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MessageSujet: De la difficulté d'avancer ♠ Michel   Jeu 26 Juin - 13:12

Je m’attendais à tout en me levant ce matin, mais pas ça. Faute de main d’œuvre, on m’avait demandé d’aller au turbin, retaper un peu le périmètre, vérifier que tout était en ordre. Sauf que dans cette histoire, il y avait un léger problème. J’allais mieux mais je n’avais pas encore totalement récupérer. Visuellement, il ne me restait que des cicatrices plus ou moins moches... je pouvais donner le change. Par contre, quand il s’agissait de soulever des charges ou faire certains mouvements, c’était une autre histoire. J’avais tout intérêt à la jouer fine si je ne voulais pas me retrouver à rien foutre de mon temps. Déjà comme ça, j’étais redevenue active contre avis médical et ça se savait. Plus ou moins.
Étant parfaitement consciente que je n’avais aucun moyen de me défiler sans me griller, je n’avais pas le choix. À moi et quelques autres de retaper le périmètre. Enfin, quand je disais quelques autres... c’était quelqu’un et moi. On pouvait pas tous bosser au même endroit.

Plantée sur mes deux pieds à attendre, histoire de ne pas finir avec des glaçons dans les bottes, je bougeais mes orteils, je gesticulais. Je crois que ce qui me manquait le plus depuis quelques temps, c’était mes deux litres de café. Même sans ça, je restais incapable de tenir en place ou du moins, de ne pas gigoter. Autant j’étais capable de rester immobile et silencieuse quand la situation l’exigeait, autant j’en étais foutrement incapable dans ce genre d’attente.
J’avais pourtant un autre problème avec l’immobilisme, certaines positions étaient dures à tenir et je chopait rapidement des douleurs intenses. De quoi me ravir et me rendre plus invivable que d’habitude. Cela dit, tant que je fermais ma gueule, personne n’en savait rien.
J’étais heureusement dans un bon jour et normalement, la personne avec qui je bosserai n’aurait pas à supporter ma mauvaise humeur.

En parlant de personne, quelqu’un arrivait. Je ne savais pas qui, pas vraiment. Son visage m’évoquait juste vaguement quelque chose. Je ne lui avais jamais parlé mais le bonhomme avait l’air fatigué. Pas de la façon dont nous l’étions presque tous mais le genre abattu. Je pouvais toujours me tromper... peut-être qu’il avait passé une mauvaise nuit, journée, semaine ou autre. C’était pas improbable vu le climat et l’ambiance.
On ne manquait ni de bagarre ni de prises de becs. Entre le manque d’intimité et la proximité parfois gênante et la présence envahissante de certains... pas étonnant.

« On commence par quoi ? » Décidément, la politesse de base et moi, c’était compliqué. « Bonjour. » Dans l’autre sens, ça aurait été mieux et avec une excuse aussi. Au moins, je n’étais pas agressive, ni sur la défensive, ce qui changeait de d’habitude, de toujours. Je ne pourrais pas m’empêcher de regarder par dessus nos épaules et de faire attention à tout ce qui sortirait de l’ordinaire mais ça, c’était aussi ce qu’on me demandait après tout.
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MessageSujet: Re: De la difficulté d'avancer ♠ Michel   Ven 27 Juin - 16:13

La nuit avait été mauvaise, comme de coutume ces derniers temps. Il faut dire bien sûr que les évènements se prêtent assez mal à une vie en harmonie au sein du camp, avec la promiscuité, la maladie, la faim et le manque de tout le confort avec lequel nous avions toujours vécu... Voiture, chaleur, nourriture variée et en quantité, télévision, téléphone, ordinateur, internet, et toutes ces conneries de jeux et de sports que je pouvais autrefois affectionner... Ce temps là semblait irrémédiablement révolu. Je me posais parfois ce genre de questions. Est ce qu'un jour, mon fils pourra conduire une voiture fabriquée par le conflit actuel ? Est ce qu'il connaîtra une nouvelle génération de machines pour passer son temps devant des jeux vidéos ? J'en doutais fort. Je ne savais pas si notre avenir pouvait impliquer quoi que ce soit de positif, d'ailleurs. Passionnant malgré tout, mon fils aurait des défis à réaliser dont je n'avais même pas idée, et c'était quelque chose de malheureux mais aussi de plutôt positif. Tant qu'il y avait des chances pour qu'il soit en mesure d'améliorer sa condition et son propre futur... Croire qu'un avenir relativement serein est toujours possible est un véritable moteur pour quiconque de normalement constitué. Peut être que Matthieu ne serait jamais heureux, mais tant qu'il avait l'espoir de l'être un jour il se battrait. C'était là dessus que je me devais de jouer. Pour son avenir, et pour le mien. Grappiller des espoirs tant que ça reste possible.


Les choses étaient de toute manière bien mal parties. On ne peut pas dire que l'entente soit au beau fixe entre Matthieu et moi. Il y a comme qui dirait une couille dans le potage, une incompréhension complète. Je suis sans doute incapable de voir ses efforts pour s'améliorer, pour survivre, pour faire en sorte de passer cette tempête qui voudrait tous nous voir effondrés... et lui de son côté, est incapable de voir que j'ai changé, que je ne suis plus ce « papa » dénué de sens et de volonté, qui se laisse rouler dessus en permanence pour avoir la paix. J'ai tué pour lui, et c'est ça qui, je crois, ne passe pas. Si je voulais être honnête, je devrais préciser que cela ne passait pas ni de son côté ni du miens. Moi même, j'avais des difficultés à assumer tout ce que j'avais pu faire, dont le massacre brutal d'un écorchard au beau milieu des rues de Louisville... à mains nues. Traumatisant... Bref. Matthieu et moi nous étions encore disputés la veille au soir, et ça avait empoisonné mon humeur pour le reste de la soirée et hanté mes rêves. Je le voyais sans cesse me tourner le dos. J'espérais seulement que le jour où il le ferait pour de bon, il le ferait parce qu'il serait capable de s'en sortir pour de bon sans moi.


Bref. Je me levais du mauvais pied et me préparais chaudement, avec tous les vêtements dépenaillés que j'avais pu trouver dans le secteur. Tout était dépareillé, et franchement le temps et les épreuves avaient fini par décolorer une bonne partie des fringues. Peu importait. Je me rendais au point de rassemblement matinal pour ceux qui retapaient les défenses de secteur, et j'y retrouvais finalement une grande brune dont le visage me disait quelque chose. Elle aussi s'était battue bec et ongles contre les écorcheurs dans les rues avec moi. La fille me demande avec un accent par quoi on commence, pour finir par me dire bonjour. Je souris presque avec effronterie.



| Par remettre dans son cadre le portail entre nous et le chemin qui mène à la rivière - bonjour. Vous êtes anglaise pour parler à l'envers? |


Il était connu que grammaticalement parlant, les british mettaient leurs mots à l'envers par rapport aux usages en français.



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MessageSujet: Re: De la difficulté d'avancer ♠ Michel   Jeu 3 Juil - 16:48

En me bougeant ce matin, je n’aurais pas pensé qu’on serait seulement deux. Ok, on pouvait pas coller tout le monde ensemble. N’empêche... ça allait pas aider. Le gars avait l’air aussi usé que moi, quoi qu’un peu moins peut-être quand même. J’faisais bonne figure et c’était difficile de s’en rendre compte puisque je n’avais pas vraiment le même taux de résistance que la moyenne des gens du coin. J’avais vu pire, dans des situations différentes mais toujours avec un bon hosto à l’arrivée et de la bouffe. Cette fois, c’était différent. Hosto de fortune et bouffe rationnée. Pas de quoi se remettre sur pieds en moins de deux.

Je souris un peu en l’entendant se moquer de moi. Ça me changeait un peu de l’agressivité quasi systématique ou l’indifférence la plus totale quand on entendait mon accent. « J’ai juste oublié les politesses de base à force il faut croire. Mais bien vu, je suis anglaise. C’est les fringues, c’est ça ? » Petite blague de merde en retour. Mon accent parlait pour moi de toute façon.
Et puis ça me revint. Je savais où j’avais déjà vu sa tête. À Louisville oui mais pas seulement. Ce gars s’était battu, avait défendu chèrement sa peau, comme nous tous. J’évitais cependant d’aborder le sujet, c’était peut-être pas une bonne idée pour apaiser les esprits de parler d’un truc pareil. Du moins, je le croyais. Tout le monde n’avait pas forcément envie de reparler de ce genre de choses. Pas quand on a failli y laisser la peau.
En réalité, je ne savais pas, plus, comment il s’en était tiré. Il était vivant et tenait sur ses deux pieds, ce qui était déjà pas mal.

« Le portail donc ? » On allait se marrer dis donc. Le truc pesait lourd et la tâche ne serait pas simple. J’allais en chier, clairement. « Une idée de comment s’y prendre ? » J’en avais des tas d’idées... mais aucune valable faute de matériel. Quoi que... il faudrait voir parce qu’au fond, n’ayant jamais dû faire un truc pareil, je ne savais pas ce qu’on avait à disposition. « On a quoi, comme matériel ? » Question légitime s’il en était.

En attendant, je regardais alentour. Il faisait plutôt calme, comme toujours, du moins à cette heure. J’avais dû reprendre l’habitude des bruits en tout genre à Louisville déjà et ça n’était pas différent ici. Chaque bruit avait une origine... l’origine était-elle suspecte ou non ? Y avait-il un risque ? Un danger. Bien malgré moi, je fonctionnais toujours de la même façon, comme si j’étais de retour dans une mission quelconque, un contrat.
Je dormais souvent d’un œil et il n’était pas rare que ça me suffise. Je ne me permettais que très rarement, trop en fait, de dormir sur mes deux oreilles. Car si je m’en donnais la peine, j’y parvenais. Le tour était que je puisse faire confiance. Paradoxe, je ne dormais ainsi que lorsque je savais qui se trouvais de garde et que je savais que c’était une enflure de carrière.
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MessageSujet: Re: De la difficulté d'avancer ♠ Michel   Dim 6 Juil - 21:56

Autant dire que les choses commençaient bien. A peine arrivé et je tombe sur une gonzesse qui me tire une gueule de dix pieds de longs, sachant qu'elle avait déjà une tronche de dure à cuir. La fille avait le port assez raide, confiant, même si on devenaait dans toute cette rigidité des blessures ou en tous cas, que quelque chose clochait. Visuellement, elle me rappelait ces militaires qui restaient un peu trop longtemps à surveiller une zone. Un balai dans le cul et un air méchant. Déjà ça, ça me laissait circonspect. Mais en plus, il fallait quand même avouer que je n'avais pas grand chose à me mettre sous la dent niveau informations. J'avais tout de même dans mes souvenirs des scènes de cette fille en train de se battre dans les rues de Louisville. Enfin, je croyais que c'était elle. Mais je n'avais aucun moyen d'en être certain. Je ne voulais pas non plus paraître grossier et lui faire remarquer que je ne savais plus si c'était elle qui avait fait wonderwoman ou pas. Si c'était pas le cas ou si je mélangeais avec quelqu'un d'autre, j'aurais sacrément l'air con. Cela dit, qu'elle soit une warrior de la mort ou une autre, l'inconnue sourit à mes plaisanteries. C'est débile, je sais, mais je ne peux pas faire plus naturel que ça. Durant toute ma vie, j'ai charmé mon petit monde à l'air d'imbécilités plus ou moins légères. Je pensais que l'humour était mon meilleur rempart face à ce monde. Dieu que j'avais tord ! La fille ne semble en tous cas pas dénuée de répartie, ce qui me fait sourire.


| Non, les tâches de rousseur. |


Là, ça devenait stupide, mais je m'en fichais. Mieux vaut être léger que trop se prendre la tête. J'aimais bien me marrer de mes conneries, et sourire avait tendance à détendre un peu un visage qui était marqué par tout ce que j'avais vu et fait dernièrement. A ses questions, je haussais les épaules.


| J'imagine avec nos mains. Si on a de la chance, de quoi faire levier. Mais pas beaucoup plus. Si vous décolletez un peu votre haut, y'a moyen qu'on trouve des bras supplémentaires. |


Bon, ça, c'est moins innocent comme blague. Blaguer me fait parler et je lâche à brûle pourpoint:


| Vous auriez pas fait partie des gens à Louisville, qui se sont battus au corps à corps dans les rues pendant que ces connards brûlaient tout? |



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MessageSujet: Re: De la difficulté d'avancer ♠ Michel   Aujourd'hui à 15:38



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