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Nous sommes actuellement, en jeu, pendant la DEUXIEME QUINZAINE de FEVRIER 2013.
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MessageSujet: La confiance se gagne.   Mar 13 Mai - 7:14

Le froid persistait toujours autant en ce début du mois de Février. Malgré les longues heures passées sur la route, Léo ne s’était toujours pas accommodé de la rudesse de cet hiver. De la neige en Bretagne n’était pas un phénomène rare, mais des températures s’échelonnant entre 0 et -10 degré, si. Fort heureusement pour lui, il avait découvert un camp près d’une station-service. Un camp d’une certaine ampleur, qui n’avait rien de bien dangereux aux premiers abords. Luc, son oncle, n’avait pas validé l’idée de rejoindre ce nouveau groupe, d’une main facile. Ils avaient quitté la demeure des Delafont lors d’un massacre et l’ancien avocat était persuadé que ce malheureux événement avait eu lieu à cause d’un traître ou de quelques échanges mal placés. Il ne voulait se fier à personne et essayait désespérément de le faire comprendre à son neveu. Mais Léo en avait eu marre de longer la côte sans le moindre but, avec pour seule compagnie un oncle aigri. Il ne souhaitait qu’une chose, se rendre utile et trouver un lit confortable dans lequel s’allonger.

Bien entendu, son arrivée au camp ne fut pas de tout repos. Luc et Léo furent sujet à un lourd questionnaire, leur permettant de prouver qu’ils n’étaient pas une menace potentielle. Léo s’en était tenu à la stricte vérité. Qu’en était-il de son oncle ? Il n’en savait rien. Mais ce dernier avait rejoint la tante qu’on leur avait attribuée, sans piper mot. Ils passèrent les premières heures dans un silence morose, profitant surtout de la chaleur confortable de leur nouveau toit. Ce n’était pas grand-chose, mais depuis quatre mois, Léo appréciait de plus en plus le moindre niveau de confort. Il regrettait toutes les fois où il avait pesté contre ses vieilles couvertures ou son matelas trop dur. Oui, il se sentait misérable en y repensant. Trop de confort, tue le confort.

Tous ses membres étaient perclus d’ankylose et de crampes de la nuque jusqu’aux orteils. Il se laissa tomber sur son nouveau lit de fortune et inspira un grand coup. Un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres. Ça lui faisait du bien de se sentir en sécurité, de ne pas être obligé de chasser pour se nourrir et encore moins de changer d’endroit toutes les demi-heures de peur de se faire descendre. Son oncle était assis sur le bord de son lit, le regard sombre braqué sur ses mains jointes. Il n’avait pas fière allure et la rudesse de l’hiver avait marqué son visage couvert par une épaisse barbe noire.

« On ne restera pas là Léo. »

Le jeune homme se releva sur ses coudes, jetant un regard perplexe au seul homme qu’il connaissait véritablement. Comment pouvait-il dire ça après tout ce qui leur était arrivé ? Léo n’avait pas l’intention de quitter le camp de sitôt. Ils venaient de trouver un endroit sûr, où il était probablement possible de repartir à zéro et songer à établir une nouvelle façon de vivre. Même si au fond, Léo en doutait affreusement. Les terres étaient contaminées et pour lui, l’humanité n’avait plus aucune chance de survie. Peut-être leur génération, mais qu’en serait-il de la prochaine ? Il poussa un long soupire avant de se lever, pieds joins.

« Pfff, on vient tout juste d’arriver. Laisse-moi au moins découvrir le camp. »
« Fais. Mais nous mettrons les voiles dès l’aube. »

Léo disparut derrière le drap en toile de la tante l’air furibond. Comment pouvait-il lui faire ça ? Il n’avait qu’une hâte, trouver quelque chose à faire pour lui occuper l’esprit. Il ferma son manteau jusqu’au dernier bouton et enfonça son menton dans sa grosse écharpe en laine mitée. Ses vêtements sentaient terriblement mauvais … il n’avait qu’une seule hâte, prendre un douche et se changer.

Chose qu’il n’avait pas pu faire dans la forêt ou dans les maisons abandonnées. Il arpenta les différentes zones du camp, sans pour autant oser adresser la parole à quiconque. Puis il se rappela rapidement de son entretien avec Eleanore Valiosky. Elle lui avait indiqué qu’avec ses compétences en botanique, il pourrait rendre visite à une certaine Marielle Beaumarchais. Mais comment trouver cette femme, alors qu’il ne connaissait ni son visage, ni son importance dans le camp ? Il se risqua tout de même de poser la question à une jeune femme du même âge que lui. Elle lui indiqua la direction Ouest du camp non loin de l'emplacement dédié aux militaires ou forces qui s'efforçaient à maintenir le camp en sécurité.

Il aurait pu poser plusieurs fois la question, mais enfin arrivé sur les lieux, il ne découvrit qu’une seule femme, qui lui faisait dos. C’était elle, de toute évidence. Le vent froid et limpide faisait claquer les drapeaux et les toiles des tantes aux alentours. Il se racla la gorge pour marquer sa présence et enfin il put discerner son visage lorsqu’elle se retourna. Une militaire … La dernière fois qu’il avait vu des forces de l’ordre, il avait fuis son ancien camp pour éviter de se prendre une balle. Il déglutit péniblement, mais esquissa un sourire malingre espérant ainsi effacer toute trace de son malaise.

« Bonjour. Vous êtes Marielle Beaumarchais ? Eleanore Valiosky m’envoie vers vous. Il parait que vous cherchez quelqu’un de compétant dans l’analyse des plantes. Il se trouve que je pourrais vous aider dans votre mission … du moins, je l’espère. »

Il priait intérieurement pour qu’elle ne l’envoie pas bouler. Partir en expédition était le meilleur moyen de remettre le départ de son oncle à plus tard et de rester un peu plus longtemps au camp. Il ne se risqua donc pas à la dévisager trop longtemps, ni même d’insister lourdement pour qu’elle le prenne sans rechigner. Il était nouveau après tout, alors pourquoi accepterait-elle qu’une jeune recrue sans expérience intègre l’équipe ? Et puis même, que connaissait-il de la mission ? On ne lui avait strictement rien dit à ce sujet. Simplement que ses compétences en botanique pouvaient être intéressantes. Si ça se trouve, il aurait tout juste à énumérer quelques noms de plantes et resterait au camp sans bouger le petit pouce. Sauf que Léo voulait tout, sauf rester inactif. Il jeta un coup d’œil furtif en arrière pour vérifier si son oncle ne l’épiait pas. Mais visiblement ce dernier était trop préoccupé à maugréer dans sa tante sur sa condition si « misérable » soit-elle.
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MessageSujet: Re: La confiance se gagne.   Jeu 15 Mai - 22:13

Tout prenait lentement place. Le projet, moi, notre installation dans le camp D57. Tout n’était pas parfait, loin de là, mais tout allait mieux. Dans l’état des choses du moins. Une pensée sacrément égoïste, si vous voulez mon avis, mais ma jambe regagnait en muscle ce qu’elle avait perdu pendant un mois, je mangeais de moins en moins difficilement – même si c’était pas toujours évident. Je dormais pas beaucoup et pas bien, le froid aidait pas, mais j’essayais d’obéir au doc’ et de me reposer. J’avais fait un rapide aller/retour à la rivière. Non pas pour me baigner, l’eau étant bien trop froide, mais pour me faire un brin de toilette sommaire, rapidement pour ne pas me geler et m’exposer aux regards de voyeurs.

Ce n’était ni plaisant ni le moins du monde agréable, mais nécessaire. Une sorte de routine improvisée, pour éviter de penser que tout allait à vau-l’eau. C’était le cas, bien évidemment, mais ressasser n’aiderait en rien. J’allais avoir une journée chargée, ce matin là. Emmanuel m’avait communiqué avoir un livre répertoriant assez bien les plantes et leurs usages, mais il n’y connaissait malgré tout rien. J’avais bel et bien l’intention d’aller voir cette jeune femme, que j’avais croisée à Louisville. Venait-elle de la ville ? Je n’en savais trop rien, je ne pensais pas lui avoir parlé alors que j’étais là-bas. Ce dont je me souvenais, en revanche, était de l’avoir vue pencher sur des massifs de fleurs – si ça se disait bien. Bref. De fait, elle pourrait être utile. N’avoir que Valiosky pour gérer la serre improvisée que l’on ferait si on le pouvait ne serait pas suffisant. Premièrement parce que le lieu devrait être surchauffé, de toute évidence, et que si elle nous faisait un malaise, on serait bien mal lotis. Deuxièmement, parce qu’elle avait le droit à du repos. Troisièmement, bah… Deux paires de mains valent mieux qu’une, non ?

J’étais entrée rapidement dans ma tente à nouveau, afin de reposer les affaires que j’avais utilisées pour me décrasser au maximum, et ressortais tout juste en entendant des bruits de pas accompagnés d’un raclement de gorge. Je me retournais alors vers un… un gamin. Il avait quel âge ? 16, 17 ans ? Je n’aurai pas réellement su le dire, mais au delà de son visage assez jeune, il semblait endurci. Je me souvenais vaguement qu’il était arrivé au camp récemment. Quand exactement ? Aucune idée. Qu’avait-il donc vécu, avant de venir ici, pour avoir un regard si dur et volontaire ? Peu importait, au fond. On trainait tous nos peines, nos traumatismes, nos casseroles. Je haussais les épaules, davantage pour moi-même que pour lui – il ne suivait pas le fil de mes pensées, il ne pourrait savoir pourquoi je faisais ce geste, de toute évidence.

« Lieutenant Beaumarchais, effectivement. Je précisais involontairement mon grade. Peut-être acceptais-je petit à petit de ne plus être ‘Beaumarchais’ sous les ordres de quelqu’un, mais ‘Lieutenant Beaumarchais’, au commande. Peut-être. Et vous êtes… ? Eleanore a bien fait de vous envoyer vers moi. Qu’êtes-vous capable de faire ? Que pouvez-vous nous apporter ? »

Je ne me rendais même pas compte d’être froide et distante. Ni de lui faire passer un interrogatoire en règle. En même temps, je ne devais pas passer pour une personne avenante – plus tard, peut-être. Pour l’instant, je devais évaluer ces capacités, et voir pourquoi Valiosky avait jugé bon de me l’envoyer. S’il pouvait être utile. Si son jeune âge ne ferait pas de lui un boulet. Je ne devais pas être la jeune femme mal à l’aise dans ses basques de Chef, mais quelqu’un d’assuré, de compétent, d’un peu autoritaire peut-être, mais qui se ferait respecter, et jugerait sans à priori ce dont était capable le blanc-bec en face d’elle. Et ça n’était pas encore devenu une seconde peau pour moi, loin de là.


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MessageSujet: Re: La confiance se gagne.   Sam 17 Mai - 8:40

Se faire accepter, trouver les bons mots. Oui, Léo n’avait pas l’intention de flancher maintenant et de repartir avec son oncle dès la première lueur du matin. Il avait trop attendu ce moment pour reprendre la route. Rien que l’idée de dormir une nouvelle fois dans les bois lui donnait la chair de poule. Luc s’en accommodait bien, car il était une âme solitaire et de plus est, un sauvage tant dans le corps que dans l’esprit. Bien qu’il puisse montrer un brin de sympathie à l’égard de tous, Léo n’était pas moins endurci par tous les événements qui s’étaient déroulés les mois précédents. La mort de sa mère, de son petit frère, la disparition de son père et de sa sœur. Il avait tant de choses qu’il n’aurait jamais dû voir. Tout le monde matériel, le monde d’hyper consommation et de confort qu’il avait connu s’était envolé en quelques heures seulement. Ca faisait maintenant quatre longs mois qu’ils vivaient tous hors du temps, retombant durablement à l’âge primitif. Les hommes se tapaient dessus pour un abri chétif ou pour une portion de nourriture.

C’était la nourriture qui semblait gagner la haine de tous. Combien de personnes Luc avait tué durant leur vadrouille le long de la côte ouest ? Tout cela pour un simple bout de viande ou une bête boite de petits pois. Léo n’avait pas tué un seul homme et espérant ne jamais le faire. Il en avait trop vu mourir sous ses yeux et ça lui suffisait amplement. Même si son oncle n’arrêtait pas de lui faire comprendre qu’ils étaient en guerre et que les bonnes manières étaient sujettes à une mort certaine, Léo voulait garder son honneur et son côté civilisé, aussi longtemps qu’il le pourrait. Il jeta un rapide coup d’œil en arrière, vérifiant cette fois-ci que l’ombre de son oncle ne se planquait pas derrière la tenture de l’une des tentes. Il aurait été capable de lui bondir dessus et le ramener hors du camp par les oreilles.

Léo inspira profondément. Visiblement, il fallait convaincre le Lieutenant de son importance pour cette mission. Il connaissait assez bien les plantes pour s’en être toujours intéressé. Sa mère possédait un immense jardin avant la guerre nucléaire. Celui-ci comprenait un nombre incroyable de plantes et d’espèces en tout genre. Léo avait même pris soin de cultiver un carré d’herbes médicinales et alimentaires. Il adorait tout particulièrement la pousse de la menthe, de la roquette ou encore de la lavande. Les images lui revenaient, ainsi que les fragrances de toutes les fleurs qui arboraient, jadis, la grande haie de chèvre feuille. Son jardin lui manquait. Sa chambre, sa maison, son quartier, son petit village de campagne avec son clocher. Le vrombissement d’un moteur de tracteur passant tous les matins à la même heure, la tonte du gazon du voisin Bertrand et le champ des coqs régulier de la ferme d’à côté. Il soupira lourdement à cette pensée, tandis que son visage se décomposait peu à peu dans la lumière blafarde du jour.

« Je m’appelle Léo Leberquier. Je suis arrivé ce matin avec mon oncle. Il ne souhaite pas rester, mais j’en ai marre de errer sans but. Ici, j’ai l’impression que je peux servir à quelque chose. Quand j’ai entendu que vous cherchiez quelqu’un qui s’y connait en plantes, je me suis tout de suite proposé à Eleanore. J’ai une bonne connaissance dans le domaine. Je sais différencier une plante vénéneuse d’une plante aux propriétés curatives. Je connais aussi certaines combinaisons pour créer des soins, des tisanes ou soulager une plaie. »

Il s’arrêta un instant, essayant de se remémorer le nom de chaque plante, leur taille, leur forme et leurs propriétés. Il avait un peu de mal à se souvenir exactement des noms, mais est-ce que cela avait une quelconque importance désormais ? Peut-être pas. Ce qu’il comptait c’était de repérer la plante, la comprendre et en connaitre ses vertus. Nul besoin de lui assigner un nom ou une qualification. Chose que l’homme s’était efforcé à mettre sur tout et partout. Il s’était éloigné de son écoute au monde, pour simplement lui coller une étiquette et croire qu’il avait raison.

« Mais je doute qu’on puisse trouver ne serait-ce qu’un brin d’herbe en cette période de l’année. Surtout qu’il a beaucoup neigé et que les températures ont chuté en dessous de zéro. A mon avis tout a gelé. Où comptez-vous aller pour vous procurer des plantes ? »

Les serres pouvaient regorger de plantes en tout genre, notamment les serres des jardins botaniques. Mais si personne n’avait eu la présence d’esprit de s’en occuper en quatre mois, il était probable qu’ils découvrent un tas de feuilles séchées sur un lit de terre morte et aride. Bien qu’elles soient protégées du froid, elles n’en étaient plus irriguées. Mais le Lieutenant Beaumarchais avait une idée en tête, donc Léo était prêt à suivre.
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MessageSujet: Re: La confiance se gagne.   Mer 21 Mai - 21:57

Je ne brisais pas le silence, alors qu’il semblait ailleurs. Où ? Peu m’importait. Je n’étais pas assistante sociale, ni psy, et savoir ce qui pouvait lui passer par la tête ou son histoire n’était pas de mon ressort. Sauf s’il se mettait sous mes ordres, et que cela pouvait le distraire et nous mettre en danger. Mais il n’était pas question de cela pour l’instant. Il ne m’avait rien dit de plus si ce n’était qu’il voulait apporter son aide parce qu’il connaissait bien les plantes. Rien n’indiquait qu’il veuille partir en expédition à la recherche de choses qui pourraient aider – et s’il pétait un câble au camp… Ca serait pas de mon ressort, et c’était tant mieux. En attendant, il me faisait perdre mon temps, à ne pas parler. Si ça pouvait être un atout de savoir garder le silence, il fallait aussi savoir exposer les choses, brièvement, sans chercher ses mots trois mille ans. Mais peut-être était-ce quelqu’un qui avait fait des études poussées, qui parlait avec des phrases longues et impossibles à suivre. Peut-être. En attendant, je ne pouvais pas vraiment lui dire de cracher le morceau – mon but était pas de passer pour une femme aigrie et incapable de patienter. Je soupirais mentalement, le dévisageant.

Un gamin serait-il réellement d’une aide quelconque ? Ses connaissances n’étaient-elles pas incomplètes, dangereuses par ailleurs si c’était le cas ? J’haussais un sourcil, le voyant regarder en arrière – de quoi avait-il peur ? De son ombre ? Si c’était le cas, et qu’il ne voulait pas se contenter de rester au camp, c’était hors de question. Je le dévisageais, un peu durement, à la recherche de la moindre faille, du moindre manquement, de la plus petite chose qui m’indiquerait qu’il n’était pas à sa place. C’était dur, mais chaque souci serait de ma faute, pas de la sienne. Je devrais vivre avec, et constater que j’avais manqué à la mission qu’on m’avait confiée. Alors si j’avais le plus petit doute et pas la moindre possibilité de l’écarter, il serait hors de question qu’il se joigne au projet. Et ce serait rédhibitoire. Quoi que, je ne doutais pas que, dans mon dos, Valiosky et l’autre femme de Louisville pourraient lui demander son aide. Je soupirais, réellement cette fois, alors qu’il reprenait la parole.

Je masquais ma surprise, mais ses propos m’interpellaient. Il était arrivé le matin même, avait déjà subi l’interrogatoire auquel chaque nouvel arrivant était soumis, avait parlé à Eléanore et était venu me trouver ? Il ne perdait pas de temps. Et notre recherche concernant les plantes se répandaient plus rapidement que prévu. Je fronçais les sourcils. Je ne pouvais déterminer si c’était bon signe ou non. Seul le temps pourrait nous le dire, je supposais. Ses capacités seraient d’une grande aide. Nous ne pouvions pas vraiment cracher dessus. « D’où vous viennent ces connaissances ? Je ne peux pas nier que ce serait un atout indéniable, si vous nous aidiez de la sorte. Seriez-vous en mesure de faire des croquis ? Quoi que ce soit ? »

Il le fallait, que nous puissions savoir quoi prendre, si nous partions en expédition dans ce but. Nous devions être en mesure de reconnaître ce dont nous avions besoin, et sans nécessairement l’avoir sous la main. Si tant est qu’il était en mesure de croquer quelque chose de ressemblant… J’avais inconsciemment baissé les yeux, et relevais mon regard vers lui. « Oui, de toute évidence, je ne compte pas trouver grand chose de ce côté là. Mais nous envisageons une expédition pour trouver des livres et éventuellement des graines si c’est possible. Peut-être un herboriste, ou pharmacien, ou je ne sais quoi, en stockait-il. C’est notre seule option. »

Je me taisais un instant, réfléchissant. « Sauriez-vous aider Eléanore, et l’autre personne que j’ai en tête pour cela, à gérer une potentielle serre ? Créer de la chaleur dedans, la maintenir, veiller à l’épanouissement des plantes ? Si l’on arrive à mener ce projet à terme ? »


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MessageSujet: Re: La confiance se gagne.   Jeu 29 Mai - 7:33

Léo restait figé sur place, comme si ses deux pieds prenaient peu à peu racine dans le sol humide. Le lieutenant Beaumarchais n’avait pas l’air commode. Elle avait tout juste au dessus de la vingtaine, mais affichait déjà un air qui lui en donnait bien plus. Léo comprenait la distance qu’elle mettait entre eux. Après tout elle faisait partie de l’armée, elle savait parfaitement ce qu’elle faisait et la confiance n’était généralement pas quelque chose que les membres de l’armée possédait au fond de leur poche en temps de guerre. Car oui, c’était la guerre. Bien que ces derniers jours soient calme et que la vie au sein du camp semblait d’apparence tranquille, la guerre rôdait comme la peste sur toute la France. Les trahisons étaient monnaie courante et Beaumarchais avait raison de ne pas émaner l’once d’une sympathie, même à un gamin si angélique puisse-t-il paraitre.

Léo se sentait pourtant mal à l’aise. Il avait beau comprendre le comportement du Lieutenant, il avait toujours eu du mal avec l’autorité. C’est comme si l’uniforme, qu’il soit de l’armée ou de la police, le rebutait. Comme si le titre que l’on donnait à un colonel, un lieutenant ou un soldat, lui donnait l’envie de hurler et de tourner les talons. Car oui, ces gens qui avaient fait irruption dans le camp des Delafont n’étaient autres que des militaires. Ces gens qui ont froidement abattu sa famille comme s’il s’agissait de chiens galeux dont on ne pouvait plus rien. Tous les soirs, ils revoyaient leurs visages éclaboussés de sang, un air impassible, froid et distant, stagnant comme de la vase au fond de leurs yeux. Il déglutit péniblement et se contenta de répondre de la manière la plus laconique possible.

« J’ai tout appris dans un bouquin. J’aimais beaucoup jardiner avec ma mère. »
Il se rappelait encore des fragrances de son jardin. De l’odeur douce des roses, des tulipes et du chèvrefeuille qui grimpait le long de la façade nord de la maison. Et la glycine qui accueillait chaque printemps les bourdons, les abeilles et les papillons. Il se rappelait de chaque plante, de chaque fleur, de chaque herbe, buisson et légumes qu’il avait plantés. Lorsqu’elle lui parla de croquis, il acquiesça d’un simple signe de tête. Il n’était pas doué en dessin, loin de là, mais savait représenter en gros une plante et les parties intéressantes de cette dernière. Il les avait toutes en tête et pouvait les retranscrire sans difficulté sur du papier blanc. Il suffisait de lui donner un nom, une couleur ou une odeur, pour se pencher sur la question. La nature n’avait pas beaucoup de secret pour lui, même s’il était de loin doué comme un botaniste. Mais il connaissait en gros les vertus des plantes et la possibilité que celles-ci pouvaient offrir en tisanes ou en bouillies. L’idée de pouvoir rendre service lui marqua un sourire malingre au bout des lèvres.

Lorsque le lieutenant Beaumarchais lui énonça l’idée de créer une serre avec d’autres membres du camp afin d’y cultiver toutes sortes de plantes, Léo ne put s’empêcher d’exprimer son enthousiasme en affichant un plus large sourire. Il ne demandait que ça, se rendre utile. Avoir une tâche à accomplir, quelque chose qui puisse le faire avancer, le motiver à tenir debout. Car honnêtement, ces derniers jours furent éreintant et si son oncle n’avait pas été là pour lui donner un coup de pied aux fesses, il se serait laissé mourir depuis bien longtemps.

« Vous voulez dire … construire une véritable serre ? Vous avez de quoi la chauffer ? Je veux dire, avec ce froid on ne pourra rien planter. Mais si on a de l’eau et de la chaleur, y’aurait moyen de faire pousser pas mal de choses. Et je serais bien partant pour y mettre la main à la pâte ! »

Une lueur nouvelle pétillait dans ses yeux sombres.

« A parcourir les routes sans réels buts pendant des semaines, j’ai presque oublié ce que ça faisait d’avoir un projet. Je crois que ça me permettrait d’oublier un peu tout ce qui se passe autour de nous. Alors je ne dirais pas non. Vous cherchez des plantes spécifiques ? Plutôt médicinales ? Car de simples orties ou lavandes ont de belles propriétés curatives. » dit-il un peu plus sûr de lui.
Faire bonne impression et montrer sa volonté. Voilà ce qu’il fallait faire pour qu’elle accepte. Car après tout, elle n’avait pas dit oui. Elle n’avait pas confirmé qu’il ferait parti de l’équipe d’expédition. Peut-être que le camp regorgeait d’autres adeptes des plantes et qu’elle faisait son tri. Mais Léo allait lui prouver qu’il n’était pas une main inutile. Alors bêtement, il se rapprocha d’un pas indécis.

« Je sais aussi tirer à l’arc, si ça peut vous être utile en expédition. » rajouta-t-il un demi ton plus bas.
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MessageSujet: Re: La confiance se gagne.   Sam 31 Mai - 15:05

|HJ| Juste pour info, Mari a 28 ans, elle est plus proche de la trentaine que de la vingtaine, y compris en apparence ^^

Je me sentais épiée et jugée, et je n’aimais pas réellement ça. J’étais en charge, et il devait répondre de ses affirmations, et non l’inverse. Ce n’était pas un procès, mais je n’avais en l’instant rien à prouver. Pas officiellement – car il cherchait de toute évidence à évaluer le genre de personne que j’étais. C’était aussi mon but à son sujet, mais cela ne ferait rien avancer. Si l’on agissait avec défiance, sa présence ne servirait à rien. Et mon but n’était clairement pas de perdre mon temps. Je préférais aller à l’essentiel, quitte à paraître rude, rustre ou désagréable – même si ça n’était pas ma tasse de thé. Je m’efforçais cependant à ne rien en laisser paraître, attendant juste qu’il se réveille, ou expose les raisons de sa présence, et ce qu’il pouvait apporter.

Je pinçais un peu les lèvres, alors que je l’entendais dire qu’il avait tout appris dans un bouquin. Comment pouvait-il espérer connaître réellement les choses ? Et s’il se trompait, s’il méprenait une plante pour une autre ? A-t-il réellement eu de l’expérience dans la plantation ? Il me devança, me disant avoir fait beaucoup de jardinage. J’étais suspicieuse malgré tout. Ma mère aussi jardinait beaucoup, ça ne l’empêchait pas de laisser les plantes mourir. Qui me disait qu’il ne surestimait pas ses capacités ? Avais-je malgré tout le choix ? Au moins, il se pensait capable de réussir, et l’affirmait. Ou du moins le prenais-je comme ça.

« Et vous vous sentez donc capable de faire pousser des plantes médicinales ? De savoir ce qui peut nous être utile ou non ? De ne pas nous empoisonner ? » J’exagérais, mais il ne fallait négliger aucune possibilité. Il n’y avait qu’un pas entre le soin et la mort, et le moindre faux pas pouvait avoir des conséquences indésirables… et désastreuses. Alors oui, il avait intérêt à savoir ce qu’il faisait. Car la faute ne lui serait pas directement imputée. J’en serai responsable et coupable. Même s’il devrait surement vivre avec un sentiment de culpabilité certain si quoi que ce soit se passait mal et que ça n’aurait rien d’agréable.

Le sourire qui apparut sur ses lèvres puis s’agrandit était rassurant, mais aussi perturbant. Trop d’enthousiasme, peut-être. Le but n’était pas de se monter la tête, d’envisager que tout était possible. Je secouais légèrement la tête de droite à gauche, alors qu’il me questionnait. Je n’en savais strictement rien. Pourquoi ferais-je appel à d’autres ? Les plantes, c’était pas mon domaine. Je n’étais que la main qui coordonnait le tout, parce qu’il en fallait une, et que j’étais visiblement la première à me bouger pour réellement faire quelque chose de ce côté là. « Sincèrement, je n’y connais absolument rien. C’est Eleanore qui gèrera cet aspect la, et vous si vous voulez du coup. Ainsi qu’une jeune femme de Louisville – si on vous a parlé de la ville dont nous arrivons -, qui s’y connaît a priori en plantes, mais je n’ai pas encore eu le temps d’en discuter avec elle. Donc autant pour la serre que pour les différentes plantes, je ne saurai vous répondre. Je n’ai pas encore eu l’occasion de reparler à Eleanore et de savoir quelles connaissances un médecin du camp pouvait lui fournir sur les plantes médicinales. Ce sont des choses que nous aurons à clarifier avant de partir en expédition, si cela doit se faire. »

J’étais peut-être un peu sèche, quoi que j’essaye de dire que ses capacités étaient importantes mais que je n’y connaissais et n’y comprenais rien. Et de fait que le détail ne m’intéressait pas. J’avais mieux à faire, que de m’enthousiasmer sur la manière de construire une serre, ou sur les vertus des différentes plantes. Je n’étais pas indifférente à ses connaissances, c’était très bien qu’il en ait, mais qu’il détaille tout ça ne me servait à rien. Et ne lui servait à rien non plus, de toute évidence. Une lueur d’intérêt naquit dans mes yeux, malgré tout, quand il indiqua savoir tirer à l’arc. Vraiment ? C’était incongru, mais ça pouvait être utile. En expédition, et pour chasser si l’occasion s’en présentait – quand la neige ne recouvrirait plus le paysage, du moins. « C’est une bonne chose. Peut-être pourriez-vous me montrer comment vous vous y prenez, votre discrétion, vos capacités à viser ? »


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MessageSujet: Re: La confiance se gagne.   Mar 3 Juin - 7:53

Léo se sentit légèrement vexé par le simple fait que le lieutenant Beaumarchais remette en question ses capacités à reconnaître une plante. Il n'y avait rien de plus facile en soit. Toutes les plantes se différenciaient par leurs odeurs, leurs formes, leurs textures. Il était né dans les plantes et jardinait depuis aussi longtemps qu'il puisse s'en souvenir. La terre il connaissait ça par coeur et cultiver des petites herbes médicinales ce n'était pas ce qu'il y avait de plus compliqué ... vraiment. Il suffisait d'un endroit idéal, ni trop chaud, ni trop froid, d'un peu d'eau, de la bonne terre et de l'entretient. Chose qu'il pouvait s'assurer pleinement, si on le laissait faire. Il plongea sa main droite dans sa poche, jouant du bout de ses doigts avec des graines de tournesol qu'il avait trouvé durant son long périple du mois de décembre.

- Vous savez, cultiver des herbes médicinales c'est pas bien compliqué. Et reconnaitre des plantes encore moins, tout le monde en est capable. C'est une science à apprendre comme une autre.

Visiblement, le lieutenant n'avait aucune confiance en lui. Son sourire s'estompa rapidement, et son visage reprit plus de sérieux. Elle n'était pas là pour discuter avec lui et invraisemblablement, il avait la vague impression de lui faire perdre son temps. Une sensation désagréable de mal être se manifesta au creux de son estomac. Mais le lieutenant paraissait plus attentif à son utilisation des armes, plutôt qu'à sa connaissance des plantes. Soit ... Léo s'intéressait à tout, mais la violence était quelque chose qu'il préférait éviter. Il adorait tirer à l'arc, mais ne supportait pas l'idée de devoir s'en servir pour tirer sur quelqu'un. Mais l'état de guerre obligeait souvent à agir contre sa propre volonté.

- Je peux vous montrer oui. Je me débrouille assez bien. Je chassais du gibier à l'arc avec mon oncle quand on se trouvait sur les routes.

Chasser. C'était une chose qui lui manquait un peu. Traquer du gibier, suivre les tracer et repérer l'animal. Faire le moins de bruit possible et se retrouver à l'écoute de la nature, au plein coeur de la forêt ... oui il adorait ça. Mais entre chasser l'homme et chasser l'animal, il y avait une grosse différence. Entre chasser une biche et un lapin également. Il avait en lui, toujours cette âme sensible et ne pouvait s'empêcher de penser qu'en tuant quelqu'un, il blesserait une famille, des amis, des amours. Cette pensée le rendit plus sombre et il ne put s'empêcher de baisser le regard.
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MessageSujet: Re: La confiance se gagne.   Mer 11 Juin - 10:55

Je ne comptais pas le faire fuir, ou le dissuader de son idée. Simplement m’assurer qu’il savait ce qu’il faisait, et ne causerait aucun souci. Même s’il paraissait froissé par mon attitude. Agissais-je si mal que ça ? Etais-je si détestable ? Peut-être. Je n’en savais, au fond, foutre rien. Mais je savais que je ne devais pas me montrer molle ou malléable à merci. Je devais m’imposer, d’une manière ou d’une autre. Et si ça n’était pas la bonne… Peut-être la façon de faire la plus correcte, la plus adaptée, viendrait-elle. Mais en attendant, il devrait se contenter de ça, tout comme je le devrais.

J’arquais un sourcil, en l’entendant. Pas bien compliqué ? Quelque chose d’accessible à tous ? Une science à apprendre ? N’avait-il pas saisi que c’était justement là ce que je lui reprochais ? De considérer qu’il suffisait d’apprendre ? Bien sûr, j’avais fait des études. Je n’aurai jamais été pilote sinon. Mais ça n’était pas ma tasse de thé. Ne l’avait jamais été. J’avais fait le minimal syndical pour ne pas être emmerdée, et être entourée de sœurs médiocres et désintéressées aidait, mais je n’avais pas cherché à approfondir. Sauf quand j’apprenais pour devenir pilote. Mais je ne savais rien en sortant de l’école, si je prenais en compte tout mon parcours depuis…

Je soupirais. « Mais à ne jamais pratiquer, on est plus à même de faire des erreurs. Nul n’est infaillible, mais plus on se salit les mains, plus on est apte. Excusez mon scepticisme, mais il suffit d’une erreur, une seule, pour causer de grands dommages. Vous connaissez malgré tout plus que moi, plus que nous tous, alors je vais vous faire confiance. Mais je vous préviens, une seule hésitation, et vous n’agissez pas. Il vaut mieux passer à côté de quelque chose qui pourrait être fatal que de risquer des vies. Nous sommes clairs sur ce point ? »

Il ne tarda pas à aborder un sujet nettement plus intéressant – à mes yeux, du moins. Une personne sachant se défendre ne serait pas de trop. Je ne maniais pas l’arc, et ne manierai probablement jamais une telle arme qui semblait désuète, mais c’était malgré tout un atout. Ou du moins le pensais-je. Même si ce n’était pas à moi d’en décider. Je pouvais malgré tout l’aiguiller vers les personnes à même de le faire. « Vous devriez vous présenter au Lieutenant Raulne et à Mathilda Fontaine. Vos capacités à manier un arc pourraient peut-être leur servir. Je m’arrêtais un instant. Avez-vous autre chose à me dire ? »

Le message était clair : cette discussion arrivait à son terme, pour moi, à moins qu’il ne soit désireux de discuter d’autre chose.

|HJ| Je suis désolée, je l'ai faite hier déjà, j'étais persuadée de l'avoir postée et en fait non, mea culpa >.<


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MessageSujet: Re: La confiance se gagne.   Aujourd'hui à 6:02



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