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Nous sommes actuellement, en jeu, pendant la DEUXIEME QUINZAINE de FEVRIER 2013.
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MessageSujet: Petite leçon de survie [PV: Alexandre M. Reh]    Dim 4 Mai - 22:21

« On va espionner des gens? Tu vas m’apprendre un nouveau jeu? On va faire une cabane? Regarder si le ruisseau est encore gelé? Hé! Tu vas pas me faire, faire des Maths, hein?! Sinon, j'te saute dessus et je t’étouffe! »

En ce début de matinée, malgré le fait que le soleil offrait quelques-uns de ses rayons au camp des réfugiés, la température avoisinait les moins cinq degré. Toutefois, cela n’empêchait pas le jeune Lucas de parler et même papoter sans même sembler s’arrêter un moment pour respirer. Le jeune réfugié du camp Est était un vrai moulin à paroles et toute la misère qui s'était abattue sur le monde en l'espace de quelques mois seulement ne semblait pas l'avoir arrêtée. Ce n'était pas qu’il manquait d'empathie et bien au contraire mais à dix ans à peine, il semblait parfois inconscient de ce qu'il se passait au tour de lui et en cette journée, une belle occasion de s’amuser s'était présentée à lui. Parler d'amusement au D57 était rarement quelques chose de rationnelle et encore moins la priorité des survivants de cette guerre, qui ne faisait que débuter. Les réfugiés pensaient en effet surtout à améliorer leur survie et à faire en sorte que demain ne soit pas la fin de l'humanité. L'espoir apporté par la station service avait permit aux plus désespérés de trouver un second souffle et cette certaine sécurité ne pouvait que plaire au petit Lucas, même si cela le limitait parfois à certaine zones.

Ainsi quand un peu plutôt Alexandre, l’homme qu'il pouvait considérer comme une sorte de grand frère et ami était venu voir le jeune garçon, ce dernier avait été plus qu’emballé à l'idée de bouger un peu. Malgré le fait que Manu désapprouvait souvent le comportement de son petit frère qui avait tendance à inciter Lucas à augmenter le nombre de ses bêtises, le pédiatre et nouveau père d'adoption du gamin l'avait tout de même laissé sortir, sans doute pour avoir un peu la paix. Lucas n'avait donc pas perdu de temps et était sortie de la tente en trompe en suivant Alex, comme s'il avait été son salut pour une bonne partie de divertissement. Le jeune garçon n'avait pas la moindre idée de l'endroit où ils allaient et le jeune soldat semblait vouloir faire durer le plaisir. On ne pouvait pas dire que Lulu était le plus patient des humains mais il savait pertinemment qu'Alex ne cracherait pas le morceau.


« Allez! Dit le moi! Dit le moi! Sinon j'dis à tout le monde c'que tu fais avec V.A.L... »

Puis Lucas se mit à éclater de rire et baissait tout de même le ton en passant près de l'entrée du camp militaire. Le jeune Galiard était une personne qui aimait taquiner les autres mais il savait tout de même garder les secrets, de temps à autres... Il ne prendrait peut être pas toujours le risque de mettre trop en danger ses proches en dévoilant certaine informations un peu trop importantes. Ainsi, Lucas continuait de taquiner Alex tout le long du chemin, sens parvenir à avoir quelques informations que ce soit. A coté d'eux le chien du militaire trottait et quand il passait près de Lucas, ce dernier frissonnait et s'écartait.

« J'aime pas quand il s'approche comme ça... »

Le chien d'Alex l'avait en effet toujours impressionné, il ne détestait pas l’animal mais il devait reconnaître qu'il lui faisait un peu peur, même si d’une certaine façon, il lui apportait parfois un sentiment de sécurité. L'adulte et l'enfant continuait de marcher et commençaient à emprunter le sentier qui avait été aménagé dans la forêt.

« Alleeezz ! Tu m'le dit ou pas? Sinon, j'cris et ça vas attirer tout le monde. ! »

Puis, le gamin commençait à mettre ses mains en porte voix, un sourire plein de malice sur les lèvres. Lucas racontait beaucoup de bêtises mais Alex devait commencer à le connaitre et savait qu'il faisait parfois n'importe quoi et attirait bien vite les problèmes, un peu comme lui d'ailleurs.


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MessageSujet: Re: Petite leçon de survie [PV: Alexandre M. Reh]    Lun 5 Mai - 7:51



Ce fut en m’approchant du camp Est que je me rendis compte de l’incongruité de la situation. Moi, m’occuper d’un gosse. J’étais déjà un gamin immature dans ma tête, j’en étais pleinement conscient, alors m’occuper d’un gosse, ça avoisinait l’irréel voire le totalement stupide. Mais en même temps, je ne pouvais m’empêcher de trouver ça logique, aussi. Après tout, à Louisville, j’avais bien organisé des parties de foot sauvage pour occuper les mioches désoeuvrés donc bon… je n’étais plus à ça près. Sans compter que mon épaule me tirait encore, et qu’il fallait que je me ménage un peu avant de partir barouder dans la pampa aux alentours pour trouver à grailler et des playstations encore opérationnelles. Et accessoirement d’autres objets qui pourraient éventuellement être utiles au campement. Donc bref. Les tentes du district Est se dressaient maintenant devant moi et je cherchai sans avoir trop besoin de réfléchir celle qui hébergeait Lucas. Avec ma délicatesse coutumière, j’ouvris la tente sans daigner frapper et lui lançai sur le tas un « Allez debout Fainéant, suis-moi faut que je te montre un truc ! ». S’il n’avait pas été seul, qu’arai-je fait ? Rien de moins, parce qu’il ne risquait pas d’être en présence d’autres survivants. Je n’étais pas stupide, et je m’étais pointé lorsque j’étais sûr de le trouver alone. Sans l’attendre beaucoup plus, je ne brillais pas par ma patience, et mon amour pour l’immobilisme, je commençai à me diriger vers la forêt. Ce que je voulais lui montrer ? Oh, juste un nouveau jeu pour l’occuper. Ce mioche, c’était Manu, en sa qualité de pédiatre altruiste et incroyablement stupide parfois, qui l’avait récupéré pendant notre exode, et j’avais du partagé mon grand frère. Dans un sens, heureusement uqe ma septicémie m’avait mis ko, ma phase de jalousie et possessivité avait été un peu atténuée par la fatigue et ma semi-inconscience, et maintenant je voyais vraiment Lucas comme un pseudo petit frère, un padawan et un apprenti. Il me semblait d’ailleurs que Manu voyait d’un mauvais œil l’influence que je pouvais avoir sur le petit. Je ne voyais quant à moi pas vraiment ce u’il y avait de mal dans le fait de lui apprendre les règles de poker, le concept des équations à une inconnue ou simplement comment charger une arme. « On va espionner des gens? Tu vas m’apprendre un nouveau jeu? On va faire une cabane? Regarder si le ruisseau est encore gelé? Hé! Tu vas pas me faire, faire des Maths, hein?! Sinon, j'te saute dessus et je t’étouffe! » Je lui assénai une légère tape à l’arrière du crâne pour le faire taire. « Tu vas voir, c’est moi qui vais t’étouffer sale môme ! » Comment le détester, ce mioche ? Son hyperactivité, sa tendance à parler pour ne rien dire, je me revoyais plus ou moins à son âge, même si malgré les récents événements il restait encore plus innocent que ce que j’avais pu être à l’époque. « Et puis, si j’te le dis couillon, ce sera plus une surprise ! » « Allez! Dit le moi! Dit le moi! Sinon j'dis à tout le monde c'que tu fais avec V.A.L... » Je réagis instantanément en lui lançant une bourrade dans l’épaule et en regardant autour de nous. « Lucas ! » Etrange de voir que je prenais les mêmes réflexes que Manu avait pu avoir face à moi : prénom complet était signe de remontrance et de sérieux. Lucas nous couvrait plus ou moins, Val’ et moi, vu qu’à ce que j’avais compris, une relation militaire-civile n’était pas franchement une bonne idée. Des c#nneries sévères selon moi, mais je ne voulais pas risquer gros en considérant ça à la légère. Le rire de mon petit frère de substitution ne parvint pas à me dérider. Il prenait peut être ça à la rigolade, c’était loin d’être mon cas. Baxter qui trottinait comme toujours autour de moi, en bon chien d’éclaireur qu’il était, s’approcha de Lucas et je saisis du coin de l’œil son frisson. D’un claquement de langue, j’invitai mon chien à s’écarter. De toute manière, nous étions bientôt arrivés à la forêt, notre objectif. « J'aime pas quand il s'approche comme ça... » Je levais les yeux au ciel. Baxter était un chien de guerre, que j’avais moi-même dressé pour en faire une arme formidable, mais il ne ferait pas de mal à une mouche tant que je conservais sur lui l’ascendant de l’Alpha. Il pourrait y avoir un véritable risque le jour où la balance s’inversera, et que je lui laisserai comprendre d’une façon où d’une autre que je n’avais plus toutes les capacités pour le mâter sévèrement s’il sortait du rang. Ce qui ne risquait pas d’arriver. Je n’étais peut être ni grand, ni particulièrement imposant, je connaissais le lascar sur le bout des doigts, et je savais exactement où frapper pour le mettre à terre, et comment le prendre pour qu’il soit incapable de me faire du mal. « Je t’ai déjà dit, tant que tu l’emmerdes pas, il te fera rien. Et puis, il commence à manger les mioches qu’à la nuit tombée, là y’a du pseudo soleil, il a pas faim » ricanai-je pour le charrier. Nous nous engageâmes sur le sentier de la forêt, et je commençai à chercher du coin de l’œil ce pour quoi nous étions là. Lucas dut d’ailleurs sentir que nous étions proches du but puisqu’il récidiva dans sa quête d’informations. « Alleeezz ! Tu m'le dis ou pas? Sinon, j'crie et ça va attirer tout le monde. ! » J’éclatai de rire, en le voyant mettre ses mains en porte voix. « Tu peux toujours crier, j’suis sûr que les seuls qui vont t’entendre, ce seront des lapins asthmatiques ! » Je quittai aussitôt le sentier pour me faufiler dans la végétation morte, et chercher un arbuste pas encore trop sec.

Depuis mes cinq ans, j’étais fasciné par les indiens d’Amérique. La preuve : le magnifique dessin que Emmanuel avait conservé et que Louisville avait du voir partir en cendre. A huit ans, j’étais le chef de la tribu des Cherikawas qui s’amusait à embêter les touristes venus bronzer au soleil de Provence. Avec mon arc, d’ailleurs, j’avais manqué à l’époque de blesser sérieusement un de ces touristes, et c’était à ce moment là que mes parents avaient décidé que la plaisanterie avait assez durée. Malgré les années, le tir à l’arc exerçait toujours sur moi un attrait sans pareil, qui ne s’était pas du tout reporté sur le tir avec des armes à feu où je ne brillais pas le moins du monde. Après quelques minutes de recherche, je tombai sur un frêne, et testai la souplesse de ses branches en appelant le gamin. « Yop ! Viens voir par ici ! » Je sortis mon couteau suisse de ma poche, un sourire goguenard collé aux lèvres. « Ca te dit d’apprendre à chasser le lapin à la manière des sioux ? » A moitié en train de rire, je rajoutai « Et après, promis, on fait des maths. » sachant pertinemment que Lucas, à mon grand damne d’ailleurs, ne partageait pas mon amour pour les chiffres.

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MessageSujet: Re: Petite leçon de survie [PV: Alexandre M. Reh]    Lun 5 Mai - 10:03

Lucas suivait Alexandre dans la forêt et l'endroit paraissait bien plus que désert, il n y avait pas un bruit, pas un sifflement et simplement le bruit du vent qui poussait sur les arbres, la neige qui depuis quelques minutes avait recommencée de tomber. Cette année, l'hiver avait été des plus coriaces et ce n'était pas le retour récent du soleil qui semblait réellement réchauffer le paysage enneigé. Rajoutons à cela les récentes guerres qui avaient éclatées partout dans le monde et on obtenait pour résultat, ce campement aménagé dans une station service et qui semblait se dresser tel l'un des derniers vestiges de l'humanité. Mais cette catastrophe qui avait touchée la planète entière, ne faisait pas que des malheureux et certains semblaient avec une certaine insouciance, y trouver un certain divertissement. C'était d'ailleurs le cas du petit Lucas et pourquoi malgré le manque de son grand-père, il se sentait plutôt bien dans ce campement. Et maintenant qu'il était dans la forêt, il comptait bien profiter de chaque instant avec son grand-frère d'adoption qui persistait toujours à ne rien lui dire sur leur venue ici. Et bien évidement, les fausses menaces de Lulu n'avaient abouties à rien et Alex avec parfaitement raison, dans la forêt, personne ne l'entendrait crier.

Lucas soupirait et continuait de suivre Alexandre et son chien, surveillant toujours ce dernier d'un œil. Le militaire semblait chercher quelques choses et pendant ce temps, le gamin s'était un peu éloigné de lui, captivé par une fleure qui tenait encore debout et don seul quelques feuilles dépassaient de la neige. Le jeune garçon s’accroupissait alors près de ce qui n'était en réalité qu'une simple mauvaise herbe qui avait résisté au froid. Le jeune réfugié qui habituellement était si turbulent et bavard, semblait cette fois un peu absent et songeur. A dire vrai, Lucas repensait à son grand-père qui était un grand amateur de la nature et ce dernier n’aurait pas manqué de dire à son petit fils que même une mauvaise herbe pouvait être porteuse d'espoir et que la neige laisserait place à un tout autre paysage. Le gamin avait beau passer son temps à jouer l'aventurier et afficher un sourire, au fond de lui, son grand-père lui manquait et même s'il gardait espoir de le revoir un jour, de simples petites choses comme cette mauvaise herbe lui rappelaient de temps à autres qu'il était seul et n'avait aucune réelle famille dans le campement. Alors oui bien sûr, Lucas s'amusait et il y avait toujours près de lui des gens qui le protégeaient et le considéraient comme étant de leurs familles mais c'était différent et il n'était qu'un gamin de dix ans à peine et avait besoin de sa famille.

Lucas sortit finalement de sa rêverie et s'essuyait furtivement une larme, quand Alex l'appelait. Il courait alors vers lui et son visage s'illuminait quand le soldat lui présentait enfin son projet. Ce dernier avait décidé de montrer au gamin comment chasser et le petit n’en était que ravie. Il plissa tout de même le nez quand Alex lui parlait d'une tribu indienne qu'il ne connaissait pas.

« Ouai! Ça serait génial ça et comme ça j'pourrais rapporter à manger à tout le monde! Mais heuuu.....c'est quoi un Pioux ? C'est un truc qui vie dans les bois? Ça mange des humains? »

Lucas n'avait en effet aucune idée de ce qu'était un sioux, même s'il aurait du se douter que c'était une tribu indienne, vue qu'Alex lui parlait souvent des indiens. Le gamin observait ensuite avec admiration le militaire couper un morceau de branche mais comme à son habitude, la concentration de Lucas n'était pas son fort et tendit qu'Alex était occupé, il était déjà en train de grimper à un arbre.

« Hé! Regarde! Regarde! il y a une belle branche là-haut, ça pourrait faire un bon arc, non? »

Tandis qu'il parlait et rigolait, Lucas continuait d’escalader l'arbre, juste au-dessus d'Alex et dérapait sur chaque branches recouvertes de neige. Le gamin n'avait aucune conscience du danger et quand il avait la possibilité de faire le pitre, il ne ratait jamais l’occasion. Le petit casse-cou avait toute de même beaucoup de mal à grimper à cette arbre glissant et tendit qu'il dérapait de nouveau sur une branche, il n'était en fait qu'à quelques mètres du sol. Soudain, il s’arrêtait de grimper et regardait Alex d'un air malicieux.

« J'vais m’accrocher à cette branche pour la faire tomber! Tu m'rattrapes?! »

Puis ignorant l’avis du soldat, le gamin se jetait sur la branche au-dessus de lui et comme il l'avait pensé, cette dernière se cassait et il tombait avec, espérant qu’Alex le rattrape et une fois de plus, il était inconscient des risques qu'il prenait.

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MessageSujet: Re: Petite leçon de survie [PV: Alexandre M. Reh]    Lun 5 Mai - 16:43



Je l’appelle, il rapplique. Sentiment de puissance absolue. C’était fou comme un simple rien pouvait faire parcourir dans ses veines ce pouvoir indescriptible qu’était l’autorité et l’ascendant. Ce n’était peut être pas une comparaison acceptable – mais je n’en avais que faire de l’acceptable – mais en regardant le mioche rappliquer dès mon appel, j’eus l’impression de retrouver cette même impression de pouvoir absolu qu’au début du dressage de Baxter. Je me souvenais à la perfection du jour où sur un simple geste, j’avais envoyé Baxter chercher une mine que j’avais pu enfouir dans un secteur. Un simple geste, et je pouvais l’envoyer tuer un homme. Un simple geste, il revenait à mes pieds. Un mot, le voilà qui attaquait, plaquait au sol, poursuivait, traquait. Sentiment de puissance absolue, oui c’était exactement ce que je pouvais ressentir à chaque fois que Baxter me montrait à quel point je l’avais dressé à la perfection, et à quel point, surtout, j’avais pu faire preuve de patience face à lui. D’un coup de couteau, je sectionnai la branche, en sortant dans un même temps de mes pensées, et expliquai à Lucas ce que je comptais en faire. Lui apprendre à chasser comme un sioux, lui apprendre à se défendre avec un arc et des flèches en bois. Même si ce n’était pas grand-chose, c’était déjà une arme, dont il devait pouvoir assez facilement se servir pour intimider, même si je doutais assez de ses capacités à être suffisamment patient pour apprendre à viser ensuite. Après tout, il me ressemblait sur beaucoup de points. « Ouais ! Ça serait génial ça et comme ça j'pourrais rapporter à manger à tout le monde! Mais heuuu.....c'est quoi un Pioux ? C'est un truc qui vit dans les bois? Ça mange des humains? » J’éclatai de rire. « Exactement ! » articulai-je d’une voix mystérieuse. « Les Pioux sont une horde sauvage de créatures humanoïdes qui se nourrissent de chair fraiche et tendre, et surtout des hommes qui se sont perdus dans les bois. » continuai-je très sérieusement. J’avais un don pour ça. Raconter les pires c#nneries conceptualisables sur le ton le plus sérieux, jusqu’à faire en sorte que même l’adulte le plus sûr de lui remette en doute ses connaissances. J’avais cette capacité, et j’en avais usé voire abusé dans mon cursus scolaire, poussant mes enseignants à l’exaspération, sans qu’ils aient d’autres charges contre moi que « bavardage et insolence ». Je me foutais de leur tronche, et ils ne pouvaient s’empêcher au lieu de me punir immédiatement de tenter de me battre à mon propre jeu. Des années d’entraînement, donc, étaient à l’origine de la création instantanée des Pioux. Je les voyais déjà, créatures mi humaines, mi caméléons, se fondre dans un soupir dans les environs, des dents pointues et des yeux jaunes, avec un arc tissé dans la peau des écureuils volants à présent disparus et élevés en réalité dans des grottes secrètes pour les besoins de ce peuple secret. Avec l’habitude de la pratique, je m’accroupis contre l’arbre et commençai à écorcer la branche, me demandant s’il y en avait une autre un peu plus loin que je pourrai mettre à sécher. Baxter était en train de fouiller la centre et ce qu’il restait de la faune sylvestre. Et le mioche… « Hé! Regarde! Regarde! il y a une belle branche là-haut, ça pourrait faire un bon arc, non? » Hein ? Je ne lui jetai pas un coup d’œil en continuant mon écorçage, me demandant sur qui on allait pouvoir s’entraîner. « Ouais, ouais, génial. » lui lançai-je sur un ton enthousiaste en sortant une corde pour prendre quelques mesures. Un craquement au dessus de moi me tira de mes pensées, et j’aperçus le môme à quelques mètres de hauteur. Non mais il était sérieux, là ? « B#rdel mais qu’est ce que tu fous là haut ? Descends tout de suite gamin ! » « J'vais m’accrocher à cette branche pour la faire tomber! Tu m'rattrapes?! » Je levai les yeux au ciel. Comme si je n’avais que ça à faire. Surtout que j’avais conscience de la résistance de mon épaule et du tissu cicatriciel qui traçait son chemin au dessus de mon cœur. « C’est ça ouais. Attends que je sorte mon téléphone histoire de te voir t’écraser comme une m#rde, ça va faire le buzz sur youtube, tu vas voir ! » P#tain mais qu’il était c#n. Alexandre, dois-je te rappeler que tu n’as pas fait mieux, il y a un mois, à Louisville, en escaladant la clinique pour rentrer par effraction ? Oui enfin mais j’avais de bonnes raisons. Là, il voulait juste faire le c#n. Toi aussi, Alex, tu veux juste faire le c#n et à chaque fois, c’est toujours Emmanuel qui te rattrape. Je déglutis, regardant autour de nous. « P#tain, Lucas, descends parce que si je dois venir te chercher, je te jure que tu te prends une raclée qui te… » Pas le temps de terminer ma phrase que j’entendis un lourd craquement. Alors c’était ça être un grand frère ? Rattraper les c#nneries de son petit frère ? Sans réfléchir – pour changer – je me précipitai sous la neige qui précédait le mioche, et mes yeux calculèrent sans y penser la trajectoire qu’il n’allait pas manquer de suivre. Je le réceptionnai dans mes bras, ayant lâché corde, couteau, arc en devenir, un peu plus tôt, et pour compenser l’inertie, partis en roulé-boulé dans la neige mêlée de cendre, sans le lâcher pour autant. Allongé sur le dos, je le repoussai sans ménagement pour l’envoyer rouler une nouvelle fois dans la neige, en me relevant d’un bond. « NON MAIS TU ES TARE MA PAROLE ! » Contre qui étais-je le plus en colère ? Je ne savais pas le dire. Ma clavicule me brûlait, et j’avais vraiment eu peur pour lui. Vraiment. Mes yeux bruns l’incendièrent un peu plus lorsque je repris. « Quand tu fais une c#nnerie, faut jamais compter sur les autres pour te rattraper, jamais tu comprends ? Et si ma clavicule avait lâché au pire moment ? Et si j’avais pas entendu la branche ? Espèce de petit… de petit c#n ! » Pourquoi avais-je la désagréable impression d’entendre Emmanuel me gueuler dessus, quelques années en arrière ? « Première règle à apprendre, et seule règle à retenir quand tu veux faire le c#n : tu ASSUMES ce que tu fais. Alors tu ne dois JAMAIS faire retomber la responsabilité sur un mec. Ce que tu as fait là, c’était pire que stupide, c’était irresponsable. Tu… tu… » J’étais fou de rage. Comment pouvait il me faire confiance au point de vraiment se laisser tomber d’un arbre comme ça, en sachant que j’allais le rattraper. Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine. J’étais du genre à faire le c#n mais bon sang, jamais je n’avais fait le c#n en mettant mon frère ou ma sœur en danger. Jamais. Sauf quand j’avais failli foutre le feu à la maison, mais ça ne comptait pas. Jamais je n’avais eu la stupide idée de remettre ma vie dans les mains d’un de mes proches. Sauf pour la septicémie, mais ça n’avait pas été volontaire. Encore heureux. Allez, Alex, avoue que tu es flatté qu’il te fasse à ce point confiance. Je lui tendis cependant une main rude pour l’aider à se relever. « J’espère qu’en prime tu n’as rien. Crétin. »

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MessageSujet: Re: Petite leçon de survie [PV: Alexandre M. Reh]    Mar 6 Mai - 10:12

En l'espace d'un millième de seconde, tout c'était enchaînés, Lucas avait décidé d'ignorer les menaces d'Alexandre et il s'était jeté sur la branche. Savoir pourquoi ce gamin mettait sans cesse sa vie en danger, n'était pas une chose que ses parents avaient réussi à déterminer et ce pauvre militaire n'en saurait pas plus. A dire vrai, le petit Lucas ne savait même pas pourquoi il faisait toutes ces choses, il aimait la vie, s'amuser et se sentait peut être plus vivant en faisant toutes sortes de bêtises mais, il n'était peut être pas encore assez mature pour se rendre compte de ce qu'il faisait. A une époque, des médecins avaient dit au couple Gailard, que leur fils soufrait d'hyperactivité et que cela passerait surement en grandissant mais, en le voyant faire de telles choses, on se demandait s'il changerait un jour, alors que cette guerre ne semblait même pas l'assagir. Quoi qu'il en était, le jeune garçon avait décidé de remettre sa vie dans celle d'Alex, un choix qui était loin d’être judicieux quand on connaissait au moins un minium ce militaire au tempérament de feu. En finalité, c'était peut être en partie pour cela que Lucas accordait sa confiance à Alex, il le trouvait un peu comme lui et voyait hélas en lui, un exemple à suivre, un mauvais exemple mais un exemple quand même.

Au moment de tomber, le gamin turbulent avait lâché la branche qui s'était brisée et il était lourdement tombé dans les bras d'Alexandre, chutant avec lui au sol mais amortit. Comme il se l'était imaginé, Lucas avait été rattrapé par le militaire mais à cet instant, il aurait peut être mieux fait de se taire un peu au lieu de rigoler.

«- Whoua! t'as vue ce saut?!»

A cet instant, le soldat avait poussé un peu brutalement le gamin sur le coté et ce dernier avait alors roulé dans la neige. Lucas s’essuyait un peu le visage et crachait au sol la neige qu'il avait engloutit et portait ensuite son regard sur Alexandre, qui semblait fou de rage. Ce dernier était rouge de colère, il hurlait, insultait et s'énervait de plus en plus, tendit que derrière lui, son chien s'était mit à grogner. Habituellement, Lucas se faisait souvent engueuler mais jamais avec autant d’intensité et si méchamment. Alors que d'habitude il semblait être indifférent aux reproches qu'on lui faisait, cette fois il ne savait plus où se mettre et pire encore, il sentait les larmes lui monter aux yeux. Au bout d'un moment et tendit qu'il baissait la tête comme un chien battue, le jeune garçon commençait à avoir les lèvres qui tremblaient et il se mit pleurer silencieusement, laissant les larmes couler sur ses joues. A dire vrai, même si Lucas avait de la peine, se faire recadrer ne lui faisait vraiment pas de mal et jusqu'à maintenant, on lui avait peut être laissé trop faire les choses et cette nouvelle autorité était peu être une bonne chose. Mais hélas, ce jeune garçon ne voyait pas les choses comme cela et se sentait comme trahi et ne comprenait pas pourquoi ce type qu'il considérait comme son grand frère, s'énervait autant.

«Je..pourquoi tu...t'as..pas le droit de...»

Quand Alexandre tendait ensuite une main au gamin pour qu'il se relève, Lucas la repoussait violemment et se relevait. Il restait un moment muet en regardant le militaire, puis il lui bondit dessus en lui mettant des petits coups de points, qui ne lui causaient sans doute aucune douleur. Lucas était en pleur et il se mettait à hurler sur Alexandre.

«T'as...p..as le dr...oits d'me PARLER COMME CA ! ! J'sa..vais que.. tu me rattra...perais, t'es mon grand-fr....ère et toi et Manu vous êtes ma seule famille maintenant...»

Lucas avait fini par se calmer un peu et tournait ensuite le dos à Alex et se dirigeait vers un arbre, un peu en retrait et la tête plaquée contre le bois, il pleurait silencieusement.

« J'vais devenir quoi moi si j'suis tout seul et que j'sais pas comment survive? Je sais pas si je reverrais mon grand-père et me parents et j'veux pas mourir à cause de la guerre. Maintenant j'suis tout seul, j'ai eu dix ans au mois de janvier et il y avait personne pour me le souhaiter et me donner des cadeaux... J'suis désolé si je suis un crétin et un taré, les Pioux aurons cas me manger dans les bois, comme ça tu seras tranquille....»


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MessageSujet: Re: Petite leçon de survie [PV: Alexandre M. Reh]    Jeu 8 Mai - 15:28



J’étais fou de rage. Vraiment. Ca, c’était certain. Fou de rage, oui. Mais contre qui ? Voilà qui restait encore à déterminer. Contre lui, c’était à peu près certain, vu la frayeur qu’il venait de me causer. J’entendais encore son exclamation si… Alexandre. - Whoua! t'as vu ce saut?! Comme si j’avais pu le louper, ce fichu saut. En temps normal, s’il s’était réceptionné de lui-même, ou autre, je me serais exclamé la même chose à peu de chose près, avant de lui proposer de sauter d’encore plus haut, mais là… irresponsable. C’était le mot qui convenait le mieux pour décrire le mioche qui chialait maintenant. Comme si j’avais la tête d’un mec capable de consoler un mioche. B#rdel. Il n’avait pas compris que j’étais pas une maman poule voire tout simplement une nounou, ce gosse ? Déjà que je n’étais pas du genre patient, mais s’il commençait à renifler comme un chien battu, j’allais le ramener au camp par la peau du cou pour le lâcher au milieu de la pseudo école qui s’était formée. « Et arrête de chialer, b#rdel. Assume ! » C’est brillant… c’est magnifique de voir comme tu sais parler aux gosses, Alexandre. Ouais, carrément ; J’étais pas le pédiatre de la famille, c’était Manu. Moi j’étais le gosse qui préférais foutre un poing dans la g#eule de l’autre plus que de communiquer par la parole, alors bon. Il ne fallait pas trop m’en demander. «Je..pourquoi tu...t'as..pas le droit de...» De quoi ? J’avais pas le droit de quoi ? « J’ai tous les droits à partir du moment où tu viens de faire une c#nnerie dont je me serais pris dans les tronches toutes les retombées. » rétorquai-je, acide avant de lui tendre néanmoins une main pour l’aider à se relever. Et lui demandant au passage s’il n’avait rien, tant qu’à faire. Sa réaction me tira un début de sourire, puisqu’il écarta ladite main, de mauvaise humeur. Sa violente réaction, je l’imagine du moins, aurait fait froncer les sourcils d’un adulte normal, mais je la considérai avec un léger sourire moqueur, lorsqu’il commença à me donner des coups de poing sans aucune force. Au moins, il arrêtait de chialer. Un peu. «T'as...p..as le dr...oits d'me PARLER COMME CA ! ! J'sa..vais que.. tu me rattra...perais, t'es mon grand-fr....ère et toi et Manu vous êtes ma seule famille maintenant...» Lorsqu’il se décala, et se calma encore un peu plus, je croisai les bras en ignorant le pincement de mon épaule, et je le regardai en soupirant discuter avec l’arbre le plus proche. « C’est bon, t’as fini ? Tu sais que l’arbre va pas te chanter une berceuse ou essuyer tes larmes ou une c#nnerie dans le genre, j’espère. » Parti dans ma phrase où perçait un peu d’exaspération – j’ai jamais appris à gérer un gosse qui chiale, bon sang d’bois – je faillis manquer ses premiers mots lorsqu’il reprit la parole, et je m’approchai pour mieux l’entendre parler, m’adossant au tronc. « J'vais devenir quoi moi si j'suis tout seul et que j'sais pas comment survive? Je sais pas si je reverrais mon grand-père et me parents et j'veux pas mourir à cause de la guerre. Maintenant j'suis tout seul, j'ai eu dix ans au mois de janvier et il y avait personne pour me le souhaiter et me donner des cadeaux... J'suis désolé si je suis un crétin et un taré, les Pioux aurons cas me manger dans les bois, comme ça tu seras tranquille....» Je soufflai à nouveau d’exaspération. « T’arrêtes un peu de raconter des c#nneries, Lucas ? » Décroisant les bras, je posai une main hésitante sur son épaule, lui tapai dans le dos avant de le forcer à se tourner vers moi. Je m’accroupis alors pour me mettre à son niveau. Qu’est ce qu’il dirait, Manu, dans ce genre de situation ? Bon, d’accord, dans un premier temps, il crierait pas autant. Mais bon. « Ecoute bonhomme. De un, t’es pas tout seul. De deux, je t’apprends à survivre. De trois, Manu et moi, on est suffisamment tenace et têtu pour pas te laisser crever. Et de quatre, t’es un crétin et un taré, mais je te ferais remarquer que je suis pareil et que Manu n’est pas mieux. » Ca me gonflait de jouer à l’adulte responsable, sérieux. Mais là, je voyais bien qu’entre trois troncs d’arbres et deux lapins, il n’y avait pas grand monde pour jouer le rôle à ma place. Et j’allais quand même pas ramener un gosse en pleurs au camp, on allait croire que je l’avais martyrisé. « Alors les Pioux vont pas te bouffer tout de suite, et tu vas pas te débarrasser de moi tout de suite, okay ? » Et sinon… « Et sinon, si j’ai gueulé, c’est que tu m’as foutu la trouille. Perso, je préfère que tu t’entraînes à viser un tronc d’arbre avec un couteau suisse, plutôt que tu joues au gibbon à grimper dans un arbre, même si tu te débrouilles plutôt pas mal. » Pour se débrouiller, c’était sûr que le gosse avait géré pour monter aussi haut aussi rapidement. « Et surtout, arrête de chialer, s’il te plait. » Je le lâchai pour aller chercher l’arc à moitié fait, le couteau et la corde que j’avais lâchés dans la précipitation. En quelques mouvements de couteau, deux entailles et deux nœuds, je finalisai le premier arc qui, s’il n’allait certainement pas briller par sa précision et sa finesse, allait me permettre de le donner à Lucas le temps que je m’amuse à finaliser un vrai arc de compèt, ce soir avant de croiser Val’. « Allez, mon petit Gibbon, viens voir. » Je lui tendis l’arc court. « C’est pour toi. »

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