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Nous sommes actuellement, en jeu, pendant la DEUXIEME QUINZAINE de FEVRIER 2013.
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MessageSujet: Little Red Riding Hood, you're everything Big Bad Wolf could want    Jeu 22 Mai - 0:25


Sur l’horizon, un trait de lumière semblait s’étirer doucement jusqu’à venir caresser le sol encore gelé du mois de février. La neige recouvrait les alentours du camp sous un manteau blanc immaculé qui semblait effacer les mois de guerre et les blessures de chacun. Pour la première fois depuis longtemps, le ciel avait retrouvé un bleu intense et limpide qui laissait présager une journée ensoleillée. Mais la tranquillité du camp n’était qu’une apparence. Je le savais au plus profond de moi. La survie ici ne tenait qu’à un fil. Un nouveau bombardement suffirait à semer à nouveau le trouble.

Même si je faisais partie de ce groupe, je restais un élément instable. Je voyais bien le regard de chacun d’entre eux se poser sur moi comme si à tout moment j’allais leur sauter au visage et leur dévorer le cerveau. Ils avaient peur même s’ils avaient bien plus à redouter d’eux-mêmes que de moi. J’étais un élément indépendant, qu’importe ce qui arriverait je n’aurais qu’à laisser ce qui est trop lourd à porter derrière moi. C’était ce qui faisait ma force. Perdre tout espoir, c’était peut-être dans cette phrase que je tentais de retrouver un peu de ma liberté. Ici, je n’étais qu’une prisonnière, une dangereuse étrangère dont on épiait les moindres gestes et je haïssais ça plus que tout au monde.

Les premières nuits au camp avaient été rudes. La tente de fortune dont j’avais hérité ne semblait pas me protéger de quoi que ce soit. Ni du froid, ni du gel, ni de la pluie. Je dormais peu et mangeais peu. Je passais le plus clair de mon temps à tenter d’échapper à la vigilance des civils comme à celle des militaires. C’était devenu une sorte de jeu : j’étais la proie, la petite souris jouant avec les nerfs du gros vilain chat. J’avais même finis par trouver ça drôle de les voir me chercher du regard comme si ma disparition pouvait sonner le glas d’un coup d’état ou d’une révolte anglophone. Ce matin encore, je m’étais levée aux aurores et j’avais instinctivement pris la direction de la forêt.

J’aimais entendre mon pas craquelé à la surface de la neige tombée la veille. Mes traces étaient facilement repérables mais à cette heure-ci, la plupart des survivants étaient encore endormis aussi je ne craignais pas grand-chose à m’éloigner de la sorte. Je passais devant des rangées entières de tentes alignées les unes avec les autres comme de petits lotissements. Les ronflements de certains des réfugiés confirmaient le fait qu’il était encore trop tôt pour oser affronter le froid. Je pressais le pas, trottinant presque pour ne pas geler sur place. Je passais une nouvelle rangée de tentes, apercevant au loin le sentier qui avait été tracé pour rejoindre la forêt et la petite rivière qui passait non loin de là.

Je continuais mon chemin, jetant de temps à autre mon regard à droite et à gauche pour vérifier qu’aucun type en treillis ne me suive. Je haïssais les militaires plus encore que les autres. Ils se croyaient tout permis avec leurs armes à la main mais une fois sans munitions que leur restait-il ? Surement pas un cerveau en tout cas… Je continuais mon petit jogging atteignant enfin les premiers arbres de la forêt. Je me sentais déjà un peu plus libre de mes mouvements ici, sans personne pour me dévisager comme une criminelle. Bordel je n’avais commis aucun génocide ! Ce que les gens pouvaient être cons …

Je continuais de m’enfoncer entre les arbres jusqu’à ne plus discerner aucune des tentes présentes sur le camp, ni même l’antenne radio avec laquelle ils tentaient de transmettre des messages à d’autres « bons petits survivants 100% français ».
Je traversais la rivière gelée jusqu’à atteindre une vieille souche. Je tournais ensuite sur moi-même à 90° pour me trouver face à un petit tas de rochers. Je continuais ensuite ma route sans plus suivre le sentier. Cela m’avait pris pas mal de temps d’apprendre à me repérer dans la nature, surtout quand tout se ressemble ou même que la neige tente de vous cacher des indices essentiels. Heureusement, j’avais toujours eu cette âme d’aventurière qui voulait envers et contre tous quitter l’horrible appartement de mes parents découvrir la monde et filer droit vers des horizons lointains. J’avais donc lu et vu de nombreux documents sur la survie et la solitude ne faisaient pas peur. J’appréciais sa compagnie plus que toute autre. Elle était la seule amie à ne jamais m’avoir quittée, me suivant comme mon ombre, elle me rappelant toujours l’extrême cruauté de ce monde.

Après une bonne demi-heure de marche, je fus entourée d’un silence religieux qui m’indiquait en un murmure l’endroit précis où trouver le seul trésor que je possédais encore. C’était un arc en bois, tout ce qu’il y avait de plus élémentaire mais aussi de plus efficace du moins, de mon point de vue. Je le ramassais et m’apprêtais à commencer l’entrainement lorsque j’entendis un bruit. Un bruit léger qui semblait avoir résonné juste quelques mètres plus loin. Je m’avançais un peu pour découvrir non sans surprise un jeune faon à la recherche de quelques pousses que l’hiver n’aurait pas engloutit. Emerveillée durant quelques secondes, je n’en demeurais pas moins sur mes gardes. Cet arc faisait à nouveau de moi le chasseur et de lui, la proie. Je tendis la corde jusqu’à ce que ma main droite effleure mon visage, je prenais une profonde inspiration et décochais la flèche.

Elle fendit l’air en un éclair touchant sa cible sur le haut de la cuisse ce qui fit vaciller le faon dans la neige. Je m’avançais rapidement pour abréger ses souffrances tandis que son sang s’écoulait sur la surface immaculée de blanc qui l’entourait. Je tirais alors une lame de ma manche, la seule que j’ai pu conserver assez habilement à la vue des chefs du camp. C’était une simple lame de rasoir que je conservais contre mon poignet grâce à un morceau de bandage. J’enfonçais la lame dans l’abdomen du faon juste assez profondément pour le délester de sa peau. C’était un travail laborieux. D’abord parce que je n’avais pas de couteau et ensuite parce que je devais faire glisser le faon sur le dos pour avoir un morceau de peau suffisamment grand. Une fois la tache terminée, je déposais la peau tachetée sur mes épaules retrouvant enfin un peu de chaleur après tout ce temps passé à genoux dans la neige. C’est à ce moment-là que j’entendis un nouveau bruit. Beaucoup plus distinct cette fois ci. Je me redressais, les mains rougies tant par la neige que par le sang, rangeant à nouveau ma lame en sécurité et tendant la corde de mon arc pour parer toute tentative de tir.

Quelqu’un avançait dans la neige, quelqu’un dont je ne devinais que l’ombre mais dont j’imaginais déjà le sermon. J’étais une fois encore allée à la limite du camp voire au-delà et je m’attendais déjà à en entendre parler pendant des semaines durant.
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MessageSujet: Re: Little Red Riding Hood, you're everything Big Bad Wolf could want    Ven 23 Mai - 16:40

Je me réveille en sursaut, couvert de sueur. Et subis aussitôt la morsure d'un froid glacial, presque polaire. Ma tente est sensée être chauffée, pourtant... Je regarde près de l'entrée, le cœur battant encore à tout rompre, et constate que le feu que j'entretiens sous un foyer de pierres pour éviter l'incendie s'est éteint pendant la nuit. Eh merde. Maintenant ça va être coton pour le faire repartir. A côté de moi, la beauté est endormie. Eh merde aussi, maintenant il va falloir qu'elle se tire de ma tente sans que personne aux alentours ne s'aperçoive que j'avais une invitée pour la nuit. Mieux vaut attendre un peu qu'on se rhabille et qu'on prenne notre entrevue pour un simple rapport matinal sur l'activité de la nuit passée au sein du camp D57. Un officier n'est pas sensé s'envoyer un de ses soldats, et ça foutrait pas mal le boxon dans tout ce que j'ai entrepris ici que de me retrouver dans une situation où on confondrait mon autorité et ma légitimité à commander. Surtout après tout ce sang et tous ces sacrifices qui m'avaient confirmé à cette place particulièrement en vue, ce serait vraiment trop con. Pour autant il est encore tôt. Il fait gris-noir dehors, comme chaque matinée depuis le début de ce foutu conflit. Pas besoin de me lever pour me rendre compte que le ciel est probablement chargé de gros nuages noirs préparant leur lot d'obscurité, de neige et de cendres. Je me cale contre le corps chaud et attractif de Jenna, le tireur d'élite de mon unité, qui dort toujours à poings fermés. Rapport de l'activité de la nuit passée. Ca serait coton tiens, de devoir rapporter tout ce que nous avions faits l'un et l'autre. Je dépose un baiser sur son épaule dénudée et remet l'amoncellement de couvertures par dessus son corps totalement nu au dessous.


Je m'esquive comme un fantôme de la couche, pour me relever et m'habiller rapidement pour ne pas attraper la mort. Assis sur ma chaise, je mets mes chaussettes, puis mon T-shirt, ma veste et je me lève pour enfiler mon pantalon et mon kevlar. J'attache mon casque par sa mentonnière à ma ceinture derrière ma bassin, tandis que je pose mon béret rouge sur ma tête, symbole de reconnaissance de mon arme, les parachutistes. Même ici même maintenant, je suis toujours le commandant en chef des survivants d'une unité para de reconnaissance et de tout un amoncellement de survivants d'autres corps ; fantassins, tankistes, cantiniers et maîtres chiens. Un improbable bric à brac habillé de kaki au milieu de l'hiver, avec souvent que de la toile blanche pour camoufler ses vêtements ou son casque, solution que j'ai préféré. Je ne me voyais pas restreindre ma liberté de mouvement avec un « poncho » blanc comme la neige, il fallait qu'on me reconnaissance. Uniforme camouflé standard, mais mon casque emballé dans cette toile blanche trouvée en grande quantité dans une blanchisserie des environs. Histoire, si je dois me foutre à plat ventre, de passer relativement inaperçu à distance...


Je finis par me lever, et je vaque un temps très court aux papiers qui relatent nos réserves, les survivants du camp et un ensemble d'informations, mais je laisse tout cela très vite en soupirant. Je m'échappe de cet endroit, en espérant finalement que Bandat, qui ne s'était pas réveillée, n'ai pas attiré l'attention sur elle. J'en doute. Elle aussi est un fantôme. Je salue les gardes à l'entrée du camp, qui me demandent ce que je fais. Pas de problème soldat, je reviendrais bientôt. Je me dis que je trouverais peut être quelque chose à grailler. Un lapin, ça serait pas mal. Se l'envoyer au crève cœur n'utilisera pas de munitions... Mais je tombe bien vite sur un petit carnage. Une fille, pas vilaine pour un sou, qui est en train de s'offrir le genre de bête que je me serais bien tapé avec mon flingue. Je la reconnais ; une britannique, une de ces « filles du monde ». Filles du monde mon cul. Elle m'a entendu, et je la dévisage déjà.



| Ma parole, vous autres les godons, vous n'avez quand même pas de cœur. Tuer bambi et le foutre en morceaux comme ça, en pleine apocalypse ? Aucune poèsie. |


Ma plaisanterie était lâché sur un ton pince sans rire, annihilant l'effet positif qui aurait pu détendre l'atmosphère.


| J'imagine, bien sûr, que vous alliez ramener la bestiole crevée au camp pour qu'on puisse la partager? |


Bienvenue dans mon monde, un monde où je suis roi, même si ça ne te plairas pas.



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MessageSujet: Re: Little Red Riding Hood, you're everything Big Bad Wolf could want    Dim 25 Mai - 1:32

L’homme s’avançait vers moi et je découvrais enfin le visage de celui qui m’avait retrouvée. Un militaire bien évidemment. Et pas n’importe lequel. Je le dévisageais un instant, pour me rappeler de son visage qu’il m’était arrivé de voir de loin plusieurs fois. Il était très respecté au camp, du moins c’est ce que j’avais cru comprendre. C’était un des avantages que je pouvais tirer de ma situation. Lorsque personne ne vous parle vous avez des jours entiers pour observer comment les choses se passent, vous apprenez à disparaître, à n’être plus qu’un morceau du décor. J’aimais ça d’une certaine manière, je n’étais pas douée pour les contacts humains de toute façon.

Le sergent, lieutenant ou dieu sait quel grade avait ce type se planta face à moi. Il était grand, musclé et avait les traits tirés. La nuit avait dû être courte … Il me dévisageait lui aussi et je me demandais déjà quels seraient ses premiers mots. Bien que j’ai eu affaire à différents militaires du camp, c’était la première fois que je me retrouvais nez à nez avec le redouté Raune ou quelque chose comme ça. Si certain semblait l’idolâtrer en faisant de lui un héros, à mon échelle, il avait juste l’air d’un de ces types en uniformes qui se croyait tout permis grâce à son arme à la ceinture. Et depuis les événements, les militaires avaient été nombreux à se regrouper. Leur entrainement les avait formés à ce genre de chose mais ce n’était pas tout ce qu’ils savaient faire … J’avais assisté à des scènes où certains d’entre eux se tiraient dessus comme des animaux pour finir par être le seul mâle dominant de la meute. D’autres utilisaient leurs muscles pour clouer des filles au sol et je vous laisserais le loisir d’imaginer ce qui suivait ce genre de scène. Je savais bien que généraliser ses comportements était idiot car les militaires n’étaient pas les seuls à commettre des atrocités mais avec ce qu’on leur mettait dans la tête durant leur formation de soldat, je n’arrivais pas à comprendre comment ils pouvaient en arriver là.

Et visiblement, je n’allais pas non plus aimer fréquenter celui-là. Sa première phrase vint se planter en moi comme un pic à glace. A peine en avait-il lâché le dernier mot que ma seule envie était de décocher cette flèche que je retenais entre mes doigts. Il avait tout pour déplaire, un air hautain et sûr de lui et un ton froid qui sonnait à mes oreilles comme des ongles sur un tableau noir. Je le laissais finir son monologue, faisant un effort incommensurable pour prendre sur moi. Si seulement je n’avais pas vu cette station-service, si seulement je n’avais pas été aussi conne pour oser m’en approcher… Hors d’ici, je n’aurais pas hésité à en venir aux mains mais ici, je devais me tenir tranquille. Comme si être le vilain petit canard de la bande ne suffisait pas, il fallait en plus qu’on vous rabaisse comme une merde quotidiennement. Et on avait l’audace d’appeler ça un camp, l’entraide pour survivre, putain ce que j’aurais préféré être à Paris sous les bombes plutôt que d’avoir à parler à ce type.

Je ravalais ma fierté et baissais les armes même si l’idée me donnait la nausée. Je me postais face à lui avec un sourire mais qui n’avait rien d’amical. Il annonçait juste le sarcasme à venir.

- Je croyais pourtant que les militaires aimaient les boucheries. D’ailleurs ce genre de référence m’étonne de votre part, ça vient de votre enfance ou on vous montre ce genre de film pendant votre formation pour vous montrer que tuer les gentils c’est mal ? Restez prudent tout de même, Walt Disney, c’était un ricain, on pourrait vous dénoncer pour ça. Les gens du coin n’aiment pas trop les étrangers.

Je dépassais le lieutenant en prenant la direction que je savais être celle du camp. J’avais la peau du jeune faon et c’était déjà ça. Je n'avais pas faim de toute façon. On s'habitue au manque de nourriture dans ce genre de conditions.

- Si vous en voulez, je vous le laisse. Je n’ai pas les épaules pour le trainer jusqu’au camp, je ne suis qu’une femme après tout. Enfin, si vous préférez je peux aussi dire à l’un de vos officiers de vous le rapporter sur un plateau. Vous n’avez pas à vous salir les mains.

Et merde. J’avais pensé à voix haute de manière presque non intentionnelle. Je savais que j’aurais dû la boucler mais non. Je ne pouvais pas, c’était plus fort que moi il fallait que ça sorte d’une manière ou d’une autre. Je me sentais presque libérée d’un poids.

Je m’étais arrêtée à sa hauteur, attendant sa réponse ou quoique ce soit de plus violent. Je ne savais pas encore comment il réagissait à ce genre de pics, d’habitude, c’était lui qui en lançait d’après ma petite enquête.
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MessageSujet: Re: Little Red Riding Hood, you're everything Big Bad Wolf could want    Jeu 29 Mai - 20:29

A peine arrivé, je me fais déjà vindicatif et belliqueux. Ca va tourner au carnage cette histoire. Mais je sais que la tentation est grande de garder ce qu'on trouve pour soi. Déjà en temps normal ça l'est ; pourquoi serait ce du vol quand ce qu'on trouve n'appartient visiblement à personne ? En sus, les temps qui courent ne sont pas forcément propices aux dons désintéressés. Il y a matière à se découvrir une âme de délinquant quand on crève de faim et de froid. Les gens qui nous entourent, on pense très vite qu'on ne les connaît pas et qu'on ne sait pas non plus ce qu'on pourrait leur devoir. Alors on prend. Même moi, je n'étais pas étranger à ce genre de comportement. Bon, j'évitais de m'arroger de la bouffe ou des fringues chaudes ; ma position m'assurait déjà de quoi me sustenter normalement. Mais c'était pour le reste, le confort. Un bureau ? Ok, il est pour ma tente. Un réchaud en rab' ? Pour moi aussi. Et la boisson n'en parlons pas. Si je serais naïf, j'essaierais probablement de me convaincre moi même du bien fondé de ces prélèvements. Mais je ne l'étais pas ; j'étais purement cynique. Je piquais des bouteilles parce que j'en avais envie et qu'elles me tentaient trop. Alors, oui, sans doute que c'était mieux que moi je les ai qu'un putain d'alcoolique qui nous mettrait en danger, et après ? Je ne pouvais pas me mentir à moi même. Je me faisais plaisir avant tout. Et ça me servait aussi pour Jenna, somme toute. Bref. Tout ça pour dire que je comprendrais que la fille devant moi, la british, soit tentée par le fait de piquer un bon morceau pour elle même. Peut être même que si je manoeuvrais bien, je pourrais aussi... Non. Pas la bouffe. Au camp, des gosses et des vieux ont la dalle eux aussi. Je me dois d'incarner ma fonction aussi bien que possible.


La fille me rend mon regard, et ne se laisse pas démonter. Putain, mais c'est quoi toutes ces gonzesses qui se la joue rambo en ce moment ? C'est pas forcément un mal, mais j'en viens parfois à regretter le temps béni où je faisais baisser les yeux de toutes ces femelles comme une pucelle qui voit le loup pour la première fois. La guerre endurcie tout le monde, et plus encore ceux qui en ont morflé les premiers. Je connais les hommes. Je sais donc que les femmes ont été pas mal des victimes depuis le début de la guerre. Mes paroles semblent la brusquer. Parfait. En bousculant les gens qui m'entourent je garde l'avantage. Ce qui était sûr, c'est que j'aimais absolument pas ce petit sourire survivant que la gonzesse arborait, genre casse toi pauvre con t'es qu'un demeuré qui mérite pas mon attention. Elle trouverait très vite à qui parler. Je ne la connais pas encore, sinon par la description que mes hommes ont pu faire d'elle. Pour autant, même si le sarcasme coule comme son accent de ses lèvres au demeurant appétissante, elle ne dit pas que de la merde et son humeur est loin d'être débile.



| Et ils ont raison, ces connards de godons nous ont démoli à Louisville. En fait, dans notre formation, on nous apprend plutôt à piéger bambi pour démembrer sa mère et son père et festoyer sur leurs restes. C'est ce qui nous a permis de rester en vie jusqu'ici, d'ailleurs. Et vous aussi on dirait. Massacrer les gentils, c'est votre truc? |


Et là, je me revois hurler à mon unité de faire feu sur les émeutiers, le jour du déclenchement de ce putain de conflit. Fallait que je passe à autre chose, et vite, sinon la gonzesse se poserait des questions et comme toutes les meufs, elle fouinerait. Il ne fallait pas fouiner sur ce sujet là, que j'avais bien pris garde à enterrer profondément. Le reste de ses paroles sonne comme une attaque, mais je pars d'un petit rire. En fait, c'est plutôt la vérité.


| On peut le rentrer à deux, bambi. Et vous pouvez choisir un morceau que vous désirez. Privilège du tueur. Les autres n'ont qu'à se bouger le cul s'ils ont fait. N'empêche, une jeune britonne qui se la joue hunger games dans des putains de bois toute seule, c'est pas un peu space ? Vous avez appris ça où? |


Oui, je me méfie de tout. Et j'ai raison. Je sais qu'il y a une espionne, dans ce camp.



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MessageSujet: Re: Little Red Riding Hood, you're everything Big Bad Wolf could want    Ven 30 Mai - 22:50

J’étais à environs un mètre de Raulne et je n’avais qu’une chose en tête, reprendre le petit chemin à travers la neige qui me ramènerait vers ma tente. Depuis que j’étais sur le camp, je me sentais comme prise au piège. J’étais pareille à ce faon mort, j’avais manqué de prudence, pris un mauvais chemin et ça avait suffi à me foutre dans une merde pas croyable. Je me demandais encore comment j’avais pu en arriver là, comment j’avais pu croire un seul instant même de loin que ce camp me permettrait d’aller de l’avant. Je m’étais toujours questionner sur la personne que j’étais, sur celle que je pourrais être sans jamais trouver de réponse. Je n’avais pas eu de parent, pas eu cette insouciance qu’on perdu les enfants du camp. Ma seule bouffée d’oxygène dans cet enfer c’était Evan. Et je l’avais perdu.

Oui, ces derniers temps, j’avais les nerfs à fleur de peau et c’est surement pour ça que je me retrouvais dans une telle situation. Les émotions… Mes émotions m’éloignaient du droit chemin et c’était belle et bien elles qui me rendaient si aigrie. Je haïssais ce monde où je n’avais de toute façon plus rien à perdre. Au fond, la seule chose qui m’avait faite avancer jusqu’à là c’était l’idée qu’Evan puisse être en vie. C’était stupide et jamais je ne l’avouerais mais c’était cet unique et persistant espoir qui me faisait continuer. Même si je n’étais plus que l’ombre de moi-même …

Le lieutenant me regardait et je lus dans ses yeux sombres qu’il me jaugeait. Il n’avait pas tellement l’air d’aimer qu’on lui tienne tête. D’après mes observations personnelles, il semblait régner en grand seigneur sur le camp depuis les évènements. C’était presque du fanatisme chez certaines personnes et ceci expliquant cela, je finissais presque par comprendre pourquoi il était aussi hautain et vindicatif. Enfin … mes pensées allaient un peu trop vite en besogne car sa réplique suivante me rappela bien vite à la réalité.

Une fois encore, ses mots raisonnèrent à mes oreilles comme le sifflement d’un revolver. Si certains avaient des intolérances au lactose, moi je commençais sérieusement à devenir intolérante au Raulne. Je sentais la haine monter en moi, remontrer le long de ma colonne jusqu’au bout de mes doigts. Je resserrais mon arc dans ma main, relevant la tête vers le lieutenant pour lui lancer un regard qui parlait de lui-même. Je bouillonnais intérieurement mais je le laissais continuer jusqu’à la fin. Je fixais sa bouche, je voyais ses lèvres remuer mais c’était déjà comme si je ne l’entendais plus. Je pouvais presque sentir ses paroles se glisser en moi comme un venin, venant réveiller mes instincts les plus primaires.

Un sourire, du sarcasme … Non, je n’avais plus envie de jouer, pas après ces derniers jours, pas après avoir dû endurer autant. J’avais besoin de me laisser aller, d’oublier les règles, de me perdre dans ma propre colère et de la laisser sortir de sa cage. L’occasion était trop belle. J’écoutais sagement Raulne, mieux je buvais ses paroles comme du petit lait. Et lorsqu’il acheva sa phrase, lorsque son regard interrogateur se planta à nouveau dans le mien, je sautais sur lui de toutes mes forces pour le faire basculer dans la neige. J’enserrais sa taille entre mes cuisses maintenant ainsi l’un de ses bras tandis que ma main gauche gardait l’autre cloué au sol. Je tenais l’une de mes flèches collée au bas de sa mâchoire et je me penchais vers lui pour murmurer à son oreille.

-I love killing people. Sweet gentle guys are my favourite … Les français, rien que le fait de prononcer ce mot sonne comme une douce berceuse pleine de sang et de souvenir …

Puis je me redressais, étant donné que je n’avais aucun intérêt à le blesser. De toute façon, il était le seul à avoir une formation appropriée, moi je n’étais pas assez forte. Il me retournerait comme une crêpe en un instant mais je n’en avais plus rien à faire. A cet instant précis, je doutais même encore d’avoir une quelconque humanité. Je voulais juste déverser un flot de parole sur le monde et le voir à nouveau à feu et à sang.

-Où j’ai appris ? Hum … Les forces spéciales anglaises bien sûr ! D’ailleurs c’est là qu’on m’a appris à prendre le temps de discuter avec un gars armé. On m’a aussi montré comment fabriquer une arme moyenâgeuse comme l’arc mais surtout on m’a dit de toujours baisser ma garde face à un militaire formé. D’ailleurs j’ai été assez idiote pour m’attaquer direct au gros gibier. Mais putain ouvrez un peu les yeux … J’en ai rien à foutre de vos manigances de militaires, j’ai aucun intérêt là-dedans. Je me fous des anglais, des français et des russes ! Je survis c’est tout. Putain je dois le dire en quelle langue ? Vous ne comprenez pas la vôtre ?

J’avais perdu mon sang froid et j’assenais mes répliques comme des coups de poing. Les vrais coups d’ailleurs ne tardèrent pas à venir. J’utilisais le corps de Raulne comme un punching ball et cela faisait un bien fou. Je savais que j’étais en train de passer pour une idiote ou du moins je le réaliserais dans quelques secondes mais pour l’instant j’avais juste l’impression d’être libre et de respirer à nouveau.

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MessageSujet: Re: Little Red Riding Hood, you're everything Big Bad Wolf could want    Mer 4 Juin - 19:48

Maintenant que j'y pensais, le camp était envahi de gonzesses. C'était bête mais je n'y avais jamais pensé. On en avait de plus en plus, et en parallèle des hommes, on en avait de moins en moins. Beaucoup de poilus se sont fait tailler un short sur les routes ou sur la ligne de front, c'est sûr Beaucoup doivent aussi essayer de survivre par leurs propres moyens, en se réunissant en bande de pillards ou en refusant de sortir de chez eux. Certains s'étaient probablement sacrifiés. Mais les lois mécaniques de la guerre, en tous cas chez nous à cette époque et en occident, voulait que les militaires clamsent autant que les civils et que les mecs soient les premiers à payer le prix du sang. Il suffisait de voir ce que ça avait donné à Louisville ; les mecs j'en avais recruté des tas pour les travaux de terrassement et de retranchement, alors que j'avais aussi réussi à en embobiner quelques uns pour monter au créneau avec nous. Et lorsque les écorcheurs s'étaient pointés pendant l'hiver, le carnage avait touché les hommes en premier, sur les barricades ou qui se sacrifiaient pour sauver leurs familles. Attention, je ne dis pas que les meufs sont couardes ou autres. Y'en a une paire ou deux qui ont un sacré tableau de chasse et beaucoup plus de couilles que certains poilus. Mais beaucoup étaient mères de famille, protégées par le reste de la communauté. Ca m'épatait en tous cas assez que les femmes d'ici soient nombreuses et qu'elles soient en général plutôt coriaces. Ca me hérissait le poil mais ça augurait sans aucun doute un crépuscule de l'Humanité amusant et intéressant. Bref. La fille que je rencontrais ici était de cet acabit là, sauf qu'elle, c'était une british, une ennemie et une traîtresse en puissance. Au moindre geste un peu louche, paf-paf-paf ! Peloton d'exécution. Je ne risquerais pas le camp pour une seule personne.


Ce que je lui dis ne lui plaisait pas. Dans le fond, je m'en fichais éperdument. Je n'avais jamais remporté le moindre concours de popularité et il n'était pas temps pour moi de commencer ; je me fichais comme de l'an 40 de vexer une pouliche, même une bonnasse dans son genre. Son regard me fusillait sur place, mais il ne m’émouvait pas le moins du monde. Cependant, je dois noter que la garce me surprend quand elle me saute dessus et même si je lève les avants bras devant moi pour me protéger, je glisse sur la neige sous l'effet de l'impact et me retrouve contre le sol. Heureusement, tomber dans la poudreuse, c'est ni traumatisant ni douloureux. Rapide, elle me bloque -du moins, c'est ce qu'elle croit, avec ses soixante kilos toute habillée- et me menace avant de parler sa putain de langue. La godon se fiche de moi avant de se redresser. Je donne dans l'ironie, même si je commence à bouillir intérieurement.



| Pourquoi tu te tires ? T'étais très bien là où t'étais. Si tu préfères commencer avec un peu de domination, d'accord, mais je te préviens, moi, je préfère être au dessus. |


Blague vaseuse mais je me redresse à mon tour. Elle continue de se poiler, me parlant de forces spéciales. Elle s'emporte et elle perd le contrôle, alors que je secoue la neige qui colle à mes vêtements, pour éviter de me retrouver trempé une fois qu'elle aura fondu. La fille perd totalement les pédales et me martèle son espèce de désespoir en me frappant. Ses coups sont mal assurés et pas aussi costauds qu'un mec entraîné, mais je les sens passer ; je ne fais rien pour les parer. Et d'un coup, je réagis, l'étendant d'un directe en plein dans le menton, autant pour la sonner que pour la foutre KO deux ou trois secondes. Ouais, je suis du genre à cogner sur les femmes. D'ordinaire, c'est plutôt elles qui me le demandent mais je sais aussi me montrer totalement dépourvu de galanterie. Je l'attrape par le col alors que mon coup l'a sonnée.


| Ca suffit maintenant, j'ai compris putain j'ai compris ! |


je la relâche.


| Les choses sont bien claires entre nous. Si tu me files le moindre doute je te descends. Mais si t'es réglo, t'apprendras à la longue que pas me cogner dessus te maintiendra en vie plus longtemps. Allez cadeau, si tu veux te lâcher un bon coup tu peux encore m'en coller deux trois, mais après je te préviens c'est fini et tu te reprends. Bon, on se le découpe ce putain de bestiau ou on se touche? |


Simple expression, pas sûr que l'anglaise la comprenne. En tous cas, j'avais posé les limites. Et je me massais la mâchoire. La drôlesse cogne quand même pas mal, putain de merde. J'espérais maintenant qu'elle allait pas craquer pour de bon.



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MessageSujet: Re: Little Red Riding Hood, you're everything Big Bad Wolf could want    Dim 8 Juin - 21:15

Je frappais… Abrutie par la douleur, je frappais frénétiquement le corps à toute épreuve du lieutenant. Il n’existait aucun mot suffisamment fort pour décrire à quel point j’étais mal, à quel point j’avais envie de crever là toute suite juste pour que ça s’arrête. Rien qu’un moment, rien qu’une seconde pour ne plus faire qu’un avec le silence, ne plus ressentir ni haine ni amour ni peine. Depuis que j’avais franchi cette foutue D-57, je n’avais plus qu’une envie : en finir. Et ce poison-là me rongeait un peu plus chaque jour.

De son côté, le militaire ne pensait à rien d’autre qu’à satisfaire ses envies répugnantes de mâle dominant. Il était arrogant, et avait ce je ne sais quoi dans les yeux qui faisaient de lui un homme détestable. Ce petit air lubrique et son sourire d’ironie ne me donnait qu’une envie, celle de lui cracher au visage et pas seulement au sens propre. J’avais sincèrement envie d’en rajouter une couche, de frapper vraiment, de prendre de l’élan et de voir mon poing s’enfoncer dans son crâne vide et d’entendre craqueler sa mâchoire comme on se délecterait du son du dos la cuillère sur la crème brûlée encore chaude. Malheureusement pour moi, il réagit le premier.

Bien qu’il ait encaissé les premiers coups sans broncher, toutes les bonnes choses avaient une fin. Il se redressa à ma hauteur et je n’eus même pas le temps de voir venir le coup que je sentais déjà la douleur courir le long de ma mâchoire. Je voulais parler mais ma bouche était devenue pâteuse, s’emplissant d’un liquide chaud et rouge dont je ne connaissais que trop bien le goût amer. Un trait pourpre vint tâcher la blancheur immaculée de la neige, immobile un moment, j’arrivais à peine à comprendre ce qui venait de se passer tant les choses se bousculaient dans mon esprit. J’avais l’impression que tout était si trouble, si loin… Et je sentis alors une main venir m’arracher à cet apaisement que j’avais enfin pu trouver.

La main relâcha sa pression sur moi et je retrouvais enfin mes esprits, reprenant pied dans le monde réel. D’un revers de manche, j’essuyais le filet rougeoyant qui s’échappait d’entre mes lèvres sans même adresser un regard au militaire. Ce n’était pas du dédain ou de la haine. Si je ne le regardais pas, c’est parce que j’avais honte et que je sentais une larme rouler le long de ma joue. Je me sentais comme une idiote avec un don incroyable pour l’autodestruction. Je passais à nouveau devant le militaire, faisant marche arrière vers le faon.

- Non c’est bon. Je garde ces coups-là pour plus tard…

J’entendais au loin des pas venir vers nous. Dans la neige, il était beaucoup plus difficile même pour des militaires aguerris de se faire discrets. Mes cris avaient surement dû attirer un ou deux autres types qui venaient voir si tout allait bien ou s’ils auraient enfin l’occasion de descendre quelqu’un. Désolé les gars, mais apparemment ce monde veut que je vive. Au moins, j'avais repris le contrôle et c'était déjà beaucoup.

Je regardais la ceinture de Raulne et j’avançais la main pour attraper ce qui semblait être un couteau. Hors de question que je montre ma lame (si ridule soit-elle) à qui que ce soit. C’était mon dernier recours et je ne comptais pas l’utiliser pour n’importe quoi. J’étais à nouveau moi-même et c’était droit dans les yeux que je regardais le militaire, son couteau à la main.

- La seule chose que je veux toucher pour l’instant, c’est le cadavre qui est là. Lui au moins ne me proposera rien d’indécent.

Tandis que je lâchais ma réplique, je me penchais au-dessus de l’animal pour venir entailler son abdomen de long en large sans ciller. Une nuée rouge m’enveloppa en même temps que ses viscères glissaient dans la neige. Je les retirais de manière chirurgicale me surprenant moi-même face à une telle maîtrise des choses. Une fois encore, je pouvais remercier les Massaï, peuple d’Afrique expert dans l’art de tuer et de manger les chèvres. Une des rares partie que je gardais était les reins, bien cachés dans une poche blanche, je les libérais et en avalais un. Le geste m’était venu naturellement car j’avais pris l’habitude de manger sur place quand je chassais ou de ne ramener que de léger morceau. Je me demandais ce qu’en penserait Raulne car généralement, peu de chasseur récupérait les reins, les confondant avec une partie plus virile des animaux de sexe mâle. Je lui tendais le second.

- Un petit encas avant de le ramener au camp ? Je sais qu’en France vous préférez les canapés mais en temps de guerre ça pourrait presque passer pour du caviar.

Une fois encore, je défiais le lieutenant d’une manière qui me ressemblait beaucoup plus. Je tenais le rein chaud au creux de ma paume, croisant le fond de son regard en cherchant à y déceler le moindre signe de faiblesse.

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MessageSujet: Re: Little Red Riding Hood, you're everything Big Bad Wolf could want    Lun 16 Juin - 21:31

Mon visage me tire un peu là où j'ai reçu quelques pains bien envoyés. Elle n'a pas froid aux yeux cette petite, de venir me provoquer comme elle l'a fait. Elle ne doit pas se douter que je suis un parfait connard qui n'hésiterait pas à la massacrer le cas échéant. Et ce cas s'était présenté, mais à part la cogner je n'avais rien fait de plus. Elle avait dû craquer ; personne ayant encore un minimum de santé mentale ne pouvait prétendre frapper l'officier militaire en charge des opérations dans le secteur sans penser qu'il pourrait y avoir des conséquences directes à ça. Ou alors, elle s'en fichait. Ce qui dans tous les cas soutenait le fait que la jeune femme avait un pète au casque. Je devais donc m'en méfier, faire attention à ce qu'elle ne recommence pas à dérailler complètement. Quelqu'un à qui il manque une case est quelqu'un de dangereux, d'imprévisible. Je devais m'attendre à tout. J'avais connu des soldats qui face à l'horreur laissaient leur raison reculer quand ils étaient confrontés à l'horreur du combat contre des civils, qui retournaient leurs armes contre leurs camarades ou qui devenaient ultra-violents en opération. L'expérience m'avait appris à discerner cette faiblesse, ce que je considérais comme tel, pour écarter les maillons faibles de mon unité. Cette force que j'avais conservée dans mon unité, était en fait une préférence franche accordée aux sociopathes. On ne peut pas être soldat en s'embarassant de sentiments, hormis pour ses propres camarades. Mon unité l'avait prouvé sur la route, quand la panique des civils s'était muée en insurrection. Mes hommes avaient été pris à partie, le soir même du déclenchement des hostilités, par des centaines de civils qui en voulaient après nos armes, nos vivres, nos transmissions. Un homme en uniforme camouflé était tombé, et j'avais donné l'ordre. Les Fantômes et les autres survivants de notre colonne de secours avait défouraillé à tout va pendant cinq bonnes minutes. Et des dizaines de compatriotes étaient tombés par vengeance, par protection, et par cruauté. Ce que j'avais fait m'hantait, bien sûr. Mais la force dont je parlais, était de pouvoir masquer ces horreurs sous le sceau de la nécessité.


La fille revenait du pays des gens K.O après un bon bourre-pif premier choix. On le voyait à son regard, qui se faisait plus focalisé. La fille avait les yeux mouillés de larmes, peut être aussi bien dûe au choc qu'à la tension qui menaçait de la rendre folle. L'inconnue m'ignore du regard et me contourne pour se rapprocher de sa première proie.



| Dommage! |


Ok, je fais mon connard arrogant mais je m'en fous, c'est ma manière à moi de gérer le stress. Et là, je l'étais. Parce que j'étas à nouveau en présence d'une personne instable au sein du camp, quelqu'un qui pouvait causer des problèmes. Et parce que je pouvais être remis en cause à chaque instant. Alors que je la suis et qu'elle se penche sur sa proie déjà morte, je me crispe quand elle agrippe mon couteau mais pour détendre l'atmosphère, je ne l'empêche pas de saisir mon crève-coeur mais en restant sur mes gardes. Si elle fait mine de se montrer à nouveau agressive, je lui colle ma crosse dans sa jolie gueule pour lui péter le nez, comme un monstre brutal et sans cœur. Mais de ça, aussi, je m'en fiche. Ma réputation de pire connard de toute l'armée française me servait plus qu'elle ne m'handicapait. Je partais d'un petit sourire un peu forcé


| C'est vous qui avez commencé à être physique, pas moi. C'était pas des préliminaires? |


Forcément que ça n'en était pas, mais j'essayais de détendre l'atmosphère. Experte ou en tous cas avec pareille apparence, la jeune femme commence à découper la carcasse pour virer les viscères de la bestiole. J'ouvre des yeux rons quand la meuf sort un bout de viande d'apparence glauque et l'engloutit. Nan mais quoi, elle est malade cette gonzesse ! Elle m'en tend un autre morceau


| Les canapés ? Pour baiser ok, pour manger je vois pas. Et putain j'ai une gueule à manger de la bestiole crevée pas cuite ? T'as conscience que bambi ici présent, vue les circonstances, trimballent probablement des tas de maladies, et pourrait même être un vecteur d'empoisonnement radioactif ? Y'a plein d'endroits super pollués dans la région. Et toi, tu le manges comme ça ? Y'a un truc ou quoi ? |



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MessageSujet: Re: Little Red Riding Hood, you're everything Big Bad Wolf could want    Aujourd'hui à 16:33



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