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MessageSujet: Dark Skies - Mission de fin   Lun 6 Oct - 15:57



Tout a un commencement et une fin.


Ce 27 février, il neige. Des flocons tombent doucement du ciel noir. Le camp D57 s'endort, ses gardes s'enroulant dans leurs protections sommaires contre le froid.


A dix heures du soir, la nuit tombée depuis longtemps, une explosion réveille les gens. Une autre. Puis encore une autre.


Les hommes vêtus de noir, assaillant la Normandie depuis des mois, sont arrivés sur place. Véhicules blindés sur la D57, des centaines d'hommes en tenues noires... Pas de quartier. Les postes de surveillance sont submergés les uns après les autres.


Lorsqu'un SOS sera lancé à la radio, les Forces Armées de l'Empire Continental répondront en français que des hélicoptères et un soutien aérien sont en chemin pour sauver le maximum de personnes. Mais ils risquent d'arriver trop tard... Peut être certains arriveront à sauver leur peau en coupant au travers des bois silencieux et enneigés du sud est?


Survivre ou mourir. C'est tout ce qu'il reste à faire, dans un monde à l'agonie.


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MessageSujet: Re: Dark Skies - Mission de fin   Lun 6 Oct - 17:10

Mes yeux me piquent et ma barbe me gratte. J'ai froid, et putain, qu'est ce que j'ai faim. Il n'y a plus grand chose à manger depuis longtemps, et le rationnement... Fait que j'essaie de montrer l'exemple. Pas de manière super transparente bien sûr, j'aurais l'impression de me la péter. Mais je prends moins de la moitié de mon dû. Uniquement pour tenir. Un jour de plus, rien qu'un. Je me dis ça tous les jours. J'ai toujours ma flasque, correctement approvisionnée. C'est fou ce que les normands recélent comme pochtrons. Comme l'ensemble du territoire national. On a trouvé bien plus de bouteilles d'alcool que de conserves. Comme quoi, le français reste pragmatique en période de crise. Il commence par manger les dernières réserves avant de se suicider par la boisson. Cette pensée ironique m'arrache un sourire, alors que je débouche une vieille bouteille de rouge, un truc retrouvé par une de mes patrouilles dans la cave d'une vieille ferme non loin d'ici. Je sirote mon verre, doucement, en regardant cette foutue carte. Une semaine plus tôt, nous avions pris l'autoroute menant vers le sud et la Loire. Déconvenue, à nouveau. Etrange déconvenue. Duel entre français. Un char Leclerc d'un côté accompagné d'une pelletée de biffins, et de l'autre au moins trois VBL avec des équipes correctement équipées. L'engagement avait été sanglant, et j'avais préféré me retirer avec la colonne de réfugiés. Nous ne savions pas quelles étaient les factions en train de se battre, mais ce qu'il me semblait étrange était le drapeau marquant le flanc du char aperçu à cette occasion. Le drapeau impérial, losange blanc sur champ bleu et rouge. Comme la 2ème division blindée de Leclerc justement, entrée dans la légende lors de la dernière guerre. Et comme les troupes des guerres napoléoniennes. Je continuais de méditer là dessus. Si ces gens se battaient sur Avranches, il fallait passer par l'est, en direction de Chartres. Cela ralentirait considérablement le trajet.


Mais alors que je réfléchissais, un bruit sec, un claquement dans le lointain, étouffé par la neige qui tombe à gros flocons une fois encore. Bruit que je reconnais.


Un mortier de 120, qui vient de faire péter son projectile de mort non loin d'ici. Je me redresse d'un bond, plaquant mon casque sur la tête même si je n'ai pas le temps d'attacher la jugulaire, et je me saisis de mon flingue, déjà approvisionné et chargé. Dehors, des gens sortent de leurs tentes, paniqués. Je coure en direction de la porte nord ; et aperçoit les feux de position de toute une colonne blindée, plus haut sur la route. Flashs lumineux, sons stridents, et une volée d'obus de gros calibres tombe sur le camp. Une femme est pulvérisée à ma droite, avec sa famille encore dans la tente. Je coure en maudissant le jour de ma naissance et celui du début de cette maudite guerre. Je coure jusqu'au barbelés. Les claquements mécaniques d'armes automatiques retentissent dansla nuit et soulèvent des gerbes de neige en frappant le sol, ou des éclaboussures de sang en hachant les gens. J'aperçois Comet, en plein milieu de ce chaos. Je coure vers lui, FAMAS entre mes mains, crosse contre l'épaule et canon vers le bas. Je remets mon casque droit sur mon front en m'accroupissant près de lui.



| Putain chef, c'est l'ennemi qui revient, ceux de Louisville en octobre. Ils sont là en masse. J'organise l'arrière garde, toi tu mènes le plus de monde possible par l'arrière. Traversez le ruisseau gelé et direction plein sud. Guides les, et gardes Vareshkova près de toi. Elle est importante, plus que nous. Moi, je retarde tous ces connards ici. |


Je n'attends pas qu'il obtempère ou non. Je me fiche de son avis. Nous ne pourrons jamais tenir. Ou ce que j'ai organisé comme milices et soldats retient l'ennemi assez longtemps, ou bien nous mourrons tous. Hommes, femmes, enfants. Je me précipite dans la station service alors que le bâtiment tremble d'une explosion toute proche, qui soulève un choeur de hurlements d'agonie en direction de la clôture. J'avance vers la radio ; Bertin n'y est pas. Peut être en train de se reposer... OU de se taper Jenna. Putain de merde, je crache un juron. J'étais au courant de manière toute récente, après avoir pris la sniper sortir de la tente du soldat. Nous nous étions disputés. J'avais coupé court, et étais parti. J'espérais que Bertin ne soit pas avec elle... Mais au fond, cela n'avait plus d'importance. Je me saisis du combiné et tourne le bouton de fréquence, n'entendant que des grésillements. Je finis par passer sur le réseau satellite, même si l'épais manteau nuageux, les orages électro magnétiques d'altitude et les radiations empêchent d'ordinaire toute communication. Je finis par m'impatienter, et par hurler de désespoir qu'il me faut quelqu'un au bout du fil. Perdant toute contenance, je me laisse aller au désespoir le plus absolu. Voix plate, atone. Nous allons tous mourir, et personne ne le saura jamais en dehors de nos assassins.


| Est ce que quelqu'un m'entend ? Il y a quelqu'un ? Nous sommes les derniers survivants ? Nous sommes les derniers survivants ? Est ce que quelqu'un m'entend? |


Grésillement. Et une voix s'élève.


| QGI à l'écoute, nous vous entendons. Identifiez vous? |


Estomaqué, je ne comprends pas. Mais me reprends. Je me fiche de qui sont ces gens ; ils représentent notre seul espoir.


| Lieutenant Philippe Raulne, escadron de reconnaissance du 1e RHP, commandant du camp de réfugiés D57. Coordonnées F-HN-PC-107-D57, code d'autorisation X1-R-HN-MC. |


Nouvelle secousse. Dehors, les tirs et les hurlements s'intensifient. Je sue à grosses gouttes malgré le froid polaire. Silence. Grésillement. Cela s'éternise. Mes codes sont périmés, bien sûr, mais j'espérais que...


| X-R-HN-MC, je vous passe mon officier de quart. |


Je lâche un profond soupir de soulagement.


| Raulne. Philippe. C'est toi ? |


Mon cœur s'arrête, et je reste coi de surprise pendant un instant avant de balbutier.


| Colonel Ganz ? Bram, c'est bien toi ? |


Mon colonel, mon chef de régiment. Notre unité était pour partie en Centrafrique quand la troisième guerre mondiale s'est déclenchée, pour partie en casernement dans le sud et en partie en manœuvre. Ganz répond. Je lui explique que le commandant est mort, que je suis à la tête de ce qu'il reste des fantômes, et que j'ai protégé autant que faire se peut les civils regroupés avec nous. Je lui explique la situation. Le camp est attaqué par les mêmes envahisseurs qui dévastent la Normandie depuis des semaines. Ganz soupire, et je sais au ton de sa voix lorsqu'il reprend, la teneur de ce qu'il va me demander.


| Ecoutes, Phil. La situation a changé. J'envoie tout ce que je peux pour vous dégager de là, mais il me faut une bonne heure pour être sur place avec les renforts. Tu saurais tenir jusque là ? L'Empereur a... |


| L'Empereur? |


Il soupire.[i]


| Nous savons qui est à l'origine du conflit, Raulne. Et on a un nouveau commandant en chef, de nouveaux alliés. On peut gagner une fois qu'on aura fait le ménage chez nous. Tiens autant que possible, et repliez vous sur le sud, vers Montmartin et on vous prendra au passage. Il faut que tu... |


[i]J'écoute pendant deux minutes son récit, et son ordre. J'acquiesce, je raccroche. Le coin va vite devenir intenable, mais je dois tenir. Tenir envers et contre tout. Je lui ai parlé de Vareshkova, des écorchards, de l'attaque. Il me dit que je ne dois pas m'en faire ; que le « paquet » que j'avais gardé en sécurité jusqu'ici sera récupéré, et changera la donne du conflit. Que nous avons tous bien servi, et qu'il sauvera un maximum d'entre nous. J'ai compris, de toute manière. Quand je raccroche le combiné et que je ressors au dehors, les traçantes frappent le camp, traversent les bâches et pulvérisent les abris alors que les détonations sourdes et multiples d'une fusillade à grande échelle se font entendre. Je découvre à la sortie de la station essence une bonne partie de mon peloton, de mes camarades, que je connais et que je commande depuis des années. Tout autour de nous, c'est la panique. Des hommes portant l'uniforme mènent pourtant civils et réfugiés vers l'arrière du camp, vers le sud. Je me tourne vers mes hommes.



| Fantômes... Voulez vous vivre pour toujours? |


Lorsque je m'élance, ils sont sur mes talons. Ceux que j'ai pu réunir. Pas tous. Certains, beaucoup, sont probablement déjà morts. D'autres encadrent probablement l'exode. Je n'ai plus le temps de réfléchir. La barricade nord est enfoncée, pulvérisée par les tirs d'armes lourdes. Des corps déchiquetés partout autour. L'ennemi avance en masse, sous le couvert de ses blindés. Un homme à côté de moi s'effondre. Un autre plus loin, couché à plat ventre, se crispe et plaque une main sur une plaie béante qui vient d'apparaître sur sa cuisse. Je pose un genou à terre, et j'aligne ma mire. Je presse la détente.


La fusillade s'intensifie, alors que mes renforts, un moment, renversent la balance. Puis, d'un coup, l'ennemi se jette sur nous en hurlant, dépasse les barricades. Un autre de mes hommes s'écroule, le front pulvérisé par un tir, m'éclaboussant d'une brume sanguinolente. Je réplique au coup par coup, mon arme tapant contre mon épaule à chaque tir. Nous massacrons un de leurs groupes qui pénétre dans le camp en franchissant les barricades ; les hommes s'écroulent, mis en pièces. Des fumigènes sont tirées ; les projectiles laissent une traînée de fumée derrière eux. Un cri, un ordre, alors que les obus crachent des panaches de fumée colorée. Mes fantômes se fondent dans la brume artificielle. Je tire sur une silhouette non loin. Elle s'écroule. Mon arme cliquette. Plus de balles. Je l'abandonne et tire mon crève-coeur du fourreau. Nous nous dispersons dans le décor, prêts à la guerre qui est la nôtre. Quand l'ennemi attaque, muni de masques à gaz, nous lui sautons dessus, surgissant des tentes, de derrière des caisses, de sous les corps... Le choc. J'entaille un homme en pleine gorge en poussant le cri de guerre de mon unité, avant de me jeter sur le suivant, qui me tire à bout portant plusieurs projectiles qui à cette distance, traversent mon pare balles. Je l'atteins malgré tout, la bouche pleine de sang que je lui crache plein de haine en plein visage. Je le plante en plein abdomen. Encore, et encore, je l'étreins contre moi alors que mes hommes et mes ennemis meurent tout autour de nous. Ma cible s'écroule, et je tombe à genoux, haletant. Mon uniforme se teint de rouge, au niveau de ma poitrine côté droit, et de mon abdomen côté gauche. Un filet de sang coule de ma bouche. L'ennemi me dépasse, mes hommes sont morts. Je jette un coup d'oeil derrière moi ; les gens, civils et militaires, que j'ai connu, protégé, encadré, se battent avec acharnement pour protéger la retraite des autres. Mon cœur, ou ce qu'il en reste, se gonfle de fierté. J'espère qu'Erwan a accompli mon dernier ordre, qu'il a su protéger ce qu'il reste de mes frères, comme Bertin. Que Jenna survivra et trouvera l'homme qu'elle mérite, la paix qu'elle recherche. Qu'Eléanore s'en tire, elle aussi. Comme Mathilda. Ma dernière pensée est pour Natalya, qui va ramener la paix sur cette terre, je l'espère de tout l'espoir qu'il me reste. Natalya, et tous les autres... Des gens que j'ai eu fierté à mener. Peu importe qu'ils m'aient détesté. Maintenant, ils sont prêts, tous autant qu'ils sont. Et moi, je suis enfin en paix avec moi même. Tout mon chemin, tout c que j'ia fait dans ma vie, a contribué à cet instant précis à m'amener jusqu'ici. Lorsque la vague suivante de nos envahisseurs arrive à mon niveau et que plusieurs mecs en tenue de combat intégrale s'arrêtent devant moi et me mettent en joue, je pars d'un rire teinté d'ironie. J'ai fait ce que j'ai pu, et je n'ai aucune idée si cela a suffi.


Et la grenade, dont la goupille est restée dans ma main, roule vers eux, lentement inexorablement, dans le no man's land ténu qui nous sépare. Mon rire se fait forcené, hystérique.



| It's a good day to die hard. |


Je meurs en riant aux éclats de ma dernière vanne, de mon dernier pied de nez au monde, larmes aux yeux et filet de sang coulant de ma bouche.


Détonation.


Mon casque roule et rebondit sur le sol neigeux, recouvert de son tissu blanc pour le camouflage hivernal, la jugulaire arrachée.



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MessageSujet: Re: Dark Skies - Mission de fin   Jeu 9 Oct - 13:40

Maël était une fois de plus à l'extérieur, comme la quasi totalité des nuits depuis que ce foutu bordel avait commencé. Ses nuits étaient beaucoup trop agitées pour qu'il parvienne à dormir plus de quelques heures. Ainsi privé de ce besoin fondamental, Maël n'était plus que l'ombre de lui même. Toujours fatigué, jamais réellement réveillé, jamais totalement endormi. Enfin bon, tous les survivants ont leur lots de problèmes et tous les quotidiens sont plus difficiles les uns que les autres. Mise à part se serrer les coudes et ne pas trop se lamenter sur son sort, il n'y avait malheureusement pas grand chose à faire.
Maël était donc une nouvelle fois dehors, mais cette fois pour assouvir un autre besoin fondamental : pisser. Il était à la lisière du campement, au sud, debout dos aux tentes. Soulageant sa vessie et ses sombres pensées. Seul les hommes peuvent comprendre le bonheur de pisser seul, debout au milieu de la nuit sous un ciel étoilé. Il est en tee-shirt, parce qu'il vient seulement de sortir de la tente, que la morsure du froid est encore agréable, et lui rappelle la montagne, un doux souvenir. Une cigarette mollement pendue à ses lèvres, les yeux vers l'horizon. Il pense... Haaa qu'on est bien.

Mais à peine remonte-t-il sa braguette qu'une explosion retentissante déchire le silence. Bien plus que le bref éclair de lumière qui illumine une partie du ciel, c'est le grondement assourdissant de l'explosion qui remplit l'air d'un sinistre présage. Maël réagit au quart de tour et tourne les talons. Ce son il le connait, une explosion toute militaire, il ne faut pas plus de quelques centièmes de seconde pour que l'info percute : le campement est attaqué. Le réflex humain basique aurait été de prendre la fuite, pour sauver sa peau, biensur. Il était si prêt de la forêt, toutes ses chances de survies dans les profondeurs obscures sous les arbres. Mais Maël est un militaire, déserteur certes, mais ex-militaire on ne l'est jamais, les idéologies disparaissent, pas les réflexes. Sa vie passera après celles des autres. Sa première pensée va tout de suite à Alice. Parce qu'elle est tous ce qu'il lui reste, sa seule et unique partenaire dans ce chaos apocalyptique. Pas le temps d'épiloguer sur la nécessité de son sauvetage et le pourquoi de son importance. Il faut agir. Maël cours, à toute jambe, il n'a jamais couru aussi vite. Son cœur s'emballe, un point de côté lui déchire la poitrine, l'air froid lui glace les poumons, ses jambes le lancent, mais il accélère encore. Traçant un sillon, au plus cour, entre le dédale de tentes qu'il maudit. Il saute par dessus les cordons tendus, tandis que les premiers survivants sortent à peine de leur tente. A le voir ainsi fendre l'air à se déchirer les muscles on se dit que finalement Carl Lewis n'était pas si rapide. Son cœur pompe de l'acide lactique tandis qu'il heurte une épaule surgissant soudainement d'une tente et s'écroule, quelques mètres plus loin, roulant à moitié sur une autre tente.
A ce moment là, maintenant immobilisé, le son semble soudainement le rattraper. C'est un vacarme assourdissant d'explosions, de tires nourris, et de hurlements de terreur. Les balles sifflent dans l'air, et les détonations rythment le concert chaotique de destruction. Maël se relève péniblement, éreinté, à bout de souffle, il peine à respirer. Maudite cigarettes. Il enrage. Près de 13 ans de tabagisme et autre abus le rattrape d'un seul coup. Malédiction. Rajoutons la mention 'fumer vous empêchera de courir sauver vos proches' sur les paquets de Malborro. Ca aura peut être plus d'impact. Mais il se relève en dépit de toute bouffée d'air, et titube avec difficulté. Il a face à lui un flot compact de survivants qui courent pour fuir la terreur de l'attaque, et tenter de sauver leur vie. Remonter le fleuve compact et paniqué devient beaucoup plus difficile. Les tentes sont piétinés dans la confusion générale, tandis qu'il pleut des débris en tout genre, les retombées des explosions plus au nord. Les gens pleurent, cours, hurlent, et Maël ne déroge pas à la règle.

« ALIIIIIIIIIICEE »
Son hurlement déchire la nuit, il ne s'entends plus, mais il hurle encore et encore à s'en bruler les poumons tandis qu'il progresse difficilement empêtré dans la boue de piétinement, et bousculé par des survivants paniqués, fou courant pour leur vie. Contre toute logique il continu de remonter vers les lieux du combat, s'approchant de plus en plus des explosions. Il doit absolument retrouver Alice, il n'a pas d'autre but, pas d'autre objectif. Il l'a laissé dans la tente, elle y est peut être encore. Et il fini par atteindre enfin la tente-tempête, leur petit palace douillé. Il écarte frénétiquement la toile, mais...Rien. Elle est déjà partie. Dieu sait où !
Il se relève une nouvelle fois forme un cône avec ses mains autour de sa bouche et hurle du plus fort qu'il peut, encore.

« ALIIIIIIIIIICEE »
Il faut qu'elle l'entende il faut qu'il l'a trouve.

Il s'est plongé dans les combats, où ce sont les explosions qui comme la gangrène ont progressé dans le campement. Autour de lui ce n'est que terreur et désolation. Les tentes sont détruites, des explosions répétées modifient le paysage traçant des cratères dans le D57. Putain mais c'est quoi ce bordel ! Qui sont les attaquants ? D'où viennent-ils ? Combien sont-ils ? Nom de dieu, que faut-il faire !!! Il cherche Alice, il ne voit rien dans la nuit, il y a trop de gens, trop de hurlements, trop de mouvements. Et le son, le son est insoutenable, les détonations continuent de déchirer la nuit.
Un hurlement proche ramène ses yeux vers le nord, c'est un hurlement de douleur. Il cours sur quelques mètres, et trouve un homme qui tente péniblement de se hisser hors d'un cratère, il rampe et trace un sillon dans la poussière en hurlant d'une douleur inhumaine. Il n'a plus rien sous la ceinture, et il traine misérablement derrière lui ce qui lui reste de ses tripes. La vision est horrible, inconcevable, irréelle. Maël s'approche et le saisi par le gilet pour le tirer sur quelques mètres et l'adosser à un monticule de débris. Il ne le connais pas. Maël n'est arrivé au campement que depuis quelques jours, il n'a pas encore rencontré tous le monde. Mais dans cette situation il n'y a ni ennemi, ni ami, ni famille. Juste des humains. Tous frère.

« Ca va aller, ca va aller. » lui dit il d'une voix forte dans l'espoir vain que ses mots couvrent les échanges de balles. Une fusillade dangereusement proche. Mais l'inconnu a quelques spasmes de froid et crache du sang. « Nous allons nous en sortir...ca va aller » Maël n'en a pas la moindre idée, il lui ment de toute évidence, mais il veut le rassurer face à l'inévitable mort qui vient le chercher et d'ailleurs bientôt...l'homme ne bouge plus du tout. Maël prend l'absurde précaution de lui croiser les mains, et de lui fermer les yeux. Peu importe qu'il soit un inconnu, peu importe qu'il soit mort rapidement. C'est un frère qui vient de s'éteindre devant lui. Maël enrage, c'est injuste. Le camps n'était pas une menace, pour personne, ils essayaient simplement de survivre. A leur façon. Toute l'injustice de ce monde l'envahit soudainement, avec ce cadavre, cet inconnu qui comme le soldat inconnu était à lui seul le symbole de tous les morts. Tout d'un coup cette attaque n'était pas seulement soudaine et dévastatrice, mais c'était comme si pour Maël c'était les responsables de cette guerre qui les attaquaient. Comme pour finir le travail. Achever les innocents. Cette guerre est absurde et plus elle semblait absurde plus Maël était révolter. Bon sang tant de meurtres pour quoi ? On ne sait rien bordel ! c'est tellement incompréhensible. Louis, Louis son frère était mort putain, pulvérisé par une bombe, ça n'a aucun putain de sens. Toute la terreur de Maël s'alliait à son sentiment d'injustice et de frustration, et le tout se transformait en une rage forte et puissante. Il se transformer en super-sayan, prêt à tout détruit, buter tous ces connards jusqu'au dernier.
Un cri retentit dans la nuit, il exulte, il est puissant fort, bien au dessus du reste.

| Fantômes... Voulez vous vivre pour toujours? |
C'est probablement le lieutenant Raulne, difficile à dire à cette distance, mais il fait partie des rares personnes que Maël connait ici, alors il a envie de croire que oui c'est lui. La phrase est une détonation dans sa tête. Il s'est méfié sur sergent depuis son arrivé, méfiant et effrayé qu'un jour l'homme découvre qu'il était déserteur. Et pourtant maintenant, il voulait être à ses côtés, charger, courir vers ses enculers, pour un dernier assaut, une vendetta sanglante. Pour l'honneur, pour offrir du temps à ses survivants qui courent encore. Offrir du temps à Alice.
Maël bondit de rage, puis il attrape le Pamas G1 laissé quelques mètres plus loin, il l'empoigne d'une main expérimentée et déterminée. Il éjecte le chargeur et l’inspecte. 3 balles. Pas une de plus. Il pose son poignet armé, sur son avant bras gauche à l'horizontal. Il avance d'une marche rapide et souple, avalant et amortissant les aspérités du terrain. Sa formation militaire ne lui fait pas défaut, tous ses réflexes sont revenus. C'est une machine à tuer. Devant lui c'est un épais nuage de fumée qui enveloppe le champ de bataille dans lequel quelques éclairs bruyants trahissent l'emplacement des tireurs. Il franchit le mur blanc des fumigènes sans difficulté et disparaît dans la brume, comme un souffle.

Combattre dans le brouillard fait partie de sa formation. Combien d'heure avait il passé en survie, pendant des jours blancs en pleine montagne. Il avait presque un sixième sens pour se déplacer à l'aveugle. Il s'avance, d'un pas souple. Le fracas des tires, se fait lointain, comme si un filtre couvre les bruits trop loin. Il est à l'écoute. Prédateur tapis dans l'épais nuage.
Une ombre, armée. La silhouette tire des rafales vers le sud. Il est entièrement vêtu de noir. Un commando ? Peu importe, il n'en faut pas plus. Maël presse la détente. Une balle une seule, elle va se loger dans la jambe de ce pauvre type, la rotule explose, il s'écroule. Maël cours balance son pied, et atterri sur l'homme. Celui-ci est cagoulé, masque à gaz et gilet technique. Ennemi identifié, clairement, Maël n'hésite pas une seconde de plus et lui tire une balle dans le cou, à bout portant, de sang froid. La chair de l'inconnu explose et une giclé de sang tapisse le visage de son meurtrier. La balle elle ne laisse plus qu'un trou béant sous son menton, traversant le cou de part en part. Maël dessangle le masque en vitesse et le pose sur son propre visage et il continue sa progression, enjambant le corps. Plus qu'une balle. Une balle. Rien qu'une.
La seconde silhouette n'est guère plus loin. Maël tire une nouvelle fois, mais l'homme bouge et la balle le frôle, sans le blessé. Il se retourne et tire à son tour une rafale sur son assaillant. Trois pointes d'acier lui fendent la chair. Maël est cisaillé, la première balle s'est logé dans la cuisse, la seconde lui a effleuré le mollet, et la troisième a fait disparaître son pied, comme ça, en un souffle. Le montagnard ne tient plus debout et s'écroule à son tour. Couché par la douleur. En désespoir il jette son arme sur l'inconnu. Mais c'est un geste inutile. L'homme approche d'un pas déterminé et se penche sur lui. Maël est à plat ventre. Il sait que c'est fini. Ironique comme à son habitude il félicite le démon qui se cache derrière le masque.

« Bien joué mon gars, la prochaine fois c'est.. », l'homme ne le lui laisse pas le temps de finir sa phrase, Maël à le souffle coupée, par une lame glaciale qui vient se loger entre ses omoplates avec une précision toute chirurgicale. La douleur aiguë et cinglante lui couple le souffle. Il écarquille les yeux. Et l'homme retire la lame, lui donne un méchant coup de pied dans les cottes, qui contraste étonnamment de douceur par rapport à la douleur de ce coup de couteau fatal. Maël voudrait parler mais il n'en a pas la force, il a l'impression que ses poumons se dilatent vainement en quête d'air. Il n'entends plus son propre souffle. Il arrache son masque à gaz. S'offrant quelques minutes de sursis, agonisant.
Un peu plus loin son bourreau s'écroule à son tour, aux prises avec un survivant armé d'un couteau. Justice. Ce ne sont que des ombres, mais au moins Maël sait qu'il est vengé. Par un inconnu, par un survivant, par un fier membre de la station D57. Qui sait peut être même par le lieutenant Raulne.

Tout est aller si vite. Trop vite. Il n'a pas eu le temps de revoir Alice, il aurait donné n'importe quoi pour apercevoir son sourire...une dernière fois, rien qu'une seconde. Il faut qu'elle ait survécu, il faut qu'elle ait couru comme les autres vers la forêt, qu'elle se soit échappée, sortie de cette folie. Il le faut. Il n'y a qu'elle qui compte, qu'elle qui méritait de survivre à toute cette merde. Elle seule. La vie de Maël n'a pas d'importance, seul celle de son ange importe. Il s'était juré de la protéger, et il était là maintenant, agonissant misérablement. Il abandonner son poste, son devoir...abandonnait Alice...
Il rampe péniblement, sur quelques centimètres. Pour aller où ? Aucune idée ! ça n'a pas de sens il va mourir de toute façon. C'est comme si avancer, l'aidait à survivre, à repousser la mort mais inexorablement la vie le quitte. Il ne sent déjà plus ses membres. Il pleure. Il pleure de douleur. Il pleure de soulagement. Fini de lutter.
Adossé à un corps, il lutte quelques instant pour dans un ultime effort sortir son paquet de cigarette. Il en tire une et la glisse entre ses lèvres. Le geste est comme un ultime bras d'honneur au monde, un FUCK monumentale pointé vers tous. Vers les bourreaux quelques part responsables de tous ça. Il veut sortir son Zippo mais le froid à raison de ses articulations, et le morceau de métal tombe dans la neige. Il reste là. Clope au bec. Impuissant.
Un voile trouble couvre sa vue, il ne voit plus rien, bientôt. Il distingue vaguement l'ombre de deux jambes. Qui s'approchent de lui. Leur propriétaire ramasse calmement le briquet et craque la pierre. La flamme est brillante et aveuglante, Maël ne voit plus qu'elle. Qui que tu soit inconnu(e) soit bénit. Assaillant, ou survivant. Peu importe qui tu es. Merci.

Le dernier mouvement de Maël est de pisser les lèvres, tirer sur sa clope, une dernière latte. L'extrémité s'embrase et illumine son visage une dernière fois, la fumée descend dans sa gorge, mais c'est le sang qui remplit ses poumons.
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La vie mène à la mort, mais il ny a pas quun chemin



MessageSujet: Re: Dark Skies - Mission de fin   Jeu 9 Oct - 18:00

La vie est un long fleuve tranquille, quel est l'abruti qui a bien pu dire cela ?

Ce camp qui nous avait accueillis a bras ouvert m'avait redonné le sommeil, dans la mesure du possible, et cette nuit ne faisait pas exception, chaque heure que je pouvais rattraper était une véritable bénédiction ... Enfin c'était ce que je pensais jusqu'à ce qu'un bruit me réveille. Un bruit que je connaissais trop bien, et qui étais beaucoup trop proche. Dans un sursaut je m'étais relevé, cherchant Maël de mes petits yeux endormie. Je me retrouvais confronté à ma plus grande frayeur, un situation que je n'avais pas connu depuis le début de cette guerre. J'étais seule, toute seule, et en danger. Je me hâtais de sortir de la tente, il fallait agir, je ne pouvais rester seule ici, il fallait que je retrouve Maël, ou que je part, ou que ... Je ne savais plus en fait, que faire ?

Mes mains commençait à se mettre a trembler, puis le reste de mon corps suivit, je resté au milieu de tout ces gens paniqué et j'étais comme figée, glacé dans l'instant. Je voyais toute ces vies qui allait surement être balayé, tout comme la mienne si je n'agissais pas, et pourtant je restais pétrifié.
La nuit était parsemé de nouvelles étoiles, des étoiles de feux, brûlant l'obscurité, c'était un spectacle captivant et terrifiant. Je ne continuais pas de le regarder, attraper par le bras par un homme que je ne connaissais pas et qui voulait surement faire sa bonne action de la journée. Sans un regard il me traîna sur quelques mètres, et je le suivait me sentant incapable de tout, perdue.

Il aurait peut-être pu me sauver, si seulement il avait pu ... Il était là a courir m'agrippant toujours comme pour se donner du courage, et l'instant d'après il s’effondrait m’entraînant dans sa chute. De minuscules gouttes d'un rouge vifs vinrent recolorer mes vêtements. Une balle en plein cœur l'avait tué sur le coup, c'était surement mieux ainsi ... Des yeux horrifiés je rampais plus loin, un endroit un peu plus a l'abri, même si aucun abri n'est valable ici. Maël, des morts, les explosions, les tirs, la fusillade, la peur, une crise de panique m'envahissait peu à peu, j'arrivais de moins en moins à respirer, il fallait pourtant que je survive ... Survivre, ce mot qui n'avait finalement correspondu a rien ces derniers mois, c'était aujourd'hui qu'il prenait tout son sens. Oui survivre, voila ce qui me redonnait espoir. L'espoir fait vivre. D'un bon, malgré mon souffle court je me remettais à courir, ne sentant pas mon propre sang couler lentement d'une entaille que j'avais du me faire pendant ma chute. L'adrénaline, cette force ne devrait pas être sous-estimer.

Alors que je courais essayant de rester au maximum à l'abri, évitant les obstacles qui venait me barrer le passage, je cru entendre mon nom entre deux explosions, un son étouffé déjà loin derrière moi. J'avais eu une seconde d'hésitation, mais c'était impossible, et même si j'avais bien entendu mon nom c'était trop dangereux, il y avait cet homme étendu sur le sol, tué d'une balle dont le son sifflait encore dans mes oreilles. Je ne pouvais plus faire demi-tour c'était trop tard.

Je courais encore, ne sachant plus où j'allais parce que ma vue se brouillait de larme, colère ? Peur ? tristesse ? Un peu de tout ? J'avais poussé Maël a faire le choix de nous arrêter ici, je le lui avais imposer, mon absence de force nous avais amené directement à notre perte, je n'avais pas écouté son mauvais pressentiment ... Et le pire de tout c'est que nous n'étions pas ensemble dans ce chaos.

Au détour d'un arbre, que j'évitais en regardant a peine où j'allais, une ombre noir apparu dans mon champ de vision, alors que les pleurs et les cris effrayés d'un enfant retentissait. Mon espoir ne dura pas longtemps, cet espoir que cette ombre ne soit pas Satan. Un reflet argenté laissa en effet apparaître l'arme du bourreau, un couteau. Sans réfléchir je fis un geste que je n'aurais surement pas eu le courage de faire pour un adulte, je viens m'interposer entre cette ombre effrayante et ce pauvre petit. Je commençais a lutter contre cet infâme tueur qui venait me voler mon semblant de vie. Cet homme avait fait renaître toute ma rage, celle de toute mon adolescence contre mon père, celle que j'avais contre tout ceux qui avait créer cette guerre, toute la rage du monde devait se lire dans mes yeux et dans cette force qui surprenait mon adversaire.

Cours ! Enfuis toi vite !

Comment aurais-je pu réagir autrement ? Si je m'étais enfuis simplement les cris de cet enfant, la vision de sa mort que j'aurais pu éviter, m'aurait ronger toute ma vie.
Bien sur je n'avais aucune chance, contre une personne aussi préparé je n'avais réellement aucune chance, je n'étais pas militaire et extrêmement forte, la rage n'a pas pouvoir suprême. Je sentie une douleur aiguë, un grand frisson et un froid plus intense encore que le climat glaciale qui me submergé. Comme si mon corps essayé d'attraper tout le froid qui m'entourait. Ma blessure s'élargit lorsqu'il retira la lame, créant une plaie béante, une monstrueuse plaie qui me condamnait, une plaie qui invitait mes boyaux à sortir, foutu couteau militaire à la con ! Je ne pus retenir un cri tant la douleur me submergea d'un coup, me lacérant encore plus que la lame.
Le dernier mot d'un être vivant que j'étais alors condamné a entendre était un "Désolé", qu'il avait prononcé en plongeant son regard dans le mien, dans mon regard dont la flamme s'éteignait doucement.Il avait rajouté à cela un sourire victorieux.
Ma dernière force me vient pour simplement dire Crève. Je n'aurais pas pu prononcer un mot de plus, et je n'aurais de toute façon pas voulu plus lui parler.

Et puis il m'avait lâché, me laissant m'effondrer sur le sol dur et froid, je laissais la mort me happer doucement, sachant que je n'avait pas la moindre chance de survivre, je pouvais enfin arrêter de lutter pour vivre. Et j'allais peut-être le retrouver, laissant derrière moi si peu de chose, Maël avec qui je serais peut-être déjà loin normalement ... et c'est tout ce que je regrettais véritablement de laisser.

Jugement dernier, folie, vision, vérité ? Je ne puis vous donner la réponse, mais la dernière chose que je vis en ce monde fut Louis, comme dans un flash. Un dernier sourire vint illuminer mon visage, comme si aucune douleur ne m'avait traversé. Un sourire figé par la mort.


« Loin de son pays des merveilles. »

« La beauté plaît aux yeux, la douceur charme l'âme. » Laissez moi espérer que je puisse plaire et charmer, ce bon vieux Voltaire m'aurait surement aimé.
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MessageSujet: Re: Dark Skies - Mission de fin   Jeu 9 Oct - 18:32

Raulne et son groupe sont revenus il y a peu de leur expédition vers le sud. Marielle est sortie de l'hôpital. C'est étrange comme, finalement, je me suis habitué à ce monde, à cette routine. Le froid m'est familier, les nuits sans sommeil ne me paraissent plus qu'une évidence. C'est comme si le passé n'avait jamais existé... Sauf les gens que l'on y a connu. Je n'arrive pas à oublier ma fille. En essayant de ne plus y penser elle me hante encore plus... Ca n'empiète en rien sur mon travail, mais ça me ronge. Je le sais, je le sens. Des fois je me dis qu'elle vit peut être encore. Parce qu'au camp D57, on ne sait rien de ce qui se passe à l'extérieur. Nous sommes enfermés sous un dôme invisible et hermétique, sans vraiment connaitre l'avancée ni l'étendue de la guerre. Peut être est elle finie en france, après tout. Enfin.

J'ai longtemps réfléchi à la proposition incongrue de Beaumarchais. Dormir ensemble... Est-ce que ça changerait réellement quelque chose, outre la prise de risque énorme que cela représentait ? Je ne pouvais avoir la réponse sans avoir testé, même si ça me tuait que ce soit possible. Putain depuis quand j'avais besoin de dormir avec une femme ? Alors je me disais que je le faisais pour elle, parce qu'elle m'avait avoué qu'elle en avait besoin. Tout de suite, c'était un peu plus honorable. Et puis je l'aimais. Elle m'aimait. Que ce soit possible ou pas, que ce soit la plus grosse connerie de toutes nos vies, c'était comme ça.

Je venais de rentrer d'un raid, pas très loin du camp mais on pensait pouvoir y trouver de quoi se sustenter encore un peu. Il y aura bien un jour où l'on sera coincés ; après avoir pillé toute la bouffe des environs. J'étais, constat peu étonnant, beaucoup moins sur les nerfs depuis que Reh ne trainait plus dans mes pattes. J'ai quelque peu molesté son frère mais il ne savait vraiment rien. Alors, un déserteur. Quelques équipes avaient été renvoyés à sa recherche sans aucun résultat. Et moi j'étais tranquille.

Après avoir ramené de maigres provisions et fait mon rapport, je restais dans ma tente pour régler quelques affaires jusqu'au couvre-feu. Je me savais assez discret pour passer innaperçu, et je connaissais sur le bout des doigts le camp et son fonctionnement. Je viens armé, par simple réflexe et mesure de sécurité. Rapidement, j'arrive à la tente de la pilote. Je l'embrassais sans pouvoir m'en empêcher avant qu'on essaye de dormir. Je la regarde, la sens se blottir contre moi. Essaye de fermer les yeux. Un bruit me les fait ouvrir et bondir sur mes pieds. Quand on a passé sa vie à faire la guerre, quand les pan-pan-pan ne sont plus qu'un bruit de fond de votre quotidien, on ne se trompe pas sur ce genre de bruit. Je passe ma tête par l'ouverture de la tente ; de violents flash dus aux explosions illuminent le ciel obscur, des cris, le martèlement de pas affolés sur le sol. Je me tourne vers la jeune femme alors que l'incompréhension se mue en panique.

"On est attaqués. Prend de quoi te défendre."


Je lui jette un regard et l'attends un instant.

Avant de me jeter en plein coeur de l'enfer

La nuit est froide, glaciale. Les cris couvrent presque entièrement les bruits des explosions. Nous n'avons plus qu'une possibilité : fuir. Alors je fuis. Je cours. Sans même savoir si, au fond, je tiens encore à la vie. Mais je cours, emporté par l'adrénaline de ma peur, par le mouvement collectif des réfugiés s'accrochant à leur vie eux aussi. Une véritable marée humaine, un océan d'angoisse sous un ciel de cendres et de feu. Bien vite, je repère nos assaillants. Tous en noir. Les mêmes qu'à Louisville, j'en suis persuadé. Mais dix fois plus nombreux et dix fois mieux armés. Nous n'avons aucune chance. A part fuir, à part courir en espérant passer au travers de la pluie d'acier. Tout n'est plus qu'une question de chance désormais, mes compétences ne feront pas beaucoup de différence. Les enfants s'agitent, je lis dans leur regard la panique la plus totale. Ce regard si spécial de celui qui en a vu trop pour son âge. Toutes les mères ont du espérer chaque nuit que leur progéniture survivrait à la guerre. Comme moi, avec ma fille qui est certainement déjà un tas de cendres. Les espoirs volent en éclat, ce soir... Pas la peine d'avoir fait d'études pour le sentir. Mais on court. Je court. Tout le monde court. Plus rien n'a d'importance. Connaitre les causes de cela ne nous aidera pas. Savoir qui ils sont, d'où ils viennent, ce qu'il est advenu du gouvernement n'a plus aucune espèce d'importance. Tout bascule tout à coup, et seule la survie compte. Au milieu de l'enfer, je tire partout où je crois voir mon ennemi. Même si je ne peux le vaincre, je ne mourrai pas sans m'être battu. S'il reste un échappatoire je l'atteindrai, emmenant avec moi le plus de monde possible. Mon regard fouille, scrute, mes jambes m'emportent dans une course effrainée. Je repère Raulne en plein milieu de la tempête, m'approche de lui pour l'aborder. Mon supérieur ne m'en laisse pas même le temps. Je hoche la tête et me tourne vers Marielle, non loin de moi

"Le plus de monde doit nous suivre. Les femmes, les enfants. Encadres-les. Vers le sud, c'est notre seule chance. Et protège Vareshkova en priorité. On se dépêche. BERTIN !"

A quelques mètres de moi, il se retourne. Je lui transmets les même instructions qu'à Marielle. Quand à la russe, je n'ai toujours pas confiance en elle, mais si Raulne m'assure encore une fois à quel point elle est importante, je ne ferai pas autrement. De toute façon on n'a plus le temps de réfléchir. Je reprends ma course fébrile vers le sud, cherchant toujours la belle russe, l'appelant de son nom avant de venir vers elle une fois repérée.

"Le Lieutenant s'occupe de ces enfoirés. On rameute tout le monde vers le sud, restez avec moi."

Le déluge nous entoure toujours. La neige se mèle aux balles, l'hiver à la mort. Les cadavres jonchent le sol, certains trébuchent, tombent à leur tour pour ne plus jamais se relever. Je ne m'en occupe pas. Je continue à canarder et à surveiller l'espionne russe. Je n'ai aucune idée de son importance mais j'ai besoin de me fixer des objectifs. Veiller sur elle et sur le reste des réfugiés qui me suivent. Courir ou tomber. Survivre ou périr. Une existence humaine ne se résume qu'à cette simple équation, finalement. La mienne ne fait pas exception, elle s'est faite dans des bains de sang, et se finira ainsi. Je n'ai aucune illusion. Nous traversons le ruisseau gelé et nous enfonçons dans la foret. Je me détache du groupe de quelques mètres, me fondant avec le blanc immaculé grâce à mes capacités de fantôme. Que ça me serve une dernière fois pour éclairer les réfugiés que je mène. Rien. Un silence absolu sur plusieurs mètres. L'obscurité tapisse les arbres et recouvre la neige d'un manteau sinistre. Sinistre et silencieux. Trop.

La mort aime prendre ses proies par surprise.

Une vingtaine de ces hommes noirs surgissent des abysses de la nuit. Leur tenue se fond, leur respiration ne m'est pas parvenue. Ils m'encerclent, rapidement. Je tire, mais je suis cerné. Un tiers s'écroule sous le pan-pan presque rassurant de mon FAMAS mais les deux tiers restant tirent également. Je sens soudain l'acier de leurs balles cribler mon corps, déchiqueter ma peau, laminer mes entrailles. Je sens la douleur, une dernière fois. L'acier brulant au gout de mon sang. Je tombe à genoux, puis face contre terre, en essayant de tirer comme un forcené, comme un fou. C'est ce que je suis. J'ai la force de me retourner. Je veux regarder mes ennemis avant de mourir, mais ils m'ont déjà abandonné, comme une vulgaire loque. Les quelques restes de ma conscience encore émergés observent. Ils tirent sur les premiers des réfugiés déjà en vue. Des enfants, des civils. Des militaires. Je les vois, alors que ma vue devient floue. Je ne distingue pas Vareshkova. Ca n'a plus d'importance, ce n'est plus mon monde. Je suis entre deux mais pas assez fort pour me tirer vers le haut... La fin me happe, rapidement. Mais tout se passe en quelques secondes, bien que ces quelques secondes soient pour moi des années lumières. Un mouvement non loin de moi, entre les arbres. Quelqu'un a réussi à passer entre les mailles du filet, comme un gamin qui joue à l'épervier. C'est un gamin. Une gamine. Je la reconnais alors que ses cheveux volent derrière elle. Je la reconnaitrais entre mille... Peut être suis-je déjà mort, peut être suis-je en train de rêver. Peut être suis-je fou. Charlotte.

Un dernier battement.

Mort. Je suis mort.

Ma fille s'en sortira peut être.
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MessageSujet: Re: Dark Skies - Mission de fin   Dim 12 Oct - 19:32

La vie, c’est un début et une fin. Et parfois la fin vient plutôt que prévu. J’y pensais de plus en plus depuis quelques jours, mais je ne pensais pas que la fin serait aussi rapide. Je pensais qu’on souffrait quand on mourrait. En fait, non. Moi, je suis partie avec le sourire. Mes dernières minutes furent courte, mais je souriais, on me délivrait. Jules Renart a dit « La mort nous délivre de la pensée de la mort » C’est exactement ça. Je n’ai pas eu peur. J’allais bien, j’allais retrouver ma mère. Ma petite maman. Ce que j’espérais c’était que Mathie vivrait. Elle le mérite. Elle a le droit à la vie, de profiter de sa liberté. Elle aura sa liberté. Je te laisse libre ma Mathie, sache que je t’aime. J’ai fermé les yeux et j’ai vu le visage de ma mère qui me disait « Ne t’en fais pas. Ca ira. »

La nuit avait été agitée ce soir, j’avais eu beaucoup de mal à m’endormir, j’avais senti Mathilda se lever au milieu de la nuit et me laissait seule en m’embrassant sur la joue. Pensant très certainement que je dormais, je la laissais. Dix minutes après, je me relevais, j’entendais du bruit à l’extérieur, un peu trop de bruit et des cris d’un coup. Je me doutais que quelque chose n’allait pas. Je cachais mes effets personnels sous le matelas dissimulé entre le drap et le matelas. Il ne s’agissait que d’une chaine avec une petite croix que l’on m’avait offerte pour mes neuf ans. Et d’une bague. Je les cachais. Je sentais mal cette nuit là. Je la sentais très mal. J’enfilais mes bottes, lors du dernier raid, Mathilda m’avait donné un pistolet que j’avais gardé précieusement. Non je n’avais jamais eu l’occasion de m’en servir. Je le rangeais dans le tenant de ma ceinture en repassant un pull au dessus. Tout cela ne me prit que cinq minutes tout au plus. Je sortais de la tente d’un coup. Je sortis dès que j’entendis une fusillade un peu plus loin que mon campement, vêtue de noire on ne me voyait peut être pas facilement, mais je savais que ma vie n’était que d’une durée limitée dans cela si je ne me sauvais pas rapidement. Mon but à ce moment là fut de retrouver Mathilda, je ne voulais pas être seule. Je ne connaissais personne. Je vis des gens face à moi, ce qui me fit rapidement faire demi tour. Haletante, j’essayais de m’enfuir de sauver ma peau du mieux que je pouvais. Je ne savais pas combien de temps ça pouvait durer. Se cacher alors que la neige entière recouvre le camp, on ne pouvait pas vraiment perdre la trace de quiconque. J'entendais encore des coups de feu. Je fuyais. Courant à perdre haleine, je ne me dis rien. Je ne pense plus, je saute au dessus de corps morts ou en train de lutter contre celle-ci qui arrive. Je savais qu’elle n’était pas loin. Elle me poursuivait, je le sentais quelqu’un tentait de me tirer dessus derrière moi. Je ne sais pas si c’était ma taille fluette ou ma rapidité qui me faisait éviter les balles. Je tirais mon arme de ma ceinture pour me protéger en tirant l’unique balle que j’avais. Je le touchais à la jambe. Et le fit tomber, abandonnant mon arme également devenue inutile.

Ma joie fut de courte durée, je tombais nez à nez avec un ennemi qui pointait sa mitraillette contre mon cœur et sans aucune pitié, me tirait une balle en plein cœur. Je tombais en arrière, dans le sol plus ou moins blanc. Des gens me passaient à côté sans me regarder, essayant de se sauver aussi. J’avais réussi à survivre pendant une demi-heure peut être c’était déjà un exploit. Mon dernier souffle fut pour un autant un soupir de soulagement, je souriais. J’étais heureuse. Cet homme ne m’avait pas tué, il venait de m’offrir le seul moyen de retrouver mes parents. Je souriais, j’étais en paix avec moi-même, jugement dernier ou réincarnation. Je n’en savais que trop rien, mais je voyais le visage de ma mère dans mon regard. J’allais bien. J’étais en paix. Je vais bien, ne t’en fais pas grande sœur. La mort n’était pas froide, bien au contraire, j’étais enveloppée d’une chaleur.

« Les larmes sont parfois une réponse inappropriée à la mort. Quand une vie a été vécue vraiment honnêtement, vraiment avec succès, ou simplement vraiment, la meilleure réponse à la ponctuation finale de la mort est un sourire. »


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MessageSujet: Re: Dark Skies - Mission de fin   Jeu 16 Oct - 12:24

Les choses s’étaient bousculées, en peu de jours. J’étais sortie de l’hôpital, en l’absence de la plupart des militaires de Louisville. J’avais choisi de mener à bien une équipe de baroudeurs, les rares restés au camp, à la recherche de ressources. Nous allions en manquer cruellement, si nous ne faisions pas d’efforts. Rien de trop contraignant, ou difficile, de la simple cueillette, et si nous avions de la chance du braconnage, mais j’en doutais. C’était là que j’étais tombée sur la gamine, Charlotte, seule. Ca m’avait pas mal occupée. La petite était curieuse, et posait énormément de questions. Ca me distrayait, je crois. M’obligeait à ne pas penser au désastre ambiant, même si l’on acquérait certaines habitudes. C’était vers elle que mes pensées se tournaient, alors que Comet s’arrachait à mon étreinte, m’annonçait de m’armer. C’était déjà fait, j’avais reconnu les bruits, d’un coup. J’étais mal à l’aise. Je n’attaquais pas sur le terrain, mais en l’air. Je n’étais pas à ma place. Je ne pouvais pas faillir à ma tâche pour autant. En un instant, j’étais sortie, mais je ne suivais pas Comet. Je prenais une toute autre direction, la tente de Jenna. Je lui avais demandé si la petite pouvait dormir avec elle pour la nuit. Qu’en avait-elle pensé, s’était-elle doutée de la réelle raison ? Ca n’avait aucune importance, encore moins maintenant.

Je me frayais difficilement un chemin, entre les gens paniqués et les ennemis. Peu importait, je devais la protéger. Je m’étais attachée à la gamine rapidement. Peut-être parce qu’elle me rappelait mes sœurs. Peut-être parce qu’elle n’aurait simplement pas du se trouver là. Je m’effaçais pour laisser Jenna passer, lui signalant d’un signe de tête que je gérais la gamine, que je veillerai à sa survie, que je l’amènerai se cacher, avec les autres que nous devions protéger, et que je reviendrais prêter main forte à tout le monde. Je ne lui adressais pas un mot, Charlotte ne m’aurait de toute façon pas entendue, et je courais, en la tirant par la main. Je devais simplement la mener à couvert.

J’étais revenue vers Comet, quand je l’avais aperçu, laissant l’adolescente se diriger vers les arbres, lui promettant que j’arrivais. Que je ne la laisserai pas seule. Il ne me laissa aucun temps, me donnant ses ordres, et j’acquiesçais sans même discuter, repérant et récupérant Charlotte, puis rassemblant les petits qui s’étaient naturellement regroupés, terrorisés. Je ne pouvais tous les rassurer, je n’en avais pas le temps, mais je les sauverai, si je le pouvais. Une mère avait pris la tête de la marche, suffisamment volontaire pour les guider alors que je couvrais leurs arrières, Charlotte à mes côtés qui n’avait pas voulu me quitter. J’aurai préféré égoïstement qu’elles soient au milieu du groupe, protégée. Mais je ne pouvais lui enlever la seule attache qu’elle avait. Alors elle marchait devant moi, pendant que je fermais la marche, surveillais nos arrières.

C’est là que je le vis. Le tireur, accroupi, qui la visait. Mon sang ne fit qu’un tour, alors que je la poussais un peu durement sur le sol, pour me mettre à l’instant où elle se trouvait quelques secondes auparavant, et être visée par les balles de notre ennemi. Je n’eus le temps de rien, si ce n’est de lui crier de courir, et de m’effondrer. Le froid n’a pas le temps de m’envelopper, que je me sens partir. Tout le monde pense que l’on voit sa vie défiler, pas moi. Je vois Charlotte courir, et se cacher. Pourvu qu’elle y arrive.


I'm waking up to ash and dust,
I wipe my brow and I sweat my rust, I'm breathing in the chemicals, I'm breaking in, shaping up, then checking out on the prison bus, This is it, the apocalypse.

Radioactive - Imagine dragons
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MessageSujet: Re: Dark Skies - Mission de fin   Sam 18 Oct - 14:32



Tout a un commencement et une fin.


H +1
Lyra…. LYRAAAAAAAAAAAA Je vois ma sœur tomber, et son sang teinter la neige sur en dessous de son corps. Je me débats comme une furieuse, l’appelle, essaye de la rejoindre alors que des larmes coulent de mes yeux. Je veux la rejoindre. Il faut que j’aye la soigner. Il faut que j’aye l’aider. Elle s’en sortira. Elle s’en sortira comme d’habitude. Il n’était pas question que je la laisser mourir non. Elle a besoin de moi. Maintenant plus que jamais. LYRAAAAAAAAAAAA ! Elle ne bouge pas. Elle ne me répond pas et mes larmes redoublent d’intensité. J’essaye de l’appeler une nouvelle fois, mais une main se pose sur ma bouche. Une autre m’entraine plus loin, m’entraine loin d’elle. Bientôt je ne peux plus la voir. Bientôt j’arrête de me débattre pour m’effondrer totalement. La main arrête de me trainer et m’étreint. Elle me tourne face à elle, et m’enfouit la tête contre son épaule pour me consoler. Je pleure, n’arrivant pas à m’arrêter. Chuuuuuut… Elle est rassurante cette voix, mais elle ne suffit pas. Non. Je viens de perdre ma sœur, ma raison de vivre. A quoi bon continuer ? A quoi bon continuer à avancer ? A quoi bon se calmer ? A quoi bon fuir ? Plus rien ne vaut le coup, plus rien. Tout ce qu’il me reste à faire c’est mourir. Mes jambes me lâchent, mais les mains me soutiennent. Elles me soulèvent, me portent comme une jeune mariée. Je pleure, mais plus aucun son ne sort de ma bouche. Ma gorge est sèche et refuse d’émettre le moindre bruit. Les mains m’entrainent loin du combat à travers une brèche. Bientôt les bruits se font de plus en plus lointains, comme s’il s’agissait de feu d’artifice. Bientôt le calme reprend ses droits dans la nuit noire et froide. Mon corps frissonne. J’ai froid, tellement froid. J’aurais pu lutter contre cette impression. J’aurais pu lutter contre cette envie de dormir qui m’assaille. Mais je n’en ai pas la volonté. Plus rien ne vaut le coup. J’ai perdu ma raison de vivre et tout ce que je désire, c’est mourir.

H - 0

C’était quoi ça ? Je m’arrête un instant et tends l’oreille. Je relève la tête et aperçois le regard inquiet de William. Lui aussi a suspendu son instrument médical au-dessus du corps comme moi. Quelques secondes, puis un grand boom explose. Bientôt le verdict tombe. On est attaqué. Ma première pensée ? Lyra. Il faut que je retrouve Lyra. J’abandonne sur la table d’opération mon patient et quitte en courant la clinique. Je n’accorde aucun regard en arrière, pas même à mon meilleur ami. Je ne fais que courir aussi vite que mes jambes me le permettent. Je cours à travers la foule et dans cette neige dans laquelle mes pas s’enfoncent et sont ralentis. Mais qu’importe. Qu’importe le froid, les cris et la bataille qui commence à raisonner autour de moi. Tout ce dont je suis capable, c’est courir. Lyra, j’arrive, attends-moi.

H+2
Je ne sais pas vraiment combien de temps les mains m’ont porté. Tout ce que je sais c’est que lorsque leur rythme finit par changer et me tirer légèrement du sommeil. Des voix. D’abord lointaine, puis de plus en plus proches. Elles parlent, mais je ne comprends pas. Je suis dans un état second, et même ma douleur à la jambe et au bras n’arrive pas à m’en faire sortir. Je n’ai même pas la volonté de lever, ne serait-ce que les yeux. Ils restent rivés sur le vêtement en face d’eux. Je suis vivante physiquement, mais mentalement je suis un vrai légume. Je ne veux plus rien. Je ne désire plus rien. J’ai perdu ma raison de vivre. Plus rien de vaut la peine. J’ai perdu. J’ai tout perdu, et il ne me reste plus rien. Maman, pardonnes moi, j’ai échoué. Je n’ai pas su la protéger et à cause de moi, à cause de ma faiblesse, elle est morte. Maman pardonnes moi, et prend soin d’elle, la haut au paradis. Car moi, je vais rejoindre papa en enfer. Il t’a tué, et je l’ai tué. Ma place est donc aux côtés de cet homme que je déteste corps et âme. Je suis devenue comme lui finalement. Cette pensée m’aurait fait vomir hier encore. Mais plus maintenant. Maintenant, je suis prête à assumer mon sort. Papa, enflure, connard, salop. On se voit bientôt.

H-0
C’est le chaos dehors et bientôt je suis happée par la foule. Nos ennemis émergent et arrivent au corps à corps. Je dois me battre si je veux continuer à avancer et rejoindre Lyra. Je sors mon arme. Même à la clinique, je ne m’en sépare pas. Un homme arrive sur moi et nous nous engageons dans un combat à mort. Seul l’un d’entre nous peut survivre et nous le savons. Lui est aminé par l’adrénaline, moi par l’amour. Je n’échouerais pas. Lyra a besoin de moi. Lyra compte sur moi et je ne mourrais pas. Je fais tomber son arme, mais il sort un couteau et m’entaille le bras. Je lâche un juron de douleur, mais je reste concentrée. On se tourne autour, et lorsqu’il se fait bousculer, je vois ma chance tourner. Je lui saute dessus. Il s’écroule par terre sous mon poids. Je vise et tire une balle qui se loge dans sa tête. Ses yeux deviennent vitreux et la neige se teinte de rouge. Je ne perds pas de temps. Je récupère ses deux armes et son manteau, et reprends ma course. Il faut que je la trouve. Il le faut.

J+1
Il faut chaud en enfer. Mais pas autant que je me l’étais imaginée. C’est plutôt agréable d’ailleurs. Sous moi, ce n’est pas dur comme je m’y attendais, mais moue et doux. Je me sens en sécurité. C’est étrange pas vrai ? Je divague sans doute. Je n’ose pas ouvrir les yeux, ne peur que cette sensation s’échappe. Je veux pouvoir profiter encore un peu de ce confort, un tout petit peu avant que le braisier ne m’accueille à bras ouverts. Mais il finit par me rattraper et à mesure que cette sensation de bienêtre et de somnolence disparait, mes souvenirs m’assaillent de nouveau, me rappelant le sort qui m’attend.

H-0
Mon bras me fait un mal de chien. Je dois m’arrêter et appliquer un bandage sommaire sur cette blessure. Je perds du sang et avec de l’énergie, chose que je ne me peux pas me permette. Je venais d’atteindre la tente de Lyra, mais elle n’était pas là. Je récupérais quelques affaires qui trainaient et qui seraient essentielles à l’après. Il fallait que je la retrouve et que je la mette à l’abri jusqu’à trouver un lieu sûr. En attendant, il nous faudrait des vivres et des médicaments. Le second, c’était ok. Mais j’allais devoir faire un tour du côté du ravitaillement. Cela me ferait prendre un détour, mais il le fallait. Lyra, attends moi, j’arrive ma chérie. J’arrive, alors attends-moi et reste à l’abri. Je te l’ai promis, je prendrais de soin, toujours.

J+15
Chère Lyra, cela fait déjà trente jours que tu m’as quitté et j’ai toujours énormément de mal à me faire à cette idée-là. Pourquoi ? Pourquoi Lyra ? Pourquoi m’as-tu laissé ? Pourquoi toi et pas moi ? Je n’ai toujours pas la réponse à ces questions, et elles vont continuer à me hanter jours après jours. J’aimerais tellement que tu sois là, et moi à ta place. Je sais que tu es heureuse, et aux côté de maman. Mais ça me fait du mal, tellement de mal de ne plus t’avoir à mes côtés. Si je n’avais pas fait ce détour. Si je n’avais pas perdu ces précieuses minutes, j’aurais pu te sauver. J’ai fait le mauvais choix et je ne pourrais jamais me le pardonner. Tout est de ma faute. Je t’aime Lyra. Si tu savais combien je t’aime. A la fois comme une mère et comme une sœur. Tu me manques ma chérie. Je suis désolée. Passe le bonjour à Maman de ma part. Je sais qu’elle est à côté à présent. Je vous aime. Et, s’il vous plait, Pardonnez-moi, même si moi-même, je suis incapable de le faire.

J+30
Chère Lyra. Excuses moi de ne pas t’avoir écrit plus tôt. Nous avons dû nous déplacer et je n’ai pas vraiment eu l’occasion d’être seule. Mickaël et William ne me lâchent pas d’une seule seconde. Ils ont peur que je fasse une connerie. On dit que le temps efface la douleur de la perte d’un être, mais… Ce n’est pas vrai. Tu me manques de plus en plus et je n’ai pas vraiment goût à vivre. Je ne vis plus, je survis. Je suis comme un automate. Je me lève, je mange, je contribue au groupe en soignant les autres, puis je m’endors avant qu’une nouvelle journée recommence. Chaque nuit, je rêve de toi. Je te revois tomber et mourir sous mes yeux. Je me revois impuissante, me débattant dans les bras de Micka qui m’empêche de te rejoindre. Je lui en veux, autant que je m’en veux. S’il n’avait pas été là, je n’aurais pas survécu cette nuit-là. S’il n’avait pas été là, je ne souffrirais pas autant. S’il n’avait pas été là, je ne ferais pas ce cauchemar nuit après nuit. Je lui ai dit, plusieurs fois d’ailleurs. Mais il semble ne pas me croire. Il m’oblige à reste avec lui, où, lorsqu’il ne peut pas me surveiller, à être avec William. Lui au moins me laisse un peu de répit et rester seule de temps en temps, même s’il me fouille minutieusement avant pour être sûre que je n’essaye pas de te rejoindre. J’en ai tellement envie, mais ils ne m’en laissent pas la possibilité. Pourquoi Lyra ? Pourquoi le destin est-il si cruel ? Pourquoi toi et pas moi ? Tu me manques Lyra. Je t’aime. Pardonnez-moi, même si moi, je suis incapable de me pardonner pour ce que je t’ai fait.

A+2
Chère Lyra. Tu serais fière de nous si nous verrait. Le monde se reconstruit peu à peu et se relève de ses blessures. Rien ne sera plus jamais comme avant, mais l’Homme peut apprendre de ces erreurs. Si des questions restent encore en suspens, l’humanité a décidé d’être soudée. Il n’y a plus vraiment de frontières. Sans doute reviendront-elles lorsque les nations iront mieux ? Va savoir. En attendant, il y a un comme un grand partage. Les différences de couleurs, de religions, ou de pays natal n’ont plus aucune importance. Nous sommes tous des survivants, et unis par ce fait. Nous avons tous perdu nos foyers, nos proches, mais nous avons tous survécus. Il est temps de laisser nos erreurs derrière nous et avancer. C’est en tout cas ce que j’essaye de faire. Si je ne suis toujours pas arrivée à me pardonner, j’arrive à vivre avec ce que j’ai fait. Je me dis que, si je suis encore là, malgré les épreuves et les batailles, c’est qu’il y a une raisons. Je vivais avant pour te protéger. A présent, je vis pour chérir ton souvenir. Demain, nous retournons du côté de Louisville avec les garçons. J’ai beaucoup bataillé pour qu’ils acceptent, mais ils ont compris que j’avais besoin d’y retourner. J’ai besoin de revenir dans notre maison et voir si je peux récupérer quelques souvenirs de nous, de notre famille. Et c’est important que Mickael le fasse aussi. Il est devenu très parano ces derniers mois, et il a tendance à me considérer comme une petite chose fragile sur le point de se briser. Pas besoin de te spécifier que du coup, je lui en fais voir de toutes les couleurs. Il a peur pour moi, pour nous, et, je peux le comprendre. Pour autant, il n’ait pas obligé d’en faire des tonnes. Mais bon, comme on ne me changera pas, on ne le changera pas non plus. William est toujours à nos côtés. Il a eu la possibilité de rentrer aux États-Unis, mais il a préféré rester. Il est devenu très proche de Micka, et nous sommes inséparables, au point où nous vivons tous sous le même toit. Nous sommes devenus une famille, une famille dont tu fais partie et dans laquelle tu auras toujours ta place. Je ne t’oublierais jamais Lyra. Tu resteras ma petite sœur, ma petite fille chérie. Mais il est temps pour moi d’avancer. Bientôt je serais maman, et pour cet enfant à venir, je dois te laisser t’en aller. Je t’aime Lyra. Promets-moi de veiller sur Marianne, comme tu as toujours veillée sur moi. Embrasse maman et papa de ma part. J’espère que, tous les trois, vous êtes fiers de moi.












Si simple et si sérieuse, si belle et si rêveuse, quand je l'embrasse et l'écoute. Je te rejoins sur la route. Si grande et si fragile la force mais pas tranquille. L'orage est passé les gouttes coulent le long de ma route. Du haut de là haut de l'au-delà. Si courte et si sensible la loi la plus terrible. Et si quelques fois je doute je te regarde sur la route
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