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MessageSujet: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Ven 16 Mai - 16:03

J'étais relativement satisfait. Par rapport à d'autres, je me sortais plutôt bien des privations et des dégats entrainés par les derniers combats de Louisville et l'exode. Mon corps me faisait toujours mal, dans certaines positions, je ressentais la douleur dans mes articulations le matin en me levant, mais j'étais toujours apte à travailler, partir en raid à l'extérieur et combattre. Sur ce plan là, je m'estimais chanceux, oui. Ce qui me faisait mal, actuellement, était d'une toute autre nature. Causé par la guerre, bien sûr, mais aucun médecin ne pourrait me soigner sur ce coup là. Il s'agissait de Charlotte, ma petite Charlotte. Je ne perdais pas la notion du temps, je savais bien que nous étions en février, qui plus est début février et début février, eh bien c'est l'anniversaire de ma fille. Florence me l'a arraché après notre divorce, et cette fête était la seule occasion que j'avais de la revoir. Jusqu'à cette année. Je me levais avec l'aube, je restais assis sur le lit et contemplais la photo qu'il me restait d'elle, prise il y a à peine un an. Et pourtant, ces moments me semblent remonter à des années lumières. Loin des bombes, loin de la cendre et de la peur omniprésente, à un tel point qu'elle faisait partie du décor, désormais. Mais sur la photo, ma jolie fillette souriait, innocente, insouciante. Elle a 13 ans, cette année. Elle a ? Il y a t'il seulement une chance, une inifme possibilité qu'elle soit encore en vie ? Je ne pense pas. Peut être est-ce mieux ainsi. Peut être ai-je l'air d'un monstre en pensant cela, mais il vaut mieux tuer l'espoir qu'il soit hors d'atteinte. Il vaut mieux que je me concentre sur le présent ; et sur le futur.

Je décidais enfin de me lever. Une série de pompes pour finir de me réveiller, et quelques instants plus tard, je sortais de ma tente, une barbe de plusieurs jours et le froid me mordant le visage. L'esprit toujours focalisé sur Charlotte. Il fallait que je voie quelqu'un, hors de tout objectif professionnel. Non, il fallait que je voie quelqu'un... Pour voir quelqu'un. Que j'appréciais et qui m'empêcherait de trop penser à mes petits sentiments malheureux pour ma fille. Et il n'y avait pas foule de personnes dans mon entourage qui remplissait ces critères aujourd'hui. Oh oui, j'aurais très bien pu, comme souvent d'ailleurs, faire une petite virée dans la forêt. Mais là aussi, mes pensées avaient la fâcheuse habitude de s'égarer sur des sujets fâcheux. Et puis, je ne voyais jamais le temps passer. Mes mains se frottèrent l'une contre l'autre, tandis que mes pas se dirigeaient vers une tente, à quelques mètres de celle dont je sortais. Je ne doute pas qu'elle soit réveillée, j'étais resté longtemps assis sur mon lit à penser, le soleil était déjà assez haut, sans pour autant qu'il puisse être midi. La tente était entrouverte. Je jetais un coup d'oeil à l'intérieur ; elle était là, seule. Je toussotais discrètement, mais assez néanmoins pour qu'elle se rende compte de ma présence.

« Lieutenant ? Est-ce que je peux te tenir compagnie quelques instants ? »
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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Ven 16 Mai - 21:56

Un pas à la fois. Souvent en avant, moins assuré que je ne l’aurai voulu, quelques fois en arrière – à contrecœur. Je m’affirmais, je prenais la position qui devait être mienne maintenant, petit à petit. Je me concentrais sur l’essentiel, et évitais de me perdre dans les pensées concernant ma famille, mon… mon rien du tout. L’homme que j’avais aimé, ou peut-être pas au final, et qui était mort. Tout comme mes parents, mes sœurs. Je soupirais. J’essayais d’éviter de m’y perdre, sans grand succès. On aurait pu croire que des gens que j’avais pas vus depuis plus de dix ans ne me reviendraient plus en tête. Une bouffée de colère prit le dessus. Putain, mais que j’étais conne ! J’en avais rien à foutre, ça n’était plus ma famille, depuis longtemps. Je ne les connaissais plus, et ils n’étaient rien pour moi. Non, ça n’était pas les sœurs que j’avais appréciées, aimées, qui m’avaient rendue folle. C’était des coquilles vides, qui partageaient leur apparence, voilà tout. Dans un accès de rage, je sortais de la tente, mon portefeuille et mon briquet en main. Une impulsion, peut-être stupide, mais c’était ainsi. Ou c’est du moins ce que j’aurai fait, si une tête n’était pas passée par l’entrebâillement de ma tente, pas fermée – pourquoi, d’ailleurs ? -, et que j’avais manqué de la heurter. Putain ! Je jetais le portefeuille au sol, avec un regard meurtrier, expirant et inspirant, pour évacuer ma colère. J’avais beau avoir été surprise par Comet, alors que je l’avais entendu toussoter mais n’avais pas vraiment percuté, tout à ma colère que j’étais, il n’avait rien fait pour mériter que je lui gueule dessus. Pour le moment, du moins.

Je restais un moment ainsi, de dos, à ne pas répondre, m’efforçant de respirer doucement, et de reprendre le contrôle. Sois zen, Mari. Ne laisse pas la colère t’envahir à nouveau, et ne pense pas à ça. J’envoyais valdinguer un peu plus loin, c’est à dire à quelques centimètres la tente n’étant pas extensible, l’objet du délit avec mon pied qui, par chance, se glissa sous un vêtement quelconque posé au sol. J’avais à moitié revêtu mon uniforme militaire seulement – le bas, et un débardeur léger, mais pas le t-shirt épais que j’avais pour me protéger du froid, ni ma veste militaire. Je me retournais donc, m’efforçant de sourire au militaire. Et faisant quelque chose qui s’apparentait plus à une grimace qu’à quoi que ce soit d’autre. « Désolée pour… ça. » Je n’ajoutais rien, ne précisais pas que j’avais failli le bousculer, ou que j’avais laissé échapper ma colère d’une manière qui me ressemblait peu – en public du moins. Mais je n’étais pas supposée être en public.

Je me reculais un peu, pour le laisser entrer, et ramassais le portefeuille au passage, en sortant les photos de mes sœurs. Celle de mes parents aussi, mais je les envoyais rejoindre le sol tout comme leur contenant. Inutiles. Elles pouvaient disparaître, je ne m’y intéressais pas. « Bien sûr. Tu veux entrer ? Ou on sort ? C’est comme tu veux, j’ai un feu de joie à faire… » Je lui tendais les photos, sans bien savoir pourquoi. Qu’est-ce qu’il s’en foutait ? Je n’avais parlé à personne de ma famille. Sauf à Bertin. Bertin. Je me mordais la lèvre, repensant à la dernière fois que je l’avais vu, dans cette tente même. Je secouais légèrement la tête. Non, ne pas y penser. Surtout pas avec Comet en face de moi. Je remordais ma lèvre, un peu plus brusquement, sentant un peu de sang entrer dans ma bouche. Bordel ! Changer de sujet. Je saisissais le carnet que je trainais toujours avec moi, que peut-être Erwan avait déjà vu. « Je suis sûre que ça brulera bien, ça devrait nous réchauffer. » Pourquoi je lui disais ça ? Aucune idée. Il ne me laisserait surement pas faire, en plus. Personne de sensé ne voudrait se séparer de tout ce qui les rattachait à leur famille, si ? Je ne savais pas. Je soupirais, m’apprêtant à m’asseoir avant de me raviser – je ne savais pas si le militaire voulait rester ici, ou sortir. « Le choix est tien, soit on reste ici, soit on s’éloigne un peu du camp. » Je n’avais pas demandé comment il allait. Je trouvais cette question creuse et vide de sens, vu ce à quoi nous étions confrontés. Peut-être qu’il demanderait. Peut-être qu’il était plus poli que moi.


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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Mer 21 Mai - 15:36

Beaumarchais. Mes pas m'avaient conduis presque naturellement vers sa tente. Je n'étais pas vraiment proche de quelqu'un dans le camp, je ne partageais de secret personnel avec personne, pourtant on pouvait dire qu'il y avait une certaine proximité entre elle et moi. Je lui faisais confiance, malgré les doutes qu'elle pouvait avoir je savais qu'elle sortirait de ce merdier la tête haute comme elle le voulait. Je me surprenais moi même à m'attacher à elle, à faire attention à ses petits tracas. M'occuper de quelqu'un d'autre, c'était exactement ce que j'avais besoin en ce moment. Outre le fait qu'elle m'attirait, j'appréciais sa compagnie. En plus, avec les évènements récents... Son coma, à la suite de l'attaque des écorcheurs. Quand j'avais vu son état, j'avais vraiment eu peur pour elle, et depuis que nous étions arrivés au camp je n'avais pas trouvé le temps de la voir, de parler avec elle, voir si tout allait le mieux possible de son côté. Il y avait eu tellement de choses à faire, une organisation à mettre en place, puis commencer à préparer ces expéditions hors du camp, si bien que tout mon temps avait été accaparé par cela. Je pensais avoir trouvé le bon moment pour aller rendre une petite visite à celle que je considérais comme une amie, à défaut d'une compagne. Chaque chose en son temps.

Elle ne se retourna pas directement vers moi, mais je pus clairement distinguer un débardeur. Un débardeur ? Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Plus que cela, je remarquais que quelque chose n'allait pas. Un objet atterrit sur le sol, et la jeune femme finit enfin par se retourner, essayant vainement de paraître... Calme. Je ne l'avais jamais vue dans cet état. Cela reflétait-il sa personnalité ? Il était clair qu'elle ne se laisserait jamais voir ainsi en public, elle venait donc de donner un ton plus... personnel à notre entrevue. Je n'étais pas face à au Lieutenant, mais bien face à Marielle Beaumarchais, jeune femme excédée par je-ne-sais-trop-quoi.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Elle fiit par s'effacer pour que j'entre, ce que je fis en essayant de lui sourire. Je la regardais sortir des photos de son prortefeuille, en envoyant deux au sol mais en gardant d'autres dans sa main. Des photos. Je tentais d'éloigner mes pensées de celle de Charlotte, toujours bien rangée, dans une poche intérieure de ma veste. Bêtement, j'attrapais les clichés qu'elle me tendait, sans bien savoir pourquoi. J'y jetais un vague coup d'oeil : des filles, qui avaient toutes un vague air de ressemblance avec la jeune femme. Ses sœurs ? Cousines ? Cela m'inportait peu. Tout le monde devait être mort, et même si ce n'était pas le cas, il n'y avait aucune chance que nous les voyons encore un jour. Je ne répondis rien à sa question, et déjà elle enchainait avec un feu de joie. Le petit carnet que j'avais aperçu à plusieurs reprises apparu dans sa main mais quand je compris ce qu'elle comptait en faire, je le lui arrachais des mains.

« Attends. Pourquoi tu fais ça ? C'est juste un coup de tête, et après tu vas le regretter. Comme tes photos. »

J'ouvrais le carnet et les glissais à l'intérieur. Sortir ou rester ici ? Bonne question. J'étais plus du genre à sortir par tous les temps, mais peut être elle préfèrerait rester ici. Quoi que, s'aérer pourrait lui faire du bien. Je haussais les épaules.

« Peut être que marcher dehors te calmerait. Mais tu te mets quelque chose, une veste au moins, j'ai pas envie que tu attrapes la crève alors que tu sors juste du coma... »

Je me pinçais la lèvre, me maudissant d'avoir amené un sujet si lourd de cette manière.

« …J'ai vraiment eu peur pour toi, d'ailleurs. »
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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Ven 23 Mai - 13:52

Je ne savais pas pourquoi cela me venait à l’esprit à l’instant. Quel intérêt avais-je à me remettre cela en tête ? A penser à cette famille, ces gens, qui ne voulaient plus de moi ? Qui n’avaient peut-être jamais voulu de moi et l’avaient caché. Je n’en savais rien, au fond. Je n’étais plus l’une des leurs de toute façon. Pourquoi je portais encore le nom Beaumarchais d’ailleurs ? Pourquoi je n’en avais pas changé, crachant sur celui que l’on m’avait donné ? J’aurai pu m’appeler, je sais pas, Emma Gallot. Ou quelque chose comme ça. Ou autre chose. J’aurai vraiment plus été l’une des leurs, comme ça. Le vilain petit canard, dont on avait du brûler toute trace, dont on niait l’existence, qui n’était qu’une tache dans leur existence. J’étais en tout cas incapable de conserver mon calme quand j’y pensais, et le réaliser ne faisait que me mettre davantage encore en colère. Si je n’avais pas été interrompue, j’aurai probablement fini par laisser éclater ma colère en faisant quelque chose d’inconsidéré. Rien ne garantissait que je n’allais pas agir ainsi mais j’essaierai au moins de me contenir. Parce que je détestais me laisser aller devant qui que ce soit. Alors devant Comet, qui me prenait pour une faible femme ? Plutôt mourir.

Je ne faisais pas attention à ce qu’il pouvait bien penser pour le moment. Ne remarquais même pas que je ne portais que mon débardeur, bien trop à ma fureur, que je laissais d’ailleurs exploser en jetant mon portefeuille désormais inutile au sol. J’en avais retiré l’important. Les photos des personnes de ma famille qui comptaient. Mes sœurs. Que je n’avais pas vues depuis dix ans. Pour peu que j’en savais, elles pouvaient être mariées, mères, et moi tante. Et je n’en saurai jamais rien. Et même si ça avait été le cas, elles étaient forcément mortes. Leurs gosses et leurs maris aussi. Essayer de ramener ma respiration à un rythme habituel pour me calmer ne fonctionnait définitivement pas. En même temps, je ne pouvais m’empêcher de penser à ces choses… déplaisantes. Blessantes. Je ne répondais pas de suite, encore, alors qu’il me demandait ce qu’il y avait. Voulais-je réellement partager ça avec lui ? Avec qui que ce soit ? Mon but était d’oublier, de nier qu’elles n’avaient jamais existé, alors pourquoi le lui confier ? Je mordais inconsciemment l’intérieur de ma joue, signe de mon désarroi, alors que seule ma fureur encore paraissait à ses yeux.

Je levais la tête, surprise, quand il m’arracha le carnet des mains. Je percutais réellement qu’il était là. Et que je me donnais en spectacle. Putain ! Pourquoi je faisais ça ? Pourquoi je ne l’avais pas fait plus tôt, surtout. C’était… quoi ? Un putain de carnet qui contenait des souvenirs vieux d’une décennie, juste à même de me déstabiliser, m’énerver, me rendre triste même – même si je me refusais et me refuserai toujours à reconnaître la tristesse que je portais avec moi quand je l’avais. A savoir tout le temps. Au même titre que mes flingues, il ne me quittait que la nuit. Je prenais la parole, un peu plus durement que je ne l’aurai voulu, démontrant par la même combien le sujet me touchait et que je voulais l’écarter. « Regretter ? Regretter des photos vieilles d’il y a dix ans, de gamines dont je ne sais même plus à quoi elles ressemblent ? Ou qui elles sont ? Ou ce qu’elles sont devenues, pour ce que ça importe ? Ou si, je le sais, elles sont mortes. Elles ne peuvent qu’être mortes, toutes les cinq. Alors à quoi bon ? Hein ? A quoi bon ? »

Je devais alimenter ma colère. Surtout pas la laisser s’éloigner, et être remplacée par la tristesse. Parce que je savais ce qui suivrait. Les pleurs. Et je m’y refusais. Pas devant Comet, pas devant qui que ce soit, mais encore moins Comet. Même après dix ans, la peine pouvait être si forte que parfois, j’en pleurais, et cela me rendait folle. C’était stupide, faible, et ridicule. Absolument ridicule. « Garde le si tu veux, je te l’offre, moi je m’en fous ! Si je le garde, les garde, je les brûle. Il me sert à rien, les photos non plus. Si ce n’est à me balancer à la gueule que je n’ai plus rien, plus personne. Comme tout le monde, au final. Pourquoi est-ce que je me plains ? » J’étais hargneuse. Détestable. Je ne pensais pas une seule seconde au fait que ce que je disais pourrait le blesser. Ou qu’à garder mon carnet, s’il cédait à la curiosité de le lire, il pourrait en apprendre bien trop. Bien plus que je ne le souhaitais. Non, tout à ce quoi je pensais, c’était ce qui pouvait alimenter ma colère. Que j’ai Jenna, Comet, Bertin dans ma vie ne me venait même pas à l’esprit. Je ne voulais pas, plus, m’attacher. Jamais. Mais ça datait de longtemps, pas seulement maintenant.

Je m’apprêtais à acquiescer, alors que je passais un t-shirt chaud d’hiver par-dessus mon débardeur, quand je l’entendis parler de mon coma. Je baissais mon regard, de peur de ce que mon visage pouvait trahir. Un regard noir, surement. La colère, encore plus exacerbée si c’était possible. J’allais bien, il ne pouvait le nier. Il ne pouvait savoir que pas vraiment. J’étais maigre, bien trop, pour aller aussi bien que je le prétendais aux yeux de tous. Et ma jambe me faisait encore souffrir. Etait-ce le froid, sa raideur, ou simplement les cicatrices qui tiraient un peu ? Je ne savais pas. Mais je l’ignorais. Je continuais à m’habiller – ma veste, mes chaussures d’uniforme militaire. Je lui faisais geste de sortir, quand la suite de sa phrase vint. Incapable de me contenir, je levais mon regard noir et coléreux vers lui. A cela près qu’il était entièrement la cible de ma colère. D’abord parce qu’il me balançait ma faiblesse en pleine figure, et ensuite parce qu’il ramenait encore sur le sujet ses conneries comme quoi il devait prendre soin de moi. Putain ! J’étais pas une petite femme faible, qui avait besoin de surprotection. En moins de temps qu’il ne m’aurait fallu pour y penser, j’aurai pu sortir mon flingue, l’armer et lui tirer dans le crâne, s’il essayait d’attenter à ma vie.

« On ne sort pas. » Une voix froide, atone, désagréable. Je ne parlais jamais comme ça, même quand je laissais parler ma colère et voulais remettre à sa place un crétin qui me sous-estimait parce que j’étais une femme. Ma colère déjà présente, peut-être, ma tristesse, influait surement sur celle qu’il faisait naître en moi. En plus de celle qui naissait parce que comme une conne, je ne pouvais m’empêcher d’apprécier qu’il s’inquiète pour moi. Parce que c’était précisément ce que j’avais perdu en n’étant plus en contact avec mes sœurs, qu’il m’apportait : quelqu’un qui se souciait de moi. Mais ça, je me refusais à le reconnaître. Tant qu’il me considèrerait comme une femme faible, il pouvait aller se faire foutre pour que je reconnaisse apprécier quoi que ce soit de notre relation. Je refluais vers le fond de la tente, furieuse. « Je vais très bien, t’a aucune raison de t’inquiéter. J’ai perdu un peu de sang, et j’ai été suffisamment conne pour tomber dans les pommes longtemps. C’est plus le cas. Tu peux donc vaquer à tes occupations. Et garde le carnet, tu pourras le brûler pour te réchauffer, que venir me voir t’ait au moins servi à quelque chose. »

Je laissais finalement exploser ma colère contre lui, ce que je n’avais pas voulu à l’origine. Mais il l’avait cherché. Il ne comprendrait jamais que je n’étais pas en sucre et que je pouvais me protéger moi-même. Alors non, je n’allais pas culpabiliser. Tant pis pour lui. Il avait qu’à réfléchir. Il savait pertinemment que ça m’insupportait.


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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Dim 25 Mai - 14:23

A vrai dire, je ne pensais pas du tout trouver Beaumarchais dans cet état. Parce que je ne l'avais jamais vu ainsi. Elle arrivait toujours à garder son calme d'habitude... J'étais conscient que je la dérangeais sûrement alors qu'elle était en train de penser à des sujets personnels qui la mettaient en fureur. Mais puisque j'étais là, puisque j'étais venu, je n'allais pas repartir de si tôt. Je ne comptais pas la lâcher et la laisser faire des c#nneries qu'elle finirait sûrement par regretter un jour, si ce n'est pas tout de suite après les avoir faites. L'aider ? Oui, on peut dire ça comme ça. Et n'y voir aucun altruisme, simplement une preuve de l'attachement que j'avais pour elle. Je ne lui dirais jamais en face que j'avais le béguin pour elle mais je pouvais me comporter en ami. Même si elle ne voulait pas de moi, comme elle essayait de me le faire comprendre. Ca m'est égal, elle ne me fera pas dégager en me gueulant dessus. J'imaginais son cerveau en train de ressasser son passé, ses relations avec les jeunes filles sur les photos. Au fond, je ne savais rien d'elle, elle ne m'avait jamais parlé de son passé. Et moi non plus. Les seules personnes à savoir que j'étais père devaient être Raulne, et les autres gars du régiment qui étaient déjà là bien avant la guerre. Et ce serait tout. Si je veux être plus fort, il faut que j'arrête d'être sentimental avec ma fille. Que je l'oublie. Que je me dise qu'elle était morte, un point c'est tout. Charlotte restait la seule chose qui me reliait à mon passé. Mes parents n'avaient pas apprécié que je m'engage dans l'armée, Manon me faisait la gueule depuis le jour du divorce, mon autre sœur ne m'avait jamais tenu à cœur, quand à Florence, mon ex, elle m'avait tout pris, ma fille, ma sœur, et la savoir morte ne me faisait rien. Plus que Charlotte. Oui, dans un sens je comprenais Beaumarchais. Il vallait mieux brûler nos photos. Mais je n'allais pas pour autant la laisser faire.

« Est-ce que tu crois que brûler tes photos va t'aider à les oublier, hein ? Peut être qu'un jour tu les regretteras, malgré ce que tu peux dire. Tu sais pas, tu peux pas savoir. Le jour où t'auras plus que ça pour alimenter ton feu, j'te laisserai faire. Mais on en est pas encore là. »

Ca ne lui avait pas plut que je lui arrache son carnet des mains alors qu'elle s'apprétais à le brûler. Sa colère avait été multipliée et elle la laissait se déchainer. Peut être que ça lui faisait du bien. Peut être que ça me faisait du bien, à moi aussi, de voir quelqu'un d'autre s'énerver, chose que je ne m'étais jamais permis, même seul.

« Ouais, j'vais les garder pour l'instant, je te les redonnerais quand tu seras plus calme. »

Je poussais un soupir.

« Moi non plus, j'ai plus rien, j'ai plus personne. Peut être que t'as raison, on devrait brûler toutes nos photos et tout ce qui parle du passé. Mais je peux pas, j'arrive pas. Pourquoi tu te plains ? J'en sais rien, moi, mais on se plaint tous. Même moi, je m'en rends compte. »

Sauf que je gardais mes plaintes dans ma tête, et je lui balançais les premières phrases qui me venaient à l'esprit, qui n'avaient pas de sens. Plus rien n'avait de sens, de tout manière. La colère me gagnait à moi aussi. Pas de la même façon qu'elle, je restais froid et immobile, mais je parlais sèchement, énervé. Elle finit par se lever et s'habiller, je pensais que sortir pourrait faire baisser sa tension. Toute manière, je ne supportais pas de rester enfermé, en plus si elle me mettait en colère, mieux valait que ce soit dehors, dans un coin isolé. Pourquoi je m'étais attaché à elle, m#rde ? L'attachement faisait toujours mal, je le savais, j'avais toujours eu une existence solitaire pour cela. Alors pourquoi, maintenant, je cherchais à m'attacher à elle ? Je pourrais la laisser seule avec sa rage, flamber ses souvenirs et ses écrits. Mais non, il fallait que je ressente quelque chose pour la pilote... Ca allait encore me mener à ma perte, à coup sûr, comme avec Florence... Charlotte. Le rapprochement était si facile, si naturel. Non, pas le passé. Ne pas y penser. Plus jamais. Mais brûler sa petite tête d'ange imprimée sur le cliché changerait-il quelque chose ? Ce serait pire, parce que quand je penserais à elle, ce dont je ne pouvais m'empêcher, je ne pourrais même plus me rappeler de son visage. Je finirais par l'oublier, son visage, mais pas elle. Et j'aurais mal, à coup sûr.

La fin de ma phrase sur son état d'il y a quelques semaines me fallut un regard noir et un refus catégorique de sortir. J'avais même l'étrange impression qu'elle aurait pu me buter, sous le coup de la colère. Je masquais ma réaction en me mordant la langue. Ca l'énervait tellement qu'on s'inquiète pour son état ? Au moins, même si nous restions à l'intérieur, elle s'était habillée... Il fallait bien que je trouve un point positif à la situation. Mais qu'est-ce qu'elle croyait ? Que je prenais de ses nouvelles parce que je la croyais incapable de se débrouiller seule ? Elle croyait que j'étais juste un sale machiste qui considère les femmes comme des faibles ? Avant, c'était le cas. Je me disais que la guerre n'était pas une occupation pour une nana, et j'aurais ligoté la mienne plutôt qu'elle rentre dans l'armée. Mais avec la troisième guerre mondiale, j'avais bien dû avouer que les femmes savaient aussi se battre. Jenna avait parfaitement montré qu'elle était un très bon soldat, et... Beaumarchais aussi, même si je la voyais bien différente de l'autre. Beaucoup plus incertaine, mais déterminée à sortir la tête haute de ce merdier. Et pour ça, je lui faisais entièrement confiance. Un peu d'admiration ? Peut être, même si je ne me l'avouerais jamais, encore moins à elle.

Sa tirade me mit en rage. Je me dressais face à elle, sans m'approcher trop non plus, pour la laisser un peu respirer.

« Ah oui, tu vas bien ? P#tain mais tu t'es vue ? Je parle pas d'état physique, hein. Et non, je vais pas partir. Si tu crois que je suis venu juste pour me réchauffer, tu te trompes. Calme toi, ok ? Ca arrangera rien, sinon. »
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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Mar 27 Mai - 22:18

J’étais odieuse, et je le savais pertinemment, même si je n’en étais que partiellement consciente en l’instant. La rage supplantait ma prise de conscience de la chose, et que je culpabiliserai plus tard ne me venait pas à l’esprit pour l’instant. Non, je n’avais que la colère pour moi ce matin là, et ça ne semblait pas à même de changer. Peut-être que la présence de Comet aurait pu le changer, si seulement j’avais accepté de ne pas me refermer et garder ma colère et ses sources pour moi. Oh, il pourrait tirer ses propres conclusions du peu que je lui donnais – ces photos, honnies. Ce carnet, souvenir de plus de mal que de bien. Je cherchais mon briquet, sure d’une seule et unique chose : je ne supportais plus la vue des photos, je ne supportais plus de sentir le carnet sur moi, comme un rappel mordant et douloureux de mes propres échecs, de la piètre sœur, personne, militaire que j’étais. M’apitoyer était loin d’être mon style, loin de me correspondre, mais tout m’allait tant que je n’avais pas à admettre que mes sœurs m’avaient manqué, et que maintenant… maintenant, je ne les aurai plus jamais. Parce que je ne m’étais pas battue pour elles, parce qu’au fond, je n’étais qu’une putain de lâche, qui avait mérité d’être seule. Même ma chance de ne plus évoluer en étant invisible avec Thomas, je me l’étais refusée. J’étais incapable de le laisser entrer dans ma vie, et je savais pourquoi. Comme mes parents, il n’acceptait pas mon mode de vie. Comme beaucoup de gens, il se comportait en macho qui devait être l’homme fort. Il détestait que je le sois plus que lui, que je sois à même de me défendre sans avoir besoin de son aide. Que je ne sois pas la parfaite petite femme qu’il attendait, qui resterait derrière les fourneaux, à tenir un pseudo journal intime en ligne sur un blog ou à partager ses recettes, ses tests de plats… Pathétique.

J’étais douée pour fuir le réel problème, et alimenter ma colère, sans même m’en rendre compte. Tant mieux. Ne pas la laisser partir, ne pas céder à la vague de tristesse incommensurable qui ne manquerait pas de me submerger. Volontairement ou non, le soldat m’y aidait. Je ne me rendais pas compte que je lui livrais plus que je ne voulais dire, que j’avouais que les gens sur ces photos avaient dix ans de plus. Au fond, ces clichés n’étaient qu’un rappel amer de la jeune femme que j’étais il y a tant d’années, quelqu’un que mes parents pensaient incapable d’être plus qu’une prostituée, qui étouffait dans le carcan familial et qui n’y avait pas sa place. Quelqu’un de fier et borné, incapable de reconnaître que ses sœurs lui manquaient. Quoi que, pour ça, c’était encore le cas… Quelle importance, de toute façon ? Mes parents ne savaient même pas que j’avais rejoint l’armée, et s’ils en avaient su quoi que ce soit, ils auraient surement trouvé à y redire. La preuve : ils ne m’avaient pas recherchée après que j’ai quitté Charleville Mézières. En tout cas, je ne le pensais pas. Et je m’en foutais. Réellement. Ils n’étaient que des étrangers pour moi.

« Et c’est mieux, de ressasser que je les connais pas, que je les connais plus ? Que je les ai jamais connues ? La plus jeune avait dix ans, putain, dix ans, quand je suis partie ! Quand on m’a foutue dehors ! J’en avais dix-huit. Si elle était encore en vie, parce qu’elle peut qu’être morte, je l’aurai même pas connue pour la moitié de sa vie ! Je l’ai pas vue pour les années les plus importantes de sa vie ! Et les autres c’est pareil ! Alors quoi, je devrais garder des photos qui leur ressemblent même pas ? Hein ? Pourquoi ? Hein ? C’est injuste ! Je veux pas voir ces morceaux de papier inutiles qui me rappellent que j’ai pas été là, que j’ai été qu’une foutue égoïste qui a pas fait ce que ses parents attendaient d’elle, qui a laissé ses sœurs toutes seules. »

Ca me frappait d’un coup. J’avais pas été mieux qu’Anaëlle. J’avais fait ce que je lui reprochais. Je me détestais. Je laissais les larmes perler à mes yeux. Des larmes de rage. Pas que, mais je le reconnaîtrais jamais. J’étais pas faible, et je pleurais pas si ce n’était de rage. J’étais une connasse insensible, qui ne pensais qu’à moi. Je n’entendais même pas ce qu’il disait quant au fait de les garder. De garder mon carnet. Je n’avais pas conscience de tout ce qu’il pourrait y lire, s’il laissait la curiosité l’emporter. Je m’en foutais sincèrement. Et puis peut-être qu’il les perdrait. Qu’il se les ferait voler. Que quelqu’un les détruirait sans faire exprès. Peut-être. Je me reconcentrais en l’entendant soupirer. « Tu dois avoir quelqu’un, ou tu aimerais que quelqu’un soit auprès de toi, si tu as une ou des photos que tu peux pas brûler… Qui ? Ca me regardait pas, c’était sa vie privée, et s’il voulait m’en parler, il le ferait. Je laissais malgré moi ma colère de côté un instant. Un peu. Même si je parlais aussi sèchement que lui. Peut-être était-ce le ton de sa voix, d’ailleurs, qui m’avait fait changer légèrement de ton moi-même. Mais ça apporte quoi, de les garder ? A part nous torturer ? Si tu penses à une seule bonne raison de les garder, dis le moi. Peut-être que tu as raison. Peut-être pas. Et j’aimerai mieux ne pas me plaindre… » Cette dernière phrase avait été prononcée très bas. L’entendrait-il ? Aucune idée. Mais c’était pas moi. J’encaissais, et j’en ressortais plus forte, mais j’en disais rien. J’aimais ni parler de moi, ni de ma vie. Même si je laissais échapper plus que je ne le voulais là.

Ma fureur était revenue en force, malgré tout, quand il parla de mon état. Putain ! Mais il savait que ça me soulait, en plus ! Même si ça partait pas d’une mauvaise intention. Il s’attendait à quoi ? Que je m’épanche, que je lui dise que ma jambe me faisait mal ? Que monter sur un simple caillou même pas haut était douloureux ? Que je dormais mal, que je peinais à manger parce que j’en avais été privée pendant trop longtemps et que même si on avait peu, ça me donnait des hauts le cœur ? Que j’avais trop souvent froid, parce que j’avais presque que la peau sur les os ? C’était ironique, compte tenu du peu de vêtements que je portais quand il était entré dans la tente… Je laissais échapper un rire sans joie, involontairement. Qu’il ne comprendrait pas, pour sûr. Je frémissais légèrement et me figeais, alors qu’il s’approchait de moi. Qu’est-ce qu’il allait faire ? Me claquer, me foutre un pain, pour que je retrouve mes esprits ? Je me détendais légèrement en le voyant s’arrêter, proche mais pas à une distance insoutenable. « Putain mais tu veux que je te dise quoi ? Que non ça va pas, parce que je dors pas assez, que j’ai du mal à manger, que ma jambe est douloureuse ? Et que du coup, parce que je suis forcée de me reposer et que je peux pas, je pense trop ? Que je peux pas éloigner de ma tête mes sœurs que j’ai pas vues depuis dix ans, et que je reverrais jamais parce qu’elles peuvent pas être en vie ? Ca arrangera quoi ? Et je fais comme je peux pour me calmer. Mais j’y arrive pas. Voilà, j’y arrive pas, j’en suis pas capable, ok ? Ma voix avait diminué en intensité parce qu’il était plus proche de moi et que ça me perturbait et m’aidait à reprendre un peu mes esprits, la rage était moins présente, même si elle était juste un peu refoulée. Et j’ai pas dit que tu venais juste te réchauffer… C’était pas ce que je voulais dire, ok ? Je faisais une pause, serrant les dents. J’avais toujours eu du mal avec les excuses, et le fait que je sois pas vraiment calmée, que la colère soit pas vraiment partie, rendait ça encore plus difficile. Ecoute… J’suis désolée, ok ? »

Là, c’était dit. Je me calmais petit à petit, et la colère allait être remplacée par la tristesse, et il me serait encore plus dur de ne pas craquer. Et je ne le voulais pour rien au monde. Pour peu, j’aurai encore cherché à raviver la rage qui m’habitait. Pour peu… S’il était pas là, y’aurait pas eu de problème. Et pourtant… Et pourtant, j’appréciais qu’il soit là, même si c’était pas le bon moment. Mais là, je voulais pas craquer de tristesse devant lui. Je pouvais pas, je m’y refusais. Je lui tournais le dos, prenant une grande inspiration. Je venais de m’excuser, il comprendrait que c’était pas contre lui, non ?


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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Ven 30 Mai - 16:11

S'il y avait bien une conclusion que je pouvais tirer de ce moment, c'était bien qu'on ne savait jamais à quoi s'attendre avec Beaumarchais. Enfin, si je peux me permettre... Ca la rend encore plus attirante. Personne n'est dans ma tête, je peux penser ce que je veux, de toute manière. Il faut bien garder cette petite intimité. Est-ce que un jour je lui dirais enfin que j'avais le béguin pour elle ? Au moins, ça je me l'étais avoué à moi même. Déjà un bon point de départ. Jusqu'à aujourd'hui, j'avais réussi à ne m'attacher à aucune femme, aucune. Mais là... Ca avait été plus fort que moi, avec Beaumarchais. Pourtant, on avait eu aucun rapport, rien. Etait-ce dû à ce qui nous arrivait, à cette apocalypse sans précédent qui nous tombait sur la tête, cette enfer qui se répendait à une vitesse folle sur terre ? Sans aucun doute. Je me trouvais coupé de tout, depuis. Déjà qu'il ne me restait pas grand chose... Que ma fille, en somme. Le reste de ma vie depuis mon divorce, ça n'avait été l'armée, et que l'armée. Quelques conquêtes, ma fille, et l'armée. Voilà à quoi se résumait ma vie, avant. Et maintenant, des trois éléments pré-cités, il n'en reste plus qu'un. Quoi que, même pas, vu ce qu'il reste de l'armée. Il me reste un camp à protéger, et une vie à reconstruire. Mais surtout... Un passé à oublier. Ca faisait mal de penser à Charlotte au passé, pourtant je devais arrêter de me boucher les yeux : morte, elle était morte et c'était tant mieux. Parce que sinon je vais être obligé de l'imaginer en train de souffrir, de peiner à survivre dans l'enfer, et je ne peux me le permettre. Pas alors que j'ai tant de choses à faire pour maintenir ce camp et ses réfugiés en vie. Et une Beaumarchais en colère à calmer, aussi. Sans la froisser, ce qui était un échec monumental pour le moment. Oui, le tact n'a jamais été mon point fort.

La rage submerge mon interlocutrice. Le désarroi, peut être aussi. Elle m'explique, elle s'étale sur ses sœurs et elle. J'écoute ses confidences, avec l'étrange impression d'entrer soudain dans quelque chose de privé qui ne me regarde pas. Mais je ne l'arrête pas, je la laisse finir, sinon j'imagine très bien sa colère décupler encore.

« Arrête de te rendre coupable de tout. Désolé... Je t'ai peut être jugé sans connaissance de cause. »

Je ne savais rien de sa vie passée, mais il ne faut pas se rendre coupable de tout, comme je venais de lui dire. Peut être qu'elle avait vraiment laissé tomber toute sa famille, j'en savais rien et ça m'indifférait, au fond. Aucune envie de rentrer dans sa vie. Mais si elle avait envie de parler, alors qu'elle le fasse. Je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir envie de l'aider... Trop d'affection pour elle. Ca me perdra peut être, ou alors au contraire, ça me sauvera. L'avenir seul me le dira, pour l'instant je ne compte pas repartir de mon côté. La jeune femme pris ensuite mes propos au vol, embrayant sur mon propre cas. J'avais laissé échapper en sous entendu que moi aussi, j'avais quelque chose, une vieillerie dont je n'arrivais pas à me séparer... Pourtant me lamenter me dégoutait et je ne voulais pas lui déballer mon passé. Ca m'aiderait pas à oublier si tout le monde connaissait le passé d'Erwan Comet. Mais garder cette photo non plus. J'avais presque devant les yeux l'image d'une femme plus forte que moi. C'était risible. Elle se foutait totalement de son passé, en fait, elle n'aurait aucune peine à faire tout flamber, contrairement à moi. En fait, elle devait avoir raison. On ferait mieux de les brûler ensemble nos photos, et tout de suite. Je me pinçais les lèvres, mais ne balayais pas sa remarque.

« Ouais. J'arrive pas à me débarrasser de sa photo, pourtant je devrais. C'est ma fille... Mais de toute manière elle est morte. »

Mon ton était dur, froid, fermé. Comme si je parlais pour moi tout seul, à haute voix mais sans vouloir qu'elle m'entende.

« Alors je devrais la brûler, sa petite tête, t'as raison. Mais j'y arrive pas, moi, tu vois. »

Voilà... C'était dit. Pourquoi je me confiais ? Pourquoi je lui racontais ma vie, mon ancienne vie ? Aucune idée. Je me sentais faible, et ce sentiment faisait monter la rage en moi.
Le ton de la conversation monta à nouveau quand j'évoquais son état. Oui, je savais que ça la mettait en rage que je la prenne comme ça, mais que voulez-vous que je lui dise ? Ce n'était que la vérité. J'étais venu dans sa tente au départ, simplement pour prendre de ses nouvelles. Même si ça avait dégénéré en premier lieu, je ne l'oubliais pas. M'occupait d'elle m'empêcher de m'étaler sur mon sort et on était plutôt mal parti. Changer le sujet de la conversation... Même si elle n'aimait pas que je la couve. Pour autant, il ne fallait pas qu'elle croit que je la prenne en pitié ou que je la considère comme faible. Parce que c'était totalement faux.

Je ne sais pas comment, mais elle réussi à se calmer. Je retenais un soupir de soulagement. Il ne fallait pas que notre entrevue parte en live, et j'avais évité ça. Pour le moment du moins. Mais les excuses lui coutaient, je la connaissais assez pour savoir cela, et même un inconnu s'en serait aisément rendu compte. Elle serait les dents, comme si elle se forçait vraiment. C'était le cas, mais à ce point ? Apparamant. Je la dégoutais tant que ça ? Elle avait tant l'impression que je la prenais pour une femme faible ?

« Non... Bien sûr. Ok, ça va. Il faut trouver une manière de t'occuper, dans ce cas... »

Puis elle me le dit cash. Désolé, elle était désolé. Puis elle me tourna le dos. Je fis encore un ou deux pas vers elle, effleurant son corps. Je posais mes mains sur sa taille.

« Je voulais venir te voir... Pas parce que je te crois pas capable. Mais j'avais besoin de voir comment t'allais. »
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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Sam 7 Juin - 11:03

Il se passait quoi, dans ma tête, pour que je craque comme ça, que j’explose et expose ma colère à n’importe qui ? Je secouais légèrement la tête, à cette pensée. Non, il n’était pas n’importe qui. Mon supérieur par la force de ces choses, par cette connerie qui nous détruisait la vie, mais un soutien à qui je pouvais confier mes difficultés – purement militaires et professionnelles. Je n’aurai jamais imaginé lâcher prise comme ça, dans le mauvais sens du terme, et lui parler de ma famille en des termes si hargneux, lui avouer un bout de mon passé que je cache généralement si soigneusement. Est-ce que je pouvais le considérer comme un ami ? J’en savais rien, mais ce que je savais, c’est que je voulais pas tomber dans l’autre travers de ces pensées qui m’assaillaient. Exprimer ma colère était bien assez dur à encaisser comme ça, alors que je voulais pas qu’on me voit comme autre chose que la battante qui laissait rien passer, alors exprimer mon désarroi, ma tristesse… Et pourtant, je laissais Comet s’approcher, trop peut-être, me faire redescendre sur terre par la froideur de ses propos, que j’avais provoquée. J’étais un putain de paradoxe, et je ne faisais absolument rien pour y remédier. Qu’est-ce qu’il me passait par la tête ? Est-ce que je devenais folle ? Etait-ce les répercussions des radiations ? J’en plaisantais, je tournais leurs effets à la dérision, mais peut-être bien que j’y étais soumise et devenais une autre. Ou alors je perdais la tête toute seule. Ou alors j’étais mal tombée à Louisville, et ça avait endommagé mon cerveau. Ou alors je me cherchais des excuses, pour dire que je n’arrivais plus à gérer, à enfouir ma colère, à accepter ma vie. Parce qu’elle avait radicalement changé, et que cette fois, je n’y étais pour rien. Je contrôlais pas les choses, et ça me plaisait pas. Ca me perturbait. Ca m’angoissait. Mais je me serai arraché la langue plutôt que de le reconnaître, ça.

Je le fixais droit dans les yeux, en l’entendant. Me rendre coupable de tout ? Etait-ce réellement ce que je faisais ? Est-ce que je m’accusais à tort ? Je m’étais jamais blâmée d’être partie. De ne pas avoir tout fait pour rester en contact, de ne pas avoir cherché à prendre des nouvelles de mes sœurs. Aurais-je du ? Je sais pas. Sincèrement, je sais pas. Est-ce que mes parents n’auraient pas cherché à brûler mes lettres si j’en avais écrit ? A intercepter mes appels ? Voire même les auraient privées de téléphone, par crainte qu’elles me parlent, à moi la mauvaise sœur, celle qui prenait un mauvais chemin, qui filait un mauvais coton ? Qu’est-ce qu’ils se seraient dit, s’ils avaient su ce que je faisais ? C’était des putains de bigots bien pensants qui auraient surement pensé que j’étais qu’une connasse de militaire violente à tout bout de champ, qui voulait juste asservir les civils. Que je faisais usage des armes pour contrôler, quand toucher le cœur, faire preuve de compassion, de gentillesse, de pitié, suffisait. Laissez moi rire. Alors peut-être Comet avait-il raison… Peut-être. « Oui, t’as p’t’être raison. » Je l’avais dit d’une traite, rapidement, comme si ça me coutait de l’admettre. Parce que ça me coutait, au fond. Parce qu’en plus de reconnaître que je disais de la merde, je reconnaissais aussi que je le vivais suffisamment mal pour m’en accuser parce que c’était plus facile à supporter que de reconnaître que j’y étais pour rien. Mais ça, ça, je le dirai pas à haute voix. Il le comprendrait ou pas, mais ça importait peu. J’en disais déjà trop. Et puis s’il le comprenait… Eh ben c’était trop tard, voilà tout.

Je laissais bien involontairement la surprise prendre place sur mon visage, en l’entendant. Il avait une fille ? Putain, il avait une fille ? Et moi, je me plaignais de mes sœurs que j’avais pas vues depuis dix ans ? Alors qu’il avait une fille ! Comment il pouvait aller de l’avant, en se disant qu’elle était peut-être là, quelque part, à crever de froid, de faim, de peur ? Comment il faisait, pour pas péter un câble ? Putain mais que j’étais conne. Egoïste. Désagréable. Je levais le bras un instant, sans vraiment savoir pourquoi, avant de le laisser retomber. Non, j’allais pas compatir. Il faisait peut-être l’autruche, comme moi, mais ça me regardait pas. Et puis surtout, moi j’aurai mal pris ça. Je me serai sentie, à raison, comme une faible incapable de gérer ses émotions. Alors peut-être qu’il avait cette impression aussi. Même si ça avait rien à voir. Sa fille, putain ! Son héritage, la chair de sa chair, celle qu’il avait contribué à être au monde. Il avait une putain de force, de pas se laisser aller au désespoir, à la crainte, à l’angoisse, à je ne sais quoi. Je l’admirais déjà pour ses qualités militaires, mais il forçait encore plus mon admiration. Même si j’allais rien en dire. Pas à lui, pas à personne. Encore plus fort que mon admiration, mon orgueil. « Peut-être que c’est exagéré, de les brûler, peut-être que c’est toi qui a raison… » Je crachais un peu cette phrase, alors que je la pensais réellement. Mais même s’il me calmait petit à petit, j’arrivais pas à supprimer toute colère de ma voix. Même si ça avait rien à voir avec ce que je venais de dire. C’était comme ça, je flambais en un instant et montais au créneau sans attendre, mais pour vraiment me calmer, c’était pas ça.

Je soupirais. Une manière de m’occuper ? Mais je faisais que ça, essayer de trouver ça. Et je m’y prenais pas trop mal. Mais ça suffisait pas. Et ça, eh ben ça, j’y pouvais rien. Je repartais dans un rire nerveux, bref, mais pas assez pour qu’il ne l’entende pas. Il allait définitivement me prendre pour une folle. Et j’en avais rien à foutre, je le réalisais. « J’essaye. Figure toi, j’essaye. J’ai demandé à des gens si on pouvait faire pousser des plantes. Pour soigner ! Sérieusement, des plantes ! Genre j’y connais quelque chose, genre je pourrais aider et gérer ça ! Et je cherche des gens qui savent ! Tu te rends compte ? Je deviens folle, et ma solution pour pas péter un câble – et ça marche bien, visiblement -, c’est de chercher comment faire pousser des plantes médicinales pour pallier la pénurie de médicaments à venir. Je pense que quelqu’un m’a frappée sur la tête, vraiment. »

Je m’étais excusée et retournée, incapable d’affronter son regard, incapable d’admettre que là j’étais à deux doigts de craquer d’une bien autre manière que je trouvais intolérable. Je calmais bien vite mon rire hystérique, alors que j’étais dos à lui, à deux doigts d’exploser à nouveau, mais pas de colère, non. De tristesse. Exploser, pour laisser les larmes couler. J’avais toujours été excessive pour tout – le rire, les larmes, la colère, l’amour. Toujours à brûler les étapes, à me consumer pour mieux recommencer. Comme un phénix, si ça existait. Un putain de phénix ! Je délirais, c’était certain. Et je luttais de toutes mes forces contre les larmes qui menaçaient de venir, parce que j’étais désemparée. Perdue. J’essayais de lutter, mais là, j’y arrivais plus. J’y arrivais pas. Mais je pleurerais pas, c’était hors de question. J’étais tellement concentrée pour m’empêcher de le faire que je ne le sentis plus proche que lorsque son corps effleura le mien, que je sentis ses mains sur ma taille. Et là, la seule envie que j’avais, c’était de me blottir contre lui, parce que j’avais besoin de réconfort. Et je me détestais pour ça, sincèrement, je me détestais pour ça. Je pouvais pas. Je voulais pas. Alors pourquoi je le faisais, laissant une larme couler que j’effaçais rageusement ? Pour peu, je me serai insultée de tous les noms. Même si j’étais mieux là, qu’à lutter contre mes émotions toute seule. Mais il me laissa pas parler, et tant mieux. Je serai passée pour quoi, si je m’étais insultée toute seule, devant lui ?

« Je… Ca… »

J’avais ouvert la bouche, à tort, et je la refermais. Je savais pas quoi dire. C’était une première. Ou suffisamment rare pour le signaler, en tout cas. Je réfléchissais à ce que je pouvais bien dire. Je savais pas. Si, je savais… Merci. Merci de pas douter, merci de t’inquiéter, mais de pas me rabaisser. Même si j’avais pensé l’instant d’avant qu’il voyait juste une personne faible en moi. Même si je lui montrais que je l’étais à l’instant, et que j’abhorrais ça, mais que j’arrivais pas à faire autrement. Même si je savais qu’on s’engueulerait encore, parce que je penserai encore qu’il me sous-estimait parce que j’étais une femme. Là, et je savais pas pourquoi, j’y pensais pas et j’étais juste reconnaissante. Parce que j’avais personne pour qui je comptais vraiment, et que là, j’avais cette impression. L’espace d’un instant. Alors même si ça durait pas… Peut-être que je pourrais l’apprécier, un instant. Peut-être. « Merci. »


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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Sam 14 Juin - 10:06

[HJ] Désolé pour la grosse tartine sans parole et les deux petites répliques à la fin xD mais j'espère que ça t'ira :p

Putain mais pourquoi est-ce que je lui disais ça ? A quoi est-ce que ça allait mener ? Qu'est-ce que ça allait m'apporter ? Rien. Rien, rien et rien. Ou en tout cas, rien de bon. J'étais si faible que ça que je m'étais senti obligé de lui dire que j'avais une fille ? Une fille, qui n'était rien de plus qu'un cadavre ou carrément de la cendre, désormais ? Ca servait à quoi, à part... à rien. Putain, qu'est-ce qui m'arrivait ? Ce qui était sûr, c'est que le sujet de le ton de la conversation ne me laissait clairement pas insensible. Mais alors quoi, depuis quand j'avais besoin de me confier et de me lamenter sur mon sort face à... face à une femme ? Oui, me lamenter, c'est peut être exagéré comme terme, mais par rapport à mon comportement habituel, c'est déjà pas mal. Ca me dérangeait tellement, de penser que Charlotte était morte, que j'avais besoin de m'étaler dessus et d'en parler à Beaumarchais ? De lui parler de mon ancienne vie, de mes fantômes, alors qu'on essayait de se reconstruire un monde ? Vainement. Je me sentais tout à coup bouillonant, en colère contre moi même. Les mots étaient sortis, assez fort pour qu'elle les entende. Je me fichais bien de comment elle allait réagir en apprenant que j'avais une gosse, peut être que ça l'indifferait, en fait, peut être qu'elle allait me prendre pour un mec faible qui n'arrive même pas à tirer un trait sur ça, ou alors... Peu importe. Je venais de partager avec elle la majeure partie de ma vie personnelle, de mon passé avec lequel j'essayais de couper. De couper ? Et j'allais y arriver en gardant sa putain de photo avec moi ? Je ne savais même plus où j'en étais, il y a un instant je lui arrachais ses photos des mains pour pas qu'elle commette une connerie, et maintenant c'est moi qui voulais la faire, cette connerie ? Je n'allais vraiment pas bien. La faute à mon attachement pour cette nana, encore une fois. Et en plus, elle m'aidait pas, me crachait qu'en fait c'était peut être moi qui avait raison. Mais je sais même plus ce que je veux, putain ! Je soupirais mais ne lui répondais rien. Je retournais nerveusement son carnet entre mes mains, comme si ça allait miraculeusement me faire retrouver contenance. Le jeune femme se rangeait peu à peu à mes arguments, alors que moi même je n'étais plus sûr que ce soit la meilleure chose à faire que de s'attarder sur ces souvenirs.

Beaumarchais avait renoncé à sortir et se retrouvait dos à moi tandis que je m'approchais d'elle. Quoi, je comptais la prendre dans mes bras ? Elle allait encore me jeter tout un tas d'insultes à la gueule et tout cela allait encore dégénérer. Pourtant j'avais envie... Ca m'embêtait de la voir comme ça, je voulais faire quelque chose pour elle... Mais quoi, concrètement ? Elle n'acceptait aucun véritable appui de ma part, outre les conseils que je pouvais lui donner sur le plan professionnel. Je voulais que ça change. Pourquoi elle me rejetait, putain ? Je le savais, mais je ne voyais clairement pas comment faire changer les choses. C'était à elle de changer de point de vue sur moi. Et à moi de démentir ses préjugés sur moi, mais n'était-ce pas ce que je faisais en ce moment ? Ou essayais de faire, vu le résultat. Enfin au moins, elle ne me cachait plus qu'elle avait mal, qu'elle souffrait. Bref, qu'elle n'allait pas bien. Déjà un pas en avant, qu'elle me l'avoue d'elle même. Je me mordais la lèvre. Elle s'emportait encore... Je n'ai jamais été doué pour calmer les gens, les rassurer ou autre chose dans le genre, et en voici la preuve flagrante. Et j'allais devoir faire avec. Je me mordais encore l'intérieure de la bouche, alors qu'elle s'étalait sur l'idée qu'elle avait trouvé pour s'occuper. Qu'elle trouvait idiote, tout simplement. Un soupir. Je renonçais à un petit trait d'humour qui serait clairement mal venu quand elle me dit avec un rire jaune qu'on lui avait tapé sur la tête. Toujours de dos, je m'approchais d'elle et l'enlaçais, ne me retenant plus. Il fallait que je la calme, nous clame, en fait. Sa proximité m'y aidait, d'une certaine manière. Elle resta indécise, quelques instants, ouvrait la bouche pour laisser passer un son avant de la refermer. Quoi, j'allais me prendre son poing dans la gueule ? Pas cette fois, non. Je pouvais respirer. J'espérais avoir définitivement passé cette étape, du moins pour aujourd'hui. Parce qu'à coup sûr j'allais encore m'en prendre une avec elle, et plusieurs même. Ca faisait partie du jeu, au final. De ce qui rendait notre relation si spéciale et si intéressante.

Je me perdais dans l'odeur de sa chevelure, percevant son petit « merci », à peine articulé. Dans quel état elle se trouvait véritablement, ce qui se passait dans sa tête, j'aimerais bien le savoir. Aucun doute sur sa sincérité, en revanche. Elle appréciait ce contact, et ça la détendait. Moi aussi. J'avais rangé le carnet dans ma poche. Peut être que je le lui rendrais, au final. Aucune idée. Peut être que j'allais la laisser tout brûler et brûler moi aussi mon passé avec le sien. Peut être. Si on le faisait, on le regretterait peut être, mais on ne pourrait pas revenir en arrière. Je ne sais pas. J'essaye de ne plus penser à ça pour l'instant. Et surtout, ne pas remettre le sujet sur le tapis. Pour l'instant, je me disais que je ne m'étais jamais retrouvé aussi près d'elle. Que j'allais peut être faire la plus grosse connerie de ma vie avec elle, mais que ce n'était pas grave.

« Putain, je... »

…m'arrêtais. Quoi, qu'est-ce que j'allais lui dire ? Putain, je t'aime ? Ca voulait pas sortir. Les mots restaient bloqués en travers de ma gorge, comme s'ils allaient m'écorcher les lèvres en sortant. Pourtant ce ne serait pas du tout le cas, j'avais le béguin pour elle et je ne me le cachais pas. A elle non plus, d'ailleurs. Alors pourquoi ? Je me mordais la lèvre. Me rattraper.

« Tu sais, ton idée de raid, c'est pas une connerie. Qui ne tente rien n'a rien. Ca parait con comme proverbe mais y'a rien de plus vrai. Faut que t'arrêtes de croire que tout ce que tu proposes est nul. Viendra un jour où on manquera cruellement de médocs et là, si ton projet réussit, on sera tous sauvés. Et qu'est-ce qu'on s'en fiche que t'y connaisse quelque chose ou pas ! Toi, tu t'occupe de mener le groupe, parce que sans quelqu'un d'expérimenté pour les mener, tes herboristes risqueraient gros. Puis si t'as besoin d'aide sur le plan technique, hésite pas. »


Elle était trop attirante. C'était insupportable... Non, je ne suis pas un pervers, je ne suis pas un obsédé, mais cette fille a un truc qui m'attire. Me demandez pas quoi, c'est comme ça. Sans même vraiment m'en rendre compte, je l'embrassais dans le cou. Putain, elle sentait bon pour quelqu'un qui vit dans la merde d'un camp de réfugiés.
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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Mar 17 Juin - 17:02

|HJ| J'ai fait la même, donc bon What a Face J'espère que ça t'ira !

Qu’est-ce que je faisais ? Sincèrement, qu’est-ce que je faisais ? Pourquoi je me comportais ainsi ? Gueuler à la face de Comet, sans vraiment l’engueuler lui, balancer presque tout ce qu’il y avait à savoir sur moi… J’étais pas tombée pourtant, je m’étais pas cognée sur la tête. Ca se trouve, c’était des séquelles de mon coma. Ca aurait été tellement commode, tiens, comme explication. Mais je savais que c’était pas vrai, et ça m’énervait d’autant plus. Pourtant, je pouvais pas m’en empêcher. Pourquoi je m’étais laissée aller contre lui, alors qu’il avait posé ses mains sur ma taille ? Pourquoi j’avais l’impression de me comporter de manière pire à chaque instant ? Et pire, d’apprécier ça ? Son contact m’apaisait, et calmait aussi bien ma fureur que ma tristesse. A peine quelques larmes étaient passées, qu’il n’avait pas vues j’espérais, et… plus rien. Heureusement, je crois sincèrement que j’aurai frappé le sol de dégoût, si je m’étais réellement mis à pleurer. Non mais sérieusement, depuis quand je me laissais aller comme ça, que je manquais presque de pleurer devant quelqu’un, un homme, qui me prenait déjà pour une personne faible, après avoir laissé s’exprimer ma colère de manière bien plus qu’exagérée, alors que je ne vivais pas la pire des choses ? Il avait une fille, et il n’en montrait rien, se montrait digne, et moi… Je serrai les dents à nouveau, repensant à mon ingratitude. Putain, je m’étais excusée comme une merde, à limite lui faire entendre que je le pensais pas, ou me refusais à le dire. Ce qui était un peu vrai – je le pensais, mais l’admettre… C’était autre chose. Je pourrais pas faire mieux, c’était sûr, mais là je m’en voulais. Il faisait des efforts, je crois, il arrêtait de dire que les femmes avaient rien à foutre ici, et moi… Moi je faisais ma connasse. Je me souvenais même pas de quand il avait arrêté, alors que je prenais encore à peu près tout mal, et sautait sur toute occasion de lui sauter à la gorge parce qu’il avait des propos sexistes. Mais ça, c’était quand même vrai. Même s’il s’en rendait pas compte, ou savait pas vraiment ce qu’il disait. Mais c’était pas le moment de penser ça. Là, il faisait pas ça. Et puis, j’étais peut-être injuste. Il me prenait au sérieux, quand je venais lui demander des conseils. Même si ça me mettait face à mon incapacité à ma nouvelle position, même si je disais pas que je pensais ça. Ca servait à rien, de toute façon. Si lui ne savait pas ce que je pensais à ce sujet, je ne savais certainement pas ce que lui pensait de mon comportement, et ça me dérangeait. Pour peu, il considérait que j’étais vraiment la faible femme qui avait besoin de protection que tous pensaient que j’étais. Alors pourquoi étais-je là, contre lui ?

Je soupirais, ne m’éloignant pas pour autant. Je ne le pouvais pas. Je ne savais pas pourquoi, mais tout ce que je savais, c’est que j’étais bien là. Et que l’écouter me répondre, m’écouter vraiment, pas juste me critiquer et ne pas considérer mon opinion, ça faisait du bien. Quand en étais-je venue à croire que l’on ne m’écoutait pas, à ce point là ? Là, en l’instant, je perdais pied, je ne comprenais plus rien. Je ne me comprenais plus. Et je ne le comprenais pas. Pourquoi ne m’envoyait-il pas balader, pourquoi se confiait-il, pourquoi restait-il là ? Au mieux, j’aurai du le faire fuir, là. Au pire, j’aurai du le convaincre que je n’avais rien à faire en tant que militaire au sein de son groupe, et que je n’étais pas capable de garder mon sang froid. Les choses me dépassaient, tout simplement. Et je ne savais pas comment y réagir. Je secouais la tête. Ca ne me servait à rien, de me focaliser là-dessus. J’avais qu’à réfléchir à ce qu’on disait. A ce que je pouvais lui dire. Arrêter de parler de moi. Il s’en foutait, de toute façon, c’était certain. Je voulais qu’il s’en foute, je ne voulais pas qu’il me questionne davantage. Je voulais m’en foutre, aussi. Je voulais qu’elle n’existe plus. Je soupirais à nouveau. Ne pas y penser. Il m’apporta la distraction nécessaire. Trouver quelque chose pour m’occuper. J’essayais. C’était en cours. Même si j’étais sceptique. Même si je ne cessais de penser que je me lançais dans quelque chose qui me dépassait, et ne pouvait pas se passer bien. Je grimaçais, ne sachant s’il le verrait. Il était après tout proche de moi, et plus grand que moi. Je tournais la tête et levais les yeux vers lui, en l’entendant jurer, et finalement se taire. Comme moi un instant auparavant. Il allait dire quoi ? Je me mordais la lèvre, pour me retenir de le demander. S’il avait voulu le faire, il l’aurait fait. Même si j’avais très envie de savoir. Putain, pourquoi il avait pas été jusqu’au bout ? J’allais me questionner maintenant. J’essayais de mettre ce qu’il cachait de côté, alors qu’il continuait à parler. Arrêter de croire que tout ce que je proposais était pourri ? Il me cernait un peu trop bien à mon goût. Et ça, ça… Ca me plaisait pas beaucoup. J’étais censée cacher mon insécurité et le fait que je crois faire de la merde, pas l’exposer aux yeux de tous. J’y arrivais bien, visiblement. Il s’en rendait peut-être pas compte, mais il me foutait la pression. Avec ça, et avec ce qu’il disait sur le fait de mener le groupe, d’être expérimentée. Je l’étais pas. Je l’étais clairement pas. Et il le savait, je lui demandais tout le temps comment tout faire, comme une bleue ! Ou presque. Ou presque jamais, parce que j’aimais pas. Mais quand même.

Si son contact m’aidait pas à y voir plus clair, et me demandez pas pourquoi c’était le cas parce que je me demandais encore, je me serai reculée sur l’instant. Mais j’appréciais de le sentir proche de moi. J’appréciais ses bras qui m’enlaçaient, putain ! Pire, je l’avais encouragé à le faire, en me rapprochant de lui, alors qu’il avait juste posé ses mains sur ma taille. Est-ce qu’on m’avait lobotomisée ? C’était surement ça. On avait profité de mon sommeil pour le faire. Ou alors je divaguais, nettement plus plausible. Je niais l’attirance qu’il avait sur moi. Je le savais pourtant, que c’était le cas. C’était pas la première fois qu’il me regardait comme si, même si le doute persistait. Je retenais malgré tout un rire jaune. « Je suis tellement peu habituée qu’il faudrait que tu fasses tout le plan du trajet, de la façon de faire, de tout ça, pour moi… Je sais pas comment je peux les mener, alors que je suis moi-même incapable de faire bien, de bouger sans faire de bruit, d’établir une stratégie. Et s’il arrive une merde ? Si y’en a un qui crève ? » J’étais légèrement en train de paniquer. J’en étais capable pourtant, je m’en rendais juste pas compte. C’était pas la première fois que je me dévalorisais, à bien y réfléchir, même si je le disais pas tel quel. Est-ce qu’il l’avait remarqué quand il essayait de m’apprendre à évoluer aussi silencieusement que lui sur la terre ferme ? Quand il me parlait des endroits possibles où se rendre en expédition, et des démarches ? Quand il me testait sur ma capacité à viser pour s’assurer que je pouvais flinguer quelqu’un sans me louper ? J’en savais rien.

J’étais perdue dans mes pensées, au point que je ne le sentais même pas se pencher. Je ne m’en rendais compte que quand il m’embrassa dans le cou. Putain, il faisait quoi là ? Putain, pourquoi j’étais surprise alors que j’étais dans ses bras d’une manière qui n’avait rien d’amicale depuis au moins cinq minutes ? Et surtout, pourquoi est-ce que je frémissais, et que c’était aussi agréable ? Je pouvais même pas prétendre que c’était parce que ça faisait longtemps que je réagissais comme ça, c’était faux. Putain. Je me mordais la lèvre, ne l’arrêtant pas ni ne le repoussant. J’avais qu’une envie, là, spontanée, me retourner vers lui et l’embrasser. Alors pourquoi je m’en empêchais ? En temps normal, ça m’aurait pas posé de problème. Je me contentais de me retourner, et de le regarder dans les yeux, m’attardant surement brièvement sur ses lèvres du regard inconsciemment, sans vraiment savoir ce que je lui renvoyais.


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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Mer 18 Juin - 17:04

Je sais plus où j'en suis, vraiment. Moi aussi, je me suis pris un sérieux coup sur la tête. C'est la seule explication plausible. Putain comment ça va finir ? Comment est-ce que toute cette histoire va tourner ? Pourquoi, putain, pourquoi je fais ça ? Qu'est ce qui me passe par la tête, sérieusement ? Enfin maintenant, il est trop tard pour faire marche arrière. Et j'en avais pas envie. Je me laissais emporter, je me laissais dépasser... Je réfléchissais plus du tout. Putain, depuis le temps que je la matais.. Pourtant je m'étais promis de ne pas craquer. Putain Erwan, c'est pas le moment ! C'est vraiment pas le moment de courir les jupons alors que t'as tout un camp à ravitailler ! Mais j'avais beau me répéter ça tout le temps, que ce soit avec Beaumarchais ou avec Anne, là j'avais vraiment pas ces réflexions à l'esprit. J'avais plus rien. Puis c'était différent, avec elle. Parce qu'il n'y avait pas qu'une envie de sexe. C'était plus... compliqué, et j'arrivais pas toujours à bien cerner ce que je ressentais pour elle. Pourquoi je faisais tant d'efforts pour elle. Autant sur le plan professionnel que personnel. Les conseils de tir, de camouflage et compagnie, je les donnais à peu près à tous les soldats volontaires. Beaumarchais n'avait pas apprécié que la prenne pour une femme faible, que je la rabaisse d'une certaine manière. Et moi j'avais fait quoi ? J'avais essayé de me changer. J'y étais arrivé, plus ou moins. Sur certains points, parce que c'était pas qu'à moi à faire des efforts. Ok, les femmes savent se battre et se défendre. Mais elle, elle avait besoin de quelqu'un. Elle se trahissait elle même, des fois. Comme en ce moment, en fait. Et moi aussi, je me trahissais... Ca allait faire comme avec mon ex, j'allais faire des trucs sur un coup de tête et j'allais bien vite les regretter. Mais j'en avais rien à foutre, en fait. La pilote m'avait mis sur les nerfs, et bien je décompressais comme je pouvais. Je la gardais entre mes bras, ne sachant pas bien comment elle allait réagir à mes contacts. Qui ne tente rien n'a rien, comme on dit. Peu importe. Pour une fois. Juste une fois. J'étais pas en train de penser que j'allais l'allonger et la baiser direct, mais juste que j'allais me laisser aller à mes petits sentiments. Elle pouvait toujours me repousser, si elle voulait pas de moi. Elle hésiterait pas, je le savais très bien. Mais elle le faisait pas. Ca m'encourageais, ça me poussait à ne plus penser à des choses contrariantes. Je suis pas un confident, je suis un vrai trou en psychologie et ce genre de sujet m'intéresse pas du tout mais je faisais mon possible pour l'aider, elle. Je me demande toujours pourquoi, mais au fond ça n'a peut être pas d'importance. Vaut mieux que je me dise ça. J'essayais de comprendre ses doutes et ses inquiétudes. Pourquoi elle se dévalorisait tout le temps ? Ca m'énervait, vraiment. Son idée, c'était un truc de fou, mais c'était pas irréalisable, et si ça marchait, ce serait une très bonne chose.

J'arrivais pas à la rassurer. Quand j'y pense, j'y arrive jamais, en fait. Mais j'essaye toujours, et là non plus faut pas me demander pourquoi. Bien sûr qu'elle était pas aussi douée que moi, et il ne faut pas prendre ça pour de l'égocentrisme. C'était juste un constat, juste la vérité. Cependant, elle progressait, elle était pas courge et au final, elle se débrouillait mieux que d'autres. Elle s'en rendait pas compte, ou alors si mais elle ressentait le besoin de se penser nulle ? Elle croit vraiment qu'on l'aurait laisser mener des raids si elle en était pas capable ? Non mais vraiment, des fois c'était exaspérant.

« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? De toute façon tu m'écoutes pas. On peux continuer à s'entrainer jusqu'à ce que tu partes, pour que t'aies un peu plus confiance en toi. Mais t'es pas nulle, putain, on a survécu à l'apocalypse ! »

Franchement, je voyais pas ce que je pouvais lui dire d'autre. Bien sûr que je l'aiderai encore, aussi longtemps qu'on sera au même endroit elle pourra me demander des conseils. Elle plus que d'autres, même. Là, je pouvais vraiment rien faire de mieux pour lui donner un peu plus confiance en elle. Elle pouvait être très douée, quand elle le voulait, fallait juste qu'elle se laisse pas submerger par ses petits tracas. Surtout sur le terrain. Enfin ça, je la pensais assez intelligente pour pas le faire. On était tous confrontés à l'imprévu et elle était tout aussi capable qu'un autre d'y faire face.

J'avais posé mes lèvres dans son cou, sans même m'en rendre compte. Il était impossible qu'elle n'ait pas senti le contact pourtant... Je l'aurais presque aimé. Pas que j'avais peur de sa réaction, mais peur de ce que ça allait entrainer. Je ne voulais plus me lier, pourtant je faisais tout pour. Merde, qu'est-ce qui m'arrive ? J'en sais rien, mais tout ce que je sais c'est que je ne veux même plus reculer, même si je le pouvais. Elle m'attirait trop... C'était moi qui avait franchi le premier pas en la prenant dans mes bras, alors je pouvais m'en prendre qu'à moi. Merde, merde, merde ! Elle se tourna vers moi. Elle ne dit rien. Je soutenais son regard. Qu'est-ce que j'y lisais ? Jamais été doué pour ce genre de trucs non plus, mais là... De la surprise. De l'envie, aussi. Elle ne me retiendrait pas, j'en étais certain. Et moi, je n'avais plus envie de me retenir. Alors... Je soupirais.

« Tu étais mieux en débardeur, finalement... »

Je frôlais son corps. Trop de privations.

« Arrêtes-moi si je te dérange »

Juste un murmure. Elle avait fait l'erreur de se tourner face à moi. Elle avait fait l'erreur de mettre ses lèvres face aux miennes. Je l'attirais encore vers moi, sans aucune brutalité mais avec force tout de même et l'embrassais pour de bon. Merde, ça faisait combien de mois que j'avais pas embrassé une nana ?
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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Lun 23 Juin - 21:08

J’envoyais valser la raison, le raisonnable, et je me laissais aller dans les bras de Comet. A quoi bon résister, sincèrement ? Il avait posé ses mains sur ma taille, je ne l’avais pas repoussé, je m’étais même rapprochée de lui, jusqu’à ce qu’il m’enlace. Je faisais une belle connerie, ça ne pouvait pas être autrement c’était certain, mais je laissais de côté toutes mes réserves, je voulais juste… Je savais pas ce que je voulais, au juste, mais pas mettre fin à ça. C’était pas comme avec Bertin, c’était pas que pour le plaisir et parce que ça faisait longtemps, et je crois que si je me mettais à cogiter, j’allais gueuler sur Comet, et le foutre dehors. Et il méritait pas ça. Je venais déjà de m’énerver face à lui sans raison, et de lui balancer plus que je voulais au passage, j’allais pas le repousser alors que je pouvais même pas cacher que j’en avais envie. Besoin. Putain ! J’en avais besoin. Je me détestais de réaliser ça. J’avais besoin de personne, de rien. Je voulais avoir besoin de rien ni personne. Putain. Peut-être que je devrais le foutre dehors, finalement. Lui dire que c’était qu’un connard qui profitait que je sois hors de moi, pour arriver à ses fins, pour me mettre dans son lit. Enfin, lit… Sauf que j’allais pas dire ça. Je me mordais la lèvre, pour m’empêcher de laisser sortir une connerie que je pensais pas. J’étais peut-être casse-couilles, mais je disais que la vérité, tout le temps. J’étais sincère et intègre, que ça déplaise ou pas. Et ce que je voulais pas que les gens sachent, eh ben j’en parlais pas. Je mentais pas, l’omission ça comptait pas. Mais ça marchait pas toujours, la preuve. Peut-être que je devrais apprendre à fermer ma grande gueule. Peut-être que Comet aurait rien fait de ce qu’il faisait là. Parce que pour sûr, ça allait nous mettre dans une merde monumentale. Quoi, il me prenait dans ses bras, et ça changeait rien ? Faudrait être sacrément con pour y croire. Et j’avais pas encore atteint ce stade là, ou en tout cas, je le pensais pas. Je l’espérais pas. Parce que là, y’aurait plus eu de doute possible : j’aurai définitivement perdu la tête. Je pouvais rationnaliser le reste, le plan que j’essayais de monter pour faire pousser des plantes médicinales, et toutes les autres choses, mais pas ça. Et puis… C’était pas du manque, c’était pas juste un besoin de contact. Putain, j’aimais pas ça. Si je cédais juste à mes pulsions, ça aurait été tellement, tellement facile. Mais là, c’était émotionnel. Un putain de manque émotionnel. Un putain d’attachement émotionnel. Sérieusement, pourquoi je m’étais attachée, même si pas tant que ça ? Ou peut-être que si, tant que ça. Ou peut-être que je m’imaginais ça. Putain, j’étais complètement perdue, et je me noyais dans mes tentatives de donner une raison à ça.

Je souris bien malgré moi, alors qu’il me disait que je l’écoutais pas. Peut-être qu’il avait raison, peut-être que les choses changeaient pas tant que ça. Peut-être qu’il comprendrait pourquoi je me dévalorisais, un jour. Ou peut-être jamais, et ça serait tant mieux. J’avais pas envie de lui déballer plus de choses sur mes relations familiales désastreuses, c’était déjà trop. Je secouais la tête pour nier et pour approuver en même temps, sans bien savoir si je voulais lui dire qu’il avait raison ou qu’il avait tort. Un peu des deux, peut-être. Peu importait, franchement, peu importait. Peut-être que j’aurai réellement réfléchi, réellement répondu, s’il n’avait pas posé ses lèvres dans mon cou. Je sais pas pourquoi j’étais surprise. J’étais dans ses bras, et je m’étonnais qu’il aille plus loin ? Qu’il dépose un baiser dans le creux de mon cou ? J’étais conne, sincèrement, j’étais conne. Il n’y avait plus de retour en arrière, maintenant. Mais j’en avais pas envie. J’en avais pas du tout envie. Même si je savais que si je voulais vraiment pas, je pouvais lui dire non. Il m’écouterait. Je croyais, en tout cas. J’espérais. Mais je voulais pas dire non. Pas du tout. C’était pour ça, que je me retournais ? Que je le regardais sans rien dire ? Parce que je voulais pas le repousser, mais que je voulais pas reconnaître que j’avais juste envie de l’embrasser, d’arrêter de faire semblant qu’il m’intéressait pas ? J’étais douée pour me mentir à moi-même, même si je mentais pas aux autres. Mais là, je pouvais visiblement pas. Pas alors qu’il était à deux pas de moi, légèrement plus éloigné parce que j’avais un peu reculé pour me retourner sans le cogner au passage. Putain, dans quoi on se lançait ? Je voulais pas m’attacher à quelqu’un pour de vrai, pas là, pas dans cette merde dans laquelle on était. De toute façon, il voulait juste sauter quelqu’un, parce qu’il avait pas pu depuis longtemps, hein ? Si j’avais laissé échapper un léger rire en l’entendant parler de mon débardeur, il fut coupé court par sa seconde phrase. Non, il voulait pas juste sauter quelqu’un. Sinon il aurait pas dit ça… Je répondais rien, me contentant de le laisser faire, ne m’opposant pas à lui quand il nous rapprocha encore et m’embrassa. Bordel, c’était bon. Bordel, j’aurai pas du autant apprécier. C’était juste un putain de baiser, ça voulait rien dire. Alors pourquoi j’appréciais plus que… Bref, pourquoi c’était pas juste pour libérer la tension, hein ?

« T’es sûr de… ce que tu fais ? De ça ? Tu sais que… » Que ça va foutre la merde. Mais putain, j’en ai envie. Je reprenais ses lèvres – il répondrait après. Et s’il se rétractait, eh ben… Je l’aurai au moins embrassé une autre fois. Qu’est-ce que j’avais l’air d’une conne à tomber en pamoison devant le premier gars qui se montre intéressé par moi, qu’est-ce que j’avais l’air superficielle. Que quelqu’un me gifle.


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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Mer 25 Juin - 7:55

Vraiment, un bon coup sur la tête ne me ferait pas de mal. Ou alors un seau d'eau froide. Enfin, plutôt d'eau chaude, pour couper avec la température ambiante. Non mais le mieux, ce serait qu'elle me foute son poing dans la gueule, ça devrait me remettre les idées en place. Ca m'éviterait de faire la grosse connerie que je vais faire, que j'ai déjà faite vu que j'ai commencé et qu'aucun de nous deux n'a l'air d'avoir envie d'arrêter. Pourtant elle sait aussi bien que moi qu'on va faire une énorme connerie, que ça va nous perdre et qu'on va nous même se foutre dans la merde la plus totale. Et je peux m'en prendre qu'à moi même. Putain, pourquoi j'ai commencé ? Pourquoi je me suis approché avant de me laisser emporter par ce que je ressens ? Depuis quand est-ce que j'arrive plus à ce point à être raisonnable et à me contenir ? Putain de bordel de merde, ressaisis toi ! J'ai beau me dire ça, ça marche pas. Ca marche plus. J'ai beau me dire qu'aller plus loin dans ma relation avec elle m'apporterait que de la merde, je peux pas résister. Pas là, pas maintenant. J'ai trop... J'ai trop quoi ? J'ai plus froid qu'avant, je me sens plus seul ? J'ai toujours été seul et ça m'a jamais posé aucun problème. Alors quoi, merde ? Non, en fait je crois qu'il faut que je renonce à chercher pour de bon. Ou alors plus tard. Oui, plus tard, quand la merde me tombera vraiment dessus. Sous quelle forme j'en sais strictement rien, mais à chaque fois que je m'attache ça finit par une grosse et belle merde qui me brise Si je sais ça, pourquoi j'ai commencé à prendre soin de cette nana, dès le départ ? Oui, ça devait être là que je devrais chercher le problème. Non mais le problème, c'est moi en fait. C'est tout ce qu'il y a à comprendre. Arrête de te chercher des excuses et regarde toi en face. Tu te fous tout seul dans la poisse.


Et même en sachant ça, j'arrête pas. Putain, arrête de délirer.


Enfin en ce moment, on est bien deux à délirer. Quoi, je croyais qu'elle allait m'arrêter peut être ? Il n'en reste pas moins que c'est moi le gros problème de l'histoire et au fond, ce que nous sommes en train de faire devait bien arriver un jour ou l'autre. Regarde les choses en face. C'est pas qu'un putain de désir sexuel. Si j'avais juste envie de baiser, y' aurait des tonnes de nanas tout aussi canon dehors. Cette envie de la prendre dans mes bras et de parcourir son corps, c'est peut être juste un après goût de notre dispute. Juste un moyen pour la calmer, nous calmer. Ouais voilà, j'ai trouvé mon excuse. Nous remettre les idées en place en nous mettant une bonne fois pour toutes dans la merde. Et plus je la sens près de moi, plus je me dis que j'en ai rien à foutre de nous mettre dans la merde ou pas. Je me dis que cette connerie en vaut la peine. Peut être. On verra bien puisqu'on peut plus faire autrement. J'ai l'impression d'être un plongeur qui s'apprête à plonger d'une centaine de mètres de hauteur. J'ai terriblement envie et j'ai... peur ? Peur pour la suite, oui. Quoi que je dis, je me pose toujours des questions.

Et encore une fois, elle arrange rien. Putain mais elle le fait exprès ? Est-ce que je suis sûr de ce que je fais, eh bien non putain, qu'est-ce qu'elle croit ? Je suis sûr d'une chose, c'est qu'on est en train de faire une grosse connerie et qu'on se maudira sûrement un jour pour avoir fait ça. Puis je suis sûr d'autre chose aussi. C'est que j'en ai envie en fait, terriblement envie. Ouais, j'ai envie de me foutre dans la merde, c'est ça en gros. J'ai même plus envie de réfléchir aux conséquences. J'oublie un instant sa remarque, alors qu'elle reprend mes lèvres et m'embrasse furieusement. Putain c'est bon. Putain ça fait du bien. Oui, je sais que les conséquences ont une forte probabilité de s'avérer catastrophiques, mais là concrètement c'est pas trop à ça que je pense. J'ai juste envie de... putain, depuis le temps que j'en ai envie, en fait... pourquoi me retenir, alors que de toute façon viendra un jour où je me retiendrai plus du tout ? Je suis pas du genre croyant, mais j'ai l'impression de commettre un pêché, en fait. Ouais, c'est ça, voilà j'ai trouvé le mot. Et j'ai pas envie que ça se termine.

Alors qu'elle relâche la pression sur mes lèvres, je me décide à lui répondre. Oui, j'aurais pu laisser sa remarque en l'air, l'ignorer, mais je m'en sens pas le courage. J'ose à peine la regarder. Putain, je suis vraiment un connard, au fond.

« Non, j'en sais rien de ce que je fais. Je crois que je deviens fou en fait. Tu devrais me mettre une bonne baffe, ouais, ça irait mieux... Vas-y si tu veux. Sinon j'pourrai pas m'arrêter. »

Et là je compte pas m'arrêter, non, vraiment pas. Au diable le raisonnable, allez tous vous faire foutre et je vous emmerde. Sans attendre sa réaction, je me remet à l'embrasser, emmenant sa langue dans un ballet fiévreux avant de couvrir son cou de baisers tout aussi fiévreux. Presque inconsciemment, ma main ouvre la fermeture éclair de sa veste militaire, dévoilant le débardeur qu'elle portait lorsque je suis arrivé. Si elle veux me mettre une baffe, libre à elle.
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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Ven 27 Juin - 21:27

A quoi ça me servait, putain, de ressasser que c’était une connerie que de laisser Comet faire ? Laisser Comet faire ? Oui, c’était évident, moi je faisais rien, là. Un peu plus, et je me convaincrais que j’étais innocente, et que je n’étais qu’une faible femme qui succombait au héros qui défendait le camp. C’est clair, c’était l’image que je voulais renvoyer. J’étais une pauvre conne dépendante d’un mec. Ben voyons. Putain, heureusement qu’il m’embrassait, parce que j’allais m’énerver encore toute seule, et péter un câble. Je peux pas arrêter de penser, juste me dire que c’est normal et que je m’en fous des complications ? Que je m’en fous des raisons pour lesquelles je me laisse aller dans ses bras, je me laisse aller à ses baisers ? J’en ai juste envie, ça suffit, comme raison, non ? Et puis, ça sera sans conséquence. Tout à l’heure, on se saluera comme il se doit, et on réfléchira aux expéditions ensemble. Oui voilà, c’est juste là sur le coup parce qu’on a les neurones grillés parce que j’ai dit de la merde, et qu’on fait juste ce qu’on a envie, mais que ça a aucune incidence. Bien sûr, Marielle, mens toi, c’est plus facile que d’admettre les choses. Fais l’autruche avec Comet, c’est vachement mieux. Très intelligent. C’est pas comme si on allait pouvoir s’arrêter, si ? Sinon on l’aurait fait. Sinon, je me serai pas blottie contre lui, pour commencer. Il m’aurait pas embrassée. J’pouvais pas reparler des photos ? De les brûler ? C’était une bonne façon de nous arrêter non ? Ou alors me casser la gueule ? Je passerai pour une conne, mais au moins je nous empêcherai de faire de la merde. Devait bien y avoir une pile de vêtements qui trainait, dans le coin, dans laquelle me prendre les pieds. Ou n’importe quoi. Ou alors je pouvais tomber et l’entraîner avec moi, aussi…

L’entraîner avec moi ? Mais putain, ressaisis toi, Mari ! Oublie ses lèvres sur les tiennes ! Oublie ses bras qui t’enlacent ! Reprends tes esprits, et arrête de t’imaginer autrement que rembarrant Comet. Pourquoi je lui disais pas que de toute façon, c’était un connard sexiste, misogyne, qui de toute façon pensait que j’étais bonne à rien et à qui je donnais raison là en cédant à ses avances sans même nier que j’étais attirée pour pas passer pour une faible ? Parce que je suis trop honnête, et que si j’ai pas de souci à dire ce que je pense même si ça déplait, j’en ai à dire des cracks ? Ca serait tellement facile si je lui disais que j’en avais rien à foutre de lui. Au moins, il réessaierait pas, et je serai tranquille. Mais je pouvais pas, putain. Je voulais pas. Est-ce que je peux prendre de la neige, et lui jeter dessus ? Peut-être que ça le distraira, et lui fera oublier ce qu’on s’apprêtait à faire, juste là ? Mais ça voudrait dire aller dehors, m’éloigner et le contourner, alors qu’il était devant l’entrée de la tente. Oh et puis merde ! Je croyais pas qu’il était plus assuré que moi, quand même ? Il en avait l’air. Et il répondait pas à ma question. Comme s’il s’en foutait. Peut-être qu’il réussissait à faire abstraction des choses lui. Ou alors il pensait pas avec sa tête. Mais moi, je pensais avec ma tête, là, alors que je l’embrassais plus fiévreusement, juste pour pas me confronter à sa réponse à ma question, parce que c’était plus facile de me dire qu’il s’en foutait lui et qu’il assumait ? Putain, j’étais une putain de girouette. Je demandais une réponse, et je l’empêchais de me la donner.

Je dus bien m’arrêter, parce que… Bah parce que j’allais pas l’empêcher de me dire. Si j’avais pas voulu savoir, j’avais qu’à pas demander. J’étais conne, des fois. Putain, mais pourquoi j’avais ouvert ma gueule ? Et surtout, pourquoi il pouvait pas me regarder ? Je me réfrénais de lui balancer que si il pouvait même pas poser son regard sur moi et qu’il voulait juste un corps pour baiser, il avait qu’à aller voir ailleurs. Je m’en foutais, moi, qu’il veuille juste baiser, ou peut-être pas mais ça importait pas, mais si c’était pour pas me regarder, qu’il aille se faire foutre ! Putain, ça y est, il m’avait énervée à nouveau. Mais ça me donnait pas envie de le repousser, non. J’avais juste envie de lui faire comprendre que j’étais pas de la merde, et que si c’était juste pour tirer son coup, il le ferait une fois, et après il se foutrait le doigt dans l’œil s’il voulait recommencer.

Je disais rien, je réagissais pas, rongeant mon frein. Il allait faire quoi ? Il pouvait pas s’arrêter, mais il pouvait même pas me regarder, putain. Je le laissais prendre mes lèvres ; ressassant ce que j’allais lui répondre, difficilement tant je pensais juste à lui rendre son baiser. J’avais presque envie de l’arrêter, mais j’pouvais pas. Putain, j’en étais incapable. J’en avais aucune envie, et même si j’avais voulu, j’y serai pas arrivée. C’est que quand ses lèvres quittèrent mon cou, que sa main ouvrit ma veste militaire en dévoilant mon débardeur, que je l’arrêtais alors qu’il était presque à pouvoir me l’ôter. Non, il continuerait pas, si on clarifiait pas les choses. J’en avais rien à foutre de l’arrêter dans son élan. Mais soit il assumait et me regardait, soit il dégageait. Il pouvait pas s’arrêter, le pauvre. Soumis à son entrejambe. Il avait plus de volonté et de force de ça, qu’il se foute pas de ma gueule. J’étais pas un corps sans visage, alors s’il voulait me baiser, qu’il assume que ça soit avec moi, un point c’est tout. Même si ça m’emmerdait qu’il veuille juste se vider. Mais ça, je le dirai pas. Je le reconnaissais même pas.

« Putain, t’es même pas foutu de me regarder ! Si je te dégoute, ou quoi, y’a plein de meufs dans le camp qui seraient ravies de se taper un militaire, un chef du camp, je te retiens pas ! Si tu veux juste tirer ton coup, j’ai rien contre, mais sois honnête au moins, assume et regarde moi bordel ! On s’en fout que moi ça soit pas juste pour tirer mon… »

Je fermais ma gueule, d’un coup. Putain, mais je venais de dire quoi ? Mais j’étais conne ! Putain, mais sérieusement ? Sérieusement, je venais juste de lui dire que c’était pas juste pour tirer mon coup ? Ou presque ? Que je meure, là, de suite. Que quelqu’un m’achève. Qu’un connard qui avait attaqué Louisville nous ait suivis, et veuille ma mort parce que j’avais tué un de ses potes. Que le ciel me tombe sur la tête. Que je… je sais pas, m’étouffe ? Ou que je disparaisse, sans raison. Je peux me faire kidnapper par des extraterrestres ? Que quelqu’un m’achève et m’enterre trente six pieds sous terre.


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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Dim 29 Juin - 16:50

Faut renoncer à chercher le pourquoi du comment. Ouais voilà, c'est ce que je me dis, mais ça marche pas. Je peux pas arrêter de cogiter, c'est plus fort que moi. Je ressasse toujours les mêmes pensées depuis tout à l'heure, je tourne en rond dans ma tête, j'étouffe. Je sais que je vais me mettre dans une merde pas possible, c'est ce que j'arrête pas de me répéter sans pouvoir m'en empêcher. Mais ça sert à rien que je me le répète puisque toute façon j'ai pas envie de faire marche arrière. Qu'elle m'en foute une, Beaumarchais, qu'elle m'en foute une grosse pour que je retrouve mes esprits et que je me sauve de ma propre connerie. Ouais, et pour recommencer dans quelques semaines, ou pire, quelques jours ? J'en ai trop envie. Depuis trop longtemps. Depuis que je l'ai connue. J'ai le béguin pour elle, un putain de béguin qui m'était pas arrivé depuis, depuis... Depuis mon putain de mariage, il y a douze ou treize ans. Mariage sur un coup de tête, qui s'est fini en gros bordel sans nom. Ouais, question sentiment j'ai jamais été très doué. A croire que j'aime me mettre dans la merde.... Ouais, c'est ça, j'aime me foutre dans la merde ! Je le fais exprès, je le regrette, et je recommence une dizaine d'années plus tard ! Putain ! C'est simple en fait. Y'a pas à aller chercher plus loin. Et moi, comme un con, j'essaye ! J'essaye de voir si y'a autre chose à comprendre ! Putain, qu'on m'assomme une bonne fois pour toutes. Dites moi que je rêve, là, que je vais me pincer et que je vais me retrouver allongé dans ma tente et tout est bien qui finit bien... Ouais, les fins heureuses ça existe que dans les films. Si on me voyait... moi, le... chef... en déroute entre les bras d'une pilote, en train de se laisser emporter par ses sentiments et ses besoins... physiques... Non mais vraiment... Je suis un connard, je suis une grosse merde et rien de plus. Je suis bon qu'à tuer des gens et à être discret. Ah ouais, être discret... j'aimerais bien pouvoir disparaître, là. Me volatiliser, et réfléchir à tête reposée à ce que je suis en train de faire. Comme si ça allait m'avancer à quelque chose... Putain mais je vais exploser là, je sais plus ce que je fais, je sais plus ce que je veux... Putain !

J'ai au moins la décence de lui répondre la vérité. On est dans le même état, tous les deux, en fait. Paumés. Dans la même merde, et on allait se laisser emporter tous les deux. Ah qu'est-ce qu'on a l'air fins... J'espère presque qu'elle m'arrête, comme je lui ai dit. Presque. A croire qu'il me restait encore un peu de raison, que quelque chose de censé subsistait encore en moi. Depuis quand je suis aussi faible, merde ? Depuis quand je me laisse emporter comme ça ? Je me reconnais plus. Mais alors, plus du tout. Y'a plus personne. J'ai plus de raison. J'envoie tout balader, j'envoie tout chier et je me laisse avoir par ce que je ressens, par mon amour pour cette nana. Amour. Faut que j'arrête de m'aveugler. Je l'aime. Putain, c'est si dur que ça ? Je l'aime. C'est pas compliqué. Peut être que je devrais lui dire. Ouais, genre je vais lui dire comme ça « Je t'aime. ». Non, c'est trop gros. J'peux pas me résoudre à lui dire un truc comme ça. Déjà que j'ai honte. J'ai honte d'être si.. indécis. Je suis vraiment emmerdé, là sur le coup. Un emmerdeur emmerdé.

La fermeture éclair descend, elle est presque en bas mais je me trouve soudain coupé dans mon élan. Je m'arrête net et lève mon regard vers elle. Me crispe alors qu'elle me parle. Me balance à la gueule toutes mes incohérences. Je suis qu'un connard. Un connard percé à jour, qui s'assume même pas. Je maintiens son regard. Je ne baisse pas les yeux. Elle veut que je la regarde ? Eh bien je la regarde. Je la dévore presque. Rien de malsain, rien de pervers. Je ne suis pas plus obsédé qu'un autre. Et elle dit vrai, y'a plein d'autres nanas qui seraient ravies de me baiser. Mais moi, c'est elle que je veux. Parce que c'est pas juste physique. Y'a quelque chose, au delà d'un désir purement primaire du mâle en chaleur. Le jour où elle comprendra que je veux pas juste tirer mon coup... La fin de ses paroles coupent court à mes réflexions. Elle a beau se la fermer, c'est trop tard. Je suis pas sourd, et je vais pas faire semblant de l'être. Je reste indécis. J'ouvre la bouche. Je la referme. Je cherche mes mots. Je suis à la fois énervé et à la fois... enchanté. A peine surpris, mais content. Même si ça va pas nous aider à faire marche arrière. Au fond... ça n'a même plus d'importance. Je la lâche. Je recule. Juste un pas. Je la regarde de haut en bas.

« Là, tu préfères ? Putain, qu'est ce que tu crois ? Tu l'as dit toi même, si je voulais juste tirer mon coup, y'en a plein dehors qui seraient très enthousiastes ! Ca m'éviterait de nous foutre dans la merde. J'aurai pas commencé ! Comment tu peux croire ça, putain ? Alors je suis juste un obsédé pour toi ? C'est ça, hein ? C'est ça, l'image que je te renvois ? »

Je marque une pause et soupire.

« Moi non plus je veux pas juste tirer mon coup avec toi, bordel de merde ! »

Quand voudrait t'elle bien comprendre ?
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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Lun 30 Juin - 19:14

Il se fout de ma gueule, là ? Très sincèrement, il se fout juste de ma gueule ? Ca serait préférable, parce qu’il est en train de m’énerver et pas qu’un peu. Ca va être de ma faute, maintenant, si je crois juste qu’il veut baiser avec la première venue, alors qu’il est même pas foutu de me regarder ? Qu’il me balance à la gueule que je ferai mieux de le baffer, parce qu’il pouvait juste pas résister ? Il voulait que je comprenne quoi, à part qu’il pensait avec sa bite ? Putain, sérieusement, il me prenait le chou. Et j’avais toujours autant envie de ses lèvres, et qu’il poursuive ce qu’il avait commencé, et ça m’énervait d’autant plus. Je me prenais le chou moi-même. Super. Tout allait bien. Y’a deux secondes, je me soulais parce que je me comportais comme une conne incapable de lui résister, maintenant non seulement je suis incapable de lui résister, mais j’ai en plus envie de lui mettre un pain dans sa belle gueule. Faire la seconde envie m’empêcherait peut-être de faire la première ? Mais là, je cèderai à son envie que je le repousse. Putain, qu’est-ce que ça me gonflait ! Pourquoi on devait se prendre la tête comme deux cons, au lieu d’agir et de réfléchir après ?

« Putain mais t’es sérieux là ? Tu ramènes ça sur le sujet ? Tu te fous de ma gueule ? Tu détournes limite le regard, genre je me mettrais un sac sur la tête ça serait pareil, et tu trouves le moyen de me blâmer ? »

J’avais rien dit, alors qu’il me dévisageait de haut en bas, puis ramène ses yeux dans les miens, me fixant d’un regard qui me… flattait ? et me mettait légèrement mal à l’aise, à cause de tout ce que je pouvais voir sans le vouloir dedans, et de son intensité. A quel point était-il attaché à moi ? Putain, depuis quand il me voulait comme ça ? Je me mordais les lèvres, ne décolérant pas pour autant. Il me répondait pas, et j’avais tout le temps de ruminer ce que je venais de lui dire, et de trouver les mots pour lui en mettre plein la gueule parce qu’il se comportait comme un connard. Un putain de connard désirable, et je me serai baffée de cette pensée dans d’autres circonstances croyez-moi, mais un connard quand même.

« Tu te fous vraiment de ma gueule ! Tu te demandes vraiment comment je peux croire ça ? Putain, mais j’en ai entendu des blagues de merde sur Marielle, la recrue qu’était bonne qu’on allait trousser dans un coin de la base ! Tu crois que ça me fait penser à quoi, quand tu peux même pas me regarder, hein ? Que je suis un putain de morceau de viande, ou juste un trou ! Et tu viens de me demander de te claquer pour qu’on arrête, tu crois que ça renvoie quoi ? Que tu peux pas résister à tes pulsions mais que ton cerveau te dit que tu veux pas ! Et tu t’attends à ce que je sois calme, putain ? »

Bordel, il m’avait remise hors de moi. Pour peu, tout le monde pourrait entendre nos éclats de voix. J’étais pas vraiment douée quand il s’agissait de rester discrète quand j’étais en colère. Il aurait mieux fait de me bâillonner, avec ses lèvres j’aurai pas dit non, parce que sinon on allait finir par attirer du monde, et tout le monde allait savoir que « Comet avait failli se taper le lieutenant Beaumarchais mais qu’elle était tellement casse-couilles qu’elle l’avait envoyé chier ». Putain, putain, putain !

« Alors non, j’te prends pas pour un putain d’obsédé ! Et c’est pas parce que tu voudrais te taper une meuf que tu serais un putain d’obsédé ! Je te prends pour un lâche qui veut me baiser et qui ose pas se l’avouer, et qui arrive même pas à me regarder, et qui voudrait que je lui foute un pain pour qu’il reprenne ses esprits, et qu’il se casse. J’ai peut-être pas fait exprès de te dire que moi c’était plus que pour tirer mon coup, et crois moi je m’adresserais à plein d’autres mecs si c’était le cas plutôt que de me mettre dans la merde parce que t’es de l’armée et que t’es mon supérieur et qu’on devrait pas, mais au moins j’ai l’honnêteté de le reconnaître, de me l’admettre déjà, et de pas tenter de te dire de me mettre une tarte pour qu’on arrête parce que de toute façon, j’en ai aucune envie, qu’on arrête, c’est clair ? »

Je m’arrêtais pour reprendre mon souffle. J’avais parlé tellement vite, et de manière tellement énervée même si j’avais essayé de plus ou moins baisser le ton avec un peu de succès, que j’avais du mal à respirer. Putain, je te jure. Je prenais quelques grandes inspirations, et reprenais la parole sans lui laisser le temps d’en placer une.

« Alors maintenant, ok, tu veux pas juste tirer ton coup, c’est super, mais tu veux quoi, putain ? Tu veux que je t’empêche de faire quoi que ce soit ? Tu veux que je te laisse m’embrasser encore et que je te rende tes baisers ? Tu veux ta petite vie tranquille de chef militaire aidant ce connard de Raulne à gérer le camp, sans les complications que la connasse de pilote peut y apporter ? Dis moi ce que tu veux parce que putain, moi j’y comprends plus rien. Tu m’embrasses mais tu veux que je te gifle pour que tu arrêtes, tu veux m’enlever ma veste après m’avoir engueulée parce que j’étais pas assez vêtue, tu peux pas me regarder mais tu me reproches de penser que tu veux juste tirer un coup avec une meuf anonyme… Putain, mais tu veux que je pense quoi ? Parce que moi je sais pas, sincèrement. Alors t’ouvre ta gueule, tu mets des mots clairs sur ce que tu veux et tu m’embrasses encore, ou tu te casses et tu vas te faire plaisir avec ta main – ou qui ou ce que tu veux, je m’en taperai si tu te casses et que tu me dis rien ! »

La fureur avait légèrement surpassé le désir, mais je disais vrai : je comprenais rien à ce qu’il voulait, à ce que je devais faire ou ne pas faire, à si je devais l’envoyer chier ou le pousser à continuer parce que je le voulais. Je détestais être comme ça, en plus.


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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Mar 1 Juil - 16:33

Vas-y, Erwan. Respire. Inspire. Expire. Essaye de te calmer. Reprends tes esprits. C'est facile à dire, hein. Quelques putains de mots qui peuvent des fois sembler des efforts surhumains. C'est pas encore le cas, du moins j'espère. J'en suis pas là. Tout en parlant, j'essaye d'analyser. De calmer le jeu. Et de me calmer moi aussi. Putain, me calmer quoi ! J'ai cru que j'y étais arrivé, il y a quelques secondes et il suffit, quoi ? Que je la regarde pas pour que tout dégénère ? Bah ouais, il a suffit d'un regard, ou plutôt d'une absence de regard. Au fond peut être que c'est mieux de mettre les choses au clair avant de foncer dans le tas. Mouais, je suis pas convaincu mais de toute façon ça change rien. Je me suis énervé en arrivant, je me suis laissé emporté il y a quelques secondes, et je me prends le chou encore une fois maintenant. Putain, moi, sortir de mes gonds ! Il me fallait vraiment une bonne raison, c'est assez rare que je me comporte comme ça, assez pour le signaler en tout cas. Mais Marielle, elle, elle y arrive à me mettre dans cet état. Allez encore savoir pourquoi. Ca m'énerve. Je prends trop les choses à cœur, je prends trop notre relation à cœur alors qu'on a plein d'autres choses à foutre pour ce camp qu'à nous engueuler sur des trucs pareils. Pourtant il faut que je m'attarde, il faut que je m'énerve. Il faut qu'elle me fasse m'énerver. Je perds mes moyens, et j'aime pas ça. C'est dur de garder contenance quand on est en incompréhension face à soi même. Ce que je veux, putain, mais j'aimerais bien le savoir !

« Oui ! Tu t'imagines trop de choses ! Je te regarde pas une fois et ça y est, c'est parce que je te prends pour un objet ! Je suis pas un superhéros, merde, j'ai le droit à avoir honte de moi même, pas de toi ! J'ai honte de moi parce que je vais nous mettre dans la merde, et que j'en ai envie, avec toi et pas avec une des nanas que tu as mentionné ! J'ai pas seulement envie de te baiser pour ce simple fait, merde ! C'est compliqué à comprendre ? »

Bien sûr que c'était compliqué. Même pour moi. Tout n'est pas toujours tout noir ou tout blanc, évidamant qu'elle me fait envie parce que j'ai besoin de décompresser, mais c'est pas que ça, sinon que je lui ai dit, je serais allé voir quelqu'un d'autre ! Mais moi même j'arrive pas à cerner les limites, à mettre des mots sur des choses, des envies et des sentiments. C'est ça qui m'énerve. L'indécision, l'incompréhension. Elle m'énerve et je m'énerve tout seul, putain ! Je me met en rage tout seul ! Mais c'est quoi, putain, un effet de radiations nucléaires ? Que quelqu'un m'explique, putain, que quelqu'un me dise ce qui se passe, parce que là moi j'en ai marre.

Je crois que je l'écoute à peine, en fait. Je l'écoute, parce qu'elle gueule tellement qu'on ne peut pas ne pas l'entendre. Un morceau de viande. Je suis peut être comme ça, des fois, je le nie pas. C'est peut être l'impression que j'ai donné à certaines de mes conquêtes, et encore je ne m'estime pas le pire des machos. Et pas avec elle. Mais alors pas du tout. Si il devait vraiment y avoir une femme pour laquelle je doive avoir un tout petit peu de respect et de considération, c'est elle. Ca, elle veux pas l'enregistrer. Elle veut pas le comprendre. Mais déjà... Est-ce que je lui ai dit ? Est-ce que je lui ai sérieusement dit ce que je pense d'elle ? Cash, direct ? Non, je crois pas. Je crois que je pourrais pas, en fait. Toute façon, elle trouverait tout de même un moyen pour me balancer une ou deux insultes, ah pour ça, elle trouve toujours l'occasion. Et pourquoi moi je m'obstine avec elle, alors ? Parce que c'est pas toujours comme ça, parce que dans le fond il y a sûrement quelqu'un de bien. Je lui réponds pas sur ce coup là, j'attends qu'elle finisse de vider son sac une bonne fois pour toutes. Parce que non, elle a pas fini. Elle enchaine, après avoir repris quelques respirations. Un lâche. Ouais, c'est peut être ce que je suis en fait. Un connard et un lâche. Il est beau, le Chef. Ah oui, elle est belle la description. Au moins, elle est peut être un peu vraie. Plus qu'un peu, même. C'est pas pour ça que mon ex m'a plaquée ? Ah non, je l'avais pas trompée, j'en suis jamais arrivé à ce point là, mais le coup du connard et du lâche, elle a déjà dû me le faire.

« Et moi, c'est pas ce que je viens de te dire peut être ? Si c'était juste pour me tirer mon coup une bonne fois pour toutes, je serais pas là, avec toi, putain ! Ca doit faire la centième fois que je te le répète. »

Je viens de remarquer qu'elle a baissé le ton, et je viens de faire pareil. Parce que putain, j'ai oublié qu'on est dans une putain de tente avec juste de la toile pour nous protéger de l'extérieur. Tout le monde peut nous entendre. Putain, ça y est, on est foutus. Je suis foutu dès le départ, moi en fait, vu que tout ce que je sais faire c'est me foutre dans un merdier pas possible d'une manière ou d'une autre. Je l'ai interrompue mais elle continue encore. Je fais même pas gaffe au fait qu'elle traite Raulne de connard et elle même de conasse, je sais même pas si j'entends bien ce qu'elle dit, en fait. Tout ce que je sais, c'est qu'il va falloir que je trouve un putain de truc cohérent à lui répondre, et que moi même je sais pas ce que je veux. Reste calme, Erwan. Waw, c'est vraiment la première fois où je me demande d'être calme. C'est grave.

« Non je veux pas juste tirer mon coup, et non je vais pas partir. C'est assez clair pour toi ? Qu'est-ce que tu veux que je te dise de plus ? Y'a deux secondes, je savais pas ce que je voulais, c'était allé trop vite, ok ? J'te considère pas comme un objet, ni rien dans le genre, il faut que tu comprennes ça, merde ! J'vais pas te le répéter toute ma vie. J't'ai demandé ton avis. C'est bon, c'est plus clair pour toi, maintenant ? On a mis les choses à plat ? »

Quand j'ai dit que deux secondes plus tôt je savais pas ce que je voulais, je crois que c'est toujours vrai, en fait. Mais ça je lui avouerai pas. Parce qu'il y a une chose que je sais, c'est que j'ai le béguin pour elle, et que voilà. Merde, merde, merde et re merde. J'en ai ma claque de me prendre la tête moi.
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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Jeu 3 Juil - 11:48

Je fulminais. Pour peu, on aurait vu ma tête s’enflammer, tellement il me mettait hors de moi. Je devais me calmer mais putain, j’y arrivais pas du tout. Peut-être que le problème venait de moi, au final. Peut-être que c’était juste pas mon jour, et que la moindre chose me prenait la tête. Mais putain, non, il disait de ces conneries, je pouvais pas m’en prendre qu’à moi ! Je disais pas qu’il avait tort tout le temps, mais merde, moi non plus ! Je ruminais, et il arrangeait vraiment rien. Peut-être que c’était mieux, au final, que ça explose. Si ça explosait maintenant, ça exploserait pas plus tard, si ? Ca serait pas génial qu’on se mette sur la gueule, tout le temps. Peut-être qu’on allait extérioriser tout ce qu’on avait sur le cœur, et… Et quoi ? Non mais je me leurrais carrément, là. Youpi, on s’engueule, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? J’avais peut-être pas fait de grandes études, j’étais peut-être pas calée en ce qui concernait la littérature et tout, mais je savais ce que c’était une utopie. Et ce à quoi je pensais là, ça ne pouvait qu’en être une, une putain d’utopie. Je soupirais.

« Donc voilà, c’est encore moi en tort ! Monsieur a peur, ou honte peu importe, mais moi je suis une chieuse avec mes idées erronées que je suis un objet ! Je peux pas lire dans ta tête, ok ? Je peux pas savoir que c’est pas parce que tu me prends pour de la merde, que tu peux pas me regarder ! Alors peut-être que je demande pas comme il faut, mais merde, si c’était moi qui pouvait pas croiser ton regard, tu ferais quoi ? Tu accepterais gentiment, et me baiserais, et partirais ? Je crois pas. »

Si c’était le cas… Ca voulait dire que c’était vraiment un connard, qui ne voulait que ça, finalement. Alors je le croyais quand il me disait que non, mais… Merde. Voilà. C’était tout. J’étais incapable d’avoir une pensée cohérente, tellement j’étais énervée. Et frustrée. On aurait pas du exploser comme ça, on aurait juste du continuer ce qu’on faisait, et basta. J’inspirais et expirais, un peu exagérément mais tant pis. Je me concentrais sur autre chose, et explosais moins. Peut-être. Tant que je parlais pas, ça allait. Et puis oui, c’était compliqué à comprendre, bordel ! Il croyait quand même pas que tout était si simple que ça ? De toute façon, si c’était si simple, il s’énerverait pas, et moi non plus. On aurait accéléré les choses, et on profiterait l’un de l’autre plutôt que de se crier dessus. Alors non, y’avait rien de simple. C’était une question aussi stupide que moi quand je lui avais demandé s’il était sur de ce qu’il faisait. Ah bah ouais, évidemment, tout était facile. Rah putain, si j’avais eu un punching ball à dispo, j’aurai déjà été frapper dedans. Sauf que j’en avais pas. Et que j’utilisais Comet comme tel, verbalement. Fantastique. Mais il le cherchait.

Je fais même pas attention à ses réactions, en fait, tant mes pensées tournent à 100 à l’heure, tant je balance tout ce que j’ai en tête. Peut-être que je devrais. Mais je peux pas. Je suis trop concentrée sur… Sur quoi ? Lui en mettre plein la gueule ? Exprimer toute ma colère ? Mais pourquoi je suis tellement en colère, d’abord ? Je devais arrêter de me torturer l’esprit, et de me poser des questions. J’en trouvais plus, je faisais n’importe quoi, et ça allait rien arranger. A part me créer une saleté de mal de tête, peut-être. Et faire qu’on s’engueule davantage. Et qu’on se fasse remarquer par tout le camp. Que des choses joyeuses et encourageantes en perspective, somme toute. Je soupirais encore, et retenais une remarque acerbe sur le fait qu’il avait du mal à savoir compter. Me dire deux fois qu’il était pas là juste pour tirer son coup équivalait pas à une centaine de fois. Mais ça aurait été puéril, désagréable, et insupportable. Au moins deux de ces adjectifs s’appliquaient au trois quart des propos que j’avais tenus jusqu’à présent, mais peu importait. J’étais dans mon bon droit, voilà, c’était. Et qu’il ait profité du bref moment où je n’avais pas parlé pour retrouver mon souffle pour en placer une et se contredire encore me confortait dans mon opinion. Mais là encore, je me taisais. Même si ça me démangeait de le lui dire. Mais il avait pas tort, en vrai. Plutôt m’arracher la langue, que de dire ça, cela dit.

« Alors arrête de me demander de te claquer ! Je te jure que y’aura plein d’occasions pour que j’ai envie de le faire plus tard, si t’y tiens tant que ça. Assume, et puis voilà. Moi j’assume. Je sais qu’on va être dans la merde, je sais qu’on va s’attirer des problèmes, eh ben tu sais : j’en ai rien à foutre. On verra bien. J’étais mauvaise et je le savais, mais j’arrivais pas à faire autrement. Et ramène pas le truc de l’objet sur le sujet, ok ! J’y peux rien si j’ai mal pris que tu me regardes pas ! J’étais censée deviner que tu avais honte ? Non. Je sais pas lire dans les pensées, jusqu’à preuve du contraire. Alors merde ! Je veux bien admettre que tu aies pas voulu dire ça, admets que moi j’ai pu mal comprendre. »

Je réprimais un sourire en l’entendant me dire qu’il allait pas me le répéter toute sa vie. Et me retenais de lui dire que c’était atrocement long, et qu’il était présomptueux. Je savais que ça lui avait échappé, mais je savais pas ce qu’il en pensait vraiment. Et peut-être qu’il en pensait rien du tout. Peu importait. Je me rapprochais et l’embrassais à nouveau, fiévreusement, faisant passer toute ma colère, et tout ce que je ressentais plus que ça, dedans. Rien n'était clair, en vrai, mais... Est-ce que ça allait l'être plus ? Non. Surement pas. Et ça servait à rien de nous engueuler. Autant évacuer la tension autrement.


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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Ven 4 Juil - 12:59

Ouais, en fait j'en ai ma claque de me prendre la tête pour des trucs contre lesquels je peux rien, en fait. Je crois que ça vient d'être démontré, on peut rien faire de plus que ce qu'on fait déjà : s'engueuler. Ca arrange, rien, ça sert à rien, ça mène à rien. On s'écoute même plus. Je sais même plus ce que je dis. Je dois même pas penser la moitié de mes propos, mais putain je m'en fous. Toute façon, quoi que je dise... Ouais, quoi que je dise ça changera rien. A part si je lui balance que je suis désolé et que je regrette... Et encore, c'est pas sûr. Puis de toute façon, je lui dirais jamais ça, j'oserais jamais lui dire que je suis désolé, pour quoi que ce soit. Vous allez me dire, je pourrai faire un effort vu qu'elle l'a fait, elle, même si ça lui a couté, mais pas moi. Il y a tellement de choses que je lui dirais jamais, en fait... Que je l'aime, que je l'admire presque, ou qu'en tout cas je la respecte plus qu'une autre femme. Qu'elle a sûrement raison, là en ce moment. Non, s'il y a bien un truc que je pourrai jamais lui dire, encore moins maintenant, c'est que c'est elle qui doit être le plus proche de la vérité dans ses paroles. Même si c'est compris dans une tonne de conneries, il y a quand même une grande part de vérité, que j'ose pas m'avouer à moi même, et ça m'énerve, ça me gonfle de me dire qu'elle a raison et que moi je fais que me boucher la vue. Je me trouve des excuses, et je trouve des choses à lui redire, que je pense même pas complètement, et qui sont sûrement assez tirés par les cheveux. Pourquoi on fait ça, elle et moi, pourquoi on se monte l'un contre l'autre en se disant qu'au final ça va améliorer les choses ? Alors qu'on sait très bien que non, elle et moi. Au mieux, ce sera pour reprendre la même dispute dans quelques jours, au pire quelqu'un entendra tous nos éclats de voix et les petites embrouilles du Lieutenant Beaumarchais et du Sergent-Chef Comet vont faire le tour du camp, comme le nouveau super potin du siècle. Putain, il faut... Il faut quoi ? Concrètement, qu'est-ce que je peux faire ? Qu'est-ce que je suis prêt à faire ? Rien, à part rester campé sur mes positions. Un connard borné, j'avoue que c'est pas terrible. Je sais bien que je pourrais pas la baiser si elle voulait pas me regarder, si elle faisait comme si.. comme si j'existais presque pas. Je m'étais pas vraiment rendu compte de l'effet que ça pouvait lui faire, sur le coup. Je soupire. Oui elle a raison, et ça m'énerve. Si je veux calmer le jeu, faut peut être que j'y mette du mien, même si ça.. m'écoeure. J'arrive à garder un niveau sonore normal.

« D'accord, je... t'as raison sur ce point là. Je supporterai pas. »

Voilà, c'est bon, c'est dit. Ca lui suffira. C'est simple et c'est hyper compliqué à la fois. C'est con et c'est chiant. Je crois avoir compris, je crois avoir cerné les choses puis je me rends compte que non, putain c'est pas ça. Et putain, ça m'énerve de pas comprendre, de pas me comprendre moi même et de même pas arriver à gérer l'image que je renvoie. Ca m'arrive rarement. Très rarement. Heureusement, d'ailleurs. Mais là... Putain pourquoi j'arrive pas à réfléchir calmement, à faire le tri de mes idées dans ma putain de tête et dire quelque chose de clair et précis ? C'est bien que les choses sont pas si faciles que ça. Malgré ce que je lui dis. Un gros connard, voilà l'image que je lui renvoie, et que je me renvoie à moi même en l'instant. Putain, mais elle a raison bordel, pourquoi je m'emmerde, alors que j'arrête pas de me dire que j'en ai rien à foutre des autres, de ce que ça peut engendrer comme problèmes ? Pourquoi je suis comme ça ? Je sais pas. Faut vraiment pas chercher. Je sais, ça aussi j'arrête pas de me le dire pourtant je cherche toujours ! Trouvez le problème ! On m'a frappé sur la tête, on m'a fait je sais pas trop quoi, mais ça va plus. Reprendre ses esprits, ouais c'est facile à dire. Je vais assumer, une bonne fois pour toutes, et puis une fois qu'on aura sauté le pas, on pourra plus rien y faire donc j'aurai fini de me torturer l'esprit. C'est simple, ça au moins. Je vais pour lui répondre quelque chose, je sais pas trop quoi, pas une excuse directe mais... quelque chose qui s'en rapproche mais elle m'en laisse même pas le temps. Beaumarchais revient vers moi et se met à m'embrasser comme une folle. C'est bon, une deuxième dispute de finie, espérons que j'en déclenche pas de troisième pour aujourd'hui. Je me laisse aller. La laisse m'embrasser comme une folle, lui rendant ses baiser avec la même fureur. Je fais tomber sa veste ouverte sur le sol et l'embrasse encore, l'attire contre moi, passant mes bras autour de sa taille, remontant son dos avec mes mains. C'est bon.
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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Mer 9 Juil - 14:27

Je m’attendais à quoi, à lui balancer tout ça ? A une déclaration lyrique et enflammée, dans laquelle il me dirait que j’étais la femme de sa vie, qu’il voulait plus se passer de moi, qu’il me considérait comme une femme douée et à même de passer outre toutes les barrières qui se présenteraient à moi ? Pour les premières propositions, même pas en rêve. J’aurai pris mes jambes à mon cou, s’il faisait ça. Pour ce qui concernait mes capacités, plutôt rêver. Jamais il n’avouerait, ni ne penserait, quelque chose comme ça. Je soupirais. J’étais dure, avec lui. Il m’avait déjà dit que j’étais capable de réussir ce que j’entreprenais, de diriger les baroudeurs avec lui. J’étais peut-être injuste. Très surement, même. Alors pourquoi je continuais ? A me prendre la tête, à remplacer chaque source de colère par une autre, à essayer de le pousser à réagir, à se mettre hors de soi ou à se réveiller et arrêter de dire de la merde ?

J’aurai continué longtemps, je crois, s’il m’avait pas dit que j’avais raison. Je m’étais d’ailleurs stoppée nette. J’avais mal entendu ? Non, bien sûr, que j’avais bien entendu. C’était juste… surprenant. Je m’y attendais pas, en vrai. Qu’il s’énerve, m’envoie chier, reste buté pour pas avouer quoi que ce soit, oui, mais qu’il me dise que j’avais raison ? Le monde tournait définitivement pas rond, et lui et moi non plus. Peut-être qu’on nous avait drogués dans notre sommeil. Mais sincèrement, je m’en foutais. Il venait de reconnaître qu’il avait tort, et j’aurai pas pu demander plus. Je savais pas ce qui lui passait par la tête, mais je m’en foutais. Du moment que ça l’avait amené à réaliser ça, à ce raisonnement, ça m’allait.

Et puis… Peut-être que c’était ce qu’il fallait, pour que j’arrête d’être une connasse. J’avais pas vraiment été cool. J’aurai très mal pris qu’on me dise qu’on me pensait lâche, tout à fait personnellement. Surtout qu’il l’était pas vraiment. Il avait le droit de douter, après tout. Et puis dire que j’étais pleinement assurée moi-même, ça aurait été des cracs. Je lui disais peut-être que je m’en foutais, mais c’était pas vraiment vrai. Mais là, alors que je retournais l’embrasser, qu’il me rendait mon baiser et me rapprochais de lui, ça n’avait plus d’importance. Je crois que mes neurones s’étaient définitivement déconnectés. Et c’était tant mieux. Je le laissais faire, m’ôter ma veste, nous rapprocher. C’était agréable. Réconfortant. Mais ça, ça allait plus m’énerver que me faire profiter. Je voulais pas dépendre de lui. Je devais juste trouver ça agréable, et ne pas attendre à ce que ça mène à quoi que ce soit. Pas pendant une putain d’apocalypse, pas pendant une troisième guerre mondiale.

De toute façon, ça sert à rien de penser. A part lui crier dessus, encore. M’énerver, encore. L’énerver aussi. Alors je me tais, me rapproche parce que je m’étais éloignée sans le voir, alors que je m’étais remise à penser. Me remets entre ses bras, et passe les miens autour de sa taille, alors que je descends pour l’embrasser dans le cou, m’arrête, me mords la lèvre, le regarde. On peut encore reculer, pour l’instant…

|HJ| Désolée, c'est pas terrible  


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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Mar 22 Juil - 15:03

Vraiment, c'est quand même étrange, quand on y pense. Par rapport à mon caractère et au contexte. Et c'est bien ça le problème. On est en guerre merde, les bombes tombent au dehors et nous on a gagné un aller simple pour l'âge de pierre avec ce camp. Et moi, tout ce que je trouve à faire, c'est tomber amoureux et me prendre la tête avec la personne en question. Putain ! Je le lui avoue presque en plus ! Est-ce que je vais pouvoir gérer un truc pareil, franchement, alors que je suis censé garder la tête froide pour mener mes équipes toujours plus loin ? Pourquoi est-ce que je me met dans la merde, pourquoi est-ce que je le sais mais ne m'arrête même pas, n'essaye même pas ? Vraiment, à croire que je suis faible. Pourtant... Je n'arrive pas vraiment à me voir comme tel. J'accepte peu à peu ce que je ressens. Je pourrais pas me bander les yeux éternellement alors autant regarder les choses en face dès maintenant. Si c'est pas aujourd'hui, ça sera un autre jour. Demain, dans un mois, dans une semaine, mais on restera pas campés sur nos positions pendant des années. Si il nous en reste. Elle m'a dit qu'elle m'aimait, d'une manière détournée certes mais ça revient au même. Moi aussi je fais quelques pas vers elle, en lui disant qu'elle a raison. Putain... Ca m'écorche presque la bouche de lui dire la vérité. Ca m'énerve de devoir avouer ça, de devoir en plus le dire à voix haute, devant elle. J'aurai presque aimé qu'elle entende pas. Enfin, c'est peut être mieux comme ça. Si on se calme. Si on met fin à notre dispute comme ça. Parce que si on continue à se gueuler dessus, on a aucune idée de comment ça pourrait finir, si on aurait fini par nous entendre. Et là putain, là ça aurait été pire que tout.

Alors je profite du fait qu'elle se soit approchée d'elle même, qu'elle m'embrasse enfin. J'essaye de plus penser à toute cette merde qui nous pend au dessus de la tête. C'est facile à dire, hein, arrêter de se torturer et juste apprécier ce qu'on désire et qu'on obtient enfin. C'est putain de facile à dire, mais à faire ça revient à soulever des montagnes. J'essaye. L'espace d'un instant, je crois que j'y arrive. Je me dis que je m'en fiche, que j'en ai rien à foutre des conséquences, que ça vaut le coup. Ca c'est vrai, oui. Un instant, je sens juste ses lèvres sur les miennes et son corps contre le mien. Je me dis juste que je suis bien et que j'échangerai jamais ça contre un retour en arrière, si c'était possible. Je crois que c'est bon, que le cap du doute est bien dépassé, même si c'est juste pour aujourhuu. Ca serait si beau si c'était vrai. Comme un conte de fées... Mais c'est pas Disney ici, c'est la troisième guerre mondiale, ca pue la mort et la cendre partout et ça ressemble plus à un film apocalyptique holywoodien qu'autre chose. Alors dans ce foutu merdier, tout est pourri et rien n'est simple. Même profiter d'un moment agréable. Même essayer de se détendre devient une torture. Je peux pas arrêter de penser.

Comme en écho à mes pensées, je sens la pilote hésiter. Reculer. Revenir m'embrasser en passant ses mains sur moi. Descendre dans mon cou. Mes mains dans son dos l'enlacent, descendent pour passer sous son débardeur... Pour s'arrêter lorsqu'elle relève la tête et se mord la lèvre. Je soupire et desserre mon étreinte. Je soutiens son regard un instant. Peut être ça serait mieux. Je ne sais pas.

"Je te forcerais pas. Si tu veux arrêter et que je m'en aille, je le ferai."

Ca me coûte presque de lui dire ça, et pourtant je le pense. C'est sûrement la meilleure preuve que je peux lui donner que je ne la prends pas pour un bout de viande juste bon à baiser; et que juste tirer mon coup avec elle ne m'intéresse pas. Je ne la pousserai à rien et je prendrai mon mal en patience s'il le faut.

"Je veux pas arrêter, je veux juste pas que tu regrettes."

Je la regarde encore un instant. Au moins, ça a le mérite d'être clair.

"J'imagine pas les conséquences, mais je sais que je ne regretterai pas, non."

...

Sa respiration est toujours aussi chaude, contre mon torse. Je dégage doucement mon bras et l'embrasse une dernière fois.

"Va falloir que j'y aille, avant qu'on me cherche et qu'on nous trouve ici..."

Je me relève douloureusement et me rhabille, avant de lui jeter un dernier regard et de sortir... presque comme si de rien n'était. On verra bien.
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MessageSujet: Re: Trying to throw your arm around the world [Livre II - Terminé]   Aujourd'hui à 15:33



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