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Nous sommes actuellement, en jeu, pendant la DEUXIEME QUINZAINE de FEVRIER 2013.
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MessageSujet: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Sam 8 Juin - 15:43



A la guerre, comme à la guerre


Préambule



« Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres à Louisville. Alors que le soleil décline et que la soirée commence tout juste, des tirs se font entendre, venant de la nationale qui relie Cherbourg à la petite ville. Il ne faut pas beaucoup de temps aux habitants pour courir dans tous les sens. Des hurlements envahissent les rues, et une panique générale éclate. Certains rentrent chez eux, ferment volets, fenêtres et portes. D’autres se ruent vers la provenance des tirs, où se trouvent déjà les militaires sous le commandement de Raulne. Qui attaque et pourquoi ? Aucune idée. La bataille semble durer un moment, plus d'une demie heure. On entend distinctement le bruit de détonations importantes qui font trembler le sol, et des colonnes de fumée sont visibles par delà la colline. Puis, brutalement, tout bruit cesse.

Jusqu'à ce qu'on entende le vrombissement de moteurs, et qu'une colonne de véhicules blindés fait son apparition sur la route. Celle ci est bordée de fossés et de haies basses, ce qui masque l'identité des arrivants. Bien à l'abri dans les tranchées et dans le poste d'observation creusé à même le sol et camouflé par un toit de bois recouvert de terre et d'herbe fauchée, les militaires attendent et retiennent leur souffle. C'est à ce moment là que les civils arrivent, croyant sans doute que les secours arrivent enfin! »

Inscrits à cette mission


Sont attendus et autorisés à poster les personnes suivantes
  1. Philippe (responsable de la mission)
  2. Micka
  3. Léonie
  4. Lénor
  5. Lucas
  6. Alex
  7. Natalya
  8. Czesl'


Ordre de passage


L'ordre de passage durera une semaine. Vous pouvez poster au maximum deux fois. Dans votre rp, vous devez absolument expliquer comment vous êtes arrivés ici et décrire la situation de votre point de vu. N'oubliez pas de prendre en compte les rps des autres joueurs En cas de questions, envoyez un mp au responsable de la mission

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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Sam 8 Juin - 21:16

    En fait, c’était marrant les routines. C’était marrant, parce que ça donnait une régularité à la vie, lorsque plus rien n’était normal. Ca donnait un petit goût d’habitude, lorsqu’on avait perdu tous ses points de repère. Ce devait être pour ça que j’avais remarqué que les personnes, dans un nouveau milieu, une nouvelle ville, un nouveau pays, sautaient sur n’importe quelle occasion pour se créer des routines, que ce soit se faire quatre tartines le matin ou jeter leurs clés au visage de leur petite sœur en rentrant du boulot. Des petites choses toutes simples et pas vraiment originales, mais qui rassuraient. Parce que c’était bien de ça dont on parlait : rassurer les gens. Se rassurer, parce qu’on avait peur de ce qu’on ne connaissait pas et donc on se raccrochait à ce que l’on connaissait. Et je partais dans du hautement philosophique, là, et c’était étrange.

    Je me targuais, la plupart du temps, de ne pas être du tout comme les autres crétins de base. Déjà, parce que j’étais un crétin de luxe, ensuite, parce que je n’aimais pas être prévisible. Et à partir du moment où on pouvait être rangé dans la caisse « monsieur Tout-le-Monde », c’en était fini de nous, on était cuit. Fini. Expédié au placard. Bref. Et pourtant, je me retrouvais, là, un pied contre un muret, genou fléchi pour m’appuyer, comme tous les soirs depuis… depuis quoi ? Cinq ? Six jours ? J’avais perdu le compte, pas vraiment en fait, parce que tu sais que c’est exact comme compte,…, mais l’important c’était que cette scène s’était déjà produite hier. Et avant-hier. Et avant-avant-hier. Aller chercher Valentine chez son ami Etienne pour l’accompagner à la Pépinière et l’y aider quelques heures de manière totalement… j’allais penser illégale, mais ce n’était pas le terme. Bref, je l’y accompagnais alors que théoriquement, c’était pas mon job, et le soir comme maintenant, je venais la raccompagner chez Etienne. C’était devenu une routine dans ma petite vie. Depuis que j’avais été jarté des militaires en fait. Ca se voyait sur mon visage, d’ailleurs. Et dans mon attitude. Je me faisais peur, en fait. J’étais trop… posé. Non, posé était un adjectif qu’on ne pouvait pas m’attribuer, hormis si on m’infligeait au préalable un lavage de cerveau carabiné, à coup de méthode assimil et régulation par l’Opéron lactose, ce qui était un mélange, vous pouviez me croire, particulièrement indigeste. Et je disais ça pour l’avoir essayé dans un instant de bêtise aigue, un soir où je m’ennuyais. J’avais tenté d’apprendre une quelconque langue étrangère, et d’apprendre dans cette même langue une notion de biologie que j’avais trouvée marrante cinq minutes. Finalement, j’en étais revenu aux mathématiques qui m’avaient sortis plus facilement de mon ennui, leur complexité, qui ne résistait pas vraiment en réalité, m’amusant. Et là, donc, j’attendais Valentine, comme tous les soirs depuis quelques jours, à la sortie de la pépinière. D’ailleurs, dans un grincement, la porte s’ouvrit et la jeune femme sortit. Instantanément, un sourire s’épanouit sur mon visage, sans que je ne puisse le retenir.

    « Val’ ! Ponctuelle, comme toujours ! Alors, pas trop crevée depuis que je t’ai laissée ? »

    Baxter courut aux pieds de Valentine pour quêter des calins, et je retins un froncement de sourcils. Je le sifflai brièvement, et réajustai son harnais militaire que je n’avais pas rendu en même temps que mes affaires. Etrangement, elles ne me manquaient pas vraiment. Je souffrais tous les matins en me disant que j’étais seul, mais les affaires en soi, je m’en fichais. J’avais toujours ma plaque d’identification autour du cou, Baxter avait toujours le harnais sur lequel je pouvais fixer sa laisse ou par lequel je pouvais le porter, si jamais il était blessé, ou si nous devions grimper un muret trop élevé pour lui. Un maître chien ne devait pas ralentir le groupe auquel il était affilié, et il devait donc gérer son chien sans aide. C’était pour ça que j’étais costaud, parce que j’étais sensé pouvoir porter Baxter. Bref. Je flattai mon meilleur ami canin, et nous nous dirigeâmes vers le cœur de Louisville. Je n’avais pas cessé de sourire, et j’ignorai pourquoi. C’était inquiétant. Tout à coup, des bruits. Non. Pas des bruits. Des bruits de coup de feu. P#tain. Instantanément, je me tendis, et je déduisis ce qu’il fallait en déduire. Des attaques. Du côté de la Nationale. Forcément. Je voulus saisir la main de Valentine pour ne pas la perdre dans la foule affolée dans laquelle nous nous retrouvâmes, mais un aboiement de Baxter me contraignit à faire la chose la plus sensée : lui mettre sa laisse pour qu’il reste vraiment auprès de moi. Lorsque je relevai la tête, Valentine avait disparu.

    « Vaaaal ! B#rdel de m#rde. T’es con, toi ! T’aurais pas pu mettre ta laisse tout seul ?”

    J’essayai de ne pas paniquer, comme j’avais bêtement paniqué deux semaines plus tôt, devant l’hôtel de ville. Qu’est ce que j’étais sensé faire ? Rien. Techniquement, je n’étais plus militaire, je n’avais rien à faire, pas d’obligation autre que de remettre la main sur Valentine. Mais… Je pensai à JB. Et Léonie. Et à mes raisons d’intégrer Autun, d’abord, puis l’unité cynotechnique. Je lâchai une flopée de jurons en remontant un peu le court, à l’instar d’autres curieux. Je lâchai une nouvelle flopée de juron en apercevant les tranchées que j’avais creusées. Je me mis sur le côté, accroupis, mon chien à mes côtés tous ses sens aux aguets. Une colonne de blindés approchait via la route, et je la considérai d’un œil inquisiteur. C’était quoi ce b#rdel ? Je n’aimais pas ne pas savoir quelque chose. Généralement j’aplanissais toutes les difficultés par ma curiosité et ma perspicacité. Mais là, il fallait que je sois patient, chose que je détestais. J’hésitais à me présenter aux militaires présents sur place, pour la simple raison que j’étais rancunier. Et gamin. Et là, j’oscillais entre : je les laisse se démerder comme des grands, et je vais les voir parce que je suis le seul maître chien, et que Baxter était un patrouilleur éclaireur. Et que ça pouvait servir. J’ignorais à quoi, mais j’étais conscient que si l’armée formait des unités cynotechniques, ce n’était pas pour rien. Je murmurais à l’oreille de Baxter pour le maintenir calme, tout en restant accroupis.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Sam 8 Juin - 21:57

    J'épongeais la sueur de mon front, qui coulait jusque dans mes yeux. D'un revers de manche. Puis, je recollais mes yeux aux jumelles. Ils étaient en route. Ils étaient venus pour nous. Des VAB, des Scimitar, et chose nettement plus surprenante, des BTR80. Il y avait des tas de véhicules, et encore plus de fantassins. Equipés comme n'importe quels soldats d'un pays d'Europe de l'ouest. Tenues et casques à l'américaine, armement hétéroclite. Du SCAR-H belge, du M4 américain, de l'équipement anglais, français, allemand. Putain de merde. Amis, ou ennemis ? Je n'en savais rien. Je continuais de regarder. Ces mecs avaient l'air de vrais durs. Je les quittais un instant du regard, croisant celui de mes hommes. Un binôme était installé derrière la mitrailleuse légère, la Minimi. Qui tenait la route sous son viseur, en enfilade. On avait aussi une équipe MILAN dans l'autre tranchée, et on était capables de faire du dégât. Mais c'était qui, ces mecs en face ? Ils ne ressemblaient pas à des unités de l'armée de Terre, trop hétéroclite comme équipement. Pour autant, il pouvait s'agir d'unités anglaises, américaines, pire encore, de mercenaires. Ces contractuels privés à qui on faisait appel depuis des années maintenant, pour faire le sale boulot à la place des armées régulières. Je ne savais pas du tout qui ils étaient, et ça me mettait sous pression. Ils continuaient d'avancer, lentement mais sûrement. Je devais prendre la décision la plus importante depuis le début de ce conflit. Tirer ou retenir notre feu. Risquer de tuer des alliés, ou faire en sorte d'envoyer l'ennemi ad patres. Je retenais mon souffle. Mes hommes le cachaient bien, mais ils me regardaient. Ils attendaient de savoir ce que j'allais faire, et plus encore comment j'allais le faire. J'étais l'officier, le chef. C'était à moi de savoir comment réagir. Les inconnus continuaient d'approcher, regardant aux alentours. Peu prudents, confiants. Ils ne pensaient pas qu'il existait des positions retranchées et camouflées dans les environs. Mes hommes étaient à leur poste.


    Putain de bordel de merde, ce que je ne donnerais pas pour obtenir un minimum d'informations sur ce qu'il se passait. J'avais la gorge sèche. J'étais dans le doute. Je devais choisir, mais je ne savais pas pour autant si je n'allais pas commettre la pire erreur de ma vie. Je déglutissais péniblement. C'est alors qu'on choisit pour moi. Des civils commençaient à affluer de l'arrière, ils pensaient tous à un convoi de secours. Je savais ce qu'ils ressentaient. Moi aussi, je voulais être secouru. Moi aussi, je voulais me tirer de cet enfer. Je voulais sortir de là, vivre une existence plus proche de la normalité que tout ce que j'avais pu vivre ces dernières semaines. Pourtant, je savais que rien n'était jamais aussi facile. Je me tournais vers la gamine, un peu plus loin dans la tranchée. D'un regard de plomb, je lui demandais sans sourciller.



    | Empêches les civils d'approcher. Vas y. Cours ! Il faut pas qu'ils viennent ici. |


    Je me tournais vers Czeslaw, un légionnaire, et vers les autres qui occupaient la casemate.


    | Vous m'alignez les premiers de la colonne, et que la mitrailleuse couvre l'habitacle du premier véhicule. |


    J'avais pris ma décision. Il fallait assurer nos chances de survie. Même si nous allions probablement tous mourir ici. Des alliés ne se comporteraient pas comme ça. Je suivais mon instinct.


    | Retenez vos tirs. Attendez mon ordre. Préparez vous. Ne faites feu qu'à mon commandement. |



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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Dim 9 Juin - 16:31

    J’ouvris la porte et rentrait doucement à l’intérieur de la maison. Je n’entendis aucun bruit et surtout rien venant de la chambre. Elena devait soit dormir, ce qui était peu probable, soit tourner et retourner dans son lit. Moi je n’avais pas pris la peine de m’allonger dans le canapé, j’avais arpenté toute la nuit, ne trouvant absolument plus le sommeil depuis que Mickaël avait été tué. Je n’éprouvais plus rien, j’avais tout refoulé en moi, ne sachant que faire d’autre. Il y avait bien eu Cze qui m’avait un peu remontée et avait été là à un moment où j’allais très mal. Annabelle aussi que j’appréciais et à qui j’avais fait une peur bleu avec ma tentative de suicide. Je gardais encore les marques de mes scarifications sur mes avant-bras, n’étant pas encore totalement cicatrisé. J’avais aussi omis de refaire mes bandages, ne me préoccupant pas du tout de ma santé. J’avais oublié aussi de prendre mes médicaments pour mes poumons, j’en pâtissais grandement car j’avais des quintes de toux plus fréquente et je sentais l’air rentrer dans mes poumons tellement ça me brûlait. Je ne sais pas, peut-être espérais-je que mes poumons me lâchent. Je ne savais pas trop, j’étais tel un légume, une âme perdue au milieu d’une ville qui m’était de moins en moins familière.
    Je m’approchais du lavabo pour profiter d’un peu d’eau pour me rincer le visage. L’idéale aurait été de prendre ma douche mais je n’en éprouvais pas la moindre envie. Je fuyais le miroir et ressorti en prenant une veste au passage. Je ne voulais pas qu’Elena me voit dans un pareil état, je la fuyais elle aussi en vérité, tout comme beaucoup d’autres gens.

    L’air frais s’écrasa sur mon visage et je plissais des yeux. Je fermais ma veste et me dirigea vers la pépinière pour me remettre un peu au travail. C’était plus un train-train quotidien qu’un plaisir. Avant j’avais eu ce plaisir, cette passion pour l’horticulture, maintenant j’avais l’impression que tout s’était éteins au moment même où Mickaël était parti. Je n’arrêtais pas de le revoir, de me refaire cette scène où je le voyais au loin basculer sur le côté. Jamais cette image ne sortirait de ma tête, bien que j’espérais qu’elle s’estompe au fur et à mesure. Ce n’était peut-être qu’un espoir de plus finalement…
    Ca ne dura que quelques heures, avant finalement partir définitivement de cet endroit. J’avais l’impression que je n’avais plus la main verte. Fort heureusement que j’avais une partenaire qui m’aidait, sinon les quelques plantes qui arrivaient à poussées seraient déjà mortes. Déjà que l’hiver ne présageait rien de bon, si en plus les plantes mourraient à cause de moi… M’enfin passons, je n’étais pas essentielle à la survie de cette ville et de ces gens à l’intérieur. A part deux personnes, personne ne s’était préoccupé de mon existence, et c’était bien mieux comme ça. Le désespoir qui m’envahissait devait rester en moi et pas atteindre les autres… Je réfléchissais. Paradoxalement à ce que je pensais concernant toutes mes émotions, j’arrivais encore à me préoccuper des gens finalement. C’était… très étrange.

    Je parcourais les rues pour retrouver un coin tranquille où je pourrais tranquillement succomber à mon désespoir. Je n’avais pas de couteau sur moi, je n’aurais donc pas le loisir de faire couler mon sang une nouvelle fois. Les gens ne comprenaient pas ; la douleur externe me remettait à la réalité et diminuait celle qui était profonde et intense. Elle n’avait d’ailleurs pas diminuée depuis des jours, et je me demandais si j’étais normale à force. Mes pensées furent coupées par des bruits étranges qui ne parvinrent pas tout de suite à mon cerveau. Puis lorsque je fus plus éveillée et concentrée, je ressentis la peur dans toutes les parcelles de mon corps. Je savais ce que c’était, l’ayant trop souvent entendu. Sauf que là, c’était très proche, trop proche peut-être pour faire quoi que ce soit ou faire demi-tour. Inconsciemment, je me dirigeais vers la source, ne contrôlant pas mes jambes sur le moment. Puis je me stoppai lorsque je me retrouvais au même endroit que quelques jours plus tôt. C’était une coïncidence ? Un pur hasard ? Je n’y croyais pas. Mais je ne voyais pas la silhouette d’une personne, je voyais plutôt un espèce de convoi. Je ne saurais dire si c’était ennemi ou ami, mais quoiqu’il en soit, si c’était ennemi, j’espérais qu’on me tire dessus en pleine tête ; car rien ni personne ne pourrait les empêcher de nous massacrer, pas même les tranchées ou les différents matériaux utilisés pour créer des barrages. Je restais donc planté là, comme si je n’attendais finalement que le pire.


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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mar 11 Juin - 19:27

Foutre un coup de pieds dans un tas de ferraille ambulant n’aidait pas vraiment mais c’était la deuxième fois que je tombais sur un vide intersidéral et ça commençait grave à me courir sur le haricot. J’abaissais rageusement le capot et insultais tout ce qui effleurait mon esprit. La guerre, les bagnoles, cette fichue route. Ce que je foutais perdu au milieu de cette connerie de route entre des carcasses de voitures abandonnées ? Très simple. Je m’amusais à gaiement rassembler toute pièce détachée que je jugeais utile pour le garage dont le stock s’était méchamment amoindri depuis le début des bombardements. Sauf que pour trouver des trucs intéressants, il fallait s’aventurer de plus en plus loin et je ne savais pas ce qu’il m’attendait au-delà de ce que je pensais être le périmètre de sécurité. Je n’avais pas emporté mon flingue, donc je ne comptais pas dépasser certaines frontières que je m’étais fixé. Je n’avais rien récolté de terrible et mon sac à dos demeurait horriblement léger alors que je le reposais sur mes épaules. Le vent me força à songer à rentrer, j’avais pourtant passé sur mes épaules une veste plutôt épaisse. Je revenais sur mes pas quand je perçus des bruits étranges. Je me tournais et plissais des yeux afin d’en trouver la provenance. Des points noirs évoluaient au loin à l’horizon. Je n’identifiais pas encore la nature de ce qui se rapprochait mais il y avait quelque chose de terriblement menaçant dans cette avancée. Dans le doute et d’instinct, je repris de plus belle ma course pour rentrer à Louisville. Je zigzaguais entre les épaves en veillant à ne pas trébucher bêtement ou à me blesser sans le vouloir. C’était le dernier truc qu’il fallait, que je m’entaille la jambe.

Bien vite, je me retrouvais face à un attroupement. Hé merde, c’était bien ma veine. Encore ces fichus militaires. Ils allaient sûrement me voler le peu de pièces que je ramenais. Je grognais déjà dans mes dents alors que j’avançais désormais plus calmement dans leur direction en me faufilant encore entre les différents obstacles. Je comprenais en les analysant à mesure de ma progression, qu’ils étaient sur le qui-vive. Ça n’annonçait rien de bon, je m’arrêtais et jetais un regard vers l’arrière. On était menacé, ça ne faisait pas l’ombre d’un doute. Et ils étaient tellement stupides qu’ils allaient penser que c’est moi qui ramenais les problèmes vu que je venais de cette direction. Réalisant qu’ils étaient tous armés jusqu’aux dents et en état apparent de stress, je m’avançais en levant les mains. Putain, si ils avaient dans l’idée de me fouiller… Allez, ils avaient plus urgent à régler comme ce qui était en train de nous tomber dessus-là. Je perçus depuis ma position, le fameux Lieutenant-je-te-pique-ce-qui-me-chante. Houlà, si Monsieur s’était déplacé jusqu’ici c’est bien que quelque chose de pas net se tramait dans le coin. Ayant marre de me tenir là comme un crétin, j’avançais et m’affirmais d’un simple « Bordel, c’est quoi ce foutoir encore ? » à l’attention générale.

Des renforts ? Des ennemis ? On en savait tellement peu avec eux, ils faisaient sûrement en sorte de garder toutes leurs infos afin qu’ils aient une longueur d’avance sur nous pour mieux nous piéger et abuser. Je comptais bien ne pas jouer à l’autruche cette fois-ci, hors de question qu’on se fasse encore passer pour les dindons de la farce. Cette ville était la nôtre, on avait le droit de savoir. Je commençais de plus en plus à regretter de ne pas être armé.

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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Jeu 13 Juin - 12:44

On ne savait pas qui était en face. Et c'était bien cela le pire, dans l'affaire. Alliés, ennemis. C'était un jeu dangereux, dans lequel on se laissait aller, planqué dans nos casemates et nos tranchées. On attendait, on se contentait d'espérer. Mais quoi au juste ? Que Raulne prenne une décision. Qu'il nous donne un ordre, bon comme mauvais ; qu'on agisse, point. Je n'en avais rien à faire, que ce soit une bonne idée ou non, tout ce que je voulais, c'était échapper à cette attente pesante qui me rendait incroyablement nerveux. Je n'aimais pas attendre, comme ça, sans savoir comment réagir. Encore moins quand on risquait de se faire tirer dessus. Je restais là, le fusil entre les bras, chargé. Prêt à tirer si jamais le lieutenant nous l'ordonnait. Je regardais un peu tout autour, notre organisation qui n'était pas si mal, au final. Pas si mal, mais certainement pas suffisante pour contenir cette colonne de blindés qui fonçait droit sur nos positions. Est-ce qu'ils savaient que nous étions là ? Je n'en avais aucune idée. Au final, il n'y avait qu'une chance sur quatre pour que les choses se passent bien. Les trois autres étaient des possibilités à envisager, et pourtant, elles me faisaient horreur. Soit on sortait, on leur tirait dessus et on détruisait de potentiels alliés. Soit on ne bougeait pas, ils nous tiraient dessus, et nous étions tous morts. Soit, chacun sortait de ses positions, les civils s'en mêlaient, et là, c'était le bain de sang. Non, décidément, on ne pouvait pas se permettre la moindre erreur de jugement. L'affaire allait pourtant se jouer à pile ou face, tant nous étions impuissants face à la situation.

Et voilà que les civils approchaient. Au final, on assisterait peut-être à une seconde fusillade mêlant ces pauvres personnes qui ne demandaient rien à personne, à part un peu d'aide. Une main qu'on leur tendrait. Non, ce n'était pas une bonne chose, qu'ils s'en mêlent. Beaucoup d'entre eux avaient déjà trop perdu à cause des forces armées, comme Eléanore, et tant d'autre. Pauvre Eléanore. Secouant un peu la tête, je me reconcentrais immédiatement sur notre objectif premier ; l'avancé de la colonne. Raulne semblait indécis, et quelque part, nous l'étions tous. Mais nous ne pouvions pas nous résoudre à attendre ainsi, indéfiniment, campé dans nos trous à espérer que les choses se passent pour le mieux. Car, si l'on avait l'avantage de l'effet de surprise, eux gardaient les plus gros moyens pour détruire la maigre unité que nous étions. « Vous m'alignez les premiers de la colonne, et que la mitrailleuse couvre l'habitacle du premier véhicule. » Hochant brièvement la tête, je me détournais du supérieur, m'installant comme à sa demande, de sorte à avoir dans notre ligne de mire les premiers. La mitrailleuse aussi se mettait en place rapidement, et bientôt, nous étions prêts. Prêts et certainement inquiets pour la plupart ; inquiet que la situation nous échappe, que nous puissions perdre le contrôle. Que tout s'achève ici, après tant d'efforts, vains, pour assurer notre propre survie. Triste destin qui se profilait à l'horizon.

« Retenez vos tirs. Attendez mon ordre. Préparez vous. Ne faites feu qu'à mon commandement. » Je me mordais l'intérieur des joues, le doigt sur la détente. Je sentais mon rythme cardiaque devenir complètement anarchique, et pourtant, j'essayais de faire le vide. Mais je pensais à elle, à ma femme. À tout ce qu'on aurait pu faire, si cette foutue guerre ne s'était pas déclarée. Si elle était à mes côtés, aujourd'hui. J'appréhendais l'instant où Raulne nous ordonnerait de tirer. Ce n'était pas le premier assaut auquel je participais, non. Mais là, ça relevait plutôt de la mission suicide. Je serrais les dents, je me concentrais sur ce qui se passait devant nous, et j'espérais. C'était la dernière chose qui nous restait, après tout. L'espoir.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Ven 14 Juin - 19:33





A la guerre comme à la guerre
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« Chaque guerre est la dernière. Tachons de survivre à celle-là pour voir la suivante… »



Le son de du fer contre le fer me berçait alors que mes poings s’enfonçaient dans le sac de frappe. Ma chienne avait fini par s’habituer à ce bruit et à la rage que j’employai dans l’exercice. Elle me regardait de sa place à présent habituelle comme si elle voulait toujours avoir un œil sur moi. Je m’arrêtai et lui souris. Elle redressa la tête, aboya, puis la reposa calmement. Un chien. Un animal. Je n’étais pas fait pour en avoir, en fin c’était ce que j’avais toujours pensé. Mon frère les appréciait plus que moi. Il avait eu une période « maître-chien » dans sa vie, une envie de carrière puis au final, il s’est avéré que la médecine lui convenait mieux ainsi que l’ingénierie et l’armement. Bref, un vrai crac. Il aurait fait un très bon maître-chien. D’après moi. Plus ça allait plus je comprenais que le temps ne m’aidait pas. Il ne m’aidait pas à me faire à mon amnésie. A mes cauchemars. A mes peurs. A son absence. A nos retrouvailles. A leur mort. Tout se mélangeait dans ma tête alors je frappai. Je frappai encore plus fort et courrai encore plus vite. Je voulais savoir. Je voulais comprendre. Je voulais me souvenir et je voulais surtout être fixé. J’en avais marre d’attendre. Attendre mon frère. Attendre le pardon. Attendre l’acceptation. Attendre ma mémoire. Attendre les ennemis. Attendre Raulne. Attendre le monde. M’attendre. Je voulais bouger. Je voulais hurler. Je voulais me retrouver sans pour autant retomber dans l’obscurité lumineuse que je m’étais construit dans l’espoir d’avoir un mieux qui ne fut qu’un stable. J’arrêtai de frapper. Mes poings saignés légèrement. Je ne les laissai pas cicatriser. J’ôtai les tissus que j’avais mis par-dessus et secouai les mains avant de taper deux fois sur ma jambe. Sally se redressa et vint me voir. Je la caressai quelque instants puis sorti de l’atelier. Elle me suivait de près et semblait deviner que nous allions nous balader. Je pris la corde que j’utilisai pour la tenir « en laisse ». Elle était assez longue pour lui donner de la liberté mais restait utile pour calmer les regards mauvais et réprobateurs sur notre passage.

Nous étions le 27 octobre et la journée était presque achevée. Je décidai de passer par la ville en espérant croiser un visage familier. Cela faisait deux jours que j’étais resté chez L’oncle Benoit totalement excentré de tout domaine habitable. C’était reposant et je pouvais faire ce que je voulais sans risquer d’être dérangé mais j’avais aussi besoin de croiser des visages familiers. Un en particulier afin de me détendre, en fin, je l’espérais. Cela faisait quelque temps que je n’avais pas croisé Mickaël et actuellement, il était le seul avec qui je pouvais espérer rire. Ma rencontre avec Lou m’avait au final, plus affaiblie qu’autre chose. Je resongeai à ses derniers mots puis aux miens. Je me refaisais le film dans la tête me demandant où est-ce que tout avait basculé et où aurai-je pu changer le final. Je trouvai rien à modifier. Je ne m’étais jamais autant lâché dans une conversation. Elle avait toujours eu cet espèce de pouvoir sur moi et cela me déroutait qu’elle l’ait encore. Le problème était qu’elle ne voulait plus entendre parler de moi. Comment lui en vouloir ? Quoique je dise, je ne méritai rien. Rien. Et pourtant je me surprenais à vouloir mieux. Une amitié. Une simple relation. Je voulais entendre son rire.

Mais ce n’est pas ce que j’entendis. Non, j’avais dépassé le centre-ville ne trouvant personne et me trouvait près de la nationale. Je m’étais arrêté en face de la maison de Louise, de sa mère pour être précis mais je n’avais pas trouvé le courage d’y aller toquer. A moins que ce soit ma conscience qui m’avait soufflé la bonne attitude. Je devais arrêter d’agir contre sa volonté. Je l’avais fait une fois, voire deux avec notre dernière rencontre, je devais la respecter à présent. J’avais continué mon chemin pour arriver sur ce chemin et entendre ce son. Ce son qui me réagir rapidement. Je m’élançai sur le côté, à couvert suivi de près par ma chienne. Celle-ci était aux aguets, comme moi. Nous tendions l’oreille et prenions conscience de la localisation de ces détonations. Je m’élançais vers celle-ci. La nationale. Evidement. J’entendais la foule d’ici s’agiter puis progressivement me submerger ainsi que Sally. La corde se tendit et je crus la perdre un instant. Elle venait d’entourer trois individus avec la corde que je m’empressai de délivrer en leur conseillant de rentrer chez eux. Ils ne répondirent pas favorablement à ce conseil, persuadé de voir des secours. La panique et l’incompréhension n’aidant pas, ils commencèrent à se bousculer pour voir ce qui arrivait ne comprenant pas le danger potentiel, et même certain, que cette ligne de blindée indiquaient. Plusieurs me poussèrent et m’injurièrent. Le calme disparut lentement de mon être. Je lançai un « rentrez chez vous » par-dessus les cris, les pleurs et les joies futiles. Deux hommes aux visages familiers pour les avoir vu deux secondes plus tôt m’intimèrent de la fermer. Ils ne savaient pas. Ils n’étaient pas préparés à ça. Je comprenais mais je m’énervai aussi. C’était la fin et même s’ils ne se l’avouaient pas, ils le savaient aussi bien que moi. Même sans avoir eu la conversation avec Raulne. Raulne. Je l’entendais brailler des ordres au même moment. Je devais aller voir mais les hommes étaient prêts à se battre. Pourquoi ? Je n’en avais pas la moindre idée. Un surplus d’adrénaline. Grand bien leur fasse, ils devaient la garder pour le moment venu. Je les regardai un instant puis leur intimait d’un ton que j’empruntai à mon passé militaire que : « Si vous comptez avoir une chance de respirer encore cet air de merde demain, et ne pas crever comme un sal rat de pecno troué par des balles de la taille de mon poing ou démembré par des chars, il serait judicieux d’écouter le mec devant vous ! Après si vous voulez vivre l’une de ces morts ou pire… faites-vous plaisir, je ne serai pas derrière vous pour vous sauver les miches, maintenant rentrez chez vous que je rejoigne les hommes » Je poussai les hommes incrédules et fini par me retourner en ajoutant qu’il valait mieux prévenir que guérir et qu’ils devraient se préparer aux pires. Je me faufilais dans la foule avec ma chienne au plus près de moi et arrivai à bon port. J’observai au lointain. Ce n’était pas bon. Pas cette ligne. Je n’arrivai pas à distinguer grand-chose mais je sentais la mort arriver à plein nez. Je regardai autour de moi et jugeai que les travaux des hommes de Raulne avaient été bien réalisés. Un effet de surprise pouvait être possible si, bien sûr, les habitants ne s’étaient pas tous donné rendez-vous derrière les soldats. Un éclat m’attira à lui au milieu de la nationale. En me concentrant je vis un homme et reconnu le garagiste. Comment pourrais-je l’oublier lui ? Que faisait-il de l’autre côté de la ligne ? Je regardai les militaires et personnes ne semblaient l’avoir remarqué. Je fronçai les sourcils et sautai dans le trou tout en appelant à la baisse des armes.
Un civil ! Baissez vos armes !

J’attrapai le bras d’un militaire d’une main et lui faisais baisser son arme.

Baisse ton arme ! RAULNE ! A 11h, un civil ! Fais leur baisser leur arme 10 secondes avant qu’un de tes boyscoot trous le cul de Micka !

Ma chienne grogna un instant puis me suivi alors que je sortais du trou et m’élançai sur la nationale. C’était bien Micka, les mains en l’air qui vociférait. A mi-chemin, je m’arrêtai et regardai derrière lui. Ils approchaient. Doucement mais surement. Les épaves les freinaient mais pas assez à mon gout ni au goût des soldats j’en étais sûr. L’avenir n’était pas glorieux mais au moins, peut-être, je serai fixé.

Bouges toi avant de te transformer en chandelle… ou gruyère…

Je l’attendais puis retournai derrière les remparts. Je n’avais pas fait attention aux réactions des uns et des autres et encore moins à celles de Raulne. Je sentais déjà son regard sur moi. Oui j’étais là et je ne bougerai pas d’ici sans ces soldats ni sans Mickaël. Je n’étais plus militaire mais je l’étais tout de même. On ne pouvait cacher ce que nous sommes. Je me tournai vers le garagiste.

Mais qu’est-ce que tu fichais de l’autre côté ?

Puis vers Raulne

Je peux prendre les armes maintenant où je dois attendre l’accord du ministère ?


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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mer 19 Juin - 21:56



A la guerre, comme à la guerre


Préambule



« Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres à Louisville. Alors que le soleil décline et que la soirée commence tout juste, des tirs se font entendre, venant de la nationale qui relie Cherbourg à la petite ville. Il ne faut pas beaucoup de temps aux habitants pour courir dans tous les sens. Des hurlements envahissent les rues, et une panique générale éclate. Certains rentrent chez eux, ferment volets, fenêtres et portes. D’autres se ruent vers la provenance des tirs, où se trouvent déjà les militaires sous le commandement de Raulne. Qui attaque  et pourquoi ? Aucune idée. La bataille semble durer un moment, plus d'une demie heure. On entend distinctement le bruit de détonations importantes qui font trembler le sol, et des colonnes de fumée sont visibles par delà la colline. Puis, brutalement, tout bruit cesse.

Jusqu'à ce qu'on entende le vrombissement de moteurs, et qu'une colonne de véhicules blindés fait son apparition sur la route. Celle ci est bordée de fossés et de haies basses, ce qui masque l'identité des arrivants. Bien à l'abri dans les tranchées et dans le poste d'observation creusé à même le sol et camouflé par un toit de bois recouvert de terre et d'herbe fauchée, les militaires attendent et retiennent leur souffle. C'est à ce moment là que les civils arrivent, croyant sans doute que les secours arrivent enfin!

A mesure que ces inconnus avancent et voient une foule devant eux, leurs attitudes se font de plus en plus menaçantes. Ils adoptent des positions de combats et se mettent finalement à tirer sur toutes personnes en joue, sans même chercher le dialogue avant... »

Inscrits à cette mission


Sont attendus et autorisés à poster les personnes suivantes

  1. Philippe (responsable de la mission) 1/
  2. Micka 1/
  3. Léonie
  4. Lénor 1/
  5. Lucas 1/
  6. Alex 1/
  7. Natalya (absente pour le moment)
  8. Czesl' 1/


Ordre de passage


L'ordre de passage durera une semaine. Vous pouvez poster au maximum deux fois. Dans votre rp, vous devez absolument expliquer comment vous êtes arrivés ici et décrire la situation de votre point de vu. N'oubliez pas de prendre en compte les rps des autres joueurs   :Militaire:En cas de questions, envoyez un mp au responsable de la mission  

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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Jeu 20 Juin - 20:32

    Ca sentait pas bon cette affaire, pas bon du tout. Mes pensées se permirent de dériver vers Valentine, mais je les domptais rapidement, flattant Baxter d’une main songeuse. Je n’étais pas le seul à être venu voir ce qu’il se passait ici, et les civils avaient afflué de partout, des murmures se répandant dans la foule comme une onde dans un lac après la chute d’une pierre. Je les entendais sans y prêter attention. J’avais cette capacité étonnante d’être totalement stupide, puis de passer à un état de concentration que peu de personnes avaient le droit de voir chez moi. Et là, j’étais concentré. Parce que je sentais, et Baxter aussi, que nous étions dans la vraie vie, la vraie guerre, et que les gens qui s’avançaient vers nous ne correspondaient pas le moins du monde aux murmures. Raulne nous avait fait creuser des fortifications, ce n’était pas pour rien. Des blindés épargnés par l’aviation, ce n’était pas des alliés. Ce n’étaient pas des secours. Une voix détonna cependant dans l’onde soufflée, et je compris que je n’étais pas le seul à avoir fait les déductions qui s’imposaient.

    « Si vous comptez avoir une chance de respirer encore cet air de merde demain, et ne pas crever comme un sal rat de pecno troué par des balles de la taille de mon poing ou démembré par des chars, il serait judicieux d’écouter le mec devant vous ! Après si vous voulez vivre l’une de ces morts ou pire… faites-vous plaisir, je ne serai pas derrière vous pour vous sauver les miches, maintenant rentrez chez vous que je rejoigne les hommes »

    Je me relevai en détachant Baxter qui fit ma fierté en restant calme à mes côtés et je m’avançais au devant de la foule, pour comprendre ce qu’il se passait et ne rien perdre du spectacle. J’avais les yeux rivés sur la colonne, refusant de lâcher prise pour ne pas m’inquiéter. Avec un peu de chance, Valentine était restée à l’abri en ville. Avec beaucoup de chance, même, elle était en sécurité chez Etienne. Et avec énormément de chance, elle s’était téléportée sur Mars, protégée par les gentils aliens ?. Il ne fallait pas que j’y pense. Je me concentrai sur l’instant présent et sur la colonne, à nouveau. Soudain, du mouvement. Et pas amical. Mon regard erra une fraction de seconde sur ce que je pouvais voir de la troupe de militaire installée devant moi, sur la fraction de route qui nous séparait des blindés et les blindés eux même. Puis il revint sur l’intrus. Je le reconnus immédiatement et avisant les canons des fusils de Raulne positionnés pour tirer, mon sang ne fit qu’un tour. Ma voix claqua :

    « Baxter ! Mange le papillon ! »

    Aussi réactif que possible, mon chien jaillit hors de sa boite pour courir en direction du gros bêta qui était entre mes camarades et les inconnus. Mange… le… papillon ?. Oui. Je lui avais bien demandé de manger le papillon, en lui désignant mon meilleur ami le garagiste qui s’était autodésigné pour jouer le pot de fleur, qu’y avait il d’étrange ? Mange… le… papillon… je suis désolé Alex, mais dans ma conception des maîtres chiens, ils dressaient leurs chiens à réagir à des « attaque », « assis », couché », « va chercher la baballe »… pas à « mange le papillon ». Je n’aimais faire comme les autres. En fait, je ne disais pas « attaque », mais « yipyip » (particulièrement inspiré par la série que je regardais à ce moment là), et, comme à cet instant, je ne demandais pas à Baxter de plaquer l’intrus en lui disant une bêtise comme « plaque » mais je me contentais d’un « mange le papillon » bien plus courtois et… hum… le terme m’échappait. Crétin ? Gamin ? A la hauteur de ton âge mental ? Bien plus fun en fait. Au moins, ça prenait les gens par surprise. Baxter était dressé dans ce cas là, à réagir à l’ordre en se jetant sur l’individu, sauf si je le rappelais à temps avec un « TUTUB » bien senti, conformément à ce qu’on m’avait demandé de lui apprendre, et à ne mordre qu’en cas d’urgence. Baxter avait pour tâche d’immobiliser l’individu au sol jusqu’à mon arrivée. Ce n’était pas vraiment une attaque, puisque sauf si le garagiste faisait l’idiot, Baxter allait se contenter de grogner et de s’asseoir sur son torse, mais c’était tout de même impressionnant. Je courus en direction du groupe, poussant sans ménagement les crétins qui restaient plantés comme des épouvantails devant moi. Je me pris par ailleurs un coup dans la figure qui m’étourdit un instant, suffisamment longtemps en fait, une poignée de seconde, pour que lorsque je reportais mon attention sur Baxter, je m’aperçoive que quelqu’un d’autre avait fait avancer Crétin en sécurité et que Baxter arrivait une fraction de seconde trop tard. Ma voix claqua à nouveau en direction de Baxter qui leva la tête.

    « Baxter, Chuppa Chups ! »

    Ce qui signifie… ? Au pied, bien sûr, c’était plutôt évident, non ? Mais, c'était pas Tutub, le "reviens" ?. Non, tutub, c'était pour arrêter Baxter dans son élan si jamais le gars criait grâce. Chuppa Chups, c'était dans les autres cas. Je m’étais tellement habitué à mes ordres loufoques que je n’y faisais plus vraiment attention à présent et surtout qu'ils me semblaient clairs comme de l'eau de roche. Dans tous les cas, Baxter lâcha le garagiste et se planta à mes pieds. Je cherchai Raulne du regard, sautant dans la tranchée la plus proche, en ignorant superbement le garagiste, et l’attitude de plus en plus menaçante des arrivants.

    « C’est la m#rde à ce que je vois. »

    Mes mots me brûlèrent la gorge et m’écorchèrent les lèvres comme du citron pressé sur une plaie lorsque je rajoutais, écoeuré par moi-même, mais sous les applaudissement d’un Emmanuel ravi :

    « Je suis à vos ordres, Lieut’nant, et Baxter aussi… si vous en voulez. »

    Je m’écoeurais. J’avais envie de vomir. J’avais envie de lui donner mon poing dans la figure, alors que ma pommette malmenée quelques jours plus tôt revenait à peine à sa couleur habituelle.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Lun 24 Juin - 14:25


    J’observais la colonne de véhicules militaires que je suivais minutieusement des yeux. Je n’arrêtais pas de les fixer, ne pouvant m’empêcher de vouloir croire à des renforts. Vile pensée. Ce n’était finalement qu’un rêve illusoire et je n’avais pas été la seule à penser ça lorsque je réalisais la foule qui avait autour de moi et qui remplissait le lieu. On était peut-être des bêtes trop curieuses, des bêtes qui allaient bientôt être abattue. Mais bientôt ce ne fut plus les véhicules qui accaparaient mon esprit mais le lieu en lui-même. Ma conscience n’était plus là et je ne voyais plus la réalité. Cela ne faisait que quelques jours, mais je me revoyais la scène sans cesse. Toujours ce pincement au cœur, moins intense, mais toujours aussi sensible et profond dans ma poitrine. J’étais passée par une période de pure dépression et une tentative de suicide. Je n’étais pour moi pas encore tout à fait stable. Pour faire son deuil, combien fallait-il de temps ? Surement pas quelques jours. Mes yeux virent un homme aller à l’encontre des blindés, mais je n’étais pas encore revenu. Je ne voyais pas qu’au fur et à mesure la situation se dégradait, que plus ça allait et plus les arrivants avaient l’air menaçant. On ne les voyait guère, et alors que j’étais figée en plein milieu de la route – soit derrière les barrières et casemates – ce fut un sifflement à mon oreille et une douleur à ma joue qui me fit reprendre petit à petit conscience de certains de mes sens et revenir un peu à la réalité. Le temps de réaliser qu’une balle m’avait frôlé en regardant mes doigts rouges de mon sang, qui s’étaient posés plus tôt sur ma joue. Je ne savais pas si je devais être contente ou au contraire déçue que la balle ne m’ait pas juste touchée à la tête. Je faillis tomber alors qu’une personne me percuta violemment. Et là, ce fut comme un déclencheur, comme si je réalisais enfin ce qu’il se passait. J’entendais les tirs, comme à Cherbourg, sauf que je n’avais jamais été aussi proche de blindés. C’était plutôt les avions qui nous avaient survolés et mitraillés. J’avais eu de la chance de survivre, et surtout eu de la chance d’avoir des personnes qui m’avait relevé lorsque je ne le pouvais plus. Mais là, je n’arrêtais pas de me faire bousculer par les gens qui paniquaient.

    Autant dire que cette situation n’arrêtait pas de me rappeler d’horribles souvenirs. Au moins, je ne pensais plus à la scène qui me hantait depuis quelques jours, je ne pouvais pas en tel circonstance. On était en guerre, on le savait, je le savais plus que jamais ; et je redoutais ce moment depuis longtemps, depuis que je m’étais réfugiée ici, à Louisville. Après plusieurs secondes, voire minutes où je m’éternisais debout, planter là, à la vue des ennemis qui n’arrêtaient pas de tirer, je couru enfin pour m’abriter. Mes yeux ne voyaient pas ce qu’il se passait autour, je ne voulais pas qu’ils regardent ailleurs, de peur d’être terrorisée, plus que je ne l’étais déjà. Je savais ce que c’était, je ne voulais pas le revivre. Et pourtant…
    Je butais contre quelque chose. Je me réceptionnais sur mes coudes à défaut d’être assez rapide pour mettre mes mains. Je me retournais et comprit bien vite qu’il s’agissait là d’un corps et me retint de crier. Prit de panique et ne savant que faire, je reculais jusqu’à buter contre quelque chose derrière moi. J’entendis les tirs, plus féroces et trop menaçants pour que je puisse bouger ou m’enfuir. Je me recroquevillais sur moi-même, joignant mes jambes contre ma poitrine et prenant ma tête dans mes mains en essayant par tous les moyens de boucher mes oreilles. C’était fou comme l’instinct de survie en une telle situation pouvait se révéler, moi qui souhaitais mourir, pourquoi diable ne pouvais-je pas me résoudre à me lever et à avancer vers l’ennemi ? J’étais peut-être plus survivante que je ne le pensais. Malgré que je me serre les oreilles de toute ma force possible, j’entendais les cris des gens et les éternelles décharges des tirs qui me paralysaient sur place. Je ne pouvais pas bouger, je voulais que tout s’arrête, maintenant, tout de suite. Pourquoi diable avions-nous à vivre cela ? Mes yeux commençaient à se brouiller au fur et à mesure que les larmes s’accumulaient, alors je les fermais fermement. J’aurai presque pu prier en cet instant, mais j’aurai souhaité avoir une arme juste pour avoir le courage de pouvoir choisir ma propre mort si l’ennemi arrivait finalement à tuer les seuls militaires que nous avions. Car je l'admet, sans eux, qui pourrait nous protéger ?


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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Sam 29 Juin - 20:01

C’était drôle finalement, je m’étais toujours imaginé mourir brutalement. J’aurais plus anticipé l’accident qu’une balle entre les deux yeux mais bon. Je me voyais bien crever pour pas grand-chose là. Je pouvais les entendre d’ici dire à ma pauvre petite sœur qu’il s’agissait d’« une bavure ». Ils étaient tout à fait capable, ces écervelés de l’armée, d’affronter et d’assumer ça devant le regard de ma cadette. Je souris ironiquement à cette pensée. Je refusais bien évidemment ce sort et attendais le moment où ils allaient finir par me tirer dessus pour me plaquer au sol en espérant ramper jusqu’à leurs fichues tranchées avant que le convoi ne débarque sur nous. Si j’étais avare de la série des missions impossibles ? Ahah. Je n’avais pas le choix et je ne comptais pas rester là les mains en l’air éternellement. D’ailleurs, j’en eus bien vite ma claque de cette guerre froid entre moi et les militos, je me remis à marcher. Toute manière que j’avance ne changerait plus rien, ils avaient décidé de m’éliminer et derrière moi, ce qui arrivait aller se faire très certainement un plaisir d’achever ce qu’il resterait de ma carcasse. Une silhouette apparut alors, je la reconnus rapidement. Il était amusant ce Lucas, il croyait que ça m’amusait d’être là et que je n’avais pas compris qu’ils voulaient bien me buter ? Enfin, il me donnait le feu vert et il n’en fallut pas plus pour que je me mette à courir dans sa direction. Alors qu’il disparaissait derrière les tranchées et que je les atteignais moi-même après plusieurs obstacles franchis, une masse difforme jaillit de nulle part. Le temps que j’accuse son arrivée, je touchais déjà violemment le sol. La créature en bondissant sur moi m’avait fait basculer dans le trou dans lequel les militaires s’étaient tous réfugiés. Ma nuque et mon dos en avaient pris un sale coup, je restais sonné durant quelques instants. Putain c’était quoi ce truc. Quand je retrouvais un semblant de cohérence interne, je réalisais que je faisais face à un molosse. Bordel de merde. Encore ce clébard ? Je m’apprêtais à lui foutre un coup quand il me relâcha.

Je me relevais très vite, trop vite. Je titubais un peu sur place en me frottant le crâne. C’est là qu’il passa ce connard juste devant moi en m’ignorant splendidement. Je roulais des épaules en m’avançant directement sur le vrai coupable. J’étais sur les nerfs, rien n’allait autour de moi, on allait peut-être tous mourir dans une minute ou deux et dans l’immédiat tout ce qui m’importait c’était de trouver ce mec et de lui coller mon poing dans la gueule. Je n’offrais même pas un seul coup d’œil à Raulne et sa clique. J’attrapais par le col ce salaud et lui foutait mes phalanges directement dans la tronche. «La prochaine fois, envoie pas ton clébard et viens me trouver direct, pauvre lâche. » Je me retournais très naturellement vers Lucas ensuite pour lui répondre « Ça a pas d’importance » et à la suite sur le lieutenant pour ajouter aussi rapidement « Vous avez rien de mieux à foutre que d’attaquer les citoyens ? Putain ça m’étonne pas qu’on soit dans la merde, vous savez même pas gérer vos propres éléments ! » J'avais trop d'adrénaline dans les veines pour parvenir à m'écraser. Ces crétins avaient intérêt à gérer la situation.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Dim 30 Juin - 16:16

    Ca devenait le bordel. La foule de plus en plus grosse qui s'agrandissait à vue d'oeil derrière nous commençait à s'amasser au bord de la route et à attirer le regard des mecs dans la colonne d'en face. Ils avaient adopté une nouvelle formation, que l'on pourrait qualifier d'agressive. Leur infanterie se déployait de chaque côté de leurs véhicules dont le moteur poussait à fond pour progresser plus rapidement malgré la pente qu'ils devaient gravir et le mauvais état de la route. C'est le moment que choisit un type pour sauter dans la tranchée non loin de nous, pour pénétrer dans la casemate où je me trouvais avec Azarov, qui avait armé la mitrailleuse. Je me tournais vers l'arrivant, voyant nul autre que ce foutu emmerdeur d'Asling, qui me signalait qu'un avait un civil dans le champ de tir. Je grognais force jurons dans ma barbe en maudissant expréssemment l'imbécile qui courait, que je reconnaissais comme un des types appartenant à ceux qui grondaient toujours contre la présence des militaires. Je ne savais pas qui il était, mais j'étais à moitié persuadé que j'avais touché le gros lot si je devinais qu'il était l'espèce de copain de cette connasse de Fontaine. Ouais, àa me disait quelque chose. Je quittais l'emplacement de tir pour me rapprocher du bordel qui continuait de se propager dans nos rangs par la présence de tous ces civils. Je me tournais vers Asling au passage, l'air mauvais.


    | J'en ai pas pour toi, alors t'es gentil, t'attends qu'il y en a une qui se libère. Ca va péter j'le sens, ces connards en bas ressemblent pas à une force internationale pour nous relever. Mais que ça soit clair. Si tu dois te battre, c'est provisoire. Tu attendras le ministère pour le reste. Vu? |


    J'avais usé d'ironie à la fin, d'un ton un peu acide d'ailleurs, en le mettant au défi d'attendre les ordres. Bien sûr que j'avais conscience que nous n'aurions probablement plus jamais la moindre nouvelle du ministère. Un autre de mes petits camarades préférés pointa le bout de son nez, sous la forme d'un type que j'avais lourdé moi même de mes forces d'actives en le privant de son grade et de son équipement. Un connard qui ne pensait qu'à lui même, et qui proposait son aide. Je regardais un instant les deux hommes. Et soupirais.


    | Asling, tu attends là. Si j'ai un type de blessé, tu l'aides, et tu prends son arme. Reh, tu vas approvisionner Azarov. Si ça pète, on aura besoin que la mitrailleuse soit bien fournie. Exécution. |


    Ton sans appel, il faut obéir ou déguerpir. Le connard de civil pointe le bout de son nez et commence à se plaindre.


    | Toi, ta gueule. Je t'assure que si tu me prends la tête je t'en colle une. Maintenant que t'es là, tu risques d'être blessé si je te vire, alors tu te fais tout petit dans la tranchée ; ce serait dommage que ta jolie petite gueule s'en prenne une, hein ? Ta copine m'en voudrait encore. |


    Quand on a été au feu pendant des années, qu'on a subit des tirs, été soi même touché, on développe un espèce de sixième sens. Le même qui me disait de me baisser. Me plaquant contre la paroi du trou d'homme, les premières balles sifflèrent au dessus de ma tête, claquant brutalement contre le remblais de terre, le sol, ou le bois de nos défenses, envoyant des brins d'herbe dans tous les sens, nous éclaboussant de terre et de débris de bois. Je serre les dents, la peur vrillant mes tripes et dilatant mes pupilles. Je me reprends t me retourne vers la casemate.


    | Feu-feu-feu-feu-FEU! |


    Je hurle mon dernier ordre. Autour de moi c'est le chaos. En contrebas, des dizaines d'armes personnelles nous mitraillent, et les armes lourdes décochent leurs tirs de gros calibres. Notre position est écrasée pour les tirs. Je me redresse. De ma radio personnelle s'échappe un bruit inintelligible. J'aligne ma mire, et réplique. Plusieurs coups de feu de suite, une rafale, encore une autre, plus longue. Je tire ensuite au coup par coup, essayant d'ajuster mes tirs dans le chaos. Et quand je me retourne, je vois le chaos se répandre.Des corps, déjà. Les hurlements des mourants m'agresse les tympans. Et je vois Eléanore. Je reste bloqué un instant, en plein cœur de la fusillade. Mon casque reçoit une pleine brassée de terre soulevée par un tir qui a percuté le remblais juste devant moi. De la terre dans les yeux, je réclame un tir de soutien alors que je pose ma main sur la paroi de la tranchée pour m'aider à en sortir. Ensuite, je coure. Ca passe ! Ça passe ! Ça passe! Je coure sans m'arrêter vers la jeune femme. Les balles sifflent encore et me pourchassent comme des frelons enragés. Et mortels



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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Lun 1 Juil - 22:47

Agiter les bras ne suffisait pas. S'époumoner était vain. Faire de longs et beaux discours s'avérait totalement inutile. En fait, rien de ce que je faisais ne semblait convenir, malgré l'efficacité apparente de mon travail. Je m'humectais les lèvres et essuyais du dos de la main la sueur acide glissant sur mon front. Obéir aux ordres, une priorité pour tout militaire qui se respecte. Aujourd'hui, en ce jour, à cet instant précis, j'en avais fait mon credo. La seule vérité possédant encore une quelconque valeur à mes yeux : protéger les civils, peu importe les conséquences et le prix à payer. Sauver les gens qui, comme moi, il n'y a pas si longtemps, étaient en train de connaître la galère, la peur, l'incompréhension. J'avais survécu une première fois aux malheurs de la guerre, vêtue d'un simple jean et d'un blouson. J'espérais donc un peu naïvement que l'uniforme m'aiderait à accomplir des prouesses, bien que je n'en croyais pas un mot. J'inspirais profondément, essayant de calmer mon rythme cardiaque totalement affolé. Dans ces moments, on ne peut compter que sur soi-même, je l'avais appris à mes dépens. C'est peut-être pour ça, que j'avais si peur : la sécurité des autres passait avant la mienne. L'image de l'infirmier du groupe me traversa l'esprit et je secouais négativement la tête. Je ne l'avais pas vu ici et cela ne me rassurait qu'à moitié. J'étais seule sur ce coup, totalement seule, derrière mon monticule de terre, angoissée à l'idée de bouger. Depuis quand les tirs avaient-ils commencé à fuser ? Je l'ignorais. Sans doute quelques secondes à peine qui me parurent être une éternité.

Jetant un coup d'oeil sur le côté, j'évaluais rapidement la situation. Courir vers les civils et en repousser le maximum n'avait pas été une tâche trop ardue, mais désormais, le moindre mouvement risquait de me coûter la vie. Pourtant, je ne pouvais pas rester immobile à attendre, de me faire tuer, tout en regardant les corps tomber, à quelques pas de moi. Je plaquais la main contre mon paquetage et mettais à ma portée la trousse de soin des plus sommaires, que l'on m'avait assigné. C'est alors que la voix de Raulne me parvint, au milieu des balles sifflantes et des mottes de terre expulsées par les impacts. C'est le signal que tous attendaient. Alors, je me mis à courir, à découvert, rasant le plus possible le sol, jusqu'à la tranchée la plus proche, avec cette rage bouillonnant à l'intérieur, cette boule au ventre hurlant de toutes ses forces : Je ne veux pas mourir ! Si sur le moment, on m'avait demandé mon avis sur la situation, je n'aurais pas su répondre. Je ne voulais pas croire qu'il n'y avait plus d'espoir et j'étais intimement persuadée que tout cela s'arrangerait. Peut-être n'était-ce qu'un terrible cauchemar ? Je m'imaginais endormie, le sommeil agité par ces rêves de guerre et de mort. C'est à cet instant que le sol se déroba sous mes pieds. Je chutais lourdement dans la tranchée et roulais dans la poussière avant de me relever d'un bond, plaquée contre la paroi, de la terre dans les yeux et un goût amer dans la bouche. Je fis passer mes affaires devant moi et sortis les bandes et le désinfectant: pas de temps à perdre, je devais absolument agir. Je retenais ma respiration et comptait jusqu'à cinq avant de m'élancer hors de ce pseudo-abris, en direction des corps les plus proches, rampant le plus rapidement possible jusqu'à eux. Je rejoignis bientôt l'une des premières victimes et portais deux doigts au niveau de la carotide. Malheureusement, je ne sentis aucun pouls. Je serrais les dents et renouvelais l'opération auprès d'une seconde victime. Le résultat fut le même. Je sentais déjà des larmes de rage monter à mes yeux quand j'entendis un gémissement qui, sur le moment, me redonna espoir. Je cherchais des yeux la personne à l'origine de ce cri et la repérait bien vite, la jambe gauche en sang, mais les yeux grands ouverts. Un regard effrayé dans lequel je pus lire à quel point le monde était dégueulasse.

J'arrivais à sa hauteur quand je sentis une brûlure insupportable me déchirer la peau. J'aurais pu éclater en sanglot. J'aurais pu me mettre à hurler. Comme j'aurais pu mourir de sentir une douleur pareille, mais, sur le moment, qu'une balle ait tranquillement traversé un simple morceau de chair, situé sur le côté de l'abdomen, franchement, cela me passait totalement au-dessus de la tête. L'adrénaline masquait au maximum la douleur et, tant que je ne me sentais pas partir, je savais que je continuerai, ce malgré les balles qui sifflaient à mes oreilles. Monsieur ! Est-ce que vous m'entendez ?! Je parlais suffisamment fort pour couvrir les bruits des coups de feu tirés, mais rester à découvert était une très mauvaise idée. Aussi, dès qu'il me fit un signe, je le soulevais légèrement en passant mes bras sous ses aisselles et le tirais jusqu'à la tranchée, non sans peine. Je n'avais ni brancard pour le transporter, ni morphine pour endormir sa douleur et je rageais de me sentir si impuissante. Je l'entraînais avec moi au fond du trou et l'adossais à la paroi de terre. Regardez-moi. Tout va bien, vous êtes en sécurité. Je n'étais même pas convaincue de ce que j'avançais. Je vais jeter un coup d’œil à vo... Le remblais trembla sous le coup d'un impact et envoya débris de bois et motte de terre en direction du pauvre homme. Je fis barrière de mon corps et repris en grimaçant, à cause des écorchures douloureuses décorant désormais mon visage. ...À votre jambe. Surtout restez calme. Cette guerre, ce combat, au final, me permirent tous deux, à leur manière de me redécouvrir, sous un visage que je ne me connaissais pas. Avec un calme olympien malgré la situation et mon envie de me pisser dessus tant la peur nouait mes tripes, je remontais la jambe de pantalon et constatais presque avec soulagement que seul le mollet semblait touché. Je ne voyais d'ailleurs aucune balle logeait dans sa peau et en déduis que malgré la violence du choc, il n'avait sans doute que peu été touché. Je versais généreusement du désinfectant sur sa plaie et utilisais sa ceinture pour lui faire un garrot avant de, dans le doute, lui faire un rapide bandage. Je ne disposais même pas de l'équipement de rigueur pour ce genre de soin, alors, je faisais juste mon possible pour limiter les dégâts, en espérant que Talbert nous rejoigne très vite. Nous avions tous besoin de lui, mais, égoïstement, je voulais, plus que les autres, son soutien. OK, ne bougez plus, restez à l'abri. Si d'autres civils parviennent à arriver jusqu'ici, demandez leur de l'aide pour vous déplacer et faites en sorte de vous éloigner le plus possible du front, c'est clair ? Je me détournais de lui sans attendre de réponse et m'enfonçais dans la tranchée, m'approchant dangereusement des premières lignes, prête à distribuer tous les soins nécessaires.

J'appliquais en réalité, sans trop réfléchir, un basique système de triage, jugeant de la gravité des blessures des soldas d'un simple coup d’œil. Heureusement, le peu de blessés, que je croisais, n'avaient souvent que quelques égratignures. En fait, je ne pensais pas à leurs blessures, ni à la mienne. Je ne pensais qu'à les aider. Je me surpris d'ailleurs à admirer l'ensemble des hommes armés qui m'entouraient, alors que j'essayais encore de me persuader que je les détestais. Je les voyais souffrir en silence, la peur et la détermination se mêlant dans leur regard comme dans un cocktail prêt à exploser. Ils souffraient tout comme les civils, mais en silence, en continuant à avancer et lutter. Ils ne pleuraient pas. Ils étaient tout simplement courageux. Et les tirs ennemis menaçaient la vie de ces hommes -la vie de ces gars que je commençais à connaître-, il était donc primordial de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour ne serait-ce que les soulager. C'était tout ce que je pouvais faire pour eux, l'arme en ma possession ayant une trop faible portée pour défendre notre position.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mer 3 Juil - 14:03



A la guerre, comme à la guerre


Effets de ce tour






Vous vous demandez ce qu'il se passe ? On vous tire dessus les mecs, alors gare à vos fesses ! Les résultats de la mission seront déterminés par l'ensemble de vos actions, y compris les plus petites. Allez vous vous replier ? Combattre ? Sauver vos prochez ? C'est maintenant que votre destin se décide... Par le biais de lancés de dés effectués coin admin pour ne pas vous spoiler ! Voici sans plus tarder les éléments de cette manche...


Alexandre s'en tire avec un très respectable « 6 ». Sa chance couplée au fait qu'il se trouve à couvert dans une tranchée font qu'il s'en sort indemne. Il se prend quelques éclaboussures de terre et de résidus végétaux pulvérisés par les rafales qui frappent sa position, mais il n'est même pas frôlé par les balles !


Eléanore s'en tire aussi avec un « 4 », recroquevillée sur elle même à même le sol. Le corps contre lequel elle a buté est moins chanceux, et se fait frapper de plusieurs balles destinées à la jeune femme. Eléanore entend les chocs contre la chair juste à côté d'elle et se fait éclabousser de sang. Attention à ce que les ennemis n'alignent trop leur mire...


Pour Mickael, c'est aussi bon avec un « 5 ». Heureusement, il se trouve lui aussi à couvert, tout près de Reh. Il survit donc, ne se fait pas toucher. Mais il s'en faut de peu. Une balle fracasse une poutre de bois qui marquait le rebord de la tranchée, heureusement, le piaulement de la balle puis un choc sourd indique que le projectile a été dévié.


Philippe, malgré son geste insensé de se mettre à courir, s'en sort avec beaucoup de chance avec un « 4 ». Le lieutenant arrivera t'il à courir plus vite que les balles ? Rien n'est moins sûr. Déjà, l'ennemi le voit, et le piaulement des projectiles encadre le lieutenant, tandis que les balles éclatent le sol autour de lui en soulevant des gerbes de terre, de poussière, et de débris végétaux.


Léonie, en pauvre inconsciente courageuse qu'elle est, tire un « 3 ». A découvert et dans la ligne de mire des ennemis, elle risque fort d'être touchée. Heureusement, elle a encore un minimum de chances. Tels des frelons enragés, les balles bourdonnent et frappent le sol autour d'elle sans la toucher. Ce qui l'aide, c'est qu'elle soigne des blessés ; l'ennemi se focalise sur la destruction des retranchements. Mais sa chance ne durera pas éternellement...

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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mer 3 Juil - 14:06



A la guerre, comme à la guerre


Préambule



« Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres à Louisville. Alors que le soleil décline et que la soirée commence tout juste, des tirs se font entendre, venant de la nationale qui relie Cherbourg à la petite ville. Il ne faut pas beaucoup de temps aux habitants pour courir dans tous les sens. Des hurlements envahissent les rues, et une panique générale éclate. Certains rentrent chez eux, ferment volets, fenêtres et portes. D’autres se ruent vers la provenance des tirs, où se trouvent déjà les militaires sous le commandement de Raulne. Qui attaque et pourquoi ? Aucune idée. La bataille semble durer un moment, plus d'une demie heure. On entend distinctement le bruit de détonations importantes qui font trembler le sol, et des colonnes de fumée sont visibles par delà la colline. Puis, brutalement, tout bruit cesse.

Jusqu'à ce qu'on entende le vrombissement de moteurs, et qu'une colonne de véhicules blindés fait son apparition sur la route. Celle ci est bordée de fossés et de haies basses, ce qui masque l'identité des arrivants. Bien à l'abri dans les tranchées et dans le poste d'observation creusé à même le sol et camouflé par un toit de bois recouvert de terre et d'herbe fauchée, les militaires attendent et retiennent leur souffle. C'est à ce moment là que les civils arrivent, croyant sans doute que les secours arrivent enfin!

A mesure que ces inconnus avancent et voient une foule devant eux, leurs attitudes se font de plus en plus menaçantes. Ils adoptent des positions de combats et se mettent finalement à tirer sur toutes personnes en joue, sans même chercher le dialogue avant... Les balles fusent, la bataille s'engage. Déjà, les premiers corps tombent... »

Inscrits à cette mission


Sont attendus et autorisés à poster les personnes suivantes

  1. Philippe (responsable de la mission) 1/1/
  2. Micka 1/1/
  3. Léonie 0/1/
  4. Lénor 1/1/
  5. Lucas 1/0/
  6. Alex 1/1/
  7. Natalya 0/0
  8. Czesl' 1/0


Ordre de passage


L'ordre de passage durera une semaine. Vous pouvez poster au maximum deux fois. Dans votre rp, vous devez absolument expliquer comment vous êtes arrivés ici et décrire la situation de votre point de vu. N'oubliez pas de prendre en compte les rps des autres joueurs :Militaire:En cas de questions, envoyez un mp au responsable de la mission

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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Jeu 4 Juil - 11:58





A la guerre comme à la guerre
Mission intrigue
« Chaque guerre est la dernière. Tachons de survivre à celle-là pour voir la suivante… »



Oui j’étais là et je ne bougerai pas d’ici sans ces soldats ni sans Mickaël. Je n’étais plus militaire mais je l’étais tout de même. On ne pouvait cacher ce que nous sommes, non ? J’avais beau ressentir énormément de rancœur vis-à-vis de la gendarmerie et davantage encore envers l’Armée avec ce grand A qui me donne presque envie de vomir,  je n’en restai pas moins un gendarme. Un bon gendarme. Un très bon membre du GIGN. Ils m’avaient éjecté, trainé dans la boue, craché dessus, viré tel un mal propre pour protéger l’un des leur. J’avais toutes les raisons de me méfier de l’armée et de ce cher Lieutenant. J’avais toutes les raisons pour les laisser là et vérifier si elle était en sécurité. Toutes les raisons pour la prendre avec moi et l’amener loin d’ici le temps que la tuerie soit passée. J’avais promis de la protéger maintenant et pourtant au lieu de courir voir si elle allait bien, si elle se protégeait, je demandai les armes à Raulne. Je prenais part à ce combat tel le soldat que j’avais été, que je suis. Quoique les responsables m’aient fait, le reste des hommes restait des coéquipiers ou plutôt d’ex-coéquipiers car aucun d’eux ne me prendrait pour l’un des leurs. Si des prises seraient faites, je serai un civil perdu, mort à côté d’eux ou disparu. En uniforme nous devenons un soldat prit et cela avait souvent plus d’importance. Je faisais parti des civils à présent. Un civil qui savait se battre et qui avait assez de connaissances pour sauver ses miches et celles des autres. Du moins, je l’espérai. J’étais un fou qui aurait pu s’échapper mais qui fonçait tête baissé vers les ennuis. L’adrénaline me bouffait doucement en même temps que les gros vilains approchaient. La réponse de Raulne ne se fit pas attendre. Comme je le pensais, il n’avait rien pour moi mais cela ne m’empêcha pas de grogner dans ma barbe. Si seulement il m’avait filé mon barda quand je le lui avais demandé. Il n’avait pas d’arme pour moi alors que j’en avais apporté plusieurs moi-même, cela me dépassait. Je me crispai sentant l’envie de lui faire comprendre mon fond de pensée. J’aspirai à lui en coller une mais en vue des circonstances j’en vins presque à vouloir le soutenir. Peut-être était-ce le début de la sagesse ? Arrêter de se prendre le chou avec Raulne : rien que cela semblait annoncer une fin heureuse non ? Non, nous le savons bien.

Un gars se plaça alors à mon côté et se lança aux ordres de Raulne. Je fronçais les sourcils. Tout en lui sentait le militaire et le chien qui se plaça aux côtés de ma chienne m’indiqua qu’il était surement Maître-chien. Je ne pus m’empêcher de sourire en pensant à mon frère. Sourire qui disparut assez rapidement à cette même pensée. Ou était-il ? Peut-être ces connards en face de nous le retenaient ? Je ne savais pas. La colère me vint de nouveau alors que Raulne nous affecta sur deux missions. Le maître-chien au ravitaillement et moi … moi à aider les blesser pour récupérer des armes. Ça devenait déprimant mais c’était ainsi. Lui comme moi savions que les morts allaient pleuvoir et pas que chez les civils. Je regardai un instant les hommes et femmes présents. Je fronçai les sourcils et priai, pour une fois, pour ces courageux jugeant que si un Dieu existait il était judicieux de l’appeler en ce jour. C’est pile à ce moment-là que l’ennemi trouva intéressant de nous canarder. Je me plaquai contre le mur de terre et regardai autour de moi. Bon, il n’était plus temps de prier, de réfléchir ou de se barrer. Non, il était tant de montrer à ces fils-de-***** de quel bois se chauffait les français et en particulier les français bloqués dans un trou perdu.

Tout, comme à chaque affrontement, se passa très vite. Une fois les premiers tirs arrivés, il nous fallait réagir et vite. Nous étions dedans et pas qu’un peu. Chaque mouvement pouvait nous tuer. Chaque immobilité pouvait nous faire exploser. L’un dans l’autre on était dans la merde et la mort pouvait nous faucher aussi facilement qu’un rhino dans une corrida. Bref si ces pensées ne m’atteignaient pas plus que ça c’était bien parce que j’aimais la sensation que j’éprouvai sous les tirs. La peur avait cessé de me paralyser et me faisait carburer. Il m’arrivait d’avoir des idées improbables dans des situations désespéraient mais à ce moment-là, rien ne me vint.

C’est là qu’un militaire s’écroula. Je fonçai sur lui et le forçai à me regarder. Je lui criai des « tiens bon » par-dessus toute la mort qui nous prenait et qui le bouffait doucement. Il était foutu, je le savais. Il le savait. Je lui pris alors la main en le regardant dans les yeux. Cela ne dura que quelque seconde mais cela suffit pour désirer la mort de chacun d’eux. Ceux d’en face. Je criai de rage, lu le nom sur le médaillon afin de ne pas l’oublier et le dépouillai de son gilet et de ses armes. Je détestais faire ça. J’avais l’impression de profiter de la mort d’un soldat, d’un héros. Je vis une jeune femme se lancer entre les balles pour rapatrier un individu blessé puis tenter de faire des soins à certains. Je fronçais les sourcils et m’insurgeai presque qu’une si jeune femme soit dans tout ce bordel. Mais ce fut la vision de Raulne qui me marqua. Je le vis s’élancer telle une gazelle poursuivie par lions et chasseurs. Ce n’était pas son genre de quitter ses hommes et surtout d’arrêter de leur donner des ordres pour aller se balader entre les tirs. Je manquai de me prendre une balle et me retournai vers les ennemis. Je tirai plusieurs coups et regardai derrière moi afin de voir si Raulne s’en sortait. Je remarquai alors qu’il se dirigeait vers une femme allongée sur le sol. Il faisait ça pour elle ? Une civile ? Je n’en croyais pas mes yeux et un instant je me retrouvai au beau milieu d’un autre chaos. Je voyais un jeune militaire quitter nos rangs. Je lui ordonnai de ramener ses fesses mais celui-ci désobéit et attrapa une jeune femme. Dans son geste, il se prit une rafale. La jeune femme se pencha alors vers l’homme et resta auprès de lui s’en prendre conscience du danger qui l’entourait. Je me vis prendre trois hommes et la couvrir. Elle et l’homme a terre le temps que celui-ci parte. Je notai son nom. Je chutai lourdement sur le sol et ma chienne aboya non loin. Je rampai sur le côté et m’élançai auprès de Raulne. Le couvrir. Ce n’était pas le moment de perdre le big boss. Des civils tombaient. Les tirs pleuvaient. Et ce n’était que le début. Je jurai dans ma barbe tout en visant nos ennemis songeant qu’il serait judicieux de trouver vite fait une parade. La route était légèrement surélevée ce qui pouvait nous permettre, en petite nombre de les approcher par les flans. Je me demandai alors si l’ancien égout avait été rebouché ou non. Enfant, nous passions par là pendant nos jeux. Il passait sous la départementale et remontait le long d’une route parallèle. Une embouchure se dissimulait à deux rues d’ici. L’idée me plut, un peu de C4 aurait été la bienvenue. Je me serai fait une joie d’en foutre sur le dernier blindé de la colonne ou peut être sous la voie via l’égout afin de créer un petit éboulement. Si seulement on pouvait les bloquer. Je calculais à ce plan qui me semblait farfelue tout en me semblant impossible : Raulne aurait surement pensé à cela en étudiant les plans de la ville. En fin, si les anciens égouts y étaient annotés.

Raulne, je tournai la tête et remarquai qu’il arrivait presque au but. Ma chienne grogna et mon instinct me hurla de me coucher et vite. Un obus. J’entendis le bruit sourd du tir. J’étais proche de Raulne mais pas assez rapide alors c’est Sally qui lui fonça dessus et le projeta à terre sur le côté. La terre trembla sous l’impact. Je protégeai ma tête de mes bras et accusai les débris de bitume. Je grognai puis sorti la tête de ma carapace. Il fallait bouger et se mettre à couvert. Je cherchai du regard la jeune femme et fut soulager de voir qu’elle avait été protégé de cet obus. Me relevant je remerciai ma chienne en pensée d’avoir agi par elle-même. Je courus, difficilement, vers Raulne et la jeune femme le plus courbé possible.

Jolie course la gazelle on prend ta dulcinée et on bouge ! Tes hommes ont besoin de toi !

Je tendis la main vers la jeune femme et un nouveau tir d’obus se fit entendre. Il était clair qu’on allait tous crever.


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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Jeu 4 Juil - 13:45


    Mes doigts, mes mains, mes bras se crispaient de plus en plus et commençaient à tétaniser alors que j’essayais de penser à autre chose. Les bruits étaient terrifiants, les balles sifflaient toute proche et je ne savais quoi faire. La peur me paralysait comme ce fameux jour où tout commença. J’aurais pensé arriver à me maîtriser après les bombardements que j’avais vécu, mais il y avait des gens qui n’étaient pas fait pour ça et qui n’arriveraient pas à s’y faire. J’étais de ceux-là, qui ne savait pas réfléchir tellement cette boule au ventre me faisait souffrir. Mes yeux larmoyants ne contenaient plus longtemps le liquide salé, mes larmes coulaient sur mes joues et étalaient un peu plus sur celle de gauche le sang qui s’écoulait de ma coupure. Je serrais dents et poings comme si toute cette tension allait me faire tenir alors qu’en réalité elle m’affaiblissait de minute en minute. Je n’avais plus la notion du temps et ne savait pas si l’ennemi était arrivé à nos portes. Tout n’était que chaos, et lorsqu’enfin je sortis la tête de mes genoux et de l’enlacement de mes coudes, ce n’était que pour goûter de mes lèvres le sang d’un autre. Tout ce sang me fit tourner la tête, me rappelait d’affreux moment qui restait toujours en moi et la culpabilité de n’avoir rien pu faire à l’instant même. Et tout recommençait, la vision de cet homme mort à côté de moi et dans lequel j’avais buté… les flashs perpétuels qui ne me quittaient plus. Je ne savais d’ailleurs même plus dans quelle réalité j’étais, si je ne divaguais pas encore une fois. Je restais un moment les yeux écarquillés, choqué de ce que je venais de voir et de ce que j’avais pris dans la figure. Le goût du fer répugnant dans ma bouche me fit avoir un haut de cœur soudain et faillit vider mon estomac. Au lieu de ça, je me retrouvais avec des violentes nausées et un mal de crâne qui, je pensais, allait me faire exploser la tête. Mes yeux quittaient enfin ce cadavre pour s’exposer à tout le chaos ambiant.

    Je parcouru tout l’horizon devant moi, et ne voyait d’ailleurs pas grand-chose tellement la poussière me piquait les yeux. J’avais l’impression que mon ouïe diminuait au fur et à mesure car je n’entendais que des bourdonnements à la place, intense et encore assourdissants pour mon tympan. Je n’avais pas encore réalisé que ma situation pouvait être encore pire que maintenant. Un obus frappa tout proche alors que j’avais aperçu vaguement des visages familiers, et mon reflexe de tourner la tête se fit très lent. Je pris le choc en plein visage, m’épargnant de grandes blessures mais n’épargnant pas mon visage et mon corps pour autant. Je m’étais totalement aplatie sous l’effet du bombardement et la poussière m’avait provoqué une quinte de toux violente. Le temps de reprendre à moitié mon souffle et d’enfin ouvrir les yeux pour m’apercevoir que… je ne voyais rien. En plus de mes oreilles qui sifflaient, j’étais totalement désorienté avec la perte de ma vue, impossible donc de me calmer, mon cœur battant à tout rompre tellement je pensais que mes yeux avaient été atteint. Ma gorge me brûlait et ma respiration se fit plus aléatoire. J’étais déjà en train de me demander ce que j’avais fait pour mériter une autre perte. Pourquoi diable le sort s’acharnait-il ? Au moins ne pouvait-il pas me donner une mort rapide ? J’essayais de ne pas paniquer mais c’était plus fort que moi. J’étais complètement désorienté et j’essayais de me redresser en ne sachant pas du tout si j’étais à couvert. Je récupérais très lentement mes oreilles et ce fut là que j’entendis quelqu’un parler à côté de moi. Ce fut complètement inaudible et incompréhensible pour moi. Sous le coup de la peur, je donnais des coups de pieds dans le vide avant de toucher quelque chose, ou quelqu’un. Mes yeux bougeaient dans tous les sens, j’étais agitée comme jamais et reculais à force de croire à un ennemi potentiel. « Laissez-moi ! » criai-je alors que ma voix s’éteignait sous le bruit des bombardements. Je ne voyais rien, ne reconnaissait rien et ne pas voir qui s’approchait de moi me faisait faire n’importe quoi.


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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Jeu 4 Juil - 16:23


    | Asling, tu attends là. Si j'ai un type de blessé, tu l'aides, et tu prends son arme. Reh, tu vas approvisionner Azarov. Si ça pète, on aura besoin que la mitrailleuse soit bien fournie. Exécution. |

    «La prochaine fois, envoie pas ton clébard et viens me trouver direct, pauvre lâche. »

    J’étais tellement concentrer à ne pas vomir après m’être écrasé devant Raulne que j’avais pas capté que mon garagiste préféré s’était avancé vers moi. Son poing dans ma gueule m’arracha un « Hééé ! Z'en avez pas marre de me frapper ? » plaintif, du plus à la surprise qu’autre chose. Je fis instantanément volte face pour arracher le bras qui retenait mon col, et me planter vraiment face au c#nnard qui avait osé me foutre encore un pain. Non que je n’aimais pas cet aliment de base, mais là, entre la gifle de la photographe que j’avais accepté, les pains à répétition de Raulne et celui là, je commençais à avoir ma dose. J’étais un gentil gars, et comme on était en rationnement, je voulais moi aussi foutre des pains aux autres pour qu’ils aient eux aussi quelque chose à se manger dans la gueule. Et aussi parce que j’en avais un peu ras-le-bol.

    « La prochaine fois, si tu veux, j’t’envoie un carton d’invitation pour que t’arrêtes de faire le pigeon dans un champ de tir, aussi, pauvre tâche. »

    Je levai les yeux au ciel, et je me retournai une nouvelle fois pour refaire face à Raulne, cette fois, profitant de la manœuvre pour envoyer mon coude dans la gueule du garagiste. A première vue, ça pouvait passer pour un accident, vu l’exigüité de l’endroit, mais je doutais que l’un d’entre nous soit dupe une seconde. Tant pis. L’intérêt, c’était que je foute un coup au garagiste et que ce soit un minimum explicable. Parce que là, je marchais un peu sur des œufs, avec Raulnichou à côté, et j’avais pas intérêt à me viander. C’était comme pour l’entretien pour Autun. Si je devais être… pas moi, pendant une heure, c’était bien maintenant. Même si je me dégoûtais, à obéir à quelqu’un. Même si je n’avais qu’une envie, régler mes comptes avec les garagistes et Raulne à l’instant même. Les tranchées, c’était un endroit fun pour se battre, déjà parce que c’était rare qu’on ait l’occasion d’être dedans, sauf si on était fossoyeur ou si on aimait les reconstitutions historiques, et ensuite parce que voilà, c’était super serré, et pas pratique. Bref, c’était marrant, mais les balles qui sifflaient à nos oreilles l’étaient moins. Qui allaient siffler plutôt. En tout cas, mes oreilles et mes neurones avaient enregistré ce qu’avait dit Raulnichou quand l’autre crétin m’avait pris à part, et je trouvais à présent le moment opportun pour répondre. Je portais ma main droite à la tempe, dans un ersatz de salut militaire en répondant, l’air goguenard mais les yeux sérieux, d’une voix amusée : « C’est noté, c#nnard, je m’exécute. » et je complétais le tout en détachant ma main de mon front, poursuivant mon mouvement pour atteindre, le poing fermé entre temps, le menton de l’autre ahuri.

    « Oh, désolé Pot’d’fleur, j’avais pas capté que t’étais encore là ! »

    Souplement, dans un mouvement d’épaule, je me dégageai de l’endroit, sifflai Baxter pour qu’il me suive, et je rejoignis Azarov, amicalement surnommé Muet par moi-même. Je me demandai, à en arrivant près du mec-au-nom-imprononçable, c’est un autre surnom ça ?, si Raulne allait bien prendre le connard affectif donc je l’avais affublé, et s’il allait comprendre que c’était le maximum qu’il pouvait avoir de moi. Déjà, j’étais assez fier, parce que je ne l’avais pas envoyé chier, et, en plus !, j’avais fait ce qu’il m’avait demandé. C’est un petit pas pour Raulne, mais un grand pas pour le petit Alexandre, ça.. Ouais, tout à fait, c’était tout à fait ça… un  petit pas, pour le premier clampin qui voyait ça, mais lorsqu’on me connaissait un peu, fallait presque m’applaudir, me mettre un chapeau, lancer des confettis et mettre à fond « We are the champion ». Et j’exagérais peine.

    La fusillade commença, et mon enthousiasme fut douché par la pluie de terre et de divers végétaux qui maculèrent mes cheveux et atterrirent même sur mes lèvres. Je crachai, en me préparant à approvisionner la mitrailleuse, alors que Baxter faisait ma fierté à rester calme à mes côtés, et mieux encore, à rester… allongé, comme convenu. Du coin de l’œil, j’aperçus cependant le lieutenant faire une action digne de moi,  et non de lui. C’était quoi ce bazar. Olé, Alexandre avait obéi à un autre direct sans discuter, alors c’était la fête du slip et on allait danser avec les balles ? Nan mais il se prenait pour qui, Raulnichou, là ? « Mais qu’il est c#n ce c#nnard ! ». Joli résumé de la situation, Alex. J’essayais de voir ce qu’il devenait du coin de l’œil, tout en gardant un œil sur la colonne de blindés qui nous arrosaient de balles, et je frôlais l’entorse du nerf optique. A ce rythme là, j’allais me faire un torticolis des yeux, c’était une certitude.

    « Muet, y’a le c#nnard qui est là bas, faudrait qu’on évite qu’il se fasse buter, alors s’teu plait, sers à quelque chose et descend moi ces c#nnards qui tirent. »

    Voilà qui était très clair, et particulièrement bien conforme à la langue de Molière. Ou pas. Pas osef, comme disaient certains. Parce que voilà, quoi. Ca m’emmerdait sérieusement de rester planquer dans un trou, parce que j’étais pas une taupe ou une marmotte, Euh… ça reste à voir, pour la marmotte, et donner des baballes au huitième nain de Blanche-Neige, voilà quoi… c’était pas non plus exaltant et c’était pas ça qui allait me permettre d’évacuer mon trop-plein d’énergie. Mais le c#nnard qui se prenait pour Superman m’avait dit de faire ça, et même si j’enrageais, comme un joueur de foot contraint de rester sur le banc alors que son équipe se faisait maraver la tronche alors qu’il était le meilleur attaquant, parce qu’il s’était disputé avec l’entraîneur qui, d’ailleurs, voulait éviter le massacre et avait décidé de jouer la partie en mode Géronimoooo et qui s’en prenait plein la tronche lui aussi. Bien fait. Nah. Bien fait pour ta g#eule.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Ven 5 Juil - 13:04

[list]
Je continuais de courir sans m'arrêter ni regarder en arrière. J'entendais les balles bourdonner comme des frelons furieux autour de moi, alors que plusieurs projectiles frappèrent le sol à proximité de la position que je franchissais. C'est alors que quelque chose de gros et de vivant me rentra dedans et me fit rouler sur le sol. Une fraction de seconde plus tard, mon corps tout entier tremblait sous l'effet de la détonation sourde d'un obus, qui m'envoyer plein de débris. Une galette de bitume rebondit sur mon casque. Heureusement que je l'avais mis ! Je sentais mes tripes fondre sous l'effet de suppression du tir, mais je me sentais indemne. Me redressant, je vis qu'effectivement, je n'étais pas blessé. Et tout ça grâce à un chien. Je grommelais un remerciement. Marre de ces clebs qu'on voyait partout, mais quand même, c'était parfois utile. Mais ce chien n'avait rien à foutre là et allait se faire plomber s'il restait dans la zone. Un chien, c'est tout simplement pas assez discret et souvent trop con pour survivre en plein milieu d'une fusillade. Je reprenais ma course vers Eléanore, et à peu près au même moment où j'y arrivais, la voyant prostrée sur le sol, je vis Asling qui courait vers nous. Encore à faire son malin ! Il pouvait pas simplement rester à l'abris et attendre qu'une arme se « libère » ? Seul, j'avais eu ma chance pour ramener Eléanore dans la sécurité relative de la tranchée. Mais à plusieurs, on formait un groupe. Et on allait bien plus attirer les tirs. Déjà, le volume de feu alla en s'accroissant. On voyait distinctement les flammes au bout du canon des tireurs, partout autour de la route ou dans les retranchements que j'avais fait creuser autour du chekpoint. Ca sifflait de partout ; c'était une sacrée empoignade qu'on avait là. Je regardais Asling, alors qu'Eléanore, choquée, refusait toute aide.


| Arrêtes de faire le con et fous toi à l'abris, on va pas s'en sortir. Prends là, et fous lui en une s'il le faut pour lui remettre ses idées en place. |


Je n'étais pas tendre, je le savais, mais on avait pas le temps de faire dans la finesse avec ce qu'il se passait autour. Lucas devait amener Eléanore en sécurité. Moi, je mis un genoux à terre, fit basculer mon arme, et me mis à tirer en direction de la route. En rafales courtes, pour essayer de couvrir du mieux que je pouvais Lucas et Eléanore. L'arme trassauta dans mes mains et le recul frappa contre mon épaule, mais je tins résolument ma position. Faisant une pause entre deux rafales, j'activais ma radio personnelle. Elles ne marchaient plus depuis le début du conflit, mais peut être pouvais je espérer un miracle.


| 1.3 ici 1.1 je répète 1.3 ici 1.1. Force ennemie sur la départementale, bloquée pour l'instant par feu défensif. Amenez le groupe de renforts. Je répète... |


Je tirais et parlais dans mon micro. Je m'interrompais une fois de plus pour me tourner vers Lucas et Eléanore.



| Putain, bougez ! Allez, allez! |


J'épaulais à nouveau mon fusil, et concentrais mes tirs vers le fossé droit de la route, là où s'étaient jetés de nombreux ennemis.
[/lis]



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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Dim 7 Juil - 14:58





A la guerre comme à la guerre
Mission intrigue
« Chaque guerre est la dernière. Tachons de survivre à celle-là pour voir la suivante… »



Il était clair qu’on allait tous crever. Que de pensées pessimistes mais en même temps qu’est-ce qu’on pourrait penser d’autre ? Nous étions moins nombreux et nos recours semblaient moins important que ceux d’en face. Etant donné leur réaction à notre vue, il était évident qu’ils avaient écrasé la moindre ville et le moindre bourg se trouvant sur le passage. Il était évident qu’ils comptaient faire la même chose ici pourquoi ? Je n’en avais pas la moindre idée, après tout, cette ville n’était pas un véritable point stratégique pour nos ennemis. Peut-être était-ce uniquement pour le plaisir de détruire ? Une bande de mercenaire adepte de tuerie, viol, massacre et autre petites choses adorablement fatale. L’idée de voir ces individus parcourir la ville, ouvrant les portes, tuant le moindre civile, violant femmes et enfants me replongea plusieurs années auparavant. J’avais déjà été témoin de ce genre de pratiques et à cette époque nous n’avions pas pu faire grand-chose. Le mal avait été fait. J’en avais vu cédé à la tentation lors de mission trop longue n’acceptant pas le refus de certaines femmes des pays « visités ». En tant de guerre le plus mauvais de chacun de nous pouvait se révéler. Le plus mauvais, le plus stupide, le plus bon. Cela variait mais en ce jour, mon côté optimiste ayant fui loin de ce traquenard, j’optai pour un massacre de cette ville. Sauf si. Sauf si Raulne et ses hommes parviendraient à le tenir en déroute. Il en avait la capacité, il n’était pas connu comme le plus grand enfoiré des lieutenants pour rien. S’il savait emmerder ses hommes il savait tout aussi bien emmerder les ennemis. J’avais eu l’occasion de le constater une ou deux fois. Bref ce n’était pas le moment pour lui d’aller sauver sa donzelle. Le contact avec le sol et les débris lâchaient par l’obus ne m’avait pas laissé indemne mais ce n’était pas ça qui allait m’arrêter en ce jour. L’image des futurs possibles méfaits des fils de chien*** couplée aux visages des deux demoiselles que j’avais rencontré, Annabelle & Valentine puis à celui de ma Louise m’avaient de nouveau enfoncé dans une rage féroce. Il était évident que ces enfoirés allaient payer pour tout ce qu’ils avaient fait, pour tout ce qu’ils faisaient ce jour-là et pour tout ce qu’ils allaient faire si nous ne les arrêtions pas. Ils se devaient de mourir comme tous les personnes qu’ils avaient achevé pour un but que nous ne connaissions pas. La jeune femme devant moi me donna un violent coup de pied dans le tibia manquant de me faire chuter. Je grimaçai et m’approchai une nouvelle fois d’elle alors que celle-ci reculait visiblement paniqué. Je me demandai un instant si elle n’était pas folle mais je compris rapidement qu’elle était plus choquée qu’autre chose. Je remarquai même qu’elle essayait de me trouver du regard sans y parvenir. Je fronçais des sourcils alors que Raulne s’adressa a moi au-dessus du bouquant. Nous étions à peine protégés par un véhicule derrière nous, fin si on pouvait appeler ça un véhicule : une smart. Il était évident que ce n’était pas grâce à cette poubelle en plastique qu’on sera protégé bien longtemps…

Arrêtes de faire le con et fous toi à l'abri, on va pas s'en sortir. Prends là, et fous lui en une s'il le faut pour lui remettre ses idées en place.

Le con ? Je le regardai de biais en ayant la forte envie de lui faire remarquer qu’à la base ce n’était pas moi qui avait voulu jouer à « qui évitera le plus de balles ». Certes ma réaction n’avait pas été la plus brillante qui soit non plus mais je n’étais pas apte à laisser crever le connard à ma gauche même qui que ce soit d’autre surtout pas pour ça. Pour une femme. Le flash que je venais d’avoir ne me rappelait que trop d’évènement antérieur dont la mort d’un ami et collègue de travail ayant agit seul. Il était mort dans l’action et je lui en avais voulu longuement. J’avais apparemment vu la même action à Cherbourg et je ne préférai pas voir crever Raulne de cette manière. Ma chienne alla se mettre près de la voiture en attendant que je bouge. Le lieutenant prit sa radio et tenta d’établir une communication. Des voix dans ma tête me vinrent d’un autre flash mais ce ne fut que leurs voix et la mienne que j’entendis. Lointain souvenir. Pas d’image que des sons. Cela dura une demi second. Je secouai la tête contant que Raulne ne sache pas pour ces absences et attrapa le bras de la jeune femme. Sa réaction fut immédiate et je crus que ce serait elle qui me tuerait. Mon boss du moment s’énerva et c’est avec autant de rage et d’agacement que je hurlai à la jeune femme pour couvrir le bruit.

LIEUTENANT ASLING DU GIGN CALMEZ VOUS JE VOUS ELOIGNE !

Ma langue eu presque l’envie de balancer mon immatricule que je connaissais encore. C’était mon identité après tout. Je présumai que savoir mon grade et mon unité la calmerait un peu. Juste un peu même si, dans le fond, je lui mentais. Elle n’avait pas à le savoir et un regard vers Raulne m’indiqua qu’il avait lui aussi très bien entendu. Trop surement. Je fis comme si de rien était et, manquant de me prendre une balle, je pris la femme par l’épaule et la jeta sur mon épaule. Personne n’aimait être pris pour un sac à patate mais c’était encore la meilleure technique pour bouger ce poids mort au de la zone des tirs. Je me dirigeai vers le premier bâtiment à ma gauche. Je grimaçai sous l’effort et ma douleur au mollet. 2 mètres, deux pas. Il ne restait plus que ça pour être en sureté. Une détonation. Je sautai tant bien que mal sentant le danger. Le souffle d’un nouveau tir de gros calibre nous envoya balader à l’abri. Au moins, nous étions arrivés à destination. Ma chienne y était déjà, plus rapide et je me demandai si elle n’avait pas le cul bordé de nouilles. La jeune femme était sur moi. J’étais sonné et j’essayai de me retourner sans grand succès.

Hey Oh, vous allez bien ?

Je tapai dans le même temps sur sa jambe. La chute n’avait pas été si lourde que ça pour elle, je ne pensais pas du moins étant donné qu’elle avait atterri sur un merveilleux matelas qui était ma personne et moi, j’étais bien enroulé dans un gilet fraichement volé à un mort. Je parvins en fin à me retourner et vis les yeux de la jeune femme s’ouvrir. Je souris.

Vous revoilà parmi nous … rien de cassé ?

Je criai plus que je ne parlais mais je ne voulais pas lui faire peur. Son visage, maintenant que je le voyais plus attentivement, me frappa. J’eu l’impression de l’avoir déjà vu. Le sang qui souillait son joli visage ne fit qu’accentuer cette impression. Je chassai alors ce trouble en la décalant pour me redresser et retrouver Raulne.

Où est ce con de Raulne ?



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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Lun 8 Juil - 16:47


    C’était peut-être un comportement excessif que de frappé presque aussitôt et sans comprendre ce qu’il se passait. Mais comprenez-moi, étant aveugle, comment auriez-vous réagi ? C’était une chose qui me terrifiait énormément. Je pouvais devenir sourde, perdre le goût ou même l’odorat, mais en aucun cas je n’accepterais de perdre la vue. J’étais donc affolée et n’arrivait pas à maîtriser cette peur de ne plus jamais voir. Je pensais à Elena que j’admirais pour son courage et sa survie, même après la mort de son mari. Je ne savais pas comment elle faisait, mais je ne voulais pas finir comme elle, même si on se ressemblait beaucoup maintenant que j’avais perdu mon fiancé. J’espérais seulement que ma vue reviendrait lentement, mais pour l’instant, c’était la panique. Jusqu’à ce que j’entende très perceptiblement la voix d’un homme qui s’identifiait, sûrement celui que j’avais dû frapper de mes pieds plus tôt. J’en conclu enfin qu’il n’était pas un ennemi, mais un allié. J’entendais encore les sifflements des balles qui nous pourchassaient en nous épargnant encore, par chance. Je n’avais pas saisie que Raulne était tout proche et nous couvrait. J’attendais juste qu’on me montre le chemin, et en moins de deux, je fus prise comme un sac à patate sans que je ne puisse rien y faire. Je tapais sur le dos d’Asling de mes petits poings bien faible avant de me protéger la tête sentant que nous étions dangereusement à découvert. Mon cœur battait la chamade et la peur me poursuivait toujours, grandissant intensément. J’avais peur. Oui. Peur de mourir ici sur le champ de bataille.

    Mes oreilles qui étaient déjà sifflante de la détonation précédente ne s’arrangèrent pas lorsque j’en entendis une autre. Je me sentis tout à coup tomber avec l’homme et ma chute fut amortie sur lui sans trop de dégâts. Je ne voyais pas ce qu’il s’était passé mais mes oreilles avaient bien distinctement fait comprendre à mon cerveau ce qu’il s’était passé. On avait failli y rester avec un autre obus ou tout autre chose du genre, non ? J’étais aussi sonnée, me décalant sur le côté pour éviter d’écraser un peu plus l’homme qui m’avait porté, je l’entendis me demander si j’allais bien. Avec le sang sur mon visage, les flashs qui me revenaient affreusement et ma vue qui était toujours flou, que devais-je lui répondre ? J’attendis que mon étourdissement se tasse un peu pour lui répondre, alors que mes yeux cherchaient encore à voir la personne qui m’avait manifestement sauvée la vie, en vain.

    « Je… »

    Bizarrement, les larmes commençaient à couler soudainement, sans que je ne puisse rien y faire.

    « Je ne vois plus… plus rien du tout… ! »

    Mes mains cherchaient l’homme et lorsque je parvins à sentir ce qui devait être son bras, je m’agrippais à lui, comme pour qu’il me serve de pilier et que je ne sois pas seule à traverser cela. Je ne voulais pas qu’il parte, je voulais qu’il me dise que tout irait bien, pour mes yeux d’abord, mais aussi pour tout ce vacarme qui ne faisait que croître. Comment pourrais-je survivre si mes yeux me lâchaient maintenant ? Je l’entendis prononcer un nom qui m’était bien familier, et les mots m’échappèrent entre deux sanglots.

    « Philippe.. est là ? » arrivais-je à articuler. Je ne m’entendais plus alors je ne savais guère s’il m’avait entendu.


    HJ:
     


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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mar 9 Juil - 12:16

Des menaces de Raulne ? Ahahah, ça m’arracha un sourire ironique. En plus, il faisait combo en mentionnant Mathilda, merveilleux. Quel connard ce mec. Et je parlais même pas de l’autre ahuri de militaire qui me ficha un coup de coude en faisant genre. Je fis un pas sur le côté l’air de rien et lui écrasa le pied alors qu’il exécutait un signe militaire à la noix. Ah tiens, lui aussi pouvait pas blairer son lieutenant ? Sans blague. Avec un peu de chance, les balles qui toucheraient leur chef ne viendraient même pas du côté ennemi. Cette pensée me réconforta étrangement. Quelle bande d’abrutis, non mais vraiment. Même pas une cohésion potable entre eux. Ils se mirent tous à filer. Je ne pouvais pas décemment rester là en première ligne et je devais me trouver une arme, alors je me mis à courir aussi non sans avoir tapé dans le tibia dans l’autre emmerdeur avant que lui-même ne se casse après m’avoir fichu un nouveau coup. On aurait des comptes à régler après cette petite sauterie. Je fonçais dans les tranchées sans me soucier de connaître ma direction, juste le plus loin possible de ce qui se rapprochait. Je vis distraitement le capitaine de la connerie absolue se jeter dans l’action la plus stupide qu’il soit et en ricana intérieurement. Non mais vraiment… Je perdis Lucas de vue – à mon plus grand regret. Il aurait peut-être pu me filer un truc pour me défendre, j’allais pas balancer des cailloux quand même… Et cette attaque mémorable restera dans les annales, le Louisvillois saisit le premier pavé à sa portée et le lança d’une façon prodigieuse sur les blindés qui menaçaient sa ville. Mes délires internes furent bien vite à mettre au placard quand les hostilités débutèrent avec fracas. Je me figeais instinctivement quand l’assaut gronda et m’abaissa un peu plus pour ne pas me faire surprendre par un projectile tout en continuant ensuite à évoluer. Quelque chose siffla proche de moi et je réalisais que j’avais manqué de me manger un truc. Jour de chance ? Oh oui, quelle chance. Chercher des pièces et finir bloqué dans un trou à rat, sans flingue, avec des handicapés mentaux et des tirs ennemis. Super, quelle belle journée revigorante.

Je me retrouvais sans le vouloir près des deux militos – le pauvre con au clébard et son acolyte, le mariole de service. Quelle belle réunion, j’en serais presque ému. Fallait que je vois si je pouvais pas leur voler un flingue ou quelque chose. Je me rapprochais mine de rien et regardais Milou d’un mauvais œil. « Putain mais vous servez à quelque chose là ? » Je cherchais les emmerdes ? Non, elles venaient toujours à moi nuance. J’avais trop d’adrénaline dans le sang, je pouvais crever dans la seconde qui suivait et j’étais impuissant, désarmé, emmuré dans de la terre et des gravats. Ça crachait de partout et je m’attendais réellement à ce que ça tourne mal pour moi quand quelque chose de lourd tomba juste à côté de moi. Je me retournais vers le truc non identifié et réalisais qu’il s’agissait d’un corps. Putain de bordel de merde. C’est fou ce que le choc peut provoquer parfois. Dans l’immédiat, je ne réfléchissais pas à ce que j’avais sous les yeux, je le dépouillais très rapidement de ses munitions et de son arme. Maintenant, restais plus qu’à prier pour que je merde pas avec ça. J’avais tenté de m’entrainer mais j’étais loin d’être un tireur d’élite. Trèèèès loin même. Je regardais si l’inconnu possédait un moyen de communication quelconque mais quedal. Fouiller un mec mort ne m’amusait pas et je m’arrêtais là. Je vérifiais l’état de ce que j’avais pioché et attendais sagement dans mon coin pour m’en servir. Vu le calibre du truc, ça servait à rien de balancer ses balles pour le plaisir de les balancer, du coup j’attendais. Je comptais pas sur les deux pauvres débiles pour couvrir le terrain et je misais tout sur ma position pour réussir à survivre. Alors que je restais à couvert, l’ensemble de mes pensées se tournaient vers ma cadette qui était je l’espérais à l’abri - elle avait intérêt! Ainsi que vers mon amie qui était sûrement tout sauf à l’abri. Je grimaçais. Si elle finissait à nouveau à l’hôpital… Je me mordis l’intérieur de la joue. Putain.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mar 9 Juil - 15:52

La tension était palpable. Est-ce qu'ils étaient ennemis, alliés ? Les derniers ordres circulaient dans les rangs, on se préparait au pire. Sans surprise, je vis Reh me rejoindre. Bien de toute façon, il fallait croire que Raulne aimait nous coller ensemble, pour le plus grand désespoir d'Alexandre. Bah, il avait fini par s'y habituer, à mon attitude peu loquace, même si ça semblait lui taper toujours autant sur le système. « Oh, merveilleux, t'es enfin là. » Il y avait quelque chose d'un peu ironique dans mon ton, rien de méchant, plutôt taquin. J'étais prêt à tirer, mais il me fallait quelqu'un pour assurer que les munitions suivent, je ne pouvais pas gérer les deux efficacement. Soudainement, une première salve de balle se fit entendre. Non, ce n'était pas l'un d'entre nous qui venais de tirer dans la masse de blindés, aucun n'aurait été assez con pour tenter un tel truc. Ça venait d'en face, et ça se dirigeait droit vers nous, étant donné que les mottes retournées de terre retombaient déjà dans la casemate. En une fraction de seconde, l'ordre se fit entendre. « Feu-feu-feu-feu-FEU! » Sans me faire prier, j'arrosais déjà les positions qu'il m'avait désigné, faisant tomber un, puis deux gars. On était grillés de toute façon, ils nous avaient repérés. Alors que la fusillade commençait réellement, mon précédent sourire fanait sur mes lèvres. Les premiers corps s'écroulaient à terre, qu'il s'agisse de nos camarades, de ceux d'en face, ou même de civils qui s'étaient inconsciemment mêlé à l'attaque. J'essayais tant bien que mal d'ajuster ma visée, ce qui n'était pas vraiment facile, étant donné qu'il y avait toujours un clown pour se placer sur ma ligne de mire. Hors de question de tirer sur ces hommes et ces femmes qui, apeurés et perdus, tombaient un à un.

« Mais qu’il est c#n ce c#nnard ! » Je n'avais même pas eu besoin de tourner la tête pour comprendre de qui il parlait. Qu'est-ce qu'il faisait, le lieutenant ? Ce n'était certainement pas le moment de jouer les héros, encore moins dans son cas. Il était responsable, il avait oublié ? Peut-être. Toujours est-il qu'il fallait éviter qu'il se fasse descendre, ses hommes avaient encore besoin de lui. À moitié désespéré, je continuais pourtant à tirer, sans y prêter plus d'attention que cela. Raulne était grand, il savait ce qu'il faisait. Enfin, certainement. « Muet, y’a le c#nnard qui est là bas, faudrait qu’on évite qu’il se fasse buter, alors s’teu plait, sers à quelque chose et descend moi ces c#nnards qui tirent. » Muet, tiens, ça faisait longtemps. J'eus un petit sourire, rien que pour ça. J'essayais de regarder où était le militaire à peu près, même s'il était dur de le repérer. Putain, fallait pas que je le couvre en plus ? Il poussait un peu le bouchon. Il m'avait donné des ordres, j'étais déjà occupé à freiner les blindés, je ne pouvais pas couvrir tout le monde. « J'fais ce que je peux, plutôt que de te plaindre, continue à alimenter. » Je crois que c'était la première fois que je lui adressais autant la parole. Miracle, j'avais retrouvé ma voix. Essayant de dégager plus ou moins les types qui étaient trop proches de Raulne, Eléanore, et l'autre gars, je continuais à tirer balle sur balle, sans m'arrêter. Qu'il se bouge, où ils allaient se prendre une salve, eux aussi. Me retournant brièvement pour voir où on en était au niveau munition, j'aperçus l'autre là, le garagiste. « Super, on avait besoin de ça. » Secouant rapidement la tête, je me reconcentrais sur mon objectif, à savoir les ennemis. Décidément, aujourd'hui, rien allait. Mais on faisait avec. Parce qu'on avait pas le choix.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mar 9 Juil - 21:11

Et bah. Si on m’avait dit que j’allais me crasher non loin d’une ville qui connaissait autant de problème que ça, je ne l’aurais jamais cru. Oui, jamais cru. Ils étaient vraiment malchanceux par ici, et je reconnaissais encore plus le professionnalisme du militaire qui était en train de crier à tous de s’enfuir. Une colonne de militaires était arrivée sur les routes de Louisville. Et elle n’était pas du tout sympathique, au contraire même. Elle tirait sur tout ce qui bougeait sous ses yeux. C’était vraiment un pays de fou la France. Les gens ne se battaient pas, ils laissaient les militaires en sous-effectif tout gérer. Ils ne faisaient en fait que poser plus de problème qu’autre chose. J’étais tiraillée entre deux envies : les aider et leur donner des tuyaux, des moyens de les ralentir, comme par exemple de tirer au niveau du carburant des voitures sur le bas côté pour qu’elles explosent. Ou encore de s’infiltrer sur le bas-côté et les prendre entre deux feux. Mais je ne le pouvais pas non. J’étais sous couverture et ma mission était ma priorité. Je me contentais donc d’aider les gens à se relever pour qu’il puisse prendre leurs jambes à leur cou. Certains tombés derrière moi. Je le devinais aux différents cris que je pouvais entendre en fait. Une aubaine s’offrit à moi quand je vis un civil s’accroupir et ramasser une arme et des munitions. Je ramassais sur un des corps féminin une longue écharpe et m’enveloppa le visage avec. Impossible de me reconnaitre. Je me glissais jusqu’à lui sans qu’il me voit. Alors que j’étais dans son dos, et lui pris assez facilement son arme. N’étais-je pas entrainée à désarmer ? Je ne lui fis pas mal, juste un coup sur le poigné pour qu’il lâche ce dont j’avais besoin. Je lui dis, sans accent. Cela me sera plus utile qu’à vous. Ne faites pas l’imbécile et laissez moi faire . Je me relevais, tirais deux balles et fit mouche. Deux corps tombèrent. Je me remettais à couvert alors que des tirs fusèrent en notre direction, faisant se baisser l’homme en même temps. Je contribuais au bien de tous, sans faillir à ma mission. Laisser mourir des innocents sans rien faire alors que je pouvais empêcher une partie de la catastrophe, n’était pas franchement mon genre/. Je n’avais, en plus, rien à perdre en les aidant. Je me relevais légèrement et me remit en joue. Je laissais s’échapper du canon trois balles juste aux pieds de nos assaillants pour les ralentir et m’accroupis pour la recharger. Il fallait que je recule et vite. L’ennemi approchait… Et Raulne aussi. Si voyez quelqu’un le couvrir, il se poserait des questions sur l’identité du tireur. Cet homme, il était comme moi : un chien enragé, qui ne lâche rien. Me tournant vers le civil hésitant, je lui dis Il faut reculer et se mettre à l’abri. Courrais baissé vers cette voiture rouge, puis la noir. Ensuite fuyez, le plus vite possible, sans vous retourner si vous voulez sortir d’ici vivant.


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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "A la guerre comme à la guerre" [Livre I - Terminé]   Mer 10 Juil - 12:57



A la guerre, comme à la guerre


Effets de ce tour






Vous vous demandez ce qu'il se passe ? On vous tire dessus les mecs, alors gare à vos fesses ! Les résultats de la mission seront déterminés par l'ensemble de vos actions, y compris les plus petites. Allez vous vous replier ? Combattre ? Sauver vos proches ? C'est maintenant que votre destin se décide... Par le biais de lancés de dés effectués coin admin pour ne pas vous spoiler ! Voici sans plus tarder les éléments de cette manche...


Ca va mal pour Eléanore. Avec un « 1 » pour son premier post et un « 2 » pour le second, la belle accumule la poisse. A peine a t'elle été emmenée par Asling qu'ils sont dans le champ de tir des véhicules blindés inconnus. Les détonations sont sourdes, les projectiles de gros calibre criblent le sol autour d'eux. Le souffle de la seconde détonation de 73mm l'a sonnée assez sérieusement. Ce qu'elle ne sent pas tout de suite, c'est qu'elle a un éclat d'obus qui s'est logé dans son abdomen. Vingt quatre centimètres de long pour trois de large. L'éclat n'a fait que se loger dans son corps sans le déchiqueter. Elle saigne, et est touchée sérieusement. Quand les effets de « blast » de la détonation se dissiperont dans quelques secondes, la jeune femme se rendra compte de sa blessure.


Infiniment plus chanceux avec un « 5 » pour son premier post et un « 6 » pour le second, Asling s'en tire parfaitement indemne à part de légères écorchures à l'endroit où il s'est réceptionné ! En fait, l'explosion qui les a projeté à envoyé des éclats dans tous les sens, et il aurait sûrement pris l'éclat en plein dans le corps s'il n'avait pas porté Eléanore, qui lui a servi bien involontairement de « protection » !


Tous deux sont pour autant relativement à l'abri derrière deux arbres massifs presque côte à côte.


Alexandre récolte un « 4 », et la protection de son couvert lourd le protège sans problème ! Les balles continuent de frapper le bois protégeant la casemate, mais aucun dommage à signaler !


Philippe voit aussi sa chance tourner. Accroupi arrosant l'ennemi, son « 2 » ne lui permet pas de s'en tirer en plein milieu du champ de tir. Une rafale de fusil d'assaut le frappe de plein fouet, une balle dans la cuisse, l'autre en plein torse et l'autre dans la clavicule gauche. La frappe dans la cuisse ripe par chance sur une boîte en acier recelant ses codes de communication. La boîte est tordue et écroche la jambe de Raulne sans plus d'incidence. Par chance, la balle en plein torse est arrêtée par son gilet pare balles ; aucun dégât sinon un bleu ne sera à signaler. Par contre, la dernière balle siffle à ses oreilles et claque comme un fouet en brisant sa clavicule et en éclaboussant le côté de son visage et de son casque de sang. Raulne s'écroule, assommé par le tir reçu dans la poitrine -bien que sans effet majeur- et surtout, par le choc reçu à la clavicule. Il saigne abondamment. Ses tirs ont eu pour seul effet de stopper le contournement en cours par plusieurs fantassins ennemis sur le côté gauche de la route, ces hommes devant se mettre à couvert pour éviter les tirs du lieutenant, qui touche à la jambe un adversaire. Ses petits copains tirent leur camarade à l'abri. L'appel radio du lieutenant reste sans réponse...


Mickael obtient un « 1 » qui aurait pu lui être fatal, mais heureusement, la protection de la tranchée lui évite le pire. Un obus tiré d'un autre véhicule endommage gravement sa section de tranchée, et secoue Czeslaw et Alexandre sans les toucher. Mickaël n'est pas blessé mais le souffle de l'explosion a crevé les protections et il est à moitié enseveli dans la terre ; la tranchée s'étant partiellement effondrée. Il ne s'est rien cassé, mais doit d'abord se dégager.


Czeslaw avec un « 3 » et dans la tranchée, ne risque absolument rien. Il entend les balles frapper la casemate, mais rien ne l'empêche de riposter. Il peut noter cependant que ses tirs ont révélé sa position à l'ennemi, qui souhaite neutraliser le danger de ce bunker de bois équipé d'une mitrailleuse. D'ailleurs, ses tirs sont efficaces. La mitrailleuse crache ses projectiles mortels et met par terre au moins trois soldats ennemis sur la route, tandis que les autres doivent se cacher dans les fossés ou derrière leurs véhicules, têtes baissées. Le tir est redoutable et l'effet de suppression neutralise pour le moment l'attaque ennemie, qui piétine devant le retranchement.


Natalya, avec un « 3 » également, n'est pas touchée. Il s'en faut de peu, car elle coure dans la zone de tir avant de rejoindre la tranchée. Pour autant, elle est maintenant dans une sécurité toute relative, qui lui permettra d'arroser ses adversaires... La chance lui a permis de récupérer dans les mains de Mickael une arme efficace, un fusil d'assaut FAMAS avec le plein de munitions. Ses tirs, s'ils abattent deux ennemis, n'empêchent pas la force adverse d'avancer sur la droite...



La situation générale a donc relativement peu évolué. L'ennemi est tenu en échec sur la route, mais les fantassins se déploient dans les prés de chaque côté pour déborder et submerger les retranchements. Raulne et Eléanore sont sérieusement atteints. Il faut renverser la situation, et vite... ! Attention à ne pas trop jouer au héros, Raulne démontre que c'est rarement une bonne idée !
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