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MessageSujet: Lorsque le toit s'écroule   Dim 8 Juin - 19:44

Depuis son arrivée au camp, Léo sentait qu'une nouvelle forme de vie, de société émanait de la terre. La guerre paraissait lointaine à présent, alors qu'il vagabondait entre les tentes depuis seulement quelques heures. Il avait rencontré Lyra, une charmante jeune fille de son âge environ qui lui avait donné un peu plus d'espoir qu'il n'en avait jamais eu jusqu'à présent.

Sa famille lui manquait chaque minutes, chaque seconde, dès qu'il posait ses yeux sur toutes ces personnes qui s'entraidaient, ces familles qui paraissaient plus solides que jamais. La guerre était une chose horrible qui vous déchirait en deux. Comment allait-il s'en remettre ? Il n'en savait rien, seul le temps le lui dirait. Il continuait de marchait sans but parmi les tentes plus ou moins grandes selon les besoins. La zone Est était réservée pour les couples et les personnes seules. Ainsi les tentes étaient plus petites et l'on pouvait constater aisément que l'entraide y était moins présente que dans les autres zones.

Si sa famille était encore en vie, peut-être qu'il aurait pu profiter de ces instants avec sa mère, son père et sa soeur. Il avait accepté la mort de son petit frère, partit à cause d'une fièvre pénible qui avait duré plusieurs semaines. Mais les autres membres de sa famille étaient partis trop vite. Il n'avait même pas essayé de les sauver. Il n'avait pas eu le temps. Pourtant, il culpabilisé toujours de s'être enfuit sauvagement dans les hautes herbes, sans porter le moindre regard sur la demeure des Delafont prenant feu.

Léo sentit ses yeux le brûler et découvrit, honteux, qu'ils étaient humides. Les séchant du revers de sa manche, il se rapprocha d'une jeune femme qui essayait vainement de remettre sa tente en ordre. Cette dernière s'était littéralement écroulée sur elle-même et il paraissait impossible de la redresser seul. Un garçon d'environ 12 ans, à la chevelure dorée, chétif mais pas trop court sur pattes apparut de dessous la tenture. Il accorda un large sourire égayant son visage à l'adresse de Léo, qui se dernier ne put s'empêcher de répliquer de la même manière.

La jeune femme continuait désespérément de remonter les montures principales de sa tente, lâchant quelques jurons lorsque celles-ci lui échappèrent des mains.

- Je pense que ta soeur à besoin d'un coup de main, dit-il à l'adresse du garçon.

Ce dernier acquiesça vigoureusement de la tête et Léo se rapprocha de la jeune femme, se débarrassant de son épais manteau qui allait certainement le gêner dans ses mouvements.

- Un coup de main ne serait pas de refus j'imagine ?

Personne à l'horizon. Ou du moins, personne ne prêtait attention aux trois protagonistes. Visiblement, les survivants de cette zone du camp n'étaient pas très amical.
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MessageSujet: Re: Lorsque le toit s'écroule   Jeu 12 Juin - 8:46

Foutue chevelure brune qui lui collait au front, foutus bras incapables de pouvoir remettre sur pieds la tente des Simil, foutues pensées lugubres qui s’immisçaient dans son esprit et qui l’empêchaient de correctement user de ses doigts.

Leur tente s’était misérablement écroulée sur elle-même une demi-heure plus tôt, faute d’accroches suffisamment solides pour la retenir. Megara bataillait comme une force née depuis lors pour essayer de repositionner correctement la chose qui leur servait de maison.

En vain.

« Putain, Lucas va me tenir la droite de cette tente.» elle n’hésitait plus à utiliser un vocabulaire peu flatteur en face de son frère, ils avaient dépassé maintenant pas mal de limites. A quoi servait la politesse dans un monde à demi-flingué de toute façon ? « Lucas ? » répéta-t-elle en penchant la tête vers l’endroit où s’était trouvé le rouquin quelques secondes avant. Comme si c’était le moment de la laisser se battre seule contre leur habitation.
Bon.
Soupirant comme un buffle proche de la mort cérébrale, la jeune fille continua de se dépatouiller toute seule, marmonnant au passage quelques jurons bien placés tels que : « Fait chier. », « tente de merde. », « prochaine fois on dort dehors putain. » et autres joyeusetés. Les autres survivants présents ne faisaient que passer en la regardant d’un œil dubitatif. Ils devaient sincèrement tous la prendre pour une abrutie et c’était le cas ! La brunette aurait bien aimé demander à Théo de l’aider mais celui-ci était encore auprès de sa compagne Julie, toujours aussi souffrante.

Elle n’allait pas tarder à suivre les pas de leur défunte mère, malheureusement.

Meg ne se faisait plus d’illusion concernant la santé de leur amie. Théo avait pensé que le camp lui ferait le plus grand bien, la soignerait plus ou moins, mais de toute évidence, l’infection s’était nichée bien trop profondément dans son corps.
Provocant sa perte…

L’ancienne étudiante fronça les sourcils et continua de se concentrer sur son affaire présente. Ce n’était pas le moment d’y penser et de se montrer faible. Les morts étaient maintenant le lot quotidien des rares humains ayant survécu à la catastrophe. Il fallait se faire une raison. Il ne fallait plus se concentrer sur les cadavres qui jonchaient leurs terres mais plutôt se tourner vers l’avenir, aussi funeste soit-il.
Perdue dans des pensées aussi motivantes que noires, la survivante crût entendre une voix inconnue s’élever non loin de leur habitat. Une voix… Masculine ? A qui parlait-elle ?

Son cœur loupa quelques battements.
Lucas.

D’un réflexe qui rappelait grandement qu’elle avait vécue dehors pendant plusieurs mois, Megara sorti un couteau de sa botte droite et le positionna sur la gueule angélique du jeune homme qui venait de faire irruption dans son champ de vision. Le pauvre bougre arborait une tête pour la moins innocente et venait tout juste de retirer sa veste pour…
Les aider, apparemment.

AH.

Penaude, elle baissa mollement son bras le long de son corps, la mine désolée. Son frère profita de ce moment-là pour débarquer dans la scène et la regarder d’un air plus qu’entendu. Elle était devenue bien trop méfiante, même envers un potentiel allié.

« Il veut juste nous aider sist’. » lâcha-t-il en soupirant, pour ensuite aller sur le côté une énième fois. Il n’aimait pas les choses manuelles, et ça se ressentait encore aujourd’hui.

Megara se passa une main distraite dans les cheveux et leva son regard sur le blond. « Désolée… Pour ça. » fit-elle tout de même en montrant le couteau du doigt. Il ne s’agirait pas de passer pour une violente… Même si c’était ce qu’elle était devenue au fond. « Non, effectivement un coup de main serait même nécessaire. Je me bats avec cette connerie depuis au moins une demi-heure, je n’en peux plus. » elle marqua un temps de pause en détaillant des yeux son nouvel interlocuteur. Sa tête ne lui disait pas grand-chose. « T’es nouveau ici ? Il ne me semble pas t’avoir déjà vu. » elle tenta ensuite de paraître moins froide, c’était quelque chose que Lucas lui reprochait souvent. Les évènements passés lui avait rendu un cœur de pierre. Mais le bonhomme en face ne lui avait rien demandé et qui plus est, il n’avait pas l’air d’être plus vieux qu’elle. « Je m’appelle Megara, mais appelle moi Meg. »

Ses yeux couleur noisette se reposèrent sur la tente qui possédait clairement une dégaine assez… Risible. Pas étonnant que les autres familles les regardaient d’un air désabusé depuis tout à l’heure. Elle se demanda tout à coup où ce nouveau venu dormait. « Tu pieutes ici également ? »
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MessageSujet: Re: Lorsque le toit s'écroule   Sam 14 Juin - 9:17

La vie au camp était peut-être morose pour certain, mais Léo était plutôt content de trouver autant de tranquillité dans un seul endroit. Depuis les bombardements, il n'avait pas cessé de fuir et pas un seul jour il ne s'était posé sans avoir la boule à l'estomac. Il se rappelait encore trop bien des journées passées dans les bois, sa mère rassurant son petit frère en lui disant « c'est une très grande randonnée qui nous attend là ». Mais personne n'était dupe et tout le monde pouvait lire la quiétude dans les yeux de son père. Léo n'arrivait plus à trouver le sommeil depuis plus d'un mois. Certains lui aurait dit de passer à autre chose, qu'on n'avait plus le temps de s'attarder sur des pertes même chers, mais le jeune homme ne se considérait pas comme un guerrier. Encore moins comme ces maudits soldats.

Il les détestait tous. Après tout, c'était cet uniforme de militaire qui avait décimé toute sa famille sous ses yeux impuissants. Après tout c'était ces crétins de soldats qui avaient envoyé les bombes sur toutes les grandes villes au quatre coins du monde. C'était eux qui avaient exécute les ordres, bêtement, sans l'once d'une réflexion. Léo haïssait l'armée et ces armes, il détestait ces imbéciles qui jouaient les gros bras et qui se pensaient supérieurs à tous. Pourtant son père fut un aviateur hors pair. Un commandant en chef, un dieu des airs, un pilote en or. Mais tout ceci n'avait plus d'importance, car il n'était plus là. Léo n'avait jamais désiré un seul instant endosser le costume militaire ou suivre le chemin de son père.

Alors quand ce dernier lui avait imposé l'arme dans la main. Quand il lui avait ordonné de se battre et de défendre son pays, Léo s'était renfermé sur lui même, maudissant son paternelle jusqu'à la moelle. Pourtant il le regrettait maintenant. S'il avait su tenir son arme correctement, s'il avait su tirer au bon moment, peut être que sa famille serait encore là. Peut-être même que la demeure des Delafont se dresserait encore fièrement, luttant contre les vagues d'assaillants plus chevronnés les uns que les autres. Mais ce camp pouvait lui faire oublier tous ces moments tragiques. Ces gens pouvaient peut-être lui redonner espoir dans l'humanité. L'enfant roux qui se tenait face à lui, ressemblait tellement à Louis. Cet enfant avait quelque chose de réconfortant, d'apaisant. C'était stupide, mais rien que sa présence lui donnait envie d'aider. De prêter main forte et de laisser sa mélancolie de côté. Oublier sa famille, ses soucis, la peur, la guerre, tout mettre de côté pour de simples gestes du quotidien.

Mais à peine eut-il fait un pas en avant, qu'il sentie une lame se planter sous sa gorge. Dans un réflexe presque inhumain, Léo plaqua ses doigts au niveau de son couteau à cran d'arrêt. Mais à peine eut-il le temps de dégainer, que la jeune femme retira le sien, visiblement confuse. Elle n'avait pas vraiment à s'excuser, même si se retrouver une lame sous la gorge n'était jamais une expérience agréable … mais le temps de guerre rendait les gens méfiants et à bout de nerf, ce que Léo comprenait tout à fait. Elle fit un pas en arrière et le pisteur souffla un coup avant de ranger son arme blanche dans son étuis.

« C'est bon, tant que tu ne m'as pas égorgé, ça va. » dit-il sur un ton détaché « Ouais je vois que vous galérez un peu à mettre ça en place. J'étais chez les scouts plus jeune. Je n'ai pas tenu bien longtemps, mais j'ai gardé quelques acquis. Comme monter une tente, ou faire un feu avec presque rien, c'est toujours pratique. » annonça-t-il en adressant un clin d'oeil à l'adolescent.

Léo se plaça à l'autre bout de la tente. Elle était plutôt grande et large, ce qui rendait la tâche difficile. Seule, il était presque impossible pour la jeune femme de redresser la toile et le garçon chétif n'était pas assez grand pour pousser les piques assez droit. Léo s’exécuta à la tâche et en deux trois mouvements la tente retrouva une fière allure. Il repiqua convenablement les sardines dans le sol boueux, puis essuya du revers de sa manche son front qui perlait de sueur. L'effort ne le tuait pas, il s'était bien consolidé en l'espace de quelques mois. Dire que normalement il devrait se trouver sur les bancs de la fac en compagnie de ses amis à cette période de l'année … Mais cette vie n'existait plus et n'existera probablement plus jamais.

« Je suis arrivé depuis pas très longtemps. On m'a parcké avec mon oncle dans une tente pas très loin d'ici. En fait, j'étais en train de faire un tour du camp, histoire de voir un peu comment ça se passe. Tu t'es bien intégrée ici avec ton frangin ? Moi j'ai peur que mon oncle veuille repartir dès demain … du coup j'ai essayé d'intégrer un groupe pour une mission. »

Voyant les membres rachitiques du garçon, Léo fourra ses mains dans son sac en bandoulière et sortit de gros raisins séchés, ainsi que quelques dattes qu'il avait trouvé dans une maison abandonnée quelques jours plus tôt. Il s'installa sur un rondin de bois et les tendit au garçon.

« Au fait moi c'est Léo. Tiens, tu devrais manger, ça te donnera des forces. Etre sur les routes c'est fatiguant, mais on trouve des petits trésors parfois. Ca fait longtemps que vous êtes ici ? » demanda-t-il en s'adressa à la jeune femme.

Un vent polaire se levait doucement, claquant les tentures dans un air glacé. Les températures n'avaient jamais atteint des seuils aussi bas, surtout dans cette région du pays qui se voulait plus tempérée que polaire. La neige, Léo ne connaissait pas ça très bien et pourtant, ça faisait presque deux mois qu'il vivait dedans. On pouvait dire que le corps s'habituait vite à son environnement, Léo pourrait en réfuter cette règle mensongère. Non, son corps avait froid et pire encore, le bout de ses doigts ne semblait plus vouloir dégeler.
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MessageSujet: Re: Lorsque le toit s'écroule   Aujourd'hui à 15:38



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