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MessageSujet: My Head is burning [Livre I - Terminé]   Ven 5 Oct - 17:56

Cela va maintenant faire trois jours. Que la guerre a commencé ? Vous voulez rire, cela fait plus longtemps que cela. Le chaos, les bombardements, les tueries, les demandes incessantes des gens qui ne pensent pas qu'ils peuvent me déranger, mais j'ai l'habitude. Enfin... Je croyais que cela serait surmontable. Apparemment, je dois jour après jour déployer des trésors de calme, de persuasion, de diplomatie... Ne jamais paraître énervé. Garder son sang-froid en toute circonstance. Alors vous imaginez bien que je me suis remis à fumer. J'avais arrêté quand j'étais avec Eloïse, pour lui faire plaisir, et parce que je ne supportais pas sa mine de dégoût quand elle m'entourait la taille de ses bras et quand je plongeais ma bouche dans son décolleté... Pense à autre chose. Voilà pourquoi je fume aussi. Il me faut bien une drogue pour oublier son absence, pour faire passer les nuits sans caresses, sans douceur. Des nuits stressantes. J'ai du mal à déconnecter mon esprit de cette terrible réalité. De faire le vide nécessaire à un repos... bien mérité ?

Parfois, je voudrais que les journées durent deux jours, pour que j'ai le temps de parcourir la ville, de faire tout ce que j'ai prévu, de rendre visite à Madame Dumas qui peine à marcher, à Monsieur Francis le jardinier municipal qui ne montre plus le bout de son nez depuis les bombes... J'aimerais avoir le temps de distribuer les rations aux mères, j'ai plein de projets en tête mais je manque de personnel. Il faut que je lance une campagne de recrutement. Que je sonde les compétences de chacun des citoyens, et aussi des réfugiés, pour établir qui peut faire quoi. Ou plutôt qui veut faire quoi. Je me demande ce que Mathilda dirait de cette décision. M'approuverait-elle ? Allez, je ne cherche pas son accord. Mais j'aimerais qu'elle revienne sur ses positions. Je ne fais pas tout de travers, quand même ! Il y a une telle tension entre nous. C'est malheureux. Il ne faut pas se monter les uns contre les autres, mais agir ensemble pour survivre. Si elle croit que cela me plaît de composer avec les militaires ! Mais je n'a ipas le choix. Je dois accepter l'aide que l'on me propose, et accepter les compromis. Elle n'a pas idée de ce qu'est mon métier. Ca n'a rien de drôle. Je ne vois pas comment on pourrait m'envier. Qui chercherait à être à ma place ?

Cela fait donc trois jours, vous disais-je. Que quoi ? Ah, petits curieux. Oh, rien de bien passionnant. Cela fait trois jours que mon ipad ne fonctionne que par intermittence. Il va lâcher et avec lui, tous mes dossiers précieux. J'ai une copie papier, mais il y a certaines infos qui sont toujours stockées à l'intérieur. Si je les perds, je ne sais pas ce que je vais faire. Il faut que je trouve quelqu'un qui s'y connaisse en informatique.
Oh tiens, qui voilà, Philippe Raulne, mon ami le soldat... Je me doute qu'il sache réparer un ordinateur. Mais peut-être pourra t-il m'orienter. Enfin, je ne tiens pas à ce que les militaires mettent leur nez dans mes affaires professionnelles - et personnelles. Il y a des photos de mon ex-femme là-dedans, et de Louna. Ca me donne bonne humeur de les regarder. *Et oui, je suis resté un homme, même si les autres ont pété les plombs*

J'étais adossé contre le mur de la mairie, profitant du soleil de midi et tirant sur ma cigarette. Je me redresse et m'avance pour serrer la main de Raulne:

_ Bonjour, Lieutenant Raulne. Vous tombez bien, connaissez-vous quelqu'un parmi vos hommes qui sache réparer un téléphone ou un ordinateur ?
Je brandis mon ipad en guise de démonstration.
_ Il va me lâcher bientôt. Vous voulez une cigarette ?
J'ai compris qu'avec lui, il fallait éviter les circonvolutions. Chaque homme et femme a son style de parole. Lui est direct et va droit au but. Alors je fais mon possible pour l'imiter. On est toujours rassuré par quelqu'un qui agit comme soi.
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MessageSujet: Re: My Head is burning [Livre I - Terminé]   Jeu 11 Oct - 12:41

    Les choses n'allaient pas assez vite. Mes hommes récupéraient à peine de leurs blessures et du traumatisme du bombardement que nous avions essuyé en route, mais ils continuaient de se fatiguer à la dure tâche d'encadrer cette population incivile et surtout très égoïste. On devait tout faire en fait, depuis le départ des flics du secteur, qui avaient senti le vent tourner bien plus vite que les autres cons. Alors pour l'instant, on restait là, à se crever le cul pour eux sans aucune expression de leur gratitude. On protégeait les dépôts, on surveillait la foule et les routes, on maintenait l'ordre. Gardiens silencieux d'une ville encore endormie, île paisible au milieu de ce que j'imaginais non sans mal comme un chaos terrible partout ailleurs. Les gens d'ici ne savaient pas, ne réalisaient pas la chance qu'ils avaient. Tout au moins, pour le moment. Les bombardements et les combats semblaient continuer au nord, près de Cherbourg. On entendait toujours, de manière espacée dans la journée, le grondement des combats et le roulement d'explosions lointaines. Et je savais que sans renforts, l'arsenal naval ne tiendrait pas longtemps. Avec les dotations classiques pour ce genre de bases et avec le personnel en poste plus d'éventuelles recrues civiles et policières, j'estimais qu'ils avaient déjà dû tomber plus ou moins à court d'hommes, d'armes et de munitions, vu la durée et l'intensité apparentes des combats. Comment cela se faisait il qu'on entendait toujours ces bruits de combats alors ? Peut être la garnison aussi faible soit elle se battait elle toujours. Ou alors, l'agresseur dévastait tout du fait d'une véritable débauche de violence. Peu importait, ça se battait toujours par là bas et mes ordres étaient formels. Pire, c'était une question de devoir et d'honneur que de rejoindre la lutte. Et pas rester ici à jouer les nounous. On pouvait dire ce qu'on voulait de moi, je ne m'étais pas engagé dans l'armée pour rien. Je croyais vraiment à ma mission, parce qu'il fallait bien donner un but à l'existence. Si je n'étais pas contre me faire du blé en utilisant ma position dans l'armée, je savais aussi que j'étais là pour faire un boulot. Un boulot plus important que tout le reste.


    Je marchais donc droit vers la Mairie, parce qu'il fallait que je continue mon petit travail ici. De la basse politique. Mon groupe était blessé, on avait perdu beaucoup d'hommes et de matériel, et je devais m'assurer à Louisville une voie de repli possible, un dépôt aussi pour d'éventuelles opérations dans la région. Pour l'instant, aucune des conditions d'une avancée militaire même de moindre envergure n'étaient réunies. Pas de stocks de produits médicaux, pas de stocks de vivres, pas plus de munitions, et une ville instable de plus sur nos arrières. Je devais consolider notre position ici, et surtout recruter des hommes pour renforcer le bataillon ad hoc que j'avais formé. Avec juste ma poignée de survivants, j'avancerais droit vers la mort. Mais si Louisville se mettait enfin à obéir aux ordres de la République et me prêtais ses hommes valides, il en irait tout autrement... Mais cela nécessitait des négociations. Je disposais de l'arme la plus puissante qui soit ; le recours à la force légitime de l'Etat Nation sur ses composantes individuelles. Mais utilisée à mauvais escient, mes hommes et moi finiraient écharpés par la foule sans rien pouvoir faire contre. Qui plus est, je ne pouvais pas brusquer la ville puisque nous dépendions d'elle pour le gîte et le couvert... Cela dit, ma patience commençait déjà à atteindre ses limites. Je vis une silhouette dehors que je reconnaissais. Huygues. Ca tombait bien. Je me dirigeais vers lui. Je lui serrais la main et lui fis un signe de tête pour le saluer.



    | Monsieur le Maire... Eh bien, je ne sais pas. Peut être Bertin, notre spécialiste en communications, mais il est plus expérimenté sur le matériel militaire que civil je crois. Mais je ne sais pas s'il remarchera, vous savez. |


    Je fis un signe de dénégation par la main


    | Non merci, je viens d'en finir une. On peut reparler vous et moi, de ce décret de mobilisation générale ? Il va bien falloir qu'on remette le sujet sur le tapis. Moi et mes hommes, on va pas pouvoir rester éternellement ici. On a toujours une guerre à mener, et vous avez des individus valides ici. |


    Oui, autant mettre les pieds dans le plat. Pas en colère, pas passionné, j'énonçais froidement les faits. Il fallait qu'on se sorte les doigts des fesses pour avancer.



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MessageSujet: Re: My Head is burning [Livre I - Terminé]   Dim 4 Nov - 11:26

Les yeux dans les yeux, je le regardais s'approcher d'un pas décidé vers moi. Si Raulne est venu à la Mairie aujourd'hui, ce n'est pas pour renouveller sa carte d'identité. Quoique... et si je lui demandais de me montrer ses papiers, les aurait-il sur lui ? Accepterait-il de se plier à cet ordre ? Sûrement pas. Cela ne ferait qu'empirer nos relations. Mais j'étais persuadé que ses hommes avaient perdu plus qu'un simple papier prouvant leur nationalité ; à travers leur chemin ardu pour échouer dans cette ville, ils avaient du renoncer à leur identité pour seulement survivre. J'admirais Raulne pour cela. Cet homme sait ce qu'il faut faire pour survivre, l'essentiel : la meilleure défense, c'est l'attaque.

Mais son point de vue étroit sur la question nous poussait chacun de notre côté de la ligne, et nous étions restés englués, comme des moustiques sur une bande adhésive. Lui aussi devait enrager de trouver en moins plus un obstacle qu'un allié, mais je ne pouvais adhérer totalement à ses idées. Je ne trouvais pas en moins la faiblesse de baisser les bras et de lui accorder ce qu'il demandait. J'avais le sentiment que nous y perdrions au change.

Je l'avais désarçonné un peu, avec ma question sur mon ipad. Avec satisfaction, notai-je. J'avais décontenancé le lieutenant, qui venait sûrement me voir pour parler d'un sujet sérieux. Il est vrai que mon problème était insignifiant, face à la guerre qui faisait toujours rage en France et dans le monde, enfin, dans les rares pays encore en état de prendre les armes. Raulne s'en fichait, mais il fit un effort pour me répondre, bien que sa réponse ne soit pas satisfaisante.

"Et bien... Merci pour votre aide. J'irai voir ce Bertin, de votre part, cela vous va t-il ?"
J'avais le souci de ne pas le froisser. J'espérai vainement que mon appareil remarche quand même. Mais ce n'était pas le sujet principal de notre conversation. Il n'accepta pas une cigarette de ma part ; non, ce n'était pas le moment d'abattre les tensions entre nous, mais plutôt de les raviver. Je me doutai bien qu'il voulait revenir sur notre opposition. Il ne me surprit donc pas en déclarant :
On peut reparler vous et moi, de ce décret de mobilisation générale ?

Je tirai une bouffée de ma cigarette tout en réfléchissant à ses arguments. Je comprenai son impatience, lui un homme du terrain, de l'action, de devoir rester dans cette petite ville "paisible" aux habitants craintifs et campés sur leur position : l'immobilisme. Les Français ont peur du changement. Rares sont ceux qui voudront s'engager dans cette guerre perdue d'avance. Voudront-ils risquer leur vie pour un pays dont ils ont oublié la grandeur ? Le patriotisme n'est pas une valeur moderne. Raulne le comprend peut-être, s'en doute sûrement, mais n'en a cure. Il a besoin d'hommes forts et se chargera lui-même de les "motiver", de les empêcher de "déserter". Si je décide de lui donner quelques hommes, qui choisir pour partir ? Les gars que je ne peux pas voir en peinture ou ceux qui démontrent des compétences certaines ? Ce genre de pensées est indigne d'un maire.

"Je comprends votre position, Lieutenant Raulne, votre impatience. Vous êtes arrivés chez nous à cause de la guerre, mais vous n'avez pas envie de rester. Votre présence est temporaire ; d'ailleurs, nous avions mis en place un accord définissant vos missions dans la ville, en échange du toit et du couvert."
*Mais cet accord ne vous va plus.* ajoutai-je pour moi-même.

"Parlons donc de ce décret de mobilisation générale" concédai-je.
"Je n'avais pas vu vous écouter à votre arrivée, car nous avions, vous les soldats, et nous les habitants, un tel besoin d'aide mutuelle, que nous avons mis de côté - pour un temps - ce décret. Je suis au courant du courrier officiel ; je l'ai reçu avant que toutes les communications ne se coupent. Expliquez-moi ce que vous désirez."
Je ne pouvais être plus clair et plus conciliant. J'étais à l'écoute, pour le temps qu'il jugerait bon. Je mettai à sa disposition mon temps compté. J'espérais qu'il saurait l'apprécier et aller droit au but. Mais l'homme me paraissait raisonnable.


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MessageSujet: Re: My Head is burning [Livre I - Terminé]   Mer 14 Nov - 16:13

    Les choses allaient être tendues, je m'en rendais bien compte, on allait même carrément au devant des ennuis. Mais je ne pouvais nier qui j'étais ni ce que je devais faire. J'étais là pour une raison bien précise, même si je n'avais rien choisi pour en arriver là. Ce n'était pas moi qui était en cause. Et même quelque part, c'était un peu la faute de personne cette histoire. Si moi et mes hommes nous retrouvions à Louisville, je veux dire. On a fait au plus proche sur notre itinéraire, on aurait eu le temps de continuer une demie heure de plus et on se serait probablement plutôt arrêtés à Cherbourg directement, et tout ce bordel aurait pris fin d'une façon ou d'une autre. Je savais que même si nous nous respections, ce n'était qu'une question de temps avant que nous en venions au clash, d'une manière ou d'une autre. Dans nos positions respectives, il ne pourrait y avoir de compromis de manière totalement volontaire, cela me semblait tout bonnement impossible. Je n'avais pas le droit de partir d'ici sans m'assurer une base arrière et sans non plus grossir les rangs de nos soldats. Je savais que nous étions bien trop peu pour empêcher la chute du port si celui ci était effectivement sujet à une attaque au sol ou une attaque amphibie. On n'était pas de taille. Si on avait eu tout le bataillon, les chars de combat et les véhicules d'appui blindés, je dis pas, là on aurait pu faire quelque chose. Mais que pouvaient quelques biffins sans armement conséquent contre toute une armée, pour ce qu'on en savait ? Le pire scénario serait une attaque des anglais. Heureusement pour nous, ils étaient aussi peu militarisés que nous. Mais ils avaient des hommes, des navires en nombre, et avec les bombes, qui sait quelle volonté de s'en servir ils avaient pu nourrir depuis le tout premier jour de ce nouveau conflit ? Je n'en savais rien, mais ce dont j'étais certain, c'était que les choses ne pouvaient aller mieux si je ne recrutais pas une partie de la population de Louisville, même une portion infime. Huygues me remercia pour mon aide, me disant qu'il se tournerait vers Bertin pour avoir les informations dont il avait besoin. Grand bien lui fasse. Il me demanda même mon avis.


    | Ben... Ouais. C'est vos affaires, pas les miennes. Tant que mon homme continue d'accomplir le travail qui est le sien, il fait ce qu'il veut quand il est de repos. |


    Je n'allais pas commencer à jeter un œil à ce que pouvez faire mes hommes quand ils n'étaient pas de garde ; je savais que ce serait très malvenu. Un officier ne doit s'inquiéter du temps libre de ses troupes que lorsque le moral est au plus bas, et pour l'instant ce n'était pas le cas. Tout le monde avait pris un coup dans la gueule bien sûr, mais il fallait bien avouer que les hommes gardaient espoir, surtout en attendant que la prochaine tuile leur tombe sur la gueule. Il me semblait assez plausible qu'au prochain coup dur, il allait y avoir de la casse au sein de la troupe. Mais pour le moment, j'avais d'autres soucis. Aucune réaction immédiate de Huygues quand je lui parlais de mobilisation générale. Il semblait attendre que j'en dise plus, alors qu'il continuait tranquillement de fumer. Il réfléchit un instant, ce qui me pousse d'ailleurs à plus d'impatience encore. J'attends sagement cependant, qu'il daigne me répondre. Il me rappela l'accord que nous avions pris.


    | Bien sûr, on avait décidé ça. Et à mes yeux, l'accord sera valable aussi longtemps que mes hommes et moi seront présents en ville. Et comme vous le dites si bien, ma présence est temporaire. Mes hommes se remettent bien de la frappe aérienne qu'on a pris sur la tronche, je ne peux pas passer la guerre assis le cul par terre, vous comprenez ? On attend de moi à ce que je fasse mon job, tout comme les habitants comptent sur vous pour faire le vôtre. |


    Huygues alla droit au but, et je fronçais les sourcils quand il me dit qu'il avait reçu la notification officielle du décret. S'il l'avait reçue, c'était qu'on avait un gouvernement qui avait mis en place les protocoles de défense, et le tout devait toujours être coordonné, selon les procédures standard.


    | Vous l'avez reçu et vous n'en avez rien dit à personne... Pourquoi ? Si je parle sans que vous donniez ce détail, tout le monde va croire que j'enrôle les gens de force. Ce que je veux ? Je suis soldat, pas recruteur. Je ne suis pas là pour forcer la moitié de la population à prendre les armes ; on n'en a ni le temps ni les moyen logistiques, sans compter que vos protégés prendraient sans doute la chose assez mal, et mes hommes ne sont pas assez nombreux pour les tenir. Ce que je veux, c'est recruter tout ceux qui veulent venir avec moi. Et que vous organisiez ici avec ce qu'il reste de la gendarmerie le recrutement de tous ceux concernés par le décret. |



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MessageSujet: Re: My Head is burning [Livre I - Terminé]   Mer 5 Déc - 19:42

Je ne le connais pas encore très bien ce lieutenant. Son parcours, ses origines, son caractère. Lui non plus d'ailleurs. Ce n'est pas évident de se comprendre, et de communiquer en bonne intelligence quand on ne sait pas sur quel pied danser, ni comment se comporter. Imiter l'autre pour lui donner confiance ? Se placer d'autorité un cran au-dessus de lui ? Y a t-il une différence de pouvoir entre un maire et un commandant ? Peut-être pas. Entre un maire et un lieutenant, il y en a sûrement. Mais la tactique de "c'est moi le chef" est puérile, inutile, voire a des effets contraires à ce que l'on espérait au départ, c'est-à-dire la coopération amicale. Je ne pense pas qu'il soit possible d'insérer le mot "amical" dans mes relations avec Raulne. Ce n'était pas le but. Nous avons chacun un but précis dans cet échange, et des considérations tels que des "sentiments", ne nous atteignent pas. Enfin moi si. Mais je n'ai pas traversé l'enfer comme lui. Je me sens mal placé pour lui en remontrer.

On attend de moi à ce que je fasse mon job, tout comme les habitants comptent sur vous pour faire le vôtre.
Je hoche dignement la tête. Je prends l'air d'un homme qui "fait son job". Et qui en reste là ? Est-ce qu'il n'essaierait pas de faire passer un autre message ? Genre, "faites votre boulot et laissez-moi m'occuper de l'enrôlement de vos brebis." Oh, j'allais probablement l'entendre me raconter dans la minute qui suit la description de son "job" à Louisville.

Mon problème à moi, c'est que je me mets constamment à sa place pour essayer de le comprendre mieux. Et peu à peu, je perds l'envie de me battre pour ma cause. D'ailleurs, quelle est-elle ? Sauvegarder la vie de mes concitoyens en empêchant leur recrutement forcé. Voilà pourquoi je n'ai parlé à personne de ce décret. Raulne prend un air stupéfait en comprenant que je n'ai soufflé mot à quiconque de ce arrêté. Pour lui, cela équivaut sûrement à une trahison envers la France, et je vais devoir passer en cour martiale ! Manque de bol pour lui, il n'y a plus rien qui puisse représenter la justice ici. Mais Raulne n'en oublie pas de me décrire "son job". Il ne perd pas le nord, ni le sens de notre conversation. Il attend que je me justifie de n'avoir pas parlé de ce décret. Je sens qu'il est temps de le mettre un peu dans la confidence.

"J'ai en effet reçu ce décret à l'aube du dimanche 23 septembre. Par fax. On m'informait que les autorités arriveraient pour mettre en place l'effort de guerre à Louisville. Mais je ne savais pas quand cela se passerait. J'ai préféré garder l'information secrète pour éviter que la grande panique - vous vous rappelez ? Vous étiez sur les routes à ce moment-là non ? - que la grande panique ne se propage dans ma ville."

J'écrase ma cigarette tout en expirant un grand coup. Raulne me regarde toujours, alors je continue :
"Je savais bien qu'un jour elles arriveraient et qu'il serait temps d'en parler. Je ne pensais pas que ce serait vous."
*J'aurais aimé quelqu'un de plus coopératif, mais dans l'armée, c'est trop demandé !*

Ce que je veux, c'est recruter tout ceux qui veulent venir avec moi. Et que vous organisiez ici avec ce qu'il reste de la gendarmerie le recrutement de tous ceux concernés par le décret.
Au moins, ça a le mérite d'être clair. Je sens que ce n'est pas le moment de le congédier en déclarant : "Je vais y réfléchir." Ce n'est plus le moment d'esquiver la confrontation. Moi aussi, j'ai envie d'abandonner mon ton guindé pour déclarer de but en blanc : "Oui le recrutement c'est votre rayon, mais là vous projetez de recruter mes citoyens et je vous laisserai pas faire. Vous ne saurez pas comment leur parler. Moi si. Je vais aussi prendre le risque qu'ils me prennent pour un "vendu" à l'armée. C'est moi qui dois porter cette responsabilité, pas vous."

Évidemment, je ne peux pas lui répondre ça. En tant que Maire, j'ai heureusement la possibilité de montrer que je réfléchis, que j'étudie la question. Je me détourne donc de lui pour laisser dévier la tension. Je n'ai plus de cigarettes sous la main ; elles sont à l'intérieur. Puis je me retourne d'un bloc vers Raulne :

"J'espère que parmi les habitants, il y en aura des motivés pour vous rejoindre. Pour l'instant, leur préoccupation est la survie individuelle, le chacun pour soi. Ils n'ont pas compris, comme vous et moi, que l'union fait la force."
*Nous avons un point commun, Raulne.*
"Ce que je vous propose, dans un premier temps, c'est de ne pas en parler aux habitants. Je sais que vous avez hâte de reprendre la route, mais il va falloir faire preuve de patience. J'ai besoin que vos soldats prennent un réel contact avec les Louisvillois. Sinon personne ne voudra vous rejoindre."
"Ensuite, quand le courant passera un peu mieux, nous organiserons une réunion et nous en parlerons ensemble à la foule. Ce sera lors d'une réunion officielle."

J'ai appuyé sur le "nous". Je ne veux pas qu'il agisse seul. Je veux avoir un regard sur cette opération de recrutement. Qu'il n'enrôle pas n'importe qui. Et mon idée de faire se rencontrer les soldats et mes habitants me paraît de plus en plus intéressante. J'espère que Raulne l'aimera aussi.



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MessageSujet: Re: My Head is burning [Livre I - Terminé]   Mar 1 Jan - 22:28

    Je n'en revenais tout simplement pas. L'absence totale d'implication des civils dans ce conflit allait elle jusque là ? J'étais sous le choc. Non pas que je considère forcément ça comme un bien, mais tout ce qu'on pouvait dire sur le pays, la nation, notre culture tout ça, la nécessité de se protéger d'un monde qui essaie de nous englober... Ca ne dit plus rien à personne ? Chacun pour soi jusqu'au bout des ongles ? Je ne pouvais tout simplement pas le croire, et je ne le voulais pas non plus. A chaque guerre et dans tous les pays européens, les populations dans leur panique faisaient erreur sur erreur, jusqu'à se retrouver occupées par l'ennemi. Il était hors de question que cela se reproduise tant que je serais vivant. Parce que là, personne ne se rendait vraiment compte des implications de l'agression que nous avions subie... Mais quand on verra enfin qu'il n'y a plus à manger, plus à boire, plus de quoi se chauffer ni éduquer ses gamins, et que le responsable c'est l'envahisseur, qui viendra t'on chercher pour bouter l'ennemi hors du territoire pour récupérer notre liberté et notre dignité, bradée quand les premiers problèmes sont survenus ? J'étais toujours aussi stupéfait de la négligence de Huygues. Bon d'accord, il avait fait ça pour protéger ses arrières et celles de ses braves concitoyens, mais quand même ! Il ne s'était pas demandé que les gens auraient pu être intéressés de savoir que le pays ne les avait pas abandonné à leur sort, et qu'on comptait se battre et se défendre contre toute agression ? C'était fondamental. Qu'on nous bombarde était intolérable. Nous devrions forcément trouver quelques volontaires, c'était un fait obligé. Je ne pouvais rien faire contre ce qu'il se passait ici. Ou plutôt si, mais comment s'assurer que mon action ne sera pas pire que mieux, que final ? Je devais y réfléchir, mais y réfléchir vite. J'avais peur qu'en attendant trop, ce serait trop tard. Et je ne pouvais pas prendre de risques, pas avec tous ces gens sous ma responsabilité. Et pas en mettant la vie de mes hommes dans la balance ; j'en avais déjà trop perdu alors qu'on n'était même pas encore sur le pied de guerre. Bon ok, maintenant que Huygues me disait ce qui avait pu le motiver, je comprenais mieux. Je n'acceptais toujours pas qu'il n'aie pas fait son devoir, mais je comprenais la logique. Après tout, comment organiser la défense nationale tant que les infrastructures sont complètement blindées... Bon, j'étais prêt à en discuter. Le fait était qu'on ne pouvait pas ignorer un décret officiel, pas maintenant. Les gens avaient besoin de sentir qu'il y avait toujours un gouvernement, toujours une union nationale, et qu'on ne se laisserait pas faire. Garder l'espoir quand on n'en avait plus aucune raison était primordial à mon sens. Je finis par lâcher un petit éclat de rire désabusé.


    | Ah ça ouais, vous avez raison... Je n'aurais jamais pensé devoir frayer avec les civils. C'est pas vraiment un boulot dans mes cordes, comme tout le monde l'aura remarqué. Très honnêtement, sans ennemi en face, je me sens bien inutile. C'est vrai que j'étais sur la route. J'ai vu ce que c'était. Pas beau à voir, ça non. Je ne le souhaite à personne. Mais on peut pas tendre l'autre joue pour se faire battre, pas vrai ? Il faut qu'on réagisse, qu'on montre aux gens qu'on va pas se laisser massacrer sans se défendre. Ils ont besoin de ça pour ne pas perdre tout espoir de s'en tirer. |


    Huygues est un homme de compromis, c'est la seule façon pour faire de la politique, pour emporter le consensus. Il est sérieux et il a l'intérêt des gens à cœur. Personne ne peut lui retirer ça, pas même moi. Je sais que je n'obtiendrais rien de mieux de sa part que ce qu'il vient de proposer, mais ma nature profondément méfiante et obstinée me pousse à réfléchir à sa proposition et à retourner le problème dans tous les sens pour essayer d'entrapercevoir d'autres opportunités. Je vois bien qu'il veut garder sa place de chef de file pour les civils, et qu'il veut s'impliquer dans le processus. Je sais que cela ne sera pas sans soulever des difficultés pour moi, mais comment pourrais je m'y opposer ? Je suis un soldat, pas un planificateur comme pour l'être un élu local à la tête d'une collectivité.


    | On fera ça comme ça alors, Monsieur le Maire. Mais je vous préviens que je ne peux pas rester ici plus longtemps que nécessaire. Une fois mon groupe reconstitué et reformé, que les blessés seront aptes à tous faire mouvement, nous quitterons cet endroit pour rejoindre Cherbourg. A ce moment là, Louisville devra s'être organisée pour soutenir en hommes et en matériel notre action. Vous comprenez ce que je veux dire? |



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MessageSujet: Re: My Head is burning [Livre I - Terminé]   Lun 21 Jan - 19:07

A bien y réfléchir, mon attitude face au décret national n'était pas des plus brillantes. Mais comment expliquer mon état d'esprit durant ces folles journées de septembre ? Comment rester de marbre et ne pas perdre les pédales ? En fait, en y repensant, j'avais agi le plus honnêtement possible, le mieux possible. J'aurais pu abandonner ma ville, chaparder dans les réserves, remplir des bidons d'essence et me faire la malle. Louisville aurait été dans le pétrin ! Je suis sûr que certains maires et élus ont agi ainsi. Nous n'avons jamais été formés pour connaître ce genre d'évènements et surtout savoir comment y faire face. Déjà les mouvements de grèves et les émeutes qui s'en suivent ne sont pas faciles à gérer. Mais là, nous ne connaissons pas de précédents. Nous sommes désarmés -le mot est bien choisi - face à cette guerre nucléaire.

C'est bien pour cela que j'ai besoin de l'appui de Raulne, que cela me plaise ou non. Mais je refuse de le laisser s'adresser aux habitants tel qu'il a l'intention de le faire. Heureusement, il a l'air de considérer ma suggestion avec l'attention que j'espère de sa part. Et ironiquement, lui aussi a besoin de mon soutien. Ces paroles mesurées me le prouvent.

"En effet, vous n'aviez pas imaginé devoir aller leur parler, les rencontrer, mais cela a être nécessaire si vous voulez les convaincre de vous rejoindre."
Comme mes derniers mots me pèsent ! Alors que je pense dans ma tête si fort que Raulne doit savoir que je lui mens à moitié : *Laissez-les tranquille !*
Voeu pieux. Cette guerre ne laissera personne dans son coin, quoi que peuvent en penser les récalcitrants. Nous devrons tous participer à l'effort de guerre, et ma dissimulation de l'arrêté n'a duré qu'un temps. Maintenant que Raulne le sait, je ne peux plus le leur cacher. Je vais le photocopier et le distribuer dans les boîtes aux lettres. *Non. Quand ils verront la date, ils sauront que je leur ai dissimulé. Pour leur bien, bien sûr, mais certains me demanderont pourquoi et s'en offusqueront. Je verrai ce détail plus tard.*

Je me rends compte que mes dernières paroles sont aussi un peu condescendantes, comme si un maire se mêlait de savoir si un militaire était capable de faire son travail ou pas.
"Vous avez raison ; il faut réagir, mais autant le faire dans le bon sens."

J'ai du réussir à le persuader, car il finit par accepter ! Je me félicite intérieurement. Bon, il n'explose pas non plus d'enthousiasme mais l'idée fera du chemin dans son esprit guerrier, et peut être comprendra t-il l'intérêt du dialogue.
Mais les paroles suivantes de Raulne refroidissent mon élan de soulagement intérieur. Il ne perd pas le nord, ça non.

"Je comprends, Lieutenant. Si nous détendons les tensions conjointement, il n'y a pas de raison pour que certains Louisvillois gardent encore des rancoeurs et refusent de vous rejoindre. Je m'engage à vous aider dans cette tâche, pour que Louisville soutienne cette guerre."
Je viens pour lui serrer la main, pour clore notre accord. Puis je recule, en déclarant :

"Vous savez, les gens ici n'ont pas pris conscience de la situation catastrophique dans laquelle nous nous trouvons. Il faut les inciter à se battre, aussi bien parmi vous qu'en restant dans cette base."
*En espérant qu'ils ne préfèrent pas s'enfuir.* Je garde la fin de ma phrase pour moi-même.

"Je vous souhaite une bonne fin de journée, en espérant que notre discussion vous a satisfait et vous a apporté la confirmation que nous pouvons agir ensemble pour relever la France."

Je pense ce que je dis. J'espère que les pensées de Raulne font écho aux miennes. Nous avons besoin d'unité dans ce chaos.

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MessageSujet: Re: My Head is burning [Livre I - Terminé]   Mer 23 Jan - 16:26

    Huygues avait raison sur toute la ligne. Je n'avais pas pensé à l'origine que je serais amené à côtoyer des civils. Enfin si bien sûr ; on ne peut se diriger vers la guerre sans rencontrer de civils un peu partout, mais je n'aurais jamais pu penser que leur implication allait à ce point bouleverser tout ce que j'avais pu connaître jusque là comme relation aussi poussée qu'elle allait s'avérer être. C'était quelque chose d'éminemment compliqué à gérer pour quelqu'un comme moi, particulièrement focalisé sur tout ce qui pouvait d'ordinaire me permettre d'accomplir ma mission et ce qui excluait notamment que je m'intéresse plus que ça à ce qu'on pourrait dire ou penser de moi dans la sphère de ceux qui n'étaient pas des soldats, et qui ne nous comprenaient ni ne nous appréciaient. Là, je n'avais tout simplement pas le choix de prendre patience et de temporiser. Je gardais le silence, puisqu'il était fondamentalement inutile que je fasse des miennes à ce moment là de la conversation. Huygues tout comme moi étions conscients qu'il fallait impérativement que je m'arroge le bon vouloir des civils si je voulais continuer dans cette voie ci, c'est à dire que je devais pour accomplir ma mission, transiger avec les pouvoirs publics de mon secteur et les représentants des civils. Ce n'était pas une perspective enchanteresse en ce qui me concernait, mais je n'avais pas le choix que de la considérer comme la seule option viable qui pouvait s'offrir à moi. Autant dire que j'étais particulièrement ravi de la tournure de situation... Je n'appréciais pas non plus énormément les propos de Huygues à propos de la situation en règle plus générale. Sous entendait il que je ne m'y prenais pas de la bonne façon, et que j'étais foncièrement incapable de m'en sortir ? Il ne fallait quand même pas qu'il se mette en tête de me pousser dans mes retranchements... Sinon, ça allait barder, purement et simplement. Je répondais assez froidement.


    | Je ne pense pas qu'il existe cinquante manières différentes de rendre la monnaie de leur pièce à ces envahisseurs. |


    Ca, c'est fait. Il devenait évident que je devais aussi prendre un certain ascendant sur Huygues si je voulais me dépétrer de cette situation qui m'apparaissait comme inextricable. Je ferais ce qu'il faudrait, et j'arrivais même à obtenir de sa part la presque certitude d'un appui concernant les citoyens de Louisville, et donc qu'il ferait la promotion des moyens pour se battre auprès de ses concitoyens. Je lui serre la main, concluant ainsi le petit arrangement que nous venions de prendre. J'acquiesçais aux paroles de l'élu quand il disait qu'il fallait informer les gens de la situation. Je souris faiblement, l'arrangement est précoce, l'entente instable, mais nous pouvons essayer d'avancer, enfin!


    | Moi aussi Monsieur le Maire. Je pense que nous venons détablir les bases d'une solide coopération... Et je pense que c'est nécessaire pour tout le monde, que de relever la tête. |



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MessageSujet: Re: My Head is burning [Livre I - Terminé]   Sam 26 Jan - 13:40

Spoiler:
 
| Je ne pense pas qu'il existe cinquante manières différentes de rendre la monnaie de leur pièce à ces envahisseurs. |
"En effet," répondis-je prudemment. Le ton soudainement froid que Raulne a employé m'a surpris et m'a obligé à prendre du recul par rapport à lui, aussi bien physiquement que mentalement. J'avais pourtant pensé à apaiser mes premières paroles. Apparemment, cela n'a pas eu l'effet escompté. Je dois vraiment faire attention à ne pas le brusquer ; l'accord que nous allons passer tient sur un fil. Au risque de radoter, je tiens à rappeler que m'associer avec les militaires n'est pas de gaieté de coeur mais est obligatoire à cause de la situation exceptionnellement grave dans laquelle Lousiville et la France se trouvent. Je fais partie du gouvernement de la France, au niveau municipal certes, et je n'ai que trop longtemps oublié ce que le mot "patriotisme" veut dire.

Je n'ai pas en face de moi un homme dénué de caractère, ni de pensées obtuses. Je ne dois pas non plus l'oublier. Je me sens soulagé quand notre conversation tourne à sa fin, car notre entretien était déterminant pour l'avenir de la ville ; de notre bonne entente dépendra de la bonne marche de Louisville.

L'entendre confirmer ensuite à voix haute notre accord, bien que précaire, me conforte dans mes positions. Rester ouvert, se rappeler que Raulne est différent de moi, ménager sa susceptibilité... Oui, la prochaine fois, je m'en souviendrais. Notre poignée de main est ferme et notre au-revoir bref.

"Je suis aussi d'accord. Bonne fin de journée, lieutenant."

Après lui avoir dit au revoir, je tourne les talons et rentre dans la Mairie. J'ai encore de nombreux dossiers à traiter, des affaires urgentes. J'espère que celui des militaires est réglé pour un moment.

FIN DU SUJET.


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MessageSujet: Re: My Head is burning [Livre I - Terminé]   Aujourd'hui à 12:47



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