmerder comme ça. J’avais rien pu faire quand elle m’avait désarmé. Déjà, je n’aimais pas me faire traiter d’imbécile mais alors être traité comme tel par une femme qui apparemment se croyait débarqué d’un comics. Putain, quelle journée de merde. Wonderwoman continua sur sa lancée héroïque en se mettant à tirer. Ok, elle savait manier un flingue mais ça ne m’arrangeait pas dans l’immédiat. J’étais censé faire quoi, m’asseoir au milieu de ma tranchée et attendre un signe du ciel ?  Nos militaires ne savaient officiellement rien foutre à part faire emmerder le peuple. Quant à Catwoman, elle se mit à me donner des ordres. Genre plus louche, ça existe ? Elle cache son identité et se met à jouer au flic. Ça me saoulait grave. J’analysais ce qu’elle me disait mais ma place ici me semblait bien plus confortable et sécuritaire que son slalome entre les bagnoles. Je regardais enragé Batgirl. « Et sinon Lara Croft, t’en as d’autres des conseils à me donner ? Je vais me faire buter si je sors d’ici ! » C’était relativement le gros foutoir et en plus d’être flippé, j’étais sur les nerfs. J’observais la distance qui me séparait de ce qu’elle avait mentionné mais avant que je puisse me décider une explosion retentit. Avant que je comprenne ce qu’il m’arrive, je suis prisonnier d’un monticule de terre et partiellement sonné. Super. Il manquait vraiment plus que ça. Où est Harley Quinn maintenant que j’ai vraiment besoin d’elle ? Je me mis tant bien que mal à repousser les débris de la tranchée pour tenter de me sauver avant qu’autre chose ne me tombe dessus. Je n’avais plus de défense face à moi, je devais donc me tirer de là avant de me manger autre chose. « Putain et évidemment, ils se sont tous tirés. Quelle bande de… »  Je gaspillais mon énergie en insultes avant de parvenir à sortir mes bras de ce merdier. Apparemment, je n’avais mal nulle part, ou du moins, je pensais ne rien m’être abimé. Je parvins à me dégager complétement au bout d’un certain temps et me mis à courir aussi vite que possible vers le groupe de militos le plus proche – eux ils avaient des munitions et de quoi tirer. J’arrivais près de mariole à la mitrailleuse et analysais la situation. Tout autour de moi transpirait le chaos, l’ennemi gagnait en terrain. Je pouvais apercevoir un attroupement plus loin. Apparemment, le chef des crétins s’était fait touché. Bravo. Je grommelais dans mes dents et attendis sagement dans mon coin un moment propice pour me barrer de là.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mer 17 Juil - 21:28

Sauver la vie des civils et de Raulne et ses hommes n’était pas quelque chose de très facile. Disons le, les premiers se prenaient pour des guerriers, pensant qu’ils étaient capables de faire plus de bien que de mal. Ce qui est une vision complètement fausse bien entendu. Prenez donc l’exemple de cet homme juste à côté de moi qui vient de m’insulter en me comparant à une héroïne de jeu vidéo, qui ne m’arrivait pas à la cheville. S’il savait qu’il s’adressait à une espionne russe…  L’ignorance est vraiment le plus grand mal de cette terre, encore plus pendant les guerres. Et alors qu’il tergiversait plutôt que de suivre mes conseils, une explosion retentit. Je n’eu que le temps de me mettre à couvert, laissant à son sort le sot qui ne m’avait pas écouté. Tant pis. Je lui avais donné une chance de s’en sortir, il ne l’avait pas saisi. On ne peut pas sauver des personnes qui ne veulent pas être sauvés après tout ! Ne restant pas en place, je remontais l’allée, restant un peu en retrait par rapport au groupe qui fuyait. Je tirais des coups de temps en temps en arrière, visant la tête de nos assaillants. Pas de quartier.  Je vis alors Raulne tomber à terre et se faire toucher. Je poussais un juron russe mentalement, et analysa la situation. Une militaire avait couru jusqu’à lui et lui prodiguait les premiers soins. Mais avec son gabarit, elle n’arrivera pas à le porter pour le mettre à couvert. Je m’accroupissais, et ouvris la porte d’une voiture accidentée. Je glissais l’arme que j’avais dans la main sous un siège, au cas où je pourrais la récupérer plus tard. Ensuite j’enlevais l’écharpe autour de mon visage, puis me salit ce dernier, afin de l’accorder avec mes fringues. Je me mis ensuite furtivement à rejoindre la femme qui s’occupait du lieutenant et qui demandait de l’aide. Je lui fis un signe de la tête, avant de venir passer un des bras de l’homme sur mon épaule, et de l’aider à le foutre à couvert, un peu plus en retrait du combat qui se jouait. Je demandais à la française, reprenant mon accent russe Dites moi quoi faire pour vous aider.  .


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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mer 17 Juil - 22:55



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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Ven 19 Juil - 0:35

Je m'occupais de la jeune femme qui étais véritablement mal en point. Je tentais de limiter les dégâts à défaut de pouvoir tout soigner. Nous étions entourés des cris de certains civils effrayés, de soldats qui combattaient et il fallait autant sauver une vie que d'éviter que l'on touche la nôtre. Je la voyais paniquer et s'accrocher à Lucas, désespérée. Si elle continuait, elle n'allait qu' aggraver la situation pour elle. La peur la faisait lutter et son corps réagissait de manière négative. J'allais avoir besoin de Lucas, puisque visiblement elle avait confiance en lui.

" Elle s'appelle comment?"

Visiblement, son nom était Eléanore. Je me forçais à être  plus rassurante. Ce n'était pas dans ma nature mais la blonde devait vraiment réduire son angoisse. Pour sa propre survie. Et pour le bras du pauvre Lucas qu'elle allait broyer totalement tellement elle s'y accrochait.

" Eléanore, écoutez moi. Je vais faire en sorte de stopper les saignements. Je dois d'abord limiter les risques d 'hémorragie avant d'envisager de vous retirer l'éclat. Mais vous allez devoir m'aider et tenter de vous calmer, vous comprenez. Je sais que c'est dur mais on va y arriver. Je vais pas vous lâcher."

Au fur et à mesure que je lui promettais de me battre, je tentais de me convaincre que tout irait bien. Mais ma nature trop réaliste faisait que j'étais incapable d'être optimiste. Je me battrais car je me battais toujours, mais je ne devais pas céder à des espoirs faux et inutiles. Je me concentrais sur la blessure pour repérer les zones qui pouvais être traitées le plus facilement et ainsi commencer les soins malgré la situation , le lieu précaire où nous étions et l'absence quasi totale si ce n'était totale de matériel médical à disposition.
Je me devais de répondre à la question de Lucas qui était actuellement aussi importante que l'état d'Eléanore.

" Je peux la stabiliser mais il faudra que tu nous trouves un lieu proche car le déplacement devra se faire rapidement pour éviter tout risque que ça n'aggrave la situation plus qu'autre chose. Mais c'est possible."

J'étais tellement concentrée sur ma patiente que je ne faisais pas attention à la situation tout autour. En vérité, je me forçais à ne regarder ce qu'il se passait. Je laissais cette tâche à Lucas en quelque sorte.
Je continuais donc de contenir les saignements, avec plus ou moins de réussite puisque j'avais à la stabiliser. Cela risquait d'être temporaire car l'éclat était toujours logé dans son abdomen. Mais l'opérer maintenant n'était pas envisageable, sans un minimum de matériel. Et si elle était stable pour être déplacée sur une courte distance, ce n'était pas encore assez pour envisager d' extraire l'éclat sans risquer des dommages définitifs pour sa patiente.

Mais je ne pouvais continuer que peu de temps de maintenir son état stable, puisque d' un coup notre abri fut détruit. Je faisais bouclier malgré moi entre ma patiente et tout risque de blessures supplémentaires et heureusement, elle ne fut pas touchée d'avantage. Nous n'avions plus le choix. J'accélérais le rythme pour m'assurer qu' Eléanore garde son état stable durant le déplacement et me tournait vers Lucas.

" Elle est stable. Si il faut la déplacer, c'est maintenant."
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Lun 22 Juil - 16:59


    Ma prise toujours féroce, mes apnées presque constantes, ma vue qui ne semblait pas se rétablir étant toujours d’un flou affolant. Tout ça à la fois en plus du fait de la douleur plus qu’insoutenable et chaque nouvelle inspiration qui me brûlait jusqu’aux poumons. C’était un moment abominable, et je ne pouvais pas ne pas penser à Mickaël qui avait vécu plus que l’enfer sur le fil de la mort. J’étais dans le même état, je ne pouvais pas avoir de fausses illusions, j’avais trop peur d’espérer pour qu’au final je vois cette étrange lumière blanche, si du moins elle existait réellement. J’aurai peut-être droit à l’enfer, si du moins j’étais un minimum croyante. Je ne l’étais pas, et si je l’avais été même qu’un peu, au vu de tout ce que je perdais dans ma vie, je doutais qu’il y avait une bonne étoile au-dessus de moi. J’avais l’impression ‘avoir vécue que quelques minutes de ma vie heureuse, et que tout le reste n’était que chaos et désolation. Je perdais pied petit à petit, mon esprit s’égarant à chaque instant pour fuir cette situation. Les larmes ne finissaient plus de couler sur mes joues, emportant avec elles le sang de l’inconnu que j’avais vu mourir sous mes yeux. Le goût du fer dans ma bouche que je ressentais encore… c’était comme si tous mes sens s’étaient développer, hormis mes oreilles qui sifflaient et ma vue qui était plus que médiocre. Je me demandais comment j’allais finir…

    Une voix m’interpella. La femme s’adressa à moi, mais je ne pouvais pas la regarder, et l’écouter était plus que difficile. Les bruits tout autour couvrait à moitié sa voix même si je la sentais toute proche. Ces mots se voulaient rassurant, mais je n’y croyais pas. Je m’affaiblissais au fur et à mesure, je le sentais, et cette douleur qui ne me quittait plus n’était pas non plus une douleur normale. C’était la première aussi intense, aussi phénoménale ; comment donc pourrais-je croire une personne sur mon état ? En tous les cas, elle paraissait sincère sur le fait qu’elle ferait tout son possible, et même si elle ne le faisait pas, ça n’était pas grave. J’avais juste envie qu’on abrège mes souffrances. Ma bouche s’ouvrit pour articuler des mots que je regretterais, mais rien ne sortit hormis un gémissement. La femme m’avait conseillé de rester calme, j’aurai pu rire si la situation n’était pas aussi dramatique. Savait-elle seulement ce que ça faisait d’être troué par un éclat, de perdre du sang à une vitesse folle et de ne plus rien voir ? Impossible que je me calme, mon corps réagissait contre la douleur même si ça me faisait quand même mal en retour. J’entendis encore des voix tendit que je la sentais faire je ne sais quoi sur ma plaie. Une chose en trop, en plus du sang que j’avais perdu, pour une fois mon corps m’offrait un répit bien mérité après tant d’attente. Ma main se décrispa du bras du soldat, mes larmes s’arrêtèrent, mes paupières se fermèrent lentement et ma tête tourna sur le côté. C’était trop intense pour que je puisse rester éveillée, je ne pouvais plus luter. Je sombrais alors dans l’inconscience…

    HJ:
     


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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mar 23 Juil - 20:41

Ce que je craignais ne tarda pas à arriver. J’observai par reflexe plus que par envie ce que faisait mon doc à la jeune femme jugeant qu’elle faisait bien son affaire. Ce n’était pas tant de ses compétences que je doutais mais plutôt de la patiente ou du moins de son état. Le Doc m’avait, d’après ce que j’avais compris, sauvé la vie en plus d’Annabelle. Celle-ci m’avait trouvé et était allée chercher de l’aide. Aide qui se matérialisa par le Doc Delacroix et deux gros bras que je n’avais fait que croiser par la suite. Doc, elle, je la vis souvent. Premièrement parce qu’elle était mon médecin et qu’elle était le seul médecin au courant pour mon amnésie. Je me souvenais avec un sourire de l’après-midi que j’avais passé à la convaincre de ne pas ébruiter ma perte momentanée de mémoire usant tout mon charme et particulièrement de ma capacité à user les nerfs des personnes qui m’entourent. Bref. Je l’avais retrouvé chez mon oncle également après mes retrouvailles avec Louise ce qui lui permit de me voir sous un autre jour. Jour que j’aurai préféré garder pour Louise et pour moi en sachant déjà toute la peine que j’avais à accepter mon état ce jour-là face à une simple jeune femme de mon passé. Non, il était clair qu’elle savait ce qu’elle faisait avec cette jeune femme mais elle ne voulait surement pas se tenir ici avec moi et ces salauds à nos portes. Qui le voudrait ? Personne ou peut être Louise, après tout elle avait voulu se tuer une fois peut être prendra-t-elle au pied de la lettre ce que je lui avais dit quelque jour plus tôt. Je me crispai à cette pensée. Un instant j’hésitai à les abandonner pour retrouver Lou mais me ravisai, secouant ma tête de ces pensées inconstructives. Doc me demanda le nom de la jeune femme que je ne connaissais pas, c’est elle-même qui le souffla avant d’hurler couvrant presque les tirs éparses et s’évanouir me rendant l’usage de mon bras. Je sentais alors le poids de la marque rouge sur mon front et imaginai très bien celles peintes sur le front des jeunes femmes. Ce n’était plus qu’une question de secondes. Je le savais. Mon instinct, celui même qui m’avait sauvé à de si nombreuses reprises. Doc m’annonça alors qu’Eléanore pouvait être déplacé sous peu. J’espérai que le sous peu en question serait transformé rapidement en « tout de suite ». Je levai alors le regard vers l’artère principale. Un tir de mortier frappa une nouvelle fois le bâtiment qui faisait office de protection mais cette fois ci, le mur explosa et s’éparpilla autour de nous et sur nous. Doc fit barrage de son corps pour protéger la jeune femme et je fis la même chose pour la protéger elle. Un morceau de mur percuta mon dos et je tombai lourdement sur le côté. Sonné, j’entendis à peine les paroles du Doc.

J’étais parti une nouvelle fois ailleurs. J’eu l’impression de vivre deux actions en même temps ne sachant plus laquelle était la réalité. La sensation étrange de regarder l’écran coupé en deux d’un jeu vidéo de guerre me vrilla littéralement le cerveau et c’est avec difficulté que j’optai pour l’une des deux visions. Je me relevai rapidement non sans jurer et grogner de douleur et courut rejoindre la partie du mur intacte me mettant à vu le temps de dégommer plusieurs salopards. C’est en me retournant au bout du deuxième volet de tirs défensifs et meurtriers que je vis ma chienne surgir d’une petite allée. A mon souvenir celle-ci menait au vieux quartier de la ville et à l’hôpital. Je souris. Je rejoignis les deux jeunes femmes que je tentai tant bien que mal de protéger par des tirs en trois foulées courbées et rapides puis hurlais :

On y va ! Prends mon arme tirs à travers la brèche pas besoin de savoir viser dans ce merdier ! Tu nous couvres je la tire de là !

Je n’attendis pas sa réponse pour lui filer mon arme et prendre Eleanor par-dessous ses bras. Je maintins fermement ma prise et la tirai vers la ruelle, en arrière tout en priant pour ne pas la tuer par ce même geste. Je chutai une première fois manquant de me prendre une balle dans la tête par la même occasion et me relevai sentant mon dos me faire souffrir. Je fronçais les sourcils et grognais sous l’effort. Quand je jugeai être assez éloigné dans la ruelle je me laissai tomber en arrière. Je respirai fort et voulut un instant rester là les bras et les jambes écartés. Juste un instant. C’est là que je les vis. Les avions. Je me relevai immédiatement hurlant un « DOC ! A Terre » à travers leur passage. Je me jetai sur la blessée priant une nouvelle fois pour ne pas la tuer et pour que ces avions soient là pour nous aider plus que pour nous atomiser.


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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mer 24 Juil - 21:46



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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Jeu 25 Juil - 12:30

Tout s’accéléra sans que j’y comprenne quoique ce soit.  La mitrailleuse du mariole s’était enrayé – les abrutis ! On leur file UN truc à faire et ils le gèrent même pas. Ils devaient être préparés à ce genre dans crise non ? Putain, ils avaient reçu une formation, oui ou merde ? Ils faisaient grave pitiés ces imbéciles. Avec leur chef à terre, l’autre qui se tire sans prévenir avec son clébard et puis ce crétin qui ne connait même pas son matériel. J’aurais pu applaudir face à ce véritable cirque qu’ils nous servaient, en avant les clowns. Vu le bazar, je n’en fis rien bien entendu préférant placer mes efforts dans la survie plutôt que dans une manifestation ironique visant à souligner leur connerie. J’allais aider ce gugusse – parce que je voulais quand même protéger ma ville, à réparer ce bordel quand une nouvelle explosion retentit. Celle-ci me semblait plus proche et durant plusieurs secondes, ma vision fût voilée. Je crus que ma dernière heure avait bien sonné ce coup-ci. J’eus un dernier vertige en pensant à ma cadette qui se retrouverait sans famille et à ma meilleure amie avec laquelle je m’étais stupidement pris le bec juste avant cette histoire. Il y avait encore tellement de choses à leur dire et à faire pour elles, je ne pouvais pas mourir d’une façon aussi conne. Je tombais à nouveau soufflé par la violence du choc, roulais dans la terre et fus à nouveau enseveli. Je mis plusieurs minutes avant de réaliser que j’étais bien vivant. J’avais juste avalé un peu de terre et je peinais à l’expulser de mes poumons. J’agitais mes bras pour sortir la tête de là et toussais avec véhémence pour retrouver une respiration potable. Péniblement, je m’extirpais de là. Bordel, je jouais vraiment au jardinier aujourd’hui, je faisais que me déplanter de la terre mais il valait mieux ça que…

Je tournais mon regard vers l’homme qui se trouvait juste à côté de moi un peu plus tôt et je vis son sort. Je me défis rapidement de ma prison pour le rejoindre et jauger son état catastrophique. Il ne ressemblait plus à être un humain mais à un tas de chair broyé. Je les aimais pas ces enflures mais de là à regarder un mec crever sous mes yeux. Il était fichu cela dit et je le vis s’éteindre à mes pieds baigné dans son propre sang. Putain, toute cette guerre devenait trop réelle aujourd’hui. Et je pense que tout le monde avait compris l’inefficacité de l’unité envoyée par l’armée. Dégouté par le corps gisant et brisé du militos à mes pieds - et surtout réalisant que ça aurait pu être moi à sa place, je me détournais pour analyser la situation. Je n’avais rien compris aux manœuvres ennemies mais apparemment, elles nous fichaient la paix. On ne pouvait pas remercier Raulne et sa clique en tout cas pour ce repli. Je ne cherchais pas plus en avant les causes et préféra sauver ma peau. J’adressais de loin un salut à Lucas et l’invitais à me suivre par des gestes à quitter le coin avant de me barrer sans autre forme de procès. J’avais failli crever deux fois, j’avais assez joué avec le Destin aujourd’hui et je devais m’assurer que ma cadette était en sécurité.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Jeu 25 Juil - 13:20

    Des avions. Des bombardements. Des emm#rdes. De morts. Des cris. Du bruit. Tout cela m’assaillait, mais je le négligeais. Mes tirs avaient porté leurs fruits, un peu trop d’ailleurs, parce qu’en réponse aux mecs que j’avais dégommés, je me pris des tirs qui me forcèrent à me ratatiner dans la tranchée. C’était la folie, c’était la chcoumoune, c’était la mouise. C’était du grand n’importe quoi. Je me refusais de penser que les hommes que j’avais mis à terre étaient des personnes réelles, avec des familles réelles, et des chiens réels, même si pour ce dernier point, c’était moins certain. Non pas qu’il était fort probable qu’ils aient des chiens imaginaires ou en plastique, mais avoir un animal de compagnie n’était pas donné à tout le monde. Soudain, des vrombissements, me décontenancèrent et je me terrai un peu plus dans la tranchée, cherchant à disparaître aux yeux des avions qui nous avaient pris pour cible. Amis ? Ennemis ? Dans tous les cas, ce n’était bon ni pour nous, ni pour les s#lauds qui nous prenaient pour des lapins, parce qu’on était tous logés à la même enseigne. Mortiers pour tout le monde, et double ration pour ceux qui en redemandaient, comme la mitrailleuse de Muet et de Blanquette. Non. Que de Muet au final, parce que l’autre, je le voyais maintenant à distance, alors que je cherchai des munitions autour de moi, avait été enseveli précédemment et n’avait pas pu faire ce que je lui avais demandé. Je venais de mettre la main sur un chargeur, et je venais aussi, d’un coup d’œil, d’analyser la situation en face, lorsqu’un tir un peu trop proche atteignit Muet. Ou plutôt là où il se tenait. Le souffle de l’explosion me scia les jambes, mais ne me fit pas pour autant fermer les yeux. Il n’y avait aucun doute à avoir, même si je n’étais pas juste à côté. Muet et Blanquette étaient morts. Comme lorsque je jouais à la console, et que mes alliés se faisaient exploser la gueule. Il n’y avait rien à espérer, rien à croire. Autant pour Blanquette… voilà. Mais Muet… J’avais lâché la mitrailleuse, pour faire ce qui me semblait être le mieux, et au final,… Je restai une seconde immobile, stupéfait. En état de choc. Observant la partie de la tranchée qui était ensevelie sous les décombres. Baxter gémit à mon côté, et d’un coup d’œil, je m’assurai qu’il n’avait rien eu de grave en me relevant péniblement. P#tain. P#tain. Muet était mort. Et c’était un lieutenant. Il n’y avait personne de gradé autour de moi pour me dire quoi faire, et p#tain, c’était bien la première fois que j’avais besoin d’entendre des ordres. Alex, fais quelque chose. Bouge. Réfléchis. Qu’est ce qui est le plus logique à faire, là ?. Mes neurones fonctionnaient à toute allure, pataugeant dans la semoule et la mélasse en premier lieu. Le bruit des tirs qui continuaient et qui refusait de s’arrêter leur permit d’atteindre le goudron puis le terrain à moitié caoutchouteux des pistes de courses et avec leurs petits axones, ils s’élancèrent à toute vitesse, libérés de l’emprise caramélisée qui les retenait sur place. En bref, je réfléchissais à toute vitesse, comme je ne le faisais que très rarement. La route. Raulne blessé, je n’avais pas vu la gravité des tirs, mais vu comme on s’était fait pilonner, il ne devait pas être en train de danser la gigue-en-délire du Chapelier. Il devait plutôt être en train de compter les étoiles… Je rechargeai mon arme, et repris mes tirs. Il fallait sécuriser la route. C’était clair, c’était limpide, mais je n’avais aucune idée de comment m’y prendre. Je fis signe à des soldats aussi paumés que moi, blessés pour la plupart alors que cette fois je n’avais que quelques égratignures et un mal de crâne pas possible.

    « Faut qu’on les pousse à se barrer, ces c#nnards ! Je trouve qu’ils nous ont déjà suffisamment touchés, c’est à nous de les massacrer, ces c#ns. »

    La colonne de blindés reculait sous le tir de barrage de l’aviation, mais ça ne me suffisait pas. Pas vraiment. J’alignai tous les clampins qui se barraient, espérant à chaque balle, abattre un des c#nnards qui avait touché un militaire. Un Français. Un gars, ou une femme, qui habitait Louisville. Bref. Quelqu’un. Qui avait touché Raulne, Blanquette, Muet, Bertin,… Qui aurait pu toucher Valentine, si je ne l’avais pas mise en sécurité sur Mars –l’espoir faisait vivre, selon le dicton… –.

    Alors que je continuais de vider mon chargeur sur les c#ns, me fichant inconsciemment d’être à découvert – l’important c’était de faire carton plein –, je me fis l’étrange réflexion que si Muet et Blanquette étaient hors jeu, ce n’était pas trop mauvais pour moi. Parce que Raulne risquait de ne pas savoir que j’avais totalement lâché la mitrailleuse, et qu’elle s’était enrayée. S’il l’apprenait, je ne mettais même pas un coton-tige en jeu sur un pari concernant ma réintégration à la troupe. C’était inutile. Dans tous les cas, il fallait que j’arrête de faire le c#n. Muet était mort. Out. Hors jeu. Il n’était plus question de faire l’imbécile, et le gamin capricieux. Il n’était plus question que je pense que tout m’était du, même si c’était le cas, crétin. Il devait bien y avoir des bouquins, dans ce bled, des bouquins, des fers à souder, des fils, des appareils électroniques. Il devait bien y avoir de quoi bricoler des émetteurs, des radios, pour contacter le haut commandement. Qu’ils me donnent un bouquin de physique, d’électronique, de tout ce qui était un tant soit peu mathématique, et je pouvais me débrouiller pour le maîtriser en une semaine. Et mettre à profil de l’armée ce dont j’étais capable. Il fallait que j’arrête de me cacher, que j’arrête de faire le con. Et il fallait aussi que j’arrête de me faire lourder. Chouette programme en prévision, j’allais avoir des activités pendant les vacances de la Toussaint.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Ven 2 Aoû - 1:18

Les tirs fusaient au point de faire trembler la terre. Mais je devais rester concentrée. Si ma patiente était stable, elle avait tout de fois sombrer dans l'inconscience. D'ordinaire, un patient évanoui m'inquiéterait, mais dans le cas d' Eléanore, cela me permettait de gérer ses blessures sans être encombrée par son angoisse. L'inconscience l'avait automatiquement calmée, stoppant ses petits tremblements. Cela permettait également de transporter la jeune femme plus rapidement. Lucas prit Eléanore et me tendit tendit son arme. Il n'avait pas besoin de me demander si je savais m'en servir, il était évident que oui. J'étais arrière petite-petite fille, petite-fille, fille et soeur de militaire. J'avais grandi avec les armes et j'avais appris à m'en servir très tôt. Obligation familiale. Et à ce moment précis, je pardonnais à mon père toutes ces heures de cours de tir forcé lorsque j'étais adolescente. A l'époque, je lui en voulais mais à ce moment précis, je lui en étais reconnaissante mentalement. Lucas avait raison, savoir viser ne me servait à rien dans ce chaos.

" Je te couvre."

Et nous foncèrent vers notre prochain abri de fortune. Lucas portant Eléanore et moi tirant dans le tas, sans même chercher à savoir si j'atteignais qui que ce soit. Nous arrivèrent tant bien que mal et entiers, c'était déjà ça de pris.

" Prends ça."

Je lui rendis son arme pour m'occuper de nouveau de ma patiente et vérifier que le transport express n'avait pas stoppé son état stable. Malgré la situation, j'avais un minimum de chance car son état n'avait pas empiré et je pouvais donc continuer de la soigner. Elle était toujours inconsciente et à ce moment précis, je me disais que c'était mieux ainsi car la jeune femme n'aurait fait qu'angoisser davantage au vu de se qui ce passait autour de nous. Je m'efforçais de rester calme. J'avais beau être de nature peu encline aux chocs et aux angoisses, la peur était là. Et elle devait rester là, c'était l'adrénaline qui me forçait à ne pas sombrer comme certains habitants que j'entendais autour de moi. J'inspirais un grand coup et regardait rapidement Lucas

" Ca va?"

Il semblait gérer la situation mais j'ignorais à ce moment précis ce qu'il ressentait vraiment. Le voir agir en soldat me rassura suffisamment pour que je sois calme pour continuer mes premiers soins sur ma patiente. Et tandis que je m'occupais d'Eléanore, la situation autour de nous s'améliora. Je ne sais pas combien de temps cela prit mais je pouvais enfin espérer que ma patiente aille rapidement à l'hôpital pour être opérée. Mais elle était en vie. Toujours mal en point mais elle allait survivre.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Ven 2 Aoû - 9:27





A la guerre comme à la guerre
Mission intrigue
« Chaque guerre est la dernière. Tachons de survivre à celle-là pour voir la suivante… »




Devions-nous forcement survivre à une journée pareille ? Le soleil était maintenant presque couché et c’était uniquement grâce à ses rayons que j’avais pu apercevoir les chasseurs. Ils étaient la réponse à des prières, les nôtres ou les leurs. J’espérai que ce soit celles des habitants de Louisville mais j’en doutais, ce n’était pas aussi simple. On ne pouvait pas se sortir de là grâce à nos allier, j’en étais convaincu. Allongé sur le corps presque inerte d’Eleanore, je ne savais prier quel saint, et pour quelle raison. Dans ces moments-là on finissait toujours par faire appel à une autre force que la notre croyant ou non croyant dans l’espoir que cela nous donne un peu plus de chance. Personnellement je n’y croyais pas mais je finissais par faire comme tout le monde dans cet espoir fugace. La terre trembla, mes tympans semblèrent exploser et je faillis m’écraser sur la jeune femme l’achevant par la même occasion mais je tins bon. Les secousses se firent plus douces et le contre coup des tirs cessèrent de me broyer les tympans. Je restai un instant sur elle reprenant le souffle que j’avais arrêté sans me rendre compte puis me décalais observant autour de moi. L’arme était à mes pieds, Salomé me l’avait rendu au même moment. Je regardais vers elle, elle semblait aller bien et j’en souris. Je me redressai avec une grimace et m’avançais armé vers la rue où nous étions 5 minutes plus tôt. La brèche dans le mur qui nous était tombée dessus me permettait d’observer avec incrédulité et le début d’une joie naissante les manœuvres de l’ennemi. Ils se retiraient. C’était fini. C’était fini, nous étions tranquilles. Pour le moment.

Pour combien de temps ? Je n’en avais pas la moindre idée. Ils pouvaient autant revenir cette nuit que demain que dans une semaine. A présent ils savaient que nous étions là prêts à les recevoir. Nous n’étions pas près abandonner les hommes et les femmes derrières nous. Je souris et accrochai mon arme à mon armada mettant la sécurité. Je n’en aurai plus besoin pour l’instant. Je retournai auprès des deux femmes et annonçai un victorieux « C’est fini ! Nous pouvons rentrer au bercaille ». Elle me demanda alors si j’allais bien et je fis à nouveau un état des lieux. Le combat ne m’avait pas laissé indemne autant physiquement que mentalement et je sentais le contre coup arriver dans les jours à venir mais j’allais bien. J’allais parfaitement bien. Je lui souris.

Tout va bien Doc. Des égratignures et des ecchymoses dans une énorme dans le dos à mon avis mais rien d’insurmontable… l’hôpital est à trois rues, s’il n’a pas été touché nous devrions y aller….

Je fonçais alors vers une maison, sans ménagement je défonçais la porte et cherchais un matelas que je finis par trouver dans une chambre. Je le récupérai et l’apportais au Doc, le plaçant juste à côté de la jeune femme encore inconsciente. C’était un matelas Ikea, les plus fins jamais vu et je ne pus m’empêcher de rire sous cape.

Ikéa… que de la qualité…. Allons y…

Nous l’installèrent sur le matelas et chacun prit un côté du matelas. A petits pas nous arrivâmes à l’hôpital. Le spectacle était plus qu’impressionnant. Je fronçais les sourcils. L’après n’était pas mieux que le pendant. Maintenant il fallait faire face à la réalité et la dure vérité. Nous n’étions rien.




Fiche par (c) Miss Amazing
Crédit image : tumblr
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