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MessageSujet: The cold never bothered me anyway   Lun 2 Juin - 19:39



Bien que le mois de février touchait à sa fin, la neige ne semblait jamais s’arrêter de tomber comme si mère nature tentait de cacher sous son manteau blanc les atrocités commises par les hommes. L’hiver durait, et son souffle glacial s’insinuait jusque dans le creux de mon cou, me faisant frissonner. Je relevais le col de ma veste tentant de lutter tant bien que mal contre la morsure du froid. Je marchais à travers le camp, une large pelle sous le bras sans prêter la moindre attention à ceux qui posaient leur regard sur moi. J’avais l’impression d’être un fossoyeur, cette ombre terrifiante qui hantait les cimetières à la nuit tombée et dont on évitait de croiser la route les soirs de pleine lune. Cela me faisait sourire intérieurement bien que je n’ai plus eu le cœur à rire depuis bien longtemps. Cette situation ne me déplaisait pas totalement. Par les temps qui couraient, il valait mieux que l’on vous craigne, cela vous évitait certains désagréments. Et puis, je n’avais jamais été quelqu’un de sociable, je n’étais pas suffisamment habile avec les mots pour cela et les récents événements n’avaient pas arrangé les choses.

Je prenais une direction au hasard, passant près des postes de surveillance et continuant ainsi mon chemin droit devant moi. J’arrivais jusqu’à la porte située à l’est du camp. Ce n’était peut-être qu’une porte secondaire mais elle était bien gardée et suffisamment renforcée pour parer à toute prise d’assaut. Un militaire gardait l’entrée et je sentais bien que son regard inquisiteur me suivait de loin. Je soupirais en me dirigeant vers lui, un bout de papier entre mes doigts rougis par le froid.

L’homme dont j’ignorais tout m’arracha presque le papier des mains, me dévisageant au passage comme si j’avais été une esclave qu’on essayait de vendre. Après tout, c’était vraiment l’impression que j’avais de cet endroit. J’en étais la prisonnière, enchaînée par d’invisibles menottes qui me condamnaient à faire du sur place. Après que le militaire eut finir de m’inspecter sous toutes les coutures sans que je lui adresse un seul regard, il me laissa passer. Il avait presque l’air déçu de ne pas avoir trouvé un motif pour me renvoyer sous ma tente ou pire encore …

Je n’avais que faire de ces gars-là, qui selon moi était tout juste bon à exécuter les ordres qu’on leur donnait sans poser de questions. C’en était à se demander s’ils avaient quoi que ce soit dans le crâne. Toujours est-il que j’étais passé et que ce genre de préoccupation ne m’atteignait plus pour l’instant. J’étais dehors… Dehors, presque libre, du moins c’était ce que j’essayais de me dire. Je restais un moment immobile respirant l’air frais qui avait soudain une saveur toute autre. La seule chose qui me fit sortir de cet instant fut la voix rauque du militaire qui hurlait derrière moi me disant que je ferais mieux de me remuer au lieu de pavaner. L’envie de lui envoyer un geste obscène en pleine face me démangeait mais je n’en fis rien. J’étais dehors, hors de question de faire un faux pas, l’instant était trop parfait pour que je puisse le gâcher de la sorte.

Je continuais donc ma route sur 1 km environs en suivant les barricades qui longeaient le camp. J’arrivais finalement devant la brèche et mon premier réflexe fut de me laisser tomber dans l’épaisse couche de neige. Mon corps s’enfonça dans le coussin blanc dans un craquement et je restais là quelques secondes à peine laissant les minuscules flocons qui tombaient ce jour là s'amonceler dans mes cheveux. Je fermais les yeux, repensant à mes voyages chez les peuples encore préservés de ce monde de fou et je me demandais comment ils allaient. Est-ce que les Massaï vivent toujours ? Les Dogons avaient-ils appris la nouvelle pour les bombes ... Comment vivait-on une guerre loin de tout ? Savait-on seulement qu'elle avait éclaté ? Cette pensée me faisait rêver à un monde où cette innocence des indigènes aurait été préservée, les dispensant des affres de la guerre. Je me souvenais encore des emails que j'échangeais avec Evan quand il soignait les petits nigériens. Tout cela me paraissait si loin maintenant ...

Mais l'heure des remords était déjà passée... Des bruits de pas se faisaient entendre à quelques mètres de moi. Quelqu’un venait … Et dire que je pensais pouvoir profiter un peu de ma solitude en choisissant une tache dont personne ne voulait. Même en m’étant levée tôt, il semblait que le destin ait bel et bien décidé de me pourrir la journée une fois de plus …
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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway   Ven 6 Juin - 12:23

J’allais mieux. C’était pas encore véritablement le pied mais j’allais mieux. J’avais encore parfois l’impression d’être passée sous un bus et une de mes blessures n’était pas encore totalement au top. On m’avait quand même laissé balader et rejoindre les défenses. On me tenait à l’œil en raison de mon passé mais on me foutait quand même relativement la paix puisque je faisais ce qu’on me demandait. Ils avaient dû finir par comprendre que ma loyauté n’irait qu’à la survie ou alors... je n’en savais rien et en fait, je m’en foutais. Je supposais qu’ils ne crachaient pas sur l’expérience, quelle qu’elle soit.
Une écharpe jusqu’au menton, j’étais debout à regarder aussi loin que mon regard pouvait voir. Techniquement, j’faisais le planton mais c’était toujours mieux que de rester le cul dans la tente à attendre que ça aille encore mieux. Dans un coin comme dans un autre, ça m’allait et en prime, j’avais bien souvent une paix royale. Certain n’en revenait pas qu’une anglaise soit aux défenses, d’autres me regardait de travers et là, je ne parlais pas des militaires. J’avais gardé mes plaques mais il en manquait une. Oui. Techniquement, j’étais morte. Cela dit, je les emmerdais. Les fantômes, c’étaient courant dans mon ancien job. Parfois, tu croyais avoir butté un type et tu le recroisais plus tard. Pas forcément dans le même camp et parfois même dans le tien. La morte, l’allégeance, c’était relatif. Raulne devait bouffer ses cartouches ou s’attendre à ce que je tente de le butter. L’idée était tentante mais c’était mon supérieur ici, du moins au fond. J’vais pas tout largué de ma période milouf.

Le regard à perpét, je relevais les yeux quand on m’appelait. Fallait surveiller la nan qui allait déneiger une partie du bordel au-delà de la protection du camp. Fatalement que ça serait pour ma gueule. Je me bougeais sans rien dire. Pas besoin de s’étendre sur le ressenti ni le pourquoi du comment. J’avais un travail à faire, j’y allais. Garder les gens en sécurité, c’était ce qu’on nous demandait.
Je rejoignais donc la déneigeuse du jour. Se balader seul, même pour bosser, c’était rêver les yeux ouverts. Je m’arrêtais à deux ou trois mètres d’elle. « Faut attendre avant de sortir. » Ok, en réalité, je m’inquiétais plus pour le matos qu’on aurait pu perdre que la vie des autres. Je savais que je n’étais pas la seule dans ce cas. C’était quand même mieux pour l’image de ramener les gens en vie. Question de moral et de confiance. Et puis, il fallait avouer que Raulne n’attendait probablement qu’une excuse pour me plomber la gueule. Excuses que je e lui donnerai pas, fallait pas déconner. « On tient à vous garder en vie. » Au premier abord, j’étais pas particulièrement plus sympathique que les autres. En même temps, on devait les garder en vie, pas faire ami-ami, même si c’était mieux. « Et on vous attendait surtout plus tard. » On était quand même au courant de ce qui se passait mais la plupart aimait faire chier pour le principe. Les journées étaient parfois longues, très longues. On se divertissait comme on pouvait même si on passait pour une bande de gros cons aux yeux des gens la plupart du temps.
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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway   Lun 9 Juin - 21:36

Je m’étais redressée lorsque la voix d’une femme m’interpella. C’était une militaire, et cela s’entendait rien qu’à la manière dont résonnait sa voix. Je la regardais avancer vers moi tandis que je chassais de la main la neige qui collait à mes vêtements. Elle avait une allure plutôt sportive, un visage avec les traits tirés et de longs cheveux bruns foncé légèrement ondulés. C’était la première fois que je la voyais mais si elle était là, c’était surement qu’elle avait une certaine importance au sein de son clan. On n’enverrait pas le premier crétin se charger d’une éventuelle espionne. Enfin au moins, c’était une femme et je ne risquais donc pas les allusions vaseuses et autres tirades du genre qu’affectionnait tout particulièrement le lieutenant Raulne.

Attendre, se faire maintenir en vie … Plus elle parlait et plus mes invisibles chaînes se resserraient autour de moi. J’avais l’impression d’étouffer, et ce ne serait qu’une fois de plus. Après tout, je ne m’attendais pas réellement à ce que les choses se passent autrement. J’étais hors des limites du camp, les chances que j’avais de m’enfuir étaient démultipliées donc le chien de garde était une suite logique. A vrai dire, l’idée de me mettre à courir dans ce froid polaire ne m’avait même pas traversée l’esprit. J’étais bien trop faible pour survivre à une chasse à l’homme et l’hiver ne pardonnait aucun faux pas. J’attendrais mais dès que j’en aurais l’occasion, je quitterais cette prison. Ces gens n’ont pas besoin de moi, et je n’ai surement pas besoin d’eux. Comment peut-on réellement croire que je suis une putain d’espionne ? J’avais à peine de quoi survivre en arrivant ici… Tout ça à cause d’un léger accent. Enfoirée de raciste, trouillard et sans cervelle avec ça. J’aurais vraiment préféré être un traitre, une déloyale avide d’information … Au moins toute ces conneries de surveillance auraient eu un peu de sens et transmettre des infos à l’ennemi ça m’aurait fait une belle jambe.

Une fois à ma hauteur, la militaire finit les salutations par un on vous attendait plus tard qui sonnait comme un reproche. Cela me fit sourire malgré moi.

- Plus vite on s’y met et plus vite c’est terminé. Et puis, comme il ne neigeait pas ce matin j’ai pensé que venir plus tôt ne serait pas gênant. Il fait trop froid pour rester inutile de toute façon.

Je m’avançais alors vers le tas de neige devant moi et commençais à déblayer un premier tas avant de me retourner à nouveau vers la militaire.

- Si vous comptez rester là à me regarder, j’aimerais autant savoir votre nom. Histoire de me souvenir qui prévenir la prochaine fois que je sors.

J’avais en effet remarqué que la jeune femme n’avait pas de pelle. Après tout, peut-être qu’elle ressemblait plus à Raulne que je le pensais. Même envie de laisser le sale boulot au subalterne plutôt que de se salir les mains. Pourtant par les temps qui couraient, il valait mieux éviter le sur place si on ne voulait pas finir congelé.
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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway   Jeu 12 Juin - 10:20

J’en savais pas lourd sur le compte de la nana qu’on m’avait envoyé surveiller. Je savais ce que je devais faire et pour moi, elle n’était qu’une civile lambda avec un accent. Le mien était devenu assez léger mais dans certains cas, il ressortait. Quelque part, j’avais eu la chance de me faire amocher à Louisville, ça avait un minimum prouvé que j’étais dans le même cas que tout le monde. Survivre.
Elle me répondit qu’elle avait cru bien faire. Ouais, comme tout le monde. Quand à l’immobilisme, c’était tout à fait relatif. J’avais vu des conditions météo plus pourries. J’avais pas le même équipement, c’était certain mais je gérais le froid différemment. J’avais ma technique... Putain, j’avais oublié à quel point on nous voyait comme une bande de trou du cul. Si y avait un truc qui m’avait pas manqué, c’était ça. Un bon vieux retour en arrière. Être mercenaire était plus plaisant, y avait aucun doute.

C’est qu’elle tenterait bien de me reprocher de rien foutre la donzelle en plus. « C’est que surveiller le coin avec une pelle à la main, ça risque de vous faire tuer si j’peux pas réagir dans les temps. Alors avant d’insinuer que je glande, réfléchis à ton cul deux secondes. Moi, c’est Alix. Edgecombe. Et si de ton côté, tu me donnais le tien, ce serait pas plus mal pour commencer. » J’étais pas là pour jouer les emmerdeuses mais si elle se mettait sur la défensive dès qu’elle ouvrait la bouche, ça allait pas le faire.
En arrivant à Louisville, j’avais au moins eu la présence d’esprit de fermer ma gueule. Sauf avec Reh qui pétait tellement haut que son trou de cul devait ventiler son cerveau. Avec Raulne, ça avait été une autre histoire mais on avait un passif, ça changeait fatalement la donne. Du reste, j’avais eu de problèmes avec personne d’autres, pas réellement du moins. Ça avait jamais été que quelques regards de travers parce que ma survie avait foutu les jetons aux braves gens. « J’suis là pour assurer ton cul, pas pour te buter et t’ensevelir sous la neige avec une pelle. Alors respire un peu, tu vas chopper un ulcère ou nous faire un accès de paranoïa. »

Sans déconner, on était pas là pour les traumatiser. Ok, j’en avais effectivement pas grand chose à secouer de leur gueule. J’avouais... mais j’allais pas non plus négliger mon taf juste pour qu’il leur arrive une merde dehors. La consigne de pas trop s’éloigner seule était pas faite pour faire chier mais pour leur sécurité. C’était quand même dingue la propension des gens à nous prendre pour le diable incarné.
En prime, y avait pas que des militaires pour les défenses. Justement pour éviter ça. Et pourtant, ça se passait quand même, même les non-militaires en prenaient plein la gueule et était moins motivés par l’effort de sympathie. Un comble. Bordel de merde, ils étaient pas en prison, on protégeait leurs fesses ! C’était un monde...
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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway   Aujourd'hui à 6:05



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