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MessageSujet: Qui aime bien, châtie bien.   Mer 6 Aoû - 13:51



Qui aime bien, châtie bien.





La santé était importante pour beaucoup de personnes et elle l'était devenue davantage depuis le début de la guerre. La pénurie de médicaments et autres nécessaires pour les soins n'y était pas étrangère. Un simple rhume pouvait vite se transformer en une bronchite grave tandis qu'une coupure tout à fait banale pouvait s'infecter à vitesse grand V. Les gens avaient rapidement pris conscience de cela et ils n'hésitaient pas à venir pour un ''petit bobo''. Je ne m'en plaignais pas même si cela me faisait plus de travail. J'étais de ceux qui donnaient raison au proverbe « Mieux vaut prévenir que guérir ». Je mettais mes pensées de côtés car ma dernière patiente revenait récupérer ses quelques rares médicaments après s'être rhabillée. Je la saluais chaleureux et retournais à mon bureau où mon regard tomba sur un dossier en attente... *Mais à quoi tu joues ?* Je n'avais pas revu Eléanore depuis que j'avais soigné son bras et cela m'ennuyait ! Et il n'y avait pas qu'une raison... Pour commencer, les risques d'infections étaient importants et le genre de blessures qu'elle avait eu nécessitait un suivi ; mais surtout elle me manquait... Oui ! Je pensais constamment à elle et j'espérais chaque jour la voir. C'est pourquoi j'avais décidé d'aller à sa rencontre une fois ma journée terminée.
J'aurais presque voulu y aller de suite mais des cartons de matériel devaient être ramenés des stocks à la clinique et je préférais diriger cette opération afin de savoir les emplacements de telles ou telles choses. Et puis je préférais être certain qu'aucun des volontaires ne volent des médicaments car j'avais des doutes à ce sujet. J'avais d'ailleurs entendu parler d'un trafic de médicaments et cela était loin de me plaire. Je comptais d'ailleurs en toucher deux mots au lieutenant Raulne histoire qu'il soit au courant. Je sortais donc de la clinique avec cette idée en tête...

Les bénévoles arrivèrent quelques minutes après et j'étais ravi... Du moins je l'étais jusqu'à ce que mon attention se porte sur une personne en particulier. *Non mais elle se fout de moi là !* Je venais d'apercevoir Eléanore chargée d'un carton qui ne devait pas être léger. Non mais qu'est-ce qu'elle n'avait pas compris dans mes consignes ? ''Il faudrait revenir me voir et éviter de te servir de ton bras...'' Il n'y avait rien de plus clair ! Je demandais à une infirmière qui passait par là de donner les consignes pour le rangement des cartons dans la réserve puis ni une, ni deux je prenais la direction de la blonde qui me faisait habituellement rêver mais qui pour le moment me faisait enrager. Arrivé près d'elle je récupérais le carton qu'elle tenait et la fixais...



- Mademoiselle Valiosky ! La visite de contrôle est passé depuis plusieurs jours... déclarais-je d'un ton moins amical d'à l'ordinaire avant de reprendre. Et puis tu as vu le poids de ce carton ?!


Non mais c'est vrai quoi ! Je n'avais pas envie qu'elle aggrave son état de santé... Je savais qu'elle voulait aider mais il y avait des tas d'autres trucs à faire sans avoir à porter des cartons qui faisaient son poids. Je regardais les autres rentrer dans le stock de la clinique et reportais mon attention sur la sublime jeune femme.


- Faudrait que je jette un coup d’œil à ton bras... expliquais-je simplement et surtout plus gentiment.


Ce que je trouvais bizarre c'est que la blonde ne semblait pas avoir mal lorsqu'elle portait sa charge alors que sa blessure était récente et que le poids du carton n'était pas négligeable.







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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Jeu 7 Aoû - 15:06

    Je marchais tranquillement, presque trop alors que, les mains dans les poches, l'une d'elles glissent entre mes doigts ce petit tube. Je ressens la douleur, toujours, mais moindre avec ce que m'avait donné cette personne dont je ne savais strictement rien. Tout ce que je savais, c'était que c'était efficace, autant pour mon bras que pour les autres douleurs plus profondes. À n'en pas douter, je prenais un chemin ou je ne pouvais avoir nul retour en arrière. Comment arrivait-on encore à avoir ce genre de connerie en comprimé ? Bientôt les gens arriveront à faire du trafic de drogue par je ne sais quel moyen juste pour pouvoir oublier un peu le monde dans lequel nous vivions. Pour l'heure, ces comprimés m'allaient très bien, ça m'empêchait aussi de voir une certaine personne, car pour le moment, j'étais bien dans un piteux état psychologique. Sur mon chemin, je passais devant la boutique et aperçu des gens qui avaient bien du mal à porter des cartons. Sans même réfléchir, je leur proposais mon aide et ils acceptèrent non sans mal. Je fis des allers-retours, ne sentant même pas ce liquide chaud sortir de nouveau de ma plaie. Pour moi, tout allait bien, mais c'était clair que ma plaie n'était en rien cicatrisée, et ce que je faisais retardait la cicatrisation si ce n'est le risque d'infection qui ne faisait qu'augmenter. Voulais-je de nouveau affronter forte fièvre et convulsions ? C'était un non sans équivoque, sauf que pourtant, j'étais là à soulever des cartons lourds avec mon bras gauche.

    Il y avait encore une dizaine de cartons, et alors que j'en pris un et me retournais, je tombais nez à nez avec Emmanuel qui me prit le carton des mains. Surprise, je ne résistais pas, le fixant également alors que je restais pour le moins figé. Ses paroles me mirent mal à l'aise et m'énervèrent étrangement. Les gens que j'aidais me regardaient d'un mauvais œil après ses paroles et c'était aussi pour cela que j'étais énervée. Je ne réfléchis pas deux secondes, que mes paroles sortirent.

    « Ça y est, la guerre est présente et le secret professionnel n’existe plus ? Tu veux aussi t’esclaffer sur mon dossier complet peut-être ? » Je fis une pause avant d’écarter le bras et de tendre ma main en direction des trois personnes qui nous regardaient. « Ben vas-y te gêne pas, les gens sont là pour t’écouter ! Tu as du public ! »

    Je ne réalisais pas encore comment je me comportais, c'était juste trop facile. Ne pas s'inquiéter de la personne en face de soi, ne pas s'inquiéter de mon comportement que je ne voyais même plus. Je dérivais, dans le bon ou le mauvais sens je m'en contrefichais, mais qui s'en souciait ? Je ne voyais même pas l'amour que me portait Manu. Je ne voyais plus rien, juste une âme brisée et errante, essayant de minimiser au maximum la douleur qui avait repris depuis cette fameuse rencontre qui n'avait abouti à rien. J'aurais mieux fait de l'ignorer complètement, mais comment faire pour tout oublier, tout réprimer jusqu'à la plus petite émotion ? La colère était la pire, mais elle me permettait de me défendre contre tout et tout le monde, y compris Manu qui était innocent dans cette situation. J'aurais pu lui parler correctement... Comment me voyait-il maintenant ? Alors que mes yeux transperçaient son regard, je ne me surprenais même à vouloir qu'il me méprise, qu'il me tourne le dos.

    « Mon bras va bien, je vais bien alors arrête. »

    Mon ton était sec, alors que je remettais mes mains dans mes poches. Ce n’était que mensonges, j’étais loin d’aller bien mais je passais ma détresse au second plan, elle s’effaçait peu à peu. Je ne sentais toujours pas la douleur de mon bras ni même ce liquide chaud et le fait peut-être que des fils s’étaient enlevés. Je ne croisais plus son regard, j’étais prête à lui fausser compagnie.


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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Dim 10 Aoû - 14:08



Qui aime bien, châtie bien.





Je dois reconnaître que je n'aurais pas agi comme cela avec tous mes patients. D'ailleurs il était rare que je conserve un de leur dossier sur mon bureau pour savoir s'ils étaient bien dans les temps pour leurs visites de contrôle ou pour la prise de leur traitement qu'on ne pouvait pas leur confier. Non ! Nous n'avions pas le temps de nous imposer un suivi personnalisé à chaque malade ou blessé. Eléanore était un cas à part ou devrais-je dire elle était mon exception. Je prêtais une attention toute particulière à son dossier car la jeune femme avait trop d'importance à mes yeux. Je ne voulais pas qu'il lui arrive malheur mais elle donnait l'impression de désirer le contraire ! Sinon pourquoi n'était pas revenue alors que je devais vérifier ses points, sa cicatrisation ? C'était une bonne question. Interrogation que j'avais prévu de lui poser dès que je finirais ma journée.
Cependant la chance m'avait souri même si cela ne m'avait pas mis en joie ! Alors que je supervisais les bénévoles qui nous ramenaient des médicaments et autres matériels de soin j'avais reconnu la blonde. Je dois avoué que j'avais cru halluciné dans un premier temps... Mais non, c'était bien elle qui portait un carton énorme alors que je lui avais dit de ne pas utiliser son bras. Ni une, ni deux j'avais rejoint la jeune femme pour récupérer le carton en me fichant royalement des regards désapprobateurs des autres bénévoles. *Bah quoi ! Ils n'ont qu'à pas faire bosser des blessés et je n'interviendrais pas !* J'avais garder cette pensée pour moi et je m'étais adressé à Eléanore en lui rappelant que sa visite de contrôle était passée et que ce carton était trop lourd...

Je m'attendais à ce que la sublime jeune femme ne soit pas ravie de mon intervention car elle n'aimait pas rester sans rien faire. Je le savais mais c'était pour elle le seul moyen de se rétablir vite ! Ce à quoi je ne m'attendais pas c'était à la façon qu'elle aurait de me répondre. Jamais elle ne m'avait parlé de la sorte et je ne pensais pas l'avoir entendu faire de même avec une tierce personne. Je fourrais le carton que je tenais dans les bras d'un bénévole qui passait près de moi...
«  Vas prendre tes consignes auprès de l'infirmière là-bas s'il te plaît. » J'avais été bref dans mes consignes au jeune homme et je reportais mon regard perplexe sur la blonde. Je ne comprenais absolument pas sa réaction puisque je n'avais rien dit sur son état... Je n'avais fait que lui rappeler que sa visite de contrôle était passée. Mais elle insistait en me disant que nous avions du public. Je jetais un coup d’œil aux trois personnes qui ne devaient absolument rien comprendre. Puis sans crier gare je saisissais le bras droit de la blonde et l'attirait un peu plus loin...
J'aurais presque voulu l'amener dans la salle d'examen que j'avais occupé quelques minutes plus tôt mais il fallait qu'elle se calme. Et puis je n'allais pas la forcer à y aller non ? Si ? Je ne savais pas !



- Non mais ça va pas ! répondis-je d'un ton calme. Je n'ai fait que te dire que tu ne t'étais pas rendue à ta visite de contrôle... Le secret médical comme tu dis n'est en rien bafoué ! Mais sérieusement tu joues à quoi ? Je dois te rappeler les conséquences que peuvent avoir une infection ? Je ne pense pas car je suis persuadé que tu t'en souviens très bien, dis-je en la fixant.


Je ne savais pas ce qui se passait mais quelque chose clochait. Eléanore avait changé depuis son ''agression'' et ça je le savais parfaitement ! Mais là, j'avais l'impression qu'il n'y avait pas que ça. Je savais que lui poser la question serait inutile puisqu'elle ne me répondrait pas. Je baissais mon regard vers son bras gauche quand elle me dit qu'il allait bien... Cependant, je crus apercevoir une tache de sang avant qu'elle ne fourre sa main dans sa poche. Je tentais de faire abstraction du ton qu'elle employait avec moi et je la regardais légèrement déçu...


- Tu sais, j'ai toujours été honnête avec toi ! Je pensais que c'était réciproque mais visiblement je me suis trompé... Le problème vient peut-être de moi et si tu veux être suivi par un autre médecin y'a pas de souci. Je ferais avec !


Tout en lui parlant je m'étais rapproché et placé en face d'elle afin d'être sûr que les bénévoles ne voient ni elle, ni son bras ! Puis sans même la prévenir, je sortais sa main de sa poche d'un geste sûr mais doux pour ne pas lui faire mal et je soulevais légèrement la manche... Je poussais un soupir en constatant que je ne m'étais pas trompé. Je fixais la jeune femme et parlais d'un ton bas mais qui n'avait rien de gentil sur le coup.


- P'tain ! Tu fais chier Eléanore ! C'est ça un bras qui va bien pour toi ? Alors tu vas me faire le plaisir de me suivre et dis-toi que je m'en contre-fous si ça te gonfle. Je vais te soigner ça et t'as pas à discuter. Je marquais une pause. Tu passes devant ou je te traîne de force à l'intérieur ?


Je ne la lâchais pas du regard en attendant sa réponse et je ne laissais pas transparaître mon inquiétude. La seule chose qui me rassurait c'était qu'elle avait dû faire sauter un ou deux points, rien de plus ! Sinon elle aurait été incapable de porter le carton qu'elle tenait quand je l'avais repéré.






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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Lun 11 Aoû - 20:55

    Je m'emballais, un peu trop même, je ne savais pas ce qu'il se passait. Je me laissais aller à ma divagation passagère. Et si c'était plus que ça ? J'oubliais presque le petit flacon à moitié rempli. Combien en avais-je pris finalement ? J'écartais ses pensées, me reconcentrant sur la situation, me laissant envahir par cette colère, cette haine soudaine et violente. Ça n'avait commencé qu'avec quelques mots. D'habitude, Manu arrivait à me calmer, ce n'était pas le genre d'hommes qui me faisait peur ou ne me respectait pas, bien au contraire. Mais c'était comme si tout ça était loin, comme si je ne l'appréciais plus alors que c'était tout l'inverse. Je l'appréciais bien plus en vérité, je n'arrivais simplement pas à me laisser aller de nouveau à des sentiments positifs. Je n'arrivais pas non plus à croire que quelqu'un s'inquiétait pour moi, que je pouvais avoir de l'importance aux yeux d'une personne. Je ne me voyais comme... plus rien en fait, une poupée déchirée, en lambeau, n'arrivant plus à se recoudre et se délaissant au fur et à mesure. Le temps m'emporterait, mais ma folie aurait raison de moi. Folie ou déchéance, dans les deux cas ça m'amenait à un seul chemin, celui qui jamais ne me serait venue à l'esprit. Je perds foi, je perds espoir, je perds raison... mes tourments m'engouffrent. Ce n'était que se voiler la face que de croire que j'irais mieux. Et où était Alix ?

    Les mots qui sortirent de ma bouche étaient les miens, mais je n'avais pas encore conscience de mes mots prononcés. J'observais Manu alors qu'il parlait à l'un des gars que j'avais aidé après lui avoir refilé le carton qui était à l'origine dans mes bras. J'ouvris la bouche pour dire quelque chose, mais je fus arrêté dans mon élan alors qu'il me prit le bras et m'entraina un peu plus loin. Je fis un geste de recul avec mon bras pour qu'il me lâche, assez violemment. Je ne supportais toujours pas qu'on me force à quoique ce soit, surtout physiquement. Je fronçais légèrement les sourcils, l'air tout à coup très froide et presque agressive. Surtout prête à se défendre s'il le fallait. Mon dieu, c'était Manu qui était en face de moi... mais je ne me ressaisissais pas. Ses mots me coulaient dessus comme de l'eau de roche. Ceci dit, il réussit à m'irriter davantage encore.

    « Et alors ? T’es pas mon père, ok ? Je gère très bien la situation ! »

    Mon père... ça me faisait presque rire jaune, je n'avais jamais eu de père finalement, bien trop occupé à vider sa bouteille d'alcool. Je sombrais dans mes lointains souvenirs, remontant même à la première fois que j'avais vu Philippe. Mon dieu... que me faisaient ces putains de cachet ? C'était censé me requinquer, au lieu de ça, j'avais l'impression de tourner en rond, dans ce cercle vicieux qui ne s'arrêtait pas. Pauvre Manu, lui qui essayait tant bien que mal de prendre soin de moi... À ses autres paroles, je tournais la tête alors que mes yeux fixaient la neige au sol. Pendant un instant, j'étais de nouveau absente, j'entendais au second plan ses mots avant que je ne revienne sur terre en entendant sa dernière phrase. Je ne prends même pas la peine de le regarder.

    « Oh, on est un couple d’enfer… » ton emplit de sarcasme, une phrase qui sortait alors que je ne la pensais même pas. Il était quelqu'un de bien, peut-être un des rares, pourquoi m'obstinais-je à le rejeter de la sorte ? Un brin de lucidité me parcourra et je me sentis honteuse. Je baissais les yeux, sentais de nouveau cette vague de tristesse m'envahir, ce déchirement qui venait de ma poitrine et qui m'oppressait. Puis, tout fut stoppé alors que je sentis une prise à mon bras, et en un rien de temps, il souleva la manche de mon manteau. Aussitôt, mon regard passa de ses mains à son visage, mes expressions se firent dures et défensives.

    « Putain mais qu’est-ce qui va pas chez toi ?! » Ça y est, je laissais l’emportement avoir raison de moi. « Tu peux pas t’occuper de tes affaires ? Qu’est-ce qui te préoccupe tant hein ? Qu’est-ce qui t’attire chez moi bordel, j’arrête pas de te repousser ! Laisse-moi tranquille j’ai besoin de personne ! » Je dégageais mon bras d'un coup brusque, trop alors que je sentais mon déséquilibre vers l'arrière. Mon pied fit un pas vers l'arrière, mais rien n'y fit, je glissais sur la neige tassée par bon nombre de gens qui passaient et me rattrapais directement sur mon coude gauche. La chute m'étourdit, je restais complètement dans les vapes, gesticulant légèrement, restant sur mon coude alors que la douleur me tiraillait. Je ne me rendais pas compte qu'une larme coulait sur mon visage. De douleur, de chagrin ou de colère ? Je ne savais guère, mais j'étais pour l'heure dans un état de désorientation. Ma main nue plongeait dans la neige pour tenter de me relever, mais je n'y parvenais pas, je ne sentais même pas la douleur du froid sur ma peau.


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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Mar 12 Aoû - 13:58



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En tant que médecin, même lorsque mon problème m'était tombé dessus, j'avais toujours su quoi faire... comment gérer un patient. Pourtant cela n'était pas chose aisée une fois que je n'avais eu en charge que des enfants ! Ils se fichaient que leur comportement ne soit pas poli. Quand ils souffraient ils le faisaient savoir. Alors pourquoi je ne savais pas comment réagir face à cette Eléanore que je ne reconnaissait pas ? Je n'en savais rien mais je me doutais que les sentiments que je ressentais envers elle n'y étaient pas étrangers. En temps normal lorsqu'un patient s'en prenait à moi verbalement cela me laissait totalement indifférent mais avec la jolie blonde ce n'était absolument pas le cas. Je parvenais de moins en moins à faire la part des choses en les côtés professionnel et personnel de notre relation. Enfin... le côté personnel était flou car si je tenais à elle au point qu'elle hante mes pensées je ne savais pas si cela était réciproque. Je l'avais pensé à un moment mais maintenant je ne savais plus... Elle était si agressive, si violente dans ses propos envers moi que je n'arrivais plus vraiment à réfléchir logiquement. Cette impression que l'on m'écrasait la cage thoracique m'aidait encore moins à penser... Sinon jamais je ne l'aurais attrapé par le bras pour l'attirer un peu plus loin ; surtout que je savais ce qu'elle avait vécu.
Après m'être débarrassé du carton que je lui avais ''confisqué'' je baissais les yeux. *Mais qu'est-ce que je dois dire ? Qu'est-ce que je dois faire ? Réfléchis bordel !* Je n'osais même pas regarder la jeune femme lorsqu'elle reprit la parole de manière rageuse ! Non, je ne l'avais vraiment jamais vu comme ça et je ne comprenais pas ce qui lui arrivait. Notre dernière rencontre avait été tout à fait normale alors qu'est-ce qui avait changé ? Qu'est-ce que j'avais fait pour qu'elle ait l'air de me détester autant ? Je ne voyais vraiment pas... Et oui, elle avait raison. Je n'étais pas son père ! Ce que je voulais être pour elle n'avait vraiment rien à voir avec ça. Je soupirais légèrement en tentant de faire abstraction de cette douleur dans ma poitrine et je reportais de nouveau mon regard dans celui de la jeune femme. La colère que j'y vis m'attrista et m'empêcha de répondre quelque chose de compréhensible je pense...



- Non, je ne suis pas ton père en effet ! J'suis juste quelqu'un qui voudrait... qui s'inquiète pour toi ! Et laisse-moi te dire que j'ai des doutes quant à ta façon de gérer. Je ne dis pas ça contre toi mais pour ton bien...


Bah oui quoi ! Il y avait de quoi s'inquiéter quand on la voyait agir et se comporter en ce moment. Elle semblait si différente ! Des tas de questions se bousculaient dans ma tête sans que je ne trouve la moindre réponse. Avait-elle eu des problèmes ? Peut-être ! Pourtant je n'avais cessé de lui répéter que j'étais là pour elle alors pourquoi est-ce qu'elle s'obstinait à m'éviter plutôt que de venir me voir. Pourtant j'étais sincère en lui offrant la possibilité de venir me voir dès qu'elle le souhaitait. Pourquoi n'en faisait-elle pas autant à mon égard ? C'était ce que je voulais savoir lorsque je reprenais la parole et que je lui laissais le choix de changer de médecin.
Eléanore ne répondit rien concernant mes derniers propos mais elle sortit une remarque qui me blessa. Je la fixais sans rien dire ! Qu'aurais-je pu répondre à ça ? Rien, absolument rien. Et puis s'en voulait-elle ? Peut-être. Sinon pourquoi est-ce qu'elle baisserait le regard de la sorte.

La crise aurait peut-être pu se calmer si je n'avais pas obligé la blonde à sortir la main de sa poche pour constater qu'elle avait de nouveau du rouvrir sa plaie. Sa réaction ne se fit pas attendre mais je dois avouer qu'elle fut beaucoup plus violente, voir méchante, que ce à quoi je m'attendais.
Ses premières questions me touchaient mais rien de bien méchant... Tout changea lorsqu'elle me dit clairement qu'elle me repoussait alors que moi je m'obstinais à me préoccuper pour elle. Ses paroles eurent le même effet qu’un coup de poing en plein estomac et me coupèrent la respiration. Le choc de ses mots m’empêcha même de réagir assez vite pour la rattraper alors qu'elle s'était dégagée si violemment qu'elle chuta. Toujours perdu, je m'accroupissais près d'elle pour l'aider à se relever sans constater que notre ''dispute'' avait fait fuir les gens. Je ne lâchais pas son bras droit une fois qu'elle fut de nouveau debout, je ne serrais pas ce dernier mais j'avais besoin de ce contact... J'avais besoin de ça car j'avais l'impression de perdre pied en constatant qu'elle me repoussait de manière aussi directe et brutale. J'essuyais une larme qui coulait sur la joue de la blonde alors que la douleur oppressante dans ma poitrine se faisait de plus en plus présente. J'avais réellement mal et je n'avais pas l'impression d'avoir déjà ressenti cela un jour ! Je plongeais mon regard dans celui d'Eléanore...



- Je ne peux pas Eléanore, même si j'essayais je serais incapable de te laisser tranquille et de ne pas m'inquiéter pour toi ! avouais-je en contrôlant ma respiration pour gérer la douleur. C'est impossible ! T'as beau me repousser je ne peux pas arrêter de penser à toi, de me demander comment tu vas, ce que tu fais et surtout si je vais te voir. Je me taisais et détournais le regard en me rendant compte de ce que je venais d'avouer. Tu peux me demander tout ce que tu veux à l'exception de t...


Je m'interrompais en apercevant un petit flacon au sol qui semblait contenir des médicaments mais qui ne provenait pas de la réserve de la clinique. Je regardais ensuite la jeune femme avec interrogation avant de me baisser pour ramasser la petite boite. Je la fixais inquiet en commençant à comprendre puis je plongeais mon regard dans celui d'Eléanore.


- Où tu as trouvé ça ? Je t'en prie Eléanore, dis-moi que tu n'as pas pris des médocs qui ne venaient pas d'ici ? demandais-je inquiet. Et viens à l'intérieur, que je te soigne... S'il te plaît ! rajoutais-je sans la lâcher du regard






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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Mer 13 Aoû - 21:36

    Je n’avais plus les idées claires. Etait-ce à cause de ces cachets encore dans ma poche ? Je ne savais même plus combien j’en avais pris. Pourtant cela ne faisait que quelques jours à peine que j’en prenais, régulièrement, de plus en plus à dire vrai pour m’éviter toute douleur. Sauf que je les prenais aussi pour une tout autre douleur. En soi, celle à mon bras n’était bien que mineur. Quand j’y réfléchissais bien, j’essayais de trouver quelque chose qui puisse me faire aller mieux, mais au final, je dégringolais petit à petit. Je ne me reconnaissais plus alors que je gueulais sur Manu, lui qui n’avait rien fait pour mériter tout ce que je lui faisais subir. Je réagissais étrangement, ma détresse passait au second plan, je ne voulais plus m’attacher, alors je repoussais les gens, je le repoussais lui pour m’éviter d’avoir à nouveau mal. La dernière fois ça m’avait presque tuée, ça m’avait juste brisée en mille morceaux mais je ne les avais pas recollés. Y arriverais-je un jour ? Les conseils d’Alix était bien loin, d’ailleurs cela faisait un moment que je ne l’avais pas vu. Une autre qui m’abandonnait… Je les collectionnais, les gens qui ne se souciaient absolument pas de moi. Mais ne m’avait-elle pas dit qu’il ne fallait plus que je m’attende à grand-chose des autres ? Il fallait que je me débrouille seule… Sauf que voilà, je n’y parvenais pas, ou par de mauvais moyens. Manu serait toujours là pour moi ? Si je continuais sur cette lancée, il me tournerait le dos lui aussi n’est-ce pas ? Je suis nuisible, il ne fallait pas qu’il m’approche.

    Les mots qu’il me renvoi je les entends à peine. Pourtant c’est très clair dans ces mots, il voudrait être beaucoup plus pour moi, mais il ne voit pas qu’il l’ait un peu plus chaque jour. Pourquoi fuir dans ce cas ? Pourquoi lui faire croire que je m’en contrefiche de lui ? Pourquoi je n’ai pas été le voir ? Par parce que je ne l’aimais pas, juste parce que ce que je ressens m’effraie. Je n’arrive pas à lâcher prise. Je voulais qu’il me lâche, qu’il se barre et me laisse dans la neige. Pourtant, désorientée comme jamais, il m’aida en attrapant mon bras, me remettant debout sans pour autant qu’il me lâche. Il devait sentir comme j’avais du mal à tenir debout, comme sa prise était nécessaire pour que je reste sur mes jambes. Je sentais ma main droite que j’avais plongée dans la neige m’élancer tellement le froid me brûlait. J’y fis abstraction, alors que mon regard perdu croisa celui d’Emmanuel, toujours étourdie j’entendis à peine ses mots. Mes yeux se fixaient sur ses lèvres, avant de retrouver petit à petit conscience des choses et des sons surtout qui étaient plus audibles. Je comprenais ce qu’il me disait, et j’arrivais à souffler quelques mots alors qu’il s’était arrêté. « Je n’en vaut pas la peine… » Articulais-je entre mes dents et presque dans un murmure alors qu’il reprit de nouveau la parole pour se couper presque aussitôt. J’étais loin d’imaginer que ma boîte n’était plus dans ma poche, qu’elle était tombée dans la neige et qu’il la verrait surtout.
    Je le vis se pencher, mon regard le suivi avant que je m’aperçoive qu’il avait mon flacon de cachet. Précieux flacon à dire vrai. Et alors qu’il me questionnait, je me demandais ce que j’allais bien lui répondre finalement… ma colère s’était radoucie, je m’étais un peu radoucie. Mes traits sur mon visage le confirmaient, mais je n’étais pas moins irritée. Surtout parce que je n’avais pas d’explication plausible à lui dire.

    « Je l’ai trouvé voilà tout, ce n’est que des antidouleurs ya pas de quoi en faire tout un plat. » Je lui pris le flacon entre les mains et le fourra dans ma poche ; avant de plonger mon regard dans le sien, dur mais avec cette petite, minuscule faille où on pouvait voir ma souffrance, ma peine et ma détresse. « Et tu vas faire quoi que je ne peux pas déjà faire moi ? Je vais changer mon bandage, tout va bien je te dis ! » Alors que je parlais, je n’avais pas remarqué qu’une goutte de sang perlait sur ma paume de main et se traçait un chemin sur mes doigts. « C’est pas la peine de t’en faire pour moi, tu as bien d’autres choses à faire, d’autres patientes à soigner. » C’était véridique, le mot patient mis au féminin. La phrase de trop que j’aurais dû garder pour moi. S’il lisait à travers les lignes, s’il pouvait déchiffrer ce message, il réussirait à voir la vérité, à lire un peu en moi comme il le faisait déjà.


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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Jeu 14 Aoû - 23:21



Qui aime bien, châtie bien.





Je devais reconnaître qu’en cet instant précis être un frère Reh était un avantage. Mon frère et moi-même avions beaux être très différents un trait de caractère nous était commun. Lui comme moi étions très têtus ! Et de la ténacité il allait m’en falloir pour faire face à cette Eléanore que je ne reconnaissais pas. Parce qu’il était clair que j’aurais pu lui tourner le dos à la façon dont elle me parlait depuis que je l’avais abordé et j’aurais même pu filer son dossier à un autre médecin. Oui ! J’aurais pu si je ne m’étais pas autant attaché à elle… Le pire était que j’avais conscience des risques de déception que cela pouvait représenter. Je ne savais absolument pas si Eléanore ressentait pour moi un chouia de ce que j’éprouvais pour elle. Qui sait ?! A ses yeux je n’étais peut-être qu’un simple ami… ou pire ; juste son médecin ! *Oh la merde !* Je chassais rapidement cette pensée de ma tête pour ne pas m’embrouiller tout seul comme je savais si bien le faire. La situation présente était déjà bien assez compliquée pour que mon esprit ne déraille pas ! Je devais le garder clair.
Même si je réfléchissais à comment je devais m’y prendre pour ramener Eléanore à la clinique cela ne m’empêchait pas de me demander si je n’aurais pas du avouer clairement à la sublime jeune femme ce que je ressentais pour elle. Mais après réflexion j’avais compris que ni le lieu, ni les évènements n’étaient propices à ce genre d’aveu. *Y’a plus qu’à espérer que je ne sorte pas une connerie sous la pression !* Cela pourrait fortement se produire puisque je devais gérer le nouveau comportement de la blonde en même temps que mon inquiétude. Et pourtant, malgré tout cela je continuais de vouloir lui dire et ce fut encore plus le cas lorsqu’elle osa me dire qu’elle n’en valait pas la peine. Comment pouvait-elle dire ça ? Je n’en savais rien et je comptais le lui dire après avoir terminé ce que je disais mais je m’étais interrompu. Quelque chose avait attirée mon attention et avait ensuite boosté mon inquiétude lorsque je m’étais rendu compte de ce que cela était.

Je n’ignorais pas le fait qu’il y avait un trafic de médicaments sur le camp car j’étais déjà tombé sur des cachets que je ne connaissais pas ou qui n’étaient pas ce qu’ils auraient du être. Cependant, je n’avais eu qu’un ou deux seuls cas et le reste n’avait été que des rumeurs ! J’avais donc pris la décision d’en informer le lieutenant Raulne sans pour autant être allé le voir. J’attendais de le croiser mais maintenant je ne savais plus quoi faire et en toute logique j’interrogeais Eléanore. Si cette dernière semblait moins ‘‘hystérique’’ elle paraissait toujours sur les nerfs et sa réponse ainsi que son attitude me le prouvèrent. Je n’eus pas le temps de l’en empêcher qu’elle m’avait déjà repris la boite de médicaments. Sa réponse était totalement foireuse et j’étais persuadé qu’elle le savait puisqu’elle enchaina directement en me fixant. J’avais mon regard plonger dans le sien et s’en savoir réellement ce que j’y lisais je n’avais qu’une seule envie ; la prendre dans mes bras.
J’esquissais cependant un léger sourire où flottait une légère pointe d’amertume. Depuis quand Eléanore était-elle devenue médecin ? Car c’était apparemment le cas puisqu’elle avait réussi à reconnaître des médocs inconnus et qu’en plus elle se disait capable de se refaire son bandage toute seule alors que c’était de points de suture qu’il lui faudrait. Je regardais d’ailleurs son bras lorsqu’elle parla de se faire un bandage et ce que je vis ne me plut pas, mais absolument pas.



- T’es pas médecin et ce n’est pas d’un bandage dont t’as besoin alors tu vas me suivr…


Non, je n’avais pas terminé ma phrase quelque peu autoritaire car je m’étais trompé. Eléanore n’avait pas fini de parler et ce qu’elle venait de me dire me laissa sur le cul. Effectivement je m’attendais à ce qu’elle me dise de ne pas m’occuper d’elle, de partir faire autres chose mais pourquoi avait-elle parlé des autres patients… enfin patientes pour être exact ! J’étais largué et c’est donc sans réfléchir que je reprenais la parole.


- Les autres patientes ? répétais-je en la fixant. Mais qu’est-ce que ça vient faire là puisque j’ai fini ma journée ? … Regarde-moi Eléanore ! C’est avec toi que je suis et c’est pour toi que je m’inquiète, déclarais-je parfaitement sincère. Je me contrefiche de tout le reste là, je veux juste que tu aille mieux et même si je ne peux pas faire de miracle je suis au moins capable de soigner ton bras.


Je me rapprochais d’elle sans la lâcher du regard et je me contentais de m’adresser de nouveau à la jeune femme sur un ton doux alors que je rêvais de l’embrasser.


- Eléanore… Arrête de me repousser et laisse-moi t’aider. Allons à l’intérieur.







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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Mer 20 Aoû - 10:36

    Je l’observais. Ses yeux bleus, sa carrure imposante. J’avais l’impression que pendant un instant, tout était au ralenti, voire presque arrêté. Le temps s’arrêtait alors que je regardais ses lèvres bouger au son de sa voix, son air inquiet lorsque je regardais ses traits et sa posture et sa taille plutôt imposante malgré le fait que tout le monde souffrait de malnutrition et de dénutrition. Les deux allaient ensemble, et je me demandais comment je faisais pour tenir encore debout d’ailleurs. Je mangeais comme un oiseau, c’est-à-dire vraiment pas grand chose. Parfois, j’offrais quelques-unes de mes rations à des familles qui en avaient plus besoin à mon humble avis. Cela me rappela alors que je n’avais toujours pas offert une conserve à Manu pour celle qui m’avait ouverte l’autre fois. Même s’il m’avait dit que je pouvais la garder, que ce n’était pas grave, au final je l’avais complètement oublié. Le temps revint à la normale tout à coup, alors que j’entendais perceptiblement les mots que prononçait Emmanuel. Il disait vrai, je n’étais pas médecin, mais je me débrouillais depuis le début avec ce bandage, car je ne voulais pas demander à quelqu’un. Pourquoi ? Parce que j’avais cette stupide opinion, cette idée idiote que je ne souhaitais pas qu’on me voit faible. Cette coupure me rendait indéniablement plus faible que je ne l’étais. J’étais moins forte, et je ne voulais pas l’être, je ne voulais plus l’être. Alors je continuais à aider les gens, à porter des cartons, des branches, tout un tas de choses même si la douleur était insupportable. C’était le pourquoi du comment j’avais cette petit boîte d’ailleurs. Pourquoi fallait-il qu’elle soit tombée de ma poche ?

    Alors que je venais de me rendre compte de la connerie que j’avais dite, je l’entendis couper sa phrase, et là j’étais certaine que je ne pourrais pas m’en débarrasser. Déjà depuis quelques minutes, je savais qu’il ne lâcherait pas. S’il faisait ce qu’il avait à faire pour être moins inquiet, je le suivrais, comme ça je pourrais repartir aussi sec. L’emploi d’un ton autoritaire de sa part ne fonctionnerait pas sur moi, mais pour l’heure, je ne le regardais plus dans les yeux, mon regard arpentait le sol boueux par endroit et la neige presque étincelante car encore jamais effleuré.
    Ses mots me tirèrent le cœur, je me sentais soudainement oppressée tellement ma poitrine me serrait. Je ne me focalisais pas sur mes poumons qui me brûlait toujours quelque peu, encore plus avec le froid, cela était normal pour moi, mais c’était plus profond encore. Je n’aimais pas comment il s’adressait à moi, je n’aimais pas comment il pouvait être inquiet à mon égard, doux également. Alors qu’au fond, j’en avais cruellement besoin. J’avais peur, j’étais terrorisée, et pour pallier à ce problème, je ne cesserais pas de lui montrer cette barrière qui me protégeait. Je restais silencieuse un instant, avant de lui répondre.

    « Puisqu’on est à côté, allons-y. C’est plus proche que ma tente donc ça ira plus vite. » répliquai-je alors que ça n’avait aucun sens. Je capitulais pour l’heure, mais je le faisais parce que je n’avais pas d’autre choix de toute façon. Je n’avais pas de plaisir, pas pour le moment. J’avais peur de me retrouver seul face à face avec lui, comme la dernière fois d’ailleurs, où il pourrait une nouvelle fois transpercer mon regard et lire en moi. Mais ce n’était pas grave, dans ma tête je me disais qu’il allait faire ça très vite, et que je pourrais simplement repartir. Mon regard le fuyait toujours, et je me tournais d’un quart pour me diriger vers la boutique. « Bon tu viens ? » Je commençais à sentir le liquide sur mes doigts, je savais que je saignais un peu plus, la douleur me rendait plus irritable, et je ne pouvais pas reprendre de ses médicaments devant lui. Alors j’avançais rapidement, pour pouvoir fuir à la minute où je le pourrais.


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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Sam 23 Aoû - 20:55



Qui aime bien, châtie bien.





Voir le regard d’Eléanore posé sur moi alors que je lui parlais m’aurait presque fait perdre le fil de ce que je disais… En fait cela me donnait envie de la prendre dans mes bras pour ne plus la lâcher et ce malgré ses agissements ou paroles à mon égard. Son comportement me prouvait juste qu’il y avait un problème et j’avais donc envie d’être plus proche de la blonde pour pouvoir l’aider ! Elle avait beau m’éviter ou me rejeter cela ne changeait rien, je voulais être à ses côtés pour la soutenir, pour qu’elle se rende compte qu’elle n’avait pas à lutter seule. Je lui avais déjà dit à plusieurs reprises que jamais je ne lui tournerais le dos et qu’elle pouvait venir me voir quand elle voulait. Malheureusement elle ne venait jamais jusqu’à moi. Pourquoi ? Je n’en savais rien mais il m’était impossible de la laisser baisser les bras car je savais que ce n’était pas elle. Eléanore était quelqu’un de fort et mêmes si ses blessures l’avaient affaiblie cela ne pouvait pas complètement changer qui elle était. Si je parvenais à la remettre sur pieds j’étais certain que le moral suivrait petit à petit par la suite. Car je n’étais pas dupe, un viol laissait des traces mais ces dernières s’atténuaient avec le temps.
Enfin, pour le moment je devais me reconcentrer et ma priorité était de soigner son bras blessé qu’elle avait de nouveau amoché. Si au départ j’avais cru que cela était bénin puisque la blonde ne semblait pas trop souffrir j’avais maintenant des doutes. Les cachets inconnus qu’Eléanore avait consommés agissaient peut-être vraiment sur la douleur ! Voilà pourquoi je ne lâchais pas l’affaire et insistais pour qu’elle me suive à la clinique. J’étais têtu et je m’étais déjà dit que je la trainerais de force s’il le fallait. Heureusement la jeune femme abdiqua en disant que nous rendre à la clinique serait plus rapide que d’aller sous sa tente. Je la regardais sans trop comprendre l’allusion mais ne lui posais pas de question.



- Merci ! dis-je sincèrement. J’essaierai de faire au plus vite, ajoutais-je ensuite à contrecœur.


Mais que pouvais-je y faire si elle ne voulait pas se trouver en ma présence. Je ne pouvais pas l’y obliger même si je devais reconnaître que j’aurais donné cher pour être en sa présence en dehors d’un cadre professionnel. Parce que c’est bien ce qui allait se passer. Ce tête à tête n’en serait pas un… Non ! Ce serait une nouvelle visite médicale improvisée. Je poussais un soupir inaudible au moment même où Eléanore reprenait la parole de manière très autoritaire !
Je sortais de mes pensées et souris légèrement. Cela m’empêchait de soupirer à nouveau à cause de mes pensées.



- Oui, désolé ! Je te laisse me suivre, m’excusais-je.


Je ne disais rien sur le court chemin qui nous menait à la salle d’examen où je me trouvais un peu plus tôt. Ce n’était pas la plus près mais je savais ce qui s’y trouvait dedans et je n’aurais donc pas à faire des allers-retours au risque de voir ma patiente se sauver. Une fois dans la pièce je jetais un coup d’œil à Eléanore qui évitait soigneusement de me regarder. Je poussais une chaise vers la table de consultation… « Je te laisse découvrir ton bras des tes vêtements et t’installer sur la table Eléanore. Mais ne touche pas au bandage ! ».
En attendant je préparais le matériel de suture et une seringue d’un peu d’anesthésient sans savoir si je pourrais m’en servir. Lorsque je me retournais vers la blonde je me stoppais quelques secondes en voyant son bandage carrément imbibé de sang… je récupérais quelques compresses de plus et j’allais auprès de la belle.


- Eléanore ! dis-je après avoir soulever doucement le bandage. Il faut que tu me donne le flacon que tu as dans la poche pour que je sache ce que c’est exactement. Je pensais te faire un ou deux points mais il va en falloir plus et une anesthésie locale serait pas mal, avouais-je en la fixant.


Je ne pouvais pas lui injecter de l’anesthésient sans savoir ce qu’elle avait dans le sang. C’était trop risqué !






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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Mar 26 Aoû - 12:59

    Et me voilà de nouveau embarqué dans une merde terrible. J'avais finalement cédé pour qu'il me laisse tranquille par la suite, mais je ne savais guère si c'était la bonne solution. En tout cas, je n'avais pas le choix, je savais à quel point il était têtu et persévérant. Tout comme moi d'ailleurs, alors il fallait bien que l'un de nous cède non ? Et bien j'avais cédé la première, et au vu de son inquiétude à mon égard, j'étais certaine qu'il n'aurait pas lâché l'affaire, quitte à me prendre de force. Ce que je ne souhaitais pas d'ailleurs, sinon il aurait à faire à mes petits poings, mes ongles et mes cris. Il ne devait pas tout comprendre, notre dernière rencontre remontait déjà, mais tout c'était bien passé. J'étais toujours un peu réservée avec lui, un peu distante, mais jamais je ne lui avais parlé ainsi encore. Je ne voyais pas trop ce que j'étais en train de faire, ni même ce que l'effet des cachets avaient sur moi. Je m'étais de toute façon mis en tête que je ne devais pas laisser Manu s'infiltrer, s'immiscer un peu plus. Pourquoi ? Parce que je ne le méritais pas, et le fait qu'il s'inquiète autant à mon sujet me faisait plus peur encore. Plus il se rapprochait, et plus je m'éloignais. Pourtant, j'aurais bien envie de sa tendresse, de bras protecteur qui m'entoure, de ne plus dormir seule la nuit... j'arrêtais mes pensées nettes, me rappelant à quel point je n'étais plus une femme honorable ou fréquentable.

    Je n'avais pas fait attention s'il avait compris ou non ce que je lui avais dit. JE voulais en finir rapidement, ma tente était trop loin, et nous étions proches de la boutique, alors au moins choisir le trajet le plus court possible. Pauvre Manu, le seul homme qui me considérait encore, pourquoi diable n'arrivais-je pas à simplement lui ouvrir mon cœur ? J'écoutais à peine ses paroles, me mettant en marche presque aussitôt avant de le secouer un peu voyant qu'il n'avançait pas des masses. Il s'excusait encore, j'ignorais, tout comme je fuyais son regard. Je le suivis alors sans aucun mot, muette comme une carpe alors que nous entrions dans un bureau aménagé en salle de consultation. Je m'avançais jusqu'à la table, les mains dans les poches, regardant autour de moi avant qu'il ne déplace une chaise pour y mettre mes affaires. Je ne le regardais ni ne lui parlais, ouvrant la fermeture de mon manteau pour l'enlever sans aucune grimace. Puis le pull suivit et les deux autres couches aussi, me mettant simplement en débardeur, découvrant par la même occasion mes vêtements souillés par le sang. J'enlevais mes chaussures avant de m'installer sur la table, assise. J'observais mon bandage, sans avoir vraiment de détresse à la vue de ce bandage imbibé de sang. J'aurais pu avoir mal, mais je ne ressentais que des picotements, rien de plus. Combien avais-je pris de cachet ? J'avais déjà oublié, et la voix d'Emmanuel me ramena de mes pensées. Je n'étais pas fière qu'il remette ça sur le tapis.

    « Je te l'ai déjà dit, des antidouleurs, t'es médecin ou pas ? » Je me coupais, avant de souffler. « Et puis dédramatise, ce n'est pas grand-chose non plus, je saigne facilement, c'est tout. » Tu parles, mensonge. Même si je savais que les mains pouvaient plus saigner, les avant-bras ça devait être pareil non ? J'hésitais quand même à regarder mon bras une fois le bandage retirer, tout simplement parce que ça me remettrait dans la dure mais réelle vérité. « Dépêche-toi juste. » Il me voit de profil, ma tête tournée vers la fenêtre. J'avais envie qu'il finisse rapidement, pour éviter qu'il ne trouve les mots pour m'atteindre. Pourquoi ne le regardais-je pas à votre avis ? Parce que son regard m'ébranlerait.


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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Mar 26 Aoû - 21:05



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J’avais gagné la partie en faisait cédé Eléanore mais je n’étais pas dupe et je savais pertinemment qu’elle avait accepté de me suivre à contrecœur. A coup sûr elle voulait se débarrasser de ma présence et elle pensait qu’en acceptant de se faire soigner cela marcherait ; que je la soignerais vite fait bien fait et que je la laisserais filer. Elle avait totalement raison ! Enfin… cela aurait été ma façon d’agir si Elle n’avait pas été la personne concernée… Je me fichais qu’elle me repousse aujourd’hui de la façon dont elle le faisait car elle n’était pas dans son état normal. Il était donc urgent que je sache exactement ce qu’elle avait pris. Mais je ne pensais pas que je parviendrais à obtenir la réponse de la bouche de la belle. Je soupirais à cette pensée mais ne disait plus rien jusqu’à la salle d’examen ! Cela ne servait absolument à rien de discuter avec elle pour le moment et je devais préparer le matériel de suture. Je lui demandais juste de s’installer sur la table d’auscultation et de découvrir son bras des vêtements qui le dissimulait.
Je l’observais discrètement et je sus comment j’allais obtenir la réponse à ma principale question. Cependant je lui laisserais une nouvelle chance de me dire la vérité. Discrètement, alors qu’elle était occupée je verrouillais la porte… Je m’approchais ensuite d’Eléanore en espérant vraiment qu’elle me dirait la vérité et je lui posais la question avant de lui dire ce que j’allais faire. J’eus un léger signe de tête négatif et déçu lorsque j’entendis sa réponse prononcée d’une manière assez rude avant d’être suivie d’un soupir. Je fixais quelques longues secondes mon matériel de suture avant d’observer la blonde.



- Oui, je suis médecin Eléanore contrairement à toi ! répondis-je d’un ton calme. Donc si je te pose cette question c’est que je dois obtenir une réponse. Et de préférence une sincère !


J’avais ensuite choisi de ne pas répondre à ses derniers propos ce qui permit à la jeune femme de reprendre la parole pour me dire de faire vite. Je lui jetais un bref coup d’œil mais ne répondais rien sur le moment. Et puis je détestais lui parler lorsqu’elle refusait de me regarder en face. Lorsque j’aperçus ce que je cherchais je fis le tour de la table pour que je me retrouve de nouveau en face de celle qui hantait mes pensées. Je regardais la jeune femme et n’attendais pas très longtemps avant de poser brièvement mon index sous son menton pour l’obliger à me regarder.
J’avais tellement envie de la prendre dans mes bras… et envie de lui parler mais je ne savais pas comment m’y prendre. J’étais de plus en plus perdu face à celle qui se tenait en face de moi. Je m’adressais donc à elle en toute sincérité… à cœur ouvert !



- Je ne sais pas ce qui s’est passé depuis la dernière que l’on s’est vu… si j’ai fait quelque chose de mal ou n’ai pas fait quelque chose que tu attendais ! Mais je veux juste t’aider… Je marquais une pause. Je t’ai promis d’être toujours là pour toi et je compte bien tenir ma promesse. Je ne fais pas ça que pour toi mais aussi pour moi, parce que le fait que tu me repousse ne change rien, absolument rien à ce que je ressens… Alors je vais continuer d’être présent pour toi même si pour cela je dois faire des choses qui te poussent à me détester. ... Comme maintenant…


En disant cela j’avais attrapé la veste de la jolie blonde et m’étais reculé d’un pas. J’aurais vraiment aimé qu’elle me dise la vérité d’elle-même mais elle n’avait pas saisi sa chance. Ce fut donc avec un regard désolé que je regardais la blonde alors que je sortais le petit flacon de la poche de son vêtement. Je reposais ce dernier et ouvrait la petite boite !






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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Mer 27 Aoû - 9:39

    J’étais rude avec lui, je ne m’expliquais pas pourquoi j’étais si irritable. Si on me filmait, sans doute aurais-je cru une autre personne sous ce visage. Je me perdais moi-même, quand bien même j’essayais de relever la pente. Tout le monde autour de moi disparaissait, mourrait ou m’abandonnait. Je ne pensais même pas une fraction de seconde à Manu, car oui, j’étais la cause de cette distance entre nous, et si je l’avais vu au loin plus tôt au lieu qu’il me prenne à l’improviste, je serais sans doute partit. Comprenait-il au moins tout ce que je faisais, tout ce que je ne faisais pas également. Il m’avait pourtant dit être là pour moi, quoiqu’il arrive, mais c’était toujours la même chose. Depuis ce fameux jour où je m’étais fait rejeter comme une vieille poupée par presque l’amour de ma vie, et depuis ce viol, j’avais été complètement brisée. Il fallait me récupérer à la petite cuillère. Sans constater non plus les effets néfastes qui suivirent, les propres choses que je faisais et dont j’allais avoir honte si jamais je redevenais une personne disons… normale. Sa voix me fit presque sursauter alors que j’étais de nouveau dans mes plus lointaines pensées. Etrangement, ses mots me pincèrent le cœur, et je restais muette, impossible de lui répondre. La sincérité… j’étais de nature très franche, ou je l’avais été… je ne savais plus trop comment j’étais désormais, ne me retrouvant plus moi-même.

    Je ne le regardais plus, ne voulant pas croiser son regard azuré qui me transpercerait certainement. Puis ce toucher, soudain, aurait pu me mettre en colère et rejeté ce bras qui se tendait vers moi. Au lieu de cela, je me laissais guider par son index, étrangement mais sûrement, jusqu’à ce que mon regard croise le sien. Toujours silencieuse, je l’écoutais parler, et de nouveau, ce pincement qui me serrait à tel point que c’en était insupportable. Pourquoi Manu ? Pourquoi ne me laisses-tu pas, pourquoi ne te tournes-tu pas vers une autre femme que tu mériteras ? De nouveau, mes yeux glissent vers le bas irrémédiablement. Je ne sais pas quoi lui dire, j’ai peur d’être sincère, j’ai peur de m’ouvrir de nouveau et que tout me pète à la gueule comme ça me la déjà fait et me brise de nouveau pour de bon. Pourtant, je sais comment je suis, je suis tellement bien avec une personne, je ne peux pas me retrouver seule, je sombre indéniablement vers un chemin qui ne me plaira jamais. Et pourtant, je prends la direction de ce chemin, sans même me poser de question. La voie la plus facile, qui me permet aussi d’oublier un court instant la misère qui nous entoure et mes souffrances.
    Mon regard se lève alors que je le vois ce reculer et chercher dans mon manteau, là étrangement, je sens montée une vague d’émotion alors qu’il prend ce flacon et l’ouvre. Aussitôt, je me soulève avec une telle impulsion que j’arrive sur lui trop rapidement. Je le fais chuter dans mon élan, alors qu’il tombe en arrière et que je me retrouve sur lui alors qu’il amortit complètement ma chute, pas la sienne en revanche. Mes deux paumes de mains sont plaquées sur le sol, de part et d’autres de Manu, je relève la tête alors que mes cheveux recouvrent presque totalement mon visage. Entre deux mèches de cheveux, mon regard glisse du visage de Manu à mon avant-bras gauche qui me tiraille affreusement, puis à ma main qui est proche de ses cheveux. Mes doigts effleurent son cuir chevelu pour sentir un liquide chaud. D’abord, je cru que c’était mon sang, puis tout à coup je compris. Je me redresse maladroitement, à califourchon sur lui alors que ma main droite vint sur ma bouche. Instantanément, mes yeux ruissèlent, les larmes coulent sur mon visage.

    « Manu… je suis désolée, je ne voulais pas te… » balbutiais-je alors que je fus prise de sanglots et ne terminais pas ma phrase. Je cachais mon visage dans mes mains, ne me préoccupant pas du sang qui salissait mes cheveux et mon visage, ni même de cet avant-bras qui me faisait terriblement mal. J’étais honteuse de ce que je faisais, ce que je lui avais fait. Je l’avais blessé, et j’avais constaté à quel point je m’en voulais, à quel point je tenais à lui également.


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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Mer 27 Aoû - 12:31



Qui aime bien, châtie bien.





J'aurais pu lâcher l'affaire, j'aurais peut-être même du car Eléanore semblait vraiment vouloir m'écarter de sa vie. Mais j'en étais incapable car plus le temps passait plus elle hantait mon esprit et plus j'avais envie de sa présence à mes côtés. Ce qui venait de se passer aurait pu changer la donne ! Après tout son ton envers moi variait entre la colère et l'ironie avec par moment une pointe de méchanceté. Beaucoup de types lui auraient tourné le dos après l'avoir envoyé chi#r ; mais je n'étais pas ce genre de gars, je comptais bien rester à ses côtés et même faire mieux... La soigner et tenter d'apprendre ce qui lui arrivait. Je me fichais que certaines personnes puissent penser que je n'avais aucun amour propre et que le fait que je m'accroche ne servait à rien ! Je ne savais même pas si une seule personne pensait de cette façon mais même si cela avait été le cas je m'en serais foutu royalement. Eléanore comptait trop pour moi et je ne voulais pas la perdre. Car oui, c'était maintenant un fait établi ! Je l'aimais... j'étais même fou d'elle sans qu'elle n'ait rien fait pour que cela se produise. Voilà pourquoi j'arrivais à tenir le coup face à son comportement d'aujourd'hui.
Je ne voulais pas la perdre mais je savais que ce que j'allais peut-être devoir faire était risqué. Mais je devais le faire ! Pour elle. Je ne pouvais pas prendre le risque de faire une erreur médicale dans le seul but de ne pas la vexer. C'était donc l'esprit assez occupé que j'étais revenu auprès d'elle.

Mais elle continuait... Elle évitait de me regarder sans que je ne comprenne et c'est pourquoi je la forçais doucement, tendrement même, à me regarder. Elle n'eut aucun geste de rejet ce qui me rassura mais elle ne prononça pas le moindre mot à mes paroles. Je n'obtenais même pas le début d'une réponse aux interrogations que je me posais et cela me fit mal. Je n'arrivais pas à supporter de ne pas savoir ce que j'avais pu faire ou ne pas faire ! Car elle devait forcément avoir quelque chose à me reprocher pour se comporter de cette façon avec moi. A moins que cela ne vienne uniquement de ce qu'elle avait pris et c'est pourquoi je m'excusais auprès de la blonde pour ce qui allait suivre.
Comme elle avait déjà baisser le regard cela me permit plus facilement de récupérer son manteau pour y prendre le flacon qui contenait ses soit disant anti-douleurs. Je l'ouvrais et récupérais un cachet pour l'examiné ! J'aurais pu mettre beaucoup plus longtemps à me rendre compte que ce n'était pas un anti-douleur si je ne l'avais pas déjà vu auparavant. J'allais informé Eléanore de ce fait mais je n'en eus absolument pas le temps. La jolie blonde venait de se jeter sur moi et m'avait fait basculé en arrière malgré ma carrure beaucoup plus imposante que la sienne. L'effet de surprise sûrement ! Et ce fut également à cause du fait que je ne m'étais sûrement pas attendu à ça que je n'avais pas eu le réflexe d'amortir ma chute. Ma tête heurta alors assez rudement le sol puisque la jeune femme m'était tombée dessus dans l'élan de la chute et cela me sonna quelques minutes.
J'avais bel et bien les yeux ouverts mais j'étais à l'ouest... Mais même dans le col-tard je ne pouvais m'empêcher d'admirer la blonde dont les cheveux m'effleuraient le visage. Cependant une légère et brève moue de douleur passa sur mon visage lorsque ses doigts passèrent dans mes cheveux. Je n'eus pas le temps de vérifier ce qui me faisait mal car la réaction de la blonde me donna une réponse. Mon cœur sembla devenir douloureux lorsque je la vis pleurer et dissimuler son visage. Je passais brièvement mes doigts sur ma tempe à droite, à la naissance des mes cheveux pour constater la présence d'une légère entaille. Ma tête avait du heurter le pied en inox de la petite armoire mais ce n'était rien de grave.



- Eléanore ce n'est rien, dis-je en me redressant doucement et sûrement pour ne pas la faire tomber.


Ma tête tournait légèrement mais je m'en fichais. Je prenais la blonde dans mes bras quelques secondes, le temps que la douleur diminue. Puis je m'écartais un peu pour enlever les mains de son visage et la regarder. Malgré les larmes et le sang je la trouvais magnifique et mon cœur s'emballa en remarquant enfin notre proximité.


- Ne pleure pas, s'il te plaît... lui demandais-je en écartant les cheveux de son visage. Je ne veux pas que tu pleure, et encore moins à cause de moi.


Puis je me stoppais et la regardais droit dans les yeux. J'avais l'impression que l'on m'oppressait la poitrine mais cela ne m'empêcha pas de rapprocher mon visage du sien... Au dernier moment j'appuyais mon front contre le sien et je fermais les yeux.


- Je suis fou de toi Eléanore... complètement ! avouais-je. Je reculais légèrement pour la regarder. Je ne peux rien changer à ça, continuais-je alors que ma main se posait sur sa joue, mon regard toujours plongé dans le sien. Je suis désolé !


De quoi m'excusais-je ? Du fait que j'étais incapable de ne pas l'aimer ou du fait que mes lèvres venaient de se poser doucement, tendrement sur les siennes ? Des deux je pense. Bien que pour le moment je ne pensais pas vraiment.






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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Mer 27 Aoû - 21:53

    Je ne voulais pas le blesser, loin de moi cette idée d’ailleurs. Pourtant, je l’avais fait, et cela m’avait ramené sur la terre ferme, comme si un voile était tombé. J’avais eu tellement peur que ce soit grave également, il aurait pu avoir un traumatisme crânien, pire encore être mort à cause de moi. Je voyais très loin, trop loin d’ailleurs mais ce n’était pas si faux que cela. Il aurait pu se briser la nuque sur un coin de table ou tout autre chose qui aurait attenté à sa vie. Le fait d’avoir eu peur pour lui m’avait fait prendre conscience de ce que je ressentais, sauf que j’étais prise par mes émotions. Mes yeux luisaient, jusqu’à ce que les larmes coulent et que je ne puisse plus les retenir. Il voulait juste m’aider, et moi je voulais juste me protéger, protéger mon cœur alors qu’il n’était même pas cicatrisé. C’était bien ça le problème, mon viol m’avait terrorisé et le fait d’être considéré comme de la merde ou bonne qu’à baiser auprès de l’homme que j’aimais m’avait plus que jamais mutilé. Car oui, c’était le mot que l’on pouvait employer, mais aussi bien maigre comparé à ce que je ressentais. Et lui était là, toujours présent, toujours à s’inquiéter pour moi et voilà comment je le remerciais. Je ne le faisais pas exprès, le comprenait-il, le percevait-il dans mon attitude que je ne reconnaissais plus ? Je ne savais pas, mais j’étais plus que paumée, et malgré la détresse que je pouvais avoir, je n’arrivais pas à simplement lui demander de l’aide, à quiconque, même pas à lui qui m’offrait cette tendresse, cette attention et ce regard.

    Je n’arrivais plus à me contrôler, je cachais ce visage que je détestais au fond. Mon propre reflet m’horrifiait, si bien que j’essayais de ne plus me regarder dans un miroir. Je devais ressembler à une folle, les cheveux désormais très longs, pas franchement soigné, le visage légèrement creusé par la carence et les cernes sous les yeux de fatigue. Je devais être repoussante, je le cherchais un peu aussi pour éviter d’attirer l’œil sur moi, l’hiver était bénéfique, au mois avais-je des couches qui cachait mes formes encore bien présente. J’avais été gâté par la nature, et même si ça ne m’avait jamais dérangé, je voyais les choses différemment en ces temps de guerre. Les premiers mots qu’il prononça, je ne les entendis pas, ne les percevais pas. Ce que je sentis en revanche c’était son redressement, pour autant, je me dissimulais toujours derrière mes cheveux et mes mains. Mon cœur battait à vive allure tellement ce chamboulement me renversait. Je n’avais voulu que lui faire accéder un autre chemin, pas lui faire de mal comme je venais de le faire. Doucement, ses bras m’entourèrent et je me surpris à me blottir contre lui, alors que j’appréciais cette étreinte, si chaleureuse et rassurante. C’était trop court, il se recula alors qu’il enleva mes mains. Je ne faisais que suivre ses mouvements, mes yeux se relèvent doucement, pour croiser finalement son regard. Je l’écoute parler, mais je ne peux pas arrêter mes larmes comme il me le demandait. Elles englobaient mes yeux et roulaient aussi facilement sur mes joues.

    « Je t’ai blessé Manu… je… »

    Je n’arrivais plus à parler, je balbutiais plus qu’autre chose. Je m’en voulais affreusement, tout ça pour cette boîte de cachets, tout ça parce que j’aurais voulu qu’il passe outre, qu’il aille voir ailleurs alors qu’au fond, je ne voulais pas qu’il me laisse. Il l’avait peut-être senti, déchiffrer à travers mes gestes, mon regard et mon attitude. J’avais dû le blesser bien plus de fois que je ne l’imaginais finalement, car les mots étaient tout aussi puissants pour poignarder une personne. Son visage se rapprocha du mien, jusqu’à ce que nos fronts se touchent. Ses paupières se ferment et je me demande ce qu’il fait. Et soudain, mon cœur rate un battement, ma respiration s’arrête, mes larmes également alors que j’accuse ses mots si intense, si puissant qui me font me figer entièrement. Je ressens de la peur, de la honte, un étouffement incessant alors que j’ai l’impression qu’on me tord la poitrine ; mais aussi de la douceur qui m’englobe, un soulagement, un brin de joie. IL se recule, mes yeux le fixe d’une certaine manière, la surprise se voit sur mon visage, j’ai l’impression que mes larmes sont également stoppées dans leur élan. Je n’ai plus de sanglots, je le regarde juste, comme si tout ça n’était pas réel finalement, que je rêvais ; pour la première fois depuis longtemps, mes cauchemars ne me hantaient plus. Il s’excuse, je ne comprends pas, puis ses lèvres se posent sur les miennes délicatement. Tout cela est trop beau pour que j’y crois véritablement, je n’arrive pas à lui rendre ce baisser car pour moi tout ça n’est qu’éphémère. Et lorsqu’il se recule légèrement, je reste figée un bon moment, avant de mordre légèrement ma lèvre comme si je réalisais enfin ce qu’il venait de se passer. Et là, je panique.

    Je me recule brusquement, trop, ce qui me fit atterrir sur les fesses, au sol. « Manu… c’est pas possible… si tu savais… si… » Je me coupe, alors que je m’aide de mes bras pour reculer mais le bureau m’en empêche, nous sommes encore proche, je n’arrive pas à m’éloigner. « J’ai fait des choses horribles, insensés… tu ne veux pas de moi, ce n’est pas possible… ce… Je ne te mérite pas, tu mérites mieux… Je... » Ma gorge se serre, ma voix tremble. « J’ai été brisée par un autre homme… » En vérité j’avais été brisé de partout, mais là je parlais surtout de Philippe.


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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Jeu 28 Aoû - 1:49



Qui aime bien, châtie bien.





Je me doutais qu’Eléanore ne réagirait pas docilement en me voyant fouiller dans son manteau pour en sortir le flacon de médicaments. Je m’étais même préparer à une nouvelle vague d’agressivité de sa part. Si elle ne me les avait pas donnés de son plein gré il était évident qu’elle ne resterait pas sans réagir en me voyant les lui prendre de ‘‘force’’. Cependant même si je m’étais préparé je ne m’étais pas attendu à ça ! Non, jamais je n’aurais imaginé que la jolie blonde parviendrait à me mettre ko et à presque m’assommer. Je compris très vite qu’elle n’avait pas voulu ça et qu’elle-même était surprise. A moitié sonné je fus tout de même touché par les larmes de la blonde. Je m’en voulais de ne pas avoir réussi à empêcher la chute car je ne voulais pas qu’elle s’en veuille, surtout qu’après vérification je n’avais qu’une petite entaille. Non ! Je ne voulais vraiment pas qu’elle s’inquiète pour moi alors que nous étions venus ici pour elle, pour la soigner mais pas que… Je voulais aussi comprendre ce qui lui arrivait car cela devenait de plus en plus insupportable pour moi de constamment penser à elle sans savoir si elle allait bien. Cela me torturait davantage en constatant que ce n’était pas forcément le cas.
Mon étreinte fut le seul moyen que je trouvais pour tenter de la calmer et pour attendre que la douleur diffuse dans mon crâne se calme mais elle m’apporta bien plus. Mes bras entourés autour de la jeune femme je semblais être plus calme mais je ne laissais pas cet instant s’éterniser. Ce moment était agréable mais j’avais besoin de la voir… C’est pourquoi j’écartais ses mains en constatant avec peine que les larmes roulaient toujours sur ses joues et le fait que je lui demande d’arrêter ne changeait rien. Elle ne pouvait sûrement pas imaginer à quel point cela me faisait souffrir de la voir pleurer… Je la fixais et je reprenais la parole d’un ton doux mais sûr.



- Je te l’ai dit, ce n’est rien. Regarde-moi ! Je vais bien… Et puis tu n’as pas voulu ça ! Donc tu n’as pas à t’en vouloir… C’était juste un petit accident, point final.


Petit incident qui m’avait bien sonné mais cela n’était rien ! Non, cela n’était rien comparé à ce qu’elle avait pu me dire un peu plus tôt car ce que la jeune femme ignorait c’était que ses mots à mon égard avaient été bien plus terribles à entendre que cette chute n’avait été douloureuse. Mais ça je ne lui dirais pas car je ne voulais pas qu’elle culpabilise davantage… Je souhaitais juste qu’elle soit bien en ma présence et avant ça qu’elle accepte de l’être, qu’elle ne cherche plus à m’éviter comme elle le faisait constamment ces derniers temps. Je ne voulais plus qu’elle préfère prendre des médocs sans savoir ce qu’ils étaient juste pour ne pas avoir à me voir ! Cette simple pensée me tortura et c’est quoi j’avais reporté toute mon attention sur la blonde pour enfin prendre conscience de la proximité intime entre nous.
Je n’avais pas vraiment remarqué avant, sûrement à cause du choc mais maintenant je ne pouvais m’ôter cette pensée de la tête alors qu’un désir intense s’emparait de moi. Dans un premier temps j’arrivais à le contrôler en posant mon front contre celui de la blonde pour passer aux aveux. Je n’étais pas certain qu’elle ait envie d’entendre ces paroles mais je ne pouvais pas les garder pour moi… j’allais finir par devenir dingue !

Eléanore ne répondait rien… Peut-être que je n’aurais pas osé faire ce qui avait suivi si elle m’avait répondu quoique ce soit. Enfin, rien n’était sûr ! Vous me direz, peut-être aurait-elle dit quelque chose si mes lèvres ne s’étaient pas posées tendrement sur les siennes. A cet instant j’eus l’impression que le temps s’arrêtait, que la douleur n’était plus là et que toute cette fichue guerre était loin, très loin. J’étais tout simplement bien, comme je ne l’avais pas été depuis de long mois. Mais je ne faisais pas durer ce moment… je n’avais pas l’impression qu’Eléanore était réceptive. Je me reculais légèrement pour la regarder et la voir figée ce qui ne me rassura pas… Le fait qu’elle se mordille la lèvre ne m’aida pas non plus à comprendre si j’avais fait une connerie !
Puis ce fut à mon tour de me figer. J’entrouvris la bouche de surprise en voyant la jeune femme reculer ainsi ! J’eus l’impression que mon sang se glaçait et que l’on me broyait le cœur au point que cela rendait chaque inspiration douloureuse. Et cette fois ce fut à moi de détourner le regard lorsque la blonde prononça les mots ‘‘pas possible’’. J’avais carrément fait fausse route et j’avais du mal à encaisser, à l’accepter. Voilà pourquoi je tentais malgré tout de me concentrer sur ce qu’elle disait en fixant un point invisible sur le sol.

Je mis quelques secondes à intégrer ce qu’elle disait et la regardait de nouveau en hochant la tête de manière négative. Non ! Elle se trompait… Mais avant que je ne puisse le lui dire elle rajoutait une précision d’une grande importance. Elle avait été brisée par un homme et je comprenais que ces mots là ne semblaient pas faire allusion à son viol. J’hésitais à me rapprocher de nouveau d’elle et y renonçais alors que mon regard se posait sur sa main. Mes doigts vinrent l’effleurer avant de s’entrelacer avec les siens… Puis de nouveau je le regardais droit dans les yeux tout en cherchant les mots avant de les laisser venir seuls.



- Nous avons tous fait des choses que l’on regrette, moi le premier, mais le passé ne doit pas nous empêcher d’avancer, expliquais-je. Et je sais parfaitement ce que je veux Eléanore. Je ne souhaite qu’être à tes côtés… Alors ne dis pas que je ne te mérite pas parce que c’est faux. Et cela devient trop dur de me battre constamment contre ce que je ressens pour toi, avouais-je. Laisse-moi une chance ! Laisse-moi te prouver qu’ensemble on peut se reconstruire… … S’il te plait !


Tout en lui parlant j’avais tenu sa main et mon regard emprunt de tendresse avait été plongé dans le sien. Mais mes yeux se baissèrent en même temps que je me taisais car je craignais la réponse qu’elle allait me faire. Sans même m’en rendre compte je me mordillais la lèvre avant de retarder l’échéance de la réponse de la blonde en rajoutant dans un murmure. « Et avant ça laisse-moi commencé par soigner ton bras… »







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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Jeu 28 Aoû - 13:32

    Etait-ce la réalité, ou n'était-ce rien de plus qu'un monde illusoire, plein de promesses et de sourire alors que règne le chaos à l'extérieur. Je n'arrivais plus à penser que l'on puisse ne pas me vouloir de mal, que l'on puisse ne pas avoir d'arrière-pensées à mon égard. Que l'on puisse me vouloir que du bien, pouvoir voir par moi-même, à travers ce regard qui était toujours dans la surprise, que quelqu'un pouvait éprouver de l'amour. J'avais cru le voir, à travers les yeux de Philippe, je ne voulais pas me faire avoir de nouveau. J'avais toujours peur. Je pensais à Mickaël, si seulement il avait pu survivre, sûrement que tout aurait été différent... survivre à deux dans ce monde était bien mieux finalement. Alix avait-elle tord finalement ? Je me posais la question, car finalement, je ne suivais pas ses conseils, mais elle s'était volatilisée soudainement, comme beaucoup de monde autour de moi. Parfois, je me disais être maudite, car tous ceux que j'avais appréciés, tous ceux que j'avais aimés en tant qu'amis avaient été dévastés. Et si Manu partait aussi ? Et si la mort l'emportait ? Je n'osais pas l'imaginer... et petit à petit, je me rends compte que j'apprécie vraiment cet homme en face de moi, je l'aime peut-être un peu, mais je suis toujours bloquée, toujours aussi meurtrie. Arrivera-t-il à être compréhensif et patient ? Je n'arrivais pas à me faire à l'idée, car pour moi, il devait voir ailleurs. Il ne pouvait pas être avec moi, alors que j'avais couché avec un inconnu, que je m'alcoolisais et maintenant me droguais avec ses cachets. Qu'étais-je de plus qu'une épave qui errait ?

    Il avait essayé de me rassurer sur l'incident, mais je ne pouvais pas envisager ses mots. C'était de ma faute, contrairement à ce qu'il pouvait me dire. Tout l'était, et il ne saignerait pas si j'avais su réagir autrement. Ça avait été le déclic pour moi, même si je m'en voulais affreusement. C'était comme si tout s'éclairait autour de moi. J'étais de plus en plus désorientée à dire vrai, c'est pourquoi je restais muette, observant Manu et ne pouvant pas apprécier ses lèvres qui s'étaient posées doucement sur les miennes. Non, je n'avais pas su apprécier ce baiser qu'il m'offrait et qui restait sucré sur mes lèvres alors que je me la mordais. Pouvait-on encore sentir ce genre de chose, que cela soit aussi délicat, délicieux ? J'avais l'impression de rêver... mais lorsque tout devient clair, la panique s'empare de moi, irrémédiablement. Je balbutie toujours, mais je lui balance des informations qu'il peut tout à fait comprendre. Ce n'est pas que je ne voulais pas, c'était... plus compliqué. Je ne me voyais pas encore à travers ses yeux, comment il me voyait lui. Ca viendrait peut-être avec le temps...

    Mon dos est collé sur le bureau, pourtant, j'ai envie de me reculer davantage. Je pensais ce que je lui disais, j'étais très loin d'une femme honorable, et je le voyais avec une autre femme, qui ne le martyriserait pas comme je le faisais. Quoi qu'à cette pensée, cela me pinçait le cœur, car si son regard se posait ailleurs, il ne se poserait plus sur moi. Trop complexe, tout en moi se bousculait et j'avais du mal à tout maîtriser. Puis tout se stoppa, tandis que je sentis ses doigts s'entremêler dans les miens. Mon regard passe de sa main à son visage alors qu'il commence à parler. Mes larmes s'étaient calmées, cependant une larme coulait sur ma joue droite, sans vraiment comprendre. J'étais touchée par ce qu'il me disait, voilà tout, mais j'étais toujours tiraillée.

    « Tu ne comprends pas, j'ai... » Ma voix s'éteint à cause de ma gorge qui me serre et je sais alors que je n'arriverais pas à lui dire alors je le fais autrement. « Tu ne voudras pas de moi... de mon corps... » Une autre larme coule. « Je n'arrive pas à t'expliquer... je... j'aimerais bien me reconstruire mais je n'y parviens pas. J'ai trop souffert, je souffre encore... ici... » Ma paume de main libre vint se poser sur ma poitrine et je resserre mes doigts pour lui faire comprendre. Je balbutie encore et toujours, comme si je lui sortais des bribes d'informations, je ne pouvais pas faire autrement, ça sortait comme ça venait. « Je ne sais pas ce qui ne va pas chez moi... je perds tout le monde et je n'ai plus envie... plus envie de voir les gens disparaître... je m'éloigne... je n'ai pas envie de... » J'avais besoin de son soutien, j'avais besoin de son amour et de sa tendresse. J'avais besoin de tout ça, mais pourtant, je n'arrêtais pas de le repousser. Comprendrait-il par mon charabia que j'étais juste terrorisée ? Que je ne voulais pas souffrir et qu'il me faudrait du temps avant de me sentir vraiment bien ? Pourrait-il être aussi patient ? Je ne savais pas, à lui de me le dire s'il avait su déchiffrer tout cela dans mes mots, dans ses phrases coupées.

    Après ses derniers mots concernant mon avant-bras, étrangement, je ressentis de nouveau la douleur que je n'avais pas sentie jusque-là. Et mon regard observait ce bandage en sang avec une légère tension du visage alors que la douleur me tiraille. Mes yeux se posent sur lui, puis sur sa plaie. « Il faut soigner la tienne avant ! » Un peu trop précipitamment, mais rien ne pouvait m'enlever la culpabilité que j'avais à cause de la blessure que je lui avais infligée. Je le passais en priorité alors que ma blessure était plus urgente dans l’immédiat. On avançait un peu finalement...


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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Ven 29 Aoû - 0:08



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Il m’en avait fallu du temps pour clairement dire à Eléanore ce que je ressentais pour elle… peut-être en avais-je même trop perdu ! Si je lui avais parlé avant, quand nous étions à Louisville, peut-être que cela aurait changé beaucoup de choses. Peut-être que la blonde n’aurait pas subi les drames qui lui étaient tombés dessus ! *Avec des si on pourrait refaire le monde !* Pas faux ! Je chassais donc ces diverses pensées de mon esprit toujours quelque peu embrouillé après le choc. C’était peut-être d’ailleurs grâce à cela que je m’étais confié si facilement ou alors c’était surtout parce que j’avais peur pour la belle en la voyant se mettre en danger. Je n’en savais rien, j’avais de plus en plus de mal à rester concentré après ce que j’avais découvert concernant les médicaments, après ce que je lui avais avouer et surtout après ce que j’avais fait et qui l’avait fait me fuir. Je ne sais pas ce que j’aurais fait si elle n’avait pas apporté des précisions à son attitude. Pensait-elle vraiment que je méritais mieux qu’elle alors que je voyais en la blonde un ange ? Etait-ce une technique pour me repousser ? Non, je ne le pensais absolument pas. Pourquoi n’était-elle pas capable de se voir comme moi je la voyais ? Je n’en savais rien mais je ferais en sorte qu’elle comprenne à quel point elle était merveilleuse, que l’erreur était humaine !
Cependant, elle semblait rester septique lorsque je lui disais que mon entaille était bénigne. Je n’insistais pas car je savais qu’elle continuerait de se taire et de culpabiliser. Et puis elle verrait par elle-même que ce n’était vraiment rien.

Je ne pensais pas plus longtemps à cela car je voyais qu’elle ne semblait pas rassurée… Le fait qu’elle était complètement adossée au bureau me le prouvait et m’attristait. Que cherchait-elle à fuir ? Moi ? Non, je ne voulais pas le croire, je n’arriverais pas à l’accepter. Le simple fait qu’elle n’ait pas réagi à mon baiser avant de finalement s’enfuir était une source d’angoisse. Je n’osais imaginer la douleur que je pourrais ressentir si elle me rejetait définitivement. Je tentais alors de la rassurer en évitant de la prendre dans mes bras mais en entrelaçant mes doigts avec les siens. Ce simple contact m’apaisa et sembla avoir le même effet sur le blonde ce qui me rassura.
Cela me permit de m’adresser à elle en toute sincérité sans avoir à réfléchir… Car oui, nous avions tous commis des erreurs, avant ou après cette fichue guerre ! Personne n’était blanc comme neige et si elle avait fait des choses dont elle n’était pas fière j’étais dans le même cas. Ce que j’avais compris avec le temps c’était que les regrets ne servaient à rien et qu’il nous fallait avancer. Je voulais qu’elle comprenne qu’à deux nous pourrions nous soutenir.

Mais elle prétendait que je ne comprenais pas ce qui me fit baisser le regard pour tomber sur nos doigts entrelacés et je commençais à caresser sa peau de mon pouce avant de la regarder étonné. Pourquoi disait-elle cela ? Je secouais la tête négativement sans rien dire, sans la lâcher du regard. Je ne rêvais que de l’avoir à mes côtés et son corps ne m’avait jamais laissé indifférent. Mais je devinais pourquoi elle disait cela en y réfléchissant un peu. J’aurais repris la parole pour lui expliquer qu’elle se trompait si elle n’avait pas continué pour me dire qu’elle ne parvenait pas à se reconstruire, qu’elle avait trop soufferte. J’eus envie de la reprendre dans mes bras lorsqu’elle indiqua son cœur mais je n’en fis rien.
Je continuais de la regarder droit dans les yeux tout en l’écoutant attentivement. C’est là que tout devint clair ! Elle avait été blessée mais avait aussi perdu beaucoup de personne auxquelles elle tenait. Elle devait penser que la distance pourrait la protéger alors que le contraire fonctionnait mieux. Je voulais le lui prouver et je m’approchais de nouveau d’elle pour m’asseoir à côté d’elle sans lâcher sa main. Mon bras libre passa autour de ses épaules doucement pour venir la blottir contre moi.



- Tu fais fausse route Eléanore… Si seulement tu pouvais te voir comme moi je te vois tu ne dirais pas ça à ton sujet ! Je sais que tu as souffert et sûrement plus que la moyenne des gens du camp mais je sais que tu arriveras à surmonter ça… Je marquais une pause. Je serais là pour t’aider… pour te faire comprendre que je ne veux qu’être à tes côtés. Peu importe le temps que cela prendra. Je patienterais ! Tu en vaux la peine Eléanore… Tu mérite ce qu’il y a de mieux. Je faisais en sorte de la regarder. Tu vois, je suis là… et je ne vais pas disparaître ou m’éloigner. Je vais continuer à être présent !


Oui, elle ne pourrait pas se débarrasser de moi ou faire en sorte que ma personne passe avant elle. C’est pourquoi j’eus un léger sourire en l’entendant me dire que je devais me soigner avant elle. A contrecœur je la libérais de mon étreinte pour me relever tout en me tenant mine de rien au bureau. J’aidais ensuite la jeune femme à se mettre sur ses pieds et lui demandais de reprendre place sur la table d’auscultation.
Dans le même temps je récupérais du sparadrap, une petite compresse sur laquelle je versais quelques gouttes d’alcool et je mettais le tout sur mon entaille en me regardant dans un petit miroir.



- Et voilà, dis-je en me tournant vers la blonde. A ton tour maintenant. Je vais un peu anesthésier la zone, expliquais-je en enlevant le bandage et en nettoyant le contour de la plaie ré ouverte. Ça va légèrement te piquer !


Sur ces mots j’injectais le produit anesthésiant et patientais le temps que ce dernier agisse. Mon regard se posa quelques secondes sur le flacon que j’avais lâché puis sur la blonde. Je me mordais légèrement la lèvre inférieure car je n’avais pas envie d’aborder de nouveau le sujet mais il le fallait. J’étais quasiment sûr qu’elle avait suivi mon regard…


- Ce n’en est pas… Les cachets ! Ce ne sont pas des antidouleurs, lui dis-je en la fixant droit dans les yeux.





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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Dim 31 Aoû - 10:22

    Mes yeux ne le quittaient plus, malgré la panique, je ne faisais que le fixer et je l'observais désormais. Maintenant que nos mains étaient liées, étrangement, je m'étais sentie un poil soulagé, rassurée peut-être aussi. Mes yeux contemplaient les siens, d'un bleu puissant, puis son visage, ses traits, ses lèvres aussi que j'avais pu goûter tout à l'heure et ce toucher me restait sur les lèvres encore, si doux et délicieux. J'aurais pu lui rendre son baiser, mais tout était confus dans ma tête, il me fallait encore du temps. Du temps pour me faire à l'idée qu'un homme puisse me dire qu'il m'aime sans se jouer de moi, qu'il puisse être aussi compréhensif et tendre avec moi. Je voyais en lui Mickaël, mon fiancé, mais c'était encore autre chose avec Manu. Je ne saurais le décrire, tellement j'étais submergé par différentes émotions qui s'entrechoquaient en moi. J'avais aimé lorsqu'il m'avait enlacé simplement parce que cela faisait très longtemps que je n'avais pas eu ce genre d'affection. Je ne cessais de me souvenir de la brutalité des gestes lors de mon viol, c'en était interminable. Malgré le fait que j'ai carrément offert mon corps à un inconnu, même si on pouvait dire que je n'avais pas souffert, c'était agréable, je n'arrivais pas à oublier ; mon corps me le faisait savoir à chaque instant. Pour autant, ses caresses du bout de ses doigts sur ma main ne me provoquaient nulle douleur, cela pouvait paraître absurde de penser ainsi, mais on ne se relevait pas aussi simplement d'un traumatisme aussi important.

    Je m'étais dévoilée, par bribe, mais il arrivait toujours à me comprendre. C'était ça aussi que je redoutais chez lui, mais présentement, j'espérais qu'il allait pouvoir me déchiffrer justement, car je ne pouvais pas faire autrement. Je laissais filer les choses, ma bouche parlait toute seule malgré le fait que ma gorge se resserrait formant une boule qui freinait ma déglutition. J'avais l'impression que jamais les mots n'allaient s'arrêter, que j'allais continuer comme ça pendant des heures entières. Et puis, ma voix s'éteint avant même de lui dire que je tiens à lui, que j'ai peur qu'il s'en aille également, alors ma défense reste l'éloignement, la fuite. Je savais combien ça pouvait me faire mal si jamais il me lâchait, comme lui. Je ne voulais pas penser à la joie que ça pouvait me procurer, non, je ne voyais que la finalité, avec le chaos qui m'entourait comme il m'avait entouré cette fois-là. Soudain, je sens une présence à côté de moi, et mes yeux recouvrent la vue. C'était comme si j'avais raté un mouvement, celui de Manu qui s'approchait de moi. Je sentis alors son bras qui m'entourait et naturellement, je posais ma tête sur son torse, repliant mes jambes. J'écoute ses paroles, silencieuse, qui me faisaient réfléchir. Les larmes ne coulaient plus, j'étais plus calme déjà, comme si j'avais retrouvé un pilier, une ancre à qui m'accrocher mais aussi un soutien ; quelqu'un qui me comprenne. J'en avais cruellement besoin, finalement. Je ne savais plus quoi dire, il acceptait tout, et même si j'avais été évasive, je savais qu'il avait compris concernant mon corps. Pourquoi ne me répudiait-il pas comme l'avait fait Philippe ?

    « Ça va prendre du temps Manu, je ne sais pas combien, mais... je vais avoir du mal à me retrouver. J'ai peur de sombrer de nouveau, de perpétuellement errer... » Je lève le regard vers lui, cherchant la moindre faille dans ses yeux alors qu'elle n'existe pas. « Dis-moi que tu ne mens pas, redis-moi que tu ne m'abandonneras pas, sinon je crois bien que je ne me relèverais pas. » C'était une façon aussi de dire que je tenais à lui, je ne pouvais pas encore m'ouvrir à lui, je n'étais pas encore prête. J'allais avoir du mal à reprendre confiance également, en moi amis aussi envers un homme, envers lui. Ce n'était pas parce que je ne pouvais pas lui faire confiance, disons que j'allais devoir réapprendre de nouveau. J'essayais de me relâcher, de me détendre, d'essayer de ne plus le repousser. De toute façon, je ne pouvais plus, il avait réussi à me percer, et ce contact avec lui me faisait tellement de bien que je ne pouvais plus rebrousser chemin. Impossible. Alors il allait devoir assurer, sinon je succomberais totalement.

    Après mes paroles concernant sa blessure qu'il fallait soigner, il se leva, avant de m'aider à me relever. Je me dirigeais de nouveau vers la table pour m'y asseoir alors que je l'observais se mettre du sparadrap. Il se tourna vers moi, fier de ce qu'il avait fait, alors qu'il avait du sang encore sur le côté du visage. « Tu as oublié un coin-là. » ajoutai-je pour lui signaler qu'il avait encore du sang qui coulait, puis il s'occupa de moi. Je laissais dans un coin de ma tête lui nettoyer ça, au moins pouvais-je m'occuper de lui après ce qu'il allait faire de mon bras. Je grimaçais alors que je sentais le picotement sur ma plaie, je n'osais à vrai dire pas regarder mon bras, de peur aussi de faire un malaise peut-être. Puis, il m'injectait le produit anesthésiant et je ne sentis plus rien. La douleur s'atténuait pour me permettre de mieux respirer, d'être un peu soulagée durant quelques heures j'imaginais. En attendant, mon regard se posa sur Manu alors que j'avais jeté un coup d'œil à ce qu'il était en train de faire. Ses mots ne m'étonnaient guère en vérité, et je détournais le regard. « Je sais... » Ça avait été le seul moyen qui m'avait permis de me soulager quelque peu. Cela ne faisait pas beaucoup de temps que j'en prenais, quelques jours tout au plus, donc on ne pouvait pas dire que j'étais accro, mais j'en avais déjà pris pas mal. Je me demandais seulement comment allait réagir Manu.


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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Mar 2 Sep - 22:24



Qui aime bien, châtie bien.





Je ne faisais pas des promesses tous les jours pour la simple et bonne raison que je prenais soin de m’y tenir, de ne jamais trahir la personne à laquelle j’avais adressé les mots qui contenait ma parole. C’était d’ailleurs pour ça que je n’avais décidé de m’occuper de moi que lorsque j’avais retrouvé mon petit frère sain et sauf. Je m’étais juré de le protéger ! Mais alors que la sublime blonde me regardait dans les yeux et que nos mains étaient unies je constatais que la promesse faite à Eléanore était complètement différente. J’étais un gamin lorsque j’avais dit à Alex que je serais toujours là pour lui. Mais lorsque j’avais fait la même promesse à la blonde qui me faisait face je savais parfaitement dans quoi je m’engageais, je n’ignorais pas que l’avenir qui s’offrait à nous était incertain. Et cela ne m’avait absolument pas donné envie de me rétracter, au contraire ! Mon souhait d’être près de la jeune femme, de prendre soin d’elle s’était accentué. Et si jusque là j’avais été incapable de le faire comprendre à Eléanore, j’avais décidé de changer de manière de faire car il m’était insupportable de la voir se détruire comme elle le faisait. J’aurais d’ailleurs donné cher pour pouvoir la délester de sa souffrance mais c’était malheureusement impossible. Je ne pouvais qu’être présent. C’était cela le but premier de ma promesse. Et présent je le serais car je me rendais compte que plus les jours passaient et plus j’avais besoin de la voir, de lui parler, de la voir sourire…

Autant dire que j’avais l’impression que cette apocalypse, cet hiver interminable avait été mis sur pause lorsque la jeune femme avait posé sa tête sur mon torse alors que je venais de l’enlacer. Je fus immédiatement apaisé par ce contact et je me rendais compte à quel point cela m’avait manqué. Depuis que la guerre avait éclaté je n’avais jamais eu ce genre d’étreinte. J’avais certes consolé des personnes attristées mais cela n’avait rien à voir avec ce qui se passait en ce moment même ! En cet instant, une sensation de bien-être m’avait envahi, je me sentais plus léger et mon cœur semblait battre plus fort, plus vite… comme avant cette guerre où il était si simple d’être heureux ! Si facile que nous ne le remarquions même pas à l’époque. C’est maintenant que je prenais conscience de ça, maintenant qu’Eléanore était contre moi. J’allais bel et bien tenir la promesse que je lui avais faite car je le voulais mais aussi car la jeune femme m’apportait ce qui semblait être devenu aussi rare que les vivres et médicaments ; la sérénité !
J’avais fermé les yeux pour l’écouter parler… Le simple fait d’entendre sa voix me rassurait et ses mots ne changèrent rien. J’attendrais le temps nécessaire à la jeune femme car je savais ce qu’elle avait vécu mais aussi parce que j’étais comme ça. Je resserrais légèrement et tendrement mon étreinte pour simplement lui montrer que je ne la laisserais pas errer seule, je lui avais promis.

J’ouvrais de nouveau les yeux lorsque je sentais qu’Eléanore relevait la tête pour me regarder. Je faisais de même et je ne la lâchais pas du regard lorsqu’elle me demanda de lui dire que je ne lui mentais pas, de lui répéter que je ne l’abandonnerais jamais. Je déposais un léger baiser sur son front.



- Non, je ne te mens pas. Tu pourrais me demander n’importe quoi, je te répondrais par la vérité, répondis-je avant de continuer. Et je te promets que je ne t’abandonnerais jamais.


J’étais des plus sincères et j’espérais que cela n’échapperait pas à la jeune femme. Puis je me souvenais que je devais la soigner et je mettais fin à notre tendre étreinte, à contrecœur. Cependant je ne pouvais pas m’atteler à son soin de suite car la demoiselle voulait que je m’occupe de mon entaille avant. Je faisais donc en sorte de faire ce qu’elle voulait mais de manière très rapide… J’aurais tout le temps de regarder ça après. Je retournais ensuite près de la jeune femme pour l’entendre me dire que du sang était encore présent. Avec un haussement d’épaules et un sourire je lui répondais « Peut-être… Mais ne dit-on pas honneur aux dames ! ».
Je me concentrais ensuite sur la plaie d’Eléanore qui nécessitait des points de sutures et pas deux… J’anesthésiais localement et reprenais la parole à l’attention de la blonde pour lui dire que les cachets n’étaient pas des antidouleurs. Je savais que la blonde ne devait pas ignorer cette info mais je voulais que les choses soient claires.



- Je vais commencer, dis-je en effectuant le premier point. Ces cachets pris par des personnes saines ont des effets assez chaotiques… Ils sont prescrits aux hyperactifs c’est comme ça que je les aie reconnu aussi facilement. Notre médecin de famille avait voulu en filer à Alex.


Bizarrement je parlais du passé de manière naturelle alors que je ne le faisais jamais ou très rarement. Et lors de ces exceptions mon interlocuteur était mon frère.





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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Mer 3 Sep - 9:48

    Je voulais l'entendre me redire qu'il ne lâcherait rien, qu'il ne m'abandonnerait pas. J'avais besoin de ça, qu'il ne cesse de me le faire savoir, car c'était ça qui me faisait le plus peur. Qu'il ne me fasse pas regretter d'avoir baissé ma garde, d'avoir été faible au point de créer une faille. Je savais à quel point il pouvait toucher des points sensibles, ce pourquoi je l'avais écarté bien rapidement de ma vie. C'était plus intense encore que Philippe... il ne fallait plus que je pense à lui, c'était totalement différent. Manu m'aimait vraiment, il ne jouait pas à un quelconque jeu avec moi. Il ne voyait pas que mon corps, il ne voulait pas juste me baiser à différentes occasions, rester un peu et puis repartir. Non, je le voyais dans ses yeux alors que je voulais capter les siens lorsque je lui avais demandé de me redire ses quelques mots qu'il m'avait dit plus tôt. Mais comme je n'avais plus confiance en moi, encore moins aux hommes, j'avais quand même du mal. Ce n'était pas pour rien que je lui avais dit que ça prendrait du temps, il fallait qu'il soit patient, c'était une chose certaine. Il n'aurait rien de moi s'il me brusquait et il devait déjà le savoir vu comment il prenait la situation en main. Si je ne l'avais pas mis au sol, je ne sais pas si notre situation, notre relation aurait changé aussi radicalement. Je l'aurais sûrement encore fui, et j'aurais sombré jusqu'à périr. Mais désormais, tout va se résoudre non ? Doucement mais sûrement, c'était ce qu'il me fallait.

    J'aurais pu rire si je n'étais pas dans mon état lorsqu'il se rafistola rapidement, ne se nettoyant même pas. C'était juste pour pouvoir s'occuper de moi dans la foulée. Quoiqu'il en soit, je culpabilisais toujours pour lui avoir infligé ça, et même s'il me disait que ce n'était pas grand-chose, à l'intérieur, je continuais à me fustiger. Il n'avait pas mérité ce que je lui avais fait et en l'observant, mes yeux parsemant son visage doucement, je me demandais comment il pouvait être aussi doux, aussi compréhensif et surtout pourquoi la folie ne l'avait pas emporté, lui. Bien d'autres hommes étaient des salauds, j'en avais eu la très brutale expérience, mais lui non. Il restait la tête sur les épaules, comment faisait-il ? Entre temps, il s'occupait de mon bras, et je laissais toujours dans un coin de ma tête de m'occuper de ce sang sur son visage par la suite. Autant rester sage comme une image alors que je ne sentais plus mon avant-bras gauche. J'essayais de rester paisible, même s'il avait remis sur le tapis les cachets. Je savais au fond que ce n'était pas des antidouleurs, mais dans ma tête ça sonnait mieux de le dire ainsi. Je lui avais d'ailleurs avoué savoir la vérité et mon regard fuyait le sien encore une fois, mais pas de colère, de honte cette fois-ci. Que me dirait-il ? Hausserait-il la voix ? Me réprimanderait-il ? Je ne savais pas trop, mais en attendant, j'avais le cœur qui s'emballait et des palpitations. Sa voix brisa le silence et mes pensées alors que je m'imaginais déjà une scène dans ma tête. Il m'indiqua commencer sur mon bras et je n'y jetais même pas un coup d'œil, avant qu'il ne reprenne pour m'expliquer ce qu'étaient ces cachets. Je comprenais ce qu'il me disait, mais je n'avais pas compris que ces cachets pouvaient avoir une influence néfaste sur l'humeur des gens, je me disais que mon irascibilité était de ma simple faute. Et puis il parla de son frère, Alex, et bizarrement, cela me fit réagir. Je tournais la tête pour le regarder de nouveau alors qu'il était concentré sur mon bras.

    « Je ne l'ai pas croisé depuis le camp... non pas que sa présence me manque mais... » Je m'embrouillais, même si je savais que je ne le portais pas dans mon cœur. « Comment va-t-il ? » Je savais que la famille était importante et c'était le frère de Manu alors je voulais juste savoir si tout allait bien. Puis mes yeux glissèrent jusqu'à cette boîte et je soufflais doucement. « Je ne vais plus en prendre, mais... ça va m'être difficile. » Et c'était vrai. Avec cette connerie, je me sentais mieux intérieurement, j'avais l'impression que tout se calmait, que cette tornade en moi s'atténuait. Alors si je n'en prenais plus, il fallait que je fasse face de nouveau à cette dure réalité. J'avais encore du mal à me dire que j'avais Manu si jamais ça n'allait pas. Il allait devoir ne pas me lâcher d'une semelle.


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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Jeu 4 Sep - 22:41



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Je n’avais pas hésité une seule seconde à répéter ma promesse à Eléanore car rien ni personne ne pourrait m’empêcher de la tenir. Il faudrait que je sois mort ou dans un coma profond pour que cela arrive et je ne le souhaitais pas ! Bref, le rapprochement qui venait d’avoir lieu entre la sublime blonde et moi me prouvait que j’avais eu raison d’y croire. Je savais que je patienterais le temps qu’il faudrait car je me rendais compte avec un peu plus de lucidité de l’importance qu’avait prise Eléanore dans ma vie. Je m’en rendais compte maintenant qu’elle était à mes côtés mais le manque que me causait son absence avait déjà été un indice. Tenir la jeune femme contre moi avait eu un effet apaisant que je n’avais pas connu depuis longtemps. Je n’avais pas eu à me forcer pour faire le vide dans ma tête car les pensées négatives que je refoulais avaient disparues d’elles-mêmes. Cela me faisait un bien fou de ne plus lutter contre les tortures mentales que m’infligeait mon cerveau et c’est sûrement pourquoi j’avais dû me faire violence pour enfin me décider à faire mon boulot ! Je souris légèrement en constatant l’exagération de mes pensées. Soigner la jolie blonde était une priorité car trop de complications pouvaient subvenir.
Mais avant cela je me soignais rapidement, et le fameux « vite fait, bien fait ! » ne s’appliquait pas puisque je n’avais pas ôté tout le sang qui avait coulé de ma blessure. J’espérais juste que la compresse tiendrait le temps que je fasse les points de suture à Eléanore. Mon entaille avait beau être bénigne les blessures avaient toujours la fâcheuse tendance de saigner plus qu’ailleurs. Voilà pourquoi je ne trainais pas après avoir terminé de nettoyer le bras de la blonde… Ce fut en commençant les points que j’expliquais à Eléanore que les cachets n’étaient pas des antidouleurs mais un traitement contre l’hyperactivité ! Bien sûr je n’oubliais pas de lui dire que continuer à prendre ces médicaments était dangereux. Je me doutais qu’elle réagirait mais pas concernant ce sujet précis.

Même si j’étais concentré sur ce que je faisais je n’avais pas loupé le fait que la blonde avait réagi lorsque j’avais mentionné mon frère. Je savais que ces deux là étaient loin d’être en bons termes mais je n’y pouvais rien même si cela ne m’empêcha pas d’être gêné… Je savais pourquoi Eléanore n’appréciait pas mon cadet et je devais reconnaître que les torts ne revenaient qu’à Alexandre. Mais pour le moment je ne pouvais pas en vouloir à ce dernier car j’aurais apprécié qu’il passe me voir ! Oui, je m’inquiétais de ne pas l’avoir croisé vu depuis plusieurs jours ou tout simplement de ne pas l’avoir vu jouer au foot dans les quartiers civils.
Je jetais donc un coup d’œil à Eléanore lorsqu’elle dit qu’elle n’avait pas croisé le cadet Reh depuis notre arrivée. Cela m’inquiéta davantage car la jeune femme n’était pas constamment enfermée ici et aurait donc pu le voir plus aisément. Malgré ce mauvais sentiment qui avait fait son apparition je continuais de me concentrer sur les points et cherchais les mots que je pourrais donner comme réponse. J’eus encore un peu de temps pour réfléchir car Eléanore me disait qu’elle ne prendrait plus les cachets mais que cela serait dur. Cette fois je m’arrêtais pour regarder la jeune femme et répondre dans l’ordre…



- Je suppose qu’il va bien, sûrement en train de vadrouiller pendant son temps libre, répondis-je en faisant mine de rien avant de continuer. Je suis certain que tu passeras outre cette difficulté et si ce n’est pas le cas on trouvera une solution *oui, ON !* Je marquais ensuite un pause, mon regard plongé dans celui de la jeune femme. Eléanore ?


Je m’interrompais ! Je n’étais pas certain de vouloir connaître la réponse à la question que j’avais failli lui poser… Après tout, j’étais certain qu’elle savait que je n’avais pas voulu ce qui était arrivé durant le raid et que j’avais fait ça uniquement pour nous protéger, pour la protéger !
Cependant je n’avais pas envie qu’elle me questionne et je prenais les devants en reprenant la parole. Je ne cherchais pas longtemps car j’avais autre chose à lui demander.



- J’ai quelque chose à te demander aussi, hésitais-je. … J’aimerais que tu me dises que tu n’essaieras plus de… de m’éviter maintenant !


J’aurais voulu ajouté que j’aurais même adoré qu’elle passe me voir quand elle avait le temps mais je gardais le silence et me concentrais de nouveau sur les derniers points de suture… Heureusement que j’arrivais sur la fin car j’avais des doutes concernant l’état de ma compresse. Je ne voulais pas m’interrompre dans ce que je faisais alors que j’avais presque terminé.






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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Dim 7 Sep - 16:40

    Nous en venions à parler d'Alexandre, le frère de Manu. Ce n'était pas pour détourner la conversation, ni même pour faire croire que mon problème était résolu, loin de là. Disons que j'avais juste ouvert les yeux lorsqu'Emmanuel en avait parlé un bref instant. Il était vrai que je ne l'avais pas recroisé, non pas qu'il me manquait, je n'avais même pas du tout pensé à lui. À dire vrai, j'avais pensé beaucoup plus à Emmanuel, pour l'éviter soit, mais je pensais souvent à lui finalement. Je me demandais comment il me voyait, puis à force d'être certaine de n'être rien, on a honte. Oui, j'avais honte de me présenter à lui de la sorte, faible et misérable, pitoyable même. J'errais un peu sans but, ou si j'en avais un, ce n'était que pour soulager davantage ma souffrance avec n'importe quelles solutions, quelles idées aussi dangereuses soient-elles. Désormais, je devrais faire face de nouveau, et ça n'allait pas être facile, non. J'avais du chemin à faire avant de pouvoir de nouveau regarder mon reflet dans un miroir. Une femme que je ne reconnaissais plus, qui m'était presque inconnue. Cela faisait combien de temps que je n'avais pris soin de moi ? Longtemps, très longtemps. Je devais sans doute ressembler à une folle ou rien d'une femme dans tous les cas. Comment faisait donc Manu pour transpercer tout ça ? Pour passer au-delà et simplement me lire comme un livre ouvert. Mickaël y arrivait parfois, mais pas aussi souvent. Philippe... je l'oubliais. Manu était juste... un cadeau.

    Je l'observais de nouveau, alors qu'il me répondait concernant son frère, mais aussi concernant ce que je lui avais dit plus tôt. Je ne lui mentais pas, j'essayais de lui faire comprendre ma position, qu'il comprenait parfaitement. Le fait qu'il emploie la troisième personne du singulier m'indiquait fort bien qu'il ne me lâcherait pas. Pour autant, j'espérais qu'il me le fasse savoir constamment. Juste pour me rassurer, juste pour que je ne puisse pas me faire des idées à son encontre. J'avais tellement peur que cela se pouvait.

    « Oui, comme à son habitude. » Je n'en dis plus concernant son frère, je n'étais pas en pleine forme pour aborder plus en détail le sujet de son frère. « Je ne sais pas... je ne peux pas te dire... je... j'espère... » ajoutais-je alors que j'étais peu sûre de moi tout à coup. Mes yeux cherchaient son regard pour y trouver quelque chose pour me rassurer. J'allais être constamment comme ça ? À chercher la sécurité et l'affection que me portait Manu ? Oui, pour être certaine de ne pas me tromper, encore. Puis son regard se posa sur mon visage, il prononça mon prénom, comme l'intention de me faire part de quelque chose d'important. J'attends patiemment, mes lèvres chuchotent un oui presque inaudible avant qu'il ne reprenne la parole. Mes lèvres s'étirèrent en un léger sourire. Je comprenais qu'il puisse avoir des doutes, presque aussitôt, je lui répondis.

    « Seulement si tu me promets de ne pas te lasser de ma présence... » Je tentais la plaisanterie, mais j'étais tout de même sérieuse dans le fond. Je pensais vraiment que j'allais le voir sans arrêt désormais, pour un rien même ; car sa présence pourrait m'apaiser, apaiser mes tourments surtout. Je jetais un coup d'œil à mon bras alors qu'il avait fini les points et commençais à me bander. Lorsque se fut fait, je descendais de la table, allais vers l'armoire pour y dénicher d'autres compresses et déchiffrais quelques petites bouteilles avant de trouver la bonne. Puis je revins vers Manu, posais la petite bouteille d'alcool et les compresses sur la table avant de retirer délicatement de ma main valide la compresse. « C'est à ton tour maintenant... » ajoutais-je d'une voix étonnamment douce. Je prenais une autre compresse, l'imbibais d'alcool avant que mon regard ne recroise celui de ce bel homme. « Ca va piquer un peu... » soufflais-je avant d'entreprendre de nettoyer d'abord le sang avant de m'afférer à la plaie. Je savais déjà qu'il devait savoir que l'alcool piquait, pour autant, je lui indiquais quand même. Quand j'eus fini, mon regard resta figé sur le sien, ses yeux bleus m'hypnotisaient tout à coup. Je m'approchais un peu, un frisson m'engloba, je ne savais de peur ou d'envie, puis je rapprochais mon visage du sien, tandis que mes doigts effleuraient sa joue. J'avais envie qu'il m'embrasse à nouveau, mais j'étais encore empli de doutes. Je voulais juste lui offrir un autre souvenir que notre premier baiser qui s'était avéré catastrophique.


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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Jeu 11 Sep - 21:54



Qui aime bien, châtie bien.





Jamais je n’aurais pensé qu’une personne de normalement constituée prendrait des nouvelles de mon frère, sauf sa petite-amie bien entendu. J’étais d’autant plus surpris que cette personne soit Eléanore et l’étonnement avait du se lire sur mon visage. Je savais le comportement que mon cadet avait eu à son égard et il était donc normal que la blonde ne le porte pas dans son cœur. C’est d’avoir connaissance de tout ça qui me fit apprécier l’attention de la jeune femme. J’étais réellement touché d’autant plus que je me faisais un sang d’encre concernant Alexandre ces derniers temps. Je ne l’avais pas croisé ni même juste aperçu depuis un moment et plus bizarre je n’avais entendu personne se plaindre de lui non plus… Cependant je n’avais pas eu envie d’embêter Eléanore avec mes problèmes familiaux et je lui avais répondu que mon frangin devait aller bien et être en train de vadrouiller on ne savait trop où.
La réponse fut brève de la part de la jeune femme et je ne surenchérissais pas… Je glissais un simple
« Désolé » comme pour m’excuser pour Alex’ de nouveau. Les fois où elle avait croisé mon frère en train de vadrouiller étaient loin d’être des souvenirs agréables pour elle. C’est pourquoi je changeais de sujet et préférais lui prouver qu’elle arriverait à surmonter les difficultés. Et puis ces cachets n’étaient que des merdes qui se rapprochaient plus de la drogue que de médicaments. Ils pouvaient créer une forte dépendance lorsqu’ils étaient pris de manière régulière et surtout les effets qu’ils avaient sur les personnes non atteintes d’hyperactivité étaient loin d’être géniaux. L’apparition du stress, de la nervosité était l’étape une ; puis il y avait les hallucinations… Je ne voulais pas de ça pour Eléanore ! Je cessais quelques instants ce que je faisais pour plonger mon regard dans celui de la blonde. Comme toujours j’eus l’impression que mon cœur battait plus fort alors que je contemplais son visage…


- Moi je sais, dis-je avec un sourire. T’as un caractère bien trempé alors je ne vois pas pourquoi tu n’y arriverais pas et si la douleur te pose vraiment un problème tu n’auras qu’à venir me voir. Je te l’ai dit, on cherchera une solution ensemble.


Car il était certain que je ne la laisserais pas reprendre ces cachets et elle ne repartirait pas avec le flacon de toute façon. Espérant l’avoir rassurer je me concentrais de nouveau sur les points de suture que j’étais en train de terminer. Ce fut à ce moment là que je ressentais une angoisse qui me tombait parfois dessus sans crier gare et qui concernait ce qui c’était passé durant le raid. J’hésitais à demander à la blonde comment elle voyait ce que j’avais fait mais j’y renonçais ! Elle n’avait pas l’air de me voir comme un tueur fou, du moins je l’espérais.
Pour éviter qu’elle ne me questionne sur ce que j’allais lui demander j’interrogeais Eléanore sur un autre point mais qui me tenait très à cœur. Je n’arriverais pas à tenir si je savais qu’elle comptait m’éviter de nouveau. Sa réponse fut pour moi un réel apaisement et je retenais in extremis un soupir de soulagement.



- Je te le promets, déclarais-je sincèrement. Je ne crois pas que je puisse me lasser de ta présence alors que je pense à toi même lorsque tu n’es pas là…


Mes propos avaient été si spontanés que je préférais ne pas continuer à contempler Eléanore et je finissais le dernier point pour ensuite faire le bandage qui protégerait le tout. Je rêvais peut-être de la prendre dans mes bras à chaque fois que je la voyais, tout autant que je désirais l’embrasser mais je ne devais pas la brusquer. Je finissais donc les soins et j’allais le lui dire mais la demoiselle était déjà descendue de la table de consultation ! Pour le coup je crus qu’elle allait déjà partir et j’eus l’impression que je venais de recevoir un coup dans l’estomac. Mais non ! Eléanore se contentait de récupérer des compresses et de l’alcool à ce que je voyais.
Cela me rassura car je comprenais rapidement ce qu’elle voulait faire et je m’essayais sur la chaise près de laquelle je me trouvais. Je lui souriais lorsqu’elle me dit que c’était à mon tour et je me contentais de la regarder dans les yeux pour lui murmurer un simple…



- D’accord.


Je savais que l’alcool allait piquer mais je ne le remarquais pas puisque j’étais en complète admiration de la jeune femme. Je faisais un effort considérable pour la laisser me soigner et ne pas la prendre dans mes bras. Pourtant j’avais réellement envie de connaître de nouveau le bien-être que j’avais ressenti lorsqu’elle était contre moi.
Puis elle eut fini ce qu’elle faisait… Je ne pouvais m’empêcher de la regarder et je ne fermais les yeux que lorsque ses doigts effleurèrent ma joue. En la regardant de nouveau je me rendais que je ne pouvais pas résister même si une infime partie de moi redoutais qu’Eléanore ne réagisse comme la première fois… Mais cela n’empêcha pas ma main de venir tendrement se poser sur sa nuque, ni de m’approcher jusqu’à ce que mes lèvres capturent ses lèvres. Ce ne fut qu’à ce moment que je fermais les yeux…







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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Ven 12 Sep - 15:24

    Et dire qu'il n'y a même pas quelques minutes seulement, j'étais en train de lutter pour qu'il me laisse tranquille. Je répliquais à chaque fois à ses paroles, aux gestes qu'il pouvait faire. Finalement, en me posant bien la question dans ma tête, je ne le méritais pas. Je lui avais déjà dit et il m'avait certifié le contraire, mais c'était sûr. Vu comment je l'avais traité plus tôt, même si c'était un mécanisme de défense, un état psychologique complexe, je ne méritais pas de l'avoir. Je ne pouvais pas écarter ces pensées, même si je réalisais petit à petit combien je tenais à Manu. Je le redécouvrais en même temps que je me découvrais. Comme si je ne l'avais jamais vraiment vu. Son visage, ses yeux, sa carrure... comme si j'avais intentionnellement écarté tout cela de ma mémoire pour m'éviter d'autres problèmes, une autre attache à laquelle j'aurais succombé une nouvelle fois. C'était dangereux, cela me paraissait dangereux d'entretenir ce genre de relation. Je pensais comme ça car la peur m'englobait totalement. Pourtant, ça n'était pas dans mon caractère, je savais que j'avais besoin d'avoir quelqu'un à mes côtés, j'avais toujours été comme ça. Je ne pouvais pas survivre seule, car la solitude était pour moi une issue fatale. Cela l'avait toujours été. C'était en lien avec mon passé, le manque d'affection de mon père et la totale absence d'une mère.

    Le mot désolé qui sortit de ses lèvres me parvint avec un train de retard, je ne comprenais pas pourquoi il était désolé, et je ne faisais que l'observer, essayant de comprendre, avant que je ne me perde de nouveau dans mes pensées et qu'il me fasse redescendre sur terre en brisant de nouveau le silence. Mes yeux vinrent trouver ceux de Manu qui était déjà en train de me regarder. Je vu son sourire, puis ses mots me firent presque rater un battement, ou plutôt, je me sentais soudainement étrange, comme si une vague de chaleur englobait ma poitrine, mon cœur. Ses mots m'apaisaient tellement, je crus même que j'allais pleurer tellement je n'y croyais pas. Je me surpris à me demander où j'étais, dans quel monde, morte peut-être ? Avant de me ressaisir de nouveau.

    « Je te trouverais alors. » lui répondis-je avec un fin sourire.

    J'étais sincère, même si j'avais l'impression de ne pas être sûre de moi, il pouvait percevoir dans mes yeux que je viendrais le trouver désormais. Il finit avec mon bras et je répondis à sa question sans détour, sans même réfléchir alors que je me doutais déjà qu'il n'allait pas me laisser là. Enfin, je l'imaginais seulement, l'espérais aussi alors que j'attendais impatiemment, avec une boule aussi peut-être un peu au ventre, sa réponse. J'avais essayé de faire de l'humour, essayer de détendre l'atmosphère même si elle n'était pas tendue. Disons que c'était moi qui avais le plus de mal entre nous deux. J'en vins à me demander si je ne lui demandais pas un peu trop de promesses, mais comment lui demander autrement ? Je ne remettais pas en cause sa parole, il fallait juste que j'arrive de nouveau à faire confiance aux autres, aux hommes principalement qui s'approchait de moi.
    Sa réponse eut largement de quoi me satisfaire, et je retins un rire nerveux avant de souffler un simple merci. J'ouvrais les yeux à présent, cela faisait un moment qu'il éprouvait des sentiments à mon égard. Je n'étais pas en état pour pouvoir le percevoir et je ne le voulais pas non plus. Après mon viol, après avoir été repoussée violemment, je ne désirais plus être désirable. Exception faite pour ce que j'ai pu faire avec mon corps, mais c'était un tout autre problème.

    Je me dégageais alors qu'il avait fini pour m'occuper de lui. Je nettoyais le sang et la plaie, puis lorsque j'eus fini, je me figeais pour contempler son visage. J'admirais ses yeux avant qu'il ne ferme ses paupières au contact de mes doigts sur sa joue qui l'effleuraient. J'approchais mon visage doucement, mais je n'arrivais pas à franchir le pas. Je ressentais tous ces Frisons qui me parcouraient, avant que Manu ne m'aide dans ma démarche. Je sentis très bien sa main sur ma nuque, puis ses lèvres rapidement sur les miennes. Ma main glissa de sa joue à son épaule, je fermais les yeux, essayais de me détendre alors que je lui offrais mes lèvres très lentement. Puis je me décalais doucement, avant même d'avoir pu entamer un vrai baiser. « Promets-moi d'y aller doucement... je... » Une nouvelle promesse que je lui demandais, je ne savais pas trop comment tourner la chose en vérité. « Il faut que je redécouvre... tu comprends ? Je... tu avais raison... » J'essayais de lui parler de ce que j'avais vécu, le traumatisme qui m'avait complètement brisée. Je voulais qu'il comprenne qu'il fallait qu'il y aille doucement, mais aussi qu'il soit aussi tendre qu'il le pouvait, même pour un simple baiser. Je ne m'étais pas écartée totalement de lui, mon visage était toujours proche du sien, je ne voulais pas mettre de distance entre nous, je ne voulais plus. « Entoure-moi de tes bras, comme si j'étais fragile... précieusement fragile... » Je lui susurrais ses mots avant que mes lèvres goûtent de nouveau aux siennes et que je m'attarde sur un baiser lent, mais avec aussi un brin de passion.


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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Sam 13 Sep - 22:19



Qui aime bien, châtie bien.





Eléanore était un cadeau à mes yeux ! Car de mon point de vue c’était moi qui avais besoin d’elle… J’avais ressenti une attirance pour elle dès la première fois où je l’avais rencontré mais j’avais tout nié en bloc. Je m’étais menti à moi-même car je ne voulais pas aimer, je n’étais pas fait pour ça ! Ce sentiment était ressenti par beaucoup de personnes depuis que les bombes étaient tombées mais pour ma part c’était plus ancien que cela. Après ce que j’avais fait vivre à Claire j’étais persuadé de ne pas mérité l’amour de quelqu’un… A l’époque j’avais fait souffrir la jeune femme que j’aimais pour quoi ? Mon job… et surtout de la drogue ! Des saletés de médocs que j’avais pris juste pour effectuer plus de gardes et ainsi travailler plus longtemps. Le bien-être, la vie d’enfants en dépendaient ! Est-ce que c’était une excuse pour faire du mal à celle qui aurait du devenir ma femme ? Je le pensais à l’époque mais je m’étais rendu compte trop tard que j’avais fait fausse route… Voilà pourquoi j’avais décidé de ne plus aimé, ni être aimé ! J’avais tenu bon et je pensais que la guerre me faciliterait les choses. Mais non… Le destin avait mis Eléanore sur ma route et j’avais eu beau lutter des sentiments s’étaient installés. J’avais donc fait le choix de les garder pour moi… jusqu’à aujourd’hui ! La peur de la perdre avait été la plus forte.
Je culpabilisais en me rendant compte que la blonde ne savait rien de tout ça… Nous avions certes déjà parlé de nos vies passées mais je n’avais jamais évoqué mon addiction à certains médicaments ou même l’existence de Claire. Et je me rendais compte que j’avais peur que le regard qu’Eléanore me portait ne change si elle savait. Je n’étais pas quelqu’un de bien !

Mais comment pourrait-elle l’apprendre ? Mon frère ! Il serait le seul à pouvoir lui apprendre certaines choses… Du moins concernant Claire car il n’était pas au courant que son frère s’était pris de sacré shoot de médocs. Mais Alex’ ne le ferait pas, j’en étais presque certain et pour le moment j’ignorais même où il se trouvait. C’était d’ailleurs la réponse que je donnais à la sublime blonde le concernant avant de m’excuser sans m’en rendre compte. Je détestais le comportement qu’avais eu mon cadet à l’égard d’Eléanore mais je ne pouvais pas revenir en arrière pour changer ça. Par contre je pouvais faire en sorte d’elle là pour la jeune femme à partir de maintenant. Et c’était ce que j’allais faire. Voilà pourquoi je lui disais de venir me voir si elle n’avait pas à gérer la douleur. Je ne voulais pas qu’elle reprenne ces cachets, qu’elle fasse comme moi ! Mais ça je ne lui disais pas alors que j’aurais pu… J’aurais pu lui parler de moi. Mais le passé était le passé non ? Mon stress nostalgique se calma lorsque je vis un léger sourire apparaitre sur le visage de la blonde et je souris à mon tour.



- Merci, lui dis-je simplement.


Oui, je la remerciais… de ne plus me fuir, d’être là, de me donner cette impression de bien-être alors que le monde qui nous entourait partait à volo. Oui, je la remerciais pour tout ça même si elle ne le savait pas ! Cependant mon regard lui prouverait sûrement que ce simple mot n’était pas aussi banal qu’il aurait pu l’être. Oui ! Si elle parvenait à capter mon regard comme j’arrivais à le faire assez souvent avec le sien, elle comprendrait !
Je finissais ensuite de la soigner tout en lui promettant de ne jamais me lasser de sa présence. Je lui disais d’ailleurs de manière très spontanée que je pensais beaucoup à elle. Car c’était le cas, son absence était comme un vide, un manque. Je n’allais pas aussi loin dans mes propos mais je me demandais si je n’en avais pas trop dit en la voyant se lever et… partir ? Heureusement non, c’était une fausse frayeur… A croire que je craignais de la perdre à tout instant, de faire un faux pas qui la ferait fuir ! Mais comment aurais-je pu penser autrement… Je savais ce qu’elle avait vécu ! Enfin, je devais arrêter et profiter du moment présent. Je la laissais donc me soigner tout en la contemplant… Elle était magnifique !

Sa proximité, le regard qu’elle posait sur moi me donnait envie de l’embrasser de nouveau et si je résistais quelques instants je ne pus m’empêcher de le faire. J’avais tout de même cette crainte qu’elle reste stoïque comme elle l’avait fait un peu plus tôt. Je fus donc soulager de constater qu’Eléanore répondait doucement à mon baiser, de manière tendre… Mais ce soulagement fut de courte durée puisque je retenais ensuite mon souffle en voyant la jeune femme mettre fin à ce tendre instant. Heureusement ses paroles me rassurèrent ensuite quant au fait qu’elle n’allait pas partir… Et c’est pourquoi j’acquiesçais d’un signe de tête lorsqu’elle me demanda d’y aller doucement. C’était ce que je faisais et ce que je continuerais à faire. Je reprenais ensuite doucement la parole face à ses aveux…



- J’aurais tellement voulu m'être trompé, déclarais-je concernant son viol. Je plongeais ensuite mon regard dans le sien sans reprendre de suite. Je veux juste que tu sois bien, Lén ; que tu le sois à mes côtés. Je ferais ce que tu voudras du moment que je peux te voir sourire.


Amoureux, j’avais toujours été quelqu’un de tendre et amoureux je l’étais, cela ne faisait aucun doute. Voilà pourquoi je n’eus pas à me forcer pour passer tendrement mes bras autour de celle que je voyais comme un ange. L’étreinte que je lui offrais était très douce mais ferme, de celle qui rassure.
Et dès que ses lèvres se posèrent sur les miennes je fermais les yeux… En temps normal mes mains se seraient sûrement balader sur les hanches de la jeune femme mais ce ne fut pas le cas. Seule ma main droite remonta pour doucement effleurer sa nuque tandis que ma langue frôla légèrement ses lèvres.







    « Survivre c'est mourir. Il faut patiemment et sans relâche construire, organiser, ordonner. »
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MessageSujet: Re: Qui aime bien, châtie bien.   Aujourd'hui à 12:44



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