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MessageSujet: Les morts ne peuvent plus parler   Sam 7 Juin - 21:48

Tous les jours, je me rendais au cimetière du camp. Comme un itinéraire tracé dans mon cerveau, que je suivais sans m'en rendre compte, guidé par un instinct étrange. Mes jambes me portaient là-bas, sans que mes yeux ne voient où je mettais les pieds. Si on m'avait demandé de conduire un survivant ici, je me serais sûrement trompé quelques fois. Le camp était tellement mal organisé ! Certaines zones étaient clairement délimitées et "rangées" mais il restait tant à faire que je me disais que c'était insurmontable et qu'il valait mieux laisser tomber.

Une fois arrivé dans ce champ aussi mal organisé que le reste, j'avançais tout près de la limite, de la barrière. Je regardais dans le lointain un bon moment, avant de revenir à moi-même. Que faisais-je là ? Je savais pourtant pourquoi j'allais chaque jour dans le cimetière. Pour repenser à celui que j'avais été et que j'avais laissé au bord de la route. Mes idéaux, mes valeurs, ma morale, mon courage, n'avaient pas survécu à cette traversée du désert qu'avait été la marche vers le camp. Le pire au début, c'était que nous ignorions où nous allions, si nous trouverions un endroit où nous loger, ou nous reposer, où manger. Dormir ! Manger ! Ne plus marcher ! Enfin ! Le souci, maintenant que cet effort surhumain était terminé, je n'avais plus de but dans la vie. trouver ma nourriture, me reposer dans la tente, me suffisaient. Je ne faisais rien de plus. J'étais un très mauvais représentant des Nouveaux Voisins, ces "sans-camps", ces inaptes à la survie. Car je l'étais moi-même et je ne pouvais les motiver en rien. Je ne trouvais pas de raison d'être à notre groupe. Si nous étions aussi peu adaptés, pourquoi ne nous avait-on pas abandonnés ? Pourquoi n'étions pas morts nous aussi ?

Oui, je regardais l'ancien Martin dormir dans ce cimetière, dans la fosse commune des Louisvillois tombés de ci de là. Enfin en paix avec lui-même et les autres.

*Je me regarde mort et ça ne me fait rien. Je me sens mort à l'intérieur.* Je pouvais passer des heures dans ce champ, qu'en savais-je, de toute façon je n'avais ni smartphone ni montre.

Tellement absorbé par mes pensées morbides que je n'entendis pas qu'on s'approchait de moi par derrière. Si on m'attaquait par surprise, je tomberais comme une mouche. Inadapté pour la survie, vous dis-je.


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MessageSujet: Re: Les morts ne peuvent plus parler   Dim 8 Juin - 19:24

Le tour du camp fut rapide. Il n'y avait rien d'extraordinaire hormis peut-être le centre de la station qui était interdit. Or l'interdit aiguisait la curiosité de Léo. Il avait beau eu se dresser sur la pointe de ses pieds pour apercevoir ne serait-ce que l'ombre de quelque chose d'étrange parmi les étagères du commerce de la station d'essence, il n'avait rien vu. Dépité par ses tentatives infructueuses, il regagna sa tente l'air bougon. Son oncle s'était installé sur le lit, les bras croisés derrière la tête et ne semblait pas vouloir entamer une conversation avec son neveu. A vrai dire, Luc réagissait toujours de la même manière quand on le contrariait.

Ainsi, Léo préférait vaquer sans but dans le froid nucléaire qui s'était installé sur le camp. Il chercha une tête familière ou amicale avec qui parler, mais tous les survivants paraissaient occupés. Il marcha sans but et déboucha finalement sur un petit sentier de terre battue qui menait vers une sorte de terrain vague. Un semblant de cimetière ... génial, il n'y avait pas plus déprimant comme endroit. Léo n'avait pas ouï dire de la perte colossale des habitants de Louisville. En fait, il ne connaissait que sa propre histoire. Cette guerre lui échappait totalement et ce camp l'avait simplement recueillit à bras grands ouverts. Il ne demandait pas grand chose, simplement du calme et de la sécurité.

Là, parmi les croix en bois et la fosse commune se tenait un homme sinistre, qui tirait invraisemblablement la tronche. Alors que Léo s'approchait, un corbeau s'élança dans les airs, battant mollement des airs dans un croassement inquiétant. Léo n'avait jamais apprécié les cimetières ... ces endroits dégageaient toujours quelque chose d'oppressant, de dérangeant. Il se rapprocha toutefois de l'homme, une main posée sur son couteau à cran d'arrêt. Il ne savait pas du tout s'il s'agissait quelqu'un du camp ou si il s'agissait d'un homme perdu ... donc dangereux.

- Hum ... hey !

Il se tenait à quelques mètres de l'homme qui tirait une triste mine. Si décomposé, que Léo n'aurait su dire quel âge il avait. Ses joues étaient creuses et mangées par une barbe hirsute. Ses yeux étaient sombres et cernés de noir. Il n'avait pas l'air d'aller bien du tout et Léo avait presque peur que cet inconnu ne commette un acte irréfléchi devant ses yeux. Pourtant, il n'avait pas l'air dangereux. Alors Léo rengaina son couteau, puis jeta un coup d'oeil vers la fosse commune.

- Vous savez ce qui s'est passé ?

Considérant curieusement l'homme, Léo ne se doutait pas qu'il venait de poser une question sûrement pénible, qui remontrait à la surface de douloureux souvenirs.

HJ; dis moi si y'a un truc qui cloche, je modifierai.
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MessageSujet: Re: Les morts ne peuvent plus parler   Dim 8 Juin - 21:52



Les morts ne peuvent plus parler





J’avais encore du temps de libre avant de prendre mon poste et je savais que si je me posais j’allais avoir un coup de pompe qui ne plairait pas au Chef ! Voilà pourquoi j’avais décidé de faire un tour du campement en prenant soin de passer avant tout récupérer mon paquet de cigarettes. J’étais persuadé que je l’avais mis dans cette veste que je portais mais rien, les poches étaient vides. En quelques minutes j’étais donc sous la toile qui me servait de ‘‘logement’’ et je fouillais, retournais pour ne rien trouver ! Assis en tailleur sur le sol je m’étais mis à réfléchir avant d’avoir un flash… A coup sûr j’avais oublié mes clopes dans sa tente ! Je poussais un soupir… Je me voyais mal débarquer devant ma supérieure en lui demandant si elle n’avait pas mon paquet. Elle ne devait pas être seule à cette heure-ci puisqu’elle devait se trouver au commandement ou sur le terrain. Et puis il y a aussi cette impression que j’avais qu’elle avait été distante avec moi la dernière fois que nous nous étions croisés !
Je secouais la tête pour chasser ces pensées et sortais de ma tente. Je réajustais mon Famas et partais faire un tour dans l’espoir de tomber sur une personne encore en possession de cette rareté qu’était devenu le tabac. Avec un peu de chance je pourrais tirer une taffe avant d’aller me poster.

Je n’avais cependant pas eu de chance car je n’avais croisé presque personne et aucun fumeur de surcroit… Je m’étais ensuite légèrement éloigné du camp en suivant à distance un jeune homme. Je ne le connaissais pas celui-là et je voulais donc voir où il allait et pourquoi !
Le gars se rendit jusqu’au cimetière où se trouvait déjà quelqu’un… Je ne l’avais pas reconnu dans un premier temps mais en avançant de quelques pas, toujours en prenant soin de ne pas être vu, j’avais reconnu le maire de Louisville ! Cependant, mon attention fut vite attirée de nouveau sur le jeune homme qui venait de porter sa main sur ce qui me semblait être un couteau, sans que j’en sois certain ! Je me décidais donc à avancer plus rapidement, au moment où le civil semblait changer d’avis. J’étais à présent assez près pour l’entendre s’adresser à l’ancien maire et je levais les yeux au ciel. *Y’a eu une guerre frangin ! Voilà ce qu’il s’est passé…* Je gardais cette pensée pour moi. Maintenant que j’étais plus près je voyais la mine affreuse qu’affichais l’ex dirigeant de Louisville ! Je n’aimais pas voir les gens déprimer et ma réputation de pitre m’avait précédée depuis longtemps.



- Salut ! dis-je en jetant un coup d’œil au jeune. Bonjour Monsieur Huygues ! continuais-je en m’adressant au maire. Qu’est-ce que vous faite là ? Parce que y’a plus joyeux comme lieu pour se faire une réunion Tupperware ! Je marquais une pause avant d'ajouter. Au fait, moi c'est l'soldat Bertin. Enfin, Benoit pour les civils, précisais-je avec l'esquisse d'un sourire.


C’était débile ? Oui, mais peut-être cette connerie changerait les idées de Huygues. Jamais je ne l’avais revu depuis notre arrivée au camp et il donnait l’impression de n’être plus que l’ombre de lui-même. Il fallait qu’il réagisse !





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MessageSujet: Re: Les morts ne peuvent plus parler   Lun 9 Juin - 20:11

Spoiler:
 

La fosse était refermée mais je pouvais encore voir la jonction entre la terre fraîchement posée et celle qu'on piétinait sans relâche depuis notre arrivée. Des concitoyens et concitoyennes étaient enterrés ici, je le savais, car j'y avais participé. Je n'avais pas foutu grand chose dans cette station-service mais j'avais tenu à porter les corps, à creuser la fosse et à les y déposer. Je les connaissais plus ou moins, je leur avais parlé et j'imagine qu'ils m'avaient écoutés.

Ceux que je n'avais pas porté en terre étaient mes parents. Je l'avais fait à Louisville, derrière leur maison pillée par les écorcheurs. J'étais presque heureux qu'ils soient morts, pour qu'ils n'aient pas à voir ça. A leur âge, ils n'auraient pas survécu à la traversée. J'aurais juste aimé que leur mort soit douce. S'ils étaient près de moi, je n'aurais pas cette attitude pathétique, je ferais tout pour les aider car ils dépendraient de moi. A part Emilie, je ne ressentais envers personne l'envie de soutenir ou d'aider. Pour elle, en mémoire de mes vieux parents peut-être, je ferais un effort.

Tellement perdu dans mes pensées qu'une voix juvénile me tira de mes rêveries morbides.
Je me tournai vers le jeune homme qui m'avait interpellé. A ses vêtements, il était comme moi, un réfugié. *Maintenant je comprends la peine d'Eléanore.* pensa t-il. Elle aussi avait du passer par les mêmes affres que lui quand elle avait débarqué à Louisville. La préoccupation sur le visage du jeune homme lui rappela qu'elle aussi pouvait le voir dans cet état. *Qu'importe, elle ne s'est pas intéressée à moi, elle ne va pas commencer maintenant !*

"Rien, rien, tout va bien, jeune homme." répondit-il pour donner le change. Il n'avait pas spécialement envie de s'étendre sur le sujet avec un inconnu : la situation actuelle, la guerre, la mort... non pas envie du tout !

Sauf qu'une autre personne s'était avancée dans le cimetière, et cette dernière connaissait mon identité, ce qui ne me plaisait pas vraiment. Je le reconnus sans peine, c'était Benoît Bertin qui s'occupait de la radio à Louisville. Je l'avais croisé de temps en temps là-bas et aussi sur la route. Je n'avais pas envie qu'ils répètent aux autres soldats la morne désolation qui m'habitait. On pouvait lire sur mon visage que ça n'allait pas bien, un jeune pouvait y croire et me laissait tranquille mais lui n'allait pas lâcher le morceau. M'appréciait-il ? S'en fichait-il ou irait-il tout raconter à ses amis ? Je ne pouvais pas m'en sortir en mentant alors je le saluai du mieux que je pus tout en grimaçant quant à sa blague très moyenne.

"Bonjour soldat Bertin, je me rappelle de vous. Vous vous occupiez de la radio à Louisville." Prononcer le nom à voix haute me causait toujours un mal au coeur persistant.

"Un drôle d'endroit, oui, mais un endroit calme tout du moins, vous me suivez ?" Je n'avais pas envie de me confier, à qui que ce soit. Si le jeune ou lui étaient venus se recueillir, pas de soucis.
"Je pense à ceux qui sont tombés sur la route, jeune homme" ajoutai-je en regardant le jeune.


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MessageSujet: Re: Les morts ne peuvent plus parler   Jeu 10 Juil - 20:01



Les morts ne peuvent plus parler





J'avais beau être quelqu’un de positif et d'ouvert aux autres cela ne m'empêchait pas d'être méfiant envers les personnes que je n'avais vu. J'étais là pour assurer la sécurité du camp et je prenais cette tâche à cœur ! Voilà pourquoi j'avais suivi le jeune homme que j’apercevais pour la première fois. Je ne savais même pas s'il était un membre du camp et je dus même accélérer le pas lorsque je constatais que le type avait sorti un couteau alors qu'il avait remarqué la présence du maire, enfin de l'ancien maire de Louisville. Je ne savais pas ce que l'étranger voulait faire de son canif et je fus rassuré lorsqu'il décidait de le ranger.
Une fois arrivée près des deux hommes je me retenais de me moquer des paroles du plus jeune et sortais une petite plaisanterie à la Bertin. Je me doutais que je les avais interrompu mais les paroles du jeune homme n'avaient rien de joyeuses alors ce n'était pas grave ! Le lieu était déjà assez lugubre alors il n'était pas la peine que la conversation le soit tout autant.

En observant monsieur Huygues je constatais qu'il n'avait vraiment pas l'air d'aller bien et il était évident que la réponse qu'il avait faite au ''gosse'' était un mensonge. Mais je ne disais rien et gardais ça pour moi, pour le moment !
Je souris quand le maire se souvint mon nom et mon poste à Louisville et je hochais la tête en guise d’affirmation en me demandant dans le même temps comment il prenait la perte de sa ville. Cela ne devait pas être simple et c'était sûrement ce qui expliquait son attitude.



– Oui, c'est ça ! J'étais opérateur radio là-bas, confirmais-je. Ici, c'est différent, ce pourquoi j'ai été formé à l'armée n'existe plus puisque toutes nos radios sont HS, ajoutais-je simplement et spontanément.


Le maire rebondi ensuite sur les dernières paroles que j'avais prononcé concernant l'endroit où nous nous trouvions. Il confirma que le choix du lieu était drôle mais qu'il était surtout calme. Cependant, il ne comptait pas s'éterniser puisqu’il nous demanda si nous le suivions. Martin expliqua ensuite au jeune homme qu'il pensait à ceux qui étaient tombés sur la route. Cette remarqua attira mon attention ! Il devait parler des Louisvillois et autres réfugiés qui avaient succombé pendant notre exil. Le jeune homme ne répondit pas à ces propos et s'excusa avant de nous laisser. Visiblement il avait aperçu quelqu'un qu'il connaissait et l'avait rejoint. Je reportais mon attention sur le maire et décidais de savoir ce qui se passait... Mais je ne relevais pas de suite ses propos concernant les pertes humaines.


– Y'a longtemps que je ne vous avais pas croisé. Le camp n'est pas très grand pourtant, dis-je simplement. Je laissais le silence s'installer quelques secondes. Et ça va ? L'adaptation à la vie sur le camp n'est pas trop pénible ? Parce que je suppose que ça doit vous changer de Louisville !


Et ça ne devait pas le changer qu'un peu... De maire d'une ville il passait à simple individu lambda ! Ce ne devait pas être simple. Moi j'avais la chance d'être toujours militaire même si mes fonctions avaient un peu changées.






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MessageSujet: Re: Les morts ne peuvent plus parler   Mer 16 Juil - 19:57

Je savais mon attitude pathétique mais je n'avais ni la force ni la volonté de changer de comportement. Face au regard des autres qui m'avaient rejoint dans ce cimetière improvisé, j'essayais de faire bonne figure, d'effacer sur mon visage la souffrance que j'éprouvais, mais sans grand résultat, je le craignais. Peut-être que le jeune homme inconnu m'avait cru, il semblait assez inexpérimenté pour gober ça, mais il était maintenant évident que Bertin ne me laisserait pas en paix, malgré ma tentative pour insinuer que j'avais besoin d'un endroit calme pour méditer.

Finalement, la traversée jusqu'au camp D57 et l'abandon de ma chère Louisville ne m'avaient pas tellement affecté que cela puisque je me souvenais de l'ancienne affectation du soldat. Il me le confirmait par une exclamation et ajoutait que son rôle avait changé puisque les radios ne marchaient plus.

"Et que faites-vous à présent ?" lui demandais-je, plus par politesse que par réel intérêt envers lui. Cette information pourrait aussi m'être utile pour plus tard, mais je n'avais plus envie de penser comme je le faisais avant, de trier les gens en fonction de leurs compétences pour voir ce qu'ils pouvaient m'apporter et comment ils pouvaient m'aider. Le contexte avait radicalement changé : je n'étais plus le point central d'une ville, et si je ne bougeais pas, j'allais rester un point mort.

Le jeune homme décida alors de nous laisser, et il repartit comme il était venu. Je le suivis des yeux, pensif, étonné par son comportement, tout en me rappelant que je n'étais pas le seul à péter les plombs ! Rester seul en compagnie de Bertin me déplaisait, je n'avais vraiment pas envie qu'il aille faire son rapport à Raulne sur l'état pitoyable de l'ex-maire ! Un sursaut de volonté me prit, suite aux questions lourdes de Bertin, qui remuaient le couteau dans la plaie, bien comme il fallait ! Je me redressai tout en parlant, pour être à la même hauteur que lui, et montrer que je ne me laissais pas abattre :

"Rien n'est plus comme avant mais je fais mon possible pour m'adapter et me rendre utile !"
*Je fais mon possible...* Tant de fois j'avais usé de cette phrase qu'elle en sonnait creux. Ma voix sonnait faux : il devait deviner que je venais de lui débiter un mensonge en grosses tranches bien épaisses. Je rectifiais d'une voix plus mesurée, conscient que cela ne servait à rien de cacher la vérité, même si j'en avais honte :

"Enfin, je ne suis pas fait pour une vie aussi précaire. On ne m'a jamais enseigné la survie. Alors... c'est dur." lâchais-je enfin d'une voix tellement basse qu'elle faillit se briser. Je me tus et tourna ma tête dans l'autre sens, fixant l'horizon en silence. Une boule embêtante se trouvait dans ma gorge et refusait d'en sortir.


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MessageSujet: Re: Les morts ne peuvent plus parler   Dim 20 Juil - 17:14



Les morts ne peuvent plus parler





Le maire n’avait vraiment pas l’air dans son assiette et cela me frappait beaucoup car il y avait une énorme différence depuis la dernière fois où je l’avais croisé ! Cela datait de Louisville et à l’époque il avait encore cet air sûr de lui, le pas déterminé. Un vrai homme prêt à défendre sa ville et ses habitants. La différence devait être là, il n’avait plus Louisville et certains de ses citoyens avaient retrouvés la paix pendant l’attaque puis durant l’exode. C’est sûrement parce que je savais tout cela que j’avais trouvé les paroles du jeune homme complètement idiotes. *Il était pas là l’jeune ! Il peut pas savoir…* Cela m’avait tout de même fait soupirer mais je m’étais concentré sur les paroles du maire… Car pour moi, il l’était encore ! Raulne avait beau savoir gérer des militaires ce n’était pas forcément le cas avec des civils. Ces derniers devaient avoir un chef qui leur était propre et j’étais certain que Huygues était le type parfait pour avoir ce genre de fonction.
J’allais le lui dire mais après que j’ai confirmé qu’il avait eu juste concernant mon identité et mon poste il m’interrogea sur ce que je faisais à présent. Je souris en débutant ma réponse…



- Je fais parti des défenseurs du camp. Je fais des gardes et des patrouilles pour assurer la sécurité de tout ce petit monde ! Militaires et civ… Je m’étais interrompu, la mine sombre alors qu’un flash m’était revenu à l’esprit. Et civils, terminais-je tout de même.


Les civils, les protéger ! *Oui ! Les protéger… Pas les tuer comme ce pauv’ vieux !* Je secouais légèrement la tête pour chasser mes propres reproches. Je n’avais fait qu’assurer notre défense et c’est lui qui avait tiré le premier. Mon changement d’attitude ne dut pas passer inaperçu et ce fut à cet instant que le jeune choisit de partir. *Drôle de gars !* Cependant son comportement m’arrangea car il me permit d’enfermer les souvenirs de mon dernier raid dans un coin sombre de mon cerveau. Ce n’était pas le moment de repenser à ça surtout que je n’avais pas envie de me faire questionner à ce sujet.
Je profitais même du départ du type pour interroger le maire sur sa situation. Il était évident qu’il n’allait pas bien mais cela était-il juste passager ou plus ancrer ? Je n’en savais rien mais l’un comme l’autre je n’aimais pas ça. Je détestais voir des gens tristes, perdus… Je l’écoutais donc et m’attendais même à sa première réponse mais pas à la dernière. Je le fixais en reprenant la parole à mon tour.



- Vous savez, même pour des gars entraînés ce n’est pas simple tous les jours… Alors je peux vous comprendre, répondis-je dans un premier temps. Après je ne suis pas d’accord avec vous ! Je pense que vous vous sous-estimez. Vous êtes toujours en vie et je suis certain que vos citoyens ont encore besoin de vous. Je marquais une pause avant de préciser le fond de ma pensée. D’accord, y’a Raulne ! Mais c’est un militaire, il sait donc gérer des militaires… On ne vit peut-être plus dans une ville à proprement parlé mais cela n’empêche pas que les civils ont besoin d’un leader qui ne soit pas en uniforme. Quelqu’un qui les conseille mais surtout qui leur montre la bonne voie sans qu’ils aient l’impression d’être soumis à une loi martiale.


Je me taisais ensuite rapidement… Je n’étais pas sûr qu’avoir sorti mes pensées à voix haute était une bonne idée ! Le lieutenant n’apprécierait peut-être pas que je tienne ce genre de propos.






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MessageSujet: Re: Les morts ne peuvent plus parler   Mer 30 Juil - 19:17

Le fait d'avoir laissé ma ville en proie aux écorcheurs me donnait la même sensation que si j'avais été un arbre qu'on déracinait. Je me sentais coupé de la réalité de ce nouveau monde sinistre et brutal dans lequel on m'avait projeté sans que je puisse rien faire pour l'en empêcher. Et à dire vrai, je ne faisais pas trop d'efforts pour aller mieux ou me bouger les fesses. Ces derniers temps, j'envoyais tout balader, les gens qui me parlaient ou ceux qui requéraient mon aide sans éprouver de remords. Je ne me reconnaissais plus moi-même. Il m'arrivait de temps en temps de me montrer limite poli, comme avec ce jeune homme. Mais à quoi bon, puisque le seul résultat que j'obtenais de lui était son départ prompt ? Oui, j'avais pensé fort et fait comprendre que je désirais être seul, mais j'aurais aimé un peu plus de compréhension, de soutien de la part d'un autre "civil". Mais pas d'un militaire ! Et c'était finalement Bertin qui paraissait se soucier de mon sort. Ironie ! Pourquoi agissait-il ainsi ?

Grâce à mes restes de bonnes manières, j'appris à quoi Bertin occupait ses journées, comment il trouvait à se rendre utile. Evidemment, les militaires n'avaient aucun mal à se trouver un nouveau job, habitués qu'ils étaient à ces conditions précaires, aimant même le froid, la saleté et ... Allez, arrête ton délire, me stoppai-je. Il m'était devenu tellement facile de laisser sortir ma frustration. Avant, je savais la canaliser mais comme on dit, la coupe était maintenant pleine. Je me forçais à sourire mais encore une fois, cela ressemblait plus à une grimace qu'à un vrai sourire :

"C'est super ça, mais ça doit sacrément vous changer la vie. Ça vous plaît ? Ça a l'air de vous plaire," déduisis-je de sa voix et son sourire. J'avais noté son hésitation mais l'avait mise sur le compte de sa gêne à parler de civils devant l'ex-maire d'une ville détruite.

D'un côté, Bertin lisait en moi comme dans un livre ouvert, et de l'autre, je n'avais plus envie de mentir ou de me voiler la face. De faire comme si tout allait bien pour moi, alors que j'avais juste envie de hurler. Tant pis si Raulne ou les autres savaient que je partais en morceaux, ma confession sortit toute seule, m'ôtant un certain poids de la poitrine. Il me restait pas mal de rage enfouie, qui se manifesta par une boule dans la gorge et les yeux piquants. Je me détournais ver le champ de tombes, gêné par cette émotion soudaine, que je ne contrôlais pas.

Au lieu de railler mon attitude, Bertin me surprit par ses paroles de soutien. On aurait dit que ce militaire croyait en moi ! Il me disait que même les soldats galéraient, voilà qui pouvait autant me réconforter de savoir le soldat fou en panique, que me plonger dans le désespoir. Enfin, si eux souffraient, comment survivaient les civils ?
On aurait dit que Bertin ne croyait pas en son propre chef ! Ma stupeur était elle que je me retournais vers lui sans me soucier des traces de tristesse sur mon visage.

"Vous êtes étonnant Bertin, on dirait que vous croyez en moi ? Et pas en votre chef ?"
Je n'avais pas peur de dire la vérité, si j'étais allé trop loin, il saurait se révéler tout seul en niant en bloc ou en feintant.
*Je ne me sens plus de taille à affronter le climat, les gens, la vie.* Voilà ce que je pensais, mais je n'allais pas le lui avouer.

"Je suppose que je dois vous remercier pour votre soutien car vos paroles sonnent vrai. Ou peut-être ai-je envie de vous croire ? Si vous défendez les civils en étant l'épée, désirez-vous que je sois le bouclier ?"
Ma métaphore pathétique me fit éclater d'un rire amer.
"Bah laissez tomber, il faudrait déjà que je croie en moi, et que j'ai envie de me battre pour une cause !"

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LIVRE II **Chapitre 1**
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MessageSujet: Re: Les morts ne peuvent plus parler   Dim 3 Aoû - 21:09



Les morts ne peuvent plus parler





Je n'avais jamais été du genre à m'imposer face au maire de Louisville même si cela était en temps normal dans ma nature. Si j'étais plus distant avec monsieur Huygues c'était parce qu'il m'impressionnait ! Pas dans le mauvais sens du terme bien sûr. Mais je le respectais pour avoir su protéger sa ville aussi longtemps et je n'avais donc pas envie de le faire chier en venant lui taper la causette sans savoir si il désirait parler. Bien évidemment j'avais toujours répondu à ses paroles lorsqu'il échangeait quelques mots à Louisville. Aujourd'hui, ce qui était différent c'était que j'avais trouvé le jeune homme qui s'approchait de lui suspect et je n'avais pas envie que l'ancien maire se fasse buter sous mes yeux par un taré...
Le jeune homme n'en étant cependant pas un mais il était bizarre puisqu'il se tira après avoir échangé à peine quelques mots sans aucune importance. Je me retrouvais donc seul avec Martin et je l'aurais sûrement laissé en paix si je ne l'avais pas trouvé si … si déprimé ! Il semblait avoir baissé les bras et ce n'était pas bon. Seul l'espoir pouvait nous faire tenir et c'est pourquoi j'avais choisi de rester lui tenir compagnie. Je ne savais pas trop quoi dire mais il me posa des questions sur ce que je faisais depuis notre arrivée et cela donna naissance à une conversation.

Je réfléchissais à la question de l'homme... Mon nouveau rôle me plaisait-il ? La réponse était oui. Mais, car il y avait bien un ''mais'', je commençais à me demander si mon envie permanente de bouger n'aurait pas du m'envoyer chez les baroudeurs plutôt que les défenseurs. J'avais eu envie d'en parler au lieutenant Raulne et au sergent-chef Comet mais je ne savais ce que cela pourrait donner de me retrouver dans le même groupe que Jenna et avoir Marielle comme chef direct. *Non, non, vaut mieux que je laisse tomber cette idée !*
Tout naturellement je souris au maire et je répondais de façon tout aussi spontanée qu'enjouée à l'homme.



– Oui, ça me plait ! Depuis que j'ai intégré l'armée je suis devenu le genre de personne qui déteste ne rien faire. Mais bizarrement si avant j'aimais les postes stationnaires et bien depuis notre arrivée ici je préfère bouger... Participer aux patrouilles, aux raids, etc. Je marquais une pause. Enfin, je parle, je parle, et je ne vous demande même pas comment vous occupez vos journées.


Je ne savais pas si il voudrait en parler mais une chose était sûre ; il ne faisait pas parti des personnes qui se chargeaient de l'organisation du camp. Je n'en étais pas sûr à cent pour cent mais je ne l'avais jamais vu au centre de commandement ou même avec l'un de mes chefs. Peut-être avait-il baissé les bras au point de ne plus vouloir participer à la vie du camp ! J'espère que non car même si je ne le connaissais pas beaucoup j'étais persuadé que c'était un homme bien.
Voilà pourquoi je lui laissais entendre que les militaires ne pouvaient pas tout gérer tous seuls ! Et puis je ne mentais pas car même en temps de guerre la vie des militaires et celle des civils différaient. Je ne compris pas de suite quand Martin déclara que j'étais étonnant mais la suite m'éclaira. J'eus un léger rire...



– Heureusement que le lieutenant n'est pas là pour entendre ça ! déclarais-je avec un sourire. Je crois en mon chef et je donnerais ma vie pour lui s'il le fallait. Je marquais une pause. Le truc c'est qu'il est militaire et qu'il pense comme tel ! Je ne suis pas certain que sa vision de la vie au camp puisse convenir à des civils de A à Z. Par contre vous vous avez été le maire de Louisville et vous avez su guider vos citoyens au début de cette guerre. Vous pourriez continuer à le faire ici !


Bah oui quoi ! La seule différence c'était que les maisons avaient été remplacées par des tentes... *Ouais, enfin y'a moins de bouffe, de médocs, et pas forcément moins de gens !* Mes pensées ne purent allées plus loin car le maire reprit la parole. Si ses premiers mots furent positifs ce ne fut pas le cas des derniers. Ce n'était pas bon ça ! Si nos pensées devenaient aussi sombres que les événements que nous vivions alors autant abandonner de suite et se foutre en l'air.


– Vous ne pouvez pas baisser les bras ! Vous vous êtes battus pour les citoyens de Louisville et même si la ville à été détruite vous ne pouvez pas abandonner ses habitants maintenant. La première chose à faire c'est s'occuper ! Cela permet de ne pas ressasser de mauvaises pensées... Vous pourriez filer un coup de main à Reh par exemple, il a besoin de monde ou ailleurs.


Oui, le camp avait besoin de main d’œuvre dans de nombreux secteurs et j'étais persuadé que l'ancien maire pourrait se rendre utile ce qui lui éviterait de déprimer...







    « Si tu crois en ton destin,
    Si tu crois aux lendemains,
    L'ami faut pas hésiter,
    Prends ton sac et viens sauter,
    Avec nous tu pourras marcher,
    Tu pourras être et durer. »


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MessageSujet: Re: Les morts ne peuvent plus parler   Mer 10 Sep - 20:13

Les paroles de Bertin étaient pleines de bon sens bien sûr mais je n'étais pas en mesure de les appliquer. Je n'avais plus d'envies qui pulsaient en moi. Même l'envie de vivre me faisait défaut. Pas au point de lui demander de me foutre une balle dans la tête, quand même ! Mais je n'éprouvais pas le désir de m'en sortir ou de faire quelque chose de ma vie. J'en avais assez d'être Martin le courageux, celui qui gardait sa tête sur les épaules, qui ne paniquait pas et qui calmait la populace. Je n'y croyais plus. Appelez-ça de la déprime ou une dépression si vous y tenez. J'en avais assez de ce rôle qui ne voulait plus rien dire aujourd'hui.

Bertin se doutait-il que je m'en fichais de ce qu'il me racontait ? J'avais posé ma question pour rester poli, rien de plus. Il semblait vraiment croire en sa nouvelle vie, son nouveau job et penser que ça m'intéressait ! J'eus un sourire mi-gêné, mi-amer quand il s'enquit de mes occupations. Je décidais d'être franc, et je garderais cette franchise pendant notre bref "entretien" :

"A votre avis ? J'essaie de me nourrir, de me chauffer, de garder mes affaires au sec et au propre et de pas me les faire voler !" Au final, je sonnais plutôt comme un homme énervé par cette situation et pas blasé. "Et je viens ici pour me rappeler. Je me demande ce qu'il y au delà des barrières, si ... Si je ne devrais pas aller voir par moi-même plutôt que de rester là à ressasser les mêmes souvenirs." J'étais très conscient que mon refus de bouger équivalait la mort mais étant déprimé, je ne voulais ni ne pouvais me motiver à changer. J'avais désigné du menton l'horizon et j'étais resté à le contempler avant que mes paroles négatives ne poussent Bertin à me "secouer" mentalement.

Je constatais bien qu'il souhaitait me réveiller et me pousser à agir, mais c'était peine perdue. Il niait aussi le fait de ne pas aimer son chef. Pourtant j'en étais sûr, ou du moins j'avais envie de le croire. Ca me faisait du bien au moral ! La seule réponse que je donnais à ses efforts pour me convaincre furent d'abord une moue dubitative puis une grimace. Je n'avais pas envie d'entendre ce que je savais déjà. Il fallait que je coupe court à cette discussion qui n'aboutirait à rien.

"Merci Bertin pour vos conseils." énonçai-je d'une voix ferme. Déjà je savais rester poli, tout n'était pas perdu ! "Je dois y aller maintenant, si vous souhaitez m'accompagner, ce n'est pas de refus. Si vous avez une autre mission, je vous dis à bientôt." Encore une fois, je m'en fichais presque, mais si ça pouvait lui donner le sentiment de m'avoir été utile ...

hrp:
 


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MessageSujet: Re: Les morts ne peuvent plus parler   Aujourd'hui à 16:33



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