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Nous sommes actuellement, en jeu, pendant la DEUXIEME QUINZAINE de FEVRIER 2013.
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MessageSujet: Before the worst [Livre I - Terminé]   Dim 27 Jan - 21:12

Le crépuscule s’allongeait, dégradé de couleurs qui naissaient à l’horizon et mourraient à son opposé. La nuit commençait à traquer silencieusement la clarté et avant même d’y songer, Mickaël actionna automatiquement les phares. Conduire, en voilà une action trop normal par les temps qui courraient, elle en était même devenue étrange. Depuis le début de cette fichue guerre, il n’y avait même pas touché à sa vieille bicoque et cela pour des raisons évidentes. A vrai dire, cela ne faisait même pas un mois, tout juste une dizaine de jours. Tellement de choses s’était produite pourtant depuis. Une décennie semblait s’être écoulée depuis qu’il avait mis son pied dans cette voiture. Etre là assis-là, une main sur le volant et l’autre sur son menton, relevait presque du miracle et il avait la désagréable impression de revenir en arrière comme si tout ce cauchemar n’avait jamais eu lieu. Pourquoi désagréable ? Car le retour à la réalité était brutal. Oh, il n’était pas encore arrivé au point de l’oublier complètement, disons juste qu’il en rêvait. La douleur lancinante à son épaule le préservait bien de toute illusion ou mirage interne. Il savait également d’où il venait, il le savait même trop bien. Le mécanicien n’était pas très emballé à l’idée de rouler avec sa seule porte de sortie mais il fallait rester lucide. Il ne pouvait pas dans son état marcher jusqu’à l’hôpital pour voir Mathilda. Il avait calculé ses réserves d’essence et de bidons qu’il avait entreposés là. Il s’était assuré que ces petites escapades ne compromettraient pas une éventuelle fuite, hors de Louisville. De toute façon, c’était ça ou ne pas voir du tout la renégate, ce qui en soi n’était pas une solution. Il ignorait ce qu’on lui injectait et combien de temps elle allait rester inconsciente. Il avait dû se battre pour rentrer dans sa chambre, inutile de préciser qu’avoir des informations concernant sa condition était prohibé. Fichue administration. Le garagiste était las de devoir lutter perpétuellement contre le personnel. En même temps, comme on lui avait si bien demandé, « qu’était-il par rapport à la patiente ? ». Le terme ami ne les comblait pas. Ni la famille, ni le petit ami. Quelle ironie d’en revenir toujours à ça même maintenant.

Vu qu’il avait fait un détour pour quitter l’établissement hospitalier et rejoindre son appartement, une pensée germa lentement dans sa tête. Bien qu’il n’ait pas les idées très claires à cause de son manque de sommeil, il trouva censé de faire un crochet par la demeure des Fontaine. Son impuissance le poussait à trouver des solutions plus ou moins bancales afin d’aider la caissière. Il ne supportait plus le fait d’être inutile alors qu’elle était allongée dans un lit, l’épaule fracassée. Il voulait tellement agir afin de faire bouger les choses qu’il en venait à en faire de trop. Mettre Lyra en lieu sûr ne comptait pas vraiment parmi ses excès des deux derniers jours. Par contre, se voir forcer de prendre congés et s’emporter afin d’être à son chevet… Quant à ce qu’il allait faire là maintenant… Toute cette histoire en devenait carrément obsessionnelle. Le trentenaire n’en avait pas totalement conscience. Il remplissait un rôle qu’il n’avait jamais réussi à obtenir. Il dépassait toutes les limites que cette amitié lui imposait et le pire c’était qu’il s’en fichait complètement - aveuglé par ses angoisses, sa peur quotidienne et surtout par son affection. Quand il atteignit la propriété de Mathilda, les ténèbres avaient déjà presque totalement conquis le ciel. Quelle heure était-il ? Allez savoir. Il se gara au début de l’allée afin de ne pas attirer trop l’attention et coupa le moteur avant de défaire sa ceinture de sécurité.

Le jeune homme marcha prudemment jusqu’à la maison, ses yeux s’accrochant déjà à n’importe quel détail. Ce qu’il fichait là en pleine nuit ? Hé bien, il venait voir si il n’y avait pas de soucis concernant l’intruse qui vivait là. Maintenant qu’il n’y avait plus ni la jolie brune ni sa cadette, la réfugiée était livrée à elle-même là-dedans. Oh, il ne s’en faisait pas vraiment pour sa « survie » mais plus pour le fait qu’elle pouvait un peu faire ce qu’elle voulait chez son amie pendant ce temps. Sa méfiance n’avait d’égale. Avec le chaos qui les entourait, tout étranger était réellement susceptible de se transformer en ennemi potentiel. Oui, il devenait réellement parano depuis que les bombes étaient tombées. Ses nerfs étaient trop tendus pour qu’il se laisse aller en fausse naïveté et en faux bons sentiments. Après, il était vrai que ces gens n’étaient pas tous forcément vils. M’enfin, il en avait eu quelques échantillons tout de même. Bref. Avant de se poster sur le seuil, il alla discrètement mettre son nez du côté des fenêtres éclairées afin d’observer l’occupante. Alors qu’il jetait un œil à l’intérieur, un éclair de lucidité fit son apparition dans son crâne. A quoi il jouait ? Si la chef du groupe armé le savait là à cette heure-ci à faire l’imbécile pour elle, elle l’enterrerait sur place. Et à raison. C’était déplacé et étouffant pour tout le monde. Il perdait complètement la boule depuis qu’elle avait pris cette balle. Bon sang. Il fallait qu’il se reprenne au moins pour Rose. Le garagiste décida de rebrousser chemin et de retrouver son véhicule afin de mettre un terme à cette stupide surveillance quand il exécuta mal un mouvement et que son épaule percuta la vitre bruyamment. Son bras blessé toucha partiellement également la vitre alors qu’il chercha à se rattraper et il se mordit les lèvres afin de retenir un gémissement. Ok, c’était mort. Elle avait dû l’entendre. Quitte à passer pour un fou furieux, autant le faire correctement maintenant.
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Dim 27 Jan - 22:38



“Before the worst”
Annabelle & Mickaël



Le silence qui régnait sur la maison solitaire pouvait être effrayant par moments. D’autant qu’Annabelle n’avait presque jamais foulé son sol en étant totalement seule, et en ayant conscience que personne n’allait débarquer dans les minutes qui suivaient. D’habitude, Lyra était déjà dans ces murs quand elle poussait la porte d’entrée, ou bien elle savait que Mathilda errait quelque part, dans une pièce de la bâtisse qu’elle ne fréquentait pas… En fait, depuis qu’elle avait emménagé chez les Fontaine, elle n’avait jamais connu d’instant réellement solitaire dans cette maison, c’est pourquoi les ténèbres qui s’y enfonçaient peu à peu l’inquiétaient et elle avait presque été tentée d’aller se réfugier chez une amie : Estelle ou Hélène. Mais elle s’était vite morigénée d’être aussi peureuse, et avait pris sur elle-même. Quelques instants auparavant, elle errait sans but dans le domicile des Fontaine, ressassant sans cesse les événements qui l’avaient conduite en ce lieu. Alors que les souvenirs affluaient, elle ferma les yeux et secoua la tête pour les en chasser, comme à chaque fois que l’un d’entre eux, trop douloureux, refaisait surface.

Elle dirigea ses pensées vers un autre lieu : Toulouse. Sa ville lui manquait affreusement. Tout comme ses parents. Et Jérémy. Mais ce dernier faisait également partie des souvenirs avec une mauvaise fin, alors elle le chassa également de son esprit, se laissant dériver vers d’autres souvenirs, plus lointains. Elle repensa à son voyage en Afrique, à ces photos qu’elle avait prises et qui étaient tellement d’instants de joie et de bonheurs simples. Annabelle réalisa alors soudain avec effroi que ces lieux enchanteurs qu’elle avait immortalisés sur sa carte mémoire n’étaient peut-être plus. Certainement plus d’ailleurs. Elle fut envahie d’une profonde tristesse en repensant à ces personnes qui devaient être mortes, qui avaient encore tellement à donner mais qui n’en auraient plus jamais l’occasion. Combien de villes, de villages, avaient été détruits par ces explosions ? Le saurait-on jamais ? L’avenir lui semblait plus incertain que jamais…

Encore une fois, elle se retrouva avec son appareil photo entre les mains. Vieille habitude. Et pourtant, cela faisait des jours qu’elle n’avait plus actionné le déclencheur. Une éternité. Depuis cette explosion, que l’appareil avait toujours en mémoire, et qu’Annabelle avait déjà regardée à plusieurs reprises. Cette lumière blanche contrastait tellement avec l’atmosphère qui régnait sur Louisville. La ville était ébranlée, ses habitants dévastés… Elle qui aimait tant stopper le court du temps en prenant des photos des lieux de vie, des lieux de passage et des gens qui y couraient, elle n’avait pas eu la force de le faire ici. Pas la force, ou pas l’envie, ou alors elle ne s’était pas sentie en droit de le faire. C’était étrange. Alors qu’elle ne se posait jamais de questions sur ses envies de photographies, là, elle était bloquée. C’était comme si ici, à Louisville, il était encore trop tôt pour qu’on se mette à réfléchir sur ce qui se passait actuellement, préférant se projeter dans le futur, parlant nourriture, logement, réserves, provisions, etc. Toute cette inquiétude sur le matériel, sur le concret, les éloignait toujours un peu plus des conséquences psychologiques de la situation. Annabelle s’était dit plusieurs fois qu’elle devrait au contraire photographier tout ce qu’il était possible d’immortaliser sur une carte mémoire, à défaut d’avoir les moyens et les ressources de les imprimer. Pour la postérité. Si postérité il y avait. Parce qu’il n’y avait aucun moyen de savoir quel monde vivait encore et lequel n’aurait plus l’occasion de faire part de son expérience pour le futur. Elle aurait dû… elle ne savait pas trop, elle se sentait souvent trop perdue pour penser. Ces derniers jours, elle s’était réveillée avec un mal de crâne qui ne la quittait quasiment pas de la journée.

Le jour où le Maire avait annoncé une réunion, elle s’était sentie trop faible pour s’y rendre. Et puis elle ne l’avait avoué à personne, mais elle craignait de revoir les militaires qu’elle croyait avoir reconnu le jour de son arrivée à Louisville, ceux responsables de la fusillade de laquelle elle avait échappé. Quand Mathilda n’était pas revenue, elle ne s'était pas inquiétée. Le lendemain, elle avait été faire un tour sur la plage pour s’aérer la tête. Lorsqu’elle était rentrée, Lyra était partie et n'était pas revenue. Annabelle s’était curieusement sentie abandonnée. Résultat de tout ça, elle se retrouvait à errer sans but dans la maison qui lui avait été assignée, en cherchant vainement une occupation.

La nuit était tombée depuis peu de temps à présent et la jeune femme avait décidé de s’installer dans le fauteuil du salon avec un livre que lui avait prêté la plus jeune des Fontaine. Elle lisait depuis peu lorsqu’un bruit soudain se fit entendre du côté de la fenêtre. Elle sursauta vivement et resta un instant figée, attendant de voir ce qui allait se passer. Après quelques secondes, elle se remit à respirer et jeta un coup d’œil à l’horloge avant de froncer les sourcils. Qui pouvait bien se trouver dehors à une heure pareille ? Peu rassurée, elle se leva lentement du fauteuil et avança à pas feutrés vers la fenêtre, laissant son regard explorer les alentours de la maison. Elle jura intérieurement : on n’y voyait rien avec l’obscurité qui était tombée ! Inspirant un bon coup pour se donner du courage, elle se dirigea vers la porte d’entrée et l’ouvrit le plus silencieusement possible. Elle s’avança d’un pas et regarda dans la direction du bruit qui s’était fait entendre un peu plus tôt. Elle plissa les paupières en apercevant une ombre. Sa voix était peu sûre lorsqu’elle se décida enfin à parler.

« Qui est là ? »

Elle tenta de reconnaître l'ombre qui se mouvait, mais elle n'y parvint pas.

« Lyra ? Est-ce que c'est toi ? »

Son esprit apeuré ne réalisait pas que jamais Lyra ne se serait cachée de la sorte, en l'espionnant par la fenêtre, constata-t-elle d'un coup ! Qui que cet inconnu soit, il était en train de l'espionner, et ça lui fit froid dans le dos.
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Lun 28 Jan - 21:31

Comment passer de louche à carrément flippant ? Oh, il suffisait juste de se poster sous la vitre d’une jeune femme seule la nuit et puis de l’alerter à l’aide de grands fracas. Mickaël commençait sérieusement à se demander ce qui se passait parfois dans son crâne. Ou plutôt à ce qu’il ne s’y passait pas. Il manquait de sommeil, c’était un fait. Il commençait un peu trop à se laisser guider par ses impulsions du moment – bon ok, ça c’était pas nouveau mais d’ordinaire, au moins, il savait garder un semblant de retenue tout de même. Il se tenait le bras depuis que la douleur avait triplé tout en marchant lentement jusqu’à la porte d’entrée quand cette dernière s’ouvrit sur une blondinette qu’il n’avait jamais réellement vu de ses propres yeux. Alors c’était elle, la fameuse Annabelle qui avait élu domicile dans la demeure de Mathilda. Avec la pénombre régnante, il n’en avait qu’un faible aperçu cependant. Quand il avait été cherché Lyra, il n’avait pas un seul instant pensé à la réfugiée et il s’en voulait à présent. La laisser seule dans la maison des Fontaine n’était pas l’idée la plus brillante. En même temps, il s’était assez mis à dos les autres intrus de Louisville au cours de ces derniers jours. Il ne pouvait pas la virer de là sous prétexte que les propriétaires ne s’y trouvaient pas. Bien qu’il en rêvait secrètement. Cette petite visite aurait pu être une bonne idée très sincèrement, s’il ne l’avait pas menée en pleine nuit et s’il s’était dignement présenté. Au moins, il aurait pu lui faire comprendre d’une façon plus conventionnelle qu’il l’avait à l’œil. Il se prenait pour un cerbère ou quoi ? A peu de choses près, oui. Enfin, bon, à sa place, il aurait aimé que la renégate prenne soin de… Non, en fait, il n’aurait sûrement pas trop aimé qu’elle se crève autant pour lui. Ok, c’était hors de propos mais tant pis. Il voulait l’aider, être utile. Vu qu’il ne pouvait pas être allongé à sa place dans ce fichu lit d’hôpital, hé bien, il était là à faire l’imbécile. Par chance, le coin n’était pas infesté de militaires, elle ne pouvait donc pas hurler après l’un d’eux.

Le renégat se posta face à l’étrangère et chercha à rassembler un semblant de sympathie. Après tout, c’était lui qui était en défaut là. Il avait agi avec excès. Sympathie ? Avec une réfugiée ? Qui de surcroit logeait actuellement chez sa meilleure amie à son insu ? Alors qu’elle était absente ? Ouais, son cerveau devait être à l’envers. A la suite de tout ce brouillon de pensées, il balança sèchement.

« Non, ce n’est pas Lyra. »

En fait, commencez par ça n’était pas non plus la meilleure idée qu'il soit. Il avait l’impression de raisonner comme un tueur en série. Avant que l’interlocutrice ne panique ou lui referme la porte au nez, il ajouta rapidement.

« Je suis un ami de Mathilda… Je viens chercher quelques-unes de ses affaires. »

Alors là, il fallait féliciter ses nombreuses années de mensonges et de pirouettes pour ce joli contrôle de la situation. Remerciement tout particulier à Rose, sa cadette. A force de porter le chapeau pour toutes ses bêtises quand elle était adolescente, il avait appris à inventer des histoires plausibles en peu de temps afin de la couvrir ou parfois de se couvrir lui-même. C’était presque devenu inné chez lui bien qu’il n’utilisait ce talent que rarement. Il préférait en rester à l’honnêteté, la plupart du temps. Mais bon dans ce cas-ci, il ne voulait pas se justifier auprès d’une parfaite intruse et encore moins passer pour un pervers qui se planque dans les buissons pour l’observer. Avec un peu de chance, elle saurait qui il est. Et avec la poisse qu’il avait, elle n’en saurait rien. Il ne pouvait pas décemment la bousculer pour rentrer et vérifier qu’elle n’avait pas tout démoli. Vu comment ils avaient pris l’habitude de se voir en cachette, il était à peu près certain qu’elle ne parviendrait pas à le remettre où que ce soit. Surtout que connaissant la chef du groupe armé, elle n’avait pas dû entretenir de jolies discussions avec cette dernière. Encore moins le mentionner.

« Elle est à l’hôpital pour le moment. »

Il lui montrait qu’il avait l’information pour lui faire comprendre qu’il ne mentait pas. Enfin pas sur ce point tout du moins. Il allait devoir embarquer des fringues pour paraître crédible. Comment allait-il expliquer ça à la renégate ? « Désolé Mathie, j’ai pété un câble pendant que t’étais inconsciente, j’ai été chez toi voir si la réfugiée ne t’avait pas tout pris pour s’enfuir avec. Et puis comme elle m’a surpris, bah je t’ai volé des vêtements. » Elle n’allait sûrement pas apprécier. Trop tard pour s’en soucier, il verrait ça en temps voulu. Quant à s’expliquer sur l’heure à laquelle il passait ? Oh mais il avait une explication déjà toute faite dans sa tête. Sait-on jamais.
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Mar 29 Jan - 9:47



“Before the worst”
Annabelle & Mickaël


Annabelle frissonna et elle ne sut exactement si c’était à cause du froid qui l’avait saisie en franchissant le pas de la porte pour laisser entrer l’air frais de la nuit qui tombait ou bien à cause de la peur que lui inspirait cet inconnu qu’elle n’avait pas encore su identifier. Un peu des deux certainement. Sa voix s’était depuis longtemps éteinte lorsque l’homme – elle avait pu s’en rendre compte depuis quelques secondes maintenant – se posta face à elle. Alors que la lumière émanant de la maison derrière elle l’éclairait, elle le détailla rapidement, tâcha de reconnaître en ces traits quelques-uns de familier, mais son analyse fut vaine. Elle ne connaissait absolument pas cet homme. Enfin il parla et, presque d’instinct, elle recula d’un pas lorsque son ton sec claqua dans l’air. Finement observé, pensa-t-elle, je ne l’aurais pas deviné toute seule… Elle s’abstint néanmoins de tout commentaire, s’agrippant à la porte comme à une bouée de sauvetage au cas où quelque chose tournerait mal. Elle s’était presque décidée à claquer la porte au nez de cet inconnu qui se pointait chez elle – enfin chez Lyra et Mathilda – à peine la nuit tombée et qui l’agressait verbalement alors qu’elle ne le connaissait même pas, lorsqu’il parla à nouveau. Ah, magnifique, ironisa-t-elle intérieurement, ça n’aurait pas pu être un ami de Lyra plutôt non ? Annabelle n’avait pas de bonnes relations avec la plus âgée des deux sœurs et elle doutait d’en avoir de bonnes avec ses amis… Elle fronça les sourcils.

« Je ne vous connais pas. Qu’est-ce qui me dit que vous n’êtes pas un voleur qui cherche à dérober les objets qui sont dans cette maison ? »

Bien sûr, tout ça n’était pas très logique : un voleur aurait su être plus discret que l’homme qu’elle avait en face d’elle qui avait fait tellement de bruit près de la vitre tout à l’heure que ça aurait réveillé même une personne sous somnifère… Mais elle était partagée entre deux sentiments. Si c’était un ami de Mathilda, elle ne voulait pas se le mettre à dos, elle avait déjà assez avec la jeune femme, de plus, quelque chose lui disait que s’il était réellement son ami, la façon dont elle l’avait accueilli reviendrait aux oreilles de l’habitante de Louisville, et elle lui en voudrait peut-être encore plus. Mais d’un autre côté, cet homme l’espionnait. Ce n’était tout de même pas très normal, non ? Pourquoi n’était-il pas venu directement frapper à la porte ? Et puis quand même, il était tard ! Elle hésitait encore sur la suite de ses propos quand il prononça quelques mots qui l’interpellèrent. Ses sourcils se haussèrent d’un seul mouvement, quittant leur attitude froncée précédente, et s’exclama.

« À l’hôpital ? Comment se fait-il qu’elle soit à l’hôpital ? Qu’est-ce qui lui est arrivé ? »

Si Mathilda avait un problème avec elle, Annabelle, quant à elle, n’avait rien de concret à reprocher à la brune, et, tout naturellement, l’inquiétude avait chassé la peur que lui inspirait cet homme. C’était normal de s’inquiéter lorsque quelqu’un que l’on connaissait se trouvait à l’hôpital. Elle n’irait certes pas lui rendre visite, elle savait que Mathilda n’apprécierait pas, mais elle voulait tout de même savoir si c’était grave ou pas. Ces sentiments n’allaient néanmoins pas la forcer à inviter l’homme à rentrer, la méfiance, elle, ne l’avait pas encore quittée.

D’un coup, elle pensa à autre chose, et, ne laissant pas le temps à son interlocuteur de répondre à ses questions précédentes, elle reprit la parole.

« Est-ce que vous savez si Lyra va bien ? Elle n’est pas à l’hôpital elle aussi quand même ? »

Elle avait peur pour la jeune fille qui était une de ses seules amies à Louisville. Et puis elle avait tellement peur que d’autres explosions se produisent, et prennent encore plus de vies. Bien sûr, elle les aurait certainement vues, ces fameuses explosions, si elles s’étaient déclenchées, mais l’image fixée sur sa pellicule lui restait constamment en tête. Elle pensa que si Lyra était à l’hôpital, elle irait la voir elle par contre. Si elle pouvait apporter son soutien et sa présence à quelqu’un, ce serait bien à la jeune fille. Après tout, c’était grâce à elle si elle avait un toit provisoire. Elle fit un signe de la main avant d’expliquer.

« Le lendemain de la réunion prévue par le Maire, je suis rentrée à la maison et elle était partie. Je ne sais pas où elle est et personne n’a pu me renseigner… »

Personne dans le peu de gens qu'elle connaissait ici, évidemment, mais elle jugea cela inutile de le préciser, l'homme devait savoir qu'elle était une réfugiée. Surtout si Mathilda lui avait parlé d'elle, bien qu'elle n'en sache absolument rien. Elle fixa l’inconnu, espérant qu’il lui dise qu’elle allait bien, et qu’elle allait bientôt revenir vivre sous le même toit qu’elle. La Toulousaine se sentait bien trop seule…
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Dim 17 Fév - 21:06

L’ironie la plus totale. C’est l’étrangère seule dans une maison qui ne lui appartenait pas qui lui parlait de ça. Qui des deux risquait le plus de dérober des choses franchement ? Le meilleur ami de la propriétaire ou l’inconnue qui avait tout perdu ? Le garagiste se retint de ricaner bien que ça le démangeait. Sang-froid, le mot d’ordre. Il se savait à cran et relativement instable, il ne devait pas transformer cette visite en émeute ou règlement de compte. Ca n’aiderait personne, ni Mathie, ni lui, ni Lyra. Personne. Mickaël allait devoir faire preuve d’une grande retenue et il fallait espérer que pour une fois, il réussisse à mener cet exercice fastidieux à bien. Il se contenta de fixer longuement la réfugiée en quête d’une réponse qui pourrait attester de son amitié avec la jolie brune. Il ne pensait pas qu’une photo d’eux traine dans la demeure. Ca l’aurait plutôt surpris donc il ne pouvait pas compter là-dessus. Quelle preuve pouvait-il donner pour témoigner de la vérité ? Bien sûr, ça l’agaçait au plus haut point de devoir se justifier auprès d’une intruse… Le renégat leva les yeux au ciel en tentant d’apaiser sa frustration. Bon, il n’avait pas la patience de jouer à ça. Il sortit de la poche arrière de son jeans son portefeuille et en sortit sa carte d’identité. Il lui fourra bien sous le nez d’un air un peu irrité.

« Mickaël Blanchet, tu verras que ceci le confirme. Si jamais un truc disparaissait, t’auras un nom à donner à la justice. (Si il en existe encore seulement une songea-t-il) Ça te va ça ? »

Mais quand bien même quelque chose viendrait à manquer, il savait que la caissière ne l’accuserait jamais. Evidemment, il ne ferait jamais une chose pareille. Donc il ne risquait rien. Et si ça pouvait apaiser l’autre nana, alors c’était tout bon. Il se félicitait d’avoir eu cette idée. Avec un peu de chance, il allait vraiment réussir à mener à bien son projet sans s’énerver. Bon, après il ne se montrait pas particulièrement agréable mais hé, il faisait de son mieux au vu des circonstances. Et voilà qu’elle se mettait à l’ensevelir d’interrogations. Il avait la terrible envie de lui répondre que ça n’était pas ses oignons. Qu’elle n’avait pas à savoir tout ça. Intégrité, bon sens et rationalité. Il se répétait six fois ces mots intérieurement avant d’ouvrir la bouche. Il n’avait pas forcément envie de lui confier ça. Surtout qu’elle pourrait profiter de toutes ses infos pour dévaliser et se barrer de là avec les affaires de la jeune femme. Le mécanicien veillerait à ce que ça n’arrive pas. Vu la méfiance quasi chronique de la blondinette, il se sentait tout de même forcé d’en révéler un peu plus. Pas sûr que la renégate apprécie mais de toute manière, c’est pas comme si sa situation était un secret gardé. Il avait envie de lui répondre pour qu’elle arrête de continuer son discours inutile. Il s’en fichait de savoir où elle se trouvait ce jour-là. Il voulait juste entrer nom d’un chien.

« C’est une longue histoire. Elle a été blessée. Mais Lyra n’a rien, elle loge juste chez une amie. »

Dans le genre je lui fais comprendre qu’elle a toute la maison pour elle sans surveillance… Mais comment faire autrement ? Le trentenaire serra la mâchoire avec la désagréable impression de s’enfoncer un peu plus et de répéter les mêmes erreurs sans cesse. Les températures extérieures avaient bien chutés en quelques minutes et il commençait à crever de froid. Combien de temps ça allait encore prendre cette conversation ?

« Je suis venu juste récupérer des fringues, histoire qu’elle ait de quoi s’habiller une fois qu’elle sortira de là. »

Ouais, il allait devoir se montrer plus convaincant pour passer la porte d’entrée. L’idée de la bousculer fut tentante mais encore une fois, ça n’était pas la meilleure façon de procéder.

« Je suis désolé pour l’heure. Je bossais tard, j’ai fait un saut par l’hôpital pour la voir et puis, ça m’est venu en tête. J’ai pas pensé qu’il était si tard. »

Il s’était relativement calmé en expliquant ça. Il commençait à se dire que ça n’était peut-être pas une mauvaise idée d’apporter des vêtements à la chef du groupe armé en fait. Lyra n’avait pas eu le temps de le faire non ? Au pire, elle aurait des trucs en extra. Peu importait. Oui, il perdait complètement l’objectif de vue. Il se demandait même si ce saut n’était pas aussi motivé par un besoin d’entrer en connexion d’une façon ou d’une autre avec la conseillère municipale. Il allait chercher loin là non ? Ca ne lui ressemblait pas. La fatigue sûrement.

«J’ai pas vraiment le temps de repasser à un autre moment. »

Il ne savait pas mieux lui faire comprendre que c’était maintenant ou jamais. Et qu’en plus, il commençait à geler sur place. Bordel, elle allait se décider oui ou non?
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Lun 25 Fév - 17:27



“Before the worst”
Annabelle & Mickaël



Elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver ce sentiment de crainte à l’égard de l’homme en face d’elle. C’était presque viscéral. Cette observation lui fit froid dans le dos. Depuis quand était-elle à ce point craintive et à vif ? La question n’en était que rhétorique, elle connaissait parfaitement la réponse. Encore une fois depuis que les faits s’étaient passés, elle refoula soigneusement les souvenirs qui en découlaient au fond de sa mémoire, dans un endroit où, elle l’espérait, ils finiraient par disparaître. Espoir vain et futile. Elle le savait également.

Lorsqu’il sortit sa carte d’identité de sa poche et la lui brandit sous le nez, elle eut un petit mouvement de recul avant de laisser ses yeux dériver sur ladite carte. Elle ne put que répondre faiblement à sa question.

« Je suppose que oui. »

Annabelle ne voyait maintenant plus de raison de le laisser patienter sur le pas de la porte, surtout que l’air se rafraichissait et elle commençait à frissonner sous son petit pull fin. Mais elle n’arrivait pas à lâcher les mots pour lui permettre l’accès à la maison. Sa méfiance naturelle avait été à son point culminant quelques instants auparavant et elle ne retombait que lentement. Il lui fallait un peu plus de temps. Il lui fallait cerner son interlocuteur, ce fameux Mickaël Blanchet qu’elle n’aurait peut-être jamais connu s’il n’avait pas malencontreusement cogné la fenêtre quelques instants auparavant. Elle qui avait déjà du mal de faire confiance aux gens avait encore plus de difficultés de le faire en présence d’un inconnu qui trouvait cela visiblement normal d’espionner quelqu’un d’autre à la tombée de la nuit.

Elle fut rassurée de savoir que Lyra n’avait rien et eut envie d’en demander plus sur Mathilda mais elle sentit que l’homme n’avait pas envie de pousser les explications plus loin. Aussi s’abstint-elle de tout commentaire et le laissa continuer de parler. Elle fut un peu surprise d’apprendre qu’il venait lui chercher des vêtements. Qui était donc ce type et quelle était sa relation avec Mathilda ? Ils devaient être proches, sinon elle ne lui aurait jamais demandé de venir prendre des habits à elle. Et pourtant Annabelle ne l’avait jamais vu dans la maison ou à ses abords. C’était étrange. Néanmoins, elle convint qu’il tenait là une excellente raison de rentrer dans la maison et elle allait devoir lui laisser le champ libre. Cela n’allait tout de même pas l’empêcher de se méfier de lui. Il acheva l’envie de la jeune fille de le laisser encore poireauter quelques minutes sur le pas de la porte en expliquant son arrivée tardive. Elle lui fit un signe de la main lui indiquant qu'elle lui autorisait l'accès.

« C’est bon, rentrez. »

Elle s’écarta pour le laisser passer avant de fermer délicatement la porte derrière elle. La jeune femme s’y était accrochée depuis le début de leur conversation et elle se rendit compte qu’elle avait trouvé rassurant le contact du bois contre sa paume. La quitter lui donna l’impression de perdre cette sécurité. Elle s’en détourna pour faire face à l’homme. Elle se sentit obligée de dire quelque chose.

« Je serai dans le salon si vous avez besoin de quelque chose. »

Bien sûr, elle ne pensait absolument qu’il ait besoin d’elle pour quoi que ce soit. D’après ce qu’elle avait pu comprendre, il connaissait suffisamment Mathilda et donc devait connaître aussi sa maison. La blonde se dirigea vers le fauteuil qu’elle occupait avant que l’inconnu n’apparaisse et reprit son livre en main sans l’ouvrir pourtant. Elle avait hésité un instant quant à si elle devait aller avec lui chercher les affaires de la propriétaire de la bâtisse mais elle avait finalement opté pour le contraire. L’homme ne lui était pas immensément sympathique et elle n’avait jamais pénétré dans la chambre de la brune. Elle doutait que cela lui fasse plaisir si elle savait qu’elle y avait été. Et puis elle n’était pas du genre à provoquer les conflits. Non, mieux valait se tenir loin de tout ce qui concernait Mathilda Fontaine. Elle ouvrit alors son livre en glissant son doigt où se trouvait le marque-page et parcourut les lignes des yeux. Replongée dans son livre, elle ne pensa plus à l’homme qui se trouvait entre les mêmes murs qu’elle.
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Dim 3 Mar - 21:47

Le temps qu’elle mit pour réfléchir lui parut une éternité. Il fourra ses mains dans les poches de sa veste tout en reconsidérant un peu la situation. Il fallait avouer qu’avec sa tête de fracassé – lèvre fendue et hématome sur la joue, on pourrait doublement se méfier. Elle ne le connaissait pas, c’était vrai. Il débarquait en pleine nuit et se présentait de façon peu conventionnelle. Rien ne jouait en sa faveur en fait. En même temps, il était venu là sur le coup d’une impulsion soudaine et il improvisait complètement. Mickaël s’apprêtait presque à lui dire de laisser tomber après ce constat surtout qu’il commençait à être sérieusement crever quand elle l’invita d’un signe de main. Enfin, c’était pas trop tôt. Il passa le seuil en tentant de décrisper ses traits – il n’avait pas envie de trop l’effrayer non plus. Tournait-il tous ses états d’âme en pures contradictions ? Carrément. Il ne savait plus lui-même où il en était là. Il pénétra donc dans la demeure des Fontaine, l’esprit complètement fragmenté. Il passa devant la blondinette sans ajouter un mot. Déjà des souvenirs de leur dernière entrevue rejaillissait à peine eut-il balayé le hall d’entrée. Le mécanicien sourit instinctivement en se rappelant avoir traversé la maison dans le noir, armé d’une lampe torche tout ça pour éviter de se faire remarquer par la cadette. Aussi rapidement, il sentit son cœur se serrer aux réminiscences de sa visite à l’hôpital. Mathilda allongée, inconsciente, l’épaule endommagée. Le garagiste hocha de la tête distraitement quand la réfugiée lui expliqua qu’elle retournait s’asseoir dans le salon. Il tiqua néanmoins sur : « si vous avez besoin de moi ». Ok ça partait d’une bonne intention mais stop, elle n’était pas non plus son hôte, elle logeait juste là temporairement. Ca l’agaçait. Enfin, au moins, elle ne serait pas dans ses jambes. Tant mieux. On pouvait au moins lui reconnaître ça, elle ne semblait pas vouloir le gêner. Son regard suivit la silhouette de la jeune femme jusqu’à ce qu’elle atteigne l’endroit escompté puis il alla directement vers la chambre de son amie sans la moindre hésitation. Il ouvrit la porte lentement comme si il craignait de réveiller ou de surprendre quelqu’un à l’intérieur. C’était stupide comme réaction, la propriétaire des lieux se trouvait à quelques kilomètres de là – il le savait bien.

Une foule de sensations se bousculèrent en lui alors qu’il se tenait là à l’entrée de la pièce. De la culpabilité, de la tristesse mais également et surtout de l’affection, de la tendresse pour celle qui vivait d’ordinaire entre ses murs. Ce qu’il éprouvait le désarçonnait toujours un peu. Il s’efforçait tellement de le contenir en sa présence en temps normal. D’ailleurs, il réprimait tellement ses émotions envers elle qu’il en ignorait la profondeur et l’étendue. Là alors qu’il avait manqué de la perdre pour de bon, il apercevait un autre niveau de ses sentiments. Mais son cerveau continuait de lui bloquer trop de ces cheminements, pour sa santé mentale. Il était déjà assez paniqué comme ça. Toujours aussi bouleversé, il se mit en marche vers le dressing. L’odeur de la renégate était accrochée à la moindre parcelle de l’endroit et ça le remuait énormément. Aussi crevé et confus qu’il était, il ne faisait pas vraiment attention où il posait les pieds, absorbé dans sa contemplation. Il buta sur Dieu seul sait quoi au sol et en tentant de se rattraper à l’étagère pleine de livres – ou plus précisément à un bouquin se trouvant sur celle-ci, il tomba définitivement de tout son long à terre mais histoire de rendre les choses encore plus embarrassante, son pieds percuta un autre coin du meuble et plusieurs livres volumineux lui tombèrent dessus. L’étagère elle-même avait légèrement basculée dans sa direction. Coincé entre une pile de livres et surtout sonné par l’avalanche littéraire, il resta au sol durant de longues minutes. La douleur à son bras fut réveillée pour la seconde fois en moins d’une heure à tel point qu’il en eut les larmes aux yeux.

Si il n’avait pas eu aussi mal, il aurait sûrement ri de la situation – à tous les coups ses nerfs auraient lâchés. Mais là, non seulement, il était enseveli mais en plus il s’était pris des œuvres imposantes dans le visage et sur la cage thoracique. Il ignorait si il avait poussé un cri ou l’autre quand le truc s’était renversé mais il espérait très sincèrement que non. Quoiqu’il allait peut-être avoir besoin d’aide. Enfin s’il parvenait à rassembler assez de son esprit pour bouger, il arriverait à se sortir de là lui-même. Pour l’instant, sa lésion anesthésiait ses capacités mentales.
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Lun 4 Mar - 21:29



“Before the worst”
Annabelle & Mickaël


Ses yeux défilaient lentement sur les mots qui noircissaient les pages du livre qu’elle tenait en main. Son esprit avait complètement dérivé dans l’histoire qui s’étalait devant elle. Il ne lui avait fallu qu’un instant pour être complètement accaparée par le roman et rien ne semblait pouvoir la distraire. Ses sourcils se fronçaient de temps à autre, marquant son étonnement, son agacement ou son trouble. Il lui arrivait également de sourire, mais c’était plus rare. Dans ce cas alors, son contentement s’épanouissait en partant de ses yeux pour atteindre petit à petit sa bouche et l’étirer en un sourire amusé. Au fil des mots, son regard se faisait plus perçant, comme si elle tentait de percer les secrets de cette histoire encore inachevée. Ses mains tournaient avec frénésie les pages au fur et à mesure de sa lecture, se précipitant dans d’autres événements toujours plus imprévisibles.

Elle avait remonté sur ses jambes une petite couverture en laine fine, afin de se réchauffer après le froid qui l’avait assaillie lors sa petite discussion avec Mickaël. Lentement, elle parvenait à ne plus frissonner et elle se détendait visiblement, enfermée dans son petit cocon. Aussi sursauta-t-elle quand un bruit sourd se fit entendre dans une des pièces plus loin. Elle leva les yeux de son ouvrage, fronçant légèrement les sourcils. Qu’est-ce qu’il fabriquait donc ? Elle resta quelques secondes tendue dans la demi-obscurité – seule une petite lampe près d’elle était allumée – lorsqu’un deuxième bruit plus imposant résonna entre les murs de la maison. Ok, elle allait devoir aller voir ce qu’il faisait. Néanmoins, elle hésita avant de se lever du fauteuil. Ce n’était peut-être rien de grave. Et puis elle n’avait pas spécialement envie de se retrouver encore à devoir parler à cet homme. Pour qu’il soit encore désagréable, merci bien. Cependant, une légère inquiétude pointait dans son esprit. Elle se devait d’aller voir. Ne fut-ce que pour se rassurer elle-même.

Soupirant, elle repoussa la couverture qui lui tenait chaud et déposa son livre sur le petit meuble à ses côtés. Elle s’extirpa du fauteuil et se dirigea vers les escaliers. La chambre de Mathilda était à côté de ces derniers. Lorsqu’elle franchit le seuil de la chambre, elle comprit qu’elle avait bien fait de venir voir. Mickaël était allongé par terre, et plusieurs livres s’étaient effondrés sur lui. De lourds bouquins de médecine à ce qu’elle pouvait voir. Et lui semblait comme sonné. Il devait avoir reçu un livre sur le crâne. Se précipitant pour l’aider, Annabelle s’accroupit à ses côtés et repoussa les livres qui se reposaient contre lui, nonchalants. Elle ne le toucha pas cependant, s’attendant presque à être repoussée par l’inconnu qui n’avait pas été très sympathique avec elle quelques instants auparavant.

« Est-ce que ça va ? »

Sa voix laissait paraître son inquiétude de le voir dans cet état de faiblesse. Elle aurait voulu pouvoir faire quelque chose pour lui mais en cet instant son cerveau semblait vide de bonnes décisions à prendre. Qu’est-ce qu’on faisait quand quelqu’un avait presque été assommé par une bibliothèque entière ? Avec quelqu’un d’autre, elle l’aurait aidé à se remettre assis, et l’aurait soutenu, mais là, la situation était tellement étrange. Il débarquait de nulle part alors que la nuit venait de tomber, il l’agressait presque verbalement, il connaissait Mathilda mais elle ne l’avait jamais vu, et le voilà qui se retrouvait étalé de tout son long dans la chambre de cette dernière alors qu’il venait simplement lui chercher des habits. Était-il complètement maladroit ou bien juste malchanceux ? Elle cherchait vainement quelque chose à faire pour l’aider quand elle constata qu’il se tenait le bras, comme s’il était douloureux.

« Votre bras va bien ? Vous voulez un peu de glace ? »

Elle attendait vainement qu’il reprenne un peu ses esprits afin qu’il lui dise quelque chose. Elle remarqua que l’inquiétude faisait battre son cœur plus vite, et elle avait envie de le secouer pour qu’il lui dise quelque chose. Dire que la soirée s’annonçait très tranquille… Et il avait fallu que cet imbécile vienne se cogner contre la fenêtre en l’espionnant. Ok, pas de panique, se morigéna-t-elle.
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Dim 10 Mar - 22:16

Hé merde. Le boucan avait alerté la réfugiée. Génial, il adorait se trouver là en état évident de faiblesse face à cette squatteuse. S’il avait pu, il se serait dégagé lui-même et lui aurait dit d’aller se faire voir. Mais il n’en fit rien pour la simple et bonne raison qu’il n’arrivait pas pour l’instant à agir tout simplement. Le garagiste se contenta d’observer impuissant l’arrivée de la blondinette et de son héroïque sauvetage. Evidemment, ça le fit grincer des dents intérieurement mais il avait besoin de cet aide. Il avait beau le nier en bloc, il ne pouvait pas décemment en être autrement. Il prit sur lui le temps qu’elle ôte tous les ouvrages imposants qui s’empilaient sur sa carcasse et se redressa un peu en prenant son coude pour appui sur le plancher, une fois que cela fut fait. Il s’était mangé le coin d’un des bouquins sur le sommet du crâne d’après ce qu’il pouvait sentir. Sa main s’était posé d’elle-même sur le bandage et donc plutôt sur sa plaie. Un réflexe stupide en soi, ça n’allait pas arranger les choses que du contraire. Mickaël n’aimait pas trop la façon dont l’inquiétude raisonnait dans la voix de la jeune femme. Il n’aimait pas ça parce que cette sollicitude grignotait un peu trop de sa hargne, c’était pas le moment pour se laisser avoir par la gentillesse peut-être feinte d’une inconnue. Ses émotions étaient trop chamboulées ce soir, il n’y comprenait plus rien. Ca le fatiguait même de ressentir quoique ce soit, il aurait avoir un interrupteur ou pouvoir tranquillement s’en détacher ce qu’il parvenait à faire quand il ne s’agissait pas de Mathilda. Parce qu’on en revenait toujours là. Et cette odeur qui les entourait toujours. Le mécanicien fixa sa comparse cherchant à savoir où se placer par rapport à cette nana. Il n’allait quand même pas la remercier ? Ne venait-elle pas de se mêler d’une affaire qui ne la regardait pas. Sa fierté et son égo s’en trouvaient plutôt blessés. Mais en même temps, elle avait aussi accouru pour lui porter secours. C’était quoi cette situation franchement ? Il décida de se taire pour l’instant incapable de se décider à lui dire d’aller voir ailleurs ou à lui adresser poliment un merci.

Quand elle mentionna sa blessure, il fût surpris et lâcha automatiquement sa prise. Allez, continuons dans cette déchéance. Il se ridiculisait complètement, c’était merveilleux. Ou comment finir sa journée en beauté. Le renégat se releva un peu plus et évalua les dégâts d’un regard. Il allait devoir replacer tout ce foutoir dans l’étagère afin que son amie n’en sache rien. Il soupira lourdement face à l’ampleur de la tâche et à son degré de fatigue. Oui, il n’avait toujours pas pris la peine de lui répondre quoique ce soit, ne se sentant pas particulièrement prêt à engager une conversation. Mais il devait au moins répondre à sa dernière interrogation. Toujours dans l’incapacité de savoir si il fait ou non, l’envoyer sur les roses, il se contenta d’abord d’un…

« Ça ira. »

Puis, il se hissa sur ses jambes en veillant à ne pas écraser l’un ou l’autre livre puis il gagna le lit proche de la renégate et s’y assit. Il voulait mettre un peu de distance entre lui et sa « sauveuse », s’éclaircir un peu les pensées après ce coup. Il fixa avec attention le meuble qu’il venait de vider sans le vouloir et constata qu’une des planches avait cédé. Son coup avait dû l’achever. Avant qu’il ne s’en rende compte, il se mit à réfléchir à voix haute.

« Merde, l’étagère est endommagée. »

Il pensait bien savoir où elle planquait ses outils mais avant, il devait se donner un peu de temps pour récupérer. Il fallait déjà retirer les livres du chemin. Et pour Annabelle ? Il ne se sentait toujours pas en confiance, il continuait de se méfier même mais il ne se montrait plus si belliqueux à son égard… pour l’instant. A mettre à tous les coups sur le compte du choc qu’il venait de prendre. Sans ajouter quoique ce soit, il se releva alors et s’accroupit afin de ramasser ce qui trainait au sol et d’en faire des piles. Ca lançait continuellement dans son bras mais il préférait ne pas y penser pour l’instant. Il se voyait mal emprunter du désinfectant ou autre chose à la propriétaire des lieux. Il en avait bien assez fait comme ça, non ?
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Mar 2 Avr - 18:52



“Before the worst”
Annabelle & Mickaël


Décidemment, cet homme lui donnait bien du fil à retordre. Il ne pouvait pas agir normalement, comme une personne normale ? Non, il faisait le fier et refusait de la regarder alors qu’elle avait accouru à la rescousse. Enfin, accouru n’était peut-être pas le terme parfait dans la situation, elle avait avancé en rechignant vers la pièce où il s’était exilé quelques instants plus tôt, mais quand même. Elle aurait très bien pu ne pas l’aider, le laisser seul face à ses problèmes. Soupirant, Annabelle pensa qu’elle n’aurait jamais fait cela. Elle avait cet instinct de toujours vouloir aider les autres, malgré le fait que parfois elle ne savait le faire correctement. Bien sûr qu’elle ne l’aurait pas laissé seul dans ses ennuis. Elle ne le connaissait pas mais elle avait cette envie de l’aider autant que possible, malgré son attitude revêche et antipathique. La jeune femme pensa qu’elle n’était vraiment pas normale, elle non plus. Qui s’éprouvait à aider un inconnu désagréable alors qu’il venait clairement de se montrer exécrable ? Face à Mickaël, elle roula des yeux en le voyant se redresser après avoir marmonné quelques paroles qu’il semblait avoir lâché de mauvais gré. Mais oui bien sûr, tu viens de te ramasser une étagère pleine de livres sur la figure mais ça va aller… Elle se retint de soupirer. Elle n’était pourtant pas une personne se mettant facilement en colère mais c’était comme si l’homme avait le pouvoir de l’exaspérer à chaque mot qu’il prononçait.

Se relevant également, elle croisa les bras et se posta un peu plus loin, l’observant malgré elle. Lorsqu’il s’assit sur le lit, elle ne fit aucun geste, se contentant de garder la pose et se demandant comment il avait fait pour mettre autant de bazar dans la pièce en si peu de temps. Elle avait à peine eu le temps de lire quelques lignes de son livre abandonné en bas… Elle ne répondit pas quand il continua de parler, de toute façon, il n’y avait rien à répondre à ça, en effet l’étagère était cassée, mais comment aurait-elle pu ne pas l’être alors qu’il semblait s’être abattu de tout son poids dessus ? Quand il se redressa, elle crut qu’il allait se rendre dans la salle de bains, pour se passer un peu d’eau fraîche sur le visage, mais il n’en fit rien. Lorsqu’il commença à regrouper les livres éparpillés, elle sentit l’énervement parcourir son corps. S’accroupissant à ses côtés, elle empila les bouquins qui se trouvaient à sa portée avant de les pousser un peu plus loin. Elle lui lança un regard en faisant un signe de la main vers le lit.

« Laissez ça, je vais le faire. Vous devriez aller vous asseoir, je suis sûre que votre bras vous lance. »

Elle se déplaça un peu et agrippa d’autres livres qui traînaient. Ne le regardant même pas, elle continua de parler, sans lui laisser le temps de répliquer.

« Et ne me dites pas encore une fois que « ça ira », je ne vous croirai pas. J’ai bien vu votre grimace de douleur tout à l’heure, quand vous vous teniez le bras. »

Après avoir construit une pile et l’avoir poussée près de l’autre qu’elle avait réalisée un instant plus tôt, elle releva la tête vers lui.

« Pas besoin de jouer les mecs insensibles avec moi. J’ai vécu suffisamment de choses pour savoir que les hommes aussi souffrent, même s’ils n’osent l’avouer. Ce que je trouve ridicule, soit dit en passant. »

Elle avait haussé les épaules en disant cela. Après avoir regroupé la plupart des ouvrages, elle se redressa et s’éloigna vers le pas de la porte. Elle se retourna un instant pour lui adresser quelques mots avant de sortir.

« Vous vous êtes pris des énormes bouquins sur le crâne, je pense que n'importe qui aurait été un peu mal en point après ça, alors ne faites pas le fier... Restez là, je vais voir s’il y a une aspirine dans l’armoire de la salle de bains. »

Sans un bruit, elle quitta la pièce, le laissant un instant seul.
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Jeu 4 Avr - 18:48

Une tâche s’offrait à lui, une corvée qu’il s’était imposé accidentellement pourtant. Mais elle restait libératrice en quelque sorte et ça pour plusieurs raisons. Trier, ranger ces bouquins lui donnait la possibilité de se rendre utile et d’agir, ce dont il avait cruellement besoin en ce moment. Puis n’importe quelle action l’obligeait à se concentrer et donc à oublier partiellement la situation. Tout était bon à prendre. Le fait d’être en congés ne l’aidait pas pour ça mais en même temps, il n’était pas assez lui-même pour continuer à travailler, il devait le reconnaître. Bref, pour lui, être là à rassembler les œuvres diverses et variés à même le sol ne le contrariait pas le moins du monde. Il se focalisa tellement sur ce qu’il faisait qu’il en avait même oublié l’autre personne présente. Avait-il cru qu’elle aurait simplement déserté l’endroit ? Pas vraiment. A vrai dire, il avait juste zappé - complétement zappé sa réalité. Quand elle s’agenouilla cependant, elle se ramena à son bon souvenir. Il ne dit pas un mot ce qui relevait de l’exploit et se contenta d’ignorer ses dires. C’était de toute manière mieux quand il pensait être seul dans cette pièce. S’il prenait vraiment ses paroles et les assimilait, ça n’allait pas bien se passer. Elle avait décidé de le faire passer pour un faible et voulait prendre les choses les mains. Rien de plus blessant pour un égo déjà heurté. Il avait déjà énormément de mal à accepter de l’aide de Mathilda alors d’une étrangère. .. Mickaël décida de bien la nier.

Enfin, il avait décidé de ne pas prêter attention avant qu’elle se remette à parler. Jusque-là, il s’était contenté de continuer à ranger docilement le bordel qu’il avait engendré. Une fois qu’elle eut remis le couvert, il se stoppa pour la fixer, pour la fusiller du regard plutôt. C’était quoi ce comportement franchement ? Elle squattait la demeure de la renégate, logée, nourrie, blanchie. Elle se méprenait, c’était elle qui restait en position de faiblesse. Elle n’avait plus rien, même plus de toit. C’était quoi cette assurance dans sa voix ? Était-elle en train de prendre des décisions toute seule comme ça ? Le mécanicien en resta littéralement bouche-bé. Quel culot. Franchement. Le comble fut quand elle se leva pour aller lui chercher une aspirine. Parce qu’elle allait oser se servir comme ça ? Alors qu’elle était une invitée – indésirable ? Le garagiste se mit à rire soudainement alors qu’elle délaissait la chambre. Son hilarité l’obligea à quitter sa position accroupie pour s’asseoir à même le sol. Il en avait mal au ventre. Ca y était, ses nerfs lâchaient. Tout ça était ridicule. Lui ici, la réfugiée qui prenait des airs d’hôte, la propriétaire alitée, blessée. Il s’esclaffa de plus en plus alors que tout lui revenait en pleine figure, son patron, l’agriculteur en colère,la tête des toubibs, les regards apeurés de Rose. Et une phrase raisonnait perpétuellement. « Vous êtes son petit ami ? »… Ah cette question . A l’hôpital, on lui avait posé ça plusieurs fois. Et puis sa sœur qui n’arrêtait pas de lui dire qu’il ne l’était pas et qu’il fallait qu’il cesse de faire comme si c’était le cas. Bizarrement, ça l’avait attristé, tout ça. En fait, il n’était pas seulement lessivé, il était triste. Triste et inquiet. Et il n’avait pas de temps à perdre à se disputer avec Annabelle. De toute manière, il pensait que son amie aurait aussi voulu qu’il prenne ce médicament. Que ça soit la blondinette qu’il lui fournisse peut-être pas mais bon.

Une fois qu’il parvint à se contrôler et qu’il retrouva son souffle, il se releva et traversa la pièce en slalomant entre les bouquins restant déterminé à réparer sa connerie au plus vite. Il descendit à la cave, se souvenant exactement de l’emplacement des outils ainsi que de sa dernière entrevue avec la caissière ici même. Sa gorge se serra mais il passa outre. Il embarqua la boîte et retourna aussi sec d’où il venait. Toujours sans accorder de l’importance à la jeune femme, il s’assit sur le lit et posa la caisse à outils à terre. Il l’ouvrit, ses yeux tombèrent directement sur les capotes qu’elle avait dissimulé là, au seul endroit où Lyra n’irait pas fourrer son nez. Il ricana sans s’en rendre compte. Et prit le monticule de préservatifs pour les poser sur la couverture afin de mieux voir ce qu’abritait cette boîte. Ses yeux se relevèrent vers l’intruse alors et bifurquèrent vers l’aspirine qu’elle tenait.

« Tu n’aurais pas dû. »

Pas un reproche, étrangement. En fait, il trouvait presque ça attentionné maintenant. Ouais, depuis qu’il avait établi le fait qu’il ne devait pas se bagarrer avec elle et qu’il était affligé, sa hargne était plutôt pas mal retombée d’un seul coup. Se mettre à rire comme un dément l’avait franchement aidé. Un meilleur mécanisme que ses poings ? Il n’irait pas jusque-là. Choisissant pour le moment d’établir une paix factice, une trêve pour la nuit vu qu’elle semblait disposée à lui prêter main forte, il se mit à essayer d’être plus sympathique. Tant qu’elle n’abusait pas sur ce point, ça devrait aller. Il se leva pour prendre ce qu’elle lui avait donc apporté et engloutit le verre d’une seule traite.

« Merci. »

Il articula presque le mot douloureusement mais bon, au moins était-il quand même parvenu à le prononcer.

« Je vais d’abord réparer l’étagère. Si tu veux me donner un coup de mains pour remettre ce foutoir après… Ca ne serait pas de refus. Je suis pas très maladroit mais quand je le suis… Hé bien, c’est toujours plus ou moins spectaculaire. »

Son ton était moins agressif et il espérait qu’elle ait compris qu’il était plus enclin à la discussion. Enfin dans certaines mesures, bien entendu. Puis bon, elle était là. Autant qu’elle serve à quelque chose non ? Le Louisvillois retourna près des outils, s’empara du marteau et de quelques clous. Il vint se poster à la suite face au meuble accidenté puis plaça prudemment ses prunelles dans celles voisine.

« Tu penses pouvoir tenir la planche là le temps que je remette quelques clous ? »

Bien sûr, elle en était capable mais il cherchait à être… courtois ? Ça lui en coûtait très sincèrement mais il devait essayer de se dérider. Il avait mal partout, surtout à sa plaie et seul, il allait partir en diagonale même pour ça. Ils devaient collaborer pour que la conseillère ne devine jamais son passage, ni sa crise d’hystérie. Un but, un objectif. Cette coopération allait bien se passer. Ca le devait.
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Ven 5 Avr - 20:52



“Before the worst”
Annabelle & Mickaël


Il y avait un léger courant d’air dans le couloir quand elle quitta la chambre. Cela lui rappela l’heure qu’il était. Elle frissonna un instant. Depuis que Lyra était partie de la maison, quelques jours auparavant, elle s’était retrouvée seule à toute heure de la journée. Cela ne lui était plus arrivé depuis un certain temps. C’était toujours la nuit qu’elle ressentait le plus sa solitude. Non pas qu’elle n’aimait pas le noir, mais lorsque la vue perdait sa place de premier sens utilisé, et que l’ouïe la remplaçait, on pouvait facilement perdre pied dans une réalité qui arborait d’autres atours.

Rapidement, elle rejoignit la salle de bains, ouvrant directement la porte de l’armoire à pharmacie. Plusieurs boîtes de toutes tailles se dressaient dans le petit espace, empilées les unes sur les autres. Son regard dériva brièvement sur les différents médicaments qui se trouvaient là, avant qu’il se laisse accrocher par la boîte familière des aspirines. Elle en sortit une de son emballage et referma la porte blanche. Tenant l’aspirine au creux de sa main, la jeune femme changea de pièce pour se diriger vers la cuisine. Elle attrapa un verre qui séchait de la vaisselle qu’elle avait faite quelques heures plus tôt, et le remplit au robinet aux trois-quarts. Avant de retourner dans la chambre où elle avait laissé Mickaël, elle lâcha l’aspirine dans l’eau. Faisant attention à ne pas heurter malencontreusement quelque chose qui l’aurait fait renverser le verre qu’elle tenait en main, elle revint dans la pièce qu’elle avait quittée quelques instants plus tôt.

Elle la trouva vide de toute présence humaine. Où était-il ? Restant un instant perplexe, elle fit le tour de la pièce, comme s’il avait pu se cacher quelque part. Elle revint rapidement à son point de départ, le verre encore dans la main, l’aspirine se diluant toujours lentement. À ce moment-là, Mickaël apparut, une boîte à outils à la main. S’écartant légèrement pour le laisser passer, bien qu’il ne daigne absolument pas lui jeter un seul regard, elle resta debout, le regardant faire. Elle ne fit aucun commentaire quand il sortit les petits emballages pour les poser sur le lit à côté de lui. Quelle idée de cacher des préservatifs dans une boîte à outils, vraiment ! Mathilda était encore plus étrange qu’elle ne le pensait. Et la chose qui l’intriguait le plus était peut-être de se rendre compte que le jeune homme, lui, n’avait pas du tout semblé étonné de les voir là. Ok, on ne va pas analyser les choses plus avant maintenant. Annabelle nota dans un coin de son esprit de s’interroger plus tard sur la relation entre ces deux-là.

Elle haussa un sourcil quand il s’adressa à elle. Où était le ton narquois qui avait caractérisé ses propos depuis le premier instant de leur rencontre ? Il semblait presque… sympathique à présent. Bon très bien, elle n’allait pas râler, alors qu’il montrait un peu son côté agréable qu’elle ne croyait pas qu’il eut pu posséder. Lorsqu’il s’avança vers elle pour saisir le verre, elle le lui tendit sans un mot. Elle fut surprise de l’entendre la remercier, et encore plus partager ses pensées avec elle. Annabelle se dit l’espace d’une seconde qu’elle avait peut-être mal jugé cet homme. Elle acquiesça en silence quand il parla à nouveau.

« Oui bien sûr ! »

Elle se dépêcha de venir se mettre en position pour tenir la planche en attendant qu’il plante les clous. Ils répétèrent l’opération plusieurs fois, elle tenant toujours les planches pendant qu’il s’occupait de solidifier l’étagère. Alors qu’il donnait un dernier coup sur le métal du clou, elle fit un pas en arrière, comme pour admirer une œuvre.

« Je crois que ça ira là, non ? Vous croyez que c’est assez solide ? »

Jetant un coup d’œil aux livres rangés grossièrement en piles, elle laissa un petit soupir lui échapper avant qu’une moue ne s’étale sur son visage.

« Est-ce que vous savez s’il y avait un ordre particulier pour le rangement des livres ? »

Elle lui jeta un regard en lui posant la question, désignant d’un geste désinvolte les bouquins qui traînaient sur le sol.
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Mer 10 Avr - 19:36

La réfugiée acquiesça relativement vite à sa requête marquant par ce geste plusieurs points auprès du renégat. Au moins, elle ne discutait pas ses décisions. Il se releva pour atteindre l’étagère et se posta près d’Annabelle afin de reclouer cette fichue planche. Durant les opérations, ils n’échangèrent pas un seul regard, ni un seul mot. Mickaël veillait de toute manière à rester le plus concentré possible et en tenant compte de sa fatigue, ce n’était pas une mince affaire. Il avait placé les clous entre la commissure de ses lèvres et les prenait à mesure qu’il avançait dans sa tâche. Une fois que ce fut fait, il recula à l’instar de son alliée temporaire pour vérifier son boulot. A première vue, ça semblait être droit et les réparations peu repérables. L’aspect solidité, il y pensait à peine avant que la blondinette ne se remettre à parler. Il plaça ses deux paumes sur le bois et exerça une force plus ou moins importante. Oui, ça semblait tenir. Après, il n’avait non plus replacé les deux cent mille ouvrages qu’affectionnait la propriétaire des lieux. Y avait qu’une seule façon de le savoir toute façon.

« Ca me semble bien, oui. Et tu peux me tutoyer. Ça me fait prendre un sacré coup de vieux d’un seul coup quand on me vouvoie. »

Elle devait avoir l’âge de Rose à peu près, du coup, ça lui faisait encore plus bizarre. Après lui avait passé la trentaine mais bon. Il allait peut-être un peu trop loin dans la sympathie, non ? Fallait croire qu’il n’aimait pas être seul, particulièrement aujourd’hui. Mais ça plutôt crever que de se l’avouer. Il se disait juste que tout devait bien se passer afin qu’ils parviennent à préserver le secret. Le garagiste jeta un regard circulaire dans la pièce, ses prunelles s’agrippant sur les monticules de livres présents.

« Honnêtement ? J’en ai aucune idée. Mathie doit être du genre à ne pas y prêter attention, je crois… »

Enfin, la dernière fois qu’il avait mis les pieds ici, des feuilles jonchaient le couvre lit alors bon, il en avait déduit que… Il haussa des épaules en direction de la jeune femme et s’accroupit directement à la suite pour en prendre quelques-uns.

« On va le faire au feeling. Ça sert à rien de trop se casser la tête. Ça passe ou ça casse de toute façon. Elle le verra ou non. Par contre… Si jamais, elle en parle pas… Si tu pouvais éviter de lui dire que je suis passé… Ça m’arrangerait. »

Non seulement, il se mettait à lui faire des confidences mais en plus, il grillait un peu sa couverture. Il devait tout confondre là. Elle allait s’interroger, c’était naturel. Mais pourquoi il lui causait d’ailleurs ? Bah, ça faisait partie du plan « s’il te plait faisons en sorte que Mathilda n’apprenne pas que je sois un grand malade excessif complétement attaché à elle. » C’était tristement vrai.

« Je pense pas qu’elle aimerait que j’en fasse de trop mais personne d’autre n’allait lui apporter des fringues. Donc… »

Elle croyait ce qu’elle voulait, il y avait une part de vérité dans ses propos. Même si à la base, il n’était pas venu pour ça. Evidemment, il allait taire la véritable cause à ce passage étrange à la tombée de la nuit. Une fois, qu’il eut les bras chargés de bouquins, il se redressa et se mit à les replacer dans la commode qui semblait bien tenir le coup. Tant mieux. Il répéta le mouvement plusieurs fois et s’arrêta à mi-chemin pour revérifier la stabilité du truc. Il en profita aussi pour s’asseoir deux, trois secondes. Les capotes dégringolèrent l’édredon pour l’atteindre tandis qu’il creusait de son poids le matelas. Ah ouais, juste. Il se releva, ramassa le marteau et le remit dans la boite outil. Avant de prendre les préservatifs et de les y replacer aussi. Ca le fit sourire quand même de mettre ça là comme si c’était parfaitement normal qu’ils s’y trouvent. Il referma la boite puis revint s’occuper du reste. Une fois que cela fut fait, il contempla l’étagère.

« Bien. Ca me semble pas trop mal. Merci pour le coup de main. Je compte pas te déranger trop longtemps. Je vais attraper quelques trucs et je m’en vais. »

A ses mots, il se dirigea vers la garde-robe. Tout ça l’avait un peu voir beaucoup détourné de ses inquiétudes au sujet de la caissière. Une fois, qu’il ouvrit le meuble, il se mangea encore plus de sa fragrance et son cœur se serra en se rappelant pourquoi il avait été si mal quelques instants auparavant. Bon, maintenant, qu’est-ce qu’une fille à l’hôpital pourrait réclamer à son réveil ?

HJ: Tu me dis si je dois modif quelque chose Nabouchérie.
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Ven 3 Mai - 8:14



“Before the worst”
Annabelle & Mickaël


Elle observa Mickaël tester la solidité de l’étagère sans dire un mot. Elle se rendit compte qu’elle cherchait vainement de percer la carapace de cet homme étrange et mystérieux. La situation rendait les choses encore plus irréalistes. Elle était là, à une heure avancée du soir, en train de réparer la bibliothèque de la fille chez qui elle logeait – qui, soit dit en passant ne l’appréciait pas du tout – avec un inconnu dont elle n’avait pas encore établi la réelle relation avec Mathilda. Normal. Elle ne s’attendait pas vraiment à ce qu’il lui demande de la tutoyer aussi bredouilla-t-elle bêtement quelques mots :

« Euh… ok. Si vous voul… euh, si tu veux. »

Ok, elle ne le comprenait vraiment pas. L’instant d’avant il était froid, distant et limite agressif avec elle et maintenant il lui demandait de le tutoyer ? Est-ce qu’il était bipolaire ou quoi ? Secouant la tête comme pour chasser ces questions loin d’elle – elle n’avait pas besoin de plus d’interrogations pour l’instant, elle avait déjà assez de problèmes comme ça, merci – Annabelle se refocalisa sur leur occupation du moment. Une moue s’étalait toujours sur son visage. Espérons qu’il n’y a vraiment pas d’ordre sinon Mathilda va certainement le remarquer… pensa-t-elle, craignant un peu les conséquences. Après tout Mathilda allait certainement croire que c’était elle qui était venue dans sa chambre si elle constatait quelque chose. Elle s’apprêtait à ramasser une pile de livres, imitant Mickaël lorsque celui-ci reprit la parole et ce qu’il dit l’interpella et lui fit froncer imperceptiblement les sourcils. Est-ce qu’il n’était pas censé être là parce que Mathilda lui avait demandé des vêtements ? Elle ne comprenait plus rien. Tout ça n’avait aucun sens.

D’un coup, sa méfiance revint au grand galop et ses mains se crispèrent un peu plus que nécessaire sur les ouvrages, sans aucun dommage pour eux heureusement. Elle n’avait rien répondu, attendant de voir s’il ajouterait quelque chose et c’est ce qu’il fit. Et soudain, elle crut comprendre. « Je ne pense pas qu’elle aimerait que j’en fasse de trop… » Elle lui jeta un coup d’œil, sa méfiance envolée, n’ayant duré qu’un instant. Cela expliquait tout : le fait qu’il n’hésite pas à se pointer à une heure tardive, qu’il connaisse bien la maison, qu’il ne paraisse pas étonné de trouver des capotes dans la boîte à outils, qu’il semble connaître mieux que quiconque les habitudes de Mathilda et qu’il lui demande de se taire sur sa présence. Lui et Mathilda devaient forcément avoir une relation, et visiblement ça semblait compliqué si Mickaël lui demandait de se taire, ça devait être parce que la brune n’avait en fait rien demandé. Elle eut presque pitié de lui. Qui avait besoin d’une situation amoureuse compliquée en ces temps de guerre ? C’était déjà bien assez difficile comme ça sans qu’en plus on y rajoute des problèmes affectifs. Se rendant compte qu’elle n’avait pas répondu, elle haussa les épaules et se reconcentra sur sa tâche en plaçant des livres sur l’étagère.

« Je ne vois pas pourquoi je lui en parlerai. Ce ne sont pas mes affaires. »

Ils continuèrent de charger la bibliothèque en silence, Annabelle réfléchissant toujours à ce qu’elle venait de subodorer. Une fois qu’il ne restait plus aucun bouquin au sol, elle attendit debout pendant que l’homme plaçait les outils dans la boîte, remettant sans un mot les préservatifs par-dessus. Elle jeta un coup d’œil au meuble qu’ils venaient de remettre debout et acquiesça aux propos de Mickaël. Elle ne savait pas trop si elle devait rester là à présent que leur œuvre commune était terminée, du coup elle lança avec un petit sourire :

« Je devrais peut-être rester là, au cas où vous… tu serais encore maladroit avec l’un ou l’autre meuble. »

Elle ne savait pas exactement s’il n’allait pas s’énerver qu’elle ait dit ça, mais depuis qu’elle avait plus ou moins compris le lien entre Mathilda et lui, elle se sentait plus confiante. Au moins elle n’était pas la seule à se trouver dans une situation difficile. Et puis, il venait de lui demander de le tutoyer, alors il n’allait pas retomber dans le côté sombre de sa bipolarité juste pour une petite blague non ?

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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Mer 8 Mai - 22:15

La réfugiée lui promettait le silence d’une façon qui lui plut. Il la remercia silencieusement d’un léger sourire. Qui aurait cru qu’il parvienne à s’allier avec la squatteuse de Mathie dans le dos de cette dernière? Pour sûr, ça ne lui plaira pas. Aussi, il espérait vraiment ne jamais avoir à justifier ça. Le renégat resta plusieurs secondes hébété devant la garde-robe grande ouverte, ses yeux allaient et venaient sur les divers affaires qui la composaient. Ce n’était pas à lui de faire ça. Vraiment ? Il était un peu tard pour s’en inquiéter non ? Bon sang, il brûlait un peu tous les feux rouges et les stops en ce moment avec elle. Ca finirait mal. Mais ce n’était pas le moment de se poser cette question ou d’anticiper. Annabelle le ramena un peu à la réalité en lui signalant qu’elle restait là. Ca l’aurait embarrassé – non, énervé carrément – un peu plus tôt mais là, toujours aussi paumé qu’il était, il ne répondit que d’un signe de main, un signe militaire signifiant « bien chef ». Oh, Mickaël avait beau être franchement sur les nerfs la plupart du temps, il n’en gardait pas moins le sens de l’humour. Il en oubliait, d’autant plus, qui était sa compagne d’infortune ce soir. Il se pencha pour attraper un sac qui servirait à embarquer les divers textiles puis s’arma de courage et prit deux pulls dans l’armoire, trois t-shirt, deux jeans, quatre paires de chaussettes au hasard sans accorder quoique ce soit entre eux. Désastreux ? Oh mais la suite fut bien pire quand il dû mettre son nez dans les sous-vêtements de la caissière. Ça aurait pu, dû ne pas le gêner. Et dire qu’on l’espionnait dans son dos. Oui, maintenant la blondinette repassait à la mention gêneuse. Si vous vous posiez la question, oui, il avait songé durant un court laps de temps à lui demander de choisir pour lui. Il respira un grand coup et s’empara très très rapidement sans réfléchir, sans prendre le temps de réaliser ce qu’il fichait soutien-gorge et culottes. Le nombre ? Il n’en savait rien, il fourrait déjà tout très très vite dans le sac. Le mécanicien ne rougissait pas à la vue de lingerie féminine, il avait juste la sensation d’être irrespectueux en piochant comme ça dans ce qu’il jugeait être l’intimité de sa meilleure amie. Après quitte à casser chaque barrière… Il referma le meuble, la sacoche et se tourna vers la seule témoin de la pièce.

« Bon… Ben voilà. Si je repasse un autre jour, c’est que j’ai oublié quelque chose. »

Le trentenaire haussa des épaules en grimaçant. Il mit son butin sur son dos du bon côté – soit à l’opposé du bras accidenté, embarqua la boîte à outils et passa devant son interlocutrice. Il réemprunta le chemin jusqu’à la cave et y déposa la caisse avant de remonter le plus vite possible. La fatigue lui arracha quelques bâillements le temps qu’il arrive à la porte d’entrée. Il se mit face à son « hôte » du soir, ne sachant pas trop quoi balbutier avant d’emprunter la sortie. Il ne savait plus ce qu’il en pensait de tout ça, d’elle, de ce délire nocturne. Tout simplement, il articula.

« Hé bien, bon… restant de soirée. Salut ! »

Puis, il sortit sans ajouter quoique ce soit à l’intéressée. Il retourna jusqu’à son véhicule qu’il avait garé exagérément loin dans l’allée, ouvrit sa portière, balança son paquet sur la banquette arrière et s’installa dans l’habitacle. Une fois qu’il fût assis, ses nerfs relâchèrent et il se mit à rire durant trois bonnes minutes. C’était quoi cette nuit franchement ? On pourrait même étendre le sujet d’hilarité à « c’était quoi ces derniers jours ? » Il vivait dans un mauvais film en ce moment. Il avait tellement besoin de sommeil, de recul. Il démarra le moteur de sa voiture en soupirant lourdement. Le lendemain matin, il allait sûrement déposer ça et prier pour qu’elle ne se doute pas des circonstances dans lesquelles, il en était venu à lui rendre ce service. En plus, il avait limite sympathiser avec l’étrangère. Quelque chose ne devait plus tourner rond dans sa caboche. Raison de plus pour filer vite et aller dormir. Il prit le chemin du retour qui fut teinté quelques fois par un ricanement ou deux.
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MessageSujet: Re: Before the worst [Livre I - Terminé]   Jeu 9 Mai - 10:16



“Before the worst”
Annabelle & Mickaël


Visiblement il n’avait pas mal pris sa remarque. Son petit geste l’avait même amusée et elle laissa un petit sourire en coin flotter sur son visage. Elle resta immobile dans l’encadrement de la porte, lui laissant le temps de remplir un sac avec différents vêtements de Mathilda. Elle crut percevoir un instant d’hésitation quand il dut prendre quelques sous-vêtements, mais il lui tournait le dos et elle n’aurait pas su en être certaine… Ses gestes avaient semblé plus secs et plus brusques mais ce n’était peut-être qu’une illusion.

Quand bien même, si ce qu’elle suspectait entre Mickaël et la brune était réel, bien qu’elle n’en connaisse pas exactement les termes, leur situation devait être particulière. Le fait qu’elle était là, presque en train de le surveiller, se rendit-elle compte soudainement, alors que ça n’avait pas été son intention première, n’arrangeait certainement pas les choses pour l’homme qui devait sûrement se sentir gêné de sa présence. Elle toussota légèrement et fit mine de reculer pour sortir de la pièce mais à ce moment-là, il referma le meuble, se saisit du sac qu’il venait de remplir et se tourna vers elle.

Annabelle lui lança un petit sourire, comme si elle devait s’excuser de quelque chose, d’être restée là, de l’avoir observé, ou quelque chose dans le genre, et sentant également que leur conversation touchait à son terme. Elle acquiesça et ne trouva rien à lui redire. Elle n’allait tout de même lui dire : « Quand tu veux ! » Ce n’était pas comme s’ils étaient potes ou qu’ils se connaissaient même, tout simplement. Il ne fallait pas oublier qu’il l’avait un instant espionnée avant de se présenter à elle. Alors ce « Quand tu veux ! »  aurait été un peu déplacé… Quand tu veux, espionne-moi quand tu veux, viens à n’importe quelle heure de la nuit, peu importe… La jeune femme se retint de rire à ces pensées. Alors elle se força à se taire, le silence lui semblant la meilleure option à cet instant. Elle le suivit jusqu’à l’entrée, attendit quelques secondes qu’il reporte la boîte à outils à la cave et lui fit un petit signe de la main.

« Bonne soirée à toi aussi. »

Elle n’eut pas le temps d’ajouter quoi que ce soit d’autre qu’il était déjà dehors et s’était déjà éloigné de quelques pas. Elle lâcha un petit rire en secouant la tête, comme pour se moquer gentiment de lui et de son comportement. Son regard le suivit un instant dans l’obscurité et, quand elle ne put plus discerner son dos qui s’éloignait, elle referma lentement la porte, sans faire de bruit, comme si le moindre bruit allait attirer quelqu’un d’autre ou faire revenir Mickaël.

Elle retourna d’un pas lent vers le canapé qu’elle avait occupé plus tôt dans la soirée. La fatigue s’abattit d’un coup sur elle et Annabelle se rendit compte que pendant toute la « visite » de Mickaël, elle avait été extrêmement tendue. Elle se força à se décontracter et soupira en fermant les yeux. Ses pensées dérivèrent vers Toulouse, ses parents et Jérémy… des vacances d’été au bord de la mer quand elle était encore adolescente… sa rencontre avec Jérémy… Son cœur reprit un rythme normal, apaisé et calmé. Sans s’en rendre compte, elle s’endormit à même le canapé. Ses rêves furent peu agités et c’est vers six heures du matin qu’elle se réveilla et constata qu’elle s’était assoupie sur le fauteuil. Elle remonta la couverture sur ses épaules et resta dans le petit cocon qu’elle s’était fait pendant sa courte nuit.

FIN
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