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MessageSujet: Girls gone wild {Marielle   Jeu 1 Mai - 14:30

Girls gone wild



La vie dans le campement s’organisait tant bien que mal. On retrouvait même une certaine forme de quiétude. Oh, bien sûr, on n’était pas à Disneyland mais depuis quelques temps, et cela faisait longtemps que cela n’était pas arrivé, on se prenait à croire que le temps de la survie était passé et qu’il fallait à présent reconstruire un monde en déshérence. Jenna avait survécu à la boucherie de Louisville. Elle s’en était remise mais continuait souvent à repenser à tous ces morts, qu’elle avait pour certains bien connus. Mais elle était une battante, elle se devait d’avancer, de ne pas regarder en arrière. Ses proches avaient survécus, Marielle, celle qui était devenue de fil en aiguille une amie, et bien évidemment Raulne. Leur rapprochement s’était renouvelé depuis la première fois qu’ils avaient cédé l’un à l’autre. Jenna préférait ne pas trop se poser de questions. Elle avait envie de le voir, elle le rejoignait dans sa tente et vice-versa. Mais ce qui était parfaitement étrange, c’était ce que Raulne lui avait balancé la première fois qu’ils avaient couché ensemble, dans ce fossé miteux au milieu d’ennemis. Que c’était la seule et unique fois et qu’elle ne devait en parler à personne. Pourtant, cela faisait maintenant bien plus qu’une fois. Et c’était Raulne qui lui avait sauté dessus à nouveau. Comme quoi, ça devait le travailler quand même.

Jenna ne concevait pas spécialement de fierté de se taper son supérieur. Non, elle ne se posait même pas la question. Lorsqu’elle était sur le terrain, elle était comme à son habitude, taquinant le lieutenant comme si rien n’avait changé. Impossible pour ces collègues de voir une différence de comportement. Elle appréciait leurs jeux sous la couette. Bien sûr, elle recherchait la présence de Philippe, ce qui signifiait d’une façon ou d’une autre qu’elle était liée à lui. Jenna était une survivante. Elle savait qu’il ne fallait jamais s’attacher à quelqu’un. Sinon, au moment d’appuyer sur la détente, le doigt peut trembler et on peut y laisser sa peau. On n’était pas de marbre pourtant, tout fantôme soient-ils. Elle s’était bien attachée à Marielle et elle protégerait son amie envers et contre tout.

Marielle… Cela faisait quelques temps qu’elles ne s’étaient pas vues en dehors de leurs missions de reconnaissance. Jenna lui avait donné rendez-vous au point de distribution de ravitaillement afin qu’elle mange le peu qu’on pouvait leur donner tout en discutant entre filles. Cela faisait du bien à la sniper d’avoir une amie, Marielle était comme elle, une femme combattante, fière et d’une efficacité redoutable. Jenna respectait énormément son amie et lui faisait entièrement confiance. Tellement confiance qu’elle était allée jusqu’à lui confier son secret. Elle avait couché avec Raulne. Marielle ignorait cependant que cela avait continué. Elle ne tarderait pas à le découvrir. Jenna s’était installée un peu à l’écart pour ne pas être dérangée. Elle se méfiait des membres du camp et ne tenait pas spécialement que son secret soit divulgué.

Alors qu’elle était plongée dans ses pensées, elle vit arriver son amie. Elle se leva et lui adressa un grand sourire en lui faisant la bise.

Mari ! Ca fait plaisir de te voir. La forme depuis hier ?





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MessageSujet: Re: Girls gone wild {Marielle   Ven 2 Mai - 21:31



Girls gone wild

Cela ne faisait que très peu de temps que nous nous trouvions au camp D57. D’autant plus pour moi qui m’y étais retrouvée sans bien savoir comment j’y étais arrivée. Me réveiller dans un lieu inconnu pour finalement apprendre que j’avais passé un mois dans le coma, être confrontée à de nouvelles responsabilités… J’avais besoin de m’adapter, et rapidement, mais ça n’était pas si aisé. Je n’avais toutefois pas réellement le temps d’y penser, et de trop analyser la chose. Les tâches étaient nombreuses et mon esprit occupé. Je ne pourrais pour autant ignorer mon incompétence, et ma difficulté à être sur le sol ferme. Je n’en avais pas parlé, et ne l’avais pas même réellement réalisé jusqu’à ce que l’on arrive à la station D57, je crois, mais je le vivais assez mal. J’aurai du être soulagée, pourtant, d’avoir atteint un tel lieu. Me sentir plus en sécurité que sur les routes… Mais comment se réjouir de retrouver une certaine stabilité, quand l’incendie de Louisville et la dangerosité du trajet m’était inconnue, autrement que par ce qu’on m’en avait rapporté ? Je soupirais, alors que j’allais voir Emmanuel pour une vérification de routine de mon état. Je n’avais pas marché pendant un mois, ne m’étais pas alimentée, et il craignait que je ne me dépense trop… à raison, mais ça, je ne comptais pas le reconnaître.

Une fois que je l’avais vu, je m’étais donc dirigée vers le centre de rationnement – on ne pouvait pas dire que je ne souffrais pas de la faim. Je faisais juste avec plus ou moins bien selon les jours. Aujourd’hui, ça allait… Surement parce que j’étais trop préoccupée par tout le reste, davantage que par le fait de ne pas manger à ma faim. Je savais que Jenna m’y attendait, alors je pressais un peu le pas, même si je ne pouvais avancer aussi vite que je le souhaitais et boitais du fait des plaies à ma jambe. Peu importait. J’avais encore du mal à savoir comment considérer la jeune femme. Bien sûr, je l’estimais. Elle était une excellente militaire, et avais été confrontée aux mêmes préjugés que moi, s’était battue comme moi. Au delà de ça, elle était devenue ce que l’on pouvait appeler une amie… je crois. Je n’en ai jamais réellement eue, je ne suis pas vraiment rompue à l’amitié entre femmes. C’était nouveau pour moi, mais appréciable. Juste perturbant. Mais je me retrouvais en elle, et notre parcours similaire nous avait clairement rapprochées.

Je sortais du point de distribution, quand je la vis, à l’écart. Parfait. Nous pourrions discuter sans craindre d’être dérangées ou même entendues. Pas que je n’avais réellement quoi que ce soit à dire… Ou plutôt si. Je voulais lui demander des conseils. Savoir comment elle s’y prenait, pour être aussi à l’aise au sol. Lui dirais-je que je doutais de mes capacités à seconder Comet durant les expéditions ? J’étais censée la diriger, elle aussi… Mais je ne doutais pas qu’elle se plierait à mes ordres, même balbutiants, même hésitants. Elle m’aiderait, sans aucun doute. Et intelligemment, sans saper mon autorité. Oui, je devrais lui en parler. Mais je devrais aussi lui parler de Bertin. C’était ce qu’on faisait, entre filles, non ? Parler des mecs ? Probablement. Bon, je ne lui avais pas parlé de Comet… Sa façon de me regarder passait pas inaperçue. Mais je savais pas quoi en penser. Alors c’était pas important. Et puis il me prenait la tête. Et ça, elle le savait. Et puis, y’avait plus à dire sur Bertin… Ça faisait quoi ? Trois jours, peut-être, qu’on avait fait plus ample connaissance... sur un certain plan.

Bref. Je reprenais le contrôle de mes pensées, souriant à mon amie. « De mieux en mieux. Et toi ? » Mes confessions viendraient plus tard.

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MessageSujet: Re: Girls gone wild {Marielle   Dim 25 Mai - 20:33

Girls gone wild



Jenna observait les alentours, les gens fatigués et usés. La survie c’était dans la chair, dans le mental. Si le mental ne suivait pas, on crevait la gueule ouverte. C’était aussi simple que ça. Une fureur de vivre, une volonté d’acier, voilà ce qui avait amené ces hommes et ces femmes ici. Jenna l’avait toujours ressenti et c’était pour ça qu’elle était toujours là aujourd’hui. Les fantômes étaient entraînés à supporter des choses que peu d’êtres seraient capables d’endurer. Jenna ne s’enorgueillissait nullement de pareil atout. Etre un survivant n’avait pas que des avantages, loin de là. On vivait avec la culpabilité. Celle qui vous taraudait quand vous repensiez aux copains morts tandis que vous respiriez toujours l’air vicié. Celle qui vous faisait vous réveiller la nuit, la sueur perlant sur le front en se rappelant les vies que vous aviez vous-même prise. On finissait par faire avec. On faisait taire cette saloperie en se shootant à l’adrénaline, en vivant sa vie dangereusement. Jenna n’était pas une tête brûlée mais elle ne pouvait pas vivre sans ce but, la raison de son existence.

Le lien qui nous unissait avec Marielle était perturbant pour Jenna. Elle n’avait jamais été quelqu’un de très démonstratif ni de très douée pour les relations d’amitié féminine. Evoluant rapidement dans un milieu d’hommes, elle n’avait pas beaucoup eue d’amies. Elle ne savait pas encore comment se comporter mais elle apprenait petit à petit et cela lui faisait beaucoup de bien. Seule une femme pouvait comprendre ce qu’elle traversait. Avec Marielle, pour la première fois, elle pouvait retirer son armure de sniper sans crainte, révélant la femme qui sommeillait en elle avec ses doutes, ses craintes et ses sentiments. En l’occurrence, elle pensait à ce qu’elle allait bien pouvoir lui dire concernant Raulne. Leur relation continuait, ils étaient amants. Nul amour là-dedans, du moins voulait-elle s’en persuader.

Jenna vit enfin son amie arriver. Marielle accusait le coup, tout comme elle. Elle était toujours une belle femme mais les privations avaient eu raison de ses rondeurs. Tout comme Jenna. On ne peut pas dire qu’elles étaient affamées mais les gros plateaux repas c’était de l’histoire ancienne. La sniper avait fait exprès de se tenir à l’écart du gros de la population. Ainsi les deux femmes allaient pouvoir parler tranquillement, sans risque d’être entendues. Marielle lui adressa un grand sourire et s’installa en face d’elle. La jeune femme l’assura qu’elle allait de mieux en mieux. Jenna fut ravie de l’entendre. Elle-même récupérait de sa blessure au ventre qu’elle avait subi durant les événements de Louisville. Elle adressa un sourire à Marielle.

Ravie que tu aies repris des forces. Moi, ça va, je dois dire qu’il y a deux trop petites choses de changé. Je ne sais pas trop comment commencer mais… tu sais, je t’avais dit pour ma petite escapade avec Raulne… Je… Tu n’en parles pas, Mari, hein ? Et bien, on a remis ça à dire vrai.

Jenna affichait un sourire mi-amusé mi-gêné.





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MessageSujet: Re: Girls gone wild {Marielle   Sam 31 Mai - 0:40



Girls gone wild

La situation était tellement étrange. Moi et Jenna, assises là, comme si… Comme si on faisait le mur et qu’on cherchait à ne pas se faire repérer, comme si on s’était donné rendez-vous pour faire des choses illégales, ou tout simplement comme si on était à la fac, en pause entre deux cours, à mater des mecs qui passaient. L’idée était purement et hautement ridicule, mais je ne pouvais me l’enlever de ma tête, alors que nous étions là à côté du lieu de ravitaillement, isolées et dissimulées aux regards. Je laissais échapper un petit rire. « Désolée… Je suis pas habituée, ça me fait bizarre. » Même avec Jenna, les choses n’étaient pas comme ça, généralement. Elle était comme moi, pas habituée à ce genre d’échanges, de contacts. J’aurai parié que si on s’était rencontrées avant cette presqu’apocalypse, on aurait plutôt été du style à partager des soirées devant un film d’action, à boire et à dire des conneries. Et à balancer les sujets importants au milieu d’une remarque futile, juste pour s’en débarrasser. Ou à ne pas en parler du tout. Mais il fallait croire qu’alors que tout ce qu’on avait connu changeait, les personnes aussi.

Peu importait. Il fallait s’adapter, et c’est ce que nous faisions. Et nous avions certainement plus de facilité que les civils. C’était le lot de notre métier, non ? La guerre, les débordements, et d’y mettre fin chacun à notre niveau ? Peut-être. En tout cas, c’était comme ça que je préférais le voir. J’étais préparée à y faire. Je pouvais y faire face. J’y arriverai, et je m’en relèverai la tête haute. Comme toujours. Comme Jenna le ferait. C’était pour ça que je pouvais lui sourire, presque entièrement sincère. Rien n’était parfait, et peut-être que rien ne le serait plus jamais, mais s’apitoyer ne servirait à rien. Et lutter contre le changement non plus. Cette guerre ferait de nous de nouvelles personnes, et il n’y avait qu’à l’accepter. Je ne savais pas si j’étais défaitiste, réaliste, un peu des deux… Mais c'était sans importance. Avancer et accepter, s’adapter, tel était le crédos que l’on devait suivre.

Alors je souriais, et malgré le côté bizarre de la situation, de ma relation avec la sniper, j’essayais d’être détendue. D’avoir une vraie conversation amicale. Qui mieux qu’elle pour me comprendre, alors qu’on était similaires en beaucoup de points ? Trop peut-être. Si nos caractères étaient bien différents, notre parcours pas tant que ça. C’était ça, qui nous avait rapprochées. Je la regardais, légèrement surprise, alors qu’elle parlait. Des changements ? Si ça n’était que des choses bénignes, elle n’en aurait pas parlé. Ou pas comme ça. Pas hésitante, pas mal à l’aise. Y avait-il eu quelque chose de grave ? Je laissais bien malgré moi échapper un soupir de soulagement, en l’entendant. Je réprimais un rire, de voir son air gêné. Parce que je savais que je serai aussi mal à l’aise qu’elle, si j’en venais à parler de Bertin. Et qu’elle n’avait pas besoin que je me moque de son côté adolescente qui annonce qu’elle a embrassé un garçon pour la première fois. Tout comme je garderai mes a priori sur Raulne.

« J’en parlerai pas. Ou alors à un caillou, si le ciel me tombe sur la tête, et que je deviens folle. Mais a priori, les cailloux parlent pas. Sauf si on m’a menti. T’en penses quoi ? Je lui adressais un petit clin d’œil : je n’allais pas changer de sujet, c’était juste pour détendre l’atmosphère. Mais… Depuis quand ? Régulièrement ? Ca… implique quoi ? » Elle comprendrait très bien la question. Est-ce que c’était juste anodin, ou non ? Je n’avais aucune idée du ressenti de Jenna à ce sujet, qu’on avait brièvement évoqué lorsque Raulne était tombé dans ses bras, sans réellement que je sache pourquoi. Le savait-elle elle-même ?

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MessageSujet: Re: Girls gone wild {Marielle   Sam 31 Mai - 10:39

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C’était inattendu. Etrange. Dans un autre monde, dans une autre vie, elles auraient pu en cet instant être attablées à la terrasse d’un café, à discuter des dernières nouvelles. Puis, elles seraient allées faire du shopping bras dessus bras dessous avant de manger une glace. Des gestes anodins, futiles, mais qui n’étaient plus que de lointains souvenirs. Une époque révolue où ils vivaient innocemment. Enfin, innocemment était un bien grand mot. Jenna avait été militaire une bonne partie de sa vie, alors l’innocence… Mais elle avait des permissions et le monde était bien plus radieux que maintenant. Jenna pouffa à la remarque de Marielle.

Je dois dire que moi aussi, ça fait bizarre…

Si les deux femmes s’étaient connues avant la Guerre, qu’auraient-elles fait ? Seraient-elles devenues bonnes amies ? Sans doute. Elle était faite du même bois dur et solide. Elles auraient peut-être noué une amitié sincère, se serait donner rendez-vous pour des soirées entre filles et autres choses du même genre. Cela paraissait tellement loin de leur quotidien que c’en était presque risible. Les deux femmes étaient loin d’être des midinettes. Elles avaient évolué dans des mondes d’hommes et n’avaient pas eu le choix, c’était s’adapter ou mourir.

S’adapter… Les fantômes avaient été entraînés pour cela, toute leur vie consistait en une adaptation constante, impérieuse, à leurs conditions de vie. Pas étonnant qu’ils aient survécu jusque là. Marielle était exactement comme elle à ce niveau-là. Une guerrière, une battante. Une femme qui ne se laisserait pas abattre, quoi qu’il puisse advenir. Une femme qui ne se plaindrait jamais de ses déboires, quels qu’ils soient. C’est ce que Jenna aimait chez Mari, ce côté miroir, certes perturbant mais par un autre côté rassurant. Rassurant de se rendre compte qu’on n’était plus seul. Jenna n’avait jamais vraiment été douée pour les relations d’amitié entre femmes. Marielle était l’exception qui confirmait la règle. Son autre elle-même. Son alter ego. Elle avait beaucoup de respect pour la jeune femme.

Les deux amies semblaient se détendre au fur et à mesure du temps qui passait. Jenna avait pas mal de choses sur le cœur, qu’elle n’avait dit à personne. Et s’il y avait bien une seule personne à qui elle pouvait se confier, c’était Marielle. Elle n’en montrait rien mais elle ne savait plus trop quoi penser. Elle était un peu perdue. Et elle décida de crever l’abcès rapidement. Comme en mission lorsqu’on a un projectile planté dans la chair. Valait mieux serrer les dents et l’arracher d’un coup, même si ça faisait un mal de chien. Et ben là, c’était exactement pareil. Tourner autour du pot, ce n’était pas le genre de Jenna. Elle avait donc évoqué sa relation avec Raulne, avec une gêne palpable et en même temps un soulagement d’évoquer enfin la chose avec une amie. Elle avait bien perçu le vague sourire sur les lèvres de Marielle. Jenna devait avoir l’air comique. Une pauvre ado émoustillée. Marielle l’assura qu’elle ne parlerait pas, ce qui soulagea également Jenna, bien qu’elle ne se faisait pas spécialement d’inquiétude à ce sujet. Elle soupira à la question de la jeune femme.

A dire vrai, j’en sais foutre rien. On s’amuse bien, je peux pas dire le contraire. Il est parfois très tendre même. Je… Je ne sais pas, je ne sais plus quoi en penser. Tu sais bien que je ne me pose pas de questions, je vis sur l’instant. Mais par moment, je… Je me suis prise à imaginer plus qu’une simple histoire de cul… Je me fais des illusions, je le sais.

Les autres questions de Marielle ne tardèrent pas à pleuvoir.

Ca va faire maintenant deux mois qu’on se voit… Assez régulièrement, au moins une à deux fois par semaine je dirai… Ce que ça implique ? J’en sais rien, c’est physique et Raulne n’est pas le genre de mec à parler sentiments. Mais, je ne sais pas, il semble attaché d’une certaine manière, c’est difficile à décrire. On se taquine toujours, on se cherche, comme avant.





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MessageSujet: Re: Girls gone wild {Marielle   Mar 10 Juin - 22:28



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Même entendre Jenna pouffer m’était étrange. Pour peu, ne l’aurais-je pas connue mieux que ça et n’aurais-je pas su qu’elle était une dure à cuire, je l’aurai dévisagée comme si on m’avait lobotomisée et fait passer pour quelqu’un que je n’étais pas. Et pourtant, c’était bien moi, à essayer de me comporter comme… comme on l’attendait de moi. Chose que j’avais toujours fuie. Mais peut-être que je voulais juste être différente, un court instant. Une autre. Oublier qu’au final, ce qui arrivait, c’était ma vie. La guerre, me battre. Une armée n’a pas vraiment lieu d’être, en temps de paix, n’est-ce pas ? Mais de là à imaginer que je subirai comme ça… Que ça arriverait chez moi. Certainement pas. Alors peut-être ne pouvais-je tolérer ce changement, et essayais-je d’être une autre, pour… Pour quoi ? M’assurer que ce monde était dément, et que je n’étais pas tombée sur la tête ? Partager un moment tel que celui là aurait du m’en convaincre pourtant. C’était tellement absurde. Mais… Mais ça devait faire du bien à Jenna, peut-être. Et à moi, inconsciemment ? Je ne saurai le dire.

Mais j’appréciais et estimais Jenna. Elle était l’une des rares, peut-être même la seule, personne qui n’attendait pas que je change, que je sois une autre. Pour la simple raison qu’on était trop similaires pour ça. Que je change aurait voulu dire qu’elle n’appréciait pas celle qu’elle était. Et ça… Ca, j’étais tout à fait convaincu que c’était impossible. Elle était sûre d’elle à bien des niveaux, capable, affirmée, et très bien dans sa peau. Et parfaitement en paix avec ses choix, son mode de vie, celle qu’elle était. Non, c’était improbable qu’elle veuille un jour changer. Et c’était parfait. Cela favoriserait notre compréhension, et notre entente. Même si elle avait des réactions qui me semblaient étranges actuellement. La force de l’habitude y remédierait peut-être. Surement.

Je dévisageais mon vis-à-vis, alors qu’elle m’annonçait ses frasques avec Raulne. Je me gardais bien d’évoquer le connard qu’il était – parce qu’il n’était pas plus. Et ne serait pas plus. Un macho, misogyne, méprisant, méprisable. Heureusement qu’il était doué comme militaire, sinon on aurait juste eu un mec qui pouvait plus se sentir aux commandes, et ça m’aurait insupportée. Et j’aurai probablement eu envie de lui péter la gueule. Comme parfois. Même si je n’en ferai rien. J’étais disciplinée, et je savais éviter la violence quand il le fallait. Même si j’appréciais de remettre les connards à leur place par un poing bien placé.

Le soupir de Jenna me fit craindre le pire. Qu’attendait-elle d’eux, de cette relation ? Pas trop, je l’espérais. Le début de ses paroles me parut encourageant. Mais j’ouvris les yeux grands comme une soucoupe, en l’entendant le qualifier de tendre. Raulne ? On parlait bien du même ? Il me semblait pas briller par sa tendresse. Vraiment pas. Je jugeais peut-être à tort, mais… Non, je ne pouvais y croire. Jenna allait droit dans un mur. Clairement. Et je n’allais pas prendre de gants pour le lui dire, parce que ça n’était pas ce qu’elle attendait de moi. J’étais une amie, mais elle savait que je brillais par ma franchise – même quand c’était déplaisant, surtout quand c’était déplaisant.

« Attends… Tendre, Raulne ? Tu sais aussi bien que moi que c’est un enfoiré de première, qui frapperait sans hésiter si on lui en donnait l’occasion. Peut-être pas une meuf, mais quand même… Et… Plus qu’une histoire de cul ? Je soupirais à mon tour. Je veux pas te décourager, mais on est en guerre. Même s’il voyait plus loin que ça, et je suis désolée d’en douter mais ça me semble improbable vu le personnage, n’importe quoi de mauvais peut arriver. Tu devrais pas t’attacher comme ça… Et… Si vous vous taquinez toujours, peut-être que pour lui, rien n’a changé ? Vous le faisiez avant de baiser, parce que c’est ce que c’est. Tu ne penses pas que c’est juste un à côté plaisant, qui ne mènera à rien ? »

Je voulais pas la blesser, mais je voyais rien de plus important que de lui enlever ses œillères. Jamais je ne croirais que Raulne voudrait autre chose que se vider avec qui se présentait.

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MessageSujet: Re: Girls gone wild {Marielle   Sam 5 Juil - 23:24

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C’est sûr que pour Marielle, qui la connaissait mieux qu’elle-même, Jenna devait sembler beaucoup changée. Elle n’avait jamais été fleur bleue, elle était une femme dure, capable, ne souhaitant nullement dépendre d’un homme pour quelque raison que ce soit. C’était étrange de se retrouver avec Mari ici, on avait presque l’impression que la guerre n’avait pas eu lieu, qu’elles n’étaient que deux bonnes copines, à la terrasse d’un café à parler de leurs problèmes de cœur. C’était si différent de ce qu’elles étaient d’ordinaire… Mais la guerre pouvait changer les gens et pas forcément pour le mieux. Jenna estimait qu’elle s’en était plutôt bien sorti. Elle avait toujours résisté au découragement qui pouvait se saisir de certains de ses collègues et elle était une survivante dans l’âme. Tout comme son amie en fait. Son alter ego qui était devenue à présent sa supérieure. La situation était cocasse mais la sniper comptait faire honneur à leur amitié et se montrer respectueuse de l’autorité de Marielle qui, elle n’en doutait pas une seule seconde, ferait une super chef de groupe.

Ce qu’elle aimait avec Mari, c’était sa franchise. Le fait qu’elles pouvaient tout se dire sans que l’autre ne cache ce qu’il en pensait. C’était une relation sans fard, sans aucun faux semblant et dieu sait que cela devenait de plus en plus rare en ces temps difficiles. Jenna ne mâchait jamais ses mots. Et elle comptait sur son amie pour faire de même. Jenna se sentait tout de même assez perdue avec cette histoire de Raulne et elle. Et un conseil était naturellement le bienvenue, surtout de quelqu’un qu’elle respectait énormément. Bien sûr, elle se souvenait que Philippe avait été bien clair avec elle, personne ne devait savoir. Mais Marielle tiendrait sa langue, elle lui faisait entièrement confiance là-dessus.

Jenna avait donc fini par raconter à Mari ses mésaventures avec son nouvel amant. Et oui, ça durait, contre toute attente. Certes, ils n’assouvissaient qu’un besoin physique mais ils semblaient s’attacher plus ou moins l’un à l’autre. Jenna n’était pas née de la dernière pluie. Et elle savait que ce n’était pas une bonne idée de s’attacher à quelqu’un de la sorte. Cela risquait de mal finir. Très mal, pour l’un comme pour l’autre. La sniper avait évoqué Raulne en sachant pertinemment que Marielle ne pouvait pas encadrer le lieutenant. Elles avaient déjà eu l’occasion d’échanger sur l’homme et ses nombreux défauts. Alors Jenna se doutait bien que Marielle n’allait certainement pas être ravie de la nouvelle.

Jenna soupira et ce soupir n’échappa nullement à Marielle. Elle allait être d’une franchise à toute épreuve. Et c’était au fond ce qu’attendait Jenna. Cela ne voulait pas forcément dire qu’elle suivrait le conseil de Marielle mais tout du moins elle avait besoin d’entendre l’avis de son amie. Elle se préparait d’ailleurs au pire. C’était étonnant pour Mari d’apprendre que le lieutenant pouvait être tendre. Mais c’était la vérité pure et dure. Jenna écouta donc les remontrances de son amie qui l’assurait qu’elle se fourvoyait. Jenna hocha la tête.

Oui, je sais , Mari’. C’est un mec brutal et lourdaud parfois, j’en ai plus que conscience mais… J’ai découvert une autre facette de lui qui est bien différente. Et puis, tu me connais aussi et tu sais que je ne suis pas franchement une romantique.

Jenna réfléchit un bref instant à ce que Marielle lui disait.

Tu as sans aucun doute raison, je ne peux pas dire le contraire. S’attacher n’est pas une bonne idée mais… ai-je réellement le choix ? J’aimerai bien t’y voir ! Quand ça te tombe sur la gueule, ça ne prévient pas. Après, peut-être que tu as raison et que lui ne voit ça que comme une relation de cul associée à celle qu’on avait avant… J’en sais rien, je t’avoue. Je suis juste bien avec lui, pas besoin d’aller chercher plus loin, non ? On verra bien où ça nous mènera.

Jenna haussa les épaules.

Bon, et toi alors ? Du neuf à ce niveau-là ?





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MessageSujet: Re: Girls gone wild {Marielle   Ven 11 Juil - 16:05



Girls gone wild

Rien n’était immuable. La guerre l’avait prouvé, l’incendie à Louisville qui avait détruit la ville qui existait depuis plusieurs années aussi, ce moment hors du temps encore plus. Nous avions tous changé. En bien, en mal ? Je n’aurai su le dire. Je ne connaissais que moi, de toute façon, d’avant la guerre. Moi, et Alexandre. Et de ce que je voyais, Alexandre n’avait pas changé. Quoi que… Il s’était mis en couple avec Valentine, la jeune femme qui pourrait peut-être aider Éléanore à cultiver des plantes, si notre raid était utile. Et moi… Je ne me reconnaissais pas vraiment. Ressasser des trucs sur ma famille, douter comme je le faisais… C’était pas moi. La seule chose normale que j’avais faite, je crois, c’était coucher avec Bertin – c’était moi : faire ce qui me plaisait, être détachée, sans conséquence. Alors que Comet… Il s’était rien passé, mais c’était déjà ambigu. Mais je voulais pas y penser. Alors je me concentrais sur celle qui était devenue mon amie, qui agissait étrangement. Mais peut-être avait-elle toujours été un peu comme ça, au final ? J’avais sincèrement du mal à y croire. Elle était efficace, dure, à même de prendre soin d’elle. De ne pas se rendre dépendante de qui que ce soit, encore moins d’un homme, pour avancer. S’ils entravaient sa progression, elle les verrait très certainement comme des obstacles. Ou du moins la voyais-je ainsi.

Mais ce qu’elle disait sur Raulne… Ca me surprenait, réellement. Me mettait même un peu mal à l’aise. De la tendresse ? Plus qu’une histoire de plaisir à prendre ? Ils se voyaient régulièrement, elle le disait, mais quand même. Je pouvais totalement comprendre à l’idée que c’ait été physique. C’était bien pour ça, au final, que j’avais invité Bertin à me rejoindre dans ma tente. Que j’avais cédé à mon envie, que nous avions couché ensemble. Mais ça ne voulait pas dire que c’était plus. Il n’y avait rien entre Bertin et moi, qu’une certaine amitié avec des avantages, à renouveler peut-être. Pouvait-elle donc dire que c’était plus avec Raulne ? Surtout s’il parlait pas ? Enfin, je pouvais pas l’imaginer autrement que faisant son affaire, et n’allant pas au delà. Et ne voulant pas plus. Et il se comportait comme avant, elle le disait. Je sous-estimais pas le ressenti de Jenna, mais j’étais quand même sacrément sceptique. Mais je ne pourrais pas en juger par moi-même – quoi que, si j’étais une salope, j’aurai fait des avances à Raulne juste pour appuyer mon point de vue. Mais j’en étais pas une, et j’en avais aucune envie de toute façon. Et j’espérais bien que lui ne le voudrait jamais. Ca me donnait un peu envie de gerber, de suite.

Bref, revenons à nos moutons. Jenna. Raulne. Lui dire ce que j’en pense. Que c’est une distraction mais rien de plus. Qu’il y a plus de chance qu’ils passent leur vie ensemble parce qu’elle s’arrête prématurément à cause de cette apocalypse, que parce qu’il y a réellement quelque chose entre eux, et que Raulne est de toute façon un connard qui ne se soucie de personne. Et je ne mâche pas mes mots. Je suis peut-être un peu moins franche que dans mes pensées, mais à peine. Mais je sais qu’elle ne m’en tiendra pas rigueur. Notre amitié, c’est pas une amitié plan-plan. Elle s’attend à ce que je lui mette un poing dans la face si nécessaire, si elle merde, si elle fait des conneries, et la réciproque est vraie. Métaphoriquement… ou pas que.

« Je te juge pas, et je te dis pas d’arrêter tout. Je te dis ce qu’il en est. Fais attention, voilà tout. Ne te monte pas la tête pour rien. Tu es plus forte et tu vaux mieux que ça. Si tu te contentes du fait que tu sois bien, et que tu tombes pas de haut s’il y a un problème, parfait ! Mais fais attention, pour toi, et rien que pour toi. Et je te conseille ça professionnellement et personnellement. Tu sais que l’un et l’autre pourront avoir un impact. Alors profite, mais n’aie pas la tête dans les nuages. »

Je haussais les épaules à mon tour. Il n’y avait rien à dire de plus. En revanche, je me mordais la lèvre en l’entendant. Qu’est-ce que je devais lui dire ? Bertin, oui, au pire je m’en foutais… Comet ? Ca se trouve, je me faisais des films. Mais bon… Je lui dirai, on changerait de sujet, et basta.

« J’ai couché avec Bertin. Et c’est tout ce que c’est, et tout ce que ça sera. C’était par hasard, agréable, mais un hasard. Et sinon… Je t’en ai pas parlé parce que je sais pas, mais y’a Comet qui se comporte bizarrement des fois. J’aime pas trop ça, parce que… Je me remordais la lèvre. Putain. J’avais vraiment pas envie de le dire. Il m’attire. Et je crois que c’est réciproque. Mais c’est la merde. Bref. » Là de suite, j’aurai voulu qu’elle réagisse pas, zappe, change de sujet. Mais elle le ferait pas, j’en étais sure. Mais elle allait me dire quoi ? Des conseils girly ? Non, elle était pas comme ça, et moi non plus.

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MessageSujet: Re: Girls gone wild {Marielle   Mer 23 Juil - 22:28

Girls gone wild



La guerre avait changé les rapports entre les gens et ce, en profondeur. Comment se lier à quelqu’un lorsqu’on sait qu’il risque d’être tué le lendemain ? Est-ce même raisonnable ? Jenna ignorait jusqu’à quel point la guerre l’avait changée. Elle avait toujours été dure, sûre d’elle et de ce qu’elle voulait. Peut-être l’était-elle devenue davantage. Elle n’avait pourtant pas l’impression d’avoir beaucoup changé. Ses collègues fantômes avaient évolués mais ils étaient tout de même différents par certains aspects. La philosophie de Jenna avait toujours été de ne pas se prendre la tête. De ne pas se laisser marcher sur les pieds non plus d’ailleurs. Elle était une fonceuse et c’était sans doute ce qui plaisait à Raulne. Ils se ressemblaient beaucoup tous les deux. Plus qu’elle ne l’avait imaginé. Elle n’était pas du tout à l’aise avec cette idée. Le lieutenant commençait à occuper une place trop importante dans son quotidien et elle avait espacé leurs rencontres. Mais elle s’était rendu compte alors qu’il lui manquait. Surtout le contact de sa peau et ses remarques faussement bourrines.

Bien sûr, les remarques qu’elle fit sur Raulne eurent le don d’étonner Marielle. Jenna avait raconté ce qu’elle avait sur le cœur et la jeune femme était à présent la seule au courant. Même le principal intéressé ne l’était pas. Et Jenna préférait qu’il ne le soit jamais. Certes, elle pouvait ressentir une sorte d’attachement envers le lieutenant mais elle savait qu’il était un homme brute et frustre, bien incapable d’avoir le moindre sentiment envers elle. Elle ne ferait pas l’erreur de considérer de façon trop importante les sentiments qu’elle pouvait ressentir de son côté, sous peine de se voir promptement rabrouée et de très mal le prendre. Mais Jenna n’était pas non plus très à l’aise d’avoir avoué cela à son amie. Elle n’assumait pas du tout. C’était quelque chose d’entièrement nouveau pour elle et elle ignorait la façon de se comporter, ce qu’il fallait faire. Pour elle, la chose était simple, il ne fallait tout simplement rien faire. Continuer ce petit jeu sympathique de s’envoyer en l’air quand l’envie leur en prenait et point barre. Ce qui se passait dans sa tête devait rester dans sa tête.

Mais si Jenna s’était confiée à Marielle, c’était justement pour que cette dernière la conseille. Autrement dit, qu’elle lui dise cash si elle déconnait sévère ou non. L’amitié des deux femmes avait été construite sur la franchise, le côté direct des deux militaires l’obligeait. Bien sûr, la sniper savait que Marielle ne portait pas Raulne dans son cœur, et c’était un doux euphémisme. Elle le considérait comme un salopard fini. Peut-être avait-elle raison, sûrement même. Mais Jenna était loin d’être une enfant de chœur non plus. Et les paroles de son amie étaient empreintes de sagesse. Jenna hocha la tête et répondit :

Tu as raison, Mari. Et crois-moi, j’en ai plus que conscience. C’est pour ça que je ne lui en ai pas parlé et que je ne lui en parlerai jamais. Je me répète qu’il ne s’agit que d’une relation physique, rien de plus. Et je vais bien finir par y croire moi-même. Comme j’y croyais au début de tout ce bordel.

Ca résumait parfaitement l’évolution de ce qui lui arrivait. Mais la sniper avait demandé également des nouvelles à son amie. Après tout, elle aussi avait des aventures et si Jenna lui avait fait des confidences, il était bien normal qu’elle lui rende la pareille ! Elle hocha la tête, sourire aux lèvres.

Bertin, tiens donc. Et c’était un bon coup ?, demanda innocemment Jenna. Après tout, elle avait raté l’occasion avec Bertin qui lui faisait du rentre-dedans depuis longtemps. Depuis qu’elle fricotait avec le lieutenant, elle avait mis l’idée de côté. La suite surprit davantage Jenna. Ainsi donc, Marielle semblait dans le même pétrin qu’elle, à ceci près qu’elle avait un avantage sur elle, elle ne semblait pas avoir encore concrétiser avec Comet.

Comet semble un mec bien, je dois dire que tu n’as pas choisi le plus moche ni le plus con. Fais quand même gaffe, tu risques les mêmes problèmes que ceux que tu m’as mentionnés. Surtout qu’en tant que chef, tu te dois de faire respecter ton autorité, y compris par ce mec.





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MessageSujet: Re: Girls gone wild {Marielle   Mer 30 Juil - 11:13

Me concentrer sur la singularité de cet instant ne m’apportait rien, et ne changerait rien aux choses. C’était incongru comme situation, mais c’était comme ça et c’était tout. J’avais pas tendance à me prendre la tête sur les choses, et je le faisais déjà bien trop en ce moment, alors si je me mettais à me torturer l’esprit sur quelque chose qui ne me concernait pas directement, j’étais pas sortie. Bien sûr, j’allais pas ignorer Jenna ou lui dire que ça me concernait pas et qu’elle avait qu’à se débrouiller toute seule. J’étais peut-être pas douée pour les relations sociales, ou me comportais pas selon la ‘norme’ – une belle connerie, si vous voulez mon avis -, mais j’étais pas indifférente et sans cœur pour autant. Elle m’en parlait pas pour le plaisir, mais bien parce qu’elle en ressentait le besoin. Alors si je prenais pas de gants, j’ignorais pas pour autant son ressenti, et son besoin d’en parler. Même si j’avais du mal à réagir sans être trop dure, ou trop directe. Enfin, elle savait à quoi s’attendre, de toute façon ?

Et puis j’allais pas gentiment ignorer le fait que coucher avec Raulne était pas sans conséquence. Sauf que j’imaginais pas du tout que ça pouvait en avoir au niveau personnel. Pour moi, c’était une lubie de la militaire qui avait pas eu de relations depuis trop longtemps, et un challenge personnel, mais n’impliquait pas de sentiments. Ou un moyen d’assouvir ses pulsions, avec un mec qui lui plaisait physiquement – même si c’était un enfoiré. Enfin, je supposais qu’elle avait une vision un peu différente de la chose que moi. Je sous-estimais pas Raulne, il était bon à son boulot, mais c’était un connard. Macho, désagréable, misogyne, et j’en passe et des meilleures. Bref. Elle devait voir en lui quelque chose que je n’y voyais pas, surtout pour le trouver tendre, et attaché. J’avais pas du pouvoir cacher ma surprise, quand elle l’avait dit, mais j’allais pas non plus remettre en cause ce qu’elle disait. Elle était pas idiote, et je l’estimais capable de juger assez bien les gens. Enfin, après, personne n’était à l’abri d’une erreur de jugement, mais bon. En fait, je me prenais un peu la tête à ce sujet.

Je soupirais, me maudissant intérieurement, en me reconcentrant un peu plus sur Jenna, écoutant plus attentivement ce qu’elle disait. J’avais vraiment du mal à la croire, lorsqu’elle me disait que jamais elle ne lui en parlerait, et qu’elle réussirait à se convaincre que ça n’était que physique. J’avais jamais réellement été attachée comme ça, donc je ne comprenais pas, mais je savais que voir plus qu’il n’y avait était aisément faisable, revenir en arrière, pas franchement. Et je ne demandais qu’à croire qu’elle en serait capable, malgré mon scepticisme.

« Mais pourras-tu le faire ? J’ai jamais été dans ce cas, mais je suis pas sûre que tu puisses faire taire ce que tu penses ressentir comme ça. Vous êtes pas exclusifs, vu que c’est qu’un plan cul, tu devrais peut-être voir ailleurs avec quelqu’un dont tu te fous, non ? Ca te détacherait plus efficacement que de te marteler que y’a rien avec Raulne. Et pas avec Bertin. Je dis pas ça parce que j’ai couché avec, je m’en tape, s’il t’intéressait ok, mais joue pas avec lui juste pour ça. Enfin, t’es pas comme ça, de toute façon. Et oui, c’est un bon coup, t’aurais peut-être davantage pris ton pied qu’avec Raulne. Au moins, il est attentionné – même s’il n’y a et n’aura pas de sentiment, je suis sûre qu’il est plus doux que Raulne, plus soucieux de sa partenaire. Enfin, je dis ça, je sais pas ce qu’il en est pour Raulne, et je compte pas le savoir. Sans vouloir t’offenser, hein, je crois que je pourrais pas résister à m’énerver contre lui. »

Bon, cela dit, Comet se montrait aussi macho et misogyne par moment, et ça m’empêchait pas… Je jurais en marmonnant, soupirais. Non, je ne penserai pas à Comet comme ça. C’était mort. Il se passerait jamais rien, et jamais je laisserai notre attirance de merde évoluer. Je voulais pas, c’était tout. D’abord, ça serait créer une situation pourrie parce que je savais pas si c’était juste physique ou quoi, mais si c’était le cas, il se serait désintéressé avant, et moi aussi. Je serrais les dents inconsciemment. Et puis, c’était un con quand il s’y mettait, et j’avais pas envie de lui faire croire que j’avais envie de lui. Même s’il devait un peu s’en rendre compte. Mon orgueil était plus important, beaucoup plus. Je laissais échapper un rire jaune, avant de lui répondre.

« Si j’avais choisi, putain, je l’aurai pas choisi lui. Il est peut-être moins pire que Raulne, mais niveau remarque sur les faibles femmes et blablabla, il peut être bien con quand il s’y met. Même si ça a un peu changé. Et je sais, je compte pas faire quoi que ce soit. C’est mort. Et niveau respect, je crois que c’est mort. Tu sais combien je suis pas douée pour évoluer au sol, eh ben lui aussi. Il essaye de m’apprendre, tout ça parce que je suis supposée le seconder pour les expéditions je parie sinon il n’en aurait peut-être rien à foutre, et il voit bien que je suis pas douée. Et que je me remets en question. Mais il m’aide, sincèrement. Il me prend pas pour une bouffonne, même si ça le soule que je dise que je suis une merde qui y arrivera pas, il essaye de me pousser à y arriver. Et je suis médisante, même si je le secondais pas, il prendrait le temps de m’apprendre, comme à tous ceux qui veulent aider. Mais putain ça me gave. Je veux pas m’attacher à quelqu’un, surtout pas à un mec qui juge les femmes comme ça, et encore moins dans cette putain d’apocalypse. Il approchera pas ma tente à moins d’un kilomètre, ni moi. Jamais. »


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MessageSujet: Re: Girls gone wild {Marielle   Lun 4 Aoû - 23:05

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Marielle avait réagit exactement comme Jenna l’avait imaginé. Et cela lui faisait du bien, mine de rien. Son amie ne la ménageait pas mais c’était pas le genre et c’était bien pour cela – entre autre- qu’elle était son amie. La sniper n’était pas une femme nunuche qui aimait faire shopping et parler chiffon avant la guerre, elle ne l’était pas plus aujourd’hui. Et si elle tenait cette discussion étrange avec Marielle, c’était tout bonnement parce qu’elle en ressentait le besoin pressant, tout simplement. Le besoin de parler de sa situation tordue et compliquée à quelqu’un qui ne la ménagerait pas et qui saurait lui dire si elle déconnait complètement, ce qui était manifestement le cas. Jenna n’aurait jamais imaginé voilà quelques mois plus tôt tenir ce type de conversation avec son amie. Encore moins à propos de Raulne. Si quelqu’un avait évoqué cette possibilité, elle lui aurait ri au nez.

La description que fit Jenna de Philippe avait de quoi surprendre en effet. On ne pouvait pas dire que le lieutenant était un modèle de douceur et de tendresse, ce n’était pas ce que la sniper voulait dire. Mais le lieutenant n’était pas perpétuellement un mufle, il avait eu de nombreux gestes attentionnés à son égard, ce qui avait profondément surpris Jenna qui ne s’attendait nullement à cela. Non, en réalité, elle avait plutôt la même vision que Marielle auparavant. Raulne était un salaud et un macho de première. Mais par de nombreux gestes, il l’avait surprise. Evidemment, Jenna savait qu’elle jouait avec le feu. Et que si elle se brûlait, les conséquences pour elle seraient désastreuses. Après tout, Raulne était son supérieur. Et s’ils cessaient de coucher ensemble ? C’était illusoire de penser qu’il n’y aurait aucune répercussion sur le travail. Celui des deux qui ne serait pas d’accord avec l’arrêt de leurs amusements serait indéniablement en froid avec l’autre et chercherait à lui faire payer. Elle préférait ne pas se prendre la tête, même si elle avait conscience des enjeux. Pour le moment, ils couchaient ensemble, point barre.

Naturellement, les paroles de Jenna étaient bien naïves, elle tentait de se convaincre elle-même qu’elle pourrait faire machine arrière et considérer la relation comme purement sexuelle, sans aucune arrière-pensée. Et à l’entendre, elle paraissait presque convaincante. Sauf qu’on ne la faisait pas à Marielle qui connaissait trop bien la sniper pour se laisser prendre au jeu. Elle lui fit part de son scepticisme et Jenna l’écouta attentivement en hochant la tête.

Je n’en sais rien, à vrai dire, Mari. Tu as peut-être raison, le fait d’aller voir ailleurs pourrait me faire du bien et penser à autre chose. On est pas exclusif mais l’un comme l’autre, on se voit quand même trop fréquemment pour aller voir ailleurs… Comet… Ca pourrait être un bon plan, non ? Depuis le temps qu’il me tourne autour. Par contre, oui, tu me connais, si je couche avec lui, je lui dirai clairement que c’est juste comme ça, je ne suis pas le genre à faire miroiter monts et merveilles non plus. Mouais, je devrais peut-être faire ça en fait… Ne t’en fais pas, tu ne m’offenses pas du tout. Je ne peux pas dire que Raulne soit le meilleur caractère au monde alors je comprends parfaitement l’image que tu as de lui vu que c’est celle que j’avais moi-même il y a quelques temps.

Mais Jenna s’intéressa bien vite aux propres problèmes de son amie. Elle était donc engluée dans le même pétrin qu’elle mais elle semblait déterminée à ne pas céder. Jenna était admirative de son amie, elle lui montrait l’exemple d’une certaine façon. Mais la sniper était également sceptique sur la capacité de Marielle à ne pas céder. Tôt ou tard, les circonstances les rapprocheraient, elle parlait d’expérience… Jenna secoua légèrement la tête, comme à regret.

Tu veux mon avis franchement, Marielle ? Je pense que tu as raison, que céder à Comet n’est pas une bonne idée. Mais je suis aussi intimement convaincue que tu ne parviendras pas à lui résister ad vitam eternam. Surtout si l’attirance est réciproque entre vous. Saute-le, éclate toi et ça t’aidera peut-être après tout. L’avantage de cette putain d’apocalypse, c’est que ça a vachement simplifié les rapports entre hommes et femmes. On peut tous crever demain alors pourquoi ne pas s’accorder du bon temps, après tout ?





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MessageSujet: Re: Girls gone wild {Marielle   Mar 12 Aoû - 10:33



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Au final, même si on avait surement l’air de deux jeunes femmes qui se comportaient futilement à parler d’hommes, ça n’avait surement rien à voir. C’est pas non plus comme si on était en train de se faire les ongles, de se maquiller, de se préparer pour sortir en boite, ou de regarder un film d’horreur gore à souhait, comme des ados superficielles en manque de sensations fortes. Non, l’horreur et le gore, c’était notre quotidien. Notre métier, notre vie. Encore plus pour la sniper que pour moi. Et pourtant, c’était elle qui me parlait de la façon de se comporter de Raulne, de manière attentionnée. C’était elle, qui, contre toute raison, s’attachait à lui. Car elle avait beau dire ce qu’elle voulait, penser ce qu’elle voulait, c’était malgré tout le cas. Elle se leurrait, et elle fonçait droit dans un mur. Pour autant, je ne devais pas le lui dire aussi crument. Ca aurait été n’importe qui d’autre, que j’aurai pris aucune pincette. Là, j’allais pas en prendre beaucoup, mais un peu quand même. Lui dire qu’elle faisait la conne et que Raulne n’aurait jamais aucun attachement à son égard ne ferait que la braquer. Enfin, je pensais. Et puis je me doutais bien qu’elle n’avait pas volontairement fini par s’attacher à lui. Ca serait trop simple, si c’était le cas. Est-ce que j’avais choisi d’être attirée par Comet, moi ? Non. Et j’aurai préféré que ça ne soit pas le cas. Je préférerais que ça ne soit pas le cas. Je soupirais, essayant de chasser ça de ma tête. On ne parlait pas de moi, là, mais d’elle, et ça me convenait très bien.

Est-ce que je devais rajouter quelque chose pour autant ? Elle était loin d’être stupide, et j’étais persuadée qu’elle avait compris, sinon assimilé, ce que je lui avais dit. Et qu’elle y réfléchirait. Elle pouvait peut-être déjà avoir réfléchi, mais ça ne couterait rien pour elle d’y penser encore, seule. Enfin, elle verrait. Elle n’attendait pas de moi que je la prenne par la main, que je la ménage, ou que je la materne, et c’était la force de notre relation, alors je ne comptais pas le faire. Pas du tout, même. Je recentrais mon attention sur elle, attendant qu’elle reprenne la parole. Qu’elle réagisse, qu’elle essaye de voir les choses de mon point de vue. Si tant est que c’était possible, et qu’elle n’était pas trop engluée dans le bordel qu’elle avait mis en place, à coucher avec Raulne.

Je grimaçais quand même, à l’entendre dire qu’elle pourrait se taper Comet. Non, définitivement, ça me plairait pas ! Putain. Je me retenais de frapper mon poing contre le muret sur lequel nous nous trouvions. Difficilement. Pourquoi est-ce que ça me dérangeait autant ? Oui ok, j’avais un béguin de merde pour lui, un tout petit béguin, insignifiant. Ca ne pouvait, ne devait, être plus. Je m’y refusais, et m’y refuserai aussi longtemps que nécessaire, si ça suffisait à ce que je l’oublie. Au pire, je me casserai d’ici, prendrais la route, pour survivre autrement. Ca serait stupide, mais il était hors de question que je m’attache à qui que ce soit. Définitivement hors de question. J’étais sans attache, et je comptais le rester. Ou peut-être que j’essayais de m’en convaincre moi-même. Je m’en foutais, j’y croyais, c’était l’essentiel. Je réagissais à ses paroles, peut-être un peu trop vivement.

« Bonne idée, fais toi Comet ! Tu t’améliores, un connard pour quelqu’un d’un peu moins connard, je suis impressionnée ! Je la bousculais légèrement, pour lui signaler que je ne faisais que plaisanter. Les prouesses au pieu ne dépendaient pas de l’état de connard de tout un chacun. Non mais au moins, peut-être que tu t’attacheras pas à Comet ! De toute façon, c’est un ours, et il est tellement taciturne que tu pourras pas t’attacher ! Je l’imagine mal être comme tu m’as dépeint Raulne. Au mieux, s’il reste avec toi après coup, ça sera juste pour profiter de ton corps, pour balader ses mains sur tes formes. Enfin, je pensais ça de Raulne aussi… Mais bon, oui, pas de doute, pas d’attachement. Limite il serait capable de te prendre toute habillée pour assouvir son envie, et de se casser. De toute façon, on est que ça, à leurs yeux, des meufs bonnes à baiser et à protéger qui devraient pas porter l’uniforme, et encore moins aller sur le terrain. »

J’en faisais trop, beaucoup trop. Je cherchais à me convaincre moi-même. Et je savais que j’étais injuste, en plus. Oui, Comet pouvait être un beau connard, macho, sexiste, et convaincu que la place des femmes étaient derrière les fourneaux, et leur rôle d’être engrossées. Mais il se comporterait pas comme la première enflure finie, à prendre qui il souhaitait, comme il le souhaitait. J’exagérai, je le savais, tout ça pour contrecarrer l’attirance qu’il exerçait sur moi. Jenna le verrait. On se connaissait, maintenant, au final. Et elle verrait clair dans mon jeu. C’est pour ça que j’avais fini par lui dire. Lui dire que y’avait quelque chose. Après le speech que je venais de faire, de toute façon… Je me retenais plus, je martelais le muret, ouvrant légèrement mon poing. Bravo, Marielle. Très intelligent. Putain, mais quelle conne, mais quelle conne ! J’aurai mieux fait de me couper la langue.

Je soupirais, et secouais la tête, en entendant Jenna. Oui, peut-être que je lui résisterai pas. Surement. Non, très certainement, en fait. Vu ce que je venais de lui dire… Je me détestais, en l’instant, d’être si faible. Mais ça, je ne le dirai pas. De toute façon, elle s’en rendrait surement compte. Enfin, je n’en savais rien, en soit. C’était le bordel, voilà tout. « Et après ? Si je cède, il va se passer quoi ? Je déteste dire ça, je déteste même ressentir ça, mais putain, c’est pas juste pour baiser, c’est pas juste physique. Ca me tue de le dire, tu le sais ? Alors si je cède, ça va être la merde. Je préfère m’accorder du bon temps avec n’importe qui d’autre. Je te l’ai dit, que j’étais supposée avoir un mec. Il est crevé, j’en suis sûre. Et le pire, et je m’en veux, vraiment, c’est que je m’en fous. J’étais pas attachée à lui. Enfin, pas au point de me voir faire ma vie avec lui. De toute façon, je t’avais dit qu’il voulait que j’abandonne ma carrière militaire. Je me vois pas avoir des enfants de Comet non plus, hein. Mais je crois que je tiens plus à lui qu’à Thomas. Voilà, c’est dit. Je peux m’enterrer ? Me casser ? Chercher un autre endroit où survivre ? »

Putain, je me détestais de ressentir ça.

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MessageSujet: Re: Girls gone wild {Marielle   Aujourd'hui à 12:46



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