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MessageSujet: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Dim 23 Sep - 10:44

Le Soleil déclinait à vitesse fulgurante et avant qu’il ne s’en aperçoive, les heures de sa journée avaient défilées à toute allure. Il se trouvait d’ailleurs déjà sous sa douche alors que la couleur du ciel était teintée d’encre. Il sortit de sa cage de verre en emportant dans son sillage un nuage de vapeur impressionnant. Mickaël se sécha rapidement puis d’un geste nonchalant, il se frictionna les cheveux. Il envoya paître aussi sec sa serviette de bain avant d’essuyer la buée de son miroir d’un revers de main. Il acheva ses ablutions en se brossant les dents et en s’habillant. Sa tenue n’avait rien d’élaboré, un jeans et un t-shirt uni. Il finit par atterrir dans sa cuisine où il se servit un verre qu’il s’empressa d’engloutir. Son regard vacilla alors entre l’horloge et la vitre, un air un peu perplexe flottant sur ses traits. Il comptait attendre encore quelques minutes avant de se mettre en route, histoire d’être sûr de ne pas débarquer au mauvais moment. Pour rencontrer Mathilda, il devait toujours se caler dans une certaine plage horaire et faire preuve de discernement concernant le timing. En soi, à chaque fois, ils devaient établir un plan d’attaque stratégique pour pouvoir discuter loin de toute oreille indiscrète qu’elles soient ou non à Lyra. Sa petite sœur ne devait évidemment rien savoir de ses réunions secrètes. Et non, il n’y avait rien de romantique là-dessous malgré ce que les apparences pouvaient laisser supposer. Ils ne se voyaient pas pour des raisons sentimentales – même si cela aurait plu au garagiste. Ils allaient sûrement débattre de la situation, faire le point. Cela n’avait rien de forcément réjouissant et pourtant, le jeune homme ne put s’empêcher d’en éprouver une certaine satisfaction. L’idée de la rejoindre cette nuit lui plaisait peut-être même un peu trop et cela même si il connaissait bien les limites. Elles avaient été suffisamment bien tracées pour qu’il sache où il devait s’arrêter. Mais ça n’enlevait rien au plaisir procuré par sa seule présence. Il ne voulait pour rien au Monde perdre cette amitié. Aussi, il s’était juré de ne plus risquer de la mettre en péril avec ses conneries. Une décision plutôt lourde mais raisonnable. Le renégat profita de ce temps de latence pour ranger un peu son appartement qui s’apparentait plus à un amas de fringues et de conserves vides qu’à un réel foyer. Après une demi-heure de rangement, il se décida à sortir. Il enfila son blouson et se mit en chemin. Il se rendait chez elle à sa demande et il espérait qu’elle avait eu la bonne idée de laisser sa porte ouverte, histoire de faire le moins de bruit possible quand il se faufilerait à l’intérieur. Sait-on jamais ? Il serait de très mauvais goût que sa frangine se réveille et les surprenne en pleine conversation. Il ne donnait pas cher de sa peau.

La nuit était fraîche et elle surprit un peu le mécanicien qui se vit remonté de plusieurs crans la fermeture éclair de sa veste. D’un pas plutôt rythmé, il traversa les rues de Louisville en évitant de se faire remarquer. Il connaissait la ville comme sa poche et chaque coin de rue semblait abriter un peu de ses souvenirs. Il avait toujours une anecdote à raconter que ce soit au nord ou au sud de l’entité. Pas étonnant, il avait été en quelque sorte piégé ici sa vie durant. Au vu des événements récents pourtant, il ne regrettait jamais ce choix. Au moins, il avait pu rester auprès de Rose. La caissière vivait près de la mer ce qui obligeait Mickaël à parcourir une distance plutôt conséquente. Cela ne le dérangeait pas le moins du monde. Au contraire, il aimait bien cette ambiance nocturne et cette fausse sérénité. Au bout d’un moment, il finit par apercevoir la demeure de son amie tandis que la brise marine lui fouettait le visage. L’air iodé le requinqua. Ainsi motivé, il sauta par-dessus la clôture sans se soucier de savoir si oui ou non l’entrée lui était ouverte. Lentement et prudemment, il gagna la porte et posa sa paume sur la poignée. Ouverte ou fermée ? Devait-il entrer sans s’annoncer ? Un peu impoli, non ? De débarquer sans avoir au moins averti son arrivée ? Docilement, il recula afin de jeter un coup d’œil à la fenêtre la plus proche et il y toqua trois petits coups sur ce carreau, à peine audible. Avec un peu de chance, elle l’entendrait – en tout cas, seulement si elle se trouvait dans cette pièce. De toute façon, il s’était déjà résigné si elle ne se manifestait pas dans les trois minutes, il essayerait d’entrer par ses propres moyens. Il ne pouvait pas utiliser sainement la sonnette sans réveiller la gamine. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Dim 23 Sep - 22:03



Holding on and letting go

Quelque chose clochait. Je ne savais pas quoi, mais quelque chose n’allait pas, sans que je puisse mettre le doigt dessus. Toute la journée, j’avais senti comme un regard dans ma nuque, sans jamais arriver à déceler, à savoir si cela n’était qu’une paranoïa de ma part, ou si réellement quelqu’un m’épiait. Cela avait commencé dès ce matin, dès lors que j’étais arrivée au travail. Je n’y avais pas fait vraiment gaffe au début. Vous savez, dans un supermarché, il n’est pas rare que l’on vous regarde surtout lorsque vous êtes caissière. Disons que c’était surtout au moment de ma pause déjeuner que j’ai commencé à sentir comme un malaise et il ne m’avait pas quitté de toute l’après-midi. Je n’avais pas cessé de lancer plein de regard en coin, sans véritablement pouvoir trouver de fondement à ce regard que je sentais sur moi. A la fin de la journée, n’arrivant pas à chasser cette impression, j’avais demandé au propriétaire du seul garage en ville de remettre une enveloppe fermé à un de ses employés, dans laquelle ce dernier trouverait un simple mot lui demandant de me rejoindre tard le soir chez moi. J’étais ensuite allée chercher Lyra, et seulement après notre départ en vélo du lycée, cette sensation m’avait quitté. Ce n’était pas pour autant que j’étais sereine, loin de là. J’avais passé ma soirée assise dans le noir dans une des pièces de la maison, à regarder par la fenêtre, un pistolet militaire accroché à ma ceinture. J’avais quitté mon guet qu’après que ma sœur ait eut la peur de sa vie en allumant la lumière et me trouvant dans la pièce. J’avais finis par me dire que j’en faisais peut-être un peu trop et que je ne devais pas laisser une simple petite impression me mettre dans un tel état. J’étais sans aucun doute trop fatiguée.

Depuis une semaine, je ne dormais que trois quatre heure tout au plus. Depuis que le monde avait cessé de fonctionner correctement, je me sentais trop anxieuse pour arriver à fermer l’œil bien longtemps. Il fallait que je me change les idées. Descendant au sous-sol, j’allumais un petit poste fonctionnant à pile, y inséra un CD de relaxation et me mis à faire quelques séances de yoga. J’entendis Lyra se coucher, ainsi que l’autre réfugié qui logeait dans la chambre de mes parents. Sachant mon envie d’aller la chasser sur le champ et de brûler ses affaires, je reprenais mes exercices jusqu’à ce que le poste ne finisse par ne plus fonctionner. Là seulement je me décidais à remonter chez moi. Une rapide douche – bien entendu froide, c’est ça de vivre avec un ado – , une tasse de thé, un bon livre et j’attendais l’arrivée de Mickaël dans mon salon. Je me sentais bête à présent de lui avait demandé de se déplacer. A bien y penser ce n’était que le fruit de mon imagination. Après, je devais bien avouer que le savoir chez moi m’aiderait à me sentir plus en sécurité. Il était le seul homme qui me mettait véritablement en confiance et à qui je pourrais remettre ma vie entre ses mains. A mes yeux, il est vraiment unique et pas beaucoup ne lui arrive à la cheville. Il m’arrivait très souvent de penser que j’étais vraiment heureuse d’être venue à Louisville et d’avoir eu l’occasion de le rencontrer. C’était un véritable ami, même plus que ça d’ailleurs, pensée que je chassais tout de suite de mon esprit pour me replonger dans mon livre.

Deux heures plus tard, on frappa trois coups à une fenêtre et je sursautais, renversant le reste de mon thé désormais froid sur la table. Je m’étais assoupie, et sans doute, en allant aux toilettes, Lyra avait éteint la lumière de la pièce m’y trouvant endormie. Allez savoir. Poussant un juron en me cognant le pied contre le coin de la tasse, je sortais de la cuisine pour venir jusqu’à la porte d’entrée et l’ouvrir sans un bruit. Je fis signe à Mickaël d’entrer sans un bruit. Je lui donnais une fois dans le couloir une lampe torche, et l’orienta en ouvrant la marche – sans avoir besoin de lumière – jusqu’à l’escalier menant au sous-sol. Nous y serons tranquilles pour discuter et personne ne viendrait nous déranger. De plus, je pouvais entendre tous les mouvements de la maison. Une fois en bas, j’allumais la lumière de la pièce ce qui m’aveugla légèrement, le temps que mes yeux s’habituent à la nouvelle luminosité. Ce n’est seulement qu’après je vins saluer mon invité.

Désolée de t’accueillir ici, mais c’est le seul endroit où nous pouvons discuter sans être dérangés. J’espère que tu n’avais rien d’autre de prévu ce soir. Sinon pas de problème. Je veux dire te gêne pas pour moi quoi.

Tout juste réveillée, je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir légèrement gênée en sa présence. Pour ainsi dire, il était plutôt rare que nous nous retrouvions seul en « tête à tête ». C’était le genre de situation que, d’un commun accord, nous évitions le plus souvent. Sait-on jamais. Je m’asseyais sur l’ancien canapé de mes parents que j’avais fini par changer, et lui signe de me rejoindre

Ca s’est bien passé ta journée de travail ?

D’abord les banalités, c’est toujours plus simple. Et puis... Cela m'intéressait réellement de savoir comment s'était passée sa journée. Ce n'était pas que de la politesse. J’étais contente vraiment qu’il soit là, qu’il soit venu ce soir, malgré l’heure tardive, après j’imaginais sans mal, une journée de travail.








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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Lun 24 Sep - 15:52

Une autre brise glacée vint ébouriffer sa tignasse l’obligeant à remonter le col de sa veste. Il se frictionna alors les mains allégrement en quête d’un peu de chaleur. Le mécanicien ne comptait pas attendre sur le perron indéfiniment alors il se mit en tête de retourner à la vitre et de tenter vainement de discerner les ombres qui se voilaient dans l’obscurité apparente. Si rien ne s’en dégageait, il ferait le tour de la propriété jusqu’à trouver une pièce éclairée et habitée. Jouer le voyeur et le vautour autour d’une maison par les temps qui courraient paraissait drôlement dangereux. Heureusement que personne ne pouvait assister à la scène à part bien sûr – peut-être, les habitants de la demeure. Alors qu’il se mit à faire quelques pas en direction de la fenêtre, la porte finit par s’ouvrir, dévoilant de la sorte la propriétaire qui s’occupait déjà de lui faire silencieusement comprendre que le moindre bruit était prohibé pour l’instant. Mickaël obéit sans rechigner et la suivit de bonne grâce à l’intérieur. Une lampe torche atterrit aussitôt entre ses mains et sans trop réfléchir, il l’alluma puis suivit les indications de son hôte. Il évolua ainsi dans les ténèbres avec ce seul point lumineux comme repère jusqu’à atteindre le sous-sol. Même si la situation semblait un peu décalée, elle ne semblait pas surprendre l’invité qui avait élargi ses notions sur la normalité depuis un bon petit moment. A agir aussi discrètement afin de ne pas être découvert, il avait l’amusante impression de redevenir ado. Cette sensation grotesque s’évapora d’elle-même une fois qu’ils furent arrivés à destination et qu’il coupa son faisceau de lumière. L’ampoule que Mathilda avait activée s’empressait déjà de répandre toute son intensité dans la pièce et elle tua presque leur rétine le temps de quelques secondes. Le jeune homme posa son cadeau de bienvenue sur une surface proche avant de venir poser son regard sur la jolie brune qui avait entreprit de l’accueillir dans des formes plus conventionnelles.

Ne t’en fais pas pour ça. Si j’avais eu d’autres projets, je t’en aurais fait part avant d’une manière ou d’une autre. »

La dernière phrase était uniquement là pour décorer ou plutôt pour faire gober cette illusion dans laquelle il aurait pu trouver plus important à faire que de répondre à une demande de la jeune femme. Mais ça, il s’abstint de se l’avouer. Il perçait au milieu de cette atmosphère empreinte de mystère un léger malaise qui le rendit un peu perplexe tandis qu’elle l’invitait à prendre place sur le seul divan que comptait l’endroit. Tranquillement, il la rejoint et choisit l’accoudoir opposé à sa position comme siège. Ils avaient beau être clairs dans leurs intentions, réaliste et adulte, Mickaël ne voulait rien laisser au hasard. Il préférait opter pour la sécurité, soit le plus distance possible. Il n’était pas vraiment habitué à la côtoyer seule et dans ce genre de conditions qui plus est. A l’abri dans ce bunker improvisé, il était un peu trop facile d’engendrer l’intimité. Le trentenaire sourit à son interlocutrice, un peu dérouté qu’elle se serve de cette question comme introduction à cette entrevue. Comme d’instinct, il décroisa ses bras jusque-là calé contre sa poitrine et posa ses bras sur ses genoux tout en obligeant ses mains à se lier. Une position plus favorable pour engager la conversation bien qu’il devait toujours tourner sa nuque pour faire face à la renégate.

« Oui, ça a été. Enfin, si on oublie le fait que mon patron va finir par nous conduire droit à la faillite s’il continue à faire preuve de trop de générosité. A part ça, ça s’est bien passé. On a pas mal de boulot pour le moment, pas le temps de s’ennuyer. Et toi ? C’était pas trop la folie au boulot ? »


Son boss avait beau être quelqu’un de bien, sa faiblesse résidait dans sa bonté. Il voulait tellement aider les autres qu’il acceptait de réparer tous types de véhicule pour parfois quedal – et encore si ce genre de pratique ne concernait que les habitants de Louisville, cela il l’aurait compris. Le troc était de mise depuis le début de la guerre et quand il parlait de faire faillite, il parlait surtout du fait que les pièces en stock s’épuiser à vue d’œil et que ça ne présageait rien de bon. D’autant que son chef s’était mis en tête d’aider les réfugiés. Une décision que son employé n’approuvait pas le moins du monde. Il l’avait d’ailleurs fait bien comprendre. Le cas Hélène Desrosiers ne s’était pourtant pas reproduit, son supérieur faisait en sorte de traiter lui-même avec les nouveaux arrivants pour éviter tout incident. Cela agaçait au plus haut point le renégat mais que pouvait-il y faire ? Ce job était tout ce qu’il avait. Maintenant plus que jamais, il ne pouvait tout claquer sous prétexte qu’il ne portait pas le même regard sur les événements. Une divergence d’opinion et de jugement ne méritait pas d’être le motif d’une démission. Le jeune homme revint à la raison de sa présence en ces lieux et s’en inquiéta seulement. A vrai dire, avant de réaliser qu’il serait seul pour cette réunion, il n’avait pas songé à la possibilité d’une autre cause à ce rendez-vous improvisé à la dernière minute que celle qui consistait à faire le point. Mais pourquoi n’y avait-il que lui pour ce constat ? Il fronça les sourcils puis détailla les traits de son amie. Il fut tout à coup projeté dans l’urgence de savoir ce qui se cachait réellement derrière cette invitation. Si personne d'autre n'avait été convié à la sauterie c'est que ça n'avait rien à voir avec ce qu'il croyait. Et de toute manière, ça n’était pas son style de tourner autour du pot.

« Alors raconte-moi… Il s’est produit quelque chose ?»

Bien sûr, il n’avait pas balancé cette interrogation dans le but d’écourter cette discussion. Au contraire, il voulait d’autant plus la prolonger qu’il adorait bavarder avec sa comparse. C’était juste que la patience n’a jamais été son fort et il préférait traiter des choses courantes après. Lui aimait d’abord attaquer de front les problèmes avant de dévier sur les sujets plus légers. A chacun sa méthode après tout.
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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Mar 25 Sep - 17:41



Holding on and letting go

Finalement cette journée était belle et bien une mauvaise journée. Je pensais que la soirée serait meilleure et que la venue de Mickaël changerait la donne, mais finalement pas. J’étais un peu froissée, je dois bien l’avouer, qu’il s’installe à l’autre bout du canapé sur l’accoudoir de ce dernier. Je ne comprenais pas vraiment en fait pourquoi une telle distance. Je veux dire, après mon « sport », j’avais pris ma douche, et je ne sentais pas spécialement mauvais. Je n’avais pas l’impression d’avoir une mauvaise haleine non plus. Bref, je ne comprenais vraiment pas pourquoi il se tenait aussi loin. C’était à croire que, contrairement à ce qu’il disait oralement, cela le dérangeait d’être ici, et qu’il voulait déjà s’en aller. Pourtant, à la dernière nouvelle, nous étions en bon terme, et nous ne nous étions pas disputés ou autre. Il était vrai que nous étions rarement seulement deux – il y avait toujours du monde non loin -. Cependant nous n’étions plus des enfants et les choses étaient claires entre nous. Nous étions amis. Vraiment j’étais complètement perdue vis-à-vis de son attitude. Je n’allais pas me jeter sur lui, surtout qu’en plus il avait une petite amie. Ce n’était pas franchement mon genre et si mes souvenirs légèrement flous étaient bons, c’était lui qui, quelques mois plus tôt, m’avait embrassé. Nous étions ivres, ça arrive. Et puis nous avions réglé la question les jours suivants. Non je ne comprenais pas son malaise soudain.

J’avais haussé un sourcil et avait finis par me lever pour m’adosser au mur en face du canapé. Au moins il pourrait s’installer correctement dessus et de pas se taper un torticolis en me parlant. Pour sur, lorsqu’il vint me parler alors que j’étais encore sur le sofa, ce n’était pas des plus agréables. S’il n’avait pas été Mickaël, je lui aurais proposé une chaise et lui aurait demandé s’il y avait quelque chose qui clochait. Là, je m’étais contentée de m’éloigner vu que ma proximité le gênait. Si je l’avais fait venir, c’était pour une bonne raison. Et puis bon, je ne voulais pas me montrer malpolie avec lui, où sous un mauvais jour. Ouais, pensez en ce que vous voulez, mais il n’était pas question que je rebondisse oralement dessus. S’il avait déjà peur que je lui saute dessus ou je ne sais pas quoi, il allait me prendre pour une folle jalouse ce qui n’était pas le cas. Enfin juste un tout petit peu je dois bien l’avouer. J’avais un peu mal pris que très rapidement il se soit retrouvé une poulette. Pourquoi ? Bah parce que bon, je ne m’étais pas vraiment imaginée que je n’aurais été pour lui qu’un coup d’un soir. Non pas que je le juge pour ça : moi-même il m’arrivait d’avoir des relations d’un soir. C’est juste que cela avait un peu blessée mon égo. Je pensais - à tord- que lui aussi, il avait ressenti une attirance autre que physique envers moi. Et tant mieux si ce n’est pas le cas ! C’est d’autant plus facile à gérer en fait. Nous étions amis et c’était ce qui comptait le plus.

La routine. Enfin, il n’y a pas grand-chose qui a changé si ce n’est que mon boss a recruté plus de garde. On ne sait jamais. Pour l’instant il accepte encore le liquide mais ya de moins en moins de personne qui en possède. Du coup il réfléchit à un système d’échange qui lui serait rentable. En attendant, il nous a donné deux jours de congés. Le temps qu’il se fixe… Pour ce qui est de ton patron, j’irais le voir demain pour discuter avec lui. Ce serait regrettable qu’il se retrouve sans rien. Surtout que vous êtes plusieurs à dépendre de lui. Il veut bien faire, je peux le comprendre. Seulement il n’est pas tout seul. C’est un bon gas, je pense qu’il m’écoutera. Enfin on verra.

Je lui fis un petit sourire, comme un peu pour le rassurer. Son boulot c’était toute sa vie et même si lui aussi, il avait aspiré à autre chose plus jeune, il y tenait quand même. Je me retrouvais quelque part en lui. Nous n’avions pas pu choisir notre chemin, mais nous avions fini par nous y sentir bien et surtout trouver un équilibre de vie, auquel on ne voulait pas renoncer. Alors si je pouvais l’aider, je le ferais, surtout si j’étais en mesure de le faire. Être conseillère municipale a quand même ses avantages, dont celui d’être écouté par les habitants de Louisville. Oh certes je ne prônais pas la même politique que le maire, mais je le faisais pour mes concitoyens. Nous devions nous serrer les coudes après tout. Je ne comptais certes pas tous les armer non, mais au moins les mettre en garde. Au cas où les choses tourneraient vraiment mal, là alors les renégats interviendront physiquement. En attendant, nous devions propager nos idées de manière discrète et pacifiste, sans que l’on se doute de quoi que ce soit. Nous avions tous une famille à protéger et c’était d’ailleurs pour elle que nous faisions ça. Nous voulions protéger les notre, même si pour cela nous devions nous montrer inhumain. Nous ne sommes pas méchants, nous sommes réalistes. Se salir les mains ne nous fait pas peur. Le seul problème que l’on pouvait rencontrer, c’est que justement des gens dépendaient de nous et que cela pouvait se retourner contre nous. Notre discrétion était leur protection et nous en étions tous conscient. C’était d’ailleurs pour ça que j’étais aussi inquiète et paranoïaque. Je ne pouvais pas permettre qu’il arrive quelque chose à ma sœur à cause de moi.

Je poussais un soupir las.

Je sais pas trop… Enfin c’est bizarre… Tu n’as rien vu ou senti d’inhabituelle ces derniers temps? C’est sans doute moi qui m’en fais pour rien. S’il y avait eu quelque chose d’anormal tu m’en aurais fait part. Je me trompe ? Je dois plus fatiguée que je ne me l’étais imaginée…

J’avais posé mes mains sur mes bras, comme pour me rassurer moi-même. En repensant à cette sensation d’être observée, ça m’en redonnerait presque des frissons dans le dos. Pourtant, à bien y penser, cela venait de moi et de ma fatigue. Pourquoi on viendrait à me suivre ou à m’observer ? Personne n’était au courant, personne en dehors des renégats. Oui, vraiment je me faisais du mouron pour rien. Me sentant stupide – d’autant plus que je l’avais fait déplacée pour rien – je me détachais du mur pour ouvrir un placard, et sortir deux verres et ma toute dernière bouteille de Vodka. Lui montrant le tout, j’enchaînais tout de suite en lui demandant

Un remontant ça te dit?








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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Mar 25 Sep - 19:32

La silhouette de la jolie brune se déplaça alors soudainement, délaissant le canapé qu’ils partageaient. Pourquoi ce revirement ? Mickaël prit cette décision pour un besoin pressant de se dégourdir les jambes, par nervosité peut-être. Le renégat était loin de se douter qu’un malentendu s’était installé entre eux. Car il fallait avouer que c’était en lui qu’il n’avait pas confiance. Jamais, il n’aurait cru que son amie veuille de lui – elle l’avait rejeté non ? Et il s’attendait plutôt à ce que le dérapage provienne à nouveau de lui. Mais pour le mécanicien, cela semblait réellement tomber sous le sens. Il ignorait qu’il se fourvoyait à ce sujet. Après tout, c’était lui qui avait amorcé un premier pas – alcool ou pas, il fallait reconnaître que l’attirance qu’il éprouvait dépassé le simple stade physique. Ce n’était pas pour rien qu’ils avaient pu faire naître cette amitié franche et sincère. Mathilda était tout aussi captivante intellectuellement, leurs valeurs, d’ailleurs, étaient similaires. L’un dans l’autre, il se serait vu sans mal sortir avec elle – et de façon sérieuse, ce qui n’était pas dans ses habitudes. Peu importait à présent. Il ne voulait plus penser à ça car à part remuer le couteau dans la plaie, ça ne l’aidait pas. Ressasser sans arrêt ses regrets, un acte qui ne coordonnait pas avec sa façon d’être. Il fallait avouer que grâce à sa nouvelle position, il pouvait mieux lui faire face. Ça n’est pas pour autant qu’il prit place confortablement dans le vieux divan. L’accoudoir lui était devenu sympathique. La jeune femme lui confia alors les soucis auxquels se trouvaient confronter son supermarché et cela n’étonna guère le garagiste qui affrontait le même type d’inconvénients. A la différence que son patron ne s’était pas posé énormément de questions philosophiques et que pour tout dire, il n’avait pas cherché à trouver une solution viable jusqu’ici. Aussi, il lui offrit un sourire tordu en guise de réponse au sien.

« J’espère que ça va se régler rapidement alors. Je pense qu'il n'y a pas énormément de solutions de toute façon. Mon boss n’a pas attendu en tout cas. Il a déjà commencé à accepter toute sorte d’objet ou de service comme forme de payement. Et encore, c’est dans le meilleur des cas… C’est quelqu’un de bien mais il ne réalise pas vraiment dans quel merdier on est en train de s’enfoncer… J’apprécie vraiment que tu prennes de ton temps pour aller le voir. S’il y a bien quelqu’un qui pourrait le raisonner, c’est toi ! Je te fais confiance là-dessus ! Merci. »

La caissière possédait bien cette influence. Elle avait bien l’art et le don de manier les mots selon lui. Depuis qu’elle était devenue conseillère municipale, elle avait acquis de la notoriété et gagné la confiance des citoyens. Personnellement, le jeune homme n’y voyait que des avantages à ce statut qu’elle avait acquis. Peut-être y avait-il quelques contraintes mais elles étaient ignorées du trentenaire. Ce dernier se redressa nettement quand sa comparse entra au cœur du problème qui l’avait amenée à le contacter de façon impromptue. S’ils avaient été dehors, il aurait sûrement pris la peine de balayer les environs et de traquer visuellement le maniaque qui suivait la renégate. Car oui, il la croyait sur paroles. Quand elle passa ses mains autour de ses bras, il eut envie de se rapprocher d’elle pour lui apporter un soutien palpable et réel. Il se contenta de la fixer sans savoir quoi ajouter tant il lui était difficile de ne pas sortir de cette maison et de faire le guet sur son perron à guetter un quelconque danger. Bien sûr, il la savait forte et à même de couvrir ses arrières mais ça ne l’empêchait pas pour autant de vouloir la protéger d’une quelconque façon.

« Avec tout ce que j’ai eu à faire ces derniers temps, j’avoue que je n’ai pas vraiment été attentif à tout. Personnellement, de mon côté, je n’ai rien relevé d’anormal. Je t’en aurais immédiatement fait part, évidemment ! »


Alors qu’il s’apprêtait à ajouter quelques autres paroles à son discours, elle sortit de quoi se rafraichir les idées – ou peut-être pas en fait. Réunir Mathilda et de l’alcool dans la même pièce sans témoins, c’était avéré dangereux jusqu’ici. Mais là, ils en avaient sûrement besoin.

« Avec plaisir. »



A la suite, Mickaël se leva de son siège et se plaça près d’elle afin de l’aider sommairement dans les manœuvres consistant à servir le breuvage dans les récipients – et ce sans rien renverser. Trouver des bouteilles de cet acabit devenait problématique de nos jours. Aussi, chaque goutte avait son importance. L’invité se sentait flatté qu’elle l’ait sorti d’ailleurs. Puis, c’était un bon prétexte pour amoindrir le fossé qu’il avait lui-même cherché à creuser. Au vu de sa déclaration, il trouvait normal de relayer ses soucis liés à leur relation au second plan. Il la détailla longuement durant l’opération puis avant de s’emparer du nectar, il plaça sa paume sur son épaule afin de retenir un maximum son attention. Il planta ses yeux dans les siens afin de lui faire clairement passer le message – il n’était pas question de laisser tomber cette histoire.

« On ne doit pas prendre ça à la rigolade. Ca n’aurait rien de surprenant que quelqu’un cherche à te filer. Par les temps qui courent, il ne faut pas baisser sa garde. Je ne dis pas qu’il faut développer une sorte de parano mais on n’est jamais trop prudent et écouter son instinct pourrait faire toute la différence. Explique moi plus en détails ce qu’il s’est passé. Tu n’as rien vu d’inhabituel ? Était-ce à un endroit particulier ? T’as fait une nouvelle rencontre récemment? C’est la première fois que ça t’arrivait ?»

Se rendant compte que c’était lui qui virait à la psychose, il défit sa prise autour d’elle et prit sa boisson de l'autre main. Il ne chercha pas à reculer pour autant, son esprit fonctionnait à du deux milles à l’heure, cherchant déjà une solution ou l’autre.

« Tu veux que je reste dans les environs cette nuit ? Je pourrais peut-être apercevoir quelque chose. »


Ça ne serait pas sa première nuit blanche - ça non, et il était déjà là de toute façon. Il voulait être utile. Peut-être allait-il un peu vite en besogne ? Avec tous ces militaires qui gambadaient dans les rues, il avait appris à se méfier de tout type de signe inquiétant. Et ce que son hôte lui avait dévoilé en était typiquement un. Il s’en mordrait les doigts que quelque chose se produise alors qu’elle l’avait mis en garde. Il ne pourrait sans doutes jamais se le pardonner.

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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Mar 25 Sep - 22:42



Holding on and letting go

Parler à un ami, à un véritable ami faisait du bien, même s’il agissait un peu bizarrement avec moi. Je préférais ne pas trop lui en tenir rigueur même si cela était un peu blessant. Je savais de toute façon que des orgueils n’avaient pas leur place dans une relation amicale, ainsi le m’étais-je de côté et l’éloignais pour ne pas l’importuner. Peut-être voulait-il me signifier qu’il n’y avait vraiment rien entre nous –chose que je savais déjà -, en pensant, je ne sais pas moi, que ce soit c’était un rendez-vous ou un rencart ? En fait la situation était un peu compliquée de ce côté-là, si bien que je ne savais pas trop quoi penser et discerner le vrai du faux était tout aussi galère. C’est pour ça que je laissais ça de côté. C’est plus simple à gérer, même si je lui dirais sans doute dans l’avenir qu’il n’a « rien à craindre » et que je ne suis pas du genre à « voler les mecs des autres ». Je ne suis déjà pas du genre à sortir avec des hommes, alors m’enticher de quelqu’un de pris… Bon d’accord, j’étais entichée un peu –beaucoup – de Mickaël mais c’était bien avant qu’il ne sorte avec une autre. Et puis bon s’il ne m’avait pas embrassé on n’en serait pas là. Bon ok, j’avais été contente sur le coup qu’il le fasse – et même après –. Le truc c’est que je ne peux pas et non pas que je ne veux pas. Dans ce domaine, vouloir ne signifie pas pouvoir. Ma sœur a besoin de moi, encore plus à présent et je ne peux pas me laisser distraire et qui sait, me mettre à aimer quelqu’un d’autre qu’elle. Car non, je ne ressentais pas d’amour pour l’homme en face de moi. Une profonde affection oui. J’appréciais l’homme qu’il était et sans doute si les choses auraient été différentes, j’aurais pu tomber très facilement amoureuse de lui, en sortant justement avec lui. Mais cela n’arrivera jamais. De mon côté comme du sien d’ailleurs. En parler ne ferait qu’instaurer un malaise que je ne voulais pas. Je tenais vraiment à lui et je préférais qu’il soit un ami proche plutôt qu’il ne fasse pas du tout parti de ma vie. Il faisait partie de ses gens que je voulais protéger, et c’est d’ailleurs pour cela que je lui proposais d’aller parler à son patron. Si je pouvais lui améliorer le quotidien, je n’en serais que des plus heureuses.

J’irais le voir. Et puis comme ça ç ate donnera l’occasion de jeter un coup d’oeil à ma voiture. Le conteur d’essence bug, et j’ai l’impression que mes freins commencent à être usés. Si tu veux en échange de tes bons services, je peux te filer… Je sais pas moi… Ah si je sais ! Un paquet de cigares cubains et des capotes. J’en ai trouvé un paquet tu sais où

J’accompagnais mes paroles d’un grand sourire amusée et d’un clin d’œil. Bien entendu que je n’allais pas lui donner ça. Quoi que… Cela ne m’était d’aucune utilité et peut-être lui en trouverait à ses objets. S’il venait à travailler sur ma voiture, j’insisterais pour lui payer quelque chose en retour – même s’il protesterait comme à son habitude - . Je ne sais pas encore avec quoi, mais je trouverais d’ici demain. Je n’étais pas du genre à manquer d’imagination après tout, ni même d’objets, bien que je me montrais discrète avec ses derniers pour ne pas que l’on me pose des questions. C’était d’ailleurs pour cela que je ne comprenais pas ce sentiment de mal-être que j’avais ressenti toute au long de cette journée. Je faisais très attention et j’étais prudente. Je ne laissais rien au hasard et ce n’était pas mon genre d’être parano. Oui vraiment, comme je lui disais, je devais être vraiment fatiguée. Comme nous tous d’ailleurs. Je ne connaissais personne qui dormait vraiment bien depuis que le monde avait chaviré. Je lui fis un signe affirmatif de la tête lorsqu’il m’assura n’avoir rien vu de suspect, puis lui proposa à boire, histoire que je me sente un peu moins stupide de l’avoir fait venir tard chez moi pour rien. Je fus contente qu’il accepte de boire un verre et un peu étonné qu’il se lève pour m’aider. Oui c’était à ne rien comprendre à son attitude. Est-ce parce que je suis une femme que je ne vois pas où il veut en venir et le message qu’il veut véhiculer ? Allez savoir. En tout cas c’était agréable de voir de constater que je pouvais vraiment compter sur lui. Je tournais mon regard vers lui lorsqu’il posa sa main sur mon épaule. Je lui fis un sourire en guise de remerciement. C’était bête mais quelque chose ça faisait du bien de se sentir entourée et protégée par quelqu’un. En temps normal, je protège et j’ épaule. Que l’on prenne un peu soin de moi… Ça me touchait. Surtout que je savais qu’il ne faisait pas ça par obligation

Tu es fatigue et une nuit à faire le guet chez moi ne t’aidera pas à te reposer. Je ne pense pas qu’il y ait besoin de toute façon. Ce n’est qu’en ville que je me sens comme épiée. C’est bizarre. Pourtant, lorsque je regarde autour de moi, il n’y a jamais les mêmes visages. Je te le répète, ce doit être la fatigue. Et puis si tu y ajoutes tout le stress et les problèmes à gérer en mairie… J’en deviens parano. La seule rencontre que j’ai faite c’est celle d’un réfugié et il ne représente aucun danger ça ne fait pas de doute. Enfin peut-être pour les habitantes de Louisville qui se laisseront attendrir par sa belle gueule.

Je fus un instant songeuse, en me rappelant de ma rencontre avec Lucas, et je ne pus m’empêcher de sourire. Cette soirée avait été très drôle de mon point de vue et d’ailleurs, il n’était pas si mal pour un réfugié. Je sentais que j’allais m’amuser beaucoup avec lui, à ses dépends d’ailleurs. Secouant la tête comme pour chasser ses pensées, je me reconcentrais sur Mickaël et toqua mon verre contre le sien, avant d’en boire une petite gorgée et de rajouter

Je ne te chasse cependant pas d’ici. Lyra ne vient jamais ici. Vu que tu habites loin, tu peux dormir là si tu préfères. Enfin c’est comme tu veux. Je ne veux pas abuser de ton temps, et te retenir. Vraiment tu n’as aucune obligation. Surtout que j’imagine qu’on attend. Rose ou… Comment elle s’appelle déjà? Emilie ? Amélie ? Emmeline ? Je suis désolée je n’ai pas retenue son prénom. Bref, vraiment, ya pas de problème ! …

Je commençais à un peu m’embrouiller toute seule à me justifier de la sorte et sans cesse. Pire qu’une ado, je vous jure ! En plus je n’arrivais plus à remettre le doigt sur le prénom de sa petite-amie. Je visualisais très bien sous visage avec ses beaux yeux de biche marron et ses boucles blondes. D’ailleurs en y réfléchissant je me disais que ça faisait quelques temps que je ne l’avais pas vu et… Oh mon dieu la gaffe ! Posant mon verre, je lui pris les mains pour tout de suite me confondre en excuse

Oh je suis désolée je viens de me rappeler que Rose m’a dit la dernière fois qu’elle était portée disparue. Enfin. Je suis désolée, je ne voulais pas remuer le couteau dans la plaie








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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Mer 26 Sep - 8:30

Le coup des cigares, à la rigueur mais celui des capotes ! Mickaël ne put s’empêcher d’en rire. Il se doutait que derrière cette intention – qu’elle soit fictive ou non, ne se cachait aucun message ou aucune invitation ce qui franchement le navrait, inconsciemment. Pourquoi avait-elle parlé de ça ? Pour détendre l’atmosphère, à tous les coups. C’est du moins ce qu’il croyait. Une allusion pareille ne l’aiderait pas forcément à faire abstraction de ce qu’il se passait – ou plutôt de ce qu’il ne se passait pas entre eux. Mais bien sûr, il n’en dirait mot et préférait masquer son trouble derrière une hilarité franche. Il ne s’attarda pas là-dessus volontairement car de toute manière, il n’était pas question d’accepter quoique ce soit de la jeune femme. Quel genre d’ami serait-il vraiment s’il lui faisait payer ses services ? Il lui était déjà bien redevable pour plusieurs raisons, inutile qu’elle finisse par croire qu’elle devait lui rendre la pareille pour si peu. Mathilda le savait pertinemment en plus. Ça n’était pas la première fois que ce genre de conversation se produisait entre eux. Il fallait croire qu’elle ne retenait pas la leçon.

« Pas de soucis, je vérifierais tout ça. Une petite révision ne peut pas faire de tort mais à l’œil alors. Je refuse que tu m’offres quoique ce soit en contrepartie. Si on ne s’entraide plus gratuitement entre nous, où va le monde dis-moi ? Tiens les cigares pour une grande occasion plutôt et pour les capotes, tu leur trouveras sûrement une utilité… »

Il avait dit ça sans réfléchir bien que ça l’avait lui-même agacé d’envisager la jolie brune dans les bras d’un autre. Il en fronça rudement les sourcils avant de baisser quelques secondes sa nuque afin qu’elle ne le surprenne pas. Elle était libre, non ? Parfois, il avait l’impression que Lyra n’était qu’une excuse, une forme polie qu’elle avait utilisée pour le congédier gentiment. Et parfois, il la comprenait trop bien et il savait qu’elle ne lui avait pas menti. Il ne savait plus quoi en penser de cette histoire, il fallait laisser couler tout ça. Bien qu’il aurait aimé savoir si d’autres hommes avaient le droit de l’approcher dans ce but. Enfin peut-être pas, ça ne ferait que blesser son égo et ça finirait par envenimer leur amitié. Oublions tout ça. Le mécanicien n’arrivait pas à relativiser comme elle le faisait concernant cette affaire de traque. En effet, il était probable qu’elle soit à fleur de peau ces derniers temps – comme tout le monde, mais tout de même, il la connaissait suffisamment pour la savoir assez intuitive. Il n’aimait pas ça et il comptait réellement faire quelque chose contre ça. Si elle pensait qu’il continuerait de traiter de ce sujet avec légèreté, elle se trompait lourdement.

« Je tiendrais le coup, t’en fais pas. Je pense qu’on aurait tort de prendre ça à la légère. C’est encore plus étrange si tu dis que tu as clairement senti que le sentiment te passait une fois arrivée chez toi. Ce mec – ou qui que ce soit, est peut-être doué pour la filature, je n’aime pas ça du tout, Mathilda. S’il te plaît, la prochaine fois, viens me chercher directement. Je saurais me montrer discret. On ne peut pas prendre de risque. »

Ah le nouveau réfugié devait être celui qu’il avait lui-même croisé dans un bar. Très certainement vu qu’il lui avait parlé d’elle… Sa belle gueule hein ? Le renégat resta crispé sur un sourire faux, ironique à vrai dire. Lui qui se demandait si elle finissait par craquer de temps à autre pour d’autres spécimens de la gente masculine… Non, il ne voulait rien savoir. Surtout que ce mec était un crétin fini, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Celui-là même qu’il avait voulu brisé. A voir le sourire qui avait naquit sur les lèvres de son interlocutrice à cette mention, le trentenaire se disait en lui-même qu’il n’y avait pas été assez fort encore. Il aurait dû lui fracasser le visage.

« Ah ouais, je vois de qui tu parles. Je pense pas non plus qu’il soit une menace réelle. Mais on est jamais trop prudent. »

Il se répétait très certainement mais il ne pouvait rien dire de plus sans se dévoiler. Il ne comptait pas faire part de sa rencontre avec cet énergumène et encore moins lui détailler le pourquoi du comment il avait fini par lui enfoncer son poing dans la figure. Si ce type arrivait à ses fins avec elle, il ne pourrait sans doute plus rien faire à son encontre. Sauf provocations de sa part. Au moins, il avait pu exprimer son ressentiment avant que quelque chose se produise. Très sérieusement, si elle finissait avec ce gars, il le prendrait très très mal. A lui de savoir gérer sa rancœur, ça ne la regardait pas après tout vu que ça ne devait pas entrer en compte dans leur relation amicale. Oh oui, il avait bien besoin d’un remontant tout à coup. Elle venait de lancer la dégustation d’un coup de verre dans le sien et il but directement son verre n’en laissant qu’une ou deux gorgées dans le récipient, afin d’apaiser la tension que cette discussion avait imposé à ses nerfs. Elle lui proposait de passer la nuit-là et même si elle enchaîna sur Lyra, Mickaël se demandait si c’était très sain pour lui de rester dans la demeure familiale.

« Je pense pas que ça soit une bonne idée que je reste ici. Ou alors je devrais partir tôt ce matin afin de ne pas risquer de la croiser. Ça deviendrait vite compliqué non ? Mais je ne serais pas rassuré de laisser les choses tel quel. Le mieux c’est que j’arpente les environs. La nuit est bien trop propice pour un détraqué et même si tu dis que tu n’as pas l’impression d’avoir été suivie jusqu’ici, on ne sait pas si il ne finira pas par venir jusqu’ici. Je ne veux pas t’alarmer ou devenir complètement parano inutilement. Mais sérieusement, ça m’inquiète. Tu l’as dit toi-même, tu es tendue. Laisse-moi gérer ça, tu pourras dormir sur tes deux oreilles comme ça. »

Il se sentait étrangement investi d’une mission peut-être précoce compte tenu du manque d’informations. Si ça tombe, comme elle le disait, il n’y avait rien du tout. Si il insistait pour lui porter secours, c’était réellement parce qu’il se faisait du souci pour elle. Et puis, ok, pour être honnête, depuis qu’elle lui avait parlé du réfugié, il avait seulement envie de se montrer encore plus présent pour elle. Si elle déclinait pour de bon, il ne pourrait pas y faire grand-chose mais au moins, il aurait essayé. Il ne savait pas pourquoi elle avait mentionné son ex aussi soudainement mais il s’en fichait éperdument. Cruel ? Disons qu’il en avait déjà fait son deuil. Bien sûr, il préférait se dire qu’elle vivait toujours – cela l’attristerait tout de même qu’elle soit décédée mais pour lui, elle n’avait jamais représenté grand-chose de toute façon. Elle n’avait été qu’un prétexte pour lui faire oublier sa franche inclination envers son hôte de ce soir. Expérience d’ailleurs raté si vous vouliez son avis. Il aurait beau enchaîné d’autres nanas, il savait très bien qu’il désirerait toujours autant sa comparse.

« Emy. Et non, personne ne m’attend. Rose est chez elle. »

Le garagiste fut d’autant plus surpris qu’elle se confonde en excuses à la suite. Il avait bien compris qu’elle avait oublié le triste sort de son ex. Mais vraiment pour lui, tout ça avait déjà été digéré. Bon, il n'y voyait que du positif à la tournure qu’avait pris cette entrevue, ça lui plaisait un peu trop même. Elle venait de lui prendre les mains en signe de compassion et il lui servit un rictus tout ce qu'il y avait de plus vrai afin de lui faire comprendre que vraiment, il n'en était pas spécialement affecté.

« Ne t’en fais pas. Vu les circonstances, je me suis déjà fait une raison à son sujet. Tu ne remues rien du tout, ce sont des choses qui arrivent. Enfin avec ce qui se passe.»

Mais il ne lâcha pas ses mains pour autant, il la laisserait défaire elle-même sa prise. Avait-elle saisi qu’il se considérait célibataire désormais ? Très sincèrement, il ne savait pas ce qu’il valait mieux. Qu’elle le sache ou non.

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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Mar 2 Oct - 16:19



Holding on and letting go

Cela me faisait plaisir de pouvoir rire un peu avec Mickaël. L’espace de quelques instants, c’était comme si rien n’avait changé, comme si le monde ne s’était pas arrêté brusquement de tourner et que tout était normal. Je n’avais pas rie depuis que les bombes étaient tombées et je vivais constamment dans la peur qu’elles finissent par nous toucher et que notre vie paisible s’arrête. Je n’en dormais que très peu la nuit, trop tourmentée pour vraiment me reposer. C’était d’ailleurs le cas de nombreuses personnes. Comment continuer à vivre après cette fin du monde ? Je faisais bonne figure devant les autres et devant surtout ma sœur. Je n’en restais cependant pas moins rempli de questions et de doutes. J’adoptais la posture qui me semblait la meilleure pour les miens. Je n’agissais pas vraiment humainement avec les réfugiés. Comment le pourrais-je ? La réalité était trop cruelle pour qu’on l’ignore juste pour de bons sentiments. Je préférais garder mon affection pour mes proches plutôt que de me perdre. Et puis… Il y avait bien assez de citoyens à aider au sein même de Louisville. A commencer d’ailleurs par l’homme en face de moi avec qui je rigolais en cet instant.

Tout travail mérite salaire. Va pour les cigares dans ce cas-là, et je trouverais autre chose pour compléter puisque tu ne veux pas de préservatifs. Ce n’était pourtant pas ce qui manquait sur le bateau ! Si tu n’en as pas usage immédiatement rien ne t’empêche de les échanger contre autre chose. Enfin c’est toi qui vois. Ya tout un stock on ne peut plus variés dans ma boite à outil.

Je rigolais de nouveau quelques secondes, en lui désignant ce qui me servait au bricolage en temps normal. Pourquoi là ? Tout simplement pour que Lyra ne tombe jamais dessus. Elle n’était pas du genre à réparer les choses, encore moins se salir les mains. Le boulot d’entretien de la maison me revenait de droit et pour le coup, cela m’était utile. J’avais caché tout ce que j’avais récupéré dans tous les endroits possibles et imaginables. Les uniformes militaires ainsi que les armes se trouvaient dans plusieurs caisses que j’avais glissé dans le vieux puits au fond de mon jardin, condamné depuis très longtemps. Impossible de les trouver sans le savoir. J’en avais fait de même avec tout ce qui venait du destroyer, si bien qu’il n’y avait aucune raison que l’on me soupçonne de la moindre chose. J’avais vraiment fait des plus attentions à mes paroles, mes mouvements et mon attitude. C’était pour cela que je ne comprenais pas pourquoi j’étais tout à coup prise de paranoïa. Je me faisais des idées, ça ne faisait aucun doute.

Je ne voulais pas t’inquiéter pour rien, car je savais que tu réagirais comme tu le sais. Je te dis, ça doit être la fatigue. Personne n’est au courant et si on me suit, dans ce cas-là, c’est pour autre chose que ça. Je n’ai rien à cacher en dehors. Alors au pire du pire, si on me suit vraiment, on finira par s’en lasser bien vite.

Je lui fis un sourire sincère et un peu rassurant. Je savais que Mickaël avait des intérêts à cœur et c’était d’ailleurs pour cela qu’il était le seul homme en qui j’avais vraiment confiance. Il ne me prenait pas pour une barge, et ne me jugeait jamais. Peu lui importait tous les méandres de mon passé. Il m’acceptait tel que j’étais, sans vouloir me changer, en connaissant ce qui me définissait. C’était réconfortant de se dire que l’on n’était pas aussi seule qu’on peut le penser. Je pouvais compter sur lui, tout comme lui pouvait compter sur moi. La réciproque est importante. Ainsi, sentant sa « gêne » envers le réfugié que je venais d’évoquer, je lui demandais

Tu ne sembles pas vraiment le porter sur ton cœur. Que sait-il passé ?

Lucas était une bonne distraction oui, et il m’avait beaucoup amusé. Cependant s’il venait à gêner Mickaël ou lui porter préjudice, je reverrais mon jugement. Il n’était pas question que je lui laisse le bénéfice du doute s’il s’en était pris d’une quelconque façon à mon ami. Je lui proposais alors, s’il tenait absolument à faire une ronde de rester chez moi. Pas question qu’il passe une nuit blanche et que j’ai sa fatigue sur la conscience. Nous étions déjà assez crevés pour ne pas en rajouter une couche en faisant une nuit blanche. Il n’était pas question qu’il ne dorme pas et que moi oui. Je lui fis un signe négatif de la tête.

Je ne craints rien ici et si un malade débarque, il aura plus de problème qu’autre chose. Je sais me défendre Micka. Je vis seule ici avec Lyra depuis plusieurs années maintenant. Je connais le coin. S’il t’arrivait quelque chose par ma faute, je ne me le pardonnerais jamais. De toute manière, je ne dormirais pas bien si je te sais dehors, je ne sais où. Je t’aurais bien proposé ma chambre, mais elle a décidé il y a quelque semaines que ma garde-robe et la sienne ne font qu’une si bien qu’elle y traine tous les matins… Vraiment, Lyra ne vient jamais ici. Et puis elle commence à 10h donc tu seras parti au travail bien avant qu’elle ne se lève. J’insiste. Je ne veux pas que tu rondes autour de chez moi seul et de nuit.

Et puis je me souvenue qu’il avait, à la dernière nouvelle une petite amie qui pouvait éventuellement l’attendre, ou bien même Rose d’ailleurs dont il était proche. Je fis gaffe sur gaffe en évoquant celle avec qui il sortait, sans arriver à me souvenir de son prénom… Et pire… En oubliant qu’elle faisait partie des personnes disparues. Honteuse, je m’excusais tout de suite, lui prenant les mains par compassion, pour lui montrer combien j’étais désolée. Sa réponse fut on ne peut plus surprenante et je ne pus m’empêcher d’arquer un sourcil et de le regarder un peu bêtement. C’était bizarre qu’il parle ainsi. Je veux dire. Ce n’est pas vraiment le genre d’homme à tourner le dos aux personnes à qui il tient quand elles disparaissent. A moins que… Songeuse, je lui demandai alors

Je pensais que vous étiez très proche. Enfin je veux dire. Rose a dit la dernière fois à une de nos collèges que vous étiez très fusionnelles, qu’Emy était vraiment LA femme qui te correspondait et qu’elle ne doutait pas que tu officialiserais votre relation dans les semaines à venir… Pourquoi aurait-elle été dire ça dans ce cas là ?... Ah

Je lâchais aussitôt les mains de Mickaël et reculais d’un pas. D’un ton froid, je lui dis :

C’est ton idée ou la sienne ? La sienne j’imagine. Tu n’es pas assez vicieux pour ça. Tu devrais rentrer chez toi

J’étais un peu en colère. Je n’aimais pas que l’on se joue de moi, et qu’on me manipule. Pas de doute possible, Rose avait fait exprès de raconter cela en ma présence. Pourquoi ? Sans doute parce qu’elle s’imaginait qu’ainsi, je ne tournerais pas autour de son frère, ou pour me rendre jalouse allait savoir. Cela faisait quelques semaines que ma relation avec ma collègue s’était dégradée, et elle n’était pas prête de s’améliorer. Je n’aimais pas que l’on me mente. Je savais que Rose n’était pas vraiment du genre à chercher midi à quatorze ans. Si elle avait fait ça c’était peut-être parce que Mickaël lui avait dit je ne sais pas quoi, ou laisser entendre je ne sais pas quoi non plus. Les choses étaient pourtant claires entre nous nan ?








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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Mar 2 Oct - 21:42

Elle ne lâcherait jamais l’histoire, pas vrai ? D’ailleurs, elle entendait ce qui lui chantait. Il lui avait dit de tenir les cigares pour une grande occasion mais de toute évidence, elle avait balayé ça consciemment ou non de la discussion. Le garagiste ne chercha pas à lutter contre ça mais ne lui offrit qu’un sourire quand elle insista concernant les capotes. Franchement, dans quel monde parallèle, se voyait-il ouvrir une boîte à outils pour en sortir une flopée de préservatifs et les fourrer dans ses poches ? Et tout ça devant la femme qui lui plaisait ? Ouais, non, dit comme ça, on pouvait vachement se méprendre. Son offre restait généreuse et sympathique mais il se voyait mal l’accepter de toute façon. Peu importe la teneur du cadeau en fait, elle ne lui devait rien et il voulait qu’elle finisse un jour par le comprendre. Juste pour prolonger un peu cette légèreté bienvenue, il s’approcha de la dite cachette et l’ouvrit. Il se remit alors à rire en imaginant la tête de l’adolescente qui pourrait tomber là-dessus et se faire une drôle d’opinion sur la propriétaire. Une véritable collection s’y étalait dis donc.

« La vache ! C’est à se demander s’ils partaient vraiment en guerre ceux-là… Enfin au moins, ils anticipaient. On ne peut pas leur retirer ça. T’as un sacré stock. Je suis certain que ça aura de la valeur par les temps qui courent. »


Mickaël referma le couvercle sans rien prendre et se retourna alors vers son interlocutrice. Evidemment, elle poursuivit sur sa lignée et elle acheva définitivement son plan de quelques paroles. Ca ne le rassurait vraiment pas de tout planter tel quel alors qu’il la savait seule ici. Enfin, il ne voulait pas l’offenser et il la savait futée, combattive. Quant à dormir là, il n’arrivait toujours pas à y adhérer. Une véritable impasse cette histoire. Sa seule solution viable pour le moment c’était de passer la plus grande partie de cette nuit, le plus de temps possible à trinquer et à parler. Protéger Mathilda sans qu’elle s’en aperçoive, un projet qu’il pouvait déjà laisser tomber. Mais pourquoi diable voulait-elle qu’il dorme là d’ailleurs ? Elle se sentait vraiment mal de l’avoir amené ici en pleine nuit peut-être pour des suppositions – que le mécanicien continuait de juger dangereuses mais passons.

« Parce que tu crois que je t’aurais laissé me donner ton lit en plus ? »

Le jeune homme ne put réprimer un autre rictus.

« Mathie, j’ai compris le message. Je vais pas rôder, si c’est ce que tu souhaites. Et je ne voulais pas t’offenser, crois-moi. Je sais que tu es loin d’être sans défenses. T’as mené ta barque toute seule jusqu’ici, tu t’es toujours débrouillée pour tout et peu de personnes peuvent en dire autant. T’es courageuse et je ne doute pas un seul instant de tes capacités. Mais de la même manière que tu ne pourrais pas te pardonner s’il m’arrivait quelque chose, je ne pourrais pas me le pardonner si jamais il se passait quelque chose. D’autant plus que tu m’en as parlé. Je resterais ici cette nuit que si ça te rassure. Si c’est pour m’éviter le trajet du retour, oublie ça. »


On ne pouvait pas lui reprocher son honnêteté quand il était en sa présence. Il n’y avait qu’avec elle et Rose qu’il pouvait se montrer aussi sincère. Il pouvait être vraiment lui-même sans craindre quoique ce soit car il se sentait en confiance et accepté pour ce qu’il était vraiment. Il réalisait bien que c’était une chance de trouver quelqu’un qui vous prend comme vous êtes. Raison de plus pour ne jamais perdre sa comparse de vue. Raison aussi pour laquelle, il se sentait aussi irrévocablement attiré par elle. Et raison aussi pour laquelle, il ne pouvait pas parler de sa rencontre avec le réfugié ouvertement. Comment allait-il présenter les événements vraiment ? « Ce mec a fait part de ses intentions à ton sujet et une chose en amenant une autre, je lui ai foutu mon poing dans la figure ? » Franchement, on ne pouvait pas appeler ça « une situation clarifiée » s’il plantait ses phalanges dans la tête de tous les gars qui chercheraient à draguer la renégate. Valait mieux qu’elle sache rien, c’était plus simple comme ça, pour eux.


« Rien d’extraordinaire, t’en fais pas. »


Et oui, ça n’avait rien d’extraordinaire qu’il finisse par participer à l’une ou l’autre bagarre. Il avait le don pour se foutre dans ce genre de merde après tout. Il ne voulait pas titiller la curiosité de son amie mais il savait qu’elle ne serait pas satisfaite de cette réponse unique donc il ajouta quelques éléments.

« Je l’ai juste croisé dans un bar. »

Voilà comment il voulait conclure ce récit. Elle n’avait pas besoin d’en savoir plus de toute façon. Et puis voilà que cette histoire d’ex venait plomber définitivement l’ambiance. Le trentenaire ne comprenait rien de ce qui se passait. Pourquoi l'avoir mentionné en premier lieu d'ailleurs? A quoi ça rimait? Elle lui tenait les mains, se répandait en excuses, se montrait incroyablement affectueuse pour après agir avec froideur et distance. Trop de changements d’humeur en peu de temps. C’était quoi le souci réellement ? Il ne saisissait pas pourquoi elle s’enflammait autant de diverses façons pour une stupide relation. Franchement, il fallait savoir où ils devaient se positionner au milieu de ce bordel ? Enfin, il le savait ça. Trop bien même. Quand elle mentionna sa frangine, il écarquilla les yeux, halluciné, surpris. Il connaissait sa sœur comme sa poche et il avait compris l’intention derrière ce discours. Bien sûr, elle avait cherché à rendre jalouse la caissière ou du moins, à susciter l’un ou l’autre regret chez elle. Elle n’avait pas spécialement porté Emy dans son cœur aux dernières nouvelles. Il n’avait pas révélé tant que ça de ce qu’il se tramait – ou non entre lui et sa collègue mais elle avait dû saisir l’essentiel dans ses non-dits. Elle aussi, avait l’art de le percer à jour. Bien joué Rosie, maintenant, il se faisait presque mettre à la porte. Mickaël fit un pas vers l’avant, celui qu’elle avait fait pour partir vers l’arrière et il prit la jolie brune par les épaules tout en se penchant pour être à la hauteur de ses yeux, la forcer à le regarder. Quitte ou double.

« Hey mais attends de quelle idée tu parles ? Je suis au courant de rien. Rose a dû se méprendre, ne le prends pas mal. Elle a tendance à … vouloir en faire de trop ces derniers temps, c’est sa façon de compenser avec tout ce qu’il se passe. Je ne sais pas ce qu’il lui ait passé par la tête. »

Le mécanicien la lâcha, conscient que ce contact pourrait vraiment lui déplaire et il recula à son tour. Pourquoi se sentait-elle… aussi trahie ? Par ce qu’avait dit sa cadette ? Pour la vérité ?

« Je suis sincèrement désolé, même si je comprends vraiment rien. »

Il finit ses deux gorgées et reposa son verre avant de se diriger vers l’emplacement de sa lampe torche pour s’en emparer. S’il devait remonter dans les minutes à venir, il valait mieux en être équipé. Il replaça ses prunelles sur la silhouette de Mathilda et revint à ses côtés. Il se posta face à elle.

« J’ai toujours été honnête avec toi. J’espère juste que tu le sais. »

C'était réel. Jamais, il n'avait cherché à se jouer d'elle d'une quelconque façon. Il tenait trop à elle pour mettre leur amitié aux enchères. Alors pourquoi ce retournement de situation? Que se passait-il dans son crâne?

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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Mar 16 Oct - 21:25



Holding on and letting go

Je rigolais à la remarque de mon compagnon de soirée concernant les militaires. Oui il avait raison c’était à se demander si vraiment ils s’en allaient en guerre. De toute façon au vu de leur métier, il fallait se douter qu’ils n’étaient pas des personnes fiables. Ils ne pensaient qu’à eux et étaient d’un égoïste monstre. La preuve en était que j’avais trouvé des boites de capotes dans des affaires d’hommes mariés. Je ne pu m’empêcher de me demander combien de fois mon géniteur avait trompé ma mère et mon air se fit un peu sombre quelques instants. Quelque part, j’étais certaine d’avoir des demi-frères et sœurs qui ignoraient qui étaient leur père et qu’ils avaient de la famille quelque part dans un pays qu’ils ne connaissaient sans doute même pas. Secouant la tête pour chasser ces idées noires de mon esprit, je fis un sourire un peu forcé à Mickaël espérant qu’il n’ait pas vraiment vu mon changement d’humeur, bien que j’en doutais. Il était du genre… A beaucoup m’observer si on peut dire cela comme ça. Non pas dans le sens pervers hein, mais disons qu’il était attentif avec moi si bien que c’était dur de lui cacher quelque chose. Enfin, si j’aurais voulu lui cacher quelque chose, ce qui était rarement le cas. Je ne lui avais jusque-là jamais menti, même s’il m’arrivait de ne pas tout dire et de couper court à une discussion si elle viendrait être à mon désavantage et que je n’avais pas envie d’en parler. Cela n’était vraiment arrivé qu’une seule fois avec lui, sur le sujet on ne peut plus « polémique » de notre baiser. Pour ne pas qu’il s’inquiète je rajoutais

Finalement ce n’était pas si mal de grandir sans père

Je lui fis un clin d’œil puis nous changeâmes de sujet. Ce n’était pas vraiment le thème de discussion que je préférais. Je n’aimais pas parler de lui, car en parler lui donnerait trop d’importance. Bien que le garagiste ne sache pas toute l’histoire, il savait cependant que je ne supportais pas mon géniteur et que j’avais quitté ma famille à cause de lui. Il savait également que c’était un militaire, ce qui pouvait lui faire comprendre mon animosité envers ses derniers, et qu’il avait tué ma mère. En dehors de cela, je ne l’avais jamais évoqué, contrairement à ma mère dont je pouvais parler des heures. Elle me manquait, encore plus à présent que tout se cassait la figure. J’aurais eu besoin d’elle pour m’épauler avec Lyra, et toute cette situation. Elle elle aurait su quoi faire. Quoi de normal ? c’est une mère après tout et elles ont toutes les solutions. Je ne regrettais pas avoir Lyra comme charge, mais quelque fois, c’était dur à assumer. Je n’avais pas vraiment d’amis, et je ne sortais quasiment pas. Ma vie se résumait à elle, et j’en venais à appréhender le jour où elle viendrait à prendre son envol. Qu’est-ce que j’allais devenir lorsqu’elle allait me quitter ? Quelque part que tout est explosé retardait cette épée de Damoclès qui flottait au-dessus de ma tête. D’un autre côté, de plus m’occuper d’elle me permettrait de vivre ma vie, aussi terrifiant que cela puisse être. Et il y avait Mickaël aussi. Je ne serais pas toute seule. Il serait toujours un ami fidèle sur qui je pouvais compter, fait réciproque.

Je ne le prends pas pour une offence rassures-toi. Je sais que tu penses à mon bien et c’est vraiment touchant. Mais ce n’est pas pour autant que tu dois mettre ta vie en danger d’une quelconque façon. Et puis tu es mon invité. Je te laisse sans aucune hésitation mon lit tout comme tu en ferais de même. La seule fois où j’ai dormi chez toi, n’as-tu pas voulu dormir par terre pour me laisser le confort de ton lit ?

J’avais découché de chez moi qu’une seule nuit, la « fameuse » nuit d’ailleurs, alors que ma sœur dormait chez une amie. J’avais dû passer une bonne dizaine de minutes pour le convaincre de dormir dans son lit, d’un côté et moi de l’autre, histoire qu’il n’ait pas à se taper le sol dur et froid de son appartement. J’avais dû le menacer de rentrer chez moi à pieds à trois heures du matin pour qu’il finisse par céder. Il n’aurait pas été question que je le chasse de son propre lit, même si son attention était on ne peut plus touchante. J’aurais fait la même chose d’ailleurs et c’était pour ça que nous nous entendions si bien. J’avais l’impression que nous étions quasiment tout le temps sur la même longueur d’onde. C’était agréable tout comme c’était affolant. Il pouvait me comprendre mieux que moi-même quelque fois si bien qu’avoir une longueur d’avance sur lui, c’était dur. Heureusement, j’arrivais à bien cacher ce que je ressentais vraiment pour lui en gardant pas mal de distance et en faisant attention. Non pas que j’ai honte de ces sentiments non. Seulement je ne peux pas m’y adonner et lui donner éventuellement le « moindre espoir ». Et puis, il était ressorti peu de temps après avec une autre fille, signe qu’au moins sur ce point, je pouvais garder des choses pour moi mais aussi que j’avais dû me faire pas mal des films.

J’arquais un sourcil d’étonnement lorsqu’il m’annonça qu’il connaissait le réfugié Lucas. Je me demandais bien en quelles circonstances ils s’étaient rencontrés. A en croire ses mots, ou plutôt son absence de long discours sur ce sujet, je comprenais que cela ne s’était pas très bien passé. J’étais curieuse de savoir quel avait été leur sujet de querelle, mais je m’abstiendrais de demander à l’un comme à l’autre. S’il ne voulait pas m’en parler, je respectais son « silence » comme il respectait le mien. Je vous l’ais dis, entre nous, tout est une question de réciprocité et de respect. C’est ce qui explique pourquoi nous nous entendons aussi bien et qu’il était le seul homme en qui j’avais confiance. J’aimais la relation que nous avions et pour rien au monde je ne voulais la voir disparaitre. Ainsi je ne pus m’empêcher de légèrement m’emporter lorsqu’il me déclara qu’il n’était pas du tout attaché à cette Emy, contrairement à ce que m’avait dit sa sœur. Lequel des deux s’étaient joués de moi ? L’héritière Blanchet sans aucun doute. Elle était assez vicieuse pour cela. Malgré tout j’étais fâchée contre le garagiste. J’avais reculé et lui avais demandé d’ailleurs de partir. Je lui dis un regard non avenant lorsqu’il s’approcha et me prit par les épaules. Je l’écoutais même si j’en avais aucune envie. Je n’avais pas envie d’écouter ses explications et qu’il me dise qu’il n’était justement au courant de rien, ce que je n’estimais pas totalement vrai. Il finit son verre et récupéra la lampe torche que je lui avais donné, amorçant son départ. Je ne bougeais pas, restant à ma place sans le quitter du regard. Lorsqu’il me dit qu’il avait toujours été honnête avec moi et qu’il espérais que j’en sois conscience, je lui répondis

Arrêtes Mickaël. Elle ne s’est pas mise toute seule en tête l’idée que je suis un danger ou je ne sais pas quoi pour toi. Sinon pourquoi elle serait allée raconter ce genre de mensonge si ce n’est pour que je m’éloigne de toi? Je ne sais pas ce que tu lui as dit à propos de ce qui a pu se passer, mais il ne fait pas de doute qu’elle s’imagine que…

J’avalais difficilement

…qu’il pourrait se passer quelque chose entre nous. Soit honnête jusqu’au bout… Lui as-tu laissé à penser ça ? Parce qu’elle ne se comporte en garce qu’avec moi et à la dernière nouvelle, je ne l’ai jamais offensé.









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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Mer 17 Oct - 20:17

La conclusion concernant son géniteur le laissa quelques instants songeur et ce pour plusieurs raisons. Ce sujet ne revenait pas couramment entre eux et pour cause, la jeune femme ne semblait pas porter le sien dans son cœur et dire ça était un euphémisme. Mickaël ignorait réellement la raison de cette haine, il ne connaissait pas les causes de cette discordance familiale. Il ne pouvait aller que de suppositions en suppositions sans savoir vraiment ce qui s’était passé. Si elle ressentait le besoin un jour de se confier à ce propos, elle le ferait et il serait là pour l’écouter. En attendant, il n’allait pas la brusquer, ça tombait sous le sens. Il respectait ses silences, c’était le minimum après tout. Pour tout dire, il n’était pas lui-même friand de ce thème. Même si il avait fait son deuil, ramener son père dans la discussion refaisait trop souvent ressurgir de vieux souvenirs douloureux et si il pouvait éviter de subir à nouveau ces songes passés, il le faisait. Quand elle fit un clin d’œil en guise de clôture à cette parenthèse, il ne put qu’en être partiellement réjoui. Il ne voulait pas que cette soirée se transforme en une nuit maussade et négative. Même en souhaitant ça, la suite ne s’annonçait pas vraiment joyeuse mais pour l’heure, il n’était pas question de litige. Son interlocutrice se montrait juste plus têtue que lui sur un point qui avait déjà été discuté auparavant, lors de cette fameuse nuit. Comment aurait-il pu oublier sincèrement ? Il se gardait bien de le dire à voix haute, bien évidemment et se contenta d’un rictus comme réponse. Elle s’était montrée féroce sur la question du lit cette fois-là aussi. Il admirait ce trait de caractère chez elle, sa combattivité mais également sa sollicitude. Même si il fallait avouer que parfois, il aurait aimé qu’elle le laisse un peu faire. Il ne se vexait pas pour autant mais disons que ça le frustrait de ne pouvoir remplir totalement cette sorte de rôle protecteur avec elle. Car elle semblait bien vouloir le protéger tout autant. Bon d’accord, cela ne lui déplaisait pas totalement. Franchement, comment pouvait-il définir cette relation en toute honnêteté ? Pour lui, ça dépassait le stade de la simple amitié et depuis un bon moment, très franchement. Il avait dû être ivre et l’embrasser pour en prendre conscience mais désormais, il ne doutait plus de ce qu’il pensait d’elle et d’eux. Mais il ne pouvait rien attendre d’elle, il le savait. Il n’était pas en droit de réclamer plus que ce qu’elle lui offrait déjà. Il pourrait s’en contenter même si cela ne suffisait pas. Il préférait ça à rien du tout, bien évidemment. Au moins, il faisait toujours partie de sa vie, c’était déjà ça. Quand elle avait clarifié la situation, il avait bien trop craint qu’elle coupe les ponts avec lui pour se préserver. Voilà pourquoi il était sorti avec Emy si rapidement et voilà pourquoi également, la disparition de cette dernière ne l’affectait pas autant qu’il aurait fallu. Ne venait-il pas de faire foirer son propre plan ? En se montrant si sincère ? Mais comment aurait-il pu en être autrement avec la renégate ? Il n’avait jamais joué la comédie en sa présence. La seule fois où il avait un peu extrapolé la vérité c’était quand il lui avait dit que l’alcool lui était trop monté à la tête après qu’il ait atterri sur ses lèvres.

Et tout ça, Rose l’avait deviné sans qu’il n’en dise mot. Elle le connaissait trop bien pour comprendre l’attachement qu’il portait à la caissière. Elle avait agi dans son intérêt, de ça il ne doutait pas. Cependant, le garagiste aurait préféré qu’elle s’abstienne de se mêler de cette histoire. S’il avait décidé de ne pas trop s’épancher sur ces faits, c’était bien pour cette raison. On peut dire que cela n’avait pas marché, ça n’avait pas empêché ce qui était en train de se produire. Il n’avait pas forcément envie d’entamer cette discussion car elle restait terriblement taboue entre eux. Le mécanicien aurait dû partir quand elle lui en avait intimé l’ordre. Il aurait dû savoir que c’était pour leur bien qu’il parte, pour ne pas devoir parler de ces choses importantes, dérangeantes à vrai dire car elles les séparaient. Ils étaient échoués entre le désir et le devoir. Comment lutter contre ça ? Ils avaient réussi à passer à côté et il continuait de vouloir éviter le terrain miné. Mal à l’aise et surtout en colère contre sa sœur, il prit le parti de s’accoler au dossier du canapé, s’asseyant à moitié dessus, la lampe de torche toujours calée entre ses mains. Une chose était sûre, à voir l’énervement de sa comparse, il se faisait rejeter une seconde fois, d’une certaine façon. Elle lui disait clairement que rien n’était possible entre eux et qu’il avait fait croire l’inverse à sa frangine. Ces deux accusations le blessaient plus que ce qu’il montrait vraiment. Pourquoi aurait-il voulu mettre sa cadette sur cette piste ? Ca ne faisait que les diviser et ça n’avait jamais été ce qu’il voulait, elle devait le savoir ça pourtant. Mickaël soupira lourdement avant de relever son regard jusque-là planté sur le sol. Il était vraiment dépassé par tout ça.

« Franchement, j’en sais rien. Si je lui ai laissé ou non penser quoique ce soit…. Je ne lui ai même pas vraiment parlé de ce… qu’il s’était passé. Elle a tiré ses propres conclusions sans me consulter, ça oui. Je ne lui ai rien dit vraiment qui justifie un tel comportement et je suis vraiment désolé si elle te pourrit la vie, je n’étais pas au courant sincèrement... Compte sur moi pour lui en toucher deux mots et clarifier la situation. Mais là n’est pas le propos, je sais. »

Il hocha la tête d’un air entendu avant de se relever à nouveau. Ses yeux ne lâchaient pas le regard de la jolie brune, déterminé à ce qu’elle entende et comprenne.

« Je n’ai jamais cherché à mettre en péril notre amitié et encore moins à placer dans le crâne de ma sœur de telles idées. Et ça, tu le sais. Si je lui ai vraiment laissé le bénéfice du doute, ça n’était pas intentionnel ou conscient de ma part. Je n’ai jamais voulu te causer de torts, pas plus que j’ai désiré de Rose un tel comportement. Tu dois me croire. »

Le trentenaire ne chercha plus à se rapprocher. Ca ne servait à rien de la pousser dans ses retranchements, bien au contraire. Il avait dit tout ce qu’il avait à dire même si ses pensées atterrirent sur Lyra et qu’il trouvait un peu fort de café finalement que son amie lui lance des reproches qu’on pourrait appliquer à son cas. Sa sœur le prenait pour un salaud alors que c’était lui qui s’était fait lamentablement jeté. Enfin peu importait, il comprenait trop Mathilda ainsi que sa frangine pour s’en formaliser. Pourquoi diable fallait-il qu’elle soit autant sur la défensive ? Il ne méritait pas ces reproches et encore moins cette justification. Malheureusement, il n’avait pas assez de recul pour réellement raisonner de la sorte. Tout ce qui comptait là, maintenant, c’était de ne pas la perdre définitivement. Ça, il ne pourrait pas l’encaisser.
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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Dim 21 Oct - 14:08



Holding on and letting go

Ce n’était pas bien et je n’avais pas le droit de m’en prendre à Mickael et mettre sa parole en doute. Mais c’était trop tard et le « mal » était déjà fait. Ce n’était pourtant pas dans les habitudes de m’emporter de la sorte. Je suis plutôt du genre calme et pas vraiment impulsive. Je réfléchie toujours avant d’agir. J’avais de trop nombreuses fois commis de gros impairs en agissant sur le coup sans y avoir préalablement peser les pours et les contres et les solutions qui s’offraient à moi. Je dois bien avouer que la fatigue et la tension de ses derniers jours y étaient pour beaucoup. Je ne sentais à fleur de peau, et bien que je prenais sur moi pour tous les autres sujets, je n’étais pas arrivée à le faire pour ce dernier. J’étais la seule fautive de cette situation et les propos de Rose n’auraient jamais vraiment du atteindre autant. Ce n’était pas important pour moi la considération – ou non – que pouvait avoir le garagiste envers sa petite amie. Ce n’était pas mes oignons et c’était sa vie pas la même. Je n’avais pas à m’en mêler, surtout qu’il ne m’avait en aucun cas demandé mon avis. Je faisais ce que je voulais il en faisait de même. Je me sentais vraiment stupide d’avoir agi et parlé de la sorte, jusqu’à lui avoir demandé de partir. S’il voulait laisser sous-entendre à sa sœur qu’il y avait plus que de l’amitié entre nous, ce n’était pas mes affaires mais les siennes. J’avais été claire avec lui, et je l’étais avec moi. C’était ça qui était essentielle et non ce que pense Rose ou ce qu’elle s’imagine d’ailleurs.

Et à présent, j’avais poussé Mickael à se justifier, chose qu’il n’avait pas à faire. Je me pinçais les lèvres à son soupir et laissa passer un brin de culpabilité dans mon regard lorsqu’il me regarda. Que j’étais stupide oui vraiment. Je venais de faire toute une montagne de fromage au jeune homme juste parce que je pensais qu’il avait laissé sous-entendre que… Alors qu’à ma manière de réagir, c’était moi qui avait un problème avec ça et pas lui. Si seulement j’arrivais à vraiment me persuader qu’il ne comptait pour moi que comme un ami. Mais ce n’était pas le cas. Envers lui, j’avais plus que de l’amitié et c’était bien ça le fond du problème. Je ne pouvais pas me lancer dans une relation sérieuse, dans une relation tout court avec quelqu’un qui durerait plus que quelques heures d’amusement et de plaisir. J’avais trop de chose à penser, à faire, à gérer et ma sœur avait besoin de mon attention totale. Je ne pouvais pas me dissiper si je voulais continuer à tout gérer d’une main de fer surtout depuis que les bombes sont tombées. Trop de personnes dépendaient indirectement de moi et j’avais une mission à accomplir : protéger les miens et les habitants de Louisville. Et vu que je ne suis pas supergirl, CatWoman, ou je ne sais pas quelle autre héroïne, cette tâche n’était pas des plus faciles et me causait bien des soucis.

Je poussais à mon tour un soupir et me rapprocha de l’homme qui venait de finir de parler. J’avais vraiment été stupide avec lui et légèrement odieuse alors qu’il n’était venue que pour moi. Je n’avais pas à me conduire ainsi avec lui, et même si cela n’excusez pas tout, je lui dis

Je suis désolée Micka, je n’aurais jamais du te parler ainsi. Je suis fatiguée et lasse, et avec tout ce qui se passe j’ai les nerfs à vif. Mais ce n’est pas une raison pour me comporter de la sorte avec toi et j’espère que tu ne m’en voudras pas… Enfin c’est juste que…

Je pris place sur le canapé, et m’adossant contre l’accoudoir je pris mes jambes entre mes bras, tout contre moi

… C’est juste que quelque fois j’ai l’impression que tout m’échappe, que tout s’envole sans que je ne puisse rien contrôler. A croire que je suis devenue une maniaque du contrôle ! Bref… En tout cas je ne veux pas que tu crois que je doute de toi. S’il y a bien une personne en qui j’ai totalement confiance c’est bien toi. Et encore une fois je suis désolée de m’être conduise comme une idiote. Je n’ai pas à te juger ni juger les… relations que tu as avec d’autres fe… personnes. Cela ne me regarde pas après tout et tu n’as aucun compte à me rendre. Tu es libre de dire ce que tu veux à qui tu le veux. Après tout, moi-même je n’ai jamais à parler à Rose, alors qu’elle n’a pas cessé de me questionner parce que j’estimais que ce n’était pas ses affaires. Cela ne concerne que toi et moi. Et je sais que si tu as quelque chose à me dire vis-à-vis de ça, tu le feras et tu n’auras besoin de personne

En disant cela, je m’apercevais que je n’avais pas été totalement honnête avec le jeune homme. Je veux dire, je lui avais dit qu’entre nous il n’y avait que de l’amitié alors que ce n’était pas totalement vrai pour ma part. Même si je voulais que notre relation n’en reste qu’à ce stade, je ressentais plus que ça à son égard. Devais-je pour autant lui dire ? Parce qu’il ne s’agissait pas vraiment d’amour non plus. Enfin c’est bizarre. Il ne faisait pas de doute que je pourrais tomber amoureuse de lui si j’entamais une relation avec lui. C’était d’ailleurs pour cela que j’avais pris un peu la fuite lorsqu’il m’avait embrassé – et que je l’avais aussi embrassé – pendant la soirée. Je savais qu’il ne s’agirait pas que d’un « passe-temps » nous allons dire cela comme ça, et que les enjeux étaient plus… importants. Mon rythme cardiaque s’accélérer alors que je pesais le pour et contre et je finis une nouvelle fois par soupirer et dire, en le regardant droit dans les yeux

Ecoute Micka… Je ne veux vraiment pas que tu te méprennes sur mes intentions. Alors si tu as des questions, si tu veux savoir quelque chose, vas-y et j’y répondrais au mieux.

Lui dire de but en blanc, ce n’était pas possible. Et puis à quoi cela mènerait ? Je le mettrais soit mal à l’aise, soit je lui donnerais de faux espoirs. Malgré tout je ne comptais pas lui mentir. S’il voulait vraiment savoir, il pouvait me questionner et je serai honnête avec lui. S’il ne préférait pas, je ne dirais mot. C’était à lui de voir ce qu’il préférait et ce qu’il voulait.









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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Dim 21 Oct - 19:56

Un autre soupir pour alimenter cette conversation, il aurait souhaité que toute cette histoire se déroule autrement. Malheureusement, la moitié de ce qu’il se produisait – ou non entre eux ne dépendait pas de lui. Tout aurait été plus simple si ça n’avait tenu qu’à lui mais il n’avait pas le droit de penser de la sorte car il comprenait l’intention. Mathilda avait sûrement raison, elle devait garder la tête froide pour la suite des événements, pour veiller au mieux sur sa petite sœur. Il aurait réellement aimé pouvoir en dire autant, ça aussi, ça aurait pu faciliter les choses. Peut-être se croyait-il assez invincible ou fou pour parvenir à protéger tout le monde ? Il n’avait pas une ado à sa charge non plus, peut-être que ça aurait joué aussi sur son attitude. Rien n’était moins sûr mais dans l’absolu, ces réflexions ne rimaient à rien. Elle voulait son amitié et il devrait s’en contenter, point final. Très étonnement, jusqu’ici, il n’était pas parvenu à placer cette ponctuation. Une parenthèse, une virgule mais pas un point qui renvoie à la ligne. Buté ? Allez savoir, il ne cherchait même pas à vraiment à la détourner de son plan. Parce qu’il la respectait bien trop. Mickaël avait toujours un peu craint cette situation et ce depuis qu’ils s’étaient embrassés. Se retrouver confronter à une discussion qu’ils risquaient de défaire leur propos antérieure – du moins pour sa part, faire face à une réalité complexe avec des issues imparfaites. Il aurait désiré lui faire part de ses réelles pensées, de ce qu’il éprouvait à son propos mais franchement, ça ne ferait qu’embarrasser son amie et ça ne l’aiderait en rien.

Le garagiste restait pendu à ce court silence qui avait précédé son monologue, certain qu’elle allait le renvoyer pour de bon à l’entrée de la demeure. Finalement, ce furent des excuses qui s’échappèrent des lèvres de la renégate, à son plus grand étonnement. Il n’avait pas vraiment voulu de ça non plus mais c’était toujours mieux qu’être congédier, pas vrai ? Sans l’interrompre, il la suivit du regard alors qu’elle prenait place dans le canapé. Elle révélait à nouveau un peu de sa fragilité en parlant comme elle le faisait. Comment pouvait-il lui en vouloir ? Alors qu’elle paraissait aussi dépassée que lui parce qu’il venait de se produire ? Le mécanicien aurait aimé pouvoir la prendre dans ses bras en toute innocence afin de clore cette série de malentendus mais ça n’était pas très réglo de sa part car il n’aurait rien de réellement candide derrière une étreinte. A la place, il se rapprocha d’elle en s’installant à ses côtés sur le divan. Il ne se l’était pas permis plus tôt mais là, il ne voulait pas trop réfléchir à ces gestes techniquement anodins. Cela en devenait absurde de rester autant sur la défensive. Il ne broncha pas durant ses explications, se contentant de la fixer et d’apprécier les éléments qui ressortaient nettement de son discours. Il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire avant de répondre.

« Moi t’en vouloir ? Crois-moi, ce n’est pas prêt d’arriver ! »


A la voir repliée avec ses jambes pour rempart contre le Monde, il aurait aimé un peu la détendre. Dans un premier temps, il releva sa main pour finalement la reposer peu de temps après sur son genou. Il ne pouvait pas trop en faire en s’emparant de la sienne. A la place, il lui donna un léger coup d’épaule – une boutade amicale. Il n’avait pas trop compris où elle voulait en venir en parlant de liberté d’expression et de fréquentation mais enfin bref, l’essentiel c’était qu’elle ne soit plus fâchée.

« T’inquiètes pas, c’est pas grave. Je comprends que tu sois à cran, tu as beaucoup de responsabilités et beaucoup de choses à gérer. Puis avec le Monde qui part à la dérive, qui arrive encore à ne pas péter les plombs ? Tu t’en sors bien. Il n’y a pas de mal à vouloir contrôler la situation, c’est humain. Pour cette histoire, j’avoue de ne pas vraiment t’avoir suivi mais tant que tu as confiance en moi, le reste m’importe peu. Rose n’avait pas à débiter des mensonges de toute manière. Elle va m’entendre. Comme tu le dis, cela reste entre toi et moi, elle n’avait pas à venir se mêler de ce qui ne la regardait pas. Je ne pense pas que ça soit parti d’une mauvaise intention mais ça ne change rien aux faits. Elle a vraiment abusé sur ce coup. »

Il voulait qu’elle comprenne définitivement qu’il n’avait rien à voir avec le comportement déplacé de sa cadette. Rose devait sûrement en vouloir à sa collègue d’avoir éconduit son frangin. Adorable mais terriblement malvenu. Il comptait sérieusement avoir une petite conversation là-dessus avec elle, mettre les choses à plat une bonne fois pour toutes. Elle n’allait pas pourrir l’existence de la brunette indéfiniment non plus. En parlant de cette dernière elle semblait tout à coup bien songeuse. A tel point que le renégat aurait donné n’importe quoi pour pouvoir lire ses pensées en cet instant précis. Se montrer patient nécessitait beaucoup d’énergie pour lui mais quand il s’agissait de la jeune femme, il parvenait toujours à la dénicher. Aussi, il attendit qu’elle réplique à nouveau. Décidemment, il allait de surprise en surprise ce soir. Il ne savait pas comment interpréter ce qu’elle venait de balancer. Elle devait sûrement avoir peur qu’il se trompe sur ce qu’elle pensait de lui. Peut-être qu’elle croyait qu’il avait mal interpréter ses songes, qu’il croyait qu’elle était intéressée par lui ? Franchement, il ne comprenait pas cette démarche. Depuis quand ne devinait-il plus les intentions de Mathilda d’ailleurs ? Ca le touchait peut-être bien trop pour qu’il puisse analyser correctement ce qui sortait de sa bouche. L’un dans l’autre, il n’avait pas trop compris sur quoi il pourrait bien l’interroger. N’avait-elle pas été assez claire la première fois ? Il n’avait pas vraiment envie de se faire jeter une seconde fois.

« Me méprendre sur tes intentions ? A mon sujet ? J’ai un peu de mal à te suivre aujourd’hui. Je ne sais pas si c’est parce que je suis moi-même crevé que je ne saisis pas grand-chose mais ne te bile pas trop... Tu réagis comme si tu étais la seule fautive. Mais je suis aussi impliqué que toi là-dedans, j’ai ma part de torts aussi. Alors ne t’excuse pas. »

Après tout, il n’avait pas été très honnête lui non plus. En lui disant que c’était l’alcool qui lui était monté à la tête… Puis en enchainant sur Emy. Mais lui non plus n’était pas prêt à dévoiler de but en blanc tout ça. Il lui offrit un rictus qui se voulait un peu rassurant alors que cette proximité le rendait incroyablement nerveux maintenant qu’ils abordaient en quelque sort le nerf du problème. Il cloua ses yeux sur la lampe torche qu’il tenait toujours d’une main.

« Tu ne me dois pas d’explications, je sais que ta sœur est ta priorité, si c’est bien de cela qu’il s’agit.»

Le trentenaire laissa à nouveau ses yeux percuter ceux de son interlocutrice.

« Sincèrement, je ne veux pas devenir une autre source de stress dans ton quotidien, Mathie. Tu comptes beaucoup pour moi et je ne veux pas que cette histoire nous sépare. »

Il se perdait dans son propre charabia à vrai dire. Il ne savait pas ce qu’il pouvait ou non dire, de ce qu’ils étaient en train de réellement discuter. Tout semblait si confus, si … tendu peut-être ? Il ne savait pas où se placer afin de ne pas froisser un peu plus l’atmosphère.
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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Dim 21 Oct - 22:24



Holding on and letting go

Je me sentais vraiment stupide de m’être emportée et je ne pouvais que m’en excuser auprès de mon ami. Je savais qu’il ne m’en tiendrait pas rigueur et que si je ne m’excusais pas, cela ne changerait rien. Seulement j’y tenais. J’avais trop de respect pour lui pour me comporter comme une imbécile et ne pas le reconnaitre. En temps normal, et avec une autre personne je n’en aurais rien fait. Mais c’était de Mickaël que nous parlions et la relation que j’avais avec lui était unique. Il est celui qui en sait le plus sur ma vie, celui qui est toujours là quand j’en ai besoin, celui qui ne me juge jamais et qui me remets quand cela est nécessaire dans le droit chemin. Un homme comme ça on n’en rencontre pas à tous les coins de rues. J’avais beaucoup de chance de pouvoir le compter dans ma vie, et je n’allais pas laisser mon égo blessé changer la donne. Car c’était ça qui m’avait mis en colère à bien y réfléchir. J’avais été blessée dans mon orgueil, et je me sentais bête d’avoir laissé Rose m’atteindre d’une telle manière avec ses bobards. Elle avait voulu par ses derniers nuire à la relation que j’avais avec son frère et elle y était presque arrivée. Presque, parce qu’il en faudrait beaucoup plus pour que je vienne à le rayer de ma vie. Lorsqu’il se rapprocha de moi sur le divan, je me sentis soulagée. Soulagée car je savais qu’il ne m’en voudrait pas, sinon il serait parti tout simplement. D’ailleurs ses paroles en furent la preuve, et je me lui fis un sourire sincère. Je m’en serais vraiment voulu à mort si mon manque de sommeil et mon emportement l’avaient froissé. Il me donna un coup d’épaule et je ne pus m’empêcher de lui faire un sourire plus grand et amusée. Il avait vraiment le chic pour me remonter le moral, ou du moins faire que je me sente moins coupable d’avoir agis de manière imbécile avec moi. J’aurais parfaitement compris qu’il me reconduise et s’en aille. Au lieu de cela, il restait là, à quelque part me rassurer. Oui vraiment c’était un être exceptionnel et il n’y en avait pas deux comme lui. Je rigolais lorsqu’il me dit qu’il n’avait pas tout compris et je ne pus m’empêcher de me taper sur le front. Quelque fois, je ne savais vraiment pas m’exprimer si bien que là, je l’avais perdu. En même temps, rien d’étonnant avec le monologue que je lui avais sorti. Je redeviens par contre très sérieuse lorsqu’il évoqua sa sœur et le fait qu’il aurait une discussion avec elle. Aussitôt je lui dis

 ⇉ Non Micka. Je ne veux pas que tu te faches avec ta sœur à cause de moi. J’imagine qu’elle ne voulait pas te nuire, bien au contraire. Laisse tomber, c’est pas grave. Vraiment. Je peux gérer ça toute seule.  

Que les enfants Blanchet se déchire par ma faute, je ne pouvais pas l’accepter. Rose avait fait ça dans le but de m’éloigner de lui parce qu’elle pensait que j’étais un danger pour son frère. J’aurais fait la même chose pour Lyra si la situation se serait présentée. Elle ne voulait que le protéger et je n’avais pas à la juger pour cela. Oui elle me tapait sur les nerfs mais ça c’était à moi de m’en occuper et de gérer et non pas à Mickaël. Je ne voulais pas qu’il soit mêlé à tout ça, car cela n’aboutirait sur rien de bon. Je pouvais m’en sortir toute seule avec la caissière. Je l’avais fait ces derniers mois, et répondre à ses provocations par une indifférence totale fonctionnait très bien. C’est vrai que cela me désolait un peu que nos rapports se soient dégradés mais tant pis. Je n’y pouvais rien après tout. Cela lui passait d’ailleurs de plus en plus. D’ailleurs depuis que le monde avait disjoncté, elle n’avait pas recommencé. Elle avait d’autres préoccupations et cela avait remis beaucoup de chose en question. Moi-même j’en avais fait de même, même concernant, enfin surtout concernant Mickael et moi… La vie était trop court voilà ce que cet évènement nous rappelait à tous. Il peut nous arriver du jour au lendemain des choses dont jamais nous ne nous serions doutés. J’avais été tiraillée entre l’envie de faire ce dont j’avais envie et non pas ce que me dictait ma raison. Finalement cette dernière l’avait emporté et pour cause : Lyra a besoin de moi et je ne peux pas me permettre n’importe quoi. Non pas que je considèrerais une éventuelle relation avec le garagiste comme n’importe quoi. Bien au contraire et c’était là le problème. Alors à défaut de pouvoir lui dire directement, je lui laissais l’opportunité de me questionner. S’il voulait savoir quelque chose, il le pourrait. Je ne comptais pas lui mentir. Je ne l’avais jamais fait et cela ne commencerait pas aujourd’hui.

Je l’écoutais alors et je ne pus m’empêcher d’hausser un sourcil. Il était vrai que ce soir nous n’arrivions pas à nous comprendre. J’avais l’impression qu’il était tout à coup mal à l’aise et cela me perturbait. Je pensais que c’était un sujet délicat de mon côté et non pas du sien bien que nous n’en ayons jamais parlé. Après tout, il m’avait dit qu’il s’était laissé emporter par l’alcool et il ne lui avait fallu que quelques jours pour sortir avec une autre demoiselle. Moi de mon côté je n’avais que très peu bu et je ne m’étais pas affichée au bras d’un autre. Je le regardais d’un air interrogateur. Changeant de position pour me mettre en tailleur, je posais mes mains sur mes cuisses et lui répondis


 ⇉ … Non c’est pas ça… Enfin je veux dire si, Lyra est et restera ma priorité. Ou du moins tant qu’elle dépendra de moi. Je ne peux pas agir comme si j’étais seule mais c’est pas ça que je voulais dire. Tu n’y es pas du tout. T’es pas une source de stress, bien au contraire. Ce j’essaye de dire c’est que…  

Je le regardais fixement dans les yeux, ouvris la bouche, et ne put dire que

 ⇉ Tu sais quoi? Laisse tomber. Je crois que la fatigue me fait perdre complètement les pédales. J’en deviens même incohérente et je te mets mal à l'aise alors que tu t'es dérangé pour moi... ... ...  Humm Tu veux un autre verre ?

Lâche ? Oui un peu. Je ne trouvais pas vraiment de manière de lui dire, surtout sans le rendre plus mal à l’aise qu’il ne le semblait être et sans passer pour une folle amoureuse transi –ce que je n’étais pas-. Je m’en faisais vraiment pour rien. C’était clair de son côté et il n’avait agit ce soir-là que sur un coup de folie. Il aurait très bien pu s’agir d’une autre fille. D’ailleurs qui me disait que j’avais été la seule qu’il avait embrassée ? Bon d’accord, il l’avait fait ouvertement avec moi et devant une belle assemblée. Mais alors qu’est-ce que ça changeait ? Je me prenais vraiment la tête pour rien et il fallait que j’arrête d’associer Mickaël à un petit ami idéal. Il était mon meilleur ami et c’était suffisant. Surtout que je n’avais pas de place dans ma vie pour ce premier. Je me levais et pris son verre ainsi que le mien pour les remplir. Cela me donnait l’occasion de lui tourner légèrement le dos et de chasser toutes expressions de mon visage pour ne laissait qu’un léger sourire amical. Je me sentais encore une fois stupide. Il n'avait franchement pas besoin de ça






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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Lun 22 Oct - 14:00

Evidemment, Rose n’avait pas songé à lui nuire mais le résultat comptait tout de même. Il savait que même si ils se prenaient le bec à ce propos, ça ne les séparerait pas bien longtemps. Ils ne parvenaient pas à rester fâchés, ils tenaient bien trop l’un à l’autre. Mickaël campait donc sur ses positions mais il ne voulait pas débattre de ça maintenant avec la renégate. De toute manière, il se voyait mal garder ça pour lui, ne pas aborder ça avec sa cadette alors que ça l’irritait plus que de raison. Il ne voulait pas que ça finisse par se reproduire et que ça ait un impact plus profond dans sa relation avec Mathilda. La situation était déjà assez étrange pour que quelqu’un vienne s’interposer d’une quelconque façon. Au-delà de ce qu’il éprouvait pour la jeune femme, ce n’était pas le moment de mettre en péril la solidarité du groupe. A ça, il n’y avait vraiment songé pour tout dire avant d’avoir eu cette discussion. Si jamais – même si cela semblait bien futile d’encore s’accrocher à cette faible éventualité, ils finissaient par se passer quelque chose de sérieux entre eux. Que feraient-ils si jamais cela ne marchait pas ? Sauraient-ils recoller les morceaux ? Au moins pour les besoins de leur communauté ? Mais à quoi pensait-il donc tout à coup ? Il ne s’était rien passé et il envisageait déjà la perte. A vrai dire, voir si loin – sûrement pour rien, le conforta intérieurement dans ce qu’il désirait. Il savait que le jeu en valait la chandelle, il pouvait le ressentir jusque dans sa moelle épinière qu’elle était tout ce qu’il recherchait. Il lui serait tellement facile de l’aimer et d’être à ses côtés. Comment pouvait-il être si confiant ? Il la connaissait, il était proche d’elle depuis plusieurs années, assez pour avoir vu tous ses côtés, les bons comme les moins bons. Si rien ne s’était passé cette nuit-là, il aurait sûrement fini par avoir le déclic un jour ou l’autre. A force de la côtoyer, il n’avait pas pris le temps de s’interroger là-dessus. Comme on disait souvent, on veut toujours chercher trop loin ce qui nous pend au nez. Enfin, pas qu’il avait vraiment voulu se caser ces dernières années, bien au contraire. Et pourtant, avec la jolie brune, cela semblait tombé sous le sens. Néanmoins, il s’emballait bien vite dans ses conclusions qui ne concernaient toujours que lui. C’était bien beau de réaliser ça, cependant, la réciprocité n’en était pas pour le moins quasi- inexistante. Ou du moins était-elle impossible à l’heure actuelle.

Le garagiste répondit au sourire de son interlocutrice nerveusement alors qu’elle l’embrouillait un peu plus. Eh bien, c’était bien la première fois qu’ils ne parvenaient pas à se comprendre ! Une grande première et sur un sujet important de surcroit, qui les atteignait, les concernait de très près. C’était vraiment déroutant que les choses soient si … compliquées. Parce qu’elle ne voulait pas de lui ? Parce qu’il voulait d’elle ? Ou bien, il se trompait sur toute la ligne ? Il aurait réellement voulu savoir le fond de ses pensées et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il s’accrocha fermement à ses paroles. Il tentait de saisir tout ce qui lui échappait depuis qu’ils avaient abordés sans vraiment y toucher cependant au thème le plus sensible, celui du baiser. Le mécanicien était littéralement pendu à ses lèvres. Il n’y était pas du tout ? Ah bon ? Où voulait-elle donc en venir ? Que voulait-elle essayer de lui faire comprendre ? Mais surtout pourquoi s’arrêtait-elle en si bon chemin. Sa phrase se perdit dans cette suspension alors que le trentenaire ne pouvait détacher son regard du sien, avide de la vérité. Bon sang, il était largué comme jamais. Encore plus quand elle balaya ses propos d’un « laisse tomber » l’envoyant directement dans une frustration sans noms. Il ne voulait sûrement pas laisser tomber ! Elle avait donc ressenti sa nervosité, merde. Il aurait dû s’en douter, elle était plutôt observatrice dans son genre et lui cachait mal son jeu. Un peu hébété par le soudain revirement de ce discours, il accusa un peu le choc et la laissa retourner près des verres. Son esprit se dispersait incapable de trouver une logique à tout ce qu’ils venaient de balancer. Où se situer désormais ? Aux mêmes limites qu’avant cette visite ? Jusqu’à preuve du contraire, elle n’avait pas réfuté ses dires. Raison supplémentaire pour en apprendre davantage non ? Il ne voulait pas insister mais c’était plus fort que lui. Elle avait commencé une phrase, il voulait qu’elle la termine ! Ne venait-elle pas de clôre tout débat en montrant les deux récipients remplis.

« Attends ! J’aimerais comprendre ! N’hésite pas à parler franchement, s’il te plaît ! Si je suis à côté de la plaque, je ne veux pas y rester. Je pense que j’ai mal compris, ce n’est pas forcément de ta faute non plus. Et tu ne me mets pas vraiment mal à l’aise… C’est juste que comme on a jamais reparlé de ça, je ne sais pas trop… Tu sembles… Tout ça nous a… Je ne… Enfin… Tu comprends.»

L’homme se gratta le menton alors que ses yeux se perdaient quelque part sur la droite. Il finit par partir sur un rire franc tellement toute cette tension semblait inappropriée entre eux. C’était de sa faute, comme elle l’avait dit, il ne semblait pas vraiment détendu depuis qu’ils avaient entrepris cette conversation.

« Bon sang Mathie, on n’a jamais eu autant de problèmes de communication ! On est ridicule ! Et moi, le premier !»

Deux adultes qui ne parviennent même pas à s’adresser l’un à l’autre sans se perdre à mi-chemin dans des histoires incompréhensibles. Bravo ! Il avait l’impression de refaire un bon en arrière, de redevenir môme. Tout bonnement ridicule, oui ! Son hilarité finit par se dissiper jusqu’à devenir un simple sourire. Il pointa du bout du nez ce qu’elle tenait dans ses mains.

« Un verre, c’est une bonne idée, merci.»

Oui, bon, jusqu'ici ça ne les avait pas forcément aidé. Enfin, ça dépendait du point de vue.

« Et au passage, tu ne me déranges jamais ! Je suis content d’être ici, ce n’est jamais une corvée de te voir et ça, peu importe l’heure ou les circonstances ! »

Il réajusta sa position dans le canapé, s’installant un peu plus confortablement après avoir déposé la lampe torche sur une surface proche. Il ne comptait pas partir dans les minutes à venir à moins que son hôte n’en émette à nouveau l’envie. Mais si c’était le cas, elle n’aurait préparé de quoi se rafraichir pas vrai ? La tournure de leur entrevue était quelque peu impromptue et il ignorait encore si cela finirait ou non par lui déplaire. Il aurait aimé éclaircir toutes ces zones d’ombre. Cependant, la propriétaire des lieux pouvait très bien définitivement se rétracter sur la chose et il ne pourrait que plier. N’avait-il pas déjà brûler quelques feux rouges cette nuit ? Dommage pour eux, il aimait le danger. Pire il s’y jetait tête baissée la plupart du temps. Il espérait que pour cette histoire, il s’en sortirait plus ou moins indemne. Quoiqu’il en était, il savait qu’il ne regretterait rien tant que sa passagère ne fichait pas le camp du véhicule. S’il avait été sûr que des révélations n’auraient pu briser leur affection ou du moins, les éloigner, il se serait déjà jeté à l’eau.
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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Mer 24 Oct - 21:50



Holding on and letting go

Je n’aimais pas vraiment la tension qui semblait venir de Mickaël à mon égard. Elle était d’autant plus forte depuis que j’avais orienté notre sujet de discussion vers une chose dont nous n’avions jusque-là jamais parlé. Pourtant c’était stupide de ne l’avoir jamais fait. Cela devait faire quoi ? Un mois et des brouettes ? Bon d’accord je savais exactement combien de temps cela faisait. Nous étions encore jeudi, donc le 27 septembre et nous avions fêté son anniversaire un jour après son anniversaire, le vendredi 03 aout. Ce qui faisait exactement 55jours, soit un peu plus d’un mois et demi. Nous avions laissé cela en suspens, comme si cela n’était jamais arrivé d’une certaine manière. J'en étais aussi la fautive, et je me rendais bien compte que ce n’était plus possible de continuer comme ça. Je ne voulais pas que cela, que si peu quelque part nous sépare. Le garagiste comptait trop dans ma vie pour cela... Mais d’un autre côté… Il semblait si mal à l’aise. J’avais peur que si je lui disais le fin fond de ma pensée, que si je lui disais vraiment ce que j’avais sur le cœur, cela n’arrange pas la situation. Après tout lui-même avait tourné la page sur le fait. Il l’avait lui-même avoué : il avait agi sur le coup de l’ivresse. Et moins d’une semaine après, il sortait avec une autre fille. Je l’avais pris légèrement mal oui, je dois bien l’avouer même si cela n’avait pas impacter sur notre relation. Car bon, même si c’était aussi à cause de moi s’il y avait une telle incompréhension entre nous, c’était lui qui était en faisait quelque part toute une montagne. Il n’avait même pas osé s’asseoir à côté de moi, et il agissait avec beaucoup de distance, de la distance que je ne lui connaissais pas. Il s’était toujours montré plutôt proche et tactile avec moi, et c’est vrai qu’au début, cela m’avait fait drôle, n’ayant pas l’habitude. Et finalement, j’avais finis par apprécier qu’il se montre proche avec moi et trouver ça « normal ». C’était bête à dire, mais j’avais l’impression que ce simple acte finalement qu’il considérait comme stupide avait détruit quelques années de notre amitié. Sans doute était-ce à cause du fait que j’avais répondu à son baiser alors que je n’avais bu aucune goutte d’alcool, - bien que j’étais aussi prise dans l’allégresse de la soirée. Quoi qu’il en soit, ce n’était plus pareil depuis, et ça me pesait.

J’avais commencé à parler, puis je m’étais arrêtée et pour détourner la situation, je lui avais proposé un nouveau verre. Pourquoi ? Parce que je ne voulais pas en remettre une couche. Parce que je ne voulais pas qu’il est encore plus peur que je me « fasse des films ». La dernière chose dont j’avais envie c’était que nous ne nous parlions plus. Et puis nous avions fait depuis tout ce temps sans en parler, alors on pouvait continuer ainsi. Et puis qui savait ce que l’avenir nous réservé ? Peut-être que les choses finiraient par ne plus être bizarre avec le temps. J’étais en train de verser le précieux liquide dans nos récipients lorsqu’il insista pour que je finisse ma phrase. Je ne savais pas vraiment quoi en penser et je n’aimais pas ne pas savoir quoi dire ou quoi faire avec lui. Comment il venait de le dire, nous n’avions jamais eu des problèmes de communication par le passé. Son rire sembla le détendre un peu. Tant mieux, parce que de nous deux, il était celui qui semblait gêné. Je me retournais et lui souriais puis lui tendit son verre de nouveau plein lorsqu’il me dit que c’était une bonne idée. Je bus une gorgée du mien, puis posa le verre sur l’étagère sans bouger de position, sans le rejoindre sur le canapé. Une mine beaucoup plus sérieuse, je lui dis après avoir poussé un soupir – grand dieu que cela ne me ressemblait pas d’être aussi lasse ! –

Le truc c’est que je veux pas en rajouter une couche Mickaël. C’était rare que je l’appelle par son prénom et je l’avais fait sans m’en rendre compte. Oui j’étais vraiment fatiguée de cette situation Tu es super tendu avec moi depuis que ton anniversaire. Encore plus ce soir. Ma proximité semble même te gêner. Je ne sais pas vraiment ce que tu penses, ni ce que tu imagines. Cependant tu dois te tromper quelque part. Parce que c’est toi qui es distant, pas moi. Si cela peut te « rassurer », je ne vais pas te sauter dessus… Alors ok, quand tu m’as embrassé j’ai répondu à ton baiser. Je n’aurais peut-être pas dû surement oui. Mais ce qui est fait et fait et franchement sur le coup, je ne voyais pas où était le problème, parce que j’étais consentante… Je m’avais pas pu m’empêcher de parler aussi les mains. Relâchant mes épaules, je rigolais un instant avant d’ajouter en croisant les bras sous ma poitrine Détends-toi un peu, ce n’était qu’un baiser. T’es pas le premier qui m’embrasse, t’es pas le dernier non plus. C’est pas grave et ce n’est pas pour autant que cela va changer quelque chose pour moi. Tu me l’as dit toi-même tu étais ivre et tu t’es laissé porter par la soirée. Sans doute n’aurais-je pas du en faire moi-même toute une montagne juste après. Tu sais si je t’ai dit que j’avais trop de chose dans ma vie pour y rajouter un copain, ce n’était pas pour te faire peur, mais pour te prévenir. Parce que je ne voulais qu’il y ait de malaise entre nous. Vu que j’étais lancée, autant continuer nan ? Une nouvelle fois, je poussé un soupir las Je ne voulais pas blesser ton égo ou au contraire te laisser penser que je suis complètement folle amoureuse de toi parce que ce n’est pas le cas. Oui tu comptes pour moi, ça ne fait aucun doute. Et oui, il m’est arrivé de me dire plusieurs fois que si je n’avais pas eu la tutelle de Lyra, que si ma mère était là pour s’en occuper et qu’Il ne l’avait pas tué, je n’aurais pas attendu sept ans pour que tu m’embrasses et j’aurais sans doute essayé de sortir avec toi. Parce qu’à mes yeux, tu représentes tout ce que je recherche chez un homme et tomber amoureuse de toi ne serait pas vraiment dur. Mais voilà, les choses sont ce qu’elles sont. J’ai une ado à gérer, un poste à la mairie à assumer, et un groupe armé à encadrer. Je n’ai pas le droit de me montrer égoïste et de de penser qu’à moi. Et pourtant, ce ne serait pas l’envie qui manquerait Alors je te le redis, tu peux te rassurer. Je ne vais pas te sauter dessus

Voilà, j’avais tout dit, d’une traite, de but en blanc, et sans le quitter du regard. S’il continuait à être sur la « défensif », je ne pouvais plus rien faire. J’avais été honnête avec lui et même si certains paroles pouvaient paraitre un peu tendancieuses, mais je n’avais pas menti sur ce que je ressentais. Maintenant c’était à lui de voir ce qu’il ferait, s’il voulait partir, s’il voulait ne plus entendre parler de moi, ou s’il comprenait que je n’attendais rien de lui et qu’il pouvait se détendre. Je détournais les yeux vers mon verre pour le finir d’une traite et lui laisser « le temps » de digérer et de ne pas se sentir acculé.








Si simple et si sérieuse, si belle et si rêveuse, quand je l'embrasse et l'écoute. Je te rejoins sur la route. Si grande et si fragile la force mais pas tranquille. L'orage est passé les gouttes coulent le long de ma route. Du haut de là haut de l'au-delà. Si courte et si sensible la loi la plus terrible. Et si quelques fois je doute je te regarde sur la route
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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Mer 24 Oct - 23:37

Le verre vint à point nommé car la suite des réjouissances s’annonçaient drôlement corsée mais de ça, Mickaël n’en avait pas conscience. Pour lui, ce qu’elle allait lui répondre serait léger, peut-être un peu piquant mais rien de méchant. Non, comme un crétin bien heureux, il ne s’attendait pas à se manger dans les dents un pareil discours et pourtant, les signes avant-coureurs n’auraient pas dû le tromper. La distance qu’elle leur imposait semblait drôlement significative, elle n’annonçait très certainement rien de prometteur. Le mécanicien fixa bien son récipient au creux de sa paume, prêt à l’avaler une fois que son interlocutrice en aurait fait autant. Après le sourire de la jolie brune, il avait plutôt suspecté une pirouette pour se sortir de cette conversation. Une esquive qu’il n’aurait pas cherché à réfuter ce coup-ci. Mais à la place de cette ruse, elle planta un monologue entre eux, un discours horriblement vrai et horriblement douloureux à encaisser. Il aurait reçu un coup de poing en plein visage que ça aurait eu le même effet. La vérité dérangeante, voilà ce qu’il venait de se prendre. Pour sauver les apparences, le renégat se mit à sourire – un peu jaune comme rictus certes avant d’avaler d’une seule traite la moitié du verre qu’elle lui avait servi. ‘tain elle ne l’aidait vraiment pas avec son « en fait, ça aurait pu être merveilleux entre nous mais bon c’est pas possible. Toute façon, c’est qu’un stupide baiser hein ? C’est pas comme si je ressentais vraiment quelque chose pour toi mais oui, tu me corresponds. Et alors ? Ma vie est chaotique, pas besoin que tu viennes en rajouter. » Il se faisait vraiment rejeter une seconde fois et cette fois-ci s’était bien plus sec que la première fois. Il était à mi-chemin entre plusieurs émotions, la colère, la déception et la culpabilité. Ce trio dangereux le força à délier sa langue plus tôt que ce qu’il aurait prévu. Il ne prit pas énormément de temps pour réfléchir à ce qu’elle venait de lui balancer. Il n’arrivait pas à le digérer en fait. Bordel, comment pouvait-elle lui avouer tout ça comme ça sans préambule, sans tact ? Oui, bon, d’accord, c’était sa faute en partie. Mais sérieusement, il n’avait pas pensé un seul instant qu’elle place dans le même discours autant de si et autant de promesses qu’elle s’occupait ensuite de piétiner avec férocité. Le garagiste se sentait terriblement vexé et en même temps frustré. Bon sang, y avait pas d’issues à cette histoire. Enfin… Si mais ça ne l’enchantait pas du tout.

« Ca a le mérite d’être franc. »

Le trentenaire acheva ce qu’il restait dans le contenant d’une gorgée, réalisant qu’il allait avoir besoin d’un peu de cran pour sortir la suite de sa réponse.

« J’attendais rien de toi et je n’ai jamais eu peur de toi. C’est de mes propres réactions que je m’inquiétais. Comme tu l’as si bien dit, c’est moi qui t’aies embrassé, tu te rappelles ? C’est juste pas évident de doser les choses parce que j’ai réalisé que t’es tout ce que j’ai toujours recherché, voulu et par la force des choses, que je ne pourrais pas obtenir. Je cherche qu’à simplifier les choses depuis, pour toi et pour moi, maintenant, ok, je suis peut-être maladroit. Là-dessus, tu peux me blâmer, j’ai foiré en voulant préserver notre amitié ainsi, en la jouant sur la défensive. »

Il reposa ce qu’il tenait toujours entre ses doigts afin de ne pas trop le compresser dans sa main en voulant canaliser toute sa hargne. Contre qui était-elle seulement destinée ? Aucune foutue idée mais il ne voulait pas que ça continue de dégénérer. Il s’était tellement assuré que ça ne finisse pas comme ça il y a plus d’un mois et au final, voilà, ils en étaient de toute façon là. Peut-être par sa faute, peut-être pas, il n’en savait franchement plus rien. S’il la perdait, il risquait très certainement de s’en vouloir à vie. Tout ça parce qu’il était trop attiré par elle et qu’il voulait trop bien faire. Quelle connerie cette histoire ! Lui aussi était las de cette journée qui n’avait de cesse de le rendre plus épuisé encore. En fait, il en avait marre de tout ça, de toutes ces complications et de ces non-dits. Alors tout sortit aussi comme cela put. Pas sur un ton énervé, pas sur un ton doux non plus.

« Mais t’as remis les choses complètement à leur place, ça sert à rien de s’éterniser là-dessus et d’émettre des « si » hypothétiques. D’accord, pour toi, c’est clair, c’était qu’un baiser et ok, ça ne changera rien. C’est bon, là, le message est passé. T’as raison, ça servait à rien d’en remettre une couche, t’as assez souffert dans ta vie. Je voulais pas du tout qu’elle soit plus dure qu’elle n’est déjà, ni créer de malaise entre nous. Sincèrement. J’ai voulu tout le contraire mais je m’y suis mal pris. Alors oublie cette discussion, cette soirée et mon comportement du mois dernier. Et j’en ferais autant si ça peut te rassurer. Ça ne nous aiderait pas. Et on a besoin d’être plus que jamais solidaire. »

Il se leva juste après ces mots, il se sentait de trop maintenant. Elle n’était bien que trop en rogne pour vouloir encore de sa présence, pas vrai ? En plus, en bon idiot qu’il était, il avait trop insisté pour qu’elle lui révèle ce qu’ils avaient tu pour leur bien commun. Oui, il avait vraiment tout fait de travers et avait sciemment détruit tout ce qu’il avait voulu bâtir un mois plus tôt. Elle allait sûrement lui en vouloir à mort et il ne voulait pas endurer ça aujourd’hui. Tout ça l’atteignait bien trop et il en avait vraiment atrocement conscience.

« Tu as sûrement envie d’être seule, maintenant. »

Ca n’avait rien d’ironique ou d’accusateur, une simple constatation. Il se dirigea vers la lampe torche mais avant de la reprendre, il se retourna une dernière fois sur la caissière. Ses intonations se firent alors bien plus douces.

« J’ai jamais voulu qu’on en arrive là. Et pour ma part, ça ne remettra jamais notre amitié en doute. Je comprends toujours tes raisons et je les respecte. C’est dans ce but que j’ai agi et pas parce que j’avais peur que tu tentes quoique ce soit ou que sais-je. »

Il voulait être là pour elle, ça, ça ne changerait jamais. Peu importe les prises de tête, peu importe les épreuves. Lui laisserait-elle encore l’occasion de jouer ce rôle ? Il l’espérait tellement. Le Monde était en train de foutre le camp et leur seule façon de compenser était de se prendre la tête, il n’en était pas fier. Pas fier du tout même. Il n’avait pas envie de partir en fait, il avait envie d’être sûr qu’elle ne lui en veuille pas, qu’elle accepte d’oublier, qu’elle lui pardonne sa conduite en quelque sorte mais il était bien trop froissé pour le dire clairement. Se prendre un deuxième râteau aussi violemment, ça laisse des marques.
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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Jeu 25 Oct - 17:40



Holding on and letting go

Lâcher tout comme ça de but en blanc à Mickaël n’était sans doute pas la solution, mais je ne voyais plus d’autres alternatives je pouvais avoir. Il fallait vraiment que la situation s’arrange. J’avais peur de le perdre je devais bien l’avouer et je ne voulais pas que cela arrive. Le garagiste était trop important à mes yeux et égoïstement, je ne pouvais pas m’imaginer faire sans lui. Cela aurait été sans doute la meilleure des solutions et cela pour tous les deux. Laisser de la distance, prendre le temps de s’éloigner pour mettre les choses au clair… Non, vraiment, je n’en aurais pas été capable. Et puis, j’avais entendu parler de ce qui s’était passé entre lui et Amélia et je ne voulais pas que cela arrive. Ils ne se parlaient plus et tout ça parce qu’ils ne s’étaient pas arrêtés à temps, avant de franchir cette ligne de non-retour qui change tout dans une relation et donc par extension dans une vie. C’est vrai que je ne m’étais pas vraiment rendue compte de l’impact que pourrait avoir mes mots sur le trentenaire, ni de la manière dont je les avais dit. Et à sa tête, je n’avais pas vraiment ça très bien. Quelle idée de tout dire sur un peu un coup de tête ! J’avais voulu arranger les choses et finalement j’avais peut-être fait plus de mal que de bien. A ses premières paroles, je me mordais la lèvre inférieure, mais que pouvais-je faire d’autre ? Je n’allais pas revenir en arrière et puis au moins j’avais dit tout ce que j’avais sur le cœur, tout ce que je n’avais pas vraiment osé dire avant à voix haute. Dire que je n’appréhendais pas ses mots serait un mensonge. J’ouvris la bouche et esquissa un geste sans concrétiser mon action. J’avais eu mon « temps de parole », c’était le sien. Et à mesure que je l’écoutais je me rendais compte que j’avais fait fausse route. Je pensais qu’il avait peur de mes réactions à moi, et non pas des siennes. Je comprenais aussi tout juste, en lisant entre les lignes qu’il n’avait donné l’excuse de l’alcool que pour « rassurer son égo » ou quelque chose d’autre. Surement quelque chose d’autre d’ailleurs le connaissant. Avec moi, il ne s’était jamais montré orgueilleux et nous savions mettre cela de côté quand nous étions l’un avec l’autre. C’était d’ailleurs pour ça que je le voyais comme l’homme avec qui je pourrais avoir un avenir. Notre relation était saine et nous avions appris à faire avec l’autre, à nous connaitre à force de nous côtoyer. 7ans que nous vivons dans la même ville et quatre ans que nous sommes des plus proches. Mine de rien cela fait beaucoup, surtout pour des adultes de notre âge. Lorsqu’il reprit la lampe et qu’il me dit que je voulais surement être seule, je fronçais les sourcils. Et lorsqu’il me dit d’oublier cette soirée je lui fis un non « catégorique » de la tête. Je vins jusqu’à lui, lui prit des mains la lampe torche et la vit rouler sur le sol un peu plus loin

Non et non

Je m’asseyais en tailleur sur le canapé et l’obligea à en faire de même en lui prenant la main et le tirant à côté de moi. C’était vraiment bête cette situation. Je poussais un léger rire, lui souris et l’enlaça. Tant pis s’il n’en avait pas envie. Il n’était pas question qu’il pense que je sois fâchée ou gênée en sa présence et un contact de proximité était le meilleur moyen pour lui faire comprendre. Il savait très bien que je n’étais pas vraiment très tactile avec les autres, surtout quand je ne les aimais pas ou que je voulais les rayer de ma vie. Je profitais de cette étreinte pour lui dire

Je ne veux pas que tu sois fâchée contre moi. Et je suis désolée si j’ai été brusque. J’aurais dû peser mes mots.

M’écartant, je lui fis un sourire gênée et pris ses mains dans les miennes. Oui c’était vraiment bête

Je sais que tu pensais bien faire. Il en est de même pour moi. Et je m’en veux vraiment que cette histoire soit aussi compliquée. Enfin que ma vie soit aussi compliquée. Tu sais Micka, tu es un homme en or et toutes n’ont pas la chance de pouvoir compter sur une personne telle que toi. J’ai beaucoup de chance de t’avoir. Je tiens beaucoup à toi, et c’est pour ça que je veux le meilleur pour toi, que je souhaite sincèrement que tu sois heureux.

C’était important qu’il comprenne que vraiment, je ne voulais pas lui nuire. Je voulais vraiment qu’il puisse s’épanouir dans une relation amoureuse, même si cela ne devait pas être avec moi. Parce que je ne pouvais pas hypothétiquement lui demander de m’attendre, d’attendre quelque chose qui finalement risquait de ne pas arriver. Le monde était complètement devenu fou, et nous ne pouvions pas savoir de quoi sera fait demain.

Tu sais Micka, je suis vraiment flattée que tu puisses penser de moi que je suis ton genre de femme et que finalement ce n’était pas que sous le coup de l’alcool que tu en es venue à m’embrasser. Et si tu te le demandes, je ne regrette pas que tu l’ais fait. J’aimerais vraiment pouvoir m’investir dans une relation autre qu’amical, mais ce serait injuste avec toi si je le faisais. Je ne serais pas totalement impliquée, et elle passerait systématiquement après toutes les obligations que j’ai. Je ne peux pas t’imposer cela. Alors je préfère être une amie proche plutôt que de donner l’impression de jouer avec toi.

Je me levais une nouvelle fois, et alla ramasser la lampe que j’avais écarté. Je lui tendis et lui conclue un peu tristement

Si tu préfères t’en aller, t’éloigner, que l’on ne se voit plus quelques temps… Si tu as besoin de ça, je le comprends et je le respecterais. Je suis consciente d’être le problème et je saurais tenir mes distances si tu en as besoin. On peut très bien se contenter de se voir pendant les réunions du groupe. Alors à toi de voir.

Je lui offrais une porte de secours. S’il l’empruntait, je ne le prendrais pas mal, bien que cela m’affecterait quand même beaucoup et me peinerait énormément. Je ne voulais pas le rayer de ma vie, mais s’il le fallait, s’il en avait besoin, alors je le ferais. Je tenais assez à lui pour le laisser « s’en aller ». Oui je parle comme si nous sortions ensembles alors que ce n’était même pas le cas. Alors que malheureusement, je ne pouvais pas m’engager aussi auprès de lui, même si j’en avais envie. Au moins, il savait à présent que si lui pouvait me voir comme une compagne, je le voyais aussi comme le compagnon que j’aimerais avoir.








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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Jeu 25 Oct - 22:05

Si elle nia de la tête tous ses propos, il n’en vint rien car il s’était retourné pour s’emparer de la lampe torche. Il était peiné de la tournure qu’avait prise cette soirée, peiné qu’ils en viennent à ça. Le mécanicien ne regretterait pas ce baiser mais il l’avait peut-être précipité à un moment disons inopportun. Quoiqu’au vu de la situation, il n’y aurait sans doute jamais de bon timing. Comme elle l’avait si bien souligné, si elle avait vraiment voulu que ça se produise, elle aurait eu le temps en sept ans. Mickaël ne pouvait pas blâmer la cadette ou les autres circonstances qui avaient amenés la jeune femme à considérer toute forme de relation sérieuse comme inappropriée car sans elles, il ne l’aurait sûrement jamais connu. Elle ne serait pas revenue à Louisville, elle n’aurait pas été la collègue de Rose, elle n’aurait pas amené sa voiture à son garage et puis au-delà de sa situation géographique, de l’effet domino, elle ne serait pas non plus exactement celle qu’elle était aujourd’hui, celle qui lui plaisait. Alors que pouvait-il faire, il ne pouvait pester contre personne dans cette histoire, pas même le destin. Il était en rogne et il ne savait même pas après quoi. Le cœur lourd, il se retourna, pour lui faire face une dernière fois avant de filer définitivement. Mais elle jeta dans leur espace deux négations qui étonnèrent fortement le garagiste. Il aurait cru qu’après cet épisode, elle soit clairement fâchée contre lui, d’avoir ramené malgré lui le sujet sur le tapis, de l’avoir poussé sans le vouloir dans ses retranchements. A la place, elle fondit sur lui et balança la lampe. Le trentenaire la laissa faire, intrigué par ce nouveau revirement. Il ne pigeait vraiment rien ce soir. Dire que lui s’apprêtait à devoir gérer seul cette frustration et voilà qu’elle s’alliait à nouveau à lui en lui prenant la main, en l’invitant à prendre place sur le canapé.

La jolie brune le prit alors de ses bras ce qui eut le don de le déstabiliser un peu plus mais il n’en montra rien. Il n’eut pas le loisir de repousser ou d’accepter cette étreinte car elle recula assez vite. Et lorsqu’elle lui présenta ses excuses, il ne broncha pas un seul instant. Un peu hébété par tous ces changements d’humeur en si peu de temps. Quand elle prit ses mains, il serra les siennes et il la fixa sans perdre un seul mot qui s’échappait de ses lèvres. Ce qu’elle disait le réconforter et à la fois, le décourager. C’était tellement facile de la comprendre et tellement douloureux également à l’accepter. Il ne pouvait lui promettre d’attendre, il ne savait pas si il avait la force de faire ça. Peut-être qu’elle ne saurait jamais être libre pour personne… Elle ne saurait jamais lui donner l’assurance d’être un jour prête à vivre quelque chose, vivre pour elle. C’était noble et honorable de sa part d’être aussi consciencieuse, si généreuse. Bien sûr, il ne pourrait pas l’en vouloir, surtout pas là-dessus. Elle lui balançait des compliments à la pelle et c’était vraiment tellement… triste finalement que rien ne puisse aller comme prévu. Ils étaient tellement faits pour être ensemble mais rien n’était favorable, rien n’allait en ce sens. C’était extrêmement déroutant. Qu’ils constatent, partagent cette attirance mais qu’ils luttent contre ça pour préserver ce qu’ils partageaient. C’était complètement dingue en fait. Des gens passaient leur vie à attendre de pareils opportunités, de pareils rencontres et eux… eh bien, ils devaient effleurer ce qu’ils pourraient aisément vivre sans pouvoir réellement le saisir. N’était-ce pas cruel ? L’homme était perdu entre tous ces raisonnements, soulagé de ne pas avoir tout ruiné ce soir mais également terriblement paumé concernant ce qu’il ne se passait pas entre eux, ce qu’il aurait pu se produire. Mathilda s’était levée et il ne l’avait pas quitté des yeux, il n’avait rien répondu encore.

Puis, elle lui tendit l’objet symbolisant son départ en lui laissant le choix. Evidemment, il ne voulait pas partir, il croyait qu’elle voulait qu’il s’en aille. Même si cette conversation ne menait nulle part, il voulait la mener à son terme. Et puis, il préférait éviter de regretter toute mésentente avec la renégate. Après ces rebondissements, il se dérida enfin et lui offrit un sourire franc. Tout en reprenant ces propres termes concernant son intervention un peu plus tôt, il se releva pour lui faire face. Il lui reprit la lampe des mains et la jeta dans le fauteuil.

« Non. Je ne veux pas m’éloigner, je ne veux pas prendre de distance. Très honnêtement, ça ne résoudrait rien à ce qu’on vit et ça n’a jamais été ce que je voulais. Ça ne le serait jamais. »

Il la détailla le temps de quelques secondes, un second rictus remplaçant son air sérieux. Il amena ses doigts jusqu'à la joue de son interlocutrice puis remonta jusqu’à ses cheveux qu’il replaça derrière son oreille.

« Je sais tout ça, je connais toutes ces raisons et vraiment, je les comprends. Je ne veux pas rendre cette histoire plus difficile qu’elle ne l’est déjà pour toi. Tu as déjà trop de responsabilités sur les épaules et j’ai bien saisi que tu n’avais pas besoin de nouveaux engagements en plus du reste. Comme je t’ai déjà dit, je ne veux pas devenir une nouvelle source de stress. C’est pour ça que j’ai voulu tout simplifier pour toi après cette histoire de baiser. Moi aussi, je ne veux que ton bonheur. Tu n’as pas à t’en vouloir pour ça, tu gères tout ce que tu peux et à ta façon. Tout ça n’a rien de nouveau, je veux dire, j’étais déjà prévenu avant de t’embrasser. Même maintenant, si c’était à refaire, je sais que sans hésiter, je le referais en étant pourtant en connaissance de cause. »

Il avait redescendue sa paume jusqu’à sa nuque.

« Je sais que cette discussion ne mène à rien mais peut-être que j’en avais besoin inconsciemment. Je suis vraiment désolé moi aussi, si je t’ai embarrassée aujourd’hui et les autres fois aussi d’ailleurs. J’ai mal choisi mon moment pour tout remettre en question, enfin avec ce qui se passe peut-être qu’on est amené à réfléchir un peu plus sur nos vies. Enfin, j’en sais rien. Toujours est-il que je ne voulais pas t’ennuyer. »

Les mots ne semblaient plus suffire pour lui faire comprendre à quel point il était attaché à elle, à quel point il ne pourrait jamais lui en vouloir et sûrement à quel point il avait besoin d’elle dans sa vie. Il se rapprocha d’elle alors et à son tour, l’étreignit, tout en gardant sa main sur l’arrière de son cou, au milieu de ses cheveux et l’autre autour de sa taille.

« Peu importe la place que tu occupes dans ma vie, tu resteras toujours importante pour moi, Mathie. J’ai conscience que t’es sûrement la seule femme à me correspondre autant. Si les choses avaient été différentes, si j'avais vraiment eu le choix, j’aurais sûrement tout fait pour que ça marche entre nous et j’ai la conviction que ça aurait sûrement fonctionné. Ça ne sert sûrement à rien que je te dise ça, ça ne changera rien à la situation mais sache-le. La seule certitude que j'ai c'est que peu importe ce que nous réserve l’avenir, tu pourras toujours compter sur moi. »

Il resserra sa prise autour d’elle avant de s’écarter pour de bon. Il ne fallait pas abuser des bonnes choses comme on disait. Il avait l’impression d’avoir vécu une rupture sans avoir débuté la relation. Etrange comme sensation.
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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Ven 26 Oct - 16:13



Holding on and letting go

Tout fini par s’arranger non ? C’est ce qu’on dit toujours. En tout cas, j’avais plusieurs fois vérifié cette expression dans ma vie. Je ne disais pas que c’était facile, mais lorsqu’on le voulait, on y arrivait. Oui voilà, on devrait dire plutôt « Tout fini par s’arranger lorsqu’on le désire vraiment et qu’on se donne les moyens pour y arriver ». Ca fait un peu long, cependant c’est tellement vrai. Ma vie n’était pas un conte de fée, et ne le serait sans doute jamais. Au fond, j’étais contente qu’elle ne le soit pas. Vous imaginez vous ? Une vie niannian ou l’on ne pense qu’au « véritable amour » et tout le tralala que l’on peut voir dans les séries ou les dessins-animés. J’étais loin de ressembler à Snow, constamment à se dire qu’elle retrouvera Charming. Je ne suis pas dans Once Upon A Time, mais dans la vraie vie, une vie imparfaite qui était tout autant intéressante et enrichissante. On apprend de ses erreurs après tout. Regardez encore en cet instant ! Si avec Mickael, nous aurions fait les choses comme on aurait dû le faire, on serait juste ami et encore. Je ne le connaitrais pas comme je le connais. Et il ne me comprendrait pas autant qu’il peut me comprendre. D’ailleurs pour nouer une relation vraiment forte et importante, il faut bien faire des faux pas pour apprendre. Ce n’était pas notre premier, et ce ne serait surement pas notre dernier. Et tant mieux. Vraiment. Je ne voulais pas de cette vie que l’on conte aux enfants pour s’endormir la nuit. La mienne me convenait parfaitement, même si elle était aussi compliquée. Je ne serais pas celle que je suis à présent si je n’avais pas tout mon passif aussi terrible soit-il. Il m’avait rendu forte et capable de me faire face à tous ce qui nous était tombé dessus il y a même pas une semaine. Je n’avais pas pleuré. Je n’avais pas non plus imploré une entité supérieure. J’avais gardé la tête froide et je m’en sortais plutôt pas mal. Ce n’était pas parfait oui, ce n’est pas faux. Dans une vie parfaite, je serai multitâche et je sortirais avec le garagiste. Hors nous n’en étions vraiment pas là. Je ne pouvais pas m’engager dans une autre chose sérieuse, et aussi désolée pouvais-je l’être, aussi attirant soit Micka – intellectuellement et physiquement parlant – je n’avais pas à me jouer de lui. C’était un véritable problème entre nous, surtout que ce soir, je venais d’apprendre que lui aussi aurait voulu plus qu’une simple amitié. Nous étions si… différents mais si complémentaires à la fois. Un gâchis quelque part, mais qu’y pouvions-nous vraiment ? J’avais fait le choix de ne pas me jouer de lui, et m’engager dans une relation qu’à 10%. Je préférais son amitié à son cœur brisé ou déçu, et je lui dis clairement. Nous avions laissé un « simple » baiser se mettre entre éloigner et j’en avais assez. A chaque fois que j’avais un problème ou un souci, c’était vers lui que je me tournais et vers qui justement, je voulais me tourner. Sa présence me rassurait et me faisait me sentir bien. La preuve, j’en avais complètement oublié la raison de sa venue. Ca n’avait plus vraiment d’importance.

Je ne voulais pas que Mickaël s’en aille mais il avait aussi son mot à dire et je respecterais ce dernier comme je l’avais toujours fais d’ailleurs. Ainsi, lui tendis-je symboliquement la lampe. S’il voulait partir, il le pouvait. Je fus soulagée qu’il n’en fasse rien et que son visage soit moins tendu. Cela d’ailleurs dû se lire sur mes expressions faciales. Ses mots furent agréables à entendre et sa proximité à sentir. Je me sentais beaucoup plus apaisée que je ne l’avais été ses derniers jours, ses dernières semaines avec lui d’ailleurs. J’aimais la douceur dont il faisait preuve avec moi, tant par ses paroles que par ses gestes. J’étais contente de voir que notre relation finalement n’avait pas été ébranlée. C’était réconfortant de retrouver son contact. Il replaça quelques-unes de mes mèches de cheveux derrière mon oreille et me dit qu’il me comprenait. A sa suite, je ne pus m’empêcher de lui dire, presque dans un murmure

Qui mieux que toi le pourrait de toute façon ?

Ce n’était pas vraiment une question, mais plus une affirmation finalement. Il était vraiment le seul à me comprendre, aussi complexe suis-je et soit ma vie. Il ne me tournait pas pour autant le dos et continuer à me côtoyer et à quelque part me pardonner. Il ne se formalisait pas de mes défauts au combien nombreux qu’il avait été amené à voir. Il n’idéalisait pas mes traits de caractère. Non. Il m’acceptait comme j’étais et c’était un vrai soulagement. Sa main s’égara un peu sur ma joue et lorsqu’elle vint se perdre dans mes cheveux, je ne pus m’empêcher de sentir un instant le rythme de mes battements de cœur s’accélérer. Et puis, après s’être excusé lui aussi, il vint m’enlacer. Ma tête contre son épaule, mes bras l’enlaçant aussi, je me laissais un peu bercée, tout en l’écoutant. C’était tellement triste finalement toute cette histoire quand y réfléchissait bien. Je le laissais se détacher de moi sans le retenir. Toutes les bonnes choses ont une fin après tout. Et au moment où je me mis à penser ça, je devinais qu’il devait se dire la même chose. Je souriais.

Non tu n’as pas mal choisi ton moment. Et puis, il fallait bien que ça arrive un jour ou l’autre… Si ce n’était pas maintenant, cela aurait été plus tard. De toute façon, ça ne change rien au final. Enfin si mais dans le bon sens. N’ai pas de regret, car moi je n’en ai aucun.

Je tournais mon regard vers le plafond en entendant la grand horloge – que j’avais d’ailleurs toujours connu – sonner un coup. Je regardais ma montre et m’apercevait qu’il était déjà une heure du matin. Regardant Mickaël, je lui dis alors

Je crois que j’ai bien empiété sur ta nuit. Tu travailles demain. Nous ferions mieux d’aller nous coucher Un coup d’œil au canapé et je rajoutais Pas sûr que tu passes une bonne nuit ici. Tu sais quoi ? Je suis certaine que Lyra pourra se passer de ma garde robe pour une journée. Je n’aurais qu’à fermer ma porte et puis voilà. Elle ne rentre jamais dans ma chambre dans ces cas-là.

Je ne lui laissais pas vraiment le choix, même si on pouvait penser le contraire à mes paroles. Et ça il saurait très bien. Je récupérais la lampe pour lui donner, et lui prit la main pour l’entrainer à ma suite. J’éteignais la lumière de la pièce, et remonta les escaliers. Nous arrivâmes dans le salon, que je traversais pour rejoindre le couloir. On passa devant la cuisine pour déboucher dans l’entrée. J’entrais dans la pièce juste à côté des escaliers, puis ferma la porte derrière nous avant d’allumer la lumière. Ce n’était pas vraiment très grand ni très chaleureux d’ailleurs. Les murs étaient blancs, et il n’y avait rien d’accrocher à ces derniers. Un lit double, une table de chevet, une étagère pleine de livres en tout genre, - surtout de médecine d’ailleurs – , une porte, et au fond de la pièce un grand dressing.

Ya une salle de bain là-bas. Elle est petite mais fonctionnelle. Les serviettes de bains sont dans le placard du bas, et ya aussi des brosses à dents en rabe. T’as qu’à y aller en premier, le temps que je range un peu ce Bassar.

En effet sur mon couvre lit était étalé une tonne de feuilles de cours. Je m’étais replongée dans les enseignements que j’avais eus à la faculté de médecine depuis que les bombes étaient tombées. Je revoyais les premiers gestes de secours comme les plus complexes qui pouvait sauver une vie. Au cas où. Je préférais me préparer à l’impensable et ne pas me laisser surpasser. Nier les tensions qui pouvaient exister n’était pas une bonne idée. Et puis, j’avais toujours été plutôt douée dans le domaine de la santé. Mon internat se passait très bien et s’Il ne l’avait pas tué, je serais sans aucun doute à ce jour médecin dans un hôpital, surement d’ailleurs dans le service chirurgie… Mais je n’aurais jamais connu Lyra et Mickaël alors je n’avais pas regret.








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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Ven 26 Oct - 21:09

L’interlude sentimental avait donc fini par s’achever avec une conclusion toujours aussi amère mais au moins, avaient-ils pu prendre le temps de mettre les choses à plat. Même si ça n’avait rien résolu, Mickaël n’en était pas mécontent. Allez comprendre quelque chose à cette histoire franchement ! Enfin, tant pis. Il agirait comme toujours, au moins, il n’y aurait plus de gêne venant s’interposer entre eux. Parce que cette fois-ci, tout avait été dit, tout était on ne peut plus clair. Un problème, une solution, rien de plus simple. Ils restaient amis et voilà, de toute manière la décision ne lui revenait pas. Puis vraiment, il fallait qu’il arrête de se comporter comme une gonzesse, il lui suffisait de zapper le sujet. Il fallait plus que jamais rester concentré sur le reste, les événements et tout ce qui se tramait avec cette guerre. Il serait un appui pour Mathilda et pas un boulet. Le garagiste perçut lui aussi - au loin, un coup annonciateur du temps qui s’écoule. Cette notion avait été bridée par tous ces rebondissements et quand elle regarda sa montre, il fit de même. Celle qu’il portait lui avait été offerte par Rose, en l’observant, il se rappela qu’il allait devoir avoir une petite discussion avec elle. Il fut le premier surpris quand il vit à quel point la nuit était avancée. Que le temps passe vite quand on s’amuse ! Il songeait alors à quitter les lieux maintenant que toute source de discorde avait été écartée mais c’était sans compter l’air buté que sa comparse lui afficha. Avant même qu’elle n’ouvre la bouche, il se doutait de ce qu’elle allait faire. Amusé par ça, il ne put se départir d’un sourire un peu moqueur alors qu’elle balayait amplement le thème. En plus, il fallait qu’elle revienne avec son lit ! Mais qu’est-ce qu’elle était têtue ! Une vraie tête de mule. Pourquoi répliquer ? Elle avait déjà pris sa décision, il suffisait d’observer le ton de sa voix et son air résolu.

De bon gré ou non, il la laissa prendre la suite des opérations en main. Le mécanicien veilla à peser chacun de ses pas afin de ne pas froisser le silence et de réveiller la bête qui dormait quelque part dans les entrailles de cette demeure. Si cette dernière savait que sa sœur l’amenait à sa chambre en douce, elle n’en serait pas particulièrement enchantée. Ça pouvait prêter à confusion et pourtant avec tout ce qu’ils venaient de se dire, ça ne l’était pas, confus. Le trentenaire fut rapidement planté au milieu du décor qu’était la chambre de la renégate. Des murs dénudés, d’un blanc immaculé mais ça, il ne le remarqua même pas. Son regard fut automatiquement attiré par le monticule de feuilles qui lui arracha automatiquement un sourire. Il ne fallait pas comprendre grand-chose là-dessus, juste qu’il trouvait ça marrant un peu de bordel dans une chambre de fille. Oui, les stéréotypes sont stupides, il était le premier à le reconnaître. Surtout que la propriétaire des lieux était un bon exemple abolissant tout cliché machiste. Elle était à la tête d’un groupe armé et chef de famille de surcroît. La jolie brune lui indiqua alors le chemin jusqu’à la salle de bains et il n’eut pas vraiment le loisir de contempler l’antre de la caissière. Il se rapprocha d’elle afin de parler à voix basse. Ses intonations étaient plus graves que celles de son interlocutrice et il n’oubliait pas qui était en train de roupiller non loin de là. Un peu de prudence n’a jamais fait de mal.

« Tu auras remarqué que je suis passablement généreux aujourd’hui en ne tentant même pas de te raisonner. Mais c’est pas l’envie qui m’en manque ! Le canapé aurait très bien pu faire l’affaire et tu le sais ! Je dors n’importe où moi ! Oui, oui, je me tais avant que tu ne me sortes le grand jeu. J’en ai pas pour longtemps. Et merci !»


Toujours amusé, il se rendit donc dans la salle de commodités et en referma la porte. Il prit alors conscience que depuis son arrivée, il n’avait jamais pris la peine d’ôter son blouson. Le fait d’avoir filer à la cave lui avait sûrement fait oublier ça, enfin bref c’était qu’un détail. Machinalement, il se déshabilla et rentra dans la douche. C’est quand le jet le percuta qu’il réalisa en bon idiot qu’il était qu’avant d’atterrir ici, de rencontrer son amie, il avait pris le temps de se laver. Il étouffa son rire en se mordant les lèvres. Complètement déboussolé le mec ! Bah, au point où il en était ! De toute manière, ça n’était pas plus mal pour se rafraichir les idées et de ça, il en avait bien besoin. D’ailleurs, par soucis d’économie et parce qu’il savait qu’elle devrait passer derrière lui, il n’utilisa pratiquement que de l’eau tiède à nette tendance froide. Il finit donc par achever ses ablutions et sortit très rapidement de là. Il trouva les serviettes à l’endroit indiqué et entreprit de se sécher. Il se ré-habilla alors et partit en quête de la brosse à dent. Il passa ses doigts dans ses cheveux humides par pure réflexe tout en cherchant cette dernière, recherche qui ne dura qu’une demi-seconde. Une fois qu’il eut définitivement terminé, il replia la serviette, la plaça dans un coin et y déposa par-dessus la brosse à dent utilisée. Il sortit alors de là pour rejoindre son hôte en tenant cette fois-ci sa veste sur son bras.


«Faudra surveiller ton robinet, j’ai l’impression que le joint est en train de se faire la malle. Si t’as quelque chose pour le resserrer, je peux m’en occuper maintenant. »


Il déposa son manteau sur le lit avant de s’y asseoir finalement. Il ne se sentait étrangement plus fatigué mais bien au contraire, très éveillé et lucide. A cause de la douche ? Aucune idée. Il avait l’impression qu’il ne dormirait pas grand-chose cette nuit, voire pas du tout en fait. Ça n’était pas bien grave en soi. Trop de pensées continuaient de se fracasser dans son esprit et l’intimité de cette chambre, la proximité de la jeune femme y participaient très certainement. Le renégat ne se sentait pas vraiment tendu en fait mais bon. Dire qu’être là avec elle ne lui faisait rien serait très certainement mentir. Inutile de revenir là-dessus car on avait assez lourdement insisté sur ce point précis. Il porta son attention sur l’étagère croulante de bouquins et réalisa qu’une bonne partie traitait de médecine. Il savait qu’elle avait arrêté son internat pour s’occuper de Lyra, il ne fut donc pas étonné de retrouver ici de tels ouvrages. Par les temps qui couraient, cette expérience dans le domaine médicale pourrait s’avérer fructueuse et salvatrice.


« Impressionnant ! On pourrait presque penser que tu es intelligente ! »


Mickaël rigola à sa propre bêtise et replaça ensuite ses yeux sur sa voisine en redevenant sérieux.


« Au fait, tu révisais ? Les feuilles sur ton lit, je veux dire !»


Il n’en avait pas vraiment saisi le contenu vu le peu temps durant lequel il avait été en contact mais ça ressemblait à quelque chose de plutôt sérieux. A moins que ça soit sa frangine qui était toujours aux études ? Bah. Avant qu’elle ne finisse par elle aussi gagner la salle de bains, Mickaël l’interpella.

« Bon que les choses soient claires. Tu m’as traîné de force ici mais je refuse que tu dormes ailleurs que dans ton lit cette nuit. Sait-on jamais quelle idée farfelue ne finisse encore par te traverser l’esprit. »

Maintenant, elle pouvait aller. Et lui attendrait sagement en essayant d'oublier où il se trouvait et surtout avec qui.
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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Sam 27 Oct - 0:26



Holding on and letting go

J’avais entrainé sans lui laisser le choix Mickaël dans ma chambre. Oh non ne vous imaginez pas mille et une choses. Ce n’est absolument pas pour ce que vous pensez, mais tout simplement pour qu’il passe une bonne nuit et qu’il soit reposé pour son travail. Il était venu chez moi et nous avions discuté tard si bien qu’avec ses derniers temps, passer une nuit blanche ou une mauvaise nuit n’était pas une bonne idée. Je savais très bien que si je le laissais dans mon garage, il ne dormirait pas vraiment et qu’il finirait par roder autour de chez moi. Hors je ne voulais pas et le plus simple était donc qu’il dorme avec moi. Mon lit était bien assez grand et si je fermais ma porte, Lyra ne viendrait pas à l’intérieur. Oh bien sur elle se demanderait pourquoi et j’avais toute la nuit pour trouver une excuse. Mais elle respecterait mon intimité. Elle savait que quand ma chambre n’était pas même un peu entrouverte, c’était que j’avais besoin de me retrouver seule, de réfléchir, de faire le point, bref d’avoir un peu de solitude. Par contre, il était vrai que je n’avais pas pensé au bazar qui trainait sur mon lit. J’avais revu mes cours de la faculté pendant ma pause déjeuné et je n’avais pas pris le temps de ranger si bien que l’on ne voyait plus vraiment mon dessus de vie tant il y avait des feuilles partout. Je lui indiquais la salle de bain continue à ma chambre, pour qu’il puisse s’y voulait se rafraîchir, le temps de mettre un peu d’ordre dans cette pièce qui d’ordinaire était plutôt bien tenue. Je répondais à ses paroles par un sourire malicieux. Oui j’avais remarqué qu’il n’avait pas cherché à essayer de marchander et de me faire changer d’avis. Cela n’aurait servi à rien de toute façon. Pendant qu’il fit un brin de toilette, je rassemblais toutes les feuilles pour les poser en une pile sur ma table de chevet. J’avais pris le temps de les reclasser pour m’y retrouver plus vite, si bien que je venais tout juste de finir lorsqu’il ressorti de la salle de bain. Je rigolais à ses premières paroles et lui répondis

Ouais je sais, j’ai pas eu le temps de m’en occuper. Mais t’en fais pas, je sais le faire. Oublies-tu que je suis plombière /réparateur / femme à tout faire ici ? Il est tard, on verra ça plus tard !

M’apercevant qu’il était toujours habillé sa veste juste en moins, je me tapais sur le front avant de me diriger vers mon dressing. Je lui lançais un tee-shirt et un jogging d’homme propre. Non il n’appartenait pas à l’Autre, - j’avais jeté toutes ses affaires - . En fait, ma mère avait toujours pour habitude d’avoir des vêtements divers de rechange, habitude dont j’avais hérité.

Tu seras plus à l’aise là-dedans.

Je prenais au passage une chemise à carreau et un short pour me changer également, que je posais au bout du lit. Je le bousculais légèrement lorsqu’il me dit qu’avec les livres dans ma bibliothèque, je paraissais presque intelligente. Prenant une mine boudeuse je lui répondais

Sachez monsieur que je les ais tous lu et compris et que vous avez en face de vous l’une des étudiantes les plus brillantes de son époque

Je lui tirais la langue tout en croisant les bras, comme une petite fille que l’on avait offensé, avant de me mettre à rire – prenant soin de ne pas le faire trop fort pour ne pas réveiller Lyra-. Je me dirigeais alors vers ma table de chevet où trônaient mes feuilles pour lui en tendre une qui parlait de différents remèdes naturels que l’on pouvait trouver pour soigner des maux, et leur contre effet indésirable. Redevenant plus sérieuse, je m’asseyais à côté de lui et lui dis alors

Oui et non. Disons qu’on ne sait jamais. Ca peut toujours servir et une piqure de rappel ne peut pas faire de mal. Je veux être en mesure de palier aux difficultés que l’on pourrait rencontrer. La santé c’est la clef de voute d’un être humain… Mais je ne suis pas là pour te donner des cours et puis je suis pas très bonne pédagogue.

Je me levais, pris les vêtements que j’avais sorti et alla me changer dans la salle d’eau. Enfin c’était ce que je comptais faire mais l’homme m’interpella pour me dire qu’il n’était pas question que je dorme autre part que dans mon lit. Je lui répondais en lui faisant un clin d’œil malicieux avant de fermer la porte derrière moi. Une fois dans la pièce, je me déshabillais et poser mes habits dans la panière à linge sale. Je tressais ensuite mes cheveux pour qu’il ne me gêne pas dans mon sommeil, me démaquilla et me brossa les dents. Ensuite seulement je me mis en pyjama, pour revenir dans la chambre une dizaine de minute plus tard. Je retenue un baillement en venant m’allonger sur le lit, la tête posé sur mon oreiller. Tournant mon regard vers Mickaël je lui dis

Je te promet de te laisser de la couverture si tu me promets de ne pas empiéter sur mon côté du lit

Je faisais allusion à la fois où nous avions dormi chez lui ensemble. Je rigolais une nouvelle fois, puis reposa ma tête pour regarder le plafond. Plus sérieuse et soucieuse, je finis par lui demander

Micka… Tu penses que ça va s’arranger… Que tout peut vraiment redevenir comme avant ?

Je me montrais optimiste avec les citoyens de Louisville, mais je ne savais pas vraiment où me positionner. J’avais le sentiment que plus rien ne pourrait être pareil. Cependant laisser s’envoler l’espoir que toute cette histoire de bombe finirait par bien se finir, ce serait baisser les bras. A quoi bon continuer si on ne pense pas qu’il y a un avenir ? Bref. Ces questions me travaillaient de plus en plus et mise à part à lui, je ne voyais pas à qui demander conseil ni à qui le dire. C’était simple, je n’étais pas du genre à me confier. Et puis ce n’était pas à Lyra que j’allais en parler. Elle était trop jeune, elle ne pouvait pas comprendre.








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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Sam 27 Oct - 11:34

Evidemment qu’elle allait lui répondre ça ! Elle s’occupait de tout de A à Z ici, c’était une fierté qu’il pouvait comprendre. Et lui qui aimait se rendre utile ! Il y avait des choses qui ne changeraient jamais. Cela lui arracha un autre sourire tandis qu’il s’inclinait face à sa réponse. Pas la peine de discuter les ordres de la renégate ! Prise soudainement de Dieu seul savait quoi elle se frappa le front avant d’aller chercher puis de lui balancer des vêtements. Mickaël réceptionna l’ensemble et l’interrogea du regard. Ah bon ! Comment ça se faisait que de telles fringues trainent chez elle ? Oui, non, il ne voulait rien savoir. Moins il se poserait de questions, mieux ça vaudrait. Il la remercia d’un autre rictus et hocha de la tête. Il était vrai que dormir tout habillé comme il était n’aurait pas été super top mais il s’en serait accommodé si il avait fallu. Alors qu’il attendait toujours tranquillement qu’elle prenne son pyjama, il ôta ses chaussures qu’il avait par pure habitude réenfilé après son passage dans la salle de bains. Elle vint ensuite le chahuter un peu répondant à sa bêtise antérieure avant de lui offrir une mine boudeuse. Son rire provoqua le sien alors qu’il s’empara de sa main et plaça son autre paume sur son cœur en signe de regret profond.

« Veuillez m’excuser. J’ignorais que j’avais à faire au plus grand génie de notre époque. Je ne peux que m’incliner face à votre savoir ! »

Il savait qu’elle était intelligente, c’était l’une de ses nombreuses qualités. Une fois la plaisanterie terminée, il saisit la feuille qu’elle lui tendait, la balayant sommairement du regard tandis qu’elle parlait. C’est bien le genre de choses qu’il ne maîtrisait pas le moins du monde. De façon générale tout ce qui touchait à la médecine lui était étranger donc… Un tort très certainement mais bon. Pour réparer une bagnole par besoin de savoir ce qu’il faut prendre pour soigner la toux ou un virus ou autres. Il ne tombait jamais malade en plus et les blessures liées à son boulot finissaient toujours par cicatriser d’elles-mêmes.

« Je ne serais de toute façon pas un bon élève… La bio et tout ce qui en découle, ça n’a jamais été mon truc. Mais sinon c’est une excellente idée ! De toute façon, ça n’est pas un gaspillage de posséder quelques connaissances que ce soit dans un domaine ou l’autre. Et surtout celui-là avec ce qui se passe ! Je ne suis même plus sûr de savoir comment réanimer quelqu’un alors tu sais… T’as pas intérêt à faire un arrêt cardiaque parce qu’avec moi, t’es vraiment fichue !»

Triste vérité ! Il avait bien appris les gestes de premier secours mais cela semblait si loin. Il n’avait jamais eu à les pratiquer donc par la force des choses, il avait fini par oublier. La jeune femme partit se changer et il profita de son départ pour en faire de même avec la tenue qu’elle lui avait gentiment fournie. Il jeta ses propres vêtements sur la tête du lit de son côté. Il s’assit dans le lit, les jambes sur le matelas cette fois-ci, ses mains posés derrière sa tête. Il observa les environs jusqu’à ce qu’elle revienne et s’allonge à ses côtés. Alors, il se glissa également sous les couvertures et lui fit face, une main retenant sa nuque, le coud pour appui.

« Alors pour ma défense, si je me suis autant rapproché c’était parce que je gelais et que je voulais justement me rapprocher de la couverture fuyante. Si tu ne me laisses pas mourir de froid, j’irais peut-être jusqu’à te laisser la moitié du lit ! »

Il joignit son rire au sien puis cala son cou dans l’oreiller. Il n’était franchement pas du tout fatigué, ça allait être galère. Enfin si, physiquement il se sentait un peu à plat mais mentalement, son cerveau ne cessait de tourner à du deux milles à l’heure. Partager un lit avec la jolie brune ne lui facilitait pas la tâche dans cette quête de sommeil. Bah, il reposerait ses yeux au pire du cas. Une nuit blanche n’a jamais tué personne ! La voix de sa voisine perça sa perplexité et il se tourna directement vers elle. C’était bien la première fois qu’elle posait ce genre de questions depuis le début de cette guerre. Mickaël la détailla silencieusement, réfléchissant à quoi répondre. Il était clair qu’elle cherchait du réconfort ou quelque chose comme ça. Mais il n’allait pas lui mentir non plus.

« J’en sais rien honnêtement Mathie. Enfin, je ne pense pas que tout sera exactement comme avant. Je veux dire ce genre d’épreuves laisse forcément des marques. Il suffit de regarder la tête de ces réfugiés. J’ai vu une femme morte ivre dans un caniveau, elle délirait complètement. Je ne sais pas ce qu’elle a vu avant d’atterrir ici mais son regard en disait long. Vivre comme si rien ne s’était passé sera sûrement improbable… »

Le garagiste ramena son regard sur le plafond méditant encore quelques instants avant d’ajouter.

« Mais ce n’est pas la première fois que tout fout le camp et jusqu’ici on a toujours réussi à reprendre le dessus. Comme on dit, l’avenir n’est-il pas un long passé ? On finira par se relever, ça j’en suis sûr. Regarde un peu ce que l’humanité a déjà encaissé et pourtant, on est bien là à discuter. Donc oui, je crois que ça finira par s’arranger. La survie finira par prévaloir sur le reste, les choses finiront par se tasser. Reste plus qu’à espérer que le prix a payé soit moindre et que la fin soit proche. »

Mickaël pensa à sa mère dont il n’avait évidemment eu aucunes nouvelles depuis le début des bombardements. Une partie de lui préférait l’imaginer en sûreté afin de ne pas céder au désespoir. Rose comptait sur lui de toute manière et pas qu’elle d’ailleurs. Et il ne se permettrait jamais de remettre en question la survie de leur dernier parent devant sa cadette. Il faisait bonne figure pour qu’elle ne sombre pas dans la détresse mais ça le travaillait pas mal de ne rien savoir. Il ne le montrait juste pas ou bien il cherchait à l'oublier en s'immergeant à corps perdu dans le boulot. C'était un bon défouloir pour lui. Ses songes dévièrent vers Emy qui avait sûrement dû périr. Il s’en voulait parfois d’être aussi peu affecté par sa disparition. Oh, il lui arrivait bien d’y penser, d’en éprouver du chagrin mais il ne s’en sentait pas forcément profondément désespéré pour autant. Si c’était Mathilda qui était portée disparue, il ne sera pas tranquillement retourné travailler le lendemain matin comme si de rien n’était… C’était cruel, il en avait conscience. Mais il ne contrôlait pas ce qu’il ressentait. Parfois, il avait la sensation de ne pas réaliser ce que l’humanité était en train de traverser, inconsciemment son cerveau devait l’aider à se détacher pour se préserver. Il se concentrait sur Rose principalement et sur la renégate puis plus largement sur leur famille respective, aux voisins qu’il avait côtoyé sa vie durant, aux habitants qui n’avaient jamais rien demandaient à personne. Il restait de l’espoir tant qu’il ne perdait tout ça. Une raison de se battre, une raison de lutter contre l’inévitable. Il chercha puis serra la main de sa compagne de chambrée avant de fixer ses yeux dans les siens.

« On veille les uns sur les autres. C’est tout ce qui compte pour le moment. Jusqu’ici on a été plus ou moins chanceux après tout. »

Encore une fois son esprit vagabonda du côté de sa génitrice, de son ex petite amie et puis de la situation globale, les militaires, ... Mais il y avait aussi eu le chargement que sa comparse avait intercepté, cela penchait bien dans la balance ! Il voulait développer un peu plus en avant ce qu’il venait de dire pour ne pas qu’elle le prenne pour un imbécile heureux – sait-on jamais.

« En allant rejoindre Rose le jour où ça a commencé, j’ai imaginé le pire la concernant. Le trajet m'avait semblé interminable alors qu'il était dérisoire. Si elle avait été emportée par les bombes ou pire qu’on ignorait ce qu’il était advenue d’elle, je n’ai aucune idée de ce que j’aurais fait. Je pense qu’on a été chanceux pour ça. Nous avons pu retrouver nos sœurs saines et sauves. Tous n’ont pas eu cette chance. »

Mais la chance finissait parfois par tourner… Le tout c’était de ne pas tomber dans le défaitisme ou le fatalisme. Le mécanicien prenait les choses au fur et à mesure qu’elles arrivaient afin de les gérer au mieux. Jusqu’ici, ça fonctionnait plutôt bien.
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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Ven 23 Nov - 23:06



Holding on and letting go

Je pouffais à ses paroles. Moi, le plus grand géni de notre époque ? Et puis quoi encore ! J’étais certes pas la dernière des imbéciles, cependant il existait de nombreuses personnes plus intelligente que moi à Louisville. Après tout, je n’étais qu’une simple caissière n’ayant que pour diplôme un baccalauréat. Il n’y avait pas vraiment de quoi se vanter. Certes mes années de médecine avaient été plutôt réussies. Il en ressortait quand même que je n’étais diplômée que d’un bac, les études de médecine étant assez « spécial ». On ne peut rien faire avec un « master médecine ». Ca n’apporte rien de plus qu’un bac. D’ailleurs l’hypermarché ne m’avait engagé uniquement parce que j’étais motivée et qu’au début je m’étais pliée à toutes leurs exigences sans me plaindre, sans rechigner, sans discuter. Oh bien sur, cela avait changé depuis le temps. Je refusais de faire les inventaires par exemple et de signer des avenants à mon contrat disant que j’acceptais que mes heures supp soient payés en heures normales. J’avais pris disons du galon dans la ville, mon rôle de conseillère municipale aidant à cela. Et puis, je ne suis plus l’étrangère bizarre qui vient de débarquer mais une citoyenne de Louisville. J’avais même eu un client dès plus âgé me dire qu’il se rappelait de mon enfance, quand je courrais sur la place avec les autres enfants. C’était touchant même si cela n’était jamais arrivé. J’étais chez moi ici et je ne comptais laisser personne m’y chasser. Ni ces réfugiés, ni même ces militaires. Louisville était mon chez moi et je balterais pour ce dernier et pour ses habitants. OH bien sur je ne m’entendais pas avec tous, cela aurait été trop beau. La preuve : je ne supportais plus l’héritière Blanchet. Mais je dois bien avouer que sans sa volonté à me pourrir l’existence je m’ennuierais. Chaque habitant avait sa place dans cette ville, chaque personne….Certains certes plus que d’autre, comme Mickaël par exemple. S’il y avait quelqu’un en dehors de Lyra que je devrais sauver, c’est bien lui et ce choix je le ferais sans hésiter. Je ricanais de nouveau pour lui rétorquer un sourire sous-entendu aux lèvres.

Ne dis pas de bêtise. Je suis sure que tu serais un élèves très assidu si j’étais ta prof de bio !

Je lui fis un clin d’œil et sans attendre de répondre je partis me changer dans ma salle de bain et faire un brin de toilette rapide. Je regagnais rapidement ma chambre pour ne pas faire trop attendre Micka. Et puis, je l’avoue, j’adorais être avec lui et cela fut tellement rare ces derniers temps que je voulais en profiter. C’était d’ailleurs aussi pour ça que j’avais voulu qu’il reste dormir chez moi. Sans impératif, nous pouvions parler plus longtemps. Je m’esquivais rapidement dans la salle de bain, lui laissant une tenue pour dormir et être un peu plus à l’aise. Je le taquinais un instant avant de redevenir plus sombre. Cela me faisait un bien fou de pouvoir lui dire ce que j’avais sur le cœur, de pouvoir parler à quelqu’un de toutes ses choses qui me faisaient douter, qui me perturbaient. Il pouvait comprendre mieux que quiconque. Lui aussi devait veiller sur sa sœur, même s’il avait « la chance » que Rose ne soit plus une ado complètement dépendante de lui. Prenant le temps de réfléchir avant de me répondre, je fus contente qu’il n’essaye pas de mentir juste pour me rassurer. Je n’avais pas besoin que quelqu’un me dise que tout allait bien aller. J’avais besoin d’un ami honnête qui me répondrait sincèrement. J’avais foi en le garagiste, et son opinion comptait beaucoup pour moi, peut-être beaucoup trop allez savoir. Il se mit alors à me livrer le fond de sa pensée. Le contact de sa main sur la mienne me rassura un peu, et je me tournais vers lui, pour le regarder. Lorsqu’il eut fini, je poussais un soupir, et lui dis

Nous avons été épargnés mais jusqu’à quand ? Raulne n’a pas totalement tord en sous-entendant que la guerre est à nos porte ; Et tu sais combien ça m’en coute de dire cela tout haut et même de le penser. On s’en relèvera, peut-être, si on nous en laisse l’opportunité. Nous n’avons plus de gouvernement. Nous n’avons aucune information. Nous ne savons même pas qui nous devons combattre. Quelque fois, je me dis que les plus chanceux sont ceux qui sont morts dans toutes ses explosions. Je sais c’est horrible comme pensée… Je devrais me réjouir chaque jour que nous soyons encore là. Mais j’y arrive pas. On vit constamment dans la peur. JE vis constamment dans la peur, dans la peur de perdre Lyra, de te perdre toi, de voir Louisville et tous ses citoyens mourir à petit feu, sans rien pouvoir y faire. Être impuissante… Ne pas savoir ce qui va arriver, ça me tue. J’ai l’impression des fois de devenir complètement folle, d’être incapable de protéger correctement ma famille. Et si j’échouais encore une fois Micka ? Qu’arriverait-il à Lyra ? Imagine que Rose soit encore une ado…








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MessageSujet: Re: Holding on and letting go [Livre I - Terminé]   Lun 26 Nov - 18:44

Pas convaincue ? C’était le moins que l’on puisse dire. Ses propos n’avaient récoltés qu’un soupir de la part de son interlocutrice. Il n’avait pas cherché à être particulièrement optimiste mais il était resté néanmoins encourageant. Mathilda n’avait pas pour habitude de s’épancher dans ce genre de discours pessimiste et Mickaël préféra interpréter ça comme une marque de confiance. Si elle voulait partager sa peur avec lui, c’était sûrement parce qu’elle le jugeait réellement comme un ami proche. Bien sûr, il n’était pas sans le savoir mais les actes semblent toujours mieux parler que les paroles, pas vrai ? Le renégat concentra son attention sur elle le temps de son monologue. Elle avait trop pris sur elle depuis le début de cette histoire et la laisser évacuer tout ça semblait être le plus judicieux. Aussi, il ne chercha pas à la couper bien qu’elle semblait divaguer dans son angoisse. C’était complètement humain comme réaction mais le garagiste avait la tête bien sur les épaules malgré ses écarts récents avec les réfugiés et les militaires. Il avait développé un tel système de protection qu’il parvenait réellement à mettre de la distance entre les événements et lui. Enfin, c’était du moins ce qu’il croyait sincèrement. Dans les faits, c’était encore une autre histoire. Pour l’heure, il était très lucide et très posé, il ne versait pas dans une crise de panique. Quand elle eut terminé de parler, il ôta ses doigts de sa main et se redressa un peu en reprenant appui sur son coud, il pouvait ainsi mieux lui faire face. Il devait prendre les éléments de sa tirade un à un, les séparer par ordre d’importance et essayer de la rassurer car il n’aimait pas la voir aussi stressée.

« Mathie, tu es la femme la plus forte que je connaisse. Tu as tout mis en place pour protéger ta sœur et je ne doute pas un seul instant que tu parviennes à la maintenir en vie par tes propres moyens. C’est ce que tu fais depuis plusieurs années. Je sais que le contrôle nous échappe complètement, que la situation est différente mais tu as pris toutes les mesures pour en retrouver un semblant. Tu n’es pas restée sans réagir, tu as agi, tu as un plan B. Tu t’es préparée au mieux que tu as pu pour les événements qui vont arriver – tu n’es pas restée passive ! Personne n’est plus à même de protéger Lyra que toi. Et puis tu n’es pas seule dans cette galère. Je t’aiderais, on t’aidera du mieux qu’on peut. Je veillerais aussi à ce que rien ne lui arrive, tu peux compter sur moi. »

Le mécanicien commençait déjà à un peu tout mélanger. La fatigue n’était pas étrangère à ce soudain enchevêtrement interne. Il ne savait plus trop la chronologie de ce qu’il voulait lui dire, ni le contenu mais il fit un mix de tout ce qu’il avait envie de lui dire.

« C’est la peur qui t’as fait monter ce groupe et c’est la peur qui nous gardera en vie. Elle peut devenir une force, crois-moi. Tout ce que tu ressens est légitime et je le comprends, il est difficile d’envisager un avenir au milieu de ce chaos. Moi aussi ça me rend dingue de ne pas avoir l’impression de servir à quelque chose, il m’arrive d’angoisser. Ne pas avoir d’emprise sur le cours des choses est sincèrement frustrant. Mais même quand tout semble s’effondrer, cette vie vaut la peine d’être vécue. Nous avons encore des raisons de nous battre et de croire que nous ne vivrons pas qu’un calvaire, il nous reste des proches, des gens que l’on aime. Personnellement, je préfère vivre à fond chaque instant qu’il m’est encore accordé pour être avec Rose, toi et tous ceux qui sont encore là. J’évite de penser au futur, je me concentre sur le présent et je prends les choses à mesure qu’elle se présente. On a pas d’autres choix pour le moment. Tu as déjà fait tout ce qu’il fallait, Mathie. Je sais qu’accepter ça n’est pas évident mais tu as vraiment fait tout ce que tu pouvais faire pour le moment. Tu ne dois pas culpabiliser sur des choses qui ne sont pas arrivées, pas plus que sur ton sentiment d’impuissance. »

A mi-chemin au milieu de sa déclaration, il avait relevé sa paume afin de la passer dans la chevelure de la jeune femme. Un geste destiné à l’apaiser.

« Je parle sûrement comme ça parce que tout ça n’a pas vraiment commencé. La guerre, je veux dire. Mais quoi qu’il en soit, je n’ai jamais regretté de ne pas avoir fini en cendres. Chaque instant que j’ai partagé depuis cette guerre que ça soit avec toi ou avec ma sœur ou que sais-je, je ne les regrette pas. »

Il garda sa main à hauteur de sa joue et lui offrit un sourire encourageant – ou du moins une ébauche avant de la relâcher.

« Cela dit en passant, Rose, ado, c’était une catastrophe. Je ne sais pas si Lyra lui arrive à la cheville très honnêtement. »

Il avait dit cela pour détendre l’atmosphère sans trop savoir si ça n’aurait pas l’effet inverse de celui escompté. Il lui offrit un rictus un peu plus franc en espérant s’être montré à la hauteur de sa confiance. C’était bien la dernière chose qu’il voulait risquer de perdre, le crédit qu’elle lui accordait.
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