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MessageSujet: How you get that way? [Livre I - Terminé]   Dim 17 Mar - 20:22

Le bruit de la ferraille, l’arôme particulier de l’essence, tous ces détails propres à son lieu de travail lui avaient presque manqués durant ses trois jours de repos. Retrouver ce quotidien et cette normalité le réconfortaient terriblement. Il pouvait à nouveau se jeter à corps perdu dans le travail, ne plus penser. C’était simple. Ça ne l’était pas toujours mais aujourd’hui, ça semblait l’être et c’était tant mieux. La dernière fois qu’il était venu travailler, il avait enchaîné les pires bêtises qu’il soit. Il avait réussi à noyer un moteur et à gaspiller inutilement de l’huile. C’était des tâches à la base faciles qu’on lui avait attribué mais il avait complètement disjoncté ce jour-là. Son patron en avait été dépassé. Depuis le temps que Mickaël bossait là, il ne l’avait jamais connu aussi agité. Le fait est qu’il n’était pas parvenu à se focaliser sur ce qu’il faisait, son esprit était complètement parti en diagonale. En même temps… C’était le lendemain de la fusillade. Le garagiste se trouvait vraiment ridicule au final d’avoir été aussi bouleversé et paumé même après cette épisode. Mathilda comptait plus à ses yeux que ce qu’il avait pu croire avant toute cette histoire. Ça lui avait plus ou moins sauté à la figure ses derniers jours. Il avait essayé de ne pas trop en dire ou en montrer à la jeune femme. Mais il avait quand même réussi à lui dire ce qu’il avait sur le cœur, c’était suffisant … pour le moment. Ses songes s’éparpillèrent sans difficultés et un sourire se hissa bien malgré lui sur les lèvres alors qu’il finissait de resserrer deux, trois trucs sous le capot.

Il ne savait toujours pas quoi penser de ce qu’ils avaient commencés lui et la renégate. Enfin fondamentalement, rien n’avait changé. Il avait mis un moment avant d’assimiler vraiment ça et ça le laissait un peu perplexe d’envisager leur relation sous cet angle. On ne pouvait pas dire vraiment que tout était pareil. Au moins, s’étaient-ils avouer leur attirance mutuelle. Ils essayaient dieu seul savait quoi. Est-ce que cette amitié « avec bénéfices » resterait à ce stade charnelle ? Feraient-ils marche arrière ? Marche avant ? Le mécanicien n’en savait franchement rien. Il évitait de s’aventurer dans des spéculations de cet ordre. Il cherchait à se contenter déjà du bonheur qu’elle consentait lui offrir. C’était déjà un pas de géant. Parfois, il avait d’ailleurs la sensation d’avoir juste complétement déliré. Il ignorait vraiment où ils allaient aller et encore moins si sa partenaire commençait à remettre déjà ça en question. Il fallait avouer que tous deux étaient émotionnellement chamboulés par les épreuves qu’ils venaient de traverser. Il craignait un peu sa prochaine rencontre avec son amie pour ça. Et en même temps, il ne faisait que la souhaiter. Son rictus s’effaça et il se reconcentra réellement sur ce qu’il faisait. Son boss lui jetait parfois un ou deux regards histoire de vérifier qu’il ne repartait en vrille. Mais ce n’était pas du tout le cas. Le jeune homme finit ce qu’il faisait et rabaissa le capot du véhicule. Il s’essuya très rapidement les doigts avec un chiffon trainant, adressa un signe positif à son employeur avant de gagner d’un pas plus ou moins nonchalant le panneau où toutes les clefs des bagnoles se trouvaient accrochées. Il prit celles qu’il désirait et retourna jusqu’à la carcasse métallique.

Il rentra dans l’habitacle mais avant, il passa rapidement par une pièce proche pour se laver les mains. Il n’avait pas trop envie de mettre plein de cambouis sur le volant ou sur les sièges. Il mit le moteur en route et apprécia son vrombissement. Ça semblait en ordre mais il allait s’en assurer en faisant un rapide tour du voisinage. Très rapide même vu le peu de réserves d’essence que comportait la ville. Il partit en marche arrière et gagna l’asphalte. Il joua avec les freins pour vérifier une dernière fois que tout était bien en ordre puis revint au garage. Il gara l’engin devant la bâtisse vu que tout était réglo. Il en sortit, gagna la partie bureau et s’assit derrière le comptoir afin de noter brièvement les réparations effectuées afin de pouvoir facturer ça. Enfin la bonne blague. Ils ne recevaient plus d’argent bien évidemment. C’était déjà bien quand ils parvenaient à troquer leur service contre quelque chose d'utile. Il poussa un soupir mais se résigna tout de même à écrire. Fallait pas perdre les bonnes vieilles habitudes pour autant.
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MessageSujet: Re: How you get that way? [Livre I - Terminé]   Dim 24 Mar - 15:07





How you get that way
Mickaël & Lucas
« Se réveiller, c’est se mettre à la recherche du monde. »






« Fouler les rues pavées et terreuses de Louisville me ramenait à des souvenirs qui ne collaient pas du tout à ce qui se tramait depuis maintenant près de trois semaines. Annabelle, la jeune femme qui m'avait sauvé à quelques mètres de là où je me trouvais, avait eu la lourde tâche de me faire comprendre l'incompréhensible. Si je l'eu prise pour une folle les premières minutes de notre conversation, les flash parsemés qui m'assaillaient en plus des douleurs fulgurantes de mon corps m'affirmaient la véracité de ses propos. La peur m'avait attaqué comme jamais. Qu'était devenu ce monde? Certes les guerres ne s'étaient pas arrêtées à la suite de la second guerre mondiale; la faim était toujours un fléau et la bêtise humaine se retrouvait partout où nous posions le regard mais de là à lancer une guerre nucléaire... quel était le but de tout ça? Je n'en avais pas la moindre idée si, dans ma brève carrière, j'avais eu l'occasion de voir la stupidité humaine, j'étais persuadé que malgré tout personne ne s'amuserait à allumer cette mèche dévastatrice... et pourtant.

Le monde avait besoin de réfléchir et faisant parti de celui-ci, je m'étais échappé de l'hôpital pour respirer un air moins frais qu'auparavant. On m'avait expliqué que j'étais arrivé près de Louisville avec un sacré pactage de l'armée si bien qu'on me prenait pour un militaire perdu. S'il y avait bien une chose que je savais c'était bien que je n'étais plus considéré comme membre de l'armée que ce soit entant que militaire que membre du GIGN. Toutes mes affaires avaient été déposé à la mairie. Toutes, sauf un médaillon. Celui, accroché à mon cou m'avait été retiré et posé sur la petite table à côté de mon lit. C'était un médaillon de corps d'armée. Ce n'était pas le mien, je n'avais plus le droit de le porter, mais celui de Thomas. Un flash m'était apparu et son contenu n'avait rien de bon. Mon frère. Ma seul famille était portée disparue.

Je serrai le médaillon autour de mon cou dans le creux de ma main avant de reprendre mes béquilles et d'avancer dans les rues. Elle semblait déserte, plus qu'à mon souvenir. Louisville, lieu privilégié de vacances. Même l'Irlande ne l'avait pas détrôné. Je ne pus m'empêcher de sourire à la vue du vieux garage auto du fond de la rue. A l'époque, Thomas, Rémi, sa soeur Juliette, Hannah et lui s'étaient assez rapproché pour créer une bande d'été. Il s'y ajoutait souvent du beau monde comme le grand Mickaël qui s'était plus rapproché de mon frère que de moi. Nous avions tous la fâcheuse habitude de traverser le garage en courant pour relier les terrains vierges où nous jouions à la guerre et le centre ville. C'était un raccourci un peu encombré mais toujours plus rapide qu'en faisant le grand tour. Le propriétaire ne nous appréciait que très modérément, tellement peu, à dire vrai, qu'il lui arrivait de ne jeter des objets sur la tête, ce que nous prenions pour des tirs ennemis de grenades...

Armé de mes béquilles, je m'approchais de mes souvenirs avec ce besoin insatiable de retrouver la logique et beau du temps d'avant afin de me rappeler que tout n'est pas perdu. Une fois dans le garage, je n'y vis que deux voitures en attente de réparation. Doucement mais surement, je m'approchais de l'une d'entre elles et lu la fiche la concernant. Posant les béquilles, je commençais à faire l'une des choses que je n'avais pas oublié en venant ici: la mécanique. Lorsque je me suis fait virer de mon unité, je me suis retrouvé sans aucun diplôme utile à la vie de tous les jours du coup je me suis retrouvé à faire des petits boulots d'abord dans le sud puis à Nantes en finissant mécanicien.

La mécanique m'occupait les mains et l'esprit ce qui m'avait appris à me détendre et à poser mes nerfs lorsque ceux ci bouillonnaient. C'était justement ce dont j'avais besoin en cette journée... A dire vrai, je fus tellement pris dans ce que je faisais que j'oubliai où je me trouvais et ne fis pas attention aux pas qui se dirigeaint vers moi ni même à cette médaille qui ne m'appartenait pas et qui était suspendue à mon cou. Ce n'est qu'au dernier moment alors que l'homme était sur moi, que je me retournais surpris et me pris le capot sur le haut du crâne. Grognant à cause de la douleur, je posai une main sur la zone douloureuse tout en reculant tant bien que mal sans mes béquilles.

Je... Bonjour... désolé de mon... infiltration dans ton... votre garage.. ça fait drôlement mal ce p***** de capot.. Bref, je suis mécanicien et voir cette pauvre voiture en attente de réparation m'a donné envie de la cajoler...  »

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MessageSujet: Re: How you get that way? [Livre I - Terminé]   Dim 31 Mar - 10:01

Le renégat s’accorda quelques instants de plus pour divaguer, jetant un regard au loin par la vitre la plus proche. Il se sentait relativement bien reposé, ça n’était plus arrivé depuis une décennie. Dormir aidait énormément pour ses nerfs et le bien collectif. Il s’emportait moins vite et parvenait à mieux gérer les situations qui s’offraient à lui. Une aubaine pour les gens qui le côtoyaient au quotidien. Enfin, après on ne change pas sa nature, pas vrai ? La suite de ce récit en sera d’ailleurs un très bon exemple. Pour l’instant, plus ou moins détendu, Mickaël rangeait la paperasse sortie et la plaça sur la bonne pile. Il plaça les clés en vue de la voiture réparée et regagna le garage à proprement parlé. Son patron était plus qu’occupé, il s’affairait autour d’une carcasse fracassée. Le trentenaire se dirigea vers l’un des deux autres engins qui réclamaient son attention. Il sifflota entre ses dents tout en approchant. Mais c’était quoi qui dépassait là sur le côté ? Une béquille ? Le mécanicien essaya de conserver son calme. Ok, c’était peut-être un client qui l’avait oublié là ? Qui sait ? En même temps, il n’y avait pas non plus des masses d’habitants clopinant. Généralement, c’était plus des réfugiés qui avaient vécu en direct les bombardements ou pire des militaires blessés mais passons. Il tentait de se raisonner, voulant à tout prix croire que cette journée ne serait que positive de bout en bout. Ce n’était pas compliqué quand même, si ? Malheureusement pour son calme, il y avait bien quelqu’un qui chipotait à la mécanique d’une vieille peugeot. Le garagiste ne l’identifia pas dans un premier temps vu comment il s’était penché mais il pariait sur cette saleté de soldat. Après tout qui avait-il vu d’autres errer par ici avec des béquilles ? Où était son sale clébard qu’il le dégage de là avant d’autres dégâts ? Il serra les poings convaincu que si c’était ce débile en uniforme, il était en train de se venger en sabotant le moteur ou quelque chose dans ce goût-là. Bordel, il fallait vraiment pas leur faire confiance. Il vit rouge, rouge sang pour être précis tandis que dans son esprit le blanc s’étalait déjà. C’était toujours comme ça avec lui, un duo d’ivoire et de vermeil.

Le garagiste fonça directement vers l’inconnu, prêt déjà à l’empoigner pour le faire reculer. Mais ce dernier releva soudainement la tête, se heurtant au capot. Il réalisa que ça n’était pas un type de l’armée alors il s’arrêta net dans le mouvement qu’il s’apprêtait à faire. Dans l’immédiat, ça ne changeait pas grand-chose mais c’était quand même moins pire que ce qu’il avait anticipé. Dans un effort surhumain, il parvint à ne pas le brutaliser. Il resta plus ou moins en retrait, le visage dur, les traits crispés. Sa voix se fit plus froide et autoritaire que jamais. Il s’en fichait que ce mec titubait – il s’était cogné, bien fait pour lui ça lui apprendra à se croire tout permis.

« Reculez immédiatement de ce véhicule. »

Le Louisvillois prit ses béquilles et lui jeta presque à la figure pour qu’il puisse réellement reculer maintenant. Ses yeux passèrent de sa silhouette à la voiture, il analysa sommairement ce qu’il traficotait ce mec qui a été prise d’une envie soudaine de bricoler. A première vue, il avait rien démoli, il avait peut-être même dit vrai même si ça semblait complétement stupide. Franchement quel crétin s'arrêterait comme ça et déciderait de réparer un truc pour quedal? Enfin, après tout, cette ville était truffée d'ahuris dernièrement alors bon, si il avait rien fichu en l'air, c'était déjà bien. Cela l’apaisait un peu plus sommairement. Mais sa hargne restait majoritairement présente. Il releva ses prunelles jusqu’à l’étranger – un réfugié sûrement ? Il ne connaissait pas ce visage.

« Je peux savoir où tu te crois ? J’en ai rien à foutre de savoir que t’es pompier, fleuriste ou mécanicien. Tu penses que n’importe qui passant par là, a le droit de toucher comme ça à ce qui traîne ? C’est pas un moulin ici, ok ? Si t’as envie de bricoler, va voir ailleurs. Ici c’est un établissement privé, si t’es pas client, tu sors. »

Il devait se faire violence pour ne pas lui crier dessus. Ses intonations étaient montées d’un cran. Surtout lorsqu’il réalisa qu’il traînait une médaille autour du cou…

« Bordel, t’es de l’armée en plus ? Vous cherchez encore à nous dépouiller c’est ça ? Allez tous vous faire foutre. »

Son boss perçut l’altercation de loin et s’assura d’un œil de ce qu’il se passait. Cela eut le don de baisser la tension grimpante du rebelle. Il pointa la sortie au gars du doigt.

Allez, barre-toi. T’as rien à faire ici. »

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MessageSujet: Re: How you get that way? [Livre I - Terminé]   Ven 10 Mai - 21:57





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« Se réveiller, c’est se mettre à la recherche du monde. »






« Respectes ces habitants, ils seront tous là pour toi » Ca c’était ce que ma mère me sortait lorsque je me retrouvai devant son courroux pour « grosse-bêtise-allant-à-l’encontre-de-louisvillois » et ça c’était certainement la pire chose que je pouvais faire d’après elle. Ma mère appréciait énormément cette ville et ses habitants comme son Oncle Benoit, assez froid quand on le connait pas, juste froid quand on le connaît plus. Elle avait vécu dans cette ville un certain temps ce qui qui faussait son jugement, la preuve, une nouvelle fois, en ce jour X après la fin du monde.

Je traficotais cette voiture me replongeant 10 ans plus tôt, avec mon père. Il avait récupéré une vieille voiture anglaise qu’il se faisait une joie de refaire. Il disait qu’elle avait une « âme », ça j’aimerai toujours avoir confirmation, et qu’elle était faite d’une vraie mécanique. A l’époque je n’avais pas vraiment compris le sens de ces propos ce n’est qu’après avoir ouvert le capot d’une voiture « électronique » que j’avais compris tout la misère de la technologie. Au jour qui nous intéresse, j’offrais à cette voiture le manque d’amour qui l’a peinait sans aucun autre désir que de me détendre également. Cette guerre me rendait fou et il ne passait pas une nuit sans que des flash incompréhensibles ne m’assaillait. L’hôpital me sortait par les yeux et mon désir d’évasion ne s’en était que plus accrue jusqu’à ce que je m’échappe. Je suis sûr que certain aurait voulu que je parte de manière plus définitive mais je ne pouvais pas. Pas encore.

« Reculez de ce véhicule immédiatement »

Son ton n’était pas dès plus amical renforçant ma théorie sur les « louisvillois-ratés ». Liant le geste à son ton, l’homme attrapa mes béquilles et me les projeta au visage. Mon bras droit, le moins douloureux rattrapa l’une d’elle et rata la seconde provoquant un bruit sourd. Je gardai le regard rivé sur celui de l’homme : ne jamais perdre un ennemi des yeux et pour le moment il était celui qui s’en rapprochait le plus.


« Je peux savoir où tu te crois ? J’en ai rien à foutre de savoir que t’es pompier, fleuriste ou mécanicien. Tu penses que n’importe qui passant par là, a le droit de toucher comme ça à ce qui traîne ? C’est pas un moulin ici, ok ? Si t’as envie de bricoler, va voir ailleurs. Ici c’est un établissement privé, si t’es pas client, tu sors. »


Vraiment pas commode le garçon. Qui vantait les mérites des « bons samaritains de Louisvillois » ? Je le savais, j’avais raison. Cela dit, cela ne m’empêchais pas de penser que cette ville regorgeait d’excellent souvenirs. Je me demandai si, d’ailleurs, cela était une bonne chose. Avoir des souvenirs dans une ville qui ne semble plus être la même n’était pas forcément une bonne chose. S’attacher au passé dans ces moments était bien trop facile et bien trop dangereux pour notre survie mentale. Je le savais très bien.

Mon tempérament me soufflait de lui refaire le portrait façon Picasso avec pour pinceau ma béquille mais ma tête, qui espérait mon intégration et non pas ma désintégration de cette ville, me souffla de garder mon calme le plus longtemps possible. Sage décision n’est-ce pas ? Difficile d’exécution cela dit surtout lorsque le regard de ce gosse se posa sur le médaillon de mon frère. Je sentis immédiatement la tension monter d’un cran et son regard qui transpirait le dégoût qu’il éprouvait envers l’armée. Son exclamation suivante me laissa d’abord perplexe mais je finis par comprendre rapidement le sens de ses propos. En cas de guerre ou de quelconque besoin primordiale l’armée se faisait une joie de prendre les commandes et d’instaurer ses propres règles. Qui détient l’arme, détient le pouvoir. D’après moi, ce n’était pas la meilleure solution que de menacer avec les joujous mais ce n’était que mon avis personnel de plus, je n’étais plus membre de l’armée alors mon avis… vous pensez bien ! Toutefois je n’avais aucune idée de la manière dont gérer les militaires leur affaire et ne savais pas non plus si ce type appréciait les militaires à la base ou non. En bref, il était potentiellement qu’un abruti de plus tellement inquiet mais excité par cette guerre qu’il ne savait plus où taper pour arrêter d’être frustré de ne rien savoir et de ne rien pouvoir faire. Bref, un mec inutile et pas particulièrement digne d’intérêt.

« Allez, barre-toi. T’as rien à faire ici. »

Et bien ça se calme grâce à un regard du patron… c’est bien pratique ça… J’espère que ton boss t’apprend la politesse avec les clients parce que sinon même en situation de paix, tu dois les faire fuir…

Je m’arrêtai, récupérai ma deuxième béquille avant que l’autre ne réagisse et continuai.

J’ai un souvenir de Louisvillois plus accueillant c’est fou comme les choses se perdent avec le temps… 7 ans que je ne suis pas venu et voila comment on m’accueille…

Le regard qu’il eut porté envers le médaillon de mon frère me revint en mémoire, faisant rejaillir le souvenir de celui-ci et mon énervement par la même. Je me rapprochai de lui ;


Militaire c’est bien la dernière chose que je suis et si je te conseille de te méfier des hauts responsables, je peux aussi t’assurer qu’il y en a de confiance suffit d’ouvrir les yeux avant de cracher son venin, garagiste…


Je reculai assez fière de ma capacité à ne pas lui mettre mon poing sur le pif. Je n'avais pas plus confiance en l'Armée après ce qu'il m'était arrivé mais je savais faire la différence entre une méfiance maladive et une méfiance justifiée et par là entre un vrai militaire et un parasite en uniforme.




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MessageSujet: Re: How you get that way? [Livre I - Terminé]   Lun 20 Mai - 18:39

Soit ce mec ne réalisait pas à qui il avait faire, soit il s’agissait d’un imbécile fini, d’un arrogant suicidaire. L’un dans l’autre, ça ne changeait rien au résultat. Les traits de Mickaël se figèrent sur un sourire ironique purement nerveux. Allez, qu’il parle encore ce malappris, encore juste un peu qu’il justifie encore plus ce que lui s’apprête à faire. Le garagiste ne perçoit pas cette histoire de sept ans, encore moins qu’il explique ne pas être militaire, toute son attention passe des commentaires simplement agitateurs aux conclusions évidentes, ce mec est là pour l’emmerder. Il hocha la tête dans un premier temps un peu amusé et se rapprocha alors nettement de l’inconnu. Il le toisa froidement et lui ré indiqua la sortie sèchement du doigt. Le mécanicien n’avait pas envie de péter les plombs aujourd’hui, surtout pas sous le regard du boss qu’il avait dû convaincre pas plus tard que la veille de réintégrer l’équipe. Il devait rester au-dessus de ça. « Ça », l’intrusion d’un pauvre réfugié boitillant qui se prenait pour « on ne sait pas trop quoi ». Si n’importe quel client se permettait de toucher comme ça au véhicule entreposé, ils auraient déjà fermé boutique. Où allait le monde sérieusement si n’importe qui débarquait et se mêlait du boulot des autres ? Allez, hop, soyons fous, demain je vais voir les fleuristes et je m’occupe de gérer leur bouquet. Il ne savait pas ce qu’il foutait là mais il n’avait pas à approcher quoique ce soit. Il ne s’était même pas adressé au patron, non. Il s’était approprié le travail comme ça pouf sans décliner son identité. Normal. Oui, tout à fait normal. Le pire c’est qu’au lieu de montrer un semblant de honte ou exprimer des excuses, il ne faisait que justifier le fait, qu’il était un intrus grossier. Le renégat n’avait pas vraiment de temps à perdre à polémiquer cent ans avec un gredin pareil.

« Bon, t’es venu ici juste pour ennuyer ton monde ? Ok, je vais t’aider à retrouver ton chemin dans ce cas. »

Le trentenaire agrippa le clopinant par le bras d’un geste plus ou moins calme vu la hargne qui s’était emparé de lui et se retrouva face à lui. Ses yeux dévièrent vers la plaque de l’étranger histoire de saisir peut-être son nom et puis… Puis, il butta plusieurs secondes sur l’inscription. Asling ? Non ? Comme Thomas Asling ? Il cligna des yeux un peu hébété. Le rebelle relâcha lentement sa prise autour de son opposant et recula alors d’un bon mètre pour le jauger. Non ? Les Asling ? Houlà ça remontait à un moment. A son adolescence ? Il ne se souvenait plus. Ouais, maintenant à bien y regarder, les traits lui semblaient plutôt familiers. Avec tout ce qui s’était écoulé comme temps aussi depuis… Il n’aurait jamais pu remettre un visage sur le nom facilement. Il passa une main rapide sur son menton, un peu gêné à l’idée d’avoir malmené quelqu’un de connu bien qu’il sache qu’ils avaient leurs torts tous les deux. Bon, après, il devait reconnaître que sa patience… enfin son absence de patience avec les nouveaux arrivants, lui jouait bien des tours. Il fallait aussi le comprendre. Il se sentait de cerné de partout, on devait tout réquisitionner presque pour cette fichue armée – bande d’incapables, donné des logements à ceux qui venaient on ne savait pas trop tout. Lui voulait juste qu’on lui fiche la paix et qu’on le laisse vivre tranquillement. Ajoutons à ça toute une foule d’autres soucis en tout genre et ça donnait le cocktail explosif habituel depuis les bombardements. Oh bien sûr, il avait parlé d’être relativement posé grâce à sa nuit de sommeil et le pire c’était que c’était vrai. Sans ça, il aurait fait valser le Asling à l’autre bout de la galaxie depuis le début.

« Merde… Thomas ? »

Non, il semblait un peu plus jeune… Il resta bouche-bé, complétement largué. Le ton de l’homme belliqueux descendit nettement dans les graves.

« Non… Lucas ? Qu’est ce que tu fiches ici ? »

Toujours un peu sonné, il se demanda sommairement s’il n’aurait pas pu piquer la plaque sur le cadavre d’un des frères Asling. Non, ça serait devenir vraiment tordu. Après avec cette guerre qui ne l’était pas ?
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MessageSujet: Re: How you get that way? [Livre I - Terminé]   Lun 3 Juin - 8:08





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« Se réveiller, c’est se mettre à la recherche du monde. »







Je n'avais pas plus confiance en l'Armée après ce qu'il m'était arrivé mais je savais faire la différence entre une méfiance maladive et une méfiance justifiée et par là entre un vrai militaire et un parasite en uniforme. Malheureusement pour nous, l’armée semblait vouloir garder des parasites et c’est pourquoi on avait souvent l’impression d’en être entouré. Encerclé par une armée d’abrutis en uniforme gonflés à testostérone voulant taper sur tout ce qui pouvait se trouver sur leur chemin, une belle vision de l’avenir hein ? Bref, je n’étais pas non plus le mieux placé pour parler d’eux. Je respectai l’Armée dans sa petitesse et non dans sa grandeur. Les bosses, je les méprisais. Les soldats, certains, pouvaient déplacer des montagnes à eux tout seul. L’Armée avec ce grand A ne serait rien sans ces bons hommes pourtant elle se permettait d’éjecter et malmener ses bras comme s’ils étaient interchangeables. En y réfléchissant bien, on pourrait croire qu’elle voulait recruter uniquement des êtres sans scrupules avec une conscience humaine et une réflexion altruiste limitée voire inexistantes. Mon opposé. Si j’étais conscient d’avoir fait des erreurs et de ne pas avoir été le meilleur en toute circonstance, ma fin de carrière n’était toutefois pas justifiée. Pas cette fois-là. Le souvenir amer de ma mise à pied me revint de plein fouet au visage et je rejetai immédiatement la faute sur ce type à l’humeur sombre. Pourquoi devait-il, lui aussi, avoir des comptes à rendre à l’armée ? La guerre n’aidait en rien. Elle rendait fou et inquiétait. Je pouvais comprendre, en mon fort intérieur, les motivations qui le poussaient à agir comme ça. D’une part, je n’avais aucun droit sur le matériel ici mais j’avais tendance à oublier que cela faisait longtemps que je n’étais plus le petit leader et emmerder (faut le dire) de la ville. D’autre part, j’étais à présent ce qu’ils appelaient un réfugié et la solidarité pouvait disparaitre assez rapidement en cas de tension planétaire. J’utilisai leur vivre, leur logement, leur soin… en clair, tout ce qui leur appartenait alors que je ne le méritai pas forcement. Pas plus que les membres de la ville. D’un autre côté si on ne se serait pas les coudes dans ce genre de situation quand est-ce que qu’on le ferait ? Jamais. Nous sommes bien d’accord.

J’avais cette envie, en moi, de me déchainer. Je voulais faire sortir cette colère que je conservai contre tout ceci. Contre cette incompréhension. Contre mon absence. Contre mon incapacité à me souvenir. J’aurai pu, à ce moment-là, alors qu’il m’agrippait le bras, le lui casser. J’avais été entrainé pour ça pendant plusieurs années et je me savais encore capable d’agir de cette manière. Je n’en fis rien. Ma désintégration aurait été alors subite. J’avais besoin de cette ville comme un drogué de sa drogue. J’attendais mon frère. Thomas. Personne ne m’empecherait d’attendre ici même pas ce mec et surtout pas moi. Mon arrogance se rangea d’elle-même au placard alors que je pris la décision de rester civilisé et de fermer, pour une fois, ma grande gueule. Je m’avançai dans la direction qu’il m’avait indiqué alors que celui-ci me lâcha. Je m’arrêtai et me tournai vers lui alors qu’il s’était éloigné de moi. Je levai un sourcil.

Quoi ? Je te fais peur d’un coup avec mes sublimes béquilles ?

Je me mordis la langue. Ce n’était pas en le provoquant que j’arriverai à éviter un affrontement. Il resta bloqué sur moi un long moment et je crus un instant qu’il avait fait un arrêt ou alors qu’il était parti dans un autre monde. Ses paroles me figèrent. Comment lui, ce pauvre type, pouvait connaitre mon frère ? Thomas. Il changea alors d’avis et m’appela par mon prénom. Je reculai et rencontrai l’établie à roulette du garagiste. Je m’y retins alors que j’essayai de comprendre. Ma main droite alla automatiquement serrer le médaillon comme un geste défensif. Comment ? Un instant de flottement où nous nous regardions en chien de faïence plus tard, je réalisai que ce n’était pas plus mal qu’il me connaisse mais moi, moi je n’arrivai pas à le remettre et j’en fus gêné. C’est étonnant comme en trois secondes tout pouvait changer. Trois secondes auparavant je me forçai à ne pas me battre par pure plaisir (comme les soldats que je décrivais et dénonçai plus tôt..) et à présent je me sentais mal à l’aise de ne pas reconnaitre un type qui semblait me connaitre et qui semblait être étonné de me voir dans les parages.

Euh… oui. D’où tu nous connais mon frère et moi ?

Je m’approchai de lui et le dévisageai plus que de raison. C’est vrai, en forçant, il me rappelait quelque chose emprunt à un passé que j’avais tâché d’oublier. Plus âgé que moi, si nous étions amis ici, il devait l’être davantage avec mon frère. Mon frère. Je baissai les yeux. Son souvenir me crispa mais cela me permit de chercher dans ma mémoire, celle qui fonctionnait encore à la recherche de ses amis. A Louisville, si c’était là que nous nous étions croisés, il n’y avait pas trente-milles solutions.

Rémi ? Non… Paul… quoique il était blond lui…. Puta*n ! Mickaël !

Cela me vint comme une évidence, comment n’avais-je pas trouvé plus tôt. Peut-être l’improbabilité, pour moi, de le revoir. Je pensais qu’il serait parti d’ici pour vivre sa vie et ses rêves au loin. Je m’étonnais de voir sa présence dans cette ville et le détailla de nouveau pour déduire s’il avait vécu une traversée douloureuse ou s’il avait été épargné physiquement de ce côté-là. Je ne vis pas grand-chose de suspect ce qui me rassura. Voilà que je m’inquiétai pour l’homme que je voulais frapper quelque instant avant. Ironie du sort ? Surement. Mon ton s’adoucit en même temps que tout mon être. J’étais heureux. Heureux de voir un visage familier. Heureux de me souvenir de quelque chose.

Si je pensais un jour te revoir toi ! Ca fait… quoi ? Bien 7 bonnes années voire plus que je ne t’avais pu…

Je m’arrêtai et me souvins de sa question. Je me rembrunis.

Que veux-tu que je fasse là d’après toi ? Je cherche un refuge comme beaucoup… fin… j’attends surtout Thomas en reprenant des forces... Je ne sais pas si tu as continué d’avoir de ses nouvelles après la mort de notre père puis d’Oncle Benoit… mais …

Je touchai le médaillon. Savait-il pour son accident ? Pour ces deux années passées dans les tourments ? Pour notre mère puis pour sa guérison, pour son entrée officielle dans l’armée et pour tout le reste ? Thomas était du genre à garder le contact contrairement à moi. Je lui désignai le médaillon.

Il est un militaire de carrière… lieutenant-colonel, rien que ça ! Nous nous sommes… perdus à Cherbourg… Je me souviens juste de notre rendez-vous, ici.







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MessageSujet: Re: How you get that way? [Livre I - Terminé]   Sam 8 Juin - 11:47

Le silence parut plus éloquent que les mots qu’il venait de prononcer. La surprise se figeait sur ses traits faisant à celle qui avait secouée Mickaël un peu plus tôt. Ils se fixaient, le renégat toujours un peu sonné et Asling sur le chemin de la compréhension. Pourquoi portait-il la médaille de Thomas… Avait-il été happé lui aussi par le bombardement ? S’il faisait partie de l’armée, il y avait grande chance. Le mécanicien se laissa porter par ses souvenirs, l’époque révolue, celle où tout semblait, était encore possible. Avant la mort de son père. Après, c’est une autre histoire. Il avait commencé à perdre un peu de vue les frangins Asling, se concentrant davantage sur sa famille et les scandales qui se succédèrent peu après le décès. Sa mère était encore maire quand on ne les avait plus vus trainer à Louisville. En sept ans, tout avait bien évolué comme on pouvait s’y attendre. Pas étonnant que Lucas ait du mal à retaper le visage du garagiste, il était plus jeune que lui à l’époque. Néanmoins, après deux tentatives mémorielles infructueuses, le trentenaire s’apprêtait à décliner son identité mais finalement, il réussit à le reconnaître. Il lui sourit alors automatiquement, dix fois plus détendu que quelques minutes auparavant. Il prenait conscience de la limite bien étroite qu’il existait entre l’inconnu et la familiarité. Ses songes se portèrent sur la réfugiée que sa meilleure amie abritait. Ouais… Il ne savait plus trop où se situer avec tout ça, il y avait sûrement des nuances dans ce qu’il arrivait. Encore fallait-il qu’il cherche à les voir. Pour l’heure, il se contenta d’offrir une grande tape amicale à l’épaule de son interlocuteur pour effacer un peu toute la scène qu’ils venaient de jouer.

« Et moi donc ! Si je m’attendais à te trouver ici, derrière une voiture. Tu lui faisais quoi au fait ? »

Maintenant il trouvait son acte très amusant. Quel mec entre et se met au boulot comme ça pour le fun ? Face à ce qu’il lui délivra, il se sentit un peu mal. Il avait su pour la mort de ses proches mais Thomas et lui avaient cessé tout contact après ces événements.

« J’étais au courant pour les décès. Je suis sincèrement désolé. Je n’ai plus eu de nouvelles de Thomas depuis un sacré bout de temps. Il s’est passé quelque chose avec lui ? Il est où ? »

Il répondit à la suite et Mickaël blêmit à ses mots. Il y avait très peu de chance d’en être réchappé. Apparemment, donc, il était militaire comme le suggérait bien évidemment ce que portait autour du cou le jeune homme. Le rebelle avait un peu de mal à assimiler ce trou de sept ans qui l’avait séparé des frères Asling. Cherbourg… De la même manière que le réfugié l’avait détaillé un peu plus tôt, le Louisvillois l’analysa un peu mieux et réalisa dans quel état il se trouvait. D’où venait-il ? Et que s’était-il passé ? Peut-être pourrait-il en apprendre plus sur ce qu’il se déroulait à l’extérieur grâce à lui ? Avait-il vraiment envie de savoir ? A moitié… Mais ça ne servait à rien de faire l’autruche, leur survie en dépendait.

« Hé ben… T’es bien amoché. Attends, tu vas pas rester debout. »

Il fit quelques enjambées sur la droite et proposa une chaise traînant là dans l’atelier à son ancien ami en la posant près de lui. Lui s’accouda à la table qui se trouvait juste derrière lui.

« T’as pas d’endroit où loger ? L’ancienne maison de ton oncle ? Je pense qu’elle ait été investie… T’as intérêt à vite la réclamer avant que ça te passe sous le nez. Ils sont entrain de réquisitionner toutes les demeures du coin. »

Son petit appartement n’avait pas été une cible pour l’instant, heureusement. Il se voyait mal accueillir un étranger comme ça chez lui alors que c’était minuscule. Après… si c’était quelqu’un d’autre… Il aimait son indépendance plus que tout, néanmoins… Il ne voulait pas laisser le petit frère d’un pote dans l’embarras.

« Si jamais, je peux t’aider pour quoique ce soit… Tu comptes rejoindre … l’armée ? »

Il se refrogna en prononçant cette phrase, il ne portait pas du tout les militaires dans son cœur, ça non. Après ça ferait au moins un visage sympathique au milieu de cette bande d’idiots et incompétents en uniforme.
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MessageSujet: Re: How you get that way? [Livre I - Terminé]   Lun 10 Juin - 19:03





How you get that way
Mickaël & Lucas
« Se réveiller, c’est se mettre à la recherche du monde. »







Mickaël Blanchet. Je le regardai d’un regard qui se voulait nouveau et ancien. Je comparai l’image qu’il dégageait à l’enfant que j’avais connu. Un tout autre personnage se trouvait devant moi et je ne m’étonnai même pas de ne pas avoir fait le rapprochement tout de suite. Notre groupe, a l’époque était composé de pas mal d’enfants. Chaque année nous avions un nouveau tout en ayant un départ, les vacances étaient fête de voyage familiaux et de colonies pour la plus part d’entre nous. Les Asling quittaient leur région du Sud-Ouest pour celle du Nord-Ouest français et ce avec grand plaisir. Ma mère retrouvait des amis que mon père avait fait siens et nous, notre bande de copain d’été comme le petit Blanchet qui se trouvait en face de moi. Lui, c’était le grand copain de mon frère. Toujours là pour participer à nos plans foireux, il était d’un grand secours lorsque je me retrouvai pris au piège par des adultes. Lui et mon frère trouvaient presque toujours des excuses ou des stratagèmes pour me sortir de là. Ils n’abandonnaient pas les copains et encore moins ma petite gueule de crétin. Par contre, il était aussi le roi pour m’enfoncer quand il le pouvait en particulier lorsque ses parents l’avaient choppé à faire n’importe quoi. Vous imaginez bien la trempe, sa mère était la maire de la ville. L’image et toujours l’image. Je le détestai pour cela mais en même temps, je l’adorai. C’était un grand et rien que pour ça, malgré mon caractère assez particulier déjà à l’époque, il suffisait à me plaire. L’homme qui se tenait devant moi ne ressemblait plus vraiment à cet enfant comme moi à celui que j’étais. Sa réaction précédente n’était en rien semblable à celle du garçon bon vivant que j’avais connu et quelque part, cela m’attrista. Je comprenais parfaitement la situation actuelle et la peur qu’elle pouvait entrainer. Je comprenais tout aussi parfaitement son dégout de l’armée mais quelque part, j’avais gardé l’espoir que cette ville n’avait pas changé. Du moins c’était ce que je m’étais dit dans mon lit d’hôpital. Je m’en étais convaincu. Il m’avait fallu ça pour affronter les souvenirs de cette époque. Je m’étais autorisé les souvenirs d’enfances dans les rues mais pas le reste. Pas encore. Mes parents. Mon Oncle. Elle. Autant de personnes importantes que j’avais perdu au fil du temps, j’étais heureux de le retrouver même différent. Après tout, il avait bien le droit de traiter les opportuns de la manière dont il le souhaitait. Je souris à ces paroles et remarques fronçant les sourcils lorsqu’il évoqua mon état puis la maison de mon Oncle. Je m’étais douté que je devrai trouver un logement et que celui de mon Oncle serait le mieux mais j’avais encore évité d’y songer sérieusement. Mickaël déposa entre temps un tabouret près de moi s’étant rendu compte de mon état. Je ne pus m’empêcher un léger rire à ce moment-là. Voilà qu’il était au petit soin avec moi alors que 5 minutes plus tôt il avait manqué de me casser la deuxième guibol. Il me proposa alors son aide et je souris davantage.

Y a pas deux minutes tu voulais me faire bouffer tes outils je te rappelle… es-tu sûr de pouvoir me faire confiance ? Je suis un ex soldat aussi tu sais…

Je le taquinai et grimaçai lorsque je voulus bouger ma jambe blessée mais continuai tout de même.

Je dois t’avouer que j’ai encore du mal à me faire à tout ça et revoir la maison de mon Oncle après tout ce qu’il s’est passé depuis que je suis parti n’est pas… fin j’y ai pas encore pensé puis, elle est tellement bien cachée et abandonnée qu’à mon avis elle n’est plus mentionnée sur les registres…

Le doux gout de l’espoir se sentait même dans mon palet. Je savais pertinemment que dans les prochains jours je devrais m’en occuper. La maison était grande et isolée, parfaite. Oui elle l’avait été pendant de nombreuses années et je ne doutais pas qu’elle m’accueillerait une nouvelle fois. Moi et d’autres personnes à venir, c’était certain.

La voitu….

Quelque chose percuta le sol et je me crispai automatiquement me courbant et me protégeant le visage de mon bras. Les poings serrés, je respirai fort comme si je venais de courir le marathon une jambe en moins avec un bison sur le dos. Ma tête me lança et je me sentis partir dans un nouveau flash. Je manquai de m’écraser sur le sol dans le garage mais je n’eu a peine de le temps d’en prendre conscience que j’étais déjà au milieu d’une fusillade. Je courais. Dans chacune de mes visions je courrai ou alors je me cachai ou sautai. Je n’étais jamais dans un lit douillé à me reposer et panser mes plaies. Je regardai autour de moi avec cette étrange impression que les tirs venaient de partout et de nulle part. C’était affreux. La peur me paralysait presque. La nuit était tombée depuis longtemps et je savais que nous devions partir. J’ordonnai donc à tous de fuir cette ville en emportant le plus de choses possibles : munitions, bouffes et couvertures. Je m’étais déjà chargé de mes propres réserves, je le sentais au poids de mon équipement et j’avais le souvenir du souvenir. Etrange sensation la encore. Ma mémoire ne m’accordait pas de voir ce que j’avais fait entre la découverte du médaillon et cet instant là mais je me souvenais de mes pensées à ce moment-là. Je ne pouvais que déduire. Nous nous élancions alors hors de la base et de la ville. Nous étions un bon nombre, une petite 20aine entre civiles et militaires. Le temps fila dans mes souvenirs et je me retrouvai face à un assaut. Nous hurlions aux civiles de se cacher. Une enfant n’avait pas suivi. Un soldat s’était lancé pour aller la chercher. Mort. Les deux. Je sortis de ma torpeur et regardai autour de moi. J’étais assis contre une voiture. Je plaçai ma main sur mon crâne afin de contrer ce mal de crâne qui me vrillait à la fois le tympan et l’ensemble de mon cerveau sans grand succès. Je me souvins alors où je me retrouvai et affichai un sourire qui voulait cacher à la fois ma gène et ma crainte. Quand est-ce que tout ça cessera ?

Je.. excuse moi… il m’arrive de… perdre pieds.

J’hésitai à aller plus loin puis, merde, j’en avais peut être aussi besoin. C’était une personne de confiance, c’était un ami. Le seul. Un repère. Il était un repère pour moi qu’il le veuille ou non. Il me permettait sans savoir de me reposer. Oui. C’était ça, un temps de répit.

J’ai tout oublié Micka. Tout, fin presque. J’ai des flash comme …. Comme là. Putain mais qu’est-ce que cette merde !? Pourquoi ils ont tout fait péter. Une gamine. Micka une famine est morte devant moi… j’ai rien pu faire… elle et… et tant d’autres. J’ai traversé toute la Normandie pour arriver jusqu’ici. Je sais que je me suis fait défoncer la gueule de toute part. A Cherbourg on était une vingtaine… je m’en souviens maintenant. On était une vingtaine à sortir de ce tombeau et là… putain ! Je suis arrivé seul ! TOUT SEUL ! J’ai même pas pu en ramener un..








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MessageSujet: Re: How you get that way? [Livre I - Terminé]   Sam 6 Juil - 10:06

Lunatique ? Oh non, ça serait un peu réducteur de le qualifier de la sorte. A vrai dire avant la catastrophe, Mickaël était quelqu’un de très accueillant et de très ouvert, pas du tout méfiant. Puis il y a eu l’invasion de réfugiés et de malhonnêtes, de profiteurs. Il avait assisté à quelques scènes qui l’avaient fait complétement généralisé la situation et les étrangers présents à Louisville. Il ne parvenait pas à relativiser et aussi il privilégiait la survie des siens avant ceux dont la vie n’importait pas avant la guerre. C’était un raisonnement abominable, oui mais là c’était du chacun pour soi. Il ne voulait pas non plus les exterminer mais disons que tant qu’ils ne causaient pas d’ennuis et ne venaient pas puiser dans leurs réserves – ce qu’il se passait précisément. Il faudrait les renvoyer vers d’autres villes qui seraient, elles, en état de les accueillir. Mais ça n’était que son avis. Le renégat haussa des épaules fasse à la réplique que lui servit son ami. Les militaires dans l’absolu, le concept ne le dérangeait pas tant que ça- bien qu’il ait toujours eu certains problèmes avec l’autorité de façon générale. Son éducation carrée l’avait légèrement conditionné à ça bien qu’il n’ait jamais eu de soucis avec la justice – il ne fallait pas abuser non plus. Non l’armée avait juste tendance à se croire supérieur à tous et ça, il ne pouvait pas l’encadrer. Ils étaient comme une colonie de sangsues venue pomper toutes les ressources au nom des combats qu’ils ne parvenaient pas à gagner. « Te faire confiance ? Mais qui t’as dit que je te faisais confiance ? » Il lui sourit bien entendu et soupira en ajoutant « Il y a une différence entre un militaire intelligent et un militaire con. Je t’avoue que la seconde catégorie pullule en ce moment un peu trop dans cette ville. Et désolé, disons qu’il y a pas mal d’allées-venues ici et qu’on a été emmerdé par pas mal de monde. Les gens sont sans gênes et souvent mal intentionnés. Mais ça m’étonnerait qu’un des frères Asling finisse un jour dans cette catégorie. » Le mécanicien fronça les sourcils quand il le vit grimacer. Eh ben, il n’était vraiment pas beau à voir ce petit.

Il hocha de la tête pour acquiescer à ses propos, il espérait vraiment qu’il avait raison. Il n’avait pas trop envie qu’il se retrouve à la rue dans un état pareil en plus. « Le mieux c’est que t’ailles direct la voir. Passe même pas par la mairie et installe-toi dedans. Toute façon, ces voleurs seraient encore cap de te la piquer sous ton nez. » Le Louisvillois leva les yeux au ciel. Sa main heurta un outil posé sur la table à laquelle il était accoudé, le métal tomba avec fracas au sol et Lucas fit un bond. Le garagiste l’observa un peu éberlué par l’ampleur de sa réaction. La panique roulait sur ses traits, il s’était mis en position de défense comme si il se faisait attaquer. Durant plusieurs instants, il sembla absent, ailleurs et Mickaël le regardait, impuissant se perdre dans un monde parallèle. Aïe, il n’osait pas imaginer ce qui se tramait dans son crâne. Le trentenaire s’abaissa pour ramasser ce qui était tombé et essaya de détendre un peu le réfugié en articulant appuyé d’un sourire « Hey, je veux bien que j’étais pas commode tout à l’heure mais je vais pas te jeter des clés à molette à la figure quand même ! » Il l’écouta attentivement quand il se justifia. Affronter les faits et la réalité de cette guerre ne pouvait faire de torts à personne, il fallait être emphase avec ce qui se passait pour agir au mieux. Durant son récit, il resta accoudé à la surface qui l’avait déjà accueilli au préalable. L’histoire du jeune homme le désarçonna, le petit garçon qu’il avait connu refaisait surface sur ses traits et il se sentait impliqué dans sa peine. Il fit quelques pas dans sa direction afin de poser une main compatissante sur son épaule. « C’est pas ta faute Lulu ! C’est cette fichue guerre la responsable. N’en exige pas trop de toi-même. T’as fait ce que t’as pu et t’as réussi à sauver ta peau, c’est déjà un miracle en soi. Tu as besoin de repos et de calme si tu veux mon avis. Prends ton temps pour te rétablir et sois indulgent avec toi-même. Tu ne peux pas sauver tout le monde, personne n’en est capable. On réagit tous comme on peut. » Il lui offrit un rictus faiblard avant de reculer. « Je t’aurais bien proposé un verre là pour en discuter mais je dois encore bosser jusqu’en début de soirée. Tu loges où là pour le moment en fait ? » Histoire de pouvoir le revoir et de savoir où le trouver.
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MessageSujet: Re: How you get that way? [Livre I - Terminé]   Dim 7 Juil - 16:31

Te faire confiance ? Mais qui t’as dit que je te faisais confiance ?

Je ris tout bas en bifurquant mon regard vers le patron de Mickaël celui-ci semblait perplexe. Pour lui cela n’était plus rien y comprendre non plus. Trop loin pour entendre nos propos et trop près pour ne pas voir notre petit jeu passé et celui présent. Je ris également à ça en me disant que, le pauvre, avec toute la merde extérieur et les réactions étranges de Mickaël en cette journée, il devait perdre la tête. Le pauvre, il ne pouvait savoir qu’il était face à de surprenantes retrouvailles. Plus de 10 ans que nous nous étions point revue. Plus de 10 ans. Beaucoup de choses avaient changés entre nous, en nous et par rapport au monde. J’écoutais alors ses paroles et acquissiez d’un hochement de tête entendu. Je comprenais tout à fait ce qu’il disait. C’était à peu de choses près exactement le discours que je tenais dans mes propres pensées. Je ne pus que sourire. Sourire qui s’agrandit lorsque Micka complimenta à demi-mot mon frère et moi-même. Toutefois, je n’étais pas sûr de l’objectivité du garagiste à propos des militaires qui se baladaient par ici et des « sans-gêne » que je traduisis par « réfugié ». Je pense qu’ à leur place, Micka aurait été ravi qu’on tente de l’aider mais je pouvais comprendre, un peu, sa façon de penser. Il voulait protéger ce qui était important lui. Le souci était qu’il avait ce cadeau alors que d’autre ne l’avait pas eu. Il avait protégé une partie de sa vie alors que d’autre avaient tout perdu. Alors pour ceux-là se retrouver dans une ville souvent inconnue avec des inconnus totalement hostiles n’étaient pas forcement la situation la plus rêvait qui soit. De plus, il n’y avait pas 5 minutes je faisais parti de cette catégorie quoiqu’il en pense à présent. Il m’avait presque jeté comme un mal propre et l’aurait probablement fait s’il n’avait pas vu la plaque de mon frère.

Le mieux c’est que t’ailles direct la voir. Passe même pas par la mairie et installe-toi dedans. Toute façon, ces voleurs seraient encore cap de te la piquer sous ton nez.
Il n’avait pas tort. Il le fallait. Je le savais bien. Annabelle me l’avait également dit lors de nos dernières rencontres. Plus je la croisai, plus j’appréciai cette jeune femme pour elle-même plus que pour le geste qu’elle a fait pour moi. C’était une chic fille et je ne regrettai pas ma proposition d’aller habiter chez mon Oncle. Celle-ci avait refusé mais la proposition tenait toujours, je le lui avais dit. Je souris à la pensée de la jeune femme et ne put m’empêcher de me demander à nouveau ce qu’elle avait pu vivre avant d’arriver ici. Je secouai la tête et entama de répondre à sa question à propos de la voiture lorsqu’il fit tomber un outil sur le sol me plongeant dans un souvenir oublié et vécu pour la première fois. Je crois que c’était ça le pire. Le fait d’avoir l’impression de vivre pour la première fois un évènement, de le découvrir. Ce n’était pas évident à accepter et à encaisser. Mes choix ne m’étaient pas connu alors je voyais que des bouts de passage à vif rendant le souvenir encore plus sombre qu’il ne l’était déjà et me jetant dans le méandre de supposition aussi douteuses que dangereuses pour ma santé mentale.

Un ami. Le seul. Un repère. Il était un repère pour moi qu’il le veuille ou non. Il me permettait sans savoir de me reposer. Oui. C’était ça, un temps de répit. Qui aurait cru que je parlerai si vite de ce problème avec quelqu’un ? Annabelle savait pour ma mémoire a retardement du fait que c’est la première personne a m’avoir parlé. Les autres, même la plus part des médecins, ne le savaient pas. Il y avait des choses diminuantes et troublantes que je n’avais jamais voulu révéler à qui que ce soit et cette mémoire en faisait partie. Je présumai que Mickaël ne serait pas du genre à me juger ni à faire des conclusions trop hâtives. Celui-ci s’approcha et tenta un trait d’humour que je ne manquai pas de remarquer. Un sourire se dessina presque sur mon visage ressemblant davantage à une grimace qu’à autre chose. Je lui expliquai alors. Il resta un instant silencieux à son tour puis imposa une main sur mon épaule. Je sentais son geste affectif mais ne put me demander si ce n’était pas plus issu par la pitié. Je secouai la tête. Non, je divaguai. J’écoutais sa réponse. Ses paroles se voulaient apaisantes et réconfortantes. Je les jugeai emprunte de sagesse mais ne les acceptèrent pas pour autant. Sur plus de 20 personnes, j’aurai du en ramener. Je ne savais pas ce qu’ils s’étaient passé sur le reste du trajet, mais le résultat était le même : j’étais seul. Et je restai seul perdu dans ma mémoire incomplète. Je le regardai. Il tenta un sourire que je sentais presque forcé. Je ne dis rien. Il m’expliqua qu’il aurait aimé parler autour d’un verre mais qu’il ne pouvait pas. J’hochai la tête. Il me demanda où je logeai et je ne répondis pas tout de suite. Prenant le temps de reprendre une contenance humaine et remettre un minium d’ordre dans mes pensées. Je n’étais pas d’accord avec ses paroles même s’il avait surement raison. J’étais responsable et ce n’était pas en une journée que ce sentiment disparaitrait. J’en étais convaincu. J’avais l’impression de devoir faire le deuil de ces personnes pour la première fois alors que je savais qu’en me souvenant, en temps normal, je l’aurai mieux accepté, cette vérité. Je me redressai puis me relevai avec moins de difficulté que je l’aurai cru.

Ne t’inquiète pas pour moi … j’ai eu l’occasion de vivre pire après tout…

Je fronçais les sourcils pas plus convaincu que ça de mes propres paroles. Je souris tout de même et regardai autour de moi.

A l’hôpital où veux-tu que je sois dans cet état !? Mais je te garantis pas d’être toujours là-bas… j’aime m’en échapper comme aujourd’hui… ça m’a d’ailleurs confirmé que je devrais continuer… Qui c’est quelle bonne surprise je pourrai avoir dans les jours à venir !?

Je souris sans m’imaginer une seconde tout ce que j’allais vivre par la suite. Lou. Raulne. Mais surtout Lou. Louise. En face de Micka j’étais loin d’imaginer que je la retrouverai chez mon Oncle qui plus est. En face de Micka, je ne pouvais même pas prononcer son nom. Je ne pouvais plus. Je ne pouvais pas. Pas encore.

Ils doivent se demander où je suis passé… je vais peut être y retourner comme ça tu pourras vérifier que je n’ai pas bousillé la voiture… Si tu as besoin, à l’occasion, je pourrai passer t’aider… Annabelle m’a dit que je devais trouver un job alors bon… Puis ce sera l’occas’ de te revoir

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MessageSujet: Re: How you get that way? [Livre I - Terminé]   Jeu 18 Juil - 13:34

Le réfugié se redressa et formula une réponse que Mickaël ne trouva pas tout à fait convaincante. Il grimaça et se contenta d’offrir une petite tape compatissante sur l’épaule de son ami. L’ex-militaire lui expliqua être logé à l’hôpital, ce qui était logique en fait vu son état. Le garagiste hocha de la tête simplement et espérait qu’il en sorte rapidement. S’il pouvait éviter les visites à la clinique, ça l’arrangerait plutôt bien. Il ne supportait pas de s’y rendre. Le mécanicien lui sourit, il comprenait bien qu’il n’avait pas envie de rester enfermer dans une chambre sur un lit à compter les moutons des jours durant. « Ah…Ok. Du coup, je ne pense pas que tu saches où j’habite. Attends deux secondes. » Le Louisvillois partit à la va vite chercher de quoi écrire et revint s’adosser à la table juste à côté de Lucas. Il écrit très rapidement son adresse puis dessina de façon très sommaire et schématique un mini plan afin qu’il puisse retrouver son immeuble dans difficultés. Sans portables ou GPS, il fallait bien s’en sortir, pas vrai ? « Tiens, tu devrais pouvoir me retrouver facilement comme ça. »  Il lui tendit le morceau de papier. « Si pas, je suis toujours fourré ici. Au moindre souci, n’hésite pas. Cela dit quand tu seras en meilleure forme, j’espère avoir l’occasion de boire un verre avec toi. » Le renégat balaya les environs du garage distraitement pendant que son pote d’enfance reprenait la parole. « Annabelle ? La réfugiée ? Ah… Quand est-ce que tu l’as rencontrée? » La squatteuse qui parlait de boulot à Asling… Quel culot. Mais passons.

Le trentenaire baissa drastiquement le volume de sa voix pour ajouter. « Tu devrais t’adresser au patron à l’occasion. Une paire de bras ne peut pas faire de mal mais ça ne tiendra pas éternellement, ça peut être qu’une solution alternative. On manque de pièces et puis avec le peu de carburant qu’ils leur restent, les gens n’auront bientôt plus l’utilité de leur véhicule. » Il haussa des épaules pour clore ce débat. « Néanmoins, je serais ravi de bosser avec toi. » Il lui offrit un autre rictus puis s’empara d’un de ses outils. « Allez, je ferais mieux de m’y remettre. C’était sympa de te voir en tout cas. Fais gaffe sur le chemin du retour et prends soin de toi. On se reverra bientôt de toute manière. » Il observa son vieil ami filer et se perdit durant de longues minutes dans ses pensées, ses souvenirs. Il avait une foule de questions à poser à Lucas à propos de Thomas et de sa famille de façon générale. Il espérait sincèrement pouvoir avoir une discussion sérieuse avec lui et pouvoir aussi l’aider s’il en avait besoin. En tout cas, ça faisait au moins un visage amical dans cette ville abritant tarés et débiles en tout genre. Si jamais il avait quelques soucis pour obtenir la maison de son oncle, il en parlerait à Mathilda. Après tout, elle était influente et avait un post privilégié au conseil municipal. Le jeune homme se mit à observer la voiture face à lui et constata qu’en effet, le réfugié savait ce qu’il faisait. Il en toucherait un mot à son boss mais il savait très bien que ce n’était pas le meilleur moment pour embaucher du personnel supplémentaire – il savait déjà à peine faire vivre le commerce et me payer alors bon. Tout partait en diagonale, ils allaient devoir trouver des solutions prochainement. En attendant, Mickaël termina les réparations nécessaires sur le véhicule qu’il avait devant lui et rêva silencieusement de son époque révolue à courir et rire avec les frères Asling.
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