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MessageSujet: Il faut parfois faire face ♦ Isabella   Mar 29 Avr - 11:35

Je ressassais. Quoi de plus normal après la dispute, ou conversation houleuse, que j’avais eu avec Mathie. J’en étais toujours à revenir dessus, j’avais intérêt à changer de cap si je voulais la garder dans ma vie ou j’allais la perdre. Rapidement. Je ne pouvais plus compter sur les conseils d’Arthur et Rose continuait à voir ça d’un mauvais œil. Pas de quoi m’aider. Je n’avais donc qu’une chose à faire... prendre sur moi et m’analyser tout seul. Et à l’occasion, parler avec Mathie puisqu’elle désirait que je m’ouvre plus. Comment ? Je n’en savais toujours rien.

C’est à force de marcher sans vraiment regarder où j’allais que j’atterris du côté de la zone sud. Pas mon coin en vérité mais cela me donnait, quelque part, un prétexte que je cherchais. Aller voir comment se portait Isabella, comment allait ses enfants, comment elle vivait la transition. Ça n’était plus mon rôle mais elle avait été des nôtres et elle le resterait. Ses gamins en avaient vu de belles, il fallait que je sache... Quelque part, j’espérais qu’ils étaient plus solides que moi, qu’ils deviendraient rapidement assez forts pour survivre dans ce merdier.
Pas trop fort, près de sa tente -dont j’avais tout de même dû demander la direction-, j’appelais Isabella. Les portes allaient finir par me manquer, ainsi que les murs épais. L’intimité était une chose quasi révolue même si tout un chacun tentait d’y mettre un peu du sien. Apaiser les tensions était devenu un combat de tous les instants même si entre Mathie et moi, on en était loin, de cet apaisement. Mais j’y travaillais. Activement.

Je ne savais pas encore trop ce que j’allais dire à Isabelle, si j’avais été bien bavard un jour, ces jours-là étaient loin. J’avais désormais bien du mal à m’exprimer mais aussi à traduire le fond de ma pensée. J’étais devenu une putain d’énigme, même pour moi. C’était on ne peut plus rageant.
Je pouvais toujours commencer par lui demander comment elle allait. Ça me semblait déjà un bon départ même si c’était, quelque part, la pire des questions qu’on puisse poser depuis l’apocalypse. Pourtant, ça ne manquait pas d’intérêt. Mais ça relevait malgré tout du tour de force de répondre qu’on allait bien sans pincer des lèvres. J’étais devenu un as à ce jeu-là, sauf avec Mathie... On y revenait encore. J’en aurais grogné de mécontentement si je n’avais pas été humain.
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire face ♦ Isabella   Sam 3 Mai - 7:44

[HJ] Désolé, c'est nul :/ j'espère que tu as assez pour me répondre ^^ Je me ratrape au prochain, promis x)

La douleur était toujours bien présente. Je sentais tout mon corps, toutes mes articulations endolories par le froid et les conditions extrêmes auxquelles mon organisme ne s'est pas encore habitué. Sur ce point là, Louisville et mon bon petit confort me manquaient terriblement, même si dans le fond j'étais heureuse de laisser derrière moi ce repère de mort. Derrière nous. Il allait bien falloir qu'un jour nous l'abandonnions, ce confort et cette facade derrière laquelle nous nous cachions de la guerre. Il y avait eu beaucoup de morts, bien sûr, mais pour ma part, les gens dont j'étais le plus proche faisaient partie des survivants. Mathie, Lyra, que je considérais comme ma propre famille, mais aussi Mickael, envers qui j'étais reconnaissante d'avoir gardé un oeil sur mes enfants. Damien, mon cousin, car même si nous ne sommes pas véritablement proches, il compte beaucoup pour moi. Eva, ma cousine du côté de ma mère. Ils me ratachaient au passé. Je ne sais pas, si, à long terme, garder des liens avec l'ancienne vie serait une bonne chose.


Tant d'incertitudes.


Je comble mes jours et mes angoisses en donnant des cours. Ce n'est pas du tout dans un soucis de me rendre utile au camp, non, il n'y a pas qu'un peu d'égoïsme dans les raisons que j'ai de faire ce que je fais, je le sais et je l'assume. J'essaye de me créer une routine, quelque chose qui me rattache à notre vie "normale", celle que nous ne retrouveront jamais, même si nous survivons à l'apocalypse.

Mais je ne donnais pas de cours tous les jours, oh non. On faisait avec les moyens du bord et il fallait bien s'adapter. Camélia était dehors, elle gardait un oeil sur Edward qui lui même jouait avec un voisin avec lequel il avait sympathisé. Et moi, je gardais un oeil sur eux deux. Je rentrais dans la tente quelques minutes pour tenter de me réchauffer. Cet essai s'avérant un échec cuisant, ou plutôt glaçant, je m'apprêtais à ressortir. Même si je faisais confiance à ma fille, je n'aimais pas les laisser sans surveillance.

C'est là que j'entendis une voix m'appeler au dehors. A peine plus forte qu'un murmure. Je me glissais par l'ouverture de la tente et reconnus Mickael. Un sourire, petit, mais franc. Je lui fis signe d'entrer.

"Il fait à peine plus chaud que dehors, mais au moins on a pas la neige... Ca me fait plaisir de te voir. Comment ça se passe, pour toi ?"

Je ne lui demandais pas comment il allait directement, mais au fond la question revenait au même. Seulement, elle était posée de manière à être plus rationelle. On ne peut pas aller "bien" en pleine troisième guerre mondiale.
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire face ♦ Isabella   Dim 11 Mai - 18:48

N’avais-je pas promis de me reprendre en main ? Si. Et personne ne pouvait le faire à ma place. Personne. J’en avais voulu à Mathie d’avoir fait rappliquer Rose et d’autant plus à Rose de s’accrocher à ce point alors que j’avais voulu la paix. Je comprenais mais ça m’avait fait chier. J’étais le genre de type à vouloir apprendre à me relever tout seul depuis la mort de mon père et ça, même si j’avais du mal, voire que je n’y arrivais pas.
Ma façon de me reprendre, c’était ça. Je cherchais mes petits bonheurs. Mathie qui allait... bien. Rose, Isabella, ses enfants, ceux qui étaient vivants et que j’avais protégé. Même la haine était bonne à prendre. La preuve avec Huygues. Il n’avait toujours pas payé après tout.

Je ne dus pas attendre longtemps avant de reconnaître un visage familier bien que peut-être pas assez. Je souris moi aussi, légèrement. J’entrais derrière elle quand elle me fit signe de le faire. « Crois-le ou non, on s’y fait au froid. » Dans une certaine mesure évidement. Mais de ce côté, j’étais plus résistant depuis que j’étais sur les routes. « Moi aussi je suis content de te voir. Et ça va... Avec des hauts et des bas. » Je n’allais pas me confier à Isabella. Je ne la connaissais pas assez pour ça. Et puis, je ne me lamenterai plus jamais. Ça ne m’apporterait rien de bon. La seule personne qui aurait mes confidences serait la même qu’autrefois. Mathie. Quoi que ma sœur aussi... dans une certaine mesure.
« Comment supportes-tu tout ça ? Et tes enfants ? » Sous entendu : « Comment s’en sortent-ils ? ». Je voulais réellement le savoir. Après tout, j’avais veillé sur eux dans une certaines mesures. Je n’étais pas certain que ça avait eu une quelconque utilité.
Avais-je seulement fait la différence ? Peut-être. Peut-être pas. Tout un tas de questions étranges se manifestaient chez moi ces temps-ci. Le tout, c’était de les faire taire. Je n’avais absolument pas besoin d’une remise en question en ce moment. Ça devrait attendre, être repoussé, peut-être ad vitam aeternam. Au fond, ça n’avait aucune importance tant que je faisais ce qu’il fallait.

En dehors de prendre des nouvelles des survivants, je travaillais sur moi-même. Je travaillerai aussi sur ma relation avec Mathie. Je voulais reconstruire ce que nous avions... en espérant que ce soit possible. J’irais la voir. En ami. Je n’aborderai pas ce « nous », pas tant que je n’étais pas certain de pouvoir gérer mon agressivité, ma jalousie, mes problèmes. Je m’étais juré de ne pas lui faire de mal, de ne pas la faire souffrir. Je tiendrai cette promesse.
Voilà pourquoi je faisais tout ça, dès à présent, dès aujourd’hui. Je me reprenais en main. Je n’avais pas d’autre choix que celui-là. Marche ou crève... comme disait je ne sait plus qui dans je ne sais plus quel film.
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire face ♦ Isabella   Mar 27 Mai - 15:24

Cela ne faisait pas très longtemps que nous étions arrivés au camp, pourtant Louisville me semblait un lointain souvenir. L'exode qui nous avait conduit de ce dernier point à celui où nous nous trouvions avait été dévastateur. Jamais je n'avais autant souffert, et pour moi, et pour mes enfants. Il n'y avait plus de toit au dessus de notre tête pour nous protéger, comme lorsque les bombes avaient entrainé la chute des villes, cette fameuse nuit de septembre. J'avais lié avec de nouvelles personnes, d'autres étaient mortes. Mais nous, nous survivions toujours. Et ce que nous avions traversé ces derniers mois nous avait encore plus soudé, moi et mes enfants, mais aussi avec mes autres proches. Et depuis que nous étions au camp... J'avais été emportée par la tourmente, une fois de plus. Je pensais à Mathie, à Lyra, à Damien. Je ne les avais presque pas revus, seules quelques rencontres brèves, trop brèves. Il ne fallait pas que je me referme sur moi même. Oui, vous me direz... Je n'ai jamais été quelqu'un de très ouvert, mais les rares proches, les véritables proches qui avaient survécus je ne devais pas les perdre. Parce que sans Mathilda, je ne serais presque rien. Les armes, le soutien... Et aujourd'hui je m'en remettais entièrement à elle pour ce qui touchait au camp. J'avais besoin d'eux, c'était un besoin autant matériel que psychologique. Il faudrait que j'aille voir Mathie. Vraiment. Et Lyra aussi. Elle avait toujours été comme une petite sœur pour moi, et les épreuves que nous avions traversé me poussaient à lui accorder ma confiance, à elle en tant qu'adulte qu'elle devenait, plus en tant qu'enfant sur qui veiller.

Voilà les pensées qui me vinrent quand je reconnus Mickael. Lui et moi... Je m'étais toujours assez bien entendu avec lui, mais rien de plus. Pas de lien fort comme je pouvais avoir avec les deux Fontaine. Néanmoins je lui faisais confiance, dans une certaine mesure certes, mais il m'avait bien prouvé qu'il la méritait, cette confiance. Les derniers jours de Louisville... Les flammes sont toujours encrés dans ma mémoire, gravés au fer rouge. La panique m'avait submergé, oui, moi, la femme si calme, si stoïque, qui ne perd jamais ses moyens... Bien sûr je savais quelle était la cause de cela. Mes enfants, ils se trouvaient alors avec moi. Et quand j'y pensais, une question, une question des plus affreuses ne pouvait s'empêcher de faire son chemin dans mon esprit : Et si je les avais laissés à la maison ? Seraient-ils morts ? Aurais-je pu venir les chercher, ou quelqu'un d'autre l'aurait-il fait pour moi ? Oui, il était mieux qu'ils soient avec moi, en vérité. Avec moi, et avec Micka, qui les avait protégés, ainsi que Lyra, lorsque je les avais perdu de vue. Je ne me voyais pas le remercier, là, tout de suite, de but en blanc, mais si ça venait dans la conversation je n'y manquerais pas.

« Comme tout le monde... Le tout est de ne pas se laisser emporter par les bas. »

Lui répondis-je alors qu'il me disait qu'il s'en sortait bien, avec des hauts et des bas. Il me retourna la question, amenant mes enfants dans la conversation.

« Ca va. On s'adapte. Ca a été un coup dur pour les enfants, surtout pour Camélia. Enfin, ils sont en vie et en bonne santé, je suppose que je n'ai pas trop à me plaindre. »
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire face ♦ Isabella   Mer 28 Mai - 13:27

Quand j’avais pris le chemin de la zone où habitait Isabella, je me demandais ce que je faisais. Je la connaissais mal bien que je l’appréciais pour ce que j’en savais. Malgré ça, je la respectais. Elle protégeait ses enfants, une protection que je n’avais pas eue ou plutôt... ma mère n’avait pas pu faire face à tout ce qui lui était tombé dessus.
Je m’étais quand même demandé s’il était bien sage d’aller la voir. Non pas pour elle, mais bel et bien pour moi. Était-il sage de remuer ce qui était arrivé à Louisville ? Sans doute pas. Mais j’étais là et j’avais parlé, trop tard pour reculer désormais. J’étais venu pour une raison obscure, je n’avais plus qu’à faire ce pour quoi j’étais venu. Parler, m’assurer que tout allait bien.

Ma visite lui semblait-elle étrange ? Aucune idée. Mieux valait que je m’en tienne à mon intention première, c’était clair et net. Je posais donc mes questions. Banales mais néanmoins, je voulais vraiment savoir maintenant que j’étais là.
Ne pas se laisser emporter par le bas. J’eus un rire bien amer que je ravalais bien vite. Je n’avais aucune envie de parler des bas. Pas le moins du monde. Ce qui se passait pour moi resterait dans ma sphère privée, très privée et ça, même si j’avais légèrement de mal à supporter les commentaires incessants de ma sœur et ce, malgré le fait que je lui avais dit d’arrêter son petit jeu.

Je ne fus pas vraiment surpris d’apprendre que c’était dur pour ses enfants. Normal après tout. De tel chamboulement ne sont déjà pas facile pour des adultes, mais alors des enfants... « Se plaindre ne sert malheureusement pas à grand chose. Ils ne sont pas les seuls enfants, c’est déjà ça. » Ils étaient peu nombreux, du moins c’était ce que je croyais. Je n’avais pas fait attention à ça, pas plus que je n’avais fait attention à bien d’autres choses plus ou moins importantes. Je n’avais aucune idée de la représentation de la population de gamins dans le camp. À dire vrai, je ne voulais pas vraiment le savoir. Combien de temps ces gamins survivraient-ils et dans quel monde évoluerait-il ?
C’est en pensant à ça que je me rendis compte que c’était précisément un de mes problèmes, un des problèmes que Mathie avait pointé du doigt. Je ne pouvais pas me permettre de penser à ça ou bien je n’avancerai plus. C’était bel et bien ce que j’avais fait en tentant d’oublier la mort d’Arthur. « Je suis seul, je ne reçois pas grand chose mais si u as besoin d’aide pour quelque chose, n’hésite pas. » Je n’en ferais pas des tonnes, je n’en avais pas la possibilité. Je devais vivre moi aussi.
Quelque part, je me proposais mais je savais, ou plutôt, je commençais à me rendre compte que je devais mettre des limites à ce genre de choses. Tout ça ne m’avait mener à rien de bon à Louisville, ça ne serait pas différent ici.
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire face ♦ Isabella   Sam 7 Juin - 16:40

Si je m'attendais à ce que Mikael vienne me voir ? Bien sûr que non. Malgré que nous soyons tous deux proches de Mathie et que nous l'ayons soutenue à Louisville, je n'ai jamais... appris à le connaitre. Ce n'est pas comme ces enfants que j'avais pu garder ou qui avaient sympathisé avec les miens. Même si nous avions une grande différence d'âge, il n'était déjà plus un gosse quand j'avais débarqué dans la bourgade normande avec mon mari. On avait eu le temps d'avoir deux gamins, puis je l'avais foutu à la porte après une dispute. Pourquoi j'embrayais sur lui ? C'était du passé, il était sorti de ma vie il y a bien longtemps. Des cendres, c'est tout ce qui restait de lui à présent. S'il y avait bien une chose que j'avais comprise, c'était que je devais -que nous devions- nous dégager du passé. Parce que ça n'apporterait que des souvenirs amers et que ça nous aiderait pas à avancer. A survivre. Il fallait penser au présent et envisager l'avenir, c'est tout. L'avenir, c'était les gens sur qui je pouvais compter actuellement. Donc Lyra, Mathie, Eva peut être, et lui. Nous n'étions même pas vraiment amis mais je lui faisais confiance. Je ne lui aurais jamais confié mes enfants avant, mais je n'avais pas eu le choix, en fait il l'avait fait de lui même durant la fin de Louisville. Alors ma confiance, je devais bien la lui donner.

Il resta vague dans sa situation personelle. Pas envie de s'étaler, de se confier ? Je peux comprendre et je n'irais pas lui tirer les vers du nez. Des fois on a besoin de se confier même si on n'ose pas se l'avouer. Enfin, je n'allais pas trop me mettre dans le rôle de la grande soeur ou figure maternelle protectrice avec lui, parce que je n'avais pas l'impression qu'il n'en ressente le besoin. Contrairement au petit Arthur, soit dit en passant.

Edward et Camélia n'étaient pas les seuls enfants du camp. Soit. Mais ce n'était pas en cela que je trouvais vraiment une compensation aux doutes qui m'assaillaient. Au contraire... Plus d'enfants, ça veut dire plus de bouches fragiles à nourrir, donc moins pour les miens. Enfin, au moins se sentaient t'ils moins seuls, mes petits. Je n'aimais pas les perdre de vue mais je devais bien les laisser prendre l'air et jouer avec les autres. Ca faisait partie de mes efforts pour ne pas briser leur enfance.

"Ca leur fait un peu d'amis... C'est déjà ça de pris, c'est sûr."

Je soupirais.

"Enfin, on verra bien comment les choses tourneront avec le temps, on ne peut malheureusement rien prévoir à l'avance. Une bombe peut très bien nous tomber dessus dans les cinq minutes."

Cette phrase m'écorchait la bouche mais ce n'était rien de plus que la vérité. Il ne fallait pas se leurrer. Plus rien n'était sûr; nous étions en pleine guerre atomique.

Le jeune homme me fit alors une offre qui me mit un peu mal à l'aise. Je me pinçais les lèvres.

"Je... Merci. Mais je veux pas te voler. J'essaye de mendier des fois, ça nous suffit pour vivre correctement avec ce qu'on reçoit. Et puis il faut qu'on apprenne à se limiter, surtout pour les enfants, il faut qu'ils s'habituent pour survivre..."

Et j'étais déjà blanche comme un cadavre et pas moins maigre. C'était caché sous plusieurs pulls, bien sûr. Je me sacrifiais pour mes enfants, je savais très bien ce que je faisais.
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire face ♦ Isabella   Dim 8 Juin - 13:54

Je ne savais pas vraiment quoi dire. Faire la conversation, avant, j’étais doué pour ça mais on ne pouvait pas dire qu’il y avait grand chose à raconter. Je me voyais mal lui parler de ce qui se passait hors des murs. Ça en aurait déprimé plus d’un. On retrouvait bien assez de suicidés et trop souvent pour que j’en parle. L’extérieur était nocif même quand on mettait pas un pied.
Je voyais mal comment des gamins pouvaient grandir tranquillement dans un environnement pareil mais s’ils survivaient... il fallait se demander comment ils géreraient leur vie. Les conditions étaient vraiment pas au top pour en faire des gens biens sous tout rapport. On changeait tous et c’était rarement dans le bon sens. Qu’on me traite de pessimiste ou de nombriliste mais c’était vrai.

Je ne dis rien quand elle ajouta qu’on ne pouvait que faire avec et attendre, c’était vrai. Plus vrai encore en ce qui concernait la menace constante à notre survie. « Je crois qu’il ne doit plus rester personne pour appuyer sur un quelconque putain de bouton. » Et s’il en restait, il ne devait plus en rester très lourd. J’espérais d’ailleurs sincèrement qu’ils avaient tous crevés la gueule ouverte et soufferts pendant longtemps. Je gardais cette réjouissante pensée pour moi-même. Pas la peine de partager mon dégoût du monde.

Pour mon bien et sans le savoir, Isabella refusa mon offre, mon aide. Je n’étais pas en colère, ni quoi que ce soit d’aussi peu glorieux. En fait, je m’en fichais. J’avais proposé mon aide, elle avait été refusée, tant pis. J’avais fait l’effort. Mais une petite voix dans ma tête ne cessait de me dire « tant mieux pour moi, tant pis pour eux ». Ce n’était pas vraiment très louable et il me faudrait du temps pour me débarrasser des culpabilités inutiles, mais oui... Elle m’avait rendu un fier service. Pourtant, comme un con, je réitérais. « L’offre tient, à toi de voir. » Cependant, l’offre en elle-même, je ne la reformulais pas, je n’insistais pas. Un bon point, un grand pas. Arrêter de jouer les héros.
On en avait tous pris plein la gueule et ce que nous avions été, était très loin aujourd’hui. Je n’étais même plus celui que j’avais été il y avait à peine une semaine... À vrai dire, je rebâtissais un mur, un mur que peu franchirait désormais. Je mettais les choses au clair avec moi-même mais aussi avec les autres quelques part. Je ferai ce que je pouvais si j’en avais l’occasion mais je ne m’en voudrai plus pour rien. Je n’en avais pas le loisir. Je n’avais plus de chez moi. Ma seule famille, c’était Rose et les personnes auxquels je tenais se comptaient sur une seule main.

« Depuis quand t’as pas mis le nez dehors ? » La question pouvait sembler venir de nulle part mais il était parfois bénéfique de sortir un peu du camp. Jamais trop loin évidement, mais ça faisait du bien. Je le faisais souvent, jamais longtemps... juste assez pour avoir une légère impression de liberté.
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire face ♦ Isabella   Sam 21 Juin - 17:14

Oui, j'étais maigre et pâle, j'avais la peau sur les os au sens premier du terme, et ma chevelure noire encadrant mon visage blanchâtre devait vraiment me donner un air cadavérique. Cadavérique, c'est le mot. Je souffrais du froid et de toutes autres privations depuis notre départ de Louisville, et les résultats étaient là. Il était vain de le cacher. Mickael n'était pas aveugle, il le voyait bien, il me voyait bien dans cet état. Et il me proposait son aide... Aide que je ne pouvais accepter. Je pourrais être dans un état meilleur, si je le voulais. Oh, pas de beaucoup, mais tout de même. Je savais parfaitement ce que je faisais, ce que je me faisais. Toujours la même ritournelle, avec moi. Ce n'est pas bien compliqué de me comprendre, en fait. Toute ma vie n'est qu'un sacrifice pour mes enfants, pour qu'ils puissent survivre, pour qu'ils puissent être les plus heureux possible. Heureux dans cet enfer ? Une belle utopie, que je m'efforcerais toujours de rendre vraie... En vain, c'est la définition même d'une utopie. Alors les rendre heureux dans cet enfer, ce n'était que le minimum que je puisse faire. Leur donner une grande partie de la nourriture qui m'était donnée, leur laisser le plus possible les sources de chaleur à mes dépends, et d'autres petits gestes simples, qui, cumulés, expliquaient mon état. Tout était donc volontaire, et je ne voulais surtout pas me faire plaindre. Concrètement, accepter l'aide de Mickael ne me dérangerait pas mais... il ne devait pas recevoir beaucoup et je ne voulais pas le piller, pas lui. Alors que je lui en devais déjà une, depuis la destruction de Louisville où Edward et Camélia avaient survécu grâce à lui. C'était un coup dur pour moi d'avoir perdu mes enfants de vue et de savoir que je devais leur survie à quelqu'un d'autre... Et je ne savais pas comment remercier le jeune homme. Je ne lui avais même pas dit merci, d'ailleurs. J'étais honteuse, vraiment.

« Oh, je pense qu'il restera toujours quelqu'un pour faire ce genre de chose, malheureusement... »

Comme si la menace de la mort au dessus de ma tête m'inquiétait. J'avais assimilé cela depuis plusieurs mois au final, et cela me semblait... naturel. C'était horrible de penser ainsi, pourtant ce n'était que la stricte vérité.

Il fallait quand même que je le remercie pour ce qu'il avait fait. Je ne pouvais pas laisser passer cette conversation sans le lui dire... Déjà que je me sentais coupable de ne pas l'avoir fait plus tôt, d'avoir été prise dans la tourmente durant notre déportation, ce serait insupportable que de ne rien lui dire. Je ne pourrais plus me regarder en face, même si je n'avais plus aucun miroir pour le faire.

« Je n'en suis pas encore là... Et puis je t'en dois déjà une. Si tu n'avais pas été là, quand Louisville a pris feu, je sais pas si les petits s'en serraient sortis, alors... je voulais te remercier pour ça. Et si je peux faire quelque chose pour toi, n'importe quoi, dis moi le. »

J'avais l'impression de me libérer d'un poids. Il y en avait tellement, qui pesaient si lourd sur mes épaules aujourd'hui... Un de moins, c'était toujours ça de pris. Je protégeais mes enfants, mais aussi d'autres personnes, je voulais... J'étais un bisounours, dans le fond. Si je pouvais aider Mickael, je le ferais avec plaisir. Même s'il n'avait pas aidé mes enfants, d'ailleurs. J'étais comme ça. Je pouvais avoir un caractère de chien, vraiment, mais dans le fond j'étais quelqu'un d'aimant. Une mère. Avec tous ceux qui en avaient besoin.

« Je ne vais pas te mentir... je ne suis sortie qu'une seule fois, il y a quelques jours. Dans la forêt. J'ai retrouvé... une vielle connaissance. Enfin, je ne vais pas te raconter ma vie. Et Mathie, tu sais un peu comment elle va ? Tu dois sûrement la voir plus souvent que moi, parce que personnellement je n'ai pas pu prendre beaucoup de ses nouvelles. »
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire face ♦ Isabella   Jeu 3 Juil - 14:12

Je n’étais pas venu ici dans l’intention de lui proposer mon aide ou quoi que ce soit de ce genre. Juste m’assurer qu’elle allait aussi bien que possible, ainsi que ses enfants. Je les avais protégé, c’était la moindre des choses. Mais quelque part, si j’étais là, c’était parce que je m’en sentais obligé. Non pas que je n’étais pas sincère dans ma démarche, mais avais-je réellement besoin de le savoir ? Je ne savais pas.
J’avais d’autres choses à gérer, très personnelles, des choses que je ne me voyais pas confier, à qui que ce soit. Au final, j’étais très seul, je m’en rendais compte. J’avais Rose, j’avais eu Mathie mais les choses s’arrêtaient plus ou moins là. Si c’était une bonne ou une mauvaise chose, je n’en savais rien et à vrai dire, ça m’allait très bien. Je ne supportais pas devoir me confier. Je n’avais jamais aimé ça. M’ouvrir était quelque chose de difficile, ça l’avait toujours été... pourquoi Mathie avait-elle tant de mal avec ça chez moi ? J’évitais de justesse un soupir en y pensant.

Je hochais la tête négligemment en l’entendant. C’était probable. Quelqu’un trouverait toujours le moyen d’utiliser son pouvoir pour rendre la vie des autres impossibles. C’était bien plus vrai aujourd’hui qu’hier puisque nous étions le parfait exemple de vie détruite par les dirigeants.
Je relevais un peu la tête en l’entendant me remercier et souris légèrement. « Si je n’avais pas été là, quelqu’un d’autre les aurait protégés. J’en suis certain. Tu ne me dois rien, vraiment rien, crois-moi. Et il n’y a rien que tu puisses faire pour moi alors ne t’en fais pas. » Et c’était vrai. Elle ne pouvait rien pour moi. J’étais le seul maître de ce qui m’arrivait, rien ni personne ne pouvait m’aider à faire mes choix et réaliser mes projets. « Tu n’as pas de dette, du n’en aura jamais avec moi. » À quoi bon ? Je n’aurais pas aimé être redevable à quelqu’un. Je n’aimais pas qu’on le soit envers moi.

Je l’écoutais me parler de vieille connaissance. Au moins avait-elle encore quelques repères. C’était bien. Mais quand elle mentionna Mathie, je me fermais. « Elle va bien. Je crois. Aussi bien que possible. » Probablement mieux sans moi à dire vrai.
Dans le fond, voulais-je vraiment récoler les morceaux et rompre la promesse que j’avais faite de ne jamais lui faire du mal ? Je n’en savais rien. Peu de choses avaient du sens sans elle. C’était assez moche, mais l’avenir ne m’intéressait pas plus que ça sans elle. Non pas que je n’avais pas la volonté de vivre mais c’était nettement moins intéressant, je devais l’avouer.
Qu’est-ce qui m’était arrivé bordel ?

« Je te donnerai des nouvelles quand j’en saurai plus si tu ne la vois pas avant moi. » Je ne savais même plus qui savait pour n us et qui ne savait pas. Ça n’avait aucune importance de toute façon.

« Alors, qui donc as-tu croisé dehors ? » Dehors... et si j’y restais dehors ? Que je plaquais tout pour me démerder ? En aurais-je la force ?
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire face ♦ Isabella   Mer 9 Juil - 15:40

[HJ] J'ai l'impression que ce que j'écris n'a pas de sens et que c'est super chelou ><' En espérant que ça t'ira :p

Je ne m'attendais vraiment pas à ce que Mickaël prenne l'initiative de venir me trouver ici. Il ne me devait rien, nous n'étions pas plus proches que cela et il devait avoir trois milles autres choses à faire dans ce camp que de discuter avec une mère de famille. Oui on s'appréciait bien, mais je ne pensais vraiment pas à sa visite. Surprise, oui, mais j'en profitais aussi pour rattraper le temps perdu, lui dire ce que j'aurai du lui dire depuis bien longtemps, depuis que nous étions partis de Louisville. Je devais avoir beaucoup plus de temps libre que lui et j'aurai pu venir le trouver bien plus tôt, pourtant je ne l'avais pas fait. Coupable, oui, je me sentais quelque peu coupable de cela même si au fond, ce n'était pas de la plus grande importance dans le monde actuel. A croire que ces choses ne m'atteignaient pas... Pourtant il est bien évidant que si, la guerre me touchait autant que les autres mais j'étais toujours préoccupée par les mêmes choses qu'avant, quand l'odeur de la mort ne se mélait pas à celle de l'air. Stupide, peut être l'étais-je, peut être devrais-je ne pas penser à des choses aussi futiles que des remerciements alors que le danger pouvait toujours nous atteindre. Mais j'avais beau me dire ça, je ne pourrais jamais de détacher des valeurs qui avaient guidées mes pas auparavant. Comme si ça me permettait de garder mon humanité et mon intégrité alors que je serai prête à tuer quelqu'un si cela pouvait me sauver la vie. J'avais failli le faire et je ne m'en étais même pas aperçue. Enfin bref, ce n'était pas le sujet. Il aurait beau me répliquer que je ne lui devais rien et que quelqu'un l'aurait bien fait à sa place...

« Oui mais c'est toi qui l'a fait alors... Je tenais à te remercier. Ils sont tout pour moi, et je ne suis pas toujours assez forte pour les protéger. »

Avais-je envie de m'étaler ? Pourquoi lui raconter ma vie, mes angoisses, qui étaient au fond, banales pour une mère qui n'a plus que ses enfants ? Je n'en étais pas sûre. Je n'aimais pas me plaindre, mon état ne regardait que moi alors pourquoi j'avais commencé à lui dire que j'étais sortie, que j'avais rencontré une vielle connaissance ? Et que j'avais peur pour les petits ? Oh ça de toute façon, ce n'était pas une grande nouvelle, il devait bien le savoir. Alors comme pour me rattraper, je lui parle de Mathie. Parce qu'elle aussi, je me sens un peu coupable de ne pas aller la voir si souvent. Enfin elle a tellement de choses à gérer... mais quand même. J'ai besoin d'elle, de son soutien et elle a besoin du mien. Je vois plus Lyra que mon amie, quand même ! Je sais que Mickaêl et elle étaient ensemble... Alors peut être a t-il plus de nouvelles que moi. Mais je sentis vite que j'avais un peu gaffé, je le sentais se refermer et me mordais la lèvre. Décidément, entre Antonin et lui, j'avais le don de mettre les gens mal à l'aise ! Enfin ça serait toujours moins délicat qu'avec le britanique, vu que Mathilda était loin d'être morte. Heureusement.

« D'accord... »

Je lui répondais simplement cela et n'insistais pas. Ca valait mieux, avant que je fasse encore une gaffe.

« Je... Un vieil ami que je croyais mort depuis le temps. Enfin je ne vais pas te raconter ma petite vie, je ne suis pas sûre qu'elle soit très intéressante. »

Non, je n'avais pas envie de me pencher sur mes rencontres avec lui. Je voulais changer de sujet, mais ma dernière tentative n'avait pas été très fructueuse, alors...
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MessageSujet: Re: Il faut parfois faire face ♦ Isabella   Aujourd'hui à 15:40



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