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MessageSujet: « Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance ! »   Mer 9 Juil - 20:14

Parfois le passé vous manque ...



Tourner en rond, ne rien faire, est la pire des choses qui soit. On se met a penser, a se souvenir, a regretter, je vous en passe et des meilleurs. Depuis que je suis toute petite, au plus loin que je me souvienne, j'ai toujours détesté ne rien faire. J'ai encore ce souvenir enfant, un jour normal chez moi, mon père m'avait frappé et mise au coin toute l'après-midi, un jour normal oui. J'avais passé des heures dans ce coin, je savais que mon père ne m'aurait pas remarqué si j'avais filé de temps à autre, mais j'avais tellement peur que j'étais resté figé la sans bouger, sans rien dire. Ce jour là j'avais fermé les yeux et imaginais ma mère me faisant la cuisine, me peignant, me prenant dans ses bras, dansant avec moi, j'avais imaginer ma vie avec ma mère. En soit ce n'est pas quelque chose de terrible, et pendant des heures j'étais heureuse, mais le problème lorsqu'on pense trop c'est qu'il y a un moment ou il faut revenir à la réalité. Bien évidemment mon père m'y avait ramener, et passer d'un état imaginatif de béatitude au cauchemar quotidien n'est pas quelque chose de bon, loin de là.
Durant tout mon voyage, je n'avais plus penser ainsi, j'avais autre chose a penser, je me concentrais sur le présent, cet effrayant présent dans lequel je risquais ma peau tout les jours. Mais aujourd'hui, j'étais là, dans ce camp, à tourner en rond, rien a faire pour m'occuper. Javais donc décider de noyer mes pensés dans une marche irrégulière a travers le camp, regardant mes pieds avancer sur le sol glacé de saison. Et je me surprenais a imaginer la sol brûlant réchauffer par un doux soleil d'été, je l'avais tant imaginer au bout de quelques minutes que je finissais par relever la tête, sous ce ciel toujours aussi affreux et glacial, je voudrais tellement retourner dans l'enfance, avoir l'insouciance d'un enfant, cette insouciance que je n'ai jamais réellement eu, qu'on m'a volé, qu'IL m'a volé. Mais aujourd'hui je préférerais presque vivre sous ses coups plutôt que de moisir dans un monde aussi affreux, oui mon passé me manque malgré tout, c'était quand même mon père, un foutu père mais mon père quand même. Et puis parfois il était gentil ...
Bref, en relevant mes yeux un peu embués, je me rends compte que je suis face a une lourde porte, celle de l'entrée du camp, une porte affreuse et loin d'être conviviale, tant qu'elle pourrait vous glacer le sang tant elle rappel notre situation précaire. Je ne sais même pas comment je suis arrivé ici. Je recul de quelques pas et me heurte a quelqu'un ou quelque chose je ne saurais vous le dire, me retrouvant littéralement sur le c#l. Doué comme je suis fallait bien que ça m'arrive.

« Foutu m#rde ! Peut pas tenir debout maintenant ... »

Je regarde au sol et voit que c'est une racine, bordel l'a fallut que je tombe sur une foutue racine, pourvu que personne ai vu ça ... J'ai de la chance de me retrouver dans une zone qui n'a pas l'air d'être très peuplé ... Bon allez, je vous le dis parce que vous me paraissez gentil, j'ai peut-être piqué de l'alcool dans la bouteille de Maël avant de me promener, et ça m'a peut-être un peu tourné la tête, mais juste un peu hein ? Le dites a personne ...




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MessageSujet: Re: « Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance ! »   Ven 18 Juil - 21:34




Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance !


Je ne sais pas vraiment ce qu'il m'arrive en ce moment. J'ai l'impression de ne plus me reconnaître moi même, de ne plus me comprendre... En clair, je vais mal. Je me sens renversée par un flot de pensées sombres et plus imbéciles les unes des autres. J'en voulais à la terre entière pour cette catastrophe. J'en voulais à Sam de m'infliger l'absence de sa présence, j'en voulais à mon père de ne pas pouvoir me réconforter en ce moment, de m'avoir abandonné si tôt dans ce monde de brutes. ET tout cela, n'était pas sensé arriver. Pas à moi.

J'étais plongée dans les souvenirs de mon père. J'aurais vraiment souhaiter qu'il soir là avec moi. Lui il aurait su quoi faire, comment s'organiser. Peut-être n'aurais-je pas perdu tous ceux qui m'étaient chers si il avait pu être là. Malheureusement, je savais que je ne pourrais jamais le revoir. Sa mort est antérieure à tout ce foutoir. Le cancer... Oh, peut-être était-ce mieux, finalement. Il n'avait pas connu ces temps déplorables, cette froideur hivernale, peu naturelle. Je fermais les yeux un instant. J'imaginais sa main prendre la mienne, des paroles réconfortante. Il avait toujours su quoi dire pour me remonter le moral ! Je ne sais pas comment il faisait. Comme si, le lien que nous partagions, mon père et moi passait réellement par la génétique. J'eus alors un peu de mal à respirer. Je me calmais et appliquais la technique de respiration abdominale que j'avais apprise durant mes années de théâtre. Respire... Souffle. Cela avait toujours marché pour contrôler mes montées d'angoisse. Cependant, là c'était différent. Plus je m’efforçais de respirer calmement et régulièrement, plus l'air semblait avoir du mal à trouver le chemin jusqu'à mes poumons. Je me redressais, tentant à tout prix de calmer cette crise. Je n'en avais jamais eu d'aussi puissante et violente depuis des années. Depuis sa mort. Il faut croire que mon père était la personne la plus importante pour moi si son souvenir est capable de provoquer cela.

Je ne pouvais plus rester là, à étouffer dans cette tante. Il me fallait de l'air. Je parvins doucement à me lever, et à sortir. Je marchais simplement, là où mes jambes me portaient, mais je notais quand même que j'allais vers le nord du camp. J'avais envie de courir, de crier, mais la panique entraînait une fatigue qui me forçait à faire le minimum d'effort. J'arrivais près de la porte Nord. Je savais que sortir hors du camp dans mon état actuel n'était sans doute pas une bonne idée. En fait, j'aurais mieux fait d'aller à l'infirmerie, si on peut appeler ça comme ça, pour me détendre. Qu'est-ce que je foutais là d'ailleurs ?

Ma crise se calmait peu à peu. j'entendis quelqu'un parler. Mais je n'y fis pas réellement attention. Peut-être n'était-ce que mon imagination. et puis, si il y avait quelqu'un, il ou elle ne m'avait surement pas remarqué. Il faut dire qu'il n'y avait pas vraiment de lumière ici. Ma respiration revenait à la normale. Je frappais contre la porte.

-Put*in de me*de !

J'avais crié sans réellement m'en rendre compte. J'avais d'ailleurs tapé sur cette porte à cause d'un geste spontané non contrôlé. Enfin, je crois. J'avais très envie de rentrer maintenant. Il faisait froid, comme toujours, et je n'avais rien emmené de très chaud avec moi. Je me retournais et remarquais la présence d'une jeune femme, blonde, à peu près mon âge. Elle avait l'air surprise, au moins autant que je devais en avoir l'air. Mais oui, les paroles de tout à l'heure... C'était pas une hallucination finalement ! C'était bien ma veine... Je n'avais pas réellement envie de contact humain là, tout de suite. J'espérais juste qu'elle n'en ai pas envie non plus. Histoire que chacune puisse retourner d'où elle vient. Mais bon... Il paraît que cela ne se fait pas de partir comme une voleuse. Alors...

-Euh... Salut...

Je vous l'ai dit ! Je ne me reconnais plus en ce moment...


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MessageSujet: Re: « Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance ! »   Dim 20 Juil - 21:10

Parfois le passé vous manque ...

La tête me tournait, l'enivrement de l'alcool n'avait jamais vraiment était mon truc, j'étais même plutôt contre. Mais je ne sais pas trop ce qui m'avait pris, j'avais pété un câble et faillit à mes valeurs premières. Comment quelque chose pouvait autant vous faire changer ? Je veux dire, une guerre c'est énorme mais comment est-ce qu'on peut en arriver a régulièrement plus se reconnaître ? Ces temps-ci j'agis de façon tellement impulsive que je ne réfléchis plus à mes actes.
Je n'avais pas vu la jeune femme arriver, je ne l'avais pas non plus entendu, trop concentré sur cette foutue racine et me relevant tant bien que mal. Et puis elle avait crié, cette voix féminine avait comme résonnait dans mes oreilles, mais les mots qui y parvenaient eux était loin d'être féminin. J'avais aussi entendu le bruit roque et lourd d'un coup, celui qu'elle avait donné dans la porte que j'avais précédemment observée. Il ne m'était même pas venu à l'esprit que si un militaire, ou qui que ce soit d'autre, avait vu ça, cette jeune femme aurait surement passé un mauvais quart d'heure. Elle n'avait rien endommagé mais j'ai bien compris qu'ici on ne rigole pas avec la sécurité, et je peux le comprendre.
Quoi qu'il en soit elle avait l'air dans un état second, pas comme moi, mais pas mieux pour autant. Et je n'arrivais pas à la déscotcher des yeux, avec un regard remplis de surprise, en effet je ne m'attendais absolument pas a voir débouler quelqu'un, et encore moins une belle brune en colère.


« ... Salut ... tu t'es pas fait mal ? »

Je n'avais rien trouvé de plus intelligent a dire, bon en même temps j'avais le cerveau ramolli. Et j'étais comme figé sur place, le froid me transperçant encore et toujours a travers mes vêtements. J'avais l'impression de perdre mes sensations, avant de les retrouver douloureuses jusqu'à les perdre de nouveau. Le froid a un effet négatif sur nous, on ne devrait pas avoir a passer autant de temps sous de tel température. Je rêverais tellement de pouvoir enfin voir un soleil, un qui nous réchauffe pas seulement un qui nous fasse espérer, pouvoir mettre le nez dehors et se mettre a demi-nue sous un soleil de plomb ... C'est peut-être aussi cette envie qui m'a poussé a boire, j'ai tellement envie d'avoir chaud ... et l'alcool ça vous réchauffe, un court moment mais ça vous réchauffe tout de même ...

Hors-jeu : Désolé du temps de réponse, j'ai eu un ptit coup de barre ...



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MessageSujet: Re: « Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance ! »   Mar 22 Juil - 20:38




Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance !


Elle me regardait, une jolie blonde, l'air toute gentille. Mais il y avait quelque chose d'autre. Il ne me semblait pas qu'elle soit dans un état réellement normal. Je n'osais pas vraiment bouger. Je commençais peu à peu à reprendre mes esprits, même si j'avais l'impression que mon corps perdait de ses forces. Cela se passait toujours ainsi. Plus de respiration, panique, énervement, faiblesse. J'avais presque honte que quelqu'un m'ait vu dans cet état. Ce n'était tellement pas moi tout ça... A la réflexion, j'étais quand même soulagée que personne à part elle ne soit témoin de ce qu'il s'était passé.
Elle me répondit et me posa une question. Est-ce que je me suis fait mal ? A vrai dire, je n'en avait pas la moindre idée. L'adrénaline qui m'avait envahi sur le moment parcourait encore mon corps. J'aurais pu me briser quelques os que je ne le sentirais toujours pas. Je jetais un coup d'oeil vers ma main, la tournant pour voir l'endroit qui avait heurté ce qui nous servait de porte. J'étais légèrement rouge. En dépliant et repliant ma main, je su que j'aurais certainement mal dans les prochains jours... La vache, j'avais vraiment tapé aussi fort ? Je relevais la tête vers la jeune fille en face de moi, comme si je reprenais conscience qu'elle n'était qu'à quelques mètres de moi.

-Oh euh... Non, je ne crois pas, ça va...

Je n'avais toujours pas envie de rester là avec elle. Elle était peut-être très gentille, adorable, pleine de bonnes intentions. Mais je pense que même si Benoit était arrivé tout joyeux pour me changer les idées avec ses blagues habituelles, je l'aurais envoyé promener sévèrement. Ouai, ça arrivait très peu, mais j'avais des moments comme ça où il ne fallait ni me parler, ni m'approcher, ni même me regarder. Je lui fis donc un signe de tête et me mis en marche pour aller retrouver ma tente. Encore elle avait de la chance, je n'avais rien ajouté de plus. Enfin... De la chance... Croiser une parfaite inconnue, dans un état second, froide et je m'en foutiste sur le moment, je ne sais pas trop si c'est de la chance. C'est vrai qu'elle ne m'avait rien fait de mal, elle n'avait pas mérité que je me conduise de cette manière. Je m'arrêtais au bout de quelques pas et me retournais. Après tout, peut-être que parler allait m'aider à aller un peu mieux ? Et je me sentais un peu coupable de la laisser comme ça derrière moi. Elle n'avait vraiment pas l'air dans son assiette.

-Désolée, dis-je en retournant près d'elle, je ne suis pas très bien ce soir et...je ne savais plus vraiment quoi dire maintenant. Enfin, je m'appelle Charlie et toi ?

Je dessinais un petit sourire sur mon visage. Celui que j'avais eu l'habitude de porter quand je n'allais pas bien, mais que je ne voulais pas le montrer. En fait, depuis le début de cette guerre, j'avais du l'afficher au moins une fois par jour. Un sourire, ça n'a l'air de rien, mais c'est ce qui donne de l'espoir, qui montre notre humanité. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait pour les derniers instants de Leah, ma meilleure amie. J'avais eu beau savoir que j'allais être seule, paumée et sans ressources, je voulais qu'elle soit rassurée, qu'elle sache que tout allait bien se passer pour elle, comme pour moi.


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MessageSujet: Re: « Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance ! »   Mer 23 Juil - 18:19

Parfois le passé vous manque ...

La jeune femme reste à distance, a vrai dire tout comme moi sur le coup elle ne bouge pas, elle reste figé à sa place. Elle aurait surement préféré que je ne la vois pas, comme j'aurais préféré qu'elle ne me voit pas. Si jamais au grand jamais Maël venait a apprendre ce que je venais de faire ... Il allait surement m'engueuler et m'en vouloir jusqu'à la fin de mes jours. Mais nous étions toute les deux dans un mauvais état, et elle n'avait pas l'air d'avoir de mauvaise intention.
Elle avait regardé sa main, s'était surement perdue dans ses pensées et avait fini par enfin me répondre, elle semblait désorienté et mal à l'aise de ce que j'en voyais.

Et puis sans que je dise un mot elle était partie après m'avoir fait un signe de tête, qu'elle discussion intéressante n'est ce pas ? Avec ça on construirait surement un nouveau monde non ? Bien sur que non, avec ça vous ne feriez même pas voler une mouche ... Quoi qu'il en soit je la regardais s'éloigner. Mais étonnement elle s'arrêta dans sa lancé, jusqu'à faire demi-tour et revenir vers moi. S'excusant et se présentant.


« Je crois qu'on est deux a ne pas se porter à merveille. Je m'appel Alice. »

Son sourire était presque accueillant, je savais ce qu'est un sourire forcé, j'en ai fait presque toute ma vie et je sais en reconnaître un, mais au moins il y avait un effort flagrant et c'était agréable. Spontanément je lui rendais donc ce sourire, c'est à ce moment là que j'avais eu un léger vertige a peine visible mais où je me voyais déjà la tête parterre. Pourtant il n'en fut rien, je restais planqué comme un piquet, au pied de cette racine qui m'avait précédemment fait tombé. Je ne savais pas trop quoi dire à cette femme, je ne me sentais pas réellement en état de formuler une discussion logique et coordonnée, et puis j'avais peur de dire des trucs que je ne voulais pas forcément dévoiler à une inconnue. Mais elle était agréable alors je n'allais pas l'envoyer valser quand même ...

HRP : Désolé pour la faiblesse de la réponse ...


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MessageSujet: Re: « Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance ! »   Jeu 31 Juil - 19:50




Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance !


La tête me tournait légèrement. Un étourdissement qui me semblait presque agréable à présent. C'était comme si, cet instant de panique laissait place à une sérénité certaine. J'avais besoin de saturer, de moments de faiblesse pour retrouver le calme. Cependant, je n'avais pas l'âme à rire et être moi-même, comme d'habitude. C'est drôle, mais, lorsqu'elle me dit que nous étions deux à ne pas nous sentir bien, mon sourire forcé se transforma en un franc sourire, presque de soulagement. Comme si parler, faire remarquer que chacune voyait que l'autre n'allait pas, aidait à faire passer la pilule. Alice. Elle m'inspirait confiance à présent. Je ne sais pourquoi, mais j'étais heureuse de ne pas être partie finalement. J'étais heureuse qu'elle ne se soit pas sentie bien, comme moi, puisque cela avait précipité notre rencontre. J'avais envie de tout lui déballer, de vider mon sac. C'est vrai, je pense que nous avons tous besoin de se défouler, de parler, de débiter tout ce que l'on a sur le coeur. Eh bien, que cela vienne d'une alchimie, ou de ma crise qui était encore effective, je me sentais assez en confiance, dans l'instant pour tout déballer.

Mais je ne le fis pas. Je savais que tout le monde avait ses problèmes et que personne ne voulait entendre ou s’occuper de ceux des autres. De plus, je voyais qu'elle n'allait pas bien. Elle semblait, je le voyais à présent, avoir un petit coup dans le nez. Je ne pouvais en rien juger cela et je n'étais pas en position de le faire. Je n'avais jamais trouvé le refuge dans l'alcool. Je préférais la solitude, l'enfermement. Mais ici, il fallait forcément changer de méthodes. Je ne pouvais plus rester cloîtrée dans mon coin avec le rôle que j'avais au sein de l'équipe médicale. Alors j'adoptais la technique du "tout va mal, mais c'est pas grave, tout va bien !". Oh, on peut dire que cela marchait la plupart du temps. Je croyais en l'espoir, en l'avenir et, j'arrivais à me convaincre que tout allait bien se passer. Quoi qu'il en soit, si l'on m'avait proposé un verre ou deux d'un alcool bien fort, je n'aurais sûrement pas refusé.

-Toi aussi tu as perdu tous ceux qui comptaient pour toi ?

J'aurais pu poser n'importe quelle autre questions. J'en avais d'ailleurs pas mal en tête. D'où venait-elle, qu'est-ce qui la minait au point qu'elle boive, depuis combien de temps était-elle au camp, où est-ce qu'il y avait de l'alcool ? Mais ces questions là n'avaient pas d'importance. La seule question qu'il me semblait pertinente était celle là, car il semblait que c'était ce qui nous détruisaient peu à peu. Je m'approchais un peu d'elle afin que la distance entre nous devienne celle de deux personnes qui discutaient et non celle de deux animal qui se jaugeaient. Je sentis les larmes me monter aux yeux alors que je la regardais, c'est surement ce qui me fit m'asseoir sur le petit rebord de route qui se trouvait à coté de nous avant qu'elle n'ait le temps de me répondre. En vérité, j'avais peur que l'émotion ne me submerge en entendant la réponse que je pensais certaine.


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MessageSujet: Re: « Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance ! »   Jeu 31 Juil - 22:05

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Je me sentais pas au pire de mon état, j'avais vu pire. Mais l'alcool que j'avais pu boire me faisait sombrer dans un monde qui paraissait totalement différent, j'avais l'impression d'être dans un monde parallèle. Et le fait que cette jeune femme me parle me paraissait totalement décalé. Enfin je ne saurais pas trop comment vous dire ça mais j'avais moi aussi l'impression que je pouvais tout lui dire. Enfin il parait que l'alcool ça rend bavard, je trouve pourtant que j'arrive a garder pas mal de chose ... Enfin je ne suis pas non plus complètement pétée et je ne l'ai jamais été ...
La question de Charlie me déstabilise un peu, elle est franche et directe, mais elle est aussi tranchante et douloureuse. C'est le genre de question qui relève trop de souvenirs, que des souvenirs que j'ai envie de faire disparaître pour arrêter de souffrir maintenant que j'ai presque tout perdu.

La belle brune s'assit sur le sol, après s'être rapprocher de moi. Et la voyant faire j'ai d'un coup l'impression que mes jambes ne vont plus me porter, et que sont idée est plutôt pas mal. Je me pose donc a côté d'elle, regardant face à moi le regard un peu vide. Après quelques instants d'hésitation, et de réflexion je finis par lui répondre. Je n'ai pas peur de cette femme, je me sens rassurée même de ne pas être seule en ce moment, et je n'ai pas peur de lui répondre sincèrement ( enfin dans la limite du raisonnable )

« J'ai perdu le seul qui comptait pour moi ... »

Oui, Louis était le seul qui compte a mes yeux, je n'avais plus de famille, pas vraiment de vraie amis, je n'avais pas eu l'occasion de m'attacher réellement a la famille de Louis, manque de temps, la peur de mon père, et puis on est parti assez vite après qu'ils m'aient hébergé.

« Mais j'ai de la chance d'avoir son frère. »

Le ton de ma voix aurait peut-être pu trahir la forte affection que je lui apporte aujourd'hui. Mais premièrement je ne vois pas pourquoi je le cacherais. Grâce à lui je suis encore en vie, et on a partagé les mêmes peurs et les même emmerdes. De toute façon vu mon état je crois que ma voix n'était plus un réel indicateur.
A la formulation de la question de Charlie, je pouvais comprendre qu'elle avait tout perdu avec cette foutu guerre.

« T'as absolument plus personne ? »


Ca pouvait expliquer son état d'esprit, c'est tellement difficile a vivre d'avoir perdu rien qu'un proche. On y réagis surement pas tous de la même manière, même ça n'empêche que ça nous atteint forcément. Elle a l'air d'être un peu comme moi, ce genre de fille qui arbore toujours un grand sourire mais qui au fond souffre et a un moment où a un autre on a besoin de se lâcher et de péter un câble.


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MessageSujet: Re: « Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance ! »   Mar 5 Aoû - 22:36




Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance !


Elle me rejoignit à terre. Tant mieux. Je n'avais pas réellement envie d'une discussion à deux étages. Cela m'aurait donné l'impression de parler seule. Cela m'arrivait parfois. Comme tout le monde non ? Enfin. Je sentais dans son attitude, sa respiration, du moins ce que je pouvais en percevoir, que ma question la troublait. Normal me direz-vous. Une inconnue à l'air louche serait venue vers moi en me posant cette question, j'aurais certainement fui, ou éviter de répondre. Mais pas elle. Elle s'assit à coté de moi, semblait avoir une certaine confiance, même en étant mal à l'aise. Ce qui se confirma lorsqu'elle me répondit.

Je ne comprenais que trop bien la phrase qu'elle avait prononcé. Comme dirait Lamartine "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.". A un détail près que, l'être dont parle le poète est certainement juste loin de lui et qu'il la reverra une jour. Pour nous, cet être est juste décédé. et ne reviendra jamais plus. J'espérais seulement que cela s'était déroulé dans de différentes conditions pour elle. Qu'elle ne l'avait pas vu mourir sous ses yeux. Car oui, les marques que ce genre d’expérience vous laisse sont, bien qu'invisibles, indélébiles. Je revois encore très bien le couteau transpercer la gorge de Sam. Ce petit son étouffé qu'il arrivait à peine à produire et qui, je savais, voulait dire "Sauve toi." Je n'avais même pas pu le serrer contre moi, être présente dans son dernier souffle. Je savais que sa dernière vision de ce monde avait été celle de ce clochard qui l'avait arraché à moi. Mais ça aurait dû être moi. Et penser cela rendait l'endroit où son sang s'était posé sur ma peau, douloureux, presque brûlant. Mes cicatrices invisibles. Mon cœur se serra, je me résonnais avant de me remettre dans un état terrible. Une crise par jour, c'était bien assez.

J'esquissais ensuite un sourire lorsqu'elle me dit qu'elle avait quelqu'un sur qui compter? Je sentais dans sa voix qu'elle lui était reconnaissante. Elle n'avait pas eu, elle non plus à traverser cette épreuve seule. Moi, j'avais eu la chance d'avoir Leah et Quentin. Mais l'on pouvait eux aussi les rayer de la liste de ceux que j'espérais revoir un jour. En y réfléchissant bien, personne ne comptait vraiment à mes yeux aujourd'hui. Enfin... Personne appartenant à mon passé. Mais c'est une autre histoire. Je commençais à me tordre les doigts, conséquence du stress causé par le souvenir.

-Alors...Mon petit ami, trois jours après la guerre, l'un de mes amis les plus proches plusieurs mois après et ma meilleure amie il y a à peu près un mois. je fis une pose dans ce décompte que je démontrais en comptant sur mes doigts. Mon père est mort avant tout cela mais cette guerre rend son absence plus difficile encore et j'ai jamais connu ma mère. Je crois que le compte est bon. terminais-je avec un rire purement nerveux.

Loin de moi l'idée de me plaindre ou d'étaler mes malheurs à quelqu'un qui en avait certainement autant bavé que moi.Pour dire vrai, je n'avais jamais été aussi franche avec une personne que je venais de rencontrer. Je considérais cela comme une bonne chose. Une très bonne même. Peut-être était-ce le signe que nous allions devenir de vraies alliées.
Dans un élan de camaraderie, je lui pris la main. Signe que je lui faisais confiance et que nous avions toutes deux traversé quelque chose d'horrible. J'avais toujours été très tactile.

HRP : Désolée pour le temps de réponse é.è


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La vie mène à la mort, mais il ny a pas quun chemin



MessageSujet: Re: « Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance ! »   Sam 9 Aoû - 19:40

Parfois le passé vous manque ...

Beaucoup aurait surement pensé que cette façon de prendre du recul sur les choses, d'énumérer sans forcément se rattacher aux gens derrière le nom, voulait dire qu'elle ne les avaient pas réellement aimé. Mais moi je savais, je savais parfaitement a quel point on avait besoin de se décrocher de tout ça pour survivre, pour ne pas être totalement rongé. Elle avait tout perdu, petit à petit elle avait vu les siens disparaître. Et je pouvais lire en elle cette souffrance qu'elle avait traversé. Moi même javais perdu mon homme, ma vie, et je n'avais pas connu ma mère, la seule chose qui pouvait éventuellement me différencier d'elle c'est que la mort de mon père ne me faisait ni chaud ni froid. Ah et peut-être aussi le fait que j'avais encore quelqu'un à qui me raccrocher, Maël, qui était là pour me soutenir depuis le début de cette guerre qui n'était pas la notre. Ce geste qu'il avait eu, ce réflexe était touchant, extrêmement touchant, il avait abandonné sa famille pour son frère, et pour moi il aurait sans doute tout abandonné. J'ai conscience de la chance que j'ai eu de le trouver au pied de ma porte, et qu'il accepte que je parte avec lui. Sans lui je serais sans doute auprès de ma mère en ce moment.
Elle prit ma main et je ne la repoussais pas, je comprenais tellement ce geste, ce besoin de se sentir soutenue et comprise. Ce besoin de se rendre compte que c'est bien réel, elle me ramène d'ailleurs à la réalité par ce geste, j'ai l'impression de moins sombrer dans un néant totale et vide. L'alcool n'a pas l'effet attendu sur moi, je le sais mais ça ne m'a pas empêcher de boire, comme ça sur un coup de tête. L'alcool rendait mon père agressif, fou et violent, moi il me fait comme planer, plonger dans un monde lugubre et différent, oublier un peu ma vie quelques instants, pour me la rappeler encore plus brute la minute d'après. L'alcool me fait parler, un peu trop sans doute, et me rend lunatique et perdue. La tête me tourne encore, même si je suis assise, et je ne peux rien y faire, je me sens simplement désemparée et vulnérable, alors je continue de parler avec cette inconnue qui ne l'est plus tant que ça.


Je peux comprendre oui ... Mon homme est sans doute mort, je n'en suis même pas sur et je crois que c'est encore pire que lorsque l'on sait ... J'ai pas connu ma mère non plus, malheureusement. En revanche mon père ... sa disparition n'est pas une souffrance pour moi ...

En parlant de lui on pouvait presque lire du dégoût, un dégoût total, et il était clairement expliqué par toutes ces années cauchemardesques que j'avais pu connaitre. Des années de terreur et de douleur, un grande partie de ma vie quoi ... Aujourd'hui le savoir mort me permet d'une certaine façon de n'avoir plus peur de le voir apparaître. N'avoir plus peur de ses coups, de sa violence, de ses actes, c'est affreux mais ça mort m'a soulagé d'un poids que je portais depuis le jour où j'ai quitté la maison. Cette frayeur de pouvoir le voir frapper à ma porte en étant seule et désemparée, de le voir me frapper encore et encore parce que je lui faisait honte, de le voir m'humilier, de devoir supporter qu'il fasse des choses qu'on ne devrait jamais faire à qui que ce soit, et encore moins à ses enfants.
Alors oui je pouvais paraître affreuse en disant que je ne souffrais pas de sa mort, mais je considérais clairement que j'en avais pleinement le droit. On ne peut pas faire subir ça à son enfant et s'attendre à ce qui vous aime envers et contre tout ... Quoi que je l'aimais mon père, dans ses bonnes phases ... Et puis en ayant encré dans la tête que ce n'était pas lui qui causé mon malheur mais seulement moi, j'avais de l'amour pour lui. Mais aujourd'hui tout cela est effacé, maintenant que je peux le réfléchir clairement je me rends compte que je ne l'ai jamais aimé, que ce n'était qu'une illusion.

En attendant je pouvais donc comprendre l'état de Charlie, ce qui la rendait si mal en point, ce qui pouvait nous pousser au pire connerie ... Je serrais donc ma main dans la sienne, lui faisant retour de ce geste de sympathie et de soutient. J'avais besoin d'une personne à qui je puisse dire ce genre de chose, avec Maël c'est différent, je n'ose pas en parler. Bien évidemment il connait mon passé ( plus ou moins ) après tout on faisait partie de la même famille, mais je n'arrive pas à lui parler de tout ça ...


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« La beauté plaît aux yeux, la douceur charme l'âme. » Laissez moi espérer que je puisse plaire et charmer, ce bon vieux Voltaire m'aurait surement aimé.
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MessageSujet: Re: « Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance ! »   Dim 21 Sep - 8:32




Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance !


Je me sentais un peu mieux. Certes, je n'avais pas envie de sauter dans tous les sens, de rire, de chanter ou de danser. Mais je sentais cette chaleur en moi, comme lorsque mon père me prenait dans ses bras et m'assurait que tout allait bien se passer. Savoir qu'Alice était ici, dans la même galère que moi me faisait du bien. Peut-être est-ce complètement égoïste, mais savoir qu'elle avait souffert comme moi, qu'elle avait presque tout perdu me faisait du bien. J'avais besoin de me focaliser sur autre chose que mes propres soucis ce soir. Je voulais partir loin, très loin de mes souvenirs, j'avais besoin d'une échappatoire, de me concentrer sur la vie d'une autre personne, l'aider, la rassurer. Aider pour se sentir mieux. Donner des conseils pour réfléchir soi-même à ce que l'on devrait faire.

Mais dans ce monde, nous n'avons plus vraiment le choix. Rester bloquée dans ses propres souvenirs, regretter les êtres perdus jusqu'à ne plus exister, disparaître à son tour lentement, pour se laisser mourir lentement. Ou bien tout faire pour avancer oublier ceux qui ne sont plus, pour ne plus souffrir de leur absence. Regarder devant, après tout, une vie meilleurs nous attend peut-être dans quelques mois, dans quelques années ?

Je ne veux pas mourir dans ce contexte. Je l'ai cru un moment, lorsque tout ce que j'avais vécu m'avait envahis. Lorsque tout était frais. Mais non. Il ne fallait pas. D'une certaine manière, rencontrer Alice dans mon état m'avait donné un certain courage, une certaine rage de vivre. Oui, j'allais vivre, m'en sortir, me battre avec les autres. Parce que me laisser moisir lentement reviendrait à insulter tous ceux qui sont déjà morts (et je ne parle pas seulement de mes proches). Nous les survivants devons faire de notre mieux pour gentiment dresser notre majeur à la face des responsables de ce carnage. Oui, c'est de cette manière que nous devions agir, que nous devions rendre hommage à ceux qui ne pourront voir ce nouveau monde que nous réussirons (j'en suis certaine) à mettre en place.

-Je ne sais pas si savoir est pire... Je pense que je préfère cela à l'incertitude. Il ne me reste qu'à faire mon deuil...

C'est vrai, je n'ai plus à espérer, je n'ai plus l'espoir de le voir débarquer au camp dans un heureux hasard. Je sais qu'il ne reviendra pas, que je ne le reverrais jamais. En fait, je réalisais que j'avais passé les 5 phases du deuil. J'avais du étudier cela pendant mes études. Dans les hôpitaux, nous sommes souvent amenés à voir des morts et à conseiller, ou réconforter leurs proches. Il y a d'abord le déni, suite au choc, on ne peux pas accepter la réalité, on refuse même de la voir. C'est une sorte d'auto protection. Puis il y a la colère, on en veut au monde entier, on s'en veut, on culpabilise aussi souvent. Après vient le marchandage, on essaye de négocier même si l'on sait que cela ne sert strictement à rien. C'est vrai, aucun dieu de descendra de son nuage, sa montagne, son autre planète ou que sais-je, pour échanger votre vie contre celle de l'être perdu. Enfin, lorsque l'on se rend compte que cela ne sert à rien, on arrive dans la phase de dépression. C'est souvent l'occasion de faire des retours en arrière dans la phase de la colère. Puis il y a la dernière phase, l'acceptation. Oui, la douleur est toujours présente, oui le manque reste comparable à un pieu que l'on vous enfoncerait dans le corps. Mais l'on ne se tourmente plus, on arrive presque à atteindre une paix, le bonheur.

Pour ma part, j'avais eu tout le voyage avant d'arriver au camp pour passer les trois première phases. Surement à cause de l'état dans lequel j'étais lorsque je suis arrivée, j'ai traversé une longue phase de dépression, que je tentais de cacher par ma joie et mon optimisme. Mais lorsque je restais seule, je retournais à la colère. Faire ainsi de nombreux allez-retours entre des phases n'était pas très bon. C'est certainement ce qui m'a conduit à enchaîner de plus en plus les crises d'angoisse. Mais il me semblait cependant que je commençais doucement à basculer vers l'acceptation. Et cela me fit sourire. Mon optimisme reprenait le dessus, j'allais bientôt pouvoir me défaire de l'emprise de Sam.
Je regardais alors Alice. Quelque chose m'avait interpellé dans sa phrase. Son père. Vous pourrez pensez que je fais une obsession là dessus, mais c'est pour moi quelque chose de très important. J'avais senti comme une espèce de répugnance dans sa voix, ce qui me conduit à penser que nous n'avions pas vraiment eu le même genre de père.

-Qu'à-t-il fait pour cela ? demandais-je simplement. Je ne voulais pas paraître trop brute ou trop directe, peut-être n'était-ce pas un souvenir très agréable, sans doute même. Enfin... Je sens bien que tu éprouves un certain ressentiment pour lui...

HRP : Ayé ! Je suis relà !


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MessageSujet: Re: « Mon Dieu ! donnez-moi l'insouciance ! »   Aujourd'hui à 15:39



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