AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Nous sommes actuellement, en jeu, pendant la DEUXIEME QUINZAINE de FEVRIER 2013.
[La météo ici ]


Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude

Passeport
Possessions:
Chances: 1
Richesses: 35
Seule la Mort met fin au Devoir
Messages : 5531
Membre du mois : 113
Célébrité : Christian Bale
Localisation : Louisville depuis peu
Age : 26
Crédit : Torben
Emploi : Lieutenant
Caractère : Exécrable
Vos Liens :
Spoiler:
 




MessageSujet: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Mer 23 Jan - 20:56

[HJ je précise que j'ai dû modifier pas mal de détails dans le rp, puisqu'en fait, il doit se dérouler quelques jours plus tard]


    J'attendais dans une salle de réunion à la mairie en faisant les cent pas, et n'y tenant plus, je finis par regarder ma montre. Cela faisait un petit moment maintenant que j'avais demandé à mes hommes d'aller me chercher Huygues, Azarov et Fontaine. On avait des choses très importantes à se dire, et il ne fallait pas que l'on passe au travers. Je ne pouvais pas laisser la situation déraper un peu plus, c'était tout bonnement hors de question. J'attendais depuis un bon moment maintenant ; j'imaginais qu'Azarov avait dû avoir du mal à me ramener Fontaine puisque celle ci était toujours blessée, tandis que le maire avait dû juger plus important de soutenir ses ouailles au milieu de tout ce bordel. Peu de choses avaient changé ces derniers jours, c'était toujours le bordel pour ainsi dire. Je ne lui jetais pas la pierre, j'aurais préféré être à la tête de mes hommes pour établir un périmètre de sécurité que pour être ici à devoir faire le tri dans tous les évènements du jour. Je commençais vraiment à m'impatienter et cela me pesait sur les nerfs, et pas qu'un peu ! Je passais en revue mentalement tout ce qui m'était tombé dessus depuis ce fameux matin. Déjà, la résistance improbable de la foule à mes arguments belliqueux. Cette bande de moutons était dans la majorité prête à se laisser marcher dessus. Aucun sens de l'honneur, aucune fierté, ils attendaient bêtement de tomber sous les coups d'un ennemi suffisamment puissant pour nous avoir déjà atomisé plusieurs de nos plus grandes métropoles. En perdant aussi vite la volonté de se battre, est ce que tous ces gens n'avaient ils pas déjà abdiqué tout espoir ? Bien sûr, il fallait avouer que si plusieurs voix discordantes s'étaient élevées dans la foule, il y avait quand même eu quelques partis pris pour notre cause, même si ceux ci avaient finalement été noyés dans le reste des évènements.


    Et encore, heureusement que personne n'avait été tué ! D'après Talbert, il y avait eu deux blessés principaux. Deux civils. Fontaine et ce qui semblait être son compagnon ou son ami. Le fermier n'avait rien et avait été enfermé au poste de gendarmerie, autant pour protéger les autres que lui même. Ca n'avait pas été du goût de tout le monde que le type ouvre le feu en plein milieu de la foule, il aurait pu tuer des gosses ! Talbert était avec d'autres de mes hommes auprès de la fille qui avait été violée. Pauvre gosse ! Mais pouvait on faire confiance à son témoignage ? Je n'en savais rien. La preuve qu'elle m'avait donnée... Je la tenais toujours dans le creux de ma main, moite de tant de tracas que je ressentais depuis un peu plus tôt. Je ne savais pas si je devais croire la fille, ou penser que l'un de mes hommes avait été capable d'un truc aussi con. Ok, ce n'était pas vraiment un de mes hommes puisqu'il s'agissait d'un légionnaire mais quand même ! On n'était pas sensés faire ce genre de choses, et encore moins dans notre propre pays. C'était un truc complètement fou. Si je m'étais attendu à ce que certains de nos hommes déraillent, je ne me serais jamais attendu à ce que cela arrive aussi vite. Si c'était seulement vrai ! Finalement, Azarov entra avec Huygues et Fontaine. Celle ci semblait toujours aussi atteinte, et je lui jetais un regard noir. Cette conne avait pris une balle pour moi, et je la saquais encore moins qu'avant ça. Reportant mon attention sur le reste du groupe, je jetais l'écusson sur le bureau, face visibile, et posais ensuite ma main sur le holster de mon pistolet, en cas de réaction intempestive du principal intéressé, alors qu'en plus je ne faisais confiance ni à l'un ni à l'autre des tiers présents. Ils n'étaient là que parce que je voulais me ménager les bonnes grâces de la population après un coup fumant tel que celui ci.



    | Azarov, vous allez vous expliquer. Pourquoi c'est votre écusson que cet homme m'a lancé en guise de preuve du viol de sa gamine ? |



Codage (c)Kanala // Gif (c) Tumblr
Voir le profil de l'utilisateur
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Ven 25 Jan - 19:56

J'étais énervé. Non, pire encore : j'étais hors de moi. Accusé à tort, dans une affaire plutôt terrible. Le regard des autres, en soit, je n'en avais rien à faire : j'ai toujours été un solitaire. Mais le pire dans cette histoire, c'était que mon ego en prenait un sacré coup. J'étais un suspect comme un autre, et je ne pouvais pas cracher sur les faits... Mais de là à me mettre aux fers, derrière les barreau, en détention provisoire ! Je me sentais comme un loup en cage ; je tournais en rond, en attendant la moindre faille pour pouvoir sortir. Assis, debout, à avancer, à m'arrêter. Je n'avais de cesse de bouger, je n'étais pas fait pour cette vie d'ermite, j'avais ce besoin irrépressible de sortir, de courir. Et rester ici, c'était comme étouffer, ça me rendait dingue. Enfin, ce n'était pas en hurlant contre ce pauvre bougre qui surveillait les bâtiments que j'allais changer la donne, bien au contraire. Je devais juste me tenir tranquille, le temps que Raulne prenne conscience de la connerie qu'il avait fait en m'accusant. Remarquez, déjà qu'il ne me portait pas dans son coeur, il l'avait sa raison pour me faire plonger : je n'étais pas un de ses hommes, il se méfiait de moi autant que je méfiais de lui, et ils avaient besoin d'un coupable. La belle affaire ! Tant qu'il n'ébruitait pas trop l'histoire, ça passait encore, mais à partir du moment où le mot circulerait comme quoi j'étais tenu aux arrêts au poste de police... ça le ferait moyen, à ma sortie.

Enfin, comme tous les jours depuis cette pseudo arrestation, je faisais le tour de ma cage. Liberté, égalité, fraternité. Foutaises oui ! Balancer un innocent aux geôles, c'était ça la liberté ? J'avais cette terrible envie de frapper dans quelque chose, mais tenant un minimum à mes phalanges - et pour combien de temps en aurais-je encore l'utilité, seul Dieu le savait - je me retenais et me contentais de faire les quatre cent pas dans ma cellule. Finalement, un soldat arriva, quelqu'un je ne connaissais pas ; c'était l'heure d'y aller, c'était l'heure de rejoindre Raulne. Je sentais que j'allais m'en prendre plein la face, m'enfin, même si j'y allais à reculons, il était hors de question de faire profil bas : je n'avais rien à faire dans leur histoire de viol. Quelques corridors plus loin, j'arrivais accompagné de ce pseudo-gardien, jusqu'au bureau où le lieutenant nous attendait. Le bureau du maire, improvisé en tribunal militaire. La bonne blague. Je remarquais alors la présence du Maire en personne et de la brune que j'avais dû ramasser, pendant l'émeute. Super, alors, on allait régler les comptes en petit comité ? Je n'étais pas contre, même si je savais que j'étais fichu, à un contre trois. Enfin, qui ne tente rien n'a rien pas vrai ? Si je devais m'arracher la tête pour leur faire comprendre que j'étais innocent, j'allais le faire. Il était tout bonnement hors de question que j'avoue un crime dont je n'étais pas l'auteur pour protéger le premier abruti venu.

Raulne balança un petit objet, sur le bureau. Au début, je ne voyais pas vraiment ce dont-il s'agissait, il me fallut m'approcher pour me rendre compte que c'était un insigne. Et pas n'importe lequel ; un écusson provenant d'un uniforme. De mon uniforme. Haussant les sourcils alors que la surprise me gagnait lentement, je m'intéressais de plus près au nom qui était inscrit dessus. Cpl C. Azarov. Secouant négativement la tête, je me redressais. Non, ce n'était pas possible. Et pourtant, la preuve était là, devant mes yeux, imbibée de sang. Serrant les dents, je relevais les yeux vers le Lieutenant. La preuve était là, indéniable, je ne pouvais pas nier l'évidence. « Azarov, vous allez vous expliquer. Pourquoi c'est votre écusson que cet homme m'a lancé en guise de preuve du viol de sa gamine ? » Je regardais ailleurs, je détaillais les meubles, je cherchais une fenêtre ; je me sentais oppressé, pris à la gorge. J'étais innocent pourtant ! J'étais innocent, et énervé. Les mots de mon supérieur étaient amers, ils ne sonnaient pas comme une interrogation, mais plutôt comme une accusation, à mes oreilles. Les mains dans le dos, le regard dans le vague, j'essayais de me concentrer pour ne pas sortir n'importe quoi. « M'expliquer de quoi, hein ? Sauf votre respect, je n'ai aucune explication à vous fournir, je n'ai rien à faire dans cette histoire. Ça fait des jours que vous me laissez moisir en cage pour un crime que je n'ai pas commis ! Un écusson et un peu de sang, c'est tout ce que vous avez comme preuve ! Qui vous dit que c'est pas l'autre pauvre c*n qui l'a récupéré par terre, hein ? » J'étais en colère, et je pense que cela pouvait se comprendre : être accusé à tort n'est jamais quelque chose d'agréable. Surtout dans une affaire comme celle-ci. C'était certainement la raison pour laquelle j'avais employé un ton plutôt agressif. Me calmant un peu, je reprenais. « Croyez-le, vous faites erreur sur la personne. » Il n'avait malheureusement aucune raison de me croire. Je soupirais à ce constat, et reportais toute mon attention sur ce fameux insigne. C'était triste de savoir que mon avenir reposait sur la décision de ces trois personnes.
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude

Passeport
Possessions:
Chances: 0
Richesses: 6
Je suis un apatride
Messages : 1217
Membre du mois : 16
Célébrité : Michael Fassbender
Localisation : Au camp
Age : 27
Crédit : (c) Blondie
Emploi : Porte Parole des Nouveaux Voisins... Ouais ... Sans emploi plutôt !
Caractère : Circonspect – Pragmatique – Courageux - Anxieux - Faiblesse pour les femmes - Austère




MessageSujet: Re: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Mer 30 Jan - 21:04

Quelques jours s'étaient écoulés depuis la débâcle. La catastrophe. Appelez-ça comme vous voulez. Misérable. Je me sentais misérable et pathétique. Enfin, j'avais eu le temps de ruminer en long et en large. Sur mes échecs, sur le déroulement de plus en plus ridicule, puis dramatique de cet après-midi noir. Quand on y repense, c'est quand même dingue l'enchaînement d’évènements qui n'ont rien à voir les uns avec les autres : la réunion commence par mon allocution sur la nécessité de se rationner, continue avec l’interruption de Raulne qui lance le sujet de l'enrôlement... Nous en avions discuté tous les deux de cette question ; j'avais donné mon accord pour qu'il en parle lors d'un évènement public, mais pas celui-là ! En fait, je n'avais pas imaginé qu'il puisse profiter de cette réunion-là, justement, pour lancer un thème encore nouveau et peu accepté par les habitants... Je m'étais morigéné, après la réunion, longuement : "j'aurais dû, j'aurais pu, si seulement j'avais..." Avec ce genre de pensées, on ne va pas très loin. Oui, j'ai tourné en rond ses pensées dans ma tête, sans réussir à me les extirper de ma tête. Beaucoup d'éléments m'ont mis en rage sans que je puisse invoquer le calme. Pour une fois, j'ai laissé éclater ma colère. Cela me fit du bien. J'en avais besoin pour ensuite pouvoir me trouver face à Raulne une nouvelle fois, face à Mathilda et face à un soldat dont j'ignorais le visage : Cze... Azarov on va l'appeler, car je n'arrive pas à prononcer son prénom !

Ce face à face avait été organisé par Raulne, sans me consulter. Encore une chose qui m'avait fait sortir de mes gonds ! J'en avais assez de tout encaisser sans rien dire. C'est dire si je m'étais aéré la tête avant aujourd'hui, histoire de tout digérer et d'anticiper notre prochaine rencontre. Car en plus, la réunion avait lieu dans mon bureau, en compagnie de Mathilda et d'Azarov. Deux militaires étaient venus dans mon bureau m'annoncer la nouvelle ; et vu leurs têtes, je n'avais guère le choix. Je sentais que Raulne aussi en avait assez de faire de la diplomatie ; il était passé à un niveau supérieur, une nouvelle étape : soumettre les Louisvillois et leur Maire sans s'embarrasser de formalités. La raison pour laquelle nous étions tous les trois réunis m'échappait. Que Raulne veuille parler à Mathilda, qui avait émis de vives critiques à son encontre, puis s'était interposée pour prendre la balle destinée au lieutenant, oui cela paraissait logique. Nous allions sûrement parler de Monsieur Charles et de l'enquête à mener sur le violeur. Mais que faisait parmi nous ce soldat ? J'avais une petite idée effroyable ; j’espérais qu'elle ne se confirme pas. J'allais le découvrir rapidement.

J'arrivais à la Mairie et parvint à grandes enjambées dans mon bureau. Mathilda et Raulne s'y trouvaient déjà. Mal à l'aise, je lançais un "Bonjour, Mathilda", hésitant.

"Bonjour Lieutenant Raulne" réussis-je à énoncer sans une once de froideur. Ni de chaleur non plus. J'étais aussi impassible qu'un mitigeur.
Azarov arriva sur ses entrefaites. Stupéfait, je reconnus le "soldat inquiet", celui qui était venu porter secours à Mme Valiosky. Sans prendre de gants, Raulne attaqua tout de suite avec des accusations à l'encontre du soldat, jetant sous son nez un écusson tâché de sang. Bouche bée, je contemplais Azarov en comprenant peu à peu. Monsieur Charles avait trouvé cet écusson et croyait que c'était Azarov le violeur. Il n'avait pas le profil d'un criminel ; en même temps, je ne pouvais pas le juger sans l'avoir entendu se défendre. Ces dernières paroles me crispèrent : il avait donc passé des jours captif, dans la gendarmerie assurément. Et moi qui n'était pas au courant ! Que foutait Raulne bon sang ?

"Attendez Raulne, vous avez fait enfermer ce soldat sans me consulter. Vous êtes son chef, d'accord, mais pourquoi ne pas avoir parlé de ceci plus tôt ?"

Et puis, pour juger cet homme, il fallait avoir près de nous son accusateur. Hors, Monsieur Charles n'était pas là non plus. Par contre, je savais où il était : surveillé lui aussi dans la gendarmerie. Damien Bellanger m'avait tenu informé.

"Je pense que Monsieur Charles a le droit d'être là aussi. Nous avons besoin de son avis."

Pourquoi Mathilda était-elle là ? Se rangerait-elle de mon côté ou prendrait-elle une toute autre voie ? La tension était à son comble ; j'avais l'impression d'avoir en face de moi des étrangers. Sensation... désagréable !


LIVRE II **Chapitre 1**
Topo sur Martin

Passée la folie des grandeurs
L'envie de jouer les grands seigneurs
Passée l'ivresse, passée l'ardeur
Dont les fruits n'ont plus de saveur
Revenu de sept ans de malheur
D'un accouchement dans la douleur
Lassé de mentir, de faire l'acteur
Quand on n'est plus à la hauteur
Restent les murs porteurs
Pour s'abriter du froid
Pour conjurer le malheur
Et retrouver sa voie
Voir le profil de l'utilisateur
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude

Passeport
Possessions:
Chances: 2
Richesses: 48
Messages : 1940
Membre du mois : 32
Célébrité : Odette Yustman
Localisation : Fidèle au poste qui n'est autre que Louisville
Age : 28
Crédit : (c)Kanala pour l'avatar (c) Nanami pour le gif dans mon profil
Emploi : Je suis hotesse de caisse dans un supermarché. Je suis aussi conseillère municipale de la mairie de Louisville, et "parent" d'élèves au Lycée de Lyra
Caractère : Calme - Patiente - Taciturne - Cynique - Meneuse - Rancunière




MessageSujet: Re: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Dim 10 Fév - 18:27



Coupable

J'étais arrivée non sans mal. Je n'avais pas aimé vraiment "convoqué" de la sorte. Je ne suis pas un vulgaire soldat que peut faire venir à sa guise Raulne. Il avait de la chance que je sois soucieuse de mes concitoyens. J'avais dû convaincre Micka de me laisser y aller. Il ne voyait pas cela d'un bon œil, pas du tout même. D'ailleurs il insista pour me conduire lui-même à la mairie et attendre non loin. Au cas où. Je rassemblais quelques affaires que je fourrais dans mon sac à main, y mettais également une arme à feu –on ne sait jamais- et nous prîmes la route. Pendant le trajet, je restais plutôt silencieuse, réfléchissant à tout ce qui avait pu se passer ces derniers jours. J'étais sortie de l'hôpital la veille, et j'étais toujours aussi fatiguée. Au moins avais-je chez moi des médicaments qui me permettaient d'aller mieux. Je n'en avais pas eu par les médecins, ma blessure n'étant pas si importante que ca. Je pouvais guérir sans, mais ce serait très lent, et épuisant. Vous comprenez bien que j'ai autre chose à faire que d'attendre sagement que ça passe.

Je laissais Mickaël après l'avoir remercié de m'avoir déposé. J'insistais plusieurs minutes pour qu'il rentre chez lui, ou aille faire un tour, le temps que nous en ayons fini avec cette réunion improvisée. L'idée ne lui plaisait pas du tout, mais il finit par se laisser convaincre. Ou du moins de le feindre en tout cas. Allez savoir ce qui se passait dans la tête du renégat et s'il allait vraiment m'écouter. Il n'avait pas confiance en Philippe, ni en notre maire pour assurer ma défense. Je lui avais affirmé que je ne craignais aucun danger et qu'au pire du pire, j'avais une arme sur moi, mais je voyais bien dans son regard qu'il n'était pas convaincu. Je déposais un rapide baiser sur sa joue et filais. A l'accueil, on m'indiqua que je devais me rendre dans une salle de réunion au deuxième étage. Je pris les escaliers pour m'y rendre, et ce petit effort ne me fit pas vraiment du bien. Je me rendais compte que j'étais encore fatiguée, moi qui, d'habitude, pouvais avaler quatre étages avant de commencer à être essoufflée. Je reprenais ma respiration en haut de l'étage, me tapa légèrement les joues pour me redonner des couleurs – en vain – et alla dans la salle de réunion. J'arrivais quelques instants après tout me beau monde présent et me contentais d'un "bonjour" vague, et polie. J'essayais de cacher mon état de santé, en me montrant professionnelle et détachée. Ce n'était pas gagné car je me sentais pas vraiment dans mon assiette, mais je tenais à faire bonne figure.

Raulne ne prit pas quatre chemins et pour cela, je lui en fus reconnaissante. Plus vite ce sera fait, plus vite je pourrais rentrer chez moi. J'assistais aux échanges en arquant un sourcil aux propos qui étaient tenus. C'était vraiment… Étonnant. Oui à croire que ce soldat n'avait rien dans la tête et que le maire était dans une autre galaxie, faites de bisounours sur laquelle il règnerait sans partage et comme maitre absolue. Je levais les yeux au ciel à ses mots, c'était vraiment plus fort que moi. Grand Dieu, et dire que je l'avais soutenu il fut un temps. Comment quoi à tout le monde peut se tromper et commettre des erreurs. Au moins, j'en avais conscience. Je restais là, à les regarder opérer une lutte de pouvoir, puis finis par pousser un soupir. Franchement je n'avais pas la force de me battre et je n'avais pas encore une fois, envie de jouer les arbitres

Vous semblez oubliez Monsieur le Maire, qu'à la dernière nouvelle, les forces armés ou policière n'ont aucun compte à vous rendre. Je ne suis point partisane de M. Raulne, cependant vous n'avez pas à interférer dans ses ordres, tout comme lui n'a pas à interférer dans les affaires de la mairie. Ceci étant posé, il serait bon d'arrêter les enfantillages et de discuter de manière responsable et adulte de ce qui s'est passé et du cas de ce soldat et de la jeune femme qu'il a été violée. Les faits sont là, reste donc à décider s'Il en est réellement l'auteur et d'agir en conséquence. Nous n'avons pas de juge en ville, il nous faudra donc traiter cette question par nous-même. Il ne fait pas de doute que toutes les personnes présentes dans cette pièce n'ont à cœur que la vérité. Monsieur le Maire, vous faites autorité dans cette pièce en tant que représentant de la population de Louisville. Monsieur Raulne représente les forces armées et l'entièreté de ses effectifs. Je représenterais pour ma part, la population de Louisville également, et plus précisément la jeune femme en question. Malgré les… litiges avec son père qui a agis de manière irresponsable, elle reste la victime dans cette affaire et c'est pour elle, autant que pour la sécurité de toutes les personnes se trouvant en ville que nous devons éclaircir la situation. D'ailleurs, ceci a été déposé chez moi…

Je fouillais dans mon sac à main, et je sortais une enveloppe. Dans cette dernière se trouvait une lettre que je lus à voix haute

"Je tiens sincèrement à m'excuser envers vous. J'ai été inconscient en voulant rendre moi-même justice et je vous ai blessé. Rien ne pourra pardonner mon acte, ainsi ais-je décidé de quitter la ville. J'ai confié ma fille Sarah à mes voisins. Je sais qu'ils prendront soin d'elle. Enfin de ce qui reste d'elle. Comprenez bien Mademoiselle Fontaine que je n'ai agis comme je l'ai fait que pour son bien, espérant que ma petite fille me reviendrait. Elle n'a que quinze ans, ce n'est qu'une enfant, et pourtant, je sais que jamais plus on ne reverra son sourire. Elle a perdu sa mère dans les explosions qui ont touché Cherbourg, et maintenant… Elle est dans un état comme second. Elle ne parle plus. C'est très dur de l'alimenter et elle n'a plus goût à rien. Cela n'excuse pas mon geste et qu'auriez-vous fait si cela était arrivé à votre sœur? Si elle serait revenue couverte de plaie et vous aurez raconté qu'un militaire est venu la voir, lui aurait dit qu'il venait faire l'état des stocks et que lorsqu'elle lui aurait dit de venir me trouver, lui aurait sauté dessus, l'aurait violenté avant d'abuser d'elle? Elle s'est débattue, lui a arraché son écusson, mais ce n'est qu'une enfant, et elle n'a pas pu le repousser. Il est ensuite parti après lui avoir dit qu'il reviendrait bientôt la voir. Ensuite, son regard s'est éteint, comme si son dernier souhait était de me mettre en garde avant de se laisser emporter par le chagrin et le choc. Je sais que plus jamais je ne reverrais ma Sarah me sourire, rigoler et me dire que tout irait bien. Il a tué mon enfant, il a tué ma Sarah…"

Je tendais le papier à Raulne pour qu'il puisse lui-même lire les mots qui étaient posés sur le papier. Ce dernier était ondulé, comme si le père avait pleuré en l'écrivant. Je dois bien avouer que ces mots m'avaient vraiment touché, et qu'à la lecture de ces derniers, j'avais arrêté de lui en vouloir. Il avait raison, j'aurais fait la même chose si Sarah aurait été ma petite sœur. Pire encore, je n'aurais pas loupé son bourreau…









Si simple et si sérieuse, si belle et si rêveuse, quand je l'embrasse et l'écoute. Je te rejoins sur la route. Si grande et si fragile la force mais pas tranquille. L'orage est passé les gouttes coulent le long de ma route. Du haut de là haut de l'au-delà. Si courte et si sensible la loi la plus terrible. Et si quelques fois je doute je te regarde sur la route
Voir le profil de l'utilisateur http://la-chute.forums-actifs.com
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude

Passeport
Possessions:
Chances: 1
Richesses: 35
Seule la Mort met fin au Devoir
Messages : 5531
Membre du mois : 113
Célébrité : Christian Bale
Localisation : Louisville depuis peu
Age : 26
Crédit : Torben
Emploi : Lieutenant
Caractère : Exécrable
Vos Liens :
Spoiler:
 




MessageSujet: Re: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Mar 12 Fév - 20:55

    J'étais furieux, j'étais fatigué, je me sentais à fleur de peau, à cause de la fatigue surtout, mais aussi de cette tension terrible qui m'habitait depuis longtemps déjà. Je n'avais jamais réussit à m'en dépaître depuis que le premier tir de missile air-sol avait détruit le VBCI de tête de colonne. Je n'avais jamais pu faire le vide dans ma tête : résonnaient encore le hurlement strident des missiles, suivit du choc sourd des explosions. Partout, les hurlements des blessés, qui me hantaient à chaque fois que je fermais les yeux. Et parfois même, il me semblait toujours sentir cette odeur de chair et de métal carbonisés... Je faisais avec, mais la tension revenait en force dès à présent que je devais juger l'affaire qui nous occupait. Bien sûr, Azarov démentit, ce qui n'avait rien d'étonnant, c'était le propre de tout accusé qu'il soit coupable ou non. Je ne savais pas s'il l'avait vraiment fait ou pas, mais je ne pouvais nier qu'il marquait un point dans ses dénégations. Il était en colère, sincérement en rogne, et ce fut la deuxième chose qui me fit penser à son innocence. Je ne connaissais pas cet homme ; il faisait partie d'une autre unité que la mienne, et je n'avais fait sa connaissance qu'en formant un groupe ad hoc avec les survivants de la colonne blindée. Je ne pouvais donc sentir s'il mentait ou pas. Mais un criminel véritable ne serait pas plus désespéré et moins en colère d'avoir été pris ? Azarov exprimait plus de hargne que de peur. Ce qui pouvait vouloir tout dire ou l'inverse. Quel casse tête ! Et voilà que le Maire, la voix de la raison, venait y ajouter son grain de sel. Il pensait quoi, que j'avais envoyé le prévenu à la campagne se refaire une santé ? Je me contins un instant, cherchant quoi dire au Maire. Mais bien sûr, l'autre renvoya tout le monde derrière les lignes de départ. Comme cela commençait, j'aurais presque à remercier cette conne. Mais je savais, comme toujours avec elle, que je n'allais pas tarder à endosser le rôle du méchant. Je fus assez étonné de ne me prendre aucune attaque personnelle ; c'était assez peu commun pour mériter d'être souligné.


    C'est alors que les choses continuèrent de basculer. Elle nous lut à voix haute une lettre laissée par le père de la victime, nous relatant les faits et nous expliquant son geste ainsi que sa disparition. Merde alors, on n'aurait pas accès à l'histoire intégrale ni à son témoignage. Comment allait on faire ça, maintenant ? Je reportais mon attention sur Fontaine alors qu'elle me tendait le papier. Je le lus et il semblait authentique, même si je ne connaissais pas l'écriture de Fontaine, du Maire ou de qui que ce soit dans cette foutue ville. Je soupirais sans retenue.



    | On est face à un dilemme là. Monsieur le Maire, malgré tout mon respect, votre conseillère a raison. Vous n'avez pas à interférer dans des affaires militaires. Les gendarmes en sont, et je suis le plus gradé. Si je leur demande d'interner un suspect au sein de mon groupe, ça ne regarde que moi. |


    Je me tus un instant avant de reprendre.


    | Ce Monsieur Charles nous prive de sa version, de son témoignage, et d'éventuelles preuves. Ce soldat soutient qu'il n'a rien fait. On n'a que son écusson, ce qui ne prouve rien, mais ce qui ne l'innocente pas non plus. Fontaine a aussi raison ; c'est à nous de juger l'affaire. Personne d'autre ne peut le faire ; hors de question de livrer l'un des nôtres à la vindicte populaire alors qu'il est peut être innocent. Putain... Mais on sait même pas quand c'est sensé s'être déroulé, cette histoire ! |


    Je réfléchissais un instant.


    | Caporal, tu vas nous raconter tout ce que t'as fait la veille du pétage de câble du vieux, et nous dire qui peut appuyer ta version. Parles clairement et n'omets rien. |



Codage (c)Kanala // Gif (c) Tumblr
Voir le profil de l'utilisateur
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Mar 26 Fév - 13:35

« Attendez Raulne, vous avez fait enfermer ce soldat sans me consulter. Vous êtes son chef, d'accord, mais pourquoi ne pas avoir parlé de ceci plus tôt ? » Je ne pouvais réprimer un petit sourire insolent. Décidément, Raulne semblait lui cacher bien des choses, à son 'allié' qu'était le Maire. Silencieux, je restais devant l'écusson maculé de sang, à attendre. Quoi au juste ? Que tout cela se termine, qu'ils prennent une décision ; j'étais rincé, j'en avais ras-le-bol. Ils pouvaient penser ce qu'ils voulaient, je n'en avais strictement rien à faire, je me savais innocent, et c'était là l'essentiel. Et voilà que l'autre voulait ramener le paysan. Mais oui, bien sûr, quelle excellente idée ! Je tenais encore à ma tête, moi, et jusqu'à preuve du contraire, s'il nous rejoignait, ce n'était pas pour nous faire preuve de tout son amour.

Et non, finalement, j'appris qu'il ne reviendrait pas. Qu'il ne reviendrait plus, tout court. Il avait fui la ville, d'après la lettre qu'il avait laissée à la brune. Lettre qu'elle avait pris soin de lire à haute voix, comme pour souligner l'horreur du crime commis. Qu'est-ce qu'elle cherchait à faire, ainsi ? Me faire réagir ? C'était peine perdue, je restais de marbre, cillant à peine. Certes, c'était terrible, ce qui était arrivé à cette gamine. Mais qu'est-ce que j'y pouvais, au final ? Me mettre à genoux, chialer comme un gosse en espérant que l'on me pardonne pour un crime que je n'avais pas commis ? Aucun d'entre nous ne savait réellement ce qui s'était passé. Ou plutôt, qui était l'auteur de ce crime. Raulne n'avait contre moi, qu'un écusson portant mon nom. La conseillère elle, tenait une lettre de ce fameux monsieur Charles. Le maire était censé trancher, et pour l'instant, c'était pas gagné. Et moi, dans tout ça, je demeurais planté là, à m'époumoner pour leur faire comprendre que je n'avais rien à voir dans cette affaire. Seul contre tous ? J'en savais rien. Je ne savais plus vers qui me tourner, que faire pour m'en tirer. Dans tous les cas, certains gars de l'unité avaient dû remarquer mon absence, et je savais que de retour au camp de fortune, je n'allais plus passer aussi inaperçu qu'avant. La poisse. En résumé, ma vie à cet instant, c'était une accumulation de conneries ; tous les éléments du crime pouvaient jouer en ma défaveur comme m'innocenter. Je n'attendais pour ma part qu'une chose : que tout cela cesse.

Un court instant de silence, et mon supérieur reprenait la parole. « Caporal, tu vas nous raconter tout ce que t'as fait la veille du pétage de câble du vieux, et nous dire qui peut appuyer ta version. Parles clairement et n'omets rien. » Je secouais légèrement la tête de gauche à droite. Comme si je m'en souvenais... Toutes les journées se ressemblaient tellement, par ici ! Ce souvenir d'un tel truc relevait de la légende pour moi. Enfin, c'était à mon tour de jouer, à mon tour de trouver les bons mots, pour éviter que tout ne se retourne contre moi. « Dès... Six heures du matin je crois, j'étais sur la grande route, la N13. J'en ai parcouru un bon bout pour remplir deux jerricans d'essence des voitures abandonnées, j'en ai profité pour vérifier s'il ne restait pas de blessé sur cette parcelle de route... Après, je suis rentré à Lousville, j'ai mangé avec des gars de l'unité, et peut-être une ou deux heures plus tard, je suis allé faire le tour de ville, j'ai discuté avec deux ou trois civils. Puis, la nuit est tombée, et je suis revenu. » En clair, il n'y avait rien pour prouver mon innocence. Rien, ni personne. Mais c'était ça, de vouloir jouer les loups solitaires ; ça se retournait toujours contre vous. Soupirant profondément, je constatais avec dépit que je n'apportais rien à l'affaire. J'étais tout bonnement lamentable, pour essayer de me tirer des ennuis, alors bon... « Rien ni personne ne peut m'innocenter, vous voyez. Je suis peut-être coupable de bien des crimes, mais pas celui-là. Alors, décidez-vous, vous pouvez faire ce que vous voulez, mais il est hors de question que je paye pour le viol de cette gamine. » Bien des crimes oui, notamment celui des dizaines de civils, abattus comme des chiens avant d'arriver à Louisville. Je pouvais le balancer ça, mais non, il en allait de la survie du groupe alors c'était hors de question. Quant à payer pour cette affaire, il en était en effet hors de question ; jamais ils ne pourraient me tenir captif juste car il leur fallait un coupable, jamais.

Spoiler:
 
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude

Passeport
Possessions:
Chances: 0
Richesses: 6
Je suis un apatride
Messages : 1217
Membre du mois : 16
Célébrité : Michael Fassbender
Localisation : Au camp
Age : 27
Crédit : (c) Blondie
Emploi : Porte Parole des Nouveaux Voisins... Ouais ... Sans emploi plutôt !
Caractère : Circonspect – Pragmatique – Courageux - Anxieux - Faiblesse pour les femmes - Austère




MessageSujet: Re: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Mar 5 Mar - 21:21

Mon énervement avait outrepassé ma raison. J'avais interpellé Raulne, outré qu'il ne m'ait pas consulté, mais sans faire attention au bon sens. Je m'étais emporté contre lui, car un reste de rage non consommé flambait en moi, contre lui et ses soldats. J'avais le sentiment de m'être trompé sur son compte, et sur celui de ses subalternes. Autour de moi, se tenaient trois personnes très différentes, que je consultais du regard de brèves secondes : le lieutenant Philippe Raulne. Grand, le visage sévère, le regard acéré. Impossible de faire quoi que ce soit sans butter contre lui. Dans la course d'obstacles, il est sans conteste celui avec les trois barres de bois contre lequel le cheval se heurte et se casse la gueule - et accessoirement son cavalier aussi. Je ne sais pas si j'étais le cheval ou le cavalier dans l'histoire. Celui qui obéit aux inflexions de son partenaire et saute sans réfléchir, même si c'est trop haut pour lui de toute façon ? Ou pire, celui qui décide de sauter l'obstacle, même s'il sent que son partenaire n'y arrivera pas ? Pas un ennemi, mais pas un allié non plus. D'où vient Raulne ? Quel est son passé ? Comment est-il parvenu à ce grade ? A t-il un supérieur ? De multiples interrogations sans réponse. Il faudrait que j'interroge un autre soldat que lui, parce que je ne vois pas pourquoi il me répondrait. Et je n'ai pas envie de parler à Raulne, sauf peut être pour me plaindre du "soldat fou". Quoique j'éprouvais de plus en plus de réticence à me confier directement à Raulne. Pas envie de passer pour un geignard.

Pas une deuxième fois en tout cas, puisque Mathilda et Raulne se mirent à deux pour me démolir. Elle aussi, c'était un beau morceau. J'avais une dent contre elle, rage que je parvenais en général à enfouir, sauf que là ça commençait à me chauffer. Voilà, ça y est, j'avais mis le doigt dessus. Je n'aimais pas les femmes capables, j'aimais les femmes vulnérables, celles qui avaient besoin de protection, celles qui t'imploraient et te faisaient passer pour un dieu - ou presque. Mathilda était devenue un héros, après avoir pris la balle destinée à Raulne. Elle était passée par mille souffrances et mille morts ; il fallait voir sa tête. Et c'était à elle que s'était adressé Monsieur Charles ! C'était à elle qu'il avait envoyé sa lettre d'adieu ! Les yeux me sortaient des orbites tellement j'étais estomaqué. Tellement j'avais envie d'arracher cette lettre de ses mains tremblantes - le dernier mot de Monsieur Charles fut poignant - et de la lire moi-même. Comme j'avais envie de répéter mon erreur de naguère : m'en prendre à Mathilda et me plaindre - décidément j'ai ce mot-là à la bouche - mais non, il fallait que je me comporte dignement. J'aurais dû la prendre cette balle au final ; j'aurais eu la reconnaissance éternelle de Raulne - quelle belle jambe ça me ferait - et Mathilda ne serait même pas parmi nous ! Que faisait-elle là d'ailleurs ? *Elle a lu sa lettre ; elle peut s'en aller maintenant. Non, elle reste parce que, je cite, "Je représenterais pour ma part, la population de Louisville également, et plus précisément la jeune femme en question" Pourquoi ça ? Elle s'est faite violer elle aussi ? Pas tellement étonnant, elle doit en énerver plus d'un !* Ces sentiments étaient indignes de moi mais ils m'étreignaient le coeur, entretenaient ma rage. Il me faudrait une discussion avec elle quand tout sera fini. Non. Quelle était cette soudaine manie de vouloir discuter avec tout le monde ? *Tout ce que tu réussiras à faire, c'est la monter encore plus contre toi. On est incapables de s'entendre. Même ici, alors que nous sommes tous les deux des louisvillois, elle continue à être contre moi.* Ce raisonnement prouvait en tout cas une chose : que le rôle des élus avait ses limites. La discussion parfois n'était pas la solution. L'action oui. Mais laquelle ?

Fontaine a aussi raison ; c'est à nous de juger l'affaire. Personne d'autre ne peut le faire ; hors de question de livrer l'un des nôtres à la vindicte populaire alors qu'il est peut être innocent. Putain... Mais on sait même pas quand c'est sensé s'être déroulé, cette histoire !
La brutale poussée d'énervement de Raulne me fit sourire ; enfin, il y avait quelqu'un qui comme moi trouvait cette histoire délirante ! Délirante dans le sens dramatique : un homme est accusé de viol, les témoins principaux, le père et la fille, sont absents, et trois juges sont désignés à la va-comme-je-te pousse, trois juges totalement partiaux : le supérieur de l'accusé, une femme qui déteste les militaires, et un maire qui veut protéger sa ville. Quel tableau !

Alors mon regard se posa sur le quatrième protagoniste : Azarov quelque chose. L'accusé. Je ne savais rien ou presque de lui, mais le plus important tenait en un nom : Eleanore Valiosky. Ce gars avait un lien avec elle. J'ignorais lequel, sa teneur - et cela m'avait aussi rongé les sangs - mais c’était clair : il était inquiet pour elle, avait accouru vers elle pour la sortir de cette foule furieuse et elle l'avait elle aussi reconnu en souriant. Et ce serait lui qui aurait violé la petite Sarah ? Non. *S'il y a quelqu'un qui peut être capable d'un truc pareil, c'est le soldat fou qui a frappé un médecin, qui a agressé Eleanore, et qui m'a insulté au lieu de me protéger.* Pas lui. Bon, je n'avais aucune preuve ; j'avais seulement les visages d'Azarov et de Valiosky dans ma tête et j'écoutais le récit banal du soldat, quand une idée me vint. J'étais seul dans cette galère : Azarov aussi. Il n'avait aucun élément concret pour prouver qu'il n'était pas allé violer la petite. Mais si je disais que moi je l'avais rencontré avant ? Pour une raison quelconque bien sûr, mais si je faisais ça pour lui sauver la mise, peut-être qu'il pourrait m'aider ? De quelle façon ? Je voyais déjà le bout de mon raisonnement, et Eleanore faisait partie de mon plan. Maintenant, il ne me fallait qu'une bonne dose de chance, que le gars veuille aussi sauver sa peau en me suivant, et surtout dire les bons mots.

"Attendez... Azarov, vous ne vous rappelez pas ? La veille de ce fameux évènement, nous nous sommes rencontrés... En milieu d'après-midi, je crois. Raulne, vous m'aviez dit que le soldat Bertin, le militaire qui s'occupe de la radio, aurait peut-être des batteries pour moi, alors je suis parti le chercher près des lignes électriques mais je suis tombé sur Azarov ici présent." dis-je en me tournant alternativement vers Azarov puis vers Raulne.
Je me tournais ensuite vers Azarov:
"Je suis désolé mais votre prénom m'échappe toujours. J'ai du mal avec les noms étrangers." ajoutai-je avec un petit sourire gêné.
Je le regardais dans les yeux, espérant qu'il saisisse la perche et trouve une réponse adéquate qui nous, lui et moi, sortirait de cette impasse.

Spoiler:
 


LIVRE II **Chapitre 1**
Topo sur Martin

Passée la folie des grandeurs
L'envie de jouer les grands seigneurs
Passée l'ivresse, passée l'ardeur
Dont les fruits n'ont plus de saveur
Revenu de sept ans de malheur
D'un accouchement dans la douleur
Lassé de mentir, de faire l'acteur
Quand on n'est plus à la hauteur
Restent les murs porteurs
Pour s'abriter du froid
Pour conjurer le malheur
Et retrouver sa voie
Voir le profil de l'utilisateur
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude

Passeport
Possessions:
Chances: 2
Richesses: 48
Messages : 1940
Membre du mois : 32
Célébrité : Odette Yustman
Localisation : Fidèle au poste qui n'est autre que Louisville
Age : 28
Crédit : (c)Kanala pour l'avatar (c) Nanami pour le gif dans mon profil
Emploi : Je suis hotesse de caisse dans un supermarché. Je suis aussi conseillère municipale de la mairie de Louisville, et "parent" d'élèves au Lycée de Lyra
Caractère : Calme - Patiente - Taciturne - Cynique - Meneuse - Rancunière




MessageSujet: Re: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Sam 16 Mar - 13:26



Coupable

Toute cette histoire était compliquée et je me demandais bien dans quoi est ce que j'avais été embarquée bien malgré moi. Ces hommes avaient déjà pris leur décision et j'avais vraiment l'impression que parler ne servirait à rien. Ce soldat criait son innocence – étonnant ! – mais pouvions nous le croire sur parole? Les faits étaient là. S'il n'avait rien à voir avec tout ce qui s'était passé, pourquoi avions-nous trouvé son écusson sur les lieux "du crime"? Comment expliquait-il cela? Ce n'était tout de même pas anodin. Raulne avait cependant raison. Monsieur Charles nous avait privé de sa version des faits. Mais il restait encore un témoin. J'avais cependant peur de provoquer un plus grand traumatise chez elle. Pouvions-nous lui faire un peu plus de mal? Je n'en étais pas certaine, ainsi préférais-je pour l'heure garder cette idée pour moi. Je me dis cependant que j'irais la trouver et constater son état par moi-même. Je n'avais certes pas de diplôme de médecine mais j'avais été major de mes promos, et il ne m'avait manqué de deux ans pour le décroché. Je m'y connaissais, ça c'était un fait. Ou du moins pour les maux du corps. Je n'avais pas fait de psychologie, donc je ne saurais pas ce qui se passerait dans sa tête. J'essayais d'ailleurs de lui trouver un spécialiste. Il ne faisait pas de doute, nous avions besoin de son témoignage.

La suite… Je ne m'y attendais pas et je restais quelques minutes sur le cul – si vous me permettez l'expression - . Mon regard se tourna aussitôt vers Raulne. Il n'allait quand même pas gober ça si? Il savait comme moi que c'était faux ! Le maire venait de nous sortir un faux témoignage et je n'en revenais pas. Mais qu'est-ce qu'il faisait bon sang? J'étais dégoutée par son attitude. Et dire que c'était lui qui dirigé la ville… Nous allions tout droit dans un mur, ça ne faisait pas de doute. Je ne pouvais pas laisser ça passer non, je ne pouvais pas.

Pardon? Vous jouez à quoi là Huygues ? Vous pensez vraiment qu'on va gober ça? Vous savez combien ça coute de faire un faux témoignage? Soyez assuré que si vous continuer dans cette lignée, je n'hésiterais à vous dénoncer. Je vous rappelle que vous êtes sensé être un exemple de moralité pour les Louisvillois ! Vous êtes sensés les protéger ! Vous êtes sensé les représenter, représenter leur intérêt ! C'est vraiment n'importe quoi ! Et dire que dans votre campagne, vous clamez que vous vous n'irez jamais contre la loi pour des raisons personnelles. Vous n'êtes qu'un hypocrite ! Vous avez trainé dans la boue l'ancien maire alors que vous ne valez pas mieux !

Je m'étais énervée, et je lui avais crié tout cela à la figure. J'étais fatiguée et franchement, ce genre de comportement, je ne pouvais pas le supporter. Si jusque là j'avais été respectueuse avec lui, c'était fini. Il avait franchi une ligne qu'il n'aurait jamais dû. Il me dégouté. D'ailleurs, je ne voulais plus rester dans la même pièce que lui. Je me tournais vers Raulne et lui dit

C'est votre homme, le dernier mot vous reviens. Il n'empêche que les faits sont là : son écusson a été retrouvé là-bas. Je conviens qu'enfermer un homme innocent n'est pas la solution, mais pouvez-vous garantir qu'il n'a rien à voir avec tout cela? Mon opinion ne vous importe sans doute que très peu, mais sachez que je ne vous accuse pas Monsieur Azarov. Cependant avouez bien que les faits sont contre vous. Je n'ai qu'à cœur la vérité et les intérêts de mes cocitoyens, contrairement à Monsieur le maire qui ne pense qu'à ses intérêts et qui est prêt à mentir pour ces derniers. Faites ce que vous estimez nécessaire. Il n'empêche que nous ne pouvons pas faire comme si rien ne s'était passé. Les habitants voudront des réponses. Je n'ai pour ma part plus rien à faire ici. Messieurs, bonne journée.

Je faisais un signe de tête en guise de salut aux deux soldats, et ne regarda pas l'autre menteur. Je sortais de la salle de réunion. Qu'ils décident entre eux, je m'en lavais les mains. Oh bien sur, je prendrais ensuite position selon les mesures qu'ils prendront. En attendant, plus que jamais, j'étais décidée à faire ce qu'il fallait et à aller contre Huygue. Il n'était qu'un incapable et il venait de le prouver…









Si simple et si sérieuse, si belle et si rêveuse, quand je l'embrasse et l'écoute. Je te rejoins sur la route. Si grande et si fragile la force mais pas tranquille. L'orage est passé les gouttes coulent le long de ma route. Du haut de là haut de l'au-delà. Si courte et si sensible la loi la plus terrible. Et si quelques fois je doute je te regarde sur la route
Voir le profil de l'utilisateur http://la-chute.forums-actifs.com
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude

Passeport
Possessions:
Chances: 1
Richesses: 35
Seule la Mort met fin au Devoir
Messages : 5531
Membre du mois : 113
Célébrité : Christian Bale
Localisation : Louisville depuis peu
Age : 26
Crédit : Torben
Emploi : Lieutenant
Caractère : Exécrable
Vos Liens :
Spoiler:
 




MessageSujet: Re: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Sam 23 Mar - 17:13

    Azarov semblait assez peu coopératif. Je savais d'expérience que les soldats étaient des gens qui avaient énormément de mal à se confier quand ils se trouvaient sous le feu des projecteurs, et ceci pour plusieurs raisons. La première et la plus évidente, était qu'ils avaient tous quelque chose à se reprocher. C'est un peu comme quand on bosse dans le commerce. Ristournes, avantages et arrangements sont universellement répandus. Ben là, c'était pareil. Tous les soldats avaient un jour trafiqué, revendu, fais des conneries diverses et variées... Moi même, j'avais déjà été sur le coup de plusieurs procédures. La première, parce qu'on m'avait piqué à revendre des munitions saisies en Afghanistan. La seconde, parce qu'un petit caporal avait jugé bon d'ouvrir un peu trop sa gueule sur les commissions que je lui versais pour fermer les yeux quand je distribuais du « matériel » aux soldats d'autres unités. Essentiellement, des bouquins pornos, des tickets de cinéma ou encore quelques produits pour ceux que ça intéressait. Et enfin, parce que j'avais soit disant cogné un connard de sous lieutenant. En fait, c'était pas moi, même si ça m'avait démangé. J'avais prévu de le choper à la sortie du mess, mais ce connard s'était déjà fait avoir par un adjudant qui l'a massacré à coup de savates. Bref. Azarov voulait qu'on le relâche, mais les choses n'étaient pas si simples. Je n'avais encore jamais eu à gérer moi même d'affaire disciplinaire aussi grave. La plupart des infractions relevées dans mon unité étaient d'ailleurs gérées par Comet, qui devait bien fermer les yeux sur les infractions auxquelles je contribuais moi même. Mais là, viol sur mineure en temps de guerre et dans son propre pays qui plus est... Du peu que je connaissais en droit militaire français, le mec était bon pour se faire aligner contre un mur et fusiller par ses petits camarades, si sa culpabilité était avérée. Effets désastreux sur la troupe, qui défendrait par principe leur camarade. Effets désastreux sur les civils, qui penseraient qu'on avait simplement voulu maquiller un crime, ou pire encore, que ce châtiment n'empêcherait pas d'autres crimes de ce genre d'avoir lieu. J'étais le cul entre deux chaises. Pour le coup, j'attendais beaucoup d'Huygues et de Fontaine, pour avoir leur avis et surtout jauger leur réaction. J'écoutais déjà Azarov de manière attentive. Bon, son alibi était partiel. Il avait fait des choses qui avaient dû laisser des traces, des témoignages. Que ce soit de l'essence qui devait avoir été fichée sur nos registres ou sa participation au repas. Mais probablement aucune preuve formelle de non culpabilité. Sans compter les trous relevés dans son emploi du temps. Je fermais un instant les yeux quand Azarov parla d'autres crimes. En croisant son regard, je sus qu'il parlait de la route et de ce qu'on y avait fait. Je priais tous les dieux pour que cet imbécile n'éveille pas la curiosité des responsables civils présents dans la pièce...


    Ce qui, pour une fois, semblait marcher. Les deux étaient tellement concentrés sur les faits qu'ils n'en relevaient pas les éléments du témoignage du légionnaire qui laissaient supposer qu'il pouvait tremper dans d'autres choses. Je faillis soupirer de soulagement. C 'est alors que le Maire intervint. J'écarquillais les yeux. Son témoignage semblait aussi viable qu'imprécis. En quoi cela innocentait une bonne fois pour toutes Azarov ? Pourtant, c'était sa démarche qui m'interloquait. Pourquoi sembler vouloir à tous prix sauver un de mes hommes ? Sans doute son sens de la justice nettement plus aigu que le miens... Sans doute ! Je n'en savais rien, et me retrouvais un peu perdu dans tous ces éléments. Pour une fois, je fus d'accord avec Fontaine, ce qui était suffisamment rare pour être souligné. Elle aussi, trouvait étrange l'attitude du maire. Elle lui sauta carrément à la gueule, la garce, et elle avait de la rage à revendre celle là ! Alors, Fontaine me parla avant de claquer la porte. Les conséquences ? Je les connaissais déjà. J'annonçais ma décision.



    | Azarov sera relâché, et portera de nouveau une arme. On taiera son implication supposée. Mais que ce soit clair caporal. T'es pas innocenté. On va attendre quelques jours que la jeune fille aille mieux, et j'organiserais une confrontation. Si t'es coupable, je formerais un peloton et tu seras passé par les armes en tant que traître et violeur. Si t'es innocent, tu écoperas de corvées. Parce que ton imprudence à laisser traîner tes affaires et ton écussion personnel est criminelle par les temps qui courent. En attendant la confrontation, tu seras affectée aux surveillances du périmètre, et Reh et Bandat te tiendront à l'oeil. Monsieur le Maire, ça vous convient? |



Codage (c)Kanala // Gif (c) Tumblr
Voir le profil de l'utilisateur
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Lun 1 Avr - 12:02

« Attendez... Azarov, vous ne vous rappelez pas ? La veille de ce fameux évènement, nous nous sommes rencontrés... En milieu d'après-midi, je crois. Raulne, vous m'aviez dit que le soldat Bertin, le militaire qui s'occupe de la radio, aurait peut-être des batteries pour moi, alors je suis parti le chercher près des lignes électriques mais je suis tombé sur Azarov ici présent. » Je fronçais les sourcils, peu sûr de ce qui était en train de se jouer. Qu'est-ce que l'autre était en train de leur servir comme mensonges, je n'en avais aucune idée. Peut-être était-ce vrai, mais pour ma part, je n'avais pas le souvenir d'avoir croisé le Maire sur ma route. Pourquoi est-ce qu'il faisait ça ? Pourquoi est-ce qu'il tentait de me sauver la mise alors qu'il n'avait aucune idée de mon implication dans cette affaire, ou pas ? Je ne comprenais pas, peut-être attendait-il quelque chose en retour, mais une chose était sûre, je n'allais pas laisser passer la perche qu'il venait de me tendre. « Je suis désolé mais votre prénom m'échappe toujours. J'ai du mal avec les noms étrangers. » Je secouais un peu la tête, un petit sourire venant faire son apparition sur mes lèvres. Cette chose m'échappait toujours ; pourquoi faisait-il cela pour moi ? Il n'aimait pas tellement Raulne, d'après ce que j'avais pu en voir... Alors, pourquoi tenter de sauver un de ses hommes ? C'était incompréhensible. Mais c'était aussi à mon tour de jouer, je devais souligner le témoignage de Huygues pour le rendre d'autant plus crédible. « Il est vrai que j'ai croisé Monsieur le Maire. Maintenant que j'y repense, je l'ai même renseigné sur l'endroit où il pourrait trouver Bertin. » Un mensonge de plus, un de moins, cela devenait une habitude depuis que l'on avait atteint Louisville.

Immédiatement, la brune prit la parole à son tour. Elle semblait révoltée, énervée. Elle avait sans l'ombre d'un doute, capté le petit manège du Maire, et ne se gênait pas pour faire part de ses opinions. Bon sang, elle avait plutôt intérêt à se taire, sinon, elle allait tout envoyer en l'air ! Et n'étant pas d'un naturel violent envers le sexe opposé, je peux affirmer que sur l'instant, j'avais la fâcheuse envie de lui en coller une. Pourquoi est-ce qu'elle s'acharnait comme cela sur mon cas, hein ? Je ne lui avais rien fait, c'est à peine si je la connaissais. Elle se tourna vers Raulne pour reprendre la parole, et moi, j'étais là, au milieu de ce débat plus que stérile, au milieu de cette agitation générale. Je l'écoutais, je n'avais rien de mieux à faire de toute façon. Elle n'avait rien contre moi ? C'est vrai qu'elle se montrer respectueuse, et quelque part, je me mis à regretter mes précédentes pensées ; c'était plutôt Huygues qu'elle avait cherché à démonter, pas moi. Même si, indirectement... Bref, je pouvais la comprendre ; elle ne cherchait que la vérité. Comme Raulne. Comme le Maire. Comme moi aussi, d'un côté. Elle avait raison, les faits étaient contre moi pour la plupart, mais ne pouvait-on donc pas considérer cela comme un malheureux concours de circonstances ?

Elle partit, quittant le bureau sans plus cérémonie, ce qui nous laissait, Raulne, moi et Huygues, à tenter de tirer quelque chose de cet « entretien » si on pouvait le considérer comme tel. Quelques maigres secondes après le départ de Fontaine, mon supérieur se décida à lâcher sa décision. Enfin, la sentence tombait comme la fine lame de la guillotine, venant m'achever un peu plus encore. « Azarov sera relâché, et portera de nouveau une arme. On taiera son implication supposée. Mais que ce soit clair caporal. T'es pas innocenté. On va attendre quelques jours que la jeune fille aille mieux, et j'organiserais une confrontation. Si t'es coupable, je formerais un peloton et tu seras passé par les armes en tant que traître et violeur. Si t'es innocent, tu écoperas de corvées. Parce que ton imprudence à laisser traîner tes affaires et ton écussion personnel est criminelle par les temps qui courent. En attendant la confrontation, tu seras affectée aux surveillances du périmètre, et Reh et Bandat te tiendront à l'oeil. Monsieur le Maire, ça vous convient? » Je n'arrivais pas à sourire. Je n'arrivais même pas à réagir suite à sa délibération. J'étais de nouveau libre, à remplir mes fonctions de militaire, sous la surveillance de Reh et Bandat. Ce n'était pas si mal, puisque je m'entendais plutôt bien avec le premier. Raulne souligna tout de même que je n'étais pas innocenté ; une confrontation aurait lieu sous peu, et si j'étais définitivement considéré comme coupable, je serai fusillé. Quel destin brillant, pour la personne intègre que je m'étais toujours efforcé d'être. Je serrais les mâchoires, tapant nerveusement du pied à terre. C'était cinquante/cinquante alors. Quoiqu'il adviendrait, Raulne pouvait être sûr d'une chose : jamais je ne me laisserai abattre comme un chien, en tant que traître et violeur. Ce n'était pas moi, et jamais je n'accepterai mon exécution sans élever la voix. Si les choses tournaient à mon avantage, alors soit, je les ferai, ses corvées. Si les choses tournaient mal, je leur donnerai une réelle raison de me considérer comme un traitre : je prendrai la fuite, ou je me cacherai. Enfin, j'essayerai.

Le lieutenant demanda au Maire si un tel accord lui allait. Pour ma part, je me retenais de lui gueuler au visage que c'était totalement injuste, que cette gamine traumatisée pourrait avouer tout et n'importe quoi. Mais non, je préférais rester de marbre, puisqu'au final, ça m'allait tellement mieux. Et ça me réussissait si peu : la preuve était bien là.
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude

Passeport
Possessions:
Chances: 0
Richesses: 6
Je suis un apatride
Messages : 1217
Membre du mois : 16
Célébrité : Michael Fassbender
Localisation : Au camp
Age : 27
Crédit : (c) Blondie
Emploi : Porte Parole des Nouveaux Voisins... Ouais ... Sans emploi plutôt !
Caractère : Circonspect – Pragmatique – Courageux - Anxieux - Faiblesse pour les femmes - Austère




MessageSujet: Re: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Mar 2 Avr - 20:46

J’avais tout misé sur ce mensonge, ce coup de bluff. Mes raisons pour agir ainsi étaient quasiment claires pour ma part : on ne pouvait pas être sûr que ce soldat était coupable. C’était peut-être un regrettable concours de circonstances. Mais ma bonté n’était pas seule en cause. Ce gars avait un lien avec Eléanore Valiosky. *Oui, je sais, c’est pourri de mentir pour une femme.* Il m’importait de savoir lequel, et surtout si le soldat en question pourrait m’aider dans mon projet. Et si je lui sauvais la mise, il me serait redevable. Je le regardais avec l’espoir qu’il saisirait la perche que je venais de lui tendre ! Il le fit, à mon grand soulagement, avec un petit sourire en coin. Avait-il compris que mon geste lui sauvait la mise et qu’ainsi, il aurait une dette envers moi ?

Mais Mathilda ne nous crut pas. Pire, elle déversa sur moi son flot de méchancetés, toute sa rancœur de me savoir élu et choisi par la population alors qu’elle me détestait et voulait sûrement être mairesse à ma place. Qu’elle pense ce qu’elle veut ! J’essayais de ne pas paraître démonté par sa haine ; tâche difficile s’il en est. Malgré moi, je pensais que j’avais peut-être mal agi en défendant le soldat de la sorte. Il était tout à fait plausible que je connaisse Azarov, mais que je me sois tu jusqu’à présent et ait attendu pour l’innocenter que l’accusation tombe sur sa personne et qu’on me demande mon avis. De plus, de par ma nouvelle position ces derniers temps, je rencontrais beaucoup de monde. C’était aussi plausible que je ne me souvienne que de bribes de rencontres. Bref, je n’étais pas cet hypocrite malfaisant dont elle parlait.

Ce qui réveilla en moi un soupçon et une colère, ce fut sa dernière phrase : « traîner dans la boue l’ancien maire. » *Comment cela ?* C’est vrai, j’avais utilisé une information compromettante contre Madame Blanchet, alors mairesse de Louisville, mais je ne l’avais pas traînée dans la boue ! Mathilda enchaîna tout de suite après sa diatribe en s’adressant au lieutenant Raulne. Je n’écoutais son dernier discours que d’une oreille. J’essayais de comprendre ce que j’avais fait de mal contre la mère de Mickael et Rose Blanchet. Le fils me détestait lui aussi, tandis que la fille me parlait de temps en temps d’une manière plutôt aimable. Le problème, c’est que j’ignorais d’où provenait cette haine, que manifestement Mathilda partageait. *Il va falloir que j’enquête sur tout ça.*

Mathilda quitta la pièce. Il y eut un très bref silence que Raulne rompit si rapidement que je haussai le sourcil. Le discours de Mathilda ne lui avait-il pas fourni matière à penser sur mon comportement, sur mon passé de maire de la ville ? *Ne réalisait-il pas que j’étais un être vil et sans scrupule, derrière ma carapace de gentil petit maire ?* pensais-je ironiquement. Non, vraiment, pour qui elle me faisait passer l’autre !
La décision de Raulne était simple : une confrontation viendrait rapidement entre la fille et Azarov : soit ce n’était pas lui et il écoperait de corvées ; soit c’était bien lui et on le tuerait. Il me demanda mon avis. Mais je repensais au début de notre conversation, quand j’avais rapproché à Raulne de ne pas m’avoir informé de la situation d’emprisonnement de son soldat, et je m’étais fait envoyer paître par Mathilda et Raulne. Donc, cette fois-ci, fort de cet enseignement, je choisis de rester neutre :
« C’est votre soldat, Lieutenant Raulne. Je ne peux pas interférer dans vos décisions. »
Mais si je voulais ferrer Azarov et le faire marcher pour moi, je me devais aussi d’ajouter :
« Bien sûr, je souhaite qu’il soit innocenté. » J’avais dit cela sans regarder Azarov, seulement Raulne.
« J’espère que ce n’est qu’un malentendu. »assurais-je.
Sur ce, je saluais les deux hommes et sortais de mon bureau. *Mon bureau… Il est devenu un champ de bataille, entre Mathilda et moi !* pensais-je, ironique.

FIN POUR MARTIN.
Spoiler:
 


LIVRE II **Chapitre 1**
Topo sur Martin

Passée la folie des grandeurs
L'envie de jouer les grands seigneurs
Passée l'ivresse, passée l'ardeur
Dont les fruits n'ont plus de saveur
Revenu de sept ans de malheur
D'un accouchement dans la douleur
Lassé de mentir, de faire l'acteur
Quand on n'est plus à la hauteur
Restent les murs porteurs
Pour s'abriter du froid
Pour conjurer le malheur
Et retrouver sa voie
Voir le profil de l'utilisateur
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude

Passeport
Possessions:
Chances: 1
Richesses: 35
Seule la Mort met fin au Devoir
Messages : 5531
Membre du mois : 113
Célébrité : Christian Bale
Localisation : Louisville depuis peu
Age : 26
Crédit : Torben
Emploi : Lieutenant
Caractère : Exécrable
Vos Liens :
Spoiler:
 




MessageSujet: Re: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Mer 10 Avr - 18:26

    J'ai repris ma ligne de conduite initiale. Ne pas vendre l'un des nôtres à la vindicte populaire tout en m'assurant qu'il ne s'en sorte pas totalement indemne. J'essayais d'être juste sans me départir d'un homme ni faire la moindre erreur de jugement. Peu importait beaucoup de choses, maintenant. Tout ce qui comptait, c'était que la discipline ne se relâche pas. J'espérais que le compromis que j'avais adopté était suffisant, en tous cas en ce qui concernait la foule, Huygues, et mes hommes. Je devais essayer de trancher en prenant la décision qui porte le moins atteinte à tout le monde, et ce n'était pas facile. Au moindre faux pas, les choses pourraient dégénérer assez sérieusement, ce qui n'était absolument pas le but. Je n'avais pas le choix ; je me devais de faire ce qu'il fallait sous peine de provoquer un nouveau bain de sang. Quand je voyais ce que le dernier avait eu pour conséquences sur l'état moral de mes hommes, sur leur capacité à accomplir leur devoir... L'avenir s'annonçait bien sombre. Je scrutais le visage des deux parties encore présentes. J'espérais voir pas mal de choses, et je n'étais pas déçu. Azarov d'abord, qui semblait assez peu content de son sort. Celui là, je m'y étais attendu. Après tout, il était quelqu'un d'accusé injustement, ou c'était peut être simplement le rôle qu'il se donnait... Dans les deux cas, ça marchait bien sur moi. Je me sentais coupable de punir un homme peut être innocent. Les circonstances étaient tellement habituelles que ma rigidité habituelle avait laissé place à une indécision, que je m'efforçais de cacher envers et contre tout. On ne devait pas pouvoir interpréter le moindre de mes gestes comme de la faiblesse, je m'y refusais totalement. Je hochais la tête aux paroles du Maire, qui ne se mouillait pas trop et qui prenait sans doute la seule décision qui lui était offerte dans toute cette histoire.


    | Bien. Je vous laisse alors. Azarov, vous pouvez rejoindre la section. Huygues. |


    Je saluais militairement Azarov sans prêter attention à sa réponse, et offris un signe de tête au Maire pour prendre congés. Il était temps d'aller de l'avant, et d'occuper très vite tout le monde pour leur éviter de penser à toute cette misérable affaire...



Codage (c)Kanala // Gif (c) Tumblr
Voir le profil de l'utilisateur
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Coupable ?! [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 12:47



Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum