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MessageSujet: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Mar 23 Avr - 20:56

      « Denise mmmh la tête. Elle ‘vait ‘sé ‘eux ans ‘bas, ‘ez Co’naille, le premier marchand de nouveautés d’ la ville; et ce maga’in, ‘ontré brusquement, cette maison énorme pour elle, lui gonflait le coeur, la ret’nait, émue, intéressée, oublieuse du reste. Dans le pan coupé donnant sur la place Gaillon, la haute porte, tout en glace, montait Baxter tais toi jusqu'à l'entresol, au milieu d'une complication d'ornements, chargés de dorures. Deux Baxter assis, tu vois bien que c’est un passage piéton figures a’é‘goriques, deux femmes Baxter, là on peut passer, parce qu’il n’y a personne riantes, la gorge renversée et nue… euuh… nue et renversée, déroulaient l'enseigne: Au Bonheur des dames. Puis, lalalaalam#rde… »


    J’avoue ce n’est pas fameux, mais j’avais la fâcheuse manie de lire à haute voix sans m’en rendre compte couplée au réflexe d’avaler la moitié des mots ce qui donnait, non pas des chocapics, mais un ensemble assez informe tenant plus du muesli que des céréales chocolatés donc les mérites étaient vendus à corps et à cris dans les supermarchés, après l’histoire d’une aventure particulièrement époustouflante, et *paf*, ça faisait donc des chocapics. Moi ? M’embrouiller un peu ? Certainement pas. C’étaient vous, vils sacripants, qui n’arrivaient pas à suivre ce que je racontais dans mes pensées. Je repris ma lecture après une brève interruption somme toute justifiée ; donner un coup de pied à un chat était selon moi une justification à cet affront fait à Zola tout à fait recevable après une longue délibération entre moi, mon Ego, et ma modestie qui s’était faite très modeste pour l’occasion. Bref, je repris donc ma lecture à mi-haute-et-hachée voix, rentrant dans plusieurs personnes qui n’avaient pas la bonne idée de se bouger de mon chemin, coupant mes phrases par des ordres donnés à Baxter pour qu’il sache que je ne l’oubliais pas, et au bout de plusieurs minutes, je finis par arriver à mon objectif. Ce n’était pas grand-chose, pas un palace, en même temps si c’en avait été un ça aurait été un peu plus amusant, mais beaucoup plus pompeux, et tout ce qui était pompeux c’était un peu moyen. Très moyen. Moyen caca pas beau prout si vous vouliez en savoir un peu. Genre moyen pipi beurk Oui, c’est bon, Alex, on a capté l’idée !. Bref, comme Manu venait de le faire gentiment remarquer, l’idée était assez simple. Comme la place devant laquelle je me trouvais. Ce n’était rien de plus qu’un mini campement militaire, un squattage de locaux. Vraiment pas un palace, mais c’était un endroit où dormir, un endroit où l’on pouvait se poser. Comme une petite maison rien que pour ceux qui portaient un uniforme. Je n’y passais pas beaucoup de temps, parce que je n’aimais pas, n’avais jamais aimé, rester dans un même endroit enfermé. Ce n’était bien sûr pas pour rien qu’à l’école j’étais insupportable. Ce n’était pas pour rien, que je me faisais virer de cours, de presque tous les cours, rapidement, soit parce que j’avais été isolent, soit parce que je n’arrêtais pas de bouger. Dans tous les cas la raison était la même : je m’ennuyais. J’avais envie de bouger, de me dégourdir les jambes, de faire des choses bien plus intéressantes, à mon niveau. J’avais envie de m’épuiser physiquement et intellectuellement, et ce n’était certainement pas avec ce que l’on me proposait que j’allais pouvoir le faire. Franchement, on n’avait pas idée de torturer ainsi d’innocents (oui, oui, même moi je l’étais plus ou moins à l’époque) enfants. Les obliger à rester assis sur des chaises plus de vingt minutes, c’était inhumain. Bref, je m’égarais de nouveau en pensée.

      « Hey ! JB, toubib ? Tu m’as appelé ? »


    Si je n’aimais pas l’endroit, pourquoi y étais-je venu en journée, alors qu’en toute logique, je n’avais rien à y faire avant la nuit tombée ? La raison était aussi simple que l’était l’endroit Bon ça va, on a compris que c’est une cahute toute pourrie ou rien de plus glorieux, pas besoin de le rappeler toutes les deux minutes non plus, Alex, ça commence à devenir lourd ! c’est toi le lourd, et puis d’abord, c’est l’annexe de l’hôtel de ville, ce n’est pas tout pourri à ce point, quand même. La raison était simple, donc, disais-je avant d’être grossièrement interrompu par la voix schizophrénique de mon frère qui résonnait (et raisonnait si on faisait un habile changement de sujet (oh ouiii, mon précieuuuux, que j’étais futé et malin et beau !)) de plus en plus souvent dans mes pensées, que ma jambe, si elle était à présent presque totalement rétablie, devait toujours être suivie de près par un médecin qualifié et qui n’avait pas peur de mes crises de colère (peur ou assez, parce que les médecins du centre de soin de Louisvilles devaient avoir achevé leurs réserves de patience pour les dix prochaines décennies à venir (et pour les petits malins du premier rang, oui, oui, je parle bien du siècle à venir en fait, parce que dix fois dix ça fait cent et voilà) avec moi). Et ce médecin était Jean Baptiste Talbert, celui qui, d’ailleurs m’avait empêché de me vider de mon sang tel un goret, lorsque je m’étais pris l’éclat d’obus deux semaines plus tôt. C’était beau la vie, non ? J’appelai donc le toubib, m’appuyant sur un petit muret, repliant la jambe et croisant les bras. J’avais sur le visage ce petit sourire insolent, rieur, impatient et charmeur que j’offrais généralement à toutes les personnes plus âgées que moi, pour leur porter sur les nerfs avant même de parler, tout en les caressant dans le sens du poil avec cette trompeuse bouille d’ange (je tenais cet adjectif de ma grande sœur, qui le marmonnait avec indulgence avant de m’ébouriffer les cheveux lorsque nous étions bien plus jeunes, autrement dit quatre mois plus tôt pour la dernière fois). Ce ne fut cependant pas Talbert qui sortit de notre QG, mais une petite frimousse qui m’obligea à baisser la tête, mais qui ne fit pas partir pour autant mon sourire. Au contraire, ce dernier s’en trouva élargir tandis que je détaillais notre nouvelle recrue. Une psy… je les méprisais, en général, parce qu’ils n’étaient jamais assez malins pour rentrer dans ma tête et me percer à jour. Je détournais leur attention sur ce qui n’était pas important, je leur agitais des leurres sous le nez, et le pire c’était qu’ils courraient, ces crétins ! Ils courraient droit dans le mur, à chaque fois, convaincu que j’étais sincère juste parce que je leur souriais, je posais des questions innocentes, je balançais mes jambes dans le vide quand la chaise était trop grande, ou moi trop petit. Cela faisait bien longtemps que je n’étais pas allé voir un psychologue. Même Autun n’avait pas réussi à m’en faire voir un sérieusement. J’avais mes limites, comme tout le monde, il y avait des limites à ce que je pouvais supporter. Et accepter que l’on tente de trifouiller dans ma tête en faisait partie. Je frissonnai et chasser bien vite cette pensée désagréable en accueillant avec un sourire en coin la minus, Léonie qu’elle s’appelait.

      « Et bien JB, je ne te pensais pas aussi… féminine ! C’est ton petit secret ? »


    Je complétai mon humour pourri avec un sourire en coin et dans un petit rire, je rajoutai :

      « Plus sérieusement, Léo, Miss Supermind Je te rappelle, Alex, que c’est toi qui est sensé jouer au Supermind, tu sais le super grand méchant tout nul dans le film éponyme qui s’aperçoit à la fin qu’il peut être gentil ! Ah, et bien c’est toi, héhé ! TA G#EULE MANU. Je repris calmement, cherchant à chasser le trouble qui m’habitait, tu étais trop occupée à danser le Gangnam style ? »


    J’étais particulièrement fier de moi pour le coup. Petit jeu de mot à l’Alexandre, c’était cadeau, c’était gratuit. C’était beau. Mais il y avait de grandes chances pour que je sois le seul que ça fasse rire. Bon, ce n’était pas comme si c’était une surprise. C’était habituel. J’avais un humour qui était à l’image de ma logique : aussi unique que je l’étais. Ce n’était pas de l’arrogance, ce n’était pas de la prétention, même pas un peu ?, c’était juste un constat.
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MessageSujet: Re: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Mar 23 Avr - 22:17

C'est dingue de voir comme l'auxiliaire sanitaire qu'elle était, pouvait, tantôt n'avoir que de la routine à faire, tantôt être overbookée. C'est vrai, en ce moment, elle était sur tous les fronts et n'avait même plus le temps de s'occuper d'elle, ou de son plan machiavélique pour (dominer le monde) se venger. Les militaires qui, il n'y a pas si longtemps, la méprisaient et se moquaient d'elle, venaient à présent ramper à ses pieds pour obtenir des rendez-vous, pour la plupart. (Bon, Talbert ne comptait pas là-dedans, elle l'aimait bien lui.) Aussi, c'était désespérant de savoir qu'une boule d'énergie comme elle n'avait même plus le temps d'aller faire du sport ! Rien que ça ! Ce qui la contrariait le plus, c'est que tout le monde s'en fichait ! Enfin. Vêtue d'un jogging noir et d'un sweat gris bien trop grand pour elle, elle profitait d'une petite pause pour nouer ses baskets et aller courir. Un footing de détente. Qui, la connaissant, se transformerait en parcours du combattant. Elle s'apprêtait à sortir quand une voix appela l'infirmier. Voix qu'elle reconnu immédiatement, malheureusement. Alexandre, le maître-chien. Autant, elle appréciait Baxter et s'entendait même plutôt bien avec lui, autant son maître était juste insupportable. Puis, très bizarre, aussi. Enfin bref. Elle hésita à faire demi tour et à ne pas sortir, puis au final, décida de ne pas changer ce qui était prévu. Il ne la retarderait pas, si ? Elle sortit donc, la tête haute, la queue de cheval balançant au rythme de ses pas, un faux air surpris sur le visage.

Ah, Reh ! Elle eut envie de se frapper le front contre un mur. Ou de le frapper, lui. En fait, elle n'arrivait pas trop à savoir. Quel plaisir de te voir là ! Tu t'es perdu ? Douce ironie, phrase ponctuée d'un délicieux sourire qui empestait l'hypocrisie à plein nez. Il savait bien qu'elle ne l'appréciait pas vraiment et même si ce sentiment n'était pas arrêté définitivement. Pour l'instant, y avait un truc qui ne passait pas trop. Surement son attitude qui ne lui plaisait pas. D'ailleurs, c'était le seul qu'elle avait directement tutoyé. Ça voulait tout dire, ça, non ? Ben ouais, elle respectait plus le chien que le maître ! Ha ! En parlant du chien, elle l'aperçut et se mit accroupi pour lui frotter la tête en souriant. Oui Baxter, t'es mignon toi ! Elle finit par se redresser et, remarquant le livre -et quel livre!-, elle haussa les épaules ; Tu sais lire ! Wouah ! Elle s'arrêta face à lui et releva le visage pour soutenir son regard. C'était un géant ce mec ! Elle fronça les sourcils quand il commença ses blagues si subtiles. Vraiment, incorrigible. Pourtant, elle entra dans son jeu et appuya son avant-bras sous sa poitrine pour souligner les formes de celle-ci qui, à défaut d'être volumineuse, était plutôt bien dessinée. On a tous nos petits secrets ! Mon nouveau look ne te plait pas ? Tant pis ! Elle laissa retomber son bras le long de son corps. Parfois, elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle lui faisait le plaisir de « jouer » avec lui. C'était gamin, c'était idiot. C'était Alex quoi. Bien qu'elle le soupçonnait d'être plus intelligent que ce qu'il laissait croire. Pourquoi ? Déjà, un homme aussi stupide n'aurait pas tenu une minute en combat -d'après elle bien sûr-, parce que Zola quoi et puis, aussi parce que des jeux de mots comme il les faisait, il fallait les trouver quand même. Rien que pour ça, chapeau ! JB n'est pas là, Reh la limace. Elle le contourna, feignant un désintéressement total. Mais sur son visage venait de se dessiner un sourire amusé. Il est à l'hôpital j'crois. Il paraît qu'on avait besoin de lui là-bas.

Elle fit volte-face et regarda un instant le jeune homme, fixement. Il n'était pas là pour trente-six mille (et pas une de plus !) raisons n'est-ce pas ? Les seules choses qui auraient pu le ramener au camp c'étaient le chien, la bouffe et le toubib. Elle désigna sa jambe du menton. Bon, tu poses tes fesses quelque part et j'y jette un coup d’œil ou la petite psy peut aller courir tranquille ? Stupide attitude face à un garçon pas beaucoup plus âgé. On ne sait pour quelles raisons, elle l'associait à un grand-frère casse-pied et ne pouvait se retenir de le titiller. Finalement, conscience professionnelle et maturité oblige, elle secoua négativement la tête et reprit. En fait, j'avais besoin d'aller me défouler ailleurs. Donc j'peux m'occuper de ton cas.. Elle lui fit un grand sourire -celui qui voulait dire « nan, je déconne, toi, de toute façon, t'es un cas désespéré »- et continua. Ou alors, tu viens avec moi. Bizarrement, elle priait pour qu'il opte pour la troisième solution largement sous-entendue par son regard insistant : qu'il la laisse tranquille. Mais enfin, il ne fallait pas compter là-dessus, n'est-ce pas ? Finalement elle soupira et revint vers lui. J'imagine que c'est mort pour le sport hein ?
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MessageSujet: Re: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Mer 24 Avr - 14:55

      Ah, Reh !


    C’était tout ? Sincèrement elle pensait allez loin avec ça, alors qu’elle avait presque tout en main pour faire un jeu de mots des plus malins et amusants genres « Ah, Reh !, Te voilà ». Sincèrement, c’était beau, non ? Alex, je crois que tu es le seul à avoir compris… Sérieux ? Mais que ce doit être ennuyant d’être aussi stupide, franchement… A-rê-te, comme une arête de poisson quoi. Nan mais direct, une blague, c’est moins drôle lorsqu’on l’explique. Je poussai un soupir mental d’exaspération, qu’elle poursuivait, entrant dans mon jeu, et caressant au passage Baxter. Pour qui elle se prenait, là ? Sincèrement ? Franchement ? C’était quoi ces manières ? Elle n’allait pas bien dans sa tête, pourquoi elle touchait mon chien à moi ? Bon d’accord, à chaque fois qu’il était question de Baxter, j’étais tout de suite un peu plus chiant, parce que c’était Baxter quoi. Oh, il ne fallait pas s’imaginer des trucs, j’étais tout aussi protecteur avec Tusto et Diego, mes deux autres molosses, et c’était parce que je les connaissais depuis qu’on me les avait confiés alors qu’ils n’étaient pas bien vieux. A l’exclamation de la mistinguette, lorsqu’elle vit mon livre, j’éclatai de rire. Etait-ce parce qu’elle aurait très bien pu être ma petite sœur que je ne la prenais pas au sérieux dans son rôle de psy, et donc que je me permettais de l’apprécier comme elle le méritait ? Ca devait jouer, bien sûr, ça devait sacrément jouer. Et pas qu’un peu.

      Quel plaisir de te voir là ! Tu t'es perdu ? Tu sais lire ! Wouah ! On a tous nos petits secrets ! Mon nouveau look ne te plait pas ? Tant pis ! JB n'est pas là, Reh la limace. Il est à l'hôpital j'crois. Il paraît qu'on avait besoin de lui là-bas.

      « Sérieux, Reh la limace ? tu as pas trouvé mieux ? Mais ma p’tite dame, mon nom de famille offre plein de possibilités de jeux de mots et toi, tu me sors un « Reh la limace » ? Même pas un petit « Alors, toujours pas Reh-quinqué ? » ou un « JB n’est pas là, c’est t-Reh dommage ? » Tutututu, va falloir que tu me travailles ça, Supermind, parce que là, ça va pas du tout. Et bien sûr que non je sais pas lire, c’est juste pour frimer auprès des filles, il parait que ça les branche, les mecs culturés. ! »


    Outre le fait que je faisais exprès d’inventer des mots et que me pointer avec du Zola, c’était forcé que j’allais entendre des sarcasmes, ça m’embêtait d’avoir bougé mon derrière pour rien, mais plus encore, j’avais pas franchement envie d’aller me pointer à l’hôpital. Et elle devait s’en douter, vu le sourire amusé qu’elle laissait pointer sur son visage de gamine. Je m’appuyai un peu plus au muret, bras toujours croisés et je secouai la tête avec amusement tandis qu’elle reprenait :

      Bon, tu poses tes fesses quelque part et j'y jette un coup d’œil ou la petite psy peut aller courir tranquille ? En fait, j'avais besoin d'aller me défouler ailleurs. Donc j'peux m'occuper de ton cas.. Ou alors, tu viens avec moi. J'imagine que c'est mort pour le sport hein


    J’éclatai de rire à nouveau, la détaillant un peu plus. Elle allait courir, là ? Bon déjà, qu’on passe vite dessus, j’avais aucune idée qu’elle regarde ma jambe ou quoique ce soit. Déjà, je ne pouvais pas blairer les médecins, je les supportais encore moi lorsqu’ils tripatouillaient mes blessures, alors laisser une minus jouer avec les bandages et tout, brrr, pas question. Je tenais à ma jambe moi. En revanche, pour ce qui était d’aller courir, il fallait avouer qu’elle était en tenue pour et qu’elle semblait vraiment motivée. J’haussai les épaules et Baxter se mit debout, remuant la queue en sentant avant que je ne parle ce que j’allais dire :

      « Nan mais crève je pose mes fesses nulle part, j'suis débarrassé de la corvée toubib, pas question que je la remplace par celle de la schtroumpfette psy. Et qué, le sport c’est mort ? Nan mais tu as lu ça où ? T’es pas toubib à ce que je sache ! Faut que mon fripon de chien se défoule, alors si ça te gêne pas, j’t’accompagne ! »


    En même temps, même si ça la gênait, je ne voyais pas au nom de quoi elle pourrait me dire non. Je ne reconnaissais que Talbert, vaguement, comme toubib, n’était-ce juste que parce que je l’avais vu à l’œuvre. Elle, ce n’était qu’une minus qui devait avoir eu son bac l’année dernière et qui ne connaissait des premiers soins que ce qu’on apprenait aux premiers secours. Oui, et bien sûr, toi, le grand Alexandre, tu es diplômé en médecine et tu sais mieux que tout le monde ce que tu peux faire alors qu’il y a un peu moins de deux semaines tu avais la cuisse en steak haché, c’est ça ?. Bon, pour le coup, mon frérot n’avait pas tort, mais plutôt m’arracher la langue que le dire à haute voix. D’autant plus, qu’on était bien d’accord, cette voix, c’était ma petite conscience et les trois neurones qui habitaient dans ma tête, et pas réellement mon frère qui me parlait par télépathie, hein. Je me délestai rapidement de mes affaires, n’étant plus de service pour le moment et posant rapidement le tout dans la pièce la plus proche, de toute manière je n’avais pas grand-chose de précieux, je revins en tee-shirt noir et treillis devant la miss.

    • « Sinon, tu as eu beaucoup de patients pour le moment ? Y’a combien de dérangés dans la troupe ? En dehors de moi, bien sûr ! , je lâchai un petit rire, encore une fois. J’ai plus bipolaire que déprimé, pouvant me montrer violent un jour, et rieur et optimiste un autre. En fait, le principal problème qu’il y avait avec moi, c’était mon cerveau. Après, j’étais plutôt du genre boute en train, mais pourquoi tu veux courir ? Sauf si tu as un antécédent chien, perso je trouve ça chiant à mourir. La boxe, ça c’est du sport qui défoule ! »


    Vas-y, paye moi cet accent. Quand j'étais plutôt du genre content, y'avait tout le soleil du Sud qui suintait de ma voix, par le biais d'un fort accent provençal, que des années à Autun et en vadrouille n'avait pas réussi à ôter. Mes parents étaient de purs provençaux, et même si j'étais le seul de la famille à avoir un accent aussi prononcé, il était sûr que je le tenais de mes grands parents et de l'huile d'olive qui coulait dans nos veines.
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MessageSujet: Re: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Mer 24 Avr - 23:14

Elle avait levé les yeux au ciel quand il s'était mis à rire. Roh qu'elle le détestait ce machin, espèce de maître molosse psychopathe trop idiot pour comprendre la vie et trop intelligent en ce qui concerne les jeux de mot pourris ! D'ailleurs, à ce propos, elle l'écouta, un sourcils haussé. Non, mais, franchement, il était surdoué ce gars. Comment son esprit faisait-il pour trouver autant de blague à faire avec un unique mot ? Incroyable. Et puis, Supermind, c'était quoi encore que ce nouveau surnom ? Quoique, il n'avait pas totalement tort sur celui-ci. Puis c'était classe. Elle se décida alors à le surnommer monsieur le bilingue, la prochaine fois qu'elle en aurait l'occasion. Non mais ! Quand il lui fit la remarque à propos de son livre, elle se mit à rire. Bien sûr que c'était amusant : c'était grotesque et mignon ! Donc amusant. Quand il reprit, elle l'écouta avec attention, un demi-sourire sur les lèvres, les poings sur les hanches et les sourcils froncés. Non, vraiment, ce garçon l'éclatait totalement. Il lui rappelait un peu son Maxime d'ailleurs. Sans doute, le courant finirait-il par passer. Du moins, elle l'espérait. Avoir des ennemis dans la meute des militaires, c'était sympa, d'autant plus qu'elle s'était jurée de ne pas s'y attacher, mais à la longue, cela risquait de devenir pesant, même pour une indépendante comme elle. Sur qui allait-elle se défouler si personne n'était là pour encaisser ses caprices et colères sans broncher, hein ? Enfin, elle poussa un soupir et balaya l'air de la main, lui faisant signe de disposer pour qu'il aille se changer. Non, elle n'avait pas le choix. Mais au final, même si elle l'avait eu, elle aurait voulu qu'il l'accompagne. Enfin, ça, elle refusait de l'avouer.

Ah, non, n'allez pas vous faire d'idée bizarre ! C'était uniquement pour être en sécurité au cas où elle croiserait une bande de civils mal intentionnés (à croire que JB l'avait contaminé avec sa paranoïa !) Elle le laissa donc filer et l'attendit en se mettant de nouveau accroupi près du chien, le laissant lui renifler les doigts comme s'il cherchait à l'identifier. Elle aimait beaucoup ces bêtes-là. Fidèles, dociles, totalement dingues de leur maître. Dans un soupir, elle repensa à son Rudy, le husky resté au, ce qu'elle appelait maintenant, « pays », comme la plupart des militaires d'ailleurs ; A croire qu'elle avait attrapé leurs sales manies ! Quand il revint, elle le regarda de la tête au pied et haussa les épaules pour répondre à sa question. Si tu veux tout savoir, tu es mon pire patient, le cas le plus atteint et le malade mental de service ! Elle lui sourit, mais reprit son sérieux après un court instant. En fait, vous êtes assez nombreux... Sous entendu, que la guerre était vraiment une connerie. Quand il reprit elle se mit à rire aux éclats. Pour brûler les calories voyons ! C'était tellement idiot ! Elle désigna du doigt son ventre à lui et ajouta avec un air malicieux. Mais c'est qu'il en aurait bien besoin le maître-chien ! Bien sûr, c'était de l'ironie pure et dure. Avec la carrure et le corps de rêve (si si, je vous jure) qu'il avait, il pouvait se priver de sport et manger frites-pizza tous les jours pendant au moins les six mois à venir ! J'adore ton accent Reh... Oui, comme ça, gratuitement. Au moins, c'était sincère et ça venait du cœur. Puis cela apportait un peu de soleil à Louisville ce genre d'accent. A sa remarque, elle fit mine d'être choquée puis lui fit un grand sourire. Ce sport d'homme ? Oh voyons, je suis trop fragile pour ça ! Mensonge, elle s'en sortait très bien malgré ses bras fins et sa petite taille. D'ailleurs elle lui prit le poignet sans aucune gêne et l'entraîna à sa suite, comme une enfant qui a hâte de montrer à son grand-frère de quoi elle est capable.

Elle finit par s'arrêter de trottiner un peu plus loin, dans un endroit plus calme où ils ne risquaient pas d'être dérangés en pleine séance d'entrainement. S’entraîner avec Reh... On aura tout vu ! Néanmoins, pourquoi pas ? Cala pourrait être amusant ! Elle se tourna vers lui, fléchit les jambes, redressa son buste et ferma les poings. Donnant quelques coups dans le vide avec un entrain qui la surprenait elle-même, elle se mit à sautiller autour de lui, ne le quittant pas des yeux, réfléchissant déjà à une éventuelle stratégie. Elle ne perdit cependant pas son sourire quand elle lui demanda, d'une voix amusée. Apprends moi ! J'ai besoin de me défouler ! Stupide, sans doute. Bizarre, sûrement. Surtout avec Reh. Mais à vrai dire, cela aurait put être n'importe qui, elle en avait besoin et était prête à apprendre.
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MessageSujet: Re: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Ven 26 Avr - 20:18

      Si tu veux tout savoir, tu es mon pire patient, le cas le plus atteint et le malade mental de service ! En fait, vous êtes assez nombreux... Pour brûler les calories voyons ! Mais c'est qu'il en aurait bien besoin le maître-chien !


    Je me défilai d’un petit mouvement lorsqu’elle osa pointer un doigt sur moi, étant assez chatouilleux de base. En général, les gens ne le savaient pas, parce que l’occasion ne s’offrait pas vraiment de tester ma résistance aux contacts légers. Il y avait bien ma famille proche, forcément, quel mauvais frère Manu aurait fait s’il avait ignoré que son petit frère était chatouilleux comme pas deux ! D’ailleurs, en y pensant je me demandais si j’avais été insupportable avec JB lorsqu’il avait du m’apporter les premiers soins, là bas, sur la route… j’avais du vouloir lui donner un ou deux coups de pied, quelque chose dans le genre, rien de bien méchant. J’étais suffisamment dans les vapes pour ne pas avoir été trop violent. Enfin… à mes vagues souvenirs. Un pincement de douleur à ma jambe me fit plisser les yeux. Etait-ce mon imagination ? Peut être. Je l'ignorai en tentant de rester connecter à la réalité en répondant à Léonie:

      « Peuh, les calories, ça sert à rien, j'suis contre, j'vote pas pour, j'aime pas bouarf ! »


    Ca ne marchait pas. La douleur enfla. J’entendis soudain des sifflements des obus, des balles, les cris. Tout me semblait assourdissant, je repartais là bas, l’imagination accentuant les bruits, exaltants mes sens… J’avais presque l’impression de revivre tout ce qu’il s’était passé, en mode « tout dix fois plus fort, tout dix fois plus envoûtant »… Ma respiration accéléra légèrement, et je papillonnai des yeux pour revenir à la réalité au moment où Léonie se moquait de mon accent du Sud. Mon sourire, mon éternel sourire qui était si… souvent présent à mes lèvres et qui les avait pourtant déserté le temps de mon flash back, revint à son poste, comme un chien fidèle. « Merci, c’est naturel ! » Je lui fis un petit clin d’œil et poussai une petite exclamation de surprise lorsqu’elle me prit le poignet pour m’entraîner je ne savais où, sans même me demander mon avis. Conciliant, comme toujours lorsqu’on ne me donnait pas d’ordres, je me laissai faire. Un sport d’homme ? Mais carrément ! ‘Fin… à mes yeux, la boxe était bien plus qu’un simple sport d’homme, à dire vrai. Ca l’était, bien sûr, mais… outre cela, c’était un moyen pour moi de me défouler sans être réprimandé. J’avais le droit de frapper, et plus je frappais fort, plus on m’applaudissait. C’était aussi un moyen, pour moi, de réfléchir. J’aurai pu être un génie aux échecs si je l’avais souhaité, c’était mon professeur de maths d’Autun qui me l’avait dit et comme il était l’un des rares adultes que je respectais, je le croyais. Mais les échecs, c’était aussi trop… voyant à mes yeux. Je n’aimais pas étaler au grand jour ce dont j’étais capable, parce que j’avais peur que l’on en attende trop de moi. Lorsque quelqu’un me disait qu’il avait lu, vu, pris connaissance de mon dossier scolaire et / ou médical, j’avais presque toujours la même réaction. De la colère, en premier lieu, du dédain, de la peur, et de nouveau du dédain. Je ne niais pas, bien sûr, c’eut été stupide de ma part puisque la personne avait, ou avait eu, toutes les preuves de ma culpabilité sous les yeux, mais j’essayais de faire comprendre à l’ahuri qui s’était cru malin d’aller fouiner, que ce qu’il avait vu était loin, très loin de prouver que j’étais quelqu’un de poser, responsable, malin et en qui on pouvait se fier. Parce que ce n’était pas le cas. Tout ça pour dire, que non, les échecs, ce n’était pas pour moi. Et franchement, c’était comme pour l’école, obliger des gosses à rester assis pendant des heures, c’était de la torture, qu’ils souhaitent rester assis pendant des erreurs, c’était du masochisme, rien de moins.

      Apprends-moi ! J'ai besoin de me défouler !


    J’éclatai de rire en la voyant fléchir les genoux, redresser son buste et fermer les poings, donner quelques coups dans le vide, sautiller autour de moi, comme une puce autour d’un grain de sucre. Ou… hum… je n’avais pas vraiment d’autres idées de comparaisons pour le moment, pas c’était juste parce qu’elle me désorientait. Je secouai la tête, en croisant à nouveau les bras. J’hésitais. J’hésitais entre refuser et accepter. C’était aussi simple, que cela. En apparence. J’avais bien envie d’accepter, bien évidemment, parce que voilà, c’était de la boxe quoi, ce qui me manquait le plus à Louisville. Ce qui me manquait le plus. J’avais beau continuer à m’exercer en frappant des garagistes et autres végétaux au QI pas plus avancé qu’une huître, ce n’était pas suffisant. Il manquait… l’exaltation. Le partage. Il me manquait… l’ambiance. Quelqu’un en face, qui savait ce qu’était la boxe, ou du moins qui voulait le savoir. Ou alors, il me manquait l’environnement de la boxe. Le punching-ball, au minimum. Bref… les raisons qui pouvaient me pousser à accepter étaient nombreuses, trop, et j’en avais envie, c’était ça le pire ! Non. Le pire c’était que… ma raison me clamait de refuser. J’étais trop violent, j’allais la blesser. J’étais trop brusque, j’étais trop… impulsif. Elle voulait se défouler, je risquais de me défouler sur elle, et de la laisser amorphe, catatonique. J’étais violent, naturellement. J’étais violent, méchant, mauvais. J’étais incontrôlable. Et je le savais. Et si, en me laissant emporter par la joie de retrouver les sentiments de la boxe, je la frappais trop fort et je ne voyais pas sa limite ? Ma limite ? Non, je n’avais aucune limite, ça je le savais bien. Je n’avais presque jamais fait de compétition de boxe, quand bien même, comme dans tout ce que je faisais, je me savais doué dans ce sport, parce que j’étais trop violent. Même pour l’univers de la boxe. Lorsque je voulais vaincre, je gagnais sans laisser de chance à l’autre de se relever, parce que c’était normal. Je frappais exactement à son point faible, parce que je l’avais vu. J’envoyais un uppercut, un direct dans le foie, un crochet dans la nuque, et je mettais l’autre au tapis. Oh, bien sûr, je me prenais des coups, je perdais parfois, mais lorsque j’attaquais vraiment, je laminais. Et je ne voulais pas faire courir ce risque à Léonie. Je n’en avais pas le droit. Finalement, je rendis les armes. Je ne savais pas combien de temps j’étais resté silencieux. Je soupirai et fis volte face, pour tourner le dos à la Mistinguett. J’aperçus Baxter qui nous avait suivis, et je lui fis un discret signe de la main pour qu’il se barre. Non, qu’il aille jouer tout seul, pas très loin, mais qu’il ne me colle pas.

      « Laisse tomber, c’est une mauvaise idée, Supermind. C’est un sport d’homme, comme tu dis, et toi, même si tu as longtemps fait croire le contraire, ton secret est éventé, JB, et je ne peux pas te faire boxer ! »


    Oh. Le. C#n. Oh, p#tain. Le. C#n. Nan mais j’espère que tu es fier de toi, là, Alex. C’était quoi, ça ? Ca ? C’était… Alexandre tout craché. J’avais mal au cœur. Très mal au cœur. Mais je ne voulais pas le voir, alors je fermais l’accès à mon cœur. C’était quoi, ça ? Un réflexe, un bête réflexe d’auto défense. Rien de plus, rien de moins. Comme je le pratiquais depuis toujours. Réflexe de base. De survie. Depuis mes quatre ans. Insulter les professeurs, les mener à bout, leur porter sur les nerfs pour les faire craquer. Critiquer, attaquer là où ça leur faisait mal… Ce n’était pas des coups comme en boxe, c’était verbal, mais tout aussi agressif. J’avais mal. Non. Je n’avais pas mal, c’était mieux que je dise non. Je répétai.

      « Laisse tomber. Va courir... »

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MessageSujet: Re: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Mar 7 Mai - 22:25

Ah ça, elle l'attendait au tournant, le militaire sportif et, un peu, grande-gueule. Elle avait même carrément hâte de voir ce que cela allait donner, ce qu'il allait lui apprendre. Pourtant, il sembla hésiter un long moment. Un très long moment. Une éternité, à un point tel qu'elle fini par baisser les bras et reprendre une position ordinaire, haussant un sourcil. Elle se demanda même un instant s'il n'était pas juste en train de buguer. Après tout, Alexandre était un homme bizarre. Pas méchant, juste étrange. Trois fois rien. Il était aussi embêtant qu'intriguant le bonhomme. Sa manière d'être, de penser, sa manière d'exister, tout était dérangeant, mais il y avait un petit quelque chose qui attisait vraiment la curiosité de la psychologue. En fait, Reh était unique et, rien que pour ça, elle l'enviait beaucoup. Voilà à peu près ce qu'elle se disait, jusqu'au moment où il se désintéressa totalement d'elle. Ale... Hé ! What ? Elle le regarda avec des yeux ronds. Il venait de lui tourner le dos là ? La première pensée qui traversa son pauvre esprit perdu fut 'pourquoi ?', la seconde fut 'bon débarras' et la dernière, un grand vide et un pincement au cœur. Léo était forte, certes, mais elle n'aimait pas que les gens lui tournent le dos ainsi, au sens plus poétique du terme. D'ailleurs, si elle avait été seule, les larmes seraient montées à ses yeux. C'était idiot. C'était gamin. Mais c'était ainsi. Elle serra d'ailleurs les poings en l'écoutant parler, comme si tout cela la frustrait, l'énervait, alors que cela avait si peu d'importance.

Quoi ?! Elle fronça les sourcils. Mais.. Inspirant profondément et quand il eut fini de parler, elle reprit parole, sa voix déchirant l'air le plus sèchement possible. Non. Bien, c'était un début comme un autre, n'est-ce pas ? Au moins, elle l'empêchait de lui filer entre les doigts. Non, elle refusait d'aller courir, pas maintenant qu'il l'avait lancé sur autre chose, c'était clair ? Malheureusement (pour elle?), Léo n'avait absolument pas l'intention d'en rester là. Il lui tapait sur le système le bonhomme, cette espèce de militaire dans une tenue qui ne le mettait même pas en valeur, en plus ! (pas que la mode soit si importante à ses yeux, loin de là) S'emporter pour rien ? C'était à peu près ça. Ou, non, disons qu'elle n'aimait pas être insultée ou quoi, mais l'indifférence insupportait plus qu'autre chose. Aussi, en quelques pas, elle arriva à sa hauteur et se plaça juste devant lui, immobile, les bras écartés, faisant barrage de son corps. Ses yeux jetaient des éclairs et, en même temps, gardaient un petit air rieur, comme si tout ça n'était qu'un stupide jeu. Non, mais... Pour qui tu te prends ? Sourcils froncés, joues rougies, bouche pincée, bref, la mimique parfaite de l'adolescente contrariée, même si elle exagérait volontairement cette tête, pour bien le faire réagir. ... Haha ! Elle fit un bond en arrière et lui fit le signe du « je te vois », l'indexe et le majeur dirigés vers ses yeux, puis vers ceux de l'adulte. Je te fais peur.. Son visage s'illumina, comme face à une révélation divine. C'est ça hein ? Tu as la trouille !..

C'était une provocation. Rien de plus qu'une gentille provocation. Parce qu'il était évident que Léonie était tout sauf méchante. Du moins, pas gratuitement ou pour si peu de choses. Elle jouait la comédie, mimant sa colère (bien qu'elle soit réellement déçue malgré tout). Elle mit les poings en avant et lui fit un signe de tête encourageant, envoyant une série de directs longs dans les airs, un léger sourire sur les lèvres. C'est t-Reh mou tout ça, maître-chien ! Et paf. Jeu de mot pourri. Quitte à traîner avec lui, autant y aller jusqu'au bout. Son sourire s'élargit davantage. Allez monsieur Alexandre, viens te battre si tu en as dans le pantalon ! Ce qu'elle risquait ? Elle l'ignorait. Mais au fond, elle s'en fichait complètement.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Mer 8 Mai - 17:33

    Quoi ?! Quoi, quoi ? Qu’est ce qu’elle avait ? Elle ne voulait pas aller courir, avant que je n’arrive ? Pourquoi, quoi ? Ca l’étonnait ? Elle était déçut ? Et bien, qu’est ce qu’elle voulait que ça me fasse ? Elle venait de rejoindre la longue, très longue, trop longue ? liste de ceux que j’avais pris la peine de décevoir. Mais… Non. Quoi, non ? Qu’est ce qu’elle avait avec ses bouts de phrase. Elle ne savait pas faire une phrase, sujet, verbe, complément, cette cruche ? Alexandre, calme toi, respire à fond. Calme-toi. C’est toi qui l’as provoquée la première, laisse lui le droit de se défendre.. Non, pas question. Si je lui laissais le droit de se défendre, elle allait en profiter pour m’attaquer et… et quoi ? et puis voilà. Je savais que je risquais de craquer. Parce… la boxe quoi. C’était… juste ma passion, avec les bisounours, les pamplemousses et les timbres de Nouvelle Calédonie ! Voilà, j’allais craquer. La mistinguette se posa devant moi, comme si elle allait m’arrêter, et je fronçai les sourcils. Non, mais... Pour qui tu te prends ? Ah ben tiens, elle aussi, la voilà qui fronçait les sourcils, comme une gamine, qu’elle était, contrarié à laquelle on aurait refusé un service. Et merde. Comment vouliez vous que je ne craque pas ? Comme vouliez vous que je me maintienne sur mes positions, que je jugeais, pour une fois, exceptionnellement, sérieuses, lorsqu’on me mettait en face d’un appât gros comme une maison en chocolat, ou pamplemousse, qui m’appelait avec des petits bras larmoyants et tentait de m’attraper d’une voix qui voulait happer tous les regards passants à sa portée. Ma réplique défensive ne se fit pas attendre :

    « Je me prends pour Je-t’emmerde, je ne sais pas si tu connais, c’est un charmant personnage… »
    Je te fais peur… C'est ça hein ? Tu as la trouille ! C'est t-Reh mou tout ça, maître-chien ! Allez monsieur Alexandre, viens te battre si tu en as dans le pantalon !

    Voilà, j’avais compris. Je venais de trouver la comparaison qui m’échappait quelques minutes auparavant lorsqu’elle sautillait comme une puce autour de moi. En fait, c’était ni plus, ni moins, qu’un petit diablotin qui voulait m’empêcher de suivre ma raison lorsque, pour une fois, je daignais l’écouter. J’imaginais Léonie avec des cornes rouges sur un serre-tête, et un déguisement de diable, la cape et la petite fourche allant avec. Bon j’avais déjà craqué. En fait. A partir du moment où elle avait joué la petite provocation, comme si j’allais tiquer en mode Hulk à cette petite pique, qui, il fallait l’avouer, aurait marché jusqu’à mes huit ans, guère plus. Mais bon. Le fait, était que… j’avais craqué. Psychologiquement, avant physiquement. Je regardais vers le ciel, rendant les armes. Pendant un quart de seconde, je conservais un air sérieux à mon visage :

    « Bon, okay, minus, mais c’est bien parce que tu viens de me faire un jeu de mot de niveau 2. Mais une Reh-ègle : c’est pas un vrai combat, okay ? C’est une initiation, donc t’attends pas à te prendre des coups violents dans la gueule, ou à m’en foutre, parce que tu as autant de chance de me toucher par surprise que de m’apprendre le cantonais en m’apprenant à faire cuire du riz. D’ac ? »

    Je voulais m’assurer qu’elle comprenne que j’étais, que je pouvais être, que je risquais d’être, violent, lorsque je lui assurais qu’elle ne devait pas s’attendre à de la violence. Je secouais les épaules pour me dérouiller, faisant un petit enchaînement de base, pour compléter le tout. Je me grattai la tête. Enseigner ? Ouate le phoque, quoi… Moi, prof, c’était un concept assez étrange, aussi étrange et improbable qu’un pingouin dansant la salsa en Papouasie Nouvelle Guinée, et ouais, rien que ça. Je m’humectai les lèvres, avait de faire un pas face à Léonie et de poser mes mains sur ses épaules, pour qu’elle me regarde.

    « Compris, miss ? Alors… on commence. Mais si je te fais mal, tu le dis et on arrête immédiatement, ‘kay ? »

    Oh, c’est trop mignon, Alexandre… tu te soucies des autres… c’est étrange, ça aussi c’est un concept comme les pingouins dansant le tango, la salsa, Manu, la salsa, si tu me plagies, fais au moins en sorte que ce soit efficace. La salsa si tu veux, en Papouasie… bref, tu as compris l’idée.. Je fis un pas en arrière, et je commençai à sautiller, relâchant tous mes muscles et laissant mes bras tomber le long du corps et secouant la tête.

    « Bon alors, déjà, se détendre. La boxe, c’est pas de la muscu, tout est sur l’esquive, la force brute placée au bon moment. Regarde : »

    J’inspirai, sautillant toujours sur place, et j’exécutai d’un coup un enchaînement de base, gauche, droite, esquive, et uppercut du droit, à une vitesse relativement lente à mes yeux, mais, je le savais, particulièrement impressionnante pour un novice.

    « Tu vois le genre ? Là, ce que j’ai fais, c’est un truc de base qui surprend souvent ceux qui ne s’y attendent pas. Direct du gauche, direct du droit, une esquive, bon là, j’ai fait à gauche parce que c’était le plus simple, et ensuite un uppercut, tu vois, je lui remontrai le coup plus lentement, le coup vient d’en bas et remonte sous la mâchoire. C’est très charmant, je sais, mais c’est efficace. »

    Je lui remontrai le mouvement, encore plus lentement, pour qu’elle puisse le refaire, avant de compléter :

    « En fait, tout tient en trois points lorsqu’on est un petit gabarit, comme toi, et moi, la vitesse, et la réflexion. Et l’esquive. Faut viser là où ça fait mal avant que l’autre n’ait eu le temps de comprendre, et s’être déjà mis hors d’atteinte. C’pour ça que dans tous mes enchaînements, y’a un temps d’esquive. Parce que je sais où l’autre va frapper. Faut aussi falloir improviser, hein !, tiens, essaye ! »

    Tiens, j’avais lâché le mot réflexion. Ouais, paye ta discrétion. Je ne savais pas pourquoi je m’obstinais à lui répéter que la boxe, ce n’était pas qu’un sport de bourrin, en mode « Hulk, tout casseeeeeer ! », mais bien quelque chose qui alliait stratégie, finesse… Bon, okay, y’avait une grosse part de bourrinnage lorsqu’on en avait le potentiel. Comme je le disais, ou plutôt le pensais, souvent, ce n’était pas pour rien que je n’avais pas ou peu fait de compétition à haut niveau, alors que j’en avais le potentiel. Je pouvais me révéler malin, sournois et particulièrement fin, tout comme je pouvais être bien trop violent et agressif, même selon les codes de ce sport. Bref, je ne savais donc pas pourquoi je m’obstinais à lui rabâcher que je n’étais pas du genre bourrin, alors que je l’étais quand même un peu. Peut être parce que… je n’avais pas envie qu’elle me voit comme ça. Bon sang, j’étais bien trop compliqué, moi, parfois. Paye ton raisonnement et ta conclusion, Alex…
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MessageSujet: Re: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Ven 24 Mai - 22:44

Il avait craqué. Elle ne savait pas trop par quel miracle elle était parvenue à ses fins, mais toujours est-il qu'il avait cessé de lutter. Écoutait-il son instinct ou était-il seulement inconscient ? Allez savoir. Néanmoins, elle observait son visage, son air sérieux si rare, avec une attention toute particulière, confortant son opinion sur le militaire. Il avait l'attitude d'une brute épaisse et le QI d'un Einstein. Ou du moins, elle commençait sérieusement à penser qu'il n'était pas aussi idiot que ce qu'il laissait croire. Déjà, cela se voyait à son regard. Cette petite lueur qui donnait l'impression qu'il était en dialogue continu avec son fort-intérieur. Puis, cette manière de la prévenir, de la mettre en garde. Non, vraiment, elle ne trouvait rien d'autre à faire que hocher silencieusement la tête, acquiesçant ses consignes avec un calme olympien, tout état d'excitation totalement passé. Elle l'écoutait et, pire, le respectait. Ce qui, bien évidemment, lui tapait sur le système, réellement. Toute forme de respect envers un militaire était une marque d'affection. Or, elle s'était fait la promesse de rester et demeurer leur ennemie. Leur adversaire. L'encre qui empêcherait le paquebot en uniforme d'aller plus loin (quoi, la comparaison ne vous plait pas ?). Bref, entre Talbert et Reh, elle était mal barrée et son plan machiavélique tombait à l'eau. Bien fait pour elle.

Finalement, « l'entraînement » allait finir par commencer. Elle n'avait de toute façon pas l'intention de s'amocher ou d'amocher son collègue (quoique, cette option fut la moins envisageable de toutes). Il se détendit donc et elle le regarda faire, mains sur les hanches. Après une dernière phrase de mise en garde, elle lui adressa un sourire posé. Pas de problème Reh, je sais m'arrêter quand c'est nécessaire. Incroyablement sérieuse la gamine ! La mort de sa soeur ne lui avait donc pas réussi à ce point ? Elle ne se savait pas si lunatique ! Remarquez, ce n'était pas plus mal, au moins, elle montrait qu'elle ne plaisantait pas avec ça. Puis se blesser aurait été la chose la plus idiote au monde, non ? Elle laissa retomber les bras le long de son corps en le regardant attentivement. Elle n'essayait pas -encore- de calquer ses mouvements sur les siens, simplement, elle écoutait ses consignes et les appliquaient. D'ailleurs, elle agita doucement ses bras en inclinant deux-trois fois la nuque, histoire de ne pas trop y aller à froid. Maxime lui avait déjà enseigné quelques bases, elle espérait simplement se souvenir du principal en temps voulu. Enfin, elle n'était pas une si mauvaise élève que cela et apprenait plutôt vite. En bref, Alexandre ne risquait pas trop de s'ennuyer avec elle. Il mentionna une histoire d'esquive et de force. Avec le gabarit de la demoiselle, il était inutile d'espérer compter à cent pour cent sur la puissance de ses coups, n'est-ce pas ? Ouais, jusque là, je te suis. Il réalisa alors un premier enchaînement et elle l'observa attentivement.

Elle admirait cette manière dont il enchaînait les actions avec une précision et une rapidité qu'elle ne connaissait pas. Non, vraiment, c'était relativement impressionnant. Même si elle s'y connaissait un peu -juste un peu-, c'était toujours dingue à observer. Il lui fit une brève explication avant de lui expliquer ce qu'était l'uppercut. Elle lui sourit et un air malicieux s'inscrivit sur son visage. Elle mima un coup sous sa propre mâchoire, point serré, grimaçant en tirant légèrement la langue. Uppercut, je connais oui. Courte pause, elle laissa retomber ses bras le long de son corps. C'est comme ça que j'ai étalé le gros Robin en quatrième. Histoire vraie. Nouveau sourire complice. Léonie avait toujours été la fille qui tapait ceux qui osaient l'embêter de trop. Autrement dit, Léonie était plus Léo qu'autre chose. Léo, bourrin aux jeans déchirés, aux pansements sur la joue et aux bleus sur les genoux. Léo quoi, la casse-cou. Bref, elle écouta la suite et elle fit un effort assez grand pour ne pas laisser paraître la surprise sur son visage. Depuis quand Alex mettait-il sur le tapis le mot « réflexion », principalement, mais aussi et surtout des phrases aussi... Logiques ! Aussi juste ! Ah okay, je vois... Le regard qu'elle lui lança, légèrement en coin, légèrement suspicieux était à la hauteur d'Alex. Autrement dit, elle semblait lui dire « fais pas genre Reh, pas avec moi ! » Nouveau sourire sur ses fines lèvres, discret. Aucune technique de mise en confiance, aucun plan pour entrer dans la tête du militaire. Rien que de la sincérité, de la pulsion amicale, puis une bonne dose de bons souvenir. Elle n'y était pour rien si lui, comme d'autres, lui rappelait Maxime. Lui, plus que d'autres, sans doute.

Okay, laisse-moi gérer. Et, en effet, Léonie s'en sortie admirablement bien pour une débutante. D'ailleurs, il était visible dans sa manière de bouger et d'imiter le militaire qu'elle avait eu l'habitude de copier les « grands ». Son modèle ? Toujours Max. Alors, elle agissait avec Alex comme elle l'avait fait avec ce dernier : en donnant le meilleur d'elle-même à chaque fois en espérant voir un sourire de satisfaction ou ne serait-ce qu'un petit signe d'encouragement sur le visage de son professeur. Elle exécuta donc les mêmes mouvements que lui, par deux fois. La seconde série fut plus rapide, plus précise, plus régulière aussi. Tout Léonie ça, s'améliorer dès le deuxième essai. Mais inutile de crier victoire trop vite, elle n'était pas satisfaite de ce qu'elle venait d'exécuter, pourtant proche de la perfection. Ou du moins, proche de ce qu'Alex avait fait. Trop perfectionniste la demoiselle. Elle s'arrêta, se redressa et se passa une main sur le front pour virer les quelques mèches qui venaient d'y retomber. C'est cool de prendre un peu de ton temps pour m'apprendre ça. Ça me rappelle de bons souvenirs, c'est vraiment top. Elle était sérieuse, mais sincère, et le regardait fixement. Son regard trahissait toute la reconnaissance qu'elle pouvait avoir pour lui. Merci, Reh. Mais passons la séquence émotion. Elle resserra les poings, prête pour la suite de la leçon.
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MessageSujet: Re: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Mer 29 Mai - 19:13

    Ah okay, je vois. Okay, laisse-moi gérer.

    Un petit sourire aux lèvres, je la regardais exécuter maladroitement les mouvements que je lui avais montrés. Elle ne se débrouillait pas trop mal, mais c’était de la pure imitation. Et l’imitation, c’était bien cinq secondes, mais y’avait rien de personnel, et ça, c’était pas chouette. Fallait qu’elle s’approprie vraiment le mouvement. Pas qu’elle réfléchisse à ce qu’elle était en train de faire pour m’imiter au maximum. Ce n’était pas ça, le truc intéressant parce que tout crétin de base était capable d’imiter un autre crétin de base. Ce qui n’était pas forcément à la portée de tout le monde, c’était d’intégrer si bien le mouvement qu’il n’y avait plus d’imitation, juste de la réalisation. Et une réalisation aussi parfaite que si c’était la personne elle-même qui l’avait inventée. Fallait que Léonie s’imprègne suffisamment de l’enchaînement pour qu’elle cesse de vouloir me calquer. Mais bon… oui, forcément, pour arriver à un tel niveau de maîtrise, y’avait la base de l’imitation. J’espérais qu’elle allait être assez douée pour ne pas avoir besoin de passer cinq heures dessus. Les gens qui avaient besoin de plus d’une minute pour comprendre quelque chose de nouveau, personnellement, ça m’ennuyait, ça m’exaspérait, ça m’énervait même, parfois. C’est pour ça que les trois quart des gens t’ennuient en fait.. Oui et non… ce n’était pas tout à fait vrai. Certaines personnes ne m’ennuyaient pas, elles me désolaient. Parfois je me demandais même si elles ne faisaient pas exprès. Par moment, j’avais de l’espoir de trouver à qui parler. Quelqu’un qui n’allait pas s’étonner devant mon cheminement de pensées, si particulier pour ne pas dire inhabituel. Mais bon, je retombais vite sur terre devant le mode de pensée plan-plan de mon interlocuteur. J’observais donc Léonie essayer de m’imiter, une deuxième fois. C’était un peu plus précis, un peu plus rapide. Mais c’était toujours affreusement nul et impersonnel.

    C'est cool de prendre un peu de ton temps pour m'apprendre ça. Ça me rappelle de bons souvenirs, c'est vraiment top. Merci, Reh.

    J’arquai un sourcil, étonné devant tant de… de quoi ? Je ne savais pas trop. Dans tous les cas, j’étais étonné. Et dans tous les cas, aussi, elle n’allait pas me remercier longtemps. Je fis une moue moqueuse, à la limite du dédain. Je n’avais pas envie d’être gentil. Enfin si. Enfin non. En fait, penser au fait que, parfois, je me sentais vraiment très seul dans ma tête, ça m’avait énervé. Et de voir qu’elle n’était pas capable de s’approprier le mouvement, ça m’avait énervé encore plus. Tu sais que tu fais un prof assez extraordinaire, Alex ? J’en avais rien à faire. Si j’étais pas prof, ce n’était pas pour rien. Je n’étais ni patient, ni pédagogue, parce que j’en avais pas enive. Enfin… pour la patience, je suis certain que même si tu en avais envie, tu en serais incapable, Alex…. C’est pas faux… sauf avec mes chiens. Je n’étais jamais patient. La patience, c’était pour les crétins selon moi, parce que ça ne servait pas à grand-chose en dehors du dressage. J’aimais pas attendre. Je gérais mal l’attente en fait, j’étais obligé de parler, surtout quand, fait relativement rare, j’avais envie de savoir ce qui allait se passer. Enfin bref. Tout ça pour dire qu’avec moi, soit on comprenait tout de suite, soit on allait voir ailleurs parce que sinon ça allait me saouler. Et Léonie commençait à me saouler.
    « Ouais, ben me remercie pas trop vite. C’était nul. Tu te retrouves devant un mec ou une meuf baraquée, si tu essayes de lui faire ça, j’te parie ce que tu veux qu’en deux secondes tu es dans les vapes et tu sais plus compter jusqu’à trois. Un, c’était lent. Deux, tu t’amusais à caresser le menton de ton adversaire imaginaire, t’essayais pas de lui foutre un gnon. Trois, c’était juste une p#tain d’imitation de m#rde. B#rdel, mas tu as écouté ce que je t’ai raconté avant ou tu es tellement stupide que tu as pas trente secondes de mémoire ? »

    Hola ! Alex on se calme ! Elle t’a rien fait la gamine ! Elle ne m’avait peut être rien fait, mais elle avait rien compris à ce que je lui avais baratiné. J’avais peut être pas été clair, mais j’étais un prof. Qu’est ce que j’avais dis déjà ? Trois points principaux à retenir lorsqu’on était un point plume comme elle ou moi. Esquive, réflexion, vitesse. Un, elle était si prévisible dans son mouvement que son esquive servait vraiment à que dal. Deux, sa réflexion, elle était partie en vacances en même temps que sa capacité à improviser. Trois, une tortue paraplégique était plus rapide qu’elle. Tu es injuste, Alex… sérieux, elle est plus rapide que ce que tu pensais, et on voit qu’elle a déjà une vague idée de ce que tu lui racontes. J’étais peut être injuste mais je m’en fichais. Elle avait voulu apprendre la boxe ? C’était à ses risques et périls. Et m#rde à tous ceux qui avaient pu croire que j’allais vraiment me soucier d’elle et de sa santé et de son moral. Je répétai, sans méchanceté, mais avec une pointe de mépris dans la voix :

    « J’ai l’impression que tu crois maîtriser le truc. Tu es pathétiquement lente. J’ai dis quoi tout à l’heure ? Réflexion, esquive, vitesse. Tu as aucun des trois et tu es aussi proche du mouvement que je t’ai montré qu’un ours polaire ressemble à un corbeau. Regarde, observe et p#tain n’essaye pas de m’imiter. Si tu sais juste imiter l’autre, va faire copain avec les perroquets et essaye pas de communiquer avec des humains, b#rdel. »

    Je refis le mouvement, m’approchant souplement d’elle, réduisant la distance de sécurité, et une quatrième fois, je l’attaquai, toujours avec le même enchaînement de base. Je n’avais pas suffisamment réduit la distance pour la toucher, aussi mes poings se contentèrent de l’effleurer simplement. Je n’étais pas stupide au point de la mettre KO.

    « Regarde ! t’es aussi raide qu’un piquet ! Bouge, m#rde ! Essaye de me toucher avec l’enchaînement, ménage pas tes coups, et p#tain, essaye que ça te vienne des tripes. J’veux pas une copie conforme de moi en train de gesticuler pitoyablement ! Direct du gauche, direct du droit, une esquive, et un uppercut. C’est tout ce que je te demande. Je veux que ce soit TON enchaînement, compris ? »

    Je faisais un prof pitoyable, à m’énerver pour un rien et à être aussi patient qu’une loutre. Enfin… je ne savais même pas si une loutre, ça pouvait être patient, mais osef. J’avais besoin de faire une comparaison animalière parce que c’était fun. Je complétai mes propos, tout en me disant que, dans tous les cas, elle allait rien comprendre. Parce que j’étais le seul à me comprendre lorsque je parlais, j’avais l’impression.


    « Si tu fais pas original, tu me toucheras jamais. »

    C’était pas facile de lui faire comprendre que je voulais qu’elle me fasse l’enchaînement en ajoutant des agréments qui, sans lui faire perdre son efficacité, allait lui conférer une particularité léoniesque. De toute manière, dans tous les cas, elle était trop lente pour me surprendre, surtout que j’attendais son « attaque », ou ce qu’elle essayait de présenter comme une attaque. Je sautillai sur place, attendant qu’elle s’active, prêt à esquiver avec nonchalance et dédain ses pitoyables petits poings, voire les contrer.
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MessageSujet: Re: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Mar 2 Juil - 11:20

Elle entrouvrit la bouche, maqua un temps d'arrêt devant tant de dédain, avant d'élever vaguement la voix. Que... Quoi... Elle se redressa et le fixa en silence, les bras le long du corps, les poings serrés à faire blanchir les jointures. Si son visage avait perdu tout sourire et était devenu aussi inexpressif, son regard lui, trahissait tous les sentiments qui se déchiraient en elle. Qu'est-ce que tu racontes là ? Encaisser les coups, semblait si simple, mais les joutes verbales que lui lançait Reh annonçaient dans son esprit le début des combats. Il était doué pour utiliser ses poings, sans aucun doute, mais il ne parviendrait pas atteindre son moral aussi facilement. Qui était-il pour lui parler sur ce ton ? À cet instant, peu importe l'uniforme, peu importe leur statut de « collègues », elle méprisait totalement l'homme qu'il était. Elle était peut-être stupide, mais en se comportant ainsi, il était bien pire qu'elle. Du moins, elle en était persuadée. Aussi, quand il recommença encore et toujours le même mouvement, plus proche d'elle cette fois, elle fit littéralement une esquive en torsion et lui saisit le poignet avant de le lui relâcher brutalement, pour l'arrêter dans son élan. Une méthode de crochetage basique, mais efficace. Ça, c'est la meilleure ! Elle mit les mains sur les hanches et un sourire teinté de colère et d'ironie glissa sur ses lèvres. Avec ses paroles tranchantes et son comportement d'ours, il avait réussi à réveiller la Léo de la cour de récréation, qui collait une beigne à tous les gamins gras et gros qui venait lui piquer son goûter. Bref. Il méritait d'ailleurs des applaudissements pour cela. Tu sais quoi, Alex : t'es vraiment un gros c#nnard. Le pire dans tout ça, c'était qu'elle parvenait à conserver son calme. En fait, les choses se passaient ainsi dans son esprit : elle venait de perdre ses proches, sa famille, ses parents, sa sœur, sa vie d'avant, alors ce n'était cet énergumène qui allait la démonter, pas comme ça, et, surtout, pas aussi facilement. Franchement, pour qui tu te prends pour me sortir des sal#peries pareilles. Elle posa deux doigts sur sa tempe et inspira profondément.

Tu as l'impression que je pense maîtriser le truc Reh ? Moi, j'ai plutôt l'impression que tu pètes plus haut que ton putain de gros c#l. Alors, calme-toi deux secondes et montre-moi à quel point tu es intelligent, en te comportant en adulte, m#rde ! Elle haussa les épaules et écarta légèrement les bras en signe d'impuissance. C'est quoi ton problème ? Pourquoi tout est si compliqué avec toi, hein ? Question sans réponse, il fallait bien l'admettre. Ça t'amuse de passer tes nerfs sur moi ? Rassure moi, t'es pas comme ça, avec tout le monde quand même ?! Elle soupira profondément et reprit, après une courte pause. Elle savait que c'était mal de lui parler ainsi, que cela risquait de briser le peu de liens qu'ils avaient, mais il allait toujours trop loin, avec tout le monde. Elle assistait à la tornade Reh, sans jamais pouvoir la contrôler ou la raisonner, c'était réellement rageant.Qu'est-ce que tu veux que je te dise. Dès que j'essaie d'être sympa, tu te braques ! Je t'aime bien, franchement Alex', t'es un mec unique dans ton genre, mais laisse-moi une chance, une seule, de te le prouver. Elle fronça les sourcils, consciente que chaque fois qu'elle essayait de se montrer amicale avec lui, elle perdait la fréquence « maître-chien » et se faisait envoyer sur les roses. Je ne suis pas contre toi, moi... Il n'allait, sans aucun doute, ne pas du tout apprécier qu'une soit-disant gamine lui donne une leçon de morale, ou du moins essaie de lui faire ouvrir les yeux, mais, dans tous les cas, il allait entendre ce qu'elle lui disait et c'était là son seul objectif. Une fois toutes les cartes en main, lui seul pourrait s'aider. Je te pensais différent des abrutis de larbins de Raulne ! Tu n'es pas comme eux, tu le sais et moi aussi, alors grandis un peu ! Là tu es juste... pitoyable et tu ne vaux certainement pas mieux qu'eux. Bien, voilà qui était dit. Une simple phrase capable à la fois de griller sa couverture et à la fois de s'attirer les foudres de l'ensemble du régiment. Et après ? Elle haussa les épaules et fit un pas en arrière, avec une seule envie : celle de se barrer le plus loin possible pour aller ruminer dans son coin.

La suite des événements était pour le moins incertaine. Baxter aurait pu l'attaquer, Alex aurait pu invoquer le dragon blanc aux yeux bleus à trois têtes, Raulne aurait pu surgir de nulle par en mode grand requin marteau ou le ciel aurait pu lui tomber sur la tête, qu'importe. Au fond, elle s'en fichait royalement. Quand elle reprit, sa voix était assurée et plus neutre qu'avant. Profite bien de ce sentiment de supériorité que te confère ton pseudo esprit de génie, Reh, parce que dans les faits, t'es qu'un idiot de première. Elle inspira doucement avant de terminer. Un jour, toutes tes conneries là, vont se retourner contre toi. Je ne permettrai pas de te dire ce qui est bon ou non pour toi, mais fais gaffe. Juste... Fais gaffe. Bien sûr, tout cela n'avait plus rien à voir avec l'idée de donner des coups ou non. Elle laissa son regard dériver sur le militaire, le regardant de haut en bas, avant d'écarter les bras et de lui adresser un léger sourire amusé. Voilà, j'ai fini. Tu peux dès à présent me démonter totalement si ça t'amuse. Elle soutint son regard en silence et resta immobile face à lui, les bras le long du corps, le cœur battant. Il ne la frapperait sans doute pas, quoique, elle n'en savait rien. En revanche, bien qu'appréhendant légèrement sa réaction, elle se sentit pour la première fois depuis son arrivée ici assez fière d'elle, même si elle en avait fait une affaire personnelle. Reh serait désormais SON patient, qu'il le veuille ou non, et elle se fit la promesse d'essayer de le comprendre, tout en sachant qu'elle n'y parviendrait sans doute jamais.

[Désolée du retard ! >w< ♥]
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MessageSujet: Re: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Sam 6 Juil - 18:41


    Tu sais quoi, Alex : t'es vraiment un gros c#nnard. Franchement, pour qui tu te prends pour me sortir des sal#peries pareilles.

    « Je prends ça pour un compliment, minus. »
    S’il y avait une phrase à retenir dans l’intervention de Léonie, c’était bien celle là, qui résumait pas mal, de choses me concernant. Parce que voilà, quoi, j’en étais à un point où, pour moi, c#nnard était un compliment. Ta capacité à être c#n est époustouflante, Alex, il me faut te le dire !. C#nnard… un mot que j’entendais souvent, que ce soit parce qu’on l’utilisait pour me qualifier, ou parce que moi, je l’utilisais pour interpeller les gens, tout naturellement. Dans tous les cas, elle parvint à me faire sourire en prononçant cette évidence. J’étais un c#nnard, et justement, le but de la manœuvre, c’était qu’elle s’en aperçoive. Parce que, que je le veuille ou non, je finissais toujours par être un c#nnard, et dans ce cas là, je préférais que ce soit de ma volonté propre que, que ce soit le sort qui me ramène à cet état de fait. Pour faire simple, je préférais être volontairement un c#nnard, que l’être par obligation par ma propre nature, ça me donnait vaguement l’impression que si je le voulais, je pouvais ne pas l’être. C’était compliqué, comme toujours avec toi, p’tit frère, mais pour moi ça me semblait extrêmement simple. Peut être parce que c’était naturel pour moi. Dans tous les cas, j’étais un c#nnard, et Léonie ne venait que de prononcer à voix haute une évidence. Visiblement, mon intervention l’avait énervée. Et bien tant mieux, parce que moi aussi je l’étais, même si j’avais l’ombre d’un sourire sur les lèvres. J’étais vexé, déçu, agacé, énervé, et pour couronner le tout, je me dégoûtais. Pour changer. Parce qu’elle avait juste voulu se défouler, et que moi, j’avais tout fait m#rder. Mais il était hors de question que je le dise, ça.

    Tu as l'impression que je pense maîtriser le truc Reh ? Moi, j'ai plutôt l'impression que tu pètes plus haut que ton putain de gros c#l. Alors, calme-toi deux secondes et montre-moi à quel point tu es intelligent, en te comportant en adulte, m#rde ! C'est quoi ton problème ? Pourquoi tout est si compliqué avec toi, hein ? « Mon problème, c’est toi. C’est toi qui compliques tout ! Ça t'amuse de passer tes nerfs sur moi ? Rassure moi, t'es pas comme ça, avec tout le monde quand même ?! « J’emm#rde que ceux qui sont plus c#ns que moi, et malheureusement, vous êtes un peu trop nombreux. » Qu'est-ce que tu veux que je te dise. Dès que j'essaie d'être sympa, tu te braques ! Je t'aime bien, franchement Alex', t'es un mec unique dans ton genre, mais laisse-moi une chance, une seule, de te le prouver. « J’suis un mec unique ? Mon c#l oui ! J’suis un c#nnard de compétition, toi-même tu l’as dis »

    Voilà. Je commençais à vraiment m’énerver. Oui, parce que jusque là, j’étais juste… énervé. Là, je passais au stade au dessus, et je savais que je n’allais bientôt pouvoir réagir que par la violence. Surtout que Léonie continuait avec ses petites phrases alors que ma respiration s’accélérait, comme un taureau que l’on pouvait provoquer, et que mes poings se contracter à chaque seconde un peu plus. Qu’est ce qu’elle avait à me parler de contre ou de pas contre moi ? Parce qu’on était en guerre, là ? Et qu’est ce qu’elle avait à me parler de Raulne, là ? Et des autres militaires ? Elle en faisait partie, maintenant, fallait qu’elle l’assimile, parce qu’elle faisait partie des larbins de l’unité elle aussi. Et moi pas. Je n’étais pas un larbin. Elle pensait quoi, là ? Que j’obéissais comme un toutou bien élevé ? J’avais trop à penser, et de ce fait, je m’énervais, déjà en moi, mais le décompte avait déjà commençait pour que je m’énerve à haute voix sur la gamine. Parce que ouais, le problème, c’était bien que j’avais un cerveau du genre unique, ou relativement rare. Et le problème, aussi, c’était que je n’en avais pas encore. Et encore un autre problème, c’était que j’étais un p#tain d’impulsif violent et agressif qui ne savait pas gérer ses coups de colère, et qu’elle allait s’en prendre dans la figure si elle continuait. Parce que je n’avais jamais fait de différence entre les filles et les mecs lorsqu’il s’agissait de tabasser les autres. J’étais pas comme les autres soldats du contingent de militaires ? Mais qu’est ce qu’elle avait fumé pour sortir une débilité pareille ? J’étais pas comme eux, peut être, mais dans l’idée des gens, j’étais comme eux. Je faisais partie de ce groupe, et je ne comptais pas du tout m’en dissocier, parce que me fondre dans une masse, c’était ce que je voulais depuis longtemps. Me fondre dans la masse des élèves perturbateurs, me fondre dans la masse des gens stupides, c’était mon but, précisément, m#rde ! Alors non, je n’avais pas intérêt à grandir, parce que grandir dans ma tête allait m’isoler des autres. Parce que là, tu ne t’isoles pas des autres peut être ? Non, ou plutôt, au moins, c’était comme pour le fait d’être un c#nnard. Je voulais m’isoler des autres avant d’y être forcé. Comme toujours, j’avais l’impression de maîtriser ma vie et d’avoir un contrôle sur elle. Je voulais forger ma vie en me donnant des contraintes lorsque tout était trop simple. C’était ce que j’avais d’ailleurs répondu au Directeur d’Autun lorsqu’il m’avait demandé pourquoi je fermais les portes que le Destin avait ouvertes devant moi, sans que je ne lui ai rien demandé à ce s#laud. Mon pseudo-esprit de génie ? Elle me faisait bien rire. Mon pseudo esprit de génie ? Malheureusement il était bien là, quand on prenait la peine de le chercher sous les monticules de c#nneries que je laissais dessus pour le camoufler. Je serrais les dents à présent, et je comptais tous les nombres premiers jusqu’à 32099 pour attendre que ça passe.
    Voilà, j'ai fini. Tu peux dès à présent me démonter totalement si ça t'amuse.
    Elle était immobile face à moi, et je la foudroyai du regard. Ses remarques, aussi incisives que des poignards, s’étaient fichées dans mon cœur mais il n’était pas question qu’elle comprenne qu’elle avait vraiment touché juste. Parce qu’elle était une p#tain de psy à la c#n, et j’avais eu tort de ne pas me méfier d’elle, comme je m’étais méfié des autres. P#tain. Je tremblais, non pas de peur, mais de rage. Parce qu’elle n’avait pas le droit de fouiner dans ma p#tain de tête. Parce qu’elle n’avait pas le droit de croire qu’elle allait pouvoir me comprendre. Je crachai un « Dégage » une première fois. Et je fis un pas en avant.

    Aussitôt d’autres « Dégage, maintenant. Tu. Dégages. Dégage, vire de là ! DEGAGE ! » qui montaient petit à petit en puissance au fur et à mesure que je m’approchais d’elle. « P#tain dégage, vire de là ! VA CREVER, VIRE DE LA MAIS DEGAGE ! ». Ma main partit toute seule et la gifle qui pouvait presque s’assimiler à un coup de poing résonna autour de nous. P#tain. Mais POURQUOI ? Pourquoi est ce que ça se terminait immanquablement comme ça ? Pourquoi est ce qu’il fallait toujours que je frappe, moi ? Pourquoi est ce que j’étais incapable de me contenir ? Alex, calme toi, tu t’es déjà contenu longtemps ! Calme toi…. Mais qu’est ce qui me poussait à frapper ? Je m’immobilisai. Ma main tremblait. « Oh p#tain.. non... Dégage. DEGAGE. » Il fallait que je me retienne. Il fallait que je parte, maintenant. Parce que si elle rajoutait un mot, j’allais sûrement lui en foutre une dans la gueule, à nouveau, et il ne fallait pas que ça arrive. J’avais envie de vomir, je me donnais envie de vomir. Mais ça ne se voyait pas, parce que tout ce que mon visage exprimait à cet instant c’était une colère que je ne pouvais évacuer que par la violence. C’était le seul langage que je maîtrisais dans des moments pareils, et c’était pour ça que je me dégoûtais, là, encore plus que d’habitude. Le visage de Sophie se superposa à celui de Léonie. Je tremblai. De rage. De colère. De dégoût. Au prix d’un effort surhumain, je fis un pas en arrière. Ma voix claqua une nouvelle fois, vibrante de colère et violente :

    « Dégage, Léo, dégage. »

    Je m’aperçus que Baxter grognait.
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MessageSujet: Re: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Mer 7 Aoû - 15:50

[Hj : entre temps, je suis passée au « je », mais vu que c'est un juste une petite réponse de clôture, j'imagine que cela n'a pas trop d'incidence ^^]

Regrettais-je mes paroles à son égard ? Sincèrement, non, je ne regrettais rien. Malgré les éclairs que me lançait son regard, malgré son état d'énervement avancé, je ne regrettais strictement rien. J'avais l'intuition, l'impression, d'avoir eu raison, pour une fois et de ce fait, je n'allais pas m'abaisser à fuir, la queue entre les jambes, sous seul prétexte qu'il était effrayant dans cet état et qu'il faisait le triple de la carrure -sous-entendu : je savais que je risquais de m'en prendre une bien placée-. Je lui rendais son regard, aussi dur que possible, mais le cœur n'y était pas. Je ne voulais pas haïr ce garçon simplement parce qu'il était différent, têtu, abruti, impulsif et profondément méchant, ou du moins, en surface. Je persistais à croire qu'il y avait du bon en chacun de nous -quoique, pour ce qui était du cas Raulne, j'en doutais vraiment-, même si, dans cette situation, cette détermination risquait de me coûter cher. Ses mains tremblaient. La seule pensée d'être allée trop loin me traversa l'esprit. Je frissonnais. Au fond, qu'avais-je à gagner d'essayer de le comprendre ? Pas grand-chose, pour ne pas dire rien. Mais j'avais tout à perdre, autant mon moral que mes capacités motrices, s'il frappait trop fort. En fait, la plus idiote dans cette histoire, c'était moi et je venais de le comprendre.  Alex, je …

Il me coupa la parole, d'un « dégage » acéré, tranchant, terrifiant. Au premier pas qu'il fit dans ma direction, j'eus le réflexe de reculer, mais je savais que je n'avais pas le droit de le fuir éternellement, alors que je venais de provoquer un désastre total. Il était de mon devoir de limiter les dégâts ou, si je n'y parvenais pas, d'essayer au moins de calmer son énervement en le laissant se défouler. Je me redressais, serrais les poings et soutenais son regard. La gorge nouée, une boule au ventre. Il haussait la voix. Il se rapprochait dangereusement. Comme quoi, j'étais parfaitement impeccable de gérer ce genre de situation. Je me surpris même à trembler, mais dissimulais ma main dans mon dos. Peut-être trop fière pour se laisser humilier ou pour subir une défaite aussi ridicule. Je fermais les yeux et, au même instant, sentait sa main, heurter mon visage. J'en avais pris, des coups, dans ma vie, mais ceux d'Alexandre Reh battaient tous les records. Si une claque comme celle-ci était parvenue aussi aisément à m'envoyer au tapis, je n'imaginais même pas ce qu'aurait pu donner un coup de poing.

Sous la violence du choc, je ne parvins pas à conserver l'équilibre et chutais en arrière, retombant lourdement sur un sol qui me sembla bien trop dur. Je m'appuyais sur mon avant-bras pour me redresser et portais la main à ma joue. J'allais avoir un vilain cocard, c'était certain. Le seul point positif était que mon œil était indemne. J'avais, par ailleurs, eu le réflexe de coller ma langue au palais pour ne pas me la mordre ou l'avaler, ce qui aurait été encore plus embêtant, n'est-ce pas ? Je sentis la douleur me bouffer la moitié du visage et, sous le coup de la surprise, des larmes me montèrent aux yeux. Il ne s'agissait pas réellement de larmes de tristesse ou de douleur. J'étais, juste, déçue. Déçue de son comportement et du mien. J'espérais avoir un peu mûri, mais je m'apercevais que si je doutais constamment de moi et me remettais sans arrêt en question, c'était bien parce que tout ce que je réalisais ne fonctionnait pas, cette journée-là, j'en avais encore une fois la preuve. Du dos de la main, j'essuyais mes larmes et relevais enfin le regard vers Alexandre.

Il me demandait de partir ? Très bien. Je me levais pour m'exécuter. D'un geste rapide de la main, je retirais un peu de poussière de mes vêtements et croisais une nouvelle fois son regard. Je sentais déjà que ma joue prenait quelques couleurs. Je soupirais et regardais le chien. Lui seul pouvait comprendre son maître en fin de compte. Il faisait un meilleur psychologue que moi. Je serrais les dents et relevais le regard vers le militaire, avant de le contourner très largement pour m'éloigner. Ce n'est qu'une fois dans son dos que ma voix tremblante s'éleva, achevant une phrase commencée plus tôt. ... Je suis désolée. Je secouais négativement la tête et pris le pas de course. Finalement, ce jogging allait être bénéfique. Je devais digérer tout le mal qu'il m'avait fait, mais surtout, toutes les saloperies que j'avais pues lui dire. Je m’écœurais. Encore et toujours.

FIN DU RP
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MessageSujet: Re: « Folie pour folie, prenons les plus nobles. » [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 6:04



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