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La noirceur s'empare-t-elle peu à peu de mon cœur ?
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MessageSujet: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Lun 3 Déc - 18:45

    J’eu un vertige qui me fit tomber sur le côté, me rattrapant avec ma main gauche qui m’arracha une légère grimace. Heureusement que j’étais à genoux, sinon j’aurai bien cru faire une réelle chute. Rien de très grave si j’étais tombé sur de la terre labourer mais tout de même. Depuis ma coupure au bras, j’avais l’impression que ces vertiges ne me quitteraient plus. Cela ne faisait pas longtemps que je m’étais blessé et on ne m’avait pas encore retiré les fils. Elle me faisait encore mal et je ne devais normalement pas forcé sur mon bras. Pas évident lorsqu’on était horticultrice, j’avais besoin de mes deux mains et en l’occurrence de mes deux bras. J’étais en sueur et ma respiration était inconstante. Il était le milieu de l’après-midi et j’étais dans cette serre depuis le matin. Je chouchoutais ces légumes pour éviter d’en perdre trop, car je doutais franchement que nous aurions des ressources aussi longtemps que cette guerre durera. Si déjà nous restions vivant jusque-là et arrivait à passer l’hiver. Je m’imaginais que trop bien la suite des choses et cela m’effrayait. Quoique je préférais largement mourir de faim que de mourir criblé de balles ou je ne sais quelle autre horreur on pouvait faire à une femme.
    Mes pensées noires furent interrompues par une main sur mon épaule et une voix qui me demanda si tout allait bien. Ma collègue était vraiment gentille et j’appréciais travaillé avec elle. Elle me proposa d’aller me reposer et qu’elle finirait le travail que j’avais en cours. Je ne pouvais refuser, cela me ferait énormément de bien de pouvoir souffler un peu. Je quittais alors la serre pour me diriger vers l’hôtel où je résidais encore momentanément avant d’emménager chez Elena. J’avais hâte d’ailleurs de pouvoir avoir une vrai chambre, une cuisine, un salon… même si je la connaissais que très peu, j’avais un très bon pressentiment à son égard, et je lui étais reconnaissante de pouvoir me faire sortir de cet infernal hôtel. J’aurai de la compagnie dans une maison, et je pense que cela pourrait me faire du bien, dans un sens.

    La douche me fit énormément de bien, et je savais aussi que ça deviendrait de plus en plus un luxe au fil des temps, j’en profitais alors encore un peu. Le temps de refaire mon bandage, de mettre un peu d’alcool pour éviter que ça ne se surinfecte, de m’habiller, puis je m’étalais sur le lit et m’endormi presque aussitôt, les paupières lourdes et prête à dormir des heures. Je ne dormi pas longtemps, car je me réveillai en début de soirée. J’avais dû dormir quoi, 3-4 heures maximums ? J’avais l’impression de m’être assoupi 5 minutes et de n’avoir pas véritablement dormi, comme si j’avais fait une nuit blanche, c’est insupportable. Je me redressais sur le lit et regarda par la fenêtre. Je ne pouvais pas attendre le sommeil encore et encore dans cette pièce qui me semblait rétrécir de jour en jour. Devenais-je petit à petit claustrophobe ou était-ce encore une de ces satanées sensations infernales qui me submergeaient au fur et à mesure ?
    Je me levais, prit mon manteau et sorti de cet hôtel pour me diriger vers où me dirigerais mes pas, et ce fut le port. Surprenant. Je ne m’étais jamais aventuré jusque-là. Les quais étaient étonnamment pleins, avec de rares bateaux absents. Je me demandais à qui appartenait tous ces bateaux… Je m’étonnais à rêver me voir partir sur l’un d’eux et rester sur l’océan autant d’année qu’il le faudrait et tant que durerait cette guerre dont on ne sait absolument rien. Je me dirigeais vers le quai le plus loin, cherchant la solitude mais aussi l’apaisement auprès d’un clapotis régulier que j’entendais depuis tout à l’heure et qui s’amplifiait au fur et à mesure que j’avançais sur ce quai. Je m’arrêtai sur les dernières planches de bois qui tenait ce quai, porta mon regard sur l’horizon que j’apercevais encore. Je m’imaginais voir un beau couché de soleil, et ma main droite serra une main invisible que je pensais être celle de Mickaël. Comme si j’étais avec lui, la dernière fois que nous avions vu un soleil couchant sur une magnifique plage. J’avais du mal à me souvenir du bonheur que j’éprouvai à ce moment précis, étant donné que mon cœur avait été ravagé par tout ce chaos. Alors je m’efforçais d’y songer… debout, seule face à ce grand large, comme attendant une réponse de ce noir océan.


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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Mar 4 Déc - 15:02

    Elle était devant moi. Calme, infiniment calme comparée à la tempête qui s’agitait en moi depuis plusieurs heures. Je m’étais renfermé, je le savais, pour encaisser la douleur de savoir que je n’étais qu’un monstre. Peut être endormi, mais toujours un monstre. Je n’avais pas le droit de blesser les autres, je n’avais pas le droit de faire en sorte que les autres s’attachent à moi. J’étais un monstre, un vrai monstre. J’étais méchant, avec tout le sens profond que pouvait assembler ce terme aussi courant et aussi enfantin que l’on utilisait chaque jour avec plus ou moins d’impact sur les autres. Généralement, j’évitais d’y penser. Généralement, j’encaissai cette vérité en en prenant le contre pied, en la vivant par des bêtises, en imposant aux autres une vision fausse de ce que j’étais réellement au fond de moi. Un monstre. J’étais en colère. Contre moi. Contre cette méchanceté qui m’interdisait tout rapport humain. Je n’avais pas le droit de faiblir, j’avais faibli tout à l’heure, et ça rendait cette interdiction encore plus douloureuse. Mais je n’avais pas le droit. Je fixai la mer, cette mer que je ne connaissais que peu, mais qui était quand même là. J’avais beau être originaire de Provence, j’avais vécu loin des côtes la plupart du temps. Mais la mer faisait comme même partie intégrante de moi, ne serait-ce que par le cri des mouettes, les embruns portés par le vent. La seule différence avec Velaux, c’était que la mer était devant moi. La mer… à quoi pensais-je… c’était un océan qui était devant moi. Un océan tumultueux, ou sensé l’être, qui sous un ciel d’orage pourrait retranscrire ce que je ressentais actuellement, la tempête qui était abritée en moi, les tumultes de mes pensées…

    J’étais assis sur le bord de la jetée, les pieds dans le vide, regardant se briser contre le béton les vagues tranquilles. Pas grand monde dehors. Tant mieux. Je n’étais pas de bonne humeur. Je me sentais capable d’exploser, de frapper quiconque se risquerait à m’adresser la parole. Je me sentais capable d’être ce pourquoi j’étais de mauvaise humeur. Cercle vicieux ? Assurément. Pire que vicieux, si vous vouliez mon avis. Il fallait que je mette de l’ordre dans mes pensées. Il fallait que je me calme. Tout à l’heure, j’avais frappé le médecin. Pour rien. Par frustration assurément. Par bêtise. Dans tous les cas, je n’avais plus aucune crédibilité auprès du personnel soignant. Ils devaient à coup sûr envisager de parler à Raulnes de mon état mental se rapprochant plus du problème psychologique que de la simple immaturité. Tant mieux. Une personne qui n’était plus crédible était une personne sur qui on ne comptait pas. Et si on ne comptait pas sur moi, je ne pouvais pas décevoir et donc je ne pouvais pas blesser. Il s’agissait simplement, maintenant, de perdre toute crédibilité aux yeux de Valentine. Mais je n’avais pas envie. Je devais le faire, pour Valentine, mais je n’en avais pas envie. Je me recroquevillai sur moi-même, enfouissant mon visage dans les poils longs de Baxter qui, bien sûr, m’avait accompagné, et attendait patiemment que j’aille mieux. Un chien, comme tous les animaux, sentait dans quel état se trouvait son maître, et les autres humains bien sûr. Si j’avais peur, il le savait. Si j’étais heureux, il le savait aussi et partageait ma joie. Et là, il savait que ce n’était pas le moment de jouer, de m’agacer. Je repensai à Valentine. J’y pensais à dire vrai epuis qu’on s’était quittés, moi retournant dans ma chambre, elle retournant dans la sienne, avec sa perfusion, moi avec ma jambe boitillante. Un fin sourire faillit éclore sur mon visage. Faillit. Je l’étouffais dans ma culpabilité. Je n’avais pas le droit de la revoir. Enfin… je savais, je le savais si bien, que si je la recroisais, je n’arriverais pas à faire ce que je devais faire pour perdre toute crédibilité. Pourquoi ? Pourquoi étais-je aussi… mauvais. Je n’avais aucun doute à ce sujet, mes actes et mes pensées étaient des preuves suffiamment lourdes pour que je ne puisse doute. Mais comment pouvais-je être le frère de Blandine qui était la douceur incarnée ? Comme pouvais-je être le frère d’Emmanuel qui était juste et paisible ? Lorsque j’étais petit j’avais souvent pensé que j’étais un enfant adopté et que mes parents ne voulaient pas me le dire. Mais je ressemblais trop à Manu pour que ce soit plausible.

    Je regardais l’heure à ma montre. Presque dix neuf heures trete. Cela fait donc bien une demi-heure que je m’étais « enfui » de l’hôpital. De la clinique. De mon « méfait ». J’avais peur. Baxter me lécha le visage, m’arrachant un faible sourire. Lentement, j’essayai de me relever, hésitant comme un gamin en fuite après avoir fait une bêtise, à rentrer maintenant ou à repousser l’échéance. Que m’avait dit Ben’ déjà ? Ne pas faire de vague ? Le médecin devait arborer un bel œil au beurre noir à l’heure qu’il était. Et devait déjà s’expliquer avec Raulnes. Les infirmières n’avaient rien dit lorsque je leur avais demandé une béquille pour sortir me promener. Elles avaient eu peur de moi. Mon regard brun se replongea dans l’immensité de l’océan ponctué par des navires tous amarrés aux quais. Pourquoi le frapper ? C’était le seul moyen que j’avais trouvé pour communiquer et évacuer le trouble qui m’habitait depuis que j’avais quitté Valentine. M’excuser ? Oui. Non. Peut être… Je n’en savais rien. J’avais du mal à aller au-delà du mal-être qui m’habitait. J’avais besoin d’un bon punching ball pour me défouler physiquement. Je récupérai la béquille dans l’idée de continuer à marcher lorsque dans un bel ensemble, Baxter et moi remarquâmes la présence d’une tierce personne sur la jetée. En soit, il y avait suffisamment de Louisvilliens, réfugiés et autres militaires dans le coin pour que ce ne soit pas étonnant d’en croiser, mais nous ne nous y attendions pas. Et je ne m’attendais pas non plus à voir Baxter faire quelques pas dans la direction de la jeune femme, puisque c’en était une. Que j’avais déjà vu. Baxter dut interpréter mon silence comme un acquiescement puisqu’il se mit à trottiner vers celle qui l’avait pris pour une peluche quelques jours plus tôt.

      « P#tain Baxter ! Spèce d’imbécile, tu reviens, au pied crétin ! »


    Je n’étais déjà pas à prendre avec des pincettes avant, mais là… Ce petit enfoiré allait m’entendre gueuler. D’ailleurs, il avait du comprendre que je n’étais pas de bonne humeur et que, pire, j’en avais après lui, parce qu’il venait de s’arrêter, à quelques décimètres de la jeune femme. Je boitillais à l’aide de la béquille, en répétant d’une voix énervée :

      « Petit c#n, non mais ça va pas de me fausser compagnie comme ça ? Tu veux que je te remette ta laisse, crétin ? Bien sûr que non tu ne veux pas. Et alors, tu crois que ça me plait ? Mais si tu fais l’idiot, forcément j’suis obligé de la remettre. Allez, au pied. Assis. »


    La queue entre les jambes, Baxter s’exécuta pendant que je lui remettais sa laisse, objet qu’il détestait tout comme moi. Je n’étais pas d’humeur à lui faire la leçon, surtout devant une étrangère, aussi je me contentais d’agrémenter le coup d’une petite tape sur le museau. Et d’un grattage derrière les oreilles, quand même, pour que tout ne soit pas négatif. Lorsque j’avais commencé ma formation de maître chien, j’avais eu quelques scrupules à le punir pour m’avoir désobéi quand bien même il savait exactement ce que je voulais, sachant que je n’obéissais et n’exécutais les ordres qu’à reculons et une fois sur quatre. Mes instructeurs avaient fait la remarque que ça allait peut être me pousser à être moins… stupide. Ils n’avaient pas tout à fait tort. Je regardai la jeune femme, ajoutant méchamment à son intention :

      « Et vous en rajoutez, en plus. Qu’est ce que vous avez avec mon chien, hein ! C’est parce que vous êtes seule ? Et bien, restez seule, et laissez Baxter tranquille. »


    J’étais stupide, bien sûr. Injuste. Illogique. Pathétique. Je ne savais plus ce que je disais. Elle était la mauvaise personne, au mauvais moment, au mauvais endroit, devant une personne mauvaise. Echec. J’avais mal, et je voulais qu’elle ait mal elle aussi. Et c’était parce que je voulais ça que j’avais mal. Un p#tain de cercle vicieux, je vous disais. Je devais être ridicule, avec mes cernes, mon treillis, mon tee-shirt noir (oui, j’avais pris le temps de m’habiller avant de sortir du bâtiment) et mon regard colérique. Je ne savais pas si j’étais intimidant ou ridicule. Dans tous les cas, j’en avais marre, je n’en pouvais plus, il fallait que j’éclate. Il fallait que je hurle sur quelqu’un, que quelqu’un soit le punching ball que je n’avais pas. Il était étrange de voir que quelques heures plus tôt, j’avais tout mis de côté pour aider quelqu’un, et que maintenant, je me fichais éperdument de l’état de la jeune femme pour lui cracher au visage le surplus d’amertume et de colère que je ne pouvais garder pour moi.

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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Mer 9 Jan - 17:54

    Mon poing droit serré, je m’imaginais la présence de Mickael à côté de moi… et ça marchait. Je me concentrais sur chaque détail et je fus surprise mais surtout déçue de voir comme ça m’était difficile. Est-ce tout ce qui se passait qui me faisait broyer du noir et m’enlevait tous mes merveilleux souvenirs ? Je ne comprenais pas, mais je continuais à m’efforcer de trouver tous les bons souvenirs dans ma mémoire qui me faisait tellement défaut depuis une semaine. Cela faisait longtemps que je n’avais pas éprouvé un tel bonheur, même s’il était éphémère. Mais je m’y accrochais en ce moment, car cela faisait bien trop longtemps que mes idées et mes songes étaient noirs, même si je savais que lorsque je rouvrirais les yeux, tout ce monde imaginaire presque féérique s’écroulerait devant ce monde en guerre. Mais pour le moment, j’étais bien, debout et immobile, comme si j’allais me jeter dans cette eau sans nul doute gelée.
    Je ne savais pas combien de temps j’étais restée sur ce ponton, et une voix me sorti définitivement de mon rêve. J’étais là avec Mickael, le cœur paisible et la sérénité qui m’étreignait, et puis tout à coup cette voix masculine qui me fit ouvrir aussitôt les yeux, comme un réflexe. Tous ses souvenirs heureux que je m’étais efforcé de garder un cours instant s’estompa brutalement. L’après coup fut terrible, c’était comme si je me réveillais brusquement d’un sommeil profond. On ne sait plus où l’on est et qu’est-ce qui arrive, c’était mon cas. Je failli même tomber dans l’eau en me retournant pour chercher d’où venait cette voix qui me semblait assez familière. Mes yeux tombèrent directement sur le chien qui repartait l’air malheureux. Et je le reconnaissais bien ce chien ! C’était celui de l’hôpital, qui m’avait trouvé alors que je n’étais pas en pleine forme. Dans un sens, il m’avait fait du bien, mais je me souvenais aussi de son maître… et mes yeux s’arrêtèrent sur lui lorsqu’il engueula son chien. La pauvre bête, elle se faisait engueuler juste parce qu’elle avait voulu venir vers moi, me saluer ou avoir une caresse surement. Je ne comprenais pas du tout l’attitude de son maître, j’avais l’impression d’être dans un mauvais rêve ou une mauvaise blague. Mais la réalité me frappa de plein fouet lorsqu’il s’adressa à moi. Pour sûr, c’était réel et son agressivité envers moi me parut incongrue. Oui, j’aurai voulu qu’il me laisse caresser son chien tellement gentil à mon égard et qui me faisait du bien… sa présence me faisait du bien. Mais non, je me retrouvais devant un maître possessif et agressif. Mais le pire de tout, c’était ces paroles qui m’avaient bien trop touché, pile au cœur lorsqu’il me conseilla de rester seule. Tout retomba sur mes épaules, tout ce qui s’était passé et le travail que j’avais fait il y a quelques secondes à peine n’avait finalement servi à rien grâce à cet inconnu.

    « Pardon ? »

    Il était vrai que je n’arrivais toujours pas à y croire. Il m’accusait de quoi en fait ? Que son chien m’appréciait finalement ? S’il venait vers moi je ne pouvais pas le repousser.

    « Je ne fais rien de particulier, j’étais en face de l’océan, je n’avais même pas vu votre chien ! Alors baissez d’un ton ou passez votre chemin si vous ne souhaitez pas que votre chien vienne me dise bonjour. »

    J’eu une seconde de réflexion. J’avais l’impression d’être dans la rue, dans une vie ordinaire sans guerre et que je me disputais avec un vieux con qui ne supportait pas que son chien donne de l’affection à quelqu’un d’autre que lui. C’était irréel ce n’était pas possible !

    « Oh oui, j’imagine que vous ne connaissez pas la solitude avec ce si bon chien. Il est vraiment gentil, j’espère qu’il méritera un jour un bon maître… »

    Oui ce soir, j’étais pour me défendre en attaquant, il avait détruit le rêve que je me construisais et j’avais été réveillé trop tôt. Le fait d’avoir été complètement agressé par cet homme juste parce que son chien m’avait montré de l’affection… je trouvais cette attitude égoïste et presque puérile. Je ne souhaitais pas continuer cette conversation dans cette ambiance, je n’avais pas besoin de ça ces temps-ci.


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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Lun 4 Fév - 10:46

    J’étais au bord de l’explosion, du craquage nerveux, de la débâcle intellectuelle totale. J’avais besoin de me défouler totalement, le coup porté au médecin n’ayant été que le premier de la longue série que j’étais en train de retenir pour ne pas frapper une femme, fragile de carrure qui plus est. J’étais en colère, contre tout le monde. Contre elle, qui semblait se faire apprécier de Baxter, m’ôtant mon dernier contact avec un ami parce que Bertin était très occupé avec sa radio de m#rde, contre moi qui ne savais pas me comporter naturellement avec un être humain sans avoir envie de frapper quelqu’un, de l’emmerder ou autre. Contre l’océan qui était si calme alors que j’aurai voulu qu’il soit le reflet de la tempête qu’abritait mon cerveau. Contre la guerre, l’apocalypse, les fraises, les jeux vidéos trop durs pour que je les termine en quelques heures, les énigmes qui refusaient de se bloquer et que je résolvais toujours trop rapidement. Contre mon caractère pourri, contre mes parents qui étaient sûrement morts à l’heure actuelle. J’étais en colère contre tout ce vers quoi pouvait se porter mon esprit, et cette colère qui m’était si familière, je n’avais personne d’autre que cette jeune femme si qui l’évacuait. Il n’y avait pas le punching ball qui m’avait suivi à Autun pour que je continue de déverser ma rage par le biais de coups de poing. Je n’avais pas la forme physique de courir pour me dépenser. Alors c’était elle qui allait tout prendre et tant pis pour elle.

      « Pardon ? Je ne fais rien de particulier, j’étais en face de l’océan, je n’avais même pas vu votre chien ! Alors baissez d’un ton ou passez votre chemin si vous ne souhaitez pas que votre chien vienne me dise bonjour. Oh oui, j’imagine que vous ne connaissez pas la solitude avec ce si bon chien. Il est vraiment gentil, j’espère qu’il méritera un jour un bon maître… »

      « Baisser d’un ton ? Non mais vous vous êtes vue, avec vos provocations à deux balles ? C’est plutôt vous qui devriez vous calmer non mais oh ! »


    Alexandre 0, Stupide 100. J’étais vaincu par KO par les bêtises que je disais et le pire, c’était que je m’en fichais absolument. J’étais même fier de dire des bêtises. Parce que ça me prouvait que je n’avais pas tort, que j’étais bel et bien un enfoiré de première et que non, je n’avais pas aidé Valentine. J’avais même du l’enfoncer davantage à lui faire de faux espoirs. J’étais un enfoiré, et un c#nnard et cette simple constatation, piqûre de rappel en étant méchant avec la jeune femme, me remettait les pieds sur terre et dans un terrain connu. Au moins, j’avais la certitude de quelques choses. Au moins, en étant, en me comportant comme le dernier des imbéciles et le c#nnard parfait, je retrouvais un milieu que je connaissais pour le fréquenter assidûment depuis bien longtemps. Je reprenais mes marques, et j’aimais ça. Non, c’était faux, je n’aimais pas ça, mais pourtant, la méchanceté gratuite, c’était le domaine dans lequel je me reconnaissais comme un génie. C’était celui qui me posait le moins de problème, parce que c’était naturel. Baxter recula de quelques pas, il sentait que j’étais en colère, et que j’allais exploser pour un rien, et qu’il ne valait mieux pas rester dans le coin, et qu’il était enchaîné à moi par la laisse, plus pour le pire que le meilleur. J’enfonçai le clou plus profondément :

      « Et je vous remercie, mais Baxter est très heureux avec moi. Et qu’est ce que vous faites à traîner là, aussi ! Vous complotez quelque chose ? Eh oh, ALLOOOOOOOO ! C’est votre vocation de pourrir la soirée des gens je parie. »


    J’entendais la voix d’Emmanuel résonner dans ma tête, me disant d’arrêter le carnage, d’arrêter de parler, d’arrêter de faire le c#n. C’était moi qui devais lui pourrir sa soirée, là. C’était moi qui avais la vocation de pourrir la vie des gens. Je n’aurai jamais du parler à Valentine. Je n’aurai jamais du lui parler comme je l’avais fait. Je n’avais pas pris les mesures nécessaires pour qu’elle ne m’aime pas, et je le regrettais. Oh, il ne fallait pas croire ce que je ne disais pas. Il ne fallait pas non plus extrapoler ce que je pensais. Je l’étais pas en train de dire que Valentine devait sûrement m’adorer à l’heure qu’il était, mais… elle ne me détestait / méprisait / craignait sûrement pas. Et le pire, c’était que je me savais capable de tenter bêtement de maintenir cette situation si je la recroisais. J’étais de nouveau au bord de l’explosion. Dingue comme une simple fille pouvait autant me chambouler. Je poussais la jeune femme, d’un geste brusque.

      « Dégage, s’te plait, dégage ! Tu fais chier ton monde, là ! »


    Tu sais, Alexandre, un jour, il faudra que tu comprennes que ce n’est pas en étant un petit c#nnard que tu vas changer. Ce n’est pas en frappant les gens que tu apprendras à être sympa.. Ta gueule, Manu, ta gueule s’il te plait. Et sors de ma tête, grand frère, dégage toi aussi. Parce que je n’avais pas besoin de recevoir de leçon d’un petit médecin à la c#n qui voulait se la jouer psychologue de famille. Parce que dans tous les cas, tes conseils ne servaient à rien, parce que j’étais déjà plus ou moins conscient de tout cela. Mais j’étais tel que j’étais et je ne pouvais pas changer. Et être méchant, au moins, être c#n, c’était d’une sécurité rassurante. Parce que c’était ce que j’étais.

    Je ne fis pas attention au bord du quai qui était si proche lorsque je poussais une nouvelle fois la jeune femme en lui répétant d’une voix acide et coupante de dégager de mon champ de vision, comme pour prouver à mon frère que la méchanceté était si ancrée au fond de moi que seule la mort alors pouvoir la déraciner.

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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Dim 10 Fév - 17:05

    Alors que j’étais encore sous le choc de l’attitude de cet homme, je me demandais comment il allait répondre. J’espérais qu’il continue sa route et me laisse tranquille, mais au vu de son attitude je m’attendais à ce qu’il m’agresse de nouveau. Je n’en avais pas besoin, personne n’avait besoin d’une agression gratuite par ces temps. Mais qu’est-ce qu’il avait ? S’il se sentait le seul à avoir des problèmes et bien il avait tout simplement tort. On était tous dans le même bateau, on avait tous peur pour nos proches et tous terrifié par la situation. En tout cas, moi, je l’étais et je souffrais de mon côté sans jamais emmerder les autres. Alors pourquoi lui ne pourrait-il pas le faire ?
    J’ai vite comprit après sa réplique que ça n’allait pas s’arrêter là. Je soupirais, j’avais presque envie de lui fausser compagnie, et de partir comme ça. Mais il était en travers de mon chemin, et loin l’idée de moi que de l’agresser physiquement, je doutais d’en être capable aussi. Il me parlait de mes provocations, mais qui diable avait commencé ? C’était stupide, j’avais l’impression qu’il y avait une caméra caché, que ce n’était qu’une fausse blague et que tout allait s’arrêter bientôt. Je ne comprenais décidemment pas son attitude, surtout que je ne l’avais pas vu jusqu’à ce qu’il m’aborde un peu violemment. En y repensant, tout a commencé à cause de son chien qui éprouvait de l’affection pour moi. J’aimais les animaux, alors je ne pouvais pas refuser un petit coucou, comme le premier jour où je l’avais vu dans les couloirs de l’hôpital. J’avais apprécié de le rencontrer jusqu’à ce que son maître arrive pour l’engueuler, comme aujourd’hui, mais en bien pire. Alors je m’étais dit de ne pas répliquer et de le laisser déballé tout ce qu’il voulait, je ne pu faire autrement lorsqu’il m’accusa d’avoir pourri sa soirée. Je restais tout simplement… outrée.

    « J’ai pourri votre soirée ? Qui est-ce qui a commencé à m’aborder et à m’agresser le premier ? Tout ça parce que vous ne supportez pas que votre chien aille voir quelqu’un d’autre que vous ! Ce n’est pas de ma faute si vous avez un problème avec ça ! J’étais tranquille moi avant que vous vous pointiez et saccagez le peu de sérénité que j’avais trouvé ! »

    Je repris ma respiration alors que tout était sorti aussi rapidement que je l’avais pensé. Il commençait vraiment à me gonfler, il avait un réel problème ce type !

    « Alors comme vous avez pourri ma soirée, je suis ravie que la vôtre la soit aussi. »

    Il fallait quand même qu’il réalise que c’était lui qui n’en faisait qu’à sa tête. Soit il avait trop de chose sur le cœur, soit il était réellement con. Pour le moment, il ne me faisait pas peur, mais lorsque je le vis s’approcher, je commençais à me demander s’il me laisserait rentrer indemne. Je n’eue le temps de ne rien entreprendre qu’il m’avait déjà poussé violemment. J’accusais le coup en me déplaçant d’un pas, surtout pour éviter de tombé du ponton. Jamais je n’aurais cru qu’un jour un homme me pousserais de la sorte. Je sentis une vague de peur me submerger, je voulus reculer encore mais je sentis mon talon effleurer le vide. Bizarrement, mon regard se posa sur le chien, ne pouvait-il pas faire quelque chose ? Au moins me laisser une ouverture pour pouvoir courir le plus vite possible à ma chambre d’hôtel ? Il me faisait vraiment peur, et au moment où je m’étais décidé de le pousser pareillement et d’essayer d’échapper à cette situation, il me poussa une seconde fois ; chose que je n’anticipais absolument pas. Je ne vis rien venir, seulement l’impression étrange de perdre l’équilibre et de sentir mon pied dans le vide. Je chavirais.
    L’eau me fit tel un coup d’électrochoc de par son contact affreusement glacial. Je nageais rapidement pour retrouver la surface, car mon souffle n’était pas du tout bon depuis que mes poumons aient été blessés. Je n’avais plus la même apnée. C’est pourquoi lorsque ma tête sortie de l’eau, je repris une grande inspiration qui me réveilla ma toux brusquement. J’essayais de rester au-dessus de l’eau malgré ma toux qui s’intensifiait et essayais aussi de garder mon calme pour qu’elle s’arrête avant de me provoquer une intense douleur au niveau du thorax. J’arrivais à me calmer, et désormais chaque respiration me coûtait une douleur, en plus de celle de mon bras qui s’était réveillée au contact de l’eau et de mes gestes pour nager. Ma coupure n’était pas encore guérit et je sentais d’atroce picotement dû surement à l’eau de mer. Mais quel pauvre con ! Mon regard se fixa sur lui, folle de rage.

    « C’est bon maintenant t’es content ? J’ai dégagé alors maintenant passe ton chemin et laisse-moi tranquille c’est clair ?! »

    Je toussais une nouvelle fois. Je ne voulais rien avoir à faire avec lui désormais. Je me dirigeais non pas vers le ponton d’où j’étais tombé car le vieux fou était encore présent, mais plutôt vers le rebord du port. J’avais été chanceuse de ne pas percuter un bateau ou des débris, car j’étais sûr qu’il m’aurait laissé mourir et me noyer sans aucun regret. Tout le contraire de son chien, à mon humble avis, donc je me demandais vraiment ce qu’il foutait avec cet animal qui avait l’air d’être extrêmement gentil. Je n’y pensais plus, car quand je parvins jusqu’au bord, je me sentis démunie. Il était trop grand pour que je m’en sorte toute seule, surtout avec un bras valide. Je m’accrochais donc avec mon bras valide pour soulager mon autre bras qui commençait à me faire véritablement mal, j’espérais juste ne pas avoir fait sauter des fils. Je sentais aussi soudainement le froid glacial m’envahir et me faire trembler de partout. Une fois agrippée, j’observais les alentours, je me disais que je pouvais peut-être accéder à un bateau et de là pouvoir me sortir du pétrin que cet abruti m’avait mis. Je ne souhaitais qu’une seule chose : ne plus le revoir et rentrer surtout chez moi afin de me sécher et de ne pas attraper la crève.


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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Ven 15 Fév - 9:33

      « J’ai pourri votre soirée ? Qui est-ce qui a commencé à m’aborder et à m’agresser le premier ? Tout ça parce que vous ne supportez pas que votre chien aille voir quelqu’un d’autre que vous ! Ce n’est pas de ma faute si vous avez un problème avec ça ! J’étais tranquille moi avant que vous vous pointiez et saccagez le peu de sérénité que j’avais trouvé ! Alors comme vous avez pourri ma soirée, je suis ravie que la vôtre la soit aussi. »


    Je l’avais poussée sans ménagement et je restais sourd à ce qu’elle pouvait me dire. J’en avais marre, j’en avais assez et ce trop-plein de tout me mettait totalement hors de moi. C’en était trop pour mes nerfs. Je ne savais pas comment gérer l’embarras que je ressentais, alors je le gérais comme je savais canaliser la colère et la violence dont je me savais le réceptacle : en l’évacuant par la force physique et les attaques verbales. Je l’avais poussée par deux fois, et même si je n’avais pas mis toute la force que je pouvais rassembler, je n’avais pas non plus ménagé mon agressivité. Et surtout, je n’avais pas vu que nous étions aussi proches du bord. Sans un mouvement je la vis vaciller, tanguer et finalement partir en arrière et tomber à l’eau. Les éclaboussures d’eau glacée me firent l’effet d’une gifle et je m’accroupis instantanément sans pour autant tendre une main secourable à la jeune femme que je vis réapparaître à la surface.

      « Oh p#tain de m#rde ! Pourquoi elle est tombée celle là ! »


    Elle semblait folle de rage lorsqu’elle posa son regard sur moi, et je la comprenais bien. Se faire réveiller par l’eau froide n’était pas la meilleure des choses ni la plus sympathique. Mon regard noir et mon visage sévère lui firent écho sans se dérider une seconde par de l’inquiétude ou quoique ce soit. Elle avait mérité de se retrouver à l’eau, cette blondasse, elle l’avait mérité, parce qu’elle n’avait pas dégagé à temps de mon espace vital, et qu’elle n’avait pas entendu les signaux d’alarme de mon comportement violent. J’entendais Baxter grogner à côté de moi, inquiet visiblement. Il allait et venait autour de moi et je sentais sa laisse que je tenais encore se frotter sur mes mollets au rythme de son déplacement.

      « C’est bon maintenant t’es content ? J’ai dégagé alors maintenant passe ton chemin et laisse-moi tranquille c’est clair ?! »

      « Personnellement, je trouve qu'il est un peu tôt pour un bain de minuit, mais bon.. chacun ses coutumes, hein ! Si je vous dérange, je me casse, okay !»


    Ouais, j’étais content ; j’étais même fichtrement content ! Elle voulait que je la laisse tranquille ? Tant mieux, parce que c’était ce que j’allais faire, et pas plus tard que maintenant ! Je me levais souplement, en grimaçant au passage à cause de ma jambe rebelle et je jetai un regard méprisant à la forme qui se déplaçait vers un autre ponton pour remonter sur le quai. Je la méprisais parce qu’elle me chassait et qu’elle n’était pas capable de me demander de l’aider. Et pourtant, si j’avais été dans sa situation, j’aurai fait la même chose… Mais ce n’était pas moi qui étais dans l’Atlantique, là, et tout était pour le mieux. Sans me départir de mon rictus méprisant et empli de dédain je fis volte face pour quitter le quai sifflant Baxter qui semblait hésiter à me suivre. Je tirai un peu sur la laisse pour lui rappeler qui commandait et nous fîmes quelques pas en direction de la rue la plus proche. Je m’arrêtai. J’allais vraiment la laisser là ? Dans l’eau ? Qui devait être glacée ? Oui, bien sûr, puisqu’elle m’avait dit de la laisser tranquille, me murmura une petite voix amusée. Non, je ne pouvais pas. C’était quand même à cause de moi qu’elle était tombée. Je jetai un regard en arrière, indécis. Bon. La voix de Manu s’éleva dans ma tête, pour couvrir la petite voix rieuse qui me disait de partir : non mais je n’y crois pas, Alex ! T’es vraiment qu’un gros c#nnard. Elle va peut être mourir, et toi par simple orgueil, parce qu’elle ne te l’a pas demandé, tu ne vas pas l’aider ? P#tain, tu m’avais déjà fait honte mais pas à ce point, lâche… . Je serrai les poings. Moi ? Lâche ? Et depuis quand ?

      « Manu, ne me traite pas de lâche, petit enfoiré ! »


    En attendant, tu lui obéis en la laissant, tu n’assumes pas ta c#nnerie en fasse, et tu parles tout seul, frérot, alors bouge ton gros c#l et fais quelque chose mince !
    Une flopée d’injures plus tard, je me mis en courir / clopiner en direction du quai, à la vitesse que me permettait d’atteindre ma jambe blessée et ma béquille. Sitôt arrivé, je ne m’étais pas encore trop éloignée heureusement, je m’accroupis pour modifier la position du harnais de Baxter et faire quelques petits réglages avant de lui intimer l’ordre de sauter à l’eau histoire d’apporter de l’aide à la jeune femme le temps que je la trouve, tandis que je la cherchais du regard. Je n’avais pas vraiment envie de plonger pour la chercher, moi… La nuit était tombée précocement du fait de l’automne, et les vagues mouvantes ne m’aidaient pas. Finalement je la repérais en suivant Baxter qui était bien plus aidé par ses sens que moi et je me déplaçais vers la jeune femme qui s’agrippait au bord d’un seul bras comme si l’autre lui faisait défaut. Je soupirai avant de saisir son bras et de la tracter sur le bord, sans lui donner la possibilité de m’en empêcher. J’avisai ses vêtements trempés et son teint maladif et je me fis brièvement la remarque qu’elle allait attraper froid. Non, sans blague, Alex, fais un tour dans l’Atlantique le soir, et dis moi que tu meurs de chaud… j’avais franchement des réflexions à la c#n, moi ! Je me mordillai la lèvre, me demandant si elle en valait la peine, puis que je nous reculai du bord, usant de ma force pour l’empêcher de se rebeller d’une quelconque manière. J’en profitais pour regarder son bras blessé, et je fis une moue pas très convaincue concernant sa santé. La jeune femme semblait prise d’une quinte de toux. Bon. Allez, Alex, sois pas stupide. Ou juste comme d’habitude. En gros, arrête de tergiverser, tu ne seras pas à un truc bizarre et chelou près, et de toute manière, tu étais déjà grillé pour l’autre. Dans un rapide mouvement et un énième soupir, j’ôtai son tee-shirt et le mien, et je lui passai mon tee-shirt noir, histoire qu’elle ne reste pas dans des affaires trempées. J’avisai le haut trempé que je tenais et ne me voyant vraiment pas avec un truc trempé sur les épaules, je lui enroulai autour de son bras blessé. Je ne me sentais pas très malin maintenant, torse nu, mais j’espérai un peu qu’elle n’avait pas froid. Heureusement que je n’étais pas sorti avec mon tee-shirt Spirou, parce qu’elle put crever la bouche ouverte pour que je le lui passe. Je fis un pas en arrière et je croisais les bras en attendant que Baxter nous rejoigne.

      « Je n’ai pas réellement l’habitude qu’on me dise ce que je dois faire, alors désolé, mais je ne vais pas vous laisser tranquille. Vous habitez où histoire que je vous ramène et que vous évitiez de tomber à nouveau à l’eau. »


    Mais bien sûr Alex… Demande lui de bâtir un autel à ta gloire et de te remercier à genoux tant que t'y es... J’entendais presque mon frère soupirer à mes oreilles, sans un regard dans ma direction et continuant d’apprendre ses cours. Fais bien comme si elle était tombée toute seule et que tu étais le prince Charmant venu à son secours sans rien demander en retour… c’est touchant.. Oh, tais toi ! Tout d’abord, c’était faux, je ne me prenais pas pour le prince Charmant, ou alors j’étais celui de Valentine. Ou non. Ensuite, j’étais parfaitement conscient de tenir plus du dragon que du blondinet royal, et enfin, je ne faisais pas comme si elle était tombée toute seule, elle était réellement tombée toute seule. En ayant reçu un peu d’aide de ma part, assurément mais bon… pour une fois que j’étais généreux…

      « Pas trop froid ? »


    Elle pouvait toujours courir le marathon pour que je m’excuse d’ailleurs, si elle attendait ça de ma part. J’avais presque un sourire narquois au visage qui masquait l’inquiétude de mes yeux chocolat. Je ne pouvais pas une seule seconde être réellement sérieux, apparemment. J’étais en train de me moquer d’elle alors qu’elle était tombée à l’eau et devait se les geler, là. Enfin… elle avait quand même un tee-shirt sec tandis que moi je me pelais torse nu, ne l’oublions pas. Et en plus, j’étais légèrement frileux à la base, même si je ne le disais pas. Le froid, la neige et tout, ça ne me disait pas grand-chose. Farniente, chaleur et plage, c’était un peu plus idyllique à mes oreilles.
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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Mar 12 Mar - 19:36

    Je cherchais du regard un échappatoire, quelque chose me permettant de me sortir de cette eau glaciale. Je n’avais même pas pensé un instant que ce fou pourrait revenir pour corriger, en quelque sorte, son immense bêtise. J’avais pourtant été assez clair en lui disant de me laisser tranquille, et il m’avait laissé d’ailleurs dans l’eau avant de partir sur une phrase tellement puérile… un bain de minuit ? Jamais je n’aurai cru qu’il pouvait me sortir quelque chose de la sorte. Quoique désormais je pensais cet homme capable de tout, il ne me surprendrait plus. Alors quand je vis son chien sauter à l’eau pour venir m’aider j’eu le sourire aux lèvres… jusqu’à ce que je tourne ma tête vers cet homme qui était revenu. Il m’avait agrippé le bras et même si j’essaie de ne pas le laisser faire, il ne m’en donna pas le choix, ce qui m’énerva le plus au point. Il m’éloigna du bord et avec mon bras valide je me débattis encore sans lui laisser le loisir de me laisser faire. Pas un merci, oh ça non ! Jamais il n’allait recevoir de moi la moindre gentillesse, pas ce soir en tout cas. C’était lui qui m’avait trempé et j’étais frigorifiée, encore par sa faute. Je ne lui pardonnerais jamais son comportement, comme si les gens avaient besoin de ça en ce moment ? Comme si j’avais besoin de ça ! Non mais franchement, c’était son attitude quotidienne envers les gens ? Et combien de personne l’aimait réellement ?
    Je ne pus continuer dans mes pensées car ce fou m’arracha mes vêtements. Je poussai un cri de surprise avant qu’il me balance son tee-shirt que j’enfilais presque aussitôt, comme un réflexe.

    « Nan mais ça va pas ! On t’a jamais appris à demander poliment ?! »

    Le fait est que désormais j’étais à moitié trempé et j’avais un peu moins froid, soit. Mais d’où il venait pour m’arracher mes vêtements de la sorte ? J’avais presque peur qu’il puisse faire tout ce qu’il veut. Non, en fait j’avais peur de ce qu’il pouvait faire, ce qu’il pouvait me faire d’autre sans que je ne puisse rien faire pour me défendre. Alors lorsqu’il s’éloigna d’un pas de moi, c’est comme si je recevais une bouffée d’oxygène.

    « Mauvaise excuse, j’aurai très bien pu me débrouiller seule. Et premièrement, je ne t’indiquerais pas où j’habite, et deuxièmement, je suis tombé parce que tu m’as bousculé ; souffrirais-tu d’amnésie par hasard ? »

    J’étais très cinglante, mais j’avais l’impression qu’il niait complètement le fait qu’il m’avait fait tomber et qu’il m’avait agressé en tout premier lieu. Pourquoi donc serais-je gentille avec lui ?

    « Alors maintenant que ta conscience va mieux, tu peux réellement partir maintenant ? »

    Je ne souhaitais que ça, qu’il parte et que je rentre seule jusqu’à ma chambre d’hôtel. Je ne voulais pas qu’il me ramène car je ne voulais pas qu’il voit où j’habitais. Fou comme il était, peut-être m’aurait-il rendu visite, et je ne pense pas à une visite de courtoisie. Ma pensée fut prouvée lorsqu’il me demanda si j’avais froid avec un sourire qui révélait qu’il s’en foutait royalement. Là encore, je sortis de mes gonds. Mais comment on pouvait être aussi con franchement ?

    « Ooh avec ton tee-shirt maintenant je suis à moitié frigorifiée, tellement gentil. »

    Que de sarcasme, et pourtant je n’étais pas de nature méchante. Mais lorsque l’on m’énervait de la sorte, mes nerfs à vifs me permettaient d’être sarcastique. Je me relevais – m’arrachant un vertige au passage – à l’aide de mon bras valide et repris mes affaires trempées. Déjà que j’avais réussi à en récupérer quelques-unes, ce n’était pas pour les laisser ici. Quant au tee-shirt qu’il m’avait prêté, il n’était pas prêt de le revoir car je l’imaginais très bien au fond d’une ruelle ou carbonisé.


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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Mer 20 Mar - 9:52

    « Mauvaise excuse, j’aurai très bien pu me débrouiller seule. Et premièrement, je ne t’indiquerais pas où j’habite, et deuxièmement, je suis tombée parce que tu m’as bousculée ; souffrirais-tu d’amnésie par hasard ? Alors maintenant que ta conscience va mieux, tu peux réellement partir maintenant ? »

    Je levais les mains, comme pour rendre les armes, un sourire insolent et dédaigneux aux lèvres. Sincèrement, elle était tout à fait stupide… mais elle n’avait pas vraiment tort non plus. Pas d’être stupide, non, de toute manière ce ne devait pas être volontaire, elle, mais de ne pas me donner son adresse.

      « Okay, okay, gardez secrète l’adresse de votre palais, princesse. Et je vous ai bousculée, peut être, sûrement même, mais je ne vous ai pas faite tomber, nuance ! la preuve : je ne vous touchais déjà plus lorsque vous avez bêtement perdu l’équilibre, c’est pas de ma faute ! »


    J’essayais de me convaincre que je ne l’avais pas faite tomber, quand bien même c’était évident que c’était de ma faute. Sinon pourquoi serais-je revenu, ou plutôt pourquoi serais-je parti ? J’essayais de m’en convaincre pour la simple raison que je voulais reculer l’inéluctable : la prise de conscience que je retombais dans un cycle matthias, nommé ainsi par rapport à ma première victime, en maternelle. Les cycles matthias, sortez feuilles et crayons, étaient caractérisés par trois étapes : la colère, l’attaque, et le brainstorming… Ici, c’était simple : colère due à ma rencontre avec Valentine, la perturbation d’un moment de solitude par la piqueuse de chien, l’interpellation… l’attaque : l’interpellation justement, le ton qui monte, qui monte jusqu’à ce que la soupape de la cocotte minute se soulève et tremble, la bousculade, la chute… Et le brainstorming, toujours après de tels évènements… j’étais mauvais. J’étais un p#tain de méchant dans l’histoire, sans qu’il ne me soit possible d’échanger mon rôle avec le héros de l’histoire. J’essayais, parfois, pourtant, mais j’échouais toujours dans mes tentatives. J’avais beau enlever mon costume de Zorg et récupérer Milou, je ne devenais jamais Tintin. Je restais le méchant Zorg « mouahahahaha », je restais Megamind, sans pouvoir devenir un vrai gentil. J’étais un loser intelligent. Bref. Lorsque je lui demandais dans un sourire moqueur, mais avec de l’inquiétude due à mon mini brainstorming si elle n’avait pas trop froid, sa réponse ne se fit pas attendre :

      « Ooh avec ton tee-shirt maintenant je suis à moitié frigorifiée, tellement gentil. »


    Si j’avais toujours un grand sourire au visage, mes yeux, eux, ne mentaient pas et étaient aussi dur que de l’acier, tintés de désillusion et d’une certaine tristesse blasée. Après tout ce remue ménage, mon incapacité à gérer correctement ce que je ressentais, à m’excuser, à agir en personne civilisée, je me sentais effroyablement seul. Ce n’était pas que je n’y étais pas habitué, bien au contraire ce sentiment m’était familier puisque personne, pas même moi, ne supportait réellement ma compagnie plus de vingt minutes, quand bien même je pouvais être drôle, prévenant (ou pas ?), cynique, sarcastique… J’étais toujours à un moment ou à un autre égoïste et violent, et ça douchait efficacement les débuts d’amitié ou les choses dans ce genre. Bref. Visiblement ma question n’avait pas plus à la jeune femme, et j’haussai les épaules pour toute réaction. Je fis encore un pas en arrière. Je souriais, mais mes yeux non. J’étais le méchant de l’histoire, point. La phrase en elle-même était pathétique, mais elle avait un sens, pour moi, qui passait outre la naïveté des mots. Lâcher prise ? Moi qui préférais emm#rder les gens de toutes mes forces, j’envisageais de lâcher prise ? C’était un signe certain que j’avais chuté au fond du gouffre de mes démons. Elle se releva dans un vertige, j’étais debout face à elle les bras croisés, les lèvres pincées. Si j’avais été seul, si j’avais eu cinq ans de moi, je savais parfaitement comment j’aurai réagi : j’aurai serré les poings, les dents, plissés les yeux, tourné le dos pour aller me défouler sur un punching ball et éviter de pleurer de rage de ne pouvoir changer au fond de moi. Maintenant, je n’avais même plus de punching ball sous la main, et je ne pouvais pas aller courir pour m’épuiser, parce que ma jambe me refusait cette solution. Je chancelais d’ailleurs, prenant conscience qu’elle était malmenée depuis plusieurs minutes puisque, négligeant ma béquille, je m’appuyais dessus comme si elle était toute fringante. Je perdis un instant l’équilibre, le temps de reprendre bien en main la béquille et de m’appuyer dessus, et je fis une grimace. Entre elle avec son bras, moi avec ma jambe, nous avions l’air malin. Baxter se colla à moi, manquant de me faire perdre à nouveau l’équilibre, et je m’accroupis à son niveau, gardant toute fois la jambe tendue pour ne pas la malmener davantage, pour le caresser entre les deux oreilles.

      « Ouais, tellement gentil… si vous n’en voulez pas, vous avez qu’à me le rendre ! C’est ça, ouais, rendez le moi et cassez vous maintenant… »


    Si j’avais cultivé un peu plus le sens du spectacle, j’aurai rajouté dans un ton dramatique « avant que je ne vous fasse souffrir davantage », mais je ne cultivais pas le sens du spectacle, et je n’avais pas envie de rajouter du ridicule à l’image qu’elle avait déjà de moi. Je me rendis soudain compte qu’elle me tutoyait depuis le début, et que je la vouvoyais en retour. Pourquoi une telle déférence ? Je n’en avais fichtrement aucune idée. Les mauvais langues pouvaient bien penser ou dire que c’était parce que je la respectais ou un truc du même ordre, moi, je pensais plus que c’était parce que… ça mettait une distance supplémentaire. Je tutoyais mes profs, sauf ceux d’Autun, et je vouvoyais ceux que j’appelais mes « victimes ». Je me relevais et je fis un pas sur le côté, attendant mon tee-shirt. Elle n’en voulait pas ? Et bien soit, j’attendais pour le récupérer. On pouvait croire que qu’on pouvait croire, je n’étais pas pervers, ni obsédé par les femmes, et c’eut été un homme en face de moi, j’aurai eu la même attitude tranquille. J’aurai agi pareil, avec un peu moins de sollicitude, peut être. Les femmes, les filles, vu comme j’étais un danger public pour mes proches et amis, il valait mieux pour moi que je ne laisse pas une personne s’attacher plus que raison à moi, ni que je m’attache plus que raison à une princesse. Le visage de Valentine me frappa de plein fouet, et je serrai les dents et les poings de concert. Je perdis en une seconde tout le calme tranquille et la patience que j’affichais auparavant en attendant mon tee-shirt. J’attendis dans un sourire désabusé une remarque mentale de mon frère, mais il resta silencieux. Etonnement.

      « Oh, et puis m#rde, gardez le ce c#nnard de tee-shirt, et cassez vous ! Dans tous les cas, je ne suis bon qu’à foutre la m#rde, … Tatatadaaam, tatatadaaam, tu l’as dis, tu l’as dit Alex… tu l’as dit à haute voix, mon vieux ! … et vous aussi ! »


    C’est ça, Alex, rattrape toi aux branches. Essaye de te leurrer toi-même. Tu disais quoi ? Tu ne voulais pas te donner en spectacle, ou te prendre pour l’un des personnages d’une de ces pièces de théâtre de rue, qui se lamentent avant le Deus Ex Machina qui les élève au rang de prince, roi, empereur… héros ?
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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Lun 25 Mar - 14:54

    Et il recommençait avec ce sourire insolent qu’il me portait. J’avais l’impression d’être en présence d’un enfant de 8 ans faisant son petit caprice et ne voulant pas du tout avoir tort. Je me demandais même s’il n’était pas suivi par un psychologue avant tout ces chamboulements dans le monde entier. Peut-être sortait-il de l’asile ou il subissait un gros syndrome post-traumatique. Pas que je pensais que mon cerveau était des plus purs, mais j’évitais de faire chié mon monde comme il le faisait. Il était en grand manque d’affection et il faisait comme tous les gosses qui manquaient d’attention, il faisait donc tout un tas de conneries pour qu’on puisse le voir. Enfin du moins je l’analysais comme ça sur le moment. C’était peut-être un homme paumé, mais j’avais envie qu’il me dise que c’était sa faute quand même !

    « Bien sûr, vous êtes doué pour faire des conneries, mais les rattraper c’est une autre histoire ! »

    J’avais réalisé que dans mon emportement, je n’arrêtais pas de changer : je le vouvoyais et le tutoyais. Au diable ! Je ne le respectais absolument pas, donc je m’en fichais éperdument.

    « En fait, t’en a rien à foutre des personnes, va donc emmerder ton monde hors de cette ville ; j’en serais bien plus qu’heureuse tiens ! »

    Je ne l’aidais pas effectivement. Aucun remerciement pour ce qu’il avait fait, de toute façon il n’en avait pas besoin. Il renvoyait une image de lui qui était très irascible, peut-être parce que c’est ce qu’il me provoquait comme émotion. La première fois que je l’avais vu, c’était dans un hôpital alors que je m’étais prise d’affection pour son chien. Dès qu’il rappela son chien, j’eu tout de suite une image très négative de lui. Mon premier ressentiment ne m’avait pas trompé et ne s’était pas avéré faux finalement. Je n’aurais pas cru que dans cette petite ville je puisse un jour regretter d’avoir croisé une personne, surtout par ces temps désastreux. En plus, au fond de moi j’avais peur, car je n’étais pas capable de me protéger moi-même. Je pouvais être la victime de n’importe qui ici, et c’était d’ailleurs ce que j’étais depuis le début. J’avais déjà eu un accrochage avec un citoyen qui m’avait prise pour cible et au final je m’étais retrouvé à l’hôpital. Je jetais un coup d’œil à ma plaie qui me faisait affreusement mal désormais. Je devais absolument changer mon bandage et désinfecter ma plaie. Décidemment, je ne pouvais pas être tranquille dans cette ville. J’étais désormais à moitié trempé avec cet homme que j’avais seulement envie de pousser aussi dans l’eau avant de m’en aller. Je m’étais relevé avec un léger vertige, j’évitais au maximum de bouger mon bras blessé qui me faisait toujours un mal de chien. Apparemment, nous étions deux à avoir quelque chose, car je le vis chanceler et se rattraper sur sa béquille. Au moins, je savais que je pourrais courir pour lui échapper, au besoin. Et pas à un moment je ne l’aurais rattrapé s’il avait vraiment perdu l’équilibre. Et j’avais eu raison de penser en ce sens car il était de nouveau méchant envers moi. Trop prévisible !

    « Ah ça non ! Et si tu te permets encore de me toucher sans ma permission, je te le ferais regretter sans aucun remord. »

    Oui c’était une sorte de menace. Il avait mal à la jambe, alors je commencerais par là et surement prendre mes jambes à mon cou. J’espérais qu’on n’en arrive pas là car je ne savais pas si j’étais capable de me défendre physiquement. Mais peut-être sous la peur ça marcherait.
    Presque aussitôt et si surprenant que cela puisse paraître, il changea d’avis sur son tee-shirt, je pouvais bien le garder à présent. De toute façon, une fois rentrer, je le jetterais surement par la fenêtre ou le brûlerait comme je l’avais déjà si bien pensé plus tôt. Mais ce qui m’intrigua et m’étonna le plus, c’était qu’il avait reconnu son comportement, et apparemment ce n’était pas tout à fait intentionnel. Même s’il m’avait aussi pointé du doigt, je l’avais vite écarté de ma tête et ma curiosité m’avait poussé à aller un peu plus loin bizarrement.

    « Mais qu’est-ce qu’il vous est arrivé pour devenir aussi méchant ? Ne croyez-vous pas qu’un peu de gentillesse ou au moins de neutralité serait bienvenue par ces temps ? Je vous signale que tout le monde à son lot de catastrophes. Tout le monde le maîtrise comme il peut, mais j’ai l’impression que vous vous en fichez complètement. Vous aimez emmerdez le monde dites-moi ? »

    C’était un peu de la provocation, soit, je n’y allais pas par quatre chemin c’était vrai. Mais au moins ça me fixerait sans doute sur ce personnage qui me faisait peur et m’intriguait en même temps. C’était bizarre étant donné que j’avais gardé dans un coin de ma tête le fait de ne plus jamais le revoir.


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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Jeu 11 Avr - 19:48

      « Mais qu’est-ce qu’il vous est arrivé pour devenir aussi méchant ? Ne croyez-vous pas qu’un peu de gentillesse ou au moins de neutralité serait bienvenue par ces temps ? Je vous signale que tout le monde à son lot de catastrophes. Tout le monde le maîtrise comme il peut, mais j’ai l’impression que vous vous en fichez complètement. Vous aimez emmerdez le monde dites-moi ? »


    La question de la jeune femme me surprit au plus haut point, et j’arquai un sourcil, mon éternel sourire se fanant brièvement sans que je ne le retienne. Qu’est ce qui m’était arrivé pour devenir aussi méchant ? C’était la première fois que l’on me le demandait directement. Je fis un pas en arrière. Ma respiration s’accéléra. Je faisais le fier, je faisais le fort, et une simple question me déstabilisait comme jamais on ne m’avait perturbé auparavant. Je savais qu’elle me provoquait, je le savais. Tout mon corps hurlait pour lui répondre verbalement, physiquement pour lui faire ravaler ses sarcasmes, mais mon cerveau était bloqué sur le terme de méchant. Comme si je n’avais pas passé le traumatisme de mes quatre ans. C’était ridicule. C’était pitoyable. Je regardais ma main, elle tremblait. Qu’est ce que j’avais ? Le souvenir net de cette journée, à la maternelle me frappa de plein fouet. Je détournai le regard. « Tu es un méchant garçon Alexandre ! Très méchant ! Pourquoi tu l’as mordu c’était méchant ? Très vilain ! ». La voix criarde de l’institutrice en colère résonnait encore à mes oreilles même vingt ans après. J’étais méchant. Pourquoi l’étais-je ? Je n’en savais rien. C’était naturel. Comme les boucles, chez Loréal. C’était si naturel que je ne le contrôlais pas. J’étais méchant, un point c’est tout. Méchant. Méchant. Méchant. Le mot tournait, et tournoyait dans mon esprit, me titillant, se jouant de moi, comme moi-même je me jouais des terreurs des autres lorsque je les découvrais pour avoir le contrôle. Et m’amuser. Je m’amusais à faire peur aux gens, à jouer avec leurs faiblesses, à appuyer précisément là où ça leur faisait mal. Je m’amusais à faire cela, mais pire encore, je le faisais avec application lorsque c’était pour me venger. Avec une méticulosité de chirurgien. Je coupais à l’endroit précis indiqué par la petite croix « point faible du crétin ». Je tremblai encore plus, faisant un pas en arrière, encore une fois. Baxter laissa échapper un faible jappement. Il le sentait, bien sûr. Il le sentait que je n’allais pas bien. Le visage de Valentine se substitua à mon institutrice, reprenant la petite chanson « Méchant, Alexandre est méchant ! ». Je sentis mes cils se coller, s’humidifier. C’était dingue comme un simple mot pouvait me chambouler. Je faisais une crise de panique, ou quelque chose s’en approchant. Ma respiration était erratique. Je fermai les yeux une nouvelle fois, chantant à la va-vite une comptine que m’avait appris Blandine pour me réconforter lorsque je venais la voir dans sa chambre, les années où Maman allait mal et que je ne voulais pas montrer aux autres que cela m’affectait. Ca m’avait affecté, oui. Parce que je me sentais coupable de sa maladie, de sa fatigue… Je me pris la tête entre les mains, et chantonnais le plus vite possible. Un, deux, trois, Trois à trois, Toi et moi. Un, deux, trois, Toi et moi, Ça fait deux, Qui est trois ? C’est toi !. Je repris, plus lentement, entendant la douce voix de Blandine chanter à mes côtés. Un, deux, trois, Trois à trois, Toi et moi. Un, deux, trois, Toi et moi, Ça fait deux, Qui est trois ? C’est toi !.

    Je respirai déjà plus calmement. J’avais l’impression que ça faisait des minutes et des minutes que j’étais tétanisé, mais j’avais aussi la désagréable impression que le temps avait filé beaucoup moins vite. Prenant sur moi, comme avant un match de boxe, je me résignai à balbutier, le temps que ma voix se pose et s’affirme. Je me sentais capable de partir très vite, très loin, dans la colère. Ce ne serait pas nouveau. Si j’étais dans un moment de faiblesse, je compensais à montrer à quel point je pouvais être… moi.

      « Pour… pourquoi je suis mé… comme ça ? Je… damned, je… OUI J’AIME EMMERDER MON MONDE ! »


    Voilà, j’avais craqué. Totalement craqué. La vanne était brisé, le reflux arrivait, le tsunami se formait après la craquelure dans la croûte terrestre qui avait fait bouger infiniment les fonds marins. Oui, voilà, c’était ça. Le mot méchant avait craquelé mon assurance, et le temps que ça se propage le long de mes nerfs, en surface, la vague avait enflé, enflée jusqu’à se briser sur les digues, briser les murailles, briser les vannes, et maintenant elle menaçait de tout réduire en charpie devant moi.

      « Oui, j’aime emmerder mon monde, c’est ma passion. Faire chier les gens, c’est jouissif, vous ne savez pas ? C’est merveilleux de toucher leur point faible, d’appuyer dessus, de tourner, retourner, re-retourner le couteau dans la plaie béante ! Qu’est ce que vous croyez ! Depuis quand je suis si méchant ? TOUJOURS ! Parce que c’est la seule chose qui vaille la peine dans ce monde, dans ce bled pourri ! »


    J’étais en colère, parce que j’avais été proche de la rupture. La voix de Blandine chantait encore dans ma tête, comme un filet empêchant le fiel de trop s’échapper, mais surtout empêchant des larmes de rage de s’échapper de mes yeux bruns. Je sentais bien que mes cils étaient déjà humides. Je sentais cette petite tension au coin de l’œil. Je tremblai. Encore. De rage. Je me sentais capable de la frapper. Sans hésitation. C’était… ce serait mentir de dire que je ne connaissais pas cette situation, cet afflux de colère, cette frustration à l’extrême de ne pas me sentir, de ne pas être, normal. Je ne me pensais pas normal. J’étais intelligent, scolairement. Je déduisais de situations diverses des conclusions très rapidement. J’avais une conception de la réalité et de l’espace différente des autres. Mais j’étais incapable de me retenir, je ne fonctionnais pour la plupart du temps que par envie. Si j’avais envie de faire quelque chose, de ne pas le faire. Puisque tout était simple, ou presque, c’était le facteur ‘envie’ qui entrait en jeu. Et là, j’avais envie de frapper tout le monde. De la frapper, elle, qui m’avait traité de méchant. Peu importait qu’elle l’ait formulé comme une question, dans une question, elle avait dit le mot méchant. A l’époque, je m’étais mué dans le mutisme. Maintenant, je frappai. J’avais appris à frapper. Baxter jappa plus fort, et je m’aperçus que j’avais serré les poings. Je savais quelle tête je devais avoir. Une tête à faire peur. Assurément. Le visage totalement hermétique, les poings serrés, la poitrine se soulevant rapidement. J’avais oublié que j’étais totalement torse nu, et donc qu’elle avait pu suivre ma crise de panique en direct, au gré du soulèvement erratique de ma cage thoracique. Je crachai un dernier mot :

      « Vous vous croyez intelligente, j’imagine. Vous vous croyez plus futée que moi. Vous devez penser que je suis fou. Et bien j’aimerai l’être, au moins une fois dans ma vie. »


    Un, deux, trois, Trois à trois, Toi et moi. Un, deux, trois, Toi et moi, Ça fait deux, Qui est trois ? C’est toi !. Calme toi, Alex, calme toi Alexandre, tu me fais peur. Allez, Alex, calme toi, tu me fais, vraiment, mais vraiment peur là. Calme-toi. Chante, chantonne dans ta tête. Un, deux, trois, Trois à trois, Toi et moi. Un, deux, trois, Toi et moi, Ça fait deux, Qui est trois ? C’est toi !. Une larme traîtresse perla soudain au coin de mon oeil droit. Je ne clignai pas de l'oeil, de peur de la faire tomber. Elle n'avait pas le droit d'exister.
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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Ven 12 Avr - 16:47

    Mon petit récit resta en suspend pendant quelques instant où je me demandais s’il l’avait bien reçu ou s’il n’était plus parmi nous. Je l’observais, imaginant bien ses possibilités de réactions. Soit il m’enverrait paître et je n’attendrais pas pour le laisser ici, ou alors il s’adoucirait. La deuxième hypothèse me paraissait bizarrement moins réalisable en l’état. C’était un homme qui laisser paraître une mauvaise image de lui et qui était tout le temps sur la défensive, à croire que ma tête lui revenait pas. Je ne savais pas si j’étais la seule à lui être insupportable pour qu’il soit aussi méchant ou considérait-il tout le monde comme insignifiant ? Je ne saurais trop dire, mais je n’avais pas envie de le comprendre ni d’être une oreille attentive à ses maux. Tout le monde en avait d’ailleurs, plus ou moins douloureux, mais chacun avait sa part de souffrance. Peut-être lui aussi, mais c’était ce que j’avais essayé de lui dire avec mon petit récit qui m’avait surpris moi-même. Pourquoi s’intéresser à un homme qui ne s’intéresse pas aux autres ? Il m’avait poussé à l’eau sans une once de remord, alors je me demandais bien pourquoi il avait fait demi-tour. J’aurais aimé qu’il continue son chemin pour que je puisse rentrer chez moi et être enfin tranquille. Et dire que je trouvais cette endroit calme et serein… je n’y retournerais pas de sitôt. Je ne voulais pas le recroiser un autre jour, et si ça pouvait être jamais j’en serais comblée.

    Il se mit à chanter et j’haussais presque aussitôt un sourcil, me demandant ce qu’il lui prenait tout à coup. Tout à fait surprise du comportement qu’il avait, et la conviction qu’il soit possible de tout me frappais soudainement. Il était soit totalement dérangé, soit en grand choc post-traumatique de je ne sais quel situation. Je subissais moi-même un choc post-traumatique, même si je faisais tout pour éviter de déraper… comme cet homme devant moi qui chantait. J’espérais ne jamais atteindre un tel niveau de folie. Car oui, je considérais cela comme de la folie. Mais pourquoi est-il sorti de cet hôpital ? L’avait-il trouvé normal pour le laisser sortir ? Il avait besoin qu’on l’aide, médicalement et psychiquement. Et ce n’était pas mon devoir, si je devais faire quelque chose en cet instant, c’était le laisser chanter tout seul et partir pour de bon, définitivement. Mais bizarrement, je restais bloqué sur ce chant que je ne connaissais pas. Je l’observais et le voyais de plus en plus crispé. Qu’avais-je dit pour que ça le mette dans un tel état ? Ca n’avait pas été mon but premier que de le faire plonger dans ce que je supposais son monde intérieur ou tout autre chose qui le fasse perdre la réalité. J’aurai pu partir, il n’aurait rien vu.

    Alors il se mit à parler, au moment même où j’étais supposé passer mon chemin car je l’avais enfin décidé. Il était énervé, je le sentais vraiment en colère et ses paroles me le confirmaient que trop bien. Il m’avoua aussi aimer faire chier les gens, aussi vulgaire cela puisse paraitre dans ma tête, mais pourtant si vrai. Il me l’avait lui-même dit, alors tout était clair. Je n’avais pas besoin de lui servir de cobaye, qu’il aille voir ailleurs et qu’il emmerde quelqu’un d’autre ! Mais je n’allais pas lui dire ça, oh que non. Au vu de son état que je suggérais plus qu’instable, j’éviterais de lui faire une nouvelle fois l’affront de le provoquer de nouveau. De plus, au vu du discours qu’il était en train de me faire, je n’avais pas envie qu’il prenne mon point faible comme cible et qu’il fasse ce qu’il avait si bien décrit : retourner le couteau dans la plaie. Je me rassurais en me disant qu’il ne savait absolument rien de moi et que je ne le lui laisserais pas le loisir d’arriver à percer quoique ce soit de moi. Je serais doublement fermé à son intention. Je ne savais pas quoi lui répondre, et après quelques secondes de silence où mes yeux ne le quittaient pas, j’arrivais à sortir quelque chose qui me parut inadéquat.

    « Je ne pense pas que ce soit jouissif non. Retournez la situation en sens inverse. Aimeriez-vous qu’on vous le fasse à vous ? »

    Trois phrases. Seulement trois pour résumé tout ce qu’il se passait dans ma tête. J’étais sûre qu’il était très atteint comme personnage, comme nous tous, comme moi. Seulement il fallait qu’il redescende sur terre. Je ne pense pas être capable de faire quoi que ce soit de lui, peut-être qu’une autre personne le pourra, je l’espère pour lui, car sinon il restera un emmerdeur fini et qui sait, un beau vieux poivrot. Je le voyais bien finir comme ça. Je ne pouvais pas nier que la guerre arrivait, pour arriver bientôt sur nos terres, dans cette ville ; mais avait-il envie de mourir seul ? Moi je ne le voulais pas, et je priais pour ne pas que ça m’arrive. Je priais pour que Mickaël me retrouve ou que j’aille enfin le chercher. Oui je priais… même si je ne savais pas comment faire.

    « Intelligente ? »

    J’eu un rire que j’étouffais aussitôt, ayant peur de le brusquer et qu’il le prenne mal. Je n’avais pas envie de rajouter sur sa colère qui était déjà bien grande. Mais pourquoi tu ne pars pas ?

    « Je ne crois pas être au-dessus de qui que ce soit ici, même pas vous voyez-vous. Tout le monde a besoin d’aide lorsque l’on disjoncte, pourquoi pas vous ? »

    Je ne savais comment il réagirait. Mais pour moi, il devait absolument voir un médecin. Je ne sais pas ce qu’il ferait en ces temps, peut-être rien d’ailleurs, mais il avait besoin d’un suivi psychologique cet homme avant qu’il ne fasse des dégâts supplémentaires et surtout irréversible. Qu’arrivait-il si personne ne l’arrêtait ? Je me demandais d’ailleurs ce qu’il faisait dans la ville… je ne savais pas s’il était un simple civil ou s’il était militaire. Bien qu’il ait une carrure à être militaire… ce qui n’adoucit pas ma peur qui était toujours présente en moi.


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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Ven 12 Avr - 18:11

      « Je ne pense pas que ce soit jouissif non. Retournez la situation en sens inverse. Aimeriez-vous qu’on vous le fasse à vous ? »


    Ces trois petites phrases me perturbèrent, mais je continuai sur ma lancée acide, totalement incontrôlée et qui ne se voulait absolument pas diplomatique, gentille ou quelque chose de cette trempe là. Je n’en pouvais plus, trop de choses que je ne contrôlais pas. Valentine. Le médecin. Elle, elle qui me provoquait, volontairement en plus. Je n’en pouvais plus. Je serrai les poings, les dents, je voulais attaquer, je voulais provoquer. Je voulais blesser et ça me faisait peur. Qui étais-je pour être aussi… haineux. Non, ce n’était pas de la haine. C’était bien pire, parce que c’était… gratuit. Je tremblai, de ce qu’on pouvait appeler de la rage.

      « Intelligente ? Je ne crois pas être au-dessus de qui que ce soit ici, même pas vous voyez-vous. Tout le monde a besoin d’aide lorsque l’on disjoncte, pourquoi pas vous ? »


    Ma colère enfla d'un cran. Elle avait failli rire. Elle avait failli rire, m#rde ! Elle pensait que c’était marrant ? Elle pensait que ça prêtait à rire ? Cette fois, ce ne furent plus des pas en arrière que je fis, mais vers l’avant, vers la jeune femme qui avait eu l’impudence de rire. Même si elle l’avait étouffé. Elle ne voyait pas que j’étais une p#tain de grenade au bord de l’explosion ? Qu’il valait mieux se barrer en courant ? Baxter se tenait tout contre moi, comme s’il savait que j’allais faire une connerie. Comme s’il savait que j’avais totalement craqué. J’étais épuisé nerveusement. Mentalement. Trop à penser, trop à considérer. Trop de paradoxes, de doutes, internes bien sûr. Je me contraignais au calme comme jamais auparavant. Non. C’était faux. Plusieurs fois à Autun on avait du me retenir alors que je menaçais de tabasser un mec qui s’était trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment, et qui avait eu le malheur de me bousculer alors que j’étais tendu. Plusieurs fois, depuis le primaire, j’avais tabassé des petits c#ns qui s’étaient mis en travers de mon chemin. Jamais trop gravement, mais suffisamment pour que l’on me vire de l’établissement dans lequel j’étais ou qu’on conseille à mes parents de me faire suivre. Ils l’avaient fait, un temps, mais j’avais si bien désespéré les psychologues qu’ils ne voyaient en moi qu’un petit génie qui s’amusait à les faire tourner en bourrique pour mon plus grand plaisir. Tout ce qu’ils conseillaient, c’était plus de poigne avec moi, plus de rigueur. Mais m#rde, j’en avais rien à faire de leur rigueur à la c#n ! Je m’énervais intérieurement, ce qui m’énervait encore plus extérieurement. C’était un cercle vicieux, une rapide descente aux Enfers comme je n’en avais pas connue depuis longtemps. Le seul moyen qu’on avait trouvé pour m’arrêter lorsque je partais dans une telle crise de colère, c’était me frapper ou me faire frapper dans un punching ball jusqu’à l’épuisement et ça marchait plutôt bien. Mais là, la frêle brindille qui se trouvait devant moi, assurément frigorifiée et aussi sportive que devait l’être mon frigidaire, ne pouvait pas m’aider. « Tout le monde a besoin d’aide lorsque l’on disjoncte, pourquoi pas vous ». Pourquoi pas moi ? Parce qu’on ne pouvait pas m’aider, tout simplement ! J’en avais la conviction ! Il fallait que je me calme. J’étais pathétique. Un, deux, trois, Trois à trois, Toi et moi. Un, deux, trois, Toi et moi, Ça fait deux, Qui est trois ? C’est toi ! La chanson fonctionnait toujours. Je la murmurais du bout des lèvres à toute vitesse, me concentrant sur les paroles, sans quitter la jeune femme du regard. Je ne chantais pas spécialement, je n’émettais même pas de sons, je bougeais juste les lèvres à toute vitesse. Il fallait que je me calme plus que ça. La chanson me ramenait à l’époque où Blandine me faisait sortir de mes colères. Il me fallait maintenant quelque chose sur lequel me concentrer suffisamment pour me calmer totalement. Blandine me prêtait ses livres de maths, qui m’offraient des lignes et des lignes d’équations insolubles pour moi à l’époque. Là, je n’avais pas grand-chose sous la main. J’entrepris de dresser la plus longue liste de nombres de la suite de Fibonacci de l’histoire des mathématiques, en toute modestie. 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144, 233, 377, 610, 987, 1597, 2584, 4181… Aux alentours de 39088169, je perdis le fil, mais j’avais atteint mon objectif : j’étais calme. Ou presque.

      « Tout le monde ? Je ne suis PAS tout le monde. Je suis un p#tain d’impulsif, un crétin méchant, un petit c#nnard, c’est certain. Un imbécile, un sous doué, mais je ne suis PAS comme tout le monde. Alors non, merci j’ai pas besoin d’aide. Vous en revanche, à vous baigner en pleine nuit alors que vous avez le bras défoncé, vous avez besoin de vous faire suivre. Alors rentrez chez vous ou à l’hôpital, ou votre poubelle ou votre terrier, bref votre merdier, et lâchez moi m#rde ! »


    Et mince Alex, tu veux pas te calmer vraiment ? Tu recommences à gueuler. Tu crois que c’est agréable pour les oreilles ? Tu crois quoi, que ça la fait triper d’entendre un crétin qui hurle, hein ? P#TAIN mais TA GUEULE MANU ! Si je commençais à gueuler même en pensée, on était vraiment mal barré. Je levais le bras, menaçant de gifler la pauvre femme si elle ne se barrait pas.

      « Cassez vous, mais cassez vous ! »


    Je ne pouvais me permettre de continuer sur un ton suppliant, aussi je finis ma phrase en pensée, avec comme spectateur Emmanuel qui devait me regarder de là-haut, s’il avait péri pendant l’attaque. Cassez vous, mais cassez vous et laissez-moi tranquille. S’il vous plait, barrez vous avant que je ne vous frappe, que je ne passe mes nerfs sur vous, étant dans l’incapacité totale de me contrôler totalement. Fibonacci vous a sauvé de justesse cette fois, mais comme je connaissais particulièrement bien cette suite, ça allait vite me souler de compter et recompter et recalculer des nombres que je commençais à connaître par cœur. Sans m’en rendre compte, j’avais fini ma phrase sur une pensée, passant du langage oral pensé à une pensée toute simple. C’était flippant. Je fixai la jeune femme, imperturbable. Jeune femme. C’était ainsi que je la voyais alors que clairement, très clairement, elle était bien plus âgée que moi. Pas qu’elle ait l’apparence d’une grand-mère, loin de là, c’était juste qu’elle… elle n’avait pas 24 ans. Ni moins. Je répétai une nouvelle fois, histoire qu’elle comprenne bien, toujours menaçant alors qu’intérieurement, je contrôlais pour le moment la rage qui m’habitait. Il allait falloir que je trouve un punching ball. Ou n’importe quoi sur quoi frapper. Quelque chose qui ne soit pas humain si possible, ou qui soit en mesure de me rendre des coups à la hauteur de mes frappes.

      « Cassez vous, juste... cassez vous... »


    J'étais encore menaçant, mais j'étais aussi crevé. Indubitablement crevé. Trop. Trop de trop. Fatigue, énervement, conflit psychologique. Trop pour moi, pour mes nerfs.
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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Sam 13 Avr - 16:06

    Il ne riposta pas lorsque je lui avais suggéré d’inverser les rôles. Non pas que j’étais capable d’être comme lui pour lui montrer ce que ça faisait, mais seulement qu’il réfléchisse un peu. C’était peut-être quelque chose d’absurde au vu de la situation, mais j’avais agi au feeling, peut-être un peu trop impulsivement d’ailleurs. Je ne m’étais pas posée la question si ça pouvait le foutre encore plus en rogne qu’il ne l’était déjà. Je ne le voyais pas me frapper, mais d’un autre côté, lorsque je le vis serrer les poings et se crisper la mâchoire… j’avais des doutes. Mais pourquoi je restais ici, à lui parler alors qu’il valait mieux que je parte ? Je ne lui faisais pas confiance alors pourquoi je m’efforçais de lui répondre au risque qu’il me refasse quelque chose ? J’en n’avais rien à foutre de ce mec qui me cherchait des noises depuis tout à l’heure ! Je le vis balbutier, bouger les lèvres imperceptiblement, me demandant s’il n’avait pas replonger dans un autre monde. Peut-être n’avait-il jamais refait surface, et qu’il me prenait pour le diable, qui sait ? Peut-être n’y avait-il plus rien à faire pour lui. Et d’ailleurs lorsqu’il parla enfin, j’en conclu qu’on ne pouvait rien faire pour lui. J’en avais réellement marre de cet homme qui relevait plus de l’adolescent capricieux, paumé et emmerdant. Il ne voulait pas t’aide tout simplement. Il niait encore le fait qu’il m’avait poussé à l’eau, tout comme j’étais certain le fait qu’il m’avait agressé alors que j’étais dos à lui, ne l’ayant même pas vu moi-même. Il avait brisé mon instant que je m’étais fait sur ce quai. Un instant serein. Je m’étais imaginé tenir la main de mon bien aimé. Et lui avait brisé ce beau souvenir tel un ouragan. Je le haïssais seulement pour ça.

    Il commençait à me mettre les nerfs à vifs. En plus de cette douleur qui ne diminuait pas à mon bras. Il fallait que je le soigne, que je me refasse un bandage et que j’attende patiemment que la douleur diminue. Tout ça à cause de quoi ? De cet abruti en liberté. J’avais vraiment pas de chance dans cette ville, le malheur me suivait sans cesse. Déjà dans cette ruelle où j’avais eu cette magnifique coupure au bras, puis lui qui m’agressait sans aucun motif, pour passer sa colère sur quelqu’un. Comme de par hasard, ça tombait sur moi. Et tout ça en seulement quelques jours ! Que m’arriverait-il la deuxième semaine ? Que me réservait encore ce destin funeste ? S’il faisait tout pour que je souffre, je pense que je n’arrivais pas à tenir très longtemps ici. J’allais peut-être aussi devenir comme cet homme, rejetant toute personne et m’associant à la solitude. Je ne savais pas comment il en était arrivé à être comme ça, je ne le connaissais pas, mais soit. Je m’étais bien décidé à ne rien faire pour lui, à m’en aller tout simplement comme il me l’avait si bien craché au visage.

    « Et bien soit, restez dans votre cher petit coin et restez comme vous êtes : un être méprisable. »

    Un rien décrit en une seule phrase. C’était un fou dont il fallait laisser la folie l’emporter tout simplement. Du moment que je ne croiserais plus jamais son chemin. J’espère que le dicton ‘jamais deux sans trois’ n’est vrai que pour quelques situations, sinon j’étais bonne pour me retrouver encore en sa présence. Car il était sûr que je n’allais en aucun cas venir le voir si je le croisais. Mais s’il faisait comme ce soir, il allait venir me chercher. Pourquoi moi ? Peut-être avais-je la gueule d’une femme sans défense à emmerder. Il était vrai que je ne savais pas me défendre, je ne le saurais d’ailleurs s’il commençait à me frapper. D’ailleurs il me re-gueula dessus, et leva son bras. J’eu un réflexe de recul instinctif et mon cœur fit un bond. La peur me submergea aussitôt… et si sa main faisait plus que se lever, comment je ferais ? Je jetais un coup d’œil à sa jambe qui avait l’air atteinte et su tout de suite que la seule chose à faire était de fuir. J’avais deux jambes complètement normale, lui n’en n’avait qu’une, je ne mettrais pas bien longtemps à le distancer. N’empêche que maintenant, il me faisait vraiment peur. Il était prêt à tout finalement, et je ne me sentais clairement pas en sécurité en sa présence. Je ne voulais pas tenter le diable en lui répondant, je l’avais d’ailleurs déjà fait plus tôt et je ne voulais pas que son poing parte. Il aurait été capable de m’assommer en un seul coup. Je ne voulais pas forcer la malchance à mon égard plus qu’elle ne l’était déjà d’ailleurs. Je parti vers la gauche, en prenant soin de ne pas le quitter du regard et en m’écartant le plus possible de lui. Très lentement, puis je pressais le pas une fois quitté son champ de vision. Je ne m’arrêterais pas, pas un seul instant, même s’il criait, même s’il s’effondrait, même… mes jambes se mirent à courir, pour fuir aussi rapidement que ma peur m’avait envahie brusquement. J’étais lasse de me sentir tellement faible et dans l’insécurité la plus totale.


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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Sam 13 Avr - 21:46

      « Et bien soit, restez dans votre cher petit coin et restez comme vous êtes : un être méprisable. »

      « Vous vouliez vraiment rester me tenir compagnie ? L'eau froide ne vous a pas fait du bien au cerveau, à mon avis ! Un être méprisable ! Vous vous êtes regardée ? Je suis quelqu'un, au moins ! Pas une p#tain de loque qui vient chialer devant l'océan ! »


    Ah ben bien, Alex, bien. Vas y, agresse là encore ! Vas y, fais toi plaiz. Petit c#n. Ignorant Manu, je me fis la remarque que j’avais l’impression d’avoir à faire à une lente d’esprit. Non, c’était moi qui étais totalement aveuglé et stupide pour le coup, les capacités mentales de la jeune-femme-que-j’appelais-comme-ça-en-pensée-alors-qu’elle-était-manifestement-plus-âgée-que-moi n’étaient pas à remettre en cause. Je lui avais demandé quoi… cinq, six, dix fois de se barrer ? Et elle me parlait de rester ici ? Bon d’accord, elle me disait de rester ici pendant qu’elle se barrait, elle, ce dernier fait étant sous entendu. Je me pinçai l’arête du nez, la réalité me frappant en plein visage comme un punching ball que je ne retenais pas après l’avoir martyrisé pendant plusieurs minutes. C’était loin, très loin d’être agréable. J’avais encore merdé. Je la regardai, comme une ombre, s’enfuir en me surveillant au départ puis en pressant le pas. Je considérai ma jambe, je considérai mes béquilles, et je laissai échapper un soupir de mes lèvres, sifflant Baxter d’un air fatigué. En quelques pas hésitants, grimaces de douleur, et soupirs, toujours des soupirs, je rejoignis les quais où je me laissai tomber. Comme avant que j’agresse sans autre raison que ma colère la jeune femme. J’entendais le clapotis de l’eau, j’en voyais les ombres et l’éclat chatoyant de la lune malgré les nuages épars se refléter sur les vagues régulières. C’était… apaisant dans un sens. Apaisant lorsqu’on voyait ce que j’avais fait un peu plus tôt. Je me sentais comme l’océan. Versatile comme lui. Dévastateur, comme un tsunami, même une « simple » tempête, pouvait l’être. Je me pris la tête entre les mains. Qu’étais-je pour me montrer aussi… violent ? Pourquoi avais-je tant de rage en moi ? Comment pouvais-je être aussi… normal (si tant est que l’on puisse me qualifier de normal une seule seconde) comme je l’avais été il y avait maintenant plusieurs heures, avec Valentine. Ce nom, ce simple nom, accentua encore plus ma douleur d’être comme j’étais. Un monstre. Quelque chose dans le genre. C’était horrible. Je sentis une larme dégouliner sur ma joue. Une p#tain de larme qui n’avait rien à faire là. Une p#tain de larme à la c#n. Je n’avais pas le droit de pleurer. Je ne méritais pas d’être triste. Je ne méritais pas de connaître une fille aussi chouette que Valentine. Je…

    La tête de Baxter trouva un chemin jusqu’à mes joues et il en profita pour me lécher le visage, dans l’espoir de me dérider. C’était tout du moins ainsi que je le comprenais. Ca marcha un bref instant, un petit sourire apparaissant à la commissure de mes lèvres. Relevant la tête, j’essuyai la perle salée qui n’avait pas le droit d’être et je me relevai, avec difficulté. Il fallait bien que je rentre. Il fallait bien que je remette les pieds dans ce fichu hôpital. Il fallait bien que… j’assume. Je fermai brièvement les yeux et j’inspirai. Voilà, j’étais fin prêt. Un masque sur le visage, un sourire insolent. Pas une seule trace de… moi. Non, je me mentais. Cet Alexandre qui clopinait vers l’hôpital, totalement à son aise, c’était une partie de moi. Je ne pouvais renier cette partie qui me caractérisait comme ma méchanceté, mon impulsivité, ma violence et ma sensibilité. J’étais trop complexe pour que même moi, qui reconnaissais parfois en mon for intérieur être brillant, ne puisse me comprendre. J’étais trop complexe pour arriver à me suivre, arriver à suivre ce que je faisais, et certaines décisions que je prenais. Et donc, cet Alexandre détendu qui revenait vers le centre de soin, assumant sans aucun remord le coup de poing qu’il avait balancé à un membre du personnel soignant, cet Alexandre faisait partie de moi et n’était pas seulement un jeu. Si je regrettais d’avoir foutu un pain à ce c#nnard qui m’avait fait… je ne savais même plus quoi ? Pas le moins du monde. Si je lui avais foutu un pain, c’était qu’il l’avait mérité, ma réflexion n’allait pas plus loin (j’avais peur de la pousser trop au point de finir par éprouver des remords). Si je regrettais ce qu’il s’était passé sur le quai ? Beaucoup plus pour le coup. Parce qu’elle ne m’avait rien fait, en dehors d’être au mauvais endroit, au mauvais moment. Un après midi j’étais, on pouvait le dire, sympa avec une fille, quelques heures plus tard j’en foutais une à l’eau. Non, je l’avais juste poussée, elle était tombée toute seule. Qu’est ce qui clochait donc chez moi ? Qu’est ce qui n’allait pas dans ma tête ? Trop encombrée ? Non. Trop… trop ? Peut être. Même si je me doutais bien que ce n’était pas ma tête qui clochait, mais principalement mes émotions. Autun avait voulu que je consulte un psychologue à un moment, mais je devenais totalement hermétique à ce qu’ils pouvaient bien me raconter dès qu’ils ouvraient la bouche, ces idiots. Ils étaient stupides. Ils ne voyaient pas que je jouais un rôle, celui de l’adolescent, puis du jeune adulte, pas très confiant, rebelle mais au fond, pas si méchant. Pas si méchant ? Mais ils s’étaient regardés, ces ahuris ? Je les avais bien bernés une fois. Deux. Quinze. Ou pas, j’exagérais un peu sur le dernier nombre. Mais l’idée était la même, personne, strictement personne n’était capable de m’aider. Certains pouvaient m’aider à me gérer, parce que d’une manière ou d’une autre, j’en étais venu à leur faire confiance, et à me sentir… comme si je pouvais accepter leur autorité. Bertin notamment. Blandine et Emmanuel bien sûr. Pas mes parents, cependant, aussi étrange que cela pouvait paraître. Pas mes parents… je leur obéissais quand l’envie me prenait… lorsque je les voyais. Cela faisait longtemps que je ne les avais pas vus, parce que j’avais enchaîné les formations, les missions mineures, les formations canines, parachutistes. Je les aimais d’un amour filial, bien sûr ! Mais… je ne pouvais pas leur obéir. Pas accepter la soumission. Parmi les gens qui avaient réussi à obtenir de moi que je leur reconnaisse une autorité, il y avait bien eu le directeur d’Autun. Mon professeur de maths de Terminale, qui m’avait poussé loin, très loin dans mes capacités intellectuelles, me donnant des devoirs de classes préparatoires au départ, puis des exercices de concours. Un sourire nostalgique fleurit pleinement sur mon visage, remplaçant totalement le sourire insolent que j’avais réservé au personnel soignant. Les chiffres, les équations, les dimensions… je jouais avec sans difficulté. C’était un jeu, à l’époque, même si j’avais une conscience aigue de ce que ça signifiait pour mon professeur. Mon choix de ne pas faire une classe préparatoire, qui ne m’aurait pas demandé d’effort, l’avait brièvement dessus, même s’il le comprenait. Pourquoi aller là où l’on m’attendait s’il n’y avait aucun défi ? Mon défi à moi, c’était de m’intégrer, de faire ce dont j’étais incapable. Faire une classe prépa, intégrer polytechnique… pourquoi donc, si on s’y attendait ? Avec un petit sourire, donc, je poussai la porte du centre de soin, et fis un signe aux infirmières, sans aucune considération pour l’heure, ou ma tenue que l’on pouvait considérer comme indécente.

      « Salut beautés ! Je vous ai manquées ? »


    FIN DU RP
Qui comprend l'Humanité...
Recherche la solitude
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MessageSujet: Re: Au milieu des vagues se découvre un apaisement. [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 15:38



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