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MessageSujet: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Sam 17 Nov - 17:49

    Première nuit dans cette hôtel depuis que je m’étais fait cette coupure. Ils m’avaient gardé à l’hôpital et j’avais été obligé d’insister lourdement pour qu’ils me relâchent. J’étais encore dans un état fébrile, mais je n’aurais pas supporté une seconde de plus cette chambre d’hôpital vide. Je préférais encore la solitude de ma chambre d’hôtel. Et puis, l’infirmière m’avait avoué être débordée. Ils avaient moins d’effectifs et beaucoup de choses à gérer, donc je leur avais fait un cadeau de partir. J’avais eu droit à un petit speech comme quoi si je ne me sentais pas bien ou si la douleur augmentait dans les 24h je devais aller les voir immédiatement. J’avais gentiment sorti un simple « oui » et je m’étais extirpé rapidement. J’avais eu le temps de prendre ma douche et je m’étais complètement affalé dans mon lit. Et là, mes yeux s’ouvraient doucement, je me sentais complètement amorphe et dénué d’énergie. La lumière passait entre les rideaux et je compris qu’il était déjà tard, peut-être déjà le début d’après-midi ? Impossible, je n’avais pas pu dormir aussi longtemps sans être réveillé par ses cauchemars. J’étais très étonné et lorsque mon cerveau fut totalement réveillé, je sentis une douleur dans mon bras anormale. Ils m’avaient pourtant recousu et j’étais repassée au bloc pour enlever les quelques morceaux de verres que le médecin militaire n’avait pas enlevé sur le moment. Je repensais à cette situation, s’il n’avait pas été là je ne sais pas dans quel état je serais maintenant. J’avais perdu beaucoup de sang et je sentais que j’étais encore faible. L’infirmière m’avait obligé à manger et cela avait fait une éternité que je n’avais pas pris un repas complet. Je ne ressentais pourtant pas le besoin de satiété, même en sentant les bonnes odeurs du repas. Je pourrais mourir de faim en effet et si cette infirmière ne m’avait pas forcé à tout finir, je pense que j’en aurais mangé le quart.

    Je me redressais, je sentis ma tête tourner violemment. Je restais un moment immobile et le tournis s’arrêta progressivement. Je regardais alors mon bras et constata l’aspect jaunâtre de mon bandage en regard de ma blessure. Je soupirais… pourquoi est-ce qu’il fallait que ça tombe sur moi tout ça ? C’était à cause d’un imbécile qui avait explosé ma bouteille et m’avait fait chier pendant mon moment d’ébriété qui aurait dû complètement me décontracter. Mais au final, je m’étais retrouvé fendu par les morceaux de la bouteille, joli cadeau de la part de cet inconnu…
    Je me levais et me dirigeais vers ma salle de bain pour enlever le bandage et constata ce que j’avais en tête : l’infection de ma plaie. Je n’avais rien fait de particulier, et pourtant ça tombait sur moi. Je soupirais plus fortement ce qui me fit provoquer une quinte de toux. Je lâchai le bandage et me dirigea vers mes comprimés quotidiens que je pris rapidement. Je décidais alors de retourner à l’hôpital, malgré le fait que ça ne me plaisait guère…

    Une fois arrivée à destination, je sentis comme un mouvement d’agitation. Je me dirigeais vers l’accueil et expliqua mon problème. Elle m’expliqua qu’ils étaient débordés et m’envoya vers la caserne de pompier qui pourrait s’occuper de moi. Je l’espérais car l’état de ma plaie ne me paraissait absolument pas normal, et comme je n’avais rien pour la traité, j’étais bien obligé d’écouter cette infirmière… Direction donc la caserne. J’évitais de rencontrer des personnes, je souhaitais faire un trajet direct et rapide. J’espérais qu’après être passé par les pompiers tout se passerait mieux.
    Ils ne me renvoyèrent pas, ce qui était déjà une bonne nouvelle et me fit entrer dans une pièce pour m’allonger sur une table et s’occuper de moi. C’était tout un cirque : prise de tension et de fièvre pour m’indiquer que j’étais un peu en hypotension et en état fébrile, mais rien d’inquiétant ; puis le pompier commença à nettoyer ma plaie qui réveilla ma douleur très sensible. Il me remit un bandage propre et me confia une petite bouteille d’alcool pour asperger le bandage une fois par jour. Il m’invita à sortir de la pièce après quelques conseils et m’indiqua de m’assoir dans le hall le temps qu’il aille chercher les antibiotiques pour m’éviter une sur-infection. J’exécutais donc sans broncher et me dirigeais vers un banc, mon manteau dans ma main droite. Une fois assise, je soufflais longuement. Le fait qu’il m’avait touché rendait la douleur encore plus insupportable. On m’avait conseillé de mettre mon bras en bandoulière, mais je ne le ferais pas. Je faisais en sorte de garder mon bras immobile. Je fermais les yeux un moment… même si j’avais fait le tour de l’horloge, voire plus, je me sentais toujours autant fatiguée qu’hier soir.


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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Sam 24 Nov - 17:41

    J'avais semblait il un mâle de crâne perpétuel depuis le bombardement. Il était parfois latent, presque parti, mais jamais bien loin de revenir avec force pour m'empêcher de réfléchir correctement, de me reposer, ou même de relâcher un peu de l'énorme pression que j'avais ressentie depuis le début de cette foutue guerre, qui avait bouleversé nos vies sans crier gare. Je savais ce que c'était, mais je préférais l'ignorer pendant un moment. A chaque expérience traumatisante, le militaire en opération est tellement mis sous pression qu'il risque de faire un truc style burn out dans le civil. Moins physiologique et plus psycho, du moins, c'était ce que disaient les psys à chaque retour en France quand j'étais en opération en Afgha. Personnellement, je n'avais pas besoin de ces planqués qui trouvaient tout un tas de raisons débiles à ce syndrome que tous les soldats ressentaient. C'était un peu comme celui de la guerre du golfe, tant décrié, mais auquel on trouvait soit disant des remèdes. On disait que tuer quelqu'un était un drame, que ça nous choquait... Non pas que ça pouvait nous choquait, mais que ça le devait. Comme si ces putains de types nous disaient mine de rien ce qu'on était supposé penser. Je connaissais pas mal de types que ça avait démoli complètement qu'on les fasse cogiter, alors que tout ce qu'il fallait, c'était du repos et se changer les idées. Pas occulter ce qu'on avait fait, ni culpabiliser. Il fallait trouver le moyen d'assumer, ce qui ne voulait pas dire pour autant qu'il fallait se réfugier derrière des excuses. Et pour le reste... Je savais que tuer n'était pas mal en soit ; c'était quelque part une donnée essentielle de mon métier. Pour protéger des gens ou leurs intérêts, je devais ôter des vies. C'était comme ça ; je savais ce à quoi je m'engageais quand j'avais signé mon contrat de recrutement, rue des canonniers à Lille. Il me semblait d'ailleurs que ça remontait à une autre vie. Moi, je savais que je ne culpabilisais pas. Enfin si quelque part, pas à cause du fait d'avoir tué des gens bien sûr... Et je ne culpabilisais pas non plus parce que j'avais assassiné des civils. Ca par contre, c'était vraiment quelque chose d'inquiétant. Trop familiarisé ? Un sens pratique et de survie trop développé ? Quelque chose s'était brisé en moi sans que je sache quand. Quand la mort de civils, d'innocents quelque part, avait fini de me hanter ? Non, ce qui me travaillait, c'était la mort de mes hommes, impuissant sous les bombardements, et aussi le fait que le carnage qui avait suivit n'était pas celui de nos ennemis, mais des gens qu'on était sensés protéger. Comme si l'ordre naturel des choses avait été profondément bouleversé. Et surtout, ce sentiment d'impuissance que je ressentais depuis le massacre de mes hommes, de ceux qui m'étaient les plus proches... C'était trop ; j'avais besoin de rester occupé pour trouver enfin le repos.


    Cependant, si je pouvais remplir le premier objectif, le second me paraissait terriblement difficile à atteindre. Il me semblait que de fait, je ne parviendrais pas à me poser avant que toute cette histoire ne soit terminée, d'une manière ou d'une autre. Je devais continuer de bosser. Et faire l'inventaire des ressources notamment. J'avais commencé par la gendarmerie bien sûr, et j'avais ensuite continué avec l'hotel de ville et les cantines scolaires. Tout cela m'avait épuisé, mais je devais continuer avec la caserne de pompiers. Que ce soit en réserves de carburant, en fournitures médicales ou encore en outils et matériels divers et variés, il y avait forcément quelque chose. Je savais d'expérience que les pompiers étaient rarement aussi touchés par les restrictions budgétaires que le reste de l'administration en règle générale. Alors que j'entrais dans le hall de la caserne, je tombais bien vite face à une personne sur un banc, une personne que je connaissais bien. J'hésitais. Elle voulait plus rien avoir affaire avec moi. Pourtant, sa présence ici m'interpellait. Je me dirigeais finalement vers elle. Elle semblait dormir ? J'avançais doucement, et parlait tout aussi doucement pour ne pas la faire bondir.



    | Bonjour, Eléanore. Pourquoi t'es ici ? T'es blessée? |




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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Dim 2 Déc - 17:02

    Les yeux fermés, j’essayais de plonger ma conscience ailleurs, quelque part où il y aurait ni douleur, ni chaos, ni pensées négatives qui me submergeaient à chaque instant. On aurait pu dire que je dormais, mais j’étais seulement somnolente, entre rêves et désillusions de la réalité. J’essayais seulement de me souvenir du visage de Mickaël, mais j’avais l’impression de ne plus percevoir aussi bien ces traits. J’avais vécu des années avec lui, comment pouvais-je l’oublier aussi vite ? C’était impardonnable, et heureusement que j’avais cette photo dans mon médaillon. Mes doigts effleurèrent doucement celui-ci que je portais autour de mon cou, et j’eu presque un sourire en me disant que jamais je ne pourrais l’oublier tant que j’aurai ce précieux médaillon. Mes doigts le quittèrent pour ensuite diriger mes pensées vers ce centre d’équitation où j’avais connu mes premiers amis. Ils se révélèrent d’ailleurs très fidèle et de confiance. Puis ce cheval que j’aimais tant et qui était mon fidèle compagnon et me prêtait une oreille attentive. Il avait son caractère, mais ce que j’aimais par-dessus tout, c’était qu’il ne se laissait monter que par moi. C’était comme une preuve de fidélité, et j’aimais à voir Mickael essayer de le monter. C’était une partie de plaisir inoubliable.
    Alors que je vagabondais librement dans mes souvenirs que j’avais trop longtemps écartés, j’entendis soudain une voix, bien trop familière pour la laisser de côté. Surtout que cette voix masculine m’avait fait sortir de cette rêvasserie et j’avais redécouvert cette affreuse douleur dans mon bras gauche. Mes paupières s’ouvrirent difficilement pour tout de suite comprendre d’où venait cette étrange sensation de familiarité. Philippe. Je me demandais si je ne commençais pas à dérouiller, la fièvre me montait à la tête ? J’avais pourtant l’impression qu’il était véritablement réel, devant moi, et il me fallut un moment avant de lui répondre.

    « Oh bonjour. Je… »

    Je jetais un coup d’œil à mon bandage, rapidement, avant de continuer mine de rien.

    « C’est... un petit accident sans importance. » arrivais-je à dire, l’air complètement gêné. Et je l’étais pour tout dire, car j’avais honte d’avoir sombré dans l’alcoolisme. Ça ne m’avait d’ailleurs rien donné de bon, qu’une coupure profonde qui s’était infectée.

    Avant que je ne puisse lui retourner la question, le pompier qui m’avait soigné revint me voir avec apparemment dans la main une boîte. Il salua le lieutenant rapidement avant de s’avancer vers moi et de me donner cette boîte d’antibiotique. Il m’avait très vivement conseillé de me reposer et de ne pas faire d’effort dans les 48 heures et de surtout prendre ces médicaments pendant 5 jours pour éviter que l'infection ne s'aggrave. J’avais très bien compris le message, ma plaie s’infectait et il ne fallait surtout pas que ça empire. Je le remercia – surtout pour éviter de trop en dire devant Philippe – et mis la boîte dans la poche de ma veste que je portais encore de mon bras droit, ainsi que la petite bouteille d’alcool qu’il m’avait donné plus tôt. Une fois parti, je regardais Philippe, toujours avec cette espèce de gêne, et comme pour faire une diversion, j’ajoutai

    « Et toi alors, que viens-tu faire à la caserne de pompier ? »

    Oui c’était très différent de notre première rencontre, mais je n’avais pas la force de l’ignorer et de partir ; j’étais déjà mieux assise car je me sentais toujours fébrile et je sentais vraiment mes jambes m’abandonner. Rester là quelques minutes de plus ne me ferait pas de mal, même si Philippe était là. Et puis qui sait ? Peut-être que notre conversation sera des plus agréables. Même si j’étais honteuse et véritablement gêné envers lui depuis que je lui avais parlé de Cherbourg.


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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Jeu 13 Déc - 20:47

    Immédiatement après que j'avais décidé d'aller voir mon ancienne compagne et amour de jeunesse, j'en venais presque déjà à regretter mon geste. Notre précédente conversation ne s'était pas déroulée en termes particulièrement élogieux, ça au moins ça me semblait clair. Je ne savais toujours pas ce que je devais ressentir à son égard, tant je ressentais de la confusion, et pire encore, des sentiments diamétralement opposés. Bien entendu, je ne pouvais pas rester de marbre devant mon premier amour, et de la même façon je ne pouvais en aucun cas lui passer toute la souffrance que j'avais vécue. Qui plus est, j'étais à fleur de peau depuis le premier bombardement que nous avions subi, et cela ne faisait qu'empirer, jusqu'à ce que les choses ne finissent par presque totalement échapper à mon contrôle. Et je n'aimais pas cette sensation d'impuissance, cette impression de ne plus être capable de me dominer. J'étais le lieutenant Raulne, bordel. Les recrues pissaient dans leur froc quand ils devaient venir servir dans mon unité et les anciens ne doutaient pas du fait que j'étais capable de les sacrifier si cela pouvait garantir le succès de notre mission. J'étais sensé être l'un des pires salopards de toute l'armée française, suspecté de tout un tas de trafics et d'actions illégales en zone de guerre. Et j'étais ce type froid et cynique qui donnait froid dans le dos à toutes les femmes que je rencontrais, leur collant systématiquement une frousse de tous les diables. Je n'étais pas ce grand et bête type qui ne savait pas comment il devait se comporter avec une femme qui 'avait jadis touché, comme le premier foutu puceau venu. Ca m'agaçait, et bien plus encore que ne pouvait le faire cette beauté blonde devant moi, cela m'énervait au plus haut point. Je me sentais bête, inutile, coincé. Comme si je perdais mes moyens. Je tentais de renforcer ma volonté un maximum pour me prémunir des effets néfastes de la vision de tant d'affect de ma part. Un accident sans importance ? Je la regardais l'air suspicieux. Je ne croyais pas à son histoire. Si de toute évidence je ne l'avais pas connue aussi bien que je l'avais cru, puisqu'elle m'avait quitté sans que je le sente venir. Je soutenais son regard sans ciller, comme si j'étais redevenu ce bloc de métal froid et insensible. Je ne croyais pas à son histoire, cela ne voulait pas dire pour autant que j'étais tenu de connaître toute la vérité, et rien que la vérité... J'allais lui lancer une pique d'un ton cinglant, quand un pompier se ramena. Je lui fis un vague signe de tête pour paraître poli, mais il dû voir que je ne semblais pas particulièrement emballé par la situation. L'homme expliqua les soins à prendre par Lénore, avant de nous laisser. Habilement, elle changeait de sujet de conversation, ou plutôt l'orientait dans ma direction.


    | Faire mon boulot. Je suis venu pour faire l'inventaire des stocks de matériel des pompiers. Je dois savoir ce qu'ils ont, savoir comment le rationner et l'utiliser. Je ne suis pas le foutu gouverneur de ce patelin, mais ça y ressemble. Le Maire... Disons qu'il doit déjà calmer la foule, et il n'a pas bossé dans la logistique. Nous, dans l'armée, on doit optimiser nos ressources. Je suis là pour ça, je dois le faire avant qu'on reparte vers ce qu'on pense être la ligne de front. |


    Très honnêtement, je ne savais pas quoi lui dire d'autre. Nous étions si différents, qu'engager n'importe quel sujet de conversation semblait bien peu crédible ou intéressant, tant j'étais convaincu que l'on finisse par se disputer à nouveau. Je savais cependant que contrairement à ce que je montrais, je ne la haïssais pas. Chose que je n'avouerais jamais.


    | Des nouvelles de ta moitié ? Tu as une idée d'où il se trouve? |


    Je me rendais compte de la stupidité de ma question, de sa grossierté, mais je ne savais pas quoi dire d'autre. Que devais je lui dire ? Que je n'avais plus jamais connu femme comme elle ? Finalement, mieux valait ma grossière franchise à trop d'honnêteté.



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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Sam 12 Jan - 22:01

    Je ne savais pas s’il avait cru ce que je lui avais dit à propos de ma blessure, je m’en fichais un peu en fait. Je m’étais dit qu’il n’avait pas besoin de savoir et surtout je ne souhaitais pas de nouveau m’ouvrir à lui ou faire quoi que ce soit qui pourrait lui faire croire une quelconque affection de ma part. Garder mes distances me permettra peut-être aussi d’éviter de m’énerver ou d’être trop froide envers lui. Je m’efforçais de rester calme, et pour tout dire c’était facile vu l’état dans lequel j’étais, je ne pouvais pas trouver la force de l’engueuler ou même de lui faire une pique cinglante. J’étais tenté de lui demander pourquoi il s’inquiétait de mon état étant donné notre relation réciproquement négative… ou presque. C’était d’ailleurs très bien qu’il soit plus loin, à quelques mètres. Bizarrement, ça me soulageait qu’il ne soit pas très près de moi et je priais pour qu’il ne s’installe pas sur ce banc et qu’il passe son chemin. J’allais rester un moment pour reprendre des forces pour pouvoir aller jusqu’à ma chambre d’hôtel, et je souhaitais que ce soit un moment calme et serein. En tout cas, si la discussion dériverait comme la dernière fois, je n’aurai pas la force de répliquer et j’étais décidé à partir si besoin, et là il ne fallait absolument pas qu’il me barre le chemin cette fois-ci. Et puis, nous étions dans une caserne de pompier, si j’avais besoin, j’hurlerais non ?

    Il répondit à ma question, avec toujours ce ton et cet air qui m’était lassant. Mais après tout, comment pouvait-il se comporter autrement ? Il était militaire depuis longtemps déjà, c’était ancré en lui, pourquoi changerait-il ça ? Je l’écoutais seulement parler, me rappelant un peu plus combien nous étions dans la misère. Peut-être pas tout de suite, mais j’étais sûr et certaine que la situation n’allait que s’aggraver. Bizarrement, lorsqu’il me parla de la ligne de front, je n’imaginais pas cette ville sans les militaires. J’eue un espèce de choc dans la poitrine en m’imaginant la scène… un tout petit nombre de militaire – car oui ils n’étaient pas nombreux – affronter le chaos qu’il y avait à Cherbourg. Peut-être même avaient-ils envahie cette ville… en tout cas, lorsque je l’avais quitté ils s’étaient déjà bien approprié les lieux. Rien que d’y repenser me terrifiait et ces éternels flashs revenaient toujours. Si ça ne tenait qu’à moi, je les ligoterais ou les enfermerais quelque part. A cette pensée, je failli sourire, car c’était bien bête finalement. Mais n’y avait-il pas eu assez de mort ? Je ne pouvais engager cette conversation avec lui, car sûrement me dirait-il que c’est sa mission. J’inspirais et soupirais lentement, en prenant le temps de bien inspirer. Cela me valut un léger vertige, et juste à ce moment-là, soudainement, mon cœur s’arrêta de battre quelques secondes, tout comme ma respiration qui se stoppa. Je n’aurai jamais imaginé qu’il me sorte ce genre de question. Après quelques secondes, je repris mon rythme et mon souffle, même s’il était irrégulier. Tous se bousculait dans mes émotions, je ne savais pas quoi lui répondre, et pourtant la réponse était simple : je n’avais aucune information. Rien. Le calme plat. Les larmes commençaient à s’accumuler dans mes yeux fatigués, j’aurai pu les retenir si ça avait été un autre jour. Alors que je le regardais, je détournais le regard pour m’intéresser au design du mur de l’autre côté. J’avais une boule dans la gorge et je me demandais si ça allait s’entendre lorsque les sons sortirent de ma bouche.

    « Pas de nouvelle, non. »

    Je ne pouvais pas parler plus longtemps, cette boule grandissait dans ma gorge au fur et à mesure que je refoulais ces larmes et cette tristesse qui m’envahissait. Je me demandais pourquoi il m’avait posé cette question. Aimait-il titiller là où ça me faisait horriblement mal ? Le faisait-il seulement exprès ? Je n’envisageais même pas la possibilité qu’il me demande des nouvelles parce qu’il s’inquiétait ou tout autre sentiment positif. Je n’y arrivais pas tout simplement, car s’il exprimait une quelconque émotion positive me concernant, je ne savais pas du tout comment je pourrais me comporter. Je préférais qu’il me haïsse, c’était bien mieux comme ça. Mais alors que je souhaitais le faire partir d’une violente réflexion, ma voix s’éteignit aussitôt. Je préférais donc me taire, laisser en suspens ma réponse et ne rien faire d’autre pour qu’il puisse passer son chemin. De toute façon, je ne pouvais ni parler, ni le regarder car je luttais contre ses larmes encore et toujours.


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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Mar 15 Jan - 22:31

    Bien sûr, j'avais fait une connerie en lui posant cette question, en faisant en sorte de la ramener devant l'horreur de sa situation et devant la cruauté de ses préoccupations. Je savais bien qu'elle était forcément meurtrie dans l'attente de l'être qu'elle devait aimer et chérir... Mais je savais aussi que je ne me sentais pas concerné. C'était horrible à dire, mais ce n'étais pas mon problème, je n'étais touché personnellement par qui que ce soit. Je trouvais triste tout ce qui pouvait arriver aux gens, mais je n'étais pas du genre à me plaindre ou à me lamenter sur leur sort, ou à me perdre de compassion pour tous ceux qui avaient perdu quelque chose. Moi aussi j'avais de la famille, et moi aussi je l'avais probablement perdue. Cela ne m'avait pas fait pleurer ni ne m'avait poussé au désespoir. Je ne considérais pas ceux qui se retrouvaient dans cette posture comme des faibles ou des individus pathétiques d'une quelconque manière. Ils avaient simplement une force supplémentaire qu'ils laissaient gâcher. Moi, j'avais juste envie de venger mes morts, ou de faire suffisamment mal à mes ennemis pour qu'ils en oublient ceux qui avaient survécu. J'étais comme ça, plein de colère, de haine, et de cruauté. Suffisamment pour faire payer au centuple ce qu'on avait subit. J'étais comme ça. Je me plaisais à me voir comme un homme d'honneur alors que je savais pertinemment que c'était faut. J'étais avant tout obnubilé par mes propres penchants, pulsions, et tout ce qui me caractérisait individuellement, pour uniquement vouloir défendre les droits et les prérogatives des autres. Je savais qu'il fallait que cela change, mais comment modifier ma nature elle même ? J'étais comme ça, et continuerais sans doute toujours de me voir comme ça, comme un loup parmi les moutons. J'avais déjà prouvé que je l'étais dans le passé, et que je pouvais faire ce qui était nécessaire mieux encore que tous les autres. Faire le nécessaire... Comment cette simple formule pouvait ressentir autant d'horreur... C'était ainsi. J'étais comme ça. Et je faisais sur cette Terre ce pourquoi j'avais été fait. Je constatais l'ampleur des dégâts provoqués par ma simple question quand Eléanore détourna la tête pour regarder le mur. Là encore, je ne dis que ce qui me venait à l'esprit, et ce n'était pas forcément la chose la plus intelligente qui soit.


    | Je suis désolé, Lén'... |


    Encore un de ces surnoms que je lui donnais quand nous étions jeunes, et qui me revenait maintenant de manière presque naturelle. Que cela pouvait être troublant, parfois... Je la sentais plus que troublée ; elle parlait peu, semblait sur le point de dire quelque chose, puis se ravisait à nouveau. Comme si elle n'osait pas me dire ce qu'elle pensait, ce que j'aurais pu tout à fait comprendre tant j'avais pu me montrer brutal avec elle. Mais elle n'avait pas été mieux, et dans le fond, tout était de sa faute, non ? J'en étais toujours en partie convaincu, même si notre précédente discussion avait fait quelque peu vaciller ma résolution à ce sujet. Gêné, je savais que je n'avais rien à faire ici, que je perdais probablement du temps, et qu'Eléanore était de toute façon bien mieux sans moi. Pourtant, quelque chose m'empêchait de bouger, et j'avais du mal à détacher mon regard d'elle. Ma voix exprima aussitôt la conclusion à laquelle j'arrivais en pensées.


    | Tu as changé, Eléanore. Pourtant au fond, tu es toujours la même. Je nous voie encore gosses, faire les cons et profiter. Tout ça a bien changé... J'aurais tout donné pour te voir dans l'état dans lequel tu te trouves si j'avais été à la place de cet homme, tu sais. Tu l'aimes vraiment. Je dis pas ça pour t'embêter ou quoi que ce soit. Je le constate. Et je dois avouer que ça me fait tout drôle. Je sais, je devrais pas dire tout ça mais... Tu m'as manqué, pendant tout ce temps. |



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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Dim 20 Jan - 22:15

    Je ne savais comment je faisais, mais j’arrivais à contenir toutes ses émotions en moi ; même si ces deux boules dans ma gorge et dans mon ventre grandissait au fur et à mesure. Je ne souhaitais pas de nouveau perdre ma force devant lui, devant ce lieutenant froid et inexpressif. Je ne savais pas ce qu’il ressentait hormis la haine et c’était cela qui me dérangeait le plus finalement. Je m’étais pourtant dit que c’était mieux qu’il me haïsse…
    Je me demandais ce qu’il allait faire, le mieux aurait été qu’il me laisse tranquille et que je puisse rentrer chez moi après quelques minutes de repos. J’aurai pu pleurer autant que je le souhaitais, enserrant ce médaillon comme toujours contre ma poitrine. J’aurai souhaité partager cette peine et ce chagrin avec quelqu’un qui puisse me comprendre et me soutenir, mais la seule personne qui arrivait à faire cela n’était pas parmi nous. J’avais l’impression de ne penser qu’à lui et de ne pleurer que pour lui. En même temps c’était comme ma moitié, un homme qui avait su me séduire par ses qualités mais aussi ses défauts. Il avait su aussi rester discret concernant mon passé que je ne souhaitais pas lui révéler, et il ne m’en avait pas tenu rigueur. Je l’aimais pour ça aussi. Je ne vivais que pour lui et ne rêvait que du moment où nous pourrions nous retrouver. Je ne pensais pas à la mort car j’avais survécu malgré tous les obstacles qui s’étaient trouvé sur mon chemin. Je pensais et j’étais presque sûr qu’il avait survécu aussi, quelque part… pensant à moi comme moi je pensais à lui en ce moment. Je ne savais pas si les gens comprendraient cet amour, et je ne souhaitais pas avoir de fausses compassions ; alors je gardais pour moi autant que je le pouvais.
    Mickaël

    Alors que je regardais toujours le mur, un de mes surnoms me fit presque retourner la tête pour regarder Philippe, tellement cela m’avait surprise, tout comme ses excuses. J’avais l’impression de retourner dans ce monde d’adolescence, comme si tout ça n’était pas arrivé, et que j’étais heureuse avec cet homme plus âgé que moi. Cette pensée fut totalement refoulée car la réalité, le chaos ambiant était toujours là. Ce début de guerre que je ne comprenais pas, que personne ne comprenait. J’aurai bien aimé être sur une île lointaine et perdu sur l’immensité des océans. Peut-être n’y aurait-il pas eu de bombardements… de guerre.
    Alors que mes pensées vagabondaient, pendant un instant j’avais cru oublier cette douleur à la poitrine dû à ce chagrin et ces larmes que je retenais tant. J’entendis de nouveau la voix du Lieutenant, et là je restais encore plus figée, sans voix. J’écoutais ses paroles et au fur et à mesure je souhaitais me boucher les oreilles car j’avais la très nette impression qu’il allait me dire quelque chose que je ne voulais pas entendre. Et alors que cette pensée me traversa l’esprit, il finit en beauté. Il ne voulait pas m’embêter avec ces paroles ? Ça m’embêtait ! Pourquoi il me sortait ce récit maintenant ? Avait-il des remords sur notre première rencontre à la mairie ? Etait-ce sincère ? Je ne me posais pas la question, car en tournant la tête pour le regarder, je voyais un regard tout autre, rien à voir avec ce lieutenant que j’avais croisé la première fois. Il fallait dire aussi que je n’avais pas non plus pesé mes mots, mais il m’avait énervé, et en plus j’étais tellement traumatisé par Cherbourg que je ne contrôlais plus rien. Cela m’était vraiment difficile d’intérioriser tout ce que j’avais emmagasiné depuis lors. Je m’effondrais souvent dans ma chambre d’hôtel, seule, terrorisé et inconsolable. Personne pour me venir en aide, mais je ne souhaitais pas non plus prendre la main que quelqu’un me tendrait. C’était paradoxal, même si je savais qu’au fond un peu de réconfort d’une personne me ferait énormément de bien. Au fur et à mesure j’essayais de me former une sorte de carapace, pour montrer à quel point j’étais forte, peut-être était-ce vain après tout.
    Une larme coula sur ma joue droite, puis une autre sur ma joue gauche. Je les séchais rapidement avec le dos de ma main, soufflais un bon coup pour essayer de comprendre ce qu’il m’avait dit et essayait de trouver les mots pour lui répondre.

    « Je n’ai pas non plus oublié les bons souvenirs que nous avons en commun toi et moi. J’ai juste… eu de la chance de tomber sur cet homme. Mais… Tu… »

    … m’as beaucoup manqué aussi. Je finis cette phrase dans ma tête, car je ne pouvais pas le lui dire ! Cela m’était impossible, j’avais toujours cet amour profond envers Mickael. Peut-être que si mon cœur n’avait pas été pris, je lui aurais bien dit tout ce que j’avais sur le cœur… jusqu’à lui dévoiler tout concernant mon départ. Peut-être que je le pouvais maintenant, mais j’avais bien trop peur des conséquences que cela pouvait faire, et je n’étais pas en état pour contrer tout ce que me disait mon cœur. Seul mon regard pouvait trahir ma pensée et j’avais bizarrement honte soudainement. Si j’avais pu m’enfuir de cette situation… mais je sentais que mes jambes allaient lâcher si je me relevais maintenant. Je ne pouvais que fuir son regard, et je suppliais intérieurement pour qu’il ne me refasse pas un discours aussi… troublant.


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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Mer 23 Jan - 13:55

    Je ne savais absolument pas quoi dire ou quoi faire. Ce qui me semblait le plus indéniable, c'était que tout ce qu'avait connu Eléanore et que moi je ne connaitrais jamais. Ce n'était ni de l'envie ni du désespoir, mais je mesurais quand même que j'avais finalement assez peu de raisons de me battre pour conserver mon existence, contrairement à tous ces gens. Pourtant, je me battais comme un foutu lion, comme si j'avais tout à perdre et rien à gagner dans ma croisade pour défendre ce pays contre toute agression extérieure. Je ne me battais pas vraiment pour moi. Si bien sûr que quelque part, je me battais avant tout pour moi. Sur quelques aspects c'était bien évident. J'aimais l'argent facile, et tous les moyens semblaient bons pour en gagner. Mes petits trafics n'avaient jamais connu de frontières ni de limites, et j'avais toujours fait en sorte de pouvoir m'en mettre plein les poches. Pourquoi ? Peut être tout simplement parce que je n'avais rien pour meubler ma vie. Je n'étais pas le plus idiot, ni le plus intelligent. Je faisais ce pourquoi j'étais fait. Assez malin et roublard comme pas un, j'aimais prendre mon temps pour trouver les petites affaires lucratives, légales ou non. Je me souvenais très bien de ce petit trafic d'antiquités afghanes que j'avais mis en place pendant un temps, avant d'attirer un peu trop l'attention. J'aimais l'argent, j'aimais ce qu'il me permettait d'obtenir. Le moyen de voyager, de voir des femmes, les plus belles qui soient, de boire, de se divertir, d'avoir un beau chez moi même si je n'y passais jamais beaucoup de temps. J'aimais l'argent et ce qu'il permettait d'obtenir, mais j'avais bien conscience que tout ça n'était pas vraiment ma vie. C'était les petits à côté qui permettaient de la rendre vivable, ce qui n'était pas rien dans la situation dans laquelle nous nous trouvions. Et le problème justement, c'était que je n'avais actuellement plus cet échappatoire, et j'avais bien conscience que c'était quelque chose de relativement dangereux, que je ne parvenais pas à contrôler. Je savais qu'ici aussi, je pourrais sans doute mettre en place des petites choses qui pouvaient rapporter, mais je savais aussi que ce serait la porte ouverte à tous les débordements. La jeune femme que j'avais devant moi devait être dans le même état d'esprit. Elle aussi n'avait plus rien pour se changer les idées. Elle aussi, avait perdu presque tout ce qui caractérisait son existence.


    Et ce que je pouvais lui dire ne semblait absolument pas arranger ses affaires, j'avais l'impression que je la menais à bout à chaque fois que nos chemins se croisaient dans cette ville maudite. Je savais bien que cela avait sans doute plus à voir avec sa propre situation qu'avec moi même, mais je savais aussi qu'on ne pouvait se fier à pas grand chose avec les perspectives actuelles. Ma propre présence ne devait en rien l'arranger, ça vous pouvez me croire, je pouvais clairement le sentir. Alors qu'elle me révélait que je lui avais tout aussi manqué, elle s'apprétait à me révéler quelque chose sans savoir arriver au bout semblait il. Assez étrangement, cela me touchait. Je quoi ? Je l'avais plus fait souffrir que n'importe qui d'autre ? Surement. Ou alors, je l'avais toujours attirée, et une part d'elle était toujours attachée à moi. Je n'étais pas sûr de vouloir connaître la suite.



    | Mais je suis ce que je suis, et je fais ce pourquoi je suis fait. On n'est pas les personnes qu'on avait rêvé de dévenir, Len'. Je ne le suis pas, peut être que toi tu l'es, au fond... J'en sais rien. On n'a pas le choix que de faire avec cette putain de situation, et ce que sont devenues nos vies. |


    Je ne savais réellement pas quoi dire d'autre. Elle ne semblait pas vouloir parler, et je ne savais de toute façon pas quoi lui dire. Peut être était il temps pour moi de faire mon boulot...


    | En tous cas, je te souhaite de le retrouver. |



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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Ven 25 Jan - 15:32

    J’avais été fière de ne seulement que penser ses mots qu’il m’avait lui-même sorti plus tôt. Je ne réalisais pas ce qu’il aurait pu se passer si ces mots étaient sortis de ma bouche et surtout que Philippe les avaient entendus. Peut-être rien après tout, mais j’avais cette très nette impression qu’en sa présence tout pouvait arriver. J’imaginais les pires choses bizarrement. Si j’avais pu le prendre pour un punching ball je l’aurais fait volontiers, juste pour sortir toute cette détresse en moi ainsi que toutes ses émotions qui je ne contrôlais absolument plus depuis les bombardements. J’avais l’impression d’être la seule à pleurer et à m’apitoyer sur mon sort ; que personne ne comprenait réellement ma douleur. J’avais l’impression d’être une de ces femmes qui pleurs pour un rien et ne voit surtout que leurs souffrances et pas celles des autres. Je voyais pourtant ce qu’il se passait dehors, j’étais resté des heures durant devant la fenêtre de l’hôtel, regardant toujours l’horizon et voyant le changement s’opérer petit à petit. Je ne pouvais rien faire. On ne pouvait rien faire et je doutais réellement de notre survie pour les mois à venir.

    Lorsque j’étais partie faire ma nouvelle vie, je m’étais juré de ne jamais laisser encore une fois une situation me faire du mal. J’avais réussi d’ailleurs en gardant ma bonne humeur et mes fidèles amis ainsi que mon fiancé à mes côtés. Je sortais victorieuse même si mes souvenirs d’avant restaient gravés dans ma mémoire. J’avais d’ailleurs toujours apprécié la discrétion que mes amis et mon fiancé avaient à mon égard concernant mon passé. Je ne leur en avais pas parlé et ne souhaitait pas le faire, je m’en portais que bien mieux. Et là, assise sur ce banc à encore devoir retenir mes larmes… Ou diable était passé cette force intérieure, ma force intérieure ? Comment j’avais fait pour la laisser s’échapper de moi ? J’étais pitoyable, absolument pitoyable… J’avais l’impression d’être une autre personne, que ce corps ne m’appartenait pas. Ce qui devait être vrai en quelque sorte car mon expérience de Cherbourg m’avait irrémédiablement changé, en mal peut-être d’ailleurs, mais je ne me reconnaissais plus parfois. Je ne savais plus. Quoiqu’il en soit, la seule chose dont j’étais certaine c’était que je restais en vie pour mon fiancé, rien d’autre. Alors j’espérais qu’il était quelque part… en vie, et qu’il se disait la même chose me concernant…

    J’avais pris mon médaillon et jouais avec entre mes doigts, l’air complètement ailleurs. Je redescendis sur terre lorsque Philippe me répondit. Je le regardais de nouveau. J’avais séché brusquement mes larmes et pour le moment j’arrivais à les contenir. A dire vrai, je n’écoutais Philippe qu’à moitié, car j’avais l’impression qu’il arborait de nouveau un autre personnage… jusqu’à ce qu’il me souhaite de retrouver mon fiancé.

    « Vous avez des nouvelles du monde extérieur ? »

    Cette phrase sortie presque aussitôt de ma bouche, sans pouvoir réfléchir avant. Effectivement, lui et le maire était en relation, très probablement, alors pourquoi ne serait-il pas informé de la situation ? J’espérais qu’il me dise quelque chose, que ce soit une bonne ou une mauvaise nouvelle, mais au moins quelque chose. J’espérais aussi qu’il me dise la vérité, mais j’en doutais de par son statut de lieutenant. J’étais bizarrement presque sûr qu’il en savait plus que quiconque dans cette ville. Mais je ne voulais pas non plus lui faire croire que j’avais de l’espoir.

    « Je veux dire… nous n’avons pas beaucoup de chance n’est-ce pas ? »

    Parler d’autre chose, bien que ça soit pas plus joyeux, me permit de canaliser toute cette tristesse en moi. Bien qu’elle soit toujours là, je la contenais tant bien que mal. De toute façon j’étais certaine qu’elle sortirait une fois revenu dans ma chambre d’hôtel. J’aurais tellement voulu que Mickael m’attende, qu’il me prenne dans ses bras et me dise que tout allait bien… comme lorsque j’avais parfois des cauchemars affreux qui revenaient me hanter. Je souhaitais seulement… qu’il revienne… était-ce tellement insensé dans la situation actuelle ?


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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Ven 1 Fév - 13:30

    Bien sûr que j'avais constaté dans quel état se trouvait à nouveau Eléanore. Il semblait tout à fait que quoi que je dise ou quoi que je fasse, il y aurait toujours des conséquences potentiellement néfastes sur elle, sur son humeur ou son état d'esprit en règle générale. Le jeune homme au caractère impétueux que j'avais été à l'époque aurait pu prendre ça pour quelque chose de dû aux sentiments qu'elle aurait pu me nourrir, au désir profondément charnel que je lui inspirais... Mais l'homme dur, froid et inflexible que j'étais devenu refusait de se leurrer. Ce qu'Eléanore pouvait ressentir quand elle semblait aussi perdue que cela n'avait rien à voir avec moi, et tout à voir avec sa vie, avec cet homme dont elle m'avait parlé. J'étais vaguement jaloux. Pas de cet homme, mais d'Eléanore. Elle avait réussit à retrouver des sentiments, une existence normale et paisible. Avant tout ce qu'il venait de se produire, bien sûr, mais cela comptait tout de même pour un peu. Moi, je n'avais plus jamais réussit à incarner cette normalité... A vrai dire, je doutais de l'avoir connu un jour. Mon ancien moi se serait probablement vanté de ne pas être dans la norme, moi j'en étais plutôt venu à le regretter, même si je ne l'avouerais jamais devant qui que ce soit. Après tout, mon passé était loin d'être aussi normal qu'on aurait pu l'espérer pour l'existence d'un gosse tout juste sorti de l'adolescence. Vivre de trafics illégaux, tous plus ou moins dangereux mais qui rapportaient bien. Cette indépendance étrange dont j'avais joui, avant que tout ne finisse par basculer et que je n'entre finalement dans l'armée. Je pense que cette décision avait été loin d'être la pire que j'eus jamais pris. L'armée avait fourni un cadre nouveau à mon penchant naturel pour les petites entreprises et le commerce en règle générale, mais aussi à la propension que je pensais naturelle que je supposais avoir en ce qui concernait la violence. Eléanore coupa court à mes pensées en me demandant si on avait des nouvelles de l'extérieur. Normalement, j'étais pas sensé parler de ce genre de choses à une simple civile. Cependant, la vérité n'était pas très dure à deviner et je n'avais de toute manière absolument aucune idée de quand nous aurions réellement de nouvelles informations.


    | Non effectivement, nous n'avons pas beaucoup de chance. Nous sommes dans un trou paumé, presque sans information sur ce qu'il se passe ailleurs. Peu de stocks de vivres, de médicaments, de munitions. Une population qui passe son temps à fronder et à paniquer... |


    Ca, c'était le côté pessimiste que je ne pouvais pas faire ressortir sans m'en mordre les doigts par la suite. Je me devais de nourrir un peu plus d'espoir, je me devais aussi d'évaluer la situation avec un peu plus de justesse. Je me devais tout simplement de dépendre un tableau empreint de réalité de tout ce que nous étions en train de vivre. Il fallait qu'on se raccroche à toutes les petites choses.


    | Mais c'est aussi ça qui peut nous sauver. On est loin de tout. On n'est pas une foule immense, on sait encore gérer la situation. On ne forme pas une cible intéressante pour qui que ce soit. On peut s'accrocher au peu qu'on a, parce que personne d'autre ne voudra nous le prendre, et si c'est quand meme le cas, on est assez préparés pour y faire face aussi bien que possible. |


    Je regardais Eléanore, ne sachant toujours pas vraiment quoi lui dire.


    | Faut que tu t'accroches à tout ce qui te permette de tenir. Je ne te permettrais pas de renoncer, pas plus que je ne me le permettrais à moi même ou à mes hommes. |



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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Lun 4 Fév - 16:49

    Certains diront que je suis en plein self contrôle, mais la réalité était tout autre. J’étais une bombe à retardement. J’avais toujours des coups de blues toute seule de mon côté, des mini-bombes en quelques sortes. Si j’explosais véritablement je ne sais pas si j’arriverais à me relever. Alors j’essayais de me cantonner à l’espoir que j’avais de revoir un jour mon fiancé et à tous ses souvenirs qui me raccrochait à lui. Je pensais sans cesse à lui, je m’efforçais tous les jours de me rappeler les bons souvenirs pour éviter que ma mémoire me fasse défaut. C’était toujours lui, mes pensées étaient toujours pour lui, mais en réalité j’avais un réel manque d’affection. Je ne supportais pas la solitude, je ne l’avais jamais aimé du jour où mon père ne voyait que ses bouteilles d’alcool… J’en avais tellement souffert que je ne me sentais pas capable de recommencer à l’affronter. Alors j’essayais de "paraître", d’enfiler une carapace même si elle me paraissait bien trop fragile et percer de beaucoup de trous. Le changement de conversation m’avait permis de ne pas étaler mes émotions devant Philippe, car je ne souhaitais en aucun cas revivre notre première rencontre qui avait été pour moi très difficile. Mais bizarrement, je le sentais différent, peut-être était-ce le fait qu’il n’insistait pas et qu’il ne cherchait pas des informations qui ne souhaitaient pas encore sortir de moi. Il était vrai qu’au fur et à mesure, j’avais l’impression de retrouver des images de Cherbourg, des petits détails à droite à gauche, et ça ne s’arrêtaient pas. J’avais l’impression que mon cerveau était défaillant car tout se bousculait dans ma tête, et ça m’était insupportable. J’avais peur de paraître délirante, ce pourquoi je restais réserver et refoulait un bon nombre de mes sentiments. En réalité, en regardant Philippe – seul homme qui m’avait connu mais me connaissait certainement mieux que quiconque ici-même – j’avais envie qu’il me rassure. Mais je ne pouvais pas me résoudre à suivre ce sentiment profond, car je savais que ce n’était que mon désir d’être rassurer et de me sentir en sécurité avec quelqu’un. Auprès de qui d’autre serais-je en sécurité par ces temps de guerre ?

    J’étais sans cesse dans mes pensées, essayant de faire les bons choix entre tous ses sentiments aussi compliqué les uns que les autres. Mais la voix du Lieutenant me fit reporter mon attention sur les questions que je lui avais posées. Je ne m’attendais pas à ce qu’il me donne de l’espoir, juste… qu’il me réponde. Ce qu’il fit très bien d’ailleurs. Je m’arrêtais sur ce qu’il avait dit sur la population, les gens en général. Il était vrai que j’avais peur, mais nous sommes en pleine guerre, ce n’était pas une bonne raison pour paniquer ? Je n’avais pas une quelconque formation me permettant de gérer une situation comme celle-ci, je n’arrivais pas à garder mon sang-froid. Et je pense que presque la majorité ici dans cette ville pensait comme moi. Nous sommes que de simples civils, nous ne pouvons pas nous protéger nous-même contre ce chaos. Je me demandais d’ailleurs comment cela se passerait-il si une troupe de soldats ennemis arriveraient jusqu’à nous. Je me demandais comment je pourrais me défendre, et j’ai beau retourner la question dans tous les sens possible, à chaque fois je ne vois aucune issue possible. Que des idées sordides qui me viennent en tête à chaque fois et que je ne peux pas extirper de ma tête. Ça m’était insupportable et j’étais à chaque fois terrifiée, et personne pour me rassurer.
    Je l’écoutais de nouveau, et là ce fut des paroles qui se voulaient un peu plus rassurantes. Mais je n’étais pas dupe, ce n’était que des belles paroles pour rassurer la plupart des gens, mais ça ne me rassurait pas moi. Peut-être étais-je trop pessimiste ou tout simplement trop réaliste, mais je ne voulais pas me faire de faux espoir. Paradoxalement, je n’avais d’espoir que pour mon fiancé.

    « Je ne pense pas que tes paroles reflètent la vérité. »

    En effet, je me souvenais de tous les gens tués pour rien, peut-être même pour le plaisir. Je voyais encore tout un tas de femmes, d’enfants s’écrouler au fur et à mesure que les avions passaient. Ensuite, c’était l’assaut des soldats. J’étais en fuite à ce moment-là, mais j’étais sûre que si j’étais restée, j’aurais véritablement souffert. Ce que je pensais vraiment faux, c’était qu’il me dise qu’on était préparé.

    « Vous êtes préparés, c’est une nuance à ne pas négliger je pense. Si ces soldats reviennent ici, ce sera un vrai massacre et je préfèrerais… »

    …me suicider avant qu’ils ne reviennent. Oui c’était ça, si je pouvais trouver une arme, ne serait-ce qu’avec une seule balle, ou un simple petit couteau pour me permettre de quitter ce monde avant de voir ces soldats débarquer. Et j’étais certaine que nous n’allions pas restés indéfiniment coupé du monde, la petite ville n’étais pas invisible.

    « Il n’y a qu’une seule chose qui me permet de tenir, mais elle me paraît de plus en plus faible chaque jour. Et si je renonce ce sera mon choix, pas le tien. »

    Je voulais qu’il comprenne que si je renonçais, il ne pourrait pas intervenir. Ça pouvait être effectivement une réponse ambigüe, voire même inquiétante. Mais je n’étais que partiellement certaine de ce que je pourrais faire si le désespoir m’emportait, seul le temps pourra m’apporter une réponse ; même si des pensées suicidaires me traversaient l’esprit de temps à autre. Je ne voulais pas paraître méchante ni froide ni même l’inquiéter car je ne voulais pas de compassion de sa part, mais je n’avais pas réfléchi à mes paroles, peut-être dû à mon état fébrile. J’avais presque regretté de lui avoir répondu, car je supposais déjà des paroles très méchantes ou vexantes de sa part, dont je n’étais pas capable de supporter en cet instant.


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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Dim 10 Fév - 18:02

    J'essayais de faire en sorte qu'Eléanore parvienne à tenir le coup. Apparemment, cela n'avait rien d'évident. Elle était toujours sous le choc des évènements traumatisants qu'elle avait vécu, et ce n'était pas pour me rassurer. J'espérais que le syndrome de l'abandon ne pointerait pas de sitôt le bout de son nez, mais je n'avais aucune certitude, pour la simple et bonne raison que je ne connaissais plus la jeune femme. Bien sûr, je sentais certaines de ses réactions, je connaissais tout de sa vie à notre époque... mais la femme qu'elle était devenue, la personne que j'avais désormais en face de moi, était une inconnue totale à mes yeux. Je ne pouvais pas savoir de quoi demain serait fait. Déjà pas pour moi, mais pour elle non plus. J'avais fait en sorte de lui permettre de sauvegarder ce qu'elle estimait devoir garder de son intimité et de sa dignité pour elle même ; Eléanore semblait secrète et préférait vivre seule, ou en tous cas pas avec moi, toutes les émotions qui étaient nées de ce choc qu'elle avait vécu à Edimbourg. Je ne pouvais rien faire contre ça, le soutien psychologique ne rentrait ni dans mes attributions, ni dans mes fonctions, ni même dans mon caractère. Je ne savais pas comment aider les autres, pour la simple et bonne raison que je ne savais déjà pas comment m'aider moi même. Je faisais comme beaucoup de gens, en fait. Quand les saletés s'accumulaient dans ma vie et dans ma tête, je passais un coup de balais pour déblayer toutes ces choses et les foutais sur le tapis plutôt que de tout ramasser. Ca fonctionnait plutôt pas mal pour l'instant, au moins étais je toujours capable d'avancer, ce qui ne semblait pas être le cas de tout le monde, à mon grand dam. Je remarquais que la jeune femme semblait toujours aussi ailleurs qu'au début de notre conversation. Elle avait tous les symptômes du contrecoup d'un fort stress post-traumatique. Je ne faisais pas qu'imaginer ce qu'elle était en train de vivre ; devaient défiler devant ses yeux les mêmes images de mort et de peur, encore et encore, sans que cela ne s'arrête. Je constatais maintenant qu'Eléanore attendait et semblait réfléchir à mes paroles, comme s'il y avait quelque chose à redire à ce que j'avais pu avancer comme argument. Bon d'accord, le raisonnement était loin d'être infaillible j'en avais bien conscience. Pourtant, il fallait bien que l'on fasse en sorte de passer outre ce sentiment de panique que nous ressentions tous au fond de nous. Malheureusement, Eléanore était bien trop intelligente, trop pour son propre bien. Je soupirais.


    | Non. Ce n'est pas le cas. Mais il fallait bien que j'essaie, pas vrai? |


    La belle accentua le « vous » de vous êtes préparés. Elle avait parfaitement compris la situation. A moins d'une attaque secondaire ou d'une escarmouche, mes maigres forces seront rapidement débordées, et il ne sera plus temps de faire quoi que ce soit pour éviter un carnage. Je comprenais la suite de ses paroles ; elle n'avait pas besoin d'en dire plus. Je fis alors un geste qui me semblait aussi déplacé qu'incongru, bien que sincère ; je vins poser ma main sur sa joue, lui caressant doucement la peau avec mon pouce.


    | Je ferais tout pour qu'on n'en arrive pas là. |


    Bien sûr.. ; Si je laissais les civils se laisser mourir, à quoi rimait bien le but de ma mission et l'existence même de mon unité ? J'étais là pour protéger les gens, les protéger d'eux mêmes s'il le fallait. Ensuite, elle me sortit des mots à la signification très dure ; je ne savais pas quoi lui répondre. Je tournais sept fois ma langue dans ma bouche pour éviter de dire une énième bêtise.


    | C'est l'espoir qui va nous tenir debout et soudés. On va rendre coup pour coup, et on prendra notre revanche, on va survivre. Gardes la volonté. Dans tout ce bordel, il pourrait peut être en ressortir du bien. |


    C'était indélicat, mais honnête. L'histoire de ma vie.



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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Mar 12 Fév - 16:38

    Effectivement, j’avais du mal à aller de l’avant. Devant les gens, j’essayais d’arborer un tout autre aspect, surtout pour éviter que les rares personnes qui me soient amicalement proche n’interviennent. Je n’avais surtout pas envie que l’on me juge, c’est pourquoi j’essayais par tous les moyens de garder mon calme, même si ça m’était très difficile étant très émotive. Et cela m’était bizarrement très difficile devant ce lieutenant, cet homme avec qui j’avais partagé quelques années de ma vie. De très bonnes années d’ailleurs, je ne pourrais jamais oublier les bons moments passés ensemble ; et le revoir avait créé en moi de telles émotions que je ne m’en remettais toujours pas. J’avais l’impression que les années qui s’étaient écoulées ne l’avaient jamais été, et que je l’avais quitté il y a quelques jours seulement. Ce pourquoi d’ailleurs la première rencontre fut très difficile, surtout en de telles circonstances. Le choc que j’avais eu pendant Cherbourg me suivait toujours, et j’avais l’impression de ne jamais m’en sortir, que plus ça allait et plus je m’enfonçais, irrémédiablement. Je tombais dans un cycle infernal, un jour j’avais l’impression de pouvoir tout contrôler, puis un autre jour je sombrais dans une dépression, et enfin dans un anéantissement immense. Mes émotions négatives prenaient à chaque fois le dessus. Si seulement j’avais un soutien. Si seulement…

    Je ne m’attendais pas à ce qu’il me réponde aussi franchement. Il avait essayé de me rassurer, chose à laquelle je ne pouvais me résoudre étant donné que je ne me voilais pas la face. J’étais sûr qu’un jour tout serait détruit, cette ville serait ravagée, et on ne pourra rien y faire. Peut-être que les militaires survivront, pour la plupart, mais tous les civils seraient morts, moi y compris. Et je ne souhaitais pas mourir avant d’avoir vu mon fiancé, vivant ou mort. Après peu importait, surtout si son corps meurtri m’était revenu. Je pouvais ne pas m’en remettre et pourtant je m’en fichais. Je me fichais de ce qu’il adviendrait de moi, de mon corps. C’était ce que j’avais voulu faire comprendre à Philippe, inconsciemment d’ailleurs, car en aucun cas je ne souhaitais recommencer la même grosse connerie que j’avais faite à notre première rencontre. Car au final essayer de lui raconter tout ce que j’avais sur le cœur, surtout cette culpabilité qui me rongeait dû au sang que j’avais sur mes mains, ça n’avait eu bon qu’à m’écraser le cœur un peu plus. Il avait eu le don de m’exaspérer ce jour-là et me rendre folle de rage en plus du fait qu’il m’avait fait réveiller en moi un profond chagrin, en plus du fait que j’avais subi un terrible choc. Je lui en avais terriblement voulu qu’il essaie de me tirer des informations alors que je n’étais pas capable encore de me souvenirs de tout. J’avais bloqué des images, inconsciemment, et certaines me revenaient en rêve, aussi traumatisantes soient-elles.

    « Et ça marche vraiment auprès des autres ? »

    J’avais coupé court à mes pensées qui n’arrêtaient pas de vagabonder et me laissait paraître étourdie. Je devais d’ailleurs souvent le laisser croire. J’avais tourné ma tête pour enfin le regarder, et je ne vis que trop tard sa main s’approcher de mon visage si fatigué. Mon cœur fit un bon à son touché, je me refusais à le laisser faire, à le laisser me toucher ; et pourtant mon corps me faisait réagir autrement. Je me sentis oppressée, une vague de frissons m’engloba, partant de ma joue et glissant le long de ma colonne. Et dès que je sentis ce touché, je me surpris à fermer les yeux. D’abord pour me demander si tout cela était réel, et pour aussi profiter de ce touché, si infime soit le geste, mais qui me faisait paradoxalement du bien. Mais pourquoi, pourquoi tu fais ça ? Alors que je suis si fragile en ces temps. Mon besoin d’affection et de tendresse grandissait, comme si la semaine passée représentait des années de solitude. Ça m’était insupportable. L’homme n’était-il pas fait pour être à deux ? Former un couple ? Alors pourquoi diable étais-je encore engouffrée dans cette solitude ? Combien de temps encore fallait-il que je lutte contre elle ?
    Je rouvris les yeux, et comme pour tout foutre en l’air, des paroles s’échappèrent sans même que je m’en rendre compte.

    « Je regrette, mais je pense fort bien que tu n’y parviendras pas. »

    Je ne savais pas quoi faire par la suite. Enlever sa main ou au contraire la laisser ? C’est qu’il était doué pour me chamboulée, et j’en avais horreur. Comment diable je pouvais réagir à cela ? J’avais l’impression d’être une épave, que personne ne comprenait et surtout que personne ne voyait. Pourquoi lui me verrait dans ce cas ?
    Je me sentais las, ma blessure me lançait et je la percevais beaucoup plus désormais que mon cœur s’emballait soudainement. Et cette fièvre qui n’allait pas baisser en deux minutes. C’était peut-être pour ça que je restais immobile à l’observer, laissant sa main sur ma joue me caresser la peau. Je l’avouais, cela me faisait du bien…

    « L’espoir c’est bien, mais encore faut-il qu’il soit présent en chacun de nous. »

    Que de pessimiste. Mais il était vrai que j’avais de moins en moins d’espoir, et j’étais certaine que quelques personnes n’espéraient plus. Il devait sûrement avoir des personnes qui gardaient l’espoir, ça c’était certain, mais je me demandais surtout comment les gens faisaient. Je n’étais pas de nature à désespérer facilement, mais ma force s’amoindrissait de jour en jour, j’avais l’impression de la perdre totalement. Et là, je regardais intensément Philippe avec une pointe d’interrogation. Jamais il ne m’avait dit que c’était fini, qu’on allait mourir… je me rendais compte qu’il avait toujours eu des paroles positives ou du moins qu’il me laissait croire en quelque chose de meilleur qui pouvait arriver.

    « Mais comment fais-tu ? »

    Oui comment il faisait. Comment il faisait pour être aussi optimiste par ces temps. Etait-ce le fait qu’il portait un uniforme et une arme ? Peut-être se sentait-on protégé comme ça. Et si ce n’était que ça, pourquoi ne pourrais-je pas en faire partie ? Je vidais cette pensée de ma tête, sans pour autant l’en effacer.


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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Mer 13 Fév - 20:15

    J'aimais la compagnie d'Eléanore autant que je la détestais. J'aimais être auprès d'elle parce qu'avec elle, je n'avais pas à jouer le moindre rôle. Elle m'appréciait et me haïssait pour ce que j'étais vraiment au fond de moi, et pas pour cette image que j'avais renvoyé à tous les autres au fil du temps. Je savais bien que les choses ne seraient jamais plus comme elles l'avaient été avec Eléanore, c'était ainsi, et je l'assumais. Pourtant, je retrouvais une certaine paix intérieure en sa compagnie, comme si la boule de nerfs que j'étais d'ordinaire s'était en quelque sorte calmée, que le masque du lieutenant intransigeant avait chancelé par dessus mon visage. C'était comme ça. Eléanore avait cet effet sur moi, et j'imaginais que l'on n'y pouvait rien. Je me satisfaisais de me comporter comme je le sentais auprès d'elle, et c'était comme ça que je me sentirais le mieux. D'ailleurs, alors qu'elle semblait toujours aussi perdue, triste et désorientée, elle ne put s'empêcher de me demander si ma technique marchait auprès des autres. Je lui répondais d'un sourire tout d'abord ironique, mais qui se mua bientôt en quelque chose d'autre. Quelque chose d'inconnu chez moi, comme du regret ou de la tristesse.


    | Tu parles que ça marche. Mes hommes veulent toujours se battre et aucun civil ne s'est tiré une balle. Un miracle, pas vrai ? |


    Nouvelle indélicatesse de ma part alors qu'elle venait toujours de me parler de son renoncement en suspens. Putain de merde, mais qu'est ce qui leur arrivait, à tous ? Et surtout, à moi ? Je n'avais jamais vraiment bien su parler aux gens. Pourtant, je n'avais pas non plus été le dernier boulet du monde non plus. Je parlais de suicide à quelqu'un qui avait des idées noires. Merde alors, cette putain de guerre me faisait vraiment perdre la boule il n'y avait pas à dire ! Comment en étions nous arrivés là ? Je remarquais l'espèce de tressaillement qui traversa le corps de la jeune femme alors que j'en étais venu à toucher son visage. Je ne savais pas ce qu'elle ressentait à cet instant précis. Pour être honnête, je ne savais pas non plus ce que je ressentais à son contact. Peut être un peu de nostalgie, et la haine froide que je lui nourrissais était toujours présente, mais avait moins de prise sur moi. Comme si ce contact me faisait du bien. Putain, ça faisait tellement longtemps que j'avais pas fait ce genre de choses que je ne savais meme pas ce que j'étais sensé ressentir. Bordel de merde, Eléanore m'avait pris en embuscade avec plus d'efficacité que ces putains d'avions qui avaient bombardé ma colonne. C'est alors qu'elle brisa ce drôle d'instant, et je récupérais ma main, ne sachant trop quoi dire ni quoi faire. Je l'écoutais ensuite me dire qu'elle même ne nourrissait plus aucun espoir.


    | Ok. J'y arriverais pas, comme tu veux. Si t'as pas d'espoir, je sais pas quoi te dire. |


    C'était la stricte vérité. Que dire pour rassurer quelqu'un qui avait déjà baissé les bras ? C'est alors qu'Eléanore me demanda comment je faisais. Je la dévisageais, ne sachant toujours pas quoi lui dire. Comment je faisais quoi ? Pour tenir debout alors que la seule envie que j'avais c'était de m'allonger pour ne plus jamais me relever ? Je lui jetais un regard dur.


    | Je compte laisser aucun connard avoir ma peau aussi facilement. C'est ça le but des bombardements, Len'. C'est pas de tuer des gens ou d'affamer les autres ; ils nous battront jamais comme ça. Le but de tout ça, c'est de nous faire flancher, qu'on abandonne et qu'on se rende. Celui qui me fera baisser mon caleçon pour m'enfiler est pas encore né. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Et je ferais payer tous les fils de pute responsables de ce carnage, tous ceux que je pourrais avoir dans mon viseur en tous cas. Parce que s'ils ont tué les gens qui comptaient pour moi, je n'aurais de cesse de me battre. Parce que je suis comme ça. Ca ne te fout pas en rogne, tout ce qui nous arrive? |



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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Sam 23 Fév - 18:35

    J’avais de temps à autres des idées noires, c’était un fait que je niais plus désormais, étant donné qu’elles étaient présentes constamment ces derniers temps. Je vivais avec désormais, mais il était vrai que j’aurai peut-être mieux fait de ne rien dire à Philippe. Mes paroles avaient précédés mes pensées et maintenant je regrettais de lui avoir parlé. Je ne savais pas pourquoi, j’avais l’impression de trop parler lorsqu’il était présent et même si je me réservais toujours, des informations sortaient, comme le fait que je pensais au suicide. Je savais très bien qu’il avait compris, et j’avais ressenti une petite émotion lorsqu’il m’avait répondu. C’était étrange comme sensation, je la ressentais aussi avec Czeslaw car nous étions très proche, alors que paradoxalement nous ne nous connaissions que depuis quelques jours. J’avais l’impression d’être en sécurité en présence d’un homme en uniforme. J’avais aussi l’impression d’être la seule à penser ça, mais si j‘avais eu la possibilité d’être avec un militaire lors des bombardements de Cherbourg, peut-être que tout aurait été différent, peut-être que ces deux personnes qui m’ont aidés aurait été là avec moi, dans cette ville à survivre parmi les autres. J’avais de violent cauchemar où je voyais sans arrêt mes mains ensanglantées, comme je les avais vues réellement lors de notre première rencontre. Je ne souhaitais en parler à personne car j’avais peur qu’on me prenne pour une folle. Alors je refoulais tout, même si tout débordait, je n’arrêtais pas d’accumuler en moi plein d’informations… beaucoup trop pour une seule personne.

    Philippe me répondit et c’était la première fois qu’il employait ce ton. Il était vrai que pour le moment il n’y avait eu aucune panique ou aucun massacre ou quelconque événement qui aurait pu nous faire paniquer. On pourrait penser que nous sommes les seuls survivants et que toute la planète est désertée, je préfèrerais cette option que celle des ennemis envahissant toute la France ; et donc cette petite ville où tout le monde se réfugiaient. Il était vrai que pour le moment il faisait bien son boulot, la ville était calme, voire trop calme parfois. Mais je ne pouvais m’empêcher de garder dans un coin de ma tête une idée chaotique d’une possible invasion ennemie.

    « Un vrai miracle… » murmurais-je en tournant la tête.

    « C’est vrai que c’est mieux de n’avoir aucun événement particulier qui pourrait affoler les gens. »

    Et moi-même par ailleurs. Je me demandais toujours comment cela pouvait-il se passer et surtout les réactions que pouvaient avoir les gens, en autre les militaires qui avaient des armes, bien sûr. Les armes à feu pouvaient faire un massacre, j’en étais bien consciente et je me demandais comment il pourrait gérer une situation de crise et d’extrême urgence. Mon regard s’était attardé depuis tout à l’heure sur son arme qu’il portait sur lui. Au moment où je m’en rendis compte, je levais les yeux vers lui et pris conscience qu’il avait retiré sa main car je sentis une soudaine fraicheur sur ma joue et comme un manque. Je l’écoutais me répondre d’un air assez agacé je trouvais.

    « Je commence à me lasser d’avoir espoir, c’est si difficile à comprendre ? »

    Je m’irritais, il m’irritait, tout comme tous ceux qui ne me comprenait pas mon point de vue. Etais-je si difficile à comprendre ? Je ne voyais ici aucun avenir et c’était cela qui me terrorisait le plus. Comment arriver encore à vivre lorsqu’on ignore tout de ce que sera fait demain ? Je n’y parvenais plus, tout comme je ne parvenais plus à me dire que mon fiancé était vivant et surtout que je le retrouverais un jour. Nourrir de faux espoir accaparait tout mon esprit et toutes mes forces. Je voulais m’en écarter mais je n’avais aucun autre point d’attache pour me raccrocher à la vie. Si je perdais petit à petit espoir, il était sûr que j’allais perdre l’envie de vivre. Il ne me faudrait qu’une petite information, une toute petite positive qui pourrait me raccrocher à cette vie insensée. Ce pourquoi je lui avais posée cette question, totalement absurde je m’en rendais compte. Je comprenais pourtant ce qu’il me disait, sauf que lui pouvait faire quelque chose pour venger les proches qu’il avait possiblement perdu, mais moi, que pouvais-je faire avec ma tête, mes bras et mes jambes si ce n’est fuir ou se cacher ? Je n’avais pas d’armure, pas d’arme, rien pour me défendre et je ne savais d’ailleurs pas comment je pouvais me défendre. J’avais peur de mourir, oui peur de mourir alors que je pensais au suicide. En fait j’avais peur de mourir sans être préparé et avoir choisi le moment. C’était peut-être très étrange mais je pensais comme ça. Je ne savais pas comment lui dire à tel point j’étais faible, mais je répliquai presque aussitôt qu’il avait fini son petit discours.

    « Bien sûr que ça me fou en rogne. J’aimerais simplement retourner à ma vie d’avant et continuer à vivre sans la peur du futur. Mais tu voudrais que je fasse quoi ? Que je prenne un piètre bâton pour me défendre et que je paraisse forte ? Sauf que voilà, la peur est toujours présente et elle me terrifie. Je suis minuscule, complètement démunie, je ne peux pas me cacher derrière une arme comme toi je n’en ai pas les capacités. »

    « Tout est brisé en moi, je souffre en permanence et j’aimerais juste éteindre cette douleur ! »

    Je me relevai brusquement, je m’étais emportée tellement rapidement que je ne savais vraiment pas comment Philippe réagirait. A dire vrai je ne m’en souciais guère pour le moment car des vertiges me prirent alors que je commençais à faire quelques pas. Je ne pus malheureusement continuer car je vacillais et mes genoux lâchèrent simultanément absorbant avec une grande douleur le choc de la chute. Je me retins par réflexe avec mon bras invalide et retenu un gémissement entre mes dents. J’étais dans une grande colère, non pas contre lui, mais contre moi-même, car je ne pouvais pas retenir mes larmes et je pleurais de nouveau en sa présence. Je me recroquevillais sur moi-même, cachant mon visage et mes larmes de ma main.


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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Mer 27 Fév - 12:37

    J'avais l'étrange mais persistante impression qu'Eléanore ne m'aurait confié aucun de ses états d'âmes si seulement elle avait eu le choix ; je sentais que leur révélation tenait beaucoup plus de l'état de ses nerfs qui, à vif, la forçaient à faire des choses qu'elle n'avait surement pas souhaité faire en temps normal. Je pensais bien que les choses pourraient aller en s'améliorant entre nous, mais encore fallait il que l'un ou l'autre en manifeste le désir, ce qui n'était pas le cas pour l'instant. Je lui en voulais toujours autant, même si lui décharger tout mon ressentiment n'était pas pour me déplaire et avait permis en quelque sorte de me soulager quelque peu de mon fardeau. Je voulais faire en sorte que les choses se passent bien... Mais une voix au fond de moi me traitait dans le même temps de faux jeton, que malgré tout ce passif et ces bons sentiments, je préférais de loin lui venir en aide pour éviter une bêtise de sa part pour la principale raison que ses faux pas feraient flancher à leur tour d'autres personnes, et que rien ne pourrait alors faire flancher un élan de panique. Déjà que la situation dans son intégralité semblait presque à bout de portée niveau contrôle, si je persistais à ne pas prêter une oreille attentive aux évolutions de la situation... Bref. Le principal, c'est que je devais garder à l'esprit que l'évolution du dialogue entre Eléanore et moi n'était certes pas dû à un plus grand respect ou amour entre nous, mais bien à l'état déplorable de notre résistance psychique à l'heure actuelle. Ou alors, essayais je seulement de m'en convaincre ? Je ne savais pas, et je commençais d'ailleurs à en avoir ma claque de me poser ce genre de question.


    L'ironie qui semblait poindre dans le ton de la jeune femme ne me plut pas du tout, mais je n'avais pour autant rien à y redire. Là, à l'instant présent, je n'avais pas envie d'exploser à nouveau de colère, d'entrer dans une fureur telle que je détruirais tout ce que j'avais péniblement réussit à construire au fil de cette conversation. Je ne relevais donc pas, ce qui était vraiment rare chez moi pour que je juge digne de vous le souligner. Et quand elle vint m'apporter un semblant d'assentiment, était ce sincère ou pas du tout ? Je ne me posais pas la question, je ne me contentais que d'acquiescer en hochant la tête. Je ne remarquais que maintenant qu'elle ne me regardait pas vraiment, mais que son regard était rivé sur mon fusil à mon côté. Encore une qui s'est récemment rendue compte que pognon, justice et amour ne valaient rien quand le tonnerre de la guerre venait à gronder, pas vrai ? Cruelle constatation. Injuste aussi. Ces gens n'avaient rien demandé à personne, ils n'étaient plus que des moutons dans un monde où les loups régneront en maîtres. Je ne trouvais cependant aucun réconfort ni force dans cette idée. Il n'y a pas de destin, mais ce que nous faisons. Il n'appartenait qu'à eux de changer leur situation. Je haussais les épaules, le regard courroucé.



    | Ben ouais, justement. Je te pensais pas de ceux qui renoncent, c'est tout, laisses moi le temps d'attérir. |


    C'était vrai. Jeune, elle avait été une battante. Jusqu'à ce qu'elle ne subisse à cause de moi, les tortures physiques et mentales de trafiquants apprentis chimistes dégénérés, ce qui provoquait encore aujourd'hui en mon for intérieur, les relents d'une culpabilité jamais totalement soignée. Je secouais la tête, dépité, lorsqu'elle m'apprit la vérité. Retourner à la vie d'avant. C'était si simple et si con que je n'y avais même jamais pensé depuis que les tombes étaient tombées. Ce fichu pragmatisme qui me soufflait que justement, rien ne pourrait jamais être comme avant. La jeune femme s'emporta au point de vaciller sous l'effet de vertiges. Je la rattrapais, la maintenais sur ses pieds en collant mon corps contre le sien pour pouvoir la soutenir au mieux. Je plongeais mon regard dans le sien, seulement plongé à quelques centimètres.


    | Retourner en arrière n'est pas possible. Tu as raison, je ne peux pas choisir pour toi. Tu peux te laisser abattre et mourir seule. Ou bien tu te caches derrière moi et une arme. Et tu fais face. Et si tu finis par mourir, tu le feras avec des gens qui, comme toi, ne se seront pas laissés abattre.... Bon allez. Assez parlé. Je te ramène quelque part ? Tu as besoin de repos. |



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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Jeu 14 Mar - 13:07

    J’étais complètement désorientée, perdue dans cette période d’énorme confusion en moi. Tout se mélangeait : la solitude, la terreur, l’amour, la culpabilité, la douleur… j’en oubliais certainement, mais il y avait des sentiments qu’on ne pouvait expliquer en un simple mot. En tout cas, une chose était sûr, j’avais l’impression de perdre pieds petit à petit ; et le seul qui constatait cette évolution rapide était Philippe. Je n’aurais jamais cru pouvoir lui montrer cet élan de faiblesse qui me dévorait, ou du moins j’aurai voulu lui montrer à quel point j’étais forte face la situation. Si la situation était différente, normale, j’aurai été probablement enfermée pour mes soudains changements d’humeur et mes perpétuelles idées noires. Comment me voyait Philippe ? Est-ce qu’il ressentait cette grande détresse en moi ou ne voyait-il qu’une femme prise de folie ? Pour le moment, je ne voyais qu’un regard énervé, mais il gardait tout de même son sang-froid. Pourquoi ? Pour ne pas que notre deuxième rencontre se finisse comme la première ? En tout cas, une chose était sur, c’était qu’il ne me reconnaissait plus, comme moi. Il me pensait certainement bien plus forte, plus capable de gérer les situations. Peut-être étais-je forte lorsque j’étais dans une vie simple, pas dans un monde chaotique ou je n’étais pas préparé.

    Mon emportement m’avait fait défaut et lorsque je ressenti ce vertige lors de mon redressement, je compris que j’avais très mal fait. Le temps de comprendre que je n’arriverais pas à re-contrôler mes jambes fut trop tard. Je cherchais des mains un soutien quelconque, et lorsque je vacillai enfin, je trouvais ce fameux soutien entre les bras de Philippe qui m’avait rattrapé. Les mots que j’avais prononcés avant de me relever étaient sorti tout seul et c’était la douleur qui les avait révélé. Je n’avais même pas pu réfléchir, et si je l’avais fait, ils ne seraient sans doute jamais sortis de ma bouche… surtout devant Philippe. Je n’arrivais pas encore à savoir comment était mes sentiments envers lui, bien que je sache qu’ils étaient très fort. J’avais peut-être une part de responsabilité pour ce qui lui était arrivé dans la vie et peut-être me serais-je senti mieux si j’avais su qu’il avait une famille. Car après tout, je l’avais tout de même abandonné et ce qu’il ne savait pas c’était que je l’avais regretté pendant un bon bout de temps. Pendant combien de jour m’étais-je demandé s’il ne fallait pas que je revienne à lui… J’avais eu du mal à refaire ma vie, car à part lui, plus rien ne me retenait dans cette ville.
    Je fus soudainement troublée par la proximité du visage de Philippe lorsque je relevai la tête vers lui pour l’écouter me parler et faire arrêter mes pensées qui me perturbaient. Ce qui ne me plut guère, c’était qu’il me remette encore dans la dure réalité. Je n’avais pas su retenir mes larmes et je baissai la tête en cachant mes yeux larmoyant avec ma main pour éviter qu’il ne me revoit encore dans un état pitoyable. J’avais l’impression de rêver, encore plus lorsqu’il me suggéra de me servir de lui comme d’un bouclier. C’est étonnant venant de sa part et je ne m’attendais pas du tout à ce genre de propos. En tout cas, cela me fit penser que j’aurai bien aimé pouvoir me défendre. Savoir se servir d’une arme était comme une sorte de sécurité, même si ça pouvait être fatal.
    Ses mots résonnaient dans ma tête, mais seulement certain était plus fort que d’autres, notamment le fait que je sois seule et démunie. Mais même si lui était présent, rien n’y changeait, à l’intérieur de moi tout était vide.

    « Et pourtant, ça ne me soulage pas… »

    Je ne savais pas s’il avait entendu ces quelques mots qui sortaient de ma bouche alors que je fuyais son regard. Il avait aussi raison sur un autre point, j’étais épuisée, ne tenant plus sur mes jambes ; et je me demandais comment il faisait pour me supporter, aussi frêle j’étais. J’essuyais mes larmes avec grande peine et les arrêta tant bien que mal. Je voulu relever la tête mais la proximité de son visage m’en empêcha. J’avais du mal que l’on me voit si faible et surtout si pleurnicharde. Alors comment pouvais-je supporter son regard avec le mien rempli d’une profonde tristesse et le visage trempé de mes larmes ? Impossible. Alors lorsqu’il me proposa de me ramener, c’était la meilleure solution qu’il soit.

    « J’aimerais bien que tu me raccompagnes oui… »

    C’était la première fois que je demande de l’aide à quelqu’un, et je m’étonnais encore plus que ce soit Philippe. Ça m’était si difficile que je préférais me débrouiller seule. Sauf que là, je n’étais pas sûr de pouvoir marcher seule.


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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Jeu 14 Mar - 21:06

    Autant de proximité physique me dérangeait. Je ne savais pas comment gérer la chose. Mes retrouvailles avec Eléanore déjà, mais pas seulement. Tout le reste. Tout ce qui m'obsédait. La guerre, la survie. La vengeance. Ma haine pour le monde entier, ce désamour froid pour la condition d'être humain. Je me sentais affaibli, isolé en plein milieu de la tourmente, et je n'aimais pas me sentir aussi impuissant, c'était quelque chose qui me rendait encore plus irascible, si c'était seulement possible. Mon humeur ne serait de toute façon pas prête à s'améliorer vu la situation actuelle et les perspectives d'avenir. Comme tout soldat, je détestais l'attente de tout mon être. Je savais que nous n'avions fait qu'un pas dans l'horreur, et que celle ci ne ferait probablement que se renforcer toujours plus. J'en venais presque à espérer que l'ennemi qui semblait il se rapprochait ne vienne pour de bon toquer à notre porte. Que l'on sonne l'alarme, que je serre mon fusil dans mes bras, pour leur lâcher quelques volées. Et enfin, mourir sous les assauts redoublés de ce mystérieux ennemi qui nous attaquait depuis plusieurs semaines. La mort avait la tentation d'être le repos éternel ; finie la guerre, l'horreur, les privations, les souffrances en règle générale. Pourtant, une étincelle à l'intérieur de moi illuminait toujours ma conscience, et je ne renoncerais pas. Je savais que j'étais beaucoup trop obtus pour m'abandonner à la mort comme ça. Et c'était précisément cela qui semblait manquer à Eléanore, cette étincelle, cette façon que nous avions tous de nous relever dans les moments difficiles. L'avait elle perdue à tout jamais ? Rien n'était moins sûr. Eléanore pleurait, sans hoquet, mais sans s'arrêter pour autant. La détresse qui l'habitait et déformait ses aussi jolis traits faisait peine à voir, mais il n'était rien qui soit en mon pouvoir pour la soulager ne serait ce qu'un peu de sa peine. Elle marmonna quelques mots sans que je parvienne à en saisir le sens, alors que je me trouvais totalement plongé dans mes pensées. Quand elle me dit qu'elle voulait bien que je la raccompagne, j'hochais doucement la tête.


    Rien de ce que j'aurais pu dire ou faire n'aurait eu le moindre effet positif, de toute manière.


    Je basculais mon fusil dans mon dos par la bandoulière que je passais par dessus mon épaule droite, m'arrangeant pour en serrer plus fort la gaine pour éviter que le flingue ne gigote trop quand je serais en marche. Je passais l'un de ses bras derrière ma nuque pour le maintenir contre moi par ma main, tandis que je passais mon autre bras derrière son dos. Toucher d'aussi près ce corps que j'avais si bien connu et qui m'était désormais totalement étranger via toutes ses transformations me procura une bien étrange sensation que je mettais sur le compte de la fatigue et de la lassitude. Il ne fallait pas que je me laisse détourner de mon objectif, que je détruise le peu de concentration qu'il me restait. Je ne demandais pas à Eléanore où il fallait l'amener, parce que je m'étais déjà renseigné. Je marchais en silence, me rendant compte au fur et à mesure du fossé qui existait entre elle, moi, et tout le reste du monde. Il y avait eu une déception amoureuse bien sûr, qui pouvait expliquer le fait que je me sois reclus moi même à ce point extrême. Je ne savais pas quoi dire, ni quoi faire. Je ne me sentais que froid, détaché, seul. Plein de ce feu intérieur qui me faisait continuer. A bien y réfléchir, ma séparation forcée avec Eléanore n'avait été qu'une première étape. La route avait été longue pour finalement aboutir à ce que j'étais devenu aujourd'hui. En une succession de flashs, je revivais les évènements sur la route. Je ne nourrissais même pas de remords d'avoir abattu tous ces gens... Même après qu'ils aient terminé de constituer la moindre menace. S'il existait un Dieu, alors sans doute cette guerre n'arrivait elle que pour nous punir de nos péchés. Si c'était le cas, les choses ne faisaient que commencer. Arrivé « chez » elle, je laissais Eléanore prendre appui contre le mur et m'écartais d'elle. Je la regardais fixement, mais sans intensité. Je devais sembler aussi vide à l'extérieur que je me sentais à l'intérieur . Je sentais que c'était le moment de dire quelque chose d'important. J'ouvrais la bouche...


    Et la refermais. Rien ne me venait. J'étais incapable de m'ouvrir sur quoi que ce soit. Au temps pour moi.



    | Reposes toi bien. |


    Je me détournais de la jeune femme. Rester plus longtemps aurait été du vice. Je n'étais pas l'homme idéal pour remonter le moral de qui que ce soit, pour montrer l'exemple. Au fond de moi, il n'y avait que la mort et le vide. Depuis si longtemps, que j'en avais oublié ressentir autre chose.



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MessageSujet: Re: Et encore une dure journée... [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 12:43



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