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MessageSujet: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Mar 18 Sep - 16:18


Aujourd'hui j'avais besoin de marcher un peu après mon petit déjeuner sommaire, histoire de réfléchir à tout ce que nous venions de vivre. Tant d'évènements et si peu d'informations. Le monde s'était embrasé sans que l'on sache vraiment pourquoi, et l'on ne pouvait être certain de ce qu'avaient annoncé les médias avant le black-out final. A présent que nous sommes plus ou moins installés dans ce bled, je veux pouvoir m'assurer que ma radio est en bon état et aussi trouver quelques pièces de rechanges en prévision. De quoi je n'en sait foutrement rien pour le moment, mais je préfère prévoir. Rien ne nous dit que la situation ne va pas péter à nouveau.

Je ne connait pas suffisamment la ville pour en visiter chaque recoins mais ce n'est qu'une question de temps. Et puis je me méfie un peu, des lieux comme de ses habitants. Dans l'ensemble ils nous ont assez bien accueilli, et même certains plutôt bien même comme le gendarme Bellanger avec qui j'ai déjà pu boire un verre. Mais je sens une certaine crainte chez les civils, voire de la méfiance et même une certaine animosité chez d'autres. Si pour le moment tout semble s'organiser relativement bien sous les directives du maire et du lieutenant, je redoute que le potage devienne couillu à nouveau aussi je préfère repérer un peu les lieux et m'enquérir du matériel nécessaire à la bonne marche de ma radio. Je dois parvenir à contacter le haut commandement afin que le lieutenant nous indique les nouveaux ordres, et surtout qu'il nous dise ce qu'il s'est passé.

C'est donc dans le but de trouver quelques composants électroniques et refaire mon stock d'entretien que je marche dans le quartier nord. Bellanger m'a indiqué qu'il y avait un cyber-café assez fréquenté avant que tout n'éclate. Si je me doutais bien que ses ordinateurs ne devaient plus fonctionner, je pourrai peut-être acheter au gérant de récupérer quelques composants dans l'une de ses machines. Avant que je ne rejoigne l'école militaire il m'arrivait de passer un peu de temps dans ce type de magasin, et il arrivait que le gérant conserve quelques machines qui ne fonctionnaient plus pour les pièces détachées. Je me dirigeai donc vers l'adresse que le gendarme m'avait donné avec l'espoir que le patron accepterait de me revendre quelques pièces.

Alors que j'arrivais non loin de mon objectif, j'entendis une voix m'appeler par mon nom. Tout d'abord surpris je me tournai pour voir qu'il s'agissait d'Alexandre Reh, le maître chien qui était passé par la même école militaire que moi, le centre d'Autun. Apparemment il avait eu un peu de mal à s'habituer à la rigueur de l'instructeur à ses débuts, en tout cas suffisamment pour que les enseignants le prennent pour moi et lui disent de me contacter. Nous avions alors pas mal échangé par mail et j'avais suivi son évolution, similaire à la mienne en vérité et à présent nous servons dans la même unité. Le voir suivre un peu la même voie à fait que je le considère un peu comme un bon copain, voire un petit frère même si je ne le lui ai jamais dit. Quoi qu'il en soit je ne l'avais pas encore croisé aujourd'hui et le saluait donc.


Salut Reh, comment va ta jambe? Ton chien ne te l'a pas encore bouffé? dis-je en riant. Il serait fatigué lui aussi?

J'aimais le taquiner un peu sur son compagnon poilu, même si je restais poli et ne cherchais pas à le vexer. D'ailleurs je l'appréciait bien son chien et lui prodiguait quelques caresses quand ce dernier le demandait. Je trouvais leur relation assez sympa et le dressage de l'animal assez impressionnant.

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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Mer 19 Sep - 9:54

      « Monsieur Reh, restez tranquille, s’il vous plait. J’ai presque fini. »


    Presque fini ? Non mais elle me prenait pour un abruti cette infirmière ? Ca faisait cinq heures qu’elle me la faisait cette foutue prise de sang ! Bon peut être pas cinq heures, mais j’avais grandi dans le Sud et l’exagération m’était pardonnée par ce simple fait. Dans tous les cas, ça fait bien trop de temps, et puis tout d’abord, à quoi ça lui servait de prendre mon sang hein ? Déjà j’en avais pas mal perdu, ensuite c’était ma jambe qui était blessée, pas mon sang, et enfin j’en avais marre de rester là comme un… bref comme quelqu’un d’immobilisé et qui n’avait pas le droit de bouger pendant qu’on lui vampirisait les veines. Non mais franchement ; J’avais envie de la faire valdinguer cette seringue. Et puis à quoi ça me servait de « garder mon calme » ? A rien. Et… la blondasse retira l’aiguille un peu sèchement. Visiblement, le sentiment d’antipathie était réciproque. Encore un peu et ça allait être de ma faute s’il y avait un souci. Je me redressais aussitôt pour être pris de vertige.

      « Hola, calmez vous. Déjà vous mangez quelque chose, ensuite vous restez allongés. Vous êtes déjà sortis hier, et vous devez vous reposer. »


    Me reposer ? Elle pouvait s’enfoncer le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate si elle pensait que j’allais rester couché toute la journée. Je savais qu’elle savait que m’interdire de bouger était la meilleure manière de me motiver pour le faire. D’ailleurs, mon regard noir lui fit rajouter, toujours aussi sèchement :

      « Mais je suppose que vous vous croyez tout permis, et que vous allez vouloir sortir. Moi je vous dis, plus longtemps vous vous agiterez, plus longtemps vous resterez hospitalisé. Après, c’est vous qui voyez. Et… »

      « Fermez là et signez votre machin comme quoi je peux sortir. J’marche très bien avec les béquilles, alors soulez pas. J’vais juste aller boire un café au coin de la rue. Ou un verre d’eau si j’ai pas le droit au café. »


    Le regard agacé donc elle m’affligea me fit sourire. Elle croyait quoi, qu’avec ça elle allait me faire changer d’avis ? Non. Une de ses collègues avaient rebandé ma jambe ce matin, j’avais bien pris leurs médocs, j’avais dormi toute la matinée, alors voilà, j’avais le droit de sortir. Et ce n’était franchement pas trop leur demander que de vouloir prendre l’air non ? Et j’étais suffisamment têtu pour obtenir ce que je voulais. Une vingtaine de minutes plus tard, j’avais obtenu de descendre au café qui jouxtait l’hôpital, de m’y poser et qu’on vienne me chercher dans deux heures, avec un eofiheiof de fauteuil roulant comme si j’étais un handicapé moteur. Trop la classe. Mais bon. J’étais dehors, avec Baxter en train de faire l’idiot à côté de moi, et je tentais de lire dans le marc de… d’un verre de jus d’orange. Le café, valait mieux éviter et l’alcool… le regard de l’infirmière lorsque je l’avais proposé avait valu toutes les réponses du monde. En bref, je m’ennuyais, mais ça valait mieux que d’être dans la chambre avec l’autre muet qui répondait à rien quand je lui posais des questions. Je regardais donc les gens passer, me demandant ce qu’étaient devenus mes parents, Myriam, son mari et son petit bout de chou, et Emmanuel et sa fiancée. Je savais que les chances pour qu’au moins un d’entre eux soit mort étaient extrêmement élevées, mas dans l’immédiat, nous n’avions aucun moyen de nous contacter, et la situation ne pouvait qu’empirer. Une silhouette attira mon attention, et je reconnus mon « parrain » d’Autun, un gars de trois ans mon aîné qui avait apparemment eu le même parcours que moi dans le sens je-fais-chier-mon-monde-et-je-risque-la-prison-alors-je-vais-à-autun ou quelque chose s’en approchant. Il m’avait donné pas mal de conseil, et franchement, ce devait être une des rares personnes que je respectais pleinement et dont j’étais prêt à recevoir des ordres ou les trucs s’en approchant. Je le hélai, espérant qu’il allait me capter, parce qu’en dehors d’envoyer Baxter le neutraliser, je n’avais pas d’autres possibilités pour le faire se retourner. Heureusement, quand il se retourna, je pus lire dans son regard qu’il m’avait reconnu. Encore heureux, dans un sens, sinon je l’aurai très mal pris.

      Salut Reh, comment va ta jambe? Ton chien ne te l'a pas encore bouffé? Il serait fatigué lui aussi?

      « Pas encore, ouais, mais quand à être fatigué, je crois qu’on est loin du compte. Il a besoin de courir, le petiot, mais j’peux pas vraiment le suivre pour le moment. »


    J’accompagnai ma déclaration avec une petite tape sur la truffe de Baxter qui se mit aussitôt au garde à vous. Avant de sauter sur Benoit dont il renifla les chaussures et le pantalon, comme s’il était en quête de caresses. Baxter avait une excellente mémoire, c’était d’ailleurs pour ça que j’avais pu le dresser aussi bien, et il connaissait l’odeur de Benoit. Je savais qu’il reconnaissait là un ami, et comme je le disais souvent, il était encore un chiot dans sa tête. Je montrai à Benoit la chaise qui était en face de moi :

      « Je me serais bien levé pour te serrer la pince, vieux, mais ma jambe fait grève. Tu as un peu de temps devant toi pour me donner les nouvelles ? J’dois dire que j’ai aucun souvenir de précis depuis le bombardement. »


    J’appelai le serveur d’un geste de la main, et je rappelai Baxter à mes pieds. Il fallait vraiment que je l’occupe. Ce n’était pas bon pour un chien de rester confiné, mais je ne connaissais personne qui puisse s’en occuper convenablement. Je ne savais pas s’il y avait d’autres maîtres chiens parmi les rescapés. Mais j’avais d’autres questions à poser à Bertin, il fallait juste qu’il ait un peu de temps devant lui. Le lieutenant Raulnes avait bien d’autres choses à faire autre que venir voir les blessés qui se rétablissaient, et franchement le gars au nom bizarre qui était dans la même chambre que moi était apparemment « sous le choc » et ne prononçait pas un mot. Je l’aurai bien classé dans la catégorie des crétins s’il n’avait pas aidé à nous séparer, l’autre garagiste et moi lorsque nous nous étions battus. En même temps il l’avait bien cherché, et Baxter était de mon avis. D’ailleurs, cette bagarre qui remontait à quelques jours maintenant, devait être la raison de mon interdiction de sortie. Nan mais franchement quoi… les infirmiers avaient tellement que je leur fasse fond bon qu’ils m’avaient emmené ici en fauteuil pour pas que je sois autonome avec des béquilles… C’était tellement puéril.
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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Mer 19 Sep - 17:26


Quand le berger allemand de mon ami vint chercher quelques caresses, je les lui en prodiguai en me baissant à son niveau et jouai un peu avec lui tandis que son propriétaire répondait à mes paroles. Il me proposait de boire un verre avec lui, histoire que je le mette au fait des derniers événements. Je pris donc place en face de lui pendant qu’il appelait le serveur de l’établissement.

J’ai toujours du temps pour m’occuper d’un handicapé, disons que ce sera mon acte citoyen du jour. Dis-je en lui souriant d’un air taquin, avant de poursuivre en désignant son compagnon poilu du menton. Je n’ai pas ton talent avec Baxter, mais je peux le faire courir un peu si tu veux. Moi je me suis débrouillé pour m’en sortir indemne. Lançai-je une nouvelle fois pour le taquiner.

Je prendrais une bière et toi ? Lui demandai-je lorsque le serveur vint pour prendre notre commande. Puis je repris la parole une fois ce dernier parti chercher les boissons. Tu as bien de la chance parce que moi je n’ai rien oublié de l’épreuve que nous avons traversé. Dis-je d’un air entendu à mon camarade. Je venais d’évoquer là l’épisode dramatique où nous avions dû tirer sur des civils pour survivre, mais sans le nommer de vive-voix car le lieutenant nous avait bien donné l’ordre de ne pas en parler. Et même si j’ai un peu de mal à digérer la mort de tous ces gens, je ne regrette pas d’avoir suivi les instructions de notre leader. C’était eux ou nous et il a agi comme il le fallait, même si c’est un peu dur à digérer. Tout ça pour dire qu’il était normal de devoir rester discret à ce sujet car cela pourrait retourner les Louisvillois contre nous, et nous n’avions pas besoin de ça.

C’est au cours de cette opération que tu as été blessé non ? Pour ma part je n’ai pas subi de dommage sinon quelques égratignures ce qui me permet de m’atteler à la tâche que Raulne m’a confié. Je dois inspecter le réseau électrique de cette ville et tenter de contacter le haut commandement, c’est d’ailleurs pour trouver quelques composants pour l’entretien de ma radio que je suis venu ici, sur les conseils d’un gendarme avec qui j’ai sympathisé. Vu que c’était un cyber-café avant tout ce bordel, j’espère que le patron a gardé quelques ordis sur lesquels récupérer quelques pièces. Sinon j’ai appris que tu t’es déjà fait un nouveau copain, un garagiste je crois ? Lui demandai-je amicalement. J'avais vaguement entendu parlé de cette bagarre par Bellanger, le gendarme accueillant, après l'avoir croisé la veille. Etant un des derniers gendarmes de la ville, il était rapidement au fait des troubles au sein du bled.
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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Jeu 20 Sep - 9:14

      J’ai toujours du temps pour m’occuper d’un handicapé, disons que ce sera mon acte citoyen du jour. Je n’ai pas ton talent avec Baxter, mais je peux le faire courir un peu si tu veux. Moi je me suis débrouillé pour m’en sortir indemne.


    Je ne retins ma gentillesse habituelle en grommelant « l’handicapé t’emm*rde » et ce même si le serveur était déjà là. Dans ma tête, j’étais déjà en train d’essayer de voir si Bertin pouvait aller faire courir Baxter. Il était vrai que mon chien l’aimait bien. Je n’avais pas songé à cette possibilité, et que Bertin se propose, ça me fit chaud au cœur. Le serveur attendait qu’on passe notre commande, et j’hésitais à rempiler sur un verre de jus d’orange ou à prendre quelque chose de plus corsé, comme un jus de pêche ou de mangue. Ouais, c’est ça, vous pouvez vous moquer, mais j’étais vraiment très sérieux en y pensant. Bertin coupa court à ma réflexion en parlant le premier :

      Je prendrais une bière et toi ?

      Hum… allez, j’fais une folie, un jus de pêche si vous avez. Ou un jus de framboise.


    Le serveur sembla amusé par le gouffre de différence qu’il y avait entre nos deux commandes, mais mon regard plus qu’assassin le fit fuir rapidement, et surtout fit déguerpir son sourire. C’est ça, qu’il se moque… J’étais peut être un peu réduit physiquement, je savais toujours jouer des poings, qu’est ce qu’il croyait ? Mais ‘fin bref, il s’était barré, et Benoit me m’était au goût du jour niveau nouvelles.

      Tu as bien de la chance parce que moi je n’ai rien oublié de l’épreuve que nous avons traversé. C’est au cours de cette opération que tu as été blessé non ? Pour ma part je n’ai pas subi de dommage sinon quelques égratignures ce qui me permet de m’atteler à la tâche que Raulne m’a confié. Je dois inspecter le réseau électrique de cette ville et tenter de contacter le haut commandement, c’est d’ailleurs pour trouver quelques composants pour l’entretien de ma radio que je suis venu ici, sur les conseils d’un gendarme avec qui j’ai sympathisé. Vu que c’était un cyber-café avant tout ce bordel, j’espère que le patron a gardé quelques ordis sur lesquels récupérer quelques pièces. Sinon j’ai appris que tu t’es déjà fait un nouveau copain, un garagiste je crois.


    Là, j’explosai franchement… de rire rassurez-vous ! Ouais, un garagiste, un crétin de premier ordre ! Mais si je riais, mes yeux, eux, ne riaient absolument pas. J’étais quelqu’un d’assez rancunier, surtout lorsque Baxter ou même n’importe quel autre de mes chiens, ou animal tout court, entrait en jeu. Ce garagiste, j’avais envie de lui apprendre le respect, la politesse, en bref, tout ce qui allait avec. Parce que sincèrement… Mais bon, ouais, on pouvait dire que je m’étais fait un nouvel ami… pas forcément ce que voulait Raulne mais bon, fallait pas non plus me chercher. Je me réintéressais à ce qu’avait dit Bertin. Ainsi il n’avait rien eu, ça je le savais, mais surtout, Raulne lui avait demandé d’inspecter le réseau électrique. Forcément, puisqu’il faisait joujou avec l’électronique, ce qu’il appelait radio.

      « J’me suis pris un foutu éclat quand on a été bombardé. C’était avant… ‘fin j’étais conscient, encore heureux hein, sinon tu aurais vu Baxter dans ses mauvais jours. D’ailleurs, ouaip, j’veux bien te le confier ce gros lascar. Il est pas très exigeant, tu lui trouves un grand terrain et tu le fais courir en lui montrant qui est le chef. ‘Fin si t’es toujours d’accord, j’t’explique après. Raulne t’a déjà mis au taff ? Ton joujou ne te répond plus quand tu lui parles j’imagine.


    Moi, mon joujou c’était Baxter. Lui, c’était une radio qui crachotait des trucs inintelligibles. Franchement ça ne m’avait jamais intéressé. J’étais trop… euh… comment décrire ça ? J’étais un peu trop dynamique, et franchement un truc qui grésille, chez moi il termine rapidement défoncé ou écrasé dix mètres plus loin. Je ne suis vraiment pas patient, surtout avec les objets électroniques. Ca marche ou ça marche pas, y’a pas besoin de demi-mesures. Avec les chiens, c’était différent. Là, ma patience était presque sans limite, parce qu’il fallait être ferme, calme et surtout pas stressé en leur compagnie. Une fois que tu avais chopé leur confiance, tu t’éclatais vraiment. Ouais franchement, il n’y avait pas de doutes à avoir, entre la radio et le chien, j’écrasais sans souci la radio pour ramener le chien. Ou alors je l’offrais en joujou à l’animal pour qu’il puisse se faire les crocs. Je revins rapidement à l’épisode du garagiste :

      « Mais… mon nouveau copain, ça va poser problème tu penses ? Enfin… Raulne en a touché deux mots ou pas ? Fin en même temps c’était qu’un gros… dans un sens, heureusement que Czemachin, celui au nom bizarre qu’ils ont mis dans ma chambre, était là pour m’accompagner, et nous a séparé, sinon je lui faisais apprendre le respect. Nan mais genre il a voulu toucher à mon chien quoi.


    J’avais serré mon poing posé sur la table sans me rendre compte et j’entrepris de me décrisper. Fallait quand même que j’apprenne à rester calme, parce que là j’aurai bien envie d’avoir mes gants de boxe pour taper dans un punching ball. En imaginant que c’était la tête du garagiste. La boxe… c’était un art dont j’avais très vite compris le principe, mais dont j’avais aussi très vite rejeté les quelques règles. Dans ma tête, c’était bien plus simple que ce soit : tu tapes et tu mets l’autre KO le plus vite possible, plutôt qu’un truc avec une histoire d’élégance, de respect de l’adversaire etc. C’était bien plus simple de taper comme un bourrin. Le serveur revint avec nos commandes et remporta mon verre de jus d’orange que je venais de terminer. Je sirotai le sirop de framboise en lorgnant sur la bière de Benoit. Avec un léger sourire, le devançant avant qu’il ne saisisse l’opportunité de me charrier davantage, je dis :

      « Tu me diras si elle est bonne, que je sache sur quoi me jeter lorsque mes geôliers m’en donneront le droit. Nan mais tu te rends compte où j’en suis réduit ? Carburer au jus de fruit quoi… »


    Bon, c’était pas tout à fait vrai. Je ne m’appellerai pas Alexandre si je n’avais pas bu déjà quelques bières lors de mes sorties, tout en sachant pertinemment que ce n’était pas la chose la plus conseillée lorsqu’on nous faisait régulièrement des prises de sang. Mais bon, fallait bien que je fasse genre que j’étais un petit toutou obéissant auprès de Benoit, sinon il risquait de me gronder. Mais non, je blaguais… Il devait savoir pertinemment que j’avais déjà craqué, et d’ailleurs, j’étais incapable de mentir avec mes yeux. Et mon petit sourire narquois voulait bien dire ce qu’il voulait dire.
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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Ven 21 Sep - 10:20


Je me retins non sans mal de me moquer ouvertement de mon ami lorsqu’il commanda un jus de fruit. Le pauvre, en plus d’être blessé il en était réduit à ingurgité des boissons pour gamins. Tandis que je me contrôlais pour retenir une nouvelle taquinerie de ma part, il me raconta comment il s’était fait touché lors du bombardement que nous avions subit avant d’atteindre Louisville puis qu’il acceptait de me confier son chien afin que je le fasse courir un peu. Venant de sa part cela sonnait comme une marque de confiance non négligeable tant il avait toujours été attaché à ses animaux. Pour ma part j’aimais bien son chien mais pas autant que lui. Dans mon cas je prenais plus de plaisir à bidouiller mon instrument de communication et l’électronique. Avoir un animal à charge était à mon goût bien trop contraignant. Il fallait le nourrir, l’occuper, qu’il pose sa pêche, non c’était trop chiant pour moi. Je décidai de lui répondre après qu’il m’eut interrogé au sujet de mes nouveaux ordres et des conséquences probables de son altercation avec le civil.

Si je te le propose c’est que ça ne me gêne pas, p’tite tête ! J’irai le faire courir dès que tu le voudras. A propos du lieutenant, je suis plutôt content qu’il m’ait confié une nouvelle tâche aussi vite, ça m’évite de trop penser à ce que l’on a enduré sur la route. Quant à ma radio c’est justement pour voir si cela vient de mon matos que je cherche quelques pièces, même si je pense que le silence des ondes vient plutôt de toutes ces putains d’explosions nucléaires.

A propos de ton nouveau copain Raulne ne m’a rien dit, par contre je vais te prendre un peu le chou avec ça mais essaie de faire profil bas à l’avenir Alexandre, même s’il s’est montré incorrect.
Lui dis-je plus sérieusement. Je savais qu’il ne prendrait pas mes paroles à venir comme une blague, car à chaque fois que je l’appelai par son prénom entier c’était pour lui donner un conseil qu’il avait intérêt à respecter. C’est ainsi que je tenais mon rôle de grand frère / tuteur avec lui, rôle que j’avais naturellement endossé et assumé depuis nos premiers échanges à l’époque où il était encore à Autun.

La majorité des civils ici présents ne nous voient que comme des incapables voire des envahisseurs. Ils nous jugent responsables de tout ce bordel et pensent que notre but n’est que de piller leurs provisions. Aussi nous ne devons pas attiser leur colère sous peine de voir le passé se reproduire. Lui dis-je d’un ton on ne peut plus sérieux en évoquant de manière voilée pour tout autre personne l’épisode des civils. Puis une fois que le serveur eut déposé nos verres et s’en fut parti, je repris la parole sur un ton plus jovial pour répondre à ses paroles à propos de sa privation d’alcool que lui infligeaient ses soignants.

Comme si tu t’étais contenté de jus de fruits à la con, pas à moi hein, je te connais Alex. Dis-je riant avant d’entamer ma bière. Hmm, un vrai délice cette boisson, si rafraîchissante. Fais attention avec ton verre petit, c’est peut-être un peu trop fort pour toi. Poursuivis-je pour le taquiner à nouveau en riant à nouveau.
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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Ven 21 Sep - 11:56

      Comme si tu t’étais contenté de jus de fruits à la con, pas à moi hein, je te connais Alex. Hmm, un vrai délice cette boisson, si rafraîchissante. Fais attention avec ton verre petit, c’est peut-être un peu trop fort pour toi.


    Forcément, il avait sauté sur l’occasion, et s’amusait à m’embêter avec un talent inimaginable si on oubliait qu’il me connaissait sûrement mieux que quiconque ici. Il devait même mieux savoir ce que je cogitais que mes parents eux-même. Quant à mon frère voire ma sœur, la question ne se posait même pas. Je m’adossai à ma chaise, me demandant pourquoi on ne rembourrait jamais les fauteuils terrasses, quels que soient les restaurants / cafés dont on pouvait parler. Oh, ce devait bien avoir un rapport avec le fait que ce soit en extérieur, mais on y était sacrément mal installé, franchement. Ca ne m’empêcha pas néanmoins de songer à ce qu’il venait de me dire. Oh, pas par rapport à mon jus de framboise, je vous vois venir, non !, plutôt à ce qu’il avait dit après m’avoir appelé par mon prénom complet. Alexandre, genre Alexandre le grand. Sauf que là, c’était plutôt pour tirer la sonnette d’alarme. « La majorité des civils ici présents ne nous voient que comme des incapables voire des envahisseurs. Ils nous jugent responsables de tout ce bordel et pensent que notre but n’est que de piller leurs provisions. Aussi nous ne devons pas attiser leur colère sous peine de voir le passé se reproduire. ». C’était un reproche ? un conseil ? Ou une remise dans les rails après mon incartade ? J’avais bien sûr compris à quoi il faisait allusion en évoquant le passé, et ce ne devait pas avoir vraiment de rapport avec les conquêtes de mon homologue macédonien, non pas vraiment. C’était plutôt en écho avec mes pensées concernant le massacre de civils que nous avions sur les mains. Même si je n’avais pas vraiment tiré, étant trop concentré pour rester lucide et garder les yeux ouverts, je me sentais totalement responsable au même titre que Bertin ou Raulne. Dans tous les cas, je n’étais pas d’accord avec Benoit. Pas entièrement pour être très précis, et vous savez comme j’aime la précision. J’avais quand même croisé des Louisivilliens (on les appelait comme ça ? ) plutôt sympathiques, comme Mathilda. Ils ne me semblaient pas tous antipathiques, même ce Mickael qui avait juste besoin d’apprendre la politesse. J’accueillis toutefois les propos de Benoit avec le plus grand sérieux. Si ça avait été quelqu’un d’autre qui me l’avait dit, je l’aurai envoyé au diable ou j’aurai patiemment attendu qu’il termine en songeant à ma prochaine partie d’Angry Bird sur le portable que je n’avais pas. Mais Benoit… c’était différent. J’inspirai lentement pour expirer à la même vitesse.

      « Benoit. Tu penses vraiment qu’ils nous voient comme ça ? Bon sang, on est sensé assurer leur sécurité, c’est notre job même et… »


    Assurer leur sécurité… la blague. Vu ce que nous avions fait, dans un sens ils avaient raison de se méfier de nous. Mais bon, j’haussai les épaules en chassant cette idée et pour montrer que je passai outre cet écart de langage :

      « et… franchement, en dehors d’être particulièrement chiantes et incapables de comprendre que je vais bien, les infirmières n’ont pas l’air d’avoir « peur » de moi. Faut atterrir sérieux. C'est quand même dingue quoi ! Je ne sais pas ce que vaut Raulne, mais sans nous, sérieux, ils seraient dépassés. Nan mais genre, faire profil bas… c’est pas à nous quoi ! ‘tain quoi… »


    Je n’en revenais pas qu’on puisse penser ça de nous. Les Louisvilliens venaient de passer de « civils sympathiques » à « crétins finis » en moins de trente secondes dans mon esprit. Parce que pour ne pas comprendre qu’on était là pour le « plus grand bien », genre comme dans le bouquin pour gosse que j’avais lu pendant une permission, mais sans le côté négatif que cette expression avait pris dans ledit bouquin, ils étaient sincèrement gratinés. Okay, j’étais le mieux placé pour comprendre que l’arrivée d’une autorité extérieure qui voulait qu’on l’écoute et qu’on lui obéisse, c’était pas le bon plan. Okay… mais on n’était pas les méchants de l’histoire ! On avait de la famille nous aussi… Bref, fallait que je chasse tout ça de ma tête sinon j’allais râler de plus en plus et je n’en avais pas envie. D’ailleurs, j’avais pas envie de me froisser avec Bertin à propos de ça. Je conclus donc sur un ton plus rieur, pour répondre à ses derniers mots à lui :

      « Tu m’connais, il suffit que tu me dises de tourner à droite pour que la gauche me semble bien plus intéressante. Mais comme c’est toi, j’accepte de me la boucler la prochaine fois qu’on m’énerve. De toute manière, il a pas intérêt à m’approcher l’autre. Oh pétard, arrête avec ta bière… ma jambe pour une blonde sérieux ! »


    Baxter aboya juste à cet instant, et ça me fit rire davantage. Si mon chien lui-même surveillait mes consommations, j’étais mal barré. Une petite tape sur la truffe, et il me mordilla la manche pour jouer. Même si je donnais l’impression de tout prendre à la légère, je voulus rassurer Benoit, en étant un peu sérieux, malgré le sourire qui ne quittait pas mes lèvres :

      « Regarde, même Baxter s’y met… Non, sérieux, j’vais essayer de faire gaffe la prochaine fois. J’te promets rien, mais j’vais essayer. »

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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Sam 22 Sep - 8:36


Je me tus lorsqu’il me fit part de ce qu’il pensait de la situation et des sentiments des civils à notre encontre. Bien sûr que notre job était de veiller à la sécurité des civils mais plus que cela nous étions les seuls à pouvoir ramener un semblant d’ordre et d’organisation parmi cette ville. Car les habitants de ce bled, pour la plupart, pensaient d’abord à eux avant de songer aider les autres à mon sens, quelles qu’en soient les apparences. Pour être clair, je ne leur fais pas confiance, à part Bellanger peut-être.

Je n’ai pas dit qu’ils pensaient tous ça de nous mais je te le dis, il vaut mieux rester prudent. Pour ma part je sais ce que vaut le lieutenant et c’est justement pour ça qu’il ne faut pas faire de vague. Je peux t’assurer qu’à côté de lui, les instructeurs d’Autun ne sont que des gonzesses. Dis-je avant de l’écouter me rappeler sa nature contestataire. Ses paroles me firent sourire car j’étais pareil que lui à une époque. Réfractaire à l’autorité, enclin à la provocation et toujours partant pour jouer de mes poings. Je repris ensuite la parole après qu’il m’eut dit essayer de rester discret à l’avenir. Une nouvelle fois je ne pus m’empêcher de le taquiner à nouveau.

Venant de toi je sais que le simple fait que tu acceptes d’essayer est déjà une bonne chose, lui lançai-je en riant. Si ça ne te dérange pas j’irai rendre visite à ce garagiste à la con, histoire de voir un peu plus le personnage. Comme ça si jamais votre rendez-vous amoureux remonte aux oreilles de Raulne, je pourrai lui dire qu’il s’agit d’un vrai tocard. Tout en disant cela j’affichais un sourire complice, comme pour ponctuer le soutien que je lui exprimais à travers ma nouvelle pique à son intention.

Pour Baxter, quel est le protocole pour le faire se défouler autrement qu’en bouffant mes groles et sans qu’il me prenne pour un ballon ? Parce que tu ne dois pas laisser grand monde s’en occuper de ton chien, je me trompe ? Lui demandai-je en laissant volontairement traîner mon verre bien en évidence sous ses yeux, pour le narguer un peu. C’est vraiment dommage que tu ne puisses pas boire une bonne bière quand même, trinquer avec un jus de fruit, c’est vraiment n’importe quoi. Y a vraiment une couille dans le potage mon pote, je te le dis. dis-je avant de boire une gorgé de bière, pas aussi bonne que je le disais à mon camarade en vérité.

Et sinon avec le légionnaire ça se passe comment la cohabitation? A ce qu'il parait ce n'est pas un grand bavard, d'autant qu'il a perdu un copain à lui je crois lors de la fusillade.
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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Dim 23 Sep - 16:05

      Venant de toi je sais que le simple fait que tu acceptes d’essayer est déjà une bonne chose. Si ça ne te dérange pas j’irai rendre visite à ce garagiste à la con, histoire de voir un peu plus le personnage. Comme ça si jamais votre rendez-vous amoureux remonte aux oreilles de Raulne, je pourrai lui dire qu’il s’agit d’un vrai tocard

      « Ouais, bonne idée, et profite en pour lui dire bonjour de ma part aussi tiens. »


    Forcément, était-il obligé de préciser que je blaguais ? A moitié certes, puisque comme toujours mes yeux ne mentaient pas, mais je blaguais quand même. Je venais de lui dire que j'allais essayer d'être discret, alors... Je souris encore plus à Benoit, et l’imaginer faire connaissance avec l’autre ahuri qui parlait en plus de remboursement ou de trucs dans le genre me fit sourire davantage. C’était moi qui devais râler tout de même ! Il aurait pu blesser Baxter avec ses outils mal rangés, et ce n’était vraiment pas la faute de mon chien si son garage était une vraie poubelle ! Si je n’avais pas eu conscience que ça pourrait être mal perçu, j’aurai clairement dit qu’on avait l’impression qu’une bombe avait explosé dans un entrepôt d’outils lorsqu’on entrait dans le bâtiment. Mais bon, il allait s’en rendre compte tout seul, théoriquement. J’allais lui faire la remarque qu’il suffisait de voir la tronche de mon pote garagiste pour comprendre qu’il était con, mais Bertin me devança :

      Pour Baxter, quel est le protocole pour le faire se défouler autrement qu’en bouffant mes groles et sans qu’il me prenne pour un ballon ? Parce que tu ne dois pas laisser grand monde s’en occuper de ton chien, je me trompe ? C’est vraiment dommage que tu ne puisses pas boire une bonne bière quand même, trinquer avec un jus de fruit, c’est vraiment n’importe quoi. Y a vraiment une couille dans le potage mon pote, je te le dis.


    Nan mais il me narguait vraiment là pour le coup avec sa bière ! Fallait pas qu’il chatouille trop le chevreuil qui était en train de somnoler hein ! Sinon, il risquait de se retrouver avec un verre de framboise à la place de sa bière, et le reste de ladite bière dans mon estomac. La couille dans le potage, franchement pour le moment elle n’était pas compliquée à trouver, c’était le gros crétin qui se foutait de moi, là, juste en face.

      « Tu es tellement prévisible, Gros Bertin. Elle ne me fait même pas envie ta bière. Un petit jus de fruit c’est bien plus rafraîchissant. »


    Bon, je sais, mes références culturelles ne volent pas très haut. Mais bon, au moins, il allait comprendre que je le comparais à la Grosse Berta. J’espère que vous savez ce que c’est parce que franchement, si non, vous craignez. La Grosse Berta quoi… mais bon. Dans tous les cas, ce baratin, c’était pour passer outre le fait que je venais d’insulter toutes les bières de l’humanité, passées, existantes et en attente d’être découvertes. Et accessoirement que j'étais d'une horrible mauvaise foi, mais ça ce n'était pas une surprise. J’allais lui répondre par rapport à Baxter mais Benoit changea de nouveau de sujet en parlant de mon co-hospitalisé, le légionnaire au prénom imprononçable, prénom que j’avais, soit dit en passant, passablement massacré avec soin pour tirer l’autre de son mutisme affreusement chiant.

      Et sinon avec le légionnaire ça se passe comment la cohabitation? A ce qu'il parait ce n'est pas un grand bavard, d'autant qu'il a perdu un copain à lui je crois lors de la fusillade.

      « Ah ? Il a perdu un pote ? Ah m*rde… j’étais pas au courant… »


    On pouvait me donner bien des défauts, j’étais quand même pas s*laud au point de ne pas comprendre ce que ça faisait de perdre des amis. J’en avais pas forcément des masses, puisque les trois quarts de ceux que je fréquentais s’étaient déjà battus contre moi, et forcément s’étaient déjà fait poutrer, mais ce n’était pas pour autant que je ne comprenais pas. Je me sentis un moment coupable de l’avoir autant soulé, dans notre chambre commune. C’était pas très sympa de ma part… Encore une fois, mes actes me prouvaient que j’étais un cas irrécupérable de bêtise, de méchanceté et de « mauvais ». Non, cette phrase prononcée par mon instit’ en maternelle, je ne l’avais jamais digérée. C’était qu’elle avait raison la blondasse… Sans un mot, je terminais mon jus de fruit. Il fallait que je passe au dessus de ça. Sinon je n’arriverai jamais à aller de l’avant. A être gentil ou ce dont j’en avais de plus approchant. J’entrepris de répondre aux questions de Benoit, la main pendant dans le vide pour que Baxter s’amuse avec. Non, ne vous inquiétez pas, il n’allait pas me la bouffer ou quelque chose dans le genre, il s’amusait juste à la mordiller, et à la lécher, et moi j’essayai de lui attraper le museau sans le regarder. Un passe-temps comme les autres hein !

      « Bref, Baxter d’abord, le légionnaire après. Pour le faire courir, rien de compliqué en fait : tu mets un garagiste devant lui. Et comme ça, il n’est pas le seul à faire du sport. Nan, sérieux, c’est vraiment pas compliqué, parce que je ne vais pas te demander de revoir tout le dressage. Ca, ça ne concerne que Baxter et moi, histoire de garder le lien. Le truc, ce serait de l’emmener dans une prairie ou un truc dans le genre : un truc grand, et tu lui dis ce que tu veux, mais avec la voix qui descend. C’est important, parce qu’il reconnait les intonations. Genre « Va » ou « Cours ». Un mot monosyllabique, la voix qui descend. Là, comme d’habitude il va faire l’idiot à courir derrière et papillon. Ensuite, c’est comme tu veux, mais généralement, après dix minutes, il revient et on va courir genre une heure, et normalement il est sensé rester à côté de toi. J’vais pas te demander plus compliqué. »


    Je lui fis un clin d’œil. J’avais suffisamment bien dressé Baxter pour qu’il m’obéisse, mais j’avais un peu négligé le côté « je te confie à quelqu’un, obéis lui ». En fait, personne ne s’était occupé de Baxter en dehors de moi, de mon formateur et de son vétérinaire. Un maître chien dresse son chien, soigne son chien, éduque son chien, et s’en occupe. Bref, il gère son toutou comme un grand, comme il est sensé savoir s’occuper de ses armes… Je lorgnai à nouveau sur la bière de Benoit, et rejetai la tête en arrière pour ne plus la voir. J’étendis ma jambe valide avant de faire de même avec l’autre. Tenter de faire de même, puisque l’action même de solliciter mon muscle m’arracha une grimace et me fit me souvenir que je n’avais que partiellement répondu aux questions de Benoit. En même temps, quelle idée de parler de tout ! En riant, je m’excusai :

      « Tiens, j’en avais presque oublié mon légionnaire. Un gars bizarre, qui parle pas… tu vois le genre… exactement ce que j’aime tiens ! Attend que je me rappelle son nom… Czelschau… un truc dans le genre. Mais bon, il parle pas vraiment, mais il agit… C’est lui qui m’a empêché de foutre un pain à mon ami garagiste. Lui et les autres du garage d’ailleurs. Ca me fait penser, même s’il n’y a aucun rapport, tu connaîtrais pas une fille,… je m’interrompis avec un léger sourire, le laissant un peu se faire des idées, une de notre groupe, ‘fin sûrement de ton unité parce que moi je suis la pièce rapportée, une brunasse avec un caractère pourri ? Rassure-toi, si jamais tu t’inquiétais, elle m’intéresse pas, mais c’est juste qu’elle m’a légèrement déjà soulé, et j’aimerai savoir si je peux lui expliquer la vie ou si Raulne le prendrait mal. »


    Ouais, vous avez bien entendu. Frapper une femme. En même temps pour crier comme ça, et être dans l’armée, elle ne devait plus être très féminine. Je ne savais pas grand-chose d’elle en dehors du fait qu’elle soit militaire comme moi, et donc forcément arrivée par le même itinéraire que moi à Louisville. Ah, et je savais aussi que j’avais une dent contre elle, parce qu’elle ne m’avait franchement pas aidée en intervenant à l’hôpital. Pour qui se prenait-elle hein ? Pour mon supérieur ? Je savais que le seul susceptible d’être mon supérieur s’appelait Philippe Raulne, et aux dernières nouvelles, Philippe, ce n’était pas un prénom de fille.
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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Jeu 27 Sep - 8:58


Tu es tellement prévisible, Gros Bertin. Elle ne me fait même pas envie ta bière. Un petit jus de fruit c’est bien plus rafraîchissant.

Je ne pus m’empêcher de rire aux paroles du maître-chien. Il était improbable voire impossible qu’une bière ne lui fasse pas envie alors qu’il se cantonnait à un jus de fruit. Décidément il n’en manquait pas une pour me faire rire aujourd’hui, mais je décidai de ne pas le taquiner tout de suite à ce sujet, aussi allai-je lui laisser une minute de répit, si j’y arrivais. Pour le moment je me contentais de l’écouter à propos de la manière adéquate pour m’occuper de son chien. Et bien j’étais certain d’une chose maintenant, enfin encore plus qu’auparavant : ma radio est bien moins compliqué que son compagnon. Faire attention aux intonations et tout ça. Mouai… j’espérais vraiment que je n’allai pas regretter ma proposition.

Et si jamais on croise un autre chien ou même un lapin, il va rester calme ou bien je risque de devoir courir après lui ? Parce que je ne voudrais pas qu’il lui arrive quelque chose. Dis-je sincèrement à mon ami.

Je savais combien Baxter comptait pour son maître et qu’il accepte de me laisser m’en occuper pendant sa convalescence était déjà énorme, alors autant que je m’applique à lui ramener son animal en bonne état. Je l’écoutai ensuite me parler brièvement du légionnaire et de l’intervention de ce dernier dans son altercation avec le garagiste avant qu’il ne me parle d’une femme. Et pas n’importe laquelle à l’écouter parler. Brune, avec un caractère pourri ? Lorsqu’ils ne la connaissaient pas la majorité des mecs la décrivaient ainsi. Il s’agissait probablement de la tireuse d’élite de notre unité, la seconde femme du groupe sous les ordres de Raulne.


Tu dois parler de Jenna camarade, mais fais gaffe à toi, dis-je en riant, car ce n’est pas une nana comme les autres. En plus d’être bien roulée c’est une tireuse hors pair. Ne te brouille pas avec elle si tu ne veux pas te prendre une balle dans le dos en pleine rue. Elle pourrait te poinçonner les pruneaux sans abîmer ton treillis à une bonne distance. Et moi elle m’intéresse alors évite de lui dire que tu me connais si tu t’embrouilles avec elle, dis-je en lui faisant un clin d’œil. Je galère déjà suffisamment à la draguer pour ne pas que tu en rajoutes une couche. Le pire c’est que si tu lui mets une baffe, je ne pourrai même pas te mettre un gnon vu ce qu’elle t’aura fait. Crois-moi, si tu dois faire chier une nana, évite celle-là.

Ainsi était Jenna et son caractère. Si Alex l’emmerdait un peu trop, nul doute qu’elle lui bousillerait ses bijoux de familles ou sa jambe blessée, selon son inspiration du moment. A moins qu’elle ne lui colle une balle dans le cul, histoire de bien le ridiculiser.
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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Ven 28 Sep - 18:57

      Tu dois parler de Jenna camarade, mais fais gaffe à toi, dis-je en riant, car ce n’est pas une nana comme les autres. En plus d’être bien roulée c’est une tireuse hors pair. Ne te brouille pas avec elle si tu ne veux pas te prendre une balle dans le dos en pleine rue. Elle pourrait te poinçonner les pruneaux sans abîmer ton treillis à une bonne distance. Et moi elle m’intéresse alors évite de lui dire que tu me connais si tu t’embrouilles avec elle. Je galère déjà suffisamment à la draguer pour ne pas que tu en rajoutes une couche. Le pire c’est que si tu lui mets une baffe, je ne pourrai même pas te mettre un gnon vu ce qu’elle t’aura fait. Crois-moi, si tu dois faire chier une nana, évite celle-là.


    J’explosai franchement de rire, attirant au passage les regards des passants pendant plusieurs secondes. On parlait bien de la même personne là ? Parce que j’avais l’impression qu’il me décrivait plus l’un de ces types baraqués avec des tatouages de partout et des piercings là où il restait de la place qui te foutaient au tapis en un seul gnon bien ajusté, alors que je n’avais fait que parler d’une brunasse avec un caractère de cochon. Je reprenais mon sérieux devant celui de Benoit. Genre il essayait de draguer celle qu’il me décrivait comme un godzilla au féminin… Je ne pouvais pas laisser passer ça, c’était juste trop énorme.

      « Nan mais genre… tu viens de me décrire la fille de Chuck Norris et tu te mets en tête de la draguer ? De toute manière, si j’ai envie de lui foutre un gnon, malgré tout le respect que je te porte, sincèrement, elle se le prendra. Et puis si dans tous les cas, un petit gnon ça veut dire que je me prends un pruneau dans le dos, alors je suis déjà grillé, parce qu’on a déterré la hache de guerre. Sincèrement, j’vois pas ce que tu lui trouves. »


    J’étais partagé entre le fourire, la moquerie, et le sérieux le plus total. Parce que oui, j’étais parfaitement sérieux lorsque je parlais de lui foutre un gnon si elle cherchait encore à me les briser, et j’étais plié en deux en train de voir Benoit mis à terre par son rencard. Bon, je prenais aussi son avertissement avec le plus grand sérieux, même si je m’en fichais aussi un peu. Ce n’était pas une question de non-sens, c’était une question de principe : on m’embêtait, je ripostais. De principe et, bien sûr, d’habitude, il n’y avait pas photo. J’hésitais à appeler de nouveau le serveur pour me prendre une bière cette fois. Je jetais un coup d’œil sur la rue, en évitant de regarder celle de Bertin qu’il n’avait toujours pas finie d’ailleurs.

      « Ah, et pour Baxt’, s’il croise un autre chien ou un lapin, t’inquiète, il restera tranquille. Enfin il a intérêt… il est sérieux à partir du moment où tu lui fais comprendre qu’il doit l’être, enfin tu vois le genre. C’est mon portrait craché niveau caractère, t’as pas de soucis à te faire. Ou plutôt, tu as du mouron à te faire, mais tu sauras le gérer. Et puis, sincèrement, faut que tu le trouves, le chien qui puisse faire du mal à Baxter, parce qu’ils ne courent pas les rues. A la rigueur Tusto, mais celui c’était une vraie teigne et… »


    Je revis soudain mes deux autres chiens, Diego et Tusto, que j’avais dressé comme Baxter. Je n’avais pas de nouvelles du chenil où ils étaient, et je n’avais pas vraiment l’espoir de les retrouver vivants. Mais jusque là, je n’avais pas songé à mes deux autres compagnons à quatre pattes. La santé de Baxter et ses occupations étaient suffisantes pour ma petite tête, tout comme le souci de ma propre santé. Mais là, je me sentais un peu coupable de ne pas m’être inquiété plus tôt. Toute ma bonne humeur s’évapora comme brume au soleil. Tusto avait un an de plus que Baxter, et c’était le premier chien que j’avais dressé, avec l’aide de mon instructeur. C’était lui aussi un berger allemand, un peu râblé, bien moins noble que Baxter, mais véritablement puissant. Lorsqu’il me mordait le bras, je ne pouvais pas l’enlever par ma seule force physique, et j’avais eu parfois peur qu’il refuse de m’obéir et qu’il me morde plus profondément. Diego de son côté… c’était le dernier. Le plus jeune des trois. Je n’avais pas eu le temps de terminer totalement son dressage, même s’il avait déjà sauté en parachute avec moi. C’était un berger hollandais, mais le côté berger malinois ressortait énormément. Bref, c’était mon chien… c’étaient mes chiens… Baxter enfouit son museau dans la paume de ma main, me tirant un sourire. Je secouai la tête pour revenir à mes moutons, ou plutôt à mon chien et à godzillanette, Chuck Norrissette, je n’avais pas encore décidé pour le surnom.

      « Désolé vieux, j’étais parti dans mes pensées. T’inquiète pour Baxter, tant que personne ne fait mine d’attaquer, normalement tout ira bien. Mais tu peux toujours dire non, hein ! Un chien, c’est pas comme les trucs métalliques qui grésillent. Et sinon, ta Godzilla d’amour, Jenna tu as dis, elle risque d’être toujours chiante avec moi, ou c’était juste qu’elle était mal lunée ? Que je t’explique le truc, en deux mots j’ai eu l’impression de me retrouver devant la vieille pie, la prof de latin d’Autun, j’sais plus son nom. Genre elle a cru intelligent d’appuyer les infirmières, comme si j’avais quatre ans. »


    Je ne me souvenais plus si Benoit avait fait latin au lycée. Moi, on m’avait collé la matière sans que j’ai rien demandé, et sans que j’aie suivi le moindre cours avant. Bon en même temps, au collège, c’était pas comme si j’avais fait une semaine de cours sans sécher, et une journée de cours sans me faire exclure ou me prendre une heure de colle. Bref, et donc la vieille pie dont je parlais, c’était juste l’horreur absolue. L’une des rares profs filles, et franchement, entre ses piaillements, et ses manières de te dire que ton col n’était pas tout à fait droit… c’était elle qui m’avait fichu le plus de sueurs froides quand j’étais en période d’essai. J’en avais eu tellement peur que j’avais perdu le sommeil les premières semaines. Je peux vous dire qu’en latin, je filais droit… mais c’était avant qu’on me mette en contact avec Benoit, et je ne me souvenais plus si je lui en avais parlé. Je frissonnai en repensant à l’antiquité latine, comme on l’appelait entre élève.

      « Dans tous les cas, si elle se remet en tête de me faire ch*er, qu'elle soit la fille de Chuck Norris ou un alien venu de Vénus, j'ai pas mis au tapis des gars plus costauds que moi pour rien,... »

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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Sam 29 Sep - 15:41


Malgré le fait qu’il mette ma susceptible à l’épreuve, je choisi de ne pas l’envoyer chier et pris plutôt le parti de le laisser terminer son discours. Ainsi il pensait pouvoir s’attaquer à Jenna ? Hmm… Et bien grand bien lui fasse, qu’il se fasse sa propre expérience. Pour ma part je pris la parole avec un ton un brin sarcastique.

Ah mon cher, excuse-moi d’avoir envie de la compagnie d’une femme. Je sais que toi tu préfères les animaux mais tout le monde n’a pas les même goûts que toi. Dis-je d’humeur taquine tandis qu’il me donnait davantage de détails à propos de la manière dont m’occuper de son chien. Lorsqu’il me parla ensuite de la prof de latin de l’école militaire, un sourire prit forme sur mes lèvres. Quelle vieille peaux cette femme. J’ai encore en tête son visage rouge de colère après que j’ai piégé sa chaise et qu’elle ne s’affale. Cela m’avait valu l’isolement et d’autres sanctions plus désagréables mais bon, c’était avant que je ne décide de m’intégrer et de suivre le cursus sérieusement.

C’est une nana Alex, elle ne veut pas que la situation dégénère entre la population de ce trou et nous. Après je te l’accorde elle a un caractère de chiotte, mais c’est ce qui me plait chez elle. Disons que je ne me vois pas avec une gamine sortie de chez papa-maman, la pouffe de service qui sort de son monde. Au moins Jenna sait se démerder et se défendre, plutôt un avantage par les temps qui courent, non ? Expliquai-je en finissant ma bière avant de vouloir en commander une autre. Tu en veux une ou tu continues avec ton jus de fruit ? lui demandai-je avant de me commander une nouvelle bière avant de poursuivre.

Je t’aurai prévenu mon ami, gare à ton cul si je puis dire. Quoi qu’il en soit si vous vous fritez, tâchez d’être discret vis-à-vis des civils que ça ne nous foute pas dans la merde. Après je te laisse te débrouiller avec elle voire le lieutenant si jamais ça dégénère. Pour le moment je m’occupe juste de ton copain le garagiste et de Baxter si tu veux bien. Dis-je en souriant, histoire de lui dire en gros je gère une de tes conneries, va pas en faire une autre. Et toi à part ton chien, il n’y a pas une fille qui s’occuperait de ta béquille ? Mis à part tes chères infirmières bien entendu… Dis-je avant de passer commande auprès du serveur.
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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Mar 2 Oct - 15:55

      Ah mon cher, excuse-moi d’avoir envie de la compagnie d’une femme. Je sais que toi tu préfères les animaux mais tout le monde n’a pas les même goûts que toi. C’est une nana Alex, elle ne veut pas que la situation dégénère entre la population de ce trou et nous. Après je te l’accorde elle a un caractère de chiotte, mais c’est ce qui me plait chez elle. Disons que je ne me vois pas avec une gamine sortie de chez papa-maman, la pouffe de service qui sort de son monde. Au moins Jenna sait se démerder et se défendre, plutôt un avantage par les temps qui courent, non ? Tu en veux une ou tu continues avec ton jus de fruit ?


    Finalement, il avait appelé le serveur avant moi. A croire que lui aussi il avait soif. Je soupirai en hésitant pendant qu’il continuait son petit monologue, comme quoi il s’occupait déjà du foutoir que j’avais mis, et qu’il valait mieux que j’évite d’en rajouter une couche. Je savais que ce n’était pas franchement l’idéal pour moi, mais en même temps je sentais comme un défi de la part de Bertin, ou du moins je le prenais comme tel. Finalement j’éludai la question, en ne commandant rien du tout. Ouais, c’était une manière comme une autre d’esquiver le problème, et même si d’habitude je fonçais droit dessus, là j’préférais faire une mini pirouette. Bertin semblait tout de même sérieux en me mettant en garde. Cette Jenna était donc aussi redoutable que cela ? Franchement, j’avais de gros doutes. Pas parce que c’était une femme, ça non, mais plutôt parce que des êtres surhumains, ou surdoués, ça courrait par les rues, et que j’avais un assez bon niveau en boxe, vu que j’en avais fait à peu près huit ou neuf ans en club, et que j’en faisais encore à la caserne ou pendant mes temps libres pour me défouler, évacuer la pression, et laisser libre cours à ma frustration qui s’accumulait assez rapidement.

      « Nope, pas de filles. »


    Pour faire court, j’avais fait court. Mais je n’avais pas envie de discuter de ce sujet sensible. « Tu es un méchant garçon, Alexandre. Très Méchant. ». Cette simple phrase résumait l’ensemble du sujet. Les filles, très peu pour moi. Les garçons aussi hein. Dans tous les cas, ça risquait de mal se finir pour l’autre, puisque dans tous les cas je blessais les gens au bout d’un temps plus ou moins long. Il était certain que dans tous les cas j’allais leur faire du mal, que ce soit physique (le plus probable), ou psychologique (bien moins probable mais tout aussi plausible). Mais la plupart du temps, je préférai ne pas penser à cet état de fait. Mais bon, ce n’était pas de la faute de Bertin s’il avait mis le sujet sur le tapis, puisque j’en avais parlé à personne. Le regard toujours fixé sur la rue, je me mordillai la lèvre. Le serveur revint avec une bière pour Benoit, et je lui demandais un verre d’eau, parce que j’avais vraiment soif. Deviendrais-je réellement sérieux. Certainement pas. Mais songer à ce que j’étais vraiment, mauvais, me faisait la plupart du temps l’effet d’une douche froide. Très efficace pour me faire taire et obéir finalement. Je choisis de changer de sujet sur un ton bien plus léger, mais toujours en fuyant le regard de Bertin.

      « Et sinon, dès que ta caisse métallique recommencera à grésiller, tu pourras essayer de me choper le score du dernier match PSG – Montpellier ? »


    Réaction de base d’un Alexandre Maxime Reh qui ne sait pas comment réagir et qui ne peut pas se permettre ou qui ne peut pas tout simplement réagir par la violence : l’esquive et la bêtise. Mais attention, les deux maîtrisées avec un niveau d’excellence riche de plusieurs années de pratique. Déjà au collège et au lycée, j’avais le don de prendre les gens pour des c*ns en les faisant me sous-estimer. Oh, le but final n’était pas stratégique, c’était juste tellement plus pratique de passer pour quelqu’un de stupide que d’avoir une réputation d’intello. Mais bon, je dérivais une nouvelle fois en pensée, vers quelque chose qui ne concernait personne d’autre que moi. J’essayai de me justifier devant Benoit, histoire de m’enfoncer davantage et de faire dévier définitivement la conversation :

      « Bah quoi, faut bien se recentrer sur le principal. C’est quand même la place en Ligue 1 qui est en jeu là, non ? J’sais plus, j’ai pas trop suivi les derniers matchs. En poursuivant sur le sport, tu saurais s’il y a un club de boxe dans Louisville ? Histoire que je me trouve un punching-ball valable ? »


    Mon verre d'eau arriva à cet instant, et le serveur me fit un sourire goguenard. De sous la table, je lui répondis par un doigt d'honneur, mais je le remerciais au dessus de la table avec un sourire narquois. En revanche, dès qu'il fut à quelques mètres, je grommelai en le fusillant du regard:

      « P'tit c*n, va te faire... »
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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Dim 7 Oct - 12:48


Après la réponse très brève de mon ami je décidai de ne pas ramener notre discussion sur le terrain des femmes. S’il n’en avait pas dit davantage je respectais son choix ne le sentant pas d’humeur à être taquiné sur la question. Néanmoins ses paroles suivantes me firent rire tant sa requête était incongrue. Connaître des résultats sportifs maintenant, peut-être un moyen de se raccrocher à un peu de confort et à des données rassurantes en somme.

Tu as vraiment des envies à la con des fois Alex, dis-je en riant avant de poursuivre. Tu crois qu’il y a encore une ligue 1 après ce bordel ? Le tournoi devrait même être bien différent si jamais un jour il reprend parce qu’il se pourrait bien que bon nombre des gros joueurs se soient pris un obus sur la tronche. D’autant que leurs luxueuses baraques devraient être des cibles de choix lors de pillages à mon avis tu ne crois pas ?

Pour ma part je n’aimais le foot qu’entre copains histoire de s’amuser un peu, mais la discipline professionnelle n’avait aucune valeur à mes yeux tant le sport était corrompu au nom de l’argent, et pas que concernant le football. Personnellement je préférais le rugby, un sport où les joueurs se fracassent sur le terrain mais où le coup de sifflet final met un terme à l’affrontement pour un esprit de fair-play. Et puis un rugbyman n’est pas une fiote qui coure après sa baballe et qui se met à geindre au moindre petit choc. Mais assez parlé de sport et revenons-en à notre histoire.

Le serveur vint lui apporter son verre d’eau en affichant une tronche qui donnait envie de lui en coller une et je vis qu’Alex se montrait patient, sourire de façade et injure dissimulée une fois l’idiot reparti.


Et sinon à part ce garagiste, tu as fait d’autres rencontres en ville ? Peut-être une nana avec qui tu ne te serais pas engueulé ? demandai-je en affichant un sourire taquin à l’attention de mon ami tout en entamant ma seconde bière. Je m’allumai ensuite une clope en en tendant une au maître-chien, ne sachant plus s’il fumait ou non.
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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Lun 8 Oct - 18:03

      Tu as vraiment des envies à la con des fois Alex. Tu crois qu’il y a encore une ligue 1 après ce bordel ? Le tournoi devrait même être bien différent si jamais un jour il reprend parce qu’il se pourrait bien que bon nombre des gros joueurs se soient pris un obus sur la tronche. D’autant que leurs luxueuses baraques devraient être des cibles de choix lors de pillages à mon avis tu ne crois pas ?


    J’éclatai de rire, même si en soi, se voir exposer d’une telle manière la situation de la France et du monde en règle générale, n’était pas des plus agréables. En fait, je n’avais jusque là pas fait attention au fait que Louisville et la Normandie n’étaient pas les seuls concernés par la fin du monde. Non, pour être franc, j’en étais tout à fait conscient mais j’avais refusé d’y songer. Parce que ma sœur, mon beau frère et leur gosse étaient à Reims, mon frère je ne savais plus trop où, et mes parents en Provence, et que l’idée qu’ils soient morts m’étaient presque insupportable. Comment Benoit pouvait dire ça d’un ton aussi léger ? Je bus une gorgée du verre d’eau, manquant de la recracher tant le liquide était glacial. Au moins ça me ramena sur terre. Il était inutile de songer à ma famille pour le moment, ou à mes autres connaissances. Tout comme il était inutile de penser à Tusto et Diego. Je décidai de mettre de côté ce qu’avait dit Ben pour finir, et je choisis de rétorquer sur ses premiers mots, ceux critiquant ma manière de penser, et qui prouvaient accessoirement que j’avais réussi ma manœuvre d’esquive et de bêtise, une fois encore. Mais Benoit me prit de vitesse, en reprenant :

      Et sinon à part ce garagiste, tu as fait d’autres rencontres en ville ? Peut-être une nana avec qui tu ne te serais pas engueulé ?


    Pourquoi toujours ramener le sujet sur les nanas, franchement ? Moi qui me rengorgeais d’avoir réussi à esquiver le sujet sensible, et bien je pouvais aller avoir ailleurs si mon cerveau y était, parce qu’il n’était certainement pas là, et encore moins connecté à mes neurones, tout en sachant que ce que je venais de penser ne voulant strictement rien dire. Bref. Je fixai Benoit avec un petit sourire aux lèvres qui contrastait avec mon regard agacé.

      « Toujours les filles hein, tu ne penses qu’à ça ! Et bien pour tout dire, j’en ai rencontré certaines. Les Louisvilliennes, on les appelle comme ça au fait ?, sont assez sympas je dois dire ! Enfin, c’est pas comme si je les avais toutes croisées en même temps. Mathilda Fontaine, ça te dit quelque chose ? »


    Je me détendis un peu, en sentant que je contrôlais plus ou moins la discussion sur du pas trop personnel. Tant que je maintenais le sujet de discussion sur ce terrain là, ça m’allait plutôt pas mal. Si ça commençait à déraper alors… bref, reconnectons-nous à la discussion. Je jouai avec le verre, le faisant tourner sur lui-même, manœuvre nettement aidée par la condensation ; l’eau étant vraiment glaciale. C’était marrant quand même, on pouvait assimiler le truc à une luge. Alors si on remplissait une gourde d’eau glacée, si on laissait le temps aux parois de se condenser, et ben on pourrait trop jouer à celui qui la fait glisser le plus loin possible ! Ca devait être trop bien comme jeu d’ailleurs, et j’étais déjà en train d’imaginer comment le mettre en place avec mon verre joujou quand je me souvins que Benoit était devant moi.

      « Et toi alors, tu as pu discuter avec certains des gentils citoyens et militaires ? Au fait, rappelle moi pourquoi tu passais dans le coin ? Faudrait pas que tu te fasses taper sur les doigts par Raulnes hein ! »


    Bon okay, je ne connaissais absolument par Raulnes, et j’avais plus l’impression qu’il n’était pas du genre à tapoter sur la main du petit militaire qui n’avait pas fait ses devoirs qu’autre chose, mais bon, l’idée était là, la raison de son passage dans le coin m’était totalement sortie de la tête. Si on avait parlé de Baxter, on avait du aborder le sujet de sa radio auparavant. Ou plutôt, non, c’était juste que Baxter avait encore prouvé qu’il n’était qu’un petit chiot dans sa grosse tête bien garnie en crocs. Ouais, voilà, c’était l’idée. Bref, donc il me semblait, après avoir pris la peine de réfléchir quelques secondes, que c’était pour sa radio. Dans un cyber ou un truc dans le genre. Je pris une moue songeuse en rajoutant :

      « C’était pas pour ta Gameboy cassée déjà ? Tu pourrais pas aller voir mon garagiste comme tu l’appelles pour lui taxer des trucs, juste pour voir sa tête ! »


    Avec mon sourire rieur, et ma voix d’un gamin en train de proposer d’aller mettre une punaise sur la chaise du prof pendant qu’il écrivait au tableau, je savais que je ne donnais pas l’impression d’être majeur depuis plus de six ans ; et que dire du fait que j’étais habilité à tenir un famas ! Rien que d’y penser, mon sourire s’accentua pour se transformer en rire à moitié caché.
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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Jeu 25 Oct - 10:29


Bien entendu que je ne pense qu’à ça, lui dis-je en souriant, les femmes sont un des derniers loisirs que l’on peut se permettre par les temps qui courent. Bien que certaines aient conservé leur caractère de chiotte malgré les bombes, mais c’est ce qui fait leur charme.

Il ferait peut-être le lien avec Jenna, car je parlais bien d’elle, mais peu m’importe. Bien que draguant plus ou moins la plupart des femmes que je rencontrais, à l’exception de Marielle, une seule attirait véritablement mon intérêt et il s’agissait de notre sniper. Si au départ je n’éprouvais rien d’autre qu’un simple désir charnel mais je me surprenais à éprouver un peu plus que cela au fil des jours.

Louisvilliennes ? Moi j’aurais plutôt pensé à Louisvilloises mais à propos de cette miss Fontaine je n’ai pas encore eu le plaisir de la rencontrer. Comment est-elle ? Je parle de son caractère bien sûr petit pervers. Précisai-je en lui faisant un clin d’œil. Sinon c’est qui cette nana ? Tu l’as engueulé elle aussi ou tu t’es enfin décidé à draguer une fille ? Pour ma part le seul citoyen qui a été sympa c’est le gendarme Bellanger. Dis-je en finissant ma bière le temps qu’il m’interroge sur mon objectif initial avant que nous buvions un verre lui et moi.

En effet je venais pour trouver quelques pièces pour mon jouet étant donné qu’avant de servir de bar il s’agissait d’un cyber-café. D’ailleurs je ne vais pas tarder à y aller parce que justement je ne veux pas que le lieutenant me botte le cul. Concernant ton copain le garagiste je vais aller le voir, histoire de cerner un peu plus le personnage. A ce que tu m’as dit il ne devrait pas accepter facilement de me donner quelques pièces.

Sinon pour Baxter, ça peux attendre demain ou pas? Parce que j'ai un truc à faire après.
Lui demandai-je alors que son chien leva le museau en entendant son nom.

HJ:
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Se souvenir du passé est plus agréable avec un bon verre non? [Livre I - Terminé]   Ven 26 Oct - 22:14

      En effet je venais pour trouver quelques pièces pour mon jouet étant donné qu’avant de servir de bar il s’agissait d’un cyber-café. D’ailleurs je ne vais pas tarder à y aller parce que justement je ne veux pas que le lieutenant me botte le cul. Concernant ton copain le garagiste je vais aller le voir, histoire de cerner un peu plus le personnage. A ce que tu m’as dit il ne devrait pas accepter facilement de me donner quelques pièces. Sinon pour Baxter, ça peux attendre demain ou pas? Parce que j'ai un truc à faire après.


    En voyant mon chien lever la tête et sortir la langue pour haleter genre « chouette, on va jouer, elle est où la baballe », j’hésitai entre éclater de rire et soupirer, entre réagir aux pitreries de Baxter ou m’agacer de le voir aussi joueur alors que de lui pouvait dépendre ma vie. Oh, sans aucune hésitation, je la lui confiais ! Mais, j’étais responsable de lui, et de son dressage, et j’étais perfectionniste dans ce domaine, sans pour autant être inhumain avec mon chien. J’aimais trop ces animaux qui pouvaient sentir votre nervosité et votre état pour leur faire le moindre mal. Eux au moins, ils agissaient sur le ressenti, pas par le calcul. Ils étaient impulsifs, si on pouvait leur appliquer les qualités et défauts des êtres humains. Oui, Baxter était impulsif, rancunier, joueur et incroyablement courageux et loyal. Mais bon, je n’allais pas épiloguer la dessus, car Ben discutait avec moi et non avec Baxter, et il attendait à coup sur une réponse venant de ma personne et non de mon chien. Avec un petit sourire narquois, et le regard en coin, je rétorquai donc :

      « C’est très grave, ça ne peut pas attendre. Baxter va te manger tu sais, si tu le fais attendre encore quelques heures ! C’est terrible ! »


    Je fis tourner mon verre sur la table, et baissai la tête pour observer de quelle manière et dans quel sens tourner le jus qu’il contenait. J’étais en train de me refaire de tête tous les cours de physique du lycée et ceux que j’avais chopé dans un livre de prépa de ma grande sœur, quand de nouveau, je me souvins que Benoit était là.

      « Tu trouves pas que c’est quand même un truc de ouf, ce qu’il se passe dans ce verre ? Tu t’es jamais demandé pourquoi ça faisait ça ? et… nan rien oublie. »


    Je me serais baffé. Je m’appliquai à me donner une réputation de cancre et de crétin et voilà que je me questionnais à haute voix sur des questions de physique. Heureusement que je n’avais pas sorti les équations que mon petit cerveau avait intégrées, sinon Benoit m’aurait pris pour un fou furieux. Je ne lui avais pas communiqué mes résultats scolaires lorsque j’étais encore au lycée, me contentant de lui faire part de mes progrès en disciplines lorsqu’il y en avait. Mais bon, ce n’était pas tout. Je me redressai, stoppant le mouvement du verre en le prenant et en le terminant d’un trait. Ce n’était pas un jus de fruit qui allait me bourrer, c’était certain, et encore moins un verre d’eau. Pourtant, toute cette eau glacée descendit mal dans mon estomac, me donnant presque des crampes. J’allais lui foutre un gnon à ce serveur pitoyable qui avait du se croire intelligence en me servant de la glace liquide. Je me crispais sous la petite douleur de l’eau trop froide, et je toussai un peu, plissant les yeux. Baxter leva des oreilles interrogatives qui m’arrachèrent un petit sourire entre deux hoquets. P’tain, c’était tellement bête de s’étouffer avec de l’eau glacée quoi… Je papillonnai des yeux en reposant un peu durement le verre qui tinta contre la table :

      « Bref, je disais donc, t’inquiète pas pour Baxt’, il peut patienter. C’est déjà sympa que tu le babysittes un peu. Et s’il te plait, cessons de parler de femmes, j’vais vomir. Mais bon, j’vais pas te retenir davantage, c’est déjà assez sympa que tu te sois posé vingt minutes ! »


    Je tentai de me relever, et me mis maladroitement sur une jambe, évitant de bouger trop celle blessée. Heureusement que j’avais un certain équilibre, sûrement le fait de mes dix ou douze ans de boxe, et je me stabilisai rapidement à la faction debout, Baxter déjà en train de remuer la queue et de me lécher la main l’air de dire « tu es debout, tu as bu et tout, maintenant, viens courir mon ami ! ». Il n’était pas très futé parfois, l’animal… Une fois debout, je voyais le monde autrement, et je maudis intérieurement les infirmiers et autres médecins qui voulaient me condamner à l’inactivité et à la position assis… Quels crétins. J’étais fait pour bouger, comme mes neurones étaient fait pour ne pas cesser leur activité, et comme mes poings étaient faits pour donner des coups. C’était ainsi. C’était la vie. Tout comme j’étais fait pour être mauvais, méchant et faire forcément du mal à ceux que je laissais m’approcher un peu trop près. Je lui tendis une main amicale, pour lui dire au revoir, lui faisant en même temps un clin d’œil, en disant :

      « Je paye, t’inquiète. Et surtout, n’hésite pas à venir me voir, je me fais ch*er comme un rat mort pendant les journées où j’ai pas le droit de bouger. Tu dis juste mon nom à un de ces crétins en blouse blanche qui jouent à Docteur Maboul, et ils sauront de qui tu parles. J’t’aurai bien accompagné chercher tes bouts de métal mais…, je pris un air penaud, tandis que mes yeux se tentaient de malice, je crois qu’ils ont compris comment m’immobiliser : ils m’ont retiré mes béquilles, ces sal*uds »

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