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MessageSujet: When we collide, we'll see what gets leftover   Mar 22 Juil - 22:38

Foutu bout de verre, foutu connard qui m'avait éventré le bide. Foutue blessure qui m'obligeait à être dans cet hôpital improvisé à la con depuis hier. Enfin, il était très bien pour les malades, mais pas pour moi, bordel. J'avais eu le temps de voir passer la nuit, de voir le soleil se lever, de presque le voir se coucher - si on pouvait dire ça, vu l'air perpétuellement grisâtre depuis plusieurs mois maintenant. J'avais été raisonnable, presque une journée immobilisée, ça suffisait. Sur le dos, en plus, putain, parce que ça faisait trop mal sur le ventre. Je détestais ça. Plus que tout. Pourquoi mes blessures pouvaient pas se refermer comme par magie ?

Je grommelais dans ma tête en m'asseyant sur le bord du lit improvisé, regardant autour de moi pour voir si y'avait des gens, des médecins qui allaient m’empêcher de sortir. Ils étaient tous occupés – fallait dire qu’avec le temps pourri, y’avait de plus en plus de malades. Alors si on avait encore de quoi les soigner, mieux valait le faire. Je sais pas ce qu’il en était pour les médecins, mais moi je pensais pas ça pour être altruiste. Bien sûr, c’était mieux pour eux s’ils étaient soignés, et j’étais ravie pour eux, mais c’était surtout pour prévenir des épidémies. J’étais peut-être pas la plus cultivée, mais je sais qu’une maladie même peu grave qui se répandait, ça pouvait grave foutre la merde, et décimer tout un village, toute une ville. Et notre camp n’y survivrait pas.

Alors valait mieux les soigner. Et si on y arrivait pas, les mettre en quarantaine. Les envoyer ailleurs, même – on avait rien pour les isoler assez. Peut-être qu’on pourrait juste les lâcher dans la nature. La solution aurait été de les tuer, mais ça, c’était pas mon rôle. Je me ferai un plaisir de les refiler à Raulne et Comet et Fontaine, si ça arrivait. J’étais pas le premier trouffion du coin, mais j’étais quand même une subalterne, en quelque sorte. Et ça me convenait très bien. Enfin, si on m’demandait de le faire, je le ferai de toute façon, mais bon.

De toute façon, c’était pas le cas, pas encore. Et c’était tant mieux. Je prenais mes affaires, essayant de fermer ma veste mais n’y arrivant pas à cause de la douleur, alors je m’entourais de la couverture qu’on m’avait passée pour pas mourir de froid – littéralement. C’était pas le mieux, mais c’était déjà ça. Pour peu, je me la serai mise sur la tête, dissimulant mes cheveux bruns roux, mais on aurait vu mon treillis, de toute façon. Et puis je les emmerdais – je sortais si je voulais. De toute façon, j’allais bien.

La tête haute, même si j’avais l’air d’une conne avec ma couverture enroulée autour de mes épaules, je marchais droit depuis le centre médical improvisé à l’extérieur proche. Je ne savais pas vraiment où aller. Sur la route, voir s’il y a du mouvement ? Dans la forêt, essayer d’attraper de petites proies, alors que ça faisait pas vraiment partie de mes qualités ? Au cimetière, pleurer des morts sans nom, arranger leurs tombes ? Comme si j’étais capable de mettre des fleurs ou je ne sais quelle connerie sur des bouts de terre retournée sans aucune marque ou identification. Et de compatir sur le sort de gens qui avaient été délivrés plus tôt que nous – ou achevés, ça changeait rien de toute façon. On y passerait tous tôt ou tard, mais si on arrivait à survivre à cette troisième guerre mondiale et à retrouver une vie plus ou moins normale… Ca serait un putain de miracle !

Non, rien de tout ça me disait. Alors j’allais à la rivière. Pourquoi ? Me foutre à poil, et laver mon uniforme ? J’savais pas si on l’avait fait pour moi ou quoi, mais je pensais pas qu’on m’aurait laissé un uniforme crade qui pouvait infecter ma blessure. Enfin, ça se trouve, c’était un de ceux qui était resté dans ma tente, j’savais pas. Je m’en foutais. C’était qu’un putain de bout de tissu. Et j’allais bien, je risquais rien pour ma blessure. De toute façon, j’avais un bandage qui me compressait et m’empêchais presque de respirer pour pas salir ma blessure, voilà. Je me penchais, et plongeais mes mains dans l’eau, pour m’asperger le visage, avant de me regarder dans l’eau plus ou moins transparente. Pas par coquetterie, j’en avais rien à foutre de ça, et si quelqu’un me jugeait trop sale, trop moche ou quoi, il se prendrait une remarque cinglante, ou plus. Non, je voulais voir si j’étais trop émaciée. Ou marquée par la maladie… Ou, j’sais pas. Juste voir à quoi je ressemblais. J’hésitais à relever mon t-shirt, regarder la blessure. Je ne l’avais pas fait, à l’hôpital de fortune. Pas aux yeux de tous, même si un rideau me protégeait, si l’on pouvait dire ça comme ça. Je relevais légèrement mon t-shirt, par dessous la couverture qui tenait tant bien que mal sur mes épaules, regardant à l’intérieur d’elle. Mais j’arrivais pas à aller plus loin. Pourtant, c’était pas la première fois, et ça me faisait pas vraiment peur. Alors pourquoi j’hésitais bordel ?


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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Jeu 24 Juil - 8:56

J'avais pas dormi, non plus. Presque pas. Et les une ou deux heures où j'avais fermé l'oeil, elles comptaient pas, parce que c'était pour me réveiller en sueur, avec un mal de crâne pas possible. Je préférais presque pas dormir, plutôt que d'être encore hanté par ces cris. Deux nuits. Juste deux nuits. Déjà deux nuits. Et j'en pouvais déjà plus. J'essayais d'éviter d'y penser, à ce putain de raid, mais comment pouvais-je faire ? On venait juste d'en revenir. C'était encore trop frais, la plaie encore ouverte, baignée de sang. Je crois que j'aurai presque préféré me prendre une bastos. Non, j'exagère, mais presque. Là, j'arrivais plus à roupiller. Sans ça, c'était déjà dur de trouver le sommeil avec le froid qui vous prenait le corps, le manque de tout, mais maintenant ça me semblait clairement impossible. J'avais buté un vieillard en croyant que c'était un tireur d'élite ou je-ne-sais-trop-quoi et puis j'avais entendu ces cris, en croyant que quelqu'un était en danger, comme si on égorgeait une nana. Alors que c'était un gosse. Un gosse putain, qui chialait parce que j'avais mis fin à la vie de son grand père ! Et le pire, c'était que je pouvais m'en prendre qu'à moi. C'était ma faute, c'était moi qui avait tiré, moi qui avais ordonné à ce qu'on aille voir. Bah oui, comment je pouvais faire, autrement ? Je pouvais pas savoir, bordel ! Bien sûr que non, je pouvais pas savoir, mais ça changeait rien. Ca rendait pas la douleur moins pénible, les cris moins entêtants. Sinon j'étais pas blessé, j'allais bien. Le mal de crâne, il était purement psychologique. Et j'avais essayé de ne plus y penser. D'oublier. D'oublier ? A quelques années près, ça aurait pu être ma fille, merde ! Et le vieux mon père ! Alors non, je pouvais pas oublier, je pouvais pas faire semblant que tout s'était bien passé et tout. Je suis pas un connard, je bute sans problème des terroristes ou d'autres militaires parce que ce sont mes ennemis, parce que c'est la guerre et parce que c'est mon boulot, mais je bute pas des civils. C'est comme ceux sur qui on a dû tirer, avant d'arriver à Louisville. J'en ai plus dormi de pas mal de temps, et là ça va faire pareil. Et moi je savais que je pouvais rien y faire. C'est ça le pire, je vais juste subir en attendant que la douleur soit remplacée par une autre, que ça s'atténue. Je m'étais fermé, en conséquence. J'avais marché seul, en tête, au retour. Seul et concentré, seul et blessé. Les injures des autres civils, j'en avais pas besoin. Je m'injuriais déjà assez tout seul.

J'avais pas fait grand chose, depuis le retour. J'avais vu Bertin, on avait pris notre café du matin ensemble, puis j'étais parti. Passé du temps au tentes de commandement, pour déjà envisager de nouvelles expéditions. Genre ça allait me changer les idées, mais le cœur n'y était pas vraiment. J'étais retourné m'isoler, dans ma tente, dehors, dans la forêt, là où les cris du gosse emplissaient toute l'athmosphère. A croire que j'aimais me torturer moi même, vraiment. J'avais appris que Beaumarchais était revenue de son propre raid à peu près en même temps que moi et qu'elle était blessée, au centre médical improvisé pour quelques jours mais j'étais toujours pas allée la voir. Comme si il me fallait du courage pour le faire, après la dernière fois. J'irai, mais pas tout de suite. Plus tard. Juste avant le couvre-feu, ou alors demain. Plus tard.

J'avais tenté un petit retour à la civilisation, mais là non plus le cœur n'y était pas. De toute façon, j'avais droit à un ou deux jours de relâchement, alors bon, je pouvais bien me permettre de rester un peu dans mon coin. J'avais chassé un ou deux lapins, histoire de m'occuper les mains. Puis je décidais de m'éloigner de la forêt, vers la rivière. Pourtant je préférais les arbres, j'avais toujours préféré les arbres, mais je commençais vraiment à la connaître par cœur, cette foutue forêt. Juste un petit passage à la rivière, pour me rincer la face, puis j'irai voir Marielle. Ou pas. Ou plus tard. Ou j'irai juste avaler quelque chose avant de me poser quelque part et d'y rester jusqu'à ce que j'ai l'idée du siècle pour m'occuper l'esprit.

Le soucis, c'est que quand j'arrivais en vue du cours d'eau, je remarquais que quelqu'un s'y trouvait déjà. Enroulée dans une couverture. Sans lui faire remarquer ma présence, je m'approchais à quelques mètres tandis que je la reconnaissais rapidement. Je pouvais pas me tirer, et j'allais pas le faire. C'est comme si j'avais trouvé mon excuse pour aller la voir, le hasard. Elle se regardait, regardait son ventre. Elle s'était tirée en douce... Ca m'étonnait pas d'elle, mais c'était pas comme ça qu'elle irait mieux. Sûrement pas comme ça. Tant pis, j'allais encore passer pour le rabat-joie macho et tout le tralala. Ou alors, j'allais la jouer un peu plus diplomatie, pour éviter de me prendre un pain par une gonzesse en convalescence. Ouais, ça vaudrait mieux. Je fis exprès de faire du bruit en m'approchant, parce que je voulais même pas penser à sa réaction si je la prenais par surprise. Je posais mes mains sur ses épaules et l'embrassais. Personne était là pour témoigner, alors je faisais comme on avait fait la dernière fois, dans sa tente. Je lui glissais :

« Dis moi, tu étais pas censée être alitée ? Vous avez rencontré des problèmes ? »
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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Jeu 24 Juil - 21:18

Je le vivais mal, qu'on se soit cassés sans poursuivre les acolytes du connard qui m'avait blessé. J'avais aucun remord quant à sa mort, mais c'était inconscient de s'être barrés comme ça tout ça parce que j'avais une petite blessure de merde. Putain, on me faisait confiance, et je faisais des conneries, qui visaient à ce qu'on ait surement une menace imminente aux portes du camp. J'avais rendu des comptes, évidemment, expliqué le déroulement exact des choses, et attendu le verdict. Enfin, j'étais un peu dans le flou, quand j'étais arrivée au camp. Ma plaie s'était réouverte, après trop de marche, et j'étais un peu étourdie. Peut-être que j'avais dit les pires conneries, mais je me pensais pas tant à la masse. Peut-être qu'Emmanuel avait foutu tout le monde dehors plus rapidement que prévu, pour me soigner correctement, en leur indiquant qu'ils n'avaient qu'à atteindre le lendemain. Et puis Fontaine devait déjà avoir expliqué les choses, même si j'avais du expliquer une partie à laquelle elle n'avait pas assisté.

Je soupirais, en ressassant tout ça. J'avais été irresponsable, Valiosky avait été blessée même si c'était léger, et moi-même je n'en avais pas réchappé. Mieux valait moi que les autres, mais je n'avais pas mené à bien la tâche qui m'incombait. Je ne serai surement plus en mesure de seconder Comet, et à raison visiblement. Peut-être que Jenna pourrait prendre ma place. Elle serait probablement bien plus compétente. Ce qui n'était pas très difficile. Bref. Ma sentence n'était pas tombée, et cela ne devrait pas tarder. A moins que l'incompétence dont j'avais fait preuve ait amené à une sentence sans appel.

« Qu'on lui coupe la tête ! »

J'entendais cette phrase d'un dessin animé de mon enfance résonner dans ma tête, et soupirais. Ce ne serait pas si simple. Qu'avait Fontaine, de la façon dont les choses s'étaient déroulées ? Avaient-ils demandé à Reh et Valiosky ? Putain, ça me prenait la tête. Il fallait qu'on retourne là-bas. Que je retourne là-bas, pour avoir le coeur net quant au fait qu'il y ait ou non un danger. Je sais que c'est pour me rendre aux tentes de commandement, y signaler la nécessité de creuser les choses, que j'aurai du me lever, dépenser mes forces. Mais ils devaient savoir que je devais pas bouger. Ou peut-être pas, peut-être qu'ils s'en branlaient. Ça aurait été tout aussi bien.

Mais je pouvais pas prendre ce risque, c'est pour ça que j'avais décidé de me barrer direct vers l'extérieur proche. Inutile de me faire repérer et de me faire engueuler parce que je respectais pas la putain d'immobilité requise pour me soigner. Comme si ça allait changer quoi que ce soit. On m'avait vite fait fait des points pour empêcher la plaie de se rouvrir, mais ça changeait rien que je reste allongée. Si ça devait péter, ça pèterait. Bref. Pourquoi la rivière ? Aucune idée. Une bonne idée ? Probablement pas. Malgré la couverture que j'avais emportée, j'avais super froid. J'aurai du en prendre plus, mais d'autres en avaient besoin, et je savais pas où c'était gardé. Et je voulais me casser, pas me faire choper à chercher plus de couvertures.

Je recentrais mes pensées sur ma blessure. J'pouvais pas la regarder, parce que je craignais qu'on soit rentrée pour rien, pour une plaie de taffiole ? Si c'était le cas, putain, j'allais repartir direct. Et seule. Sauf que j'avais pas mes flingues sur moi. Putain quelle conne ! Mais quelle conne ! Je voulais me relever pour aller les chercher, quand j'entendis du bruit. Je me retournais, pour voir Erwan. Putain, l'univers se plaçait sur mon chemin ? J'avais hésité à aller le voir, avant de décider de l'éviter autant que possible. Le voir, et lui dire quoi ? 'Salut, je suis conne et j'ai fait que de la merde, tu vois que j'étais pas à la hauteur, alors maintenant je te raconte comment ça s'est passé, et tu me dis à quel point tout est mauvais et que tu veux plus de mauvais pour partir en expé, et je me casse ?' Ouais, bonne idée.

Et pourtant, j'étais contente de le voir, et pourtant, je lui rendais son baiser. Et j'appréciais qu'il m'ait pas prise par surprise - il aurait pu, c'était une partie de son entrainement et il était doué, très doué. Mais ça changeait rien. J'aurai du le faire dégager en lui disant que j'allais me faire un brin de toilette en deux/deux, à poil. Pas sûre que ça le fasse fuir, cela dit. Plus m'engueuler parce que je faisais de la merde. A raison, si j'attrapais une maladie quelconque et contagieuse, c'est moi qu'on allait devoir abattre au final. Je lâchais mon t-shirt, sans rien voir, tentant de me relever en appuyant mes mains sur le sol, sans grand succès. J'avais senti un vertige venir et avais été déséquilibrée un instant - j'espérais qu'il l'avait pas senti malgré ses mains sur mes épaules -, et avais essayé de me rattraper en faisant genre je voulais réellement m'asseoir et pas rester accroupie, malgré le froid du sol, ce que j'allais regretter, je le sentais.

J'ignorais un instant sa remarque.

« T'as pas un flingue ? J'ai pas les miens, j'sais pas où ils sont, et j'me sens nue sans rien. On peut aller chercher les miens, comme ça je te le rendrais direct. »

Ouais bon ok je rêvais. Il allait pas m'en filer, qu'il en ait un ou plusieurs. Moi j'filerai aucun des mieux, sauf si c'est question de survie et encore. Et je rêvais encore plus si j'pensais qu'il allait ignorer le sujet. Mais j'répondais d'abord à sa question sur l'expédition.

« Des enculés qui nous sont tombés dessus. Trois. Un que Reh, le médecin mais j'sais pas pourquoi je précise puisque l'autre était avec toi, a buté en s'énervant jusqu'à l'frapper alors qu'il était à terre, mort. Je sais pas ce qui lui a pris, mais faudra mettre ça au clair. Et les deux autres se sont barrés, on aurait jamais du les laisser faire. On aurait du les suivre, et pas se casser comme des lâches. J'aurai du les renvoyer au camp et poursuivre ces connards si eux ils voulaient pas. »

J'disais une grosse connerie. Je le savais. Jamais j'aurai du rester seule, jamais je l'aurai fait, j'étais juste énervée d'avoir fuit.

« J'occupais un lit pour rien. Y'en a qui en ont plus besoin que moi. Et je m'emmerdais, je tournais en rond. Une journée et demi au lit, ça suffit, putain ! Je suis sure que c'est qu'une blessure bénigne en plus. On aurait jamais du quitter ce putain de château avant de nous assurer qu'on était pas en danger, qu'une putain d'emmerde allait pas nous tomber sur la gueule, venant de là-bas. Il faut qu'on y retourne, que j'y retourne, putain ! Et placer plus de défense si y'a assez de gars pour. »

Je baissais la voix, serrant les dents à l'idée de lui demander ça. De me montrer faible, faillible et donc pas fiable. Mais je pouvais pas ne pas savoir. « Tu peux regarder ma blessure ? Me dire comment elle est, et m'aider à la voir. Je baissais encore plus la voix. Et m'aider à fermer ma veste, j'y arrive pas, c'est douloureux. »

J'étais même pas sûre qu'il entende tout. C'était bien si c'était pas le cas, aussi. Je reprenais une voix normale, pour... Je sais pas, le provoquer ? Le faire oublier ce que j'venais de dire ? Surement.

« Mais j'allais m'baigner deux secondes pour virer ma crasse sans me congeler et nettoyer la plaie, tu devrais peut-être partir. Et comme j'ai fait de la merde pendant l'expédition, et que si je fais ça je vais en faire aussi, tu pourras voir pour que je dégage des équipes d'expédition et que je te seconde plus. On peut bouger chercher mes flingues ? J'espère qu'ils sont pas dans ma tente à la vue de tous, s'ils sont là-bas. J'espère que personne aura été assez con pour ne pas les cacher au moins. Et s'ils sont dans ce putain de centre... T'irais les chercher pour moi ? Tu peux ajouter une nouvelle erreur à la liste : me barrer sans mes flingues et ne pas savoir où ils sont. »

Pourquoi je lui disais tout ça ? Parce que je voulais qu'il ait pas en tête que je venais de lui demander de l'aide et que j'osais pas regarder ma blessure ni qu'il retienne que j'avais mal, et que c'était plus facile de lister moi-même la merde que j'avais faite, plutôt que de le laisser le faire lui-même.

« Et toi, ça a été ? L'expédition. »

Discret le changement de sujet.

|HJ| J'espère que ça t'ira, je l'ai écrit depuis mon tel, alors j'espère qu'il y aura pas masse de fautes et que c'est pas pourri


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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Ven 25 Juil - 10:34

J'aurai pu juste me détourner et continuer mon chemin avant qu'elle me voit. J'aurai pu, vraiment. Peut être que j'aurai du faire ça, même ; ça m'avait traversé l'esprit quelques instants mais j'avais pas pu me décider à faire comme si de rien n'était, comme si je l'avais pas vue. Fuir sans rien lui dire. C'était lâche, et j'avais déjà été assez lâche. De pas être allée la voir plus tôt, de même pas avoir pris des nouvelles de son expédition, même si on était pas rentrés depuis longtemps. Qu'elle avait été blessée et qu'elle était clouée au lit, c'est tout ce que je savais. Et ça m'avait même pas poussé à aller la voir, de savoir ça. J'étais dégueulasse. Bon en même temps, c'est vrai que j'avais pas mal d'autres choses en tête, j'avais plus la conscience tranquille, d'avoir buté ce type. Ca me donnait l'excuse pour pas aller la voir, c'était comme ça que je me justifiais. C'était peut être la seule excuse, en fait. Oui, la seule. Parce que je trainais, je tournais en rond, alors j'aurai bien pu passer lui rendre visite, au lieu de ça. Alors là, je pouvais pas juste tourner les talons et repartir. Peut être que lui parler me ferait du bien en fait, même si j'en doutais. J'en doutais parce que je savais qu'elle allait mal le prendre que je lui dise qu'elle avait rien à foutre là. Et bien sûr, je pouvais pas non plus faire autrement que de le lui dire. Pas seulement parce qu'elle doit respecter ce que les doc' lui ont dit, mais tout simplement parce que je tiens à elle, et qu'elle soit vite remise sur pied. Sur pieds elle y est, mais vous voyez ce que je veux dire. Elle doit bien le savoir, elle aussi, non ? C'est pas la dernière des imbéciles, pourtant elle se tire pour venir crapahuter à la rivière. Elle va finir par glisser et se retrouver dans la flotte et on sera dans de beaux draps pour la sortir de là. Non mais vraiment, qu'est-ce qu'il lui prend ? Elle peut faire un effort, non ? Oui j'étais assez en colère contre elle sur ce point là mais j'avais pas non plus envie que tout dégénère encore. Et pas ici, en plus. Pas maintenant non plus, encore moins qu'elle était blessée et que j'étais hanté par les hurlements d'un gosse. Mais je la connaissais, la pilote, elle pourrait pas s'empêcher de s'énerver contre moi si je lui disais quelque chose.

Elle me rend mon baiser et je profite de ces quelques instants, parce que je m'imagine déjà que c'est la petite accalmie avant la tempête. Et elle commence à me parler de flingue. Bon, au moins elle s'énerve pas, elle ignore. Mais elle se doute bien que je vais revenir à la charge, et que je vais pas gentiment lui passer une arme alors qu'elle est censée être au centre médical. Genre j'ai la tête du gros bisounours qui dit amen à tout. Alors je lui réponds rien, vu qu'elle connait déjà la réponse. Toute façon elle a encore des choses à me dire, vu qu'elle en a toujours. Vu que je lui ai posé une question et que celle là elle peut pas l'ignorer. Ils ont été attaqués, et ça a dérapé. Je pousse un petit soupir quand elle me parle de Reh. J'aurai bien aimé qu'on échange les frères, elle et moi. Parce que l'autre avec sa grande gueule et son chien, faut que je m'économise si je veux encore le supporter longtemps. Enfin bon, si l'autre est aussi malade, à tabasser un mec qu'il vient de buter...

« Et tu serai restée seule face à ces types, pour tous les liquider à toi toute seule ? Tu crois vraiment que c'était la meilleure chose à faire ? »

Ca aurait été de la folie. Même moi je m'y risquais pas vraiment, je liquidais ce que je pouvais et je laissais le reste aux autres. Mais en plus, elle, elle aurait pas vraiment eu beaucoup de chances d'y arriver et d'en ressortir indemne. Ou d'en revenir, tout simplement. C'était déjà pas mal qu'elle s'en sorte avec juste une blessure au ventre. Puis maintenant on étaient prévenus du danger, on pouvait y retourner. Je soutenais toujours son regard, pas de manière méchante, mais juste pour lui faire comprendre qu'elle devait me répondre, au sujet de l'hôpital. Avant que je l'attrape et que je l'y ramène moi même.

« Et tu crois que tu pourras y retourner à temps si tu fais la folle à sortir dehors alors que tu es censée guérir ? Peut être que c'est rien ta blessure, mais ça peut vite devenir pire. Tu le sais, ça putain, tu t'en doutes, non ? Fais un peu des efforts. Rien que pour pouvoir aller mieux plus vite. Si t'es sûre qu'il y a du danger pas là bas, il faut qu'on s'en occupe mais ça veut pas dire que tu dois jouer à l'imbécile en te trainant dehors comme ça. »

Je rentrais mes mains dans mes poches.

« Je comprends que ça te semble long et ennuyeux de rester allongée toute la journée, mais si tu fais des escapades, t'y resteras encore plus longtemps. Merde, fais un effort s'il te plait. »

Bah oui, je la comprenais dans un sens, moi j'arrivais pas à tenir sur une chaise à l'école quand j'étais gosse, alors malade dans un lit, vous imaginez un peu, je crois que je pèterais un câble. Mais là c'était nécessaire, et elle le savait. On est pas des gosses, on sait qu'il faut un peu faire des compromis. Elle veut y retourner seule, à ce putain de château, et en plus elle se balade aux alentours du camp alors que sa blessure doit se refermer. Non mais vraiment, je vous jure. On a du lui taper sur la tête, en même temps que le ventre. Elle se mit à me chuchoter un truc, j'entendis que le début. Que je garde sa blessure, puis j'ai peut être une ouïe fine, mais là je comprends pas ce qu'elle marmonne.

« T'es sûre ? Que tu veux que je regarde ? »

Je lui demandais pas ce qu'elle avait dit après, elle le dirait plus fort si elle voulait, sinon tant pis. Après qu'elle m'eût répondu, elle se lança dans une nouvelle tirade comme quoi je devais partir parce qu'elle voulait se laver et qu'elle était nulle donc je devais la virer. Oui vraiment, on a dû lui taper sur la tête. Si elle voulait vraiment se laver, ma réponse ça serait plutôt que j'allais rester pour l'aider. Bon, peut être pas que pour l'aider, mais si elle pouvait plus survivre sans se rincer j'allais pas la laisser faire toute seule pour se blesser encore ou je sais pas ce qui pouvait lui arriver ici. Mais bon, ça puait l'excuse, surtout qu'elle me demandait de partir.

« Et toi, tu arrêtes de dire tes conneries, ok ? C'est pas question que je te vire, ni que j'aille te chercher tes flingues. Tu te reprends, ok ? Genre je vais te faire dégager parce que t'as pas liquidé tous les types de là bas. Au moins vous êtes revenus et on est prévenus de la menace. Et tes flingues, je vois pas pourquoi tu en aurais besoin allongée dans un lit. Donc maintenant, tu arrêtes de te comporter comme le ferait ma gamine de douze ans, si tu veux te laver, je t'aide à pas te gameler puis on rentre, on ne dit à personne que tu as fait la rebelle, tu te remets vite et tout est bien qui finit bien. »

Piètre tentative de changer de sujet. Je décidais de la tourner à mon avantage. Non, elle allait pas s'en tirer comme ça.

« On va faire un petit deal. On retourne au centre médical et je te raconte tout ça là bas. »
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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Lun 28 Juil - 15:26

Pourquoi je m'étais pas davantage éloignée ? Pourquoi je m'étais pas dérobée aux regards, que j'avais pas trouvé un endroit un peu isolé où personne ne pourrait me voir ? Ça aurait évité que Comet me tombe dessus, alors que je faisais - encore - de la merde. J'aurai pu être tranquille un instant, et réfléchir, et pas péter un câble à cause de l'immobilité forcée et de l'agitation autour de moi. Et de moins m'énerver à cause de mon incompétence. Enfin, pas que ça soit super réussi sur cet aspect là... Comment ça aurait pu, de toute façon ? J'osais pas enlever ce putain de bandage ni affronter ma blessure pour m'assurer que c'était pas une petite plaie pourrie qui n'aurait en rien justifié notre retour à la station. Je laissais échapper un juron. J'aurai pas pu rester, de toute façon. Ça aurait été idiot. Le verre que le gars avait utilisé pour m'ouvrir le ventre aurait pu être dégueulasse et la coupure plus qu'une simple coupure. Mais merde ! Partir, sans s'assurer que les lieux sont sécuritaires...

Non, je pouvais juste pas effacer ma culpabilité de pas avoir agi correctement, même en sachant que ma blessure aurait pu être grave. Putain de blessure que j'osais même pas regarder. Putain de blessure que j'aurai pas, si j'avais bien fait mon boulot. Encore un truc qui me gonflait. Si j'avais anticipé et su faire mon boulot, on aurait pas été dans une telle merde, on aurait pas eu à se battre, on aurait pas laissé filer des types potentiellement dangereux. Je soupirais en l'entendant. C'est bon, il savait que je disais ça en l'air, non ?

« C'est bon, me prends pas pour une conne, je l'aurai pas fait. Je suis juste en colère d'avoir fait de la merde, tu dis pas des conneries, des fois, quand tu te plantes en beauté ? J'suis peut-être énervée contre moi-même, et à une place que je devrais pas avoir, mais je suis pas inconsciente. J'aurai jamais réellement pensé de rester seule en arrière, surtout pas blessée et avec des réflexes émoussés. Je me serai fait descendre en moins de deux, je le sais. C'est ça que tu veux entendre ? Je suis peut-être habituée à être protégée derrière mon cockpit et tout, mais je suis pas écervelée et je sais ce que je fais. »

Oui je commençais à m’énerver, et oui j’avais cherché ce qu’il me disait, et alors ? Ca voulait pas dire qu’il pouvait le dire, ou penser que je pensais réellement à faire ça. Même si je remettais souvent en cause mes capacités, j’étais pas stupide pour autant, et ça voulait pas dire qu’il pouvait le faire. Surtout pas pour un truc comme ça, quand je disais un truc aussi stupide que ça. Il me croyait quand même pas idiote au point de la penser réellement ?! Si oui, ça voulait dire que… Bah, juste que c’était un con. Et qu’il pouvait aller se faire voir, voilà. Il arrangeait rien, en continuant. « Faire la folle », « jouer à l’imbécile », bah oui, c’était ce que je faisais, c’était mon seul but dans la vie. En fait, je voulais que ça empire, c’est pour ça que je venais ici. Mais putain, il pouvait pas comprendre que je pétais un câble ? Que j’étais pas faite pour rester immobile, mais surtout que je m’en voulais ? Je voulais faire bien, et je vivais mal de pas y arriver, et c’était ma faute ? Je le faisais l’effort, mais juste pas pour ça. Je pouvais pas. Il pouvait pas comprendre, lui, aussi ?

« Putain mais tu crois que ça m’amuse, de pas tenir en place ? Tu crois que je fais ça pour me mettre en danger parce que ça me fait plaisir ? J’ai été dans le coma pendant quinze jours, putain, et je me sens jamais bien, merde. C’est pas ennuyeux, c’est intenable ! Tu crois que je vais aller mieux, à rester alitée ? A ressasser que j’ai fait de la merde ? A repenser à ma putain de famille, parce que j’ai rien à faire, et que je cogite trop ? Et que je pourrai avoir clamsé par deux fois, sans jamais avoir pu leur reparler ? Et je sais qu’elles sont mortes mes sœurs, pas besoin de me le dire. Mais moi, j’arrive pas à le supporter, ok ? Je suis peut-être forte, ou je veux l’être, mais putain, j’ai survécu alors que tout mon escadron a été achevé, j’ai pas été butée par ces enfoirés d’écorcheur à Louisville, pourquoi ? Et là, encore, je suis juste blessée alors que j’aurai pu risquer bien plus, et je m’arrête à ça ? Merde, fais l’effort de comprendre, toi ! Ca m’amuse pas, d’être là, comme ça, et je fais attention. J’allais pas me jeter à l’eau, juste parce que je me sens pas bien. Je veux juste me rafraichir un peu, parce que j’ai l’impression d’étouffer, je veux me nettoyer un peu si je peux, alors quoi, j’ai pas le droit ? »

C’est pas comme si j’étais vraiment partie là-bas, que j’étais retournée à ce château pour abattre les deux gars, et voir ce qu’il nous cachait. Il voulait que je fasse quoi, que je demande assistance pour me laver, alors qu’il y avait quelques blessés qui supportaient moins bien leur condition ? J’agissais peut-être pas au plus intelligemment, mais je faisais ce que je pouvais. Je faisais de mon mieux, et puis je l’emmerdais, c’était tout. Il avait qu’à se casser, faire semblant qu’il avait rien vu, si ça lui déplaisait. Moi je lui demandais rien, rien du tout. Je dirai rien, s’il me tournait le dos et retournais au camp, ça serait tout comme s’il n’avait rien vu.

« Putain mais va te faire foutre ! T’es pas mon père, alors ta gueule. Et si tu trouves que je me comporte comme une gamine, casse toi. Ta gamine de douze ans, elle faisait aussi ce qu’on a fait l’autre fois dans ma tente ? Donc maintenant, soit tu m’aides à me laver, soit tu me lâches, et si tu peux pas comprendre que je m’en veux de pas avoir été jusqu’au bout de l’expédition et d’être partie lâchement, eh ben peut-être que tu ferais mieux de lâcher l’affaire. Si je t’exaspère tant que ça. Et je veux mes flingues, parce que je veux pas que n’importe quel connard ou civil les prenne et fasse de la merde avec. Et parce que je me sens pas protégée sans. Je veux savoir où ils sont, c’est tout. Mais tu peux pas le comprendre, visiblement. »

Il avait fini par m’énerver, et pourtant, à ma grande surprise, je n’haussais pas le ton. Je disais ça froidement. Il me vexait sacrément, même si je le reconnaissais pas. Surtout parce que, même si je le voulais pas, j’étais attachée à lui, et j’étais blessée qu’il me voit comme ça. Et je savais que j’allais trop loin, surtout avec la remarque sur sa gamine, mais je voulais le blesser autant que lui il me blessait. Ni plus ni moins. Et s’il s’énervait et se casser, ça prouvait que c’était qu’un connard, au final. Mais ça, je le pensais pas, je le savais. Même si j’en reconnaissais rien, c’était quand même le cas.

« Tu m’aides à me laver, on cherche mes flingues, et puis on y retourne et tu me racontes. Sinon je reste là. Seule. Et oui, je veux que tu regardes. Je suis une putain de faible et j’y arrive pas, ok ? Alors oui je veux. J’ose pas soulever le bandage parce que j’ai peur que ça soit une petite plaie de merde et que j’ai pris la mauvaise décision de rentrer. Et j’ai froid, voilà. Et crois pas que je suis moins énervée parce que je te dis ça. »


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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Lun 28 Juil - 22:04

Putain pourquoi j'arrivais jamais à garder mon calme avec elle, pourquoi je pouvais pas juste rester le mec taciturne intéressé que par son boulot que j'étais d'habitude. Ca commençait à sérieusement me faire chier, mais j'y pouvais rien, je faisais rien pour changer les choses. J'en avais même pas envie, mais ça je me l'avouais qu'à moitié. Je passais mon temps à me voiler la face de toute manière. Je suis con. On est con tous les deux, à toujours se prendre la tête pour un rien. J'avais même pas haussé le ton mais elle l'avait fait pour nous deux. On allait se faire entendre, et on serait foutus. De toute façon ça peut pas se passer autrement, ça doit bien arriver un jour. Bref. Je lui avais dit que je regretterais pas, l'autre jour dans sa tente, et non je regrettais pas malgré tout ce que je pouvais penser. Ou dire. Bien sûr qu'elle était pas conne, putain, je le savais très bien, elle aussi elle devait bien se douter que je pouvais pas réellement penser ça d'elle, avec tout ce que je lui disais habituellement. D'avoir confiance en elle, qu'elle était douée mais qu'elle devait arrêter de se remettre en question toutes les deux secondes. Elle est pas conne mais là elle fait une connerie, je maintiens. Peut être que moi aussi j'en fait une, et une encore plus grosse en m'attachant à elle, en venant lui parler ici. Je pourrais la laisser se démerder, après tout, se rattraper elle même. Elle avait pas besoin de moi. Mais toute manière c'était trop tard, j'allais pas lui adresser un grand sourire et me tirer, la planter là comme le pire des connards de cette terre. Parce que j'avais déjà assez fait le connard ces derniers temps, en partie avec elle. Mais je pouvais pas cautionner ce qu'elle faisait, sa présence ici alors qu'elle devrait rester allongée. Alors qu'elle me parle de ses flingues comme si de rien n'était. J'pouvais pas. J'étais peut être trop gentil de m'occuper d'elle à ce point alors que je pouvais trouver plein d'autres choses plus utiles à faire, mais ça je préférais même pas y penser, parce que dans ce cas on s'en sortait vraiment plus.

Je répondais pas. J'avais parlé sur le coup, et tout ce que je pouvais lui répondre c'était que non, je pensais pas vraiment ce que je venais de dire, qu'elle pouvait pas être inconsciente au point de se lancer toute seule contre plusieurs types. Mais je voulais pas lui avouer que j'étais désolé, je pouvais pas. J'avais pas pu la dernière fois non plus. Alors quand tout ce que j'ai a balancer c'est un truc que je peux pas me résigner à dire, et bien je me la ferme. Je soupire juste. Elle prendra ça comme elle voudra. Tout ce que je veux, c'est que le ton redescende et qu'elle arrête de me balancer ces conneries à la gueule. Si je lui dis cash maintenant, ça va pas arranger la situation, alors j'attends qu'elle se calme déjà d'elle même. Elle l'avait cherché de toute façon, je pouvais rien lui répondre d'autre après ce qu'elle m'avait dit. Alors elle se prenait que ce qu'elle méritait. N'obtenait que ce qu'elle avait demandé. J'étais pas tendre avec elle, mais c'était réciproque. Je pouvais pas supporter qu'elle dramatise tout, qu'elle se laisse aller comme ça à ses émotions et à des réflexions insensées. La seule chose sur laquelle j'étais d'accord, c'était sur l'immobilité. Je comprenais bien qu'elle puisse pas, que ce soit plus fort qu'elle de se barrer pour faire quelques pas dehors. Parce que j'aurai fait comme elle. Mais ça non plus je lui avouais pas, et je lui faisais la leçon même si ça allait pas lui plaire. De toute façon si je devais lui dire que ce qui lui faisait plaisir, la conversation serait assez vide.

« Et là, ça change quoi ? Tu vas te laver, et après ? Tu vas pas arrêter d'y penser à ta famille et à c'que t'as vécu, que tu erres dehors ou que tu sois allongée. J'peux comprendre, mais je peux pas approuver ; ça te va, formulé comme ça ? Tu crois que moi aussi je pourrais supporter de rester à l'horizontale en attendant qu'une putain de blessure se referme ? Tu m'y vois, sérieusement ? Mais je prendrais sur moi, et faut que tu fasse pareil. Là tu te serais lavée, d'accord, mais tu pourrais très bien aggraver ta blessure involontairement en faisant ça. T'es pas conne, non, tu sais que j'ai jamais pensé ça de toi, alors tu t'en doutes, putain ! »

Elle avait parlé sur un coup de tête, sans réfléchir, et moi aussi. Dans le même panier, tous les deux. En plus j'étais clairement sur les nerfs avec ce putain de raid dont on venait de revenir, mais ça elle pouvait pas le savoir. Est-ce que j'allais lui dire ? Est-ce que j'allais lui dire, que moi aussi j'avais fait une connerie, que j'avais du sang sur les mains et que ça me posait de sérieux problèmes de remords ? Ca serait avouer que j'avais des faiblesses. En même temps elle le savait, ça, que j'étais pas un bloc de glace infranchissable, vu qu'elle m'avait franchie. En parlant de ces photos, quand j'avais lâché que j'avais une gamine et qu'elle m'avait vu hésitant dans ses bras. Mais lui dire que j'avais buté un vieillard, ça est-ce que j'aurai le cran de le lui dire ?

« Laisses ma fille hors de tout ça, ok ? Elle est morte de toute façon, comme tes sœurs, comme tout le monde. Tes flingues, j'irai regarder où ils sont. Moi aussi je me sentirai nu sans arme, mais je pense pas que les docs apprécient que tu en ais une là bas. Et on peut essayer de baisser le ton, ok ? J'ai vraiment pas envie de m'engueuler avec toi, et si on attire quelqu'un par ici, ça apportera rien de bon. »

J'avais fait une allusion à ma fille, comme ça, et elle avait rebondit dessus. Je voulais pas. Je m'en voulais déjà assez de lui en avoir parlé, alors ça suffisait. Et j'évoquais ses sœurs, comme pour me défendre, pour faire une contre-attaque. Elle pouvait pas blairer que je lui parle comme ça, eh bien tant pis pour elle parce qu'elle savait aussi que j'arrêterais pas. Sinon je l'aurai déjà fait y'a longtemps et surtout pas maintenant alors qu'elle avec une putain de plaie au ventre et que le fait de rester au centre médical la mettait dans tout ses états. Lui faisait faire des erreurs, des erreurs pour elle, qu'elle finirait par regretter comme elle regrettait déjà de pas avoir liquidé tous les types au château.

Alors elle voulait vraiment se laver en fait, se déshabiller et se jeter dans le cours d'eau. Non mais, vraiment. Et je la connaissais, vu le ton sur lequel elle me le disait, elle resterait bien plantée là si je l'aidais pas. Moi, comme j'allais pas pouvoir lui dire non, j'allais faire comme elle venait de dire. Putain c'est con, hein. Je ressortais les mains de mes poches et m'approchais.

« Bouges pas. »

Je me baissais et soulevais le bandage. C'était long, mais ça avait pas l'air très profond.

« C'est pas très beau à voir, mais ça va. Ca te barre le ventre en longueur et ça a pas l'air très profond. Après, j'y connais pas grand chose là dedans, mais je pense que t'as bien fait de rentrer même si ça guérira vite. Enfin j'en sais rien, mais je pense. T'as froid, t'es sûre que tu veux te laver ? Vas-y, je reste là et après on retourne au centre, je jette un coup d'oeil à ta tente et je reviens te raconter. C'est bon, comme ça ? »
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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Mar 29 Juil - 20:35

Ça faisait tellement longtemps que j'étais une grande gueule et que je me gênais pas pour me faire remarquer que ça devait plus surprendre personne que je dise ce que je pense, que je sois vulgaire, que je fasse entendre mon mécontentement et que j'en fasse qu'à ma tête. Mais c'était pas pareil avec Comet. Ça n'avait rien à voir, et ça m'énervait encore plus. Je m'énervais, bien sûr, mais pas parce que des connards se comportaient de façon machiste ou quoi, je m’énervais pour des trucs persos. Je me confiais à lui, bordel ! Je lui faisais suffisamment confiance alors que je le connaissais pas au fond, pour lui balancer des trucs persos pas juste sur un coup de tête, des trucs que je m'avouais à peine à moi-même et que je voulais même pas reconnaître. C'était tellement plus facile de le faire et de noyer le poisson en rebondissant sur tout ce qu'il pouvait dire qui me gavait et en l'insultant et en faisant ma connasse. Bien sûr que je savais que j'avais des torts, beaucoup même. Mais lui aussi. Et j'allais pas le reconnaître. Je l'avais déjà fait une fois, j'allais pas recommencer. En plus, il disait rien. Alors peut-être qu’il pensait réellement ce qu’il disait, qu’il me considérait réellement comme une conne. J’avais du mal à y croire, au fond, après tous nos échanges et le nombre de fois où je lui avais dit être une moins que rien et qu’il m’avait contredite, et s’était énervé de me voir réagir comme ça, et tout ça, mais il disait quand même rien. Il regardait, et il se taisait. Comme s’il en avait rien à foutre. Ou alors il était blasé, et il avait rien envie de dire.

Alors du coup, je me taisais aussi. Je le jaugeais du regard. J’attendais. Une réaction, n’importe quoi. Ou qu’il se casse. Ou… Qu’il fasse ce qu’il veut, mais qu’il reste pas là à rien faire comme s’il était même plus là tout en l’étant. Ca me crispait, et me stressait presque. Je m’apprêtais à reparler, quand il soupira. Ce qui pouvait tout et rien dire. Ca allait pas m’avancer, mais en même temps, s’il voulait pas démentir ce qu’il avait dit avant, je pouvais rien y faire. Mais même si j’avais du mal à y croire, je commençais un peu à penser qu’il me jugeait réellement stupide. En même temps, et c’était lui qui l’avait dit avant, les femmes étaient faibles, bonnes à rien sinon à la cuisine et à élever voire pondre des gosses, et rien d’autre. Enfin, non, j’exagérai. J’exagérai, parce que j’étais déroutée par son absence de réaction, et que je savais pas quoi en penser. Il avait dit, ou sous-entendu mais ça revenait au même, que les femmes avaient pas leur place à l’armée et qu’elles étaient faibles, mais il avait jamais exagéré. Et puis ça faisait longtemps que je l’avais pas entendu le dire. Mais merde, pourquoi il soupirait et disait rien ? Si je survivais encore jusqu’à juin et que lui aussi, je lui demanderai d'écrire un guide de déchiffrage du Comet pour me l'offrir à mon anniversaire. Si on s'engueulait pas au point de n'avoir que des relations professionnelles d'ici là.

Mais il parlait pas, il s’enfermait dans son mutisme. Pourquoi ça m’étonnait, au final ? Je l’avais jamais connu autrement que comme ça. Bon c’est pas comme si je le connaissais plus que ça. Même s’il s’était confié sur sa fille. J’avais pas osé lui en demander plus, mais je le ferai, peut-être, plus tard. Mais c’était pas le moment. Clairement pas. Surtout avec la colère qui me gagnait. Et surtout parce que je savais que j’avais fait une connerie, à venir ici. La douleur me lançait encore, le froid ne m’épargnait pas, surtout avec ma veste ouverte que j’étais incapable de fermer parce que la plaie ne m’épargnait, me faisait mal. Je fus surprise lorsqu’il recommença à parler, à s’énerver, lui aussi.

« Bah j’y arrive pas. Je peux rien faire. Je vois personne, je m’emmerde royalement, je fais rien du tout, je sais pas quoi faire, je sais pas rester immobile. Alors oui, je fais de la merde, et non je devrais pas, mais si t’as une solution miracle, je prends. »

Il voulait que je dise quoi de plus ? « J’ai tort » ? « Je suis désolée » ? Certainement pas, je l’étais pas. Je savais que j’aurai du, que j’aurai du culpabiliser, mais je le faisais pas. Je pouvais pas. J’avais plein de défauts, mais surtout pas celui de mentir. Au contraire, mon problème, c’était plutôt ma franchise. C’était même clairement ma franchise. Bref. Je l’ignorais encore une fois, alors qu’il me disait de pas mêler sa fille à ça, en contrattaquant avec la mort de mes sœurs, comme celle de sa fille. Peut-être, et alors ? Ca changeait rien. Il me disait de pas ressasser et que quoi je fasse j’allais quand même ressasser, mais il faisait pareil. Sauf qu’il essayait de se convaincre que tout le monde était mort, alors que ça se voyait qu’il voulait pas ça. Ca se voyait clairement. Je soupirais, en l’entendant.

« Je parlais pas fort. Et je m’en fous, si quelqu’un vient. Très sincèrement. Je les emmerde et j’assume. Si je veux me prendre la tête avec toi, ou t’embrasser, ou autre, c’est moi que ça regarde, et ils ont pas leur mot à dire. Et je laisserai ta fille hors de ça, le jour où tu seras capable de reconnaître que tu espères malgré tout qu’elle soit pas morte, que tu la revois un jour. Tu peux dire de moi, qui y penses, tu peux dire qu’elles sont mortes, elle ou ta fille, mais t’y crois pas. Alors tu sais quoi ? Tu sais ce que tu vas faire ? Tu vas me parler de ta fille. Me raconter sa naissance, et ce que tu veux. Mais tu vas arrêter de laisser ça te ronger. Tu le caches peut-être mieux que moi, et encore je le cache bien, mais ça te touche quand même. Et tu auras beau nier, tu me feras pas croire que c’est pas le cas. Et tu vas aussi me dire ce qui fait que tu t’énerves pour rien, là. C’est moi qui m’énerve pour rien d’habitude. Et moi tu sais pour quoi. »

Je m’arrêtais de respirer, alors qu’il s’approchait. Il me faisait taire pour l’instant, mais ça durerait pas. Je lâcherai pas l’affaire comme ça. Clairement pas. Je serrais les dents, en le sentant soulever le bandage. C’était moi, qui lui avais demandé, j’avais aucune raison d’appréhender, aucune raison de craindre le résultat. Je frémissais au contact froid de ses mains, et réfrénais l’envie de les repousser. Je devais savoir, même si ça me plaisait pas. Je l’écoutais, sans rien dire. Pas profond… Super. J’aurai pu rester. J’avais réussi à arrêter le sang, avant que Reh n’y touche. S’il l’avait laissé comme ça, au lieu de refaire un bandage, j’aurai pu continuer, j’en étais sûre. Je soupirais à nouveau. Non, je mentais. La blessure s’était rouverte sur le trajet du retour, et je savais que j’aurai été inconsciente de pas rentrer directement. Ca voulait pas dire que je l’acceptais.

« Ca m’emmerde. Voilà, c’était dit. Je mettais des mots sur ce qu’il savait déjà, je parlais pour rien dire. Merci. »

C’était la moindre des choses, parce que c’était pas génial de regarder une blessure. Et il avait pas à le faire. Mais bon. Je soupirais, pour la quoi ? troisième, quatrième, cinquième fois ? Je savais pas trop. Bref. « Ok, je rentre. Je compte sur toi pour mes flingues. Et je m’en fous, que les médecins veulent pas que je les ai. Moi je les veux. Ils ont pas besoin de le savoir. Tu sais que je m’amuserais pas à tirer, que je suis pas parano et ne me sentirais pas en danger. Ok ? Et j’irai aux sanitaires. Prendre la douche par semaine à laquelle on a droit. Tu m’aideras… ? Et j’oublierai pas ton expédition. Ni ce que je t’ai demandé. »

J’en avais rien à foutre, s’il m’envoyait chier, je lâcherai pas l’affaire. Même si on était dans le centre médical improvisé, il me dirait. Ou je me casserai à nouveau. Je prenais le chemin du retour, enroulant encore davantage la couverture autour de moi toujours sans refermer ma veste. Je prenais le chemin du camp avec lui.


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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Jeu 31 Juil - 8:38

Je pensais qu'elle comprendrait que si je me taisais, c'était pour taire des excuses que je pouvais pas lui dire. Non je pouvais pas, un point c'est tout, mais je voulais pas remuer le couteau dans la plaie, lui mentir, lui dire une fois de plus qu'elle avait tort alors que c'était faux. J'avais pas le courage de le faire, de faire encore le connard, mais j'avais pas non plus le courage de m'excuser. Elle non plus, de toute façon. Je la connaissais assez pour savoir ça, et je pensais que c'était réciproque. Elle s'était excusée une fois dans sa tente, j'avais fait pareil le même jour, quelques instants plus tard. Alors on était quittes. Mais là, elle avait pas l'air de piger, et d'un côté j'étais satisfait. Parce que si je m'excusais pas à l'oral, c'était pas pour qu'elle le comprenne quand même par mon comportement. Elle a qu'à penser ce qu'elle veut, Que je suis un connard de macho et tout le baratin, de toute manière je pourrais jamais lui sortir ça totalement de sa tête. Parce que dans certains cas, c'était vrai. Avec d'autres nanas surtout, mais vrai quand même. J'essaye de changer, j'y arrive mais pas totalement, même si j'arrête pas de lui dire le contraire. Comme si ça allait changer quelque chose, comme si elle allait soudain être convaincue que je l'aimais et que j'étais quelqu'un de bien, dans le fond. Je lui en avais donné des preuves et je voyais pas ce que je pouvais faire de plus, vraiment pas. J'avais lâché que j'avais une fille putain, je lui avais dis ça ! Alors que presque plus personne devait le savoir ici, à part des militaires que je connais depuis longtemps et qui ne sont toujours pas mort. Du genre Raulne. Et moi je l'avais dit à cette nana, que je connaissais que depuis quelques mois mais avec qui j'avais déjà franchi beaucoup d'étapes. Trop peut être. Trop vite. Ca allait faire comme avec mon ex, des années plus tôt, on avait tout fait sur un coup de tête avant que tout ne vole en éclat. Depuis je n'avais retrouvé personne. Depuis je pensais que je ne retrouverai personne. Je m'étais trompé, apparemment. Est-ce que j'avais peur ? Oui, un peu. Peur de comment ça allait finir, peur d'être encore brisé. Mais ça, j'essayais de pas y penser, de ne pas lui montrer que j'y pensais. Je voulais profiter. Arrêter de me torturer, parce que j'avais bien vu que ça n'avait pas de fin.

Je la laissais donc poursuivre, indécise face à ma dernière réaction. C'était pas le plus important, de toute manière. Je m'énervais moi même, sans raison apparente. Elle était restée calme, elle, jusque là ! Alors pourquoi c'était moi qui haussait le ton, merde ? Pourquoi ? Pourquoi j'avais jamais un comportement normal, habituel quand j'étais avec elle, seul à seule ? Ces questions là, elles revenaient à chaque fois et j'arrivais pas à les chasser. Jamais. J'y avais renoncé, en fait, et j'avais aussi renoncé à y trouver des réponses. Ou plutôt si, je les savais les réponses. Je savais pourquoi j'étais comme ça mais j'arrivais pas à m'avouer que c'était la cause de mon état. Je cherchais autre chose, alors qu'en fait c'était simple. J'en pinçais pour elle, j'avais le béguin, je l'aimais. Je l'aimais merde ! Alors que j'avais un camp à alimenter, tout ce que je trouvais à faire c'était de tomber amoureux ! Putain ! Et j'allais l'aider, j'allais prendre sur mon temps pour elle. Tout ça parce que je l'aimais, parce que je m'étais attachée à elle. Alors qu'elle m'exaspérait, alors qu'elle avait le don de m'énerver. Je pouvais m'en prendre qu'à moi. Je me haissais. Voilà, c'était tout.

« Non j'ai pas de solution miracle, tu vois. Le seul miracle ça sera si on se sort vivant de cette guerre. La seule chose que je peux te dire, c'est de prendre sur toi mais t'as pas l'air d'y arriver, alors je peux rien te dire de plus. »

Bah oui, en même temps elle préfèrerait crever plutôt que de m'avouer qu'elle avait tort. Comme moi. On était cons tous les deux, on le savait et on faisait rien pour arranger ça. Bornés. Et encore une fois, c'est moi qui m'énervais, je lui disais de baisser le ton alors qu'elle y était pour rien. Ou si, elle l'avait cherché quand même. Parler de ma fille, elle devait se douter que c'était un sujet sensible, vu la manière dont j'avais lâché l'info dans sa tente. Elle voulait juste me blesser, juste me faire mal. Me ramener à la réalité. Et moi je rebondissais sur ses sœurs, comme pour me défendre, me dire que moi aussi je pouvais atteindre ses faiblesses. J'étais tellement honteux de lui avoir montré ça, une faille, quelque chose qui me rende sensible. Alors que j'étais un mec fort et que je voulais l'être toujours plus parce que c'est pas avec un cœur de bisounours qu'on survit en enfer. Elle me disait que ça lui faisait rien de les savoir mortes. Elle se mentait à elle même, elle mentait à haute voix, pour se convaincre qu'elle était forte. Putain ! Comme moi. Je faisais pareil. Ca me mettait sur les nerfs qu'on parle de ça mais j'avais pas le courage de changer de sujet, de me défiler une nouvelle fois. Et merde, j'allais lui dire quoi ? Que oui, j'arrêtais pas de penser à elle, que ça me faisait mal et que je me haissais encore plus pour ça ? Que non, je pouvais pas intégrer le fait qu'elle soit morte, et que j'arrêtais pas de me le répéter dans l'espoir que ça rentre ? Que le gosse que j'avais entendu hurler après avoir buté le vieux, ça me faisait penser à elle alors qu'elle avait au moins cinq ans de plus que ce gosse ? Non, je pouvais pas. Je pouvais pas lui parler d'elle. Je l'avais déjà assez fait.

« Putain tu veux que je te dise quoi ? Comment on l'a conçue ? Comment c'était l'accouchement, comment c'était de plus la voir pendant des mois et de savoir qu'elle vivait pourtant quelque part ? Qu'elle grandissait sans moi ? Tu veux savoir ce que je me disais, dans ces moments là ? Et maintenant oui, elle est morte. Ca peut pas être autrement, et c'est tant mieux. Parce que j'ai d'autres choses à faire que de penser à des souvenirs, et que au moins, je me dis qu'elle souffre pas. Qu'est-ce que tu veux que je te dise d'autre, hein ? Comment elle était, comment elle riait, comment j'ai été un père de merde ? Ca sert à rien. Faut se détacher de ça, sinon ça... ça va me ronger entièrement. »

Ca pouvait paraître cruel dit comme ça, vraiment, pourtant je le pensais. J'aimais ma fille, je l'aimais de tout mon cœur malgré les maigres moments passés avec elle, je l'aimais comme n'importe quel père aime sa fille. Mais là je ne pouvais imaginer qu'un cadavre. Ma petite Charlotte, grandir dans cet enfer... C'était impensable. Il fallait que je me détache, que j'avance. Peut être si je survis à ça je fonderai une autre famille, je m'attacherai à de nouvelles personnes mais pas encore. Pas maintenant. Je pouvais pas raconter ma vie à Marielle, je voulais pas qu'elle devienne mon journal intime, ça c'était des trucs pour des nanas en manque de sensation, pas pour moi.

« De rien. »

Non ça n'avait pas l'air très grave mais ça aurait quand même été de la folie de rester. Elle le savait, quoi qu'elle dise. Elle était pas conne. Je l'entends renoncer à sa douche dans la rivière pour les sanitaires, et me dire qu'elle rentre.

« Je t'aiderai si tu veux, oui. »

Trop gentil, vraiment. Je la regardais faire quelques pas avant de prendre moi même la direction du camp, vers sa tente. Est-ce que j'allais juste regarder où étaient ses flingues ou est-ce que j'allais lui en ramener un ? Je pouvais pas faire ça, quand bien même je comprenais son sentiment. Je pensais à ça, tout en allant vers sa tente. Jetait un coup d'oeil autour de moi pour vérifier que personne me verrait entrer, mais il n'y avait plus grand monde à cette heure dans la zone réservée à l'armée. J'entrais donc dans sa tente et me mis en quête de ses flingues. En trouvais deux, dont un que je mis dans l'intérieur de ma veste. Est-ce que j'allais oser le lui donner ou pas, j'en savais rien mais au moins je l'avais. L'autre je le planquais quelque part où des mains mal intentionnées ne pourraient pas le trouver avant de tomber sur un tout autre objet. Je le retournais dans mes mains, tandis que la conversation avec Bertin me revenait en tête. C'était un paquet de clopes, alors est-ce que.... Est-ce que ça pourrait être celui du soldat ? Qu'est-ce que ça signifierait ? Je reposais le paquet à l'endroit où je l'avais trouvé, restant un instant sur le seuil de la tente, embrassant l'intérieur du regard avant de me détourner. Est-ce que j'allais parler à Marielle de ce paquet et de Bertin ? Est-ce que j'allais oser le faire, ça aussi ? Encore une question sans réponse. Je soupirais en revenant vers le centre médical.

Je la retrouvais comme si de rien était, écartant le maigre rideau qui lui offrait un semblant d'intimité. Je la regardais quelques instants comme ça, sans rien dire, avant de me souvenir de ma promesse. Le raid. Putain. Encore et toujours, ce putain de raid.

« Pour le raid... Reh a failli me casser les couilles avec son train fantôme. »

Non, c'était pas ça. Ca aurait été bien en fait, si y'avait eu que ça. Je soupirais avant de reprendre.

« Le parc d'attraction où on pensait trouver de la bouffe, il était pas désert. On s'en est vite rendus compte mais on savait pas ce que c'était, combien ils étaient. Puis un tireur a commencé à nous cibler, Bertin a repéré sa position mais c'est moi qui l'ai eu, j'avais un meilleur angle de tir qu'eux. On allait se déplacer pour aller voir le cadavre mais... putain ! Y'a eu des cris, comme si on étranglait une femme. J'te jure, j'ai vraiment cru que c'était ça. J'ai ordonné qu'on aille voir quand même, savoir ce qui ce passait, ce que c'était. Pourquoi j'ai fait ça, bordel... ? Le tireur, c'était un vieillard, et les cris c'était le gosse qu'il tenait dans ses bras. J'ai buté un vieillard putain ! Y'avait pleins d'autres civils, qui ont commencé à nous insulter, puis on s'est cassés. Mais ces cris, putain, ils veulent pas sortir de ma tête. J'arrive plus à me regarder en face. »
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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Ven 1 Aoû - 13:45

Il avait rien à me proposer, alors qu’il arrête de me prendre la tête. Il voulait que je fasse quoi ? J’avais jamais séjournée à l’hôpital avant, mais au moins dans un monde civilisé pas frappé par une apocalypse sans réelle raison et que je ne comprenais pas, j’aurai eu de quoi me distraire – une télé, une console portable, un ordinateur, des livres, des carnets de jeux, des… je sais pas, du tricot, des scoubidous, des bracelets brésiliens ? N’importe quoi, pour m’occuper. Et pourtant, j’étais pas activités manuelles, ou toutes ces conneries à la mode comme le tricot. Pour peu, à souhaiter tout plutôt que de rester inactive même ça, j’aurai pensé qu’on m’avait frappé à la tête, et non au bide, ou que je perdais petit à petit la raison. Mais c’était pas faux, en soit, on pouvait dire que le ciel nous était tombé sur la tête, non ? Je levais les yeux au ciel – je faisais des références à Astérix maintenant… Bref, non, j’arrivais pas à prendre sur moi. Et visiblement il pouvait pas le comprendre. Il tenait pas en place, il détestait rester immobile ou à ne rien faire, alors pourquoi ne pouvait-il pas comprendre, hein ? « Comment tu veux que j’y arrive, alors que ça consiste à rien faire et à rester là, et à rien faire, et à rester là, et à rien faire ? On est pas exactement dans un monde idyllique où l’inactivité est possible vu tout ce qu’il faut faire pour que ça déconne pas sévère après tout ce qu’il s’est passé, et quand bien même je dois rester immobile, c’est pas comme si j’avais de quoi m’occuper – les livres, les carnets pourris de jeux, n’importe quoi, c’est plus à notre portée. Alors oui, j’ai du mal à prendre sur moi, mais c’est pas aussi simple que ça. Et tu crois que je m’énerve pas toute seule, à être incapable de le faire ? Un rien m’énerve et moi encore plus que tout le reste. Alors merde. C’est pas intelligent, c’est pas mature, c’est pas réfléchi, mais merde, c’est tout ce que j’ai à dire … »

Et c’est tout ce qu’il pourrait tirer de moi à ce sujet. S’il attendait plus, eh ben il se leurrait. De toute façon, y’avait rien à dire ou à faire de plus. Peut-être bien que je prendrais mon mal en patience. Ou alors je ferai des conneries, et finirai par me vider de mon sang. C’était pas le plus enviable, j’avais pas vraiment envie que ça arrive. Et je savais qu’il disait vrai, que j’aurai du écouter, sagement rester alitée sans rien dire. Je me détestais, d’en être incapable, mais même si j’étais pleine de bonne volonté en mode ‘je bougerai pas et j’attendrais d’avoir le feu vert des médecins’, j’y arrivais pas. Et puis tout le monde avait autre chose à faire, je pouvais pas demander à ce que les gens passent du temps avec moi. Et je le voulais pas. Plus que le fait de devoir rester immobile, le fait que les gens voient et sachent que j’étais malade m’irritait. D’ailleurs, j’aurai préféré ne pas tomber sur Erwan pour ça. J’aurai pas eu à lui dire que j’osais pas regarder la blessure, que je pétais un câble, que j’étais une gamine et pas capable de rester en place, de me comporter comme on l’attendait de moi, que je pouvais pas me résoudre à oublier ma famille alors que je m’en étais très bien accommodée depuis dix ans mais que l’idée que mes sœurs étaient toutes mortes et que je pourrai jamais rattraper le temps perdu m’exaspéraient. Je crois même que c’était le pire, de savoir que maintenant que c’était définitif, je n’étais plus aussi désintéressée, alors que j’en avais eu sincèrement rien à faire pour les dix dernières années.

Mais si je recommençais à penser à ça, ça allait pas le faire. Heureusement, le militaire répondit à mes interrogations. En me prenant, encore, pour une conne. En m’énervant, encore. Toujours plus. Comme si on savait faire que ça. Peut-être que j’aurai du l’embrasser et le ramener dans ma tente, juste pour le faire taire, et qu’il arrête de me gonfler. Mais ça arrangerait rien, et puis en plus, ça serait surement trop douloureux. Alors à défaut de pouvoir faire ça ou de pouvoir le frapper, quoi que j’aurai pu mais c’était pas la solution non plus, je répondais. Calmement. Ou pas trop, en fait. Voire pas du tout. « Oui voilà, t’as tout compris. Je suis une putain de voyeuse, je veux que tu me décrives de A à Z le moment où elle a été conçue, les petits mots doux, les cris, la tenue que vous aviez au début, les positions, le nombre d’orgasmes, si c’était un oubli ou si c’était voulu… Et puis pour l’accouchement, oui, c’est trop mon trip d’avoir les détails gores et gerbants, tu t’en doutes. Putain mais t’es vraiment trop con ! Et même si tu penses qu’elle est morte, et que oui ça serait au mieux, ça t’aide pas à aller bien toi. C’est pas en faisant l’autruche que tu vas t’en sortir. Alors tu peux le prendre comme ça, agressivement, être désagréable, dire que penser à elle, ça va te ronger et m’envoyer chier. Mais tu crois que ça te ronge pas, de t’interdire d’y penser ? Parce que rien que le fait de te l’interdire te fait y penser, si t’as pas remarqué. Et ça te fait pas aller mieux. Alors plutôt que de dire que t’étais un père de merde, et je m’y connais en père de merde, tu peux aussi penser à tous les bons moments que vous avez eus, et à ce que tu as fait qui l’a rendue heureuse. Tu peux me dire son nom, son âge, des anecdotes… Je te demande pas d’être niais, gaga, de pleurer en t’en souvenant, juste de pas te renfermer sur toi. Mais tu sais pas faire, mais tu veux pas en parler, tu préfères me repousser et m’envoyer chier, alors démerde toi. »

Je disais pas ça pour moi. Ca m’indifférait, qu’il me parle de sa gamine, surtout qu’il le voulait pas. Il l’avait pas évoquée volontairement la première fois, et là non plus, mais ça lui ferait du bien, de pas fuir le souvenir. Et oui, j’étais bien mal placée pour dire ça, parce que je faisais pareil. Mais j’étais d’autant plus à même de savoir que c’était pas bon. Même si j’étais incapable de l’appliquer pour moi. Mais il était borné de toute façon, alors ça changerait rien. Quoi que je puisse dire. Et je le faisais une fois, pas deux. J’allais pas perdre d’énergie pour rien. J’en perdais déjà bien assez. S’il continuait à se murer dans son silence, eh ben tant pis. J’étais pas curieuse, c’était pas dans mon propre intérêt que je faisais ça. Enfin bref. Je soupirais, et le laissais regarder ma blessure, et tout ça. Je redisais pas que j’aurai pas du partir, même si c’était vrai. Parce que je serai pas restée. J’étais ni stupide, ni inconsciente, même si on pouvait en douter en l’instant, vu que je m’étais pointée à la rivière… Mais j’aurai pas été en mesure de me défendre efficacement, ni de défendre ceux qui étaient avec moi, et ça, ça valait plus que ma colère de m’être fait blesser et de ne pas avoir menée la mission à son terme en vérifiant s’il y avait réellement danger ou non, si c’était un gang isolé.

Je ne pus m’empêcher de rire, en l’entendant me répondre parfaitement sérieusement qu’il m’aidait. Je le jugeais pas innocent, encore moins après la dernière fois qu’on s’était vu, mais il répondait de manière tellement réaliste, comme si je lui demandais réellement de l’aide… « Tu sais que je voulais pas vraiment de l’aide pour me doucher, et que je sais encore me laver ? Tu sais que c’était pas innocent comme remarque ? Et que c’était une plaisanterie ? » Enfin, ça, à moitié, mais il avait pas besoin de le savoir. De toute façon, il prendrait pas le risque de prendre une douche avec moi, et de se faire choper par quelqu’un. Même s’il y avait des cabines individuelles. Et je le prendrais pas non plus.

Je regardais derrière moi, pour voir s’il avançait, avant de retourner aussi rapidement que possible sans me blesser, et en étant discrète, au centre médical. Je croisais des gens, mais soit ils étaient trop occupés pour faire attention à moi, soit ils s’en désintéressaient totalement. Probablement les deux. Et c’était très bien comme ça. Je m’asseyais en tailleur sur le lit, grimaçant parce que la plaie me tirant, me rembrunissant instantanément. J’étais là depuis trois secondes, et ça suffisait pour que je me sente énervée, enfin encore plus, pas à ma place, impatiente. Comment il voulait, ils voulaient, que je reste sagement ici ? J’espérais que cette putain de blessure se soignerait vite, parce que j’allais péter un câble. Peut-être un aller simple vers la folie, au final. Et peut-être que ça serait préférable, je ne serai plus confrontée aux difficultés qu’on se prenait dans la gueule.

Je soupirais, avant de relever la tête en entendant le froissement du rideau qui servait de barrière improvisée pour nous « protéger » des autres. Je soupirais à nouveau devant ce constat – l’intimité était un luxe que l’on ne pouvait plus s’offrir. J’essayais de lui sourire quand même, un peu ironiquement, et je retenais la remarque qui me brulait les lèvres, concernant le fait que j’étais une bonne jeune femme obéissante qui savait rester à sa place. Ca aurait été malvenu, injustifié, et très déplaisant, et j’étais déjà suffisamment mal à rester ici, si j’en rajoutais, si je mettais de l’huile sur le feu, j’allais péter un câble bien plus rapidement que prévu, et exploser. Et je ne pourrais pas cacher qu’on s’engueulait – même sans hausser le ton, tout le monde entendrait tout. Putain, il m’avait eue. Il voulait que je revienne, non seulement pour pas que je l’emmerde avec des sujets dont il ne voulait pas parler, qu’il savait que je n’évoquerai pas. Ou peut-être bien que si, à voix suffisamment haute pour qu’il entende mais suffisamment basse pour que personne d’autre n’entende, et de manière à ne pas lui permettre de se dérober, de crainte que je hausse le ton sans le vouloir et déballe tout à tout le monde. Mais ça serait pas le mieux pour le faire parler… On verrait.

Je le regardais un instant, me demandant s’il avait pu récupérer, ou au moins trouver mes flingues. Je m’apprêtais à le questionner à ce sujet, mais son visage parut bizarre, d’un coup. Sans que je comprenne trop. Il était loin, mais je le sentais troublé. Ou pas très désireux de parler. Je fronçais les sourcils, de surprise et d’incompréhension, en l’entendant parler de Reh, et de train de fantôme. De quoi parlait-il ? Je me souvenais du fait qu’ils se rendaient sur un parc d’attraction qu’ils avaient du repérer lors du trajet de Louisville à la départementale. Enfin, j’en savais rien en fait, vu que j’étais dans le coma… Putain, c’que ça m’énervait, d’avoir été si mal avant, et d’être encore mal. J’avais envie de hurler. J’inspirais et expirais, attendant qu’il parle davantage, qu’il éclaircisse sa phrase, prête à la questionner sur ce dont il parlait, avant qu’il ne reprenne la parole. Je fronçais encore davantage les sourcils – s’était-il passé quelque chose, quelqu’un avait-il été blessé ? Pourquoi est-ce qu’on ne m’avait pas mis au courant, bordel de merde ? Je rompais pas le silence, mon mécontentement se voyant sur mon visage, avant d’entendre la suite. Je me mordais la lèvre, ne sachant pas quoi dire. Rien, surement. Non, il n’y avait rien à dire.

Je me levais malgré tout, réprimant à moitié une exclamation de douleur. Je n’aurai jamais du me mettre en tailleur. Je m’approchais malgré tout de lui. La distance était courte, ça irait. J’aimais pas ça, c’était pas moi, mais j’avais rien d’autre à faire, alors je prenais sa main, sans rien dire. Je l’embrassais pas – ça avait pas lieu d’être, ça aurait été déplacé. C’était pas ce qu’il voulait, surement pas. Mon premier instinct avait été de poser ma main sur son épaule, comme un collègue, un ami non proche, mais je l’avais réprimé. Je laissais le silence planer un instant. « Je sais que je pourrais rien te dire qui t’enlèvera ça de la tête, mais tu as fait ce qu’il fallait. Vous étiez menacé, tu pouvais pas voir le tireur, tu pouvais pas deviner. Il cherchait à protéger les siens, tu cherchais à protéger ceux que tu avais sous ta responsabilité. Et mieux valait le vieillard que le petit. Il aurait pas survécu à l’hiver. C’est horrible, mais il faut être pragmatique. Tu as déjà suffisamment de choses qui pourront te bouffer, et je sais que te dire ça ne va rien changer, mais c’est la vérité. Le gosse avait d’autre famille ? Les autres prendront soin de lui, il était pas tout seul. Ok ? Je sais que ça t’apaisera pas, que tu le vivras mal, mais penses-y. Et je suis désolée de t’avoir imposé mes problèmes de merde, toi non plus t’es pas tout seul, et moi je te regarde en face. Tu aurais su, tu n’aurais même pas agi comme ça. »

J’étais sincère, je disais pas ça pour qu’il me contredise. Ca lui prendrait du temps, de relativiser, mais je l’aiderai. J’essaierai, au moins.

|HJ| Désolée de la tartine, j’espère que ça t’ira, et que c’est pas trop chiant à lire ^^’


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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Ven 1 Aoû - 18:03

On était cons, tous les deux, de s'énerver à chaque fois qu'on se voyait seul à seule. Comme si c'était notre façon de nous dire bonjour, et ça nous convenait à tous les deux apparemment, vu que ni moi ni elle ne faisions des efforts. De toute façon, elle pouvait prendre mon comportement et mes réactions comme elle voulait, je m'en foutais parce que je savais bien que je ne changerais rien. Pourtant j'essayais, mais en vain. Avec elle aussi, je me mettais à passer pour le moralisateur, le rabat-joie de service. Bertin ne s'était pas gêné pour me le dire, et en fait ça me convenait très bien comme ça. Je pouvais leur paraître un type chiant et dénué d'humour, ça m'était égal. Je savais me détendre, mais il y a des moments pour et d'autres où il ne faut même pas y penser. Là le problème, c'était même pas ça, c'était juste qu'elle se faisait du mal elle même, qu'elle en avait conscience mais qu'en plus elle assumait totalement, la tête haute et tout. Grande gueule jusqu'au bout. Et tout ce que je pourrais lui dire, elle le savait déjà, alors non ça changeait rien, sinon la longueur de la dispute. Elle pouvait pas tenir en place, j'avais compris putain, pas la peine de me faire un discours argumenté ! Peut être que j'aurais été pareil à sa place, sûrement même, j'étais bien mal placé pour lui faire ce genre de réflexions mais je me le permettais tout de même. Parce que je tenais à elle, un point c'est tout.

« Ouais c'est bon, fais comme tu peux et on verra bien. »

Aucune ambiguïté, je voulais juste lui dire que j'avais compris que je pourrais rien y faire et que le sujet était clos, pas la peine de disserter là dessus plus longtemps. Elle devrait bien s'adapter, parce qu'elle était pas encore sortie de ce centre médical et personne savait quand ce serait le cas. Oh elle y resterait pas des semaines, ça j'en étais sûr, mais c'était pas demain non plus. Il fallait tous qu'on fasse des efforts, tous, pour tout et pour rien, y compris pour ça, si on voulait continuer à vivre ici. Le monde était pas prêt de s'arranger, on savait pas comment ça allait finir, à quel point ça allait empirer, mais on devait s'estimer contents d'avoir cet hôpital improvisé et elle y retournerait peut être un jour. Et c'était pas vrai, les docs avait tout autant de temps à perdre avec elle qu'avec les autres. Elle avait dit qu'elle ferait mieux de laisser sa place à quelqu'un d'autre, qui en aurait plus besoin. Au moins elle était plus qu'utile au camp, sans des gens comme elle pour mener des équipes en extérieur on pourrait plus vivre ici. Ouais d'accord, c'était peut être bien un peu égoïste, mais personne saurait ce que je pensais, alors bon.

J'aimais pas qu'elle parle de ma fille, ça me mettait mal à l'aise, ça m'obligeait à y penser. J'voulais l'envoyer bouler, lui dire de s'occuper de ses affaires une bonne fois pour toutes, mais je l'écoutais. Putain, genre j'allais lui parler d'elle. Qu'est-ce qu'elle croyait, que ça allait me faire plaisir, de partager des bons vieux souvenirs avec elle, que ça allait m'aider à aller mieux ? On était dans la même situation, elle avec ses sœurs, moi avec Charlotte. Je lui demandais pas, moi, à quoi elles ressemblaient, comment elles s'appelaient et je sais pas trop quoi encore ! Alors pourquoi elle le faisait, elle ? Je lui répondais, énervé. Je lui lançais tout ce qui me passait par la tête, que ce soit blessant ou pas je m'en foutais, elle l'avait cherché de toute manière. Plus que cherché, même. Elle avait que ce qu'elle méritait. Je pouvais pas parler de Charlotte, je voulais pas, j'étais peut être con à m'emmurer ainsi dans mon silence mais je pouvais pas faire autrement. J'arrivais pas, je voulais pas. Ce passé, cette histoire, elle n'appartenait qu'à moi et il fallait que je la détruise pour mieux avancer. Parce qu'il n'y avait que des restes, des ruines qui me hantaient à chaque instant où je ne pensais à rien.

« Le problème, c'est que j'ai pas de bons souvenirs, tu vois. J'ai rien partagé avec c'te gamine, elle a grandi sans moi, je la voyais qu'une seule fois par an parce que sa mère m'avait pris en grippe. Alors tu veux que je te dise quoi, hein ? J'ai pas envie d'en parler, non. Tu peux comprendre, tu fais la même chose avec tes sœurs, et moi j'te demande pas de me déballer ton histoire et tes états d'âmes. Alors le fais pas de ton côté, s'il te plait. Peut être que j'ai tort, peut être que j'me fais du mal en agissant comme ça mais j'arrive pas à faire autrement. C'est tout. »

J'avais réussi à parler calmement, à la fin. Oui je laissais ça me ronger, en fait, mais quoi que je fasse c'était pareil. Que j'essaye d'oublier ou que j'y pense, ça me torturait pareil. Mon absence, même si j'y pouvais rien. C'était Florence qui me l'avait arrachée et qui me prenait pour le diable en m'empêchant de la voir, j'avais tout essayé mais j'avais renoncé. Peut être que j'avais eu tort de pas persévérer, mais me dire ça me faisait encore plus de mal alors j'évitais. Déjà assez de remords sur ma conscience pour ne pas en rajouter volontairement. J'avais fait ce que j'avais pu quand on se voyait. Je la couvrais de cadeaux, j'essayais d'en apprendre le plus sur elle, ce qu'elle faisait, ce qu'elle aimait. J'avais jamais pu être là pour elle, quand elle en avait besoin. Une merde, voilà ce que j'avais été pour ma fille. Une nana que j'avais jamais vraiment connu, et que je pleurais en moi. Putain, c'était égoïste quand même. Après connard et rabat joie, rajoutons égoïste. Ca fait une belle liste, très élogieuse. Bref. Je la sentais tendue lorsque je regardai sa blessure, puis elle se calma et décida de rentrer un camp. Tout en lançant une remarque sur la douche, à laquelle je répondis bêtement, sans réfléchir. Tout ça pour m'en prendre une, encore. Je soupirais. Putain, vraiment elle le faisait exprès.

« Tu sais que je suis pas le type le plus réceptif à l'humour, et surtout pas là. »

On repart chacun dans notre coin, moi vers les tentes des militaires, elle vers le centre médical. Quelques minutes plus tard, je suis de retour, la retrouve assise sur le lit, souffrant de sa blessure. Je reconnais que c'est vraiment pas top ici, mais je reviens pas sur le sujet. Non, je me lance sur un autre, beaucoup plus gênant. J'étais pas obligé bordel, je pouvais attendre qu'elle me relance si elle le voulait, au lieu de me jeter tête baissée comme ça, et de lui déballer ce que j'avais sur la conscience. Je la regardais à peine, je remarquais pas qu'elle fronçait les sourcils au fur et à mesure que je parlais. J'étais ailleurs, sur mes remords, sur ce sang innocent sur mes mains. Il se mêlait avec celui de tous les autres que j'avais tué, de ces civils sur lesquels j'avais dû tirer pour arriver jusqu'à Louisville, aussi. Et je savais que ce sang là, je pourrais jamais le laver. J'avais fait ça en connaissance de cause, parce que c'était nécessaire et que je pouvais pas faire autrement pas ça excusait pas l'acte en lui même. J'arrivais pas à me défaire de cette culpabilité, même si ça m'obsédait plus comme il y a quelques mois. Maintenant j'avais ce vieillard et les cris de ce gosse. Ca suffisait.

Une main chaude vint envelopper la mienne. Je la regardais, me laissais faire. Putain, j'en avais rien à foutre, personne nous voyait, personne me voyait faible à part elle. Et elle, c'était trop tard, je lui avais déjà avoué mes failles. Je la laissais me parler, m'aider à relativiser. Comme si ça allait marcher, comme si deux ou trois phrases allaient changer un geste irréparable. Bien sûr que non, je pouvais pas savoir. Je serrais un peu plus sa main.

« Non, ça changera rien, mais merci. Le gosse, on s'occupera de lui je suppose, oui. Ils étaient pas nombreux les civils, mais assez pour tenir debout jusqu'à la fin de l'hiver je pense. Je sais que j'ai fait ce qu'il fallait, que je pouvais pas savoir mais ça excuse rien, le type que j'ai buté reste un vieillard sans autre défense que sa petite arme à feu. C'est... J'arrive pas à me défaire de ma culpabilité. J'arrive pas à oublier les cris de ce gosse, t'imagine si je l'avais eu, lui aussi ? Si je l'avais tué ? »

Je soupirais. Si j'avais fait ça, j'aurais pas pu m'en remettre.
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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Sam 2 Aoû - 11:48

Peut-être qu’il était résigné, qu’il s’était convaincu que mes coups de gueule passaient aussi vite qu’ils venaient, et que protester servait à rien. Et puis, il avait obtenu ce qu’il voulait : j’allais retourner à ce foutu centre, j’allais pas essayer de retrouver un semblant de propreté dans la rivière, j’allais juste être sage et docile. Même sans trop me connaître, c’était clair que c’était pas trop dans mon habitude. Alors qu’il soit content, que je m’avère vaincue, et qu’il me demande pas non plus d’embrasser ma situation. Et heureusement, il avait pas embrayé à nouveau sur ce que je lui disais. Je l’aurai pas reconnu, mais je commençais à avoir un peu de vertiges, et si je recommençais à m’énerver, j’allais encore gaspiller mes forces. Par ma faute. Alors je me taisais, n’ajoutais rien à ce sujet. Ca m’empêchait pas de mettre mes bonnes résolutions à mal deux secondes après, alors qu’il me prenait pour une conne et m’envoyait bouler alors que je lui disais de me parler de sa fille. Je demandais pas ça pour le plaisir. Je voulais pas à tout prix connaître sa vie d’avant. Qu’il le croie ou pas, j’en avais rien à foutre. A part me faire me sentir mal parce que je pourrais m’empêcher à penser à mes sœurs parce qu’elles avaient peut-être plus ou moins l’âge de sa fille quand je les avais vues la dernière fois, ça me ferait rien. Je disais pas ça pour moi. Clairement pas. Alors j’étais peut-être un peu véhémente en lui répondant, mais il l’avait cherché, à me parler comme si j’étais une merde. J’espérais pas que ça aille mieux. Ca pouvait pas aller mieux. On pouvait pas réagir autrement qu’en se gueulant dessus, fallait croire. Ou on voulait pas, parce que ça donnerait un autre tournant à notre relation, je savais pas. Ca loupa pas, en tout cas. Il me répondit aussi énervé que moi. Au début au moins. Peut-être que c’était qu’à moitié adressé à moi, je savais pas trop. Mais je pouvais comprendre qu’il aime pas en parler. Mais je suis sûre que sa gamine était contente de le voir, une fois par an. Enfin, je l’imaginais pas tendre et agréable, plutôt bourru même, mais vu ce qu’il disait, il devait au moins essayer de la rendre heureuse pour cette fois unique par an, non ? J’en savais rien. Mais je demanderai pas. Il savait qu’il pouvait m’en parler, et s’il restait muré dans son silence, tant pis. Tant pis pour lui.

« Je fais pareil avec mes sœurs ? La dernière fois que je les ai vues, j’avais 18 ans. J’en ai 28. Tu veux que je te dise quoi ? Que la dernière fois de ma vie que je leur ai parlé, elles étaient turbulentes et elles pensaient qu’aux garçons, ou à je ne sais quelle autre connerie. Alors je les connais pas, mes sœurs, et je connais rien de qui elles sont, ce qu’elles sont. Elles pourraient très bien être maquées, mariées, mères, mortes d’avant la guerre, être devenues des hommes, j’en saurai rien. Donc j’ai rien dont je peux parler. Mais ok, tu veux pas en parler, c’est noté. Mais si un jour tu le veux je sais pas pourquoi, eh ben je suis là. Et si tu le veux et que je suis pas là, tant pis pour toi. »

Je disais pas ça méchamment ou agressivement, au contraire, je le disais tellement calmement que c’en était presque surprenant. Mais en même temps, j’avais rien d’autre à dire. J’étais pas à sa dispo, et si il voulait parler un jour et que c’était pas ok pour moi, eh ben ça serait comme ça… Enfin, bon, bref. Je relevais la tête en entendant sa lassitude dans son soupir, en entendant sa remarque grincheuse. « Putain mais la moindre chose est un prétexte pour me gueuler dessus… Je t’invitais à prendre une douche avec moi parce que je veux profiter de toi, c’est tout. Pas besoin de m’envoyer chier. C’était une manière de te faire comprendre que je voulais de toi, mais t’auras qu’à prendre une douche avec ta main. Moi j’irai voir ailleurs, hein. »

Je le pensais pas. Aussi surprenant que ça soit pour moi, qui n’avais jamais pu me poser réellement, je le pensais pas. Pas du tout. Mais il m’énervait, alors que ça avait pas pour vocation de me foutre de sa gueule, de l’emmerder ou quoi. Du coup, j’avais accéléré le pas, pour pas entendre ce qu’il me répondrait. Au pire, s’il voulait relancer le sujet, il le ferait quand je serai revenue dans ce putain de centre de merde, et puis voilà.

Il lui fallut pas beaucoup de temps pour me rejoindre. Ou alors peut-être qu’il m’avait fallu plus de temps que je ne le pensais, pour revenir, une fois qu’il n’était plus dans mon champ de vision, et que j’avais arrêté de marcher vite, sentant ma blessure me faire mal. Peu importait. Il était là, et j’arrivais pas vraiment à voir s’il était encore énervé ou pas. Non, il ne l’était pas, il était… troublé. Je crois. Alors je me taisais, ne remettais pas de l’huile sur le feu, attendais. Là, mes petits malheurs, on s’en foutait. Je m’en foutais. Je le voyais pas souvent vulnérable comme ça. Plutôt jamais, en fait. A part la dernière fois, sous ma tente. A cause de moi, parce que j’étais énervée. Et parce qu’il m’avait parlé surement sans le vouloir de sa fille. Et maintenant. Maintenant, alors qu’il m’avouait être rongé par ce qu’il avait fait. Rongé par la culpabilité, d’avoir tué un vieux sans défense qui essayait juste de protéger les siens, qui n’avait aucune chance contre lui. Erwan était entraîné, il aurait été surprenant qu’il manque sa cible… Mais qu’il se sente comme ça n’avait rien d’anormal. Personne ne pouvait bien prendre une telle chose. A moins d’être un psychopathe affirmé, et de se délecter dans le fait de prendre des vies. D’apprécier plus que tout le meurtre, le massacre, toutes ces choses par lesquelles une personne normale serait rebutée, si elles étaient infligées à des personnes sans défense.

Si Erwan ne s’en était pas voulu, il n’aurait été qu’un monstre. Mais ça n’en rendrait pas plus supportable ce qu’il avait fait, le poids qui pesait sur lui à cause de ça. Je suivais une impulsion, en prenant sa main, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il la saisisse en retour, à ce qu’il la serre de la sienne. Si je n’avais pas perçu son trouble à ce point là, jusqu’à présent, je n’avais plus de doute maintenant. Rien d’autre n’aurait pu justifier qu’il se comporte ainsi. Alors je conservais sa main dans la mienne, juste pour lui apporter un peu de réconfort. Même sans savoir si ça marchait ou pas. Ca servait surement à rien. Enfin, j’en savais rien. Il était fort, et il réussirait surement à aller de l’avant sans ça. Peut-être. Mais s’il avait besoin, j’étais là, même si j’avais jamais réalisé avant maintenant que c’était le cas. Putain, j’étais bien plus attachée à lui que je ne pensais. Peut-être que je l’aimais, peut-être que c’était pas juste un béguin. Non, en fait, c’était pas peut-être, c’était sûr. Putain. Je serrai sa main un peu plus. J’aimais pas cette réalisation. Mais je disais rien, je l’écoutais. C’était lui l’important.

« T’as déjà bien assez pour te torturer, alors pense pas à ça. Tu l’as pas buté, ok ? Et il t’aurait pas menacé, il aurait pas pris le flingue. Et s’il l’avait fait, t’aurais vu qu’il était incertain, qu’il te tenait pas bien en joue, que tu aurais pas tiré parce qu’il t’aurait jamais touché. Dis toi que ça lui aurait évité de devoir l’abandonner derrière lui, quand il aurait plus pu marcher. Qu’il… a quelqu’un à blâmer, pour lui donner la force d’avancer. Non, je pouvais pas dire ça, ça l’aidera en rien. Et il devait trop bien le savoir. Je soupirais. Je ne savais pas vraiment quoi lui dire. J’aurai pu l’embrasser, pour le distraire, mais ça n’aurait rien changé, vraiment rien. Le problème aurait toujours été là. Et si tu peux pas faire abstraction, eh ben… Je suis là. Tu peux m’en parler. Et je sais que c’est pas ton genre et tout ce que tu veux, mais t’as pas besoin de dire que tu veux ou pas. Mais si tu veux, je suis là, c’est tout. Tu… en rêves ? Tu arrives à dormir ? »


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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Sam 2 Aoû - 17:27

[HJ] je suis pas satisfaite, c'est pas terrible, j'espère que tu as de quoi répondre ^^

J'avais pas apprécié qu'elle rebondisse sur ma fille, qu'elle en parle comme ça, qu'elle me demande de m'étaler sur elle. Je comprenais que ça partait d'un bon sentiment de sa part, mais elle devait comprendre que c'était pas vraiment le sujet à aborder. Un point c'est tout. J'avais été con, j'avais pas réfléchi avant de parler sous sa tente, mais Charlotte, j'aimais pas en parler. Y penser tout court. Alors partager ces pensées... Fallait même pas y songer. Je sais pas si elle veut en savoir plus sur moi, si elle est curieuse ou si c'est juste parce qu'elle croit me soulager d'un poids, mais je m'en fous, ça change rien. Je veux pas en parler, ce sont des choses qu'il vaut mieux oublier pour avancer. Avec le temps, je me rendais compte que j'arrivais pas à effacer ça de ma mémoire, à passer dessus sans éprouver des sentiments, des remords. Alors... Qu'est-ce que je pouvais faire ? Ne pas en parler, garder ça pour moi. Ca me semblait un bon début. Ou peut être que ça allait me ronger, oui, j'en savais rien en fait. Mais j'avais pas envie de l'écouter, de lui parler. De lui montrer que j'étais faible, que je pouvais faillir. A cause d'une gamine et d'un divorce. De rien. De trucs futiles sur lesquels je pouvais pas me permettre de m'attarder. Elle était la seule à laquelle je me dévoilais autant, alors que je le voulais même pas. On dirait que c'était plus fort que moi... J'avais pas fait gaffe au début, j'avais lâché des choses sur le coup de la colère, puis ça avait dérapé, je m'étais ouvert. Ca me mettait en rage, que quelqu'un sache que je suis pas intouchable. Surtout une femme. Vous imaginez ? Je préférais m'enfermer dans mon silence, comme pour me rattraper de ce que je lui avais déjà confié. Par erreur. Mais en fait, le fait de me taire en disait encore plus long. Elle insista pas, me disant juste que je si je voulais parler elle était là. Putain, on aurait dit un psy ! Je ne lui faisais pas la remarque, pour ne pas remettre de l'huile sur le feu. Elle se débrouilla encore pour m'envoyer bouler, avec la douche cette fois. Non mais elle le fait exprès. Je sais plus, j'en ai marre, j'ai plus envie de me prendre la tête. J'ouvre la bouche pour répliquer un truc, mais elle a déjà tourné les talons et est trop loin pour m'entendre. Pas grave. On aura encore l'occasion de se disputer.

De retour au centre médical, c'est encore la même chose. Vas-y Erwan, étale toi, parle lui de ce que tu ressens. Putain je pouvais pas garder ça pour moi ? Rester synthétique, lui dire que les faits ? Non, apparemment. C'était trop tard, c'était sorti. Comme si j'avais besoin de me confier à quelqu'un. Je l'avais jamais fait, ça m'avait jamais manqué alors je vois pas pourquoi maintenant ce serait différent. Pourtant, on dirait bien que si. Faut pas chercher en fait, ça fait des jours que j'essaye et j'ai toujours pas trouvé de réponse, et je réussi pas non plus à faire autrement. Je lui dis les choses, comme si je me parlais à moi même. Je la laisse me prendre la main, réalisant à peine ce que signifie le geste. Pire, je l'encourage. Putain, heureusement que personne nous voit.

J'arrivais pas à arrêter de penser. De cogiter, de repasser en boucle ce que j'avais fait, la réaction des civils en face. Ok j'avais pas tué le gosse, heureusement, mais maintenant j'avais ses hurlements dans la tête. Comme ceux de Charlotte quand je vivais encore avec elle, mais en plus déchirants. Plus entêtants. Je revenais à la réalité, doucement. A sa main dans la mienne, à ce qu'elle me disait. Comme si j'allais lui parler, lui en dire encore plus... Je dégageais ma main, pas brusquement, sans la froisser et la rentrais dans ma poche.

« Comment tu veux que je dorme ? Déjà que normalement c'est dur, là c'est impossible. Mais je peux rien y faire, et toi non plus. Ca va... ca va passer. C'est gentil à toi, mais ça peut rien changer. Arranger, en tout cas. »

Ca va passer. Comme toujours. Comme à chaque fois. Ca passe toujours, mais au fond c'est toujours là. Ancré au fond de moi, et ça n'attend que le moment opportun pour ressurgir, quand d'autres choses, d'autres massacres, viennent encore me tourmenter.

« Tu crois vraiment que c'est nécessaire, d'avoir un flingue avec toi ? »
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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Dim 10 Aoû - 21:29

Je me sentais incroyablement conne. Je ne m’en rendais pas forcément compte, mais c’était le cas. Qu’est-ce que j’avais dit à Jenna, il y a quelques jours ? « Jamais il ne m’approcherait à moins d’un kilomètre » ? C’était loupé. Au final, elle avait raison. Elle arrivait à me cerner bien mieux que moi je n’y arrivais. Par contre, elle se plantait sur toute la ligne, en pensant que ça aurait pu m’aider. M’engueuler avec lui, encore davantage, et me sentir attachée encore plus, c’était pas m’aider. Putain, j’aurai du le garder loin de moi. Peut-être que je pourrais lui balancer que j’avais couché avec Bertin, et quelques autres gars, sans préciser si c’était avant ou après lui. Ce qui serait faux, en soit, car il n’y avait eu que Bertin et avant, mais ça serait peut-être mieux si ça nous aidait à avoir une relation uniquement professionnelle et haineuse, mais rien d’autre, non ? La haine, ou le mépris, je pouvais composer avec. Les sentiments… putain, j’avais des sentiments… non. Pas du tout. Et pourtant, je crois que ça me faisait du bien. De plus me sentir comme le canard boiteux, le second choix. Enfin, peut-être que je l’étais, il avait une fille après tout. Dont je ne savais rien, et dont j’avais bien compris que je ne saurai jamais rien. Je m’en foutais, très sincèrement, j’arrivais déjà pas à gérer ma famille, alors la sienne ? Celle de quelqu’un avec qui je n’avais même pas une relation clairement définie, dont je n’avais pas la moindre idée de ce que l’on pouvait ou non partager, à part des engueulades et de profiter de la chair l’un de l’autre – et encore, même ça, ça n’était pas sûr.

Bref, c’était compliqué, et ça m’énervait, et ça m’amenait aussi à penser au connard macho qu’il était. Qu’il est. Ou était. Ou un peu des deux. Il avait beau faire des efforts, je serai toujours sceptique, et il le savait. Et il pensait surement que c’était de la paranoïa. Il avait peut-être raison, cela dit, mais je n’en étais pas convaincue. Bref, il me sortit de mes pensées, en rentrant dans la pièce improvisée dont les murs étaient des bouts de tissu. Il avait pas l’air de m’en vouloir, au contraire même. Je masquais ma surprise, de le voir si prompt à me dévoiler ce qui le tracassait. De le voir, aussi, ne pas me repousser, alors que je saisissais sa main. Je me serai attendue à un violent geste de rejet, incontrôlable, provoqué par la surprise et l’incongruité de ce geste. Mais en même temps, je ne l’avais ni décidé ni prémédité, juste effectué. Sans réflexion particulière ou conséquence.

Au final, c’était d’une certaine manière toujours comme ça qu’on agissait. Sauf qu’avant, ça ne prêtait pas tant à conséquence, parce que ça n’était pas des sujets personnels que l’on abordait, des gestes intimes que l’on faisait. C’était ma faute, tout ça. C’était moi, qui avait fait le premier pas, léger, hasardeux, vers une telle évolution de notre relation. J’aurai pu, j’aurai m’en empêcher. J’aurai dû demander à Comet de partir, quand il était entré dans ma tente alors que je ne parvenais pas à chasser mes sœurs de ma tête. Jamais je n’aurai du lui en parler, même brièvement. Ou alors j’aurai dû sortir, comme je l’avais évoqué, parce que je sais que j’aurai instantanément retrouvé mon calme. Ou suffisamment, du moins, pour ne pas exploser et en balancer plus que je ne le souhaitais. Et je n’aurai jamais couché avec Comet. Je n’aurai jamais failli à la promesse que je m’étais faite, que j’avais dite à Jenna, de ne pas céder, de ne pas le laisser approcher à moins d’un kilomètre de moi ou de ma tente.

Je soupirais. Je n’étais pas mécontente pour autant. Je ne pouvais pas dire avoir cerné Comet, ou même le comprendre, mais je savais reconnaître quelqu’un de torturé, à sa façon. Enfin, je n’aurai fait attention à rien de tout cela, s’il ne s’était pas confié en retour, quand je lui avais malgré moi dévoilé des pans de ma vie personnelle. J’aurai volontairement ignoré quelle que manifestation que ce soit d’un trouble qu’il pourrait ressentir, tout simplement parce que ça n’était ni ma place, ni mon rôle. Et que je ne voulais pas endosser ce rôle là. Avais-je le choix, maintenant ? Très sincèrement, je n’en savais rien. Je ne savais même pas si nous étions quelque chose. Pas que ça m’aurait tracassé, si ça n’était pas le cas, si ça avait été clair dès le début, que ça n’était qu’une coucherie sans conséquence. Mais ça ne l’était pas, et il le savait aussi bien que moi. Je m’empêchais de soupirer à nouveau, et ressortis de mes pensées en le sentant retirer doucement sa main. Sans être brusque, sans me donner l’impression que le contact le brûlait. J’écoutais attentivement. Bien sûr, que ça devait être difficile de dormir, de base. Mais il ne devait pas porter le poids du monde sur ses épaules. Je me gardais bien de le lui dire, malgré tout. A quoi cela aurait servi, sinon l’énerver, et m’énerver aussi ? Je n’en avais pas l’énergie, ni l’envie. Alors je prenais la parole, doucement, sans vraiment savoir ce que j’allais dire. Sans le savoir du tout, même.

« Je n’espère pas que ça arrange les choses. J’essaye juste d’être là pour toi. » Je retenais la remarque qui me démangeait, de lui dire que s’il ne voulait pas de ça, il pouvait sortir. Et arrêter de m’embrasser, aussi. Et alors, je ne me soucierai pas de lui. Je sais pas s’il se rendait compte que je n’étais pas très soucieuse des autres comme ça, pas très tendre, pas très apte à essayer de réconforter les autres – pas très désireuse de le faire, même. J’avais même pas remarqué que je me comportais comme ça envers lui, avant maintenant. Mais une remarque acerbe n’était pas ce dont il avait besoin. Pas du tout. Et je ne voulais pas le braquer. Alors j’optais pour le silence. Tant pis, s’il aurait souhaité que je rajoute quelque chose, je n’avais rien à ajouter. Et je ne parlais pas si je ne savais pas quoi dire. En fait, si, je savais. J’aurai pu lui proposer de dormir avec lui. Pour essayer d’apaiser au maximum les horreurs qui envahissaient son sommeil. Mais je ne savais pas si ça pouvait être le cas, je doutais qu’une simple présence auprès de lui ait cet effet. Mais je le connaissais, au final, bien peu – et cela ne changerait pas, pas en temps de guerre et de survie, pas si nous n’établissions pas une réelle relation. Et je ne me ridiculiserai pas à faire une telle proposition, de dormir avec lui et d’être quelque chose de concret, et à me faire rembarrer. D’autant qu’il s’appuierait Et pas plus que je ne parlais, je n’agissais pas. J’estimais que ça ne servait à rien. J’aurai pu l’embrasser, peut-être, certainement pas le serrer dans mes bras, mais ça n’aurait été qu’un moyen d’ignorer le problème, de le contourner, ça n’aurait servi à rien. Alors je m’éloignais légèrement, m’appuyant légèrement sur le lit, posant à peine mes fesses contre lui. Hors de question que je montre à nouveau la douleur que je ressentais, la raideur de mes mouvements, en essayant de réellement m’asseoir dessus. Et je ne voulais pas de sa pitié, ni de son aide. Encore moins quand il refusait, plus ou moins, la mienne.

Enfin, rien n’était simple, de toute façon… Je le regardais, sans rien dire, attendant qu’il décide de poursuivre la conversation, de changer de sujet, d’agir. Peut-être n’avions nous rien à nous dire. Ou peut-être pas. « Si tu veux pas me les donner, me les donne pas. Mais ne me pose pas une question dont tu connais parfaitement la réponse. Je dois te redire que si je les veux, c’est parce que je me sens faible et vulnérable, sans, alors que je suis blessée ? Tu veux que j’appuie sur la vision de la femme incapable de se défendre ? Tu sais que j’aime pas avouer ça, alors pourquoi tu demandes ? » Je ne parlais pas avec colère, je ne haussais même pas le ton. On ne pouvait qu’entendre la lassitude et la résignation, dans ma voix.

|HJ| Désolée pour la tartine avec deux paroles et demi


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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Lun 18 Aoû - 15:08

On s'était énervés pour rien, comme toujours, et je voulais plus que ça recommence. Pas aujourd'hui en tout cas, pas maintenant. Ca en valait pas la peine. J'en avais plus envie, plus la force, plus le courage. J'engueulais déjà assez mon moi intérieur depuis ce putain de raid pour pas avoir envie de le faire avec quelqu'un d'autre. Que j'aimais en plus, mais ça je préfèrerais creuver que de me l'avouer. Enfin, j'avais bien dû assumer ces sentiments, l'autre jour, dans sa tente... Je le lui avais presque dit en face, parce que je pouvais pas lui mentir au point de lui balancer qu'elle était un bout de viande, qu'on baisait et qu'on laissait. J'étais peut être un connard, mais pas à ce point, pas avec elle. Alors oui, je me voilais peut être la face sur ce que je ressentais, mais je voulais plus m'engueuler avec elle. Je peux vous trouver toutes les raisons du monde, j'en ai marre, j'ai déjà assez mal comme ça. Elle pensait ce qui lu chantait de toute façon, quoi que je fasse, elle me considèrera toujours comme un connard d'un côté. Et peut être que ça me convient, parce que sinon, elle me prendrait peut être pour un faible. Et ça je l'étais. Ou je ne voulais pas l'être. Parce que, merde, qu'est-ce que j'avais à m'étaler comme ça devant elle ? Foncer dans le tas ? J'aurai pu lui parler d'autre chose, mais non, dès que j'étais rentré je lui avais vidé mon sac, le raid, mes remords, mes failles... Qu'est-ce que j'avais putain ? La dernière fois, j'avais laissé échapper l'existence de ma fille, mais là, bordel, je lui disais tout. Ou presque. Le reste, elle le comprendrait d'elle même. Comme si j'avais besoin, envie de me confier, comme une gonzesse pleurnicharde, alors que j'en avais jamais eu besoin malgré ce que j'avais fait. C'était sorti, et je me sentais presque soulagé. Soulagé et énervé contre moi même. Putain, j'ai envie de me barrer, de partir seul, m'isoler quelque part pour revenir dans quelques heures, mais me retrouver seul, juste un instant. Je pourrais le faire, sortir de là et disparaître, sans bruit, sans lui donner aucune explication et m'engueuler encore avec elle la prochaine fois que je la verrai. C'était tentant, vraiment. Pourtant je restais là, sur place, à aggraver la situation en lui disant que j'avais mal, en répondant à ses questions. Partir, putain. Arrêter là, la planter, peut être même couper notre relation. Ce serait mieux. Rationnel. Mais c'est comme si j'avais pas envie de l'être, c'était plus fort que moi. Quoi putain, j'avais besoin de m'attacher ? Parce que tout le monde était mort ? C'était ça, l'excuse ? De toute façon, ça fait des jours que je ressasse ça, et ça me mène à rien. Je lâche au moins sa main, sans une remarque, sans rien. Pas que j'ai peur de la blesser, mais je veux pas que ça dégénère, qu'on se braque encore. Bref. J'avais pas le cran ; ou j'étais pas assez lâche pour me barrer, alors je m'éloignais. De toute façon, personne nous avait entendu, personne savait ce que j'avais dit. Ca restait entre nous, même si ça me plaisait pas qu'une tierce personne sache ce que je ressens, ça s'arrêtera là.

Je soupirais. Haussais les épaules. Elle avait beau me dire qu'elle était là pour moi, ça changeait rien. Je voulais pas de son appui, en fait. Du moins c'est ce dont je me persuade.

Comme un con, je change de sujet. L'idée est bonne, mais je pouvais parler d'autre chose. Sur le coup, je dis la première chose qui me vient, la première question, le premier truc totalement débile et qui va rien arranger. A tout les coup elle va encore s'énerver, me balancer les mêmes répliques que tout à l'heure à la gueule, et bravo Erwan, tout ça ça sera de ta faute. Au moins ça effacera ce que je viens de dire. J'aurai peut être dû l'embrasser au lien de lui demander si elle voulait ses flingues. Je pense pas que ça aurait été mieux en fait, mais ça aurait déjà fait un peu moins con. La réponse, je la connaissais, et elle le savait aussi bien que moi. Je retiens presque ma respiration, attendant la bombe qui va tomber, gardant mon calme. Je veux pas m'énerver, mais là je l'ai cherché. Comme toujours en fait. Au lieu de ça, la jeune femme me répond calmement mais fermement. Ca m'étonne presque, mais je suis content, voire soulagé qu'elle garde son sang froid. Je soupire encore.

« Pour rien. Tiens, prends le si tu veux. »

Je sors celui que j'ai pris dans sa tente de l'intérieur de ma veste et le lui tends.

« T'es pas conne, tu sais pourquoi j'ai dis ça. J'ai juste... pas envie de parler du raid. »
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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Mar 19 Aoû - 22:48

Qu’aurais-je pu dire de plus ? Rien, absolument rien. Et il semblait partager cet avis, ne réagissant. En même temps, c’était bien joli, de lui dire que j’étais là pour lui, mais à quoi ça rimait ? J’allais pas me déclarer sa compagne, ni à ses yeux, ni aux yeux du camp, ni même au mien. Quoi, j’avais reconnu que je l’aimais ? A moi-même, à Jenna involontairement, et aussi à lui sans vraiment le vouloir, dans ma tente ? La belle affaire. Ca ne changeait rien, strictement rien. C’est pas comme si dans ce merdier, les sentiments avaient une quelconque importance. Et on avait trop de caractères de merde pour que ça donne autre chose qu’un truc plutôt dévastateur. Enfin, là, peut-être que nous engueuler et nous embrasser la seconde qui suivait nous permettait de pas nous laisser bouffer par la tension. Oui, ça devait être ça. Et c’était surtout pas parce qu’on voulait pas reconnaître tout ce qui nous taraudait. Putain, je détestais ça, mais on se ressemblait beaucoup trop pour notre bien. Heureusement qu’on était quand même différents.

Enfin, là, ça changeait pas grand chose. Je lui parlais de quelque chose dont il voulait pas parler, je le voyais bien, et il surenchérissait avec un sujet dont moi je voulais pas parler. Que je détestais admettre, et qu’il avait pu constater bien trop de fois. Que j’étais pas aussi forte que je le laissais paraître. Mes incertitudes sur la gestion des raids, ma faiblesse pour tout ce qui concernait mes sœurs et mon incapacité à les oublier vraiment, ma sensation de ne pas être en sécurité… Je détestais baisser ma garde, et je détestais encore plus qu’il y parvienne. Et que je le laisse y parvenir. Et je détestais cet instinct de le laisser voir tout ça, qui m’assaillait. Alors non, je n’appréciais pas sa question. Mais non, je m’énervais pas. Pour une fois. Parce que j’aurai réagi de la même façon. Si c’était lui qui me questionnait sur mes flingues avant, j’aurai retourné le sujet sur le raid. Sur son sommeil. J’aurai agi en traitre, comme il venait de le faire. Par instinct de préservation. Je soupirais. Putain, c’que c’était compliqué.

« Alors dis le. Dis le, et j’insisterai pas. Me balance pas à la gueule un sujet que tu sais prompt à me rendre hors de moi. Surtout pas ici. Que je crie n’aura rien de bon. Pire que dans ma tente. Ok ? Et merci. Pour le flingue. »

Et de pas insister, de pas relever tout ce que je viens d’admettre. De pas relever la lassitude, le ton morne de ma voix. Ca aurait été le pire, je crois. Qu’il reconnaisse que le coma, puis le fait d’être encore blessée et d’avoir failli à ma mission, m’avait achevée. Comme si je prenais brusquement conscience d’un fait que je savais depuis des années, que la vie ne tient qu’à un fil, que j’expérimentais depuis cette apocalypse. Comme si je me rendais compte que j’avais gâché beaucoup d’années de ma vie. Il savait partiellement pour mes sœurs, et combien je supportais mal de ne pas les avoir vues depuis dix ans. Mais il ne pouvait suspecter le mal-être, la culpabilité, et par-dessus tout la tristesse et la résignation de ne plus jamais les revoir. Jamais cela ne m’avait autant tracassée. Et si je n’en disais rien, si je parvenais à le cacher, moi aussi j’avais un sommeil agité, moi aussi j’étais hantée par mes propres souvenirs. Moins traumatisants, mais pas moins prenants. Pas moins détestables.

Mais ça, je ne lui dirai pas. Ma culpabilité n’avait rien à voir avec la sienne. Rien du tout. Je les avais laissées pourrir auprès de mes parents, je les avais abandonnées, et j’en étais entièrement responsable. Lui avait agi comme il le fallait. Mais je ne le lui dirai pas, redirai pas. C’était aussi inutile que de ressasser les choses comme je le faisais. Je m’éloignais, pas parce que sa présence me dérangeait, mais parce que la douleur se faisait plus présente. J’avais, encore, comme d’habitude, trop forcé. Je m’efforçais de la cacher sur mon visage, sans vraiment savoir si je réussissais. J’étais de toute façon de dos. Je remontais sur le lit, ne me contentant pas de m’y appuyer, remontant avec difficulté dessus, en espérant qu’il ne me regardait pas. Qu’il avait, pour une raison X ou Y, dévié son regard vers quelque chose derrière le rideau. Possibilité hautement improbable. Je sentais son regard sur moi, de toute façon.

Je m’allongeais, me retournais vers lui, tentant de prétendre que tout allait bien. Que rien ne me perturbait, et que je ne ressentais aucune douleur. Que la fatigue ne me terrassait pas, ni le manque de sommeil, ni la faim, ni rien de tout ça. Mais c’était surement peine perdue. Mon visage était, avait toujours été, expressif. Et là, blessée, encore plus vulnérable, il m’était d’autant plus difficile de masquer tout ça. Je soupirais. Je n’avais pas vraiment le choix. Je posais le flingue sur mes genoux, laissant échapper un léger cri de douleur en essayant de les remonter – mauvaise idée, avec une blessure au ventre encore fragile. Putain ! Je marmonnais une ou deux injures, les abaissant, et recouvrant le flingue d’un bout de la couverture pour le dissimuler si quelqu’un passait.

Je relevais la tête vers Erwan. Qu’est-ce que je devais faire ? Ou dire ? Pas parler de son raid, ok. Eviter le mien, ça me convenait tout autant. Pas parler de sa fille, ni de mes flingues, ni de ma famille. Du camp ? Du merveilleux temps ? Ca enlevait beaucoup. Nouveau soupir. « De nouvelles pistes d’expédition ? Une nouvelle préparation ? Besoin d’aide ? Je pourrai me joindre à vous pour préparer tout ça bientôt… » J’espérais, en tout cas. J’allais devenir folle, sinon, et y’avait pas vraiment d’endroit pour interner les gens. La seule solution, ça serait peut-être une balle dans le crâne… Mais ça, je me gardais bien de le dire.

Je le regardais à nouveau, me mordant la lèvre. Je m’apprêtais à dire une connerie. Une énorme connerie. Et j’allais le regretter. Mais tant pis. Au pire, il pèterait un câble. Au mieux… Au mieux, il dirait oui. « Tu voudrais pas dormir avec moi ? Pas ici, mais quand je serai sortie, en droit de sortir, je veux dire… Je sais, le couvre-feu, etc. Si tu pars suffisamment tôt et tard à la fois, avant que tout le monde se lève mais pas trop tôt non plus pour alerter les responsables de la sécurité, et réciproquement, ça posera pas de problème… Et tu sais te faire discret, et moi… j’apprends. » J’exposais pas les raisons qui me poussaient à demander. L’apaiser lui, peut-être, mais moi aussi. J’avais pas tué quelqu’un, mais j’avais vu mes coéquipiers mourir devant mes yeux, je m’en voulais de vivre et pas eux. J’avais failli laisser ma vie à Louisville, et je me sentais en danger, seule, même si je ne le reconnaîtrai pas. Alors c’était altruiste et égoïste. Mais j’en dirai rien.

|HJ| J'espère que ça te conviendra, c'est... étrange. De décrire cet aspect là de Mari. Même s'il existe, et qu'il soit logique qu'il se dévoile progressivement.


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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Ven 22 Aoû - 8:08

[HJ] Pareil pour moi, c'est assez surprenant mais ça reste cohérent :p

Je m'étais détourné, éloigné d'elle. Comme si je me refermais sur moi même une fois de plus. C'était ce que je voulais dans le fond, ne partager mes remords et mes faiblesses qu'avec moi même, c'est ce que j'avais toujours fait. Alors pourquoi ça changeait ? Parce que le poids des années devenait trop lourd ? Les morts, les fusillades, les bains de sang. Massacrer d'autres militaires, des terroristes, ça ne m'avait jamais posé problème. C'était juste les civils, les innocents. Et j'en avais pas tué tant. Mais je pouvais pas nier que ça me dérangeait d'avoir dû m'en prendre à des civils pour défendre ma peau, je ne pouvais fermer les yeux là dessus. Mais jusque là, j'avais réussi à tenir. Alors pourquoi je craquais maintenant, pourquoi j'avouais mes faiblesses à une femme ? Parce que je l'aimais ? C'était certainement pas une question. Ca ne voulait rien dire cet amour, ces sentiment. Aucun sens, strictement. Si ça se trouve, elle m'attire juste à cause de l'apocalypse et tout ce qui en découle. Ca non plus, ça change rien. Elle ne doit pas voir, pas savoir ce que moi même je tente de me cacher et d'oublier. Mes tords, mes failles, ce que j'ai pu vivre et qui m'accable aujourd'hui. Ca n'arrangeait rien de me confier à elle, ça ne rendait pas le poids moins lourd à porter. Au contraire. Mais je l'avais fait pourtant, je m'étais livré de moi même, d'un coup, comme un plongeur qui remonte brusquement à la surface pour prendre de l'air avant de replonger. Je regrettais, mais je pouvais pas revenir en arrière. Je devais la regarder en sachant qu'elle connaissait mes faiblesses. C'était presque... Insupportable. Non, pas presque. C'était enrageant.

Pourtant je gardais mon calme en essuyant une piètre tentative de sujet. On faisait des efforts mutuels apparemment. Je lui rendais son arme, non sans retenir un soupir. Marielle avait raison, bien sûr. J'aurai dû simplement lui dire que je voulais pas en parler plutôt que de rebondir sur ça. Elle se retenait de lâcher sa colère, je savais qu'elle ne voulait pas aborder le sujet, et je l'avais fait en connaissance de cause. Mais bon, que voulez-vous, c'était... Instinctif. Je haussais les épaules.

"De rien. Remues pas le couteau dans la plaie, c'est bon."

Le silence s'installa. Lourd, pesant. Je ressassais, et elle aussi sûrement. Je la regardais de loin, comme perdu dans le vague. La jeune femme se détourna de moi à mon tour. Notre relation n'avait rien de commun, elle me surprenait à chaque instant. Positivement ou négativement. Ca me convenait en fait, même si je ne m'arrêtais pas de me répéter que j'avais mieux à faire que de tisser des liens. Avec ce camp et tout ce qui avait à faire pour le maintenir, moi je jouais le sentimental avec une pilote. C'était plus fort que moi. Peut être qu'en fait, j'en avais besoin, de cette proximité, cette intimité avec une femme de l'armée. Pour pas devenir complètement fou. Je sais pas. Ca n'as pas d'importance de toute manière, vu que c'est plus fort que moi. Mains dans les poches, je regardais un instant à travers le rideau, avant de revenir sur elle. Elle venait de retourner sur son lit de fortune et essayait de remonter ses genoux vers elle, en lâchant. Par réflexe, je manquais de faire quelques pas vers elle. Mauvaise idée Erwan. J'ouvris la bouche. La refermais avant qu'un son, son prénom, ne m'échappe. Je savais que réagir à ça ne ferait que raviver sa colère, et c'était pas le moment. Je me mordais la lèvre en la regardant renoncer avant de détourner le regard, histoire de pas trop la mettre mal à l'aise.

Elle rompit enfin le silence en me parlant de nouveaux raids. Sur l'instant, des images du parc d'attraction s'imposèrent à moi. Je me mordais encore l'intérieur de la bouche. Nouveaux Erwan. Je m'assis sur le lit, à côté d'elle et la regardais.

"Oui, il en a des nouveaux en vue. De toute manière, on peut pas se permettre de se reposer sur nos lauriers, sinon ce camp finira par partir en déroute. Après je sais pas, j'ai pas vraiment de détails vu que je viens juste de rentrer. Mais on aura toujours besoin de nourriture, de médocs et de trucs dans le genre. Ton aide sera toujours la bienvenue, mais tant que tu auras mal et que tu ne sera pas remise, on te laissera pas repartir."

Je lui disais un peu ce que j'avais dit à Bertin. Lui n'en pouvait plus de tourner en rond dans le camp, il préférait venir participer aux raids. Je le comprenais, il m'arrivait d'être dans le même état. Marielle, quand à elle, était peut être clouée au lit mais elle pouvait toujours nous aider d'une manière ou d'une autre. Enfin de toute façon, elle sera vite sur pieds si elle ne joue pas encore aux casse-cous, elle pourra bientôt repartir en raid. Et arrêter de se dire qu'elle est une incapable, aussi.

Je sentis son regard sur moi ; et tournais à nouveau le mien vers elle. Elle semblait mal à l'aise, comme si elle s'apprêtait à dire une connerie. Et quand elle lâcha ses paroles... J'avoue que je pigeais pas tout tout de suite. Enfin si, mais je m'y attendais pas. Aller dormir avec elle ? Pas pour tirer mon coup, dormir. Pourquoi, pour plus que je fasse de cauchemar ? J'avais vraiment une tête à faire ça ? J'appréciais l'attention, mais bon...Je soupirais. Regardais mes pieds et laissais planer le silence. Je savais pas quoi lui répondre. Parce que je devais avouer que refuser, ça serait peu être un petit peu trop... Catégorique. Peut être qu'être deux ça m'aiderait. Elle me mettait mal à l'aise, là, vraiment. Passer mes nuits avec elle n'était pas une perspective déplaisante -sans aucun sous entendu- mais disons que ce serait de la folie. Totalement inutile. Je me retournais vers elle.

"Tu es sérieuse ?"

Encore une fois, je me mords la lèvre. Détournais le regard.

"Est-ce que le risque vaut le coup ?" Pour le reposer sur elle "Ecoute, je... J'y réfléchis. Le temps que tu sortes."

Vas-y Erwan, trouve toi encore des excuses et un échappatoire. Un jour, peut être que j'arriverai à assumer quelque chose.
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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Lun 25 Aoû - 16:11

Ne pas remuer le couteau dans la plaie ? Il se foutait de ma gueule ? Qui venait de me tacler en me reparlant des raisons pour lesquelles je veux mes flingues ? Et c’était moi qui remuais le couteau dans la plaie ? Je me retenais de lui crier dessus à nouveau. S’il me regardait, et voyait mes poings serrés, il s’en rendrait aisément compte – et le considérerait à sa guise. Je n’en avais rien à foutre, là, j’étais juste en colère. Il me blâmait encore, et à tort. Putain, quoi, il aurait préféré que je lui dise à nouveau que c’était un connard et qu’il me gonflait, et que je préférais qu’il me laisse seule ? C’était pas le cas, pas du tout, mais il le cherchait. Il voulait vraiment que je m’énerve. J’inspirais un bon coup, pour m’empêcher de réagir instinctivement et ne pas envenimer les choses. Est-ce qu’il se rendait compte de la difficulté de rester calme alors qu’il se comportait comme ça ?

« Bah fais de même. »

Le ton de ma voix était peut-être un peu plus sec et hargneux que je ne l’aurai voulu, mais je faisais quand même des efforts, et si ça lui convenait pas, je l’emmerdais. Purement et simplement. Je comptais pas en dire plus, en tout cas, pour lui faire comprendre qu’il pouvait pas dire ce qu’il voulait, sans que rien ne se passe en retour. Je faisais déjà un effort, j’allais pas être affable et aimable non plus. Je profitais du silence, de mon choix de ne rien dire et de laisser se prolonger l’ambiance pesante, en lui tournant le dos pour retourner sur mon lit. Je n’en aurai rien dit, clairement rien, mais j’avais mal. Et j’étais fatiguée aussi. De toute façon, s’il avait rien vu, c’était tant mieux. Et puis, dans ces conditions de vie, on était tous fatigués. Tous affamés. Tous vulnérables, et probablement tous soumis à une certaine douleur – physique, émotionnelle, peu importait. En tout cas, et c’était vachement dégueulasse, j’espérais que ça soit le cas. Ca normalisait un peu le fait que je me sente mal, que je sois pas au meilleur de ma forme. Ca me rendait moins faible. Peut-être. Probablement pas. Mais c’était mieux que je le crois – que je fasse semblant de le croire. Peut-être que j’arriverai à m’en convaincre.

Quand je reposais mon regard sur lui, je profitais qu’il regarde ailleurs pour essayer d’être moins pathétique qu’allongée comme une malade, à tort. Je grimaçais, en le voyant presque s’approcher davantage, presque parler pour dire je ne sais quoi. J’essayais de faire taire ma colère, à l’idée de lui montrer encore que j’étais pas si forte que j’essayais de le faire croire. J’étais pas bête, je savais pourquoi il s’était arrêté dans son élan. Il savait très bien que je le prendrais mal, et il s’empêchait d’agir comme son instinct le lui dictait : de s’approcher, et de prendre soin de moi comme le mâle fort et dominant qu’il était se devait de faire. C’était pas facile pour lui, je le savais. Et j’étais une sacré connasse, quand je lui reprochais encore et toujours son sexisme alors que je savais qu’il faisait des efforts. Alors ça me calmait un peu, ça désamorçait la situation. Et puis je prenais sur moi, encore.

Je baissais à nouveau les yeux, brièvement, en demandant à savoir ce qui était en cours, les raids à venir. Je voulais pas donner l’impression d’être trop empressée, de penser encore à écourter le repos forcé que l’on m’imposait. C’était le cas, évidemment, mais aussi pour me tenir au courant, un minimum. Et s’il me questionnait, je n’hésiterai pas à mentir de façon éhontée. Il ne me croirait probablement, mais je pouvais le faire douter, si je le disais avec suffisamment d’aplomb. Au pire, il laisserait peut-être tomber pour pas se lancer dans un combat futile. Je le sentis s’approcher, sans vraiment relever le regard, jusqu’à ce qu’il s’assoit à côté de moi. Il m’avait surprise – je pensais qu’il allait juste s’approcher, et rester où il était, mais non. Pourquoi ? Il venait de s’éloigner de moi peu avant, je ne m’attendais certainement pas à le voir se rapprocher, alors que j’avais augmenté la distance entre nous. Je soupirais. J’y comprenais rien. Il avait des comportements contradictoires. Moi aussi, mais lui encore plus. Ou peut-être pas.

J’acquiesçais, en l’entendant. Il avait raison, évidemment. Si l’on se reposait sur nos lauriers, on allait tous crever, et plus vite qu’il ne nous faudrait de temps pour redresser la barre. Enfin, « on ». Eux. Il me faisait comprendre, encore, que j’avais fait une connerie avec la rivière. Ou alors je voyais des choses là où il n’y en avait pas. Il disait la vérité, ni plus ni moins. Si je n’étais pas à 100% fiable, je ne repartirai pas. Je ne m’autoriserai pas à partir. Je n’avais peut-être pas la même notion de mes capacités, cela dit. J’espérais grandement que ma convalescence ne durerait pas trop longtemps. Je soupirais, en m’appuyant sur le dossier du lit sur lequel je me trouvais. Je n’allais sincèrement pas tenir longtemps comme ça. Je ne disais rien. Il devait bien se douter ce qui me passait par la tête, de toute façon. Je le supposais, en tout cas. Il avait raison, voilà tout. Et je n’avais pas envie de le dire à haute voix, parce que je dirai indéniablement que j’allais péter un câble.

J’arrêtais de le regarder, en débitant ma connerie, ne pouvant m’empêcher d’observer sa réaction, alors que lui évitait mon propre regard, au final. Je levais les yeux au ciel, en l’entendant me demander si j’étais sérieuse. Non, j’ai difficilement réussi à dire ça juste pour nous embarrasser et te crier après coup que c’était une blague… Si je le pensais, je ne le disais pas, entrouvrant les lèvres avant de les refermer sans rien dire. J’attendis qu’il ait fini, mais sa réponse m’agaçait. Pas parce que je ne la comprenais pas, ou parce que je pensais qu’il était obligé de dire oui, mais parce que j’allais devoir en dire plus. Et ça, je ne le voulais pas, pas du tout.

Je soupirais, fermant les yeux, refusant de le regarder. « Ecoute… C’est égoïste. Je dors pas bien non plus, je… Voilà. M’en demande pas plus. Et dis non si tu veux, je dis pas ça pour que tu te sentes obligé, ok ? Je voulais pas te le dire, d’abord. » S’il me questionnait encore plus… Quoi, je me tairai ? Je dirai plus rien ? Mais je faisais que ça, prétendre que je dirai rien, et en dire trop. Comme si on m’obligeait à lui dire ce qui me passait par la tête. C’était… soulant. Insupportable.


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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Mer 27 Aoû - 9:11

Je faisais comme je pouvais, j'arrêtais pas de prendre sur moi et j'espère bien qu'elle s'en rendait compte. Sinon ça servait à rien, on n'avait qu'à se crier dessus une bonne fois pour toutes et alerter tout le camp. Elle me balançait à la gueule toutes mes incohérences, la connerie que je venais de faire en changeant de sujet au lieu de lui dire cash que je voulais pas plus parler du raid que ça. Moins de personnes sauraient ce qui s'était passé, mieux ce serait. Et si personne pouvait savoir ce que je ressentais, ça serait top aussi mais je m'étais grillé moi même et on ne pouvait pas revenir en arrière. Putain, j'avais envie de me barrer et de plus jamais la revoir. Je me sentais même pas soulagé de lui avoir parlé, ça avait servi à rien à part de me mettre à nu devant elle, ce qui de toute manière n'apporterait rien de bon. Pas dans ce monde où tout le monde devait être fort et se barricader pour survivre. Et moi le premier. Je la sentais se contenir elle aussi, alors que putain, je lui avais rien dit, je lui avais fait aucune remarque ni rien. Je la comprenais pas. Si je faisais des efforts et qu'ils servaient à rien, alors autant gueuler une bonne fois pour toutes et me tailler. Fais de même. Putain, mais j'ai rien fait, justement, j'ai essayé de calmer le jeu, ok j'ai pas été fin à lui parler de ses flingues, mais je lui avais pas balancé ses faiblesses à la gueule ni rien... Ou alors si. En sous entendu. Contrairement à elle, qui m'avait dit que ça me touchait et qui m'avait proposé son aide. Son aide putain... Genre ça allait changer quelque chose de savoir qu'elle était là et que je comptais pour elle alors que tout ce qu'elle pouvait dire arrangerait rien. J'inspirais. Expirais. Calmement. J'avais toujours réussi à garder mon calme, normalement, alors ça devait pas être bien dur. Je laissais couler. C'était pas le moment. On aurait encore pleins d'occasion de se gueuler dessus, de toute manière. Elle disait ce qu'elle voulait, elle pensait ce qu'elle voulait, j'y pouvais rien. Et puis merde.

Je tournais en rond dans ma tête tandis que le silence s'installait, nous séparait, chacun enfermé dans ses pensées. On était tous sur le même bateau, la douleur, le manque. La faim et le froid qui nous rongeaient de toutes part. Alors quand vous rajoutez la culpabilité, le doute, c'est pire que tout. Je revoyais le vieux mort, le gosse qui hurlait de désespoir, comme ma propre fille l'aurait fait à sa place. Je me revoyais il y a à peine quelques minutes, déballant mon sac à Marielle. Je me maudissais, mais je pouvais rien y faire. L'impuissance, c'est terrible. Ca vous ronge, vous savez que c'est inutile mais vous ne pouvez pas vous en défaire. Et à l'autre bout du petit espace délimité par les rideaux, la jeune femme qui souffrait manifestement sur son lit. Elle avait mal, elle retenait quelques gémissements de douleur, et moi je ne faisais rien. Restais en plan. Ca la dérangerait sinon, alors encore une fois je prenais sur moi, et encore une fois je me demandais si elle s'en rendait compte. Elle me le dirait pas et j'allais pas essayer de deviner. Je rompais la distance, quand elle commença à parler des raids. Ca la surprenait que je m'assois à côté d'elle, je le voyais mais apparemment ça ne la dérangeait pas. En tout cas, elle ne me le signalais pas donc je restais. J'avais fais ça spontanément, sans réfléchir. Ca n'avait aucun intérêt, je ne comptais pas me jeter sur elle pour l'embrasser comme un forcené. J'en avais pas vraiment envie, et ce serait mal approprié.

Je ne comprenais pas bien pourquoi elle me proposait de dormir avec elle. Ca allait pas changer grand chose... Ou alors si, peut être, mais est-ce que j'avais envie de prendre ce risque, de m'attacher encore plus à elle ? C'était ça, la vraie question. On avait déjà peut être fait une erreur la dernière fois dans sa tente, est-ce qu'il serait judicieux d'aller plus loin ? Est-ce qu'on pouvait seulement revenir en arrière. Non. Ou en tout cas j'en avais pas envie, même si j'avais du mal à me l'avouer. Que je l'aimais, qu'elle m'attirait et que ça ne me déplaisait pas de m'attacher à elle. Encore une fois, je lui balançais un peut n'importe quoi, ça n'avait pas de sens et c'était clairement pas constructif, mais je trouvais rien d'autre à lui répondre. Je savais pas, j'étais perdu, dans le vague. Et je la mettais mal à l'aise. Putain, qu'est-ce que j'avais dit encore ?

« Ok, je... Putain, je sais pas quoi te répondre. On pourra essayer, et on verra bien si ça t'aide, nous aide. Je peux pas dormir avec toi ici, mais dans ta tente, j'arriverais bien à me faire discret. Et puis, de toute façon, si quelqu'un arrive à faire toutes ses nuits dans ce camp, j'aimerai bien qu'il me le dise. C'est à cause de tes sœurs ? »

Je détournais encore le regard et soupirais. Putain, j'arrivais pas à faire gaffe.

« Désolé. Me réponds pas, si tu veux pas. Sinon, vous avez quand même réussi à trouver des plantes, comme tu voulais ? »

Ah merde, ça non plus c'était pas le meilleur sujet.
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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Sam 30 Aoû - 11:50

J’avais le sentiment que quoi que l’on dise, on finirait par froisser, énerver, souler l’autre. Même si nous prenions sur nous, et allions à l’encontre de notre défiance naturelle, de notre habitude de crier plus fort que l’autre pour noyer dans le bruit ce qui nous dérangeait. Y’avait qu’à voir l’éternel retour de tous les sujets qui nous dérangeaient sur le tapis, notre attitude fermée incapable de dire les choses. Je savais plus quoi faire, sinon dire cette vérité qui me dérangeait, pour lui faire comprendre que non, je n’agissais pas juste pour le contrarier, ou lui faire croire qu’il était une lopette. Parce que j’étais persuadée qu’il voulait se montrer comme un mec fort, imperturbable, à même de prendre soin de tout le monde, et de porter le poids du monde sur ses épaules. J’étais sûre que si je le disais, quelqu’un me dirait que c’est encore mes préjugés à la con parce qu’il était encore coincé dans une opinion qui datait au moins du siècle dernier concernant les femmes qui devaient pas faire la guerre, pas s’exposer au danger, mais même pas. Enfin, peut-être un peu, mais sincèrement, vu sa position, comment il pouvait se comporter différemment ? Je prétendais pas comprendre ou connaître Comet, et en même temps s’il me disait rien je pouvais pas, mais ça, au moins, j’étais sûre de le savoir.

Mais pourquoi je ressentais le besoin de clarifier les choses ? J’en avais rien à foutre, que les autres militaires se considèrent comme des lopettes, après que je leur ai montré par un poing dans la gueule et une immobilisation en bonne et due forme qu’ils étaient pas plus doués que moi. Que leur force, je la compensais avec mon agilité et mon intelligence. Je soupirais. Il fallait que j’arrête de revenir sur les raisons qui me poussaient à ça. Je le savais pertinemment. Lui aussi, d’ailleurs. On se l’était dit, de toute façon. Pas comme il fallait, en gueulant, en frôlant l’hystérie pour moi, en se prenant la tête comme d’habitude. Et si on était pas où on se trouvait maintenant, ça aurait surement recommencé encore comme ça. Parce que si dans ma tête, c’était déjà pas discret, là, ça aurait été carrément grillé. Et ça, on ne pouvait pas se le permettre.

Pour peu, je me serai presque convaincue de ça. J’aurai presque cru que ça n’était rien de plus, qui m’empêchait de me taire. Pas la fatigue, pas le manque de force, non. Jamais je ne reconnaîtrai être faible à ce point. Je m’appuyais un peu plus au fond du lit improvisé, maintenant qu’il était à côté de moi. Je n’avais pas à faire d’effort pour le voir. Même si ça renvoyait une image de moi que j’aimais pas. Enfin, peut-être qu’il y faisait pas attention. Mais oui, Marielle, convaincs-toi qu’il est stupide, pense que tu es au meilleur de ta forme, et que tu pourras bientôt t’être suffisamment reposée pour travailler normalement.

Je me mordais l’intérieur de la joue, sans faire exprès, en l’entendant me répondre. Putain, pourquoi j’avais balancé ça ? J’avais l’impression de le forcer, genre si on le faisait et quelque chose se passait mal, ça serait ma faute. Pourquoi j’apprenais pas à me taire ? Mais j’allais pas lui redire que je voulais pas le forcer. J’aimais pas ça, pas du tout, mais je préférais qu’il m’ait dit oui et qu’on verrait. Et si ça faisait rien, eh ben… Tant pis. « Ok. » Qu’est-ce que j’aurai pu dire de plus ? Merci ? S’il le reconnaissait pas, c’était autant pour lui que pour moi. Si c’était que pour moi, jamais j’en aurai rien dit. Déjà que ça m’écorchait la gueule, de lui avoir dit un peu, là.

Je m’efforçais de pas le regarder non plus, en l’entendant, soupirant de concert avec lui. Est-ce que je pouvais vraiment l’ignorer ? Même s’il me le proposait. Putain, c’que c’était chiant et compliqué. Pourquoi je me cassais pas ailleurs, à pas me confronter à un Comet qui mettait à mal toutes mes résolutions ? Fais chier, fais chier, fais chier. « Elles, et les autres pilotes avec qui je bossais. Morts. » Je dirai pas que je culpabilisais de vivre, et pas eux. Et pas elles. Il comprendrait. Je l’espérais, en tout cas. Je savais pas pourquoi j’avais précisé, qu’ils étaient morts. Il le savait, il m’avait détachée de l’arbre dans lequel j’étais perchée comme une conne, entravée par le parachute que j’avais utilisé pour m’éjecter au dernier moment de mon avion. Je lui avais déjà dit – je crois. Mais bon. J’avais réagi directement, juste après sa question sur le raid. Encore ce putain de raid de merde. J’étais tentée de l’ignorer, de faire comme si j’avais rien entendu… Est-ce que j’en étais seulement capable ? Moi, et ma putain d’incapacité à ignorer quelque chose, même si ça me dérangeait, même si je mettais les pieds dans le plat, même si j’aimais pas. « Un peu, pas grand chose, mais c’est mieux que rien… De quoi désinfecter les plaies, et aider à atténuer la douleur… Autre chose, des plantes, mais je sais pas trop quoi… Je me taisais un instant. Vous avez trouvé des trucs vous ? Je te demande plus rien à ce sujet après. »


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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Dim 31 Aoû - 16:08

Ca ne servait à rien, si de toute manière même en faisant des efforts on n'arrivait à pas éviter les sujets fâcheux, autant pour moi que pour elle. Moi le premier, d'ailleurs. Je le savais pertinemment, mais bien qu'en faisant attention je n'étais pas parfait. J'avais pris l'habitude, naturellement, de faire attention à elle, de m'occuper de ses tracas. Même si ça ne lui avait jamais plu que je me comporte ainsi, je n'avais pas baissé les bras. Comme si c'était plus fort que moi. Alors même si chacun d'entre nous essayait de prendre sur lui, c'était pas gagné. Au moins elle réagissait moins agressivement, c'était déjà ça. Elle n'était pas inconsciente au point de se mettre à gueuler au milieu de l'hopital improvisé, dans un endroit public. Si on considérait qu'il restait des endroits privés et un peu d'intimité dans ce camp, car même dans sa tente nous entendre aurait été facile mais heureusement pour nous ça n'était pas arrivé. J'osais espérer que la tempête était passée pour de bon cette fois bien qu'avec elle je ne savais jamais trop à quoi m'attendre. Peut être était-ce ce côté qui m'attirait chez elle aussi bien qu'il m'exaspérait. Putain qu'est-ce que c'est compliqué... Ca ne devait pas être pour rien que mon ex nous avait poussés jusqu'au divorce. Bref. Tout cela était bien loin et parfaitement inutile aujourd'hui.

Ne pas la froisser, c'était raté, d'avance en fait. Comme beaucoup d'autres choses avec elle. Me comporter comme si de rien n'était, ne pas lui montrer que j'avais des failles, ne pas lui parler de ma fille et de mon passé. Ca faisait partie de mes failles. Je réfléchissais à sa proposition, incongrue mais bien plaisante. Je ne m'aveuglais pas, être proche d'elle me faisait bien envie. Passer la nuit dans son lit ne serait pas un remède miracle à mes problèmes de sommeil, il n'y en avait pas, mais peut être cela pourrait il m'aider un peu. Et elle aussi, car elle m'avouait être dans le même état. C'est là que je gaffais, malgré sa demande de ne pas la questionner plus. Elle ne pouvait pas me répondre si elle le souhaitait, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi même. Ses soeurs, ses collègues morts... Ca ne devait pas être facile d'être le derner ressortissant de son unité, et je me rendais compte que je ne connaissais rien d'elle, de ses relations avec ses anciens collègues ni rien. Que nous étions encore inconnus, mais que cela n'avait peut être pas tant d'importance car ce n'est pas en regardant en arrière que l'on pourra bâtir sur ces ruines. Je ne voulais pas fouiller son passé, j'étais déjà parfois géné quand elle m'en parlait, quand elle lâchait des miettes de sa vie sans vraiment faire gaffe.

Marielle répondit également à ma question sur son raid avant de me la retourner. Je haussais les épaules. Apparemment, nous étions à peu près dans le même cas.

« Pas grand chose non plus. Des médicaments, quelques vêtements chaud et un peu de nourriture, moins que ce que j'aurai espéré. »

Je lui jetais un regard.

« Bon... On va pas s'éterniser, je te laisse. Repose toi bien, et j'essaierai de repasser te voir bientôt, ou alors dès que tu seras sortie. »

J'hésitais un instant, puis déposais un léger baiser sur ses lèvres avant de me lever et de passer le rideau. Je devais m'occuper l'esprit, par conséquent me remettre au travail.
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MessageSujet: Re: When we collide, we'll see what gets leftover   Aujourd'hui à 16:31



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