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MessageSujet: Rien qu'une minute d’inattention et tout est perdu [Philippe]   Mer 2 Juil - 20:27




Rien qu'une minute d'inattention et tout est perdu.


J'étais allongée dans ce qui me servait de lit, dans l'une des seules tentes qui restaient inoccupées à mon arrivée. C'était la mienne à présent. Bien que je doute fort qu'il y ait grand chose à l'intérieur pour la distinguer des autres. Un lit, ou plutôt une paillasse, quelques caisses récupérées servant de petite table, un petit coffre pour ranger le peu d'effets personnel que nous avions tous. J'avais accroché près de mon lit, une affiche froissée que, je ne sais pour quelles raisons, j'avais emporté dans ma panique. Elle me rappelait le cinéma, que j'aimais tout particulièrement. Qui sait, peut-être qu'une fois la guerre terminée, nous ferons des films sur ce qu'il s'est passé !

Mais pour cela, il fallait que la guerre se termine, que nous puissions nous réveiller de ce cauchemar. Voila que j'entend des bruits, une agitation inhabituelle de la part du camp. Ils semblent courir, presque crier, affolés. C'est alors que j'entend des bruits d'hélicoptère. Il ne me semble pas que l'on ait des hélicoptères dans le camp ! Paniquée je sors de ma tente d'une enjambée. Ce que je vis alors, me glaça le sang au point que je sois dans l'incapacité totale de bouger un seul de mes muscles.

Les hélicoptères militaires survolaient le camp alors que les bruits de balle retentissaient. La terreur avait envahis notre groupe installé près de la départementale D57. Je les regardais courir, se cacher pour ne pas être tués. Je reconnu certains prendre les armes et tenter de résister à l'ennemi. Parmi eux, Philippe dirigeait pour un minimum d'organisation. Et c'est avec stupeur que je le vis tomber à terre. Je voulu me précipiter vers lui, mais j'en fus incapable. Du sang s'échappait lentement de son corps qui restait à présent inanimé. Pourquoi faisaient-ils ça ? Nous n'étions qu'un camp qui tentait tant bien que mal de survivre. Méritions-nous ce massacre ? Le plus frustrant dans cette histoire, c'est que nous ne savions même pas qui nous attaquait. Notre propre pays ? Les pays en guerre contre nous ? Et d'ailleurs, qui était en guerre contre qui à la fin ?! Peu à peu, des hommes rentrèrent dans le camp et assassinèrent ceux qu'ils avaient sur leur chemin. L'un d'eux s'approcha de moi, un couteau à la main...


Je me réveillais en sursaut. Ah ce que ce genre de cauchemar m'énervait ! Je voyais déjà assez d'horreurs en vrai, pas besoin de m'en rajouter à la fin ! Je m'étais assoupi un instant. Il n'était pourtant pas tard... Je regardais mes mains trembler. Je m'inquiétais et je savais que cela allait durer. Autant me lever et me balader dans le camp. De plus, je voulais aller voir à la station service, peut-être que j'y trouverais Philippe.

Il était l'une des seules personnes que je connaissais dans le camp. Je crois qu'on pourrait les compter sur une main en réalité. Et, sans savoir pour quoi, lorsque j’éprouvais quelques dangers sur la sécurité du camp ou sur ce qu'il allait advenir de nous, j'aimais aller le voir. Je ne sais pas... Peut-être que sa présence était rassurante. C'est vrai que, physiquement déjà, il imposait un certain respect. Je décidais donc d'aller le voir, même avec les difficultés que j'ai, normalement être avec les militaires. J'en avais déjà connu et leur personnalité ne m'avait pas plu. Obéir aux ordres ne pas réfléchir, se laisser traiter de lavette par les supérieurs... Génial... Cependant, il semblerait que la guerre puisse faire changer mon point de vue. Il n'y avait plus vraiment de militaires ou de civils à présent. Nous étions tous des humains cherchant à vivre.

Lorsque j'arrivais à la station service, je fus heureuse de constater qu'il se trouvait à l'intérieur. Je m'avançais avec un petit sourire, un peu gêné. Je ne savais jamais vraiment comment l'aborder.

-Décidément, tu es assez prévisible. Je n'ai même pas eu besoin de te chercher pour te trouver !


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MessageSujet: Re: Rien qu'une minute d’inattention et tout est perdu [Philippe]   Dim 6 Juil - 19:47

La matinée passe lentement. Levé aux aurores, j'ai le corps tout courbaturé par la faim qui me tiraille le ventre, et par le froid, la fatigue. Je me suis levé comme toujours à la suite de cauchemars et par le bruit. La lumière est presque absente dans toutes nos matinées vue la couverture nuageuse. Cela ne nous empêche pourtant pas de travailler. A la bougie, à la lampe à pétrole, aux néons et à tout ce qu'on a pu bricoler pour nous éclairer. J'épluche le rapport griffonné sur du papier bruni par le mauvais temps. Des éclaireurs vers le nord. Apparemment, la 2ème brigade est toujours aux prises avec l'ennemi et les pertes s'accumulent. Les liaisons radios ne sont toujours pas vraiment rétablies. Les unités disposant de moyens de communication fiables n'existent tout simplement pas. Toujours les mêmes parasites, toujours le même brouillage volontaire ou non. On ne sait pas vraiment ce qui gâche ainsi notre si bon matériel, mais nos radios ne nous permettent pas plus de nous organiser qu'à remplir nos putains d'estomacs. Le rapport, mal écrit, évoque une potentielle présence de fourrageurs ennemis du côté d'Avranches. Je vais renforcer la garde de nuit. On ne sait jamais. Ces maraudeurs, loin des forces principales s'affrontant toujours dans la plaine de Caen, sont un danger pour tous les regroupements disposant d'un tant soit peu de vivres et de matériel. Quand bien même en manquons nous, nous disposons tout de même de quoi aiguiser les convoitises. Je soupire et pose le papier au coin de la planche posée sur deux bidons retournés, me servant de bureau. Je me frotte les yeux d'un revers de mes mains sales.


Engoncé dans ma tenue camouflée et dans mon pare-balles, je n'ai pas chaud. Mes yeux me piquent, et je racle ma gorge. Je suis fatigué, le corps tout tendu n'aspirant qu'à un peu de soleil ou de détente. Je me demande si je ne ferais pas mieux de laisser le commandement à un de mes subordonnés pour aller voler quelques heures à cette matinée dans mon lit. J'y réfléchis, et je me dis que ce ne serait sans doute pas la solution idéale. Je ne peux pas me détendre, mais je peux toujours me changer un peu les idées. Je prends mon fusil d'assaut, calé contre ma chaise, et je le pose sur la table. Je tire ma baïonnette, et je démonte avec la pointe de mon crève cœur l'engin de mort qui m'a accompagné jusqu'ici dans le conflit. L'arme n'est pas sale, mais je la nettoie, puis la remonte et la recharge. Je soupire à nouveau. Quelques dizaines de secondes, et j'ai fini. J'ai besoin d'un café, mais il n'y a qu'un ersatz de marc passé et repassé au travers d'une chaussette de laine pour seul filtre. A la guerre comme à la guerre. Je remets mon béret rouge de parachutiste sur la tête avant de me lever pour aller chercher l'infâme boisson, quand je vois un visage connu s'avancer dans la pièce. Je souris. Faiblement, mais je souris quand même. Charlie truc. Je sais plus son nom de famille. On s'est rencontrés quelques temps plus tôt, quand elle est arrivée au camp. La petite est intelligente en plus d'être bien roulée, et elle ne m'a traité ni en ennemi ni en abruti, fait suffisamment rare pour s'attirer un minimum de sympathie à mes yeux. Elle dit que je suis prévisible et je souris.



| Ah ouais, et si je suis si prévisible, je pense à quoi là tout de suite?|


Probablement de quoi faire péter la culotte d'une nonne


| Pourquoi me chercher, d'ailleurs? |



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MessageSujet: Re: Rien qu'une minute d’inattention et tout est perdu [Philippe]   Mar 8 Juil - 21:09




Rien qu'une minute d'inattention et tout est perdu.


C'était assez étrange, mais dès que je l'avais vu, je m'étais tout de suite sentie mieux. Oui, il m'en fallait peu. Oui, en ces temps de guerres et de pertes humaines importante, j'arrivais à me raccrocher à presque rien. Un visage amical, une voix familière me servait de repère. Et dans ce camp, j'avais déjà pu me faire quelques connaissances, à croire qu'il me fallait au moins ça pour ne pas devenir folle, pour rester humaine. Car oui, j'ai l'impression que l'humanité se perd dans la fumée des bombes. J'ai l'impression que la vie n'a plus de réel sens, que le plus important, c'est de survivre. Mais je ne veux pas survivre, je veux vivre, à quoi bon sinon ? A quoi bon se battre si nous ne prenons pas le temps de parler, de rire, de sourire, d'aimer ?
Philippe n'était ni un ami, ni rien de plus, mais il était quelqu'un que j'appréciais malgré son caractère parfois autoritaire et, en cet instant, il me fit rire. A quoi il pensait ? Et bien... Même en le connaissant peu je savais que cela ne pouvait rien avoir de très catholique. Tuer ? Baiser ? Oh mais que je suis mauvaise... Peut-être que ce qui occupait ses pensées n'était que le fait de dormir. Si, on y croit !

-J'ai dit que tu étais prévisible, pas que j'avais des pouvoirs psychiques ! Mais... Je parierais que tu penses à enlever les vêtements d'une jolie fille !

Bien sûr, je savais que cela n'occupait pas la majeure (du moins, je l’espérais) partie de ses pensées, mais je trouvais cela drôle de le taquiner ! J'avais noté que certaines personnes le vouvoyait et j'en fus d'ailleurs pas mal surprise. En ces temps, je tutoyais tout le monde, je n'avais pas vraiment le réflexe de me demander qui je devais tutoyer ou vouvoyer et à vrai dire, je m'en fichais.

Et d'ailleurs, il avait raison. Pourquoi est-ce que je le cherchais ? Qu'est-ce que j'espérais en venant le voir ?Je m'imaginais que j'allais lui raconter mon cauchemar ? Lui dire que j'avais peur et que j'avais besoin d'une parole réconfortante. D'être sûre que le camp tiendrait et qu'on était prêts pour une attaque. Peut-être qu'il m'aurait souri, rassuré, prise dans ses bras. Oui Charlie, un peu de thé avec tout ça ? Et bien le pire, c'est que c'est ce je m'imaginais, en effet, j'avais simplement cherché une oreille attentive et une parole réconfortante.

-Oh euh...

A dire vrai, je ne savais pas réellement quoi lui répondre. Je me sentais un peu ridicule sur ce coup là. Allez voir quelqu'un parce que j'avais fait un mauvais rêve, c'était bien quand j'étais avec on père et jusqu'à l'âge de 12 ans. J'eu certainement un sourire gêné sur mon visage alors que je m'avançais lentement vers lui. Je m'assis sur la table pour balancer mes jambes qui ne touchaient alors plus le sol.

-Je me suis assoupie un peu et j'ai fait un mauvais rêve à propos du camp. dis-je simplement avant d'ajouter Je t'ai vu mourir dans mon rêve alors je sais pas... Ptet que je voulais m'assurer que tu étais bien vivant ! Puis je continuais en rigolant Imagine ! Je serais vraiment perdue sans toi ! Puis je le regardais en souriant T'as l'air fatigué dis moi.


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MessageSujet: Re: Rien qu'une minute d’inattention et tout est perdu [Philippe]   Ven 11 Juil - 14:49

Je me posais la question avec un brin de serrement au cœur, redoutant encore l'émergence d'insolubles problèmes qui ne manquaient pas à chaque fois de me pourrir mes journées, de provoquer de nouvelles angoisses que je dissimulais parfaitement mais qui me minaient jour après jour, événement après événement. Il n'y a pas de secret ; pour survivre il faut surmonter les obstacles que place la vie en face de nous, situation après situation. Ne jamais baisser les bras et y aller un problème à la fois. Le risque en faisant autrement, est celui de devenir fou, complètement fou. Je n'étais quoiqu'il en soit pas quelqu'un de très compliqué ; il fallait comme toujours que je puisse gérer ce qui me tombait dessus, parfois plus par fierté que par réelle nécessité. Bref. Peu importe. Charlie est en face de moi et je balance déjà les plaisanteries grivoises. Je suis totalement déshinibé de ce côté là. Franchement, qui va venir me faire chier pour quelques insanités ? Les pètes culs sont déjà morts, les autres sont blasés. Je n'ai jamais pris de gants dans ma vie et ça ne va certainement pas commencer maintenant. Charlie aurait le droit d'être offusquée cela dit, par le côté cru de mes propos parfois. Mais honnêtement, elle a qu'à être moins bonnasse si elle veut pas se faire emmerder par les hommes. Sexiste et rétrograde, mais je m'en tape. C'est la fin du monde et je le répète, personne ne viendra me faire chier pour ces broutilles. Je suis comme je suis et je fais ce pourquoi je suis fait. La jeune femme rit, et je me sens bien. Ouais, ça me détend, et je pense bien à des trucs pas très propres. Tant pis. C'est ça ou devenir fou, à moins que je ne le sois déjà.


| Oh, vêtements ou pas, y'a toujours moyen d'y trouver son compte...! |


Et paf, ça recommence. Incorrigible et intraitable, mais je m'en fichais bien. Si là je m'amuse, je sens cependant le doute pointer le bout de son nez alors que Charlie semble hésiter quant à la réponse à me donner. Elle commence une réponse qu'elle ne termine pas, et semble un peu gênée. De quoi voulait elle me parler ? La jeune femme ne doute de rien en tous cas, elle se rapproche pour s'asseoir sur le coin de mon bureau. C'était un peu.. Suggestif, je trouve. J'ai peut être l'esprit mal placé, mais une femme ne vient pas plaisanter sur le cul avec un homme pour venir s'asseoir face à lui sur son propre bureau. Devais je y voir un message, ou une incroyable candeur ? Et là, Charlie me parle de son sommeil agité, du fait qu'elle m'avait vu mourir. Franchement, la nouvelle me laissa de marbre. Je ne croyais pas vraiment aux présages et je rêvais déjà suffisamment de mort dans mes propres songes pour ne pas m'encombrer des siens. Et voilà. Encore des allusions. Bordel, elle a quoi derrière la tête ? Sa voix semble se faire plus douce, quand elle semble s'inquiéter pour moi. Il fallait vraiment que je pense à autre chose qu'à ce joli sourire ; je détournais les yeux. Oui j'étais exténué.


| Fatigué ? Bah ! Dis tout de suite que j'ai une gueule de lopette ! Mon cul. Je suis en pleine forme. T'en fais pas va, il est pas né celui qui me bottera le cul et qui s'en prendra à ce camp. |


En fait, l'un comme l'autre pouvaient arriver n'importe quand. Je redresse mon regard vers le sien.


| Alors comme ça, tu t'inquiètes pour moi? |


Large sourire plein de sous entendus, à moitié sérieux. Je faisais surtout dévier la conversation...



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MessageSujet: Re: Rien qu'une minute d’inattention et tout est perdu [Philippe]   Mar 22 Juil - 12:07




Rien qu'une minute d'inattention et tout est perdu.


Sa remarque sur les vêtements me fit sourire, toujours. J'avais bien des choses à lui répondre, des blagues de mauvais goût plutôt axée, mais je me retint. Je n'avais pas envie qu'il croit que j'étais venue pour l'allumer ou parler de cul. Quoique, avec l'esprit mal placé qu'il avait, il ne devait pas avoir besoin de moi pour penser cela. De plus, je me rendais compte que j'avais réellement perdu l'habitude de blaguer sur ce sujet. Mon renfermement sur moi même à la mort de mon père m'avait quelques peu changée et j'étais passée de la dragueuse professionnelle à la petite copine fidèle avec Sam. Mais j'aimais cette adolescente qui s'en fichait des conséquences de ses actes parce qu'elle n'avait à rendre de compte à personne. Celle qui ne pensait qu'à s'amuser, de toutes les manières possible afin de profiter de chaque instant de la vie. Tu veux t'amuser, danser avec lui ? Va ! Oh tu veux aller dans une chambre plus discrète avec lui ? Qu'est-ce qui t'en empêche fonce ma fille ! Pourquoi, comment avais-je changé ? Pourquoi abandonner cette figure ? Au contraire, avec cette guerre et ce bazar, c'est maintenant qu'il fallait profiter de tout ce que l'on pouvait. Mais, comme toujours, quelque chose m'en empêchait, certainement le souvenir de Sam.

Je balançais mes jambes dans le vide, c'était un moyen de me détendre, ou de donner des coups de pied imaginaires à mes soucis. Lorsqu'il je lui fit remarquer qu'il avait l'air fatiguée, il me répondit qu'il n'avait pas une gueule de lopette.

-Ah ça s'est toi qui le dit ! Tu sais, nier l'évidence ne sert à rien...

J'adorais ça, le charrier, lui lancer des piques. Rien de bien méchant hein. Je pense que c'était à cause du fait que, pas mal de gens obéissent à ses ordres et le respectent. J'avais besoin de montrer que je n'étais pas sous ses ordres et que je pouvais faire et dire ce que je voulais. En fait, le fait que je taquine quelqu'un devait être proportionnel à son importance dans un groupe. Oh non, je n'appellerais pas cela un "problème avec l'autorité", juste une besoin de m'en détacher. Quoi ? C'est pareil ?

Mine de rien, ce qu'il dit me rassurait. Je suppose que j'avais assez d'espoir pour penser que ce camp était inattaquable grâce à lui, l'organisation du camp et des autres soldats. Puis, nous attaquer ne servait à rien ! Notre propre pays n'aurait aucun intérêt à nous éliminer. A moins de vouloir ne conserver après la guerre, une espèce d'élite super intelligente et inoffensive qui empêcherait toute guerre future. Je m'égare... Et les autres pays n'en tirerait aucun profit puisque nous n'avons pas l'intention de les attaquer et que, tenter de faire faiblir les défenses de notre pays ne sert à rien, ils ne savent même pas que nous existons. D'ailleurs, pourquoi étions nous mêlés à ça ? A ce que je sache, c'est l'Inde qui a commencé, et nous n'avions pas de désaccords particuliers avec eux. La France aurait pu choisir de ne pas rentrer en guerre. Ah oui, c'est vrai, ils ont détruit nos principales villes.

-Oh mais ne t'inquiètes pas, cela n'a rien à voir avec toi ! Je te ferais remarquer que c'est mon job de m'inquiéter pour les autres et comme tu es important, c'est mon devoir d'essayer de te garder en forme et en bonne santé !

Je remarquais le large sourire qui s'était affiché sur son visage lorsqu'il avait parlé. Bien sûr, j'avais noté les sous-entendus qu'il pouvait avoir en tête, en même temps, qui ne l'airait pas fait ? Et je voulais juste tenter de prendre le plaisir de lui casser ses illusions. Pas sûr que j'y arrive, mais si cela me permettait de le chambrer, ça m'allait !


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MessageSujet: Re: Rien qu'une minute d’inattention et tout est perdu [Philippe]   Mer 23 Juil - 10:22

On ne peut pas dire que je prenne de gants avec qui que ce soit. En même temps c'est ma nature qui veut ça, et je ne ferais rien qui puisse laisser entendre que je suis quelqu'un de trop respectable. Les gens se méfieraient ; dans tout cet infâme chambardement on trouve toujours des mecs plus cons et plus retors les uns que les autres. Quelqu'un de probe attirerait forcément la suspicion. Du moins, c'est ainsi que je voyais les choses, et je ne voulais pas en démordre. Il y avait aussi le fait qu'essayer d'être quelqu'un d'autre serait une perte totale de temps. Je suis comme je suis et je fais ce pourquoi je suis fait. De toute manière, on retrouvait toujours une utilité à sa propre nature. Certains devaient attendre des guerres pour se révéler à eux mêmes. Ce n'était pas mon cas ; il fallait beaucoup moins que ça pour que je me sente à ma place. Pour les gens comme moi, ce conflit était une aubaine ; nous n'avions plus à nous justifier de notre propre nature et il ne restait plus qu'à foncer, à faire ce pourquoi nous étions sur terre. Même si je dois passer pour un gros pervers, je m'en fiche. Le sourire de la jeune femme comme celui des autres me satisfaisait pleinement et je n'avais pas besoin de plus. Charlie reste assise là où elle est, dans une attitude toute candide. Bien sûr, elle rétorque. Je souris à mon tour.


| Tu veux que je te prouve que j'en suis pas une ? |


Du déplacé, encore et toujours du déplacé. Mon capitaine, Esclavier, ferait des bonds de deux mêtres s'il se retrouvait à proximité pendant que je balançais des sous entendus pareils. Ce n'était pas qu'il n'aimait pas le cul ; le mec était un joyeux drille qui affectionnait tout particulièrement les bordels en opérations extérieurs. Pour autant, avec lui, les règles sont les règles et il n'est pas question d'en transiger quand on se retrouve sur le terrain. Autant dire que le mec est pas un marrant tous les jours. Cela dit, je ne me considère pas vraiment non plus comme le clown de service, ça au moins c'est certain... Je prenais garde cependant à ce que les gens qui m'entouraient lorsque je parlais avec Charlie avaient bien mon grade et mes responsabilités en tête lorsqu'on se vannait comme ça. Impossible pour moi de considérer que tout le monde pouvait me chambrer de la sorte ; c'était un privilège individuel. Je rebondis une fois encore sur ses paroles ; c'est tout simplement plus fort que moi.


| Certes, certes. D'ailleurs docteur, il va falloir m'ausculter et me mettre tout nu, je crois que j'ai quelques petits soucis que vous seriez très bien à même de régler... |


Comme si elle était intéressée ! Mais je m'en fiche, je continue mes conneries et voilà. Je me fais cependant plus sérieux.


| Tu sais gamine, il faut pas que tu flippes comme ça. Les rêves sont bien crades pour tout le monde en ce moment, avec ce qu'on a tous vécu. Il faut penser à autre chose et avancer, tu ne peux pas les laisser prendre le dessus et t'angoisser, sinon tu es foutue. Quoique tu fasses, quoi que tu vives, il ne faut jamais abandonner le peu de raison qu'il te reste, comme nous tous, au risque de perdre l'essentiel de vue. Survivre. |



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MessageSujet: Re: Rien qu'une minute d’inattention et tout est perdu [Philippe]   Jeu 31 Juil - 21:21




Rien qu'une minute d'inattention et tout est perdu.


J'avais bien envie de lui répondre que oui, il allait falloir me prouver ce qu'il avançait, parce qu'après tout, je ne crois que ce que je vois moi ! Provocation mal placée, sans doute oui, mais ce ne fut pas cela qui m'empêcha de le dire. En fait, je savais très bien que si je répliquais quelque chose dans ce goût au militaire, il était tout à fait capable de prendre mes paroles au pied de la lettre. Je m'en préservais donc. Ainsi, je ne répondis que par un léger rictus. C'était bien ce que j'aimais chez lui. Cette espèce d'attitude à la fois cynique et crue ne manquait pas de m'amuser. Ce coté pervers ne me dérangeait pas, m'amusait au contraire. Je savais très bien que je ne risquais rien, encore heureuse ! Si on ne pouvaient plus compter sur les militaires qui nous protégeaient, où allait le monde ?

Lorsqu'il me répondit, je le regardais de haut en bas. J'aurais été d'humeur, ou plutôt, j'aurais eu le comportement que j'avais adopté lorsque j'avais dix-huit, dix-neuf ans, je serais rentrée dans son jeu et qui sait ce qu'il se serait passé. Après tout, Philippe était bel homme et bien bâti, je suppose. Alors pourquoi s'en priver ? L'âge, l'origine, le sexe n'avait plus vraiment d'importance. Mais il me semblait que, jamais plus je ne pourrais ressentir l'envie de sentir mon corps contre celui d'une autre personne. Jamais plus mon âme ne fusionnerait avec celle d'un autre, qui que ce soit, dans un instant de plaisir. Rien que de petites insinuations suffisaient à raviver son souvenir. Et la pensée d'un acte charnel me remplissait presque de dégoût lorsque j'y pensais sérieusement. Les seuls mots qui me venaient à l'esprit étaient : Jamais plus...

Mais je ne laissais mes pensées déteindre sur ce que Phil pouvait percevoir de moi. Je me contentais de répliquer avec humour :

-Hum, à première vue, tout me semble normal cap'tain ! je n'y connaissais rien en grade militaire et je m'en souciais peu. Mais pour plus de détail et une auscultation complète, il faudra repasser plus tard, lorsque le centre sera ouvert ! je laissais planer quelques secondes de silence. Je suis sûre que l'un des infirmiers que nous avons au camp se fera un plaisir d'accomplir cette mission.

Je me remis les cheveux en place en défaisant l'élastique qui les retenaient attachés. Je ne les attachais pas souvent, mais, comment dire... Une envie ! Il faut croire que cela me passait vite. Enfin, je me rendis compte que ce geste, pourtant si anodin, placé dans une conversation comme la notre pouvait être interprétée d'une manière assez, provocatrice. Ce n'était pas mon intention.

Ce qu'il disait était vrai. Si je devais me perturber à chaque fois que je cauchemardais, je n'avais pas fini de me créer des soucis. Il y en avait déjà bien assez avec toutes les me*des qui nous arrivaient. Puis, l'angoisse ne sert à rien. Elle n'a jamais fait avancer quoi que ce soit et nous rend contre productifs ! Mais bon essayer de convaincre une angoissée de première, même avec des arguments plus que pertinents, n'est pas chose aisée.

-Quoique tu fasses, quoi que tu vives, il ne faut jamais abandonner le peu de raison qu'il te reste, comme nous tous, au risque de perdre l'essentiel de vue. Survivre.

Ces mots résonnèrent dans ma tête. J'étais absolument d'accord avec la majeure partie de ce qu'il venait de dire. Peu importe les événements, les obstacles, les difficultés garder sa raison et sa lucidité était essentiel. Mais...

"Survivre."

Alors c'était cela l'essentiel pour lui ? Survivre ? Cela me paraissait absurde, stupide même. Survivre. Ce simple mot me faisait hérisser le poil. Je le détestais. J'avais l'impression que cela nous réduisait à de simples automates. Survivre. Quel mot détestable ! Était-ce donc devenu notre seul but ? Notre seule occupation ? Survivre. Ce la me faisait enrager, mais ne m'étonnait pas venant d'un esprit comme le sien. Il fallait bien que certains raisonnent de cette manière. Survivre. Je me levais du bureau et serrais les poings à la simple évocation de ce mot. Mais, je n'arrivais pas à la regarder. Mon humeur avait changé d'un coup, d'un mot. Sans que je puisse contrôler.

-Quelle mentalité stupide. Survivre. Quel mot simpliste et réducteur. Je ne veux pas survivre. Je ne veux pas sacrifier ma vie pour une poignée de diplomates de m*rde qui ne savent même pas régler les problèmes entre eux ! Je ne veux pas donner mon humanité à des puta*ns de guerres dont je ne sais rien, provoquées par des imbéciles ! Je ne veux pas être l'esclave de ce que ce monde est à présent ! Je refuse de m'abandonner pour suivre cet objectif que tout le monde se fixe, survivre. Je ne veux pas survivre puta*n ! Je veux vivre ! je repris ma respiration un instant, sans pour autant laisser le champ libre à une réaction de la part de Philippe. Je veux continuer à m'extasier en sentant l'air sur mon visage, à pleurer en repensant au passé, à m'inquiéter de petites choses ! Je veux rire, crier, sauter, courir, sortir ! Je veux aimer les gens et je veux pouvoir me sentir bien ! Tout ne se résume pas à du blabla militaire ! "Oh on est en guerre ! On doit se battre et surtout SURVIVRE". Je veux vivre m*rde !

Ce que je dis alors me surpris moi-même au plus haut point. Jamais je ne m'étais laissée aller à une colère aussi violente alors que je n'étais pas seule. Et il me semblait que, même seule, cela n'était jamais arriver. Même à la mort de mon père, même au début de cette guerre. La colère de ma vie qui s'était éparpillée ressortait comme je ne l'en aurait jamais cru capable. Pauvre Philippe, il fallait que ça tombe sur lui. Ou peut-être devrais-je dire, pauvre de moi ?


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MessageSujet: Re: Rien qu'une minute d’inattention et tout est perdu [Philippe]   Dim 17 Aoû - 11:37

Les cauchemars. Manifestation bien tangible des traumatismes et chocs psychologiques que nous avions tous ressentis au fil des jours puis des semaines, des combats et de tout ce qui avait éternisé une lente et longue agonie du monde, qui nous avait frappé de plein fouet. Beaucoup ne s'en relevaient pas, jamais. Certains géraient mieux que d'autres. Mais le syndrome d'abandon existait bel et bien, d'autres, la majorité, passaient leur temps à faire des cauchemars. Certains, les plus dangereux, avaient basculé. Parfois, j'avais l'impression d'être de ceux ci. Ceux qui avaient trop bien intégré la dangerosité nouvelle d'un monde inédit et vindicatif, qui plutôt que de combattre avaient baissé les armes et hissé le pavillon noir. Oui, je faisais partie de ceux ci. Indéniablement. Je n'aurais jamais pu nier que j'avais toujours eu un penchant certain pour le frisson et l'interdit ; mon passage à l'armée n'était finalement à l'époque qu'un geste désespéré, un sursaut pour un nouveau départ. Mais j'avais bien vite replongé dans l'illégalité, et toujours profiteur des plus infimes failles, j'avais fait en sorte une fois le conflit commencé de faire les choses les plus atroces de mon existence. Je revoyais les visages de ces hommes, ces femmes, ces gosses et ces vieux, sur lesquels nous avions dû tirer pour éviter un lynchage en règle. Ce n'était pas la première fois que la merde militaire m'avait poussé avec mes hommes à ce genre de cauchemar, mais à une telle intensité et avec des compatriotes de surcroit, c'était la première fois. Depuis, les choses n'avaient fait qu'empirer. Sauf accident ou balle perdue, j'avais fini par acquérir la certitude que je tiendrais beaucoup plus longtemps que la majorité ; j'étais un connard, un vrai salaud, et j'éviterais pièges et liens sociaux qui pourraient me faire tomber. Mais je restais soldat, et de facto je manquais toujours de me faire tuer pour ma mission. Bref. Tout ça pour dire que je m'acclimatais à la guerre plus que beaucoup, plus que la jeune femme en face de moi. Elle me taquine, comme toujours. Je laisse tomber, cela dit, pour éviter de basculer dans ce que certains pourraient dénoncer comme du harcèlement sexuel. Tant que la communauté avait un semblant de structure, on ne pouvait pas tout faire quand même.


Ce qu'il se passa ensuite me laissa sur le cul. La jeune femme restait visiblement estomaquée de ce que je venais de dire, et me dévisageait. Ben quoi, j'ai une saleté sur le visage ? J'ai dit une connerie ? D'un seul coup, tout son caractère enjoué s'envola. Pfuit. Parti. Place à une véritable furie. Elle ne veut pas survivre ? Et nous y voilà. Make love no war. Et quoi, elle croyait vraiment à toutes ces conneries hippies sur le fait que l'homme se fera plus jamais massivement la guerre ? L'histoire enseigne qu'il y aura toujours un moment où un type ira foutre sur la gueule à son voisin parce qu'il est plus riche, plus différent, que sa femme est plus jolie ou même simplement pour le plaisir. Vivre ? Ben elle vit là, non ? Survivre, c'est vivre. Pas aussi bien ni aussi cool, mais c'est vivre quand même. Qu'elle vienne la prochaine fois avec nous, sous les balles, couvertes des morceaux de ses petits camarades et elle ne me dira plus que le simple fait de respirer n'est pas en soi un cadeau du ciel. Je la regarde, pas forcément sévérement mais plus de manière aussi enjouée qu'auparavant.



| Il faut que tu t'y fasses. On ne regardera probablement plus jamais la télé, on ne fera plus bombance et on n'ira plus boire un verre entre amis. Le monde d'avant, c'est fini. Même si on survit à toute cette connerie, tout est détruit. Endroits, réseaux, logistique, familles et tout le reste, tout. Ca ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de bons moments. Tu boiras toujours un coup avec d'autres gens, tu feras des repas qui te sembleront succulents, tu tireras des putains de coups qui te feront un putain de bien et peut être même que tu trouveras un taf intéressant. Mais il faut s'y faire. Maintenant, la vie sera difficile. A tout instant, et pendant longtemps. On va tous en chier, beaucoup n'y arriveront pas. Mais c'est quoi l'autre solution, on renonce tous ? Pas pour moi. J'ai déjà fait le deuil de la vie d'avant, et plus vite vous le ferez aussi, plus vite vous arriverez à relever la tête. |



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MessageSujet: Re: Rien qu'une minute d’inattention et tout est perdu [Philippe]   Aujourd'hui à 15:39



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