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MessageSujet: Tant que l'on continuera de rêver... [Benoit]   Mer 2 Juil - 9:52




Tant que l'on continuera de rêver...


Il devait être aux alentours de cinq heures de l'après midi. Cela m'avait prit comme une envie de pisser, comme aurait dit mon père. J'avais mal dormi cette nuit et j'avais tenté de m'occuper tant bien que mal toute la journée. Il ne se passait pas grand chose à l'infirmerie, tant mieux en un sens. Je m'étais donc retrouvée à cinq heures, sur le bord de la départementale D57. Pourquoi ? Est-ce que je vous demande moi, pourquoi vous passez votre journée sur votre ordinateur ?

Enfin... Je m'étais assise sur le bord de la route, jouant avec des petits cailloux, dessinant dans le sol sableux avec un petit bâton. Il m'arrivait souvent de faire cela devant la maison en attendant que mon père rentre de l'hôpital. Je m'arrêtai un instant pour regarder la route. Elle était déserte. A cet endroit, on ne pouvait que se sentir au calme, libre de penser, coupé des autres, presque en dehors de toute cette guerre. Cependant, j'aurais mille fois préféré voir passer une ou deux voitures. Mais voila, les seules voitures qu'il était probable de voir passer sur cette route, étaient des chars ou autres véhicules militaires. Et ça ne devait pas être bon signe. Je fermais les yeux, m'adossant sur le muret près duquel je m'étais installée. J'avais l'impression d'entendre le doux ronronnement des voitures passer près de moi, le souffle de leur vitesse. Si il y avait eut une flaque d'eau, j'aurais presque aimé me faire éclabousser ! Le moteur qui résonnait dans ma tête était celui d'une safrane. La voiture que m'avait offert mon père pour mes 17 ans, le première et surement la dernière. Si je passais en Terminale avec succès, félicitations et tout le tralala, j'avais droit à une voiture et il s'engageait à me faire la conduite accompagnée.


-Tadaaa ! dit mon père en enlevant le drap de dessus la voiture, tout fier.

Je regardais la voiture, puis mon père, de nouveau la voiture, et enfin mon père.

-T'es sérieux ? C'est pour moi ?

Il me fit entrer, et m'annonça que je devais conduire, là, maintenant. J'avais prit des leçons de code et j'étais plutôt douée, mais j'avais toujours été plus douée pour la théorie que pour la pratique. Lorsque j'ai tourné la clé dans le contact pour la première fois, j'étais plus que stressée, mais qu'est-ce que c'était jouissif ! C'était le signe de ma future indépendance ! J'allais pouvoir vagabonder, aller où je voulais sans me soucier réellement de l'heure. J'allais parcourir seule ce monde. Je calais une fois, puis deux, puis trois fois. Mon père, plutôt que de m'aider et me conseiller, se foutait totalement de moi. ça ne m'étonnait pas, après tout, j'aurais fait pareil !



Un grand sourire se dessina sur mon visage. Le souvenir de mon père me remplissait de joie à chaque fois. Son visage, son odeur, ses expressions. Il était parfait après tout ! Beaucoup de personnes disent que, lorsque que l'on perd quelqu'un, son souvenir s'efface, on n'arrive même plus à distinguer ses traits. Mais pas moi. Je pouvais replacer chacun de ses traits avec précision, me rappeler de son odeur et entendre sa voix.

Mais quelque chose, ou plutôt quelqu'un, me sortit de mes pensées. Une jeune homme était arrivée en courant, l'air plutôt énervée et frustré. Je fus étonnée lorsque je le vit frapper dans un poteau et s'écrouler à coté. Devais-je y aller ou non ? Je n'arrivais pas à distinguer son identité de là où j'étais. Je décidais donc de me relever et d'aller vers lui. Je fus une nouvelle fois stupéfaite de voir qu'il s'agissait de Benoit. Lui qui était si joyeux et taquin d'habitude. Lui qui avait veillé sur moi quand j'étais arrivée. Je ne su pas vraiment comment réagir. J'avais déjà réconforté des gens avant bien sûr, mais il me semblait que je ne savais plus comment on procédait. Je m'accroupis à coté de lui

-Benoit ?


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MessageSujet: Re: Tant que l'on continuera de rêver... [Benoit]   Sam 5 Juil - 22:05



Tant que l'on continuera de rêver...





La patrouille que je venais de faire avait été épuisante et je ne rêvais que d’une chose : dormir ! Pas très longtemps mais assez pour me reposer. Mais avant ça il fallait que je mange un morceau car je n’avais rien avalé depuis la veille… Je partais donc en direction de la tente de ravitaillement après avoir fait une halte dans ma tente pour y déposer mon bardage. J’avais hésité à y laisser mon Famas mais je n’avais pu m’y résoudre ! C’était un peu mon bébé et je ne pouvais pas m’en séparer. En arrivant devant les personnes chargées du ravitaillement je prenais ce qu’on me donnait sans m’en plaindre et même avec un remerciement puis je filais retrouvé de mes camarades déjà installés à table. La pause casse-croûte se passait bien et dura une bonne demi-heure avant que je ne me décide à abandonner mes frères d’armes pour aller m’allonger.
Légèrement fatigué j’étais persuadé que rien ne pourrait bousiller ma bonne humeur mais je me trompais. Alors que j’allais prendre la direction des tentes militaires mon regard se fixa sur une silhouette alors que mon cœur ratait un battement et que l’air me manquait.

J’hallucinais ou quoi ? Mais qu’est-ce qu’elle faisait là ? Après plus de dix ans d’absence elle allait réapparaître comme ça ? Je n’avais plus vraiment eu de nouvelles de mes parents après mes dix-huit ans, enfin avec ma mère cela faisait beaucoup plus que ça. Voilà pourquoi je m’étais figé en observant cette silhouette ! A croire que mon rêve, enfin, cauchemar d’il y avait quelques jours prenait forme dans la vie réelle. Mon songe me revenant à l’esprit, je me mettais de nouveau à bouger et allait en direct de la femme. Elle me devait des explications !
Arrivé près d’elle, je posais ma main sur son épaule pour la faire se retourner et la voir en face… *Merde !* Ce n’était pas elle.



- Hé ! Non mais ça va pas !


- Dé…désolé ! J’vous ai prise pour une autre personne.


La femme me répondit sur un ton agressif sans que je ne comprenne ses paroles. Je m’en voulais et je ne captais plus rien de ce qui se passait autour de moi ! Je m’en voulais de m’être trompé mais surtout j’enrageais contre moi d’avoir espérer que ce soit elle, que ma mère soit bel et bien là. De rage, de tristesse, de je ne sais quoi, mes yeux commencèrent à me brûler. De nouveau j’avais l’impression que l’air me manquait… Il fallait que je bouge, que je pense à autre chose ! Mieux… il fallait que je me vide la tête. Je sentais le regard interrogateur de la femme sur moi et c’était pire.
Je me tirais en courant dans le sens opposé. Je traçais ma route sans savoir où j’allais et ça je m’en contrefichais ! Je ne remarquais même pas que je quittais le camp pour ensuite arriver sur la route. Ce fut la fatigue qui me fit m’arrêter. À bout de souffle, penché en avant avec les mains posées sur mes genoux mon regard fut attiré par un poteau sur lequel je passais mes nerfs en frappant de toutes mes forces. Je n’arrêtais qu’en ayant mal à la main et je me laissais tombé contre. Assis par terre je fermais les yeux un temps indéterminé et reprenait mon souffle…

J’étais vraiment à l’ouest, au point de ne pas entendre la personne qui prononça mon prénom arriver. Je sursautais légèrement et ouvrais les yeux pour voir Charlie accroupie près de moi ! J’ouvris la bouche de surprise et fus incapable de prononcer le moindre mot durant quelques secondes.



- Hé ! Charlie ! dis-je en glissant ma main droite ensanglantée dans la poche de ma veste. Tu te balade ? demandais-je en tentant de paraître enjoué comme d’habitude mais en vain, avant d’ajouter… T’es là depuis longtemps ?






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MessageSujet: Re: Tant que l'on continuera de rêver... [Benoit]   Dim 6 Juil - 8:29




Tant que l'on continuera de rêver...


J'étais définitivement inquiète. Lui qui était si joyeux, si blagueur... Le voir ne pas aller bien me rendait quelques peu nerveuse. Il semblait perdu, énervé, triste, un mélange d'humeurs et d'émotions qui ne faisaient généralement pas bon ménage. La force avec laquelle il avait martyrisé ce pauvre poteau avait dû lui laisser des traces. Et il me semblait que, de loin, j'avais aperçu une marque rouge sur sa main. Lorsqu'il remarqua ma présence, il voulu changer de ton et paraître enjoué mais je voyais bien que ce n'était qu'une technique pour que je ne m'inquiète pas. Manque de bol, j'avais très longtemps été une adepte de cette technique et je savais que cela ne réglait rien.

-Me balader n'est pas le mot... Disons que je venais me changer les idées et rêver...

Je le regardais quelques instants, sans rien dire. Il avait à présent dissimulé ses mains dans ses poches afin, certainement, que je ne remarque pas ce que j'avais déjà remarqué. Je prenais alors son bras pour déloger la main que je savais blessée avant de le regarder encore.

-Je suis là depuis assez longtemps pour voir que ça ne va pas. dis-je en inspectant sa main. Et crois moi, je sais reconnaître lorsque quelque chose cloche...

Comme un réflexe, je sorti une compresse de la trousse de soin que j'avais toujours sur moi depuis que j'étais au camp. Certes, sa blessure était petite et superficielle, mais lorsque l'on perd sa meilleure amie à cause d'une maladie qu'elle a attrapé après s'être simplement coupée, on acquiert quelques réflexes de protection envers les personnes que l'on apprécie. Et puis, je n'avais pas envie de le retrouver à l'infirmerie à devoir m'occuper d'une infection plus sérieuse dans quelques jours. Je lui désinfectais alors rapidement la main, que je laissais sans bandage, je n'étais pas devenue parano non plus... Je gardais sa main entre les miennes avec un petit sourire.

-Tu sais, ce n'est pas prudent de se blesser de nos jours. Tu pourrais t'infecter et je n'ai pas très envie de devoir te couper le bras à cause de ça !

Bien sûr j'exagérais dans le but de décrocher chez lui un sourire, aussi petit soit il, mais un vrai. Je ne lui posais pas de questions sur ce qu'il s'était passé. J'avais très envie de connaitre les raisons de son énervement, ce qui l'avait mis dans cet état et je pense que cela devait transparaître sur mon visage, ainsi que l'inquiétude qui était toujours présente. Mais je me disais que je n'avais pas forcément à savoir. Ou que, du moins, demander à savoir était plutôt déplacé. A la mort de mon père, je me souviens que, lorsque je croisais des gens que je connaissais dans la rue, ils venaient vers moi et me posaient des tas de questions "Sa maladie à dégénéré vite non ?" "Il y a quatre mois il avait l'air en pleine forme !" "Tu vas t'en sortir sans lui ? Appelle moi si tu as besoin de quoi que ce soit !". Certes, certaines relevaient de la curiosité malsaine, d'autre d'une bonne intention. Mais j'avais trouvé cela insupportable. C'est surement pour cela que j'étais partie. Enfin, si il voulait que je sache ce qui n'allait pas, il le partagerait avec moi. Sinon, je me contenterais de rester près de lui, en m’efforçant de lui changer les idées. Je me devais de veiller comme je le pouvais sur lui après ce qu'il avait fait pour moi.


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MessageSujet: Re: Tant que l'on continuera de rêver... [Benoit]   Jeu 10 Juil - 19:53



Tant que l'on continuera de rêver...





Pour toutes les personnes qui me connaissaient depuis le début de cette guerre j'étais le pitre de service ! Celui qui était toujours de bonne humeur et qui remontait le moral des gens grâce à la plaisanterie. J'aimais cette image de moi et elle m'allait parfaitement même si je n'étais pas toujours au taquet. J'étais humain après tout et j'avais mes moments de faiblesse... instants où de sombres pensées envahissaient mon esprit. Et il arrivait même que ce soit parfois ce dernier qui me jouait des tours ! Sinon pourquoi aurais-je cru voir ma mère ? Ce léger bug avait alors chassé toutes pensées positives et m'avait fait fuir... Je fuyais ce que j'avais cru voir comme ceux qui pourraient me voir ! Mais je n'avais pas été vigilant et je n'avais remarqué la présence de Charlie que lorsqu'elle s'était adressée à moi.
En voyant son air inquiet cela me confirma que j'avais totalement raison de ne pas me dévoiler lorsque je n'allais pas bien ! Visiblement cela était si inhabituel que les personnes s'inquiéteraient immédiatement comme le faisait mon amie en ce moment. Je l'écoutais me dire qu'elle était ici non pas pour se balader mais pour se changer les idées, pour rêver. J'observais les alentours et ne trouvait pas qu'il y avait de quoi rêver ! Mais cela venait sûrement du fait que mon humeur était en mode ''sombre'' en cet instant. Je reportais de nouveau mon attention sur Charlie et lui sortais une connerie ! J'étais comme ça, même déprimé je plaisantais. Sauf de le ton était différent !



– Bah moi j'ai appris qu'un poteau m'avait insulté alors j'suis venu lui faire sa fête dans un combat de boxe !


Je ne doutais pas qu'elle m'avait vu frapper de toutes mes forces contre le métal et je préférais expliquer ça, même de manière débile, pour éviter les questions gênantes. Le truc fut que la jeune femme ne me posa pas de question et tira sur mon bras pour me faire sortir la main de ma poche ! Pour le coup j'étais gêné et ne savais carrément plus où me foutre alors qu'elle observait ma main avant de me regarder pour me confirmer qu'elle avait assister à toute la scène.
Avant de reprendre la parole je regardais Charlie sortir de quoi me soigner ma main qui n'avait rien de bien grave. Quelques entailles superficielles !



– T'as pu remarqué que c'était un beau combat de boxe alors, dis-je en regardant ce qu'elle faisait.


Plaisanter au sujet du sort que j'avais fait subir à ma main contre ce poteau était une façon comme une autre de ne pas penser à ce qui m'avait amener à agir de la sorte. Je n'arrivais toujours pas à croire que mon esprit m'avais jouer ce tour ! Est-ce que j'étais le seul à voir des personnes qui étaient censées être mortes ? J'entrouvris la bouche pour poser la question à Charlie mais la refermais en cherchant une meilleure formulation.
Quand j'en trouvais enfin une il était trop tard pour que je la pose. Charlie m'expliquait sur le ton de la plaisanterie que se blesser de manière volontaire n'était pas une excellente idée. Je hochais la tête de manière très sérieuse car je savais qu'elle avait parfaitement raison... J'observais brièvement ma main dans celle de Charlie. Puis, de manière très soudaine, j'eus un léger sourire.



– J'ai peut-être fait ça uniquement pour que tu prennes soin de moi... qui sait ! dis-je en la fixant. J'suis en manque d'amour moi !


Oui, je recommençais à plaisanter mais ce que je disais était un fait réel ! J'avais beau être de ceux qui n'envisageaient pas de se poser, surtout depuis le début de cette guerre mais j'avais l'envie, le besoin de ne pas être seul constamment. Un peu de présence et de chaleur humaine éviterait peut-être à mon cerveau de me faire voir des choses qui n'existaient pas !







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MessageSujet: Re: Tant que l'on continuera de rêver... [Benoit]   Mar 22 Juil - 11:20




Tant que l'on continuera de rêver...


Il avait toujours les mots pour rire, pour détendre l'atmosphère. Je crois que c'est pour cela que je l'appréciais autant. Même en allant mal, il ne pouvait s'en empêcher de faire des blagues. On se ressemblait un peu sur ce point, ne pas aimer que les autres voient nos faiblesses, tout faire pour les camoufler. Au moins, moi, je ne me lançais pas dans un combat de boxe avec un poteau électrique. Sa remarque me fit d'ailleurs sourire. Je prit sa main pour la soigner lorsqu'il me fit remarquer que c'était un beau combat. Toujours des plaisanteries, il ne changera jamais et c'est tant mieux ! Mais je voyais bien que, dans le fond, le ton qu'il employait n'était pas comme d'habitude. Il y avait quelque chose de terne, comme si il n'y croyait qu'à moitié. Peu importe, je n'avais pas à m'imposer pour qu'il me parle si il n'en avait pas l'envie.

-Oh oui, je suis très impressionnée par ton incroyable performance ! Je dois même dire que j'ai eu du mal à savoir qui allait gagner ! Mais bon, il semblerait que tu ne fasses pas le poids face à un simple poteau. Je suis déçue tu sais !

Je terminais de désinfecter sa main et lui fis une remarque, sur le ton de la plaisanterie bien sûr, sur le fait qu'il ne devait pas se blesser. Sans réellement m'en rendre compte, je gardais sa main dans les miennes. J'étais peut-être trop occupée à réfléchir sur comment lui remonter le moral et faire en sorte que cette légère intonation triste disparaisse totalement de sa voix.

J'éclatais alors de rire lorsque j'entendis sa remarque. Oui, faire exprès de se blesser pour avoir les attentions d'une jeune fille pouvaient, je pense, faire partie de ses techniques. Le pire, c'est que, si c'était le cas, cela marchait plutôt bien ! Mais ça remarque sur le manque d'amour me fit réfléchir. Oh je ne pouvais pas m'en empêcher, mais même encore maintenant, lorsque le simple mot "amour" était prononcé, le visage de Sam s'incrustait dans ma tête. Sa voix, son odeur me submergeaient. Je n'avais aucun mal à me rappeler tous ces petits détails qui faisaient qu'il était lui. Mais, en un sens, je pense que cela était malsain. Il fallait que je l'oublie, que ce souvenir si important s'estompe. Je l'avais vu mourir, il y a 4 mois. Je savais qu'il ne reviendrait pas, je savais que, une fois la guerre terminée, nous n'allions pas nous retrouver et recommencer notre vie. Je savais que j'allais me retrouver seule. Je devais tourner la page, arrêter de m'empêcher de vivre parce que je pense à lui. Pour quelqu'un qui essaye d'aller de l'avant et de positiver, j'échouais lamentablement sur ce point.
Cette petite réflexion ne dura que quelques secondes, et j'avais prit soin de ne rien faire transparaître, je l'espérais du moins. Il est vrai que, tout le monde devait être en manque d'amour, ou en manque de quelque chose de nos jours. D'ailleurs, je pensais que, tant que l'on peut combler certains de nos manques, pourquoi s'en priver ? Pourquoi même se refuser les choses que nous pouvons avoir à l'heure actuelle ? Les petits plaisir, c'est cela qui nous rendait encore heureux.

-Je savais bien que tu as toujours quelque chose derrière la tête ! Tu es machiavélique !

Je baissais la tête en souriant. J'aimais bien parler, plaisanter avec lui. Je savais qu'il n'y avait pas vraiment de risques qu'il prenne quoi que ce soit mal ou de travers. Je relevais la tête pour le regarder avant d'ajouter, presque sérieusement.

-Il faut croire que ça marche, vu que je suis là à m'occuper de toi !



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MessageSujet: Re: Tant que l'on continuera de rêver... [Benoit]   Jeu 24 Juil - 17:47



Tant que l'on continuera de rêver...





Je n’avais jamais aimé que l’on me voit dans mes moments de faiblesses et rares étaient les personnes qui en avaient eu la possibilité depuis le début de la guerre. D’ailleurs même avant ça j’avais toujours été doué pour être soit un gros dur qui se fichait du monde entier, soit un pitre qui prenait tout à la rigolade. J’aurais donné cher pour que Charlie n’ait pas surpris cette scène mais je n’avais pas le pouvoir de revenir en arrière alors je faisais mon possible pour reprendre contenance. J’y arrivais petit à petit et c’était d’ailleurs assez simple puisque la jeune femme ne m’interrogeait pas sur le pourquoi du comment de ma réaction. Au contraire elle entrait même dans mon jeu ce qui me fit sourire. Enfin, je faisais disparaître ce dernier et levais les yeux au ciel lorsqu’elle ce dit déçue de s’être rendue compte que je ne faisais pas le poids contre un poteau. Tout en la laissant me soigner et répondais…


- Moi ? Je ne fais pas le poids face à un poteau ? répétais-je en riant. Tu rigole ! J’ai juste eu la bonté d’âme de lui épargner la vie. Après tout il ne m’avait rien fait contrairement à mon cerveau, ajoutais-je pensivement.


Non, je n’avais pas bu ni fumé ! J’étais juste égal à moi-même et je racontais des conneries avec une partie de vérité. Et oui, j’étais comme ça ! Même si je venais à raconter à Charlie ce qui m’avait amené à réagir ainsi je ne le ferais pas sur un ton à cent pour cent sérieux. C’était trop éloigné de ce que j’étais et la situation en générale était déjà bien assez grave pour que je ne cherche pas à la rendre plus légère à vivre.
Et puis comment aurais-je pu être morose alors qu’une séduisante jeune femme avait pris soin de moi à l’instant et tenait maintenant ma main entre les siennes. Et en m’apercevant de cela que je sortis une nouvelle connerie qui fit rire Charlie. Enfin, ce que je venais de dire aurait pu s’avérer très vrai mais ce n’était pas le cas. J’ignorais la présence de la belle et je n’avais donc pas fait ce ‘‘cirque’’ pour attirer son attention. Mais maintenant que c’était le cas je ne m’en plaignais pas car je ne mentais pas totalement. J’avais vraiment besoin de compagnie même si le sentiment pesant de solitude m’envahissait surtout la nuit. Laissant ma main entre celles de Charlie je la regardais avec l’esquisse d’un sourire lorsqu’elle me dit que j’étais machiavélique…



- Hé ! C’est pas vrai… C’est pas machiavélique de ne pas avoir envie de passer son temps libre tout seul, déclarais-je d’une manière spontanée et trop vraie. Bah oui, j’suis quelqu’un de généreux qui offre de son temps ! ajoutais-je en plaisantant.


Je ne la quittais pas des yeux lorsqu’elle détournait le regard avant de le reporter de nouveau sur moi. Je l’observais sans rien dire lorsqu’elle déclara que mon plan qui n’en était pas un fonctionnait. Oui ! Elle était là et je ne m’en plaindrais pas, bien au contraire. J’avais toujours apprécié passer du temps avec Charlie. Et puis elle ne s’offusquait jamais de mes tentatives de séductions même si ces dernières n’étaient jamais des réussites auprès d’elle.


- Hé mais c’est vrai ça ! m’exclamais-je. J’ai réussi à ce que tu me soigne… A force je vais peut-être finir par te faire succomber à mes charmes, continuais-je en la fixant. J’eus un léger rire avant d’ajouter. Et c’est là que tu vas me répondre que l’espoir fait vivre.


Et je n’aurais plus qu’à lui répondre que c’était l’attente qui tuait… D’ailleurs, dans le cas présent elle tuait mon moral et mon sommeil. Cela aurait été tellement plus simple si j’arrivais à dormir. Bah oui ! Si je dormais je ne me rendrais pas compte à quel point j’étais seul lorsque je n’étais pas occupé à monter la garde ou faire des patrouilles…






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MessageSujet: Re: Tant que l'on continuera de rêver... [Benoit]   Ven 1 Aoû - 22:26




Tant que l'on continuera de rêver...


Je pensais sur le moment qu'il allait venir, petit à petit à me dévoiler ce qui l'avait mis dans cet état. Tout le monde a besoin à un moment de se confier et, malgré moi, je ressentais l'envie d'être une personne de confiance pour lui, quelqu'un auprès duquel il n'aurait pas à jouer un rôle lorsque tout allait mal. Cela venait certainement du fait qu'il m'ait ramassé dans nu piteux état de santé et qu'il ait tenu à prendre des nouvelles de moi. Je me sentais redevable, mais ce n'était pas la seule raison qui me poussait à être ainsi envers lui. Sa gentillesse, son humour, lui, qui était une belle personne et humain malgré tout. Tout me donnait envie de l'aider comme je pouvais. Et j'avais raison en pensant que j'arriverais petit à petit à connaitre la situation. En effet, à la fin d'une réponse à propos de ce si extra ordinaire combat de boxe opposant un poteau à un jeune homme en pleine forme physique, il plaça un indice. Son cerveau lui "avait fait" quelque chose. Surement comme à nous tous. Cela devait être quelque chose de fréquent. Un mauvais rêve, des souvenirs qui resurgissent voire même un son que l'on croit avoir entendu alors que... Ce n'est qu'une illusion. J'espère que cela ne m'arrivais jamais. Quoique, il m'était arrivé quelque chose de semblable. Au camp, j'avais remarqué qu'une femme ressemblait énormément à Leah, ma meilleure amie. J'essayais de l'éviter au maximum. Autant éviter les mauvais souvenirs. Je ne relevais donc pas ses paroles, ma curiosité qui voulait en savoir pus ne voulait pas relancer sur la plaisanterie et ainsi s'éloigner d'un sujet plus sérieux, mais mon tact m'empêchais de le questionner sur la fin mystérieuse de sa phrase. Cependant, la conversation dévia encore sur d'autres plaisanteries, plus intéressantes cette fois, comme quoi le jeune homme aurait pu élaborer un plan pour être seul avec moi.

La solitude nous pesait à tout les deux. Notre discussion en était la preuve. Car oui, les blagues, en tous cas les notres étaient éprise d'un fond de vérité, un vide bien présent. Il aime offrir son temps ! Il est généreux ! Eh bien, au fond de moi, je me félicitais de pouvoir profiter de ce temps qu'il pouvait bien m'offrir. Je crois qu'il est la personne, dans ce camp, que j'apprécie le plus et que j'ai eu le loisir de connaitre en premier. Et passer du temps avec lui était devenu, avec soigner les malades, ce que je préférais faire. Et puis, j'aimais beaucoup sa voix. On dit que les bébés développent plus facilement le lien avec leurs parents et distingue les différentes personnes de son entourage car elle entendent leurs voix résonner lorsqu'il sont dans le ventre de leur mère. Ces sons connus leurs paraîtraient familiers et donc accueillants. Peut-être en était-il de même lorsque l'on se trouve dans un état de santé pas terrible et une fatigue extrême. La voix de Benoit était devenue familière et rassurante.

-Ah bah ça tombe bien, j'ai pas mal de temps libre lorsque je ne suis pas au centre de soin ! Va falloir se voir plus souvent alors, autant synchroniser nos agendas !

Oui, c'était vrai, je l'avais soigné sans même qu'il ne demande, presque comme un réflexe ! Son petit jeu de séduction m'amusait. Cela me détendait et me sortait presque du contexte de la guerre.Et puis ses charmes, on pouvait dire qu'ils auraient été sacrement efficaces dans d'autres circonstances. J'essayais de luter entre garder le souvenir très présent ou me résoudre à faire mon deuil qui, dans la nature surréaliste des événements, n'avait pas encore opéré. Malgré tout, ce que mon corps me disait à chaque fois que j'étais avec lui me plaisait. Cette satisfaction de ne plus être seule ou avec n'importe qui. Ce sentiment d'avoir trouvé quelqu'un de confiance.
Puis il parla d'espoir. Étrangement, j'eux envie de le prendre dans mes bras rien que pour avoir prononcé ce mot. Oui l'espoir fait vivre et il conserve notre humanité. C'est vrai, à quoi bon "survivre" (ce mot m'écorchait au plus haut point) si nous n'avion pas l'espoir d'un monde meilleur ?

-C'est vrai, l'espoir fait vivre. Je crois d'ailleurs que c'est ce qui nous fait tous tenir ici. je dessinais un petit sourire en coin sur mon visage en m'approchant un tout petit peu de lui. Mais espérer ne sert à rien si ce que l'on attend n'arrive jamais.

Oui, ça y est. J'avais passé ce cap. J'étais rentrée dans le jeu des sous entendus et des insinuations. Je sais, cela parait débile dit comme ça, mais le traumatisme de ces derniers mois m'avait empêché de me conduire comme j'aimais. Puis, il faut le dire, j'ai pas mal perdu l'habitude depuis quelques années de couple et de renfermement. Mais je sentais que cette petite barrière se brisait et que je commençais doucement à redevenir moi-même. Et la perspective de rentrer dans ce jeu avec lui m'amusait et me plaisait. Je m'aperçut alors que je tenais toujours sa main dans les miennes. J'hésitais un instant à retirer mes mains mais, au lieu de ça, je caressais doucement la paume de sa main. Ce geste pouvait lui paraître anodin ou... Je ne sais pas vraiment comment il allait l’interpréter. Mais c'était quelque chose que je faisais tout le temps avec Leah, Sam mes amis en général. C'était la preuve que j'avais confiance en lui et que je considérais à présent comme un ami, qui m'aidait à sortir de ma coquille faite de résidus de bombes et de morts.


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MessageSujet: Re: Tant que l'on continuera de rêver... [Benoit]   Lun 4 Aoû - 0:28



Tant que l'on continuera de rêver...





Je ne voulais pas que l’on me voit craquer, je ne voulais pas me confier, je ne voulais pas parler de ce que ressentais réellement sans y rajouter de l’humour qui faisait passer le tout pour une blague… Non ! Je ne voulais pas être faible. J’étais comme ça depuis des années et j’étais toujours parvenu à rattraper le moindre moment de faiblesse. Mais où cela m’avait-il mené au final ? J’étais dans la même merde que tout le monde avec l’incapacité à parler de manière vraiment sérieuse quand il s’agissait de moi. Je le précisais car c’était différent quand je devais remonter le moral aux gens. Dans ce cas là je pouvais devenir très sérieux ! Je me rendais compte de tout ça maintenant que j’étais en présence d’une des rares personnes qui aurait pu me connaître. Il faut dire que je lui avais rendu visite très souvent après l’avoir trouvé dans un sale état et je lui avais parlé. Elle était la seule à savoir mais sans le savoir.
Cette pensée me fit sourire ! Oui, je lui avais confié certaines choses quand elle était dans le coltard… Au départ j’avais trouvé ça bizarre mais le médecin m’avait dit que lui faire la conversation pourrait être une bonne chose. J’avais donc suivi ce conseil mais comme je ne la connaissais pas j’avais parlé de moi. Le temps était trop pourri pour être évoqué selon moi. En repensant à ça je me rendais compte à quel point c’était pathétique… Je lui avais dit de trucs vraiment importants et que personne ne savait alors qu’elle était inconsciente mais qu’elle aurait pu se réveiller à tout moment et là j’étais incapable de dire quelque chose de sérieux sur le ton qui allait avec.

Pourtant si j’essayais de parler de ce que j’avais vu peut-être que j’arriverais à retrouver le sommeil. Cela m’arrangerait car l’autre solution serait encore plus difficile à obtenir ! La dernière fois que j’avais failli m’endormir tôt et de manière sereine c’était lorsque j’étais avec Marielle. En bref, il aurait fallu que le soir je n’aille pas dormir seul pour rejoindre facilement les bras de Morphée… *Quoique je pourrais lui proposer cette option plutôt que de lui parler !* Je fixais Charlie lorsque cette pensée me traversa l’esprit. Non ! C’était impossible… Pas elle ! Elle était trop dangereuse. Entendez par là qu’elle était jolie, amusante, gentille… En bref elle était une personne à laquelle il était très facile de s’attacher encore plus et tenir à quelqu’un c’était prendre le risque de le perdre. Mais bon, ne nous égarons pas puisqu’elle ne répondait jamais à mes avances et cela m’amusait de l’embêter sur ce point…
Je souris lorsque la belle me dit qu’elle avait du temps de libre en dehors de son boulot et que nous pourrions faire en sorte de nous voir plus souvent. A croire qu’elle lisait dans mes pensées ou presque car je ne les avais pas formulé de la sorte. J’acquiesçais de la tête…



- Hé ! Tu vas plus pouvoir te passer de moi si on se voit trop souvent, plaisantais-je. Non mais plus sérieusement c’est une bonne idée… Quand j’suis pas de garde ou en patrouille je n’ai pas grand-chose à faire et en ce moment je ne suis pas tenté de trainer dans les quartiers militaires. Je pourrais te filer mon planning de service de garde et de patrouilles.


Non ! En ce moment je n’avais pas vraiment envie de croiser certains autres militaires… du moins une en particulier car je savais que trop de questions de reviendraient en tête si je l’apercevais ! Mais le moment n’était pas fait pour ce genre de pensée puisque je préférais plaisanter avec Charlie... J’aimais bien être en sa présence ! J’avais l’impression d’être celui que j’étais avant la guerre… Un militaire certes, mais un peu plus insouciant et toujours aussi dragueur.
D’ailleurs, en retrouvant petit à petit ma bonne humeur je recommençais à lui faire du charme… Je n’avais peut-être pas fait exprès d’attirer son attention comme je le prétendais mais j’aurais très bien pu en être capable. Ce fut à ce moment que Charlie me confirma que c’était l’espoir qui nous faisait vivre et il n’y avait rien d’étonnant à ses paroles. Par contre la suite me surprit légèrement puisque la jolie jeune femme rapprocha son visage du mien en rajoutant qu’espérer ne servait à rien si ce que l’on attendait n’arrivait jamais. Brièvement mon regard s’attarda sur ses lèvres avant de revenir plonger dans ses yeux. Je ne reprenais pas de suite la parole, chassant de mon esprit l’envie qui venait de naître.



- Tu sais que c’est dangereux de faire ça… Je risquerais de tenter de t’embrasser, dis-je avec un sourire.


Au même moment je sentis ses mains caresser la mienne et ce contact fut incroyablement relaxant. Cependant je ne perdais pas le nord, ce fut à mon tour de m’approcher doucement avec un léger sourire et le regard pétillant mais au dernier moment je détournais la tête et mon front se posa sur l’épaule de Charlie.


- Mais je ne voudrais pas te faire fuir… et prendre le risque de me retrouver tout seul !


J’avais certes le sourire aux lèvres mais j’avais été on ne peut plus sincère. Sa présence me faisait du bien et je restais ainsi plusieurs longues secondes pendant lesquelles j’avais même fermé les yeux.







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MessageSujet: Re: Tant que l'on continuera de rêver... [Benoit]   Mer 6 Aoû - 7:52




Tant que l'on continuera de rêver...


Il était quelqu'un de bien, c'est sûr. Et, sans savoir pourquoi, j'avais l'impression de le connaitre. Comme si notre rencontre datait d'avant la guerre. Comme si j'en savais pas mal sur lui. Mais j'avais bien réfléchis et nous ne nous étions jamais croisés auparavant. Il devait sûrement me rappeler quelqu'un que j'ai connu.
Je trouvais ça drôle. Il me parlait de me donner son planning pour que l'on puisse se voir lorsqu'il n'était pas en patrouille ou en garde. J'avais l'impression d'organiser un rendez-vous quotidien avec lui. Mais je réfléchissais, n'avait-il pas d'autres personnes avec qui il pouvait passer le temps ? Il était là depuis longtemps et, avec son caractère et son humour, il devait y avoir pas mal de personnes au camp qui l'appréciaient. Même moi qui était arrivée il y a trois semaines (réveillée depuis deux) j'avais quelques personnes que j'aimais bien. Enfin, j'étais contente de réussir à lui accaparer son temps libre. Et puis, je sentais que cela nous ferait du bien à tous les deux.

-Hum... Et dire que je vais devoir te supporter encore plus que maintenant ! dis-je en rigolant. Mais oui, pas de problèmes ! Et, si tu veux, tu pourrais passer me voir quelques fois à l'infirmerie comme ça, je pourrais t'apprendre deux ou trois petits trucs de soin ! dis-je avec enthousiasme.

Quoique... Avec la formation de militaire qu'il avait reçu, il avait certainement appris les bases et tout ça. Je me sentis un peu nulle sur le coup. Je ne voulais pas qu'il pense que je le prenais pour un incapable ou un ignare. Enfin, je chassais cette pensée de ma tête. Je réfléchissais toujours trop. Je le vis fixer un instant mes lèvres lorsque je j'avais commencé à redevenir, l'ombre seulement de la joueuse que j'avais été. Puis il me confirmais qu'il aurait pu tenter de m'embrasser. A vrai dire, je n'y avais pas pensé. Mais il ne le ferait pas. Et d'ailleurs, il ne l'a pas fait. Mais qu'aurais-je fait si il avait tenté. Non non. Ce n'était qu'un petit jeu entre nous, pas la peine de se prendre la tête pour si peu. Et puis, j'arrivais à me vider un peu l'esprit avec lui alors, je ne vais pas me mettre à m'imaginer n'importe quoi. J'eus donc un petit rire gêné. Mais alors que je caressais sa main, il approcha son visage encore plus du mien. Je ne sais pas combien de temps cela dura. Pas plus de deux secondes sûrement. Mais ces deux secondes me semblèrent longues et hors du temps. Pendant cet instant mon cerveau ne pensait à rien d'autre que "Il va pas le faire quand même !" Pendant cet instant, nos visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.

Mais il n'en fit rien. Très vite, sa tête vint se poser sur mon épaule. Je poussais un petit soupire. Je n'aurais pas su dire si il s'agissait de soulagement ou de déception. Je restais figée quelques instants. Mes mains tenait toujours celle de Benoit, mais je ne les bougeait plus. Pourquoi est-ce que je me crispais dans ce genre de situation ? Il n'y avait rien de mal, il n'y avait même rien de sérieux. Mais je n'osais bouger. Je pensais... A Sam encore. Et cela m'énervait. Cela m'énervait que, en plus de m'avoir abandonné, il me hantait et m'empêchait d'être moi même. J'avais envie de l'oublier qu'il disparaisse de mon esprit comme il avait disparut de cette terre.
J'entendis à peine Benoit parler. Me faire fuir ? Se retrouver seul ? Cela aurait peut-être pu se produire avant la guerre, mais maintenant, je n'avais plus le luxe de laisser tomber quelqu'un à cause d'une broutille comme un baiser. J’effaçais discrètement une larme qui avait coulé sur ma joue. Je ne voulais pas qu'il la remarque.

-Oh il en faudrait bien plus pour me faire fuir tu sais. répliquais-je sincèrement.

Puis je passais une main dans ses cheveux, une autre dans son dos pour le serrer contre moi. Cela m'apaisa. Je n'étais plus une réfugiée de la guerre. J'étais simplement Charlie. Comme avant. J'avais un grand sourire sur le visage. Je ne parlais pas, je savourais chaque secondes jusqu'à être totalement détendue. Alors, je me redressais afin de pouvoir voir son visage et dit en riant, totalement à l'aise.

-T'inquiète pas va ! Je vais pas te laisser tomber pour rien ! Tu vas devoir me supporter, j'en suis désolée.

Mon regard se posa alors sur ses lèvres. Un simple geste ne pouvait pas nous empêcher de plaisanter, ce n'était pas grand chose après tout. J'eus alors la même envie que celle qu'il avait eut précédemment. Mais je ne fis rien. Je savais que je n'étais pas capable d'entreprendre de moi même un acte physique comme celui là. "Sam... Barre toi à la fin."


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MessageSujet: Re: Tant que l'on continuera de rêver... [Benoit]   Sam 9 Aoû - 22:19



Tant que l'on continuera de rêver...





Je ne prenais pas beaucoup de temps pour moi et lorsque c’était le cas cela était rarement pour le passer avec des civils. Non ! Je faisais des patrouilles de mon propre chef ou je faisais du sport pour garder la forme. Pourtant il y avait de rares exceptions et la plus significative d’entre elles était Charlie. Oui, cette jeune femme avait su capter mon attention sans avoir rien fait pour que cela soit le cas. Mais comment aurait-elle pu faire quelque chose puisqu’elle était inconsciente lorsque je l’avais trouvée. Personne n’avait eu l’air de la connaître et j’avais donc été celui qui était resté à son chevet dès que j’en avais eu l’occasion. Cela avait été tellement naturel pour moi d’agir de la sorte que je n’avais jamais considéré ça comme une obligation. Je ne savais pas pourquoi mais j’avais réellement eu peur pour elle alors que je ne savais absolument rien à son sujet. Tout ce que je savais c’était qu’il fallait qu’elle s’en sorte, et que je la protège.
Voilà pourquoi j’acceptais sans réfléchir de passer plus de temps avec elle… Je savais que cela annonçait déjà de bons moments futurs ! C’était quelque chose de rare et il serait débile de laisser passer cette chance. J’eus un léger rire en entendant Charlie me dire qu’elle devrait me supporter davantage mais ce qui m’intéressa le plus ce fut ce qu’elle me proposa par la suite de manière très enthousiaste. *Trop cool ça !*



- T’as déjà eu à me supporter durant de longues heures, déclarais-je avec un clin d’œil. Bon, c’est vrai que tu pionçais mais tu devais m’entendre un chouia puisque je n’arrêtais pas de parler. Je reprenais ensuite concernant sa proposition. Et je me ferais une joie de venir à l’infirmerie ! On nous a appris les gestes de premiers secours mais ça me ferait pas de mal de revoir tout ça… et aussi des trucs en plus. Du genre comment faire un bon bandage ou même des points de sutures ! Enfin, ça doit être assez technique à faire ! dis-je me manière enthousiaste.


Le simple fait de m’imaginer à apprendre de nouvelles choses qui pourraient nous être utiles pendant nos raids me remontait le moral. Charlie était vraiment quelqu’un de génial ! Elle arrivait à me faire oublier mes sombres pensées en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire.
Cependant même si mes pensées étaient moins noires je vins à me poser des questions quand Charlie me surprit de par son comportement. Elle n’avait jamais été aussi taquine avec moi et cela m’avait légèrement perturbé. Bah oui quoi ! J’avais eu envie de l’embrasser quand elle s’était rapprochée de moi… Je n’en avais rien fait et cela pour plusieurs raisons. Je trouvais Charlie dangereuse… Dangereuse dans le sens où j’étais beaucoup attaché à elle et l’être encore plus n’était pas envisageable par temps de guerre. Du moins c’était ce qui me semblait le plus sûr et logique ! Et puis j’avais besoin de ne pas me retrouver seul, j’avais besoin d’être avec quelqu’un, j’avais besoin de cela pour me prouver que j’étais bien là, vivant. Je ne voulais pas qu’un simple baiser puisse la faire fuir. C’est pour cela que j’avais choisi d’être sage et que j’avais posé ma tête sur son épaule tout en étant sincère avec elle. J’eus un léger sourire en entendant sa réponse mais je gardais les yeux fermés.



- Maintenant je le saurais, dis-je doucement.


Je ne rajoutais rien car une des mains de Charlie venait de s’égarer dans mes cheveux tandis que l’autre s’était posée sur mon dos. Une fois contre elle je passais mes bras autour de sa taille et appréciais chaque seconde… Tout comme cette étreinte le doux parfum de sa peau me donna envie de déposer un baiser au creux de son cou mais je n’en fis rien. Et puis Charlie se redressais déjà pour me faire de nouveau face… Je souris en l’entendant rire et l’écoutais me dire qu’elle ne me laisserait pas tomber pour rien. Alors qu’elle terminait sa phrase je sus où son regard se posait et cela ne m’aida pas !


- Bah si je m’inquiète car je ne peux pas me permettre de te laisser filer, répondis-je spontanément en souriant. Mais je te crois ! Après, il faut aussi s’avouer qu’il arrive parfois qu’une petite chose ait de grandes conséquences non ?


*Reste tranquille, reste tranquille, reste tranquille !* Pourtant, je ne le faisais pas et m’approchais doucement de la jeune femme tout en sachant que ce n’était pas forcément une bonne idée. Ma main se glissa derrière sa nuque tandis que mes lèvres déposaient un baiser sur celles de Charlie…






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MessageSujet: Re: Tant que l'on continuera de rêver... [Benoit]   Dim 28 Sep - 19:34




Tant que l'on continuera de rêver...


De toutes façons, il ne l'a pas fait. Et il ne le fera certainement pas.

C'est dingue comme cette certitude s'envola d'un coup lorsque je sentis les mains de Benoit m'entourer. Ou lorsqu'il parla de petites choses et de grandes conséquences. Oui, s'embrasser était une bien petite chose en soi. J'étais bien placée pour le savoir, la plupart du temps, cela ne voulait rien dire. Et pourtant cela pouvait chambouler une personne, un couple, une vie même. Qu'entraînerait donc un baiser comme grande conséquences dans notre cas ? Je ne partirais pas, je ne l'ignorerais pas, je n'en aurais pas honte. En réalité, je ne voyais rien de néfaste, aucune objection à ce que cela arrive. Je n'en avais même pas peur.

Mes yeux alternant entre regarder sa bouche puis ses yeux, je du me résoudre tout naturellement à les fermer un instant, lorsque je sentis que mon ami s'approchait doucement de moi. J'avais la certitude que cette fois, il n'allait pas reculer, pas plus que moi. Mes yeux se fermèrent donc, le temps d'un baiser. Ce n'étais rien, juste nos lèvres les unes contre les autres, un bref instant. Trop court à mon goût. C'est pourquoi je ne pus m'empêcher de le prolonger, de savourer pleinement ce qui était en train d'arriver. Je sentais sa main sur ma nuque, contact qui me fit frissonner. Je sentais sa respiration, son odeur. Tout était très agréable et semblait encore effacer toutes mes pensées.

Après quelques secondes, je me détachais finalement de lui, pour le regarder, juste un peu. Je n'avais pas imaginé un seul instant que j'étais avec Sam. J'avais bien conscience que Benoit se tenait là, devant moi et cela me rassura. D'une part, contrairement à ce que j'avais pensé quelques minutes plus tôt, je commençais à me détacher de Sam et non pas à l'oublier comme je le pensais. J'évoluais à mon niveau, même si je trouvais cela quelque peu inutile étant donné notre situation à tous. Et d'autre part, Benoit était bien là, je pouvais être sûre que, physiquement et mentalement, je pouvais me reposer sur lui, il était bien réel. Et je savais, du moins j’espérais qu'il ne partirait pas. Pourquoi ? Il était militaire, il était fort, et il allait se battre contre cette guerre, cette situation. Il ne se laisserait pas prendre par surprise par qui ou quoi que ce soit. C'est certainement con, mais ce baiser avait créé, chez moi, comme un point de repère, un point de sauvegarde.

Je repris cet air et ce sourire taquin qui m'avait animé tout le long de notre discussion, j'avais cette légère impression que je redevenais moi même, loin de cette guerre, de ce merdier, je revivais un petit peu.

-Bah tu vois, je suis toujours là ! dis-je avec un petit rire.

C'est dingue, pourquoi est-ce que je me sentais si bien lorsque j'étais avec lui ? Surement sa présence à mes cotés lorsque j'étais inconsciente. J'avais l'impression de vraiment le connaître et pourtant, j'en savais si peu... Que m'avait-il raconté pendant cette semaine ou je pouvais l'entendre sans me souvenir ?


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MessageSujet: Re: Tant que l'on continuera de rêver... [Benoit]   Aujourd'hui à 6:02



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