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MessageSujet: Tant d'ignorance me fait défaut... [Livre I - Terminé]   Mer 30 Jan - 19:08

    Je n’avais pas dormi de la nuit, ni même fermé les yeux quelques secondes. Rien. Malgré le fait que je sentais une profonde fatigue et quelques crampes qui me surprenaient de temps à autre et qui me faisait un mal de chien. Se surajoutait l'hématome sur ma joue qui m'empêchait de dormir correctement. J’avais tellement eut peur de la journée passée, lors de ce rassemblement qui ne devait pas se dérouler comme il l’avait été. Je n’aurais jamais pensé qu’une simple annonce se serait finie en un vrai carnage. Mais je ne cessais de repenser à ce père dont la fille avait été violée. Comment cela pouvait-il se produire ? Et il accusait les militaires, encore pire ! Je ne les connaissais pas tous, mais j’étais sûr de quelques hommes, mais d’un autre côté… je me disais qu’une telle situation pouvait se produire. Tout ce chaos pouvait rendre les gens dingue, moi-même par exemple, j’étais folle de rester patiemment dans cette ville alors que je ne savais strictement rien de ce qu’il pouvait se passer à Saint Malo, là on mon fiancé devrait être. Ce n’était pas la même chose ni la même gravité, soit, car je gardais tous ses sentiments en moi ; en plus du fait que je n’arrivais pas à maîtriser toute cette terreur et ces cauchemars que je faisais par rapport à Cherbourg. Ca m’était presque quotidien, mais toujours insupportable. Je me demandais d’ailleurs si ça m’affecterais de moins en moins avec le temps… mais je commençais à douter ; quand bien même cela ne faisait qu’une semaine que cette guerre inconnue avait éclatée.

    Je décidais de sortir de ce lit quelques heures après le lever du soleil. Je n’avais plus la notion du temps depuis quelques jours et je ne savais donc pas du tout quelle heure il était. Je ne m’en souciais guère d’ailleurs, mes pensées étaient bien trop occupées à d’autres choses plus traumatisantes. Je pris ma douche et refis mon bandage en prenant soin de bien désinfecter avant, je n’avais pas du tout envie de retrouver cet état fébrile que j’avais eu à cause de l’infection de ma plaie. Mais à première vue, cela allait de mieux en mieux, la plaie était tout de même belle. J’étais rassurée de ce côté-ci, même si je retenais l’homme qui m’avait provoqué cet incident. Rien qu’à me remémorer la scène, j’imaginais parfaitement qu’il soit mon punching ball pendant quelques minutes. Au moins pour qu’il comprenne à quel point il avait été débile de me déranger en pleine affinité avec une bouteille d’alcool fort. Enfin, je fis disparaître cette pensée aussitôt que je m’aperçue que j’avais perdu mon médaillon. J’avais pourtant été sur de l’avoir mis sur le meuble avec ma bague de fiançailles qui y était toujours d’ailleurs. Mon cœur se mit à battre à tout rompre, je pu le ressentir dans ma poitrine, comme s’il allait en sortir. Une montée d’adrénaline s’en suivit et je me mis à chercher partout, débarrassant tout brusquement de mon passage, commençant étrangement par la chambre pour revenir dans la salle de bain. Après avoir tout soulevé, je m’écroulais brusquement et mes genoux absorbèrent le choc difficilement, mais je ne me préoccupais pas de cette douleur, j’en avais une bien plus terrible à supporter… J’avais perdu la seule photo que j’avais de lui et j’en étais rageuse ! Comment j’avais pu faire pour la laisser s’échapper ? Je l’avais perdu et c’était un sentiment qui m’était insupportable… jusqu’à ce que je décide de bouger le meuble de la salle de bain et que j’aperçoive le fameux médaillon en dessous. Je pense que personne ne peut comprendre le soulagement que j’ai eu à cet instant. Je versais des larmes de bonheur en ouvrant le médaillon pour apercevoir le visage de mon amant bien aimé. Je n’arrivais plus à m’arrêter et serrait le petit bijou contre ma poitrine. Je voulais qu’il soit à côté de moi, je voulais sentir ses deux bras m’entourant et ces doux mots de réconfort que j’aimais tant. Et il n’y avait rien. Que moi dans cette salle de bain à pleurer éternellement. Je cru que jamais je n’allais pouvoir m’arrêter. Et là, alors que je remettais mon médaillon, le contre coup d’avoir perdu la seule photo me fit prendre une décision dont j’étais certaine. Je souhaitais en savoir plus, avoir une quelconque information. Et si je n’en avais aucune, j’étais décidé à partir dès aujourd’hui pour retrouver Mickael.
    J’avais pensé d’abord au Maire, car j’avais déjà été le voir et il m’avait promis de me tenir au courant des informations qu’il aurait de l’extérieur. Je lui en avais été reconnaissante, mais depuis ce jour, je n’avais eu aucune information. Soit, cela ne faisait que quelques jours, mais pour moi ça durait des mois, une éternité ! Je n’en pouvais plus d’attendre, il me fallait quelque chose pour que je sorte de ce cycle infernal, de cette torpeur interminable. Il me fallait un but, je l’avais trouvé.

    Décidée, je me préparais pour aller rendre une visite au Maire, à l’hôtel de ville. J’avais eue une quinte de toux suite à mes pleurs continus qui m’avait un peu retardée. Je repris une bonne inspiration pour compenser et sorti de ma chambre d’hôtel rapidement. Je ne devais pas m’arrêter en chemin, ne croiser personne qui m’interpellerais. J’étais tellement sur de moi et cela faisait bien longtemps que je n’avais pas senti un sentiment aussi fort en moi. C’était une force et j’avais un espoir grandissant. Je ne me doutais pas un seul instant que cet espoir s’avérait peut-être être une impasse. J’arrivais à la Mairie et rien ne m’empêcha d’entrer dans le bureau sans frapper du Maire, ni même la secrétaire qui m’interpelait pour m’interdire d’entrée. Lorsque mes yeux parcoururent l’ensemble du bureau et ne vis absolument personne, j’entendis la secrétaire m’informer qu’il était parti s’aérer la tête. Je daignais enfin la regarder et lui donner de l’importance tellement j’étais dans mon idée première. Je ne lui laissai pas le temps de parler davantage que je lui demandais un peu brusquement où il était parti. Lorsque je vis qu’elle était assez réservée et ne souhaitait pas sur le moment me donner le lieu ou même un indice d’où il était parti, je lui persuadais du contraire en lui affirmant que c’était important et primordial. J’obtenu ma réponse rapidement avec étonnement, mais cela ne put que me ravir. Je me dirigeais donc vers les plaines…

    C’était la première fois que je venais en ce lieu. Il y avait beaucoup de campement mais qui ne couvrait pas l’intégralité de la plaine. Ils étaient assez présents au plus proche du village, c’était logique, mais lorsque je traversai tous ces campements, je me disais que j’avais eu de la chance finalement d’avoir une chambre d’hôtel. Je ne m’attardais pas plus longtemps, souhaitant à tout prix retrouver ce Maire qui se baladait quelque part. Je ne pouvais pas le louper étant donné qu’après avoir traversé les campements, tout était désert. Puis, au fur et à mesure de marcher, je vis une silhouette, enfin, et l’espoir qui m’habitait me fit courir vers elle.

    « Monsieur le Maire ! » criais-je en courant aussi rapidement qu’il me l’était possible.

    Arrivée à quelques mètres, je m’arrêtais, faute de quoi j’allais réellement mourir sur place étant donné que je toussais affreusement. Des toux très violente et profonde ne me laissant d’autre choix que de me plier pour les évacuer. Récupérant à moitié, je ne pouvais pas prendre le temps de bien récupérer, j’enchainais donc, ne lui laissant pas le loisir de me saluer avant.

    « Je suis désolée de vous interrompre durant votre balade, mais je ne peux vraiment plus attendre. »

    Je toussais encore, mais me redressant, je plongeais mon regard déterminé et plein d’espoir dans ceux de mon interlocuteur.

    « Avez-vous des informations ? Que savez-vous concernant mon fiancé ? »

    Je m’attendais à une réponse positive, ou à une quelconque chose qui pourrait m’aider à avancer. En aucun cas je m’attendais à une réponse négative, et cela se voyait dans mes yeux. Ils éblouissaient d’espoir, et j’étais convaincue qu’il avait quelque chose, une information primordiale que j’attendais avec impatience d’entendre.

    Doux rêve illusoire...


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MessageSujet: Re: Tant d'ignorance me fait défaut... [Livre I - Terminé]   Sam 2 Fév - 18:29

Ce rp se déroule le lendemain de la mission intrigue N°1

La secrétaire leva la tête quand je pénétrais dans mon bureau. Soudain, son regard porté sur moi, interrogatif, mêlé de pitié et de chagrin, lourd de questions, m'insupporta. Je m'étais forcé à reprendre le cours de ma vie après la débandade sur la place, mais on aurait dit que les yeux de mon employée me transperçaient sans vergogne, explorant les doutes présents dans ma tête, comme si elle savait ! Comme si elle avait compris que cet évènement m'avait ébranlé profondément : ma structure, ma carcasse vaillante de maire peinait à remonter la pente. De plus, la rage, contre Raulne, Mathilda, le soldat brutal, moi-même et mon impuissance à agir, menaçait de m'engloutir.

Le regard de la secrétaire dégoulinait sur moi, m'étouffait. Je lâchai :
"Je... je reviens. Je vais m'aérer la tête."
De retour sur la place, je restai bloqué. D'un coup, les souvenirs de la journée d'hier recrééaient devant mes yeux la scène chaotique. L'estrade qui n'avait servi à rien, Monsieur Charles et son fusil, et ses mots terribles sur l'affront qu'avait subi sa fille, Raulne et sa bande de soldats disséminés dans la foule tels des loups parmi les brebis, la verve et les arguments de Mathilda et de Lucas contre les "envahisseurs", mes tentatives désespérées pour rétablir la sitaution, pour convaincre le fermier de se calmer... La colère revint s'emparer de moi ; elle n'était jamais loin. Pris d'une soudaine envie, j'enfourchai mon vélo et partait vivement vers la campagne. Je me concentrais sur mon pédalage, sur la route, pour oublier cette rage dans mon ventre, grondante, cette envie de crier, d'envoyer tout en l'air. J'en avais marre. D'être ce que je devais être, le calme, les mots, la diplomatie... J'en avais ma claque. J'avais envie de crier "M*rde, M*rde" et d'autres insultes à l'encontre de tout le monde, mais d'abord sur moi. J'avais l'impression de ne servir à rien, d'être inutile : Raulne avait pris la situation en main. J'avais aussi l'impression de ne contrôler plus rien : les habitants se détournaient de moi, ne croyaient plus en moi. Comment continuer à conseiller les gens quand on ignorait soi-même quoi faire ?

Arrivé sur un chemin en terre, je sautai de mon vélo. L'envie de l'abandonner là et de courir au loin me prit mais je ne pouvais pas abandonner mon moyen de locomotion. Aujourd'hui, dans ma propre ville paisible, les habitants étaient devenus des loups. Soupirant, je marchai à côté de mon vélo, le visage balayé par un vent naissant. Je fermais les yeux, offrant mon corps aux bourrasques, cherchant la paix.

C'est dans cette position, vulnérable, qu'Elénaore m'aborda. Sa voix m'interpella dans mon recueillement, et m'empêcha d'apaiser le tumulte dans mon esprit. Le fait que ce soit cette femme, envers qui je me sentais attiré, n'améliorait pas les choses. Je cherchais le calme et elle venait me troubler une fois encore. J'ouvris les yeux, tandis que milles pensées se frayaient un chemin en moi. Comment j'avais été incapable de l'aider pour ses recherches pour retrouver son mari, comment elle m'avait bousculé hier, comment elle s'était retrouvée presque sur moi, et comment j'avais aimé ce contact ! Comment j'avais eu peur pour elle, envie de lui parler, paralysé par la situation, comment ce soldat hai avait été brutal envers elle, comment l'autre soldat - agréable à regarder ! - l'avait interpellée par son prénom alors que je l'ignorais encore...

Ce qu'elle était belle ! Sa course éperdue l'avait épuisée ; elle toussait et je regrettais de ne pas avoir une bouteille d'eau pour elle. Pourquoi cette soudaine envie de me parler ? A quel sujet ? De fous espoirs m'envahirent mais elle les anéantit bientôt.

« Avez-vous des informations ? Que savez-vous concernant mon fiancé ? »

Ses yeux brillaient, illuminés par l'espoir que ma réponse serait positive. La tentation fut grande de mentir, de lui raconter des bobards pour la faire rester près de lui, pour entamer une relation amicale. Mais je me refusai à mentir.

"Mme Valiosky..."
Tant qu'elle ne m'autorisait pas à l'appeler par son prénom, je gardai une distance entre nous. "Je suis vraiment désolé mais je n'ai pas de nouvelles."
Autant dire la vérité, même si elle était dure à entendre. La femme amoureuse de son mari n'accepterait pas.
"Je n'ai pas eu le temps de m'en occuper ; la gestion de la ville depuis les bombardements est très lourde."
*Personne n'a envie de quitter la ville, tout le monde a peur.*
"Je suis désolé de vous causer cette déception."
*Comme j'aimerais que les choses soient autrement...*



LIVRE II **Chapitre 1**
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MessageSujet: Re: Tant d'ignorance me fait défaut... [Livre I - Terminé]   Dim 10 Fév - 15:25

    Je ne savais pas comment soudainement j’en étais arrivé à me convaincre à moi-même qu’il était possible d’avoir des informations concernant mon fiancé. Je ne sais pas, peut-être était-ce le vide qui m’entourait autant que la solitude. Peut-être étais-je devenue folle avec tant d’ignorance pour mon bien-aimé. Il était impossible que je ne pense pas à lui avant de m’endormir. Je rêvais de lui, essayais de me rappeler les meilleurs moments passés et surtout, j’avais encore l’espoir qu’il puisse être en vie quelque part. Je ne me rendais pas compte de la connerie que j’étais en train de faire, mais j’allais bientôt être frappé par la réalité, aussi dure soit-elle à accepter.
    J’avais le regard encore plein d’espoir et il illuminait, brillait d’une lumière intense. J’étais sûr, absolument certaine qu’il me dirait quelque chose. Une petite information m’aurait suffi, rien qu’un petit détail infime soit-il. Quelque chose qui pourrait faire continuer ce doux rêve encore un peu plus longtemps. Un rêve que j’avais forgé pour me protéger de tout ce qui m’entourait. Je n’avais besoin que d’une seule personne en cet instant, et elle n’était pas à mes côtés. Je faisais donc tout mon possible pour espérer son retour. Etait-ce trop se voiler la face ? Ne devrais-je pas tant espérer ? Pour le moment, j’observais le Maire qui tout à coup me fit mauvaise impression. Un pic au cœur me fit comprendre bien avant qu’il ne me parle qu’il n’avait pas de bonnes nouvelles. J’attendais pourtant tant cette réponse positive que j’avais l’impression que tout mon monde allait s’écrouler. J’écoutais les quelques mots, et je savais qu’il n’y était pour rien, mais je n’arrivais pas à réaliser. Je restais un moment à le regarder, mes jambes commençaient à trembler et la lumière disparue dans mes yeux à l’instant même où il m’appelait par mon nom. Je me sentis soudainement gêné de lui avoir sauté dessus comme ça. Et désormais, je me sentais aussi complètement nulle et désespérée. Ce n’était pas évident pour moi en cet instant, j’avais envie de fuir et de me cacher, courir vers les quelques arbres et ne plus jamais l’aborder. Mais il fallait que je sorte quelque chose, une phrase, un mot, sans laisser percevoir cette boule dans ma gorge qui se serrait de plus en plus.

    « Oh non. C’est… »

    Je déglutis, même si ma bouche était entièrement sèche. J’essayais de trouver les mots pour lui faire part que ce n’était pas de sa faute, mais je n’y parvenais pas.

    « Je me sens juste un peu… perdue. Je ne sais pas pourquoi je vous ai abordé comme ça… »

    Je cachais sous cette gêne ma tristesse immense et même la déception comme il l’avait si bien dit. J’en venais même à penser à lui en vouloir. Lui en vouloir pour cette réponse négative, et m’en vouloir aussi, de m’être emballer de la sorte. Je n’avais qu’une seule envie c’était de m’effondrer et exploser toute cette tristesse qui ne souhaitait que sortir. J’aurai voulu qu’il me mente, qu’il me donne de l’espoir par je ne sais quel moyen. J’avais besoin d’information, même s’il m’avait dit qu’il avait retrouvé son corps. J’attendais quelque chose, car l’ignorance m’était terrible. Je ne savais pas si je me relèverais de sa mort, mais au moins je saurais. Je me surprenais à m’imaginer partir de cette ville. Il me fallait juste une carte, une boussole… rien que ça et je partais ! Je savais où il était, il ne me restait plus qu’à aller le retrouver, non ? Encore une idée absurde, et qui sorti de mes pensées bien trop rapidement.

    « N’y a-t-il pas des expéditions ? Personne n’a envie de savoir pour leur proche ? S’il n’y a personne, j’irai moi-même chercher les informations. Je ne peux plus attendre. »

    Ma voix était un mélange de chagrin, de colère et de rage. Je n’avais rien contre le maire, et je n’avais pas envie que mes pensées se dévoilent en paroles, ce que je m’étais rendue compte bien trop tard… c’était déjà sorti, et je restais désormais sans voix devant l’espèce de confession que je lui avais fait. J’étais prête à partir seule pour organiser moi-même des recherches. Je m’en fichais complètement de ce que pouvait penser les gens, mais j’avais juste peur d’en parler car on pouvait m’en empêcher. Je ne sais pas comment réagirait cet homme devant moi, mais je restais moi-même surprise de mes paroles que je souhaitais absolument garder pour moi.


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MessageSujet: Re: Tant d'ignorance me fait défaut... [Livre I - Terminé]   Jeu 21 Fév - 20:34

Je cherchais la paix dans ces lieux désolés, désertés par les Louisvillois, mais je ne la trouvais guère. J'avais trop de rage en moi pour qu'elle puisse s'évaporer avec le vent ! Le vélo qui m'avait porté jusqu'ici me suivait en rechignant, butant sur les cailloux du sentier du bord de mer tel un cheval fatigué ; j'envisageais de le laisser derrière moi pour courir loin, ne plus m'arrêter avant que mes poumons ne crachent et que mon souffle ne se brise, comme les vagues déchaînées sur les rochers en contrebas. *Le maire n'est pas un sportif, d'ailleurs, j'ai des poignées d'amour qui poussent, et je n'ai plus de femme pour me dire que c'est mignon !* Cette pensée ne fit qu'alimenter mon vague à l'âme. Le fracas de l'eau salée sur la berge faisait écho avec la tempête dans ma tête. Les souvenirs ne voulaient pas me laisser tranquille ; le visage du soldat abruti revenait sans cesse : la manière dont il m'avait parlé, dont il m'avait écarté, attrapé le bras, insulté quand j'avais osé lui donner un ordre... Oui d'accord, je n'étais pas son supérieur direct mais mon idée avait le mérite de sortir de l'ordinaire, et s'il m'avait écouté, peut-être que Monsieur Charles serait maîtrisé ? Comment savoir si mon idée aurait porté ses fruits ? Ce soldat s'était montré si désinvolte et si brutal envers moi ... et envers Eléanore. Envers l'autre soldat inquiet dont j'ignorais le nom aussi ! Dédaigneux de nous, comme s'il était supérieur à nous. Pour qui se prenait-il ? Ce n'était pas parce que Monsieur tenait une arme et avait un chien à ses ordres qu'il devait prendre tout le monde de haut ! Dès que je verrais Raulne, je lui en toucherais deux mots. Son soldat avait pété un plomb en frappant des innocents, en panique d'accord, mais des habitants inoffensifs !

"Il verra l'autre excité, ce qu'il en coûte de s'attaquer au maire de la ville ! De la ville qui l'a accueillie, qui essaie de l'intégrer, il verra !"
Je m'étais exprimé à voix haute, sûr de ma solitude, de ma tranquillité. Je n'avais personne vers qui me tourner pour révéler ce qui me tourmentait. Le problème c'est qu'un jour j'allais m'exprimer de cette manière auprès des "mauvaises" personnes, et ça allait se retourner contre moi. Ce dont j'avais besoin c'était d'un psy, quelqu'un tenu au secret médical, qui n'irait pas dévoiler que le maire lui-même allait bientôt péter un câble !

Et la personne qui allait pouvoir révéler cette "grande et merveilleuse" nouvelle venait de m'interpeller ! Je ravalai mes paroles en espérant qu'on ne pouvait pas lire sur mes lèvres de si loin. Je me recomposai un visage neutre. L'émotion qui me saisit en voyant Eleanore Valiosky s'approcher de moi était palpable ; enfin, la fébrilité s'empara de moi, accompagnée d'une envie de l'impressionner, ou en tout cas, de ne pas dire de bêtises. Calmer ma rage ! Je le désirais ardemment en cet instant !

Ces questions me firent l'effet d'une douche froide. Bénéfique certes, mais j'aurais préféré ne pas parler de cette affaire maintenant. Je n'avais ni les réponses ni l'esprit prêt pour lui répondre en "maire". Tout ce que je trouvais c'était la contrition, l'excuse bidon de la gestion de la ville. Je ne lui apportais pas ce qu'elle espérait et si la lumière dans son regard s'éteignait, je ne pouvais que m'en reporter la faute sur moi-même. Eleanore toussait en arrivant près de moi ; maintenant on aurait dit qu'elle cherchait à respirer mais n'y parvenait pas.

« Je me sens juste un peu… perdue. Je ne sais pas pourquoi je vous ai abordé comme ça… »

Sa détresse m'étreignit le coeur. Et je ne pouvais rien dire pour apaiser sa douleur ; je n'étais pas assez proche, et je n'allais pas renouveler mon erreur de la toucher, comme avec Elena Beaumort.

Mais Eleanore ne perdait pas espoir ; elle me demanda s'il n'y avait pas des expéditions vers l'extérieur, si elle ne pouvait pas les rejoindre. Nous en avions déjà discuté et j'avais réussi à l'en dissuader. Mais là... Je me sentais impuissant à la retenir ; pire, je me sentais inutile et je sentais que mes tentatives ne serviraient à rien. Je soupirai.

"La dernière expédition est partie il y a deux semaines et je n'ai toujours pas de nouvelles. Je vous déconseille de les suivre ; vous risquerez votre vie !"

"Je sais que l'attente peut être longue et désespérante, mais si vous partez le chercher, comment saura t-il que vous êtes vivante s'il débarque à Louisville ? S'il revient et ne vous trouve pas, s'il vient me demander où vous êtes, comment pourrais-je le regarder dans les yeux et lui dire la vérité ?"

*Cruel es-tu de jouer sur la corde sensible ! Elle est prête à tout pour lui, et ça te fait mal, alors tu essaies de la faire culpabiliser pour qu'elle reste ! Tu fais ça pour elle ou pour toi ?*


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MessageSujet: Re: Tant d'ignorance me fait défaut... [Livre I - Terminé]   Mer 13 Mar - 21:51

    Je me demandais encore comment j’avais pu espérer avoir des informations, surtout sachant qu’on était coupé du monde. J’avais juste eu envie d’avoir une bonne nouvelle pour une fois, une information quelconque, même s’il m’avait dit qu’il était mort et que ça m’aurait déchiré le cœur. Je ne supportais plus d’ignorer tout ce qu’il se passait à l’extérieur de la ville, dans le monde entier ; mais n’y avait-il que moi qui agissait ainsi ? J’étais la seule à me demander ce qu’il se passait à l’extérieur ? J’avais la très nette impression que oui. Il était vrai que le maire avait d’autre chose à faire, je ne savais d’ailleurs pas du tout s’il avait de la famille lui aussi qu’il attendait de retrouver. Je n’y avais même jamais pensé à vrai dire. Et puis, je n’étais pas assez proche, je ne le connaissais pas assez pour le questionner à ce sujet. Déjà l’aborder ainsi j’avais honte, mais sur le moment je n’avais pas réfléchi, c’était comme si mon cerveau avait dysfonctionné en me donnant des fausses idées. Mon rêve d’une merveilleuse nouvelle s’était arrêté à la minute où j’avais discerné son regard avant même qu’il me réponde. Ses paroles se surajoutaient sur la douleur dans ma poitrine, tel un poignard en plein cœur. Mes yeux qui brillaient plus tôt c’était éteint, mais je ne perdais pas l’envie de le retrouver. J’avais cette grande tristesse, cette culpabilité et cette rage qui se mélangèrent et me donna des idées, peut-être retranscrit comme suicidaire. D’ailleurs je me demandais s’il ne me prenait pas pour une folle.
    Il me parla de la dernière expédition qui n’a jamais donné de nouvelles et il essaya par la suite de me prévenir des risques. Je savais déjà que je risquais ma vie, mais pourquoi ne pas tenter quelque chose ? Etait-ce si difficile à comprendre que je n’arrivais pas à rester là à essayer de vivre normalement sans pouvoir rien faire pour avancer les choses ? Je n’en pouvais plus de vivre mes insomnies seules, de garder toutes ses pensées noires et ses cauchemars affreux et sanglant dans ma tête. J’explosais de temps à autre, toujours seule, ou par malheur devant une personne qui n’y était pour rien. J’étais totalement brisée et j’essayais pourtant de paraître normal aux yeux de tous, ou au moins une image d’une femme forte devant tant de chaos. Je souffrais en silence, dans mon coin, et ça m’était de plus en plus insupportable.

    « Je sais où il est… Saint Malo… je connais la ville et il n’a pas pu partir de là-bas, il faut absolument que je fasse quelque chose. »

    J’avais l’impression d’exploser, de devenir folle face à la situation. Mes mots sortaient sans avoir trop de sens, et pourtant j’avais l’impression que tout était clair dans ma tête. Peut-être était-ce qu’illusoire. Je ne savais pas si le Maire comprenait ma grande détresse, mon désir de retrouver mon âme sœur, l’homme avec qui j’avais reconstruit ma vie et qui m’avait fait oublier mon passé bien lourd à porter. Mais non… personne ne savait… personne ne savait sauf… Philippe. Mais là encore, la situation était très compliquée, mes émotions s’entrechoquaient et je n’arrivais pas à faire le tri. J’avais trop de chose à porter, notamment la possible perte d’un être aimé, mais aussi la culpabilité des gens qui était mort par ma faute durant les bombardements. Je me voyais toujours avec du sang sur les mains, et mes cauchemars ne cessaient de me le rappeler.
    En entendant les mots qu’il avait prononcés concernant mon fiancé, ça me fit comme un deuxième coup de poignard.

    « Comment osez-vous dire une chose pareille ? Vous n’avez pas le droit de me dire ça ! »

    J’étais en colère, pas parce qu’il avait tort, mais qu’il avait raison. Malheureusement ça tombait sur lui, et je ne m’arrêtais pas là…

    « Attendez-vous seulement quelqu’un Monsieur le Maire ? Savez-vous seulement ce qu’est de perdre sa moitié ? »

    Il me fallut une trentaine de seconde pour comprendre les mots que j’avais prononcé, et l’erreur que j’avais faite. Je n’avais pas le droit de lui dire ça. Ma main se mit devant ma bouche, pour montrer à quel point je ne me reconnaissais pas dans ces phrases et l’erreur que j’avais commise. Je fuyais son regard pour le porter sur les arbres au loin. J’avais honte.

    « Je suis désolée… »

    Ces mots sortirent après un instant qui me parut une éternité. Les paroles que j’avais prononcées tournaient en boucle dans ma tête, me faisant ressasser la honte que j’éprouvais en cet instant. Je m’étais excuser, mais ces trois mots s’étouffèrent dans ma gorge et je me tu complètement. Je ne savais pas quoi dire d’autre, et je me demandais s’il allait laisser place à la colère comme je l’avais fait ; même si l’amour que j’avais pour Mickaël était ce qu’il me restait de plus fort.


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MessageSujet: Re: Tant d'ignorance me fait défaut... [Livre I - Terminé]   Lun 8 Avr - 18:51

La peine d’Eléanore me désolait mais j’étais malheureusement impuissant. La vérité c’est que je n’avais pas pris le temps de m’occuper des disparus. Je n’avais pas trouvé le temps pour les proches des citoyens ; comment aurais-je pu trouver le temps pour ceux des réfugiés ? S’il y avait une famille que je voulais réunir, c’était celle de Benjamin. Et pourtant, malgré toute mon affection pour le jeune homme déraciné et perdu, je n’avais rien tenté pour retrouver ses parents et ses sœurs. Ils étaient partis en vacances aux Etats-Unis : il était quasiment impossible qu’ils aient survécus. Aurais-je du chercher, tenter quelque chose ? Mais quoi ? Je la voyais perdre tout espoir en face de moi et c’était une vision terrible. J’aurais voulu fermer les yeux et m’enfuir très loin, mais je restais planté là, comme un … comme un c*n oui.

Maladroitement, j’essayais de lui déconseiller d’entamer des recherches, car égoïstement, j’avais peur pour elle ; je ne voulais pas qu‘elle se lance seule sur les routes et qu’elle s’y perde définitivement. Le monde n’était plus sûr – l’avait-il été un jour ? Et bien sûr, j’étais jaloux de son fiancé. Je voulais qu’elle reste.

Sa réaction fut aussi flamboyante que mes paroles avaient été cruelles et empreintes de bêtise. J’avais avili, souillé son amour et sa foi et là voilà qui se retournait promptement contre moi. Je l’avais mérité. Eléanore n’avait étrangement plus de problèmes pour respirer. Par contre, sous l’effet de la colère ou de la tristesse je ne savais pas, sa plaie à la joue s’était réveillée. Elle n’en avait pas conscience pour l’instant, mais y perlait déjà une ligne rouge. Elle l’avait récoltée durant l’échauffourée.

« Attendez-vous seulement quelqu’un Monsieur le Maire ? Savez-vous seulement ce qu’est de perdre sa moitié ? »
Aie. Elle avait touché un point sensible. Ma femme Eloise m’avait quitté et était partie vivre à Caen. Depuis plus de nouvelles. Elle m’avait quitté sans divorcer car je l’avais trompée avec une autre. Sauf que moi je tenais encore à elle. Mais au même titre que les parents de Benjamin ou le fiancé d’Eléanore, je n’avais pas eu le temps de m’occuper du facteur humain, que du facteur matériel.
« Je n’ai aucune excuse en effet. Je n’aurais pas dû dire ça. » dis-je d’une voix d’outre-tombe.
Je ne le pensais qu’à moitié, évidemment, mais pour l’instant, je devais la calmer.
« Votre blessure s’est rouverte » ajoutais-je en sortant un paquet de mouchoirs et en lui tendant un.
Elle s’excusa, mais je ne l’entendis pas. J’étais tout entier concentré sur l’apaisement de cette femme. Si je réussissais à lui faire oublier mes paroles brutales, peut-être réussirait-elle à oublier cette idée folle. Si je mettais l’accent sur sa faiblesse…
« Si je peux me permettre de vous donner un conseil, ce serait de vous asseoir sur ce rocher. Vous êtes blessée, fatiguée ; je n’aimerais pas que dans votre désespoir, vous oubliiez de vous soigner. »
Je lui indiquais un gros rocher le long du chemin qui semblait adéquat. Ma voix était douce, attentionnée.
« J’attends quelqu’un moi aussi » laissais-je tomber après un silence, après qu’Eléanore ait essuyé sa plaie avec le mouchoir que je lui avais tendu. « Même si je sais où elle est, je ne peux pas aller la chercher. » avouais-je.

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MessageSujet: Re: Tant d'ignorance me fait défaut... [Livre I - Terminé]   Mer 10 Avr - 14:04

    J’explosais aujourd’hui, je ne savais pas comment ni pourquoi ça arrivait précisément maintenant. Je n’en pouvais plus d’avoir les idées noires et de me demander perpétuellement si mon fiancé était vivant ou mort. Je me levais seule le matin, je ne voyais plus son visage qui me regardait de ces yeux bruns intenses. J’arrivais d’ailleurs de moins en moins de souvenir… son sourire, ses yeux – avec ce regard qu’il me faisait sans cesse et que j’adorais – ses cheveux, son corps, ses bras et ses mains tellement tendre. Je n’en pouvais plus de ce manque d’affection et ça me faisait en quelque sorte disjoncté. Ça avait été trop soudain, trop brutal… je pensais le revoir le lendemain et finalement c'était la guerre qui m’avait attendue, presque tendue un piège. Et tout le malheur et la déception de mon ancienne vie m’avait de nouveau envahie. J’avais l’impression de tout recommencer à zéro, que mon expérience ne valait rien et qu’il fallait que je réapprenne à me contrôler. J’étais devenue folle d’un coup, avais-je donc réellement un problème ? Fallait-il m’enfermer ? Et comme si ça ne suffisait pas, je lui avais balancé des paroles des plus méchantes et qui ne me ressemblait pas du tout. J’étais sûr qu’il allait me répondre en me disant qu’il attendait finalement quelqu’un. Il commença par s’excuser, chose que je pris bien et qui me fit redescendre d’un cran, même si je m’étais déjà calmé moi-même après l’avoir quand même engueulé. Et au fur et à mesure que tout redescendait, je sentis brusquement ma joue me faire mal. Il fallait dire que je m’étais pris un violent coup de poing durant la panique générale de la foule. Les militaires n’avaient absolument pas gérer cette situation, et si j’étais restée à l’écart comme je l’avais été au départ, j’aurai pu m’en sortir sans une égratignure. Autant dire que la prochaine fois, je resterais dans mon coin et n’en bougerait pas !

    La douleur à ma joue s’était réveillée, mais avant que le maire ne me dise que je saignais, je ne l’avais absolument pas senti. Par réflexe, j’avais mis mes doigts sur ma joue et avait découvert effectivement que je saignais. Il me tendit un mouchoir que j’acceptais volontiers pour tamponner ma plaie qui me fit faire quelques grimaces au passage. Ca n’arrêtait pas pour autant le saignement. Il était finalement gentil et je le voyais sincère. Il me proposait de m’assoir, et jusque-là je n’avais pas réalisé à quel point j’étais faible. Ou peut-être que si, mais je me mettais cet aspect de mon corps de côté. Je ne pouvais donc refuser, et l’accompagnais pour pouvoir m’assoir sur le rocher un peu plus loin. Quel bonheur que mes jambes ne me portent plus, un soulagement. Ce maire me comprenait mieux que mon corps me le faisait comprendre, ou essayait du moins. Et lorsqu’il m’avoua que lui aussi attendait quelqu’un, je baissais la tête, ma culpabilité me faisait énormément regretter mes mots, encore plus que tout à l’heure. Que pouvais-je bien lui dire ? J’essayai de ne pas balbutier.

    « Je suis… encore navré pour mes paroles. »

    Je relevais le regard et je ne réfléchissais même plus aux paroles qui s’échappaient de ma bouche.

    « Je crois que je perds la tête. Je ne réalise pas que d’autres peuvent autant souffrir que moi. Je me donne de faux espoir et je vous embarque là-dedans, alors que vous n’y êtes pour rien. Je ne vous demanderais plus rien. »

    Désormais mes idées plus lucides, j’avais constaté que de toute manière il ne pourrait en aucun cas avoir des informations, ni maintenant et ni dans le futur. Les communications étaient coupées, alors sinon d’avoir un miracle, je ne voyais pas comment je pouvais faire… à part partir moi-même. Je ne pouvais pas exclure cette pensée de ma tête, et j’y pensais d’ailleurs plus sérieusement chaque minute. Il fallait que j’y réfléchisse, que j’échafaude un plan, et pour ça, il fallait que je garde cette information pour moi, même s’il fallait que je mente.


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MessageSujet: Re: Tant d'ignorance me fait défaut... [Livre I - Terminé]   Jeu 9 Mai - 18:44

Eléanore accepta de s'asseoir. Elle avait vraiment une mine affreuse, et je m'en voulus d'avoir été si ... égoïste, concentré sur mon mal-être. Ce n'était rien à côté de ce qu'elle devait vivre. Oui, je pouvais la comprendre puisque moi aussi je ne savais pas où était Eloïse. Mais je me voyais mal débarquer chez elle pour vérifier si elle allait bien. A supposer qu'elle soit effectivement chez elle, elle n'aurait pas envie de me revoir. Enfin, c'est ce que je pensais. Je l'ai trompée avec une jeunette : je ne sais pas si c'est pire que si je l'avais fait avec une femme de mon âge voire plus mûre mais elle avait fini par l'apprendre et j'avais alors avoué, pensant que ce serait plus simple ainsi. Qu'au moins elle verrait que j'étais de bonne foi. *Mm... C'est bizarre cet argument ne sonnait pas faux la dernière fois que je l'ai dit.*

Contrairement à moi, Eléanore et son fiancé s'aimaient. Elle désespérait de ne pas savoir où il était. Je devais faire quelque chose à ce propos. Enfin... je devrais. Ce serait bien si je pouvais. Ah ! Comme je détestais ce conditionnel à la noix ! L'excuse du "je n'ai pas le temps", je la trouvais de plus en plus horrible. J'avais osé lui dire ça, moi ? Lui sortir que j'étais pieds et poings liés, sans possibilité pour agir ? Mais comment avais-je pu ?

Étonnant comme je changeais d'avis rapidement. Était-ce parce que les réactions de cette femme me touchaient sans que je ne puisse rien y faire ? La voir s'excuser de sa réponse de naguère me fit mal. C'est moi qui devrait m'excuser, moi seul. Mais je gardais pour moi mon amertume. Je devais faire quelque chose mais pour le moment, je ne voyais pas quoi. J'étais simplement capable de la consoler, et encore. Peut-être pouvais-je la rassurer un peu ? Me rattraper, en fait ? Mais comment prononcer des paroles qui ne soient pas creuses et vides de sens ?

"C'est ma faute. Je n'aurais pas dû vous faire croire qu'il n'y avait plus rien à faire. L'espoir qui vous tient ne doit pas être abandonné."
Qu'est ce que je raconte moi ? N'avais-tu pas dit que tu la réconforterais mais sans lui proposer de solutions que tu ne tiendrais pas ? Enfin... je vais faire mon possible pour essayer. *Mm... Ça, ça sonne faux !*

Heureusement, je n'étais pas assez fou pour lui dire que j'avais trompé ma femme.
"J'aimerais pouvoir faire plus pour vous aider. Peut-être que je pourrais parler au chef des soldats, voir si l'un d'entre eux pourrait aller à Cherbourg le rechercher ?"
Je parlais tout en réfléchissant. Cela me paraissait une bonne idée mais difficile à mettre en oeuvre. Mais pas impossible, si mon coeur me guidait.

[hrp: désolée du retard ! pour ton évolution, tu peux décider de clore le rp après ma réponse si tu veux]


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MessageSujet: Re: Tant d'ignorance me fait défaut... [Livre I - Terminé]   Jeu 9 Mai - 21:15

    J’y repensais sans cesse, à cette folie qui me prenait de temps à autre. Et ce n’était pas la première fois d’ailleurs. J’avais souvent des envies qui me paraissaient insurmontable et complètement loufoque lorsque j’y repensais, seule, ayant les idées claires. Mais là, après mon coup que je lui avais fait, je ne pouvais que revenir à la réalité. Qu’attendais-je de lui finalement ? Il n’était que Maire. Un Maire d’une ville qui était coupée du monde, qui allait d’ailleurs bientôt être découvert et assaillie. Pour moi, ce n’était qu’une question de temps… mais les ennemis arriveraient, tôt ou tard. Même si l’hiver qui approchait à grand pas emporterait beaucoup d’entre nous. Je savais que nous n’aurions pas assez de nourriture, j’étais horticultrice, j’essayais tant bien que mal de faire pousser les plantes mais beaucoup souffrait de l’atmosphère, de la poussière et de la lumière qui n’était plus aussi pure. Je ne m’étais jamais voilée la face là-dessus, ce qui me valait d’ailleurs encore plus de cauchemars et encore plus d’idées noires. Comment les gens pouvaient-ils ne pas comprendre que je puisse avoir si peur d’espoir en l’avenir ? J’avais déjà du mal à croire que mon fiancé était toujours vivant quelque part… il ne m’en fallait donc que très peu pour que cet espoir ne vacille.
    J’avais finalement décidée de compressée ma plaie avec ce mouchoir, le temps que l’écoulement ne cesse définitivement. Puis mon regard se leva pour observer monsieur Huygues qui commençait à parler. J’étais encore honteuse de ce que j’avais pu lui mettre au visage tout à l’heure. C’était la colère qui avait parlé, car je ne voulais pas cessé de croire que Mickaël était vivant, qu’il m’attendait peut-être aussi dans la ville où nous avions vécu. J’étais prête à partir pour le rejoindre et cela m’avait échappée. Autant dire que je garderais mes pensées pour moi à l’avenir ; même si je savais très bien qu’il souhaitait me mettre en garde, me protéger en somme. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il faisait ça pour moi d’ailleurs…

    « Oui c’est vrai. C’est le peu d’espoir qu’il me reste. Mais je n’aurais jamais dû m’emporter comme je l’ai fait. Ce doit être la fatigue… je ne dors plus vraiment en ces temps. »

    Je baissais la tête, retirais le mouchoir tâché de sang. Je me rendais compte à quel point j’avais été stupide, et à quel point j’étais faible. Je tenais encore debout, bon soit, j’avais les jambes qui tremblaient, mais j’arrivais encore à marcher. Je mangeais aussi, peu, mais je grignotais quelques trucs. Je me posais ces questions car lorsque mes yeux se posèrent sur mes mains, elles tremblaient. Je ne sais pas si ça venait de cette colère qui était survenue il y a quelque minute ou la peur que le Maire est finalement raison. Je me pris donc les mains, les serrant pour éviter qu’elles ne continuent de trembler et surtout que je les sente.
    Il ne m’avait pas dit qui il attendait, mais je ne lui en voulais pas. Chacun avait le droit de garder des informations, moi-même je n’avais dit qu’à deux trois personnes dans la ville que j’attendais mon fiancé. Il était charmant comme homme, il avait essayé de m’aider et j’avais l’impression qu’il culpabilisait de n’avoir aucune information à lui donner. Je ne voulais pas qu’il s’arrête là-dessus. Je n’aurais juste jamais dû lui demander de faire quelque chose pour moi. C’était une stupide faveur que je m’efforcerais à l’avenir de ne plus demander. Mon regard recroisa le sien lorsqu’il tenta de trouver une solution à mon problème. C’était gentil, mais vain. S’il souhaitait parler à l’un des soldats, j’étais sûre que Raulne ne le souhaiterais jamais et ne laisserait pas un de ses hommes partir pour seulement retrouver un pauvre citoyen. Je voyais déjà sa réaction, je l’imaginais d’ailleurs très bien. Non, c’en était fini de lui demander des informations. Il ne pouvait pas m’aider, et je ne voulais pas qu’il fasse quoi que ce soit sinon tout allait retomber sur lui. Déjà que sa situation n’était pas des plus facile. Il fallait que je me débrouille par mes propres moyens tout simplement.

    « Non ça ira. Je pense qu’il faut que je prenne mon mal en patience. »

    Je m’étais relevée, étant à présent devant lui je continuais.

    « Je vous remercie pour le mouchoir, et vraiment désolé de vous avoir importuné et dérangé durant votre balade. Je vais aller me reposer et faire quelque chose pour cette blessure. »

    Je lui fis un fin sourire, comme pour lui dire que tout irait bien. Ce n’était rien de plus qu’un beau masque que j’arborais. Je voulais qu’il ne pense plus à ce que je lui avais dit. Et j’espérais qu’il le fasse, qu’il ne pense plus à mon mari et qu’il pense que j’attendrais bien sagement. Il avait certainement bien d’autres choses à faire dans la ville, beaucoup plus importante qu’écouter une étrangère hystérique. Je pris alors le même chemin qu’à l’aller, m’éloignant petit à petit et me dirigeant vers ma chambre d’hôtel. J’essayais de me calmer mes émotions par la même occasion.


    Spoiler:
     


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MessageSujet: Re: Tant d'ignorance me fait défaut... [Livre I - Terminé]   Ven 10 Mai - 17:59

Plus j'y réfléchissais et plus je me disais qu'il fallait trouver une solution à son problème. Non, je n'étais pas objectif à son sujet. Pour mieux comprendre pourquoi je réagissais ainsi, il faut se rappeler notre première rencontre. J'accueillais les vagues de réfugiés; j'étais débordé, tous venaient me poser des questions. Parmi eux, il avait une jeune femme blonde à l'air désespéré. Je n'avais pas fait attention à l'expression de son visage car elle ne détonnait pas parmi les autres. Tous arrivaient de loin, avaient vécu ou vu des choses terribles et débarquaient à Louisville comme on échoue sur une île ou dans un port. Est-ce que l'un ou l'une d'entre eux connaissait notre ville avant ? De nom ou de réputation ? Est-ce que quelqu'un avait réalisé son rêve en venant habiter ici ? Non. Louisville n'était pas une île paradisiaque ou même la capitale du pays. Juste une bourgade de Normandie, choisie pour être le refuge provisoire. Un jour, il nous faudra migrer. Abandonner notre maison tous comme ces réfugiés, tout comme Eléanore a dû le faire avant nous. Elle a fait bien plus qu'abandonner sa maison ; elle a laissé son fiancé derrière elle. Et dans la foule des réfugiés, elle était venue me voir, me demander si son fiancé n'était pas déjà arrivé, si je pouvais faire quelque chose. Mais déjà il m'était impossible d'intercéder en sa faveur.

Aujourd'hui encore, je ne pouvais pas répondre à ses questions ni l'aider. L'idée que j'avais eu ne la convainquit pas puisqu'elle répliquait qu'elle devait prendre son mal en patience. Elle se releva et me remercia pour mon mouchoir. Une aide tellement dérisoire face à sa tristesse ! Je répondis à son fin sourire par un sourire gêné : pour ma part, je ne me sentais pas mieux qu'avant.

"Oui, reposez-vous. Ca ira mieux bientôt."
*Qu'est ce que tu en sais ?* Après un dernier regard, elle partit. J'étais venu ici pour décompresser, pour réfléchir à ... quoi ? Cela n'avait plus vraiment d'importance. Je la regardais partir jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un point à l'horizon. Si elle se retournait, elle verrait que je l'avais suivie du regard. Je restais seul, mes pensées tourbillonnant. Après quelques minutes, je décidais moi aussi de rentrer chez moi. L'automne était là, le temps se rafraîchissait.

FIN


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MessageSujet: Re: Tant d'ignorance me fait défaut... [Livre I - Terminé]   



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